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LA FAMILLE JUCHEREAU DUCHE8NAY

Lj^L

L

PAR

PIERRE-GEORGES ROY

Et tous ceux qui étaient

s'acquittèrent si loyalement de

leur devoir que leurs héritiers

en doivent encore êlre honorés.

Froissart

LÉVIS

1903

TIRE A 150 EXEMPLAIRES

No

AU

Lieutenant-colonel Henri-Théodore Juchereau Duchesnay,

Ancien aide-adjudant-général du 7èrao district militaire,

Chef de la famille Juchereau Duchesnay au Canada.

CE LIVRE EST RESPECTUEUSEMENT DÉDIÉ PAR *

L'AUTEUR

ARMES DE LA FAMILLE JUCHEREAU DUCHESMAY

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■* iVÎ) fiirTîî'î '""v '■''' ':" .'"!'„ .\;'Tj. î'î' •':?;' (12 !^) ':i^.t7Ci'^ t?^' -.'.■■~3S.''3 Voiiâ^uii livre^trm afout l'atjtraitè d'uti roniap : eti> pourtant, il n'y a pas uîie çeulé de ses pages qui ne «joit de la ptirc etrv^éridique histoire) appuyée! d'^lîOrd eur cea-irréftfta&les flocuiïients qui;s'«ppeUen!b les actes de l'état civil, et les- états de service, et ensuite sur let noticeébiogràpliiquefi qui ont pam être leà plui fiuto*^ riséesi^'Ge sont les annales/documeotaires d'une grande famille canadîennev corntemporaine ée ïGhanîplfiiu,iefc qui,, depuis. près de trois siècles, n'a cessé d'être mêlée aux: plus granda évéueraents de notre vie nationale.

C'est Thistoirè de la famille Jucbereau Duchesnay recoTistïtiiée par le ! Éiod-este et érudit antiquaire qui nous màormé Ld famUle Taschercau :. M. , Pierre-Geor- ges fioyf*"]'^ H) t5iieûl-Ji;^::?|'i oh îô i-i'Mîy^nArStùi^ a;^- \\:'' V Ce travail eat'considérable et fait honiieUr à la per^ sévérance de son auteur. Ce qu'il a fallu de patience, de rechcrclies^ de correspondances, pour reconstituer, dans «on entier,, cet arbre généalogique immense, cbargé de tant de rameaux, ceux-là seuls peuvent

ir

s'en faire une idée, qui ont vu à l'œuvré le courageux écrivain.

Mais, il peut flatter d'avoir ajouté un document précieux à nos bibliothèques nationi^les, dans cette étude consciencieuse, qui démontre la vigueur et la fécondité de notre race, véritable monument élevé à la gloire d'une famille, canadienne, émule de tant d'au- tres qui, comme elle, ont brillé par l'éclat des services rendus, par leur dévouement désintéressé à la chose publique, par leurs nombreuses et brillantes alliances matrimoniales, par leurs qualités sociales et le noble emploi de leur vie. ^

L'ancêtre de la famille Juchereau Duchesnay fut Jeàti Jucihereau de Maur, venu à Québec en 1634, avec sa femme et ses (!3[uatre enfants. Il était le frère de lî^oël Juchereau, sieur des Châtelets, licencié en loi, membre du Conseil, commis-général de la Compagnie des Habitants (démembrement de la célèbre Compa- gnie des Cent j\.ss6ciés), venu à Québec ënl632, année mémorable dont notre historien Laverdièrc a 'écrit : " L'on peut dire 4"^en cette ànhée-là, la Nouvelle- France, si crueîleiïient éprouvée^ prit comme une nou- velle naissance et se trouva bientôt assez forte pour vivre de sa propre vie au milieu de ces grandes forêts du Nouvèau-Môhd'e: " "

Les deux tJuchéreau- devinrent les amis et les colla-

... ..... i

borateursde rillustre fondateur de Québec, dans la

réorganisation de cette grande œuvré, doiit l'existence

îir

avait été mis© en péril par l'occupation des Kertk.

Us se lièrent aussi d'amitié avec Robert Giifard, mé-

9 decin du roi, ^m les avait précédés dans le pays, et de

cette, rencontre de cœurs si bien faits pour se compren- dre, date cette alliance des deux noms : Giffard et Juchereau Duchesnay, désormais inséparables et inti- mement liés, non seulement aux annales de la paroisse de Beauport, iTiais à toute l'histoire du Canada et des établissements français dans le Î^ouveau-Monde. Car la glorieuse lignée des seigneurs Gitïard et Jucbereau Ducheanay n'a pas seulement produit des défricheurs et des pionniers de notre agriculture, A chaque géné- ration, elle a fourni successivement à la marine fran- # çaise, aux armées de France et d'Angleterre et à nos milices canadiennes, des soldats intrépides qui se sont distingués sur les champs de bataille de l'ancien com- me du Nouveau-Monde; à l'administration et au gou- vernement du pays, sous les deux régimes par les- quels nous avons passé, des hommes publics intègres et désintéressés ; à la vie civile et sociale, des citoyens influents et respectés ; aux foyers de nos plus impor- tantes faniilles, par de superbes alliances, des épouses et des mères qui ont été l'ornement de leur sexe. A l'Eglise, elle a donné, sinon le nombre, assurément, la qualité, dans ce religieux modèle, le frère Juchereau, premier Jésuite canadien, mort avec la réputation d'un saint ; dans cet autre saint, l'abbé do Rigauville, dont la mémoire est encore en vénération dans notre illustre

ly

monastère de l' Hôpital-Général de Québec. Et, comme couronnement de son œuvre, elle offres à notre admir.»- tion, tout un essaim de vierges (plus de vingt) consa- crées au Seigneur, dont plusieurs ont été des femmes vraiment extraordinaires, : fleurs de grâce, de beauté, d'innocence, qne le monde disputait à Dieu, maisj qui, des leur première jeunesse, se sont volontairement ensevelies dans le sacrifice et rîmmolation dp cloître, à rHôteM>îeu; aiti iTrsulînes, à l'Hôpital-Général de Québec, pour travailler, elles aussi, au développement de la patrie canadienne, par l'éducation des enfant?, par le soin d«s malades, des pauvres, dés infirmée, des abandonnés, et plus encore par cette puissance suppli- ante de la prière, qui soutenait le courage et éclairait les efforts de leurs pères, de leur» frères, de leurs amis, restés datis le raon#eyet voués à la défense 4^ notre sol ou au soitt^é nos intérêts lès plu &cb ers. i - ■'•

Par un beau jour d'été, j'ai voulu revoir l'endroit même s'élevait la maison ancestrale des Giflard et des Jucbérèaù DucHesnay/

Qui ne connaît chez nousté'cîiémîn^e Beaûpofi, se déroulant au milieu de cette riche campagne, de ces chanips fertiles, de ces arbres magnifiques qui offrent h l'œil un paysage enchanteur ? 'Koiis traversons d'abord la rivière des Taupières," qui côulè à travers Tes terrains de l'asile, puis la rivière de Béauport, longtemps connue sous le nom de rivière de l'Ours en souvenir d'une aventure de chasse du premier seigneur

Gifiard. Dans le lointain nous appercevons "le champ des Dion " ; c'est le célëbre fief do Jean Guyon du Buisson, d^nt l'entêtement, proverbial aurait pu en remontrer aux Plaideurs de Racine. Plus près de nous, s'ouvre le chemin de l'Enceinto qui longe la palissade élevée pour défendre le bourg du Fargjr. En face, se dresse l'église aux allures de cathédrale. La voilà cotte colonie percheronne,8i célèbre dans notre histoire^quia fait de Beauport le berceau de la colonisa- tion «t de l'agriculture en Canada, le nid d'éclosion des cultivateurs^ la terre promise des habitants. (1)

Arrêtons-nous un peu en deçà de l'église, sur cette érainence, en face du superbe panorama qui offre à noS; regards le fier rocher de Québec, la pointe vis, la silhouettQ de l' Ile -d '0 ri éanSi^ . ; ^r g-j i; 3 [ t

Repartons notre esprit aux hommes et ajax choses de 1634. Involontairement, les stances mélodieuses du chantre immortel d'Ev|ingéIine nous reviennent en mémoire :

..., .f^ This la the f«)re3t primeaval "

C'est bien ici, en effet, que so dressait la forêt primi- tive, entamée par la hache redoutable des colons venus de France, des cantons du Perche et de la Beauce. Voyez- vous dans la clairière des abattis, au milieu des épis jaunissants de la première moisson, ondu- lant au-dessus des troncs noircis, géants vaincus et domptés par le fer et par le feu, s'élever la maison de chasse de Robert Giffard, dont le souvenir est resté

(1) Henjamin Sulto, Beauport et Québec, L'Evénement, Québec, 21 septembre 1898.

V[

dans les traditions do sa descendance ? Attendez un peu et vous allez la voir faire place au vaste et solide manoir (1) qui, pendant deux siècles, abritera. une race hospitalière, vaillante, populaire et respectée. Ne vous eemble-t-il pas revoir les brillants équipages qui, aux jours des grandes réceptions, des divertisse- ments de la société la plus raffinée, y amènent de hauts personnages, des femmes élégantes, tout ce que le Canada renferme d'illustrations, tout ce que Québec compte de gens de bonne compa- gnie ? Mais en tout temps, le mendiant, le voyageur même s'il est inconnu, et le censitaire fidèle, et dévoué y reçoivent un accueil: to:ut aussi ; cordial et bienveillant. Car, nulle part ailleurs, , la tenure féo- dale n'aîaissé moins de traces d'amertume et de fer- ments de révolte contre puissance et la richesse du seigneur. Et de lui comme de la châtelaine d'antan, il ne reste qu'un agréable souvenir.

Autour du manoir surgissent les maisons rustiques plus tard blanches et coquettes, des colons, hommes de fer, durs au labeur, agriculteurs habiles qui, d'an- née en année, allongeant leurs sillons, font reculer la forêt sauvage ; à l'appel de leur; seigneur, vaillants soldats toujours prêts, qui prodiguent leur -sang sur

(1) " A roueét de réglisc, sur le penchant d'une colline, est une maison seigneuriale, bâtiment de ])ierre ancien et irrc'gulier, destiné originairement à servir de forteresse aussi bien que de résidence. L'épaii-seur et lu solidité des murail- les, si on pouvait les apercevoir do l'intérieur, attireraient l'attention. " Bouchette, Topographie du Canada, édition de Londres, 1815, page 437. Ce manoir était bâti sur le terrain, 60 trouve la carrière dont on extrait la célèbre pierre de Beaiiport.

VII

tous les points menacée de la patrie, puis revieiraent à leurs champs cultivés et- entretenus, pendant leur absence, par les vieillards, les femmes et les enfants laissés à la garde du foyer. '

C'est ici, que de 1634 à 1668, Giffard, médecin "du roi, exerça sa profession, en même temps qu'il dirigeait son exploitation agricole ; ici,qu'il éleva/ sa famille, un fils, Joseph, sieur de Fargy, mort sang' postérité, tine fille qui devint la premiërë religieuse canadienne de l'Hôtel-Dieu de Québec^ et deux autres mariées- à deux fijs de Jean Jucherean de Maur et qui Bont devenues les mères de la nombceusedescendance des Juèhereaù Duchesnay. A; partir de 1698, les Giffard ont été remplacés ]3ar les Juchereau Duchesnay, jusqu'au jour des revers de fortune firent passer en d'autres mains le manoir et la seigneurie.

' En 1660, le 16 janvier; par un froid sibérien, un hôteillustre>.vient s'asseoir à la table hospitalière de Giftard : c'est monseigneur de Laval, accompagné de M. de Bcrnières, et faisant sa tournée pastorale sur la côte de Beaupré. La maison se traiisformè en temple pouB la célébration des saihts mystères^ car il n'y ia pas encore- d'église pour Tes 29 ménages et les 185 âmes de la paroisse naissante.' .:;-;:

Gomme pendant à ce précieux et intéressant souve- nir, il convient de rappeler ici que,cent trente deux ans plus tard, le manoir de Beaùport et la maison ancestrâ le des Salabèrry etrdu héros de Châteauguay se parta- geront le privilège de. donner des parties de plaisir à

€>

VIII

un fils de Roi, joyeux comme un écolier en vacances : le duc de Kent, père et aïeul de deux souverains d'An- gleterre.

Que de fois ces mêmes portes se sont ouvertes pour laisser passer le cortëge en liesse qni s'en allait porter au baptême les rejetons de cette race féconde à l'égal de celle des patriarches, ou qui suivait une fiancée radieuse enlevée au foyer paternel par une de ces alli- ances dont l'éclat venait ajouter un nouveau lustre au blason, et porter dans un autre foyer le renom d'élé- gance, de beauté, de savoir et de vertus domestiques de mesdemoiselles de Beauport.

D'autres fois c'était pour des scènes touchantes d'a- dieux : des jeunes filles partant pour le cloître, avec autant de joie que leurs sœurs s'en étaient allées rece- voir au pied de l'autel les serments de l'époux de leur choix. Et parmi elles, il y avait des femmes de talents remarquables et de caractère, qui furentles âmes diri- geantes de leurs communautés et y ont laissé une em- preinte que l'on reconnaît encore aujourd'hui : comme ' la mère Juchereau de Saint-Ignace{Hôtel-Dieu), émule et rivale en sainteté et en génie,de rin«iomparable mère de l'Incarnation ; comme ces deux illustres sœurs, les mères Saint- Augustin et de l'Enfant- Jésus (Hôpital-Gé- néral de Québec) comme enfin cette autre mère Saint-Ignace, de l'Hôpital-Général, l'annaliste du Siège do Québec (1760), dont les récits émou- vants et dignes de la plume d'un soldat, sont tout imprégnés de vaillance et d'amour de son pays, et

moiTtréht; bien que îè 'ôoiiragegirerrlet' était utie plante fcilltivée par les femmes autant que par les libmraesà l'ombre du toit des Giftard et dc3 Juchereau Duclies-

này. •"''''*^'~''^^> ^i-'^oa-i^ .aei-xoq aornCrs sii-y atqtfibBijyi'

Mid-'^feut^ ' Vè^ ^tminef; "'qàëW -^^Wrêgé %im la mère Jiicliereàu cEe ^Ltiîit?-î^'ace,-par eké riplej avait été fbriii^e par u^tiirêctéiit de 'ti-ebipè-da-përe de

{Bteb'êùf, ce liérds'^ Fàt)93Îx>lat, -ce- g'&arit du mar-

î-'^yj^'^^fv'j .-.dî'jTiJoiï VU *is5';oy? fiiirrj-v i^ii-M/l èsioh ^i^onL .

~'''^jï c§t^^àe^cei"^âsrres"'^linnantè'^àp^^

" Yiïè'cèïi" ëî\è \ji¥à co d sitïês r Ofiâflôétig c JfèélierèaiU^ -^ 'Ja

Ferté, Marie de Lauzon^Cliàfriy, Marie-tFosepte Tîen- ' iiiiy--i^aèliofé; ïiofiisè^FrahçOTse^d^^ ' Vlfie; tTieédëmoîêcyllie8'*^^Àal>étt àe îa^ 'Ghe&iiàyè^ '=Iie ^Weèf làé^^iliy, 15fe^t1nèr'^<fé'T4Kéïîài*i^pLBiànéaii''4e

Sïu^,^ de hèrj/^jë (^ràWr ^ Beàlà vâië, -Da'm^i^'-'de

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^'''''<3èà1îgneî^'^6fiï etc'tîcnïéàiàu^ sôrtîf «l'une totichaèie ' I*éfi§rtr9hfé'aà''tti^im8tëpé ^dèëP-^rsiilîÉfé^^-aé Québec, dâng"'1-Mil^^g1î^& htk^tiifi'^uèméht rëstaùV^e^ ' ét^ qm est ' comme uft riébè écrih' ehcliassaTit de patriotique'^' et pré'cîetli-i6iivei^iinè:Le^-2& août U 903, il y'àvait prise dévbifé^'îjfes (îëùx^'je^iïlie» àspit-autes étaient héritières, l'unedù nbtïi illustré de Tà3cherea«,l'auti'e dés honift de

Juchereau Duchesnay et de Salaberry, unies ensemble dans une mSrae immolation courageuse, comme leurs ancêtres l'avaient été, dans plus d'une page glorieuse de notre histoire. Pourquoi ne pas voir dans ce vivant et perpétuel holocauste qui fait descendre d'en haut la protection céleste sur les hommes de leur famille que le devoir appelle sur les champs de bataille ou retient dans les combats non moins périlleux de la vie, le secret de cette foi profonde à laquelle tous ont été fidèles. Sans doute comme tous les humains, ils ont payé tribut à la faiblesse de la nature, mais de tous, on peut dire que, des nombreuses victoires qu'ils ont remportées, la plus précieuse, à leurs yeux, c'est le tri- omphe de leur foi. Eti eftet, tous ont été croyants, et leur vie se commence et se termine à réglise,entre le jour de leur baptême et celui des funèbre? et der- nières prières.

***

En regard de ces gracieuses figures de femmes, ornées de tous les attraits, de toutes les vertus de leur sexe, voyez donc le cortège imposant des homme 4 sortis, eux aussi, du manoir de B3auport.

Nous avons déjà fait connaissance avec Noël Juche- reau des Châtelets, Jean Juchereau de Maur et Robert Gifi^rd, les pionniers de cette race distinguée dans la Nouvelle-France. Ajoutons ici que tout l'honneur de la naissance nouvelle de la colonie de Québec en 16â2, dont parle M. Laverdière, revient à la Compagnie des

XI

Cent Associés, fondée par Richelieu qui s'en constitue le protecteur et le chef. C'est elle qui se charge de la partie matérielle de l'entreprise et fait choix de Cham- plain comme gouverneur, personnifiant l'autorité royale, tandis que Noël Juchereau desChâtelets repré- sente la Cie des Habitants, c'est-à-dire, le groupe mer- cantile de la Compagnie d*»8 Cent Associés, qui paie les appoi ntements de Champlain, lui procure les vivres, entretient les garnisons et fournit toutes les munitions de guerre ; le surplus de recettes, ces dépenses payées, allant à la Compagnie des Cent Associés de France. On conçoit l'importance de la position de Noël Juche- reau vis-à-vis de Champlain, et l'on s'explique le rang élevé qu'il occupe dans la colonie, toutes les fois que Fon nom revient dans nos annales. Il partage av6c Robert Giffard l'honneur d'être marguillier dans la première organisation de fabrique dont il soit fait men- tion à Québec. Giffard s'unit à Jean Juchereau de Maur pour attirer l'émigration à Beauport. Et c'est ainsi que ces trois noms sont inscrits au tableau d'hon- neur des pionniers de notre pays, avec Hébert et Couillard, avec Champlain leur chef universellement reconnu comme le fondateur et le père de la Nouvelle- France.

Robert Giffard et Jean Juchereau s'établissent soli- dement à Beauport et resserrent leur alliance par le mariage de deux filles do Giftard avec deux lils de Jean Juchereau de Maur. Chose singulière, l'aîné des fils de Jean Juchereau de Maur, père lui-même de

XI r

quatre enfants, n'est pas le continuateur de la lignée. Cet honneur échoit au cadet Nicolas Juchereau de Saint-Denys qui vase faire un nom illustre dans l'his- toire. 11 débute par le recrutement de la première compagnie de milice canadienne, parmi les colons de Beauport. Il fait avec elle la campagne de 1665-1666 contre les Iroquois, avec MM. de Tracy et de Cour- celles. En 1690, étant âgé de plus de soixante et dix aDs,à la tête de ses braves et secondé par les élèves du séminaire de Québec, il accomplit le glorieux fait d'armes de Beauport. Après trois jours de combat, il rentre au foyer avec un bras cassé, six canons pris à l'ennemi, et après avoir vaillamment gagné la perma- nence de sa Compagnie et surtout ses lettres d'anoblis- sement fameuses dans notre histoire par les éloges magnifiques que Louis le Grand y décerne à nos vail- lants miliciens et à leur héroïque commandant. Huit mois après, il descendait dans la tombe. Comme il dut tressailli r,le vieux guerrier,lorsqu'un an plustard,aprè9 qu'on eut chanté pour lui le service de l'an et jour, sa famille se trouva réunie pour célébrer le mariage de Fa petite fille Marie-Thérèse Follet de la Combe Poca- tière avec Pierre LeMoyne d'Iberville, le héros futur de tant de légendaires exploits î

En 1684, Ignace, fils de Nicolas, fait, sous Denon- ville, la campagne contre les Iroquois, toujours avec les miliciens de Beauport. Avec eux encore, en 1687,il prend part à l'expédition de M. de Troyea, à la Baie

XIII

d'IIndson, en compagnie des célèbres frères d'Iber- ^^lle, de Sainte-Hélène et de Maricourt. Puis, il revient aux champs paternels, devient seigneur en titre de Beauport en 1696, ajoute à son nom do Juche- reau celui de Duchesnay et consacre sa vie à l'agri- culture et à sa famille vraiment patriarcale de dix-sept enfants

Joseph, héritier du nom, meurt jeune et célibataire, mais non sans avoir ajouté à l'éclat du nom en inau- gurant à Québec la construction des vaisseaux sur une grande échelle, et en prenant part à la défense de Port Royal, d'où il rapporte une glorieuse blessure, et des velléités d'entreprises commerciales, auxquelles il ne donne pas suite.

Puis, viennent les trois Antoine, père, fils et petit- fils, dont deux sont encore soldats. On les retrouve sur les champs de bataille : à Carillon, l'un d'eux se bat comme un héros et sur les Plaines d' A.braham, tandis que le troisième, Antoine-Louis, se distingue à ce point tournant de notre histoire, nos pères com- mencent à jouir des franchises de la constitution bri- tannique. Après avoir vaillamment soutenu l'non- neur du drapeau de la France, dans l'agonie des derniers combats, toujours fidèles à la terre canadienne, qui est vraiment devenue pour eux la patrie, les J uche- reau Duchesnay refusent de la quitter, comme tant d'autres, et s'associent courageusement aux destinées que leur impose la force des événements. Loyaux à

0

XIV

l'allégeance nouvelle comme ils l'avaient été à l'an- cienne, ils continuent de donner à la patrie l'appui de leurs bras vaillants, d'abord, pour soumettre, en 1764, les Sauvages, et, en 1775, pour repousser l'invasion américaine. Il n'est pas jusqu'aux châtelaines de Beauport qui ne ressentent les coups de ces temps tourmentés. En 1759, l'une d'elles est faite prison- nière par "Wolfe qui admire sa fierté et son courage autant que son élégance et ses belles manières. Fait prisonnier au fort Saint-Jean, Antoine, fils, passe dix- huit mois en captivité, pendant lesquels l'armée amé- ricaine assiégeant Québec, dévaste la seigneurie et le manoir de Beauport. (1) Rentré dans ses foyers, il se prend de compassion pour du Calvet, luttant contre la tyrannie du pouvoir, et sa bourse est largement ouverte au proscrit qui combat pour sa liberté et pour celle de ses concitoyens. En 1812, à Cliâteauguay,

(1) C'est alors qu'il écrivit à Ihonorable Frs Baby ces lettres pleines de patriotisme dont voici quelques extraits : " Notre résistance nous a fait obtenir les honneurs de la guerre et la douce satisfaction d'être traînés à Connecticut : un coup de fusil au travere du corps à Montréal me ferait beaucoup moins de peine et de tort. Tu sais combien ma présence serait nécessaire à Québec, puisque tous mes biens sont à l'abandon, ainsi que mes enfants. Je suis encore ù, être instruit de leur sort et du vôtre. 11 est désagréable pour moi d'être le seul homme qui ait fait la sottise de se laisser prendre à St-Jean pendant que j avais l'occasion de défendre ma capitale et de me couvrir de gloire. Je regrette de no l'avoir pas laissé ( StJean ) quand j'ai vu que l'on ne par- lait que de se rendre. On m'a dit qu'une partie de l'armée avait été campée à Beauport. Je suppose que j'aurai été pillé. J'en fais le sacrifice si Québec se sauve comme nous l'espérons tous, " L'abbô Verreau, Invasion américaine, pages 320, 324, 325.

XV

trois Juchereau figurent avec honneur aux côtés de leur parent, de Salaberry.

Mais, voici que la carrière politique attire et entraîne les seigneurs de Beauport. Ils y feront grande figure, respectés par le pouvoir qui les craint,adorés par leuis constituants, qui les regardent, à bon droit, comme d'intrépides défenseurs. Ils sont de cœur avec les Blanchet et les Taschereau, leurs alliés par mariage, avec les Bédard, les Bourdages et Papineau l'ancien, avec tous ceux qui soutiennent le Canadien et ses in- trépides rédacteurs qu'attend la prison, pendant toute cette longue lutte couronnée par la victoire et par l'établissement du gouvernement responsable. Des revers de fortune ont fait changer de mains la seigneu- rie de Beauport. Mais le souvenir des maîtres bien- veillants, des femmes distinguées, charitables, qui ont habité le vieux manoir, est resté bien vivant. Il suffi*-, pour s'en convaincre, de consulter les anciens. D'ail- leurs, si le malheur des temps et l'abolition de la tenure seigneuriale ont eu une fatale influence sur le patrimoine des Giô'ard et des Juchereau Duchesnay, leur lignée est restée debout, et les rejetons transplan- tés n'ont pas cessé de faire honneur au vieux tronc frappé par la tempête. Ils restent fidëles au sang, et à part quelques exceptions, ils sont presque tous agri- culteurs ou soldats. Comme au manoir de Beauport, dans ceux de la Beauce, de Fossembault et de la ré- gion de Montréal, la terre est toujours " la grande amie ". On y retrouve le dévouement à la chose pu-

XVI

blique, la bienveillance et la générosité qui gagnent les cœurs.

Aussi, tandis qu'un Juchereau Duchesnay, investi pendant vingt-cinq ans de la confiance de ses censi- taires, inscrit dans son testament une remise considé- rable, en leur faveur, des rentes et redevances qu'ils lui doivent, un autre, également populaire, recueille parmi les siens, au jour de ses funérailles, le témoi- gnage de la reconnaissance publique, alors que ses concitoyens se disputent le privilège déporter de leurs robustes mains sa dépouille mortelle, sur une longue distance, jusqu'à l'église. Un autre, enfin, ne voyant plus dans le service militaire, ouverture à son dévoue- ment pour son pays, et se souvenant du rôle utile et brillant joué par ses aïeux sur tant d'autres plages lointaines, cherche et trouve dans les carrières nou vellos un élément à son activité, et inscrit son nom, respecté de ses chefs autant que de ses subordonnés, au cahier d'honneur d'une des colossales entreprises de la patrie canadienne. On se souviendra longtemps, dans les conseils du Pacifique Canadien, du jeune et intrépide ingénieur qui fut placé à la tête des sections les plus périlleuses de la construction et du développe- ment de notre grande route nationale. Les travaux gigantesques qu'il dirigea au nord du Lac Supérieur et dans les Montagnes Eocheuses ; ses explorations har- dies dans les chaînes de montagnes réputées inaccessi- bles de la Colombie Anglaise, la course sans précédent qu'il fit vers le Yukon pour démontrer la possibilité

XVII

d'un voyage plus rapide et de la construction d'un chemin de fer, sont restés légendaires dans les annales de la Compagnie du Pacifique, et sa fin tragique et prématurée, en ajoutant son nom à la longue liste des victimes du devoir, au moment même il semblait arrivé à la fortune et au repos, a rendu son souvenir plus touchant et plus durable. Arrivé au terme de son ambition, il s'en allait rejoindre dans la tombe ses deux frères aînés enlevés, eux aussi, par de ces coups foudroyants de la mort dont la Providence se réserve le secret, comme pour nous faire mieux sentir, dans les larmes des veuves et des orphelins, le néant des choses de la vie, et pour élever davantage nos cœurs et nos esprits vers les consolantes perspectives de l'immor- talité.

Telle est, esquissée à grands traits, la carrière glo- riouse et bien remplie des seigneurs de Beauport et de leur nombreuse lignée.

Apres avoir raconté ce qu'ont fait les aînés, conti- nuateurs de la race, voyons maintenant la brillante odyssée des cadets, des neveux et des alliés de la fumille Juchereau Duchesnay.

Nombreux comme ils étaient, il n'est pas étonnant qu'ils se soient répandus dans les charges publiques, dans toutes les carrières, mais surtout comme oflSciers des troupes de la marine ou de l'armée de terre, ou dans nos milices canadiennes.

Dans le Nouveau Monde, ils sont dans les expédi-

V

XVIII

lions contre les Sauvages ou contre la Nouvelle-Aiiifle- ^ terre la Baie d'Hudson, au Labrador et àl'îled'An- ticosti; à la Louisiane, au Mexique, à Saint- Doraingue et aux autres îles des Antilles.

Dans l'ancien monde, il y en a sur toutesles mers ;;\ Pondichéry, au Sénégal, au Gabon et au Tonkin. On en retrouve dans la guerre de Sept Ans, dans les armées et la marine de Louis XIV, de Louis XV et de Louis XVI ; au service de la Turquie et de l'Espa- gne ; parmi les défenseurs de la vieille monarchie; parmi les illustres et les vaillants de l'immortelle légende napoléonienne ; sous la Restauration, sous le second Empire et la troisième République, servant partout la France aimée, toujours soldats et toujours fidèles à l'ombre et sous les plis môme de son glorieux drapeau.

