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WOMAN.

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ESSAY

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WOMAN,

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THREE EPISTLES.

IPS

LONDON:

PRINTED FOR THE AUTHOR.

And Sold by Mr. GRETTON, in Bond- Street.

And Mr. POTTINGER, in Pater- Nofter-Rcw.

ESSAI

S U R L A

FEMME,

E N

TROIS EPITRES.

TRADUIT DE L'AN GL OIS.

M

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LONDRES:

IMPRIME' POUR L'AUTEUR.

Ec le vend

(M. GRETTON, dans le Rond -Street, Chez-} &

CM. POTTINGER, in Pater- Nofter-Rov/.

ESSAI

S U R L h

FEMME.

CO

A N

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ESSAY

O N

w'-O M AN. ;

f 1 < EPISTLE I.

A- T r; WAKEl inyJC leave all things hefide,

To lew ambition , and to Scottifh pride :

Let us (fince life can little more fupply.

Than y jujl to fight a duel.,., and to die)

Expatiate , freely , upon Woman-kind;

And trace , the mighty errors oj her mind;

Mark where her thoufand weeds, promifcuous ,fhcct ;

And, fcarlefs<> cultivate forbidden fruit:

To-

ta) ESSAI

SUR LA

FEMME

E P I T R E I.

R

Eveilles-toi , cher C . . . . abandonnes tout à labaflè ambition à l'orgueil des Ecoflbis. Puifque la vie ne peut guères fournir que des occafions de battre en duel .... & de mourir. Etendons librement nos réflexions fur le Sexe; Traçons les puifîàntes erreurs dont il eft fufœptible, & remarquons dans ce vafte champ, parmi les Epines qui y crois- fènt, les fruits défendus que Ton y cultive fins crainte. Tâchons d'examiner ce qu'if

A 4 pre-

(8) Together j let us trace this ample field. Try, what the open, what the covert yield ; The artful tricks , and pretty flights explore» Of ev'ry coy , and every willing whore : Eye, all her walks; /hoot Jolly, as it fies; Notice her allions, as to fight they rife: Blame , where we muft ; but laugh , where e'er we can ; And f hew, that Woman is the Foe of Man*

Of God above, or Woman here low, What can we reafon, but from what we know? Of her , what fee we but her Jlation here,

From which to reafon , or to which refer ?

-

Through worldsunnumbefd though the God beknown^ Woman's acknowledged only in our own.

Woman, prefuptuous! would the reafon find 'y Why f he is formed fo little 9 and Jo blind i

But

(9)

préfènte a la vue , d'approfondir ce qu'il tient caché. Efforçons - nous , dis-je, de dévolop- per les fûbtiles intrigues des Femmes > & les airs de retenue qu'afFe&ent celles qui fe profti- tuent de bon gré. Jettons les yeux fur toutes leurs démarches; frappons la folie dans fès accès; épions les jufque dans leur fburce; con- damnons ce qui eft blâmable , mais rions au- tant que nous en aurons lieu, & montrons que la Femme eft l'ennemie de l'Homme.

Que pouvons - nous dire de Dieu haut , ou de la Femme ici bas , que ce que nous en fàvons ? D'elle , que voyons - nous de plus que fbn état, dont nous puiiïions raifbnner, ou tirer des Conféquences? On connoît Dieu par des Mondes fans nombre; La Femme n'efl connue que dans celui que nous habi- tons.

Femme préfbmptueufè ! tu voudrois favoir pourquoi tu naquis fi vile & fi aveugle? il te fe-

A 5 ra

C 10)

But let her firjl the harder reafon guefs , Why J he is formed no blinder, and no lefs ?

Jfk of her mother. Earth , why oaks are made Taller, or ft ronger, than the weeds they f hade? Woman refpecling , what mqfl wrong we calL May, muft be right, as relative to all.

That woman's helplefs ,fay not,... heaven in fault ; Say rather . . ./he's as per fed; as/he ought : Her knouwledge, meajured to her Jlate and place > Her time, a moment; and a point, her /pace. Heaven from us all conceals the book of fate, Or who would wed the woman he muft hate \ The girl thy pajfion dooms a lawful prey, Had f he thy reafon, would f he fmg, and play? Pleas'd to the laftjhe yields her virgin charms , A-id bugs the dear deftrojer in her arms.

