w///m//mm///////m////////m/m/////////////////w I V-W'«/w/////////'/////////////////////>y////y//////^^^^ y///////////'///////////////////////////////////////////////A/^^^ LIBRARY or THE JM-assacnusetts -Diole Oociety CatalogNo.A é3a 5-/^ iS^il Family JT M â>0 - ÇuR.OPe^fv/ SuD-F amily Xt/S C » ^ BrancJi L f\T f f^ /AN Group RoyvvA^'ce. Language FK6.NCH JJialect Ijocality Contents O » 23 *-.^ Version t' r^t -^ <^ 'f ioy\i^lJ> Translator Lo»^''^ ^ 6 ^9 NJJ PuLlislieJ ty IPe les jierl" Place T'cvr I i Date lO? Accession ^o. B3 Accession Date Jy I. y /^ ff^^ Price èjl.S-Q !"*■'■' te I* REGISTRE DE FAMILLE ' L'Éternel est avec vous quand vous êtes avec lui ; si vous le cherchez, vous le trouverez ; mais si vous l'abandonnez, il vous abandonnera.' — a Chron. xv. 2. Nom, date et lieu de naissance de répoux. Nom, date et lieu de naissance de l'épouse. Unis le ig par a.. REGISTRE DE FAMILLE. Pève et mère, frères et sœurs de répoux. ■ Proverbes de Salomon. Un fils sage fait la joie d'un père. Et un fils insensé le chagrin de sa mère.' Prov. X. I. > « < REGISTRE DE FAMILLE. Pève et inève, frères et sœurs de l épouse. — >-•-« — ' Honore ton père et ta mère (c'est le premier commande- ment avec une promesse).' — Éphés. vi. 2. REGISTRE DE FAMILLE. Enfants. 'Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.' — Marc x. 14. REGISTRE DE FAMILLE. Enfants. * Comme un père a compassion de ses enfants, L'Eternel a compassion de ceux qui le craignent.' Psaume ciii. 13. REGISTRE DE FAMILLE. Mariages. ' Si l'Éternel ne bâtit la maison. Ceux qui la bâtissent travaillent en vain ; Si l'Éternel ne garde la ville, Celui qui la garde veille en vain.' Psaume cxxvii. REGISTRE DE FAMILLE. Décès. 'Jésus lui dit: Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort.' — Jean xi. 25. REGISTRE DE FAMILLE. A titres événements de la famille. * Tous les sentiers de l'Éternel sont miséricorde et fidélité, Pour ceux qui gardent son alliance et ses commandements.' Psaume xxv. io. >-«-< LA SAINTE BIBLE LA SAINTE BIBLE QUI COMPREND L'ANCIEN ET LE NOUVEAU TESTAMENT TRADUITS SUR LES TEXTES ORIGINAUX HÉBREU ET GREC PAR LOUIS SEGOND DOCTEUR EN THÉOLOGIE PARIS DELESSERT, 4 RUE ROQUÉPINE 1899 LA SAINTE BIBLE AIs^CIEN TESTAMENT TRADUCTION NOUVELLE D'APEÈS LE TEXTE HEBEEU PAU LOUIS SEGOND DOCTEUR EN THEOLOGIE PARIS DELESSERT, 4 RUE ROQUÉPINE 1899 TABLE DES LIVRES DE L'ANCIEN TESTAMENT LE PENTATEUQUE CHAP. Genèse 50 Exode 40 Lévitique . . . . 27 OES 1 Nombres . . . CHAP. . 36 . PAGES . 147 61 Deutéronome . 34 . . 198 11 LES LIVRES HISTORIQUES CHAP. Josué 24 Juges 21 Ruth 4 1 Samuel . . . . 31 2 Samuel .... 24 1 Rois 22 245 274 304 308 347 381 2 Rois . . . 1 Chroniques 2 Chroniques Esdras . . . Néhémie . . Esther . . . LES LIVRES POÉTIQUES CHAP. Job 42 Psaumes . . . .150 Proverbes .... 31 PAGES 571 623 760 Ecclésiaste . . Cantique des canti- ques 8 LES PROPHETES CHAP. Ésaïe 66 Jérémie .... 52 Lamentations de Jérémie ... 5 Ézéchiel .... 48 Daniel 12 Osée 14 Joël 3 Amos 9 PAGES 831 932 1029 1041 1118 1137 1150 1157 Abdias . Jonas . Miellée . Nahum . Habakuk Sophonie Aggée . Zacharie Malachie CHAP. PAGES 25 . . 419 29 . . 456 36 . . 490 10 . . 532 13 . . 544 10 . . 561 CHAP. PAGES 12 . . 812 CHAP. 1 4 7 3 3 3 2 14 4 821 PAGES 1168 1170 1173 1181 1185 1190 1195 1198 1211 VII AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR PLACÉ EN TÊTE DE LA PREMIÈRE ÉDITION L'Ancien Testament est écrit en hébreu, langue que parlait jadis le peuple d'Israël. Les livres qu'il renferme, au nombre de trente-neuf, appartiennent à divers auteurs et à différents âges: les uns ont été composés pendant les siècles qui précédèrent la captivité de Babylone, les autres sont postérieurs. Rien n'est plus varié que le contenu : histoire, législation, doctrine religieuse, morale, poésie, révélations proj^hétiques. Les Juifs attribuaient à la plupart de ces livres une autorité divine, et leurs docteurs en faisaient le point de départ des enseignements qu'ils donnaient au peiiple. Aussi quand la langue hébraïque eut cessé d'être une langue parlée, furent-ils les premiers à éprouver le besoin d'avoir, pour leur usage, des traductions dans les idiomes des peuples au milieu desquels ils vivaient dispersés. Ainsi prit naissance la version dite des Septante ou d'Alexandrie, la plus célèbre de toutes et en même temps la plus ancienne, composée en grec par des savants Juifs établis en Egypte, et très- probablement achevée cent cinquante ans environ avant Jésus- Christ. Faite à une époque où, par suite des conquêtes d'Ale- xandre le Grand, la langue grecque était généralement répandue, elle a rendu des services incontestables et a été longtemps entourée d'une grande considération. Ce n'est pas ici le lieu d'en discuter les origines plus ou moins douteuses, ni d'émettre une appréciation critique sur sa valeur réelle. Rappelons seulement quelques faits propres à constater l'influence qu'elle exerça. Les Septante ont servi de base à un grand nombre de versions écrites dans plusieurs des dialectes de l'Orient ; c'est d'après les Septante, et non d'après l'hébreu, qiie sont habituellement faites les citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau; les Chrétiens des pre- miers siècles, ne sachant pas l'hébreu, furent conduits à se servir ix AVANT-PK0P08. de la version des Sei)tante, et allèrent môme jnsqu'à croire à son inspiration ; enfin, toutes les versions latines usitées dans l'Église d'Occident jusqu'à l'époque d'Augustin étaient des reproductions, généralement assez imparfaites, de celle des Septante. Tel était l'état des choses lorsque parut Jérôme, l'un des plus remarquables parmi les Pères de l'Église. A l'inverse d'Augustin et autres docteurs de ce temps qui ignoraient l'hébreu, Jérôme se livra, dès sa jeimesse, à l'étude de cette langue sacrée. Puis, séjournant en Palestine, il prit à Jérusalem des leçons d'un rabbin nommé Barhanina, qui lui donnait instruction pendant la nuit, par crainte de ses compatriotes ; il eut encore pour maîtres deux savants rabbins, dont l'un lui enseigna le chaldéen, et dont l'autre le fortifia dans l'hébreu. Ainsi mimi de ces connaissances philo- logiques, Jérôme se mit à comparer le texte original de l'Ancien Testament avec la version grecque des Septante et avec la meilleure des versions latines (la vêtus Itala) exécutées sur les Septante. Il fut bientôt convaincu des fautes évidentes et des nombreuses imperfections de l'une comme de l'autre ; et, encouragé par quelques amis, il prit la résolution de traduire à nouveau la Bible en latin immédiatement d'ajirès l'hébreu. Cette œuvre, qui a coûté à son auteur vingt années de travaux assidiis, fut commencée vers l'an 385 et achevée l'an 405. Si nous l'avons mentionnée avec quelques détails, c'est à cause du rôle inunense qu'elle a joué dans l'histoire de toutes les versions qui suivirent, et notamment des versions protestantes en langue française, connue on va le voir. Deux mots auparavant sur les destinées du travail de Jérôme, et sur la forme finale qui lui fut donnée par l'Église romaine. Ce travail, bien accueilli par quelqxies-uns, surtout par les Juifs, qui rendirent hommage à sa fidélité, rencontra dès l'abord de nombreux adversaires, entre autres Augustin ; et des accusations d'hérésie circulèrent même contre la personne de Jérôme. Toute- fois, ce n'étaient ni la science de cet homme d'élite ni l'exactitude du résultat de ses recherches qui étaient mises en suspicion ; mais on censurait par-dessus tout la hardiesse de celui qui avait osé traduire autrement que ne l'avaient fait les Septante. Depuis la mort de Jérôme, les ennemis de sa version allèrent de jjlus en plus en diminuant ; au bout de deux siècles, elle était à Rome sur le même j)ied que l'ancienne version latine, et l'on finit par l'employer de préférence pour le service divin. De là le nom de Vulffate, q\ii plus tard lui fut donné. Malheui'eusement, plus elle acquérait de faveur et se répandait i^ar des copies multii^liées, plus elle s'altérait sous la plume de ceux (jui la transcrivaient de manuscrits en manuscrits. Elle devint alors l'objet de corrections successives, à dater de Charlemagne qui s'était adressé dans ce X AVANT-PROi'OtS. but au félèbrc Alcuiii. Et, quand arriva l'invention de rinipri- merie, on eut bientôt des éditions ott'rant entre elles les ])lus grandes diversités, selon les nianuserits dont on s'était servi. Néanmoins, le coneile de Trente déclara la Vulgate seule version officielle de l'Église (1546), et le pouvoir pontitical se chargea, moyeiuiant de nouvelles corrections, de publier une édition authentique, qui parut vers la fin du seizième siècle. Qui dira jusqu'à quel point elle reproduit l'œuvre primitive de Jérôme ? Nous touchons au mouvement religieux qui donna naissance au protestantisme, tirant presque toute sa force du contenu de la Parole Sainte, et assurant par là ses meilleurs succès. Un fait regrettable, mais à signaler, c'est qu'aucun de nos grands Réfor- mateurs de langue française n'associa son nom. connue Luther en Allemagne, à une traduction de la Bible en langue vulgaire et nationale. Calvin ne nous a laissé que des préfaces et des com- mentaires, indépendiimment de tout ce qui du reste servit de jjoint d'application à son génie. La version qu'on a l'habitiule de considérer comme la plus ancienne dans le sein des Églises réformées est celle de Pierre- Robert Olivetan, de Noyou eu Picardie, parent de Calvin. Elle parut en 1535. Mais, si l'on veut avoir un point de départ plus exact de nos versions protestantes, il faut remonter à la Bible de Lefèvre d'Étaples, dont la j^remière édition complète fut publiée à Anvers en 1530. Il faut même remonter j^lus haut, et bien antérieurement à la Réformation, quand on veut se rendre compte du travail de Lefèvre, et avoir une juste idée des remaniements postérieurs. A dater du douzième siècle, dans les pays de langue romane, on eut une série de Bibles historiées et glosées, les premières dans lesquelles le fond scrii^turaire se trouvait noyé au milieu d'additions souvent bizarres et étrang-ères aux faits bibliqixes, les secondes dans lesquelles le texte était mélangé de notes et commentaires de diverse nature. Tous ces recueils, greffés les uns sur les autres, jjartaient d'une souche toujours la même, la Vulgate, plus ou moins comprise, défigurée, ou en- veloppée d'additions. Lefèvre, tout en reproduisant, avec quel- qvies modifications, l'œuvre de ses devanciers, fit disparaître du texte les gloses pour les reléguer dans des notes distinctes, ne voulant " rien ajouter ni retrancher aiix paroles dii Livre." C'est là le service éminent qu'il rendit à la cause biblique, et qui a pu le faire envisager comme le premier auteur des versions pro- testantes, malgré ces mots qu'il inscrivit sur le titre de sa Bible : " Translatée en français selon la pure et entière traduction de sainct Hierome." La Bible d'Olivetan, qui ne consacra guère plus d'une année xi AVANT-PROPOS. à son travail, a pour base celle de Lefèvre d'Etaiîles. Calvin la recommanda, sans en dissimuler les fautes, et invitant à l'indxdgence. Il entreprit lui-même des corrections, mais il ne se lit aucune illusion sur la portée de semblables retouches ; car, dans un avis placé en tête de l'édition de 1561, la dernière avant sa mort, Calvin exprime le vœu " que quelque savant homme, garni de tout ce qui est requis dans une telle œuvre, se consacre tout entier pendant une demi-douzaine d'ans à la traduction de la Bible." La Conqjagnie des Pasteurs de Genève, sollicitée en outre par plusieurs pasteurs des Églises réformées de langue française, s'employa d'une manière active à réaliser. le vœu de Calvin. A défaut d'un homme unique, elle remit la tâche à quelqvies-uns de ses membres, parmi lesquels Théodore de Bèze. Enfin, en l'année 1588, parut cette version officielle et impatiemment attendue, la première que publièrent collectivement les pasteurs et professeurs de l'Eglise de Genève. C'était, en réalité, une simple révision de la Bible d'Olivetan, diversement amendée dans les éditions qui s'étaient succédé dej^uis 1535 ; elle adopta les variantes tantôt de l'une, tantôt de l'autre de ces éditions, et, comme élément nouveau, elle était enrichie d'un grand nombre de notes marginales. Dans une épître, placée en tête du volume, les auteurs, sans prétendi'e qu'on ne puisse faire mieux, émettent le désir qu'on s'en tienne à leur œuvre. Somme toute, répondant à des instances réitérées et partant d'un Corps vénéré, la version genevoise de 1588 se présenta avec une telle autorité et fut si bien accueillie des Eglises réformées qu'elle ferma jusqu'à nos jours, pour ainsi dire, l'accès à toute tentative de traduction indépendante, d'après les textes originaux et en conformité avec les progrès dans les études historiques, philologi- ques et exégétiques. Les éditions se multiplièrent soit à Genève, soit à l'étranger, à peu près sans autres changements que ceux nécessités par les règles et les usages de la langue française : et encore resta-t-on sous ce rapport toujours en arrière. On se tromperait si l'on pensait que les Bibles de Martin et d'Ostervald renferment des traductions nouvelles, ou même diffèrent notablement de la version genevoise. Elles ne firent, à l'origine, que reproduire Genève 1588. Leurs auteurs ne s'en cachèrent pas, comme on peut le lire sur les titres de la première édition de Martin (Amsterdam 1707) et de la première édition d'Ostervald (Amsterdam 1724), et comme il est facile de s'en convaincre par la comparaison du contenu. C'est, du reste, grâce à cette cir- constance qu'elles obtinrent le transeat dans les Eglises, et ceci atteste une fois de plus l'autorité dont a si longtemps joui la version de Genève. Ce qui constituait le mérite réel des publi- xii AVANT-PROPOS. cations de 3Iartin et d'Ostervald, c'étaient les notes et préfaces du premier, les arguments et réflexions du second. Si les éditions actuelles s'écartent d'une manière plus ou moins sensible de 1588, c'est l'ouvrage des reviseurs de reviseurs, et aflaire de forme plus que de fond. Les difiérences qu'on observe entre Martin et Ostervald proviennent en partie de modifications assez nom- breuses que le pasteur neuchâtelois introduisit dans l'édition (1744) qui précéda sa mort, avec le but d'adoucir certaines ex- pressions, de rendre plus clair et de faire mieux aimer le Livre sacré. Malgré l'immense succès de la version de 1588, succès qui se prolonge encore, nous venons de le dire, sous les noms de Martin et d'Ostervald, on éprouva de bonne heure à Genève le désir de l'améliorer. Mais la chose devenait impossible en face d'iuie opposition énergiquement dessinée parmi les fidèles : tout ce qui dépassait les limites d'une légère retoviche ou d'un simple redres- sement de la langue était frappé de réprobation. Les ministres genevois n'étaient plus les maîtres de leur œuvre, bien qu'ils eu sentissent les imperfections. Ainsi se passa quelque chose d'ana- logue à ce qui s'était passé pour la version des Septante. En 1721 seulement, sous l'influence de J.-A. Turretin, on prit courage, on travailla presque tout un siècle, et l'on mit au jour la version de 1805, la seconde et la dernière que publièrent collectivement les pasteurs et professeurs de l'Église de Genève. Nous n'avons pas à entrer ici dans l'appréciation des qualités ou des défauts qui distinguent cette version : peut-être n'a-t-elle pas encore été impartialement jugée. C'est plus qu'une simple révision ; mais ce n'est pas, dans son ensemble, une traduction émanant en ligne directe du texte hébreu. Elle n'a pas eu le sort prospère de sa sœur aînée ; on l'a repoussée plutôt qu'accueillie ; les sociétés bibliques lui ont été défavorables; et, quoique dès longtemps épuisée, elle n'a pas été réinij^rimée. La Compagnie des Pasteurs donna à une commission permanente le mandat de la revoir ; mais, après plusieurs années d'un travail dont les difficultés allaient croissant, la commission s'est dissoute, et la Compagnie ne l'a pas renouvelée. Résumons. Toutes nos versions, unies entre elles par une étroite filiation, découlent de la Vulgate latine, reproduction en quelque mesure incertaine du travail prmiitif de Jérôme. Ainsi, les Églises réformées de langue française n'ont jamais possédé une traduction de la Bible, faite en entier sur les textes originaux. Les circonstances diverses qui ont pesé sur ces Eglises, bien plus que le manque d'hommes capables, suffisent amplement pour domier l'explication de ce phénomène. xiii AVANT-PEOPOS. Il était réservé à notre époque de s'affranchir de cette crainte pusillanime, tendant à faire considérer une version, œuvre tout humaine, comme une espèce d'arche sainte à laquelle il n'est pas permis de toucher sans être accusé de profanation. Aujourd'hui, grâce à un courant plus libéral et à des appréciations plus judi- cieuses, il n'y a pas à risquer la censure ou le bûcher pour qui, s'écartant de ses devanciers, essaie de donner à ses frères une interprétation plus fidèle des choses qui nous ont à tous été révélées. Loin de là. Dans les divers rangs de la société religieuse protestante, on a senti l'insuffisance des versions actuellement en usage, et qui sont au milieu de nous comme un précieux héritage de la piété de nos pères. De toutes parts aussi, on a compris qu'il y avait des inconvénients majeurs à procéder indéfiniment par la voie des révisions ; de toutes parts, on a réclamé ime version nouvelle, qui, travaillée d'après les textes sacrés, fût im reflet plus direct de leur véritable contenu. Et en même temps, par une étonnante disi)ensation de la Providence, des ouvriers étaient suscités par elle pour répondre largement à ce besoin. Quatre versions, au lieu dune, seront désormais à la disposition de chacun. Trois d'entre elles ont été déjà publiées, à Neuchâtel, à Lausanne, à Paris ', toutes les trois remarquables, élaborées par des hommes de foi et de science. Celle-ci est la quatrième. Ces quatre versions, assez divergentes d'asjject et de style, conçues à part et mises à exécution presque sinuiltanément par leurs auteurs, concordent néanmoins jjour les résultats essentiels. Nos Eglises et les membres de nos Églises povirront ainsi faire leur choix en pleine liberté. II Les personnes qui liront attentivement notre traduction de l'Ancien Testament, surtout si elles ont quelque notion de la langue hébraïque, reconnaîtront par elles-mêmes les principes qui noiis ont servi de guide. Il est bon néanmoins de les rappeler sommairement, pour qu'il ne reste à cet égard aucune équivoque. Une condition préliminaire indispensable, c'est une indépen- dance d'esprit et de situation, qui place le tradvicteur en dehors de toute influence propre à le détom-ncr du soin exclusif de rechercher et d'exprimer le vrai sens du Livre sacré. Qii'il se dégage des i^réoccupations dogmatiques, sans avoir souci de ce qui peiit plaire ou déplaire aux partis théologiques qui divisent les chrétiens. La Bible a été écrite pour tous les hommes : c'est ^ La version de Paris n'est pas encore achevée : huit livraisons ont paru. xiv AVANT-FKOrOS. pour tous, et en conscience, que le traducteui' doit accomplir sa tâche. Il est sous le regard du Dieu de vérité : c'est la vérité seule qui sera la suprême ambition de ses efïbrts. S'il échoue, qu'il se résigne par avance ; s'il réussit, qu'il en rapporte la gloire à Dieu seul. Cette condition jiréalable, nécessaire à nos yeux, étant réalisée, de quelle manière le traducteur poiu-suivra-t-il son œuvre ? Exactitude, clarté, correction: telles sont les trois qualités auxquelles il est essentiel de viser, si l'on veut à la fois être lidèle et s'exprimer en français. C'est presque une lutte de géant. Mais il faut la soutenir, dans les limites du possible. Faire bon marché de la correction comme chose secondaii'e ou superflue, c'est oublier que toute langue a ses droits, c'est fournir aux personnes cultivées un genre de distraction nuisible à l'édification. Prétendre que la clarté n'est pas rigoureusement requise parce qu'on rencontre dans l'original des passages obscurs, c'est un accommodement de conscience à rejeter. Altérer sciemment l'exactitude du sens, ne fût-ce que d'une nuance, afin de flatter le lecteur par une forme littéraire plus élégante, c'est manquer de respect à ce même lecteur et encore plus à la Parole sainte. — Pour revêtir dans leur ensemble ces trois qualités, ime version ne doit être ni littérale ni libre. Précisons les termes. Elle ne doit pas être littérale, c'est-à-dire " faite mot à mot," selon la définition du dictionnaire ' ; ce serait énerver le sens même, et risquer de le rendre inintelligible, sans parler des lois de la grammaire et de la syntaxe qu'on a toujours tort de braver volontairement. Elle ne doit pas non plus être libre, c'est-à-dire, offrir des additions ou des suppressions qui ne sont ])as strictement motivées, affaiblir ou renforcer la valeur d'une phrase ou d'un mot quand les expressions qui correspondent à l'original ne font pas défaut, substituer au langage biblique des explications qui appartiennent à la conception particulière de l'interprète. Qu'il y ait place hors du texte pour les commentaires, extraits, résumés, parai)hrases, imitations, etc., c'est bien ; mais que la som-ce reste pure, et ne se transforme pas elle-même en imitation, paraphrase, o\\ commen- taire.— Si une bonne version de la Bible ne doit être ni littérale ni libre, aux divers points de vue qui viennent d'être mentionnés, que doit-elle être? Comme réponse, et en l'absence d'un quali- ficatif iinique, qu'il soit permis de répéter : exacte, claire, correcte. Ce n'est pas tout. Il faudrait encore, sans la moindre atteinte portée à aucune de ces qualités, qu'elle se distinguât sous le rapport littéraire par des mérites de style, qui, n'étant pas une ' Dans une acception plus généralement admise, notre traduction sei'a certainement, et à juste titre, classée parmi les versions littérales. XV AVANT-PROPOS. conséquence logique de l'exactitucle, de la clarté, de la correction, réclament un écrivain d'un talent supérieur. Il faudrait, enfin et par-dessus tout, un homme qui, à la fois savant philologue, poète et littérateur éminent, possédât le sens religieux suffisant pour donner à son œuvre une véritable empreinte biblique, et placer les lecteurs comme en la présence directe des révélations divines, dont il ose se rendre l'interprète. Voilà les principes. Reste l'exécution. Voilà l'idéal, idéal dont la vue sourit et électrise. mais inqîossible à réaliser. Est-il besoin, en effet, de proclamer à nouveau qu'une version à tous égards parfaite est chose qui dépasse les forces humaines, in- dividuelles ou collectives ? Qu'on veuille bien j réfléchir. Les ressources d'interprétation dont peut disi3oser un traducteur, si remarquablement qualifié soit-il, connaissances linguistiques, ethnographiques, archéologiques, étude et comparaison des tra- vaux antérieurs, etc., ces ressources sont purement humaines, sujettes par conséquent à des chances d'erreur, malgré les progrès, disons mieux, en vertu même des progrès dont elles sont susceptibles. Sans doute, celui qui croit, celui pour qui la Bible n'est pas un livre ordinaire, n'entreprendra pas et ne poursuivra pas une œuvre d'aussi longue haleine et d'une nature aussi grave que la version des saintes Ecritures, dépôt des révélations du Tout-Puissant, en négligeant de s'appuyer sur le secours de DieiT et de l'invoquer itérativement au milieu de ses incertitudes et de ses défaillances. Mais qui dira dans quelles limites et sous quelles formes le secours divin se manifeste en pareille circonstance? Peut-on s'attendre à une force sur- naturelle qui préserve de toute inexactitude, à une sorte d'inspira- tion infaillible qui n'a pas même été le privilège des copistes auxquels nous sommes redevables du texte original dont il s'agit de rei^roduire le sens dans nos langues modernes ? Aux prises avec les difficultés (et pourquoi ne pas l'avouer?), on se sent vaincu dans plus d'un cas, incapable de rendre d'une manière satisfaisante dans sa propre langue ce dont on a, ou croit avoir, la perception nette dans la langvie sacrée. Et là même où on pense le mieux réussir en serrant de très-près le texte scripturaire, pour en conserver avec scrupvile les tours, les images, la couleur, ne va-t-on jamais trop loin, ne fait-on jamais fausse route? Puis, que de choses inaperçues, glissées j^eut-être sous la plume contre toute intention et malgré les principes ! En dehors de ces imperfections, dont aura son inévitable part la traduction nouvelle que nous offrons au public religieux, ce qui frappera plus rapidement le lecteur, ce sont les passages interprétés autrement qu'ils ne le sont dans les versions usuelles. xvi AVANT-PllOPOS. Mais ceux qui sont an courant du mouvement de la science et des progrès de la philologie sacx'ée n'éprouveront à cet égard aucun étonnenient pénible. Il y avait dans les versions antérieures des inexactitudes à faire disparaître, signalées par les hommes les plus compétents de toutes les nuances théologiques : aussi n'est-ce en aucune façon le désir d'innover qui a poussé le traducteur à sortir de la voie traditionnelle, il s'y est vu contraint par un sentiment de fidélité. Observons, en outre, que les changements adoptés ne sont pas tous des rectifications d'erreurs incontestables. Il en est qui doivent être attribués à une simple préférence entre deux ou plusieurs interprétations pos- sibles, dont l'une a paru réunir en sa faveur la plus grande somme de probabilités. On comprend qu'il s'agit ici de ces difficultés tenant à l'état matériel du texte, ou à d'autres circon- stances propres à exercer la sagacité des linguistes et à les conduire à des résultats différents. A tout ce qui précède nous avons hâte maintenant d'ajoiiter une réflexion. Si la vérité nous a imposé le devoir de parler en toute franchise, nous ne voudrions point par là ébranler outre mesure la confiance que bien des personnes pieuses ont conservée jusqu'à ce jour pour nos anciennes versions, qui ont nourri la foi et le sentiment religieux de plusieiu-s générations. Les divergences, si nombreuses qu'elles soient pour le style et môme pour le fond des choses, portent la plupart sur des points secon- daires; et, dans les cas oii elles ont une réelle importance, elles ne sont pas de nature à effrayer les consciences et à faire chanceler la foi. Tout lecteur bien disposé trouve et trouvera toiijours dans la Parole sainte, plus ou moins correctement exprimée, l'aliment siiirituel qui lui suffit, et n'aura pas de peine à recon- naître les vues miséricordieuses de l'Eternel, se manifestant à travers les âges pour le salut de l'humanité péchei'esse. Que Dieu, le souverain Pasteur des âmes, qui dirige tous les événements, accorde à notre œuvre, si telle est sa volonté, une part d'influence pour l'avancement de son règne ! Genève, 31 octobre 1873. LOUIS SEGOND xvu REMARQUES Le texte massorétique, transmis à nous par les Juifs, a servi de base à cette traduction. On s'en est écarté seulement dans des cas exceptionnels et indispensables, et d'après les autorités les plus accréditées ; mais on a rejeté toute variante ne reposant que sur une opinion particulière. La ponctuation, si importante pour la détermination du sens, a été l'objet d'un soin tout spécial. Linstrument le plus utile à cet effet, bien qu'il ne soit pas infaillible, ce sont les accents hébreux, dont l'une des fonctions consiste à marquer les rapports de chaque mot avec la phrase entière sous le point de vue des liens et des pauses. La division du texte en versets, telle que nous l'avons aujour- d'hui, n'est pas antérieure au septième siècle; mais diverses séparations ont une origine plus antique. La division en cha- pitres, comme elle existe dans nos Bibles, date du milieu du treizième siècle : elle est loin d'être irréi^rochable et à tous égards rationnelle. Tout en conservant à la marge cette double indication des versets et des chapitres, le traducteur a divisé le texte en fragments plus conformes au contenu, et les a fait précéder de sommaires courts et précis. Les noms propres ont été rectitiés dans leur orthographe, re- produite exactement la même dans tous les passages oii ils se rencontrent. Mais les plus connus, comme Mdise, Salomon, Ésaïe, Jérusalem, etc., ont été maintenus tels que l'usage les a consacrés, quoiqu'ils soient écrits d'une tout autre manière en hébreu. Les notes, au nombre d'environ six cents, qui figurent au bas des pages, ne doivent nullement être considérées comme donnant à notre œuvre le caractère d'une version avec des notes. Elles constituent un timide essai, qui témoigne de nos vœux en faveur d'éditions de l'Ancien Testament, présentant des notes en quantité suffisante et composées avec assez de discernement pour faciliter l'intelligence du texte, sans entrer dans la voie des commentaires ni donner lieu à des discussions théologiques. Enfin, pour ce qui concerne le mode de transcription des fragments poétiques, nous renvoyons à l'Avertissement qui va suivre. xvni AVERTISSEMENT CONCERNANT LES FRAGMENTS POÉTIQUES Un grand nombre de fragments de l'Ancien Testament, et même des livres entiers, ont nn caractère poétique impossible à méconnaître. Dans le but de les distinguer nettement de la prose, et de faciliter en même temps l'intelligence du contexte, on a recouru à un artifice typographique, au sujet duquel certaines explications paraissent nécessaires. La poésie hébraïque offre-t-elle des vers proprement dits, avec un système métrique déterminé ? Cette question, débattue depuis des siècles, n'a pas encore reçu de solution péremptoire. Toutefois, dans l'état actviel de la science, le manque de faits et d'arguments décisifs porte plutôt à conclure d'ime manière négative. Le trait le plus incontestable de cette poésie, et le seul qu'on a tenté de reproduire aux yeux du lecteur, dans cette nouvelle traduction, c'est ce qu'on appelle \e parallélisme des membres, qui se manifeste soit par un contraste, soit par une réj^étition ou par un développement de la pensée. En vertu de ce phénomène, tout verset se présente ordinaire- ment comme formé de deux parties ; et chacune de ces parties renferme un ou plusieurs membres, constituant le parallélisme. Dans l'exécution typographique, on a réservé une ligne pour chaque membre. Le commencement du verset est indiqué par une ligne sans renfoncement, le début de la seconde partie par un renfoncement, et les autres membres par un double ren- foncement. Eclaircissons par quelques exemples. Le cas le plus simjîle est celui de deux membres, dont un pour chaque partie du verset. La justice élève une nation, Mais le péché est la honte des peuples. Prov. XIV, 34. xix AVERTISSEMENT. Lorsqu'il y a trois membres, c'est tantôt la première partie qui eu renferme deux, tantôt la seconde. Les liens de la mort m'avaient environné, Et les angoisses du sépulcre m'avaient saisi ; J'étais en proie à la détresse et à la douleur. Ps. CXVI, 3. Pourquoi t'abats-tu, mon âme, et gémis-tu au dedans de moi ? Espère en Dieu, car je le louerai encore ; Il est mon salut et mon Dieu. Ps. XLII, 12. Enfin, la période est susceptible de proportions encore plus grandes. Dans l'exemple qui suit, il y a cinq membres, trois pour la première partie du verset, et deux pour la seconde. Les ennemis de l'Eternel trembleront ; Du haut des cieux il lancera sur eux son tonnerre, L'Eternel jugera les extrémités de la terre ; Il donnera la puissance à son roi, Et il relèvera la force de son oint, 1 Sam. II, 10. Le parallélisme chez les prophètes est loin d'être aussi caractérisé que chez les poètes lyriques ou didactiques, comme les auteurs des Psaïunes, des Proverbes, de Job, du Cantique des Cantiques. Parfois, il est vrai, le prophète prend un élan qui le rapproche de ces derniers ; et il est facile alors de découper la période de la manière que nous avons indiquée. Mais, bien souvent, le langage prend des formes oratoires, qui ont toute l'animation rythmique, sans laisser subsister le parallélisme des membres. Il se trouve aussi, dans les écrits des prophètes, des portions historiques ou narratives, pour lesquelles un arrangement métrique ne saurait convenir, et que le lecteur pourra distinguer des autres sans aucun effort. L'Ecclésiaste, enfin, bien que classé parmi les livres poétiques, est composé dans un style qiii ne diftèrë pas sensiblement de celui de la prose. XX LE PENTATEUQUE GENÈSE, EXODE, LÉVITIQUE, NOMBRES, DEUTÉRONOME ,a:rise de l'homme, et il l'a- mena vers l'homme. ^'Et l'homme dit : Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! on l'aiipellera femme*, parce qu'elle a été prise de l'homme. ^* C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'atta- chera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. a. Le Tij^rc b. Le mol hébreu, traduit j)ar ft'miiie Le jardin d'iîdcn, et le péché d'Adam. -^L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte. Chap. III. ' Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, c|ue l'Eternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les ar- bres du jardin ? ^La femme répondit au serjient : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. ^Mais quant au fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin. Dieu a dit : Vous n'en mange- rez point et vous n'y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. ^Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point; ^mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez , vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bienetlemal. *La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était ])récieux pour ouvrir l'intelli- gence ; elle prit de son fruit, et en man- gea; elle en donna aussi à son mari, (|ui était auprès d'elle, et il en mangea. 'Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvri- rent, ils connurent qu'ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintures. *Alors ils entendirent la voix de l'Eternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l'homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l'Eternel Dieu, au milieu des arbres du jardin. ^Mais l'Eternel Dieu appela l'hom- me, et lui dit : Où es-tu ? '"Il répondit : J'ai entendu ta voix dans le jardin, et j'ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. " Et l'Eternel Dieu dit : Oui t'a a])pris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger ? '-L'homme ré- pondit : La femme que tu as mise au- près de moi m'a donné de l'arbre, et (ischaj, dérive du mot qui signifie Itonime (iscltj. Chap. 3,ri-i,, GENESE. j'en ai mangé. ''Et l'Éternel Dieu dit à la femme : Pourquoi as-tu fait cela? La femme répondit : Le serpent m'a séduite, et j'en ai mangé. "L'Eternel Dieu dit au serpent : Puisque tu as fait cela, tu seras mau- dit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la pous- sière tous les jours de ta vie. '^ Je met- trai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle- ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. '^11 dit à la femme : J'augmen- terai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes dé- sirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. ''Il dit à l'homme : Puisque tu as écouté la voix de ta fem- me, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet or- dre : Tu n'en mangeras point ! le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourri- ture tous les jours de ta vie ; '*il te pro- duira des épines et des ronces, et tu mangeras de l'herbedes champs. '^G'est à la sueur de ton visage que tu mange- ras du pain, jusqu'à ce que tu retour- nes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. ^'Adam donna à sa femme le nom d'Eve" : car elle a été la mère de tous les vivants. ^'L'Eternel Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit. ^"L'Éternel Dieu dit : Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Em- pêchons-le maintenant d'avancer sa main, de prendre de l'arbre de vie, d'en manger, et de vivre éternellement. -■^Et l'Eternel Dieu le chassa du jai'din d'Eden, pour qu'il cultivât la terre, d'où il avait été pris. -'C'est ainsi qu'il a. Eté signifie l'ie. b. Tu seras satisfait, content chassa Adam; et il mit à l'orient du jardin d'Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l'arbre de vie. Caïn et Abel. — Descendants de Caïn. Chap. IV. 'Adam connut Eve, sa femme; elle conçut, et enfanta Caïn, et elle dit : J'ai formé un homme, avec l'aide de l'Eternel. -Elle enfanta son frère Abel. Abel fut berger, et Caïn fut laboureur. •*Au bout de quelque temps, Caïn fit à l'Eternel une offrande des fruits de la terre; *et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L'Eternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande; ^mais il ne porta pas un re- gard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son ■ visage fut abattu. *Et l'Eternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité, et pour- quoi ton visage est-il abattu ? "Certai- nement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage*; et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi : mais toi, domine sur lui. ^Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel ; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua. "L'Éternel dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? 11 répondit : Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère? '"Et Dieu dit : Qu'as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi. "Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour re- cevoir de ta main le sang de ton frère. '* Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras er- rant et vagabond sur la terre. ''Caïn dit à l'Éternel : Mon châtiment est trop grand pour être supporté. '''Voici, tu me chasses aujourd'hui de cette terre; de toi-même. GENESE. Chap. 4, ir,-5, 16. je serai caché loin de ta face, je serai dra Mehujaël, Mehujaël engendra Me- errant et vagabond sur la terre, et qui- tuschaël, et Metuschaël engendra Lé- conque me trouvera me tuera. '^L'E- mec. ternel lui dit : Si quelqu'un tuait Caïn, '"Lémec prit deux femmes : le nom Gain serait vengé sept fois. Et l'Éter- de l'une était Ada, et le nom de l'autre nel fit connaître à Gain (pie quiconque Tsilla. -"Ada enfanta Jabal : il fut le le trouverait ne le tuerait point. père de ceux qui habitent sous des ten- "^Puis, Gain s'éloigna de la face de tes et près des troupeaux. -'Le nom de l'Éternel, et habita dans la terre de son frère était Jubal : il fut le père de Nod", à l'orient d'Éden. tous ceux qui jouent de la harpe et du ''Gain connutsa femme; elleconcut, chalumeau. '--Tsilla, de son côté, en- et enfanta llénoc. 11 bâtit ensuite une fanta Tubal-Gaïn, qui forgeait tous les ville, et il donna à cette ville le nom instruments d'airain et de fer. La sœur de son lils Hénoc. de Tubal-Gaïn était Naama. ''^Hénoc engendra Irad, Irad engen- -^Lémec dit à ses femmes : Ada et Tsilla, écoutez ma voix! Femmes de Lémec, écoutez ma parole! J'ai tué un homme pour ma blessure, Et un jeune homme pour ma meurtrissure. -''Gain sera vengé sept fois. Et Lémec soixante-dix-sept fois. -^Adam connut encore sa femme; ^Tous les jours qu'Adam vécut furent elle enfanta un fils, et l'appela du nom de neuf cent trente ans ; puis il mourut, de Seth*, car, dit-elle, Dieu m'adonne *Seth, âgé de cent cinq ans, engen- un autre fils à la place d'Abel, que Gain dra Enosch. 'Seth vécut, après la nais- a tué. sauce d'Enosch, huit cent sept ans ; et -''Seth eut aussi un lils, et l'appela il engendra des fils et des filles. '^Tous du nom d'Enosch. G'est alors que l'on les jours de Seth furent de neuf cent commença à invoquer le nom de l'E- douze ans; puis il mourut. ^Enosch, âgé de quatre-vingt-dix ans, engendra Ivénan. '"Enosch vécut, après la naissance de Kénan, huit cent quinze ans ; et il engendra des fils et des filles. "Tous les jours d'Enosch fu- rent de neuf cent cinq ans ; puis il ternel Postérité d'Adam, par Seth, jusqu'à Noé. Chap. V. 'Voici le livre de la pos- térité d'Adam. Lorsque Dieu créa l'homme, il le fit mourut, à la ressemblance de Dieu. -Il créa '-Kénan, âgé de soixante-dix ans, l'homme et la femme, il les bénit, et il engendra Mahalaleel. "Ivénan vécut, les appela du nom d'homme, lorsqu'ils après la naissance de Mahalaleel, huit furent créés. cent quarante ans; et il engendra des ^Adam, âgé de cent trente ans, en- fils et des filles. '^Tous les jours de gendra un fils à sa ressemblance, selon Kénan furent de neuf cent dix ans ; puis son image, et il lui donna le nom de il mourut. Seth. ■♦Les jours d'Adam, après la nais- '^Mahalaleel, âgé de soixante-cinq sance de Seth, furent de huit cents ans, engendra Jéred. '«Mahalaleel vé- ans ; et il engendra des fils et des filles, eut, après la naissance de Jéred, huit a. .\orosterna en terre devant l'Eternel. ^'Et le serviteur sortit des objets d'argent, des objets d'or, et des vêlements, cpi'il donna à Rebecca; il lit aussi de riches présents à son père et à sa mère. ^^Après quoi, ils man- gèrent et burent, lui et les gens qui étaient avec lui, et ils passèrent la nuit. hQ matin, quand ils furent levés, le serviteur dit: Laissez-moi retour- ner veis mon seigneur. ^^Le IVèreetla mère dirent : Oue la jeune fille reste avec nous quelque temps encore, une dizaine de jours; ensuite, tu partiras. '^\\ leur ré])ondit : Ne me retardez pas, puisque l'Eternel a fait réussir mon voyage; laissez-moi partir, et que j'aille vers mon seigneur. "Alors ils répondirent : Appelons la jeune fille. d'Ab aham et ses gens. 'Ils bénirent Rebecca, et lui dirent : O notre sœur, puisses-tu devenir des milliers de my- riades, et que ta postérité ]iossède la porte de ses ennemis"! "Ilebecca se leva, avec ses servantes; elles mon- tèrent sur les chameaux, et suivirent Thonime. Et le serviteur emmena Re- becca, et partit. "Cependant Isaac était revenu du puits de Lachaï-roï *, et il habitait dans le pays du midi. ^^Un soir qu'Isaac était sorti pour méditer dans les champs, il leva les yeux, et regarda; et voici, des chameaux arrivaient. "Rebecca leva aussi les yeux, vit Isaac, et descendit de son chameau. '^^Elle dit au serviteur : Qui est cet homme, qui vient dans les champs à notre ren- contre ? Et le serviteur ré])ondit: C'est mon seigneur. Alors elle [)rit son voile, et se couvrit. ^''Le serviteur raconta à Isaac toutes les choses qu'il avait fai- tes. "Isaac conduisit Rebecca dans la tente de Sara, sa mère ; il prit Rebecca, qui devint sa femme, et il l'aima. Ainsi fut consolé Isaac, après avoir perdu sa mère. Mort d' Abraham. Cluip. XXV. 'Abraham |)rit encore une femme, nommée Retura. UîUe lui enfanta Zimran, Jokschan, Medan, Madian, Jischbak et Schuach. — ■'Joks- chan engendra Séba et Dedan. Les fils de Dedan furent les Aschurim, les Letuschim et les Leummim. — *Les fils de Madian furent Epha, Epher, Hénoc, Abida et Eldaa. — Ce sont là tous les fils de Ketura. ^Abraham donna tous ses biens à Isaac. «Il fit des dons aux fds de ses et consultons-la. ^'^Ils appelèrent donc concubines; et, tandis ([u'il vivait en- a. G'cst-ù-dirc, le pays de ses ennemis. h. Vny. 10, li. Chap. 25,--3ti. GENESE. core, il les envoya loin de son fils Isaac du côté de l'orient, dans le pays d'Orient. ^ Voici les jours des années delà vie d'Abraham : il vécut cent soixante- quinze ans. ^Abraham expira et mou- rut, après une heureuse vieillesse, âgé et rassasié de jours, et il fut re- cueilli auprès de son peuple. 'Isaac et Ismaël, ses fils, l'enterrèrent dans la caverne de Macpéla, dans le champ d'Ephron, fils de Tsochar, le Héthien, vis-à-vis de Mamré. '"C'est le champ qn'x^braham avait acquis des fils de Heth. Là furent enterrés Abraham et Sara, sa femme. "Après la mort d'Abraham, Dieu bénit Isaac, son fils. Il habitait près du puits de Lachaï-roï. Postérité d'Ismaël. '-Voici la postérité d'Ismaël, fils d'A- braham, qu'Agar, l'Egyptienne, ser- vante de Sara, avait enfanté à Abra- ham. '^Voici les noms des fils d'Ismaël, par leurs noms, selon leurs généra- tions : Nebajoth, premier-né d'Ismaël, Kédar, Adbeel, Mibsam, '''Mischma, Duma, Massa, '^Hadad,Théma,Jethur, Naphisch et Kedma. "^Ce sont là les fils d'Ismaël; ce sont là leurs noms, selon leurs parcs et leurs enclos. Ils furent les douze chefs de leurs peuples. '^Et voici les années de la vie d'Is- maël : cent trente-sept ans. Il expira et mourut, et il fut recueilli auprès de son peuple. '*Ses fils habitèrent depuis Havila jusqu'à Schur, qui est en face de l'Egypte, en allant vers l'Assyrie. Il s'établit en présence de tous ses frères. Les deux fils d'Isaac : lîsaii et Jacoh. "Voici la postéi'ité d'Isaac, fils d'A- braham. Abraham engendra Isaac. -"Isaac était âgé de quarante ans, quand il prit pour femme Rebecca, fille de Bethuel, l'Araméen, de Paddan-Aram°, et sœur de Laban, l'Araméen. -'Isaac implora l'Eternel pour sa femme, car elle était stérile, et l'Eternel l'exauça : Rebecca, sa femme, devint enceinte. ^^Les en- fants se heurtaient dans son sein ; et elle dit : S'il en est ainsi, pourquoi suis-je enceinte? Elle alla consulter l'Éternel. -''Et l'Éternel lui dit : Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples se sépareront au sortir de tes entrailles ; un de ces peuples sera plus fort que l'autre, et le plus grand sera assujetti au plus petit. ^''Les jours où elle devait accoucher s'accomplirent; et voici, il y avait deux jumeaux dans son ventre. ^^Le premier sortit entiè- rement roux, comme un manteau de poil; et on lui donna le nom d'Esaû*. -"Ensuite sortit son frère, dont la main tenait le talon d'Esaû; et on lui donna le nom de Jacob"^. Isaac était âgé de soixante ans, lorsqu'ils naquirent. "Ces enfants grandirent. Esaû de- vint un habile chasseur, un homme des champs; mais Jacob fut un homme tran([uille, qui restait sous les tentes. ^*Isaac aimait Ésaû, parce qu'il man- geait du gibier ; et Rebecca aimait Ja- cob. -'Comme Jacob faisait cuire un potage, Esau revint des champs, acca- blé de fatigue. ^"Et Ésaii dit à Jacob : Laisse-moi, je te prie, manger de ce roux, de ce roux-là, car je suis fatigué. C'est pour cela qu'on a donné à Ésaû le nom d'Édom'^'. ''Jacob dit : Vends- moi aujourd'hui ton droit d'aînesse. '-Ésau répondit : Voici, je m'en vais mourir; à quoi me sert ce droit d'aî- nesse? '"'Et Jacob dit : Jure-le-moi d'a- bord. Il le lui jura, et il vendit son droit d'aînesse à Jacob. '''Alors Jacob a. Paddan-Aram. la Mésopotamie. b. Ésaii signifie felu. par le talon, supplanter, tromper. d. Édom signifie roux. 26 Jacob dérive d'un mot qui signifie saisir GENESE. Chap. 26,i-Qi. Isaac dans le pays des Philistins. — Alliance avec Abiiticlec. donna à Ésaû du pain et du potage de donnance pour tout le peuple : Celui lentilles. Il mangea et but, puis se leva qui touchera à cet homme ou à sa fem- et s'en alla. C'est ainsi qu'Esaû mé- me sera mis à mort, prisa le droit d'aînesse. '"-Isaac sema dans ce pays, et il re- cueillit cette année le centuple; car l'Eternel le bénit. '^Cet homme devint riche, et il alla s'enrichissant de plus Chap. XXVI. 'Il y eut une famine en plus, jusqu'à ce qu'il devînt fort ri- dans le pays, outre la pi'emière famine che. '^11 avait des troupeaux de menu qui eut lieu du temps d'Abraham ; et bétail et des troupeaux de gros bétail, Isaac alla vers Abimélec, roi des Phi- et un grand nombre de serviteurs : listins, à Guérar. ^L'Eternel lui appa- aussi les Philistins lui portèrent envie, rut, et dit : Ne descends pas en Egypte, '^Tous les puits qu'avaient creusés les demeure dans le pays que je te dirai, serviteurs de son père, du temps d'A- ^Séjourne dans ce pays-ci; je serai avec braham, son père, les Philistins les toi, et je te bénirai, car je donnerai comblèrent et leo remplirent de pous- toutes ces contrées à toi et à ta posté- sière. "Et Abimélec dit à Isaac : Va- rité, et je tiendrai le serment que j'ai t'en de chez nous, car tu es beaucoup fait à Abraham, ton père. ''Je multi- plus puissant que nous. "Isaac partit plierai ta postérité comme les étoiles de là, et campa dans la vallée de Gué- du ciel ; je donnerai à ta postérité tou- rar, où il s'établit, tes ces contrées; et toutes les nations '*Isaac creusa de nouveau les puits de la terre voudront être bénies enta d'eau, qu'on avait creusés du temps postérité, ^parce qu'Abraham a obéi à d'Abraham, son père, et qu'avaient ma voix, et qu'il a observé mes ordres, comblés les Philistins après la mort mes commandements, mes statuts et d'Abraham; et il leur donna les mê- mes lois. ^Et Isaac resta à Guérar. mes noms que son père leur avait don- 'Lorsque les gens du lieu faisaient nés. '''Les serviteurs d'Isaac creusèrent des questions sur sa femme, il disait : encore dans la vallée, et y trouvèrent C'est ma sœur; car il craignait, en di- un puits d'eau vive. -"Les bergers de sant ma femme, que les gens du lieu Guérar querellèrent les bergers d'I- ne le tuassent, parce que Rebecca était saac, en disant : L'eau est à nous. Et belle de ligure. ^Comme son séjour se il donna au puits le nom d'Esek", parce prolongeait, il arriva qu'Abimélec, roi qu'ils s'étaient disputés avec lui. -'Ses des Philistins, regardant par la fenê- serviteurs creusèrent un autre puits, tre, vit Isaac qui plaisantait avec Re- au sujet duquel on chercha aussi une becca, sa femme. ^Abimélec fit appeler querelle; et il l'appela Situa*. -"-Il se Isaac, et dit : Certainement, c'est ta transporta de là, et creusa un autre femme. Comment as-tu pu dire : C'est puits, pour lequel on ne chercha pas ma sœur? Isaac lui répondit : J'ai parlé querelle ; et il l'appela Rehoboth'', car, ainsi, de peur de mourir à cause d'elle, dit-il, l'Eternel nous a maintenant mis '"Et Abimélec dit : Qu'est-ce que tu au large, et nous prospérerons dans le nous as fait? Peu s'en est fallu que pays. quelqu'un du peuple n'ait couché avec -''Il remonta de là à Beer-Schéba. ta femme, et tu nous aurais rendus cou- -^L'Eternel lui apparut dans la nuit, et pables. "Alors Abimélec fit cette or- dit : Je suis le Dieu d'Abraham, ton a. Eseh signifie dispute. mot qui signifie largeur. b. Situa dérive d'un mot qui signifie ennemi, adversaire. c. Relioboth dérive d'un 27 Chap. 2G, ^5-27, is. GENESE. père; ne crains point, car je suis avec fils! Et il lui répondit : Me voici! ^Isaac toi; je te bénirai, et je multiplierai ta dit: Voici donc, je suis vieux, jene con- postérité, à cause d'Abraham, mon nais pas le jour de ma mort. ^Mainte- serviteur. ^^11 bâtit là un autel, invo- nant donc, je te prie, prends tes armes, qua le nom de rÉternel, et y dressa sa ton carquois et ton arc, va dans les tente. Et les serviteurs d'Isaac y creu- champs, et chasse-moi du gibier. *Fais- sèrent un puits. moi un mets comme j'aime, et ap- ^'^Abimélec vint de Guérar auprès de porte-le-moi à manger, afin que mon lui, avec Ahuzath, son ami, et Picol, àme te bénisse avant que je meure. chef de son armée. "Isaac leur dit : Pourquoi venez-vous vers moi, puis- que vous me haïssez et que vous m'a- vez renvoyé de chez vous? -^Ils répon- dirent : Nous voyons que l'Eternel est avec toi. C'est pourquoi nous disons : Qu'il y ait un serment entre nous, en- ^Rebecca écouta ce qu'Isaac disait à Esaii, son fils. Et Esaû s'en alla dans les champs, pour chasser du gibier et pour le rapporter. ^Puis Rebecca dit à Jacob, son fils : Voici, j'ai entendu ton père qui parlait ainsi à Esaû, ton frère : "Apporte-moi tre nous et toi, et que nous fassions du gibier, et fais-moi un mets que je alliance avec toi ! ^Mure que tu ne nous mangerai ; et je te bénirai devant l'E- feras aucun mal, de même que nous ne lernel avant ma mort. ^Maintenant, t'avons point maltraité, que nous t'a- mon fils, écoute ma voix à l'égard de vons fait seulement du bien, et que ce que je te commande. ^Va me pren- nous t'avons laissé partir en paix. Tu dreau troupeau deux bons chevreaux ; es maintenant béni de l'Eternel. ""Isaac j'en ferai pour ton père un metscomme leur fit un festin, et ils mangèrent et il aime; "et tu le porteras à manger à burent. " Ils se levèrent de bon matin, ton père, afin qu'il te bénisse avant et se lièrent l'un à l'autre par un ser- sa mort. "Jacob répondit à sa mère : ment. Isaac les laissa partir, et ils le Voici, Esaû, mon frère, est velu, et je quittèrent en paix. n'ai point de poil. '-Peut-être mon père '-Ce même jour, des serviteurs d'I- me touchera-t-il, et je passerai à ses saac vinrent lui parler du ]iuits qu'ils creusaient, et lui dirent : Nous avons trouvé de l'eau. '-'Et il l'appela Schiba. yeux pour un menteur, et je ferai ve- nir sur moi la malédiction, et non la bénédiction. ''Sa mère lui dit : Que C'est pourquoi on a donné à la ville le cette malédiction, mon fils, retombe nom de Beer-Schéba", jusqu'à ce jour, sur moi! Écoute seulement ma voix, '''Esaû, âgé de quarante ans, prit et va me les prendre. '■'Jacob alla les pour femmes Judith, fille de Beéri, le prendre, et les apporta à sa mère, qui Héthien, et Basmath , fille d'Elon, le fit un mets comme son père aimait. Héthien. '^ Elles furent un sujet d'à- '^Ensuite, Rebecca prit les vêtements mertume pour le cœur d'Isaac et de d'Esaû, son fils aîné, les plus beaux, Rebecca. qui se trouvaient à la maison, et elle les fit mettre à Jacob , son fils cadet. '^Elle couvrit ses mains de la peau des chevreaux, et son cou qui était sans poil. ''Et elle plaça dans la main de Ja- Jacob béni par son père Isaac. Chap. XXVII. ' Isaac devenait vieux, et ses yeux s'étaient affaiblis au cob, son fils, le mets et le pain qu'elle point qu'il ne voyait plus. Alors il ap- avait préparés. pela Ésaû, son fils aîné, et lui dit : Mon "*I1 vint vers son père, et dit : Mon a. Ueer-Schéba signifie puits du serment. Voy. 21, 3i. 28 GENESE. Chap. 27, w-3 ■39. pèro! Etisaac dit : Me voici ! quies-lu, le reconnut pas, parce que ses mains mon filsP'Uacob répondit à son père : étaient velues, comme les mains d'E- Je suis Esaii, ton lils aîné; j'ai fait ce saii, son frère; et il le bénit. **11 dit : que tu m'as dit. Lève-toi, je te prie, C'est toi qui es mon fils Esaii. Et Jacob assieds-toi, et mange de mon gibier, répondit: C'est moi. -^Isaac dit: Sers- afin que ton âme me bénisse. '-"Isaac moi, et (jue je mange du gibier de mon dit à son fils : Eh quoi! tu en as déjà fils, afin que mon àme te bénisse. Ja- trouvé, mon fds ! Et Jacob ré])onilit : cob le servit, et il mangea; il lui ap- C'est que l'Eternel, ton Dieu, l'a fait porta aussi du vin, et il but. venir devant moi. -'Isaac dit à Jacob : -^Alors Isaac, son père, lui dit : Ap- Approche donc, et que je te touche, proche donc, et baise-moi, mon fds. mon fds, pour savoir si tu es mon fds "Jacob s'approcha, et le baisa. Isaac Esaii, ou non. --Jacob s'approcha d'I- sentit l'odeur de ses vêtements; puis saac, son père, qui le toucha, et dit : il le bénit, et dit : ^'^oici, l'odeur de La voix est la voix de Jacob, mais les mon fds est comme l'odeur d'un champ mains sont les mains d'Esaii. -^11 ne que l'Eternel a béni. -*Que Dieu te donne de la rosée du ciel Et de la graisse de la terre. Du blé et du vin en abondance ! -"Que des peuples te soient soumis, Et que des nations se prosternent devant toi ! Sois le maître de tes frères. Et que les fils de ta mère se prosternent devant toi ! Maudit soit quiconque te maudira. Et béni soit quiconcpie te bénira. ^"Isaac avait fini de bénir Jacob, et père ! ^'^Isaac dit : Ton frère est venu Jacob avait à peine quitté son ])ère avec ruse, et il a enlevé ta bénédic- Isaac, cju'Esaii, son frère, revint de la tion. ^Milsaii dit : Est-ce parce (|u'on chasse. ^'11 fit aussi un mets, qu'il porta l'a appelé du nom de Jacob qu'il m'a à son père; et il dit à son père : Que siqiplanté deux fois"? 11 a enlevé mon mon père se lève et mange du gibier de droit d'aînesse, et A^oici maintenant son fds, afin que ton àme me bénisse! qu'il vient d'enlever ma bénédiction. ^-Isaac, son père, lui dit : Qui es-tu? Et Et il dit : N'as-tu point réservé de bé- il répondit: Je suis ton fds aîné, Esaii. nédiction pour moi? ^'Isaac répondit, '^Isaac fut saisi d'une grande, d'une et dit à l-lsaii : \'oici, je l'ai établi ton violente émotion, et il dit : Qui est maître, et je lui ai donné tous ses frè- donc celui cjui a chassé du gibier, et res pour serviteurs, je l'ai pourvu de me l'a apporté ? J'ai mangé de tout blé et de vin : que puis-je donc faire avant que tu vinsses, et je l'ai béni. pourtoi,monfils?'^Esaiiditàsonpère: Aussi sera-t-il béni. ^^ Lorsque Esau en- N'as-tu que cette seule bénédiction, tendit les paroles de son père, il poussa mon père ? Bénis-moi aussi, mon père ! de forts cris, pleins d'amertume, et il Et Esaii éleva la voix, et pleura.^'' Isaac, dit à son père : Bénis-moi aussi, mon son père, répondit, et lui dit : ^'oici ! Ta demeure sera privée de la graisse de la terre Et de la rosée du ciel, d'en haut. a. Voy. 25, 20. 29 Chap. 27, w-28, 15. GENESE. ■"■Tu vivras de ton épée, Et tu seras asservi à ton frère; Mais en errant librement çà et là, Tu briseras son joug de dessus ton cou. "Esaû conçut de la haine contre Ja- le pays où tu habites comme étranger, cob, à cause de la bénédiction dont et qu'il a donné à Abraham ! ^Et Isaac son père l'avait béni ; et Esaû disait en fit partir Jacob, qui s'en alla à Paddan- son cœur : Les jours du deuil de mon Aram, auprès de Laban, fils de Re- père vont approcher, et je tuerai Ja- thuel, l'Araméen, frère de Rebecca, cob, mon frère. *'^0n rapporta à Re- mère de Jacob et d'Esaii. becca les paroles d'Esaû, son fils aîné. *Esaû vit qu'Isaac avait béni Jacob, Elle fit alors appeler Jacob, son fils et qu'il l'avait envoyé à Paddan-Aram cadet, et elle lui dit : Voici, Ésaû, ton pour y prendre une femme, et qu'en frère, veut tirer vengeance de toi, en le bénissant il lui avait donné cet or- te tuant. ""^Maintenant, mon fils, écoute dre : Tu ne prendras pas une femme ma voix! Lève-toi, fuis chez Laban, parmi les filles de Canaan. 'Il vit que mon frère, à Gharan; "et reste auprès Jacob avait obéi à son père et à sa de lui quelque temps, jusqu'à ce que mère, et qu'il était parti pour Paddan- la fureur de ton frère s'apaise, *^jus- Aram. *Esau comprit ainsi que les fil- qu'à ce que la colère de ton frère se les de Canaan déplaisaient à Isaac, son détourne de toi, et qu'il oublie ce que père. ^Et Esaû s'en alla vers Ismaël. tu lui as fait. Alors je te ferai revenir. Pourquoi serais-je privée de vous deux en un même jour? **Rebecca dit à Isaac : Je suis dé- goûtée de la vie, à cause des filles de Heth. Si Jacob prend une femme, com- me celles-ci", parmi les filles de Ileth, Il prit pour femme, outre les femmes qu'il avait, Mahalath, fille d'Ismaël, fils d'Abi'aham, et sœur de Nebajoth. '"Jacob partit de Reer-Schéba, et s'en alla à Charan. "Il arriva dans un lieu, où il passa la nuit; car le soleil était couché. Il y prit une pierre, dont a vie; parmi les filles du pays, à quoi me sert il fit son chevet, et il se coucha dans ce lieu-là. '-Il eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voi- ci, les anges de Dieu montaient et des- cendaient par cette échelle. ''Et voici, l'Eternel se tenait au-dessus d'elle; et Fuite de Jacob en Mésopotamie. — Vision de l'échelle. Chap. XXVIII. 'Isaac appela Ja- cob, le bénit, et lui donna cet ordre : Tu ne prendras pas une femme parmi il dit : Je suis l'Éternel, le Dieu d'Abi-a- les filles de Canaan. ^Lève-toi, va à ham, ton père, et le Dieu d'Isaac. La Paddan-Aram, à la maison de Bethuel, terre sur laquelle tu es couché, je la père de ta mère, et prends-y une femme donnerai à toi et à ta postérité. '""Ta d'entre les filles de Laban, frère de ta postérité sera comme la poussière de mère. 'Que le Dieu tout-puissant te la terre; tu t'étendras à l'occident et à bénisse, te i-ende fécond et te multi- l'orient, au septentrion et au midiyet plie, afin que tu deviennes une multi- toutes les familles de la terre seront tude de peuples ! *Qu'il te donne la bénies en toi et en ta postérité. '^Voi- bénédiction d'Abraham, à toi et à ta ci, je suis avec toi, je te garderai par- postérité avec toi, afin que tu possèdes tout où tu ii"as, et je te ramènerai dans a. Ses belles-filles, femmes d'EsaU, 26, 31. 30 GENESE. Chap. â8, 16-29, 20. ce pays; car je ne t'abandonnerai point, voici Rachel, sa fille, qui vient avec le que je n'aie exécuté ce que je te dis. troupeau. 'Il dit : Voici, il est encore "Jacob s'éveilla de son sommeil, et grand jour, et il n'est pas temps de il dit: Certainement, l'Eternel est en rassembler les troupeaux; abreuvez ce lieu, et moi, je ne le savais pas ! '"Il les brebis, puis allez, et faites-les pai- ent peur, et dit : Que ce lieu est re- tre. ''Ils répondirent : Nous ne le pou- doutable ! C'est ici la maison de Dieu, vons pas, jusqu'à ce que tous les trou- c'est ici la poi'te des cieux ! "*Et Jacob peaux soient rassemblés ; c'est alors se leva de bon matin ; il prit la pierre qu'on roule la pierre de dessus l'ou- dont il avait fait son chevet, il ladres- verture du puits, et qu'on abreuve les sa pour monument, et il versa de l'huile sur son sommet. '^11 donna à ce lieu le nom de Béthel " ; mais la ville s'appe- lait auparavant Luz. -"Jacob fit un vœu, en disant : Si Dieu est avec moi et me brebis. ^ Comme il leur parlait encore, sur- vint Rachel avec le troupeau de son père ; car elle était bergère. '"Lorsque Jacob vit Rachel, fdle de Laban, frère garde pendant ce voyage que je fais, de sa mère, et le troupeau de Laban, s'il me donne du pain à manger et des frère de sa mère, il s'approcha, roula la habits pour me vêtir, -'et si je retourne pierre de dessus l'ouverture du puits, en paix à la maison de mon père, alors et abreuva le troupeau de Laban, frère l'Eternel seramonDieii; --cette pierre, de sa mère. "Et Jacob baisa Rachel, il que j'ai dressée pour monument, sera éleva la voix et pleura. '-Jacob apprit la maison de Dieu ; et je te donnerai la à Rachel qu'il était parent de son père, dîme de tout ce que tu me donneras, qu'il était fils de Rebecca. Et elle cou- rut l'annoncer à son père. '^Dès que Laban eut entendu parler de Jacob, fils de sa sœur, il courut au-devant de lui, Chap. A'AY.V. 'Jacob se mit en il l'embrassa et le baisa, et il le fit ve- marche, et s'en alla au pays des fils de nir dans sa maison. Jacob raconta à l'Orient. -Il regarda. Et voici, il y avait Laban toutes ces choses. '*Et Laban lui un puits dans les champs; et voici, il dit : Certainement, tu es mon os et ma Jacob c/iez Laban. — Léa et Rachel. Les enfants de Jacob. y avait à côté trois troupeaux de bre- bis qui se reposaient, car c'était à ce puits qu'on abreuvait les troupeaux. Et la pierre sur l'ouverture du puits chair. Jacob demeura un mois chez Laban. '^Puis Laban dit à Jacob : Parce que tu es mon parent, me serviras-tu pour était grande. ^Tous les troupeaux se rien ? Dis-moi c[uel sera ton salaire ? rassemblaient là; on roulait la pierre '*0r, Laban avait deux filles : l'aînée de dessus l'ouverture du puits, on s'appelait Léa, et la cadette Rachel. abreuvait les troupeaux, et l'on remet- '"Léa avait les yeux délicats ; mais Ra- tait la pierre à sa place sur l'ouverture chel était belle de taille et belle de figure. "*Jacob aimait Rachel, et il dit: Je te servirai sept ans pour Rachel, ta fille cadette. ''Et Laban dit : J'aime mieux te la donner que de la donner à un autre homme. Reste chez moi ! -"Ainsi Jacob servit sept années pour Rachel ; et elles furent à ses yeux du puits. ■•Jacob dit aux bergers d'où êtes-vous ? Ils répondirent Mes frères, s repondirent : Nous sommes de Charan. ^11 leur dit : Con- naissez-vous Laban , fils de Nachor ? Ils répondirent : Nous le connaissons. ^11 leur dit : Est-il en bonne santé ? Ils répondirent : Il est en bonne santé; et comme quelques jours, parce qu'ill'ai- a, Bethel signifie maison de Dieu. 31 Chap. 29, 21-30, 15. GENESE. mait. ^'Ensuite Jacob dit à Laban : Donne-moi ma femme, car mon temps est accompli; et j'irai vers elle. -'^La- ban réunit tous les gens du lieu, et fit un festin. -^Le soir, il prit Léa, sa fille, et l'amena vers Jacob, qui s'approcha d'elle. -*Et Laban donna pour servante à Léa, sa fille, Zilpa, sa servante. '^^Le lendemain matin, voilà que c'é- tait Léa. Alors Jacob dit à Laban : Qu'est-ce que tu m'as fait ? N'est-ce pas pour Rachel que j'ai servi chez toi ? Pourquoi m'as-tu trompé ? -* Laban dit : Ce n'est point la coutume dans ce lieu de donner la cadette avant l'aînée. ^'Achève la semaine avec celle-ci, et nous te donnerons aussi l'autre pour le service que tu feras encore chez moi pendant sept nouvelles années. "-^Jacob fit ainsi, et il acheva la semaine avec Léa ; puis Laban lui donna jiour femme Rachel, sa fille. -"Et Laban donna pour servante à Rachel, sa fille, Bilha, sa servante. ^"Jacob alla aussi vers Rachel, qu'il aimait plus que Léa ; et il servit encore chez Laban pendant sept nouvelles années. ^'L'Eternel vit que Léa n'était pas aimée; et il la rendit féconde, tandis que Rachel était stérile. ''-Léa devint enceinte, et enfanta un fils, à qui elle donna le nom de Ruben " ; car elle dit : L'Eternel a vu mon humiliation, et maintenant mon mari m'aimera. ^''Elle devint encore enceinte, et enfanta un fils, et elle dit : L'Éternel a entendu que je n'étais pas aimée, et il m'a aussi accordé celui-ci. Et elle lui donna le nom de Siméon*. ^■'Elle devint encore enceinte, et enfanta un fils, et elle dit : Pour cette fois, mon mari s'attachera à moi; car je lui ai enfanté trois fils. C'est pourc[uoi on lui donna le nom de Lévi''. ^''EUe devint encore enceinte, et enfanta un fils, et elle dit : Cette fois, je louerai l'Eternel. C'est pour- quoi elle lui donna le nom de Juda'^. Et elle cessa d'enfanter. Chap. A'.YA. 'Lorsque Rachel vit qu'elle ne donnait point d'enfants à Jacob, elle porta envie à sa sœur, et elle dit à Jacob : Donne-moi des en- fants, ou je meurs ! -La colère de Jacob s'enflamma contre Rachel, et il dit : Suis-je à la place de Dieu, qui t'em- pêche d'être féconde ? ^Elle dit : Voici ma servante Bilha ; va vers elle ; qu'elle enfante sur mes genoux, et que par elle j'aie aussi des fils. ''Et elle lui donna pour femme Bilha, sa servante; et Jacob alla vers elle. ^Bilha devint enceinte, et enfanta un fils à Jacob. "Rachel dit : Dieu m'a rendu justice, il a entendu ma'voix, et il m'a donné un fils. C'est pourquoi elle l'appela du nom de Dan''. 'Bilha, servante de Ra- chel, devint encore enceinte, et en- fanta un second fils à Jacob. * Rachel dit : J'ai lutté divinement contre ma sœur, et j'ai vaincu. Et elle l'appela du nom de Nephthali f. "Léa, voyant qu'elle avait cessé d'en- fanter, prit Zilpa, sa servante, et la donna pour femme à Jacob. '"Zilpa, servante de Léa, enfanta un fils à Ja- cob. "Léa dit : Quel bonheur ! Et elle l'appela du nom de Gad<^. '-Zilpa, ser- vante de Léa, enfanta un second fils à Jacob. "Léa dit : Que je suis heureuse ! car les filles me diront heureuse. Et elle l'appela du nom d'Aser''. "Ruben sortit au temps de la mois- son des blés, et trouva des mandra- gores ' dans les champs. Il les apporta à Léa, sa mère. Alors Rachel dit à Léa : Donne-moi, je te prie, des mandra- gores de ton fils. '^Elle lui répondit : Est-ce peu que tu aies pris mon mari, pour que tu prennes aussi les man- - a, Ruben dérive de deux mots qui siguificnt voyez un fîh ! h. Sinicon. d'un mot qui sif^nifie entendre, exaucer. c. Lét'i^ d'un mot qui sig-nifie s'attacher. d, Juda, de doux mots qui signilient louan<^e de l'Eier- net. e. Dan. d'un mot qui sif^nifio jti^er. rendre justice. f. yepidliatl. d'un mut qui signifie lutter. g. Gad siji^nifie honlieur. h. .iser signilie Iteureus. i. Mandragores, nom d'une plante. 32 GENESE. Chap. 30, të-'d. drapores de mon fils ? Et Rachcl dit : Jacob répondit : Tu ne me donneras YA\ bien ! il couchera avec toi cette rien. Si tu consens à ce que je vais te nuit ])our les mandragores de ton fds. dire, je ferai paître encore ton trou- '^Le soir, comme Jacob revenait des peau et je le garderai. ^*Je parcourrai champs, Léa sortit à sa rencontre, et aujourd'hui tout ton troupeau; mets à dit : C'est vers moi que tu viendras, part parmi les brebis tout agneau ta- car je t'ai acheté pour les mandragores cheté et marqueté et tout agneau noir, de mon fils. Et il coucha avec elle cette et parmi les chèvres tout ce qui est nuit. '"Uieu exauça Léa, qui devint en- marqueté et tacheté. Ce sera mon sa- ceinte, et enfanta un cinquième fils à laire. '^Ma droiture répondra pour moi Jacob. "*Léa dit: Dieu m'adonne mon demain, cjuand tu viendras voir mon salaire, parce que j'ai donné ma ser- salaire; tout ce qui ne sera pas tacheté vante à mon mari. Et elle l'appela du et marqueté parmi les chèvres, et noir nom d'Issacar". '^Léa devint encore parmi les agneaux, ce sera de ma part enceinte, et enfanta un sixième fils à un vol. ''Laban dit : Eh bien ! qu'il en Jacob. -"Léa dit : Dieu m'a fait un beau soit selon ta parole. ^^Ce même jour il don; cette fois mon mari habitera avec mit à part les boucs rayés et marque- moi, car je lui ai enfanté six fils. Et elle tés, toutes les chèvres tachetées et l'appela du nom de Zabulon*. -'En- marquetées, toutes celles où il y avait suite, elle enfanta une fille, qu'elle du blanc, et tout ce qui était noir par- appela du nom de Dina. mi les brebis. Il les remit entre les "DieusesouvintdeRacheLill'exau- mains de ses fils. ='^Puis il mit l'espace ça, et il la rendit féconde. -•'Elle devint de trois journées de chemin entre lui enceinte, et enfanta un fils, et elle dit : et Jacob; et Jacob fit paître le reste du Dieu a enlevé mon opprobre. -''Et elle trou|:)cau de Laban. lui donna le nom de Joseph'', en di- ^^Jacob prit des branches vertes de sant : (^)ue l'Eternel m'ajoute un autre jjeuplier, d'amandier et de platane; il fils ! y pela des bandes blanches, mettant à -'Lorsque Rachel eut enfanté Joseph, nu le blanc qui était sur les branches. Jacob dit à Laban : Laisse-moi partir, ■*'*Puis il plaça les branches, qu'il avait pour que je m'en aille chez moi, dans pelées, dans les auges, dans les abreu- mon })ays. -*Donne-moi mes femmes voirs, sous les yeux des brebis qui ve- et mes enfants, pour lesquels je t'ai naient boire, pour qu'elles entrassent servi, et je m'en irai ; car tu sais quel en chaleur, en venant boire. ^^Les bre- service j'ai fait pour toi. -'Laban lui bis entraient en chaleur près des bran- dit : Puissé-je trouver grâce à tes yeux ! ches, et elles faisaient des petits rayés. Je vois bien que l'Eternel m'a béni à tachetés et marquetés. ''"Jacob sé|)arait cause de toi; '*'fixe-moi ton salaire, et les agneaux, et il mettait ensemble ce je te le donnerai. -^Jacob lui dit : Tu (|ui était rajé et tout ce qui était noir sais comment je t'ai servi, et ce qu'est dans le troupeau de Laban. 11 se fit devenu ton troupeau avec moi; ^"car ainsi des troupeaux à part, qu'il ne le peu que tu avais avant moi s'est réunit point au troupeau de Laban. beaucoup accru, et l'Éternel t'a béni '"Toutes les fois que les brebis vigou- sur mes pas. Maintenant, quand tra- reuses entraient en chaleur, Jacob pla- vaillerai-je aussi pour ma maison ? çait les branches dans les auges, sous ''Laban dit : Que te donnerai-jc? Et les yeux des brebis, pour qu'elles en- n. Issncar. d'un mot qui signifie sa/aire, recompense. b. ZahuUin. d'un mot qui signifie habiter. c. Jo.ie/i/i peut dériver d'un mot qui signifie ajouter, ou d'un mot qui signifie enlever. 33 3* Chap. 30, 1,2-31, 25. GENESE trassent en chaleur près des branches. *^ Quand les brebis étaient chétives, il ne les plaçait point; de sorte que les chétives étaient pour Laban, et les vi- goureuses pour Jacob. ''•''Cet homme devint de plus en plus riche; il eut du menu bétail en abon- dance, des servantes et des serviteurs, des chameaux et des ânes. Départ de Jacob pour Canaan. — Poursuite de Laban. — Message auprès d'Esaii. — Lutte de Jacob. — Réconciliation avec Esail. — Arrivée en Canaan. — Dina elles Sichémites. — Retour de Jacob chez son père. — Mort d'Isaac. Chap. XXXI. 'Jacob entendit les propos des fils de Laban, qui disaient : Jacob a pris tout ce qui était à notre père, et c'est avec le bien de notre père qu'il s'est acquis toute cette richesse. ^Jacob remarqua aussi le visage de La- ban ; et voici, il n'était plus envers lui comme aupai'avant. 'Alors l'Éternel dit à Jacob : Re- tourne au pays de tes pères et dans ton lieu de naissance, et je serai avec toi. ^Jacob fit appeler Rachel et Léa, qui étaient aux champs vers son trou- peau. ^11 leur dit : Je vois, au visage de votre père, qu'il n'est plus envers moi comme auparavant; mais le Dieu de mon père a été avec moi. ^Vous sa- vez vous-mêmes que j'ai servi votre père de tout mon pouvoir. 'Et votre père s'est joué de moi, et a changé dix fois mon salaire ; mais Dieu ne lui a pas permis de me faire du mal. * Quand il disait : Les tachetées seront ton sa- laire, toutes les brebis faisaient des petits tachetés. Et quand il disait: Les rayés seront ton salaire, toutes les bre- bis faisaient des petits rayés. ^Dieu a pris à votre père son troupeau, et me l'a donné. '°Au temps où les brebis entraient en chaleur, je levai les yeux, et je vis en songe que les boucs qui a. Idules duuiesliques, ayant la forme de âiatues. couvraient les brebis étaient rayés, ta- chetés et marquetés. "Et l'ange de Dieu me dit en songe : Jacob ! Je ré- pondis : Me voici ! '-Il dit : Lève les yeux, et regarde : tous les boucs qui couvrent les brebis sont rayés, tache- tés et marquetés; car j'ai vu tout ce que te fait Laban. '•''Je suis le Dieu de Béthel, où tu as oint un monument, où tu m'as fait un vœu. Maintenant, lève-toi, sors de ce pays, et retourne au pays de ta naissance. '■'Rachel et Léa répondirent, et lui dirent : Avons-nous encore une part et un héritage dans la maison de notre père? '^Ne sommes-nous pas regar- dées par lui comme des étrangères, ])uisqu'il nous a vendues, et qu'il a manaé notre argent ? '^ Toute la ri- chesse que Dieu a ôtée à notre père appartient à nous et à nos enfants. Fais maintenant tout ce que t'a dit Dieu. '"Jacob se leva, et il fit monter ses enfants et ses femmes sur les cha- meaux. '*11 emmena tout son troupeau et tous les biens qu'il possédait, le troupeau qui lui appartenait, qu'il avait acquis à Paddan-Aram ; et il s'en alla vers Isaac, son père, au pays de Canaan. "Tandis que Laban était allé tondre ses brebis, Rachel déroba les théraphim" de son père; ^"et Jacob trompa Laban, l'Araméen, en ne l'a- vertissant pas de sa fuite. *'I1 s'enfuit, avec tout ce qui lui appartenait; il se leva, traversa le fleuve, et se dirigea vers la montagne de Galaad. "Le troisième jour, on annonça à Laban que Jacob s'était enfui. -'11 prit avec lui ses frères, le poursuivit sept journées de marche, et l'atteignit à la montagne de Galaad. -■'Mais Dieu ap- parut la nuit en songe à Laban, l'Ara- méen, et lui dit : Garde-toi de parlera Jacob ni en bien ni en mal! '"Laban atteignit donc Jacob. Jacob avait dressé sa tente sur la montagne ; Laban dressa 34 GENESE. Clin p. SI, ■2ti-'i0. aussi la sienne, avec ses frères, sur la qu'as-tu trouvé des effets de la mai- montagne de Galaad. son ? Produis-le ici devant mes frères "Alors Laban tlit à Jacob : (^u'as tu et tes frères, et qu'ils ])rononcent en- fait? Pounjuoi m'as-tu trompé, et em- tre nous deux, ^'*^'oilà vingt ans que mènes-tu mes filles comme des cap- j'ai passés chez toi; tes brebis et tes tives par l'épée ? "Pourquoi as-tu piis chèvres n'ont point avorté, et je n'ai la fuite en cachette, m'as-tu trompé, ])oint mangé les béliers de ton trou- et ne m'as-tu point averti ? Je t'aurais ])eau. ^'■'Je ne t'ai point rajjjjorté de aissé partir au milieu des réjouissan- bétes déchirées, j'en ai payé le dom- ces et des chants, au son du tambou- rin et de la harpe. -*'Tu ne m'as pas permis d'embrasser mes lils et mes filles ! C'est en insensé que tu as agi. -'■'Ma main est assez forte pour vous faire du mal; mais le Dieu de votre mage; tu me redemandais ce qu'on me volait de jour et ce qu'on me volait de nuit. '"La chaleur me dévorait pen- dant le jour, et le froid pendant la nuit, et le sommeil fuyait de mes yeux. "Voilà vingt ans que j'ai passés dans braham, celui que craint Isaac, tu m'aurais maintenant renvoyé à vide. Dieu a vu ma souffrance et le travail de mes mains, et hier il a prononcé ])ère m'a dit hier : Garde-toi de parler ta maison; je t ai servi quatorze ans à Jacob ni en bien ni en mal! ™Main- ])our tes deux filles, et six ans pour tenant que tu es parti, parce que tu ton troupeau, et tu as changé dix fois languissais après la maison de ton mon salaire. "Si je n'eusse ]ias eu jiour père, pourquoias-tudérobémesdieux? moi le Dieu de mon père, le Dieu d'A- ^' Jacob répondit, et dit à Laban : J'avais de la crainte à la pensée que tu m'enlèverais peut-être tes filles. '-Mais périsse celui auprès duquel tu trouveras tes dieux ! En présence de son jugement. nos frères, examine ce qui t'appartient '''Laban répondit, et dit à Jacob: chez moi, et prends-le. Jacob ne sa- Ces filles sont mes filles, ces enfants vait pas que Rachel les eût dérobés, sont mes enfants, ce troupeau est mon ''Laban entra dans la tente de Jacob, troupeau, et tout ce que tu vois est à dans la tente de Léa, dans la tente des moi. Et que puis-je faire aujourd'hui deux servantes, et il ne trouva rien. Il pour mes filles, ou pour leurs enfants sortit de la tente de Léa, et entra dans (pi'elles ont mis au monde? "Viens, la tente de Rachel. '•'Rachel avait pris faisons alliance, moi et toi, et que cela les théraphim, les avait mis sous le serve de témoignage entre moi et toi ! bât du chameau, et s'était assise des- ''^Jacob prit une pierre, et il la dressa sus. Laban fouilla toute la tente et ne ])our monument. ^'^Jacob dit à ses trouva rien. '^EUe dit à son |)ère : Que frères : Ramassez des pierres. Ils pri- mon seigneur ne se fâche point, si je rent des jiierres, et firent un monceau ; ne puis me lever devant toi, car j'ai ce et ils mangèrent là sur le monceau, qui est ordinaire aux femmes. Il cher- ''"Laban l'ajjpela Jegar-Sahadutha", et cha, et ne trouva ])oint les théraphim. Jacob l'appela Galed*. ^'^Laban dit: '^Jacob s'irrita, et querella Laban. Il Que ce monceau serve aujourd'hui de reprit la parole, et lui dit : Q)uel est témoignage entre moi et toi ! C'est mon crime, quel est mon péché, que ])our(|uoi on lui a donné le nom de tu me poursuives avec tant d'ardeur ? Galed. ''"On l'appelle aussi Mitsi)a<", '"Quand tu as fouillé tous mes effets, parce que Laban dit: Que l'Eternel a. Je^ar-SaJiaduilia signifie en aranif-en monceau du témoii^nai^r. h. fja!eour faire paître le troupeau de leur père, '^Israël dit à Joseph : Tes frères ne font-ils pas paître le troupeau à Sichem ? Viens, je veux t'envoyer vers eux. Et il répondit : Me voici ! '* Israël lui dit : Va, je te prie, et vois si tes frères sont en bonne santé et si le trou- peau est en bon état ; et tu m'en appor- teras des nouvelles. Il l'envoya ainsi de la vallée d'IIébron; et Jose|)h alla à Sichem. '^Un homme le rencontra, comme il errait dans les champs. 11 le questionna, en disant : Que cherches- tu? '^Joseph répondit : Je cherche mes frères; dis-moi, je te prie, où ils font paître leur troupeau. '"Et l'hommedit : Ils sont partis d'ici ; car je les ai en- tendus dire : Allons à Dothan. Joseph alla après ses frères, et il les trouva à Dothan. '*Ils le virent de loin ; et, avant qu'il fût près d'eux, ils complotèrent de le faire mourir. ''Ils se dirent l'un à l'au- tre : Voici le faiseur de songes, qui ar- rive. -"Venez maintenant, tuons-le, et jetons-le dans une des citernes; nous dirons qu'une bète féroce l'a dévoré, et nous verrons ce que deviendront ses songes. ^'Ruben. entendit cela, et il le délivra de leurs mains. Il dit : Ne lui ôtons pas la vie. '--Ruben leur dit : Ne répandez point de sang; jetez-le dans cette citerne qui est au désert, et ne mettez ])as la main sur lui. Il avait des- sein de le délivrer de leurs mains, pour le faire retourner vers son père. -''Lorsque Joseph fut arrivé auprès de ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, de la tunique de plusieurs couleurs qu'il avait sur lui. -^Ils le pri- rent et le jetèrent dans la citerne. Cette citerne était vide : il n'y avait point d'eau. -^ Ils s'assirent ensuite pour man- ger. Ayant levé les yeux, ils virent une caravane d'Ismaélites venant de Ga- laad; leurs chameaux étaient chargés d'aromates, de baume et de myrrhe, qu'ils transjiortaient en Egypte. -^Alors Juda dit à ses frères : Oue ffae'nerons- nous à tuer notre frère et à cacher son sang? -'Venez, vendons-le aux Ismaé- lites, et ne mettons pas la main sur lui, car il est notre frère, notre chair. Et ses frères l'écoutèrent. -*Au passage des marchands Madianites, ils tirèrent et firent remonter Joseph hors de la ci- terne ; et ils le vendirent pour vingt si- cles d'argent aux Ismaélites, qui l'em- menèrent en Egypte. '-"Ruben revint à la citerne; et voici, Joseph n'était plus dans la citerne. Il déchira ses vêtements, ^"retourna vers ses frères, et dit : L'enfant n'y est plus ! Et moi, où irai-je?^' Ils prirent alors la tunique de Jose])h ; et ayant tué un bouc, ils plongèrent la tunique dans le sang. ^^Ils envoyèrent à leur père la tu- nique de plusieurs couleurs, en lui fai- sant dire : Voici ce que nous avons trouvé! reconnais si c'est la tunique de ton fils, ou non. 1 42 GENESE. Chap. 37,'J3-38,: ^Macol) la reconnut, et dit : C'est la tuniciiie de mon fils! une bête féroce Ta dévoré ! Joseph a été mis en pièces ! ^*Et il déchira ses vêtements, il mit un sac sur ses reins, et il porta longtemps le deuil de son lîls. ^^Tous ses fils et toutes ses filles vinrent pour le conso- ler : mais il ne voulut recevoir aucune consolation. 11 disait : C'est en pleurant (pie je tlescendrai vers mon fils au sé- jour des morts! Et il pleurait son fils. '"^Les Madianites le vendirent en Egypte à Potiphar, officier de Pha- raon, chef des gardes. Chap. XXXVIII. 'En ce temps-là, Juda s'éloigna de ses frères, et se re- tira versun hommed'Adullam, nommé Ilira. -Là, .Juda vit la fille d'un Cana- néen, nommé Schua ; il la prit pour femme, et alla vers elle, ''l'allé devint enceinte, et enfanta un fils, qu'elle ap- ])ela Er. ^Elle devint encore enceinte, et enfanta un fils, qu'elle appela Onan. ''Elle enfanta de nouveau un fils, qu'elle appela Schéla ; Juda était à Czib, quand elle l'enfanta. Muda prit pour Er, son premier-né, une femme nommée Tamar. 'Er, pre- mier-né de Juda, était méchant aux yeux de l'Eternel; et l'Eternel le fit mourir. ^\lors Juda dit à Onan : Va vers la femme de ton frère, prends-la, comme beau-frère, et suscite une pos- térité à ton frère. 'Onan, sachant que cette postérité ne serait pas à lui, se souillait à terre lorsqu'il allait vers la femme de son frère, afin de ne pas don- ner de postérité à son frère. '"Ce qu'il faisait déplut à l'Éternel, qui le fit aussi mourir. "Alors Juda dit à Ta- mar, sa belle-fille : Demeure veuve '- Les jours s'écoulèrent, et la fille de Schua, femme de Juda, mourut. Lors- que Juda fut consolé, il montaàThim- na, vers ceux qui tondaient ses brebis, lui et son ami Ilira, l'Adullamite. '^On en informa Tamar, et on lui dit : Voici ton beau-père c[ui monte à Thimna pour tondre ses brebis. '''Alors elle ùta ses habits de veuve, elle se couvrit d'un voile et s'enveloppa, et elle s'assit à l'entrée d'Enaïm, sur le chemin de Thimna ;carelle voyait que Schéla était devenu grand, et qu'elle ne lui était point donnée pour femme. '^Juda la vit, et la prit pour une pros- tituée, parce qu'elle avait couvert son visage. '"11 l'aborda sur le chemin, et dit : Laisse-moi aller vers toi. Car il ne connut pas que c'était sa belle-fille. Elle dit : Que me donneras-tu pour ve- nir vers moi? '"Il répondit: Je t'enver- rai un chevreau de mon troupeau. Elle dit : Me donneras-tu un gage, jusqu'à ce que tu l'envoies? '''Il répondit : Quel gage te donnerai-je? Elle dit : Ton ca- chet, ton cordon, et le bâton que tuas à la main. Il les lui donna. Puis il alla vers elle; et elle devint enceinte de lui. '"Elle se leva, et s'en alla; elle ùta son voile, et remit ses habits de veuve. '-"Juda envoya le chevreau par son ami l'Adullamite, pour retirer le gage des mains de la femme. Mais il ne la trouva point. -'Il interrogea les gens du lieu, en disant : Où est cette pros- tituée qui se tenait à Enaïm, sur le chemin ? Ils répondirent : II n'y a point eu ici de prostituée. -^11 retourna au- près de Juda, et dit : Je ne l'ai pas trouvée, et même les gens du lieu ont dit : Il n'y a point eu ici de prostituée. -^Juda dit : Qu'elle garde ce qu'elle a ! dans la maison de ton père, jusqu'à ce Ne nous exposons pas au mépris. Voi- (pie Schéla, mon fils, soit grand. Il |)arlait ainsi dans la crainte que Schéla ne mourût comme ses frères. Tamar s'en alla, et elle habita dans la maison de son père. ci, j'ai envoyé ce chevreau, et tu ne l'as ]ias trouvée. -^Environ trois mois a|)rès, on vint dire à Juda : Tamar, ta belle-fille, s'est prostituée, et même la voilà enceinte 43 Chap. 38,i5-S9,K 19. GENESE. à la suite de sa prostitution. Et Juda soit aux champs. "Il abandonna aux dit : Faites-la sortir, et qu'elle soit brûlée. ^^Comme on l'emmenait de- hors, elle fit dire à son beau-père : C'est de l'homme à qui ces choses ap- partiennent que je suis enceinte; re- connais, jeté prie, à qui sont ce cachet, ces cordons et ce bâton, '".luda les re- femme de son maître porta les yeux connut, et dit : Elle est moins coupa- sur .loseph, et dit : Couche avec moi ! mains de .Joseph tout ce qui lui appar- tenait, et il n'avait avec lui d'autre soin que celui de prendre sa nourriture. Or, .Joseph était beau de taille et beau de figure. ^Aprcs ces choses il arriva que la ^11 refusa, et dit à la femme de son maître : Voici, mon maître ne prend avec moi connaissance de rien dans la maison, et il a remis entre mes mains tout ce qui lui ajipartient. '■'Il n'est pas plus grand que moi dans cette maison, n'v avait là aucun des gens de la mai- son, *"-elle le saisit par son vêtement, en disant : Couche avec moi ! Il lui laissa son vêtement dans la main et s'enfuit au dehors. '''Lorsqu'elle vit qu'il lui avait laissé son vêtement dans ble que moi, puisque je ne l'ai pas donnée à Schéla, mon fils. Et il ne la connut plus. "Quand elle fut au moment d'accou- cher, voici, il y avait deux jumeaux dans son ventre. -''Et pendant l'accou- chement il yen eut un qui présenta la et il ne m'a rien interdit, excepté toi, main ; la sage-femme la prit, et y atta- parce que tu es sa femme. Gomment cha un fil cramoisi en disant : Celui-ci ferais-je un aussi grand mal et péche- sort le premier. '-'-'Mais il retira la main, rais-je contre Dieu ? '"Quoiqu'elle par- et son frère sortit. Alors la sage-femme làt tous les jours à Joseph, il refusa de dit : Quelle brèche tu as faite ! Et elle coucher au])rès d'elle, d'être avec elle, lui donna le nom de Pcrets ". ''"Ensuite "Un jour qu'il était entré dans la mai- sortit son frère, qui avait à la main le son pour faire son ouvrage, et qu'il fil cramoisi; et on lui donna le nom de Zérach*. Josep/i en Egypte. Chap. XYA7A'. 'On fit descendre Joseph en Egypte ; et Potiphar, officier de Pharaon, chef des gardes, Egyp- la main, et qu'il s'était enfui dehors, tien, l'acheta des Ismaélites qui l'y '''elle appela les gens de sa maison, et avaient fait descendre. ^L'Éternel fut leur dit : Voyez, il nous a amené un avec lui, et la prospérité l'accompa- Hébreu pour se jouer de nous. Cet gna; il habitait dans la maison de son homme est venu vers moi pour cou- maître, l'Egyptien. ^Son maître vit que cher avec moi ; mais j'ai crié à haute l'Éternel était avec lui, et que l'Eter- Aoix. '^Et quand il a entendu que j'é- nel faisait prospérer entre ses mains levais la voix et que je criais, il a laissé tout ce cju'il entreprenait. *Joseph trou- son vêtement à côté de moi et s'est va grâce aux yeux de son maître, qui enfui dehors. "'Etelle posa le vêtement l'employa à son service, l'établit sur de Joseph â côté d'elle, jusqu'à ce que sa maison, et lui confia tout ce qu'il son maître rentrât à la maison. '"Alors possédait. ^Dès que Potiphar l'eut éta- elle lui parla ainsi : L'esclave hébreu bli sur sa maison et sur tout ce qu'il que tu nous a amené est venu vers moi possédait, l'Eternel bénit la maison de pour se jouer de moi. '^Et comme j'ai l'Egyptien, à cause de Joseph; et la élevé la voix et que j'ai crié, il a laissé bénédiction de l'Eternel fut sur tout son vêtement à côté de moi et s'est ce qui lui appartenait, soit à la maison, enfui dehors. ''Après avoir entendu les a. Pérets signifie brèche, oiwerturc. b. Zeravh signifie éclat, rai/onnement. 44 GENESE. Chap. 3 9, 20-40, iO. paroles de sa femme, qui lui disait : Voilà ce que m'a fait ton esclave ! le maître de Joseph fut enflammé de co- lère. -"11 prit .loseph et le mit dans la jirison, dans le lieu où les jirisonniers ilu roi étaient enfermés : il fut là en ])rison. -'L'Eternel fut avec Joseph, et il étendit sur lui sa bonté. Il le mit en faveur aux yeux du chef de la prison. "Et le chef de la prison plaça sous sa surveillance tous les prisonniers qui étaient dans la prison; et rien ne s'y faisait que ])ar lui. -^Le chef de la pri- son ne prenait aucune connaissance de ce que Joseph avait en main, parce (pie l'Éternel était avec lui. l*]t l'Eter- nel donnait de la réussite à ce qu'il faisait. Chap. XL. 'Après ces choses, il arriva tjue l'échanson et le panetierdu roi d'Egypte offensèrent leur maître, le roi d'Egypte. -Pharaon fut irrité con- tre ses deux officiers, le chef des échan- sonsct le chef des panetiers. ^Et il les lit mettre dans la maison du chef des gardes, dans la prison dans le lieu où Joseph était enfermé. *Le chef des gardes les plaça sous la surveillance de Joseph, qui faisait le service auprès d'eux ; et ils passèrent un certain temps (Ml prison. ^Pendant une même nuit, l'échanson et le panetier du roi d'Egypte, qui étaient enfermés dans la prison, eurent tous les deux un songe, chacun le sien, ]iouvant recevoir une explication dis- tincte. ^Joseph, étant venu le matin vers eux, les regarda; et voici, ils étaient tristes. ^Alors il questionna les officiers de Pharaon, (jui étaient avec lui dans la prison de son maître, et il leur dit : Pouixpioi avez-vous mauvais visage aujourd'hui? ^'lls lui répondi- rent : Nous avons eu un songe, et il n'yajiersonnepourl'explicjuer. Joseph leur dit : N'est-ce pas à Dieu qu'appar- «. Ph:ir;K>ii fora cesser ton étal d'abattement. tiennent les explications? Racontez- moi donc votre songe. "Le chef des échansons raconta son songe à Joseph, et lui dit : Dans mon songe, voici, il y avait un cep devant inoi. '"Ce cep avait trois sarments. Ouand il eut poussé, sa fleur se déve- loppa, et ses grappes donnèrent des raisins mûrs. "La coupe de Pharaon était dans ma main. Je pris les raisins, je les pressai dans la coupe de Pha- raon, et je mis la coupe dans la main de Pharaon. '-Joseph lui dit : En voici l'explication. Les trois sarments sont trois jours. '^Encore trois jours, et Pharaon relèvera ta tète", et te réta- blira dans ta charge; tu mettras la coupe dans la main de Pharaon , comme tu en avais l'habitude lorscpie tu étais son échanson. "Mais souviens-toi de moi, cpiand tu seras heureux; et mon- tre, je te prie, de la bonté à mon égard ; parle en ma faveur à Pharaon, et fais- moi sortir de cette maison. '^Car j'ai été enlevé du pays des Hébreux, et ici même je n'ai rien fait pour être mis en prison. '^Le chef des panetiers, voyant que Jose|ih avait donné une explication fa- vorable, dit : Voici, il y avait aussi, dans mon songe, trois corbeilles de pain blanc sur ma tête. '"Dans la cor- beille la plus élevée il y avait pour Pharaon des mets de toute espèce, cuits au four; et les oiseaux les man- geaient dans la corbeille au-dessus de ma tête. '^Joseph répondit, et dit : En voici l'explication. Les trois corbeilles sont trois jours. '^Encore trois jours, et Pharaon enlèvera ta tète de dessus toi, te fera pendre à un bois, et les oi- seaux mangeront ta chair. -"Le troisième jour, jour de la nais- sance de Pharaon, il fit un festin à tous ses serviteurs; et il éleva la tète du chef des échansons et la tête du chef des panetiers, au milieu de ses servi- 45 Chap. iO,2i-il,Ti. GENESE. teurs : '-'il rétablit le chef des échan- '"Les choses sont arrivées selon l'expli- sons dans sa charge d'échanson, j)our cation qu'il nous avait donnée. Pha- qu'il mît la coupe dans la main de Pha- raon me rétablit dans ma charge, et il i-aon; -mais il fit pendre le chef des fit pendre le chef des panetiers. panetiers, selon l'explication que .Jo- seph leur avait donnée. -''Le chef des échansons ne pensa plus à Joseph. Il l'oublia. Chap. XLI. ' Au bout de deux ans, Pharaon eut un songe. Voici, il se te- nait près du fleuve. -Et voici, sept va- ches belles à voir et grasses de chair montèrent hors du fleuve, et se mirent à paître dans la prairie. 'Sept autres vaches laides à voir et maigres de chair montèrent derrière elles hors du fleuve, et se tinrent à leurs côtés sur le bord du fleuve. ''Les vaches laides à voir et maigres de chair mangèrent les sept vaches belles à voir et grasses de chair. Et Pharaon s'éveilla. ^11 se rendormit, et il eut un second songe. Voici, sept épis gras et beaux montèrent sur une même tige. ^Et sept épis maigres et brûlés par le vent d'o- rient poussèrent après eux. "Les épis maigres engloutirent les sept épis gras et pleins. Et Phai'aon s'éveilla. Voilà le songe. ^Le matin. Pharaon eut l'esprit agi- té, et il fit appeler tous les magiciens et tous les sages de l'Egypte. Il leur raconta ses songes. Mais personne ne put les expliquer à Pharaon. ^Alors le chef des échansons prit la parole, et dit à Pharaon : Je vais rap- peler aujourd'hui le souvenir de ma faute. '"Pharaon s'était irrité contre ses serviteurs ; et il m'avait fait mettre en prison dans la maison du chef des gardes, moi et le chef des panetiers. "Nous eûmes l'un et l'autre un songe dans une même nuit ; et chacun de nous reçut une explication en rapport avec le songe qu'il avait eu. '-Il y avait là avec nous un jeune Hébreu, esclave du chef des gardes. Nous lui racontâmes nos songes, et il nous les expliqua. Pharaon fit appeler Joseph. On le fit sortir en hâte de prison. 11 se rasa, changea de vêtements , et se rendit vers Pharaon. '^Pharaon dit à Joseph : J'ai eu un songe. Personne ne peut l'expliquer; et j'ai appris que tu ex- pliques un songe, ?])rès l'avoir enten- du. '"Joseijh répondit à Pharaon, en disant : Ce n'est pas moi ! C'est Dieu qui donnera une réponse favorable à Pharaon. ''Pharaon dit alors à Joseph : Dans mon songe, voici, je me tenais sur le bord du fleuve. '*Et voici, sept vaches grasses de chair et belles d'apparence montèrent hors du fleuve, et se mirent à paître dans la prairie. '"Sejit autres vaches montèrent derrière elles, mai- gres, fort laides d'apparence, et dé- charnées : je n'en ai point vu d'aussi laides dans tout le pays d'Egypte. -"Les vaches décharnées et laides mangèrent les sept premières vaches qui étaient grasses. -'Elles les engloutirent dans leur ventre, sans qu'on s'aperçût qu'el- les y fussent entrées ; et leur apparence était laide comme auparavant. Et je m'éveillai. -*Je vis encore en songe sept épis pleins et beaux, qui montè- rent sur une même tige. ^^Et sept épis vides, maigres, brûles par lèvent d'o- rient, poussèrent après eux. -* Les épis maigres engloutirent les sept beaux épis. Je l'ai dit aux magiciens, mais personne ne m'a donné l'explication. ^^Josephdità Pharaon : Ce qu'a son- gé Phai'aon est une seule chose ; Dieu a fait connaître à Pharaon ce qu'il va faire. '-''Les sept vaches belles sont sept années, et les sept épis beaux sont sept années : c'est un seul songe. -'Les sept vaches décharnées et laides, qui montaient derrière les premières, sont sept années ; et les sept épis vides, 46 GENESE. Cl Kl p. 41, is->'i. brûlés par le vent il'orieiit, serunl sept pays crEgypte. '- Pharaon ôta son an- années de famine. -*Ainsi , eomnie je neaii de la main, et le mita la main de viens de le dire à Pharaon, Dieu a fait Joseph; il le revêtit dliahits de fin lin, connaître à Pharaon ce qu'il va faire, et lui mit un collier d'or au cou. **^11 le 2'-'\'oici, il y aura sept années de grande fit monter sur le char qui suivait le abondance dans tout le pays d'Egypte, sien; et l'on criait devant lui : A ge- •'"Sept années de famine viendront noux ! C'est ainsi que Pharaon lui don- après elles; et l'on oubliera toute cette na le commandement de tout le pays abondance au pays d'Egypte, et la fa- d'Egypte. "11 dit encore à Joseph : Je mine consumera le pays. ^' Cette fa- suis Pharaon ! Et sans toi personne ne mine qui suivra sera si forte qu'on ne lèvera la main ni le pied dans tout le s'apercevra plus de l'abondance dans pays d'Egypte. le pays. ^-Si Pharaon a vu le songe se •'^ Pharaon appela Joseph du nom de répéter une seconde fois, c'est que la Tsaphnath-Paenéach «; et il lui donna chose est arrêtée de la part de Dieu, pour femme Asnath, fille de Poti-Phé- et ([ue Dieu se hâtera de l'exécuter, ra, prêtre d'On *. Et Joseph partit pour •'•'.Maintenant, (pie Pharaon choisisse visiter le pays d'Egypte. *" Joseph était un homme intelligent et sage, et qu'il âgé de trente ans lorsqu'il se présenta le mette à la tête du pays d'Egypte, devant Pharaon, roi d'Egypte; et il •'^Que Pharaon établisse des commis- saires sur le pays, pour lever un cin- ([uième des récoltes de l'Egypte pen- dant les sept années d'abondance. ^^Qu'ils rassemblent tous les produits de ces bonnes années cjui vont venir; qu'ils fassent, sous l'autorité de Pha- raon, des amas de blé, des appro\i- quitta Pharaon, et parcourut tout le pays d'Egypte. ''^Pendant les sept années de ferti- lité, la terre rapporta abondamment. ^Moseph rassembla tous les produits de ces sept années dans le pays d'Egypte ; il fit des ajiprovisionnements dans les villes, mettant dans l'intérieur de cha- sionnements dans les villes, et qu'ils que ville les productions des champs en aient la garde. ^^ Ces provisions se- d'alentour. ■'^Joseph amassa du blé, ront en réserve pour le pays, pour les comme le sable de la mer, en cjuan- sept années de famine qui arriveront tité si considérable que l'on cessa de dans le pays d'Egypte, afin que le pays ne soit pas consumé par la famine. '"Ces paroles plurent à Pharaon et à tous ses serviteurs. ^'^Et Pharaon dit à ses serviteurs : Trouverions-nous un conijiter, parce qu'il n'y avait plus de nombre. ^"Avant les années de famine, il na- quit à Joseph deux lils, que lui enfanta Asnath, hlle de Poti-Phéra, prêtre homme comme celui-ci, ayant en lui d'On. ^'Joseph donna au ])remier-né le l'esprit de Dieu? ^"Et Pharaon dit à nom de Manassé'', car, dit-il. Dieu m'a Joseph : Puisque Dieu t'a fait connaî- fait oublier toutes mes peines et toute tre toutes ces choses, il n'y a personne la maison de mon père. ^-Et il donna qui soit aussi intelligent et aussi sage au second le nom d'Ephraïm'', car, que toi. ''"Je t'établis sur ma maison, dit-il. Dieu m'a rendu fécond dans le et tout mon peuple obéira à tes ordres, pays de mon affliction. Le trône seul m'élèvera au-dessus de ^'Les se]it années d'abondance qu'il toi. ""Pharaon dit à Joseph : Vois, je te y eut au pays d'Egypte s'écoulèrent, donne le commandement de tout le ^^Et les sept années de famine com- a. rsi!/ik!ia//i-rneiicnc/i signifie celui qui dfcciii'ie i/es clinsc.i cac/ices. h. Ileliiipolis d'un mcit (lui signifie oublier. d. Kiihraim dérive d'un mot qui signilie èlre fccvnd. 47 Manas Chap. 41,. -,5-42, 22. GENESE. mencèrent à venir, ainsi que Joseph l'avait annoncé. Il y eut famine dans tous les pays; mais dans tout le pays d'Egypte il y avait du pain. ^"'Ouand tout le pays d'Elgypte fut aussi affamé, le peuple cria à Pharaon pour avoir du pain. Pharaon dit à tous les Egyptiens : Allez vers .Joseph, et faites ce qu'il vous dira. ^^La famine régnait dans tout le pays. Joseph ouvrit tous les lieux d'ap- provisionnements, et vendit du blé aux Egyptiens. La famine augmentait dans le pays d'Egypte. "Et de tous les pays on arrivait en Egypte, pour acheter du blé auprès de Joseph; car la famine était forte dans tous les pays. Les frères de Joseph. Chap. XLII. 'Jacob, voyant qu'il y avait du blé en Egypte, dit à ses fils : Pourquoi vous regardez-vous les uns les autres? -Il dit : Voici, j'apprends c|u'il y a du blé en ligypte ; descen- dez-y, pour nous en acheter là, afin que nous vivions et que nous ne mou- rions pas. 'Dix frères de Joseph descendirent en Egypte, pour acheter du blé. ■'Jacob n'envoya point avec eux Benjamin, frère de Joseph, dans la crainte qu'il ne lui arrivât quelque malheur. ''Les fils d'Israël vinrent pour acheter du blé, au milieu de ceux qui venaient aussi ; car la famine était dans le pays de Canaan. ^Joseph commandait dans le pays; c'est lui qui vendait du blé à tout le peuple du pays. Les frères de Joseph vinrent, et se prosternèrent devant lui la face contre terre. 'Joseph vit ses frères et les reconnut; mais il feignit d'être un étranger pour eux, il leur parla durement, et leur dit : D'où ve- nez-vous? Ils répondirent : Du pays de Canaan, pour acheter des vivres. ^Jo- seph reconnut ses frères, mais eux ne le reconnurent pas. a. .-\ussi vrai que Pharaon est vivant, vous ne sortir ^Joseph se souvint des songes qu'il avait eus à leur sujet, et il leur dit : Vous êtes des espions ; c'est pour ob- server les lieux faibles du pays que vous êtes venus. '"Ils lui répondirent : Non, mon seigneur, tes serviteurs sont venus pour acheter du blé. "Nous som- mes tous fils d'un même homme : nous sommes sincères, tes serviteurs nesont pas des espions. '-Il leur dit : Nulle- ment; c'est pour observer les lieux faibles du jiays que vous êtes venus. ''Ils répondirent : Nous, tes serviteurs, sommes douze frères, fils d'un même homme au pays de Canaan ; et voici, le plus jeune est aujourd'hui avec notre père, et il y en a un qui n'est plus. ''' Joseph leur dit : Je A'iens de vous le dire, vous êtes des espions. '^Voici comment vous serez éprouvés. Par la vie de Pharaon ! vous ne sortirez point d'ici que votre jeune frère ne soit venu". "'Envoyez l'un de vous pour chercher votre frère; et vous, restez prisonniers. Vos paroles seront éprouvées , et je saurai si la vérité est chez vous ; sinon, par la vie de Pharaon ! vous êtes des espions. '^Et il les mit ensemble trois jours en prison. "*Le troisième jour, Joseph leur dit : Faites ceci, et vous vivrez. Je crains Dieu ! "Si vous êtes sincères, que l'un de vos frères reste enfermé dans votre prison; et vous, partez, emportez du blé pour nourrir vos familles, ^"et ame- nez-moi votre jeune frère, afin que vos paroles soient éprouvées et que vous ne mouriez point. Et ils firent ainsi. -'Ils se dirent alors l'un à l'autre : Oui, nous avons été coupables envers notre frère ; car nous avons vu l'an- goisse de son ànie, quand il nous de- mandait grâce, et nous ne l'avons point écouté ! C'est pour cela que cette af- fliction nous arrive. --Ruben, prenant la parole, leur dit : Ne vous disais-je pas : Ne commettez point un crime ez point, etc. 48 GENESl-:. Chap. 4i^,i^-43,8. envers cet enfant ? Mais vous n'avez jjoint écouté. Et voici, son sang est redemandé. -'Ils ne savaient pas que Josejîh comprenait, car il se servait avec eux il'un intei'prète. -''Il s'éloigna dans son sac. Ils virent, eux et leur jK're, leurs paquets d'argent, et ils eu- rent peur. ^'^Jacob, leur père, leur dit : Vous me privez de mes enfants ! Joseph n'est d'eux, pour pleurer. Il revint, et leur plus, Siméon n'est plus, et vous pren- parla ; puis il prit parmi eux Siméon, driez Benjamin ! C'est sur moi que tout et le lit enchaîner sous leurs yeux, cela retombe. '"Ruben dit à son père : -^Joseph ordonna qu'on remjilît de blé Tu feras mourir mes deux fils si je ne leurs sacs, qu'on remît l'argent de cha- te ramène pas Benjamin; remets-le cun dans son sac, et qu'on leur donnât entre mes mains, et je te le ramène- des provisions pour la route. Et l'on fit rai. -^Macob dit : Mon fils ne descen- ainsi. -"Ils chargèrent le blé sur leurs dra point avec vous; car son frère est ânes, et partirent. mort, et il reste seul"; s'il lui arrivait -'L'un d'eux (_)uvritson sacpourdon- malheurdans le voyage que vous allez ner du fourrage à son âne, dans le lieu faire, vous feriez descendre mes che- où ils passèrent la nuit, et il vit l'ar- veux blancs avec douleur dans le sé- gent qui était à l'entrée du sac. -*Il jour des morts. ilit à ses frères : Mon argent a été Chap. XLIII. 'La famine s'appe- rendu, et le voici dans mon sac. Alors santissaitsurlepays.^Quandilseurent leur cœur fut en défaillance; et ils se fini de manger le blé qu'ils avaient ap- dirent l'un à l'autre, en tremblant : porté d'Egypte, Jacob dit à ses fils : Qu'est-ce que Dieu nous a fait? Retournez, achetez-nous un peu devi- -'■•Ils revinrent au|)rès de Jacob, leur vres. ^Juda lui répondit : Cet homme père, dans le pays de Canaan, et ils lui nous a fait cette déclaration formelle : racontèrent tout ce qui leur était ar- Vous ne verrez pas ma face, à moins rivé. Ils dirent : ^"L'homme, qui est le que votre frère ne soit avec vous. ''Si seigneur du pays, nous a parlé dure- donc tu veux envoyer notre frère avec ment, et il nous a pris pour des es- nous, nous descendrons, et nous t'a- pions. "'Nous lui avons dit : Nous som- chèterons des vivres. ^Mais si tu ne mes sincères, nous ne sommes pas des veux pas l'envoyer, nous ne descen- espions. ^-Nous sommes douze frères, drons point, car cet homme nous a dit: fils de notre père; l'un n'est plus, et le Vous ne verrez pas ma face, à moins plus jeune est aujourd'hui avec notre que votre frère ne soit avec vous, père dans le pays de Canaan. ^^Et '^Israël dit alors : Pourquoi avez-vous l'homme, qui est le seigneur du pays, mal agi à mon égard, en disant à cet nous a dit : Voici comment je saurai homme que vous aviez encore un frère? si vous êtes sincères. Laissez auprès 'Ils répondirent : Cet homme nous a de moi l'un de vos frères, prenez de interrogés sur nous et sur notre fa- quoi nourrir vos familles, partez, ^*et mille, en disant : Votre père vit-il en- amenez-moi votre jeune frère. Je sau- core?avez-YOus un frère PEtnous avons rai ainsi que vous n'êtes pas des es- répondu à ces questions. Pouvions- ])ions, que vous êtes sincères ; je vous nous savoir qu'il dirait : Faites des- rendrai votre frère, et vous pourrez li- cendre votre frère? brement parcourir le pays. ''Juda dit à Israël, son père : Laisse ^^ Lorsqu'ils vidèrent leurs sacs, voi- venir l'enfant avec moi, afin cpie nous ci, le paquet d'argent de chacun était nous levions et que nous partions; et a. Il reste seul de la même mère Kachel. 49 Chap. 4r3, .0-3?. GENESE. nous vivrons et ne mourrons pas, nous, seigneur, nous sommes déjà descen- toi et nos enfants. ^Je réponds de lui ; dus une fois pour acheter des vivres, tu le redemanderas de ma main. Si je -'Puis, quand nous arrivâmes au lieu ne le ramène pas auprès de toi et si je où nous devions passer la nuit, nous ne le remets pas devant ta face, je se- avons ouvert nos sacs; et voici, Tar- rai pour toujours coupable envers toi. gent de chacun était à l'entrée de son "Garsi nous n'eussions pas tardé, nous sac, notre argent selon son poids : nous serions maintenant deux fois de retour, le rapportons avec nous. --Nous avons "Israël, leur père, leur dit : Puisqu'il aussi apporté de l'autre argent, pour le faut, faites ceci. Prenez dans vos sacs acheter des vivres. Nous ne savons pas des meilleures productions du pays, qui avait mis notre argent dans nos pouren porterun présentàcethomme, sacs. -^L intendant répondit : Que la un peu de baume et un peu de miel, des paix soit avec vous ! Ne craignez rien, aromates, de la myrrhe, des pistaches C'est votre Dieu, le Dieu de votre père, et des amandes. '-Prenez avec vous de qui vous a donné un trésor dans vos l'autre argent, et remportez l'argent sacs. Votre argent m'est parvenu. Et qu'on avait misa l'entrée de vos sacs : il leur amena Siméon. -*Cet homme les peut-être était-ce une erreur. '^Prenez lit entrer dans la maison de Joseph; il votre frère, et levez-vous; retournez leur donna de l'eau, et ils se lavèrent vers cet homme. '''Que le Dieu tout- puissant vous fasse trouver grâce de- vant cet homme, et qu'il laisse revenir avec vous votre autre frère et Benja- les pieds; il donna aussi du fourragea leui's ânes. "Ils préparèrent leur pré- sent, en attendant que Joseph vînt à midi; car on les avait informés c[u'ils min! Et moi, si je dois être privé de mangeraient chez lui. mes enfants, que j'en sois privé! -^Quand Joseph fut arrivé à la mai- '^Ils prirent le présent; ils prirent son, ils lui offrirent le présent cju'ils avec eux de l'autre argent, ainsi que avaient apporté, et ils se prosternèrent Benjamin; ils se levèrent, descendi- en terre devant lui. "Il leur demanda rent en Egypte, et se présentèrent de- comment ils se jjortaient; et il dit : vaut Joseph. Votre vieux père, dont vous avez parlé, '*Dès que Joseph vit avec eux Ben- est-il en bonne santé? vit-il encore? jamin, il dit à son intendant : Fais en- -41s répondirent : Ton serviteur, notre trer ces gens dans la maison, tue et père, est en bonne santé ; il vit encore, apprête ; car ces gens mangeront avec Et ils s'inclinèrent et se prosternèrent, moi à midi. "Cet homme fit ce que Jo- ^''Joseph leva les yeux; et, jetant un re- seph avait ordonné, et il conduisit ces gard sur Benjamin, son frère, fils de sa gens dans la maison de Joseph. '^Ils mère, il dit : Est-ce là votre jeune frère, eurent peur lorsqu'ils furent conduits dont vous m'avez parlé? Et il ajouta : à la maison de Joseph, et ils dirent : Dieu te fasse miséricorde, mon fils! ^"Ses entrailles étaient émues pour son frère, et il avait besoin de pleurer; il entra précipitamment dans une cham- bre, et il y pleura. ^' Après s'être lavé le visage, il en sortit; et, faisant des efforts pour se contenir, il dit : Servez C'est à cause de l'argent remis l'autre fois dans nos sacs qu'on nous emmène ; c'est pour se jeter sur nous, se préci- piter sur nous; c'est pour nous pren- dre comme esclaves, et s'emparer de nos ânes. ''■'Ils s'approchèrent de l'in- tendant de la maison de Joseph, et lui adressèrent la parole, à l'entrée de la ^-On servit Joseph à part, et ses frè- niaison. ^"Ils lui dirent : Pardon! mon res à part; les Egyptiens qui man- GENESE. Cita p. 43,33-44,23. ffcaicnt avec lui furent servis aussi à part, car les Egyptiens ne pouvaient pas manger avec les Hébreux, parce ([ue c'est à leurs yeux une abomina- tion. '"Les frères de Joseph s'assirent en sa présence, le premier-né selon son droit d'aînesse, et le plus jeune selon son âge; et ils se regardaient les uns les autres avec étonnenient. ''Joseph leur fit porter des mets qui étaient de- vant lui, et Renjamin en eut cinq fois plus que les autres. Ils burent et s'eni- vrèrent avec lui. Chnp. XLIV. 'Joseph donna cet ordre à l'intendant de sa maison : Remplis de vivres les sacs de ces gens, autant qu'ils en pourront porter, et mets l'argent de chacun à l'entrée de son sac. -Tu mettras aussi ma coupe, la coupe d'argent, à l'entrée du sac du plus jeune, avec l'argent de son blé. L'intendant fit ce que Joseph lui avait ordonné. ^Le matin, dès qu'il fit jour, on ren- voya ces gens avec leurs ânes. *Ils étaient sortis de la ville, et ils n'en étaient guère éloignés, lorsque Joseph dit à son intendant : Lève-toi, j)oursuis ces gens; et quand tu les auras atteints, tu leur diras : Pourquoi avez-vous ren- du le mal pour le bien ? ^N'avez-vous pas la coupe dans laquelle boit mon seigneur, et dont il se sert pour devi- ner? Vous avez mal fait d'agir ainsi. *L'intendant les atteignit, et il leur dit ces mêmes paroles. ^Ils lui répondi- rent : Pourquoi mon seigneur parle-t-il de la sorte? Dieu préserve tes servi- teurs d'avoir commis une telle action ! ^"Voici, nous t'avons rapporté du pays faut avait un frère qui est mort, et qui selon vos paroles! Celui sur qui se trouvera la coupe sera mon esclave ; et vous, vous serez innocents. "Aussitôt, chacun descendit son sac à terre, et chacun ouvrit son sac. '-L'intendant les fouilla, commençant par le plus âgé et finissant par le plus jeune; et la coupe fut trouvée dans le sac de Ren- jamin. '•'Ils déchirèrent leurs vêtements, chacun rechargea son âne, et ils re- tournèrent à la ville. ''Juda et ses frè- res arrivèrent à la maison de Joseph, où il était encore, et ils se prosternè- rent en terre devant lui. '^Joseph leur dit : Quelle action avez-vous faite? A'c savez-vous pas qu'un homme comme moi a le pouvoir de deviner? '^Juda ré- pondit : (^)ue dirons-nous à mon sei- gneur? comment parlerons-nous? com- ment nous justifierons-nous? Dieu a trouvé l'iniquitéde tes serviteurs. Nous voici esclaves de mon seigneur, nous, et celui sur qui s'est trouvée la coupe. " Et Josej)h dit : Dieu me garde de faire cela! L'homme sur qui la coupe a été trouvée sera mon esclave; mais vous, remontez en paix avec votre père. '"Alors Juda s'approcha de Joseph, et dit : De grâce, mon seigneur, que ton serviteur puisse faire entendre une j)arole à mon seigneur, et que sa co- lère ne s'enflamme point contre ton serviteur! car tu es comme Pharaon. ''■•Mon seigneur a interrogé ses servi- teurs, en disant : Avez-vous un père, ou un frère? -"Nous avons répondu : Nous avons un vieux père, et un jeune frère, enfant de sa vieillesse; cet en- de Canaan l'argent que nous avons trouvé à l'entrée de nos sacs ; comment aurions-nous dérobé de l'argent ou de l'or dans la maison de ton seigneur! 'jQue celui de tes serviteurs sur qui se trouvera la coupe meure, et que nous soyons nous-mêmes esclaves de mon seigneur! '"11 dit : Ou'il en soit donc était de la même mère ; il reste seul, et son père l'aime. -'Tu as dit à tes ser- viteurs : Faites-le descendre vers moi, et que je le voie de mes propres yeux. "Nous avons réjiondu à mon seigneur: L'enfant ne peut j^as quitter son père; s'il le cjuitte, son père mourra. *^Tu as dit à tes serviteurs : Si votre jeune .1 Chap. 4i,i'.-io,i'i. GENESE. frère ne descend pas avec vous, vous à ses frères. -II éleva la voix, en pleu- ne reverrez ma face. ^'Lorsque nous rant. Les Egyptiens l'entendirent, et sommes remontés auprès de ton servi- la maison de Pharaon l'entendit, teur, mon père, nous lui avons rapporté 'Joseph dit à ses frères : Je suis Jo- ies paroles de mon seigneur. -^ Notre seph ! Mon père vit-il encore? Mais père a dit: Retournez, achetez-nous un ses frères ne purent lui répondre, car peu de vivres. -*Nous avons répondu : ils étaient troublés en sa présence. Nous ne pouvons pas descendre; mais, ■'Joseph dit à ses frères: Approchez- si notre jeune frère est avec nous, nous vous de moi. Et ils s'approchèrent. II descendrons, car nous ne pouvons ])as dit: Je suis Joseph, votre frère, que voir la face de cet homme, à moins que vous avez vendu pour être mené en notre jeune frère ne soit avec nous. Egypte. ^Maintenant, ne vous affligez -'Ton serviteur, notre père, nous a dit: pas, et ne soyez pas fâchés de m'avoir Vous savez que ma femme m'a enfanté vendu pour être conduit ici, car c'est deux fils. -*L'un étant sorti de chez pour vous sauver la vie cjue Dieu m'a moi, je pense qu'il a été sans doute dé- envoyé devant vous. '^ Voilà deux ans chiré, car je ne l'ai pas revu jusqu'à que la famine est dans le pays; et présent. -"Si vous me prenez encore pendant cinq années encore, il n'y celui-ci, et cju'il lui arrive un malheur, aura ni labour, ni moisson. 'Dieu m'a vous ferez descendre mes cheveux envoyé devant vous pour vous faire blancs avec douleur dans le séjour des subsister dans le pays, et pour vous morts. ""Maintenant, si je retourne au- faire vivre par une grande délivrance, près de ton serviteur, mon père, sans *Ce n'est donc pas vous qui m'avez avoir avec nous l'enfant à l'àme duquel envoyé ici, mais c'est Dieu; il m'a son âme est attachée, "'il mourra, en établi père" de Pharaon, maître de voyant que l'enfant n'y est pas; et tes toute sa maison, et gouverneur de tout serviteurs feront descendre avec dou- le pays d'Egypte. "Hàtez-vous de re- Icur dans le séjour des morts les che- monter auprès de mon père, et vous veux blancs de ton serviteur, notre lui direz : Ainsi a parlé ton fds Joseph : père. "'Car ton serviteur a répondu Dieu m'a établi seigneur de toute l'E- pour l'enfant, en disant à mon père : gypte ; descends vers moi, ne tarde Si je ne le ramène pas auprès de toi, pas! '"Tu habiteras dans le pays de je serai pour toujours coupable envers Gosen*, et tu seras près de moi, toi, mon père. ""Permets donc, je te prie, tes fds, et les fils de tes fils, tes bre- à ton serviteur de rester à la place de bis et tes bœufs, et tout ce qui est à l'enfant, comme esclave de mon sei- toi. "Là, jeté nourrirai, car il y aura gneur; et cjue l'enfant remonte avec encore cinq années de famine; et ainsi ses frères. "'Comment pourrai-je re- tu ne périras point, toi, ta maison, et monter vers mon père, si l'enfant n'est tout ce qui est à toi. '-Vous voyez de pas avec moi? Ah ! c|ue je ne voie point vos yeux, et mon frère Benjamin voit l'affliction de mon père ! de ses yeux que c'est moi-même qui Chap. XLV. 'Joseph ne pouvait vous parle. '"Racontez à mon père plus se contenir devant tous ceux cjui toute ma gloire en Egypte, et tout ce l'entouraient. II s'écria : Faites sortir cjue vous avez vu; et vous ferez des- tout le monde, et il ne resta personne cendre ici mon père au plus tôt. avec Joseph, cjuand il se fit connaître '^11 se jeta au cou de Benjamin, son a. Père, titre honorifique que l'on donnait en Orient aux ministres, aux princes et aux grands seigneurs. b. Gosen, province de- i'Égjple. 52 GENESE. Cliap. 4-J, 15-40, 13. frère, et ])Ieura; et Benjamin plenra sur son cou. '^11 embrassa aussi tous ses frères, en pleurant. Après quoi, ses frèi'es sVntretini'cnt avec lui. '^Le bruit se ré|iandit dans la mai- son de Pharaon que les frères de Jo- seph étaient arrivés : ce qui fut agréa- ble à Pharaon et à ses serviteurs. '"Pharaon dit à Joseph : Dis à tes frè- res : Faites ceci. Chargez vos bêtes, et partez ])our le pays de Canaan ; 'éprenez votre père et vos familles, et venez auprès de moi. Je vous donnerai ce qu'il y a de meilleur au pays d'I^- gypte, et vous mangerez la graisse du pays. "Tu as ordre de leur dire : Faites ceci. Prenez dans le pays d'Egypte des chars pour vos enfants et pour vos femmes; amenez votre père, et regrettez point ce que d'argent change. venez. -"Ne vous laisserez, car ce qu'il y a de meil- leur dans tout le pays d'Egypte sera pour vous. -'Les fils d'Israël firent ainsi. Jose])h leur donna des chars, selon l'ordre de Pharaon; il leur donna aussi des pro- visions pour la route. "Il leur donna à tous des vêtements de rechange, et il donna à Benjamin trois cents sicles et cinq vêtements de re- -Ml envoya à son père dix ânes chargés de ce qu'il y avait de meilleur en Egypte, et dix ànesses chargées de blé, de pain et de vivres, pour son père pendant le voyage. -'Puis il congédia ses frères, (jui partirent; et il leur dit : N'ayez pas peur en che- min. -Mis remontèrent de l'Egypte, et ils arrivèrent dans le pays de Canaan, auprès de Jacob, leur \>ère. -"Ils lui dirent : Joseph vit encore, et même c'est lui fpii gouverne tout le pays d'Egy|)te. Mais le cœur de Jacob resta froid, |)arce qu'il ne les croyait pas. -'Us lui raj)poitèrent toutes les paroles (|ue Josej)h leur avait dites. Il vit les chars (jue Josej)h avait envoyés pour le transporter. C'est alors que l'esprit de Jacob, leur père, se ranima; -'^et Israël dit: C'est assez! Joseph, mon fils, vit encore! J'irai, et je le verrai avant que je meure. Arrh'cc et clahlisscmcnt de la famille de Jarah en l-^^i/ple. Cluip. XJAl. 'Israël partit avec tout ce qui lui appartenait. Il arriva à Beer-Schéba, et il offrit des sacrifices au Dieu de son père Isaac. -Dieu |)arh\ à Israël dans une vision pendant la nuit, et il dit : Jacob ! Jacob ! Israël ré- pondit : Me voici ! -^Et Dieu dit : Je suis le Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains ])oint de descendre en Egypte, car là je te ferai devenir une grande nation. ^Moi-même je descendrai avec toi en Egypte, et moi-même je t'en ferai re- monter; et Joseph te fermera les yeux. '-'Jacob quitta Beer-Schéba; et les fils d'Israël mirent Jacob, leur père, avec leurs enfants et leurs femmes, sur les chars que Pharaon avait en- voyés pour les transporter. "Ils ]iri- rent aussi leurs troupeaux et les biens qu'ils avaient acquis dans le pays de Canaan. 'Et Jacob se rendit en Egypte, avec toute sa famille. II emmena avec lui en Egypte ses fils et les fils de ses fils, ses filles et les filles de ses fils, et toute sa famille. *'Voici les noms des fils d'Israël qui vinrent en Egypte. Jacob et ses fils. Premier-né de Jacob : Rid)en. «FilsdeHuben : llénoc, Pallu, llcts- ron et Carmi. — '"Fils de Siméon : Jemuel, Jamin, Ohad, Jakin et Tso- char; et Saul, fils de la Cananéenne. — "FilsdeLévi: Guerschon, Kehath et Merari. — '-FilsdeJuda : Er, Onan, Schéla, Pérets et Zarach ; mais f^r et Onan moururent au jiays de Canaan. Les fils de Pérets furent Ilctsron et Ilamul. — '-'Fils d'Issacar : Thola , 53 Chap. 46, i',-i7,i. GENESE. Puva, Job et Schimron. - — "Fils de Zabulon : Séred, Elon et Jahleel. '^Ce sont là les fils que Léa enfanta à Jacob, à Paddan-Aram, avec sa fille Dina. Ses fils et ses filles formaient en tout trente-trois personnes. *^Fils de Gad : Tsiphjon , Haggi , Scbuni, Etsbon, Eri, Arodi et Areéli. • — '"Fils d'Aser : Jimna, Jiscbva, Jisch- vi et Beria; et Sérach, leur sœur. Et les fils de Beria : Héber et Malkiel. '^Ce sont là les fils de Zilpa, que Laban avait donnée à Léa, sa fille; et elle les enfanta à Jacob. En tout seize personnes. ''Fils de Rachel, femme de Jacob : Joseph et Benjamin. — -"Il naquit à Joseph, au pays d'Egypte, Manassé et Ephraïm, que lui enfanta Asnath, fille de Poti-Phéra, prêtre d'On. — -'Fils de Benjamin : Bêla, Béker, Aschbel, Guéra, Naaman, Ehi, Rosch, Muppim, Iluppim et Ard. ^-Ce sont là les fils de Rachel, qui naquirent à Jacob. En tout quatorze personnes. -3 Fils de Dan : Huschim. —-"Fils de Nephthali : Jathtseel, Guni, Jetser et Schillem. -^Ce sont là les fils de Bilha, que Laban avait donnée à Rachel, sa fille; et elle les enfanta à Jacob. En tout sept personnes. '-^Les personnes qui vinrent avec Jacob en Egypte, et qui étaient issues de lui, étaient au nombre de soixante- six en tout, sans com])ter les femmes des fils de Jacob. "Et Joseph avait donc à tes serviteurs d'habiter au pays longtemps sur son cou. ^"Israël dit à Joseph : Que je meure maintenant, puisque j'ai vu ton visage et que tu vis encore ! ^'Joseph dit à ses frères et à la fa- mille de son père : Je vais avertir Pha- raon, et je lui dirai: Mes frères et la famille de mon père, qui étaient au pays de Canaan, sont arrivés auprès de moi. ^-Ces hommes sont bergers, car ils élèvent des troupeaux; ils ont amené leurs brebis et leurs bœufs, et tout ce qui leur appartient. ''Et quand Pharaon vous appellera, et dira : Quelle est votre occupation ? '■'vous répon- drez : Tes serviteurs ont élevé des troupeaux, depuis notre jeunesse jus- qu'à présent, nous et nos pères. De cette manière, vous habiterez dans le pays de Gosen, car tous les bergers sont en abomination aux Egyptiens. Chap. XLVIT. 'Joseph alla avertir Pharaon, et lui dit : Mes frères et mon père sont arrivés du pays de Canaan, avec leurs brebis et leurs bœufs, et tout ce qui leur appartient; et les voici dans le pays de Gosen. -Il prit cinq de ses frères, et les présenta à Pharaon. 'Pharaon leur dit : Quelle est votre occupation ? Ils répondirent à Pharaon : Tes serviteurs sont bergers, comme l'étaient nos pères. ■'Ils dirent encore à Pharaon : Nous sommes venus pour séjourner dans le pays, parce qu'il n'v a plus de pâturage pour les brebis de tes serviteurs, caria famine s'appe- santit sur le pays de Canaan; permets deux fils qui lui étaient nés en Egypte. — Le total des personnes de la famille de Jacob qui vinrent en Egypte était de soixante-dix. -^Jacob envoya Juda devant lui vers Joseph, pour l'informer qu'il se ren- dait en Gosen. -'Joseph attela son char et y monta, pour aller en Gosen, à la rencontre d'Israël, son père. Dès qu'il le vit, il se jeta à son cou, et pleura de Gosen. ^Pharaon dit à Joseph: Ton père et tes frères sont venus auprès de toi. *Le pays d'Egypte est devant toi ; établis ton père et tes frères dans la meilleure partie du pays. Qu'ils ha- bitent dans le pays de Gosen ; et, si tu trouves jjarmi eux des hommes capa- bles, mets-les à la tête de mes trou- peaux. 'Joseph fit venir Jacob, son père, et 54 GENESE. Chap. 47,8-21 \q présenta à Pharaon. Et Jacob l)cnit Pharaon. ^Pharaon dit à Jacob : (^)uel est le nomlire de jours des années de ta vie ? 'Jacob réjiondit à Pharaon : Les jours des années de mon pèleri- nage sont de cent trente ans. Les jours lies années de ma vie ont été peu nom- breux et mauvais, et ils n'ont point atteint les jours des années de la vie de mes pères durant leur pèlerinage. '"Jacob bénit encore Pharaon, et se retira de devant Pharaon. "Joseph établit son père et ses frè- res, et leur donna une propriété dans le pays d'Egypte, dans la meilleure ])artie du pays , dans la contrée de Ramsès, comme Pharaon lavait or- donné. '"Joseph fournit du pain à son père et à ses frères, et à toute la fa- mille de son jière, selon le nombre des enfants. ''Il n'y avait plus de pain dans tout le pays, caria famine était très grande; le pays d'Egypte et le pays de Canaan languissaient, à cause de la famine. '^Joseph recueillit tout l'argent qui se trouvait dans le pays d'Egypte et dans à mon seigneur que l'argent est épuisé, et que les troupeaux de bétail ont été amenés à mon seigneur; il ne reste devant mon seigneur que nos corps et nos terres. '^Pourquoi mourrions-nous sous tes yeux, nous et nos terres? Achète-nous avec nos terres contre du pain, et nous appartiendrons à mon seigneur, nous et nos terres. Donne- nous de cjuoi semer, afin (pie nous vivions et que nous ne mourrions pas, et que nos terres ne soient pas déso- lées.-"Joseph acheta toutes les terres delEgyptepourPharaon ; carlesEgvp- tiens vendirent chacun leur champ, parce que la famine les pressait. l']t le ])ays devint la propriété de Pharaon. -' Il fit passer le peuple dans les villes, d'un bout à l'autre des frontières de l'Egypte. -^Seulement, il n'acheta point les terres des prêtres, ])arce qu'il y avait une loi de Pharaon en faveur des prêtres, qui vivaient du revenu que leur assurait Pharaon : c'est pour- quoi ils ne vendirent point leurs terres. -•^Joseph dit au peuple : Je vous ai achetés aujourd'hui avec vos terres. le pays de Canaan, contre le blé qu'on pour Pharaon; voici pour vous île la achetait ; et il fit entrer cet argent dans la maison de Pharaon. '^ Quand l'ar- gent du pays d'Egvpte et du pays de Canaan fut épuisé, tous les Egyptiens vinrent à Joseph, en disant: Donne- nous du pain ! Pourquoi mourrions- nous en ta présence ? car l'argent manque. '^Joseph dit : Donnez vos troupeaux, et je vous donnerai du pain contre vos troupeaux, si l'argent man- que. '"Ils amenèrent leurs troupeaux à Joseph, et Joseph leur donna du pain contre les chevaux, contre les trou- peaux de brebis et de bœufs et contre les ânes. Il leur fournit ainsi du pain cette année-là contre tous leurs trou- peaux. "Lorsque cette année fut écoulée, ils vinrent à Joseph l'année suivante, et lui dirent : Nous ne cacherons point semence, et vous pourrez ensemencer le sol. -*A la récolte, vous donnerez un cinquième à Pharaon, et vous au- rez les quatre autres parties, pour en- semencer les champs, et pour vous nourrir avec vos enfants et ceux qui sont dans vos maisons. -^Ils dirent : Tu nous sauves la vie ! que nous trou- vions grâce aux yeux de mon seigneur, et nous serons esclaves de Pharaon. -Moseph fit de cela une loi, qui a sub- sisté jusqu'à ce jour, et d'après lacpielle un cinquième du revenu des terres de l'Egypte appartient à Pharaon; il n'y a (jue les terres des prêtres qui ne soient point à Pharaon. -' Israël habita dans le pavs d' Egypte, dans le pays de Gosen. Ils curent des possessions, ils furent féconds et mul- tiplièrent beaucoup. 55 Chnp. 47,2s-48, 19. GENESE. ^'^Jacob vécut dix-sept ans dans le pays d'Egypte ; et les jours des années de la vie de Jacob furent de cent qua- rante-sept ans. ^'Lorsque Israël appro- cha du moment de sa mort, il appela son fds Joseph, et lui dit : Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, mets, je te prie, ta main sous ma cuisse, et use envers moi de bonté et de fidélité : ne m'en- terre pas en Egypte ! ^^ Quand je serai couché avec mes pères, tu me trans- porteras hors de l'Egvpte, et tu m'en- terreras dans leur sépulcre. Joseph répondit : Je ferai selon ta parole. •^' Jacob dit: Jure-le-moi. Et Joseph le lui jura. Et Israël se prosterna sur le chevet de son lit. dit : Qui sont ceux-ci ? ^Joseph répon- dit à son père : Ce sont mes fils, que Dieu m'a donnés ici. Israël dit : Fais- les, je te prie, approcher de moi, pour que je les bénisse. '"Les yeux d'Israël étaient appesantis par la vieillesse, il ne pouvait plus voir. Joseph les fit approcher de lui; et Israël leur donna un baiser, et les embrassa. "Israël dit à Joseph : Je ne pensais ])as revoir ton visage, et voici que Dieu me fait voir même ta postérité. '^Joseph les retira des genoux de son père, et il se pros- terna en terre devant lui. '^Puis Joseph les prit tous deux, Ephraïm de sa main droite à la gauche d'Israël, et Manassé de sa main gauche à la droite Chap. XLVIII. 'Après ces choses, d'Israël, et il les fit approcher de lui. l'on vint dire à Joseph : Voici, ton père est malade, et il prit avec lui ses deux fils, Manassé et Ephraïm. ^On avertit Jacob, et on lui dit : Voici ton fils Joseph qui vient vers toi, et Israël rassembla ses forces, et s'assit sur son lit. ^Jacob dit à Joseph : Le Dieu tout- puissant m'est apparu à Luz", dans le pays de Canaan, et il m'a béni. *I1 m'a dit: Je te rendrai fécond, je te multi- plierai, et je ferai de toi une multitude '^Israël étendit sa main droite et la posa sur la tète d'Ephraïm qui était le plus jeune, et il posa sa main gauche sur la tète de Manassé : ce fut avec intention qu'il posa ses mains ainsi, car Manassé était le premier-né. '^11 bénit Joseph, et dit : Que le Dieu en présence duquel ont marché mes pè- res, Abraham et Isaac, que le Dieu qui m'a conduit depuis que j'existe jusqu'à ce jour, '^que l'ange qui m'a délivré de tout mal , bénisse ces en- de peuples; je donnerai ce pays à ta fants ! Qu'ils soient appelés de mon postérité après toi, pour qu'elle le nom et du nom de mes pères, Abra- possède à toujours. ^Maintenant, les ham et Isaac, et qu'ils multiplient en deux fils qui te sont nés au pays d'E- abondance au milieu du pays ! '"Joseph vit avec déplaisir que son père posait sa main droite sur la tête d'Ephraïm; il saisit la main de son père, pour la détourner de dessus la tête d'Ephraïm, et la diriger sur celle de Manassé. "*Et Joseph dit à son père : Pas ainsi, mon père, car celui-ci est le premier-né; pose ta main droite sur sa tête. '^Son ])ère refusa, et dit: Je le sais, mon fils, je le sais; lui aussi deviendra un peuple, lui aussi sera grand; mais son frère cadet sera plus grand que lui, et sa postérité deviendra une midtitude gypte, avant mon arrivée vers toi en Egypte, seront à moi; Ephraïm et Ma- nassé seront à moi, comme Ruben et Siniéon. "Mais les enfants que tu as engendrés a])rès eux seront à toi; ils seront appelés du nom de leurs frères dans leur héritage. "A mon retour de Paddan, Hachel mourut en route au- près de moi, dans le pays de Canaan, à quelque distance d'Ephrata; et c'est là que je l'ai enterrée, sur le chemin d'E|)hrata, qui est Bethléhem. ''Israël regarda les fils de Joseph, et a. Iji:. mnieii num de Ilethel; voy. 28, 19; 31, 13; et 35, 7. 56 GENÈSE. Chap. 48,w-49,i2. de nations. ^^II les bénit ce jour-là, et main des Amoréens, avec mon épce et tlil : C'est par toi qu'Israël bénira, en mon arc. disant : Que Dieu te traite comme Éphraïm et comme Manassé ! Et il mit Hénédictior, prophétique de Jacob à .es douze , ^, HT . fils- — Mon de Jacob. Ses l'iinéraillca dans Ephraïm avant Manasse. ' , „ ^T , i i . i. I .... le pays de Canaan. — Mort de Joseph. -'Israël dit à Joseph : Voici, je vais mourir! Mais Dieu sera avec vous, et Chnp. XLIX. 'Jacob appela ses il vous fera retourner dans le pays de fils, et dit : Assemblez-vous, et je vous vos pères. -*Je te donne, de plus qu'à annoncerai ce qui vous arrivera dans tes frères, une part que j'ai prise de la la suite des temps. -Rassemblez-vous, et écoutez, fils de Jacob ! Ecoutez Israël, votre père ! 'Ruben, toi, mon premicr-nc La force et les prémices de ma vigueur. Supérieur en dignité et supérieur en puissance, •'Impétueux comme les eaux, tu n'auras pas la prééminence. Car tu es monté sur la couche de ton père. Tu as souillé ma couche en y montant. ^Siméon et Lévi sont frères; Leurs glaives sont des instruments de violence. ^Que mon âme n'entre point dans leur conciliabule, {)\iQ mon esprit ne s'unisse point à leur assemblée ! Car, dans leur colère, ils ont tué des hommes, Et, dans leur méchanceté, ils ont coupé les jarrets des taureaux. '.Maudite soit leur colère, car elle est violente. Et leur fureur, car elle est cruelle ! Je les séparerai dans Jacob, Et je les disperserai dans Israël. *Juda, tu recevras les hommages de tes frères; Ta main sera sur la nu(pie de tes ennemis. Les fils de ton père se prosterneront devant toi. "Juda est un jeune lion. Tu reviens du carnage, mon fils ! Il ploie les genoux, il se couche comme un lion. Comme une lionne : qui le fera lever? '°Le sceptre ne s'éloignera point de Juda, Ni le bâton souverain d'entre ses pieds, Jusqu'à ce que vienne le rejios. Et que les peuj)les lui obéissent. "Il attache à la vigne son âne. Et au meilleur cep le petit de son ànesse; Il lave dans le vin son vêtement. Et dans le sang des raisins son manteau. '*I1 a les yeux rouges de vin. Et les dents blanches de lait. 57 C/mp. 49,13-27. GENÈSE. "Zabulon habitera sur la côte des mers, Il sera sur la côte des navires, Et sa limite s'étendra du côté de Sidon. '^Issacar est un àne robuste, Oui se couche dans les étables. '^11 voit que le lieu où il repose est agréable. Et que la contrée est magnifique; Et il courbe son épaule sous le fardeau, 11 s'assujettit à un tribut. '^Dan jugera son peuple, Comme l'une des tribus d'Israël. *'Dan sera un serpent sur le chemin. Une vipère sur le sentier, Mordant les talons du cheval, Pour que le cavalier tombe à la renverse. '*J'espère en ton secours, ô Eternel ! '^Gad sera assailli par des bandes armées. Mais il les assaillira et les poursuivra. ^"Aser produit une nourriture excellente. Il fournira les mets délicats des rois. ^'Nephthali est une biche en liberté; Il profère de belles paroles. ^^Joseph est le rejeton d'un arbre fertile. Le rejeton d'un arbre fertile près d'une source; Les branches s'élèvent au-dessus de la muraille. ^^Ils l'ont provoqué, ils ont lancé des traits; Les archers l'ont poursuivi de leur haine. -^Mais son arc est demeuré ferme, Et ses mains ont été fortifiées Par les mains du puissant de Jacob : Il est ainsi devenu le berger, le rocher d'Israël. "C'est l'œuvre du Dieu de ton père, qui t'aidera; C'est l'œuvre du tout-puissant, qui te bénira. Des bénédictions des cieux en haut. Des bénédictions des eaux en bas. Des bénédictions des mamelles et du sein maternel. ^*Les bénédictions de ton père s'élèvent Au-dessus des bénédictions de mes pères Jusqu'à la cime des collines éternelles : Qu'elles soient sur la tête de Joseph, Sur le sommet de la tête du prince de ses frères. -"Benjamin est un loup qui déchire; Le matin, il dévore la proie. Et le soir, il partage le butin. 58 GENESE. Vhap. 19,2s-o0,, -*Cc sont là tous ceux qui forment vitcurs de Pharaon, anciens de sa mai- les douze tribus d'Israël. Et c'est là ce son, tous les anciens du pays d'Egypte, Houte la maison de Joseph, ses frères, et la maison de son père : on ne laissa dans le pays de Gosen que les enfants, les brebis et les bœufs. "Il y avait en- core avec Joseph des chars et des ca- que leur dit leur père en les bénissant. Il les bénit chacun selon leur bénédic- tion. -"Puis il leur donna cet ordre : Je vais être recueilli auprès de mon peu- pic; enterrez-moi avec mes pères, dans valiers, en sorte que le cortège était la caverne (pii est au champ d'Ephron, très nombreux. '"Arrivés à l'aire d'A- le Héthien, -'"dans la caverne du champ thad, qui est au delà du Jourdain, ils de Macpéla, vis-à-vis de Mamré, dans firententendredegrandeset profondes le pavs de Canaan. C'est le chanq) lamentations ; et Joseph fit en l'hon- qu'Abraham a acheté d'Ephron, le neur de son père un deuil de sept jours. Iléthien, comme propriété sépulcrale. "Leshabitantsdu pays, les Cananéens, ^'Là on a enterré Abraham et Sara, sa furent témoins de ce deuil dans l'aire femme; là on a enterré Isaac et Rc- d'Athad, et ils dirent : Voilà un grand becca, sa femme ; et là j'ai enterré Léa. deuil parmi les Egyptiens ! C'est pour- ^■-Le champ et la caverne qui s'v trouve (juoi l'on a donné le nom d'AIiel-Mits- ont été achetés des fils de Ileth. laïm " à cette aire qui est au delà du '^Lorsque Jacob eut achevé de don- Jourdain, ner ses ordres à ses fils, il retira ses '-C'est ainsi que les fils de Jacob pieds dans le lit, il expira, et fut re- cueilli auprès de son j^euple. Chap. L. 'Joseph se jeta sur le vi- sage de son père, pleura sur lui, et le exécutèrent les ordres de leur père. *^IIs le transportèrent au j^ays de Ca- naan, et l'enterrèrent dans la caverne du champ de Mac])éla, qu'Abraham l)aisa. -Il ordonna aux médecins à son avait achetée d'Ephron, le Iléthien, service d'embaumer son père, et les comme propriété sépulcrale, et qui est médecins embaumèrent Israël. ^Qua- A'is-à-vis de Mamré. rante jours s'écoulèrent ainsi, et fu- '■'Joseph, après avoir enterré son rent employés à l'embaumer. Et les père, retourna en Egypte, avec ses Egyptiens le pleurèrent soixante-dix frères et tous ceux qui étaient montés jours. avec lui pour enterrer son père. *Quand les jours du deuil furent pas- '^Ouand les frères de Joseph virent ses, Joseph s'adressa aux gens de la que leur père était mort, ils dirent : Si maison de Pharaon, et leur dit : Si j'ai Joseph nous prenait en haine, et nous trouvé grâce à vos yeux, rapportez, je rendait tout le mal que nous lui avons vous ])rie, à Pharaon ce que je vous fait ! '^Et ils firent dire à Joseph : Ton dis. ^Mon père m'a fait jurer, en di- ])ère a donné cet ordre avant de mou- rir : '"Vous parlerez ainsi à Joseph : Oh ! pardonne le crime de tes frères sant : Voici, je vais mourir ! Tu m'en- terreras dans le sépulcre que je me suis acheté au pays de Canaan. Je vou- drais donc y monter, pour enterrer et leur péché, car ils t'ont fait du mal ! Pardonne maintenant le péché des ser- mon père; et je reviendrai. ^Pharaon viteurs du Dieu de ton père! Joseph répondit : Monte, et enterre ton père, ])leura, en entendant ces paroles. "*Ses comme il te l'a fait jurer. frères vinrent eux-mêmes se proster- "Joseph monta, pour enterrer son ner devant lui, et ils dirent : Nous père. Avec lui montèrent tous les ser- sommes tes serviteurs. '"Joseph leur a. Abfl-Mitsraini sij^iiifie detiit ilea K^ypiiens. Chap. 50, 20-2( 26. GENESE. dit : Soyez sans crainte; car suis-je à fils de Makir, fds de Manassé, naqui- la place de Dieu ? ^"Vous aviez médité rent sur ses genoux. de me faire du mal : Dieu Ta changé -■'Joseph dit à ses frères : Je vais en bien, pour accomplir ce qui arrive mourir ! Mais Dieu vous visitera, et il aujourd'hui, pour sauver la vie à un vous fera remonter de ce pays-ci dans peuple nombreux. -'Soyez donc sans le pays qu'il a juré de donner à Abra- crainte; je vous entretiendrai, vous et ham, à Isaac et à Jacob. ^'■Joseph fît vos enfants. Et il les consola, en par- jurer les fils d'Israël, en disant : Dieu lant à leur cœur. vous visitera; et vous ferez remonter ^^oseph demeura en Egypte, lui et mes os loin d'ici, la maison de son père. Il vécut cent -* Joseph mourut, âgé de cent dix dix ans. -^Joseph vit les fils d'Ephraïm ans. On l'embauma, et on le mit dans jusqu'à la troisième génération; et les un cercueil en Egypte. L'EXODE LE PELTLK D ISUAKL EN EGYPTE [Chnp. 1-15, ■21.') leur ren- Soiiffranccs des Israélites en Egypte. Cliap. I. '\'oii-i les noms des fils en une dure servitude. '^ d'Israël, venus en Egypte avec Jacob dirent la vie amère par de rudes tra- et la famille de chacun d'eux : -Ruben, vaux en argile et en briques, et par Siméon, Lévi, Juda, ^Issacar, Zabu- tous les ouvrages des champs : et c'é- lon, Benjamin, ^Dan, Nephthali, Gad tait avec cruauté qu'ils leur imposaient et Aser. ^Les personnes issues de Ja- toutes ces charges, cob étaient au nombre de soixante-dix '^Le roi d'Egypte parla aussi aux en tout. Joseph était alors en Egypte, sages-femmes des Hébreux, nommées "Joseph mourut, ainsi que tous ses l'une Schiphra, et l'autre Pua. '"Il leur frères et toute cette génération-là. ^Les dit : Quand vous accoucherez les fem- enfants d'Israël furent féconds et mul- mes des Hébreux et que vous les ver- tiplièrent, ils s'accrurent et devinrent rez sur les sièges, si c'est un garçon, de |)ius en plus puissants. Et le pays faites-le mourir ; si c'est une fille, lais- en fut rempli. sez-la vivre. ''Mais les sases-femmes 41 s'éleva sur l'Egypte un nouveau craignirent Dieu, et ne firent point ce roi, qui n'avait point connu Joseph, rpic leur avait dit le roi d'Egypte; elles "Il dit à son peuple : Voilà les enfants laissèrent vivre les enfants. '*Le roi d'Israël qui forment un peuple plus d'Egypte appela les sages-femmes, et nombreux et plus puissant que nous, leur dit: Pourquoi avez-vous agi ainsi. et avez-vous laissé vivre les enfants ? "Les sages-femmes répondirent à Pha- raon : C'est que les femmes des Hé- breux ne sont pas comme les Egyp- "WUons ! montrons-nous habiles à son égard ; empêchons qu'il ne s'accroisse, et que, s'il survient une guerre, il ne se joigne à nos ennemis, pour nous combattre et sortir ensuite du pays. "Et l'on établit sur lui des chefs de corvées, afin de l'accabler de travaux pénibles. C'est ainsi qu'il bâtit les vil- les de Pithom et de Ramsès, pour ser- vir de magasins à Pharaon. '-Mais plus on l'accablait, plus il multipliait et de Dieu, Dieu fit prospérer leur mai s'accroissait; et l'on prit en aversion son. les enfants d'Israël. '''Alors les Egvj)- "Alors Pharaon donna cet ordre à tiens réduisirent les enfants d'Israël tout son peuple : Vous jetterez dans le CI tiennes ; elles sont vigoureuses et elles accouchent avant l'arrivée de la sage- femme. -"Dieu fit du bien aux sages- femmes ; et le peuple multiplia et de- vint très nombreux. ^' Parce que les sages-femmes avaient eu la crainte Chap. 5, J-25. EXODE. Naissance de Moïse. — .S'a fuite au pays de Madian. fleuve tout garçon qui naîtra, et vous personne, il tua l'Égyptien, et le cacha laisserez vivre toutes les filles. dans le sable. '-'Il sortit le jour suivant; et voici, deux Hébreux se querellaient. Il dit à celui qui avait tort : Pourquoi frappes-tu ton jn'ochain! '"'Et cet hom- Chap. II. ' Un homme de la maison me répondit : Qui t'a établi chef et juge de Lévi avait pris pour femme une fille sur nous ? Penses-tu me tuer, comme deLévi. -Cette femme devint enceinte tu as tué l'Egyptien? Moïse eut peur, et enfanta un fils. Elle vit cjuil était et dit : Certainement la chose est con- beau, et elle le cacha pendant trois nue. '^Pharaon apprit ce qui s'était mois. ^Ne pouvant plus le cacher, elle passé, et il cherchait à faire mourir prit une caisse de jonc, qu'elle endui- Moïse. Mais Moïse s'enfuit de devant sit de bitume et de poix; elle y mit Pharaon, et il se retira dans le pays de l'enfant, et ledéposa parmi les roseaux, Madian, où il s'arrêta près d'un ])uits. sur le bord du fleuve. ■'La sœur de l'en- fant se tint à quelque distance, pour savoir ce qui lui arriverait. ^La fille de Pharaon descendit au fleuve pour se baigner, et ses compa- "^ Le prêtre de Madian avait sept filles. Elles vinrent puiser de l'eau, et elles remplirent les auges pour abreuver le troupeau de leur père. '"Les bergers arrivèrent, et les chassèrent. Alors gnessepromenèrent le long du fleuve. Moïse se leva, prit leur défense, et fit Elle aperçut la caisse au milieu des boire leur troupeau. "*Quand elles fu- roscaux, et elle envoya sa servante rent de retour auprès de Réuel", leur pour la prendre. '^Elle l'ouvrit, et vit père, il dit: Pourquoi revenez-vous si- l'enfant : c'était un petit garçon qui, tôt aujourd'hui? ''•'Elles répondirent: pleurait. Elle en eut pitié, et elle dit : Un Egyptien nous a délivrées de la C'est un enfant des Hébreux ! 'Alors la main des bergers, et même il nous a sœur de l'enfant dit à la fille de Pha- puisé de l'eau, et a fait boire le trou- raon : Veux-tu que j'aille te chercher peau. -"Et il dit à ses filles : Où est-il ? une nourrice parmi les femmes des Pourquoi avez-vous laissé cet homme ? Hébreux, pour allaiter cet enfant ?** Va, Appelez-le, pour qu'il prenne quelque lui répondit la fille de Pharaon. Et la nourriture. -'Moïse se décida à demeu- jeune fille alla chercher la mère de rer chez cet homme, qui lui donna pour l'enfant. '-'La fille de Pharaon lui dit : femme Séphora, sa fille. "Elle enfanta Emporte cet enfant, et allaite-le-moi ; un fils, qu'il appela du nom de Guers- je te donnerai ton salaire. La femme chom*, car, dit-il, j'habite un pays prit l'enfant, et l'allaita. '"Quand il eut grandi, elle l'amena à la fille de Pha- raon, et il fut pour elle comme un fils. Elle lui donna le nom de Moïse, car, dit-elle, je l'ai retiré des eaux. "En ce temps-là. Moïse, devenu grand, se rendit vers ses frères, et fut témoin de leurs pénibles travaux. Il missements, et se souvint de son al- vit un Egyptien qui frappait un Hé- liance avec Abraham, Isaac et Jacob, breu d'entre ses frères. '^11 regarda de -^Dieu regarda les enfants d'Israël, et côté et d'autre, et, voyantqu'il n'y avait il en eut compassion. étranger. -^Longtemps après, le roi d'Egypte mourut, et les enfants d'Israël gémis- saient encore sous la servitude, et poussaient des cris. Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jus- qu'à Dieu. -■'Dieu entendit leurs gé- a. Réiiel. nommé plus loin Jethrn (3, i: 4. is). Plusieurs regardent Réuel comme le père de Jéthro. choiu est lormé de deux mots qui sigriilient cti-anger là. 62 b. Guer- EXODE. Chap. S, 1-21. Le buisson ardent. C/iû/j. III. '.Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, prêtre de Madian ; et il mena le trou- peau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb. -L'ange de l'Eternel lui apparut dans une flam- me de feu, au milieu d'un buisson. toi le signe que c'est moi qui t'envoie: quand tu auras fait sortir d'Egypte le peuple, vous servirez Dieu sur cette montagne. ''Moïse dit à Dieu : J'irai donc vers les enfants d'Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m'envoie vers Moïse regarda ; et voici, le buisson était vous. Mais, s'ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je: '•'Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui est. Et il ajouta : C'est ainsi que tu ré- pondras aux enfants d'Israël : Celui qui est m'envoie vers a'Ous. '^Dieu dit encore à Moïse : Tu parleras ainsi aux enfants d'Israël : L'Eternel, le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu tout en feu, et le buisson ne se consu- mait point. 'Moïse dit : Je veux me détourner pour voir quelle est cette grande vi- sion, et pourquoi le buisson ne se con- sume point. ■'L'Eternel vit qu'il se dé- tournait pour voir; et Dieu l'appela du milieu du buisson, et dit : Moïse ! .Moïse! Et il répondit : Me voici! ^Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob, m'envoie dit : N'approche pas d'ici, ôte tes sou- versAous. Voilà mon nom pour l'éter- liers de tes pieds, carie lieu sur lequel nité, voilà mon nom de génération en tu te tiens est une terre sainte. *Et il génération. "'Va, rassemblelesanciens ajouta : Je suis le Dieu de ton père, le d'Israël, et dis-leur: L'Eternel, le Dieu Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le de vos pères, m'est apparu, le Dieu d'.\- Dieu de Jacob. Moïse se cacha le vi- braham, d'Isaac et de Jacob. Il a dit : sage, car il craignait de regarder Dieu. Je vous ai vus, et j'ai vu ce qu'on vous 'L'Eternel dit : J'ai vu la souffrance fait en Egypte, '"et j'ai dit : Je vous de mon j)euple qui est en Egypte, et ferai monter de l'Egypte, où vous souf- j'ai entendu les cris que lui font pous- frez, dans le pays des Cananéens, des ser ses oppresseurs, car je connais ses Iléthiens, des Amoréens, des Phéré- douleurs. '^Je suis descendu pour le ziens, des Héviens et des Jébusiens, délivrer de la main des Egyptiens, et dans un pays où coulent le lait et le pour le faire monter de ce pays dans miel. '**IIs écouteront ta voix; et tu iras, un bon et vaste pays, dans un pays où toi et les anciens d'Israël, auprès du coulent le lait et le miel, dans les lieux roi d'Egypte, et vous lui direz : L'Éter- qu'habitent les Cananéens, les lié- nel, le Dieu des Hébreux, nous est a])- thiens, les Amoréens, les Phéréziens, paru. Permets-nous de faire trois jour- les Héviens et les Jébusiens. "Voici, nées de marche dans le désert, pour les cris d'Israël sont venus jusqu'à offrir des sacrifices à l'Éternel, notre moi, et j'ai vu l'oppression que leur Dieu. '"Je sais que le roi d'Egypte ne font souffrir les Égyptiens. '".Alainte- vous laissera point aller, si ce n'est nant, va, je t'enverrai auprès de Pha- par une main puissante. -"J'étendrai raon, et tu feras sortir d'Egypte mon ma main, et je frapperai l'Egypte par peuple, les enfants d'Israël. toutes sortes de prodiges que je ferai ".Moïse dit à Dieu : Oui suis-je, pour au milieu d'elle. Après quoi, il vous aller vers Pharaon, et pour faire sortir laissera aller. *'Je ferai même trouver d'Egypte les enfants d'Israël? '"Dieu grâce à ce peuple aux yeux des Égyp- dit : Je serai avec toi; et ceci sera pour tiens, et quand vous partirez, vous ne G3 Chap. S, 'n-4, -23. EXODE. partirez point à vide. -Chaque femme ternel lui dit : Qui a fait la bouche de demandera à sa voisine et à celle qui l'homme? et qui rend muet ou sourd, demeure dans sa maison des vases d'ar- voyant ou aveugle? N'est-ce pas moi, gent, des vases d'or, et des vêtements l'Eternel? '-Va donc, je serai avec ta que vous mettrez sur vos fds et vos bouche, et je t'enseignerai ce que tu fdles. Et vous dépouillerez les Egyp- auras à dire. '"Moïse dit: Ah! Seigneur, tiens. envoie qui tu voudras envoyer. '•'Alors Chap. IV. 'Moïse répondit, et dit : la colère de l'Eternel s'enflamma con- Voici, ils ne me croiront point, et ils tre Moïse, et il dit : N'y a-t-il pas ton n'écouteront point ma voix. Mais ils frère Aaron, le Lévite? Je sais qu'il diront : L'Eternel ne t'est point ap- parlera facilement. Le voici lui-même, paru. qui vient au-devant de toi; et, quand -L'Eternel lui dit : Qu'y a-t-il dans il te verra, il se réjouira dans son cœur, ta main? Il répondit: Une verge. "LE- '^Tu lui parleras, et tu mettras les pa- ternel dit : Jette-là par terre. 11 la jeta rôles dans sa bouche; et moi, je se- par terre, et elle devint un serpent, rai avec ta bouche et avec sa bouche, Moïse fuyait devant lui. *L'Eternel dit et je vous enseignerai ce que vous au- à Moïse : Etends-ta main, et saisis-le rezàfaire. '^11 parlera pour toi au peu- par la queue. Il étendit la main et le pie; il te servira de bouche, et tu tien- saisit; et le serpent redevint une verge dras pour lui la place de Dieu. "Prends dans sa main. ^C'estlà, dit l'Eternel, dans ta main cette verge, avec laquelle ce que tu feras, afin qu'ils croient que tu feras des signes. l'Eternel, le Dieu de leurs pères, t'est apparu, le Dieu d'Abraham, le Dieu noour de Moïse en j;gypte. d'isaac et le Dieu de Jacob. '* Moïse s'en alla; et, de retour au- ^L'Eternel lui dit encore : Mets ta près de Jéthro, son beau-père, il lui main dans ton sein. Il mit sa main dans dit : Laisse-moi, je te prie, aller re- son sein; puis il la retira, et voici, sa joindre mes frères cpii sont en Egypte, main était couverte de lèpre, blanche afin que je voie s'ils sont encore vi- comme la neige. "L'Eternel dit : He- vants. Jéthro dit à Moïse : Va en paix, mets ta main dans ton sein. 11 remit sa '^L'Eternel dit à Moïse, en Madian : main dans son sein ; puis il la retira de Va, retourne en Egypte, car tous ceux son sein, et voici, elle était redevenue qui en voulaient à ta vie sont morts, comme sa chair. 'S'ils ne te croient ^"Moïse prit sa femme et ses fils, les fit pas, dit l'Eternel, et n'écoutent pas la monter sur des ânes, et retourna dans voix du premier signe, ils croiront à la le paysd'Egypte. Il pritdans sa main la voix du dernier signe. ^ S'ils ne croient verge de Dieu. *' L'Eternel dit à Moïse : pas même à ces deux signes, et n'écou- En partant pour retourner en Egypte, tent pas ta voix, tu prendras de l'eau vois tous les prodiges que je mets en du fleuve, tu la répandras sur la terre, ta main : tu les feras devant Pharaon, et l'eau que tu auras prise du fleuve Et moi, j'endurcirai son cœur, et il ne deviendra du sang sur la terre. laissera point aller le peuple. "Tu di- '"Moïse dit à l'Éternel : Ah! Sei- ras à Pharaon : Ainsi parle l'Eternel : gneur, je ne suis pas un homme qui ait Israël est mon fils, mon premier-né. la parole facile, et ce n'est ni d'hier, -"Je te dis : Laisse aller mon fils, pour ni d'avant-hier, ni même depuis que tu qu'il me serve ; si tu refuses de le lais- parles à ton serviteur; car j'ai la bou- ser aller, voici, je ferai périr ton fils, chc et la langue embarrassées. "L'E- ton premier-né. 64 EXODE. Chap. 4,-2'i-5,n. -'' Pendant le voyage, en un lieu où Moïse passa la nuit, l'Eternel l'attaqua et voulut le faire mourir. -^Séphora ])rit une pierre aiguë, coupa le prépuce de son fils, et toucha les pieds de Moïse, en disant : Tu es pour moi un époux de sang! -"Et lEternel le laissa. C'est alors qu'elle dit : Epoux de sang! à cause de la circoncision. -'L'Eternel dit à Aaron : ^'a dans le désert au-devant de Moïse. Aaron par- tit; il rencontra Moïse à la montagne de Dieu, et il le baisa. -"^ Moïse fit con- naître à Aaron toutes les paroles de l'Eternel ([ui l'avait envoyé, et tous les signes qu'il lui avait ordonné de faire. -^Moïse et Aaron poursuivirent leur chemin, et ils assemblèrent tous les anciens des enfants d'Israël. ^"Aaron ^Pharaon dit : Voici, ce peuple est maintenant nombreux dans le pays, et vous lui feriez interrompre ses travaux ! *Et ce jour même, Pharaon donna cet ordre aux inspecteurs du peuple et aux commissaires : 'Vous ne donnerez plus comme auparavant de la paille au ])eu- ple pour faire des briques ; qu'ils aillent eux-mêmes se ramasser de la paille. '*Vous leur imposerez néanmoins la quantité de briques qu'ils faisaient au- paravant, vous n'en retrancherez rien ; car ce sont des paresseux; voilà pour- quoi ils crient, en disant : Allons of- frir des sacrifices à notre Dieu! 'Oue l'on charge de travail ces gens, qu'ils s'en occupent, et ils ne prendront plus garde à des paroles de mensonge. '"Les inspecteurs du peuple et les ra])porta toutes les paroles que l'Eter- commissaires vinrent dire au peuple : nel avait dites à Moïse, et il exécuta les signes aux yeux du peuple. ^'Et le peuple crut. Ils apprirent que l'Eter- nel avait vu les enfants d'Israël, qu'il avait vu leur souffrance; et ils s'incli- nèrent et se prosternèrent. Moïse et Aaron dci'ant le roi d'Egypte. — Les charges du peuple d'Israël augmentées par ordre de Pharaon. Chap. V. '.Moïse et Aaron se ren- dirent ensuite auprès de Pharaon, et lui dirent : Ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël . Laisse aller mon peuple, pour fpi'il célèbre au désert une fête en mon honneur. -Pharaon répondit : Qui est l'Eternel, pour que j'obéisse à sa Aoix, en laissant aller Israël? Je ne connais point l'Eternel, et je ne laisserai point aller Israël. "Ils dirent : Le Dieu des Hébreux nous est apparu. Permets- nous de faire trois journées de marche dans le désert, pour offrir des sacrifi- ces à l'Eternel, afin qu'il ne nous frappe pas de la peste ou de l'épée. *Et le roi d'Egypte leur dit : Moïse et Aaron, ])our(pioi détournez- vous le peuple de son (.)uvrage ? Allez à vos travaux. Ainsi parle Pharaon : Je ne vous donne plus de paille ; " allez vous-mêmes vous procurer de la paille où vous en trou- verez, car l'on ne retranche rien de vo- tre travail. '-Le peuple se répandit dans tout le pays d'Egypte, pour ramasser du chaume au lieu de paille. "Les ins- ])ecteurs les pressaient, en disant : Achevez votre tâche, jour par jour, comme quand il y avait de la paille. '^On battit même les commissaires des enfants d'Israël, établis sur eux parles inspecteurs de Pharaon : Pour({uoi, (.li- sait-on, n'avez-vous pas achevé hier et aujourd'hui, comme auparavant, la quantité de briques qui vous avait été fixée ? '^Les commissaires des enfants d'Is- raël allèrent se plaindre à Pharaon, et lui dirent : Pourquoi traites-tu ainsi tes serviteurs? '"On ne donne point de paille à tes serviteurs, et l'on nous dit : Faites des briques! Et voici, tes servi- teurs sont battus, comme si ton peuple était coupable. ''Pharaon répondit : Vous êtes des paresseux, des pares- seux! Voilà pourquoi vous dites : Al- lons offrir des sacrifices à rEternel ! 6^ Chap. 5, 18-6, w EXODE. '^Maintenant, allez travailler; on ne vous donnera point de paille, et vous livrerez la même quantité de briques. '^Les commissaires des enfants d'Is- bras étendu et par de grands juge- ments. "Je vous prendrai pour mon peuple, je serai votre Dieu, et vous saurez que c'est moi, rÉternel, votre raël virent qu'on les rendait malheu- Dieu, qui vous affranchis des travaux reux, en disant : Vous ne retrancherez rien de vos briques; chaque jour la tâ- che du jour. -"En sortant de chez Pha- raon, ils rencontrèrent Moïse et Aaron qui les attendaient. '-'Ils leur dirent ; Que l'Éternel vous regarde, et qu'il juge! Vous nous avez rendus odieux à Pharaon et à ses serviteurs, vous avez mis une épée dans leurs mains pour nous faire périr. -"^ Moïse retourna vers l'Éternel, et dont vous chargent les Egyptiens. *Je vous ferai entrer dans le pays que j'ai juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob ; je vous le donnerai en pos- session, moi l'Éternel. 'Ainsi parla Moïse aux enfants d'Is- raël. Mais l'angoisse et la dure servi- tude les empêchèrent d'écouter Moïse. '"L'Eternel parla à Moïse, et dit: "Va, parle à Pharaon, roi d'Egypte, pour (pi'il laisse aller les enfants d'is- dit : Seigneur, pourquoi as-tu fait du raèl hors de son pays. '^Moïse répon- mal à ce peuple? pourquoi m'as-tu en- voyé? ^^Depuis que je suis allé vers Pharaon pour parler en ton nom, il fait du mal à ce peuple, et tu n'as point dé- livré ton peuple. La délk'rnncc promise par V Eternel, logie de Moïse et d' Aaron. Généa- Chap. VI. 'L'Eternel dit à Moïse : Tu verras maintenant ce que je ferai à Pharaon; une main puissante le for- cera à les laisser aller, une main puis- sante le forcera à les chasser de son pays. -Dieu parla encore à Moïse, et lui dit : Je suis l'Eternel. ^Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob, comme le Dieu tout-puissant; mais je n'ai pas été connu d'eux sous mon nom, l'Éter- nel. *J ai aussi établi mon alliance avec eux, pour leur donner le pays de Ca- naan, le pays de leurs pèlerinages, dans lequel ils ont séjourné. ^J'ai entendu les gémissements des enfants d'Israël, que les Égyptiens tiennent dans la ser- vitude, et je me suis souvenu de mon alliance. * C'est pourquoi dis aux en- fants d'Israël : Je suis l'Eternel, je vous affranchirai des travaux dont vous char- gent les Égyptiens, je vous délivrerai de leur servitude, et je vous sauverai à dit en présence de l'Eternel : Voici, les enfants d'Israël ne m'ont point écouté; comment Pharaon m'écoute- rait-il, moi qui n'ai pas la parole fa- cile ? '•''L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, et leur donna des ordres au sujet des enfants d'Israël et au sujet de Pharaon, roi d'Egypte, pour faire sortir du pays d'Egv])te les enfants d'Israël. '•'Voici les chefs de leurs familles. Fils de Ruben, premier-né d'Israël : Hénoc, Pallu, Hetsron et Carmi. Ce sont là les familles de Ruben. '^Fils de Siméon : Jemuel, Jamin, Ohad, Jakin et Tsochar; et Saul, fils de la Cananéenne. Ce sont là les fa- milles de Siméon. "^Voici les noms des fils de Lévi, avec leur postérité : Guerschon, Ke- hath et Merari. Les années de la vie de Lévi furent de cent trente-sept ans. — '"Fils de Guerschon : Libni et Schi- meï, et leurs familles. — '*Fils de Kehath : Amrani, Jitsehar, Hébron et Uziel. Les années de la vie de Kehath furent de cent trente-trois ans. — ''■'Fils de Merari : Machli et Muschi. — Ce sont là les familles de Lévi, avec j leur postérité. -"Amram prit pour femme Jokébed, 66 EXODE. Cliap. G, 21-7,11. sa tante; et elle lui enl'anta Aaron et Moïse. Les années de la vie d'Aniram turent de cent trente-sept ans. — -'Fils de Jitsehar: Koré, Népheg et Zicui. — --Fils d'Uziel : Mischaël, Elt- saphan et Sitliri. ^^ Aaron prit pour femme Elischéba, fille d'Amminahad, sœur de Nach- sehon ; et elle lui enfanta Xadab, Ahi- hu, Eléazar et Ithamar. -•'Fils de Koré : Assir, Elkana et Abiasaph. Ce sont là les familles des Korites. "Eléazar, fils d'Aaron, prit pour femme une des filles de Puthiel; et elle lui enfanta Phinées. Tels sont les chefs de famille des Lévites, avec leurs familles. -^Ge sont là cet Aaron et ce Moïse, à qui rÉternel dit : Faites sortir du pays d'Egvpte les enfants d'Israël, se- lon leurs armées. -"Ce sont eux (pii j)arlèrent à Pharaon , roi d'Egvpte , pour faire sortir d'Egypte les enfants d'Israël. Ce sont là ce Moïse et cet Aaron. "Lorsque l'Eternel jiarla à ^loïse dans le pays d'Egypte, -'•TEternel dit à Moïse : Je suis l'Eternel. Dis à Pha- raon, roi d'Egypte, tout ce que je te sortir du pays d'Egypte mes armées, mon peuple, les enfants d'Israël, par lie glands jugements. ^Les Egyptiens connaîtront que je suis l'Eternel, lors- que j'étendrai ma main sur l'Egypte, et que je ferai sortir du milieu d'eux les enfants d'Israël. ^ Moïse et Aaron firent ce que l'Eter- nel leur avait ordonné; ils firent ainsi. 'Moïse était âgé de quatre-vingts ans, et Aaron de quatre-vingt-trois ans, lorsqu'ils parlèrent à Pharaon. "^L'Eternel dit à Moïse et à Aaron: "Si Pharaon vous parle, et vous dit: Faites un miracle! tu diras à Aaron : Prends ta verge, et jette-la devant Pharaon. Elle deviendra un serpent. '"Moïse et Aaron allèrent auprès de Pharaon, et ils firent ce que l'Eternel avait ordonné. Aaron jeta sa verge devant Pharaon et devant ses servi- teurs ; et elle devint un serpent. " Mais Pharaon appela des sages et des en- chanteurs; et les magiciens d'Egypte, eux aussi, en firent autant par leurs enchantements. '- Ils jetèrenttous leurs verges, et elles devinrent des ser- pents. Et la verge d'Aaron engloutit 'Le cœur de Pharaon leurs verges. s'endurcit, et il n'écouta point Moïse et dis. -^"Et .Moïse répondit en présence Aaron, selon ce que l'Éternel avait dit. de l'Eternel : Voici, je n'ai pas la pa- role facile ; comment Pharaon m'écou- terait-il ? Les di.v plaies. Chap. T II. ' L'Éternel dit à Moïse : Vois, je te fais Dieu pour Pharaon; et Aaron, ton frère, sera ton pro))hète. -Toi, tu diras tout ce que je t'ordon nerai; et Aaron, ton frère, parlera à Pharaon, jiour qu'il laisse aller les en- fants d Israël hors de son pays. •'Et moi, j'endurcirai le cœur de Pharaon, le, afin ([u'il me serve dans le désert. Et voici, jusqu'à pré- sent tu n'as point écouté. '"Ainsi parle l'Éternel : A ceci tu connaîtras que je suis l'Eternel. Je vais frapper les eaux du fleuve avec la verge qui est dans ma main; et elles seront changées en 67 C/inp. 7 , is-8, 13. EXODE. sang. **Les poissons qui sont dans le tes pétrins. -^Les grenouilles monte fleuve ])ériront, le fleuve se corrom- pra, et les Egyptiens s'efforceront en vain de boire l'eau du fleuve. "L'Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron: Prends ta verge, et étends ta main sur les eaux des Egyptiens, sur leurs ri- vières, sur leurs ruisseaux, sur leurs étangs, et sur tous leurs amas d'eaux. Elles deviendront du sang; et il y aura du sang dans tout le pays d'Egypte, dans les vases de bois et dans les vases de pierre. -"Moïse et Aaron firent ce (pie l'Eternel avait ordonné. Aaron leva la verge, et il frappa les eaux qui étaient dans le fleuve, sous les yeux de Phai'aon et sous les yeux de ses serviteurs ; et toutes les eaux du fleuve furent changées en sang. '-'Les pois- sons qui étaient dans le fleuve péri- rent, le fleuve se corrompit, les Egyj)- tiens ne pouvaient ])his boire l'eau du fleuve, et il y eut du sang dans tout le pays d'Egypte. --Mais les magiciens d'Egypte en firent autant ])ar leurs enchantements. Le cœur de Pharaon s'endurcit, et il n'écouta point Moïse et Aaron, selon ce cjue l'Eternel avait dit. -^Pharaon s'en retourna, et alla dans sa maison ; et il ne prit pas même à cœur ces choses. -''Tous les Egyp- tiens creusèrent aux environs du fleu- ve, pour trouver de l'eau à boire; car ils ne pouvaient boire de l'eau du fie uve. >I1 s écoula sept jours, après c[ue l'Eternel eut frappé le fleuve. -'^L'Eternel dit à Moïse : Va vers Pharaon, et tu lui diras : Ainsi parle rf]lernel : Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve. -'Si tu refuses de le laisser aller, je vais frapper par des grenouilles toute l'étendue de ton pays. -'^Le fleuve fourmillera de gre- nouilles; elles monteront, et elles en- treront dans ta maison, dans ta cham- bre à coucher et dans ton lit, dans la maison de tes serviteurs et dans celles de ton jieuple, dans tes fours et dans ront sur toi , sur ton peuple , et sur tous tes serviteurs. Chap. y III. ' L'Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron : Etends ta main avec ta verge sur les rivières, sur les ruisseaux et sur les étangs, et fais monter les grenouilles sur le pays d'Egypte. -Aa- ron étendit sa main sur les eaux de l'Egypte ; et les grenouilles montèrent et couvrirent le pays d'Egypte. ^Mais les magiciens en firent autant par leurs enchantements. Ils firent monter les grenouilles sur le pays d'Egypte. ^Pharaon appela Moïse et Aaron, et dit : Priez l'Eternel, afin qu'il éloigne les grenouilles de moi et de mon ])eu- ple ; et je laisserai aller le peuple, pour qu'il offre des sacrifices à l'Eternel. '^ Moïse dit à Pharaon : Glorifie-toi sur moi ! Pour quand prierai-je l'Eternel en ta faveur, en faveur de tes servi- teurs et de ton peuple, afin qu'il retire les grenouilles loin de toi et de tes maisons ? Il n'en restera que dans le fleuve. ^11 répondit: Pour demain. Et Moïse dit : 11 en sera ainsi, afin cjue tu saches que nul n'est semblable à l'E- ternel, notre Dieu. 'Les grenouilles s'éloigneront de toi et de tes maisons, de tes serviteurs et de ton peuple; il n'en restera que dans le fleuve. *Moïse et Aaron sortirent de chez Pharaon. Et Moïse cria à l'Eternel au sujet des grenouilles dont il avait frappé Pha- raon. ^L'l<]ternel fit ce que demandait Moïse ; et les grenouilles périrent dans les maisons, dans les cours etdansles champs. '"On les entassa par mon- ceaux, et le pays fut infecté. " Pharaon, voyant qu'il y avait du relâche, endur- cit son cœur, et il n'écouta ])oint Moïse et Aaron, selon ce que l'Eternel avait dit. '-L'Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron : Etends ta verge, et frappe la poussière de la terre. Elle se changera en poux, dans tout le pays d'Egypte. '^Ils firent 68 EXODE. Chap. S,v,-0,i. ainsi. Aaron étendit sa main, avec sa verge, et il frappa la poussière de la terre; et elle fut changée en poux sur les hommes et sur les animaux. Toute la poussière de la terre fut changée en poux, clans tout le pays d'Egypte. '* Les magiciens employèrent leurs enchantements, pour produire les poux ; mais ils ne purent pas. Les poux étaient sur les hommes et sur les animaux. ''Et les magiciens dirent à Pharaon : C'est le doigt de Dieu ! Le cœur de Pharaon s'endurcit, et il n'é- couta point Moïse et Aaron, selon ce que rÉternel avait dit. '•^L'Eternel dit à Moïse : Lève-toi de bon matin, et présente-toi devant Pha- raon ; il sortira pour aller près de l'eau. Tu lui diras : Ainsi parle l'Eternel : Laisse aller mon peviple, afin qu'il me serve. '^Si tu ne laisses pas aller mon peuple, je vais envoyer les mouches venimeuses contre toi, contre tes ser- viteurs, contre ton peuple et contre tes maisons; les maisons des Egyp- tiens seront remplies de mouches, et le sol en sera couvert. '^Mais, en ce jour-là, je distinguerai le pays de Go- sen où habite mon peuple, et là il n'y aura point de mouches, afin que tu saches que moi, l'Eternel, je suis au milieu de ce pays. ''M'établirai une distinction entre mon peu[)le et ton peuple. Ce signe sera pour demain. -"L'Eternel fit ainsi. Il vint une quan- tité de mouches venimeuses dans la maison de Pharaon et de ses servi- teurs, et tout le pays d'Egypte fut dé- vasté par les mouches. -'Pharaon appela Moïse et Aaron, et dit: Allez, offrez des sacrifices à votre Dieu dans le pays. -Moïse répondit : Il n'est point convenable de faire ainsi ; car nous offririons à l'Eternel, notre Dieu, des sacrifices qui sont en abo- mination aux Egyptiens. Et si nous offrons, sous leurs yeux, des sacrifices qui sont en abomination aux Egyp- tiens , ne nous lajiideront-ils jias ? -^Nous ferons trois journées de marche dans le désert, et nous offrirons des sacrifices à l'Eternel, notre Dieu, se- lon ce qu'il nous dira. -'Pharaon dit: Je A'ous laisserai aller, pour offrir à l'Eternel, votre Dieu, des sacrifices dans le désert; seulement, vous ne vous éloignerez pas, en y allant. Priez pour moi. "Moïse répondit: Je vais sortir de chez toi, et je prierai l'Éter- nel. Demain, les mouches s'éloione- ront de Pharaon, de ses serviteurs et de son peuj)le. IMais, que Pharaon ne tronqie jibis, en refusant de laisser aller le peuple, pour offrir des sacri- fices à l'Eternel. ^* Moïse sortit de chez Pharaon, et il pria l'Eternel. -"L'Eter- nel fit ce que demandait Moïse; et les mouches s'éloignèrent de Pharaon, de ses serviteurs et de son peuple. Il n'en resta pas une. -*Mais Pharaon, cette fois encore, endurcit son cœur, et il ne laissa jjoint aller le peuple. Chap. IX. 'L'Eternel dit à Moïse : Va vers Pharaon, et tu lui diras : Ainsi parle l'Eternel, le Dieu des Hébreux: Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve. -Si tu refuses de le laisser aller, et si tu le retiens encore, ^voici, la main de l'Eternel sera sur tes trou- ])eanx qui sont dans les champs, sur les chevaux, sur les ânes, sur les cha- meaux, sur les bœufs et sur les brebis ; il y aura une mortalité très grande. 'L'Eternel distinguera entre les trou- peaux d'Israël et les troupeaux des Egyptiens, et il ne périra rien de tout ce qui est aux enfants d'Israël. H^'É- ternel fixa le temps, et dit: Demain, l'Eternel fera cela dans le pays. *Et l'Éternel fit ainsi, dès le lendemain. Tous les troupeaux des Égyptiens pé- rirent, et il ne périt pas une béte des troupeaux des enfants d'Israël. 'Pha- raon s'informa de ce qui était ai-rivé ; et voici, |)as une bête des troupeaux d'Israël n'avait péri. Mais le cœur de 69 Chap. O^s-29. EXODE. Pharaon s'endurcit, et il ne laissa point aller le peuple. *L'Eternel dit à Moïse et à Aaron : Remplissez vos mains de cendre de à toi dans les champs. La grêle tom- bera sur tous les hommes et sur tous les animaux qui se trouveront dans les champs et qui n'auront pas été recueil- fournaise, et que Moïse la jette vers le lis dans les maisons, et ils périront. ciel, sous les yeux de Pharaon. 'Elle deviendra une poussière qui couvrira tout le pays d'Egypte ; et elle produira, dans tout le pays d'Egypte, sur les hommes et sur les animaux, des ulcè- res formés par une éruption de pus- -"Ceux des serviteurs de Pharaon qui craignirent la parole de l'Eternel firent retirer dans les maisons leurs servi- teurs et leurs troupeaux. -'Mais ceux qui ne prirent ])oint à cœur la parole de l'Eternel laissèrent leurs serviteurs tules. "*Ils prirent de la cendre de et leurs troupeaux dans les champs, fournaise, et se présentèrent devant - - - Pharaon; Moïse la jeta vers le ciel, et elle produisit sur les hommes et sur les animaux des ulcères formés par une éruption de pustules. "Les magi- ciens ne purent paraître devant Moïse, à cause des ulcères ; car les ulcères étaient sur les magiciens, comme sur tous les Egyptiens. '-L'Eternel endur- cit le cœur de Pharaon, et Pharaon n'écouta point Moïse et Aaron, selon ce que l'Eternel avait dit à Moïse. '■^L'Eternel dit à Moïse : Lève-toi de bon matin, et présente-toi devant Pha- raon. Tu lui diras : Ainsi parle l'Eter- nel, le Dieu des Hébreux : Laisse aller mon peuple, afin qu'il me serve. ''*Car, cette fois je vais envoyer toutes mes plaies contre ton cœur, contre tes ser- viteurs et contre ton peuple, afin que tu saches que nul n'est semblable à moi sur toute la terre. '^Si j'avais étendu ma main, et que je t'eusse frappé par la mortalité, toi et ton peu- ple, tu aurais disparu de la terre. '^Mais, je t'ai laissé subsister, afin que tu voies ma puissance, et que l'on pu- blie mon nom par toute la terre. ''Si tu t'élèves encore contre mon peuple, et si tu ne le laisses point aller, "*voici, je ferai pleuvoir demain, à cette heure, une grêle tellement forte, qu'il n'y en dra plus. -'-'Moïse lui dit : Quand je sor- a point eu de semblable en Egypte tirai de la ville, je lèverai mes mains depuis le jour où elle a été fondée vers l'Eternel, les tonnerres cesseront jusqu'à présent. 'Tais donc mettre en et il n'y aura plus de grêle, afin que tu sûreté tes troupeaux et tout ce qui est saches que la terre est à l'Eternel. 70 "L'Eternel dit à Moïse : Etends ta main vers le ciel ; et qu'il tombe de la grêle dans tout le paA's d'Égvpte sur les hommes, sur les animaux, et sur toutes les herbes des champs, dans le pays d'Egypte. -^Moïse étendit sa verge vers le ciel; et l'Eternel envoya des tonnerres et de la grêle, et le feu se promenait sur la terre. L'Eternel fît pleuvoir de la grêle sur le pays d'E- gypte. -•'Il tomba de la grêle, et le feu se mêlait avec la grêle ; elle était tel- lement forte qu'il n'y en avait point eu de semblable dans tout le pays d'E- gypte depuis qu'il existe comme na- tion. -^La grêle frappa, dans tous le pays d'Egypte, tout ce qui était dans les champs, depuis les hommes jus- qu'aux animaux; la grêle frappa aussi toutes les herbes des champs, et brisa tous les arbres des champs. -^Ce fut seulement dans le pays de Gosen, où étaient les enfants d'Israël, qu'il n'y eut point de grêle. -' Pharaon fit appeler Moïse et Aaron, et leur dit : Cette fois, j'ai péché ; c'est l'Éternel qui est le juste, et moi et mon peuple nous sommes les coupables. ^'* Priez l'Eternel, pour qu'il n'y ait plus de tonnerres et de grêle ; et je vous laisserai aller, et l'on ne vous retien- EXODE. Chap. 0,30-10,16. '"Mais je sais que toi et tes serviteurs, vous ne craindrez pas encore rEternel Dieu. ^' Le lin et l'orge avaient été frap- pés, parce que l'orge était en épis et que c'était la floraison du lin ; ^'le froment et l'épeautre n'avaient point été frappés, parce qu'ils sont tardifs. ^'Moïse sortit de cliez Pharaon, jiour aller hors de la ville ; il leva ses mains vers rEternel, les tonnerres et la grêle cessèrent, et la pluie ne tomba plus sur la terre. '^Pharaon, voyant que la pluie, la grêle et les tonnerres avaient cessé, continua de pécher, et il en- durcit son cœur, lui et ses serviteurs. '^Le cœur de Pharaon s'endurcit, et il ne laissa ])oint aller les enfants d'Is- raël, selon ce (|ue l'Eternel avait dit par l'intermédiaire de Moïse. Chap. X. 'L'Éternel dit à Moïse : Va vers Pharaon, car j'ai endurci son cœur et le cœur de ses serviteurs, pour faire éclater mes signes au milieu d'eux. *C'est aussi pour que tu racontes à ton fils et au fîls de ton fils comment j'ai traité les Egyptiens, et quels signes j'ai fait éclater au milieu d'eux. Et vous saurez que je suis l'Eternel. 'Moïse et Aaron allèrent vers Pharaon, et lui di- rent : Ainsi parle l'Eternel, le Dieu des Hébreux : Jusques à quand refuseras- tu de t'humilier devant moi ? Laisse aller mon peuple, afin qu'il nie serve. *Si tu refuses de laisser aller mon peu- ple, voici, je ferai venir demain des sauterelles dans toute l'étendue de ton pays. ^ Elles couvriront la surface de la terre, et l'on ne pourra plus voir la terre ; elles déAoreront le reste de ce qui est échappé, ce que vous a laissé la grêle, elles dévoreront tous les ar- bres qui croissent dans vos champs; ^ elles rempliront tes maisons, les mai- sons de tous tes serviteurs et les mai- sons de tous les Egyptiens. Tes pères et les pères de tes pères n'auront rien vu de pareil depuis qu'ils existent sur la terre jusqu'à ce jour. Moïse se reti- ra, et sortit de chez Pharaon. "Les ser- viteurs de Pharaon lui dirent : Jusques à quand cet homme sera-t-il pour nous un |)iège ? Laisse aller ces gens, et qu'ils servent l'Eternel, leur Dieu. Ne vois-tu pas encore que l'Egypte périt ? *0n fit revenir vers Pharaon Moïse et Aaron : Allez, leur dit-il, servez If^ternel, votre FJieu. Qui sont ceux (|ui iront ? ^ Moïse répondit : Nous irons avec nos enfants et nos vieillards, avec nos fils et nos filles, avec nos brebis et nos bœufs ; car c'est pour nous une fête en l'honneur de l'Eternel. '"Pha- raon leur dit : Que l'Eternel soit avec vous, tout comme je vais vous laisser aller, vous et vos enfants ! Prenez garde, car le malheur est devant vous ! "Non, non; allez, vous les hommes, et servez l'Eternel, car c'est là ce que vous avez demandé. Et on les chassa de la présence de Pharaon. '-L'Eternel dit à Moïse : Étends ta main sur le pays d'Egypte, et (jue les sauterelles montent sur le pays d'E- gypte; qu'elles dévorent toute l'herbe de la terre, tout ce que la grêle a laissé. "Moïse étendit sa verge sur le pays d'Egypte; et l'Eternel fit souffler un vent d'orient sur le pays toute cette journée et toute la nuit. Quand ce fut le matin, le vent d'orient avait apporté les sauterelles. '''Les sauterelles mon- tèrent sur le pays d'Egypte, et se posè- rent dans toute l'étendue de l'Egypte; elles étaient en si grande quantité qu'il n'y avait jamais eu et qu'il n'y aura ja- mais rien de semblable. '^ Elles cou- vrirent la surface de toute la terre, et la terre fut dans l'obscurité; elles dé- vorèrent toute l'herbe de la terre et tout le fruit des arbres, tout ce que la grêle avait laissé ; et il ne resta aucune verdure aux arbres ni à l'herbe des chamj)s, dans tout le pays d'Egy])te. '^Aussitôt Pharaon apj)ela Moïse et Aaron, et dit : .l'ai péché contre l'E- ternel , votre Dieu , et contre vous. 71 Chap. 10,11-1^, -2. EXODE. *' Mais pardonne mon j)éché pour cette Je ferai venir encore une plaie sur Pha- fois seulement; et priez rÉternel, vo- tre Dieu, afin qu'il éloigne de moi en- core cette plaie mortelle. '''Moïse sor- tit de chez Pharaon, et il pria rÉternel. *'L'Eternel fit souffler un vent d'occi- dent très fort, qui emporta les saute- relles, et les précipita dans la mer Rouge ; il ne resta pas une seule sau- terelle dans toute l'étendue de l'E- gypte. -"L'Eternel endurcit le cœur de Pharaon, et Pharaon ne laissa point aller les enfants d'Israël. ^'L'Éternel dit à Moïse : Étends ta main vers le ciel, et qu'il y ait des té- nèbres sur le pays d'Egypte, et que l'on puisse les toucher. '^^ Moïse éten- dit sa main vers le ciel; et il y eut d'épaisses ténèbres dans tout le pays d'Egypte, pendant trois jours. "^^On ne se voyait pas les uns les autres, et per- sonne ne se leva de sa place pendant trois jours. Mais il y avait de la lumière dans les lieux où habitaient tous les enfants d'Israël. '^■'Pharaon appela Moïse, et dit : Al- lez, servez l'Éternel. Il n'y aura que vos brebis et vos bœufs qui resteront, et vos enfants jiourront aller avec vous. ^''Moïse répondit: Tu mettras toi-même entre nos mains de quoi faire les sacri- fices et les holocaustes , que nous of- frirons à l'Eternel, notre Dieu. -'^Nos troupeaux iront avec nous, et il ne res- tera pas un ongle ; car c'est là que nous prendrons pour servir l'Éternel, notre Dieu; et, jusqu'à ce que nous soyons arrivés, nous ne savons pas ce que nous choisirons pour offrira l'Eternel. -'L'E- ternel endurcit le cœur de Pharaon, et Pharaon ne voulut point les laisser al- ler. *" Pharaon dit à Moïse : Sors de chez moi ! Garde-toi de paraître encore en ma présence, car le jour où tu pa- raîtras en ma présence, tu mourras. ^^Tu l'as dit ! répliqua Moïse, je ne pa- raîtrai |)lus en ta présence. Chap. XI. ' L'Éternel dit à Moïse : raon et sur l'Egypte. Après cela, il vous laissera partir d'ici. Lorsqu'il vous lais- sera tout à fait aller, il vous chassera même d'ici. ^Parle au peuple, pour que chacun demande à son voisin et cha- cune à sa voisine des vases d'argent et des vases d'or. * L'Éternel fit trouver grâce au peuple aux yeux des Egyp- tiens ; Moïse lui-même était très con- sidéré dans le pays d'Egypte, aux yeux des serviteurs de Pharaon et aux yeux du peuple. *Moïse dit : Ainsi parle l'Éternel : Vers le milieu de la nuit, je passerai au travers de l'Egypte ; ^et tous les premiers-nés mourront dans le pays d'Egypte, depuis le premier-né de Pharaon assis sur son trône, jusqu'au premier-né de la servante qui est der- rière la meule, et jusqu'à tous les pre- miers-nés des animaux. ^11 y aura dans tout le pays d'Egypte de grands cris, tels qu'il n'y en a point eu et qu'il n'y en aura plus de semblables. 'Mais par- mi tous les enfants d'Israël, depuis les hommes jusqu'aux animaux, pas même un chien ne remuera sa langue, afin que vous sachiez quelle différence l'É- ternel fait entre l'Egypte et Israël. *Alors tous tes serviteurs que voici des- cendront vers moi et se prosterneront devant moi, en disant : Sors, toi et tout le peuple qui s'attache à tes pas ! Après cela, je sortirai. Moïse sortit de chez Pharaon, dans une ardente colère. "L'Éternel dit à Moïse : Pharaon ne vous écoutera point, afin que mes mi- racles se multiplient dans le pays d'E- gypte. '"Moïse et Aaron firent tous ces miracles devant Pharaon, et Pharaon ne laissa point aller les enfants d'Israël hors de son pays. Institution de la Pâqiie. — Mort des premiers- nés. — Départ d'iigypte. Chap. XII. ' L'Éternel dit à Moïse et à Aaron dans le pays d'Egypte : -Ce 72 EXODE. Chap. 1^,3-23. mois-ci sera pour vous le premier pays d'Egypte. '*Vous conserverez le des mois ; il sera pour vous le premier souvenir de ce jour, et vous le céléhre- des mois de l'année. ^Parlez à toute rez par une fête en l'honneur de l'Eter- l'assemhléed'lsraël, etdites : Ledixiè- nel ; vous le célébrerez comme une e jour de ce mois, on prendra un loi perpétuelle pour vos descendants. m agneau pour chaque Famille, un agneau '^Pendant sept jours, vous mangerez pour chaque maison. *Si la maison est des pains sans levain. Dès le premier tro|) peu nombreuse pour un agneau, jour, il n'y aura plus de levain dans on le prendra avec son [)lus proche vos maisons; car toute personne qui voisin, selon le nombredes personnes; mangera du pain levé, du premier jour vous compterez pour cet agneau d'à- au septième jour, sera retranchée d'Is- près ce que chacun peut manger. ^Ce raël. "'Le premier jour, vous aurez une sera un agneau sans défaut, mâle, âgé sainte convocation ; et le septième d'un an; vous pourrez prendre un jour, vous aurez une sainte convoca- •agneau ou un chevreau. *Vous le gar- tion. On ne fera aucun travail ces jours- derez jusqu'au quatorzième jour de là; vous pourrez seulement préparer la ce mois; et toute l'assemblée d'Israël nourriture de chaque personne. *' Vous l'immolera entre les deux soirs ". "On observerez la fête des pains sans le- prendra de son sang, et on en mettra vain, car c'est en ce jour même que sur les deux poteaux et sur le linteau j'aurai fait sortir vos armées du pays de la porte des maisons où l'on man- d'Egvpte ; vous observerez ce jour géra. "^Cette même nuit, on en mangera comme une loi perpétuelle pour vos la chair, rôtie au feu; on la mangera descendants. '*Le premier mois, le avec des pains sans levain et des her- quatorzième jourdumois, ausoir, vous manderez mangerez des .g^.