Denis- Joseph Jnchereau de la Ferté (1661-1709) est l'enfant terrible de la famille. A vingt-trois ans, il suit Greysolon Duluth au Sault Ste-Marie. A peine de retour, il repart à la tête de la compagnie de milice du Cap-Rouge pour l'expédition du gouverneur de la Barre contre les Iroquois. En 1689, il se distingue aux côtés de d'Iberville, dans sa célèbre campagne de la Baie d'Hudson. En 1694, il est avec Jolliet, explo- lant le Labrador, les îles de Mingan, le détroit de Belle-Isle. En 1697, c'est lui qui apporte de France les dépêches royales, annonçant à Frontenac l'attaque projetée des Anglais contre Québec. En 1704, on retrouve l'officier de l'armée de terre portant l'épau-

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îette de lieutsiiant do hi marine, à bord du Joi/bert, * armé en course contre l'Anglais. Ses exploits auda- cieux et son mépris du danger lui font pardonner les folios et joyeu^e.-^ équipées de sa jeunesse, quand, en 1709, il revient mourir à Québec, n'ayant pas trouvé le temps de se marier, ni de 83 fixer nulle part. Son frère Paul-Augustin fournit une carrière moins tour- m entée ; mais il avait aussi l'humeur joyeuse si l'on en juge par les couplets satiriques dont la mère Juche- reau de Saint-Ignace lui attribue la paternité, et dans lesquels il raille à la manière de Scarron, le désastre de la flotte de l'amiral Walker et de ses lieutenants Vetch et Nicho^son ( prononcez : Ouacre, Vèche et NegUsson ) qui déridaient l'austère et grave hospita- lière, au railieu des prières ferventes qu'elle adressait sans cesse au ciel pour ses pétulants et incorrigibles frères.

Charles Juchereau de Saint-Denys, lieuteaaut-gjné- rai du roi à Montréal, épouse mademoiselle Migeon de Branpac, acquiert une grande fortune et commonoe dès 1696 et 1701 des établissements importants k Michillimakinac, à Wabash et à l'embouchure du Mississipi.

Joseph-Charles Juchereau de Saint-Denys s'en va sY'tablir à Saint-Domingue, l'infatigable M.- Roy a retracé sa descendance jusqu'à nos jours.

Louis Jucheraau de Saint-Donys suit d'Ibervillc et ses frères dans la Louisiane et concourt à la fondation de la Nouvelle-Orléans ; puis il s'y établit définitive-

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ment et y tait une carriëre de qaarante-ciiiq ans, bril- lante, mouvementée, pleine d'aventures dignes de tenter la plume d'un Gustave Aimard et d'un Feni- more Cooper. Son nom revit dans plusieurs des famil- les les plus distinguées de la Louisiane, et de la î^ou- velle-Orléans.

*^* En France même, le nom de Jaohsrea'i va resplen- dir du plus bel éclat.

Trois rameaux différents détachés du tronc de Beau- port vont, de nouveau, prendre racine et faire souche dans l'ancienne mère-patrie, l'on retrouve, de nos jours, leurs représentants.

1. La branche de Louis Barbe Juchereau de Saint. Denys, fils de Joseph-Charles Juchereau ( de Saint- Domingue ), petit-fils de Charles Juchereau ( de Mon- tréal ) et arrière petit-fils de Kicolas Juchereau de *^Saint-Denys, (le héros du siège de Québec, anobli par Louis XTV. }

Louis-Barbe Juchereau de Saint-Denys entre dans l'armée française, se distingue dans la guerre de Sept Ans et fait un brillant mariage avec la fille du mar- ^ quis de Barbançois-Villegongis. Louis XV et la famille royale assistent et signent au contrat, et le roi met dans la corbeille de la fiancée un parchemin qui confère à l'épouseur le rang et le titre de marquis de Saint-Denys. Sept enfants naquirent de ce mariage, dont quatre ont fait souche.

Amédée-Louis- Vincent, l'aîné, prit du service en 1800 et fit les campagnes de Dalmatie, d'IUyrie, et du

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Tortuga]. Il mourut en 1858, n'ayant pas d'enfaut. Il avait institué pour scn héritier son neveu Marie- Jean-Léon Lecoq, baron d'iïervey, fils do sa sœur Mélaiiie, madame Trousset, devenue par un second mariage, baronne d'Hervoy. Ce neveu est mort à son tour en 1892, sans entant. Le titre de marquis de Saint-Denys, éteint dans cette branche, est passé à son neveu, petit-fils du frère du général baron Juche- veau.

Le troisième fils de Louis-Barba Juchereau, Charles Juchereau, comte de Saint-Denys, servit la France dans l'armée de la Restauration et brisa son épée lors de la Révolution de 1830. Il n'a pas laissé d'héritier du nom. De ses deux filles, l'une est morte sans pos- térité, l'autre, madame de la Barre, a trois entants.

Mariée en premières noces à M. Trousset, Mélanie Juchereau a laissé de son premier mariage deux filles et xde son second mariage avec Alexandre Lecoq, baron d'Hervey,un fils. La première de ses filles estde- venue la marquise de ^oé et a laissé quatre fils dont deux sont encore vivants. La seconde est devenue la comtesse de Luppé. Elle a eu trois fila, dont un seul survit ; mais n'a pas d'enfant.

Constance-Hélène-Louise, autre fille de Louis-Barbe Juchereau, mariée à M. Leraaire de Marne, n'a laissé qu'une fille mariée à M. de Sazilly, représenté aujour- d'hui par une fille unique, madame Techtermann, et deux fils dont un survit, M. René Torteriie do Sazilly.

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2. La branche de Marie-Eiistache, fils d'Antoine, seigneur de Beauport (do 1720 à 1772 ).

Entré dans l'armée française, il périt à la tête de son régiment, à Oharleville, en 1702, «lans une de ces sanglantes émeutes populaires qui préludèrent à la grande Révolution.

Son fils, le célèbre général baron Juchereau entre dans le corps du génie ; avec l'agrément de Napoléon 1er, il se met au service de l'empire ottoman comme instructeur en chef du génie militaire et des fortifica- tions, hauts emplois dans lesquels il ne cesse de sau- vegarder et défendre les intérêts de la France. Plus tard, en Espagne, il dirige les opérations du siège de Cadix et prépare la victoire de Bornos. 11 prête ensuite son concours aux héros de l'émancipation de la Grèce il reste attaché comme ministre résident de France. Enfin, il est appelé en consultation pour préparer la conquête de l'Algérie^et meurt en 1850, avec une répu- tation littéraire qui le place au premier rang parmi les écrivains militaires de son temps. Il avait épousé une Levantine et ne laissa qu'une fille mariée à M. de l'Es- pi nasse.

Par une de ces étranges coïncidences que présente parfois l'histoire, dans la première moitié du dix- neuvième siècle, on trouve deux Canadiens-français, deux cousins : le baron Juchereau de Saint-Denys et le vicomte de Lery comme généraux en chef du génie, dans les brillantes opérations militaires de cette épo- que si féconde en événements guerriers.

Louis Juchereau de Saint-Deny s,frère du général baron

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Jnchereau, entre dans la magistrature et fait sa carrière en Corse. Il avait eu plusieurs enfants, dont un seul a fait souche : Eustache Juchereau de Saint-Denys qui s'est illustré comme consul de France en Orient, puis à Saint-Domingue.

Eustache Juchereau a laissé trois iils : l'aîné esta Bastia et porte le titre de marquis de Saint-Denys. Le second [torte le titre de comte de Saint-Denys et appar- tient à l'armée française,dans laquelle il s'est distingué au ïonkin. Il n'a qu'une fille. Le troisième fils, après avoir été avocat consultant à Paris, est devenu juge de paix en Algérie, près d'Oran. Il est céliba- taire.

3. Enfin, la troisième branche des Juchereau de France est celle des de Monceaux, issue de Marie- Madeleine Juchereau Duchesnay, fille d'Ignace, mariée à Jean-Christophe de Monceaux, qui devinrent la souche des familles Sarrazin, de l'Etang, d'Avrain- ville, Thirion, Martin, Soulignac, de Soyer, Ruellan.

#** Je termine ici cette vue d'ensemble, ce résumé suc- cinct du livre de M. Roy. En le parcourant, je n'ai pu m'empêcher de penser que ces pages, arides en apparence, comme le champ delà mort couvert d'osse- ments blanchis, entrevu dans la vision du prophète, n'attendent que lesoufile vivifiant dupoète, du roman- cier, ou de l'historien, pour faire revivre en chair et en os leurs héros et leurs héroïnes choisis parmi les dix-neuf cents descendants des Juchereau de Maur, de laFerté et de Saint-Denys.

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C'est plus que de la légende : c'est de l'histoire vécue,comrao l'on dit de nos jours ; car, pour chacun de ces morts, nous tenons, pour ainsi dire,en nos mains la trame de leur carrière. Leur existence s'est dérou- lée dans les combats, dans la calme atmosphère de la vie des champs,dans les hautes sphères ouvertes à l'ac- tivité humaine. Partout et toujours, ils ont été bons fils, bons pères, bons citoyens et bons chrétiecs. Voilà toute leur vie.

De ces pages si remplies de noms célèbres, d'actions d'éclat, mêlées à des événements domestiques simples, au récit d'actes modestes et obscurs, jaillit une leçon de devoir et de dévouement désintéressé à la chose publique, un enseignement de patriotisme qui consolé des spectacles d'égoisme et d'affaiblissement des carac- tères dont nous sommes trop souvent les témoins. Mais aussi quelle responsabilité pèse sur les épaules de ceux qui sont appelés à recueillir un pareil héritage.

C'est bien h eux que s'adresse l'épigraphe que M. Roy a empruntée à Froissart : " Tous ceux qui étaient s'acquittèrent si loyalement do leur devoir, que leurs héritiers en doivent encore être honorés," qui se lit si bien en regard de cette belle pensée de Tacite par laquelle je finis en la traduisant ainsi :

" En entrant dans la carrière, souvenez-vous de ce

que furent vos ancêtres, et songez au jugement que

prononcera un jour sur vous le grand tribunal de la

postérité. " (1)

H.-J-J. B. Chouinard

;i) ïturi in aciem, et majores et posteras cogitate.

NOËL JUCHEREAU, SIEUR DES CHATELETS

La commune de la Ferté-Vidame, en France, fait partie du département d'Eure-et-Loir.

La Ferté-Vidame appartenait autrefois à la partie de l'ancienne province du Terche nommée le Thime- rnis.

Cette commune s'appela d'abord la Ferté-Ernaud, mais on lui substitua le nom de la Ferté-Vidame, parce qu'elle eut longtemps les vidâmes de Chartres pour seigneurs.

Le Thimerais, ainsi nommé du lieu de Thimer, ruiné dans le onzième siècle, renfermait, outre la Ferté-Vi- damo,Châteauneuf-en-Thimerais, Senonches, Brezolles, l'abbaye de Saint-Vincent-aux-Bois, la collégiale de Maillebois et sept prieurés, les châtellenies de Cham- prond, Longny et la Loupe, etc., etc.

On donnait aussi au Thimerais le nom de Terres démembrées, parce que ces terres furent distraites, à l'origine, du Grand Perche.

(''est à la Ferté-Vidame, vers la fin du seizième

\l

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8iècle,que naquit N"o3l Juchereau, sieur des Châtelet8.(l)

La famille Juchereau était fort bien posée dans le Perche. Elle avait de nombreux représentants dans la ville de Mortagne plusieurs Juchereau occu- paient dans la magistrature des charges importantes.

Noël Juchereau, sieur des Châtelets, étudia la loi et obtint le degré de licencié en droit.

En 1632, il vint au Canada, dans les intérêts de la Compagnie des Cent- Associés.

Mais les Cent- Associés étaient alors bien près de la banqueroute et ils cédèrent bientôt le droit du com- merce de la colonie à un syndicat qui devait virtuel- lement les remplacer. Le directeur de cette association particulière était Jean Rozée, marchand de Rouen. Antoine Cheftault de la Regnardière, avocat, de Paris, en était le secrétaire. Les six autres membres se nom- maient Jacques Castillon, bourgeois de Paris, Jacques Borruyer ou Boruhier, seigneur de Matiselmont, Jac- que Duhamel, marchand de Rouen, le conseiller Fou- quet, Jean de Lauzon (qui devint gouverneur en Itîôl), et Noël Juchereau, sieur des Châtelets. Ce dernier était le seul qui résidât dans la colonie. (2)

M. Aubert de la Chesnaye écrivait en 1676, rappe- lant ce qui s'était passé de 1632 à 1645 : " Ceux de la compagnie des Cent, qui étaient des personnes de di- gnité et de considération, résidant à Paris, jugèrent à propos de laisser le soin et les avantages du commerce pour le Canada aux marchands de Rouen et de Dieppe auxquels quelques-uns de ceux de Paris se joignirent. Ils furent chargés de payer les appointements du gou-

(1) Les Châtelets, commune d'Eure-et-Loir, à 44 kilo- mitres de Chartres.

(2) L'abbé Ferland, Cours d'histoire du Canada, volume 1er, pages 222, 284, 298.

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vernenr, de lui fournir sa nourriture, d'entretenir les ffarnisons de Québec et de Trois-Rivières, fournir les choses nécescaires pour la guerre, de se payer sur les produits et de rendre compte du surplus au corps de la compagnie (les Cent) en son bureau à Paris. (1)

Kn 1645, les Cent-Associés abandonnèrent une partie de leur commerce entre les mains d'une compagnie dite des Habitant?. l'ar l'entente conclue le 6 mars de cette année, la Compagnie des Habitants obtenait la liberté du commerce pour son compte, sans remplacer toutefois l'ancienne organisation des Cent-Associés ; mais en retour du priviU^ge qui leur était octroyé, les Habitants devaient entretenir le gouverneur-général, ses officiers, les soldats des forts et habitations, les nourrir, payer leurs appointements, réparer les forts, et tenir au moins cent hommes dans les garnisons. (2) M. Juchereau. sieur des Châtelets, fut nommé commis- général de la Compagnie des Habitants.

A l'automne de l'année suivante, il recevait sa no- mination de commis-général sur les vaisseaux pour tous les achats. (3)

M. Juchereau, sieur des Châtelets, a joué dans la colonie de la Nouvelle-France, un rôle considérable, de 1632 à 1648.

Agent ou commis-général de la Compagnie des Marchands, M. Juchereau, sieur des Châtelets, était un des premiers personnages de la colonie naissante. On le voit figurer dans toutes les occasions solennelles.

(1) Collection de manuscrits, volume I, page 248.

(2) Benjamin Suite, L'organisation militaire du Canada. Mémoires de la Société Royale du Canada, deuxième série, volume II, page 15.

(3) Journal des Jésuites. The Jesuit Relations and allied documents, volume XXVI H, page 234.

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En 1639, lorsque les religieuses Ursulines arrivent au Canada, c'est lui qui loge la Mère de l'Incarnation et ses vaillantes compagnes. On lit dans l'acte de ré- ception du 28 septembre 1639: "Les prières finies, nous menâmes les dites Révérendes Mères Religienses Ursulines et la Damé de la Feïtrie en un corps de logis appartenant à Noël Juchereaa, sieur des CliAte- lets, et ses associés, scis sur le bord de la rivière Saint- Laurent au-dessous du magasin de Messieurs de la Coinpagnie de la Nouvelle-France." (1) " Cette mai- son consiste, écrivait la sœur Cécile de Sainte-Croix, en deux chambres assez grandes,une cave et un grenier. On nous a fait une clôture, de pieux de la hauteur d'une petite muraille, mais qui ne sont pas si bien joints qu'on ne puisse voir au travers. Pourtant, cela nous sépare toujours des séculiers. Nous avons la plus belle vue du monde, sanssortir de notre chambre. jSTous voyons arriver les navires, qui demeurent tou- jours devant notre maison tout le temps qu'ils sont ici." (2)

Au jour de l'an 1646, le Père Lalemant, supérieur des Jésuites, mentionne, entr' autres étrennes qu'il en- voya à divers personnages, celles qu'il fit à M. îs'oël Juchereau, sieur des Châtelets : " Je leur (aux Ursu- lines) envoyai deux images de saint Ignace et de saint François-Xavier en émail : on donna à Monsr. GifFar un livre du P. Bonnet De la vie de Notre Seigneur^ à Monsr. des Châtelets un des petits tomes de Drexel- lius De Aeternitate ; à Monsr. Bourdon une lunette de

(1) Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqii'à nos jours, tome premier, page 22.

(2) Cette maison de M. Juchereau, sieur des Châtelets, ce petit logis sur le quai, dont parle souvent la Mère de l'In- carnation dans ses lettres, occupait l'emplacement de l'hôtel Blanchard ou Cloutier, à la basse-ville.

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Galilée il y avait une boussole, et à d'autres des re- liquaires, chapelets, images, etc." (1)

Le dimanche après les Rois de cette même amiée 1646, M. Jiichereau, sieur des Châtelets, qui était mar- iruillier de Québec, avec M. Robert Giftard, premier seigneur de Beauport, donnait le pain bénit, eu société iwec son collègue : " Le 6, jour des Rois, il n'y eut point de pain bénit, mais seulement le dimanche d'a- près ; tous les deux marguilliers le firent ensenàble, savoir M. des Châtelets et M. Giffar." (2)-

" Le Jeudi-Saint, même année, M. Juchereau, sieur des Châtelets, figure dans la cérémonie du lavement dés pieds: " Il y eut lavement des pieds à l'hôpital 0:1 assista le Père Vimont; M. des Châtelets et autres y lavèrent les pieds à 18 sauvages, qui furent ensuite régalée." (3)

Un peu plus tard, il s'agit la procession du Saint- Sacrement, et M. XoëlJuchereau, sieur des Châtelets, est encore dans les honneurs : "Pour la procession, il fut arrêté que M. le gouverneur nommerait qui il lui plairait pour porter le dais de sa part, que les deux mar- guillierà le porteraient aussi et un sauvage: que les années d'après les raarguilliersavec le curé aviseraient à qui il le faudrait oftrir de le porter, la disposition de trois bâtons leur étant laissée libre et la disposition du ier à M. le gouverneur. Ceux'qui le portèrent cette année furent M. Tronquet de la part de M. le gou\^ér- neur, Monsr des Châtelets et M. GifFar, raarguilliers, et Noël Negabàmat." (4)

( l ) Journal des Jésuites. The Jesuit Relations and allied documents, volume XXVII, page 142.

(2) Idem, page 144.

(3) Ibidem, volume XXVIII, page 176.

(4) Ibidem, page 192.

u

Le 27 mara 1647, le roi de France signait un " rè- glement pour établir un bon ordre et police en Cana- da." Ce règlement, dit M. l'abbé Ferland, était une espèce de charte constitutionnelle, octroyant quelques libertés aux habitants du Canada. Il ne fut pas du goût de tout le monde puisque M. d'Ailleboust, alors gouverneur de Trois- Rivières, passa en France pour faire des représentations.

"Il prit la mer le 21 octobre 1647, lisons-nous dans V Histoire des Canadiens-Français^ en compagnie de M. Noël Juchereau des Châtelets, tous deux délégués par les habitants pour obtenir la réduction du traitement du gouverneur-général de vingt-cinq mille à dix mille francs, et autres changements qui furent approuvés par un arrêt du 5 mars 1648." (1)

M. Juchereau, sieur des Châtelet3,mourut en Frjince, au cours de ce voyage,lais8ant bien des regrets dans la colonie.

La nouvelle de sa mort parvint d'une manière bien singulière à Québec. Au mois de juillet 1649, arrivè- rent en cette ville une trentaine d'Abénaquis, qui ap- portaient des lettres venues par voie de la N"ouvelle- Angleterre. Parmi ces lettres, il s'en trouvait une de madame de Repentigny, à son mari, datée du 31 juil- let 1648, un an auparavant, dans laquelle elle an- nonçait le décès de M. Juchereau, sieur des Châtelets.

M. Juchereau, sieur des Châtelets, ne s'était pas marié. (2)

(1) Benjamin Suite, Histoire des Canadiens- Français, tome III, pî.ge ]4.

(2) Ignotuf», La Presse, 24 décembre 1898.

pREMikgR o&xÉRATiux : Jf.xs Juchebkau, sibl'r de Maub

JEAN JUCHEREAU, SIEUR DE MAUR W

Jean Juche reau, sieur de Maur, était le frère de Noël Juchereau, sieur des Châtelets.

Comme lui il était à la Ferté-Vidame, au diocèse de Chartre?-.

C'est en lti34, qu'il vint rejoindre son frère dans la Nouvelle-France avec sa femme, Marie Langlois, (2) et ses quatre enfants.

Le 15 janvier 1635, Jean Juchereau, sieur de Maur, et Noël Juchereau, sieur des Châtelets, se faisaient concéder un espace de terre compris entre le Cap-aux- Diamants et le vallon du Cap-Rouge. Le gouverneur de Montmagny trouva bientôt que cette concession touchait de trop près à la ville, et qu'il était mieux de laisser une banlieue, aucun fief ne serait concédé et toutes les terres seraient tenues en la censive de la

(1) Maur, Maure, Maures ou More. Maur est la véritable orthographe. Saint -Maur est un lieu de pèlerinage célèbre situé à quelques kilomètres de la Ferté-Vidame.

(2) Elle était fille de Langlois, éeuyer, seigneur de

la Polherie et de Saint-Roch.

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Compagnie de la Nouvelle-France. Tour cette raison, il déplaça la concession du sieur de Maur et de son frëre, feu M. des Châtclets, dont il était l'iiéritier, et il lui donna en retour, de l'autre côté de la rivière du Cap- Rouge, une étendue de terre égale. (1)

Le 18 septembre 1647, le gouverneur de Montma- gny concédait à Jean Juchereau, sieur de Maur, " cin- quante arpents de terres situées le long du fleuve Saint- Laurent,proche Québec." C'est la seigneurie de Maur ou de Saint-Augustin. La Compagnie delà Xouvelle- France ratifia cette concession le 29 mars 1649. Ju- chereau de Maur lut mis en possession de sa seigneu- rie par legouverneurd'Ailleboust, le 9 avril 1650. (2)

M. Juchereau, sieur de Maur, contribua beaucoup à créer le courant migratoire qui s'établit vers o^tte époque entre le Perche et la Nouvelle-France. M. Rameau lui en a rendu un témoignage non équivoque : "• Ce fut, dit-il, sous la double influence de M. Gifiard et de M. Juchereau que s'accomplit l'immigration percheronne." (3)

M. Suite a été encore plus explicite. ''Tournons, dit-il, nos yeux sur Beauport et la côte de Beaupré. C'est que fut le berceau du Canada, le nid d'éclosion des cultivateurs, la terre promise des "habitants." Celui qui joua dans cette occasion le rôle de Moïse et qui eut le bonheur de vivre de longues aimées avec le peuple qu'il avait tiré de la France, se nommait Ro- bert Giltard. Il était du Perche et amena des familles choisies pour la tâche qu'il leur réservait. Son Josué

(1) Douglas Brymner. Rapport sur les archives du Ca- nada pour 1"85, pageHl.

(2) Philias Clagnon, Bulletin des Recherchas historiques, volume VII, page 52.

(3) La France aux colonies, yage 308.

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PC nommait Joan Jnchereau,de la Beauce,(l) pays limi- trophe du IVnhe ; il recruta dans la Beauce des gens pareils à cer.x de Giffard. Quoiqu'en petit nombre, ces familles se mirent résolument k défricher et à la- bourer, deux opérations qui leur convenaient en tous points, à cause de leurs antécédents. Les colons de ces deux seigneurs étaient d'une trempe exceptionnelle et calculaient sur leurs propre.-^ ressources pour se tirer d'affaires. Ces hcmimes du Perche, de la Beauce et de la Normandie étaient débrouillards, exerçant tous des métiers, bons cultivateurs, entendant la manière de se gouverner et ne demandant de secours qu'à leur tra- vail. Giffard et Juchereau ne pouvaient faire un meil- leur choix." (2)

Lorsque M. de Tracy, lieutenant-général de l'Amé- ricjue Méridionale et Septentrionale, repassa en France en 1667, il ne cessa pas de s'occuper des intérêts de la Nouvelle-France. Dans une lettre qu'il écrivait au ministre quelque temps après son arrivée à Paris, à la suite de quelques suggestions importantes, il deman- dait qu'on accordât des lettres de noblesse aux sieurs Jean Bourdon, Pierre Boucher, Denis- Joseph Ruette d'Auteuil et Jean Juchereau, sieur de Maur. (3) Le roi ne donna pas suite à la recommandation do son fidèle serviteur.

Marie Langlois, épouse de Jean Juchereau, décéda à Québec, le 14 janvier 1661, et fut inhumée dans l'église paroissiale, sous son banc.

Jean Juchereau, sieur de Maur, mourut à Beauport,

(1) Nous avons vu plus haut que Jean Juchereau, sieur de Maur, était de la Ferté-Vidarae.

(2) Beauport vs Québec. L'j&i;énemeni,21 septembre 1898,

(3) L'abbé Ferland, Cours d'histoire du Canada, tome II, page 60.

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" l'habitation de M de Saint-Denys, son iils," le 7 février 1672, à l'âge de 88 ans, et fut inhumé le sur- lendemain dans le cimetière de Beauport. (1)

Enfants: IJean , Nicolas; Iir Noël; IV Ge. neviève.

I

JEAN JUCHEREAU, SIEUR DE LA. FERTÈ

Jean Juchereau, sienr de la Ferté, fils aîné de Jean Juchereau, sieur de Maur, prit ce nom de la Ferté eu souvenir du lieu de sa naissance, la Ferté-Vidaine.

Le 7 septembre 1661, M. Charles de fiauzon-Chamy, qui tint quelque temps les rênes du gouvernement après son père, lui fit, ainsi qu'à son frère, Nicolas Ju- chereau, sieur de Saint- Denys, une concession de terre de seize arpents dans sa seign ;urie de Charny, île d'Orléans.

M. de Lauzon décrit ainsi la concession qu'il accor- dait aux deux frères : " Huit arpents de terre de front sur le fleuve de Saint-Laurent, du côté du nord, pour le sieur Jean Juchereau et autres huit arpents pour le dit sieur Nicolas Juchereau, faisant le tout la quantité de seize arpents de terre de haut sur le dit fleuve Saint- Laurent, etc., etc."

Le Conseil Souverain de la Nouvelle-France fut éta- bli au mois d'avril 1663. M. de la Ferté fut un des premiers appelés à exercer la charge de conseiller au

(1) Jean Juchereau de Mauv avait une soeur, Françoise, qui ne vint pas dans la Nouvelle France. iiWe se mai-ia, le 18 octobre 1627, à Louis Bennen, i-cuyor, sieur de la Marti- nière, et fut la mère de Claude de Bernien, sieur de la Mar- tinièrc, qui, à la sollicitation de son cousin, Nicolas Juche- reau de Saint-Denys, passa dans la Nouvelle-France et 3' joua un rôle important. Voyez Claude de Bermen, sieur de la Martinière, par J. -Edmond Eoy,

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nouveau Conseil, Mais il fut bientôt démis par le gou- verneur de Mésy.

MM. de la Ferté et d'Auteuil, de concert avec le procureur général Bourdon et M. de Charny, qui re- présentait révê([ue au Conseil, s'étaient opposés à la nomination de M. Lemire comme syndic des habitants* Une première élection de syndics avait été faite en assemblée publique convoquée légalement par le Conseil, et M. Charron avait été nommé. Mais celui- ci résigna presque aussitôt. Une assemblée convoquée pour une nouvelle élection fut sans résultat. Enfin, une troisième assemblée, convoquée par le gouverneur seul, ce qui était illégal, nomma M. Lemire.

C'est contre cette nomination, qu'ils regardaient comme tout à fait illégale, que protestèrent les conseil- lers. Le gouverneur de Mésy, qui était d'un caractère extrêmement violent, ne put se contenir et, le 19 sep- tembre 1664, il prononçait la destitution de MM. de la Ferté, d'Auteuil, de Villeray et Bourdon.

A la séance suivante, le 24 septembre 1664, il nom- ma, do son propre chef, un procureur général et de nouveaux conseillers, pour remplacer ceux qu'il venait de destituer.

M. de Tracy, arrivé à Québec le 30 juin 1665, ne prit pas de temps à se rendre compte de la conduite illégale et extraordinaire de M. de Mésy, qui était décédé dans l'intervalle, et le 23 septembre 1665, il installait solennellement tous les anciens conseillers, MM. de la Ferté, d'Auteuil, de Villeray, de Tilly, Damours et le procureur général Bourdon. (1)

(1") Sur les difficultés de M. de Mésy avec lo Conseil Sou- verain, on peut consulter Garneau, Histoire du Canada, volume premier, pages 200 et seq, l'abbé Fcrland, Cours d'histoire du Canada, volume second, pages 21 et seq, et l'abbé Gosselin, Vie de Myr de Laval, tome premier, pages 445 et seq.