A. l

Ob

C » )

ra bien moins aifë de deviner pourquoi tu ne fus pas formée plus aveugle encore & plus abje&e.

Demandes à la terre du fein de laquelle tu forts pourquoi les Chênes font plus hauts &plus forts que les brins d'Herbes quicroiilènt à leur ombre. Ce que nous appelions un Mal , a l'é- gard de la Femme, peut-être & doit -être un Bien par rapport à. l'Univers.

La Femme, dira- 1 -en, manque de forces pour s'aider elle-même. N'en imputons pas la faute au ciel; convenons plutôt qu'elle eft audi parfaite qu'elle doit l'être. Ses lumières font pro- portionnées à font état & au rang qu'elle occupe en ce Monde. Sa carrière eft la durée d'un mo- ment , & fbn tems un point dans l'immenfité des Siècles. Le Ciel a caché à l'Homme le Livre des Deftins ; autrement quel eft celui qui époufêroit une Femme qu'il doit haïr? La Fille, deftineeà devenir la proye légitime de ta paffion ; Chante- roit-ellc,auroit-elle envie de folâtrer , fi elle pou- voit lire dans les replis de ton cceur ? Mais non , enchantée ju (qu'a la fin, elle prodigue fes pre- mieres faveurs & ferre entre (es bras le cher Ob- jet de tendreftè , le Ravifîcur de fes charmes.

O

C i2 )

Ob! blindnefs to the future, not to fie Her two worjl enemies are, Jove and thee ; From whom to endlcfs ruin f he is fent, Her fatal pajfion is her punifhment ,

Hope Springs eternal in the female brcajl, Women ne'er are, but always to be blcjl; The girls uneajy and confined, will run From dear mamma tous, to be undone.

Lo! the poor Indian, whoje untutored mind, *With European tajle all unrefined. Who never faw or mafquerade or play, Nor jhone at court on George'* s natal day; Tit fimple nature to her hope has given, In her dear tawny Lord, an humbler heaven : To be, contents her natural de fire, She ash no angeVs wing, noferapïïsfire;

But

( 13 )

Obfcurité de l'avenir! ô bandeau!" qui em- pêche qu'on ne voie que fcs Ennemis les plus déclarés font toi-même & l'Amour, cv que perte irréparable n'eft qu^une fuite d'une funefte paflion, à laquelle la punition eft at- tachée.

L'e/perance fut toujours l'interprète des Femmes. EJle leur annonce des préfàges de bonheur, qui jamais ne fèréalifent. Les Filles, trop fbigneufement gardées & gênées, trouve- ront le moment de fbuflraire à la vigilance de leur chère Maman, & viendront à nous pour être nos Vi&imes.

Vois cette pauvre Indienne ^ dont l'efprit, a- bandonné à lui-même, n'efl point imbu du genre de vie que l'on mené en Europe. Quoi- qu'elle n'ait jamais paru au Bal &aux Specta- cles, ni brillé à la Cour le jour anniverfùire de la naifîànce du Roi George , elle tient néan- moins de la fimple Nature l'efperance d'etre heureufe dans la pofîeffion de fbn A niant Nègre. Bornée à ce defir naturel, elle ne fbuhaite, ni ailes d'Ange , ni ardeur de Séraphin elle croit

au

( 14- )

But thinks , J he has all bleffmgs in her eye * )

Her dusky lover in her company..

Go! wijer thou , and in thy nervous lines 3 Where all the Jlrength of compofition fhines , Call imper ft [lions to the face of day. And d the needy players who work for payi Say, here they rant , and there too much they whine ? Meed not their fears , thy bufinefs is... to dine.

Ask) for what end the fparkling brillants fhine? ■The woman...» ever modejl... cries, for mine\ For me the artifl tries his uimojl power , And forms , from gems ', the artificial flower; Annual , for me, returning winter comes ', For me prepares ridottos, masks, and arums \ For me, joy gufhes Jrom a thoufand fprings ; And forty] hilling all ors foar to Kings;

Char-

au comble de la félicité à côté de celui qu'elle aime.