^^ ^.^.. pains sans levam jus- l)cs amères. ^Vous ne le point à demi cuit et bouilli dans l'eau ; qu'au soir du vingt et unième jour, mais il sera rôti au feu, avec la tète, '^Pendant sept jours, il ne se trouvera les jambes et l'intérieur. '"Vous n'en point de levain dans vos maisons; car laisserez rien jusqu'au matin; et, s'il toute personne qui mangera du pain en reste quelque chose le matin, vous levé sera retranchée de l'assemblée le brûlerez au feu. "Quand vous le d'Israël, c[ue ce soit un étranger ou un mangerez, vous aurez vos reins ceints, indigène. -"Vous ne mangerez point de vos souliers aux pieds, et votre bâton pain levé; dans toutes vos demeures, à la main; et vous le mangerez à la vous mangerez des pains sans levain, hâte. C'est la Pàque * de ri'^ternel. "-' Moïse appela tous les anciens d'Is- '-Cette nuit-là, je passerai dans le raël, et leur dit : Allez prendre du bé- pays d'Egypte, et je frapperai tous les tail pour vos familles, et immolez la premiers-nés du pays d'Egypte, de- Pàcpie. --Vous prendrez ensuite un |)uis les hommes jusqu'auxanimaux, et bouquet d'hysope, vous le tremperez j'exercerai des jugements contre tous dans le sang qui sera dans le bassin, les dieux de l'Egypte. Je suis l'Eter- et vous toucherez le linteau et les deux ui nel. ''Le sang vous servira de signe j^oteaux de la porte avec le sang q sur les maisons où vous serez; je ver- sera dans le bassin. Nul de \()iis ne rai le sang, et je passerai par-dessus sortira de sa maison jusqu'au matin, vous, et il n'y aura jioint de plaie qui -''Ouand l'Eternel passera pour frapper vous détruise, quand je frapperai le l'Egypte, et verra le sang sur le lin- a. Entre /es deux soirs. On i-rnit que c'était l'intervalle compris. entre le coucher du soleil et la fui du cré- puscule du soir. b. l'iitjue, mot qui sijjnifie littéralement action ttc /tasser. 7:$ Chap. J^,-vi-',9. EXODE. teau et sur les deux poteaux, l'Éternel passera par-dessus la porte, et il ne permettra pas au destructeur d'entrer dans vos maisons pour frapper. -'Vous observerez cela comme une loi pour vous et pour vos enfants à perpétuité. ^^ Quand vous serez entrés dans le pays que l'Eternel vous donnera, selon sa promesse, vous observerez cet usage sacré. -^Et lorsque vos enfants vous diront : Que signifie pour vous cet usage ? -^vous répondrez : C'est le sa- crifice de Pàque en l'honneur de l'É- ternel, qui a passé par-dessus les mai- sons des enfants d'Israël en Egypte, lorsqu'il frappa l'Egypte et qu'il sauva nos maisons. Le peuple s'inclina et se prosterna. ^*Et les enfants d'Israël s'en allèrent, et firent ce que l'Eternel avait ordonné à Moïse et à Aaron; ils firent ainsi. '-^Au milieu de la nuit, l'Eternel frap- pa tous les premiers-nés dans le pays d'Egypte, depuis le premier-né de Pha- raon assis sur son trône, jusqu'au pre- vases d'argent, des vases d'or et des vêtements. ^^L'Eternelfittrouver grâce au peuple aux yeux des Egyptiens, qui se rendirent à leur demande. Et ils dé- pouillèrent les Egyptiens. ^'Les enfants d'Israël partirent de Ramsès pour Succoth au nombre d'en- viron six cent mille hommes de pied, sans les enfants. ^'^Une multitude de gens de toute espèce montèrent avec eux ; ils avaient aussi des troupeaux considérables de brebis et de bœufs. '"Us firent des gâteaux cuits sans le- vain avec la pâte c[u'ils avaient empor- tée d'Egypte, et qui n'était pas levée; car ils avaient été chassés d'Egypte, sans pouvoir tarder, et sans prendre des provisions avec eux. ■'"Le séjour des enfants d'Israël en Egypte fut de quatre cent trente ans. ■"Et au bout de quatre cent trente ans, le jour même, toutes les armées de l'Eternel sortirent du pays d'Egypte. ■•^ Cette nuit sera célébrée en l'honneur de l'Eternel, parce qu'il les fit sortir mier-né du cajitif dans sa prison, et du pays d'E]gypte; cette nuit sera cé- jusqu'à tous les premiers-nés des ani- maux. ^"Pharaon se leva de nuit, lui et tous ses serviteurs, et tous les Egyp- tiens ; et il y eut de grands cris en Egypte, car il n'y avait point de mai- son où il n'y eût un mort. ^'Dans la nuit même. Pharaon appela Moïse et Aaron, et leur dit : Levez-vous, sortez du milieu de mon peuple, vous et les enfants d'Israël. Allez, servez l'Éter- nel, comme vous l'avez dit. ^"-Prenez vos brebis et vos boeufs, comme a^ous l'avez dit ; allez, et bénissez-moi. ''Les Égyptiens pressaient le peuple, et avaient hâte de le renvoyer du pays, car ils disaient : Nous périrons tous. '■•Le peuple emporta sa pâte, avant qu'elle fût levée. Ils enveloppèrent les pétrins dans leurs vêtements, et les mirent sur leurs épaules. '^Les enfants d'Israël firent ce que Moïse avait dit, et ils demandèrent aux Égyptiens des l'étranger en séjour au milieu de vous 74 lébrée en l'honneur de l'Éternel par tous les enfants d'Israël et par leurs descendants. *'L'Éternel dit à Moïse et à Aaron : Voici une ordonnance au sujet de la Pàque : Aucun étranger n'en mangera. "Tu circonciras tout esclave acquis à prix d'argent; alors il en mangera. ''^L'habitant et le mercenaire n'en man- geront point. *^0n ne la mangera que dans la maison ; vous n'emporterez point de chair hors de la maison, et Aous ne briserez aucun os. '"Toute l'as- semblée d'Israël fera la Pàque. ■**Si un étranger en séjour chez toi A'eut faire la Pàcjue de l'Éternel, tout mâle de sa maison devra être circoncis; alors il s'approchera pour la faiie, et il sera comme l'indigène; mais aucun incir- concis n'en mangera. '''•'La même loi existera pour l'indigène comme pour EXODE. t 'h ap . 13, M- 13,10. Oriloiini/ lires sur lu Pàqiie et sur les prcniicrs-i>és. ="'r()u>s les cnf^mts d'Israël fn-cnt ce " Ouan*! l'Eternel t'aura fait entrer (lue l'Eternel avait ordonné ù Moïse et dans le ])ays des Cananéens, comme il à Aaron ; ils firent ainsi. ^' Et ce même l'a juré à toi et à tes pères, et qu'il te jour, l'Eternel fit sortir du jiays d'E- l'aura donné, '-tu consacreras à l'Éter- gypte les enfants d'Israël, selon leurs nel tout ])remier-né, même tout pre- armées. mier-né des animaux que tu auras : les mâles appartiennent à l'Éternel. '^Tu rachèteras avec un agneau tout pre- mier-né de l'âne; et, si tu ne le rachè- Chap. XIII. ' L'Eternel parla à tes pas, tu lui briseras la nuque. Tu Moïse, et dit : "Consacre-moi tout pre- rachèteras aussi tout premier-né de mier-né, tout premier- né parmi li-s l'homme parmi tes fils. '■'Et lorsque enfants d'Israël, tant des hommes que ton fils te demandera un jour : Que si- des animaux: il m'a])partient. gnifie cela? tu lui répondras : Par sa ^Moïse dit au peuple : Souvenez- main puissante, l'Eternel nous a fait vous de ce jour, où vous êtes sortis sortir d'Egypte, de la maison de servi- d'Egypte, de la maison de servitude; tude; '^et, comme Pharaon s'obstinait car c'est par sa main puissante que à ne point nous laisser aller, l'Éternel l'Éternel vous en a fait sortir. On ne fit mourir tous les premiers-nés dans mangera point de pain levé. *Vous sor- le pays d'Egypte, depuis les premiers- tezaujourd'hui, dans le moisdesépis". nés des hommes jusqu'aux premiers- '"* Quand l'Eternel t'aura fait entrer dans nés des animaux. Voilà pourquoi j'offre le pays des Cananéens, des Héthiens, en sacrifice à l'Éternel tout premier-né des Amoréens, des Héviens et des Je- des mâles, et je rachète tout premier- busiens, qu'il a juré à tes pères de te né de mes fils. '"Ce sera comme un si- donner, pays où coulent le lait et le gne sur ta main et comme des fron- miel, tu rendras ce culte à l'Éternel teaux entre tes yeux; car c'est par sa dans ce niêine mois. * Pendant sept main puissante que l'Eternel nous a jours, tu mangeras des pains sans le- fait sortir d'Egypte, vain ; et le septième jour, il y aura une fête en l'honneur de l'Éternel. ^On mangera des pains sans levain pendant les sept jours; on ne verra point chez toi de pain levé, et l'on ne verra point chez toi de levain, dans toute l'étendue de ton pays. *Tu diras alors à ton fils : C'est en mémoire de ce que l'Éternel pie pourrait se repentir en voyant la a fait pour moi, lorsque je suis sorti guerre, et retourner en Égvj)te. '^Mais d'Egypte. "Ce sera pour toi comme un Dieu fit faire au peuple un détour par signe sur ta main et comme un souve- le chemin du désert, vers la mer Rouge, nir entre tes yeux, afin que la loi de Les enfants d'Israël montèrent en ar- l'Eternel soit dans ta bouche; car c'est mes hors du pays d'Egypte. '"Moïse par sa main puissante que l'Éternel t'a prit avec lui les os de Joseph; car Jo- fait sortir d'Egypte. '"Tu observeras seph avait fait jurer les fils d'Israël, en cette ordonnance au temps fixé, d'an- disant: Dieu vous visitera, et vous ferez née en année. remonter avec vous mes os loin d'ici. a. Le mois des épis (héb. Abth), appelé plus tard mois de Nisan, commençait avec la nouvelle lune qui suit l'équinnxe du printemps (Mais-Aviiî) : c'était le premier mois de l'année religieuse des Israélites. — L'année civile datait du mois de 'J'isri, cummonçant avec la nouvelle lune qui suit l'équinoxe d'automne (Sept. -Cet.). Marche i'ers le désert. — Passage de la nier Rouge. '"Lorsque Pharaon laissa aller le peu- ]i\e, Dieu ne le conduisit jioint par le chemin du pays des Philistins, quoique le plus proche; car Dieu dit: Le peu- /.j Chap. lS,-20-l^f,-n. EXODE. ^"IlspartirentdeSuccoth, et ils cam- Égyptiens étaient en marche derrière pèrent à Etham, à rextrémitc du dé- eux. Et les enfants d'Israël eurent une sert. -'L']']ternel allait devant eux, le grande frayeur, et crièrent à l'Eternel, jour dans une colonne de nuée pour "Ils dirent à Moïse : N'y avait-il pas les guider dans leur chemin, et la nuit des sé]iulcres en Egypte, sans qu'il fût dans une colonne de feu pour les éclai- besoin de nous mener mourir au dé- rer, afin qu'ils marchassent] our et nuit, sert? Que nous as-tu fait en nous fai- ^^Lacolonne de nuée ne se retirait point saut sortir d'Egypte? '^N'est-ce pas là de devant le peuple pendant le jour, ni ce que nous te disions en Egypte : la colonne de feu pendant la nuit. Laisse-nous servir les Egyptiens, car Chap. XIV. ' L'Eternel 23arla à Moi- nous aimons mieux servir les Egyp- se, et dit : -Parle aux enfants d'Israël; tiens que de mourir au désert? ''Moïse qu'ils se détournent, et cju'ils campent répondit au peuple : Ne craignez rien, devant Pi-Hahiroth, entre Migdol et la restez en place, et regai'dez la déli- mer, A'is-à-vis de Baal-Tsephon ; c'est vrance que l'Eternel va vous accorder en face de ce lieu que vous camperez, en ce jour; car les Egyptiens c|ue vous près de la mer. ''Pharaon dira des en- voyez aujourd'hui, vous ne les ver- fants d'Israël : Ils sont égarés dans le rez plus jamais. '*L'Eternel combattra ])ays; le désert les enferme. ''J'endur- cirai le cœur de Pharaon, et il les pour- suivra; mais Pharaon et toute son ar- mée serviront à faire éclater ma gloire, et les Egyptiens sauront que je suis l'Eternel. Et les enfants d'Israël firent ainsi. pour Aous; et vous, gardez le silence. '^L'Eternel dit à Moïse : Pourquoi ces cris? Parle aux enfants d'Israël ; et qu'ils marchent. '"Toi, lève ta verge, étends ta main sur la mer, et fends-la; et les enfants d'Israël entreront ali mi- lieu de la mer à sec. '"Et moi, je vais ^On annonça au roi d'Egvpte que le endurcir le cœur des Egvptiens, pour peuple avait pris la fuite. Alors le cœur qu'ils y entrent après eux ; et Pharaon de Pharaon et celui de ses serviteurs et toute son armée, ses chars et ses ca- furent changés à l'égard du peujile. Ils valiers, feront éclater ma gloire. "*Et dirent : Qu'avons-nous fait, en laissant les Egyptiens sauront que je suis l'E- aller Israël, dont nous n'aurons plus ternel, quand Pharaon, ses chars et ses les services? *Et Pharaon attela son cavaliers, auront fait éclater ma gloire, char, et il prit son ]icu|:)le avec lui. 'Il '"L'ange de Dieu, qui allait devant le ])rit six cents chars d'élite, et tous les camp d'Israël, partit et alla derrière chars de l'Egypte; il y avait sur tous eux; et la colonne de nuée qui les pré- des combattants. *L'Eternel endurcit cédait, partit et se tint derrière eux. le cœur de Pharaon, roi d'Egypte, et -"Elle se plaça entre le camp des Egyp- Pharaonpoursuivitlesenfantsd'Israël. tiens et le camp d'Israël. Cette nuée Les enfants d'Israël étaient sortis la était ténébreuse d'un côté, et de l'au- main levée". ^Les Egvptiens les pour- tre elle éclairait la nuit. Et les deux suivirent; et tous les chevaux, les chars camps n'approchèrent point l'un de de Pharaon, ses cavaliers et son armée, l'autre pendant toute la nuit, les atteignirent campés près de la mer, -'Moïse étendit sa main sur la mer. vers Pi-Hahiroth, vis-à-vis de Baal- Et l'Eternel refoula la mer par un vent Tsephon. d'orient, qui souffla avec impétuosité "•Pharaon approchait. Les enfants toute la nuit; il mit la mer à sec, et les d'Israël levèrent les yeux, et voici, les eaux se fendirent. "Les enfants d'Is- a. C'est-à-dire, ouvertement. 70 EXODE. Chap. li,-23-l5,9. racl entrèrent lui milieu de la mer à au milieu de la mer. -*Les eaux revin- sec, et les eaux formaient comme une rent, et couvrirent les chars, les cava- murailleà leur droite et à leur gauche, liers et toute l'armée de Pharaon, qui -^Les Egyptiens les ])oursuivirent ; et étaient entrés dans la mer après les tous les chevaux de Pharaon, ses chars enfants d'Israël ; et il n'en échapjia pas et ses cavaliers entrèrent après eux au milieu de la mer. '-^A la veille du ma- tin", l'Eternel regarda le camj) des I Egyptiens, depuis la colonne de feu et de nuée, et il mit en désordre le camp ^"En ce jour, l'Eternel délivra Israël des Egyptiens. -=11 ùta les roues de de la main des Egyptiens; et Israël vit leurs chars et en rendit la marche dif- sur le rivage de la mer les Egyptiens ficile. Les Égyptiens dirent alors : qui étaient morts. ^'Israël vit la main Fuyons devant Israël, car l'Eternel ])uissante, que l'Eternel avait dirigée combat pour lui contre les Egyptiens, contre les Egyptiens. Et le peuple crai- gnit l'Eternel, et il crut en l'Eternel et en Moïse, son serviteur. un seul. -'■'Mais les enfants d'Israël mar- chèrent à sec au milieu de la mer, et es eaux formaient comme une muraille à leur droite et à leur gauche. Cantique. Chap. XV. *Alors Moïse et les en- -^L'Eternel dit à Moïse : Etends ta main sur la mer; et les eaux revicn- d ront sur les Egyptiens , su r leurs chars et sur leurs cavaliers. -'Moïse étendit sa main sur la mer. Et vers le matin, la mer reprit son impétuosité, et les Egyptiens s'enfuirent à son approche ; fants d'Israël chantèrent ce cantique à mais l'Eternel préci])ita les Egyptiens l'Eternel. Ils dirent : Je chanterai à l'Eternel, car il a fait éclater sa gloire; II a précipité dans la mer le cheval et son cavalier. -L'Eternel est ma force et le sujet de mes louanges; C'est lui qui m'a sauvé. Il est mon Dieu : je le célébrerai ; Il est le Dieu de mon père : je l'exalterai. ^L'Eternel est un vaillant guerrier; L'Eternel est son nom. *II a lancé dans la mer les chars de Pharaon et son armée; Ses combattants d'élite ont été engloutis dans la mer Rouge. ^Les ilôts les ont couverts : Ils sont descendus au fond des eaux, comme une pierre. ^Ta droite, ô Eternel! a signalé sa force; Ta droite, ô Eternel! a écrasé l'ennemi. "Par la grandeur de ta majesté Tu renverses tes adversaires; Tu déchaînes ta colère : Elle les consume comme du chaume. *Au souffle de tes narines, les eaux se sont amoncelées, Les courants se sont dressés comme une muraille. Les flots se sont durcis au milieu de la mer. "L'ennemi disait : je poursuivrai, j'atteindrai, a. Liv nuit il.ilt p;irtaifi'f en Iriiis vciUi's. 77 Chap. l5,io-n. EXODE. Je partagerai le butin ; Âla vengeance sera assouvie, Je tirerai Tépée, ma main les détruira. "Tu as soufflé de ton haleine : La mer les a couverts ; Ils se sont enfoncés comme du plomb, Dans la profondeur des eaux. "Oui est comme toi parmi les dieux, ô Eternel? Qui est comme toi magnifique en sainteté, Digne de louanges. Opérant des prodiges? '-Tu as étendu ta droite : La terre les a engloutis. '^Par ta miséricorde tu as conduit, Tu as délivré ce peuple ; Par ta puissance tu le diriges Vers la demeure de ta sainteté. '■'Les peuples l'apprennent, et ils tremblent : La terreur s'empare des Philistins; '^Les chefs d'Edom s'épouvantent; Un tremblement saisit les guerriers de Moab; Tous les habitants de Canaan tombent en défaillance. '*^La crainte et la frayeur les surprendront; Par la grandeur de ton bras Ils deviendront muets comme une pierre. Jusqu'à ce que ton peuple soit passé, ô Eternel ! Jusqu'à ce qu'il soit passé Le peuple que tu as accjuis. ''Tu les amèneras et tu les établiras sur la montamie de ton héritaare. Au lieu que tu as préparé pour ta demeure, ô Eternel! Au sanctuaire, Seigneur! cpie tes mains ont fondé. '^L'Éternel régnera éternellement et à toujours. '^Car les chevaux de Pharaon, ses chars et ses cavaliers sont entrés Et l'Eternel a ramené sur eux les eaux de la mer; [dans la mer. Mais les enfants d'Israël ont marché à sec au milieu de la mer. -"Alarie, la prophétesse, sœur d'Aaron, prit à sa main un tambourin, et toutes les femmes vinrent après elle, avec des tambourins et en dansant. -'Marie ré- pondait aux enfants d'Israël : Chantez à l'Eternel, car il a fait éclater sa gloire; Il a précipité dans la mer le cheval et son cavalier. 78 EXODE. CImp. 15, s2- 10, 11. LE PEUPLE D ISRAËL DANS LE DESERT [Chap. 15, 22-iO.) /.es caii.v (le Mara. — Mnriitiircs des Israélites dans le désert de Sin. — Les cailles et la manne. Le sabbat. --Moïse fit partir Israël de la mer viande, quand nous mangions du pain Uouge. Ils prirent la direction du dé sert de Sehur ; et, après trois journées de marche dans le désert, ils ne trou- vèrent point d'eau. -'Ils arri^èrent à Mara ; mais ils ne purent pas boire leau tic Mara, parce qu'elle était amère à satiété? Car vous nous avez menés dans ce désert, pour faire mourir de faim toute cette multitude. ^L'Eternel dit à Aloïse : Voici, je fe- rai pleuvoir pour vous du pain, du haut des cieux. Le peuple sortira, et en ra- C'est pourquoi ce lieu fut aj^.pelé Mara". massera, jour par jour, la quantité né- "Le peuple murmura contre ^loïse, en cessaire, afin queje le mette à l'épreuve, disant: Que boirons-nous ?"Moïse cria et cjue je voie s'il marchera, ou non, se- à l'Éternel ; et l'Éternel lui indiqua un Ion ma loi. ^Le sixième jour, lorsqu'ils i)ois, qu'il jeta dans l'eau. Et l'eau de- préj^areront ce qu'ils auront apporté, vintdouce. Cel'utlàquerEterneldonna il s'en trouvera le double de ce qu'ils au peu})le des lois et des ordonnances, ramasseront jour par jour, et ce fut là qu'il le mit à l'épreuve. '-''Il "^Moise et Aaron dirent à tous les dit: Si tu écoutes attentivement la voix enfants d'Israël: Ce soir, vous com- de l'Éternel, ton Dieu, si tu fais ce qui prendrez que c'est l'Eternel qui vous est droit à ses yeux, si tu prêtes l'oreille a fait sortir du pays d'Egypte. "Et, au à ses commandements, et si tu obser- matin, vous verrez la gloire de l'Eter- ves toutes ses lois, je ne te frapperai nel, parce qu'il a entendu vos mur- d'aucune des maladies dont j'ai frappé mures contre l'Éternel; car que som- les Egyptiens ; car je suis l'Eternel, qui mes-nous, pour que vous murmuriez te guérit. contre nous ? *Moïse dit : L'Eternel ^^Ils arrivèrent à Elim, où il y avait vous donnera ce soir de la viande à douze sourcesd'eauetsoixante-dix pal- manger, et au matin du pain à satiété, miers. Ils campèrent là, près de l'eau, parce que l'Eternel a entendu les mur- Chap. XVI. 'Toute l'assemblée mures que vous avez proférés contre des enfants d'Israël partit d'Élim, et ils lui; car que sommes-nous? Ce n'est arrivèrent au désert de Sin, qui est pas contre nous que sont vos murmu- entre Elim et Sinaï, le quinzième jour res, c'est contre l'Eternel, tlu second mois après leur sortie du 'Moïse dit à Aaron : Dis à toute l'as- jniys d'Egypte. -Et toute l'assemblée des enfants d'Israël murmura dans le désert contre Moïse et Aaron. 'Les semblée des enfants d'Israël : Appro- chez-vous devant l'Eternel, car il a entendu vos murmures. '"Et tandis enfants d'Israël leur dirent : Que ne qu'Aaron parlait à toute l'assemblée sommes-nous morts ])ar la main de des enfants d'Israël, ils se tournèrent l'Eternel dans le pays d'Egypte, quand du côté du désert, et voici, la gloire nous étions assis près des pots de de l'Éternel parut dans la nuée. "L'E- a. Mara sig'nific amertume. 79 Chap. 10, i-i- ■33. EXODE. ternel, s'adressant à Moïse, dit: ''J'ai principaux de rassemblée vinrent le entendu les murmures des enfants rapporter à Moïse. -''Et Moïse leur dit: d'Israël. Dis-leur: Entre les deux soirs C'est ce que l'Eternel a ordonné. De- vous mangerez de la viande, et au ma- main est le jour du repos, le sabbat tin vous vous rassasierez de pain; et consacré à l'Eternel; faites cuire ce vous saurez cjue je suis l'Eternel, votre que vous avez à faire cuire, faites bouil- Dieu. lir ce c{ue vous avez à faire bouillir, et ''Le soir, il survint des cailles qui mettez en réserve jusqu'au matin tout couvrirent le camp ; et, au matin, il y ce qui restera. -'Ils le laissèrent jus- eut une couche de rosée autour du qu'au matin, comme Moïse l'avait or- cam]:). '''Quand cette rosée fut dissi- donné; et cela ne devint point infect, pée, il y avait à la surface du désert et il ne s'y mit point de vers. -^Moïse quelque chose de menu comme des dit: Mangez-le aujourd'hui, car c'est grains, quelque chose de menu comme le jour du sabbat; aujourd'hui vous la gelée blanche sur la terre. '^Les en- n'en trouverez point dans la campa- fants d'Israël regardèrent et ils se di- gne. -^Pendant six jours vous en ra- rent l'un à l'autre : Qu'est-ce que cela? masserez; mais le septième jour, cjui car ils ne savaient pas ce que c'était, est le sabbat, il n'y en aura point. Moïse leur dit: C'est le pain que l'E- -'Le septième jour, quelques-uns ternel vous donne pour nourriture, du peuple sortirent pour en ramasser, '^Voici ce que l'Eternel a ordonné : et ils n'en trouvèrent point. **Alors Que chacun de vous en ramasse ce l'Eternel dit à Moïse : Jusques à quand qu'il faut pour sa nourriture, un orner retuserez-vous d'observer mes com- par tête, suivant le nombre de vos per- mandements et mes lois ? -^Considérez sonnes; chacun en prendra pour ceux que l'Eternel vous a donné le sabbat; qui sont dans sa tente. c'est pourquoi il vous donne au sixième ''Les Israélites firent ainsi ; et ils en jour de la nourriture pour deux jours, ramassèrent les uns plus, les autres Que chacun reste à sa place, et que moins. '*0n mesurait ensuite avec l'o- personne ne sorte du lieu où il est au mer; celui qui avait ramassé plus septième jour, n'avait rien de troj), et celui (pii avait ramassé moins n'en manquait pas. Chacun ramassait ce cpi'il fallait pour sa nourriture. '^Moïse leur dit: Que personne n'en laisse jusqu'au matin. ^•'Ils n'écoutèrent pas Moïse, et il v eut des gens qui en laissèrent jusqu'au goût d'un gâteau au miel, matin; mais il s'y mit des vers, et cela ^-Moïse dit. Voici ce que l'Eternel a devint infect. Moïse fut irrité contre ordonné: Qu'un omer rempli de manne ces gens. ^'Tous les matins, chacun soit conservé pour vos descendants, ramassait ce qu'il fallait pour sa nour- afin qu'ils voient le pain que je vous '"Et le peuple se reposa le septième jour. "La maison d'Israël donna à cette nourriture le nom de manne". Elle ressemblait à de la graine de corian- dre*; elle était blanche, et avait le riture; et quand venait la chaleur du soleil, cela fondait. -^Le sixième jour, ils ramassèrent une quantité double de nourriture. ai fait manger dans le désert, après vous avoir fait sortir du pays d'Egypte. ^•■'Et Moïse dit à Aaron : Prends un vase, mets-y de la manne ])lein un deux omers pour chacun. Tous les omer, et dépose-le devant l'Eternel, a. Marine, hébreu man. nom tiré de l'exclamation que poussèrent les Israélites, en la voyant pour la première fois : Man IIou « Qu'est-ce ? » (verset 15). b. Coriandre, nom d'une plante. 80 EXODE. Ch a p. 1 6, 31,-18,3. en disant: L'Éternel est-il au milieu de nous, ou n'y est-il pas ? * Amalek vint combattre Israël à Re- phidim. 'Alors Moïse dit à Josué : C;hoisis-nous des hommes, sors, et combats Amalek; demain je me tien- drai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main. in osue fit ce que lui avait dit Moïse, pour combattre Amalek. Et Moïse, Aaron afin qu'il soit conservé pour vos des- cendants. ^■'Suivant l'ordre donné par l'Eternel à Moïse, Aaron le déposa de- vant le témoignage ", afin qu'il fût con- .servé. '^Les enfants d'Israël mangèrent la manne pendant quarante ans, jusqu'à leur arrivée dans un pays habité; ils mangèrent la manne jusqu'à leur arri- vée aux frontières du pays de Canaan. '^L'omer est la dixième partie de et Hur montèrent au sommet de la col- l'épha. line. "Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort; et lorsqu'il Murmures à Rephidim. —Le rocher cVlioreh. baissait Sa main, Amalek était le plus Amalek vaincu. r . lo, . i ni .. ,. !• . tort. '-Les mains de Moïse étant fati- Chap. XVII. 'Toute l'assemblée guées, ils prirent une pierre qu'ils des enfants d'Israël partit du désert placèrent sous lui, et il s'assit dessus, de Sin, selon les marches que l'Eter- Aaron et Hur soutenaient ses mains, nel leur avait ordonnées; et ils cam- l'un d'un côté, l'autre de l'autre; et pèrent à Rephidim, où le peuple ne ses mains restèrent fermes jusqu'au trouva point d'eau à boire. -Alors le coucher du soleil. '^Et Josué vainquit ])euple chercha querelle à Moïse. Ils Amalek et son peuple, au tranchant dirent : Donnez-nous de l'eau à boire, de l'épée. Moïse leur répondit: Pourquoi me '^L'Eternel dit à Moïse: Ecris cela cherchez-vous ([uerelle? Pourquoi ten- dans le livre, pour que le souvenir tez-vous l'Eternel ? 'Le peuple était là, s'en conserve, et déclare à Josué que pressé par la soif, et murmurait contre j'effacerai la mémoire d'Amalek de Moïse. 11 disait: Pourquoi nous as-tu dessous les cieux. fait monter hors d'Egypte, pour me '^Moïse bâtit un autel, et lui donna faire mourir de soif avec mes enfants pour nom l'Eternel ma bannière. 'Ml et mes troupeaux ? •'Moïse cria à l'E- dit : Parce que la main a été levée sur ternel, en disant: Que ferai-je à ce le trône de l'Eternel, il y aura guerre peuple ? Encore un peu, et ils me lapi- de l'Eternel contre Amalek, de géné- deront. ^L'Eternel dit à Moïse : Passe devant le peuple, et prends avec toi des anciens d'Israël ; prends aussi dans ta main ta verge avec laquelle tu as ration en génération. Visite de Jéthro à Moïse. Chap. XVIII. 'Jéthro, prêtre de frappé le fleuve, et marche ! ^Voici, je Madian, beau-père de Moïse, apprit me tiendrai devant toi sur le rocher tout ce que Dieu avait fait en faveur d'IIoreb; tu frapperas le rocher, et il de Moïse et d'Israël, son peuple; il en sortira de l'eau, et le peuple boira, apprit que l'Eternel avait fait sortir Et Moïse fit ainsi, aux yeux des an- Israël d'Egyjjte. -Jéthro, beau-père ciens d'Israël. "Il donna à ce lieu le de Moïse, prit Séphora, femme de nom de Massa et Meriba*, parce que Moïse, qui avait été renvoyée. 'Il prit les enfants d'Israël avaient contesté, aussi les deux fils de Séphora; l'un se et parce qu'ils avaient tenté l'Eternel, nommait Guerschom'^, car Moïse avait o. Le témoignage, c'est-ii-dire les tables de la loi. C'est seulement plus tard que dut s'effectuer le dépôt de ce vase de manne. b. Massa et Meriba signifient tentation et querelle. c. Guerscliom, voy. 2, 2-2. 81 Chap. 18.U-19,: EXODE. dit: J'habite un pays étranger; '' l'autre ont quelque affaire, ils viennent à moi; se nommait Eliézer", car il avait dit : je prononce entre eux, et je fais con- Le Dieu de mon père m'a secouru, et naître les ordonnances de Dieu et ses il m'a délivré de l'épée de Pharaon, lois. '"Le beau-père de Moïse lui dit: ^Jéthro, beau-père de Moïse, avec les Ce que tu fais n'est pas bien. '"Tu t'é- fds et la femme de Moïse, vint au dé- puiseras toi-même, et tu épuiseras ce sert où il campait, à la montagne de peuple qui est avec toi; car la chose Dieu. '^11 fit dire à Moïse: Moi, ton est au-dessus de tes forces, tu ne pour- beau-père Jéthro, je viens vers toi, ras pas y suffire seul. "^Maintenant avec ta femme et ses deux fils. écoute ma voix; je vais te donner un "Moïse sortit au-devant de son beau- conseil, et que Dieu soit avec toi ! Sois père, il se prosterna, et il le baisa. Ils l'interprète du peuple auprès de Dieu, s'informèrent réciproquement de leur et porte les affaires devant Dieu. -"En- santé, et ils entrèrent dans la tente de seigne-leur les ordonnances et les lois; Moïse. "Moïse raconta à son beau-père et fais-leur connaître le chemin qu'ils tout ce que l'Eternel avait fait à Pha- doivent suivre, et ce qu'ils doivent raon et à l'Egypte à cause d'Israël, faire. -'Choisis parmi tout le peuple toutes les souffrances qui leur étaient des hommes capables, craignant Dieu, survenues en chemin, et comment l'E- des hommes intègres, ennemis de la ternel les avait délivrés. ^Jéthro se cupidité; établis-les sur eux comme réjouit de tout le bien que l'Eternel chefs de mille, chefs de cent, chefs de avait lait à Israël, et de ce qu'il l'avait cinquante et chefs de dix. ^^ Qu'ils ju- délivré de la main des E]gyptiens. '"Et gent le peuple en tout temps; qu'ils Jéthro dit : Béni soit l'Eternel, qui portent devant toi toutes les affaires vous a délivrés de la main des Egyp- importantes, et qu'ils prononcent eux- tiens et de la main de Pharaon; qui a mêmes sur les petites causes. Allège délivré le peuple delà main des Egyp- ta charge, et qu'ils la portent avec toi. tiens! "Je reconnais maintenant que -''Si tu fais cela, et que Dieu te donne l'Eternel est plus grand que tous les des ordres, tu pourras y suffire, et tout dieux ; car la méchanceté des Egyp- ce peuple parviendra heureusement à tiens est retombée sur eux. '-Jéthro, sa destination. beau-père de Moïse, offrit à Dieu un -''Moïse écouta la voix de son beau- holocauste et des sacrifices. Aaron et père, et fit tout ce qu'il avait dit. tous les anciens d'Israël vinrent parti- -^ Moïse choisit des hommes capables ciper au repas avec le beau-père de parmi tout Israël, et il les établit chefs Moïse, en présence de Dieu. du peuple, chefs de mille, chefs de "Le lendemain. Moïse s'assit pour cent, chefs decinquanteetchefs de dix. juger le peuple, et le peuple se tint '-''Ilsjugeaient le peuple en tout temps; devant lui depuis le matin jusqu'au ils ])ortaient devant Moïse les affaires soir. '''Le beau-père de Moïse vit tout difficiles, et ils prononçaient eux-mê- ce qu'il faisait pour le peuple, et il dit : mes sur toutes les petites causes. Que fais-tu là avec ce peuple? Pour- "Moïse laissa partir son beau-père, quoi sièges-tu seul, et tout le peuple et Jéthro s'en alla dans son pays, se tient-il devant toi, depuis le matin jusqu'au soir ? '= Moïse répondit à son ^^ '^'''"'' " '" '"""'"S"" ^'^ ■^■'■"«'• beau-père : C'est que le peuple vient à Chap. XIX. 'Le troisième mois moi pour consulter Dieu. 'H^uand ils après leur sortie du pays d'Egypte, a. Eliézer est formé de deux mots qui signifient Dieu, secours. 82 EXODE. Cl Kl p. 19, 2-25. les enfants d'Israël arrivèrent ce jour- Ouanil la trompette sonnera, ils s'a- là" au désert de Sinaï. -Etant partis vanceront près de la montagne. '* Moïse de Repliidim, ils arrivèrent au désert descendit de la montagne vers le peu- ])le; il sanctifia le peuple, et ils lavè- rent leurs vêtements. '^Et il dit au ])euple : Soyez prêts dans trois jours ; ne vous approchez d'aucune femme. '"Le troisième jour au matin, il y eut des tonnerres, des éclairs, et une épaisse nuée sur la montagne; le son de la trompette retentit fortement; et tout le peuple qui était dans le camp fut saisi d'épouvante. *'Moïsefit sortir de Sinaï, et ils camjièrent dans le dé- sert; Israël campa là, vis-à-vis de la montagne. 'Moïse monta vers Dieu : et l'Eternel l'appela du haut de la mon- tagne, en disant : Tu parleras ainsi à la maison de .Jacob, et tu diras aux enfants d'Israël : •'Vous avez vu ce que j'ai fait à l'I'^gypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d'aigle et ame- nés vers moi. ^Maintenant, si vous écoutez ma voix, et si vous gardez mon le peuple du camp, à la rencontre de alliance, vous m'appartiendrez entre Dieu; et ils se placèrent au bas de la tous les peuples, car toute la terre est montagne. '^La montagne de Sinaï à moi ; "vousserezpourmoi un royaume était toute en fumée, parce que l'Eter- de prêtres et une nation sainte, ^'oilà nel y était descendu au milieu du feu; les paroles que tu diras aux enfants cette fumée s'élevait comme la fumée d'Israël. d'une fournaise, et toute la montagne '.Moïse vint apjîeler les anciens du tremblait avec violence, peuple, et il mit devant eux toutes ces '^Le son de la trompette retentissait paroles, comme l'Eternel le lui avait de plus en plus fortement. Moïse par- ordonné. *Le peuple tout entier répon- lait, et Dieu lui répondait à haute voix, dit : Nous ferons tout ce que l'Éternel -"Ainsi l'Eternel descendit sur la mon- a dit. Moïse rapporta les paroles du tagne de Sinaï, sur le sommet de la peuple à l'Eternel. 'Et l'Eternel dit à montagne; l'Eternel appela Moïse sur Moïse : Voici, je viendrai vers toi dans le sommet de la montagne. Et Moïse une épaisse nuée, afin que le peuple monta. entende quand je te parlerai, et qu'il '-'L'Eternel dit à Moïse: Descends, ait toujours confiance en toi. Moïse fais au peuple la défense expresse de rapporta les paroles du peuple à l'E- se précipiter vers l'Eternel, pour re- ternel. '"Et l'Eternel dit à Moïse : Va garder, de peur qu'un grand nombre vers le peuple; sanctifie-les aujour- d'entre eux ne périsse. --Que les prè- d'hui et demain, qu'ils lavent leurs très, qui s'a]iprochent de l'Eternel, se vêtements. "Qu'ils soient prêts pour sanctifient aussi, de peur que l'Etcr- le troisième jour; car le troisième jour nel ne les frappe de mort. -^Moïse dit l'Eternel descendra, aux yeux de tout à l'Eternel : Le peuple ne pourra pas le peuple, sur la montagne de Sinaï. monter sur la montagne de Sinaï, car '-Tu fixeras au peu])le des limites tout tu nous en as fait la défense expresse, à l'entour, et tu diras : Gardez-vous en disant : Fixe des limites autour de de monter sur la montagne, ou d'en la montagne, et sanctifie-la. -*L'Eter- toucher le bord. Quiconque touchera nel lui dit : A"a, descends; tu monteras la montagne sera puni de mort. ''On ensuite avec Aaron; mais que les prê- ne mettra pas la main sur lui, mais on très et le peuple ne se précipitent le lapidera, ou on le percera de flèches: point pour monter vers l'Eternel, de animal ou homme, il ne vivra point, peur qu'il ne les frappe de mort. "Moïse a. Prubableiucnt le premier jour du mois. 83 Chap. 20,i-21,Q. EXODE. '•"Tu ne déroberas jioint. "'Tu ne porteras point de faux témoi- gnage contre ton jJi'ochain. "Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son é ne sera point femme, et qu'il en ait eu des fds ou des puni, dans le cas où l'autre viendrait filles, la femme et ses enfants seront à à se lever et à se promener dehors avec son maître, et il sortira seul. ^Si l'es- son bâton. Seulement, il le dédomma- clave dit : J'aime mon maître, ma fem- me et mes enfants, je ne veux pas sortir libre, — '^alors son maître le conduira devant Dieu, et le fera approcher de la porte ou du j)oteau, et son maître lui esclave, homme ou femme, et que l'es- percera l'oreille avec un poinçon, et clave meure sous sa main, le maître l'esclave sera pour toujours à son ser- sera puni. -'Mais s'il survit un jour ou vice. deux, le maître ne sera point puni ; car " Si un homme vend sa fille pour être c'est son argent, esclave, elle ne sortira point comme -Si des hommes se querellent, et sortent les esclaves. *Si elle déplaît à qu'ils heurtent une femme enceinte, et son maître, qui s'était proposé de la la fassent accoucher, sans autre acci- prendre pour femme, il facilitera son dent, ils seront punis d'une amende rachat; mais il n'aura pas le pouvoir imposée jiar le mari de la femme, et de la vendre à des étrangers, après lui qu'ils paieront devant des juges. -'Mais avoir été infidèle. ^S'il la destine à son s'il y a un accident, tu donneras vie fds, il agira envers elle selon le droit pour vie, -''œil pour œil, dent pour des fdles.'" S'il prend une autre femme, dent, main pour main, pied pour pied, il ne retranchera rien pour la première -^brûlure pour brûlure, blessure pour à la nourriture, au vêtement, et au droit blessure, meurtrissure pour meurtris- conjugal. "Et s'il ne fait pas pour elle sure. ces trois choses, elle pourra sortir sans -"Si un homme frappe l'œil de son rien payer, sans donner de l'argent. esclave, homme ou femme, et qu'il lui '-Celui qui frappera un homme mor- fasse perdre l'œil, il le mettra en li- tellement sera puni de mort. "S'il ne berté, pour prix de son œil. -'Et s'il lui a point dressé d'embûches, et que fait tomber une dent à son esclave, Dieu l'ait fait tomber sous sa main, je homme ou femme, il le mettra en li- t'établirai un lieu où il pourra se berté, pour prix de sa dent, réfugier. '■'Mais si quelqu'un agit mé- -*Si un bœuf frappe de ses cornes chamment contre son prochain, en un homme ou une femme, et que la employant la ruse pour le tuer, tu l'ar- mort en soit la suite, le bœuf sera la- racheras même de mon autel, pour le pidé, sa chair ne sera point mangée, et faire mourir. le maître du bœuf ne sera point puni. '^Celui qui frappera son père ou sa -'■'Mais si le bœuf était auparavant sujet mère sera puni de mort. à frapper, et qu'on en ait averti le maî- '*Celui qui dérobera un homme, et tre, qui ne l'a point surveillé, le bœuf qui l'aura vendu ou retenu entre ses sera lapidé, dans le cas où il tuerait un mains, sera jnini de mort. homme ou une femme, et son maître "Celui qui maudira son père ou sa sera puni de mort. '"Si on impose au mère sera puni de moit. maître un prix pour le rachat de sa vie, 85 Chap. 21,31-22, 10. EXODE. il paiera tout ce qui lui sera im])osé. *Si un feu éclate et rencontre des ^'Lorsque le bœuf frappera un fils ou épines, et que du blé en gerbes ou sur une fille, cette loi recevra son applica- pied, ou bien le champ, soit consumé, tion; ^-mais si le bœuf frappe un es- celui qui a causé l'incendie sera tenu clave, homme ou femme, on donnera trente sicles d'argent au maître de l'es- clave, et le bœuf sera lapidé. ^^Si un homme met à découvert une citerne, ou si un homme en creuse une et ne la couvre pas, et qu'il y tombe à un dédommagement. "Si un homme donne à un autre de l'argent ou des objets à garder, et qu'on les vole dans la maison de ce dernier, le voleur fera une restitution au dou- ble, dans le cas où il serait trouvé. *Si un bœuf ou un âne, ^'*le possesseur de le A'oleur ne se trouve pas, le maître de la citerne paiera au maître la valeur de l'animal en argent, et aura pour lui l'animal mort. '^Si le bœuf d'un homme frappe de ses cornes le bœuf d'un autre homme, et que la mort en soit la suite, ils Acn- la maison se présentera devant Dieu, pour déclarer qu'il n'a pas mis la main sur le bien de son prochain. ^Dans toute affaire frauduleuse con- cernant un bœuf, un àne, un agneau, un vêtement, ou un objet perdu, au su- dront le bœuf vivant et en partageront jet duquel on dira : C'est cela! — la le prix; ils partageront aussi le bœuf cause des deux parties ira jusqu'àDieu; mort. '^^Mais s'il est connu que le bœuf celui que Dieu condamnera fera à son était auparavant sujet à frapper, et que prochain une restitution au double, son maître ne l'ait ])oint surveillé, ce '"Si un homme donne à un autre un maître rendra bœuf pour bœuf, et aura àne, un bœuf, un agneau, ou un animal quelconque à garder, et que l'animal meure, se casse un membre, ou soit enlevé, sans que personne l'ait vu, "le serment au nom de l'Eternel intervien- dra entre les deux parties, et celui qui a gardé l'animal déclarera qu'il n'a pas pour lui le bœuf mort. Lois rclatu'es à la propriété et aux mœurs. Chap. XXII. 'Si un homme dé- robe un bœuf ou un agneau, et qu'il l'égorgé ou le vende, il restituera cinq mis la main sur le bien de son pro- ba^ufs pour le bœuf et quatre agneaux chain; le maître de l'animal acceptera pour l'agneau. -Si le voleur est surpris ce serment, et l'autre ne sera point dérobant avec effraction, et qu'il soit tenu à une restitution. '-Mais si l'ani- frappé et meure, on ne sera point cou- mal a été dérobé chez lui, il sera tenu pable de meurtre envers lui; ^mais si vis-à-vis de son maître à une restitu- le soleil est levé, on sera coupable de tion. '''Si l'animal a été déchiré, il le meurtre envers lui. Il fera restitution; produira en témoignage, et il ne sera s'il n'a rien, il sera vendu pour son vol ; point tenu à une restitution pour ce ^si ce qu'il a dérobé, bœuf, âne, ou qui a été déchiré. agneau, se trouve encore vivant entre '*Si un homme emprunte à un autre ses mains, il fera une restitution au un animal, et que l'animal se casse un double. membre ou qu'il meure, en l'absence ^Si un homme fait du déoàtdans un de son maître, il y aura lieu à restitu- champ ou dans une vigne, et qu'il laisse tion. '^Si le maître est présent, il n y son bétail paître dans le champ d'au- aura pas lieu à restitution. Si l'animal trui, il donnera en dédommagement le a été loué, le prix du louage suffira, meilleur produit de son champ et de "'Si un homme séduit une vierge qui n'est point fiancée, et qu'il couche avec sa vigne. 86 EXODE. Cliap.:^i>, 11-28, 13. elle, il paiera sa dot et la prendra pour femme. "Si le père refuse de la lui ac- corder, il paiera en argent la valeur de la dot des vierges. '*Tu ne laisseras point vivre la ma- Lois momies et ccréniorticUes. Cfuip. XXIII. 'Tu ne répandras point de faux bruit. Tu ne te joindras point au méchant pour faire un faux témoiffnag:e. *Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal ; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du gicienne. "Quiconque couche avec une bête sera puni de mort. *" Celui qui offre des sacrifices à d'au- tres dieux qu'à l'Eternel seul sera voué côté du grand nombre, pour violer la justice. 'Tu ne favoriseras point le pauvre dans son procès. ■•Si tu rencontres le bœuf de ton en- nemi ou son âne égaré, tu le lui ramè- neras. ^Si tu vois l'àne de ton ennemi succombant sous sa charge, et que tu hésites à le décharger, tu t'aideras à le décharger. *Tu ne porteras point atteinte au droit du pauvre dans son procès. 'Tu ne prononceras point de sen- tence inique, et tu ne feras point mou- rir l'innocent et le juste; car je n'ab- soudrai point le coupable. *Tu ne à 1 extermination. -'Tu ne maltraiteras point l'étran- ger, et tu ne l'opprimeras point; car vous avez été étrangers dans le pays d'Egypte. "Tu n'affligeras ])oint la veuve, ni l'orphelin. -'Si tu les affliges, et qu'ils viennent à moi, j'entendrai leurs cris; -■'ma colère s'enflammera, et je vous détruirai par l'épée ; vos femmes de- viendront veuves, et vos enfants or- phelins. -^Si tu prêtes de l'argent à mon peu- ple, au pauvre qui est avec toi, tu ne seras point à son égard comme un créancier, tu n'exigeras de lui point recevras point de présent; car les pré- d'intérêt. -^Si tu prends en gage le vêtement de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil ; -'car c'est sa seule couverture, c'est le vêtement dont il s'enveloppe le corps : dans quoi cou- cherait-il? S'il crie à moi, je l'enten- drai, car je suis miséricordieux. -*Tu ne maudiras point Dieu, et tu ne maudiras point le prince de ton peuple. sents aveuglent ceux qui ont les yeux ouverts, et corrompent les paroles des justes. ^Tu n'opprimeras point l'étranger; vous savez ce qu'éprouve l'étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d'Egypte. '"Pendant six années,, tu ensemen- ceras la terre, et tu en recueilleras le produit. "Mais la septième, tu lui don- neras du relâche et tu la laisseras en *^Tu ne différeras point de m'offrir repos; les pauvres de ton peuple en les prémices de ta moisson et de ta jouiront, et les bêtes des champs man- vendange. Tu me donneras le premier- geront ce qui restera. Tu feras de même né de tes fîls. '"Tu me donneras aussi le premier-né de ta vache et de ta bre- bis ; il restera sept jours avec sa mère ; le huitième jour, tu me le donneras. "Vous serez pour moi des hommes saints. Vous nemangerezpointdechair déchirée dans les champs : vous la jet- terez aux chiens. pour ta vigne et pour tes oliviers. '-Pendant six jours, tu feras ton ou- vrage. Mais le septième jour, tu te re- poseras, afin que ton bœuf et ton àne aient du repos, afin que le fils de ton esclave et l'étranger aient du relâche. "Vous observerez tout ce que je vous ai dit, et vous ne prononcerez point le 87 Chap.2S,i'.-U,. EXODE. nom d'autres dieux: qu'on ne l'entende tu n'imiteras point ces peuples dans point sortir de votre bouche. leur conduite, mais tu les détruiras, et '■'Trois fois par année, tu célébreras tu briseras leurs statues. ^^Vous servi- des fêtes en mon honneur. '^Tuobser- rez l'Eternel, votre Dieu, et il bénira veras la fête des pains sans levain; votre pain et vos eaux, et j'éloignerai pendantsept jours, au temps fixé dans la maladie du milieu de toi. ^''Il n'y le mois des épis, tu mangeras des pains aura dans ton pays ni femme qui avorte, sans levain, comme je t'en ai donné ni femme stérile. Je remplirai le nom- l'ordre, car c'est dans ce mois que tu bre de tes jours. -'J'enverrai ma ter- es sorti d'Egypte; et l'on ne se pré- reur devant toi, je mettrai en déroute sentera point à vide devant ma face, tous les peuples chez lesquels tu arri- '^Tu observeras la fête de la moisson", veras, et je ferai tourner le dos devant des prémices de ton travail, de ce que toi à tous tes ennemis. ^M'enverrai les tu auras semé dans les champs; et la frelons devant toi, et ils chasseront fête de la récolte*, à la fin de l'année, loin de ta face les Héviens, les Cana- quand tu recueilleras des champs le néens et les Héthiens. -''Je ne les chas- fruit de ton travail. '"Trois fois par serai pas en une seule année loin de ta année, tous les mâles se présenteront face, de ])eur que le pays ne devienne devant le Seigneur, l'Éternel. un désert et que les bêtes des champs '*Tu n'offriras point avec du pain ne se multiplient contre toi. ^"Je les levé le sang de la victime sacrifiée en chasserai peu à peu loin de ta face, mon honneur; et sa graisse ne sera jusqu'à ce que tu augmentes en nom- point gardée pendant la nuit jusqu'au bre et que tu puisses prendre posses- matm. sion du pays. 'J'établirai tes limites "•Tu ap]iorteras à la maison de l'E- depuis la mer Rouge jusqu'à la mer ternel, ton Dieu, les prémices des pre- des Philistins, et depuis le désert jus- miers fruits de la terre. qu'au lleuve; car je livrerai entre vos Tu ne feras point cuire un chevreau mains les habitants du ])ays, et tu les dans le lait de sa mère. chasscrasdevanttoi.^-Tuneferaspoint d'alliance avec eux, ni avec leurs dieux. -"Voici, j'envoie un ange devant toi, ^^Ils n'habiteront point dans ton pays, pour te protéger en chemin, et pour te de peur qu'ils ne te fassent pécher con- faire arriver au lieu que j'ai préparé, tre moi; car tu servirais leurs dieux, ^'Tiens-toi sur tes gardes en sa pré- et ce serait un piège pour toi. sence, et écoute sa voix; ne lui résiste . , i-i 1 Moïse sur la montagne de Sinaï. point, parce qu il ne pardonnera pas * vos péchés, car mon nom est en lui. Chap. XXIV. 'Dieu dit à Moïse : ^-Mais si tu écoutes sa voix, et si tu Monte vers l'Eternel, toi et Aaron, Na- fais tout ce que je te dirai , je serai dab et Abihu, et soixante-dix des an- l'ennemi de tes ennemis et l'adversaire ciens d'Israël ; et vous vous prosterne- de tes adversaires. ^^Mon ange mar- rez de loin. -Moïse s'approchera seul chera devant toi, et te conduira chez de l'Eternel; les autres ne s'en appro- les Amoréens, les Héthiens, les Phé- cheront pas, et le peuple ne montera réziens, les Cananéens, les Héviens et point avec lui. les Jébusiens, et je les exterminerai. ^Moïse vint rapporter au peuple tou- -'' Tu ne te prosterneras point devant tes les paroles de l'Eternel et toutes leurs dieux, et tu ne les serviras point; leslois. Lepeupleentierréponditd'une a. Ou fêle des semaines, fête de Pentecôte. b. Ou fête des tabernacles. 88, EXODE. C/iap.M,'.-SÔ,i5. même voix : Nous ferons tout ce que rÉternel a dit. •'Moïse écrivit toutes les paroles de rEternel. Puis il se leva de bon matin ; il bâtit un autel au pied de la mon- lai^'ue, et dressa douze pierres pour les douze tribus d'Israël. ^11 envoya des jeunes bonimes, enfants d'Israël, pour olïrir à l'Eternel des holocaustes, et immoler des taureaux en sacrifices d'actions de grâces. * Moïse prit la moi- tié du sang-, qu'il mit dans des bassins, et il ré|)andit l'autre moitié sur l'autel. '11 prit le livre de l'alliance, et le lut en j)résence du peuple ; ils dirent : Nous ferons tout ce c{ue l'Eternel a dit, et nous obéirons. * Moïse prit le sang, et il le ré])andit sur le peuple, en di- sant : Voici le sang de l'alliance que l'Eternel a faite avec vous sur toutes ces choses. "Moïse monta avec Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix anciens d'Is- raël. '"Ils virent le Dieu d'Israël; sous ses pieds, c'était comme un ouvrage de saphir transparent, comme le ciel pect de la gloire de l'Eternel était comme un feu dévoi'ant sur le sommet de la montagne, aux yeux des enfants d'Israël. "*Moïse entra au milieu de la nuée, et il monta sur la montagne. Moïse demeura sur la montagne qua- rante jours et quarante nuits. Ordres pour la construction (lu tabernacle. — Description de l'arc/ic. de la table et du cltan- delicr. Chap.XXV. 'L'Éternel parla àMoï- se, et dit : -Parle aux enfants d'Israël. Qu'ils m'apportent une offrande; vous la recevrez pour moi de tout homme qui la fera de bon cœur. 'Voici ce que vous recevrez d'eux en offrande : de l'or, de l'argent et de l'airain; ''des étoffes teintes en bleu, en pourpre, en cramoisi, du fin lin et du poil de chè- vre; ^des peaux de béliers teintes en rouge et des peaux teintes en bleu ; du bois d'acacia ; ''de l'huile pour le chan- delier, des aromates pour l'huile d'onc- tion et ])Our le parfum odoriférant; 'des pierres d'onyx et d'autres pierres lui-même dans sa pureté. " Il n'étendit pour la garniture de l'éphod et du pec- point sa main sur l'élite des enfants d'Israël. Ils virent Dieu, et ils mangè- rent et burent. '-L'Eternel dit à Moïse : Monte vers moi sur la montagne, et reste là; je te donnerai des tables de pierre, la loi et les ordonnances que j'ai écrites pour leur instruction. ''Moïse se leva, avec Josué qui le servait, et Moïse monta iixiY la montagne de Dieu. '''Il dit aux anciens : Attendez-nous ici, jusqu'à ce que nous revenions auprès de vous. Voici, Aaron et Ilur resteront avec vous ; si quelqu'un a un différend, c'est à eux qu'il s'adressera. "* Moïse monta sur la montagne, et la nuée couvrit la montagne. '"La gloire de l'Eternel re|)osa sur la montagne de Sinaï, et la nuée la couvrit pendant six jours. Le septième jour, l'Eternel ap- pela Moïse du milieu de la nuée. "L'as- toral. *Ils me feront un sanctuaire, et j'habiterai au milieu d'eux. ''Vous fe- rez le tabernacle et tous ses ustensiles d'après le modèle que je vais te mon- trer. '"Ils feront une arche de bois d'aca- cia; sa longueur sera de deux coudées et demie, sa largeur d'une coudée et demie, et sa hauteur d'une coudée et demie. "Tu la couvriras d'or pur, tu la couvriras en dedans et en dehors, et tu y feras une bordure d'or tout au- tour. '-Tu fondras pour elle quatre an- neaux d'or, et tu les mettras à ses {[uatre coins, deux anneaux d'un côté et deux anneaux de l'autre côté. "Tu feras des barres de bois d'acacia, et tu les couvriras d'or. '^Tu passeras les barres dans les anneaux sur les côtés de l'arche, pour qu'elles servent à por- ter l'arche ; "^les barres resteront dans 89 Chap. 25,10-26,, EXODE. les anneaux de l'arche, et n'en seront ^'Tu feras un chandelier d'or pur : point retirées. *^Tu mettras dans l'ar- ce chandelier sera fait d'or battu; son che le témoignage ", que je te donne- pied, sa tige, ses calices, ses pommes rai. '^Tu feras un propitiatoire* d'or et ses fleurs seront d'une même pièce, pur; sa longueur sera de deux coudées et demie, et sa largeur d'une coudée et demie. '^Tu feras deux chérubins d'or, tu les feras d'or battu, aux deux extré- mités du propitiatoire; "fais un ché- rubin à l'une des extrémités et un ché- rubin à l'autre extrémité; vous ferez ^-Six branches sortiront de ses côtés, trois branches du chandelier de l'un des côtés, et trois branches du chan- delier de l'autre côté. '*11 y aura sur une branche trois calices en forme d'a- mande, avec pommes et fleurs, et sur une autre branche trois calices en for- les chérubins sortant du propitiatoire me d'amande, avec pommes et fleurs; à ses deux extrémités. -"Les chérubins il en sera de même pour les six bran- étendront les ailes par-dessus, cou- ches sortant du chandelier. '•'A la tige vrantde leurs ailes le propitiatoire, et du chandelier, il y aura quatre calices se faisant face l'un à l'autre; les che- en forme d'amande, avec leurs pom- rubins auront la face tournée vers le mes et leurs fleurs. ^^11 y aura une propitiatoire. -'Tu mettras le propitia- pomme sous deux des branches sor- toire sur l'arche, et tu mettras dans tant de la tige du chandelier, une l'arche le témoignage, que je te don- pomme sous deux autres branches, et nerai. ^^ C'est laque je me rencontrerai une pomme sous deux autres branches; avec toi; du haut du propitiatoire, en- il en sera de même pour les six bran- tre les deux chérubins placés sur l'ar- ches sortant du chandelier. '^Les pom- che du témoignage, je te donnerai tous mes et les branches du chandelier se- més ordres pour les enfants d'Israël. ront d'une même pièce; il sera tout -'Tu feras une table de bois d'acacia; entier d'or battu, d'or pur. ''Tu feras sa longueur sera de deux coudées, sa ses sept lampes, qui seront placées largeur d'une coudée, et sa hauteur dessus, de manière à éclairer en face, d'une coudée et demie. -•'Tu lacouvri- '''Ses mouchettes et ses vases à cendre ras d'or pur, et tu y feras une bordure seront d'or pur. '''On emploiera un ta- d'or tout autour. -^Tu y feras à l'entour lent d'or pur, pour faire le chandelier un rebord de cjuatre doigts, sur lequel avec tous ses ustensiles. ^"Regarde, et tu mettras une bordure d'or tout au- fais d'après le modèle qui t'est montré tour. -^Tu feras pour la table quatre sur la montagne, anneaux d'or, et tu mettras les anneaux aux quatre coins, qui seront à ses qua- Description du tabernacle. tre pieds. -'Les anneaux seront près Chap. XXVI. 'Tu feras le taberna-. du rebord, et recevront les barres pour cle avec dix tapis de fin lin retors, et porter la table. ^*Tu feras les barres d'étoffes teintes en bleu, en pourpre de bois d'acacia, et tu les couvriras et en cramoisi ; tu y représenteras des d'or; et elles serviront à porter la ta- chérubins artistement travaillés. -La Lie. -^Tu feras ses plats, ses coupes, longueur d'un tapis sera de vingt-huit ses calices et ses tasses, pour servir coudées, et la largeur d'un tapis sera auxlibations; tu les ferasd'orpur.'^Tu de quatre coudées; la mesure sera la mettras sur la table les pains de pro- même pour tous les tapis. 'Cinq de position continuellement devant ma ces tapis seront joints ensemble ; les face. cinq autres seront aussi joints ensem- a. Les tables de la loi. b. Le couvercle de Tarche. 90 EXODE. Chnp. 20, ti- ■33. l)Ic. ■'Tu feras des lacets bleus au bord du tapis terminant le premier assem- blage; et tu feras de même au bord du tapis terminant le second assemblage. ^Tu mettras cinquante lacets au pre- mier tapis, et tu mettras cintjuante la- cets au bord du tapis terminant le second assemblage ; ces lacets se cor- respondront les uns aux autres. *Tu feras cinquante agrafes d'or, et tu join- dras les tapis l'un à l'autre avec les agrafes. Et le tabernacle formera un o tout 'Tu feras des tapis de poil de chè- vre, pour servir de tente sur le taber- nacle; tu feras onze de ces tapis. ''La longueur d'un tapis sera de trente cou- dées, et la largeur d'un tapis sera de quatre coudées; la mesure sera la même pour les onze tapis. 'Tu joindras sépa- rément cinq de ces tapis, et les six au- tres séparément, et tu redoubleras le sixième tapis sur le devant de la tente. et demie. ''Il y aura à chaque planche deux tenons joints l'un à l'autre; tu feras de même pour toutes les plan- ches du tabernacle. '^Tu feras vingt ])lanchcs pour le tabernacle, du côté du midi. ''■'Tu mettras quarante bases d'argent sous les vingt planches, deux bases sous chaque planche pour ses deux tenons. -**Tu feras vingt planches pour le second côté du tabernacle, le côté du nord, *' et leurs quarante bases d'argent, deux bases sous chaque plan- che. "Tu feras six planches pour le fond du tabernacle, du côté de l'occi- dent. -'Tu feras deux planches pour les angles du tabernacle, dans le fond ; "elles seront doubles depuis le bas, et bien liées à leur sommet par un an- neau; il en sera de même pour toutes les deux, placées aux deux angles, -'^ll Y aura ainsi huit planches, avec leurs bases d'argent, soit seize bases, deux bases sous chaque planche. -'^Tu feras '"Tu mettras cinquante lacets au bord cinq barres de bois d'acacia pour les du tapis terminant le premier assem- planches de l'un des côtés du taberna- blage, et cinquante lacets au bord du tapis du second assemblage. "Tu fe- ras cinquante agrafes d'airain, et tu feras entrer les agrafes dans les lacets. Tu assembleras ainsi la tente, qui fera un tout. '*Comme il y aura du surplus tlans les tapis de la tente, la moitié du tapis de reste retombera sur le der- rière du tabernacle; '^la coudée d'une ])art, et la coudée d'autre part, qui se- ront de reste sur la longueur des ta- pis de la tente, retomberont sur les deux côtés du tabernacle, pour le cou- vrir. '■'Tu feras pour la tente une couver- ture de peaux de béliers teintes en rouge, et une couverture de peaux teintes en bleu par-dessus. '^Tu feras des planches pour le ta- bernacle ; elles seront de bois d'acacia, placées debout. '^La longueur d'une planche sera de dix coudées, et la lar- geur il'une planche sera d'une coudée cle, "cinq barres pour les planches du second côté du tabernacle, et cinq bar- res pour les planches du côté du ta- bernacle formant le fond vers l'occi- dent. -*'La barre du milieu traversera les planches d'une extrémité à l'autre. ^"Tu couvriras d'or les planches, et tu feras d'or leurs anneaux qui recevront les barres, et tu couvriras d'or les bar- res. '"Tu dresseras le tabernacle d'a- près le modèle qui t'est montré sur la montagne. ^'Tu feras un voile bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors; il sera artistement travaillé, et l'on y repré- sentera des chérubins. ^'Tu le mettras surquatrecolonnesd'acacia, couvertes d'or; ces colonnes auront des crochets d'or, et poseront sur quatre bases d'ar- ffcnt. '*Tu mettras le voile au-dessous des agrafes, et c'est là, en dedans du voile, que tu feras entrer l'arche du témoignage; le voile vous servira de 91 Chap.26,3'.-S7,oi. EXODE. séparation entre le lieu saint et le lieu très saint. ^'^Tu mettras le propitiatoire sur l'arche du témoignage dans le lieu très saint. "^Tu mettras la table en de- hors du voile, et le chandelier en face de la table, au côté méridional du ta- bernacle ; et tu mettras la table au côté septentrional. ^"Tu feras pour l'entrée de la tente un rideau bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors ; ce sera un ouvrage de broderie. ^^Tu feras pour le rideau cinq colonnes d'acacia, et tu les cou- vriras d'or; elles auront des crochets d'or, et tu fondras pour elles cinq ba- ses d'airain. Description de l'autel des /wloeatistes et du pari'is. Cliap. XXV II. 'Tu feras l'autel de bois d'acacia ; sa longueur sera de cinq coudées, et sa largeur de cinq coudées. L'autel sera carré, et sa hauteur sera de trois coudées. -Tu feras, aux qua- tre coins, des cornes qui sortiront de l'autel ; et tu le couvriras d'airain. 'Tu feras pour l'autel des cendriers, des pelles, des bassins, des fourchettes et des brasiers ; tu feras d'airain tous ses ustensiles. *Tu feras à l'autel une grille d'airain, en forme de treillis, et tu mettras quatre anneaux d'airain aux quatre coins du treillis. ^Tu le jilaceras au-dessous du rebord de l'autel, à par- tir du bas, jusqu'à k moitié de la hau- teur de l'autel. ^Tu feras des barres pour l'autel, des barres de bois d'aca- cia, et tu les couvriras d'airain. "On passera les barres dans les anneaux; et les barres seront aux deux côtés de l'autel, quand on le portera. '^Tu le feras creux, avec des planches; il sera fait tel qu'il t'est montré sur la mon- tagne. ^Tu feras le parvis du tabernacle. Du côté du midi, il y aura, pour for- mer le parvis, des toiles de fin lin retors, sur une longueur de cent cou- dées ])our ce premier côté, '"avec vingt colonnes posant sur vingt bases d'ai- rain ; les crochets des colonnes et leurs tringles seront d'argent. "Du côté du nord, il y aura également des toiles sur une longueur de cent coudées, avec vingt colonnes et leurs vingt bases d'airain; les crochets des co- lonnes et leurs tringles seront d'ar- gent. '-Du côté de l'occident, il vaura pour la largeur du parvis cinquante coudées de toiles, avec dix 'colonnes et leurs dix bases. '^Du côté de l'o- rient, sur les cinquante coudées de largeur du parvis, '■'il y aura quinze coudées de toiles pour une aile, avec trois colonnes et leurs trois bases, '^et quinze coudées de toiles pour la se- conde aile, avec trois colonnes et leurs trois bases. "'Pour la porte du parvis il y aura un rideau de vingt coudées, bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors, en ouvrage de broderie, avec quatre colonnes et leurs quatre bases. "Toutes les colonnes formant l'en- ceinte du ]iarvis auront des tringles d'argent, des crochets d'argent, et des bases d'airain. '^La longueur du par- vis sera de cent coudées, sa largeur de cinquante de chaque côté, et sa hauteur de cinq coudées; les toiles se- ront de fin lin retors, et les bases d'ai- rain. '^Tous les ustensiles destinés au service du tabernacle, tous ses pieux, et tous les pieux du parvis, seront d'airain. -"Tu ordonneras aux enfants d'Is- raël de t'aj)porter pour le chandelier de l'huile pure d'olives concassées, afin d'entretenir les lampes continuel- lement. ^' C'est dans la tente d'assi- gnation, en dehors du voile qui est devant le témoignage, qu'Aaron et ses fils la prépareront, pour que les lam- pes brûlent du soir au matin en pré- sence de l'Eternel. C'est une loi perpé- tuelle pour leurs descendants, et que devront observer les enfants d'Israël. 92 EXODE. Ch(ij>. !28, i-ss. Description des i'ctcrucnts saccrclotau.r Cluip. XXVIII. 'Fais approcher de toi Aaron, ton frère, et ses (ils, et prends-les parmi les enfants d'Israël pour les eonsacMer à mon service dans le sacerdoce : Aaron et les fils d' Aaron , Nadab, Ahiliu, Eléazar et Ithamar. -Tu feras à Aaron, ton frère, des vêtements sacrés, pour marquer sa dignité et pour lui servir de jKirure. ■'Tu parleras à tous ceux qui sont ha- biles, à qui j'ai donné un esprit plein trintelligence; et ils feront les vête- ments d'Aaron, afin qu'il soit consacré et qu'il exerce mon sacerdoce. '\'oici les vêtements qu'ils feront : un pecto- ral, un éphod, une rohe, une tunicpie brodée, une tiare, et une ceinture. Ils ièront des vêtements sacrés à Aaron, ton frère, et à ses fils, afin qu'ils exer- cent mon sacerdoce. ^Ils emploieront de l'or, des étoffes teintes en bleu, en pourpre, en cramoisi, et de fin lin. "Ils feront l'éphod d'or, de fil bleu, ])ourpre et cramoisi, et de fin lin re- tors; il sera artistement travaillé. ^On V fera deux épaulettes, qui le joindront par ses deux extrémités; et c'est ainsi (pi'il sera fjoint. *La ceinture sera du même travail que l'éphod et fixée sur lui; elle sera d'or, de fil bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors. "Tu |)rendras deux pierres d'onyx, et tu y graveras les noms des fils d'Israël, '"six de leurs noms sur une pierre, et les six autres sur la seconde pierre, d'après l'ordre des naissances. "Tu graveras sur les deux pierres les noms des fils d'Israël, comme on grave les ])ierres et les cachets; tu les entoure- ras de montures d'or. '-Tu mettras les deux pierres sur les épaulettes de l'é- ])hod, en souvenir des fils d'Israël; et c'est comme souvenir qu'Aaron por- tera leurs noms devant l'Eternel sur ses deux épaules. '^Tu feras des mon- tures d'or, '*et deux chaînettes d'or j)ur, que tu tresseras en forme de cor- dons; et tu fixeras aux montures les chaînettes ainsi tressées. '^Tu feras le pectoral du jugement, artistement travaillé; tu le feras du même travail que l'éphod, tu le feras d'or, de fil bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors. '^11 sera carré et double; sa longueur sera d'un empan, et sa largeur d'un empan. "Tu y en- châsseras une garniture de pierres, quatre rangées de pierres : première rangée, une sardoine, une topaze, une émeraude; ''^seconde rangée, une es- carboucle , un saphir, un diamant; '^troisième rangée, une opale, une agate, une améthyste; -"quatrième rangée, une chrysolithe, un onyx, un jaspe. Ces pierres seront enchâssées dans leurs montures d'or. -'Il y en aura douze, d'après les noms des fils d'Israël; elles seront gravées comme des cachets, chacune avec le nom de l'une des douze tribus. — --Tu feras sur le pectoral des chaînettes d'or pur, tressées en forme de cordons. -^Tu feras sur le pectoral deux anneaux d'or, et tu mettras ces deux anneaux aux deux extrémités du pectoral. "Tu passeras les deux cordons d'or dans les deux anneaux aux deux extrémités du pectoral; "et tu arrêteras par de- vant les bouts des deux cordons aux deux montures placées sur les épau- lettes de l'éphod. — -"Tu feras encore deux anneaux d'or, que tu mettras aux deux extrémités du pectoral, sur le bord intérieur appliqué contre l'éphod. -^Et tu feras deux autres anneaux d'or, que tu mettras au bas des deux épau- lettes de l'éphod, sur le devant, près de la jointure, au-dessus de la cein- ture de l'éphod. -*0n attachera le pec- toral par ses anneaux aux anneaux de l'éphod avec un cordon bleu, afin que le pectoral soit au-dessus de la cein- 9:5 Chap.28,-20-20,9. EXODE. ture de Téphod et qu'il ne puisse pas ^"Pour les fils d'Aaron tu feras des se séparer de Téphod. -^Lorsque Aaron tuniques, tu leur feras des ceintures, entrera dans le sanctuaire, il portera et tu leur feras des bonnets, pour mar- sur son cœur les noms des fils d'Is- raël, gravés sur le pectoral du juge- ment, pour en conserver à toujours le souvenir devant l'Eternel. — ^"Tu join- dras au pectoral du jugement l'urim et le thummini'', et ils seront sur le cœur quer leur dignité et pour leur servir de parure. *'Tu en revêtiras Aaron, ton frère, et ses fils avec lui. Tu les oin- dras, tu les consaci'eras, tu les sancti- fieras, et ils seront à mon service dans le sacerdoce. ''-Fais-leur des caleçons d'Aaron, lorsqu'il se présentera de- de lin, pour couvrir leur nudité; ils vant l'Eternel. Ainsi, Aaron portera iront depuis les reins jusqu'aux cuis- constamment sur son cœur le juge- ses. ^^Aaron et ses fils les porteront, ment des enfants d'Israël, lorsqu'il se quand ils entreront dans la tente d'as- présentera devant l'Eternel. signation, ou quand ils s'approcheront •■"Tu feras la robe de l'éphod entiè- de l'autel, pour faire le service dans rement d'étoffe bleue. '-Il y aura, au le sanctuaire; ainsi ils ne se rendront milieu, une ouverture pour la tète; et point coupables, et ne mourront point, cette ouverture aura tout autour un C'est une loi perpétuelle pour Aaron bord tissé, comme l'ouverture d'une et pour ses descendants après lui. cotte de mailles, afin que la robe ne se déchire pas. '^Tu mettras autour de ^" consécration des prêtres. — Le sacrifice la bordure, en bas, des grenades de perpétue . couleur bleue, pourpre et cramoisi, Chap. XXIX. 'Voici ce que tu feras entremêlées de clochettes d'or : ''une pour les sanctifier, afin qu'ils soient à clochette d'or et une grenade, une clo- mon service dans le sacerdoce, chette d'or et une grenade, sur tout le Prends un jeune taureau et deux tour de la bordure de la robe. '^ Aaron béliers sans défaut. -Fais, avec de la s'en revêtira pour faire le service; fleur de farine de froment, des pains quand il entrera dans le sanctuaire sans levain, des gâteaux sans levain devant l'Eternel, et quand il en sortira, pétris à l'huile, et des galettes sans on entendra le sondes clochettes, et levain arrosées d'huile. 'Tu les mettras il ne mourra point. dans une corbeille, en offrant le jeune '^Tu feras une lame d'or pur, et tu y taureau et les deux béliers, graveras, comme on grave un cachet : ''Tu feras avancer Aaron et ses fils Sainteté à l'Eternel. ''Tu l'attacheras vers l'entrée de la tente d'assignation, avec un cordon bleu sur la tiare, sur le et tu les laveras avec de l'eau. ^Tu devant de la tiare. '*Elle sera sur le prendras les vêtements; tu revêtiras front d'Aaron; et Aaron sera chargé Aaron de la tunique, de la robe de l'é- des iniquités commises par les enfants phod, de l'éphod et du pectoral, et tu d'Israël en faisant toutes leurs saintes mettras sur lui la ceinture de l'éphod. olfrandes; elle sera constamment sur *Tu poseras la tiare sur sa tête, et tu son front devant l'Eternel, pour qu'il placeras le diadème de sainteté sur la leur soit favorable. tiare. 'Tu prendras l'huile d'onction, '"Tu feras la tunique de fin lin; tu tu en répandras sur sa tête, et tu l'oin- feras une tiare de fin lin, et tu feras dras. ^Tu feras approcher ses fils, et une ceinture brodée. tu les revêtiras des tuniques. 'Tu met- a. Vrim et thunimim (/umirre et perfection}, objet d'une nature inconnue, placé sur ou dans le pectoral, et par le moyen duquel le grand prêtre rendait des jugements ou oracles, au nom de l'Éternel. 94 EXODE. Chap. 30, 10-32. tras une ceinture à Aaron et à ses fils, et tu attacheras des bonnets aux fils d'Aaron. Le sacerdoce leur appartien- dra par une loi perpétuelle. Tu consa- creras donc Aaron et ses fils. '°Tu amèneras le taureau devant la tente d'assignation, et Aaron et ses (ils poseront leurs mains sur la tète du taureau. "Tu èffortreras le taureau de- vaut l'Eternel, à l'entrée de la tente d'assignation. '-Tu prendras du sang du taureau, tu eu mettras avec ton doigt sur les cornes de l'autel, et tu répandras tout le sang au pied de l'au- tel. '^Tu prendras toute la graisse qui couvre les entrailles, le grand lobe du foie, les deux rognons et la graisse cjui les entoure, et tu brûleras cela sur l'autel. '"'Mais tu brûleras au feu hors du camp la chair du taureau, sa ^^eau et ses excréments; c'est un sacrifice pour le péché. '^Tu prendras l'un des béliers, et Aaron et ses fils poseront leurs mains sur la tète du bélier. '^Tu éfforg-eras le bélier; tu en prendras le sang, et tu le répandras sur l'autel tout autour. ''Tu couperas le bélier par morceaux, et tu laveras les entrailles et les jambes, que tu mettras sur les morceaux et sur sa tète. '*Tu brûleras tout le bélier sur l'autel ; c'est un holocauste à l'Eternel, c'est un sacrifice consumé par le feu, d'une agréable odeur à l'Eternel. '*Tu prendras l'autre bélier, et Aaron et ses fils poseront leurs mains sur la tête du bélier. ^''Tu égorgeras le bélier; tu prendras de son sang, tu en mettras sur le lobe de l'oreille droite il Aaron et sur le lobe de l'oreille droite de ses fils, sur le pouce de leur main droite et sur le gros orteil de leur pied droit, et tu répandras le sang sur l'au- tel tout autour. *'Tu prendras du sang qui sera sur l'autel et de l'huile d'onc- lion, et tu en feras l'aspersion sur Aaron et sur ses vêtements, sur ses fils et sur leurs vêtements. Ainsi seront grand es deux rognons et la consacrés Aaron et ses vêtements, ses fils et leurs vêtements. —Tu prendras la graisse du bélier, la queue, la graisse ([ui couvre les entrailles, le lobe du foie graisse qui les entoure, et l'épaule droite, car c'est un bélier de consé- cration; -''tu prendras aussi dans la corbeille de pains sans levain, placée devant l'Eternel, un gâteau de pain, un o'àteau à l'huile et une s-alette. -*Tu o o mettras toutes ces choses sur les mains d'Aaron et sur les mains de ses fils, et tu les agiteras de côté et d'autre de- vant l'Eternel. -^Tu les ôteras ensuite de leurs mains, et tu les brûleras sur l'autel, par dessus l'holocauste; c'est un sacrifice consumé par le feu devant l'Eternel, d'une agréable odeur à l'E- ternel. ^^Tu prendras la poitrine du bélier qui aura servi à la consécration d'Aaron, et tu l'agiteras de côté et d'autre devant l'Eternel : ce sera ta portion. -^Tu sanctifieras la poitrine et l'épaule du bélier qui aura servi à la consécration d'Aaron et de ses fils, la poitrine en l'agitant de côté et d'au- tre, l'épaule en la présentant par élé- vation. ^''Elles appartiendront à Aaron et à ses fils, par une loi perpétuelle qu'observeront les enfants d'Israël , car c'est une offrande par élévation ; et, dans les sacrifices d'actions de grâces des enfants d'Israël, l'offrande par élévation sera pour l'Eternel. -^Les vêtements sacrés d'Aaron se- ront après lui pour ses fils, qui les mettront lorsqu'on les oindra et qu'on les consacrera. ^"Ils seront portés pen- dant sept jours par celui de ses fils c{ui lui succédera dans le sacerdoce, et c[ui entrera dans la tente d'assigna- tion, pour faire le service dans le sanc- tuaire. ^'Tu prendras le bélier de consé- cration, et tu en feras cuire la chair dans un lieu saint. ^^ Aaron et ses fils mangeront, à l'entrée de la tente d'as- 95 Cluip.W.xi-SO.n. EXODE. signation, la chair du bélier et da •heillc e pain qui sera tlans la corDeiiie. '^Ils man- geront ainsi ce qui aura servi d'expia- tion, afin qu'ils fussent consacrés et sanctifiés; nul étranger n'en mangera, car ce sont des choses saintes. ^^S'il reste de la chair de consécration et du pain jusqu'au matin, tu brûleras dans le feu ce qui restera ; on ne le mangera point, car c'est une chose sainte. ^^Tu suivras à l'égard d'Aaron et de ses fils tous les ordres c|ue je t'ai don- nés. Tu emploiej'as sept jours à les consacrer. ^*Tu offriras chaque jour un taureau en sacrifice pour le ])éché, pour l'expiation ; tu purifieras l'autel par cette expiation , et tu l'oindras pour le sanctifier. '^Pendant sept jours, tu feras des expiations sur l'autel, et tu le sanctifieras ; et l'autel sera très saint, et tout ce qui touchera l'autel sera sanctifié. ^''Voici ce que tu offriras sur l'autel : deux agneaux d'un an, chaque jour, à perpétuité. ^'•'Tu offriras l'un des agneaux le matin, et l'autre agneau entre les deux soirs. ^'Tu offriras, avec le premier agneau, un dixième d'épha de fleur de farine pétrie dans un quart de hin d'huile d'olives concassées, et une libation d'un quart de hin de vin. *'Tu offriras le second agneau entre les deux soirs, avec une offrande et une libation semblables à celles du matin; c'est un sacrifice consumé par le feu, d'une'agréable odeur à l'Eter- nel. *-Voilà l'holocauste perpétuel qui sera offert par vos descendants, à l'en- trée de la tente d'assignation, devant l'Eternel; c'est là que je me rencon- trerai avec vous, et que je te parlerai. ■'•'Je me rencontrerai là avec les en- fants d'Israël, et ce lieu sera sanctifié par ma gloire. "Je sanctifierai latente d'assignation et l'autel ; je sanctifierai Aaron et ses fils, pour cju'ils soient à mon service dans le sacerdoce. ''^J'ha- biterai au milieu des enfants d'Israël, et je serai leur Dieu. *^Ils connaîtront que je suis l'Eternel, leur Dieu, qui les ai fait sortir du pays d'Egypte, pour habiter au milieu d'eux. Je suis l'Eter- nel, leur Dieu. Description de l'autel des parfums et de la cuve d'airain. — Composition de l'huile sainte et du parfum. Chap . A'A.V. ' Tu feras un autel pour brûler des ])arfums, tu le feras de bois d'acacia; -sa longueur sera d'une cou- dée, et sa largeur d'une coudée; il sera carré, et sa hauteur sera de deux coudées. Tu feras des cornes qui sor- tiront de l'autel. ''Tu le couvriras d'or pur, le dessus, les côtés tout autour et les cornes, et tu y feras une bordure d'or tout autour. ^Tu ièras au-dessous de la bordure deux anneaux d'or aux deux côtés ; tu en mettras aux deux cô- tés, pour recevoir les barres cjui servi- ront à le porter. ^Tu feras les barres de bois d'acacia, et tu les couvriras d'or. ^Tu placeras l'autel en face du voile qui est devant l'arche du témoi- gnage, en face du propitiatoire qui est sur le témoignage, et où je me rencon- trerai avec toi. "Aaron y fera brûler du parfum odoriférant; il en fera brûler chaque matin, lorsqu'il préparera Jes lampes; ^il en fera brûler aussi entre les deux soirs, lorsqu'il arrangera les lampes. C'est ainsi que l'on brûlera à perpétuité du parfum devant l'Eternel parmi vos descendants. ^Vous n'offri- rez sur l'autel ni parfum étranger, ni holocauste, ni offrande, et vous n'y ré- pandrez aucune libation. '"Une fois chaque année, Aaron fera des expia- tions sur les cornes de l'autel; avec le sang de la victime expiatoire, il y sera fait des expiations une fois chaque an- née parmi vos descendants. Ce sera une chose très sainte devant l'Eternel. "L'Eternel parla à Moïse, et dit : '-Lorsque tu compteras les enfants d'Israël pour en faire le dénombre- 96 EXODE. Cliap. SO.iJ-SL^. ment, chacun d'eux paiera à rEteinel le rachat de sa jiersonnc, afin ([u'ils ne soient frappés crancnne jihiie k>rs de ce dén()nil)rement. ''Voici ce ((ue ch)n- neront tous ceux (pii seront c()in])ris dans le dénoinbrt'nu'nt : un demi-sicle, selon le sicledu sanctuaire, (pii est de feras avec cela une huile pour l'onction sainte, com]iosition de parfums selon l'art du parfumeur; ce sera l'huile pour l'onction sainte.-* Tu en oindras la tente d'assignation et l'arche du témoigna- ge, -'la table et tous ses ustensiles, le chandelier et ses ustensiles, l'autel des vingt guéras; un demi-sicle sera le don parfums, -'Tautel des holocaustes et prélevé jiour l'Eternel. "Tout homme compris dans le dénombrement, de- puis l'âge de vingt ans et au-dessus, paiera le don jirélevé pour l'Eternel. *^Le riche ne paiera pas plus, et le pau- vre ne paiera pas moins d'un demi- sicle, comme don prélevé ])our l'Eter- nel, afin de racheter leurs personnes. 'n\i recevras des enfants d'Israël l'ar- tous ses ustensiles , la cuve avec sa base. -"Tu sanctifieras ces choses, et elles seront très saintes ; tout ce qui les touchera sera sanctifié. '"'Tu oin- dras Aaron et ses fils, et tu les sancti- fieras, pour (pi'ils soient à mon service dans le saterdoce. ^' Tu parleras aux enfants d'Israël, et tu tliras : Ce sera pour moi l'huile de l'onction sainte, gent du rachat, et tu rap])liqueras au parmi vos descendants. "-On n'en ré- travail de la tente d'assignation; ce pandra point sur le corps d'un homme, sera pour les enfants d'Israël un sou- et vous n'en ferez point de semblable, venir devant l'Eternel pour le rachat dans les mêmes proportions; elle est de leurs personnes. "L'Eternel parla à Moïse, et dit : '^Tu feras une cuve d'airain, avec sa base d'airain, pour les ablutions; tu la pla- ceras entre la tente d assignation et sainte, et vous la regarderez comme sainte. "Ouiconque en composera de semblable, ou en mettra sur un étran- ger, sera retranché de son ]ieuple. ■'•'L'Eternel dit à Moïse : Prends des l'autel, et tu y mettras de l'eau, '^avec aromates, du stacté, de l'ongle odo- laquelle Aaron et ses fils se laveront rant", du galbanum, etde l'encens pur, les mains et les pieds. -"Lorsqu'ils en- en parties égales. ^^Tu feras avec cela trerontdans la tente d'assignation, ils un jiarfum composé selon l'art du par- se laveront avec cette eau, afin qu'ils fumeur; il sera salé, pur et saint. ^"Tu ne meurent point; et aussi lorscpi'ils le réduiras en jioudre, et tu le mettras s'approcheront de l'autel, pour faire le devant le témoignage, dans la tente service et pour offrir des sacrifices à d'assignation, où je me rencontrerai l'Eternel. -'Ils se laveront les mains et avec toi. Ce sera pour vous une chose les pieds, afin qu'ils ne meurent point, très sainte. ^' Vous ne ferez point pour Ceseraune loi perpétuelle pour Aaron, vous de parfum semblable, dans les pour ses fils et pour leurs descendants, mêmes proportions; vous le regarde- '■- L'Eternel parla à Moïse, et dit : rez comme saint, et réservé pour l'E- -^ Prends des meilleurs aromates, cin(j ternel. '^^Quiconque en fera de sembla- eents sicles de myrrhe, de celle qui blc, ])our le sentir, sera retranché de coule d'elle-même, la moitié soit deux cent cinquante sicles de cinnainonie aromatique, deux cent cinquante sicles de roseau aromatique, -*cinq cents si- cles de casse, selon le sicle du sanc- tuaire, et un hin d'huile d'olive. -^Tu a. Espèfc (lo cofjuilla^e. son peuple. Désignation des oin'riers. — Le sabbat rappelé. Les tables de la loi. Cliap. XXXI. 'L'Éternel ])arla à Moïse, et dit : -Sache que j'ai choisi 97 Chap. Sl,3-rj:^,9. EXODE. Betsaleel, fils d'Uri, fils de Hur, de la tribu de Juda. ^Je l'ai rempli de l'es- prit de Dieu, de sagesse, d'intelligence, et de savoir pour toutes sortes d'ou- vrages ; '*je l'ai rendu capable de faire des inventions, de travailler l'or, l'ar- gent et l'airain, ^de graver les pierres à enchâsser, de travailler le bois, et d'exécuter toutes sortes d'ouvrages. * Et voici, je lui ai donné pour aide Olio- liab, fils d'Ahisamac, de la tribu de Dan. J'ai misdel'intelligencedansl'es- prit de tous ceux qui sont habiles, pour qu'ils fassent tout ce que je t'ai or- donné : ^la tente d'assignation, l'arche du témoignage, le propitiatoire qui sera dessus, et tous les ustensiles de la tente; Ha table et ses ustensiles, le chandelier d'or pur et tous ses usten- siles, l'autel des parfums; "l'autel des holocaustes et tous ses ustensiles, la cuve avec sa base ; '"les vêtements d'of- fice, les vêtements sacrés pour le prê- tre Aaron, les vêtementsde ses fils pour les anneaux d'or, qui étaient à leurs et les enfants d'Israël un signe qui de- vra durer à perpétuité ; car en six jours l'Eternel a fait les cieux et la terre, et le septième jour il a cessé son œuvre et il s'est reposé. '^ Lorsque l'Éternel eut achevé de parler à Moïse sur la montagne de Sinaï, il lui donna les deux tables du témoignage, tables de pierre, écrites du doigt de Dieu. Le veau d or. Chap. XXXII. 'Le peuple, voyant que Moïse tardait à descendre de la montagne, s'assembla autour d' Aaron, et lui dit : Allons! fais-nous un dieu qui marche devant nous ; car ce Moïse, cet homme qui nous a fait sortir du pays d'Egypte, nous ne savons ce qu'il est devenu. "Aaron leur dit : Otez les anneaux d'or, qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et ap])ortez-les moi. ^Et tous ôtèrent les fonctions du sacerdoce; " l huile d'onction, et le parfum odoriférant pour le sanctuaire. Ils se conforme- ront à tous les ordres que j'ai donnés. '-L'Eternel parla à Moïse, et dit : '^Parle aux enfants d'Israël, et dis- leur : Vous ne manquerez pas d'obser- ver mes sabbats, car ce sera entre moi et vous, et parmi vos descendants, un signe auquel on connaîtra que je suis l'Eternel qui sanctifie. '* Vous observe- rez le sabbat, car il sera pour vous une oreilles, et ils les apportèrent à Aaron. "•Il les reçut de leurs mains, jeta l'or dans un moule , et fit un veau en fonte. Et ils dirent : Israël! voici ton dieu, qui t'a fait sortir du pays d'E- gypte. ^Lorsque Aaron vit cela, il bâtit un autel devant lui, et il s'écria : De- main, il y aura fête en l'honneur de l'Eternel! ^Le lendemain, ils se levè- rent de bon matin, et ils offrirent des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces. Le peuple s'assit pour man- chose sainte. Celui qui le profanera, ger et pour boire; puis ils se levèrent sera puni de mort; celui qui fera quel- pour se divertir. que ouvrage ce jour-là, sera retranché du milieu de son peuple. '^On travail- lera six jours; mais le septième jour est le sabbat, le jour du repos, consa- cré à l'Eternel. Celui qui fera quelque ouvrage le jour du sabbat, sera puni de mort. "Les enfants d'Israël obser- veront le sabbat, en le célébrant, eux et leurs descendants, comme une al- liance perpétuelle. "Ce sera entre moi 'L'Eternel dit à Moïse : Va, descends ; car ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Egypte, s'est corrompu. '^Ils se sont promptement écartés de la voie que je leur avais prescrite; ils se sont fait un veau en fonte, ils se sont pros- ternés devant lui, ils lui ont offert des sacrifices, et ils ont dit : Israël! voici ton dieu, qui t'a fait sortir du pays d'E- gypte. '■'L'Eternel dit à Moïse : Je vois 98 EXODE Chap. S2, w-3'i. que ce peuple est un peuple au cou roide. '"Maintenant laisse-moi ; ma co- lère va s'enilammer contre eux, et je les consumerai; mais je ferai de toi -' Moïse dit à Aaron : Que t'a fait ce peuple, pour que tu l'aies laissé com- une grande nation. mettre un si grand péché? "Aaron ré- pondit : Que la colère de mon seigneur ne s'enllamme point! Tu sais toi-même Aloïse inq)lora l'Eternel, son Dieu, (|ue ce j)euple est porté au mal. -^Ils et dit : Pourquoi, ô Eternel ! ta colère m'ont dit : Fais-nous un dieu qui mar- s'enllammerait-elle contre ton ])eu])le, chc devant nous; car ce Moïse, cet que tu as fait sortir du pays d'Egypte homme qui nous a fait sortir du pays par une grande puissance et par une d'Egypte, nous ne savons ce qu'il est main forte? '-Pourquoi les Egyptiens devenu. -*Je leur ai dit : Que ceux qui diraient-ils : C'est pour leur malheur ont de l'or, s'en dépouillent ! Et ils me qu'il les a fait sortir, c'est pour les tuer l'ont donné ; je l'ai jeté au feu, et il en dans les montagnes, et pour les exter- est sorti ce veau. miner de dessus la terre? Reviens de ""Moïse vit que le peuple était livré l'ardeur de ta colère, et repens-toi du au désordre, etqu'Aaron l'avait laissé mal que tu veux faire à ton peuple, dans ce désordre exposé à l'opprobre "'Souviens-toi d'Abraham, d'Isaac et parmi ses ennemis. -".Moïse se plaça à d'Israël, tes serviteurs, auxquels tu as la porte du camp, et dit : A moi ceux dit, en jurant par toi-même : Je multi- qui sont pour l'Eternel ! Et tous les en- plierai votre postérité comme les étoi- fants de Lévi s'assemblèrent auprès de les du ciel, 'je donnerai à vos descen- lui. -^11 leur dit : Ainsi jiarle l'Eternel, dants tout ce pays dont j'ai 2>arlé, et le Dieu d'Israël : Que chacun de vous ils le posséderont à jamais. mette son épée au côté; traversez et '•'Et l'Éternel se repentit du mal qu'il jiarcourez le camp d'une porte à l'au- avait déclaré vouloir faire à son peuple, t'-e, et que chacun tue son frère, son '^ Moïse retourna et descendit de la parent. -"Les enfants de Lévi firent ce qu'ordonnait .Moïse; et environ trois mille hommes parmi le peuple péri- rent en cette journée. -'^ Moïse dit : Con- sacrez-vous aujourd'hui à l'Éternel, même en sacrifiant votre fils et votre montagne, les deux tables du témoi- gnage dans sa main ; les tables étaient écrites des deux côtés, elles étaient écrites de l'un et de l'autre côté. "'Les tables étaient l'ouvrage de Dieu, et l'é- criture était l'écriture de Dieu, gravée trère, afin qu'il vous accorde aujour- sur les tables. '"Josué entendit la voix d'hui une bénédiction, du peuple, qui poussait des cris, et il '^°Le lendemain. Moïse dit au peu- dit à Moïse : Il y a un cri de guerre pie : Vous avez commis un grand pé- dans le camp. "*Moïse répondit : Ce ché. Je vais maintenant monter vers n'est ni un cri de vainqueurs, ni un cri l'Eternel : j'obtiendrai peut-être le par- de vaincus; ce que j'entends, c'est la don de votre péché. ^' Moïse retourna A'oix de gens qui chantent. ''■'Et, comme vers l'Eternel et dit : Ah! ce peuple a il approchait du camp, il vit le veau et commis un grand jiéché. Ils se sont les danses. La colère de Moïse s'en- fait un dieu d'or. "-Pardonne mainte- flamma ; il jeta de ses mains les tables, nant leur péché ! Sinon, efface-moi de et les brisa au pied de la montagne, ton livre que tu as écrit. ^^ L'Éternel -"il prit le veau qu'ils avaient fait, et dit à Moïse : C'est celui qui a péché le brûla au feu; il le réduisit en pou- contre moi que j'effacerai démon livre, dre, répandit cette poudre à la surface ^''Va donc, conduis le peuple où je t'ai de l'eau, etfitboirelesenfantsd'Israël. dit. Voici, mon ange marchera devant 99 Chap. 32,33-33, 23. EXODE. toi, mais au jour de ma vengeance, je les punirai de leur péché. '^L'Eternel frappa le peuple, parce qu'il avait fait le veau, fabriqué par Aarou. C/m/). XXXIII. 'L'Éternel dit à Moïse : Va, pars d'ici, toi et le peuple que tu as fait sortir du pays d'Egypte; monte vers le pays que j'ai juré de don- ner à Abraham, à Isaac et à Jacob, en disant : Je le donnerai à ta postérité. J'enverrai devant toi un ange, et je chasserai les Cananéens, les Amoréens, les Héthiens, les Phéréziens, les Hé- A'iens et les Jébusiens. 'Monte vers ce pays où coulent le lait et le miel. Mais je ne monterai point au milieu de toi, de peur que je ne te consume en che- min, car tu es un peuple au cou roide. ■*Lorsc[ue le peuple eut entendu ces sinistres paroles, il fut dans la désola- tion, et personne ne mit ses ornements. ^Et l'Eternel dit à Moïse : Dis aux en- fants d'Israël : Vous êtes un j^euple au cou roide ; si je montais un seul instant au milieu de toi, je te consumerais. Ote maintenant tes ornements de dessus toi, et je verrai ce que je te ferai. '^Les enfants d'Israël se dépouillèrent de leurs ornements, en s'éloignant du mont Horeb. "Moïse prit la tente et la dressa hors du camp, à quelque distance; il l'ap- pela tente d'assignation ; et tous ceux qui consultaient l'Eternel allaient vers la tente d'assignation, qui était hors du camp. '^Lorsque Moïse se rendait à la tente, tout le peuple se levait; chacun se tenait à l'entrée de sa tente, et sui- vait des yeux Moïse, jusqu'à ce qu'il fût entré dans la tente. ^Et lorsque Moïse était entré dans la tente, la co- lonne de nuée descendait et s'arrêtait à l'entrée de la tente, et l'Eternel par- lait avec Moïse. '"Tout le peuple voyait la colonne de nuée qui s'arrêtait à l'en- trée de la tente, tout le peuple se le- vait et se prosternait à l'entrée de sa tente. " L'Éternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. Puis Moïse retournait au camp; mais son jeune serviteur, Josué, fils de Nun, ne sortait pas du milieu de la tente. '"-Moïse dit à l'Éternel : Voici, tu me dis : Fais monter ce peuple ! Et tu ne me fais pas connaître qui tu enverras avec moi. Cependant, tu as dit : Je te connais par ton nom, et tu as trouvé grâce à mes yeux. ''Maintenant, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi con- naître tes voies ; alors je te connaîtrai, et je trouverai encore grâce à tes yeux. Considère que cette nation est ton peu- ple. '^L'Éternel répondit : Je marche- rai moi-même avec toi, et je te donne- rai du repos. '^Moïse lui dit : Si tu ne marches pas toi-même avec nous, ne nous fais point partir d'ici. ** Gomment sera-t-il donc certain que j'ai trouvé grâce à tes yeux, moi et ton peuple? Ne sera-ce pas cjuand tu marcheras avec nous, et quand nous serons dis- tingués, moi et ton peuple, de tous les peuples qui sont sur la face de la terre ? '^ L'Eternel dit à Moïse : Je ferai ce que tu me demandes, car tu as trouvé grâce à mes yeux, et je te connais par ton nom. '^Moïse dit : Fais-moi voir ta gloire ! '^L'Éternel répondit : Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je proclamerai devant toi le nom de l'E- ternel ; je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde. ^"L'Éternel dit : Tu ne pourras pas voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre. -'L'Éternel dit : Voici un lieu près de moi ; tu te tiendras sur le rocher. -^Quand ma gloire passera, je te mettrai dans un creux du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu'à ce que j'aie passé. *'Et lorsque je re- tournerai ma main , tu me verras par derrière, mais ma face ne pourra pas être vue. ♦ » JOO EXODE. Chap Alliance de l'Iùcrncl. Les nouvelles tables. Chap. A'A'AYF. 'L'l<]teiiK'l dit à toi que j'accomplirai des choses ter- Moïse : Taille deux tables de ])ierre riMcs. " Prends garde à ce que je t'or- comme les premières, et j'y écrirai les donne aujourd'hui. Voici, je chasserai paroles qui étaient sur les premières devant toi les Amoréens, les Cana- tables que tu as brisées. -Sois prêt de néens, les Héthiens, les Phéréziens, bonne heure, et tu monteras dès le les Iléviens et les Jébusiens. '-Garde- matin sur la montagne de Sinaï ; tu te toi de faire alliance avec les habitants tiendras là (.levant moi, sur le sommet du pays où tu dois entrer, de ])eur de la montagne. '^Oue personne ne ([u'ils ne soient un piège pour toi. '^Au monte avec toi , et que personne ne contraire, vous renverserez leurs au- paraisse sur toute la montagne; et tels, vous briserez leurs statues, et même (|ue ni brebis ni bœufs ne pais- vous abattrez leurs idoles. "Tu ne te sent près de cette montagne. * Moïse ])rosterneras point devant un autre tailla deux tables de pierre comme les dieu ; car TEternel porte le nom de ja- j)remières; il se leva de bon matin, et loux, il est un Dieu jaloux. '^Garde-toi monta sur la montagne de Sinaï, selon de faire alliance avec les habitants du l'ordre ([ue l'Eternel lui avait donné, pays, de peur que, se prostituant à et il prit dans sa main les deux tables leurs dieux et leur offrant des sacri- de jiierre. fices, ils ne t'invitent, etcpie tu ne man- "L'Elernel descendit dans une nuée, ges de leurs victimes ; "^de peur que lu se tint là auprès de lui, et proclama le ne prennes de leurs filles pour tes fils, nom de l'Eternel. *Et l'Eternel jiassa etque leurs fdles se prostituant à leurs devant lui, et s'écria : L'Eternel, l'E- dieux n'entraînent tes fds à se prosti- ternel. Dieu miséricordieux etcompa- tuer à leurs dieux, tissant, lent à la colère, riche en bonté '"Tu ne te feras point de dieu en et en fidélité, 'qui conserve son amour fonte. jusqu'à mille générations, (pii par- '*'Tu observeras la fête des pains donne l'iniquité, la rébellion et le sans levain; pendant sept jours, au péché, mais qui ne tient point le cou- temps fixé dans le mois des épis, tu pable pour innocent, et qui punit l'ini- mangerasdespainssans levain, comme quité des pères sur les enfants et sur je t'en ai donné l'ordre, car c'est dans les enfants des enfants jusqu'à la troi- le mois des épis que tu es sorti d'E- sième et à la quatrième génération ! gypte. ^^ Aussitôt Moïse s'inclina à terre et '^Toutpremier-né m'appartient, mê- se prosterna. "Il dit : Seigneur, si j'ai me tout mâle premier-né dans les trou- trouvé grâce à tes yeux, que le Sei- peaux de gros et de menu bétail. -"Tu gneur marche au milieu de nous, car rachèteras avec un agneau le premier- c'est un peuple au cou roide ; pardonne né de l'àne ; et si tu ne le rachètes pas, nos iniquités et nos péchés, et prends- tu lui briseras la nuque. Tu rachèteras nous pour ta possession. tout premier-né de tes fils; et l'on ne '"L'Eternel répondit : Voici, je traite se présentera point avide devant ma une alliance. Je ferai, en présence de face. tout ton peuple, des prodiges qui n'ont -'Tu travailleras six jours, et tu te eu lieu dans aucun pays et chez aucune reposeras le septième jour; tu te re- nation ; tout le peuple qui t'environne poseras, même au temps du labourage verra l'œuvre de l'Eternel, et c'est par et de la moisson. 101 Chnp. Si,'>-2-So,i2. EXODE. ^-Tu célébreras la fête des semaines, des prémicesde la moisson du froment, et la fête de la récolte, à la fin de l'an- née. -''Trois fois par an, tous les mâles se présenteront devant le Seigneur, l'E- ternel, Dieu d'Israël. ^*Gar je chasse- rai les nations devant toi, et j'étendrai tes frontières ; et personne ne convoi- tera ton pays, pendant que tu monte- ras pour te présenter devant l'Eternel, ton Dieu, trois fois par an. '-^Tu n'offriras point avec du pain levé le sang de la victime immolée en mon honneur ; et le sacrifice de la fête de Pàque ne sera point gardé pendant la nuit jusc£u'au matin. -''Tu apporteras à la maison de l'E- ternel, ton Dieu, les prémices des pre- miers fruits de la terre. Tu ne feras point cuire un chevreau dans le lait de sa mère. -"L'Eternel dit à Moïse : Ecris ces parler, il mit un voile sur son visage. ^* Quand Moïse entrait devant l'Eter- nel, pour lui parler, il ôtait le voile juscju'à ce qu'il sortît; et quand il sor- tait, il disait aux enfants d'Israël ce qui lui avait été ordonné. '^Les enfants d'Israël regardaient le visage de Moïse, et voyaient que la peau de son visage rayonnait; et Moïse remettait le voile sur son visage jusc[u'à ce qu'il entrât, pour jîarler avec l'Eternel. Offrandes pour In construction du tabernacle. Chap. A'A'AT. 'Moïse convoqua toute l'assemblée des enfants d'Israël, et leur dit : Voici les choses que l'Éter- nel ordonne de faire. ^On travaillera six jours ; mais le septième jour sera pour vous une chose sainte; c'est le sabbat, le jour du repos, consacré à l'Eternel. Celui qui fera quelque ou- vrage ce jour-là, sera puni de mort. ^Vous n'allumerez point de feu, dans paroles; car c'est conformément à ces aucune de vos demeures, le jour du paroles que je traite alliance avec toi et avec Israël. -^Moïsefutlàavec l'Eternel quarante jours et quarante nuits. Il ne mangea point de pain, et il ne but point d'eau. Et l'Eternel écrivit sur les tables les paroles de l'alliance, les dix paroles. -^ Moïse descendit de la montagne de Sinaï, ayant les deux tables du témoi- gnage dans sa main, en descendant de sabbat. ^ Moïse parla à toute l'assemblée des enfants d'Israël, et dit : Voici ce que l'Eternel a ordonné. ^Prenez sur ce qui vous appartient une offrande pour l'É- ternel. Tout homme dont le cœur est bien disposé apportera en offrande à l'Eternel : de l'or, de l'argent et de l'airain; ^des étoffes teintes en bleu, en pourpre, en cramoisi, du fin lin et la montagne; et il ne savait pas que la du poil de chèvre; ^des peaux de bé- peau de son visage rayonnait, parce qu'il avait parlé avec l'Eternel. ^"Aaron et tous les enfants d'Israël regardèrent Moïse, et voici la peau de son visage rayonnait; et ils craignaient de s'ap- procher de lui. ^' Moïse les appela; Aaron et tous les principaux de l'as- semblée vinrent auprès de lui, et il leur parla. ^- Après cela , tous les enfants d'Israël s'approchèrent, et il leur don- na tous les ordres qu'il avait reçus de l'Eternel, sur la montagne de Sinaï. ^^Lorsque Moïse eut achevé de leur liers teintes en rouge et des peaux teintes en bleu; du bois d'acacia; *de l'huile pour lechandelier, des aromates pour l'huile d'onction et pour le parfum odoriférant ; "des pierres d'onyx et d'autres pierres pour la garniture de l'éphod et du pectoral. '"Que tous ceux d'entre vous qui ont de l'habileté vien- nent et exécutent tout ce que l'Eternel a ordonné : "le tabernacle, sa tente et sa couverture, ses agrafes, ses plan- ches, ses barres, ses colonnes et ses bases; '^l'arche et ses barres, le pro- 102 EXODE. Chap. o';j,tj-o'{J,'). pitiatoirc, et le voile pour couvrir 1 ar- clie ; '^la table et ses barres, et tous ses ustensiles, et les pains de proposition ; "le chandelier et ses ustensiles, ses lampes, et l'huile pour le chandelier; '^l'autel des parfums et ses barres, l'huile d'onction et le parfum odorifé- rant, et le rideau de la porte pour l'en- trée du tabernacle; '^l'autel des holo- caustes, sa grille d'airain, ses barres, et tous ses ustensiles; la cuve avec sa base; "les toiles du parvis, ses co- lonnes, ses bases, et le rideau de la ])orte du parvis; '''les pieux du taber- nacle, les pieux du parvis, et leurs cor- dages; les vêtements d'office pour le service dans le sanctuaire, '"les vête- ments sacrés pour le prêtre Aaron, et les vêtements de ses fils pour les fonc- tions du sacerdoce. -"Toute l'assemblée des enfants d'Is- raël sortit de la j^résence de Moïse. -'Tous ceux qui furent entraînés |)ar le cœur et animés de bonne volonté en bleu, en pourpre, en cramoisi, et du fin lin. -"Toutes les femmes dont le cœur était bien disposé, et qui avaient de l'habileté, filèrent du poil de chèvre, -n^es principaux du peuple apportè- rent des pierres d'onyx et d'autres pierres pour la garniture de l'éplKjd et du pectoral; -'^des aromates et de l'huile, pour le chandelier, pour l'huile d'onction et pour le parfum odorifé- rant. -'Tous les enfants d'Israël, hom- mes et femmes, dont le cœur était dis- posé à contribuer pour l'œuvre que rp]ternel avait ordonnée par Moïse, apportèrent des offrandes volontaires à l'Eternel. ™Moïsedit aux enfants d'Israël : Sa- chez que l'Eternel a choisi Betsaleel, fils d'Uri, fils de Ilur, de la tribu de Juda. ^' Il l'a rempli de l'esprit de Dieu, de sagesse, d'intelligence, et de savoir pour toutes sortes d'ouvrages. ^-11 l'a rendu capable de faire des inventions, de travailler l'or, l'argent et l'airain. A'inrent et apportèrent une offrande à '^de graver les pierres à enchâsser, de l'Eternel pour l'œuvre de la tente d'as- signation , pour tout son service , et pour les vêtements sacrés. -*Les hom- mes vinrent aussi bien que les femmes; tous ceux dont le canir était bien dis- posé apportèrent des boucles , des anneaux, des bagues, des bracelets, toutes sortes d'objets d'or ; chacun pré- senta l'offrande d'or, qu'il avait consa- crée à l'Eternel. -^Tousceuxqui avaient des étoffes teintes en bleu, en pourpre, en cramoisi, du fin lin et du poil de chèvre, des peaux de béliers teintes en rouge et des peaux teintes en bleu, les apportèrent. **Tous ceux qui jiré- sentèrent par élévation une offrande d'argent et d'airain apportèrent l'of- frande à l'Eternel. Tous ceux qui avaient du bois d'acacia pour les ouvrages des- tinés au service, l'apportèrent. *^Tou- tes les femmes qui avaient de l'habi- leté filèrent de leurs mains, et elles apportèrent leurouvrage, des fils teints travailler le bois, et d'exécuter toutes sortes d'ouvrages d'art. '''Il lui a ac- cordé aussi le don d'enseigner, de mê- me qu'à Oholiab, fils d'Ahisamac, de la tribu de Dan. 'Ml les a remplis d'in- telligence, pour exécuter tous les ou- vrages de sculpture et d'art, pour bro- der et tisser les étoffes teintes en bleu, en pourpre, en cramoisi, et le fin lin, pour faire toute espèce de travaux et d'inventions. Cons/riirlioi) du lahcrnacle. Chap. AXVT7. 'Betsaleel, Oho- lial), et tous les hommes habiles, en qui l'Eternel avait mis de la sagesse et de l'intelligence pour savoir et pour faire, exécutèrent les ouvrages destinés au service du sanctuaire, selon tout ce que l'Eternel avait ordonné. ^Moïse apj)cla Betsaleel, Oholiab, et tous les hommes habiles dans l'esprit desquels l'Eternel avait mis de l'intelligence, 103 C hop. 36,3-3-2. EXODE. tous ceux dont le cœur était disposé à la largeur d'un tapis était de quatre s'appliquer à l'œuvre pour l'exécuter, coudées ; la mesure était la même pour ^Ils prirent devant Moïse toutes les les onze tapis. '^On joignit séparément offrandes qu'avaient appointées les en- cincj de ces tapis, et les six autres sé- fants d'Israël pour faire les ouvrages parement. ''On mit cinquante lacets destinés au service du sanctuaire. Cha- au bord du tapis terminant un assem- que matin, on apjwrtait encore à Moïse blage, et l'on mit cinquante lacets au des offrandes volontaires. ^Alors tous bord du tapis du second assemblage. les hommes habiles, occupés à tous "*Onfitcin(iuanteagrafesd'airain,pour les travaux du sanctuaire, quittèrent assembler la tente, afin qu'elle formât chacun l'ouvrage qu'ils faisaient, ^et un tout. A-inrent dire à Moïse : Le peuple ap- '^On fit pour la tente une couverture porte beaucoup plus qu'il ne faut pour de peaux de béliers teintes en rouge, exécuter les ouvrages que l'Éternel a et une couverture de peaux teintes en ordonné de faire. ''Moïse fit publier bleu, qui devait être mise par-dessus, dans le camp que personne, homme -"On fit les planches pour le taber- ou femme, ne s'occupât plus d'offran- . nacle; elles étaient de bois d'acacia, des pour le sanctuaire. On empêcha placées debout. -'La longueur d'une ainsi le peuple d'en apporter. 'Les ob- planche était de dix coudées, et la lar- jets préparés suffisaient, et au delà, geur d'une planche était d'une coudée pour tous les ouvrages à faire. et demie. -^11 y avait pour chaque *Tous les hommes habiles, qui tra- planche deux tenons, joints l'un à l'au- vaillèrent à l'œuvre, firent le taberna- tre; l'on fit de même pour toutes les cle avec dix tapis de fin lin retors et planches du tabernacle. "On fit vingt de fil bleu, pourpre et cramoisi; on y planches pour le tabernacle, du côté représenta des chérubins artistement du midi. -'On mit quarante bases d'ar- travaillés. 'La longueur d'un tapis était gent sous les vingt planches, deux ba- de vingt-huit coudées , et la largeur ses sous chaque planche pour ses deux d'un tapis était de quatre coudées; la tenons. "On fit vingt planches pour le mesure était la même pour tous les second côté du tabernacle, le côté du tapis. "Cinq de ces tapis furent joints nord, -^et leurs quarante bases d'ar- ensemble ; les cinq autres furent aussi gent, deux bases sous chaque planche, joints ensemble. "On fit des lacets -'On fit six planches pour le fond du bleus au bord du tapis terminant le tabernacle, du côté de l'occident. ^^On premier assemblage; on fit de même fit deux planches pour les angles du au bord du tapis terminant le second tabernacle dans le fond ; -"elles étaient assemblage. ''On mit cinquante lacets doubles depuis le bas et bien liées à au premier tapis, et l'on mit cinquante leur sommet par un anneau ; on fit de lacets au bord du tapis terminant le même pour toutes les deux aux deux second assemblage; ces lacets se cor- angles. ^"11 y avait ainsi huit planches, respondaient les uns aux autres. '^On avec leurs bases d'argent, soit seize fit cinquante agrafes d'or, et l'on joi- bases, deux bases sous chaque planche, gnit les tapis l'un â l'autre avec les ^' On lit cinq barres de bois d'acacia agrafes. Et le tabernacle forma un tout, pour les planches de l'un des côtés du '^On fit des tapis de poil de chèvre, tabernacle, ^-cinq barres pour les plan- pour servir de tente sur le tabernacle; ches du second côté du tabernacle, et on fit onze de ces tapis. '^La longueur cinq barres ])Our les planches du côté d'un tapis était de trente coudées, et du tabernacle formant le fond vers 104 I EXODI-:. Chap. S0,:a-37 ,-a. roccidont; ''on fit la barre du milieu pour traverser les planches d'une ex- trémité à l'autre. '''On couvrit d'or les planches, et l'on fit d'or leurs anneaux pour recevoir les barres, et l'on cou- vrit d'or les barres. '^On fit le voile de fil bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors; on le fit artistement travaillé, et l'on y re- présenta des chérubins. '"On fit pour lui quatre colonnes d'acacia, et on les couvrit d'or ; elles avaient des crochets d'or, et l'on fondit pour elles quatre bases d'argent. ''On fit pour l'entrée de la tente un rideau de fil bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors; c'était un ouvrage de broderie. "*0n fit ses cinq colonnes et leurs crochets, et l'on couvrit d'or vrant de leurs ailes le propitiatoire, et se regardant l'un l'autre ; les chérubins avaient la face tournée vers le propi- tiatoire. '"Il fit la table de bois d'acacia; sa longueur était de deux coudées, sa lar- geur d'une coudée, et sa hauteur d'une coudée et demie. "Il la couvrit iror])ur, et il y fit une bordure d'or tout autour. '-Il fit à l'entour un rebord de quatre doigts, sur lequel il mit une bordure d'or tout autour. " Il fondit pour la table quatre anneaux d'or, et mit les anneaux aux quatre coins, qui étaient à ses quatre pieds. '*Les anneaux étaient près du rebord, et recevaient les barres pour porter la table. 'Ml fit les barres de bois d'acacia, et les cou- vrit d'or; et elles servaient à porter la leurs chapiteaux et leurs tringles; leurs table. "II fit les ustensiles qu'on devait cinq bases étaient d'airain. Conslriictioii de Varrlie, de la table, du clian- delier, et de l'autel des parfums. Chap. XXXVII. ' Betsaleel fit l'ar- che de bois d'acacia ; sa longueur était mettre sur la table, ses plats, ses cou- pes, ses calices et ses tasses pour ser- vir aux libations; il les fit d'or pur. "Il fit le chandelier d'or pur, il fit le chandelierd'or battu ; son pied, sa tige, ses calices, ses pommes et ses fleurs, de deux coudées et demie, sa largeur étaient d'une même pièce. '^Six bran- d'une coudée et demie, et sa hauteur d'une coudée et demie. -Il la couvrit d'or pur en dedans et en dehors, et il y fit une bordure d'or tout autour. 'Il fon- dit pour elle quatre anneaux d'or, qu'il mit à ses quatre coins, deux anneaux tl'un côté et deux anneaux de l'autre côté. ''Il fit des barres de bois d'acacia, et les couvrit d'or. Ml passa les barres dans les anneaux sur les côtés de l'ar- che, pour porter l'arche. ^11 fit un pro- pitiatoire d'or pur; sa longueur était de deux coudées et demie, et sa lar- geur d'une coudée et demie. ' Il fit deux chérubins d'or, il les fit d'or battu, aux deux extrémités du propitiatoire, ''un chérubin à l'une des extrémités, et un chérubin à l'autre extrémité; il fit les chérubins sortant du propitiatoire à ses deux extrémités. ^Les chérubins étendaient les ailes par-dessus, cou- ches sortaient de ses côtés, trois bran- ches du chandelier de l'un des côtés, et trois branches du chandelier de l'au- tre côté. '^11 y avait sur une branche trois calices en forme d'amande, avec pommes et fleurs, et sur une autre branche trois calices en forme d'aman- de, avec pommes et fleurs; il en était de même pour les six branches sortant du chandelier. ^"A la tige du chandelier il y avait quatre calices en forme d'a- mande, avec leurs pommes et leurs fleurs. -'11 y avait une pomme sous deux des branches sortant du chandelier, une jiomme sous deux autres branches, et une pomme sous deux autres bran- ches; il en était de même pour les six branches sortant du chandelier. --Les pommes et les branches du chandelier étaient d'une même pièce; il était tout entier d'or battu, d'or pur. -'11 fit ses Chap. 37,2'i-38,2i. EXODE. sept lampes, ses mouchettes et ses va- d'airain, en employant les miroirs des ses à cendre, d'or pur. -*I1 employa un femmes qui s'assemblaient à l'entrée talent d'or pur, pour faire le chaude- de la tente d'assignation, lier avec tous ses ustensiles. ^11 fit le parvis. Du côté du midi, il ^^11 fit l'autel des parfums de bois y avait, pour former le parvis, des toi- d'acacia; sa longueur était d'une cou- les de fin lin retors, sur une longueur dée, et sa largeur d'une coudée ; il était de cent coudées, *"avec vingt colonnes carré, et sa hauteur était de deux cou- posant sur vingt bases d'airain; lescro- dées. Des cornes sortaient de l'autel, chets des colonnes et leurs tringles ^^11 le couvrit d'or pur, le dessus, les étaient d'argent. "Du côté du nord, il côtés tout autour et les cornes, et il y y avait cent cOudées de toiles, avec fit une bordure d'or tout autour. -"Il fit au-dessous de la bordure deux anneaux d'or aux deux côtés ; il en mit aux deux côtés, pour recevoir les barres qui ser- vaient à le porter. -^11 fit des barres de bois d'acacia, et les couvrit d'or. A^ingt colonnes et eurs vingt bases d'airain ; les crochets des colonnes et leurs tringles étaient d'argent. '-Du côté de l'occident, il y avait cinquante coudées de toiles, avec dix colonnes et leurs dix bases ; les crochets des co- ^^11 fit l'huile pour l'onction sainte, lonnes et leurs tringles étaient d'ar- et le parfum odoriférant, pur, composé selon l'art du parfumeur. Construction de l'autel des holocaustes, de la cuve d'airain, et du parvis. — Comptes du tabernacle. gent. ''Du côté de l'orient, sur les cin- quante coudées de largeur, '''il y avait, pour une aile, quinze coudées de toi- les, avec trois colonnes et leurs trois bases, '^et, pour la seconde aile, qui lui correspondait de l'autre côté de la Chap. XXX] fil. ' Il fit l'autel des porte du parvis, quinze coudées de holocaustes de bois d'acacia; sa Ion- toiles, avec trois colonnes et leurs trois gueur était de cinq coudées, et sa lar- bases. '"Toutes les toiles formant l'en- geur de cinq coudées; il était carré, et ceinte du parvis étaient de fin lin re- sa hauteur était de trois coudées. -11 tors. "Les bases pour les colonnes fît, aux quatre coins, des cornes qui étaient d'airain, les crochets des co- lonnes et leurs tringles étaient d'ar- gent, et leurs chapiteaux étaient cou- verts d'argent. Toutes les colonnes du parvis étaient jointes par des tringles d'argent. '^Le rideau de la porte du sortaient de l'autel, et il le couvrit d'ai- rain. ^11 fit tous les ustensiles de l'au- tel, les cendriers, les pelles, les bas- sins, les fourchettes et les brasiers; il fit d'airain tous ces ustensiles. *I1 fit pourrautelunegrilled'airain,enforme parvis était un ouvrage de broderie en de treillis, qu'il plaça au-dessous du fil bleu, pourpre et cramoisi, et en fin rebord de l'autel, à partir du bas, jus- lin retors; il avait une longueur de qu'à la moitié de la hauteur de l'autel, vingt coudées, et sa hauteur était de 41 fondit quatre anneaux, qu'il mit aux cinq coudées, comme la largeur des quatre coins de la grille d'airain, pour toiles du parvis ; '"ses quatre colonnes recevoir les barres. Ml fit les barres de et leurs quatre bases étaient d'airain, bois d'acacia, et les couvrit d'airain. les crochets et leurs tringles étaient 'Il passa dans les anneaux aux côtés d'argent, et leurs chapiteaux étaient de l'autel les barres qui servaient à le couverts d'argent. -"Tous les pieux de porter. Il le fit creux, avec des plan- l'enceinte du tabernacle et du parvis ches. étaient d'airain. MI fit la cuve d'airain, avec sa base ^' Voici les comptes du tabernacle, 106 EXODE. Chap. 38,'i'2—39,iù. du tabernacle d'assignation, revisés, d'après l'ordre de Moïse, par les soins des Lévites, sous la direction d'Itha- mar, fils du prêtre Aaron. -'Betsaleel, fils d'Uri, fils de Hur, de la tribu de Juda, fit tout ce que l'Eternel avait or- donné à Moïse; -'il eut pour aide Olio- liab, fils d'Ahisamac, de la tribu de Dan, habile à graver, à inventer, et à broder sur les étoffes teintes en bleu, en pourpre, en cramoisi, et sur le fin lin. -■'Le total de l'or, employé à l'œu- vre pour tous les travaux du sanctuaire, orqui fut le produit des offrandes, mon- tait à vingt-neuf talents et mille sept cent soixante-quinze sicles, selon le sicle du sanctuaire. -^L'argent de ceux de l'assemblée dont on fit le dénom- brement montait à cent talents et mille sept cent soixante-quinze sicles, se- lon le sicle du sanctuaire. -* C'était un demi-sicle par tête, la moitié d'un si- cle, selon le sicle du sanctuaire, pour chaque homme compris dans le dé- nombrement, depuis l'âge de vingt ans et au-dessus, soit pour six cent trois mille cinq cent cinquante hommes. -'Les cent talents d'argent servirent à fondre les bases du sanctuaire et les bases du voile, cent bases pour les cent talents, un talent par base. -*Et avec les mille sept cent soixante-quinze sicles on fit les crochets et les tringles pour les colonnes, et on couvrit les chapiteaux. -"L'airain des offrandes montait à soixante-dix talents et deux mille quatre cents sicles. '"On en fit les bases de l'entrée de la tente d'assi- gnation; l'autel d'airain avec sa grille, et tous les ustensiles de l'autel; ^' les moisi, on fit les vêtements d'office pour le service dans le sanctuaire, et on fit les vêtements sacrés pour Aaron, com- me l'Eternel l'avait ordonné à Moïse. -On fit l'éphod d'or, de fil bleu, pour- pre et cramoisi, et de fin lin retors. 'On étendit des lames d'or, et on les coupa en fils, que l'on entrelaça dans les étoffes teintes en bleu, en pourpre et en cramoisi, et dans le fin lin; il était artistement travaillé.^ On y fit des épau- lettes qui le joignaient, et c'est ainsi qu'il était joint par ses deux extrémi- tés. ^La ceinture était du même travail que l'éphod et fixée sur lui; elle était d'or, de fil bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors, comme l'Eternel l'a- vait ordonné à Moïse. *0n entoura de montui'es d'or des pierres d'onyx, sur lesquelles on grava les noms des fils d'Israël, comme on grave les cachets. "On les mit sur les épaulettes de l'é- phod, en souvenir des fils d'Israël, comme l'Eternel l'avait ordonné à Moïse. *0n fit le pectoral, artistement tra- vaillé, du même travail que l'éphod, d'or, de fil bleu, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors. ^11 était carré; on fit le pectoral double ; sa longueur était d'un empan, et sa largeur d'un empan ; il était double. '"On le garnit de quatre rangées de pierres : première rangée, une sardoine, une topaze, une émerau- de ; " seconde rantîée, une escarboucle, un saphir, un diamant ; '-troisième ran- gée, une opale, une agate, une amé- thyste; "quatrième rangée, une chry- solithe, un onyx, un jaspe. Ces pierres étaient enchâssées dans leurs montu- bases du parvis, tout autour, et les ba- res d'or. '*I1 y en avait douze, d'après ses de la porte du parvis; et tous les ])ieux de l'enceinte du tabernacle et du parvis. Confection des vêtements sacerdotaux. Chap. XXXIX. 'Avec les étoffes teintes en bleu, en pourpre et en cra- ies noms des fils d'Israël ; elles étaient gravées comme des cachets, chacune aA'^ec le nom de l'une des douze tribus. — '^On fit sur le pectoral des chaînet- tes d'or pur, tressées en forme de cor- dons. '^On fit deux montures d'or et deux anneaux d'or, et on mit les deux 107 Chap. 39,n-W,i. EXODE. un cachet : Sainteté à l'Eternel. ^'On l'attacha avec un cordon bleu à la tiare, en haut, comme l'Eternel l'avait or- donné à Moïse. anneaux aux deux extrémités du pec- toral. '"On passa les deux cordons d'or dans les deux anneaux aux deux extré- mités du pectoral; "*on arrêta par de- vant les bouts des deux cordons aux deux montures placées sur les épau- iettes de l'éphod. — ''On fit encore deux anneaux d'or, que l'on mit aux deux extrémités du pectoral, sur le bord intérieur appliqué contre l'éphod.^" On fit deux autres anneaux d'or, que l'on tout ce que l'Eternel avait ordonné à mit au bas des deux épaulettes de l'é- Moïse; ils firent ainsi, phod, sur le devant, près de la join- '^On amena le tabernacle à Moïse : ture, au-dessus de la ceinture de l'é- la tente et tout ce qui en dépendait, les phod. ^'On attacha le pectoral par ses agrafes, les ]>lanches, les barres, les anneaux aux anneaux de ré])hod avec colonnes et les bases; ^*la couverture un cordon bleu, afin c^ue le pectoral de peaux de béliers teintes en rouge, fût au-dessus de la ceinture de l'éphod la couverture de peaux teintes en bleu, et qu'il ne pût ])as se séparer de l'é- et le voile de séparation; ^^l'arche du Le labcrnacle dressé. — La gloire de l'Eternel. ^'Ainsi furent achevés tous les ou- vrages du tabernacle, de la tente d'as- siffnation. Les enfants d'Israël firent phod, comme l'Eternel l'avait ordonné à Moïse. -'-On fit la robe de l'éphod, tissée en- tièrement d'étoffe bleue. --'11 y avait, au milieu de la robe, une ouverture comme l'ouverture d'une cotte de mail- les, et cette ouverture était bordée tout autour, afin que la robe ne se déchirât pas. "On mit sur la bordure de la robe des grenades de couleur bleue, pour- pre et cramoisi, en fil retors; -^on fit des clochettes d'or pur, et on mit les clochettes entre les grenades, sur tout le tour de la bordure de la robe, entre les grenades : -*^une clochette et une grenade, une clochette et une grenade, sur tout le tour de la bordure de la témoignage et ses barres, et le propi- tiatoire ; *Ma table, tous ses ustensiles, et les pains de proposition; "le chan- delier d'or pur, ses lampes, les lampes préparées, toussesustensiles,etrhuile pour le chandelier ;^^ l'autel d'or, l'huile d'onction et le parfum odoriférant, et le rideau de l'entrée de la tente ; ^'l'au- tel d'airain, sa grille d'airain, ses bar- res, et tous ses ustensiles ; la cuve avec sa base ; les toiles du parvis, ses colon- nes, ses bases, ^"et le rideau de la porte du parvis, ses cordages, ses pieux, et tous les ustensiles pour le service du tabernacle, pour la tente d'assignation; ^' les vêtements d'office pour le sanc- tuaire, les vêtements sacrés pour le robe, pour le service, comme l'Eternel prêtre Aaron, et les vêtements de ses l'avait ordonné à Moïse. -'On fit les tuniques de fin lin, tis- sées, pour Aaron et pour ses fils; -^la tiare de fin lin, et les bonnets de fin lin servant de parure ; les caleçons de lin, de fin lin retors ; ^'la ceinture de fin lin retors, brodée, et de couleur bleue, pourpre et cramoisi, comme l'Eternel l'avait ordonné à Moïse. ^"On fit d'or pur la lame, diadème sacré, et l'on y écrivit, comme on grave fds pour les fonctions du sacerdoce. *^Les enfants d'Israël firent tous ces ouvrages, en se conformant à tous les ordres que l'Eternel avait donnés à Moïse. ■'^ Moïse examina tout le travail ; et voici, ils l'avaient fait comme l'Éter- nel l'avait ordonné, ils l'avaient fait ainsi. Et Moïse les bénit. Chap. XL. 'L'Éternel parla à Moï- se, et dit : -Le premier jour du premier mois, tu dresseras le tabernacle, la 108 EXODE. Chdj) W. :i-:m. tente d'assignation. 'Tuyplaceras l'ar- che du témoignai'e, et tu couvriras l'ar- che avec le voile. Tu appoiteras la ta- ble, et tu la disposeras en ordre. ■'Tu ajiporteras le chandelier, et tu en ai- rangeras les lampes. ^Tu placeras l'au- tel d'or pour le parfum devant l'arche ilu témoignage, et tu mettras le rideau à l'entrée du tabernacle. *Tu placeras l'autel des holocaustes devant l'entrée du tabernacle, de la tente d'assigna- tion. "Tuphiceras la cuve entre la tente d'assignation et l'autel, et tu v mettras de l'eau. ''Tu placeras le parvis à l'en- tour, et tu mettras le rideau à la porte du parvis. ''Tu prendras l'huile d'onc- tion, tu en oindras le tabernacle et tout ce qu'il renferme, et tu le sanctifieras, avec tous ses ustensiles; et il sera saint. '"Tu oindras l'autel des holocaustes et tous ses ustensiles, et tu sanctifieras l'autel; et l'autel sera très saint. "Tu oindras la cuve avec sa base, et tu la sanctifieras. '-Tu feras avancer Aaron et ses fils vers l'entrée de la tente d'as- signation, et tu les laveras avec de l'eau. '^Tu revêtiras Aaron des vête- ments sacrés, tu l'oindras, et tu le sanctifieras, pour qu'il soit à mon ser- vice dans le sacerdoce. '■'Tu feras ap- procher ses fils, tu les revêtiras des tu- niques, '■'et tu les oindras comme tu auras oint leur père, pour qu'ils soient à mon service dans le sacerdoce. Cette onction leur assurera à perpétuité le sacerdoce parmi leurs descendants. '^Mo'ise fit tout ce que l'Eternel lui avait ordonné ; il fit ainsi. ''Le premier jour du premier mois de la seconde année'', le tabernacle fut dressé. '^Mo'ïse dressa le tabernacle; il en posa les ba- ses, plaça les planches et les barres, et éleva les colonnes. "'Il étendit la tente sur le tabernacle, et il mit la couver- ture de la tente par-dessus, comme l'Eteinel l'avait ordonné à Moïse. -"11 prit le témoignage*, et le plaça dans a. Après la sortie d'Egypte. b. Les deux tables de l'arche; il mit les barres à l'arche, et il posa le propitiatoire au-dcssvis de l'ar- che. '-'Il apporta l'arche dans le taber- nacle; il mit le voile de séparation, et il en couvrit l'arche du témoignage, comme l'Eternel l'avait ordonné à Moïse. "Il plaça la table dans la tente d'assignation, au côté septentrional du tabernacle, en dehors du voile; -^et il V tléposa en ordre les pains, devant l'Eternel, comme l'Eternel l'avait or- donné à Moïse. -''Il plaça le chandelier dans la tente d'assignation, en face de la table, au côté méridional du taber- nacle; -^et il en arrangea les lam|)es, devant l'Eternel, comme l'Eternel l'a- vait ordonné à Moïse. -'Il plaça l'autel d'or dans la tente d'assignation, de- vant le voile; -'et il y lit brûler le ])ar- fum odoriférant, comme l'Eternel l'a- vait ordonné à Moïse. -'*I1 plaça le rideau à l'entrée du tabernacle. -Ml plaça l'autel des holocaustes à l'entrée du tabernacle, de la tente d'assigna- tion ; et il y offrit l'holocauste et l'of- frande, comme l'Eternel l'avait or- donné à Moïse. ^"11 plaça la cuve entre la tente d'assignation et l'autel, et il y mitde l'eau pour les ablutions ;'' Moïse, Aaron et ses fils, s'y lavèrent les mains et les pieds ; '-lorsqu'ils entrèrent dans la tente d'assignation et qu'ils s'ap])ro- chèrent de l'autel, ils se lavèrent, com- me l'Eternel l'avait ordonné à Moïse. ^'11 dressa le parvis autour du taberna- cle et de l'autel, et il mit le rideau à la ]5orte du parvis. Ce fut ainsi que Moïse acheva l'ouvrage. ^■'Alors la nuée couvrit la tente d'as- signation, et la gloire de l'Eternel rem- plit le tabernacle. '^ Moïse ne pouvait pas entrer dans latente d'assignation, parce que la nuée restait dessus, et cjue la gloire de l'Eternel remplissait le ta- bernacle. '•'Aussi longtemps que durèrent leurs marches, les enfants d'Israël partaient, la loi. loy ■ Chap. 40,^,38. EXODE. quand la nuée s'élevait de dessus le nel était de jour sur le tabernacle; et tabernacle. ^^Et quand la nuée ne s'é- de nuit, il y avait un feu, aux yeux de levait pas, ils ne partaient pas, jusqu'à toute la maison d'Israël, pendant tou- ce qu'elle s'élevât. ^^La nuée de l'Éter- tes leurs marches. LE LEVITIQUE Les holocaustes. Chap. I. 'L'Éternel appela Moïse; il lui parla depuis la tente d'assigna- tion, et dit: -Parle aux enfants d'Is- raël, et dis-leur : Lorsque quelqu'un d'entre vous fera une offrande à l'Eternel, il offrira du bétail, du gros ou du menu bétail. ^Si son offrande est un holocauste de ffros bétail, il offrira un mâle sans défaut; il l'offrira à l'entrée de la tente d'assignation, devant TEternel, pour obtenir sa faveur. ■'Il posera sa main sur la tête de l'holocauste, qui sera agréé de l'Eternel, pour lui servir d'ex- piation. ^11 égorgera le veau devant l'Eternel; et les prêtres, fds d'Aaron, offriront le sang, et le répandront tout autour sur l'autel, qui est à l'entrée de la tente d'assignation. ^11 dépouil- lera l'holocauste, et le coupera par morceaux. ''Les fds du prêtre Aaron mettront du feu sur l'autel, et arran- geront du bois sur le feu. ^Les prêtres, fils d'Aaron, poseront les morceaux, la tête et la graisse, sur le bois mis au feu sur l'autel. 'II lavera avec de l'eau les entrailles et les jambes; et le prê- tre brûlera le tout sur l'autel. C'est un holocauste, un sacrifice consumé par le feu, d'une agréable odeur à l'Eter- nel. '"Si son offrande est un holocauste de menu bétail, d'agneaux ou de chè- vres, il offrira un màle sans défaut. "Il regorgera au côté septentrional de l'autel, devant l'Eternel; et les prêtres , fils d'Aaron , en répandront le sauff sur l'autel tout autour. '-Il le coupera par morceaux ; et le prêtre les posera, avec la tête et la graisse, sur le bois mis au feu sur l'autel. '^ II lavera avec de l'eau les entrailles et les jam- bes; et le prêtre sacrifiera le tout, et le brûlera sur l'autel. C'est un holo- causte, un sacrifice consumé par le feu, d'une agréable odeur à l'Eternel. '■•Si son offrande à l'Eternel est un holocauste d'oiseaux, il offrira des tourterelles ou des jeunes pigeons. '^Le prêtre sacrifiera l'oiseau sur l'au- tel; il lui ouvrira la tête avec l'ongle, et la brûlera sur l'autel, et il exprimera le sang contre un côté de l'autel. "*11 ôtera le jabot aA'ec ses plumes, et le jettera près de l'autel, vers l'orient, dans le lieu où l'on met les cendres. '"Il déchirera les ailes, sans les déta- cher; et le prêtre brûlera l'oiseau sur l'autel, sur le bois mis au feu. C'est un holocauste, un sacrifice consumé par le feu, d'une agréable odeur à l'Eter- nel. Les offrandes. Chap. II. 'Lorsque quelc[u'un fera à l'Eternel une offrande en don, son offrande sera de fleur de farine ; il ver- sera de l'huile dessus, et il y ajoutera de l'encens. -Il l'apportera aux prêtres, fils d'Aaron ; le prêtre prendra une poignée de cette fleur de farine, arro- sée d'huile, avec tout l'encens, et il brûlera cela sur l'autel comme souve- nir. C'est une offrande d'une agréable odeur à l'Eternel. ^Ce qui restera de l'offrande sera pour Aaron et pour ses 111 Chap. '^, ',-3, 10. LEVITIQUE. fils ; c'est une chose très sainte parmi les offrandes consumées par le feu de- vant l'Eternel. "•Si tu fais une offrande de ce qui est cuit au four, qu'on se serve de fleur de farine, et que ce soient des gâteaux sans levain pétris à l'huile et des ga- lettes sans levain arrosées d'huile. '^Si ton offrande est un gâteau cuit à la poêle, il sera de fleur de farine pétrie à l'huile, sans levain. ^Tu le rompras en morceaux, et tu verseras de l'huile dessus; c'est une offrande. 'Si ton offrande est un gâteau cuit sur le gril, il sera fait de Heur de farine pétrie à l'huile. ^Tu apporteras l'offrande qui sera faite à l'Eternel avec ces choses-là ; elle sera remise au prêtre, qui la \)vé- sentera sur l'autel. '^Le prêtre en pré- lèvera ce qui doit être offert comme souvenir, et le brûlera sur l'autel. C'est une offrande d'une agréable odeur à l'Eternel. '°Ce qui restera de l'offrande sera pour Aaron et pour ses fils; c'est une chose très sainte parmi les offrandes consumées par le feu devant l'Eternel. ''Aucune des offrandes que vous présenterez à l'Eternel ne sera faite avec du levain; car vous ne brûlerez rien qui contienne du levain ou du miel parmi les offrandes consumées par le feu devant l'Eternel. '"-Vous pourrez en offrir à l'Eternel comme offrande des prémices; mais il n'en sera point présenté sur l'autel comme offrande d'une agréable odeur. '^Tu mettras du sel sur toutes ces offran- des, tu ne laisseras ];)oint ton offrande manquer du sel, signe de l'alliance de ton Dieu ; sur toutes tes offrandes tu mettras du sel. "Si tu fais à l'Eternel une offrande des prémices, tu présenteras des épis nouveaux , rôtis au feu et broyés , comme offrande de tes pi'émices. '^Tu rt. /)n dit aussi sacrifice de prospérité, ou sacrifice pac verseras de l'huile dessus, et tu y ajou- teras de l'encens; c'est une offrande. '^Le prêtre brûlera comme souvenir une portion des épis broyés et de l'huile, avec tout l'encens. C'est une offrande consumée par le feu devant l'Éternel. Les sncrifices d actions de grâces. Chap. III. 'Lorsque quelqu'un of- frira à l'Eternel un sacrifice d'actions de grâces" : S'il offre du gros bétail, mâle ou femelle, il l'offrira sans défaut, devant l'Eternel. -Il posera sa main sur la tête de la victime, c[u'il égorgera à l'entrée de la tente d'assignation; et les prê- tres, fils d'Aaron, répandront le sang- sur l'autel tout autour. ^De ce sacrifice d'actions de grâces il offrira en sacri- fice consumé par le feu devant l'Eter- nel : la graisse f[ui couvre les entrail- les et toute celle qui y est attachée; '*les deux rognons, et la graisse qui les entoure, c{ui couvre les flancs, et le grand lobe du foie, {[u'il détachera près des rognons. '^Les fils d'Aaron brûleront cela sur l'autel, par-dessus l'holocauste qui sera sur le bois mis au feu. (]'est un sacrifice consumé par le feu, d'une agréable odeur à l'Eter- nel. *S'il offre du menu bétail, mâle ou femelle, en sacrifice d'actions de grâ- ces â l'Eternel, il l'offrira sans défaut. 'S'il offre en sacrifice un agneau, il le présentera devant l'Eternel. ''Il posera sa main sur la tête de la victime, qu'il éffortjera devant la tente d'assignation; et o o ' et les fils d'Aaron en répandront le sang sur l'autel tout autour. ^De ce sa- crifice d'actions de grâces il offrira en sacrifice consumé par le feu devant l'Eternel : la graisse, la queue entière, qu'il séparera près de l'échiné, la graisse qui couvre les entrailles et toute celle qui y est attachée, '"les ifique. 112 LEVITIOUE. Chnp. 3, 11-4, 18. deux rognons, et la graisse qni les en- toure, qui couvre les flancs, et le grand lobe du foie, qu'il détachera près des rognons. "Le prêtre brûlera cela sur l'autel. C'est l'aliment d'un sacrifice consumé par le feu devant ri*]lernel. *-Si son offrande est une chèvre, il la présentera devant l'Eternel. '•''Il po- sera sa main sur la tête de sa victime, qu'il égorgera devant la tente d'assi- gnation ; et les fils d'Aaron en répan- dront le sang sur l'autel tout autour. '*De la victime, il offrira en sacrifice consumé par le feu devant l'Eternel : la graisse qui couvre les entrailles et toute celle qui y est attachée, '^les deux rognons, et la graisse qui les en- toure, qui couvre les flancs, et le grand lobe du foie, qu'il détachera près des rognons. *^Le prêtre brûlera cela sur l'autel. Toute la graisse est l'aliment d'un sacrifice consumé pai' le feu, d'une agréal)Ie odeur à l'Eternel. '"C'est ici une loi perpétuelle pour vos descendants, dans tous les lieux où vous habiterez : vous ne mangerez ni graisse ni sang. Les sacrifices d'expiation. Chap. IV. 'L'Éternel parla à Moïse, et dit: "Parle aux enfants d'Israël, et dis : Lorsque quelqu'un péchera involon- tairement contre l'un des comman- dements de l'Eternel, en faisant des choses qui ne doivent point se faire, — ■ ^Si c'est le prêtre ayant reçu l'onc- tion qui a péché, et a rendu par là le peuple coupable, il offrira à l'Eternel pour le péché qu'il a commis un jeune taureau sans défaut, en sacrifice d'ex- piation. *I1 amènera le taureau à l'en- trée de la tente d'assignation, devant l'Eternel; et il posera sa main sur la tête du taureau, qu'il égorgera devant l'Eternel. ^Le prêtre ayant reçu l'onc- tion prendra du sang du taureau, et l'apportera dans la tente d'assignation ; *il trempera son doigt dans le sang, et il en fera sept fois l'aspersion devant l'Éternel, en face du voile du sanc- tuaire. ^Le prêtre mettra du sang sur les cornes de l'autel des jiarfums odo- riférants, qui est devant l'Eternel dans la tente d'assignation; et il répandra tout le sang du taureau au ])ied de l'autel des liolocaustes, qui est à l'en- trée de la tente d'assignation. '*!! en- lèvera toute la graisse du taureau expiatoire , la graisse qui couvre les entrailles et toute celle qui y est atta- chée, "les deux rognons, et la graisse qui les entoure, qui couvre les flancs, et le grand lobe du foie, qu'il déta- chera près des rognons. '"Le prêtre enlèvera ces parties comme on les en- lève du taureau dans le sacrifice d'ac- tions de grâces, et il les brûlera sur l'autel des holocaustes. "Mais la peau du taureau, toute sa chair, avec sa tête, ses jambes, ses entrailles et ses excré- ments, '-le taureau entier, il l'empor- tera hors du camp, dans un lieu ]>ur, où l'on jette les cendres, et il le brû- lera au feu sur du bois ; c'est sur le tas de cendres qu'il sera brûlé. '^Si c'est toute l'assemblée d'Israël qui a péché involontairement et sans s'en apercevoir, en faisant contre l'un des commandements de l'Eternel des choses qui ne doivent point se faire et en se rendant ainsi cou]>able, '*et que le péché qu'on a commis Aienne à être découvert, l'assemblée offrira un jeune taureau en sacrifice d'expiation, et on l'amènera devant la tente d'assigna- tion. '^Les anciens d'Israël poseront leurs mains sur la tète du taureau de- vant l'Eternel, et on égorgera le tau- reau devant l'Éternel. '^Le prêtre ayant reçu l'onction apportera du sang du taureau dans la tente d'assignation; "il tremjiera son doigt dans le sang, et il en fera sept fois l'aspersion de- vant l'Éternel, en face du voile. "*I1 mettra du sauiï sur les cornes de l'au- 113 8 * Chap. 4, 19-5, i. LEVITIOUE. tel, qui est devant rÉternel dans la ^^ Le prêtre prendra avec son doigt du tente d'assignation ; et il répandra tout sang de la victime, il en mettra sur les le sang au pied de l'autel des holo- cornes de l'autel des holocaustes, et il caustes, ([ui est à l'entrée de la lente répandra tout le sang au pied de l'au- d'assignation. ''•'Il enlèvera toute la tel. ^' Le prêtre ôtera toute la graisse, graisse du taureau, et il la brûlera sur comme on ôte la graisse du sacrifice l'autel. -"11 fera de ce taureau comme d'actions de grâces, et il la brûlera sur du taureau expiatoire; il fera de même, l'autel, et elle sera d'une agréable C'est ainsi que le prêtre fera pour eux odeur à l'Eternel. C'est ainsi que le l'expiation, et il leur sera pardonné, prêtre fera pour cet homme l'expia- -'II emportera le taureau hors du camp, tion, et il lui sera pardonné, et il le brûlera comme le premier tau- ^"-S'il offre un agneau en sacrifice reau. C'est un sacrifice d'expiation d'expiation, il offrira une femelle sans ])Our l'assemblée. défaut. ^''11 posera sa main sur la tête ^-Si c'est un chef qui a péché, en de la victime, qu'il égorgera en sacri- faisant involontairement contre l'un fice d'expiation dans le lieu où l'on des commandements de l'Eternel, son égorge les holocaustes. ^■'Le prêtre Dieu, des choses qui ne doivent point prendra avec son doigt du sang de la se faire et en se rendant ainsi coupable, victime, il en mettra sur les cornes de -■'et qu'il vienne à découvrir le péché l'autel des holocaustes, et il répandra qu'il a commis, il offrira en sacrifice tout le sang au pied de l'autel. ^^Le un bouc mâle sans défaut. -'Il jiosera prêtre ôtera toute la graisse, comme sa main sur la tête du bouc, qu'il égor- on ôte la graisse de l'agneau dans le géra dans le lieu où l'on égorge les sacrifice d'actions de grâces, et il la holocaustes devant l'Eternel. C'est un brûlera sur l'autel, comme un sacrifice sacrifice d'expiation. ^^Le prêtre pren- consumé par le feu devant l'Eternel, dra avec son doigt du sang de la vie- C'est ainsi que le prêtre fera pour cet time expiatoire, il en mettra sur les homme l'expiation du péché qu'il a cornes de l'autel des holocaustes, et il commis, et il lui sera pardonné, répandra le sang au pied de l'autel des Les sacrifices de culpabilité. Chap. V. 'Lorsquequelqu'un, après avoir été mis sous serment comme té- moin, péchera en ne déclarant pas ce qu'il a vu ou ce qu'il sait, il restera chargé de sa faute. -Lorsquequelqu'un, sans s'en apercevoir, touchera une holocaustes.*" Il brûlera toute lagraisse sur l'autel, comme la graisse du sacri- fice d'actions de grâces. C'est ainsi que le prêtre fera pour ce chef l'expia- tion de son péché, et il lui sera par- donné. "Si c'est quelqu'un du peuple qui a péché involontairement, en faisant chose souillée, comme le cadavre d'un contre l'un des commandements de animal impur, que ce soit d'une bête .l'Eternel des choses qui ne doivent sauvage ou domestique, ou bien d'un point se faire et en se rendant ainsi reptile, il deviendra lui-même impur coupable, ^''et qu'il vienne à découvrir et il se rendra coupable. 'Lorsque, ne le péché qu'il a commis, il offrira en le sachant pas ou le sachant, il tou- sacrifice une chèvre, une femelle sans chera une souillure humaine quel- défaut, pour le péché qu'il a commis, conque, il se rendra coupable. *Lors- -^1 posera sa main sur la tête de la que quelqu'un, sans s'en apercevoir victime expiatoire, qu'il égorgera dans ou en y prenant garde, s'exprimera le lieu où l'on égorge les holocaustes, légèrement des lèvres et jurera de 114 LEVITIOUE. Cluip. 5,5-2'i. faire du mal ou du bien, de quelque manière que ce soit, il se rendra cou- jiaLlc. ^Gelui donc qui se rendra coupable de l'une de ces choses, fera Taveu de son j)éché. "Puis il offrira en sacrifice ur ne sera point mangée : elle sera brûlée au feu. -"Tout homme pur peut manger de la chair; mais celui qui, se trouvant en état d'impureté, mangera de la chair du sacrifice d'ac- tions de grâces qui appartient à l'Éter- nel, celui-là sera retranché de son peu- ple. -'Et celui qui touchera quelque chose d'im])ur, une souillure humaine, un animal impur, ou quoi que ce soit d'impur, et qui mangera de la chair du sacrifice d'actions de grâces qui appar- tient â l'Eternel, celui-là sera retran- ché de son peuple. --L'Eternel parla à Moïse, et dit : "Parle aux enfants d'Israël, et dis : Vous ne mangerez point de graisse de bœuf, d'agneau ni de chèvre. "La graisse d'une bête morte ou déchirée pourra servir â un usage quelconque; mais vous ne la mangerez point. -^Gar celui qui mangera de la graisse des animaux dont on offre â l'Eternel des sacrifices consumés par le feu, celui-là sera retranché de son peuple. "Vous ne mangerez point de sang, ni d'oi- seau, ni de bétail, dans tous les lieux 117 Chap. 7,T,-8, 16. LEVITIQUE. où vous habiterez. -"Celui qui mangera du sang d'une espèce quelconque, ce- lui-là sera retranché de son peuple. -*L'Eternel parla à Moïse, et dit : -'^ Parle aux entants d'Israël, et dis : Celui qui offrira à l'Eternel son sa Consécration d'Aaron et de ses fils. Chap. VIII. * L'Eternel parla à Moïse, et dit : -Prends Aaron et ses fds avec lui, les vêtements, l'huile d'onc- tion, le taureau expiatoire, les deux crifice d'actions de grâces apportera béliers et la corbeille de pains sans le- son offrande à l'Eternel, prise sur son vain; 'et convoque toute l'assemblée sacrifice d'actions de grâces. '"Il ap- à l'entrée de la tente d'assignation, portera de ses propres mains ce qui ^ Moïse fit ce que l'Eternel lui avait doit être consumé par le feu devant ordonné;etrassembléeseréunitàren- l'Eternel; il apportera la graisse avec trée de la tente d'assignation. ^Moïse la poitrine, la poitrine pour l'agiter de dit à l'assemblée : Voici ce que l'Eter- côté et d'autre devant l'Eternel. ''Le nel a ordonné de faire, jirêtre brûlera la graisse sur l'autel, et ^Moïse fit approcher Aaron et ses la poitrine sera pour Aaron et pour ses fils, et il les lava avec de l'eau. "Il mit fils. '^Dans vos sacrifices d'actions de à Aaron la tunique, il le ceignit de la grâces, vous donnerez au prêtre lé- ceinture, il le revêtit de la robe, et il paule droite, en la présentant par élé- plaça sur lui l'éphod, qu'il serra avec vation. '-^Celui des fils d'Aaron qui of- la ceinture de l'éphod dont il le revê- frira le sang et la graisse du sacrifice tit. *I1 lui mit le pectoral, et il joignit d'actions de grâces aura l'épaule droite au pectoral l'urim et le thummim. ^11 ]iour sa part. '*Car je prends sur les posa la tiare sur sa tête, et il plaça sur sacrifices d'actions de grâces offerts le devant de la tiare la lame d'or, dia- parlesenfantsd'Israëllapoitrinequ'on dème sacré, comme l'Eternel l'avait agitera de côté et d'autre et l'épaule ordonné à Moïse. qu'on présentera par élévation, et je '"Moïse prit l'huile d'onction, il oi- les donne au prêtre Aaron et à ses fils, gnit le sanctuaire et toutes les choses par une loi perpétuelle cju'observeront qui y étaient, et le sanctifia. "Il en fit les enfants d'Israël. '^ C'est là le droit sept fois l'aspersion sur l'autel, et il que l'onction d'Aaron et de ses fils leur oignit l'autel et tous ses ustensiles, et donnera sur les sacrifices consumés la cuve avec sa Jjase, afin de les sanc- par le feu devant l'Eternel, depuis le tifier. '-Il répandit de l'huile d'onction jour où ils seront présentés pour être â sur la tête d'Aaron, et l'oignit, afin de mon service dans le sacerdoce. '^C'est le sanctifier. "Moïse fit aussi appro- ce c|ue l'Éternel ordonne aux enfants cher les fils d'Aaron ; il les revêtit de d'Israël de leur donner depuis le jour tuniques, les ceignit de ceintures, et de leur onction; ce sera une loi perpé- leur attacha des bonnets, comme l'E- tuelle parmi leurs descendants. ternel l'avait ordonné à Moïse. '"Telle est la loi de l'holocauste, de '■'Il fit approcher le taureau expia- l'offrande, du sacrifice d'expiation , du toire, et Aaron et ses fils posèrent leurs sacrifice de culpabilité, de la consé- mains sur la tête du taureau expiatoire, cration, et du sacrifice d'actions de '=Moïse l'égorgea, prit du sang, et en grâces. "*L'Eternel la prescrivit à Moïse mit avec son doigt sur les cornes de sur la montagne de Sinaï, le jour où il l'autel tout autour, et |mrifia l'autel; ordonna aux enfants d'Israël de pré- il répandit le sang au pied de l'autel, senter leurs offrandes à l'Eternel dans et le sanctifia pour y faire l'expiation, le désert de Sinaï. '^11 prit toute la graisse qui couvre les 118 LEVITIQUE. Cliap. 8, i--9,3. entrailles, le grand lobe du foie, et les deux rognons avee leur graisse, et il brûla cela sur l'autel. '"Mais il brûla au teu hors du camp le taureau, sa peau, sa chair et ses excréments, comme l'Eternel l'avait ordonné à Moïse. 'Ml fit a])procher le bélier de l'holo- causte, et Aaron et ses fils posèrent leurs mainssur latètedubélier. '^Moïse l'égorgea, et répandit le sang sur l'au- tel tout autour. -"Il coupa le bélier par morceaux, et il brûla la tête, les mor- ceaux et la graisse. -'Il lava avec de l'eau les entrailles et les jambes, et il brûla tout le bélier sur l'autel : ce fut l'holocauste, ce fut un sacrifice con- sumé par le feu, d'une agréable odeur à l'Eternel, comme l'Eternel l'avait or- donné à Moïse. ^-11 fit approcher l'autre bélier, le bélier de consécration, et Aaron et ses fils posèrent leurs mains sur la tète du bélier. -'^ Moïse égorgea le bélier, prit de son sang, et en mit sur le lobe de 1 oreille droite d' Aaron, sur le pouce de sa main droite et sur le gros orteil de son pied droit. -''Il fitapjirocher les fils d'Aaron, mit du sang sur le lobe de leur oreille droite, sur le pouce de leur main droite et sur le gros orteil de leur pied droit, et il ré])andit le sang- sur l'autel tout autour. -Ml prit la graisse, la queue, toute la graisse qui couvre les entrailles, le grand lobe du foie, les deux rognons avec leur graisse, et l'épaule droite; -'^il prit aussi dans la corbeille de pains sans levain, pla- cée devant l'Eternel, un gâteau sans levain, un gâteau de pain à l'huile et une galette, et il les posa sur les grais- ses et sur l'épaule droite. -'Il mit tou- tes ces choses sur les mains d'Aaron et sur les mains de ses fils, et il les agita de côté et d'autre devant l'Eter- nel. -*Puis Moïse les ôta de leurs mains, et il les brûla sur l'autel, par-dessus liiolocauste : ce fut le sacrifice de con- sécration, ce fut un sacrifice consumé par le feu, d'une agréable odeur à l'E- ternel. -'Moïse prit la poitrine du bé- lier de consécration, et il l'agita de côté et d'autre devant rEternel : ce fut la portion de Moïse, comme l'Eternel l'avait ordonné à Moïse. '"Moïse prit de l'huile d'onction et du sang qui était sur l'autel; il en fit l'aspersion sur Aaron et sur ses vête- ments, sur les fils d'Aaron et sur leurs vêtements; et il sanctifia Aaron et ses vêtements, les fils d'Aaron et leurs vê- tements avec lui. ".Moïse dit à Aaron et à ses fils : Faites cuire la chair à l'entrée de la tente d'assignation ; c'est là que vous la mangerez, avec le pain qui est dans la corbeille de consécration, comme je l'ai ordonné, en disant : Aaron et ses fils la mangeront. ^^ Vous brûlerez dans le feu ce qui restera de la chair et tlu ]iain. "'Pendant sejit jours, vous ne sor- tirez point de l'entrée de la tente d'as- signation, jusqu'à ce que les jours de votre consécration soient accomplis; car sept jours seront employés à vous consacrer. '*Ce c£ui s'est fait aujour- d'hui, l'Eternel a ordonné de le faire comme expiation pour vous. '^ Vous res- terez donc sept jours à l'entrée de la tented'assignation.jouret nuit, et vous observerez les commandements de l'E- ternel, afin que vous ne mouriez pas ; car c'est là ce qui m'a été ordonné. '^ Aaron et ses fils firent toutes les cho- ses que l'Eternel avait ordonnées par Moïse. Premiers sacrifices offerts par Aaron et ses fils. Chap. IX. ' Le huitième jour, Moïse aj^pela Aaron et ses fils, et les anciens d'Israël. -Il dit à Aaron : Prends un jeune veau pour le sacrifice d'expia- tion, et un bélier pour l'holocauste, l'un et l'autre sans défaut, et sacrifie- les devant l'Eternel. 'Tu parleras aux enfants d'Israël, et tu diras : Prenez un bouc, pour le sacrifice d'expiation ; un 19 Chap. 0,'.-W,> LEVITIQUE. veau et un agneau, âgés d'un an et sans locauste du matin. 'Ml égorgea le bœuf défaut, pour rholocauste; ■'un bœuf et et le bélier, en sacrifice d'actions de un bélier, pour le sacrifice d'actions de grâces pour le peuple. Les fils d'Aaron grâces, afin de les sacrifier devant TE- lui présentèrent le sang, et il le répan- ternel ; et une offrande pétrie à l'huile, dit sur l'autel tout autour. 'Mis lui pré- Car aujourd'hui l'Eternel vous appa- sentèrent la graisse du bœuf et du bé- raîtra. lier, la queue, la graisse qui couvre les Mis amenèrent devant la tente d'as- entrailles, les rognons, etle grand lobe signation ce que Moïse avait ordonné ; du foie ; -" ils mirent les graisses sur les et toute l'assemblée s'approcha, et se poitrines, et il brûla les graisses sur tint devant l'Eternel. '^Moïse dit : Vous l'autel. -'Aaron agita de côté et d'autre ferez ce que l'Eternel a ordonné; et la devant l'Éternel les poitrines et l'é- gloire de l'Eternel vous apparaîtra, paule droite, comme Moïse l'avait or- ^ Moïse dit à Aaron : Approche-toi de donné. l'autel; offre ton sacrifice d'expiation -'-Aaron leva ses mains vers le peu- et ton holocauste, et fais l'expiation pie, et il le bénit. Puis il descendit; pour toi et pour le peuple; offre aussi après avoir offert le sacrifice d'expia- le sacrifice du peuple, et fais l'expia- tion, l'holocauste et le sacrifice d'ac- tion pour lui, comme l'Eternel l'a or- tions de grâces. donné. "Moïse et Aaron entrèrent dans la ^Aaron s'approcha de l'autel, et il tente d'assignation. Lorsqu'ils en sor- égorgea le veau pour son sacrifice tirent, ils bénirent le peuple. Et la d'expiation. 'Les fils d'Aaron lui pré- gloire de l'Eternel apparut â tout le sentèrent le sang; il trempa son doigt peuple. -''Le feu sortit de devant l'E- dans le sang, en mit sur les cornes de ternel, et consuma sur l'autel l'holo- l'autel, et répandit le sang au pied de causte et les graisses. Tout le peuple l'autel. '"Il brûla sur l'autel la graisse, le vit; et ils poussèrent des cris de joie, les rognons, et le grand lobe du foie et se jetèrent sur leur face, de la victime expiatoire, comme l'E- ternel l'avait ordonné à Moïse. "Mais ^"'-^ fi^' cV Aaron consumés par le feu ■ 11,1 i' I ] 11- '"''' l'Eternel. il brûla au teu hors du camp la chair et la peau. Chap. X. 'Les fils d'Aaron, Nadab '^11 égorgea l'holocauste. Les fils et Abihu, prirent chacun un brasier, y d'Aaron lui présentèrent le sang, et il mirent du feu, et posèrent du parfum le répandit sur l'autel tout autour. '^Ils dessus; ils apportèrent devant l'Eter- lui présentèrent l'holocauste coupé par nel du feu étranger, ce qu'il ne leur morceaux, avec la tête, et il les brûla avait point ordonné. ^Alors le feu sor- sur l'autel. '^11 lava les entrailles etles tit de devant l'Eternel, et les consuma: jambes, et il les brûla sur l'autel, par- ils moururent devant l'Eternel, dessus l'holocauste. -'Moïse dit à Aaron : C'est ce quel'E- '^Ensuite, il offrit le sacrifice du peu- ternel a déclaré, lorsqu'il a dit : Je se- ple. Il prit le bouc pour le sacrifice rai sanctifié par ceux qui s'approchent expiatoire du peuple, il l'égorgea, et de moi, et je serai glorifié en présence rolfritenexpiation,conimelapremière de tout le peuple. Aaron garda le si- victime. 'Ml offrit l'holocauste, et le sa- lence. *Et Moïse appela Mischaèl et crifia, d'après les règles établies. "11 Eltsaphan, fils d'Uziel, oncle d'Aaron, présenta l'offrande, en prit une poi- et il leur dit : Approchez-vous, empor- gnée, et la brûla sur l'autel, outre l'ho- tez vos frères loin du sanctuaire, hors 120 LEVITIQUE. Chap. 10,5-11,'.. du camp. ^Ils s'approchèrent, et ils les a été présentée par élévation ; car elles emportèrent dans leurs tuniques hors du camp, comme Moïse l'avait dit. "Moïse dit à Aaron, à Eléazar et à Ithamar, fils d'Aaron : Vous ne décou- vrirez point vos tètes, et vous ne dé- chirerez point vos vêtements, de peur vous sont données, comme ton droit et le droit de tes fils, dans les sacrifices d'actions de grâces des enfants d'Israël. 'Mis apporteront, avec les graisses des- tinées à être consumées par le feu, l'é- paule que l'on présente par élévation que vous ne mouriez, et que l'Eternel et la poitrine que l'on agite de coté et d'autre devant l'Éternel : elles seront pour toi et pour tes fils avec toi, par une loi jierpétuelle, comme l'Eternel l'a ordonne. '"Moïse chercha le bouc expiatoire; et voici, il avait été brûlé. Alors il s'ir- rita contre Eléazar et Ithamar, les fils qui restaient à Aaron, et il dit : "Pour- quoi n'avez-vous pas mangé la victime expiatoire dans le lieu saint? C'est une chose très sainte; et l'Eternel vous l'a donnée, afin que vous portiez l'iniquité de l'assemblée, afin que vous fassiez pour elle l'expiation devant l'Eternel. '■Voici, le sang de la victime n'a point été porté dans l'intérieur du sanctuaire; vous deviez la manger dans le sanc- tuaire, comme cela m'avait été or- donné. '^Aaron dit à Moïse : Voici, ils ont offert aujourd'hui leur sacrifice d'expiation et leur holocauste devant l'Eternel ; et, après ce qui m'est arrivé, si j'eusse mangé aujourd'hui la victime expiatoire, cela aurait-il été bien aux yeux de l'Eternel? ^^ Moïse entendit et approuva ces paroles. Loi sur les aniniau.v purs et impurs. Chap. XI. ' L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, et leur dit : -Parlez aux en- fants d'Israël, et dites : Voici les animaux dont vous mange- rez parmi toutes les bêtes qui sont sur la terre. ^Vous mangerez de tout ani- mal qui a la corne fendue, le pied four- ché, et c[ui rumine. *Mais vous ne mangerez pas de ceux cjui ruminent seulement, ou qui ont la corne fendue seulement. Ainsi, vous ne mangerez pas le chameau, qui rumine, mais qui ne s irrite contre toute l'assemblée. Laissez vos frères, toute la maison d'Is- raël, |ileurer sur l'embrasement que l'Eternel a allumé. 'Vous ne sortirez point de l'entrée de la tente d'assigna- tion, de peur cjue vous ne mouriez; car l'huile de l'onction de l'Eternel est sur vous. Ils firent ce cjue Moïse avait dit. Défense à Aaron et à ses fils de lioirc du ^'in, avant d'entrer dans le tabernacle. — Por- tions des offrandes et des victimes, qui leur sont réservées. *L'Eternel parla à Aaron, et dit : ''Tu ne boiras ni vin, ni boisson enivrante, toi et tes fils avec toi, lorsque vous en- trerez dans la tente d'assignation, de peur que vous ne mouriez : ce sera une loi perpétuelle parmi vos descendants, '"afin que vous puissiez distinguer ce qui est saint de ce qui est profane, ce qui est impur de ce qui est pur, "et enseigner aux enfants d'Israël toutes les lois que l'Éternel leur a données par Moïse. '-Moïse dit à Aaron, à Eléazar et à Ithamar, les deux fils cjui restaient à Aaron : Prenezce qui reste de l'offrande parmi les sacrifices consumés parle feu devant l'i^lternel, et manoez-le sans le- vain près de l'autel : car c'est une chose très sainte. '^Vous le mangerez dans un lieu saint, c'est ton droit et le droit de tes fils sur les offrandes consumées par le feu devant l'Éternel ; car c'est là ce qui m'a été ordonné. '* Vous mange- rez aussi dans un lieu pur, toi, tes fils et tes filles avec toi, la poitrine cju'on a agitée de côté et d'autre et l'épaule qui 121 Chap. 11,5-3!,. LEVITIQUE. n'a pas la corne fendue : vous le regar- derez comme impur. ^Vous ne man- gerez pas le lapin, qui rumine, mais qui n'a pas la corne fendue : vous le regarderez comme impur. "Vous ne mangerez pas le lièvre, qui rumine, mais qui n'a pas la corne fendue : vous le regarderez comme impur. ^Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue et le pied fourché, mais qui ne rumine pas : vous le regarderez comme impur. ^Vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs corps morts : vous les regarderez com- me impurs. 'Voici les animaux dont vous man- gerez parmi tous ceux qui sont dans les eaux. Vous mangerez de tous ceux qui ont des nageoires et des écailles, et qui sont dans les eaux, soit dans les mers, soit dans les rivières. '"Mais vous aurez en abomination tous ceux qui n'ont pas des nageoires et des écailles, parmi tout ce qui se meut dans les eaux et tout ce qui est vivant dans les eaux, soit dans les mers, soit dans les riviè- res. "Vous les aurez en abomination, vous ne mangerez pas de leur chair, et vous aurez en abomination leurs corps morts. '-Vous aurez en abomination tous ceux qui, dans les eaux, n'ont pas des nageoires et des écailles. '^Voici, parmi les oiseaux, ceux que vous aurez en abomination, et dont on ne mangera pas : l'aigle, l'orfraie et l'aigle de mer; '*le milan, l'autour et ce qui est de son espèce ; '^le corbeau et toutes ses espèces; '^l'autruche, le hibou, la mouette, l'épervier et ce qui est de son espèce; "le chat-huant, le plongeon et la chouette ; '*le cygne, le pélican et le cormoran; ''la cigogne, le héron et ce qui est de son espèce, la huppe et la chauve-souris. '-"Vous aurez en abomination tout reptile" qui vole et qui marche sur qua- a. Le nom de reptiles est donné aux insectes ailés et la terre. b. Héb. Xarbé. Les trois noms qui suivent tre pieds. -'Mais, parmi tous les repti- les qui volent et qui marchent sur qua- tre pieds, vous mangerez ceux qui ont des jambes au-dessus de leurs pieds, pour sauter sur la terre. --Voici ceux que vous mangerez : la sauterelle*, le solam , le hargol et le hagab, selon leurs espèces. -^Vous aurez en abomination tous les autres reptiles qui volent et qui ont c{uatre pieds, -^lls vous ren- dront impurs : quiconque touchera leurs corps morts sera impur jusqu'au soir, "-^etquiconque portera leurs corps morts lavera ses vêtements et sera im- pur jus<{u'au soir. '-" Vous regarderez comme impur tout animal qui a la corne fendue, mais qui n'a pas le pied fourché et qui ne ru- mine pas : quiconque le touchera sera impur. -'Vous regarderez comme im- purs tous ceux des animaux à quatre pieds qui marchent sur leurs pattes : quiconque touchera leurs corps morts sera impur jusqu'au soir, -'^et quicon- que portera leurs corps lavera ses vê- tements et sera impur jusqu'au soir. Vous les regarderez comme impurs. -'Voici, parmi les animaux qui ram- jient sur la terre, ceux que vous regar- derez comme impurs : la taupe, la sou- ris et le lézard, selon leurs espèces; ^"le hérisson, la grenouille, la tortue, le limaçon et le caméléon. ^'Vous les regarderez comme impurs parmi tous les reptiles : quiconque les touchera morts sera impur jusqu'au soir.^^Tout objet sur lequel tombera quelque chose de leurs corps sera souillé, ustensile de bois, vêtement, peau, sac, tout ob- jet dont on fait usage; il sera mis dans l'eau, et restera souillé jusqu'au soir; après quoi, il sera pur. '^Tout ce qui se trouvera dans un vase de terre, où il en tombera quelc|ue chose, sera souillé, et vous briserez le vase. ^""Tout aliment (pii sert à la nourriture, et sur lequel il à tous les petits animaux (jui marchent ou rampent sur indiquent des espèces dilTérentes de sauterelles. 122 LEVITIQUE. Cliap. Il,35-i3,'i. sera tombé de celte eau, sera souillé; et toute boisson dont on fait usage, quel ([ue soit le vase qui \a contienne, sera souillée. ^^Tout objet sur lequel tombera quelque chose de leurs corps morts sera souillé; le four et le foyer seront détruits : ils seront souillés, et vous les regarderez comme souillés. ^'^11 n'y aura que les sources et les ci- ternes, formant des amas d'eaux, qui resteront pures; mais celui qui y tou- chera de leurs corps morts sera impur. ''S'il tombe quelque chose de leurs corps morts sur une semence qui doit être semée, elle restera pure; ^'^mais si l'on a mis de l'eau sur la semence, et qu'il y tombe quelque chose de leurs corps morts, vous la regarderez comme souillée. ^"S'il meurt un des animaux qui vous servent de nourriture, celui cpii touchera son corps mort sera im- ]iur jusqu'au soir; ^"celuicjui mangera de son corps mort lavera ses vêtements et sera impur jusqu'au soir, et celui qui portera son corps mort lavera ses vêtements et sera impur jusqu'au soir. ■"Vous aurez en abomination tout reptile qui rampe sur la terre : on n'en mangera point. ''-Vous ne mangerez point, parmi tous les reptiles qui ram- pent sur la terre, de tous ceux qui se traînent sur le ventre, ni de tous ceux qui marchent sur quatre pieds ou sur un grand nombre de pieds; car vous les aurez en abomination. ''^Ne rendez point vos personnes abominables par tous ces reptiles qui rampent ; ne vous rendez point impurs par eux, ne vous souillez point par eux. ''"'Car je suis l'E- ternel, votre Dieu; vous vous sancti- fierez, et vous serez saints, car je suis saint; et vous ne vous rendrez point impurs par tous ces reptiles qui ram- pent sur la terre. ''^Car je suis l'Éternel, qui vous ai fait monter du pays d'E- gypte, pour être votre Dieu. ■•^Telle est la loi touchant les ani- maux, les oiseaux, tous les êtres vi- A'ants qui se meuvent dans les eaux, et tous les êtres (jui rampent sur la terre, ■•'afin que vous distinguiez ce qui est imjiur et ce (\\n est pur, l'animal qui se mange et l'animal qui ne se mange pas. Chnp. XII. ' L'Éternel parla à Moï- se, et dit : -Parle aux enfants d'Israël, et dis : Lorsqu'une femme deviendra en- ceinte, et qu'elle enfantera un mâle, elle sera impure pendant sept jours; elle sera impure comme au temps de son indisposition menstruelle. 'Le hui- tième jour, l'enfant sera circoncis. *Elle restera encore trente-trois jours à se purifier de son sang; elle ne tou- chera aucune chose sainte, et elle n'ira point au sanctuaire, jusqu'à ce que les jours de sa purification soient accom- plis. ^Si elle enfante une fdle, elle sera impure pendant deux semaines, com- me au temps de son indisposition mens- truelle; et elle restera soixante-sixjours à se purifier de son sang. ^Lorsque les jours de sa purification seront accomplis, pour un fils ou pour une fille, elle apportera au prêtre, à l'entrée de la tente d'assignation, un agneau d'un an pour l'holocauste, et un jeune pigeon ou une tourterelle pour le sacrifice d'expiation. 'Le prê- tre les sacrifiera devant l'Éternel, et fera pour elle l'expiation ; et elle sera purifiée du flux de son sang. Telle est la loi pour la femme qui enfante un fils ou une fille. ^Si elle n'a pas de quoi se procurer un agneau, elle pren- dra deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, l'un pour l'holocauste, l'autre pour le sacrifice d'expiation. Le prê- tre fera pour elle l'expiation, et elle sera pure. Loi sur la lèpre. Chap. XIII. 'L'Éternel parla à Moïse et à Aaron, et dit : -Lorsqu'un homme aura sur la peau 123 Chap. 1 S, 3-25. LEVITIQUE. de son corps une tumeur, une dartre, ou une tache blanche, qui ressemblera à une plaie de lèpre sur la peau de son corps, on l'amènera au prêtre Aaron, ou à l'un de ses fils qui sont prêtres. ^Le prêtre examinera la plaie qui est sur la peau du corps. Si le poil de la plaie est devenu blanc, et que la plaie paraisse plus profonde que la peau du corps, c'est une plaie de lèpre : le prêtre qui aura fait l'examen déclarera cet homme impur. ''S'il y a sur la peau du corps une tache blanche qui ne pa- partout où le prêtre portera ses re- gards, '^le prêtre l'examinera; et quand il aura vu que la lèpre couvre tout le corps, il déclarera pur celui qui a la plaie : comme il est entière- ment devenu blanc, il est pur. "Mais le jour où l'on apercevra en lui de la chair vive, il sera impur; '^quand le prêtre aura vu la chair vive, il le dé- clarera impur : la chair vive est im- pure, c'est la lèpre. '*Si la chair vive change et devient blanche, il ira vers le prêtre; ''le prêtre l'examinera, et si raisse pas plus profonde que la peau, la plaie est devenue blanche, le prêtre et que le poil ne soit pas devenu blanc, le prêtre enfermera pendant sept jours celui qui a la plaie. ^Le prêtre l'exa- minera le septième jour. Si la plaie lui paraît ne pas avoir fait de progrès et ne pas s'être étendue sur la peau, le prêtre l'enfermera une seconde fois pendant sept jours. '^Le prêtre l'exa- minera une seconde fois le septième jour. Si la plaie est devenue pâle et ne s'est pas étendue sur la peau, le prêtre et cjue le poil soit devenu blanc, le déclarera pur celui qui a la plaie : il est pur. "Lorsqu'un homme aura eu sur la peau de son corps un ulcère c{ui a été guéri, ''et qu'il se manifestera, à la place où était l'ulcère, une tumeur blanche ou une tache d'un blanc rou- geàtre, cet homme se montrera au prêtre. -"Le prêtre l'examinera. Si la tache paraît plus enfoncée que la peau, déclarera cet homme pur : c'est une dartre; il lavera ses vêtements, et il sera pur. "Mais si la dartre s'est éten- due sur la peau, après qu'il s'est mon- tré au prêtre pour être déclaré pur, il se fera examiner une seconde fois par le prêtre. ''Le prêtre l'examinera. Si la dartre s'est étendue sur la peau, le prêtre le déclarera impur : c'est la lèpre. 'Lorsqu'il y aura sur un homme une plaie de lèpre, on l'amènera au prêtre. "Le prêtre l'examinera. S'il y a sur la peau une tumeur blanche, si cette tu- meur a fait blanchir le poil, et qu'il y ait une trace de chair vive dans la tu- meur, "c'est une lèpre invétérée dans la peau du corps de cet homme : le prêtre le déclarera impur; il ne l'en- fermera pas, car il est impur. '-Si la lèpre fait une éruption sur la peau et couvre toute la peau de celui qui a la plaie, depuis la tête jusqu'aux pieds. prêtre le déclarera impur : c'est une plaie de lèpre, qui a fait éruption dans l'ulcère. -'Si le prêtre voit qu'il n'y a point de poil blanc dans la tache, qu'elle n'est pas plus enfoncée que la peau, et qu'elle est devenue pâle, il enfermera cet homme pendant sept jours. -*Si la tache s'est étendue sur la peau, le ]>rêtre le déclarera impur: c'est une plaie de lèpre. ^^Mais si la tache est restée à la même place et ne s'est pas étendue, c'est une cicatrice de l'ulcère : le prêtre le déclarera pur. -^Lorsqu'un homme aura eu sur la peau de son corps une brûlure par le feu, et qu'il se manifestera sur la trace de la brûlure une tache blanche ou d'un blanc rougeàtre, -^ le prêtre l'exa- minera. Si le poil est devenu blanc dans la tache, et qu'elle paraisse plus profonde que la peau, c'est la lèpre, qui a fait éruption dans la brûlure; le prêtre déclarera cet homme impur: 124 LEVITIQ)UE Chap. 13, 26-ci. c'est une plaie de lèpre. -'\Si le piètre est guérie : il est pur, et le prêtre le voit qu'il n'y a point de poil ijlane dans déclarera pur. la tache, qu'elle n'est pas plus enfon- '"Lorsqu'un homme ou une femme cée que la peau, et c|u'elle est devenue aura sur la peau de son corps des ta- pàle, il enfermera cet homme pendant ches, des taches blanches, '^le prêtre sept jours. -'Le prêtre l'examinera le l'examinera. S'il y a sur la peau de son septième jour. Si la tache s'est éten- corps des taches d'un blanc ])àle, ce due sur la peau, le prêtre le déclarera iuq)ur : c'est une plaie de lèjire. -**Mais si la tache est restée à la même place, ne s'est pas étendue sur la peau, et est devenue pâle, c'est la tumeur de la brûlure ; le prêtre le déclarera pur, car c'est la cicatrice de la brûlure. -^Lorsqu'un homme ou une femme aura une plaie à la tête ou à la barbe, '"le prêtre examinera la jilaie. Si elle paraît plus profonde cjue la jjcau, et qu'il y ait du poil jaunâtre et mince, le prêtre déclarera cet homme impur : c'est la teigne, c'est la lè])re de la tête ou de la barbe. "Si le prêtre voit que ne sont que des taches qui t)nt fait énq)tiou sur la peau . il est pur. •""Lorsqu'un homme aura la tête dé- pouillée de cheveux, c'est un chauve : il est |)ur. ""S'il a la tête dépouillée de cheveux du côté de la face, c'est un chauve par-devant : il est pur. ''-Mais s'il y a dans la partie chauve de de- vant ou de derrière une plaie d'un blanc rougeâtre, c'est la lèpre qui a fait éruption dans la j^artie chauve de derrière ou de devant. ■'•'Le prêtre l'exa- minera. S'il y a une tumeur de plaie d'un blanc rougeâtre dans la partie chauve de derrière ou de devant, sem- la teigne a teigne ne la plaie de la teigne ne paraît pas jdus blable à la lèpre sur la peau du corps, profonde que la peau, et qu'il n'y a ^•'c'est un homme lépreux, il est im- point de poil noir, il enfermera peu- ]3ur : le prêtre le déclarera impur; dant sept jours celui qui a la plaie de c'est à la tête qu'est sa plaie. Le prêtre examinera la *^Le lépreux, atteint de la plaie, ])ortera ses vêtements déchirés, et aura la tête nue ; il se couvrira la barbe, et criera : Impur ! impur ! ^"^ Aussi long- temps qu'il aura la plaie, il sera impur : il est impur. Il habitera seul; sa de- meure sera hors du camp. •"Lorsqu'il y aura sur un vêtement une ])laie de lèpre, sur un vêtement de laine ou sur un vêtement de lin, •"*à la chaîne ou à la trame de lin ou de laine, sur une peau ou sur quelque ouvrage de peau, •'^et que la plaie sera verdàtre ou rougeâtre sur le vêtement ou sur la peau, à la chaîne ou à la trame, ou sur un objet quelconque de peau, c'est une plaie de lèjire, et elle sera mon- trée au prêtre. ^"Le jn-être examinera la plaie, et il enfermera pendant sept jours ce qui en est attaqué. ^' Il exami- nera la plaie le septième jour. Si la plaie s'est étendue sur le vêtement, à plaie le septième jour. Si s'est pas étendue, s'il n'y a point de ])oil jaunâtre, et si elle ne paraît pas plus ])rofonde que la peau, ''celui qui a la teigne se rasera, mais il ne rasera ))oint la place où est la teigne ; et le ])rêtre l'enfermera une seconde fois pendant sept jours. '^Le prêtre exami- nera la teigne le septième jour. Si la teigne ne s'est pas étendue sur la peau, et si elle ne paraît pas plus profonde que la peau, le prêtre le déclarera pur; il lavera ses vêtements, et il sera pur. '^Mais si la teigne s'est étendue sur la peau, aj^rès qu'il a été déclaré pur, le prêtre l'examinera. "^Et si la teigne s'est étendue sur la peau, le prêtre n'aura pas à rechercher s'il y a du ])oil jaunâtre: il est impur. '"Si la teigne lui paraît ne pas avoir fait de progrès, et qu'il y ait crû du poil noir, la teigne 125 Chnp. 13, 52-14, ik. LEVITIOUE. la chaîne ou à la trame, sur la ])eau ou sur l'ouvrage quelconque fait de peau, c'est une plaie de lèpre invétérée : l'objet est impur. "Il brûlera le vête- ment, la chaîne ou la trame de laine ou de lin, l'objet quelconque de peau sur lequel se trouve la plaie, car c'est une lèpre invétérée : il sera brûlé au feu. '^^Mais si le prêtre voit que la plaie ne s'est pas étendue sur le vêtement, sur la chaîne ou sur la trame, sur l'ob- jet quelconque de peau, "il ordonnera qu'on lave ce qui est attaqué de la plaie, et il l'enfermera une seconde fois pendant sept jours. ^^Le prêtre examinera la plaie, après qu'elle aura été lavée. Si la plaie n'a pas changé d'aspect et ne s'est pas étendue, l'ob- jet est impur : il sera brûlé au feu ; c'est une partie de l'endroit ou de l'en- vers qui a été rongée. ^^S'i le prêtre voit que la plaie est devenue pâle, après avoir été lavée, il l'arrachera du vêtement ou de la peau, de la chaîne ou de la trame. ^'Si elle paraît encore sur le vêtement, à la chaîne ou à la trame, ou sur l'objet quelconque de peau, c'est une érujjtion de lèpre : ce qui est attaqué de la plaie sera brûlé au feu. ^''Le vêtement, la chaîne ou la trame, l'objet quelconque de peau, qui a été lavé, et d'où la plaie a disparu, sera lavé une seconde fois, et il sera pur. '■'Telle est la loi sur la plaie de la lèpre , lorsqu'elle attaque les vête- ments de laine ou de lin, la chaîne ou la trame, ou un objet quelconque de peau, et d'après laquelle ils seront dé- clarés purs ou impurs. Loi sur la purification de la lèpre. Chap. XIV. 'L'Eternel parla à Moïse, et dit : "Voici quelle sera la loi sur le lé- nera le lépreux. Si le lépreux est guéri de la plaie de la lèpre, *le prêtre or- donnera que l'on prenne, pour celui qui doit être purifié, deux oiseaux vi- vants et purs, du bois de cèdre, du cramoisi et de l'hysope. ^Le prêtre ordonnera qu'on égorge l'un des oi- seaux sur un vase de terre, sur de • l'eau vive. ^11 ]:)rendra l'oiseau vivant, le bois de cèdre, le cramoisi et l'hy- sope; et il les trempera, avec l'oiseau vivant, dans le san<>- de l'oiseau éfforgé sur l'eau vive. "11 en fera sept fois l'as- persion sur celui qui doit être purifié de la lèpre. Puis il le déclarera pur, et | il lâchera dans les champs l'oiseau vi- ' vaut. ** Celui qui se purifie lavera ses vête- ments, rasera tout son poil, et se bai- gnera dans l'eau ; et il sera pur. Ensuite il pourra entrer dans le camp, mais il restera sept jours hors de sa tente. 'Le septième jour, il rasera tout son poil, sa tête, sa barbe, ses sourcils, il rasera tout son poil ; il lavera ses vê- tements , et baignera son cor])S dans l'eau, et il sera pur. '"Le huitième jour, il prendra deux agneaux sans défaut et une brebis d'un an sans défaut, trois dixièmes d'un épha de fleur de farine en offrande pétrie à l'huile, et un log d'huile. "Le prêtre qui fait la purifi- cation présentera l'homme qui se pu- rifie et toutes ces choses devant l'Eternel, à l'entrée de la tente d'assi- gnation. '- Le prêtre prendra l'un des agneaux. et il l'offrira en sacrifice de culpab lité, avec le log d'huile; il les agitera de côté et d'autre devant l'Eternel. '^11 égorgera l'agneau dans le lieu où l'on égorge les victimes expiatoires et les holocaustes, dans le lieu saint ; car, dans le sacrifice de culpabilité, comme dans le sacrifice d'expiation, la vie- preux, pour le jour de sa purification, time est pour le prêtre : c'est une On l'amènera devant le prêtre. ^Le chose très sainte. ''Le prêtre prendra prêtre sortira du camp, et il exami- du sang de la victime de culpabilité ; 12(i LEVITIOUE. Chap. 14,15-31 il en mettra sur le lobe de Toreille droite de celui qui se purifie, sur le pouce de sa main droite et sur le gros orteil de son pied droit. '^Le prêtre prendra du log- d'huile, et il la versera dans le creux de sa main gauche. '*Le prêtre trempera le doigt de sa main droite dans l'huile qui est dans le creux l'agneau du sacrifice de culpabilité. Le prêtre prendra du sang de la vic- time de culpabilité; il en mettra sur le lobe de l'oreille droite de celui qui se purifie, sur le pouce de sa main droite et sur le gros orteil de son ])ied droit. -"Le ])rêtre versera de l'huile dans le creux de sa main gauche. -'Le j)rêlre fera avec le doii>t de sa main droite o de sa main gauche, et il fera avec le doigt sept fois l'aspersion de l'huile sept fois l'aspersion de l'huile qui est devant l'Eternel. '"Le prêtre mettra de dans sa main gauche, devant l'Eternel. l'huile qui lui reste dans la main sur le lobe de l'oreille droite de celui qui se purifie, sur le pouce de sa main teil ck dt de culpabilité. '^Le prêtre mettra ce qui lui reste d'huile dans la main sur la tête de celui qui se purifie ; et le di'oite et sur le gros orteil de son piec droit, par-dessus le sang de la victime -'^Le prêtre mettra de l'huile qui est dans sa main sur le lobe de l'oreille ilroite de celui qui se purifie, sur le pouce de sa main droite et sur le gros orteil de son pied droit, à la place où il a mis du sang de la victime de cul- pabilité. ^'IjC prêtre mettra ce qui lui reste d'huile dans la main sur la tête prêtre fera pour lui l'expiation devant de celui qui se purifie, afin de faire pour lui l'expiation devant l'Eternel. ™Puis il offrira l'une des tourterelles ou l'un des jeunes pigeons, qu'il a pu se procurer, ■'"l'un en sacrifice d'expia- tion, l'autre en holocauste, avec l'of- frande ; et le prêtre fera pour celui qui pour cet homme l'expiation, et il sera se purifie l'expiation devant l'Eternel. l'Éternel. '^Puis le prêtre offrira le sa- crifice d'expiation; et il fera l'expia- tion pour celui qui se purifie de sa souillure. -"Ensuite il égorgera l'holo- causte. Le prêtre offrira sur l'autel l'holocauste et l'offrande ; et il fera pur. "-'S'il est pauvre et que ses ressour- ces soient insuffisantes, il prendra un seul agneau, qui sera offert en sacri- fice de cul]>abilité, après avoir été agité de côté et d'autre, et avec lequel on fera ]>our lui l'expiation. Il prendra un seul dixième de fleur de farine pé- trie à l'huile pour l'offrande, et un log d'huile. "Il prendra aussi deux tour- terelles ou deux jeunes pigeons, selon ses ressources, l'un pour le sacrifice d'expiation, l'autre pour l'holocauste. -^Le huitième jour, il apportera pour ^-Telle est la loi pour la purification de celui qui a une plaie de lèpre, et dont les ressources sont insuffisantes. "'L'Éternel parla à Moïse età Aaron, et dit: '■•Loisque vous serez entrés dans le pays de Canaan, dont je vous donne la possession, si je mets une plaie de lèpre sur une maison du pays que vous posséderez, ^^celui à qui appartiendra la maison ira la déclarer au prêtre, et dira : J'aperçois comme une jjlaie dans ma maison. '^Le prêtre, avant d'y en- trer pour examiner la plaie, ordonnera sa purification toutes ces choses au • qu'on vide la maison, afin que tout ce qui y est ne devienne pas impur. Après prêtre, à l'entrée de la tente d'assi- gnation, devant l'Éternel. **Le |)rêtre prendra l'agneau pour le sacrifice de culpabilité, et le log d'huile ; et il les agitera de côté et d'autre devant l'Éternel. "Il éfforgrera cela, le prêtre entrera pour examiner la maison. ''Le prêtre examinera la plaie. S'il voit qu'elle offre sur les murs de la maison des cavités verdàtres ou rou- 127 Chap. 14,aft-15,i2. LEVITIQUE. geàtres, paraissant plus enfoncées que rifiera la maison avec le sang de Toi- le mur, ^"^il sortira de la maison, et, seau, aA^ec de l'eau vive, avec l'oiseau cfuand il sera à la porte, il fera fermer vivant, avec le bois de cèdre, l'hysope la maison pour sept jours. ''■'Le prêtre et le cramoisi. ^'11 lâchera l'oiseau vi- y retournera le septième jour. S'il voit vant hors de la ville, dans les champs. c[ue la plaie s'est étendue sur les nmrs C'est ainsi qu'il fera pour la maison de la maison, ^''il ordonnera qu'on ôte l'expiation, et elle sera pure, les pierres attaquées de la plaie, et ^''Telle est la loi pour toute plaie de qu on les jette hors de la ville, dans un lieu impur. "Il fera racler tout l'in- térieur de la maison; et l'on jettera hors de la ville, dans un lieu impur, la poussière qu'on aura raclée. ■'-On prendra d'autres pierres, que l'on mettra à la j^lace des premières ; et l'on prendra d'autre mortier, pour re- crépir la maison. lèpre et pour la teigne, ^^pour la lèpre S6, des vêtements et des maisons, ""pour les tumeurs, les dartres et les taches : ^'elle enseigne quand une chose est impure, et quand elle est pure. Telle est la loi sur la lèpre. Chap. XV. ' L'Eternel parla à Moïse et à Aaron, et dit : - Parlez aux enfants 'Si la plaie revient et fait éruption d'Israël, et dites-leur : dans la maison, après qu'on a ôté les ^Tout homme c{ui a une gonorrhée pierres, raclé et recrépi la maison, •'Me est par là même impur. C'est à cause prêtre y retournera. S'il voit que la de sa gonorrhée qu'il est impur : que plaie s'est étendue dans la maison, sa chair laisse couler son flux, ou c'est une lèpre invétérée dans la mai- cju'elle le retienne, il est impur. *Tout son : elle est impure. ''^On abattra la lit sur lequel il couchera sera impur, maison, les pierres, le bois, et tout le ettout objet sur lequel il s'assiéra sera mortier de la maison; et l'on portera impur. ^Celui qui touchera son lit la- ces choses hors de la ville, dans un verasesvêtements,selaveradansreau, lieu impur. ""^Celui qui sera entré dans et sera impur jusqu'au soir. ^Celuiqui la maison ])endant tout le temps cju'elle s'assiéra sur l'objet sur lequel il s'est était fermée sera impur jusqu'au soir, assis lavera ses vêtements, se lavera *"Celui qui aura couché dans la maison dans l'eau, et sera impur jusqu'au soir, lavera ses vêtements. Celui cjui aura "Celui qui touchera sa chair lavera ses mangé dans la maison lavera aussi ses vêtements, se lavera dans l'eau, et sera vêtements. impur jusqu'au soir. *S'il crache sur **Si le prêtre, qui est retourné dans un homme pur, cet homme lavera ses la maison, voit cjue la plaie ne s'est vêtements, se lavera dans l'eau, et sera pas étendue, après c]ue la maison a été impur jusqu'au soir. "Toute monture recrépie, il déclarera la maison j^ure, sur laquelle il s'assiéra sera impure, car la plaie est guérie. ■'"Il prendra, '"Celui qui touchera une chose quel- pour purifier la maison, deux oiseaux, conque qui a été sous lui sera impur du bois de cèdre, du cramoisi et de jusqu'au soir; et celui qui la portera l'hysope. ^"11 égorgera l'un des oiseaux • lavera ses vêtements, se lavera dans sur un vase de terre, sur de l'eau vive, l'eau, et sera impur jusqu'au soir. "Ce- ^' Il prendra le bois de cèdre, rhyso])e, lui qui sera touché par lui, et cjui ne se le cramoisi et l'oiseau vivant; il les sera jjas lavé les mains dans l'eau, la- trempera dans le sangde l'oiseau cgor- vera ses vêtements, se lavera dans gé et dans l'eau vive, et il en fera sept l'eau, etseraimpurjusqu'au soir. '-Tout fois l'aspersion sur la maison. ^-11 pu- vase de terre qui sera touché par lui 128 LEVITIQUE. Chap. 15, 13-16, sera brisé, et tout vase de bois sera lavé clans l'eau. '^Lorsqu'il sera purifié de son flux, il comptera sept jours pour sa purification ; il lavera ses vêtements, il lavera sa chair avec de l'eau vive, et il sera pur. '''Le huitième jour, il pren- dra deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, il ira devant 1 Eternel, à l'en- trée de la tente d'assignation, et il les donnera au prêtre. '^Le prêtre les of- frira, l'un en sacrifice d'expiation, et l'autre en holocauste ; et le prêtre fera pour lui l'expiation devant l'Eternel, à cause de son flux. "'L'homme qui aura une pollution lavera tout son corps dans l'eau, et sera impur jusqu'au soir. ''Tout vête- ment et toute peau, qui en seront at- teints, seront lavés dans l'eau, et se- ront impurs jusqu'au soir. '*Si une femme a couché avec un tel homme, ils se laveront l'un et l'autre, et seront impurs jusqu'au soir. ''■•La femme qui aura un flux, un flux de sang en sa chair, restera sept jours dans son impureté. Quiconque la tou- chera sera impur jusqu'au soir. -"Tout lit sur lequel elle couchera pendant son impureté sera impur, et tout objet sur lequel elle s'assiéra sera impur. *' Quiconque touchera son lit lavera ses vêlements, se lavera dans l'eau, et sera impur jusqu'au soir. "Quiconque touchera un objet sur lequel elle s'est assise lavera ses vêtements, se lavera dans l'eau, et sera impur jusqu'au soir. -^S'il y a quelque chose sur le lit ou sur l'objet sur lequel elle s'est assise, celui qui la touchera sera impur jus- qu'au soir. -''Si un homme couche avec elle et que l'impureté de cette tcinme vienne sur lui, il sera impur pendant sept jours, et tout lit sur lequel il cou- chera sera impur. -M^a femme qui aura un flux de sang pendant plusieurs jours hors de ses époques régulières, ou dont le lliix durera plus qu'à l'ordi- naire, sera impure tout le temps de son flux, comme au temps de son in- disposition menstruelle. -^Tout lit sur lequel elle couchera pendant la durée de ce flux sera comme le lit de son flux menstruel, et tout objet sur lequel elle s'assiéra sera impur comme lors de son flux menstruel. -'Quiconque les tou- chera sera souillé ; il lavera ses vête- ments, se lavera dans l'eau, et sera impur jusqu'au soir. -* Lorsqu'elle sera purifiée de son flux, elle comptera sept jours, après lesquels elle sera pure. -"Le huitième jour, elle prendra deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, et elle les apportera au prêtre, à l'en- trée de la tente d'assignation. ^"Le prê- tre offrira l'un en sacrifice d'expiation, et l'autre en holocauste; et le prêtre fera pour elle l'expiation devant l'Éter- nel, à cause du flux qui la rendait im- pure. ^'Vous éloignerez les enfants d'Is- raël de leurs impuretés, de peur qu'ils ne meurent à cause de leurs inqiuretés, s'ils souillent mon tabernacle qui est au milieu d'eux. ^- Telle est la loi pour celui qui a une gonorrhée ou qui est souillé par une pollution, ^^pour celle qui a son flux menstruel, pour l'homme ou la femme qui a un flux, et pour l'homme qui couche avec une femme impure. Loi sur la fctc annuelle des expiations. Chap. XVI. 