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Mgr de Laval avait ordonuo que le tiers du revenu de l'IIotel-Dieu de Québec serait employé pour les pauvres. Comme cela obligeait les religieuses de l'Hôtel- Dieu à un compte fort exact, et que ces dames avaient peur de manquer à la moindre chose, elles de- mandèrent le partage de tous leurs biens, de manière que chacun eut le soin de retirer ses rentes. L'évêque de Québec trouva cette demande raisonnable, et con- vint qu'il fallait faire estimer les biens de l'IIôtel- Dieu par des arbitres, afin d'en faire une juste sépara- tion. Les religieuses de l'Hôtel- Dieu choisirent comme arbitres MM. Gauthier de Comporté et Jean Juchereau, sieur de la Ferté. On nomma pour les pauvres MM. Hazeur et Pinguet. Tous quatre s'acquittèrent parfai- tement de leur tâche, et, en 1064, les partages furent faits suivant leur estimation. (1)

En 1663, le gouverneur d'Avaugour avait affermé le poste de traite de Tadoussac pour deux années con- sécutives à dix-sept particuliers : MM. Juchereau de la Ferté, de la Tesserie, des Cartes, LeGardeur, Gour- deau, LeGardeur de Tilly, Desprez, Bissot, Damours, Charron, Madry, MarsoUet, LeGardeur de Villiers, Chartier, P. Denis, Bourdon et Juchereau de Saint- Denys. M, d'Avaugour n'avait pas suivi la pratique du pays qui était de vendre le privilège de la traite de Tadoussac aux enchères publiques. Aussi les habitants ne tardèrent pas à se plaindre au Conseil Souverain, qui, le 4 octobre 1666, mettait à néant le bail consenti par M. d'Avaugour. Ils ne furent pas plus avancés car au mois d'avril précédent le roi avait disposé de la traite de Tadoussac en faveur de la Compagnie des

(1) Mère Juchereau do Saint-Ignace, Histoire de V Hôtel- Dieu de Québec, page 231.

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Indes Occidentales qui s'était fornnée deux années au- paravant.

A la mort de son père, en 1672, M. Juchereau, sieur de la Ferté,hérita de la seigneurie de Maur ou de Saint- Augustin.

Le sieur de la Ferté mourut à l'IIôtel-Dieu de Qué- bec le 16 novembre 1685, et fut inhumé le lendemain dans le cimetière des pauvres de l'Hôtel-Dieu. Il était âgé de 60 ans.

Il avait épousé, a Québec, le 21 novembre 1645, Marie, fille de Robert Giffard, seigneur de Beauport, et de Marie Renouard. (1) Elle mourut à Québec le 11 août 1665, et fut inhumée le lendemain dans le ci- metière des pauvres de l'Hôtel-Dieu.

De leur mariage naquirent : I Noël ; II Jeanne- Françoise ; III Marie-Louise ; IV Charlotte ; V Paul- Augustin ; VI Marie; VII Denis-Joseph.

I. XoEIi JUCUSREAU DE LA FeRTÉ

à Québec le 3 juillet 1647.

Son père l'envoya recevoir son instruction en France. Il se livra ensuite pendant deux années à l'étude de la médecine et de la pharmacie.

(1) "Le 4 (novembre 1645), nous fusmes invit<?8 le Père Vimon et moi d'assister au contrat de mariage do la fille de Mons. Gitfar ; nous y assistâmes mais nous n'y signâmes

point. M. le gouverneur et plusieurs autres signèrent"

" Le 21 (novembre 1645) se fit le mariage et les noces de Marie Giffar et du fils de Mons. de Maure, le P. Vimon assista." Journal des Jésuites. The Jesuit Eclations and allied documents^ volume XXVII, pages 96 et 98. Mgr Tanguay {Dictionnaire généalogique^ volume 1er, page 266) fait naître madame de la Fertiî à Québec le 12 juin 1634 et lui donne le prénom de Françoise. Il l'a confondu avec sa sœur Marie-Françoise qui fut rehgieuse à l'Hôtel-Dieu de Québec. Madame de la Ferté était née on France, proba- blement à Mortagne, vers 1628, puisque son contrat de ma- riage la dit âgée de 17 ans environ."

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C'est en 1665 qu'il résolut do se consacrer au salut des âmes dans la (-ompagnie de Jésus.

Le frère Juchereau était infirmier de la ré3i<Ience de Québec lorsqu'il se noya dans le Saint-Laurent le 3 novembre 1672.

"Son rare talent, joint aux érainentes vertus de sa vocation, lui avait acquis, dans un haut degré, la vé- nération non moins que l'amour des Français de la colonie et des sauvagBS. Homme de prière et de travail, il donnait, chaque nuit, deux heures au saint exercice de l'oraison, avant le réveil de ses frères ; et bien qu'il fût accablé tout le jour par les malades qui recouraient à sa charité, la présence de Dieu lui était si familière et si vive que, dès qu'il se trouvait seul un moment, il se prosternait pour offrir h îTotre-Seigneur quelque acte fervent d'amour et d'adoration. A l'arrivée et après l'examen de chacun de ses visiteurs, il lui re- mettait quelque livre de dévotion pour occuper son esprit des choses de Dieu, pendant que lui-n)ême pré- parait les médicaments néoe.ssaires; et cette pieuse industrie servit à lu sanctification d'un grand nombre d'âmes.

" Ce bon frère avait le plus tendre amour pour la Reine des anges. Tons les samedis, il allait en son honneur, à jeun et tête nue, même en hiver, quelque fût la rigueur du froid, visiter et soi gner les pau- vres sauvages de Notre-Dame de Foye, à quatre milles de Québec. Souvent il lui recommandait humblement ses malades ; et cette Mère de bonté, qui le favorisa plus d'une fois de sa présence, exauçait si visiblement ses désirs, qu'il finit par lui demander des guérisons un peu moins promptes, dans la crainte de se voir attribuer à lui-même le don des miracles. Peu de jours avant le naufrage il périt une lumière intérieure fit

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comprendre au frère Juchereau qu'un danger prochain le menaçait ; et il s'y prépar.i par un redoublement (le ferveur, de pénitence et de charité. La veille même de sa mort, comme il s'accusait aux pieds de son con- fesseur de quelques légères imperfections, il reçut une grâce de larmes et de contrition si extraordinaire, que les sanglots lui coupM*ent la voix. L3 lenderaain,s'étant embarqué sur un frêle canot d'écorce, pour aller visiter ses chers malades, il fut victime au milieu du fleuve d'un accident imprévu, et il périt dans les flots, au moment il récitait avec ses compagnons les litanies de la Sainte Vierge, c'est-à-dire dans l'acte même de la prière, du zèle et de la charité." (1)

Une religieuse de l'Hôtel-Dieu de Québec a dressé une liste des " Serviteurs et servantes de Dieu qu'elle croyait être dans le ciel et qui ont été zélés pour le bien de cette église de Canada et desquels Dieu s'est servi pour l'établir." Elle place au premier rang le frère Noël Juchereau de la Ferté. (2)

II. Jeanne-Fkancoise Juchereau de la Fekté

Née à Québec le 1er mai ItJôO. (3)

" Peu de temps avant la mort de la mère Marie- Françoise Giflard de Saint-Ignace, madame Juchereau de la Ferté, sa sœur, lui ayant amené sa fille Jeanne- Françoi8e,qui n'était encore âgée que de six ans et demi, la mère de Saint-Ignace la fit approcher de son lit, et l'ayant bénie avec une vive expression de tendresse,

(1) Ménologe de la Compagnie de Jésus. Assistance de France. 3 novembre 1G72.

(2) Bulletin des Recherches Historique, volume IX, page 81. On a publié dernièrement un porirait du frère Juche- reau. Nous sommes en mesure de prouver qu'il n'est pas authentique.

(3) Baptisée le 7 juillet 1650.

JEANNE-FRANÇOISE JUCHEREAU DE SAINT-IGNACE

r^o

«lie lui dît d'un ton inspiré: "Ma clièro petite fille, sois toujours bien bonne et bien pieuse ; car Dieu to ^ destine à devenir une sainte hospitalière. Je te lègue mon nom de religion que tu porteras un jour dans cette communauté."

" Cette gcènc avait fait dans sa mémoire une impres- sion qui ne s'effaça plus. En s'éloignant du lit de la sainte rriourante, elle repassa dans son esprit l'exhor- tation qu'elle venait d'entendre, et, à l'exemple de la sainte Vierge, dont sa figure candide et son innocence * rappelaient la douce image, elle conserva t()utes ses paroles dans son cœur. Elle en fit le sujet de ses petites méditations, et elle fie cessa de demander à Dieu de se rendre digne de cette belle vocation. Sa mère, de son •côté, qui était le modèle d'une femme chrétienne dans le monde comme sa sœur avait été le modèle d'une religieuse dans le cloître, cultivait attentivement les précieux germes qu'elle voyait poindre dans l'ame de sa fille et suivait avec complaisance les progrès de la grâce en elle, bénissant Dieu de voir que cet avance- ment dépassait même ses espérances. Jeanne-Françoise était, en effet, une de ces enfants exceptionnelles qui naissent avec tous les avantages du corps, de l'esprit <3t de rame, et dont l'infiuence se fait toujours forte- ment sentir dans le milieu elles vivent, féconde ou <lésastreuse,8elon la direction qu'elles impriment à leur vie. Avec ses grâces corporelles et son intelligence pré- coce, lorsque Jeanne-Françoise apparaissait au milieu des autres enfants,on disait qu'elle ressemblait à lin de ces astres «lu firmament qui font pâlir, dès qu'ils s'élèvent à l'horizon, l'éclat de toutes les étoiles.

" Il était évident pour tous ceux qui connaissaient •cette enfant que Dieu l'avait marquée du doigt, dès sa

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naissance, et qu'il la destinait à devenir un vase d'é- lection qu'il v«)ulait faire servira l'ornement de ses ta- bernacles. J/Epoux céleste des âmes lui fit entendre sa voix avec tant de charme et d'empire, qne,dës l'âge j de douze ans, elle sentit un attrait irrésistible pour la vie religieuse, et qu'elle pria sa mère de lui permettre d'entrer au noviciat de l'Hôtel-Dieu. Madame 'de la Ferté essaya d'abord de modérer cette ardeur qu'elle croyait prématurée, mais la jeune fille supplia sa mère avec tant d'instances, de prières et de larmes qu'elle finit par obtenir son consentement.

" Quelques jours après, madame de la Ferté la con- duisait aux pieds de Mgr de Laval,* afin de lui deman- der sa bénédiction avant de la présenter à la porte du cloître. L'évê que de Québec fut charmé d'apprendre que Dieu choisissait de si belles prémices parmi soi» troupeau, et il béait en souriant l'aimable et ginéreusa enfant.

" Les Hospitalières ne consentirent cependant à la recevoir qu'à titre de pensionnaire k cause de son ex- cessive jeunesse (22 avril 1662). Ce ne fut qu'après deux années d'épreuves qu'elles lui permirent de quit- ter les habits du siècle pour revêtir le voile blanc des novices. Elle prit en religion le nom de sœur de Saint- Ignace, ce nom de bon augure et dé'\h si vénéré dans la communauté, parce qu'il avait été porté par la pre- mière supérieure, et après elle par la tante de notre petite novice. Celle-ci était destinée à le rendre plus cher et plus vénérable que jamais par l'éclat de ses- vertus et de sa supériorité. Ce nom n^a jamais cessé d'être porté depuis par quelques-unes des religieuses : il a été transmis de génération en génération comme un gage de l'esprit primitif.

" La divine Providence, qui avait ménagé à l'Hôtel-

I

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Dieu un de ses plus rares sujets dans la personne de la sœur Juchereau de Saint Ignace, y tenait en réserve une maîtresse des novices qui était capable de la com- prendre et de la former parfaitement aux vertus mo- nastiques. Cette maîtresse des novices n'était autre que la mère de Saint-Augustin. Du i)remier coup d'oeil son regard inspiré avait plongé au fond de cette conscience d'enfant, limpide comme une eau vive; elle en avait connu la beauté et l'avait aimée comme savent aimer les saints.

" Durant une de ses fréquentes extases, elle vit la sainte Vierge qui lui montra la jeune aspirante pendant qu'elle était encore revêtue des livrées du monde, lui révéla plusieurs choses sur son avenir, et la confia à sa sollicitude. Cette protection arrivait au moment pro- pice ; car l'esprit de ténèbres faisait des efforts inouïs paur décourager cette enfant et lui faire perdre sa vo- cation. Autant le joug du Seigneur lui avait d'abord paru suave et léger, autant il lui parut ensuite lourd et difficile à porter. Au plus fort de ses tentation8,la petite soeur allait trouver la mère de Saint-Augustin dans sa cellule, se jetait dans ses bras et lui confiait, en pleu- rant, ses j)eines intérieures. La mère de Saint-Augustin relevait son cournge, l'éclairait de sa figure sereine et de ses conseils et la renvoyait toute consolée jusqu'à une nouvelle tempête. Dans l'intervalle, la mère de Saint-Augustin redoublait ses prières et ses pénitences en faveur de sa jeune protégée.

" Un soir, après matines, dit-elle, je me sentis ins- pirée par le père de Brébeuf de faire une neuvaine pour notre petite soeur. Ce bon père me fit entendre qu'elle avait besoin d'être secourue. J'allai la voir ce même jour, et lui parlai assez longtemps. Elle avait le coeur accablé de tristesse et ne savait presque à

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quoi se résoudre. Je lui conseillai de s'alre^ser an përe de Brébeuf et lui proposai, sans lui rien décou- vrir de ce qui m'était arrivé, de faire uite neu vaine à laquelle je me joindrais. Elle en fut bien aise, et du- rant le temps de la neuvaine elle se trouva beaucoup plus en paix, et conçut une forte espérance que la sainte Vierge la protégerait. Le second jour de la neuvaine, comme elle venait de se coucher, elle en- tetidit quelqu'un entrer dans sa chambre. Elle crut d'abord que c'était moi. On s'assit sur son lit, et on lui demanda: Eh ! bien, êtes- vous encore tentée? Cette question l'étonna. Néanmoins, pensant que c'était moi, elle répondit qu'il était vrai qu'elle l'était encore. Alors- la voix ajouta seulement: Quoi donc, vous êtes encore- tentée ! Puis cette ombre s'étant tenue sur son lit en- core quelque temps, disparut, et laissa la jeune fille dans une grande frayeur, faisant réflexion que ce n'é- tait ni ma voix, ni la façon dont je lui parlais d'ordi- naire. Elle sentit son esprit fort troublé, et le lende- main elle me demanda si j'avais été la voir le soir pré- cédent ; mais comme je me doutais bien de ce que c'était, je lui laissai croire qu'elle avait rêvé afin de lui ôter la peur.

" A la fin de la neuvaine le père de Brébeuf m'as- sura qu'elle persévérerait dans le bien et dans la vie religieuse, et que les fondements sur lesquels cette fille bâtissait l'édifice de sa perfection étaient très solides."

•'La soeur de Saint-Ignace eut à combattre, avant la fin de son noviciat, un autre ennemi non rao^ns dan- gereux : le monde, avec ses séductions et ses promesses^ qui chercha à l'atteindre jusqu'au fond de sa cellule, et voulut la tenter même à travers les grilles. La position que sa famille occupait dans la société et la réputation d'esprit ot de beauté que son passage y avait laissée

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lui attirèrent les attentions de diiFérentes personnes qui lui proposèrent des établissements avantageux ; mais la vertueuse novice triompha de ces tentations et brisa l'une après l'autre les attaches qui la retenaient encore au siècle, avec une générosité dont la mère de Saint-Augustin elle-même était ravie

" Le jour de sa profession, raconte cette sainte, je vis pendant la cérémonie le père de Brébeuf auprès d'elle avec notre très-chère sœur défunte Françoise de Saint- Ignace, sa tante, et sa mère décédée depuis un an, qui étaient venues du ciel pour y assister. Ils paraissaient se réjouir d'avoir fait cette conquête pour lîTotre-Sei- gneur. La mère rendait de très humbles remerciements au père de Brébeuf des assistances qu'il avait données à sa fille, au bonheur de laquelle elle prenait une grande part. Toutefois la joie de la m^re ne me sem- blait pas à comparera celle que sa tante en témoignait. Elle paraissait toute transportée d'alligre^se. S'adres- sant au père de Brébeuf, elle lui disait : Enfin, mon père, voilà donc que nous avons gagné cette âme. Puis, s'approchant de moi, elle ra3 redisait souvent : Elle est maintenant à nous ; c'en est fait, nous la possédons. Kt elle triomphait comme si elle eût remporté une grande victoire. Le père de Brébeuf et elle se témoi- gnaient une mutuelle joie, et je prenais beaucoup de part à leur réjouiesance."

" La mère Juchereau de Saint-Ignace était à peine âgée de trente ans lorsqu'elle fut nommée maîtresse des novices. Elue supérieure à trente-trois ans, elle eut également se faire obéir et respecter par les an- ciennes et par les jeunes religieuses.

"Celles-là même qui étaient venues ici les premières et qui l'avaient tenue enfant sur leurs genoux, se sou- mirent à son joug avec une docilité qui fait l'éloge de

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ces vénérables mères autant que celui de leur jeune supérieure.

"A partir de cette époque, pendant l'espace de trente- neuf ans, elle ne cessa plus d'occuper l'une des trois premières charges de la communauté, tour-à-tour maî- tresse des novices, supérieure ou assistante, selon que le permettaient les constitutions.

"Dans l'exercice de ces diverses fonctions, disent les annales, elle savait se faire obéir et se faire crain- dre, mais par-dessus tout se faire aimer : et l'empire qu'elle avjiit sur les cœurs la rendait si absolue que l'on n'examinait jamais ses commandements, e^ qu'on les suivait toujours avec promptitude et avec joie. Depuis la trentième année de son âge nous ne l'avons vue que dans les trois premières charges de notre communauté elle a été trois ans maîtresse des novices, vingt-quatre ans supérieure, douze ans assistante. C'est dans ces deux derniers emplois qu'elle a passé la moitié de sa vie, n'ayant jamais pris d'autres repos que les travaux mêmes elle s'est employée pour la gloire de Dieu, pour l'avantage du prochain ou pour le bien de notre communauté. La misère des temps et les circonstances fâcheuses qui se sont rencon' trées pendant ses supériorités lui ont fourni bien des occasions d'épurer ses vertus et de les affermir dans son âme ; mais quelque épineuses que fussent les affaires qu'elle traitait, elle conservait une égalité d'esprit ad- mirable. Ainsi, en tout temps, quand la moindre de nos soeurs, lui demandait la plus petite permission, elle lui repondait avec la même douceur et la même tranquillité que si elle n'eût pas été occupée. Personne ne souffrait de ses embarras; elle en supportait seule toute la peine et avait encore le secret de calmer leg inquiétudes et d'aplanir les difficultés. On trouvait jusque dans ses

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réprimandes de quoi redoubler l'attachement et l'esti- f me que l'on avait pour elle parce qu'elle les faisait si à propos, et qu'on j remarquait tant de raison et de grâce, qu'il était impossible de ne pas se rendre à ce qu'elle voulait. Aussi savait-elle après ces réprimandes consoler et réjouir par des paroles tendres et aimables celles qu'elle avait le plus mortifiées et qui la croyaient encore fort irritée. Elle oubliait aisément leurs fautes des qu'elle les voyait résolues de s'en cor- riger et elle n'en témoignait jamais aucun ressentiment. La mère de Saint-Ignace avait le coeur généreux et libéral, des manières nobles et honnêtes, naturelles et ai8ée8,rien d'affecté dans toute sa personne,une conver- sation charmante qui se faisait tellement goûter qu'on ne pouvait la laisser seule, et qu'elle n" jouissait guère des douceurs de la solitude que quand elle se cachait dans quelque coin écarté de la maison on ne la lais - sait pas longtemps sans la chercher. Elle se mettait si bien à la portée de toutes les personnes qui lui par- laient que, de quelque rang, de quelque profession et ^ de quelque âge qu'elles fussent, elle les contentait parfaitement. L'étendue de son esprit lui faisait pé- nétrer tout ce qu'on lui proposait,et elle répondait à tout avec une netteté qui faisait croire qu'elle n'ignorait rien, étant éloquente sur toute sorte de sujets, ce qui lui ga-» çnait les coeurs et lui attirait le respect de ceux mêmes qui ne faisaient qu'entrevoir ses aimables qualités.

" C'est à sa prudence et à ses soins que nous som- mes redevables du nouveau corps de logis ajouté à notre monastère et de la métairie de l'Ile-aux-Oies d'où nous tirons en partie ce qui nous fait vivre, puis- que malgré notre peu de revenus elle a trouvé les moyens de nous faire bâtir et d'acheter une terre qui nous fournit bien des choses dont on ne peut se passer.

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Elle n'a pu faire l'un et l'autre sans se fonder beaucoup sur la divine providence, et sans faire éclater la con- fiance qu'elle avait en Dieu. Elle en a souvent reçu de grands secours, et sa pieté lui fournissait toujours quoique nouveau motif pour lui en marquer sa recon- naissance, ainsi qu'aux saints du paradis à qui elle s'était adressée pour obtenir les grâces dont elle avait besoin, car elle avait cette louable coutume de prier longtemps pour tout ce qu'elle entreprenait, afin que Dieu le fît réussir selon sa sainte volonté et pour sa gloire. Cette chère mère avait une grande dévotion au très-saint Sacrement de l'autel et aux sacrés coeurs de Jésus et de Marie. C'est grâce à son zèle que nous avons obtenu le privilège de célébrer chez nous cha- que année le troisième de juillet la fête du très saint Coeur de Marie. Elle avait en cette divine Vierge une confiance sans bornes, l'ayant toujours aimée comme sa mère et servie avec tant de fidélité, que depuis l'âge de sept ans elle n'a pas manqué un jour de réciter le rosaire en son honneur et de méditer ses mystères. Son aftection pour saint Joseph ne pouvait être plus tendre. Elle s'était mise sous sa protection ainsi que toute notre communauté d'une manière sin- gulière, et elle s'adressait à lui pour tous nos besoins spirituels et temi)orels. Aussi en recevait-elle des secours sensibles qui redoublaient le zèle qu'elle avait de le faire honorer. Elle rea^ardait comme un de ses grands patrons le bon larron,et lui faisait tous les jours quelques prières.

" C'était pour elle une véritable joie que de contri- buer à l'ornement des autels, et l'amour qu'elle avait pour la beauté de la maison de Dieu l'avait rendue savante et adroite en fait de fleurs artificielles. On

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peut dire qu'elle a surpassé toutes celles qui lui out enseigne cet art.

" Sa charité envers les pauvres ne se bornait pas 83ulement à servir les malades dans nos salles, quoi- qu'elle s'y portât malgré sa faible sauté avec uue fer- veur et une assiduité qui entraînaient par son exem- ple toutes les religieuses h s'employer sans s'épargner à ces saintes fonctions. Elle avait un art infini pour consoler les ujalades, les instruire et leur fournir de quoi soulager leur misère quand ils étaient guéris.

" Toutes les personnes affligées avaient recours à elle et ce n'était pas sans raison puisqu'elle adoucissait toujours leur peine, soit par ses sages conseils, eoit par ses aumônes, ou par la protection qu'elle leur procu- rait. On ne saurait croire combien de pauvres familles elle a aidées, combien d'orphelines elle a fait élever, combien déjeunes enfants de condition elle a tirés de la dernière misère. Elle a n»ême arraché du supplice plusieurs criminels qu'elle a engagés :\ vivre ensuite chrétiennement.

" Elue supérieure, pour la huitième fois, en 17l3,cc fut durant ce dernier irionnat que la mère Juchereau de Saint-Tgnacc ressentit les atteintes de la maladie qui devait la conduire au tombeau, après huit ans et demi de souflrances qui ne lui laissèrent plus de trêve. La patience héroïque et l'inaltérable soumission à la volonté de Dieu qu'elle fit éclater durant cette cruelle maladie, mit le comble à ses mérites et à la vénération ■que l'on avait pour elle. La Providence avait ses desseins en condamnant cette vaillante hospitalière à ces longues années d'inaction. Née iwec un caractère essentiellement agissant, ayant toujours vécu dans le travail, elle était incapable de rester oisive, même

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lorsque le dépérissement de ses forces la confinait à l'infirmerie sur un lit de douleurs. Elle profita des loisirs forcés que lui faisaient ses infirmités pour com piler les annales de l' Hôtel-Dieu depuis sa fondation et pour les faire rédiger sous ses yeux par une de ses compagnes, la mère Duplessisde Sainte-Hélène, qu'elle avait formée à ce genre de travail.

" La maladie de la mère de Saint-Ignace, ajoutent les annales, avait d'abord commencé par un accès de fièvre qui la laissa dans un état de langueur dont elle ne revint plus. Le mal se compila ua dans la suite d'une paralysie très douloureuse, a«;compagnée d'un tremblement dans les membres qui lui donnait quel- quefois de violentes convulsions. Elle ne pouvait se remuer en aucune manière sans le secours de quelqu'un, et nous l'avons vue pendant tout ce nombre d'années sur un lit, dans une même posture, et sur un même côté, parce que ses maux empêchaient qu'on ne put la changer de place.

Un catarrhe dont elle avait été incommodée toute sa vie avait beaucoup augmenté depuis qu'elle n'agis- sait plus ; il la réduisait souvent à l'extrémité et ce n'était qu'à force de remèdes qu'on parvenait à le calmer. Ces humeurs lui causaient de fâcheux dégoûts qui épuisaient ce qui lui restait de force, mais elle souflfrait toutes ces douleurs sans jamais donner le moindre signe d'impatience ou d'eimui, et Dieu pre- nait sans doute tant de complaisance à voir son admi- rable résignation, que toutes les prières que l'on faisait pour obtenir sa guérison n'avaient d'autre eôet que de lui attirer un surcroît de mal. Il n'y a presque aucun saint du paradis à qui nous n'ayons eu recours, pour le rétablissement de sa santé ; mais tous l'ont traitée de la même sorte, ce qu'elle regardait comme une

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marque de leur protection, et une preuve que Dieu la voulait dans cet état de souffrance. Aussi quand elle voyait qu'on se disposait à faire pour elle quelque neuvaine, elle se préparait à souffrir, et infailliblement il lui arrivait de nouveaux accidents.

'• La dernière dévotion que nous avions entreprise l)OUr elle, était une neuvaine au Sacré-Cœur de Jésus, qu'elle ne nous a pas donné le temps d'achever. Ses maux s'augmentèrent de telle sorte, la veille de sa mort, qu'elle vit bien que sa fin était proche. Elle avait, depuis longtemps, le bonheur de communier à minuit, toutes les fois qu'elle le pouvait. Un prêtre couchait exprès dans un appartement de l'hôpital ; mais alors elle demanda le sacrement de l'Extrême- Onction, qu'elle reçut avec de grands sentiments de contrition. Elle disait souvent à Dieu, avec beaucoup de componction, le verset du psaume le Prophète prie le Seigneur d'oublier les péchés et les ignorances de sa jeunesse, quoique la sienne se fût passée dans une grande innocence. Elle priait aussi Notre-Seigneur de lui appliquer les mérites de sa passion, et elle se servait de ces paroles de la prose des morts : Recordare, Jesu pie, quod sum cavsa ^wœ vice, et du verset suivant qu'elle prononçait avec une confiance qui faisait voir qu'elle fondait toute son espérance sur les satisfactions de Jésus-Christ et sur ses infinies miséricordes. C'est tout ce qu'elle pouvait dire, car la difficulté qu'elle avait de parler nous a fait perdre ce qu'elle aurait souhaité pouvoir nous exprimer dans ces derniers moments elle conservait toute la vigueur de son esprit. Elle tomba dans une agonie qui fut longue mais paisible, pendant laquelle M. notre Supérieur qui l'assistait, et toute notre communauté qui était présente, récitèrent un grand nombre de prières. Comme Monsei-

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gneur l'évêque (1) lui avait accordé le privilège de faire dire la messe dans son infirmerie et que depuis plusieurs années elle avait tous les jours la consolation de l'en- tendre, M. notre Supérieur se disposa à offrir le Saint- Sacrifice et elle expira doucement après \e memf.7ito défi vivants, ce que nous avons regardé comme une grâce que Dieu lui avait faite, parce qu'elle eut tout le mérite de la messe, ayant eu part aussi au mémento des morts.

" Ce fut le quatorzième jour de janvier de l'année 1723. Elle était âgée de soixante-treize ans moins quelques mois. Dès qu'elle fut exposée dans notre chœur, oii vit bien quelle grande idée les personnes du monde avaient de sa sainteté par l'empressement qu'elles eurent de lui faire toucher leurs livres, leurs chapelets, et à demander quelque chose qui eût été i!i son usage. " (2)

" La mère Juchereau a laissé après elle une réputa- tion que le temps n'a pas affaiblie. Cette grande figure domine toutes celles, qui, avant et après elle, ont gou- verné le monastère. Aucune des supérieures de cotte maison, en eff^t, ne l'a égalée en capacité intellectuelle et en considération : on connaît ses vertus monasti- ques. " (3)

(1) Mgr de Saint Vallior.