Approches, toi qui es plus fige, & dont Pénergie des Vers manifefte la torce de ta Verve. Viens & expofès les imperfections au grand jour. Déchaînes toi contre le< Acteurs indigens & mercenaires. Dis -leur qu'ici ils extravaguent, & que ils ennuyent par leurs plaintes. Ne t'embarralîes pas de leur fray- eur; ton affaire eft celle. ... de dîner.

Demandes pour qui les pierres précieufès jettent leur éblouifîant éclat ? Pour moi , s'é- crie la Femme. . . . toujours mode fie. . . . C'eft pou/ notre Sexe que l'Artifte s'effor- ce de fùrpaflèr dans la Science d'enchaiîèr les bijoux & d'en former des fleurs. Gui, c'eft pour lui que la fàifbn d'Hyver revient chaque année, que les Afîèmblées le for- ment,-que les Bals & les Fetes fc donnent, queJes rejouiflances fùccédent à l'infini* C'eft pour nous que les A6leurs à quarante Schellings jouent fur le Theatre les rôles de Rois, que les Porteurs - de chaifès font faits pour nous tran/porter aux fpeftacles , les

Va-

( i6) Chairmen to waft me , boys to light me rife. And all the pit is wounded by my eyes.

But em not nature from her kind intent, When female minds, on mifchief ever bent, Delight to torture where they ought to pleafe. And yield their own to blafl another^ s eajeï 9, No, (tis replfd) the females havt no flaws. » And. to o woman, acl by genial laws ; Without exception do what ills they can ; ,, Their only aim to hurt, to injure mam." If the great end be human bappinefs , And woman deviates . . . ./ball man do lefs ? As much that end a confiant courfe requires, Of f bower s and fun f bine, as of their dc fires; As much eternal fprings and cloudlefs skies, As wdman, ever temperate, calm, and wife.

if

(17)

Valets pour nous éclairer, lorfque nous y en- trons, & que tout le Parterre, blefle de l'é- clat de nos yeux , réfèrve Ion étonnement & fbn admiration»

Mais la Nature bienfaifànte ne détourne- t-elle paà de les fins, lorfque le Sexe, dont le cœur eft toujours porté au mal , fait un plaifir de cauferde la peine il devroit plaire, & qu'il facrifie fbn propre contentement à la démangeaifbn de troubler celui des autres ?

Non vraiment , replique-t-on ; les Fem- mes font exemptes de défauts , quoiqu'en agifîànt par les loix générales , elles faflènt fans exception tout le mal qu'il leur eft pos- fible, & n'ayent pour but que d'infùlter & de nuire àl'Homme". Si donc la félicité eft le grand point de vue de l'Homme & que la Femme s'en éloigne . ...donnera-t-il moins dans cet écart? 11 faudroit, pour atteindre ce bonheur, qu'ils eulîënt autant de momens de beau tems & de pluye , qu'ils ont de defirs; au- tant de.printems cpntinuels & de jours fereins , que de Femmes toujours fages, tranquilles & modérées. Si les Fléaux de la Pefte & les

B Tren>

(i8)

Jf plagues and earth quakes heatfnS defign fulfill, Wbyjbould not man o'er woman have his will?

Better fir us , perhaps, it might appear, Were you a mitreyd prieft , and la peer. But trufl me, C...., thofe, who letter know, Have long determined it Jhall not befo. Thus allfuhfifts by politics andjlrife , Andpajfwns are the elements oj life. The general order , fince the whole began, Is not in woman , but is kept in man.

What w ou^d the fe girls? now upwards will they foar, And little lefs than angels, would be more; Now look around, and jujl as grieved appear, They are not mothers in their fifteenth year : Made for their ufe, all creatures will they call; Say > what their ufe , had they the powers oj all?

Kind

( IP)

Tremblemens de terre accomplifîènt les dé- crets du Ciel , d'où vient PHomme n'exe-* cuteroit-il pas fa volonté envers la Femme ?