'L'Éternel parla à Moï- se, après la mort des deux fils d'Aaron, qui moururent en se présentant devant l'Eternel. -L'Éternel dit à Moïse : Parle à ton frère Aaron, afin qu'il n'entre pas en tout temps dans le sanctuaire, au dedans du voile, devant le propi- tiatoire qui est sur l'arche, de peur qu'il ne meure; car j'apparaîtrai dans la nuée sur le propitiatoire. ^Voici de quelle manière Aaron en- trera dans le sanctuaire. Il prendra un jeune taureau pour le sacrifice d'expia- tion cl wn bélier pour l'holocauste. *11 129 Chap. 16,5-26. LEVITIQUE. se revêtira de la tunique sacrée de lin, '^G'est ainsi qu'il fera l'expiation et portera sur son corps des caleçons pour le sanctuaire à cause des impu- de lin; il se ceindra d'une ceinture de lin, et il se couvrira la tète d'une tiare de lin : ce sont les vêtements sacrés, dont il se revêtira, après avoir lavé son corps dans l'eau. '^Il recevra de l'assemblée des enfants d'Israël deux boucs pour le sacrifice d'expiation et un bélier pour l'holocauste. ^Aaron offrira son taureau expiatoire, et il fera l'expiation pour lui et pour sa maison. 'Il prendra les deux boucs, et il les placera devant l'Eternel, à l'entrée de la tente d'assignation. ^Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l'Eternel et un sort pour Azazel. "Aaron fera approcher le bouc sur lequel est tombé le sort pour l'Eternel, et il l'of- frira en sacrifice d'expiation. '"Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant devant l'Eter- nel, afin qu'il serve à faire l'expiation retés des enfants d'Israël et de toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché. Il fera de même pour la tente d'assignation, qui est avec eux au milieu de leurs impuretés. ''Il n'y aura personne dans la tente d'assigna- tion lorsqu'il entrera pour faire l'expia- tion dans le sanctuaire, jusqu'à ce qu'il en sorte. Il fera l'expiation pour lui et pour sa maison, et pour toute l'assem- blée d'Israël. '^En sortant, il ira vers l'autel qui est devant l'Eternel, et il fera l'expiation pour l'autel ; il prendra du sang du taureau et du bouc, et il en mettra sur les cornes de l'autel tout autour. "Il fera avec son doigt sept fois l'aspersion du sang sur l'autel; il le purifiera et le sanctifiera, à cause des impuretés des enfants d'Israël. -"Lorsqu'il aura achevé de faire l'ex- piation pour le sanctuaire , pour la et qu'il soit lâché dans le désert pour tente d'assignation et pour l'autel, il fera approcher le bouc vivant. -'Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d'Is- raël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché ; il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l'aide d'un homme qui aura cette charge. ^*Le bouc em- portera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre désolée, il sera chassé dans le désert. ^^ Aaron entrera dans la tente d'assi- gnation ; il quittera les vêtements de lin qu'il avait mis en entrant dans le sanctuaire, et il les déposera là. -^11 lavera son corps avec de l'eau dans un lieu saint, et reprendra ses vêtements. Puis il sortira, offrira son holocauste et l'holocauste du peuple, et fera l'ex- piation pour lui et pour le peuple. -^11 brûlera sur l'autel la graisse de la vic- time expiatoire. -^ Celui qui aura chassé le bouc pour Azazel. "Aaron offrira son taureau expia- toire, et il fera l'expiation pour lui et pour sa maison. Il égorgera son tau- reau expiatoire. '-Il prendra un brasier plein de charbons ardents ôtés de des- sus l'autel devant l'Eternel, et de deux poignées de parfum odoriférant en pou- dre ; il portera ces choses au delà du voile; '^il mettra le parfum sur le feu devant l'Eternel, afin que la nuée du parfum couvre le propitiatoire qui est sur le témoignage, et il ne mourra point. '■'Il prendra du sang du taureau, et il fera l'aspersion avec son doigt sur le devant du propitiatoire vers l'orient ; il fera avec son doigt sept fois l'asper- sion du sang devant le propitiatoire. '^11 égorgera le bouc expiatoire pour le peuple, et il en portera le sang au delà du voile. Il fera avec ce sang comme il a fait avec le sang du tau- reau, il en fera l'aspersion sur le pro- pitiatoire et devant le propitiatoire. 130 LEVITIOUE. Clinp. I0,r,-17,ii. Azazel lavera ses vêtements, et lavera son corps dans l'eau ; après cela, il ren- trera dans le camp. -'On emportera hors du camp le tau- reau expiatoire et le bouc expiatoire dont on a porté le sang dans le sanc- tuaire pour faire l'expiation, et l'on brûlera au feu leurs peaux, leur chair et leurs excréments .-'* Celui qui les brû- lera lavera ses vêtements, et lavera son corps dans l'eau; après cela, il ren- trera dans le camp. -^ C'est ici pour vous une loi perpé- tuelle : au septième mois, le dixième jour du mois, vous humilierez vos âmes, vous ne ferez aucun ouvrage, ni l'indigène, ni l'étranger qui séjourne au milieu de vous. ^"Car en ce jour on fera l'expiation pour vous, afin de vous purifier : vous serez purifiés de tous vos péchés devant l'Eternel. ^'Ce sera pour vous un sabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes. C'est une loi perpétuelle. '-L'expiation sera faite par le prêtre qui a reçu l'onction et qui a été consa- cré pour succéder à son père dans le sacerdoce ; il se revêtira des vêtements de lin, des vêtements sacrés. ^'11 fera l'expiation pour le sanctuaire de sain- teté, il fera l'expiation pour la tente d'assignation et pour l'autel, et il fera l'expiation pour les prêtres et pour tout le peuple de l'assemblée. '^Ce se- ra pour vous une loi perpétuelle : il se fera une fois chaque année l'expiation pour les enfants d'Israël, à cause de leurs péchés. On fit ce que l'Eternel avait ordonné à Moïse. Lieu destiné aujc sacrifices. — Défense de manger du sang. Chap. XVII. 'L'Eternel parla à Moïse, et dit : -Parle à Aaron et à ses fils, et à tous les enfants d'Israël, et rt. Idoles ayant la forme de boucs. tu leur diras : Voici ce que l'Éternel a ordonné. 'Si un homme de la maison d'Israël égorge dans le camp ou hors du camp un bœuf, un agneau ou une chèvre, *et ne l'amène pas à l'entrée de la tente d'assignation , pour en faire une of- frande à l'Eternel devant le tabernacle de l'Eternel, le sang sera imputé à cet homme; il a répandu le sang, cet homme-là sera retranché du milieu de son peuple. ^C'est afin que les enfants d'Israël, au lieu de sacrifier leurs vic- times dans les champs, les amènent au prêtre, devant l'Eternel, à l'entrée de la tei>te d'assignation, et qu'ils les offrent à l'Eternel en sacrifices d'ac- tions de grâces. *Le prêtre en répandra le sang sur l'autel de l'Eternel, à l'en- trée de la tente d'assignation ; et il brû- lera la graisse, qui sera d'une agréable odeur à l'Eternel. 'Ils n'offriront plus leurs sacrifices aux boucs ", avec les- quels ils se prostituent. Ce sera une loi perpétuelle pour eux et pour leurs des- cendants. *Tu leur diras donc : Si un homme de la maison d'Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d'eux offre un holocauste ou une vic- time, 'et ne l'amène pas à l'entrée de la tente d'assignation, pour l'offrir en sacrifice à l'Eternel, cet homme-là sera retranché de son peuple. '"Si un homme de la maison d'Israël ou des étrangers qui séjournent au mi- lieu d'eux mange du sang d'une espèce quelconque, je tournerai ma face con- tre celui qui mange le sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple. " Car l'âme de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il servît d'expiation pour vos âmes, car c'est par l'àme que le sang fait l'expia- tion. '"C'est pourquoi j'ai dit aux en- fants d'Israël : Personne d'entre vous ne mangera du sang, et l'étranger qui séjourne au milieu de vous ne man- 131 Chap. 17, 13-18, 22. LEVITIQUE. géra pas du sang. ''Si quelqu'un des de ta sœur, fille de ton père ou fille de enfants d'Israël ou des étrangers qui ta mère, née dans la maison ou née hors séjournent au milieu d'eux prend à la de la maison. chasse un animal ou un oiseau qui se "'Tu ne découvriras point la nudité manare, il en versera le sans: et le cou- de la fille de ton fils ou de la fille de ta vrira de poussière. "Car l'àme de toute fille. Car c'est ta nudité. chair, c'est son sang qui est dans son "Tu ne découvriras point la nudité àme. C'est pourquoi j'ai dit aux en- de la fille de la femme de ton père, née fants d'Israël : Vous ne mangerez le de ton père. C'est ta sœur. sang d'aucune chair; car l'àme de toute '-Tu ne découvriras point la nudité chair, c'est son sang : quiconque en de la sœur de ton père. C'est la proche mangera sera retranché. parente de ton père. '^Toute personne, indigène ou étran- '^Tu ne découvriras point la nudité gère, qui mangera d'une bête morte de la sœur de ta mère. Car c'est la pro- ou déchirée, lavera ses vêtements, se che parente de ta mère, lavera dans l'eau, et sera im-jiure jus- '^Tu ne découvriras point la nudité qu'au soir; puis elle sera pure. "'Sicile du frère de ton père. Tu ne t'approche- ne lave pas ses vêtements, et ne lave ras point de sa femme. C'est ta tante, pas son corps, elle portera la peine de '^Tu ne découvriras point la nudité sa faute. de ta belle-fille. C'est la femme de ton fils : tu ne découvriras point sa nudité. Chap. XVIII. 'L'Éternel parla à "'Tu ne découvriras point la nudité Moïse, et dit : -Parle aux enfants d'Is- de la femme de ton frère. C'est la nu- raël, et tu leur diras : Je suis l'Eternel, dite de ton frère. votre Dieu. 'Vous ne ferez point ce qui '"Tu ne découvriras point la nudité se fait dans le pays d'Egypte où vous d'une femme et de sa fille. Tu ne pren- avez habité, et vous ne ferez point ce dras point la fille de ton fils, ni la fille qui se fait dans le pays de Canaan où de sa fille, pour découvrir leur nudité, je vous mène : vous ne suivrez point Ce sont tes proches parentes : c'est un leurs usages. *Vous pratiquerez mes crime. ordonnances, et vous observerez mes '^Tu ne prendras point la sœurdeta lois : vous les suivrez. Jesuis l'Eternel, femme, pour exciter une rivalité, en dé- votre Dieu. ''Vous observerez mes lois couvrant sa nudité à côté de ta femme et mes ordonnances : l'homme qui les pendant sa vie. mettra en pratique vivra par elles. Je '"Tu ne t'approcheras point d'une suis rÉternel. femme pendant son impureté mens- "Nul de vous ne s'approchera de sa truelle, pour découvrir sa nudité, parente, pour découvrir sa nudité. Je -"Tu n'auras point commerce avec la suis l'Éternel. femme de ton prochain, pour te souil- 'Tu ne découvriras point la nudité 1er avec elle, de ton père, ni la nudité de ta mère. ^' Tu ne livreras aucun de tes enfants C'est ta mère : tu ne découvriras point pour le faire passer à Moloc", et tu ne sa nudité. profaneras point le nom de ton Dieu. *Tu ne découvriras point la nudité Je suis l'Éternel, de la femme de ton père. C'est la nu- "Tu ne coucheras point avec un dite de ton père. homme comme on couche avec une '•*Tu ne découvriras point la nudité femme. C'est une abomination. «. Mo/oc, divinité dos Aimnoiiitos, en Ihunneur de laquelle on sacrifiait de petily enfants. 132 LEVITIQUE. Chnp. I8,2:j-J9,n. -^ Tu ne coucheras point avec une bêle, pour te souiller avec elle. La femme ne s'approchera point d'une bête, pour se prostituer à elle. C'est une confusion. "Ne vous souillez par aucune de ces choses, car c'est par toutes ces choses que se sont souillées les nations que je vais chasser devant vous. -^Le pays en a été souillé; je punirai son iniquité, et le pays vomira ses habitants. -"Vous observerez donc mes lois et mes or- donnances, et vous ne commettrez au- cune de ces abominations, ni l'indi- gène, ni l'étranger qui séjourne au milieu de vous. "Car ce sont là toutes les abominations qu'ont commises les hommes du Jiays, qui y ont été avant vous ; et le pays en a été souillé. -* Pre- nez garde que le pays ne vous vomisse, si vous le souillez, comme il aura vomi les nations qui y étaient avant vous. -^Car tous ceux qui commettront quel- qu'une de ces abominations seront re- tranchés du milieu de leur peuple. '"Vous observerez mes commande- ments, et vous ne pratiquerez aucun des usages abominables qui se prati- ([uaient avant vous, vous ne aous en souillerez pas. Je suis l'Eternel, votre Dieu. Lois religieuses, cérémonicl/cs et inorales. Chap. XIX. ' L'Éternel parla à Moï- se, et dit : -Parle à toute l'assemblée des enfants d'Israël, et tu leur diras : Soyez saints, car je suis saint, moi, l'Eternel, Aotre Dieu. 'Chacun de vous respectera sa mère et son père, et observera mes sabbats. Je suis l'Eternel, votre Dieu. ■•Vous ne vous tournerez point vers les idoles, et vous ne vous ferez point des dieux de fonte. ^ Quand vous offrirez à l'Eternel un sacrifice d'actions de grâces, vous l'of- frirez de manière à ce qu'il soit agréé. "La A'ictime sera mangée le jour où vous la sacrifierez, ou le lendemain ; ce qui restera jusqu'au troisième jour sera brCdé au feu. "Si l'on en mange le troisième jour, ce sera une chose in- fecte : le sacrifice ne sera point agréé. * Celui qui en mangera portera la peine de son péché, car il profane ce qui est consacré à l'Eternel : cette personne- là sera retranchée de son peuple. ^Quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras un coin de ton champ sans le moissonner, et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner. '"Tu ne cueilleras pas non plus les grappes restées dans ta vigne, et tu ne ramasseras pas les grains qui en seront tombés. Tu abandonneras cela au pau- vre et à l'étranger. Je suis l'Eternel, votre Dieu. "Vous ne déroberez point, et vous n'userez ni de mensonge ni de trompe- perie les uns envers les autres. '-Vous ne jurerez point faussement par mon nom, car tu ^profanerais le nom de ton Dieu. Je suis l'Eternel. '■'Tu n'op])rimeras point ton pro- chain, et tu ne raviras rien par vio- lence. Tu ne retiendras point jusqu'avi len- demain le salaire du mercenaire. '^Tu ne maudiras point un sourd, et tu ne mettras devant un aveugle rien qui puisse le faire tomber ; car tu au- ras la crainte de ton Dieu.. Je suis l'E- ternel. '^Tu ne commettras point d'iniquité dans tes jugements : tu n'auras point égard à la personne du pauvre , et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice. '"Tu ne répandras point de calom- nies parmi ton peuple. Tu ne t'élève- ras point contre le sang de ton pro- chain. Je suis l'Eternel. "Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur; tu pourras reprendre ton prochain, mais tu ne te chargeras point 133 Chap. 19,18-20,. LEVITIQUE. d'un péché à cause de lui. '^Tu ne te °'Tu ne profaneras point ta fdle en vengeras point, et tu ne garderas point la livrant à la prostitution, de peur que % de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain com- me toi-même. Je suis rÉternel. '^Vous obserAcrez mes lois. Tu n'accoupleras point des bestiaux de deux espèces différentes; tu n'en- semenceras point ton champ de deux le pays ne se prostitue et ne se rem- plisse de crimes. ^"Vous observerez mes sabbats, et vous révérerez mon sanctuaire. Je suis l'Éternel. ^'Ne vous tournez point vers ceux qui évoquent les esprits, ni vers les de- espèces de semences ; et tu ne porteras vins ; ne les recherchez point, de peur pas un vêtement tissu de deux espèces de fils. -"Lorsqu'un homme couchera et aura commerce avec une femme, si c'est une esclave fiancée à un autre homme, et qui n'a pas été rachetée ou affranchie, ils seront châtiés, mais non punis de mort, parce qu'elle n'a pas été affran- de vous souiller avec eux. Je suis l'É- ternel, votre Dieu. ^-Tu te lèveras devant les cheveux blancs, et tu honoreras la personne du vieillard. Tu craindras ton Dieu. Je suis l'Eternel. ^' Si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, vous ne l'oppri- chie. ^'L'homme amènera pour sa faute merez point. '^Vous traiterez l'étran à l'Eternel, à l'entrée de la tente d'assi gnation, un bélier en sacrifice deculpa bilité. "Le prêtre fera pour lui l'expia- tion devant l'Eternel avec le bélier offert comme victime pour le péché qu'il a commis, et le péché qu'il a com- mis lui sera pardonné. -^ Quand vous serez entrés dans le pays, et que vous y aurez planté toutes sortes d'arbres fruitiers, vous en re- garderez les fruits comme incirconcis ; pendant trois ans, ils seront pour vous incirconcis; on n'en mangera point. -"•La quatrième année, tous leurs fruits seront consacrés à l'Eternel au milieu des réjouissances. -^La cinquième an- née, vous en mangerez les fruits, et vous continuerez à les récolter. Je suis l'Eternel, votre Dieu. -^Vous ne mangerez rien avec du sang. Vous n'observerez ni les serpents ni les nuages pour en tirer des pro- nostics. -^Vous ne couperez point en rond les coins de votre chevelure, et tu ne raseras point les coins de ta barbe. ^^Vous ne ferez point d'incisions dans votre chair pour un mort, et vous n'im- primerez point de ligures sur vous. Je suis l'Éternel. ger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous; vous l'ai- merez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d'E- gypte. Je suis l'Éternel, votre Dieu. ^""Vous ne commettrez point d'ini- quité ni dans les jugements, ni dans les mesures de dimension, ni dans les poids, ni dans les mesures de capacité. ^^Vous aurez des balances justes, des poids justes, des épha justes et des hin justes. Je suis l'Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d'Egypte. ^' Vous observerez toutes mes lois et toutes mes ordonnances, et a^ous les mettrez en pratique. Je suis l'Éternel. Peines contre divers crimes. Chap . XX. ' L'Éternel parla à Moï- se, et dit : -Tu diras aux enfants d'Is- raël : Si un homme des enfants d'Israël ou des étrangers qui séjournent en Israël livre à Moloc l'un de ses enfants, il sera puni de mort : le peuple du pays le la- pidera. ^Et moi, je tournerai ma facej contre cet homme, et je le retranche- rai du milieu de son peuple, parce qu'il a livré de ses enfants à Moloc, souillé 134 LEVITIQUE. C ha p. 20,1.-. 2â. mon sanctuaire et profané mon saint nom. ■'Si le jjeuple du pays détourne ses regards de cet homme, qui livre de ses entants à Moloc, et s'il ne le fait pas mourir, ^je tournerai, moi, ma face contre cet homme et contre sa famille, et je le retrancherai du milieu de son peuple, avec tous ceux qui se prosti- tuent comme lui en se prostituant à Moloc. 'Si quelqu'un s'adresse aux morts et aux esprits, pour se prostituer après eux, je tournerai ma face contre cet homme, je le retrancherai du milieu de son peuple. 'Vous vous sanctifierez, et vous serez saints, car je suis l'Eternel, votre Dieu. *Vous observerez mes lois, et vous les mettrez en pratique. Je suis l'Eternel, qui vous sanctifie. il sera puni de mort; et vous tuerez la bête . '*Si une femme s'approche d'une bête, pour se prostituer à elle, tu tue- ras la femme et la bête ; elles seront mises à mort : leur sang retombera sur elles. "Si un homme prend sa sœur, fille de son père ou fille de sa mère, s'il voit sa nudité et qu'elle voie la sienne, c'est une infamie; ils seront retranchés sous les yeux des enfants de leur peu- ple : il a découvert la nudité de sa sœur, il portera la j^eine de son péché. '*Si un homme couche avec une fem- me qui a son indisposition, et décou- vre sa nudité, s'il découvre son flux et qu'elle découvre le flux de son sang, ils seront tous deux retranchés du mi- *Si un homme quelconque maudit lieu de leur peuple son père ou sa mère, il sera puni de mort ; il a maudit son père ou sa mère : son sang retombera sur lui. '"Si un homme commet adultèreavec une femme mariée, s'il commet adul- tère avec la femme de son prochain, l'homme et la femme adultères seront punis de mort. " Si un homme couche avec la femme de son père, et découvre ainsi la nudité de son père, cet homme et cette femme seront punis de mort ; leur sang retom- bera sur eux. '^ Si un homme couche avec sa belle- fille, ils seront tous deux punis de mort; ils ont fait une confusion : leur sang retombera sur eux. '^Si un homme couche avec un hom- me comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abomi- nable; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux. '*Si un homme j)rend jiour femmes la fille et la mère, c'est un crime : on les brûlera au feu, lui et elles, afin our y faire résider son nom. 'Pendant la fête, tu ne mangeras pas du pain levé, mais tu mangeras sept jours des pains sans levain, du pain d'affliction, car c'est avec précipitation que tu es sorti du pays d'Egypte : il en sera ainsi, afin que tu te souviennes toute ta vie du jour où tu es sorti du paysd'Egypte. 'On ne verra point chez toi de levain, dans toute l'étendue de tonjiays, pendant sept jours; et aucune partie des victimes que tu sacrifieras le soir du premier jour ne sera gardée pendant la nuit jusqu'au matin. ^Tu ne ])ourras point sacrifier la Pàque dans l'un quelconque des lieux que l'Eternel, ton Dieu, te donne pour de- meure ; **mais c'est dans le lieu que choisira l'Eternel, ton Dieu, pour y faire résider son nom, que tu sacrifie- ras la Pàque, le soir, au coucher du soleil, à l'époque de ta sortie d'Egypte. 'Tu feras cuire la victime, et tu la mangeras dans le lieu que choisira l'Éternel, ton Dieu. Et le matin, tu pourras t'en retourner et t'en aller vers tes tentes". ^Pendant six jours, tu man- geras des pains sans levain ; et le sep- 218 DEUTERONOME. Chnp. 10, 0-17,1. tième jour, il y aura une assemblée solennelle en l'honneur de l'Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage. '■'Tu compteras sept semaines ; dès que la faucille sera mise dans les blés, tu commenceras à compter sept se- maines. '"Puis tu célébreras la fètedes semaines, et tu feras des offrandes vo- lontaires, selon les bénédictions que l'Eternel, ton Dieu, t'aura accordées. "Tu te réjouiras devant l'Eternel, ton Dieu, dans le lieu que l'Eternel, ton Dieu, choisira pour y faire résider son nom, toi, ton fds et ta fille, ton servi- teur et ta servante, le Lévite qui sera dans tes portes, et l'étranger, l'orphe- lin et la veuve, qui seront au milieu de toi. '-Tu te souviendras que tu as été esclave en Egypte, et tu observeras et mettras ces lois en pratique. '^Tu célébreras la fête des taber- nacles pendant sept jours , quand tu recueilleras le produit de ton aire et de ton pressoir. '•'Tu te réjouiras à cette fête, toi, ton fds et ta fdle, ton serviteur et ta servante, et le Lévite, l'étranger, l'orphelin et la veuve, qui seront dans tes portes. '^Tu célébreras la fête pendant sept jours en l'honneur de l'Eternel, ton Dieu, tlans le lieu que choisira l'Eternel; car l'Eternel, ton Dieu, te bénira dans toutes tes récoltes et dans tout le travail de tes mains, et tu te livreras entièrement à la joie. ""Trois fois par année, tous les mâles d'entre vous se présenteront devant l'Eternel, ton Dieu, dans le lieu qu'il choisira : à la fête des pains sans le- vain, à la fête des semaines, et à la fête des tabernacles. On ne paraîtra point devant l'Eternel les mains vides. '" Cha- cun donnera ce qu'il |)ourra, selon les bénédictions que rÉternel, ton Dieu, lui aura accordées. "*Tu établiras des juges et des ma- gistrats dans toutes les villes que l'E- ternel, ton 13ieu, te donne, selon tes tribus; et ils jugeront le peuple avec justice. "Tu ne porteras atteinte à au- cun droit, tu n'auras point égard à l'apparence des personnes , et tu ne recevras point de présent, car les pré- sents aveuglent les yeux des sages et corrompent les parolesdes justes. -°Tu suivras ponctuellement la justice, afin que tu vives et que tu possèdes le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne. -'Tu ne fixeras aucune idole de bois à côté de l'autel que tu élèveras à l'E- ternel, ton Dieu. --Tu ne dresseras point des statues, qui sont en aversion à l'Eternel, ton Dieu. Les actes d idohilric. — Les jugements. Lu rot/a II lé. CJtap. XYII. 'Tu n'offriras en sa- crifice à l'Eternel, ton Dieu, ni bœuf, ni agneau qui ait quelque défaut ou difformité; car ce serait en abomina- tion à l'Eternel, ton Dieu. ■Il se trouvera peut-être au milieu de toi, dans l'une des villes que l'Eter- nel, ton Dieu, te donne, un homme ou une femme faisant ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, ton Dieu, et trans- gressant son alliance; 'allant après d'autres dieux pour les servir et se jnosterner devant eux, après le soleil, la lune, ou toute l'armée des cieux. Ce n'est point Là ce que j'ai commandé. ■•Dès que tu en auras connaissance, dès que tu l'auras appris, tu feras avec soin des recherches. La chose est-elle vraie, le fait est-il établi, cette abomination a-t-elle été commise en Israël, ^alors tu feras venir à tes portes l'homme ou la femme qui sera coupable de cette mauvaise action, et tu lapideras ou puniras de mort cet homme ou cette femme. *Cclui ([ui mérite la mort sera exécuté sur la tiéposition de deux ou de trois témoins ; il ne sera pas mis à mort sur la déposition d'un seul té- moin. "La main des témoins se lèvera la première sur lui pour le faire mou- rir, et la main de tout le peuple ensuite. 219 Chap. 17,8-18, s. DEUTERONOME. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi ^Si une cause relative à un meurtre, à un différend, à une blessure, te pa- raît trop difficile à juger et fournit matière à contestation dans tes portes, tu te lèveras et tu monteras au lieu que l'Eternel, ton Dieu, choisira. ^Tu iras vers les prêtres, les Lévites, et vers un livre, une copie de cette loi, qu'il prendraauprèsdesprêtres, les Lévites. '''Il devra l'avoir avec lui et y lire tous les jours de sa vie, afin qu'il apprenne à craindre l'Eternel, son Dieu, à ob- server et à mettre en pratique toutes les paroles de cette loi et toutes ces ordonnances; -"afin que son cœur ne s'élève point au-dessus de ses frères. celui qui remplira alors les fonctions et qu'il ne se détourne de ces com- de juge; tu les consulteras, et ils te feront connaître la sentence. "Tu te conformeras à ce qu'ils te diront dans le lieu que choisira l'Eternel, et tu au- ras soin d'agir d'après tout ce qu'ils t'enseigneront. "Tu te conformeras à la loi qu'ils t'enseigneront et à la sen- tence qu'ils auront prononcée ; tu ne te détourneras de ce qu'ils te diront ni à droite ni à gauche. '-L'homme qui, par orgueil, n'écoutera pas le prêtre placé là pour servir l'Eternel, ton Dieu, ou qui n'écoutera pas le juge, cet homme sera puni de mort. Tu ôteras ainsi le mal du milieu d'Israël, '^afin que tout le peuple entende et craigne, et qu'il ne se livre plus à l'orgueil. '•^ Lorsque tu seras entré dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne, lorsque tu le posséderas, que tu y au- ras établi ta demeure, etc|ue tu diras : Je veux mettre un roi sur moi, comme toutes les nations cpii m'entourent, — '^tu mettras sur toi un roi que choisira mandements ni à droite ni à gauche; afin qu'il prolonge ses jours dans son rovaume, lui et ses enfants, au milieu d'Israël. Les droits des prêtres et des Lévites. Chap. XVIII. ' Les prêtres, les Lé- vites, la tribu entière de Lévi, n'auront ni part ni héritage avec Israël ; ils se nourriront des sacrifices consumés par le feu en l'honneur de l'Eternel et de l'héritage de l'Eternel. '^Ils n'au- ront point d'héritage au milieu de leurs frères : l'Éternel sera leur héri- tage, comme il le leur a dit. ^ Voici quel sera le di'oit des prêtres sur le peuple, sur ceux c[ui offriront un sacrifice, un bœuf ou un agneau : on donnera au |)rêtre l'épaule, les mâchoires et l'es- tomac. 'Tu lui donneras les prémices de ton blé, de ton moût et de ton huile, et les prémices de la toison de tes brebis ; ^car c'est lui que l'Eternel, ton Dieu, a choisi entre toutes les tri- l'Éternel, ton Dieu, tu prendras un roi bus, pour qu'il fasse le service au nom du milieu de tes frères, tu ne pourras pas te ilonner un étranger qui ne soit pas ton frère. '^Mais, qu'il n'ait pas un grand nombre de chevaux, et qu'il ne ramène pas le peuple en Egypte pour de l'Eternel, lui et ses fils, à toujours. ^Lorsque le Lévite quittera l'une de tes portes, le lieu quelconque où il demeure en Israël, pour se rendre, selon la plénitude de son désir, au avoir beaucoup de chevaux ; car l'Eter- lieu que choisira l'Éternel, ^et qu'il fera le service au nom de l'Éternel, ton Dieu, comme tous ses frères les Lévites qui se tiennent là devant l'E- nel vous a dit : Vous ne retournerez plus par ce chemin-là. "Qu'il n'ait pas un grand nombre de femmes, afin que son cœur ne se détourne point ; et qu'il ne fasse pas de grands amas d'argent et d'or.'* Quand il s'assiéra sur le trône de son royaume, il écrira pour lui, dans ternel, ''il recevra jjour sa nourriture une portion égale à la leur, et jouira, en outre, des revenus de la vente de son patrimoine. 220 DEUTERONOME. Chap 18, 0- 19, 7. La dii'ination et la magie. — Les prophètes. ^Lorsque tu seras entré dans le pays connaîtrons-nous la parole que l'Eter- que l'Eternel, ton Dieu, te donne, tu nel n'aura jioint dite ? --Quand ce que n'apprendras point à imiter les abo- dira le prophète n'aura pas lieu et minations de ces nations-là. '"Qu'on n'arrivera pas, ce sera une parole que ne trouve chez toi personne qui fasse l'Eternel n'aura point dite. C'est par audace que le pr()])liète l'aura dite ; n'aie pas peur de lui. jiasser son fds ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de de- viji, d'astrologue, d'augure, de magi- cien, "d'enchanteur, personne qui consulte ceux c|ui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne cpii interroge les morts. '-Car quicon- ([ue fait ces choses est en abomination à l'Éternel ; et c'est à cause de ces abominations que l'Eternel, ton Dieu, va chasser ces nations devant toi. '-'Tu seras entièrement à l'Eternel, ton Dieu. '*Car ces nations que tu chasse- ras écoutent les astrologues et les de- A'ins; mais à toi, l'Eternel, ton Dieu, ne le permet pas. Les l'il/es de refuge. — • Le déplacement des bornes. ■ — Les faux témoins. Chap. XIX. 'Lorsque l'Eternel, ton Dieu, aura exterminé les nations dont l'Eternel, ton Dieu, te donne le pays, lorsque tu les auras chassées et que tu habiteras dans leurs villes et dans leurs maisons, -tu sépareras trois villes au milieu du pays dont l'Éter- nel, ton Dieu, te donne la possession. 'Tu établiras des routes, et tu divise- ras en trois parties le territoire du '^L'Eternel, ton Dieu, te suscitera pays que l'Eternel, ton Dieu, \a te du milieu de toi, d'entre tes frères, un donner en héritage. Il en sera ainsi ]:)rophète comme moi : vous l'écoute- afin que tout meurtrier puisse s'enfuir rez ! 'Ml répondra ainsi à la demande dans ces villes. ^Cette loi s'appliquera cpie tu fis à l'Eternel, ton Dieu, à Ho- au meurtrier qui s'enfuira là pour reb, le jour de l'assemblée, quand tu sauver sa vie, lorsqu'il aura involon- disais : Que je n'entende plus la voix tairement tué son prochain, sans avoir de l'Eternel, mon Dieu, et que je ne été auparavant son ennemi. ^Un hom- voie j)lus ce grand feu, afin de ne pas me, par exemple, va couper du bois mourir. '^L'Eternel me dit : Ce qu'ils dans la forêt avec un autre homme; la ont dit est bien. "*Je leur susciterai hache en main, il s'élance pour abat- du milieu de leurs frères un prophète tre un arbre; le fer échappe du man- comme toi; je mettrai mes jjaroles che, atteint le compagnon de cet hom- dans sa bouche, et il leur dira tout ce me, et lui donne la mort. Alors il que je lui commanderai. '''Et si cjuel- s'enfuira dans l'une de ces villes pour qu'un n'écoute pas mes paroles qu'il sauver sa vie, ^de peur que le vengeur dira en mon nom, c'est moi qui lui en du sang, échauffé par la colère et demanderai comj^te. -"Mais le pro- poursuivant le meurtrier, ne finisse pliètc qui aura l'audace de dire en mon par l'atteindre s'il y avait à faire beau- nom une parole que je ne lui aurai coup de chemin, et ne frappe nu)rtel- point commandé de dire, ou qui par- lement celui qui ne mérite pas la mort, lera au nom d'autres dieux, ce pro- puisqu'il n'était point auparavant l'en- phète-là sera puni de mort. -'Peut- nemi de son prochain. "C'est pourquoi être diras-tu dans ton cœur : Comment je te donne cet ordre : Tu sépareras 221 Chap. 10,8-20,8. DEUTERONOME. trois villes. ^Lorsque rÉternel, ton Dieu, aura élargi tes frontières, comme il l'a juré à tes pères, et qu'il t'aura donné tout le pays qu'il a promis à tes pères de te donner, — 'pourvu que tu observes et mettes en pratique tous ces commandements que je te prescris aujourd'hui, en sorte que tu aimes l'Eternel, ton Dieu, et que tu marches toujours dans ses voies, — tu ajoute- ras encore trois villes à ces trois-là, '"afin que le sang innocent ne soit pas répandu au milieu du pays que l'Eter- ainsi le mal du milieu de toi. -"Les au- tres entendront et craindront, et l'on ne commettra plus un acte aussi cri- minel au milieu de toi. -'Tu ne jetteras aucun regard de pitié : œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied. Les e.remptions du scn'icc militaire. Le siège des cilles. Cliap. XX. 'Lorsque tu iras à. la guerre contre tes ennemis, et que tu verras des chevaux et des chars, et un nel, ton Dieu, te donne pour héritage, peuple plus nombreux que toi, tu ne et que tu ne sois pas coupable de les craindras point ; car l'Eternel, ton meurtre. "Mais si un homme s'enfuit dans une de ces villes, ajirès avoir dressé des embûches à son prochain par ini- mitié contre lui, après l'avoir attaqué et frappé de manière à causer sa mort, '-les anciens de sa ville l'enverront saisir et le livreront entre les mains du vengeur du sang, afin qu'il meure. '^Tu ne jetteras pas sur lui vin regard de pitié, tu feras disparaître d'Israël le sang innocent, et tu seras heureux. **Tu ne reculeras point les bornes de ton prochain, posées par tes an- cêtres, dans l'héritage que tu auras Dieu, qui t'a fait monter du pays d'E- gypte, est avec toi. ^A l'approche du combat, le prêtre s'avancera, et parlera au peuple. ^11 leur dira : Ecoute, Israël ! Vous allez aujourd'hui livrer bataille à vos enne- mis. Que votre cœur ne se trouble point; soyez sans crainte, ne vous effrayez pas, ne vous épouvantez pas devant eux. ^Car l'Eternel, votre Dieu, marche avec vous , pour combattre vos ennemis, pour vous sauver. ^Les officiers parleront ensuite au peuple, et diront: Qui est-ce qui a bâti une maison neuve, et ne s'y est au pays dont l'Éternel, ton Dieu, te point encore établi ? Qu'il s'en aille et donne la possession. '^Un seul témoin ne suffira pas con- tre un homme pour constater un crime ou un péché, quel qu'il soit; un fait ne pourra s'établir que sur la déposi- tion de deux ou de trois témoins. '^Lorsqu'un faux témoin s'élèvera contre quelqu'un pour l'accuser d'un crime, '"les deux hommes en contes- tation comparaîtront devant l'Éternel, devant les prêtres et les juges alors en fonctions. '*Les juges feront avec soin des recherches. Le témoin est-il un faux témoin, a-t-il fait contre son frère une fausse déposition, '"alors vous le traiterez comme il avait des- sein de traiter son frère. Tu ôteras retourne chez lui, de peur qu'il ne meure dans la bataille et qu'un autre ne s'y établisse. ^Qui est-ce qui a planté une vigne, et n'en a point en- core joui ? Qu'il s'en aille et retourne chez lui, de peur qu'il ne meure dans la bataille et qu'un autre n'en jouisse. 'Qui est-ce qui a fiancé une femme, et ne l'a point encore prise? Qu'il s'en aille et retourne chez lui, de peur qu'il ne meure dans la bataille et qu'un autre ne la prenne. *Les offi- ciers continueront à parler au peuple, et diront : Qui est-ce qui a peur et manque de courage? Qu'il s'en aille et retourne chez lui, afin que ses frè- res ne se découragent pas comme lui. 222 HEUTERONOME. Chap. 20,0-21,11. "Ouand les officiers auront achevé de parler au peuple, ils placeront les chefs des troupes à la tête du peuple. '"Quand fu t'a|)procheras d'une ville pour ratta([uer, tu lui olî'riras la paix. " Si elle accepte la jjaix et t'ouvre ses portes, tout le peuple qui s'y trouvera te sera tributaire et asservi. '-Si elle n'accepte pas la paix avec toi et qu'elle veuille te faire la guerre, alors tu l'as- siégeras. '^Et après que l'Eternel, ton Dieu, l'aura livrée entre tes mains, tu en feras passer tous les mâles au iil de l'épée. '*Mais tu jirendras pour toi les femmes, les enfants, le bétail, tout ce cjui sera dans la ville, tout son butin, et tu mangeras les dépouilles de tes ennemis que l'Éternel, ton Dieu, t'aura livrés. '^G'est ainsi que tu agiras à l'é- gard de toutes les villes qui sont très éloignées de toi, et ([ui ne font point partie des villes de ces nations-ci. '"Mais dans les villes de ces peuples dont l'Eternel, ton Dieu, te donne le pays pour héritage, tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire. ''Car tu dévoueras ces peuples par interdit, les Héthiens, les Amoréens, les Cana- néens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens, comme l'Eternel, ton Dieu, te l'a ordonné, '*afin qu'ils ne vous aprennent pas à imiter toutes les abominations qu'ils font pour leurs dieux, et que vous ne péchiez point contre l'Eternel, votre Dieu. '''Si tu fais un long siège pour l'em- parer d'une ville avec laquelle tu es en guerre, tu ne détruiras point les arbres en y portant la hache, tu l'en nourriras et tu ne les abattras point; car l'arbre des champs est-il un hom- me pour être assiégé par toi? -"Mais tu pourras détruire et abattre les ar- bres que tu sauras ne pas être des arbres servant à la nourriture, et en construire des relranchenients contre Les meurtres dont les auteurs sont inconnus. — Les prisonnières de guerre. — Les droits des premiers-nés. — Les enfants rebelles. — Les cada^•res des pendus. Chop. XXI. 'Si, dans le pays dont l'Eternel, ton Dieu, te donne la pos- session, l'on trouve étendu au milieu d'un champ un homme tué, sans que Ion sache qui Ta frappé, 'tes anciens et tes juges iront mesurer les distances à partir du cadavre jusqu'aux villes des environs. -'Ouand on aura déter- miné la ville la ])lus rapprochée du cadavre, les anciens de cette ville prendront une génisse qui n'ait point servi au travail et qui n'ait point tiré au joug. ■'Ils feront descendre celte génisse vers un torrent qui jamais ne tarisse et où il n'y ait ni culture ni se- mence ; et là, ils briseront la nuque à la génisse, dans le torrent. ^Alors s'approcheront les prêtres, fils de Lévi ; car l'Eternel, ton Dieu, les a choisis pour qu'ils le servent et qu'ils bénissent au nom de l'Elernel, et ce sont eux qui doivent prononcer sur toute contestation et sur toute bles- sure. *Tous les anciens de cette ville la plus rapprochée du cadavre lave- ront leurs mains sur la génisse à la- quelle on a brisé la nuque dans le tor- rent. "Et prenant la parole, ils diront : Nos mains n'ont point répandu ce sang, et nos yeux ne l'ont point vu répandre. ^Pardonne, ô Eternel ! à ton peuple d'Israël, que tu as racheté; n'impute pas le sang innocent à ton peuple d'Israël, et ce sang ne lui sera point imputé. ''Ainsi, tu dois faire dis- paraître du milieu de toi le sang inno- cent, en faisant ce qui est droit aux yeux de rÉternel. '"Lorsque tu iras à la guerre contre tes ennemis, si l'Éternel les livre en- tre tes mains et (pie tu leur fasses des prisonniers, "peut-être verras-tu par la ville qui te fait la guerre, jusqu'à ce mi les captives une femme belle de qu'elle succombe. figure, et auras-tu le désir de la pren- 223 Chnp. 21,1-^-22,9. DEUTERONOME. dre pour femme. '-Alors tu l'amèneras dans l'intérieur de ta maison. Elle se rasera la tête et se fera les ongles, '^elle quittera les vêtements qu'elle por- tait quand elle a été prise, elle demeu- rera dans ta maison, et elle pleurera son père et sa mère pendant un mois. Après cela, tu iras vers elle, tu l'auras en ta possession, et elle sera ta femme. "Si elle cesse de te plaire, tu la lais- seras aller où elle voudra, tu ne pour- ras pas la vendre pour de l'argent ni la traiter comme esclave, parce que tu l'auras humiliée. '^Si un homme, qui a deux femmes, aime l'une et n'aime jias l'autre, et s'il en a des fds dont le premier-né soit de la femme qu'il n'aime pas, '^il ne pourra point, quand il partagera son bien entre ses fils, reconnaître comme premier-né le fils de celle qu'il aime, à la place du fils de celle qu'il n'aime pas, et qui est le premier-né. ''Mais il reconnaîtra jiour premier-né le fils de celle qu'il n'aime pas, et lui donnera sur son bien une portion dou- ble; car ce fils est les prémices de sa vigueur, le droit d'aînesse lui appar- tient. "*Si un homme a un fils indocile et rebelle, n'écoutant ni la voix de son père, ni la voix de sa mère, et ne leur obéissant pas même après qu'ils l'ont châtié, "ie père et la mère le pren- dront, et le mèneront vers les anciens de sa ville et h la porte du lieu qu'il habite. -"Ils diront aux anciens de sa AÙlle : Voici notre fils qui est indocile et rebelle, qui n'écoute pas notre voix, les petits, tu laisseras aller la mère et le bois; mais tu l'enterreras le jour même, car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu, et tu ne souilleras point le pays que l'Eternel , ton Dieu , te donne pour héritage. Les animaux et les objets égarés. — Les tra- vestissements. — Les nids doiseaii. — Les maisons neuves. — Le mélange dans tes se- mences et dans les tissus. Chap. XXII. ' Si tu vois s'égarer le bœuf ou la bi'ebis de ton frère, tu ne t'en détourneras point, tu les ramène- ras à ton frère. -Si ton frère n'habite pas près de toi, et que tu ne le con- naisses pas, tu recueilleras l'animal dans ta maison, et il restera chez toi jusqu'à ce que ton frère le réclame; et alors tu le lui rendras. ^Tu feras de même pour son âne, tu feras de même pour son vêtement, tu feras de même pour tout objet qu'il aurait perdu et que tu trouverais; tu ne devras point t'en détourner. 'Si tu vois l'ànede ton frère ou son bœuf tombé dans le che- min, tu ne t'en détourneras point, tu l'aideras à le relever. ^Une femme ne portera point un ha- billement d'homme, et un homme ne mettra point des vêtements de femme ; car quiconque fait ces choses est en abomination à l'Eternel, ton Dieu. * Si tu rencontres dans ton chemin un nid d'oiseau, sur un arbre ou sur la terre, avec des petits ou des œufs et la mère couchée sur les petits ou sur les œufs, "tu ne prendras pas la mère et et qui se livre à des excès et à l'ivro- gnerie. '-'Et tous les hommes de sa ville le lapideront, et il mourra. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi, afin que tout Israël entende et craigne. ^"Si l'on fait mourir un homme qui a commis un crime digne de mort, et que tu l'aies pendu à un bois, -^son cadavre ne passera point la nuit sur tu ne prendras que les petits, afin que tu sois heureux et que tu prolonges tes jours. ^Si tu bâtis une maison neuve, tu fe- ras une balustrade autour de ton toit, afin de ne pas mettre du sang sur ta maison, dans le cas où il en tomberait quelqu'un. ^Tu ne sèmeras point dans ta vigne 224 DEUTERONOME. Chap.22.io-23.'i. diverses semences, de peur que tu ne avec une femme mariée, ils mourront jouisses ni du jiroduit de ce que tu au- tous deux, l'homme qui a couché avec ras semé ni du produit de la vigne. la femme, et la femme aussi. Tu ôteras '"Tu" ne laboureras point avec un ainsi le mal du milieu d'Israël, bœuf et un àne attelés ensemble. -'Si une jeune fdlc vierge est fiancée, "Tu ne porteras point un vêtement et qu'un homme la rencontre dans la tissu de diverses espèces de fils, de ville et couche avec elle, "vous les laine et de lin réunis ensemble. amènerez tous deux à la porte de la '-Tu mettras des franges aux quatre ville, vous les lapiderez, et ils mour- coins du vêtement dont tu te couvriras, ront, la jeune fille pour n'avoir pas crié dans la ville, et l'homme pour avoir '^Si un homme, qui a pris une femme déshonoré la femme de son prochain, et est allé vers elle, éprouve ensuite de Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi. l'aversion pour sa personne, '''s'il lui -^Mais si c'est dans les champs que cet impute des choses criminelles et porte homme rencontre la jeune femme fian- atteinte à sa réputation, en disant : J'ai cée, lui fait violence et couche avec })ris cette femme, je me suis approché elle, l'homme qui aura couché avec elle d'elle, et je ne l'ai pas trouvée vierge, sera seul puni de mort. **Tu ne feras — - '^alors le père et la mère de la jeune rien à la jeune fille ; elle n'est pas cou- femme prendront les signes de sa vir- pable d'un crime digne de mort, car il ginité et les produiront devant les an- en est de ce cas comme de celui où un ciens de la ville, à la porte. '*Le père homme se jette sur son prochain et de la jeune femme dira aux anciens : lui ôte la vie. "La jeune fille fiancée, J'ai donné ma fille pour femme à cet que cet homme a rencontrée dans les homme, et il l'a prise en aversion ; '"il champs, a pu crier sans qu'il y ait eu lui impute des choses criminelles, en personne pour la secourir, disant : Je n'ai pas trouvé tafîllevierge. "*Si un homme rencontre une jeune Or voici les signes de vii-ginité de ma fille vierge non fiancée, lui fait violence fille. Et ils déploieront son vêtement et couche avec elle, et qu'on vienne à devant les anciens de la ville. '^Les lessurprendre,^4'hommequiaura cou- anciens de la ville saisiront alors cet ché avec elle donnera au père de la hommeetlechàtieront;"'et, parcequ'il jeune fille cinquante sicles d'argent; a porté atteinte à la réputation d'une et, parce qu'il l'a déshonorée, il la vierge d'Israël, ils le condamneront à prendra pour femme, et il ne pourra une amende de cent sicles d'argent, pas la renvoyer, tant qu'il vivra, qu'ils donneront au père de la jeune '"Nul ne prendra la femme de son femme. Elle restera sa femme, et il ne père, et ne soulèvera la couverture de pourra pas la renvoyer, tant qu'il vivra, son père. -"Mais si le fait est vrai, si la jeune femme ne s'est point trouvée vierge, -'on fera sortir la jeune femme à l'en- trée de la maison de son père ; elle sera lapidée par les gens de la ville, et elle mourra, parce qu'elle a commis une infamie en Israël, en se ]>rostituant cules ont été écrasés ou l'urètre coupé dans la maison de son père. Tu ôteras n'entrera point dans l'assemblée de ainsi le mal du milieu de toi. l'Éternel. -Celui qui est issu d'une *^Si l'on trouve un homme couché union illicite n'entrera pointdans l'as- Les personnes qui de^'aient être exclues de l'as- semblée. — La pureté dans les camps. — Les esclaves fugitifs. — Les dons proi'cnant de l'impureté. — Les prêts à intérêt. — Les vœujc. — Les raisins et les épis. Chap. XXIII. ' Celui dont les testi- 225 15 Chap.2S,3-2i,i. DEUTERONOME. semblée de rÉternel; même sa dixiè- me génération n'entrera point dans l'as- semblée de l'Eternel. ^L'Ammonite et le Moabite n'entreront point dans l'as- semblée de l'Eternel, même à ladixième génération et à perpétuité, ''parce qu'ils ne sont pas venus au-devant de vous avec du pain et de l'eau, sur le chemin, lors de votre sortie d'Egypte, et parce qu'ils ont fait venir contre toi à prix d'argent Balaam, fds de Beor, de Pe- thor en Mésopotamie, pour qu'il te maudisse. ^Mais l'Eternel, ton Dieu, n'a point voulu écouter Balaam ; et l'E- ternel, ton Dieu, a changé pour toi la malédiction en bénédiction, parce que tu es aimé de l'Eternel, ton Dieu. *Tu n'auras souci ni de leur prospérité ni de leur bien-être, tant que tu vivras, à perpétuité. 'Tu n'auras point en abo- mination l'Edomite, car il est ton frère ; tu n'auras point en abomination l'E- gyptien, car tu as été étranger dans son pays : *les fds qui leur naîtront à la troisième génération entreront dans l'assemblée de l'Éternel. 'Lorsque tu camperas contre tes en- nemis, garde-toi de toute chose mau- vaise. '"S'il y a chez toi un homme qui ne soit pas pur, par suite d'un accident nocturne, il sortira du camp, et n'en- trera point dans le camp; "sur le soir il se lavera dans l'eau, et après le cou- cher du soleil il pourra rentrer au camp. '^Tu auras un lieu hors du camp, ■et c'est là dehors que tu iras. '^Tu au- ras parmi ton bagage un instrument, dont tu te serviras pour faire un creux et recouvrir tes excréments, quand tu voudras aller dehors. '"'Car l'Eternel, ton Dieu , marche au milieu de ton camp pour te protéger et pour livrer tes en- nemis devant toi ; ton camp devra donc être saint, afin que l'Eternel ne voie chez toi rien d'impur, et qu'il ne se détourne point de toi. '^Tu ne livreras point à son maître un esclave qui se réfugiera chez toi, après l'avoir quitté. ""Il demeurera chez toi, au milieu de toi, dans le lieu qu'il choisira, dans l'une de tes villes, où bon lui semblera : tu ne l'opprimeras point. " II n'y aura aucune prostituée parmi les filles d'Israël, et il n'y aura aucun prostitué parmi les fils d'Israël. '*Tu n'apporteras point dans la mai- son de l'Éternel, ton Dieu, le salaire d'une prostituée ni le prix d'un chien, pour l'accomplissement d'un vœu quel- conque ; car l'un et l'autre sont en abo- mination à l'Eternel, ton Dieu. '*Tu n'exigeras de ton frère aucun intérêt ni pour argent, ni pour vivres, ni pour rien de ce qui se prête à inté- rêt. ^''Tu pourras tirer un intérêt de l'é- tranger, mais tu n'en tireras point de ton frère, afin que l'Éternel, ton Dieu, te bénisse dans tout ce que tu entre- prendras au pays dont tu vas entrer en possession. -'Si tu fais un vœu à l'Éternel, ton Dieu, tu netarderas pointa l'accomplir; car l'Éternel, ton Dieu, t'en demande- rait compte, et tu te chargerais d'un péché. "Si tu t'abstiens de faire un vœu, tu ne commettras pas un péché. -•'Mais tu observeras et tu accompliras ce qui sortira de tes lèvres, par con- séquent les vœux que tu feras volon- tairement à l'Éternel, ton Dieu, et que ta bouche aura prononcés. -*Si tu entres dans la vigne de ton prochain, tu pourras à ton gré manger des raisins et t'en rassasier; mais tu n'en mettras point dans ton vase. '^^Si tu entres dans les blés de ton prochain, tu pourras cueillir des épis avec la main ; mais tu n'agiteras point la fau- cille sur les blés de ton prochain. Le diforce. — Le nouveau marié exempté du service militaire. — Les prêts sur gage. — Le vol d'un liomme. — Les lépreu.r. — Les mercenaires. — Les droits de l'étranger, de l'orplielin et de la veuve. Chap. A'AYT'. 'Lorsqu'un homme 226 DEUTÉRONOME. Chnp. U.-i-n. aura pris et épousé une femme qui quelconque, tu n'entreras point dans viendrait à ne pas trouver grâce à ses sa maison pour te saisir de son gage; veux, parce qu'il a découvert en elle "tu resteras dehors, et celui à qui tu quelque chose de honteux, il écrira fais le prêt t'apportera le gage dehors, pourelle une lettrededivorce, et, après '-Si cet homme est pauvre, tu ne te la lui avoir remise en main, il la ren- coucheras point, en retenant son gage; verra de sa maison. -Elle sortira de '•''tu le lui rendras au coucher du soleil, chez lui, s'en ira, et pourra devenir la afin qu'il couche dans son vêtement et femme d'un autre homme. "Si ce der- qu'il te bénisse; et cela te sera imputé nier homme la prend eji aversion, écrit à justice devant l'Eternel, ton Dieu, pourelle une lettrededivorce, et, après '''Tu n'ojiprimeras point le merce- la lui avoir remise en main, la renvoie naire, pauvreet indigent, qu'il soitl'un de sa maison; ou bien, si ce dernier de tes frères, ou l'un des étrangers de- homme qui l'a prise pour femme vient meurant dans ton pays, dans tes por- à mourir, *alors le premier mari qui tes. '^Tu lui donneras le salaire de sa l'avait renvoyée ne pourra pas la re- journée avant le coucher du soleil ; car prendre pour femme après qu'elle a été il est pauvre, et il lui tarde de le rece- souillée, car c'est une abomination de- voir. Sans cela, il crierait à l'Eternel vant l'Eternel, et tu ne chargeras point contre toi, et tu te chargerais d'un pé- de péché le pays que l'Eternel, ton ché. Dieu, te donne pour héritage. '*0n ne fera point mourir les pères ^Lorsqu'un homme sera nouvelle- pour les enfants, et l'on ne fera point ment marié, il n'ira pointa l'armée, et mourir les enfants pour les pères; on on ne lui imposera aucune charge ; il fera mourir chacun pour son péché, sera exempté par raison de famille pen- '"Tu ne porteras point atteinte au dant un an, et il réjouira la femme qu'il droit de l'étranger et de l'orphelin, et a prise. tu ne prendras point en gage le vête- *0n ne prendra point pour gage les ment de la veuve. '*Tu te souviendras deux meules, ni la meule de dessus"; que tu as été esclave en Egypte, etc[ue car ce serait prendre pour gage la vie l'Eternel, ton Dieu, t'a racheté; c'est même. pourquoi je te donne ces commande- 'Si l'on trouve un homme qui ait dé- ments à mettre en pratique, robe l'un de ses frères, l'un des enfants ''^Quand tu moissonneras tonchamp, d'Israël, qui en ait fait son esclave ou et que tu auras oublié une gerbe dans qui l'ait vendu, ce voleur sera puni de le champ, tu ne retourneras point la mort. Tu ôteras ainsi le mal du milieu prendre: elle sera pour l'étranger, pour de toi. l'orphelin et pour la veuve, afin c^ue ^Prends garde à la plaiede la lèpre, l'Éternel, tonDieu, te bénissedans tout afin de bien observer et de faire tout ce le travail de tes mains. -"Quand tu se- (juc vous enseigneront les prêtres, les coueras tes oliviers, tu ne cueilleras Lévites ; vous aurez soin d'agir d'après point ensuite les fruits restés aux bran- les ordres que je leur ai donnés. 'Sou- ches : ils seront pour l'étranger, pour viens-toi de ce que l'Eternel, ton Dieu, l'orphelin et pour la veuve. -'Quand tu fit à Marie pendant la route, lors de vo- vendangeras ta vigne, tu ne cueilleras tre sortie d'Egypte. point ensuite les grappes qui y seront '"Si tu fais à ton prochain un prêt restées : elles seront pour l'étranger, a. Les niciuliiis ù bras étaient formés de deux meules, celle de dessous fixe, celle de dessus mobile. On s'en servait journellement pour la préparation du pain. 227 Chap.^i^ri-W,'. DEUTERONOME. pour l'orphelin et pour la veuve. ^^Tu Ainsi sera fait à l'homme qui ne relève te souviendras que tu as été esclave pas la maison de son frère. '"Et sa mai- dans le pays d'Egypte ; c'est pourquoi son sera appelée en Israël la maison du je te donne ces commandements à met- déchaussé. tre en pratique. " Lorsque des hommes se querelle- ront ensemhle, l'un avec l'autre, si la Les querelles. — Le mariage entre beau-frère femme de l'un s'apprOche pOUr déli- er belle-sœur. — Les poids et les mesures. — ^,^^^ ^^^ ^^^^.-^ j^ j,^ ^^^^^ ^|g ^^j^j ^^j le frappe, si elle avance la main et sai- sit ce dernier par les parties honteuses, '"tu lui couperas la main, tu ne jetteras sur elle aucun regard de pitié. "'Tu n'auras point dans ton sac deux sortes de poids, un gros et un petit. La destruction des Amalécites. Chap. XXV. 'Lorsque des hom- mes, ayant entre eux une querelle, se présenteront en justice pour être jugés, on absoudra l'innocent, et l'on condam- nera le coupable. -Si le coupable mé- rite d'être battu, le juge le fera étendre '^Tu n'auras point dans ta maison deux parterre et frapper en sa présence d'un sortes d'épha, un grand et un petit, nombre de coups proportionné à la '^Tu auras un poids exact et juste, tu gravité de sa faute. 'Il ne lui fera pas auras un épha exact et juste, afin que donner plus de quarante coups, de peur tes jours se prolongent dans le pays que, si l'on continuait à le frapper en que l'Eternel, ton Dieu, te donne. "Car allant beaucoup au delà, ton frère ne quiconque fait ces choses, quiconque fût avili à tes yeux. commet une iniquité, est en abomina- *Tu n'emmuselleras point le bœuf, tion à l'Eternel, ton Dieu, quand il foulera le grain. '"Souviens-toi de ce que te fit Ama- ^Lorsquedes frères demeureront en- lek pendant la route, lors de votre sor- semble, et que l'un d'eux mourra sans tie d'Egypte, '^comment il te rencontra laisser de fils, la femme du défunt ne dans le chemin, et, sans aucune crainte se mariera point au dehors avec un de Dieu, tomba sur toi par derrière, étranger, mais son beau-frère ira vers sur tous ceux qui se traînaient les der- elle, la prendra pour femme, et l'épou- niers, pendant que tu étais las et épui- sera comme beau-frère". ^Le premier- se toi-même. '^Lorsque l'Eternel, ton né qu'elle enfantera succédera au frère Dieu, après t'avoir délivré de tous les mort et portera son nom, afin que ce ennemis qui t'entourent, t'accordera nom ne soit pas effacé d'Israël. 'Si cet du repos dans le pays que l'Eternel, homme ne veut pas prendre sa belle- ton Dieu, te donne en héritage et en sœur, elle montera à la porte vers les an- propriété, tu effaceras la mémoire ciens, et dira : Mon beau-frère refuse d'Amalek de dessous les cieux : ne de relever en Israël le nom de son frère, il ne veut pas m'épouser par droit de beau-frère. ^ Les anciens de la ville l'ap- pelleront, et lui parleront. S'il persiste, etdit : Je ne veux pas la prendre, ^alors l'oublie point. Les prémices. - Les dîmes de la troisième année. Chap. XXVI. 'Lorsque tu seras sa belle-sœur s'approchera de lui en entré dans le pays que l'Eternel, ton présence des anciens, lui ôtera son Dieu, te donne pour héritage, lorsque soulier du pied, et lui crachera au vi- tu le posséderas et y seras établi, -tu sage. Et prenant la parole, elle dira : prendras des prémices de tous les a. Voyez, Genèse 38, 8, une ancienne trace de celte coutume qui autorisait un Isiaélite à épouser la femme de son frère, mort sans laisser de fils. C'est ce qu'on a appelé le droit du lévirat. 228 DEUTERONOME. Chap. 26,3-w. fruits que tu retireras du sol dans le toute la dîme de tes produits, la troi- paysque l'Eternel, ton Dieu, te donne, sième année, l'année de la dîme, tu la tu les mettras dans une corbeille, et donneras au Lévite, à l'étranger, à tu iras au lieu que choisira l'Eternel, l'orphelin et à la veuve ; et ils mange- ton Dieu, pour y taire résider son nom. ront etse rassasieront, dans tes portes. 'Tu te présenteras au prêtre alors en "Tu diras devant l'Eternel, ton Dieu : fonctions, et tu lui diras : Je déclare J'ai ôté de ma maison ce qui est con- aujourd'hui à l'Eternel, ton Dieu, que sacré, et je l'ai donné au Lévite, à l'é- je suis entré dans le pays que l'Éter- tranger, à l'orphelin et à la veuve, nel a juré à nos pères de nous donner. selon tous les ordres que tu m'as pres- ^Le prêtre recevra la corbeille de ta crits;jen'ai transgressé ni oublié au- main, et la déposera devant l'autel de cun de tes commandements. '''Je n'ai rÉternel, ton Dieu. ^Tu prendras en- rien mangé de ces choses pendant mon core la parole, et tu diras devant l'É- deuil, je n'en ai rien fait disparaître ternel, ton Dieu : pour un usage impur, et je n'en ai rien Mon père était un Araméen nomade; donné à l'occasion d'un mort; j'ai obéi il descendit en Egypte avec peu de à la voix de l'Eternel, mon Dieu, j'ai gens, et il y fixa son séjour; là, il de- agi selon tous les ordres que tu m'as vint une nation grande, puissante et ])rescrits. '^Regarde de ta demeure nombreuse. ^Les Egyptiens nous mal- sainte, des cieux, et bénis ton peuple traitèrent et nous o])primèrent, et ils d'Israël etlepaysque tu nousasdonné, nous soumirent à une dure servitude, comme tu l'avais juré à nos pères, ce 'Nous criâmes à l'Eternel, le Dieu de pays où coulent le lait et le miel. nos pères. L'Eternel entendit notre voix, et il vit notre oppression, nos peines et nos misères. '*Et l'Eternel '^Aujourd'hui, l'Eternel, ton Dieu, te commande de mettre en pratique ces lois et ces ordonnances ; tu les ob- nous fit sortir d'Egypte, à main forte serveras et tu les mettras en pratique et à bras étendu, avec des prodiges de de tout ton cœur et de toute ton âme. terreur, avec des signes et des mira- '^Aujourd'hui, tu as fait promettre à clés. "11 nous a conduits dans ce lieu, l'Eternel cju'il sera ton Dieu, afin que et il nous a donné ce pays, pays où tu marches dans ses voies, que iu ob- coulent le lait et le miel. '"Mainte- serves ses lois, ses commandements nant voici, j'apporte les prémices des et ses ordonnances, et que tu obéisses fruits du sol que tu m'as donné, ô à sa voix. '**Et aujourd'hui, l'Eternel Éternel! t'a fait promettre que tu seras un peu- Tu les déposeras devant l'Éternel, ])le qui lui appartiendra, comme il te ton Dieu, et tu te prosterneras devant l'a dit, et que tu observeras tous ses l'Éternel, ton Dieu. "Puis tu te réjoui- commandements, ''■'afin qu'il te donne ras, avec le Lévite et avec l'étranger sur toutes les nations qu'il a créées la qui sera au milieu de toi, pour tous les supériorité en gloire, en renom et en biens que l'Éternel, ton Dieu, t'a don- magnificence, et afin que tu sois un nés, à toi et à ta maison. peuple saint pour l'Éternel, ton Dieu, '^Lorsque tu auras achevé de lever comme il te l'a dit. 229 DEUTEHONOME. BENEDICTIONS ET MALEDICTIONS [Chnp. 27-30.) Ordre de dresser un monument de pierres après le passage du Jourdain, et d'y graver les paroles de la loi. — Bénédictions à prononcer sur le mont Garizim, et malédictions à prononcer sur le mont Ebal. Chap. XXVII. Moïse et les l'Éternel, ton Dieu, et tu mettras en anciens d'Israël donnèrent cet ordre pratique ses commandements et ses au peuple : Observez tous les com- lois que je te prescris aujourd'hui, mandements que je vous prescris au- "Le même jour, Moïse donna cet jourd'hui. ordre au peuple : '-Lorsque vous aurez ^Lorsque vous aurez passé le Jour- passé le Jourdain, Siméon, Lévi, Juda, dain, pour entrer dans le pays que Issacar, Joseph et Benjamin, se tien- l'Éternel, ton Dieu, te donne, tu dres- dront sur le mont Garizim, pour bénir seras de grandes pierres, et tu les en- le peuple ; "et Ruben, Gad, Aser, Za- duiras de chaux. ^Tu écriras sur ces bulon. Dan et Nephthali, se tiendront pierres toutes les paroles de cette loi, sur le mont Ebal, pour prononcer la lorsque tu auras passé le Jourdain, malédiction. ''Et les Lévites jjrendront pour entrer dans le pays que l'Eternel, la parole, et diront d'une voix haute à ton Dieu, te donne, pays où coulent le tout Israël : lait et le miel, comme te l'a dit l'Eter- '^Maudit soit l'homme cjui fait une nel, le Dieu de tes pères. ^Lorsque vous image taillée ou une image en fonte, aurez passé le Jourdain, vous dresse- abomination de l'Eternel, œuvre des rez sur le mont Ebal ces pierres que mains d'un artisan, et qui la place dans je vous ordonne aujourd'hui de dres- un lieu secret ! — Et tout le peuple ser, et tu les enduiras de chaux. ^Là, répondra, et dira : Amen ! tubàtirasunautelàl'Eternel, tonDieu, '^Maudit soit celui qui méprise son un autel de pierres, sur lesquelles tu père et sa mère ! — Et tout le peuple ne porteras point le fer; ''tu bâtiras en dira : Amen ! pierres brutes l'autel de l'Eternel, ton '"Maudit soit celui qui déplace les Dieu. Tu offriras sur cet autel des ho- bornes de son prochain ! — Et tout le locaustes à l'Eternel, ton Dieu; 'tu peuple dira : Amen ! offriras des sacrifices d'actions de '^Maudit soit celui qui fait égarer un grâces, et tu mangeras là et te réjoui- aveugle dans le chemin ! — Et tout le ras devant l'Éternel, ton Dieu. '^Tu peuple dira : Amen ! écriras sur ces pierres toutes les pa- '^Maudit soit celui qui porte atteinte rôles de cette loi, en les gravant bien au droit de l'étranger, de l'orphelin et nettement. de la veuve ! — Et tout le peuple dira : 'Moïse et les prêtres, les Lévites, Amen! parlèrent à tout Israël, et dirent : Is- -"Maudit soit celui qui couche avec raël, sois attentif et écoute ! Aujour- la femme de son père, car il soulève d'hui, tu es devenu le peuple de l'Eter- la couverture de son père ! — Et tout nel, ton Dieu. '"Tu obéiras â la voix de le peuple dira : Amen ! 230 DEUTERONOME. Chap. 27,n-28,i9. *' Maudit soit celui nui couche avec une bête q qui ueico nq ue Et tout le peuple dira : Amen ! -'Maudit soit celui qui couche avec sa sœur, fille de son ]Dère ou fille de sa mère ! — Et tout le peuple dira : Amen ! *^ Maudit soit celui qui couche avec sa belle-mère! — Et tout le peuple dira : Amen ! ^^ Maudit soit celui cpii frappe son prochain en secret ! — Et tout le peu- ple dira : Amen ! -^Maudit soit celui qui reçoit un présent pour répandre le sang de l'in- nocent ! — Et tout le peuple dira : Amen ! -^Maudit soit celui qui n'accomplit point les paroles de cette loi, et qui ne les met point en pratique ! — Et tout le peuple. dira : Amen I Les bénédictions. Les malédictions. 'Si tu obéis à la C/iap. XXVIII voix de l'Eternel, ton Dieu, en obser- vant et en mettant en praticpie tous ses commandements que je te prescris au- jourd'hui, l'Eternel, ton Dieu, te don- nera la supériorité sur toutes les na- tions de la terre. -Voici toutes les bénédictions qui se répandront sur toi et qui seront ton partage, lorsque tu obéiras à la voix de l'Eternel, ton Dieu : ^Tu seras béni dans la ville, et tu seras béni dans les champs. ■'Le fruit de tes entrailles, le fruit de ton sol, le fruit de tes troupeaux, les portées de ton gros et de ton menu bétail, toutes ces choses seront bénies. n"'a corbeille et ta huche seront bénies. *Tu seras béni à ton arrivée, et tu seras béni à ton départ. "L'Eternel te donnera la victoire sur tes ennemis qui s'élèveront contre toi ; ils sortiront contre toi par un seul chemin, et ils s'enfuiront devant toi par sept che- mins. 'L'Eternel ordonnera à la bénédic- tion d'être avec toi dans tes greniers et dans toutes tes entreprises. Il te bénira dans le pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne. ''Tu seras pour l'Eternel un peuple saint, comme il te l'a juré, lorsque tu observeras les commandements de l'E- ternel, ton Dieu, et que tu marcheras dans ses voies. '"Tous les peuples ver- ront que tu es appelé du nom de l'Eter- nel, et ils te craindront. "L'Eternel te comblera de biens, en multipliant le fruit de tes entrailles, le fruit de tes troupeaux et le fruit de ton sol, dans le pays que l'Eternel a juré à tes pères de te donner. ''L'Eter- nel t'ouvrira son bon trésor, le ciel, pour envoyer à ton pays la pluie en son temps et pour bénir tout le travail de tes mains ; tu ])rèteras à beaucoup de nations, et tu n'emprunteras point. '^L'Éternel fera de toi la tète et non la queue, tu seras toujours en haut et tu ne seras jamais en bas, lorsque tu obéi- ras aux commandements de l'Éternel, ton Dieu, que je te prescris aujour- d'hui, lorscpie tu les observeras et les mettras en pratique, '■'et c[ue tu ne te détourneras ni à droite ni à gauche de tous les commandements que je vous donne aujourd'hui, pour aller après d'autres dieux et pour les servir. '^Mais si tu n'obéis point à la voix de l'Eternel, ton Dieu, si tu n'observes ]ias et ne mets jias en pratique tous ses commandements et toutes ses lois que je te prescris aujourd'hui, voici toutes les malédictions qui viendront sur toi et cpii seront ton partage : '*Tu seras maudit dans la ville, et tu seras maudit dans les champs. ''Ta corbeille et ta huche seront maudites. '*Le fruit de tes entrailles, le fruit de ton sol, les portées de ton gros et de ton menu bétail, toutes ces choses se- ront maudites. "*Tu seras maudit à ton arrivée, et tu seras maudit à ton départ. 231 Chap. 28, w-i5. DEUTERONOME. ^''L'Eternel enverra contre toi la ma- lédiction, le trouble et la menace, au milieu de toutes les entreprises que tu feras, jusqu'à ce que tu sois détruit, jusqu'à ce que tu périsses prompte- ment, à cause de la méchanceté de tes actions, qui t'aura porté à m'abandon- ner. *' L'Eternel attachera à toi la peste, jusqu'à ce qu'elle te consume dans le pays dont tu vas entrer en possession. "L'Eternel te frappera de consomp- tion, de fièvre, d'inflammation, de cha- leur brûlante, de dessèchement, de jaunisse et de gangrène, qui te pour- suivront jusc[u'à ce que tu périsses. ^^Le ciel sur ta tète sera d'airain, et la terre sous toi sera de fer. ^* L'Eternel enverra pour pluie à ton pays de la poussière et de la poudre ; il en des- cendra du ciel sur toi jusqu'à ce que tu sois détruit. ^^L'Eternel te fera battre par tes en- nemis ; tu sortiras contre eux par un seul chemin, et tu t'enfuiras devant eux par sept chemins; et tu seras un objet d'effroi j)our tous les royaumes de la terre. -^Ton cadavre sera la pâ- ture de tous les oiseaux du ciel et des bêtes de la terre ; et il n'y aura per- sonne pour les troubler. *' L'Eternel te frappera de l'ulcère d'Egypte, d'hé- morrhoïdcs, de gale et de teigne, dont tu ne pourras guérir. -^L'Eternel te frappera de délire, d'aveuglement, d'é- garement d'esprit, ^^et tu tâtonneras en plein midi comme l'aveugle dans l'obscurité; tu n'auras point de succès dans tes entreprises, et tu seras tous les jours opprimé, dépouillé, et il n')' aura personne pour venir à ton se- cours. ^"Tu auras une fiancée, et un autre homme couchera avec elle ; tu bâtiras une maison, et tu ne l'habiteras pas ; tu planteras une vigne, et tu n'en jouiras pas. ^'Ton bœuf sera égorgé sous tes yeux, et tu n'en mangeras pas ; ton âne sera enlevé devant toi, et on ne te le rendra pas ; tes brebis seront don- nées à tes ennemis, et il n'y aura per- sonne pour venir à ton secours. *-Tes fils et tes filles seront livrés à un autre peuple ; tes veux le verront et langui- ront tout le jour après eux, et ta main sera sans force. ^^Un peuple que tu n'auras point connu mangera le fruit de ton sol et tout le produit de ton tra- vail, et tu seras tous les jours opprimé et écrasé. ^''Le spectacle que tu auras sous les yeux te jettera dans le délire. ^^ L'Eternel te frappera aux genoux et aux cuisses d'un ulcère malin dont tu ne pourras guérir, il te frappera depuis la plante du pied jusqu'au sommet de la tète. ^^L'Eternel te fera marcher, toi et ton roi que tu auras établi sur toi, vers une nation que tu n'auras point connue, ni toi ni tes pères. ^'Et là, tu serviras d'autres dieux, du bois et de la pierre. Et tu seras un sujet d'éton- nement, de sarcasme et de raillerie, parmi tous les peuples chez qui l'Eter- nel te mènera. ^*Tu transporteras sur ton champ beaucoup de semence ; et tu feras une faible récolte, car les sauterelles la dévoreront. ^^Tu planteras des vignes et tu les cultiveras ; et tu ne boiras pas de vin et tu ne feras pas de récolte, car les vers la mangeront. ''"Tu auras des oliviers dans toute l'étendue de ton pays ; et tu ne t'oindras pas d'huile, car tes olives tomberont. ""Tu engen- dreras des fils et des filles ; et ils ne seront pas à toi, car ils iront en capti- vité. ■'-Les insectes prendront posses- sion de tous tes arbres et du fruit de ton sol. '"L'étranger qui sera au milieu de toi s'élèvera toujours plus au-dessus de toi, et toi, tu descendras toujours plus bas; ^*il te prêtera, et tu ne lui prêteras pas ; il sera la tête, et tu seras la queue. ''^Toutes ces malédictions viendront sur toi, elles te poursuivront et seront ton jiartage jusqu'à ce que tu sois dé- truit, parce que tu n'auras pas obéi à 232 DEUTERONOME. Chap. 28, 'jo-ct. la voix de l'Éternel, ton Dieu, parce toutes tes portes. ^"La femme d'entre que tu n'auras pas observé ses com- vous la plus délicate et la plus habituée mandements et ses lois qu'il te près- à la mollesse, qui par mollesse et par crit. ■'^Elles seront à jamais pour toi et délicatesse n'essayait pas de poser à pour tes descendants comme des si- terre la plante de son pied, aura un œil gnes et des prodiges. sans pitié pour le mari qui repose sur ■"Pour n'avoir pas, au milieu de l'a- son sein, pour son fds et pour sa fdle ; bondance de toutes choses, servi l'E- ^'ellene leur donnera rien de l'arrière- ternel, ton Dieu, avec joie et de bon faix sorti d'entre ses pieds et des en- cœur, *Huserviras, au milieudelafaim, fants qu'elle mettra au monde, car, de la soif, de la nudité et de la disette manquant de tout, elle en fera secrète- de toutes choses, tes ennemis que l'E- ment sa nourriture au milieu de l'an- ternel enverra contre toi. Il mettra un goisse et de la détresse où te réduira joug de fer sur ton cou, jusqu'à ce qu'il ton ennemi dans tes portes, t'ait détruit. *" L'Eternel fera partir de ^'^Si tu n'observes pas et ne mets pas loin, des extrémités de la terre, une en pratique toutes les paroles de cette nation qui fondra sur toi d'un vol d'ai- loi, écrites dans ce livre, si tu ne crains pas ce nom glorieux et redoutable de l'Eternel, ton Dieu, ^^l'Eternel te frap- pera miraculeusement, toi et ta posté- rité, par des plaies grandes et de lon- tile, une nation dont tu n'entendras point la langue, ^"une nation au visage farouche, et qui n'aura ni respect pour le vieillard ni pitié pour l'enfant. ^' Elle mangera le fruit de tes troupeaux et le gue durée, par des maladies graves et fruit de ton sol, jusqu'à ce que tu sois opiniâtres. '^"11 amènera sur toi toutes détruit; elle ne te laissera ni blé, ni les maladies d'Egypte, devant lesquel- moùt, ni huile, ni jwrtées de ton gros les tu tremblais; et elles s'attacheront etde ton menu bétail, jusqu'àcequ'clle à toi. '^'Et même, l'Eternel fera venir t'ait fait périr. ^^Elle t'assiégera dans sur toi, jusqu'à ce que tu sois détruit, toutes tes portes, jusqu'à ce que tes toutes sortes de maladies et de plaies murailles tombent, ces hautes et fortes qui ne sont point mentionnées dans le murailles sur lesquelles tu auras placé livre de cette loi. ^^ Après avoirétéaussi ta confiance dans toute l'étendue de ton nombreux que les étoiles du ciel, vous pays; elle t'assiégera dans toutes tes ne resterez qu'un petit nombre, parce portes, dans tout le pays que l'Eternel, que tu n'auras point obéi à la voix de ton Dieu, te donne. ^^Au milieu de l'an- l'Eternel, ton Dieu. ^^De même que l'E- goisse et de la détresse où te réduira ternel prenait plaisir à vous faire du ton ennemi, tu mangeras le fruit de tes bien et à vous multiplier, de même l'E- entrailles, la chair de tes fds et de tes ternel prendra plaisir à vous faire périr filles que l'Eternel, ton Dieu, t'aura et à vous détruire; et vous serez arra- donnés."L'hommed'entrevousleplus chés du pays dont tu vas entrer en pos- ilélicat et le plus habitué à la mollesse session. "L'Eternel te dispersera par- aura un œil sans pitié pour son frère, mi tous les peuples, d'une extrémité de pour la femme qui repose sur son sein, la terre à l'autre ; et là, tu serviras d'au- pour ceux de ses enfants qu'il a épar- très dieux que n'ontconnus ni toi, ni tes gnés ; ^^il ne donnera à aucun d'eux de pères, du bois et de la pierre. ^'^ Parmi la chair de ses enfants dont il fait sa ces nations, tu ne seras pas tranquille, nourriture, parce qu'il ne lui reste plus et tu n'auras ])as un lieu de repos pour rien au milieu de l'angoisse et de la dé- la plante de tes pieds. L'Eternel rendra tresse où te réduira ton ennemi dans ton cœur agité, tes yeux languissants, 233 Chap.SS, 00-^29, 20. DEUTERONOME. ton àme souffrante .*" Ta vie sera comme en suspens devant toi, tu trembleras la nuit et le jour, tu douteras de ton exis- tence. *'Dans l'effroi qui remplira ton cœur et en présence de ce que tes yeux verront, tu diras le matin : Puisse le soir être là ! et tu diras le soir : Puisse le matin être là! "^Et l'Eternel te ra- mènera sur des navires en Egypte, et tu feras ce chemin dont je t'avais dit : Tu ne le reverras plus ! Là, vous vous offrirez en vente à vos ennemis, comme esclaves et comme servantes; et il n'y aura personne pour vous acheter. Le renouvellement de l'alliance. Chap. XXIX. 'Voici les paroles de l'allianceque l'Eternel ordonna à Moïse de traiter avec les enfants d'Israël au pays de Moab, outre l'alliance qu'il avait traitée avec eux à Horeb. -Moïse convoqua tout Israël, et leur dit : Vous avez vu tout ce que l'Eternel a fait sous vos yeux, dans le pays d'E- gypte, à Pharaon, à tous ses serviteurs, et à tout son pays, ^ les grandes épreu- ves quêtes yeux ont vues, ces miracles et ces grands prodiges. *Mais, jusqu'à ce jour, l'Eternel ne vous a pas donné un cœur pour comprendre, des yeux ])our voir, des oreilles pour entendre. cette alliance, et vous les mettrez en pratique, afin de réussir dans tout ce que vous ferez. '"Vous vous présentez aujourd'hui devant l'Eternel , votre Dieu, vous tous, vos chefs de tribus, vos anciens, vos of- ficiers, tous les hommes d'Israël, "vos enfants, vos femmes, et l'étranger qui est au milieu de ton camp, depuis celui qui coupe ton bois jusqu'à celui qui puise ton eau. '-Tu te présentes pour entrer dans l'alliance de l'Eternel, ton Dieu, dans cette alliance contractée avec serment, '^et que l'Eternel, ton Dieu, traite en ce jour avec toi, afin de t'établir aujourd'hui pour son peuple et d'être lui-même ton Dieu, comme il te l'a dit, et comme il l'a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. '''Ce n'est point avec vous seuls que je traite cette alliance, cette alliance contractée avec serment. '^Mais c'est avec ceux qui sont ici parmi nous, présents en ce jour devant l'Eternel, notre Dieu, et avec ceux qui ne sont point ici parmi nous en ce jour. '^ Vous savez de quelle manière nous avons habité dans le pays d'Egypte, et comment nous avons passé au milieu des nations que vous avez traversées. "Vous avez vu leurs abominations et leurs idoles, le bois et la pierre, l'ar- ^Je t'ai conduit pendant quarante an- gent et l'or, qui sont chez elles. '"Qu'il nées dans le désert; tes vêtements ne n'yaitparmivous ni homme, ni femme, se sont point usés sur toi, et ton sou- ni famille, ni tribu, dont le cœur se dé- lier ne s'est point usé à ton pied ; *vous tourne aujourd'hui de l'Eternel, notre n'avez point mangé de pain, et vous Dieu, pour aller servir les dieux de ces n'avez bu ni vin ni liqueur forte, afin nations-là. Qu'il n'y ait point parmi que vous connussiez que je suis l'Eter- nel, votre Dieu. 'Vous êtes arrivés dans ce lieu; Sihon, roi de Hesbon, et Og, roi de Basan, sont sortis à notre ren- contre, pour nous combattre, et nous les avons battus. '^Nous avons pris leur pays, et nous l'avons donné en pro- priété aux Riibénites, auxGadites et à la moitié de la tribu des Manassites. ?Vous observerez donc les paroles de vous de racine qui produise du poison et de l'absinthe. ''-"Que personne, après avoir entendu les paroles de cette al- liance contractée avec serment, ne se glorifie dans son cœur et ne dise : J'au- rai la paix, quand même je suivrai les penchants de mon cœur, et que j'ajou- terai l'ivresse à la soif. ^"L'Eternel ne voudra point lui paixlonner. Mais alors la colère et lajalousie de l'Eternel s'en- 234 DEUTERONOME. Chap.29,u-S0,n. flammeront contre cet homme, toutes les malédictions écrites dans ce livre reposeront sur lui, et l'Eternel effacera son nom de dessous les cieux. -'L'E- , ternel le séparera, pour son malheur, de toutes les tribus d'Israël, selon toutes les malédictions de l'alliance écrite dans ce livre de la loi. "Les générations à venir, vos enfants qui naîtront après vous et l'étranger cjui viendra d'une terre lointaine, — à la vue des plaies et des maladies dont l'Eternel aura frappé ce pays, -'à la vue du soufre, du sel, de l'embrase- ment de toute la contrée, où il n'y aura ni semence, ni produit, ni aucune herbe (|ui croisse, comme au bouleversement de Sodome, de Gomorrlic, d'Adma et de Tseboïm, cjue l'Eternel détruisit dans sa colère et dans sa fureur, — "toutes les nations diront : Pourquoi l'Eternel a-t-il ainsi traité ce pays .' pourquoi cette ardente, cette grande colère? -^Et l'on répondra : C'est parce qu'ils ont abandonné l'alliance con- tractée avec eux par l'Eternel, le Dieu de leurs pères, lorsqu'il les fit sortir du pays d'Egypte; -"c'est parce cju'ils sont allés servir d'autres dieux et se prosterner devant eux, des dieux qu'ils ne connaissaient point et que l'Eter- nel ne leur avait point donnés en par- tage. -'Alors la colère de l'Eternel s'est enflammée contre ce pays, et il a fait venir sur lui toutes les malédictions écrites dans ce livre. -'^L'Eternel les a arrachés de leur pays avec colère, avec fureur, avec une grande indignation, et il les a jetés sur un autre pays, com- me on le voit aujourd'hui. -'^ Les choses cachées sont à l'Eternel , notre Dieu ; les choses révélées sont à nous et à nés enfants, à perpétuité, afin c[ue nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi. Les promesses et les menaces. Chap. XXX. 'Lorsque toutes ces choses t'arriveront, la bénédiction et la uialédiction que je mets devant toi, si tu les prends à cœur au milieu de toutes les nations chez lesquelles l'E- ternel, ton Dieu, t'aura chassé, -si tu reviens à l'Eternel, ton Dieu, et si tu obéis à sa voix de tout ton cœur et de toute ton âme, toi et tes enfants, selon tout ce que je te prescris aujourd'hui, 'alors l'Eternel, ton Dieu, ramènera tes captifs et aura compassion de toi, il te rassemblera encore du milieu de tous les peuples chez lesquels l'Eternel, ton Dieu, t'aura dispersé. 'Quand tu serais exilé à l'autre extrémité du ciel, l'Eter- nel, ton Dieu, te rassemblera de là, et c'est là qu'il tira chercher. ^L'Eternel, ton Dieu, te ramènera dans le pays que possédaient tes pères, et tu le possé- deras; il te fera du bien, et te rendra ])lus nombreux que tes pères. "L'Eter- nel, ton Dieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta postérité, et tu aimeras l'Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, afin que tu vives. "L'Eternel, ton Dieu, fera tomber tou- tes ces malédictions sur tes ennemis, sur ceux qui t'auront haï et persécuté. Œt toi, tu reviendras à l'Eternel, tu obéiras à sa voix, et tu mettras en pra- tique tous ces commandements que je te prescris aujourd'hui. °L'Eternel, ton Dieu, te comblera de biens en faisant ])rospérer tout le travail de tes mains, le fruit de tes entrailles, le fruit de tes troupeaux et le fruit de ton sol ; car l'E- ternel prendra de nouveau plaisir à ton bonheur, comme il prenait jilaisir à ce- lui de tes pères, '"lorsque tu obéiras à la voix de l'Eternel, ton Dieu, en ob- servant ses commandements et ses or- dres écrits dans ce livre de la loi, lors- (pie tu reviendras à l'Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme. "Ce commandement que je te pres- cris aujourd'hui n'est certainement point au-dessus de tes forces et hors de ta portée. '-Il n'est pas dans le ciel, 23r Chap. 30,13-31,8. DEUTÉRONOME. pour que tu dises : Qui montera pour possession. '"Mais si ton cœur se dé- nous au ciel et nous Tira chercher, qui tourne, si tu n'obéis point, et si tu nous le fera entendre, afin que nous le te laisses entraîner à te prosterner dé- mettions en pratique? '^11 n'est pas de vant d'autres dieux et à les servir, l'autre côté de la mer, pour que tu di- "je vous déclare aujourd'hui que vous ses : Qui passera pour nous de l'autre périrez, que vous ne prolongerez point côté de la mer et nous lira chercher, vos jours dans le pays dont vous allez qui nous le fera entendre, afin que nous entrer en possession, après avoir passé le mettions en pratique? "C'est une le Jourdain. "J'en prends aujourd'hui chose, au contraire, qui est tout près à témoin contre vous le ciel et la de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, terre : j'ai mis devant toi la vie et la afin que tu la mettes en pratique. mort, la bénédiction et la malédic- '^Vois, je mets aujourd'hui devant tion. Choisis la vie, afin que tu vives, toi la vie et le bien, la mort et le mal. toi et ta postérité, ^"pour aimer l'Eter- '"Car je te prescris aujourd'hui d'aimer nel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, l'Eternel, ton Dieu, de marcher dans et pour t'attacher à lui : car de cela ses voies, et d'observer ses comman- dépendent ta vie et la prolongation déments, ses lois et ses ordonnances, de tes jours, et c'est ainsi que tu pour- afin que tu vives et que tu multiplies, ras demeurer dans le pays que l'Eter- et que l'Eternel, ton Dieu, te bénisse nel a juré de donner à tes pères, Abra- dans le pays dont tu vas entrer en ham, Isaac et Jacob. DERNIERES PAROLES DE MOÏSE {Chap. 31-34.) Josué successeur de Moïse — Ordre de lire la loi tous les sept ans. — Violation future de l'alliance. Chap. XXXI. 'Moïse adressa en- core ces paroles à tout Israël : -Aujour- d'hui, leur dit-il, je suis âgé de cent vingt ans, je ne pourrai plus sortir et entrer", et l'Eternel m'a dit : Tu ne pas- seras pas ce Jourdain. 'L'Eternel, ton Dieu, marchera lui-même devant toi, il détruira ces nations devant toi, et tu t'en rendras maître. Josué marchera aussi devant toi, comme l'Eternel l'a dit. ■*L'Eternel traitera ces nations comme il a traité Sihon et Og, rois des Amoréens, qu'il a détruits avec leur pays. ^L'Eternel vous les livrera, et vous agirez à leur égard selon tous a. C'est-à-dire marcher à votre tète, être votre chef. les ordres que je vous ai donnés. ^For- tifiez-vous et ayez du courage ! Ne crai- gnez point et ne soyez point effrayés devant eux; car l'Eternel, ton Dieu, marchera lui-même avec toi, il ne te délaissera point, il ne t'abandonnera point. 'Moïse appela Josué, et lui dit en présence de tout Israël : Fortifie-toi et prends courage, car tu entreras avec ce peuple dans le pays que l'Eternel a juré à leurs pères de leur donner, et c'est toi qui les en mettras en posses- sion. ''L'Eternel marchera lui-même devant toi, il sera lui-même avec toi. 236 DEUTERONOME. Cliap. Sl,o-r,. il ne te délaissera point, il ne t'aban- parce que mon Dieu n'est pas au mi- donnera point; ne crains poi«t, et ne lieu de moi que ces maux m'ont at- t'effraie point. teint ? '*Et moi, je cacherai ma face en ^Moïse écrivit cette loi, et il la remit ce jour-là, à cause de tout le mal qu'il aux prêtres, fils de Lévi, qui portaient aura fait, en se tournant vers d'autres l'arche de l'alliance de l'Eternel, et à dieux. '"Maintenant, écrivez ce canti- tous les anciens d'Israël. "Moïse leur que. Enseigne-le aux enfants d'Israël, donna cet ordre : Tous les sejit ans, à mets-le dans leur bouche, et que ce l'époquede l'annéedu relâche, à la fête cantique me serve de témoin contre des tabernacles, "quand tout Israël les enfants d'Israël. ^"Gar je mènerai viendra se présenter devant l'Eternel, ce peu]jle dans le pays que j'ai juré à ton Dieu, dans le lieu qu'il choisira, tu ses pères de lui donner, pays où cou- liras cette loi devanttout Israël, en leur lent le lait et le miel; il mangera, se présence. '^Tu rassembleras le peuple, rassasiera, s'engraissera; puis il se les hommes, les femmes, les enfants, tournera vers d'autres dieux et les ser- et l'étranger qui sera dans tes portes, vira, il me méprisera et violera mon afin cju'ils t'entendent, et afin qu'ils alliance; -'quand alors il sera atteint ajiprennent à craindre l'Eternel, votre par une multitude de maux et d'afflic- Dieu, à observer et à mettre en prati- tions, ce cantique, qui ne sera point que toutes les paroles de cette loi. '^Et oublié et que la postérité aura dans la leurs enfants qui ne la connaîtront pas bouche, déposera comme témoin con- rentendront,etilsapprendrontàcrain- tre ce peuple. Je connais, en effet, ses dre l'Eternel, votre Dieu, tout le temps dispositions, qui déjà se manifestent que vous vivrez dans le pays dont vous aujourd'hui, avant même que je l'aie prendrez possession, après avoir passé fait entrer dans le pays que j'ai juré le Jourdain. de lui donner. '■•L'Eternel dit à Moïse: Voici, le '^^En ce jour-là, Moïse écrivit ce moment approche où tu vas mourir, cantique, et il l'enseigna aux enfants Appelle Josué, et présentez-vous dans la tente d'assignation. Je lui donnerai d'Israël. -^L'Eternel donna ses ordres à Jo- mes ordres. Moïse et Josué allèrent sué, fils de Nun. Il dit : Fortifie-toi et prends courage, car c'est toi f[ui feras entrer les enfants d'Israël dans le pays que j'ai juré de leur donner; et je se- rai moi-même a^ec toi. -''Lorsque Moïse eut complètement se présenter dans la tente d'assigna- tion. '^Et l'I'lternel apparut dans la tente, dans une colonne de nuée; et la colonne de nuée s'arrêta à l'entrée de la tente. '^L'Eternel dit à Moïse : Voici, tu achevé d'écrire dans tm livre les pa- vas être couché avec tes pères. Et ce rôles de cette loi, "il donna cet ordre peuple se lèvera, et se prostituera aux Lévites qui portaient l'arche de après les dieux étrangers du pays au l'alliance de l'Eternel : -^Prenez ce milieu duquel il entre. Il m'abandon- livre de la loi, et mettez-le à côté de nera, et il violera mon alliance, que l'arche de l'alliance de l'Eternel, votre j'ai traitée avec lui. ''En ce jour-là. Dieu, et il sera là comme témoin con- ma colère s'enflammera contre lui. Je tre toi. ^"Car je connais ton esprit de les abandonnerai, et je leur cacherai rébellion et la roideur de ton cou. Si ma face. Il sera dévoré, il sera la proie vous êtes rebelles contre l'Eternel d'une multitude de maux et d'afflic- j^endant que je suis encore vivant au tions, et alors il dira : N'est-ce point milieu de vous, combien ])lus le screz- 2.37 Chap. 31, QH-S2, 11. DEUTÉRONOME. vous après ma mort ! -^Assemblez de- et le malheur finira par vous atteindre, vaut moi tous les anciens de vos tribus cpiand vous ferez ce qui est mal aux et vos officiers; je dirai ces paroles en yeux de l'Eternel, au point de l'irriter leur présence, et je prendrai à témoin par l'œuvre de vos mains contre eux le ciel et la terre. -^Carje ^"Moïse prononça dans leur entier sais qu'après ma mort vous vous cor- les paroles de ce cantique, en pré- romprez, et que vous vous détourne- sence de toute l'assemblée d'Israël : rez de la voie que je vous ai prescrite ; Candtiuc de Moïse. Chap. XXXII. 'Cieux ! prêtez l'oreille, et je parlerai ; Terre ! écoute les jiaroles de ma bouche. -Que mes instructions se répandent comme la pluie. Que ma parole tombe comme la rosée. Comme des ondées sur la verdure. Comme des gouttes d'eau sur l'herbe ! ^ Car je proclamerai le nom de l'Eternel. Rendez gloire à notre Dieu ! t>' *Il est le rocher; ses œuvres sont parfaites. Car toutes ses voies sont justes ; C'est un Dieu fidèle et sans iniquité. Il est juste et droit. ^S'ils se sont corrompus, à lui n'est point la faute; La honte est à ses enfants. Race fausse et perverse. "Est-ce l'Eternel que vous en rendrez responsable. Peuple insensé et dépourvu de sagesse ? N'est-il pas ton père, ton créateur? N'est-ce pas lui qui t'a formé, et qui t'a affermi ? ^Rappelle à ton souvenir les anciens jours, Passe en revue les années, génération par génération. Interroge ton père, et il te l'apprendra. Tes vieillards, et ils te le diront. * Quand le Très-Haut donna un héritage aux nations. Quand il sépara les enfants des hommes. Il fixa les limites des peujiles D'après le nombre des enfants d'Israël; "Car la portion de l'Éternel, c'est son peuple, Jacob est la part de son héritage. '"Il l'a trouvé dans une contrée déserte. Dans une solitude aux effroyables hurlements ; Il l'a entouré, il en a pris soin. Il l'a gardé comme la prunelle de son œil, "Pareil à l'aigle qui éveille sa couvée Voltige sur ses ])etits, Déploie ses ailes, les prend. Les porte sur ses plumes. 238 DEUTÉRONOME. Chap.S2.n-^. '-L'Éternel seul a conduit son peuple, Et il n'y avait avec lui aucun dieu étranger. '^11 l'a fait monter sur les hauteurs du pays, Et Israël a mangé les fruits des champs ; 11 lui a fait sucer le miel du rocher. L'huile qui sort du rocher le plus dur, '■»La crème des vaches et le lait des brebis, Avec la graisse des agneaux. Des béliers de Basan et des boucs, Avec la fleur du froment; Et tu as bu le sang du raisin, le vin. » '^Israël est devenu gras, et il a regimbé; — - Tu es devenu gras, épais et replet ! — Et il a abandonné Dieu, son créateur. Il a méprisé le rocher de son salut, 'Mis ont excité sa jalousie par des dieux étrangers. Ils l'ont irrité ]iar des abominations; '"Ils ont sacrifié à des idoles qui ne sont pas Dieu, A des dieux qu'ils ne connaissaient point, Nouveaux, venus depuis peu. Et que vos pères n'avaient pas craints. "*Tu as abandonné le rocher qui t'a fait naître. Et tu as oublié le Dieu qui t'a engendré. '^L'Éternel l'a vu, et il a été iirité. Indigné contre ses fds et ses filles. • -"Il a dit : Je leur cacherai ma face, Je verrai quelle sera leur lin ; Car c'est une race perverse. Ce sont des enfants infidèles. -'Ils ont excité ma jalousie par ce qui n'est point Dieu, Ils m'ont irrité par leurs vaines idoles ; Et moi, j'exciterai leur jalousie par ce qui n'est point un peuple. Je les irriterai par une nation insensée. ^^Car le feu de ma colère s'est allumé, Et il brûlera jusqu'au fond du séjour des morts; II dévorera la terre et ses produits, Il embrasera les fondements des montagnes. -'J'accumulerai sur eux les maux, J'épuiserai mes traits contre eux. -■•Ils seront desséchés par la faim, consumés par la fièvre Et par des maladies violentes; J'enverrai parmi eux la dent des bètes féroces Et le venin des ser[)ents. ^'^Au dehors, on ])érira par l'épée. Et au dedans, par d'elTrayantes calamités : Il en sera du jeune homme comme de la jeune fille, 239 Chap. S2,'j6-w. DEUTÉRONOME. De l'enfant à la mamelle comme du vieillard. ^^Je voudrais dire : Je les emporterai d'un soufOe, Je ferai disparaître leur mémoire d'entre les hommes ! "Mais je crains les insultes de l'ennemi, Je crains que leurs adversaires ne se méprennent, Et qu'ils ne disent : Notre main a été puissante. Et ce n'est pas l'Eternel qui a fait toutes ces choses. ^^C'est une nation qui a perdu le bon sens, Et il n'y a point en eux d'intelligence. -''S'ils étaient sages, voici ce qu'ils comprendraient, Et ils penseraient à ce qui leur arrivera. '"Comment un seul en poursuivrait-il mille, Et deux en mettraient-ils dix mille en fuite, Si leur Rocher ne les avait vendus, Si l'Eternel ne les avait livrés ? ^' Car leur rocher n'est pas comme notre Rocher, Nos ennemis en sont Juges. '-Mais leur vigne est du plant de Sodome Et du terroir de Gomorrhe; Leurs raisins sont des raisins empoisonnés, Leurs grappes sont amères ; '■'Leur vin, c'est le venin des serpents. C'est le poison cruel des aspics. '■•Cela n'est-il pas caché près de moi. Scellé dans mes trésors ? '^A moi la vengeance et la rétribution. Quand leur pied chancellera ! Car le jour de leur malheur est proche. Et ce qui les attend ne tardera pas. '^L'Eternel jugera son peuple; Mais il aura pitié de ses serviteurs. En voyant que leur force est épuisée, Et qu'il n'y a plus ni esclave ni homme libre. '^11 dira : Où sont leurs dieux. Le rocher qui leur servait de refuge, '*Ces dieux qui mangeaient la graisse de leurs victimes. Oui buvaient le vin de leurs libations ? Qu'ils se lèvent, qu'ils vous secourent. Qu'ils vous couvrent de leur protection ! '^Sachez donc que c'est moi qui suis Dieu, Et qu'il n'y a point de dieu près de moi; Je fais vivre et je fais mourir, Je blesse et je guéris. Et personne ne délivre de ma main. ''"Car je lève ma main vers le ciel, 240 DEUTERONOME. Chap.S2.ki-S3,k. Et je dis : Je vis éternellement ! *'Si j'aiguise réclair de mon épée Et si ma main saisit la justice, Je me vengerai de mes adversaires Et je punirai ceux qui me haïssent; ■•^Mon épée dévorera leur chair, Et j'enivrerai mes flèches de sang. Du sang des blessés et des captifs. De la tète des chefs de l'ennemi. "Nations, chantez les louanges de son peuple ! Car l'Éternel venge le sang de ses serviteurs, II se venge de ses adversaires, Et il fait l'expiation pour son pays, pour son peuple. *'*Moïse vint et prononça toutes les paroles de ce cantique en jirésence du peuple; Josuè, fils de Nun, était avec lui. ^^ Lorsque Moïse eut achevé de pro- noncer toutes ces paroles devant tout Israël, *^il leur dit : Prenez à cœur toutes les paroles que je vous conjure aujourd'hui de recommander à vos enfants, afin qu'ils observent et met- tent en pratique toutes les ]:)aroles de cette loi. ^'Gar ce n'est pas une chose sans importance pour vous ; c'est votre vie, et c'est par là que vous prolonge- rez vos jours dans le pays dont vous aurez la possession, après avoir passé le Jourdain. ^''Ce même jour, l'Eternel parla à Moïse, et dit : ■''Monte sur cette mon- tagne d'Abarim, sur le mont Nebo, au pays de Moab, vis-à-vis de Jéricho; et regarde le pays de Canaan que je donne en ]iropriété aux enfants d'Is- raël. ^"Tu mourras sur la montagne où tu vas monter, et tu seras recueilli auprès de ton peuple, comme Aaron, ton frère, est mort sur la montagne de Hor et a été recueilli auprès de son peuple, ^' parce que vous avez péché contre moi au milieu des enfants d'Is- raël, près des eaux de Meriba, à Kadès, dans le désert de Tsin, et que vous ne m'avez jioint sanctifié au milieu des enfants d'Israël. ^-Tu verras le pays devant toi ; mais tu n'entreras point dans le pays que je donne aux entants d'Israël. Bénédiction prophétique, de Moïse. Chap. XXXIU. 'Voici la bénédic- tion par laquelle Moïse, homme de Dieu, bénit les enfants d'Israël, avant sa mort. -11 dit : L'Éternel est venu de Sinaï, Il s'est levé sur eux de Séir, 11 a resplendi de la montagne de Paran, Et il est sorti du milieu des saintes myriades : 11 leur a de sa droite envoyé le feu de la loi. ^Oui, il aime les peuples ; Tous ses saints sont dans ta main. Ils se sont tenus à tes pieds, Ils ont reçu tes paroles. ''Moïse nous a donné la loi. 241 16 ♦ Chap. 83,5-1'.. DEUTÉRONOME. Héritage de l'assemblée de Jacob. ^11 était roi en Israël, Quand s'assemblaient les chefs du peuple Et les tribus d'Israël. *Que Ruben vive et qu'il ne meure point. Et que ses hommes soient nombreux ! 'Voici sur Juda ce qu'il dit : Écoute, ô Éternel ! la voix de .Juda, Et ramène-le vers son peuple. Que ses mains soient puissantes. Et que tu lui sois en aide contre ses ennemis ! 'Sur Lévi il dit : Les thummim et les urim ont été confiés à riiomme saint", Que tu as tenté à Massa, Et avec qui tu as contesté aux eaux de Meriba. *Lévi dit de son père et de sa mère : Je ne les ai point vus ! Il ne distingue point ses frères, Il ne connaît point ses enfants*. Car ils observent ta parole. Et ils gardent ton alliance ; '"Ils enseignent tes ordonnances à Jacob, Et ta loi à Israël ; Ils mettent l'encens sous tes narines. Et l'holocauste sur ton autel. "Bénis sa force, ô Éternel ! Agrée l'œuvre de ses mains ! Brise les reins de ses adversaires, Et que ses ennemis ne se relèvent plus ! '*Sur Benjamin il dit : C'est le bien-aimé de l'Éternel, Il habitera en sécurité auprès de lui; L'Éternel le couvrira toujours. Et résidera entre ses épaules. ''Sur Joseph il dit : Son pavs recevra de l'Éternel, en signe de bénédiction. Le meilleur don du ciel, la rosée. Les meilleures eaux qui sont en bas, '■'Les meilleurs fruits du soleil, a. Au jfrand-prêtre Aaron. Sur /<■.■.■ thummim el /es urim. voy. la note Ex. 28, 30. b. Les Lévites sont en- lièreuient consacrés à leui' ministère. 242 DEUTÉRONOME. Chap.SS.iô Les meilleurs fruits de chaque mois, '^Les meilleurs jjroduits des antiques montagnes, Les meilleurs produits des collines éternelles, '^Les meilleurs produits de la terre et de ce qu'elle renferme. Que la grâce de celui qui apparut dans le buisson Vienne sur la tête de Joseph, Sur le sommet de la tète du prince de ses frères ! ''De son taureau ]M-emier-né il a la majesté ; Ses cornes sont les cornes du buffle ; Avec elles il frappera tous les peuples, Jusqu'aux extrémités de la terre : Elles sont les myriades d'Ephraïm, Elles sont les milliers de Manassé. ''^Sur Zabulon il dit : Réjouis-toi, Zabulon, dans tes courses, Et toi, Issacar, dans tes tentes ! "Ils a]ipelleront les peuples sur la montagne; Là, ils offriront des sacrifices de justice", Car ils suceront l'abondance de la mer, Et les trésors cachés dans le sable. '-"SurGad il dit : Béni soit celui qui met Gad au large ! Gad repose comme une lionne, Il déchire le bras et la tète. ^'11 a choisi les prémices du pays. Car là est caché l'héritage du législateur; Il a marché en tète du peuple. Il a exécuté la justice de l'Eternel, Et ses ordonnances envers Israël. ^^SurDanildit : Dan est un jeune lion. Qui s'élance de Basan. '^^Sur Nephthali il dit : Nephthali, rassasié de faveurs Et comblé des bénédictions de l'Eternel, Prends possession de l'occident et du midi ! **Sur Aser il dit : Béni soit Aser entre les enfants d'Israël ! fl. Scion les ui-doniuinoos de la loi. 243 Chap. 83, -a-3â, 12. DEUTERONOMEi Qu'il soit agréaljle à ses frères. Et qu'il plonge son pied dans Ihuile ! "Que tes verrous soient de fer et d'airain, Et que ta vigueur dure autant que tes jours ! ^^Nul n'est semblable au Dieu d'Israël, Il est porté sur les cieux pour venir à ton aide, Il est avec majesté porté sur les nuées. -'Le Dieu d'éternité est un refuge. Et sous ses bras éternels est une retraite. Devant toi il a chassé l'ennemi. Et il a dit : Extermine. -^Israël est en sécurité dans sa demeure, La source de Jacob est à part Dans un pays de blé et de moût. Et son ciel distille la rosée. ^'^Que tu es heureux, Israël ! Qui est comme toi. Un ])cuple sauvé par l'Eternel, Le bouclier de ton secours Et l'épée de ta gloire ? Tes ennemis feront défaut devant toi. Et tu fouleras leurs lieux élevés. Mort de Moïse. Chap. XXXIV. 'Moïse monta des plaines de Moab sur le mont Nebo, au sommet du Pisga, vis-à-vis de Jéricho. Et l'Eternel lui fit voir tout le pays : Galaad jusqu'à Dan, -tout Nephthali, le paysd'Ephraïm et de Manassé, tout le pays de Juda jusqu'à la mer occi- dentale, ^le midi, les environs du Jour- dain, la vallée de Jéricho, la ville des palmiers, jusqu'à Tsoar. ^L'Eternel lui dit : C'est là le pays que j'ai juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob, en disant : Je le don- nerai à ta postérité. Je te l'ai fait voir de tes yeux ; mais tu n'y entreras point. ^Moïse, serviteur de l'Eternel, mou- rut là, dans le pays de Moab, selon l'ordre de l'Éternel. «Et l'Éternel l'en- terra dans la vallée, au pays de Moab, vis-à-vis de Beth-Peor. Personne n'a connu son sépulcre jusqu'à ce jour. 'Moïse était âgé de cent vingt ans. lorsqu'il mourut ; sa vue n'était point affaiblie, et sa vigueur n'était point passée.'* Les enfants d'Israël pleurèrent Moïse pendant trente jours, dans les plaines de Moab ; et ces jours de pleurs et de deuil sur Moïse arrivèrent à leur terme. "Josué, fils de Nun, était rempli de l'esprit de sagesse, car Moïse avait posé ses mains sur lui. Les enfants d'Israël lui obéirent, et se conformè- rent aux ordres que l'Eternel avait don- nés à Moïse. '"Il n'a plus paru en Israël de pro- phète semblable à Moïse, que l'Eternel connaissait face à face. " Nul ne peut lui être comparé pour tous les signes et les miracles que Dieu l'envoya faire au pays d'Egypte contre Pharaon, contre ses serviteurs et contre tout son pays, '-et pour tous les prodiges de terreur que Moïse accomplit à main forte sous les yeux de tout Israël. 244 LES LIVRES HISTORIQUES JOSUE, JUGES, RUTII, I ET II SAMUEL, I ET II ROIS, I ET II CHRONIQUES, ESDRAS, NÉHÉMIE, ESTHER JOSUE CONQUETE DU PAYS DE CANAAN {Chap. l-i2.) Josiié à la tête du peuple. Chap.I. 'Après la mort de Moïse, Fortifie-toi et prends courage? Ne serviteur de rÉterncl, lEternel dit à t'effraie point et ne t'épouvante point, Josué, fils de Nun, serviteur de Moïse : car l'Eternel, ton Dieu, est avec toi ^Moïse, mon serviteur, est mort; main- dans tout ce que tu entreprendras, tenant, lève-toi, passe ce Jourdain, toi "*.Josué donna cet ordre aux officiers et tout ce peuple, pour entrer dans le du peuple : "Parcourez le camp, et pays que je donne aux enfants d'Israël, voici ce que vous commanderez au ^Tout lieu que foulera la plante de vo- peuple : Préparez-vous des provisions, tre ])ied, je vous le donne, comme je car dans trois jours vous passerez ce l'ai dit à Moïse. ''Vous aurez pour ter- .Jourdain pour aller conquérir le pays ritoire depuis le désert et le Liban jus- dont l'Eternel, votre Dieu, vous donne d fleuve, le fleuve de l'Eu- la possession. '-Josué dit aux Rubénites, aux Ga- dites et à la demi-tribu de Manassé : '■'Rappelez-vous ce que vous a prescrit Moïse, serviteur de l'Eternel, cjuand il a dit : L'Eternel, votre Dieu, vous a délaisserai point, je ne t'abandonnerai accordé du repos, et vous a donné ce point. ^Fortifie-toi et prends courage, pays. '''Vos femmes, vos petits enfants car c'est toi qui mettras ce peuple en et vos troupeaux, resteront dans le possession du pays f[ue j'ai juré à leurs pays que vous a donné Moïse de ce pères de leur donner. 'Fortifie-toi seu- côté-ci du Jourdain; mais vous tous, lement et aie bon courage, en agissant hommes vaillants, vous passerez en fidèlement selon toute la loi que Moïse, armes devant vos frères, et vous les mon serviteur, t'a prescrite ; ne t'en aiderez, '^jusqu'à ce que l'Éternel ait détourne ni à droite ni à gauche, afin accordé du repos à vos frères comme de réussir dans tout ce que tu entre- à vous, et c{u'ils soient aussi en pos- ]irendras. "Que ce livre de la loi ne session du pays que l'Eternel, votre s'éloigne point de ta bouche; médite- Dieu, leur donne. Puis vous reviendrez le jour et nuit, pour agir fidèlement j)rendre possession du pays qui est selon tout ce qui y est écrit; car c'est votre propriété, et que vous a donné alors (jue tu auras du succès dans tes Moïse, serviteur de l'Éternel, de ce entreprises, c'est alors que tu réussi- côté-ci du Jourdain, vers le soleil le- ras. 'Ne t'ai-je pas donné cet ordre : vaut. 245 qu au gran phrate, tout le pays des Héthiens, et jus(|u'à la grande mer vers le soleil couchant. ^Nul ne tiendra devant toi, tant que tu vivras. Je serai avec toi, comme j'ai été avec Moïse; je ne te Chap. l, 16-3, w. JOSUE. "Ils répondirent à Josué, en disant : Nous ferons tout ce que tu nous as or- donné, et nous irons partout où tu nous enverras. '"Nous t'obéirons en- tièrement, comme nous avons obéi à Moïse. Veuille seulement l'Éternel, ton Dieu, être avec toi, comme il a été avec Moïse ! "*Tout homme qui sera rebelle à ton ordre, et qui n'obéira pas à tout bitantsdu pays tremblent devant vous. '"Car nous avons appris comment, à votre sortie d'Egypte, l'Eternel a mis à sec devant vous les eaux de la mer Rouge, et comment vous avez traité les deux rois des Amoréens au delà du Jourdain, Sihon et Og, que vous avez dévoués par interdit. "Nous l'avons appris, et nous avons perdu courage. ce que tu lui commanderas, sera puni et tous nos esprits sont abattus à votre de mort. Fortifie -toi seulement, et prends courage ! Les deux espions à Jéric/io. Chap. II. 'Josué, fds de Nun, fit partir secrètement de Sittim deux es- pions, en leur disant : Allez, examinez le pays, et en particulier Jéricho. Ils partirent, et ils arrivèrent dans la maison d'une prostituée, qui se nom- mait Rahab, et ils y couchèrent. ^On dit au roi de Jéricho : Voici, des hom- mes d'entre les enfants d'Israël sont arrivés ici cette nuit, pour explorer le pays. ^Le roi de Jéricho envoya dire à Rahab : Fais sortir les hommes qui sont venus chez toi, qui sont entrés dans ta maison ; car c'est pour explorer tout le pavs qu'ils sont venus. *La femme prit les deux hommes, et les cacha; et elle dit : Il est vrai que ces hommes sont arrivés chez moi, mais je ne savais pas d'où ils étaient; ^et, comme la porte a dû se fermer de nuit, ces hommes sont sortis ; j'ignore où ils sont allés : hàtez-vous de les pour- suivre, et vous les atteindrez. *Elle les avait fait monter sur le toit, et les avait cachés sous des tiges de lin, qu'elle avait arrangées sur le toit. 'Ces gens les poursuivirent par le chemin qui mène au gué du Jourdain, et l'on ferma la porte après qu'ils furent sortis. ** Avant (|ue les espions se couchas- sent, Rahab monta vers eux sur le toit ^et leur dit : L'Eternel, je le sais, vous a donné ce pays, la terreur que vous inspirez nous a saisis, et tous les ha- nous agirons envers toi aspect; car c'est l'Eternel, votre Dieu, qui est Dieu en haut dans les cieux et en bas sur la terre. '*Et maintenant, je vous prie, jurez-moi par l'Eternel que vous aurez pour la maison de mon père la même bonté que j'ai eue pour vous. '^Donnez-moi l'assurance que vous laisserez vivre mon père, ma mère, mes frères, mes sœurs, et tous ceux qui leur appartiennent, et que vous nous sauverez de la mort. '■* Ces hommes lui répondirent : Nous sommes prêts à mourir pour vous, si vous ne divulguez pas ce qui nous con- cerne; et quand l'Eternel nous don- nera le pays avec bonté et fidélité '^EUe les fit descendre avec une corde par la fenêtre, car la maison qu'elle habitait était sur la muraille de la ville. '«Elle leur dit : Allez du côté de la montagne, de peur que ceux qui vous poursuivent ne vous rencontrent ; cachez-vous là pendant trois jours, jusqu'à ce qu'ils soient de retour; après cela, vous suivrez votre chemin. "Ces hommes lui dirent : Voici de quelle manière nous serons quittes du ser- ment que tu nous as fait faire. "*A no- tre entrée dans le pays, attache ce cor- don de fil cramoisi à la fenêtre par laquelle tu nous fais descendre, et re- cueille auprès de toi dans la maison ton père, ta mère, tes frères, et toute la famille de ton père. '^Si quelqu'un d'eux sort de la porte de ta maison pour aller dehors, son sang retombera sur sa tête, et nous en serons innocents; 24G JOSUE. Chap. 2, -20-3, te. mais si on met la main sur l'un quel- conque de ceux qui seront avec toi dans la maison, son sang retombera sur notre tète. -"Et si tu divulgues ce qui nous concerne, nous serons quittes du serment c[ue tu nous as fait faire. -' Elle répondit : Qu'il en soit selon vos paroles. Elle prit ainsi congé d'eux, et ils s'en allèrent. Et elle attacha le cordon de cramoisi à la fenêtre. "Ils partirent, et arrivèrent à la montagne, où ils restèrent trois jours, jusqu'à ce que ceux qui les poursui- vaient fussent de retour. Ceux qui les jioursuivaient les cherchèrent partout le chemin, mais ils ne les trouvèrent pas. -^ Les deux hommes s'en retour- nèrent, descendirent de la montagne, et passèrent le Jourdain. Ils vinrent auprès de Josué, fils de Nun, et lui ra- contèrent tout ce qui leur était arrivé. "Ils dirent à. Josué : Certainement l'E- ternel a livré tout le pays entre nos mains, et même tous les habitants du pays tremblent devant nous. Pdsxitf^c lin Jourdain. — Les douze pierres. Chap. III. 'Josué, s'étant levé de bon matin, partit de Sittim avec tous les enfants d'Israël. Ils arrivèrent au Jourdain; et là, ils passèrent la nuit, avant de le traverser. -Au bout de trois jours, les officiers parcoururent le camp, 'et donnèrent cet ordre au peuple : Lorsque vous verrez l'arche de l'alliance de l'Eter- nel, votre Dieu, portée par les prêtres, les Lévites, vous partirez du lieu où vous êtes, et vous vous mettrez en marche après elle. "'Mais il y aura en- tre vous et elle une distance d'environ deux mille coudées : n'en approchez pas. Elle vous montrera le chemin que vous devez suivre, car vous n'avez point encore passé par ce chemin. ''Josué dit au peuple : Sanctifiez- vous, car demain l'Eternel fera des prodiges au milieu de vous. ^Et Josué dit aux prêtres : Portez l'arche de l'al- liance, et passez devant le peuple. Ils portèrent l'arche de l'alliance, et ils marchèrent devant le peuple. 'L'Eternel dit à Josué : Aujourd'hui, je commencerai à t'élever aux yeux de tout Israël, afin qu'ils sachent que je serai avec toi comme j'ai été avec Moïse. 'Tu donneras cet ordre aux prêtres qui portent l'arche de l'al- liance : Lorsque vous arriverez au bord des eaux du Jourdain, vous vous arrê- terez dans le Jourdain. "Josué dit aux enfants d'Israël : Ap- prochez, et écoutez les paroles de l'Eternel, votre Dieu. '"Josué dit : A ceci vous reconnaîtrez que le Dieu vi- vant est au milieu de vous, et qu'il chassera devant vous les Cananéens, les Iléthiens, les Héviens, les Phéré- ziens, les Guirgasiens, les Amoréens et les Jébusiens : "voici, l'arche de l'alliance du Seigneur de toute la terre va passer devant vous dans le Jourdain. '-Maintenant, prenez douze hommes parmi les tribus d'Israël, un homme de chaque tribu. '^Et dès que les prê- tres qui portent l'arche de l'Eternel, le Seigneur de toute la terre, poseront la plante des pieds dans les eaux du Jourdain, les eaux du Jourdain seront coupées, les eaux qui descendent d'en haut, et elles s'arrêteront en un mon- ceau. "Le peuple sortit de ses tentes pour passer le Jourdain, et les prêtres qui portaient l'arche de l'alliance mar- chèrent devant le peuple. '^ Quand les prêtres qui portaient l'arche furent arrivés au Jourdain, et que leurs pieds se furent mouillés au bord de l'eau, — le Jourdain regorge par-dessus toutes ses rives tout le temps de la moisson, — '^les eaux qui descendent d'en haut s'arrêtèrent, et s'élevèrent en un mon- ceau, à une très grande distance, près de la ville d'Adam, qui est à côté de Tsarthan ; et celles qui descendaient 247 Chap. 3, n-â, 23. JOSUE. vers la mer de la plaine, la mer Salée, portaient l'arche de l'alliance ; et elles furent complètement coupées. Le peu- ple passa vis-à-vis de Jéricho. '^Les prêtres qui portaient l'arche de l'al- liance de l'Eternel s'arrêtèrent de pied ferme sur le sec, au milieu du Jour- dain, pendant que tout Israël passait à sec, jusqu'à ce que toute la nation eût achevé de passer le Jourdain. Chap. IV. 'Lorsque toute la nation eut achevé de passer le Jourdain, l'E- ternel dit à Josué : -Prenez douze hommes parmi le peuple, un homme de chaque tribu. ^Donnez-leur cet or- dre : Enlevez d'ici, du milieu du Jour- dain, de la place où les prêtres se sont arrêtés de pied ferme, douze pierres, que vous emporterez avec vous, et que vous déposerez dans le lieu où vous passerez cette nuit. ^Josué appela les douze hommes qu'il choisit parmi les enfants d'Israël, un homme de chaque tribu. 'Il leur dit : Passez devant l'ar- che de l'Eternel, votre Dieu, au milieu y sont restées jusqu'à ce jour. '"Les prêtres qui portaient l'arche se tinrent au milieu du Jourdain jusqu'à l'entière exécution de ce que l'Eternel avait or- donné à Josué de dire au peuple, selon tout ce que Moïse avait prescrit à Jo- sué. Et le peiqile se hâta de passer. " Lorsque tout le peuple eut achevé de passer, l'arche de l'Eternel et les prê- tres passèrent devant le ])euple. '^Les fils de Ruben, les fds de Gad, et la demi-tribu de Manassé, passèrent en armes devant les enfants d'Israël, comme Moïse le leur avait dit. "Envi- ron quarante mille hommes, équipés |)our la guerre et prêts à combattre, passèrent devant l'Eternel dans les plaines de Jéricho. "En ce jour-là, l'Eternel éleva Jo- sué aux yeux de tout Israël ; et ils le craignirent, comme ils avaient craint Moïse, tous les jours de sa vie. '^L'Eternel dit à Josué : "'Ordonne moiffnag'e de sortir du Jourdain, et que chacun de vous aux prêtres qui portent l'arche du té- charge une pierre sur son épaule, se- lon le nombre des tribus des enfants d'Israël, ^afin que cela soit un signe au milieu de vous. Lorsque vos enfants demanderont un jour : Que signifient j)our vous ces pierres P^vous leur di- rez : Les eaux du Jourdain ont été cou- pées devant l'arche de l'alliance de l'Eternel ; lorsqu'elle passa le Jour- dain, les eaux du Jourdain ont été coupées, et ces pierres seront à jamais un souvenir pour les enfants d'Israël. ^Les enfants d'Israël firent ce que Josué leur avait ordonne. Ils enlevè- rent douze pierres du milieu du Jour- dain, comme l'Eternel l'avait dit à Jo- sué, selon le nombre des tribus des enfants d'Israël, ils les emportèrent avec eux, et les déposèrent dans le lieu où ils devaient passer la nuit. 'Josué dressa aussi douze pierres au milieu du Jourdain, à la place où s'é- taient arrêtés les pieds des prêtres qui du Jourdain. ''Et Josué donna cet ordre aux prêtres : Sortez du Jourdain. '^Lorsque les prê- tres ([ui portaient l'arche de l'alliance de l'Éternel furent sortis du milieu du Jourdain, et que la plante de leurs pieds se posa sur le sec, les eaux du Jourdain retournèrent à leur place, et se répandirent comme auparavant sur tous ses bords. '"Le peuple sortit du Jourdain le dixième jour du premier mois, et il campa à Guilgal, à l'extrémité orien- tale de Jéricho. ^"Josué dressa à Guilgal les douze ])ierres qu'ils avaient prises du Jour- dain. "-'Il dit aux enfants d'Israël : Lorsque vos enfants demanderont un jour à leurs pères : Que signifient ces pierres? -Hous en instruirez vos en- fants, et vous direz : Israël a passé ce Jourdain à sec. *^Gar l'Éternel, votre Dieu, a mis à sec devant vous les eaux 248 JOSUE. Chap. i,'i',-6,3. du Jourdain jusqu'à ce que vous eussiez circoncit, car ils étaient incirconcis, passé, comme l'Éternel, votre Dieu, parce qu'on ne les avait point circon- l'avait fait à la mer Rouge, qu'il mit à cis pendant la route. ^Lorsqu'on eut sec devant nous jusqu'à ce que nous achevé de circoncire toute la nation, eussions passé, -^afin que tous les peu- ils restèrent à leur place dans le camp pies de la terre sachent que la main de jusqu'à leur guérison. l'Eternel est puissante, et afin que vous ^L'Eternel dit à Josué : Aujourd'hui , avez toujours la crainte de l'Eternel votre Dieu La circoncision et la Pâque dans les plaines de Jéricho. ] ai roulé de dessus vous l'opprobre de l'Egypte. Et ce lieu fut appelé du nom de Guilgal" jusqu'à ce jour. '"Les en- fants d'Israël campèrent à Guilgal ; et ils célébrèrent la Pàque le quator- Chap. V. 'Lorsque tous les rois zième jour du mois, sur le soir, dans des Amoréens à l'occident du Jourdain les ])laines de Jéricho. " Ils mangèrent et tous les rois des Cananéens près do du blé du pays le lendemain de la Pà- la mer apprirent que l'Eternel avait que, des pains sans levain et du grain mis à sec les eaux du Jourdain devant rôti; ils en mangèrent ce même jour, les enfants d'Israël jusf|u"à ce que nous '"La manne cessa le lendemain de la eussions passé, ils perdirent courage Pàque, quand ils mangèrent du blé du et furent consternés à l'aspect des en- pays ; les enfants d'Israël n'eurent plus fants d'Israël. de manne, et ils mangèrent des pro- *En ce temps-là, l'Éternel dit à duitsdu paysdeCanaan cetteannée-Ià. Josué : Fais-toi des couteaux de pierre, '^Comme Josué était près de Jéri- et circoncis de nouveau les enfants cho, il leva les yeux, et regarda. Voici, d'Israël, une seconde fois. 'Josué se un homme se tenait debout devant lui. fit des couteaux de pierre, et il cir- concit les enfants d'Israël sur la colline d'Araloth. ■'Voici la raison pour la- quelle Josué les circoncit. Tout le peu- son épée nue dans la main. Il alla vers lui, et lui dit : Es-tu des nôtres ou de nos ennemis ? '■'Il répondit : Non, mais je suis le chef de l'armée de l'Eternel, j)le sorti d'Egypte, les mâles, tous les j'arrive maintenant. Josué tomba le hommes de guerre étaient morts dans visage contre terre, se prosterna, et lui le désert, pendant la route, après leur dit : Ou'est-ce que mon seigneur dit à sortie d'Egypte. '^Tout ce peuple sorti son serviteur? 'Mît le chef de l'armée d'Egypte était circoncis ; mais tout le de l'Eternel dit à Josué : Ote tes sou- peuple né dans le désert, pendant la liers de tes pieds, car le lieu sur lequel route, après la sortie d'Egypte, n'avait tu te tiens est saint. Et Josué fit ainsi, point été circoncis. ^Car les enfants d'Israël avaient marché quarante ans ^"'' ''" ■''''''''"■ " ^'''""^ " P""'''"" '^''^'""■ par le désert jusqu'à la destruction de Chap. VI. 'Jéricho était fermée et toute la nation des hommes de o-uerre barricadée devant les enfants d'Israël, qui étaient sortis d'Egypte et qui n'a- Personne ne sortait, et personne n'en- vaient point écouté la voix de l'Éter- trait. nel ; l'Eternel leur jura de ne pas leur -L'Éternel dit à Josué : Vois, je livre faire voir le pays qu'il avait juré à leurs entre tes mains Jéricho et son roi, ses pères de nous donner, pays où coulent vaillants soldats. ^Faites le tour de la le laitet lemiel. 'Cesont leurs enfants ville, vous tous les hommes de guerre, qu'il établit à leur place ; et Josué les faites une fois le tour de la ville. Tu a. Guilgal sijjnide aciinn tic rouler. 249 Chap. 0, -•23. JOSUE. feras ainsi pendant six jours. ■'Sept des trompettes. 'Mis firent une fois le prêtres porteront devant l'arche sept tour de la ville, le second jour; puis ils trompettes retentissantes; le septième retournèrent dans le camp. Ils firent jour, vous ferez sept fois le tour de la de même pendant six jours ville ; et les prêtres sonneront des trom- pettes.^ Quand ils sonneront de la corne retentissante, quand vous entendrez le son de la trompette, tout le peuple poussera de grands cris. Alors la mu- raille de la ville s'écroulera, et le peu- ple montera, chacun devant soi. ^Josué, fils de Nun, appela les prê- tres, et leur dit : Portez l'arche de l'al- liance, et que sept prêtres portent sept trompettes retentissantes devant l'ar- che de l'Éternel. "Et il dit au peuple : Marchez, faites le tour de la ville, et cjue les hommes armés passent devant l'arche de l'Éternel. ** Lorsque Josué eut parlé au peuple, les sept prêtres qui portaient devant l'Eternel les sept trompettes retentis- santes se mirent en marche et sonnè- rent des trompettes. L'arche de l'al- liance de l'Éternel allait derrière eux. ^Les hommes armés marchaient de- vant les prêtres qui sonnaient des '^Le septième jour, ils se levèrent de bon matin, dès l'aurore, et ils firent de la même manière sept fois le tour de la ville ; ce fut le seul jour où ils firent sept fois le tour de la ville. '* A la septième fois, comme les prêtres son- naient des trompettes, Josué dit au peuple : Poussez des cris, car l'Eternel vous a livré la ville! ''La ville sera dé- vouée à l'P]ternel par interdit, elle et tout ce qui s'v trouve ; mais on laissera la vie à Rahah la prostituée et à tous ceux qui seront avec elle dans la mai- son, parce qu'elle a caché les messa^ ger« que nous avions envoyés. "*Gar- dez-vous seulement de ce qui sera dévoué par interdit ; car si vous pre- niez de ce que vous aurez dévoué par interdit, vous mettriez le camp d'Is- raël en interdit et vous y jetteriez le trouble. '^Tout l'argent et tout l'or, tous les objets d'airain et de fer, se- ront consacrés à l'Éternel, et entre- ront dans le trésor de l'Eternel. -''LepeupIepoussadescris,etlesprê- des trompettes. '"Josué avait donné cet très sonnèrentdes trompettes. Lorsque trompettes, et l'arrière-garde suivait l'arche ; pendant la marche, on sonnait ordre au peuple : Vous ne crierez point, vous ne ferez point entendre votre voix, et il ne sortira pas un mot de vo- tre bouche, jusqu'au jour où je vous dirai : Poussez des cris ! Alors vous pousserez des cris. "L'arche de l'Eter- nel fit le tour de la ville, elle fit une fois le tour; puis on rentra dans le camp, et l'on y passa la nuit. '-Josué se leva de bon matin, et les prêtres portèrent l'arche de l'Eternel. '^Les sept prêtres qui portaient les sept trompettes retentissantes devant l'ar- che de l'Eternel se mirent en marche et sonnèrent des trompettes. Les hom- mes armés marchaient devant eux, et l'arrière-garde suivait l'arche de l'Éter- nel ; pendant la marche, on sonnait le peuple entendit le son de la trom- pette, il poussa de grands cris, et la muraille s'écroula ; le peuple monta dans la ville, chacun devant soi. Ils s'emparèrent de la ville, -'et ils dé- vouèrent par interdit, au fil de l'épée, tout ce qui était dans la ville, hommes et femmes, enfants et vieillards, jus- qu'aux bœufs, aux brebis et aux ânes. "Josué dit aux deux hommes qui avaient exploré le pays : Entrez dans la maison de la femme prostituée, et faites-en sortir cette femme et tous ceux qui lui appartiennent, comme vous le lui avez juré. -^Les jeunes gens, les espions, entrèrent et firent sortir Rahab, son père, sa mère, ses frères, et tous ceux c|ui lui appartenaient ; ils 250 JOSUE. Chap. 6, -iu-J ,1k. firent sortir tous les fr'ens de sa famille, et ils les déposèrent hors du camp d'Is- raël. -■'Ils brûlèrent la ville et tout ce qui s"v trouvait ; seulement ils mirent dans le trésor de la maison de l'Eternel l'ar- gent, l'or, et tous les objets d'airain et de fer. "Josué laissa la vie à Rahab la prostituée, à la maison de son père, et à tous ceux qui lui appartenaient; elle a habité au milieu d'Israël jusqu'à ce jour, parce qu'elle avait caché les messagers que Josué avait envoyés pour explorer Jéricho. ^^Ce fut alors que Josué jura, en di- sant : Maudit soit devant l'Eternel l'homme qui se lèvera pour rebâtir cette ville de Jéricho ! Il en jettera les fondements au prix de son premier-né, et il en posera les portes au prix de son ])lus jeune fds. -'L'Eternel fut avec Josué, dont la renommée se répandit dans tout le pays. Chap. VIL 'Les enfants d'Israël commirent une infidélité au sujet des choses dévouées par interdit. Acan, fils de Carmi, fils de Zabdi, fils de Zéraclî, de la tribu de Juda, prit des choses dévouées. Et la colère de l'E- ternel s'enflamma contre les enfants d'Israël. ^Josué envoya de Jéricho des hom- mes vers Aï, qui est près de Beth-Aven , à l'orient de Béthel. Il leur dit : Mon- tez, et explorez le pays. Et ces hom- mes montèrent, et explorèrent Aï. ^Ils revinrent auprès de Josué, et lui di- rent : Il est inutile de faire marcher tout le peu])le ; deux ou trois mille hommes suffiront pour battre Aï ; ne donne pas cette fatigue à tout le peu- ple, car ils sonten petit nombre, ^Trois mille hommes environ se mirent en marche, mais ils prirent la fuite de- vant les gens d'Aï. ^Les gens d'Aï leur tuèrent environ trente-six hommes ; ils les poursuivirent depuis la porte jus- qu'à Schebarim, et les battirent à la descente. Le peuple fut consterné et perdit courage. ^ Josué déchira ses vêtements, et se pix)sterna jusqu'au soir le visage con- tre terre devant l'arche de l'Eternel, lui et les anciens d'Israël, et ils se cou- vrirent la tète de poussière. 'Josué dit : Ah! Seigneur Eternel, pourquoi as-tu fait passer le Jourdain à ce peu- ]de, pour nous livrer entre les mains des Anioréens et nous faire périr? Oh ! si nous eussions su rester de l'autre côté du Jourdain ! *De grâce, Seigneur-, que dirai-je, après qu'Israël a tourné le dos devant ses ennemis? "Les Ca- nanéens et tous les habitants du pays ra|iprendront ; ils nous enveloppe- ront, et ils feront disparaître notre nom de la terre. Et que feras-tu pour ton grand nom ? '"L'Eternel dit à Josué : Lève-toi! Pourc{uoi restes-tu ainsi couché sur ton visage ? " Israël a péché ; ils ont transgressé mon alliance que je leur ai prescrite, ils ont ])ris des choses dévouées par interdit, ils les ont dé- robées et ont dissimulé, et ils les ont cachées parmi leurs bagages. '-Aussi les enfants d'Israël ne peuvent-ils ré- sister à leurs ennemis ; ils tourneront le dos devant leurs ennemis, car ils sont sous l'interdit ; je ne serai plus avec vous, si vous ne détruisez pas l'interdit du milieu de vous. '^Lève- toi , sanctifie le peuple. Tu diras : Sanctifiez-vous pour demain ; car ainsi ])arle l'Eternel, le Dieu d'Israël : Il y a de l'interdit au milieu de toi, Israël; tu ne pourras résister à tes ennemis, jusfju'à ce fjue vous ayez ôté l'interdit du milieu de vous. '*Vous vous appro- cherez le matin selon vos tribus ; et la tribu que désignera l'Eternel s'appro- chera ])ar familles, et la famille que désignera l'Eternel s'a])procliera par maisons, et la maison (jue désignera l'Éternel s'approchera par hommes. 251 Chap. 7 , 15-8,9. JOSUE. '^ Celui qui sera désigné. comme ayant le lapida. On les brûla au feu, on les pris de ce qui était dévoué par inter- dit sera brûlé au feu, lui et tout ce qui lui appartient, pour avoir transgresse l'alliance de l'Eternel et commis une infamie en Israël. '^Josué se leva de bon matin, et il fit approcher Israël selon ses tribus, et la tribu de Juda fut désignée. ''Il fît approcher les familles de Juda, et la famille de Zérach fut désignée. 11 fit approcher la famille de Zérach par maisons, et Zabdi fut désigné. '^11 fit approcher la maison de Zabdi par hom- lapida, -*et l'on éleva sur Acan un grand monceau de pierres, qui sub- siste encore aujourd'hui. Et l'Eternel revint de l'ardeur de sa colère. C'est à cause de cet événement qu'on a donné jusqu'à ce jour à ce lieu le nom de vallée d'Acor*. Prise d'Aï. — Autel sur le mont Ebal. Chap. VIII. 'L'Éternel dit à Jo- sué : Ne crains point, et ne t'effraie point ! Prends avec toi tous les gens de guerre, lève-toi, monte contre Aï. mes, et Acan, fils de Carmi, fils de Vois, je livre entre tes mains le roi Zabdi, fils de Zérach, de la tribu de d'Aï et son peuple, sa ville et son Juda, fut désigné. P^js- ^Tu traiteras Aï et son roi com- '"Josué dit à Acan : Mon fils, donne me tu as traité Jéricho et son roi ; seu- gloire à l'Eternel, le Dieu d'Israël, et lement vous garderez pour vous le rends-lui hommage. Dis-moi donc ce butin et le bétail. Place une embus- que tu as fait, ne ine le cache point, cade derrière la ville. ^"Acan répondit à Josué, et dit : 11 est 'Josué se leva avec tous les gens de vrai que j'ai péché contre l'Eternel, le guerre, pour monter contre Aï. Il choi- Dieu d'Israël, et voici ce que j'ai fait, sit trente mille vaillants hommes, qu'il -'J'ai vu dans le butin un beau man- fit partir de nuit, *et auxquels il donna teau de Schinear", deux cents sicles cet ordre : Ecoutez, vous vous mettrez d'argent, et un lingot d'or du poids de en embuscade derrière la ville; ne cinquante sicles; je les ai convoités, vous éloignez pas beaucou]) de la ville, et je les ai pris; ils sont cachés dans et soyez tous prêts. ^Mais moi et tout la terre au milieu de ma tente, et l'ar- le peuple qui est avec moi, nous nous gent est dessous. ^* Josué envoya des approcherons de la ville. Et quand ils gens, qui coururent à la tente; et sortiront à notre rencontre, comme la voici, les objets étaient cachés dans première fois, nous prendrons la fuite la tente d'Acan, et l'argent était des- devant eux. '^ Ils nous poursuivront jus- sous. ^''Ils les prirent du milieu de la qu'à ce que nous les ayons attirés loin tente, les apportèrent à Josué et à de la ville, car ils diront : Ils fuient tous les enfants d'Israël, et les dépo- devant nous, comme la première fois! sèrent devant l'Eternel. Et nous fuirons devant eux. 'Vous sor- "Josué et tout Israël avec lui pri- tirez alors de l'embuscade, et vous rent Acan, fils de Zérach, l'argent, le vous emparerez de la ville, et l'Etcr- manteau, le lingot d'or, les fils et les nel, votre Dieu, la livrera entre vos filles d'Acan, ses bœufs, ses ânes, ses mains. *Quand vous aurez pris la ville, brebis, sa tente, et tout ce qui lui ap- vous y mettrez le feu, vous agifez partenait ; et ils les firent monter dans comme l'Eternel l'a dit : c'est l'ordre la vallée d'Acor. '-^Josué dit : Pour- que je vous donne. "Josué les fit par- quoi nous as-tu troublés? L'Éternel te tir, et ils .allèrent se placer en embus- troublera aujourd'hui. Et tout Israël cade entre Béthel et Aï, à l'occident . a. Schlnear, plaine où était située Babylone. b. Acor dérive d un mol qui signifie troubler 252 JOSUE. Chap. 8, w-si. d'Aï. Mais Josiié passa cette nuit-là au et ils ne purent se sauver d'aucun côté, milieu du peuple. Le peuple qui fuyait vers le désert se '"Josué se leva de bon matin, passa retourna contre ceux qui le poursui- le peuple en revue, et marcha contre vaient;-'car.Josué et tout Israël, voyant Aï, à la tète du peuple, lui et les la ville prise par les hommes de Tem- anciens d'Israël. "Tous les gens de buscade, et la fumée de la ville qui guerre qui étaient avec lui montèrent montait, se retournèrent et battirent et s'approchèrent ; lorsqu'ils furent ar- les gens d'Aï. ^-Les autres sortirent rivés en face de la ville, ils campèrent de la ville à leur rencontre, et les gens au nord d'Aï, dont ils étaient séparés d'Aï furent enveloppés j)ar Israël de par la vallée. '-Josué prit environ cinq toutes parts. Israël les battit, sans leur mille hommes, et les mit en embus- laisser un survivant ni un fuyard ; -''ils cade entre Béthel et Aï, à l'occident prirent vivant le roi d'Aï, et l'amenè- de la ville. '''Après que t(mt le camp rent à .losué. eut pris position au nord de la ville, "Lorsque Israël eut achevé de tuer et l'embuscade à l'occident de la ville, tous les habitants d'Aï dans la campa- Josué s'avança cette nuit-là au milieu gne, dans le désert, où ils l'avaient de la vallée. ]>oursuivi, et que tous furent entière- '■* Lorsque le roi d'Aï vit cela, les ment passés au fil de l'épée, tout Israël gens d'Aï se levèrent en hâte de bon revint vers Aï et la frappa du tranchant matin, et sortirent à la rencontre dis- de l'épée. -''Il y eut au total douze mille raël, pour le combattre. Le roi se di- personnes tuées ce jour-là, hommes et rigea, avec tout son peuple, vers un femmes, tous gens d'Aï. *' Josué ne re- lieu fixé, du côté de la plaine, et il ne tira point sa main cju'il tenait étendue savait pas cju'il y avait derrière la ville avec le javelot, juscju'à ce que tous les une embuscade contre lui. ""Josué et habitants eussent été dévoués par in- tout Israël feignirent d'être battus de- terdit. -'Seulement Israël garda ])our vant eux, et ils s'enfuirent par le che- lui le bétail et le butin de cette ville, min du désert. '"Alors tout le peuple selon l'ordre que l'Eternel avait prcs- qui était dans la ville s'assembla pour crit à Josué. ** Josué brûla Aï, et en fit se mettre à leur poursuite. Ils poursui- à jamais un monceau de ruines, qui virent Josué, et ils furent attirés loin subsiste encore aujourd'hui. -"Il fit de la ville. "II n'y eut dans Aï et dans pendre à un bois le roi d'Aï, et l'y laissa Béthel pas un homme qui ne sortît jusqu'au soir. Au coucher du soleil, Josué ordonna qu'on descendît son ca- davre du bois ; on le jeta à l'entrée de la porte de la ville, et l'on éleva sur lui un grand monceau de ])ierres, qui contre Israël. Ils laissèrent la ville ou verte, et poursuivirent Israël. **L'Eternel dit à Josué : Etends vers Aï le javelot que tu as à la main, car je vais la livrer en ton pouvoir. Et subsiste encore aujourd'hui Josué étendit vers la ville le javelot qu'il avait à la main. '"Aussitôt qu'il ^"Alors Josué bâtit un autel à l'Éter- eut étendu sa main, les hommes en nel, le Dieu d'Israël, sur le mont Ebal, embuscade sortirent précipitamment -"comme Moïse, serviteur de l'iitcrnel, du lieu où ils étaient; ils pénétrèrent l'avait ordonné aux enfants d'Israël, dans la ville, la prirent, et se hâtèrent et comme il est écrit dans le livre de d'y mettre le feu. -"Les gens d'Aï, la loi de Moïse : c'était un autel de ayant regardé derrière eux, virent la pierres brutes, sur lesquelles on ne fumée de la ville monter vers le ciel, porta point le fer. Ils offrirent sur cet 253 Chap. 8,32-9,16. JOSUE. autel des holocaustes à l'Éternel, et ils présentèrent des sacrifices d'ac- tions de grâces. ^*Et là Josué écrivit sur les pierres une copie de la loi que Moïse avait écrite devant les enfants d'Israël. ^n'out Israël, ses anciens, ses offi- ciers et ses juges, se tenaient des deux raël répondirent à ces Héviens : Peut- vêtements ; et tout le pain qu'ils avaient pour nourriture était sec et en miettes. ^IIs allèrent auprès de Josué au camp de Guilgal, et ils lui dirent, ainsi qu'à tous ceux d'Israël : Nous venons d'un pays éloigné, et maintenant laites alliance avec nous. 'Les hommes dis- côtés de l'arche, devant les prêtres, les Lévites, qui portaient l'arche de l'alliance de l'Éternel; les étrangers comme les enfants d'Israël étaient là, moitié du côté du mont Garizim, moi- tié du côté du mont Ébal, selon l'or- être que vous habitez au milieu de nous, et comment ferions-nous al- liance avec vous ? *Ils dirent à Josué : Nous sommes tes serviteurs. Et Josué leur dit : Qui êtes-vous, et d'où venez- vous ? ^Ils lui répondirent : Tes servi- dre qu'avait précédemment donné teurs viennent d'un pays très éloigné. Moïse, serviteur de l'Éternel, de bénir sur le renom de l'Éternel, ton Dieu; le peuple d'Israël. ^*Josué lut ensuite car nous avons entendu parler de lui, toutes les paroles de la loi, les béné- de tout ce qu'il a fait en Egypte, '"et dictions et les malédictions, suivant de la manière dont il a traité les deux ce qui est écrit dans le livre de la loi. ^Ml n'y eut rien de tout ce cjue Moïse avait prescrit, que Josué ne lût en pré- sence de toute l'assemblée d'Israël, des femmes et des enfants , et des étrangers qui marchaient au milieu d'eux. lîtise des Gabaonites. Chap. IX. 'A la nouvelle de ces choses, tous les rois qui étaient en deçà du Jourdain, dans la montagne et dans la vallée, et sur toute la côte de la grande mer, jusque près du Li- ban, les Iléthiens, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens, -s'unirent ensemble rois des Amoréens au delà du Jour- dain, Sihon, roi de Ilesbon, et Og, roi de Basan, qui était à Aschtaroth. "Et nos anciens et tous les habitants de notre pays nous ont dit : Prenez avec vous des provisions pour le voyage, allez au-devant d'eux, et vous leur direz : Nous sommes vos serviteurs, et maintenant faites alliance avec nous. '^Voici notre pain : il était encore chaud quand nous en avons fait provi- sion dans nos maisons, le jour où nous sommes partis pour venir vers vous, et maintenant il est sec et en miettes. ''Ces outres à vin, que nous avons remplies toutes neuves, les voilà dé- chirées; nos vêtements et nos souliers d'un commun accord pour combattre se sont usés par l'excessive longueur contre Josué et contre Israël. 'Les habitants de Gabaon, de leur côté, lorqu'ils apprirent de quelle manière Josué avait traité Jéricho et Aï, ''eurent recours à la ruse, et se mirent en route avec des provisions de voyage. Ils prirent de vieux sacs pour leurs ânes, et de vieilles outres à vin déchirées et recousues, ^ils por- de la marche. ''Les hommes d'Israël prirent de leurs provisions, et ils ne consultèrent point l'Éternel. '^Josué fit la paix avec eux, et conclut une alliance par laquelle il devait leur laisser la vie ; et les chefs de l'assem- blée le leur jurèrent. '^Trois jours après la conclusion de cette alliance, les enfants d'Israël talent à leurs pieds de vieux souliers apprirent qu'ils étaient leurs voisins, raccommodés, et sur eux de vieux et qu'ils habitaient au milieu d'eux. 254 JOSUE. Chap. 0,ii-l(). '^Car les enfants d'Israël partirent, et arrivèrent à leurs villes le troisième jour; leurs villes étaient Gabaon, Ke- [)hira, Beéroth et Kirjath-Jearim. '*Ils ne les fra])pèrent point, parce que les chefs de rassemblée leur avaient juré j)ar l'Eternel, le Dieu d'Israël, de leur laisser la vie. Mais toute l'assemblée murmura contre les chefs. '^Et tous les chefs dirent à toute l'assemblée : Nous leur avons juré par l'Eternel, le Dieu d'Israël, et maintenant nous ne pouvons les toucher. ^"Voici comment nous les traiterons : nous leur laisse- rons la vie, afin de ne pas attirer sur nous la colère de l'Eternel, à cause du serment que nous leur avons fait. *'IIs vivront, leur dirent les chefs. Mais ils furent employés à couper le bois et à puiser l'eau pour toute l'assemblée, comme les chefs le leur avaient dit. "Josué les fit appeler, et leur parla ainsi : Pourquoi nous avez-vous trom- ])és, en disant : Nous sommes très éloignés de vous, tandis que vous ha- bitez au milieu de nous ? -'Maintenant vous êtes maudits, et vous ne cesserez point d'être dans la servitude, de cou- per le bois et de puiser l'eau pour la maison de mon Dieu. -■'Ils répondirent à Josué, et dirent : On avait rapporté à tes serviteurs les ordres de l'Eternel, ton Dieu, à Moïse, son serviteur, ])our vous livrer tout le pays et pour en dé- truire devant vous tous les habitants, et votre présence nous a inspiré une grande crainte pour notre vie : voilà pourquoi nous avons agi de la sorte. -^Et maintenant nous voici entre tes mains ; traite-nous comme tu trouve- ras bon et juste de nous traiter. -^Jo- sué agit à leur égard comme il avait été décidé; il les délivra de la main des enfants d'Israël, qui ne les firent pas mourir ; -" mais il les destina dès ce jour à couper le bois et à puiser l'eau pour l'assemblée, et pour l'autel de ri'^lernel dans le lieu que l'Eternel choisirait : ce qu'ils font encore au- jourd'hui. Grande bataille près de Gabaon; conquêtes dans le midi. Chap. X. 'Adoni-Tsédek, roi de Jérusalem, apprit que Josué s'était emparé d'Aï et l'avait dévouée par interdit, qu'il avait traité Aï et son roi comme il avait traité Jéricho et son roi, et que les habitants de Gabaon avaient fait la paix avec Israël et étaient au milieu d'eux. -II eut alors une forte crainte; car Gabaon était une grande ville, comme une des villes royales, plus grande même qu'Aï, et tous ses hommes étaient vaillants. 'Adoni-Tsé- dek, roi de Jérusalem, fit dire à IIo- ham, roi d'IIébron, à Piream, roi de Jarmuth, à Japhia, roi de Lakis, et à Debir, roi d'Eglon : ■'Montez vers moi, et aidez-moi, afin que nous frappions Gabaon, car elle a fait la paix avec Josué et avec les enfants d'Israël. ^Cinq rois des Amoréens, le roi de Jérusalem, le roi d'Hébron, le roi de Jarmuth, le roi de Lakis, le roi d'Eglon, se réunirent ainsi et montèrent avec toutes leurs armées; ils vinrent cam- per près de Gabaon, et l'attaquèrent. ^Les gens de Gabaon envoyèrent dire à Josué, au camp de Guilgal : N'abandonne pas tes serviteurs, monte vers nous en hâte, délivre-nous, donne- nous du secours; car tous les rois des Amoréens, qui habitent la montagne, se sont réunis contre nous 'Josué monta de Guilgal, lui et tous les tjens de g^uerre avec lui, et tous les A'aillants hommes. "L'Eternel dit à Josué : Ne les crains point, car je les livre entre tes mains, et aucun d'eux ne tiendra devant toi. ^ Josué arriva subitement sur eux, après avoir mar- ché toute la nuit depuis Guilgal. '"L'Eternel les mit en déroute devant Israël ; et Israël leur fit éprouver une gr rande défaite, les poursuivit sur le 255 17 Chap. 10,11-28. JOSUE. chemin qui monte à Beth-Horon, et furent plus nombreux que ceux qui les battit jusqu'à Azéka et à Mak- furent tués avec l'épée par les enfants kéda. "Comme ils fuyaient devant Is- d'Israël, raël , et qu'ils étaient à la descente de Beth-Horon, l'Eternel fit tomber '-Alors Josué parla à l'Éternel, le du ciel sur eux de grosses pierres jus- jour où l'Eternel livra les Amoréens qu'à Azéka, et ils périrent; ceux qui aux enfants d'Israël, et il dit en pré- moururent par les pierres de grêle sence d'Israël : Soleil, arrête-toi sur Gabaon, Et toi, lune, sur la vallée d'Ajalon ! "Et le soleil s'arrêta, et la lune suspendit sa course, Jusqu'à ce que la nation eût tiré vengeance de ses ennemis. Cela n'est-il pas écrit dans le livre du Juste ? Le soleil s'arrêta au milieu du ciel. Et ne se hâta point de se coucher, presque tout un jour. '■'Il n'y a point eu de jour comme de la caverne, faites-en sortir ces cinq celui-là, ni avant ni après, où l'Eter- rois, et amenez-les-moi. -^Ils firent nel ait écouté la voix d'un homme; ainsi, et lui amenèrent les cinq rois, car l'Eternel combattait pour Israël, qu'ils avaient fait sortir de la caverne. le roi de Jérusalem, le roi d'Hébron, le roi de Jarmuth, le roi de Lakis, le roi d'Eglon. ^■'Lorsqu'ils eurent amené ces rois devant Josué, Josué appela tous les hommes d'Israël, et dit aux chefs des gens de guerre qui avaient marché avec lui : Approchez-vous , mettez vos pieds sur les cous de ces '^Et Josué, et tout Israël avec lui, re- tourna au camp à Guilgal. '^Les cinq rois s'enfuirent, et se ca- chèrent dans une caverne à Makkéda. ''On le rapporta à Josué, en disant : Les cinq rois se trouvent cachés dans une caverne à Makkéda, '*Josué dit : Roulez de grosses pierres à l'entrée rois. Ils s'approchèrent, et ils mirent de la caverne, et mettez-y des hom- les pieds sur leurs cous. ^^ Josué leur mes pour les garder. '^Et vous, ne dit : Ne craignez point et ne vous vous arrêtez pas, poursuivez vos enne- effrayez point, fortifiez-vous et ayez mis, et attaquez-les par derrière; ne du courage, car c'est ainsi que l'Eter- les laissez pas entrer dans leurs villes, nel traitera tous vos ennemis contre car l'Eternel, votre Dieu, les a livrés lesquels vous combattez. -'^Après cela, entre vos mains. Josué les frappa et les fit mourir; il ^^ Après que Josué et les enfants les pendit à cinq arbres, et ils restè- d'Israël leur eurent fait éprouver une rent pendus aux arbres jusqu'au soir, très grande défaite, et les eurent com- *'Vers le coucher du soleil, Josué or- plètement battus , ceux qui purent donna qu'on les descendît des arbres ; échapper se sauvèrent dans les villes on les jeta dans la caverne où ils fortifiées, ^' et tout le peuple revint s'étaient cachés, et l'on mit à l'entrée tranquillement au camp vers Josué à de la caverne de grosses pierres, qui Makkéda, sans que personne remuât y sont demeurées jusqu'à ce jour, sa langue contre les enfants d'Israël. ^^ Josué prit Makkéda le même jour, ^- Josué dit alors : Ouvrez l'entrée et la frappa du tranchant de l'épée; il 256 JOSUE. CItap. IO,yj-1 1,6. dévoua par interdit le roi, la ville et tous ceux qui s'y trouvaient; il n'en laissa échapper aucun, et il traita le roi de Makkéda comme il avait traité le roi de Jéricho. ->*Josué, et tout Israël avec lui, passa de Makkéda à Libna, et il attaqua Libna ■'"L'I'^ternel la livra aussi, avec son roi, entre les mains d'Israël, et la frappa du tranchant de Tépée, elle et tous ceux qui s'y trouvaient ; il n'en laissa échapper aucun, et il traita son roi comme il avait traité le roi de Jé- richo. •" Josué, et tout Israël avec lui, passa de Libna à Lakis ; il campa devant elle, et il l'attaqua. ''-L'Eternel livra Lakis entre les mains d'Israël, qui la prit le second jour, et la frappa du tranchant de l'épée, elle et tous ceux qui s'y trouvaient, comme il avaittraité Libna. ^■' Alors Iloram, roi de Guézer, monta pour secourir Lakis. Josué le battit. dévouèrent par interdit tous ceux qui s'y trouvaient, sans en laisser échap- per aucun; Josué traita Debir et son roi comme il avait traité Hébron et comme il avait traité Libna et son roi. "•"Josué battit tout le pays, la mon- tagne, le midi, la plaine et les coteaux, et il en battit tous les rois ; il ne laissa échapper personne, et il dévoua par interdit tout ce qui respirait, comme l'avait ordonné l'Eternel, le Dieu d'Is- raël. ^Uosué les battit de Kadès-Bar- néa à Gaza, il battit tout le pays de Gosen jusqu'à Gabaon. *-Josué prit en même temps tous ces rois et leur pavs, car l'Eternel, le Dieu d'Israël, com- battait pour Israël. •''Et Josué, et tout Israël avec lui, retourna au camp à Guilgal. Grande bataille près des eaux de Mérom : con- i/iiclcs dans le nord et dans le reste du pays. Chfip. XI. 'Jabin, roi de Hatsor, lui et son peuple, sans laisser échap- ayant appris ces choses, envoya des messagers à Jobab, roi de Madon, au roi de Schimron, au roi d'Acschaph, -aux rois qui étaient au nord dans la montagne, dans la plaine au midi de Kinnéreth, dans la vallée, et sur les ])er personne. '^Josué, et tout Israël avec lui, passa de Lakis à Eglon ; ils campèrent de- vant elle, et ils l'attaquèrent. ^^Ils la prirent le même jour, et la frappèrent du tranchant de l'épée, elle et tous ceux qui s'y trouvaient; Josué la dé- voua par interdit le jour même, comme il avait traité Lakis. ^^ Josué, et tout Israël avec lui, monta d'Églon à Hébron, et ils l'attaquèrent ^'Ils la prirent, et la frappèrent du tranchant de l'épée, elle, son roi, tou- tes les villes qui en dépendaient, et tous ceux qui s'y trouvaient ; Josué n'en laissa échapper aucun, comme il avait fait à Eglon, et il la dévoua par interdit avec tous ceux qui s'y trou- vaient. ^*Josué, et tout Israël avec lui, se dirigea sur Debir, et il l'attaqua. '"Il la prit, elle, son roi, et toutes les vil- les qui en dépendaient ; ils les frap- pèrent du tranchant de l'épée, et ils hauteurs de Dor à l'occident, 'aux Cananéens de l'orient et de l'occident, aux Amoréens, aux Iléthiens, aux Phé- réziens, aux Jébusiens dans la mon- tagne, et aux Reviens au pied de l'IIer- mon dans le pays de Mitspa. ''Ils sortirent, eux et toutes leurs armées avec eux, formant un peuple innom- brable comme le sable qui est sur le bord de la mer, et avant des chevaux et des chars en très grande quantité. ^Tous ces rois fixèrent un lieu de réu- nion, et vinrent camper ensemble près des eaux de Mérom, pour com- battre contre Israël. "L'Eternel dit à Josué : Ne les crains point, car demain, à ce moment-ci, je les livrerai tous frappés devant Israël. Tu couperas les jarrets à leurs che- 257 Chnp. 11,1-12,. JOSUE. vaux, et tu brûleras au feu leurs chars. 'Josué, avec tous ses gens de guerre, arriva subitement sur eux près des eaux de Mérom, et ils se précipitèrent au milieu d'eux. ^L'Eternel les livra entre les mains d'Israël; ils les batti- rent et les poursuivirent jusqu'à Sidon la grande, jusqu'à Misrephoth-Maïm, et jusqu'à la vallée de Mitspa vers l'orient ; ils les battirent, sans en lais- ser échapper aucun. Mosué les traita comme l'Eternel lui avait dit; il coupa les jarrets à leurs chevaux, et il brûla leurs chars au feu. '"A son retour, et dans le même temps, Josué prit Ilatsor, et frappa son roi avec l'épée Ilatsor était autrefois la principale ville de tous ces royaumes. "On frappa du tranchant de l'épée et l'on dévoua par interdit tous ceux qui s'y trouvaient, il ne resta rien de ce qui respirait, et l'on mit le feu à Ilatsor. mon. Il prit tous leurs rois, les frappa et les fit mourir. '*La guerre que sou- tint Josué contre tous ces rois fut de longue durée. ''•'Il n'y eut aucune ville qui fît la paix avec les enfants d'Israël, excepté Gabaon habitée par les Hé- viens ; ils les prirent toutes en combat- tant. -"Car l'Éternel permit que ces peuples s'obstinassent à faire la guerre contre Israël, afin qu'Israël les dévouât par interdit, sans qu'il y eût pour eux de miséricorde , et qu'il les détrui- sît, comme l'Eternel l'avait ordonné à Moïse. '-'Dans le même temps, Josué se mit en marche, et il extermina les Anakim de la montagne d'Hébron, de Debir, d'Anab, de toute la montagne de Juda et de toute la montagne d'Israël ; Josué les dévoua par interdit, avec leurs vil- les. "Il ne resta point d'Anakim dans le pays des enfants d'Israël ; il n'en '-Josué prit aussi toutes les villes de resta qu'à Gaza, à Gath et à Asdod. ces rois et tous leurs rois, et il les -^Josué s'empara donc de tout le frappa du ti-anchantde l'épée, et il les pays, selon tout ce que l'Eternel avait dévoua par interdit, comme l'avait or- donné Moïse, serviteur de l'Eternel. '^Mais Israël ne brûla aucune des villes situées sur des collines, à l'exception seulement de Hatsor qui fut brûlée par Josué. '*Les enfants d'Israël gardèrent pour eux tout le butin de ces villes et le bétail; mais ils frappèrent du tran- chant de l'épée tous les hommes, jus- dit à Moïse. Et Josué le donna en hé- ritage à Israël, à chacun sa portion, d'après leurs tribus. Puis, le pays fut en repos et sans guerre. Rois vaincus. Chnp. XII. 'Voici les rois que les enfants d'Israël battirent, et dont ils possédèrent le pays de l'autre côté du qu'à ce qu'ils les eussent détruits, sans Jourdain, vers le soleil levant, depuis rien laisser de ce qui resjiirait. ""Josué exécuta les ordres de l'Eternel à Moïse, son serviteur, et de Moïse à Josué, il ne négligea rien de tout ce que l'Eter- nel avait ordonné à Moïse. le torrent de l'Arnon jusqu'à la mon- tagne d'Hermon, avec toute la plaine à l'orient -Sihon, roi des Amoréens, qui habi- tait à Ilesbon. Sa domination s'éten- '^ C'est ainsi que Josué s'empara de dait depuis Aroër, qui est au bord du tout ce pays, de la montagne, de tout le midi, de tout le pays de Gosen, de la vallée, de la plaine, '"de la montagne d'Israël et de ses vallées , depuis la montagne nue qui s'élève vers Séir jusqu'à Baal-Gad, dans la vallée du Li- ban, au pied de la montagne d'Her- torrentde l'Arnon, et, depuis le milieu du torrent, sur la moitié de Galaad, jusqu'au torrent de Jabbok, frontière des enfants d'Ammon; *sur la plaine, jusqu'à la mer de Kinnéreth à l'orient, et jusqu'à la mer de la |)laine, la mer Salée, à l'orient vers Beth-Jeschimoth ; 258 JOSUE. Chap. 12, ',-13,1. etducôtédu midi, sur le pied du Pisga. tliiens, des Amoréens, des Cananéens, ••Og, roi de Basan, seul reste des des Phéréziens, des Héviens et des Hephaïm, qui habitait à Aschtaroth et Jébusiens. à Edréï. ^Sa domination s'étendait sur 'Le roi de Jéricho, un; le roi d'Aï, la montagne d'Hermon, sur Salca, sur près de Béthel, un; '"le roi de Jérusa- tout Basan jusqu'à la frontière des lem, un; le roi d'Hébron, un; "le roi Gueschuriens et des Maacathiens, et de Jarmuth, un; le roi de Lakis, un; sur la moitié de Galaad, frontière de '-le roi d'Eglon, un; le roi de Guézer, Sihon, roi de Hesbon. un; '^le roi de Debir, un; le roi de 'Moïse, serviteur de l'Eternel, et Guéder, un ; "le roi de Horma, un ; le les enfants d'Israël, les battirent; et roi d'Arad, un; '^le roi de Libna, un; Moïse, serviteur de l'Eternel, donna le roi d'Adullam, un; '"le roi de Mak- leur pays en possession aux Rubénites, kéda, un; le roi de Béthel, un; '"le roi aux Gadites, et à la moitié de la tribu de Tappuach, un; le roi de Héplier, de Manassé. un ; '*le roi d'Aphek, un ; le roi de Las- 'Voici les rois que Josué et les en- charon, un ; '"le roi de Madon, un; le fants d'Israël battirent de ce côté-ci du roi de Hatsor, un ; ^°le roi de Schimron- Jourdain, à l'occident, depuis Raal- Meron, un ; le roi d'Acschaph, un ; '-'le Gad dans la vallée du Liban jusqu'à la roi de Taanac, un ; le roi de Meguiddo, montagne nue qui s'élève vers Séir. un; --le roi de Kédesch, un; le roi de Josué donna leur pays en possession Jokneam, au Carmel, un; -^le roi de aux tribus d'Israël, à chacune sa por- Dor, sur les hauteurs de Dor, un; le tion, *dans la montagne, dans la vallée, roi de Gojim, près de Guilgal, un ; -''le dans la plaine, sur les coteaux, dans le roi de Thirtsa, un. Total des rois : désert, et dans le midi : pays des Hé- trente-un. PARTAGE DU PAYS DE CANAAN. {Chap. lS-2't.) Partage du pays à l'orient fin Jourdain. CJiap. XIII. 'Josué était vieux, Avvicns; ^à partir du midi, tout le pays avancé en âge. L'Eternel lui dit alors : des Cananéens, et Meara qui est aux Tu es devenu vieux, tu es avancé en Sidoniens, jusqu'à Aphek, jusqu'à la âge, et le pays qui te reste à soumettre frontière des Amoréens ; Me pays des est très grand. -Voici le pays qui reste: Guiblicns, et tout le Liban vers le so- tous les districts des Philistins et tout leil levant, depuis Baal-Gad au pied de le territoire des Gueschuriens, ^depuis la montagned'Hermon jusqu'à l'entrée le Schichor qui coule devant l'Egypte de Ilamath; «tous les habitants de la jusqu'à la frontière d'Ekron au nord, montagne depuis le Liban justpi'à contrée qui doit être tenue pour cana- Misrephoth-Maïm, tous les Sidoniens. néenne, et qui est occupée par les cinq Je les chasserai devant les enfants princes des Philistins, celui de Gaza, d'Israël. Donne seulement ce pays en celui d'Asdod, celui d'Askalon, celui héritage par le sort à Israël, comme de Gath et celui d'Ekron, et par les je te l'ai prescrit; "et divise mainle- 259 Chap. 13,s- 33. JOSUE. nant ce pays par portions entre les lui et les princes de Madian, Évi, Ré- keni, Tsur, Hur et Réba, princes qui relevaient de Sihon et qui habitaient neuf tribus et la demi-tribu de Ma nasse. *Les Rubénites et les Gadites, avec l'autre moitié de la tribu de Manassé, ont reçu leur héritage, que Moïse leur a donné de l'autre côté du Jourdain, à l'orient, comme le leur a donné Moïse, serviteur de l'Eternel : ^depuis Aroër sur les bords du torrent de l'Arnon, et depuis la ville qui est au milieu de la vallée, toute la plaine de Médeba, jus- dans le pays. -^ Parmi ceux que tuèrent les enfants d'Israël, ils avaient aussi fait périr avec l'épée le devin Balaam, fds de Beor. ^^Le Jourdain servait de limite au territoire des fils de Ruben. Voilà l'héritage des fils de Ruben se- lon leurs familles ; les villes et leurs villages. -■'Moïse avait donné à la tribu de qu'à Dibon; "toutes les villes de Sihon, Gad, aux fils de Gad, une part selon roi des Amoréens, qui régnait à Iles- leurs familles. ^^Ils eurent pour terri- bon, jusqu'à la frontière des enfants toircJaezer, toutes les villes de Galaad, d'Ammon ; "Galaad, le territoire des la moitiédu paysdesenfants d'Ammon GueschuriensetdesMaacathiens, toute jusqu'à Aroër vis-à-vis de Rabba, ^*de- la montagne d'IIermon, et tout Basan, puis Hesbon jusqu'à Ramath-Mitspé jusqu'à Salca ; *-tout le royaume d'Og et Bcthonim, depuis Mahanaïm jusqu'à en Basan, qui régnait à Aschtaroth et la frontière de Debir, -'et, dans laval- à Edréï, et qui était le seul reste des lée, Beth-Haram, Beth-Nimra, Succoth Rephaïm. Moïse battit ces rois, et les et Tsaphon, reste du royaume de Si- chassa. '^Mais les enfants d'Israël ne hon, roi de Hesbon, ayant le Jourdain chassèrent point les Gueschuriens et pour limite jusqu'à l'extrémité de la les Maacathiens, qui ont habité au mi- mer de Kinnéreth de l'autre côté du lieu d'Israël jusqu'à ce jour. Jourdain, à l'orient. -''Voilà l'héritage '■•La tribu de Lévi fut la seule à la- des fils de Gad selon leurs familles; quelle Moïse ne donna point d'héri- les villes et leurs villages. tage ; les sacrifices consumés par le 'Moïse avait donné à la demi-tribu feu devant l'Eternel, le Dieu d'Israël, de Manassé, aux fils de Manassé, une tel fut son héritage, comme il le lui part selon leurs familles. ""Ils eurent avait dit. pour territoire, à partir de Mahanaïm, '^Moïse avait donné à la tribu des tout Basan, tout le royaume d'Og, roi fils de Ruben une part selon leurs fa- de Basan, et tous les bourgs de Jaïren milles. "Ils eurent pour territoire, à Basan, soixante villes. "'La moitié de partir d'Aroër sur les bords du torrent Galaad, Aschtaroth et Edréï, villes du de l'Arnon, et de la ville qui est au royaume d'Og en Basan, échurent aux milieu de la vallée, toute la plaine près fils de Makir, fils de Manassé, à la de Médeba, "Hesbon et toutes ses vil- moitié des fils de Makir, selon leurs les dans la plaine, Dibon, Bamoth- familles. Baal, Beth-Baal-Meon, "*Jahats, Kedé- "'-Telles sont les parts que fit Moïse, moth, Méphaath, '^Kirjathaïm, Sibma, lorsqu'il étaitdans les plaines de Moab, Tséreth-Haschachar sur la montagne de l'autre côté du Jourdain, vis-à-vis de la vallée, -"Beth-Peor, les coteaux de Jéricho, à l'orient, du Pisga, Beth-Jeschimoth, ^'toutes ""Moïse ne donna point d'héritage à les villes de la plaine, et tout le royau- la tribu de Lévi; l'Eternel, le Dieu me de Sihon, roi des Amoréens, qui d'Israël, tel fut son héritage, comme régnait à Hesbon : Moïse l'avait battu, il le lui avait dit. 260 JOSUE. Chap. 14, 1-15, c. Partage du pays à l'occident du Joiirduin. Le territoire d'I/ébron accordé à Caleb. Chap. XIV. 'Voici ce que les en- d'hui de quatre-vingt-cinq ans. "Je fants d'Israël reçurent en héritage dans suis encore vigoureux comme au jour le pays de Canaan, ce que partagèrent où Moïse m'envoya; j'ai autant de entre eux le prêtre Eléazar, Josué, force que j'en avais alors, soit pour fils de Nun, et les chefs de famille des combattre, soit pour sortir et pour en- tribus des enfants d'Israël. -Le partage trer. '- Donne-moi donc cette montagne eut lieu d'après le sort, comme l'Eter- dont l'Eternel a parlé dans ce temps- nel l'avait ordonné par Moïse, pour les là; car tu as appris alors qu'il s'y trouve neuf tribus et pour la demi-tribu. 'Car des Anakim, et qu'il y a des villes Moïseavaitdonné un héritageauxdeux grandes et fortifiées L'Eternel sera tribus et à la demi-tribu de l'autre côté peut-être avec moi, et je les chasserai, du Jourdain ; mais il n'avait point don- comme l'Eternel a dit. né aux Lévites d'héritage parmi eux. '^Josué bénit Caleb, fils de Jephun- *Les fils de Joseph formaient deux tri- né, et il lui donna Ilébron pour héri- bus, Manassé et Éphraïm ; et l'on ne tage. ''C'est ainsi que Caleb, fils de donna point de part aux Lévites dans Jephunné, le Kenizien, a eu jusqu'à ce le pays, si ce n'est des villes pour ha- jour Ilébron pour héritage, parce qu'il bitation , et les banlieues pour leurs avait pleinement suivi la voie de l'E- troupeaux et pour leurs biens. ^Les ternel, le Dieu d'Israël. ''^Hébron s'ap- enfants d'Israël se conformèrent aux pelait autrefois Kirjath-Arba : Arba ordres que l'Eternel avait donnés à avait été l'homme le plus grand parmi Moïse, et ils partagèrent le pays. les Anakim. '^Les fils de Juda s'approchèrent de Le pays fut dès lors en repos et sans Josué, à Guilgal ; et Caleb, fils de Je- phunné, le Kenizien, lui dit : Tu sais ce que l'Eternel a déclaré à Moïse, homme de Dieu, au sujet de moi et au guerre. Territoire écliu à la tribu de Juda. C/iaj). XW 'La part échue par le sujet de toi, à Kadès-Barnéa. 'J'étais sort à la tribu des fils de Juda, selon âgé de quarante ans lorsque Moïse, leurs familles, s'étendait vers la fron- serviteur de l'Eternel, m'envoya de tière d'Edom jusqu'au désert de Tsin, Kadès-Barnéa pour explorer le pays , au midi, à l'extrémité méridionale, et je lui fis un rapport avec droiture -Ainsi, leur limite méridionale par- de cœur. ^Mes frères qui étaient mon- tait de l'extrémité de la mer Salée, de tés avec moi découragèrent le ])euple, la langue qui fait face au sud. 'Elle se mais moi je suivis pleinement la voie prolongeait au midi de la montée d'A- de l'Éternel, mon Dieu. 'Et ce jour-là krabbim, passait ])ar Tsin, et montait Moïse jura, en disant : Le pays que au midi de Kadès-Barnéa; elle passait ton pied a foulé sera ton héritage à de là par Hetsron, montait vers Addar, |)erpétuité, pour toi et pour tes en- et tournait à Karkaa ; 'elle passait en- fants, parce que tu as pleinement suivi suite par Atsmon, et continuait jus- la voie de l'Éternel, mon Dieu. '"Main- qu'au torrent d'Egypte, pour aboutir tenant voici, l'Eternel m'a fait vivre, comme il l'a dit. Il y a quarante-cinq ans que l'Eternel parlait ainsi à Moïse, lorsque Israël marchait dans le désert; et maintenant voici, je suis âgé aujour- à la mer. Ce sera votre limite au midi. ^La limite orientale était la mer Sa- lée jusqu'à l'embouchure du Jourilain. ^La limite septentrionale partait de la langue de mer qui est à l'embou- 261 Chap. lo, 7-i6. JOSUE. chure du Jourdain. Elle montait vers à celui qui battra Kirjath-Sépher et Beth-Hogla, passait au nord de Bcth- qui la prendra. '"Othniel, fdsde Kenaz, Araba, et s'élevait jusqu'à la pierre de frère de Caleb, s'en empara ; et Caleb Bohan, fds de Ruben ; 'elle montait à Debir, à quelque distance de la vallée d'Acor, et se dirigeait vers le nord du côté de Guilgal, qui est vis-à-vis de la montée d' Adummim au sud du torrent. Elle passait près des eaux d'En-Sché- lui donna pour femme sa fdle Acsa. '^Lorsqu'elle fut entrée chez Othniel, elle le sollicita de demander à son père un champ. Elle descendit de des- sus son àne , et Caleb lui dit : Qu'as- tu ? '^EUe répondit : Fais-moi un pré- mesch, et se prolongeait jusqu'à En- sent, car tu m'as donné une terre du Roguel. *Elle montait de là par la val- lée de Ben-Hinnom au côté méridional de Jebus, qui est Jérusalem, puis s'éle- vait jusqu'au sommet de la montagne, qui est devant la vallée de Hinnom à l'occident, et à l'extrémité de la vallée midi ; donne-moi aussi des sources d'eau. Et il lui donna les sources su- périeures et les sources inférieures. ^"Tel fut l'héritage des fds de Juda, selon leurs familles. -'Les villes situées dans la contrée des Rephaïm au nord. ^Du sommet de du midi, à l'extrémité de la tribu des la montagne elle s'étendait jusqu'à la fds de Juda, vers la frontière d'Edom, source des eaux de Nephthoach, con- étaient: Kabtseel, Eder, Jagur, -Rina, tinuait vers les villes de la montagne Dimona, Adada, ^^Kédesch, Ilatsor, d'Éphron, et se prolongeait par Baala, Ithnan, "Zi])h, Thélem, Bealoth, -Hiat- qui est Kirjath-Jearim. '"De Baala elle sor-Iladattha, Kerijoth-Hetsron, qui tournait à l'occident vers la montagne est Hatsor, -'''Amam, Schéma, Molada, de Séir, traversait le côté septentrional "Hatsar-Gadda, Heschmon, Beth-Pa- de la montagne de Jearim, à Kesalon, leth, -^Hatsar-Schual , Beer-Schéba, descendait à Beth-Schémesch, et pas- Bizjothja, -'•'Baala, Ijjim, Atsem, ^^El- saitparThimna."Ellecontinuaitsurle tholad, Kesil, Horma, ^'Tsiklag, Mad- côté septentrional d'Ekron, s'étendait manna, Sansanna, ''^Lebaoth, Schil- vers Schicron, passait par la montagne him, Ain, et Rimmon. Total des villes: de Baala, et se prolongeait jusqu'à vingt-neuf, et leurs villages. Jabneel, pour aboutir à la mer. '^Dans la plaine : Eschthaol, Tsorea, '^Lalimiteoccidentaleétaitlagrande Aschna, ^''Zanoach, En-Gannim, Tap- mer". puach, Enam, '^^Jarmuth, Adullam, Telles furent de tous les côtés les Soco, Azéka, '"'Schaaraïm, Adithaïm, limites des fds de Juda, selon leurs Guedéra, et Guedérothaïm ; quatorze familles. villes, et leurs villages. ^"Tsenan, Ha- '^On donna à Caleb, fds de Jephun- dascha, Migdal-Gad, ^^Dilean, Mitspé, né, une part au milieu des fds de Juda, Joktheel, ''■'Lakis, Botskath , Eglon, comme l'Eternel l'avait ordonné à Jo- ■'"Cabbon, Lachmas, Kithlisch, "Gue- sué; on lui donna Kirjath-Arba, qui déroth, Beth-Dagon, Naama, et Mak- estHébron : Arba était le père d'Anak. kéda; seize villes, et leurs villages. '■*Caleb en chassa les trois fds d'Anak: Schéschaï, Ahiman et Talmaï, enfants d'Anak. '^De là il monta contre les habitants de Debir : Debir s'appelait autrefois Kirjath-Sépher. '^ Caleb dit : '''^Libna, Ether, Aschan, ''^Jiphtach, Aschna, Netsib, "Keïla, Aczib, et Maréscha; neuf villes, et leurs villa- ges. ''^Ekron, les villes de son ressort et ses villages; ''"depuis Ekron et à Je donnerai ma fille Acsa pour femme l'occident, toutes les villes près d'As- a. La mer Médileiranée, 262 JOSUE. Cliap. Id,u--17,'i. dod, et leurs villages, "Asdod, les ^Voici les limites des fds d'Éphraïm, villes de son ressort, et ses villages; selon leurs familles. Gaza, les villes de son ressort, et ses La limite de leur héritage était, à villages, jusqu'au torrent d'Egypte, et l'orient, Atharoth-Addar jus(|u'à Betli- à la grande mer qui sert de limite. Horon la haute. ^EUe continuait du •"*Dans la montagne : Schamir, Jat- côté de l'occident vers Micmethathau thir, Soco, ''^Danna, Rirjath-Sanna, nord, tournait à l'orient vers Thaa- qui est Debir, ^"Anab, Eschthemo, nath-Silo, et passait dans la direction Anim, ^'Gosen, llolon, et Guilo ; onze de l'orient par Janoach. "De Janoach villes, et leurs villages. *"Arab, Duma, elle descendait à Atharoth et à Naa- Eschean , ^^.lanum , Beth-Ta|)puach , ratha, touchait à Jéricho, et se pro- Aphéka, "Ilumta, Kirjath-Aiba, qui longeait juscpi'au Jourdain. ^De Tap- est Hébron, et Tsior; neuf villes, et puach elle allait vers l'occident au leurs villages. ^^Maon, Carmel, Ziph, torrent de Kana, pour aboutir à la mer. Juta, ^"Jizreel, Jokdeam , Zanoach , Tel fut l'héritage de la tribu des '^"Ivaïn, Guibea, et Thimna; dix villes, fds d'Ephraïm, selon leurs familles, et leurs villages. ^**Ilalhul, Beth-Tsur, ^Les fils d'Ephraïm avaient aussi Guedor, ^^Maarath , Beth-Anoth , et des villes séparées au milieu de l'hé- l*]lthekon; six villes, et leurs villages, ritage des fils de Manassé, toutes avec •^Mvirjath-Baal, qui est Kirjath-Jearim, leurs villages, et Rabba; deux villes, et leurs villages. '"Ils ne chassèrent point les Cana- •^'Dans le désert . Beth-Araba, Mid- néens qui habitaient à Guézer, et les din, Secaca, •'-Nibschan, Ir-llammé- Cananéens ont habité au milieu d'E- lach", et En-Guédi ; six villes, et leurs phraïm jusqu'à ce jour, mais ils furent villages. assujettis à un tribut. 'Les fils de Juda ne purent pas chasser les Jébusiens qui habitaient à Jérusalem, et les Jébusiens ont habité avec les fils de Juda à Jérusalem jus- qu'à ce jour. Territoire échu ti la tribu d' Hplirnïiu. Chap. XYI. 'La part échue par le sort aux fils de Joseph s'étendait de- puis le Jourdain |)rès de Jéricho, vers les eaux de Jéricho, à l'orient. La Territoire échu à la demi-tribu de Manasué. Cliap. XVII. 'Une part échut aussi par le sort à la tribu de Manassé, car il était le premier-né de Joseph. Ma- kir, premier-né de Manassé et père de Galaad, avait eu Galaad et Basan, parce qu'il était un homme de guerre. ^On donna par le sort une part aux autres fils de Manassé , selon leurs familles , aux fils d'Abiézer, aux fils limite suivait le désert qui s'élève de de Hélek, aux fils d'Asriel, aux fils de Jéricho à Béthel par la montagne. Sichem, aux fils de Hé])her, aux fils -Elle continuait de Béthel à Luz, et de Schemida : ce sont là les enfants passait vers la frontière des Arkiens inàles de Manassé, fils de Joseph, se- |)ar Atharoth. -'Puis elle descendait à Ion leurs familles. ^Tselophchad, fils l'occident vers la frontière des Jajihlé- de Hé])her, fils de Galaad, fils de Ma- ihiens jusqu'à celle de Beth-Horon la kir, fils de Manassé, n'eut point de basse et jusqu'à Guézer, pour aboutir fils, mais il eut des filles dont voici à la mer. ''C'est là que reçurent leur les noms : Machla, Noa, Hogla, Milca héritage les fils de Joseph, Manassé et Thirtsa. ■'Elles se présentèrent de- et Ephraïm. vaut le prêtre Éléazar, devant Josué, a. La ville du sel. 263 Chap. 17 , 0-18, 5. JOSUE. fils de Nun, et devant les princes, seule part, tandis que nous formons en disant : L'Eternel a commandé à un peuple nombreux et que l'Eternel Moïse de nous donner un héritage nous a bénis jusqu'à présent ? '^Josué parmi nos frères. Et on leur donna, leur dit : Si vous êtes un peuple nom- selon l'ordre de l'Eternel, un héritage breux, montez à la forêt, et vous l'a- parmi les frères de leur père. '^Déchut battrez pour vous y faire de la place dix portions à Manassé, outre le pays dans le pays des Phéréziens et des de Galaad et de Basan, qui est de l'au- Rephaïm, puisque la montagne d'E- tre côté du Jourdain. *Car les filles de phraïm est trop étroite pour vous. Manassé eurent un héritage parmi ses '^Les fils de Joseph dirent : La mon- fils, et le pays de Galaad fut pour les tagne ne nous suffira pas, et il y a des autres fils de Manassé. chars de fer chez tous les Cananéens "La limite de Manassé s'étendait qui habitent la vallée, chez ceux qui d'Aser à Micmethath, qui est près de Sichem, et allait à Jamin vers les ha- bitants d'En-Tappuach. ^Le pays de Tappuach était aux fils de Manassé, mais Tappuach sur la frontière de Ma- nassé était aux fils d'Ephraïm. ^La limite descendait au torrent de Kana, au midi du torrent. Ces villes étaient à Ephraïm, au milieu des villes de Manassé. La limite de Manassé au nord du torrent aboutissait à la mer. '" Le territoire du midi était à Ephraïm, celui du nord à Manassé, et la mer leur servait de limite; ils touchaient à Aser vers le nord, et à Issacar vers l'orient. "Manassé possédait dans Is- sacar et dans Aser : Beth-Schean et les villes de son ressort, Jibleam et les villes de son ressort, les habitants de Dor et les villes de son ressort, les habitants d'En-Dor et les villes de son ressort, les habitants de Thaanac et les villes de son ressort, et les habi- tants de Meguiddo et les villes de son ressort, trois contrées. '^Les fils de Manassé ne purent pas prendre possession de ces villes, et les Cananéens voulurent rester dans ce pays. '^Lorsque les enfants d'Israël furent assez forts, ils assujettirent les Cananéens à un tribut, mais ils ne les chassèrent point. ■ • •• '■*Les fils de Joseph parlèrent à Jo- sué, et dirent : Pourquoi nous as-tu donné en héritage un seul lot, une sont à Beth-Schean et dans les villes de son ressort, et chez ceux qui sont dans la vallée de Jizreel. "Josué dit à la maison de Joseph, à Ephraïm et à Manassé : Vous êtes un peuple nom- breux, et votre force est grande, vous n'aurez pas un simple lot. '^Mais vous aurez la montagne, car c'est une forêt que vous abattrez et dont les issues seront à vous, et vous chasserez les Cananéens, malgré leurs chars de fer et malgré leur force. Territoires écliiis aux sept tribus de Benjamin, de Siincon, de Zahulon, d' Issacar, d'Aser, de Neplithali, et de Dan. — La ville de Tlnin- nath-Séracli accordée à Josué. Chap. XVIII. 'Toute l'assemblée des enfants d'Israël se réunit à Silo, et ils y placèrent la tente d'assigna- tion. Le pays était soumis devant eux. ^11 restait sept tribus des enfants d'Israël qui n'avaient pas encore reçu leur héritage. ^Josué dit aux enfants d'Israël : Jusques à quand négligerez- vous de prendre possession du pays que l'Eternel, le Dieu de vos pères, vous a donné ? ''Choisissez trois hom- mes par tribu , et je les ferai partir. Ils se lèveront, parcourront le pays, traceront un plan en vue du partage, et reviendront auprès de moi. '^Ils le diviseront en sept parts; Juda restera dans ses limites au midi, et la maison de Joseph restera dans ses limites au JOSUE Chap. 18, G-I9,i nord. ^Vous donc, vous tracerez un plan du pays en sept parts , et vous me l'apporterez ici. Je jetterai pour vous le sort devant l'Eternel , notre Dieu. "Mais il n'y aura point de part pour les Lévites au milieu de vous, car le sacerdoce de l'Eternel est leur héritage; et Gad, Ruben et la demi- tribu de Manassé, ont reçu leur héri- tage, que Moïse, serviteur de l'Éter- nel, leur a donné de l'autre côté du Jourdain, à l'orient. * Lorsque ces hommes se levèrent et partirent pour tracer un plan du pays, Josué leur donna cet ordre : Allez, parcourez le pays, tracez-en un plan, et revenez auprès de moi ; puis je jetterai pour vous le sort devant l'Eternel, à Silo. "Ces hommes partirent, parcoururent le pays, et en tracèrent d'après les villes un plan en sept parts, dans un livre; et ils revinrent au])rès de Josué dans le camp à Silo. '"Josué jeta pour eux le sort à Silo devant l'Eternel, et il fit le partage du pays entre les en- fants d'Israël, en donnant à chacun sa portion. "Le sort tomba sur la tribu des fils de Benjamin, selon leurs familles, et la part qui leur échut par le sort avait ses limites entre les fils de Juda et les fils de Joseph. '-Du côté septentrional, leur limite partait du Jourdain. Elle montait au nord de Jéricho, s'élevait dans la mon- tagne vers l'occident, et aboutissait au désert de Beth-Aven. ''Elle passait de là \)Ai' Luz, au midi de Luz, qui est Béthel, et elle descendait à Atharoth- Addar par-dessus la montagne qui est au midi de Beth-Horon la basse. '•'Du côté occidental, la limite se prolongeait et tournait au midi depuis la montagne qui est vis-à-vis de Beth- Iloron ; elle continuait vers le midi, et aboutissait à Kirjath-Baal, qui est Ivir- jath-Jearim, ville des fils de Juda. C'était le côté occidental. '^Le côté méridional commençait à l'extrémité de Kirjath-Jearim La limite se prolongeait vers l'occident jusqu'à la source des eaux de Neph- thoach "^Elle descendait à l'extrémité de la montagne qui est vis-à-vis de la vallée de Ben-Hinnom, dans la vallée des Rephaïm au nord. Elle descendait par la vallée de Hinnom, sur le côté méridional des Jébusiens, juscpi'à En- Roguel '"Elle se dirigeait vers le nord à En-Schémesch , puis à Gueliloth , qui est vis-à-vis de la montée d'Adum- mim, et elle descendait à la pierre de Bohan, fils de Ruben. ''^Elle passait sur le côté septentrional en face d'A- raba, descendait à Araba, '^et conti- nuait sur le côté septentrional de Beth- Hogla, pour aboutir à la langue septentrionale de la mer Salée, vers l'emboui'hure du Jourdain au midi. C était la limite méridionale. -"Du côté oriental, le Jourdain for- mait la limite. Tel fut l'héritage des fils de Benja- min, selon leurs familles, avec ses limites de tous les côtés. '-'Les villes de la tribu des fils de Benjamin, selon leurs familles, étaient. Jéricho, Beth-Hogla , Emek-Ketsits, ^"-Beth- Araba , Tsemaraïm , Béthel , -'Avvim, Para, Ophra, "Kephar-Am- monaï, Ophni, et Guéba; douze villes, et leurs villages. "Gabaon, Ram^, Beéroth, -"Mitspé, Kephira, Motsa, '-"Rékem, Jirpeel, Tharcala, -"^Tséla, Eleph, Jebus, qui est Jérusalem, Gui- beath, et Kirjath; quatorze villes, et leurs villages. Tel fut l'héritage des fils de Benja- min, selon leurs familles. Chap. XIX. ' La seconde partéchut par le sort à Siméon, à la tribu des fils de Siméon, selon leurs familles. Leur héritage était au milieu de l'hé- ritage des fils de Juda. -ils eurent dans leur héritage : Beer- Schéba, Schéba , Molada, ^Ilatsar- 265 Chap. 10, 11- 38. JOSUE. Schual,Bala,Atsem,*Eltholacl,Bethul, Horma, ^Tsiklag, Beth-Marcaboth , Hatsar-Susa, ^Beth-Lebaoth, et Scha- riichen, treize villes, et leurs villages; "Ain, Rimmon , Ether , et Aschan , nlles, et leurs villasres; *et eurs villages ; qui est quatre villes , tous les villages aux environs de ces villes, jusqu'à Baalath-Beer Ramath du midi. Tel fut l'héritage de la tribu des fils deSiméon, selon leurs familles. "L'hé- ritage des fils de Siméon fut pris sur la portion des fils de Juda ; car la por- tion des fils de Juda était trop grande pour eux, et c'est au milieu de leur héritage que les fils de Siméon reçu- rent le leur. '"La troisième part échut par le sort aux fils de Zabulon, selon leurs fa- milles. "La limite de leur héritage s'éten- dait jusqu'à Sarid. Elle montait à l'occident vers Mareala, et touchait à Dabbéscheth, puis au torrent qui coule devant Jokneam. '-De Sarid elle tour- nait à l'orient, vers le soleil levant, jusqu'à la frontière de Kisloth-Thabor, continuait à Dabrath , et montait à Japliia. ''De là elle passait à l'orient par Guittha-Hépher, par Ittha-Katsin, continuait à Rimmon, et se prolon- geait jusqu'à Néa. '■'Elle tournait en- suite du côté du nord vers Hannathon, et, aboutissait à la vallée de Jiphthach- El. '=^De plus, Katthath, Nahalal , Schimron, Jideala, Bethléhem. Douze villes, et leurs villages. "^Tel fut l'héritage des fils de Zabu- lon, selon leurs familles, ces villes-là et leurs villages. '^La quatrième part échut par le sort à Issacar, aux fils d'Issacar, selon leurs familles. '*Leur limite passait par Jizreel, Ke- sulloth, Sunem, "^Hapharaïm, Schion, Anacharath, -"Rabbith, Kischjon, A- bets, ^'Rémeth, En-Gannim, En-Had- da, et Betlî-Patsets ; -^elle touchait à Thabor, à Schachatsima, à Beth-Sché- mesch , et aboutissait au Jourdain. Seize villes, et leurs villages. -^Tel fut l'héritage de la tribu des fils d'Issacar, selon leurs familles, ces villes-là et leurs villages. -*La cinquième part échut par le sort à la tribu des fils d'Aser, selon leurs familles. -^Leur limite passait par Helkath, Ilali, Bétlien, Acschaph, -^Allammé- lec, Amead et Mischcal ; elle touchait, vers l'occident, au Carmel et au Schi- chor-Libnath ; "puis elle tournait du côté de l'orient à Beth-Dagon, attei- gnait Zabulon et la vallée de Jiph- thach-El au nord de Beth-Emek et de Neïel, et se prolongeait vers Cabul, à gauche, *^et vers Ebron, Rehob, Hammon et Kana, jusqu'à Sidon la ndc 'Elle tournait ensuite vers Rama jusqu'à la ville forte de Tyr, et vers liosa, pour aboutir à la mer, par la contrée d'Aczib. ™De plus, Umma, Aphek et Rehob. Vingt-deux villes, et leurs villages. ■"Tel fut l'héritage de la tribu des fils d'Aser, selon leurs familles, ces villes-là et leurs villages. '^La sixième part échut par le sort aux fils de Nephthali, selon leurs fa- milles. ■"Leur limite s'étendait depuis Hé- leph, depuis Allon, par Tsaanannim, Adami-Nékeb et Jabneel, jusqu'à Lak- kum, et elle aboutissait au Jourdain. '^EUe tournait vers l'occident à Az- noth- Thabor, et de là continuait à Ilukkok ; elle touchait à Zabulon du côté du midi, à Aser du côté de ro.c- cident, et à Juda ; le Jourdain était du côté de l'orient. '^Les villes fortes étaient : Tsiddim, Tser, Hammath, Rakkath, Kinnéreth, ^''Adama, Rama, Hatsor, -"Kédesch, Edréï, En-IIatsor, ^'^Jireon, Migdal-El, Horem, Beth- Anatli et Beth-Schémesch. Dix-neuf villes, et leurs villages. -266 JOSUE. Chap. lO/s'j-'Jl,^. s^Tel fvit rhéritagc de la tribu cU>s fils de Nephthali, selon leurs familles, ces villes-là et leurs villages. ■*"La septième part échut par le sort à la tribu des fils de Dan, selon leurs familles. ■"La limite de leur héritage compre- nait Tsorea, Eschthaol, Ir-Schémosch, ••-Schaalabbin, Ajalon, .Jithla, «Élon, Thimnatha, Ékron, «Eltheké, Guibbe- thon, Haalath, "Jehud, Bené-Berak, Gath-Uimmon,'^Mé-Jarkon ctRakkon, avec le territoire vis-à-vis de Japho. ■'"Le territoire des fils de Dan s'éten- dait hors de chez eux. Les fils de Dan montèrent et combattirent contre Lé- schem; ils s'en emparèrent et la frap- pèrent du tranchant de l'épée ; ils en prirent possession, s'y établirent, et l'appelèrent Dan, du nom de Dan, leur père. «Tel fut l'héritage de la tribu des fils de Dan, selon leurs familles, ces villes-là et leurs villages. *^Lorsqu'ils eurent achevé de faire le partage du pays, d'après ses limi- tes, les enfants d'Israël donnèrent à Josué, fils de Nun, une possession au milieu d'eux. ^"Selon l'ordre de l'Eter- nel, ils lui donnèrent la ville qu'il demanda, Thimnath-Sérach, dans la montagne d'Ephraïm. Il rebâtit la ville, et y fit sa demeure. ^'Tels sont les héritages que le prê- tre Eléazar, Josué, fils de Nun, et les chefs de famille des tribus des enfants d'Israël, distribuèrent par le sort de- tué quelqu'un involontairement })ùt qui aura tué quelqu'un involontaire- ment, sans intention; elles vous ser- viront de refuge contre le vengeur du sang. 'Le meurtrier s'enfuira vers l'une de ces villes, s'arrêtera à l'entrée de la porte de la ville, et exposera son cas aux anciens de cette ville ; ils le re- cueilleront auprès d'eux dans la ville, et lui donneront une demeure, afin qu'il habite avec eux. ^Si le vengeur du sang le poursuit, ils ne livreront point le meurtrier entre ses mains ; car c'est sans le vouloir qu'il a tué son prochain, et sans avoir été auparavant son ennemi. Ml restera dans cette ville jusqu'à ce qu'il ait comparu devant l'assemblée pour être jugé, jusqu'à la mort du grand prêtre alors en fonc- tions. A cette époque, le meurtrier s'en retournera et rentrera dans sa ville et dans sa maison, dans la ville d'où il s'était enfui. 'Ils consacrèrent Kédesch, en Gali- lée, dans la montagne de Nephthali; Sichem, dans la montagne d'Ephraïm : et Kirjath-Arba, qui est Hébron, dans la montagne de Juda. *Et de l'autre côté du.Iourdain, à l'orient de Jéricho, ils choisirent Betser, dans le désert, dans la plaine, dans la tribu de Ru- ben ; Ramoth, en Galaad, dans la tribu de Gad; et Golan, en Basan, dans la tribu de Manassé. "Telles furent les villes désignées pour tous les enfants d'Israël et pour l'étranger en séjour au milieu d'eux, afin que celui qui aurait vaut l'Éternel à Silo, à l'entrée de la tente d'assignation. Ils achevèrent ainsi le partage du pays. Les six villes de refuge. Chap. XX. 'L'Eternel parla à Jo- sué, et dit : "•'Parle aux enfants d'Israël, et dis : Etablissez-vous, comme je vous l'ai ordonné par Moïse, des villes de re- fuge, ^où pourra s'enfuir le meurtrier s'y réfugier, et qu'il ne mourût pas de la main du vengeur du sang avant d'a- voir comparu devant l'assemblée. Les qiiaraiile-liiiil villes des Lévites. Chap. XXI. 