(2) Deux ixyrtraits de la Mère do Saint-Ignace que sa famille fit peindre de son vivant sont conservés précieuse- ment à l'Hôtel-Dieu de Québec : le plus ancien, qui se voit dans la salle de communauté, fut pris dans ses premières an- nées de religion ; l'autre, qui est au dépôt, représente cette chère mère dans les dernières années de sa vie. C'est le pre- mier de «es deux portraits que nous reproduisons ici.

(3) L'abbé H.-K. Casgrain, Histoire de VHôtel-Diea de Québec, pages 312,370 et seq.

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III. MaRIE-LoUISR JuCHBREAU de la FfiRTr:

Née à Québec le 9 septembre 1652.

Mariée, dans la chapelle de Beauport, le 10 janvier 1668, à Charles Aubert de la Chesnaye, veuf de Ca- therine-Gertrude Couillard.

Elle mourut à LaRochelle le 7 mars 1679.

M. Aubert de la Chesnaye se remaria, à Québec, le 11 août 1680, à Marie-Angélique, fille de Pierre Donys, sieur de la Ronde, et de Catherine LeNeuf, et il en eut une nombreuse famille.

Il mourut à Québec le 20 septembre 1702, et fut inhumé au cimetière des pauvres de l'Hôtel-Dieu.

" Quand on étudie, dit Ignotus, l'histoire de la Nouvelle-France, durant la dernière moitié du dix-sep- tième siècle, l'un des noms que l'on trouve le plus souvent mentionnés est celui de M. Aubert de la Ches- naye. Il a joué dans les affaires de la colonie fran- çaise un rôle actif et important ; il donna l'impulsion à bien des entreprises ; il rendit au pays de nombreux services ; il lut le fondateur d'une de nos plus remar- quables familles canadiennes, la famille de Gaspé, dont la gloire littéraire a, de nos jours, rajeuni le lustre acquis autrefois par les entreprises commerciales et les exploits guerriers. " (1)

Du mariage de Charles Aubert de la Chesnaye et de Marie-Louise Juchereau de la Ferté étaient nés :

!• François Aubert de la Chesnaye, sieur de Maur et de Mille- Vaches, à Québec le 8 janvier 1669. Il

(1) Sur le sieur Aubert de lu Chesnaye on peut consulter une étude de Ignotus dans la Presse des 14, 21, 2S octobre 1899, et 4, 11 et 18 novembre 1899. Nous devons aux di- recteur* du collège do Ldvis le portrait quo nous donnons ici de Charles Aubert do la Chesnaye. Ces messieurs en avaient hérité de M. l'abbé Aubert de Graspé.

CHARLES AUBERT DE LA CHESNAYE

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fut cons3iller au Conseil Souverain et directeur- général lie la colonie de l'île Saint- Jean. Il périt dans le naufrage du Chameau^ sur l'île Royale (Oap Breton), dans la nuit du 27 au 28 août 1725. Il s'était niar.é deux fois. En premières noces, il avait épousé, à Québec, le 12 avril 1695. Anne-Ursule, fille de Pierre Diinys, sieur de la Ronde, et de Catherine LeNeuf. (1) Elle mourut à Québec le 30 janvier 1709, et fut inhu- mée dans le cimetière de l'Hôtel- Dieu. Elle lui avait donné six enfants :

A Charlotte-Catherine Aiibert de la Chesnaye née à Québec le 10 janvier 1696. Décédée au même endroit le 11 juin 1707, elle fut inhumée au cimetière de l'Hôtel-Dieu.

B. François Aubert de la Chesnaye à Québec le 30 mars 1698. Il mourut avant 1728.

C. Ignace-François-Gabriel Aubert de la Chesnaye k Québec le 15 juillet 1699. Il mourut subitement à Quéljjec le 29 octobre 1766 et fut inhumé dans l'église paroissiale. Il avait épousé, à Québec, le 27 novembre 1730, Marie- Anne- Josette, fille de Joseph -Alexandre de l'E-jtringant de Saint-Martin et de Madeleine-Louise Juchereau de Saint-Denys, et veuve de Louis de Mon- téléon Elle mourut à Québec le 2 septembre 1771, à l'âge de 75 ans, 1 mois et 19 jours. Elle avait eu trois enfants : A. Charlotte-Marie- Anne-Joseph Aubert de la Chepnaye née à Québec le 20 janvier 1737 ; mariée, à Québec, le 18 janvier 1757, au marquis François-Luc d'Albergatti-Vezza, chevalier de Saint- Louis, celui-là même qui défendit si vaillamment le fort Jacques- Cartier contre le colonel Fraser en septembre 1760. B. Gilles-Ignace-Joseph Aubert de la Chesnaye à

(1) Elle était la sœur de lu troisième femme de son père.

AUMES DE LA FAMILLE AUBERT DE LA CH'iSNAYE

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Québec le 16 janvier 17;i8. Il eo maria à Suzanne Maldaque, de Saint-Eutropo de l'alisieux, diocèse de Liège. 11 alla mourir à Pondichéry, dans les Indes, lo 25 juin 1791. 11 était à sa mort chevalier de Saint- Louis et capitaine des grenadiers au régiment de l'ondicliéry. C*. Ursule-Madeleine-Joseph Aubert de la Ohesnaye née à Québec le 4 mai 1741, et décédée au même endroit le 12 du même mois. El'e fut inhu- mée dans le cimetière paroissial.

D. Marie-E rsule Aubert de la Chesnaye née à Qué- bec le 1er septembre 1700. Elle se maria, à Trois- hivières, le 18 mai 1732, à Charles Marchand de Lignery, écuyer, officier dans les troupes du détache- ment de la marine, fils de feu Constant Marchand de Lignery, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis? et major de Trois-Rivières, et de Anne Robutel. 11 mourut bientôt et elle se remaria, à Québec,le 4 novem- bre 1741, à Charles-Clémy-Joseph-Alexandre-Ferdi- nand de Feltz, natif de Rotolatte en Autriche, fils du sieur Clemy- Victor de Feltz, docteur en médecine, et de Marie-Ursule Mouthe. (1) C'est le docteur do Feltz, chirurgien dans l'armée, dont il est souvent question dans les dernières années de la domination française au Canada. Madame de Feltz mourut à Montréal le 3 octobre 1756.

E. Pierre Aubert de la Chesnaye à Québec le 20 septembre 1704. Il mourut célibataire au fort Saint- Pierre, île de la Martinique, le 13 avril 1738. Il était lors de son décès capitaine en second sur un bâtiment monté en senau commandé par le sieur Laurent Nor- mandin.

(1) Ses lettres de naturalité sont enregistrées au volume X des Insinuations du Conseil Souverain.

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F. Louise-Barbe Aubert de la Chesnaye née à Qué- bec le 19 septembre 1708. Décédée au même endroit le 13 octobre 1708, elle fut inhumée au cimetière de la paroisse.

En secondes noces, à Beauport, le 12 octobre 1711, François Aubert de la Chesnaye, sieur de Maur et de Mille- Vaches, épousa Marie-Thérèse, fille de Pierre de LaLande-Gayop, marchand, et de Marie-Thérëse Juchereau de Saint-Denys. Elle mourut à Québec le 1er mai 1738, et fut inhumée dans le cimetière parois- sial.

De cette seconde union naquirent :

G. Ignace-Ange Aubert de la Chesnaye à Qaé" bec le 4 janvier 1713. Décédé à Québec le 14 septem- bre 1714, il fut inhumé dans le cimetière paroissial.

H. Marie-Louise Aubert de la Chesnaye née à Qué- bec le 8 février 1714. Décédée à Beauport le 15 avril 1714, elle fut inhumée dans l'église de cette paroisse.

I. Pierre-François Aubert de la Chesnaye à Québec le 9 juillet 1715. (1) Il était encore dans la Nouvelle-France en 1734.

J. Marie-Thérèse Aubert de la Chesnaye née à Québec le 1er septembre 1716. Décédée au même endroit le 16 novembre 1716, elle fut inhumée dans le cimetière paroissial.

K. Joseph Aubert de la Chesnaye à Québec le 8 novembre 1717. Décédé à Beauport le 13 décembre 1717, il fut inhumé dans le cimetière paroissial.

L. Marie-Thérèse-Barbe Aubert de la Chesnaye née à Québec le 5 avril 1720. Elle fit profession religieuse

(1) Mgr Tanguay (^Dictionnaire généalogique, volume 1er page 14) dit quil fut inhumé à Québec le 19 mars 1749. mais il fait erreur. C'est sa sœur, madame de Saint- Aigne, qui, à cette date, est inhumée à Québee.

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à l'Hôpital Géiiéi al de Quél>ee le 9 juin 1738, sous le nom de sœur Thérèse de Saint-André. Elle mourut le 18 juillet 1744.

M. Madeleine-Louise Aubert de la Chesnaye née à Québec le 10 novembre 1721. Elle se maria, à Qué- bec, le 13 janvier 1749, à Amable-Jean-Ioseph Came de Saint-Aigne, officier du bataillon de l'île Royale, natif de la ville de la Bastide d'Armagnac, paroisse Notre-Dame, évêché Daire, fils de feu messire François Came, éeuyer,8ieur de Saint-Aigne, et de dame Marie- Anne Grenier de Caumale. Elle décéda ;V Québec, deux mois après scm mariage, le 19 mars 1749, et fut inhumée dans l'église paroissiale.

N. Claire- Agathe Aubert de la Chesnaye née le 29 juillet 1723, dans le trajet de l'île Saint-Jean à Qué- bec. (1) Elle fit profession religieuse A l'Hôpital-Géné- ral de Québec le 28 novembre 1740,8au8 le nom de sœur Claire- Agathe de Saint-Michel. Elle décéda le 1- juillet 1745.

2. Jacques Aubert de la Chesnaye à Québec le 26 août 1670. Décédé au même endroit le 24 décem- bre 1670, il fut inhumé dans la chapelle Sainte-Anne de l'église paroissiale.

3- Pierre Aubert de Gaspé en 1675. Il se maria, à Québec, le 19 décembre 1699, à Jacqueline-Catherine, fille de Nicolas Juchereau de Saint-Denys et de Marie- Thérèse Giffard. Elle mourut sans enfants à Québec le 3 juin 1703, et fut inhumée dans le cimetière de l'Hôtel-Dieu.

En secondes noces, à Beauport, le 12 octobre 1711, Pierre Aubert de Gaspé épousa Madeleine- Angélique, fille de Pierre-Noël LeGardeur de Tilly et de Marie- Madeleine Boucher.

(1) Baptisée i Québac le 15 juillet 1724.

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Il mourut à Saint-Antoine de Tilly le 20 mars 1731, et fut inhumé, sous son banc, dans l'église de cette paroisse.

Madame Aubert de Gaspé décéda à Québec le 17 juin 1753, et fut inhumée dans l'égliâo paroissiale.

Elle avait eu huit enfants :

A. Marie- Anne- Angélique Aubert de Gaspé née à Saint- Antoine de Tilly le 10 Février 1713. Elle fit profession religieuse à l'Hôtel-Dieu du Précieux-Sang, à Québec, sous le nom de sœur Saint-Ignace, le 17 avril 1726. Elle mourut le 22 novembre 1793.

B. Ignace-Philippe Aubert de Gaspé à Saint- Antoine de Tilly le 4 avril 1714. Il fut un des plus brillants officiers de son temps. Il mourut à Saint- Jean Port-Joli le 26 janvier 1787, et fut inhumé dans l'église paroissiale. Il avait épousé, à Québec, le 30 juin 1745,Marie-Anne, fille de Xicolas-.\ntoinu Coulon

de Villiers et de Angélique Jarret de Verchëres. Elle décéda à Saint-Jean Port-Joli le 17 mars 1789, et fut nhumée dans l'église paroissiale le surlendemain. De ^eur mariage étaient nés : A, Marie- Anne- Angélique Aubert de Gaspé née à Québec le 15 avril 1716 et décédée à Québec le 28 novembre de la même année. B. Pierre-Ignace Aubert de Gaspé à Québec le 26 mars 1748. C. Geneviève Aubert de Gaspé née à Québec le 22 mai 1749 ; mariée, à Saint- Jean Port- Joli, le 28 janvier 1772, à Michel Biilly de Messein, frëre de l'évêque de Capse. Elh mourut à Saint- Thomas de Montmagny le 27 décembre 1831, et fut inhumée dans le cimetière de cette paroisse. D. fgnace Aubert de Gaspé à Québec le 9 janvier 17')2. Décé- dé à Québec le 5 avril 1752, il fut inhumé dans le cimetière paroissial. E. Marie-Anne-Joseph Aubert de Gaspé née à Québec le 4 septembre 1754 ; elle prit

l.IIOXORAnLE PIEIIRE-IGNACE AUBERT DE GASPÉ

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l'habit religieux à l'Hôtel-Dieu «le Québec le 17 août 1771 et mourut quelques semaines plus tard, le 27 se^)- ten)brel771. F. I*ierro-Ignace Aubert de Gaspé :\ Québec le 14 avril 1758 ; marié, A Québec, le 28 juillet 1786, à Catherine, fille de l'honorable Charles Tariei' de Lanaudière et de Catherine LeVloynede L nigueuil. Il décéda à Saint-Jean Port-Joli le Vi février 1823, et fut inhumé dans l'église, sous le banc seigneurial. (1) G. Anonyme et décédé à Verchèrçs le 8 novembre 1759. H. Louis-Fgnace Aubert de Gaspé à Saint- Jean Port-Joli le 29 août 1762 (2) ; décédé le 23 avril 1763, il fut inhumé à l'Iplet. (3) I. Marie-Catherine Aubert de Gaspé née à Saint-Jean Port-Joli, le 26 décembre 1763 (4) ; mariée, à Saint-Jean Port- Joli, le 11 janvier 1790, à Nicolas-Gaspard Boisseau, notaire. J. Angélique Aubert de Gaspé mariée à Québec, le 4 juin 1778, à Pierre-Michel Fortier, négociant.

C. Marie- Françoise-Charlotte Aubert de Gaspé née à Saint-Antoine de Tillv le 6jnillet 1715. Décédée à Saint- Antoine de Tilly le 9 juin 1716, elle fut inhumée dans l'église de cette paroisse.

D, Pierre- Joseph Aubert de Gaspé à Saint- Antoine de Tilly le 5 février 1717. Décédé à Saint- Antoine de Tilly le 16 novembre 1717, il fut inhumé dans l'église de cette paroisse.

(1) Père de Philippe Aubert de Cruspé l'auteur des Anciens Canadiens.

(2) Baptisé a l'islet le lendeniain.

(3) C'est Mgr liSLi\^\\&y {Dictionnaire généalogique, volu- me 2, page 63) qui le fait mourir le 23 avril 1763 et le fait inhumer à l'Islet. Nous avons fait un relevé attentif des registres de rislet et nous n'avons pas trouvé son acte do sépulture.

(4) Baptisée à l'Is.'et le 29 janvier 1764.

PHILIPPE AUrtKRT DE GASPÉ I^Sé" 1^7^

I

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È. Madeleine-Barbe Aubert de Gaspé née à Saint- Antoine de Tilly le 31 mai 1720. Décédce à Québec le dernier jour de septembre 1736, elle fut inhumée dans le cimetière de la paroisse.

F. Charlotte- Josephte Aubert de Guspé née à Saint- Antoine de Tilly le 31 juillet 1721. Elle fit profession religieuse à l'Hôpital-Général de Québec le 19 février 1746, sous le nom de sœur Sainte-Claire. C'est dans l'emploi de maîtresse des novices qu'elle termina, à l'âge de 43 ans, le 18 février 1764, sa pieuse et édi- fiante vie.

G. Anonyme et décédé à Saint-Antoine de Tilly le 10 mai 1723. Inhumé dans l'église, à l'entrée, proche du bénitier.

H. Jean-Baptiste Aubert de Gaspé à Saint- Antoine de Tilly le 7 mai 1726. Décédé à Saint- Antoine de Tilly le 29 juin 8uivant,il fut inhumé dans l'église. (1)

4- Ignace Aubert de la Chesnaye à LaRochelle le 15 février 1676. Décédé à Québec le 8 novembre 1687, il fut inhumé dans le cimetière de l' Hôtel-Dieu.

5. Marie-Charlotte Aubert de la Chesnaye née à LaRochelle, paroisse Saint-Barthélémy, ie 16 juin 1677. (2) Elle fit profession religieuse à l'Hôtel-Dieu du Précieux-Sang, à Québec, le 10 mai 1696, sous le nom de sœur Saint-Michel. Elle mourut le 18 décem- bre 1721, après avoir été supérieure de cette commu- nauté de 1717 à 1720.

(1) Dans la nouvelle église.

(2) Eenseignement fourni par la mère Saint- André, ar- chiviste de l'Hôtel-Dieu de Québec.

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6. Louis Aubert du Forillon (1) à LaRochelle eu 1678. Il mourut à Paris en avril 1720. (2) Il avait épousé, k Québec, le 8 novembre 1702, Barbe, fille de Michel LeN^euf, écuyer, sieur de LaVallière et de Beaubassin, major pour le roi de la ville de Montréal, et de Françoise Denis. Elle mourut à Moatréal le 14 février 1733.

IV. Chahlotte Juchere.\u de la Fertb

Née h Québec le 22 août 1655.

M. de Lauzon-Charny, fils de l'ancien gouverneur du Canada, qui, après la mort de sa femme Louise Giftard, s'était fait recevoir prêtre, avait une fille uni- que, Marie. Elevée à l'IIôtel-Dieu de Québec depuis l'âge de six ans, elle voulut se faire religieuse dans cette communauté. " Son père approuva tout-à-fait ses vues ; mais comme elle était d'une complexion délicate, il voulut que la communauté s'engageât à lui donner aux repas, outre le menu ordinaire, " une entrée de table. " Le chapitre des hospitalières, après avoir pris l'avis de Mgr de Laval, crut devoir refuser cette faveur, qui aurait pu préjudicier gravement au bon ordre de la maison, et renonça par là-même, avec un désintéressement admirable, à la dot de douze mille livres que M. de Lauzon-Charny faisait à sa fille, ainsi

(1) Mt^r Tanguay {Dictionnaire généalogique, voXwvofi 1er, page 14) a, confondu Louis Aubert du Forillon avec son frère du troisième lit Louis Aubjrt de la Chesnaye, capitaine des gardes do M. le g«?néral.

(2) Le 21 août 1720, Barbe LeNouf, veuve de Louis Aubert, sieur du Forillon, comparait devant Louet, notaire à <Jui'bee, et d«?clare qu'elle a appris la mort de feu M. du Forillon par une lettre t'crite par M. d'Auteuil, son cousin, datte de Paris le 4 mai 1720, et elle ajoute qu'elle renonce à Ja communauté de biens qui a existéo entre eux.

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qu'à la promesse qu'il lui assurait d'une large part de sa succession. " (1)

Malgré cet iusuccbs, la jeune fille ne reno:iça pas h la vie religieuse. Sa cousine germaine, Charlotte Juchereau de la Ferté, avait les mêmes aspirations. Elles formèrent le projet de se faire religieuses hospi- talières au couvent de LaRochelle. En 1671, M. de Lauzm-Charny les conduisit lui-même en France. Il faut croire que là-bas on était plus large sur le chapi- tre des exceptions car elles obtinrent tout de suite- leur admission.

Toutes deux firent d'excellentes ho-spitalières. Ciiar- lotte Juchereau de la Ferté fat môme supirioure de sa communauté pendant plusieurs années.

V. Paul-Augustin Juchereau de Mauu

à Québec le 13 juin 1G58.

Le 13 juillet 1701, la direction de la Compagnie de la colonie de la Nouvelle-France lui remettait une commission de " receveur préposé à la recepte des cas- tors et dixiesme des orignaux." Il occupait encore cette charge en 1714. (2)

On sait qu'en 1711 une flotte anglaise, sous le com- mandement de sir Ilovenden AYalker, remonta le Saint-Laurent, portant un bataillon de soldats de marine et sept régiments de vétérans <le Malborough, destinés à envahir le Canada. Huit des transports de Walker se brisèrent sur l'île aux Oeufs, et plus de 900 hommes périrent. L'amiral anglais, découragé, rebroussa chemin.

" Les poètes, raconte la mère de Saint-Igiia ce, épui-

(1) L'abbé Augufiio GosscYm, Htnri de Bernières. premier curé de Québec, page 75.

{■1) Note de M. Philéas Gaguon.

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sèrent leur verve pour rimer de toutes les façons sur ce naufrage. Les uns étaient historiques et faisaient figréablement le détail de la campagne des Anglais ; les autres satiriques et raillaient sur la manière dont ils s'étaient perdus. "

M. l'aul-Augustin de Maur succomba à l'engouement général et composa la chanson suivante :

Sur l'air : Ah ! que de besogne à leur fusée ! Elle est mêlée, olc.

Ouatro, Vêche et Noglesson (l) Par une matinée. Prirent résolution iJo lever deux armées.

Oh ! que de besogne, etc.

Prirent résolution De lever deux armées ; L'une, i)avtie de Eoston, Sur trcnt vaiijseaux portée.

Oh ! que de besogne, etc.

L'une, partie de Boston,

Sur cent vaisseaux portée ;

Les plus beaux ont fait le plongeon

Dedans la mer salée !

Oh ! que de besogne, etc.

Les ]jlus beaux ont fait le plongeon Dedans la mer nalée. La plus belle, Neglessôn Ne la pas amenée.

Oh ! que de besogne, etc.

La plus belle, Neglessôn

Ne l'a pas amenée ;

Elle avait mal aux yeux, dit-on,

Craignait trop la fumée !

Oh ! que de besogne, etc.

(I) Walkor, Vetch et Nicholson,

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Elle avait mal aux j'eux, dit-on,

Craiijjiuiit trop la turiiL^e.

Dos mousjuels et du canon,

De la mèche allumée ! /

Oh ! que de besojne, otc

Des mousquets et du canon, De la mèche alUunôe ! '' lU reviendront, dit Pii^eon, Dès la prochaine année ! "

Oh ! que de besogne, etc. (1)

Dans l'automne de 1714, M. de Maur s'embarquait pour la France sur le Saint-Jérôme, navire de 30 canons. Une tempête se déclara dans le Saint- Lau- rent et ce navire qui portait une riche cargaison de pelleterie alla se briser sur l'île de Sable. Au nombre des personnes qui périrent furent MM. Paul- Augustin Juchereau de Maur, Lechtier de Clialus, le marquis d'Alogny, commandant des troupes, le sieur Dumon- tier, secrétaire du marquis de Vaudreuil, etc, etc. (2)

M. Juchereau de Maur légua sa seigneurie de Maur ou de Saint- Augustin, dont il avait hérité de son père en 1685, à son neveu François Aubert, sieur de Mille" Vaches, conseiller au Conseil Souverain.

VI. Marib Juchereau de la Ferté

Née à Québec le 27 avril 1660.

Elle suivit l'exemple de sa sœur Jeannj-Françoise et entra à l'Hôtel Dieu de Québac, elle fit profes- sion le 25 janvier 1676.

(1) Ernest Myrand, M. de la Colombière, orateur, pai^^e 2GI.

^2) Lettre de MM. de Kaniezay et Bégon au ministre, 13 septembre 1715. Correspondanco générale, volume 35,c 11. Voir au8.si Jugements et délibérations du Conseil Souverain, volume VI, page 1013.

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" La mèro Marie Juchereau de Sainte-Thérèse avait tort peu de santé ; sa ferveur lui inspirait un courage qui lui faisait cacher de très grands maux ; ils devin- rent enfin si violents, qu'elle fut obligée de céder à un crachement de sang, à un grand mal de poitrine, et à des douleurs excessives. Elle ne pouvait à l'extrémité prendre aucune nourriture. Elle vomissait baaucoup avec des efforts terribles. Elle mourut le 25 de mars 1697, âgée de 37 ans. Elle était d'un naturel vif, tendre et affectueux, attentive à ses devoirs sans se mêler des obligations des autres, indifférente pour tout ce qui ne la regardait point, fort zélée pour la régula- rité, appliquée à l'oraison, pinitente et mortifiée plus que sa complexiou ne semblait le permettre. Elle avait surmonté de grandes difficultés dans sa vocation avec beaucoup de générosité. Dieu lui avait donné une très belle voix qu'elle employait à chanter ses louanges avec dévotion. Elle était toute dévouée au Verbe incarné, et à la très Sainte Vierge, à qui elle avait demandé la grâce de mourir une de ses fêtes, ce qui lui fut accordé. Le jour de l'Annonciation, con- sacré à l'honneur du fils- et de la mère, il y eut une circonstance remarquable dans son heureux trépas. Elle fut assistée par M. de la Colombière en qui elle avait une parfaite confiance; il lui aidait à faire des actes qu'il n'était pas nécessaire de lui suggérer, car elle en produisait de toutes les vertus, et surtout d'amour. Quand elle fut réduite à une telle faiblesse, qu'elle ne pouvait plus parler, elle demanda par signe du papier et de l'encre, et elle écrivit d'une main trem- blante, qu'elle priait que l'on fut attentif à l'observer, parce qu'elle joindrait les mains quand il serait temps de lui donner la dernière absolution : en effet quelques moments après, elle fit un petit effort, joignit les mains

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en inclinant la tête, et fermant les yeux ; M. de la Colombiëre lui donna l'absolution, et elle expira aussi- tôt fort doucement dans cette posture. " (1)

VIL Denis-Joseph Jicuereau db la Ferté

à Québec le 20 juin 1661.

Il mena une vie pas mal aventureuse.

En 1684, il suivit Greyselon Duluth au Sault Sainte- Marie. (2)

La même année, il commandait la co npagnie de milice du Cap-Rouge dans l'expédition du gouverneur de la Barre contre les cantons Iroquois. (3)

Le 9 juin 1689, M. de Denonville donnait commis- sion à l'illustre d'Iberville pour commander dans toute la baie d'Hudson. M. Juchereau de la Ferté l'accom- pagna dans cette expédition. Tous deux soutinrent l'honneur du drapeau français. Marchant sur les traces de son chef, M. Juchereau de la Ferté se distin- gua par plusieurs actions d'éclat. A la tête d'un parti de Canadiens, il enleva, prës du fort Nelson, le gouverneur de ISTew-Severn. On trouva sur lui des lettres dans lesquelles les directeurs de la Compagnie anglaise de Londres lui ordonnaient de faire recon- naître le prince et la princesse d'Orange comme les souverains du royaume d'Angleterre. (4)

Denis-Joseph Juchereau de la Ferté avait l'humeur

(1) Mère Juchereau de Saint-Igntico; Histoire de V Hôtel- Dieu de Québec, page 368.

(2) Pierre Margry, Découvertes et établissements des Français dans l'ouest et dans le sud de l'Amérique septentrio- nale, volume VI, page 44.

(3) E. B. O'Callaghan, Documents relative to the colo- nial history of the state of Neiv- York, vohiino 1 X, page 235.

(4) L'abbé Ferland, Cours d'histoire du Canada, volume deuxième, page 190.

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passablement belliqueuse. Au coraraeuceraent de ld94, ou lui reprocha, entre autres escapades, d'avoir, en compagnie de LcMoyne de Martigny, des deux DeNiort de Laî^oraye et de Joseph Guy on du Buis- son, fait tapage nocturne dans les rues de la basse-ville do Québec, cassé les vitres et enfoncé les portes qui n'étaient pas protégées par les volets et les armatures de fer, nécessaiies à cette époque. (1)

Cette même année 1694, Louis JoUiet entreprenait, pour la seconde fois, l'exploration du Labrador. " Un Père franciscain récollet, trois cadets et quatorze hom- mes d'équipage s'embarquërent avec Jolliet sur le navire ^Sain -François, qui partit de Québec le 28 avril U)94, en destination des îles de Mingun, du détroit de Belle-Ile et du Labrador océanique. Jolliet amenait avec lui sa femme, son fils aîné, Louis, âgé de dix- huit ans, qui, le mois précédent, avait quitté l'habit ecclésiastique, après avoir passé un an au grand sémi- naire de Québec, et les autres membres de sa famille. Il les laissa aux îles de Mingan, madame de LaLande avait passé l'hiver précédent. Deux de ses fils cependant probablement Louis et Charles —l'ac- compagnèrent au Labrador, ainsi que M. Juchereau de la Ferté. " (2)

Dans l'hiver de 1697 on apprit en France qu'une expédition se préparait dans la Nouvelle- Angleterre pour venir attaquer Québec aux premiers jours de l'été. Il s'agissait de faire avertir M. de Frontenac d'être sur ses gardes. M. Juchereau de la Ferté était alors en France. C'est lui que le ministre trouva le plus apte à aller porter les ordres du roi au gouverneur de la

(I) L"abb(^ II. A. Vai-v-MU, Quel jues notes sur Antoine de Lnmothe de Cadillac, page 4.

(^2) lOni.'sl tTa.;iioii, Louis Jolliet. page 17S.