Il fëmble qu'il vaudroit peut-être mieux pour nous ; toi a que tu fufles Abbé mitre $ & moi un des Pairs du Royaume. Mais crois -m'en, cher C...., ceux, qui en fà- Vent plus que nous , ont décidé depuis long- tems que cela n'arrivera pas. Ainfi tout fubfifte par les refîorts de la politique & les débats ; les paflions font les élemens de la vie. L'ordre général , depuis la création de l'Univers , fut établi dans l'Homme , & non afTigné à la Femme.

A propos de quoi s^avifènt ces Filles de vouloir prendre l'eflor,& d'être un peu moins que ne font les Anges, fi non d'un rang encore plus élevé ? Elles regardent autour d'elles d'un air chagrin; il fèmble qu'elles dépitent de n'être pas mères à Ja quinzième année de leur âge. A les entendre , tous les Etres vivans furent créés pour leur fer- vice. Dites-moi quel ufâge elles en feroiënt*

B 2 fùj^

Kind to the fex, in rich profufion kind, Shape, beauty, wit, dame Nature has ajfigtfd; Shall fhe then only , whom a wit we call, Ik pleased with nothing, if not blefid with altt A woman's blifs, could pride that bleffing find.

Is , not to think or acl beyond her kind,

A7o powers of body or of foul to f hare, But what her nature and her Jl ate can bear, Why have not women microfcopic eyes ? For this plain re afin . . . women are not flies. Say , what their ufe, were finer optics giv'n, Toinjped a mite, not comprehend a heaven ?

Ceafe then , nor rudely let usfeem to blame ; Our proper blifs is centred in the dame: Let usfubmit, in this our humble jphere , Content to be as tfejt as we can bear:

Sa"

.( 21 )

fuppofe que toutes chofès fufîènt en leur puifîânce. La Nature , libérale jufqu'à la prodigalité, s'eft montrée favorable au (exe, en lui donnant de la taille , de la beauté & du jugement. Ne feront donc les Femmes, que nous appelions Beaux-Efprits , contentes d'aucun don , fi elles ne les ont tous en partage ?

Incapable de s'évertuer à accroître les fa- cultés du corps & de l'efprit, elle borne il conferver celles qui comportent fon tempéra- ment & fa condition. Pourquoi n'ont pas les femmes des yeux de microfcope ? La raifon

en eft fênfible Elles ne font pas nées dans

la clafîè des mouches. De grace , à quoi leur ferviroient des organes de vue plus fïibtils? fèroit-ce à contempler des cirons, elles qui ne comprennent pas même le ciel qui les en- vironne ?

Cefîons donc ,& n'entreprenons pas de blâ- mer groïïiérement un Sexe, qui eft le cen- tre de notre bonheur. Contens d'être auiïi heureux qu'il eft pofïîble, renfermons-nous dans cette humiliante fphere , & tranquilles entre les mains d'une charmante Femme ,

B 3 fray-

(«)

Safe [in the hands of one all- charming wife, Calm let us tread the rugged path of life; And) fpite of truth, in fair convitliortsfpite, Still let us fay , andfivear, that WOMAN'S RIGHT.

C*3 )

frayons les raboteux /entiers de la vie. Avou- ons & ne cefîbns de jurer en difânt, quoique convaincus du contraire, que la Femme a RAISON, en dépit de la vérité même.

B4

( 24 )

E P I S T L E II.

JX. NOW then thyfelf* and make the Sex thy care ,

The proper Jludy of Mankind's the FAIR; Placed in that flat e —which all who know thee , know A Politician, Poet, Par/on, Beau; Created half to rife, and half to fall, Great Jon ef Homer « doating on a doll; Truth's friend fo fond of jemale faljehood grown , The glory , jefl , and riddle of the town.

Go y woncTrous creature, as Apollo leads, And mark the Path majejlic Milton treads; 'The little verf fiers teach to write, Then to thy bottle and thy w.... at night.

The wondering aflors, when gf late theyfaw A grave Divine explain theatric law.

Ad-

( fej )

E P I T R E II.