'Les chefs de famille des Lévites s'approchèrent du prêtre Éléazar, de Josué, fils de Nun, et des chefs de famille des tribus des enfants d'Israël. -Ils leur parlèrent à Silo, dans le pays de Canaan, et dirent : L'Eter- 267 Chap. 2l,3-3'i. JOSUE. nel a ordonné par Moïse qu'on nous sa banlieue, et Beth-Schémesch et sa donnât des villes pour habitation, et banlieue, neuf villes de ces deux tri- leurs banlieues pour notre bétail. ^Les enfants d'Israël donnèrent alors aux Lévites, sur leur héritage, les vil- les suivantes et leurs banlieues, d'a- près Tordre de l'Eternel. ^On tira le sort pour les familles des Kehatites ; et les Lévites, fds du prêtre bus; ''et de la tribu de Benjamin, Ga- baon et sa banlieue, Guéba et sa ban- lieue, '^Anathoth et sa banlieue, et Almon et sa banlieue, quatre villes. "Total des villes des prêtres, fils d'Aa- ron : treize villes, et leurs banlieues. -"Les Lévites appartenant aux famil- Aaron, eurent par le sort treize villes les des autres fils de Kehath eurent par de la tribu de Juda, de la tribu de Si- le sort des villes de la tribu d'Ephraïm. méon et de la tribu de Benjamin; ^les -'On leur donna la ville de refuge pour autres fils de Kehath eurent par le sort les meurtriers, Sichem et sa banlieue, dix villes des familles de la tribu d'E- dans la montagne d'Ephraïm, Guézer phraïm, de la tribu de Dan et de la et sa banlieue, --Kibtsaïm et sa ban- demi-tribu de Manassé. *Les fils de lieue, et Beth-Horon et sa banlieue, Guerschon eurent par le sort treize quatre villes ; -*de la tribu de Dan, villes des familles de la tribu d'Issa- Eltheké et sa banlieue, Guibbethon et car, de la tribu d'Aser, de la tribu de sa banlieue, -''Ajalon et sa banlieue, Ncphthali et de la demi-tribu de Ma- et Gath-Rimmon et sa banlieue, quatre nasse en Basan. 'Les fils de Merari, selon leurs familles, eurent douze vil- les de la tribu de Ruben, de la tribu de Gad et de la tribu de Zabulon. *Les villes; -^et de la demi-tribu de Ma- nassé, Thaanac et sa banlieue, et Gath- Rimmon et sa banlieue, deux villes. -^ Total des villes : dix, et leurs ban- enfants d'Israël donnèrent aux Lévi- lieues, pour les familles des autres fils tes, par le sort, ces villes et leurs ban- de Kehath. lieues, comme l'Eternel l'avait ordon- né par Moïse. '•*Ils donnèrent de la tribu des fils de Juda et de la tribu des fils de Siméon les villes qui vont être nominativement désignées, '"et qui furent pour les fils d'Aaron d'entre les familles des Keha- thites et des fils de Lévi, car le sort les avait indiqués les premiers. "Ils "On donna aux fils de Guerschon, d'entre les familles des Lévites : de la demi-tribu de Manassé, la ville de re- fuge pour les meurtriers, Golan en Ba- san et sa banlieue, et Beeschthra et sa banlieue, deux villes; -Hle la tribu d'Issacar, Kischjon et sa banlieue, Da- brath et sa banlieue, ^"Jarmuth et sa banlieue, et En-Gannim et sa banlieue, leur donnèrent Kirjath-Arba, qui est quatre villes; •^'' de la tribu d'Aser, Mis- Ilébron, dans la montagne de Juda, et cheal et sa banlieue, Abdon et sa ban- la banlieue qui l'entoure : Arba était lieue, ^'Helkath et sa banlieue, et Re- le père d'Anak. '-Le territoire de la hob et sa banlieue, quatre villes; ^'-et ville et ses villages furent accordés à de la tribu de Nephthali, la ville de Caleb, fils de Jephunné, pour sa pos- refuge pour les meurtriers, Kédesch session. '^Ils donnèrent donc aux fils du prêtre Aaron la ville de refuge pour les meurtriers, Ilébron et sa banlieue, Libna et sa banlieue, '^Jatthir et sa banlieue, Eschthemoa et sa banlieue, '^Ilolon et sa banlieue, Debir et sa en Galilée et sa banlieue, ïlammoth- Dor et sa banlieue, et Karthan et sa banlieue, trois villes. ^'Total des villes des Guerschonites, selon leurs famil- les : treize villes, et leurs banlieues. ^■*0n donna au reste des Lévites, qui banlieue, '^Aïn et sa banlieue, Jutta et appartenaient aux familles des fils de 268 JOSUE. Chap.21,3r.-23,li. Mcrari :clelatribudeZal)ulon,Jokneam et sa banlieue, Kartha et sa banlieue, ^^Dinina et sa banlieue, et Nahalal et sa banlieue, quatre villes; "''de la tribu de Ruben, Betseret sa banlieue, Jahtsa et sa banlieue, "Kedémoth et sa ban- lieue, et Méphaath et sa banlieue, qua- tre villes; "''et de la tribu de Gad, la ville de refuge pour les meurtriers, Raniotli en Galaad et sa banlieue, Ma- hanaïm et sa banlieue, ^^Ilesbon et sa banlieue, et Jaczer et sa banlieue, en tout quatre villes. '"'Total des villes qui échurent par le sort aux fils de Merari, selon leurs familles, formant le reste des familles des Lévites : douze villes. *' Total des villes des Lévites au mi- lieu des propriétés des enfants d'Is- raël : quarante-huit villes, et leurs banlieues. ■'"-Chacune de ces villes avait sa banlieue qui l'entourait ; il en était de même pour toutes ces villes. ■'•^C'est ainsi que l'Eternel donna k Israël tout le pays qu'il avait juré de donner à leurs pères ; ils en prirent possession et s'y établirent. "L'Eter- nel leur accorda du repos tout alen- tour, comme il l'avait juré à leurs pères; aucun de leurs ennemis ne put leur résister, et l'Eternel les livra tous entre leurs mains. ''^De toutes les bon- nes paroles que l'Eternel avait dites à la maison d'Israël aucune ne resta sans effet : toutes s'accomplirent. Autel bâti sur le Jourdain par les tribus de Ru- ben et de Gad et par la demi-tribu de Ma- nassé. Chap. XXII. 'Alors Josué appela les Rubénites, les Gadites et la demi- tribu de Manassé. -II leur dit : Vous avez observé tout ce que vous a pres- crit Moïse, serviteur de l'Eternel, et vous avez obéi à ma voix dans tout ce que je vous ai ordonné. 'Vous n'avez et vous avez gardé les ordres, les com- mandements de l'Eternel, votre Dieu. ■'Maintenant que l'Eternel, votre Dieu, a accordé du repos à vos frères, comme il le leur avait dit, retournez et allez vers vos tentes, dans le pays qui vous appartient, et que Moïse, serviteur de l'Eternel, vous a donné de l'autre côté du Jourdain. ^Ayez soin seulement d'observer et de mettre en pratique les ordonnances et les lois que vous a prescrites Moïse, serviteur de l'Eter- nel : aimez l'Eternel, votre Dieu, mar- chez dans toutes ses voies, gardez ses commandements, attachez-vous à lui, et servez-le de tout votre cœur et de toute votre àme. *Et Josué les bénit et les renvoya, et ils s'en allèrent vers leurs tentes. 'Moïse avait donné à une moitié de la tribu de Manassé un héritage en Ba- san, et Josué donna à l'autre moitié un héritage auprès de ses frères en deçà du Jourdain, à l'occident. * Lorsque Josué les renvoya vers leurs tentes, il les bénit, et leur dit : Vous retournez à vos tentes avec de grandes richesses, avec des troupeaux fort nombreux, et avec une quantité considérable d'argent, d'or, d'airain, de fer, et de vêtements. Partagez avec vos frères le butin de vos ennemis. 'Les fils de Ruben, les fils de Gad, et la demi-tribu de Manassé, s'en re- tournèrent, après avoir quitté les en- fants d'Israël à Silo, dans le pays de Canaan, pour aller dans le pays de Ga- laad, qui était leur propriété et où ils s'étaient établis, comme l'Eternel l'a- vait ordonné par Moïse. '"Quand ils furent arrivés aux dis- tricts du Jourdain qui appartiennent au pays de Canaan, les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Ma- nassé, y bâtirent un autel sur le Jour- dain, un autel dont la grandeur frap- point abandonné vos frères, depuis un pait les regards. "Les enfants d'Israël long espace de temps jusqu'à ce jour; apprirent (jue l'on disait : Voici, les 269 Chap.22,1 1:2-29. JOSUE. fils de Ruben, les fils de Gad et la demi- tribu de Manassé, ont bâti un autel en face du pays de Canaan, dans les dis- tricts du Jourdain, du côté des enfants d'Israël. '-Lorsque les enfants d'Israël eurent appris cela, toute l'assemblée des enfants d'Israël se réunit à Silo, pour monter contre eux et leur faire la guerre. *^Les enfants d'Israël envoyèrent au- des choses dévouées par interdit, et la colère de l'Eternel ne s'entlanima- t-elle pas contre toute l'assemblée d'Is- raël? Il ne fut pas le seul qui périt à cause de son crime. ^'Les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé, répondi- rent ainsi aux chefs des milliers d'Is- raël : "Dieu, Dieu, l'Eternel, Dieu, Dieu, l'Eternel le sait, et Israël le sau- près des fils de Ruben, des fils de Gad ra! Si c'est par rébellion et par infidé- et de la demi-tribu de Manassé, au pays de Galaad, Phinées, fils du prêtre Eléazar, '*et dix princes avec lui, un ])rince par maison paternelle pour cha- cune des tribus d'Israël • tous étaient lité envers l'Eternel, ne viens point à notre aide en ce jour! -^Si nous nous sommes bâti un autel pour nous dé- tourner de l'Eternel, si c'est pour y présenter des holocaustes et des of- chefs de maison paternelle parmi les fraudes, et si c'est pour y faire des sa- milliers d'Israël. '^Ils se rendirent au- jjrès des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé, au pays de Galaad, et ils leur adressèrent la parole, en disant : '^\insi parle toute l'assemblée de l'Eternel : (^)ue signifie cette infidélité que vous avez commise envers le Dieu dlisraël, et pourquoi vous détournez -vous maintenant de l'Eternel, en vous bâtissant un autel pour vous révolter aujourd'hui contre l'Eternel? '^Regardons-nous comme peu de chose le crime de Peor, dont nous n'avons pas jusqu'à présent en- levé la tache de dessus nous, malgré la plaie qu'il attira sur l'assemblée de l'Eternel? "*Et vous vous détournez aujourd'hui de l'Eternel! Si vous vous révoltez aujourd'hui contre l'Eternel, demain il s'irritera contre toute l'as- semblée d'Israël. '^Si vous tenez pour impur le pays qui est votre propriété, ])assez dans le pays qui est la pro- ])riété de l'Eternel, où est fixée la de- meure de l'iliternel, et établissez-vous au milieu de nous ; mais ne vous ré- voltez pas contre l'Eternel et ne vous séparez pas de nous, en vous bâtissant un autel, outre l'autel de l'Eternel, no- tre Dieu. -"Acan, fils de Zérach, ne commit-il pas une infidélité au sujet crifices d'actions de grâces, que l'Éter- nel en demande compte! "C'est bien plutôt par une sorte d'inquiétude que nous avons fait cela, en pensant que vos fils diraient un jour à nos fils : Qu'y a-t-il de commun entre vous et l'Eter- nel, le Dieu d'Israël ? -^L'Eternel a mis le Jourdain ])()ur limite entre nous et vous, iils de Ruben et fils de Gad ; vous n'avez point de part à l'Eternel! — Et vos fils seraient ainsi cause que nos fils cesseraient de craindre l'Eternel. -'C'est pourquoi nous avons dit : Bâ- tissons-nous donc un autel, non pour des holocaustes et pour des sacrifices, -'mais comme un témoin entre nous et vous, entre nos descendants et les vô- tres, que nous voulons servir l'Eternel devant sa face par nos holocaustes et par nos sacrifices d'expiation et d'ac- tions de grâces, afin que vos fils ne di- sent pas un jour à nos fils : Vous n'avez ]>oint de part â l'Eternel ! -*Nous avons dit : S'ils tiennent dans l'avenir ce lan- gage à nous ou à nos descendants, nous répondrons : Voyez la forme de l'autel de l'Eternel, qu'ont fait nos pères, non pour des holocaustes et ]iour des sa- crifices, mais comme témoin entre nous et vous. -'■'Loin de nous la pensée de nous révolter contre l'Eternel et de 270 JOSUE. Chap. 32. 30-23. li. nous détourner aujourd'liui de l'Eter- nel, en bâtissant un autel jioiir des ho- locaustes, pour des offrandes et pour des sacrifices, outre l'autel de l'Eternel, notre Dieu, qui est devant sa demeure ! 'Lorsque le prêtre Phinées, et les 30 1 princes de l'assemblée, les chefs des milliers d'Israël, qui étaient avec lui, tre Dieu, qui a combattu pour vous. ^Voyez, je vous ai donné en héritage par le sort, selon vos tribus, ces na- tions qui sont restées, à partir du Jour- dain, et toutes les nations que j'ai ex- terminées, jusqu'à la grande mer vers le soleil couchant. '^L'Eternel, votre Dieu , les repoussera devant vous et eurent entendu les paroles que pro- les chassera devant vous; et vous pos- noncèrent les fils de Ruben, les fils de séderez leur pays, comme l'Eternel, Gad et les fils de Manassé, ils furent satisfaits. '"Et Phinées, fils du prêtre Eléazar, dit aux fils de Ruben, aux fds de Gad, et aux fils de Manassé : Nous reconnaissons maintenant que l'Eter- nel est au milieu de nous, puisque vous n'avez point commis cette infidé- lité contre l'Eternel ; vous avez ainsi délivré les enfants d'Israël de la main de l'Éternel. •'-phinées, fils du prêtre Eléazar, et "S princes, quittèrent les fils de Ruben votre Dieu, vous l'a dit. "Appliquez- vous avec force à observer et à mettre en pratique tout ce qui est écrit dans le livre de la loi de Moïse, sans vous en détourner ni à droite ni à gauche. "Ne vous mêlez point avec ces nations qui sont restées parmi vous ; ne pro- noncez point le nom de leurs dieux, et ne l'employez point en jurant; ne les servez point, et ne vous prosternez point devant eux. *Mais attachez-vous à l'Eternel, votre Dieu, comme vous et les fils de Gad, et revinrent du pays l'avez fait jusqu'à ce jour. 'L'Éternel a de Galaad dans le pays de Canaan, au- ])rès des enfants d'Israël, auxquels ils firent un rapport. ^'^Les enfants d'Israël chassé devant vous des nations srran- o des et puissantes ; et personne, jus- qu'à ce jour, n'a pu vous résister. '"Un seul d'entre vous en poursuivait mille ; car l'Éternel, votre Dieu, combattait pour vous, comme il vous l'a dit. "Veil- lez donc attentivement sur vos âmes, afin d'aimer l'Éternel, votre Dieu. '-Si vous vous détournez et que vous vous il est témoin entre nous que l'Éternel attachiez au reste de ces nations qui est Dieu. sont demeurées parmi vous , si vous vous unissez avec elles par des ma- Asscnhlée cVIsraël. Ej-hortations de Josué. ^.j^g.^^g^ ^^ ^j ^^^g f^j.^j^^^ ensemble des Chap. XXIII. 'De])uis longtemps relations, '* soyez certains que l'Éter- l'Eternel avait donné du repos à Israël, nel, votre Dieu, ne continuera pas à en le délivrant de tous les ennemis chasser ces nations devant vous ; mais furent satisfaits; ils bénirent Dieu, et ne parlèrent plus de monter en armes ])0ur ravager le pays qu'habitaient les fils de Ruben et les fils de Gad. ^*Les fils de Ruben et les fils de Gad appelèrent l'autel Ed", car, dirent-ils, qui l'entouraient. Josué était vieux, avancé en âge. ^Alors Josué convoqua tout Israël, ses anciens, ses chefs, ses juges et ses officiers. Il leur dit : Je suis vieux, je suis avancé en âge. ^Vous avez vu tout ce que l'Éternel, votre Dieu, a fait à toutes ces nations devant vous; car c'est l'Eternel, vo- o. Ed signifie témoin. elles seront pour vous un filet et un piège, un fouet dans vos côtés et des épines dans vos yeux, jusf[u'à ce que vous ayez péri de dessus ce bon pays que l'Éternel, votre Dieu, vous adonné. '■'Voici, je m'en vais maintenant par le chemin de toute la terre. Recon- naissez de tout votre cœur et de toute 271 is Chap.23,iô-M,i5. JOSUE. votre àme qu'aucune de toutes les bon- nes paroles pi-ononcées sur vous par l'Éternel, votre Dieu, n'est restée sans effet; toutes se sont accomplies pour vous, aucune n'est restée sans effet. ^^Et comme toutes les bonnes paroles que l'Éternel, votre Dieu, vous avait dites se sont accomplies pour vous, de même TÉternel accomplira sur vous toutes les paroles mauvaises, jusqu'à ce qu'il vous ait détruits de dessus ce bon pays que l'Eternel, votre Dieu, vous a donné. '*Si vous trans- gressez l'alliance que l'Eternel, votre Dieu, vous a prescrite, et si vous allez servir d'autres dieux et vous proster- iier devant eux, la colère de l'Eternel s'enflammera contre vous, et vous pé- rirez promptement dans le bon pays qu'il vous a donné. Dernière assemblée à Sichem. Souvenirs natio- naux. Promesses du peuple. — Mort de Josué. Chap. XXIV. ' Josué assembla tou- tes les tribus d'Israël à Sichem, et il convoqua les anciens dl'sraël, ses chefs, ses juges et ses officiers. Et ils se présentèrent devant Dieu. -Josué dit à tout le peuple : Ainsi parle l'Éternel, le Dieu d'Is- raël : Vos pères, Térach, père d'Abra- ham et père de Nachor, habitaient an- ciennement de l'autre côté du fleuve", et ils servaient d'autres dieux. ''Je pris votre père Abraham de l'autre côté du fleuve, et je lui fis parcourir tout le pays de Canaan; je multipliai sa pos- térité, et je lui donnai Isaac. *Je don- nai à Isaac Jacob et Esaù, et je donnai en propriété à Esaii la montagne de Séir, mais Jacob et ses fils descendi- rent en Egypte. ^'envoyai Moïse et Aaron, et je frap- pai l'Egypte par les prodiges que j'opé l'Egypte, et vous arrivâtes à la mer.; Les Egyptiens poursuivirent vos pères jusqu'à la mer Rouge, avec des chars et des cavaliers. 'Vos pères crièrent à l'Éternel. Et l'Eternel mit des ténèbres entre vous et les Egyptiens, il ramena sur eux la mer, et elle les couvrit. Vos yeux ont vu ce que j'ai fait aux Egyp- tiens. Et vous restâtes longtemps dans le désert. ^Je vous conduisis dans le pays des Amoréens, qui habitaient de l'autre côté du Jourdain, et ils combattirent contre vous. Je les livrai entre vos mains ; vous prîtes possession de leur pays, et je les détruisis devant vous. ''Balak, fils de Tsippor, roi de Moab, se leva et combattit Israël. Il fit appeler Balaam, fils de Beor, pour qu'il vous maudît. '"Mais je ne voulus point écou- ter Balaam ; il vous bénit, et je vous délivrai de la main de Balak. "Vous passâtes le Jourdain, et vous arrivâtes à Jéricho. Les habitants de Jéricho combattirent contre vous, les Amoréens, les Phéréziens, les Cana- néens, les Héthiens, les Guirgasiens, les Héviens et les Jébusiens. Je les livrai entre vos mains, '-et j'envoyai devant vous les frelons, qui les chas- sèrent loin de votre face, comme les deux rois des Amoréens : ce ne fut ni par ton épée, ni par ton arc. '^Je vous donnai un pays que vous n'aviez point cultivé, des villes que vous n'aviez point bâties et que vous habitez, des vignes et des oliviers que vous n'aviez point plantés et qui vous servent de nourriture. '■'Maintenant, craignez l'Eternel, et servez -le avec intégrité et fidélité. Faites disparaître les dieux qu'ont ser- vis vos pères de l'autre côté du fleuve et en Egypte, et servez l'Éternel. '^Et si vous ne trouvez pas bon de servir rai au milieu d'elle; puis je vous en l'Éternel, choisissez aujourd'hui qui fis sortir. ^Je fis sortir vos pères de vous voulez servir, ou les dieux que a. De 1 Euphrate. 272 JOSUE. Chnp. 24, W-. ■33. servaient VOS pères au delà du fleuve, -''Et le peuple dit à Josué : Nous ou lesdieuxdes Amoréensdans le pays servirons l'Eternel, notre Dieu, et nous desquels vous habitez. Moi et ma mai- obéirons à sa voix, son, nous servirons l'Eternel. ^^Josué fit en ce jour une alliance '"Le peuple répondit, et dit : Loin avec le peuple, et lui donna des lois et de nous la pensée d'abandonner l'Éter- des ordonnances, à Sichem. -"Josué nel, et de servir d'autres dieux ! ''Car écrivit ces choses dans le livre de la l'Eternel est notre Dieu ; c'est lui qui loi de Dieu. Il prit une grande jiierre, nous a fait sortir du pays d'Egypte, de qu'il dressa là sous le chêne qui était la maison de servitude, nous et nos dans le lieu consacré à l'Eternel. -'Et |>ères ; c'est lui qui a opéré sous nos Josué dit à tout le peuple : Voici, cette yeux ces grands prodiges, et (jui nous pierre servira de témoin contre nous, a gardés pendant toute la route que car elle a entendu toutes les paroles nous avons suivie et parmi tous les que l'Eternel nous a dites ; elle servira peuples au milieu desquels nous avons de témoin contre vous, afin que vous passé. '^11 a chassé devant nous tous ne soyez pas infidèles à votre Dieu, les peuples, et les Amorécns qui habi- -*Puis Josué renvoya le peuple, cha- taient ce pays. Nous aussi, nous servi- cun dans son héritage, rons l'Éternel, car il est notre Dieu. -''Après ces choses, Josué, fils de ''■'Josué dit au peuple : Vous n'aurez Nun, serviteur de l'Eternel, mourut, pas la force de servir l'Eternel, car àgédecentdixans.="'Onrensevelitdans (;'est un Dieu saint, c'est un Dieu ja- le territoire qu'il avait eu en partage, loux ; il ne pardonnera point vos trans- à Thimnath-Sérach, dans la montagne gressions et vos péchés. .-"Lorsque d'Ephraïm, au nord de la montagne de vous abandonnerez l'Eternel et que Gaasch. -"Israël servit l'Eternel pen- vous servirez des dieux étrangers, il dant toute la vie de Josué, et pendant reviendra vous faire du mal, et il vous toute la vie des anciens qui survécu- consumera après vous avoir fait du rent à Josué et qui connaissaient tout bien. ce que l'Eternel avait fait en faveur -'Le peuple dit à Josué : Non ! car d'Israël, nous servirons l'Eternel ^-Les os de Joseph, que les enfants "Josué dit au peuple : Vous êtes té- d'Israël avaient rapportés d'Egypte, moins contre vous-mêmes que c'est furent enterrés à Sichem, dans la por- vous qui avez choisi l'Eternel pour le tiondu champ que Jacob avait achetée servir. Ils répondirent : Nous en sommes témoins. -'Otez donc les dieux étrangers qui sont au milieu de vous, et tournez votre cœur vers l'Eternel, le Dieu d'Is- raël. des fils de Ilamor, père de Sichem, pour cent kesita , et qui appartint à l'héritage des fils de Joseph. ^^l'iléazar, fils d'Aaron, mourut, et on l'enterra à Guibeath-Phinées, (]ui avait été donnée à son fils Phinées, dans la montagne d'Ephraïm. 273 LES JUGES Nouvelles conquêtes par les tribus. — Cananéens épargnés. — Le peuple infidèle. Chap. I. 'Après la mort de Josué, ' pour femme à celui qui battra Kirjath- les enfants d'Israël consultèrent TEter- Sépher et qui la prendra. '•''Othniel, nel, en disant : Qui de nous montera fils de Kenaz, frère cadet de Caleb, le premier contre les Cananéens, pour s'en empara; et Caleb lui donna pour lesattaquer?*L'Éternelrépondit: Juda femme sa fille Acsa. '■'Lorsqu'elle fut montera ; voici, j'ai livré le pays entre entrée chez Othniel, elle le sollicita de ses mains. ^Et Juda dit à Siméon, son demander à son père un champ. Elle descendit de dessus son àne ; et Caleb lui dit : Qu'as-tu ? '^Elle lui répondit : Fais-moi un présent, car tu m'as donné une terre du midi ; donne-moi aussi des sources d'eau. Et Caleb lui donna les sources supérieures et les sources inférieures. "'Les fils du Kénien, beau-père de frère : Monte avec moi dans le pays qui m'est échu par le sort, et nous combattrons les Cananéens ; j'irai aussi avec toi dans celui qui t'est tombé en partage. Et Siméon alla avec lui. ''Juda monta, et l'Eternel livra entre leurs mains les Cananéens et les Phé- réziens ; ils battirent dix mille hommes à Bézek. ^lls trouvèrent Adoni-Bézek Moïse, montèrent de la ville des pal- à Bézek ; ils l'attaquèrent, et ils batti- miers, avec les fils de Juda, dans le rent les Cananéens et les Phéréziens. désert de Juda au midi d'Arad, et ils ** Adoni-Bézek prit la fuite ; mais ils le allèrent s'établir parmi le peuple", poursuivirent et le saisirent, et ils lui '"Juda se mit en marche avec Si- coupèrent les pouces des mains et des méon, son frère, et ils battirent les pieds. "Adoni-Bézek dit : Soixante-dix Cananéens qui habitaient à Tsephath; rois, ayant les pouces des mains et des ils dévouèrent la ville p ir interdit, et pieds coupés, ramassaient sous ma on l'appela Ilorma*. "*Juda s'empara table ; Dieu me rend ce que j'ai fait. On encore de Gaza et de son territoire, l'emmena à Jérusalem, et il y mourut. d'Askalon et de son territoire, et d'E- ^Les fils de Juda attaquèrent Jéru- kron et de son territoire. ''■* L'Eternel salem et la prirent, ils la frappèrent fut avec Juda ; et Juda se rendit maître du tranchant de l'épée et mirent le feu de la montagne, mais il ne put chas- à la ville. ** Les fils de Juda descendirent ser les habitants de la plaine, parce ensuite, pour combattre les Cananéens qu'ils avaient des chars de fer. ^"On qui ha]>itaient la montagne, la contrée clonna Ilébron à Caleb, comme l'avait du midi et la plaine. '"Juda marcha dit Moïse; et il en chassa les trois fils contre les Cananéens qui habitaient à d'Anak. Ilébron, appelée autrefois Rirjath- -'Les fils de Benjamin ne chassèrent Arba ; et il battit Schéschaï, Ahiman point les Jébusiens qui habitaient à et Talmaï. "De là il marcha contre les Jérusalem ; et les Jébusiens ont habité habitants de Debir : Debir s'appelait jusqu'à ce jour dans Jérusalem avec autrefois Rirjath-Sépher. les fils de Benjamin. • '-Caleb dit: Je donnerai mafille Acsa ^^La maison de Joseph monta aussi Il De Jiidu. b. llornia dérive d'un mot qui sij,'nilîo i/rrouer par iiiteidit. JUGES. Cluip. I, -.'S- 2,0. contre Béthel, et rEteinol fut avec eux. -'La maison de Joseph fit explorer Béthel, ([ui s'appelait autrefois Luz. -■'Les gardes virent un homme qui sor- tait de la ville, et ils lui dirent : Mon- tre-nous par où nous pourrons entrer dans la ville, et nous te ferons grâce. -^11 leur montra par où ils pourraient entrer dans la ville. Et ils frappèrent la ville du tranchant de l'épée ; mais ils laissèrent aller cet homme et toute sa famille. -"Cet homme se rendit dans le pays des Iléthiens ; il bâtit une ville, et lui donna le nom de Luz, nom qu'elle a porté jusqu'à ce jour. ^'Manassé ne chassa point les habi- tants de Beth-Schean et des villes de son ressort, de Thaanac et des villes de son ressort, de Dor et des villes de son ressort, de Jibleam et des villes de son ressort, de Meguiddo et des villes de son ressort ; et les Cananéens voulurent rester dans ce pays. -''Lors- qu'Israël fut assez fort, il assujettit les Cananéens à un tribut, mais il ne les chassa point. -^Ephraïm ne chassa point les Cana- néens qui habitaient à Giiézer, et les Cananéens habitèrent au milieu d'E- phraïm à Guézer. '"Zabulon ne chassa point les habi- tants de Kitron , ni les habitants de Nahalol ; et les Cananéens habitèrent au milieu de Zabulon, mais ils furent assujettis à un tribut. ^'Aser ne chassa point les habitants d'Acco, ni les habitants de Sidun, ni ceux d'Achlab, d'Aczib, de Ilelba, d'Aphik et de Rehob ; '-et les Asérites habitèrent au milieu des Cananéens, habitants du pays, car ils ne les chas- sèrent point. ''Nephthali ne chassa point les ha- bitants de Beth-Schémesch, ni les habitants de Beth-Anath, et il habita au milieu des Cananéens, habitants du pays, mais les habitants de Beth-Sché- o. Bokim signifie ceux qui pleurent. mesch et de Beth-Anath furent assu- jettis à un tribut. '••Les Amoréens repoussèrent dans la montagne les fds de Dan, et ne les laissèrent pasdescendre dans la plaine. '^Les Amoréens voulurent rester à Har-Hérès, à Ajalon et à Schaalbim ; mais la main de la maison de Joseph s'appesantit sur eux, et ils furent assu- jettis à un tribut. '*Lc territoire des Amoréens s'étendait depuis la montée d'Akrabbim, depuis Séla, et en dessus. CJinp. II. 'Un envoyé de l'Eternel monta de Guilgal à Bokim, et dit : Je vous ai fait monter hors d'Egypte, et je vous ai amenés dans le pays que j'ai juré à vos pères de vous donner. J'ai dit : Jamais je ne romprai mon alliance avec vous; -et vous, vous ne traiterez point alliance avec les habi- tants de ce pays, vous renverserez leurs autels. Mais vous n'avez point obéi à ma voix. Pourquoi avez-vous fait cela ? ^J'ai dit alors : Je ne les chasserai point devant vous ; mais ils seront h vos côtés, et leurs dieux vous seront un piège. ''Lorsque l'envoyé de l'Eternel eut dit ces paroles à tous les enfants d'Israël, le peuple éleva la voix et pleura. ^Ils donnèrent à ce lieu le nom de Bokim", et ils y offri- rent des sacrifices à l'Eternel. Les juges. ^Josué renvoya le peuple, et les en- fants d'Israël allèrent chacun dans son héritage pour prendre possession du pays. 'Le peuple servit l'Eternel pendant toute la vie de Josué, et pen- dant toute la vie des anciens qui sur- vécurent à Josué et qui avaient vu toutes les grandes choses que l'Eter- nel avait faites en faveur d'Israël. ^Josué, fils de Nun, serviteur de l'E- ternel, mourut, âgé de cent dix ans. "On l'ensevelit dans le territoire qu'il avait eu en partage, à Thimnath-IIé- 275 Chop. S, m-3, 7. JUGES. rès, dans la montagne d'Épliraïm, au allant après d'autres dieux pour les servir et se prosterner devant eux, et ils persévéraient dans la même con- duite et le même endurcissement. ^° Alors la colère de rÉternel s'en- flamma contre Israël, et il dit : Puis- que cette nation a transgressé mon alliance que j'avais prescrite à ses pères, et puisqu'ils n'ont point obéi à ma voix, "je ne chasserai plus devant euxaucune des nationsque Josuélaissa quand il mourut. "C'est ainsi que je nord de la montagne de Gaasch '"Toute cette génération fut recueil- lie auprès de ses pères, et il s'éleva après elle une autre génération, qui ne connaissait point l'Eternel, ni ce qu'il avait fait en faveur d'Israël. "Les enfants d'Israël firent alors ce qui dé- plaît à l'Éternel, et ils servirent les Baais. '-Ils abandonnèrent l'Eternel, le Dieu de leurs pères, qui les avait fait sortir du pays d'Egypte, et ils allèrent après d'autres dieux d'entre mettrai par elles Israël à l'épreuve, les dieux des peuples qui les entou- pour savoir s'ils prendront garde ou raient; ils se prosternèrent devant eux, et ils irritèrent l'Eternel. "Ils abandonnèrent l'Eternel, et ils ser- virent Baal et les Astartés. '■•La colère de l'Eternel s'enflamma contre Israël. Il les livra entre les mains de pillards qui les pillèrent, il les vendit entre les mains de leurs ennemis d'alentour, et ils ne purent plus résister à leurs ennemis. ""Partout où ils allaient, la main de l'Eternel était contre eux pour leur faire du mal, comme l'Éternel l'avait dit, comme l'Eternel le leur avait juré. Ils furent ainsi dans une grande détresse. '"L'É- ternel suscita des juges, afin([u'ils les délivrassent de la main de ceux qui les pillaient. '■^Mais ils n'écoutèrent pas même leurs juges, car ils se prosti- tuèrent à d'autres dieux, se proster- nèrent devant eux. Ils se détournèrent promptement de la voie qu'avaient suivie leurs pères, et ils n'obéirent point comme eux aux commandements de l'Eternel. '^Lorsque l'Éternel leur suscitait des juges, l'Éternel était avec le juge, et il les délivrait de la main de leurs ennemis pendant toute la vie du juge; car l'Éternel avait jiitié de leurs gé- missements contre ceux qui les oppri- maient et les tourmentaient. "*Mais, à la mort du juge, ils se corrompaient de nouveau plus que leurs pères, en non de suivre la voie de l'Éternel, comme leurs pères y ont pris garde. ^'Et l'Eternel laissa en repos ces nations qu'il n'avait pas livrées entre les mains de Josué, et il ne se hâta point de les chasser. Chap. III. 'Voici les nations que l'Eternel laissa pour éprouver par elles Israël, tous ceux qui n'avaient pas connu toutes les guerres de Canaan. ^11 voulait seulement que les généra- tions des enfants d'Israël connussent et apprissent la guerre, ceux qui ne l'avaient pas connue auparavant. 'Ces nations étaient : les cinq princes des Philistins, tous les Cananéens, les Si- doniens, et les Iléviens qui habitaient la montagne du Liban, depuis la mon- tagne de Baal-IIermon jusqu'à l'entrée de Hamath. ''Ces nations servirent à mettre Israël à l'épreuve, afin que l'Éternel sût s'ils obéiraient aux com- mandements qu'il avait prescrits à leurs pères par Moïse. ''Et les enfants d'Israël habitèrent au milieu des Cana- néens, des Iléthiens, des Amoréens, des Phéréziens, des Héviens et des Jébusiens ; "ils prirent leurs fdles pour femmes, ils donnèrent à leurs fils leurs propres filles, et ils servirent leurs dieux. Ol/inicl, Eliiid, Sc/iaiiigar, juges en Israël. 'Les enfants d'Israël firent ce qui 276 JUGES. Chap. 3,8-31. déplaît à rÉtcrrtel, ils oublièrent l'K- ternel, et ils servirent les Baals^ et les idoles. *La colère de l'Eternel s'en- flamma contre Israël, et il les vendit entre les mains de Cuschan-Rischea- thaïm, roi de Mésopotamie. Et les en- tants d'Israël furent asservis huit ans à Cuschan-Rischealhaïm. "Les enfants d'Israël crièrent à l'E- ternel, et l'Eternel leur suscita un libé- rateur qui les délivra, Otliniel, fds de Ivenaz, frère cadet de Caleb. '"L'esprit de l'Eternel fut sur lui. Il devint juge en Israël, et il partit pour la guerre. L'Eternel livra entre ses mains Cus- chan-Rischeathaïm, roi de Mésopota- mie, et sa main fut puissante contre Cuschan-Rischeathaïm. "Le pays fut en repos jiendant quarante ans. Et Othniel, fils de Kcnaz, mourut. '^Les enfants d'Israël firent encore ce qui dé[)laît à l'Eternel ; et l'Eternel fortifia Eglon, roi de Moab, contre Israël, j)arce qu'ils avaient fait ce qui déplaît à l'Eternel. '^Eglon réunit à lui les fils d'Ammon et les Amalécites, et il se mit en marche. Il battit Israël, et ils s'emparèrent de la ville des pal- miers". ''Et les enfants d'Israël furent asservis dix-huit ans à Eglon, roi de Moab. '^Les enfants d'Israël crièrent à l'E- ternel , et l'Eternel leur suscita un libérateur, Éhud, fils de Guéra, Ben- jamite, cjui ne se servait pas de la main droite. Les enfants d'Israël envoyèrent par lui un présent à Eglon, roi de Moab. '^Ehud se fit une épée à deux tranchants, longue d'une coudée, et il la ceignit sous ses vêtements, au côté droit. "Il offrit le jM'ésent à Eglon, roi de Moab : or Eglon était un homme très gras. '* Lorsqu'il eut achevé d'of- frir le présent, il renvoya les gens qui lavaient apporté. '"Il revint lui-même depuis les carrières près de Guilgal, a. Jéricho, ■ et il dit : 0 roi ! j'ai quelque chose de secret à te dire. Le roi dit : Silence! Et tous ceux qui étaient auprès de lui sortirent. ^"Ehud l'aborda comme il était assis seul dans sa chambre d'été, et il dit : J'ai une parole de Dieu pour toi. Eglon se leva de son siège. *'Alors Ehud avança la main gauche, tiral'épée de son côté droit, et la lui enfonça dans le ventre. -La poignée même entra après la lame, et la graisse se referma autour de la lame; car il ne retira pas du ventre l'épée, qui sortit par derrière. ^^Ehud sortit par le por- tique , ferma sur lui les portes de la chambre haute, et tira le verrou. -^Quanil il fut sorti, les serviteurs du roi vinrent et regardèrent; et voici, les portes de la chambre haute étaient fermées au verrou. Ils dirent : Sans doute il se couvre les pieds dans la chambre d'été. -^Ils attendirent long- temps; et comme il n'ouvrait pas les portes de la chambre haute, ils prirent la clé et ouvrirent, et voici, leur maître était mort, étendu parterre. *^ Pendant leurs délais, Éhud prit la fuite, dé- passa les carrières, et se sauva à Seïra. -'Dès qu'il fut arrivé, il sonna de la trompette dans la montagne d'E- phraïm. Les enfants dlisraël descen- dirent avec lui de la montagne, et il se mita leur tête. -*11 leur dit : Suivez- moi, car l'Eternel a livré entre vos mains les Moabites, vos ennemis. Ils descendirent après lui, s'emparèrent des gués du Jourdain vis-à-vis de Moab, et ne laissèrent passer personne. *"Ils battirent dans ce temps-là environ dix millp hommes de Moab, tous robustes, tous vaillants, et pas un n'échap|ia. "'"En ce jour, Moab fut humilié sous la main d'Israël. Et le j>ays fut en repos pendant quatre-vingts ans. ■"Après lui, il y eut Schamgar, fils d'Analli. Il battit six cents hommes 277 Chap. A, i-^ii JUGES. des Philistins, avec un aiguillon à bœufs. Et lui aussi fut un libérateur d'Israël. Débora la prop/ictcsse. Juge en Israël. Cantique de Débora. Chap. IV. 'Les enfants d'Israël firent encore ce qui déplaît à l'Eternel, après qu'Ehud fut mort. ^Et l'Eternel les vendit entre les mains de Jabin, roi de Canaan, qui régnait à Hatsor. Le chef de son armée était Sisera, et habitait à Haroscheth-Goïm. ^Les enfants d'Israël crièrent à l'E- ternel, car Jabin avait neuf cents chars de fer, et il opprimait avec violence les enfants d'Israël depuis vingt ans. *Dans ce temps-là, Débora, prophé- tesse, femme de Lappidoth, étaitjuge en Israël. ^Elle siégeait sous le pal- mier de Débora, entre Rama et Béthel, dans la montagne d'Ephraïm; et les enfants d'Israël montaient vers elle pour être jugés. *Elle envoya appeler Barak, fils d'Abinoam, de Kédesch- Nephthali, et elle lui dit : N'est-ce pas l'ordre cju'a donné l'Eternel, le Dieu d'Israël ? Va, dirige-toi sur le mont Thabor, et prends avec toi dix mille hommes des enfants de Nephthali et des enfants de Zabulon ; ^j'attirerai vers toi, au torrent de Rison, Sisera, chef de l'armée de Jabin, avec ses chars et ses troupes, et je le livrerai entre tes mains. * Barak lui dit : Si tu viens avec moi, j'irai; mais si tu ne viens pas avec moi, je n irai pas. 'Elle répondit : J'irai bien avec toi ; mais tu n'auras point de gloire sur la voie où tu marches, car l'Éternel livrera Sisera entre les mains d'une femme. Et Dé- bora se leva, et elle se rendit avec Barak à Kédesch. '"Barak convoqua Zabulon et Neph- thali à Kédesch; dix mille hommes marchèrent à sa suite, et Débora par- tit avec lui. "Iléber, le Kénien, s'était séparé des Kéniens, des fils de Hobab, beau- père de Moïse, et il avait dressé sa tente jusqu'au chêne de Tsaannaïm, près de Kédesch. '-On informa Sisera que Barak, fils d'Abinoam, s'était dirigé sur le mont Thabor. '^Et, depuis Haroscheth- Goïm, Sisera rassembla vers le torrent de Kison tous ses chars, neuf cents chars de fer, et tout le peuple qui était avec lui. ** Alors Débora dit à Barak : Lève- toi, car voici le jour où l'Eternel livre Sisera entre tes mains. L'Eternel ne marche-t-il pas devant toi ? Et Barak descendit du mont Thabor, ayant dix mille hommes à sa suite. "^L'Eternel mit en déroute devant Barak, par le tranchant de l'épée, Sisera, tous ses chars et tout le camp. Sisera descen- dit de son char, et s'enfuit à pied. "^ Barak poursuivit les chars et l'armée jusqu'à Ilaroscheth-Goïm ; et toute l'armée de Sisera tomba sous le tran- chant de l'épée, sans qu'il en restât un seul homme. "Sisera se réfugia à pied dans la tente de Jaël, femme de Héber, le Ké- nien; car il y avait paix entre Jabin, roi de Hatsor, et la maison de Héber, le Kénien. 'Maël sortit au-devant de Sisera, et lui dit: Entre, mon sei- gneur, entre chez moi, ne crains point. Il entra chez elle dans la tente, et elle le cacha sous une couverture. '^11 lui dit: Donne-moi, je te prie, un peu d'eau à boire, car j'ai soif. Elle ouvrit l'outre du lait, lui donna à boire, et le couvrit. -"Il lui dit encore : Tiens-toi à l'entrée de la tente, et si l'on vient t'interroger en disant : Y a-t-il ici quel- qu'un ? tu répondras : Non. ^'Jaël, femme de Héber, saisit un pieu de la tente, prit en main le marteau, s'ap- procha de lui doucement, et lui en- fonça dans la tempe le pieu, qui péné- tra en terre. Il était profondément endormi et accablé de fatigue ; et il 278 JUGES. C/iap. 4,22-5,1?. mourut. "Comme Barak poursuivait raël. -*Et la main des enfants d'Israël Sisera, Jaël sortit à sa rencontre et lui s'appesantit de plus en plus sur Jabin, dit : Viens, et je te montrerai l'homme roi de Canaan, jusqu'à ce qu'ils eus- que tu cherches. Il entra chez elle, et sent exterminé Jabin, roi de Canaan, voici , Sisera était étendu mort , le pieu dans la tempe. Chap. V. 'En ce jour-là, Débora *'En ce jour. Dieu humilia Jabin, chanta ce cantique, avec Barak, fils roi de Canaan, devant les enfants dis- d'Abinoam : ^Des chefs se sont mis à la tête du peuple en Israël. Et le peuple s'est montré prêt à combattre : Bénissez-en l'Eternel ! ^Rois, écoutez! Princes, prêtez l'oreille! Je chanterai, oui je chanterai à 1 Eternel, Je chanterai à l'Eternel, le Dieu d'Israël. ■•O Eternel ! quand tu sortis de Séir, Quand tu t'avanças des champs d'Edom, La terre trembla, et les cieux se fondirent. Et les nuées se fondirent en eaux; ^Les montagnes s'ébranlèrent devant l'Eternel, Ce Sinai devant l'Eternel, le Dieu d'Israël. 'Au temps de Schamgar, fds d'Anath, Au temps de Jaël, les routes étaient abandonnées, Et ceux qui voyageaient prenaient des chemins détournés. 'Les chefs étaient sans force en Israël, sans force, Quand je me suis levée, moi Débora, Quand je me suis levée comme une mère en Israël. '*I1 avait choisi de nouveaux dieux : Alors la guerre était aux portes ; On ne voyait ni bouclier ni lance Chez quarante milliers en Israël. ^Mon cœur est aux chefs d'Israël, A ceux du peuple qui se sont montrés prêts à combattre. Bénissez l'Eternel ! '"Vous qui montez de blanches ànesses, Qui avez pour sièges des tapis. Et vous qui marchez sur la route, chantez ! "Que de leur voix les archers, du milieu des abreuvoirs, Célèbrent les bienfaits de l'Éternel, Les bienfaits de son conducteur en Israël ! Alors le peuple de l'Eternel descendit aux portes. '-Réveille-toi, réveille-toi, Débora! Réveille-toi, réveille-toi, dis un cantique ! Lève-toi, Barak, et emmène tes captifs, fils d'Abinoam ! 271) Clinp. 5,13-xy JUGES. ''Alors un reste du peuple triompha des puissants, L'Eternel me donna la victoire sur les héros. "D'Ephraïm arrivèrent les habitants d'Amalek". A ta suite marcha Benjamin parmi ta troupe. De Makir* vinrent des chefs, Et de Zabulon des commandants. '^Les princes d'Issacar furent avec Débora, Et Issacar suivit Barak, 11 fut envoyé sur ses pas dans la vallée. Près des ruisseaux de Ruben, Grandes furent les résolutions du cœur ! '^Pourquoi es-tu resté au milieu des étables A écouter le bêlement des troupeaux ? Aux ruisseaux de Ruben, Grandes furent les délibérations du cœur! ''Galaad au delà du Jourdain n'a pas quitté sa demeure. Pourquoi Dan s'est-il tenu sur les navires ? Aser s'est assis au rivage de la mer. Et s'est reposé dans ses ports. '^Zabulon est un peuple qui affronta la mort, Et Nephthali de même. Sur les hauteurs des champs. ''Les rois vinrent, ils combattirent. Alors combattirent les rois de Canaan, A Thaanac, aux eaux de Meguiddo ; Ils ne remportèrent nul butin, nul argent. ^'Des cieux on combattit, De leurs sentiers les étoiles combattirent contre Sisera. ^'Le torrent de Kison les a entraînés. Le torrent des anciens temps, le torrent de Kison. Mon âme, foule aux pieds les héros ! ^^Alors les talons des chevaux retentiront, A la fuite, à la fuite précipitée de leurs guerriers. -'Maudissez Méroz, dit l'ange de l'Eternel, Maudissez, maudissez ses habitants. Car ils ne vinrent pas au secours de l'Eternel, Au secours de l'Eternel, parmi les hommes vaillants. ^^ Bénie soit entre les femmes Jaël, Femme de Héber, le Kénien ! Bénie soit-elle entre les femmes qui habitent sous les tentes ! -'^Il demanda de l'eau, elle a donné du lait. Dans la coupe d'honneur elle a présenté de la crème. ^^D'une main elle a saisi le pieu, a. Amalek est ici le nom d'une montagne en ijphraïm, où les Amalécites avaient anciennement habité. b. Makir désigne une portion de la tribu de Manassé ; Makir était le fils aine de Manassé. 280 JUGES. Cliap. 5,27-6, m. Et (le sa droite le marteau des travailleurs; Elle a frappé Siscra, lui a fendu la tète, Fracassé et transpercé la tempe. -"Aux pieds de Jaël il s'est affaissé, il est tombé, il s'est couché; A ses pieds il s'est affaissé, il est tombé ; Là où il s'est affaissé, là il est tombé sans vie. -*Par la fenêtre, à travers le treillis, La mère de Sisera regarde, et s'écrie : Pourquoi son char tarde-t-il à venir? Pourquoi ses chars vont-ils si lentement? -"Les plus sages d'entre ses femmes lui répondent. Et elle se répond à elle-même : ™Ne trouvent-ils pas du butin ? ne le partagent-ils pas? Une jeune fille, deux jeunes filles par homme, Du butin en vêtements de couleur pour Sisera, Du butin en vêtements de couleur, brodes. Un vêtement de couleur, deux vêtements brodés, Pour le cou du vainqueui. ""Périssent ainsi tous tes ennemis, ô Eternel! Ceux qui l'aiment sont comme le soleil. Quand il paraît dans sa force. Le pays fut en repos pendant quarante ans. Gédéon, Juge en Israël. — Mctoire sur les Mndianitcs. — Poursuite tics fui/nrds au delà du Jourdain. — Mort de Gédéon. Chap. yi. 'Les enfants d'Israël firent ce qui déplaît à l'Eternel ; et l'Eternel les livra entre les mains de Madian, pendant sept ans. -La main de Madian fut ])uissante contre Israël. venaient dans le pays pour le ravager. ^Israël fut très malheureux à cause de Madian, et les enfants d'Israël crièrent à l'Eternel. 'Lorscpie les enfants d'Israël criè- Pour échapper à Madian, les enfants rent à l'Eternel au sujet de Madian, d'Israël se retiraient dans les ravins ^l'Eternel envova un jirophète aux en- des montagnes, dans les cavernes et fants d'Israël. II leur dit : Ainsi parle sur les rochers fortifiés. ^Quand Israël l'Éternel, le Dieu d'Israël : Je vous ai avait semé, Madian montait avec Ama- fait monter d'Egypte, et je vous ai fait Ick et les fils de l'Orient, et ils mar- sortir de la maison de servitude. ^Je chaient contre lui. Mis campaient en vous ai délivrés de la main des Égyp- face de lui, détruisaient les produc- tiens et de la main de tous ceux qui tions du pays jusque vers Gaza, et ne vous opprimaient; je lésai chassés dé- laissaient en Israël ni vivres, ni bre- vant vous, et je vous ai donné leur bis, ni bœufs, ni ânes. ^Car ils mon- taient avec leurs troupeaux et leurs tentes, ils arrivaient comme une multi- pays. '"Je vous ai dit : Je suis l'Éternel , votre Dieu; vous ne craindrez point les dieux des Amoréens, dans le pays tude de sauterelles, ils étaient innom- desquels vous habitez. Mais vous n'a brables, eux et leurs chameaux, et ils vez point écouté ma voix. 281 Cliap. 0, n-iii. JUGES. "Puis vint l'ange de rÉternel, et il s'assit sous le térébinthe d'Ophra, qui appartenait à Joas, de la famille d'A- biézer. Gédéon, son fds, battait du fro- ment au pressoir, pour le mettre à l'abri de Madian. '-L'ange de l'Eternel lui apparut, et lui dit : L'Eternel est avec toi, vaillant héros! '^Gédéon lui dit : Ah ! mon seigneur, si l'Éternel est avec nous, pourquoi toutes ces choses nous sont-elles arrivées ? Et où sont tous ces prodiges que nos pères nous racontent, quand ils disent : L'Eternel ne nous a-t-il pas fait monter hors d'Egypte? Maintenant l'Éternel nous abandonne, et il nous livre entre les mains de Madian ! '''L'Éternel se tour- na vers lui, et dit : Va avec cette force pains sans levain. Et l'ange de l'Éter- nel disparut à ses yeux. --Gédéon, voyant que c'était l'ange de l'Eternel, dit : Malheur à moi ! Seigneur Éternel, car j'ai vu l'ange de l'Eternel face à face. ^'Et l'Éternel lui dit : Sois en paix, ne crains point, tu ne mour- ras pas. '^■'Gédéon bâtit là un autel à l'Éternel, et lui donna pour nom l'É- ternel paix : il existe encore aujour- d'hui à Ophra, qui appartenait à la fa- mille d'Abiézer. ^^Dans la même nuit, l'Éternel dit à Gédéon : Prends le jeune taureau de ton père, et un second taureau de sept ans. Renverse l'autel de Baal qui est à ton père, et abats le pieu sacré qui est dessus. ^^Tu bâtiras ensuite et tu que tu as, et délivre Israël de la main disposeras, sur le haut de ce rocher, de Madian ; n'est-ce pas moi qui t'en- un autel à l'Éternel, ton Dieu. Tu voie? '^Gédéon lui dit : Ah ! mon sei- prendras le second taureau, et tuoff'ri- gneur, avec quoi délivrerai-je Israël? ras un holocauste, avec le bois de l'i- Voici, ma famille est la plus pauvre dole que tu auras abattue. -'Gédéon en Manassé, et je suis le plus petit prit dix hommes parmi ses serviteurs, dans la maison de mon père. "'L'Éter- et fit ce que l'Éternel avait dit ; mais. nel lui dit : Mais je serai avec toi, et tu battras Madian comme un seul hom- me. ''Gédéon lui dit : Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, donne-moi un signe pour montrer que c'est toi qui me par- les. '''Ne t'éloigne point d'ici jusqu'à ce que je revienne auprès de toi, que j'apporte mon offrande, et que je la fert en holocauste sur l'autel qui avait comme il craignait la maison de son père et les gens de la ville, il l'exécuta de nuit, et non de jour. -* Lorsque les gens de la ville se furent levés de bon matin, voici, l'autel de Baal était ren- versé, le pieu sacré placé dessus était abattu, et le second taureau était of- dépose devant toi. Et l'Éternel dit : Je resterai jusqu'à ce que tu reviennes. '^Gédéon entra, prépara un che- vreau, et lit avec un épha de farine des pains sans levain. Il mit la chair dans un panier et le jus dans un pot, les lui apporta sous le térébinthe, et les pré- senta. -"L'ange de Dieu lui dit : Prends la chair et les pains sans levain, pose- les sur ce rocher, et répands le jus. Et il fit ainsi. -' L'ange de l'Eternel avança l'extrémité du bâton qu'il avait à la main, et toucha la chair et les pains sans levain. Alors il s'éleva du rocher un feu qui consuma la chair et les été bâti, ^^lls se dirent l'un à l'autre Qui a fait cela ? Et ils s'informèrent et firent des recherches. On leur dit : C'est Gédéon, fils de Joas, qui a fait cela. ^^ Alors les gens de la ville dirent à Joas : Fais sortir ton fils, et qu'il meure, car il a renversé l'autel de Baal et abattu le pieu sacré qui était dessus. ^'Joas répondit à tous ceux qui se pré- sentèrent à lui : Est-ce à vous de pren- dre parti pour Baal? est-ce à vous de venir à son secours? Quiconque pren- dra parti pour Baal mourra avant que le matin vienne. Si Baal est un dieu, qu'il plaide lui-même sa cause, puis- 282 JUGES. (Jliap. 0,M-7 , rj. qu'on a renversé son autel. ^-Et en ce jour Ton donna à Gédéon le nom de Jerubbaal", en disant : Que Baal plaide contre lui, puisqu'il a renversé son autel. ■''Tout Madian, Amalek, et les fds de rOrient, se rassemblèrent; ils pas- sèrent le Jourdain, et campèrent dans la vallée de Jizréel. ^^Gédcon fut re- vêtu de l'esprit de l'Éternel ; il sonna de la trom]iette, et Abiézer fut convo- qué pour marcher à sa suite. '^11 en- voya des messagers dans tout Manassé, qui fut aussi convoqué pour marcher à sa suite. 11 envova des messagers dans Aser, dans Zabulon et dans Nephthali, qui montèrent à leur rencontre. •'^Gédéon dit à Dieu : Si tu veux dé- livrer Israël par ma main, comme tu l'as dit, ^^ voici, je vais mettre une toi- son de laine dans l'aire ; si la toison seule se couvre de rosée et que tout le terrain reste sec , je connaîtrai que tu dé- livreras Israël par ma main, comme tu l'as dit. '^Et il arriva ainsi. Le jour sui- vant, il se leva de bon matin, pressa la toison, et en fit sortir la rosée, qui donna de l'eau plein une coupe. "'Gé- déon dit à Dieu : Que ta colère ne s'enflamme point contre moi, et je ne jiarlerai plus que cette fois. Je voudrais seulement faire encore une épi'euve avec la toison : que la toison seule reste sèche, et que tout le terrain se couvre de rosée. "'"Et Dieu fit ainsi cette nuit-là. La toison seule resta sèche, et tout le terrain se couvrit de rosée. Chap. VII. 'Jeruhbaal, qui est Gé- déon, et tout le peuple qui était avec lui, se levèrent de bon matin, et cam- pèrent près de la source de Harod. Le caniji de Madian était au nord de Gé- déon, vers la colline de More, dans la vallée. * L'Eternel dit à Gédéon : Le peujile (|ue tu as avec toi est trop nombreux pour que je livre Madian entre ses a, Jfnthbanl signifie Que Baal i>laitle. dispute, combi mains; il pourrait en tirer gloire con- tre moi, et dire : C'est ma main qui m'a délivré. ^Publie donc ceci aux oreilles du peuple : Que celui qui est craintif et qui a peur s'en retourne et s'éloigne de la montagne de Galaad. Vingt-deux mille hommes parmi le peuple s'en retournèrent, et il en resta dix mille. ''L'Eternel dit à Gédéon : Le peuple est encore trop nombreux. Fais-les descendre vers l'eau, et là je t'en ferai le triage ; celui dont je te dirai : Que celui-ci aille avec toi, ira avec toi ; cl celui dont je te dirai : Que celui-ci n'aille pas avec toi, n'ira pas avec toi. ^Gédéon fit descendre le peuple vers l'eau, et l'Éternel dit à Gédéon : Tous ceux qui laperont l'eau avec la langue comme lape le chien, tu les sépareras de tous ceux qui se mettront à genoux pour boire. ''Ceux qui lapèrent l'eau en la portant à la bouche avec leur main furent au nombre de trois cents hommes, et tout le reste du peuple se mit à genoux pour boire. 'Et l'Eternel dit à Gédéon : C'est par les trois cents hommes qui ont lapé, que je vous sau- verai et que je livrerai Madian entre tes mains. Que tout le reste du peuple s'en aille chacun chez soi. *0n prit les vivres du peuple et ses trompettes. Puis Gédéon renvoya tous les hommes d'Israël chacun dans sa tente, et il re- tint les trois cents hommes. Le camp de Madian était au-dessous de lui dans la vallée. "L'Eternel dit à Gédéon pendant la nuit : Lève-toi, descends au camp, car je l'ai livré entre tes mains. '"Si tu crains de descendre, descends-y avec Pura, ton serviteur. "Tu écouteras ce qu'ils diront, et après cela tes mains seront fortifiées : descends donc au canqj. 11 descendit avec Pura, son serviteur, jusqu'aux avant-postes du camp. '-Madian, Amalek, et tous les ittc. 283 Chap. 7 , 13-8,5. JUGES. fils de l'Orient, étaient répandus dans la vallée comme une multitude de sau- terelles, et leurs chameaux étaient in- nombrables comme le sable qui est sur le bord de la mer. '^Gédéon arriva; et voici, un homme racontait à son ca- marade un songe. Il disait : J'ai eu un songe ; et voici, un gâteau de pain d'or- ge roulait dans le camp de Madian ; il est venu heurter jusqu'à la tente, et elle est tombée ; il l'a retournée sens dessus dessous, et elle a été renver- sée. '''Son camarade répondit, et dit : Ce ii'est pas autre chose que l'épée de Gédéon, fils de Joas, homme d'Israël; Dieu a livré entre ses mains Madian et tout le camp. '^Lorsque Gédéon eut entendu le ré- cit du songe et son explication, il se prosterna, revint au camp d'Israël, et dit : Levez-vous, car l'Eternel a livré entre vos mains le camp de Madian. "^ Il divisa en trois corps les trois cents hommes, et il leur remit à tous des trompettes et des cruches vides, avec des flambeaux dans les cruches. '^11 leur dit : Vous me regarderez et vous ferez comme moi. Dès que j'aborde- rai le camp, vous ferez ce que je fe- rai ; '*et quand je sonnerai de la trom- pette, moi et tous ceux qui seront avec moi, vous sonnerez aussi de la trom- pette tout autour du camp, et vous direz : Pour l'Eternel et pour Gédéon ! '^Gédéon et les cent hommes qui étaient avec lui arrivèrent aux abords du camp au commencement de la veille du milieu", comme on venait de placer les gardes. Ils sonnèrent de la trom- pette, et brisèrent les cruches qu'ils avaient à la main. '"Les trois corps sonnèrent de la trompette, et brisè- rent les cruches ; ils saisirent de la main gauche les flambeaux et de la main droite les trompettes pour son- ner, et ils s'écrièrent : Epée pour l'E- ternel et pour Gédéon! -'Ils restèrent a. La seconde veille : la nuit était partuj^ée en trois veilles. 284 chacun à sa place autour du camp ; et tout le camp se mit à courir, à pousser des cris, et à prendre la fuite. ^^Les trois cents hommes sonnèrent encore de la trompette ; et, dans tout le camp, l'Eternel leur fit tourner l'épée les uns contre les autres. Le camp s'enfuit jus- qu'à Beth-Schitta vers Tseréra, jus- qu'au bord d'Abel-Mehola près de Tabbath. ^^Les hommes d'Israël se ras- semblèrent, ceux de Nephthali, d'Aser et de tout Manassé, et ils poursuivirent Madian. ^''Gédéon envoya des messagersdans toute la montagne d'Ephraïm , pour dire : Descendez à la rencontre de Madian, et coupez-leur le passage des eaux jusqu'à Beth-Bara et celui du Jourdain. Tous les hommes d'Ephraïm se rassemblèrent, et ils s'emparèrent du passage des eaux jusqu'à Beth- Bara et de celui du Jourdain. -'Ils sai- sirent deux chefs de Madian, Oreb et Zeeb ; ils tuèrent Oreb au rocher d'O- reb, et ils tuèrent Zeeb au pressoir de Zeeb. Ils poursuivirent Madian, et ils apportèrent les têtes d'Oreb et de Zeeb à Gédéon de l'autre côté du Jourdain. Chap. VIII. 'Les hommes d'E- phraïm dirent à Gédéon : Que signifie cette manière d'agir envers nous ? pourquoi ne pas nous avoir appelés, quand tu es allé combattre Madian ? Et ils eurent avec lui une violente que- relle. -Gédéon leur répondit : Qu'ai-je fait en comparaison de vous ? Le grap- pillage d'Ephraïm ne vaut-il pas mieux que la vendange d'Abiézer ? 'C'est en- tre vos mains que Dieu a livré les chefs de Madian, Oreb et Zeeb. Qu'ai-je donc pu faire en comparaison de vous ? Lors- qu'il eut ainsi parlé, leur colère contre lui s'apaisa. ••Gédéon arriva au Jourdain, et il le passa , lui et les trois cents hommes qui étaient avec lui, fatigués, mais poursuivant toujours. ^11 dit JUGES. Chap. 8,1)-: •n. de Succoth : Donnez, je vous prie, quelques pains au peuple qui m'ac- compagne, car ils sont fatigués, et je suis à la poursuite de Zébach et de Tsalmunna, rois de Madian. "Les chefs de Succoth répondirent : La main de Zébach et de Tsalmunna est-elle déjà en ton pouvoir, pour que nous don- nions du pain à ton armée ? ' Et Gédéon dit : Eh bien ! lorsque lÉternel aura livré entre mes mains Zébach et Tsal- munna, je broierai votre chair avec des épines du désert et avec des char- dons. ^De là il monta à Penuel, et il (it aux gens de Penuel la même de- mande. Ils lui répondirent comme avaient répondu ceux de Succoth. *Et il dit aussi aux gens de Penuel : Quand je reviendrai en paix, je renverserai cette tour. '"Zébach et Tsalmunna étaient à Karkor et leur armée avec eux, environ quinze mille hommes, tous ceux qui étaient restés de l'armée entière' des fds de rOrient ; cent vingt mille hom- mes tirant l'épée avaient été tués. "Gédéon monta par le chemin de ceux qui habitent sous les tentes, à l'orient de Nobach et de Jogbeha, et il battit l'armée qui se croyait en sûreté. '-Zé- bach et Tsalmunna prirent la fuite ; Gédéon les poursuivit, il s'empara des deux rois de Madian, Zébach et Tsal- munna, et il mit en déroute toute l'ar- mée. '^ Gédéon, fds de Joas, revint de la bataille par la montée de Hérès. '■*I1 saisit d'entre les gens de Succoth un jeune homme qu'il interrogea, et qui lui mit par écrit les noms des chefs et des anciens de Succoth, soixante-dix- sept hommes. '^Puis il vint auprès des gens de Succoth, et dit : Voici Zébach et Tsalmunna, au sujet desquels vous m'avez insulté, en disant : La main de Zébach et de Tsalmunna est-elle déjà en ton pouvoir, pour que nous don- nions du ])ain à tes hommes fatigués ? '•'Et il prit les anciens de la ville, et châtia les gens de Succoth avec des épines du désert et avec des chardons. '"Il renversa aussi la tour de Penuel, et tua les gens de la ville. "*I1 dit à Zébach et à Tsalmunna : Comment étaient les hommes que vous avez tués auThabor ? Ils répondirent : Ils étaient comme toi, chacun avait l'air d'un fds de roi. '*II dit : C'étaient mes frères, fds de ma mère. L'Eternel est vivant ! si vous les eussiez laissés vivre, je ne vous tuerais pas. -"Et il dit à Jéther, son premier-né : Lève-toi, tue-les ! Mais le jeune homme ne tira point son épée, parce qu'il aA'ait peur, car il était encore un enfant. ^'Zébach et Tsalmunna dirent : Lève-toi toi- même, et tue-nous ! car tel est l'hom- me, telle est sa force. Et Gédéon se leva, et tua Zébach et Tsalmunna. Il prit ensuite les croissants", qui étaient aux cous de leurs chameaux. "Les hommes d'Israël dirent à Gé- déon : Domine sur nous, et toi, et ton fils, et le fils de ton fils, car tu nous as délivrés de la main de Madian. -'Gé- déon leur dit : .Je ne dominerai point sur vous, et mes fils ne domineront point sur vous; c'est l'Eternel qui do- minera sur vous. -■* Gédéon leur dit : J'ai une demande à vous faire : donnez-moi chacun les anneaux que vous avez eus pour butin. — Les ennemis avaient des anneaux d'or, car ils étaient Ismaélites. — -^Ils dirent: Nous les donnerons volontiers. Et ils étendirent un manteau, sur le- quel chacun jeta les anneaux de son butin. -"Le poids des anneaux d'or que demanda Gédéon fut de mille septcents sicles d'or, sans les croissants, les pendants d'oreilles, et les vêtements de pourpre que portaient les lois de Madian, et sans les colliers qui étaient aux cous de leurs chameaux. -'Gédéon a. Croissants, ou petites lunes, ornement que portaient aussi les femmes, voy. Esaïe, 3, 285 Chap. 8, 28-9, 15. JUGES. en fit un éphod, et il le plaça dans sa que je suis votre os et votre chair. ^Les ville, à Ophra, où il devint l'objet des frères de sa mère répétèrent pour lui prostitutions de tout Israël ; et il fut toutes ces paroles aux oreilles de tous un piège pour Gédéon et pour sa mai- les habitants de Sichem, et leur cœur son. inclina en faveur d'Abimélec, car ils -*Madian fut humilié devant les en- se disaient : C'est notre frère. *Ils lui fants d'Israël, et il ne leva plus la tète, donnèrent soixante-dix sicles d'ar- Et le pays fut en repos pendant qua- gent, qu'ils enlevèrent de la maison de rante ans, durant la vie de Gédéon. Baal-Berith. Abimélec s'en servit pour ^^Jerubbaal , fds de Joas , s'en re- acheter des misérables et des turbu- tourna, et demeura dans sa maison. lents, qui allèrent après lui. ^11 vint ^"Gédéon eut soixante-dix fils, issus dans la maison de son père à Ophra, de lui, car il eut plusieurs femmes, et il tua ses frères, fils de Jerubbaal, ^'Sa concubine, qui était à Sichem, lui soixante-dix hommes, sur une même enfanta aussi un fils, à qui on donna pierre. Il n'échappa que Jotham, le le nom d'Abimélec. -"Gédéon, fils de plus jeune fils de Jerubbaal, car il s'é- Joas, mourut après une heureuse vieil- tait caché. *Tous les habitants de Si- lesse, et il fut enterré dans le sépulcre chem et toute la maison de Millo " se de Joas, son père, à Ophra, qui appar- rassemblèrent; ils vinrent, et procla- mèrent roi Abimélec, près du chêne planté dans Sichem. 'Jotham en fut informé. II alla se placer sur le sommet de la montagne de Garizim, et voici ce qu'il leur cria à haute voix: Écoutez-moi, habitants de Sichem, tenait à la famille d'Abiézer. Les fils de Gédéon tués par leur frère Abimélec. — Abimélec proclamé roi ii Sicliem. — Apo- logue de Jotham. — Fin misérable d'Abimé- lec. 33 •■'Lorsque Gédéon fut mort, les en- fants d'Israël recommencèrent à se et que Dieu vous écoute ! prostituer aux Baals, et ils prirent *Les arbres partirent pour aller oin- Baal-Berith pour leur dieu. ^■'Les en- dre un roi et le mettre à leur tête. Ils fants d'Israël ne se souvinrent point dirent à l'olivier : Bègne sur nous, de l'Éternel, leur Dieu, qui les avait "Mais l'olivier leur répondit : Benon- délivrés de la main de tous les enne- cerais-jc à mon huile, qui m'assure les hommages de Dieu et des hommes, pour aller planer sur les arbres ? '"Et les arbres dirent au figuier : Viens, toi. rèffne sur nous. "Mais le fimiier leur o et mis qui les entouraient. ^^Et ils n'eu- rent point d'attachement pour la mai- son de Jerubbaal, de Gédéon, après tout le bien qu'il avait fait à Israël. Chap. IX. 'Abimélec, fils de Je- répondit : Benoncerais-je à ma dou- rubbaal, se rendit à Sichem vers les ceur et à mon excellent fruit, pour al- frères de sa mère, et voici comment il 1er planer sur les arbres ? '-Et les ar- leur parla, ainsi qu'à toute la famille bresdirentcà la vigne : Viens, toi, règne de la maison du père de sa mère : sur nous. '^Mais la vigne leur répon- -Dites, je vous prie, aux oreilles de dit : Benoncerais-je à mon vin, qui tous les habitants de Sichem : Vaut-il réjouit Dieu et les hommes, pour aller mieux pour vous que soixante-dix planer sur les arbres ? '^Alors tous les hommes, tous fils de Jerubbaal, domi- arbres dirent au buisson d'épines : neiit sur vous, ou qu'un seul homme Viens, toi, règne sur nous. '=*Et le domine sur vous? Et souvenez-vous buisson d'épines répondit aux arbres : a. Probablement, forteresse près de Sitbeiu. 286 JUGES. Chap. 9, te-. 36. Si c'est de bonne foi que vous voulez m'oindre pour votre roi, venez, réfu- giez-vous sous mon ombrage; sinon, un feu sortira du buisson d'épines, et dévorera les cèdres du Liban. ''Maintenant, est-ce de bonne foi et avec intégrité que vous avez agi en proclamant roi Abimélec ? avez-vous eu de la bienveillance pour Jerubbaal et sa maison ? l'avez-vous traité selon les services qu'il a rendus? — ''Car mon père a combattu pour vous, il a exposé sa vie, et il vous a délivrés de la main de Madian ; '*et vous, vous vous êtes levés contre la maison de mon ])ère, vous avez tué ses fds, soixante- dix hommes, sur une même pierre, et vous avez proclamé roi sur les habi- tants de Sichem Abimélec , fds de sa servante, parce qu'il est votre frère. — '■•'Si c'est de bonne foi et avec inté- grité qu'en ce jour vous avez agi en- vers Jerubbaal et sa maison, eh bien ! ([u'Abimélec fasse votre joie, et que vous fassiez aussi la sienne ! -"Sinon, qu'un feu sorte d'Abimélec et dévore les habitants de Sichem et la maison de Millo, et qu'un feu sorte des habi- tants de Sichem et de la maison de Millo et dévore Abimélec ! -'Jotliam se retira et prit la fuite ; il s'en alla à Béer, où il demeura loin d'Abimélec, son frère. "Abimélec avait dominé trois ans sur Israël. ^^ Alors Dieu envoya un mauvais esprit entre Abimélec et les habitants de Sichem, et les habitants de Sichem furent infidèles à Abimélec, '''•'afin que la violence commise sur les soixante-dix fils de Jerubbaal reçût son châtiment, et que leur sang retombât sur Abimélec, leur frère, qui les avait tués, et sur les habitants de Sichem, qui l'avaient aidé à tuer ses frères. -^Les habitants de Sichem placèrent en embuscade contre lui, sur les som- mets des montagnes, des gens qui dé- l)ouillaient tous ceux qui passaient 28: près d'eux sur le chemin. Et cela fut rajiporté à Abimélec. -'Gaal, fils d'Ebed , vint avec ses frères, et ils passèrent à Sichem. Les habitants de Sichem eurent confiance en lui. -'Ils sortirent dans la campagne vendangèrent leurs vignes, foulèrent les raisins, et se livrèrent à des réjouis- sances ; ils entrèrent dans la maison de leur dieu, ils mangèrent et burent, et ils maudirent Abimélec. **Et Gaal, fils d'Ebed, disait: Qui est Abimélec, et qu'est Sichem, pour que nous ser- vions Abimélec ? N'est-il pas fils de Jerubbaal, et Zebul n'est- il pas son commissaire ? Servez les hommes de Hamor, père de Sichem; mais nous, pourquoi servirions-nous Abimélec? -^Oh ! si j'étais le maître de ce peuple, je renverserais Abimélec. Et il disait d'Abimélec: Renforce tonarmée, mets- toi en marche ! ^"Zebul, gouverneur de la ville, ap- prit ce que disait Gaal, fils d'Ebed, et sa colère s'enflamma. '"Il envoya se- crètement des messagers à Abimélec, pour lui dire : Voici, Gaal, fils d'Ebed, et ses frères, sont venus à Sichem, et ils soulèvent la ville contre toi. '-Main- tenant, pars de nuit, toi et le peuple qui est avec toi, et mets-'toi en embus- cade dans la campagne. ''Le matin, au lever du soleil, tu fondras avec impé- tuosité sur la ville. Et lorsque Gaal et le peuple qui est avec lui sortiront contre toi, tu lui feras ce que tes forces permettront. '^ Abimélec et tout le peuple qui était avec lui partirent de nuit, et ils se mi- rent en embuscade près de Sichem, divisés en quatre corps. ''^Gaal, fils d'Ebed, sortit, et il se tint à l'entrée de la porte de la ville. Abimélec et tout le peuple qui était avec lui se levèrent alors de l'embuscade. "'Gaal aperçut le peuple, et il dit à Zebul : Voici un jteuple qui descend du sommet des montagnes. Zebul lui répondit : C'est ni * Chap. 0,in-W.. JUGES. l'ombre des montagnes que tu prends *^Et ils coupèrent chacun une branche, pour des hommes. ^'Gaal, reprenant la et suivirent Abimélec ; ils placèrent parole, dit : C'est bien un peuple qui les branches contre la forteresse, et descend des hauteurs du pays, et une l'incendièrent avec ceux qui y étaient, troupe arrive par le chemin du chêne Ainsi périrent tous les gens de la tour des devins. ^*Zebul lui répondit : Où de Sichem, au nombre d'environ mille, donc est ta bouche, toi qui disais : Qui hommes et femmes, est Abimélec, pour que nous le ser- ^"Abimélec marcha contre Thébets. vions ? N'est-ce point là le peuple que II assiégea Thébets, et s'en empara, tu méprisais ? Marche maintenant, li- ^' 11 y avait au milieu de la ville une vre-lui bataille! ^^Gaal s'avança à la forte tour, où se réfugièrent tous les tête des habitants de Sichem, et livra habitants de la ville, hommes et fem- bataille à Abimélec. *" Poursuivi par mes ; ils fermèrent sur eux, et montè- Abimélec, il prit la fuite devant lui, et rent sur le toit de la tour. ^^ Abimélec beaucoup d'hommes tombèrent morts parvint jusqu'à la tour; il l'attaqua, et jusqu'à l'entrée de la porte. '''Abimélec s'approcha de la porte pour y mettre s'arrêta à Aruma. Et Zebul chassa Gaal le feu. '^^ Alors une femme lança sur la et ses frères, qui ne purent rester à tête d'Abimélec un morceau de meule Sichem. de moulin, et lui brisa le crâne. ^*Aus- ■•^Le lendemain, le peuple sortitdans sitôt il appela le jeune homme qui la campagne. Abimélec, qui en fut in- portait ses armes, et lui dit : Tire ton formé, *''prit sa troupe, la partagea en épée, et donne-moi la mort, de peur trois corps, et se mit en embuscade qu'on ne dise de moi : C'est une femme dans la campagne. Ayant vu que le qui l'a tué. Le jeune homme le perça, peuple sortait de la ville, il se leva et il mourut. ^^Quand les hommes d'Is- contre eux, et les battit. "Abimélec et raël virent qu'Abimélec était mort, ils les corps qui étaient avec lui se porté- s'en allèrent chacun chez soi. rent en avant, et se placèrent à l'entrée ^* Ainsi Dieu fit retomber sur Abimé- de la porte de la ville ; deux de ces lec le mal qu'il avait fait à son père, corps se jetèrent sur tous ceux qui en tuant ses soixante-dix frères, ^'et étaient dans la campagne, et les batti- Dieu fit retomber sur la tête des gens rent. ''^Abimélec attaqua la ville peu- de Sichem tout le mal qu'ils avaient dant toute la journée ; il s'en empara, fait. Ainsi s'accomplit sur eux lamalé- et tua le peuple qui s'y trouvait. Puis diction de Jotham, fils de Jerubbaal. il rasa la ville, et y sema du sel. «A cette nouvelle, tous les habitants '^''"'^ '' ■'"'''' J"S'=' "" ^"^'''^■ de la tour de Sichem se rendirent dans Chap. X. 'Après Abimélec, Thola, la forteresse de la maison du dieu Be- fils de Pua, fils de Dodo, homme d'Is- rith. *'0n avertit Abimélec que tous sachar, se leva pour délivrer Israël ; il les habitants de la tour de Sichem s'y habitait à Schamir, dans la montagne étaient rassemblés. ''^Alors Abimélec d'Ephraïm. 'Il fut juge en Israël pen- monta sur la montagne de Tsalmon, dant vingt-trois ans; puis il mourut, lui et tout le peuple qui était avec lui. et fut enterré à Schamir. Il prit en main une hache, coupa une ''Après lui, se leva Jaïr, le Galaadite, branche d'arbre, l'enleva et la mit sur qui fut juge en Israël pendant vingt- son épaule. Ensuite il dit au peuple qui deux ans. *I1 avait trente fils, qui mon était avec lui : Vous avez vu ce que j'ai taient sur trente ânons, et qui possé- fait, hàtez-vous de faire comme moi. daient trente villes, appelées encore 288 JUGES. Chap. 10,5-11,9. Jeplithé, juge en Israël. — Défaite des Ammo- nites. — La fille de Jephthé. — Guerre civile entre les Ephraïmites et les Galaadites. aujourcrhui bourgs ilc Jaïr, et situées nous délivrer aujourd'hui ! '*Et ils dans le pays de Galaad. ^Et Jaïr mou- ôtèrent les dieux étrangers du milieu rut, et tut enterré à Ramon. d'eux, et servirent l'Eternel, qui fut touché des maux d'Israël. "Lesfdsd'Ammonse rassemblèrent et campèrent en Galaad, et les enfants d'Israël se rassemblèrent et campèrent ^Les enfants d'Israël firent encore à Mitspa. '^Le peuple, les chefs de ce qui déplaît à l'Eternel; ils servirent Galaad se dirent l'un à l'autre : Quel les Baals et les Astartés, les dieux de est l'homme qui commencera l'attaque Syrie, les dieux de Sidon, les dieux de contre les fils d'Ammon ? Il sera chef Moab, les dieux des fds d'Ammon, et de tous les habitants de Galaad. les dieux des Philistins, et ils aban- Chap. XI. 'Jephthé, le Galaadite, donnèrent l'Eternel et ne le servirent était un vaillant héros. Il était fils plus. 'La colère de l'Eternel s'en- d'une femme prostituée; et c'est Ga- flamma contre Israël, et il les vendit laad qui avait engendré Jephthé. -La entre les mains des Philistins et en- femme de Galaad lui enfanta des fils, tre les mains des fils d'Ammon. *Ils qui, devenus grands, chassèrent Jeph- opprimèrent et écrasèrent les enfants thé, et lui dirent : Tu n'hériteras pas d'Israël cette année -là, et pendant dans la maison de notre père, car tu dix-huit ans tous les enfants d'Israël es fils d'une autre femme. 'Et Jephthé qui étaient de l'autre côté du Jour- s'enfuit loin de ses frères, et il habita dain dans le pays des Amoréens en dans le pays de Tob. Des gens de rien Galaad. 'Les fils d'Ammon passèrent se rassemblèrent auprès de Jephthé, le Jourdain pour combattre aussi con- et ils faisaient avec lui des excursions, tre Juda, contre Benjamin et contre la ''Quelque temps après, les fils d'Am- maison d'Ephraïm. Et Israël fut dans mon firent la guerre à Israël. ^Et une fifrande détresse. comme les fils d'Ammon faisaient la '"Les enfants d'Israël crièrent à l'É- guerre à Israël, les anciens de Galaad ternel, en disant : Nous avons péché allèrent chercher Jephthé au pays de contre toi, car nous avons abandonné Tob. 'Ils dirent à Jephthé : Viens, tu notre Dieu et nous avons servi les seras notre chef, et nous combattrons Baals. "L'Éternel dit aux enfants d'Is- les fils d'Ammon. 'Jephthé répondit raël : Ne vous ai-je pas délivrés des aux anciens de Galaad : N'avez-vous Egyptiens, des Amoréens, des fils pas eu de la haine pour moi, et ne d'Ammon, des Philistins? '*Et lorsque m'avez-vous pas chassé de la maison les Sidoniens, Amalek et Maon, vous de mon père? Pourquoi venez-vous à opprimèrent, et que vous criâtes à moi maintenant que vous êtes dans la moi, ne vous ai-je pas délivrés de leurs détresse ? *Les anciens de Galaad di- mains?"Mais vous, vous m'avez aban- rent à Jephthé : Nous revenons à toi donné, et vous avez servi d'autres maintenant, afin que tu marches avec dieux. C'est pourquoi je ne vous déli- nous, que tu combattes les fils d'Am- vrerai plus. '*Allez, invoquez les dieux mon, et que tu sois notre chef, celui que vous avez choisis; qu'ils vous de tous les habitants de Galaad. '•'Jeph- délivrent au temps de votre détresse ! thé répondit aux anciens de Galaad : *^Les enfants d'Israël dirent à l'Eter- Si vous me ramenez pour combattre nel : Nous avons péché; traite-nous les fils d'Ammon, et que l'Eternel les comme il te plaira. Seulement, daigne livre devant moi, je serai votre chef. 289 Chap. Il, 10-32. JUGES. '"Les anciens de Galaad dirent à Jeph- le Dieu d'Israël, livra Sihon et tout thé : Que l'Eternel nous entende, et son peuple entre les mains d'Israël, qu'il juge si nous ne faisons pas ce que qui les battit. Israël s'em])ara de tout tu dis. "Et Jephthé partit avec les an- le pays des Amoréens établis dans ciens de Galaad. Le peuple le mit à sa cette contrée. "Ils s'emparèrent de tête et l'établit comme chef, et Jeph- tout le territoire des Amoréens, de- thé répéta devant l'Eternel, à Mitspa, puisrArnonjusqu'auJabbok,etdepuis toutes les paroles qu'il avait pronon- le désertjusqu'au Jourdain. "^^Etmain- cées. tenant que l'Eternel, le Dieu d'Israël, '-Jephthé envoya des messagers au a chassé les Amoréens devant son roi des fds d'Ammon, pour lui dire : peuple d'Israël, est-ce toi qui aurais Qu'y a-t-il entre moi et toi, que tu la possession de leur pays? ^*Ge que viennes contre moi pour faire la guerre ton dieu Kemosch te donne à possé- à mon pays ? '^Le roi des fds d'Ammon der, ne le posséderais-tu pas ? Et tout répondit aux messagers de Jephthé : ce que l'Eternel, notre Dieu, a mis en C'est qu'Israël, quand il est monté notre possession devant nous, nous ne d'Egypte, s'est emparé de mon pays, le posséderions pas! -^Vaux-tu donc depuis l'Arnon jusqu'au Jabbok et au mieux que Balak, fils de Tsippor, roi Jourdain. Rends-le maintenant de bon deMoab.^ A-t-il contesté avec Israël, gré. ou lui a-t-il fait la guerre ? **Voilà trois '^Jephthé envoya de nouveau des cents ans qu'Israël habite à Hesbon et messagers au roi des fils d'Ammon, dans les villes de son ressort, à Aroër '^pour lui dire : Ainsi parle Jephthé : et dans les villes de son ressort, et Israël ne s'est point emparé du paj's dans toutes les villes qui sont sur les de Moab, ni du pays des fils d'Ammon. bords de l'Arnon : pourquoi ne les lui '^Carlorsquelsraëlestniontéd'Egypte, avez-vous pas enlevées pendant ce il a marché dans le désert jusqu'à la temps-là ? -'Je ne t'ai point offensé, et mer Rouge, et il est arrivé à Kadès. ''Alors Israël envoya des messagers au roi d'Edom, pour lui dire : Laisse- moi passer par ton pays. Mais le roi d'Edom n'y consentit pas. Il envoya tu agis mal avec moi en me faisant la guerre. Que l'Eternel, le juge, soit aujourd'hui juge entre les enfants d'Israël et les fils d'Ammon ! -*Le roi des fils d'Ammon n'écouta aussi au roi de Moab, qui refusa. Et point les paroles que Jephthé lui fit Israël resta à Kadès. "*Puis il marcha dire. par le désert, tourna le pays d'Edom -^L'esprit de l'Eternel fut sur Jeph- et le pays de Moab, et vint à l'orient thé. II traversa Galaad et Manassé; il du pays de Moab; ils campèrent au passa à Mitspé de Galaad; et de Mitspé delà de l'Arnon, sans entrer sur le de Galaad, il marcha contre les fils territoire de Moab, car l'Arnon est la d'Ammon. ^"Jephthé fit un vœu à l'E- frontière de Moab. '^Israël envoya des ternel, et dit : Si tu livres entre mes messagers à Sihon, roi des Amoréens, mains les fils d'Ammon, ^'quiconque roi de Hesbon, et Israël lui dit : Laisse- sortira des portes de ma maison au- nous passer par ton pays jusqu'au lieu devant de moi, à mon heureux retour où nous allons. -"Mais Sihon n'eut pas de chez les fils d'Ammon, sera consa- assez confiance en Israël pour le lais- cré à l'Eternel, et je l'offrirai en holo- ser passer sur son territoire; il ras- causte. sembla tout son peuple, campa à Ja- ^-Jephthé marcha contre les fils hats, et combattit Israël. -'L'Eternel, d'Ammon, et l'Eternel les livra entre 290 JUGES. Chap. U,Xi-I3,i3. ses mains. ^-^11 leur fit éprouver une très grande défaite, depuis Aroër jus- que vers Minnith, espace ([ui renfer- mait vingt villes, et jusqu'à Abel-Ke- ramim. Et les fils d'Ammon furent humiliés devant les enfants d'Israël. '^Jephthé retourna dans sa maison à Mitspa. Et voici, sa fille sortit au- devant de lui avec des tambourins et des danses. C'était son unique enfant; il n'avait point de fils et point d'autre fille. ^^Dès qu'il la vit, il déchira ses vêtements, et dit : Ah ! ma fille ! tu me jettes dans l'abattement, tu es au nom- bre de ceux qui me troublent! .J'ai fait un vœu à l'Eternel, et je ne puis le révoquer. ^'^Elle lui dit : Mon père, si tu as fait un vœu à l'Eternel, traite- moi selon ce qui est sorti de ta bou- che, maintenant que l'Eternel t'avengé de tes ennemis, des fils d'Ammon. "Et elle dit à son père : Que ceci me soit accordé : laisse- moi libre pendant deux mois! Je m'en irai, je descendrai dans les montagnes, et je pleurerai ma virginité avec mes compagnes. '*I1 répondit : Va ! Et il la laissa libre pour deux mois. Elle s'en alla avec ses com- pagnes, et elle pleura sa virginité sur les montagnes. ^"Au bout des deux mois, elle revint vers son père, et il accomplit sur elle le vœu fju'il avait fait. Elle n'avait point connu d'homme. Dès lors s'établit en Israël la coutume ^'que tous les ans les filles d'Israël s'en vont célébrer la fille de Jephthé, le Galaadite, quatre jours par année. Chap. XII. 'Les hommes d'E- phraïm se rassemblèrent , partirent pour le nord, et dirent à Jephthé : Pourquoi es-tu allé combattre les fils d'Ammon, sans nous avoir appelés à marcher avec toi ? Nous voulons in- cendier ta maison et te brûler avec elle. -Jephthé leur répondit : Nous avons eu de grandes contestations, moi et mon peuple, avec les fils d'Am- a. ScliibboUth sijjiûfie epi et torrent mon ; et quand je vous ai appelés, vous ne m'avez pas délivré de leurs mains. •^Voyant que tu ne venais pas à mon secours, j'ai exposé ma vie, et j'ai mar- ché contre les fils d'Ammon. L'Eternel les a livrés entre mes mains. Pourquoi donc aujourd'hui montez-vous contre moi |)Our me faire la guerre ? ■'Jephthé rassembla tous les hommes de Galaad, et livra bataille à Éphraïm. Les hommes de Galaad battirent Ephraïm, parce que les Ephraïmites disaient : Vous êtes des fugitifs d'É- phraïm ! Galaad est au milieu d'E- jdîraïm, au milieu de Manassé ! ^Ga- laad s'empara des gués du Jourdain du côté d'Ephraïm. Et quand l'un des fuyards d'Ephraïm disait : Laissez- moi passer! les hommes de Galaad lui demandaient : Es-tu Ephraïmite ? Il répondait : Non. ^ Ils lui disaient alors : Hé bien, dis Schibboleth". Et il disait Sibboleth, car il ne pou\ait pas bien prononcer. Sur cpioi les hommes de Galaad le saisissaient, et l'égorgeaient près des gués du Jourdain. 11 périt en ce temps-là cjuarante-deux mille hom- mes d'Ephraïm. 'Jephthé fut juge en Israël jientlant dix ans; puis Je[)hthé, le Galaadite, mourut, et fut enterré dans 1 une des villes de Galaad. Ibisaii, /{/on, Abdon. Juges en Israël. '^Après lui, Ibtsan de Bethléhem fut juge en Israël. "Il eut trente fils, il maria trente filles au dehors, et il fit venir pour ses fils trente filles du de- hors. Il fut juge en Israël pendant sept ans; '"puis Ibtsan mourut, et fut en- terré à Bethléhem. "Après lui, Élon de Zabulon fut juge en Israël. Il fut juge en Israël pendant dix ans ; '-puis Elon de Zabu- lon mourut, et fut enterré à Ajalon, dans le pays de Zabulon. '■Uprès'lui, Abdon, fils d'IIillel, le 291 Chnp. 12,i',-13,w. JUGES. Pirathonile, fut juge en Israël. '*I1 eut (juarante fils et trente petits-fils, qui montaient sur soixante-dix ànons. Il fut juge en Israël pendant huit ans ; ''^puis Abdon, fils d'Hillel, le Piratho- nite, mourut, et fut enterré à Pirathon, dans le pays d'Ephraïm, sur la mon- tagne des Amalécites. Samson, juge en Israël. — Sa naissance. — Son mariage avec une fille des Pliilistins. — Exploits contre les Philistins. — Samson trahi par Delila, et prisonnier des Philistins. — Comment il se venge et meurt. Chap. XIII. 'Les enfants d'Israël firent encore ce qui déplaît à l'Eter- nel ; et l'Eternel les livra entre les mains des Philistins, pendant qua- rante ans. ^11 Y avait un homme de Tsorea, de la famille des Danites , et qui s'appe- lait Manoach. Sa femme était stérile, et n'enfantait pas. ^Unange de l'Eter- * Manoach fit cette prière à l'Eter- nel : Ah ! Seigneur, que l'homme de Dieu que tu as envoyé vienne encore vers nous, et qu'il rlous enseigne ce que nous devons faire pour l'enfant qui naîtra! '■'Dieu exauça la prière de Manoach, et l'ange de Dieu vint en- core A'ers la femme. Elle était assise dans un champ, et Manoach, son mari, n'était pas avec elle. '"Elle courut promptement donner cette nouvelle à son mari, et lui dit : Voici, l'homme qui était venu l'autre jour A^ers moi m'est apparu. "Manoach se leva, sui- vit sa femme, alla vers l'homme, et lui dit : Est-ce toi qui as parlé à cette femme? Il répondit : C'est moi. '^Ma noach dit : Maintenant, si ta parole s'accomplit, que faudra-t-il observer à l'égard de l'enfant, et qu'y aura-t-il à faire ? '-^L'ange de l'Éternel répondit à Manoach : La femme s'abstiendra de tout ce que je lui ai dit. ''Elle ne goû- nel apparut à la femme, et lui dit : tera d'aucun produit de la vigne, elle Voici, tu es stérile, et tu n'as point d'enfants; tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils. ''Maintenant prends bien garde, ne bois ni vin ni liqueur forte, et ne mange rien d'im- pur. ^Car tu vas devenir enceinte, et tu enfanteras un fils. Le rasoir ne pas- sera point sur sa tête, parce que cet enfant sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère ; et ce sera lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins. *La femme alla dire à son mari : Un homme de Dieu est venu vers moi, et il avait l'aspect d'un ange de Dieu, un aspect redoutable. Je ne lui ai pas de- mandé d'où il était, et il ne m'a pas fait connaître son nom. ^Mais il m'a dit : Tu vas devenir enceinte, et tu enfanteras un fils ; et maintenant ne bois ni vin ni liqueur forte, et ne mange rien d'impur, parce que cet enfant sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère jusqu'au jour de sa mort. ne boira ni A-in ni liqueur forte, et elle ne mangera rien d'impur; elle obser- vera tout ce que je lui ai prescrit. '^Manoach dit à l'ange de l'Eternel : Permets-nous de te retenir, et de t'ap- prcter un chevreau. '^L'angede l'Eter- nel répondit à Manoach : Quand tu me retiendrais, je ne mangerais pas de ton mets ; mais si tu veux faire un holocauste, tu l'offriras à l'Eternel. Manoach ne savait point que ce fût un anee de l'Eternel. ''Et Manoach dit à l'ange de l'Eternel : Quel est ton nom, afin que nous te rendions gloire, quand ta parole s'accomplira? '^L'ange de l'Eternel lui répondit : Pourquoi de- mandes-tu mon nom ? Il est merveil- leux. '"Manoach prit le chevreau et l'offrande, et fit un sacrifice à l'Eter- nel sur le rocher. Il s'opéra un pro- dige , pendant que Manoach et sa femme regardaient. -"Gomme la flam- me montait de dessus l'autel vers le cie ange de l'Eternel monta dans la 292 JUGES. Chap. 1S,'H-Ii,m. flamme de l'autel. A cette vue, Ma- son père et à sa mère ce qu'il avait noach et sa femme tombèrent la face fait. '11 descendit et parla à la femme, contre terre. *' L'ange de l'Eternel et elle lui plut. n'apparut plus à Manoach et à sa fem- ^Quelque temps après, il se rendit me. Alors Manoach comprit que c'était de nouveau à Thimna pour la prendre, l'ange de l'Eternel, *-et il dit à sa et se détourna pourvoir le cadavre du femme : Nous allons mourir, car nous lion. Et voici, il y avait un essaim d'a- avons vu Dieu. *^Sa femme lui répon- beilles et du miel dans le corps du dit : Si l'Eternel eût voulu nous faire lion. ^11 prit entre ses mains le miel, mourir, il n'aurait pas pris de nos dont il mangea pendant la route ; et mains l'holocauste et l'offrande, il ne lorsqu'il fut arrivé près de son père et nous aurait pas fait voir tout cela, et de sa mère, il leur en donna, et ils en il ne nous aurait pas maintenant fait mangèrent. Mais il ne leur dit pas qu'il entendre pareilles choses. avait pris ce miel dans le corps du -*La femme enfanta un fils, et lui lion, donna le nom de Samson. L'enfant '"Le père de Samson descendit chez grandit, et l'Eternel le bénit. ^^Et l'es- la femme. Et là, Samson fit un festin, prit de l'Eternel commença à l'agiter carc'était la coutume des jeunes gens, à Machané-Dan, entre Tsorea et Esch- " Dès qu'on le vit, on invita trente com- thaol. pagnons qui se tinrent avec lui. '-Sam- Chap. XIV. 'Samson descendit à son leur dit : Je vais vous proposer une Thimna, et il y vit une femme parmi énigme. Si vous me l'expliquez pen- les filles des Philistins. ^Lorsqu'il fut dant les sept jours du festin, et si vous remonté, il le déclara à son ]>ère et la découvrez, je vous donnerai trente à sa mère, et dit : J'ai vu à Thimna chemises et trente vêtements de re- nne femme parmi les filles des Philis- change. '''Mais si vous ne pouvez pas tins ; prenez-la maintenant pour ma me l'expliquer, ce sera vous qui me femme. ^Son père et sa mère lui di- donnerez trente chemises et trente vè- rent : N'y a-t-il point de femme parmi tements de rechange. Ils lui dirent : les filles de tes frères et dans tout Propose ton énigme, et nous l'écou- notre peuple, que tu ailles prendre terons. '^Et il leur dit : De celui qui une femme chez les Philistins qui mange est sorti ce qui se mange, et du sont incirconcis ? Et Samson dit à son fort est sorti le doux, père : Prends-la pour moi, car elle Pendant trois jours, ils ne purent me plaît. ''Son père et sa mère ne sa- expliquerl'énigme.'^Le septième jour, vaient pas que cela venait de l'Eter- ils dirent à la femme de Samson : Per- nel; car Samson cherchait une occa- suade à ton mari de nous expliquer siondedisputede la partdes Philistins, l'énigme; sinon, nous te brûlerons. En ce temps-là, les Philistins domi- toi et la maison de ton père. C'est pour naient sur Israël. nous dépouiller que vous nous avez '^Samson descendit avec son père et invités, n'est-ce pas? '^La femme de sa mère à Thimna. Lorsqu'ils arrivé- Samson pleurait auprès de lui, et di- rent aux vignes de Thimna, voici, un sait : Tu n'as pour moi que de la haine, et tu ne m'aimes pas ; tu as proposé une énigme aux enfants de mon peu- ple, et tu ne me l'as point exj)iiquée ! Et il lui répondait : Je ne l'ai expliquée jeune lion rugissant vint à sa rencon tre. •'L'esprit de l'Eternel saisit Sam- son ; et, sans avoir rien à la main, Samson déchira le lion comme on dé- chire un chevreau. 11 ne dit point à ni à mon père ni à ma mère; est-ce à 293 Chap. 14,11-1-), 16. JUGES. toi que je l'expliquerais? "Elle pleura 'Les Philistins dirent : Qui a fait auprès de lui pendant les sept jours cela ? On répondit : Samson, le gendre que dura leur festin ; et le septième du Thimnien, parce que celui-ci lui a jour, il la lui expliqua, car elle le tour- pris sa femme et l'a donnée à son com- mentait. Et elle donna l'explication de pagnon. Et les Philistins montèrent, l'énigme aux enfants de son peuple, et ils la brûlèrent, elle et son père. '*Les gens de la ville dirent à Samson 'Samson leur dit : Est-ce ainsi que le septième jour, avant le coucher du vous agissez? Je ne cesserai qu'après soleil : Quoi de plus doux que le miel, mètre vengé devons. *11 les battit ru- et quoi de plus fort que le lion? Et il dément, dos et ventre; puis il descen- leur dit : Si vous n'aviez pas labouré dit, et se retira dans la caverne du ro- avec ma génisse, vous n'auriez pas dé- cher d'Etam. couvert mon énicme. ^Alors les Philistins se mirent en "L'esprit de l'Eternel le saisit, et il marche, campèrent en Juda, et s'éten- descendit à Askalon. 11 y tua trente dirent jusqu'à Léchi. '"Les hommes de hommes, prit leurs dépouilles, et don- Juda dirent : Pourquoi ètes-vous mon- na les vêtements de rechange à ceux tés contre nous ? Ils répondirent : Nous qui avaient expliqué l'énigme. Il était sommes montés pour lier Samson, afin enflammé de colère, et il monta à la de le traiter comme il nous a traités, maison de son père. -"Sa femme fut "Sur quoi trois mille hommes de Juda donnée à l'un de ses compagnons, avec descendirent à la caverne du rocher lequel il était lié. d'Etam, et dirent à Samson : Ne sais-tu Chap. XV. 'Quelque temps après, pas que les Philistins dominent sur à l'époque de la moisson des blés, nous? Que nous as-tu donc fait? Il leur Samson alla voir sa femme, et lui porta répondit: Je les ai traités comme ils un chevreau. Il dit : Je veux entrer m'ont traité. '-Ils lui dirent : Nous vers ma femme dans sa chambre. Mais sommes descendus pour te lier, afin le père de sa femme ne lui permit pas de te livrer entre les mains des Philis- d'entrer. -J'ai pensé, dit-il, que tu avais tins. Samson leur dit : Jurez-moi que pour elle de la haine, et je l'ai don- vous ne me tuerez pas. '^Ils lui répon- née à ton compagnon. Est-ce que sa dirent : Non; nous voulons seulement jeune sœur n'est pas plus belle qu'elle? te lier et te livrer entre leurs mains. Prends-la donc à sa place. 'Samson mais nous ne te ferons pas mourir. Et leur dit : Cette fois je ne serai pas cou- ils le lièrent avec deux cordes neuves, pable envers les Philistins, si je leur et le firent sortir du rocher, fais du mal. '''Lorsqu'il arriva à Léchi, les Phi- ''Samson s'en alla. Il attrapa trois listins poussèrent des cris à sa ren- cents renards, et prit des flambeaux; contre. Alors l'esprit de l'Eternel le puis il tourna queue contre queue, et saisit. Les cordes qu'il avait aux bras mit un flambeau entre deux queues, devinrent comme du lin brûlé par le au milieu. '^Il alluma les flambeaux, feu, et ses liens tombèrent de ses lâcha les renards dans les blés des Phi- mains. '^11 trouva une mâchoire d'âne listins, et embrasa les tas de gerbes, fraîche, il étendit sa main pour la le blé sur pied, et jusqu'aux planta- prendre, et il en tua mille hommes, tions d'oliviers. ''Et Samson dit : Avec une mâchoire d'âne, un monceau, deux monceaux; Avec une mâchoire d'âne, j'ai tué mille hommes. JUGES. Chap. 15, 11- 1 6, a. '"Quand il eut achevé de parler, il fussent pas encore sèches, je dcvien- jeta de sa main la mâchoire. Et Ton drais faible et je serais comme un au- appela ce lieu Ramath-Léchi". tre homme. *Les princes des Philistins "^Pressé par la soif, il invoqua TE- apportèrent à Deiila sept cordes fraî- ternel, et dit : C'est toi qui as permis ches, qui n'étaient pas encore sèches, parla main de ton serviteur cette gran- Et elle le lia avec ces cordes. ^Or des de délivrance ; et maintenant mour- gens se tenaient en embuscade chez rais-jc de soif, et tomberais-je entre elle, dans une chambre. Elle lui dit : les mains des incirconcis? '"Dieu fen- Les Philistins sont sur toi, Samson! dit la cavité du rocher c{ui est à Léchi, Et il rompit les cordes, comme se et il en sortit de l'eau. Samson but, son rompt un cordon d'étoupe quand il esprit se ranima, et il reprit vie. C'est sent le feu. Et l'on ne connut point de là qu'on a appelé cette source En- d'où venait sa force. Hakkoré*; elle existe encore aujour- '"Deiila dit à Samson : Voici, tu t"es d'hui à Léchi. jo'^é de moi, tu m'as dit des menson- -"Samson fut juge en Israël, au temps ges. Maintenant, je te prie, indique- des Philistins, pendant vingt ans. moi avec quoi il faut te lier. "Il lui dit : Chap. XVI. 'Samson partit pour Si on me liait avec des cordes neuves, Gaza; il y vit une femme prostituée, et dont on ne se fût jamais servi, je de- il entra chez elle. -On dit aux gens de viendrais faible et je serais comme un Gaza : Samson est arrivé ici. Et ils autre homme. '*DeliIa prit des cordes l'environnèrent, et se tinrent en em- neuves, avec lesquelles elle le lia. Puis buscade toute la nuit à la porte de la elle lui dit : Les Philistins sont sur toi, ville. Ils restèrent tranquilles toute la Samson ! Or des gens se tenaient en nuit, disant : Au point du jour, nous embuscade dans une chambre. Et il le tuerons. ^Samson demeura couché ronq)it comme un fil les cordes qu'il jusqu'à minuit. Vers minuit, il se leva; avait aux bras. et il saisit les battants de la porte de la ville et les deux poteaux, les arracha avec la barre, les mit sur ses épaules, et les porta sur le sommet de la mon- tagne qui est en face d'IIébron. ^Après cela, il aima une femme dans la vallée de Sorek. Elle se nommait Deiila. ^ Les princes des Philistins mon- '■' Deiila dit à Samson : Jusqu'à pré- sent tu t'es joué de moi, tu m'as dit des mensonges. Déclare-moi avec quoi il faut te lier. 11 lui dit ; Tu n'as qu'à tisser les sept tresses de ma tète avec la chaîne du tissu. '*Etelle les fixa par la cheville. Puis elle lui dit : Les Phi- listins sont sur toi, Samson! Et il se réveilla de son sommeil, et il arracha tèrent vers elle, et lui dirent : Flatte le, pour savoir d'où lui vient sa grande la cheville du tissu et le tissu force et comment nous pourrions nous rendre maîtres de lui; nous le lierons pour le dompter, et nous te donnerons chacun mille et cent sicles d'argent. "^Deiila dit à Samson : Dis-moi, je te prie, d'où vient ta grande force, et 'MîUe lui dit : Comment peux-tu dire : Je t'aime! puisque ton cœur n'est pas avec moi ? Voilà trois fois que tu t'es joué de moi, et tu ne m'as pas déclaré d'où vient ta grande force. Comme elle était chaque jour à le avec ([udî il faudrait te lier pour te tourmenter et à l'importuner par ses dompter. 'Samson lui dit : Si on me instances, son àiue s'impatienta à la liait avec sept cordes fraîches, qui ne mort, "il lui ouvrit tout son cœur, et a- [iaimtlli-l.i ili! .■iij^iiifie yVi de ta mâchoire ou colline de la mâchoire. b. En-llakkore si^^iiifie la source de celui qui iitfufjue. 295 Chnp. 16, m- 17,: JUGES. lui dit : Le rasoir n'a point passé sur ma tête, parce que je suis consacré à Dieu dès le ventre de ma mère. Si j'é- tais rasé, ma force m'abandonnerait, je deviendrais faible, et je serais com- me tout autre homme. '^Delila, voyant qu'il lui avait ouvert tout son cœur, envoya appeler les princes des Philis- tins, et leur fit dire : Montez cette fois, car il m'a ouvert tout son cœur. Et les princes des Philistins montèrent vers elle, et apportèrent l'argent dans leurs mains. "Elle l'endormit sur ses ge- noux. Et ayant appelé un homme, elle rasa les sept tresses de la tête de Sam- son, et commença ainsi à le dompter. Il perdit sa force. ^"Elle dit alors : Les Philistins sont sur toi, Samson! Et il se réveilla de son sommeil, et dit : Je m'en tirerai comme les autres fois, et je me dégagerai. Il ne savait pas que l'Eternel s'était retiré de lui. ^' Les Phi- listins le saisirent, et lui crevèrent les yeux ; ils le firent descendre à Gaza, et le lièrent avec des chaînes d'airain. Il tournait la meule dans la prison. d'hommes et de femmes ; tous les prin- ces des Philistins étaient là, et il y avait sur le toit environ trois mille per- sonnes, hommes et femmes, qui regar- daient Samson jouer. ^'Alors Samson invoqua rÉternel, et dit : Seigneur Eternel ! souviens-toi de moi, je te prie; ô Dieu! donne-moi de la force seulement cette fois, et que d'un seul coup je tire vengeance des Philistins pour mes deux yeux ! ^^ Et Samson em- brassa les deux colonnes du milieu sur lesquelles reposait la maison, et il s'appuya contre elles ; l'une était à sa droite, et l'autre à sa gauche. ^"Sam- son dit : Que je meure avec les Philis- tins! Il se pencha fortement, et la maison tomba sur les princes et sur tout le peuple qui y était. Ceux qu'il fit périr à sa mort furent plus nom- breux que ceux qu'il avait tués pen- dant sa vie. ^'Ses frères et toute la maison de son père descendirent, et l'emportèrent. Lorsqu'ils furent re- montés, ils l'enterrèrent entre Tsorea et Eschthaol dans le sépulcre de Ma- noach, son père. Il avait été juge en Cependant les cheveux de sa tête recommençaient à croître, depuis qu'il Israël pendant vingt ans. avait été rasé. *"0r les princes des Phi- listins s'assemblèrent pour offrir un grand sacrifice à Dagon, leur dieu, et pour se réjouir. Ils disaient : Notre dieu a livré entre nos mains Samson, notre ennemi. ^*Et quand le peuple le vit, ils célébrèrent leur dieu, en di- sant : Notre dieu a livré entre nos mains notre ennemi, celui qui rava- geait notre pays, et qui multipliait nos morts. ^^Dans la joie de leur cœur, ils Culte dans la maison de Mica en Ephraïm; le jeune Lévite au service de Mica. — Les ob- jets de culte et le Lévite enlevés par les Da- nites. — Conquête de Laïs, et établissement dans cette ville d'un culte et d'un sacerdoce pour la tribu de Dan. Chap. XVII. ' Il y avait un homme de la montagne d'Ephraïm, nommé Mica. ^11 dit à sa mère : Les mille et cent sicles d'argent qu'on t'a pris, et dirent: Qu'on appelle Samson, et qu'il pour lesquels tu as fait des impréca- nous divertisse ! Ils firent sortir Sam- son de la prison, et il joua devant eux. Ils le placèrent entre les colonnes. -"Et Samson dit au jeune homme qui le te- nait par la main : Laisse-moi, afin que je puisse toucher les colonnes sur les- quelles repose la maison et m'appuyer contre elles. ^' La maison était remplie tions même à mes oreilles, voici, cet argent est entre mes mains, c'est moi qui l'avais pris. Et sa mère dit : Béni soit mon fils par l'Eternel! 'Il rendit à sa mère les mille et cent sicles d'ar- srent; et sa mère dit : Je consacre de ma main cet argent à l'Eternel, afin d'en faire pour mon fils une image 296 JUGES. Chap. 17 ,k-lS, 12. taillée et une image en fonte ; et c'est vaillants qu'ils envoyèrent de Tsorea ainsi que je te le rendrai. ''Il rendit et d'Eschthaol, pour explorer le pays à sa mère l'argent. Sa mère prit deux et pour l'examiner. Ils leur dirent : centssiclesd'argent. Etelledonnal'ar- Allez, examinez le pays. Ils arrivèrent gent au fondeur, qui en fit une image dans la montagne d'Ephraïm jusqu'à taillée et une image en fonte. On les la maison de Mica, et ils y passèrent la plaça dans la maison de Mica. ''Ce nuit. ^Comme ils étaient vers la mai- Mica avait une maison de Dieu ; il fit son de Mica, ils reconnurent la voix un éphod et des théraphim, et il con- du jeune Lévite, s'approchèrent et lui sacra l'un de ses fils, qui lui servit de dirent : Qui t'a amené ici ? que fais-tu prêtre. dans ce lieu? et qu'as-tu ici? 'Il leur *En ce temps-là, il n'y avait point répondit : Mica fait pour moi telle et de roi en Israël. Chacun faisait ce qui telle chose, il me donne un salaire, et lui semblait bon. je lui sers de prêtre. ^Ils lui dirent : 'II y avait un jeune homme de Beth- Consulte Dieu, afin que nous sachions léhem de Juda, de la famille de Juda; si notre voyage aura du succès. "Et le il était Lévite, et il séjournait là. *Cet prêtre leur répondit : Allez en paix; homme partit de la ville de Bcthléhem le voyage que vous faites est sous le de Juda, pour chercher une demeure regard de l'Eternel, qui lui convînt. En poursuivant son 'Les cinq hommes partirent, et ils arrivèrent à Laïs. Ils virent le peuple qui y était vivant en sécurité à la ma- nière des Sidoniens, tranquille et sans inquiétude; il n'y avait dans le pays personne qui leur fît le moindre ou- trage en dominant sur eux; ils étaient a montagne chemin, il arriva dans d'Ephraïm jusqu'à la maison de Mica. ^Mica lui dit : D'où viens-tu ? Il lui ré- pondit : Je suis Lévite, de Bethléhem de Juda, et je voyage pour chercher une demeure qui me convienne. '"Mica lui dit : Reste avec moi; tu me servi- éloignés des Sidoniens, et ils n'avaient ras de père et de prêtre, et je te don- pas de liaison avec d'autres hommes, nerai dix sicles d'argent par année, les *Ils revinrent auprès de leurs frères vêtements dont tu auras besoin, et ton à Tsorea et Eschthaol, et leurs frères entretien. Et le Lévite entra. "Il se leur dirent : Quelle nouvelle apportez- décida ainsi à rester avec cet homme, vous? ^Allons ! répondirent-ils, mon- qui regarda le jeune homme comme tons contre eux; car nous avons vu le l'un de ses fils. '-Mica consacra le Lé- pays, et voici, il est très bon. Quoi ! vite, et ce jeune homme lui servit de vous restez sans rien dire ! Ne soyez prêtre et demeura dans sa maison. "Et point paresseux à vous mettre en mar- Mica dit : Maintenant, je sais que l'É- che pour aller prendre possession de ternel me fera du bien, puisque j'ai ce ce pays. "Quand vous y entrerez, vous Lévite pour prêtre. arriverez vers un peuple en sécurité. Chap. XVIII. 'En ce temps-là, il Le pays est vaste, et Dieu l'a livré cn- n'y avait point de roi en Israël ; et la tre vos mains ; c'est un lieu où rien ne tribu des Danites se cherchait une pos- manque de tout ce qui est sur la terre, session pour s'établir, car jusqu'à ce "Six cents hommes de la famille de jour il ne lui était point échu d'héri- Dan partirent deTsoreaetd'Eschthaol, tage au milieu des tribus d'Israël", munis de leurs armes de guerre. '-Ils *Les fils de Dan prirent sur eux tous, montèrent, et campèrent à Kirjath- parmi leurs familles, cinq hommes Jearim en Juda ; c'est pourquoi ce lieu, a. Purce qu'ils n'avaient pu conquérir 1« territoire qui leur avait été assigné, Josué li), io et suiv. 297 Chap. 18, VA- 19,1. JUGES. qui est derrière Kirjath-Jearim, a été appelé jusqu'à ce jour Machané-Dan". '^Ils passèrent de là dans la montagne d'Ephraïm, et ils arrivèrent jusqu'à la maison de Mica. '■'Alors les cinq hommes qui étaient allés pour explorer le pays de Laïs pri- rent la parole et dirent à leurs frères : Savez-vous qu'il y a dans ces maisons- là un éphod, des théraphim, une image taillée et une image en fonte ? Voyez maintenant ce que vous avez à faire. '^Ils s'approchèrent de là, entrèrent dans la maison du jeune Lévite, dans la maison de Mica, et lui demandèrent comment il se portait. '•'Les six cents hommes d'entre les fds de Dan, munis de leurs armes de guerre, se tenaient à l'entrée de la porte. "Et les cinq hommes qui étaient allés pour explo- rer le pays montèrent et entrèrent dans la maison; ils prirent l'image taillée, l'éphod, les théraphim, et l'image en fonte, pendant que le prêtre était à l'entrée de la porte avec les six cents hommes munis de leurs armes de guerre. "^Lorsqu'ils furent entrés dans la maison de Mica, et cju'ils eurent pris l'image taillée, l'éphod, les théraphim, et l'image en fonte, le prêtre leur dit : Que faites-vous ? '^ Ils lui répondirent : Tais-toi, mets ta main sur ta bouche, et viens avec nous ; tu nous serviras de père et de prêtre. Vaut-il mieux que tu serves de prêtre à la maison d'un seul homme, ou que tu serves de prê- tre à une tribu et à une famille en Israël? ^"Le prêtre éprouva de la joie dans son cœur ; il prit l'éphod, les thé- raphim, et l'image taillée, et se joignit à la troupe. *' Ils se remirent en route et parti- rent, en plaçant devant eux les en- fants, le bétail et les bagages. ^^Comme ils étaient déjà loin de la maison de Mica, les gens qui habitaient les mai- sons voisines de celle de Mica se ras- semblèrent et poursuivirent les fds de Dan. *'Ils appelèrent les fds de Dan, f[ui se retournèrent et dirent à Mica : Qu'as-tu, et que signifie ce rassem- blement ? -■*I1 répondit: Mes dieux que j'avais faits, vous les avez enlevés avec le prêtre, et vous êtes partis : que me reste-t-il ? Comment donc pouvez-vous me dire : Qu'as-tu ?-^Les fils de Dan lui dirent : Ne fais pas entendre ta voix près de nous ; sinon des hommes irri- tés se jetteront sur vous, et tu causeras ta perte et celle de ta maison. -^Et les fds de Dan continuèrent leur route. Mica, voyant qu'ils étaient plus forts que lui, s'en retourna et revint dans sa maison. -'Ils enlevèrent ainsi ce qu'avait fait Mica et emmenèrent le prêtre qui était à son service, et ils tombèrent sur Laïs, sur un peuple tranquille et en sécurité ; ils le passèrent au fil de l'épée, et ils brûlèrent la ville. -* Personne ne la dé- livra, car elle était éloignée de Sidon, et ses habitants n'avaient pas de liai- son avec d'autres hommes; elle était dans la vallée qui s'étend vers Beth- Rehob. Les fils de Dan rebâtirent la ville, et y habitèrent ; -"ils l'appelèrent Dan, d'après le nom de Dan, leur père, cjui était né à Israël; mais la ville s'ap- pelait auparavant Laïs. ^"Ils dressèrent pour eux l'image taillée; et Jonathan, fils de Guerschom, fils de Manassé, lui et ses fils, furent prêtres pour la tribu des Danites, jusqu'à l'époque de la captivité du pays. ^'Ils établirent pour eux l'image taillée qu'avait faite Mica, pendant tout le temps que la maison de Dieu fut à Silo. Outrage fait à la femme d'un Léi'ite dans Gui- bea, ville de Benjamin. — La tribu de Ben- jamin presque détruite par une guerre civile. — Rétablissement de la tribu de Benjamin. Chap. XIX. 'Dans ce temps où il n'y avait point de roi en Israël, un Lé- a. Machané-Dan signifie camp de Dan. 298 JUGES. Chap. 19,i-7i. vite, qui séjournait à l'extrémité de la montagne d'E])hraïni, prit ])our sa con- cubine une femme de Bethléhem de Juda. -Sa concubine lui fit infidélité, et elle le quitta pour aller dans la mai- son de son père à Bethléhem de Juda, où elle resta l'espace de quatre mois. tés et avec sa concubine. "Lorsqu'ils lurent près de Jebus, le jour avait beaucoup baissé. Le serviteur dit alors à son maître : Allons, dirigeons-nous vers cette ville des Jébusiens, et nous y passerons la nuit. '-Son maître lui répondit : Nous n'entrerons pas dans ■''Son mari se leva et alla vers elle, pour une ville d'étrangers, où il n'y a point d'enfants d'Israël, nous irons jusqu'à Guibea. ''Il dit encore à son serviteur : Allons, approchons -nous de l'un de ces lieux, Guibea ou Rama, et nous y passerons la nuit. '''Ils continuèrent à marcher, et le soleil se coucha quand ils furent près de Guibea, qui appar- tient à Benjamin. '=Ils se dirigèrent de ce côté pour aller passer la nuit à Guibea. Le Lévite entra, et il s'arrêta sur la place de la ville. Il n'y eut personne qui les reçût dans sa maison pour qu'ils y passassent la nuit. '^Et voici, un vieillard revenait le soir de travailler aux champs , cet homme était de la montagne d'Ephraîm, il séjournait à Guibea , et les gens du lieu étaient Benjamites. ''II leva les yeux, et vit le voyageur sur la place de la ville. Et le vieillard lui dit : Où vas-tu, et d'où viens-tu ? '*I1 lui répondit : Nous allons de Bethléhem de Juda jvisqu'à l'extré- mité de la montagne d'Ejihraïm, d'où jesuis. J'étais allé cà Bethléhem de Juda, et je me rends à la maison de l'Éternel. Mais il n'y a personne qui me reçoive parler à son cœur et la ramener. Il avait avec lui son serviteur et deux ânes. Elle le fit entrer dans la maison de son père; et quand le père de la jeune femme le vit, il le reçut avec joie. ■'Son beau-père, le jière de la jeune femme, le retint trois jours chez lui. Ils mangèrent et burent, et ils y passèrent la nuit. ^Le quatrième jour, ils se levèrent de bon matin, et le Lévite se disposait à partir. Mais le père de la jeune femme dit à son gendre : Prends un morceau de pain pour fortifier ton cœur ; vous jKU'tirez ensuite. ^Et ils s'assirent, et ils mangèrent et burent eux deux en- semble. Puis le père de la jeune femme »lit au mari : Décide-toi donc à passer la nuit, et que ton cœur se réjouisse. 'Le mari se levait pour s'en aller; mais, sur les instances de son beau-père, il passa encore la nuit. *Le cinquième jour, il se leva de bon matin pour partir. Alors le père de la jeune femme dit : Fortifie ton cœur, je te prie; et restez jusqu'au déclin du jour. Et ils mangèrent eux deux. "Le mari se levait pour s'en aller, avec sa concubine et son serviteur; mais son beau-père, le père de la jeune femme, lui dit : Voici, le jour baisse, il se fait tard, passez donc la nuit ; voici, le jour est sur son déclin, passe ici la nuit, et que ton cœur se réjouisse ; demain vous vous lèverez de bon matin pour vous mettre en route, et tu t'en iras à ta dans sa demeure. ''Nous avons cepen- dant de la paille et du fourrage pour nos ânes ; nous avons aussi du pain et du vin pour moi, pour ta servante, et pour le garçon qui est avec tes servi- teurs. Il ne nous manque rien. -"Le vieillard dit : Que la paix soit avec toi ! Je me charge de tous tes besoins, tu ne passeras pas la nuit sur la place. "' Il tente. '"Le mari ne voulut point passer les fit entrer dans sa maison, et il donna du fourrage aux ânes. Les voya- geurs se lavèrent les pieds ; puis ils la nuit, il se leva et partit. Il arriva jusque devant Jebus, qui est Jérusalem, avec les deux ânes bà- mangèrent et burent. 299 Chap. l9,n-20,i-2. JUGES. ^-Pendant qu'ils étaient à se réjouir, raël sortirent, depuis Dan jusqu'à Beer- voici, les hommes de la ville, gens per- vers, entourèrent la maison, frappè- rent à la porte, et dirent au vieillard, maître de la maison : Fais sortir l'hom- me qui est enti'é chez toi, pour que nous le connaissions. -^Le maître de la maison, se présentant à eux, leur dit : Non, mes frères, ne faites pas le mal, je vous prie ; puisque cet homme est entré dans ma maison, xto, commet- tez pas cette infamie. -■'Voici, j'ai une fdle vierge, et cet homme a une concu- bine ; je vous les amènerai dehors; vous les déshonorerez, et vous leur ferez ce qu'il vous plaira. Mais ne com- mettez pas sur cet homme une action aussi infâme. -''Ces gens ne voulurent point l'écouter. Alors l'homme prit sa concubine, et la leur amena dehors. Ils la connurent, et ils abusèrent d'elle toute la nuit jusqu'au matin ; puis ils la renvoyèrent au lever de l'aurore. -'Vers le matin, cette femme alla tomber à l'entrée de la maison de l'homme chez qui était son mari, et elle resta là jusqu'au jour. -'Et le ma- tin, son mari se leva, ouvrit la porte de la maison, et sortit pour continuer son chemin. Mais voici, la femme, sa concubine, était étendue à l'entrée de la a maison, les mains sur le seuil qi lui dit : Lève-toi, et allons-nous-en. Schéba et au pays de Galaad, et l'assemblée se réunit comme un seul hom me devant l'Éternel, à Mitspa.^Les chefs de tout le peuple, toutes les tri- bus d'Israël, se présentèrent dans l'as- semblée du peuple de Dieu : quatre cent mille hommes de pied, tirant l'épée. ^Et les fils de Benjamin appri- rent que les enfants d'Israël étaient montés à Mitspa. Les enfants d'Israël dirent : Parlez, comment ce crime a-t-il été commis ? *Alors le Lévite, le mari de la femme qui avait été tuée, prit la parole, et dit : J'étais arrivé, avec ma concubine, à Guibea de Benjamin, pour y passer la nuit. ^Les habitants de Guibea se sont soulevés contre moi, et ont entouré pendant la nuit la maison où j'étais. Ils avaient l'intention de me tuer, et ils ont fait violence à ma concubine, et elle est morte. 'J'ai saisi ma concu- bine, et je l'ai coupée en morceaux, que j'ai envoyés dans tout le territoire de l'héritage d'Israël ; car ils ont com- mis un crime et une infamie en Israël. "Vous voici tous, enfants d'Israël ; con- sultez-vous, et prenez ici une décision ! *Tout le peuple se leva comme un seul homme, en disant : Nul de nous n'ira dans sa tente, et personne ne re- tournera dans sa maison. ^ Voici main- EUe ne répondit pas. Alors le mari la tenant ce que nous ferons à Guibea : mit sur un àne, et partit pour aller dans Nous marcherons contre elle d'après le sa demeure. -'Arrivé chez lui, il prit un couteau, saisit sa concubine, et la coupa mem- bre par membre en douze morceaux, qu'il envoya dans tout le ten'itoire d'Israël. ^"Tous ceux qui virent cela dirent : Jamais rien de pareil n'est ar- rivé et ne s'est vu depuis que les en- fants d'Israël sont montés du pays d'Egypte jusqu'à ce jour; prenez la chose à cœur, consultez-vous, et par- lez ! Chap. XX. 'Tous les enfants d'Is- sort. '"Nous prendrons dans toutes les tribus d'Israël dix hommes sur cent, cent sur mille, et mille sur dix mille ; ils iront chercher des vivres pour le peuple, afin qu'à leur retour on traite Guibea de Benjamin selon toute l'infa- mie qu'elle a commise en Israël. "Ainsi tous les hommes d'Israël s'assemblè- rent contre la ville, unis comme un seul homme. '-Les tribus d'Israël envoyèrent des hommes dans toutes les familles de Benjamin , pour dire : Qu'est-ce que 300 JUGES. Chap. 20, 13-33. ce crime qui s'est commis parmi vous ? "Livrez maintenant les gens pervers qui sont à Guibea, afin que nous les fassions mourir et que nous étions le mal du milieu d'Israël. Mais les Benja- mites ne voulurent point écouter la voix de leurs frères, les enfants d'Is- raël. '■•Les Benjaniites sortirent de leurs villes, et s'assemblèrent à Guibea, pour combattre les enfants d'Israël. '^Le dénombrement que l'on fit en ce jour des Benjaniites sortis des villes fut de vingt-six mille hommes, tirant l'épée, sans compter les habitants de Guibea formant sept cents hommes d'élite. '^ Parmi tout ce peuple, il y avait sept cents hommes d'élite qui ne se ser- vaient pas de la main droite ; tous ceux-là pouvaient lancer avec la fronde une ])ierre à un cheveu, et ne le man- quaient pas. "On fit aussi le dénombrement des hommes d'Israël , non compris ceux de Benjamin, et l'on en trouva quatre cent mille tirant l'épée, tous gens de guerre. '"Et les enfants d'Israël se le- vèrent, montèrent à Béthel, et consul- tèrent Dieu, en disant : Qui de nous montera le premier pour combattre les fils de Benjamin ? L'Eternel répon- dit : Juda montera le premier. ''Dès le matin, les enfants d'Israël se mirent en marche, et ils campèrent près de Guibea. -"Et les hommes d'Is- raël s'avancèrent pour combattre ceux de Benjamin, et ils se rangèrent en bataille contre eux devant Guibea. soir; ils consultèrent rÉternel, en di- sant : Dois-je m'avancer encore pour combattre les fils de Benjamin, mon frère ? L'Éternel répondit : Montez contre lui. -■'Les enfants d'Israël s'avan- cèrent contre les fils de Benjamin, le second jour. -^Et ce même jour, les Benjaniites sortirent de Guibea à leur rencontre, et ils étendirent encore sur le sol dix-huit mille hommes des en- fants d'Israël, tous tirant l'épée. -^Tous les enfants d'Israël et tout le peuple montèrent et vinrent à Béthel ; ils pleurèrent et restèrent là devant l'Eternel, ils jeûnèrent en ce jour jus- qu'au soir, et ils offrirent des holo- caustes et des sacrifices d'actions de grâces devant l'Eternel. -'Et les en- fants d'Israël consultèrent l'Eternel, — c'était là que se trouvait alors l'ar- che de l'alliance de Dieu, -*et c'était Phinées, fils d'Eléazar, fils d'Aaron, qui se tenait à cette époque en pré- sence de Dieu, — et ils dirent : Dois- je marcher encore pour combattre les fils de Benjamin, mon frère, ou dois-je m'en abstenir ? L'Eternel répondit : Montez, car demain je les livrerai en- tre vos mains. ^' Alors Israël plaça une embuscade autour de Guibea. '"Les enfants d'Is- raël montèrent contre les fils de Ben- jamin, le troisième jour, et ils se rangèrent en bataille devant Guibea, comme les autres fois. ''Et les fils de Benjamin sortirent à la rencontre du peuple, et ils se laissèrent attirer loin de la ville. Ils commencèrent à frap- -'Les fils de Benjamin sortirent de Gui- per à mort parmi le peuple comme les autres fois, sur les routes dont l'une monte à Béthel et l'autre à Guibea par la campagne, et ils tuèrent environ trente hommes d'Israël. '-Les fils de Benjamin disaient : Les voilà battus devant nous comme auparavant ! !\Iais les enfants d'Israël disaient : Fuyons, et attirons-les loin de la ville dans les bea, et ils étendirent sur le sol ce jour-là vingt-deux mille hommes d'Is- raël. **Le peuple, les hommes d'Israël reprirent courage, et ils se rangèrent de nouveau en bataille dans le lieu où ils s'étaient placés le premier jour. -'Et les enfants d'Israël montèrent, et ils pleurèrentdevant l'Eternel jusqu'au chemins. "Tous les hommes d'Israël 301 Chap. 20, 3^-21. ■ JUGES. quittèrent leur position, et se rangè- rent à Baal-Thamar ; et l'embuscade d'Israël s'élança du lieu où elle était, de Maaré-Guibea. '^Dix mille hommes choisis sur tout Israël arrivèrent de- vant Guibea. Le combat fut rude, et les Benjamites ne se doutaient pas du dé- sastre qu'ils allaient éprouver. ^^L'E- ternel battit Benjamin devant Israël, et les enfants d'Israël tuèrent ce jour- là vingt-cinq mille et cent hommes de Benjamin, tous tirant l'épée. "'^Les fds de Benjamin regardaient comme battus les hommes d'Israël, qui cédaient du terrain à Benjamin et se reposaient sur l'embuscade qu'ils avaient placée contre Guibea. ^'Les gens en embuscade se jetèrent promp- tement sur Guibea, ils se portèrent en avant et frappèrent toute la ville du tranchant de l'épée. ^^ Suivant un si- gnal convenu avec les hommes d'Is- raël, ceux de l'embuscade devaient faire monter de la ville une épaisse fu- mée. ^'^Les hommes d'Israël firent alors volte-face dans la bataille. Les Benja- mites leur avaient tué déjà environ trente hommes, et ils disaient : Cer- tainement les voilà battus devant nous comme dans le premier combat ! *" Ce- pendant une épaisse colonne de fumée commençait à s'élever de la ville. Les Benjamites regardèrent derrière eux ; et voici, de la ville entière les flammes montaient vers le ciel. '"Les hommes d'Israël avaient fait volte-face ; et ceux de Benjamin furent épouvantés, en voyant le désastre qui allait les at- teindre. *^Ils tournèrent le dos devant les' hommes d'Israël, et s'enfuirent par le chemin du désert. Mais les assail- lants s'attachèrent à leurs pas, et ils détruisirent pendant le trajet ceux qui étaient sortis des villes. *^Ils envelop- pèrent Benjamin, le poursuivirent, l'é- crasèrent dès qu'il voulait se reposer, jusqu'en face de Guibea du côté du so- leil levant. "Il tomba dix-huit mille hommes de Benjamin, tous vaillants. ^^ Parmi ceux qui tournèrent le dos pour s'enfuir vers le désert au rocher de Rimmon, les hommes d'Israël en firent périr cinq mille sur les routes ; ils les poursuivirent jusqu'à Guideom, et ils en tuèrent deux mille. ''^Le nom- bre total des Benjamites qui périrent ce jour-là fut de vingt-cinq mille hom- mes tirant l'épée, tous vaillants. ••^Six cents hommes, qui avaient tourné le dos et qui s'étaient enfuis vers le désert au rocher de Rimmon, demeurèrent là pendant quatre mois. **Les hommes d'Israël revinrent vers les fils de Benjamin, et ils les frappè- rent du tranchant de l'épée, depuis les hommes des villes jusqu'au bétail, et tout ce que l'on trouva. Ils mirent aussi le feu à toutes les villes qui exis- taient. Cliap. XXI. 'Les hommes d'Israël avaient juré à Mitspa, en disant : Au- cun de nous ne donnera sa fille pour femme à un Benjamite. -Le peuple vint à Bélhel, et il y resta devant Dieu jus- qu'au soir. Ils élevèrent la voix, ils versèrent d'abondantes larmes, ^et ils dirent : O Eternel, Dieu d'Israël, pour- quoi est-il arrivé en Israël qu'il man- que aujourd'hui une tribu d'Israël ?*Le lendemain, le peuple se leva de bon matin; ils bâtirent là un autel, et ils offrirent des holocaustes et des sacri- fices d'actions de grâces. ^Les enfants d'Israël dirent : Quel est celui d'entre toutes les tribus d'Israël qui n'est pas monté à l'assemblée devant l'Eternel? Car on avait fait un serment solennel contre quiconque ne monterait pas vers l'Eternel à Mitspa, on avait dit : Il sera puni de mort. ^Les enfants d'Is- raël éprouvaient du repentir au sujet de Benjamin, leur frère, et ils disaient: Aujourd'hui une tribu a été retranchée d'Israël! 'Que ferons-nous pour pro- curer des femmes à ceux qui ont sur- vécu, puisque nous avons juré par 302 JUGES. Chap. -2/, 8-25. l'Éternel de ne pas leur donner de nos filles pour femmes.^ Mis dirent donc : Y a-t-il quelqu'un d'entre les tribus tl'lsraël qui ne soit pas monté vers l'Eternel à MitspaPEt voici, personne de Jabès en Galaad n'était venu au camp, à l'assemblée. 'On fit le dénom- brement du peuple, et il n'y avait là aucun des habitants de Jabès en Ga- laad. "'Alors l'assemblée envoya con- tre eux douze mille soldats, en leur donnant cet ordre : Allez, et frappez du tranchant de l'épée les habitants de Jabès en Galaad, avec les femmes et les enfants. "Voici ce que vous fe- rez : vous dévouerez par interdit tout mâle et toute femme qui a connu la couche d'un homme. '*Ils trouvèrent parmi les habitants de Jabès en Galaad quatre cents jeunes filles vierges qui n'avaient point connu d'homme en couchant avec lui, et ils les amenèrent dans le camp à Silo, qui est au pays de Canaan. "Toute l'assemblée envoya des messagers pour parler aux fils de Benjamin qui étaient au rocher de Uimmon, et pour leur annoncer la paix. '■'En ce temps-là, les Benjamites revinrent, et on leur donna les fem- mes à qui l'on avait laissé la vie parmi les femmes de Jabès en Galaad. Mais il n'y en avait pas assez pour eux. 'M^e peuple éprouvait du repentir au sujet de Benjamin, car l'Eternel avait fait une brèche dans les tribus d'Israël. '"'Les anciens de l'assemblée dirent : Que ferons-nous pour procu- rer des femmes à ceux qui restent, puisque les femmes de Benjamin ont été détruites? "Et ils dirent : Que les réchappes de Benjamin conservent leur héritage, afin qu'une tribu ne soit pas effacée d'Israël. '^Mais nous ne pouvons pas leur donner de nos filles pour femmes, car les enfants d'Israël ont juré, en disant : Maudit soit celui qui donnera une femme à un Benja- mite ! "Et ils dirent : Voici, il y a cha- que année une fête de l'Eternel à Silo, qui est au nord de Béthel, à l'orient de la route qui monte de Béthel à Si- chem, et au midi de Lcbona. -"Puis ils donnèrent cet ordre aux fils de Benja- min : Allez, et placez-vous en embus- cade dans les vignes. -'Vous regarde- rez, et voici, lorsque les filles de Silo sortiront pour danser, vous sortirez des vignes, vous enlèverez chacun une des filles de Silo pour en faire votre femme, et vous vous en irez dans le pays de Benjamin. --Si leurs pères ou leurs frères viennent se plaindre au- près de nous, nous leur dirons : Ac- cordez-nous-les, car nous n'avons pas pris une femme pour chacun dans la guerre. Ce n'est pas vous qui les leur avez données; en ce cas, vous seriez coupables. -^Ainsi firent les fils de Ben- jamin : ils prirent des femmes selon leur nombre parmi les danseuses qu'ils enlevèrent, puis ils partirent et re- tournèrent dans leur héritage ; ils re- bâtirent les villes, et y habitèrent. ^*Et dans le même temps les enfants d'Israël s'en allèrent de là chacun dans sa tribu et dans sa famille, ils retour- nèrent chacun dans son héritage. "En ce temps-là, il n'y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon. 20 RUTH Attachement de Riith pour Naomi, sa belle-mère. — Elle va f^lauer dans le cliamps de Boaz. Son mariage avee Boaz. — Généalogie de David. Chap. I. 'Du temps des juges, il y Retournez, mes filles ! Pourquoi vien- eut une famine dans le pays. Un hom- driez-vous avec moi? Ai-je encore dans me de Bethléhem de Juda partit, avec mon sein des fils qui puissent devenir sa femme et ses deux fils, pour faire vos maris ? '-Retournez, mes filles, al- un séjour dans le pays de Moab. -Le lez! Je suis trop vieille pour me rema- nom de cet homme était Elimélec, ce- rier. Et quand je dirais : J'ai de Tespé- lui de sa femme Naomi, et ses deux rance; quand cette nuit même je serais fils s'appelaient Machlon et Kiljon ; ils avec un mari, et que j'enfanterais des étaient Ephratiens, de Bethléhem de fils, "attendriez-vous pour cela qu'ils Juda. Arrivés au ])ays de Moab, ils y eussent grandi, refuseriez-vous pour fixèrent leur demeure. cela de vous marier? Non, mes filles! ^Elimélec, mari de Naomi, mourut, car à cause de vous je suis dans une et elle resta avec ses deux fils. ■'Ils pri- grande affliction de ce que la main de rent des femmes Moabites, dont l'une l'Eternel s'est étendue contre moi. '"'Et se nommait Orpa, et l'autre Ruth, et ils elles élevèrent la voix, et pleurèrent habitèrent là environ dix ans. ^.Mach- encore. Orpa baisa sa belle-mère, mais Ion et Kiljon moururent aussi tous les Ruth s'attacha à elle, deux, et Naomi resta privée de ses '^Naomi dit à Ruth : Voici, ta belle- deux fils et de son mari. sœur est retournée vers son peuple ^Puis elle se leva, elle et ses belles- et vers ses dieux; retourne, comme ta filles, afin de quitter le pays de Moab, belle-sœur. '"Ruth répondit : Ne me car elle apprit au pays de Moab que presse pas de te laisser, de retourner l'Eternel avait visité son peuple et lui loin de toi ! Où tu iras j'irai, où tu de- avaitdonnédu pain. 'Elle sortit du lieu meureras je demeurerai; ton peuple qu'elle habitait, accompagnée de ses sera mon peuple, et ton Dieu sera mon deuxbelles-filles,etellesemiten route Dieu; '"où tu mourras je mourrai, et pour retourner dans le pays de Juda. j'y serai enterrée. Que l'Eternel me * Naomi dit alors à ses deux belles- traite dans toute sa rigueur, si autre filles : Allez, retournez chacune à la chose que la mort vient à me séparer maison de sa mère! Que l'Eternel use de toi! '^Naomi, la voyant décidée à de bonté envers vous, comme vous aller avec elle, cessa ses instances, l'avez fait envers ceux qui sont morts '^Elles firentensemble le voyage jus- et envers moi! "Que l'Eternel vous qu'à leur arrivée à Bethléhem. Et lors- fasse trouver à chacune du repos dans qu'elles entrèrent dans Bethléhem, la maison d'un mari ! Et elle les baisa, toute la ville fut émue à cause d'elles. Elles élevèrent la voix, et pleurèrent; et les femmes disaient : Est-ce là Nao- '"et elles lui dirent : Non, nous irons mi? -"Elle leur dit : Ne m'appelez pas avec toi vers ton peuple. "Naomi dit : Naomi"; appelez-moi Mara*, car le a. Aaomi dérive d'un mot qui signifie beauté, douceur, tristesse. 304 h. Mara dérive d'un mot qui signifie amertume. RUTH. Chop. l, 21-2, 19. Tout-Puissant m'a remplie d'amertu- me. '-'J'étais dans l'abondance à mon départ, et l'Eternel me ramène les mains vides. Pourquoi m'appelleriez- vous Naomi, après que l'Eternel s'est prononcé contre moi, et que le Tout- Puissant m'a affligée? "Ainsi revinrent du pays de Moab Naomi et sa belle-fille, Ruth la Moa- bite. Elles arrivèrent à Bethléhem au commencement de la moisson des orges. Cliap. H. 'Naomi avait un parent de son mari. C'était un homme puis- sant et riche, de la famille d'Elimclec. et qui se nommait Boaz. -Ruth la Moabite dit à Naomi : Lais- se-moi, je te ])rie, aller glaner des éjiis dans le champ de celui aux yeux du- quel je trouverai grâce. Elle lui répon- dit : ^'a, ma fille. ^Elle alla glaner dans un champ, derrière les moissonneurs. Et il se trouva par hasard que la pièce de terre appartenait à Boaz, qui était de la fa- mille d'Elimélec. ^Et voici, Boaz vint de Bethléhem, et il dit aux moisson- neurs : Que l'Eternel soit avec vous ! Ils lui répondirent : Que l'Eternel te bénisse! ^Et Boaz dit à son serviteur chargé de surveiller les moissonneurs : A qui est cette jeune femme ? *Le ser- viteur chargé de surveiller les mois- sonneurs répondit : C'est une jeune femme Moabite, qui est revenue avec Naomi du pays de Moab. "Elle a dit : Permettez-moi de glaner et de ramas- ser des épis entre les gerbes, derrière les moissonneurs. Et depuis ce matin qu'elle est venue, elle a été debout jusqu'à présent, et ne s'est rejiosée <[u'un moment dans la maison. *Boaz dit ù Ruth : Ecoute, ma fille. cher. Et quand tu auras soif, tu iras aux vases, et tu boiras de ce que les serviteurs auront puisé. '"Alors elle tomba sur sa face et se prosterna con- tre terre, et elle lui dit : Comment ai- je trouvé grâce à tes yeux, pour que tu t'intéresses à moi, à moi qui suis une étrangère? "Boaz lui répondit : On m'a raj)porté tout ce que tu as fait j)Our ta belle-mère depuis la mort de ton mari, et comment tu as quitté ton père et ta mère et le pays de ta nais- sance, pour aller vers un peuple que tu ne connaissais point auparavant. '-Que l'Eternel te rende ce que tu as fait, et que ta récompense soit entière de la part de l'Eternel, le Dieu d'Is- raël, sous les ailes duquel tu es venue te réfugier! '^Et elle dit : Oh! que je trouve grâce à tes yeux, mon seigneur ! Car tu m'as consolée, et tu as parlé au cœur de ta servante. Et pourtant je ne suis pas, moi, comme l'une de tes ser- vantes. '*Au moment du repas, Boaz dit à Ruth : Approche, mange du pain, et trempe ton morceau dans le vinaigre. Elle s'assit à côté des moissonneurs. On lui donna du grain rôti ; elle man- gea et se rassasia, et elle garda le reste. '^Puis elle se leva pour glaner. Boaz donna cet ordre à ses serviteurs : Ou'elle "lane aussi entre les g'erbes, et ne l'inquiétez jias; "'et même vous ôtercz pour elle des gerbes quelques épis, que vous la laisserez glaner, sans . lui faire de reproches. '"Elle glana dans le champ jusqu'au soir, et elle battit ce qu'elle avait gla- né. 11 y eut environ un épha d'orge. '*Elle l'emporta et rentra dans la ville, et sa belle-mère vit ce qu'elle avait ']lle sortit aussi les restes de glané. ne va pas glaner dans un autre champ ; son repas, et les lui donna. '"Sa hellè- ne t'éloignepas d'ici, et reste avec mes mère lui dit : Où as-tu glané aujour- servantes. ^Regardeoù l'on moissonne d'hui, et où as-tu travaillé? Béni soit dans le champ, et va après elles. J'ai celui qui s'est intéressé à toi! Et Ruth défendu à mes serviteurs de te ton- fit connaître à sa belle-mère chez qui 305 Cliap. 2,20-4,1. RUTH. elle avait travaillé : L'homme chez qui j'ai travaillé aujourd'hui, dit-elle, s'ap- pelle Boaz. -"Naomi dit à sa belle- fille : Qu'il soit béni de l'Eternel, qui se montre miséricordieux pour les vi- vants comme il le fut pour ceux qui sont morts ! Cet homme est notre pa- rent, lui dit encore Naomi, il est de ceux qui ont sur nous droit de rachat. ^'Ruth la Moabite ajouta : Il m'a dit aussi : Reste avec mes serviteurs, jus- qu'à ce qu'ils aient achevé toute ma moisson. "Et Naomi dit à Ruth, sa belle-fille : 11 est bon, ma fille, que tu sortes avec ses servantes, et qu'on ne te rencontre pas dans un autre champ. ^•^EUe resta donc avec les servantes de Boaz, pour glaner, jusqu'à la fin de la moisson des orges et de la moisson du froment. Et elle demeurait avec sa belle-mère. Chap. III. 'Naomi, sa belle-mère, lui dit : Ma fille, je voudrais assurer ton repos, afin que tu fusses heureuse. ^Et maintenant Boaz, avec les servan- tes duquel tu as été, n'est-il pas notre parent? Voici, il doit vanner cette nuit les orges qui sont dans l'aire. 'Lave- toi et oins-toi, puis remets tes habits, et descends à l'aire. Tu ne te feras pas connaître à lui, jusqu'à ce qu'il ait achevé de manger et de boire. ''Et quand il ira se coucher, observe le lieu où il se couche. Ensuite va, découvre ses pieds, et couche-toi. Il te dira lui- même ce que tu as à faire. ^Elle lui répondit : Je ferai tout ce que tu as dit. *Elle descendit à l'aire, et fit tout ce qu'avait ordonné sa belle-mère. 'Boaz mangea et but, et son cœur était joyeux. Il alla se coucher à l'extrémité d'un tas de gerbes. Ruth vint alors tout doucement, découvrit ses pieds, et se coucha. ^\u milieu de la nuit, ■ cet homme eut une frayeur; il se pen- n. La porte de mon peuple, les habitants de la ville. f. A la porte de la ville, où se rendait la justice. clia, et voici, une femme était couchée à ses pieds. 'Il dit : Qui es-tu? Elle répondit : Je suis Ruth, ta servante; étends ton aile sur ta servante, car tu as droit de rachat. '"Et il dit : Sois bé- nie de l'Eternel, ma fille! Ce dernier trait témoigne encore plus en ta fa- veur que le premier, car tu n'as pas recherché des jeunes gens, pauvres ou riches. "Maintenant, ma fille, ne crains point; je ferai pour toi tout ce que tu diras, car toute la porte de mon peuple" sait que tu es une femme ver- tueuse. '-Il est bien vrai que j'ai droit de rachat, mais il en existe un autre ])lus proche que moi. '^Passe ici la nuit. Et demain, s'il veut user envers toi du droit de rachat, à la bonne heure, qu'il le fasse ; mais s'il ne lui plaît pas d'en user envers toi, j'en use- rai, moi, l'Eternel est vivant*! Reste couchée jusqu'au matin. '■'Elle resta couchée à ses pieds jus- cju'au matin, et elle se leva avant qu'on pût se reconnaître l'un l'autre. Boaz dit : Qu'on ne sache pas qu'une femme est entrée dans l'aire. '^Et il ajouta : Donne le manteau qui est sur toi, et tiens-le. Elle le tint, et il mesura six mesures d'orge, qu'il chargea sur elle. Puis il rentra dans la ville. '^Ruth revint auprès de sa belle- mère, et Naomi dit : Est-ce toi, ma fille ? Ruth lui raconta tout ce que cet homme avait fait pour elle. "Elle dit: Il m'a donné ces six mesures d'orge, en disant : Tu ne retourneras pas à vide vers ta belle-mère. '*Et Naomi dit : Sois tranquille, ma fille, jusqu'à ce que tu saches comment finira la chose, car cet homme ne se donnera point de repos qu'il n'ait terminé cette affaire aujourd'hui. Chap. IV. ' Boaz monta à la porte", et s'y arrêta. Or voici, celui qui avait droit de rachat, et dont Boaz avait b. C'est-à-dire, aussi vrai que l'Éternel est vivant. 306 RUTIl. Ch np. l. parlé, vint à passer. Boaz lui dit : Ap- proche, reste ici, toi un tel. Et il s'ap- procha, et s'arrêta. -Boaz prit alors dix hommes parmi les anciens de la ville, et il dit : Asseyez-vous ici. Et ils s'assirent. 'Puis il dit à celui qui avait le droit de rachat : Naomi, reve- nue du pays de Moab, a vendu la pièce de terre qui appartenait à notre frère Elimélec. ■'J'ai cru devoir t'en infor- mer, et te dire : Acquiers-la, en pré- sence des habitants et en présence des anciens de mon peuple. Si tu veux ra- cheter, rachète; mais si tu ne veux pas, déclare-le-moi, afin que je le sa- che. Car il n'j' a personne avant toi qui ait le droit de rachat, et je l'ai après toi. Et il répondit : Je rachèterai. ^Boaz dit : Le jour où tu acquerras le champ de la main de Naomi, tu l'ac- querras en même temps de Ruth la Moabite, femme du défunt, pour rele- ver le nom du défunt dans son héri- tage. *Et celui qui avait le droit de rachat répondit : Je ne puis pas rache- ter pour mon compte, crainte de dé- truire mon héritage ; prends pour toi mon droit de rachat, car je ne puis pas racheter. 'Autrefois en Israël, pour valider une affaire quelconque relative à un rachat ou à un échange, l'un ôtait son soulier et le donnait à l'autre : cela servait de témoignage en Israël. * Ce- lui qui avait le droit de rachat dit donc à Boaz : Acquiers pour ton compte ! Et il ôta son soulier. 'Alors Boaz dit aux anciens et à tout le peuple : Vous êtes témoins aujour- d'hui que j'ai acquis de la main de Naomi tout ce qui appartenait à Eli- mélec , à Kiljon et à Machlon, '"et le de l'Eternel, âme ; mais tous ceux de ta maison -^Si un homme pèche contre un autre mourront dans la force de l'âge. ^^Et homme, Dieu le jugera; mais s'il pèche tu auras pour signe ce qui arriverai contre l'Eternel, qui intercédera pour tes deux fils, Mophni et Phinées : ils lui ? Et ils n'écoutèrent point la voix mourront tous les deux le même jour, de leur père, car l'Eternel voulait les '^Je m'établirai un prêtre fidèle, qui faire mourir. agira selon mon cœur et selon mon -* Le jeune Samuel continuait à gran- àme ; je lui bâtirai une maison stable, dir, et il était agréable à l'Eternel et et il marchera toujours devant mon aux hommes. oint. ^^Et quiconque restera de ta mai- -"Un homme de Dieu vint auprès son viendra se prosterner devant lui d'Eli, et lui dit : Ainsi parle l'Eternel : pour avoir une pièce d'argent et un Ne me suis-je pas révélé à la maison de morceau de pain, et dira : Attache-moi, ton père, lorsqu'ils étaient en Egypte je te prie, à l'une des fonctions du sa- dans la maison de Pharaon? '-'*Je l'ai cerdoce, afin que j'aie un morceau de choisie parmi toutes les tribus d'Israël pain à manger. pour être à mon service dans le sacer- Chap. III. 'Le jeune Samuel était doce, pour monter à mon autel, pour au service de l'Éternel devant Éli. La brûler le parfum, pour porter l'éphod parole de l'Eternel était rare en ce devant moi ; et j'ai donné à la maison temps-là, les visions n'étaient pas fré- de ton père tous les sacrifices consu- quentes. -En ce même temps, Eli, qui niés par le feu et offerts par les enfants commençait à avoir les yeux troubles d'Israël. -^Pourquoi foulez-vous aux et ne pouvait plus voir, était couché pieds mes sacrifices et mes offrandes, à sa place, ^la lampe de Dieu n'était que j'ai ordonné de faire dans ma de- pas encore éteinte, et Samuel était meure ? Et d'où vient que tu honores couché dans le temple de l'Eternel, où tes fils plus que moi, afin de vous en- était l'arche de Dieu. *Alors l'Eternel graisser des prémices de toutes les appela Samuel. Il répondit : Me voici ! offrandes d'Israël, mon peuple P^'C'est ^Et il courut vers Eli, et dit : Me voici, pourquoi voici ce que dit l'Eternel, le car tu m'as appelé. Eli répondit : Je Dieu d'Israël : J'avais déclaré que ta n'ai point appelé ; retourne te coucher. maison et la maison de ton père mar- cheraient devant moi'* à perpétuité. Et maintenant, dit l'Eternel, loin de moi ! Car j'honorerai celui qui m'ho- nore, mais ceux qui me méprisent se- Et il alla se coucher. ^L'Eternel appela de nouveau Sa- muel. Et Samuel se leva, alla vers Eli, et dit : Me voici, car tu m'as appelé. Eli répondit : Je n'ai point appelé, ront méprisés. ^' Voici, le temps arri\ c mon fils ; retourne tecoucher. "Samuel où je retrancherai ton bras et le bras de la maison de ton père, en sorte qu'il n'y aura plus de vieillard dans ta mai- son. '*Tu verras un adversaire dans ma demeure, tandis qu'Israël sera com- blé de biens par l'Eternel; et il n'y ne connaissait pas encore l'Iîternel, et la parole de lEternel ne lui avait pas encore été révélée. *L"Eternel appela de nouveau Sa- muel, pour la troisième fois. Et Samuel se leva, alla vers Eli, et dit : Me voici. aura plus jamais de vieillard dans ta car tu m'as appelé. Eli comprit que maison. '^Je laisserai subsister auprès c'était l'Eternel qui appelait l'enfant, de mon autel l'un des tiens, afin de 'et il dit à Samuel : Va, couche-toi; a. C'est-à-dire, seraient à num service dans le sacerdoce. 311 Chap. 3,10-4,11. I SAMUEL. et si l'on t'appelle, tu diras : Parle, près d'Ében-Ézer, et les Philistins Éternel, car ton serviteur écoute. Et étaient campés à Aphek. *Les Philis- Samuel alla se coucher à sa place. tins se rangèrent en bataille contre '"L'Eternel vint et se présenta, et il Israël, et le combat s'engagea. Israël appela comme les autres fois : Samuel, l'ut battu par les Philistins, qui tuèrent Samuel ! Et Samuel répondit : Parle, sur le champ de bataille environ qua- car ton serviteur écoute. "Alors l'É- tre mille hommes. ^Le peuple rentra ternel dit à Samuel : Voici, je vais faire au camp, et les anciens d'Israël dirent : en Israël une chose qui étourdira les Pourquoi l'Eternel nous a-t-il laissé oreilles de quiconque l'entendra. '-En battre aujourd'hui par les Philistins? ce jour j'accomplirai sur Eli tout ce Allons chercher à Silo l'arche de Tal- que j'ai prononcé contre sa maison ; liance de l'Eternel ; qu'elle vienne au je commencerai et j'achèverai. '^Je lui milieu de nous, et qu'elle nous délivre ai déclaré que je veux punir sa maison de la main de nos ennemis. *Le peuple à perpétuité, à cause du crime dont il envoya à Silo, d'où l'on apporta l'arche a connaissance, et par lecjuel ses fils de l'alliance de l'Eternel des armées se sont rendus méprisables, sans qu'il qui siège entre les chérubins. Les deux les ait réprimés. '''C'est pourquoi je jure filsd'Eli, HophnietPhinées, étaient là, à la maison d'Eli que jamais le crime avec l'arche de l'alliance de Dieu, de la maison d'Eli ne sera expié, ni par ^Lorsque l'arche de l'alliance de l'Eternel entra dans le camp, tout Is- raël poussa de grands cris de joie, et la terre en fut ébranlée. ^Le retentis- sement de ces cris fut entendu des Philistins, et ils dirent : Que signifient ces grands cris qui retentissent dans le camp des Hébreux ? Et ils apprirent appi des sacrifices ni par des offrandes. '^Samuel resta couché jusqu'au ma- tin, puis il ouvrit les portes de la mai- son de l'Eternel. Samuel craignait de raconter la vision à Eli. '"Mais Eli ap- pela Samuel, et dit : Samuel, mon fils ! Il répondit : Me voici ! "Et Éli dit : Quelle est la parole que t'a adressée que l'arche de l'Eternel était arrivée l'Eternel ? Ne me cache rien. Que Dieu au camp. 'Les Philistins eurent peur, te traite dans toute sa rigueur, si tu parce qu'ils crurent que Dieu était me caches quelque chose de tout ce venu dans le camp. Malheur à nous ! qu'il t'a dit! '^Samuel lui raconta tout, dirent-ils, car il n'en a pas été ainsi sans lui rien cacher. Et Eli dit : C'est jusqu'à présent. 'Malheur à nous ! Qui l'Eternel, qu'il fasse ce qui lui sem- nous délivrera de la main de ces dieux blera bon ! puissants ? Ce sont ces dieux qui ont '"Samuelgrandissait. L'Eternel était frappé les Egy])tiens de toutes sortes avec lui, et il ne laissa tomber à terre de plaies dans le désert. ^Fortiliez- aucune de ses paroles. -"Tout Israël, vous et soyez des hommes. Philistins, depuis Dan jusqu'à Beer-Schéba, re- de peur que vous ne soyez asservis connut que Samuel était établi pro- aux Hébreux comme ils vous ont été phète de l'Éternel. -'L'Eternel con- asservis; soyez des hommes et com- tinuait à apparaître dans Silo; car battez! '"Les Philistins livrèrent ba- l'Éternel se révélait à Samuel, dans taille, et Israël fut battu. Chacun s'en- Silo, par la parole de l'Éternel. fuit dans sa tente. La défaite fut très Chap. IV. 'La parole de Samuel grande, et il tomba d'Israël trente s'adressait à tout Israël. mille hommes de pied. "L'arche de Israël sortit à la rencontre des Phi- Dieu fut prise, et les deux fils d'Éli, listins, pour combattre. Ils campèrent llophni et Phinées, moururent. 312 I SAMUEL. Chap. A, 12-5,9. '-Un homme de Benjamin accourut I>a gloire est bannie d'Israël, car Tar- du champ de bataille et vint à Silo le che de Dieu est prise ! même jour, les vêtements déchirés et la tète couverte de terre. '^Lorsqu'il arriva, Eli était dans l'attente, assis sur un siège près du chemin, car son cœur était inquiet pour l'arche de Dieu. A son entrée dans la ville, cet Samuel propliète et jui^e en Israël. — L'arche chez les Philistins. — • L'arclie renvoyée par les Philistins. — L arehe à Kirjath-Jearim. — Israël repentant, et les Philistins vaincus. Cliap. y. 'Les Philistins prirent homme donna la nouvelle, et toute la l'arche de Dieu, et ils la transportèrent ville poussa des cris. '^Eli, entendant d'Eben-Ezer à Asdod. ^Après s'être ces cris, dit : Que signifie ce tumulte ? emparés de l'arche de Dieu, les Philis- Et aussitôt l'homme vint apporter la tins la firent entrer dans la maison de nouvelle à Eli. '^Or Eli était âgé de Dagon et la placèrent à côté de Dagon. quatre-vingt-dix-huit ans, il avait les yeux fixes et ne pouvait plus voir. "^L'homme dit à Eli : J'arrive du champ de bataille, et c'est du champ de ba- taille que je me suis enfui aujourd'hui. Eli dit : Que s'est-il passé, mon fils? ''Celui qui apportait la nouvelle dit en réponse : Israël a fui devant les Phi- listins, et le peuple a éprouvé une grande défaite ; et même tes deux fils, Ilophni et Phinées, sont morts, et l'ar- che de Dieu a été prise. '*A peine eut- •''Le lendemain, les Asdodiens, qui s'é- taient levés de bon matin, trouvèrent Dagon étendu la face contre terre, de- vant l'arche de l'Eternel. Ils prirent Dagon, et le remirent à sa place. "'Le lendemain encore, s'étant levés de bon matin, ils trouvèrent Dagon étendu la face contre terre, devant l'arche de l'Eternel ; la tête de Dagon et ses deux mains étaient abattues sur le seuil, et il ne lui restait que le tronc. ^G'est pourquoi, juscju'à ce jour, les prêtres il fait mention de l'arche de Dieu, de Dagon et tous ceux our manger; car le peuple ne mangera ])oint qu'il ne soit arrivé, parce qu'il doit bénir le sacrifice ; après quoi, les conviés mangeront. Montez donc, car maintenant vous le trouverez. '•'Et ils montèrent à la ville. Ils étaient arri- vés au milieu de la ville, quand ils fu- rent rencontrés par Samuel qui sor- tait jiour monter au haut lieu. 'HDr, un jour avant l'arrivée de Saiil, l'Eternel avait averti Samuel, en di- sant : '° Demain, à cette heure, je t'en- verrai un homme du pays de Benja- min, et tu l'oindras pour chef de mon peuple d'Israël. Il sauvera mon peu- ple de la main des Philistins; car j'ai regardé mon peuple, parce que son cri est venu jusqu'à moi. '"Lorsque Samuel eut aperçu Saul, l'Eternel lui dit : Voici l'homme dont je t'ai parlé ; c'est lui qui régnera sur mon ])euple. '^Saul s'approcha de Samuel au mi- lieu de la porte, et dit : Indique-moi, je te prie, où est la maison du voyant. ''Samuel répondit â Saiil : C'est moi qui suis le voyant. Monte devant moi au haut lieu, et vous mangerez au- jourd'hui avec moi. Je te laisserai par- tir demain, et je te dirai tout ce qui se passe dans ton cœur. -"Ne t'incpiiète pas des ânesses que tu as perdues il y a trois jours, car elles sont retrouvées. Et pour qui est réservé tout ce qu'il y a de précieux en Israël? N'est-ce pas pour toi et pour toute la maison de ton jière? -'Saiil répondit : Ne suis-je pas Bcnjamite, de l'une des plus pe- tites tribus d'Israël ? et ma famille n'est-elle pas la moindre de toutes les familles de la tribu de Benjamin? 317 Çhap. 9,i2-l0,i5. I SAMUEL. Pourquoi donc me parles -tu de la gâteaux de pain, et l'autre une outre sorte ? "Samuel prit Saiil et son serviteur, les fit entrer dans la salle, et leur don- na une place à la tête des conviés qui étaient environ trente hommes. -^Sa- de vin. ^Ils te demanderont comment tu te portes, et ils te donneront deux pains, que tu recevras de leur main. ^Après cela, tu arriveras à Guibea- Elohim, où se trouve une garnison de muel dit au cuisinier : Sers la portion Philistins. En entrant dans la ville, tu que je t'ai donnée, en te disant : Mets- rencontreras une troupe de prophè- la à part. -*Le cuisinier donna l'épaule tes descendant du haut lieu, précédés et ce qui l'entoure, et il la servit à du luth, du tambourin, de la flûte et Saul. Et Samuel dit : Voici ce qui a de la harpe, et prophétisant eux-mê- été réservé; mets-le devant toi, et mes. ^L'esprit de l'Eternel te saisira, mange, car on l'a gardé pour toi lors- tu prophétiseras avec eux, et tu seras que j'ai convié le peuple. Ainsi Saiil changé en un autre homme. 'Lorsque mangea avec Samuel ce jour-là. ces signes auront eu pour toi leur ac- -^lls descendirent du haut lieu à la complissement, fais ce que tu trouve- ville, et Samuel s'entretint avec Saiil ras à faire, car Dieu est avec toi. *Puis sur le toit". -'^Puis ils se levèrent de tu descendras avant moi à Guilgal; et bon matin ; et, dès l'aurore, Samuel ap- voici, je descendrai vers toi, pour of- pela Saûl sur le toit, et dit : Viens, et frir des holocaustes et des sacrifices je te laisserai partir. Saiil se leva, et d'actions de grâces. Tu attendras sept ils sortirent tous deux, lui et Samuel, jours, jusqu'à ce que j'arrive auprès de -"Quand ils furent descendus à l'ex- toi et que je te dise ce que tu dois faire, trémité de la ville, Samuel dit à Saûl : 'Dès que Saûl eut tourné le dos Dis à ton serviteur de passer devant ])our se séparer de Samuel, Dieu lui nous. Et le serviteur passa devant, donna un autre cœur, et tous ces si- Arrète-toi maintenant, re])rit Samuel, gnes s'accomplirent le même jour, et je te ferai entendre la parole de '"Lorsqu'ils arrivèrent à Guibea, voici. Dieu. une troupe de prophètes vint à sa ren- Chap. X. 'Samuel prit une fiole contre. L'esprit de Dieu le saisit, et d'huile, qu'il répandit sur la tête de il prophétisa au milieu d'eux. "Tous Saûl. 11 le baisa, et dit : L'Éternel ne ceux qui l'avaient connu auparavant t'a-t-il pas oint pour que tu sois le virent qu'il prophétisait avec les pro- chef de son héritage? ^Aujourd'hui, phètes, et l'on se disait l'un à l'autre après m'avoir quitté, tu trouveras deux dans le peuple : Qu'est-il arrivé au hommes près du sépulcre de Rachel, fils de Kis ? Saûl est-il aussi parmi les sur la frontière de Benjamin, à Tsel- prophètes? '-Quelqu'un de Guibea ré- tsach. Ils te diront : Les ànesses que pondit : Et qui est leur père? — De là tu es allé chercher sont retrouvées; le proverbe : Saûl est-il aussi parmi et voici, ton père ne pense plus aux ânesses, mais il est en peine de vous, et dit : Que dois-je faire au sujet de mon fils? ^De là tu iras plus loin, et tu arriveras au chêne de Thabor, où les prophètes? — '•''Lorsqu'il eut fini de prophétiser, il se rendit au haut lieu. '"' L'oncle de Saûl dit à Saûl et à son serviteur : Où êtes-vous allés? Saûl tu seras rencontré par trois hommes répondit : Chercher les ànesses ; mais montant vers Dieu à Béthel, et por- nous ne les avons pas aperçues, et nous tant l'un trois chevreaux, l'autre trois sommes allés vers Samuel. '^L'oncle a. Sur le toit, en forme de terrasse, où l'on se reiiduit pour causer et prendre le frais; on y couchait aussi. 318 I SAMUEL. Chap. 10, 16-11,'. de Saiil reprit : Raconte-moi donc ce que vous a dit Samuel. "'Et Saul ré- pondit à son oncle : Il nous a assuré que les ànesses étaient retrouvées. Et il ne lui dit rien de la royauté dont avait parlé Samuel. '^ Samuel convoqua le peuple de- vant rÉternel à Mitspa, '^et il dit aux enfants d'Israël : Ainsi parle l'Eter- nel, le Dieu d'Israël : J'ai fait mon- ter d'Egypte Israël, et je vous ai déli- vrés de la main des Egyptiens et de la main de tous les royaumes qui vous opprimaient. ''Et aujourd'hui, vous rejetez votre Dieu, qui vous a délivrés de tous A'os maux et de toutes vos souffrances, et vous lui dites : Etablis un roi sur nous! Présentez-vous main- tenant devant l'Eternel, selon vos tri- bus et selon vos milliers. -"Samuel fit approcher toutes les tri- bus d'Israël, et la tribu de Benjamin fut désignée. -'11 fit approcher la tribu de Benjamin par familles, et la famille de Matri fut désignée. Puis Saûl, fils de Kis, fut désigné. On le chercha, mais on ne le trouva point. --On con- sulta de nouveau l'Eternel : Y a-t-il encore un homme qui soit venu ici ? Et l'Eternel dit : Voici, il est caché vers les bagages. -'On courut le tirer de là, et il se présenta au milieu du prit une paire de bœufs, et les cou|)a peuple. Il les dépassait tous de la tête. -* Samuel dit à tout le peuple : Voyez-vous celui que l'Eternel a choi des hommes pervers, qui disaient : Quoi ! c'est celui-ci qui nous sauvera ! Et ils le méprisèrent, et ne lui appor- tèrent aucun présent. Mais Saûl n'y prit point garde. Chap. XI. 'Nachasch, l'Ammo- nite, vint assiéger Jabès en Galaad. Tous les habitants de Jabès dirent à Nachasch : Traite alliance avec nous, et nous te servirons. "Mais Nachasch, l'Ammonite, leur répondit : Je traite- rai avec vous à la condition que je vous crève à tous l'œil droit, et que j'imprime ainsi un opprobre sur tout Israël. ^Les anciens de Jabès lui di- rent : Accorde-nous une trêve de sept jours, afin que nous envoyions des messagers dans tout le territoire d'Is- raël ; et s'il n'y a personne qui nous secoure, nous nous rendrons à toi. ^Les messagers arrivèrent à Guibea de Saûl, et dirent ces choses aux oreilles du peuple. Et tout le peuple éleva la voix, et pleura. ^Et voici, Saûl revenait des champs, derrière ses bœufs, et il dit : Qu'a donc le peuple pour pleurer? On lui raconta ce qu'avaient dit ceux de Ja- bès. ^Dès que Saûl eut entendu ces choses, il fut saisi par l'esprit de Dieu, et sa colère s'enflamma fortement. 'Il si ? Il n'y a personne dans tout le peu- ple qui soit semblable à lui. Et tout le peuple poussa les cris de : Vive le roi ! -^Samuel fit alors connaître au peu- ]>le le droit de la royauté, et il l'écri- vit dans un livre, qu'il déposa devant l'Eternel. Puis il renvoya tout le peu- })Ie, chacun chez soi. -^Saûl aussi s'en alla dans sa mai- son à Guibea. Il fut accompagné par les honnêtes gens, dont Dieu avait touché le cœur. -'Il y eut toutefois en morceaux, qu il envoya par les messagers dans tout le territoire d'Is- raël, en disant : Quiconque ne mar- chera pas à la suite de Saûl et de Sa- muel, aura ses bœufs traités de la même manière. La terreur de l'Eter- nel s'empara du peuple, qui se mit en marche comme un seul homme. ''Saûl en fit la revue à Bézek ; les enfants d'Israël étaient trois cent mille, et les hommes de Juda trente mille. "Ils di- rent aux messagers qui étaient venus: Vous parlerez ainsi aux habitants de Jabès en Galaad : Demain vous aurez du secours, quand le soleil sera dans sa chaleur. Les messagers portèrent 319 21 Chnp. 1 1,10-12,15. I SAMUEL. cette nouvelle à ceux de Jabès, qui fu- ^11 leur dit encore: L'Éternel est rent remplis de joie, '°et qui dirent témoin contre vous, et son oint est aux Ammonites : Demain nous nous témoin, en ce jour, que vous n'avez rien trouvé dans mes mains. Et ils ré- rendrons à vous, et vous nous traite- rez comme bon vous semblera. "Le lendemain, Saûl divisa le peu- ple en trois corps. Ils pénétrèrent dans le camp des Ammonites à la veille du matin, et ils les battirent pondirent : Ils en sont témoins. "Alors Samuel dit au peuple : C'est l'Eternel qui a établi Moïse et Aaron, et qui a fait monter vos pères du pays d'Egypte. 'Maintenant, présentez- jusqu'à la chaleur du jour. Ceux qui vous, et je vous jugerai devant l'Éter- échappèrent furent dispersés, et il nel sur tous les bienfaits que l'Eternel n'en resta pas deux ensemble. vous a accordés, à vous et à vos pères. '-Le peuple dit à Samuel : Qui est- ^Après que Jacob fut venu en Egypte, ce qui disait : Saiil régnera-t-il sur vos pères crièrent à l'Eternel, et l'E- nous ? Livrez ces gens, et nous les ternel envoya Moïse et Aaron, qui ferons mourir. '''Mais Saiil dit : Per- firent sortir vos pères d'Egypte et les sonne ne sera mis à mort en ce jour, firent habiter dans ce lieu. ^Mais ils car aujourd'hui l'Eternel a opéré une oublièrent l'Eternel, leur Dieu; et il délivrance en Israël. '"'Et Samuel dit les vendit entre les mains de Sisei'a, au peuple : Venez, étalions à Guilgal, chef de l'armée de Hatsor ,. entre les pour y confirmer la royauté. '^Tout le mains des Philistins, et entre les mains peuple se rendit à Guilgal, et ils éta- du roi de Moab, qui leur firent la blirent Saul pour roi, devant l'Eter- nel, à Guilgal. Là, ils offrirent des sa- crifices d'actions de grâces devant l'Eternel; et là, Saûl et tous les hom- mes d'Israël se livrèrent à de grandes réjouissances. Chap. XII. 'Samuel dit à tout Is- guerre. '"Ils crièrent encore à l'Eter- nel, et dirent : Nous avons péché, car nous avons abandonné l'Eternel, et nous avons servi les Baais et les As- tartés; délivre-nous maintenant de la main de nos ennemis, et nous te ser- virons. "Et l'Eternel envoya Jerub- raël : Voici, j'ai écouté votre voix dans baal, et Bedan, et Jephthé, et Samuel, tout ce que vous m'avez dit, et j'ai et il vous délivra de la main de vos établi un roi sur vous. *Et maintenant, ennemis qui vous entouraient, et vous voici le roi qui marchera devant vous, demeurâtes en sécurité. '^Puis, voyant Pour moi, je suis vieux, j'ai blanchi, que Nachasch, roi des fils d'Ammon, et mes fils sont avec vous; j'ai mar- marchait contre vous, vous m'avez ché à votre tête, depuis ma jeunesse dit: Non! mais un roi régnera sur jusqu'à ce jour. •■'Me voici ! rendez té- nous. Et cependant l'Eternel, votre moignage contre moi, en présence de Dieu, était votre roi. '''Voici donc le l'Eternel et en présence de son oint, roi que vous avez choisi, que vous De qui ai-je pris le bœuf et de qui avez demandé; voici, l'Eternel a mis ai-je pris l'àne ? Qui ai-je opprimé, et sur vous un roi. '''Si vous craignez qui ai-je traité durement ? De qui ai-je l'Eternel, si vous le servez, si vous reçu un présent, pour fermer les yeux obéissez à sa voix, et si vous n'êtes sur lui ? Je vous le rendrai. ■•Ils répondirent : Tu ne nous as point opprimés, et tu ne nous as point traités durement, et tu nJas rien reçu de la main de personne. point rebelles à la parole de l'Eter- nel, vous vous attacherez à l'Eternel, votre Dieu, vous et le roi qui règne sur vous. '^Mais si vous n'obéissez pas à la voix de l'Éternel, et si vous êtes 320 I SAMUEL. Cita p. l'J,w-18,i. rebelles à la parole de l'Éternel, la main de l'Eternel sera contre vous, comme elle a été contre vos pères. "Attendez encore ici, et voyez le pro- dige que l'Eternel va opérer sous vos veux. ''Ne sommes-nous pas à la moisson des blés ^ J'invoquerai l'Eter- nel, et il enverra des tonnerres et de la pluie. Sachez alors et voyez com- bien vous avez eu tort aux yeux de l'Eternel de demander pour vous un roi. "^Samuel invoqua l'Eternel, et Vll- lernel envoya ce même jour des ton- nerres et de la pluie Tout le peuple eut une grande ciainte de l'Eternel et lie Samuel. "'Et tout le peuple dit à Samuel : Prie l'Eternel, ton Dieu, pour tes serviteurs, alin que nous ne mou- lions pas ; car nous avons ajouté à tous nos péchés le tort de demander pour nous un roi -"Samuel dit au peu- ple : N'ayez point de crainte ! Vous avez fait tout ce mal ; mais ne vous détournez pas de l'Eternel, et servez l'Eternel de tout votre cœur. -' Ne vous en détournez pas; sinon, vous iriez après des choses de néant, qui n'ap- portent ni profit ni délivrance, parce que ce sont des choses de néant ^-L'Éternel n'abandonnera point son peuple, à cause de son grand nom, car l'Eternel a résolu de faire de vous son jieuple. -^Loin de moi aussi de ]>écher contre l'Éternel, de cesser de prier pour vous ! Je vous enseignerai le bon et le droit chemin. "Craignez seulement l'Éternel, et servez-le fidè- lement de tout votre cœur; car voyez quelle puissance il déploie parmi vous. "Mais si vous faites le mal, vous péri- rez, vous et votre roi. REGNE DE S A U L {Cliap. i:!-:ji.) Guerre avec les Pliilistlns. — Holocauste de Saiil. — Jonathan à l'attaque d'un poste des Philis- tins. — Les Philistins battus. — La vie de Jonathan en danger par suite d'un serment de Saiil Chap. XIII. 'Saul était âgé de .... ans, lorsqu'il devint roi, et il avait déjà régné deux ans sur Israël. -Saùl choisit trois mille hommes d'Israël : deux mille étaient avec lui à Micmasch et sur la montagne de Bé- rend odieux aux Philistins. Et le peu- ])le fut convoqué auprès de Saûl à Guiloal. ^Les Philistins s'assemblèrent pour combattre Israël. Ils avaient mille chars et six mille cavaliers, et ce peu- thel, et mille étaient avec Jonathan à ]ile était innombrable comme le sable Guibea de Benjamin. Il renvoya le qui est sur le bord de la mer. Ils vin- reste du peuple, chacun à sa tente. rcnt camper à Micmasch, à l'orient de 'Jonathan battit le poste des Philis- Beth-Aven. *Les hommes d'Israël se tins qui était à Guéba, et les Philistins virent à l'extrémité, car ils étaient ser- l'apprirent. Saiil fit sonner de la trom- rés de près, et ils se cachèrent dans pette dans tout le pays, en disant : Que les cavernes, dans les buissons, dans les Hébreux écoutent ! ''Tout Israël les rochers, dans les tours et dans les entendit que l'on disait : Saûl a battu citernes. "Il y eut aussi des Hébreux le poste des Philistins, et Israël se ([ui passèrent le Jourdain, pour aller 152 1 Chap. 13,8-14,6. I SAMUEL. au pays de Gad et de Galaad. Saiil était encore à Guilgal, et tout le peu- ple qui se trouvait auprès de lui trem- blait. Ml attendit sept jours, selon le ter- me fixé par Samuel. Mais Samuel n'an-ÎA^ait pas à Guilgal, et le peuple se dispersait loin de Saiil. ^Alors Saiil dit : Amenez-moi l'holocauste et les sacrifices d'actions de grâces. Et il offrit l'holocauste. .'"Gomme il ache- vait d'offrir l'holocauste, voici, Samuel arriva, et Saiil sortit au-devant de lui pour le saluer. " Samuel dit : Qu'as-tu fait? Saiil répondit : Lorsque j'ai vu que le jjeuple se dispersait loin de moi, que tu n'arrivais pas au terme fixé, et que les Philistins étaient as- semblés à Micmasch, '-je me suis dit: Les Philistins vont descendre contre moi à Guilgal, et je n'ai pas imploré l'Eternel ! C'est alors que je me suis fait violence et que j'ai offert l'holo- causte. '^Samuel dit à Saiil : Tu as agi en insensé, tu n'as pas observé le com- mandement que l'Eternel, ton Dieu, t'avait donné. L'Eternel aurait affermi ]50ur toujours ton règne sur Israël ; '■'et maintenant ton règne ne durera point. L'Eternel s'est choisi un homme selon son cœur, et l'Eternel l'a destiné à être le chef de son peuple, parce que tu n'as pas observé ce que l'Eter- nel t'avait commandé. '^Puis Samuel se leva, et monta de Guilgal à Guibea de Benjamin. Saiil lit la revue du peuple qui se trouvait avec lui : il y avait environ six cents hommes. "^Saiil, son fils Jonathan, et le peu- ple qui se trouvait avec eux, avaient pris position à Guéba de Benjamin, et les Philistins campaient à Micmasch. '"Il sortit du camp des Philistins trois corps pour ravager : l'un prit le che- min d'Ophra, vers le pays de Schual ; '"l'autre prit le chemin de Beth-lloron; et le troisième prit le chemin de la frontière qui regarde la vallée de Tse- boïm, du côté du désert. '^On ne trouvait point de forgeron dans tout le pays d'Israël ; car les Phi- listins avaient dit : Empêchons les Hébreux de fabricjuer des épées ou des lances. ^"Et chaque homme en Israël descendait chez les Philistins pour aiguiser son soc, son hoyau, sa hache et sa bêche, "-'quand le tranchant des bêches, des boyaux, des tridents et des haches, était émoussé, et pour re- dresser les aiguillons. '^-11 arriva qu'au jour du combat il ne se trouvait ni épée ni lance entre les mains de tout le peuple qui était avec Saiil et Jona- than; il ne s'en trouvait c|u'auprès de Saiil et de Jonathan, son fils. -•■'Un jioste de Philistins vint s'éta- blir au passage de Micmasch. Chap. XIV. 'Un jour, Jonathan, fils de Saiil, dit au jeune homme qui portait ses armes : Viens, et poussons jusqu'au poste des Philistins, qui est là de l'autre côté. Et il n'en dit rien à son père. -Saiil se tenait à l'extrémité de Gui- bea, sous le grenadier de Migron, et le peupfe qui était avec lui formait environ six cents hommes. ^Achija, fils d'Achithub, frère d'I-Kabod, fils de Phinées, fils d'Éli, prêtre de l'Éter- nel à Silo, portait l'éphod. Le peuple ne savait pas que Jonathan s'en fût allé. ''Entre les passages par lesquels Jonathan cherchait à arriver au poste des Philistins, il y avait une dent de rocher d'un côté et une dent de rocher de l'autre côté. Tune portant le nom de Botsets et l'autre celui de Séné. ^L'une de ces dents est au nord vis-à- vis de Micmasch, et l'autre au midi vis-à-vis de Guéba. ^Jonathan dit au jeune homme qui portait ses armes : Viens, et poussons jusqu'au poste de ces incirconcis. Peut-être l'Eternel agira-t-il pour nous, car rien n'empêche l'Eternel de sauver 322 I SAMUEL. Cluip. J'i^i-js. au moyen d'un petit nombre comme d'un grand nombre. 'Celui qui portait ses armes lui répondit : Fais tout ce ([ue tu as dans le cœur, n'écoute que Ion sentiment, me voici avec toi prêt à te suivre. "Hé bien! dit Jonatban, allons à ces gens et montrons-nous à eux. 'S'ils nous disent : Arrêtez, jus- ([u'à ce que nous venions à vous ! nous resterons en place, et nous ne monte- rons point vers eux. '"Mais s'ils disent: Montez A^ers nous ! nous monterons, car l'Eternel les livre entre nos mains. C'est là ce qui nous servira de signe. " Ils se montrèrent tous deux au poste des Philistins, et les Philistins dirent : Voici les Hébreux qui sortent des trous où ils se sont cachés. '-Et les hommes du poste s'adressèrent ainsi à Jonathan et à celui qui portait ses armes : Montez vers nous, et nous vous ferons savoir quelque chose. .Jonathan dit à celui qui portait ses armes : Monte après moi, car l'Eter- nel les livre entre les mains d'Israël. '■'Et Jonathan monta en s'aidant des mains et des pieds, et celui qui portait ses armes le suivit. Les Philistins tom- bèrent devant Jonathan, et celui qui portait ses armes donnait la mort der- rière lui. '^Dans cette première dé- faite, Jonathan et celui qui portait ses armes tuèrent une vingtaine d'hom- mes, sur l'espace d'environ la moitié d'un arpent de terre. "*L'effroi se ré- pandit au camp, dans la contrée et parmi tout le peuple ; le poste et ceux cjui ravageaient furent également sai- sis de peur; le pays fut dans l'épou- vante. C'était comme une terreur de Dieu. '^Les sentinelles de Saul, qui étaient à Guibea de Benjamin, virent que la multitude se dispersait et allait de côté et d'autre. '"Alors Saul dit au peu- ple qui était avec lui : Comptez, je vous prie, et voyez qui s'en est allé du milieu de nous. Ils comptèrent, et voici, il mancjuait Jonathan et celui qui portait ses armes. '"Et Saiil dit à Achija : Fais approcher l'arche de Dieu ! — Car en ce temps l'arche de Dieu était avec les enfants d'Israël. — ■ '"Pendant que Saul parlait au prêtre, le tumulte dans le camp des Philistins allait toujours croissant; et Said ilit au prêtre : Retire ta main ! -"Puis Saiil et tout le peuple qui était avec lui se rassemblèrent, et ils s'avancèrent jus- qu'au lieu du combat; et voici, les Philistins tournèrent l'épée les uns contre les autres, et la confusion était extrême. '-'Il y avait parmi les Philis- tins, comme auparavant, des Hébreux qui étaient montés avec eux dans le camp, où ils se trouvaient disséminés, et ils se joignirent à ceux d'Israël cjui étaient avec Saul et Jonathan. --Tous les hommes d'Israël c{ui s'étaient ca- chés dans la montagne d'Ephraïm, apprenant que les Philistins fuyaient, se mirent aussi à les ])oursuivre dans la bataille. '-^L'Éternel délivra Israël ce jour-là, et le combat se prolongea jusc[u'au delà de Beth-Aven. -*La journée fut fatigante pour les hommes d'Israël. Saul avait fait jurer le peuple, en disant : Maudit soit l'hom- me qui prendra de la nourriture avant le soir, avant que je me sois vengé de mes ennemis ! Et personne n'avait pris de nourriture. -^Tout le peuple était arrivé dans une forêt, où il y avait du miel à la surface du sol. -"Lorsque le peujjle entra dans la forêt, il vit du miel qui coulait ; mais nul ne porta la main à la bouche, car le ]ieu|)le res- pectait le serment. -"Jonathan igno- rait le serment que son père avait fait faire au peuple; il avança le bout du bâton qu'il avait à la main, le plongea dans un rayon de miel, et ramena la main à la bouche; et ses yeux furent éclaircis. -"Alors quelqu'un du peuple, lui adressant la parole, dit ■ Ton père a fait jurer le peuple, eu disant : Mau- 323 Chnp. IA,'2<3-:m. I SAMUEL. dit soit l'homme qui prendra de la a été commis aujourd'hui". '^Car l'É- nourriture aujourd'hui! Or le peuple ternel , le libérateur d'Israël, est vi- était épuisé. -'■'Et Jonathan dit : Mon vaut*! lors même que Jonathan, mon père trouble le peuple; voyez donc fds, en serait l'auteur, il mourrait. Et comme mes yeux se sont éclaircis, dans tout le peuple personne ne lui parce que j'ai goûté un peu de ce miel, répondit. ■'"Il dit à tout Israël : Mettez- •■'"Certes, si le peuple avait aujourd'hui vous d'un côté; et moi et Jonathan, mangé du butin qu'il a trouvé chez ses mon fils, nous serons de l'autre. Et le ennemis, la défaite des Philistins n'au- ])euple dit à Saul : Fais ce qui te sem- rait-elle pas été plus grande ? Liera bon. *'Saûl dit à l'Eternel : Dieu "'Ils battirent ce jour-là les Philis- d'Israël! fais connaître la vérité. Jo- tins depuis Micmasch jusqu'à Ajalon. nathan et Saul furent désignés, et le Le ])eu])le était très fatigué, -'-et il se peuple fut libéré. ^'Saiil dit : Jetez le jeta sur le butin. Il prit des brebis, sort entre moi et Jonathan, mon fils, des bœufs et des veaux, il les égorgea Et Jonathan fut désigné. ''"Saul dit à sur la terre, et il en mangea avec le Jonathan : Déclare-moi ce que tu as sang. ""On le rapporta à Saiil, et l'on fait. Jonathan le lui déclara, et dit: dit: Voici, le peuple pèche contre J'ai goûté un peu de miel, avec le bout l'Eternel, en mangeant avec le sang, du bâton que j'avais à la main : me Saul dit : Vous commettez une infidé- voici, je mourrai. '•'Et Saiil dit : Que lité ; roulez à l'instant vers moi une Dieu me traite dans toute sa rigueur, grande 2)ierre. "'Puis il ajouta : Répan- si tu ne meurs pas, Jonathan! *^Le dez-vous parmi le peuple, et dites à peuple dit à Saiil : Quoi ! Jonathan chacun de m'amener son bœuf ou sa mourrait, lui cjui a opéré cette grande brebis, et de l'égorger ici. Vous man- délivrance en Israël ! Loin de là ! L'É- gerez ensuite , et vous ne pécherez ternel est vivant ! il ne tombera pas à point contre l'Eternel, en mangeant terre un cheveu de sa tète, car c'est avec le sang. Et pendant la nuit, cha- avec Dieu qu'il a agi dans cette jour- cun jiarmi le peuple amena son bœuf née. Ainsi le ]jeu]:)le sauva Jonathan, par la main, afin de l'égorger sur la et il ne mourut point. ^''Saûl cessa de pierre. "^Saûl bâtit un autel à l'Eter- poursuivre les Philistins, et les Philis- nel : ce fut le premier autel qu'il bâtit tins s'en allèrent chez eux. à l'Eternel. ''^ Après que Saul eut pris posses- ^^Saùl dit : Descendons cette nuit sion de la royauté sur Israël, il fit de après les Philistins, pillons-les jus- tous côtés la guerre à tous ses enne- qu'à la lumière du matin, et n'en lais- mis, à Moab, aux enfants d'Ammon, à sons pas un de reste. Ils dirent : Fais Edom, aux rois de Tsoba, et aux Phi- tout ce qui te semblera bon. Alors le listins; et partout où il se tournait, il prêtre clit : Approchons-nous ici de était vainqueur. ''* Il manifesta sa force. Dieu. ""Et Saiil consulta Dieu: Des- battit Amalek, et délivra Israël de la cendrai-je après les Philistins ? Les livreras-tu entre les mains d'Israël? Mais en ce moment il ne lui donna j)oint de réponse. "*Saûl dit : Appro- main de ceux qui le pillaient. *^Les fils de Saiil étaient Jonathan, Jischvi et Malkischua. Ses deux filles s'appelaient : l'aînée Mérab, et la plus chez ici, vous tous chefs du peuple; jeune Mical. ^"Le nom de la femme de recherchez et voyez comment ce péché Saiil était Achinoam, fille d'Achimaats a. Le silence de l'Éternel fait comprendre à Saiil qu'un péché a été commis parmi le peuple, dire, aussi vrai que l'Eternel est vivant. 324 h. G'est-à- I SAMUEL. Chap. li, 51-15, w. Le nom du chef de son armée était de la seconde portée, les agneaux Abiner", lils de Ner, oncle de Saiil. gras, et tout ce qu'il y avait de bon ; ^' Ris, père de Saiil, et Ner, pèred'Ab- ils ne voulurent pas le dévouer par ner, étaient fds d'Abiel. interdit, et ils dévouèrent seulement ^* Pendant toute la vie de Saùl, il y tout ce qui était méprisable et chétif. eut une guerre acharnée contre les '"L'Eternel adressa la parole à Sa- Philistins; et dès que Saiil apercevait muel, et lui dit : "Je me repens d'a- quelque homme fort et vaillant, il le voir établi Saiil pour roi, car il se dé- prenait a son service. Guerre ai'ec les Amalécites. de Saiil. Désobéissance Chap. XV. 'Samuel dit à Saiil tourne de moi et il n'observe point mes paroles. Samuel fut irrité, et il cria à l'Eternel toute la nuit. '*I1 se leva de bon matin, pour aller au-de- vant de Saiil. Et on vint lui dire : Saiil C'est moi que l'Eternel a envoyé pour est allé à Carmel, et voici, il s'est éri- t'oindre roi sur son peuple, sur Is- gé un monument; puis il s'en est rc- raël : écoute donc ce que dit l'Eternel, tourné, et, passant plus loin, il est -Ainsi parle l'Eternel des armées : Je descendu à Guilgal. '-^Samuel se réu- nie souviens de ce qu'Amalek fit à dit auprès de Saiil, et Saiil lui dit : Israël, lorsqu'il lui ferma le chemin Sois béni de l'Eternel! J'ai observé à sa sortie d'Egypte. ^Va maintenant, la parole de l'Éternel. '''Samuel dit : frappe Amalek, et dévouez par inter- Qu'est-ce donc que ce bêlement de dit tout ce qui lui appartient; tu ne brebis qui parvient à mes oreilles, et l'épargneras point, et tu feras mourir ce mugissement de bœufs que j'en- hommes et femmes, enfants et nour- tends? '^ Saiil répondit : Ils les ont rissons, bœufs et brebis, chameaux et amenés de chez les Amalécites, parce ânes. que le peuple a épargné les meilleu- ••Saul convoqua le peuple, et en fit res brebis et les meilleurs bœufs, afin la revue à Thelaïm : il y avait deux de les sacrifier à l'Éternel, ton Dieu; cent mille hommes de pied, et dix et le reste, nous l'avons dévoué par mille hommes de Juda. interdit. '^Samuel dit à Saiil : Arrête, ^Saul marcha jusqu'à la ville d'A- et Je te déclarerai ce que l'Éternel m'a malek, et mit une embuscade dans la vallée. ^11 dit aux Kéniens : Allez, re- tirez-vous, sortez du milieu d'Amalek, dit cette nuit. Et Saiil lui dit : Parle ! '"Samuel dit : Lorsque tu étais petit à tes yeux, n'es-tu pas devenu le chef afin que je ne vous fasse pas périr avec des tribus d'Israël, et l'Éternel ne t'a lui; car vous avez eu de la bonté pour t-il pas oint pour que tu sois roi sur tous les enfants d'Israël, lorsqu'ils Israël? "*L'Eternel t'avait fait partir, montèrent d'Egypte. Et les Kéniens en disant : Va, et dévoue par interdit se retirèrent du milieu d'Amalek. ces pécheurs, les Amalécites; tu leur 'Saiil battit Amalek depuis llavila feras la guerre jusqu'à ce que tu les jusqu'à Schur, qui est en face de l'É- aies exterminés. '^Pourquoi n'as-tu gypte. *I1 prit vivant Agag, roi d'Ama- pas écouté la voix de l'Éternel? pour- lek, et il dévoua par interdit tout le quoi t'es-tu jeté sur le butin, et as-tu ])euple en le passant au fil de l'épée. fait ce qui est mal aux yeux de l'Éter- ^Mais Saul et le peuple épargnèrent nel? -"Saiil répondit à Samuel : J'ai Agag, et les meilleures brebis, les bien écouté la voix de l'Eternel, et meilleurs bœufs, les meilleures bêtes j'ai suivi le chemin jjar lequel m'en- a. .ibiiwr. uu Ahi 325 Chap. 15, 21-10,5. I SAMUEL. voyait l'Éternel. J'ai amené Agag, roi d'Amalek, et j'ai dévoué par interdit les Amalécites ; -' mais le peuple a pris sur le butin des brebis et des bœufs, comme prémices de ce qui de- vait être dévoué, afin de les sacrifier à l'Eternel, ton Dieu, à Guilgal. -Sa- muel dit : L'Eternel trouve-t-il du plaisir dans les holocaustes et les sa- crifices, comme dans l'obéissance à la voix de l'Eternel? Voici, l'obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l'ob- servation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers. -"'Car la dé- sobéissance est aussi coupable que la divination, et la l'ésistance ne l'est pas moins que l'idolâtrie et les théra- phim". Puisque tu as rejeté la parole de l'Eternel, il te rejette aussi comme roi. -* Alors Saûl dit à Samuel : J'ai pé- ché, car j'ai transgressé l'ordre de l'Eternel, et je n'ai pas obéi à tes pa- roles; je craignais le peuple, et j'ai écouté sa voix. '^Maintenant, je te prie, pardonne mon péché, reviens avec moi, et je me prosternerai de- vant l'Eternel. '-'^Samuel dit à Saûl : Je ne retournerai point avec toi ; car tu as rejeté la parole de l'Eternel, et l'Eternel te rejette, afin que tu ne sois plus roi sur Israël. -"Et comme Sa- muel se tournait pour s'en aller, Saûl le saisit par le pan de son manteau, c[ui se déchira. ^* Samuel lui dit : L'E- ternel déchire aujourd'hui de dessus toi la royauté d'Israël, et il la donne à un autre cjui est meilleur que toi. ^^Celui qui est la force d'Israël ne ment point et ne se repent point, car il n'est pas un homme pour se repen- tir. ^"Saûl dit encore : J'ai péché! Maintenant, je te prie, honore-moi en présence des anciens de mon peuple et en présence d'Israël; reviens avec moi, et je me prosternerai devant l'E- ternel, ton Dieu. a. Thëraphim, idoles domestiques. Voy. Gen. 31, ifl, ^'Samuel retourna et suivit Saûl, et Saûl se prosterna devant l'Eternel. ^^Puis Samuel dit : Amenez-moi Agag, roi d'Amalek. Et Agag s'avança vers lui d'un air joyeux; il disait : Certai- nement, l'amertume de la mort est passée. ^^ Samuel dit : De même que ton épée a privé des femmes de leurs enfants, ainsi ta mère entre les fem- mes sera privée d'un fils. Et Samuel mit Agag en pièces devant l'Eternel, à Guilgal. ^■•Samuel partit pour Rama, et Saûl monta dans sa maison à Guibea de Saûl. '^Samuel n'alla plus voir Saûl jusqu'au jour de sa mort; car Samuel pleurait sur Saûl, parce que l'Eternel se repentait d'avoir établi Saûl roi d'Israël. Saûl rejeté. — David oint par Samuel. — iSaûl et le mauvais esprit. — David au service de S a m. Chap. XVI. 'L'Éternel dit à Sa- muel : Quand cesseras-tu de pleurer sur Saûl? Je l'ai rejeté, afin c|u'il ne règne plus sur Israël. Remplis ta cor- ne d'huile, et va; je t'enverrai chez Isaï, Bethléhémite, car j'ai vu parmi ses fils celui que je désire pour roi. -Samuel dit : Comment irai-je? Saûl l'apprendra, et il me tuera. Et l'Eter- nel dit : Tu emmèneras avec toi une génisse, et tu diras : Je viens pour offrir un sacrifice à l'Eternel. 'Tu in- viteras Isaï au sacrifice ; je te ferai connaître ce que tu dois faire, et tu oindras pour moi celui que je te dirai. '' Samuel fit ce c{ue l'Éternel avait dit, et il alla à Bethléhem. Les an- ciens de la ville accoururent effrayés au-devant de lui et dirent : Ton arrivée annonce-t-elle quelque chose d'heu- reux? ^11 répondit : Oui; je viens pour offrir un sacrifice à l'Éternel. Sancti- fiez-vous, et venez avec moi au sacri- 34 ; Jug. 17, 5. 326 I SAMUEL. Chap. 10,6-17,:, ficc. Il fit aussi sanctifier Isaï et ses fils, et il les invita au sacrifice. •^Lorsqu'ils entrèrent, il se dit, en voyant Eliab : Certainement, l'oint Je l'Eternel est ici devant lui. "Et l'Eter- nel dit à Samuel : Ne prends point garde à son apparence et à la hauteur de sa taille, car je l'ai rejeté. L'Eter- role, et dit : Voici, j'ai vu un fils d'I- saï, Bethléhémite, qui sait jouer ; c'est aussi un homme fort et vaillant, un guerrier, parlant bien et d'une belle figure, et l'Eternel est avec lui. ''•'Saûl envoya des messagers à Isaï, pour lui dire : Envoie-moi David, ton fils, qui est avec les brebis. -"Isaï prit un âne, nel ne considère pas ce que l'homme qu'il chargea de pain, d'une outre de considère; l'homme regarde à ce cjui frappe les yeux, mais l'Eternel regarde au cœur. ''Isaï appela Abinadab, et le fit passer devant Samuel; et Samuel dit : L'Eternel n'a pas non plus choisi celui-ci. 'Isaï fit passer Schamma; et Samuel dit : L'Eternel n'a pas non plus choisi celui-ci. '"Isaï fit passer ses sept fils devant Samuel ; et Samuel dit à Isaï : L'Eternel n'a choisi aucun d'eux. "Puis Samuel dit à Isaï : Sont- ce là tous tes fils? Et il répondit : Il reste encore le plus jeune, mais il fait paître les brebis. Alors Samuel dit à Isaï : Envoie-le chercher, car nous ne nous placerons point qu'il ne soit ve- nu ici. '-Isaï l'envoya chercher. Or il était blond, avec de beaux yeux et une belle figure. L'Eternel dit à Samuel : Lève-toi, oins-le, car c'eU lui! '''Sa- muel prit la corne d huile, et l'oignit vin et d'un chevreau, et il envoya ces choses à Saûl par David, son fils. -'Da- vid arriva aujjrès de Saûl, et se pré- senta devant lui ; il plut beaucoup à Saiil, et il fut désigné pour porter ses armes. --Saiil fit dire à Isaï : Je te prie de laisser David à mon service, car il a trouvé grâce à mes yeux. -^Et lorsc[ue l'esprit de Dieu était sur Saûl, David prenait la harpe et jouait de sa main; Saûl respirait alors plus à l'aise et se trouvait soulagé, et le mauvais esprit se retirait de lui. Guerre avec les P/iilislins. — Le géant Goliath tué par David. — Amitié de Jonatlian pour David. — C/iant de triomphe des femmes d'Israël. — Haine de Saiil eontre David. — David gendre du roi. Chap. X] II. 'Les Philistins réu- nirent leurs armées pour faire la guer- au milieu de ses frères. L'esprit de re, et ils se rassemblèrent à Soco, qui l'Eternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite. Samuel se leva, et s'en alla à Rama. '''L'esprit de l'Éternel se retira de Saûl, qui fut agité par un mauvais es- prit venant de l'Eternel. '^Les servi- teurs de Saul lui dirent : Voici, un mauvais esprit de Dieu t'agite. '^Que notre seigneur parle ! Tes serviteurs sont devant toi. Ils chercheront un homme cjui sache jouer de la harpe ; et, quand le mauvais esprit de Dieu sera sur toi, il jouera de sa main, et tu seras soulagé. ''Saûl répondit à ses serviteurs : Trouvez-moi donc un homme qui joue bien, et amenez-le- moi. '*L'un des serviteurs prit la pa- appartient à Juda ; ils campèrent en- tre Soco et Azéka, à Ephès-Dammim. -Saûl et les hommes d'Israël se ras- semblèrent aussi; ils campèrent dans la vallée des térébinthes, et ils se mi- rent en ordre de bataille contre les Philistins. ^Les Philistins étaient vers la mon- tagne d'un côté, et Israël était vers la montagne de l'autre côté : la vallée les séparait. ■'L'n homme sortit alors du camp des Philistins et s'avança entre les deux armées. Il se nommait Go- liath, il était de Gath, et il avait une taille de six coudées et un empan. ^Sur sa tête était un casque d'airain, et il portait une cuirasse à écailles du 327 CI in p. 17 , 0-28. I SAMUEL. poids de cinq mille sicles d'airain. ^11 m'en donneras des nouvelles sûres, avait aux jambes une armure d'airain, "'Ils sont avec Saûl et tous les hom- et un javelot d'airain entre les épau- mes d'Israël dans la vallée des téré- les. 'Le bois de sa lance était comme binthes, faisant la guerre aux Philis- une ensuble de tisserand, et la lance tins. pesait six cents sicles de 1er. Celui qui -"David se leva de bon matin. Il portait son bouclier marchait devant laissa les brebis à un gardien, prit sa lui. *Le Philistin s'arrêta; et, s'adres- charge, et partit, comme Isaï le lui sant aux troupes d'Israël rangées en avait ordonné. Lorsqu'il arriva au bataille, il leur cria : Pourquoi sortez- camp, l'armée était en marche pour vous pour vous ranger en bataille? Ne se ranger en bataille et poussait des suis-je pas le Philistin, et n'ètes-vous cris de guerre. -'Israël et les Philistins pas des esclaves de Saùl? Choisissez se formèrent en bataille, armée contre un homme qui descende contre moi! armée. ^^David remit les objets qu'il 'S'il peut me battre et qu'il me tue, portait entre les mains du gardien des- nous vous serons assujettis; mais si je bagages, et courut vers les rangs de l'emporte sur lui et que je le tue, vous l'armée. Aussitôt arrivé, il demanda à nous serez assujettis et vous nous ser- ses frères comment ils se portaient, virez. '"Le Philistin dit encore : Je jette ^^Tandis qu'il parlait avec eux, voici, en ce jour un défi à l'armée d'Israël ! le Philistin de Gath, nommé Goliath, Donnez-moi un homme, et nous nous s'avança entre les deux armées, hors battrons ensemble. "Saûl et tout Israël des rangs des Philistins. Il tint les entendirent ces paroles du Philistin, mêmes discours que précédemment, et ils furent effrayés et saisis d'une et David les entendit. -"'A la vue de cet grande crainte. homme, tous ceux d'Israël s'enfuirent '^Or David était fds de cet Ephra- devant lui et furent saisis d'une gran- tien de Bethléhem de Juda, nommé de crainte. "Chacun disait : Avez-vous- Isaï, qui avait huit fils, et qui, du vu s'avancer cet homme? C'est pour temps de Saûl, était vieux, avancé en jeter à Israël un défi qu'il s'est avan- âge. '^Les trois fils aînés d'Isaï avaient ce! Si quelqu'un le tue, le roi le com- suivi Saûl à la guerre; le premier-né blera de richesses, il lui donnera sa de ses trois fils qui étaient partis pour fille, et il affranchira la maison de son la guerre s'appelait Éliab, le second père en Israël. -"David dit aux hom- Abinadab, et le troisième Schamma. mes qui se trouvaient près de lui : "David était le plus jeune. Et lorsque Que fera-t-on à celui qui tuera ce Phi- les trois aînés eurent suivi Saûl, '^Da- listin, et qui ôtera l'opprobre de des- vid s'en alla de chez Saûl et revint à sus Israël? Qui est donc ce Philistin, Bethléhem pour faire paître les bre- cet incirconcis, pour insulter l'armée bis de son père. "Le Philistin s'avançait matin et soir, et il se présenta pendant qua- rante jours. du Dieu vivant? -"Le peuple, répétant les mêmes choses, lui dit : C'est ainsi que l'on fera à celui qui le tuera. 