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Nouvelle-France. Le jeune Canadien ne démentit | as la confiance qu'on avait mise en lui et il s'acquitta de sa tâche à la satisfaction de tous. ( I)

En 1702, M. Juchereau de la Ferté eut un sérieux différend avec un nommé Chartrain. Cette affaire fut l'occasion d'une correspondajice assez longue entre M. de Vaudreuil et M. de Ramezay. (2)

En 1704, M. Juchereau de la Ferté était lieutenant sur le brigantin Le Joyberl armé contre les ennemis de l'Etat. " (3)

Il décéda à Québec le 9 août 1709, et fut inhumé dans le cimetière de l'Hôtel-Dieu.

Il ne s'était pas marié.

II

NICOLAS JUCHEREAO DE SAINT-DENYS Le continuateur de la lignée. III NOËL JUCHEREAU DE MAUR

en France.

Il passa dans la Nouvelle-France en même temps que son père en 1634.

Noël Juchereau de Maur se noya au cours d'un voyage en France en 1649, (4)

(1) Collectùn de manuscrits, vohime [[, pago 274-, Voir aussi supplément du rapport du Dr Brymner sur les archives canadiennes, par Kdouard Richard, i)age 310.

(2) Douglas Brymner, Rapport sur les archives cana- diennes pour l.'^SS, page 153.

(3) Note de M. Philéas Gagnon.

(4) Mgr Tauguay, Dictionnaire généalogique, yo\nme ler page 328.

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IV

GENEVIEVE JUCHEREAU DE MAUR

Xée en France en 1633.

Mariée, ;\ Québec, le 1er octobre 1648, à Charles LeGardeur de Tilly.

M. de Tilly fut appelé à faire partie du Conseil Sou- verain de la Nouvelle-France. Il en était même un des membres len plus importants lorsque ce corps public eut des démêlés avec le gouverneur de Mésy. Il échappa cependant à la disgrâce de MM. Bourdon et de Villeray, et fut compris dans son testament pour un legs de cinq cents livres.

adame de Tilly mourut à Québec le 5 novembre 1687, et fut inhumée dans le cimetière de l'Hôtel- Dieu.

M . de Tilly mourut au même endroit le 10 novem- bre 1695, et fut inhumé, lui aussi, dans le cimetière de riIôtel-Dieu. Il était âgé de 84 ans.

Ils avaient eu quinze enfants : I Catherine ; II Marie ; III l'ierre-Noël ; IV Jean-Baptiste ; V Mar- guerite ; VI Charles ; Vit René ; VIII Marie-Made- leine ; IX Augustin ; X Geneviève-Gertrude ; XI Marie-Louise ; XII Jean-Baptiste ; XIII Charlotte- Françoise ; XIV Daniel ; XV Louise.

I. Catukrink LeG ardeur de Tilly

Née à Sillery le 9 août 1649.

Mariée, h Québec, le 10 octobre 1668, à Pierre de Saurel, écuyer, capitaine au régiment deCarignan, fils de Mathieu de Saurel et de Jeanne de Giraud, de la paroisse Notre-Dame, ville et évêché de Grenoble.

M, de Saurel construisit le fort de Saurel sur les

58

ruines duquel s'élëve aujourd'hui la ville de Saurol. (l) Il en fut le premier commandant.

Dans l'expédition de M. de Tracy contre les Oiiue- youths et les Agniers, M. do Saurel commandait r avant-garde.

C'est lui qui arracha des mains des Algj.iqiiins le Bâtard Flamand, envoyé en ambassade parles Agniwrs. Il le conduisit sain et sauf à Québec, et de au tort de Saurel, il le retint jusqu'à la conclusion de la paix.

M. de Saurel mourut à Montréal le 26 novembre 1682, et fut inhumé dans l'église paroissiale le surlen- demain.

M. de Saurel fut incontestablement l'un des plus entreprenants de tous les gentilshommes qui vinrent de France à cette époque se tailler un domaine dan-* les forêts vierges du Canada- Le titre do fondateur de Sorel revient de plein droit à son premier seigneur et non aux réfugiés loyalistes anglais, ainsi que le pré- tend le voyageur Weld.

Madame de Saurel mourut à Saurel, le 23 juin 1732, à l'âge de 82 ans, 10 mois et demi. Elle fut inhumée dans le cimetière de la paroisse.

De leur mariage était un fils :

de Saurel. En novembre 1683, M. de

Frontenac envoyait ses dépêches en France par ce jeune homme et priait le ministre de le nommer ensei- gne de la marine. Il ne revint pas dans la Nouvelle- France. (2)

(1) On écrit maintenant Sorel.

(2) Douglas Brymner, Rapport sur les archives canadien- nes pour 1885, page X L II. En 1873, M. l'abbé Verreau, le regretté principal de l'Ecole normale Jacques-Cartier à Montréal, de jiassage ù Grenoble, eut l'honneur d'être pré- senté à lin M. de Saurel qui se prétendait descendant o;i du moins allié très rapproché du fondateur do Saurel.

IL Marie LeGardeur de Tilly

Née à Québec le 10 février 1651.

Marié ', à Québec, le 11 octobre 1672, à Alexandre Berthier, capitaine au régiment de Carignan. (1)

" Dix-huit jours après son mariage, le 29 octobre 1672, l'intendant Talon lui fit un présent de noces au nom du roi en lui concédant la seigneurie de Belle- chasse (aujourd'hui Berthier-en-bas), de deux lieues de front sur deux de profondeur.

" Le 3 novembre de l'année suivante, Berthier acheta la seigneurie du sieur de Randin, et le 27 août 1674, il obtint de Frontenac un immense " agrandis- sement " de cette seigneurie qui prit alors son nom (Bcrthier-en-haut).

" Tout en s'occupant de coloniser ses domaines, le sieur Berthier portait encore les armes pour la défense de son pays. L'année même de son mariage, il suivit Frontenac dans son expédition militaire vers les grands lacs. " (2)

Dans l'expodition de 1687, les quatre comman- dants des troupes régulières étaient MM. d'Orvil- liers, Saint-Cirq, de Troyes et Vallerennes, anciens capitaines d'infanterie et bons officiers ; et les quatre capitaines des milices étaient les sieurs Berthier,

(1) Son frèro Isaac Berthier, était aussi capitaine au régiment de Carignan. Il était huguenot, mais il fit abju- ration d'hérésie, dans l'église paroissiale de Québec, le 8 octobre 1665. entre les mains de Mgr de Laval, et en pré- sence do MM. de Tracy, Cou réelle et Talon. Isaac Berthier ne resta pas longtemps dans la Nouvelle- France. Nos histo- riens ont confondu les deux frères. Voyez le Bulletin des Recherches Historiques, volume IX, page 56.

(2) Documents relative ta the colonial history of the itate of New- York, volume IX, page 113.

60

LaValtrie, Grandville et LeMoyne de Longueuil, tous quatre très compétents pour cet office, (l)

M. Bertliier mourut en 1709. (2)

Du mariage de M. Berthier et de Mario LeGardeur de Tilly étaient nés :

1- Marie-Generiëve Berthier née à Québec le 30 septembre 1673. Décédée au même endroit le 4 octobre 1673, elle tut inhumée dans le cimetière paroissial.

2. Charlotte-Catherine Berthier née à Saurel le 20 septembre 1674. Elle entra à l'Hôtel-Dieu de Québec et y fit profession le 18 juin 1691, sous le nom de Mère Sainte-Geneviève. Elle mourut le 21 octobre 1698.

îi. Alexandre Berthier, sieur de Villemur, à Sau- rel le 24 avril 1676 .(3) Enseigne dans les troupes de la marine. Il épousa, à Québec, le 4 octobre 1702, Marie-Françoise, fille de François Viennay-Pachot, marchand, et de Charlotte-Françoise Juchereau de Saint-Denys. Il mourut, à Québec, le 11 janvier 1703, trois mois à peine après son mariage,et fut inhumé dans l'église paroissiale. Sa veuve se remaria à Québec, le 4 avril 1712, à Nicolas-Biaise des Bergères de Rigau. ville, capitaine d'une compagnie du détachement de la marine. (4)

III. Pierre-Noël LeGardeur dk Tilly

à Sillery le 24 décembre 1652. Comme son père il fut membre du Conseil Souve- rain.

(1) L'abbé S. A. Moreau, Précis de C histoire de la seigneurie, de la paroisse et du comté de Berthier,i>3Lgo 17.

(2) Nous croyons qu'il retourna mourir on Franco car l'on ne retrouve nulle part ici l'acte de sa eépultui'e.

(3) Baptisé le 3 juillet.

(4) Voir plus loin.

61

Il mourut à Saint- Antoine de Tilly le 13 août 1720, et fut inhumé dans l'église paroissiale. (1)

Il avait épousé en premières noces, en 1675, Margue rite Volant, et, en secondes noces, à Boucherville, le 24 noverr.bre 1680, Marie-Madeleine, fille de Pierre Bou- cher, gouverneur de Trois-Riviëres, et de Jeanne Crevier. C'est à elle que s'adresse le vénérable fonda- teur de Boucherville lorsqu'il écrit dans ses Dernières volovtés : " Je dis adieu à ma fille LeGardeur, à sou mari et à tous ses enfants auxquels je donne ma béné- diction Vous ne devez pas douter, ma chère fille, que je n'aie bien de l'amitié pour vous. En reconnais- sance, priez Dieu pour ma pauvre âme et engagez M. LeGardeur de ma part à conserver la paix et l'union dans la famille. Qu'il se souvienne que bienheureux sont les pacifiques. La vie est courte, l'éternité bien longue puisqu'elle n'a pas de fin. " (2)

De son premier mariage, M. LeGardeur de Tilly eut une fille :

1 Geneviève-Françoise LeGardeur de Tilly née à Trois-RivièreM le 12 septembre 1677, et décédée à Bou- cherville le 25 juillet 1690.

De son second mariage naquirent :

21- Pierre LeGardeur de Tilly à Boucherville le 20 août 1681. 11 mourut probablement en France. En 1723, son fila uniiue âgé de quatorze à quinze ans résidait à Paris.

(1) Le 15 novembre 1730, on tmnsporte dans la nouvelle 6g\\so de Saint- Antoine do Tilly, sous le banc seigneurial, le corps de feu mcssire Pierre Noël LeGardeur, seigneur do Tilly, capitaine d'une compagnie franche de lu marine.

(2) Mes dernières volontés, manuscrit de Pierre Boucher, ancien gourerneur do Trois-Rivières ^Soirées canadiennes, 1865, page BIT.

l

62

Jeanne LcGardcur de Tilly n^e à Eepcntigny le 16 avril 1683, et décédée à Québec le 19 mars lt)91

4. Madeleine-Angélique LeGardeur de Tilly née k Boucherville le 29 juin 1684 ; mariée, à Beauport, le 12 octobre 1711, à Pierre Aubcrt de Gaspé, veuf de Jacqueline-Catherine Juchereau de Saint-Denyp. Elle mourut à Québec le 17 juin 1753. Elle avait eu une nombreuse famille. (1).

5. Marie-Charlotte LeGardeur de Tilly née à Bou- cherville le 25 août 1686. Elle vivait encore en 1748.

6. Nicolas LeGardeur de Tilly à Boucherville le 4 décembre 1688. 11 entra dans l'armée. En 1748, il était commandant de la garnison et dépendances de Nippes, à Saint-Domingue. 11 s'était marié, en 1730, à Suzanne d'Allemant. Ils eurent un fils :

Etienne-Simon LeGaid(ur de Tilly marié, en 1766, à Eose-Agnès Lominé Marmé. Enfants : A. . . . .LeGardeur de Tilly ,mariée à M. Ridouet,comte de Sancé. B. Joseph-Louis-Simon LeGardeur de Tilly à Jérémie, île de Saint-Domingue, qui épousa, à Saint- Domingue, le 19 brumaire, an VII, Jeanne-Catherine- Eugénie Péneau,veuve Carlier,fille de Jean Péneau et de Jeanne-Catherine Monnier. t,2) C. Jean-Baptiste-Olive LeGardeur de Tilly à Saint-Domingue le 25 juillet 1775. Il entra dans la marine en 1788, fit plusieurs brillantes campagnes sur la Pomone et V Achille de 1791 à 1795 aux Etats-Unis, à Terre- Neuve et à Saint-Domingue. Il passa dans le corps

(l; Voir page 44.

(2) De ce raaringe naquit Antoine-Gustave LeGardeur de Tilly qui épousa, en 1828, Soiidelle de Neuriese. Le fils de ce dernier, Michel-Gustave LeGardeur de Tilly, à la Nouvelle-Orléans le 1er août 1831, avocat et notaire, est un des citoyens les plus distingue:!» de la métropole de l'état de la Louisiane.

63

du génie eu 1799 et devint aide de camp du gé- néral de Lery. Il fit partie de l'armée d'observa- tion du Danube et du Rhin, se trouva au blocus et au bombardement de Philippsbourg, servit eu Hollande, eu Italie et en Espagne et se retira du service en 1810* Le roi Louis XVIII lui accorda en 1814 le brevet de capitaine de frégate et le nomma secrétaine général de l'état-major de la garde nationale de Paris. Le comte de Tilly devint adjudant du chîteau du Louvre en

1815, chef de la 3e division de la maison du roi eu 1824, directeur par intérim du département des beaux- arts en 1826, et enfin gentilhomme honoraire de la chambre du roi en février 1830. Il était chevalier de Suint-Louis et officier de la Légion d'hormeur depuis

1816. Le titre de comte de Tilly lui est donné dans tous ses brevets. Il décéda à Saumur le 27 octobre 1861. De son mariage avec Mlle de Waters il avait eu une fille qui mourut jeune.

7. Claude LeGardeur de Tilly à Boucherville le 19 avril 1691.

H. Charles- Augustin LeGardeur de Moncarville à Québec le 16 mai 1692. Enseigne en pied dans une compagnie du détachement de la marine. Il mourut à Saint-Antoine de Tilly le 27 mars 1731, et fut inhu- mé dans l'église paroissiale.

O. Marie-Charlotte LeGardeur de Tilly née à Qué- bec le 9 juillet 1695. Mariée, à Saint-Antoine de Tilly, le 23 octobre 1730, à Jean-Baptiste Fafard ditLaFram- boise, marchand, de Trois-Rivières. En 1748, M. Fafard dit LaFramboise était substitut du procureur- général à Trois-Riviëres.

lO. Louis-Marie LeGardeur de Tilly en 1696. En 1748, il était capitaine de cavalerie à Nippes, Saint-Domingue.

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II. Catherine-lJelphine LeGurdeur de Tilly née k Québec le li; mars 1697. Mariée, à Québec, le 29 octobre 1736, à Antoine Salvaillo, écuyer, sieur de Frémont, seigneur des îles Saint-Pierre, veuf de Mar- guerite Ilertel, fils de feu Pierre Salvaille, écuyer, et de Catherine LeRoy. En 1745, M. Salvaille de Fré- mont était capitaine des portes de la ville de Mon- tréal.

12» Marie-Charlotte LcGaidcur de Tilly née à Qué- bec le 3 mai lo98. Décédée non mariée, à Montréal, le 5 août 1776, elle fut inhumée dans le cimetière paroissial.

13. Marie-Anne LeGardeur de Tilly née à Québec le 17 septembre 1699, et décédée à la Pointe aux-Trem- bles de Montréal le 28 octobre de la même année.

14. Geneviève LeGardeur de Tilly née eu 1701. Elle vivait encore en 1723.

IV. Jean Baptiste LeGardeur db Saint-Michel

à Québec le 13 juin 1655.

Il entra dans la marine, et mourut capitaine de vais- seau en 1705. Il ne laissa pas de postérité.

V. Marguerite LeGardeur de Tilly

Née à Québec le 29 juillet 1657.

Mariée, à Québec, le 29 janvier 1694, à Louis-Joseph LeGoues de Grais, capitaine d'un détachement des troupes de la marine.

Deux années après son mariage, le chevalier de Grais prit part à la célèbre expédition de M. de Frontenac contre les Iroquois. Il commandait un bataillon de troupes de 200 hommes.

M. de Grais mourut à Batiscan le 9 décembre 1700, laissant trois enfants :

1. Catherine-Charlotte LeGoues de Graia née à

65

l hamplîiin le 14 novembre 1697; mariée, àSaint-Oars, le 29 avril 1720, à Charles LeMoyne, deuxième baron de Longueuil. Elle mourut à Montréal le 12 septem- bre 1745. Le baron de Lonçrueuil décéda à son tour à Montréal le 17 janvier 1755. On sait qu'il joua un grand rôle dans la colonie. Il fut même sur le point d'être nommé gouverneur de la Nouvelle-France.

2. Hector-Charles-Marie LeGoues de Grais à Montréal le 25 mars 1696.

3. Claude-François-Joseph LeGoues de Grais à Montréal le 25 mars 1696.

En secondes noces, à Batiscan, le 29 juillet 1708, Marguerite LeGardeur d e Tilly devint la femme de l'ierre de Saint-Ours, seigneur de Saint-Ours, veuf de Marie Mulois.

M. de Saint-Ours mourut, ne laissant aucun enfant de SOI) mariage avec Marguerite LeGardeur de Tilly.

Celle-ci convola en troisièmes noces, à Longueuil, le 17 septembre 1727, avec Charles Le ^loy ne, premier baron de Longueuil, veuf de Claude-Elisabeth Souart d'Adancourt, père de celui qui avait épousé sa fille en 1720. Il mourut à Montréal le 7 juin 1729. La baron- ne de Longueuil lui survécut 13 ans, étant morte à Montréal le 25 février 1742, à l'âge avancé de 85 ans.

VI. Charles LeGardeur de Tilly '

à Québec le 24 août 1659.

Marié, à Montréal, le 3 janvier 1696, à Geneviève, fille de Séraphin Margane, sieur de la Valtrie, lieute- nant d'une compagnie du régiment de Lignières, et de Louise Bissot.

Elle n)Ourut à Montréal le 30 novembre 1702.

66

VIE. René LeG.vrdeur db Beauvais

à Québec le 3 octobre 1660.

Il fut employé par MM. de LaSalle et de la Forest dans leurs hardies entreprises. (1)

En 1690, avec M. de la Bross3, lieutûnant réformé, il organisa un parti d'Iroquois chrétien-i, à la tè'.û des- quels se mit le Grand Agnier. Ce parti rendit d'abord des services, mais, le 4 juin, pondant la imit, les Iro- quois chrétiens furent attaqués par les Algoncjuinset les Abénaquis, leurs allié?, qui ne les reconnurent pa-». Le Grand Agnier tomba un des premiers. On peut juger de la consternation de tous lorsqu'on se reconnut.

Dans l'expédition do M. de Frontenac contre les Iroquois en 1696, René LeGardeur de Beauvais com- mandait un corps de Sauvages.

Il épousa, à Montréal, le 19 septembre 1694, Marie- Barbe, fille de Pierre de Saint-Ours et de Marie Mulois,

Marie-Barbe de Saint-Ours mourut à Montréal le 10 août 1705. Elle avait eu :

1. Louise-Charlotte LeGardeur de Beauvais née à Montréal le 15 août 1695 et décédée à Boucherville le 16 octobre de la même année.

2. Louis-Hector LeGardeur de Beauvais à Mon- tréal le 15 septembre 1696 et décédé à Montréal le 2 7 septembre de la même année.

3. Marie-Renée LeGardeur de Beauvais née à Mon- tréal le 5 octobre 1697 ; mariée, à Québec, le 13 octo- bre 1717, à Joseph-Gasp ird Chaussegros de Lery,

(1) Tien-e }iliivgiy, Melations et mémoires inédits, nAsiù 25.

67

ingénieur do la marine. M. de Lery était arrivé dans la Nouvelle-France Tannée précédente. Il avait ét4 choisi par le Conseil de marine pour fortifier le Cana- da. Jl parcourut ici une belle carrière et devint ingé- nieur en chef de la Nouvelle-France et chevalier de Saint-Louis. Il mourut à Québec le 23 mars 1756, à l'âge de 74 ans, et fut inhumé dans l'église paroissiale. Madame de Lery était morte treize ans auparavant, à Québec, le 4 décembre 1743, et avait été inhumée dans l'église paroissiale. P^llo avait eu onze enfants :

A. Marie-Gertrude Chaussegros de Lery née à Qué- bec le 5 août 1720 ; décédée à Sîiinte-Foye le 20 mars 1721, elle fut inhumée dans la nouvelle église de cette paroisse.

13. Gaspard-Joseph Chaussegroâ de Lery à Qué- bec le 21 juillet 1721. Entré de bonne heure dans le génie, il égala, si même il ne surpassa son père. Hom- me de science et homme de main, dit M. Bibaud, il fut ;'i la fois ingénieur savant et intrépide guerrier. Sous le régime anglais, il fut membre du Conseil Lé- gislatif. L'honorable M. de Lery mourut à Québec le II décembre 1797, et fut inhumé dans l'église parois- siale. Il avait épousé à Québec, le 24 septembre 1753, Ijouise, fille de François Martel de Brouague, comman- dant pour le Koi dans toute la côte du Labrador, et de Louise Mariaucheau d'Esglis. Présentée à Georges III peu de temps après la conquête, sa beauté lui attira le compliment suivant du roi d'Angleterre :" Madame, si toutes les dames canadiennes vous ressemblent, j'ai vraiment fait une belle conquête. " Madame de Lery mourut à Québec le 27 décembre 1793, et fut inhu- mée le surlendemain dans l'église paroissiale. Elle avait eu dix-huit enfanta. Le plus marquant fut le

VICOMTE FRANÇOIS-JOSEPH ClIAUSSEGROS DE LERY

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célèbre vicomte de Lory,lieutenaut-géiiéral de l'empire français et ingénieur en chef de la grande armée.

('. René Antoine Chanssegros de Lery àQaéhec le 15 octobre 1722 ; décédé an même endroit le lende- niain, il fut inhumé k Beauport.

D. Marie-Madeleine-Régis Chaussegros de Lery née à Québec le 23 septembre 1723 ; mariée à Québec, le 20 avril 1750, à Louis LeGardeur de Repentigny, elle mourut à la Guadeloupe le 15 juillet 1781. (1)

E Marie-Jeanne Chanssegros de Lery née à Qué- bec le 29 janvier 1725 ; décédée au m3me endroit le 20 mai 1730, elle fut inhumée dans le cimetière de la paroisse.

F. Louise-Madeleine Chaussegros de Lery née h Québec le 7 juin 1726 ; mariée à (Québec, le 20 novem- bre 1747, à Michel Chartier, marquis de Lotbinière. Elle mourut à Vaudreuil le 1er avril 1807, et fut inhu- mée, quatre jours plus tard, dans l'église de Vaudreuil, au caveau de la chapelle Saint-Louis, lieu ordinaire de la sépulture des seigneurs de Vaudreuil. C'est la mère de l'honorable Michel-Gaspard-Eustache-Alain Char tier de Lotbinière, qui fut orateur de la Chambre d'As- semblée de 1794 à 1796.

G. Charles Chaussegros de Lery à Québec le 1er janvier 1728. Il fut un vaillant guerrier. Il mourut à Kouroux, Nouvelle-Cayenne, en 1767.

H. Josephte-Antoinette Chaussegros de Lery née à Québec le 4 juillet 1729. Ne se sentant aucun goût pour le monde, elle entra à l'Hôpital-Général de Qué- bec, où elle fit profession religieuse le 13 mars 1748. Après une vie passée dans la pratique des plus tou- chantes vertus, la mère Sainte-Marie s'éteignit douce.

(1) Voir plus loin.

HON. MICHEL-EUSTACHE-GASPARD-ALAIN CHARTIER DE LOTBINIÈRE

71

ment daus le Seigneur, le 22 septembre 1825, à l'âge béni (le 96 ans.

I. Anonyme no et décédé à Charlesbourg le 23 juin 1731. Inhumé dans cette paroisse.

J. Marie-Gilles Cliaussegros de Lery née à Québec le 23 juillet 1732 ; mariée, à Montréal, le25juiii 1761, à Jean-Marie Landriove des Bordes, commissaire pour Sa Majesté très Chrétienne en Canada. Elle suivit son mari en France après la cession du pays à l'Angle- terre. M. Landriève des Bordes mourut à sa campa- gne, près de Tours, en mai 1778. (1)

Les enfants laissés par M. Landriève des Bordes étaient : A. Pierre-Paul Landriève des Bordes marié à Mlle Molet. B. Antoine-Gilles Landriève des Bordes marié à Tours, le 15 avril 1792, à Marie-Claire LeGar- deur de Repentigny. C. Martin-Paul Landriève des Bordes k Tours, paroisse Saint- Vincent, le 25' avril 1774.

K. Joseph-Etienne Cliaussegros de Lery à Qué- bec le 13 août 1734 ; décédé à Lévis le 13 octobre de la même année, il fut inhumé dans cette paroisse. (2)

4. Anonyme et décédé à Montréal le 18 août 1698.

♦5. Anonyme et décédé à Montréal le 18 août 1698.

î5- Pierre-René LeGardeur de Beauvais à Mon- tréal le 22 octobre 1699.

7. René LoGardeur de Beauvais à Montréal le 31 décembre 1700. Il devint capitaine de frégate et

(1) Sur M. Landrieff ou Landriève, voyez le Bulletin des Recherches Historiques, v^olumo II, pages 15, 45, 50, 8!).

(2) Pour plus ain|3les détails sur la famille de Lery, on peut consulter Touvrage de M. l'abbé Daniel, Le vicomte C. (le Lery et sa famille.

72

de port à Québec, et mourut à Saint-Domingue aprëa avoir été décoré de la croix de Saint-Louis.

H. Marie-Elisabeth LeGardcur de Beauvais née à Montréal le 29 janvier 1702 et docédée à Vaiennes le

22 juin 1702.

Barbe-Thérëse LeGardeur de Beauvais née à Montréal le 2 février 1703 et décédée à Montréal le 5 février de la même année.

10. Marie-Louise LeGardeur de Beauvais née à Montréal le 15 avril 1704. Religieuse à l'Hôpital- Général de Québec eous le nom de Mère Marie-Louise de Saint-Vallier. Elle mourut le 22 décembre 1750.

11. Claude-Laurent LeGardeur de Beauvais à Montréal le 10 août 1705 et décédé au même endroit le 23 août 1705.

Kené LeGardeur de Beauvais se remaria à Montréal le 6 octobre 1715, à Madeleine Marchand, veuve de ^ Jean Mailhot. Elle mouiut à Montréal le L5 décem- bre 1722.

11 épousa alors en troisièmes noces, à Montréal, le

23 décembre 1725, Marie-Louise Lamy, veuve de Charles-Cépar Marin de la Margue, sieur de la Mas- sière.

M. LeGardeur de Beauvais mourut à Montréal le 26 décembre 1742.

Sa troisième femme lui survécut 22 ans. Elle décéda à Montréal le 27 octobre 1764.

Yin. Marie-Madeleine LeGardeur de Tilly

Née à Québec le 20 juillet 1662.

Elle entra à l'Hôlel-Dieu de Québec elle fit pro- fession le 27 mai 1687, sous le nom de Sainte-Cathe- rine.

Elle mourut le 6 mai 1734.

73

IX. Augustin LeGardeur db Tilly(I) Nvî h Québec le 15 octobre 1663. X. Genevieve-Gertrude LeGardeur de Tilly

Née à Québec le 19 avril 1666.

Mariée, à Moutréal, le 25 septembre 1704, à Jean- Baptiste Céloron, sieur «le Blaiuville, lieutenant d'un détachement des troupes de la marine, veuf de Gene- viève Damours.

Elle décéda à Montréal le 3 septembre 1750.

XI. Marie-Louise LeGardeur de Tilly (2)

Née à Québec le 28 octobre 1667.

Mariée, à Québec, le 1er septembre 1689, à Augus- tin Rouer, sieur de la Cardonniète, fils de Louis Rouer de Villeray, premier conseiller au Conseil Souverain, et de Catherine Sevestre.

M. de la Cardonnière fut, lui aussi, conseiller au Conseil Souverain. Il fut nommé le 16 juin 1703 et installé le 29 ocjtobrede la morne année.

11 mourut en 1711 ou 1712, puisque le 18 juin 1712, Jean-François Ilazeur le remplace au Conseil Souve- rain. (3) ' ,

(1) ifgr Tangway (Dictionnaire généalogique, volume 1er, pai^e 3(>9j lo confond avec Antoine Courtomancho, fiUd'An- toino Courtoinanche et do hlizaboth ilaguin. Plus loin (volume 5, pai^o 292) il le confond avec Aui»ustin LeGrar- (lour de Courlernaneho, fils de .reanliaptiste LeGarJour de Ropentigny et de Marguerite Nicolet, qui fut commandant ))our lo roi à la côte du Labrador,

(2) Mgr Tanguay {Dictionnaire généalogique, volume 1er, pMgo 528) la fait mourir à Québec le 1 1 janvier 1698. 11 se trompe. C'est sa sœur, madame de Gannes de Falaise, qui meurt à cotte date.