\^Onnois toi donc toi-même .... & fais du fèxe l'objet de tes foins. La Femme eft la vraye étude qui convienne à l'Homme. Livré à cette occupation .... tâches que tous ceux , qui te connoiiîent , retrouvent en toi un Politique, un Poète, un Ecciéfiaftique, un Dameret ; tantôt pour s'élever , & tantôt pour cheoir. Le grand fils d'Homère perdit la raifon par excès d'amour pour une Poupée, & l'Ami delà Vérité eft devenu éga- lement idolâtre de la faulîèté du Sexe; gloi- re ne fèrt que de jouet & d'énygme dans la Ville.

Vas, merveilleux Génie, cours Apollon t'appelles, & marches fur les traces du iïibli-. me Milton. Enfèignes aux Rimailleurs à écrire, & partages enfûite la nuit en mo- mens de vuider ta bouteille & de careiîer ta Belle.

Les Afteurs, émerveillés de voir derniè- rement un grave Théologien expliquer les Loix du Théâtre, admirèrent la fageftè du

B 5 ve-

( )

Aàmifd the wijdom of the reprend cow/,

And f hew' d a C...., as we fhew an owl.

Has be who wrote the Rojciad e'er inciind.

Ten days together to one female mind?

Then might thy friend be confiant to his IF. . . .,

And PRIVILEGE be pleaded then no more.

Woman to man ft ill yields {and where' s the barm?)

Who keeps her clofe while J he has power to charm ;

Then yields her to his fellow -b?"ut es a prey:

And where' s the faulty my friend > in us, or thej?

Two principles in human nature reign , SeJj-loïc to urge , and reafon to rcftrain: •Self love, thefpring of motion, ads the Joui ; And reajon yields to its fupr erne controul: Great fir cngth the moving principal requit es , Active its task, it prompts, impels, infpires;

Se-

( 27 )

vénérable Capuchon, & étalèrent à nos yeux un C . . , comme nous faifons voir un Hi-

LUI V^ ? 5 _ r , r .1.

bou. L'Auteur de la Roftade fut il jamais d'humeur à paffer dix jours confécutifs dans la compagnie d'une Femme ? En. ce cas, ton Ami pourroit bien fe piquer de confiance pour faMaitrefTe,&la prérogative, attachée à l'Hymen, celTerqit d'être mife en quefhon. Les Femmes fe prêtent aux defirs des Hom- mes ( quel mal y a-t-il?). Ils les aiment auffi longtems que durent leurs charmes , & les abandonnent enfuite en proye à la brutalité de leurs femblables. A qui la faute, mon A- mi? à elles, ou à nous?

Il règne dans la Nature deux principes ; Pa- mour- propre qui agit par impulfions, & la rai- fon qui leur réfifte. L'un , iburce du mouve- ment, exerce fon activité fur l'ame,& l'autre plie fous fon pouvoir fbuverain. Le principal mobile exige beaucoup deforce* il pouflè, il preiTe, il infpire, pendant que les fens font

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Ten days together to one female mind?

Then might thy friend be confiant to his W. . . .~,

And PRIVILEGE be pleaded then no more. Woman to man flill yields (and whereas the harm?) Who keeps her clofe while J he has power to charm; Then yields her to his fellow-brutes a prey: And whereas the faulty myfriendy in us, or they?

Two principles in human nature reign y Self love to urge y and reafonto reftrain: *Selfhvey thefpring of motion y ails the joui '; And reajon yields to its fupr erne controul: Great jlrength the moving principal requires , Attive its task y it prompts y impels y inf pires;

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( 27)

venerable Capuchon, & étalèrent à nos yeux un C,.,.j comme nous faifbns voir un Hi- bou. L'Auteur de la Kofiade fut il jamais d'humeur à pafler dix jours confëcutifs dans la compagnie d'une Femme? En ce cas, ton Ami pourroit bien fe piquer de confiance pour Maitrefîe, & la prérogative, attachée à l'Hymen, ceflèroit d'être mifè en queflion. Les Femmes prêtent aux defirs des Hom- mes ( quel mal y a-t-il?). Us les aiment auffi longtems que durent leurs charmes, & les abandonnent enfïrite en proye à la brutalité de leurs fçmblables. A qui la faute, mon A- mi ? à elles , ou à nous ?