'Eliab, son frère aîné, qui l'avait en- '"Isaï dit à David, son fils : Prends tendu parler à ces hommes, fut en- pour tes frères cet épha de grain rôti flammé de colère contre David. Et il et ces dix pains, et cours au camp vers dit : Pourquoi es-tu descendu, et à qui tes frères; '^porte aussi ces dix fro- as-tu laissé ce peu de brebis dans le mages au chef de leur millier. Tu ver- désert ? Je connais ton orgueil et la ras si tes frères se portent bien, et tu malice de ton cœur. C'est pour voir 328 I SAMUEL. Chap. 17,19-52. la bataille que tu es descendu. -^David de David, et l'homme qui portait son répondit : Qu'ai-je donc fait? ne puis- bouclier marchait devant lui. **Lc Phi- je })as parler ainsi? ™Et il se détourna listin regarda, et lorsqu'il aperçut Da- de lui pour s'adresser à un autre, et fit les mêmes questions. Le peuple lui répondit comme la première fois. ^'Lorsqu'on eut entendu les paroles prononcées par David, on les répéta devant Savil, qui le fit chercher. ^-Da- vid dit à Saûl : Que personne ne se décourage à cause de ce Philistin ! Ton serviteur ira se battre avec lui. '^Saûl dit à David : Tu ne peux pas aller te battre avec ce Philistin, car tu es un enfant, et il est un homme de guerre dès sa jeunesse. ^^ David dit à Saul : Ton serviteur faisait paître les brebis de son père. Et quand un lion ou un ours venait en enlever une du trou- peau, ^^je courais après lui, je le frap- pais, et j'arrachais la brebis de sa gueule. S'il se dressait contre moi, je le saisissais par la gorge, je le frap- pais, et je le tuais. '^C'est ainsi c^ue ton serviteur a terrassé le lion et l'ours, et il en sera du Philistin, de cet incir- concis, comme de l'un d'eux, car il a insulté l'armée du Dieu vivant. "Da- vid dit encore : L'Eternel, qui m'a dé- livré de la griffe du lion et de la patte de l'ours, me délivrera aussi de la main de ce Philistin. Et Saiil dit à Da- vid : Va, et que l'Éternel soit avec toi ! ^^Saùl fit mettre ses vêtements à vid, il le méprisa, ne voyant en lui qu'un enfant, blond et d'une belle fi- gure. '^Le Philistin dit à David : Suis- je un chien, pour que tu viennes à moi avec des bâtons ? Et, après l'a- voir maudit par ses dieux, **il ajouta : Viens vers moi, et je donnerai ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs. ''^ David dit au Philistin : Tu marches contre moi avec l'épée, la lance et le javelot ; et moi je marche contre toi au nom de l'Eternel des ar- mées, du Dieu de l'armée d'Israël, que tu as insultée. ■'"Aujourd'hui l'Eternel te livrera entre mes mains, je t'abat- trai et je te couperai la tête ; aujour- d'hui je donnerai les cadavres du camp des Philistins aux oiseaux du ciel et aux animaux de la terre. Et toute la terre saura qu'Israël a un Dieu. "Et toute cette multitude saura que ce n'est ni par l'épée ni par la lance que l'Eternel sauve. Car la victoire appar- tient à l'Eternel. Et il vous livre entre nos mains. ^^ Aussitôt que le Philistin se mit en mouvement pour marcher au-devant de David, David courut sur le champ de bataille à la rencontre du Philistin. *^I1 mit la main dans sa gibecière, y prit une pierre, et la lança avec sa David, il plaça sur sa tête un casque fronde; il frappa le Philistin au front, d'airain, et le revêtit d'une cuirasse, et la pierre s'enfonça dans le front du ^'David ceignit l'épée de Saiil ])ar-des- Philistin, qui tomba le visage contre sus ses habits, et voulut marcher, car terre. ^"Ainsi avec une fronde et une il n'avait pas encore essayé. Mais il pierre, David fut plus fort que le Phi- dit à Saûl : Je ne puis pas marcher listin ; il le terrassa et lui ôta la vie, avec cette armure, je n'y suis pas ac- sans avoir d'épée à la main. "Il cou- coutumé. Et il s'en débarrassa. -"'Il rut, s'arrêta près du Philistin, se saisit prit en main son bâton, choisit dans de son épée qu'il tira du foui'reau, le le torrent cinq pierres polies, et les tua et lui coupa la tête, mit dans sa gibecière de berger et Les Philistins voyant que leur héros dans sa poche. Puis, sa fronde à la était mort, prirent la fuite. ^-Et les main, il s'avança contre le Philistin. hommes d'Israël et de Juda poussè- "Le Philistin s'approcha peu à peu rentdes cris, et allèrent à la poursuite 329 Cliap. 17,53-18, 19. I SAMUEL. des Philistins jusque dans la vallée et et en poussant des cris de joie. "Les jusqu'aux portes d'Ekron. Les Philis- tins blessés à mort tombèrent dans le chemin de Schaaraïm jusqu'à Gatli et jusqu'à Ekron. '^^Et les enfants d'Israël revinrent de la poursuite des Philis- tins, et pillèrent leur camp. '^^ David femmes qui chantaient se répondaient les unes aux autres, et disaient : Saul a frappé ses mille, — Et David ses dix mille. '*Saul fut très irrité, et cela lui dé- prit la tête du Philistin et la porta à plut. Il dit : On en donne dix mille à Jérusalem, et il mit dans sa tente les armes du Philistin. ^^ Lorsque Saiil avait vu David mar- cher à la rencontre du Philistin, il dit à Abner, chef de l'armée : De qui ce jeune homme est-il fils, Abner ? Abner David, et c'est à moi que l'on donne les mille ! Il ne lui manque plus que la royauté. 'Et Saul regarda David d'un mauvais œil, à partir de ce jour et dans la suite. "Le lendemain, le mauvais esprit répondit : Aussi vrai que ton àme est de Dieu saisit Saiil, qui eut des trans- vivante, ô roi ! je l'ignore. ^"Informe- ports au milieu de la maison. David toi donc de qui ce jeune homme est jouait, comme les autres jours, et Saul fils, dit le roi. "Et quand David fut de avait sa lance à la main. "Saiil leva sa retour après avoir tué le Philistin, Ab- lance, disant en lui-même : Je frappe- ner le prit et le mena devant Saiil. rai David contre la paroi. Mais David David avait à la main la tête du Phi- se détourna de lui deux fois. '-Saiil listin. ^'^Saiil lui dit : De qui es-tu fils, craignait la présence de David, parce jeune homme .' Et David ré[)ondit : Je que l'Eternel était avec David et s'était suis fils de ton serviteur Isaï, Bethlé- retiré de lui. '^11 Téloigna de sa per- hémite. sonne, et il l'établit chef de mille Chap. XVIII. 'David avait achevé hommes. David sortait et rentrait à la de parler à Saul. Et dès lors l'âme de tête du peuple; '•'il réussissait dans Jonathan fut attachée à l'àme de Da- toutes ses entreprises, et l'Eternel vid, et Jonathan l'aima comme son était avec lui. '^Saûl voyant qu'il réus- àme. ^Ce même jour Saiil retint David, sissait toujours, avait peur de lui; et ne le laissa pas retourner dans la "*mais tout Israël et Juda aimaient Da- maison de son père. 'Jonathan fit al- vid, parce qu'il sortait et rentrait à liance avec David, parce qu'il l'aimait leur tête. comme son àme. ''Il ôta le manteau '"Saiil dit à David : Voici, je te qu'il portait, pour le donner à David ; donnerai pour femme ma fille aînée et il lui donna ses vêtements, même Mérab ; sers-moi seulement avec vail- son épée, son arc et sa ceinture. ^Da- vid allait et réussissait partout où l'envoyait Saiil ; il fut mis par Saiil à la tête des gens de guerre, et il plai- sait à tout le peuple, même aux servi- teurs de Saiil. ^ Comme ils revenaient, lors du re- lance, et soutiens les guerres de l'É- ternel. Or Saiil se disait : Je ne veux pas mettre la main sur lui, mais que la main des Philistins soit sur lui. '''David répondit à Saiil : Qui suis-je, et qu'est- ce que ma vie, qu'est-ce que la famille de mon père en Israël, pour que je de- tour de David après qu'il eut tué le vienne le gendre du roi ? "Lorsque ar- Philistin, les femmes sortirent de tou- riva le temps où Mérab, fille de Saiil, tes les villes d'Israël au-devant du roi devait être donnée à David, elle fut Saiil, en chantant et en dansant, au donnée pour femme à Adriel, de Me- son des tambourins et des triangles, hola. 330 SAMUEL. Chap. 18, M- 19, II. 2»Mical, fille de Saiil , aima David. On en informa Said, et la chose lui convint. ^'11 se disait : Je la lui don- nerai , afin qu'elle soit un piège pour lui, et qu'il tombe sous la main des Philistins. Et Saûl dit à David pour la de faire mourir David. Mais Jonathan, Attentat de Saiil contre la vie de David. — Da- vid sauve par Mical, sa femme; fuite auprès de Samuel ci Rama. Chap. XIX. 'Saûl parla à Jona- than, son fils, et à tous ses serviteurs, seconde fois : Tu vas aujourd'hui de- fils de Saiil, qui avait une grande affec- tion ]iour David, -l'en informa et lui dit : Saûl, mon père, cherche à te faire mourir. Sois donc sur tes gardes de- main matin, reste dans un lieu retiré, et cache-toi. ^Je sortirai et je me tien- drai à côté de mon père dans le champ venir mon gendre. ^-Saûl donna -cet ordre à ses servi- teurs : Parlez en confidence à David, et dites-lui : Voici, le roi est bien dis- jiosc pour toi, et tous ses serviteurs t'aiment; sois maintenant le gendre du roi. -^Les serviteurs de Saûl répé- où tu seras; je parlerai de toi à mon tèrent ces j^aroles aux oreilles de Da- père, je verrai ce qu'il dira, et je te le vid. Et David répondit : Croyez-vous rapporterai. ''Jonathan parla favora- ipiil soit facile de devenir le gendre blement de David à Saûl, son père : du roi ? Moi, je suis un homme pauvre Que le roi, dit-il, ne commette pas un et de peu d'importance. -^Les servi- péché à l'égard de son serviteur Da- teurs de Saûl lui rajiportèrent ce qu'a- vid, car il n'en a point commis en- vait répondu David. -^Saûl dit : Vous vers toi. Au contraire, il a agi pour ])arlerez ainsi à David : Le roi ne de- ton bien ; '^il a exposé sa vie, il a tué mande point de dot"; mais il désire le Philistin, et l'Eternel a opéré une cent prépuces de Philistins, pour être grande délivrance pour tout Israël. Tu vengé de ses ennemis. Saûl avait le l'as vu, et tu t'en es réjoui. Pourquoi dessein de faire tomber David entre pécherais-tu contre le sang innocent, les mains des Philistins. -^Les servi- et ferais-tu sans raison mourir David ? teursde Saûl rapportèrent ces paroles *Saûl écouta la voix de Jonathan, et à David, et David agréa ce qui lui était il jura, disant : L'Eternel est vivant ! demandé pour qu'il devînt gendre du David ne mourra pas. "Jonathan ap- roi. Avant le terme fixé, -'David se pela David, et lui rapporta toutes ces leva, partit avec ses gens, et tua deux paroles ; puis il l'amena auprès de cents hommes parmi les Philistins ; il Saûl, en présence de qui David fut apporta leurs prépuces, et en livra au comme auparavant, roi le nombre complet, afin de devenir *La guerre continuait. David mar- gendre du roi. Alors Saûl lui donna cha contre les Philistins, et se battit pour femme Mical, sa fille. ^*Saûl vit aveceux; il leur fit éprouver une gran- et comprit que l'Eternel était avec Da- de défaite, et ils s'enfuirent devant lui. vid; et Mical, sa fille, aimait David. ^Alors le mauvais esprit de l'Eternel ^"Saûl craignit de plus en ])lus David, fut sur Saûl, qui était assis dans sa et il fut toute sa vie son ennemi. maison, sa lance à la main. David ^"Les princes des Philistins faisaient jouait, '"et Saûl voulut le frapper avec des excursions; et chaque fois qu'ils sa lance contre la paroi. Mais David sortaient, David avait ])lus de succès se détourna de lui, et Saûl frappa de que tous les serviteurs de Saûl, et son sa lance la paroi. David prit la fuite et nom devint très célèbre. s'échappa pendant la nuit. "Saûl en- a. C'était, selon la coutume, le fiancé qui pavait une dot à Ex. 22, 16. elui dont il éjiousait la liUc. \'oy. Gcn. 34, 12; 3.31 Chap. 19,K-W,8. I SAMUEL. voya des gens vers la maison de Da- vid, pour le garder et le faire mourir au matin. Mais Mical, femme de Da- vid, l'en informa et lui dit : Si tu ne te sauves pas cette nuit, demain tu es mort. '-Elle le fit descendre par la fe- nêtre , et David s'en alla et s'enfuit. C'est ainsi qu'il échappa. "Ensuite Mical prit le théraphim, qu'elle plaça dans le lit; elle mit une peau de chè- vre à son chevet, et elle l'enveloppa d'une couverture. '^Lorsque Saiil en- voya des gens pour prendre David, elle dit : Il est malade. '^Saùl les ren- voya pour qu'ils le vissent, et il dit : Apportez-le-moi dans son lit, afin cjue je le fasse mourir. "*Ces gens revin- rent, et voici, le théraphim était dans le lit, et une peau de chèvre à son che- vet. '"Sauldità Mical : Pourquoi m'as- tu trompé de la sorte, et as-tu laissé partir mon ennemi qui s'est échappé ? donc mon père me cacherait-il celle- Saûl continua son chemin en prophé- tisant, jusqu'à son arrivée à Najoth, près de Rama. ^''Il ôta ses vêtements, et il prophétisa aussi devant Samuel ; et il se jeta nu parterre tout ce jour-là et toute la nuit. C'est pourquoi l'on dit : Saûl est-il aussi parmi les pro- phètes ? David informé par Jonathan des dispositions hostiles de Saûl. — Les deux amis prenant congé l'un de l'autre Chap. XX. 'David s'enfuit de Na- joth, près de Rama. Il alla trouver Jo- nathan, et dit : Qu'ai-je fait? quel est mon crime, quel est mon péché aux yeux de ton père, pour qu'il en veuille à ma vie ? -.lonathan lui répondit : Loin de là ! tu ne mourras point. Mon père ne fait aucune chose, grande ou petite, sans m'en informer; pourquoi Mical répondit à Saiil : Il m'a dit Laisse-moi aller, ou je te tue ! "* C'est ainsi que David prit la fuite et qu'il échappa. Il se rendit auprès de Samuel à Rama, et lui raconta tout ce que Saùl lui avait fait. Puis il alla avec Samuel demeurer à Najoth. '^On le rapporta à Saul, en disant : Voici, David est à Najoth, près de Rama. -"Saûl envoya des gens pour prendre David. Ils virent une assemblée de prophètes qui prophétisaient, ayant Samuel à leur tête. L'esprit de Dieu saisit les envoyés de Saiil, et ils se mirent aussi à prophétiser eux-mêmes. -'On en fit rapport à Saiil, qui envoya d'autres gens, et eux aussi prophéti- sèrent. Il en envoya encore pour la troisième fois, et ils prophétisèrent également. ^'- Alors Saiil alla lui-même à Rama. Arrivé à la grande citerne qui est à Sécou, il demanda : Où sont Sa- muel et David ? On lui répondit : Ils sont à Najoth, près de Rama. -^Et il se dirigea vers Najoth, près de Rama. là ? Il n'en est rien. ^ David dit encore, en jurant : Ton père sait bien que j'ai trouvé grâce à tes yeux, et il aura dit : Que Jonathan ne le sache pas ; cela lui ferait de la peine. Mais l'Eternel est vivant et ton âme est vivante ! il n'y a qu'un pas entre moi et la mort. ■'Jonathan dit à David : Je ferai pour toi ce c[ue tu voudras. ^Et David lui répondit : Voici, c'est demain la nou- velle lune, et je devrais m'asseoir avec le roi pour manger; laisse-moi aller, et je me cacherai dans les champs jusqu'au soir du troisième jour. *Si ton père remarque mon absence, tu diras : David m'a prié de lui laisser faire une course à Bethléhem, sa ville, parce qu'il y a pour toute la famille un sacrifice annuel. 'Et s'il dit : C'est bien ! ton serviteur alors n'a rien à craindre ; mais si la colère s'empare de lui, sache que le mal est résolu de sa part. ^Montre donc ton affection pour ton serviteur, puisque tu as fait avec ton serviteur une alliance devant L'esprit de Dieu fut aussi sur lui ; et l'Éternel. Et, s'il y a quelque crime en 332 I SAMUEL. Chap. !i0,o-:i3. moi, ôte-moi la vie toi-nième, car trouve les flèches. Si je lui dis : Voiri, pourquoi me mènerais-tu jusqu'à ton les ilèches sont en deçà de toi, prends- père ? 'Jonathan lui dit : Loin de toi les ! alors viens, car il y a paix pour la pensée que je ne t'informerai pas, toi, et tu n'as rien à craindre, l'Eternel si j'apprends que le mal est résolu de est vivant! ^-Mais si je dis au jeune la part de mon père et menace de t'at- homme : Voici, les flèches sont au delà teindre ! '"David dit à Jonathan : Qui m'informera dans le cas où ton père te répondrait durement? "Et Jonathan dit à David : Viens, sortons dans les champs. Et ils sortirent tous deux dans les champs. de toi ! alors va-t'en, car l'Eternel te renvoie. -'L'Eternel est à jamais té- moin de la parole que nous nous som- mes donnée l'un à l'autre. ^^ David se cacha dans les champs. C'était la nouvelle lune, et le roi prit '-Jonathan dit à David : Je prends à place au festin pour manger. -^Le roi témoin l'Eternel, le Dieu d'Israël ! Je s'assit comme à l'ordinaire sur son sonderai mon père demain ou après- siège contre la paroi, Jonathan se leva, demain; et, dans le cas où il serait et Abner s'assit à côté de Saùl ; mais bien disposé pour David, si je n'envoie la place de David resta vide. -''Saûl ne vers toi personne pour t'en informer, dit rien ce jour-là ; car, pensa-t-il, c'est ''que l'Eternel traite Jonathan dans par hasard, il n'est pas pur, certaine- toute sa rigueur ! Dans le cas où mon ment il n'est pas pur. "Le lendemain, père trouverait bon de te faire du mal, second jour de la nouvelle lune, la je t'informerai aussi et je te laisserai place de David était encore vide. Et partir, afin que tu t'en ailles en paix; Saùl dit à Jonathan, sonfds : Pourquoi et que l'Eternel soit avec toi, comme le fils d'Isaï n'a-t-il paru au repas ni il a été avec mon père ! '*Si je dois vi- hier ni aujourd'hui ? -'^Jonathan répon- vre encore, veuille user envers moi de dit à Saùl : David m'a demandé la per- la bonté de l'Eternel ; '^et si je meurs, mission d'aller à Bethléhem. -'Il a dit : ne retire jamais ta bonté envers ma Laisse-moi aller, je te prie, car nous avons dans la ville un sacrifice de fa- mille, et mon frère me l'a fait savoir; si donc j'ai trouvé grâce à tes yeux, permets que j'aille en hâte voir mes frères. C'est pour cela qu'il n'est point venu à la table du roi. '"Alors la colère maison, pas même lorsque l'Eternel retranchera chacun des ennemis de David de dessus la face de la terre. '^Car Jonathan a fait alliance avec la maison de David. Que l'Eternel tire vengeance des ennemis de David ! '"Jonathan protesta encore auprès de Saùl s'enflamma contre Jonathan, de David de son affection pour lui, car et il lui dit : Fils pervers et rebelle, ne il l'aimait comme son âme. sais-je pas que tu as pour ami le fils '^Jonathan lui dit : C'est demain la d'Isaï, à ta honte et à la honte de ta nouvelle lune ; on remarquera ton ab- mère ? " Car aussi longtemps que le sence, car ta place sera vide. "Tu des- fils d'Isaï sera vivant sur la terre, il cendras le troisième jour jusqu'au fond n'y aura point de sécurité ni pour toi du lieu où tu t'étais caché le jour de ni pour ta royauté. Et maintenant eii- l'affaire", et tu resteras près de la voie-le chercher, et qu'on me l'amène. pierre d'Ézel. -"Je tirerai trois flèches du côté de la pierre, comme si je vi- sais à un but. -'Et voici, j'enverrai un jeune homme, et je lui dirai : Va, a. Le jour uù Satll N'uulut tuer David. Voy. 19, 2. car il est digne de mort. '-Jonathan répondit à Saùl, son père, et lui dit : Pourcjuoi le ferait-on mourir? Qu'a- t-il fait ? "Et Saùl diriyea sa lance 333 Chap. W,-A-2l.n. I SAMUEL. contre lui, pour le frapper. Jonathan comprit que c'était chose résolue chez son père que de faire mourir David. ^*I1 se leva de table dans une ardente colère, et ne participa point au repas le second jour de la nouvelle lune ; car il était affligé à cause de David, parce que son père l'avait outragé. ^^Le lendemain matin, Jonathan alla dans les champs au lieu convenu avec David, et il était accompagné d'un petit garçon. '"Il lui dit : Cours, trouve les flèches que je vais tirer. Le garçon courut, et Jonathan tira une flèche qui le dépassa. '■'Lorsqu'il arriva au lieu où était la flèche que Jonathan avait tirée, Jonathan cria derrière lui : La flèche n'est-elle pas plus loin que toi ? ^*I1 lui cria encore : Vite, hâte-toi, ne t'arrête pas ! Et le garçon de Jonathan ramassa les flèches et revint vers son maître. ''Le garçon ne savait rien ; Jonathan et David seuls comprenaient la chose. ^''Jonathan remit ses armes à son garçon, et lui dit : Va, porte-les à la ville. *' Après le départ du garçon, David se leva du côté du midi, puis se jeta le visage contre terre et se pros- terna trois fois. Les deux amis s'em- brassèrent et pleurèrent ensemble, David surtout fondit en larmes. *-Et Jonathan dit à David : Va en paix, maintenant que nous avons juré l'un et l'autre, au nom de l'Eternel, en di- sant : Que l'Eternel soit à jamais entre moi et toi, entre ma postérité et ta postérité ! '''David se leva et s'en alla, et Jona- than rentra dans la ville. Fuite de David : — à Nob, vers le prêtre Achi- mélec ; à Gath, chez le roi Akiscli ; — dans la caverne d'Adullani; — à Mitspé, chez le roi de Moab ; — dans la forêt de Héreth. — Vengeance de Saûl contre Achimélec ; mas- sacre de quatre-vingt-cinq prêtres et de tous les habitants de Nob. Chap. XXI. 'David se rendit à Nob, vers le prêtre Achimélec, qui accourut effrayé au-devant de lui et lui dit : Pourquoi es-tu seul et n'y a-t-il personne avec toi? ^ David ré- pondit au prêtre Achimélec : Le roi m'a donné un ordre et m'a dit : Que personne ne sache rien de l'affaire pour laquelle je t'envoie et de l'ordre que je t'ai donné. J'ai fixé un rendez- vous à mes gens. 'Maintenant qu'as-tu sous la main? Donne-moi cinq pains, ou ce qui se trouvera. ■'Le prêtre ré- pondit à David : Je n'ai pas de pain ordinaire sous la main, mais il y a du pain consacré ; si du moins tes gens se sont abstenus de femmes! ^David ré- pondit au prêtre : Nous nous sommes abstenus de femmes depuis trois jours que je suis parti, et tous mes gens sont purs ; d'ailleurs, si c'est là un acte ])rofane, il sera certainement aujour- d'hui sanctifié par celui qui en sera l'instrument. ^Alorsle prêtre lui donna du pain consacré, car il n'y avait là d'autre pain que du pain de proposi- tion, qu'on avait ôté de devant l'Éter- nel ])Our le remplacer par du pain chaud au moment où on l'avait pris. 'Là, ce même jour, un homme d'en- tre les serviteurs de Saiil se trouvait enfermé devant l'Eternel ; c'était un Edomite, nommé Doëg, chef des ber- gers de Saùl. "David dit à Achimélec : N'as-tu pas sous la main une lance ou une épée ? car je n'ai pris avec moi ni mon épée ni mes armes, parce que l'ordre du roi était pressant. 'Le prêtre répondit : Voici l'épée de Goliath, le Philistin, que tu as tué, dans la vallée des téré- binthes ; elle est enveloppée dans un drap, derrière l'éphod; si tu veux la prendre, prends-la, car il n'y en a pas d'autre ici. Et David dit : Il n'y en a point de pareille ; donne-la-moi. '"David se leva et s'enfuit le même jour loin de Saûl. Il arriva chez Akisch, roi de Gath. "Les serviteurs d'Akisch lui dirent : N'est-ce pas là David, roi 334 I SAMUEL. Chop. 21, ii-22. 10. du pays? n'est-ce pas celui pour qui naient près de lui. 'Et Saûl dit à ses l'on chantait en dansant : Saiil a frappé ses mille, — Et David ses dix mille. '-David prit à cœur ces paroles, et il eut une grande crainte d'Akisch, roi de Gath. "11 se montra comme fou serviteurs qui se tenaient près de lui : Écoutez, Benjamites ! Le fils d'Isaï vous donnera-t-il à tous des champs et des vignes ? fera-t-il de vous tous des chefs de mille et des chefs de cent? * Sinon, pourquoi avez-vous tous cons- piré contre moi, et n'y a-t-il personne à leurs yeux, et fit devant eux des ex- qui m'informe de l'alliance de mon travagances ; il faisait des marques fils avec le fils d'Isaï ? pourquoi n'y sur les battants des portes, et il lais- a-t-il personne de vous qui souffre à sait couler sa salive sur sa barhe. mon sujet, et qui m'avertisse que mon '*Akisch dit à ses serviteurs : Vous fils a soulevé mon serviteur contre voyez bien que cet homme a perdu la moi, afin qu'il me dressât des embû- raison; pourquoi me l'amenez-vous ? ches, comme il le fait aujourd'hui ? '^Est-ce que je manque de fous, pour *Doëg, l'Edomite, qui se trouvait que vous m ameniez celui-ci et me rendiez témoin de ses extravagances ? Faut-il qu'il entre dans ma maison ? Chap. XXII. 'David partit de là, et se sauva dans la caverne d'Adul- lam. Ses frères et toute la maison de son père l'apprirent, et ils descendi- rent vers lui. "^Tous ceux qui se trou- aussi parmi les serviteurs de Saûl, ré- pondit : J'ai vu le fils d'Isaï venir à Nob, auprès d'Achimélec, fils d'Achi- thub. '"Achimélec a consulté pour lui l'Eternel, il lui a donné des vivres et lui a remis Fépée de Goliath, le Phi- listin. "Le roi envoya chercher Achimélec, vaient dans la détresse, qui avaient des fils d'Achithub, le prêtre, et toute la maison de son père, les prêtres qui étaient à Nob. Ils se rendirent tous vers le roi. '^Saiil dit : Ecoute, fils d'Achithub ! Il répondit : Me voici, mon seigneur ! '-^Saûl lui dit : Pourquoi avez-vous conspiré contre moi, toi et le fils d'Isaï ? pourquoi lui as-tu donné du pain et une épée, et as-tu consulté Dieu pour lui, afin qu'il s'élevât con- tre moi et me dressât des embûches, comme il le fait aujourd'hui ? '''Achi- mélec répondit au roi : Lequel d'entre tous tes serviteurs peut être comparé au fidèle David, gendre du roi, dé- voué à ses ordres, et honoré dans ta maison? '^Est-ce d'aujourd'hui que j'ai commencé à consulter Dieu pour lui ? Loin de moi ! Que le roi ne mette rien à la charge de son serviteur ni de personne de la maison de mon père, car ton serviteur ne connaît de tout ceci aucune chose, petite ou grande. '*Le roi dit : Tu mourras, Achimé- créanciers, ou qui étaient mécontents, se rassemblèrent auprès de lui, et il devint leur chef. Ainsi se joignirent à lui environ quatre cents hommes. ^De là David s'en alla à Mitspédans le pays de Moab. Il dit au roi de Moab : Permets, je te prie, à mon père et à ma mère de se retirer chez vous, jus- qu'à ce que je sache ce que Dieu fera de moi. ''Et il les conduisit devant le roi de Moab, et ils demeurèrent avec lui tout le temps que David fut dans la forteresse. ^Le prophète Gad dit à David : Ne reste pas dans la forteresse, va-t'en, et entre dans le pays de Juda. Et David s'en alla, et parvint à la forêt de Hé- reth. ^Saûl apprit que l'on avait des ren- seignements sur David et sur ses gens. Saûl était assis sous le tamarisc, à Gui- bea, sur la hauteur; il avait sa lance à la main, et tous ses serviteurs se te- 335 22 Chap. '22,i--2S,ik. I SAMUEL. grande défaite. Ainsi David délivra les habitants de Keïla. ' Lorsque Abiathar, fils d' Achimélec, lec, toi et toute la maison de ton père, même en Juda; que sera-ce si nous '"Et le roi dit aux coureurs qui se te- allons à Keïla contre les troupes des naient près de lui : Tournez-vous, et Philistins ?*David consulta encore l'E- mettez à mort les prêtres de l'Éter- ternel. Et l'Éternel lui répondit : Lève- nel ; car ils sont d'accord avec David, toi, descends à Keïla, car je livre les ils ont bien su qu'il s'enfuyait, et ils Philistins entre tes mains. ^ David alla ne m'ont point averti. Mais les servi- donc avec ses gens à Keïla, et il se teurs du roi ne voulurent pas avan- battit contre les Philistins; il emmena cer la main pour frapper les prêtres leur bétail, et leur fit éprouver une de l'Eternel. '*Alors le roi dit à Doëg : Tourne-toi, et frappe les prêtres. Et Doëg, l'Edomite, se tourna, et ce fut lui qui frappa les prêtres ; il fit mourir s'enfuit vers David à Keïla, il descen- en ce jour quatre-vingt-cinq hommes dit ayant en main l'éphod. portant l'éphod de lin. '''Saûl frappa 'Saûl fut informé de l'arrivée de encore du tranchant de l'épée Nob, David à Keïla, et il dit : Dieu le livre ville sacerdotale; hommes et femmes, entre mes mains, car il est venu s'en- enfants et nourrissons, bœufs, ânes fermer dans une ville qiii a des portes et brebis, tombèrent sous le tranchant et des barres. *Et Satil convoqua tout de l'épée. le peuple à la guerre, afin de descen- ^"Un fils d'Achimélec, fils d'Achi- dre à Keïla et d'assiéger David et ses thub, échappa. Son nom était Abia- gens. 'David, ayant eu connaissance thar. Il s'enfuit auprès de David, *'et du mauvais dessein que Saûl projetait lui rapporta que Saul avait tué les contre lui , dit au prêtre Abiathar : prêtres de l'Eternel. ^^David dit à Apporte l'éjihod ! '"Et David dit : Eter- Abiathar: J'ai bien pensé ce jour même nel. Dieu d'Israël, ton serviteur ap- que Doëg, l'Edomite, se trouvant là, prend que Saiil veut venir à Keïla pour ne manquerait pas d'informer Saûl. détruire la ville à cause de moi. "Les C'est moi qui suis cause de la mort de habitants de Keïla me livreront-ils toutes les personnes de la maison de entre ses mains ? Saûl descendra-t-il, ton père. -'Reste avec moi, ne crains comme ton serviteur l'a appris ? Eter- rien , car celui qui cherche ma vie nel, Dieu d'Israël, daigne le révéler cherche la tienne ; près de moi tu se- à ton serviteur ! Et l'Eternel répondit : Il descendra. '* David dit encore : Les habitants de Keïla me livreront-ils, moi et mes gens entre les mains de Saul ? Et l'Éternel répondit : Ils te livreront. '■'Alors David se leva avec ses gens ras bien gardé. Les habitants de Keïla attaqués par les P/iilis- tins et délii'rés par David. — David pour- suivi par Saiil. — David dans les déserts de Ziph et de Maon. Chap. XXIII. 'On vint dire à Da- au nombre d'environ six cents hom- vid : Voici, les Philistins ont attaqué mes; ils sortirent de Keïla, et s'en Keïla, et ils pillent les aires. -David allèrent où ils purent. Saûl , informé consulta l'Éternel, en disant : Irai-je, que David s'était sauvé de Keïla, sus- et battrai-je ces Philistins ? Et l'Éter- pendit sa marche. '■'David demeura au nel lui répondit: Va, tu battras les désert, dans des lieux forts, et il resta Philistins, et tu délivreras Keïla. 'Mais sur la montagne du désert de Ziph. les gens de David lui dirent : Voici, Saûl le cherchait toujours, mais Dieu nous ne sommes pas sans crainte ici ne le livra pas entre ses mains. 336 I SAMUEL. Chap.2S,ià-'2^i,n. '^David, voyant Saùl en marche pour à Saûl. Mais déjà Saiil et ses gens en- attenter à sa vie, se tint au désert de touraient David et les siens pour s'em- Ziph, dans la forêt. "^Ce fut alors que parer d'eux, -'lorsqu'un messager vint Jonathan, fds de Saùl, se leva et alla dire à Saûl : Ilàte-toi de venir, car les vers David dans la torêt. Il fortifia sa Philistins ont fait invasion dans le confiance en Dieu, ''et lui dit: Ne jiays. -\Saul cessa de poursuivre David, crains rien, car la main de Saul, mon et il s'en retourna pour aller à la ren- père, ne t'atteindra pas. Tu régneras contre des Philistins. C'est pourquoi sur Israël, et moi je serai au second l'on appela ce lieu Séla-IIammachle- rang près de toi; Saûl, mon père, le kotli". sait bien aussi. '*Ils firent tous deux alliance devant l'Eternel ; et David resta dans la forêt, et Jonathan s'en alla chez lui. Dai'id dans la caverne d'En-Guédi. Saiil épargné par David. Chap. XXIV. 'De là David monta '''Les Ziphiens montèrent auprès de vers les lieux forts d'En-Guédi, où il Saûl à Guibea, et dirent : David n'est- demeura. -Lorsque Saûl fut revenu de il pas caché parmi nous dans des lieux la poursuite des Philistins, on vint lui forts, dans la forêt, sur la colline de dire : Voici, David est dans le désert Hakila qui est au midi du désert? d'En-Guédi. ^Saùl prit trois mille hom- ^"Descends donc, ô roi, puisque c'est mes d'élite sur tout Israël, et il alla là tout le désir de ton âme ; et à nous chercher David et ses gens jusque sur de le livrer entre les mains du roi. -'Saûl dit : Que l'Eternel vous bénisse de ce que vous avez pitié de moi ! --Allez, je vous prie, prenez encore les rochers des boucs sauvages. ■'Il arriva à des parcs de brebis, qui étaient près du chemin; et là se trouvait une caverne, où il entra pour se couvrir des informations pour savoir et dé- les pieds. David et ses gens étaient au couvrir dans quel lieu il a dirigé ses fond de la caverne. ^Les gens de Da- pas et qui l'y a vu, car il est, m'a-t-on vid lui dirent : Voici le jour où l'Eter- dit, fort rusé. -^Examinez et recon- nel te dit : Je livre ton ennemi entre naissez tous les lieux où il se cache, tes mains; traite-le comme bon te puis revenez vers moi avec quelque semblera. David se leva» et coupa dou- those de certain, et je jiartirai avec cément le pan du manteau de Saûl. vous. S'il est dans le pays, je le cher- 'Après cela le cœur lui battit, parce cherai parmi tous les milliers de Juda. qu'il avait coupé le pan du manteau -■•Ils se levèrent donc et allèrent à cle Saûl. 'Et il dit à ses gens : Que Ziph avant Saûl. David et ses gens l'Eternel me garde de commettre con- étaient au désert de Maon, dans la tre mon seigneur, l'oint de l'Eternel, plaine au midi du désert. *^Saûl partit avec ses gens à la re- cherche de David. Et l'on en informa David, qui descendit le rocher et resta une action telle que de porter ma main sur lui! car il est l'oint de l'Eternel. "■Par ces paroles David arrêta ses gens, et les empêcha de se jeter sur Saûl. dans le désert de Maon. Saûl, l'ayant Puis Saûl se leva pour sortir de la ca- appris, jKJursuivit David au désert de verne, et continua son chemin. Maon. ^'Saùl marchait d'un côté de la "Après cela, David se leva et sortit montagne, et David avec ses gens de de la caverne. Il se mit alors à crier l'autre côté de la montagne. David après Saûl : O roi, mon seigneur! fuyait précij)itaniment pour échajiper Saûl regarda derrière lui, et David a. Scla-IIatnmailtlckoth sîynifu' nit-lter ih's srjtarations. 337 Chap.34,iû-25,8. I SAMUEL. s'inclina le visage contre terre et se sais que tu régneras, et que la royauté prosterna. '"David dit à Saûl : Pour- d'Israël restera entre tes mains. -Jure- quoi écoutes-tu les propos des gens moi donc par l'Eternel que tu ne dé- qui disent : Voici, David cherche ton truiras pas ma postérité après moi, et malheur ? " Tu vois maintenant de tes que tu ne retrancheras pas mon nom propres yeux que l'Eternel t'avait H- de la maison de mon père. -^David le vré aujourd'hui entre mes mains dans jura à Saiil. Puis Saûl s'en alla dans sa la caverne. On m'excitait à te tuer; mais je t'ai épargné, et j'ai dit : Je ne tèrent au lieu fort, porterai pas la main sur mon seigneur. maison, et David et ses gens mon- car il est l'oint de l'Eternel. '-Vois, mon père, vois donc le pan de ton manteau dans ma main. Puisque j'ai coupé le pan de ton manteau et que je ne t'ai pas tué, sache et reconnais qu'il n'y a dans ma conduite ni mé- chanceté ni révolte , et que je n'ai Mort de Samuel. — Dureté de Nabal envers David, et prudence de sa femme Abigaïl. Chap.XXV. ' Samuelmourut. Tout Israël s'étant assemblé le pleura, et on l'enterra dans sa demeure à Rama. Ce fut alors que David se leva et descen- point péché contre toi. Et toi, tu me dit au désert de Paran. dresses des embûches, pour ni'ôter la ^11 y avait à Maon un homme fort vie! '^L'Eternel sera juge entre moi riche, possédant des biens à Carmel"; et toi, et rÉternel me vengera de toi ; il avait trois mille brebis et mille chè- mais je ne porterai point la main sur vres, et il se trouvait à Carmel pour la toi. '*Des méchants vient la méchan- tonte de ses brebis. ^Le nom de cet ceté, dit l'ancien proverbe. Aussi je homme était Nabal, et sa femme s'ap- nc porterai point la main sur toi. pelait Abigaïl; c'était une femme de '^Contre qui le roi d'Israël s'est-il mis bon sens et belle de figure, mais l'hom- en marche ? Qui poursuis-tu ? Un chien me était dur et méchant dans ses ac- mort, une puce. '^L'Eternel jugera et tions. Il descendait de Caleb. prononcera entre moi et toi; il regar- ^David apprit au désert que Nabal dera, il défendra ma cause, il me ren- tondait ses brebis. ^11 envoya vers lui dra justice en me délivrant de ta main, dix jeunes gens, auxquels il dit : Mon- " Lorsque David eut fini d'adresser tez à Carmel, et allez auprès de Na- à Saûl ces paroles, Saûl dit: Est-ce bal. Vous le saluerez en mon nom, ®et bien ta voix, mon fils David ? Et Saûl vous lui parlerez ainsi : Pour la vie éleva la voix et pleura. '^Et il dit à sois en paix, et que la paix soit avec David : Tu es plus juste que moi ; car ta maison et tout ce qui t'appartient! tu m'as fait du bien, et moi je t'ai fait 'Et maintenant, j'ai appris que tu as du mal. "Tu manifestes aujourd'hui les tondeurs. Or tes bergers ont été la bonté avec laquelle tu agis envers avec nous ; nous ne leur avons fait au- moi, puisque l'Eternel m'avait livré cun outrage, et rien ne leur a été en- entre tes mains et que tu ne m'as pas levé pendant tout le temps qu'ils ont tué. ^°Si quelqu'un rencontre son en- été à Carmel. ^Demande-le à tes servi- nemi, le laisse-t-il poursuivre tran- teurs, et ils te le diront. Que ces jeu- quillement son chemin ? Que l'Éternel nés gens trouvent donc grâce à tes te récompense pour ce que tu m'as yeux, puisque nous venons dans un fait en ce jour ! -' Maintenant voici, je jour de joie. Donne donc, je te prie, à a. Carmel. ville de Juda, au sein d'un territoire montagneux. — Ne pas confondre avec le Carmel, au bord de la Méditerranée, dans la tribu d'Aser. I SAMUEL. Chap. 25,i)--is. tes serviteurs et à ton fils David ce qui les mit sur des ânes, ''et elle dit à ses se trouvera sous ta main. serviteurs : Passez devant moi, je vais ''Lorsque les gens de David furent vous suivre. Elle ne dit rien à Nabal, arrivés, ils répétèrent à Nabal toutes son mari. ^"Montée sur un âne, elle ces paroles, au nom de David. Puis ils descendit la montagne par un chemin se turent. '"Nabal répondit aux servi- couvert; et voici, David et ses gens teurs de David : Qui est David, et qui descendaient en face d'elle, en sorte est le fils d'Isaï? Il y a aujourd'hui qu'elle les rencontra. — *' David avait beaucoup de serviteurs qui s'échap- dit : C'est bien en vain que j'ai gardé pent d'auprès de leurs maîtres. "Et je tout ce que cet homme a dans le dé- prendrais mon pain, mon eau, et mon sert, et que rien n'a été enlevé de tout bétail que j'ai tué pour mes tondeurs, ce qu'il possède; il m'a rendu le mal et je les donnerais à des gens qui sont pour le bien. --Que Dieu traite son je ne sais d'où ? serviteur David dans toute sa rigueur, '-Les gens de David rebroussèrent si je laisse subsister jusqu'à la lumière chemin; ils s'en retournèrent, et redi- rent, à leur arrivée, toutes ces paroles à David. "Alors David dit à ses «jens : du matin qui que ce soit de tout ce qui appartient à Nabal ! — -^Lorsque Abigaïl aperçut David, elle descendit rapidement de l'àne, tomba sur sa face en présence de David, et Que chacun de vous ceigne son épée ! Et ils ceignirent chacun leur épée. David aussi ceignit son épée, et envi- se prosterna contre terre. -*Puis, se ron quatre cents hommes montèrent jetant à ses pieds, elle dit : A moi à sa suite. Il en resta deux cents près la faute, mon seigneur! Permets à ta servante de pai'ler à tes oreilles, et des bao'ao'es '*Un des serviteurs de Nabal vint dire à Abigaïl, femme de Nabal : Voi- ci, David a envoyé du désert des mes- sagers pour saluer notre maître, qui écoute les paroles de ta servante. "Que mon seigneur ne prenne pas garde à ce méchant homme, à Nabal, car il est comme son nom ; Nabal est les a rudoyés. '^Et pourtant ces gens son nom, et il y a chez lui de la folie", ont été très bons pour nous; ils ne Et moi, ta servante, je n'ai pas vu les nous ont fait aucun outrage, et rien ne nous a été enlevé, tout le temps ; de Racal, à ceux des villes des Jerachmeélites, à ceux des villes des Kéniens, ™à ceux de Horma, à ceux de Cor-Aschan, à ceux d'Atliac, ^'à ceux d'flébron, et dans tous les lieux que David et ses gens avaient parcourus. Les Israélites i'aincus par les /'/lilistins. — Saiil et trois de ses fils tués dans la bataille. Chap. XXXI. ' Les Philistins livrè- rent bataille à Israël, et les hommes d'Israël prirent la fuite devant les Philistins et tombèrent morts sur la montagne de Guilboa. -Les Philistins j)oursuivirent Saiil et ses fils, et tuè- rent Jonathan, Abinadab et Mallcis- chua, fils de Saiil. ^L'effort du combat porta sur Saiil ; les archers l'atteigni- rent, et le blessèrent grièvement. 'Saiil dit alors à celui qui portait ses armes : 345 Chop. S1,:j- 13. I SAMUEL. Tire ton épée, et perce-moi avec, de peur que ces incirconcis ne viennent me percer et me faire subir leurs ou- trages. Celui qui portait ses armes ne voulut pas, car il était saisi de crainte. Et Saûl prit son épée, et se jeta des- sus. ^ Celui qui portait les armes de Saûl, le voyant mort, se jeta aussi sur son épée, et mourut avec lui. ^Ainsi périrent en même temps, dans cette journée, Saûl et ses trois fils, celui qui portait ses armes, et tous ses gens. 'Ceux d'Israël qui étaient de ce côté de la vallée et de ce côté du Jourdain, ayant vu que les hommes d'Israël s'en- fuyaient et que Saûl et ses fils étaient morts, abandonnèrent leurs villes pour prendre aussi la fuite. Et les Philistins allèrent s'y établir. *Le lendemain, les Philistins vin- rent pour dépouiller les morts, et ils trouvèrent Saûl et ses trois fils tombés sur la montagne de Guilboa. ''Ils cou- pèrent la tête de Saûl et enlevèrent ses armes. Puis ils firent annoncer ces bonnes nouvelles par tout le pays des Philistins dans les maisons de leurs idoles et parmi le peuple. '"Ils mirent les armes de Saûl dans la maison des Astartés, et ils attachèrent son cada- vre sur les murs de Beth-Schan. "Lorsque les habitants de Jabès en Galaad apprirent comment les Philis- tins avaient traité Saûl, '- tous les vail- lants hommes se levèrent, et, après avoir marché toute la nuit, ils arra- chèrent des murs de Beth-Schan le cadavre de Saûl et ceux de ses fils. Puis ils revinrent à Jabès, où ils les brûlèrent; '^ils prirent leurs os, et les enterrèrent sous le tamarisc à Jabès. Et ils jeûnèrent sept jours. LE SECOND LIVRE DE SAMUEL REGNE DE DAVID {Chap. l-2'i.) Cantique funèbre de David sur Chap. I. 'Après la mort de Saiil, David, qui avait battu les Amalécites, était depuis deux jours revenu à Tsik- lag. -Le troisième jour, un homme ar- riva du camp de Saiil, les vêtements déchirés et la tète couverte de terre. Lorsqu'il fut en présence de David, il se jeta par terre et se prosterna. ^Da- vid lui dit : D'où viens-tu ? Et il lui répondit : Je me suis sauvé du camp d'Israël. ''David lui dit : Que s'est-il passé ? dis-moi donc ! Et il répondit : Le peuple s'est enfui du champ de ba- taille, et un grand nombre d'hommes sont tombés et ont péri ; Saiil même et .Jonathan, son fds, sont morts. ''Da- vid dit au jeune homme qui lui appor- tait ces nouvelles : Comment sais-tu que Saiil et Jonathan, son fils, sont morts ? *Et le jeune homme qui lui apportait ces nouvelles répondit : Je me trouvais sur la montagne de Guil- boa ; et voici, Saiil s'appuyait sur sa lance, et voici, les chars et les cava- liers étaient près de l'atteindre. "S é- tant retourné, il m'aperçut et m'aj)- pela. Je dis : Me voici ! * Et il me dit : Qui es-tu? Je lui répondis : Je suis Amalécite. ^Et il dit : Approche donc, et donne-moi la mort ; car je suis jiris de vertige, quoique encore plein de vie. "*Je m'approchai de lui, et je lui donnai la mort, sachant bien qu'il ne la mort de Saiil et de Jonatlian. survivrait pas à sa défaite. J'ai enlevé le diadème qui était sur sa tête et le bracelet qu'il avait au bras, et je les apporte ici à mon seigneur. "David saisit ses vêtements et les déchira, et tous les hommes qui étaient auprès de lui firent de même. '-Ils fu- rent dans le deuil, pleurèrent et jeû- nèrent jusqu'au soir, à cause de Saiil, de Jonathan , son fils , du peuple de l'Eternel, et de la maison d'Israël, parce qu'ils étaient tombés par l'épée. '^David dit au jeune homme qui lui avait apporté ces nouvelles : D'où es- tu ? Et il répondit : Je suis le fils d'un étranger, d'un Amalécite. '^David lui dit : Comment n'as-tu pas craint de porter la main sur l'oint de l'Eternel et de lui donner la mort? '^Et David appela l'un de ses gens, et dit : Ap- proche, et tue-le! Cet homme frappa r Amalécite, qui mourut. '^Et David lui dit : Que ton sang retombe sur ta tête, car ta bouche a déposé contre toi, puisque tu as dit : J'ai donné la mort à l'oint de l'Eternel ! '"Voici le cantique funèbre cjue Da- vid composa sur Saiil et sur Jonathan, son fils, "*et qu'il ordonna d'enseigner aux enfants de Juda. C'est le cantique de l'arc" : il est écrit dans le livre du Juste*. a. Ainsi mniimé parce qu'il est fait nicnlioii de l'arc- de Jonathan au verset 22. b. Livre perdu, déjà eilé Josué 10, 13. 347 Chap. 1, 19-3, G. II SAMUEL. ''■'L'élite d'Israël a succombé sur tes collines ! Comment des héros sont-ils tombés ? ^"Ne l'annoncez point dans Gath, N'en publiez point la nouvelle dans les rues d'Askalon, De peur que les filles des Philistins ne se réjouissent, De peur que les filles des incirconcis ne triomphent. ^'Montagnes de Guilboa ! Qu'il n'y ait sur vous ni rosée ni pluie, Ni champs qui donnent des prémices pour les offrandes. Car là ont été jetés les boucliers des héros, Le bouclier de Saûl ; L'huile a cessé de les oindre. ^'Devant le sang des blessés, devant la graisse des plus vaillants, L'arc de Jonathan n'a jamais reculé, Et l'épée de Saiil ne retournait point à vide. -'Saiil et Jonathan, aimables et chéris pendant leur vie. N'ont point été séparés dans leur mort ; Ils étaient plus légers que les aigles. Ils étaient plus forts que les lions. ^^Filles d'Israël ! pleurez sur Saûl, Qui vous revêtait magnifiquement de cramoisi. Qui mettait des ornements d'or sur vos habits. -^Comment des héros sont-ils tombés au milieu du combat? Comment Jonathan a-t-il succombé sur tes collines ? -^Je suis dans la douleur à cause de toi, Jonathan, mon frère ! Tu faisais tout mon plaisir; Ton amour pour moi était admirable, Au-dessus de l'amour des femmes. ^'Comment des héros sont-ils tombés ? Comment leurs armes se sont-elles perdues ? David, roi de Jiida à Hébron. — Iscli-Bosclietli, fils de Saiil, roi d'Israël à Mahanaïm. — Guerre civile. — Abner, clief de l'armée d' Isch-Bosclteth, tué par Joab, chef de l'armée de David. — Assassinat d Iscli-Bosclietli. Chap. II. 'Après cela, David con- *Les hommes de Juda vinrent, et là sulta l'Éternel, en disant : Monterai- ils oignirent David pour roi sur la je dans une des villes de JudaPL'E- maison de Juda. ternel lui répondit : Monte. David dit : On informa David (pie c'étaient les Où monterai-je ? Et l'Éternel répon- gens de Jabès en Galaad qui avaient dit : A Hébron. -David y monta, avec enterré Saul. '•^ David envoya des mes- ses deux femmes, Achinoam de Jiz- sagers aux gens de Jabès en Galaad, réel, et Abigaïl de Carmcl, femme de pour leur dire : Soyez bénis de l'Eter- Nabal. ^David fit aussi monter les gens nel, puisque vous avez ainsi montré qui étaient auprès de lui, chacun avec de la bienveillance envers Saûl, votre sa maison; et ils habitèrent dans les maître, et que vous l'avez enterré. *Et villes d'Hébron. maintenant, que l'Éternel use envers 348 II SAMUEL. Chap. 3, i<>o. vous de bonté et do ficlélitc ! Moi aussi Tseruja : Joab, Abisthaï et Asaël. je vous ferai du bien, parce que vous Asaël avait les pieds légers comme avez agi de la sorte. ^Que vos mains une gazelle des champs : ''il poursui- se fortifient, et soyez de vaillants boni- vit Abner, sans se détourner de lui mes; car votre maître Saiil est mort, pour aller à droite ou à gauche. -"Ab- et c'est moi que la maison deJudaa ner regarda derrière lui, et dit : Est-ce oint pour roi sur elle. toi, Asaël ? Et il répondit : C'est moi. ^Cependant Abner, fds de Ner, chef "'Abner lui dit: Tire à droite ou à de l'armée de Saiil, prit Isch-Boscheth, gauche; saisis-toi de l'un de ces jeu- fils de Saiil, et le fit passer à Maha- nés gens, et prends sa dépouille. Mais naïm. 'Il l'établit roi sur Galaad, sur Asaël ne voulut point se détourner de les Gueschuriens , sur Jizreel , sur lui. ^'Abner dit encore à Asaël : Dé- Ephraïm, sur Benjamin, sur tout Is- tourne-toi de moi; pourquoi te frap- raël. "*Isch-Boscheth , fils de Saiil, perais-je et t'abattrais-je en terre? était âgé de quarante ans, lorsqu'il comment ensuite lèverais-je le visage devint roi d'Israël, et il régna deux devant ton frère Joab?*^Et Asaël re- ans. Il n'y eut que la maison de Juda fusa de se détourner. Sur quoi Abner qui resta attachée à David. "Le temps le frappa au ventre avec l'extrémité pendant lequel David régna à Hébron inférieure de sa lance, et la lance sor- sur la maison de Juda fut de sept ans tit par derrière. Il tomba et mourut et six mois. sur place. Tous ceux qui arrivaient au '^Abner, fils de Ner, et les gens lieu où Asaël était tombé mort, s'y d'Isch-Boscheth, fils de Saiil, sortirent arrêtaient. de Mahanaim pour marcher sur Ga- ^^Joab et Abischaï poursuivirent baon. ''Joab, fils de Tseruja, et les Abner, et le soleil se couchait quand gens de David, se mirent aussi en ils arrivèrent au coteau d'Amma, qui marche. Ils se rencontrèrent près de est en face de Guiach, sur le chemin l'étang de Gabaon, et ils s'arrêtèrent du désert de Gabaon. les uns en deçà de l'étang, et les au- -^Les fils de Benjamin se rallièrent très au delà. à la suite d'Abner et formèrent un '*Abner dit à Joab : Que ces jeunes corps, et ils s'arrêtèrent au sommet gens se lèvent, et qu'ils se battent d'une colline. ^*^Abner appela Joab, et devant nous ! Joab répondit : Qu'ils dit : L'épée dévorera-t-elle toujours ? se lèvent ! '^Ils se levèrent et s'avan- Ne sais-tu pas qu'il y aura de l'amer- cèrent en nombre égal, douze pour tume à la fin ? Jusques à quand tarde- Benjamin et pour Isch-Boscheth, fils ras-tu à dire au peuple de ne plus de Saiil, et douze des gens de David, poursuivre ses frères? "Joab répon- '^Chacun saisissant son adversaire par dit: Dieu est vivant! si tu n'eusses la tête lui enfonça son épée dans le parlé, le peuple n'aurait pas cessé flanc, et ils tombèrent tous ensemble, avant le matin de poursuivre ses frè- VA l'on donna à ce lieu, qui est près res. -^Et Joab sonna de la trompette, de Gabaon, le nom de Helkath-Ilatsu- et tout le jieuple s'arrêta; ils ne pour- rim". '"Il y eut en ce jour un combat suivirent plus Israël, et ils ne conli- très rude, dans lequel Abner et les nuèrent pas à se battre, hommes d'Israël furent battus parles '-'■'Abner et ses gens marchèrent toute gens de David. la nuit dans la plaine; ils passèrent le '*Là se trouvaient les trois fils de Jourdain, traversèrent en entier le a. llelhath-llatsHi un sii^nific /c tliamp t/cs <-in't's. 319 Chap. 2,3û-S,'ji. II SAMUEL. Bitliron , et arrivèrent à Mahanaïm. ^"Joab revint de la poursuite d'Abner, et rassembla tout le peuple ; il man- quait dix-neuf hommes des gens de David, et Asaël. ^' Mais les gens de Da- vid avaient frappé à mort trois cent soixante hommes parmi ceux de Ben- jamin et d'Abner. 3- Ils emportèrent Asaël, et l'enterrèrent dans le sépul- cre de son père à Bethléhem. Joab et ses gens marchèrent toute la nuit, et le jour paraissait quand ils furent à Hébron. Chap. III. '"en disant qu'il ferait passer la royauté de la maison de Saûl dans la sienne, et qu'il établirait le trône de David sur Israël et sur ,Iuda depuis Dan jusqu'à Beer-Schéba. "Isch-Boscheth n'osa pas répliquer un seul mot à Abner, parce qu'il le craignait. '^ Abner envoya des messagers à David, pour lui dire de sa part : A qui est le pays? Fais alliance avec moi, et voici, ma main t'aidera pour tour- ner vers toi tout Israël. '^ Il répondit : Bien! je ferai alliance avec toi; mais *La guerre dura long- je te demande une chose, c'est que tu temps entre la maison de Saiil et la maison de David. David devenait de plus en plus fort, et la maison de Saùl allait en s'affaiblissant. ^11 naquit à David des fils à Hébron. Son premier-né fut Amnon, d'Achi- noam de Jizreel; ^le second, Kileab, d'Abigaïl deCarmel, femme de Nabal; le troisième, Absalom, fds de Maaca, fille de Talmaï, roi de Gueschur; *le quatrième, Adonija, fils de Haggith ; le cinquième, Schephathia, fils d'Abi- thal; ^et le sixième, Jithream, d'Égla, femme de David. Ce sont là ceux qui naquirent à David à Hébron. * Pendant la guerre entre la maison de Saul et la maison de David, Abner tint ferme pour la maison de Saûl. 'Or Saùl avait eu une concubine, nom- mée Bitspa, fille d'Ajja. Et Isch-Bos- cheth dit à Abner : Pourquoi es-tu A'enu vers la concubine de mon père ? *Abner fut très irrité des paroles d'Isch- Boscheth, et il répondit : Suis-je une tète de chien, qui tienne pour Juda ? Je fais aujourd'hui preuve de bienveil- lance envers la maison de Saùl, ton père, envers ses frères et ses amis, je ne t'ai pas livré entre les mains de David, et c'est aujourd'hui que tu me reproches une faute avec cette femme ? ^Que Dieu traite Abner dans toute sa rigueur, si je n'agis pas avec David selon ce que l'Eternel a juré à David, ne voies point ma face, à moins que tu n'amènes d'abord Mical, fille de Saùl, en venant auprès de moi. '^Et David envoya des messagers à Isch- Boscheth, fils de Saùl, pour lui dire : Donne-moi ma femme Mical, que j'ai fiancée pour cent prépuces de Philis- tins. '^Isch-Boscheth la fit prendre chez son mari Palthiel, fils de Laïsch. '^Et son mari la suivit en pleurant jus- qu'à Bachurim. Alors Abner lui dit : Va, retourne-t'en ! Et il s'en retourna. "Abner eut un entretien avec les anciens d'Israël, et leur dit : Vous dé- siriez autrefois d'avoir David pour roi; '*établissez-le maintenant, car l'Eternel a dit de lui : C'est par David, mon serviteur, que je délivrerai mon peuple d'Israël de la main des Philis- tins et de la main de tous ses enne- mis. '"Abner parla aussi à Benjamin, et il alla rapporter aux oreilles de Da- vid à Hébron ce qu'avaient résolu Is- raël et toute la maison de Benjamin. ^"11 arriva auprès de David à Hébron, accompagné de vingt hommes; et Da- vid fit un festin à Abner et à ceux qui étaient avec lui. -'Abner dit à David : Je me lèverai, et je partirai pour ras- sembler tout Israël vers mon seigneur le roi; ils feront alliance avec toi, et tu régneras entièrement selon ton dé- sir. David renvoya Abner, qui s'en alla en paix. 350 II SAMUEL. Chnp. -5,22-4.4.' "Voici, Joab et les gens de David tua, pour venger la mort d'Asaël, son revinrent d'une excursion, et amené- frère. -"* David l'apprit ensuite, et il dit : rent avec eux un grand butin. Abner Je suis à jamais innocent, devant l'E- n'était plus auprès de David à Hébron, ternel, du sang d'Abner, fils de Ner, car David l'avait renvoyé, et il s'en et mon royaume l'est aussi. -'■'Que ce était allé en paix. -^Lorsque Joab et sang retombe sur Joab et sur toute la toute sa troupe arrivèrent, on lit à maison de son père ! Qu'il y ait tou- Joab ce rapport : Abner, fds de Ner, jours quelqu'un dans la maison de est venu auprès du roi, qui l'a ren- Joab, qui soit atteint d'un Hux ou de voyé, et il s'en est allé en paix. -''Joab la lèpre, ou qui s'appuie sur un bâton, se rendit chez le roi, et dit : Qu'as-tu ou qui tombe par l'épée, ou qui man- iait ? ^'oici, Abner est venu vers toi ; que de pain ! ]K)ur([uoi 1 as-tu renvoyé et laisse par- "Ainsi Joab et Abischaï, son frère, tir?-^Tu connais Abner, fils de Ner! tuèrent Abner, parce qu'il avait donné c'est pour te tromper qu'il est venu, la mort à Asaël, leur frère, à Gabaon, pour épier tes démarches, et pour dans la bataille. savoir tout ce que tu fais. -^Et Joab, ^' David dit à Joab et à tout le peu- après avoir quitté David, envoya sur pie qui était avec lui : Déchirez vos les traces d'Abner des messagers, qui vêtements, ceignez-vous de sacs, et le ramenèrent depuis la citerne de pleurez devant Abner ! Et le roi David Sira : David n'en savait rien. marcha derrière le cercueil. ^'-On en- '-" Lorsque Abner fut de retour à Hé- terra Abner à Hébron. Le roi éleva la bron, Joab le tira à l'écart au milieu voix et pleura sur le sépulcre d'Abner, de la porte, comme pour lui parler en et tout le peuple pleura. ^'Le roi fit secret, et là il le frappa au ventre et le une complainte sur Abner, et dit : Abner devait-il mourir comme meurt un criminel ? ''Tu n'avais ni les mains liées, ni les pieds dans les chaînes ! Tu es tombé comme on tombe devant des méchants. '^Et tout le peuple pleura de nou- veau sur Abner. Tout le peuple s'ap- procha de David pour lui faire pren- dre quelque nourriture, pendant qu'il était encore jour; mais David jura, en disant : Que Dieu me traite dans toute sa rigueur, si je goûte du pain ou quoi que ce soit avant le coucher du soleil ! 'T.ela fut connu et approuvé de tout le peuple, qui trouva bon tout ce qu'a- vait fait le roi. ^"Tout le peuple et tout Israël comprirent en ce jour que ce n'était pas par ordre du roi qu'Abner, fils de Ner, avait été tué. '"Le roi dit à ses serviteurs : Ne savez-vous pas qu'un chef, qu'un grand homme, est tombé aujourd'hui en Israël ? '^Je suis encore faible, quoique j'aie reçu l'onc- tion royale; et ces gens, les fils de Tseruja, sont trop puissants pour moi. Que l'Eternel rende selon sa méchan- ceté à celui qui fait le mal ! Chnp. IV. 'Lorsque le fils de Saiil apprit qu'Abner était mort à Hébron, ses mains restèrent sans force, et tout Israël fut dans l'épouvante. '^Le fils de Saiil avait deux chefs de bandes, do.nt l'un s'appelait Baana et l'autre Hécab; ils étaient fils de Rimmonde Beéroth, d'entre les fils de Benjamin. — Car Beéroth était regardée comme faisant partie de Benjamin, 'et les Beéro- thiens s'étaient enfuis à Guitthaïm, où ils ont habité jusqu'à ce jour. — *Jo- nathan, iils de Saûl, avait un fils per- clus des pieds, et âgé de cinq ans, 351 23 Chap. 4^,5-5, 11. II SAMUEL. lorsque arriva de Jizreel la nouvelle de la mort de Saûl et de Jonathan ; sa nourrice le prit et s'enfuit, et, comme elle précipitait sa fuite, il tomba et resta boiteux; son nom était Mephi- boscheth. ^Or les fils de Rimmon de Beéroth, Récab et Baana, se rendirent pendant la chaleur du jour à la maison d'Isch- Boscheth, qui était couché pour son repos de midi. ^Ils pénétrèrent jus- qu'au milieu de la maison , comme pour prendre du froment, et ils le frappèrent au ventre; puis Récab et Baana, son frère, se sauvèrent. "Ils entrèrent donc dans la maison pen- dant qu'il reposait sur son lit dans sa chambre à coucher, ils le frappèrent et le firent mourir, et ils lui coupèrent la tête. Ils prirent sa tête, et ils mar- chèrent toute la nuit au travers de la plaine. ^Ils apportèrent la tête d'Isch- Boscheth à David dans Hébron, et ils dirent au roi : Voici la tête d'Isch- Boscheth, fds de Saûl, ton ennemi, qui en voulait à ta vie; l'Eternel venge aujourd'hui le roi mon seigneur de Saûl et de sa race. ^David répondit à Récab et à Baana, son frère, fils de Rimmon de Beéroth : L'Éternel qui m'a délivré de tout péril est vivant ! '"celui qui est venu me dire : Voici, Saûl est mort, et qui croyait m'annon- cer une bonne nouvelle, je l'ai fait saisir et tuer à Tsiklag, pour lui don- ner le salaire de son message; "et quand des méchants ont assassiné un homme juste dans sa maison et sur sa couche, combien plus ne redeman- derai-je pas son sang de vos mains et ne vous exterminerai-je pas de la terre? '-Et David ordonna à ses ffens de les tuer; ils leur coupèrent les mains et les pieds, et les pendirent au bord de l'étang d'Hébron. Ils prirent ensuite la tête d'Isch-Boscheth, et l'enterrèrent dans le sépulcre d'Abner à Hébron. a. Phrase interrompue. Comp. I Chron. 11, 6. b. Dai'id, roi de Juda et de tout Israël. — Expul- sion des Jébusiens et résidence de David à Jérusalem. — Victoires sur les P/iilistins. Chap. y. 'Toutes les tribus d'Is- raël vinrent auprès de David, à Hé- bron, et dirent : Voici, nous sommes tes os et ta chair. ^Autrefois déjà, lorsque Saûl était notre roi, c'était toi qui conduisais et qui ramenais Israël. L'Eternel t'a dit : Tu paîtras mon peu- ple d'Israël, et tu seras le chef d'Is- raël. ''Ainsi tous les anciens d'Israël vinrent auprès du roi à Hébron, et le roi David fit alliance avec eux à Hé- bron, devant l'Eternel. Ils oignirent David pour roi sur Israël. * David était âgé de trente ans lors- qu'il devint roi, et il régna quarante ans. ^A Hébron il régna sur Juda sept ans et six mois, et à Jésuralem il ré- gna trente-trois ans sur tout Israël et Juda. ^Le roi marcha avec ses gens sur Jérusalem contre les Jébusiens, habi- tants du pays. Ils dirent à David : Tu n'entreras ]>oint ici, car les aveugles mêmes et les boiteux te repousse- ront! Ce qui voulait dire : David n'en- trera point ici. "Mais David s'empara de la forteresse de Sion : c'est la cité de David. ^David avait dit en ce jour : Quiconque battra les Jébusiens et at- teindra le canal, quiconque frappera ces boiteux et ces aveugles qui sont les ennemis de David"... — C'est pour- quoi l'on dit : L'aveugle et le boiteux n'entreront point dans la maison. ^ David s'établit dans la forteresse, qu'il appela cité de David. Il fit de tous côtés des constructions, en de- hors et en dedans de Millo*. '"David devenait de plus en plus grand, et l'Eternel, le Dieu des armées, était avec lui. "Hiram, roi de Tyr, envoya des messagers à David, et du bois de cè- dre, et des charpentiers et des tail- Terme désignant la citadelle. Comp. Jug. 9, 6, 20. 352 II SAMUEL. Cliap. 5, ii-6. 11. leurs do pierres, qui bàtil'Ont une mai- L'arche transportée par Dmid (le Kirjalli- son pour David. '-David reconnut que Jeanm à Jérusalem. l'Eternel l'affermissait comme roi d'Is- Chnp. VI. 'David rassembla en- raël, et qu'il élevait son royaume à core toute l'élite d'Israël, au nombre cause de son peuple d'Israël. de trente mille hommes. -Et David, '^David prit encore des concubines avec tout le peuple qui était auprès et des femmes de Jérusalem, après de lui, se mit en marche depuis Baalé- «ru'il fut venu d'Hébron, et il lui na- Juda*, pour faire monter de là l'arche quit encore des fils et des filles. '■'Voici les noms de ceux qui lui naquirent à Jérusalem : Schammua, Schobab, Na- than, Salomon, 'Mibhar, Elischua, Né- de Dieu, devant laquelle est invoqué le nom de l'Eternel des armées qui réside entre les chérubins au-dessus de l'arche. ^Ils mirent sur un char pheg, Japhia, '"Elischama, Eliada, et neuf l'arche de Dieu, et l'emportèrent Eliphéleth. de la maison d'Abinadab sur la col- '" Les Philistins apprirent qu'on avait line; Uzza et Achjo, fils d'Abinadab, oint David pour roi sur Israël, et iîs conduisaient le char neuf. •'Ils l'empor- montèrent tous à sa recherche. David, tèrent donc de la maison d'Abinadab qui en fut informé, descendit à la for- sur la colline; Uzza marchait à côté teresse. '*Les Philistins arrivèrent, et de l'arche de Dieu, et Achjo allait de- se répandirent dans la vallée des Re- vant l'arche. ^ David et toute la mai- phaïm. ''David consulta l'Eternel, en son d'Israël jouaient devant l'Eternel disant : Monterai-je contre les Philis- de toutes sortes d'instruments de bois tins? Les livreras-tu entre mes mains? de cyprès, des harpes, des luths, des Et l'Eternel dit à David : Monte, car je tambourins, des sistres et des cym- livrerai les Philistins entre tes mains. l)ales. -"David vint à Baal-Peratsim, où il les 'Lorsqu'ils furent arrivés à l'aire de battit. Puis il dit : L'Eternel a disper- Nacon, Uzza étendit la main vers Tar- se mes ennemis devant moi, comme che de Dieu et la saisit, parce que les des eaux qui s'écoulent. C'est pour- bœufs la faisaient pencher. "La colère quoi l'on a donné à ce lieu le nom de l'Eternel s'enflamma contre Uzza, de Baal-Peratsim". ^'Ils laissèrent là et Dieu le frappa sur place à cause de leurs idoles, et David et ses gens les sa faute. Uzza mourut là, près de l'ar- emportèrent. che de Dieu. '^David fut irrité de ce "Les Philistins montèrent de non- (pie l'Eternel avait fra]ipé Uzza d'un veau, et se répandirent dans la vallée tel châtiment. Et ce lieu a été ap])elé des Rephaïm. -^David consulta l'Eter- jusqu'à ce jour Pérets-Uzza"". "David nel. Et l'Eternel dit : Tu ne monteras eut peur de l'Eternel en ce jour-là, et pas; tourne-les par derrière, et tu ar- il dit : Comment l'arche de l'Eternel riveras sur eux vis-à-vis des mûriers, entrerait-elle chez moi? '"11 ne voulut -■'r)uand tu entendras un bruit de jias pas retirer l'arche de l'Eternel chez dans les cimes des mûriers, alors hà- lui dans la cité de Davitl, et il la fil te-toi, car c'est l'Eternel qui marclie conduiie dans la maison d'Obcd-I'^doui devant toi pour battre l'armée des de Gath. "L'arche de l'Eternel resta Philistins. ^^David fît ce que l'Eternel trois mois dans la maison d'Obed- lui avait ordonné, et il battit les Phi- Edom dcGath, et l'Éternel bénitObed- listins depuis Guéba jusqu'à Guézer. Edom et toute sa maison. a. liaal-Pfiatmni signifie lieu des -se trouvait îilors, \uy. I Sain. 7, i. "upiures. b. lîaalc-Juda nu Kiijutli-Jcarini. villo dans liiijuelle l'iiTcho f. J'ereis-Uzza signifie bri-ilir i/'i'zza. 35;} Chap. 0, n-7 , 10. II SAMUEL '-On vint dire au roi David : L'Éter- nel a béni la maison d'Obed-Edom et tout ce qui est à lui, à cause de l'arche de Dieu. Et David se mit en route, et il fit monter l'arche de Dieu depuis la maison d'Obed-Édom jus- qu'à la cité de David, au milieu des réjouissances. ''Quand ceux qui por- taient l'arche de l'Eternel eurent fait six pas, on sacrifia un bœuf et un veau gras. '*David dansait de toute sa force devant l'Éternel, et il était ceint d'un éphod de lin. '^ David et toute la mai- son d'Israël firent monter l'arche de l'Éternel avec des cris de joie et au son des trompettes. . '^Comme l'arche de l'Éternel en- trait dans la cité de David, Mical, fille de SaiiÉ regardait par la fenêtre, et, voyant le roi David sauter et danser devant l'Éternel, elle le méprisa dans son cœur. '"Après qu'on eut amené l'arche de l'Éternel, on la mit à sa place au mi- lieu de la tente que David avait dres- sée pour elle ; et David offrit devant l'Éternel des holocaustes et des sacri- fices d'actions de grâces. '■* Quand Da- vid eut achevé d'offrir les holocaustes et les sacrifices d'actions de grâces, il bénit le peuple au nom de l'Eternel des armées. '^Puis il distribua à t )ut le peuple, à toute la multitude d'Is- raël, hommes et femmes, à chacun un nel, sur Israël, c'est devant l'Éternel que j'ai dansé. --Je veux paraître en- core plus vil que cela, et m'abaisser à mes propres yeux ; néanmoins je se- rai en honneur auprès des servantes dont tu parles. --'Or Mical, fille de Saûl, n'eut point d'enfants jusqu'au jour de sa mort. Dai'id projetant de bâtir un temple ; opposition de l'Eternel. — Promesses à la maison de Dai'id. Chap. Vil. 'Lorsque le roi habita dans sa maison, et que l'Éternel lui eut donné du repos, après l'avoir dé- livré de tous les ennemis qui l'entou- raient, -il dit à Nathan le prophète : Vois donc! j'habite dans une maison de cèdre, et l'arche de Dieu habite au milieu d'une tente. ''Nathan répondit au roi : Va, fais tout ce que tu as dans le cœur, car l'Eternel est avec toi. ^La nuit suivante, la parole de l'E- ternel fut adressée à Nathan : ^Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle l'Éternel : Est-ce toi qui me bâtirais une maison pour que j'en fasse ma demeure? ^Mais je n'ai point habité dans une maison depuis le jour où j'ai fait monter les enfants d'Israël hors d'Egypte jusqu'à ce jour; j'ai voyagé sous une tente et dans un tabernacle. 'Partout où j'ai marché avec tous les enfants d'Israël, ai-jeditun mot à quel- pain, une portion de viande et un gâ- qu'une des tribus d'Israël à qui j'avais teau de raisins. Et tout le peuple s'en alla, chacun dans sa maison. ^"David s'en retourna pour bénir sa maison, et Mical, fille de Saiil, sortit à sa rencontre. Elle dit : Quel hon- neur aujourd'hui pour le roi d'Israël de s'être découvert aux yeux des ser- vantes de ses serviteurs, comme se découvrirait un homme de rien ! -'Da- vid répondit à Mical : C'est devant l'Éternel, qui m'a choisi de préférence à ton \)ère et à toute sa maison pour m'établir chef sur le peuple de l'Eter- ordonné de paître mon peuple d'Is- raël, ai-je dit : Pourquoi ne me bâtis- sez-vous pas une maison de cèdre? ^Maintenant tu diras à mon serviteur David : Ainsi parle l'Eternel des ar- mées : Je t'ai pris au pâturage, der- rière les brebis, pour que tu fusses chef sur mon peuple, sur Israël; 'j'ai été avec toi partout où tu as marché, j'ai exterminé tous tes ennemis de- vant toi, et j'ai rendu ton nom grand comme le nom des grands qui sont sur la terre; '"j'ai donné une demeure II SAMUEL. Cliap. 7 , 11-8, i. I élèverai ta postérité après toi, celui (|ui sera sorti de tes entrailles, et j'af- lermirai son règne. '^Ce sera lui qui bâtira une maison à mon nom, et j'af- à mon peuple, à Israël, et je l'ai plan- seule nation qui soit comme ton peu- lé pour qu'il y soit fixé et ne soit plus pie, comme Israël, que Dieu est venu agité, pour que les méchants ne l'op- racheter pour en former son peuple, luiment j)lus comme au]Kiravant "et ])our se faire un nom et pour accom- comme à l'époque où j'avais établi plir en sa faveur, en faveur de ton des juges sur mon peuple d'Israël. Je pays, des miracles et des prodiges, en t'ai accordé du repos en te délivrant chassant devant ton peuple, que tu as de tous tes ennemis. Et l'Eternel tan- racheté d'Egypte, des nations et leurs nonce qu'il te créera une maison, dieux? -■'Tu as affermi ton peuple d'is- '-Quand tes jours seront accomplis et raèl, pour (ju'il fût ton peuple à tou- que tu seras couché avec tes pères, jours; et toi. Eternel, tu es devenu son Dieu. -^Maintenant, Eternel Dieu, fais subsister jusque dans l'éternité la parole que tu as prononcée sur ton serviteur et sur sa maison, et agis se- fermirai pour toujours le trône de son Ion ta parole. ^*Que ton nom soit à royaume. '''Je serai pour lui un père, jamais glorifié, et que Ton dise : L'E- et il sera pour moi un fils. S'il fait le ternel des armées est le Dieu d'Israël! mal, je le châtierai avec la verge des Et que la maison de ton serviteur hommes et avec les coups des enfants David soit affermie devant toi! -"Car des hommes; '^mais ma grâce ne se toi-même. Eternel des armées. Dieu retirera point de lui, comme je l'ai re- d'Israël, tu t'es révélé à ton serviteur, tirée de Saiil, que j'ai rejeté devant en disant : Je te fonderai une maison! toi. '^Ta maison et ton règne seront C'est pourquoi ton serviteur a pris ]iour toujours assurés, ton trône sera courage pour t'adresser cette prière, pour toujours affermi. '-"Maintenant, Seigneur Eternel, tu es '"Nathan rapporta à David toutes Dieu, et tes paroles sont vérité, et tu ces ])aroles et toute cette vision. '*Et as annoncé cette grâce à ton servi- le roi David alla se présenter devant teur. -^Veuille donc bénir la maison l'Éternel, et dit : Qui suis-je, Sei- de ton serviteur, afin qu'elle subsiste gneur Eternel, et quelle est ma mai- à toujours devant toi! Car c'est toi, son, pour que tu m'aies fait parve- Seigneur Eternel, qui as parlé, et par nir où je suis? '^ C'est encore peu de ta bénédiction la maison de ton servi- chose à tes yeux. Seigneur Eternel; tu teur sera bénie éternellement, parles aussi de la maison de ton ser- viteur pour les temps à venir. Et tu daignes instruire un homme de ces choses. Seigneur Eternel ! -"Que pour- rait te dire de plus David? Tu connais ton serviteur. Seigneur Eternel ! -'A cause de ta parole, et selon ton cœur, tu as fait toutes ces grandes choses pour les révéler à ton serviteur. --Que tu es donc grand. Eternel Dieu ! car Vicloires de David sur les l'Jiilistins, les Moa- bilcs, les Syriens, les Edotnites. — Hauts fonctionnaires de David. Chap. VIII. 'Après cela, David battit les Philistins et les humilia, et il enleva de la main des Philistins les rênes de leur ca|iitale. -Il battit les Moabites, et il les me- nul n'est semblable à toi, et il n'y sura avec un cordeau, en les faisant a point d'autre Dieu que toi, d'après coucher par terre; il en mesura deux tout ce que nous avons entendu de cordeaux pour les livrer â la morl, et nos oreilles. --'Est-il sur la terre une un plein cordeau [)our leur laisser la 355 Chap. 8,3-0,9. II SAMUEL. Aie. Et les Moabites furent assujettis sujetti à David. L'Éternel protégeait à David, et lui payèrent un Irihut. David partout où il allait. ^David battit Hadadézer, lils de Re- '^David régna sur Israël, et il fai- hob, roi de Tsoba, lorsqu'il alla réta- sait droit et justice à tout son peuple, blir sa domination sur le fleuve de "'Joab, fils de Tseruja, commandait l'Euphrate. *David lui prit mille sept l'armée; Josaphat, fils d'Achilud, était cents cavaliers et vingt mille hommes archiviste; '^Tsadok, fils d'Achithub, de pied; il coupa les jarrets à tous les et Achimélec, fils d'Abiathar, étaient chevaux de trait, et ne conserva que prêtres; Seraja était secrétaire; '^Be- naja, fils de Jehojada, était chef des Kéréthiens et des Péléthiens"; et les fils de David étaient ministres d'état. Bicni'eillancc de David envers Mepliibosclietlt, fils de Jonathan. Chap. IX. 'David dit : Reste-t-il encore quelqu'un de la maison de cent attelages. ^Les Syriens de Damas vinrent au secours d'IIadadézer, roi de Tsoba, et David battit vingt-deux mille Syriens. ^David mit des garnisons dans la Syrie de Damas. Et les Syriens furent assu- jettis à David, et lui payèrent un tri- but. L'Eternel protégeait David partout Saiil, pour que je lui fasse du bien à où il allait. "Et David prit les boucliers cause de Jonathan ? -Il y avait un ser- d'or qu'avaient les serviteurs d'Ha- viteur de la maison de Satil, nommé dadézer, et les apporta à Jérusalem. Tsiba, f|ue l'on fit venir auprès de Da- *Le roi David prit encore une grande vid. Le roi lui dit : Es-tu Tsiba? Et il quantité d'airain à Béthach et à Béro- répondit : Ton serviteur ! ^Le roi dit : thaï, villes d'Hadadézer. N'y a-t-il plus personne de la maison '■'Thoï, roi de Ilamath, apprit que de Saùl, ])our que j'use envers lui de David avait battu toute l'armée d'IIa- la bonté de Dieu ? Et Tsiba répondit dadézer, '"et il envoya Joram, son fils, au roi : Il y a encore un fils de Jona- vers le l'oi David, pour le saluer, et than, perclus des pieds. *Le roi lui pour le féliciter d'avoir attaqué Ha- dit : Où est-il ? Et Tsiba répondit au dadézer et de l'avoir battu. Car Thoï était en guerre avec Hadadézer. Jo- ram apporta des vases d'argent, des vases d'or, et des vases d'airain. "Le roi David les consacra à l'Eternel, roi : II est dans la maison de Makir, fils d'Ammiel, à Lodebar. ^Leroi David l'envoya chercher dans la maison de Makir, fils d'Ammiel, à Lodebar. «Et Mephiboscheth, fils de comme il avait déjà consacré l'argent Jonathan, fils de Saiil, vint auprès de David, tomba sur sa face et se pros- terna. David dit : Mephiboscheth ! Et il réjiondit : Voici ton serviteur. 'Da- vid lui dit : Ne crains point, car je veux te faire du bien à cause de Jona- than, ton père. Je te rendrai toutes les terres de Saiil, ton père, et tu man- geras toujours à ma table. "^Il se pros- terna, et dit : Qu'est ton serviteur, pour que tu regardes un chien mort, tel que moi ? et l'or pris sur toutes les nations qu'il avait vaincues, '-sur la Syrie, sur Moab, sur les fils d'Ammon, sur les Philistins, sur Amalek, et sur le butin d'IIadadézer, fils de Rehob, roi de Tsoba. '^Au retour de sa victoire sur les Syriens, David se fit encore un nom, en battant dans la vallée du sel dix- huit mille Edomites. ''Il mit des gar- nisons dans Edom, il mit des garnisons dans tout Edom. Et tout Edom fut as- 'Le roi appela Tsiba, serviteur de a. Noms qui dcsij^iioiii prubableineiit des j^ardcs du corps. 356 II SAMUEL. Chop. 9,iu-W,n. Saiil.ot lui dit : Je donne au fds de ton dans une grande confusion; et le roi maître tout ce qui appartenait à Saiil leur lit dire : Restez à Jéricho jusqu'à et à toute sa maison. '"Tu cultiveras ce que votre barbe ait repoussé, et re- pour lui les terres, toi, tes fds, et tes venez ensuite. serviteurs, et tu feras les récoltes, afin *Les fils d'Ammon, voyant qu'ils que le fils de ton maître ait du pain à s'étaient rendus odieux à David, firent manger; et Mephiboscheth, fils de ton enrôler à leur solde vingt mille hom- maître, mangera toujours à ma table, mes de })ied chez les Syriens de Beth- Or Tsiba avait cpiinze fils et vingt ser- Rehob et chez les Syriens de Tsoba, viteurs. "11 dit au roi : Ton serviteur mille hommes chez le roi de Maaca, et fera tout ce que le roi mon seigneur douze mille hommes chez les gens de ordonne à son serviteur. Et Mephi- Tob. 'A cette nouvelle, David envoya boscheth mangea à la table de David, contre eux Joab et toute l'armée, les comme l'un des fils du roi. '-Mephi- hommes vaillants. *Les fils d'Ammon boscheth avait un jeune fils, nommé sortirent, et se rangèrent en bataille à Mica, et tous ceux qui demeuraient l'entrée de la porte; les Syriens de dans la maison de Tsiba étaient servi- Tsoba et de Rehob, et les hommes de leurs de Mephiboscheth. '-'Mephibos- Tob et de Maaca, étaient à part dans iheth habitait à Jérusalem, car il man- la campagne, geait toujours à la table du roi. 11 était boiteux des deux ]>ieds. Joab vit qu'il avait à combattre par devant et ]iar derrière. 11 choisit alors sur toute l'élite d'Israël un corps, qu'il opposa aux Syriens ; '"et il plaça sous le commandement de son frère Abis- chaï le reste du peuple, jiour faire face Cltap. X. 'Après cela, le roi des aux fils d'Ammon. "11 dit : Si les Sy- fils d'Ammon mourut, et Hanun, son riens sont plus forts que moi, tu vien- fils, régna à sa place. -David dit : Je dras à mon secours ; et si les fils d'Am- Oiitraife fait par le roi tirs Aiiinioniles aii.i- ser- viteurs de Daiid. — Guerre contre les Am- monites et leurs alliés. montrerai de la bienveillance à Ha- nun, fils de Nachasch, comme son père en a montré à mon égard. Et Da- vid envoya ses serviteurs pour le con- nion sont plus forts que toi, J irai te secourir. '-Sois ferme, et montrons du courage pour notre peuple et pour les villes de notre Dieu, et que l'Eternel soler au sujet de son père. Lorsque fasse ce qui lui semblera bon ! "Joab, les serviteurs de David arrivèrent dans avec son peuple, s'avança pour atta- le pavs des fils d'Ammon, ''les chefs quer les Syriens, et ils s'enfuirent de- des fils d'Ammon diient à Hanun, leur vaut lui. '^Et quand les fils d'Ammon maître : Penses-tu que ce soit j)our virent que les Syriens avaient pris la honorer ton père que David t'envoie fuite, ils s'enfuirent aussi devant Abis- des consolateurs ? N'est-ce pas pour chaï et rentrèrent dans la ville. Joab reconnaître et explorer la ville, et pour s'éloigna des fils d'Ammon et revint à la détruire, qu'il envoie ses serviteurs Jérusalem. aujirès de toi ? 'Alors Hanun saisit les '^Les Syriens, voyant qu'ils avaient serviteurs de David, leur fit raser la été battus par Israël, réunirent leurs moitié de la barbe, et fit couper leurs forces. "*Hadarézer envoya chercher habits par le milieu juscpi'au haut des les Syriens qui étaient de l'autre côté cuisses. Puis il les congédia. ^David, du fleuve; et ils arrivèrent à Hélam, qui fut informé, envoya des gens à ayant à leur tête Schobac, chef de l'ar- leur rencontre, car ces hommes étaient inéc d'Hadarézer. '"On l'annonça à 357 Chap. 10,18-11, 19. II SAMUEL. David, qui assembla tout Israël, passa David dit à Urie : Descends dans ta le Jourdain, et vint à Hélani. Les Sy- maison, et lave tes pieds. Urie sortit riens se préparèrent à la rencontre de de la maison royale, et il fut suivi d'un David, et lui livrèrent bataille. '*Mais présent du roi. ^Mais Urie se coucha à les Syriens s'enfuirent devant Israël, la porte de la maison royale, avec tous Et David leur tua les troupes de sept les serviteurs de son maître, et il ne cents chars et quarante mille cavaliers; descendit point dans sa maison. '"On il frappa aussi le chef de leur armée, en informa David, et on lui dit : Urie Schobac, c[ui mourut sur place. '^Tous n'est pas descendu dans sa maison. Et les rois soumis à Hadarézer, se voyant David dit à Urie : N'arrives- tu pas de battus par Israël, firent la paix avec voyage ? Pourquoi n'es-tu pas descen- Israël et lui furent assujettis. Et les du dans ta maison? "Urie répondit à Syriens n'osèrent plus secourir les fils David : L'arche et Israël et Juda habi- d'Ammon. tent sous des tentes, mon seigneur Joab et les serviteurs de mon seigneur campent en rase campagne, et moi j'entrerais dans ma maison pour man- ger et boire et pour coucher avec ma femme ! Aussi vrai que tu es vivant et que ton àme est vivante, je ne ferai point cela. '-David dit à Urie : Reste ici encore aujourd'hui, et demain je te Siège de Rabba, capitale des Ammonites. — Conduite criminelle de David à l'égard de Bath-Schéba et d'Urie. — La brebis du pau- vre et le repentir de David. — Prise de Rabba. Chap. XI. 'L'année suivante, au temps où les rois se mettaient en cam- pagne, David envoya Joab, avec ses renverrai. Et Urie resta à Jérusalem serviteurs et tout Israël, pour détruire ce jour-là et le lendemain. '^David les fils d'Ammon et pour assiéger l'invita à manger et à boire en sa pré- Rabba. Mais David resta à Jérusalem, sence, et il l'enivra; et le soir, Urie * Un soir, David se leva de sa couche ; sortit pour se mettre sur sa couche, et, comme il se promenait sur le toit" avec les serviteurs de son maître, mais de la maison royale, il aperçut de là il ne descendit point dans sa maison, une femme qui se baignait, et qui était '"'Le lendemain matin, David écrivit très belle de figure. ^David fit deman- une lettre à Joab, et l'envoya par la der qui était cette femme, et on lui main d'Urie. '^11 écrivit dans cette let- dit : N'est-ce pas Bath-Schéba, fille tre : Placez Urie au plus fort du com- d'Éliam, femme d'Urie, le Héthien ? bat, et retirez-vous de lui, afin qu'il ■•Et David envoya des gens pour la soit frappé et qu'il meure. '^Joab, en chercher. Elle vint vers lui, et il cou- assiégeant la ville, plaça Urie à l'en- cha avec elle. Après s'être purifiée de droit qu'il savait défendu par de vail- sa souillure, elle retourna dans sa lants soldats. "Les hommes de la ville maison. ^Cette femme devint enceinte, firent une sortie et se battirent contre et elle fit dire à David : Je suis en- Joab ; plusieurs tombèrent parmi le ceinte. peuple, parmi les serviteurs de Da- ^Alors David expédia cet ordre à vid, et Urie, le Héthien, fut aussi tué. Joab : Envoie-moi Urie, le Héthien. '*^Joab envoya un messager pour faire Et Joab envoya Urie à David. 'Urie se rapport à David de tout ce qui s'était rendit auprès de David, qui l'interro- passé dans le combat. '"Il donna cet gea sur l'état de Joab, sur l'état du ordre au messager : Quand tu auras peuple, et sur l'état de la guerre. "Puis achevé de raconter au roi tous les dé- a. Eli lonne de terrasse. 358 tails du combat, -"peut-être se mettra- t-il en fureur et te dira-t-il : Pourquoi vous ètes-vous approchés de la ville pour combattre ? Ne savez-vous pas qu'on lance des traits du haut de la muraille ? -MKii a tué Abimélec, fils de Jerubbéscheth ? n'est-ce pas une femme cpii lança sur lui du haut de la muraille un morceau de meule de moulin, et n'en est-il pas mort à Thé- bets ? Pourquoi vous êtes-vous appro- chés de la muraille ? Alors tu diras : Ton serviteur Urie, le Héthien, est mort aussi. -"Le messager partit; et, à son arri- vée, il fit rapport à David de tout ce que Joab lui avait ordonné. "Le mes- sager dit à David : Ces a-ens ont eu sur nous l'avantage ; ils avaient fait une sortie contre nous dans les champs, et nous les avons repoussés jusqu'à l'entrée de la porte; -■'les archers ont tiré du haut de la muraille sur tes ser- viteurs, et plusieurs des serviteurs du roi ont été tués, et ton serviteur Urie, le Héthien, est mort aussi. -'David dit au messager : Voici ce que tu diras à Joab : Ne sois point peiné de cette affaire, car l'épée dévore tantôt l'un, tantôt l'autre ; attaque vigoureusement la ville, et renverse-la. Et toi, encou- rage-le ! -'La femme d'Urie apprit que son mari était mort, et elle pleura son ma- ri. -'Quand le deuil fut passé, David l'envoya chercher et la recueillit dans sa maison. Elle devint sa femme, et lui enfanta un fils. Ce que David avait fait déplut à l'E- ternel. C/i(ip. XII. 'L'Eternel envoya Na- than vers David. Et Nathan vint à lui, et lui dit : 11 y avait dans une ville deux hom- mes, l'un riche et l'autre pauvre. ^Le riche avait des brebis et des bœufs en très grand nombre. ^Le pauvre n'avait lien tlu tout <[u'une petite brebis, (pi'il II SAMUEL. Chap. U,>,j-l:^,w. avait achetée; il la nourrissait, et elle grandissait chez lui avec ses enfants ; elle mangeait de son pain, buvait dans sa coupe, dormait sur son sein, et il la regardait comme sa fille. *Un voya- geur arriva chez l'homme riche. Et le riche n'a pas voulu toucher à ses bre- bis ou à ses bœufs, ])our préparer un repas au voyageur qui était venu chez lui ; il a pris la brebis du pauyre, et l'a apprêtée pour l'homme (pii était venu chez lui. ^La colère de David s'enflamma vio- lemment contre cet homme, et il dit à Nathan : L'Eternel est vivant ! l'hom- me qui a fait cela mérite la mort. "^Et il rendra quatre brebis, pour avoir commis cette action et pour avoir été sans pitié. 'Et Nathan dit à David : Tu es cet homme-là! Ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël : Je t'ai oint pour roi sur Israël, et je t'ai délivré de la main de Saiil ; '*je t'ai mis en possession de la maison de ton maître, j'ai placé dans ton sein les femmes de ton maître, et je t'ai donné la maison d'Israël et de Juda. Et si cela eût été peu, j'y aurais encore ajouté. 'Pourquoi donc as-tu méprisé la parole de l'Eternel, en fai- sant ce qui est mal à ses yeux ? Tu as frappé de l'épée Urie, le Héthien ; tu as pris sa femme pour en faire ta fem- me, et lui tu l'as tué par l'épée des fils d'Ammon. '".Maintenant, l'épée ne s'é- loignera jamais de ta maison, parce que tu m'as méprisé, et parce que tu as pris la femme d'Urie, le Héthien, pour en faire ta femme. "Ainsi parle l'Eternel : Voici, je vais faire sortir de ta maison le malheur contre toi, et je vais prendre sous tes yeux tes propres femmes pour les donner à un autre, qui couchera avec elles à la vue de ce soleil. '-Car tu as agi en secret; et moi, je ferai cela en présence de tout Israël et à la face du soleil. "David dit à Nathan : J'ai péché 359 Chap. I2,i'.-13,3. II SAMUEL. contre l'Éternel ! Et Nathan dit à Da- "David consola Bath-Schéba, sa vid : L'Eternel pardonne ton péché, femme, et il alla auprès d'elle et cou- tu ne mourras point. '^Mais, parce que cha avec elle. Elle enfanta un fds qu'il tu as fait blasphémer les ennemis de appela Salomon , et qui fut aimé de l'Éternel, en commettant cette action, le fds qui t'est né mourra. '^ Et Nathan s'en alla dans sa maison. L'Eternel frappa l'enfant que la fem- me d'Urie avait enfanté à David, et il l'Eternel. -^11 le remit entre les mains de Nathan le prophète, et Nathan lui donna le nom de Jedidja", à cause de l'Éternel. -'^Joab, qui assiégeait Rabba des fds fut dangereusement malade. "^David d'Ammon, s'empara de la ville royale, pria Dieu pour l'enfant, et jeûna; et -''et envoya des messagers à David quand il rentra, il passa la nuit cou- pour lui dire : J'ai attaqué Rabba, et ché parterre. "Les anciens de sa mai- je me suis déjà emparé de la ville des son insistèrent auprès de lui pour le eaux; -^rassemble maintenant le reste faire lever de terre ; mais il ne voulut du peu])le, campe contre la ville, et point, et il ne mangea rien avec eux. prends-la, de peur que je ne la prenne "*Le septième jour, l'enfant mourut, moi-même et que la gloire ne m'en Les serviteurs de David craignaient de soit attribuée. -^David rassembla tout lui annoncer que l'enfant était mort, le peuple, et marcha sur Rabba; il Car ils disaient : Voici, lorsque l'en- l'attaqua, et s'en rendit maître. ^"11 fant vivait encore, nous lui avons enleva la couronne de dessus la tète parlé, et il ne nous a pas écoutés; de son roi : elle pesait un talent d'or comment oserons-nous lui dire : L'en- et était garnie de pierres précieuses. On la mit sur la tête de David, qui emporta de la ville un très grand bu- tin. ^'11 fit sortir les habitants, et il les plaça sous des scies, des herses de fer fant est mort ? Il s'affligera bien da- vantage. "* David aperçut que ses ser- viteurs parlaient tout bas entre eux, et il comprit que l'enfant était mort. Il dit à ses serviteurs : L'enfant est-il et des haches de fer, et les fit passer mort ? Et ils répondirent : Il est mort, par des fours à briques ; il traita de ^^ Alors David se leva de terre. Il se même toutes les villes des fils d'Am- lava, s'oisfuit, et chansfea de vête- mon. David retourna à Jérusalem avec ments ; puis il alla dans la maison de tout le peuple. l'Eternel, et se prosterna. De retour chez lui, il demanda qu'on lui servît à manger, et il mangea. "-'Ses serviteurs lui dirent : Que signifie ce que tu fais ? Tandis que l'enfant vivait, tu jeûnais et tu pleurais ; et maintenant que l'en- fant est mort, tu te lèves et tu manges ! Il répondit : Lorsque l'enfant vivait avait une sœur qui était belle et qui Inceste d Amnon, fils de Dai'id, — Aninon as- sassiné par les serviteurs de son frère Absa- loin. — Fuite d'Absaloni. — Absalom rentré en i^ràce. Chop. XIII. 'Après cela, voici ce qui arriva. Absalom, fils de David, 22 encore, je jeûnais et je pleurais, car je disais : Qui sait si l'Eternel n'aura pas pitié de moi et si l'enfant ne vivra pas? "Maintenant qu'il est mort, pour- quoi jeûnerais-je ? Puis-je le faire re- venir ? J'irai vers lui, mais il ne re- viendra pas vers moi. a. Jedidja sijjnifie bien-aimé de l Éternel. s'appelait Tamar; et Amnon, fils de David, l'aima. -Amnon était tourmenté jusqu'à se rendre malade à cause de Tamar, sa sœur; car elle était vierge, et il paraissait difficile à Amnon de faire sur elle la moindre tentative. ^Amnon avait un ami, nommé Jona- 360 II SAMUEL. Cluip. 13, 'i- ■27. tlal), fils de Schimea, frère de David, et -Jonadab était un homme très habile. *I1 lui dit : Pourquoi deviens-tu ainsi chaque matin plus maigre, toi, fils de roi ? Ne veux-tu pas me le dire ? Am- non lui répondit : J'aime Tamar, sœur d'Absalom, mon frère. ^Jonadab lui dit : Mets-toi au lit, et fais le malade. Quand ton père viendra te voir, tu lui diras : Permets à Tamar, ma sœur, de venir pour me donner à manger; qu'elle prépare un mets sous mes yeux, afin que je le voie et que je le prenne de sa main. ^Amnon se coucha, et fit le malade. Le roi vint le voir, et Am- non dit au roi : Je te prie, que Tamar. ma sœur, vienne faire deux gâteaux sous mes yeux, et que je les mange de sa main. ^David envoya dire à Tamar dans l'intérieur des appartements : Va dans la maison d'Amnon, ton frère, et pré- pare-lui un mets. "Tamar alla dans la maison d'Amnon, son frère, qui était couché. Elle prit de la pâte, la j>étrit, préj>ara devant lui des gâteaux, et les fit cuire; ''prenant ensuite la poêle, elle les versa devant lui. Mais Amnon refusa de manger. Il dit : Faites sortir tout le monde. Et tout le monde sor- tit de chez lui. '"Alors Amnon dit à Tamar : Apporte le mets dans la chan- bre, et que je le mange de ta main. Tamar j)rit les gâteaux qu'elle avait laits, et les j)orta â Amnon, son frère, dans la chambre. "Comme elle les lui présentait à manger, il la saisit et lui dit : Viens, couche avec moi, ma sœur. '-Elle lui répondit : Non, mon frère, ne me déshonore pas, car on n'agit point ainsi en Israël ; ne commets pas cette infamie. ''Où irais-je, moi, avec ma honte? Et toi, tu serais comme l'un des infâmes en Israël. Maintenant, je te prie, parle au roi, et il ne s'op])o- sera pas à ce que je sois â toi. ''Mais il ne voulut pas l'écouter; il lui fit violence, la déshonora et coucha avec elle. '^Puis Amnon eut pour elle une forte aversion, plus forte que n'avait été son amour. Et il lui dit : Lève-toi, va-t'en! "Elle lui répondit: N'aug- mente pas, en me chassant, le mal que tu m'as déjà fait. 11 ne voulut pas l'é- couter, '"et appelant le garçon qui le servait, il dit : Qu'on éloigne de moi cette femme et qu'on la mette dehors. Et ferme la porte après elle! '*Elle avait une tunique de plusieurs cou- leurs; car c'était le vêtement que por- taient les filles du roi, aussi longtemps qu'elles étaient vierges. Le serviteur d'Amnon la mit dehors, et ferma la porte après elle. '^Tamar répandit de la cendre sur sa tête, et déchira sa tunique bigarrée ; elle mit la main sur sa tète, et s'en alla en poussant des cris. -"Absalom, son frère, lui dit : Am- non, ton frère, a-t-il été avec toi? Maintenant, ma sœur, tais-toi, c'est ton frère ; ne j)rends pas cette affaire trop à cœur. Et Tamar, désolée, de- meura dans la maison d'Absalom, son frère. -'Le roi David apprit toutes ces choses, et il fut très irrité. --Absalom ne parla ni en bien ni en mal avec Amnon ; mais il le prit en haine, parce qu'il avait déshonoré Tamar, sa sœur. -■T)cux ans après, comme Absalom avait les tondeurs à Baal-llatsor, près d'Ephraïm, il invita tous les fils du roi. '-^Absalom alla vers le roi, et dit : Voici, ton serviteur a les tondeurs; que le roi et ses serviteurs viennent chez ton serviteur. *^Et le roi dit â Ab- salom : Non, mon fils, nous n'irons pas tous, de peur que nous ne te soyons à charge. Absalom le pressa ; mais le roi ne voulut j^oint aller, et il le bénit. -'* Absalom dit : Permets du moins à Amnon, mon frère, de venir avec nous. Le roi lui ré|)ondit : Pour- quoi irait-il chez toi? -"Sur les ins- tances d'Absalom, le roi laissa aller avec lui Amnon et tous ses fils. 361 Chap. 18,28-14, n. II SAMUEL. ^^Absalom donna cet ordre à ses chur, où il était allé, après avoir pris serviteurs : Faites attention quand le la fuite. ''^Le roi David cessa de pour- cœur d'Amnon sera égayé par le vin suivre Absalom, car il était consolé de et que je vous dirai : Frappez Amnon ! la mort d'Amnon. Alors tuez-le; ne craignez point, n'est- Chap. XIV. 'Joab, fds deTseruja, ce pas moi qui vous l'ordonne ? Soyez s'aperçut que le cœur du roi était porté fermes, et montrez du courage ! -'Les pour Absalom. ^11 envoya chercher à serviteurs d'Absalom traitèrent Am- Tekoa une femme habile, et il lui dit: non comme Absalom l'avait ordonné. Montre-toi désolée, et revêts des lia- Et tous les fds du roi se levèrent, mon- bits de deuil ; ne t'oins pas d'huile, et tèrent chacun sur son mulet, et s'en- sois comme une femme qui depuis fuirent. longtemps pleure un mort. ^Tu iras ^"Comnie ils étaient en chemin, le ainsi vers le roi, et tu lui parleras de bruit parvint à David qu'Absalom cette manière. Et Joab lui mit dans la avait tué tous les fds du roi, et qu'il bouche ce qu'elle devait dire, n'en était pas resté un seul. ^' Le roi '*La femme de Tekoa alla parler au se leva, déchira ses vêtements, et se roi. Elle tomba la face contre terre et coucha par terre; et tous ses servi- se prosterna, et elle dit : O roi, sauve- teurs étaient là, les vêtements déchi- moi! '^Le roi lui dit: Qu'as-tu? Elle rés. ^^Jonadab, fds de Schimea, frère répondit: Oui, je suis veuve, mon de David, prit la parole et dit : Que mari est mort! *Ta servante avait deux mon seigneur ne pense point que tous fds; ils se sont tous deux querellés les jeunes gens, fils du roi, ont été tués, car Amnon seul est mort; et c'est l'effet d'une résolution d'Absa- lom, depuis le jour où Amnon a dé- dans les champs, et il n'y avait per- sonne pour les séparer; l'un a frappé l'autre, et l'a tué. ^Et voici, toute la famille s'est levée contre ta servante, shonoré Tamar, sa sœur. ^'Que le roi en disant : Livre le meurtrier de son mon seigneur ne se tourmente donc frère ! Nous voulons le faire mourir, point dans l'idée que tous les fils du pour la vie de son frère qu'il a tué ; nous voulons détruire même l'héri- tier! Ils éteindraient ainsi le tison qui me reste, pour ne laisser à mon mari ni nom ni survivant sur la face de la terre. *Le roi dit à la femme : Va dans ta roi sont morts, car Amnon seul est mort. ^* Absalom prit la fuite. Or le jeune homme placé en sen- tinelle leva les veux et regarda. Et y- voici, une grande troupe venait par le chemin qui était derrière lui, du côté maison. Je donnerai des ordres à ton de la montagne. ^^Jonadab dit au roi : sujet. Voici les fds du roi qui arrivent ! Ainsi se confirme ce que disait ton serviteur. ^* Comme il achevait de parler, voici, les fils du roi arrivèrent. Ils élevèrent ''La femme de Tekoa dit au roi : C'est sur moi, ô roi mon seigneur, et sur la maison de mon père, que le châtiment va tomber; le roi et son la voix, et pleurèrent; le roi aussi et trône n'auront pas à en souffrir. "Le tous ses serviteurs versèrent d'abon- roi dit : Si quelqu'un parle contre toi, dantes larmes. "Absalom s'était enfui, amène-le-moi, et il ne lui arrivera et il alla chez Talmaï, fils d'Ammihur, plus de te toucher. "Elle dit : Que le roi de Gueschur. Et David pleurait roi se souvienne de l'Éternel, ton Dieu, tous les jours son fils. afin que le vengeur du sang n'aug- ^^Absalom resta trois ans à Gués- mente pas la ruine, et qu'on ne dé- 362 II SAMUEL. Chap. J4,i-2-o"i. truise pas mon fils! Et il dit : L'Eter- nel est vivant ! il ne tombera pas à terre un cheveu de ton fils. '-La femme dit : Permets que ta ser- vante dise un mot à mon seigneur le roi. Et il dit : Parle! '^La femme dit : Pourquoi penses-tu de la sorte à l'égard du peuple de Dieu, puisqu'il résulte des paroles mêmes du roi que le roi est comme coupable en ne rappelant pas celui qu'il a pi'oscrit ? '*11 nous faut certai- nement mourir, et nous serons comme des eaux répandues à terre et qui ne se rassemblent plus ; Dieu n'ôte pas la vie, mais il désire que le fugitif ne reste pas banni de sa présence. '^Main- tenant, si je suis venue dire ces cho- ses au roi mon seigneur, c'est cjue le peuple m'a effrayée. Et ta servante a dit : Je veux parler au roi; peut-être le roi lera-t-il ce c|ue dira sa servante. "*Oui, le roi écoutera sa servante, pour la délivrer de la main de ceux qui cherchent à nous exterminer, moi et mon fds, de l'héritage de Dieu. ''Ta servante a dit : Que la parole de mon seigneur le roi me donne le repos ! Car mon seigneur le roi est comme un ange de Dieu, prêt à entendre le bien et le mal. Et que l'Eternel, ton Dieu, soit avec toi ! '^Le roi répondit, et dit à la femme : Ne me cache pas ce que je vais te de- mander. Et la femme dit : Que mon seigneur le roi parle ! '"Le roi dit alors: La main de Joab n'est-elle pas avec toi dans tout ceci ? Et la femme répon- dit : Aussi vrai que ton àme est vi- vante, ô roi monseigneur, il n'y a rien à droite ni à gauche de tout ce c[ue dit mon seigneur le roi. C'est, en effet, ton serviteur Joab qui m'a donné des ordres, et cpii a mis dans la bouche de ta servante toutes ces paroles. -"C'est pour donner à la chose une autre tour- nure que ton serviteur Joab a fait cela. Mais mon seigneur est aussi sage qu'un ange de Dieu, pour connaître tout ce qui se passe sur la terre. -'Le roi dit à Joab : Voici, je veux bien faire cela; va donc, ramène le jeune homme Absalom. -Joab tomba la face contre terre et se prosterna, et il bénit le roi. Puis il dit : Ton servi- teur connaît aujourd'hui que j'ai trouvé grâce à tes yeux, ô roi mon seigneur, puisque le roi agit selon la parole de son serviteur. --^Et Joab se leva et par- tit pour Gueschur, et il ramena Ab- salom à Jérusalem. -''Mais le roi dit : Qu'il se retire dans sa maison, et qu'il ne voie point ma face. Et Absalom se retira dans sa maison, et il ne vit point la face du roi. -^11 n'y avait pas un homme dans tout Israël aussi renomme qu'Absa- lom ))our sa beauté; depuis la plante du pied juscpi'au sommet de la tête, il n'y avait jjoint en lui de défaut. -^Lors- qu'il se rasait la tête, — c'était chaque année qu'il se la rasait, parce que sa chevelure lui pesait, — le poids des cheveux de sa tête était de deux cents sicles, poids du roi. -'Il nacpiit à Ab- salom trois (ils, et une fille nommée Tamar, qui était une femme belle de figure. '-'* Absalom demeura deux ans à Jé- rusalem, sans voir la face du roi. -"Il fit demander Joab, pour l'envoyer vers le roi ; mais Joab ne voulut point ve- nir auprès de lui. Il le fit demander une seconde fois; et Joab ne voulut point venir. ^"Absalom dit alors à ses serviteurs : ^'oyez, le champ de Joab est à côté du mien ; il y a de l'orge ; allez et mettez-y le feu. Et les ser- viteurs d'Absalom mirent le feu au champ. '"Joab se leva et se rendit au- près d'Absalom, dans sa maison. Il lai dit : Pour(|uoi tes serviteurs ont-ils mis le feu au champ qui m'apparliiMit? ^-Absalom répondit à Joab : Voici, je t'ai fait dire : Viens ici, et je t'enverrai vers le roi, afin que tu lui dises : Pour- 3G3 Chap. a, 33- 15, : II SAMUEL. quoi suis-je revenu de Gueschur? Il j'ai fait à l'Éternel. *Car ton serviteur vaudrait mieux pour moi que j'y fusse a fait un vœu, pendant que je demeu- encore. Je désire maintenant voir la rais à Gueschur en Syrie; j'ai dit : Si face du roi; et s'il y a quelque crime l'Eternel me ramène à Jérusalem, je en moi, qu'il me fasse mourir. ^-'Joab servirai l'Eternel. ^Le roi lui dit: Va alla vers le roi, et lui rappoi'ta cela, en paix. Et Absalom se leva et partit Et le roi appela Absalom, qui vint au- pour Hébron. près de lui et se prosterna la face con- '"Absalom envoya des espions dans tre terre en sa présence. Le roi baisa toutes les tribus d'Israël, pour dire : Absalom. ' Ouand vous entendrez le son de la trompette, vous direz : Absalom règne Révolte d' Absalom. — Fuite de David. — En- à Hébron. "Deux ceuts hommes de trée d' Absalom dans Jérusalem. — Les amis Jérusalem , qui avaient été invités , accompagnèrent Absalom ; et ils le et les ennemis de David. — David it Malia- naïm, au delà du Jourdain ; Absalom à sa poursuite. — Bataille entre l'armée d' Absa- lom et celle de David. — Absalom tué par Joab dans la foret d' Hpltraïm. Chap. XV. 'Après cela, Absalo firent en toute simplicité, sans rien savoir. '^Pendant qu' Absalom offrait les sacrifices, il envoya chercher à la ville de Guilo Achitophel, le Guilonite, m conseiller de David. La conjuration se procura un char et des chevaux, et devint puissante, et le peuple était de cinquante hommes qui couraient de- vant lui. ^11 se levait de bon matin, et se tenait au bord du chemin de la porte. Et chaque fois qu'un homme ayant une contestation se rendait vers plus en plus nombreux auprès d'Ab- salom. ''Quelqu'un vint informer David, et lui dit : Le cœur des hommes d'Israël s'est tourné vers Absalom. '*Et David le roi pour obtenir un jugement, Ab- dit à tous ses serviteurs qui étaient salom l'appelait, et disait : De quelle avec lui à Jérusalem : Levez-vous, ville es-tu? Lorsqu'il avait répondu : fuyons, car il n'y aura point de salut Je suis d'une telle tribu d'Israël, ^Ab- pour nous devant Absalom. Hàtez- salom lui disait: Vois, ta cause est vous de partir; sinon, il ne tarderait bonne et juste; mais personne de chez pas à nous atteindre, et il nous prè- le roi ne t'écoutera. ■'Absalom disait : cipiterait dans le malheur et frappe- Qui m'établirajuge dans le pays ? Tout rait la ville du tranchant de l'épée. homme qui aurait une contestation et '^Les serviteurs du roi lui dirent : Tes un procès viendrait à moi, et je lui serviteurs feront tout ce que voudra ferais justice. ^Et quand quelqu'un mon seigneur le roi. "'Le roi sortit, et s'approchaitpour se prosterner devant toute sa maison le suiA^ait, et il laissa lui, il lui tendait la main, le saisissait dix concubines pour garder la maison, et l'embrassait. ''Absalom agissait ainsi '"Le roi sortit, et tout le peuple le sui- à l'égard de tous ceux d'Israël qui se vait, et ils s'arrêtèrent à la dernière rendaient vers le roi pour demander maison. '*Tous ses serviteurs, tous les justice. Et Absalom gagnait le cœur Kéréthiens et tous les Péléthiens, pas- des gens d'Israël. sèrent à ses côtés; et tous lesGathiens, 'Au bout de quarante ans", Absa- au nombre de six cents hommes, venus loin dit au roi : Permets que j'aille à de Gath à sa suite, passèrent devant Hébron, pour accomplir le vœu que le roi. a. Quarante ans. à dater de la première onction de David, environ dix ans avant qu'il devliït roi. — Ou bien, en supposant une erreur de copiste, on lirait quatre ans. écoulés depuis la réconciliation d'Absalom avec David. â64 II SAMUEL. Chap. J 0,19-10,3. 19 'Le roi dit à Ittaï de Gath : quoi viendrais-tu aussi avec Pour- nous ? Retourne, et reste avec le roi", car tu es étranger, et même tu as été em- mené de ton pays. -"Tu es arrivé d'hier, et aujourd'hui je te ferais errer avec nous çà et là, quand je ne sais moi- même où je vais ! Retourne, et emmène tes frères avec toi. Que l'Eternel use envers toi de bonté et de fidélité ! -' Ittaï répondit au roi, et dit : L'Eternel est vivant et mon seigneur le roi est vi- vant ! au lieu où sera mon seigneur le roi, soit pour mourir, soit pour vivre, là aussi sera ton serviteur. --David dit alors à Ittaï : Va, passe ! Et Ittaï de Gath passa, avec tous ses gens et tous les enfants qui étaient avec lui. -^ Toute la contrée était en larmes et l'on poussait de grands cris, au passage de tout le peuple. Le roi passa le torrent de Cédron, et tout le peu- ple passa vis-à-vis du chemin qui mène au désert. -"'Tsadok était aussi là, et avec lui tous les Lévites portant l'arche de l'alliance de Dieu; et ils posèrent l'arche de Dieu, et Abiathar montait, pendant que tout le peuple achevait de sortir de la ville. -'Le roi dit à Tsadok : Reporte l'ar- che de Dieu dans la ville. Si je trouve grâce aux yeux de l'Eternel, il me ra- mènera, et il me fera voir l'arche et sa demeure. ^'^Mais s'il dit : Je ne prends point plaisir en toi! me voici, (pi'il me fasse ce qui lui semblera bon. -'Le roi dit encore au prêtre Tsadok : Comprends-tu ? retourne en paix dans la ville, avec Achimaats, ton (ils, et avec Jonathan, fils d'Abia- thar, vos deux fds. -"^Voyez, j'atten- drai dans les plaines du désert, jus- qu'à ce qu'il m'arrive des nouvelles de votre part. -^Ainsi Tsadok et Abia- thar reportèrent l'arche de Dieu à Jé- rusalem, et ils y restèrent. ^"David monta la colline des oli- a. Absalom. viers. Il montait en pleurant et la tête couverte, et il marchait nu-pieds; et tous ceux qui étaient avec lui se cou- vrirent aussi la tête, et ils montaient en pleurant. ^'On vint dire à David : Achitophel est avec Absalom parmi les conjurés. Et David dit : O Eternel, réduis à néant les conseils d'Achitophel ! ^-Lorsque David fut arrivé au som- met, où il se prosterna devant Dieu, voici, Huschaï, l'Arkien, vint au-de- vant de lui, la tunique déchirée et la tète couverte de terre. '•''David lui dit : Si tu viens avec moi, tu me seras à charge. '■'Et, au contraire, tu anéanti- ras en ma faveur les conseils d'Achi- tophel, si tu retournes à la ville, et que tu dises à Absalom : O roi, je se- rai ton serviteur ; je fus autrefois le serviteur de ton père, mais je suis maintenant ton serviteur. '^Les prê- tres Tsadok et Abiathar ne seront-ils jias là avec toi? Tout ce que tu ap- prendras de la maison du roi, tu le diras aux prêtres Tsadok et Abiathar. '"Et comme ils ont là auprès d'eux leurs deux fds, Achimaats, fils de Tsa- dok, et Jonathan, fils d'Abiathar, c'est par eux cpie vous me ferez savoir tout ce que vous aurez appris. '^ Huschaï, ami de David, retourna donc à la ville. Et Absalom entra dans Jérusalem. Cliap. XVI. 'Lorsque David eut un peu dépassé le sommet, voici, Tsi- ba, serviteur de Mcphiboscheth, vint au-devant de lui avec deux ânes bâ- tés, sur lesquels il y avait deux cents pains, cent masses de raisins secs, cent de fruits d'été, et une outre de vin. -Le roi dit à Tsiba : Que veux-tu faire de cela.^ Et Tsiba répondit : Les ânes serviront de monture à la mai- son du roi, le pain et les fruits d'été sont pour nourrir les jeunes gens, et le vin pour désaltérer ceux qui seront fatigués dans le désert. 'Le roi dit : 365 Chap. 'I0,k-17 ,'i. II SAMUEL. Où est le fils de ton maître? Et Tsiba le flanc de la montagne près de Da- répondit au roi : Voici, il est resté à vid, et, en marchant, il maudissait, il Jérusalem, car il a dit : Aujourd'hui jetait des pierres contre lui, il faisait la maison d'Israël me rendra le royau- voler la poussière. '■*Le roi et tout le me de mon père. ''Le roi dit à Tsiba : ])euple qui était avec lui arrivèrent à Voici, tout ce qui appartient à Mephi- Ajephim, et là ils se reposèrent, boscheth est à toi. Et Tsiba dit : .)e '^Absalom et tout le peuple, les hom- me prosterne! Que je trouve grâce à mes d'Israël, étaient entrés dans .Jéru- tes yeux, ô roi mon seigneur! salem ; et Achitophel était avec Ab- ^David était arrivé jusqu'à Bachu- salom. : •.!. ' rim. Et voici, il sortit de là un hom- me de la famille et de la maison de Saiil, nommé Schimeï, fils de Guéra. Il s'avança en prononçant des malé- dictions, ^et il jeta des pierres à Da- vid et à tous les serviteurs du roi '^Lorsque Huschaï, l'Arkien, ami de David, fut arrivé auprès d'Absalom, il lui dit : Vive le roi! vive le roi! *'Et Absalom dit à Huschaï : Voilà donc l'attachement que tu as pour ton ami! Pourquoi n'es -tu pas allé avec ton David, tandis que tout le peuple et ami? "^Huschaï répondit à Absalom tous les hommes vaillants étaient à la droite et à la gauche du roi. "Schimeï parlait ainsi en le maudissant : Va- t'en, va-t'en, homme de sang, méchant homme! ^L'Eternel fait retomber sur toi tout le sans' de la maison de Saûl, C'est que je veux être à celui qu'ont choisi l'Eternel et tout ce peuple et tous les hommes d'Israël, et c'estavec lui que je veux rester. ''D'ailleurs, qui servirai-je? Ne sera-ce pas son fils? Comme j'ai servi ton père, ainsi je te dont tu occupais le trône, et l'Éternel servirai, a livré le royaume entre les mains -"Absalom dit à Achitophel : Consul- d'Absalom, ton fds; et te voilà mal- tez ensemble; qu'avons-nous à faire? heureux comme tu le mérites, car tu -'Et Achitophel dit à Absalom : Va es un homme de sang! vers les concubines que ton père a '■'Alors Abischaï, fils de Tseruja, dit laissées pour garder la maison; ainsi au roi : Pourcjuoi ce chien mort mau- tout Israël saura que tu t'es rendu dit-il le roi mon seigneur? Laisse- odieux à ton père, et les mains de moi, je te prie, lui aller cou])er la tous ceux qui sont avec toi se fortifie- tête. '"Mais le roi dit : Qu'ai-je affaire ront. --On dressa pour Absalom une avec vous, fils de Tseruja? S'il mau- tente sur le toit, et Absalom alla vers dit, c'est que l'Eternel lui a dit : Mau- dis David! Qui donc lui dira : Pour- quoi agis-tu ainsi? "Et David dit à Abischaï et à tous ses serviteurs : les concubines de son père, aux yeux de tout Israël. ^''Les conseils donnés en ce temps-là par Achitophel avaient autant d'autorité que si l'on eût con- Voici, mon fils, qui est sorti de mes suite Dieu lui-même. 11 en était ainsi entrailles, en veut à ma vie; à plus de tous les conseils d'Achitophel, soit forte raison ce Benjamite! Laissez-le, pour David, soit pour Absalom. et qu'il maudisse, car l'Eternel le lui Chap. XVII. 'Achitophel dit à a dit. '-Peut-être l'Eternel regardera- Absalom : Laisse- moi choisir douze t-il mon affliction, et me fera-t-il du mille hommes! Je me lèverai, et je bien en retour des malédictions d'au- poursuivrai David cette nuit même. * Je jourd'hui. le surprendrai pendant qu'il est fatigué '^David et ses gens continuèrent et que ses mains sont affaiblies, je l'é- leur chemin. Et Schimeï marchait sur pouvanterai, et tout le peuple c|ui est 36(5 II SAMUEL. Cita p. / 7, 3-23. avec lui s'enfuira. Je fVajjperai le roi seul, 'et je ramènerai à toi tout le peuple; la mort de l'homme à qui tu en veux assurera le retour de tous, et tout le peuple sera en paix. ■'Cette pa- role plut à Absalom et à tous les an- ciens d'Israël. ^Cependant Absalom dit : Appelez encore Huschaï, l'Arkien, et que nous entendions aussi ce qu'il dira. * Hus- chaï vint auprès d'Absalom, et Absa- lom lui dit : Voici comment a parlé et tous les gens d'Israël dirent : Le conseil de Huschaï, l'Arkien, vaut mieux que le conseil d'Achitophel. Or l'Eternel avait résolu d'anéantir le bon conseil d Achitopliel, afin d'amener le malheur sur Absalom. '^Huschaï dit aux prêtres Tsadok et Abiathar : Achitophel a donné tel et tel conseil à Absalom et aux anciens d'Israël ; et moi, j'ai conseillé telle et telle chose. '"Maintenant envoyez de suite informer David et faites-lui dire : Achitophel ; devons-nous faire ce qu'il Ne passe point la nuit dans les plaines a dit, ou non? Parle, toi! 'Huschaï ré- pondit à Absalom : Pour cette fois le conseil qu'a donné Achitophel n'est pas bon. *Et Huschaï dit : Tu connais la bravoure de ton père et de ses gens, ils sont furieux comme le serait dans les champs une ourse à qui l'on aurait enlevé ses petits. Ton père est un homme de guerre, et il ne passera pas la nuit avec le peuple; 'voici maintenant, il est caché dans quelque fosse ou dans quelque autre lieu. Et si, dès le commencement, il en est qui tombent sous leurs coups, on ne tardera pas à l'apprendre et l'on dira: 11 y a une défaite parmi le peuple qui suit Absalom! '"Alors le plus vaillant, eîit-il un cœur de lion, sera saisi d'é- pouvante; car tout Israël sait que ton père est un héros et qu'il a des braves avec lui. "Je conseille donc cpie tout Israël se rassemble auprès de toi, de- puis Dan jusqu'à Beer-Schéba, multi- du désert, mais va plus loin, de peur que le roi et tout le peuple qui est avec lui ne soient exposés à périr. "Jonathan et Achimaats se tenaient à En-Roguel. Une servante vint leur dire d'aller informer le roi David; car ils n'osaient pas se montrer et entrer dans la ville. '*Un jeune homme les aperçut, et le rapporta à Absalom. Mais ils partirent tous deux en hâte, et ils arrivèrent à Bachurim vers la maison d'un homme qui avait un puits dans sa cour, et ils y descendirent. ''La femme prit une couverture qu'elle étendit sur l'ouverture du puits, et elle y répandit du grain jiilé pour qu'on ne se doutât de rien. -"Les ser- viteurs d'Absalom entrèrent dans la maison auprès de cette femme, et di- rent : Où sont Achimaats et Jonathan? La femme leur répondit : Ils ont passé le ruisseau. Ils cherchèrent, et ne les trouvant pas, ils retournèrent à Jéru- tude pareille au sable qui est sur le salem. "-'Après leur départ, Achimaats bord de la mer. Tu marcheras en per- sonne au combat. '-Nous arriverons à lui en quelque lieu que notis le trou- vions, et nous tomberons sur lui com- me la rosée tombe sur le sol; et pas un n'échappera, ni lui ni aucun des hommes qui sont avec lui. "S'il se re- tire dans une ville, tout Israël portera des cordes vers cette ville, et nous la traînerons au torrent, jusqu'à ce qu'on n'en trouve plus une pierre. '*Absalom et Jonathan remontèrent du ])uits et allèrent informer le roi David. Ils di- rent à David : Levez-vous et hâtez- vous de passer l'eau, car Achitophel a conseillé contre vous telle chose. --David et tout le peuple qui était avec lui se levèrent et ils passèrent le Jourdain ; à la lumière du matin, il n'y en avait pas un qui fût resté à l'écart, ])as un (pii n'eût passé le Jourdain. -"Achitophel, voyant que son con- 367 Chap. i7,ik-l8,i3. II SAMUEL. seil n'était pas suivi, sella son âne et partit pour s'en aller chez lui dans sa ville. 11 donna ses ordres à sa maison, et il s'étrangla. C'est ainsi qu'il mou- rut, et on l'enterra dans le sépulcre de son père. ^* David arriva à Mahanaïm. Et Ab- salom passa le Jourdain, lui et tous les hommes d'Israël avec lui. -^Absa- lom mit Amasa à la tète de l'armée, en remplacement de Joab ; Amasa était fds d'un homme appelé Jithra, l'Israé- lite, qui était allé vers Abigal, fille de Nachasch, sœur de Tseruja, mère de Joab. -^Israël et Absalom campèrent dans le pays de Galaad. ^'Lorsque David fut arrivé à Maha- naïm , Schobi , fils de Nachasch , de Rabba des fils d'Ammon, Makir, fils d'Ammiel, de Lodcbar, et Barzillaï, le Galaadite, de Roguelim, -^apportèrent des lits, des bassins, des vases de terre, du froment, de l'orge, de la fa- rine, du grain rôti, des fèves, des len- tilles, du grain rôti", -^du miel, de la crème, des brebis, et des fromages de vache. Ils apportèrent ces choses à David et au peuple qui était avec lui, afin qu'ils mangeassent; car ils di- saient : Ce peuple a dû souffrir de la faim, de la fatigue et de la soif, dans le désert. Chap. XVIII. 'David passa en re- vue le peuple qui était avec lui, et il établit sur eux des chefs de milliers et des chefs de centaines. -Il plaça le tiers du peuple sous le commande- ment de Joab, le tiers sous celui d'A- bischaï, fils de Tseruja, frère de Joab, et le tiers sous celui d'Ittaï, de Gath. Et le roi dit au peuple : Moi aussi, je veux sortir avec vous. 'Mais le peuple dit : Tu ne sortiras point ! Car si nous prenons la fuite, ce n'est pas sur nous que l'attention se portera ; et quand la moitié d'entre nous succomberait, on n'y ferait pas attention; mais toi. tu es comme dix mille de nous, et maintenant il vaut mieux que de la ville tu puisses venir à notre secours. ^Le roi leur répondit : Je ferai ce qui vous paraît bon. Et le roi se tint à côté de la porte, pendant que tout le peuple sortait par centaines et par milliers. ^Le roi donna cet ordre à Joab, h Abischaï et à Ittaï : Pour l'a- mour de moi, doucement avec le jeu- ne Absalom ! Et tout le peuple enten- dit l'ordre du roi à tous les chefs au sujet d'Absalom. *Le peuple sortit dans les champs à la rencontre d'Israël, et la bataille eut lieu dans la forêt d'Ephraïm. "Là, le peuple d'Israël fut battu par les servi- teurs de David, et il y eut en ce jour une grande défaite de vingt mille hommes. ''Le combat s'étendit sur toute la contrée, et la forêt dévora plus de peuple ce jour-là que l'épée n'en dévora. "Absalom se trouva en présence des gens de David. 11 était monté sur un mulet. Le mulet pénétra sous les bran., ches entrelacées d'un grand térébin^ the, et la tête d'Absalom fut prise au térébintlie; il demeura suspendu en- tre le ciel et la terre, et le mulet qui était sous lui passa outre. '"Un hom- me ayant vu cela vint dire à Joab : Voici, j'ai vu Absalom suspendu à un térébinthe. "Et Joab dit à l'homme qui lui apporta cette nouvelle : Tu l'as vu ! pourquoi donc ne l'as-tu pas abattu sur place? Je t'aurais donné dix sicles d'argent et une ceinture. '^Mais cet homme dit à Joab : Quand je pèserais dans ma main mille sicles d'argent, je ne mettrais pas la main sur le fils du roi ; car nous avons en- tendu cet ordre que le roi t'a donné, à toi, à Abischaï et à Ittaï : Prenez garde chacun au jeune Absalom! '^Et si j'eusse attenté perfidement à sa vie, rien n'aurait été caché au roi, et tu a. Répétition d'un même mot, peut-être par cireur de copiste. 368 II SAMUEL. Chap . 18, li-. ■33. aurais été toi-même contre moi. **Joab portes. La sentinelle alla sur le toit dit : Je ne m'arrêterai pas auprès de de la porte vers la muraille ; elle leva toi! Et il prit en main trois javelots, les yeux et regarda. Et voici, un hom- et les enfonça dans le cœur d'Absa- me courait tout seul. -^La sentinelle loni encore plein de vie au milieu du cria, et avertit le roi. Le roi dit : S'il térébinthe. '^Dix jeunes gens, qui por- est seul, il apporte des nouvelles. Et taient les armes de Joab, entourèrent cet homme arrivait toujours plus près. Absalom, le frappèrent et' le firent -"La sentinelle vit un autre homme qui mourir. courait; elle cria au portier : Voici un '"Joab fit sonner de la trompette; homme qui court tout seul. Le roi dit : et le peuple revint, cessant ainsi de 11 apporte aussi des nouvelles. "La poursuivre Israël, parce que Joab l'en sentinelle dit : La manière de courir empêcha. ''Ils prirent Absalom, le je- du premier me paraît celle d.Vchi- tèrent dans une grande fosse au mi- maats, fils de Tsadok. Et le roi dit : lieu de la forêt, et mirent sur lui un C'est un homme de bien, et il apporte très grand monceau de pierres. Tout de bonnes nouvelles. Israël s'enfuit, chacun dans sa tente. -^\chimaats cria, et il dit au roi : '*De son vivant, Absalom s'était fait Tout va bien! Il se prosterna devant ériger un monument dans la vallée le roi la face contre terre, et dit : Béni du roi; car il disait : Je n'ai point de soit l'Eternel, ton Dieu, qui a livré les lils, par qui le souvenir de mon nom hommes qui levaient la main contre puisse être conservé. Et il donna son le roi mon seigneur! -^Le roi dit : Le propre nom au monument, qu'on ap- jeune Absalom est-il en bonne santé? pelle encore aujourd'hui monument Achimaats répondit : J'ai aperçu un d'Absalom. grand tumulte au moment où Joab '"Achimaats, fils de Tsadok, dit : envoya le serviteur du roi" et moi ton Laisse-moi courir, et porter au roi la serviteur; mais je ne sais ce que c'é- bonne nouvelle que l'Éternel lui a tait. ^"Et le roi dit : Mets-toi là de rendu justice en le délivrant de la côté. Et Achimaats se tint de côté, main de ses ennemis. -"Joab lui dit : ^'Aussitôt arriva Cuschi. Et il dit : Ce n'est pas toi qui dois porter au- Que le roi mon seigneur apprenne la jourd'hui les nouvelles; tu les porteras bonne nouvelle! Aujourd'hui l'Eter- un autre jour, mais non aujourd'hui, nel t'a rendu justice en te délivrant de puisque le fils du roi est mort. -'Et Joab dit à Cuschi : Va, et annonce au roi ce que tu as vu. Cuschi se jjtos- terna devant Joab, et courut. --Achi- la main de tous ceux qui s élevaient contre toi. '-Le roi dit à Cuschi : Le jeune homme Absalom est-il en bonne santé ? Cuschi répondit : Qu'ils soient maats, fils deTsadok,ditencore à Joab: comme ce jeune homme les ennemis Quoi qu'il arrive, laisse-moi courir du roi mon seigneur et tous ceux qui après Cuschi. Et Joab dit : Pourquoi s'élèvent contre toi pour te faire du veux-tu courir, mon fils ? Ce n'est ])as mal ! un message qui te sera profitable. ^'^Uors le roi, saisi d'émotion, monta ^■■'Quoi qu'il arrive, je veux courir, re- dans la chambre au-dessus de la ])orte prit Achimaats. Et Joab lui dit : Cours ! et pleura. Il disait en marchant : .Mon Achimaats courut i)ar le chemin de la fils Absalom ! mon fils, mon fils Absa- [)Iaine, et il devança Cuschi. lom ! Que ne suis-je mort à ta place! '-''David était assis entre les deux Absalom, mon fils, mon fils ! a. Le seriitcur (lu roi, c'est-ù-dirc Cuschi. 3G9 Chnp. 19, 1-19. Il SAMUEL. David retournant à Jcriisalcin. — Révolte de Scliéba, Benjamite. — Rentrée de David dans Jéru- salem. — Amasa, ancien chef de l année d'Absaloin, tué par Joab. — Mort de Scliéba. Chap. XIX. 'On vint dire à Joab : fuir du pays devant Absalom. '"Or Ab- Voici, le roi pleure et se lamente à salom, que nous avions oint pour qu'il cause d'Absalom. -Et la victoire, ce régnât sur nous, est mort dans la ba- jour-là, fut changée en deuil pour tout le peuple, car en ce jour le peuple en- tendait dire : Le roi est afflis-é à cause de son fils. *Ce même jour, le peuple rentra dans la ville à la dérobée, com- me l'auraient fait des gens honteux d'avoir j^ris la fuite dans le combat. "•Le roi s'était couvert le visage, et il taille : pourquoi ne parlez-vous pas de faire revenir le roi ? "De son côté, le roi David envoya dire aux prêtres Tsadok et Abiathar : Parlez aux anciens de Juda, et dites- leur : Pourquoi seriez-vous les der- niers à ramener le roi dans sa maison ? Car ce qui se disait dans tout Israël criait à haute voix : Mon fds Absalom ! était parvenu jusqu'au roi. — '^Vous Absalom, mon fds, mon fds ! ^Joab êtes mes frères, vous êtes mes os et entra dans la chambre oii était le roi, ma chair; pourquoi seriez-vous les et dit : Tu couvres aujourd'hui de con- derniers à ramener le roi ? '^Vous di- fusion la face de tous tes serviteurs, rez aussi à Amasa : N'es-tu pas mon qui ont aujourd'hui sauvé ta vie, celle os et ma chair? Que Dieu me traite de tes fîls et de tes fdles, celle de tes dans toute sa rigueur, si tu ne deviens femmes et de tes concubines. ^Tu ai- pas devant moi pour toujours chef de mes ceux qui te haïssent et tu hais l'arniée à la place de Joab! '''David ceux qui t'aiment, car tu montres au- fléchit le cœur de tous ceux de Juda, jourd'hui qu'il n'y a pour toi ni chefs comme s'ils n'eussent été qu'un seul ni serviteurs; et je vois maintenant homme ; et ils envoyèrent dire au roi : que, si Absalom vivait et que nous Reviens, toi, et tous tes serviteurs, fussions tous morts en ce jour, cela '^ Le roi revint et arriva jusqu'au Jour- serait agréable à tes yeux. 'Lève-toi dain ; et Juda se rendit à Guilgal, afin donc, sors, et parle au cœur de tes d'aller à la rencontre du roi et de lui serviteurs! Car je jure par l'Eternel faire passer le Jourdain, que, si tu ne sors pas, il ne restera pas "''Schimeï, fils de Guéra, Benjamite, un homme avec toi cette nuit ; et ce qui était de Bachurim, se hâta de des- sera pour toi pire que tous les mal- cendre avec ceux de Juda à la rencon- heurs qui te sont arrivés depuis ta. jeu- tre du roi David. ''Il avait avec lui ncsse jusqu'à présent. '*Alors le roi se mille hommes de Benjamin, et Tsiba, leva, et il s'assit à la porte. On fit dire serviteur de la maison de Saûl, et les à tout le peuple : Voici, le roi est assis quinze fds et les vingt serviteurs de à la porte. Et tout le peuple vint devant Tsiba. Ils passèrent le Jourdain à la le roi. vue du roi. '^Le bateau, mis à la dis- 'Cependant Israël" s'était enfui, cha- position du roi, faisait la traversée cun dans sa tente. Et dans toutes les tribus d'Israël, tout le peuple était en contestation, disant : Le roi nous a délivrés de la main de nos ennemis, c'est lui qui nous a sauvés de la main des Philistins ; et maintenant il a dû a. Les partisans d"Absalom, voy. IS, 17. pour transporter sa maison ; et au mo- ment où le roi allait passer le Jour- dain, Schimeï, fils de Guéra, se pros- terna devant lui. "Et il dit au roi : Que mon seigneur ne tienne pas compte de mon iniquité, qu'il oublie que ton 370 II SAMUEL. Chap. l9,-ii]-',i. serviteur l'a offensé le jour où le roi mon seigneur sortait de Jérusalem, et ([ue le roi n'y ait point égard ! ^"Car ton serviteur reconnaît (ju'il a péché. Et voici, je viens aujourd'hui le ]irc- niier de toute la maison de Joseph à la rencontre du roi mon seigneur. -'Alors Abischaï, fils de Tseruja, prit la parole et dit : Schimcï ne doit-il pas mourir pour avoir maudit l'oint de rÉternel? -Mais David dit : Ou'ai- je affaire avec vous, fds de Tseruja, et pourquoi vous montrez-vous aujour- d'hui mes adversaires ? Aujourd'hui ferait-on mourir un homme en Israël ? Ne sais-je donc pas que je règne au- jourd'hui sur Israël ? -''Et le roi dit à Schimeï : Tu ne mourras point ! Et le roi le lui jura. ^*Mephiboscheth,fds'' de Saiil, des- cendit aussi à la rencontre du roi. Il n'avait point soigné ses pieds, ni fait sa barbe, ni lavé ses vêtements, de- puis le jour où le roi s'en était allé jusqu'à celui où il revenait en paix. '^Lorsqu'il se rendit au-devant du roi à Jérusalem, le roi lui dit : Pourquoi n'es-tu pas venu avec moi, Mephibos- cheth ? -*Et il répondit : 0 roi mon seigneur, mon serviteur m'a trompé, car ton serviteur, qui est boiteux, avait dit : Je ferai seller mon âne, je le monterai, et j'irai avec le roi. -"Et il a calomnié ton serviteur auprès de mon seigneur le roi. Mais mon sei- gneur le roi est comme un ange de Dieu. Fais ce qui te semblera bon. -"Car tous ceux de la maison de mon père n'ont été (pie des gens dignes de mort devant le roi mon seigneur; et cependant tu as mis ton serviteur au nombre de l'cux qui mangent à ta ta- ble. (^)ucl droit puis-je encore avoir, et qti'ai-je à demander au roi ? *"Le roi lui dit : A quoi bon toutes tes paroles ? Je l'ai déclaré : toi et Tsiba, vous par- tagerez les terres. ''"Et Mephiboscheth a. Petit-i;is. dit au roi : (^)u'il prenne même le tout, puiscpie le roi mon seigneur rentre en ])aix dans sa maison. ''Barzillaï, le Galaadite, descendit de Roguelim, et passa le Jourdain avec le roi, pour l'accompagner juscpt'au delà du Jourdain. ^-Barzillaï était très vieux, âgé de quatre-vingts ans. Il avait entretenu le roi pendant son sé- jour à Mahanaïm, car c'était un hom- me fort riche. '''Le roi dit à Barzillaï : ^'iens avec moi, je te nourrirai chez moi à Jérusalem. ''*Mais Barzillaï répon- dit au roi : Combien d'années vivi'ai-je encore, pour que je monte avec le roi à Jérusalem ? '^Je suis aujourd'hui âgé de quatre-vingts ans. Puis-je connaître ce qui est bon et ce qui est mauvais ? Ton serviteur peut-il savourer ce qu'il mange et ce qu'il boit ? Puis-je encore entendre la voix des chanteurs et des chanteuses ? Et pourquoi ton serviteur serait-il encore à charge à mon sei- gneur le roi ? -'^Ton serviteur ira un peu au delà du Jourdain avec le roi. Pourquoi, d'ailleurs, le roi m'accor- derait-il ce bienfait ? ''Que ton servi- teur s'en retourne, et que je meure dans ma ville, près du sépulcre de mon père et de ma mère ! Mais vcjici ton serviteur Kimhani, qui passera avec le roi mon seigneur; fais pour lui ce que tu trouveras bon. ''*Le roi dit : Que Rimham passe avec moi, et je fe- rai pour lui ce qui te plaira; tout ce que tu désireras de moi, je te l'accor- derai. '''Quand tout le peuple eut passé le Jourdain et que le roi l'eut aussi passé, le roi baisa Barzillaï et le bénit. Et Barzillaï retourna dans sa demeure. ^'Le roi se dirigea vers Guilgal, et Kimham l'accompagna. Tout le peuple de Juda et la moitié du peuple d'Israël avaient fait passer le Jourdain au roi. ""Mais voici, tous les hommes d'Israël abordèrent le roi, et lui dirent : Pourquoi nos frères, les 371 Chap. iQ,'a-W, IG. II SAMUEL. hommes de Juda, t'ont-ils enlevé, et ont-ils lait passer le Jourdain au roi, à sa maison, et à tous les gens de Da- vid ? *^Tous les hommes de Juda ré- pondirent aux hommes d'Israël : C'est que le roi nous tient de plus près ; et qu'y a-t-il là pour vous irriter ? Avons- nous vécu aux dépens du roi ? nous a-t-il fait des présents ? *'Et les hom- mes d'Israël répondirent aux hommes poursuis-le, de peur qu'il ne trouve des villes fortes et ne se dérobe à nos yeux. ''Et Abischaï partit, suivi des gens de Joab, des Réréthiens et des Péléthiens, et de tous les vaillants hommes; ils sortirent de Jérusalem, afin de poursuivre Schéba, fils de Bicri. ^Lorsqu'ils furent près de la grande pierre qui est à Gabaon, Amasa arriva de Juda : Le roi nous appartient dix devant eux. Joab était ceint d'une épée fois autant, et David même plus qu'à vous. Pourquoi nous avez-vous mé- prisés ? N'avons-nous pas été les pre- miers à proposer de faire revenir notre roi ? Et les hommes de Juda parlèrent avec plus de violence que les hommes d'Israël. CJiap. XX. 'Il se trouvait là un méchant homme, nommé Schéba, fils de Bicri, Benjamite. Il sonna de la trompette, et dit : Point de part pour nous avec David, point d'héritage pour nous avec le fils d'Isaï ! Chacun à sa tente, Israël ! -Et tous les hommes d'Israël s'éloignèrent de David, et sui- virent Schéba, fils de Bicri. Mais les hommes de Juda restèrent fidèles à leur roi, et l'accompagnèrent depuis le Jourdain jusqu'à Jérusalem. 'David rentra dans sa maison à Jé- rusalem. Le roi prit les dix concubines qu'il avait laissées pour garder la mai- son, et il les mit dans un lieu où elles par-dessus les habits dont il était re- vêtu ; elle était attachée à ses reins dans le fourreau , d'où elle glissa, comme Joab s'avançait. ^Joab dit à Amasa : Te portes-tu bien, mon frère? Et de la main droite il saisit la barbe d'Amasa pour le baiser. '"Amasa ne prit point garde à l'épée qui était dans la main de Joab ; et Joab l'en frappa au ventre et répandit ses entrailles à terre, sans lui porter un second coup. Et Amasa mourut. Joab et son frère Abischaï marchè- rent à la poursuite de Schéba, fils de Bicri. "Un homme d'entre les gens de Joab resta près d'Amasa, et il disait : Qui veut de Joab et qui est pour Da- vid ? Qu'il suive Joab ! '-Amasa se rou- lait dans le sang au milieu de la route; et cet homme, ayant vu que tout le peuple s'arrêtait, poussa Amasa hors de la route dans un champ, et jeta sur lui un vêtement, lorsqu'il vit que tous étaient séquestrées ; il pourvut à leur ceux c^ui arrivaient près de lui s'arrê- entreticn, mais il n'alla point vers elles, l^t elles furent enfermées jus- qu'au jour de leur mort, vivant dans un état de veuvage. ■'Le roi dit à Amasa : Convoque-moi d'ici à trois jours les hommes de Juda ; et toi, sois ici présent. ^Amasa partit pour convoquer Juda ; mais il tarda au delà du temps que le roi lui avait fixé. * David dit alors à Abischaï : Schéba, fils de Bicri, va maintenant nous faire plus de mal c^u'Absalom. Prends toi- même les serviteurs de ton maître et taient. ''Quand il fut ôté de la route, chacun suivit Joab, afin de poursuivre Schéba, fils de Bicri. '*Joab traversa toutes les tribus d'Is- raël dans la direction d'Abel-Beth- Maaca, et tous les hommes d'élite se rassemblèrent et le suivirent. '= Ils vin- rent assiéger Schéba dans Abel-Beth- Maaca, et ils élevèrent contre la ville une terrasse qui atteignait le rempart. Tout le peuple qui était avec Joab sa- pait la muraille pour la faire tomber. '^Alors une femme habile se mit à 372 II SAMUEL. Chap.20,n-21,w. crier depuis la ville : Écoutez, écou- roi appela les Gabaonites pour leur tez ! Dites, je vous prie, à Joab : Ap- parler. — Les Gabaonites n'étaient proche jusqu'ici, je veux te parler! point d'entre les enfants d'Israël, mais ''11 s'approcha d'elle, et la femme dit: c'était un reste des Amoréens ; les en- Es-tu Joab ? Il répondit : Je le suis, fants d'Israël s'étaient liés envers eux Et elle lui dit : Écoute les paroles par un serment, et néanmoins Saill de ta servante. 11 répondit : J'écoute, avait voulu les frapper, dans son zèle '*Et elle dit : Autrefois on avait cou- pour les enfants d'Israël et de Juda. tume de dire : Que l'on consulte Abel ! — ^David dit aux Gabaonites : Que Et tout se terminait ainsi. "Je suis ])uis-je faire pour vous, et avec quoi une des villes paisibles et fidèles en ferai-je expiation, afin que vous bénis- Israël ; et tu cherches à faire périr une siez l'héritage de l'Éternel ? ''Les Ga- ville qui est une mère en Israël ! Pour- baonites lui répondirent : Ce n'est pas quoi détruirais-tu l'héritage de l'Eter- nel ? -"Joab répondit : Loin, loin de moi la pensée de détruire et de rui- ner ! "-'La chose n'est pas ainsi. Mais pour nous une question d'argent et d'or avec Saûl et avec sa maison , et ce n'est pas à nous qu'il appartient de faire mourir personne en Israël. Et le un homme de la montagne d'Éphraïm, roi dit : Que voulez-vous donc que je nommé Schéba, fils de Bicri, a levé la fasse pour vous? ^lls répondirent au main contre le roi David; livrez-le, roi : Puisque cet homme nous a con- lui seul, et je m'éloignerai de la ville, sûmes, et qu'il avait le projet de nous La femme dit à Joab : Voici, sa tête te détruire poumons faire disparaître de sera jetée par la muraille. --Et la fem- tout le territoire d'Israël, "^ qu'on nous me alla vers tout le peu])le avec sa livre sept hommes d'entre ses fils, et sagesse ; et ils coupèrent la tête à nous les pendrons devant l'Éternel à Schéba, fils de Bicri, et la jetèrent à Guibea de Saûl, l'élu de l'Éternel. Et Joab. Joab sonna de la trompette ; on le roi dit : Je les livrerai, se dispersa loin de la ville, et chacun 'Le roi épargna Mephiboscheth, fils s'en alla dans sa tente. Et Joab re- de Jonathan, fils de Saiil, à cause du tourna à Jérusalem, vers le roi. serment qu'avaient fait entre eux, de- ^^Joab commandait toute l'armée vant l'Éternel, David et Jonathan, fils d'Israël ; Benaja, fils de Jehojada, était de Saiil. ^Mais le roi prit les deux fils à la tête des Kéréthiens et des Pelé- que Ritspa, fille d'Ajja, avait enfantés thiens ; -*Adoram était préposé sur les à Saiil, Armoni et Mephiboscheth, et impôts; Josaphat, fils d'Achilud, était les cinq fils que Mérab, fille de Saiil, archiviste; -^Scheja était secrétaire; avait enfantés à Adriel de Mehola, fils Tsadok et Abiathar étaient prêtres; de Barzillaï; ^et il les livra entre les -^et Ira de Jaïr était ministre d'état de mains des Gabaonites, qui les pendi- David. Famine de trois ans. i] Chap. XXI. 'Du temps de David, il y eut une famine qui dura trois ans. David chercha la face de l'Éternel ; et l'Éternel dit : C'est à cause de Saul et de sa maison sanguinaire, c'est parce qu'il a fait périr les Gabaonites. *Le son jusqu'à ce que la pluie du ciel a. Vêtement de deuil. rent sur la montagne, devant l'Éter- nel. Tous les sept périrent ensemble; ils furent mis à mort dans les pre- miers jours de la moisson, au com- mencement de la moisson des orges. '"Ritspa, fille d'Ajja, prit un sac" et retendit sous elle contre le rocher, depuis le commencement de la mois- 373 Chap.21,n-22,i II SAMUEL. tombât sur eux ; et elle empêcha les oiseaux du ciel de s'approcher d'eux pendant le jour, et les bêtes des champs pendant la nuit. "On informa David de ce qu'avait fait Ritspa, fdle d'Ajja, concubine de Saul. '-Et David alla prendre les os de Saûl et les os de Jo- nathan, son fils, chez les habitants de Jabès en Galaad, qui les avaient enle- vés de la place de Beth-Schan, où les Philistins les avaient suspendus lors- qu'ils battirent Saiil à Guilboa. ''Il eni])orta de là les os de Saûl et les os de Jonathan, son fils ; et l'on recueillit aussi les os de ceux qui avaient été pendus. '*0n enterra les os de Saûl et de Jonathan, son fils, au pays de Ben- jamin, à Tséla, dans le sépulcre de Ris, père de Saûl. Et l'on fit tout ce que le roi avait ordonné. Après cela, Dieu fut apaisé envers le pays. Guerres contre les Philistins. ""Les Philistins firent encore la guer- re à Israël. David descendit avec ses serviteurs, et ils combattirent les Phi- listins. David était fatigué. '^Et Jisch- bi-Benob, l'un des enfants de Ra- pha°, eut la pensée de tuer David; il avait une lance du poids de trois cents sicles d'airain, et il était ceint d'une épée neuve. "Abischaï, fils de Tse- ruja, vint au secours de David, frappa le Philistin et le tua. Alors les gens de David jurèrent, en lui disant : Tu ne sortiras plus avec nous pour com- battre, et tu n'éteindras pas la lampe d'Israël. '*I1 y eut encore, après cela, une bataille à Gob avec les Philistins. Alors Sibbecaï, le Iluschatite, tua Saph, qui était un des enfants de Rapha. '^11 y eut encore une bataille à Gob avec les Philistins. Et Elchanan, fils de Jaaré-Oreguim, de Bethléhem, tua Goliath de Gath, qui avait une lance dont le bois était comme une ensuble de tisserand. '-"Il y eut encore une bataille à Gath. Il s'y trouva un homme de haute tail- le, qui avait six doigts à chaque main et à chaque pied, vingt-quatre en tout, et qui était aussi issu cle Rapha. -'II jeta un défi à Israël; et Jonathan, fils de Schimea, frère de David, le tua. *'-Ces quatre hommes étaient des enfants de Rapha à Gath. Ils périrent par la main de David et par la main de ses serviteurs. Cantique de David, délivré de ses ennemis. Chap. XXII. 'David adressa à l'E- ternel les paroles de ce cantique, lors- que l'Eternel l'eut délivré de la main de tous ses ennemis et de la main de Saûl. -Il dit : L'Éternel est mon rocher, ma forteresse, mon libérateur. ^Dieu est mon rocher, où je trouve un abri. Mon bouclier et la force qui me sauve. Ma haute retraite et mon refuge. O mon Sauveur! tu me garantis de la violence. *Je m'écrie : Loué soit l'Eternel! Et je suis délivré de mes ennemis. ^Car les flots de la mort m'avaient environné, Les torrents de la destruction m'avaient épouvanté; 'Les liens du sépulcre m'avaient entouré, Les filets de la mort m'avaient surpris. a. Enfants de liaplia. ou Rephaïni, race de ^éunts, 374 II SAMUEL. Chap. ^2,i-t. "Dans ma détresse, j'ai invocjué rEternel, J'ai invoqué mon Dieu ; De son palais, il a entendu ma voix. Et mon cri est parvenu à ses oreilles. *La terre fut ébranlée et trembla. Les fondements des cieux frémirent. Et ils furent ébranlés, parce qu'il était irrité. ^11 s'élevait de la fumée dans ses narines, Et un feu dévorant sortait de sa bouche : Il en jaillissait des charbons embrasés. '"11 abaissa les cieux, et il descendit : Il y avait une épaisse nuée sous ses pieds. "Il était monté sur un chérubin, et il volait. Il paraissait sur les ailes du vent. '-11 faisait des ténèbres une tente autour de lui. Il était enveloppé d'amas d'eaux et de sombi'cs nuages. '^De la splendeur ipii le précédait S'élançaient des charbons de feu. '^L'Eternel tonna des cieux. Le Très-Haut fit retentir sa voix ; '^11 lança des flèches et dispersa mes ennemis, La foudre, et les mit en déroute. "^Le lit de la mer apjwrut. Les fondements du monde furent découverts. Par la menace de l'Eternel, Par le bruit du souffle de ses narines. "Il étendit sa main d'en haut, il me saisit, 11 me retira des grandes eaux ; '*11 me délivra de mon adversaire jniissant. De mes ennemis ([ui étaient |)lus forts (pie nuii. '^Ils m'avaient surpris au jour de ma détresse ; Mais l'Eternel fut mon appui. -"Il m'a mis au large, n m'a sauvé, parce cjuil m'aime. -'L'Eternel m'a traité selon ma droiture. Il m'a rendu selon la pureté de mes mains ; "Car j'ai observé les voies de l'Eternel, Et je n'ai point été coupable envers mon Dieu. ■'Toutes ses ordonnances ont été de\ant moi. Et je ne me suis [)()int écarté de ses lois. ^''.l'ai été sans reproche envers lui. Et je me suis tenu en gartic contre mcjn iniquité. -''Aussi l'Eternel m'a rciulu selon ma droiture. Selon ma pureté devant ses yeux. 375 Chap.22,%-'.5. II SAMUEL. -*Avec celui qui est bon tu te montres bon, Avec rhomine droit tu agis selon la droiture, -'Avec celui qui est pur tu te montres pur. Et avec le pervers tu agis selon sa perversité. -^Tu sauves le peuple qui s'humilie, Et de ton regard, tu abaisses les orgueilleux. -"Oui, tu es ma lumière, ô Eternel ! L'Eternel éclaire mes ténèbres. '"Avec toi je me précipite sur une troupe en armes, Avec mon Dieu je franchis une muraille. ^'Les voies de Dieu sont parfaites, La parole de l'Eternel est éprouvée ; Il est un bouclier pour tous ceux qui se confient en lui. ''-Car qui est Dieu, si ce n'est l'Eternel? Et qui est un rocher, si ce n'est notre Dieu ? ''C'est Dieu qui est ma puissante forteresse. Et qui me conduit dans la voie droite. "Il rend mes pieds semblables à ceux des biches, Et il me place sur mes lieux élevés. '^11 exerce mes mains au combat, Et mes bras tendent l'arc d'airain. '^Tu me donnes le bouclier de ton salut, Et je deviens grand par ta bonté. '"Tu élargis le chemin sous mes pas. Et mes pieds ne chancellent point. '*Je poursuis mes ennemis, et je les détruis; Je ne reviens pas avant de les avoir anéantis. "Je les anéantis, je les brise, et ils ne se relèvent plus ; Ils tombent sous mes pieds. *°Tu me ceins de force pour le combat. Tu fais plier sous moi mes adversaires. *"Tu fais tourner le dos à mes ennemis devant moi. Et j'extermine ceux qui me haïssent. ^-Ils regardent autour d'eux, et personne pour les sauver! Ils crient à l'Eternel, et il ne leur répond pas ! ■"Je les broie comme la poussière de la terre, Je les écrase, je les foule, comme la boue des rues. **Tu me délivres des dissensions de mon peuple; Tu me conserves pour chef des nations ; Un peu])le que je ne connaissais pas m'est asservi. ''^Les fils de l'étranger me flattent. Ils m'obéissent au premier ordre. 376 1 1 s AM UEL . Cliap . 22, w-2S, o. 40 Les fils (le rôlranijci' sont en défaillance, Ils tremblent hors de leurs forteresses. '''Vive l'Eternel, et béni soit mon rocher! Que Dieu, le rocher de mon salut, soit exalté, ^*Le Dieu qui est mon vengeur, Qui m'assujettit les peuples, ^'Et qui me fait échapper à mes ennemis ! Tu m'élèves au-dessus de mes adversaires, Tu me délivres de l'homme violent. ^'' C'est pourquoi je te louerai parmi les nations, ô Eternel ! Et je chanterai à la gloire de ton nom. ^'11 accorde de grandes délivrances à son roi. Et il fait miséricorde à son oint, A David, et à sa postérité, pour toujours. Dernières paroles de David. Chap. XXIII. 'Voici les dernières paroles de David. Parole de David, fds d'Isaï, Parole de l'homme haut placé. De l'oint du Dieu de .Jacob, Du chantre agréable d'Israël. -L'esprit de l'Eternel parle par moi. Et sa parole est sur ma langue. ^Le Dieu d'Israël a parlé. Le rocher d'Israël m'a dit : Celui qui règne parmi les hommes avec justice, Celui cpii règne dans la crainte de Dieu, ^Est pareil à la lumière du matin, quand le soleil brille Et que la matinée est sans nuages ; Ses rayons après la pluie font sortir de terre la verdure. "N'en est-il pas ainsi de ma maison devant Dieu, Puisqu'il a fait avec moi une alliance éternelle. En tous points bien réglée et offrant pleine sécurité ? Ne fera-t-il pas germer tout mon salut et tous mes désirs 'Mais les méchants sont tous comme des épines que l'on rejette. Et que l'on ne prend pas avec la main ; 'Celui qui les touche s'arme d'un fer ou du bois d'une lance. Et on les brûle au feu sur place. J'aillants /loiiinies de David. ^Voici les noms des vaillants hom- mes, (pi'il fit périr en une seule fois, mes, qui étaient au service de David. °A])rès lui, Eléazar, fds de Dtxlo, .Joschcb-Basschébcth, leTachkemo- lils d'Achochi. Il était l'un des trois nite, l'un des principaux officiers. Il guerriers qui affrontèrent avec David brandit sa lance sur huit cents hom- les Philistins rassemblés pour coin- 377 Chap. ^S, 10-36. II SAMUEL. battre, tandis que les hommes d'Israël -"Benaja, fds de Jehojada, fils d'un se retiraient sur les hauteurs. '"Il se homme de Kabtseel, rempli de valeur leva, et frappa les Philistins jusqu'à et célèbre par ses ex])loits. II frappa ce que sa main fût lasse et qu'elle res- les deux lions" de Moab. Il descendit tàt attachée à son épée. L'Eternel opé- au milieu d'une citerne, où il frappa ra une grande délivrance ce jour-là. un lion, un jour de neige. -'Il frappa Le peuple revint après Eléazar, seule- un Egyptien d'un aspect formidable ment pour prendre les dépouilles. et ayant une lance à la main ; il des- "Après lui, Schamma, fils d'Agué, cendit contre lui avec un bâton, arra- d'IIarar. Les Philistins s'étaient ras- semblés à Léchi. Il y avait là une pièce de terre remplie de lentilles; et le peuple fuyait devant les Philistins. '"Schamma se plaça au milieu du champ, le jjrotégea, et battit les Phi- cha la lance de la main de l'Egyptien, et s'en servit pour le tuer. "Voilà ce que fit Benaja, fils de Jehojada; et il eut du renom parmi les trois vaillants hommes. ^^11 était le plus considéré des trente; mais il n égala pas les listins. Et l'Eternel opéra une grande trois jjremiers. David l'admit dans son délivrance. conseil secret. '•''Trois des trente chefs descendi- -"'Asaël, frère de Joab, du nombre rent au temps de la moisson et vin- des trente. rent auprès de David, dans la caverne Elchanan, fils de Dodo, de Beth- d'AduUam, lorsqu'une troupe de Phi- léhem. listins était campée dans la vallée des -\Schamma, de Ilarod. Élika, de Harod. ^"Hélets, dePéleth. Ira, fils d'Ikkesch, de Tekoa. ^^Abiézer, d'Anathoth. Mebunnaï, de Iluscha. ^'^Tsalmon, d'Achoach. Maharaï, de Nethopha. "-'^Iléleb, fils de Baana, de Nethopha. Ittaï, fils de Ribaï, de Guibea des Rephaïm. '■'David était alors dans la forteresse, et il y avait un poste de Philistins à Bethléhem. '^David eut un désir, et il dit : Qui me fera boire de l'eau de la citerne qui est à la porte de Bethléhem ? "^ Alors les trois vail- lants hommes passèrent au travers du camp des Philistins, et puisèrent de l'eau de la citerne qui est à la porte de Bethléhem. Ils l'apportèrent et la fils de Benjamin, présentèrent à David; mais il ne vou- -'"Benaja, de Pirathon lut pas la boire, et il la répandit de- vant l'Eternel. "Il dit : Loin de moi, ô Eternel, la pensée de faire cela! Boirais-je le sang de ces hommes qui sont allés au péril de leur vie? Et il ne voulut pas la boire. Voilà ce que firent ces trois vaillants hommes. '^\bischaï, frère de Joab, fils de Tseruja, était le chef des trois. Il bran- dit sa lance sur trois cents hommes, et les tua ; et il eut du renom parmi les trois. '"Il était le plus considéré des trois, et il fut leur chef; mais il n'égala pas les trois premiers. a. Lions, littéralement liojis de Dieu. Iliddaï, de A'achalé-Gaasch. •■"Abi-Albon, d'Araba. Azmaveth, de Barclium. •"Éliachba, de Schaalbon. Bené-Jaschen. Jonathan. *'Schamma, d'Harar. Achiam, fils de Scharar, d'Arar. •"Éliphéleth, fils d'Achasbaï , fils d'un Maacathien. Éliam, fils d'Achitophel, de Guilo. ^^Hetsraï, de Garmel. Paaraï, d'Arab. ^«Jigueal, fils de Nathan, de Tsoba. 378 II SAMUEL. , et en Juda ciiKf guerre tirant l'épée, cent mille hommes. '" David sentit battre son cœur, ajirès qu'il eut ainsi fait le dénombrement du peuple. Et il dit à l'Eternel : J'ai commis un grand péché en faisant cela! Maintenant, ô Eternel, daigne jiardonner l'iniquité de ton serviteur, car j'ai com])lètement agi en insensé ! "Le lendemain, quand David se leva, la jiarole de l'Eternel fut ainsi Bani, de Gad. ^^Tsélek, l'Ammonite. Naharaï, de Beéroth, qui portait les armes de Joab, fils de Tseruja. ^''Ira, de .Jéther. Gareb, de .léther. ssUrie, le Héthien. En tout, trente-se]:)t. Déitniiihrvnicnl rf peste. Chap. XXI 1 '. ' La colère de l'Éter- nel s'enflamma de nouveau contre adressée à Gad le ])ro])hète, le voyant Israël, et il excita David contre eux, de David : '-Va dire à David : Ainsi en disant : Va , fais le dénombrement parle l'Eternel : Je te propose trois d'Israël et de Juda. fléaux; choisis-en un, et je t'en frap- -Et le roi dit à Joab, qui était chef perai. '^Gad alla vers David, et lui fit de l'armée et qui se trouvait près de connaître la chose, en disant : Veux-tu lui : Parcours toutes les tribus d'Israël, sept années" de famine dans ton pays, depuis Dan jusqu'à Beer-Schéba; qu'on ou bien trois mois de fuite devant tes fasse le dénombrement du peuple, et ennemis qui te poursuivront, ou bien que je sache à combien il s'élève. 'Joab trois jours de peste dans ton pays? dit au roi : Que l'Eternel, ton Dieu, Maintenant choisis, et vois ce que je rende le peuple cent fois plus nom- dois répondre à celui qui m'envoie, breux, et que les yeux du roi mon sei- '■'David répondit à Gad : Je suis dans gneur le voient ! Mais pourquoi le roi une grande angoisse! Oh! tombons mon seigneur veut-il faire cela? ■'Le entre les mains de l'Eternel, car ses roi persista dans l'ordre qu'il donnait compassions sont immenses ; mais que à Joab et aux chefs de l'armée ; et Joab je ne tombe pas entre les mains des et les chefs de l'armée quittèrent le hommes ! roi pour faire le dénombrement du '^L Eternel envoya la jieste en Is- peuple d'Israël. raël, depuis le matin jusqu'au temps Mis passèrent le Jourdain, et ils fixé ; et, de Dan à Beer-Schéba, il mou- campèrent à Aroër, à droite de la ville rut soixante-dix mille hommes |iarmi qui est au milieu de la vallée de Gad, le peuple. "^Comme l'ange étendait la et près de Jaezer. 'Ils allèrent en Ga- main sur Jérusalem jiour la détruire, laad et dans le pays de Thachthim- l'Eternel se repentit de ce mal, et il Hodschi. Ils allèrent à Dan-Jaan, et dit à l'ange cpii faisait périr le peuple : aux environs de Sidon. ^Ils allèrent à Assez ! Retire maintenant ta main, la forteresse de Tyr, et dans toutes les L'ange de l'Eternel était près de l'aire villes des Iléviens et des Cananéens. d'Aravna, leJébusien. '"David, voyant Ils terminèrent par le midi de Juda, à Beer-Schéba. *Ils parcoururent ainsi tout le pays, et ils arrivèrent à Jéru- salem au bout de neuf mois et vingt jours. ^Joab remit au roi le rôle du dénombrement du peuple : il v avait en Israël huit cent mille hommes de a. Sept années. On lit. I Cliroii. "J 1 , 12, trois années. l'ange cpii frappait parmi le peuple, dit à l'Eternel : Voici, j'ai péché ! C'est moi c[ui suis coupable ; mais ces bre- bis, (ju'ont-elles fait ? Que ta main soit donc sur moi et sur la maison de mon I père '^Ce jour-là, Gad vint auprès de 1); 379 Chap. 24, 19-25. II SAMUEL. vid, et lui dit : Monte, élève un autel à rÉteinel dans l'aire d'Aravna, le Jé- busien. "David monta, selon la parole de Gad, comme l'Eternel l'avait or- plaira ; vois, les bœufs seront pour l'holocauste, et les chars avec l'atte- lage serviront de bois. -^Aravna donna le tout au roi. Et Aravna dit au roi : donné. ^"Aravna regarda, et il vit le Que l'Éternel, ton Dieu, te soit favo- roi et ses serviteurs qui se dirigeaient rable ! -■'Mais le roi dit à Aravna : Non ! vers lui; et Aravna sortit, et se pros- Je veux l'acheter de toi à prix d'ar- terna devant le roi, le visage contre gent, et je n'offrirai point à l'Eternel, terre. -'Aravna dit: Pourquoi mon sei- mon Dieu, des holocaustes qui ne me gneur le roi vient-il vers son serviteur? coûtent rien. Et David acheta l'aire et Et David répondit : Pour acheter de les bœufs pour cinquante sicles d'ar- toi l'aire et pour y bâtir un autel à gent. "David bâtit là un autel à l'Eter- l'Éternel, afin que la plaie se retire de nel, et il offrit des holocaustes et des dessus le peuple. -^Aravna dit à David : sacrifices d'actions de grâces. Que mon seigneur le roi prenne l'aire. Alors l'Éternel fut apaisé envers le et qu'il y offre les sacrifices qu'il lui pays, et la plaie se retira d'Israël. I LE PREMIER LIVRE DES ROIS REGNE DE SALOMON [Chap. 1-1 1. Vieillesse du roi David. — Adoniju, l'un de ses pis. aspirant ii la roijaulé. — Salotnon choisi par David pour lui succéder sur le trône. Chap. I. 'Le roi David était vieux, avec Adonija. ^'Vdonija tuades brebis, avancé en âge; on le couvrait de vête- des boeufs et des veaux gras, près de ments, et il ne pouvait se rccbaulTer. la pierre de Zohéleth, qui est à côté ^Ses serviteurs lui dirent: Que Ton d'En-Roguel; et il invita tous ses frè- cherclie pour mon seigneur le roi une res, fds du roi, et tous les hommes de jeune fdle vierge; qu'elle se tienne Juda au service du roi. '"Mais il n'in- devant le roi, qu'elle le soigne, et vita point Nathan le prophète, ni Be- qu'elle couche dans ton sein ; et mon naja, ni les vaillants hommes, ni Salo- seigneur le roi se réchauffera. ^On mon, son frère. chercha dans tout le territoire d'Israël "Alors Nathan dit à Bath-Schéba, une fdle jeune et belle, et on trouva mère de Salomon : N'as-tu pas appris Abischag, la Sunamite, que l'on con- qu'Adonija, fds de Ilaggith, est devenu duisit auprès du roi. •'Cette jeune fdle roi, sans que notre seigneur David le était fort belle. Elle soigna le roi, et sache ? '-Viens donc maintenant, je te le servit; mais le roi ne la connut donnerai un conseil, afin que tu sau- point. ves ta vie et la vie de ton fils Salomon. '^Adonija, fils de Haggith, se laissa "Va, entre chez le roi David, et dis- emporter par l'orgueil jusqu'à dire : lui : 0 roi mon seigneur, n'as-tu pas juré à ta servante, en disant : Salo- mon, ton fils, régnera après moi, et il s'assiéra sur mon trône ? Pourquoi voici. C'est moi qui serai roi ! Et il se pro- cura un char et des cavaliers, et cin- quante hommes qui couraient devant lui. ''Son père ne lui avait de sa vie donc Adonija règne-t-il ? '''Et fait un reproche, en lui disant : Pour- pendant que tu parleras là avec le roi, quoi agis-tu ainsi? Adonija était, en j'entrerai moi-même après toi, et je outre, très beau de figure, et il était compléterai tes paroles, né après Absalom. 'Il eut un entretien "^Bath-Schéba se rendit dans la avec Joab, fils de Tseruja, et avec le chambre du roi. Il était très vieux; prêtre Abiathar; et ils embrassèrent et Abischag, la Sunamite, le sei'vait. son parti. ''Mais le prêtre Tsadok, Be- "'Bath-Schéba s'inclina et se prosterna naja, fils de Jehojada, Nathan le pro- devant le roi. Et le roi dit : Qu'as-tu? phète, Schimeï, Réï, et les vaillants '"Elle lui répondit: Mon seigneur, tu hommes de David, ne furent point as juré à ta servante par l'Eternel, 381 Chap. 1, 18-ii. I ROIS. ton Dieu, en disant : Salomon, ton fils, régnera après moi, et il s'assiéra sur mon trône. '*Et maintenant voici, Adonija règne ! Et tu ne le sais pas, ô roi mon seigneur ! '^11 a tué des bœufs, des veaux gras et des brebis en quan- tité; et il a invité tous les fds du roi, le prêtre Abiathar, et Joab, chef de l'armée, mais il n'a point invité Salo- mon, ton serviteur. ^"O roi mon sei- gneur, tout Israël a les yeux sur toi, pour que tu lui fasses connaître qui s'assiéra sur le trône du roi mon sei- gneur après lui. '^'Et lorsque le roi mon seigneur sera couché avec ses pères, il arrivera que moi et mon fils Salomon nous serons traités comme des coupables. "Tandis qu'elle parlait encore avec le roi, voici, Nathan le prophète arriva. ^'On l'annonça au roi, en disant : Voici Nathan le prophète ! Il entra en pré- sence du roi, et se prosterna devant le roi le visage contre terre. ^•'Et Nathan dit : O roi mon seigneur, c'est donc toi qui as dit : Adonija régnera après moi, et il s'assiéra sur mon trône ! "Car il est descendu aujourd'hui, il a tué des bœufs, des veaux gras et des ijrebis, en quantité; et il a invité tous les fils du roi, les chefs de l'armée, et le prêtre Abiathar. Et voici, ils man- gent et boivent devant lui, et ils di- sent : Vive le roi Adonija! -"Mais il n"a invité ni moi qui suis ton serviteur, ni le prêtre Tsadok, ni Benaja, fils de Jehojada, ni Salomon, ton serviteur. ^"Est-ce bien par ordre de mon sei- gneur le roi que cette chose a lieu, et sans que tu aies fait connaître à ton serviteur qui doit s'asseoir sur le trône du roi mon seigneur après lui ? -''Le roi David ré]>ondit : Appelez- moi Bath-Schéba. Elle entra, et se présenta devant le roi. -^ Et le roi jura, et dit : L'Eternel qui m'a délivré de toutes les détresses est vivant ! ^"ainsi que je te l'ai juré par l'Eternel, le Dieu d'Israël, en disant : Salomon, ton fils, régnera après moi, et il s'assiéra sur mon trône à ma place, — ■ ainsi ferai-je aujourd'hui. ^'Bath-Schéba s'inclina le visage contre terre, et se prosterna devant le roi. Et elle dit : Vive à ja- mais mon seigneur le roi David ! ^-Le roi David dit : Appelez-moi le prêtre Tsadok, Nathan le prophète, et Benaja, fils de Jehojada. Ils entrèrent en présence du roi . ^^ Et le roi leur dit : Prenez avec vous les serviteurs de votre maître, faites monter Salomon, mon fils, sur ma mule, et faites-le des- cendre à Guihon. ^■*Là, le prêtre Tsa- dok et Nathan le prophète l'oindront pour roi sur Israël. Vous sonnerez de la trompette, et vous direz : Vive le roi Salomon ! ^^Vous monterez après lui ; il viendra s'asseoir sur mon trône, et il régnera à ma place. C'est lui qui, par mon ordre, sera chef d'Israël et de Juda. ^"Benaja, fils de Jehojada, répondit au roi : Amen ! Ainsi dise l'Eternel, le Dieu de mon seigneur le roi ! ■'"QuerEternel soit avec Salomon comme il a été avec mon seigneur le roi, et qu'il élève son trône au-des- sus du trône de mon seigneur le roi David ! ^^Alors le prêtre Tsadok descendit avec Nathan le prophète, Benaja, fils de Jehojada, les Kéréthiens et les Pé- léthiens ; ils firent monter Salomon sur la mule du roi David, et ils le me- nèrent à Guihon. ^°Le prêtre Tsadok prit la corne d'huile dans la tente, et il oignit Salomon. On sonna de la trom- pette, et tout le peuple dit : Vive le roi Salomon ! '"Tout le peuple monta après lui, et le peuple jouait de la flûte et se livrait à une grande joie ; la terre s'ébranlait par leurs cris. *'Ce bruit fut entendu d'Adonija et de tous les conviés qui étaient avec lui, au moment où ils finissaient de manger. Joab, entendant le son de la trompette, dit : Pourquoi ce bruit de 382 I ROIS. Chap. 1, 'û-2,8. la ville en tumulte ? ''- II parlait encore lorsque Jonathan, fils du jjrêtre Abia- thar, arriva. Et Adonija dit : Appro- che, car tu es un vaillant homme, et tu apportes de bonnes nouvelles. *'Oui ! répondit Jonathan à Adonija, notre seigneur le roi David a fait Salomon roi. ^^11 a envoyé avec lui le prêtre Tsadok, Nathan le prophète, Benaja, lils de Jehojada, les Kéréthiens et les Péléthiens, et ils l'ont fait monter sur la mule du roi. •'^Le jirètre Tsadok et Nathan le prophète l'ont oint pour roi à Guihon. De là ils sont remontés en se livrant à la joie, et la ville a été émue : c'est là le bruit que vous aA'ez entendu. ''^Salomon s'est même assis sur le trône royal. ■'"Et les serviteurs du roi sont venus pour bénir notre seigneur le roi David, en disant : Que ton Dieu rende le nom de Salomon plus célèbre que ton nom, et qu'il élève son trône au-dessus de ton trône ! Et le roi s'est prosterné sur son lit. **Voici encore ce qu'a dit le roi : Béni soit l'Eternel, le Dieu d'Israël, qui m'a donné aujourd'hui un successeur sur mon trône, et qui m'a permis de le voir! ■•^Tous les conviés d'Adonija furent saisis d'épouvante; ils se levèrent et s'en allèrent chacun de son côté. ^"Ado- nija eut peur de Salomon; il se leva aussi, s'en alla, et saisit les cornes de l'autel. ^'On vint dire à Salomon: Voici, Adonija a peur du roi Salomon, et il a saisi les cornes de l'autel, en disant : Que le roi Salomon me jure aujourd'hui qu'il ne fera point mourir son serviteur par l'épée ! "Salomon dit : S'il se montre un honnête homme, \\ ne tombera pas à terre un de ses vaut de moi lorsque je fuyais Absa- cheveux; mais s'il se trouve en lui de lom, ton frère. la méchanceté, il mourra. ^'Ex. le roi ^'oici, tu as près de toi Schimeï, Salomon envoya des gens, qui le firent fils de Guéra, Benjamite, de Bachurim. descendre de l'autel. Il vint se pros- Il a prononcé contre moi des malé- lerner devant le roi Salomon, et Salo- dictions violentes le jour où j'allais à mon lui dit : Va dans ta maison. Mahanaïm. Mais il descendit à ma ren- fnstructions de Dru'id mourant à Salomon, son fils. — Adonija, Joab et Schimeï mis à mort par Salomon; le prêtre Abialhar destitué de ses fonctions et éloigné de Jérusalem. Chap. II. 'David approchait du moment de sa mort, et il donna ses ordres à Salomon, son fils, en disant : -Je m'en vais par le chemin de toute la terre. Fortifie-toi, et sois un hom- me ! ^Observe les commandements de l'Eternel, ton Dieu, en marchant dans ses voies, et en gardant ses lois, ses ordonnances, ses jugements et ses préceptes, selon ce qui est écrit dans la loi de Moïse, afin que tu réussisses dans tout ce que tu feras et partout où tu te tourneras, *et afin que l'Eternel accomplisse cette parole qu'il a pro- noncée sur moi : Si tes fils prennent garde à leur voie, en marchant avec fidélité devant moi, de tout leur cœur et de toute leur àme, tu ne manqueras jamais d'un successeur sur le trône d'Israël. ^Tu sais ce que m'a fait Joab, fils de Tseruja, ce qu'il a fait à deux chefs de l'armée d'Israël, à Abner, fils de Ner, et à Amasa, fils de Jéther. Il les a tués ; il a versé pendant la paix le sang de la guerre, et il a mis le sang de la guerre sur la ceinture qu'il avait aux reins et sur la chaussure qu'il avait aux pieds. *Tu agiras selon ta sages- se, et tu ne laisseras pas ses cheveux blancs descendre en paix dans le sé- jour des morts. 'Tu traiteras avec bienveillance les fils de Barzillaï, le Gaaladite, et ils se- ront de ceux qui se nourrissent de ta table ; car ils ont agi de la même ma- nière à mon égard, en venant au-de- 38â 25 * Chap. 2,0-31. I ROIS. contre vers le Jourdain, et je lui jurai par rÉternel, en disant : Je ne te ferai point mourir par l'épée. ^Maintenant, tu ne le laisseras pas impuni ; car tu es un homme sage, et tu sais comment tu dois le traiter. Tu feras descendre ensanglantés ses cheveux blancs dans le séjour des morts. '"David se coucha avec ses pères, et il fut enterré dans la ville de David. "Le temps que David régna sur Israël fut de quarante ans : à Ilébron il régna sept ans, et à Jérusalem il régna trente- trois ans. '^Salomon s'assit sur le trône de David, son père, et son règne fut très affermi. '^Adonija, fils de Ilaggith, alla vers Bath-Schéba, mère de Salomon. Elle lui dit : Viens-tu dans des intentions paisibles? Il répondit : Oui. '''Et il ajouta : J'ai un mot à te dire. Elle dit : Parle ! '^Et il dit : Tu sais que la royauté m'appartenait, et que tout Is- raël portait ses regards sur moi pour me faire régner. Mais la royauté a tourné, et elle est échue à mon frère, parce que l'Eternel la lui a donnée. "* Maintenant, je te demande une cho- se : ne me la refuse pas ! Elle lui ré- pondit : Parle ! '"Et il dit : Dis, je te prie, au roi Salomon — • car il ne te le refusera pas — qu'il me donne pour femme Abischag, la Sunamite. "*Bath- Schéba dit : Bien ! je parlerai pour toi au roi. '^Bath-Schéba se rendit auprès du roi Salomon, pour lui parler en faveur d'Adonija. Le roi se leva pour aller à sa rencontre , il se prosterna devant elle, et il s'assit sur son trône. On plaça un siège pour la mère du roi, et elle s'assit à sa droite. ^"Puis elle dit : J'ai une petite demande à te faire : ne me la refuse pas ! Et le roi lui dit : répondit à sa mère : Pourquoi deman- des-tu Abischag, la Sunamite, pour Adonija ? Demande donc la royauté pour lui, — car il est mon frère aîné, — pour lui , pour le prêtre Abiathar, et pour Joab, fils de Tseruja ! ^^Alors le roi Salomon jura par l'E- ternel, en disant : Que Dieu me traite dans toute sa rigueur, si ce n'est pas au prix de sa vie qu'Adonija a pro- noncé cette parole ! '-■'Maintenant, TE- ternel est vivant, lui qui m'a affermi et m'a fait asseoir sur le trône de Da- vid , mon père, et qui m'a fait une sa promesse ! aujour- maison selon d'hui Adonija mourra. -^Et le roi Sa- lomon envoya Benaja, fils de Jehojada, qui le frappa; et Adonija mourut. ^^Le roi dit ensuite au prêtre Abia- thar : Va-t'en à Anathoth dans tes ter- res, car tu mérites la mort; mais je ne te ferai pas mourir aujourd'hui, parce que tu as porté l'arche du Seigneur Eternel devant David, mon père, et parce que tu as eu part à toutes les souffrances de mon père. -'Ainsi Salo- mon dépouilla Abiathar de ses fonc- tions de prêtre de l'Eternel, afin d'ac- complir la parole que l'Eternel avait prononcée sur la maison d'Eli à Silo. '-^Le bruit en parvint à Joab, qui avait suivi le parti d'Adonija quoiqu'il n'eîit pas suivi le parti d'Absalom. Et Joab se réfugia vers la tente de l'Eter- nel, et saisit les cornes de l'autel. ^'On annonça au roi Salomon que Joab s'é- tait réfugié vers la tente de l'Eternel, et qu'il était auprès de l'autel. Et Sa- lomon envoya Benaja, fils de Jehojada, en lui disant : Va, frappe-le. ^"Benaja arriva à la tente de l'Eternel, et dit à Joab : Sors ! c'est le roi qui l'ordonne. Mais il répondit : Non ! je veux mourir ici. Benaja rapporta la chose au roi, Demande, ma mère, car je ne te refu- en disant : C'est ainsi qu'a parlé Joab, serai pas. '-'Elle dit : Qu'Abischag, la et c'est ainsi qu'il m'a répondu. ^'Le Sunamite, soit donnée pour femme à roi dit à Benaja : Fais comme il a dit, Adonija, ton frère. ** Le roi Salomon frappe-le, et enterre-le; tu ôteras ainsi 384 I ROIS. Cliap. 2,3-2-3,0. Sache bien que tu mourras le jour où tu sortiras pour aller de côté ou d'au- tre ? El ne m'as-tu pas répondu : C'est bien! j'ai entendu? ■'■''Pourquoi donc n'as-tu pas observé le serinent de l'E- ternel et l'ordre que je t'avais donné ? ■'■'Et le roi dit à Schime'i : Tu sais au dedans de ton cœur tout le mal que tu as fait à David, mon père; l'Eter- nel fait retomber ta méchanceté sur ta tète. *^Mais le roi Salonion sera béni, et le trône de David sera pour toujours affermi devant l'Eternel. '"^Et le roi donna ses ordres à Benaja, fds de Je- hojada, qui sortit et frappa Schime'i ; et Schime'i mourut. La royauté fut ainsi affermie entre les mains de Salomon. Mariage de Salomon avec la fille du roi d' E- gi/ptc. — Le songe de Salomon. — Le juge- ment de Salomon. CJiap. m. 'Salomon s'allia par mariage avec Pharaon, roi d'Egypte. Il ])rit pour femme la fille de Pharaon, et il l'amena dans la ville de David, jusqu'à ce qu'il eût achevé de bâtir sa maison, la maison de l'Eternel, et le mur d'enceinte de Jérusalem. -Le peu- ple ne sacrifiait que sur les hauts lieux, car jusqu'à cette époque il n'avait ])oint été bâti de maison au nom de l'Eternel. 'Salomon aimait l'Eternel, et suivait les coutumes de David, son ])èrc. C'était seulement sur les hauts lieux qu'il offrait des sacrifices et des parfums. *Le roi se rendit à Gabaon ]>our y sacrifier, car c'était le princi|)al des hauts lieux. Salomon offrit mille holo- caustes sur l'autel. ^A Gabaon, l'Eter- nel apparut en songe à Salomon pen- dant la nuit, et Dieu lui dit : Demande était allé de Jérusalem à Gath, et qu'il ce ([ue tu veux que je te donne. 'Salo- était de retour. ""-Le roi fit appeler mon répondit : Tu as traité avec une Schiineï, et lui dit: Ne t'avais-je pas grande bienveillance ton serviteur Da- tait jurer par l'Eternel, et ne t'avais-je vid, mon père, parce qu'il marchail pas fait cette déclaration formelle : en ta présence dans la fidélité, dans la 385 de dessus moi et de dessus la maison de mon père le sang que Joab a ré- pandu sans cause. '-L'Eternel fera re- tomber son sang sur sa tète, parce (pi'il a frap])é deux hommes ]>lus jus- tes et meilleurs que lui et les a tués ])ar l'épée, sans que mon père David le sût : Abner, fils de Ner, chef de l'armée d'Israël, et Amasa, fils de Jé- thcr, chef de l'armée de Juda. ''Leur sang retombera sur la tête de Joab et sur la tête de ses descendants à per- pétuité; mais il y aura paix à toujours, de par l'Eternel, pour David, pour sa postérité, pour sa maison et pour son trône. '^Benaja, fils deJehojada, mon- ta, frappa Joab, et le fit mourir. Il fut enterré dans sa maison, au désert. '^Le roi mit à la tête de l'armée Be- naja, fils de Jehojada, en remplace- ment de Joab ; et il mit le prêtre Tsa- dok à la place d'Abiathar. "'Le roi fit appeler Schime'i, et lui dit : Bàtis-toi une maison à Jérusalem; tu y demeureras, et tu n'en sortiras point pour aller de côté ou d'autre. "Sache bien que tu mourras le jour où tu sortiras et passeras le torrent de Cédron ; ton sang sera sur ta tête. '^Schime'i répondit au roi : C'est bien ! ton serviteur fera ce que dit mon sei- ;^neur le roi. Et Schime'i demeura long- temps à Jérusalem. '"Au bout de trois ans, il arriva que deux serviteurs de Schime'i s'enfui- rent chez Akisch, fils de Maaca, roi de Gath. On le rapporta àSchimeï, en di- sant : Voici, tes serviteurs sont à Gath. ■'"Schime'i se leva, sella son âne, et s'en alla à Gath chez Akisch pour chercher ses serviteurs. Schimeï donc s'en alla, et il ramena de Gath ses serviteurs. ■"On informa Salomon que Schime'i Chap. S, 7-28. I ROIS. justice, et dans la di"oiture de cœur envers toi ; tu lui as conservé cette grande bienveillance, et tu lui as don- né un fds qui est assis sur son trône, comme on le voit aujourd'hui. 'Main- tenant, Eternel mon Dieu, tu as fait régner ton serviteur à la place de Da- vid, mon père ; et moi je ne suis qu'un jeune homme, je n'ai point d'expé- rience. *Ton serviteur est au milieu du peuple que tu as choisi, peuple im- mense, qui ne peut être ni compté ni nombre, à cause de sa multitude. 'Ac- corde donc à ton serviteur un cœur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le bien du mal ! Car qui Pardon ! mon seigneur, moi et cette femme nous demeurions dans la mê- me maison, et je suis accouchée près d'elle dans la maison. '^Trois jours après, cette femme est aussi accou- chée. Nous habitions ensemble, aucun étranger n'était avec nous dans la maison , il n'y avait que nous deux. '"Le fils de cette femme est mort pen- dant la nuit, parce qu'elle s'était cou- chée sur lui. -"Elle s'est levée au mi- lieu de la nuit, elle a pris mon fds à mes côtés tandis que ta servante dor- mait, et elle l'a couché dans son sein; et son fds qui était mort, elle l'a cou- ché dans mon sein. -'Le matin, je me pourrait juger ton peuple, ce peuple suis levée pour allaiter mon fds; et voici, il était mort. Je l'ai regardé at- tentivement le matin ; et voici, ce n'é- tait pas mon fds que j'avais enfanté. "L'autre femme dit : Au contraire ! c'est mon fds qui est vivant, et c'est ton fds qui est mort. Mais la première SI nombreux ■: '"Cette demande de Salomon plut au Seigneur. "Et Dieu lui dit : Puis- que c'est là ce que tu demandes, puis- que tu ne demandes pour toi ni une longue vie, ni les richesses, ni la mort de tes ennemis, et que tu demandes répliqua: Nullement! c'est ton fds qui de l'intelligence pour exercer la jus- tice, '-voici, j'agirai selon ta parole. Je te donnerai un cœur sage et intelli- gent, de telle sorte qu'il n'y aura eu personne avant toi et qu'on ne verra jamais personne de semblable à toi. '^Je te donnerai, en outre, ce que tu n'as pas demandé, des richesses et de la gloire, de telle sorte qu'il n'y aura pendant toute ta vie aucun roi qui soit ton pareil. '■'Et si tu marches dans mes voies, en observant mes lois et mes commandements, comme l'a fait David, ton père, je prolongerai tes jours. '^Salomon s'éveilla. Et voilà le son- ge. Salomon revint à Jérusalem, et se présenta devant l'arche de l'alliance de l'Eternel. Il offrit des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces, et il fit un festin à tous ses serviteurs. "Alors deux femmes prostituées vin- rent chez le roi, et se présentèrent devant lui. "L'une des femmes dit : est mort, et c'est mon fils qui est vi- vant. C'est ainsi qu'elles parlèrent de- vant le roi. -^Le roi dit : L'une dit : C'est mon fils qui est vivant, et c'est ton fils qui est mort; et l'autre dit : Nullement ! c'est ton fils qui est mort, et c'est mon fils qui est vivant. ^■'Puis il ajouta : Apportez-moi une épée. On apporta une épée devant le roi. -^Et le roi dit : Coupez en deux l'enfant qui vit, et donnez-en la moitié à l'une et la moi- tié à l'autre. -"Alors la femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s'émouvoir pour son fils, et elle dit au roi : Ah ! mon seigneur, donnez-lui l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Mais l'autre dit : Il ne sera ni à moi ni à toi ; coupez-le ! "Et le roi,^ prenant la parole, dit : Donnez à la première l'enfant qui vit, et ne le fai- tes point mourir. C'est elle qui est sa mère. -'^Tout Israël apprit le jugement que 386 on tM'aionit I ROIS. Chap. 4, ;-27. randes villes à murailles et à barres le roi avait prononcé. Et le roi, car on vit que la sagesse de Dieu était en lui pour le diriger dans ses jugements. Hauts fonctionnaires de Salomon. — .S'a gran- deur, sa renoininée et sa sagesse. Chap. IV. 'Le roi Salomon était roi sur tout Israël. -Voici les chefs qu'il avait à son ser- vice. Azaria, fils" du prêtre Tsadok, ■'Elihoreph et Acliija, fds de Schisclia, étaient secrétaires; Josaphat, fils d"A- chilud, était archiviste ;*Benaja, fds de Galaad; il avait la contrée de Sihon, Jehojada, commandait l'armée; Tsa- roi des Amoréens, et d'Og, roi de Ba- tlok et Ahiathar étaient prêtres ; ^Aza- san. Il y avait un seul intendant pour lia, fils de Nathan, était chef des in- ce pays. tendants; Zabud, fds de Nathan, était -"Juda et Israël étaient très nom- ministre d'état, favori du roi; *Achi- breux, pareils au sable qui est sur le schar était chef de la maison du roi ; et bord de la mer. Ils mangeaient, bu- Adoniram, fils d'Abda, était préposé vaient et se réjouissaient, sur les impôts. -'Salomon dominait encore sur tous "Salomon avait douze intendants sur les royaumes depuis le fleuve* jus- tout Israël. Ils pourvoyaient à l'entre- qu'au pays des Philistins et jusqu'à la tien du roi et de sa maison, chacun frontière d'Egypte ; ils apportaient des pendant un mois de l'année. *Voici présents, et ils furent assujettis à Sa- d airain. '^Vchinadab, fds d'Iddo, à Maha- naïm. '^Achimaats, en Nephthali. 11 avait pris pour femme Basmath, fdle de Sa- lomon. '^Baana, fils de Huschaï, en Aser et à Bealoth. '"Josaphat, fds de Paruach, en Issa- car. "*Schimeï, fds d'Ela, en Benjamin. "•Guéber, fds d'Uri, dans le pavs d: leurs noms. Le fils de Ihir, dans la montaone d'Ephraïm. °Le fds de Déker, à Makats, à Saal- bim, à Beth-Schémesch, à Elon et à Beth-IIanan. '"Le (ils de Ilésed, à Arubboth; il avait Soco et tout le pays de Iléphcr. "Le fds d'Abinadab avait toute la lomon tout le temps de sa vie. "Chaque jour Salomon consommait en vivres : trente cors de fleur de fa- rine et soixante cors de farine, -'dix bœufs gras, vingt bœufs de pâturage, et cent brebis, outre les cerfs, les ga- zelles, les daims, et les volailles en- graissées. -■'Il dominait sur tout le pays de contrée de I)or. Thaphath, fdle de Sa- l'autre côté du fleuve, depuis Thiph- lomon, était sa femme. sach jusqu'à Gaza, sur tous les rois de '-Baana, fds d'Achilud, avait Thaa- l'autre côté du fleuve. Et il avait la nac et Meguiddo, et tout Beth-Schean paix de tous les côtés alentour. -Muda qui est ])rès de Tsarthan au-dessous et Israël, depuis Dan juscpi'à Beer- deJizreel, depuis Beth-Schean jusqu'à Schéba, habitèrent en sécurité, cha- Abel-Mehola , jusqu'au delà de Jok- cun sous sa vigne et sous son figuier, meam. tout le temps de Salomon. -''Salomon ''Le fils de Guéber, à Ramoth en avait quarante mille crèches pour les Galaad ; il avait les bourgs de Jaïr, fils chevaux destinés à ses chars, et douze de Manassé, en Galaad; il avait encore mille cavaliers, la contrée d'Argob en Basan, soixante -"Les intendants pourvoyaienlà l'en- a. Petlt-lils. b. L'Kuphrute. 387 Chap. 4,28-0, l'j I ROIS. tretien du roi Salomon et de tous ceux qui s'approchaient de sa table, chacun pendant son mois ; ils ne laissaient manquer de rien. -*Ils faisaient aussi lamités ! ^Voici, j'ai l'intention de bâ- tir une maison au nom de l'Eternel, mon Dieu, comme l'Eternel l'a dé- claré à David, mon père, en disant venir de l'orge et de la paille pour les Ton fils que je mettrai à ta place sur chevaux et les coursiers dans le lieu où se trouvait le roi, chacun selon les ordres qu'il avait reçus. ^'Dieu donna à Salomon de la sa- gesse, une très grande intelligence, et des connaissances multipliées com- me le sable qui est au bord de la mer. 'La sagesse de Salomon surpassait la sagesse de tous les fils de l'Orient et toute la sagesse des Egyptiens. '"Il était plus sage qu'aucun homme, plus cju'Ethan, l'Ezrachite, plusqu'IIéman, Calcol et Darda, les fils de Machol ; et sa renommée était répandue parmi toutes les nations d'alentour. '-Il a prononcé trois mille sentences, et composé mille et cinq cantiques. ^^11 a parlé sur les arbres, depuis le cèdre du Liban jusqu'à l'hysope qui sort de la muraille ; il a aussi parlé sur les animaux, sur les oiseaux, sur les rep- tiles et sur les poissons. '^11 venait des gens de tous les peuples pour enten- dre la sagesse de Salomon, de la part de tous les rois de la terre qui avaient entendu parler de sa sagesse. Alliance de Salomon avec Hiram, roi de Tyr. Préparatifs pour tu construction du temple. Chap. V. 'Hiram, roi de Tyr, en- voya ses serviteurs vers Salomon, car il apprit qu'on l'avait oint pour roi à la place de son père, et il avait tou- jours aimé David. -Salomon fit dire à Hiram : ""Tu sais que David, mon père, n'a pas pu bâtir une maison à l'Eternel, son Dieu, à cause des guerres dont ses ennemis l'ont enveloppé jusqu'à ce que l'Eter- nel les eût mis sous la plante de ses pieds. ''Maintenant l'Eternel, mon Dieu, m'a donné du repos de toutes parts; plus d'adversaires, plus de ca- ton trône, ce sera lui qui bâtira une maison à mon nom. ^Ordonne main- tenant que l'on coupe pour moi des cèdres du Liban. Mes serviteurs se- ront avec les tiens, et je te paierai le salaire de tes serviteurs tel que tu l'auras fixé ; car tu sais qu'il n'y a personne parmi nous qui s'entende à couper les bois comme les Sidoniens. ^Lorsqu'il entendit les paroles de Salomon, Hiram eut une grande joie, et il dit : Béni soit aujourd'hui l'Eter- nel, cjui a donné à David un fils sage pour chef de ce grand peuple ! ^Et Hi- ram fit répondre à Salomon : J'ai en- tendu ce que tu m'as envoyé dire. Je ferai tout ce qui te plaira au sujet des bois de cèdre et des bois de cyprès. 'Mes serviteurs les descendront du Liban à la mer, et je les expédierai par mer en radeaux juscju'au lieu que tu m'indiqueras ; là, je les ferai dé- lier, et tu les prendras. Ce que je désire en retour, c'est que tu four- nisses des A'ivres à ma maison. '"Hiram donna à Salomon des bois de cèdre et des bois de cyprès autant qu'il en voulut. "Et Salomon donna à Hiram vingt mille cors de froment pour l'entretien de sa maison et vingt cors d'huile d'olives concassées ; c'est ce que Salomon donna chaque année à Hiram. '-L'Eternel donna de la sagesse à Salomon, comme il le lui avait promis. Et il y eut paix entre Hiram et Salo- mon, et ils firent alliance ensemble. '•'Le roi Salomon leva sur tout Is- raël des hommes de corvée ; ils étaient au nombre de trente mille. "Il les envoya au Liban, dix mille par mois alternativement ; ils étaient un mois au Liban, et deux mois chez eux. 388 I ROIS. Chap. 5,ir,-6, 20. Adoniram était préposé sur les hom- vit de pierres toutes taillées ; et ni mes de corvée. '^Salomon avait en- marteau, ni hache, ni aucun instru- core soixante-dix mille hommes qui ment de fer, ne furent entendus dans la portaient les fardeaux et quatre-vingt maison pendant qu'on la construisait, mille qui taillaient les pierres dans la * L'entrée des chambres de l'étage in- montagne, "'sans compter les chefs, fériciir était au côté droit de la mai- au nombre de trois mille trois cents, son ; on montait à l'étage du milieu préposés par Salomon sur les travaux par un escalier tournant, et de l'étage et chargés de surveiller les ouvriers, du milieu au troisième. '■'Après avoir *"Le roi ordonna d'extraire de gran- achevé de bâtir la maison, Salomon des et magnifiques pierres de taille la couvrit de planches et de poutres de cèdre. '"Il donna cinq coudées de pour les fondements de la maison. '*Les ouvriers de Salomon, ceux tie Hiram, et les Guibliens, les taillè- rent, et ils préparèrent les bois et les pierres pour bâtir la maison. Construction dit temple. hauteur à chacun des étages qui en- touraient toute la maison, et il les lia à la maison par des bois de cèdre. "L'Eternel adressa la parole à Sa- lomon, et lui dit : *^Tu bâtis cette maison ! Si tu marches selon mes lois, Chap. VI. 'Ce fut la quatre cent si tu pratiques mes ordonnances, si quatre-vingtième année après la sor- tu observes et suis tous mes comman- tie des enfants d'Israël du pays d'E- déments, j'accomplirai à ton égard la gypte que Salomon bâtit la maison à promesse que j'ai faite à David, ton l'Eternel, la quatrième année de son père, ''j'habiterai au milieu des en- règne sur Israël, au mois de Ziv, qui fants d'Israël, et je n'abandonnerai est le second mois. jioint mon peuple d'Israël. -La maison que le roi Salomon bâ- '^Après avoir achevé de bâtir la lit à l'Eternel avait soixante coudées maison, '^Salomon en revêtit les murs de longueur, vingt de largeur, et intérieurement de planches de cèdre, trente de hauteur. ^Le portique de- depuis le sol jusqu'au plafond; il rê- vant le temple de la maison avait vèlit ainsi de bois l'intérieur, et il vingt coudées de longueur répondant couvrit le sol de la maison de plan- à la largeur de la maison, et dix cou- ches de cyprès. '*I1 revêtit de plan- dées de profondeur sur la face de la ches de cèdre les vingt coudées du maison. *Le roi fit à la maison des fond de la maison, depuis le sol jus- fenêtres solidement grillées. ^11 bâtit qu'au haut des murs, et il réserva cet contre le mur de la maison des étages espace pour en faire le sanctuaire, le circulaires, qui entouraient les murs lieu très saint. '"Les quarante cou- de la maison, le temple et le sanc- dées sur le devant formaient la mai- tuaire; et il fit des chambres latérales son, c'est-à-dire le temple. "*Le bois tout autour. ^L'étage inférieur était de cèdre à l'intérieur de la maison large de cinq coudées, celui du mi- offrait des sculptures de coloquintes " lieu de six coudées , et le troisième et de fleurs épanouies ; tout était de de sept coudées ; car il ménagea des retraites à la maison tout autour en dehors, afin que la charpente n'en- trât pas dans les murs de la maison. 