(3) Mgr Tangiiay [Dictionnaire généalogique, volume 7, page 44) fait remarier M. de la Cardonnière, en 1706, avec

lO

74

Enfants :

1. Louis Rouer de Villeray à Québec le 3 août 1690. Le 10 février 1698, son parrain le gouverneui» de Frontenac, lui faisait un joli cadeau en lui concé- dant lo lac Métis " avec une lieue de terre de profon- deur tout autour. " (1) Il se perdit en 17lJ " sur la prise faite par M. Dumont du vaisseau La hrise avec lequel il était armé en course. "

2. Angélique-Hyacinthe Rouer de Villeray de la Cardonniëre née à Québec le 14 juillet 1692 ; mariée à Sainte-Foye, le 20 mai 1717, à Charles-Nicolas- Joseph Damours de Louviëres, enseigne réformé. Celui-ci mourut à Sainte-Foye le 19 avril 1728. Ils avaient eu sept enfants :

A. Hyacinthe Damours de Louvières à Québec le 15 février 1718.

B. Françoise-Charlotte Damours de Louvières née à Sainte-Foye le 8 avril 1719. Elle fit profession reli- gieuse à l'Hôtel-Dieu de Québec sous le nom de mt're Saint-Stanislas. " Le 5 septembre 1737, madame Damours de Louvières donnait à rilôiel-Dieu, pour une partie de la dot de sa fille, une terre qu'elle possé- dait à Sainte-Foye. Cette terre, d'après le rapport des experts, avait " trois arpents de front sur environ trente de profondeur *', dont environ soixante arpents en superficie de défrichés et le reste en bois debout. Elle était estimée quatorze cents livres. Louis Rouer, sieur d'Aftigny, grand-oncle de la novice, s'engageait à

Marie- Louise Pollet. Erreur. Marie Louise LeGardeur do Tiily survécut plusieurs années à son mari. En 1722, nous la vo^'ons donner son consentement au mariage de son fils avec Madeleine Foulon dit Dumont.

(1) Madame Rouer de la Cardonnière ou de Villeray, héritière de son fils, vendit la seigneurie du lac Métis, lo IS mai 1725, à Nicolas Lanouiller.

75

compléter les trois mille livres requises. " (1) La mère Suint-Stanislas mourut en 1744,

C Hyacinthe Damours de Louvières à Sainte- Foye le 15 décembre 1720.

1). Marie-Jo?eph Damours de Louvières née à Sainte- Foye le 26 novembre 1723. Entrée en religion à riIôtel-Dieu de Québec sous le nom de Sœur Saint- Jean-Baptiste, elle y mourut le 20 septembre 1751.

E. Gaspard-Joseph Damours de Louvières à Québec le 28 janvier 1725 ; décédé au même endroit le 6 août 1725.

F. Louis Damours de Louvières à Sainte-Foye le 26 septembre 17i6 ; il se noya le 15 juillet 1743.

G Joseph Damours de Louvières en 1728 ; marié, à Montréal, le 24 janvier 1758, à Catherine Bloiichun, tille de .^oseph-Mauricc Blondeau et de Catherine J anneau.

En secondes nuces, à Saint-Nicolas, le 7 juin 1736, Angéli<pie-llyacinthe Rouer de Villeray de la Cardon- nière se maria à Denis Rousseau, marchand. Elle mourut H Saint-Nicolas le 25 novembre 1749, et fut inhumée dans le cimetière de cette paroisse.

îi- Jacques-Augustin Rouer de Villeray en 1694. (2) il mourut à Québec le 21 décembre 1762. Il avait épousé, à Québec, le 14 juillet 1722, Marie-Made- leine, tille de Nicolas Foulon dit Dumont et de Barbe deBoyère, Elle décéda à Québec le 26 décembre 1767. Enfants :

A. Marie-Madeleine Rouer de Villeray née à Qué-

(1) L'abbé H. A. Scott, Notre-Dame de Sainte-Foy. tome I, page 324.

(2)" Mgr Tanguay [Dictionnaire généalogique, volume 7, page 44) le fuit naître en 1698. Son acte demai'iage le dit '• majeur de 28 an». "

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bec le 1er mai 1723 ; mariée, à Saint-Nicolas, le 7 août 1752, à Michel Fréchette, puis, en second mariage, à Alexandre Couture. Elle mourut à Saint-Nicolas le 26 décembre 1787.

B. Augustin Rouer de Villeray à Québec le 1- janvier 17i5 ; marié en 1755 à Marie- Anne LeBorgne- Belisle. Il mourut à l'Hôtel-Dieu de Québec le 17

juillet 1787. Il avait eu : A. Marie-Joseph Rouer de Villeray en 1756 et décédé à Québec le 26 août 1757. H. Alexandre Rouer de Villeray en 1757 et décédé à Saint-Nicolas le 19 mars 1784. C. Marie- Joseph Rouer de Villeray à l'Islet le 3 septembre 1760. D. Jo&eph Rouer de Villeray en 1761 et décédé à Kamouraska le 15 mars 1774. E. Anastasie Rouer de Villeray née au Cap Saint- Ignace le 31 mars 1762 ; mariée, à Saint-Nicolas, le 21 juillet 1788, à Jean-Baptiste Vermette. -P. Hypolite Rouer de Ville- ray né à Kamouraska le 22 octobre 1763. G. Made- leine Rouer de Villeray mariée, à Saint-Nicolas, le 26 août 1788, à Louis-Jérémie Dou ville. H. Marie-Anne Rouer de Villeray mariée à Saint-Nicolas, le 23 août 1784, à Ignace Halle, veuf de Couture.

C. Louis-Charles Rouer de Villeray à Québec le 18 septembre 1726. Il décéda à l'Hôpital-Général de Québec le 17 septembre 1797. Il avait épousé, à Qué- bec, le 11 février 1749, Thérèse Laguerre de Morvillc» fille de Claude-Dorothé Laguerre do Morville, vivant lieutenant dans les troupes de Sa Majesté et 80U8-ingénieur en ce pays, et de Marie-Thérèse de La. Joue. En secondes noces, il se maria à Marie-Thérèse Lenoir. De son premier mariage naquirent : A. Marie- Louise Rouer de Villeray née à Québec le 22 novem, bre 1749 et décédée au même endroit le 2 janvier 1760. B. Louis-René Rouer de Villeray à Québec

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le 9 janvier 17.il et décédé à Varenncs le 2 décembre 1833. Il avait épousé Marguerite Gatieii. Elle décéda k Varenncs le 15 août 1817, à l'âge de 80 ans et 5 mois. C. Anonyme et décédé à Québec le 26 décembre 1751. D. Madeleine- Augustin Rouer de Villeray à Québec le 28 novembre 1753 et décédé à Lévis le 17 juillet 17 4.

J). Anne-Catherinc-Joseph Rouer de Villeray née à Québec le 26 octobre 1727.

E. Angéliquc-Michelle Rouer de Villeray née à Québec le 17 mars 1729 et décédée au même endroit le 14 septembre 1729.

F. Augustin-Michel Rouer de Villeray à Québec le 13 mai 1730 et décédé au même endroit le 3 juin suivant.

G. Jeanne-Angélique Rouer de Villeray née à Qué- bec le 30 décembre 1731.

H. Alexis Rouer de Villeray à Québec le 18 jan- vier 1734. Cadet dans les troupes. Il se noya acci- dentellement à Québec le 8 juillet 176 1.

J. Geneviève Rouer de Villeray née à Québec le 22 juin 1735.

J. Joseph Rouer de Villeray à Québec le 11 novembre 1736.

K. Marie-Denise Rouer de Villeray née à Québec le 8 mars 1740.

4. Geneviève Rouer de Villeray née en 1 700 ; mariée, à Québec, le 16 novembre 1722, à Louis-Joseph Lam- bert, fils de feu Gabriel Lambert et de Mario-René Roussel, de Saint-Joseph de la Pointe-Lévy. M. Lam bert fut commandant de la milice sur la rive sud lors de l'invasion anglaise. (1) Il mourut à Lévis le 21

(1) J. Edmond Roy, Histoire du notariat au Canada, volume premier, page 47.

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janvier 1760. Madame Lambert décéda à Saint Nico- las le 16 avril 1760.

5. Benjamin Rouer de Villcray en 1701. Officier dans les troupes de la marine. C'est lui qui, en 1755, rendit le fort Gaspareau à Monckton. Il mourut à Rochefort au commencement de 17ù2. Il avait épousé, à Montréal, le 16 août 17o5, Marie Joseph, fille de Pierre Pépin dit Laforce, garde-magasin du roi, et de Michelle LeBert, De ce mariage naquirent :

A. Hector-Hyacinthe Rouer de Villeray à Mon- tréal le 3 octobre 1738. Décédé au même endroit le 31 janvier 1739.

B. René-Benjamin Rouer de Villeray à Montréal le 4 mai 1740. 11 parvint au grade de colonel de cavalerie en France. 11 mourut le 12 février 1816. M. de Villeray avait é[)oasé Ma rie- Joseph d'Agobert. En- fants : Â. iJarie-JacquelineJoséphine-Rouer de Ville- ray. Elle fut chanoinesse honoraire du chapitre royal de Sainte- Anne. B. René- Jacques-Louis Marie Rouer de Villeray à Paris le 5 octobre 1782. Aspirant de marine, l'an VIII, il fut parmi les héros qui, sous le capitaine de corvette Edmond Richer, prirent à l'abor- dage une frégate anglaise. Le Directoire décerna des honneurs nationaux à ces braves, jl mourut des fièvres au Sénégal en 1817. (1)

C. Marie- Joseph- Amiable Rouer de Villeray à Montréal le 26 octobre 1744. Il passa en France à la conquête. En 1790, sa santé détruite l'obligeait à

(1) M, Bibuud (Dictionnaire historique des hommes du Canada et de V Amcrique, page 331) a raconté son hrroiqne exi^tenco. M. Pierre Margry {Les Rouer de Villeray) fait erreur quand il rattache à la famille Rouer de Villeray le l'atriotc louisianais Joseph Roy de Villeré, tué par les Esj agnolscn 1768.

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demander sa retrîiite de l'armée après trente-huit ans de bons et loyaux services.

D. Marguerite Rouer de Villeray née à Montréal le 23 décembre 1745 ; décédée au même endroit le 5 avril 1748.

E. Antoine Rouer de Villeray à Montréal le 7 décembre 1749 ; décédé au même endroit le 9 janvier 1750.

O. Hector Rouer de Villeray à Saint-Laurent, île d'Orléans, le 25 décembre 1702. Eu 1748, il était enseigne en pied dans les troupes de la marine. Il épousa, à Montréal, le 13 août 1731, Marie Neveu, fille de Jean-Baptiste Neveu, marchand et bourgeois, et de Françoise-Elizabeth Legros. Enfants :

A. Mathieu-Hector Rouer de Villeray d'Artigny à Montréal le 23 mars 1734 ; décédé à la Longue-Pointe le 22 septembre 1734.

B. Jean-Maurice Rouer de Villeray d'Artigny à Montréal le 9 août 1735 ; décédé k Montréal le 8 mars 1736.

C. Marie-Gertrude Rouer de Villeray d'Artigny née à Montréal le 27 avril 1737 ; décédée à Montréal le 7 juinetl738.

D. Marie-Hypolyte Rouer de Villeray d'Artigny née à Montréal le 28 juin 1741 ; mariée, à Montréal le 1er mars 1756. à Charles de Marillac, chevalier.

E. Marie- Elizabeth Rouer de Villeray d'Artigny née à Montréal le 15 novembre 1742 ; décédée à Mon- tréal le 17 novembre 1742.

F. Louis-Hector Rouer de Villeray d'Artigny à Montréal le 28 janvier 1745.

7, Louis Rouer de Villeray à Sainte. Famille, île d'Orléans, le 1er juin 170S. Décédé au même endroit le 9 décembre 1705.

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S, Marie Catherine Rouer de Villeray nëc à Sainte- Famille, île d'Orléans, le 1er juin 1705.

O. Marie-Catherine Rouer de Villeray née à Sainte- Foye le 22 août 1709. Rlariée, à Québec, le 10 novem- bre 1726, à Michel Drouard. Celui-ci mourut à Québec le 11 mar8l733, et Marie Catherine Roiier de Villeray ge remaria, à Québec, le 14 mai 1735, h Michel d'Irumberry de Salaberry. Ule mourut k Québec le 26 août 1740. Elle avait eu de eon premier mariage :

A. Michel-Jean-Baptiste Drouard à Québec le 22 septembie 1727.

B. Louise-Catherine Drouard née à Québec le 10 février 1729.

C. Marie-Anne Drruard née à Québec le 13 avril 1730 ; décédée à Lévis le 28 avril de la même année.

D. Louis-Marie Drouard à Québec le 28 septem- bre 1731 ; décédé à Lorette le 4 janvier 1732.

E. Joseph Drouard à Québec le 7 avril 1733. De son second mariage naquirent :

F. Marie- Angélique d'Irumberry de Salaberry née à Québec le 22 novembre 1735. Elle fut religieuse à l'Hôpital-Général de Québec sous le nom de mère

Saint-Michel. Elle décéda le 2(i août 1794.

G. Michel d'Irumberry de Salaberry h Québec le 7 septembre 1736 ; décédé au même endroit le 13 novembre 1736.

H. Angélique d'Irumberry de Salaberry née à Qué- bec le 5 mai 1737 ; décédée au même endroit le lende- main.

I. Denise d'Irumberry de Salaberry née à Québec le 5 mai 1737 ; décédée au même endroit le lendemain.

J. Louise-Geneviëve d'Irumberry de Salaberry née à Québec le 2 juin 1739. Elle fit profession à l'Hôpi-

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tal-Général de Québec le 3 juin 1755. La mère Sainte- Catherine mourut le 2 décembre 1823.

XII Jean-Baptiste LeGakdeur de Tilly

à Québec le 24jnin 1669. *= Il embrassa la carrière de la marine. Il mourut lieutenant de vaisseau et chevalier de Saint-Louis.

Il épousa Elizabeth Girard et en eut deux enfants :

!• Anne-Marguerite LeGardcur de Tilly mariée à Charles de Malvault, enseigne de vaisseau et chevalier de Saint- Louis.

2. Jean-Baptiste LeGardeurde Tilly le 80 octo- bre 1698. Capitaine de vaisseau. 11 mourut abord de VIvjiexible le 3 mars 1757. Il avait épousé Gene- viève de Rocbert dont il eut :

A, Armand LeGardeur de Tilly à Rochefort le 14 janvier 1733. Il fut contre-amiral, chef d'escadre, clievîilior de Saint-Louis et de l'ordre de Cincinnatus. il commandait la frégate La Concorde en 1778 quand il soutint une lutte glorieuse c<mtre la frégate anglaise Ijfi Minerve qu'il lorça d'amener son pavillon. Ce fait d'armes lui valut le grade de capitaine de vaisseau. Sa rencontre avec la frégate anglaise Le Congrès, l'année suivajite, ne fut pas moins brillante. Après trois heures d'un feu très vif, le bâtiment ennemi percé à sa flottaison, se vit contraint de fuir et le capitaine de Tilly lut blessé d'un coup de mousquet. Appelé au commandement de V Eveillé, de 64 canons, il se distin- gua par plusieurs actions d'éclat. Le 9 février 1779, M. LeGardeur de Tilly, commandant r^yeî7^^, et ayant h ^iQov([T(t9,\îi Gentille, \ii Surveillante, capitaines de Villeneuve, Cillard et de la Villebrune, ainsi que le cutter la Guêpe, appareillait de Newport pour la baie de Chesapeake. Il y arrivait le 18, et le même jour

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repoussait la flotte d'Arnold dans la riviëre Elizabeth, prenait un sloop chargéde farine, s'emparait du corsaire le Earl CornwalUs, de 16 canons et de 50 hommers, du corsaire la Bevange, de 12 canons et de 20 hommes, de trois pièces, et d'un autre corsaire de 8 canons et de 25 hommes. Le lendemain, 19, il donnait la chasse au Bomulus, de 44 canons et de 260 hommes, ainsi qu'à uu gros brick qui avait à son bord 59 réfugiés de la Virginie, il s'empara de ces deux navires. Le Bomulus avait à son bord 100,000 louis sterlings destinés à la solde des troupes d'Arnold. Le 3 mars, M. de Tilly rentrait à Vewport avec toutes ses prises et son butin aux acclamations de la foule qui le reçut comme un héros. (1) 11 se retira du service avec le grade de contre-amiral en 1792. Jeté dans les ca- chots de la Terreur, il recouvra sa liberté après le 9 thermidor et se retira dans sa terre de la Salle, près Rochefort, il mourut en 1812. Il avait épousé Jeanne-Rosalie Magnan «le Montaigu dont il eut : A. Etienne-Marie LeGardeur de Tilly, ca- pitaine de vaisseau, décédé en 18-:J0. B. Jean-Pierre LeGardeur de Tilly, officier de marine et chevalier de Saint-Louis, qui épousa, en 1802, Estelle Aymar de la Chevallerie, et mourut en 1850 laissant deux enfants : Armand et Charles- M élanie en 1809. C. Alexandre LeGardeur de Tilly, capitaine de frégate et chevalier de Saint-Louis,qui veuf d'Hélène de Tourpin se remaria à Séraphine de Beaumont dont il eut quatre enfants.

B. Le chevalier LeGardeur de Tilly qui

servait comme seconda bord de la frégate La, Con- corde commandée par son frère, et qui périt dans le

(1) Faucher de Saint-Maunce, Notes pour servir à l'his- toire des officiers delà marine et de l'armée française qui ont fait la guerre de l'indépendance américaine, pugo 238.

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combat contre la frégate anglaise La Minerve à Saint-Domingue le 22 août 1778.

XIII. Charlotte-Francoisk LbGardeur de Tilly

Née à Québec le 8 octobre 1670.

Mariée, à Québec, le 13 octobre 1689, à René Damours, sieur de Clignancour, fils de Mathieu Da- mours, seigneur des Chaufours, et de Marie Mar- solct.

M. Damours do Clignancour servit surtout en Aca- die. Il lut d'un grand secours au chevalier de Ville- bon lorsque les Anglais vinrent attaquer le fort de Naxoat en 1696. Il se mit à la tête des Sauvages et disputa le terrain aux Anglais avec beaucoup de vigueur.

Après la prise de Port-Royal, en 1710, les Acadions députèrent M. Damours de Clignancour auprès de M. de Vaudreuil pour se plaindre de la manière dont les traitait le sieur Vetch, commandant de Port-Royal.

Madame Damours de Clignancour mourut à Saint- François, île Jésus, le 7 avril 1706, laissant :

!• René Damours de Clignancour en 1691.

2. Joseph Damoura de Clignancour en 1693.

3. Marie-Judith Damours de Clignancour née en Acadie en 1696. Elle entra à l'Hôtel-Dieu de Québec et fut connue sous le nom de sœur Sainte-Thècle. Elle mourut le 27 décembre 1722.

4. Marie-Angélique Damours de Clignancour née en 1697. Elle fut religieuse dans la Congrégation Notre- Dame sous le nom de sœur Sainte-Ursule et mourut à la maison de Montréal le 25 décembre 1749.

fi' Louis-Mathieu Damours de Clignancour en 1699. Il mourut à Montréal le 26 décembre 1753. Il avait épousé à Montréal, le 20 mars 1730, Madeleine Guyon dit Desprès, et en eut :

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A. Jean-Mathieu Damours de Clii^aancoiir h Moiitroal, le 6 octobre 1730 ; décédé à Montréal le 12 février 1733.

B. Marie-Madeleine Damours de Clignancour née à Montréal le 15 août 1736 et décédée au même en- droit deux jours plus tard.

C. Marie-Madeleine Damours de Clignancour née à Montréal le 29 avril 1788.

D. Mathieu-Benjamin Damours de Clignaiicour à Montréal le 27 mai 1740 ; marié, à Lachine, le 12 mars 1765, à Marie de Lorimîer.

E. Madeleine-Joseph Damours de Clignancour née à Montréal le 21 août 1741 ; mariée, à Montréal, le 14 janvier 1760, à Joseph- Antoine Guillaume de Lori- raier, officier d'infanterie, et, en secondes noces, à Montréal, le 29 novembre 1773, à Jean-Baptiste- Pierre Testard de Montigny, ancien officier au régi- ment de Metz, veut' de Charlotte Trottier des Rivières.

6. Geneviève Damours de Clignancour née h Saint- Antoine de Tilly le 25 octobre 1704 ; décédée à Mon- tréal le 14 avril 1730.

7. Marie-Renée Damours de Clignancour née à Saint-François, île Jésus, le 25 avril 1705.

XIV. Daniel LeGardeur de Tilly

à Québec le 27 mars 1672.

Il périt dans un combat contre les Sauvages.

XV. Louise LeGardeur de Tilly

Née à Québec le 24 mars 1674.

Mariée, à Montréal, le 12 juillet 1695, à Louis de Garnies, sieur de Falaise, veuf de Barbe Denis.

Elle décéda à Québec le 11 janvier 1698,^ et fut inhu- mée au cimetière de l'Hôtel-Dieu,

PREMlèilG OÉSÉRATION : JRAN JtKHBBElU, SIRUR DE MAUR DBUXIKME GÉNÉRATION : KIC0LA3 JUCHEREAU, SIBUR DE SAINTDEXYS

NICOLAS JUCHEREAU.SIEUR DESAINTDENYS

" Nicolas Juchereau, sieur de Saint-Denys, était le deuxième fils de Jean Juchereau, sieur de Maur.

-' Comme son përe, il fut pendant quelque temps, membre du Conseil de la colonie.

" Il tourna ses soins du côté de la culture des terres; mais plus d'une fois, dans l'intérêt du bien public, il fut obligé de suspendre ses travaux. Homme de gran- des ressources, de talents incontestables, mais surtout d'un dévouement sans bornes, M. de Saint-Denys fut pour le pays, à cette époque de lutte, un trésor pré- cieux.

" Dans le but de protéger les colons contre l'inso- lence des Iroquois, il avait formé une compagnie de milice. C'est à la tête de cette compagnie qu'il suivit M. de Courcelles dans son expédition contre les Agniers. La conduite qu'il tint en cette circonstance fut si honorable, que le commandement lui en fut donné à perpétuité.

" Cinq ans après, en 1670, le père Albanel ayant projeté une mission parmi les Sauvages, M. de Saint-

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Denys ne fit pas diflBculté de lui prêter main forto, quelque danger que présentât l'entreprise. Parlant de cette noble conduite, le pieux missionnaire s'exprime en ces termes : "Il y avait déjà cinq ans que nos përes missionnaires étant occupés ailleurs, n'avaient pu visi- ter la nation des Oumamiois, qui sont audessous des Papinachois, le long de notre fleuve de Saint-Laurent. Cela me fit prendre le dessein de demander deux Français pour m 'accompagner à monsieur de Saint- Denys, fort zélé pour la gloire de Dieu, et autant affec- tionné pour le bien spirituel des Sauvages, qu'il l'est pour les intérêts de messieurs de la Compagnie, au nom desquels il est envoyé en ce pays-là. Il m'ac- corda volontiers tout ce que je désirais. " (1)

" En 1672 ce fut le même empressement : " Le 29 (juillet), écrit le përe Dablon, nous partîmes du lac (Saint-Jean) pour aller à Chicoutimi, M. de Saint- Denye, capitaine de Tadoussac, nous attendait pour nous embarquer dans son vaisseau. " (2) On voit par ces paroles du pieux Jésuite que M. de Saint-Denys ne semblait avoir de fortune que pour en faire profiter les autres, particulièrement les Sauvages.

" Mais ce fut surtout en 1690 que M. de Saint-Denys montra de quel secours il était pour la colonie. Québec était menacé du plus grand danger : Phipps, à la tête de sa flotte, était venu pour s'en emparer. Trois jours durant, le 18, le 20 et le 21 octobre, des combats furent livrés à Beauport. Au premier, bien que ne dépassant pas trois cents hommes, les milices ne cédèrent pas un

(1) The Jesuit Relations and allied Documents, volume L ni, page 86.

(2) Idem, volume L VI, page 210.

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pouce do terrain ; au second, au moment lea Anglais côtoyaient la rivière Saint-Charles, 8e précipitant sur eux avec une merveilleuse adresse, elles les obligërent à se replier et à se réfugier dans les bois ; enfin, au troisième, dans un retour agressif de l'ennemi, du côté de la Canardière, elles en firent un horrible carnage et ne lui laissèrent de salut que dans la fuite. Rappelant ces trois mémorables journées, le père de Charlevoix se résume ainsi : " îTous eûmes aussi dix ou douze blessés, dont le plus considérable fut le sieur Juchereau de Saint-Denys, seigneur de Beauport, qui comman- dait ses habitants : il avait plus de soixante ans, et combattit avec beaucoup de valeur, jusqu'à ce qu'il eut un bras cassé d'un coup de feu. " (1) Les élèves que le séminaire de Québec avait au Cvip Tourmente eurent une grande part à cette victoire, en déployant une valeur qu'on ne devait attendre que de vieilles troupes. S'étant emparés de six canons, ils en emportèrent deux à Saint-Joachim, en laissèrent trois à Québec, et offri- rent le sixième à leur vaillant capitaine, comme le trophée le plus digne d'honorer son mâle courage.

" C'est à la suite de cette glorieuse défense, que, voulant distinguer celui qui s'était distingué entre tous, Louis XIV accorda des lettres de noblesse à M. de Saint-Denys. Ces lettres font trop d'honneur au pays et à sa famille, pour que nous ne les reproduisions pas ici :

" Louis, par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, à tous presens et à venir salut.

" Entre les services qui mériteht récompense il n'y en a point que nous mettions en plus haute considéra-

(l) Ilittoire et description générale de la Nouvelle- France, tome second, page 83.

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tion que ceux des personnes de cœur qui n'ont épargné leurs biens ny leur vie pour la conservation de notre Estât et le bien de la chose publique. C'est pourquoy dans le partage que nous faisons de nos grâces î^Tous

avons fstinié que pour user de quelque égalité à leurs mérites il ef^tait juste de leur départir celles qui peu- vent satisfaire leur louable ambition ainsy que fait le titre de Noblesse qui les eleve autant audessus du com- mun quelle les rend recommandables près de nous principallement lorsqu'elle tire son principe d'une véri- table vertu et générosité. Et bien Fnformé que ces belles qualitez se rencontrent en la personne de nostre cher et bien aimé Nicolas Juchereau de Saint-Denys

Lequel animé par le sang d'une honneste naissance et éducation a des ses plus tendres années fait connaistre

un co ur plein d'ardeur et de générosité. Et qu'il n'a- vait rien de plus recomm^ndable que l'honneur de nous servir et sa patrie dont il a donné des preuves en même temps que ses forces ont pu seconder son cou- rage que sa première démarche fut dès l'année 16 quarante qu'il passa de France en Canada avoj sou père qui emporta avec luy un assez gros bien qu'il employa dans cette nouvelle colonie au lieu de faire commerce comme beaucoup d'autres personnes il fut des premiers qui s'attachèrent uniquement suivant nos intentions à faire des establissoments as-;ez considéra- bles Et :\ faire travailler au detfrichement et à la culture des terres ; que lorsque les sieurs de Tracv et de Courcelle passèrent en ce pays en l'année 1661, en voulant entreprendre la guerre contre les Iroquois ils choisirent des personnes capables de commander la milice et en donnèrent une compagnie au dit Juche- reau de St Dcnys qui fit dès la mesme année la campa- gne d'Agniez avec le sieur de Courcelle et celle de

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l'ail tora ne en 1062 avec le sieur de Tracy Lesquels a5'ant esté constans de sa conduitte le chargèrent du soin de cette compagnie de milice qu'il a toujours commandée dans toutes les expéditions et dans toutes les campagnes qui se sont faittes depuis ce temps-là» Et enfin en l'année 1690 estant âgé de soixante dix ans les anglais estant venus assiéger Québec on luy donna un détachement de quatre vingt habitants à commander. Il fut posté directement dans l'endroit les Anglais firent leur dessente î\ laquelle il s'opposa avec tant de force qu'il en tua plusieurs et leur résista jusqu'à ce qu'estant blepsé et ayant eu un bras cassé il fut obligé de se retirer et de céder au grand nombre des dits Anglais qui estaient au moins douze cens, Que depuis que nous avons envoyé des troupes en Canada ses enfants ont continuellement servy tant eu qualité de cadets que d'officiers et voulant user envers le d. Juchereau des mêmes gratitudes et honneurs que nous accordons à ceux de son mérite et le décorer d'une marque si avantageuse et honorable quelle puisse publier non seulement ses vertu.-», mais encore donner de l'émulation à sa postérité de l'imitter, de nostre certaine science, grâce spéciale pleine puissance et authorité Royalle Nous avons par ces présentes signées de nostre main le d. sieur Juchereau de Saint- Denys ses enfans et postérité nais et à naistre en loyal mariage annobly et annoblissons et du titre de gentil- homme décoré et decorrons, voulons et nous plaist qu'en tous lieux et endroits tant en jugement que de choze hoirs ils soient tenus et reputez nobles et gentils- hommes et comme tel prendre la qualité d'Escuyer et puissent parvenir à tout degrez de chevallerie et autres dignitez, titres et qualités reservez à la noblesse,

00

jouïr et user de tous les privilèges, Iionneirs, proénii- nence, franchises, et exemptions dont jouissent les anciens nobles de nostre Royaume tant qu'ils vivront noblement et ne feront acte derrogoant, tenir et possé- der tous fiefs, terres et seigneuries qu'il a et pourra acquérir cy aprës de quelque titre, nom, qualité et nature qu'ils soient, de porter armes timbrées telle? qu'elles sont cy empreintes, sceller, faire graver, pein- dre et insculter en ses maisons, terres, livrées et seigneu- ries qu'il verra bon estre. Le tout ainsy que sy le dit Juchereau de Saint-Denys et ses enfants estaient issus de noble et ancienne race, sans que p)ur ce ils soient tenus de nous payer et à nos successeurs liois aucune finance et indemnité de laquelle et à quelque sommj quelle puisse monter Nous luy avons fait et faisons don par ces d. présentes. Si donnons en mandement à nos amez et féaux Consr les d. gens tenant nos cours de Parlement, Chambre des Comptes et Cours des aydes à Paris et autres cours que ces présentes lettres d'anoblissement ils fassent registrer et du contenu d'y- celles jouïr et user les d. Juchereau de Saint- Di3nys et ses enfans nais et à naistreen loyal mariage pleinement et paisiblement et perpétuellement cessant et faisant cesser tous troubles et empeschements nonobstant tout, tes ordonnances et revocations tant anciennes que modernes, règlements et arrêts .\ ce contraire aux- quelles nous avons pour ce regard seulement derrogé et derrogeons par ces d. présentes. Car tel est nostre plaisir et afin que ce soit chose ferme et stable à tou- jours nous avons fait mettre notre scel à ces d. pré- sentes.