Il règne dans la Nature deux principes ; l'a- mour-propre qui agit par impulfions, & la rai- lôn qui leur réfifte. L'un , fburce du mouve- ment, exerce Ton activité fur l'ame,& l'autre plie fous fbn pouvoir fbuverain. Le principal mobile exige beaucoup deforce; il poufîè, il prelîè, il infpire, pendant que les fêns font

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( 28 )

Sedate and quiet fenje and reafon He ; We yield to paffion, and from reafon fly. Wefieze immediate good by prcfent fenfc , And leave to fate and chance the confequence: Thicker than arguments temptations throng. More powerful theje , though thofe are ne^erfoflrong. Self-love and reafon to one end afpire, Pain our aver fion , pleafure our defire; But greedy flill our objeel to devour , We crop j without remorje , the fair eft flow1 r: Tleafure, with us, is always underflood, However obtained, our beft and great eft good.

Fajfwns, like elements, though born to fight. By female pow'rfubdu'd, are altered quite; Tbefe "'tis enough to temper and employ, While what affords moft pleafure , can de/lroy.

AU

C*9)

calmes & la raifbn tranquille. Nous/ïiccombons à la violence des paffions ^ & nous laifîons la raiibn à l'écart. Entraînés par un fèntiment pré- fènt, nous faififîbns tout à coup le bien qui préfênte , & en abandonnons les fuites au ha- zard. Les tentations fe fuccédent en foule , & les réflexions ne fui vent qu'en petit nombre ; cel- les-là (ont plus fortes , celles-ci toujours plus foi- bles. L'amour -propre & la raifbn concourent au même but * la peine fait notre averfion , le plaifir excite nos defirs. Mais fans cefîè a- videsde la jouifîânce de notre Objet, nous cueillons les Fleurs les plus belles, & de quel- que côté que rïaifle le plaifir , nous Penvifi- geons toujours comme notre fbuverain bien. Les paffions , fèmblables aux Elemens, quoique deftinées à s'cntre-battre , font fùb- ordonnées au pouvoir du Sexe. Une fois vain- cues, elles changent de nature , & c'eft afîèz qu'on puifîèles modérer & en ufcr avec discré- tion , puifque ce qui nous procure le plus fenfible des plaifirs , peut entraîner notre ruine.

Toui

(3o)

All Jpread their charms , but charm not all alike , On different fenfes different objccls fir ike; Hence different ladies , more or lefs inflame ; Or different powers jometimes attend the fame; And calling up eachpaffwn of the breafl, Each lady* in her turn , fubdues the refl.

As man9 perhaps, the moment of his breath,

Imbibes the flame which ends not but with death;

The flame , that mujlfubdue the fair at length ,

Grows with his growth, and Jlrcngthcns with his

(flrengtb. So call and mingled too Woman'* , frame, %

Her mind's difeafe, her ruling pafiion came.

Imagination plies her dangerous art ,

And pours it all upon the peccant part:

Nature if s mother, habit is if s nurfe,

Wit, fpirit, faculties, but make it worfe.

m

(3i )

Toutes les Femmes déployent leurs at- traits , mais ne charment pas également. Au- tant les objets font divers , autant les impref- fions font différentes. De , la variété dans les Femmes, dont les unes infpirent plus ou moins d'ardeur que les autres , à proportion des agrémens naturels dont elles font quelque- fois accompagnées; de forte que touchant le cœur du côté le plus fùfceptible d'émotion , chacune d'elles à fbn tour vient à bout de triompher du refte.

De même que l'Homme, dès le moment de naifîance , nourrit peut-être dans fon foin une flamme, qui, croifiânt&fo fortifiant avec lui, doit tôt ou tard lui foumettre l'Objet de fos feux, & ne s'éteindre qu'à mort : de mê- me aufli la maladie d'efprit s'inflnue dans la Femme, mêle avec complexion & de- vient fa paiïion dominante. L'imagination fournit des expédiens à fès dangereux artifi- ces, & en accable l'Homme, qu'elle juge cou» pable. La Nature enfante cette padion , l'ha- bitude l'entretient; l'efprit, le jugement & les facultés de l'ame ne fervent qu'à l'empirer.