'Lorsqu'on bâtit la maison, on se ser- cèdre, on ne voyait aucune pierre. '"Salomon établit le sanctuaire in- térieurement au milieu de la maison, j)our y placer l'arche de l'alliance de l'Eternel. -"Le sanctuaire avait vingt a. Concombres sauvages. 389 Chap. 6, n-7 ,5. I ROIS. coudées de longueur, vingt coudées il étendit aussi l'or sur les chérubins de largeur, et vingt coudées de hau- et sur les palmes. teur. Salomon le couvrit d'or pur. Il -^"11 fit de même, pour la porte du fit devant le sanctuaire un autel de temple, des poteaux de bois d'olivier bois de cèdre et le couvrit d'or. ^'11 sauvage, ayant le quart de la dinien- couvrit d'or pur l'intérieur de la mai- sion du mur, '"'et deux battants de son , et il fit passer le voile dans des bois de cyprès ; chacun des battants chaînettes d'or devant le sanctuaire, était formé de deux planches brisées, qu'il couvrit d'or. ^^11 couvrit d'or ^^11 y fit sculpter des chérubins, des toute la maison, la maison tout en- palmes et des Heurs épanouies, et il tière, et il couvrit d'or tout l'autel qui les couvrit d'or, qu'il étendit sur la était devant le sanctuaire. sculpture. -^11 fit dans le sanctuaire deux ché- ^^11 bâtit le parvis intérieur de trois rubins de bois d'olivier sauvage, ayant rangées de jîierres de taille et d'une dix coudées de hauteur. -^Chacune rangée de poutres de cèdre, des deux ailes de l'un des chérubins ^"La quatrième année", au mois de avait cinq coudées, ce qui faisait dix Ziv, les fondements de la maison de coudées de l'extrémité d'une de ses l'Eternel furent posés ; ^'^et la onzième ailes à l'extrémité de l'autre. -^Le se- année", au mois de Bul, qui est le cond chérubin avait aussi dix cou- huitième mois, la maison fut achevée dées. La mesure et la forme étaient dans toutes ses parties et telle qu'elle les mêmes pour les deux chérubins, devait être. Salomon la construisit -''La hauteur de chacun des deux ché- rubins était de dix coudées. ^'Salo- mon plaça les chérubins au milieu de la maison, dans l'intérieur. Leurs ai- les étaient déployées : l'aile du pre- mier touchait à l'un des murs, et l'aile du second touchait à l'autre mur ; et leurs autres ailes se rencontraient par l'extrémité au milieu de la maison. -^Salomon couvrit d'or les chérubins. *^I1 fit sculpter sur tout le pourtour des murs de la maison, à l'intérieur dans l'espace de sept ans. Construction du palais de Salomon. Chap. VII. 'Salomon bâtit encore sa maison *, ce qui dura treize ans jus- qu'à ce qu'il l'eût entièrement ache- vée. -Il construisit d'abord la maison de la forêt du Liban, longue de cent cou- dées, large de cinquante coudées, et haute de trente coudées. Elle repo- sait sur quatre rangées de colonnes et à l'extérieur, des chérubins, des de cèdre, et il y avait des poutres de palmes et des fleurs épanouies. '"Il cèdre sur les colonnes. ^On couvrit couvrit d'or le sol de la maison, à de cèdre les chambres qui portaient l'intérieur et à l'extérieur. sur les colonnes et qui étaient au *'I1 fit à l'entrée du sanctuaire une nombre de quai"ante-cinq, quinze par porte à deux battants, de bois d'oli- étage. ''Il y avait trois étages, à chacun vier sauvage ; l'encadrement avec les desquels se trouvaient des fenêtres poteaux équivalait à un cinquième du les unes vis-à-vis des autres. ^Toutes mur. ^"Les deux battants étaient de bois d'olivier sauvage. Il y fit sculp- ter des chérubins, des palmes et des fleurs épanouies, et il les couvrit d'or; les portes et tous les poteaux étaient formés de |)outres en carré ; et, à cha- cun des trois étages, les ouvertures étaient les unes vis-à-vis des autres. a. Du règne de Salomon. b. Sa maison, terme désignant ici l'ensemble des constructions royales détail- lées dans les versets qui suivent. 390 I ROIS. Chap. 7 .a-ib. *I1 fit le portique des colonnes, 'Ml fit les deux colonnes d'airain, long de cinquante coudées et large de La première avait dix-huit coudées de trente coudées , et un autre portique en avant avec des colonnes et des de- hauteur, et un fil de douze coudées mesurait la circonférence de la se- conde. '*11 fondit deux chapiteaux d'airain, pour mettre sur les sommets des colonnes ; le premier avait cinq coudées de hauteur, et le second avait cinq coudées de hauteur. '"11 fit des treillis en forme de réseaux, des fes- grés sur leur front. ^11 fit le portique du trône, où il rendait la justice, le portique du ju- gement ; et il le couvrit de cèdre, de- puis le sol jusqu'au plafond. "Sa maison d'habitation fut cons- truite de la même manière, dans une tons façonnés en chaînettes, pour les autre cour, derrière le portique. Et il chapiteaux qui étaient sur le sommet fit une maison du même genre que des colonnes, sept pour le premier ce portique pour la fille de Pharaon, chapiteau, et sept pour le second cha- qu'il avait prise pour femme. piteau. '^11 fit deux rangs de grenades ^Pour toutes ces constructions on autour de l'un des treillis, pour cou- employa de magnifiques pierres, tail- vrir le chapiteau qui était sur le som- lées d'après des mesures, sciées avec met d'une des colonnes ; il fit de mê- la scie, intérieurement et extérieure- me pour le second chapiteau. '^Les ment, et cela depuis les fondements chapiteaux qui étaient sur le sommet jusqu'aux corniches, et en dehors jus- des colonnes, dans le portique, figu- qu'à la grande cour. '"Les fondements raient des lis et avaient quatre cou- étaient en pierres magnifiques et de dées. -"Les chapiteaux placés sur les grande dimension, en pierres de dix deux colonnes étaient entourés de coudées et en jjierres de huit cou- deux cents grenades, en haut, près dées. " Au-dessus il y avait encore de du renflement qui était au delà du magnifiques pierres, taillées d'après treillis ; il y avait aussi deux cents des mesures, et du bois de cèdre, grenades rangées autour du second '-La grande cour avait dans tout son chapiteau. -'Il dressa les colonnes circuit trois rangées de pierres de dans le portique du temple ; il dressa taille et une rangée de poutres de ce- la colonne de droite, et la nomma Ja- dre, comme le parvis intérieur de la kin"; puis il dressa la colonne de gau- maison de l'Eternel, et comme le por- tique de la maison. Les deux colonnes d'airain, la mer d'airain, les bassins, et les dii'ers ustensiles pour le temple. '^Le roi Salomon fit venir de Tyr Hiram, '^fils d'une veuve de la tribu che, et la nomma Boaz*. --Il y avait sur le sommet des colonnes un tra- vail figurant des lis. Ainsi fut achevé l'ouvrage des colonnes. -■'Il fit la mer de fonte. Elle avait dix coudées d'un bord à l'autre, une forme entièrement ronde, cinq cou- dées de hauteur, et une circonférence de Nephthali, et d'un père Tyrien, que mesurait un cordon de trente cou- qui travaillait sur l'airain. Hiram était rempli de sagesse, d'intelligence, et de savoir pour faire toutes sortes d'ou- vrages d'airain. Il arriva auprès du roi Salomon, et il exécuta tous ses ou- a. Jakiu si^nilie (/ affei miia. h. Iluaz signitu* dées. -■'Des coloquintes l'entouraient au-dessous de son bord, dix par cou- dée, faisant tout le tour de la mer; les coloquintes, disposées sur deux rangs, étaient fondues avec elle en une seule pièce. -^Elle était posée sur •« //// /a font'. 391 Chap. 7 , 26-'i9. I ROIS. douze bœufs, dont trois tournés vers le nord, trois tournés vers l'occident, trois tournés vers le midi, et trois tournés vers l'orient; la mer était sur eux, et toute la partie postérieure de leur corps était en dedans. ^^Son épaisseur était d'une palme; et son bord, semblable au bord d'une cou- pe, était façonné en fleur de lis. Elle contenait deux mille baths. ^"11 fit les dix bases d'airain. Chacu- ne aA^ait quatre coudées de longueur, quatre coudées de largeur, et trois coudées de hauteur. -** Voici en quoi consistaient ces bases. Elles étaient formées de panneaux, liés aux coins par des montants. -'Sur les panneaux qui étaient entre les montants il y avait des lions, des bœufs et des ché- rubins; et sur les montants au-dessus comme au-dessous des lions et des bœufs, il y avait des ornements (pii jiendaient en festons. '"Chaque base avait quatre roues d'airain avec des essieux d'airain; et aux quatre angles étaient des consoles de fonte, au-des- sous du bassin , et au delà des fes- tons. ''Le couronnement de la base offrait à son intérieur une ouverture avec un prolongement d'une coudée vers le haut; cette ouverture était ronde, comme pour les ouvrages de ce genre, et elle avait une coudée et demie de largeur; il s'y trouvait aussi des sculptures. Les panneaux étaient carrés, et non arrondis. '-Les quatre roues étaient sous les panneaux, et les essieux des roues fixés à la base ; chacune avait une coudée et demie de hauteur. "Les roues étaient faites comme celles d'un char. Leurs es- sieux, leurs jantes, leurs rais et leurs moyeux, tout était de fonte. '''11 y avait aux quatre angles de chaque base qua- tre consoles d'une même pièce que la base. '^La partie supérieure de la base se terminait par un cercle d'une demi-coudée de hauteur, et elle avait ses appuis et ses panneaux de la mê- me pièce. '^11 grava sur les plaques des appuis, et sur les panneaux, des chérubins , des lions et des palmes , selon les espaces libres, et des guir- landes tout autour. "C'est ainsi qu'il fit les dix bases : la fonte, la mesure et la forme étaient les mêmes pour toutes. "*I1 fit dix bassins d'airain. Chaque bassin contenait quarante baths, cha- que bassin avait quatre coudées, cha- que bassin était surl'une des dix bases. "*I1 plaça cinq bases sur le côté droit de la maison, et cinq bases sur le côté gauche de la maison ; et il plaça la mer du côté droit de la maison, au sud-est. ""Tliram fit les cendriers, les pelles et les coupes. Ainsi Hiram acheva tout l'ouvrage que le roi Salomon lui fit faire pour la maison de l'Eternel ; ""deux colonnes, avec les deux chapiteaux et leurs bour- relets sur le sommet des colonnes ; les deux treillis, pour couvrir les deux bourrelets des chapiteaux sur le som- met des colonnes; ■'-les quatre cents grenades pour les deux treillis, deux rangées de grenades par treillis, pour couvrir les deux bourrelets des cha- piteaux sur le sommet des colonnes; •"les dix bases, et les dix bassins sur les bases; "la mer, et les douze bœufs sous la mer; ^Mes cendriers, les pelles et les coupes. Tous ces ustensiles que le roi Salomon fit faire à Hiram pour la maison de l'Eternel étaient d'airain ])oli. ^'^Le roi les fit fondre dans la plaine du .Jourdain, dans un sol argi- leux, entre Succoth etTsarthan. ''^Sa- lomon laissa tous ces ustensiles sans vérifier le poids de l'airain, parce qu'ils étaient en très grande quantité. ■** Salomon fit encore tous les autres ustensiles pour la maison de l'Eternel: l'autel d'or; la table d'or, sur laquelle on mettait les pains de proposition; ■''•'les chandeliers d'or pur, cinq à droite 392 I ROIS. Chap. 7 ,50-8, w. et cinq à gauche, devant le sanctuaire, de l'arche, et ils couvraient l'arche et avec les fleurs, les lampes et les mou- ses barres par-dessus. *0n avait donné chettes d'or; ^"les bassins, les cou- teaux, les coupes, les tasses et les brasiers d'or pur; et les gonds d'or pour la porte de l'intérieur de la mai- son à l'entrée du lieu très saint, et aux barres une longueur telle que leurs extrémités se voyaient du lieu saint de- vant le sanctuaire, mais ne se voyaient point du dehors. Elles ont été là jus- qu'à ce jour, ni n'y avait dans l'arche pour la porte de la maison à l'entrée que les deux tables de pierre, que du temple. Moïse y déposa en Horeb, lorsque l'E- ^' Ainsi fut achevé tout l'ouvrage que ternel fit alliance avec les enfants d'Is- le roi Salomon fit pour la maison de raël, à leur sortie du pays d'Egypte. l'Eternel. Puis il ap])orta l'argent, l'or '"Au moment où les prêtres sortirent et les ustensiles, que David, son père, du lieu saint, la nuée remplit la mai- avait consacrés, et il les mit dans les son de l'Eternel. "Les prêtres ne pu- trésors de la maison de l'Eternel. Dédicace du temple. — Prière de Salomon. Seconde apparition de Dieu à Salomon. Chap. VIII. 'Alors le roi Salomon assembla près de lui à Jérusalem les anciens d'Israël et tous les chefs des tribus, les chefs de familles des en- fants d'Israël, pour transporter de la rent pas y rester pour faire le service, à cause de la nuée; car la gloire de l'Eternel remplissait la maison de 11']- ternel. '-Alors Salomon dit : L'Eternel veut habiter dans l'obscurité ! '^J'ai bâti une maison qui sera ta demeure, un lieu où tu résideras éternellement ! '*Le roi tourna son visage, et bénit cité de David, qui est Sion, l'arche de toute l'assemblée d'Israël ; et toute l'alliance de l'Eternel. l'assemblée d'Israël était debout. "'Et -Tous les hommes d'Israël se réu- il dit: Béni soit l'Eternel, le Dieu d'Is- nirent auprès du roi Salomon, au mois raël, qui a parlé de sa bouche à David, (.lEthanim, qui est le septième mois, mon père, et qui accomplit par sa pendant la fête". puissance ce qu'il avait déclaré en di- ^Lorsque tous les anciens d'Israël sant : '^Depuis le jour où j'ai fait sor- furent arrivés, les prêtres portèrent tir d'Egypte mon peuple d'Israël, je l'arche. *Ils transportèrent l'arche de n'ai point choisi de ville parmi toutes l'Eternel, la tente d'assignation, et les tribus d'Israël pour qu'il y fût bâti tous les ustensiles sacrés qui étaient une maison où résidât mon nom, mais dans la tente : ce furent les prêtres et j'ai choisi David pour qu'il régnât sur les Lévites qui les transportèrent. ^Le mon peuple d'Israël! '^David, mon roi Salomon et toute l'assemblée dis- père, avait l'intention de bâtir une mai- raël convoquée auprès de lui se tinrent son au nom de l'Eternel, le Dieu dis- devant l'arche. Ils sacrifièrent des bre- raël. '*Et l'Eternel dit à David, mon bis et des bœufs, (jui ne purent être père : Puisque tu as eu l'intention de ni comptés, ni nombres, à cause de bâtir une maison à mon nom, tu as leur multitude. ^Les prêtres portèrent bien fait d'avoir eu cette intention, l'arche de l'alliance de l'Eternel à sa ''•'Seulement, ce ne sera pas toi qui place, dans le sanctuaire de la mai- bâtiras la maison ; mais ce sera ton son, dans le lieu très saint, sous les ai- fils, sorti de tes entrailles, qui bâtira les des chérubins. ' Car les chérubins la maison à mon nom. -"L'Eternel a avaient les ailes étendues sur la place accompli la parole qu'il avait pronon- a. La fête dos tîiheriiacles ou de la l'ccolle. 393 Chap. H, 21- 38. I ROIS. cée. Je me suis élevé à la place de Da- vid, mon père, et je me suis assis sur le trône d'Israël, comme l'avait an- noncé l'Eternel, et j'ai bâti la maison au nom de l'Eternel, le Dieu d'Israël. *'J'y ai disposé un lieu pour l'arche où est l'alliance de l'Eternel, l'alliance prière que ton serviteur fait en ce lieu. ^"Daigne exaucer la supplication de ton serviteur et de ton peuple d'Is- raël, lorsqu'ils prieront en ce lieu ! Exauce du lieu de ta demeure, des cieux, exauce et pardonne ! ^' Si quelqu'un pèche contre son pro- qu'il a faite avec nos pères quand il chain et qu'on lui impose un serment les fit sortir du pays d'Egypte. ]>our le faire jurer, et s'il vient jurer ^^Salomon se plaça devant l'autel de devant ton autel, dans cette maison, l'Éternel, en face de toute l'assemblée — ^ '"-écoute-le des cieux, agis, et juge d'Israël. Il étendit ses mains vers le tes serviteurs; condamne le coupable, ciel, et il dit : et fais retomber sa conduite sur sa -'O Eternel, Dieu d'Israël! Il n'y a tête; rends justice à l'innocent, et point de Dieu semblable à toi, ni en traite-le selon son innocence ! haut dans les cieux, ni en bas sur la ^'Ouand ton peuple d'Israël sera terre : tu gardes l'alliance et la misé- battu par l'ennemi, pour avoir péché ricorde envers tes serviteurs qui niar- contre toi; s'ils reviennent à toi et chenten ta présence de tout leur cœur ! rendent gloire à ton nom, s'ils t'adres- "Ainsi tu as tenu parole à ton servi- sent des prières et des supplications teur David, mon père; et ce que tu as dans cette maison, — -"exauce-les des déclaré de ta bouche, tu l'accomplis cieux, pardonne le péché de ton peu- en ce jour par ta puissance. -^Mainte- ])le d'Israël, et ramène-les dans le pays nant. Eternel, Dieu d'Israël, observe que tu as donné à leurs pères ! la promesse que tu as faite à David, '^^ Quand le ciel sera fermé et qu'il mon père, en disant : Tu ne manque- n'y aura point de pluie, à cause de ras jamais devant moi d'un successeur leurs péchés contre toi; s'ils prient assis sur le trône d'Israël, pourvu que dans ce lieu et rendent gloire à ton tes fils prennent garde à leur voie et nom, et s'ils se détournent de leurs qu'ils marchentenmaprésencecomme péchés, parce que tu les auras châtiés, tu as marché en ma présence. -"Oh! — •"'exauce-les des cieux, pardonne qu'elle s'accomplisse. Dieu d'Israël, le péché de tes serviteurs et de ton la promesse que tu as faite à ton ser- peuple d'Israël, à qui tu enseigneras viteur David, mon père ! la jjonne voie dans laquelle ils doivent ^'Mais quoi! Dieu habiterait-il vé- marcher, et fais venir la pluie sur la ritablement sur la terre? Voici, les terre que tu as donnée en héritage â cieux et les cieux des cieux ne peuvent ton peuple ! te contenir : combien moins cette mai- '"Quand la famine, la peste, la son que je t'ai bâtie ! -^Toutefois, Éter- rouille, la nielle'', les sauterelles d'une nel mon Dieu, sois attentif à la prière espèce ou d'une autre*, seront dans de ton serviteur et â sa supplication; le pays, quand écoute le cri et la prière que t'adresse aujourd'hui ton serviteur. -'Que tes yeux soient nuit et jour ouverts sur cette maison, sur ennemi assiégera ton le lieu dont tu as dit : Là sera mon nom ! Ecoute la peuple dans son pays, dans ses por- tes'', ([uand il v aura des fléaux ou des maladies quelconques ; ''^si un homme, si tout ton peuple d'Israël fait enten- dre des prières et des supplications, a. yît'lle. Hialadie des plantes, qui en lait (auer la verdure de sauterelles. c. Ses portes, ses villes. /). Liltéi'alement : Yarbé. le I.asil, deux espéees 394 I ROIS. Chap. 8,39- 59. et que chacun reconnaisse la plaie de ennemis qui les ont emmenés captifs, son cœur et étende les mains vers s'ils t'adressent des prières, les regards cette maison, — ''■' exauce-le des cieux, tournés vers leur pays que tu as donné du lieu de ta demeure, et pardonne; à leurs pères, vers la ville que tu as agis, et rends à chacun selon ses voies, choisie et vers la maison que j'ai bâtie toi qui connais le cœur de chacun, car à ton nom, — ■'"exauce des cieux, du seul tu connais le cœur de tous les lieu de ta demeure, leurs prières et enfants des hommes, '"'et ils te crain- leurs supplications, et fais-leur droit; dront tout le temps qu'ils vivront dans ^'pardonne à ton peuple ses péchés et le pays que tu as donné à nos pères ! toutes ses transgressions contre toi; "Quand l'étranger, qui n'est pas de excite la compassion de ceux qui les ton peuple d'Israël, viendra d'un pays retiennent captifs, afin qu'ils aient pi- lointain, à cause de ton nom, ''-car tié d'eux, ^'car ils sont ton peuple et on saura que ton nom est grand, ta ton héritage, et tu les as fait sortir main forte, et ton bras étendu, quand d'Egypte, du milieu d'une fournaise il viendra prier dans cette maison, — de fer ! '"exauce-le des cieux, du lieu de ta "Quêtes yeux soient ouverts sur la demeure, et accorde à cet étranger supplication de ton serviteur et sur la tout ce f[u'il te demandera, afin que supplication de ton peuple d'Israël, tous les peuples de la terre connais- pour les exaucer en tout ce qu'ils te sent ton nom pour te craindre, comme demanderont ! ^^Car tu les as séparés ton peuple d'Israël, et sachent que de tous les autres peuples de la terre ton nom est invoqué sur cette maison pour en faire ton héritage, comme tu que j'ai bâtie ! l'as déclaré par Mo'i'se, ton serviteur, **Quand ton peuple sortira pour quand tu fis sortir d'Egypte nos pères, combattre son ennemi, en suivant la Seioneur Eternel ! voie que tu lui auras prescrite; s'ils ^* Lorsque Salonion eut achevé d'a- adressent à l'Eternel des prières, les dresser à l'Eternel toute cette prière regards tournés vers la ville que tu as et cette supplication, il se leva de de- choisie et vers la maison que j'ai bâtie vant l'autel de l'Eternel, où il était à ton nom, — ■'^exauce des cieux leurs agenouillé, les mains étendues vers le prières et leurs supplications, et fais- ciel. ^M3ebout, il bénit à haute voix leur droit! toute l'assemblée d'Israël, en disant : ■"'Ouand ils pécheront contre toi, ^^Béni soit l'Eternel qui a donné du car il n'y a point d'homme qui ne pè- repos à son peuple d'Israël, selon che, quand tu seras irrité contre eux toutes ses promesses! De toutes les et que tu les livreras à l'ennemi, qui bonnes paroles qu'il avait prononcées les emmènera captifs dans un jniys par Mo'ise, son serviteur, aucune n'est ennemi, lointain ou rapproché; ''"s'ils restée sans effet. "Que l'Eternel, notre rentrent en eux-mêmes dans le pavs Dieu, soit avec nous, comme il a été oii ils seront captifs, s'ils reviennent avec nos pères; qu'il ne nous aban- à toi et t'adressent des supplications donne point et ne nous délaisse point, dans le pays de ceux qui les ont eni- ^^mais qu'il incline nos cœurs vers lui, menés, et qu'ils disent : Nous avons afin que nous marchions dans toutes ses voies, et que nous observions ses commandements, ses lois et ses ordon- nances, qu'il a prescrits à nos pères ! ^^Que ces paroles, objet de mes sup- péché, nous avons commis des iniqui- tés, nous avons fait le mal ! ^^s'ils re- viennent à toi de tout leur cœur et de toute leur âme, dans le pays de leurs 39^ Ch ap. o, co- 8. 60-9. I ROIS. plications devant l'Eternel, soient jour J'exauce ta prière et ta supplication et nuit présentes à l'Eternel, notre que tu m'as adressées , je sanctifie Dieu, et qu'il fasse en tout temps droit cette maison que tu as bâtie pour y à son serviteur et à son peuple d'Is- mettre à jamais mon nom, et j'aurai raël, ^''afin que tous les peuples de la toujours là mes yeux et mon cœur, terre reconnaissent que l'Eternel est ""Et toi, si tu marches en ma présence Dieu, qu'il n'y en a pointd'autre ! *'Que comme a marché David, ton père, votre cœur soit tout à l'Eternel, notre avec sincérité de cœur et avec droi- Dieu, comme il l'est aujourd'hui, pour ture, faisant tout ce que je t'ai com- suivre ses lois et pour observer ses mandé, si tu observes mes lois et mes commandements ! ordonnances, ^j'établirai pour toujours ^■-Le roi et tout Israël avec lui offri- le trône de ton royaume en Israël, rent des sacrifices devant l'Eternel, comme je l'ai déclaré à David, ton ^^Salomon immola vingt -deux mille père, en disant : Tu ne manqueras bœufs et cent vingt mille brebis pour jamais d'un successeur sur le trône le sacrifice d'actions de grâces, qu'il d'Israël. "Mais si vous vous détournez offrit à l'Éternel. Ainsi le roi et tous de moi, vous et vos fils, si vous n'ob- les enfants d'Israël firent la dédicace servez pas mes commandements, mes de la maison de l'Eternel. "''En ce jour, lois que je vous ai prescrites, et si le roi consacra le milieu du parvis, vous allez servir d'autres dieux et vous qui est devant la maison de l'Eternel; prosterner devant eux, 'j'exterminerai car il offrit là les holocaustes, les of- Israël du pays que je lui ai donné, je frandes, et les graisses des sacrifices rejetterai loin de moi la maison que d'actions de grâces, parce que l'autel j'ai consacrée à mon nom, et Israël d'airain qui est devant l'Eternel était sera un sujet de sarcasme et de rail- trop petit pour contenir les holocaus- lerie parmi tous les peuples. *Et si tes, les offrandes, et les graisses des haut placée qu'ait été cette maison, sacrifices d'actions de grâces. quiconque passera près d'elle sera "^Salomon célébra la fête en ce dans l'étonnement et sifflera. On dira : temps-là, et tout Israël avec lui. Une Pourquoi fEternel a-t-il ainsi traité grande multitude, venue depuis les ce pays et cette maison ? 'Et l'on ré- environs de Ilamath jusqu'au torrent pondra : Parce qu'ils ont abandonné d'Egypte, s'assembla devant l'Eternel, l'Eternel, leur Dieu, qui a fait sortir notre Dieu, pendant sept jours, et sept leurs pères du pays d'Egypte, parce autres jours, soit quatorze jours. ""Le qu'ils se sont attachés à d'autres dieux, huitième jour, il renvoya le peuple, se sont prosternés devant eux et les Et ils bénirent le roi, et s'en allèrent ont servis; voilà pourquoi l'Eternel a dans leurs tentes", joyeux et le cœur fait venir sur eux tous ces maux, content pour tout le bien que l'Eter- nel avait fait à David, son serviteur, et à Israël, son peuple. Chap. IX. ' Lorsque Salomon eut achevé de bâtir la maison de l'Eternel, la maison du roi, et tout ce qu'il lui plut de faire, -l'Eternel apparut à Salomon Villes bâties par Salomon. — Navires envoyés à Opliir. '"Au bout de vingt ans, Salomon avait bâti les deux maisons, la maison de l'Eternel et la maison du roi. "Alors, une seconde fois, comme il lui était comme Hiram, roi de Tyr, avait fourni apparu à Gabaon. =* Et l'Éternel lui dit : à Salomon des bois de cèdre et des a. Tentes, demeures. 396 I ROIS. Chap. 0,10-10,5. bois de cyprès, et de l'or, autant qu'il en voulut, le roi Saloraon donna à lli- rani vingt villes dans le pays de Gali- lée. 'Mliram sortit de Tyr, pour voir les villes que lui donnait Salomon. Mais elles ne lui plurent point, '^et il dit : Quelles villes m'as-tu données au nombre de cinq cent cinquante, chargés de surveiller les ouvriers. **La fille de Pharaon monta de la cité de David dans sa maison que Sa- lomon lui avait construite. Ce fut alors qu'il bâtit Millo. "Salomon offrit trois fois dans l'an- là, mon frère ? Et il les appela pays de née des holocaustes et des sacrifices Cabul", nom qu'elles ont conservé jus- d'actions de grâces sur l'autel qu'il qu'à ce jour. '*Hiram avait envoyé au avait bâti à l'Eternel, et il brûla des roi cent vingt talents d'or. parfums sur celui qui était devant l'E- '^Voici ce qui concerne les hommes ternel. Et il acheva la maison, de corvée que leva le roi Salomon **Le roi Salomon construisit des pour bâtir la maison de l'Eternel et sa navires à Etsjon-Guéber, près d'É- propre maison, Millo*, et le mur de loth, sur les bords de la mer Rouge, Jérusalem, Hatsor, Meguiddo et Gué- dans le pays d'Edom. -"Et Hiram en- zer. '* Pharaon, roi d'Egypte, était ve- voya sur ces navires, auprès des ser- nu s'emparer de Guézer, l'avait incen- viteurs de Salomon, ses propres ser- diée, et avait tué les Cananéens qui Aiteurs, des matelots, connaissant la habitaient dans la ville. Puis il l'a- mer. ^^ Ils allèrent à Ophir, et ils y vait donnée pour dot à sa fille, femme prirent de l'or, quatre cent vingt ta- de Salomon. '"Et Salomon bâtit Gué- lents, qu'ils apportèrent au roi Salo- zer, Beth-IIoron la basse, '^Baalath, et Thadmor, au désert dans le pays; '^toutes les villes servant de magasins et lui appartenant, les villes pour les chars, les villes pour la cavalerie, et tout ce qu'il plut à Salomon de bâtir à mon. La reine de Séba à Jérusalem. — Richesses de Salomon. Chap. X. 'La reine de Séba apprit Jérusalem, au Liban, et dans tout le la renommée que possédait Salomon, pays dont il était le souverain. -"Tout à la gloire de l'Éternel, et elle vint le peuple qui était resté des Amoréens, pour l'éprouver par des énigmes. - Elle des Héthiens , des Pliéréziens , des arriva à Jérusalem avec une suite fort Héviens et des Jébusiens, ne faisait nombreuse, et avec des chameaux por- pointpartiedesenfantsd'Israël, -'leurs tant des aromates, de l'or en très descendants qui étaient restés après grande quantité, et des pierres pré- eux dans le pays et que les enfants cieuses. Elle se rendit auprès de Sa- d'Israël n'avaient pu dévouer par in- lomon, et elle lui dit tout ce qu'elle terdit, Salomon les leva comme escla- avait dans le cœur. ^Salomon répondit ves de corvée, ce qu'ils ont été jusqu'à à toutes ses questions, et il n'y eut ce jour. ^^Mais Salomon n'employa rien que le roi ne sût lui explicjuer. point comme esclaves les enfants d'Is- raël ; car ils étaient des hommes de guerre, ses serviteurs, ses chefs, ses officiers, les commandants de ses chars ^La reine de Séba vit toute la sagesse de Salomon, et la maison qu'il avait bâtie, ^et les mets de sa table, et la demeure de ses serviteurs, et les fonç- ât de sa cavalerie. -^Les chefs prépo- tions et les vêtements de ceux qui le ses par Salomon sur les travaux étaient servaient, et ses échansons, et ses ho- a. Cabul. Étymologie douteuse Voy. II Sam. 5, 9. « comme rien », ou « pays frontière w. b. Millo. citadelle dans Sion. 397 Chop. l0,6-m. I ROIS. locaustes qu'il offrait clans la maison de rÉternel. Hors d'elle-même, "elle dit au roi : C'était donc vrai ce que j'ai appris dans mon pays au sujet de ta position et de ta sagesse ! 'Je ne le croyais pas, avant d'être venue et d'a- voir vu de mes yeux. Et voici, on ne m'en a pas dit la moitié. Tu as plus de sagesse et de prospérité que la re- nommée ne me l'a fait connaître. ^Heu- reux tes gens, heureux tes serviteurs qui sont continuellement devant toi, qui entendent ta sagesse! 'Béni soit l'Éternel, ton Dieu, qui t'a accordé la faveur de te placer sur le trône d'Is- raël ! C'est parce que l'Eternel aime à toujours Israël, qu'il t'a établi roi pour que tu fasses droit et justice. '"Elle donna au roi cent vingt ta- lents d'or, une très grande quantité d'aromates, et des pierres précieuses. Il ne vint plus autant d'aromates, que la reine de Séba en donna au roi Salo- cun desquels il employa six cents si- cles d'or, '"et trois cents autres bou- cliers d'or battu, pour chacun desquels il employa trois mines d'or; et le roi les mit dans la maison de la forêt du Liban. "'Le roi fit un grand trône d'i- voire, et le couvrit d'or pur. '^Ce trône avait six degrés, et la partie supé- rieure en était arrondie par derrière ; il y avait des bras de chaque côté du siège ; deux lions étaient près des bras, -"et douze lions sur les six degrés de part et d'autre. Il ne s'est rien fait de pareil pour aucun royaume. -'Toutes les coupes du roi Salomon étaient d'or, et toute la vaisselle de la maison de la forêt du Liban était d'or pur. Rien n'était d'argent : on n'en faisait aucun cas du temps de Salomon. ^'^Car le roi avait en mer des navires de Tarsis avec ceux de Iliram ; et tous les trois ans arrivaient les navires de Tarsis, apportant de l'or et de l'argent, de l'ivoire, des singes et des paons. -'Le roi Salomon fut plus grand que tous les rois de la terre par les riches- aussi d'Ophir une grande quantité de ses et par la sagesse. -''Tout le monde bois de sandal et des pierres précieu- cherchait à voir Salomon, pour enten- ses.'"^Leroi fitavecleboisdesandaldes dre la sagesse que Dieu avait mise balustrades pour la maison de l'Eter- dans son cœur. -^Et chacun apportait nel et pour la maison du roi, et des son présent, des objets d'argent et des harpes et des luths pour les chantres, objets d'or, des vêtements, des armes, Il ne vint plus de ce bois de sandal, et des aromates, des chevaux et des mu- mon. "Les navires de Iliram, qui appor- tèrent de l'or d'Ophir, amenèrent on n en a plus vu jusqu a ce jour. '^Le roi Salomon donna à la reine de Séba tout ce qu'elle désira, ce qu'elle demanda, et lui fit en outre des lets ; et il en était ainsi chaque année. -"Salomon rassembla des chars et de la cavalerie ; il avait quatorze cents chars et douze mille cavaliers, qu'il présents dignes d'un roi tel que Salo- plaça dans les villes où il tenait ses mon. Puis elle s'en retourna et alla dans son pays, elle et ses serviteurs. '^Le poids de l'or qui arrivait à Sa- lomon chaque année était de six cent soixante-six talents d'or, '^outre ce qu il retirait des négociants et du tra- fic des marchands, de tous les rois d'Arabie, et des gouverneurs du pays. '"Le roi Salomon fit deux cents grands boucliers d'or battu, pour cha- chars et à Jérusalem près du roi. ^^Le roi rendit l'argent aussi commun à Jérusalem que les pierres, et les cè- dres aussi nombreux que les sycomo- res qui croissent dans la plaine. -*C'é- taitde l'Egypte que Salomon tirait ses chevaux ; une caravane de marchands du roi les allait chercher par troupes à un prix fixe : -"un char montait et sortait d'Egypte pour six cents sicles 398 nois. Chfip. 11, /-?2. d'argent, et un cheval pour cent cin- quante sicles. Ils en amenaient de même avec eux pour tous les rois des lléthiens et pour les rois de Syrie. Les fci/iiiics ctrnngèrcs, Vidolàtric et les enne- mis (le Salomon. — .S'a mon. Cliap. XI. 'Le roi Salomon aima beaucoup de femmes étrangères, ou- tre la fille de Pharaon : des Moahites, des Ammonites, des Edomites, des Sidoniennes, des Héthiennes, '-a])])ar- tenant aux nations dont l'Eternel avait dit aux entants d'Israël : ^'ous n'irez point chez elles, et elles ne viendront point chez vous ; elles tourneraient certainement vos cœurs du côté de leurs dieux. Ce fut à ces nations que s'attacha Salomon, entraîné par l'a- mour. -'Il eut sept cents princesses ])Our femmes et trois cents concubi- nes ; et ses femmes détournèrent son cœur. ■'A l'époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d'autres dieux ; et son cœur ne fut ]ioint tout entier à l'Eternel, son Dieu, comme l'avait été le cœur de David, son père. ^Salomon alla après Astarté, divinité des Sidoniens, et après Milcom , l'abomination des Ammonites. ^Et Salomon fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, et il ne sui- vit point pleinement l'Eternel, comme David, son père. "Alors Salomon bâtit sur la montagne qui est en face de Jé- rusalem un haut lieu pour Kemosch, serva point les ordres de l'Eternel. "Et l'Eternel dit à Salomon : Puisque tu as agi de la sorte, et que tu n'as point observé mon alliance et mes lois que je t'avais prescrites, je déchirerai le royaume de dessus toi et je le don- nerai à ton serviteur. '-Seulement, je ne le ferai point pendant ta vie, à cause de David, ton père. C'est de la main de ton fils que je l'arracherai. ''.Je n'arracherai cependant pas tout le royaume; je laisserai une tribu à ton fils, à cause de David, mon servi- teur, et à cause de Jérusalem, cpie j'ai choisie. '■'L'Eternel suscita un ennemi à Sa- lomon : Hadad, l'Edomite, de la race royale d'Edom. '^Dans le temps où David battit Edom, Joab, chef de l'ar- mée, étant monté pour enterrer les morts, tua tous les mâles qui étaient en Edom; '*il y resta six mois avec tout Israël, jusqu'à ce qu'il en eût ex- terminé tous les mâles. '"Ce fut alors fpi'Hadad prit la fuite avec des Edo- mites, serviteurs de son père, pour se rendre en Egypte. Hadad était encore un jeune garçon. '^Partis de Madian, ils allèrent à Paran, prirent avec eux des hommes de Paran, et arrivèrent en Egypte auprès de Pharaon, roi d'E- gypte. Pharaon donna une maison à Hadad, pourvut à sa subsistance, et lui accorda des terres. '^ Hadad trouva grâce aux yeux de Pharaon, à tel point que Pharaon lui donna pour femme la sœur de sa femme, la sœur de la reine labomination de Moab, et pour Mo- Thachpenès. -"La sœur deThachpenès loc, l'abomination des fils d'Ammon. *Et il fit ainsi pour toutes ses femmes étrangères, qui offraient des parfums et des sacrifices à leurs dieux. ^L'Eternel fut irrité contre Salo- mon, parce qu'il avait détourné son cœur de l'Eternel, le Dieu d'Israël, qui lui était apparu deux fois. '"Il lui avait â cetégaril tiéicndu d'aller ajirès d'autres dieux; mais Salomon n'ob- lui enfanta son fils Guenubath. Thach- penès le sevra dans la maison de Pha- raon ; et Guenubath fut dans la maison de Pharaon , au milieu des enfants de Pharaon. -'Lorsque Hadad apprit en Egypte que David était couché avec ses pères, et que Joab, chef de l'ar- mée, était mort, il dit à Pharaon : Laisse-moi aller dans mon pays. --Et Pharaon lui dit : Que te manque-l-il 399 20 Chap. 1 l.QS-iis. I ROIS. auprès de moi, pour que tu désires vant Kemosch , dieu de Moab, et de- aller dans ton pays ? Il répondit : Rien, vant Milcom, dieu des fds d'Ammon, mais laisse-moi partir. et parce qu'ils n'ont point marché -^Dieu suscita un autre ennemi à dans mes voies pour faire ce qui est Salomon : Rezon , fds d'Eliada, qui droit à mes yeux et pour observer mes s'était enfui de chez son maître Hada- lois et mes ordonnances, comme l'a dézer, roi de Tsoba. ^''Il avait rassem- fait David, père de Salomon. '''Je n'ô- blé des gens auprès de lui, et il était terai pas de sa main tout le royaume, chef de bande, lorsque David massa- car je le maintiendrai prince tout le cra les troupes de son maître. Ils allé- temps de sa vie, à cause de David, rent à Damas, et s'y établirent, et ils mon serviteur, que j'ai choisi, et qui a régnèrent à Damas. ^^11 fut un ennemi observé mes commandements et mes d'Israël pendant toute la vie de Salo- lois. '^Mais j'ôterai le royaume de la mon, en même temps qu'Hadad lui main de son fds, et je t'en donnerai faisait du mal, et il avait Israël en aversion. Il régna sur la Syrie. ^* Jéroboam aussi, serviteur de Salo- mon, leva la main contre le roi. Il était fds de Nebath, Éphratien deTse- réda, et il avait pour mère une veuve dix tribus ; '^je laisserai une tribu à son fds, afin que David, mon servi- teur, ait toujours une lampe "devant moi à Jérusalem, la ville que j'ai choisie ])our y mettre mon nom. ^' Je te prendrai , et tu régneras sur tout ce nommée Tserua. "Voici à quelle occa- que ton àme désirera, tu seras roi sion il leva la main contre le roi. Sa- d'Israël. '"^Si tu obéis à tout ce que je lomon bâtissait Millo, et fermait la t'ordonnerai, si tu marches dans mes brèche de la cité de David, son père, voies et si tu fais ce qui est droit à -Méroboam était fort et vaillant; et mes yeux, en observant mes lois et Salomon, ayant vu ce jeune homme à mes commandements, comme l'a fait l'œuvre, lui donna la surveillance de David, mon serviteur, je serai avec tous les gens de corvée de la maison toi, je te bâtirai une maison stable, de Joseph. -^Dans ce temps-là, Jéro- comme j'en ai bâti une à David, et je boam, étant sorti de Jérusalem, fut te donnerai Israël. ■''■'J'humilierai par rencontré en chemin par le prophète là la postérité de David, mais ce ne Achija de Silo, revêtu d'un manteau sera pas pourtoujours-^^Salomoncher- neuf. Ils étaient tous deux seuls dans cha à faire mourir Jéroboam. Et Jéro- les champs. '"Achija saisit le manteau boam se leva et s'enfuit en Egypte neuf qu'il avait sur lui, le déchira en auprès de Schischak, roi d'Egypte; il douze morceaux, "et dit à Jéroboam : demeura en Egypte jusqu'à la mort de Prends pour toi dix morceaux! Car Salomon. ainsi parle l'Éternel, le Dieu d'Israël : '"Le reste des actions de Salomon, Voici, je vais arracher le royaume de tout ce qu'il a fait, et sa sagesse, cela la main de Salomon, et je te donnerai n'est-il pas écrit dans le livre des actes dix tribus. '^Mais il aura une tribu, à de Salomon? cause de mon serviteur David, et à ■'-Salomon régna quarante ans à Jé- cause de Jérusalem, la ville que j'ai rusalem sur tout Israël. '"Puis Salo- choisie sur toutes les tribus d'Israël, mon se coucha avec ses pères, et il ^'Et cela, parce qu'ils m'ont aban- fut enterré dans la ville de David, son donné, et se sont prosternés devant père. Roboam, son fils, régna à sa Astarté , divinité des Sidoniens , de- place. a. Un successeur revêtu du pouvoir royal. 400 I ROIS. LES ROIS DE .lUDA ET LES ROIS D ISRAËL, DEPUIS LA DIVISION DU ROYAUME jusqu'à JOSAPHAT, ROI DE JUDA, ET ACHAB, ROI d'iSRAËL {Chap. 12-22.) Di\'ision du royaume : Roboain roi de Jnda. Jérohoai d Isrui'l. Chap. XII. 'Roboam se rendit à Sichem , car tout Israël était venu à Sicheni pour le faire roi. -Lorsque Jéroboam, fils de Ncbath, eut des nouvelles , il était encore en Egyjîte, où il s'était enfui loin du roi Salomon, et c'était en Egypte qu'il de- meurait. 'On l'envoya appeler. Alors Jéroboam et toute l'assemblée d'Is- raël vinrent à Roboam et lui parlèrent ainsi : *Ton père a rendu notre joug- dur; toi maintenant, allège cette rude servitude et le joug pesant que nous a imposé ton père. Et nous te servi- rons. ^11 leur dit : Allez, et revenez vers moi dans trois jours. Et le peu- ple s'en alla. ^Le roi Roboam consulta les vieil- lards qui avaient été auprès de Salo- mon, son père, pendant sa vie, et il dit : Que conseillez-vous de répondre à ce peuple? "Et voici ce qu'ils lui di- rent : Si aujourd'hui tu rends service à ce peuple, si tu leur cèdes, et si tu leur réponds par des paroles bien- veillantes, ils seront pour toujours tes serviteurs. *Mais Roboam laissa le conseil que lui donnaient les vieil- lards, et il consulta les jeunes gens qui avaient grandi avec lui et qui l'en- touraient. 'Il leur dit : Que conseillez- vous de répondre à ce peuple qui me tient ce langage : Allège le joug que nous a imposé ton père? '"Et voici ce que lui dirent les jeunes gens qui a. Espèce de verge ou de fouet garni de pointes. avaient grandi avec lui : Tu parleras ainsi à ce peuple qui t'a tenu ce lan- gage : Ton père a rendu notre joug pesant, et toi, allège-le-nous! tu leur parleras ainsi : Mon petit doigt est plus gros que les reins de mon père. "Maintenant, mon père vous a char- gés d'un joug pesant, et moi je vous le rendrai plus pesant; mon père vous a châtiés avec des fouets, et moi je vous châtierai avec des scorpions". '-Jéroboam et tout le peuple vin- rent à Roboam le troisième jour, sui- vant ce qu'avait dit le roi : Revenez vers moi dans trois jours. ''Le roi ré- pondit durement au peuple. Il laissa le conseil que lui avaient donné les vieillards, '^et il leur parla ainsi d'a- près le conseil des jeunes gens : Mon père a rendu votre joug pesant, et moi je vous le rendrai plus pesant; mon père vous a châtiés avec des fouets, et moi je vous châtierai avec des scorpions. '^Ainsi le roi n'écouta point le peuple; car cela fut dirigé par l'Eternel, en vue de l'accomplis- sement de la parole que l'Eternel avait dite par Achija de Silo à Jéroboam, fils de Nebath. '^Lorsque tout Israël vit que le rot ne l'écoutait pas, le peuple répondit au roi : Quelle part avons-nous avec David? Nous n'avons point d'héritage avec le fils d'Isaï ! A tes tentes, Israël ! Maintenant, pourvois à ta maison, 401 Chap. 12. 11-1 S,, I ROIS. David ! Et Israël s'en alla dans ses -^Jéroboam dit en son cœur : Le tentes. '"Les enfants d'Israël qui ha- royaume pourrait bien maintenant re- bitaient les villes de Juda furent les tourner à la maison de David. -^Si ce seuls sur qui régna Roboam. '*Alors peuple monte à Jérusalem pour faire le roi Roboam envoya Adoram , qui des sacrifices dans la maison de l'E- était préposé sur les impôts. Mais ternel, le cœur de ce peuple retour- Adoram fut lajîidc par tout Israël, et nera à son seigneur, à Roboam, roi il mourut. Et le roi Roboam se hâta de Juda, et ils me tueront et retour- de monter sur un char, pour s'enfuir neront à Roboam, roi de Juda. -^Après à Jérusalem. '^C'est ainsi qu'Israël s'être consulté, le roi fit deux veaux s'est détaché de la maison de David d'or, et il dit au peuple : Assez long- jusqu'à ce jour. temps vous êtes montés à Jérusalem; -"Tout Israël ayant appris que Jéro- Israël ! voici ton Dieu, c{ui t'a fait sor- boam était de retour, ils l'envoyèrent tir du pays d'Egypte. -''Il plaça l'un appeler dans l'assemblée, et ils le de ces veaux à Béthel, et il mit l'autre firent roi sur tout Israël. La tribu de à Dan. '°Ge fut là une occasion de pé- Juda fut la seule qui suivit la maison ché. Le peuple alla devant l'un des de David. veaux jusqu'à Dan. ^'Jéroboam fit une -'Roboam, arrivé à Jérusalem, ras- maison de hauts lieux, et il créa des sembla toute la maison de Juda et la prêtres pris parmi tout le peuple et tribu de Benjamin, cent quatre-vingt n'appartenant point aux fils de Lévi. mille hommes d'élite propres à la guer- ^-11 établit une fête au huitième mois, re, pour qu'ils combattissent contre le quinzième jour du mois, comme la la maison d'Israël afin de la ramener fête qui se célébrait en Juda, et il of- sous la domination de Roboam, fils de frit des sacrifices sur l'autel. Voici ce Salomon. -'Mais la parole de Dieu fut qu'il fit à Béthel, afin que l'on sacri- ainsi adressée à Schemaeja, homme iiàt aux veaux qu'il avait faits. II plaça de Dieu : -''Parle à Roboam, fils de à Béthel les prêtres des hauts lieux Salomon, roi de Juda, et à toute la qu'il avait élevés. ''Et il monta sur maison de Juda et de Benjamin, et au l'autel qu'il avait fait à Béthel, le quin- reste du peuple. Et dis-leur : -'Ainsi ziènie jour du huitième mois, mois parle l'Eternel : Ne montez point, et rpiil avait choisi de son gré. II fit une ne faites pas la guerre à vos frères, fête pour les enfants d'Israël, et il les enfants d'Israël ! Que chacun de monta sur l'autel pour brûler des par- vous retourne dans sa maison, car fums. c'est de ])ar moi que cette chose est Chap. XIII. 'Voici, un homme de Dieu arriva de Juda à Béthel, par la parole de l'Eternel, pendant que Jé- roboam se tenait à l'autel pour brûler des parfums. -Il cria contre l'autel, par la parole de ri']ternel, et il dit : Autel ! autel ! ainsi j^arle l'Elternel : A'oici, il naîtra un fils à la maison de David ; son nom sera Josias ; il immo- lera sur toi les prêtres des hauts lieux -^Jéroboam bâtit Sichem sur la mon- qui brûlent sur toi des parfums, et tagne d'E]ihraïm, et il V demeura ; puis l'on brûlera sur toi des ossements il en sortit, et bâtit Penuel. d'hommes ! 'Et le même jour il donna 402 arrivée. Ils obéirent à la parole de l'Eternel, et ils s'en retournèrent, se- lon la parole de l'Éternel. I.c royaume d'Israël sons Jéroboam. — Culte des veau.r d'or. — L'autel de Béthel et la main de Jéroboam. — Propliète tué par un lion. — La femme de Jéroboam et le propliète Ac/iija. — Mort de Jéroboam. 1 ROIS. Chap. iS,' un sii>'ne, en disant : C'est ici le signe était venu de Juda. ''Et il dit à ses que IKterncl a parlé : Voici, l'autel fils : Sellez-moi l'àne. Ils lui sellèrent se tendra, et la cendre qui est dessus Tàne, et il monta dessus. "11 alla sera i-épandue. après Ihonime de Dieu, et il le trouva ■"Lorsque le roi entendit la parole assis sous uu térébintlie. Il lui dit que riiomme de Dieu avait criée con- tre l'autel de Béthel, il avança la main de dessus l'autel, en disant : Saisis- sez-le ! Et la main que Jéroboam avait étendue contre lui devint sèche, et il ne put la ramener à soi. ^L'autel se fendit, et la cendre qui était dessus Es-tu l'homme de Dieu qui est venu de Juda? Il répondit : Je le suis. '^Alors il lui dit : Viens avec moi à la mai- son, et tu prendras cjuelque nourri- ture. "'Mais il répondit : Je ne puis ni retourner avec toi, ni entier chez toi. Je ne mangerai point de pain, je fut répandue, selon le signe qu'avait ne boirai point d'eau avec toi en ce donné l'homme de Dieu, par la parole lieu-ci ; ''car il m'a été dit, par la ])a- de l'Eternel. rôle de l'Eternel : Tu n'y mangeras *Alors le roi ])rit la parole, et dit à point de pain et tu n'y boiras point l'homme de Dieu : Implore l'Eternel, d'eau, et tu ne prendras pas à ton ton Dieu, et prie pour moi, afin que retour le chemin par lequel tu seras je puisse retirer ma main. L'homme allé. "'Et il lui dit : Moi aussi je suis de Dieu implora l'Eternel, et le roi |u-ophète comme toi; et un ange m'a put retirer sa main, qui fut comme parlé de la part de l'Eternel, et m'a auparavant. 'Le roi dit à l'homme de Dieu. : Entre avec moi dans la mai- son, tu prendras quelque nourriture, et je te donnerai un présent. '^L'hom- me de Dieu dit au roi : Quand tu me donnerais la moitié de ta maison, je n'entrerais pas avec toi. Je ne mange- dit : Ramène-le avec toi dans ta mai- son, et qu'il mange du pain et boive de l'eau. Il lui mentait. '"L'homme de Dieu retourna avec lui, et il mangea du pain et but de l'eau dans sa maison. ^^ Comme ils étaient assis à table, la parole de l'E- rai point de pain, et je ne boirai point ternel fut adressée au prophète qui d'eau dans ce lieu-ci ; "car cet ordre l'avait ramené. '-'Et il cria à l'homme m'a été donné, par la parole de l'E- de Dieu qui était venu de Juda : Ainsi ternel: Tu ne mangeras point de pain parle l'Eternel : Parce que tu as été et tu ne boiras point d'eau, et tu ne rebelle à l'ordre de l'Eternel, et que prendras pas à ton retour le chemin tu n'as pas observé le commandement par lequel tu seras allé. '"Et il s'en que l'Eternel, ton Dieu, t'avait donné; alla par un autre chemin, il ne prit -parce que tu es retourné, et que tu pas à son retour le chemin par lequel as mangé du pain et bu de l'eau dans il était venu à Béthel. le lieu dont il t'avait dit : Tu n'y man- "Or il y avait un vieux prophète géras ])oint de pain et tu n'y boiras qui demeurait à Béthel. Ses fils vin- point d'eau, — ton cadavre n'entrera rent lui raconter toutes les choses pas dans le sépulcre de tes pères, que l'homme de Dieu avait faites à -''Et quand le projihète qu'il avait ra- Béthel ce jour-là, et les paroles qu'il mené eut mangé du ])ain et qu'il eut avait dites au roi. Lorsqu'ils en eu- rent fait le récit à leur père, '^il leur dit : Par quel chemin s'en est-il allé ! Ses fils avaient vu par quel chemin bu de l'eau, il sella l'àne pour lui. -^L'homme de Dieu s'en alla; et il fut rencontré dans le chemin jiar un lion qui le tua. Son cadavre était s'en était allé l'homme de Dieu qui étendu dans le chemin; l'àne resta 403 Chap. lS,'i-j-Ii, 11. I ROIS. près de lui, et le lion se tint à côté du lade. -Et Jéroboam dit à sa femme : cadavre. ^^Et voici, des gens cjui pas- Lève-toi, je te prie, et déguise-toi saient virent le cadavre étendu dans pour qu'on ne sache pas que tu es le chemin et le lion se tenant à côté la Femme de Jéroboam, et va à Silo, du cadavre; et ils en parlèrent à leur Voici, là est Achija, le prophète; c'est arrivée dans la ville où demeurait le lui c|ui m'a dit que je serais roi de ce vieux prophète. -"Lorsque le prophète peuple. ^Prends avec toi dix pains, cjui avait ramené du chemin l'homme des gâteaux et un vase de miel, et en- de Dieu l'eut appris, il dit : C'est tre chez lui : il te dira ce qui arrivera l'homme de Dieu cjui a été rebelle à à l'enfant. *La femme de Jéroboam fit l'ordre de l'Eternel, et l'Eternel l'a ainsi ; elle se leva, alla à Silo, et entra livré au lion qui l'a déchiré et l'a fait dans la maison d'Achija. Achija ne mourir, selon la parole que l'Eternel pouvait plus voir, car il avait les yeux lui avait dite. -^Puis, s'adressant à ses fixes par suite de la vieillesse. fils, il dit : Sellez-moi l'âne. Ils le sel- ^L'Eternel avait dit à Achija : La lèrent, ^*et il partit : Il trouva le ca- femme de Jéroboam va venir te con- davre étendu dans le chemin, et l'âne sulter au sujet de son fils, parce qu'il et le lion qui se tenaient à côté du ca- est malade. Tu lui parleras de telle davre. Le lion n'avait pas dévoré le et telle manière. Quand elle arrivera, cadavre et n'avait pas déchiré l'àne. elle se donnera pour une autre. ^"Le prophète releva le cadavre de ^Lorsque Achija entendit le bruit de l'homme de Dieu, le plaça sur l'àne, ses pas, au moment où elle franchis- et le ramena; et le vieux prophète sait la porte, il dit : Entre, femme de rentra dans la ville pour le pleurer et Jéroboam ; pourquoi veux-tu te don- pour l'enterrer. ^"11 mit son cadavre ner pour une autre? Je suis chargé de dans le sépulcre, et l'on pleura sur lui, t'annoncer des choses dures. "Va, dis en disant : Hélas, mon frère ! ^' Après à Jéroboam : Ainsi parle l'Eternel, le l'avoir enterré, il dit à ses fils : Quand Dieu d'Israël : Je t'ai élevé du milieu je serai mort, vous m'enterrerez dans du peuple, je t'ai établi chef de mon le sépulcre où est enterré l'homme de peuple d'Israël, *j'ai arraché le royau- Dieu, vous déposerez mes os à côté me de la maison de David et je te de ses os. ^-Gar elle s'accomplira la l'ai donné. Et tu n'as pas été comme parole qu'il a criée, de la part de l'E- mon serviteur David, qui a observé ternel, contre l'autel de Béthel et con- tre toutes les maisons des hauts lieux qui sont dans les villes de Samarie. '^Après cet événement. Jéroboam ne se détourna point de sa mauvaise voie. Il créa de nouveau des prêtres des hauts lieux pris parmi tout le peu- mes commandements et qui a marché après moi de tout son coeur, ne fai- sant que ce qui est droit à mes yeux. ^Tu as agi plus mal cjue tous ceux cjui ont été avant toi, tu es allé te faire d'autres dieux et des images de fonte j)our m'irriter, et tu m'as rejeté der- ple; quiconque en avait le désir, il le rière ton dos! '"Voilà j30urquoi je vais consacrait jjrêtre des hauts lieux. ^^Ce faire venir le malheur sur la maison fut là une occasion de péché pour la de Jéroboam; j'exterminerai quicon- maison de Jéroboam, et c'est pour que ajjjjartient à Jéroboam, celui qui cela cju'elle a été exterminée et dé- est esclave et celui qui est libre en truite de dessus la face de la terre. Israël, et je balaierai la maison de Jé- Chap. XIV. 'Dans ce temj)s-là, roboam comme on balaie les ordures, Celui lie ait d Abija, fils de Jéroboam, devint ma- jusqu a ce qu elle ai 404 isoaru. I ROIS. Chap. lâ.n-iS.i. de la maison de Jéroboam qui mourra dans la ville sera mangé par les chiens, et celui qui mourra dans les champs sera mangé par les oiseaux du ciel. Car rÉternel a parlé. '*Et toi, lève- toi, va dans ta maison. Dès que tes pieds entreront dans la ville, l'enfant mourra. "Tout Israël le pleurera, et on lenterrera ; car il est le seul de la maison de Jéroboam qui sera mis dans un sépulcre, parce qu'il est le seul de la maison de Jéroboam en qui se soit trouvé quelque chose de bon devant l'Eternel, le Dieu d'Israël. '* L'Eternel établira sur Israël un roi qui exterminera la maison de Jéro- boam ce jour-là. Et n'est-ce pas déjà ce qui arrive? '^L'Eternel frappera Is- raël, et il en sera de lui comme du ro- seau qui est agité dans les eaux ; il arrachera Israël de ce bon pays qu'il avait donné à leurs pères, et il les dispersera de l'autre côté du fleuve, parce qu'ils se sont fait des idoles, irritant l'Eternel. '*I1 livrera Israël à cause des péchés que Jéroboam a commis et qu'il a fait commettre à Is- raël. "La femme de Jéroboam se leva, et partit. Elle arriva à Thirtsa ; et, com- me elle atteignait le seuil de la mai- son, l'enfant mourut. '*0n l'enterra, et tout Israël le pleura, selon la pa- lorsqu'il devint roi , et il régna dix- sept ans à Jérusalem, la ville que l'E- ternel avait choisie sur toutes les tri- bus d'Israël pour y mettre son nom. Sa mère s'appelait Naama, l'Ammonite. "Juda fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel ; et , par les péchés qu'ils commirent, ils excitèrent sa jalousie plus que ne l'avaient jamais fait leurs pères. ^Mls se bâtirent, eux aussi, des hauts lieux avec des statues et des idoles sur toute colline élevée et sous tout arbre vert. -■'Il y eut même des prostitués dans le pays. Ils imitèrent toutes les abominations des nations que l'Éternel avait chassées devant les enfants d'Israël. -^La cinquième année du règne de Roboam , Schischak , roi d'Egypte, monta contre Jérusalem. -*I1 prit les trésors de la maison de l'Éternel et les trésors de la maison du roi, il prit tout. Il prit tous les boucliers d'orque Salomon avait faits. -'Le roi Roboam fit à leur place des boucliers d'airain, et il les remit aux soins des chefs des coureurs, qui gardaient l'entrée de la maison du roi. **Toutes les fois que le roi allait à la maison de l'Éternel, les coureurs les portaient ; puis ils les rapportaient dans la chambre des cou- reurs. *'Le reste des actions de Roboam, rôle que l'Éternel avait dite par son et tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas serviteur Achija, le prophète. "Le reste des actions de Jéroboam, comment il fit la guerre et comment il régna, cela est écrit dans le livre des Chroniques des rois d'Israël. écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda? '"Il y eut toujours guerre entre Ro- boam et Jéroboam. ^'Roboam se coucha avec ses pères. "Jéroboam régna vingt-deux ans, et il fut enterré avec ses pères dans puis il se coucha avec ses pères. Et Nadab, son fils, régna à sa place. Le royaume de Juda sous Roboam. — Idolâ- trie. — Invasion de Schischak, roi d' Egypte. — Mort de Roboam. la ville de David. Sa mère s'appelait Naama, l'Ammonite. Et Abijam, son fils, régna à sa place. Abijam cl Asa, rois de Juda. — Nadab, Baes- cha, lila. Zimri. O/nri, rois d'Israël. "Roboam, fils de Salomon, régna Clinp. XV. 'La dix-huitième année sur Juda. Il avait quarante et un ans du règne de Jéroboam, fils de Nebath, 405 Chap. 15,2-r. I ROIS. Abijam régna sur Juda. -H régna trois consacrées par son père et par lui- ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait même, de l'argent, de l'or et des vases. Maaca, fdle d'Abisalom. "Il y eut guerre entre Asa et Baes- ^11 se livra à tous les péchés que son cha, roi d'Israël, j^endant toute leur père avait commis avant lui ; et son cœur ne fut point tout entier à l'Eter- nel, son Dieu, comme l'avait été le cœur de David, son père. •* Mais à cause de David, l'Éternel, son Dieu, lui don- na une lampe" à Jérusalem, en éta- blissant son fds après lui et en lais- sant subsister Jérusalem. ^Car David vie. '"Baescha, roi d'Israël, monta contre Juda; et il bâtit Rama, pour empêcher ceux d'Asa, roi de Juda, de sortir et d'entrer. '*Asa prit tout l'ar- gent et tout 1 or qui étaient restés dans les trésors de la maison de l'Eternel et les trésors de la maison du roi, et il les mit entre les mains de ses servi- avait fait ce qui est droit aux yeux teurs qu'il envoya vers Ben-Hadad, de l'Eternel, et il ne s'était détourné fils de Thabrimmon, fds de Hezjon, d'aucun de ses commandements peu- roi de Syrie, qui habitait à Damas. Le dant toute sa vie, excepté dans l'alfaire roi Asa lui lit dire : "Qu'il y ait une d'Urie, le Héthien. alliance entre moi et toi, comme il y ^11 y eut guerre entre Roboam et en eut une entre mon père et ton père. Jéroboam, tant que vécut Roboam. Voici, je t'envoie un présent en argent "Le reste des actions d'Abijam, et et en or. Va, romps ton alliance avec tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas Baescha, roi d'Israël, afin qu'il s'é- écrit dans le livre des Chroniques des loigne de moi. -"Ben-Hadad écouta le rois de Juda? roi Asa; il envoya les chefs de son Il y eut guerre entre Abijam et Je- armée contre les villes d'Israël, et il roboam. battit Ijjon, Dan, Abel-Beth-Maaca, ^\bijam se coucha avec ses pères, tout Kinncroth, et tout le pays de et on l'enterra dans la ville de David. Nephthali. -'Lorsque Baescha l'apprit. Et Asa, son fils, régna à sa place. il cessa de bâtir Rama, et il resta à Thirtsa. "Le roi Asa convoqua tout ^La vingtième année de Jéroboam, Juda, sans exempter jjersonne, et ils roi d'Israël, Asa régna sur Juda. '"Il emportèrent les pierres et le bois que régna quarante et un ans à Jérusalem. Baescha em])loyait à la construction Sa mère s'appelait Maaca, fille d'Abi- de Rama; et le roi Asa s'en servit pour salom. bâtir Guéba de Benjamin et Mitspa. "Asa fit ce qui est droit aux yeux -'Le reste de toutes les actions d'Asa, de l'Éternel, comme David, son ])ère. tous ses exploits et tout ce qu'il a fait, '-Il ôta du pays les prostitués, et il fit et les villes qu'il a bâties, cela n'est- disparaître toutes les idoles que ses il pas écrit dans le livre des Chroni- pères avaient faites. '^Et même il en- ques des rois de Juda? Toutefois, à leva la dignité de reine à Maaca, sa l'époque de sa vieillesse, il eut les mère, parce qu'elle avait fait une idole pieds malades. pour Astarté. Asa abattit son idole, et -*Asa se coucha avec ses pères, et il la brûla au torrent de Cédron. '•'Mais fut enterré avec ses pères dans la ville les hauts lieux ne disparurent point, de David, son père. Et Josaphat, son quoique le cœur d'Asa fût en entier à fils, régna à sa place. l'Eternel pendant toute sa vie. '^11 mit dans la maison de l'Éternel les choses -^Nadab, fils de Jéroboam, régna a. Un successeur sur le trûne. Voy. 11, 36. 406 I ROIS. Chcip. 15,26-16, 13. sur Israël, la seconde année d'Asa, roi de .Iinla. Il régna deux ans sur Is- raël. -''11 fit ce qui est mal aux yeux de rÉternel ; et il marcha dans la voie de son père , se livrant aux péchés que son père avait fait commettre à Israël. ^"Baescha, fils d'Achija, de la maison d Issacar, conspira contre lui, et Baes- cha le tua à Guibbethon, (|ui apparte- nait aux Philistins, pendant que Nadab et tout Israël assiégeaient Guibbethon. -^Baescha le fit périr la troisième an- née d'Asa, roi de Juda, et il régna à sa place. -^Lorsqu'il fut roi, il frappa toute la maison de Jéroboam, il n'en laissa échapj>er personne et il détrui- sit tout ce qui respirait, selon la pa- role que l'Eternel avait dite ])ar son serviteur Achija de Silo, '"à cause des péchés que Jéroboam avait commis et qu'il avait fait commettre à Israël, irritant ainsi l'Eternel, le Dieu d'Is- raël. ^'Le reste des actions de Nadab, et tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois d'Israël? '-Il y eut guerre entre Asa et Baes- cha, roi d'Israël, pendant toute leur vie. '^La troisième année d'Asa, roi de Juda, Baescha, fils d'Achija, régna sur tout Israël à Thirtsa. Il régna vingt- quatre ans. ^*11 fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, et il marcha dans la voie de Jéroboam, se livrant aux péchés que Jéroboam avait fait commettre à Is- raël. Cliap. XVI. 'La parole de l'Eter- nel fut ainsi adressée à Jéliu, fils de Ilanani, contre Baescha : -Je t'ai élevé de la poussière, et je t'ai établi chef de mon peuple d'Israël ; mais parce fjue tu as marché dans la voie de Jé- roboam, et que tu as fait pécher mon peuple d'Israël, pour m'irriter par leurs |)échés, ^ voici, je vais balayer Baescha et sa maison, et je rendrai ta maison semblable à la maison de Jé- ioboam, fils de Nebath. ■'Celui de la maison de Baescha qui mourra dans la ville sera mangé par les chiens, et celui des siens qui mourra dans les chamjis sera mangé par les oiseaux du ciel. ^Le reste des actions de Baescha, ce qu'il a fait, et ses exploits, cela n'est- il pas écrit dans le livre des Chroni- ques des rois d'Israël ? ''Baescha se coucha avec ses pères, et il fut entcri-é à Thirtsa. Et Ela, son fils, régna à sa place. "La parole de l'Eternel s'était ma- nifestée par le ]:)rophète Jéhu, fils de Ilanani, contre Baescha et contre sa maison, soit à cause de tout le mal qu'il avait fait sous les yeux de l'Éter- nel, en l'irritant par l'œuvre de ses mains et en devenant semblable à la maison de Jéroboam, soit parce qu'il avait frappé la maison de Jéroboam. ^La A'ingt-sixième année d'Asa, roi de Juda, Ela, fils de Baescha, régna sur Israël à Thirtsa. Il régna deux ans. ^Son serviteur Zimri, chef de la moitié des chars, conspira contre lui. Ela était à Thirtsa, buvant et s'eni- vrant dans la maison d'Artsa, chef de la maison du roi à Thirtsa. '"Zimri en- tra, le frappa et le tua, la vingt-sep- tième année d'Asa, roi de Juda, et il régna à sa place. "Lorsqu'il fut roi et qu'il fut assis sur son trône, il frajipa toute la maison de Baescha, il ne laissa échapper personne qui lui appartînt, ni parent ni ami. '-Zimri détruisit toute la maison de Baescha, selon la parole cfue l'Eternel avait dite contre Baes- cha par Jéhu, le prophète, ''à cause de tous les péchés que Baescha et Ela, son fils, avaient commis et qu'ils 407 Chnp. lô.ik-sk. I ROIS. avaient fait commettre à Israël, irri- talents d'argent ; il bâtit sur la mon- tant par leurs idoles l'Eternel, le Dieu tagne, et il donna à la ville qu'il bâtit d'Israël. le nom de Samarie, d'après le nom de "Le reste des actions d'Ela, et tout Schémer, seigneur de la montagne, ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit -''Omri fit ce qui est mal aux yeux dans le livre des Chroniques des rois de l'Eternel, et il agit plus mal que d'Israël ? tous ceux qui avaient été avant lui. ^"11 marcha dans toute la voie de Jéro- '''La vingt-septième année d'Asa, boam, fils de Nebath, et se livra aux roi de Juda, Zimri régna sept jours à péchés que Jéroboam avait fait com- Thirtsa. mettre à Israël, irritant par leurs ido- Le peuple campait contre Guibbe- les l'Éternel, le Dieu d'Israël, thon, qui appartenait aux Philistins. "Le reste des actions d'Omri, ce '"Et le peuple qui campait apprit cette qu'il a fait, et ses exploits, cela n'est- nouvelle : Zimri a conspiré, et même il pas écrit dans le livre des Chroni- il a tué le roi ! Et ce jour-là, tout Is- ques des rois d'Israël ? raël établit dans le camp pour roi d'Is- raël Omri, chef de l'armée. "Omri et tout Israël avec lui partirent de Guib- bethon , et ils assiégèrent Thirtsa. "Zimri, voyant que la ville était prise, se retira dans le palais de la maison du roi, et brûla sur lui la maison du roi. C'est ainsi qu'il mourut, "à cause des péchés qu'il avait commis en fai- ^''Omri se coucha avec ses pères, et il fut enterré à Samarie. Et Achab, son fils, régna à sa place. Acliab, roi d'Israël. — Son mariase avec Jéza- bel, fille du roi des Sidoniens. -'Achab, fils d'Omri, régna sur Is- raël, la trente-huitième année d'Asa, roi de Juda. Achab, fils d'Omri, régna sant ce qui est mal aux yeux de l'Eter- vingt-deux ans sur Israël à Samarie. nel, en marchant dans la voie de Jéro- ™Achab, fils d'Omri, fit ce qui est boam, et en se livrant aux péchés que mal aux yeux de l'Eternel, plus que Jéroboam avait commis pour faire pé- tous ceux qui avaient été avant lui. cher Israël. ^'Et comme si c'eût été pour lui peu -"Le reste des actions de Zimri, et de chose de se livrer aux péchés de la conspiration qu'il forma, cela n'est- Jéroboam, fils de Nebath, il prit pour il pas écrit dans le livre des Chroni- femme Jézabel, fille d'Ethbaal, roi des ques des rois d'Israël? Sidoniens, et il alla servir Baal et se *' Alors le peuple d'Israël se divisa prosterner devant lui. ^MI éleva un en deux partis : une moitié du peuple autel à Baal dans la maison de Baal voulait faire roi Thibni, fils de Gui- nath, et l'autre moitié était pour Omri. **Ceux qui suivaient Omri l'emportè- rent sur ceux qui suivaient Thibni, fils de Guinath. Thibni mourut, et Omri régna. -^La trente-unième année d'Asa, roi qu'il bâtit à Samarie, '^et il fit une idole d'Astarté. Achab fit plus encore que tous les rois d'Israël qui avaient été avant lui, pour irriter l'Eternel, le Dieu d'Israël. ^*De son temps, Hiel de Béthel bâtit Jéricho ; il en jeta les fonde- ments au prix d'Abiram, son premier- de Juda, Omri régna sur Israël. Il ré- né, et il en posa les portes au prix de gna douze ans. Après avoir régné six Segub, son plus jeune fils, selon la ans à Thirtsa, ^''il acheta de Schémer parole que l'Eternel avait dite par la montagne de Samarie pour deux Josué, fils de Nun. 408 I ROIS. Chap. '17,i--i3. Le prophète Êlie. — Annonce cl une sécheresse. • — Elle près du torrent de Kcritli. — Flic chez la veuve de Sarepta. — KUe devant Achab. — Les prophètes de Baal. — La pluie. — Fuite d Elie au désert. — Elisée appelé à lui succéder comme prophète. Chap. XVII. 'Élie, le Thischbite, l'un des habitants de Galaad , dit à Achab : L'Éternel est vivant, le Dieu d'Israël, dont je suis le serviteur! il n'y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole. -Et la parole de l'Éternel fut adres- sée à Élie, en ces mots : 'Pars d'ici, dirige-toi vers l'orient, et cache-toi près du torrent de Kerith, qui est en face du Jourdain. *Tu boiras de l'eau du torrent, et j'ai ordonné aux cor- beaux de te nourrir là. ^11 partit et fit selon la parole de l'Éternel, et il alla s'établir près du torrent de Kerith, qui est en face du Jourdain. ^Les cor- beaux lui apportaient du pain et de la viande le matin, et du pain et de la viande le soir, et il buvait de l'eau du torrent. 'Mais au bout d'un certain temps le torrent fut à sec, car il n'était point tombé de pluie dans le pays. *Alors la parole de l'Éternel lui fut adressée en ces mots : 'Lève-toi, va à Sarepta, qui appartient à Sidon, et de- meure là. Voici, j'y ai ordonné à une femme veuve de te nourrir. '" Il se leva, et il alla à Sarepta. Comme il arrivait à l'entrée de la ville, voici, il y avait là une femme veuve qui ramassait du bois. Il l'appela, et dit : Va me cher- cher, je te prie, un peu d'eau dans un vase, afin que je boive. "Et elle alla en chercher. Il l'appela de nouveau, et dit : Apporte-moi, je te prie, un mor- ceau de pain dans ta main. '*Et elle répondit : L'Éternel, ton Dieu, est vi- vant ! je n'ai rien de cuit, je n'ai qu'une poignée de farine dans un pot et un peu d'huile dans une cruche, Et voici, je ramasse deux morceaux de bois, puis je rentrerai et je préparerai cela pour moi et pour mon fils ; nous man- gerons , après quoi nous mourrons. "Élie lui dit : Ne crains point, rentre. fais comme tu as dit. Seulement, pré- pare-moi d'abord avec cela un petit gâteau, et tu me l'apporteras; tu en feras ensuite pour toi et pour ton fils. *■* Car ainsi parle l'Éternel, le Dieu d'Is- raël : La farine qui est dans le pot ne manquera point et l'huile (jui est dans la cruche ne diminuera point, jusqu'au jour où l'Eternel fera tomber de la pluie sur la face du sol. ''Elle alla, et elle fit selon la parole d'Élie. Et pendant longtemps elle eut de quoi manger, elle et sa famille, aussi bien qu'Elie. '*La farine qui était dans le pot ne manqua point, et l'huile qui était dans la cruche ne diminua point, selon la parole que l'Éternel avait prononcée par Élie. ''Après ces choses, le fils de la fem- me, maîtresse de la maison , devint malade, et sa maladie fut si violente qu'il ne resta plus en lui de respira- tion. '^Cette femme dit alors à Elie : Qu'y a-t-il entre moi et toi, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour rappeler le souvenir de mon iniquité, et pour faire mourir mon fils? '^11 lui répondit : Donne-moi ton fils. Et il le prit du sein de la femme, le monta dans la chambre haute où il demeurait, et le coucha sur son lit. '"Puis il in- voqua l'Éternel, et dit : Éternel, mon Dieu, est-ce que tu affligerais, au point de faire mourir son fils, même cette veuve chez qui j'ai été reçu comme un hôte ? *' Et il s'étendit trois fois sur l'enfant, invoqua l'Eternel, et dit: Eternel, mon Dieu, je t'en prie, que l'âme de cet enfant revienne au de- dans de lui ! ^-L'Éternel écouta la voix d'Elie, et l'àme de l'enfant revint au dedans de lui, et il fut rendu à la vie. *'Elie prit l'enfant, le descendit de la chambre haute dans la maison, et le donna à sa mère. Et Élie dit : Vois, 409 Chap. 17 ,2',-I8,Q3. I UOIS. ton fils est vivant. "Et la femme dit à sais où ; et j'iiai informer Achab, qui Elie : Je reconnais maintenant que tu ne te trouvera pas, et qui me tuera, es un homme de Dieu, et que la parole Cependant ton serviteur craint TÉter- de l'Eternel dans ta bouche est vérité, nel dès sa jeunesse. '^N'a-t-on pas dit Chap. XVIII. 'Bien des jours s'é- à mon seigneur ce que j'ai fait quand coulèrent, et la parole de l'Eternel fut Jézabel tua les ])rophètes de l'Éter- ainsi adressée à Elie, dans la troisiè- nel ? J'ai caché cent prophètes de l'É- me année" : Va, présente-toi devant ternel, cinquante par cinquante dans Achab, et je ferai tomber de la pluie une caverne, et je les ai nourris de sur la face du sol. -Et Elie alla, pour pain et d'eau, '*Et maintenant tu dis : se présenter devant Achab. Va, dis à ton maître : Voici Elie ! Il me La famine était grande à Samarie. tuera. '^Mais Elie dit : L'Éternel des 'Et Achab fît appeler Abdias, chef de armées, dont je suis le serviteur, est sa maison. — Or Abdias craignait vivant ! aujourd'hui je me présenterai beaucoup l'Eternel ; ""et lorsque Jéza- devant Achab. bel extermina les prophètes de l'Eter- '* Abdias, étant allé à la rencontre nel, Abdias prit cent prophètes qu'il d'Achab, l'informa de la chose. Et cacha cinquante par cinquante dans Achab se rendit au-devant d'Elie. '"A une caverne, et il les avait nourris de peine Achab aperçut-il Elie qu'il lui pain et d'eau. — ^Achab dit à Abdias : dit : Est-ce toi, qui jettes le trouble en Va par le pays vers toutes les sources Israël ? "*Elie répondit : Je ne trouble d'eau et vers tous les torrents; peut- point Israël; c'est toi, au contraire, être se trouvera-t-il de l'herbe, et nous et la maison de ton père, puisque vous conserverons la vie aux chevaux et aux avez abandonné les commandements mulets, et nous n'aurons pas besoin de l'Eternel et que tu es allé après les d'abattre du bétail. Mis se partagèrent Baals. '^Fais maintenant rassembler le pays pour le parcourir; Achab alla tout Israël auprès de moi, à la mon- seul par un chemin, et Abdias alla tagne du Carmel, et aussi les quatre seul ])ar un autre chemin. cent cin([uantc prophètes de Baal et "Comme Abdias était en route, voi- les quatre cents prophètes d'Astarté ci, Elie le rencontra. Abdias, l'ayant qui mangent à la table de Jézabel. reconnu, tomba sur son visage, et dit : -"Achab envoya des messagers vers Est-ce toi, mon seigneur Elie ? *I1 lui tous les enfants d'Israël, et il rassem- répondit : C'est moi ; va, dis à ton bla les prophètes à la montagne du maître : Voici Elie! ''Et Abdias dit : Carmel. ^' Alors Elie s'approcha de Quel péché ai-je commis, pour (jue tu tout le peuple, et dit : Jusques à quand livres ton serviteur entre les mains clocherez- vous des deux côtés ? Si d'Achab qui me fera mourir ? '"L'Eter- l'Éternel est Dieu, allez après lui; si nel est vivant ! il n'est ni nation ni c'est Baal, allez après lui ! Le peuple royaume où mon maître n'ait envoyé ne lui répondit rien. "Et Elie dit au pour te chercher ; et quand on disait peuple : Je suis resté seul des pro- que tu n'y étais pas, il faisait jurer phètes de l'Éternel, et il y a quatre le royaume et la nation ({ue l'on ne cent cinquante prophètes de Baal. t'avait pas trouvé. "Et maintenant tu ^^Que l'on nous donne deux taureaux; dis : Va, dis à ton maître : Voici Élie ! qu'ils choisissent pour eux l'un des '^Puis, lorsque je t'aurai quitté, l'es- taureaux, qu'ils le coupent par mor- prit de l'Éternel te transportera je ne ceaux, et qu'ils le placent sur le bois, a. Depuis le commencement de la sécheresse annoncée 17, 1. 410 I ROIS. Chap. 18, m-'is. sans Y mettre le feu ; et moi, je prépa- rerai l'autre taureau, et je le placerai sur le bois, sans y mettre le feu. -'Puis invoquez le nom de A'otre dieu ; et moi, j'invoquerai le nom de l'Eternel. Le dieu qui répondra par le feu, c'est ce- lui-là qui sera Dieu. Et tout le peuple répondit, en disant : C'est bien ! "-^Elie dit aux ])rophètes de Baal : Choisissez pour vous l'un des tau- reaux, préparez-le les premiers, car vous êtes les plus nombreux, et invo- quez le nom de votre Dieu; mais ne mettez pas le feu. -'Ils prirent le tau- reau qu'on leur donna, et le préparè- rent ; et ils invoquèrent le nom de Baal, depuis le malin jusqu'à midi, en disant: Baal, réponds-nous ! Mais il n'y eut ni voix ni réponse. Et ils sautaient de- vant l'autel qu'ils avaient fait. -'A mi- di, Elie se moqua d'eux, et dit : Criez à haute voix, puisqu'il est dieu; il pense à quelque chose, ou il est oc- cu])é, ou il est en voyage; peut-être qu'il dort, et il se réveillera. -*Et ils crièrent à haute voix, et ils se firent, selon leur coutume, des incisions avec des épées et avec des lances, jusqu'à ce que le sang coulât sur eux. -^Lors- que midi fut passé, ils prophétisèrent jusqu'au moment de la présentation de l'offrande. Mais il n'y eut ni voix, ni réponse, ni signe d'attention. '"Elie dit alors à tout le peuple : Approchez-vous de moi ! Tout le peu- ple s'approcha de lui. Et Elie rétablit l'autel de l'Eternel, qui avait été ren- versé. ^'11 prit douze pierres, d'après le nombre des tribus des fils de Jacob, auquel l'Eternel avait dit : Israël sera ton nom ; ^'et il bâtit avec ces pierres un autel au nom de l'Eternel. Il fit au- tour de l'autel un fossé de la capacité de deux mesures de semence. '^11 ar- rangea boi e bois, coupa le taureau par morceaux, et le ]daça sur le bois. '■'Puis il dit : Remplissez d'eau quatre, cruches, et versez-les sur l'holocauste et sur le bois. Il dit : Faites-le une se- conde fois. Et ils le firent une seconde fois. Il dit : Faites-le une troisième fois. Et ils le firent une troisième fois. '^ L'eau coula autour de l'autel, et l'on remplit aussi d'eau le fossé. ''Au moment de la présentation de l'offrande, Elie, le i)ro]ihète, s'aA'ança et dit : Eternel, Dieu d'Abraham, d'I- saac et d'Israël ! que l'on sache au- jourd'hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur, et que j'ai fait toutes ces choses par ta parole ! "Ré- ponds-moi, Eternel, réponds-moi, afin que ce peuple reconnaisse que c'est toi, Eternel, qui es Dieu, et que c'est toi qui ramènes leur cœur ! '*Et le feu de l'Eternel tomba, et il consuma l'holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l'eau qui était dans le fossé. '^Quand tout le peuple vit cela, ils tombèrent sur leur visage et dirent : C'est l'Eternel qui est Dieu ! C'est l'Eternel qui est Dieu! ■•"Saisissez les prophètes de Baal, leur dit Elie; qu'aucun d'eux n'échap- pe ! Et ils les saisirent. Elie les fit descendre au torrent de Kison, où il les égorgea. *'Et Elie dit à Achab : Monte, mange et bois ; car il se fait un bruit qui an- nonce la pluie. ■'^Achab monta pour manger et jiour boire. Mais Elie monta au sommet du Carmel ; et, se penchant contre terre, il mit son visage entre ses genoux, "et dit à son serviteur : Monte, regarde du côté de la mer. Le serviteur monta, il regarda, et dit : Il n'y a rien. Elie dit sept fois : Retourne. "A la septième fois, il dit : Voici un ])etit nuage qui s'élève de la mer, el qui est comme la paume de la main d'un homme. Elie dit : Monte, et dis à Achab : Attelle et descends, afin que la pluie ne t'arrête pas. '''En peu d'ins- tants, le ciel s'obscurcit par les nua- ges, le vent s'établit, et il y eut une 411 Chap. I8,'i(i-19 ,% 20. I ROIS. forte pluie. Achab monta sur son char, et partit pour Jizrcel. ''^Et la main de l'Éternel fut sur Elie, qui se ceignit les reins et courut devant Achab jus- qu'à l'entrée de Jizreel. Chap. XIX. 'Achab rapporta à Jézabel tout ce qu'avait fait Elie, et comment il avait tué par l'épée tous les prophètes. -Jézabel envoya un mes- sager à Elie, pour lui dire : Que les dieux me traitent dans toute leur ri- gueur, si demain, à cette heure, je ne fais de ta vie ce que tu as fait de la vie de chacun d'eux ! *Elie, voyant cela, se leva et s'en alla, pour sauver sa vie. Il arriva à Eeer-Schéba , qui appartient à Juda , et il y laissa son serviteur. ■'Pour lui, il alla dans le désert où , après une journée de marche, il s'assit sous un genêt, et demanda la mort, en di- sant : C'est assez ! Maintenant, Eter- nel, prends mon àme, car je ne suis pas meilleur que mes pères. ^11 se coucha et s'endormit sous un genêt. Et voici, un ange le toucha, et lui dit : Lève-toi, mange. *I1 regarda, et il y avait à son chevet un gâteau cuit sur des pierres chauffées et une cruche d'eau. Il mangea et but, puis se re- coucha. 'L'ange de l'Éternel vint une seconde fois, le toucha, et dit : Lève- toi, mange, car le chemin est trop long pour toi. ^11 se leva, mangea et but ; et avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu'à la mon- tagne de Dieu, à Horeb. 'Et là, il entra dans la caverne, et il y passa la nuit. Et voici, la parole de l'Eternel lui fut adressée, en ces mots : Que fais-tu ici, Élie? '"11 répondit : J'ai déployé mon zèle pour l'Eternel, le Dieu des armées ; car les enfants d'Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l'épée tes prophètes ; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie. "L'Éternel dit : Sors, et tiens-toi dans la montaarne devant l'Eternel! Et voici, l'Eternel passa. Et devant l'Eternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les mon- tagnes et brisait les rochers : l'Éter- nel n'était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre : l'Éternel n'était pas dans le tremblement de terre. '-Et après le tremblement de terre, un feu: l'Éter- nel n'était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. '^Quand Élie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne. Et voici , une voix lui fit entendre ces paroles : Que fais-tu ici, Élie? '*I1 répondit : J'ai déployé mon zèle pour l'Eternel, le Dieu des armées; car les enfants d'Israël ont abandonné ton al- liance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l'épée tes prophètes ; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie. '^L'Éternel lui dit : Va, reprends ton chemin par le désert jus- qu'à Damas ; et quand tu seras arrivé, tu oindras Ilazaël pour roi de Syrie. '^Tu oindras aussi Jéhu, fds de Nim- schi, pour roi d'Israël, et tu oindras Elisée, fils de Schaphath, d'Abel-Me- hola, pour prophète à ta place. "Et il arrivera que celui qui échappera à l'épée de Ilazaël, Jéhu le fera mourir; et celui qui échappera à l'épée de Jéhu, Elisée le fera mourir. '"Mais je laisserai en Israël sept mille hommes, tous ceux qui n'ont point fléchi les genoux devant Baal, et dont la bouche ne l'a point baisé. ''Élie partit de là, et il trouva Eli- sée, fils de Schaphath, qui labourait. 11 y avait devant lui douze paires de bœufs, et il était avec la douzième. Élie s'approcha de lui, et il jeta sur lui son manteau. *"Élisée, quittant ses bœufs, courut après Élie, et dit : Laisse-moi embrasser mon père et ma 412 I ROIS. Chap. 19,n-W,v>. mère, et je te suivrai. Elle lui répon- dit : Va, et reviens : car pense à ce que je t'ai fait. -'Après s'être éloigné d'Élie, il revint prendre une paire de bœul's, qu'il offrit en sacrifice; avec l'attelage des bœufs, il fit cuire leur chair, et la donna à manger au peu- ple. Puis il se leva, suivit Elie, et fut à son service. victoire d'AcInib sur Ben-Hadad, roi de Syrie. Chap. XX. 'Ben-Hadad, roi de Syrie, rassembla toute son armée; il avait avec lui trente-deux rois, des chevaux et des chars. Il monta, mit le siège devant Samarie et l'attaqua. -Il envoya dans la ville des messagers à Achab, roi d'Israël, 'et lui fit dire : Ainsi parle Ben-Hadad : Ton argent et faire. Les messagers s'en allèrent, et lui portèrent la réponse. '"Ben-Padad envoya dire à Achab : Que les dieux me traitent dans toute leur rigueur, si la poussière de Sama- rie suffit pour remplir le creux de la main de tout le peuple qui me suit ! "Et le roi d'Israël répondit : Que ce- lui qui revêt une armure ne se glo- rifie pas comme celui qui la dépose ! '-Lorsque Ben-Hadad reçut cette réponse, il était à boire avec les rois sous les tentes, et il dit à ses ser- Aiteurs : Faites vos préparatifs ! Et ils firent leurs préparatifs contre la ville. ''Mais voici, un prophète s'appro- cha d'Achab, roi d'Israël, et il dit : Ainsi parle l'Eternel : Vois-tu toute cette grande multitude ? .Je vais la li- ton or sont à moi, tes femmes et tes vrer aujourd'hui entre tes mains, et ]ilus beaux enfants sont à moi. ''Le roi d'Israël ré])ondit : Roi mon seigneur, comme tu le dis, je suis à toi avec tout ce que j'ai. '^Les messagers retournè- rent, et dirent : Ainsi parle Ben-Ha- dad : Je t'ai fait dire : Tu me livreras ton argent et ton or, tes femmes et tes enfants. ^J'enverrai donc demain, à cette heure, mes serviteurs chez toi ; ils fouilleront ta maison et les maisons de tes serviteurs, ils mettront la main sur tout ce que tu as de précieux, et ils l'emporteront. "Le roi d'Israël appela tous les an- ciens du pays, et il dit : Sentez bien et comprenez que cet homme nous veut du mal; car il m'a envoyé de- mander mes femmes et mes enfants, mon argent et mon or, et je ne lui avais pas refusé ! *Tous les anciens et tout le peuple dirent à Achab : Ne l'écoute pas et ne consens pas. ^Et il dit aux messagers de Ben-Hadad : Dites à mon seigneur le roi : Je ferai tout ce que tu as envoyé demander à ton serviteur la première fois ; mais pour cette chose, je ne puis pas la tu sauras que je suis l'Éternel. '^Achab dit : Par qui? Et il répondit : Ainsi parle l'Eternel : Par les serviteurs des chefs des provinces. Achab dit : Qui engagera le combat? Et il répondit : Toi. '^Alors Achab passa en revue les serviteurs des chefs des provinces, et il s'en trouva deux cent trente-deux ; et après eux, il passa en revue tout le peuple, tous les enfants d'Israël, et ils étaient sept mille. 'Mis firent une sortie à midi. Ben- Hadad buvait et s'enivrait sous les tentes avec les trente-deux rois, ses auxiliaires. "Les serviteurs des chefs des provinces sortirent les premiers. Ben-Hadad s'informa, et on lui fit ce rapport : Des hommes sont sortis de Samarie. "*I1 dit : S'ils sortent pour la paix, saisissez-les vivants; et s'ils sortent pour le combat, saisissez-les vivants. "Lorsque les serviteurs des chefs des provinces et l'armée qui les suivait furent sortis de la ville, -"cha- cun frappa son homme, et les Syriens |)rir('nt la fuite. Israël les poursuivit. Ben-Hadad, roi de Svrie, se sauva sur /li:{ Chap.W,n-, 39. I ROIS. un cheval, avec des cavaliers. -'Le roi d'Israël sortit, frappa les chevaux et les chars, et fit éprouver aux Syriens une grande défaite. "Alors le pro])hète s'approcha du roi d'Israël, et lui dit : Va, fortifie- toi , examine et vois ce que tu as à faire ; car, au retour de l'année, le roi de Syrie montera contre toi. -'Les serviteurs du roi de Syrie lui dirent : Leur dieu est un dieu de mon- tagnes ; c'est pourquoi ils ont été plus forts que nous. Mais combattons-les dans la plaine, et l'on verra si nous ne serons pas plus forts qu'eux. -*Fais encore ceci : ôte chacun des rois de son poste, et remplace-les par des chefs; -'^et forme-toi une armée pa- reille à celle que tu as perdue, avec autant de chevaux et autant de chars. Puis nous les combattrons dans la plaine, et l'on verra si nous ne serons pas plus forts qu'eux. Il les écouta, et fit ainsi. '-''L'année suivante, Ben-Hadad ]>as- sa les Syriens en revue, et monta vers Aphek ])our combattre Israël. "Les enfants d'Israël furent aussi passés en revue ; ils reçurent des vivres, et ils marchèrent à la rencontre des Sy- riens. Ils camjièrent vis-à-vis d'eux, semblables à deux petits troupeaux de chèvres, tandis que les Syriens remplissaient le pays. *"*L'homme de Dieu s'approcha, et dit au roi d'Israël : Ainsi parle l'Eter-. nel : Parce que les Syriens ont dit : L'Eternel est un dieu des montagnes et non un dieu des vallées, je livrerai toute cette grande multitude entre tes mains, et vous saurez cjue je suis l'E- ternel. '-"Ils campèrent sept jours en face les uns des autres. Le septième jour, le combat s'engagea, et les enfants d'Israël tuèrent aux Syriens cent mille hommes de pied en un jour. ™Le reste s'enfuit à la ville d'Aphek, et la mu- raille tomba sur vingt-sept mille hom- mes qui restaient. Ben-Hadad s'était réfugié dans la ville, où il allait de chambre en cham- bre. ^'Ses serviteurs lui dirent: Voici, nous avons appris que les rois de la maison d'Israël sont des rois miséri- cordieux; nous allons mettre des sacs sur nos reins et des cordes à nos têtes, et nous sortirons vers le roi d'Israël : peut-être qu'il te laissera la vie. '-Ils se mirent des sacs autour des reins et des cordes autour de la tête, et ils allèrent auprès du roi d'Israël. Ils di- rent : Ton serviteur Ben-IIadad dit : Laisse-moi la vie ! Achab répondit : Est-il encore vivant ? Il est mon frère. ''Ces hommes tirèrent de là un bon augure, et ils se hâtèrent de le pren- dre au mot et de dire : Ben-Hadad est ton frère! Et il dit : Allez, amenez-le. Ben-Hadad vint vers lui, et Achab le fit monter sur son char. '■'Ben-Hadad lui dit : Je te rendrai les villes que mon père a prises à ton père ; et tu établiras pour toi des rues à Damas, comme mon père en avait établi à Sa- marie. Et moi, re]:)rit Achab, je te laisserai aller, en faisant une alliance. Il fit alliance avec lui, et le laissa aller. '^L'un des fils des j^rophètes dit à son compagnon, d'après l'ordre de l'Eternel : Frappe-moi, je te prie ! Mais cet homme refusa de le frapper. '"Alors il lui dit : Parce que tu n'as pas obéi à la voix de l'Eternel, voici, quand tu m'auras quitté, le lion te frappera. Et quand il l'eut quitté, le lion le rencon- tra et le frappa. '^11 trouva un autre homme, et il dit : Frappe-moi, je te prie ! Cet hom- me le frappa et le blessa. '*Le pro]ihète alla se placer sur le chemin du roi, et il se déguisa avec un bandeau sur les yeux. '''Lorsque le roi passa, il cria vers lui, et dit : Ton ser- viteur était au milieu du combat; et voici, un homme s'approche et m'a- 414 I ROIS. Chap. W/w-^Li^. nuMic un homme, en disant : Garde cet homme; s'il vient à manquer, ta vie réj)ondra de sa vie, ou tu paieras un talent d'argent! ^^ Et pendant que ton serviteur agissait çà et h\, l'homme a disparu. Le roi d'Israël lui dit : C'est là ton jugement ; tu l'as prononcé toi- même. '"Aussitôt le prophète ôta le bandeau de dessus ses veux, et le roi d'Israël le reconnut pour l'un des pro- |)hètes. •'-Il dit alors au roi : Ainsi parle l'Eternel : Parce que tu as laissé échap- ])er de tes mains l'homme que j'avais dévoué par interdit, ta vie répondra de sa vie, et ton peuple de son peu- ple. *^Le roi d'Israël s'en alla chez lui, triste et irrité, et il arriva à Samarie. La i'i(;nc de Nabot/i. — Conduite criminelle d'Achab et de sa femme Jézabel. Chap. XXJ . 'Après ces choses , voici ce qui arriva. Naboth, de Jizreel, avait une vigne à Jizreel, à côté du jnilais d'Achab, roi de Samarie. -Et Achab parla ainsi à Naboth : Cède- moi ta vigne, pour que j'en fasse un jardin potager, car elle est tout près de ma maison. Je te donnerai à la place une vigne meilleure; ou, si cela te con- vient, je te paierai la valeuren argent. 'Mais Naboth répondit à Achab: Que l'Eternel me garde de te donner l'hé- ritage de mes pères ! ''Achab rentra dans sa maison, triste et irrité, à cause de cette parole que lui avait dite Na- both de Jizreel : Je ne te donnerai pas l'héritage de mes pères ! Et il se cou- cha sur son lit, détourna le visage, et ne mangea rien. ^Jézabel, sa femme, vint auprès de lui, et lui dit : Pourquoi as-tu l'esprit triste et ne manges-tu point? 'Il lui répondit: J'ai parlé à Naboth de Jiz- reel, et je lui ai dit : Cède-moi ta vigne |)0ur de l'argent; ou, si tu veux, je te donnerai une autre vigne à la place. Mais il a dit : Je ne te donnerai pas ma vigne ! 'Alors Jézabel, sa femme, lui dit : Est-ce bien toi maintenant qui exerces la souveraineté sur Israël ? Lève-toi, prends de la nourriture, et que ton cœur se réjouisse; moi, je te donnerai la vigne de Naboth de Jiz- reel. ^Et elle écrivit au nom d'Achab des lettres qu'elle scella du sceau d'A- chab , et qu'elle envoya aux anciens et aux magistrats qui habitaient avec Naboth dans sa ville. 'Voici cecpi'elle écrivit dans ces lettres : Publiez un jeûne; placez Naboth à la tète du peu- ple, '"et mettez en face de lui deux méchants hommes qui déposeront ain- si contre lui : Tu as maudit Dieu et le roi ! Puis menez-le dehors, lapidez-le, et ([u'il meure. "Les gens de la ville de Naboth, les anciens et les magistrats qui habitaient dans la ville, agirent comme Jézabel le leur avait fait dire, d'après ce qui était écrit dans les lettres (pi'elle leui- avait envoyées. '-Ils publièrent un jeûne, et ils placèrent Naboth à la tête du peu])le; ''les deux méchants hom- mes vinrent se mettre en face de lui, et ces méchants hommes déjiosèrent ainsi devant le peiqile contre Naboth : Naboth a maudit Dieu et le roi ! Puis ils le menèrent hors de la ville, ils le lapidèrent, et il mourut. '''Et ils en- vovèrent dire à Jézabel : Naboth a été lapidé, et il est mort. '^Lorsque Jéza- bel apprit que Naboth avait été lapidé et (pi il était mort, elle dit à Achab : Lève-toi, pi'ends possession de la vi- gne de Naboth de Jizreel, qui a refusé de te la céder pour de l'argent; car Naboth n'est plus en vie, il est mort. '"Achab, entendant que Naboth était mort, se leva pour descendre à la vi- gne de Naboth de Jizreel, afin d'en prenilre possession. '"Alors la parole de l'Eternel fut adressée à Elie, le Thischbite, en ces mots : 'Mvève-toi, descends au-devant d'Achab, roi d'Israël à Samarie; le voilà dans la vigne de Naboth, où il 415 Chap.3l,i9-'J2,ii. I ROIS. est descendu pour en prendre pos- session. '^Tu lui diras : Ainsi parle l'Eternel : N'es-tu pas un assassin et un voleur? Et tu lui diras: Ainsi parle l'Eternel : Au lieu même où les chiens ont léché le sang de Naboth, les chiens lécheront aussi ton propre sang. -"Achab dit à Elie: M'as-tu trou- vé, mon ennemi ? Et il répondit : Je t'ai Achab blessé à mort dans une expédition contre les Syriens. Chap. XXII. 'On resta trois ans sans qu'il y eût guerre entre la Syrie et Israël. -La troisième année, Josa- phat, roi de .Juda , descendit auprès du roi d'Israël. 'Le roi d'Israël dit à ses serviteurs : Savez-vous que Ranioth en Galaad est à nous ? Et nous ne nous trouvé, parce (jue tu t'es vendu pour inquiétons pas de la reprendre des taire ce qui est mal aux yeux de l'É- mains du roi de Syrie ! ""Et il dit à .lo- sa]:)hat : Veux-tu venir avec moi atta- quer Ramoth en Galaad ? .losaphat répondit au roi d'Israël : Nous irons, moi comme toi, mon peuple comme ton peuple, mes chevaux comme tes chevaux. ^Puis .losaphat dit au roi d'Israël : Consulte maintenant, je te prie, la pa- role de l'Eternel. ^Le roi d'Israël as- sembla les jirophètes, au nombre d'en- viron quatre cents, et leur dit : Irai-je attaquer Ramoth en Galaad, ou dois-je y renoncer? Et ils répondirent: Monte, ternel. -'Voici, je vais faire venir le malheur sur toi ; je te balaierai, j'exter- minerai quiconque appartient à Achab, celui qui est esclave et celui qui est libre en Israël, --et je rendrai ta mai- son semblable à la maison de Jéro- l)()am, fils de Nebath, et à la maison de Baescha, fils d'Achija, parce que tu m'as irrité et que tu as fait pécher Israël. -''L'Eternel parle aussi sur .lé- zabel, et il dit : Les chiens mange- ront Jézabel près du rempart de Jiz- reel. "Celui de la maison d'Achab qui mourra dans la ville sera mangé par les chiens, et celui cpii mourra dans les champs sera mangé par les oiseaux du ciel. — '^^11 n'y a eu personne qui se soit vendu comme Achab pour faire ce qui est mal aux yeux de l'Eternel ; et Jéza- bel, sa femme, l'y excitait. -*I1 a agi et le Seigneur la livrera entre les mains du roi. ^Mais Josa])hat dit: N'y a-t-il plus ici aucun prophète de l'Eternel, par qui nous puissions le consulter? ^'Le roi d'Israël répondit à Josaphat : Il y a encore un homme par qui l'on pourrait consulter l'Eternel; mais je le hais, car il ne me prophétise rien de la manière la plus abominable, en de bon, il ne prophétise que du mal : c'est Michée, fils de Jimla. Et Josa- phat dit : Que le roi ne parle ])as ainsi ! ''Alors le roi d'Israël appela un eunu- que, et dit : Fais venir de suite Michée, fds de Jimla. '"Le roi d'Israël et Josaphat, roi de Juda, étaient assis chacun sur son trône, revêtus de leurs habits royaux, dans la place à l'entrée de la porte de Samarie. Et tous les prophètes pro- phétisaient devant eux. " Sédécias , fils de Kenaana, s'était fait des cornes de fer, et il dit : Ainsi parle l'Eternel : Avec ces cornes tu frapperas les Sy- riens jusqu'à les détruire. ''^ Et tous les allant après les idoles, comme le fai- saient les Amoréens que l'Eternel chassa devant les enfants d'Israël. — -'Après avoir entendu les paroles d'Élie, Achab déchira ses vêtements, il mit un sac sur son corps, et il jeûna; il couchait avec ce sac, et il marchait lentement. -*Et la parole de l'Eternel fut adressée à Elie, le Thischbite, en ces mots : ^^ As-tu vu comment Achab s'est humilié devant moi ? Parce qu'il s'est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le malheur pendant sa vie ; ce sera pendant la vie de son fils que je ferai venir le malheur sur sa maison. 416 I. ROIS. Chap.9^,i3-3,. prophètes prophétisaient de même, fuis ainsi. -'Et maintenant, voici, V\\- en disant : Monte à Ramoth en Ga- ternel a mis un esprit de mensonge laad ! tu auras du suciès, et l'Eternel dans la bouche de tous tes prophètes (pii sont là. Et l'Eternel a prononcé du la livrera entre les mains du roi. '^Le messager qui était allé a|)peler Miellée lui parla ainsi : ^'oici, les pro- phètes, d'un commun accord, prophé- tisent du bien au roi; cpie ta parole mal contre toi. -■*Alors Sédécias, fils de Kcnaana, s'étant a])proché, frappa Michée sur la joue, et dit : Par où l'esprit de l'Éter- soit donc comme la |)arole de chacun nel est-il sorti de moi pour te parler d'eux! annonce du bien! '^Michée ré- ^^Michée répondit : Tu le verras au jour pondit : L'Eternel est vivant ! j'annon- où tu iras de chambre en chambre cerai ce que l'Eternel me dira. jiour te cacher. ^^Le roi d'Israël dit": '^Lorsqu'il fut arrivé auprès du roi, Prends Michée, et emmène-le vers le roi lui dit : Michée, irons-nous atta- Amon, chef de la ville, et vers ,Ioas, quer Ramoth en Galaad, ou devons- nous y renoncer ? Il lui répondit : Monte ! tu auras du succès, et l'Eter- nel la livrera entre les mains du roi. "'Et le l'oi lui dit : Combien de lois me faudra-t-il te faire jurer de ne me dire (pie la vérité au nom de l'Eternel ? fils du roi. -H'u diras: Ainsi |)arle le roi : Mettez cet homme en jirison, et nourrissez-le du pain et de l'eau d'af- fliction, jusqu'à ce que je revienne en paix. -''Et Michée dit : Si tu reviens en paix, l'Eternel n'a point parlé par moi. Il dit encore : Vous tous, peuples, en- '"Michée répondit : Je vois tout Israël tendez ! ilispersé sur les montagnes, comme "'■'Le roi d'Israël et Josaphat, roi tie des brebis qui n'ont point de berger; Juda, montèrent à Ramoth en Gahiatl. et l'Eternel dit : Ces gens n'ont point '"Le roi d'Israël dit à. Josaphat: Je veux de maître, cpie chacun retourne en me déguiser pour aller au combat; paix dans sa maison ! mais toi, revêts-toi de tes habits. Et '^Le roi d'Israël dit à Josaphat : Ne le roi d'Israël se déguisa, et alla au te l'ai-je ])as dit ? Il ne prophétise sur cond)at. "Le roi de Syrie avait donné cet ordre aux trente-deux chefs de ses chars: Vous n'attaquerez ni petits ni moi rien de bon, il ne prophétise (pie du mal. '^Et Michée dit : Écoute donc la pa- role de l'Éternel ! J'ai vu l'Éternel assis sur son trône, et toute l'armée des cieux se tenant auprès de lui, à sa di'oite et à sa oauche. '-"Et l'Éter- grands, mais vous atla(picrez seule- ment le roi d'Israël. -"Ouand les chefs des chars apeicurent Josaphat, ils di- rent : Certainement, c'est le roi d'Is- nel dit: Oui séduira Achab, pour qu'il raël. Et ils s'approchèrent de lui pour monte à Ramoth en Galaad et qu'il y l'attaquer. Josaphat poussa un cri. périsse ? Ils répondirent l'un d'une ''Les chefs des chars, voyant que ce manière, l'autre d'une autre. -'Et un n'était pas le roi d'Israël, s'éloignèrent esprit vint se présenter devant l'Eter- de lui. '^\lors un Iwmme tira de son nel, et dit : Moi, je le séduirai. L'Éter- arc au hasard, et frappa le roi d'Israël nel lui dit: Comment? "Je sortirai, au défaut de la cuirasse. Le roi dit à répondit-il, et je serai un esjjrit de celui qui dirigeait son char: Tourne, mensonge dans la bouche de tous ses et fais-moi sortir du champ de bataille, prophètes. L'Éternel dit : Tu le sédui- car je suis blessé. "*Le combat devint ras, et tu en vicndias à bout; sors, et acharné ce jour-là. Le roi fut retenu a. tiuu!)-ciituiidu ; « ù I un de ses serviteurs ». 417 Chap. 22,36- 99. .,n-.v. I ROIS. dans son char en face des Syriens, et il mourut le soir. Le sang de la bles- sure coula dans l'intérieur du char. ^^Au coucher du soleil, on cria partout le camp : Chacun à sa ville et chacun dans son pays ! ^' Ainsi mourut le roi, qui fut ramené à Samarie ; et on enterra le roi à Sa- marie. ^^Lorsqu'on lava le char à l'é- tang de Samarie, les chiens léchèrent le sang d'Achab, et les prostituées s'y baignèrent, selon la parole que l'Eter- nel avait prononcée. ^'Le reste des actions d'Achab, tout ce qu'il a. fait, la maison d'ivoire qu'il construisit, et toutes les villes qu'il a bâties, cela n'est-il pas écrit dans le livre de^ Chroniques des rois d'Is- raël ? ^"Achab se coucha avec ses pères. Et Achazia, son fils, régna à sa place. Joaap/iat, roi de Jnda. — Acliazia, roi d'Israël. ■"Josaphat, fils d'Asa, régna sur Juda, la quatrième année d'Achab, roi d'Israël. ''-Josaphat avait trente-cinq ans lorsqu'il devint roi, et il régna vingt-cin([ ans à .Jérusalem. Sa mère s'appelait Azuba, fdle de Schilchi. "Il marcha dans toute la voie d'Asa, son père, et ne s'en détourna point, faisant ce qui est droit aux yeux de l'Eternel. "Seulement, les hauts lieux ne disparurent point ; le peuple offrait encore des sacrifices et des parfums sur les hauts lieux. ■'^Josaphat fut en paix avec le roi d'Israël. ^^Le reste des actions de .Josaphat, ses exploits et ses guerres, cela n'est-il ])as écrit dans le livre des Chroniques des rois de .Juda ? ''"Il ôta du pays le reste des pros- tituées, qui s'y trouvaient encore de- puis le temps d'Asa, son père. ''^Il n'y avait point de roi en Édom : c'était un intendant qui gouvernait. ■'^Josa- phat construisit des navires de Tarsis pour aller à Ophir chercher de l'or; mais il n'y alla point, parce que les navires se brisèrent à Etsjon-Guéber. J ^"Alors Achazia, fds d'Achab, dit à Jo- ■ saphat : Veux-tu que mes serviteurs aillent avec les tiens sur des navires ? Et Josaphat ne voulut pas. ^'Josaphat se coucha avec ses pères, et il fut enterré avec ses pères dans la ville de David, son père. Et Joram, son fils, régna à sa place. ^'Achazia, fds d'Achab, régna sur Israël à Samarie, la dix-septième an- née de Josaphat, roi de Juda. II ré- gna deux ans sur Israël. ^•^11 fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, et il marcha dans la voie de son père et dans la voie de sa mère, et dans la voie de Jéroboam, fds de Nebath, qui avait fait pécher Israël. ^'11 servit Baal et se prosterna devant lui, et il irrita l'Eternel, le Dieu d'Is- raël, comme avait fait son père. LE SECOND LIVRE DES ROIS SUITE DES ROIS DE JUDA ET DES ROIS I) ISRAËL, DEPUIS .TOSAPIIAT ET LV MORT D ACIIAI! jusqu'à la DESTRUCTION DU ROYAUME DISRAEL {Clwp. 1-17.) Maladie d'Achazia. roi d'hrncl. — Intervention d'iilie. — Mort d'Achazia. Chap.I. 'Moab se révolta contre qui est monté à votre rencontre et qui VOUS a dit ces paroles? ''Ils lui répondirent : C'était un homme vêtu de poil et ayant une ceinture de cuir autour des reins. Et' Achazia dit : C'est Élie, le Thischbite. ^11 envoya vers lui un chef de cin- quante avec ses cinquante hommes. Ce chef monta auprès d'Elie, f{ui était assis sur le sommet de la montagne, et il lui dit : Homme de Dieu, le roi a dit : Descends! '"Elie répondit au Israël, après la mort d'Achab. -Or Achazia tomba par le treillis de sa chambre haute à Samarie, et il en fut malade. II Ht partir des mes- sagers, et leur dit : Allez, consultez Baal-Zebub, dieu d'Ekron, pour sa- voir si je guérirai de cette maladie. 'Mais l'ange de l'Éternel dit à Élie, le Thischbite : Lève-toi, monte à la rencontre des messagers du roi de Samarie, et dis-leur : Est-ce parce qu'il n'y a point de Dieu en Israël que chef de cincjuante : Si je suis un hom- vous allez consulter Baal-Zebub, dieu me de Dieu, que le feu descende du d'Ékron? *C'est pourquoi ainsi parle ciel et te consume, toi et tes cin- lÉternel : Tu ne descendras pas du lit sur lequel tu es monté, car tu mourras. Et Elie s'en alla. M.,es messagers retournèrent auprès d'Achazia. Et il leur dit : Pourquoi re- quante hommes! Et le feu descendit ilu ciel et le consuma, lui et ses cin- quante hommes. "Achazia envoya de nouveau vers lui un autre chef de cinquante avec venez-vous? ^Ils lui répondirent : Un ses cinquante hommes. Ce chef prit homme est monté à notre rencontre, la parole et dit à Elie : Homme de et nous a dit : Allez, retournez vers Dieu, ainsi a dit le roi : Ilàtc-toi de le roi qui vous a envoyés, et dites- descendre! '-Élie leur répondit : Si lui : Ainsi parle l'Éternel : Est-ce je suis un homme de Dieu, que le feu parce qu'il n'y a point de Dieu en Is- descende du ciel et te consume, toi raël que tu envoies consulter Baal- Zebub, dieu d'Ekron? C'est pourquoi tu ne descendras pas du lit sur lequel tu es monté, car tu mourras. 'Acha- zia leur dit : Quel air avait l'homme troisième chef de cinquante avec ses 419 et tes cinquante hommes! Et le feu de Dieu descendit du ciel et le con- suma, lui et ses cincjuante hommes. '■^Achazia envoya de nouveau un Cliap. l, i'i-2, l'i II ROIS. cinquante hommes. Ce troisième chef de cinquante monta ; et à son arrivée, il fléchit les genoux devant Elie, et kii dit en suppliant : Homme de Dieu, que ma vie, je te prie, et que la vie de ces cinquante hommes tes serviteurs soit précieuse à tes yeux! '''Voici, le feu est descendu du ciel et a con- sumé les deux premiers chefs de cin- quante et leurs cinquante hommes : mais maintenant, que ma vie soit pré- cieuse à tes yeux ! '^L'ange de l'Eternel dit à Elie : Des- cends avec lui, n'aie aucune crainte de lui. Elie se leva et descendit avec lui vers le roi. '^11 lui dit : Ainsi parle l'Eternel : Parce que tu as envoyé des messagers pour consulter Baal- Zebub, dieu d'Ekron, comme s'il n'y avait en Israël point de Dieu dont on jiuisse consulter la parole, tu ne des- cendras pas d» lit sur lequel tu es monté, car tu mourras. ''Achazia mourut, selon la parole de l'Eternel prononcée par Elie. Et Joram régna à sa place, la seconde année de Joram, fds de Josaphat, roi de Juda; car il n'avait point de fds. '*Le reste des actions d' Achazia, et ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois d'Israël? Elie enlevé au ciel. — Elisée. — Les eaii.r de Jéricho. — Les petits garçons de Bétliel. Chap. H. 'Lorsque l'Eternel fit monter Elie au ciel dans un tourbil- lon, Elie partait de Guilgal avec Eli- sée. -Elie dit à Elisée : Reste ici, je te prie, car l'Eternel m'envoie jus- qu'à Béthel. Elisée répondit : L'Eter- nel est vivant et ton àme est vivante ! je ne te quitterai point. Et ils des- cendirent à Béthel. 'Les fils des pro- phètes qui étaient à Béthel sortirent vers Elisée, et lui dirent : Sais-tu que l'Eternel enlève aujourd'hui ton maî- tre au-dessus de ta tète? Et il répon- dit : Je le sais aussi; taisez-vous. ^Elie lui dit : Elisée, reste ici, je te ])rie, car l'Éternel m'envoie à Jéricho. Il répondit : L'Eternel est vivant et ton âme est vivante! je ne te quitte- rai point. Et ils arrivèrent à Jéricho. ^Les fils des prophètes qui étaient à Jéricho s'approchèrent d'Elisée, et lui dirent : Sais-tu que l'Eternel enlève aujourd'hui ton maître au-dessus de ta tête? Et il répondit : Je le sais aussi ; taisez-vous. *Elie lui dit : Reste ici, je te prie, car l'Eternel m'en- voie au Jourdain. Il répondit : L'E- ternel est vivant et ton àme est vi- vante! je ne te quitterai point. Et ils poursuivirent tous deux leur chemin. 'Cinquante hommes d'entre les fils des prophètes arrivèrent et s'arrêtè- rent à distance vis-à-vis, et eux deux s'arrêtèrent au bord du Jourdain. *Alors Elie prit son manteau, le rou- la, et en frappa les eaux, qui se par- tagèrent çà et là, et ils passèrent tous deux à sec. ^Lorsqu'ils eurent passé, Elie dit à Elisée : Demande ce que tu veux que je fasse pour toi, avant que je sois enlevé d'avec toi. Elisée répondit : Qu'il y ait sur moi, je te prie, une double portion de ton esprit! '"Elie dit : Tu demandes une chose diffi- cile. Mais si tu me vois pendant que je serai enlevé d'avec toi, cela t'arri- vera ainsi; sinon, cela n'arrivera pas. "Comme ils continuaient à mar- cher en parlant, voici, un char de feu et des chevaux de feu les sépa- rèrent l'un de l'autre, et Elie monta au ciel dans un tourbillon. ''Elisée regardait et criait : Mon père ! père! Char d'Israël et sa cavalerie Et il ne le vit plus. Saisissant alors ses vêtements, il les déchira en deux morceaux, ''et il releva le manteau qu'Elie avait laissé tomber. Puis il retourna, et s'arrêta au bord du Jour- prit le manteau qu'Elie avait mon I dain; ''i 420 II ROIS. Chap. 2, lô-S, 11. laissé tomber, et il en frappa les eaux, et dit : Où est l'Eternel, le Dieu tl'E- lie? Lui aussi, il frappa les eaux, qui se partagèrent çà et là , et Elisée passa. '^Les fils des prophètes qui étaient à Jéricho, vis-à-vis, l'ayant vu, di- rent : L'esprit d'Élie repose sur Eli- sée ! Et ils allèrent à sa rencontre, et se prosternèrent contre terre devant lui. "'Ils lui dirent : Voici, il y a par- mi tes serviteurs cinquante hommes vaillants; veux-tu qu'ils aillent cher- cher ton maître? Peut-être que l'es- prit de l'Eternel l'a emporté et l'a jeté sur quelque montagne ou dans quel- que vallée. Il lèpondit : Ne les en- voyez pas. "Mais ils le pressèrent longtemps; et il dit : Envoyez-les. Ils envoyèrent les cinquante hommes , cjui cherchèrent Elle pendant trois jours et ne le trouvèrent point. "* Lors- qu'ils furent de retour auprès d'Eli- sée, qui était à Jéricho, il leur dit : Ne vous avais-je pas dit : N'allez pas? ''■•Les gens de la ville dirent à Eli- sée : Voici, le séjour de la ville est l)on , comme le voit mon seigneur ; mais les eaux sont mauvaises , et le pays est stérile. -"Il dit : Apportez- 25 De la il ail Carmel, d'où il retourna à Samarie a sur la montagne du Jorani. roi d'Israël. — Guerre contre les Moabites. Chap. III. 'Joram, fils d'Achab, régna sur Israël à Samarie, la dix- huitième année de Josaphat, roi de Juda. Il régna douze ans. -11 fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, non pas toutefois comme son père et sa mère. Il renversa les statues de Baal que son père avait faites; ^mais il se livra aux péchés de Jéroboam, fils de Nebath, qui avait fait pécher Israël, et il ne s'en dé- tourna point. ^Méscha, roi de Moab, possédait des troupeaux, et il payait au roi d'Is- raël un tribut de cent mille agneaux et de cent mille béliers avec leur laine. ^A la mort d'Achab, le roi de Moab se révolta contre le roi d'Israël. ^Le roi Joram sortit alors de Samarie, et passa en revue tout Israël. 'Il se mit en marche, et il fit dire à Josa- phat, roi de Juda : Le roi de Moab s'est révolté contre moi ; veux-tu ve- nir avec moi attaquer Moab? Josaphat répondit : J'irai, moi comme toi, mon moi un plat neuf, et mettez-y du sel. peuple comme ton peuple, mes che- Et ils le lui apportèrent. -'Il alla vers vaux comme tes chevaux. *Et il dit : la source des eaux, et il y jeta du sel. Par (|uel chemin monterons-nous? Jo- et dit : Ainsi parle l'Eternel : J'assai- nis ces eaux; il n'en proviendra plus ni mort, ni stérilité. "Et les eaux fu- rent assainies, jusqu'à ce jour, selon la parole qu'Elisée avait prononcée. -■'11 monta de là à Béthel; et comme il cheminait à la montée, des petits garçons sortirent de la ville, et se moquèrent de lui. Ils lui disaient : Monte, chauve! monte, chauve! -Ml se retourna pour les regarder, et il les maudit au nom de l'Eternel. Alors deux ours sortirent de la foret, et dé- chirèrent quarante-deux de ces en- fants. ram dit : Par le chemin du désert d'Edom. ''Le roi d'Israël, le roi de Juda et le roi d'Edom, partirent; et après une marche de sept jours, ils manquèrent d'eau pour l'armée et pour les bêtes qui la suivaient. '"Alors le roi d'Israël dit : Hélas! l'Éternel a appelé ces trois rois pour les livrer entre les mains de Moab. "Mais Josaphat dit : N'y a-t-il ici aucun prophète de l'Eternel, par qui nous puissions consulter l'Eter- nel? L'un des serviteurs du roi d'Is- raël répondit : Il y a ici Elisée, fils de Schaphath, qui versait l'eau sur les 421 Chap . 3, 12-4, 2. II ROIS. mains d'Élie". '-Et Josaphat dit : La rent : C'est du sang! les rois ont tiré parole de rEternel est avec lui. Le l'épée entre eux, ils se sont frappés roi d'Israël, Josaphat et le roi d'É- les uns les autres; maintenant, Moa- dom, descendirent auprès de lui. bites, au pillage! -''Et ils marchèrent "Elisée dit au roi d'Israël : Qu'y contre le camp d'Israël. Mais Israël a-t-il entre moi et toi? Va vers les se leva, et frappa Moab, qui prit la prophètes de ton père et vers les pro- fuite devant eux. Ils pénétrèrent dans phètes de ta mère. Et le roi d'Israël le pays, et frappèrent Moab. ^'^Ils ren- lui dit : Non! car l'Eternel a appelé versèrent les villes, ils jetèrent cha- ces trois rois pour les livrer entre les cun des pierres dans tous les meil- mains de Moab. "Elisée dit : L'Eter- leurs champs et les en remplirent, ils nel des armées, dont je suis le servi- bouchèrent toutes les sources d'eau, teur, est vivant! si je n'avais égard à et ils abattirent tous les bons arbres; Josaphat, roi de Juda, je ne ferais au- et les frondeurs enveloppèrent et bat- cune attention à toi et je ne te re- tirent Kir-Haréseth, dont on ne laissa garderais pas. '^Maintenant, amenez- que les pierres. -'^Le roi de Moab, moi un joueur de harpe. Et comme voyant qu'il avait le dessous dans le le joueur de harpe jouait, la main de combat, prit avec lui sept cents hom- l'Eternel fut sur Elisée. '^Et il dit : mes tirant l'épée pour se frayer un Ainsi parle l'Eternel : Faites dans cette vallée des fosses , des fosses ! "Car ainsi parle l'Eternel : Vous n'a- percevrez point de vent et vous ne passage jusqu'au roi d'Edom ; mais ils ne purent pas. "11 prit alors son fils premier-né, qui devait régner à sa place, et il l'offrit en holocauste verrez point de pluie, et cette vallée sur la muraille. Et une grande indi- se remplira d'eau, et vous boirez, vous, vos troujjeaux et votre bétail. "*Mais cela est peu de chose aux yeux de l'Éternel. Il livrera Moab entre vos mains; "'vous frapperez toutes les vil- les fortes et toutes les villes d'élite, vous abattrez tous les bons arbres, vous boucherez toutes les sources d'eau, et vous ruinerez avec des pier- res tous les meilleurs champs. ^"Or le matin, au moment de la pré- sentation de l'offrande, voici, l'eau arriva du chemin d'Edom, et le pays fut rempli d'eau. ^' Cependant, tous les Moabites ayant appris que les rois montaient pour les femmes des fils des prophètes cria à attaquer, on convoqua tous ceux en Elisée, en disant : Ton serviteur mon âge de porter les armes et même au- mari est mort, et tu sais que ton ser- dessus, et ils se tinrent sur la fron- vitcur craignait l'Eternel ; or le créan- tière. **Ils se levèrent de bon matin, cier est venu pour prendre mes deux et quand le soleil brilla sur les eaux, enfants et en faire ses esclaves. ^Eli- les Moabites virent en face d'eux les sée lui dit : Que puis-je faire pour eaux rouges comme du sang. -•■'Ils di- toi? Dis-moi, qu'as-tu à la maison? a. Qui était au service d'Élie. gnation s'empara d'Israël, qui s'éloi- gna du roi de Moab et retourna dans son jiays. Miracles d'Elisée. — L'huile de la veuve. — Le fils de la Sunaïuitc. — La mort dans le pot. — Les vinift pains d'orge. — Naaman, le Syrien, guéri de la lèpre. — Gué/iazi, ser- viteur d'Elisée, frappé de la lèpre. — La cognée d'un fils des prophètes. — Les Syriens frappés d aveuglement. — Siège et famine de Samarie. — Délivrance de Samaric, assiégée par les Syriens. — Famine de sept ans ; dé- part et retour de la .Sunamite. — Hazaël sur le trône de Syrie. C/iap. IV. ' Une femme d'entre les 422 II ROIS. Chap. 4, 3-w. Elle répondit : Ta servante n'a rien du tout à la maison qu'un vase d'huile. ^Et il dit : Va demander au dehors des vases chez tous tes voisins, des vases vides, et n'en demande pas un petit nombre. *Quand tu seras ren- trée, tu fermeras la porte sur toi et sur tes enfants; tu verseras dans tous ces vases, et tu mettras de côté ceux qui seront pleins. ^Alors elle le quitta. Elle ferma la porte sur elle et sur ses enfants; ils lui présentaient les vases, et elle versait. ■* Lorsque les vases fu- rent pleins, elle dit à son fils : Pré- sente-moi encore un vase. Mais il lui répondit : Il n'y a plus de vase. Et l'huile s'arrêta. 'Elle alla le rapporter à l'homme de Dieu, et il dit : Va ven- dre l'huile, et paie ta dette; et tu vi- vras, toi et tes fils, de ce qui restera. '* Un jour Elisée passait par Sunem. Il y avait là une femme de distinc- tion, ([ui le pressa d'accepter à man- ger. Et toutes les fois ([u'il passait, il se rendait chez elle pour manger. 'Elle dit à son mari : Voici, je sais que cet homme qui passe toujours chez nous est un saint homme de Dieu. '"Faisons une petite chambre haute avec des murs, et mettons-y pour lui un lit, une table, un siège et un chandelier, afin qu'il s'y retire quand il viendra chez nous. "Elisée, 'étant revenu à Sunem, se retira dans la chambre haute et y coucha. '-Il dit à Guéhazi, son serviteur : Appelle cette Sunamite. Guéhazi l'appela, et elle se présenta devant lui. '^Et Eli- sée dit à Guéhazi : Dis-lui : Voici, tu nous as montré tout cet empresse- ment; que peut-on faire pour toi? Faut-il parler pour toi au roi ou au chef de l'armée? Elle répondit : J'ha- bite au milieu de mon peuple. '''Et il dit : (hie faire pour elle? Guéhazi ré- pondit : Mais! elle n'a point de fils, et son mari est vieux. '^ Et il dit : Appelle-la. Guéhazi l'appela, et elle se présenta à la porte. '* Elisée lui dit : A cette même époque, l'année prochaine, tu embrasseras un fils. Et elle dit : Non! mon seigneur, homme lie Dieu, ne trompe pas ta servante! ''Cette femme devint enceinte, et elle enfanta un fils à la même époque, l'année suivante, comme Elisée lui avait dit. "* L'enfant grandit. l*]t un jour cpi'il était allé trouver son père vers les moissonneurs, "il dit à son père : Ma tête ! ma tête ! Le père dit à son serviteur : Porte-le à sa mère. ^'Le serviteur l'emporta et l'amena à sa mère. Et l'enfant resta sur les genoux de sa mère jusqu'à midi, puis il mou- rut. -'Elle monta, le coucha sur le lit de l'homme de Dieu, ferma la porte sur lui, et sortit. -"-Elle appela son mari, et dit : Envoie-moi, je te prie, un des serviteurs et une des ànesses ; je veux aller en hâte vers l'homme de Dieu, et je reviendrai. -'Et il dit : Pourquoi veux-tu aller aujourd'hui vers lui ? Ce n'est ni nouvelle lune ni sabbat. Elle répondit : Tout va bien. -*Puis elle fit seller l'ànesse, et dit à son serviteur : Mène et pars ; ne m'arrête pas en route sans que je te le dise. -^Elle partit donc et se ren- dit vers l'homme de Dieu sur la mon- tagne du Carmel. L'homme de Dieu, l'ayant aperçue de loin, dit à Guéhazi, son serviteur : Voici cette Sunamite! -"Maintenant, cours donc à sa rencontre, et dis-lui : Te portes-tu bien ? ton mari et ton en- fant se portent-ils bien ? Elle ré])on- ilit : Bien. -"Et dès qu'elle fut arrivée auprès de l'homme de Dieu sur la montagne, elle^ embrassa ses ])ieds. Guéhazi s'approcha pour la repous- ser. Mais l'homme de Dieu dit : Laisse- la, car son àme est dans l'amertume, et l'Eternel me l'a caché et ne nie l'a point fait connaître. ^'*Alors elle dit : Ai -je demandé un fils à mon sei- 423 Cliap. 4,29-0,6. II ROIS. gneur? N'ai-je pas dit : Ne me trompe pas ? -^Et Elisée dit à Guéhazi : Ceins tes reins, prends mon bâton dans ta main, et pars. Si tu rencontres quel- qu'un, ne le salue pas ; et si quelqu'un te salue, ne lui réponds pas. Tu met- tras mon bâton sur le visage de l'en- fant. ™La mère de l'enfant dit : L'Eter- nel est vivant et ton âme est vivante ! je ne te quitterai point. Et il se leva et la suivit. ^'Guéhazi les avait devancés, et il avait mis le bâton sur le visage de l'enfant; mais il n'y eut ni voix ni si- gne d'attention. Il s'en retourna à la rencontre d'Elisée, et lui rapporta la chose, en disant : L'enfant ne s'est pas réveillé. "-Lorsque Elisée arriva dans la maison, voici, l'enfant était mort, cou- ché sur son lit. ''Elisée entra et ferma la porte sur eux deux, et il pria l'Eternel. '''Il mon- ta, et se coucha sur l'enfant; il mit sa bouche sur sa bouche, ses yeux sur ses yeux, ses mains sur ses mains, et il s'étendit sur lui. Et la chair de l'en- fant se réchauffa. '^Elisée s'éloigna, alla çà et là par la maison, puis re- monta et s'étendit sur l'enfant. Et l'en- fant éternua sept fois, et il ouvrit les yeux. '^Elisée appela Guéhazi, et dit : Appelle cette Sunamite. Guéhazi l'ap- pela, et elle vint vers Elisée, qui dit : Prends ton fils ! ''Elle alla se jeter à ses pieds, et se prosterna contre terre. Et elle prit son fils, et sortit. '^Elisée revint à Guilgal, et il y avait une famine dans le pays. Comme les fils des prophètes étaient assis devant lui, il dit à son serviteur : Mets le grand pot, et fais cuire un potage pour les fils des prophètes. '■'L'un d'eux sor- tit dans les champs ])Our cueillir des herbes ; il trouva de la vigne sauvage et il y cueillit des coloquintes " sauva- ges, plein son vêtement. Quand il rentra, il les coupa en morceaux dans le pot où était le potage, car on ne les a. Espèce de concombres. connaissait pas. ''"On servit à manger à ces hommes ; mais dès qu'ils eurent mangé du potage, ils s'écrièrent : La mort est dans le pot, homme de Dieu ! Et ils ne purent manger. ^'Elisée dit : Prenez de la farine. 11 en jeta dans le pot, et dit : Sers à ces gens, et qu'ils mangent. Et il n'y avait plus rien de mauvais dans le pot. ■•-Un homme arriva de Baal-Schali- scha. Il apj)orta du pain des prémices à l'homme de Dieu, vingt pains d'orge, et des épis nouveaux dans son sac. Elisée dit : Donne à ces gens, et qu'ils mangent. " Son serviteur répondit : Comment pourrais-je en donner à cent personnes ? Mais Elisée dit : Donne à ces gens, et qu'ils mangent ; car ainsi parle l'Eternel : On mangera, et on en aura de reste. '"11 mit alors les pains devant eux; et ils mangèrent et en eu- rent de reste, selon la parole de l'E- ternel. Chap. V. 'Naainan, chef de l'ar- mée du roi de Syrie, jouissait de la faveur de son maître et d'une grande considération ; car c'était par lui que l'Eternel avait délivré les Syriens. Mais cet homme fort et vaillant était lépreux. -Or les Syriens étaient sortis par troupes, et ils avaient emmené captive une petite fille du pays d'Is- raël, qui était au service de la femme de Naaman. 'Et elle dit à sa maîtresse : Oh ! si mon seigneur était auprès du prophète qui est à Samarie , le pro- phète le guérirait de sa Jèpre ! ^Naaman alla dire à son maître : La jeune fille du pays d'Israël a parlé de telle et telle manière. '^Et le roi de Syrie dit : Va, rends-toi à Samarie, et j'enverrai une lettre au roi d'Israël. Il partit, prenant avec lui dix talents d'argent, six mille sicles d'or, et dix vêtements de rechange. '^11 porta au roi d'Israël 424 II ROIS. CIuip. 5, 7-23. la lettre, où il était dit : Maintenant Voici, je reconnais riuil n'y a point de quand cette lettre te sera parvenue, tu Dieu sur toute la terre, si ce n'est en sauras que je t'envoie Naaman, mon Israël. Et maintenant, accepte, je te serviteur, afin que tu le guérisses de jirie, un présent de la part de ton ser- sa lèpre. 'Après avoir lu la lettre, le vitcur. '"Elisée répondit : L'Eternel roi d'Israël déchira ses A'ètements, et dont je suis le serviteur est vivant ! je dit : Suis-je un dieu, jiour faire mou- n'accepterai pas. Naaman le pressa rir et pour faire vivre, qu'il s'adresse d'accepter, mais il refusa. "Alors Naa- à moi afin cpie je guérisse un homme nian dit : Puisque tu refuses, permets de sa lèpre ? Sachez donc et compre- que l'on donne de la terre à ton servi- nez qu'il cherche une occasion de dis- teur, une charge de deux mulets ; car pute avec moi. ton serviteur ne veut plus offrir à d'au- *Lorsque Elisée, homme de Dieu, ap- très dieux ni holocauste ni sacrifice, prit que le roi d'Israël avait déchiré il n'en offrira qu'à l'Eternel. '^Voici ses vêtements, il envoya dire au roi : toutefois ce que je prie l'Flternel Pourquoi as-tu tiéchiré tes vêtements ? de pardonnera ton serviteur. Quand Laisse-le venir à moi, et il saura qu'il mon maître entre dans la maison de y a un prophète en Israël. "Naaman Himmon jiour s'y prosterner et qu'il vint avec ses chevaux et son char, et s'appuie sur ma main, je me prosterne il s'arrêta à la porte de la maison d'E- lisée. '"Elisée lui fit dire par un mes- sager : Va, et lave-toi sept fois dans le Jourdain ; ta chair redeviendra saine. aussi dans la maison de Rimmon : veuille l'Eternel pardonner à ton ser- viteur, lorsque je me prosternerai dans la maison de Rimmon ! '"Elisée lui et tu seras pur. "Naaman fut irrité, et dit : Va en paix. il s'en alla, en disant : Voici, je me Lorsque Naaman eut quitté Elisée disais : Il sortira vers moi, il se pré- et qu'il fut à une certaine distance, sentera lui-même, il invoquera le nom '-"Guéhazi, serviteur d'Elisée, homme de l'Eternel, son Dieu, il agitera sa de Dieu, dit en lui-même : Voici, mon main sur la place et guérira le lépreux, maître a ménagé Naaman, ce Syrien, '-Les fleuves de Damas, l'Abana et le en n'acceptant pas de sa main cec[u'il Par|)ar, ne valent-ils pas mieux que avait apporté; l'Éternel est vivant! je toutes les eaux d'Israël ? Ne pourrais- vais courir après lui, et j'en obtiendrai je pas m'y laver et devenir pur? Et il quelque chose. -'Et Guéhazi courut s'en retournait et ])arlait avec fureur, après Naaman. Naaman, le voyant cou- '^Mais ses serviteurs s'ap])rochèrent rir après lui, descendit de son char pour lui parler, et ils direat : Mon jjour aller à sa rencontre, et dit : Tout ])ère, si le prophète t'eût demandé va-t-il bien? --11 répondit: Tout va (juelque chose de difficile, ne l'aurais- bien. Mon maître m'envoie te dire: tu ])as fait? Combien plus dois-tu ^'oici, il vient d'arriver chez moi deux faire ce qu'il t'a dit : Lave-toi, et tu jeunes gens de la montagne d'É- seras pur! 'Ml descendit alors et se phraïm, d'entre les fils des prophètes; plongea sept fois dans le Jourdain, donne pour eux, je te prie, un talent selon la parole de l'homme de Dieu; et sa chair redevint comme la chair d'un jeune enfant, et il fut pur. '^Naaman retourna vers l'homme de Dieu, avec toute sa suite. Lorsqu'il fut sacs, donna deux habits de rechange, arrivé, il se présenta devant lui, et dit: et les fit porter devant Guéhazi par 425 d'argent et deux vêtements de re- change.-^Naaman dit: Consens à pren- dre deux talents. Il le pressa, et il séria deux talents d'aroent dans deux Chap. 5,-'2k-G,'ii. II ROIS. deux de ses serviteurs. -•'Arrivé à la envoya des gens, pour s'y tenir en colline, Guéhazi les j)ritde leurs mains observation, vers le lieu que lui avait et les déposa dans la maison, et il ren- mentionné et signalé l'homme de Dieu, voya ces gens qui partirent. -^Puis il Cela arriva non pas une fois ni deux alla se présenter à son maître. Elisée fois. "Le roi de Syrie en eut le cœur lui dit : D'où viens-tu, Guéhazi ? Il ré- agité; il appela ses serviteurs, et leur pondit : Ton serviteur n'est allé ni dit : Ne voulez-vous pas me déclarer d'un côté ni d'un autre. -^Mais Elisée lequel de nous est pour le roi d'Israël? lui dit : Mon esprit n'était pas absent, '-L'un de ses serviteurs répondit : Per- lorsque cet homme a quitté son char sonne! ô roi mon seigneur; mais Eli- pour venir à ta rencontre. Est-ce le sée, le prophète, qui est en Israël, temps de prendre de l'argent et de rapporte au roi d'Israël les paroles que prendre des vêtements, puis des oli- tu prononces dans ta chambre à cou- viers, des vignes, des brebis, des cher. '-^ Et le roi dit : Allez et voyez où bœufs, des serviteurs et des servantes? il est, et je le ferai prendre. On vint ^'La lèpre de Naaman s'attachera à toi lui dire : Voici, il est à Dothan. et à ta postérité pour toujours. Et Gué- '■'Il y envoya des chevaux, des chars hazi sortit de la présence d'Elisée, et une forte troupe, qui arrivèrent de avec une lèpre comme la neige. nuit et qui enveloppèrent la ville. '^Le serviteur de l'homme de Dieu se leva Chap. yi. 'Les fds des prophètes de bon matin et sortit; et voici, une dirent à Elisée : Voici, le lieu où nous troupe entourait la ville, avec des che- sommes assis devant toi est trop étroit vaux et des chars. Et le serviteur dit pour nous. ^Allons jusqu'au Jourdain ; à l'homme de Dieu: Ah! mon sei- nous jn-endrons là chacun une poutre, gneur, comment ferons-nous? "*I1 ré- et nous nous y ferons un lieu d'habi- pondit: Ne crains point, car ceux qui tation. Elisée répondit : Allez. 'Et l'un sont avec nous sont en plus grand d'eux dit : Consens à venir avec tes nombre que ceux qui sont avec eux. serviteurs. Il répondit : J'irai. ''Il par- '"Elisée pria, et dit: Eternel, ouvre tit donc avec eux. Arrivés au Jourdain, ses yeux, pour qu'il voie ! Et l'Eternel ils coupèrent du bois. ^Et comme l'un ouvrit les yeux du serviteur, qui vit la d'eux abattait une poutre, le fer tomba montagne pleine de chevaux et de dans l'eau. Il s'écria: Ah! mon sei- chars de feu autour d'Elisée, gneur, il était emprunté! ^L'iiomme '*Les Syriens descendirent vers Eli- de Dieu dit : Où est-il tombé ? Et il lui sée. Il adressa alors cette prière à l'E- montra la place. Alors Elisée coupa ternel : Daigne fra])per d'aveuglement un morceau de bois, le jeta à la même cette nation ! Et l'Eternel les frappa place, et fit surnager le fer. "Puis il d'aveuglement, selon la parole d'Eli- dit : Enlève-le! Et il avança la main, sée. '"Elisée leur dit : Ce n'est pas ici et le prit. le chemin, et ce n'est pas ici la ville; suivez-moi, et je vous conduirai vers * Le roi de Syrie était en guerre avec l'homme que vous cherchez. Et il les Israël; et, dans un conseil qu'il tint conduisit à Samarie. -"Lorsqu'ils fu- avec ses serviteurs, il dit : Mon camp rent entrés dans Samarie, Elisée dit : sera dans un tel lieu. "Mais l'homme Eternel, ouvre les yeux de ces gens, de Dieu fit dire au roi d'Israël : Garde- pour qu'ils voient ! Et l'Eternel ouvrit toi de passer dans ce lieu, car les Sy- leurs yeux, et ils virent qu'ils étaient riens y descendent. '"Et le loi d'Israël au milieu de Samarie. *'Le roi d'Is- 426 II ROIS. Chnp. O.Ti-7. 6. raël, en les voyant, dit à Elisée : Fra])- perai-je, frapperai-je, mon père ? -'Tu ne frapperas point, répondit Elisée ; est-ce que tu frappes ceux que tu fais prisonniers avec ton épée et avec ton arc? Donne-leur du pain et de l'eau, afin qu'ils mangent et boivent ; et qu'ils s'en aillent ensuite vers leur maître. -'Le roi d'Israël leur fit servir un grand repas, et ils mangèrent et burent; puis il les renvoya, et ils s'en allèrent vers leur maître. Et les trou- pes des Syriens ne revinrent plus sur le territoire d'Israël. -^ Après cela, Ben-Hadad, roi de Syrie, ayant rassemblé toute son ar- mée, monta et assiégea Samarie. -^11 V eut une grande famine dans Sama- rie ; et ils la serrèrent tellement qu'une tète d'àne valait quatre-vingts sicles d'argent, et le quart d'un kab de fiente de pigeon cinq sicles d'argent. -*Et comme le roi passait sur la muraille, une femme lui cria : Sauve-moi, ô roi mon seigneur ! -'Il répondit : Si l'Eter- nel ne te sauve pas, avec quoi te sau- verais-je ? avec le produit de l'aire ou du pressoir? -*Et le roi lui dit : Qu'as- tu ? Elle répondit : Cette femme -là m'a dit : Donne ton fils ! nous le man- gerons aujourd'hui, et demain nous mangerons mon fils. ^^Nous avons fait cuire mon fils, et nous l'avons mangé. Et le jour suivant, je lui ai dit : Donne ton fils, et nous le mangerons. Mais elle a caché son fils. '"Lorsque le roi entendit les paroles de cette femme, il déchira ses vêtements, en passant sur la muraille; et le peuple vit qu'il avait en dedans un sac sur son corps. "Le roi dit : Que Dieu me punisse dans toute sa rigueur, si la tête d'Eli- sée, fils de Schaphath, reste aujour- d'hui sur lui ! ''-Or Elisée était assis iU dans sa maison, et les anciens étaient assis auprès de lui. Le roi envoya qucl- (pi'un devant lui. Mais avant que le messager fût arrive, Elisée dit aux an- ciens : Voyez-vous cpie ce fils d'assas- sin envoie quelqu'un ])our m'ôter la tête ? Ecoutez ! quand le messager viendra, fermez la porte, et repoussez- le avec la porte : le bruit des pas de son maître ne se fait-il pas entendre derrière lui? "'11 leur parlait encore, et déjà le messager était descendu vers lui, et disait : Voici, ce mal vient de l'Éternel ; qu'ai-je à espérer encore de l'Eternel ? Cliap. VIL 'Elisée dit : Ecoutez la parole de l'Eternel ! Ainsi parle l'E- ternel : Demain, à cette heure, on aura une mesure de fleur de farine pour un sicle et deux mesures d'orge pour un sicle, à la porte de Samarie. -L'officier sur la main du(piel s'ap- puyait le roi répondit à l'iiomme de Dieu : Quand l'Éternel ferait des fe- nêtres au ciel, pareille chose arrive- rait-elle? Et Elisée dit : Tu le verras de tes yeux : mais tu n'en mangeras point. •'Il V avait à l'entrée de la porte quatre lépreux, qui se dirent l'un à l'autre : Quoi! resterons-nous ici jus- qu'à ce que nous mourions? ■'Si nous songeons à entrer dans la ville, la famine est dans la ville , et nous y mourrons; et si nous restons ici, nous mourrons également. Allons nous je- ter dans le camp des Syriens; s'ils nous laissent vivre nous vivrons, et s'ils nous font mourir nous mour- rons. ^Ils partirent donc au crépus- cule, pour se rendre au camp des Syriens ; et lorsqu'ils furent arrivés à l'entrée du camp des Syriens, voici, il n'y avait personne. *Le Seigneur avait fait entendre dans le camp des Syriens un bruit de chars et un bruit de che- \aux, le bruit d'une grande armée, et ils s'étaient dit Tiin à l'autre : Voici, le roi d'Israël a jiris à sa solde contre nous les roisdes Iléthiens et les rois des Egyptiens pour venir nous attaquer. li-l vil Chap. 7 , 1-8, k. II ROIS. "Et ils se levèrent et prirent la fuite voya des messagers sur les traces de au crépuscule, abandonnant leurs ten- l'armée des Syriens, en disant : Allez tes, leurs chevaux et leurs ânes, le et voyez. '"'Ils allèrent après eux jus- camp tel qu'il était, et ils s'enfuirent qu'au Jourdain ; et voici, toute la route pour sauver leur vie. ^Les lépreux, était pleine de vêtements et d'objets étant arrivés à l'entrée du camp, pé- que les Syriens avaient jetés dans nétrèrent dans une tente, mangèrent leur précipitation. Les messagers re- et burent, et en emportèrent de l'ar- vinrent, et le rapportèrent au roi. gent, de l'or, et des vêtements, qu'ils "*Le peujile sortit, et pilla le camp allèrent cacher. Ils revinrent, péné- des Syriens. Et l'on eut une mesure trèrent dans une autre tente, et en de fleur de farine pour un sicle et emportèrent des objets qu'ils allèrent deux mesures d'orge ]30ur un sicle, cacher. ^Puis ils se dirent l'un à l'au- selon la parole de l'Eternel. '^Le roi tre : Nous n'agissons pas bien ! Cette journée est une journée de bonne nouvelle; si nous gardons le silence et si nous attendons jus(|u'à la lu- mière du matin, le châtiment nous atteindra. Venez maintenant, et al- lons informer la maison du roi. '"Ils |)artirent, et ils appelèrent les gardes de la porte de la ville, auxquels ils mesures d'orge pour un sicle et une firent ce rapport : Nous sommes entrés mesure de fleur de farine pour un si- dans le camp des Svriens, et voici, il cle, demain, à cette heure, à la porte n'y a personne, on n'y entend aucune de Samarie. ''-'Et l'officier avait ré- voix d'homme; il n'y a que des chevaux ]iondu à l'homme de Dieu : Quand l'E- attachés et des ânes attachés, et les ternel ferait des fenêtres au ciel, pa- tentes comme elles étaient. "Les gar- reille chose arriverait-elle ? Et Elisée des de la porte crièrent, et ils trans- avait dit : Tu le verras de tes yeux; mirent ce rapport à l'intérieur de la mais tu n'en mangeras point. ^"C'est maison du roi. en effet ce qui lui arriva : il fut écrasé '^Le roi se leva de nuit, et il dit à à la porte jnir le peuple, et il mourut. ses serviteurs : Je veux vous commu- niquer ce que nous font les Syriens. Chap. } JII. ' Elisée dit à la femme Comme ils savent que nous sommes dont il avait fait revivre le fils : Lève- affamés, ils ont quitté le camp pour toi, va-t'en, toi et ta maison, et sé- se cacher dans les champs, et ils se journe où tu pourras; car l'Eternel sont dit : Quand ils sortiront de la a|)pelle la famine, et même elle vient ville, nous les saisirons vivants, et sur le pavs pour sept années. -La avait remis la garde de la porte à l'officier sur la main duquel il s'ap- puyait; mais cet officier fut écrasé à la porte par le peuj)le et il mourut, selon la jiarole qu'avait prononcée l'homme de Dieu ([uand le roi était descendu vers lui. '* L'homme de Dieu avait dit alors au roi : On aura deux nous entrerons dans la ville. '^L'un des serviteurs du roi répondit : Qvie l'on prenne cinq des chevaux qui restent encore dans la ville, — ils sont comme toute la multitude d'Israël qui y est res- tée, ils sont comme toute la multitude d'Israël qui dépérit, — et envoyons femme se leva, et elle fit selon la pa- role de l'homme de Dieu : elle s'en alla, elle et sa maison, et séjourna sept ans au pays des Philistins. ''Au bout des sept ans, la femme revint du pays des Philistins, et elle alla implo- rer le roi au sujet de sa maison et de voir ce qui se passe. '''On prit deux son champ. ''Le roi s'entretenait avec chars avec les chevaux, et le roi en- Guéhazi , serviteur de l'homme de 428 II ROIS. Chap. (S*^ .1-2.5. Dieu, et il disait : Raconte-moi, je te prie, toutes les grandes choses qu'Eli- sée a faites. ^Et pendant qu'il racon- tait au roi comment Elisée avait rendu la vie à un mort, la femme dont Elisée avait fait revivre le fils \int inq)lorer le roi au sujet de sa maison et de son champ. Guéhazi dit : O roi mon sei- gneur, voici la femme, et voici son fils qu'Elisée a fait revivre. *Le roi inter- rogea la femme, et elle lui fît le récit. Puis le roi lui donna un eunuque, au- quel il dit : Fais restituer tout ce qui a])partient à cette femme, avec tous les revenus du champ, depuis le jour où elle a quitté le pays jusqu'à main- tenant. 'Elisée se rendit à Damas. Ben-Ha- dad, roi de Syrie, était malade ; et on l'avertit, en disant : L'homme de Dieu est arrivé ici. ^Le roi dit à Hazaël : Prends avec toi un présent, et va au- devant de l'homme de Dieu ; consulte ])ar lui l'Eternel, en disant : Guéri- rai-je de cette maladie? ^Hazaël alla au-devant d'Elisée, prenant avec lui un présent, tout ce qu'il y avait de meilleur à Damas, la charge de qua- rante chameaux. Lorsqu'il fut arrivé, il se présenta à lui, et dit : Ton fds Ben-Hadad, roi de Syrie, m'envoie vers toi pour dire : Guérirai-je de cette maladie ? '"Elisée lui répondit : Va, dis-lui : Tu guériras ! Mais l'Eternel m'a révélé cju'il mourra. " L'homme de Dieu arrêta son regard sur Hazaël et le fixa longtemps, puis il pleura. '"Hazaël dit: Pourquoi mon seigneur |)leure-t-il P Et Elisée répondit : Parce <|ue je sais le mal que tu feras aux en- tants d'Israël ; tu mettras le feu à leurs villes lortes, tu tueras avec l'épéeleuis jeunes gens, tu écraseras leurs petits enfants, et tu fendras le ventre de leurs femmes enceintes. '^Hazaël dit: Mais qu'est-ce que ton serviteur, ce chien, û. Un successeur au trùnc. pour faire de si grandes choses ? Et Elisée dit: L'Eternel m'a révélé que tu seras roi de Syrie. '''Hazaël quitta Elisée, et revint auprès de son maître, (pii lui dit : Que t'a dit Elisée? Et il répondit : Il m'a dit : Tu guériras ! '^Le lendemain, Hazaël prit une cou- verture, qu'il plongea dans l'eau, et il retendit sur le visage du roi, qui mou- rut. Et Hazaël régna à sa place. Jorani et Ar/iazia, rois de Jiida. '*La cinquième année de Joram, fils d'Achab, roi d'Israël, Joram, fils de ■losaphat, roi de .Juda, régna. '"Il avait trente-deux ans lorsqu'il devint roi, et il régna huit ans à Jérusalem. "*11 marcha dans la voie des rois d'Israël, comme avait fait la maison d'Achab, car il avait pour femme une fille d'Achab, et il fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel. "Mais ri']tcrnel ne voulut point détruire Juda, à cause de David, son serviteur, selon la pro- messe qu'il lui avait faite de lui don- ner toujours une lampe" parmi ses iils. -"De son temps, Edom se révolta contre l'autorité de Juda, et se donna un l'oi. -'Joram passa à Tsaïr, avec tous ses chars; s'étant levé de nuit, il battit les Edomites qui l'entouraient et les chefs des chars, et le peuple s'enfuit dans ses tentes. ^- La rébellion d'Edom contre l'autorité de Juda a duré jusqu'à ce jour. Libna se révolta aussi dans le même temps. ^^Le reste des actions de Joram, et tout ce qu'il a fait, cehi n'est-il |)as écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda ? -'*Joram se coucha avec ses pères, et il fut enterré avec ses pères dans la ville de David. Et Achazia, son fils, régna à sa place. "La douzième année de Joram, fils 429 Chop. 8,26-9, lû. II ROIS. d'Achab, roi d'Israël, Achazia, fils de "Jéhii se leva et entra dans la maison, Joram, roi de Juda, régna. -"Achazia et le jeune homme répandit l'huile sur avait vingt-deux ans lorsqu'il devint sa tête, en lui disant : Ainsi parle l'E- roi, et il régna un an à Jérusalem. Sa ternel, le Dieu d'Israël : Je t'oins roi mère s'appelait Athalie, fille" d'Omri, d'Israël, du peuple de l'Eternel. 'Tu roi d'Israël. frapperas la maison d'Achab, ton maî- ^'11 marcha dans la voie de la mai- tre, et je vengerai sur Jézabel le sang son d'Achab, et il fit ce qui est mal de mes serviteurs les prophètes et le aux yeux de l'Eternel, comme la mai- sang de tous les serviteurs de l'Eter- son d'Achab, car il était allié par ma- riage à la maison d'Achab. nel. '^Toute la maison d'Achab périra; j'exterminerai quiconque appartient à -'^II alla avec Joram, fils d'Achab, à Achab, celui qui est esclave et celui la guerre contre Hazaël, roi de Syrie, qui est libre en Israël, 'et je rendrai à Ramoth en Galaad. Et les Syriens la maison d'Achab semblable à la mai- blessèrent Joram. -'■'Le roi Joram s'en son de Jéroboam, fils de Nebath, et à retourna pour se taire guérir à Jizreel la maison de Baescha, fils d'Achija. des blessures que les Syriens lui ^''Les chiens mangeront Jézabel dans avaient faites à Rama, lorsqu'il se le champ de Jizreel, et il n'y aura per- battait contre Hazaël, roi de Syrie, sonne pour l'enterrer. Puis le jeune Achazia, fils de Joram, roi de Juda descendit pour voir Joram, fils d'A chab, à Jizreel, parce qu'il était ma lade. Chap. IX. homme ouvrit la porte, et s'enfuit. " Lorsque Jéhu sortit pour rejoindre les serviteurs de son maître , on lui dit: Tout va-t-il bien? Pourquoi ce fou est-il venu vers toi ? Jéhu leur ré- jiondit : Vous c(jnnaissez bien l'homme et ce qu'il peut dire. '-Mais ils répli- quèrent : Mensonge ! Réponds-nous 'Elisée, le prophète, donc? Et il dit : Il m'a parlé de telle Les rois d'Israël et de Juda tués par Jcliu. Jézabel j)rccipitéc d'une fenêtre à Jizreel ap})ela l'un des fils des prophètes, et lui dit : Ceins tes reins, prends avec toi cette fiole d'huile, et va à Ramoth eu Galaad. -Quand tu y seras arrivé, vois Jéhu, fils de Josaphat, fils de Nimsclîi. Tu iras le faire lever du mi- lieu de ses frères, et tu le conduiras dans une chambre retirée. ''Tu pren- dras la fiole d'huile, que tu répandras sur sa tête, et tu diras : Ainsi parle l'Eternel : Je t'oins roi d'Israël ! Puis et telle manière, disant : Ainsi parle l'Eternel : Je t'oins roi d'Israël. '-'Aus- sitôt ils prirent chacun leurs vête- ments, qu'ils mirent sous Jéhu au haut des degrés; ils sonnèrent de la trom- j)ette, et dirent : Jéhu est roi ! '''Ainsi Jéhu, fils de Josaphat, fils de Nimschi, forma une conspiration contre Joram. — Or Joram et tout Israël défendaient Ramoth en Galaad contre Hazaël, roi de Syrie ; '"^ mais le roi Joram s'en était tu ouvriras la porte, et tu t'enfuiras retourné pour se faire guérir à Jizreel sans t'arrêter. des blessures que les Syriens lui *Le jeune homme, serviteur du pro- avaient faites, lorsqu'il se battait con- phète, partit pour Ramoth en Galaad. tre Hazaël, roi de Syrie. — Jéhu dit : ^Quand il arriva, voici, les chefs de Si c'est votre volonté, personne ne l'armée étaient assis. II dit : Chef, j'ai s'échappera de la ville pour aller por- un mot à te dire. Et Jéhu dit : Auquel ter la nouvelle à Jizreel. '^Et Jéhu de nous tous ? Il répondit : A toi, chef, monta sur son char et partit pour Jiz- a. Pelile-fiUe. ■''•■- ■'•■ '- 430 II ROIS. Chap. 9, n ■31. réel, car Joram y était alité, et Acha- sang de Naboth et le sang de ses fils, zia, roi de Juda, était descendu pour dit l'Eternel, et je te rendrai la pa- le visiter. reille dans ce champ même, dit l'Eter- '" La sentinelle placée sur la tour de nel ! Prends-le donc, et jette-le dans .Jizreel vit venir la troupe de .Jéhu, et le champ, selon la parole de l'Eter- dit : Je vois une troupe. Joram dit : nel. Prends un cavalier, et envoie-le au- "Achazia , roi de Juda, ayant vu devant d'eux pour demander si c'est cela, s'enfuit par le chemin de la mai- la paix. '*Le cavalier alla au-devant son du jardin. Jéhu le poursuivit, et de Jéhu, et dit : Ainsi jiarle le roi : dit : Lui aussi, frappez-le sur le char! Est-ce la paix? Et Jéhu répondit : Que Et on le frappa à la montée de Gur, t'importe la paix? Passe derrière moi. près de Jihleam. Il se réfugia à Me- La sentinelle en donna avis, et dit : guiddo, et il y mourut. '-*Ses servi- Le messager est allé jusqu'à eux, et il teurs le transportèrent sur un char à ne revient ]ias. '"Joram envoya un se- Jérusalem, et ils l'enterrèrent dans cond cavalier, qui arriva vers eux et son sépulcre avec ses pères, dans la dit : Ainsi parle le roi : Est-ce la paix ? ville de David. -^\chazia était devenu Et Jéhu répondit : Que t'importe la roi de Juda la onzième année de Jo- paix ? Passe derrière moi. '-"La senti- ram, fils d'Achab. nelle en donna avis, et dit : Il est allé -'"Jéhu entra dans Jizreel. Jézabel, jusqu'à eux, et il ne revient pas. Et le l'ayant appris, mit du fard à ses yeux, train est comme celui de Jéhu, fils de se para la tête, et regarda par la fenê- Nimschi, car il conduit d'une manière tre.^'CommeJéhu franchissaitlaporte, insensée. elle dit: Est-ce la paix, nouveau Zimri, -'Alors Joram dit: Attelle! Et on assassin de son maître"? ^'11 leva le attela son char. Joram, roi d'Israël, et visage vers la fenêtre, et dit : Qui est Achazia, roi de Juda, sortirent chacun pour moi ? qui ? Et deux ou trois eu- dans son char pour aller au-devant de nuques le regardèrent en s'approchant Jéhu, et ils le rencontrèrent dans le champ de Naboth de Jizreel. --Dès que Joram vit Jéhu, il dit : Est-ce la paix, Jéhu? Jéhu répondit : Quoi, la paix! tant que durent les prostitutions de Jézabel, ta mère, et la multitude de ses sortilèges ! '-•'Joram tourna bride et de la fenêtre. '^11 dit : Jetez-la en bas ! Ils la jetèrent, et il rejaillit de son sang sur la muraille et sur les che- vaux. Jéhu la foula aux pieds; '*puis il entra, mangea et but, et il dit : Allez voir cette maudite, et enterrez-la, car elle est fille de roi. ^^Ils allèrent pour s'enfuit, et il dit à Achazia : Trahison, l'enterrer; mais ils ne trouvèrent d'elle Achazia ! ^''Mais Jéhu saisit son arc, et que le crâne, les pieds et les paumes il frappa Joram entre les épaules : la des mains. ^"Ils retournèrent l'annon- flèche sortit jiar le cœur, et Joram cer à Jéhu, qui dit : C'est ce qu'avait s'affaissa dans son char. déclaré l'Etei-nel par son serviteur -^Jéhu dit à son officier Bidkar : Elie, le Thischbite, en disant : Les Prends-le, et jette-le dans le champ chiens mangeront la chair de Jézabel de Naboth de Jizreel; car souviens- dans le champ de Jizreel ; -"et le cada- t'en, lorsque moi et toi, nous étions vre de Jézabel sera comme du fumier ensemble à cheval derrière Achab , sur la face des champs, dans le champ son père, l'Eternel prononça contre de Jizreel, de sorte qu'on ne j^ourra lui cette sentence : -'J'ai vu hier le dire : C'est Jézabel. a. Ziniri avait tué le roi Éla. Y oy I Rois Uj, 10. 431 28 Chap. 10,1- 19. II ROIS. Jéint, roi d' Israël. — La famille d'Achab et les prophètes de Baal exterminés. Chap. X. '11 y avait dans Samarie tombera rien à terre de la parole de soixante-dix fils d'Achab. Jéhu écrivit TEternel, de la parole que l'Éternel a des lettres qu'il envoya à Samarie aux prononcée contre la maison d'Achab; chefs de Jizreel, aux anciens, et aux l'Eternel accomplit ce qu'il a déclaré gouverneurs des enfants d'Achab. Il y par son serviteur Elie. " Et Jéhu frappa était dit : -Maintenant, quand cette tous ceux qui restaient de la maison lettre vous sera parvenue, — puisque d'Achab à Jizreel, tous ses grands, ses vous avez avec vous les fils de votre familiers et ses ministres, sans en maître, avec vous les chars et les che- laisser échapper un seul, vaux, une ville forte et les armes, — '-Puis il se leva, et partit pour aller ^voyez lequel des fils de votre maître à Samarie. Arrivé à une maison de est le meilleur et convient le mieux, réunion des bergers, sur le chemin, mettez-le sur le trône de son père, et '■'Jéhu trouva les frères d'Achazia, roi combattez pour la maison de votre de Juda, et il dit : Qui êtes-vous ? Ils maître! ''Ils eurent une très grande répondirent : Nous sommes les frères peur, et ils dirent : Voici, deux rois d'Achazia, et nous descendons pour n'ont pu lui résister; comment résis- saluer les fils du roi et les fils de la terions-nous ? ^Et le chef de la maison, reine. '*Jéhu dit : Saisissez-les vivants, le chef de la ville, les anciens, et les Et ils les saisirent vivants, etleségor- gouverneurs des enfants, envoyèrent gèrent au nombre de quarante-deux, dire à Jéhu : Nous sommes tes servi- à la citerne de la maison de réunion; teurs, et nous ferons tout ce que tu Jéhu n'en laissa échapper aucun, nousdiras; nous n'établirons personne '^lîtant parti de là, il rencontra Jona- roi, fais ce qui te semblera bon. dab, fils de Récab, qui venait au-de- *Jéhu leur écrivit une seconde lettre, vant de lui. 11 le salua, et lui dit : Ton où il était dit : Si vous êtes à moi et si cœur est-il sincère, comme mon cœur vous obéissez à ma voix, prenez les l'est envers le tien ? Et Jonadab répon- têtes de ces hommes, fils de votre dit : Il l'est. S'il l'est, répliqua Jéhu, maître, et venez auprès de moi demain donne-moi ta main. Jonadab lui donna à cette heure, à Jizreel. Or les soixante- la main. Et Jéhu le fit monter auprès ■dix fils du roi étaient chez les grands de lui dans son char, '^et dit : Viens •de la ville, qui les élevaient. "Quand avec moi, et tu verras mon zèle pour la lettre leur fut parvenue, ils prirent l'Eternel. Il l'emmena ainsi dans son les fils du roi, et ils efforcèrent ces char. soixante-dix hommes; puis ils mirent '"Lorsque Jéhu fut arrivé à Samarie, leurs tètes dans des corbeilles, et les il frappa tous ceux qui restaient d'A- envoyèrent à Jéhu, à Jizreel. ^Lenies- chab à Samarie, et il les détruisit en- sager vint l'en informer, en disant : Ils ont apporté les têtes des fils du roi. Et il dit : Mettez-les en deux tas à l'entrée de la porte, jusqu'au matin. *Le matin, il sortit; et se présentant à tout le peuple, il dit : Vous êtes justes ! voici, moi, j'ai conspiré contre mon maître et je l'ai tué; mais qui a frappé sans qu'il en manque un seul, car je tous ceux-ci? '"Sachez donc qu'il ne tièrement, selon la parole que l'Eter- nel avait dite à Elie. '"Puis il assembla tout le peuple, et leur dit : Achab a peu servi Baal; Jéhu le servira beau- coup. '^Maintenant convoquez auprès de moi tous les prophètes de Baal, tous ses serviteurs et tous ses prêtres, veux offrir un grand sacrifice à Baal 432 II ROIS. Chap. I0,m-IL quiconque manquera ne vivra pas. cuté ce qui était droit à mes yeux, et •Jélui agissait avec ruse, pour faire que tu as fait à la maison d'Achah tout périr les serviteurs de Baal. -"Il dit : ce qui était conforme à ma volonté, Publiez une fête en l'honneur de Baal. tes fils jusqu'à la quatrième génération Et ils la publièrent. ^'11 envoya des seront assis sur le trône d'Israël. '"Tou- raessagers dans tout Israël; et tous les tefois Jéhu ne prit point garde à mar- serviteurs de Baal arrivèrent, il n'y en cher de tout son cœur dans la loi de eut pas un c[ui ne vînt; ils entrèrent l'Eternel, le Dieu d'Israël; il ne se dé- dans la maison de Baal, et la maison tourna point des péchés que Jéroboam de Baal fut remplie d'un bout à l'an- avait fait commettre à Israël, tre. --,Iéhu dit à celui qui avait la garde du vestiaire : Sors des vêtements pour tous les serviteurs de Baal. Et cet homme sortit des vêtements pour eux. "Alors Jéhu vint à la maison de Baal avec Jonadab, fils de Récab, et il dit ^-Dans ce temps-là, l'Eternel com- mença à entamer le territoire d'Israël ; et Hazaël les battit sur toute la fron- tière d'Israël. "'Depuis le Jourdain, vers le soleil levant, il battit tout le ])ays de Galaad, les Gadites, les Rubé- aux serviteurs de Baal : Cherchez et nites et les Manassites, depuis Aroër reg-ardez, afin qu'il n'y ait pas ici des sur le torrent de l'Arnon jusqu'à Ga- serviteurs de l'Eternel, mais qu'il y laad et à Basan. ait seulement des serviteurs de Baal. -^Et ils entrèrent pour offrir des sacri- fices et des holocaustes. Jéhu avait placé dehors quatre- vingts hommes, en leur disant : Celui qui laissera échapper quelqu'un des hommes que je remets entre vos mains, sa vie répondra de la sienne. -^Lors- qu'on eut achevé d'offrir les holocaus- tes, Jéhu dit aux coureurs et aux offi- ciers : Entrez, frappez-les, cjue pas un ne sorte ! Et ils les frappèrent du tran- ^••Le reste des actions de Jéhu, tout ce qu'il a fait, et tous ses exploits, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois d'Israël ? '^Jéhu se coucha avec ses pères, et on l'enterra à Samarie. Et Joachaz, son fils, régna à sa place. '"'Jéhu avait régné vingt-huit ans sur Israël à Sa- marie. Atlialie, reine de Jiida. Chap. XI. 'Athalie, mère d'Acha- chant de l'épée. Les coureurs et les zia, voyant ([ue son fils était mort, se officiers les jetèrent là, et ils allèrent leva et fit périr toute la race royale. -Mais Joschéba, fille du roi Joram, sœur d'Achazia, prit Joas, fils d'Acha- zia, et l'enleva du milieu des lils du roi, quand on les fit mourir: elle le mit avec sa nourrice dans la chambre des lits. Il fut ainsi dérobé aux regards d'Athalie, et ne fut point mis à mort. 'Il resta six ans caché avec Joschéba dans la maison de l'Eternel. Et c'était Athalie qui régnait dans le pays. ''La septième année, Jehojada en- jusqu à la ville de la maison de Baal. -"Ils tirèrent dehors les statues delà maison de Baal, et les brûlèrent. -'Ils renversèrent la statue de Baal ; ils ren- versèrent aussi la maison de Baal, et ils en firent un cloaque, qui a subsisté jusqu'à ce jour. -Méhu extermina Baal du milieu d'Israël ; -'mais il ne se détourna point des péchés de Jéroboam, fils de Ne- balh, f|ui avait fait pécher Israël, il n abandonna point les veaux d'or qui voya chercher les chefs de centaines étaient à Béthel et à Dan. '"L'Éternel des Kéréthiens" et des coureurs, et il dit à Jéhu : Parce que tu as bien exé- les fit venir auprès de lui dans la niai- a. Gardes du corps. 433 Chap. 11,5-12, 3. II ROIS. son de rÉternel. Il traita alliance avec eux et les fit jurer dans la maison de l'Éternel, et il leur montra le fils du roi. ''Puis il leur donna ses ordres, en disant : Voici ce que vous ferez. Parmi ceux de vous qui entrent en service le jour du sabbat, un tiers doit monter la garde à la maison du roi, Hin tiers à la porte de Sur, et un tiers à la porte derrière les coureurs : vous veillerez à la garde de la maison, de manière à en empêcher l'entrée. 'Vos deux autres divisions, tous ceux qui sortent de serA'ice le jour du sabbat feront la garde de la maison de l'Eternel auprès du roi : *vous entourerez le roi de tou- tes parts, chacun les armes à la main, et l'on donnera la mort à quiconque s'avancera»dans les rangs ; vous serez le peuple du pays était dans la joie, et l'on sonnait des trompettes. Athalie déchira ses vêtements, et cria : Cons- piration ! conspiration ! '^Alors le prê- tre Jehojada donna cet ordre aux chefs de centaines, qui étaient à la tête de l'armée : Faites-la sortir en dehors des rangs, et tuez par l'épée quiconque la suivra. Car le prêtre avait dit : Qu'elle ne soit pas mise à mort dans la maison de l'Éternel. "'On lui fit place, et elle se rendit à la maison du roi par le chemin de l'entrée des chevaux : c'est là qu'elle fut tuée. '"Jehojada traita entre l'Eternel, le roi et le peuple, l'alliance par laquelle ils devaient être le peuple de l'Eter- nel ; il établit aussi l'alliance entre le roi et le peuple. '*Tout le peuple du près du roi quand il sortira et quand pays entra dans la maison de Baal, et il entrera. ils la démolirent; ils brisèrent entiè- *Les chefs de centaines exécutèrent rement ses autels et ses images, et ils tous les ordres qu'avait donnés le prê- tuèrent devant les autels Matthan, tre Jehojada. Ils prirent chacun leurs prêtre de Baal. Le prêtre Jehojada mit gens, ceux qui entraient en service et des surveillants dans la maison de ceux qui sortaient de service le jour du sabbat, et ils se rendirent vers le prêtre Jehojada. '"Le prêtre remit aux chefs de centaines les lances et les boucliers qui provenaient du roi Da- l'Eternel. 'Ml prit les chefs de cen- taines, les Kéréthiens et les coureurs, et tout le peuple du ])ays; et ils firent descendre le roi de la maison de l'E- ternel, et ils entrèrent dans la maison vid, et qui se trouvaient dans la mai- du roi par le chemin de la porte des son de l'Eternel. "Les coureurs, cha- " " cun les armes à la main, entourèrent le roi, en se plaçant depuis le côté droit jusqu'au côté gauche de la mai- son, près de l'autel et près de la mai- son. ''Le prêtre fit avancer le fils du roi, et il mit sur lui le diadème et le témoignage". Ils l'établirent roi et l'oignirent, et frappant des mains, ils dirent : Vive le roi ! '^Athalie entendit le bruit des cou- reurs et du peuple, et elle vint vers le coureurs. Et Joas s'assit sur le trône des rois. -"Tout le peuple du pays se réjouissait, et la ville était tranquille. On avait fait mourir Athalie par l'épée dans la maison du roi. -'Joas avait sept ans lorsqu'il devint l'oi. Joas,. roi de Jiida. — Le temple réparé. Chap. XII. ' La septième année de Jéhu, Joas devint roi, et il régna qua- rante ans à Jérusalem. Sa mère s'ap- peuple à la maison de l'Eternel. '''Elle pelait Tsibja, de Beer-Schéba. regarda. Et voici, le roi se tenait sur -Joas fit ce qui est droit aux yeux l'estrade, selon l'usage; les chefs et orte de prit tout l'or et vases qui se trouvaient dans la maison de l'Eternel et dans les trésors de la maison du roi ; il prit aussi des otages, et il retourna à Samarie. '^Le reste des actions de Joas, ce qu'il a fait, ses exploits, et la guerre qu'il eut avec Amatsia, roi de Juda, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois d'Israël ? '"Joas se coucha avec ses pères, et il fut enterré à Samarie avec les rois d'Israël. Et Jéroboam, son fils, régna à sa place. "Amatsia, fils de Joas, roi de Juda, vécut quinze ans après la mort de Joas, fils de Joachaz, roi d'Israël. '*Le reste des actions d'Amatsia, angle, 'argent et tous 1411 es 437 Chap. li,w-15,ii. II ROIS. cela n'cst-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda ? '''On forma contre lui une conspira- tion à Jérusalem, et il s'enfuit à Lakis ; mais on le poursuivit à Lakis, où on le fit mourir. -"On le transporta sur des chevaux, et il fut enterré à Jéru- salem avec ses pères, dans la ville de David. -'Et tout le peuple de Juda prit Azaria, âgé de seize ans, et l'établit roi à la place de son père Amatsia. ^-Azaria rebâtit Elath et la fit rentrer sous la puissance de Juda, après que le roi fut couché avec ses pères. -^La quinzième année d'Amatsia, fds de Joas, roi de Juda, Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël, régna à Sa- marie. Il régna quarante et un ans. "^11 fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel; il ne se détourna d'aucun des péchés de Jéroboam, fils de Nc- bath, qui avait fait pécher Israël. -Ml rétablit les limites d'Israël depuis l'en- trée de Hamath jusqu'à la mer de la plaine, selon la parole que l'Eternel, le Dieu d'Israël, avait prononcée par son serviteur Jonas, le prophète, fils d'Amitthaï, de Gath-IIépher. -«Car l'É- ternel vit l'affliction d'Israël à son comble et l'extrémité à laquelle se trouvaient réduits esclaves et hommes libres, sans qu'il y eût personne pour venir au secours d'Israël. -'Or l'Eter- nel n'avait point résolu d'effacer le nom d'Israël de dessous les cieux, et il les délivra par Jéroboam, fils de Joas. -*Le reste des actions de Jéroboam, tout ce qu'il a fait, ses exploits à la guerre, et comment il fit rentrer sous la puissance d'Israël Damas et Hamath quj avaient appartenu à Juda, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chro- niques des rois d'Israël ? ^^Jéroboam se coucha avec ses pères, avec les rois d'Israël. EtZacharie, son fils, régna à sa place. Azaria (Ozias), roi de Juda. — Zac/iaric. Scliallum, Menahem. Pekachia, Pékacli. roir. d'Israël. — - .Jotiuun. roi de Juda. Chap. XV. 'La vingt-septième an- née de Jéroboam, roi d'Israël, Azaria", fils d'Amatsia, roi de Juda, régna. -Il avait seize ans lorsqu'il devint roi, et il régna cinquante-deux ans à Jérusa- lem. Sa mère s'appelait Jecolia, de Jérusalem. ^11 fit ce qui est droit aux yeux de l'Eternel , entièrement comme avait fait Amatsia, son père. ''Seulement, les hauts lieux ne disparurent point ; le peuple offrait encore des sacrifices et des parfums sur les hauts lieux. ^L'Eternel frappa le roi, qui fut lé- preux jusqu'au jour de sa mort et de- meura dans une maison écartée. Et Jotliam, fils du roi, était à la tête de la maison et jugeait le peuple du pays. ''Le reste des actions d'Azaria, et tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda ? 'Azaria se coucha avec ses pères, et on l'enterra avec ses pères dans la ville de David. Et Jotham, son fils, ré- gna à sa place. '^La trente-huitième année d'Azaria, roi de Juda, Zacliarie, fils de Jéro- boam, régna sur Israël à Samarie. Il régna six mois. 'Il fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, comme avaient fait ses pè- res ; il ne se détourna point des péchés de Jéroboam, fils de Nebath, qui avait fait pécher Israël. '"Schallum, fils de Jabesch, conspira contre lui, le frappa devant le peuple, et le fit mourir; et il régna à sa place. "Le reste des actions de Zacharie, a. Azaria. plus connu sous le nom à'Ozias, qui se trouve dans la suite du chapitre, dans les Chroniques et dans Esaïe. 438 II ROIS. Chap. 15, i2-32. cela est écrit dans le livre des Chro- niques des rois d'Israël. '-Ainsi s'accomplit ce que l'Eternel avait déclaré à Jéhu, en disant : Tes fils jusqu'à la quatrième génération seront assis sur le trône d'Israël. '^Schallum, fils de Jabesch, régna la trente-neuvième année d'Ozias, roi de Juda. Il régna pendant un mois à Samarie. "Menaliem , fils de Gadi , monta de Thirtsa et vint à Samarie, frappa dans Samarie Schallum, fils de Jabesch, et le fit mourir; et il régna à sa place. '^Le reste des actions de Schallum, et la conspiration qu'il forma, cela est écrit dans le livre des Chroniques des rois d'Israël. '^Alors Menahem frappa Thiphsach et tous ceux qui y étaient, avec son territoire depuis Thirtsa ; il la frappa parce qu'elle n'avait pas ouvert ses portes, et il fendit le ventre de toutes les femmes enceintes. "La trente-neuvième année d'Aza- ria, roi de Juda, Menahem, fils de Gadi, régna sur Israël. Il régna dix ans à Samarie. '*I1 fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel; il ne se détourna point, tant qu'il vécut, des péchés de Jéroboam, fils de Nebath, qui avait fait pécher Israël. '"Pul, roi d'Assyrie, vint dans le j)ays ; et Menahem donna à Pul mille talents d'argent, pour qu'il l'aidât à affermir la royauté entre ses mains. ^''Menahem leva cet argent sur tous ceuxd'Israël qui avaient de la richesse, afin de le donner au roi d'Assyrie; il les taxa chacun à cinquante sicles d'ar- gent. Le roi d'Assyrie s'en retourna, et ne s'arrêta pas alors dans le pays. -'Le reste des actions de Menahem, et tout ce qu'il a fait, cela n'est-il ])as écrit dans le livre des Chronifjucs des rois d'Israël ? --Menahem se coucha avec ses pères. Et Pekachia, son fils, régna à sa place. -^La cinquantième année d'Azaria, roi de Juda, Pekachia, fils de Mena- hem, régna sur Israël à Samarie. Il régna deux ans. -••Il fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel; il ne se délouina point des ])échés de Jéroboam, fils de Nebath, qui avait fait pécher Israël. -^Pékach, fils de Remalia, son officier, conspira contre lui ; il le frappa à Samarie, dans le palais de la maison du roi, de même qu'Argob et Arié; il avait avec lui cin- (juante hommes d'entre les fils des Galaadites. Il fitainsi mourirPekachia, et il régna à sa place. -''Le reste des actions de Pekachia, et tout ce qu'il a fait, cela est écrit dans le livre des Chroniques des rois d'Israël. -'La cinquante-deuxième année d'A- zaria, roi de Juda, Pékach, fils de Re- malia, régna sur Israël à Samarie. Il réona vinfft ans. -*II fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel ; il ne se détourna point des péchés de Jéroboam, fils de Nebath, c|ui avait fait pécher Israël. -^Du temps de Pékach, roi d'Israël, Tiolath-Pilé- ser, roi d'Assyrie, vint et prit Ijjon, Abel-Beth-Maaca, Janoach, Kédesch, Ilatsor, Galaad et la Galilée, tout le pays de Ne])hthali, et il emmena cap- tifs les habitants en Assyrie. ^"Osée, fils d'Ela, forma une conspiration con- tre Pékach, fils de Remalia, le frappa et le fit mourir; et il régna à sa ])lace, la vingtième année de Jotham , fils d'Ozias. ^' Le reste des actions de Pékach, et tout ce qu'il a fait, cela est écrit dans le livre des Chroniques des rois d'Is- raël. ^-La seconde année de Pékach, fils 439 Chap. 15,33-16,15. II ROIS. de Remalia, roi d'Israël, Jotham, fils d'Ozias, roi de Juda, régna. ^*I1 avait vingt-cinq ans lorsqu'il devint roi, et il régna seize ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Jeruscha, fdle de Tsadok. ^■'11 lit ce qui est droit aux yeux de l'Eternel ; il agit entièrement comme avait agi Ozias, son père. ^^Seulement, les hauts lieux ne disparurent point; le peuple offrait encore des sacrifices et des parfums sur les hauts lieux. Jotham bâtit la porte supérieure de la maison de l'Eternel. ^^Le reste des actions de Jotham, et tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda ? ^'Dans ce temps-là, l'Eternel com- mença à envoyer contre Juda Retsin, roi de Syrie, et Pékach, fils de Rema- lia. ^''Jotham se coucha avec ses pères, et il fut enterré avec ses pères dans la ville de David, son père. Et Achaz, son fils, régna à sa place. Achaz. roi de Juda. Chap. Al 7. 'La dix-septième an- née de Pékach, fils de Remalia, Achaz, fils de Jotham, roi de Juda, régna. ^Achaz avait vingt ans lorsqu'il devint roi, et il régna seize ans à Jérusalem. Il ne fit point ce qui est droit aux yeux de l'Eternel, son Dieu, comme avait fait David, son père. -^1 mar- cha dans la voie des rois d'Israël; et même temps, Retsin, roi de Syrie, fit rentrer Élath au pouvoir des Syriens; il expulsa d'Elath les Juifs, et les Sy- riens vinrent à Elath, où ils ont habité jusqu'à ce jour. 'Achaz envoya des messagers à Ti- glath-Piléser, roi d'Assyrie, pour lui dire : Je suis ton serviteur et ton fils; monte, et délivre-moi de la main du roi de Syrie et de la main du roi d'Is- raël, qui s'élèvent contre moi. *Et Achaz prit l'argent et l'or qui se trou- vaient dans la maison de l'Eternel et dans les trésors de la maison du roi, et il l'envoya en présent au roi d'As- syrie. ^Le roi d'Assyrie l'écouta; il monta contre Damas, la prit, emmena les habitants en captivité à Kir, et fit mourir Retsin. '"Le roi Achaz se rendit à Damas au-devant de Tiglath-Piléser, roi d'As- syrie. Et ayant vu l'autel qui était à Damas, le roi Achaz envoya au prêtre Urie le modèle et la forme exacte de cet autel. "Le prêtre Urie construisit un autel entièrement d'après le mo- dèle envoyé de Damas par le roi Achaz, et le prêtre Urie le fit avant que le roi Achaz fût de retour de Damas. '-A son arrivée de Damas, le roi vit l'autel, s'en approcha et y monta; '^il fit brû- ler son holocauste et son offrande, versa ses libations, et répandit sur l'autel le sang de ses sacrifices d'ac- tions de grâces. '*I1 éloigna de la face de la maison l'autel d'airain qui était même il fit passer son fils par le feu, devant l'Éternel, afin qu'il ne fût pas suivant les abominations des nations que l'Eternel avait chassées devant les enfants d'Israël. ■'Il offrait des sacri- fices et des parfums sur les hauts lieux , sur les collines et sous tout arbre vert. ^Alors Retsin, roi de Syrie, et Pé- kach, fils de Remalia, roi d'Israël, montèrent contre Jérusalem pour l'at- taquer. Ils assiégèrent Achaz; mais entre le nouvel autel et la maison de l'Eternel; et il le plaça à côté du nou- vel autel, vers le nord. '^Et le roi Achaz donna cet ordre au prêtre Urie : Fais brûler sur le grand autel l'holo- causte du matin et l'offrande du soir, l'holocauste du roi et son offrande, les holocaustes de tout le peuple du pays et leurs offrandes, verses-y leurs liba- tions, et répands-y tout le sang des ils ne purent jjas le vaincre. *Dans ce holocaustes et tout le sang tles sacri- 440 II ROIS. Chap. 16,ic-i7,iG. fices; pour ce qui concerne l'autel d'airain, je m'en occuperai. '^Le prê- tre Urie se conforma à tout ce que le roi Achaz avait ordonné. '"Et le roi Achaz brisa les panneaux des bases, et en ôta les bassins qui étaient dessus. Il descendit la mer de dessus les bœufs d'airain qui étaient sous elle, et il la posa sur un pavé de pierres. "*11 chan- gea dans la maison de l'Eternel, à cause du roi d'Assyrie, le portique du sabbat qu'on y avait bâti et l'entrée extérieure du roi. ''Le reste des actions d'AcIiaz, et tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda ? -"Achaz se coucha avec ses pères, et il fut enterré avec ses pères dans la ville de David. Et Ezéchias, son lils, régna à sa place. Osée, dernier roi cl Israël. — Siège et prise de Saiiiarie par Salinanasar, roi d'Assyrie. — Les habitants du royaume d'Israël emmenés en captii'ité. — Les .Samaritains. C/iii/j. XVII. 'La douzième année d'Achaz, roi de Juda, Osée, fils d'Ela, régna sur Israël à Samarie. Il régna neuf ans. -Il fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, non pas toutefois comme les rois d'Israël qui avaient été avant lui. 'Salmanasar, roi d'Assyrie, monta contre lui ; et Osée lui fut assujetti, et lui paya un tribut. ""Mais le roi d'As- syrie découvrit une conspiration chez Osée, qui avait envoyé des messagers à So, roi d'Egyj)te, et qui ne payait plus annuellement le tribut au roi d'Assyrie. Le roi d'Assyrie le fit en- fermer et enchaîner dans une prison. ^Et le roi d'Assyrie parcourut tout le pays, et monta contre Samarie, qu'il assiégea pendant trois ans. *La neu- vième année d'Osée, le roi d'Assyrie \n\{. Samarie, et emmena Israël captif en Assyrie. Il les fit habiter à Chalach, et sur le Chabor, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes. 'Cela arriva parce que les enfants d'Israël péchèrent contre l'Eternel, leur Dieu, qui les avait fait monter du pays d'Egypte, de dessous la main de Pharaon, roi d'Egypte, et parce qu'ils craignirent d'autres dieux. ''Ils suivi- rent les coutumes des nations que l'Eternel avait chassées devant les en- fants d'Israël, et celles que les rois d'Israël avaient établies. 'Les enfants d'Israël firent en secret contre l'Eter- nel, leur Dieu, des choses qui ne sont pas bien. Ils se bâtirent des hauts lieux dans toutes leurs villes, dcjjuis les tours des gardes jusqu'aux villes fortes. '"Ils se dressèrent des statues et des idoles sur toute colline élevée et sous tout arbre vert. "Et là ils brû- lèrent des parfums sur tous les hauts lieux, comme les nations que l'Eter- nel avait chassées devant eux, et ils firent des choses mauvaises, par les- quelles ils irritèrent l'Eternel. '-Ils servirent les idoles dont l'Eternel leur avait dit : Vous ne ferez pas cela. '^L'Eternel fit avertir Israël et Juda par tous ses prophètes, par tous les voyants, et leur dit : Revenez de vos mauvaises voies, et observez mes com- mandements et mes ordonnances, en suivant entièrement la loi que j'ai pres- crite à vos pères et que je vous ai en- voyée par mes serviteurs les prophè- tes. '*Mais ils n'écoutèrent point, et ils roidirent leur cou, comme leurs pères, qui n'avaient pas cru en l'Eter- nel, leur Dieu. "^Ils rejetèrent ses lois, l'alliance qu'il avait faite avec leurs pères, et les avertissements qu'il leur avait adressés. Ils allèrent après des choses de néant et ne furent eux- mêmes que néant, et après les nations qui les entouraient et que l'Eternel leur avait défendu d'imiter. "'Ils aban- donnèrent tous les commandements de l'Eternel, leur Dieu, ils se firent 441 Chap. 17 , n-i ■36, II ROIS. deux veaux en fonte, ils fabriquèrent le dieu du pays, et il a envoyé contre des idoles d'Astarté, ils se prosterné- elles des lions qui les font mourir, rent devant toute l'armée des cieux, parce qu'elles ne connaissent pas la et ils servirent Baal. ''Ils firent passer manière de servir le dieu du pays, par le feu leurs fds et leurs fdles, ils -"Le roi d'Assyrie donna cet ordre : se livrèrent à la divination et aux en- Faites-y aller l'un des prêtres que chantements, et ils se vendirent pour vous avez emmenés de là en capti- faire ce qui est mal aux yeux de l'Eter- vite; qu'il parte pour s'y établir, et nel, afin de l'irriter. '^Aussi l'Kternel qu'il leur enseigne la manière de ser- s'est-il fortement irrité contre Israël, vir le dieu du pays. '^Un des prêtres et les a-t-il éloignés de sa face. — qui avaient été emmenés captifs de Il n'est resté c[ue la seule tribu de Samarie vint s'établir à Béthel, et leur Juda : '^Juda même n'avait pas gardé enseigna comment ils devaient crain- les commandements de l'Eternel, son dre l'Eternel. -^Mais les nations firent Dieu, et ils avaient suivi les coutu- chacune leurs dieux dans les villes mes établies par Israël. — ^"L'Eter- c[u'elles habitaient, et les placèrent nel a rejeté toute la race d'Israël ; il dans les maisons des hauts lieux ba- ies a humiliés, il les a livrés entre les ties par les Samaritains. ^"Les gens de mains des pillards, et il a fini par les Babylone firent Succoth-Benoth , les chasser loin de sa face. -'Car Israël gens de Cuth firent Nergal, les gens s'était détaché de la maison de David, et ils avaient fait roi Jéroboam, fils de Nebath, qui les avait détournés de l'Eternel , et avait fait commettre à Israël un grand péché. "Les enfants d'Israël s'étaient livrés à tous les pé de Hamath firent Aschima, *'ceux d'Avva firent Nibchaz et Tharthak ; ceux de Sepharvaim brûlaient leurs enfants par le feu en l'honneur d'A- drammélec et d'Anammélec, dieux de Sepharvaim. ^'-Ils craignaient aussi chés que Jéroboam avait commis; ils l'Elternel, et ils se créèrent des pré- ne s'en détournèrent point, -'jusqu'à très des hauts lieux pris parmi tout ce que l'Éternel eût chassé Israël loin le peuple : ces prêtres offraient pour de sa face, comme il l'avait annoncé eux des sacrifices dans les maisons par tous ses serviteurs les prophètes, des hauts lieux. ''^Ainsi ils craignaient Et Israël a été emmené captif loin de l'Éternel, et ils servaient en même son pays en Assyrie, où il est resté temps leurs dieux d'après la coutume des nations d'où on les avait trans- portés. jusqu a ce jour. ^■'Le roi d'Assyrie fit venir des gens de Babylone, de Cutha, d'Avva, de Hamath et de Se))harvaïm, et les éta- blit dans les villes de Samarie à la place des enfants d'Israël. Ils i^rirent ^'' Ils suiventencore aujourd'hui leurs premiers usages : ils ne craignent point l'Éternel, et ils ne se conforment ni à leurs lois et à leurs ordonnances, ni à possession de Samarie, et ils habité- la loi et aux commandements pres- rent dans ses villes. ^^ Lorsqu'ils com- crits par l'Éternel aux enfants de Jacob mencèrent à y habiter, ils ne crai- qu'il appela du nom d'Israël. '^L'Éter- gnaient pas l'Éternel, et l'Éternel nel avait fait alliance avec eux, et leur envoya contre eux des lions qui les avait donné cet ordre : Vous ne crain- tuaient. -''On dit au roi d'Assyrie : Les drez point d'autres dieux; vous ne nations que tu as transportées et éta- vous prosternerez point devant eux, blies dans les villes de Samarie ne vous ne les servirez point, et vous ne connaissent pas la manière de servir leur offrirez point de sacrifices. ='*Mais 442 II ROIS. . Chnp. 17,:n-l8,ii. vous crainthoz rÉtcrnel, qui vous a ralliance que j'ai faite avec vous, et fait monter du pays d'Egypte avec une vous ne craindrez point d'autres dieux, grande ])uissance et à bras étendu; '"Mais vous craindrez l'Eternel, votre c'est devant lui que vous vous pros- Dieu ; et il vous délivrera de la main ternerez, et c'est à lui que vous offri- de tous vos ennemis. """Et ils n'ont rez des sacrifices. "Vous observerez point obéi, et ils ont suivi leurs pre- et mettrez toujours en pratique les miers usages. '"Ces nations craignaient préceptes, les ordonnances, la loi et l'Eternel et servaient leurs images; et les commandements, qu'il a écrits leurs enfants et les enfants de leurs pour vous, et vous ne craindrez. point enfants font jusqu'à ce jour ce que d'autres dieux. ^^Vous n'oublierez pas leurs pères ont fait. LES DERNIERS ROIS DE Jl'DA, DEPUIS EZECHl.VS .lUSQU A LA DESTRUCTION DU ROYAUME DE Jl'DA {Chap. 18-25. Ezéchias, roi de Jitda. — Le royaume de Jiida enva/ii par Sancliérib, roi d'Assyrie, et Jérusalem assiégée. Chop. XVIII. 'La troisième année prescrits à Moïse. 'Et l'Éternel fut d'Osée, fils d'Éla, roi d'Israël, Ézé- avec Ezéchias, qui réussit dans toutes chias, fils d'Achaz, roi de Juda, régna, ses entreprises. Il se révolta contre le -Il avait vingt-cinq ans lorsqu'il de- roi d'Assyrie, et ne lui fut plus assu- vint roi, et il régna vingt-neuf ans à jetti. *I1 battit les Philistins jusqu'à Jérusalem. Sa mère s'appelait Abi, Gaza, et ravagea leur territoire depuis fille de Zacharie. les tours des gardes jusqu'aux villes 'Il fit ce qui est droit aux yeux de fortes. l'Eternel, entièrement comme avait "La quatrième année du roi Ezé- fait David, son père. *I1 fit disparaître chias, qui était la septième année d'O- ies hauts lieux, brisa les statues, abat- sée, fils d'Ela, roi d'Israël, Salmanasar, lit les idoles, et mit en pièces le ser- roi d'Assyrie, monta contre Samarie peut d'airain que Moïse avait fait, car et l'assiégea. '"Il la prit au bout de les enfants d'Israël avaient jusqu'alors trois ans, la sixième année d'Ezéchias, brûlé des parfums devant lui : on l'ap- qui était la neuvième année d'Osée, pelait Nehuschtan". ^11 mit sa con- roi d'Israël : alors Samarie fut prise, fiance en l'Éternel, le Dieu d'Israël; "Le roi d'Assyrie emmena Israël cap- et parmi tous les rois de Juda qui vin- tif en Assyrie, et il les établit à Cha- rent après lui ou qui le précédèrent, il n'y en eut point de semblable à lui. *I1 fut attaché à l'Éternel, il ne se dé- tourna ])()int de lui, et il observa les lach , et sur le Chabor, tleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes, '-parce qu'ils n'avaient point écouté la voix de l'Eternel, leur Dieu, et qu'ils commaiulements que l'Eternel avait avaient transgressé son alliance, par- a. ye/tuschtan, d'un mut qui siijiiifie airain. 443 Chap. 18,i3-,3'2. II ROIS. ce qu'ils n'avaient ni écouté ni mis en pratique tout ce qu'avait ordonné Moïse, serviteur de l'Éternel. *^La quatorzième année du roi Ezé- chias, Sanchérib, roi d'Assyrie, monta contre toutes les villes fortes de Juda, et s'en empara. '"'Ezéchias, roi de Ju- da , envoya dire au roi d'Assyrie à Lakis : J'ai commis une faute ! Eloi- gne-toi de moi. Ce que tu m'impose- ras, je le supporterai. Et le roi d'As- syrie imposa à Ezéchias, roi de Juda, trois cents talents d'argent et trente talents d'or. '^Ezéchias donna tout l'argent qui se trouvait dans la mai- son de l'Eternel et dans les trésors de la maison du roi. '^Ce fut alors qu'Ezé- chias, roi de Juda, enleva, pour les li- vrer au roi d'Assyrie, les lames d'or "Peut-être me direz-vous : C'est en l'Eternel, notre Dieu, que nous nous confions. Mais n'est-ce pas lui dont Ezéchias a fait disparaître les hauts lieux et les autels, en disant à Juda et à Jérusalem : Vous vous prosternerez devant cet autel à Jérusalem? -'Main- tenant, fais une convention avec mon maître, le roi d'Assyrie, et je te don- nerai deux mille chevaux, si tu peux fournir des cavaliers pour les monter. ^''Comment repousserais-tu un seul chef d'entre les moindres serviteurs de mon maître? Tu mets ta confiance dans l'Egypte pour les chars et pour les cavaliers. -^D'ailleurs, est-ce sans la volonté de rÉternel que je suis monté contre ce lieu , pour le dé- truire? L'Eternel m'a dit : Monte con- dont il avait couvert les portes et les tre ce pays, et détruis-le. linteaux du temple de l'Éternel. '"Le roi d'Assyrie envoya de Lakis à Jérusalem, vers le roi Ezéchias, Tharthan, Rab-Saris et Rabschaké avec une puissante armée. Ils montèrent, et ils arrivèrent à Jérusalem. Lors- qu'ils furent montés et arrivés, ils s'arrêtèrent à l'aqueduc de l'étang su- périeur, sur le chemin du champ du foulon. 'Mis appelèrent le roi; et Élia- kim, fils de Hilkija, chef de la maison du roi, se rendit auprès d'eux, avec Schebna, le secrétaire, et Joach, fils d'Asaplî, l'archiviste. ''Rabschaké leur dit : Dites à Ezé- chias : Ainsi parle le grand roi, le roi d'Assyrie : Quelle est cette confiance, sur laquelle tu t'appuies ? -"Tu as dit : Il faut pour la guerre de la prudence et de la force. Mais ce ne sont que des paroles en l'air. En qui donc as-tu 'Eliakim, fils de Hilkija, Schebna et Joach, dirent à Rabschaké : Parle à tes serviteurs en araméen , car nous le comprenons ; et ne nous parle pas en langue judaïque, aux oreilles du peuple qui est sur la muraille. ^'Rabs- chaké leur répondit : Est-ce à ton maître et à toi que mon maître m'a envoyé dire ces paroles ? N'est-ce pas à ces hommes assis sur la muraille pour manger leurs excréments et pour boire leur urine avec vous ? -*Alors Rabschaké, s'étant avancé, cria à haute voix en langue judaïque, et dit : Écoutez la parole du grand roi, du roi d'Assyrie ! -'Ainsi parle le roi : Qu'Ézéchias ne vous abuse point, car il ne pourra vous délivrer de ma main. '"Qu'Ézéchias ne vous amène point à vous confier en l'Éternel, en disant : L'Éternel nous délivrera, et cette ville placé ta confiance, pour t'être révolté ne sera pas livrée entre les mains du contre moi? -'Voici, tu l'as placée dans l'Egypte, tu as pris pour soutien ce roseau cassé, qui pénètre et perce la main de quiconque s'appuie des- sus : tel est Pharaon, roi d'Egypte, pour tous ceux qui se confient en lui. roi d'Assyrie. "N'écoutez point Ezé- chias ; car ainsi parle le roi d'Assyrie : Faites la paix avec moi, rendez-vous à moi, et chacun de vous mangera de sa vigne et de son figuier, et chacun boira de l'eau de sa citerne, '-jusqu'à 444 II ROIS. Chap. I8,:a-I0,w. ce que je vienne, et que je vous em- mène clans un pays eomme le vôtre, dans un [)ays de blé et de vin, un pays de ])ain et de vignes, un pays d'oli- viers à huile et de miel, et vous viviez et vous ne mourrez point. N'écoutez donc point Ezéchias ; car il pourrait vous séduire en disant : L'Eternel nous délivrera. ^^Les dieux des nations ont-ils délivré chacun son pays de la main du roi d'Assyrie? ''''Où sont les dieux de Ilamath et d'Arpad ? Où sont les dieux de Sepharvaïm, d'IIéna et d'Ivva? Ont-ils délivré Samarie de ma main? '^ Parmi tous les dieux de ces pays, quels sont ceux qui ont délivré leur pays de ma main, pour que l'E- ternel délivre Jérusalem de ma main? ■'M^e peujile se tut, et ne lui répon- dit pas un mot ; car le roi avait donné cet ordre : Vous ne lui répondrez pas. '"Et Éliakim, fils de Ililkija, chef de la maison du roi, Schebna, le secrétaire, et Joach, fils d'Asaph, l'archiviste, vinrent auprès d'Ezéchias, les vête- ments déchirés, et lui rapportèrent les paroles de Rabschaké. Jérusalem saui'ée, et ïnnuée de Sancliérib détruite. Chap. XIX. 