"^ Donné à Versailles au mois de febrier l'an de grâce

91

mil six cens quatre vingt douze et de notre règne le

quarante noufviesme.

(Signé) Louis

(Parle Eoy) Phelipeaux (1) " " M. de Siiint-Denys ne devait pas jouir longtemps de cet insigne honneur. mourut à Québec le 4 octobre 1692, après avoir reçu tous les sacrements de l'église, et, conformément àses intentions, fut inhumé, le lendemain, dans le cimetiëre de Beauport. (2)

M. de Saint-Denys avait épc>U8é, à Québec, le 22 septembre 1649, Marie-Thérèse, fille de Robert Giôard et de Marie Renouard. Son épouse lui survécut 22 années, nVtant morte que le 22 juin 1714, à Québec. Elle fut inhumée à côté de son mari, dans le cimetière de Beauport, le lendemain.

Ils eurent douze enfants : I Marie- Anne ; II Char- les ; III Ignace ; IV Charlotte-Françoise ; V Made- leine-Louise ; VI Thérèse ; VII Nicolas ; VIII Cathe- rine ; IX François ; X Joseph ; XI Louis ; XEI Jacque- line-Catherine.

I

MARIE- ANNE JUCHEREAU DE SAINT-DENYS

Née à Québec le 14 août 1653.

Mariée, à Québec, le 29 novembre 1669, à François Follet de la Combe Pocatière, capitaine au régiment de Carignan, fils de François Follet delà Combe, sieur

(1) Los lettreii do noblesse do NicoUa Juchereau, sieur do Saint-Denj'g, furent enregistrées au registre des /ns/nua^ions du Conseil Souverain de Québec, le 5 avril 1700.

(2) " Dans IVglise de Beauport ", dit l'acte de sépulture au registre de Notro-Dame do Québec. C'est une erreur. L'acte de sépulture enregistrée à Beauport même dit '* dans le cimetière. "

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de la Pocatière, et de Catherine de Rossin, de Chelieu, évêché de Grenoble.

Lo capitaine de la Combe Pocatiëre raourat le 20 mars 1672. (1)

Sept mois après la mort de son mari, le 29 octobre 1672, madame de la Combe Pocatière se faisait concè- de • par l'intendant Talon le fief de la Pocatière. La titre de concession comportait que Marie-Anne Juche- reau tiendrait feu et lieu sur ses terres, et que, dans tout contrat avec ses tenanciers, ceux-ci s'obligeraient à résider dans l'année sur leurs propriétés de fraîche acquisition. Marie- Anne Juchereau ajouta son nom de baptême au fief de la Pocatière, en supprimant le nom de famille de son défunt mari. C'est ainsi que fut formé le titre du fief de Sainte- Anne do la Poca- tière. (2)

Marie-Anne Juchereau se remaria, à Québec, le 23 février lu83, avec François-Madelcine-Fortuné Ruette d'Auteuil, seigneur de Monceaux, conseiller au Conseil Souverain et procureur-général.

Elle mourut en France son mari demeura de 1706 à 1718.

M. d'Auteuil décéda à Québec, à l'âge de 80 ans, le 10 juillet 1737, et fut inhumé dans la chapelle Sainte- Famille de l'église paroissiale. (3)

Du premier mariage de Marie-Anne Juchereau de

(1) Jugements et délibérations du Conseil Souverain de la Nouvelle-France, volumo I, page 776.

il) N. ïi. Dionne, Sainte-Anne de la Pocatière, page 8.

(3) Sur le procureur général d'Auteuil on peut CDnsulter Il ne étude de Ignotus dans la Presse des 8 et 22 novembre 1902. M. l'abbé Scott, dans son précieux ouvrage Notre- Dame de Sainte- Foy, pages 2b'-4 et seq., nous donne aussi une foule de renseignements inédits sur la famille d'Au- teuil.

93

Saint-Denys naquit une enfant posthume : I Marie- Thérèse ; do son second mariage elle eut onze enfants : II Antoine-François ; III Claire-Marie ; TV Philippe- Marie ; V Louis- Augustin ; VI Ignace-Alexandre ; VII Madeleine-Catherine ; VIII Charles-François- Marie ; IX Louis-Joseph ; X Pierre ; XI Charlotte- Jeanne ; XII Louise-Geneviève.

I. Marie-Thérèse Pollet db la Combe Pocatière

Née à Beauport le 24 mars 1072.

Mariée, à Québec, le 8 octobre 1693, à Pierre Le- Moyne d'Iberville.

On commit la carrière du célèbre marin et guerrier canadien-français. " D'Iberville, dit M. Léon Guérin, fut l'un des plus grands marins à la fois et l'un des plus habiles navigateurs que la France ait jamais eus. C'était un héros dans toute l'étendue de l'expression. Si ses campagnes prodigieuses, parleurs résultats obte- nus avec les plus faibles moyens matériels avaient eu l'Europe pour témoin et non les mers sans retentisse- ment des voisinages du pôle, il eût eu, de son vivant et après sa mort, un nom aussi célèbre que ceux des ean Bart, des Duguay-Trouin et des Tourville, et fût sans aucun doute parvenu aux plus hauts grades et aux plus grands commandements dans la marine. " (1)

En 1706, après son glorieux exploit de l'île de Nié" vres il prit trente navires et fit prisonnier le gou" verneur et tous les habitants, il mit à la voile pour aller attaquer les flottes marchandes de la Virginie et de Terre-Neuve, et les côtes des colonies anglaises, depuis la Caroline jusqu'au Massachusetts. Il cingla

(^l)^ Histoire maritime de France, torao troisiômo, page 426, et tome quatriènao, page 162.

PIERRE LkMOYNE D'IBERVILLE

95

vers la Havane pour tomber sur la flotte de la Virginie pendant qu'elle s'asfemblaitpourietourner en Europe. Mais, dit AI. Guérin, cette entreprise importante devait être interrompue par la fin prématurée de son chef. D'Iberville, dont la carrière avait été signalée par vingt ans de combats, de découvertes et d'utiles fondations, fut victime d'une seconde attaque d'épidémie. Il expira à la Havane le 9 juillet 1706. Il fut inhumé le même jour dans la cathédrale de la Havane, dédiée à la Très Pure Conception. (1)

Du mariage de LeMoyne d'Iberville et de Marie- Thérèse Pollet delà Combe Pocatière naquirent : (2)

!• Pierre-Louis- Joseph LeMoyne d'Iberville sur les bancs de Terre-Neuve le 22 juin 1G94. (3)

2. Marie-Thérèse LeMoyne d'Iberville mariée à Jean Gaudion de la Vannerie, seigneur Dartilliers.

Après la mort de LeMoyne d'Iberville sa veuve passa en France. Elle se maria, quelques années plus tard, avec le comte Louis de Bjthune, lieutenant-géné- ral des armées du Koi. Elle entrait ainsi dans une des plus illustres familles de la vieille France. La comtesse de Bethune mourut à Paris en 17-40, laissant deux enfants de son second mariage :

3. Armand, marquis de Bethune.

4. Marie de Bethune.

II. Antoine-François Ruette d'Auteuil

à Québec le 3 décembre 1683. Décédé en bas âge.

(1) Le Bulletin des Recherches Historiques, "voXnvixQ VIII, page 198, a publié l'acte do scpulturo do Pierre LeMoyno d'Iberville.

(2) Un document trouvé dans les papiers du baron Grant de Longueuil dit qu'il eurent quatre enfants.

(3) Baptiste à Québec le 7 août suivant.

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m. Claire-Marie Ruette d'Auteuil

Née à Québec le 17 mars 1685.

Mariée, à Québec, le 17 février 1700, au marquis Antoine de Crisasy, chevalier de Saint-Loui?.

Elle décéda à Québec le 9 octobre 1705, et fut inhu- mée dans l'église paroissiale.

M. de Crisasy mourut à Trois-Rivières le 0 mai 1709. Il fut inhumé dans l'église paroissiale.

Originaire de Messine, en Sicile, M de Crisasy était cousin germain du prince de Monaco et appartenait à une des plus illustres et des plus puissantes familles d'Italie. Il s'était révolté contre son prince légitime dans le soulèvement de la Sicile, qui menaça d'enlever ce royaume au roi d'Espagne. Il avait été un des premiers à se déclarer pour le roi de France. Lorsque les troubles eurent été j^acifiés, il ne put obtenir ou n'osa demander sa grâce à Sa Majesté Catholique et il se vit dépouiller de tous ses biens qui étaient considé- rables. Le marquis de Crisasy crut pendant quelque temps que le roi de France s'intéresserait à lui faire rendre sa fortune ou l'emploierait d'une manière con- venable à sa naissance et à ses services. Mais il fut forcé d'accepter le commandement d'une compagnie d'un détachement de la marine qui partait pour la Nouvelle-France.

Il se rendit très utile en 1692, eu déjouant les com- plots de 800 Iroquois qui avaient formé le projetde.se jeter sur la colonie. En 1696, dans l'expédition de Frontenac contre les Iroquois, il eut la garde, au lac Onondaga, du fort étaient renfermées lés provisions ^e l'armée. On lui confia ensuite la lieutenance du roi pour la ville et gouvernement de Québec. En 1702? il succéda à François Prévost en qualité de gouverneur

97

(le Trois-Rivièros. Il garda ce poste jusqu'^ sa rnort (1)

IV. Philippe-Marie Ruettb d'Auteuil

à Québec le 6 mai 1086. Dé».é(lé eu bai âge.

V. Louis-Augustin Ruettb d'Auteuil

à Québec le 15 avril 1687. Décédé en bas âge.

VI. Ignace-Alexandre Ruette d'Auteuil

No à Québec le 9 juin 1688.

11 fut chevalier de Saint-Louis et capitaine de vais- seau au service du roi d'Espagne.

VIT. Madeleine-Catherine Roette d'Auteuil

Née à Québec le 23 juin 1689.

Mariée, à Québec, le 12 décembre 1713, à François DeSelles, écuyer, sieur de Marbrelle, lieutenant dans les troupes du détachement de la marine, fils de feu Charles DeSelles, écuyer, sieur de Marbrelle, conseiller du roi, lieutenant-général des amirautés de France et Guienno au siëge général de la table de marbre du palais à Paris, et de damo Madeleine Lefebvre.

M. DeSelles mourut accidentellement à Québec le 13 juillet 1714, et fut inhumé dans l'église paroissiale.

Sa veuve se remaria, en 1717, à Charles Potier» chevalier de Courcy, enseigne des vaisseaux du Roi.

(l) Sur le marquis do Crisasy on pout consulter une étu- de do M. Benjamin Suite dans le Monde Illustré du 17 décembre 1887. Il no faut pas confondre le marquis An- toine do Crisasy avec son frère le chevalier Thomas do Crisasy qui laccorapagna dans la Nouvelle-France et mou- rut à Montréal le 1er mars 169(>.

13

98

De son premier mariage elle eut un fils : Jean-François-Marie DeSelles à Québec le 5 octa. bre 1714. (1)

Elle eut aussi des enfants de son second mariaçrc puisqu'elle fut la bisaïeule de trois écriviiins distingués, MM. Pol de Courcy, Alfred de Courcy et Henry de Oourcy. Sous le pseudonyme C. de LaRoche-IIéron, celui-ci a publié un intéressant ouvrage Les servantes de Dieu en Canada. M. de Courcy décéda en 1861.

VIII. Charles-Francois-Marie Ruette d'Auteuil

à Québec le 7 septembre 1690.

Il épousa, à Montréal, le 27 septembre 1734, Thé- rèse Catin, veuve de Simon Kéaume, marchand.

M. d'Auteuil mourut à Saint-Antoine de Verchëres le 16 janvier 1755.

IX. Louis-JosEFH Rlette d'Actkuil

à Québec le 18 mars 1692.

Uécédé à Québec le 14 avril 1692, et inhumé dans l'église paroissiale.

X. Pierre Ruette d'Auteuil de la Malotiere

à Québec le 5 novembre 1693.

Il épousa Marie-Charlotte, fille de Charles-Gaspard Piot de Laugloiserie, chevalier de Saint-Louis, capitaine au régiment de Carignan.

Il décéda à Québec le 28 mars 1735, et fut inhumé dans le cimetière de l'Hôpital-Général.

Il laissait un fils :

Charles-Ruette d'Auteuil marié, à Sainte-Foye, le

(1) Posthume,

09

17 novembre 1750, à Angélique Moreau, fille de fea Micliel Moreau et de Angélique Hamel. Entants nés de ce mariage :

A. ilarguerite-Angéliqae Ruotte d'Auteuil née à Sainte-Foye le 8 novembre 1751.

B. Marie-Françoise Ruette d'Auteuil née à Sainte- Foye le 10 avril 1753.

C. Louiso-Elizabeth Ruette d'Auteuil née à Sainte- Foye le 24 avril 1755 et décédée au même endroit le S octobre 1755.

D. Marîe-Elizabeth Ruette d'Auteuil née à Sainte- Foye le 4 octobre 1756 ; mariée, à la Rivière-Ouelle, le 24 janvier l78c, à Anselme Levêque.

E. Marie Ruette d'Auteuil mariée à la Rivière- Ouelle, le 17 janvier 1780, à Jean Clermont.

F. Marie-Joseph Ruette d'Auteuil née à Sainte-Foye le 26 janvier 1759.

G. Charles Ruette d'Auteuil à Sainte-Foye le 30 septembre 1 760.

H. François Ruette d'Auteuil à Sainte-Foye le 17 septembre 1762.

I. Marie-Anne Ruette d'Auteuil née à Sainte-Foye le 16 juillet 1764; décédée au même endroit le 26 avril 1765. Inhumée dans le cimetière de cette paroisse.

J. Louis Ruette d'Auteuil à Sainte-Foye le 11 avril 1766. Il alla s'établir à la Riviëre-Ouelle il s'occupa de la culture de la terre. Il mourut dans cette paroisse le 28 juin 1855. Il avait épousé, à la Rivière-Ouelle,le 8 août 1803, Marie- Joseph te Hudon, fille de Louis Hudon et de Marie-Anne LeBel. Elle mourut à la Rivière-Ouelle le 24 janvier 1826, laissant entr'autres enfants : Louis Ruette d'Auteuil à la

100

Rivière-Ouelle le 14 décembre 1805, et tlé jodé djins lu même paroisse le 30 mara 1879. (1)

XL Charlotte- Je ANxNK Ruette d'Auteuil

Née à Québec le 23 octobre 1G94. Décédée à Québec le 17 février 1695, elle fut inhu- mée dans l'église paroissiale.

XII. Louise-Genevieve Ruette d'Auteuil

Née à Québec le 4 août 1696.

Mariée, à Montréal, le 30 janvier 1725, à Jac-^ues- Pierre Daneau de Muy, chevalier, commandant pour le roi au Détroit.

M. de Muy mourut au Détroit le 20 mai 1758, " après avoir reçu les sacrements avec toute la piété que nous pouvions désirer à la fin d'une vie qui avait toujours été des plus édifiantes, " nous apprend son acte de sépulture.

Enfants :

1. Jacques-François Daneau de Muy à Montréal le 26 janvier 1726 ;déeédé au même endroit le surlen- demain.

2. Jacques-Denis Daneau de Muy à Montréal le 3 juin 1727 ; décédé à Longueui! le 13 août 1727.

3. Jacques-Daniel Daneau de Muy à Montréal le 7 août 1728 ; décédé au même endroit le 9 février 1730.

Madeleine Daneau de Muy née à Montréal le 10 juillet 1729 ; mariée, à Montréal, le 7 janvier 1760, à Jacques-Philippe Delisle.

(l) C'est du mariage de ce dernier avec Marie Justine Garon qu'est né, à la Eivière-Ouelie, le 2 février 1857, M. Pierre d'Auteuil, avocat, député de Cbarlevoix à l'Assem- blée législative de Québec do 1897 à 1900.

M. PIERRE D'AUTEUIL

102

5. Marie-Louise Daneau de Muy née à Montréal le

22 août 1730. Elle entra en religion à l' Hôpital- Général de Québec, bous le nom de mère Marie-Louise de Saint-Pierre, le 3 novembre 1740. Elle fit sa pro- fession fiolennellé le 22 mai 1748, et mourut le 28 dé- cembre 1750.

6. J'ierre-Charles Daneau de Muy à Montréal le

23 septembre 1736 ; marié, au Détroit, le 4 novembre 1760, à Charlotte Réaume, fille de Pierre Réaume, négociant.

II

CHARLES JUCHEREAU DE SAINT-DEKYS(l)

à Québec le 6 décembre 1655.

Le 13 juillet 1689, son oncle messire de Lauzon- Charny (2), prêtre, deirieurant à La Rochelle, chez les Révérends Pères Jésuites, par acte passé devant Robus- son, notaire, lui donne la terre de Beaumarchais» située dans la seigneurie de Beauport. Cette terre était déyolue à M. de Lauzon-Charny par substitution à cause du décès de son neveu, Charles de Lauzon, fils de son frère, le grand sénéchal. (3)

Deux années plus tard, le gouverneur de Frontenac lui accordait une commission de lieutenant réformé.

En 1693, Louis XIV jugea à propos d'établir une justice royale à Montréal, au lieu de la justice seigneu-

(1) On lui donne quelquefois le nom de Juchereau de Beaumarchais. »

(2) Avant de se faire recevoir prêtre, il avait été marié à Louise Giffard, sœur do Mario-Thérèse Gilfard. mère de Charles Juchereau do Saint- Denys.

(3) Registre do la prévôté do Québec, 11 novembre 1689.

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riale des Sulpiclens qui existait auparavant. Le pre- mier juge qui reçut une commission royale fut M. Juchereau de Saint-Denys. Sa commission signée à Versailles le 15 avril 1694, fut enregistrée au Conseil Souverain le 18 octobre 1694.

M. Juchereau de Saint-Denys, qui était riche, faisait un excellent usage de sa fortune. Au mois de fivrier 1695, un incendie réduisit en cendres l'Hôtel-Dieu de Montréal. " M. -luchereau, lieutenant-général de la juridiction de Montréal, rapporte M. l'abbé Faillon, et M. la Touche, commissaire des troupes du Roi, se rendirent dès le matin, le même jour, chez M. de Cal- lière, et ils furent tous d'avis de faire sans délai un appel à la charité publique, pendant que les cœurs étaient ouverts à la compassion. Et comme on célé- brait ce jour-là la fête de saint Mathias, qui, étant alors de précepte, attirait à la ville tous les habitants des côtes, on résolut de convoquer aussitôt mémo une assemblée générale de tous les citoyens dans la maison du gouverneur. A l'heure indiquée, tous les officiers du Roi et les autres persoimes de marque, les bour- geois, les marchands de la ville et les habitants des côtes, se trouvant donc réunis, M. de Callière prit la parole, et fit un tableau touchant de la catastrophe qui venait d'arriver. Apres avoir rappelé les circons- tances de ce furieux incendie,qui avait fait de tous les bâtiments de l'IIôtel-Dieu un monceau de charbons ardents et de ruines fumantes, dont on avait encore le triste spectacle sous les yeux, et qui laissait les religieu- ses, aussi bien que les pauvres, sans asile, sans meu- bles, sans ressource, il fit remarquer que la ville ne pouvait absolument se passer d'un Hôtel-Dieu, ni de personnes vouées à le desservir. Il ajouta que, si les citoyens avaient quelque zële pour le rétablissement

10-4

d'une maison si nécessaire au pays, s'ils étaient dispo- sés à faire quelques légers sacrifices, ils pouvaient la remettre en état de recevoir Icà malades avant l'hiver suivant. Pour profiter de leurs dispositions si favora- bles, M. Juchereau prit à son tour la parole, et demanda que chacun dit tout haut ce qu'il vowlait don-icr, afin qu'on pût régler la dépense sur les ottrandes qui seraient faites. Sur-le-champ M. ])ollier de (Jasson offrit 500 livres au nom du séminaire ; M. de Belmont, en son particulier, en promit 200 ; M. de Maricourt et M Pascaud s'engagèrent chacun pour 150 livres ; M. de Calliëre, M. de LaTouche, M. Saint-Germain, pour 100 livres chacun ; M. Dufresne pour 80 ; M. Juche- reau, M. Pottier, M. de Morville, M. Petit, chacun pour 50 ; enfin, quelques autres pour de nuindres sommes. " (1)

Le 15 octobre 1696, M. Juchereau de Saint- Denys obtenait du Conseil Souverain la permission de passer en France pour " vaquer à ses affaires. " 11 avait conçu le projet d'établir des tanneries au Mississipi et c'est pour rendre le ministre Pontchartrain favorable à ses désirs qu'il se rendait en France. Le gouverneur et l'intendant de la Nouvelle-France étant opposés à son projet, le ministre lui répondît par un refus.

Cet échec ne le découragea pas. Trois ans plus tard, à l'automne de 1699, il se rendit de nouveau en Fran- ce. Une grande dame, la comtesse de iSaint Pierre, amie de sa famille, lui offrit sa haute influence et, cette fois, le ministre lui accorda ce qu'il demandait.

Le 4 juin 1701, Louis XEV signait la concession sui- vante à Marly :

" Sa Majesté ayant agréé la proposition faite par le sieur Juchereau, lieutenant général delà juridiction de

(1) Vie de Mlle Mance, tome II, pages 1 10 et seq.

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Montréal, d'eatablir des tanneries dans les terres occu- pées par les Français, au bas du fleuve du Mississipi, elle lu y a accordé les conditions suivantes : 1. Sa Majesté lui a permis de passer du Canada au Mississipi, avec 24 hommes, par lesquels il pourra faire conduire huits canots, et de choisir en cette colonie deux per- sonnes :1e confiance, pour l'ayder au succez de son entreprise, voulant qu'il soit commis, pendant le temps do trois années, un sujet propre pour rendre la justice a rfa place, à condition qu'il sera agréé et approuvé par le sieur de Champigny, intendant de justice, police et finances en la Nouvelle-France. (1) 2. En cas qu'il ne juge pas à propos d'aller luy-mêrae au Mississipi, Sa Majesté luy permet d'y envoyer de mesme ces 24 hommes et deux personnes de confiance. 3. 11 pourra embarquer sur ces 8 canots tous les outils et ustensiles nécessaires aux ouvriers qu'il envoyera, et toutes les marchandises dont il aura besoin, à la réserve d'eau- de vie, dont il ne pourra porter que pour l'usage des Français qu'il employera. Sa Majesté luy faisant dé- fense d'en vendre aux Sauvages 4. Sa Majesté luy permet d'establir des tanneries dans les 1 eux il jugera à propos, et de faire pour cet eftet tous les maga- sins et autres bastiments dont il aura besoin. 5. D'en- voyer, pendant les trois premières années de son esta- blissement, trois canota chacune des trois années, à Montréal, pour y aller chercher les choses qui lui seront nécessaires. 6. Et de traiter et négocier toutes sortes de peaux propres à tanner ou à passer en blanc, à la réserve du castor, dont Sa Majesté ne veut pas souffrir qu'il soit fait commerce directement ny indirectement.

(1) Il fut remplace' pendant son absence par M, Descham- bault, procureur du roi de la même juridiction.

14

106

80U3 aucun prétexte, sur le Mississipi, le déclarant décheu de toutes les grâces et conditions cy-dessus appliquées, s'il contrevient à ce qui est en cela de ses intentions. 7. Sa Majesté luy permet aus.-jy de faire travailler aux mines de plomb et de cuivre qu'il trouvera. 8. Il sera obligé d'avoir un aum )8nier pour dire la messe et alministrer les sacrements à «es ouvriers. Sa Majesté trouve bon qu'il le ciioisisse, mais il ne pourra l'envoyer, qu'il n'ayt auparavant esté agrée par le sieur evesque de Québec ou son grand vicaire, en son absence. "

Satisfait de ce qu'il avait obtenu M. Juchereau de Saint- Denys s'en revint à Montréal et commença immé- diatement ses préparatifs de départ p )ur le Mississipi.

Les directeurs de la Compagnie du Canada, MM. Chartier de Lotbinière, François Ilazeur, Gobin, Ma- cart et Péré, qui sentaient que les privilèges que M. Juchereau de Saint-Uenys venait d'obtenir leur porte- raient un préjudice considérable, présentèrent une lon- gue requête au gouverneur-général et à l'intendant de laXouvelle-France, les suppliant de surseoir le départ de M. Juchereau de Saint-Denys et de ses 24 hom- mes jusqu'à ce que la Cour eut envoyé de nouveaux ordres.

Quoi qu'opposés à l'entreprise de M. Juchereau le gouverneur et l'intendant n'osèrent lui mettre d'entra- ves sachant que le ministre Pontchartrain s'intéressait beaucoup à 1 ui.

Il eut donc toute liberté d'organiser son expédition. Il fit des établissements à Michillimakinac et à l'entrée de la rivière Ouabache.

Cette rivière Ouabache était la communication la plus courte et la plus commue entre la Nouvelle- France et la Louisiane. Plusieurs Sauvages s'étaient

107

établis en cet endroit. Pour les y retenir, M. Juche- reau avait engagé le përe Mcrmet, un des missionnaires des Illinois, à ess-ayerde les gagner à Jésus-Christ. Ce religieux trouva ce peuple indocile, superstitieux et livré au pouvoir despotique des jongleurs.

M.Juchereau de Saint-Deny s en butte à des difficultés de toutes sortes, manquant d'hommes pour exercer son industrie, se découragea. 11 tomba malade et mourut à Ouabache, dans l'automne de 1703, probablement des suites des fatigues qu'il s'était données. (1)

M. Juchereau de Saiiit-Denys avait épousé, à Mon- tréal, le 21 avril 1692, Denise-Thérèse, fille de Jean- Baptiste Migeon de Bransac, lieutenant-général de l'île de Montréal, et de Catherine Gauchet de Belleville.

Cinq enfants naquirent de cette union : I Marie- Catherine ; II Daniel ; III Joseph-Charles ; IV Louise - Anne-Thérèse ; V Philippe.

La veuve de Charles Juchereau de Saint-Denys se remaria à Montréal, le 6 septembre 1706, à Louis Liénard de Beaujeu, lieutenant dans les troupes du détachement de la marine. (2)

I. Marie-Catherine Juchereau de Saint-Denys

Née à Montréal le 23 septembre 1693. Mariée, à Montréal, le 24 juillet 1718, à Jean-Bap- tiste-Reué LeG ardeur de Repentigny.

(1) Sur cet ('tabliiisemcnt do M. Juchoreau de Saint- Denys dans la vallée du Mississipi, on peut consulter Pierre Margry, Découvertes et établissements des Français dans l'ouest et dans le sud de V Amérique septentrionale, volume V, pages 349, 350, 351,352, 363, 366, 368, et Joseph Wallace, The History of Louisiana and Illinois under the French rule^ pages 299, 3ii0.

^2) C'est de ce mariage que naquirent l'abbé Louis Beaujeu, confesseur de Louis XVI, et Daniel- Hyacinth- Mane de Beaujeu, le héros de la Monongahéla.

108

Elle mourut à Montréal le 12 août 1727.