As-

( V- )

We wretched [ubjecls to the jemalc fway y The tyrant^ Woman , one and ally obey; Who, bent to govern by her own wife rules, Willy if J he finds not , aim to make us fools; Teach us to mourn our /late, but not to- mend; A fharp accufcr, but a helplef s friend ! Proud of her eafy conquefl all along , Shejlill allays our paffîons, weak orjlrong.

Virtuous and vicious every man mufl be ; Women are neither in a fmall degree; The rogue and fool, by fits, is fair and wife, Women are always what they mofl defpicc : yTis but by parts Man follows good or ill ; WomartS fole Jovereign is her own dear will,

While etfry man purfues a different goal, i

Womans whole aim'' s unlimited controul,

The

(33 )

Aflèz malheureux pour être afîùjettis à la puifîànce du Sexe , nous obéifîbns aux ca- prices du Tyran. Auflî portée à la domi- nation qu'entêtée de fa fâgeflè, la Femme nous prefcrit des règles de conduite, & vile, fi non à nous rendre tout à fait infènfes , du moins à paraître imbécilles. Qu'elle nous apprenne donc à déplorer notre fort , & non à l'amender ! Rigoureufè accufâtrice, Amie impuifîànte, elle s'enorgueillit de conquêtes qui lui coûtent fi peu, & fàifànt un mélan- ge de nos pafTions , elle en augmente ou tem- père la violence à fon gré.

Tout Homme a une dofè de vertus , cha- cun a Tes vices; mais la Femme réunit le tout en elle. Un Fourbe eft fincere par ac- cès, un Sot efl fâge par intervalle, & les Femmes font toujours ce qu'elles méprifênc le plus. L'Homme ne fuit qu'en partie le bien ou le mal ; la Femme au contraire efl: Pefclave de fa propre Volonté. Tandis que chacun s'occupe à fournir fi différente car- rière , la Femme , uniquement attentive à éplucher les a&ions des Hommes , cenfïi-

C re

( 34) 1 he faults of men , and their dcjecls of minai Afford the highefl joy to womankind.

See forne peculiar whim each man attend-, See every Woman laboring to one end: Seejome fit pajfion etfry man employ ; Empire alone affords the Woman joy. Behold the Girl , by Naturels kindly law, Fleas' d with a tattle, tickled with ajlraw; Some other bauble gives her youth delight, A little louder , but as empty quite. Brefs, dancing, balls , amufe her riper age, And drams and opiates are the toys of age; Pleased with this bauble JIM, as that before, ''Till tifd, fhe fleeps ... and life's poor play is o'er.

( 3* )

re leurs écarts & réjouit de leurs dé- fauts.

Tout homme a fès caprices. Tu les vois ardens à chercher chacun les moyens d'afîbu- vir une paffion convenable à fbn tempérament. Vois aufli les Femmes fans cefîe en A&ion pour parvenir à un but. Elles ne font au com- ble de leurs defirs qu'autant qu'elles ont la puifîànce en maint Obfervez une jeune Fille, qui , guidée par les Loix de la Nature bien- faifànte , fe réjouit d'un huchet & s'amufe à un fétu. Quelque autre un peu plus relevé & non moin frivole, l'amufè dans fajeunefîè. La parure, la Danfê & les Bals font tout fon agrément dans un âge plus mûr j Et l'ufàge de quelques vers de liqueurs , interrompe par celui d'opiates, tient lieu de pafîè-tems dans fa vieilleflè. Charmée de toutes ces babioles , elle n'en perd les goûts que lorsque l'ennui fùrvient & la plonge dans le fbmmeil ... lu ainfi finit la trifle feene de la vie.

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y^J H Happinefs ! to which we allafpire, Winged with Jlrong hope, and borne by full de fire, Oh Eafe ! for which in want , in wealth we figh, That Eafe for which we labour and we die. Why fhould the Female ever have the power, To tyrannize tier Man, and to devour? Why fhould the wife, the learned, and the fool, Ihe brave, the rich.. , . Jubmit to Woman's rule ?

Ask of the learned the caufe, the learned are blind, This bids usfeek, that fhun all Womankind; Some place the blifs injerving one alone, Some by a lingle Pafllon are undone. Some, funk to bèafls ,find plea fur e end in pain. Some, J weWd to Gods,... confefs all plea fur e vain;

So-

( 37) E P I T R E III.