'Lorsque le roi Ezé- chias eut entendu cela, il déchira ses vêtements, se couvrit d'un sac, et alla dans la maison de l'Eternel. -11 en- voya Eliakim, chef de la maison du roi, Schebna, le secrétaire, et les plus anciens des prêtres, couverts de sacs, l'Éternel, ton Dieu, exercera-t-il ses châtiments à cause des paroles qu'il a entendues. Fais donc monter une prière pour le reste qui subsiste en- core. ^Lcs serviteurs du roi Ezéchias al- lèrent donc auprès d'Esaïe. ^Et Esaïe leur dit : Voici ce que vous direz à votre maître : Ainsi parle l'Eternel : Ne t'effraie point des paroles que tu as entendues et par lesquelles m'ont outragé les serviteurs du roi d'Assy- rie. 'Je vais mettre en lui un csjirit tel que, sur une nouvelle f[u'il recevi'a, il retournera dans son pays ; et je le fe- rai tomber par l'épée dans son pays. * Rabschaké, s'étant retiré, trouva le roi d'Assyrie qui attaquait Libna, car il avait appris son départ de La- kis. 'Alors le roi d'Assyrie reçut une nouvelle au sujet de Tirhaka, roi d'E- thiopie; on lui dit : Voici, il s'est mis en marche pour te faire la guerre. Et le roi d'Assyi'ie envoya de nouveau des messagers à Ezéchias, en disant : '"Vous parlerez ainsi à Ezéchias, roi de .)uda : Que ton Dieu, auquel tu te confies, ne t'abuse point en disant : Jérusalem ne sera pas livrée entre les mains du roi d'Assyrie. "Voici, tu as appris ce qu'ont fait les rois d'Assyrie à tous les pays, et comment ils les ont détruits ; et toi, tu serais délivré ! '-Les dieux des nations que mes pères ont détruites les ont-ils délivrées, Gozan, Charan, Retseph, et les filsd'Eden qui sont à Telassar? '■'Où sont le roi de vers Esaïe, le prophète, fils d'Amots. Hamath, le roi d'Arpad, et le roi de la 'Et ils lui dirent : Ainsi parle Ezé- rhias : Ce jour est un jour d'angoisse, de châtiment et d'opprobre ; car les enfants sont près de sortir du sein maternel, et il n'y a point de force pour l'enfantement. ■'Peut-être l'Éter- nel, ton Dieu, a-t-il entendu toutes les paroles de Rabschaké, que le roi ville de Sepharvaïm, d'Héna et d'Ivva? '"'Ezéchias ])rit la lettre de la main des messagers , et la lut. Puis il monta à la maison de l'Éternel, et la déploya devant l'Eternel, '^à qui il adressa cette prière : Éternel, Dieu d'Israël, assis sur les chérubins! C'est toi qui es le seul Dieu de tous les d Assyrie, son maître, a envoyé pour royaumes de la terre, c'est toi qui as insulter au Dieu vivant, et peut-être fait les cicux et la terre. "''Étenicl! in- 445 Chap. d9,n-u8. II ROIS. cline ton oreille, et écoute. Eternel! anéantis. '^Maintenant, Eternel, no- ouvre tes yeux, et regarde. Entends tre Dieu! délivre-nous de la main de les pai'oles de Sanchérib, qui a en- Sanchérib, et que tous les royaumes voyé Rabschaké pour insulter au Dieu de la terre sachent que toi seul es vivant. '"Il est vrai, ô Eternel! que les Dieu, ô Eternel ! rois d'Assyrie ont détruit les nations -"Alors Esaïe, fds d'Amots, envoya et ravagé leurs pays, "*et qu'ils ont dire à Ezéchias : Ainsi parle rÉternel, jeté leurs dieux dans le feu; mais ce le Dieu d'Israël : J'ai entendu la prière n'étaient point des dieux, c'étaient que tu m'as adressée au sujet de San- des ouvrages de mains d'homme, du chérib, roi d'Assyrie. *' Voici la parole bois et de la pierre; et ils les ont que l'Eternel a prononcée contre lui : Elle te méprise, elle se moque de toi, La vierge, fille de Sion ; Elle hoche la tète après toi, La fille de Jérusalem. ^"^Qui as-tu insulté et outragé ? Contre qui as-tu élevé la voix ? Tu as porté tes yeux en haut Sur le Saint d'Israël ! ^'Par tes messagers tu as insulté le Seigneur, Et tu as dit : Avec la multitude de mes chars, J'ai gravi le sommet des montagnes, Les extrémités du Liban ; Je couperai les plus élevés de ses cèdres. Les plus beaux de ses cyprès, ' Et j'atteindrai sa dernière cime. Sa forêt semblable à un verger; -M'ai creusé, et j'ai bu des eaux étrangères. Et je tarirai avec la plante de mes pieds Tous les fleuves de l'Egypte. -'^N'as-tu pas appris que j'ai préparé ces choses de loin. Et que je les ai résolues dès les tem])s anciens ? ^laintenant j'ai permis qu'elles s'accomplissent, Et que tu réduisisses des villes fortes en monceaux de ruines. -"Leurs habitants sont impuissants, Epouvantés et confus ; Ils sont comme l'herbe des champs et la tendre verdure, Comme le gazon des toits Et le blé qui sèche avant la formation de sa tige. "Mais je sais quand tu t'assieds, quand tu sors et quand tu entres, Et quand tu es furieux contre moi. '-'* Parce que tu es fui'ieux contre moi, El que ton arrogance est montée à mes oreilles. Je mettrai ma boucle à tes narines et mon mors entre tes lèvres. Et je te ferai retourner par le chemin par le([uel tu es venu. 446 II ROIS. Chap. 10,^-20,0. -'Que ceci soit un signe pour toi" : ce qui sera resté poussera encore des On a mangé une année le produit du racines par-dessous, et portera du fruit par-dessus. ^'Car de Jérusalem il sor- grain tombé, et une seconde année ce roit d( lais la troi- qui croît cie soi-même; ma sième année, vous sèmerez, vous mois- sonnerez, vous planterez des vignes, et vous en mangerez le fruit. -^'Cc qui aura été sauvé de la maison de .Juda, tira un reste, et de la montagne de Sion des réchappes. Voilà ce que fera le zèle de l'Eternel des armées. ^-C'est pourquoi ainsi parle l'Eter- nel sur le roi d'Assyrie : Il n'entrera point dans cette ville, Il n'y lancera point de traits, Il ne lui présentera ])oint de boucliers, Et il n'élèvera point de letranchements contre elle. '^11 s'en retournera par le chemin par lequel il est venu, Et il n'entrera point dans cette ville, dit l'Eternel. •'*Je protégerai cette ville pour la sauver, A cause de moi, et à cause de David, mon serviteur. ^^Cette nuit-là, l'ange de l'Eternel sortit, et frappa dans le camp des As- syriens cent quatre-vingt-cinq mille hommes. Et quand on se leva le ma- tin , voici , c'étaient tous des corps morts. ^^ Alors Sanchérib , roi d'Assyrie, leva son camp, partit et s'en retourna; et il resta à Ninive. ^'Or, comme il était prosterné dans la maison de Nis- roc, son dieu, Adrammélec et Scha- retser, ses fils, le frappèrent avec ré])ée, et s'enfuirent au pays d'Ararat. Et l'jsar-Haddon, son fils, régna à sa ]ilacc. Maladie d'Ezéc/iias : sa tùe prolongée tic qjiinze ans. — Ambassade babylonienne. Cliiip. XX. 'En ce temps-là, Ezé- chias fut malade à la mort. Le pro- phète Esaie, fils d'Amots, vint au]irès de lui, et lui dit : Ainsi parle l'Eternel : Donne tes ordres à ta maison, car tu vas mourir, et tu ne vivras plus. ■Ezéchias tourna son visage contre le mur, et fit cette prière à l'Eternel : ^O Eternel ! souviens-toi que j'ai mar- ché devant ta face avec fidélité et in- tégrité de cœur, et que j'ai fait ce qui a. Toi, Ezéchias, voy. v. 20. est bien à tes veux ! Et Ezéchias ré- pandit d'abondantes larmes. ■•Ésaïe, qui était sorti, n'était pas encore dans la cour du milieu, lorsque la parole de l'Eternel lui fut adressée en ces termes : "'Retourne, et dis à Ezéchias, chef de mon peuple : Ainsi jiarle l'Eternel, le Dieu de David, ton père : J'ai entendu ta prière, j'ai vu tes larmes. Voici, je te guérirai ; le troisième jour, tu monteras à la mai- son de l'Eternel. '^J'ajouterai à tes jours quinze années. Je te délivrerai, toi et cette ville, de la main du roi d'Assy- rie; je protégerai cette ville, à cause de moi, et à cause de David, mon ser- viteur. "Esaïe dit: Prenez une masse de figues. On la prit, et on l'appliqua sur l'ulcère. Et Ezéchias guérit. * Ezéchias avait dit à Esaïe : A quel signe connaitrai-je que l'Eternel me guérira, et que je monterai le troisième jour à la maison de l'Eternel ? ^ Et Esaïe dit : Voici, de la part de l'Eternel, le signe auquel tu connaîtras que l'Eter- nel accomplira la parole qu'il a pro- noncée : L'ombre avancera-t-elle de dix degrés, Ou reculera-t-elle de dix 447 2'.) Chap. 20,10-21,9. II ROIS. degrés ? '"Ézéchias répondit : C'est peu de chose que l'ombre avance de dix degrés; mais plutôt qu'elle recule de dix degrés. "Alors Esaïe, le pro- jihète, invoqua l'Eternel, qui fit recu- ler l'ombre de dix degrés sur les degrés d'Achaz, où elle était descendue. '^En ce même temps, Berodac-Ba- ladan, fds de Baladan, roi de Baby- lone, envoya une lettre et un présent à Ezéchias, car il avait appris la mala- die d'Ezéchias. '^Ezéchias donna au- dience aux envoyés, et il leur montra le lieu oii étaient ses choses de prix, l'argent et l'or, les aromates et l'huile précieuse, son arsenal, et tout ce qui se trouvait dans ses trésors : il n'y eut rien qu'Ezéchias ne leur fît voir dans sa maison et dans tous ses do- maines. '■•Esaïe, le prophète, vint ensuite auprès du roi Ezéchias, et lui dit : Qu'ont dit ces gens-là, et d'où sont- ils venus vers toi ? Ezéchias répondit: Ils sont venus d'un pays éloigné, de Babylone. '^Esaïe dit encore : Qu'ont- ils vu dans ta maison ? Ezéchias répon- dit : Ils ont vu tout ce qui est dans ma maison : il n'y a rien dans mes trésors que je ne leur aie fait voir. '^Alors Esaïe dit à Ezéchias : Ecoute la parole de l'Éternel ! ''Voici, les temps vien- dront où l'on emportera à Babylone tout ce qui est dans ta maison et ce que tes pères ont amassé jusqu'à ce jour; il n'en restera rien, dit l'Eter- nel. '^Et l'on prendra de tes fds, qui seront sortis de toi, que tu auras en- écrit dans le livre des Chroniques des rois de .luda ? -' Ezéchias se coucha avec ses pères. Et Manassé, son fds, régna à sa place. Manassé et Ai rois de Juda. Clinp. XXI. 'Manassé avait douze ans lorsqu'il devint roi, et il régna cinquante-cinq ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Hephtsiba. -Il fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, selon les abominations des nations que l'Eternel avait chassées devant les enfants d'Israël. ^11 rebâtit les hauts lieux qu'Ezéchias, son père, avait détruits, il éleva des autels à Baal, il fit une idole d'Astarté, comme avait fait Achab, roi d'Israël, et il se prosterna devant toute l'armée des cieux et la servit. ''Il bâtit des autels dans la maison de l'Eternel, quoique l'Eternel eût dit : C'est dans .Jérusalem que je placerai mon nom. ^11 bâtit des autels à toute l'armée des cieux dans les deux parvis de la maison de l'Eter- nel. *I1 fit passer son fils par le feu ; il observait les nuages et les serpents pour en tirer des pronostics, et il éta- blit des gens qui évoquaient les esprits et qui prédisaient l'avenir. Il fit de plus en plus ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, afin de l'irriter. 'Il mit l'idole d'Astarté, qu'il avait faite, dans la maison de laquelle l'Eternel avait dit à David et à Salomon, son fils : C'est dans cette maison, et c'est dans Jérusalem que j'ai choisie parmi tou gendres, pour en faire des eunuques tes les tribus d'Israël, que je veux à dans le palais du roi de Babylone. toujours placer mon nom. *Je ne ferai ''^Ezéchias répondit à Ésaïe : La parole plus errer le pied d'Israël hors du pays de l'Éternel, que tu as prononcée, est que j'ai donné à ses pères, pourvu bonne. Et il ajouta : N'y aura-t-il pas seulement qu'ils aient soin de mettre paix et sécurité pendant ma vie ? en pratique tout ce que je leur ai com- ^"Le reste des actions d'Ezéchias, mandé et toute la loi que leur a près- tous ses exploits, et comment il fit crite mon serviteur Moïse. 'Mais ils l'étang et l'aqueduc, et amena les n'obéirent point; et Manassé fut cause eaux dans la ville, cela n'est-il pas qu'ils s'égarèrent et firent le mal plus 448 II ROIS. C/inp. 9 /,, 0^9 9,0. que les nations que l'Éternel avait dé- truites devant les enfants d'Israël. '"Alors l'Eternel parla en ces ter- mes par ses serviteurs les prophètes : l'Eternel, comme avait fait Manassé, son j)ère ; -'il marcha dans toute la voie où avait marché son père, il servit les idoles qu'avait servies son père, et "Parce que Manassé, roi de Juda, a il se prosterna devant elles ; "il aban- commis ces abominations, parce qu'il a fait pis que tout ce qu'avaient fait avant lui les Amoréens, et parce (ju'il a aussi fait pécher Juda par ses idoles, '-voici ce que dit l'Eternel, le Dieu d'Israël : Je vais faire venir sur Jéru- salem et sur Juda des malheurs tpii étourdiront les oreilles de quiconque en entendra parler. "J'étendrai sur Jérusalem le cordeau de Samarieet le niveau de la maison d'Achab : et je nettoierai Jérusalem comme un plat qu'on nettoie, et qu'on renverse sens dessus dessous après l'avoir nettoyé. ''J'abandonnerai le reste de mon héri- tage, et je les livrerai entre les mains de leurs ennemis; et ils deviendront le butin et la proie de tous leurs enne- mis, '^ parce qu'ils ont fait ce qui est mal à mes yeux et qu'ils m'ont irrité depuis le jour où leurs pères sont sor- tis d'Egypte jusqu'à ce jour. '^Manassé répandit aussi beaucoup de sang innocent jusqu'à en remplir Jérusalem d'un bout à l'autre, outre les péchés qu'il commit et qu'il fit donna l'Éternel, le Dieu de ses pères, et il ne marcha point dans la voie de l'Éternel. ^^Les serviteurs d'Amon cons]:)irèrent contre lui, et firent mou- rir le roi dans sa maison. -■'Mais le ])cuple du pays frappa tous ceux qui avaient conspiré contre le roi Amon ; et le peuple du pays établit roi Josias, son fils, à sa place. -^Le reste des actions d'Amon, et ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda ? -^On l'enterra dans son sépulcre, dans le jardin d'Uzza. Et Josias, son fils, régna à sa place. Josias, roi de Juda. — Le lii're de la loi trouvé dans le temple. — Destruction de l'idolâtrie par Josias. — Célébration de la Pâque. Cliap. XXII. 'Josias avait huit ans lorsqu'il devint roi, et il régna trente et un ans à Jérusalem. Sa mère s'appe- lait Jedida, fille d'Adaja, de Botskath. -Il fit ce qui est droit aux yeux de l'Eternel, et il marcha dans toute la commettre à Juda en faisant ce qui est voie de David, son père ; il ne s'en dé- mal aux yeux de l'Éternel. '"Le reste des actions de Manassé, tout ce qu'il a fait, et les péchés aux- quels il se livra, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda ? '^Manassé se coucha avec ses pè- res, et il fut enterré dans le jardin de sa maison , dans le jardin d'Uzza. Et Amon, son fils, régna à sa place. '^\mon avait vingt-deux ans lors- (|u'il devint roi, et il régna deux ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Mc- schullémcth, fille de Ilaruts, de Jotba. ""11 fit ce qui est mal aux yeux de tourna ni à droite ni à gauche. •'La dix-huitième année du roi Jo- sias, le roi envoya dans la maison de l'Eternel Schaphan, le secrétaire, fils d'Atsalia, fils de Meschullam. 11 lui dit : *Monte vers Hilkija , le grand prêtre, et qu'il amasse l'argent qui a été apporté dans la maison de l'Eter- nel et que ceux qui ont la garde du seuil ont recueilli du peuple. ^On re- mettra cet argent entre les mains de ceux qui sont chargés de faire e.vécu- ter l'ouvrage dans la maison de l'Eter- nel. Et ils l'emploieront pour ceux (pii travaillent aux réparations de la uiai- son de l'Éternel, "pour les charpen- 4'i9 Chap.22,--3S,^.. II ROIS. tiers, les manœuvres et les maçons, malheurs sur ce lieu et sur ses habi- pour les achats de bois et de pierres tants, selon toutes les paroles du livre de taille nécessaires aux réparations qu'a lu le roi de Juda. ''Parce qu'ils de la maison. "Maison ne leur deman- m'ont abandonné et qu'ils ont offert dera pas de compte pour l'argent l'e- des parfums à d'autres dieux, afin de mis entre leurs mains, car ils agissent m'irriter par tous les ouvrages de leurs avec probité. mains, ma colère s'est enflammée con- ^Alors Hilkija, le grand prêtre, dit tre ce lieu, et elle ne s'éteindra point, à Schaphan, le secrétaire : J'ai trouvé '^Mais vous direz au roi de Juda, qui le livre de la loi dans la maison de vous a envoyés pour consulter l'Éter- l'Eternel. Et Hilkija donna le livre à nel : Ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Is- Schaphan, et Schaphan le lut. '■'Puis raël, au sujet des paroles que tu as Schaphan, le secrétaire, alla rendre entendues : '^ Parce que ton cœur a compte au roi, et dit: Tes serviteurs été touché, parce que tu t'es humilié ont amassé l'argent qui se trouvait devant l'Eternel en entendant ce que dans la maison, et l'ont remis entre j'ai prononcé contre ce lieu et contre les mains de ceux qui sont chargés de ses habitants qui seront un objet d'é- faire exécuter l'ouvrage dans la mai- pouvante et de malédiction, et parce son de l'Eternel. '"Schaphan, le secré- que tu as déchiré tes vêtements et qiie taire, dit encore au roi : Le prêtre tu as pleuré devant moi, moi aussi, Hilkija m'a donné un livre. Et Scha- j'ai entendu, dit l'Eternel. ^'' C'est pour- phan le lut devant le l'oi. quoi, voici, je te recueillerai auprès "Lorsque le roi entendit les paroles de tes pères, tu seras recueilli en paix du livre de la loi, il déchira ses vête- dans ton sépulcre, et tes yeux ne ver- ments. '°Et le roi donna cet ordre au ront pas tous les malheurs que je ferai prêtre Hilkija, à Achikam, fils de Scha- venir sur ce lieu. phan, à Acbor, fils de Michée, à Scha- Ils rapportèrent au roi cette réponse, phan, le secrétaire, et à Asaja, servi- Chap. XXII J. 'Le roi Josias fit teur du roi : '^Allez, consultez l'Éternel assembler auprès de lui tous les an- pour moi, pour le peuple, et pour tout ciens de Juda et de Jérusalem. -Puis Juda, au sujet des paroles de ce livre il monta à la maison de l'Eternel, avec qu'on a trouvé ; car grande est la co- tous les hommes de Juda et tous les 1ère de l'Eternel, qui s'est enflammée habitants de Jérusalem, les prêtres, contre nous, parce que nos pères n'ont les prophètes, et tout le peuple, de- point obéi aux paroles de ce livre et puis le plus petit jusqu'au plus grand, n'ont point mis en pratique tout ce II lut devant eux toutes les paroles du qui nous y est prescrit. livre de l'alliance, qu'on avait trouvé ''*Le prêtre Hilkija, Achikam, Acbor, dans la maison de l'Éternel. "Le roi Schaphan et Asaja, allèrent auprès de se tenait sur l'estrade, et il traita al- la prophétesse Ilulda, femme de Schal- liance devant l'Éternel, s'engageant à luni, fils de Thikva, fils de Harhas, suivre l'Éternel, et à observer ses or- gardien des vêtements. Elle habitait à donnances, ses préceptes et ses lois, Jérusalem, dans l'autre quartier de la de tout son cœur et de toute son âme, ville. Après qu'ils lui eurent parlé, afin de mettre en pratique les paroles '^elle leur dit : Ainsi parle l'Éternel, de cette alliance, écrites dans ce livre, le Dieu d'Israël : Dites à l'homme qui Et tout le peuple entra dans l'alliance, vous a envoyés vers moi : '^Ainsi parle ''Le roi ordonna à Hilkija, le grand l'Éternel: Voici, je vais faire venir des prêtre, aux prêtres du second ordre, 450 II ROIS. Chfip. 23,r,-Q0. et à ceux qui gardaient le seuil, de autels qui étaient sur le toit de la sortir du temple de l'Éternel tous les chambre haute d'Achaz et que les rois ustensiles qui avaient été faits pour de Juda avaient faits, et les autels Baal, j)our Astarté, et pour toute l'ar- qu'avait faits Manassé dans les deux méc des cieux ; et il les brûla hors de ])arvis de la maison de l'Eternel ; après Jérusalem, dans les chanq)s du Ce- les avoir brisés et enlevés de là, il en dron, et en fit porter la poussière à jeta la poussière dans le torrent de Béthel. ^11 chassa les prêtres des ido- Cédron. ''Le roi souilla les hauts lieux les, établis par les rois de Juda pour qui étaient en face de Jérusalem, sur brûler des parfums sur les hauts lieux la droite de la montagne de perdition *, dans les villes de Juda et aux environs et que Salomon, roi d'Israël, avait bà- de Jérusalem, et ceux qui offraient des tis à Astarté, l'abomination des Sido- parfums à Baal, au soleil, à la lune, au niens, à Kemosch, l'abomination de zodiaque et à toute l'armée des cieux. *I1 sortit de la maison de l'Eternel l'i- dole d'Astarté, qu'il transporta hors de Jérusalem vers le torrent de Cé- dron ; il la brûla au torrent de Cédron et la réduisit en poussière, et il en Moab, et à ^lilcom, l'abomination des fils d'Ammon. "Il brisa les statues et abattit les idoles, et il remplit d'osse- ments d'hommes la place qu'elles oc- cupaient. '^11 renversa aussi l'autel qui était à Béthel, et le haut lieu qu'avait jeta la poussière sur les sépulcres des fait Jéroboam, fils de Nebath, qui avait enfants du peuple. 'Il abattit les mai- fait pécher Israël ; il brûla le haut lieu sons des prostitués qui étaient dans et le réduisit en j^oussière, et il brûla l'idole. '"Josias, s'étant tourné et ayant vu les sépulcres qui étaient là dans la montagne, envoya prendre les osse- ments des sépulcres, et il les brûla sur la maison de l'Éternel, et où les fem- mes tissaient des tentes pour Astarté. Ml fit venir tous les prêtres des villes de Juda ; il souilla les hauts lieux où les prêtres brûlaient des parfums, de- puis Guéba jusqu'à Beer-Schéba; et il l'autel et le souilla, selon la parole de renversa les hauts lieux des portes, ce- l'Eternel prononcée par l'homme de lui qui était à l'entrée de la porte de fJieu, qui avait annoncé ces choses. Josué, chef de la ville, et celui qui "Il dit : Quel est ce monument que je était à gauche de la porte de la ville, vois ? Les gens de la ville lui répondi- 'Toutefois les prêtres des hauts lieux rent : C'est le sépulcre de l'homme de ne montaient pas à l'autel de l'Eternel Dieu, qui est venu de Juda, et qui a à Jérusalem, mais ils mangeaient des crié contre l'autel de Béthel ces cho- pains sans levain au milieu de leurs ses que tu as accomplies. '*Et il dit : frères. '"Le roi souilla Topheth " dans Laissez-le; que personne ne remue la vallée des fils de Hinnom, afin que ses os ! On conserva ainsi ses os avec personne ne lit plus passer son fils ou les os du prophète qui était venu de sa fille par le feu en l'honneur de Mo- Samarie. loc. "Il fit disparaître de l'entrée de '"Josias fit encore disparaître toutes la maison de l'Eternel les chevaux que les maisons des hauts lieux, qui étaient les rois de Juda avaient consacrés au dans les villes de Samarie, et qu'a- soleil, près de la chambre de l'eunu- valent faites les rois d'Israël pour irri- que Nethan-Mélec, qui demeurait dans ter l'Éternel ; il fit à leur égard entiè- le faubourg; et il brûla au feu les rement comme il avait fait à Béthel. chars du soleil. 'H^e roi démolit les -"Il immola sur les autels tous les a. Toplu'tli, lieu oii l'un rendait un culte ù Moloc. b. La munta^uc des oliviers. 451 Chap. 23, ii-Si,}. II ROIS. prêtres des hauts lieux, qui étaient là, et il y brûla des ossements d'hommes. Puis il retourna à Jérusalem. ^*Le roi donna cet ordre à tout le peuple : Célébrez la Pàque en l'hon- neur de l'Eternel, votre Dieu, comme il est écrit dans ce livre de l'alliance. -'Aucune Pàque pareille à celle-ci n'a- vait été célébrée depuis le temps où les juges jugeaient Israël et pendant tous les jours des rois d'Israël et des rois de Juda. ^'Ce fut la dix-huitième année du roi .losias qu'on célébra cette Pâque en l'honneur de l'Eternel à Jé- rusalem. ^''De plus, Josias fit disparaître ceux qui évoquaient les esprits et ceux qui prédisaient l'avenir, et les théraphim, et les idoles, et toutes les abomina- tions qui se voyaient dans le pays de Juda et à Jérusalem, afin de mettre en pratique les paroles de la loi, écrites dans le livre que le prêtre Hilkija avait trouvé dans la maison de l'Eternel. -^Avant Josias, il n'y eut point de roi qui, comme lui, revînt à l'Eternel de tout son cœur, de toute son àme et de toute sa force, selon toute la loi de Moïse ; et après lui, il n'en a point pa- ru de semblable. -^Toutefois l'Eternel ne se désista point de l'ardeur de sa grande colère dont il était enilammé contre Juda, à cause de tout ce qu'a- vait fait Manassé pour l'irriter. -'Et l'Eternel dit : J'ôterai aussi Juda de devant ma face comme j'ai ôté Israël, et je rejetterai cette ville de Jérusalem que j'avais choisie, et la maison de la- quelle j'avais dit : Là sera mon nom. **Le reste des actions de Josias, et tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda ? -'De son temps. Pharaon Néco, roi d'Egypte, monta contre le roi d'Assy- rie, vers le fleuve de l'Euphrate. Le roi Josias marcha à sa rencontre ; et Pharaon le tua à Meguiddo, dès qu'il le vit. ^"Ses serviteurs l'emportèrent mort sur un char ; ils l'amenèrent de Meguiddo à Jérusalem, et ils l'enter- rèrent dans son sépulcre. Et le peuple du pays prit Joachaz, fds de Josias ; ils l'oignirent, et le firent roi à la place de son père. Joachaz, Jojakim, Jojakin, rois de Juda. '' Joachaz avait vingt-trois ans lors- qu'il devint roi, et il régna trois mois à Jérusalem. Sa mère s'appelait Ha- muthal, fdle de Jérémie, de Libna. '-Il fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, entièrement comme avaient fait ses pères. '^ Pharaon Néco l'en- chaîna à Ribla, dans le pays de Ha- math, pour qu'il ne régnât plus à Jérusalem ; et il mit sur le pays une contribution de cent talents d'argent et d'un talent d'or. '•'Et Pharaon Néco établit roi Eliakim, fils de Josias, à la place de Josias, son père, et il changea son nom en celui de Jojakim. Il prit Joachaz, cpii alla en Egypte et y mou- rut. '^Jojakim donna à Pharaon l'ar- gent et l'or; mais il taxa le pays pour fournir cet argent, d'après l'ordre de Pharaon ; il détermina la part de cha- cun et exigea du peuple du pays l'ar- gent et l'or qu'il devait livrer à Pharaon Néco. "^Jojakim avait vingt-cinq ans lors- qu'il devint roi, et il régna onze ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Zebud- da, fille de Pedaja, de Ruma. "Il fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, entièrement comme avaient fait ses pères. Chap. XXIV. * De son temps, Ne- bucadnetsar, roi de Babylone, se mit en campagne. Jojakim lui fut assujetti pendant trois ans ; mais il se révolta de nouveau contre lui. -Alors l'Eter- nel envoya contre Jojakim des trou- pes de Chaldéens, des troupes de Sy- riens, des troupes de Moabites et des 452 II ROIS. Chap.2i,3-2o,3. troupes d'Ammonites; il les envoya l'Eternel, comme l'Eternel l'avait pro- noncé. '•'Il emmena en captivité tout Jérusalem, tous les chefs et tous les hommes vaillants, au nombre de dix mille exilés, avec tous les charpen- tiers et les serruriers : il ne resta que le peuple pauvre du pays. 'Ml trans- porta Jojakin à Babylone ; et il eni- du sang innocent qu'avait répandu mena captifs de Jérusalem à Babylone contre Juda pour le détruire, selon la parole que l'Eternel avait pronon- cée par ses serviteurs les prophètes. 'Cela arriva uniquement sur l'ordre de l'Éternel, qui voulait ôter Juda de devant sa face, à cause de tous les pé- chés commis par Manassé, *et à cause Manassé et dont il avait rempli Jéru- salem. Aussi l'Eternel ne voulut- il point pardonner. ^Le reste des actions de Jojakim, et tout ce qu'il a fait, cela n'est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois de Juda ? •^Jojakim se coucha avec ses pères. Et Jojakin, son fds, régna à sa place. "Le roi d'Egypte ne sortit plus de son pays, car le roi de Babylone avait pris tout ce qui était au roi d'Egypte dej)uis le torrent d'Egypte jusqu'au Ueuve de l'Euphrate. ^Jojakin avait dix-huit ans lorsqu'il devint roi, et il régna trois mois à Jé- rusalem. Sa mère s'appelait Nehusch- tha, fille d'Elnalhan, de Jérusalem. '■'11 fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, entièrement comme avait fait son père. '"En ce temps-là, les serviteurs de Nebucadnetsar, roi de Babylone, mon- tèrent contre Jérusalem, et la ville fut assiégée. "Nebucadnetsar, roi de Ba- bylone , arriva devant la ville pen- dant que ses serviteurs l'assiégeaient. '^Vlors Jojakin, roi de Juda, se rendit auprès du roi de Babylone, avec sa mère, ses serviteurs, ses chefs et ses eunuques. Et le roi de Babylone le fit |)risonnier, la huitième année de son règne. "Il tira de là tous les trésors de la maison de l'Eternel et les trésors de la maison du roi ; et il brisa tous les ustensiles d'or que Salomon, roi d'Israël, avait faits dans le temple de la mère du roi, les femmes du roi et ses eunuques, et les grands du pays, 'Hous les guerriers au nombre de sept mille, et les charpentiers et les serru- riers au nombre de mille, tous hom- mes vaillants et propres à la guerre. Le roi de Babylone les emmena cap- tifs à Babylone. '"Et le roi de Baby- lone établit roi, à la place de Jojakin, Matthania, son oncle, dont il changea le nom en celui de Sédécias. Sédécias, dernier roi de Juda. — Sièf^e et des- truction de Jérusalem par Nebucadnetsar , roi de Babylone. — Les habitants du royaume de Juda emmenés en capti^'ité. "* Sédécias avait vingt et un ans lors- qu'il devint roi, et il régna onze ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Hamu- thal, fille de Jérémie, de Libna. '■'Il fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, entièrement comme avait fait Jojakim. ^"Et cela arriva à cause de la colère de l'Éternel contre Jéru- salem et contre Juda, qu'il voulait re- jeter de devant sa face. Et Sédécias se révolta contre ^e roi de Babylone. Chap. AA F. 'La neuvième année du règne de Sédécias, le dixième jour du dixième mois, Nebucadnetsar, roi de Babylone, vint avec toute son ar- mée contre Jérusalem ; il campa de- vant elle, et éleva des retranchements tout autour. -La ville fut assiégée jus- qu'à la onzième année du roi Sédécias. 'Le neuvième jour du mois", la fa- mine était forte dans la ville, et il n'y a. Plus complètement, d'aprtîs Jérémie 39, -2 : « Le neuvième jour du quatrième mois de la onzième année du règne de Sédécias. » 453 Chap. 25,k-uk. II ROIS. avait pas de pain pour le peuple du pays. ■'Alors la brèche fut faite à la ville ; et tous les gens de guerre s'en- fuirent de nuit par le chemin de la porte entre les deux murs près du jar- din du roi, pendant que les Chaldéens environnaient la ville. Les fuyards pri- rent le chemin de la plaine. ^Mais l'ar- mée des Chaldéens poursuivit le roi et l'atteignit dans les plaines de Jéri- cho ; et toute son armée se dispersa loin de lui. ^Ils saisirent le roi, et le firent monter vers le roi de Babylone à Ribla; et l'on prononça contre lui une sentence. 'Les fds de Sédécias fu- rent égorgés en sa présence ; ])uis on creva les yeux à Sédécias, on le lia avec des chaînes d'airain, et on le me- na à Babylone. ^Le septième jour du cinquième mois, — c'était la dix-neuvième année du règne de Nebucadnetsar, roi de Babylone, — Nebuzaradan, chef des quels on faisait le service. '^Le chef des gardes prit encore les brasiers et les coupes, ce qui était d'or et ce qui était d'argent. '^Les deux colonnes, la mer, et les bases, que Salomon avait faites pour la maison de l'Eternel, tous ces ustensiles d'airain avaient un poids inconnu. '"La hauteur d'une co- lonne était de dix-huit coudées, et il y avait au-dessus un chapiteau d'airain dont la hauteur était de trois coudées ; autour du chapiteau il y avait un treil- lis et des grenades, le tout d'airain ; il en était de même pour la seconde co- lonne avec le treillis. "*Le chef des gardes prit Seraja, le grand prêtre , Sophonie , le second prêtre, et les trois gardiens du seuil. ''■*Et dans la ville il prit un eunuque qui avait sous son commandement les gens de guerre, cinq hommes qui fai- saient partie des conseillers du roi et qui furent trouvés dans la ville, le se- gardes, serviteur du roi de Babylone, crétaire du chef de l'armée qui était entra dans Jérusalem. ^11 brûla la mai- son de l'Éternel, la maison du roi, et toutes les maisons de Jérusalem ; il livra au feu toutes les maisons de quelque importance. '"Toute l'armée clés Chaldéens, qui était avec le chef des gardes, démolit les murailles for- mant l'enceinte de Jérusalem. " Nebuzaradan, chef des gardes, em- mena captifs ceux du peuple c{ui étaient chargé d'enrôler le peuple du pays, et soixante hommes du peuple du pays qui se trouvèrent dans la ville. -"Nebu- zaradan, chef des gardes, les prit, et les conduisit vers le roi de Babylone à Ribla. -'Le roi de Babylone les frap- pa et les fit mourir à Ribla, dans le pays de Ilamath. *- Ainsi Juda fut emmené captif loin de son pays. Et Nebucadnetsar, roi de demeurés dans la ville, ceux qui s'é- Babylone, plaça le reste du peuple, taient rendus au roi de Babylone, et le reste de la multitude. '-Cependant le chef des gardes laissa comme vigne- rons et comme laboureurs quelques- uns des plus pauvres du pays. '^Les Chaldéens brisèrent les co- qu'il laissa dans le pays de Juda, sous le commandement de Guedalia, fils d'Achikam, fils de Schaphan. -'Lorsque tous les chefs des troupes eurent appris, eux et leurs hommes, que le roi de Babylone avait établi lonnes d'airain qui étaient dans la mai- Guedalia pour gouverneur, ils se ren son de l'Eternel, les bases, la mer d'airain qui était dans la maison de l'Éternel, et ils en emportèrent l'airain à Babylone. '''Ils prirent les cendriers, les pelles, les couteaux, les tasses, et tous les ustensiles d'airain avec les- dirent auprès de Guedalia à Mitspa, savoir Ismaël, fils de Nethania, Jocha- nan, fils de Karéach, Seraja, fils de Thanhumeth, de Nethopha, et Jaaza- nia, fils du Maacathien, eux et leurs hommes. ^''Guedalia leur jura, à eux et 454 II ROIS. Chap. 35,^5-30. à leurs hommes, et leur dit : Ne crai- gnez rien de la part des serviteurs des Chaldéens ; demeurez dans le pays, servez le roi de Babylone , et vous vous en trouverez bien. -^Mais au sep- tième mois, Ismaël, fils de Nethania, (ils d'Elischama, de la race royale, vint accompagné de dix hommes, et ils frappèrent mortellement Guedalia ainsi que les Juifs et les Chaldéens qui étaient avec lui à Mitspa. ^^Alors tout le peuple, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, et les chefs des troupes, se levèrent et s'en allèrent en Egypte, parce qu'ils avaient peur des Chaldéens. -^La trente- septième année de la captivité de Jojakin, roi de Juda, le vingt-septième jour du douzième mois, Évil-Merodac, roi de Babylone, dans la première année de son règne, releva la tète" de Jojakin, roi de Juda, et le tira de prison. -"Il lui parla avec bon- té, et il mit son trône au-dessus du trône des rois qui étaient avec lui à Babylone. -"Il lui fit changer ses vête- ments de prison, et Jojakin mangea toujours à sa table tout le temps de sa vie. ^"Le roi pourvut constamment à son entretien journalier tout le tenij^s de sa vie. a. Fit cesser son état d'humiliation. LE PREMIER LIVRE DES CHRONIQUES TABLES GENEALOGIQUES {Chap. 1-9. Les dix patriarches d'Adam à Noé. — Les fils de Noé et leurs descendants. Chap. I. 'Adam, Seth, Énoscli, ^Kénan, Mahalaleel, Jéred, ^Hénoc, Metuschélah, Léniec, *Noé. Sem, Cham et Japhet. '^Fils de Japhet : Gomer, Magog, Madaï, Javan, Tubal, Méschec et Ti- ras. — ^Fils de Gomer : Aschkenaz, Diphat etTogarma. — 'Fils de Javan : Elischa, Tarsisa, Kittim et Rodanim. *FiIs de Cham : Cusch, Mitsraïm, Puth et Canaan. — ^Fils de Cusch : Saba , Havila, Sabta, Raema et Sab- teca. — Fils de Raema : Séba et De- dan. '"Cusch engendra Nimrod ; c est lui ([ui commença à être puissant sur la terre. — "Mitsraïm engendra les Ludim, les Ananini, les Lehabim, les Naphtuhim, '-les Patrusim, les Caslu- him, d'où sont sortis les Philistins, et les Caphtorim. — "Canaan engendra Sidon, son premier-né, et lleth, '■'et les Jébusiens, les Amoréens, les Guir- gasiens, "^les Héviens, les Arkiens, les Siniens, '^les Arvadiens, les Tsema- riens, les Hamathiens. "Fils de Sem : Elam, Assur, Ar- pacschad, Lud et Aram ; Uts, IIul, Guéter et Méschec. — "*Arpacschad engendra Schélach ; et Schélach en- gendra Héber. '^11 naquit à Iléber deux iils : le nom de l'un était Péleg", parce a. Pcleg dérive d'un mot qui sig^nifie partager^ dhiser. que de son temps la terre fut parta- gée, et le nom de son frère était Jok- than. -"Jokthan engendra Almodad, Schéleph, Hatsarmaveth, Jérach, -' Ila- doram, Uzal, Dikla, --Ebal, Abimaël, Séba, -'Ophir, Havila et Jobab. Tous ceux-là furent fds de Jokthan. Les di.r patriarches de Sem à Abraham. — Les fils d'Abra/iam et leurs descendants. -"'Sem, Arpacschad, Schélach, ^41é- ber, Péleg, Rehu , '^"Serug, Nachor, Térach, -'Abrani, qui est Abraham. -*Fils d'Abraham : Isaac et Ismaël. -^Voici leur postérité. Nebajoth, premier-né d'Ismaël, Ké- dar, Adbeel, Mibsam, '"Mischma, Du- ma. Massa, Hadad , Téma, ^'Jethur, Naphisch et Kedma. Ce sont là les fds d'Ismaël. "-Fils de Ketura, concubine d'Abra- ham. Elle enfanta Zimran, Jokschan, Medan, Madian, Jischbak et Schuach. — Fils de Jokschan : Séba et Dedan. — 33pjig f\Q Madian : Epha, Épher, Hénoc, Abida et Eldaa. — Ce sont là tous les fds de Ketura. ^■'Abraham engendra Isaac. Fils d'Isaac : Esaii et Israël. ^^Filsd'Ésaii : Eliphaz,Reuel,Jeusch, Jaelam et Koré. — ^^Fils d'ÉIiphaz : 456 I CHROMOUES. Chap. 1,31-2,^1. Thénian, Omar, Tscphi, Gaetliani, Ke- naz, Thiama et Ainalck. — -^"Fils de Reuel : Nahath, Zérach, Schanima et Mizza. Les douze /ils fie Jacob et les descendants de Jiida. Chap. IL ' Voici les fils d'Israël. Rubcn, Siniéon, Lévi, Jiida, Issa- '^Fils de Séir : Lothan, Schobal, Tsi- car, Zabulon, -Dan, Joseph, Benjamin, beon, Ana, Dischon, Etser et Dischan. Nephthali, Gad et Aser. — '" Fils de Lothan : Ilori et Homani. 'Fils de Juda : Er, Onan, Schéla; Sœur de Lothan : Thimna. 'Fils ces trois lui naquirent de la fille de de Schobal : Aljan, Manahath, Ebal, Schua, la Cananéenne. Er, premier-né Schephi et Onam. — Fils de Tsibcon : de Juda, était méchant aux yeux de Ajja et Ana. — •"Fils d'Ana : Dischon. Fils de Dischon : Ilamran, Eschban, Jithran et Reran. — •'-Fils d'Etser : Bilhan, Zaavan et Jaakan. — Fils de Dischan : Uts et Aran. •■'Voici les rois qui ont régné dans le pays d'Edom, avant qu'un roi ré- gnât sur les enfants d'Israël. — • Bêla, fds de Beor ; et le nom de sa ville était Dinhaba. — •'*Béla mourut; et Jobab, fils de Zérach, de Botsra, régna à sa place. — ^' Jobab mourut ; et Hus- cham, du pays des Thémanites, régna rachmeel, Ram et Kelubaï". à sa place. — • ''^Iluscham mourut; et Hadad, fds de Bedad, régna à sa place. C'est lui qui frappa Madian dans les champs de Moab. Le nom de sa ville était Avith. — *' Hadad mourut; et Samla, de Masréka, régna à sa place, dra Isaï. "Isaï engendra Eliab, son — ^'^Samla mourut ; et Saûl, de Reho- premier-né, Abinadab le second, Schi- both sur le fleuve, régna à sa place, mea le troisième, '''Nethaneel le qua- — •'■■'Saul mourut; et lîaal-Ilanan, fds trième, Raddai le cinquième, 'HJtsem d'Acbor, régna à sa place. — ^"Baal- le sixième, f^avid le septième. '^Leurs Hanan mourut; et Hadad régna à sa sœurs étaient : Tseruja et Abigad. Fils ])lace. Le nom de sa ville était Pahi ; de Tseruja : Abischaï, Joab et Asaël, et le nom de sa femme Mehéthabeel, trois. '"Abigad enfanta Amasa ; le père d'Amasa fut Jéther, l'Ismaélite. l'Eternel, qui le fit mourir. ''Tamar, belle-fille de Juda, lui enfanta Pé- rets et Zérach. Total des fds de Juda : cinq. ^P^ils de Pérets : Hetsron et Hamul. ^Fils de Zérach : Zimri, Ethan, Hé- man, Calcol et Dara. En tout : cinq. — 'Fils de Carmi : Acar, qui troubla Israël lorsqu'il commit une infidélité au sujet des choses dévouées par in- terdit.-— ^Fils d'Ethan : Azaria. 'Fils qui naquirent à Hetsron : Je- '"Ram engendra Amminadab. Am- minadab engendra Nachschon, prince 'ngen- Boaz. des fils de Juda. "Nachschon engen- dra Salma. Salma engendra '-Boaz engendra Obed. Obed engen- lillc de Mathrcd, fille de Mézahab. ^' Hadad mourut. Les chefs d'Édom furent : le chef Thimna, le chef Alja, le chef Jetheth, "le chef Oholibama, le chef Ela, le chef Pinon,s'le chef Kenaz, le chef Théman, le chef Mibtsar, "le chef Magdiel, le chef Iram. Ce sont là les chefs d'Edom. o. Kelubaï :iiipclé Caleb, v. 18 et suiv. '*Caleb, fils de Hetsron, eut des en- fants d'Azuba, sa femme, et de Je- rioth. Voici les fils qu'il eut d'Azuba : Jéscher, Schobab et Ardon. "Azuba mourut; et Caleb prit Ephrath, qui lui enfanta Hur. -"Hur engendra Uri, et Uri engendra Betsaleel. — '-'Ensuite, Hetsron alla vers la fille de Makir, père de Galaad, et il avait soixante 457 Cliap. ^, n-S, 2. I CHRONIQUES. ans lorsqu'il la prit; elle lui enfanta '-Fils de Caleb", frère de Jerach- Segub. "Scgub engendra Jaïr, qui eut meel : Méscha, son premier-né, qui fut père de Ziph, et les fds de Maré- scha, père d'Hébron. ■'''Fils d'IIébron: Koré, Thappuaclî, Rékeni et Schéma. ■"Schéma engendra Racham, père de Jorkeam. Rékem engendra Schammaï. ■'^Fils de Schammaï : Maon ; et Maon, vingt-trois villes dans le pays de Ga- laad. "''Les Gueschuriens et les Sy- riens leur prirent les bourgs de Jaïr avec Kenath et les villes de son ressort, soixante villes. Tous ceux-là étaient fils de Makir, ]îère de Galaad. ^*Après la mort de Iletsron à Caleb-Éphratha, ]ière de Beth-Tsur. "''Kpha, concubine Abija, femme de Hetsron, lui enfanta Aschcluir, père de Tekoa. -''Les fils de Jerachmeel, premier-né de Hetsron, furent : Ram, le premier- né, Buna, Oren et Otsem, nés d'A- chija. -Merachmcel eut une autre fem- me nommée Athara, qui fut mère d'Onam. — -"Les fds de Ram, premier- né de Jerachmeel, furent : Maats, Ja- min et Eker. — -''Les fils d'Onam de Galeb, enfanta Haran, Motsa et Ga- zez. Haran entendra Gazez. ''^Fils de Jahdaï : Réguem, Jotham, Guéschan, Péleth, Épha et Schaaph. ■"*Maaca, concubine de Caleb, enfanta Schéber et Tirchana. *^Elle enfanta encore Schaaph, père de Madmanna, et Sche- va, père de Macbéna et père de Gui- bea. La fille de Caleb était Acsa. ^"Ceux-ci furent fils de Caleb : Scho- furent : Schamma'i et Jada. Fils de bal, fils de Hur, premier-né d'Ephrata, Schamma'i : Nadab et Abischur. '-''Le et père de Kirjath-Jearim ; ^'Salma, nom de la femme d'Abischur était ])ère de Bethléhem ; Hareph, père de Abichaïl, et elle lui enfanta Achban et Beth-Gader. ^-Les fils de Schobal, père Molid. ™Fils de Nadab : Séled et Ap- de Kirjath-Jearim, furent : Haroé, païm. Séled mourut sans fils. "Fils d'Appaïm : Jischeï. Fils de Jischeï : Schéschan. Fils de Schéschan : Achlaï. — ^-Fils de Jada, frère de Schammaï : Jéther et Jonathan. Jéther mourut sans fils. ^^Fils de Jonathan : Péleth et Zaza. meel. Hatsi-Hammenuhoth. ^^Les familles de Kirjath-Jearim furent : les Jéthriens, les Puthiens, les Schumathiens et les Mischraïens ; de ces familles sont sor- tis les Tsoreathiens et les Eschthao- liens. "Fils de Salma : Bethléhem Ce sont là les fils de Jerach- et les Nethophatiens, Athroth-Beth- ^^Schéschan n'eut point de Joab, Hatsi-Hammanachthi , les Tso- fils, mais il eut des filles. Schéschan reïens ; '^^et les familles des scribes avait un esclave égyptien nommé Jar- demeurant à Jaebets, les Thireathiens, cha. ^'^Et Schéschan donna sa fille lés Schimeathiens et les Sucathiens. pour femme à Jarcha, son esclave, à Ce sont les Kéniens, issus de Hamath, qui elle enfanta Attaï. '^Attaï engen- père de la maison de Récab. dra Nathan ; Nathan engendra Zabad ; ^'Zabad engendra Ephlal ; Ephlal en- gendra Obed ; •'H)bed engendra Jéhu ; Jéhu engendra Azaria ; '''Azaria engen- Les descendants de David. Chap. m. ' Voici les fils de David, dra Halets ; Halets engendra Élasa ; qui lui naquirent à Hébron. ^''Elasa engendra Sismaï ; Sismaï en- Le premier-né, Amnon, d'Achinoam gendra Schallum ; *'Schallum engen- de Jizreel; le second, Daniel, d'Abi- dra Jekamja; Jekamja engendra Elis- gaïl de Carmel ; ^le troisième, Absa- chama. lom, fils de Maaca, fille de Talmaï, roi a. Les versets 42-49 et 50-55 présentent deux nouvelles lignées de descendants de Caleb; voy. la première V. 18 et suiv. 458 I CHRONIOUES. Chap. 3,3-4, 15. de Gueschur; le quatrième, Adonija, fils de Haggith ; ^le cinquième, Sche- phatia, d'Abilhal ; le sixième, Jith- ream, d'Egla, sa femme. ''Ces six lui naquirent à Ilébron. Il régna là sept ans et six mois, et il régna trente-trois ans à Jérusalem. ^Voici ceux qui lui naquirent à Jé- rusalem. Schimea, Schobab, Nathan et Salo- Dcsrcnddnts de Jiidn cl ilf Siinéon. Chap. IV. 'Fils de Juda : Pérets, Ilctsron, Carmi, Hur et Schobal. -Reaja, fils de Schol)al, engendra Jachath ; Jachath engendra Achumaï et Laliad. Ce sont les familles des Tsoreatlîiens. ^Voici les descendants du |ière d'E- tham : Jizreel, Jischma et Jidbasch; mon, quatre de Bath-Schua,fdled'Am- le nom de leur sœur était Hatselel- miel ; ''Jibhar, Elischama, Eliphéleth, poni. ''Penuel était père de Guedor, "Xoga, Né]>heg, Japhia, "Ii^lischama, et Ezer père de Huscha. Ce sont là Eliada et Eliphéleth, neuf. les fils de Hur, premier-né d'Ephrata, "Ce sont là tous les fils de David, père de Bethléhem. outre les fils des concubines. Et Ta- ^\schchur, père de Tekoa, eut deux mar était leur sœur. femmes, Ilélea et Naara. ^Naara lui '"Fils de Salomon : Roboam. Abija, enfanta Achuzzam, llépher, Thémeni son fds ; Asa, son fds ; Josajihat, son et Achaschthari : ce sont là les fds de fds ; "Joram, son fils; Achazia, son Naara. "Fils de Hélea : Tséreth, Tso- fils ; Joas, son fds ; '^Amatsia, son fds ; char et Ethnan. Azaria, son fds; Jotham , son fils; ^'Kots engendra Anub et Ilatsobéba, '^Achaz, son fils; Ezéchias, son fils; et les familles d'Acharchel, fils d'IIa- Manassé, son fils; '*Amon, son fils; runi. ''Jaebets était plus considéré c[ue Josias, son fils. ses frères; sa mère lui donna le nom '^Fils de Josias, le premier-né, Jo- de Jaebets, en disant: C'est parce que chanan; le second, Jojakim ; le troi- je l'ai enfanté avec douleur. '"Jaebets sième, Sédécias ; le quatrième, Schal- invoqua le Dieu d'Israël, en disant : lum. "'Fils de Jojakim : Jéconias, son Si tu me bénis et que tu étendes mes fils; Sédécias, son fils. '"Fils de Jéco- limites, si ta main est avec moi, et si nias : Assir, dont le fils fut Scheal- tu me préserves du malheur, en sorte thiel, "*Malkiram, Pedaja, Schénatsar, que je ne sois pas dans la souffran- Jekamia, Moschama et Nedabia. '"Fils ce!... Et Dieu accorda ce qu'il avait de Pedaja : Zorobabel et Schimeï. Fils demandé. de Zorobabel : Meschùllam et Hana- "Kelub, frère de Schucha, engen- nia ; Schelomith, leur sœur; -"et Ha- dra Mechir, qui fut père d'Eschthon. schuba, Ohel, Bérékia, Hasadia, Ju- '-Eschthon engendra la maison de schab-Hésed, cinq. -'Fils de Hanania: Rapha, Paséach, et Thechinna, père Pelathia et Esaïe ; les fils de Rephaja, de la ville de Nachasch. Ce sont là les fils d'Arnan, les fils d'Abdias, les les hommes de Réca. fils de Schecania. "Fils de Schecania : '^pils de Kenaz : Olhniel et Seraja. Schemaeja. Fils de Schemaeja : Hat- Fils d'Othniel : Ilallialh. '■'Meono- tusch, Jigueal, Bariach, Nearia et thaï engendra Ophra. Seraja engen- Schaphath, six. -''Fils de Nearia : El- dra Joab, père de la vallée des ou- vriers; car ils étaient ouvriers. '^Fils de Galeb, fils de Je|)hunné : Iru, l'Ma et Naam, et les fils d'Ela, et Kenaz. joénaï, Ezéchias et Azrikam , trois. "Fils d'Eljoénaï : Hodavia, Eliaschib, Pelaja, Akkub, Jochanan, Delaja et Anani, sept. 459 Chap. 4, 16-5, Q. I CHRONIQUES. '"Fils de Jehalléleel : Ziph, Ziplia, Thirja et Asareel. "Fils d'Esdras : Jéther, Méied, Epher et Jalon. La femme de Méred enfanta Miriam, Schammaï, et Jisch- hach, père d'Esclithemoa. '*Sa fem- me, la Juive, enfanta Jéred, père de Guedor, Hcber, père de Soco, et Jeku- thie!, père de Zanoaeh. Ceux-là sont les iils de Bitlija, fdle de Pharaon, que Méred prit pour femme. '"Fils de la femme d'Hodija, sœur de Nachani : le père de Kehila, le Gar- mien, et Eschthemoa, le Maacathien. -"Fils de Simon : Amnon , Rinna, Ben-Hanan et Thilon. Fils de Jischeï : Zocheth et Ben-Zocheth. -'Fils de Schéla, fds de Juda : Er, père de Léca, Laeda, père de Maré- scha, et les familles de la maison oii Ton travaille le hyssus, de la maison d'Aschbéa, --et Jokim, et les hommes tie Cozéba, et Joas et Saraph , (pii dominèrent sur Moab, et Jaschubi- Léchem. Ces choses sont anciennes. -■'C'étaient les potiers et les habitants des plantations et des parcs;, ils de- meuraient là près du roi et travail- laient pour lui. -''Fils de Siméon : Nemuel, Jamin, Jarib, Zérach, Saiil. -^Fils de Saiil : Schallum. Mibsam, son fils ; Mischma, son (ils. -"Fils de Mischma : Ilam- muel, son fils. Zaccur, son fils ; Schi- meï, son fils. -'Schimeï eut seize fils et six filles. Ses frères n'eurent pas beaucoup de fils. Et toutes leurs fa- milles ne se multiplièrent pas autant que les fils de Juda. ^*lls habitaient à Beer-Schéba, à Molada, à Hatsar- Schual, -'•'à Bilha, à Etsem, à Tholad, ^H\ Bethuel, à Ilorma, à Tsiklag, -"à Beth-Marcaboth, à Ilatsar-Susim, à Bcth-Bireï et à Schaaraïm. Ce furent là leurs villes jusqu'au règne de Da- vid, et leurs villages, ^'lls avaient en- core Ëlham, Ain, Rimmon, Thoken et Aschan, cinq villes; '^et tous les vil- lages aux environs de ces villes, jus- qu'à Baal. Voilà leurs habitations et leur ffénéaloffie. "■•Meschobab; Jamlec ; Joscha, fils d'Amatsia ; ''^ Joël ; Jéhu, fils de Joschi- bia, fils de Seraja, Iils d'Asicl ; ^"El- joénaï; Jaakoba; Jeschochaja; Asaja; Adiel ; Jesimiel ; Benaja ; '''Ziza, fils de Schipheï,filsd'Allon, filsde Jedaja, fils de Schimri, fils de Schemaeja. ^^Ceux- là, désignés par leurs noms, étaient princes dans leurs familles, et leurs maisons paternelles prirent un grand accroissement, ^'^lls allèrent du côté de Guedor jusqu'à l'orient de la val- lée , afin de chercher des pâturages ])our leurs troupeaux. '"'Ils trouvèrent de gras et bons pâturages, et un pays vaste, tranquille et paisible, car ceux qui l'habitaient auparavant descen- daient de Cham. '"Ces hommes, ins- crits par leurs noms, arrivèrent du lenq)s d'Ezéchias, roi de Juda; ils at- taquèrent leurs tentes et les Maonites qui se trouvaient là, ils les dévouè- rent par interdit jusqu'à ce jour, et ils s'établirent à leur place, car il y avait là des pâturages pour leurs trou- ]icaux. ■'-11 y eut aussi des fils de Siméon qui allèrent à la montagne de Séir, au nombre de cinq cents hommes. Ils avaient à leur tête Pelathia, Nearia, Rcphaja et Uziel, fils de Jischeï. *^Ils battirent le reste des réchappes d'A- malek, et ils s'établirent là jusqu'à ce jour. Descendants de liuben, de Gad et de Manassé. Chnp. V. ' Fils de Ruben, premier- né d'Israël. — Car il était le premier- né; mais, parce qu'il souilla la couche de son père, son droit d'aînesse fut donné aux fils de Joseph, fils d'Israël; toutefois Joseph ne dut pas être en- registré dans les généalogies comme premier-né. ^Juda fut, à la vérité, 460 I CHRONIQUES. Chap. 5,3-0,2. puissant parmi ses frères, et de lui est issu un ])rince; mais le droit d'aî- nesse est à Joseph. ^Fils de Ruben, premier-né d'Is- raël : Hénoc, Fallu, lletsron et Carmi. — *Fils de Joël : Schemaeja, son fils ; Gog, son fils; Schimeï, son fils; ^Mi- chéo, son fils; Reaja, son fils; Baal, son fils; ^Bcéra, son fils, que Tilgath- Pilnéser, roi d'Assyrie, emmena cap- tif : il était prince des Rubénites. — 'Frères de Beéra, d'après leurs familles, tels qu'ils sont enregistrés dans les généalogies selon leurs gé- nérations : le premier, Jeïel ; Zacha- rie ; ^Béla, fils d'Azaz, fils de Schéma, fils de Joël. Bêla habitait à Aroër, et jusqu'à Nebo et à Baal-Meon ; ^à l'o- rient, il habitait jusqu'à l'entrée du désert depuis le fleuve de l'Euphrate, car leurs troupeaux étaient nombreux dans le pays de Galaad. '"Du temps de Saûl, ils firent la guerre aux llagaré- niens, qui tombèrent entre leurs mains; et ils habitèrent dans leurs tentes, sur tout le côté oriental de Galaad. " Les fils de Gad habitaient vis-à- vis d'eux, dans le pays de Basan, jus- qu'à Salca. '-Joël, le premier, Scha- pham, le second, Jaenaï, et Schaphath, en Basan. '^Leurs frères, d'après les maisons de leurs pères : Micaël, Mes- chidlam, Schéba, Joraï, Jaecan, Zia et Eber, sept. '"'Voici les fils d'Abichaïl, fils de lluri, fils de Jaroach, fils de Ga- laad, fils de Micaël, fils de Jcschischaï, fils de Jachdo, fils de Buz ; '^Achi, fils d'Abdiel, fils de Guni, était chef des maisons de leurs pères. '^Ils habitaient en Galaad, en Basan, et dans les villes de leur ressort, et dans toutes les ban- lieues de Saron jusqu'à leurs extrémi- tés. '"Ils furent tous enregistrés dans les généalogies, du temps de Jotham, roi de Juda, et du temps de Jéroboam, roi d'Israël. '"Les fils de Ruben, les Gadites et la demi-tribu de Manassé, avaient de vaillants hommes, portant le bouclier et l'épée, tirant de l'arc, et exercés à la guerre, au nombre de quarante- quatre mille sept cent soixante, en état d'aller à l'armée. ""Ils firent la guerre aux Hagaréniens, à Jethur, à Naphisch et à Nodab. -"Ils reçurent du secours contre eux, et les Hagaré- niens et tous ceux qui étaient avec eux furent livrés entre leurs mains. Car, pendant le combat, ils avaient crié à Dieu, qui les exauça, parce qu'ils s'é- taient confiés en lui. -' Ils prirent leurs troupeaux, cinquante mille chameaux, deux cent cinquante mille brebis, deux mille ânes, et cent mille personnes ; "car il y eut beaucoup de morts, parce que le combat venait de Dieu. Et ils s'établirent à leur place jusqu'au temps où ils furent emmenés captifs. -•''Les fils de la demi-tribu de Ma- nassé habitaient dans le pays, depuis Basan jusqu'à Baal-Hermon et à Senir, et à la montagne d'IIermon; ils étaient nombreux. -■'Voici les chefs des mai- sons de leurs pères: Epher, Jischeï, Eliel, Azriel , Jérémie, Ilodavia et Jachdiel, vaillants hommes, gens de renom , chefs des maisons de leurs pères. ^^Mais ils péchèrent contre le Dieu de leurs pères, et ils se prosti- tuèrent après les dieux des peuples du pays, que Dieu avait détruits de- vant eux. -"Le Dieu d'Israël excita l'esprit de Pul, roi d'Assyrie, et l'es- prit de Tilgath-Pilnéser, roi d'Assvrie; et Tilgath-Pilnéser emmena captifs les Rubénites, les Gadites et la demi- tribu de Manassé, et il les conduisit à Chalach, à Chabor, à Ilara, et au fleuAc de Gozan, où ils sont demeurés jus- qu'à ce jour. Descendants de Léi'i. Chap. VI. 'Fils de Lévi : Gueis- chom, Kehath et Merari. *Fils de Ke- 461 Chap. 6,3-50. I CHRONIQUES. hath : Amram , Jitsehar, Hébron et son fils; Uzza, son fils ; ™Schimea, son Uziel. ''Fils crAmrani : Aaron et Moïse ; fils ; Hagguija, son fils ; Asaja, son fils, et Marie. Fils d'Aaron : Nadab, Abihu, ^' Voici ceux que David établit pour Eléazar et Ithamar. *Eléazar engendra la direction du chant dans la maison Phinées; Phinées engendra Abischua; de l'Eternel, depuis que l'arche eut ^Abischua engendra Bukki ; Bukki en- un lieu de repos : ^'-ils remplirent les gendra Uzzi ; ''Uzzi engendra Zerachja ; fonctions de chantres devant le taber- Zerachja engendra Merajoth; 'Mera- nacle, devant la tente d'assignation, joth engendra Amaria; Amariaengen- jusqu'à ce que Salomon eût bâti la dra Achithub ; '^Achithub engendra maison de l'Eternel à Jérusalem, et ils Tsadok ; Tsadok engendra Achimaats ; faisaient leur service d'après la règle 'Achimaats engendra Azaria; Azaria qui leur était prescrite. ^^ Voici ceux engendra Jochanan ; '"Jochanan en- qui officiaient avec leurs fils. — D'en- gendra Azaria, qui exerça le sacer- tre les fils des Kehathites : Héman, le doce dans la maison que Salomon chantre, fils de Joël, fils de Samuel, bâtit à Jérusalem; "Azaria engendra Amaria ; Amaria engendra Achithub ; '^Achithub engendra Tsadok ; Tsadok engendra Schallum; '^Schallum en- gendra Hilkija; Hilkija engendra Aza- ria; "Azaria engendra Seraja; Seraja engendra Jehotsadak. '^Jehotsadak ^'fils d'Elkana, fils de Jerocham, 'fils d'Eliel, fils de Thoach, ^^fils deTsuph, fils d'Elkana, fils de Machath, filsd'A- masaï, ''fils d'Elkana, fils de Joël, fils d'Azaria, fils deSophonie,"'filsdeTha- chath, fils d'Assir, fils d'Ebjasaph, fils de Koré, '^^fils de Jitsehar, fils de Ke- s'en alla quand l'Eternel emmena en hath, fils de Lévi, fils d'Israël. — '^Son captivité Juda et Jérusalem par Nebu- cadnetsar. *^Fils de Lévi : Guerschom, Kehath et Merari. — '"Voici les noms des fils de Guerschom : Libni et Schimeï. — '"Fils de Kehath : Amram, Jitsehar, Hébron et Uziel. — '''Fils de Merari : Machli et Muschi. — Ce sont là les familles de Lévi, selon leurs pères. -"De Guerschom: Libni, son fils; Jachatlî, son fils; Zimma, son fils; ^'Joach, son fils; Iddo, son fils; Zérach, son fils; Jeathraï, son fils. — -Fils de Kehath : Amminadab, son fils; Koré, son fils; Assir, son fils; -'Elkana, son frère Asaph, qui se tenait à sa droite, Asaph, fils de Bérékia, fils de Schi- mea, '"'fils de Micaël, fils de Baaséja, fils de Malkija, «fils d'Ethni, fds de Zérach, fils d'Adaja, ''-fils d'Ethan, fils de Zimma, fils de Schimeï, "fils de Jachatlî, fils de Guerschom, fils de Lévi. — ■'''Fils de Merari, leurs frères, à la gauche; Ethan, fils de Kischi, fils d'Abdi, fils de Malluc, «fils de Has- chabia, fils d'Amatsia, fils de Hilkija, ■"^fils d'Amtsi, fils de Bani, fils de Sché- mer, "fils de Machli, fils de Muschi, fils de Merari, fils de Lévi. *** Leurs frères, les Lévites, étaient fils; Ebjasaph, son fils; Assir, son fils; chargés de tout le service du taber- ^■'Thachath, son fils; Uriel, son fils; nacle, de la maison de Dieu. *'*'Aaron Ozias, son fils; Saul, son fils. "-^Fils et ses fils offraient les sacrifices sur d'Elkana : Amasaï et Achimoth; El- l'autel des holocaustes et l'encens sur kana, son fils; -'Elkana-Tsophaï, son l'autel des parfums, ils remplissaient fils; Nachath, son fils; -'Éliab, son toutes les fonctions dans le lieu très fils; Jerocham, son fils; Elkana, son saint, et faisaient l'expiation pour fils ; -*et les fils de Samuel, le premier- Israël, selon tout ce qu'avait ordonné né Vaschni et Abija. — -"Fils de Me- Moïse, serviteur de Dieu, rari : Machli; Libni, son fils; Schimeï, ^^ Voici les fils d'Aaron : Eléazar, 462 I CHRONIQUES. Cliap. 6,r>i-7 ,3. son fils; Phinécs, son fils; Ahischun, son fils; '^'Bukki, son fils; Uzzi, son fils; Zeraclîja, son fils ; ^"-Merajoth, son iils; Aniaria, son fils; Achitluib, son fils; ^^Tsadok, son fils; Achimaats, son fils. ^* Voici leurs habitations, selon leurs enclos, dans les limites (jui leur furent assignées. Aux fils d'Aaron de la fa- mille des Rehathites, indiqués les pre- miers par le sort, ^^on donna llébron, dans le pays de Juda, et la banlieue ([ui l'entoure; ^'^mais le territoire de la ville et ses villages furent accordés à Caleb, fils de Jcpluinné. ^'Aux fils d'Aaron on donna la ville de refuge Hébron, Libna et sa banlieue, Jatthir, Eschthemoa et sa banlieue, '^'^Hilen et sa banlieue, Debiretsa banlieue, ^^As- chan et sa banlieue, Beth-Schémesch et sa banlieue; ''"et de la tribu de Ben- jamin, Guéba et sa banlieue, Allémeth et sa banlieue, Anatlioth et sa ban- lieue. Total de leurs villes : treize villes, d'ajnès leurs familles. *'Les autres fils de Kehath eurent par le sort dix villes des familles de la tribu d'E- phraïm, de la tribu de Dan et de la demi-tribu de Manassé. *'^Les fils de Guerschom , d'après leurs familles , eurent treize villes de la tribu d'issa- car, de la tribu d'Aser, de la tribu de Nephthali et de la tribu de Manassé en Basan. ^''Les fils de Merari, d'après leurs familles, eurent jiar le sort douze villes de la tribu de Ruben, de la tribu de Gad et de la tribu de Zabulon. "Les enfants d'Israël donnèrent aux Lévites les villes et leurs banlieues. ^Mls donnèrent par le sort, de la tribu (les fils de Juda, de la tribu des fils de Siméon et de la tribu des fils de Ben- jamin , ces villes qu'ils désignèrent nominativement. *^Et pour les autres familles des fils de Kehath les villes de leur territoire furent de la tribu d'Ephraïm. '^" Ils leur donnèrent la ville de refuge Sichem et sa banlieue, dans la montagne d'Ephraïm, Guézer et sa banlieue, '^''Jokmeam et sa banlieue, Beth-Horon et sa banlieue, ^'Ajalon et sa banlieue, et Gath-Rimmon et sa banlieue; ^°et de la demi-tribu de Ma- nassé, Aner et sa banlieue, et Bileam et sa banlieue, pour la famille des autres fils de Kehath. '' Un donna aux fils de Guerschom : de la famille de la demi-tribu de Ma- nassé, Golan en Basan et sa banlieue, et Aschtaroth et sa banlieue; '-delà tribu d'issacar, Kédesch et sa banlieue, Dobrath et sa banlieue. '^Ramoth et sa banlieue, et Anem et sa banlieue ; "''de la tribu d'Aser, Maschal et sa ban- lieue; Abdon et sa banlieue, '^Hukok et sa banlieue, et Rehob et sa banlieue; "et de la tribu de Nephthali, Kédesch en Galilée et sa banlieue, Ilammon et sa banlieue, et Kirjathaïm et sa ban- lieue. "On donna au reste des Lévites, aux fils de Merari : de la tribu de Zabulon, Rimmono et sa banlieue, et Thabor et sa banlieue ; "et de l'autre côté du Jourdain, vis-à-vis de Jéricho, à l'orient du Jourdain : de la tribu de Ruben, Betser au désert et sa banlieue, Jahtsa et sa banlieue, '^Kedémoth et sa ban- lieue, et Méphaath et sajbanlieue; '^-et de la tribu de Gad, Ramoth en Galaad et sa banlieue, Mahanaïm et sa ban- lieue, '^'Hesbon et sa banlieue, et Jae- zer et sa banlieue. Descendants d' fssacar, de Bcnjnmin. de IVep/i- tliali, de Manassé, d' Epliraini et d'Aser. Chap. VIL 'Fils d'issacar : Thohi, Pua, Jaschub et Schimron, quatre. -Fils de Tlujl.i : Uzzi, Rephaja, Jeriel, Jachnuiï, Jibsam et Samuel, chefs des maisons de leurs pères, de Thola, vaillants hommes dans leurs généra- tions; leur nombre, du temps de Da- vid, était de vingt-deux mille six cents. ^Fils d'Uzzi : Jizrachja. Fils de Jiz- rachja : Micaèl, Abdias, Joël, Jischija, ^;6:i 30 Chap. 7 ,u-79. I CHRONIQUES. en tout cinq chefs; *ils avaient avec Schuppim. Le nom de sa sœur était eux, selon leurs générations, selon les Maaca. Le nom du second fds était maisons de leurs pèies, trente -six Tselophchad ; et Tselophchad eut des mille hommes de troupes armées pour fdles. '"Maaca, femme de Makir, en- la guerre, car ils avaient beaucoup de femmes et de fds. ^Leurs frères, d'a- près toutes les familles d'Issacar, hom- mes vaillants, formaient un total de quatre-vingt-sept mille, enregistrés dans les ffénéalogies. fanta un fils, et l'appela du nom de Péresch; le nom de son frère était Sclîéresch, et ses fils étaient Ulam et Rékem. ''Fils d'Ulam : Bedan. Ce sont là les fils de Galaad, fils de Makir, fils de Manassé. '*Sa sœur Hammoléketh enfanta Ischhod, Abiézer et Machla. *Fils de Benjamin: Bêla, Béker et '^Les fils de Schemida étaient : Achjan, Jediaël, trois. 'Fils de Bêla: Etsbon, Sichem, Likchi et Aniam. Uzzi, Uziel, Jerimoth et Iri, cinq chefs des maisons de leurs pères, hommes vaillants, et enregistrés dans les gé- néalogies au nombre de vingt-deux mille trente-quatre. — ^^Fils de Béker: Zemira, Joasch , Éliézer, Eljoénaï, -"Fils d'Éphraïm : Schutélach ; Bé- red, son fils; Thachath, son fils; Elea- da, son fils; Thachath, son fils ; -'Za- bad, son fils; Schutélach, son fils; Ezer et Elead. Les hommes de Gath, Orari, Jerémoth, Abija, Anathoth et nés dans le pays, les tuèrent, parce Alameth, tous ceux-là fils de Béker, qu'ils étaient descendus pour prendre ''et enregistrés dans les généalogies, leurs troupeaux. --Ephraïm, leur père, selon leurs générations, comme chefs fut longtemps dans le deuil, et ses des maisons de leurs pères, hommes frères vinrent pour le consoler. -'Puis vaillants au nombre de vingt mille il alla vers sa femme, et elle conçut et deux cents. — '"Fils de Jediaèl : Bil- enfanta un fils; il l'appela du nom de han. Fils de Bilhan : Jeusch, Benja- Beria*, parce que le malheur étaitdans min, Éhud, Kenaana, Zéthan, Tarsis sa maison. ^^11 eut pour fille Schééra, et Achischachar, "tous ceux-là fils de qui bâtit Beth-Horon la basse etBeth- Jediaël, chefs des maisons de leurs Iloron la haute, et Uzzen-Schééra. -^Ré- pères, hommes vaillants au nombre phach, son fils, et Réscheph; Thélach, de dix-sept mille deux cents, en état son fils; Thachan, son fils; -"Laedan, de porter les armes et d'aller à la son fils; Ammihud, son fils; Elischa- guerre. ma, son fils; -'Nun, son fils; Josué, son fils, -'^lls avaient en propriété et pour habitations Béthel et les villes de son ressort; à l'orient, Naaran ; à l'occident, Guézer et les Ailles de son ressort, Sichem et les villes de son ressort, jusqu'à Gaza et aux villes de son ressort. -^Les fils de Manassé pos- sédaient Beth-Schean et les villes de son ressort, Thaanac et les villes de son ressort, Meguiddo et les villes de '-Schuppim et Iluppim, fils d'Ir; Huschim, fils d'Acher". "'Fils de Nephthali : Jahtsiel, Guni, Jetser et Schallum, fils de Bilha. '*Fils de Manassé : Asriel, qu'en- fanta sa concubine syrienne ; elle en- fanta Makir, père de Galaad. '^ Makir prit une femme de Huppim et de son ressort, Dor et les villes de son a. Les familles indiquées dans ce verset appartiennent peut-être à la tribu de Dan, qui n'est pas nommée dans ces généalogies, non plus que celle de Zabulon. b. Beria dérive de deux mots qui signifient ilans le •malheur. 464 I CHRONIQUES. Chap. 7, 30-8, ',0. ressort. Ce fut clans ces villes qu'habi- tèrent les fils de Joseph, fils d'Israël. ^"Fils d'Aser : Jinina, Jischva, .lisch- -\i et Beria ; et Sérach , leur sœur. ="Fils de Beria : lléber et Malkiel. Mal- kiel fut père de Birzavith. ^'Et Héber engendra .laphleth, Schomer et Ho- tham, et Schua, leur sœur. — •'^Fils de Japhleth : Pasac, Binihal et Ascli- vath. Ce sont là les fils de .Japhleth. — '■'Fils de Schamer : Achi, Roheg-a, Ilubba et Arani. — '^Fils d'IIélem, son frère : Tsophach, Jimna, Schélesch et Amal. '^Fils de Tsophach : Suach , llarnépher, Schual, Béri, .Jimra, '''Bct- ser, Ilod, Schanima, Schiischa, .Jith- ran et Beéra. ^^Fiis de .Icthcr : Jc- jihunné, Pispa et Ara. ^'Fils d'Ulla : Arach, Hanniel et Ritsja. — ■'"Tous ceux-là étaient fils d'Aser, chefs des maisons de leurs pères, hommes d'é- lite et vaillants, chefs des princes, en- registrés au nombre de vingt-six mille hommes, en état de porter les armes et d'aller à la guerre. Descendants de Benjamin habitant à Jérusalem. Chap. VIII. 'Benjamin engendra Bêla, son premier-né, Aschbel le se- cond, Achrach le troisième, -Nocha le cpiatrième , et Rapha le cinquième. ^Les fils lie Bêla furent : Addar, Guéra, Abihud, ^Abischua, Naaman, Achoach, ^Guéra, Schephuphan et Huram. ^Voici les fils d'Echud, qui étaient chefs de famille parmi les habitants de Guéba, et qui les transportèrent à Manachath: 'Naaman, Achija et Guéra. Guéra, qui les transporta, engendra Uzza et Achichud. *Schacharaïm eut des enfants au pays de Moab, après qu'il eut renvové lluschim et Baara, ses femmes. '■'11 eut de Hodesch, sa femme : Jobab, Tsibja, Méscha, Malcani, '"Jeuts, Schocja et Mirma. Ce sont là ses fils, chefs de famille. "Il eut de lluschim : Abithub et Elpaal. "-Fils d'Elpaal : Eber, Mis- cheam, et Schémer, qui bâtit Ono, Lod et les villes de son ressort. '^ Beria et Schéma, qui étaient chefs de famille parmi les habitants d'Aja- lon, mirent en fuite les habitants de Gath. '"'Achjo, Schaschak, Jerémoth, '^Zebadja, Arad, Eder, '^Micaël, Jisch- pha et .locha, étaient fils de Beria. — ''Zebadja, Meschullam, liizki, Héber, 'Mischmeraï, Jizlia et .Jobab, étaient fils d'Elpaal. — 'Makim, Zicri, Zab- di, ^"Éliénaï, Tsilthaï, Eliel, ^-'Adaja, Beraja et Schimrath , étaient lils de Scbimeï. — '-Jischpan, Eber, Eliel, -■' Abdon , Zicri, Hanan , -■* Ilanania, Elam, Anthothija, -Miphdeja et Pe- nuel , étaient fils de Schaschak. — — -^Schamscheraï, Schecharia, Atha- lia, "Jaaréschia, Elija et Zicri, étaient fils de Jerocham. — ^'Ce sont là des chefs de famille, chefs selon leurs gé- nérations. Ils habitaient à .Jérusalem. -'Le père de Gabaon habitait à Ga- baon , et le nom de sa femme était Maaca. '^"Abdon , son fils premier-né, puisTsur, Kis, Baal, Nadab, ^'Guedor, Achjo, et Zéker. ^^iVIikloth engendra Schimea. Ils habitaient aussi à. Jérusa- lem près de leurs frères, avec leurs frères. — ^'Ner engendra Kis ; Kis en- gendra Saiil ; Saiil engendra Jonathan, Malki-Schua , Abinadab et EschbaaI. 3*Fils de Jonathan : Merib-Baal. .Me- rib-Baal ensfcndra Michée. ^^Fils de Michée Achaz. Pithon, Mélec, Thaeréa et ■'^Achaz engendra Jehoadda ; Jehoadda enQcndra Alémeth, .\zma- veth et Zimri ; Zimri engendra Motsa ; ■''Motsa engendra Binea. Rapha, son fils; Eleasa, son fils; Atsel, son fils; ■'''Atsel eut six fils, dont voici les noms : Azrikam , Bocru , Ismaël, Schearia, Abdias et Hanan. Tous ceux-là étaient fils d'Atsel. — '"Fils d'Éschek, son frère : Ulam, son premier-né, Jeusch le second, et Eli])héleth le troisième. ''"Les fils d'Ulani fui-ent de vaillants 4G5 Chnp.O,i-r,. I CHRONIQUES. hommes, tirant de l'arc; et ils eurent vaillants, occupés au service de la beaucoup de fils et de petits-fils, cent maison de Dieu. cinquante. '■'Des Lévites : Schemaeja, fils de Tous ceux-là sont des fils de Benja- Haschub, fils d'Azrikam, fils de Has- min. chabia, des fils de Merari ; '^Bakbak- kar ; Iléresch ; Galal ; Matthania, fils Habitants de Jérusalem après le rcloar «^'<-' Miellée, fils de Zicri, fils d'Asaph ; de la captivité '^\bdias, fils de Schemaeja, fils de Ga- lal, fils de Jeduthun ; Bérékia, fils d'A- Cliap. IX. 'Tout Israël est enre- sa, fils d'Elkana, qui habitait dans les gistré dans les généalogies et inscrit villages des Nethophathiens. dans le livre des rois d'Israël. Et Juda "Et les portiers : Schallum, Akkub, fut emmené captif à Babylone, à cause Thalmon, Achiman, et leurs frères; de ses infidélités. -Les premiers habi- Schallum était le chef, '*et jusqu'à tants, qui demeuraient dans leurs pos- présent il est à la porte du roi, à l'o- sessions, dans leurs villes, étaient les rient. Ce sont là les portiers pour le Israélites, les prêtres, les Lévites, et camp des fils de Lévi. '^Schallum, fils les Néthiniens". de Koré, fils d'Ebiasaph, fils de Koré, 'A Jérusalem habitaient des fils de et ses frères de la maison de son père, Juda, des fils de Benjamin, et des fils les Koréites, remplissaient les fonc- d'EphraïmetdeManassé. — ''Des fils de tions de gardiens des seuils de la ten- Pérets, fils de Juda : Utliaï, fils d'Am- te; leurs pères avaient gardé l'entrée mihud, fils d'Omri, fils d'Imri, fils de du camp de l'Eternel, -"et Phinées, Bani. ^Des Schilonites : Asaja, le pre- fils d'Eléazar, avait été autrefois leur mier-né, etses fils. *Des filsde Zérach : chef, et l'Eternel était avec lui. ^'Za- Jeuel, et ses frères, six cent quatre- charie, fils de Meschélémia, était por- vingt-dix. — ^Des fils de Benjamin : tier à l'entrée de la tente d'assignation. SaUu, fils de Meschullam, fils d'IIoda- "Ils étaient en tout deux cent douze, via, fils d'Assenua ; '^Jibneja, fils de choisis pour portiers des seuils, et en- Jcrocham ; Ela, fils d'Uzzi, fils de Mi- registres dans les généalogies d'après cri; Meschullam, fils de Schephathia, leurs villages; David et Samuel le fils de Reuel, fils de Jibnija; 'et leurs voyant les avaient établis dans leurs frères, selon leurs générations, neuf fonctions. -^Eux et leurs enfants gar- cent cinquante-six. Tous ces hommes daient les portes de la maison de étaient chefs de famille dans les mai- l'Éternel, de la maison de la tente, sons de leurs pères. ^''11 y avait des portiers aux quatre '"Des prêtres : Jedaeja ; Jehoja- vents, à l'orient, à l'occident, au nord rib ; Jakin ; "Azaria, fils de Ililkija, fils et au midi. "Leurs frères, qui demeu- dc Meschullam, fils de Tsadok, fils raient dans leurs villages, devaient de de Merajoth, fils d'Achithub, prince temps à autre venir auprès d'eux pen- de la maison de Dieu ; '- Adaja, fils de dant sept jours. -''Car ces quatre chefs Jerocham, fils de Paschhur, fils de des portiers, ces Lévites, étaient tou- Malkija; Maesaï, fils d'Adiel, fils de jours en fonctions, et ils avaient en- Jachzéra, fils de Meschullam, fils de core la surveillance des chambres et Mcschillémith, fils d'Immer; '^et leurs des trésors de la maison de Dieu; frères, chefs des maisons de leurs pè- -" ils passaient la nuit autour de la rcs, mille sept cent soixante, hommes maison de Dieu, dont ils avaient la n. Les 7\élhinicns. ceux qui claicnt chargés des fonctions subalternes dans le service du sanctuaire. 466 garde, et qu'ils devaient ouvrir cha- que matin. ^^Quelques-uns des Lévites pre- naient soin des ustensiles du service, qu'ils rentraient en les comptant et sortaient en les comptant. "'D'autres veillaient sur les ustensiles, sur tous les ustensiles du sanctuaire, et sur la fleur de farine, le vin, l'huile, l'encens et les aromates. ^"C'étaient des fils de prêtres qui composaient les parfums aromatiques. ^' Matthithia, l'un des Lé- vites, premier-né de Schallum le Ivo- réite, s'occupait des gâteaux cuits sur la plaque. ^-Et quelques-uns de leurs frères, parmi les Kehathites, étaient chargés de préparer pour chaque sab- bat les pains de proposition. ^^Ce sont là les chantres, chefs de famille des Lévites , demeurant dans les chambres, exempts des autres fonctions parce qu'ils étaient à l'œuvre jour et nuit. ^■'Ce sont là les chefs de famille des Lévites, chefs selon leurs I CURUMQUES. Clu,p.0,js-t0,8. énérations. Ils haljitaient à Jérusa- lem. '^Le père de Gabaon, Jeïel, habitait à Gabaon, et le nom de sa femme était Maaca. ^''Abdon, son lils premier-né, puis Tsur, Ris, Baal , Ner, Nadab, ■"Guedor, Achjo, Zacharie et Mikloth. '"^Mikloth engendra Schimeam. Ils ha- bitaient aussi à Jérusalem près de leurs frères, avec leurs frères. — -^''Ner engendra Kis ; Kis engendra Saûl ; Saûl engendra .Jonathan, Malki-Schua, Abi- nadab et Eschbaal. ■'"Fils de Jonathan : Merib-Baal. Merib-Baal engendra Mi- chée. -"Fils de Michée : Pithon, I\Iélec, et Thachréa. ■'^Achaz engendra Jaera ; Jaera engendra Alémeth, Azmaveth et Zimri ; Zimri engendra Motsa ; ''^Motsa engendra Binea. Rephaja, son fils; Eleasa, son fils; Atsel, son fils. "Atsel eut six fils, dont voici les noms : Azri- kam, Bocru, Ismaël, Schearia, Abdias et Hanan. Ce sont là les fils d'Atsel". HISTOIRE ni; DAVID {Chap. 10-29.) Mort de Snûl. Chap. X. 'Les Philistins livré- armes ne voulut pas, car il était saisi rent bataille à Israël, et les hommes de crainte. Et Saul prit son épée, et d'Israël prirent la fuite devant les se jeta dessus. ^Celui qui portait les Philistins et tombèrent morts sur la armes de Saûl, le voyant mort, se jeta montagne de Guilboa. -Les Philistins aussi sur son épée, et mourut. "Ainsi poursuivirentSauletses fils, ettuèrent périrent Saiil et ses trois fils, et toute Jonathan, Abinadab et Malki-Schua, sa maison périt en même temps. 'Tous fils de Saiil. ^L'effort du combat porta ceux d'Israël qui étaient dans la vallée, sur Saûl; les archers l'atteignirent et ayant vu qu'on avait fui et que Saûl et le blessèrent. ■'Saûl dit alors à celui ses fils étaient morts, abandonnèrent qui portait ses armes : Tire ton épée, leurs villes pour prendre aussi la fuite, et perce-moi avec, de peur que ces in- Et les Philistins allèrent s'y établir, circoncis ne viennent me faire subir '^Le lendemain, les Philistins vin- leurs outrages. Celui cpii portait ses rent pour dépouiller les morts, et ils a. Le fia(jmeut v. 3b-4i est une repioductiou de 8, M-38, avec quelques vuiiuutes. 467 Chap. 10,9-11, 18. I CHRONIQUES. trouvèrent Saiil et ses fils tombés sur la montagne de Guilboa. 'Ils le dé- ])Ouillèrent, et emportèrent sa tête et ses armes. Puis ils firent annoncer ces bonnes nouvelles par tout le pays des Philistins à leurs idoles et au peuple. '"Ils mirent les armes de Saûl dans la maison de leur dieu, et ils attachèrent son crâne dans le temple de Dagon. "Tout Jabès en Galaad ayant appris tout ce que les Philistins avaient fait à Saûl, '-tous les hommes vaillants se levèrent, prirent le corps de Saûl et ceux de ses fils, et les transportèrent à Jabès. Ils enterrèrent leurs os sous le térébinthe, à Jabès, et ils jeûnèrent sept joui's. '"•Saûl mourut, parce qu'il se rendit coupable d'infidélité envers l'Eternel dont il n'observa ])oint la parole, et parce ([u'il interrogea et consulta ceux qui évoquent les morts. '"'11 ne con- sulta point l'Eternel ; aussi l'Eternel lé fit mourir, et transféra la royauté à des principaux officiers. Il brandit sa cité de David. ^David avait dit : Qui- conque battra le premier les Jébusiens sera chef et prince. Joab, fils de Tse- ruja, monta le premier, et il devint chef. ^ David s'établit dans la forte- resse ; c'est pourquoi on l'appela cité de David. *I1 fit tout autour de la ville des constructions, depuis Millo et aux environs ; et Joab répara le reste de la ville. ^ David devenait de plus en plus grand, et l'Eternel des armées était avec lui. Vaillants hommes de David. '"Voici les chefs des vaillants hom- mes qui étaient au service de David, et qui l'aidèrent avec tout Israël à as- surer sa domination , afin de l'établir roi, selon la parole de l'Eternel au su- jet d'Israël. "Voici, d'après leur nom- bre, les vaillants hommes qui étaient au service de David. Jaschobcam, fils de Hacmoni, l'un David, fils d'Isaï Dai'id roi. Chap. XI. 'Tout Israël s'assembla auprès de David à Ilébron, en disant : Voici, nous sommes tes os et ta chair. -Autrefois déjà, même lorsque Saûl était roi, c'était toi qui conduisais et qui ramenais Israël. L'Eternel, ton Dieu, t'a dit : Tu paîtras mon peuple d'Israël, et tu seras le chef de mon peuple d'Israël. ^Ainsi tous les anciens d'Israël vinrent auprès du roi à Ilé- bron, et David fit alliance avec eux à Hébron, devant l'Eternel. Ils oignirent David pour roi sur Israël, selon la pa- role de l'Eternel, prononcée j)ar Sa- muel. ■'David marcha avec tout Israël sur Jérusalem, qui est Jebus. Là étaient les Jébusiens, habitants du pays.^ Les habitants de Jebus dirent à David : Tu n'entreras point ici. Mais David s'em- para de la fortei'esse de Sion : c'est la lance sur trois cents hommes, qu'il fit périr en une seule fois. '-Après lui, Eléazar, fils de Dodo, l'Achochite, l'un des trois guerriers. '■'Il était avec David à Pas-Dammim, où les Philistins s'étaient rassemblés pour combattre. Il y avait là une pièce de terre remplie d'orge; et le peuple fuyait devant les Philistins. '"'Ils se jdacèrent au milieu du champ, le pro- tégèrent, et battirent les Philistins. Et l'Eternel opéra une grande délivrance. '^ Trois des trente chefs descendi- rent auprès de David sur le rocher dans la caverne d'Adullam, lorsque le camp des Philistins était dressé dans la vallée des Repha'im. '^ David était alors dans la forteresse , et il y avait un poste de Philistins à Bethléhem. "David eut un désir, et il dit : Qui me fera boire de l'eau de la citerne qui est à la porte de Bethléhem ? '"Alors les trois hommes passèrent au travers du camp des Philistins, et puisèrent 468 I CHRONIQUES. Chap. 11,10-13,1. de l'eau de la citerne qui est à la porte de Bethléhem. Ils l'apportèrent et la présentèrent à David ; mais David ne voulut pas la boire, et il la répandit devant l'Eternel. "Il dit : Que mon Dieu me garde de faire cela ! Boirais- je le sang de ces hommes cpii sont allés au péril de leur vie ? Car c'est au péril de leur vie qu'ils l'ont ap- portée. Et il ne voulut pas la boire. Voilà ce que firent ces trois vaillants hommes. -"Abischaï , frère de Joab, était le chef des trois. Il brandit sa lance sur trois cents hommes, et les tua ; et il eut du renom parmi les trois. ^'11 était le plus considéré des trois de la se- conde série, et il fut leur chef; mais il n'égala pas les trois premiers. ^^Benaja, fds de .lehojada, fils d'un homme de Kabtseel, rempli de valeur et célèbre par ses exploits. Il frappa les deux lions "de Moab. Il descendit au milieu d'une citerne, où il frappa un lion, un jour de neige. -"Il frappa un Egyptien d'une stature de cinq cou- dées et ayant à la main une lance com- me une ensuble de tisserand ; il des- cenditcontre lui avec un bâton, arracha la lance de la main de l'Egyptien , et s'en servit pour le tuer. ^*Voilà ce que fit Benaja, fils de Jehojada ; et il eut du renom parmi les trois vaillants hommes. ^Ml était le plus considéré des trente ; mais il n'égala pas les trois premiers. David l'admit dans son con- seil secret. ^^Hommes vaillants de l'armée : Asaël, frère de ,Ioab. Elchanan, fils de Dodo, de Bethlé- hem. ^'Schammoth, d'Haror. Hélets, de Palon. '«Ira, fils d'Ikkesch, de Tekoa. Abiézer, d'Anathoth. "Sibbecaï, le Ihischatite. Haï, d'Achoach. ' a. Lions, littéralement iions de Dieu. ""Maharaï, de Nethopha. Iléled, fils de Baana, de Nethojiha. "Ithaï, fils de Ribaï, de Guibea des fils de Benjamin. Benaja, de Pirathon. "*Huraï, de Nachalé-Gaasch. Abiel, d'Araba. '■^Azmaveth, de Bacharum. Éliachba, de Schaalbon. ■■^Bené-Haschem, de Guizon. Jonathan, fils de Schagué, d'Harar. "^Achiam, fils de Sacar, d'Harar. Éliphal, fils d'Ur. "*Hépher, de Mekéra. Achija, de Palon. •"Hetsro, de Carmel. Naaraï, fils d'Ezbaï. ^Moël, frère de Nathan. Mibchar, fils d'IIauri. ^"Tsélek, l'Ammonite. Nachraï, de Béroth, qui portait les armes de Joab, fils de Tseruja. ■"•Ira, de Jéther. Gareb, de Jéther. ""Urie, le Héthien. Zabad, fils d'Achlaï. ''-Adina, fils de Schiza, le Rubénite, chef des Rubénites, et trente avec lui. ■"Hanan, fils de Maaca. Josaphat, de Mithni. ''*Ozias, d'Aschtharoth. Schama et Jehiel, fils de Hotham, d'Aroër. ••^Jediaël, fils de Schimri. Jocha, son frère, le Thitsite. '^Éliel, de Machavim, Jeribaï et Jo- schavia, fils d'Elnaam. Jithma, le Moabite. ■"Éliel, Obed et Jaasiel-Metsobaja. Guerriers (jui s atlaclièrent ii Da\'id pendant la vie de Saiil. Chap. XII. 'Voici ceux qui se ren- dirent auprès de David k Tsiklag, lors- qu'il était encore éloigné de la pré- sence de Saul, fils de Ris. Ils faisaient partie des vaillants hommes qui luiprê- 469 Chap. 12,7-^8. I CHRONIQUES. tèrent leur secours pendant la guerre, mais si c'est pour me tromper au pro- -C'étaient des archers, lançant des fit de mes ennemis, quand je ne com- pierres de la main droite et de la mets aucune violence, que le Dieu de main gauche, et tirant des flèches nos pères le voie et qu'il fasse justice! '^Amasaï, l'un des principaux officiers, avec leur arc : ils étaient de Benja- min, du nombre des frères de Saûl. 'Le chef Achiézer et Joas, fds de Sche- maa, de Guibea ; Jeziel et Péleth, fds d'Azmaveth ; Beraca ; Jéhu , d'Ana- thoth ; ■'Jischmaeja, de Gabaon, vail- lant parmi les trente et chef des trente ; .Jérémie ; .Jachaziel ; Jochanan ; .Joza- bad, de Guedéra ; ^Eluzaï; Jerimoth ; Bealia ; Schemaria ; Schephathia , de Haroph ; ^Elkana, Jischija, Azareel , Joézer et Jaschobeam, Koréites; 'Joé- la et Zebadia, fds de Jerocham, de Guedor. *Parmi les Gadites, des hommes vaillants partirent pour se rendre auprès de David dans la forteresse du désert, des soldats exercés à la guerre , armés du bouclier et de la lance, semblables à des lions, et aussi prompts que des gazelles sur les mon- tagnes. *Ezer, le chef; Abdias, le se- cond; Eliab, le troisième; '"Misch- manna , le quatrième ; Jérémie , le cinquième; "Attaï, le sixième; Eliel, le septième ; '* Jochanan, le huitième ; Elzabad, le neuvième; '^ Jérémie, le dixième; Macbannaï, le onzième.'* C'é- taient des fds de Gad , chefs de l'ar- mée ; un seul, le plus petit, pouvait s'attaquer à cent hommes, et le plus grand à mille. '^Voilà ceux qui pas- sèrent le Jourdain au premier mois, lorsqu'il débordait sur toutes ses ri- ves , et qui mirent en fuite tous les habitants des vallées , à l'orient et à l'occident. '^11 y eut aussi des fils de Benjamin et de Juda qui se rendirent auprès de David dans la forteresse. '"David sor- tit au-devant d'eux, et leur adressa la parole, en disant : Si vous venez à moi dans de bonnes intentions pour me secourir, mon cœur s'unira à vous ; fut revêtu de l'esprit, et dit : Nous sommes à toi, David, et avec toi, fils d'Isaï ! Paix, paix à toi, et paix à ceux qui te secourent, car ton Dieu t'a se- couru ! Et David les accueillit, et les plaça parmi les chefs de la troupe. "Des hommes de Manassé se joi- gnirent à David, lorsqu'il alla faire la guerre à Saûl avec les Philistins. Mais ils ne furent pas en aide aux Philis- tins ; car, après s'être consultés, les princes des Philistins renvoyèrent Da- vid, en disant : Il passerait du côté de son maître Said , au péril de nos tètes. ^^ Quand il retourna à Tsiklag, voici ceux de Manassé qui se joigni- rent à lui : Adnach, Jozabad, Jediaël, Micaël, Jozabad, Elihu et Tsilthaï, chefs des milliers de Manassé. ^'Ils prêtèrent leur secours à David pour diriger la troupe, car ils étaient tous de vaillants hommes , et ils furent chefs dans l'armée. ^-Et de jour en jour des gens arrivaient auprès de David pour le secourir, jusqu'à ce qu'il eût un grand camp, comme un camp de Dieu. Guerriers des douze tribus qui se rendirent à Hébron pour établir Daiid roi. ^'Voici le nombre des hommes ar- més pour la guerre qui se rendirent auprès de David à Hébron, afin de lui transférer la royauté de Saûl, selon l'ordre de l'Eternel. ^-Tils de Juda, portant le bouclier et la lance, six mille huit cents, ar- més pour la guerre. *^Des fils de Siméon, hommes vail- lants à la guerre, sept mille cent. ^"Des fils de Lévi, quatre mille six cents; "et Jehojada, prince d'Aaron, et avec lui trois mille sept cents; ^*et 470 I CIIRONinUES. Chnp. 12, 29-J3j to. Tsadok, vaillant jeune homme, et la maison de son père, vingt-deux chels. -^Des fils de Benjamin, frères de Saiil, trois mille; car jusqu'alors la plus grande partie d'entre eux étaient restés fidèles à la maison de Saiil. '"Des fils d'Epliraïm, vingt mille huit cents, hommes vaillants, gens de renom , d'après les maisons de leurs pères. ^'De la demi-tribu de Manassé, dix- huit mille, qui furent nominativement désignés pour aller établir roi David. '"-Des fils d'issacar, ayant l'intelli- gence des temps pour savoir ce que devait faire Israël, deux cents chefs, et tous leurs frères sous leurs ordres. ''De Zabulon, cinquante mille, en état d'aller à l'armée, munis pour le combat de toutes les armes de guerre, et prêts à livrer bataille d'un cœur ré- solu. '■'De Nephthali, mille chefs, et avec eux trente-sept mille, portant le bou- clier et la lance. '^Des Danites, armés pourja guerre, vingt-huit mille six cents. '^D'Aser, en état d'aller à l'armée et prêts à combattre, quarante mille. '^Et de l'autre côté du Jourdain, des Rubénites, des Gadites, et de la demi- tribu de Manassé, avec toutes les ar- mes de guerre, cent vingt mille. '*Tous ces hommes, erens de guerre, prêts à combattre , arrivèrent à Ilé- bron en sincérité de cœur pour éta- blir David roi sur tout Israël. Et tout le reste d'Israël était également una- nime pour faire régner David. "Ils furent là trois jours avec David, man- geant et buvant, car leurs frères leur avaient préparé des vivres. •'"Et même ceux qui habitaient près d'eux jusqu'à masses de figues sèches et de raisins secs, du vin, de l'huile, des bœufs et des brebis en abondance ; car Israël était dans la joie. Larclic déposée par David dans la maison d' Obed-Edom. Chap. XIII. 'David tint conseil avec les chefs de milliers et de cen- taines, avec tous les princes. -Et Da- vid dit à toute l'assemblée d'Israël : Si vous le trouvez bon, et si cela vient de l'Eternel, notre Dieu, envoyons de tous côtés vers nos frères qui restent dans toutes les contrées d'Israël, et aussi vers les prêtres et les Lévites dans les villes où sont leurs banlieues, afin (ju'ils se réunissent à nous, 'et ramenons auprès de nous l'arche de notre Dieu, car nous ne nous en som- mes pas occupés du temps de Saùl. ''Toute l'assemblée décida de faire ainsi, car la chose parut convenable à tout le peuple. ^ David assembla tout Israël, depuis le Shichor d'Egypte jusqu'à l'entrée de Hamath, pour faire venir de Kir- jath-Jearim l'arche de Dieu. ^Et Da- vid, avec tout Israël, monta à Baala", à Kirjath-Jearim, qui est à Juda, pour faire monter de là l'arche de Dieu, de- vant laquelle est invoqué le nom de l'Eternel qui réside entre les chéru- bins. "Ils miient sur un char neuf l'arche de Dieu, qu'ils emportèrent de la maison d'Abinadab : Uzza et Achjo conduisaient le char. * David et tout Israël dansaient devant Dieu de toute leur force, en chantant, et en jouant des harpes, des luths, des tambou- rins, des cymbales et des trompettes. "Lorsqu'ils furent arrivés à l'aire de Kidon, Uzza étendit la main pour sai- Issacar, à Zabulon et à Nephthali, ap- sir l'arche, parce que les bœufs la fai- portaient des aliments sur des ânes, saient pencher. '"La colère de l'Eternel sur des chameaux, sur des mulets et s'enllamma contre Uzza, et l'Éternel sur des bœufs, des mets de farine, des le frajipa parce qu'il avait étendu la a. Même ville que Kirjath-Jearim. 471 Chap. 43,11-15,9. I CHRONIQUES. main sur rarche. Uzza mourut là, de- vant Dieu. "David fut irrité de ce que l'Eternel avait frappé Uzza d'un tel châtiment. Et ce lieu a été appelé jus- qu'à ce jour Pérets-Uzza". '^ David eut peur de Dieu en ce jour-là, et il dit : Comment ferais -je entrer chez moi l'arche de Dieu? '^ David ne retira pas l'arche chez lui dans la cité de David, et il la fit conduire dans la maison d'Obed-Édom de Gath. "L'arche de Dieu resta trois mois dans la maison d'Obed-Edom, dans sa maison. Et l'E- ternel bénit la maison d'Obed-Edom et tout ce qui lui appartenait. Victoires de Dai'id sur les Philistins. Chap. XIV. 'Hiram, roi de Tyr, envoya des messagers à David, et du bois de cèdre, et des tailleurs de pier- res et des charpentiers, pour lui bâtir une maison. -David reconnut que l'E- ternel l'affermissait comme roi d'Is- raël, et que son royaume était haut élevé, à cause de son peuple d'Israël. ^ David prit encore des femmes à Jérusalem, et il engendra encore des fils et des filles. ■'Voici les noms de ceux qui lui naquirent à .lérusalem : Schammua, Schobab, Nathan, Salo- mon, ^Jibhar, Elischua, Elphéleth, ®Noga, Népheg, Japhia, "Elischama, Beéliadia et Eliphéleth. *Les Philistins apprirent que David avait été oint pour roi sur tout Israël, et ils montèrent tous à sa recherche. David, qui en fut informé, sortit au- devant d'eux. ^Les Philistins arrivè- rent, et se répandirent dans la vallée des Rephaïm. '"David consulta Dieu, en disant : Monterai-je contre les Phi- listins, et les livreras-tu entre mes mains? Et l'Eternel lui dit : Monte, et je les livrerai entre tes mains. "Ils montèrent à Baal-Peratsim, où David les battit. Puis il dit : Dieu a dispersé mes ennemis par ma main , comme des eaux qui s'écoulent. C'est pour- quoi l'on a donné à ce lieu le nom de Baal-Peratsim *. '"-Ils laissèrent là leurs dieux qui furent brûlés au feu d'après l'ordre de David. '^Les Philistins se répandirent de nouveau dans la vallée. ''David con- sulta encore Dieu. Et Dieu lui dit : Tu ne monteras pas après eux ; détourne- toi d'eux, et tu arriveras sur eux vis- à-vis des mûriers. '^ Quand tu enten- dras un bruit de pas dans les cimes des mûriers, alors tu sortiras pour combattre, car c'est Dieu qui marche devant toi pour battre l'armée des Philistins. "'David fit ce que Dieu lui avait ordonné, et l'armée des Philis- tins fut battue depuis Gabaon jusqu'à Guézer. '"La renommée de David se répan- dit dans tous les pays, et l'Eternel le rendit redoutable à toutes les na- tions. L'arche transportée à Jérusalem. — Organisa- tion du service divin. — Cantique. Chap. XV. 'David se bâtit des maisons dans la cité de David ; il pré- para une place à l'arche de Dieu, et dressa pour elle une tente. -Alors David dit : L'arche de Dieu ne doit être portée que par les Lévi- tes, car l'Eternel les a choisis pour porter l'arche de Dieu et pour en faire le service à toujours. 'Et David assem- bla tout Israël à Jérusalem pour faire monter l'arche de l'Eternel à la place qu'il lui avait préparée. ''David assem- bla les fils d'Aaron et les Lévites : ^des fils de Kehath,Uriel le chefet ses frères, cent vingt; *des fils de Merari, Asaja le chef et ses frères, deux cent vingt; ^des fils de Guerschom, Joël le chefet ses frères, cent trente; 'des fils d'E- litsaphan, Schemaeja le chef et ses frères, deux cents; 'des fils d'IIébron, Éliel le chef et ses frères, quatre- a. Pérets-Vzza signifie brèche d'i'zza. h. Baal-Peratsim signifie lieu des rujitures. 472 I CHRONIQUES. Chap. 15, m- 16, 5. vingts; '"des fils d'Uziel, Amminadab le chef et ses frères, cent doii/.e. " David appela les prêtres Tsadok et Abiathar, et les Lévites Uriel, Asaja, Joël, Schemaeja, Eliel et Amminadab. '-Il leur dit : Vous êtes les chefs de famille des Lévites; sanctifiez-vous, vous et vos frères, et faites monter à la place que je lui ai préparée l'arche de l'Eternel, du Dieu d'Israël. '^Parce que vous n'y étiez pas la première fois , l'Eternel , notre Dieu , nous a frappés ; car nous ne l'avons pas cher- ché selon la loi. '■•Les prêtres et les Lévites se sanc- tifièrent pour faire monter l'arche de l'Eternel, du Dieu d'Israël. '^Les fils des Lévites portèrent l'arche de Dieu sur leurs épaules avec des barres, comme Moïse l'avait ordonné d'après la parole de l'Éternel. '"Et David dit aux chefs des Lévites de disposer leurs frères les chantres avec des instru- che.-''Schebama, .losaphat, Nethaneel, Amasaï, Zaeharie, Benaja et Eliézer, les prêtres, sonnaient des trompettes devant l'arche de Dieu. Obed-Edom et Jechija étaient portiers de l'arche. "David, les anciens d'Israël, et les chefs de milliers, se mirent en route pour faire monter l'arche de l'alliance de l'Eternel depuis la maison d'Obed- Edom , au milieu des réjouissances. -''Ce fut avec l'assistance de Dieu que les Lévites portèrent l'arche de l'al- liance de l'Éternel; et l'on sacrifia sept taureaux et sept béliers. -'David était revêtu d'un manteau de byssus ; il en était de même de tous les Lévites qui portaient l'arche, des chantres, et de Kenania, chef de musicjue parmi les chantres; et David avait sur lui un éphod de lin. '-*Tout Israël fit monter l'arche de l'alliance de l'Éternel avec des cris de joie, au son des clairons, des trompettes et des cymbales, et en ments de musique, des luths, des har- faisant retentir les luths et les harpes, pes et des cymbales, qu'ils devaient faire retentir de sons éclatants en si- gne de réjouissance. '"Les Lévites dis- posèrent Héman, fils de .loël ; parmi ses frères, Asaph, fils de Bérékia; et parmi les fils de Merari, leurs frères, Ethan, fils de Kuschaja ; '^puis avec eux leurs frères du second ordre Za- eharie, Ben, Jaaziel, Schemiramoth, Jehiel, Unni, Eliab, Benaja, .Maaséja, Matthithia, Éliphelé et Miknéja, et Obed-Edom et Jeïel les portiers. "Les chantres Héman , Asaph et Éthan , avaient des cymbales d'airain, pour les faire retentir. -"Zaeharie, Aziel , Schemiramoth, Jehiel, Unni, Éliab, Maaséja et Benaja avaient des luths sur alamoth ; *'et Matthithia, Éliphelé, Miknéja, Obed-Édom, Jeïel et Azazia, avaient des harpes à huit cordes, pour conduire le chant. "Kenania, chef de musique parmi les Lévites, dirigeait la musique, car il était habile. -^Béré- kia et Elkana étaient portiers de l'ar- -'Comme l'arche de l'alliance de l'E- ternel entrait dans la cité de David, Mical, fille de Saûl, regardait par la fenêtre, et voyant le roi David sauter et danser, elle le méprisa dans son cœur. Chap. XVI. 'Après qu'on eut amené l'arche de Dieu, on la plaça au milieu de la tente que David avait dressée pour elle, et l'on offrit devant Dieu des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces. ^ Quand David eut achevé d'offrir les holocaustes et les sacrifices d'actions de grâces, il bénit le peuple au nom de l'Eternel. ^Puis il distribua à tous ceux d'Israël, hom- mes et femmes, à chacun un pain, une portion de viande et un gâteau de rai- sins. ■•Il remit à des Lévites la charge de faire le service devant l'arche de l'E- ternel, d'invoquer, de louer et de cé- lébrer l'Éternel, le Dieu d'Israël. 'C'é- taient : Asaph, le chef; Zaeharie, le second après lui, Jeïel, Schemira- 473 Chap. /^,fi-?6: I CHRONIQUES. moth, Jehiel, Mattliithia, Éliab, Bena- des trompettes devant l'arche de l'al- ja, Obed-Edom et Jeïel. Ils avaient liance de Dieu. des instruments de musique, des luths 'Ce fut en ce jour que David chargea et des harpes ; et Asaph faisait retentir pour la première fois Asaph et ses les cymbales. "Les prêtres Benaja et frères de célébrer les louanges de l'É- Jachaziel sonnaient continuellement ternel. ^Louez" l'Éternel, invoquez son nom ! Faites connaître parmi les peuples ses hauts faits ! ''Chantez, chantez en son honneur! Parlez de toutes ses merveilles ! '"Glorifiez-vous de son saint nom ! Que le cœur de ceux qui cherchent l'Éternel se réjouisse ! "Ayez recours à l'Éternel et à son appui, Cherchez continuellement sa face ! '-Souvenez-vous des prodiges qu'il a faits, De ses miracles et des jugements de sa bouche, ''Race d'Israël, son serviteur, Enfants de Jacob, ses élus ! '■•L'Éternel est notre Dieu ; . Ses jugements s'exercent sur toute la terre. 'M\appelez-vous à toujours son alliance. Ses promesses pour mille générations, '* L'alliance qu'il a traitée avec Abraham, Et le serment qu'il a fait à Isaac ; '"Il l'a érigée pour Jacob en loi. Pour Israël en alliance éternelle, '^Disant : Je te donnerai le pays de Canaan Comme l'héritage qui vous est échu. '^Ils étaient alors peu nombreux. Très peu nombreux, et étrangers dans le pays, ^"Et ils allaient d'une nation h. l'autre Et d'un royaume vers un autre peuple ; ^'Mais il ne permit à personne de les opprimer, Et il châtia des rois à cause d'eux : -^Ne touchez pas à mes oints. Et ne faites pas de mal à mes prophètes ! ^^iChantez à l'Éternel, vous tous habitants de la terre ! Annoncez de jour en jour son salut ; "Racontez parmi les nations sa gloire, Parmi tous les peuples ses merveilles ! ^^Car l'Éternel est grand et très digne de louange. Il est redoutable par-dessus tous les dieux ; 2«Car tous les dieux des peuples sont des idoles. Et l'Éternel a fait les cieux. a. Les diverses parties de ce cantique se retrouvent Ps. 105, 1-15; 96, 13; 107, 1; 106, 47-48. 474 I CHRONIQUES. Chap. 16,T,-I7,i. "La majesté et la splendeur sont dcAant sa face, La force et la joie sont dans sa demeure. **Familles des peuples, rendez à l'Eternel, Rendez ii l'Eternel gloire et honneur ! -'Rendez à l'Eternel gloii'c pour son nom ! Apportez des offrandes et venez en sa présence, Prosternez-vous devant l'Eternel avec de saints ornements ! ^"Tremblez devant lui, vous tous habitants de la terre ! Le monde est affermi, il ne chancelle point. ^'Que les cieux se réjouissent, et que la terre soit dans 1 Que l'on dise parmi les nations : L'I^ternel rèyne ! ^-Que la mer retentisse avec tout ce qu'elle contient ! Que la campagne s'égaie avec tout ce qu'elle renferme ! ^^Que les arbres des forêts poussent des cris de joie Devant l'Eternel ! Car il vient pour juger la terre. ^^ Louez l'Eternel, car il est bon. Car sa miséricorde dure à toujours ! '''Dites : Sauve-nous, Dieu de notre salut. Rassemble-nous, et retire-nous du milieu des nations. Afin que nous célébrions ton saint nom Et que nous mettions notre gloire à te louer ! '^Béni soit l'Eternel, le Dieu d'Israël, D'éternité en éternité ! Et que tout le peuple dise : Amen ! Louez l'Eternel ! '"David laissa là, devant l'arche de l'alliance de l'Eternel, Asaph et ses frères, afin qu'ils fussent continuelle- ment de service devant l'arche, rem- plissant leur tâche jour par jour. '"Il laissa Obed-Edom et Ilosa avec leurs frères, au nombre de soixante-huit, Obed-Edom, fils de .leduthun, et Ilosa, comme portiers. '''Il établit le prêtre Tsadok et les |irêlres, ses frères, devant le taberna- cle de l'Eternel, sur le haut lieu ([ui était à Gabaon, ^''pour qu'ils offrissent continuellement à l'Eternel des holo- caustes, matin et soir, sur l'autel des holocaustes, et qu'ils accomplissent tout ce qui est écrit dans la loi de l'I'j- ternel, imposée ])ar l'Eternel à Israël. "Auj)rès d'eux étaient lléman et .le- duthun, et les autres cjui avaient été choisis et désignés par leurs noms ])our louer l'Eternel. Car sa miséri- corde dure à toujours. ''-Auprès d'eux étaient Héman et Jeduthun, avec des trompettes et des cymbales pour ceux qui les faisaient retentir, et avec des instruments pour les cantiques en l'honneur de Dieu. Les fils de Jedu- thun étaient portiers. *'Tout le peuple s'en alla chacun dans sa maison, et David s'en retourna pour bénir sa maison. David projetant de bâtir un temple; opposition de Internet. — Promesses à la maison dr David. Clitt/). A 17/. ' Loiscpie David fut établi clans sa maison, il dit à Nathan le prophète : ^^>ici, j'hai)ite dans une maison de cèdre, et l'arclie tie l'alliance I/o Chap. 17 , 2-2G. I CHRONIQUES. de l'Eternel est sous une tente. ^Na- et dans mon royaume, et son trône than répondit à David : Fais tout ce sera pour toujours affermi, que tu as dans le cœur, car Dieu est '^Nathan rapporta à David toutes avec toi. ces paroles et toute cette vision. '^Et ^La nuit suivante, la parole de Dieu le roi David alla se présenter devant fut adressée à Nathan : ■'Va dire à mon l'Eternel, et dit : Qui suis-je. Eternel serviteur David : Ainsi parle l'Eter- Dieu, et quelle est ma maison, pour nel : Ce ne sera pas toi qui me bâtiras que tu m'aies fait parvenir où je suis ? une maison pour que j'en fasse ma '^C'est peu de chose à tes yeux, ô Dieu ! demeure. ^Car je n'ai point habité dans Tu parles de la maison de ton servi- une maison depuis le jour où j'ai fait teur pour les temps avenir. Et tu dai- monter Israël'' jusqu'à ce jour; mais gnes porter les regards sur moi à la j'ai été de tente en tente et de demeure manière des hommes, toi qui es élevé, en demeure. ^Partout où j'ai marché Eternel Dieu ! '^Que pourrait te dire avec tout Israël, ai-je dit un mot à encore David sur la gloire accordée à quelqu'un des juges d'Israël à qui j'a- ton serviteur ? Tu connais ton servi- vais ordonné de paître mon peuple, teur. '^O Eternel ! c'est à cause de ton ai-je dit : Pourquoi ne me bâtissez- serviteur, et selon ton cœur, que tu as vous pas une maison de cèdre ? 'Main- fait toutes ces grandes choses, pour tenant tu diras à mon serviteur David : les lui révéler. -"0 Eternel ! nul n'est Ainsi parle l'Eternel des armées : Je semblable à toi, et il n'y a point d'au- t'ai pris au pâturage, derrière les bre- tre Dieu que toi, d'après tout ce que bis, pour que tu fusses chef de mon nous avons entendu de nos oreilles, peuple d'Israël; ^j'ai été avec toi par- -'Est-il sur la terre une seule nation tout où tu as marché, j'ai exterminé qui soit comme ton peuple d'Israël, tous tes ennemis devant toi, et j'ai que Dieu est venu racheter pour en rendu ton nom semblable au nom des former son peuple , pour te faire un grands qui sont sur la terre ; *j'ai don- nom et pour accomplir des miracles né une demeure à mon peuple d'Is- et des prodiges, en chassant des na- raël, et je l'ai planté pour qu'il y soit tions devant ton peuple que tu as ra- fîxé et ne soit plus agité, pour que les cheté d'Egypte ? "Tu as établi ton méchants ne le détruisent plus comme peuple d'Israël, pour qu'il fût ton auparavant '"et comme à l'époque où peuple à toujours; et toi. Eternel, tu j'avais établi des juges sur mon peuple es devenu son Dieu. -^Maintenant, ô d'Israël. J'ai humilié tous tes ennemis. Eternel ! que la parole que tu as pro- Et je t'annonce que l'Eternel te bâtira noncée sur ton serviteur et sur sa une maison. "Quand tes jours seront maison subsiste éternellement, et agis accomplis et que tu iras auprès de tes selon ta parole ! -^Qu'elle subsiste, pères, j'élèverai ta postérité après toi, afin que ton nom soit à jamais glorifié l'un de tes fils, et j'affermirai son rè- et que l'on dise : L'Eternel des armées, gne. *-Ge sera lui qui me bâtira une le Dieu d'Israël, est un Dieu pour Is- maison, et j'affermirai pour toujours raël ! Et que la maison de David, ton son trône. '*Je serai pour lui un père, serviteur, soit affermie devant toi ! et il sera pour moi un fils ; et je ne lui -^Car toi-même, ô mon Dieu, tu as ré- retirerai point ma grâce, comme je l'ai vêlé à ton serviteur que tu lui bâtirais retirée à celui qui t'a précédé. '""Je lé- une maison. C'est pourquoi ton servi- tablirai pour toujours dans ma maison tcur a osé prier devant toi. -^Mainte- a. Sous-entendu « hurs d Eg'vpte w. 476 I CHRONIQUES. CItan. 17,r.-l0,u. nant, ô Éternel ! tu es Dieu, et tu as anuoncé cette grâce à ton serviteur. "Veuille donc bénir la maison de ton serviteur, afin qu'elle subsiste à tou- jours devant toi ! Car ce que tu bénis, ô Eternel ! est béni pour l'éternité. victoires de Daiid sur les P/iilistins, les Moa- bitcs, les Syriens, les Edomites. — Hauts fonctionnaires de Da^'id. Cliap. XVIII. 'Après cela, David battit les Philistins et les humilia, et il enleva de la main des Philistins Gath et les villes de son ressort. -Il battit les Moabites, et les Moa- bites furent assujettis à David et lui payèrent un tribut. ^David battit Iladarézer, roi de Tso- ba, vers Hamatli, lorsqu'il alla établir sa domination sur le fleuve de l'Eu- phrate. ^ David lui prit mille chars, sept mille cavaliers, et vingt mille hommes de pied; il coupa les jarrets à tous les chevaux de trait, et ne con- serva que cent attelages. ^Les Syriens de Damas vinrent au secours d'Hadarézer, roi de Tsoba, et David battit vingt-deux mille Syriens. "David mit des garnisons dans la Sy- rie de Damas. Et les Syriens furent assujettis à David, et lui payèrent un tribut. L'Eternel protégeait David partout où il allait. "Et David prit les boucliers d'or qu'avaient les serviteurs d'Hada- rézer, et les apporta à Jérusalem. *Da- vid prit encore une grande quantité d'airain à Thibchath et à Cun, villes d'Hadarézer. Salomon en fit la mer d'airain, les colonnes et les ustensiles d'aiiain. ^Thohu, roi de Ilamath, apprit que David avait battu toute l'armée d'Ha- darézer, roi de Tsoba, '"et il envoya lladoram, son fils, vers le roi David, pour le saluer, et pour le féliciter d'a- voir attaqué Hadarézer et de l'avoir O. Noms qui désignent proljalilemcnt dos gardes du 4 battu. Car Thohu était en guerre avec iladarézer. Il envoya aussi toutes sor- tes de vases d'or, d'argent et d'airain. "Le roi David les consacra à l'Eter- nel, avec l'argent et l'or qu'il avait pris sur toutes les nations, sur Edom, sur Moab, sur les fils d'Ammon, sur les Philistins et sur Amalek. '-Abischaï, fils de Tseruja, battit dans la vallée du sel dix-huit mille Edomites. '^11 mit des garnisons dans Edom, et tout Edom fut assujetti à David. L'Eternel protégeait David par- tout où il allait. '^David régna sur tout Israël, et il faisait droit et justice à tout son peu- ]ile. '^.loab, fils de Tseruja, comman- dait l'armée ; Josaphat, fils d'Achilud, était archiviste ; '"Tsadok, fils d'.\- chithub, et Abimélec, fils d'Abiathar, étaient prêtres ; Schavscha était secré- taire; "Benaja, fils de Jehojada, était chef des Kéréthiensetdes Péléthiens"; et les fils de David étaient les pre- miers auprès du roi. Outrage fait par le roi des Ammonites au.v ser- t'itcurs de David. — Guerre contre les Ammo- nites et leurs alliés. — Prise de Rabba. Chap. XIX. 'Après cela, Na- chasch, roi des filsd'Amrnon, mourut, et son fils régna à sa place. -David dit : Je montrerai de la bienveillance à Ila- nun, fils de Nachasch, car son père en a montré à mon égard. Et David en- voya des messagers pour le consoler au sujet de son père. Lorsque les ser- viteurs de David arrivèrent dans le pays des fils d'Ammon auprès de Ha- nun, pour le consoler, ^les chefs des fils d'Ammon dirent à Hanun : Penses- tu que ce soit pour honorer ton père que David t'envoie des consolateurs ? N'est-ce pas pour reconnaître la ville et ])our la détruire, et pour explorer le pays, que ses serviteurs sont venus auprès de toi ? 'Alors Hanun saisit les corps. 77 Chap. 19,5-20,' I CHRONIQUES. serviteurs de David, les fit raser, et fit avaient pris la fuite, ils s'enfuirent couper leurs habits par le milieu jus- aussi devant Abischaï, frère de Joab, qu'au haut des cuisses. Puis il les con- et rentrèrent dans la ville. Et Joab gédia. ^David, que l'on vint informer revint à Jérusalem. de ce qui était arrivé à ces hommes, "Les Syriens, voyant qu'ils avaient envoya des gens à leur rencontre, car été battus par Israël, envoyèrent cher- ils étaient dans une grande confusion; cher les Syriens qui étaient de l'autre et le roi leur fit dire : Restez à Jéricho côté du fleuve ; et Schophach, chef de jusqu'à ce que votre barbe ait repous- l'armée d'Hadarézer, était à leur tète. se, et revenez ensuite. '"On l'annonça à David, qui assembla ^Les fils d'Ammon virent qu'ils s'é- tout Israël, passa le Jourdain, marcha taient rendus odieux à David, et Hanun contre eux, et se prépara à les atta- et les fils d'Ammon envoyèrent mille quer. David se rangea en bataille con- talents d'argent pour prendre à leur tre les Syriens. '"Mais les Syriens, solde des chars et des cavaliers chez après s'être battus avec lui, s'enfuirent les Syriens de Mésopotamie et chez devant Israël. David leur tua les trou- les Syriens de Maaca et de Tsoba. "Ils pes de sept mille chars et quarante prirent à leur solde trente-deux mille mille hommes de pied, et il fit mourir chars et le roi de Maaca avec son peu- Schophach, chef de l'armée. "Lesser- ple, lesquels vinrent camper devant viteurs d'Hadarézer, se voyant battus Médeba. Les fils d'Ammon se rassem- par Israël, firent la paix avec David et blèrent de leurs villes, et marchèrent lui furent assujettis. Et les Syriens ne au combat. *A cette nouvelle, David voulurent plus secourir les fils d'Am- envoya contre eux Joab et toute l'ar- mon. mee, les hommes vaillants. °Les fils d'Ammon sortirent, et se rangèrent en bataille à l'entrée de la ville ; les rois qui étaient venus prirent position séparément dans la campagne. '"Joab vit qu'il avait à combattre Chap. XX. 'L'année suivante, au temps où les rois se mettaient en cam- pagne, Joab, à la tête d'une forte ar- mée , alla ravager le pays des fils d'Ammon et assiéger Rabba. Mais Da- vid resta à Jérusalem". Joab battit par devant et par derrière. Il choisit Rabba et la détruisit. -David enleva la alorssur toute l'élite d'Israël un corps, couronne de dessus la tète de son roi, qu'il opposa aux Syriens; "et il plaça et la trouva du poids d'un talent d'or : sous le commandement de son frère elle était garnie de pierres précieuses. Abischaï le reste du peuple, pour faire On la mit sur la tète de David, qui em- face aux fils d'Ammon. '-Il dit : Si les porta de la ville un très grand butin. Syriens sont plus forts que moi, tu ^11 fit sortir les habitants, et il les mit viendras à mon secours; et si les fils en, pièces avec des scies, des herses d'Ammon sont plus forts que toi, j'irai de fer et des haches ; il traita de même à ton secours. '-^Sois ferme, et mon- toutes les villes des fils d'Ammon. trons du courage pour notre peuple David retourna à Jérusalem avec tout et pour les villes de notre Dieu, et que le peuple. l'Eternel fasse ce qui lui semblera bon ! '*Joab, avec son peuple, s'a- vança pour attaquer les Syriens, et ils s'enfuirent devant lui. '^Et quand les fils d'Ammon virent que les Syriens a. Il se rendît à Rabba sur la fin du sièjje, II Sani. 1 Victoires sur les Philistins. ■'Après cela, il y eut une bataille à Guézer avec les Philistins. Alors Sib- becaï, le Iluschatite, tua Sippaï, l'un !, 27-29. 478 I CIIROMOUES. Cbap. W,->-21,n. des enfants de Rapha. Et les Philis- tins furent Inuniliés. ^11 y eut encore une bataille aA^ec les Philistins. Et Elchanan, fils de Jaïr, tua le frère de Goliath, Lachmi de Gath, qui avait une lance dont le bois était comme une ensuble de tisse- rand. *I1 y eut encore une bataille à Gath. 11 s'y trouva un homme de haute taille. mis un grand péché en faisant cela! Maintenant, daigne pardonner l'ini- quité de ton serviteur, car j'ai complè- tement agi en insensé ! "L'Eternel adressa ainsi la parole à Gad, le voyant de David : '"Va dire à David : Ainsi parle l'Eternel : Je te ]>ropose trois fléaux ; choisis-en un, et je t'en frapperai. "Gad alla vers David, et lui dit : Ainsi parle l'Etcr- qui avait six doigts à chaque main et nel : '-Accepte, ou trois années de fa- mine, ou trois mois pendant lesquels tu seras détruit par tes adversaires et atteint par Tépée de tes ennemis, ou trois jours pendant lesquels l'épée de l'Eternel et la peste seront dans le ])avs et l'ange de l'Eternel poi'tera la des- truction dans tout le territoire d'Is- raël. Vois maintenant ce que je dois à chaque pied, vingt-quatre en tout, et qui était aussi issu de Rapha. 'Il jeta un défi à Israël; et Jonathan, fils de Schimea, frère de David, le tua. *Ces hommes étaient des enfants de Rajiha à Gath. Ils périrent parla main de David et par la main de ses ser\ i- teurs. Dénombrement et peste. Chnp. XXI. ' Satan se leva contre Israël, et il excita David à faire le dé- nondjrement d'Israël. -Et David dit à Joab et aux chefs du peuple : Allez, faites le dénombrement d'Israël, de- puis Beer-Schéba jusqu'à Ijan, et rap- portez-le-moi, afin que je sache à com- bien il s'élève. 'Joab répondit : Que l'Eternel rende son peuple cent fois plus nombreux ! O roi mon seigneur, ne sont-ils pas tous serviteurs de mon seigneur? Mais pourquoi mon seigneur deinande-t-il cela ? Pourquoi faire ainsi pécher Israël? ^Le roi persista dans l'ordre qu'il donnait à Joab. Et Joab partit, et parcourut tout Israël ; puis il revint à Jérusalem. ^Joab remit à David le rôle du dénombrement du ])cuple : il y avait dans tout Israël onze cent mille hommes tirant 1 épée, et en Juda quatre cent soixante-dix mille hommes tirant l'éjîée. Ml ne fit point parmi eux le dénombrement de Lévi et de Benjamin, car l'ordre du roi lui paraissait une abomination. 'Cet ordre déplut à Dieu, qui frappa Israël. '*Et David dit à Dieu : J'ai com- répondre à celui qui m'envoie. ''David répondit à Gad : Je suis dans une g-rande angoisse ! Oh ! que je tombe entre les mains de l'Eternel, car ses compassions sont immenses ; mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes ! '* L'Eternel envoya la peste en Is- raël, et il tomba soixante-dix mille hommes d'Israël. '^Dieu envoya un ange à Jérusalem pour la détruire; et comme il la détruisait, l'Eternel re- garda et se repentit de ce mal, et il dit à l'ange qvn détruisait: Assez ! Re- tire maintenant ta main. L'ange de l'Eternel se tenait près de l'aire d'Or- nan, le Jébusien. '^ David leva les veux, et vit l'ange de l'Eternel se tenant en- tre la terre et le ciel et ayant à la main son épée nue tournée contre Jérusa- lem. Alors David et les anciens, cou- verts de sacs, tombèrent sur leur vi- sage. "Et David dit à Dieu : N'est-ce pas moi qui ai ordonné le dénombre- ment ilu peuple ? C'est moi (pii ai pé- ché et qui ai fait le mal ; mais ces bre- bis, qu'ont-elles fait? Eternel, mon Dieu, que ta main soit donc sur moi et sur la maison de mon père, et qu'elle 479 31 Chap. 21,18-22,9. I CHRONIQUES. ne fasse point une plaie parmi ton peuple ! '"L'ange de l'Éternel dit à Gad de parler à David, afin qu'il montât pour élever un autel à rÉternel dans l'aire d'Oman, le Jébusien. '"David monta, selon la parole que Gad avait pronon- cée au nom de l'Éternel. -"Oman se retourna et vit l'ange, et ses quatre fils se cachèrent avec lui : il foulait alors du froment. ^'Lorsque David ar- riva auprès d'Oman, Oman regarda, et il aperçut David; puis il sortit de l'aire, et se prosterna devant David, le visage contre terre. --David dit à Oman : Cède-moi l'emplacement de l'aire pour que j'y bâtisse un autel à l'Éternel ; cède-le-moi contre sa valeur en argent, afin que la plaie se retire pouvait pas aller devant cet autel pour chercher Dieu, parce que l'épée de l'ange de l'Éternel lui avait causé de l'épouvante. Chap. XXII . 'Et David dit: Ici sera la maison de l'Eternel Dieu, et ici sera l'autel des holocaustes pour Is- raël. Préparatifs de David pour la construction du te/iip/e. -David fit rassembler les étrangers qui étaient dans le pays d'Israël, et il chargea des tailleurs de pierres de préparer des pierres de taille pour la construction de la maison de Dieu. ^11 prépara aussi du fer en abondance pour les clous des battants des portes et pour les crampons, de l'airain en de dessus le peuple. ^''Ornan répondit quantité telle qu'il n'était pas possible à David : Prends-le, et que mon sei gneur le roi fasse ce qui lui semblera bon; vois, je donne les bœufs pour l'holocauste, les chars pour le bois, et le froment pour l'offrande, je donne tout cela. -*Mais le roi David dit à Or- nan : Non ! je veux l'acheter contre sa valeur en argent, car je ne présenterai point à l'Éternel ce qui est à toi, et je de le peser, *et des bois de cèdre sans nombre, car les Sidoniens et les Ty- riens avaient amené à David des bois de cèdre en abondance. ^ David disait : Mon lils Salomon est jeune et d'un âge faible, et la maison qui sera bâtie à l'Eternel s'élèvera à un haut degré de renommée et de gloire dans tous les pays ; c'est pourquoi je veux faire pour n'offrirai point un holocauste qui ne lui des préparatifs. Et David fit beau- coup de préparatifs avant sa mort. ^David appela Salomon, son fils, et lui ordonna de bâtir une maison à l'E- ternel, le Dieu d'Israël. "David dit à Salomon : Mon fils, j'avais l'intention de bâtir une maison au nom de l'Eternel, mon Dieu. "Mais la parole de l'Éternel m'a été ainsi adressée : Tu as versé beaucoup de sang, et tu as fait de grandes guerres ; tu ne bâtiras pas une maison à mon nom, car tu as versé devant moi beau- coup de sang sur la teri'e. "Voici, il te naîtra un fils, qui sera un homme de repos, et â qui je donnerai du repos en le délivrant de tous ses ennemis d'alentour ; car Salomon " sera son me coûte rien. ^^Et David donna â Or- nan six cents sicles d'or pour l'empla- cement. -'David bâtit là un autel à l'Éternel, et il offrit des holocaustes et des sacrifices d'actions de grâces. Il invoqua l'Éternel, et l'Éternel lui répondit par le feu qui descendit du ciel sur l'autel de l'holocauste. -"Alors l'Éternel parla à l'ange, qui remit son épée dans le fourreau. -*A cette époque-là, David, voyant que l'Éternel l'avait exaucé dans l'aire d'Oman, le Jébusien, y offrait des sa- crifices. '"Mais le tabernacle de l'Eter- nel, construit par Moïse au désert, et l'autel des holocaustes, étaient alors sur le haut lieu de Gabaon. ^"David ne a. Salomon dérive d'un mot qui signifie paix. 480 I CHROXIOUES. Chap. 99,10-23,1'.. nom, et je ferai venir sur Israël la paix et la tranquillité pendant sa vie. '"Ce sera lui qui bâtira une maison à mon nom. Il sera pour moi un fils, et je se- rai pour lui un père; et j'affermirai pour toujours le trône de son royaume en Israël. "Maintenant, mon fils, que l'Eter- nel soit avec toi, afin que tu prospères et que tu bâtisses la maison de l'Eter- nel, ton Dieu, comme il l'a déclaré à ton égard ! '-Veuille seulement l'Eter- nel t'accorder de la sagesse et de l'in- telligence, et te faire régner sur Israël dans l'observation de la loi de l'Eter- nel, ton Dieu ! '^Alors tu prospéreras, si tu as soin de mettre en pratique les lois et les ordonnances que l'Eternel a prescrites à Moïse pour Israël. For- tifie-toi et prends courage, ne crains point et ne t'effraie point. ''' Voici, par mes efforts, j'ai préparé pour la mai- son de l'Eternel cent mille talents d'or, un million de talents d'argent, et une quantité d'airain et de fer qu'il n'est pas possible de peser, car il y en a en abondance; j'ai aussi préparé du bois et des pierres, et tu en ajoute- ras encore. '^Tu as auprès de toi un grand nombre d'ouvriers, des tailleurs de pierres, et des charpentiers, et des hommes habiles dans toute espèce d'ouvrages. '^L'or, l'argent, l'airain et le fer, sont sans nombre. Lève-toi et agis, et que l'Eternel soit avec loi ! '"David ordonna à tous les chefs d'Israël de venir en aide à Salomon, son fils. '**L'Eternel, votre Dieu, n'est- il pas avec vous, et ne vous a-t-il pas donné du repos de tous côtés ? Car il a livré entre mes mains les habitants du pays, et le pays est assujetti devant l'Eternel et devant son peuple. '"Appli- quez maintenant votre cœur et votre âme à chercher l'Éternel, votre Dieu ; levez-vous, et bâtissez le sanctuaire de l'Eternel Dieu, afin d'amener l'ar- che de l'alliance de l'Eternel et les ustensiles consacrés à Dieu dans la maison qui sera bâtie au nom de l'E- ternel. Les Lévites, leur dénombrement et leurs fonctions. Chap. XXIII. 'David, âgé et ras- sasié de jours, établit Salomon, son fils, roi sur Israël. -Il assembla tous les chefs d'Israël, les prêtres et les Lévites. ^On fit le dénombrement des Lévites , depuis l'âge de trente ans et au-dessus ; comp- tés par tête et par homme, ils se trou- vèrent au nombre de trente-huit mille. ■•Et David dit : Qu'il y en ait vingt- quatre mille pour veiller aux offices de la maison de l'Eternel, six mille comme magistrats et juges, ^quatre mille comme portiers, et quatre mille chargés de louer l'Eternel avec les instruments que j'ai faits pour le célé- brer. ^ David les divisa en classes d'après les fils de Lévi, Guerschon, Kehath et Merari. 'Des Guerschonites: Laedan et Schi- meï. — ^Fils de Laedan : le chef Jehiel, Zétham et Joël, trois. "Fils de Schi- meï : Schelomith, Ilaziel et Haran, trois. Ce sont là les chefs des maisons paternelles de la famille de Laedan. — '"Fils de Schimeï : Jachath, Zina, Jeusch et Beria. Ce sont là les quatre fils de Schimeï. "Jachath était le chef, et Zina le second ; Jeusch et Beria n'eurent pas beaucoup de fils, et ils formèrent une seule maison paternelle dans le dénombrement. '-Fils de Kehath : Amram, Jitsehar, Hébron et Uziel, quatre. — '"Filsd'Ani- ram : Aaron et Moïse. Aaron fut mis à part pour être sanctifié comme très saint, lui et ses fils à perpéluité, pour offrir les parfums devant l'Eternel, pour faire son service, et jiour bénir à toujours en son nom. '■'Mais les fils de Moïse, homme de Dieu, furent comptés /i8l Chap. 2S, 15-9 i, 10. I CHRONIQUES. dans la tribu de Lévi. ''Fils de Moïse : Guerscliom et Éliézer. '"Fils de Giier- schom : Schebuol, le chef. "Et les fils d'Eliézer furent : Rechabia, le chef; Eliézer n'eut pas d'autre fils, mais les fils de Rechabia furent très nombreux. — '^Fils de Jitsehar : Schelomith, le chef. — '^Fils d'Hébron : Jerija, le chef; Amaria, le second; Jachaziel, le troisième ; et Jekameam, le quatrième. — -"Fils d'Uziel : Michée, le chef; et Jischija, le second. -'Fils de Merari : Machli et Muschi. — Fils de Machli : Eléazar et Kis. ^^Eléazar mourut, sans avoir de fils; mais il eut des filles, que prirent pour femmes les fils de Kis, leurs frères. — • 2» Fils de Muschi : Machli, Éder et Je- rémoth, trois. ^■'Ce sont là les fils de Lévi, selon leurs maisons paternelles, les chefs des maisons paternelles , d'après le dénombrement cju'on en fit en comp- tant les noms jiar tète. Ils étaient em- ployés au service de la maison de l'I*]- ternel, depuis l'âge de vingt ans et au-dessus. -^Car David dit : L'Eternel, le Dieu d'Israël, a donné du repos à son peuple, et il habitera pour tou- jours à .Jérusalem ; -"et les Lévites n'auront plus à porter le tabernacle et tous les ustensiles jiour son service. ^'Ce fut d'après les derniers ordres de David qu'eut lieu le dénombrement des fils de Lévi depuis l'âge de vingt ans et au-dessus. -^Placés auprès des fils d'Aaron pour le service de la mai- son de l'Eternel, ils avaient à prendre soin des parvis et des chambres, de la purification de toutes les choses saintes, des ouvrages concernant le service de la maison de Dieu, -^des pains de proposition, de la fleur de farine pour les offrandes, des galettes sans IcA^ain, des gâteaux cuits sur la plaque et des gâteaux frits, de toutes les mesures de capacité et de lon- gueur ; -^"ils avaient à se présenter chaque matin et chaque soir, afin de louer et de célébrer l'Éternel, ^'et à offrir continuellement devant l'Eter- nel tous les holocaustes à l'Eternel, aux sabbats, aux nouvelles lunes et aux fêtes, selon le nombre et les usa- ges prescrits. ^- Ils donnaient leurs soins à la tente d'assignation, au sanc- tuaire, et aux fils d'Aaron, leurs frè- res, pour le service de la maison de l'Éternel. Les prêtres distribués en fini;t-r/iiatre classes. Les chefs des classes des Lévites. Chap. XXIV. 'Voici les classes des fils d'Aaron. Filsd'iVaron : Nadab, Abihu, Éléazar et Ithamar. -Nadab et Abihu moururent avant leur père, sans avoir de fils; et Éléazar et Ithamar remplirent les fonctions du sacerdoce. ^ David divisa les fils d'Aaron en les classant pour le service qu'ils avaient à faire; Tsadok appartenait aux des- cendants d'Eléazar, et Achimélec aux descendants d'Ithamar. ''Il se trouva parmi les fils d'Eléazar plus de chefs que parmi les fils d'Ithamar, et on en fit la division ; les fils d'Eléazar avaient seize chefs de maisons paternelles, et les fils d'Ithamar huit chefs de maisons paternelles. '^On les classa par le sort, les uns avec les autres , car les chefs du sanctiuiire et les chefs de Dieu étaient des fils d'Eléazar et des fils d'Ithamar. "Schemae-a, fils de Netha- neel, le secrétaire, de la tribu de Lé- A'i , les inscrivit devant le roi et les princes, devant Tsadok, le prêtre, et Achimélec, fils d'Abiathar, et devant les chefs des maisons paternelles des prêtres et des Lévites. On tira au sort une maison paternelle pour Eléazar, et on en tira une autre pour Ithamar. 'Le premier sort échut à Jehojarib ; le second, à Jedaeja; ^le troisième, à Harim ; le quatrième, à Seorim ; 'le cinquième, à Malkija ; le sixième, à Mijamin ; "*Ie septième, à Ilakkots ; le 482 I CHRONIQUES. Chap. SI 11-20,12. huitième, à Abija ; "le neuvième, à Jo- sué ; le dixième, à Schecania ; '-le on- zième, à Eliascliib ; le douzième, à Jakim ; '^le treizième, à Iluppa ; le qua- torzième, à Jésfhébeab; 'Me ({uinziè- mc, à Bilga ; le seizième, à Immer ; '"'le dix-septième, à Ilézir; le dix-huitième, Les c/niiifrrs ilislrihiiés en l'iiif^t-i/iiiifrc classes. Chu p. A Al. 'David et les chefs de l'armée mirent à part pour le ser- vice ceux des fils d'Asaph, d'IIéman et de Jeduthun, qui prophétisaient en saccompagnant de la harpe, du luth à flappitsets ; '"le dix-neuvième, à Pe- et des cymbales. Et voici le nombre thachja ; le vingtième, à Ezéchie de ceux qui avaient des fonctions à remplir. • -Des fils d'Asaph : Zaccur, Joseph, Nethania et Aschareéla, fils d'Asa|)h, sous la direction d'Asaph, qui prophé- tisait suivant les ordres du roi. ^De vingt et unième, à .Iakin ; le vingt-deu- xième, à Gamul ; "*le vingt-troisième, à Delaja ; le vingt-quatrième, à Maa- zia. '"C'est ainsi qu'ils furent classés pour leur service, afin qu'ils entrassent Jeduthun, les fils de Jeduthun : Gue- dans la maison de l'Eternel en se con- dalia, Tseri, Esaïe, Ilaschabia, Matthi- formant à la règle établie par Aaron, thia et Schimeï, six, sous la direction leur père, d'après les ordres que lui de leur j)ère Jeduthun, qui prophéti- avait donnés l'Eternel, le Dieu d'is- sait avec la harpe pour louer et cé- raèl. -"Voici les chefs du reste des Lévi- tes. ^ Des fils d'Amram : Schubaël ; des fils de Schubaël : Jechdia ; -'de Hechabia, des fils de Rechabia : le chef Jischija. --Des Jitseharites : Sche- lébrer l'Eternel. MJ'lIénian , les fils d'IIéman : Bukkija, Matthania , Uziel, Schebuel, Jerinioth, Ilanania, Ilanani, Eliatha, Guiddalthi , Romamthi-Ezer, Joschbekascha, Mallothi, Ilothir, Ma- chazioth, Hous fils d'IIéman, qui était lomoth ; des fils de Schelomoth : Ja- voyant du roi pour révéler les paroles chath. -''Eils d'IIébron : Jerija, Amaria de Dieu et pour exalter sa puissance ; le second, Jachaziel le troisième. Je- Dieu avait donné à Héman quatorze kameam le quatrième. -■'Fils d'Uziel : fils et trois filles. Michée ; des fils de Michée : Schamir; *Tous ceux-là étaient sous la direc- ^^frère de Michée : Jischija ; des fils de tion de leurs pères pour le chant de la Jischija: Zacharie. — -"Fils de Mera- maison de l'Eternel, et avaient des ri : Machli et Muschi, et les fils de cymbales, des luths et des harpes pour Jaazija, son fils. -'Fils de Merari, de le service de la maison de Dieu. Asapiî, Jaazia, son fils: Schoham, Zaccur et Jeduthun et Héman, recevaient les Ibri. -'*De Machli : Eléazar, (pii n'eut point de fils ; -"de Kis, les fils de Ris : Jerachmeel. ^"Fils de Muschi : Machli, Eder et Jerimoth. Ce sont là les fils de Lévi, selon leurs maisons paternelles. ''Eux aussi, comme leurs frères, les fils d'Aaron, ils tirèrent au sort devant le roi Da- vid, Tsadok et Achimélec, et les chefs ordres du roi. "Ils étaient au nombre de deux cent quatre-vingt-huit, y com- ])ris leurs frères exercés au chant de l'Eternel, tous ceux qui étaient habi- les. *Ils tirèrent au sort pour leurs fonctions, petits et grands, maîtres et disciples. "Le premier sort échut pour Asaph, à Joseph; le second, à Guedalia, lui, des maisons paternelles des prêtres ses frères et ses fils, douze ; '"le troi- et des Lévites. Il en fut ainsi pour sième, à Zaccur, ses fils et ses frères, chaquechef de maison comme pour le douze; "le quatrième, à Jitseri, ses moindre de ses frères. fils et ses frères, douze ; '-le cinquiè- 483 Chap. 23, 13-20, 10. I CHRONIQUES. me, à Nethania, ses fils et ses frères, douze ; '^le sixième, à Bukkija, ses fils et ses frères, douze; '•'le septième, à Jesareéla, ses fils et ses frères, douze; '^le huitième, à Ésaïe, ses fils et ses frères, douze; '^le neuvième, à Mat- thania , ses fils et ses frères , douze ; '^le dixième, à Schimeï, ses fils et ses frères, douze ; 'Me onzième, à Azarcel, ses fils et ses frères, douze ; ''■'le dou- zième, à Haschabia, ses fils et ses frè- res, douze ; -"le treizième, à Scliubaël, ses fils et ses frères, douze; ^'le qua- torzième, à Matthithia, ses fils et ses frères, douze; "le quinzième, à Jeré- motlî, ses fils et ses frères, douze ; -^le seizième, à Ilanania, ses fils et ses frères, douze; -Me dix-septième, à Joschbekascha, ses fils et ses frères, douze ; -Me dix-huitième, à Hanani, ses fils et ses frères, douze ; -Me dix-neu- vième, à Mallothi, ses fils et ses frères, douze; "le vingtième, à Elijatha, ses fils et ses frères, douze; -Me vingt et unième, à Hothir, ses fils et ses frères, douze; -^le vingt-deuxième, à Guid- dalthi, ses fils et ses frères, douze; ^"le vingt-troisième, à Machazioth, ses fils et ses frères, douze; ^' le vingt- quatrième, à Romamthi-Ezer, ses fils et ses frères, douze. Les portiers du temple. — Autres emplois des Léi'ites. Chap. XXVI. 'Voici les classes des portiers. Des Koréites : Meschélémia, fils de Koré, d'entre les fils d'Asaph. -Fils de Meschélémia : Zacharie , le premier- né, Jediaël le second, Zebadia le troi- sième, Jathniel le quatrième, 'Elam le cinquième, Jochanan le sixième, El- joénai le septième. ■'Fils d'Obed-Edom: Schemaeja, le premier-né, Jozabad le second, Joach le troisième, Sacar le quatrième, Nethaneel le cinquième, 'Ammiel le sixième, Issacar le septiè- me, Peulthaï le huitième; car Dieu l'avait béni. ^A Schemaeja, son fils, naquirent des fils qui dominèrent dans la maison de leur père, car ils étaient de vaillants hommes ; 'fils de Sche- maeja : Othni, Rephaël, Obed, Elza- bad et ses frères, hommes vaillants, ElihuetSemaeja. ^Tous ceux-là étaient des fils d'Obed-Edom ; eux, leurs fils et leurs frères, étaient des hommes pleins de vigueur et de force pour le service, soixante-deux d'Obed-Edom. "Les fils et les frères de Meschélémia, hommes vaillants, étaient au nombre de dix-huit. — '"Des fils de Merari : Hosa, qui avait pour fils : Schimri, le chef, établi chef par son père , quoi- qu'il ne fût pas le premier-né, "Hilki- ja le second , Thebalia le troisième, Zacharie le quatrième. Tous les fils et les frères de Hosa étaient au nombre de treize. *-A ces classes de portiers, aux chefs de ces hommes et à leurs frères, fut remise la garde pour le service de la maison de l'Eternel. ''Mis tirèrent au sort pour chaque porte, petits et grands , selon leurs maisons pater- nelles. '*Le sort échut à Schélémia pour le côté de l'orient. On tira au sort pour Zacharie, son fils, qui était un sage conseiller, et le côté du septentrion lui échut par le sort. '^Le côté du midi échut à Obed-Edom, et la maison des magasins à ses fils. '^Le côté de l'oc- cident échut à Schuppim et à Hosa, avec la porte Schalléketh, sur le che- min montant : une garde était vis-à- vis de l'autre. '"Il y avait à l'orient six Lévites , au nord quatre par jour, au midi quatre par jour, et quatre aux magasins en deux places différentes ; '*du côté du faubourg, à l'occident, quatre vers le chemin , deux vers le faubourg. '"Ce sont là les classes des portiers, d'entre les fils des Koréites et d'entre les fils de Merari. 484 I CIIROMOUES. Clinp.2G,m-27,s. -"L'un des Lévites, Achija, avait lin- tendance des trésors de la maison de Dieu et des trésors des choses saintes. -'Parmi les fils de Laedan, les fils des nelles, et l'on trouva parmi eux de vaillants hommes à Jaezer en Galaad. '-Les frères de Jerija, hommes vail- lants, étaient au nombre de deux mille Guerschonites issus de Laedan, chefs sept cents chefs de maisons paternel- dcs maisons paternelles de Laedan le les. Le roi David les établit sur les Guerschonite, c'étaient Jelîiéli, -*et les Rubénites, sur les Gadites et sur la fils de Jehiéli, Zétham et Joël, son demi-tribu de Manassé pour toutes les frère, qui gardaient les trésors de la affaires de Dieu et pour les affaires du maison de l'Eternel. -'Parmi les Am- roi. ramites, les Jitseharites, les Ilébro- nites et les Uziélites, -'c'était Sche- buel, fils de Guerschom, fils de Moïse, qui était intendant des trésors. ^^ Parmi ses frères issus d'Eliézer, dont le fils fut Uechabia, dont le fils fut Esaïe, dont le fils fut Joram, dont le fils fut Zicri, dont le fils fut Schelomith, -^c'é- taient Schelomith et ses frères qui gardaient tous les trésors des choses Les chefs de l armée. — Autres fonctionnaires de Daiid. Chap. XXVII. 'Enfants d'Israël selon leur nombre, chefs de maisons paternelles, chefs de milliers et de centaines, et officiers au service du roi pour tout ce qui concernait les divi- sions, leur arrivée et leur départ, mois par mois , pendant tous les mois de saintes qu'avaient consacrées le roi l'année, chaquedivisionétantdevingt- David, les chefs des maisons pater- quatre mille hommes. nelles, les chefs de milliers et de cen- taines, et les chefs de l'armée : -'c'é- tait sur le butin pris à la guerre qu'ils les avaient consacrées pour l'entretien de la maison de l'Eternel. -'^Tout ce qui avait été consacré par Samuel, le voyant, par Saûl, fils de Kis, par Ab- ner, fils de A'er, par Joab, fils de Tse- ruja , toutes les choses consacrées -A la tète de la première division, pour le premier mois, était Jascho- beam, fils de Zabdiel; et il avait une division de vingt- quatre mille hom- mes. 'Il était des fils de Pérets, et il commandait tous les chefs des troupes du premier mois. ■•A la tète de la division du second mois était Dodaï, l'Achochite ; Mikloth étaient sous la garde de Schelomith et était l'un des chefs de sa division ; et de ses frères. il avait une division de vingt-quatre ^"Parmi les Jitseharites, Kenania et mille hommes, ses frères étaient employés pour les '^Le chef de la troisième division, affaires extérieures, comme magistrats pour le troisième mois, était Benaja, et juges en Israël. '"Parmi les llébro- fils du prêtre Jehojada, chef; et il avait nites, Haschabia et ses frères, hommes une division de vingt-quatre mille vaillants, au nombre de mille sept hommes. '^Ce Benaja était un héros cents, avaient la surveillance d'Israël, parmi les trente et à la tête des trente ; de l'autre côté du Jourdain, à l'occi- et Ammizadab, son fils, était l'un des dent, pour toutes les affaires de l'E- chefs de sa division, ternel et pour le service du roi. "En "Le quatrième, pour le quatrième ce qui concerne les Hébronites, dont mois, était Asaël , frère de Joab, et, Jerija était le chef, on fit, la quaran- après lui, Zebadia, son fils; et il avait tième année du règne de David, des une division de vingt-quatre mille recherches à leur égard d'après leurs hommes, généalogies et leurs maisons pater- 'Le cinquième, pour le cinquième 485 Chap. 27,0-28,1. I CHRONIQUES. mois, était le chef Schamehuth, le Jiz- Dan : Azareel, fils de Jerocham. Ce rachite ; et il avait une division de sont là les chefs des tribus d'Israël, vingt-quatre mille hommes. -'David ne fit point le dénombre- "Le sixième, pour le sixième mois, ment de ceux d'Israël qui étaient âgés était Ira, fds d'Ikkesch, le Tekoïte; et de vingt ans et au-dessous, car l'Eter- il avait une division de vingt-quatre nel avait promis de multiplier Israël mille hommes. comme les étoiles du ciel. "Joab, fils '"Le septième, pour le septième de Tseruja, avait commencé le dénom- mois, était Ilélets, le Pelonite, des (ils brement, mais il ne l'acheva pas, l'E- d'E))hraïm ; et il avait une division de ternel s'étant irrité contre Israël, à vingt-quatre mille hommes. cause de ce dénombrement, qui ne fut "Le huitième, pour le huitième |)oint porté parmi ceux des Chroni- mois, était Sibbecaï, le Iluschatite, de ques du roi David, la famille des Zérachites ; et il avait -^Azmaveth, fils d'Adiel, était pré- une division de vingt-quatre mille hommes. '-Le neuvième, pour le neuvième mois, était Abiézer, d'Anathoth, des Benjamites ; et il avait une division de vinet-cruatre mille hommes. |)osé sur les trésors du roi ; Jonathan, iils d'Ozias, sur les provisions dans les champs, les villes, les villages et les tours; -"Ezri, fils de Relub, sur les ouvriers de la campagne, qui culti- vaient la terre; -"Schimeï, de Rama, '"Le dixième, pour le dixième mois, sur les vignes; Zabdi, de Schepham, était Maharaï, de Nethopha, de la fa- mille des Zérachites ; et il avait une division de vingt-quatre mille hom- mes. '* Le onzième , pour le onzième sur les provisions de vin dans les vi- gnes ; -"Baal-Hanan, de Guéder, sur les oliviers et les sycomores dans la plaine; Joasch, sur les provisions d'huile; -''Schithraï, de Saron, sur les mois, était Benaja, de Pirathon, des bœufs qui paissaient en Saron; Scha- fils d'Ephraïm ; et il avait une divi- sion de vingt-quatre mille hommes. '^Le douzième, pour le douzième mois, était Ileldaï, de Nethopha, de la famille d'Othniel ; et il avait une divi- sion de vingt-c[uatre mille hommes. '* Voici les chefs des tribus d'Israël. Chef des Rubénites : Eliézer, fils de Zicri ; des Siméonites : Schephathia, fils de Maaca ; "des Lévites : llascha- phath, fils d'Adlaï, sur les bœufs dans les vallées ; ^"Obil, l'Ismaélite, sur les chameaux; Jechdia, de Méronoth, sur les ànesses ; "'Jaziz, l'IIagarénien, sur les brebis. Tous ceux-là étaient inten- dants des biens du roi David. "-Jonathan, oncle de David, était conseiller, homme de sens et de sa- voir ; Jehiel, fils de Hacmoni, était au- près des fils du roi ; ""Achitophel était armée du roi. bia, fils de Kemuel ; de la famille conseiller du roi; Huschaï, l'Arkien, d'Aaron : Tsadok ; '^de Juda : Elihu, était ami du roi; "^après Achito])hel, des frères de David ; d'Issacar : Omri, Jehojada, fils de Benaja, et Abiathar, fils de Micaël; '"de Zabulon : Jische- furent conseillers; Joab était chef de maeja, fils d'Abdias ; de Nephthali : Jerimoth, fils d'Azriel ; -"des fils d'E- phraïm : Hosée, fils d'Azazia; de la demi-tribu de Manassé : Joël, fils de Pedaja ; *'de la demi-tribu de Manassé en Galaad : Jiddo, fils de Zacharie; de ih coiniiiandations de Datiil à Salomoii pour la construction du tciiijdc. Chap. XXVIII. 'David convoqua à Jérusalem tous les chefs d'Israël, les Benjamin : Jaasiel, fils d'Abner; --de chefs des tribus, les chefs des divi- 48G I CHUONIOUES. Chnp. 58,> >-w. sions au service du roi, les chefs de milliers et les chefs de centaines, ceux qui étaient en charge sur tous les biens et les troupeaux du roi et au- près de ses fils, les eunu(pies, les hé- ros et tous les honmies vaillants. -Le roi David se leva sur ses pieds, et dit : Ecoutez-moi, mes frères et mon peu- il se laissera trouver par toi; mais si tu l'abandonnes, il te rejettera pour toujours. '"Considère maintenant que l'Eternel t'a choisi, afin (pie tu bâtisses une maison qui serve de sanctuaire. Fortifie-toi et agis. "David donna à Salomon, son fils, le modèle du portique et des bàti- ple ! J'avais l'intention de bâtir une ments, des chambres du trésor, des maison de repos pour l'arche de l'ai- chambres hautes, des chambres inté- liance de l'Eternel et pour le marche- rieures, et de la chambre du propitia- pied de notre Dieu, et je me préparais toire. '-Il lui donna le ])lan de tout ce à bâtir. '^Mais Dieu m'a dit : Tu ne bà- qu'il avait dans l'esprit touchant les tiras pas une maison à mon nom, car ])arvis de la maison de l'Eternel, et tu es un homme de guci're et tu as toutes les chambres à l'entour pour versé du sang. ■*L'Eternel, le Dieu les trésors de la maison de Dieu et les d'Israël, m'a choisi dans toute la mai- trésors du sanctuaire; '^et touchant son de mon père, pour que je fusse les classes des prêtres et des Lévites, roi d'Israël à toujours ; car il a choisi tout ce qui concernait le service de la .luda |)(jur chef, il a choisi la maison de mon père dans la maison de Juda, et parmi les fils de mon père c'est moi fpi il a voulu faire régner sur tout Is- raël. ^Entre tous mes fds — car l'Eter- nel m'a donné beaucouji de fils — il a choisi mon fils Salomon pour le faire maison de l'Eternel, et tous les usten- siles pour le service de la maison de l'Eternel. '■'Il lui donna le modèle des ustensiles d'or, avec le poids de ce qui devait être d'or, pour tous les usten- siles de chaque service ; et le modèle de tous les ustensiles d'argent, avec asseoir sur le trône du royaume de le poids, pour tous les ustensiles de l'Eternel, sur Israël. *I1 m'a dit : Salo- chaque service. '^11 donna le poids des mon, ton fds, bâtira ma maison et mes chandeliers d'or et de leurs lampes parvis; car je l'ai choisi pour mon fils, d'or, avec le poids de chacfue chaade- et je serai pour lui un père. 'J'affer- lier et de ses lampes; et le poids des mirai pour toujours son royaume, s'il chandeliers d'argent, avec le jioids de reste attaché comme aujourd'hui à la chaque chandelier et de ses lampes, pratique de mes commandements et selon l'usage de chaque chandelier, de mes ordonnances. * Maintenant, aux "Ml lui donna l'or au poids pour les ta- yeux de tout Israël, de l'assemblée de blés des pains de proposition, pour l'Eternel, et en présence de notre Dieu chaque table; et de l'argent pour les qui vous entend, observez et prenez à tables d'argent. '"Il lui donna le mo- canir tous les commandements de l'E- dèles des fourchettes, des bassins et ternel, votre Dieu, afin que vous pos- des calices d'or pur; le modèle des sédiezce bon pays et que vous le lais- coupes d'or, avec le poids de chaque siez en héritage à vos fils après vous â coupe, et des coupes d'argent, avec le perpétuité. "Et toi, Salomon, mon fils, poids de chaque coupe; '*et le modèle connais le Dieu de ton père, et sers-le de l'autel des parfums en or épuré, d'un cœur dévoué et d'une âme bien avec le poids. Il lui donna encore le disposée, car l'Eternel sonde tous les modèle du char, des chérubins d'or cœurs et pénètre tous les desseins et (|ui étendent leurs ailes et couvrent toutes les pensées. Si tu le cherches, l'archederalliancede l'Éternel. '"C'est 487 Chap.28,20-29,ro. I GHRONIOUES. par un écrit de sa main, dit David, que l'Eternel m'a donné l'intelligence de tout cela, de tous les ouvrages de ce modèle. ^"David dit à Salomon, son fds : For- tifie-toi, prends courage et agis; ne crains point, et ne t'effraie point. Car l'Eternel Dieu , mon Dieu , sera avec toi ; il ne te délaissera point, il ne t'a- bandonnera point, jusqu'à ce que tout l'ouvrage pour le service de la maison de l'Eternel soit achevé. '-'Voici les classes des prêtres et des Lévites pour tout le service de la maison de Dieu ; et voici ]irès de toi, pour toute l'œu- vre, tous les hommes bien disposés et ce qui doit être d'or, et l'argent pour ce qui doit être d'argent, et pour tous les travaux qu'exécuteront les ou- vriers. Qui veut encore présenter vo- lontairement aujourd'hui ses offran- des à l'Eternel ? ''Les chefs des maisons paternelles, les chefs des tribus d'Israël, les chefs de milliers et de centaines, et les in- tendants du roi, firent volontairement des offrandes. "Ils donnèrent pour le service de la maison de Dieu cinq mille talents d'or, dix mille dariques, dix mille talents d'argent, dix-huit mille talents d'airain, et cent mille talents de fer. ^Ceuxqui possédaient des pier- habiles dans toute espèce d'ouvrages, res les livrèrent pour le trésor de la et les chefs et tout le peuple dociles à tous tes ordres. O/frandcs i'olontaircs pour le temple. — Prière (le Dcnicl. — .S'a mort. Chap. XXIX. ' Le roi David dit à toute l'assemblée : Mon fils Salomon, le seul cpie Dieu ait choisi, est jeune et d'un âge faible, et l'ouvrage est con- maison de l'Éternel entre les mains de Jehiel, le Guerschonite. ^Le peuple se réjouit de leurs offrandes volontaires, car c'était avec un cœur bien disposé (pi'ils les faisaient à l'Eternel; et le roi David en eut aussi une grande joie. '"David bénit l'Eternel en présence de toute l'assemblée. 11 dit : Béni sois- tu, d'éternité en éternité. Eternel, Dieu sidérable, car ce palais n'est pas pour de notre père Israël! "A toi, Eternel, un homme, mais il est pour l'Éternel Dieu. -J'ai mis toutes mes forces à préparer pour la maison de mon Dieu de l'or ]>our ce qui doit être d'or, de 1 ;irgent j)our ce qui doit être d'argent, de l'airain pour ce qui doit être d'ai- rain, du fer pour ce qui doit être de fer, et du bois pour ce qui doit être de bois, des pierres d'onyx et des pierres à enchâsser, des pierres brillantes et de diverses couleurs, toutes sortes de pierres précieuses, et du marbre blanc en quantité. 'De plus, dans mon atta- chement pour la maison de mon Dieu, je donne à la maison de mon Dieu l'or et l'argent que je possède en propre, outre tout ce que j'ai préparé pour la maison du sanctuaire : ''trois mille ta- lents d'or, d'or d'Ophir, et sept mille talents d'argent éjmré, pour en revê- tir les parois des bâtiments, ''l'or pour la m agni fi- la grandeur, la force et cence, l'éternité et la gloire, car tout ce qui est au ciel et sur la terre t'ap- partient; à toi, Eternel, le règne, car tu t'élèves souverainement au-des- sus de tout! '-C'est de toi que vien- nent la richesse et la gloire, c'est toi qui domines sur tout, c'est dans ta main que sont la force et la puissance, et c'est ta main qui a le pouvoir d'a- grandir et d'affermir toutes choses. '"'Maintenant, ô notre Dieu, nous te louons, et nous célébrons ton nom glorieux. '*Car qui suis-je et qui est mon peuple, que nous puissions te faire volontairement ces offrandes ? Tout vient de toi, et nous recevons de ta main ce que nous t'offrons. '^Nous sommes devant toi des étrangers et des habitants, comme tous nos pères ; nos jours sur la terre sont comme 488 I CHRONIQUES. Chap.'iQ, 16-30. l'ombre, et il n'y a point d'espéranee. '^Eternel, notre Dieu, c est de ta main (|ue viennent toutes ces richesses que nous avons préparées pour te bâtir une maison, à toi, à ton saint nom, et c'est à toi que tout appartient. '"Je sais , ô mon Dieu , que tu sondes le cœur, et que tu aimes la droiture ; aussi je t'ai tait toutes ces offrandes volontaires dans la droiture de mon cœur, et j'ai vu maintenant avec joie ton peuple qui se trouve ici t'offrir volontairement ses dons. '^Eternel, Dieu d'Abraham, disaac et d'Israël, nos pères, maintiens à toujours dans le canir de ton peuple ces disposi- tions et ces pensées, et aflermis son ca^ur en toi : ''Donne à mon fils Salo- mon un cœur dévoué à l'observation de tes commandements , de tes pré- ceptes et de tes lois, afin qu'il mette en ])ratique toutes ces choses, et qu'il bâtisse le palais pour lequel j'ai fait des préparatifs. -"David dit à toute l'assemblée : Bé- nissez l'Eternel, votre Dieu! Et toute l'assemblée bénit l'Eternel , le Dieu de leurs pères. Ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant l'Eternel et de- vant le roi. "-'Le lendemain de ce jour, ils offrirent en sacrifice et en holo- causte à l'Eternel mille taureaux, mille béliers, et mille agneaux, avec les li- bations ordinaires, et d'autres sacrifi- ces en grand nombre pour tout Israël. ^^Ils mangèrent et burent ce jour-là devant l'Eternel avec une grande joie, ils proclamèrent roi pour la seconde fois Salomon, fils de David, ils l'oi- gnirent devant l'Eternel comme chef, et ils oignirent Tsadok comme prêtre. -^Salomon s'assit sur le trône de l'E- ternel, comme roi à la place de David, son père. Il prospéra, et tout Israël lui obéit. -*Tous les chefs et les héros, et même tous les fils du roi David, se soumirent au roi Salomon. "L'Eternel éleva au plus haut degré Salomon sous les yeux de tout Israël, et il rendit son règne plus éclatant que ne fut celui d'aucun roi d'Israël avant lui. -"David, fils d'isaï, régna sur tout Israël. -"Le temps qu'il régna sur Is- raël fut de quarante ans : à Hébron il régna sept ans, et à Jérusalem il ré- gna trente-trois ans. '-''Il mourut dans une heureuse vieillesse, rassasié de jours, de richesse et de gloire. Et Sa- lomon, son fils, régna à sa place. -'•'Les actions du roi David, les pre- mières et les dernières , sont écrites dans le livre de Samuel le voyant, dans le livre de Nathan le prophète, et dans le livre de Gad le prophète, ^"avec tout son règne et, tous ses ex- ploits, et ce qui s'est passé de son temps, soit en Israël, soit dans tous les royaumes des autres pays. LE SECOND LIVRE DES CHRONIQUES HISTOIRE DE SALOTIION {Chap. 1-9.) Salomon roi. — Dieu lui accordant la sagesse et la gloire. CJiap. I. 'Salomon, fils de David, plisse, puisque tu m'as fait régner sur s'affermit dans son règne; l'Eternel, un peuple nombreux comme la pous- son Dieu, fut avec lui, et l'éleva à un sière de la terre! '"Accorde-moi donc haut degré. de la sagesse et de l'intelligence, afin -Salomon donna des ordres à tout que je sache me conduire à la tète de Israël, aux chefs de milliers et de cen- ce peuple ! Car cpii pourrait juger ton taines, aux juges, aux princes de tout peuple, ce peuple si grand? Israël, aux chefs des maisons pater- "Dieu dit à Salomon : Puisque c'est nclles ; ^et Salomon se rendit avec là ce qui est dans ton cœur, puisque toute l'assemblée au haut lieu qui était tu ne demandes ni des richesses, ni à Gabaon. Là se trouvait la tente d'as- des biens, ni de la gloii-e, ni la mort signation de Dieu, faite dans le désert de tes ennemis, ni même une longue par Moïse, serviteurdel'Eternel ;''mais vie, et que tu demandes pour toi de la l'arche de Dieu avait été transportée sagesse et de l'intelligence afin de ju- par David de Kirjath-Jearim à la place ger mon peuple sur lequel je t'ai fait qu'il lui avait préparée, car il avait dressé pour elle une tente à Jérusa régner, '"-la sagesse et l'intelligence te sont accordées. Je te donnerai, en outre, des richesses, des biens et de la gloire, comme n'en a jamais eu au- cun roi avant toi et comme n'en aura aucun après toi. Salomon revint à Jérusalem, après lem. ^Là se trouvait aussi, devant le tabernacle de l'Eternel, l'autel d'ai- rain qu'avait fait Betsaleel, fils d'Uri, fils de Ilur. Salomon et l'assemblée cherchèrent l'Eternel. '^Et ce fut là, sur l'autel d'airain qui était devant la avoir quitté le haut lieu qui était àGa- tente d'assignation, que Salomon of- baon et la tente d'assignation. Et il frit à l'Eternel mille holocaustes. régna sur Israël. 'Pendant la nuit. Dieu apparut à '■'Salomon rassembla des chars et Salomon et lui dit : Demande ce que de la cavalerie ; il avait quatorze cents tu veux que je te donne. "^Salomon ré- chars et douze mille cavaliers, qu'il pondit à Dieu : Tu as traité David, plaça dans les villes où il tenait ses mon père, avec une grande bienveil- chars et à Jérusalem près du roi. '^Le lance, et tu m'as fait régner à sa j)lace. roi rendit l'argent et l'or aussi com- "Maintenant, Eternel Dieu, que ta pro- muns à Jérusalem que les pierres, et messe à David, mon père, s'accom- les cèdres aussi communs que les sy- 490 II CHRONIQUES. Chap. Lic-S, m. comores qui croissent dans la plaine, connaissant la sculpture, afin qu'il tra- "'C'était (le rÉgypte que Salomon ti- vaille avec les hommes habiles (pii rait ses chevaux; une caravane de sont auprès de moi en Juda et à Jéru- marchands du roi les allait chercher salem et que David, mon père, a choi- par troupes à un prix fixe; "on fai- sis. *Envoie-moi aussi du Liban des sait monter et sortir d'Egypte un char bois de cèdre, de cyprès et de sandal ; car je sais que tes serviteurs s enten- dent à couper les bois du Liban. Voici, mes serviteurs seront avec les tiens. "Que l'on me prépare du bois en abon- dance, car la maison que je vais bâtir sera grande et magnifique. '"Je don- nerai à tes serviteurs qui couperont, qui abattront les bois, vingt mille cors ' Salomon ordonna que de froment foulé, vingt mille cors d'or- pour SIX cents sicles d argent, et un cheval pour cent cinquante sicles. Ils en amenaient de même avec eux pour tous les rois des lléthiens et pour les rois de Syrie. Préparalifs tic Srihniion pour la construction du temple. Chap. IL l'on bâtît une maison au nom de l'E- ternel et une maison royale pour lui. -Salomon compta soixante-dix mille hommes pour ]K)i-ter les fardeaux, qua- tre-vingt mille pour tailler les pieri'es dans la montagne, et trois mille six cents pour les surveiller. ge, vingt mille baths de vin, et vingt mille baths d'huile. "lluram, roi de Tyr, répondit dans une lettre qu'il envova à Salomon : C'est ]>arce que l'Eternel aime son peuple (pi'il ta établi roi sur eux. '"-llu- ram dit encore : Béni soit l'Eternel, 'Salomon envoya dire à Huram, roi le Dieu d'Israël, qui a fait les cieux et de Tyr : Fais pour moi comme tu as la terre, de ce qu'il a donné au roi fait pour David, mon père, à qui tu as David un fils sage, prudent et intelli- envové des cèdres afin qu'il se bâtît gent, qui va bâtir une maison à l'Eter- iiiie maison d'habitation. 'Voici, j'é- nel et une maison royale pour lui ! '".le lève une maison au nom de l'Eternel, t'envoie donc un homme habile et in- mon Dieu, pour la lui consacrer, pour telligent, IIuram-Abi, '*fils d'une fem- brùler devant lui le parfum odorifé- me d'entre les filles de Dan, et d'un rant, pour présenter continuellement père Tyrien. Il est habile pour les ou- ïes pains de proposition, et pour offrir vrages en or, en argent, en airain et les holocaustes du matin et du soir, en fer, en pierre et en bois, en étoffes des sabbats, des nouvelles lunes, et teintes en pourpre et en bleu, en des fêtes de l'Éternel, notre Dieu, sui- étoffes de byssus et de carmin, et pour vaut une loi perpétuelle pour Israël, toute espèce de sculptures et d'objets ^La maison que je vais bâtir doit être d'art qu'on lui donne à exécuter. Il grande, car notre Dieu est plus grand travaillera avec tes hommes habiles et que tous les dieux. ^Mais qui a le pou- avec les hommes habiles de mon sei- voir de lui bâtir une maison, puisque gneur David, ton père. '^Maintenant, les cieux et les cieux des cieux ne peu- que mon seigneur envoie à ses servi- vent le contenir? Et qui suis-je pour teurs le froment, l'orge, l'huile et !e lui bâtir une maison, si ce n'est pour vin, dont il a parlé. '*Et nous, nous hiire brider des parfums devant lui? couperons des bois du Liban autant "Envoie-moi donc un homme habile que tu en auras besoin; nous te les jiour les ouvrages en or, en argent, en ex]:)édierons par mer en radeaux jus- airain et en fer, en étoIFes teintes en qu'à Ja])ho, et tu les feras monter à [)ourpre, en cramoisi et en bleu, et Jérusalem. 491 Chap. 2, . 4,3. II CIIRONIOUES. ' ' Salomon compta tous les étrangers qui étaient clans le pays d'Israël, et dont le dénombrement avait été fait par David, son père. On en trouva cent cinquante-trois mille six cents. **Et il en prit soixante-dix mille pour porter les fardeaux, quatre-vingt mille pour tailler les pierres dans la mon- tagne, et trois mille six cents pour surveiller et faire travailler le peuple. Construction du temple. Chap. III. 'Salomon commença à bâtir la maison de l'Eternel à Jérusa- lem, sur la montagne de Morija qui avait été indiquée à David, son père, dans le lieu préparé par David sur l'aire d'Oman, le Jébusien. -11 com- mença à bâtir le second jour du second mois de la quatrième année de son règne. ^Voici sur quels fondements Salo- mon bâtit la maison de Dieu. La lon- gueur en coudées de l'ancienne me- sure était de soixante coudées, et la largeur de vingt coudées. ■'Le portique sur le devant avait vingt coudées de longueur répondant à la largeur de la maison, et cent vingt de hauteur; Sa- lomon le couvrit intérieurement d'or pur. 'Il revêtit de bois de cyprès la grande maison, la couvrit d'or pur, et y fit sculpter des palmes et des chaî- nettes. *I1 couvrit la maison de pierres précieuses comme ornement; et l'or était de l'or de Parvaïm. ^11 couvrit d'or la maison, les poutres, les seuils, les parois et les battants des portes, et il fit sculpter des chérubins sur les parois. •^Il fit la maison du lieu très saint; elle avait vingt coudées de longueur répondant à la largeur de la maison, et vingt coudées de largeur. Il la cou- vrit d'or pur, pour une valeur de six cents talents; 'et le poids de l'or pour les clous montait à cinquante sicles. Il couvrit aussi d'or les chambres hau- tes. '"Il fit dans la maison du lieu très saint deux chérubins sculptés, et on les couvrit d'or. " Les ailes des chéru- bins avaient vingt coudées de lon- gueur. L'aile du premier, longue de cinq coudées, touchait au mur de la maison ; et l'autre aile, longue de cinq coudées, touchait à l'aile du second chérubin. '-L'aile du second chérubin, longue de cinq coudées, touchait au mur de la maison; et l'autre aile, lon- gue de cinq coudées, joignait l'aile du premier chérubin. '^Les ailes de ces chérubins, déployées, avaient vingt coudées. Ils étaient debout sur leurs pieds, la face tournée vers la maison. '"•Il fit le voile bleu, pourpre et cra- moisi, et de byssus, et il y représenta des chérubins. Les deux colonnes d'airain, l'autel d'airain, la mer d'airain, les bassins, et les divers usten- siles pour le temple. 'Ml fit devant la maison deux co- lonnes de trente-cinq coudées de hau- teur, avec un chapiteau de cinq cou- dées sur leur sommet. '* Il fit des chaînettes comme celles qui étaient dans le sanctuaire, et les plaça sur le sommet des colonnes, et il fit cent grenades qu'il mit dans les chaînettes. '"Il dressa les colonnes sur le devant du temple, l'une à droite et l'autre à gauche; il nomma celle de droite Ja- kin, et celle de gauche Boaz. Chap. IV. '11 fit un autel d'airain, long de vingt coudées, large de vingt coudées, et haut de dix coudées. -Il fit la mer de fonte. Elle avait dix coudées d'un bord à l'autre, une forme entièrement ronde, cinq coudées de hauteur, et une circonférence que me- surait un cordon de trente coudées. ^Des figures de bœufs l'entouraient au-dessous de son bord, dix par cou- dée, faisant tout le tour de la mer; les 492 II CIIROXIOUES. Chap. 4,i-5j5. bœufs, disposés surdeux rangs, étaient fondus avec elle en une seule pièce. *Elle était posée sur douze bœufs, dont trois tournés vers le nord, trois tour- nés vers l'occident, trois tournés vers le midi, et trois tournés vers l'orient; la mer était sur eux, et toute la partie postérieure de leur corps était en de- dans. ^Son épaisseur était d'un palme; et son bord, semblable au bord d'une coupe, était façonné en fleur de lis. Elle pouvait contenir trois mille baths. *I1 fit dix bassins, et il en plaça cinq à droite et cinq à gauche, pour qu'ils servissent aux purifications : on y la- vait les diverses parties des holocaus- tes. La mer était destinée aux ablu- tions des prêtres. 'Il fit dix chandeliers d'or, selon l'ordonnance qui les concernait, et il les plaça dans le temple, cinq adroite et cinq à gauche. *I1 fit dix tables, et il les ])laça dans le temple, cinq à droite et cinq à gau- che. Il fit cent coupes d'or. 'Il fit le parvis des prêtres, et le grand parvis avec ses portes dont il couvrit d'airain les battants. '"Il plaça la mer du côté droit, au sud-est. "Huram fit les cendriers, les pelles et les coupes. Ainsi Huram acheva l'ouvrage que le roi Salomon lui fit faire pour la mai- son de Dieu : '-deux colonnes, avec les deux chapiteaux et leurs bour- relets sur le sommet des colonnes; les deux treillis, pour couvrir les deux bourrelets des chapiteaux sur le sommet des colonnes ; *^les quatre cents grenades pour les deux treillis, deux rangées de grenades par treillis, pour couvrir les deux bourrelets des chapiteaux sur le sommet des colon- nes ; '*les dix bases, et les dix bassins sur les bases; '^la mer, et les douze bœufs sous elle; "'les cendriers, les pelles et les fourchettes. Tous ces us- tensiles que le roi Salomon fit faire à Huram-Abi pour la maison de l'Eter- nel étaient d'airain poli. '"Le roi les fit fondre dans la plaine du Jourdain, dans un sol argileux, entre Succoth et Tseréda. '"Salomon fit tous ces usten- siles en si grande quantité que l'on ne vérifia pas le poids de l'airain. '\Salomon fit encore tous les autres ustensiles pour la maison de Dieu : l'autel d'or; les tables sur lesquelles on mettait les pains de pro])osition ; -"les chandeliers et leurs lampes d'or ]3ur, qu'on devait allumer selon l'or- donnance devant le sanctuaire, -'les fleurs, les lampes et les mouchettes d'or, d'or très pur; -*les couteaux, les coupes, les tasses et les brasiers d'or pur; et les battants d'or pour la porte de l'intérieur de la maison à l'entrée du lieu très saint, et pour la porte de la maison à l'entrée du temple. Chap. V. 'Ainsi fut achevé tout l'ouvrage que Salomon fit pour la mai- son de l'Eternel. Puis il apporta l'ar- gent, l'or et tous les ustensiles, que David, son père, avait consacrés, et il les mit dans les trésors de la maison de Dieu. Dédicace du temple. — Prière de Salomon. Apparition de Dieu à Salomon. ^Alors Salomon assembla à Jérusa- lem les anciens d'Israël et tous les chefs des tribus, les chefs de famille des enfants d'Israël, pour transporter de la cité de David, qui est Sion, l'ar- che de l'alliance de l'Eternel. ^Tous les hommes d'Israël se réu- nirent auprès du roi pour la fête, qui se célébra le septième mois. ■•Lorsque tous les anciens d'Israël furent arrivés, les Lévites portèrent 1 arche. ^Ils transportèrent l'arche, la tente d'assignation, et tous les usten- siles sacrés qui étaient dans la tente: ce furent les prêtres et les Lévites qui 493 Chap. 5,6-6,13. II CHRONIQUES. les transportèrent. * Le roi Salomon et Chap. VI. 'Alors Salomon dit toute l'assemblée d'Israël convoquée L'Eternel veut habiter dans l'obscu- auprès de lui se tinrent devant l'arche. Ils sacrifièrent des brebis et des bœufs, qui ne purent être ni comptés, ni nom- bres à cause de leur multitude. 'Les prêtres portèrent l'arche de l'alliance rite ! -Et moi, j'ai bâti une maison qui sera ta demeure, un lieu où tu réside- ras éternellement ! •'Le roi tourna son visage, et bénit toute l'assemblée d'Israël; et toute de l'Éternel à sa place, dans le sanc- l'assemblée d'Israël était debout. ■'Et tuaire de la maison, dans le lieu très il dit: Béni soit l'Eternel, le Dieu d'Is- saint, sous les ailes des chérubins, raël, qui a parlé de sa bouche à David, ''Les chérubins avaient les ailes éten- mon père, et c{ui accomj^lit par sa dues sur la place de l'arche, et ils cou- jouissance ce qu'il avait déclaré en vraient l'arche et ses barres par-des- disant : ^Depuis le jour où j'ai fait sor- sus. ^On avait donné aux barres une tir mon peuple du pays d'Egypte, je longueur telle que leurs extrémités se n'ai point choisi de ville parmi toutes voyaient à distance de l'arche devant les tribus d'Israël pour qu'il y fût bâti le sanctuaire, mais ne se voyaient une maison où résidât mon nom, et je ])oint du dehors. L'arche a été là jus- n'ai point choisi d'homme pour cju'il f[u'à ce jour. '-Il n'y avait dans l'arche fût chef de mon ]ieu|)le d'Israël ; '^mais c|ue les deux tables que Moïse y jilaca j'ai choisi Jérusalem pour que mon en Horeb, lorsque l'Eternel fit alliance nom y résidât, et j'ai choisi David pour avec les enfants d'Israël, à leur sortie qu'il régnât sur mon peuple d'Israël ! d'Egy])te. "David, mon père, avait l'intention de "Au moment où les jirêtres sorti- bâtir une maison au nom de l'Eternel, rent du lieu saint, — car tous les prê- le Dieu d'Israël. *Et l'Eternel dit à très présents s'étaient sanctifiés sans David, mon ])ère : Puisque tu as eu observer l'ordre des classes, '-et tous l'intention de bâtir une maison à mon lesLévitesquiétaientchantres, Asaph, nom, tu as bien fait d'avoir eu cette Héman, Jeduthun, leurs fils et leurs intention. "Seulement, ce ne sera pas frères, revêtus de byssus, se tenaient toi qui bâtiras la maison; mais ce sera à l'orient de l'autel avec des cymbales, des luths et des harpes, et avaient au- près d'eux cent vingt ])rêtres sonnant I des trompettes. et lorsque ceux ton fils, sorti de tes entrailles, qui bâtira la maison à mon nom. '"L'Eter- nel a accompli la jiarole qu'il avait prononcée. Je me suis élevé à la place qui sonnaient des trompettes et ceux de David, mon père, et je me suis assis qui chantaient, s'unissant d'un même sur le trône d'Israël, comme l'avait accord pour célébrer et pour louer annoncé l'Eternel, et j'ai bâti la mai- l'Eternel, firent retentir les trompet- son au nom de l'Eternel, le Dieu d'Is- tes, les cymbales et les autres instru- raël. "J'y ai placé l'arche où est l'al- ments, et célébrèrent l'Eternel par ces liance de l'Eternel, l'alliance qu'il a paroles : Car il est bon, car sa miséri- faite avec les enfants d'Israël. corde dure à toujours ! en ce moment, la maison, la maison de l'Éternel fut remplie d'une nuée. "Les prêtres ne purent pas y rester pour faire le ser- vice, à cause de la nuée; car la gloire '^Salomon se plaça devant l'autel de l'Éternel, en face de toute l'assemblée d'Israël, et il étendit ses mains. '^Car Salomon avait fait une tribune d'ai- rain, et l'avait mise au milieu du par- de l'Éternel remplissait la maison de vis; elle était longue de cinq coudées, Dieu. large de cinq coudées, et haute de 494 II CHRONIQUES trois coudées; il s'y plaça, se mit à Chap. G, i'i-3t. genoux en face de toute l'assemblée d'Israël, et étendit ses mains vers le ciel. Et il dit : '*0 Eternel, Dieu d'Israël! Il n'y a point de Dieu semblable à toi, dans les cieux et sur la terre : tu gardes l'alliance et la miséricorde envers tes serviteurs qui marchent en ta j)résence de tout leur cœur ! '^Ainsi tu as tenu parole à ton serviteur David, mon père ; et ce que tu as déclaré de ta devant ton autel, dans cette maison, — -*écoutc-le des cieux, agis, et juge tes serviteurs ; condamne le coupable, et fais retomber sa conduite sur sa tête; rends justice à l'innocent, et traite-le selon son innocence ! -■•Quand ton peuple d'Israël sera battu par l'ennemi, pour avoir péché contre toi ; s'ils reviennent à toi et rendent gloire à ton nom, s'ils t'adres- sent des prières et des supplications dans cette maison, — ^'^ exauce-les des bouche, tu l'accomplis en ce jour par cieux, pardonne le péché de ton peu- ta puissance. '"Maintenant, Eternel, pie d'Israël, et ramène-les dans le pays Dieu d'Israël, observe la promesse que que tu as donné à eux et à leurs pères ! tu as faite à David, mon père, en di- sant : Tu ne manqueras jamais devant moi d'un successeur assis sur le trône d'Israël, pourvu que tes fils prennent garde à leur voie et qu'ils marchent dans ma loi comme tu as marché en ma présence. "Qu'elle s'accomplisse donc. Eternel, Dieu d'Israël, la pro- messe que tu as faite à ton serviteur David ! '*Mais quoi ! Dieu habiterait-il véri- tablement avec l'homme sur la terre ? Voici, les cieux et les cieux des cieux ne peuventte contenir: combien moins cette maison que j'ai bâtie! ''Toute- fois, Eternel mon Dieu, sois attentif à la prière de ton serviteur et à sa sup- plication; écoute le cri et la prière que t'adresse ton serviteur. ^"Que tes yeux soient jour et nuit ouverts sur cette maison, sur le lieu dont tu as dit -"Quand le ciel sera fermé et qu'il n'y aura point de pluie, à cause de leurs péchés contre toi; s'ils prient dans ce lieu et rendent gloire à ton nom, et s'ils se détournent de leurs péchés, parce que tu les auras châtiés, — "exauce-les des cieux, pardonne le péché de tes serviteurs et de ton peuple d'Israël, à qui tu enseigneras la bonne voie dans laquelle ils doivent marcher, et fais venir la pluie sur la terre que tu as donnée pour héritage à ton peuple ! -*Quand la famine, la peste, la rouille et la nielle", les sauterelles d'une es- pèce ou d'une autre*, seront dans le pays, quand l'ennemi assiégera ton peuple dans son pays, dans ses portes'', quand il y aura des fléaux ou des ma- ladies quelconques; -'si un homme, si tout ton peuple d'Israël fait enten- quelàserait ton nom ! Écoute la prière dre des prières et des supplications, que ton serviteur fait en ce lieu, et que chacun reconnaisse sa plaie et *" Daigne exaucer les supplications de sa douleur et étende les mains vers ton serviteur et de ton peuple d'Israël, cette maison, — -'"exauce-le des cieux, lorsqu'ils prieront en ce lieu ! Exauce du lieu de ta demeure, et pardonne; du lieu de ta demeure, des cieux, rends à chacun selon ses voies, toi qui exauce et pardonne ! ^*Si quelqu'un pèche contre son pro- chain et qu'on lui impose un serment pour le faire jurer, et s'il vient jurer a. yii'//e. ni;il;idi(' di-s i)laMtcs, qui en fait lancr la verdure, r.aulerclles. c. Ses poi tfx, ses villes. connais le coeur de chacun, car seul tu connais le cœur des enfants des hommes, "et ils te craindront pour marcher dans tes voies tout le temps b. llëb. iarbe et le hasilf doux espèces de 495 32 Chap. 6,3-2-7,1. II CHRONIQUES. qu'ils vivront dans le pays que tu as donné à nos pères ! ^* Quand l'étranger, qui n'est pas de ton peuple d'Israël, viendra d'un pays lointain, à cause de ton grand nom, de ta main forte et de ton bras étendu, quand il viendra prier dans cette mai- son, — ^'exauce-le des cieux, du lieu de ta demeure, et accorde à cet étran- ger tout ce qu'il te demandera, afin que tous les peuples de la terre con- naissent ton nom pour te craindre, comme ton peuple d'Israël, et sachent que ton nom est invoqué sur cette mai- son que j'ai bâtie ! ^^Quand ton peuple sortira pour combattre ses ennemis, en suivant la voie que tu lui auras prescrite ; s'ils t'adressent des prières, les regards tournés vers cette ville que tu as choi- sie et vers la maison que j'ai bâtie en ton nom, — ^''exauce des cieux leurs prières et leurs supplications, et fais- leur droit ! ^* Quand ils pécheront contre toi, car il n'y a point d'homme qui ne pè- che, quand tu seras irrité contre eux et que tu les livreras à l'ennemi, qui les emmènera captifs dans un pays lointain ou rapproché; ^'s'ils rentrent en eux-mêmes dans le pays où ils se- ront captifs, s'ils reviennent à toi et t'adressent des supplications dans le pays de leur captivité, et qu'ils di- sent : Nous avons péché, nous avons commis des iniquités, nous avons fait le mal! ^''s'ils reviennent à toi de tout leur cœur et de toute leur âme, dans le pays de leur captivité où ils ont été emmenés captifs, s'ils t'adressent des prières, les regards tournés vers leur pays que tu as donné à leurs pères, vers la ville que tu as choisie et vers la maison que j'ai bâtie à ton nom, — *'exauce des cieux, du lieu de ta de- meure, leurs prières et leurs suppli- cations, et fais-leur droit ; pardonne à grâces, parce que l'autel d'airain qu'a ton peuple ses péchés contre toi ! vait fait Salomon ne pouvait contenir *"' Maintenant, ô mon Dieu, que tes yeux soient ouverts, et que tes oreilles soient attentives à la prière faite en ce lieu! ■"Maintenant, Eternel Dieu, lève- toi, viens à ton lieu de repos, toi et l'arche de ta majesté ! Que tes prêtres, Eternel Dieu, soient revêtus de salut, et que tes bien-aimés jouissent du bonheur! ■'-Eternel Dieu, ne repousse pas ton oint, souviens-toi des grâces accordées à David, ton serviteur ! Chap. VIL 'Lorsque Salomon eut achevé de prier, le feu descendit du ciel et consuma l'holocauste et les sacrifices , et la gloire de l'Eternel remplit la maison. -Les prêtres ne pouvaient entrer dans la maison de l'Eternel, car la gloire de l'Éternel remplissait la maison de l'Eternel. 'Tous les enfants d'Israël virent des- cendre le feu et la gloire de l'Eternel sur la maison ; ils s'inclinèrent le vi- sage contre terre sur le pavé, se pros- ternèrent, et louèrent l'Eternel, en di- sant : Car il est bon, car sa miséricorde dure à toujours ! ■'Le roi et tout le peuple offrirent des sacrifices devant l'Eternel. ^Le roi Salomon immola vingt-deux mille bœufs et cent vingt mille brebis. Ainsi le roi et tout le peuple firent la dédi- cace de la maison de Dieu. *Les prê- tres se tenaient à leur poste , et les Lévites aussi avec les instruments faits en l'honneur de l'Eternel par le roi David pour le chant des louanges de l'Eternel, lorsque David les char- gea de célébrer l'Eternel en disant : Car sa miséricorde dure à toujours ! Les prêtres sonnaient des trom - pettes vis-à-vis d'eux. Et tout Israël était là. 'Salomon consacra le milieu du par- vis, qui est devant la maison de l'Eter- nel ; car il offrit là les holocaustes et les graisses des sacrifices d'actions de 496 II CHRONIQUES. Chap. 7,8-8, 7. les holocaustes , les offrandes et les graisses. *Salomon célébra la fête en ce temps- là pendant sept jours, et tout Israël avec lui ; une grande multitude était venue depuis les environs de Hamath sant : Tu ne manqueras jamais d'un successeur qui règne en Israël. "^Mais si vous vous détournez, si vous aban- donnez mes lois et mes commande- ments que je vous ai prescrits, et si vous allez servir d'autres dieux et vous jusqu'au torrent d'Egypte. 'Le hui- jirosterner devant eux, -"je vous arra- tième jour, ils eurent une assemblée solennelle; car ils firent la dédicace de l'autel pendant sept jours, et la fête pendant sept jours. "^Le vingt- troisième jour du septième mois, Sa- lomon renvoya dans ses tentes le peu- ple joyeux et content pour le bien que l'Eternel avait fait à David, à Salomon, et à Israël, son jieuple. cherai de mon pays que je vous ai donné, je rejetterai loin de moi cette maison que j'ai consacrée à mon nom, et j'en ferai un sujet de sarcasme et de raillerie parmi tous les peuples. -'Et si haut placée qu'ait été cette maison, quiconque passera près d'elle sera dans l'étonnement, et dira : Pour- quoi l'Eternel a-t-il ainsi traité ce pays "Lorsque Salomon eut achevé la et cette maison? "Et l'on répondra maison de l'Eternel et la maison du roi, et qu'il eut réussi dans tout ce qu'il s'était proposé de faire dans la maison de l'Eternel et dans la maison du roi, '-rÉterncl aj>parut à Salomon pendant la nuit, et lui dit : J'exauce ta ])rière, et je choisis ce lieu comme la maison où l'on devra m'offrir des sa- crifices. "Quand je fermerai le ciel et qu'il n'y aura point de pluie, quand j'ordonnerai aux sauterelles de consu- mer le pays, quand j'enverrai la peste parmi mon peuple; '*si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s'humi- lie, prie, et cherche ma face, et s'il se détourne de ses mauvaises A'oies, — je l'exaucerai des cieux, je lui pardon- nerai son péché, et je guérirai son pays. ''Mes yeux seront ouverts dé- sormais, et mes oreilles seront atten- tives à la prière faite en ce lieu. '^Main- tenant, je choisis et je sanctifie cette maison pour que mon nom y réside à jamais, et j'aurai toujours là mes yeux et mon cœur. "Et toi, si tu marches en ma présence comme a marché Da- vid, ton père, faisant tout ce que je t'ai commandé, et si tu observes mes lois et mes ordonnances, "*j'affermirai le trône de ton royaume, comme je l'ai promis à David, ton père, en di- Parce qu'ils ont abandonné l'Éternel, le Dieu de leurs pères, qui les a fait sortir du pays d'Egypte, parce qu'ils se sont attachés à d'autres dieux, se sont prosternés devant eux et les ont servis; voilà pourquoi il a fait venir sur eux tous ces maux. filles bâties par Salomon. - à Opliir. Navires envoyés Au bout de vingt Chap. y III. ans, pendant lesquels Salomon bâtit la maison de l'Eternel et sa propre maison, -il reconstruisit les villes que lui donna Huram et y établit des en- fants d'Israël. ^Salomon marcha con- tre Hamath, vers Tsoba, et s'en em- para. ■'Il bâtit Thadmor au désert, et toutes les villes servant de magasins en Hamath. 'Il bâtit Beth-Horon la haute et Beth-Horon la basse, villes fortes, ayant des murs, des portes et des barres; ''Baalath, et toutes les villes servant de magasins et lui ap- partenant, toutes les villes pour les chars, les villes pour la cavalerie, et tout ce qu'il plut à Salomon de bâtir à Jérusalem, au Liban, et dans tout le pays dont il était le souverain. 'Tout le peuple qui était resté des Iléthiens, des Amoréens, des Phéréziens, des 497 Chap. 8,8-0,1. II CHRONIQUES. Iléviens et des Jébusiens , ne faisant point partie d'Israël, ^'leurs descen- dants qui étaient restés après eux dans le pays et que les enfants d'Israël n'a- de l'Éternel fut fondée et jusqu'à ce- lui où elle fut terminée. La maison de l'Eternel fut donc achevée. ''Salomon partit alors pour Etsjon- vaient pas détruits, Salomon les leva Guéber et pour Élotli, sur les bords comme gens de corvée, ce qu'ils ont de la mer, dans le pays d'Édo Et Huram lui envoya par ses sei'viteurs des navires et des serviteurs connais- sant la mer. Ils allèrent avec les ser- viteurs de Salomon à Ophir, et ils y prirent quatre cent cinquante talents d'or, qu'ils apportèrent au roi Salo- mon. La reine de Séba à Jérusalem. — Richesses de Salomon. — .S'a mort. Chap. IX. 'La reine de Séba ap- prit la renommée de Salomon, et elle vint à .Jérusalem pour l'éprouver par des énigmes. Elle avait une suite fort nombreuse, et des chameaux portant des aromates, de l'or en grande quan- tité et des pierres précieuses. Elle se rendit auprès de Salomon, et elle lui dit tout ce qu'elle avait dans le cœur. -Salomon répondit à toutes ses ques- tions, et il n'y eut rien que Salomon ne sût lui expliquer. •^La reine de Séba vit la sagesse de Salomon, et la maison qu'il avait bâ- tie, 'et les mets de sa table, et la de- meure de ses serviteurs, et les fonc- tions et les vêtements de ceux qui le servaient, et ses échansons et leurs vid, son père, les classes des prêtres vêtements, et les degrés par lesquels selon leur office, les Lévites selon leur on montait à la maison de l'Eternel, charge consistant à célébrer l'Éternel Hors d'elle-même, ''elle dit au roi : et à faire jour par jour le service en C'était donc vrai ce que j'ai appris présence des prêtres, et les portiers dans mon pays au sujet de ta position distribués à chaque porte d'après leurs et de ta sagesse! ^Je ne croyais pas classes ; car ainsi l'avait ordonné Da- ce qu'on en disait, avant d'être venue vid, homme de Dieu. '^On ne s'écarta et d'avoir vu de mes yeux. Et voici, point de l'ordre du roi pour les pré- on ne m'a pas raconté la moitié de la très et les Lévites, ni pour aucune grandeur de ta sagesse. Tu surpasses chose, ni pour ce qui concernait les ce que la renommée m'a fait connaî- trésors. tre. ''Heureux tes gens, heureux tes '"Ainsi fut dirigée toute l'œuvre de serviteurs, qui sont continuellement Salomon, jusqu'au jour où la maison devant toi et qui entendent ta sagesse ! 498 été jusqu'à ce jour. "Salomon n'em- ploya comme esclave pour ses travaux aucun des enfants d'Israël ; car ils étaient des hommes de guerre, ses chefs, ses officiers, les commandants de ses chars et de sa cavalerie. '"Les chefs placés par le roi Salomon à la tète du peuple, et chargés de le sur- veiller, étaient au nombre de deux cent cinquante. "Salomon fit monter la fille de Pha- raon de la cité de David dans la mai- son qu'il lui avait bâtie ; car il dit : Ma femme n'habitera pas dans la maison de David, roi d'Israël, parce que les lieux où est entrée l'arche de l'Éternel sont saints. '-Alors Salomon offrit des holocaus- • tes à l'Éternel sur l'autel de l'Éternel, qu'il avait construit devant le porti- que. "Il offrait ce qui était prescrit par Moïse pour chaque jour, pour les sabbats, pour les nouvelles lunes, et pour les fêtes, trois fois l'année, â la fête des pains sans levain , â la fête des semaines, et à la fête des taber- nacles. '''Il établit dans leurs fonc- tions, telles que les avait réglées Da- II CHHOMOUES. Chap. 0,8-10. ^Béni soit rÉteincl, ton Dieu, qui t'a accordé la faveur de te placer sur son trône comme roi pour TEternel, ton Dieu ! C'est parce que ton Dieu aime Israël et veut le faire subsister à tou- jours, qu'il t'a établi roi sur lui pour que tu fasses droit et justice. ^Elle donna au roi cent vingt talents d'or, une très grande quantité d'aroma- tes, et des pierres précieuses. Il n'y eut ]ilus d'aromates tels que ceux donnés au roi Salomon par la reine de Scba. '"Les serviteurs de Iluram et les serviteurs de Salomon , qui apportè- rent de l'or d'Ophir, amenèrent aussi du bois de sandal et des pierres pré- cieuses. "Le roi fit avec le bois de sandal des escaliers pour la maison de l'Eternel et pour la maison du roi, et des harpes et des luths pour les chantres. On n'en avait j)as vu de semblable auparavant dans le pays de Juda. '-Le roi Salomon donna à la reine de Séba tout ce qu'elle désira, ce quelle demanda, plus quelle n'avait apporté au roi. Puis elle s'en retourna et alla dans son pays, elle et ses ser- viteurs. ''Le poids de l'or qui arrivait cha- que année à Salomon était de six cent soixante -six talents d'or, '*outre ce qu'il retirait des négociants et des marchepied d'or attenant au trône ; il y avait des bras de chaque côté du siège ; deux lions étaient près des bras, '"et douze lions sur les six degrés de part et d'autre. Il ne s'est rien fait de pa- reil pour aucun royaume. '-"Toutes les coupes du roi Salomon étaient d'or, et toute la vaisselle de la maison de la foret du Liban était d'or pur. Rien n'était d'argent: on n'en faisait aucun cas du temps de Salomon. *'Car le roi avait des navires de Tarsis na> i- guant avec les serviteurs de Huram ; et tous les trois ans arrivaient les na- vires de Tarsis, apportant de l'or et de l'argent, de l'ivoire, des singes et des paons. "Le roi Salomon fut plus grand que tous les rois de la terre par les richesses et par la sagesse. -'Tous les rois de la terre cherchaient à voir Salomon, pour entendre la sagesse que Dieu avait mise dans son cœur. -^Et chacun d'eux apportait son présent, des objets d'ar- gent et des objets d'or, des vêtements, des armes, des aromates, des chevaux et des mulets ; et il en était ainsi cha- (jue année. -^Salomon avait quatre mille crèches pour les chevaux desti- nés à ses chars, et douze mille cava- liers qu'il plaça dans les villes où il tenait ses chars et à Jérusalem près du roi. -*11 dominait sur tous les rois. marchands qui en apportaient, de tous depuis le fleuve" jusqu'au pays des les rois d'Arabie et des gouverneurs Philistins et jusqu'à la frontière d'É- gyj^te. -'Le roi rendit l'argent aussi du pays qui apportaient de l'or et de l'argent à Salomon. '^Le roi Salomon fit deux cents grands boucliers d'or battu, pour cha- cun desquels il employa six cents si- cles d'or battu, '^et trois cents autres boucliers d'or battu, pour chacun des- quels il employa trois cents sicles d'or; et le roi les mit dans la maison de la forêt du Liban. ''Le roi fit un grand trône d'ivoire, et le couvrit d'or pur. "*Ce trône avait six degrés, et un a. L'Euphrate. lomniun a Jérusalem que les pierres, et les cèdres aussi nombreux que les sycomores qui croissent dans la plai- ne. -"C'était de l'Egypte et de tous les pays que l'on tirait des chevaux pour Salomon. -"Le reste des actions de Salomon, les premières et les dernières, cela n'est-il pas écrit dans le livre de Na- than le prophète, dans la prophétie d'Achija de Silo, et dans les révéla- 499 Chap. 9,30-10,1 II CHRONIQUES. lions de Jéedo le prophète sur Jéro- mon se coucha avec ses pères, et on boam, fils de Nebath? l'enterra dans la ville de David, son ^"Salomon régna quarante ans à père. Et Roboam, son fds, régna à sa Jérusalem sur tout Israël. ^'Puis Salo- place. HISTOIRE DU ROYAUME DE JUDA, DEPUIS LE SCHISME .lUSQU A LA CAPTIVITE {Chap. 10-36. Dii'ision du royaume : Roboam roi de Juda, Jéroboam roi d'Israël. Chap. X. 