En 1733, M. de Repentigny était commandant h Michillimakinac. Le 16 septembre de cette année, il alla avec M. Coulon de Villierd et quelques Français au fort des Sakis, au fond de la baie dos Puants, pour sommer les sauvages Renards de se rendteà Montréal. Cette démarche était plus brave que prudente. Un coup de fusil, tiré par un Saki, ayant renveriié le tils de M. Coulon de Villiers à ses côtés, celui-ci déchargea son fusil sur le premier qui se présenta. Les Sauvagei ripostèrent par une décharge générale et MM. de Vil- liers, Repentigny, DuPlessis et six autres Françi»is tombèrent frappés à mort (1)

Du mariage de Jean-Baptiste-René LeGardeur de Repentigny et de Marie-Catherine Juchereau de Saint- Denys naquirent :

1. Pierre-Jean-Baptiste-François-Xavier LeGardeur de lîepentigny à Montréal le 20 mai 1719. Il entra dans l'armée. C'est lui qui, en janvier 1748, tua d'un coup d'épée Nicolas-Jacquin Philibert, négociant de Québec. Le romanesque, la poésie, se sont emparés de l'épisode du Chien d'or, et nous l'ont transmis alté- ré, varié et changé, selon la fantaisie de l'écrivain. (2) M. de Repentigny passa aux Indes Françaises il se distingua considérablement. Devenu brigadier-géné- ral des armées du RM, il fut appelé à la haute charge

(1) Mgr Tangu&y (Dictionnaire généalogique, voUivae V, page 298) a confondu Jean-Baptiste-René LeGardeur de Repentigny avec son cousin Jacques LeGardeur de Saint- Pierre, qui fut chargé de continuer les explorations de La- Vérendry*.

(2; Dans le Canadian Antiquarian and Numismatic Jour- nal de juillet 1898 (troisième série, volume I, page 120), l'honorable juge Baby a remis sous son véritable jour cet épisode presque perdu dans les nuages de la légende.

INSCRIPTION DU " CHIEN D'OR

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de gouverneur (le Mahé, dans laquelle il mourut en 1776. Il avait épousé, à Montréal, le 30 janvier 1753, Catherine-Angélique, fille de Pierre- Jacques Payan de Noyan et de Louise-Catherine d'Ailleboust de Man- thet. Elle mourut à Lachenaie le 19 décembre 1757. Elle avait eu deux enfants :

A. Anonyme et décédé à Saint-Henri de Mas- couche le 28 décembre 1755.

B. Anonyme et décédé à Saint-Henri de Mascou- che le 9 novembre 1757.

2. Danieï-Marguerite-François LeGardeur de Ke- pentigny à Montréal le 7 juin 1720. Il entra dans la marine et était à la veille d'être fait officier-général lorsque la mort vint mettre fin à ses succès. Il mou- rut à Rochefort le 16 janvier 1769. Jl avait épousé, à Tourt*, le 25 juin 1766, Marguerite-Jeanne, fille de messire Phili{tpe-Jean-Baptiste Mignon et de Margue- rite-Jeanne Precelle d'IIerneuse. Il en eut un fils et une fille :

A. Pierre-François-Xavier LeGardeur de Repenti- gny à Tours le 19 novembre 1767. Il embrassa la carrière de marin comme son père. Il mourut à Tours le 4 décembre 1820. Il avait épousé Marie- Jacques-Delphine, fille de M. Gaigneron Jollimon des Mornais et de Anne- Marie-Rose-Camille Platellet de la Grange de la Tuillerie. 11 laissa une fille :Xavérine LeGardeur de Repentigny née à Tours le 28 vendé- miaire, an XIII (20 octobre 1804) ; mariée, à Genillé (Indre-et-Loire), le 10 juillet 1826, à Charles-Urbain- Helyon, comte de Barbançois, second fils de Charles- Helyon de Baibançois, marquis de Barbançois- Ville- gongis, et de Sophie-Guillemine de Coutard. M. de Barbançois appartenait à une famille très ancienne qui avait joui, dès le quatorzième siècle, des honneurs de

111

la cour et s'était distinguée par ses services militaires. Il fut député et sénateur. Il était chevalier de Saint- Louis et de la Légion d'Honneur. M. de Barbançois qui par la mort de son frère aîné avait hérité du titre de marquis décéda au château de Villegongis en novem- bre 1863. La marquise de Barbançois mourut à Tours le 17 janvier 1878.

B. Marguerite-Madeleine LeGardeur de Repentigny née à Tours, le 27 mars 1769(1) ; mariée, en février 1789,à Louis- Augustin de Villeneuve du Cazeau, com- te de la Poisatière. Enfant : Adolphe de Villeneuve du Cazeau en 1790 et mort en 1793.

S. Louis LeGardeur de Repentigny à Montréal le 5 août 1721. C'est le chevalier de Repentigny dont les faits d'armes sont bien connus. Après la chute do Québec, il passa en France et il continua à servir son roi avec dévouement et valeur. En mai 1783, il accep- tait le poste de gouverneur et de commandant en chef du Sénégal, de Gorée, Rivière de Gambie, Côte d'Afri- que, etc. M. de Repentigny mourut à Paris le 11 octo- bre 178Ô, honoré et hautement respecté de tous. Il avait épousé, à Québec, le 20 avril 1750, Marie-Made- leiiie-Régis, fille de Joseph-Gaspard Chaussegros de Lery et de Marie-Renée LeGardeur de Beauvais. Elle mourut à la Guadeloupe le 15 juillet 1784, lui laissant deux enfants :

A. Louis-Gaspard LeGardeur de Repentigny à Québec le 10 juillet 1753. Il fut marin et fit la guerre de l'Indépendance des Etats-Unis. 11 s'était marié, à la B.isse-Terre, Martinique, en 1780, à Madeleine-Pau- line-Marguerite le Prévost Duquesnel, fille d'Antoine- Jean-Baptiste le Prévost Duquesnel, chevalier de

(1) Posthiimo.

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LOUIS LbGardeur de rkpentignv

113

Saint-Loiiie, offi;jicr dos vaisseaux du Roi, et de Marie- Madeleine-Gabrielle-Uose Giraud du Poyet. Elle lui apporta de douze à quatorze cent mille livres. De leur union naquirent trois fils : A. Louis LeGardeur de Ripentigny, mort sans postérité. B. Théodore Le- Gardeur de Rcpentigny à la Guadeloupe en 178G, mort sans postérité. ('. Antoine-Camille LeGardeur de Repentigny à Tours Irj 15 juillet 1789. Il épousa Aimée de Gantheaume, laquelle devenue veuve épousa en deuxièmes noces M. Mignard, officier de santé près la Pointe-à-Pitre, puis, en troisièmes noces, M. Moa- péza. De son premier mariage elle avait eu deux en- fants : Lisette- Antoinette LeGardeur de Repentigny qui fut mariée à M. Bon fils, et Joséphine-Lucrèce Le- Gardeur de Repentigny qui fut mariée à M. Clavier.

B. Madeleine-Elizabeth LeGardeur de Repentigny née à Québec le 18 janvier 1758.

4. .'acipies-Philippe LeGardeur de Repentigny à Montréal le 1er mai 1727. Décédé au même endroit le 8 septembre 1728.

IL Daniel Juchereau de Saim-Denys

à Montréal le 24 octobre 1694. Décédé ;\ Montréal le 9 décembre 1694.

IIL Josehii-Chahles Juchereau de Sainï-Denys

à Montréal le 9 août 1G96.

Il alla s'établir à Saint-Domingue au commencement de 1725.

Par provisions du 23 septembre 1727, il fut pourvu de la charge de conseiller du roi et de conseiller au Conseil Supérieur du Cap-Français, puis de celle de procureur-général et de doyen du Conseil Supérieur (provisions des 29 mars et 6 juin 1740).

13

LOUIS-UARBE JUCHERKAU, MARQUIS DE SAIVT-DENY5

115

Il avait acquis une des plus belles et des plus riches habitations dans la fertile plaine du Cap-Français.

M. Juchereau de Saint-Denys mourut au Cap-Fran* çais le 18 mai 1765, et fut inhumé dans l'église de Saint-Jeaii-Uaptiste du Trou.

Il avait épousé, au Cap-Français, le 1er octobre 1725, Marie-Thérèse, fille de Joseph Bacon de Cazelle, écu" yer, major des milices, et de Marie dePoyet d'Orsson.

Il eut quatre enfants de son mariage :

1. Juchereau de Saint-Denys. Il entra

dans la marine et mourut des fièvres jaunes à Saint- Domingue en 1741.

2. Juchereau de Saint-Denys. Il em- brassa la même carrière que son frère. Il fut emporté, lui aussi, par les fièvres jaunes.

S Juchereau de Saint-Denys. Elle se

maria, au Cap-Français, à M. de Lantillac, comte de Sedière, et mourut à Tours en 1768. Elle n'eut qu'une fille qui fut madame de Vergennes, morte sans posté- rité.

4. Louis-Barbe Juchereau de Saint-Denys à Saint-Jean-Buptiste du Trou ( île de Saint-Domingue ) le 23 mars 1741. Il fut envoyé par son père en Fran- ce après la mort de ses frères pour y faire son éduca- tion. Celle-ci terminée, il entra dans l'armée. Lieute- nant-colonel du régiment des Gardes Françaises, il servit avec la plus grande distinction pendant la guerre de sept ans, et fit des prodiges de valeur aux batailles de Hastenbeck et de Minden. C'est en récompense de ces beaux faits d'armes qu'il fut décoré de la croix de Saint-Louis. Il mourut à Tours le 28 juillet 1838. H était à sa mort seigneur haut-justicier de Lengny (Arac-Bur-Cher), seigneur de Thuillay et de la Roche

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4^ fluJitMA4A. W

AMÉDÉE-LOUIS VINCENT, MARQUIS DE SAINT- DENYS

117

Bezard (Vendée). (1) Louis-Barbe Juchereau deSaiiit- Denys avait épousé à Paris le 12 février 1774, Hélène- Mélanie, fille de haut et puissant seigneur Léon, mar- quis de Barbançois-Villegongis, capitaine aux Gardes Françaises, brigadier des armées du roi, chevalier de Saint Louis, et de Hélène-Louise LeFéron. Le roi et toute la famille royale firent le très grand honneur aux futurs époux de signer à lîur contrat de mariage, et, comme cadeau de noces, Sa Majesté octroya à Louis- Barbe Juchereau de Saint-Denys, le titre de marquis. Elle lui donna sept enfants :

A. Agathe Juchereau de Saint-Denys née au châ- teau de Lengny le 30 janvier 1777 ; décédée à Tours le 23 mai 18 40, sans avoir été mariée.

B. Adële Juchereau de Saint-Denys née au chêtteau de Lengny le 13 mai 1781. Mariée en 1812 à Léon Dupuy (de Cognac); elle mourut sans postérité en avril 1827.

C. Amédée-Louis- Vincent Juchereau, marquis de Saint-Denys, au château de Lengny le 30 décembre 1782. Il prit du service comme engagé volontaire en 1800. Il fit campagne en Dalniatieet en Illyrie, puis en Portugal, dans l'armée de Junot, et assista à la san- glante bataille de Vineiro livrée non pour vaincre mais pour combattre, parce qu'il était impossible de faire plus, selon l'expression du général en chef. Cette armée ramenée en France sur des vaisseaux anglais à la suite d'une capitulation, trouva à son débarquement dans les ports de LaRochelle et d'Auray, l'ordre de

(1) Madixiue Viger Lobrun qui fit son pjrtra quelle n'avait jamais reproduit les traits d'un t

ruit dictait

aussi bel

homme.

118

retourner immédiatement prendre possession du pays qu'elle venait d'être obligée de quitter. Par suite de cette décision, le jeune Juchereau de Saint-Denys vit le reste de sa carrière militaire s'écouler au milieu de Ces innombrables et héroïques mais infructueux com- bats par lesquels l'armée française, répandue sur toute la surface de la péninsule hispanique, dut défendre en détail sa vie contre le pays qu'elle avait ordre de con- quérir. Amédée Juchereau de Saint-Denys avait le grade de chef de bataillon lorsque dans les péripéties de cette lutte, il assista aux suprêmes et mémorables batailles d'Orthez et de Toulouse ; il eut le bras cassé en cette dernière. Il mourut le 16 novembre 1858 en son château de la Guignardière (Vendée). Il avait épousé Clémentine, fille de Victor- Parfait-Luce de Trémont, receveur-général des finances, et de Cathe- rine Cuisnier. Elle le précéda de six années dans la tombe. Il n'avait pas eu d'enfant, aussi un mois à peine avant sa mort, plein de regret de n'avoir pas d'héritier direct à qui il put transmettre le soin de porter plus haut encore le nom de ses pères, avait-il adopté, par arrêt de la cour de Poitiers, pour l'héritier de son nom et de son titre, Marie- Jean-Léon LeCoq, baron d'Hervey, fils de sa sœur Mélanie.

D. Constance-Hélène-Louise Juchereau de Saint- Denys née au château de Lengny le 25 octobre 1786 ; mariée à Tours le 20 avril 1818, à François- Auguste LeMaire de Marne, brigadier aux gardes du corps de Louis XVJII, chef d'escadron d'état major, chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'Honneur, veuf de Marie "Waral, et décédée à Tours le 6 avril 1861. Elle ne laissa qu'une fille : Marie- Antoinette- Vincentine LeMaire de Marne née à Tours le 7 février 1825. Elle

119

se maria à Toars, le 23 octobre 18 18, à Julei Torteriie deSazilly. (1)

E, Mélaiiie Juchereaii de Saitit-Danys née au châ- teau de Lengny le 28 janvier 1789 et décédée le 18 décembre 18 44. Elle s'était mariée en premières noces, en août 1807, à Laurent Trousset, commissaire ordonnateur en chef des guerres, chevalierde la Légion d'Honneur, m^rt ;\ l'ennemi à Marieiipjl pnV^ Vilna, pendant la retraite de l'armée de Russie, en décembre 1812. De ce mariage elle eut deux filles et un fils, savoir :>!. Laurette Trousset née en Portugal le 27 juin 1808, mariée au marquis Frank de Noé, pair de France, chevalierde la Légion d'Honneur, frère aîné du comte Araédée de Noé (Cham), le célèbre carica- turiste. Le marquis de Noé mourut au château de Kevenac (Lot et Garonne) le 24 mars 1887, et Laurette Trousset, son épouse, décéda au château de l'isle de Noé (Gers) onze ans plus tard, le 17janvier 1898.(2)

(1) Ils onl eu trois enfants : 1. CIJm.MiLiiio Toi'torde de Sazilly née le 17 octobre I84:î), mariée le 10 tioveinbre 1880, à Maxitnilieii de Techtennann, originaire do Fribaïu-g. "2. Jorioph-Marie Gustave- l^jiiwin Torteriie do Sazilly à Tours le 17 février 1852, otiîuiei- d'infanterie, dJeJdé i Can- ne» le 10 avril 1883, d'une maladie de poitrine contractée on sauvant d'une mort certaine l'un de ses semblables. 3 René Torteriie de Sazilly le U mars 18')4, ancien officier d'in- fanterie. Il a épousé, le 22 juillet )885, Jeanne Martin de la Bastide. Il no is sera bien permis de tém )ignor ici toute notre reconnaissance i M. René Torteriie do Sazilly j)our les nombre. IX et utiles renseignements <[u'il nous a tournis. Sa bienveillance à notre égard ne s'est pas démentie un seul instant.

(2) De leur mariage naquirent quatre enfants : 1. Roger, comte de Noé, secrétaire d'ambassade, chevalier do la Lé- gion d'Honneur, marié à Nancy en 1861 à Jenny Gannier et décédé à Caulercts le 23 juillet 1S77. 2. Samuel, comte de Noé, au château de Bréan en 1837, lieutenant do vais- seau. Il mourut au Gabon (Côtes occidentales d'Afrique)

JULES TORTKRUE DE SAZtLLY

r.E\2 TJ : :e

DE S.\21Lr.Y

16

MARQUIS FRANK DR NOR

123

B. Sophie Trousset née le 11 mars 1811; mariée en juin 183ô,aa comte Irène (leLuppé,qui fut député à l'Assem- blée nationale en 1848 et à l'Assemblée Législative eu 1849 et en 1851. Le comte de Luppé décéda en 1854. La ccimtcsse de Luppé est morte au château de l'Isle de Noé (Gerp) le 8 juin 1889. (1) C. Edouard Trousset décédé en bas âge. En secondes noces, en 1819, Mélauie Juchereau de Saint-Denys, veuve de Laurent Trousset, épousa Alexandre LeCoq, baron d'Hervey, intendant militaire à Rouen puis administrateur des chemins de fer de l'Est, commandeur de la Légion d'Honneur, décédé au château de Bréan le 18 décem- bre 1844. Elle n'eut qu'un fils de ce second mariage : f>, Marie-Jean-Léon LeCoq, baron d'Hervey, à Paris en mai 1823. Il prit plus tard le nom de mar- quis de Saint-Denys, par adoption de son oncle Amé- dée-Louis-Vincent Juchereau, marquis de Saint-Denys,

10 12 septembre 1866. 3. Francis, comte tîe Noé, à Paris en avril 1839, ancien officier d'infanterie. Il a pris part aux campagnes d'Italie et de France en 1870. Il a épousé, lo 22 octobre 1884, Marguerite Jiiliard. 4. Marc, vicomte de Noé, au château de Bréan en décembre 1842. II a été lieutenant dans les Hussards. Il a épousé à Paris, en 1879, Antoinette Gaubin.

(1) De leur mariage naquirent trois «nfants : 1. Henri do Luppé à Paris le 3 avril 1837. Lieutenant d'état major. Il décéda à Paris le 21 janvier 1868. 2. Le comte Maurice do Luppé au château de Bréan on juin 1839.

11 fut tué à Nimes, le 3 juin 1893, par suite du déculass»- ment d'un canon, au moment il allait être promu lieute- nant-colonel. 3. Le vicomte Olivier de Luppé au châ- teau do Bréan le 21 mars 1843. Il a et* conseiller général de Lot-et-Garonne. Il a épousé, le 9 juillet 1869, Gabrielle- Jeanne, fille de Nicolas-Eugène Galon et do Gabrielle Hus- «enet de Senonges. Ils n'ont pas eu d'enfants. M. le vicomte de Luppé a été pour nous d'une grande obligeance. Il a mis à notre disposition sa riche collection de papiers de famille.

COMTE lUÈNÊ DE L'JPPÉ

COMTE MAUiaCK VE l.Vl'PÉ

VICOMTB OUVISR DE LUPPÉ

ALEXANDRE LsCOQ, BARON D'HERVEY

128

mort sans pi')8térité. Après avoir suivi pendant plu- sieurs années les cours de l'école des langues orientales vivantes et du collëgo de France, il s'attacha particu- lièrement à l'étude du chinois et devint président de la société d'ethnographie. Il fut commissaire général pour l'empire chinois à l'Exposition universelle de Paris en 1867. Sept ans plus tard, en 1874, il était nommé professeur de chinois au collège de France en remplacement de Stanislas Julien. Enfin, ;\ la mort de M. Boutaric, en 1878, il lui succédait à l'Académie des Inscriptions et belles-lettres. Lo marquis d'IIervey Saint-Denys mourut à Taris le 2 novembre 1892. Il avait épousé, à Paris, le 11 juin 1863, Louise-Margue- rite-Elizabeth de Ward, fille d'un ancien ministre du duc de Parme. Il n'eut pas d'enfants. (1) Les ouvra- ges littéraires du marquis d'ETervey Saint-Denys sont : Le Poil de la Prairie, traduit de l'espagnol de Breton de Los Herreros (1847) ; Insurrection de Naples en 1647, dite de Masaniello, traduit de l'espagnol du duc de Rivas (1849) ; Histoire du théâtre en Espagne (1850) ; Un Roi (1851); Histoire de la Révolution dans les Deux-Siciles depuis 1793 (1856); Xes Pêves et les moyens de les diriger (1869). (2) Ses travaux sinclogiques sont ; Recherches sur Vagriculture des Chinois (1851) ; Poésies de r époque des T'ang, traduites du chinois (18'-)2) ; Recueil de textes faciles et gradués en chinois moderne (1869) ; le Li-Saou, -pohme du troisième siècle avant notre ère, traduit du chinois (1870) ; Ethnographie des peuples étrangers à la Chine, traduit de Ma Touanlin (1876-1883) ; Trois Nouvelles chinoises (1885) ; Mémoi- re sur les doctrines religieuses de Confucius et de l'école

(1) Sa veuve s'est reinai'iée, à Paris, en 1806, à Jacques de Waru.

(2) Anonyme.

MARIE-JEAN LEON LbCOQ, BARON D'HERVEY, MARQUIS DE SAINTDENYS

17

130

de.i lettrés (1886) ; Discours sur le chemin de fer trans- caspien (18S8) ; Six Nouvelles nouvelles (1892). Sans avoir la valeur éminente d'un Stanislas Julien ou d'un Rémusat, fait remarquer M. Chavannes, le marquis d'Hervey Saint-Denys a fait une œuvre très utile en orientalisme. Le Li-Saou et les Poésies de Vépoque des T'ang sont au nombre des plus remarquables monuments de la littérature chinoise, et les élégantes traductions qu'il nous en a données sont bien propres à nous en taire apprécier les beautés. Les l^rois Nou- velles et les Six Nouvelles nouvelles sont des collections de petits romans, qui, quoique considérés en Chine comme des productions d'un genre secondaire, ont un grand intérêt pour les Européens, à qui elles révèlent une foule de détails curieux sur la vie privéo en Ex- trême-Orient. (1)

F. Siméon Juchereau de Saint-Denys en 1791 > décédé en 1804.

G. Charles Juchereau, comte de Saint-Denys, à Tours le 26 janvier 1796. Admis en 1813 comme volontaire dans les Gardes d'Honneur, il passa dans les Mousquetaires de la garde de Louis XVIII qu'il accompagna en 1815 aux frontières du royaume- Devenu capitaine dans un régiment de Lanciers il fut décoré de la croix de la Légion d'Honneur au retour de la campagne d'Espagne en 1823. Lorsqu'é- clata la Hévo'ut.on de 1830 ses sontiments d'honneur et de fidélité ne lui permettant pas de servir le gouver- nement qui en fut la suite, il offrit sa démission, et ce ne fut pas sans regret et sans douleur qu'il quitta cette noble profession des armes dont l'amour était hérédi- taire dans sa famille. Il mourut à Loches en février

(1) Grande Encyclopédie, volume 20, page 25.

.

1

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COMIE CHARLES JUCHEREAU DE SAINT- DENYS

182

1872. Il avait épousé, k Loches, en avril 1826, José- phine de Ponard dont il eut deux filles : A. Noëmi Juchereau de Saint-Denys née en janvier 1827, mariée à Mari Cornier, receveur particulier des finances. Elle mourut sans hoir. JB Xaverine Juchereau de Saint- Denys née en mai 1830, mariée, en septembre 1851, à Gustave de la Barre, de Nantes. Elle eut trois en- fants : Marguerite, Noémi et Amédée-

IV. Louise- Anni-Thêrbsb Juchereau de Saint-Drnys

Née à Montréal le 21 octobre 1699.

"C'était en 1717 ; l'élite de la société de Montréal confondue avec le bon peuple se pressait dans l'église principale, un prédicateur en chaire faisait retentir ces divines et profondes paroles : " Que sert à l'homme de gagner l'univers, s'il vient à perdre son âme ? " Cette sentence qui convertit autrefois saint François- Xavier, impressionnait diversement cette réunion de fidèles. Pour quelques uns, c'était comme un trait de lumière qui traverse l'esprit sans y laisser de trace ; pour d'autres, c'était un coup de foudre, dont le terri- ble eôbrt brise et renverse tous les obstacles, et de pau- vres pécheurs, heureusement réveillés de leur léthargie mortelle, sortaient du lieu saint en se frappant la poi- trine : pour d'autres encore, la lumineuse sentence était une manifestation sensible de la volonté de Dieu, qui les appelait à une vie plus parfaite par un dégage- ment complet du monde et de ses vanités. Du nom- bre de ces derniers fut Louise- Anne-Thérèse Juchereau de Saint-Denys. Fidèle à la grâce, elle demanda l'en- trée du noviciat des Ursulines, et reçut l'habit de l'or- dre au mois d'octobre de la même année, 1717.

"La vocation de Louise- Anne-Thérèse Juchereau de Saint-Denys fut évidemment l'ouvrage de Dieu, qui

133

donne à qui il lui plaît, ces inspirations fortes et entraî- nantes qui attachent inviolablement à la pratique des conseils évanojéliques. Placée par sa naissance au milieu d'une aristocratie qui s'entourait de gloire par 868 faits d'armes, et qui jouissait du présent sans trop 8 3 préoccuper de l'avenir, mademoiselle Juchereau de S lint-Denys partagea cette insouciance, et dès ses jeu- nes années elle aima beaucoup le monde. Durant son séjour au pensionnat, elle avait montré de la piété ; son cœur naturellement bon et sensible, se laissait impres- sionner des profondes vérités de notre sainte Religion. Mais à peine son éducation fut-elle terminée, qu'on lui fit franchir le pas glissant qui sépare la jeune élève de CCS réunions du soir, à la fois si attrayantes aux jeunes imaginations et si dangereuses à leur cœur.

"Madame veuve Charles Juchereau de Saint-Denys, mère de la jeune Louise-Anne-ThérèsD, avait épousé en secondes noces M. Louis-Liénard de Beaujeu, et comme les beaux-pères affectueux sont moins rares en ce monde que les tendres belles-mères, ce gentilhomme fut pour les enfants de sa femme un véritable second père, et il ne contribua pas peu à faire aimer sa maison au cercle brillant qui la fréquentait. La jeune Louise- Anne-Thérèse ne fut que trop sensible aux hommages qu'elle rejut alors. Tout en elle semblait être fait pour plaire : une figure intéressante et douce, des grâ- ces naïves et fraîches, un cœur généreux et expansif, un esprit vif et enjoué. " Ce fut, dit notre Récit, une conquête de la grâce, et elle ne se fit religieuse que pour assurer son salut. "

''Vers la fin du noviciat de la sœur Saint- Antoine, madame de Beaujeu vint elle-même terminer les arran- gements avec la Communauté, avant de "livrer à Dieu sa fille chérie. " Cette femme vraiment chrétienne ne

134

•e consolait de cet immense sacrifice, que dans l.i pensée du bonheur qu'allait goûter sa chère Louise- Anne-Thérèse au service du meilleur des maîtres.

"Après sa profession, sœur Louise-Anne-Thérèse de Saint-Antoine avança d'un pas rapide dans la voie de la perfection religieuse, et elle trouvait dans son exac- titude même à toutes les observances communes la première récompense de sa ferveur, par les célestes consolations dont Dieu inondait son âme. Dévouée autant par goût que par devoir à l'instruction de la jeunesse, elle y fit preuve d'une capacité remarquable et se montra en tout une véritable et parfaite reli- gieuse. .

"Il semblait qu'une voix secrète l'eut avertie que sa vie au monastère s'écoulerait trop vite au gré de ses sœurs, car elle était avare de ses moindres moments, et telle fut son application aux saints exercices de la prière et du recueillement, qu'en peu d'années elle amassa des trésors immenses pour l'éternité. En con- templant cette vie exemplaire de la vertueuse fille de sa sœur Thérèse, quel bonheur ne devait pas éprouver la mère Migeon de la îTativité î Selon l'ordre de la nature, la nièce chérie devait survivre à sa bonne tante "mais Dieu, dit le Récit, avait d'autres vue.-^ sur cette âme privilégiée ; il voulut abréger son exil sur la terre et hâter le moment de la récompense. " Sœur Saint- Antoine fut emportée en quelques jours d'une fiuxion de poitrine, dont elle fut atteinte dans sa trente- troisième année. Elle mourut le 7 octobre 1732, dans la quinzième année de sa vie religieuse. " (1)

(1) Les Ursulines de Québec, depuis leur étahlissement jusqu'à nos Jours, tome second, pages 230 et seq.

135

V. Philippe Jucherbau dk Saint-Denis

à Montréal le 11 août 1702. Décédé à Vareniies le 19 mai 1703, il fut inhumé dans le cimetière de cette paroisse.

IGNACE JUCHEREAU DUCHESNAY

Le continuateur de la lignée.

IV

CflARLOTTE-FRANÇOrSE JUCHEREAU DE SAINT-DENYS

Née à Québec le 1er février 1660.

Mariée, à Beauport, le 17 décembre 1680, à Fran- çois Viennay-Pachot, marchand, natif du bourg d'Oy- san, paroisse Saint-Laurent du Lac, évêché de Greno- ble, veuf de Jeanne Avamy.

M. Viennay-Fachot mourut à Québec le 2 septem- bre 1698, et fut inhumé dans l'église paroissiale. (1)

Le 25 février 1702, madame veuve Viennay Pachot achetait de François Bjrthelot, écuyer, conseiller et secrétaire du Roi, l'île et comté de Saint- Laurent (île d'Orléans). Le prix d'achat était de 41,333 livres, monnaie de France, équivalant à 31,000 livres, mon- naie canadienne. 4,000 livres furent payées comptant. Les 27,000 livres restant devaient être payées comme suit : 6,000 livres sitôt le retour, en France, des vais- seaux du Canada, en 1702, et les autres 21,000 livres

(1) M. Viennay-Fachot était marchand forain. Le 24 avril l(j81, le Conseil Supérieur de Québec lui accordait !cs privilèges dont jouissaient les autre.-} habitants du pays.

136

en sept versements égaux de 3,000 livres par année, à compter du 1er janvier 1703. En même temps, M. Berthelot transportait à Charlotte-Françoise Juche- reau, veuve Viennay-Pachot, toutes les sommes à lui dues sur l'île, pour la considération de 4,800 livres qu'elle s'obligeait de payer au cours de l'année 1702. Le fief de l'île d'Orléans passa donc à madame Vien-