\y Félicité! à laquelle nous afpirons tous, affermis par l'efperance & pleins d'ardens defirs. O Tranquillité après laquelle nous fbu- pirons dans la nécelïité comme dans l'opu- lence; Tranquillité 5 pour qui nous travaillons fans cefîè & mourons. Fondée fur quel Droit , la Femme aura-t-elle à jamais le pouvoir de tyrannifèr & d'opprimer FHomme ? Pour- quoi le Sage, le Savant, l'Idiot, le Brave,

le Riche plieront-ils fous le joug du Sexe ?

Ne t'adrefîès pas aux Doftes pour t'en éclai- rer ; ils (ont aveugles. L'un nous ordonne de fréquenter les Femmes; L'autre nous enjoint de les fuir ; Quelques-uns fixent le Bonheur de l'Homme à n'en aimer qu'une Jcu/e; quelques autres perifîènt dans Fécueil d'un fimplc atta- chement ; ceux-ci s'abaifîènt , jufqu'aux brutes & trouvent que le plaifir finit dans la douleur; ceux-là au contraire s'élèvent jufqu'au rang des Dieux, & avouent que le plaifir n'elt que

C 3 va-

( 3S )

Some hold the maxim others wrong would call, To try all Women, , . and to doubt them all.

Ob, Sons of Men! attempt no more to rife, But own the wond'rous force of Woman'' s eyes; Who, big with laughter , your vain toil furveys, And fbews her power a thoufand dijfrcnt ways. Know all the happinefs we hope to find, Depends upon the will of Womankind.

Nothing fo true as Pope, long fince, let fall, „Mofl Women have no ebar aciers at ail"; How many pictures of one nymph we view! All how unlike each other,,, all bow true! See Sin in flatc majeflically drunk; Proud as a Pecrefs , prouder as a punk ; Chafle to her husband , frank to all be fide, A teeming miflrcjs, but a barren bride-, In whofe mad brain the mix\l ideas roll, Of Tallboy }s breaches, and ofCx&r'sfoul. Who , fpite of delicacy ,floops at once , And makes her hearty meal upon a dunce.

In Men we various ruling pajfiomfind, In Women . . . two alone divide the mind; Thofe only fixed, they, fir ft or laft, obey , The love of pleafure, and the love of fvcay. FINIS.

C 39)

vanité; Quelques-uns enfin tiennent pour ma- xime, que d'autres n'approuvent pas , qu'il faut efîayer de toutes les Femmes, & n'a- voir confiance en aucune.

O Enfansdes Hommes ! n'entreprenez plus de vous élever. Reconnoiflez plutôt les mer- veilleux effets des attraits de la Femme, qui, les yeux attachés fur vos vains efforts , s'en rit & vous fait fentir de mille manières diffé- rentes la force de fbn pouvoir» Sachez que tout le bonheur, qu'il nous eft permis d'efpc- rer, dépend de la volonté du Sexe.

Rien n'en: plus conforme a la vérité que ce que Pope dit un jour: Q_uc la plupart des Femmes n'ont point de caratlere. En effet, combien de portraits ne voyons-nous pas d'u- ne feule Nymphe , qui , quoique difîérens en- tre eux , n'en font pas moins tous exacte- ment vrais ! Vois le crime enivré d'un fafte majeftueux. Telle, qui affèclera l'air altier d'une Duchefîc, qui renchérira fur l'orgueil d'une vilaine Proftituée; Chafle envers fbn Mari, fans retenue vis-à-vis de tout autre; Maitreflè féconde & Epoufè ftérile, roule

con

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confufement dans folle cervelle des idées de petiteflè & de grandeur , & pafîant tout d'un coup par-deflus fa delicateiîè, s'abaiflè jufqu'à fàtisfaire fbn appétit dans les embraiîè* mens d'un Faquin.

Diverlès pallions agitent & maîtrifènt les Hommes. Les Femmes .... n'en ont que deux qui les obfédent ; mais dès qu'elles font fixées , il faut tôt ou tard que le cœur de la Femme fe déclare, ou pour le plaifir, ou pour la gloire de dominer.

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