'Roboam se rendit à Si- chem, car tout Israël était venu à Si- chem pour le faire roi. '^Lorsque Jéroboam, fils de Nebath, eut des nouvelles, il était en Egypte, où il s'était enfui loin du roi Salomon, et il revint d'Egypte. ^On l'envoya ap- peler. Alors Jéroboam et tout Israël vinrent à Roboam et lui parlèrent ainsi : ''Ton père a rendu notre joug- dur; maintenant allège cette rude ser- vitude et le joug pesant que nous a imposé ton père. Et nous te servirons. ^11 leur dit : Revenez vers moi dans trois jours. Et le peuple s'en alla. ^Le roi Roboam consulta les vieil- lards c]ui avaient été auprès de Salo- mon, son père, pendant sa vie, et il dit : Que conseillez-vous de répondre à ce peuple ? 'Et voici ce qu'ils lui di- rent : Si tu es bon envers ce peuple, si tu les reçois favorablement, et si tu leur parles avec bienveillance, ils se- ront pour toujours tes serviteurs. *Mais Roboam laissa le conseil que lui don- naient les vieillards, et il consulta les jeunes gens qui avaient grandi avec lui et qui l'entouraient. ''Il leur dit : Que conseillez-vous de répondre à ce peuple qui me tient ce langage : Allège le joug que nous a imposé ton père ? '"Et voici ce que lui dirent les jeunes gens qui avaient grandi avec lui : Tu parleras ainsi à ce peuple qui t'a tenu a. Espèce de verge ou de fouet garni de pointes. ce langage : Ton père a rendu notre joug pesant, et toi, allège-le-nous ! tu leur parleras ainsi : Mon petit doigt est plus gros que les reins de mon père. "Maintenant, mon père vous a chargés d'un joug pesant, et moi je vous le rendrai plus pesant ; mon père vous a châtiés avec des fouets, et moi je vous châtierai avec des scorpions". '-Jéroboam et tout le peu])le vinrent à Roboam le troisième jour, suivant ce qu'avait dit le roi : Revenez vers moi dans trois jours. Le roi leur répondit durement. '^Le roi Roboam laissa le conseil des vieillards, "et leur parla ainsi d'après le conseil des jeunes gens : Mon père a rendu votre joug pesant, et moi je le rendrai plus pe- sant; mon père vous a châtiés avec des fouets, et moi je vous châtierai avec des scorpions. '^Ainsi le roi n'é- couta point le peuple ; car cela fut di- rigé par Dieu, en vue de l'accomplis- sement de la parole que l'Éternel avait dite par Achija de Silo à Jéroboam, fils de Nebath. '^Lorsque tout Israël vit que le roi ne l'écoutait pas, le peuple répondit au roi : Quelle part avons-nous avec David ? Nous n'avons point d'héritage avec le fils d'Isaï ! A tes tentes, Israël ! Maintenant, pourvois à ta maison, Da- vid ! Et tout Israël s'en alla dans ses tentes. ''Les enfants d'Israël qui habi- 500 II CHRONIOUES. Chap. IO,iH-I2,^. taient les villes de Jiida furent les seuls sur qui régna Rohoam. '"Aloi'S le roi Roboam envoya Iladoram, qui était préposé sur les impôts. Mais Ha- doram fut lapidé par les enfants d'Is- raël, et il mourut. Et le roi Roboam se hâta de monter sur un char, pour s'en- fuir à Jérusalem. ""C'est ainsi qu'Is- raël s'est détaché de la maison de David jusqu'à ce jour. Précautions de Roboam pour s' affermir dans son royaume. — Idolâtrie. — hn'asion de Sclii- scliak, roi d' Egypte. — Mort de Roboam. Chop. XI. 'Roboam, arrivé à Jé- rusalem, rassembla la maison de Juda ctde Benjamin, centquatre-vingt mille hommes d'élite propres à la guerre, pour qu'ils combattissent contre Is- raël afin de le ramener sous la domi- nation de Roboam. -Mais la parole de l'Eternel fut ainsi adressée à Sche- maeja, homme de Dieu : ^Parle à Ro- boam, fils de Salomon, roi de Juda, et à tout Israël en Juda et en Benjamin. Et dis-leur : •'Ainsi parle l'Eternel : Ne montez point, et ne faites pas la guerre à vos frères ! Que chacun de vous retourne dans sa maison, car c'est de par moi que cette chose est arrivée. Ils obéirent aux paroles de l'Eternel, et ils s'en retournèrent, re- nonçant à marcher contre Jéroboam. 'Roboam demeura à Jérusalem, et il bâtit des villes fortes en Juda. ^11 bâtit Rethléhem, Étham , Tekoa , "Beth- Tsur, Soco, Adullam, *Gath, Maré- scha, Ziph, ^\doraïm, Lakis, Azéka, '"Tsorea, Ajalon et Hébron, qui étaient en Juda et en Benjamin, et il en fit des villes fortes. "Il les fortifia, et y éta- blit des commandants, et des magasins de vivres, d'huile et de vin. *^I1 mit dans chacune de ces villes des bou- cliers et des lances, et il les rendit très fortes. Juda et Benjamin étaient à lui. "Les prêtres et les Lévites qui se trouvaient dans tout Israël quittèrent leurs demeures pour se rendre aiq)rès de lui ; '*car les Lévites abandonnèrent leurs banlieues et leurs propriétés et vinrent en Juda et à Jérusalem, parce que Jéroboam et ses fils les empêchè- rent de remplir leurs fonctions comme prêtres de l'Eternel. *' Jéroboam éta- blit des prêtres pour les hauts lieux, pour les boucs, et pour les veaux qu'il avait faits. '^Ceux de toutes les tribus d'Israël qui avaient à cœur de cher- cher l'Eternel, le Dieu d'Israël, sui- virent les Lévites à Jérusalem pour sacrifier à l'Eternel, le Dieu de leurs pères. '^Ils donnèrent ainsi de la force au royaume de Juda, et affermirent Roboam , fils de Salomon , pendant trois ans ; car ils marchèrent pendant trois ans dans la voie de David et de Salomon. '* Roboam prit pour femme Maha- lath, fille de Jerimoth, fils de David et d'Abichaïl, fille d'Éliab, fils d'Isaï. "Elle lui enfanta des fils : Jeusch, Schemaria et Zaham. -"Après elle, il prit Maaca, fille d'Absalom. Elle lui enfanta Abija, Attaï, Ziza et Schelo- mith. -'Roboam aimait Maaca, fille d'Absalom, plus que toutes ses fem- mes et ses concubines ; Car il eut dix- huit femmes et soixante concubines, et il engendra ving-t-huit fils et soixante fi illes. «Rob )oam aonna le premier rano- pre à Abija, fils de Maaca, et l'établit chef ]iarmi ses frères, car il voulait le faire roi. -'Il agit avec habileté en disper- sant tous ses fils dans toutes les con- trées de Juda et de Benjamin , dans toutes les villes fortes; il leur fournit des vivres en abondance, et demanda pour eux une multitude de femmes. CJutp. XII. 'Lorsque Roboam se fut affermi dans son royaume et qu'il eut acquis de la force, il abandonna la loi de l'Eternel, et tout Israël l'aban- donna avec lui. *La cm qu ième année du règne de oOl Chop. 12,3-13,1. II CHRONIQUES. Roboam , Schischak, roi d'Egypte, monta contre Jérusalem, parce qu'ils avaient péché contre l'Eternel. ^11 avait mille deux cents chars et soixante mille cavaliers ; et il vint d'Egypte avec lui un peuple innombrable, des Libyens, des Sukkiens et des Ethio- piens. ■'Il prit les villes fortes qui aj)- partenaient à Juda, et arriva jusf|u'à Jérusalem. ^Alors Schemaeja, le prophète, se rendit auprès de Roboam et des chefs de Juda qui s'étaient retirés dans Jé- "Le roi Roboam s'affermit dans Jé- rusalem et régna. Il avait quarante et un ans lorsqu'il devint roi, et il ré- gna dix-sept ans à Jérusalem, la ville que l'Eternel avait choisie sur toutes les tribus d'Israël pour y mettre son nom. Sa mère s'appelait Naama, l'Am- monite. '■'Il fit le mal, parce qu'il n'appliqua pas son cœur à chercher riiternel. '^Les actions de Roboam, les pre- mières et les dernières, ne sont-elles pas écrites dans les livres de Sche- rusalem à l'approche de Schischak, et maeja le prophète et d'Iddo le pro- il leur dit : Ainsi parle l'Eternel : Vous m'avez abandonné ; je aous abandonne aussi, et je vous livre entre les mains de Schischak. ^Les chefs d'Israël et le roi s'humilièrent et dirent : L'Eternel est juste ! 'Et quand l'Eternel vit qu'ils s'humiliaient, la parole de l'Eterne fut ainsi adressée à Schemaeja : Ils se sont humiliés, je ne les détruirai pas, je ne tarderai pas à les secourir, et ma colère ne se répandra pas sur Jérusa- lem par Schischak ; *mais ils lui seront assujettis, et ils sauront ce que c'est que me servir ou servir les royaumes des autres pays. 'Schischak, roi d'Egypte, monta contre Jérusalem. Il prit les trésors de la maison de l'Eternel et les trésors phète, parmi les registres généalogi- ques ? Il y eut toujours guerre entre Ro- boam et Jéroboam. '^Roboam se coucha avec ses pères, et il fut enterré dans la ville de David. 1 Et Abija, son fds, régna à sa place. Abija, roi de Juda, — Guerre contre Jéroboam, roi d Israël. C/iap. XIII. ' La dix-huitième an- née du règne de Jéroboam, Abija ré- gna sur Juda. -Il régna trois ans à Jé- rusalem. Sa mère s'appelait Micaja, fille d'Uriel, de Guibea. Il y eut guerre entre Abija et Jéro- boam. ^Abija engagea les hostilités avec une armée de vaillants guerriers, de la maison du roi, il prit tout. Il prit quatre cent mille hommes d'élite; et Jéroboam se rangea en bataille contre lui avec huit cent mille hommes d'é- lite, vaillants guerriers. ■•Du haut du mont Tsemaraïm, qui fait partie de la montagne d'Ephraïm, 'Toutes les fois que le roi allait à la Abija se leva et dit : Ecoutez-moi, Jé- les boucliers d'or que Salomon avait faits. '"Le roi Roboam fit à leur place des boucliers d'airain, et il les remit aux soins des chefs des coureurs, qui entrée de la maison du roi. gardaient maison de l'Eternel, les coureurs ve- naient et les portaient ; puis ils les rapportaient dans la chambre des cou- reurs. '^Comme Roboam s'était humilié, l'Eternel détourna de lui sa colère et ne le détruisit pas entièrement. Et il y avait encore de bonnes choses en Juda. roboam, et tout Israël ! ^Ne devez- vous pas savoir que l'Eternel, le Dieu d'Israël, a donné pour toujours à Da- vid la royauté sur Israël, à lui et à ses fils, par une alliance inviolable ? ^Mais Jéroboam, fils de Nebath, serviteur de Salomon, fils de David, s'est levé et s'est révolté contre son maître. 'Des gens de rien, des hommes pervers, se 502 II CHRONIQUES. Chap. 13, 8- là, 5. sont rassemblés auprès de lui et Font rÉtcrnel frappa Jéroboam et tout Is- emporté sur Roboam, fils de Salomon. raël devant Abija et Juda. "^Les en- Roboam était jeune et craintif, et il fants d'Israël s'enfuirent devant Juda, manqua de force devant eux. * Et main- et Dieu les livra entre ses mains. ''Abi- tenant, vous pensez triomjjber du ja et son peuple leur firent éprouver royaume de l'Eternel, qui est entre une grande défaite, et cinq cent mille les mains des fils de David ; et vous hommes d'élite tombèrent morts par- ètes une multitude nombreuse, et vous mi ceux d'Israël. '*Les enfants d'Israël avez avec vous les veaux d'or que Je- furent humiliés en ce temps, et les en- roboam vous a faits pour dieux. ^N'a- fants de Juda remportèrent la victoire, vez-vous pas repoussé les prêtres de parce qu'ils s'étaient appuyés sur l'E- l'Eternel, les fils d'Aaron et les Lévi- ternel, le Dieu de leurs pères. '^Abija tes, et ne vous ètes-vous pas fait des poursuivit Jéroboam et lui prit des prêtres, comme les peuples des au- villes, Béthel et les villes de son res- tres pays ? Quiconque venait avec un jeune taureau et sept béliers, afin d'ê- tre consacré, devenait prêtre de ce qui n'est point Dieu. '"Mais ])our nous, l'Eternel est notre Dieu, et nous ne sort, Jeschana et les villes de son res- sort, et Ephron et les villes de son ressort. ^"Jéroboam n'eut plus de force du temps d'Abija ; et l'Eternel le frap- pa, et il mourut. '-'Mais Abija devint lavons point abandonné, les prêtres puissant; il eut quatorze femmes, et au service de l'Eternel sont fils d'Aa- engendra vingt-deux fils et seize filles, ron, et les Lévites remplissent leurs --Le reste des actions d'Abija, ce fonctions. "Nous offrons chaque ma- qu'il a fait et ce qu'il a dit, cela est écrit tin et chaque soir des holocaustes à dans les mémoires du prophète Iddo. l'Eternel, nous brûlons le parfum odo- "Abija se coucha avec ses pères, et riférant, nous mettons les pains de on l'enterra dans la ville de David. Et proposition sur la table pure, et nous Asa, son fils, régna à sa ]>lace. De son allumons chaque soir le chandelier temps, le pays fut en repos pendant d'or et ses lampes ; car nous observons dix ans. les commandements de l'Eternel, no- tre Dieu. Et vous, vous l'avez aban- ■^"'' '■"' ^'^ •^"^"- - '''^"'''•'^ '■""• ^^''•''''' diKir • • TN- . .. et les Ethiopiens. onne. '-Voici, Dieu et ses prêtres sont avec nous, à notre tête, et nous Chap. XIV. 'Asa fit ce qui est bien avons les trompettes retentissantes et droit aux yeux de l'Eternel, son pour les faire résonner contre vous. Dieu. *I1 fit disparaître les autels de Enfants d'Israël ! ne faites pas la guerre l'étranger et les hauts lieux, il brisa à l'Eternel, le Dieu de vos pères, car les statues et abattit les idoles. ^11 or- vous n'auriez aucun succès. donna à Juda de rechercher l'Eternel, '•'Jéroboam les prit par derrière au le Dieu de ses pères, et de pratiquer moyen d'une embuscade, et ses trou- la loi et les commandements. ''11 fit pes étaient en face de Juda qui avait disparaître de toutes les villes de Juda l'embuscade par derrière. '*Ceux de les hauts lieux et les statues consa- Juda s'étant retournés eurent à com- crées au soleil. Et le royaume fut en battre devant et derrière. Ils crièrent repos devant lui. à l'Eternel, et les prêtres sonnèrent ^11 bâtit des villes fortes en Juda; des trompettes. '^Les hommes de Juda car le pays fut tranquille et il n'y eut poussèrent un cri de guerre; et, au pas de guerre contre lui pendant ces cri de guerre des hommes de Juda, années-là, parce que l'Eternel lui don- 503 Cliap. l^,j. 511 ;i:t • Chap. 22,3-^8,8. II CHRONIQUES. lorsqu'il devint roi, et il régna un an de Juda. "Mais Joschabeath, fdle du à Jérusalem. Sa mère s'appelait Atha- roi, prit Joas, fils d'Achazia, et l'en- lie, fille» d'Omri. leva du milieu des fils du roi, quand ^11 marcha dans les voies de la mai- on les fit mourir : elle le mit avec sa son d'Achab, car sa mère lui donnait nourrice dans la chambre des lits, des conseils impies. •*I1 fit ce qui est Ainsi Joschabeath, fille du roi Joram, mal aux yeux de l'Eternel, comme la femme du prêtre Jehojada, et sœur maison d'Achab, où il eut après la d'Achazia, le déroba aux regards d'A- mort de son père des conseillers pour thalie, qui ne le fit point mourir. ''Il sa perte. resta six ans caché avec eux dans la ^Entraîné par leur conseil, il alla maison de Dieu. Et c'était Athalie qui avec Joram, fils d'Achab, roi d'Israël, régnait dans le pays. à la guerre contre Ilazaël, roi de Sy- Chap. XXIII. 'La septième année, rie, à Ramoth en Galaad. Et les Sy- Jehojada s'anima de courage, et traita riens blessèrent Joram. ^Joram s'en alliance avec les chefs de centaines retourna pour se faire guérir à Jiz- Azaria, fils de Jerocham, Ismaël, fils réel des blessures que les Syriens lui de Jochanan, Azaria, fils d'Obed, Maa- avaient faites à Rama, lorsqu'il se bat- séja, fils d'Adaja, et Elischaphath, fils tait contre Hazaël, roi de Syrie. Aza- de Zicri. -Ils parcoururent Juda, et ria*, fils de Joram, roi de Juda, des- ils rassemblèrent les Lévites de toutes cendit pour voir Joram, fils d'Achab, les villes de Juda et les chefs de fa- à Jizreel, parce qu'il était malade. mille d'Israël; et ils vinrent à Jérusa- "Par la volonté de Dieu, ce fut pour lem. ■'Toute l'assemblée traita alliance sa ruine qu'Achazia se rendit auprès avec le roi dans la maison de Dieu. Et de Joram. Lorsqu'il fut arrivé, il soi- Jehojada leur dit : Voici, le fils du roi tit avec Joram pour aller au-devant de régnera, comme l'Eternel l'a déclaré Jéhu, fils de Nimschi, que l'Eternel à l'égard des fils de David. ■'Voici ce avait oint pour exterminer la maison que vous ferez. Le tiers qui parmi vous d'Achab. ^Et comme Jéhu faisait jus- entre en service le jour du sabbat, tice de la maison d'Achab, il trouva prêtres et Lévites", fera la garde des les chefs de Juda et les fils des frères seuils, ^un autre tiers se tiendra dans d'Achazia, qui étaient au service d'A- la maison du roi, et un tiers à la porte chazia, et il les tua. 'Il chercha Acha- de Jesod. Tout le peuple sera dans les zia,eton lesaisitdansSamarieoùils'é- parvis de la maison de l'Eternel. 'Que tait caché. On l'amena auprès de Jéhu, personne n'entre dans la maison de et on le fit mourir. Puis ils l'enterré- l'Eternel, excepté les prêtres et les rent, car ils disaient : C'est le fils de Lévites de service : ils entreront, car Josaphat, qui cherchait l'Eternel de ils sont saints. Et tout le peuple fera tout son cœur. Et il ne resta personne la garde de l'Eternel. 'Les Lévites en- "de la maison d'Achazia qui fût en état toureront le roi de toutes parts, cha- de régner. cun les armes à la main, et l'on don- Athalie, reine de Juda. — Détrônée et mise à mort. '"Athalie, mère d'Achazia, voyant liera la mort à quiconque entrera dans la maison ; vous serez près du roi quand il entrera et quand il sortira. *Les Lévites et tout Juda exécutè- que son fils était mort, se leva et fit rent tous les ordres qu'avait don- périr toute la race royale de la maison nés le prêtre Jehojada. Ils prirent a. Pelite-fiUc. b. Achazia. 5lî II CHRONIQUES. Chap.2S,9-2i,5. chacun leurs gens, ceux qui entraient ils brisèrent ses autels et ses images, en service et ceux qui sortaient de et ils tuèrent devant les autels Mat- service le jour du sabbat; car le pré- than, prêtre de Baal. '^Jehojada remit tre Jehojada n'avait exempté aucune les fonctions de la maison de l'Eter- des divisions. ^Le prêtre Jehojada re- nel entre les mains des prêtres, des mit aux chefs de centaines les lances Lévites, que David avait distribués et les boucliers, grands et petits, qui dans la maison de l'Eternel pour qu'ils provenaient du roi David, et qui se offrissent des holocaustes à l'Eternel, trouvaient dans la maison de Dieu, comme il est écrit dans la loi de Moïse, '"Il fit entourer le roi en plaçant tout au milieu des réjouissances et des le peuple, chacun les armes à la main, chants, d'après les ordonnances de depuis le côté droit jusqu'au côté gau- David. '^11 plaça les portiers aux portes che de la maison, près de l'autel et de la maison de l'Eternel, afin qu'il près de la maison. "On fit avancer le n'entrât aucune personne souillée de fils du roi, on mit sur lui le diadème quelque manière que ce fût. -"11 prit et le témoignage, et on l'établit roi. les chefs de centaines, les hommes Et Jehojada et ses fils l'oignirent, et considérés, ceux qui avaient autorité parmi le peuple, et tout le peuple du pays, et il fit descendre le roi de la maison de l'Eternel. Ils entrèrent dans la maison du roi par la porte supé- rieure, et ils firent asseoir le roi sur le trône royal. -'Tout le peuple du pays se réjouissait, et la ville était tran- quille. On avait fait mourir Athalie par l'épée. Joas, roi de Jiida. — Le temple réparé. — Re- tour à l'idolâtrie; Zacharie, pis du grand prêtre, lapidé par ordre du roi. — Invasion des Syriens. — Joas assassiné. Chap. XXIV. 'Joas avait sept ans lorsqu'il devint roi, et il régna qua- mée, leur dit : Faites-la sortir en de- rante ans à Jérusalem. Sa mère s'ap- hors des rangs, et que l'on tue par pelait Tsibja, de Beer-Schéba. l'épée quiconque la suivra. Car le pré- -Joas fit ce qui est droit aux yeux de tre avait dit : Ne la mettez pas à mort l'Eternel ])endant toute la vie du prè- dans la maison de l'Eternel. ""On lui tre Jehojada. 'Jehojada prit pour Joas fit place, et elle se rendit à la maison deux femmes, et Joas engendra des du roi par l'entrée de la porte des che- fils et des filles. vaux : c'est là qu'ils lui donnèrent la ''Après cela, Joas eut la pensée de mort. réparer la maison de l'Eternel. ^11 as- '^Jehojada traita entre lui, tout le sembla les prêtres et les Lévites, et peuple et le roi, une alliance par la- leur dit : Allez par les villes de Juda, quelle ils devaient être le peuple de et vous recueillerez dans tout Israël l'Eternel. ''Tout le peuple entra dans de l'argent, chaque année, ])nur répa- la maison de Baal, et ils la démolirent ; rer la maison de votre Dieu ; et mettez a. La lui. ils dirent : Vive le roi ! '-Athalie entendit le bruit du peuple accourant et célébrant le roi, et elle vint vers le peuple à la maison de l'E- ternel. ''Elle regarda. Et voici, le roi se tenait sur son estrade à l'entrée ; les chefs et les trompettes étaient près du roi ; tout le peuple du pays était dans la joie, et l'on sonnait des trom- |)ettes , et les chantres avec les ins- truments de musique dirigeaient les chants de louanges. Athalie déchira ses vêtements, et dit : Conspiration ! conspiration ! '* Alors le prêtre Jeho- jada, faisant approcher les chefs de centaines, qui étaient à la tête de l'ar- 513 Chap. 2i,o-:>i. II CHRONIQUES. à cette affaire de l'empressement. Mais les Lévites ne se hâtèrent point. ''Le roi appela Jeliojacla, le grand prêtre, et lui dit : Pourquoi n'as-tu pas veillé à ce que les Lévites apportassent de Juda et de Jérusalem l'impôt ordonné par Moïse, serviteur de l'Eternel, et mis sur l'assemblée d'Israël pour la tente du témoignage? 'Car l'impie Athalie et ses fds ont ravagé la maison de Dieu et fait servir pour les BaaIs toutes les choses consacrées à la mai- son de l'Eternel. ^Alors le roi ordonna qu'on fît un coffre, et qu'on le plaçât à la porte de la maison de l'Eternel, en dehors. "Et l'on publia dans Juda et dans Jérusa- lem qu'on apportât à l'Eternel l'impôt mis par Moïse, serviteur de l'Eternel, sur Israël dans le désert. '"Tous les chefs et tout le peuple s'en réjouirent, et l'on apporta et jeta dans le coffre tout ce qu'on avait à payer. " Quand c'était le moment où les Lévites, voyant qu'il y avait beaucoup d'argent dans le coffre, devaient le livrer aux inspecteurs royaux, le secrétaire du roi et le commissaire du grand prêtre venaient vider le coffre ; ils le pre- naient et le remettaient à sa place ; ils faisaient ainsi journellement, et ils re- cueillirent de l'argent en abondance. '-Le roi et Jehojada le donnaient à ceux qui étaient chargés de faire exé- cuter l'ouvrage dans la maison de l'E- ternel, et qui prenaient à gage des tailleurs de pierres et des charpentiers pour réparer la maison de l'Eternel, et aussi des ouvriers en fer et en ai- rain pour réparer la maison de l'Eter- nel. '^Ceux qui étaient chargés de l'ou- vrage travaillèrent, et les réparations s'exécutèrent par leurs soins; ils re- mirent en état la maison de Dieu et la consolidèrent. '^Lorsqu'ils eurent achevé, ils apportèrent devant le roi et devant Jehojada le reste de l'argent ; et l'on en fit des ustensiles pour la maison de l'Eternel, des ustensiles ])our le service et pour les holocaustes, des coupes, et d'autres ustensiles d'or et d'argent. Et, pendant toute la vie de Jehojada, on offrit continuellement des holocaustes dans la maison de l'Éternel. '^Jehojada mourut, âgé et rassasié de jours ; il avait à sa mort cent trente ans. '*0n l'enterra dans la ville de David avec les rois, parce qu'il avait fait du bien en Israël, et à l'égard de Dieu et de sa maison. "Après la mort de Jehojada, les chefs de Juda vinrent se prosterner devant le roi. Alors le roi les écouta. "*Et ils abandonnèrent la maison de l'Eternel, le Dieu de leurs pères, et ils servirent les Astartés et les idoles. La colère de l'Eternel fut sur Juda et sur Jérusalem, parce qu'ils s'étaient ainsi rendus coupables. '^L'Eternel envoya parmi eux des prophètes pour les ra- mener à lui, mais ils n'écoutèrent point les avertissements qu'ils en reçurent. '-"Zacharie, fds du prêtre Jehojada, fut revêtu de l'esprit de Dieu ; il se pré- senta devant le peuple, et lui dit : Ainsi parle Dieu : Pourquoi transgres- sez-vous les commandements de l'E- ternel ? Vous ne prospérerez point ; car vous avez abandonné l'Eternel, et il vous abandonnera. "-'Et ils conspi- rèrent contre lui, et le lapidèrent par ordre du roi, dans le parvis de la mai- son de l'Eternel. -^Le roi Joas ne se souvint pas de la bienveillance qu'a- vait eue pour lui Jehojada, père de Za- charie, et il fit périr son fils. Zacharie dit en mourant : Que l'Eternel voie, et qu'il fasse justice ! ^*Quand l'année fut révolue, l'armée des Syriens monta contre Joas, et vint en Juda et à Jérusalem. Ils tuèrent parmi le peuple tous les chefs du peu- ple, et ils envoyèrent au roi de Damas tout leur butin. -''L'armée des Syriens arriva avec un petit nombre d'hom- .14 II CIIROiMQUES. Chap. 2i,r.-25,t', mes ; et cependant rÉternel livra en- tre leurs mains une armée très considé- rable, parce qu'ils avaient abandonné l'Éternel, le Dieu de leurs pères. Et les Syriens firent justice de Joas. -^Lorsqu'ils se furent éloignés de lui, après l'avoir laissé dans de grandes souffrances, ses serviteurs conspirè- rent contre lui à cause du sang des fils du prêtre Jehojada; ils le tuèrent sur son lit, et il mourut. On l'enterra dans la ville de David, mais on ne l'enterra pas dans les sépulcres des rois. -* Voici ceux qui conspirèrent contre lui : Za- bad, fils de Schinieath, femme Am- monite, et .Jozabad, fils de Schimrith, femme Moabite. -'Pour ce qui concerne ses fils, le grand nombre de prophéties dont il fut l'objet, et les réparations faites à la maison de Dieu, cela est écrit dans les mémoires sur le livre des rois. Amatsia, son fils, régna à sa place. Amatsia, roi de Juda. — Victoire sur les lido- iiiites. — Guerre funeste avec Joas, roi d Is- raël. Conspiration contre Amatsia; sa mort. Chap. XXV. 'Amatsia devint roi à l'âge de vingt-cinq ans, et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Joaddan, de Jérusalem. -Il fit ce qui est droit aux yeux de l'Eternel, mais avec un cœur qui n'é- tait pas entièrement dévoué. 'Lorsque la royauté fut affermie entre ses mains, il fit périr ses serviteurs qui avaient tué le roi son père. ■'Mais il ne fit pas mourir leurs fils, car il agit selon ce qui est écrit dans la loi, dans le livre de Moïse, où l'Eternel donne ce com- mandement : On ne fera point mourir les pères pour les enfants, et l'on ne fera point mourir les enfants pour les pères; mais on fera mourir chacun pour son péché. ^Amatsia rassembla les hommes de Juda et les plaça d'après les maisons ]>aternelles, les chefs de milliers et les chefs de centaines, pour tout Juda et Benjamin ; il en fit le dénombrement depuis l'âge de vingt ans et au-dessus, et il trouva trois cent mille hommes d'élite, en état de porter les armes, maniant la lance et le bouclier. Ml prit encore à sa solde dans Israël cent mille vaillants hommes pour cent ta- lents d'argent. 'Un homme de Dieu vint auprès de lui, et dit : O roi, qu'une armée d'Is- raël ne marche point avec toi, car l'E- ternel n'est pas avec Israël, et avec tous ces fils d'Ephraïm. *Si tu vas avec eux, quand même tu ferais au combat des actes de vaillance. Dieu te fera tomber devant l'ennemi, car Dieu a le jiouvoir d'aider et de faire tomber. ''Amatsia dit à l'homme de Dieu : Et comment agir à l'égard des cent ta- lents que j'ai donnés à la troupe d'Is- raël ? L'homme de Dieu répondit : L Eternel peut te donner bien plus que cela. '"Alors Amatsia sépara la troupe qui lui était venue d'Ephraïm, afin cpie ces gens retournassent chez eux. Mais ils furent très irrités contre Juda, et ils s'en allèrent chez eux avec une ar- dente colère. "Amatsia prit courage, et conduisit son peuple. Il alla dans la vallée du sel, et il battit dix mille hommes des lils de Séir. '-Et les fils de Juda en sai- sirent dix mille vivants, qu'ils menè- rent au sommet d'un rocher, d'où ils les précipitèrent; et tous furent écra- sés. '^Cependant, les gens de la troupe, qu'Amatsia avait renvoyés pour qu'ils n'allassent pas à la guerre avec lui, firent une invasion dans les villes de Juda depuis Samarie jusqu'à Beth- Iloron, y tuèrent tr(.>is mille jjerson- nes , et enlevèrent de nombreuses dépouilles. '^Lorsque Amatsia futile retour après la défaite des Edomites, il fit venir les 515 Chap. 25, ib-20, 8. II CHRONIQUES. dieux des fils de Séir, et se les établit de Dieu, chez Obed-Edom, et les tré- pour dieux; il se prosterna devant eux, sors de la maison du roi; il prit aussi et leur offrit des parfums. '^ Alors la colère de rÉternel s'enflamma contre Amatsia, et il envoya vers lui un pro- phète, qui lui dit : Pourquoi as-tu re- cherché les dieux de ce peuple, quand ils n'ont pu délivrer leur peuple de ta main ? '^ Comme il parlait, Amatsia lui dit : Est-ce que nous t'avons fait con- seiller du roi ? Retire-toi ! Pourquoi veux-tu qu'on te frappe ? Le prophète se retira, en disant : Je sais que Dieu des otages, et il retourna à Samarie. -^Amatsia, fils de Joas, roi de Juda, vécut quinze ans après la mort de Joas, fils de Joachaz, roi d'Israël. -^Le reste des actions d'Amatsia, les premières et les dernières, cela n'est- il pas écrit dans le livre des rois de Juda et d'Israël ? -'Depuis qu' Amatsia se fut détourné de l'Eternel, il se forma contre lui une conspiration à Jérusalem, et il s'enfuit a résolu de te détruire, parce que tu as à Lakis ; mais on le poursuivit à Lakis, fait cela et que tu n'as pas écouté mon conseil. ''Après s'être consulté, Amatsia, roi de Juda, envoya dire à Joas, fils de Joachaz, fils de Jéhu, roi d'Israël : Viens, voyons-nous en face ! 'Œt Joas, roi d'Israël, fit dire à Amatsia, roi de Juda : L'épine du Liban envoya dire au cèdre du Liban : Donne ta fille pour femme à mon fils ! Et les bêtes sau- vages qui sont au Liban passèrent et foulèrent l'épine. '^Tu as battu les Edomites, penses-tu, et ton cœur s'é- lève pour te glorifier. Reste mainte- nant chez toi. Pourquoi t'engager dans une malheureuse entreprise, qui amè- nerait ta ruine et celle de Juda ? -"Mais Amatsia ne l'écouta pas, car Dieu avait résolu de les livrer entre les mains de l'ennemi, parce qu'ils avaient recher- ché les dieux d'Edom. -'Et Joas, roi d'Israël, monta; et ils se virent en face, lui et Amatsia, roi de Juda, à Beth- Schémesch, qui est à Juda. --Juda fut battu par Israël, et chacun s'enfuit dans sa tente. -^Joas, roi d'Israël, prit à Beth-Schémesch Amatsia, roi de Ju- da, fils de Joas, fils de Joachaz. Il l'em- mena à Jérusalem, et il fit une brèche de quatre cents coudées dans la mu- raille de Jérusalem, depuis la porte d'Ephraïm jusqu'à la porte de l'angrle. où on le fit mourir. -^On le transporta sur des chevaux, et on l'enterra avec ses pères dans la ville de Juda. Ozias, roi de Juda. — Prospérité et force. — Acte de profanation dans le temple. — Ozias frappé de la lèpre. Chap. XXVI. 'Tout le peuple de Juda prit Ozias, âgé de seize ans, et l'établit roi à la place de son père Amatsia. ^ Ozias rebâtit Eloth et la fit rentrer sous la puissance de Juda, après que le roi fut couché avec ses pères. ^Ozias avait seize ans lorsqu'il de- vint roi, et il régna cinquante-deux ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Jecolia, de Jérusalem. *I1 fit ce qui est droit aux yeux de l'Eternel , entièrement comme avait fait Amatsia, son père. ^11 s'appliqua à rechercher Dieu pendant la vie de Za- charie, qui avait l'intelligence des vi- sions de Dieu ; et dans le temps où il rechercha l'Eternel, Dieu le fit pros- pérer. ^11 se mit en guerre contre les Phi- listins; et il abattit les murs de Gath, les murs de Jabné, et les murs d'As- dod , et construisit des villes dans le territoire d'Asdod, et parmi les Philis- tins. 'Dieu l'aida contre les Philistins, 'Il prit tout l'or et l'argent et tous les contre les Arabes qui habitaient à Gur- vases qui se trouvaient dans la maison Baal, et contre les Maonites. *Les Am- 516 II CHRONIQUES. Chap.26,9-27.i. monites faisaient des présents à Ozias ; et sa renommée s'étendit jusqu'aux frontières de l'Egypte, car il devint très puissant. 'Ozias bâtit des tours à Jérusalem sur la porte de l'angle, sur la porte de la vallée, et sur l'angle, et il les fortifia. '"Il bâtit des tours dans le désert, et il creusa beaucoup de ci- ternes, parce qu'il avait de nombreux troupeaux dans les vallées et dans la plaine, et des laboureurs et des vigne- rons dans les montagnes et au Garmel, cari! aimait l'agriculture. "Ozias avait une armée de soldats qui allaient à la guerre par bandes, comptées d'après le dénombrement qu'en firent le se- crétaire Jeïel et le commissaire Maa- séja, et placées sous les ordres de Ilanania, l'un des chefs du roi. '*Le nombre total des chefs de maisons paternelles, des vaillants guerriers, était de deux mille six cents. '^Ils com- mandaient à une armée de trois cent sept mille cinq cents soldats capables de soutenir le roi contre l'ennemi. '*Ozias leur procura pour toute l'ar- mée des boucliers, des lances, des cas- ques, des cuirasses, des arcs et des frondes. '^11 fit faire à Jérusalem des machines inventées par un ingénieur, et destinées à être placées sur les tours et sur les angles, pour lancer des flè- ches et de grosses pierres. Sa renom- mée s'étendit au loin, car il fut mer- veilleusement soutenu jusqu'à ce qu'il devint puissant. '*Mais lorsqu'il fut puissant, son cœur s'éleva pour le perdre. Il pécha contre l'Eternel, son Dieu : il entra dans le temple de l'Eternel, pour brû- ler des parfums sur l'autel des par- fums. '"Le prêtre Azaria entra après lui, avec quatre-vingts prêtres de l'E- ternel, hommes courageux, '*qui s'op- posèrent au roi Ozias et lui dirent : Tu n'as pas le droit, Ozias, d'offrir des ])arfums à l'Éternel ! Ce droit appar- tient aux prêtres, fils d'Aaron, qui ont été consacrés pour les offrir. Sors du sanctuaire, car tu commets un péché ! Et cela ne tournera pas à ton honneur devant l'Eternel Dieu. "La colère s'em- para d'Ozias, qui tenait un encensoir à la main. Et comme il s'irritait contre les prêtres, la lèpre éclata sur son front, en présence des prêtres, dans la maison de l'Eternel, près de l'autel des parfums. ^'Le grand prêtre Azaria et tous les prêtres portèrent les regards sur lui, et voici, il avait la lèpre au front. Ils le mirent précipitamment dehors, et lui-même se hâta de sortir, parce que l'Eternel l'avait frappé.*' Le roi Ozias fut lépreux jusqu'au jour de sa mort, et il demeura dans une mai- son écartée comme lépreux, car il fut exclu de la maison de l'Eternel. Et Jotham, son fils, était à la tête de la maison du roi et jugeait le peuple du pays. "Le reste des actions d'Ozias, les premières et les dernières, a été écrit par Esaïe, fils d'Amots, le prophète. -^ Ozias se coucha avec ses pères, et on l'enterra avec ses pères dans le champ de la sépulture des rois, car on disait : Il est lépreux. Et Jotham, son fils, régna à sa place. Jotham, roi de Jiida. Chap. XXVII. ' Jotham avaitvingt- cinq ans lorsqu'il devint roi, et il ré- gna seize ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Jeruscha, fille de Tsadok. -Il fit ce qui est droit aux yeux de l'Eternel, entièrement comme avait fait Ozias, son père. Seulement, il n'entra point dans le temple de l'E- ternel. Toutefois, le peuple se cor- rompait encore. ■^Jotham bâtit la porte supérieure de la maison de l'Eternel, et il fit beau- coup de constructions sur les murs de la colline. ■'Il bâtit des villes dans la montagne de Juda, et des châteaux et des tours dans les bois. 517 Chnp.27,r>-28.iô. II CHRONIQUES. ^11 fut en guerre avec le roi des fils d'Ephraïm, tua Maaséja, fils du roi, d'Ammon, et il l'emporta sur eux. Les Azrikam, chef de la maison royale, et fils d'Ammon lui donnèrent cette an- née-là cent talents d'argent, dix mille cors de froment, et dix mille d'orge ; et ils lui en payèrent autant la seconde année et la troisième. ^Jotham devint puissant, parce qu'il affermit ses voies devant l'Eternel, son Dieu. 'Le reste des actions de Jotham, tou- Elkana, le second après le roi. *Les enfants d'Israël firent parmi leurs frè- res deux cent mille prisonniers, fem- mes, fils et filles, et ils leur prirent beaucoup de butin qu'ils emmenèrent à Samarie. 'Il y avait là un prophète de l'Eter- nel, nommé Oded. Il alla au-devant tes ses guerres, et tout ce qu'il a fait, de l'armée qui revenait à Samarie, et cela est écrit dans le livre des rois d'Is- raël et de Juda. **I1 avait vingt-cinq ans lorsqu'il devint roi, et il régna seize ans à Jérusalem. 'Jotham se coucha avec ses pères, et on l'enterra dans la ville de David. Et Achaz, son fils, régna à sa place. Ac/iaz, roi de Juda. — Idolâtrie et désastres. Chap. XXVIII. ' Achaz avait vingt ans lorsqu'il devint roi, et il régna seize ans à Jérusalem. Il ne fit point ce qui est droit aux yeux de l'Eternel, comme avait fait David, son père. *I1 marcha dans les voies des rois d'Israël ; et même il fit des images en fonte pour les Baals,''il brûla des parfums dans la vallée des fils de Hinnom, et il fit passer ses fils par le feu, suivant les abominations des il leur dit : C'est dans sa colère contre Juda que l'Eternel, le Dieu de vos pè- res, les a livrés entre vos mains, et vous les avez tués avec une fureur qui est montée jusqu'aux cieux. '"Et vous pensez maintenant faire des enfants de Juda et de Jérusalem vos serviteurs et vos servantes ! Mais vous, n'êtes- vous pas coupables envers l'Eternel, votre Dieu? "Ecoutez- moi donc, et renvoyez ces captifs que vous avez faits parmi vos frères ; car la colère ardente de l'Eternel est sur vous. '-Quelques-uns d'entre les chefs des fils d'Ephraïm, Azaria, fils de Jocha- nan, Bérékia, fils de Meschillémoth, Ezéchias, fils de Schallum, et Amasa, fils de Iladlaï, s'élevèrent contre ceux qui revenaient de l'armée, ''et leur di- rent : 'V^ous ne ferez point entrer ici nations que l'Éternel avait chassées ces captifs; car, pour nous rendre cou- pables envers l'Eternel, vous voulez ajouter à nos péchés et à nos fautes. Nous sommes déjà bien coupables, et la colère ardente de l'Eternel est sur Israël. '*Les soldats abandonnèrent les cap- tifs et le butin devant les chefs et de- vant toute l'assemblée. '*Et les hom- mes dont les noms viennent d'être mentionnés se levèrent et prirent les captifs ; ils employèrent le butin à vê- tir tous ceux qui étaient nus, ils leur donnèrent des habits et des chaussu- res, ils les firent manger et boire, ils les oignirent, ils conduisirent sur des ânes tous ceux qui étaient fatigués, et ils les devant les enfants d'Israël. ''Il offrait des sacrifices et des parfums sur les hauts lieux, sur les collines et sous tout arbre vert. '^L'Eternel, son Dieu, le livra entre les mains du roi de Syrie ; et les Sy- riens le battirent, et lui firent un grand nombre de prisonniers qu'ils emmenèrent à Damas. Il fut aussi li- vré entre les mains du roi d'Israël, qui lui fit éprouver une grande dé- faite. ^Pékach, fils de Remalia, tua dans un seul jour en Juda cent vingt mille hommes, tous ^'aillants, parce qu'ils avaient abandonné l'Eternel, le Dieu de leurs pères. 'Zicri, guerrier 518 II CHUOMOUES. Chap.S8,w-W,n. menèrent à Jéricho, la ville des pal- miers, auprès de leurs frères. Puis ils retournèrent à Samarie. **En ce temps-là, le roi Achaz en- voya demander du secours aux rois d'Assyrie. '"Les Edomites vinrent en- core, battirent Juda, et emmenèrent des captifs. "*Les Philistins firent une invasion dans les villes de la plaine et du midi de Juda; ils prirent Beth- Schémesch, Ajalon, Guedéroth, Soco et les villes de son ressort, Thimna et les villes de son ressort, Guimzo et les villes de son ressort, et ils s'y établi- rent. "Car FEternel humilia Juda, à cause d'Achaz, roi d'Israël, qui avait jeté le désordre dans Juda et commis des péchés contre l'Eternel. -"Tilgath- Pilnéser, roi d'Assvrie, vint contre lui, le traita en ennemi, et ne le soutint pas. -'Car Achaz dépouilla la maison de l'Eternel, la maison du roi et celle des chefs, pour faire des présents au roi d'Assyrie : ce qui ne lui fut d'au- cun secours. "Pendant qu'il était dans la dé- tresse, il continuait à pécher contre l'Éternel, lui, le roi Achaz. -^11 sacrifia aux dieux de Damas qui l'avaient frap- pé, et il dit : Puisque les dieux des rois de Syrie leur viennent en aide, je leur sacrifierai pour qu'ils me secou- rent. Mais ils furent l'occasion de sa chute et de celle de tout Israël. -^Achaz rassembla les ustensiles de la maison de Dieu, et il mit en pièces les usten- siles de la maison de Dieu. Il ferma les portes de la maison de l'Eternel, il se fit des autels à tous les coins de Jérusalem, -''et il établit des hauts lieux dans chacune des villes de Juda pour offrir des parfums à d'autres dieux. Il irrita ainsi l'Eternel, le Dieu de ses pères. -'Le reste de ses actions et toutes ses voies , les premières et les der- nières, cela est écrit dans le livre des rois de Juda et d'Israël. -"Achaz se coucha avec ses pères, et on l'enterra dans la ville de Jérusa- lem, car on ne le mit point dans les sépulcres des rois d'Israël. Et Ezé- chias, son fils, régna à sa place. Ezéchias, roi de Juda. — Le temple purifié et le culte rétabli. Chap. XXIX. 'Ezéchias devint roi à l'âge de vingt-cinq ans, et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Sa mère s'appelait Abija, fille de Zacharie. -il fit ce qui est droit aux yeux de l'Eternel, entièrement comme avait fait David, son père. ^La première année de son règne, au premier mois, il ouvrit les portes de la maison de l'Eternel, et il les ré- ]iara. Ml fit venir les prêtres et les Lé- vites, qu'il assembla dans la place orientale, ^et il leur dit : Ecoutez-moi, Lévites! Maintenant sanctifiez-vous, sanctifiez la maison de l'Eternel, le Dieu de vos pères , et mettez ce qui est impur hors du sanctuaire. *Car nos pères ont péché, ils ont fait ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, no- tre Dieu, ils l'ont abandonné, ils ont détourné leurs regards du tabernacle de l'Eternel et lui ont tourné le dos. 'Ils ont même fermé les portes du portique et éteint les lampes , et ils n'ont offert au Dieu d'Israël ni parfums ni holocaustes dans le sanctuaire. '^Aussi la colère de l'Eternel a été sur Juda et sur Jérusalem, et il les a livrés au trouble, à la désolation et à la moquerie, comme vous le voyez de vos yeux. "Et voici, à cause de cela nos pères sont tombés par l'épée, et nos fils, nos filles et nos femmes, sont en captivité. '"J'ai donc l'intention de faire alliance avec l'Eternel, le Dieu d'Israël, pour que son ardente colère se détourne de nous. "Maintenant, mes fils, cessez d'être négligents ; car vous avez été choisis par l'Eternel pour vous tenir à son service devant 519 Chap.20,n-3t. II CHRONIQUES. lui, pour être ses serviteurs, et pour lui olfrir des parfums. '*Et les Lévites se levèrent : Ma- chath, fils d'Amasaï, Joël, fds d'Aza- ria, des fils des Kehathites ; et des fds des Merarites, Kis, fds d'Abdi, Aza- ria, fils de Jehalléleel ; et des Guer- schonites, Joach, fds de Zimma, Eden, fdsde Joach ; '''et des fds d'Elitsaphan, Schimri et Jeïel ; et des fds d'Asaph, Zacharie et Matthania ; '^et des fds d'IIéman , Jeliiel et Schimeï ; et des fils de Jeduthun, Schemaeja et Uzziel. '^Is réunirent leurs frères, et, après s'être sanctifiés, ils vinrent pour pu- rifier la maison de l'Eternel, selon l'ordre du roi et d'après les paroles de l'Eternel. ''Les prêtres entrèrent dans l'intérieur de la maison de l'E- ternel, pour la purifier; ils sortirent toutes les impuretés qu'ils trouvèrent dans le temple de l'Eternel et les mi- rent dans le parvis de la maison de l'Eternel, où les Lévites les reçurent pour les emporter dehors au torrent de Cédron. "Ils commencèrent ces purifications le premier jour du pre- mier mois; le huitième jour du mois, ils entrèrent dans le portique de l'E- ternel, et ils mirent huit jours à puri- fier la maison de l'Eternel ; le seizième jour du premier mois, ils avaient achevé. '*Ils se rendirent ensuite chez le roi Ezéchias, et dirent : Nous avons purifié toute la maison de l'Eternel, l'autel des holocaustes et tous ses ustensiles, et la table des pains de proposition et tous ses ustensiles. '"Nous avons remis en état et purifié tous les ustensiles que le roi Achaz avait profanés pendant son règne, lors de ses transgressions : ils sont devant l'autel de l'Eternel. -"Le roi Ezéchias se leva de bon matin, assembla les chefs de la ville, et monta à la maison de l'Éternel. -'Ils offrirent sept taureaux, sept bé- liers, sept agneaux et sept boucs, en sacrifice d'expiation pour le royaume, pour le sanctuaire, et pour Juda. Le roi ordonna aux prêtres, fils d'Aaron, de les offrir sur l'autel de l'Eternel. "Les prêtres égorgèrent les bœufs, et reçurent le sang, qu'ils répandirent sur l'autel; ils égorgèrent les béliers, et répandirent le sang sur l'autel ; ils égorgèrent les agneaux et répandirent le sang sur l'autel. -'On amena ensuite les boucs expiatoires devant le roi et devant l'assemblée, qui posèrent leurs mains sur eux. -*Les prêtres les égor- gèrent, et répandirent leur sang au pied de l'autel en expiation pour les péchés de tout Israël ; car c'était pour tout Israël que le roi avait ordonné l'holocauste et le sacrifice d'expiation. -^11 fit placer les Lévites dans la mai- son de l'Eternel avec des cymbales, des luths et des harpes, selon l'ordre de David, de Gad le voyant du roi, et de Nathan le prophète ; car c'était un ordre de l'Eternel, transmis par ses prophètes. *'*Les Lévites prirent place avec les instruments de David, et les prêtres avec les trompettes. ^^ Ezé- chias ordonna d'offrir l'holocauste sur l'autel; et au moment où commença l'holocauste, commença aussi le chant de l'Eternel, au son des trompettes et avec accompagnement des instru- ments de David, roi d'Israël. '-*Toute l'assemblée se prosterna, on chanta le cantique, et l'on sonna des trompet- tes, le tout jusqu'à ce que l'holocauste fût achevé. *^Et quand on eut achevé d'offrir l'holocauste, le roi et tous ceux fjui étaient avec lui fléchirent le ge- nou et se prosternèrent. '"Puis le roi Ezéchias et les chefs dirent aux Lévi- tes de célébrer l'Eternel avec les pa- roles de David et du prophète Asaph ; et ils le célébrèrent avec des trans- ports de joie, et ils s'inclinèrent et se prosternèrent. "Ezéchias prit alors la parole, et 620 II CHRONIQUES. C;>np.29,3-i-S0, 13. dit : Maintenant que vous vous êtes consacrés à rÉternel, approchez-vous, amenez des victimes et offrez des sa- crifices d'actions de grâces à la mai- son de l'Éternel. Et l'assemblée amena des Aictimes et offrit des sacrifices d'actions de grâces, et tous ceux dont le cœur était bien disposé offrirent des holocaustes. ^-Le nombre des holo- caustes offerts par l'assemblée fut de soixante-dix bœufs, cent béliers, et deux cents agneaux ; toutes ces victi- mes furent immolées en holocauste à l'Eternel. "^Et l'on consacra encore six cents bœufs et trois mille brebis. ^^Mais les prêtres étaient en petit nom- bre, cl ils ne purent dépouiller tous les holocaustes; leurs frères, les Lé- vites, les aidèrent jusqu'à ce que l'ou- vrage fût fini, et jusqu'à ce que les autres prêtres se fussent sanctifiés , car les Lévites avaient eu plus à cœur de se sanctifier que les prêtres. ''^Il y avait d'ailleurs beaucoup d'holocaus- tes , avec les graisses des sacrifices d'actions de grâces, et avec les liba- tions des holocaustes. Ainsi fut rétabli le service de la mai- son de l'Eternel. '^Ezéchias et tout le peuple se réjouirent de ce que Dieu avait bien disposé le peuple, car la chose se fit subitement. Célébration solennelle de la Pâque sous Ezcc/iias. Chap. XXX. 'Ezéchias envoj'ades messagers dans tout Israël et Juda, et il écrivit aussi des letti-es à Ephraïm et à Manassé, pour qu'ils vinssent à la maison de l'Eternel à Jérusalem célé- brer la Pàque en l'honneur de l'Eter- nel, le Dieu d'Israël. -Le roi, ses chefs, et toute l'assemblée, avaient tenu con- seil à Jérusalem, afin que la Pàque fût célébrée au second mois; ^car on ne pouvait la faire en son temps, parce que les prêtres ne s'étaient pas sanc- tifiés en assez grand nombre et que le peuple n'était pas rassemblé à Jérusa- lem. 'La chose ayant eu l'approbation du roi et de toute l'assemblée, ^ils dé- cidèrent de faire une publication dans tout Israël, depuis Beer-Schéba jus- qu'à Dan, pour que l'on vint à Jérusa- lem célébrer la Pàque en l'honneur de l'Eternel, le Dieu d'Israël. Car elle n'était plus célébrée par la multitude comme il est écrit. °Les coureurs allèrent avec les let- tres du roi et de ses chefs dans tout Israël et Juda. Et d'après l'ordre du roi, ils dirent : Enfants d'Israël, reve- nez à l'Eternel, le Dieu d'Abraham, d'isaac et d'Israël, afin qu'il revienne à vous, reste échappé de la main des rois d'Assyrie. 'Ne soyez pas comme vos pères et comme vos frères, qui ont péché contre l'Eternel, le Dieu de leurs pères, et qu'il a livrés à la désolation, comme vous le voyez. ''Ne raidissez donc pas votre cou, comme vos pères ; donnez la main à l'Eternel , venez à son sanctuaire qu'il a sanctifié pour tou- jours, et servez l'Eternel, votre Dieu, pour que sa colère ardente se détourne de vous. 'Si vous revenez à l'Eternel, vos frères et vos fils trouveront misé- ricorde auprès de ceux qui les ont em- menés captifs, et ils reviendront dans ce pays ; car l'Eternel, votre Dieu, est compatissant et miséricordieux, et il ne détournera pas sa face de vous, si vous revenez à lui. '"Les coureurs al- lèrent ainsi de ville en ville dans le pays d'Ephraïm et de Manassé, et jus- qu'à Zabulon. Mais on se riait et l'on se moquait d'eux. "Cependant quel- ques hommes d'Aser, de Manassé et de Zabulon, s'humilièrent et vinrent à Jérusalem. '-Dans Juda aussi la main de Dieu se déploya pour leur donner un même cœur et leur faire exécuter l'ordre du roi et des chefs, selon la parole de l'Eternel. '^Un peuple nombreux se réunit à Jérusalem pour célébrer la fête des !l Chap. SO,i'i-Sl,i II CHRONIQUES. pains sans levain au second mois : ce louant l'Éternel, le Dieu de leurs pè- fut une immense assemblée. '■'Ils se res. levèrent, et ils firent disparaître les -'Toute l'assemblée fut d'avis de autels sur lesquels on sacrifiait dans célébrer sept autres jours. Et ils célé- Jérusalem et tous ceux sur lesquels brèrent joyeusement ces sept jours ; on offrait des parfums, et ils les jeté- -^car Ezéchias, roi de Juda, avaitdonné rent dans le torrent de Gédron. '^Ils à l'assemblée mille taureaux et sept immolèrent ensuite la Pàque le qua- mille brebis, et les chefs lui donnèrent torzième jour du second mois. Les mille taureaux et dix mille brebis, et prêtres et les Lévites, saisis de confu- des prêtres en grand nombre s'étaient sion, s'étaient sanctifiés, et ils offri- sanctifiés. -^Toute l'assemblée de Ju- rent des holocaustes dans la maison da, et les prêtres et les Lévites, et del'Eternel. "^Ilsoccupaientleur place tout le peuple venu d'Israël, et les ordinaire, conformément à la loi de étrangers venus du pays d'Israël ou Moïse, homme de Dieu; et les prêtres établis en Juda, se livrèrent à la joie, répandaient le sang, qu'ils recevaient -'^11 y eut à Jérusalem de grandes ré- de la main des Lévites. ''Comme il y jouissances; et depuis le temps de avait dans l'assemblée beaucou|> de Salomon, fils de David, roi d'Israël, gens qui ne s'étaient pas sanctifiés, rien de semblable n'avait eu lieu dans les Lévites se chargèrent d'immoler Jérusalem. "Les prêtres et les Lévites les victimes de la Pàque pour tous se levèrent et bénirent le peuple; et ceux qui n'étaient pas purs, afin de leur voix fut entendue, et leur prière les consacrer à l'Eternel. "*Car une parvint jusqu'aux cieux , jusqu'à la grande partie du peuple, beaucoup de sainte demeure de l'Eternel, ceux d'Ephraïm, de Manassé, d'Issa- car et de Zabulon, ne s'étaient pas purifiés, et ils mangèrent la Pàque sans se conformer à ce qui est écrit. MaisÉzéchias pria pour eux, en disant: Dispositions prises par lizécliids pour régulari- ser les fonctions et les recenus des prêtres et des Léi'ites. CJiap. XXXI. 'Lorsque tout cela Veuille l'Eternel, qui est bon, ])ar- fut terminé, tous ceux d'Israël qui donner "à tous ceux qui ont appliqué étaient présents partirent pour les leur cœur à chercher Dieu, l'Eternel, le Dieu de leurs pères , quoiqu'ils n'aient pas pratiqué la sainte purifi- cation ! -"L'Eternel exauça Ezéchias, et il pardonna au peuple. '-'Ainsi les enfants d'Israël qui se trouvèrent à villes de Juda, et ils brisèrent les sta- tues, abattirent les idoles, et renver- sèrent entièrement les hauts lieux et les autels dans tout Juda et Benjamin et dans Ephraïm et Manassé. Puis tous les enfants d'Israël retournèrent dans Jérusalem célébrèrent la fête des pains leurs villes, chacun dans sa propriété, sans levain, pendant sept jours, avec -Ezéchias rétablit les classes des une grande joie ; et chaque jour, les prêtres et des Lévites d'après leurs Lévites et les prêtres louaient l'Eter- divisions, chacun selon ses fonctions, nel avec les instruments qui retentis- prêtres et Lévites, pour les holocaus- saient en son honneur. --Ezéchias parla tes et les sacrifices d'actions de grâces, au cœur de tous les Lévites, qui mon- pour le service, pour les chants et les traient une grande intelligence pour louanges, aux portes du camp de l'E- le service de l'Eternel. Ils mangèrent ternel. 'Le roi donna une portion de les victimes pendant sept jours, offrant ses biens pour les holocaustes, pour des sacrifices d'actions de grâces, et les holocaustes du matin et du soir, et 522 II CHRONIQUES. Chap. Sl,k-32, 1. pour les holocaustes des sabbats, des nouvelles lunes et des fêtes, eoninie il est écrit dans la loi de l'Eternel. *Et il dit au peuple, aux habitants de Jérusalem, de donner la portion des jn-ètres et des Lévites, afin qu'ils ob- servassent fidèlement la loi de l'Eter- nel. ^Lorsque la chose fut répandue, les enfants d'Israël donnèrent en abon- dance les prémices du blé, du moût, de l'huile, du miel, et de tous les pro- duits des champs ; ils apportèrent aussi en abondance la dîme de tout. ^De même, les enfants d'Israël et de Juda qui demeuraient dans les villes de Juda donnèrent la dîme du gros et du menu bétail, et la dîme des choses saintes qui étaient consacrées à l'Eter- nel, leur Dieu, et dont on fit plusieurs tas. "On commença à former les tas au troisième mois, et l'on acheva au septième mois. *Ezéchias et les chefs vinrent voir les tas, et ils bénirent l'Eternel et son peuple d'Israël. 'Et Ezéchias interrogea les prêtres et les Lévites au sujet de ces tas. '"Alors le grand prêtre Azaria, de la maison de Tsadok, lui répondit : Depuis qu'on a commencé d'apporter les offrandes dans la maison de l'Eternel , nous avons mangé, nous nous sommes ras- sasiés , et nous en avons beaucoup laissé, car l'Eternel a béni son peuple ; et voici la grande quantité qu'il y a de reste. " Ezéchias donna l'ordre de prépa- rer des chambres dans la maison de l'Eternel; et on les prépara. '-On y apporta fidèlement les offrandes, la dîme, et les choses saintes. Le Lévite Conania en eut l'intendance, et son frère Schimeï était en second. '^Je- hiel , Azazia , Nachath , Asaël , Jeri- moth, Jozabad, Eliel, Jismakia, Ma- chath et Benaja, étaient employés sous la direction de Conania et de son frère Schimeï, d'après l'ordre du roi Ezéchias, et d'Azaria, chef de la mai- son de Dieu. '^Le Lévite Koré, fils de Jimna, portier de l'orient, avait l'in- tendance des dons volontaires faits à Dieu, pour distribuer ce qui était pré- senté à l'Eternel par élévation et les choses très saintes. 'M)ans les villes sacerdotales, Eden, Minjamin, Josué, Schemaeja , Amaria et Schecania , étaient placés sous sa direction pour faire fidèlement les distrijjutions à leurs frères, grands et petits, selon leurs divisions : "'aux mâles enregis- trés depuis l'âge de trois ans et au- dessus ; à tous ceux qui entraient jour- nellement dans la maison de l'Eternel pour faire leur service selon leurs fonctions et selon leurs divisions ; ''aux prêtres enregistrés d'après leurs maisons paternelles, et aux Lévites de vingt ans et au-dessus, selon leurs fonctions et selon leurs divisions; '*à ceux de toute l'assemblée enregistrés avec tous leurs petits enfants, leurs femmes, leurs fils et leurs filles, car ils se consacraient fidèlement au ser- vice du sanctuaire. ''Et pour les fils d'Aaron, les prêtres, qui demeuraient â la campagne dans les banlieues de leurs villes, il y avait dans chaque ville des hommes désignés par leurs noms pour distribuer les portions à tous les mâles des prêtres et à tous les Lévites enregistrés. *" Voilà ce que fit Ezéchias dans tout Juda; il fit ce qui est bien, ce qui est droit, ce qiii est vrai, devant l'Eternel, son Dieu. -'11 agit de tout son cœur et il réussit dans tout ce qu'il entreprit, en recherchant son Dieu, pour le ser- A'ice de la maison de Dieu, pour la loi et pour les commandements. Invasion de Sanr/iêrib, roi d Assyrie, et destruction de son armée. Chap. XXXII. 'Après ces choses et ces actes de fidélité, parut Sanché- rib, roi d'Assyrie, qui pénétra en Juda, et assiégea les villes fortes, dans l'in- 523 Chap. S2,'i-u. II CHRONIQUES. tention de s'en emparer. ^Ézéchias, chias, qui a fait disparaître les hauts voyant que Sanchérib était venu et lieux et les autels de l'Eternel, et qui qu'il se proposait d'attaquer Jérusa- lem, ^tint conseil avec ses chefs et ses hommes vaillants, afin de boucher les sources d'eau qui étaient hors de la ville; et ils furent de son avis. *Une foule de gens se rassemblèrent, et ils bouchèrent toutes les sources et le ruisseau qui coule au milieu de la con- trée. Pourquoi, disaient-ils, les rois d'Assyrie trouveraient-ils à leur arri- vée des eaux en abondance ? ^ Ézéchias prit courage ; il reconstruisit la mu- raille qui était en ruine et l'éleva jus- qu'aux tours, bâtit un autre mur en dehors, fortifia Millo dans la cité de David, et prépara une quantité d'ar- mes et de boucliers. *11 donna des chefs militaires au peuple, et les réu- nit auprès de lui sur la place de la porte de la ville. S'adressant à leur cœur, il dit : 'P^ortifiez-vous et ayez du courage ! Ne craignez point et ne soyez point effrayés devant le roi d'As- syrie et devant toute la multitude qui a donné cet ordre à Juda et à Jérusa- lem : Vous vous prosternerez devant un seul autel, et vous y offrirez les parfums? '^Ne savez-vous pas ce que nous avons fait, moi et mes pères, à tous les peuples des autres pays ? Les dieux des nations de ces pays ont-ils pu délivrer leurs pays de ma main ? '■"Parmi tous les dieux de ces nations que mes pères ont exterminées, quel est celui qui a pu délivrer son peuple de ma main , pour que votre Dieu puisse vous délivrer de ma main ? '^Qu'Ezéchias ne vous séduise donc point et qu'il ne vous abuse point ainsi; ne vous fiez pas à lui ! Car aucun dieu d'aucune nation ni d'aucun royaume n'a pu délivrer son peuple de ma main et de la main de mes pères : combien moins votre Dieu vous délivrera-t-il de ma main ! '^Les serviteurs de Sanchérib par- lèrent encore contre l'Eternel Dieu, et contre Ezéchias, son serviteur. '^Et est avec lui ; car avec nous il y a plus il envoya une lettre insultante pour qu'avec lui. *Avec lui est un bras de chair, et avec nous l'Eternel, notre Dieu, qui nous aidera et qui combattra pour nous. Le peuple eut confiance dans les paroles d'Ezéchias, roi de Juda. ^Après cela, Sanchérib, roi d'Assy- rie, envoya ses serviteurs à Jérusalem, l'Eternel, le Dieu d'Israël, en s'expri- mant ainsi contre lui : De même que les dieux des nations des autres pays n'ont pu délivrer leur peuple de ma main, de même le Dieu d'Ezéchias ne délivrera pas son peuple de ma main. **Les serviteurs de Sanchérib crièrent à haute voix en langue judaïque, afin pendant qu'il était devant Lakis avec de jeter l'effroi et l'épouvante parmi toutes ses forces; il les envoya vers le peuple de Jérusalem qui était sur Ezéchias, roi de Juda, et vers tous ceux de Juda qui étaient à Jérusalem, pour leur dire : '"Ainsi parle Sanché- rib, roi d'Assyrie : Sur quoi repose votre confiance, pour que vous restiez à Jérusalem dans la détresse ? " Ezé- chias ne vous abuse-t-il pas pour vous livrer à la mort par la famine et par la soif, quand il dit : L'Eternel, notre Dieu, nous sauvera de la main du roi d'Assyrie? '-N'est-ce pas lui, Ezé- la muraille, et de pouvoir ainsi s'em- parer de la ville. '^Ils parlèrent du Dieu de Jérusalem comme des dieux des peuples de la terre, ouvrages de mains d'homme. -"Le roi Ezéchias et le prophète Ésaïe, fils d'Amots, se mirent à prier à ce sujet, et ils crièrent au ciel. -'Alors l'Eternel envoya un ange, qui extermina dans le camp du roi d'Assyrie tous les vaillants hommes, 524 II CIIRONIOUES. Chap.S2,'2i-S3,i. les princes et les chefs. Et le roi con- fus retourna dans son pays. II entra dans la maison de son dieu, et là ceux qui étaient sortis de ses entrailles le Dieu l'abandonna pour l'éprouver afin de connaître tout ce qui était dans son cœur. ^-Le reste des actions d'Ezéchias, et firent tomber par l'épce. "Ainsi l'É- ses œuvres de piété, cela est écrit dans la vision du prophète Esaïe, fils d'A- mots, dans le livre des rois de Juda et d'Israël. '^ Ezéchias se coucha avec ses pères, et on l'enterra dans le lieu le plus élevé des sépulcres des fils de David ; tout Juda et les habitants de Jérusa- lem lui rendirent honneur à sa mort. Et Manassé, son fils, régna à sa place. ternel sauva Ezéchias et les habitants de Jérusalem de la main de Sanchérib, roi d'Assyrie, et de la main de tous, et il les protégea contre ceux qui les entouraient. -'Beaucoup de gens ap- portèrent dans Jérusalem des offran- des à l'Eternel, et de riches présents à Ezéchias, roi de Juda, qui depuis lors fut élevé aux yeux de toutes les nations. -*En ce temps-là, Ezéchias fut ma- lade à la mort. Il fit une prière à l'E- ternel ; et l'Eternel lui adressa la pa- role, et lui accorda un prodige. -^Mais Ezéchias ne répondit point au bienfait qu'il avait reçu, car son cœur s'éleva ; et la colère de l'Eternel fut sur lui et sur Juda et Jérusalem. -''Alors Ezé- chias, du sein de son orgueil, s'humi- lia avec les habitants de Jérusalem, et la colère de l'Eternel ne vint pas sur eux pendant la vie d'Ezéchias. *' Ezéchias eut beaucoup de riches- ses et de gloire. Il se fit des trésors d'argent, d'or, de pierres précieuses, d'aromates, de boucliers, et de tous les objets qu'on peut désirer; **des magasins pour les produits en blé, en moût et en huile, des crèches pour toute espèce de bétail, et des étables pour les troupeaux. -^11 se bâtit des villes, et il eut en abondance des trou- peaux de menu et de gros bétail ; car Dieu lui avait donné des biens consi- dérables. '"Ce fut aussi lui, Ezéchias, qui boucha l'issue supérieure des eaux de Guihon, et les conduisit en bas vers l'occident de la cité de David. Ezé- chias réussit dans toutes ses entre- prises. "Cependant, lorsque les chefs de Babylone envoyèrent des messa- gers auprès de lui pour s'informer du prodige qui avait eu lieu dans le pays. Manassé et Arnon, rois de Juda. Chap. XXXIII. ' Manassé avait douze ans lorsqu'il devint roi, et il régna cinquante-cinq ans à Jérusalem. -Il fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, selon les abominations des nations que l'Eternel avait chassées devant les enfants d'Israël. 'Il rebâtit les hauts lieux qu'Ezéchias, son père, avait renversés, il éleva des autels aux Baals, il fit des idoles d'Astarté, et il se prosterna devant toute l'armée des cieux et la servit. ''II bâtit des autels dans la maison de l'Eternel, quoique l'Eternel eût dit : C'est dans Jérusa- lem que sera mon nom à perpétuité. ^11 bâtit des autels à toute l'armée des cieux dans les deux parvis de la mai- son de l'Eternel. ^11 fit passer ses fils par le feu dans la vallée des fils de Hinnom; il observait les nuages et les serpents pour en tirer des pronostics, il s'adonnait à la magie, et il établit des gens qui évoquaient les esprits et qui prédisaient l'avenir. II fit de plus en plus ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, afin de l'irriter. 'Il plaça l'image taillée de l'idole qu'il avait faite dans la maison de Dieu, de la- quelle Dieu avait dit à David et à Sa- lomon, son fils : C'est dans cette mai- son, et c'est dans Jérusalem que j'ai choisie parmi toutes les tribus d'Israël, 525 Çhap. 33,8-34,3. II CHRONIQUES. que je veux à toujours placer mon sa prière à son Dieu, et les paroles des nom. *Je ne ferai plus sortir Israël du prophètes qui lui parlèrent au nom de pays que j'ai destiné à vos pères, l'Eternel, le Dieu d'Israël, cela est pourvu seulement qu'ils aient soin de écrit dans les actes des rois d'Israël, mettre en pratique tout ce que je leur '■'Sa prière et la manière dont Dieu ai commandé, selon toute la loi, les l'exauça, ses péchés et ses infidélités, préceptes et les ordonnances , près- les places où il bâtit les hauts lieux et crits par Moïse. 'Mais Manassé fut dressa des idoles et des images tail- cause que Juda et les habitants de Je- lées avant de s'être humilié, cela est rusalem s'égarèrent et firent le mal écrit dans le livre de Hozaï. plus que les nations que l'Eternel avait -"Manassé se coucha avec ses pères, détruites devant les enfants d'Israël, et on l'enterra dans sa maison. Et '"L'Éternel parla à Manassé et à son Amon, son fils, régna à sa place, peuple, et ils n'y firent point attention. "Alors l'Eternel fit venir contre eux -'Amon avait vingt-deux ans lors- les chefs de l'armée du roi d'Assyrie, qu'il devint roi, et il régna deux ans à qui saisirent Manassé et le mirent dans Jérusalem. les fers; ils le lièrent avec des chaînes --Il fit ce qui est mal aux yeux de d'airain, et le menèrent à Babylone. l'Eternel, comme avait fait Manassé, '^Lorsqu'il fut dans la détresse, il im- son père ; il sacrifia à toutes les images plora l'Eternel, son Dieu, et il s'hu- taillées qu'avait faites Manassé, son milia profondément devant le Dieu de père, et il les servit ; -^et il ne s'humi- ses pères. '^11 lui adressa ses prières ; lia pas devant l'Eternel, comme s'était et l'Eternel, se laissant fléchir, exauça humilié Manassé, son père, car lui, ses sup]ilications, et le ramena à Jéru- Amon, se rendit de plus en plus cou- pable. -'Ses serviteurs conspirèrent contre lui, et le firent mourir dans sa maison. -^Mais le peuple du pays frappa tous ceux qui avaient conspiré contre le roi Amon ; et le peuple du pays éta- salem dans son royaume. Et Manassé reconnut que l'Eternel est Dieu. '*Après cela, il bâtit en dehors de la ville de David, à l'occident, vers Gui- hon dans la vallée, un mur qui se pro- longeait jusqu'à la porte des poissons blit roi Josias, son fils, à sa place, et dont il entoura la colline, et il l'éleva à une grande hauteur ; il mit aussi des chefs militaires dans toutes les villes fortes de Juda. '^11 fit disparaître de la maison de l'Eternel les dieux étrangers et l'idole, et il renversa tous les autels qu'il avait trente et un ans à Jérusalem, bâtis sur la montagne de la maison de -Il fit ce qui est droit aux yeux de l'Éternel et à Jérusalem ; et il les jeta l'Éternel, et il marcha dans les voies hors de la ville. '"Il rétablit l'autel de de David, son père; il ne s'en détourna l'Éternel et y offrit des sacrifices d'ac- ni à droite ni à gauche, tions de grâces et de reconnaissance, ^La huitième année de son règne, et il ordonna à Juda de servir l'Éter- comme il était encore jeune, il com- nel, le Dieu d'Israël. ''Le peuple sa- mença à rechercher le Dieu de David, crifiait bien encore sur les hauts lieux, son père; et la douzième année, il mais seulement à l'Éternel, son Dieu, commença à purifier Juda et Jérusalem '"Le reste des actions de Manassé, des hauts lieux, des idoles, des images Josias, roi de Juda. — Son zèle contre l'idolâ- trie. — Le lii're de la loi troin'é dans le temple. Chap. XXXIV. 'Josias avait huit ans lorsqu'il devint roi, et il régna 526 II CHRONIQUES. Chap. S4,i4-Qi. taillées et des images en fonte. ■'On rie et Meschullam, d'entre les fds des renversa devant lui les autels des Kehathites ; tous ceux des Lévites qui Baals, et il abattit les statues consa- étaient habiles musiciens "surveil- crées au soleil qui étaient dessus ; il laient les manœuvres et dirigeaient brisa les idoles, les images taillées et tous les ouvriers occupés aux divers les images en fonte, et les réduisit en travaux ; il y avait encore d'autres Lé- poussière, et il répandit la poussière vites secrétaires, commissaires et por- sur les sépulcres de ceux qui leur tiers. avaient sacrifié; ^et il brûla les osse- '■'Au moment où l'on sortit l'argent ments des prêtres sur leurs autels, qui avait été apporté dans la maison C'est ainsi qu'il purifia Juda et Jéru- de l'Eternel, le prêtre Hilkija trouva s.dem. ^Dans les villes de Manassé, le livre de la loi de l'Eternel, donnée d'Eplira'im, de Siméon, et même de par Mo'ise. '\\lors Hilkija prit la parole Nephthali, partout au milieu de leurs et dit à Schaphan, le secrétaire : J'ai ruines, 'il renversa les autels, il mit trouvé le livre de la loi dans la maison en pièces les idoles et les images tail- de l'Eternel. Et Hilkija donna le livre lées et les réduisit en poussière, et il à Schaphan. '^Schaphan apporta le li- abattit toutes les statues consacrées vre au roi, et lui rendit aussi compte, au soleil dans tout le pays d'Israël, en disant : Tes serviteurs ont fait tout Puis il retourna à Jérusalem. ce qui leur a été commandé ; '^ils ont ''La dix-huitième année de son rè- amassé l'argent qui se trouvait dans la gne, après qu'il eut purifié le pays et maison de l'Eternel, et l'ont remis en- la maison, il envoya Schaphan, fils tre les mains des inspecteurs et des d'Atsalia, Maaséja, chef de la ville, et ouvriers. '^Schaphan, le secrétaire, Joach, fils de Joachaz, l'archiviste, dit encore au roi : Le prêtre Hilkija pour réparer la maison de l'Eternel, son Dieu. "Ils se rendirent auprès du grand prêtre Hilkija, et on livra l'ar- gent qui avait été apporté dans la m'a donné un livre. Et Schajihan le lut devant le roi. '"Lorsque le roi entendit les paroles de la loi, il déchira ses vêtements. '-"Et maison de Dieu, et que les Lévites le roi donna cet ordre à Hilkija, à Achi- gardiens du seuil avaient recueilli de kam, fils de Schaphan, à Abdon, fils* Manassé et d'Ephra'im et de tout le de Michée, à Schaphan, le secrétaire, reste d'Israël, et de tout Juda et Ben- et à Asaja, serviteur du roi : '-'Allez, jamin et des habitants de Jérusalem, consultez l'Éternel pour moi et pour '"On le remit entre les mains de ceux ce qui reste en Israël et en Juda, au qui étaient chargés de faire exécuter sujet des paroles de ce livre qu'on a l'ouvrage dans la maison de l'Eternel, trouvé; car grande est la colère de Et ils l'employèrent pour ceux qui tra- l'Eternel, qui s'est répandue sur nous, vaillaient aux réparations de la maison parce que nos pères n'ont point ob- de l'Eternel, "pour les charpentiers et serve la parole de l'Eternel et n'ont les maçons, pour les achats de pierres ])oint mis en pratique tout ce qui est de taille et de bois destiné aux poutres écrit dans ce livre, et à la charpente des bâtiments qu'a- "Hilkija et ceux qu'avait désignés valent détruits les rois de Juda. '-Ces le roi allèrent auprès de la prophétesse hommes agirent avec probité dans leur llulda, femme de Schallum, fils de travail. Ils étaient placés sous Tins- Thokehatli, fils de Hasra, gardien des pection de Jachath et Abdias, Lévites vêtements. Elle habitait à Jérusalem, d'entre les fils de Merari, et de Zacha- dans l'aulre quartier de la ville. Apres 527 34 Chap. S4-,'i3-3o,i. II CHRONIQUES. qu ils eurent exprimé ce qu ils avaient à lui dire, -^elle leur répondit : Ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël : Dites à l'homme qui vous a envoyés vers moi : ^*Ainsi parle l'Eternel : Voici, je vais faire venir des malheurs sur ce lieu et sur ses habitants, toutes les liance, écrites dans ce livre. ^^Et il fît entrer dans l'alliance tous ceux qui se trouvaient à Jérusalem et en Benja- min ; et les habitants de Jérusalem agirent selon l'alliance de Dieu, du Dieu de leurs pères. ^^Josias fit disparaître toutes les malédictions écrites dans le livre qu'on abominations de tous les pays appar- a lu devant le roi de Juda. -^Parce tenant aux enfants d'Israël, et il obli- cju'ils m'ont abandonné et qu'ils ont gea tous ceux qui se trouvaient en offert des parfums à d'autres dieux, Israël à servir l'Eternel , leur Dieu, afin de m'irriter par tous les ouvrages Pendant toute sa vie, ils ne se détour- nèrent point de l'Eternel, le Dieu de leurs pères. Célébration solennelle de la Pdquc sons Josias. — Josias tué par les archers de Néco, roi Chap. A'A'A'F. 'Josias célébra la a été touché, parce que tu t'es humilié Pàque en l'honneur de l'Eternel à Jé- devant Dieu en entendant ses paroles rusalem, et l'on immola la Pàque le contre ce lieu et contre ses habitants, quatorzième jour du premier mois, parce que tu t'es humilié devant moi, -Il établit les prêtres dans leurs fonc- parce que tu as déchiré tes vêtements tions, et les encouragea au service de et que tu as pleuré devant moi, moi la maison de l'Eternel. 'Il dit aux Lé- de leurs mains, ma colère s est répan- due sur ce lieu, et elle ne s'éteindra point. -^Mais vous direz au roi de Juda qui vous a envoyés pour consulter l'Eternel : Ainsi parle l'Éternel, le Dieu d'Israël, au sujet des paroles que tu as entendues : -'Parce que ton cœur aussi, j'ai entendu, dit l'Eternel. -** Voici, je te recueillerai auprès de tes pères , tu seras recueilli en paix dans ton sépulcre, et tes yeux ne ver- ront pas tous les malheurs que je ferai vites qui enseignaient tout Israël et qui étaient consacrés à l'Eternel : Pla- cez l'arche sainte dans la maison qu'a bâtie Salomon, fils de David, roi d'Is- raël ; vous n'avez plus à la porter sur •venir sur ce lieu et sur ses habitants, l'épaule. Servez maintenant l'Eternel, Ils rapportèrent au roi cette réponse. -''Le roi fit assembler tous les an- ciens de Juda et de Jérusalem. '"Puis il monta à la maison de l'Eternel, avec tous les hommes de Juda et les habi- votre Dieu, et son peuple d'Israël. *Tenez-vous prêts, selon vos maisons paternelles, selon vos divisions, com- me l'ont réglé par écrit David, roi d'Israël, et Salomon, son fils; ^occu- tants de Jérusalem, les prêtres et les pezvos places dans le sanctuaire, d'a- Lévites, et tout le peuple, depuis le près les différentes maisons paternel- plus grand jusqu'au plus petit. Il lut les de vos frères les fils du peuple, et devant eux toutes les paroles du livre d'après la classification des maisons de l'alliance, qu'on avait trouvé dans paternelles des Lévites. ^Immolez la la maison de l'Eternel. "Le roi se te- Pàque, sanctifiez-vous, et préparez-la nait sur son estrade, et il traita alliance pour vos frères, en vous conformant devant l'Eternel, s'engageant à suivre à la parole de l'Eternel prononcée par l'Eternel, et à observer ses ordonnan- Moïse. ces, ses préceptes et ses lois, de tout "Josias donna aux gens du peuple, son cœur et de toute son àme, afin de à tous ceux qui se trouvaient là, des mettre en pratique les paroles de l'ai- agneaux et des chevreaux au nombre 528 II CHROMOUES. CJiap. S 5, 8-75. de trente mille, le tout pour la Pfupie, et trois mille ijœuls ; eela fut pris sur les biens du roi. ''Ses chefs firent de bon gré un présent au peuple, aux prêtres et aux Lévites. Ililkija, Zacha- rie et .Jehiel, princes de la maison de Dieu, donnèrent aux prêtres pour la Pàque deux mille six cents agneaux et trois cents bœufs. 'Conania, Sche- maeja et Nethaneel, ses frères, Has- chabia, Jeïel et Jozabad, chefs des Lé- vites, donnèrent aux Lévites pour la Pàrpie cinq mille agneaux et cinq cents bœufs. '"Le service s'organisa, et les prê- tres et les Lévites occupèrent leur place, selon leurs divisions, d'après Fortlre du roi. " Ils immolèrent la Pà- que ; les piètres lépandirent le sang (pi'ils recevaient de la main des Lévi- tes, et les Lévites dépouillèrent les victimes. '"-Ils mirent à part les holo- caustes pour les donner aux différentes maisons paternelles des gens tlu peu- ple, afin (ju'ils les offrissent à l'Eter- nel, comme il est écrit dans le livre de Moïse ; et de même pour les bœufs. '•'Ils firent cuire la Pàque au feu, selon l'ordonnance, et ils firent cuire les choses saintes dans des chaudières, des chaudrons et des poêles ; et ils s'empressèrent de les distribuer à tout le peuple. '"'Ensuite ils jiréparèrent ce (pii était pour eux et pour les prêtres, car les prêtres, fils d'.Varon, furent occupés jusfju'à la nuit à offrir les ho- locaustes et les graisses; c'est pour- (juoi les Lévites préparèrent pour eux et pour les prêtres, fils d'Aaron. 'Ma^s chantres, fils d'Asaph, étaient à leur place, selon l'ordre de David, d'Asaph, d'Héman, et de .leduthun le voyant du roi, et les portiers étaient à chaque porte ; ils n'eurent pas à se détourner de leur office, car leurs frè- res les Lévites préparèrent ce qui était pour eux. "^Ainsi fut organisé ce jour-là tout le service de l'Eternel pour faire la Pàque et pour offrir des holocaustes sur l'autel de l'Eternel, d'après l'ordre du roi Josias. '"Les enfants d'Israël qui se trouvaient là célébrèrent la Pà- que en ce temps et la fête des pains sans levain pendant sept jours. "*Au- cune Pàque pareille à celle-là n'avait été célébrée en Israël depuis les jours de Samuel le prophète ; et aucun des rois d'Israël n'avait célébré une Pàque pareille à celle que célébrèrent .Josias, les prêtres et les Lévites, tout .Juda et Israël qui s'y trouvaient, et les habi- tants de Jérusalem. '"Ce fut la dix- huitième année du règne de Josias que cette Pàque fut célébrée. -"Après tout cela, après (jue Josias eut réparé la maison de l'Eternel, Néco, roi d'Egypte, monta pour com- battre à Carkemisch sur rEu])hrate. Jo- sias marcha à sa rencontre ; "-' et Néco lui envoya des messagers pour dire : Qu'v a-t-il entre moi et toi, roi de Ju- da ? Ce n'est pas contre toi que je viens aujourd'hui ; c'est contre une maison avec laquelle je suis en guerre. Et Dieu m'a dit de me hâter. Ne t'oppose pas à Dieu qui est avec moi, de peur qu'il ne te détruise. --Mais Josias ne se détourna point de lui, et il se dé- guisa pour l'attaquer, sans écouter les paroles de Néco, ([ui venaient de la bouche de Dieu. Il s'avança pour com- battre dans la vallée de Meguiddo. -■'Les archers tirèrent sur le roi Josias, et le roi dit à ses serviteurs : Empor- tez-moi, car je suis gravement blessé. "Ses serviteurs l'emportèrentdu char, le mirent dans un second char qui était à lui, et l'amenèrent à Jérusalem. Il mourut, et fut enterré dans le sépul- cre de ses pères. Tout Juda et Jérusa- lem pleurèrent Josias. -Mérémit; fit une complainte sur Josias ; tous les chanteurs et toutes les chanteuses ont parlé de Josias dans leurs complaintes jusqu'à ce jour, et en ont établi lacou- 529 Chnp. 35,^6-86, 18. II CHRONIQUES. tiime en Israël. Ces chants sont écrits II fît ce qui est mal aux yeux de l'É- dans les Complaintes. ternel. -*Le reste des actions de Josias, et '"L'année suivante, le roi Nebucad- ses œuvres de piété telles que les près- netsar le fît emmener à Babylone avec crit la loi de l'Eternel, -^ses premières les ustensiles précieux de la maison de et ses dernières actions, cela est écrit l'Eternel. Et il établit roi sur .Juda et dans le livre des rois d'Israël et de sur Jérusalem Sédécias, frère de Jo- Juda. jakin. Joacliaz, Jojakirn, Jojakin, rois de Juda. Chop. XXXVI. 'Le peuple du pays prit Joachaz, fîls de Josias, et l'établit roi à la place de son père à Jérusalem. -Joachaz avait vingt-trois ans lors- qu'il devint roi, et il régna trois mois à Jérusalem. ^Le roi d'Egypte le destitua à Jéru- salem, et frap])a le pays d'une contri- bution de cent talents d'argent et d'un talent d'or. ^Et le roi d'Egypte établit roi sur Juda et sur Jérusalem Eliakim, frère de Joachaz , et il changea son nom en celui de Jojakim. Néco prit son frère Joachaz, et l'emmena en Egypte. ^Jojakim avait vingt-cinq ans lors- qu'il devint roi, et il régna onze ans à Jérusalem. 11 fît ce qui est mal aux yeux de l'E- ternel, son Dieu. ^Nebucadnetsar, roi de Babylone, monta contre lui, et le lia avec des chaînes d'airain pour le conduire à Babylone. 'Nebucadnetsar emporta à Babylone des ustensiles de la maison de l'Eternel, et il les mit dans son pa- lais à Babylone. *Le reste des actions de Jojakim, les abominations qu'il commit, et ce qui se trouvait en lui, cela est écrit dans le livre des rois d'Israël et de Juda. Et Jojakin, son fîls, régna à sa place. "Jojakin avait huit ans" lorsqu'il de- vint roi, et il régna trois mois et dix jours à Jérusalem. fl. Dans le second livre des Rois, 24, 8, on lit : « dix Sédécias, dernier roi de Juda. — Jérusalem détruite par ISebucadnetsar, roi de Babylone, et les habitants emmenés en captivité. " Sédécias avait vingt et un ans lors- qu'il devint roi, et il régna onze ans à Jérusalem. '-Il fît ce qui est mal aux yeux de l'Eternel, son Dieu; et il ne s'humilia point devant Jérémie, le prophète, qui lui parlait de la part de l'Eternel. '^11 se révolta même contre le roi Nebucadnetsar, qui l'avait fait jurer par le nom de Dieu ; et il raidit son cou et endurcit son cœur, au point de ne pas retourner à l'Eternel, le Dieu d'Israël. '''Tous les chefs des prêtres et le peuple multiplièrent aussi les transgressions, selon toutes les abo- minations des nations ; et ils profanè- rent la maison de l'Eternel, qu'il avait sanctifiée à Jérusalem. "^L'Eternel, le Dieu de leurs pères, donna de bonne heure à ses envoyés la mission de les avertir, car il voulait épargner son peuple et sa propre demeure. '*Mais ils se moquèrent des envoyés de Dieu, ils méprisèrent ses paroles, et ils se raillèrent de ses prophètes, jusqu'à ce que la colère de l'Eternel contre son peuple devînt sans remède. '"Alors l'Eternel fît monter contre eux le roi des Chaldéens, et tua par l'épée leurs jeunes gens dans la mai- son de leur sanctuaire ; il n'épargna ni le jeune homme, ni la jeune fille, ni le vieillard , ni l'homme aux cheveux blancs, il livra tout entre ses mains. "^Nebucadnetsar emporta à Babylone -huit uns u. 530 II CHRONIQUES. Chap. SO, t9-23. tous les ustensiles de la maison de Taccomplissement de soixante et dix Dieu, grands et petits, les trésors de ans. la maison de l'Éternel, et les trésors -^La première année de Cyrus, roi du roi et de ses chefs. '^Ils brûlèrent de Perse, afin que s'accomplît la pa- la maison de Dieu, ils démolirent les rôle de l'Éternel prononcée par la bou- murailles de Jérusalem, ils livrèrent che de Jérémie, l'Éternel réveilla l'es- au feu tous ses palais et détruisirent prit de Cyrus, roi de Perse, qui fit tous les objets précieux. -"Nebucad- faire de vive voix et par écrit cette netsar emmena captifs à Babylone publication dans tout son royaume : ceux qui échappèrent à l'épée ; et ils -'Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : lui furent assujettis, à lui et à ses fils, L'Éternel, le Dieu des cieux , m'a jusqu'à la domination du royaume de donné tous les royaumes de la terre, Perse, '-'afin que s'accomplît la parole et il m'a commandé de lui bâtir une de l'Éternel prononcée par la bouche maison à Jérusalem en Juda. Qui d'cn- de Jérémie ; jusqu'à ce que le pays eût tre vous est de son peuple ? Que l'E- joui de ses sabbats, il se reposa tout terncl, son Dieu, soit avec lui, et qu'il le temps qu'il fut dévasté , jusqu'à monte ! E SDR AS Edit de Cyriis. — Retour de la captivité de Babylone. Chap. I. ' La première année de Cyriis, roi de Perse, afin que s'accom- plît la parole de rÉternel prononcée ])ar la bouche de Jérémie, l'Eternel réveilla l'esprit de Cyrus, roi de Perse, cjui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout son royau- me : -Ainsi parle Cyrus, roi des Per- ses : L'Eternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a commandé de lui bâtir une maison à Jérusalem en Juda. ^Qui d'entre vous est de son peu])le ? Que son Dieu soit avec lui, et cju'il monte à Jérusalem en Juda et bâtisse la mai- son de l'Eternel , le Dieu d'Israël ! C'est le Dieu qui est à Jérusalem. *Dans tout lieu où séjournent des res- tes du peuple de l'Eternel, les gens du lieu leur donneront de l'argent, de l'or, des effets, et du bétail, avec des offrandes volontaires pour la maison du Dieu qui est à Jérusalem. ^Les chefs de famille de Juda et de Benjamin, les prêtres et les Lévites, tous ceux dont Dieu réveilla l'esprit se levèrent pour aller bâtir la maison de l'Eternel à Jérusalem. "Tous leurs alentours leur donnèrent des objets d'argent, de l'or, des effets, du bétail, et des choses précieuses, outre toutes les offrandes volontaires. "Le roi Cy- rus rendit les ustensiles de la maison de l'Eternel, que Nebucadnetsar avait emportés de Jérusalem et placés dans la maison de son dieu. ^ Cyrus, roi de Perse, les fit sortir par Mithredath, le trésorier, qui les remit à Scheschbat- «. Ou Zurobabi'i. sar", prince de Juda. "En voici le nom- bre : trente bassins d'or, mille Jjassins d'argent, vingt-neuf couteaux, '"trente coupes d'or, quatre cent dix coupes d'argent de second ordre, mille autres ustensiles. "Tous les objets d'or et d'argent étaient au nombre de cinq mille quatre cents. Scheschbatsar em- porta le tout de Babylone à Jérusalem, au retour de la captivité. Dénombrement des Israélites qui revinrent au pays de Juda. Chap. II. 'Voici ceux de la pro- vince qui revinrent de l'exil, ceux c[ue Nebucadnetsar, roi de Babylone, avait emmenés captifs à Babylone, et qui retournèrent à Jérusalem et en Juda, chacun dans sa ville. -Ils partirent avec Zorobabel, Josué, Néhémic, Se- raja, Reélaja, Mardochée , Bilschan, Mispar, Bigvaï, Rehum, Baana. Nombre des hommes du peuple d'Israël : ^les fils de Pareosch, deux mille cent soixante-douze ; *les fils de Sche])halhia, trois cent soixante- douze; Mes fils d'Arach, sept cent soixante-quinze; Mes fils de Pachath- Moab, des fils de Josué et de Joab, deux mille huit cent douze; 'les fils d'Elam, mille deux cent cinquante- (piatre; ^les fils de Zatthu, neuf cent (juarante-cinq ; "les fils de Zaccaï, sept cent soixante; '"les fils de Bani, six cent quarante-deux; "les fils de Bé- baï , SIX cent vingt-trois ; les fils d'Azgad, mille deux cent vingt-deux; "les filsd'Adonikam, six cent soixante- 532 ESDRAS. Chap. S, li -65. es gens de es gens six; '■'les fils de Bigvaï, deux mille einquante-six; '^les fils d'Adin, quatre cent cinquante-quatre; '*les fds d'A- ther, de la famille d'Ezéchias, quatre- vingt-dix-huit ; ''les fils de Betsaï , trois cent vingt-trois ; '"les fils de Jora, centdouze; "*les fils de Haschum,deux cent vingt-trois; -"les fils de Guibhar, ([uatre-vingt-quinzc; -'les fils de Betli- léhem, cent vingt-trois; Netliopha, cinquante-six ; '" dWnathoth, cent vingt-huit, '-'les fils d'Azmaveth, quarante-deux; -Mes fils de Kirjath-Arim, de Kephira et de Beéroth, sept cent quarante-trois ; -""'les lils de Rama et de Guéba, six cent vingt et un ; ^' les gens de Micmas, cent vingt-deux; -*les gens de Béthel et d'Aï, deux cent vingt-trois; '-^les fils de Nebo, cinquante-deux; ^"les fils de Magbisch, cent cinquante-six; ^' les fils de l'autre Elam, mille deux cent cincjuante-quatre ; ^-les fils de Ilarim, trois cent vingt; '^les fils de Lod, de Iladid et d'Ono, sept cent vingt-cinq ; "■'les fils de Jéricho, trois cent qua- rante-cinq; 'Mes fils de Senaa, trois mille six cent trente. '^Prêtres : les fils de Jedaeja, delà maison de Josué, neuf cent soixante- treize; ''les fils d Immer, mille cin- quante-deux; 'Mes fils de Paschhur, mille deux cent quarante-sept; '"les fds de Harim, mille dix-sept. '"' Lévites : les fils de Josué et de Kadmiel, des fils d'Hodavia, soixante- quatorze. *' Chantres : les fils d'Asaph, cent vingt-huit. ■"^Fils des portiers : les fils de Schal- lum, les fils d'Ather, les fils de Thal- mon, les fils d'Akkub, les fils de 11a- thitha, les fils de Schobaï, en tout cent trente-neuf. ■"Néthiniens : les fils de Tsicha, les fils de Hasupha, les fils de Thabbaoth, ^■'les fils de Kéros, les fils de Siaha, ! les fils de Padon, ""Mes fils de Lebana, les fils de Ilagaba, les fils d'Akkub, ■'Mes fils de Hagab, les fils de Scham- laï, les fils de Ilanan, *Mes fils de Guiddel, les fils de Gachar, les fils de Reaja, ^Mes fils de Retsin, les fils de Nekoda, les fils de Gazzam, *Mes fils d'Uzza, les fils de Paséach, les fils de Bésaï, ^"les fils d'Asna, les fils de Me- hunim, les fils de Nephusim, ^'les fils de Bakbuk, les fils de Hakupha, les fils de Harhur, =Mes fils de Batsluth, les fils de Mehida, les fils de Ilarscha, ^'les fils de Barkos, les fils de Sisera, les fils de Thamach, ^Mes fils de Net- siach, les fils de llathipha. ^^Fils des serviteurs de Salomon : les fils de Sothaï, les fils de Sophé- reth, les fils de Peruda, ^"^les fils de Jaala, les fils de Darkon, les fils de Guiddel, "les fils de Schephathia, les fils de Ilatthil, les fils de Pokéreth- Ilatsebaïm, les fils d'Ami. ^" Total des Néthiniens etdesfils des serviteurs de Salomon : trois cent quatre-vingt-douze. ^"Voici ceux qui partirent de Thel- Mélach, de Thel-Harscha, de Iverub- Addan, et qui ne ]>urent pas faire connaître leur maison j^aternelle et leur race, pour prouver qu'ils étaient d'Israël. '^''Les fils de Delaja, les fils de Tobija, les fils de Nekoda, six cent cinquante-deux. '"Et ])armi les fils des prêtres: les fils de Ilabaja, les fils d'Ilakkots, les fils de Barzillaï, qui avait pris pour femme une des filles de Barzillaï, le Galaadite, et fut appelé de leur nom. ^Mls cherchèrent leurs titres généalogiques, mais ils ne les trouvèrent jioint. On les exclut au sa- cerdoce, "'et le gouverneur leur dit de ne pas manger des choses très saintes juscpi'à ce qu'un prêtre eût consulté l'urim et le thummim. "L'assemblée tout entière était de quarante-deux mille trois cent soixante ])ersonnes, "^sans compter leurs ser- viteurs et leurs servantes au nombre 533 Chap. 2,66-3, 12. ESDRAS. de sept mille trois cent trente-sept, toutes les solennités consacrées à l'É- Parmi eux se trouvaient deux cents ternel, et ceux de quiconque faisait chantres et chanteuses. ^^Ils avaient des offrandes volontaires à l'Eternel, sept cent trente-six chevaux, deux ^Dès le premier jour du septième cent quarante-cinq mulets, "quatre mois, ils commencèrent à offrir à l'E- cent trente-cinq chameaux, et six mille ternel des holocaustes. Cependant les sept cent vingt ânes. fondements du temple de rÉternel '^Plusieurs des chefs de famille, à n'étaient pas encore posés. ^ On donna leur arrivée vers la maison de l'Eter- de l'argent aux tailleurs de pierres et nel à Jérusalem, firent des offrandes aux charpentiers, et des vivres, des volontaires pour la maison de Dieu, boissons et de l'huile aux Sidoniens et afin qu'on la rétablît sur le lieu où elle aux Tyriens, pour qu'ils amenassent avait été. *'Ils donnèrent au trésor de par mer jusqu'à Japho des bois de cè- l'œuvre, selon leurs moyens, soixante dre du Liban, suivant l'autorisation et un mille dariques d'or, cinq mille qu'on avait eue de Cyrus, roi de Perse, mines d'argent, et cent tuniques sa- *La seconde année depuis leur arri- cerdotales. vée à la maison de Dieu à Jérusalem, ™Les prêtres et les Lévites, les gens au second mois, Zorobabel, fils de du peuple, les chantres, les portiers, Schealthiel, Josué, fils de Jotsadak, et les Néthiniens , s'établirent dans avec le reste de leurs frères les prêtres leurs villes. Tout Israël habita dans et les Lévites, et tous ceux qui étaient ses VI lies. L'autel des liolocaustes rétabli. — • Les fonde- ments du temple posés. Chap. III. 'Le septième mois ar- riva , et les enfants d'Israël étaient dans leurs villes. Alors le peuple s'as- sembla comme un seul homme à Jé- rusalem. revenus de la captivité à Jérusalem, se mirent à l'œuvre et chargèrent les Lévites de vingt ans et au-dessus de surveiller les travaux de la maison de l'Eternel. ^Et Josué, avec ses fils et ses frères, Kadmiel, avec ses fils, fils de Juda, les fils de Hénadad, avec leurs fils et leurs frères les Lévites, se préparèrent tous ensemble à sur- ^Josué, fils de Jotsadak, avec ses veiller ceux qui travaillaient à la mai- frères les prêtres, et Zorobabel, fils son de Dieu. de Schealthiel, avec ses frères, se le- '"Lorsque les ouvriers posèrent les vèrent et bâtirent l'autel du Dieu d'Is- fondements du temple de l'Eternel, raël, pour y offrir des holocaustes, on fit assister les prêtres en costume, selon ce qui est écrit dans la loi de avec les trompettes, et les Lévites, Moïse, homme de Dieu. ''Ils rétabli- fils d'Asaph, avec les cymbales, afin rent l'autel sur ses fondements, quoi- qu'ils célébrassent l'Éternel, d'après qu'ils eussent à craindre les peuples les ordonnances de David, roi d'Is- du pays, et ils y offrirent des holo- raël. "Ils chantaient, célébrant et caustes à l'Éternel, les holocaustes du louant l'Éternel par ces paroles : Car matin et du soir. ''Ils célébrèrent la il est bon, car sa miséricorde pour fête des tabernacles, comme il est Israël dure à toujours ! Et tout le peu- écrit, et ils offrirent jour par jour des pie poussait de grands cris de joie en holocaustes, selon le nombre ordonné célébrant l'Eternel, parce qu'on posait pour chaque jour. ''Après cela, ils offri- les fondements de la maison de l'Eter- rent l'holocauste perpétuel, les ho- nel. '-Mais plusieurs des prêtres et locaustes des nouvelles lunes et de des Lévites, et des chefs de famille 534 ESDRAS. Chap. 3, 13-4, n. âgés, qui avaient vu la première mai- son, pleuraient à grand bruit pentlant qu'on posait sous leurs yeux les fon- dements de cette maison. Beaucoup d'autres faisaient éclater leur joie ])ar des cris, ''en sorte qu'on ne pouvait distinguer le bruit des cris de joie d'avec le bruit des pleurs parmi le peu- ple, car le peuple poussait de grands cris dont le son s'entendait au loin. La conslriidion du temple interrompue. Chap. IV. 'Les ennemis de Juda et de Benjamin apprirent que les fils de la captivité bâtissaient un tem]ile à l'Eternel, le Dieu d'Israël. *lls vin- rent auprès de Zorobabel et des chefs de famille, et leur dirent : Nous bâti- rons avec vous; car, comme vous, nous invoquons votre Dieu, et nous lui olTrons des sacrifices depuis le temps d'Esar- Haddon , roi d'Assyrie, qui nous a fait monter ici. 'Mais Zoroba- bel, Josué, et les autres chefs des fa- milles d'Israël, leur répondirent : Ce n'est pas à vous et à nous de bâtir la maison de notre Dieu; nous la bâti- rons nous seuls à l'Eternel, le Dieu d'Israël, comme nous l'a ordonné le roi Cyrus, roi de Perse. *Alors les gens du pays découra- gèrent le peuple de Juda ; ils l'intimi- dèrent j)our l'empêcher de bâtir, ^et ils gagnèrent à prix d'argent des con- seillers pour faire échouer son entre- prise. Il en fut ainsi pendant toute la vie de Cyrus, roi de Perse, etjusqu'au règne de Darius, roi de Perse. ^Sous le règne d'Assuérus, au com- mencement de son règne, ils écrivi- rent une accusation contre les habi- tants de Juda et de Jérusalem. 'Et du temps d'Artaxerxès , Bisch- lam, Mithredath, Thabeel, et le reste de leurs collègues, écrivirent à Ar- taxerxès, roi de Perse. La lettre fut transcrite en caractères araméens et traduite en araméen. "Rehum, gouverneur, et Schim- schaï, secrétaire, écrivirent au roi Ar- taxerxès la lettre suivante concernant Jérusalem : ^Rehuni, gouverneur, Sc/ii//i.sr/i(iï, secrétaire, et le reste de leurs collègues, ceuxdeDiti, d' Arpharsathac , de Tliar- pel, d'Apharas, d'Erec, de Babylone, de Suse, de Déha, d'Elani, '"^Z les au- tres peuples que le grand et illustre Osnappar a transportés et établis dans la ville de Samarie et autres lieu.v de ce côté du fleuve, etc. "C'est ici la copie de la lettre qu'ils envoyèrent au roi Artaxerxès : Tes serviteurs, les gens de ce côté ilu fleuve, etc. '- Que le roi sache que les Juifs par- tis de chez toi et arrivés parmi nous à Jérusalem rebâtissent la ville lebelle et méchante, en relèvent les murs et en restaurent les fondements. ^^Que le roi sache donc que, si cette ville est rebâ- tie et si ses murs sont relevés, ils ne paieront ni tribut, ni impôt, ni droit de passage, et que le trésor royal en souffrira. ^*0r, comme nous mangeons le sel du palais et qu'il ne nous parait pas convenable de voir mépriser le roi, nous envoyons au roi ces informations. ^^ Qu'on fasse des recherches dans le livre des mémoires de tes pères ; et tu trouveras et verras dans le livre des /némoires que cette ville est une ville lebelle, funeste au.r rois et au.r pro- vinces, et qu'on s'y est livré à la révolte dès les temps anciens. C'est pourquoi cette ville a été détruite. ^^Nous faisons savoir au roi que, si cette ville est re- bâtie et si ses murs sont relevés, par cela même tu n'auras plus de />osses- sions de ce côté du fleuve. ''Réponse envoyée par le roi à Re- hum, gouverneur, à Schimschaï, se- crétaire, et au reste de leurs collègues, demeurant à Samarie et autres lieux de l'autre côté du fleuve : Salut, etc. i35 Chap. 4, in-5,i'i. ESDRAS. '^Zrt lettre que vous nous avez en- voyèe a été lue exactement devant moi. ^^J'ai donné ordre de faire des recher- ches ; et l'on a trouvé que dès les temps anciens cette ville s'est soulevée contre les rois, et qu'on s'y est livré à la sédi- tion et à la révolte. -''Il y eut à Jérusa- lem des rois puissants, maîtres de tout le pays de l'autre côté du fleuve, et auxquels on payait tribut, impôt, et droit de passage. -^En conséquence , ordonnez de faire cesser les travau.r de ces gens, afin que cette ville ne se rebâtisse point avant une autorisation de ma part. " Gardez-vous de mettre en cela de la négligence, de peur que le mal n'augmente au préjudice des rois. -^Aussitôt que la copie de la lettre du roi Artaxerxès eut été lue devant Rehum, Schimschaï, le secrétaire, et leurs collègues, ils allèrent en hâte à Jérusalem vers les Juifs, et firent ces- ser leurs travaux par violence et par force. -■'Alors s'arrêta l'ouvrage de la maison de Dieu à Jérusalem, et il fut interrompu jusqu'à la seconde année du règne de Darius, roi de Perse. La construction du temple reprise. Chap. V. 'Aggée, le prophète, et Zacharie, fîlsd'Iddo, le prophète, pro- phétisèrent aux Juifs qui étaient en Juda et à Jérusalem, au nom du Dieu d'Israël. -Alors Zorobabel, fds de Schealthiel, et Josué, fds de Jotsadak, se levèrent et commencèrent à bâtir la maison de Dieu à Jérusalem. Et avec eux étaient les prophètes de Dieu, qui les assistaient. 'Dans ce même temps, Thathnaï, gouverneur de ce côté du fleuve , Schethar-Boznaï, et leurs collègues, vinrent auprès d'eux et leur parlèrent ainsi : Qui vous a donné l'autorisation de bâtir cette maison et de relever ces truisent cet édifice?^ Mais l'œil de Dieu veillait sur les anciens des Juifs. Et on laissa continuer les travaux pendant l'envoi d'un rapport à Darius et jus- qu'à la réception d'une lettre sur cet objet. ^ Copie de la lettre envoyée au roi Darius par Thathnaï, gouverneur de ce côté du fleuve, Schethar-Boznaï, et leurs collègues d'Apharsac , demeu- rant de ce côté du fleuve. 'Ils lui adressèrent un rapport ainsi conçu : Au roi Darius, salut ! ^Que le roi sache que nous sommes allés dans la province de Juda, à la ntaison du grand, Dieu. Elle se cons- truit en pierres de taille, et le bois se pose dans les murs; le travail mar- che rapidement et réussit entre leurs mains. ^lYous avons interrogé les an- ciens, et nous leur avons ainsi parlé : Qui vous a donné l'autorisation de bâ- tir cette maison et de relever ces murs? ^^ Nous leur avons aussi demandé leurs noms pour te les faire connaître , et nous avons mis par écrit les noms des hommes qui sont à leur tête. " Voici la réponse qu'ils nous ont faite : Nous sommes les serviteurs du Dieu des deux et de la terre, et nous rebâtis- sons la maison qui avait été construite il y a bien des années ; un grand roi d'Israël l'avait bâtie et achevée. ^^Mais après que nos pères eurent irrité le Dieu des deux, il les livra entre les mains de Nebucadnetsar, roi de Ba- bijlone, le Chaldéen, qui détruisit cette maison et emmena le peuple captif à Babylone. ^'^Toutefois, la première an- née de Cyrus, roi de Babylone, le roi Cl/rus donna l'ordre de rebâtir cette maison de Dieu. ^'^ Et même le roi Cy- rus ôta du temple de Babylone les us- tensiles d'or et d'argent de la maison de Dieu, que Nebucadnetsar avait en- levés du temple de Jérusalem et trans- murs? ''Ils leur dirent encore : Quels portés dans le temple de Babylone; il sont les noms des hommes qui cons- les fit remettre au nommé Schesch- 536 ESDRAS. Chap. O, ifi-6, 15. ha tsar, qu'il clahlil i^oiH'cmciir, '^r/ // qui demeurez de Vautre côté du fleuve, lui dit : Pre/id.s ces ustensiles, va les tenez-vous loin de ce lieu. 'Laissez déposer dans le temple de Jérusalem, continuer les travaux de cette maison, et que la maison de Dieu soit rebâtie de Dieu; que le gouverneur des Juifs sur le lieu oie elle était. '^Ce Schesch- et les anciens des Juifs la rebâtissent batsar est donc venu, et il a j)osé les sur l'emplacement qu'elle occupait, fondements de la maison de Dieu à ^Voici l'ordre que Je donne touchant Jéi'usalem ; dej)uis lo/-s Jusqu'éi pré- ce que vous aurez à faire à l'égard rie sent elle se construit, et elle n'est pas ces anciens des Juifs pour la construc- achevée. tion de cette maison de Dieu : les frais, ^'Maintenant, si le roi le trouve bon, pris sur les biens du roi provenant des que l'on fasse des recherches dans la tributs de l'autre côté du fleuve, seront maison des trésors du roi à Babi/lone, exactement payés à ces hommes, afin pour voir s'il y a eu de la part du roi qu'il n'y ait pas d'interruption. '^ Les Cyrus un ordre donné pour la cons- choses nécessaires pour les holocaus- tes du Dieu des cieu.r, jeunes tau- reau.i', bélieis et agneau.r, froment, sel, vin et huile, seront livrées, sur leur demande, au.v prêtres de Jérusalem, Jour par Jour et sans manquer, ^'^afin Chap. T'/. 'Alors le roi Darius qu'ils offrent des sacrifices de bonne donna ordre de faire des recherches odeur au Dieu des cieu.r et qu'ils prient dans la maison des archives où l'on pour la vie du roi et de ses fils. ^^ Et déposait les trésors à Babylone. -Et voici l'ordre que Je donne touchant Ton trouva à Achmetha, cajiitale de la quiconque transgressera cette parole : jirovince de Médie, un rouleau sur le- on (irradiera de sa maison une pièce quel était écrit le mémoire suivant : de bois, on la dressera pou/- qu'il >/ — ^La première année du roi Cyrus, soit attaché, et l'on fera de sa maison le roi Cyrus a donné cet ordre au sujet un tas d'immondices. ^-Que le Dieu de la maison de Dieu à Jérusalem : Que qui fait résider en ce lieu son nom ren- ia maison soit rebâtie , pour être un verse tout roi et tout peuple qui éten- lieu où l'on offre des sacrifices, et draient la main pour transgiesser ma qu'elle ait de solides fondements. Elle parole, pour détruire cette /naiso// de aura soixante coudées de hauteur. Dieu à Jéiusalem ! Moi Darius, fui t/iiction de cette maison de Dieu à Jé- rusalem. Puis, que le roi nous trans- mette sa volonté sur cet objet. Edit de Darius. — Dédicace du temple. soixante coudées de largeur, 'trois rangées de pierres de taille et une rangée de bois neuf. Les frais seront donné cet ordre. Qu'il soit ponctuelle- ment e.vécuté. '^Thathnaï, gouverneur de ce côté payés par la maison du roi. ^De ])lus, du fleuve, Schethar-Boznaï, et leurs les ustensiles d'or et d'argent de la collègues, se conformèrent ponctuel- maison de Dieu, (|ue Nebucadnetsar lement à cet ordre que leur envoya le avait enlevés du temjde de Jéi'usalcm l'oi Daiius. '"'Et les anciens des Juifs et transportés à Babylone, sei'onl ren- bàlii'ent avec succès, selon les ]5ro- dus, transportés au temple de Jérusa- phéties d'Aggée, le prophète, et de lem à la place où ils étaient, et dépo- Zacharie, fils d'Iddo ; ils bâtirent et ses dans la maison de Dieu. — achevèrent, d'après l'ordi-e du Dieu ^Maintenant, Thathnaï, gouverneur d'Israël, et d'après l'ordre de Cyrus, de l'autre côté du fleuve, Schcthar- de Darius, et d'Artaxerxès, roi de Boznaï, et vos collègues d'Apharsac, Perse. '^La maison fut achevée le troi- 537 Chap. 6,iG-7,n. ESDRAS. sième jour du mois d'Adar , dans la bylone : c'était un scribe versé dans sixième année du règne du roi Da- la loi de Moïse, donnée par rÉternel, rius. le Dieu d'Israël. Et comme la main de '"Les enfants d'Israël, les prêtres et l'Eternel, son Dieu, était sur lui, le les Lévites, et le reste des fds de la roi lui accorda tout ce qu'il avait de- captivité, firent avec joie la dédicace mandé. "Plusieurs des enfants d'Is- de cette maison de Dieu. "Ils offri- racl, des prêtres et des Lévites, des rent, pour la dédicace de cette maison chantres, des portiers, et des Néthi- de Dieu, cent taureaux, deux cents bé- niens, vinrent aussi à Jérusalem, la liers, quatre cents agneaux, et, comme septième année du roi Artaxerxès. victimes expiatoires pour tout Israël, "^Esdras arriva à Jérusalem au cin- douze boucs, d'après le nombre des quième mois de la septième année du tribus d'Israël. '''Ils établirent les pré- roi ; ^il était parti de Babylone le prê- tres selon leurs classes et les Lévites mier jourdu premier mois, et il arriva selon leurs divisions pour le service à Jérusalem le premier jour du cin- de Dieu à Jérusalem, comme il est quième mois, la bonne main de son écrit dans le livre de Moïse. Dieu étant sur lui. '"Car Esdras avait '^Les fils de la captivité célébrèrent appliqué son cœur à étudier et à met- la Pâque le quatorzième jour du pre- tre en pratique la loi de l'Eternel, et mier mois. ^"Les prêtres et les Lévi- à enseigner au milieu d'Israël les lois tes s'étaient purifiés de concert, tous et les ordonnances, étaient purs ; ils immolèrent la Pàque "Voici la copie de la lettre donnée pour tous les fils de la captivité, pour par le roi Artaxerxès à Esdras, prêtre leurs frères les prêtres, et pour eux- et scribe, enseignant les commande- mêmes. -'Les enfants d'Israël revenus ments et les lois de l'Eternel concer- de la captivité mangèrent la Pàque, nant Israël : avec tous ceux qui s'étaient éloignés ^^Arta.rer.rès, roi des i-ois, à Esdras, de l'impureté des nations du pays et prêtre et scribe, versé dans la loi du qui se joignirent à eux pour chercher Dieu des cieux, etc. l'Éternel, le Dieu d'Israël. "Ils celé- ^^J'ai donné ordre de laisser aller brèrent avec joie pendant sept jours la tous ceux du peuple d'Israël, de ses fête des pains sans levain, car l'Éternel prêtres et de ses Lévites, qui se trouvent les avait réjouis en disposant le roi dans mon royaume, et qui sont dispo- d'Assyrie à les soutenir dans l'œuvre ses à partir avec toi pour Jérusalem. de la maison de Dieu, du Dieu d'Is- ^'^ Tu es envoyé par le roi et ses sept con- raël. ■ seillers pour inspecter Juda et Jérusa- lem, d'après la loi de ton Dieu, laquelle ArrUéc ci l-sdras à .lérusalem. ^,^,^ ^^^^^.^ f^^ mains, 'V^ pour porter Chap. VIL 'Après ces choses, sous l'argent et l'or que le roi et ses conseil- le règne d'Artaxerxès, roi de Perse, lers ont généreusement offerts au Dieu vint p]sdras, fils de Seraja, fils d'Aza- d'Israël, dont la demeure est à Jéru- ria, fils de Ililkija, Hils de Schallum, salem, ^Hout l'argent et Vor que tu fils de Tsadok, fils d'Achithub, "fils trouveras dans toute la province de d'Amaria, fils d'Azaria, fils de Mera- Babylone, et les dons volontaires faits joth, Mils de Zerachja, fils d'Uzzi, fils par le peuple et les prêtres pour la mai- de Bukki, ^fils d'Abischua, fils de Phi- son de leur Dieu à Jérusalem. "En nées, fils d'Eléazar, fils d'Aaron, le conséquence, tu auras soin d'acheter grand prêtre. "^Cet Esdras vint de Ba- avec cet argent des taurcau.x, des bé- 538 ESDRAS. Cliap. 7,18-8,. liers, des agneaux, et ce qui est néces- saire pour les offrandes et les libations, et tu les o/l'riras sur l'autel de la mai- son de votre Dieu à Jérusalem. ''^ ]'o//.s ferez avec le reste de l'argent et de l'or ce que vous jugerez bon de faire, toi et tes frères, en vous conformant à la vo- lonté de votre Pieu. ^^Dépose devant le Dieu de Jérusalem les ustensiles qui te sont remis jjour le, service de la maison de ton Dieu. -" Tu tireras de la maison des trésors du roi ce qu'il faudra pour les autres dépenses que tu auras à faire concernant la maison de ton Dieu. "-'Moi, le roi Arta.ier.rès, je donne l'ordre à tous les trésoriers de l'autre côté du fleuve de livrer e.vactemeiit à Esdras, prêtre et scribe, versé dans la loi du Dieu des cieu.x, tout ce qu'il vous demandera, "-"-jusqu'à cent talents d'argent, cent cors de froment, cent bat lis (le vin, cent bat h s d'huile, et du sel à discrétion. -UJue tout ce qui est ordonné par le Dieu des cieu.r se fasse ponctuellement pour la maison du Dieu des cieu.r, afin que sa colère ne soit/>as sur le royaume, sur le roi et sur ses fils. -*Nous vous faisons savoir qu 'il ne peut être levé ni tribut, ni impôt, ni droit de passage , sur aucun des j)rétres, des Lévites, des chantres, des portiers, des Xéthinie/is, et des serviteurs de cette maison (te Dieu. ^^Et toi, Esdras, selon la sagesse de Dieu que tu possèdes, établis des Juges et des magistrats qui rendent la justice il tout le peuj)le de l'autre côté du fleuve, il tous ceux qui connaissent les lois de ton Dieu ; et fais-les connaître à ceux qui ne les connaissent pus. -^Quiconque n'observera pas ponc- tuellement la loi de ton Dieu et la loi du roi sera condamné à la mort, au bannissement, à une amende, ou ii la prison. "Béni soit l'Eternel, le Dieu de nos pères, qui a disposé le cœur du roi à Jérusalem, -^et qui m'a rendu l'objet de la bienveillance du roi, de ses con- seillers, et de tous ses puissants chefs ! I<\>rtifié par la main de l'Éternel, mon Dieu, qui était sur moi, j'ai rassemblé les chefs d'Israël, afin qu'ils partissent avec moi. Les compa>f:nons ci Esdras. Chap. VIII. 'Voici les chefs de famille et les généalogies de ceux qui montèrent avec moi de Babylone, sous le règne du roi Artaxerxès. *Des fils de Phinées, Guerschom ; des fils d'Ithamar, Daniel; des fils de David, Hatthusch; ''des fils de Sche- cania, des fils de Pareosch, Zacharie, et avec lui cent cinquante mâles enre- gistrés ; ■*des fils de Pachat-Moab, El- joénaï, fils de Zerachja, et avec lui deux cents mâles ;^ des fils de Scheca- nia, le fils de Jachaziel, et avec lui trois cents mâles; "des fils d'Adin, Ebed, fils de Jonathan, et avec lui cinquante mâles; ^des fils d'Elam, Esaïe, fils d'Athalia, et avec lui soixan- te-dix mâles; *des fils de Schephathia, Zebadia, fils de Micaël, et avec lui quatre-vingts mâles; *des fils de Joab, Abdias, fils de Jehiel, et avec lui deux cent dix-huit mâles ; "des fils de Sche- lomith, le fils de Josiphia, et avec lui cent soixante mâles; "des fils de Bé- baï , Zacharie , fils de Bèbaï , et avec lui vingt-huit mâles ; '"-des fils d'Azgad, Jochanan, fils d'IIakkathan, et avec lui cent dix mâles; '^des fils d'Adonikam, les derniers, dont voici les noms : Eli- jdiéleth, Jeïel et Schemaeja, et avec eux soixante mâles; '■'des fils de Big- vai, Uthaï et Zabbud, et avec eux soixante-dix mâles. '"'Je les rassemblai près du fleuve ([ui coule vers Ahava, et nous campâ- mes là trois jours. Je dirigeai mon at- tention sur le peuple et sur les prê- tres, et je ne trouvai \h. aucun des fils glorifier ainsi la maison de l'Eternel à de Lévi. "'Alors je fis appeler les (diefs 539 Chap. 8, 11-30. ESDRAS. Eliézer, Ariel, Schemaeja, Elnathan, Jaiib, Elnathan, Nathan, Zacharie et MeschuUam, et les docteurs Jojarib et Elnathan. '"Je les envoyai vers le chef Iddo, demeurant à Casiphia, et je mis dans leur bouche ce qu'ils devaient dire à Iddo et à ses frères les Néthi- niens qui étaient à Casiphia, afin qu'ils nous amenassent des serviteurs pour la maison de notre Dieu. '^Et, comme la bonne main de notre Dieu était sur nous, ils nous amenèrent Schérébia, homme de sens, d'entre les fils de Machli, fils de Lévi , fils d'Israël, et avec lui ses fils et ses frères, au nom- bre de dix-huit; ""Ilaschabia, et avec lui Esaïe, d'entre les fils de Merari, ses frères et leurs fils, au nombre de vingt; -"et d'entre les Néthiniens, que David et les chefs avaient mis au ser- vice des Lévites , deux cent ving-t Néthiniens , tous désignés par leurs noms. -'Là, près du fleuve d'Ahava, je pu- bliai un jeune d'humiliation devant notre Dieu, afin d'implorer de lui un heureux voyage pour nous, ]iour nos enfants, et pour tout ce qui nous appartenait. --J'aurais eu honte de demander au roi une escorte et des cavaliers pour nous protéger contre l'ennemi pendant la route, car noiis avions dit au roi : La main de notre Dieu est pour leur bien sur tous ceux qui le cherchent, mais sa force et sa tout ayant été vérifié, soit pour le no ustensiles d'argent pour cent talents, cent talents d'or, -"vingt coupes d'or valant mille dariques, et deux vases d'un bel airain poli, aussi précieux que l'or. -*Puis je leur dis : Vous êtes consacrés à l'Eternel ; ces ustensiles sont des choses saintes, et cet argent et cet or sont une offrande volontaire à l'Eternel , le Dieu de vos pères. -^ Soyez vigilants, et prenez cela sous votre garde, jusqu'à ce que vous le pesiez devant les chefs des prêtres et les Lévites, et devant les chefs de fa- mille d'Israël, à Jérusalem, dans les chambres de la maison de l'Eternel. ^"Et les prêtres et les Lévites reçurent au poids l'argent, l'or et les ustensi- les, pour les porter à Jérusalem, dans la maison de notre Dieu. ^'Nous partîmes du fleuve d'Ahava pour nous rendre à Jérusalem, le dou- zième jour du premier mois. La main de notre Dieu fut sur nous et nous préserva des attaques de l'ennemi et de toute embûche pendant la route. ^-Nous arrivâmes à Jérusalem, et nous nous y reposâmes trois jours. ^^Le quatrième jour, nous j^esàmes dans la maison de notre Dieu l'argent, l'or, et les ustensiles, que nous remîmes à Merémoth, fils d'Urie, le prêtre; il y avait avec lui Eléazar, fils de Phinées, et avec eux les Lévites Jozabad, fils de Josué, et Noadia, fils de Binnuï. ^'Le m- colère sont sur tous ceux qui l'aban- donnent. -•'C'est à cause de cela que nous jeûnâmes et que nous invoquâ- mes notre Dieu. Et il nous exauça. -'Je choisis douze chefs des prêtres, Schérébia, Haschabia, et dix de leurs frères. -■'Je pesai devant eux l'argent, l'or, et les ustensiles, donnés en offran- de pour la maison de notre Dieu par le roi, ses conseillers et ses chefs, et par tous ceux d'Israël qu'on avait trou- vés. -^Je remis entre leurs mains six cent cinquante talents d'argent, des bre, soit pour le poids, on mit alors par écrit le poids du tout. ^^Les fils de la captivité, revenus de l'exil, offrirent en holocauste au Dieu d'Israël douze taureaux pour tout Is- raël, quatre-vingt-seize béliers , soixan- te-dix-sept agneaux, et douze boucs comme victimes expiatoires, le tout en holocauste à l'Eternel. ''Ils trans- mirent les ordres du roi aux satrapes du roi et aux gouverneurs de ce côté du fleuve, lesc[uels honorèrent le peu- ple et la maison de Dieu. 540 ESDRAS. Chap. 0, 1-15. Désoliition et prière d JSsdras ù /'occasion de mariages aicc des femmes étrangères. Chap. IX. 'Après que cela fut ter- accordant un abri dans son saint lieu, miné, les chefs s'approchèrent de moi, afin d'éclaircir nos yeux et de nous en disant : Le peuple d'Israël, les prè- donner un peu dévie au milieu de nô- tres et les Lévites, ne se sont point se- tre servitude. 'Car nous sommes es- paj-és des peuples de ces pays, et ils claves; mais Dieu ne nous a pas aban- imitent leurs abominations, celles des donnés dans notre servitude. Il nous Cananéens, des Iléthiens, des Phérc- a rendus les objets de la bienveillance ziens, des Jébusiens, des Ammonites, des rois de Perse, pour nous conserver des Moabites, des Egy|)tiens et des la vie afin que nous pussions bâtir la Amoréens. -Car ils ont pris de leurs maison de notre Dieu et en relever les* filles jiour eux et pour leurs fils, et ont ruines, et pour nous donner une re- mêlé la race sainte avec les peuples traite en Juda et à Jérusalem. '".\Iain- de ces pays ; et les chefs et les magis- tenant, que dirons-nous après cela, tratsont été les premiers à commettre ô notre Dieu? Car nous avons aban- ce péché. donné tes commandements, "que tu ^Lorsque j'entendis cela, je déchirai nous avais prescrits par tes serviteurs mes vêtements et mon manteau, je les prophètes, en disant : Le pays dans m'arrachai les cheveux de la tête et lequel vous entrez pour le posséder les poils de la barbe, et je m'assis dé- est un pays souillé par les im])urctés sole. •'Auprès de moi s'assemblèrent des peuples de ces contrées, par les tous ceux que faisaient trembler les abominationsdontils l'ontremplid'un paroles du Dieu d'Israël, à cause du bout à l'autre avec leurs impuretés; ])éché des fils de la captivité ; et moi, '-ne donnez donc point vos filles à je restai assis et désolé, jusqu'à lof- leurs fils et ne prenez point leurs lilles frande du soir. ^Puis au moment de ])our vos fils, et n'ayez jamais souci ni l'offrande du soir, je me levai du sein de leur prospérité ni de leur bien-être, de mon humiliation, avec mes vête- et ainsi vous deviendrez forts, vous ments et mon manteau déchirés, je mangerez les meilleures productions tombai à genoux, j'étendis les mains du pays, et vous le laisserez pour tou- vers l'Eternel, mon Dieu, ''et je dis : jours en héritage à vos fils. '^Après Mon Dieu, je suis dans la confusion, tout ce qui nous est arrivé à cause des et j'ai honte, ô mon Dieu, de lever ma mauvaises actions et des grandes fau- face vers toi; car nos ini([uités se sont tes que nous avons commises, quoi- multipliées par-dessus nos têtes, et que tu ne nous aies pas, o notre Dieu, nos fautes ont atteint jusqu'aux cieux. punis en pioportion de nos ini(}uités, 'Depuis les jours de nos pères nous et maintenant que tu nous as conservé avons été grandement cou]Kibles jus- ces réchappes, ''recommencerions- qu'à ce jour; et c'est à cause de nos nous à violer tes commandements et iniquités que nous avons été livrés, à nous allier avec ces peuples abonii- nous, nos rois et nos prêtres, aux nablcs? Ta colère n'éclaterait-ellc ])as mains des rois étrangers, à ré])ée, à encore contre nous jusqu'à nous dé- la captivité, au pillage, et à la honte truire, sans laisser ni reste ni réchap- qui couvre aujourd'hui notre visage, pés ? '^Eternel, Dieu d'Israël, tu es "Et cependant l'Eternel, notre Dieu, juste, car nous sommes aujourd'hui vient de nous faire grâce en nous lais- un reste de réchappes. Nous voici de- sant quehiues réchappes et en nous vaut toi lonime des coupables, et nous 541 Chap. 10,1-18 ESDRAS. ne saunons ainsi subsister devant ta face. Rern'oi des femmes étrangères. Chap. X. 'Pendant qu'Esdras, pleurant et prosterné devant la mai- son de Dieu, faisait cette prière et cette confession , il s'était rassemblé auprès de lui une foule très nom- breuse de gens d'Israël, hommes, fem- mes et enfants, et le peuple répandait d'abondantes larmes. ^Alors Schecania, fds de Jeliiel, d'en- tre les fds d'Elam, prit la parole et dit à Esdras : Nous avons péché contre notre Dieu, en nous alliant à des fem- mes étrangères qui appartiennent aux peuples du pays. Mais Israël ne reste pas pour cela sans espérance. ^Faisons maintenant une alliance avec notre Dieu pour le renvoi de toutes ces fem- mes et de leurs enfants , selon l'avis de mon seigneur et de ceux qui trem- blent devant les commandements de notre Dieu. Et que l'on agisse d'après la loi. ^Lève-toi, car cette affaire te re- garde. Nous serons avec toi. Prends courage et agis. ^Esdras se leva, et il fit jurer aux chefs des prêtres, des Lévites, et de tout Israël, de faire ce qui venait d'être dit. Et ils le jurèrent. ^Puis Esdras se retira de devant la maison de Dieu, et il alla dans la chambre de Jochanan, fils d'Eliaschib; (juand il y fut entré, il ne mangea point de pain et il ne but point d'eau, parce qu'il était dans la désolation à cause du péché des fils de la captivité. 'On publia dans Juda et à Jérusalem que tous les fils de la captivité eussent à se réunir à Jérusalem, ^et que, d'a- près l'avis des chefs et des anciens, quiconque n'y serait pas rendu dans trois jours aurait tous ses biens con- fisqués et serait lui-même exclu de l'assemblée des fils de la captivité. n'ous les hommes de Juda et de Benjamin se rassemblèrent à Jérusa- lem dans les trois jours. C'était le vingtième jour du neuvième mois. Tout le peuple se tenait sur la place de la maison de Dieu , tremblant à cause de la circonstance et par suite de la pluie. '"Esdras, le prêtre, se leva et leur dit : Vous avez péché en vous alliant à des femmes étrangères, et vous avez rendu Israël encore plus covqjable. "Confessez maintenant vo- tre faute à l'Éternel, le Dieu de vos pères , et faites sa volonté ! Séparez- vous des peuples du pays et des fem- mes étrangères. '-Toute l'assemblée répondit d'une voix haute : A nous de faire comme tu l'as dit. '^Mais le peuple est nombreux, le temps est à la pluie, et il n'est pas possible de rester dehors; d'ailleurs, ce n'est pas l'œuvre d'un jour ou deux, car il y en a beaucoup parmi nous qui ont péché dans cette affaire. '*Que nos chefs restent donc pour toute l'assem- blée ; et tous ceux qui dans nos villes se sont alliés à des femmes étrangères viendront à des époques fixes, avec les anciens et les juges de chaque ville, jusqu'à ce que l'ardente colère de no- tre Dieu se soit détournée de nous au sujet de cette affaire. '^Jonathan, fils d'Asaël, et Jachzia, fils de Thikva, appuyés par Meschul- lam et par le Lévite Schabthaï, furent les seuls à combattre cet avis, '^au- quel se conformèrent les fils de la cap- tivité. On choisit Esdras, le prêtre, et des chefs de famille selon leurs mai- sons paternelles, tous désignés par leurs noms; et ils siégèrent le premier jour du dixième mois pour s'occuper de la chose. ''Le premier jour du pre- mier mois, ils en finirent avec tous les hommes qui s'étaient alliés à des fem- mes étrangères. '^Parmi les fils de prêtres, il s'en trouva qui s'étaient alliés à des fem- mes étrangères : des fils de Josué, fils ESDRAS. Chap. 10, lo-ii. de Jotsadak, et de ses frères, Maaséja, Eliézer, Jarib et Guedalia, '^qui s'en- gagèrent, en donnant la main, à ren- voyer leurs femmes et à offrir un bélier en sacrifice de culpabilité ; -"des fils d'Imnier, Hanani et Zebadia ; -' des fils de Harim, Maaséja, Elie, Schemaeja, Jehiel et Ozias ; -"-des fils de Paschhur, Eljoénaï, Maaséja, Ismaël, Nethaneel, Jozabad et Eleasa. -^ Parmi les Lévites : Jozabad, Schi- Zabbaï et Athlaï; ^'des fils de Bani, Meschullam, Malluc, Adaja, Jaschub, Scheal et Ramoth; ^"des fils de Pa- chath-Moab, Adna, Relal, Benaja, Maaséja, Matthania, Betsaleel, Binnuï et Manassé ; ''des fils de Ilarim, Elié- zer, Jischija. Malkija, Schemaeja, Si- méon, '"Benjamin, Malluc et Schema- ria; ''des fils de Haschum, Matthnaï, Matthattha, Zabad , Elijihéleth, Jeré- maï, Manassé et Schimeï; '"des fils de meï,Kélajaou Ivelitha,Pethachja, Juda Bani, Maadaï, Amram, Uel, ''Benaja, et Eliézer. ** Parmi les chantres : Eliaschib. Parmi les portiers : Schallum, Thé- lem et Uri. -^ Parmi ceux d'Israël : des fils de Pareosch, Uamia, Jizzija, Malkija, Mi- jamin, Éléazar, Malkija et Benaja; '^des fils d'Elam, Matthania, Zacharie, Bédia, Keluhu, '"Vania, Merémoth, Eliaschib, '^Matthania, Matthnaï, Jaa- saï, '^Bani, Binnuï, Schimeï, '^Sché- léniia, Nathan, Adaja, "Macnadbaï, Schaschaï, Scharaï, '"Azareel, Schélé- mia , Schemaria, ''-Schallum, Amaria et Joseph; *'des fils de Nebo, Jeïel , Matthithia, Zabad, Zebina, Jaddaï, Jehiel, Abdi, Jerémoth et Elie; *'des Joël et Benaja. fils de Zatthu, Eljoénaï, Eliaschib, "Tous ceux-là avaient pris des fem- Matthania, Jerémoth, Zabad et Aziza; mes étrangères, et plusieurs en avaient ^Mes fils de Bébaï, Jochanan, Hanania, eu des enfanta. 35 * NEHEMIE Prière de Né/iémie pour les enfants d'Israël. Chap. I. ' Paroles de Néhémie, fils parole que tu donnas ordre à Moïse, de Hacalia. ton serviteur, de prononcer : Lorsque Au mois de Risleu, la vingtième an- vous pécherez, je vous disperserai née", comme jetais à Suse, dans la parmi les peuples; ^mais si vous re- capitale, -Hanani, lun de mes frères, venez à moi, et si vous observez mes et quelques hommes arrivèrent de commandements et les mettez en pra- Juda. Je les questionnai au sujet des tique, alors quand vous seriez exilés Juifs réchappes, qui étaient restés de à l'extrémité du ciel*, de là je vous la captivité, et au sujet de Jérusalem, rassemblerai et je vous ramènerai dans 'Ils me répondirent : Ceux qui sont le lieu que j'ai choisi pour y faire rési- restés de la captivité sont là dans la der mon nom. '"Ils sont tes serviteurs province, au comble du malheur et de et ton peuple, que tu as rachetés par l'opprobre; les murailles de Jérusalem ta grande puissance et par ta main sont en ruines, et ses portes sont con- forte. "Ah! Seigneur, que ton oreille sumées par le feu. soit attentive à la prière de ton servi- ■•Lorsque j'entendis ces choses, je teur, et à la prière de tes serviteurs m'assis, je pleurai, et je fus plusieurs qui veulent craindre ton nom! Donne jours dans la désolation. Je jeûnai et aujourd'hui du succès à ton serviteur, et fais-lui trouver grâce devant cet I je priai devant le Dieu des cieux, *et je dis : O Eternel, Dieu des cieux. Dieu grand et redoutable, toi qui gardes ton alliance et qui fais miséricorde à ceux qui t'aiment et qui observent tes homme : J'étais alors échanson du roi. Néhémie à Jérusalem. Chap. II. 'Au mois de Nisan, la commandements ! ^Que ton oreille soit vingtième année du roi Artaxerxès, attentive et que tes yeux soient ou- comme le vin était devant lui, je pris verts : écoute la prière que ton servi- le vin et je l'offris au roi. Jamais je teur t'adresse en ce moment, jour et n'avais paru triste en sa présence. *Le nuit, pour tes serviteurs les enfants roi me dit : Pourquoi as-tu mauvais d'Israël, en confessant les péchés des visage? Tu n'es pourtant pas malade; enfants d'Israël, nos péchés contre ce ne peut être qu'un chagrin de cœur, toi; car moi et la maison de mon père. Je fus saisi d'une grande crainte, 'et nous avons péché. 'Nous t'avons of- je répondis au roi : Que le roi vive fensé, et nous n'avons point observé éternellement! Comment n'aurais-je les commandements, les lois et les or- pas mauvais visage, lorsque la ville donnances, que tu prescrivis à Moïse, où sont les sépulcres de mes jières est ton serviteur. * Souviens-toi de cette détruite et que ses portes sont consu- a. Du règne d'Artaxerxès, voy. *2, I. b. C'est-à-dire, du monde. 544 NEHEMIE. Chap. 2,11-3,2. mées par le feu? *Et le roi me dit : Que demandes-tu ? Je priai le Dieu des cieux, ^et je répondis au roi : Si le roi le trouve bon, et si ton serviteur lui est agréable, envoie-moi en Juda, vers la ville des sépulcres de mes pères, pour que je la rebâtisse. *Le roi, au- près duquel la reine était assise, me dit alors : Combien ton voyage dure- ra-t-il, et quand seras-tu de retour? 11 plut au roi de me laisser partir, et je lui fixai un temps. 'Puis je dis au roi : Si le roi le trouve bon, qu'on me don- ne des lettres pour les gouverneurs de l'autre coté du ileuve, afin qu'ils me laissent passer et entrer en .luda, "et une lettre pour Asajjh, garde forestier du roi, afin qu'il me fournisse du bois de charpente pour les portes de la citadelle près de la maison, pour la muraille de la ville, et pour la maison que j'occuperai. Le roi me donna ces lettres, car la bonne main de mon Dieu était sur moi. 'Je me rendis auprès des gouver- neurs de l'autre côté du fleuve, et je leur remis les lettres du roi, qui m'a- vait fait accompagner par des chefs de l'armée et par des cavaliers. '"San- ballat, le Horonite, et Tobija, le ser- viteur Ammonite, l'ayant appris, eu- rent un grand déplaisir de ce qu'il venait un homme pour chercher le bien des enfants d'Israël. "J'arrivai à Jérusalem, et j'y passai trois jours. '-Après quoi, je me levai pendant la nuit avec quelques hom- mes, sans avoir dit à pei'sonne ce que mon Dieu m'avait mis au cœur de faire pour Jérusalem. 11 n'y avait avec moi d'autre bête de somme que ma propre monture. ''Je sortis de nuit par la porte de la vallée, et je me dirigeai contre la source du dragon et vers la porte du fumier, considérant les mu- railles en ruines de Jérusalem et réflé- chissant à ses portes consumées par le feu. '^Je passai près de la {)orte de la source et de l'étang du roi, et il n'y avait point de place par où put passer la bête qui était sous moi. '^Je montai de nuit par le torrent, et je considérai encoie la muraille. Puis je rentrai par la porte de la vallée, et je fus ainsi de retour. '^Les magistrats ignoraient où j'étais allé, et ce que je faisais. Jusqu'à ce moment, je n'avais rien dit aux Juifs, ni aux prêtres, ni aux grands, ni aux magistrats, ni à aucun de ceux qui s'occupaient des affaires. '"Je leur dis alors : V^ous vovez le malheureux état où nous sommes ! Jérusalem est dé- truite, et ses portes sont consumées par le feu ! Venez, rebâtissons la mu- raille de Jérusalem, et nous ne serons plus dans l'opprobre. '*Et je leur ra- contai comment la bonne main de mon Dieu avait été sur moi, et quelles pa- roles le roi m'avait adressées. Ils di- rent : Levons-nous, et bâtissons ! Et ils se fortifièrent dans cette bonne résolution. "Sanballat, le Horonite, Tobija, le serviteur Ammonite , et Guéschem , l'Arabe, en ayant été informés, se mo- quèrent de nous et nous méprisèrent. Ils dirent : Que faites-vous là ? Vous révoltez-vous contre le roi? -"Et je leur fis cette réponse : Le Dieu des cieux nous donnera le succès. Nous, ses serviteurs, nous nous lèverons et nous bâtirons; mais vous, vous n'avez ni part, ni droit, ni souvenir dans Jé- rusalem. Réparation des murailles de Jérusalem. Chap. III. 'Eliaschib, le grand jirêtre, se leva avec ses frères les prê- tres, et ils bâtirent la porte des bre- bis. Ils la consacrèrent et en posèrent les battants; ils la consacrèrent, de- puis la tour de Méa jusqu'à la tour de llananeel. -A côté d'Eliaschib bâtirent les hommes de Jéricho; à côté de lui bâtit aussi Zaccur, fils d'Imri. 545 Chap. 3,3-1^. NEHEMIE. ^Les fils de Senaa bâtirent la porte porte du fumier. Il la bâtit, et en posa des poissons. Ils la couvrirent, et en les battants, les verrous et les barres, jîosèrent les battants, les verrous et '^Schallnn, fils de Col-Mozé, chef les barres. ^A côté d'eux travailla aux du district de Mitspa, répara la porte réparations Merémoth, fils d'Urie, fils de la source. Il la bâtit, la couvrit, et dllakkots; à côté d'eux travailla Me- schullam, fils de Bérékia, fils de Me- schézabeel ; à côté d'eux travailla Tsa- dok , fils de Baana ; ^à côté d'eux travaillèrent les Tekoïtes , dont les ])rincipaux ne se soumirent pas au service de leur seigneur. 'Jojada, fils de Paséach, et Me- en posa les battants, les verrous et les barres. Il fit de plus le mur de l'étang de Siloé, près du jardin du roi, jus- qu'aux degrés qui descendent de la cité de David. ""Après lui Néhémie, fils d'Azbuk, chef de la moitié du district de Beth- Tsur, travailla aux réparations jusque schuUam, fils de Besodia, réparèrent vis-à-vis des sépulcres de David, jus- la vieille porte. Ils la couvrirent, et en posèrent les battants, les verrous et les barres. ''A côté d'eux travail- lèrent Melatia, le Gabaonite, Jadon, le Méronothite, et les hommes de Ga- qu a 1 étang qui avait été construit, et jusqu'à la maison des héros. ''Après lui travaillèrent les Lévites, Rehum, fils de Bani, et à côté de lui travailla pour son district Haschabia, chef de baon et de Mitspa, ressortissant au la moitié du district de Keïla. *^Après lui travaillèrent leurs frères, Bavvaï, fils de Hénadad, chef de la moitié du district de Keïla; "*et à côté de lui Ezer, fils de Josué, chef de Mitspa, répara une autre portion de la mu- siège du gouverneur de ce côté du fleuve; **à côté d'eux travailla Uzziel, fils de Ilarhaja, d'entre les orfèvres, et à côté de lui travailla Ilanania , d'entre les parfumeurs. Ils laissèrent Jérusalem jusqu'à la raille A'is-à-vis de la montée de l'arse- muraille large. nal, a angle. ^A côté d'eux travailla aux répara- -"Après lui Baruc, fils de Zabbaï,, tions Repliaja, fils de Hur, chef de la répara avec ardeur une autre portion moitié du district de Jérusalem. '"A depuis l'angle jusqu'à la porte de la côté d'eux travailla vis-à-vis de sa maison d'Éliaschib, le grand prêtre, maison Jedaja, fils de Ilarumaph, et à -'Après lui Merémoth, fils d'Urie, fils- côté de lui travailla Hattusch, fils de d'Hakkots, répara une autre portion Ilaschabnia. "Une autre portion de la depuis la porte de la maison d'Elia- muraille et la tour des fours furent schib jusqu'à l'extrémité de la maison réparées par Malkija, fils de Harim, et d'Éliaschib. "Après lui travaillèrent par Haschub, fils de Pachath-Moab. les prêtres des environs de Jérusalem. '-A côté d'eux travailla, avec ses filles, Schallum, fils d'IIallochesch, chef de la moitié du district de Jérusalem. '^Ilanun et les habitants de Zanoach -^Après eux Benjamin et Ilaschub tra- vaillèrent vis-à-vis de leur maison. Après eux Azaria, fils de Maaséja, fils d'Anania, travailla à côté de sa mai- réparèrent la porte de la vallée. Ils la son. '"Après lui Binnuï, fils de Iléna- bàtirent, et en posèrent les battants, dad, répara une autre portion depuis les verrous et les barres. Ils firent de la maison d'Azaria jusqu'à l'angle et plus mille coudées de mur jusqu'à la jusqu'au coin. porte du fumier. -^Palal, fils d'Uzaï, travailla vis-à- '■•Malkija, fils de Récab, chef du vis de l'angle et de la tour supérieure district de Beth-IIakkérem, répara la qui fait saillie en avant de la maison 546 NEHEMIE. Chnp. 3, 20-4, 15. du roi ])rcs de la covir de la prison. Après lui travailla Pedaja, fils de Pa- reosoh. "Les Néthiniens demeurant sur la colline travaillèrent jusque vis- à-vis de la porte des eaux, à Torient, et de la tour en saillie. -'Après eux les Tekoïtes réparèrent une autre portion vis-à-vis de la grande tour en saillie jusqu'au mur de la colline. "Au-dessus de la porte des chevaux, les prêtres travaillèrent chacun devant sa maison. -"Après eux Tsadok, fils d'immer, travailla devant sa maison. Après lui travailla Schemaeja, fils de Schecania , gardien de la porte de l'orient. ^" Après eux Ilanania, fils de Schélémia, et Hanun, le sixième fils de Tsalaph, réparèrent une autre j)or- lion de la muraille. Après eux Me- schullam, fils de Bérékia, travailla vis- à-vis de sa chambre. ''Après lui Malkija, d'entre les orfè- vres, travailla juscpiaux maisons des Néthiniens et des marchands, vis-à- vis de la porte de Aliplikad, et jusqu'à la chambre haute du coin. ■'"'Les orfè- vres et les marchands travaillèrent entre la chambre haute du coin et la porte lies brebis. Les travaux pnursiiii'is, malgré les obstacles que suscitent les ennemis des Juifs. Chtip. IV. ' Lorsque Sanballat ap- prit que nous rebâtissions la muraille, il fut en colère et très irrité. 11 se mo- qua des Juifs, -et dit devant ses frères et devant les soldats de Samarie : A (puji travaillent ces Juifs impuissants? Les laissera-t-on faire ? Sacrifieront- ils? \'ont-ils achever? Retlonneront- ils vie à des pierres ensevelies sous (les monceaux de poussière et consu- mées par le teu ? 'Tobija, l'Ammonite, était à côté de lui, et il dit : Qu'ils bâtissent seulement ! Si un renard s'élance, il renversera leur muraille de |)ierres. ■•Ecoute, o notre Dieu, comme nous sommes méprisés ! Fais retomber leurs insultes sur leur tète, et livre-les au pillage sur une terre où ils soient cap- tifs. ^Ne pardonne pas leur iniquité, et que leur péché ne soit pas elTacé de devant toi; car ils ont offensé ceux (|ui bâtissent. ''Nous rebâtîmes la muraille, qui fut partout achevée jusqu'à la moitié de sa hauteur. Et le peuple prit à cœur ce travail. "Mais Sanballat, Tobija, les .Vrabes, les Ammonites et les Asdodiens, fu- rent très irrités en apprenant que la réparation des murs avançait et que les brèches commençaient à se fer- mer, ^lls se liguèrent tous ensemble pour venir attaquer Jérusalem et lui causer du dommage. ''Nous priâmes notre Dieu, et nous établîmes une garde jour et nuit pour nous défendre contre leurs atta([ues. '"Cependant Juda disait : Les forces manquent à ceux qui portent les far- deaux, et les décombres sont consi- dérables; nous ne pourrons pas bâtir la muraille. " Et nos ennemis disaient : Ils ne sauront et ne verront rien jus- qu'à ce que nous arrivions au milieu d'eux; nous les tuerons, et nous fe- rons ainsi cesser l'ouvrage. '-Or les Juifs (|ui habitaient près d'eux vinrent dix fois nous avertir, de tous les lieux tl'où ils Se rendaient vers nous. '■'C'est jiourquoi je plaçai, dans les enfonce- ments derrière la muraille et sur des terrains secs, le peuple par familles, tous avec leurs épées, leurs lances et leurs arcs. '*Je regardai, et m'étant levé, je dis aux grands, aux magistrats, et au reste du peuple : Ne les craignez pas ! Souvenez -vous du Seigneur, grand et redoutable , et condjattez pour vos frères, pour vos fils et vos filles, pour vos femmes et pour vos maisons ! '^Lorsque nos ennemis apprirent que nous étions avertis, Dieu anéantit Chap. i, 10- ■J, 13. NEHEMIE. leur projet, et nous retournâmes tous maisons, pour avoir du blé pendant à la muraille, chacun à son ouvrage, la famine. ■*D'autres disaient : Nous "Depuis ce jour, la moitié de mes avons emprunté de l'argent sur nos serviteurs travaillait, et l'autre moitié champs et nos vignes pour le tribut était armée de lances, de boucliers, du roi. ^Et pourtant notre chair est d'arcs et de cuirasses. Les chefs étaient comme la chair de nos frères, nos en- derrière toute la maison de Juda. fants sont comme leurs ■ enfants; et "Ceux c|ui bâtissaient la muraille, et voici, nous soumettons à la servitude ceux c[ui portaient ou chargeaient les nos fds et nos fdles, et plusieurs de fardeaux, travaillaient d'une main et nos fdles y sont déjà réduites; nous tenaient une arme de l'autre; "^chacun sommes sans force, et nos champs et d'eux, en travaillant, avait son épée ceinte autour des reins. Celui qui son- nait de la trompette se tenait près de moi. "Je dis aux grands, aux magis- nos vignes sont à d'autres. 'Je fus très irrité lorsque j'entendis leurs plaintes et ces paroles-là. "Je résolus de faire des réprimandes aux trats, et au reste du peuple : L'ouvrage grands et aux magistrats, et je leur est considérable et étendu, et nous dis : Quoi ! vous prêtez à intérêt à vos sommes dispersés sur la muraille , frères ! Et je rassemblai autour d'eux éloignés les uns des autres. -"Au son une grande foule, "et je leur dis : Nous de la trompette, rassemblez-vous au- avons racheté selon notre pouvoir nos près de nous, vers le lieu d'où vous frères les Juifs vendus aux nations; et l'entendrez; notre Dieu combattra vous vendriez vous-mêmes vos frères, pour nous. -' C'est ainsi que nous pour- et c'est à nous qu'ils seraient vendus 1 suivions l'ouvrage, la moitié d'entre Ils se turent, ne trouvant rien à répon- nous la lance à la main depuis le lever dre. "Puis je dis : Ce que vous faites de l'aurore jusqu'à l'appaiition des n'est pas bien. Ne devriez-vous pas étoiles. "Dans ce même temps, je dis marcher dans la crainte de notre Dieu, encore au peuple : Que chacun passe pour n'être ]ias insultés par les nations la nuit dans Jérusalem avec son servi- nos ennemies? "Moi aussi, et mes teur : faisons la garde pendant la nuit, frères et mes serviteurs, nous leur et travaillons pendant le jour. -'Et avons prêté de l'argent et du blé. nous ne quittions point nos vêtements, Abandonnons ce qu'ils nous doivent ! ni moi, ni mes frères, ni mes servi teurs, ni les hommes de garde qui me suivaient ; chacun n'avait que ses ar- mes et de l'eau. Plaintes du peuple contre la cupidité des grands ; intervention et dcsintéresseiucnt de Néhéiiiie. "Rendez-leur donc aujourd'hui leurs champs, leurs vignes, leurs oliviers et leurs maisons, et le centième de l'ar- gent, du blé, du moût et de l'huile, que vous avez exigé d'eux comme in- térêt. '-Ils répondirent : Nous les ren- drons, et nous ne leur demanderons Chap. y. 'Il s'éleva de la part des rien, nous ferons ce que tu dis. Alors gens du peuple et de leurs femmes de j'appelai les prêtres, devant lesquels grandes plaintes contre leurs frères je les fis jurer de tenir parole. ''Et je les Juifs. -Les uns disaient : Nous, nos secouai mon manteau, en disant : Que fds et nos fdles, nous sommes nom- Dieu secoue de la même manière hors breux; qu'on nous donne du blé, afin de sa maison et de ses biens tout que nous mangions et que nous vi- homme qui n'aura point tenu parole, vions. 'D'autres disaient : Nous enga- et qu'ainsi cet homme soit secoué et geons nos champs, nos vignes, et nos laissé à vide ! Toute l'assemblée dit : 548 NEHEMIE. Chap. 5, i'i-6,ii. dre ; le travail serait interrompu pen- dant que je le quitterais pour aller vers vous. ''Ils m'adressèrent quatre fois la même demande, et je leur fis la même réponse. ^Sanballat m'envoya ce mes- sage une cinquième fois par son ser- viteur, qui tenait à la main une lettre ouverte. 'Il y était écrit : Le bruit se répand parmi les nations et Gaschmu affirme cjue toi et les Juifs vous pensez à vous révolter, et que c'est dans ce but que tu rebâtis la muraille. Tu A^as, dit-on, devenir leur roi, 'tu as même établi des propliètes pour te procla- mer à Jérusalem roi de Juda. Et main- tenant, ces choses arriveront à la connaissance du roi. Viens donc, et consultons-nous ensemble. *Je fis ré- pondre à Sanballat : Ce que tu dis là n'est pas ; c'est toi cjui l'inventes ! °Tous ces gens voulaient nous effrayer, et ils se disaient : Ils perdront cou- rage, et l'œuvre ne se fera pas. Maintenant, ô Dieu, fortifie-moi ! '"Je me rendis chez Schemaeja, fils de Delaja, fils de Mehétabeel. Il s'était enfermé, et il dit : Allons ensemble dans la maison de Dieu, au milieu du travaux étaient à la charge de ce peu- . temple, et fermons les portes du tem- Amen ! On célébra 1 Eternel. Et le peuple tint parole. '*Dès le jour où le roi m'établit leur gouverneur dans le pays de Juda, depuis la vingtième année jusqu'à la trente-deuxième année du roi Arta- xerxès, pendant douze ans, ni moi ni mes frères n'avons vécu des revenus du gouverneur. '^Avant moi, les pre- miers gouverneurs accablaient le peu- ple, et recevaient dç lui du pain et du vin, outre quarante sicles d'argent ; leurs serviteurs mêmes opprimaient le peuple. Je n'ai point agi de la sorte, par crainte de Dieu. ''Bien plus, j'ai travaillé à la réparation de cette mu- raille, et nous n'avons acheté aucun champ, et mes serviteurs tous ensem- ble étaient à l'ouvrage. '"J'avais à ma table cent cinquante hommes, Juifs et magistrats, outre ceux qui venaient à nous des nations d'alentour. '*0n m'apprêtait chaque jour un bœuf, six moutons choisis, et des oiseaux; et tous les dix jours on préparait en abondance tout le vin nécessaire. Mal- gré cela, je n'ai point réclamé les re- venus du gouverneur, parce que les pie. '^Souviens - toi favorablement de moi, ô mon Dieu, à cause de tout ce que j'ai fait pour ce peuple ! A'oufeaii.r obstacles surmontés par Nclicmie. Chap. 17. 'Je n'avais pas encore posé les battants des portes, lorsque Sanballat, Tobija, Guéschem, l'Arabe, et nos autres ennemis, apprirent que j'avais rebâti la muraille et qu'il n'y restait plus de brèche. -Alors Sanbal- lat et Guéschem m'envoyèrent dire : Viens, et ayons ensemble une entre- vue dans les villages de la vallée d'O- no. Ils avaient médité de me faire du mal. 'Je leur envoyai des messagers, avec cette réponse : J'ai un grand ou- vrage à exécuter, et je ne puis descen- ple ; car ils viennent pour te tuer, et c'est pendant la nuit qu'ils viendront pour te tuer. "Je répondis : Un homme comme moi prendre la fuite ! Et quel homme tel que moi pourrait entrer dans le temple et vivre ? Je n'entrerai point. '-Et je reconnus que ce n'était pas Dieu qui l'envoyait. Mais il pro- phétisa ainsi sur moi, parce que San- ballat et Tobija lui avaient donné de l'argent. "En le gagnant ainsi, ils es- péraient que j'aurais peur, et que je suivrais ses avis et commettrais un péché ; et ils auraient profité de cette atteinte à ma réputation pour me cou- vrir d'opprobre. '* Souviens-toi, ô mon Dieu, de To- bija et de Sanballat, et de leurs œu- vres ! Souviens-toi aussi de Noadia, la 549 Chap. 6, i.-,-7, 35. NEHEMIE. prophétesse, et des autres prophètes gique de ceux qui étaient montés les en qui cherchaient à m'effrayer ! '^La muraille fut achevée le vino't cinquième jour du mois d'Elu cinquante-deux jours. '* Lorsque tous nos ennemis l'apprirent, toutes les na- tions qui étaient autour de nous furent dans la crainte ; elles éprouvèrent une grande humiliation , et reconnurent que l'œuvre s'était accomplie par la volonté de notre Dieu. "Dans ce temps-là, il y avait aussi des grands de Juda qui adressaient fréquemment des lettres à Tobija et qui en recevaient de lui. "^ Car plusieurs en Juda étaient liés à lui par serment, parce qu'il était gendre de Schecania, fds d'Arach, et que son fils Jochanan avait pris la fdle de Meschullam, fils de Bérékia. '"Ils disaient même du bien de lui en ma présence, et ils lui rapportaient mes paroles. Tobija en- voyait des lettres pour m'effrayer. Dénombrement des Israélites qui revinrent (in fiii/s de Juda sous la conduite de Zorobabcl. Chap. VII. 'Lorsque la muraille fut rebâtie et que j'eus posé les bat- tants des portes, on établit dans leurs fonctions les portiers, les chantres et les Lévites. -Je donnai mes ordres à Ilanani, mon frère, et à Hanania, chef de la citadelle de Jérusalem, homme supérieur au grand nombre par sa fidélité et par sa crainte de Dieu. ''Je leur dis : Les portes de Jérusalem ne s'ouvriront pas avant que la chaleur du soleil soit venue, et l'on fermera lés battants aux verrous en votre pré- sence ; les habitants de Jérusalem fe- ront la garde, chacun à son poste de- vant sa maison. * La ville était spacieuse et grande, mais peu peuplée, et les maisons n'étaient pas bâties. ^Mon Dieu me mit au cœur d'assem- bler les grands, les magistrats, et le peuple, pour en faire le dénombre- ment. Je trouvai un registre généalo- premiers, et j y vis écrit ce qui suit. ''Voici ceux de la province qui re- vinrent de l'exil, ceux que Nebucad- netsar, roi de Babylone, avait emmenés captifs, et qui retournèrent à Jérusa- lem et en Juda, chacun dans sa ville. 'Ils partirent avec Zorobabel, Josué, Néhémie, Azaria, Raamia, Nachama- ni, Mardochée, Bilschan, Mispéreth, Bigvaï, Nehum, Baana. Nombre des hommes du peuple d'Is- raël : "^les fils de Pareosch, deux mille cent soixante-douze ; 'les fils de Sche- phathia, trois cent soixante-douze; '"les fils d'Arach, six cent cinquante- deux ; "les fils de Pachath-Moab, des fils de Josué et de Joab, deux mille huit cent dix-huit; '-les fils d'Elam, milledeux cent cinquante-quatre ; '^les fils de Zatthu, huit cent quarante-cinq ; '•'les fils de Zaccaï, sept cent soixante ; "'les fils de Binnuï, six cent quarante- huit ; '"les fils de Bébaï, six cent vingt- huit ; '"les filsd'Azgad, deux mille trois cent vingt-deux; '^les filsd'Adonikam, six cent soixante-sept; ''les fils de Bigvaï, deux mille soixante-sept; ^"les fils d'Adin, six cent cinquante-cinq; -'les fils d'Ather, de la famille d'Ezé- chias, quatre-vingt-dix-huit; ^-les fils de Ilaschum, trois cent vingt-huit; -^les fils de Betsaï, trois cent vingt- quatre ; -'les fils de Hariph, cent douze ; -^les fils de Gabaon , quatre-vingt- quinze ; ^"les gens de Bethléhem et de Netopha, cent quatre-vingt-huit; -'les gens d'Anathoth, cent vingt-huit ; -*les gens de Beth-Azmaveth, quarante- deux; -'les gens de Rirjath-Jearim, de Kephira et de Beéroth, sept cent qua- rante-trois ; ''les gens de Rama et de Guéba, six cent vingt et un ; " les gens de Micmas, cent vingt-deux ; '-les gens de Béthel et d'Aï, cent vingt-trois; ''les gens de l'autre Nebo, cinquante- deux; 'Mes fils de l'autre Elam, mille deux cent cinquante-quatre; '^les fils 550 NEHEMIE. Chap. 7,36-13. de Ilarim, trois cent vingt; ""les fils de Jéricho, trois cent quarante-cinq; ^'les fils de Lod, de Iladid et d'Ono, sept cent vingt et un ; •''^les fils de Se- naa, trois mille neuf cent trente. '"Prèti'cs : les lils de Jedaeja, de la maison de Josué, neuf cent soixante- treize ; ■'"les fils d'Immer, mille cin- f|uantc-deux ; "les fils île Paschlinr, mille deux cent (juarante-sept ;'-les fils de Ilarim, mille dix-sept. ■••'Lévites : les fils de Josué et de Kadmiel, des fils d'Hodva, soixante- fpiatorze. "Chantres : les fils d'Asa|)h, cent our les rois -auxquels tu nous tis assujettis, à cause de nos péchés ; ils dominent à leur gré sur nos corps et sur notre bétail, et nous sommes dans une grande angoisse ! Renouvellement de l'alliance. — Résolutions pour l'entretien du culte. '*Pour tout cela, nous contractâmes une alliance, que nous mîmes par écrit ; et nos chefs, nos Lévites et nos prêtres, y apposèrent leur sceau. Chap. X. 'Voici ceux qui apposè- rent leur sceau. Néhémie, le gouverneur, fils de Ha- calia. Sédécias, -Seraja, Azaria, Jérémie, ^Paschhur, Amaria, Malkija,'*Hattusch, Schebania,Malluc,^Harim,Merémoth, Abdias, * Daniel, Guinnethon, Baruc, ^Meschullam, Abija, Mijaniin, ^Maazia, Bilgaï, Schemaeja, prêtres. 'Lévites : Josué, fils d'Azania, Bin- nuï, des fils de Hénadad, Kadmiel, '"et leurs frères, Schebania, Hodija, Keli- tha, Pelaja, Hanan, "Michée, Rehob, liaschabia, '-Zaccur, Schérêbia, Sche- bania, ''^Hodija, Bani, Beninu. '*Chefs du peuple : Pareosch, Pa- chath-Moab,Elam,Zatthu,Bani,'^Bun- ni, Azgad , Bébaï, '"Adonija, Bigvaï, Adin, '"Ather, Ezéchias, Azzur, ''*Ho- dija, Haschum, Betsaï, '^Hariph, Ana- thoth, Nébaï, -"Magpiasch, Meschul- lam , Hézir, -'Meschézabeel , Tsad(,k, Jaddua.-'Pelathia, Hanan, Anaja, -^Ho- sée, Hanania, Haschub, -''Hallochesch, Pilcha, Schobek, -^Rehum, Haschabna, Maaséja, -^\chija, Hanan, Anan, "Mal- luc, Harim, Baana. -*Le reste du peiqjle, les prêtres, les Lévites, les portiers, les chantres, les Néthiniens, et tous ceux qui s'é- taient séparés des peuples étrangers pour suivre la loi de Dieu, leurs fem- mes, leurs fils et leurs filles, tous ceux qui étaient capables de connaissance et d'intelligence,-^ se joignirent à leurs frères les plus considérables d'entre eux. Ils promirent avec serment et ju- rèrent de marcher dans la loi de Dieu donnée par Moïse, serviteur de Dieu, d'observer et de mettre en pratique tous les commandements de l'Eternel, notre Seigneur, ses ordonnances et ses lois. '"Nous promîmes de ne pas donner nos filles aux peuples du pavs et de ne pas prendre leurs filles pour nos fils; "de ne rien acheter, le jour du sabbat et les jours de fête, des peuples du pays qui apporteraient à vendre, le jour du sabbat, des mar- chandises ou denrées quelconques ; et de faire relâche la septième année, en n'exigeant le paiement d'aucune dette. '-Nous nous imposâmes aussi des ordonnances qui nous obligeaient à donner un tiers de sicle par année pour le service de la maison de notre Dieu, "pour les pains de proposition, pour l'offrande perpétuelle, ])our l'ho- locauste perpétuel des sabbats , des nouvelles lunes et des fêtes, pour les choses consacrées, pour les sacrifices d'expiation en faveur d'Israël, et pour tout ce qui se fait dans la maison de notre Dieu. '*Nous tirâmes au sort. 55.= Chap. 10,35-11. 16. NEHEMIE. prêtres, Lévites et peuple, au sujet qui consentirent volontairement à ré- du bois qu'on devait chaque année sider à Jérusalem. apporter en offrande à la maison de ^Voici les chefs de la province qui notre Dieu, selon nos maisons pater- s'établirent à Jérusalem. Dans les vil- nelles, à des époques fixes, pour qu'il les de Juda, chacun s'établit dans sa fût brûlé sur l'autel de l'Eternel, notre propriété, dans sa ville, Israël, les Dieu, comme il est écrit dans la loi. prêtres et les Lévites, les Néthiniens, ^^Nous résolûmes d'apporter chaque et les fils des serviteurs de Salomon. année à la maison de l'Eternel les pré- ''A Jérusalem s'établirent des fils de mices de notre sol et les prémices de Juda et des fils de Benjamin. — Des tous les fruits de tous les arbres ; ^''d'a- fils de Juda : Athaja, fils d'Ozias, fils mener à la maison de notre Dieu, aux deZacharie, fils d'Amaria, fils de Sche- prêtresqui font le service dans la mai- phathia, fils de Mahalaleel, des fils de sonde notre Dieu, les premiers-nés de Pérets, ^et Maaséja, fils de Baruc, fils nos fils et de notre bétail, comme il de Col-Hozé, fils de Ilazaja, fils d'Ada- est écrit dans la loi, les premiers-nés ja, fils de Jojarib, fils de Zacharie, fils de nos bœufs et de nos brebis; '^d'ap- de Schiloni. ^Total des fils de Pérets porter aux prêtres, dans les chambres qui s'établirent à Jérusalem : quatre de la maison de notre Dieu, les pré- cent soixante-huit hommes vaillants, mices de notre pâte et nos offrandes, — 'Voici les fils de Benjamin : Sallu, des fruits de tous les arbres, du moût fils de Meschullam, fils deJoëd, fils de et de l'huile; et de livrer la dîme de Pedaja, fils de Kolaja, fils de Maaséja, notre sol aux Lévites qui doivent la fils d'ithiel, fils d'Esaïe, *et après lui, prendre eux-mêoies dans toutes les Gabbaï et Sallaï, neuf cent vingt-huit, villes situées sur les terres que nous ^Joël, fils de Zicri, était leur chef; et cultivons. ^*Le prêtre, fils d'Aaron, Juda, fils de Senua, était le second sera avec les Lévites quand ils lève- ront la dîme ; et les Lévites apporte- ront la dîme de la dîme à la maison de notre Dieu, dans les chambres de la chef de la ville. '"Des prêtres : Jadaeja, fils de Joja- rib, Jakin, "Seraja, fils de Ililkija, fils de Meschullam, fils de Tsadok, fils de maison du trésor. '^Car les enfants Merajoth, fils d'Achithub, prince de la d'Israël et les fils de Lévi apporteront maison de Dieu, '-et leurs frères occu- dans ces chambres les offrandes de pés au service de la maison, huit cent blé, de moût et d'huile; là sont les vingt-deux; Adaja, fils de Jerocham, ustensiles du sanctuaire, et se tiennent fils de Pelalia, fils d'Amtsi, fils de Za- les prêtres qui font le service, les por- charie, fils de Paschhur, fils de Malki- tiers et les chantres. C'est ainsi que ja, '^et ses frères, chefs des maisons nous résolûmes de ne pas abandonner paternelles, deux cent quarante-deux; la maison de notre Dieu. et Amaschsaï, fils d'Azareel, fils d'Ach- , ' :i ■ zaï, fils de Meschillémoth, fils d'Im- Répartition des nouveaux liabitants entre Jéru- nier '''et leurs frères vailHntS lîOm- saleiii et le reste du territoire. . ■ .1 -^ ^/ 1 i- 1 pi 1 mes, cent vingt-nuit. Zabdiel, lus de Chap. XI. 'Les chefs du peuple Guedolim, était leur chef, s'établirent à Jérusalem. Le reste du '^Des Lévites : Schemaeja, fils de peuple tira au sort, pour qu'un sur dix Haschub, fils d'Azrikam, fils de Has- vînt habiter Jérusalem, la ville sainte, chabia, fils de Bunni, '^Schabbethaï et et que les autres demeurassent dans Jozabad , chargés des affaires exté- les villes. ^Le peuple bénit tous ceux rieures de la maison de Dieu, et fai- 556 NEHEMIE. Chap. Il,n-i2.73. sant partie des chefs des Lévites; dans les lieux de son ressort, ^-à Ana- '"Matthania, fils de Michée, (ils de thoth, à Nob, à Ilanania, '^à Ilatsor, Zabdi, fils d'Asaph, le chef qui enton- à Rama, à Guitthaïm, ^*à Hadid, à Tse nait la louange à la prière, et Bakbu- boïni, à Neballath, ^à Lod et à Ono, kia, le second parmi ses frères, et Ab- la vallée des ouvriers. ^^11 y eut des da, fils de Srhammua, fils de Galal, Lévites qui se joignirent à Benjamin, fils de Jeduthun. "*Total des Lévites quoique appartenant aux divisions de dans la ville sainte : deux cent quatre- Juda. leurs frères, gardiens des portes. Dénombrement des prêtres et des Lévites. Chap. XII. 'Voici les prêtres et les Lévites qui revinrent avec Zoroba- vmgt-quatre. ''Et les portiers : Akkub, Thalmon, et cent soixante-douze. -"Le reste d'Israël, les prêtres, les bel, fils de Schealthiel, et avec Josué Lévites, s'établirent dans toutes les Seraja, Jérémie, Esdras, *Amaria, Mal- villes de Juda, chacun dans sa pro- lue, Hattusch , 'Schecania, Rehum, priété. .Merémoth, ^Iddo, Guinnethoï, Abija, -'Les Néthiniens s'établirent sur la ^Mijamin, Maadia, Bilga, ^Schemaeja, colline, et ils avaient pour chefs Tsi- .lojarib, Jedaeja,'Sallu, Amok, llilkija, cha et Guischpa. -"-Le chef des Lévites Jedaeja. Ce furent là les chefs des prê- à Jérusalem était Uzzi, fils de Bani, très et de leurs frères, au temps de fils de Haschabia, fils de Matthania, Josué. — ^Lévites : Josué, Binnuï, fils de Michée, d'entre les fils d'Asaph, Kadmiel, Schérébia, Juda, Matthania, les chantres chargés des offices de la qui dirigeait avec ses frères le chant maison de Dieu ; -'car il y avait un or- des louanges ; 'Bakbukia et Unni, qui dre du roi concernant les chantres, et un salaire fixe leur était accordé pour chaque jour. -*Pethachja, fils de Me- schézabeel, des fils de Zérach, fils de Juda, était commissaire du roi pour toutes les affaires du peuple. "Dans les villages et leurs territoi- res, des fils de Juda s'établirent à Rir- jath-.\rba et dans les lieux de son res- remplissaient leurs fonctions auprès de leurs frères. '"Josué engendra Jojakim, Jojakim engendra Eliaschib, Eliaschib engen- dra Jojada, "Jojada engendra Jona- than, et Jonathan engendra Jaddua. '-Voici, au temps de Jojakim, quels étaient les prêtres, chefs de famille : pour Seraja , .Meraja ; pour Jéréniie, sort, à Dibon et dans les lieux de son Hanania; '^pour Esdras, Meschullam; ressort, à Jekabtseel et dans les villa- pour Amaria, Jochanan ; '*pour Me- ges de son ressort, -^à Jéschua, à Mo- luki, Jonathan; pour Schebania, Jo- lada, à Beth-Paleth, *'à Hatsar-Schual, seph ; '^pour Harim, Adna; pour Me- à Beer-Schéba et dans les lieux de son rajoth, Helkaï; '^pour Iddo, Zacharic; ressort, -*à Tsiklag, à Mecona et dans pour Guinnethon, Meschullam; '"pour les lieux de son ressort, -'à En-Rim- Abija, Zicri ; pour Minjamin et Moadia, mon, à Tsorea, àJarmuth,'''à Zanoach, à Adullam, et dans les villages de leur ressort, à Lakis et dans son territoire, à Azéka et dans les lieux de son res- Pilthaï; '*pour Bilga, Schammua;pour Scheniaeja, Jonathan; '^pour Jojarib, Mattlmaï; pour Jedaeja, Uzzi; -"pour Sallaï,Kallaï; pour Amok, Eber;-'pour sort. Ils s'établirent depuis Beer-Sché- Hilkija, Haschabia; pour Jedaeja, Ne- ba jusqu'à la vallée de Hinnom. "Les thanecl. fils de Benjamin s'établirent, depuis "Au temps d'Éliaschib, de Jojada, Guéba, à Micmasch, à Ajja, à Béthel et de Jochanan et de Jaddua, les Lévites, o;>/ Chap. 'I2.,i3-', NEIIEMIE. chefs de famille, et les prêtres, furent inscrits sous le règne de Darius, le Perse. -^Les fils de Lévi, chefs de fa- mille, furent inscrits dans le livre des Chroniques jusqu'au temps de Jocha- nan, fils d'Eliaschib. "Les chefs des Lévites, Haschabia, Schérébia, et Jo- sué, fils de Kadmiel, et leurs frères avec eux, les uns vis-à-vis des autres, étaient chargés de célébrer et de louer l'Eternel, selon l'ordre de David, hom- me de Dieu. -^Matthania, Bakbukia, Abdias, Meschullam, Thalmon et Ak- kub, portiers, faisaient la garde aux seuils des portes. -"Ils vivaient au temps de Jojakim, fds de Josué, fdsde Jotsadak, et au temps de Néhémie, le gouverneur, et d'Esdras, le prêtre et le scribe. Dédicace des murailles de Jériisulciii. — Jléla- blissement des revenus des pre'tres et des Lé- i'ites. -'Lors de la dédicace des murailles de .Jérusalem , on appela les Lévites de tous les lieux qu'ils habitaient et on les fit venir à Jérusalem, afin de cé- lébrer la dédicace et la fête par des louanges et par des chants , au son avec des trompettes, Zacharie, fils de Jonathan, fils de Schemaeja, fils de Matthania, fils de Michée, fils de Zac- cur, fils d'Asaph, '''et ses frères, Sche- maeja, Azareel, Milalaï, Guilalaï, Maaï, Nethaneel, Juda et Hanani, avec les instruments de musique de David, homme de Dieu. Esdras, le scribe, était à leur tête. ^'A la porte de la source, ils montèrent vis-à-vis d'eux les degrés de la cité de David par la montée de la muraille, au-dessus de la maison de David, juscju'à la porte des eaux, vers l'orient. '"^Le second chœur se mit en marche à l'opposite. J'étais derrière lui avec l'autre moitié du peuple, sur la muraille. Passant au-dessus de la tour des fours, on alla jusqu'à la muraille large ; ^'puis au- dessus de la porte d'Ephraïm, de la vieille porte, de la porte des poissons, de la tour de Hananeel et de la tour de Méa, jusqu'à la porte des brebis. Et Ton s'arrêta à la porte de la prison. ■'"Les deux choeurs s'arrêtèrent dans la maison de Dieu ; et nous fîmes de même, moi et les magistrats qui étaient avec moi, ^'et les prêtres Eliakim, Maaséja, Minjamin, Michée, Eljoénaï, des cymbales, des luths et des harpes. Zacharie, Hanania, avec des trompet- tes, **et Maaséja, Schemaeja, Eléazar, Uzzi, Jochanan, Malkija, Elam et Ezer. Les chantres se firent entendre, diri- gés par Jizrachja. "On offrit ce jour-là de nombreux sacrifices, et on se livra aux réjouis- sances, car Dieu avait donné au peu- ple un grand sujet de joie. Les femmes et les enfants se réjouirent aussi, et IjBS cris de joie de Jérusalem furent en- tendus au loin. ■•^En ce jour, on établit des hommes ayant la surveillance des chambres qui servaient de magasins pour les offran- des, les prémices et les dîmes, et on les chargea d'y recueillir du territoire des villes les portions assignées par la loi aux prêtres et aux Lévites. Car ^*Les fils des chantres se rassemblè- rent des environs de Jérusalem, des villages des Nethophatiens, -'de Beth- Guilgal, et du territoire de Guéba et d'Azmaveth; car les chantres s'étaient bâti des villages aux alentours de Jé- rusalem. '"Les prêtres et les Lévites se purifièrent, et ils purifièrent le peu- ple, les portes et la muraille. ^'Je fis monter sur la muraille les chefs de Juda, et je formai deux grands chœurs. Le premier se mit en mar- che du côté droit sur la muraille, vers la porte du fumier. ^■'Derrière ce chœur, marchaient Hosée et la moitié des chefs de Juda, ^'Azaria, Esdras, Meschullam, ^''Juda, Benjamin, Sche- maeja et Jérémie; ^^des fils de prêtres 558 NEHEMIK. Chap. 13,'.:.-lS,iG. .lutla se réjouissait de ce que les prè- 'j'obtins du roi la permission de reve- trcs et les Lévites étaient à leur poste, nir à Jérusalem, et je m'aperçus du ■•^observant tout ce qui concernait le mal qu'avait fait Eliaschih, en dispo- service de Dieu et des purifications, sant une chambre ])our Tobija dans Les chantres et les portiers remplis- saient aussi leurs l'onctions, selon l'or- dre de David et de Salomon, son fils ; ''"car autrefois, du temps de David et d'Asaph, il y avait des chefs de chan- les parvis de la maison de Dieu. *J'en éprouvai un Aif dé[)laisir, et je jetai hors de la chambre tous les objets qui ap]iartenaient à Tobija ; "j'ordonnai qu'on purifiât les chambres, et j'y re- tres et des chants de louanges et d'ac- plaçai les ustensiles de la maison de tious de grâces en l'honneur de Dieu. Dieu, les offrandes et l'encens. '. "Tout Israël, au temps de Zorobabel '"J'appris aussi que les portions des et de N'éhémie, donna les portions des Lévites n'avaient point été livrées, et chantres et des portiers, jour par jour ; que les Lévites et les chantres chargés on donna aux Lévites les choses con- du service s'étaient enfuis chacun dans sacrées, et les Lévites donnèrent aux son territoire. "Je fis des réprimandes fils d'Aaron les choses consacrées. aux magistrats, et je dis : Pourquoi la maison de Dieu a-t-elle été abandon- Zcle de ^'él,cmic contre les transgrcsscirs née ? Et je rassemblai les Lévites et ^ '^ " "'■ les chantres, et je les remis â leur Chap. XIIl. 'Dans ce temps, on poste. '-Alors tout Juda apporta dans lut en présence du peuple dans le li- les magasins la dime du blé, du moût vre de Moïse, et l'on y trouva écrit et de l'huile. '*Je confiai la surveillance que l'Ammonite et le Moabite ne de- des magasins à Schélémia, le prêtre» vraient jamais entrer dans l'assemblée à Tsadok, le scribe, et à Pedaja, l'un de Dieu, -parce qu'ils n'étaient pas des Lévites, etje leur adjoignis Hanan, venus au-devant des enfants d'Israël fils de Zaccur, fils de Matthania, car avec du pain et de l'eau, et parce qu'ils ils avaient la réputation d'être fidèles, avaient appelé contre eux à ]:)rix d'ar- Ils furent chargés de faire les distri- genl Balaam pour qu'il les maudît; butions à leurs frères, mais notre Dieu changea la malédic- '* Souviens-toi de moi, ô mon Dieu, tion en bénédiction. ^Lorsqu'on eut à cause de cela, et n'oublie pas mes entendu la loi, on sépara d'Israël tous actes de piété à l'égard de la maison les étrangers. de mon Dieu et des choses qui doivent *Avant cela, le prêtre Eliaschib, éta- être observées ! bli dans les chambres de la maison de '^A cette époque, je vis en Juda des notre Dieu, et parent de Tobija, ^avait hommes fouler au pressoir pendant le disposé pour lui une grande chambre sabbat, rentrer des gerbes, charger où l'on mettait auparavant les offran- sur des ânes même du vin, des raisins des, l'encens, lesustensiles, ladîmedu et des figues, et toutes sortes de cho- blé, du moût et de l'huile, ce qui était ses, et les amener à Jérusalem le jour ordonné pour les Lévites, les chantres du sabbat ; et je leur donnai des aver- et les portiers, et ce qui était prélevé tissements le jour où ils vendaient |)our les prêtres. ''Je n'étais point à leurs denrées. '"Il y avait aussi des Jérusalem cpiand tout cela eut lieu, Tyriens établis à Jérusalem, cpii ap- car j'étais retourné auprès du roi la jxntaient du poisson et toutes sortes trente-deuxième année d'Artaxerxès, de marchandises, et qui les vendaient roi de Babylone. A la fin de l'année, aux fils de Juda le jour du sabbat et oo\ 35 Chap. 13, n- ■31. NEHEMIE. dans Jérusalem. ''Je fis des répriman- des aux grands de Juda, et je leur dis : Que signifie cette mauvaise action que vous faites, en profanant le jour du sabbat? '^N'est-ce pas ainsi qu'ont agi vos pères, et n'est-ce pas à cause de cela que notre Dieu a fait venir tous ces malheurs sur nous et sur cette ville? Et vous, vous attirez de nouveau sa colère contre Israël, en profanant le sabbat! '^Puis j'ordonnai qu'on fer- mât les portes de Jérusalem avant le sabbat, dès qu'elles seraient dans l'om- bre, et qu'on ne les ouvrît qu'après le sabbat. Et je plaçai quelques-uns de mes serviteurs aux portes, pour em- pêcher l'entrée des fardeaux le jour du sabbat. -"Alors les marchands et les vendeurs de toutes sortes de cho- ses passèrent une ou deux fois la nuit hors de Jérusalem. -*Je les avertis, en leur disant : Pourquoi passez-vous la nuit devant la muraille? Si vous le faites encore, je mettrai la main sur vous. Dès ce moment, ils ne vinrent plus pendant le sabbat. "J'ordonnai aussi aux Lévites de se purifier et de venir garder les portes pour sanctifier le jour du sabbat. Souviens-toi de moi, ô mon Dieu, à cause de cela, et protège-moi selon ta grande miséricorde ! -^A cette même époque, je vis des Juifs qui avaient pris des femmes As- dodiennes. Ammonites, Moahites-'^La moitié de leurs fils parlaient l'asdo- xlien, et ne savaient pas parler le juif; ils ne connaissaient que la langue de tel ou tel peuple. -^Je leur fis des ré- primandes, et je les maudis ; j en frap- pai quelques-uns, je leur arrachai les cheveux, et je les fis jurer au nom de Dieu, en disant : Vous ne donnerez pas vos filles à leurs fils , et vous ne prendrez leurs filles ni pour vos fils ni pour vous. -"N'est-ce pas en cela qu'a péché Salomon, roi d'Israël ? Il n'y avait point de roi semblable à lui parmi la multitude des nations, il était aimé de son Dieu, et Dieu l'avait établi roi sur tout Israël ; néanmoins, les femmes étrangères l'entraînèrent aussi dans le péché. -'Faut-il donc ap- prendre à votre sujet que vous com- mettez un aussi grand crime et que vous péchez contre notre Dieu en pre- nant des femmes étrangères? -''Un des fils de Jojada, fils d'Élia- schib, le grand prêtre, était gendre de Sanballat, le Horonite. Je le chassai loin de moi. '-"Souviens-toi d'eux, ô mon Dieu, car ils ont souillé le sacerdoce et l'al- liance contractée par les prêtres et les Lévites. ^"Je les purifiai de tout étranger, et je remis en vigueur ce que devaient observer les prêtres et les Lévites, chacun dans sa fonction, ^'et ce qui concernait l'offrande du bois aux épo- ques fixées de même que les prémi- ces. Souviens-toi favorablement de moi, ô mon Dieu ! ESTHER Festin d'Assuérus. — Désobéissance et disgrâce de la reine l'ast/ii. Chap. I. 'C'était du temps d'As- '"Le septième jour, comme le cœur suérus, de cet Assuérus qui régnait du roi était réjoui ])ar le vin, il ordon- depuis l'Inde jusqu'en Ethiopie sur na à Mehuman, Biztha, Harbona, Big- cent vingt-sept provinces; 'et le roi tha, Abagtha, Zéthar et Carcas, les Assuérus était alors assis sur son trône sept eunuques qui servaient devant le royal à Suse, dans la capitale. ^La troi- roi Assuérus, "d'amener en sa pré- sième année de son règne, il fit un sence la reine Vasthi, avec la couron- festin à tous ses princes et à ses ser- ne royale, pour montrer sa beauté aux vitcurs ; les commandants de l'armée peuples et aux grands, car elle était des Perses et des Mèdes, les grands et belle de figure. '-Mais la reine Vasthi les chefs des provinces furent réunis refusa de venir, quand elle reçut par en sa présence. ''Il montra la splen- les eunuques l'ordre du roi. Et le roi tlide richesse de son royaume et l'é- fut très irrité, il fut enflammé de co- clatante magnificence de sa grandeur 1ère. ]icndantnombredejours, pendantcent '^Alors le roi s'adressa aux sages qui quatre-vingts jours, avaient la connaissance des temps. Car ''Lorsque ces jours furent écoulés, ainsi se traitaient les affaires du roi, de- Ic roi fit pour tout le penjjlc (pii se vanttousceuxquiconnaissaientleslois trouvait à Suse, la caj^italc, depuis le et le droit. '''11 avait auprès de lui Car- plus grand jusqu'au plus petit, un fes- schena, Schéthar, Admatha, Tarsis, tin qui dura sept jours, dans la cour Mérès, Marsena, Memucan, sept prin- du jardin de la maison royale. ^Des ces de Perse et de Médie, qui voyaient tentures blanches, vertes et bleues, la face du roi et qui occupaient le pre- étaient attachées par des cordons de mier rang dans le royaume. 'H^uelle l)yssus et de pourpre à des anneaux loi, dit-il, faut-il appliquer à la reine d'argent et à des colonnes de marbre. Vasthi, pour n'avoir point exécuté ce Des lits d'or et d'argent reposaient sur que le roi Assuérus lui a ordonné par un pavé de porphyre, de marbre, de les eunuques ? '^Memucan répondit nacre et de pierres noires. ^On servait devant le roi et les princes : Ce n'est à boire dans des vases d'or, de diffé- pas seulement à l'égard du roi que la rentes esjDèces, et il y avait abondance reine Vasthi a mal agi; c'est aussi en- de vin royal, grâce à la libéralité du vers tous les princes et tous les peu- roi. "^Mais on ne forçait personne à pies qui sont dans toutes les provinces boire, car le roi avait ordonné à tous du roi Assuérus. ''Car l'action de la les gens de sa maison de se conformer reine parviendra à la connaissance de à la volonté de chacun. toutes les femmes, et les portera à mé- ^La reine Vasthi fit aussi un festin priser leurs maris ; elles diront : Le pour les femmes dans la maison royale roi Assuérus avait ordonné qu'on ame- du roi Assuérus. nàt en sa présence la reine ^'asthi, et 5(51 Chap. I, is-2, 12. ESTHER. elle n'y est pas allée. '*Et dès ce jour, nécessaires pour leur toilette ; ''et que les princesses de Perse et de Médie la jeune fille qui plaira au roi devienne qui auront appris l'action de la reine • reine à la place de Vasthi. Cet avis eut la rapporteront à tous les chefs du l'approbation du roi, et il fit ainsi, roi; de là beaucoup de mépris et de ^11 y avait dans Suse, la capitale, un colère. '^Si le roi le trouve bon, qu'on Juif nommé Mardochée, fils de Jaïr, publie de sa part et qu'on inscrive fils de Schimeï, fils de Kis, homme de paruîi les lois des Perses et des Mè- Benjamin, Spii avait été emmené de des, avec défense de la transgresser, Jérusalem parmi les captifs déportés une ordonnance royale d'après la- avec Jeconia*, roi de Juda, par Nebu- quelle Vasthi ne paraîtra plus devant cadnetsar, roi de Babylone. ^11 élevait le roi Assuérus et le roi donnera la Hadassa, c[ui est Esther, fille de son dignité de reine à une autre qui soit oncle; car elle n'avait ni père ni mère, meilleure qu'elle. -"L'édit du roi sera La jeune fille était belle de taille et connu dans tout son royaume, cjuel- belle de figure. A la mort de son père que grand qu'il soit, et toutes les fem- mes rendront honneur à leurs maris, depuis le plus grand jusc[u'au plus petit. et de sa mère, Mardochée l'avait adop- tée pour fille. ^Lorsqu'on eut publié l'ordre du roi et son édit, et qu'un grand nombre Esther choisie pour reine. — Conspiration contre le roi, découverte par Mardochée. -'Cet avis fut approuvé du roi et des de jeunes filles furent rassemblées à princes, et le roi agit d'après la parole Suse, la capitale, sous la surveillance de Memucan. -Il envoya des lettres à d'Hégaï, Esther fut aussi prise et con- toutes les provinces du royaume, à duite dans la maison du roi, sous la chaque province selon son écriture et surveillance d'Hégaï, gardien des fem- à chaque peuple selon sa langue ; elles mes. "La jeune fille lui plut, et trouva portaient que tout homme devait être grâce devant lui; il s'empressa de lui le maître dans sa maison, et qu'il par- fournir les choses nécessaires pour sa lerait la langue de son peuple. toilette et pour sa subsistance , lui donna sept jeunes filles choisies dans la maison du roi, et la plaça avec ses jeunes filles dans le meilleur apparto- Chap. II. 'Après ces choses, lors- ment de la maison des femmes. '"Es- quc la colère du roi Assuérus se fut ther ne fit connaître ni son peuple ni calmée, il pensa à Vasthi, à ce qu'elle sa naissance, car Mardochée lui avait avait fait, et à la décision qui avait été défendu d'en parler. " Et chacjue jour prise à son sujet. -Alors ceux qui Mardochée allait et venait devant la servaient le roi dirent : Qu'on cher- cour de la maison des femmes, pour che 230ur le roi des jeunes filles, vier- savoir comment se portait Esther et ges et belles de figure; ^que le roi comment on la traitait, établisse dans toutes les provinces de '-Chaque jeune fille allait à son tour son royaume des commissaires char- vers le roi Assuérus, après avoir em- gés de rassembler toutes les jeunes ployé douze mois à s'acquitter de ce filles, vierges et belles de figure, à quiétaitprcscrit aux femmes; pendant Suse, la capitale, dans la maison des ce temps, elles prenaient soin de leur femmes, sous la surveillance d'Hé- toilette, six mois avec de l'huile de gué", eunuque du roi et gardien des myrrhe, et six mois avec des aromates femmes, c[ui leur donnera les choses et des parfums en usage parmi les n. llcî^iic, ou Jlci^ai. v. s. b. Jt-conia. un Jojahtn. Il Hois 24, 8. 5(Î2 ESTHER. Clïap. 2. 13-3, femmes. '^ C'est ainsi que chaque jeune fille allait vers le roi; et, quand elle passait de la maison des femmes dans la maison du roi, on lui laissait pien- dre avec elle tout ce qu'elle voulait. '■'Elle y allait le soir; et le lendemain matin, elle passait dans la seconde maison des femmes, sous la surveil- lance de Schaaschgaz, eunuque du roi et gardien des concubines. Elle ne retournait plus vers le roi, à moins que le roi n'en eût le désir et qu'elle ne fût appelée par son nom. '^Lorsque son tour d'aller vers le roi fut arrivé, Esther, fille d'Abicliaïl, oncle de Mardochée qui l'avait adop- tée ])Our fille, ne demanda que ce qui fut désigné par Hégaï, eunuc|ue du roi et "ardien des femmes. Esther trou- vait gi'àce aux yeux de tous ceux ([ui la voyaient. '"Esther fut conduite au- près du roi Assuérus, dans sa maison rovale, le dixième mois, qui est le mois de Tébeth, la septième année de son règne. '"Le roi aima Esther plus que toutes les autres femmes, et elle obtint grâce et faveur devant lui |)lus cjue toutes les autres jeunes filles. Il mit la couronne royale sur sa tète, et la fit reine à la place de Yasthi. '*^Le roi donna un grand festin à tous ses princes et à ses serviteurs, un festin en l'honneur d'Esther; il accorda du repos aux provinces, et fit des pré- sents avec une libéralité royale. '"Ija seconde fois qu'on assembla les jeunes filles, Mardochée était assis à la porte du roi. -"Esther n'avait fait connaître ni sa naissance ni son peu- ple, car Mardochée le lui avait défen- du, et elle suivait les ordres de Mar- sur le roi Assuérus. "Mardochée eut connaissance de la chose et en informa la reine Esther, qui la redit au roi de la part de Mardochée. -'Le fait ayant été vérifié et trouvé exact, les deux eunuques furent pendus à un bois. Et cela fut écrit dans le livre des Chro- niques en présence du roi. Uainan, favori du roi. — JÀlit de mort contre les Juifs. C/ui/j. III. 'Après ces choses, le roi Assuérus fit monter au pouvoir Haman , fils d'IIammedatha , l'Aga- guite; il l'éleva en dignité et plaça son sic'ge au-dessus de ceux de tous les chefs qui étaient auprès de lui. -Tous les serviteurs du roi, cpii se te- naient à la porte du roi, iléchissaient le genou et se prosternaient devant Haman, car tel était l'ordre du roi à son égard. Mais Mardochée ne lléchis- sait point le genou et ne se proster- nait j)oint. 'Et les serviteurs du roi, cpii se tenaient à la porte du roi, dirent à Mardochée : Pourcpioi transgresses- tu l'ordre du roi? ^Comme ils le lui répétaient chacjue jour et qu'il ne les écoutait ])as, ils en firent rapport à Haman, pour voir si Mardochée jier- sisterait dans sa résolution ; car il leur avait dit qu'il était Juif. ^Et Haman vit que Mardochée ne fléchissait |)oint le genou et ne se prosternait point de- vant lui. Il fut rempli de fureur ; hnais il dédaigna de porter la main sur Mar- dochée seul, car on lui avait dit de quel peuple était Mardochée , et il voulut détruire le peuj)le de Mardo- chée, tous les Juifs qui se trouvaient dochée aussi fidèlement c[u'à l'époque dans tout le royaume d'Assuérus. où elle était sous sa tutelle. -' Dans ce même temps, comme Mardochée était assis à la porte du roi, Bigthan etThé- resch, deux eunuques du roi, gardes du seuil, cédèrent à un mouvement d'irritation et voulurent porter la main "Au premier mois, qui est le mois de Nisan, la douzième année du roi As- suérus, on jeta le pur, c'est-à-dire le sort, devant Haman, pour chacpu'jour et pour chaque mois, juscpi'au dou- zième mois, qui est le mois d'Adar. i63 Chap. 3,s-4, 11. ESTHER. ''Alors Haman dit au roi Assuérus : Il y a clans toutes les provinces de ton royaume un peuple dispersé et à part parmi les peuples, ayant des lois diffé- rentes de celles de tous les peujiles et n'observant point les lois du roi. Il n'est pas dans l'intérêt du roi de le laisser en l'epos. "Si le roi le trouve Consternation et jeûne parmi les Juifs. Chap. IV. 'Mardochée, ayant ap- pris tout ce qui se passait, déchira ses vêtements, s'enveloppa d'un sac et se couvrit de cendre. Puis il alla au mi- lieu de la ville en poussant avec force des cris amers, -et se rendit jusqu'à bon, qu'on écrive l'ordre de les faire la porte du roi, dont l'entrée était in- périr; et je pèserai dix mille talents d'argent entre les mains des fonction- naires, pour qu'on les ]iorte dans le trésor du roi. "*Le roi ôta son anneau de la main, et le remit à Haman, fds d'Hamme- datha, l'Agaguite, ennemi des Juifs. "Et le roi dit à Haman : L'argent t'est donné, et ce peuple aussi; fais-en ce que tu voudras. '-Les secrétaires du roi furent appe- lés le treizième jour du jii-emier mois, et l'on écrivit, suivant tout ce qui fut ordonné par Haman, aux satrapes du roi, aux gouverneurs de chaque pro- vince et aux chefs de chaque peuple, à chaque province selon son écriture et à chaque peuple selon sa langue. Ce fut au nom du roi Assuérus que l'on écrivit, et on scella avec l'anneau du roi. "Les lettres furent envoyées par terdite à toute personne revêtue d'un sac. ^Dans chaque province, partout où arrivaient l'ordre du roi et son édit, il y eut une grande désolation parmi les Juifs; ils jeûnaient, pleuraient et se lamentaient, et beaucoup se cou- chaient sur le sac et la cendre. *Les servantes d'Esther et ses eunu- ques vinrent lui annoncer cela, et la reine fut très effrayée. Elle envoya des vêtements à Mardochée pour le cou- vrir et lui faire ôter son sac, mais il ne les accepta pas. ^\Iors Esther appela Hathac, l'un des eunuques que le roi avait placés auprès d'elle, et elle le chargea d'aller demander à Mardo- chée ce que c'était et d'où cela venait. * Hathac se rendit vers Mardochée sur la place de la ville, devant la porte du roi. ^Et Mardochée lui raconta tout ce qui lui était arrivé, et lui indiqua la les courriers dans toutes les provinces somme d'argent qu'Harnan avait pro- du roi, pour qu'on détruisît, qu'on tuât et qu'on fît périr tous les Juifs, jeunes et vieux, petits enfants et fem- mes, en un seul jour, le treizième du douzième mois, qui est le mois d'Adar, et pour que leurs biens fussent livrés au pillage. ''Ces lettres renfermaient une copie de ledit qui devait être pu- blié dans chaque jn'ovince, et invi- taient tous les peuples à se tenir prêts ]iour ce jour-là. '^Les courriers parti- rent en toute hâte, d'après l'ordre du roi. mis de livrer au trésor du roi en retour du massacre des Juifs. *11 lui donna aussi une copie de l'édit publié dans Suse en vue de leur destruction, afin qu'il le montrât à Esther et lui fît tout connaître; et il ordonna qu'Esther se rendît chez le roi pour lui demander grâce et l'implorer en faveur de son peuple. "Hathac vint rapporter à Es- ther les paroles de Mardochée. '"Esther chargea Hathac d'aller dire à Mardochée : " Tous les serviteurs du roi et le peuple des provinces du roi L'édit fut aussi publié dans Suse, savent qu'il existe une loi portant la capitale ; et tandis que le roi et Ha- peine de mort contre quiconcpie, hom- man étaient à boire, la ville de Suse me ou femme, entre chez le roi, dans était dans la consternation. la cour intérieure, sans avoir été ap- 5^4 ESTHER. Chnp. 4,12-6,1. pelé; celui-là seul a la vie sauve, à qui le roi tend le sceptre d'or. Et moi, je n'ai point été appelée auprès du roi depuis trente jours. *- Lorsque les paroles d'Esther eu- rent été rapportées à Mardochée, "Mardochée fit répondre à Esther : Ne t'imagine pas que tu échapperas seule d'entre tous les Juifs, parce que tu es dans la maison du roi; '*car, si tu te tais maintenant, le secours et la déli- vrance surgiront d'autre part pour les suite chercher Haman, comme le dé- sire Esther. Le roi se rendit avec Haman au fes- tin qu'avait préparé Esther. ^Et pen- dant qu'on buvait le vin, le roi dit à Esther: Quelle est ta demande? Elle te sera accordée. Que désires-tu? Quand ce serait la moitié du royaume, tu l'ob- tiendras. 'Esther répondit : Voici ce que je demande et ce que je désire. "Si j'ai trouvé grâce aux yeux du roi, et s'il plaît au roi d'accorder ma demande Juifs, et toi et la maison de ton père et de satisfaire mon désir, que le roi vous périrez. Et qui sait si ce n'est pas pour un temps comme celui-ci que tu es parvenue à la royauté ? '^Esther envoya dire à Mardochée : *^Va, rassemble tous les Juifs qui se trouvent à Suse, et jeûnez pour moi, sans manger ni boire pendant trois jours, ni la nuit ni le jour. Moi aussi, je jeûnerai de même avec mes servantes, puis j'entrerai chez le roi, malgré la loi; et si je dois périr, je périrai. '^ Mardochée s'en alla, et fit tout ce qu'Esther lui avait ordonné. Démarche d'Esther auprès du roi. — Hamnn cherchant à faire périr Mardochée. Chap. V. 'Le troisième jour, Es- ther mit ses vêtements royaux et se présenta dans la cour intérieure de la maison du roi, devant la maison du roi. Le roi était assis sur son trône royal dans la maison royale, en face de l'entrée de la maison. -Lorsque le roi vit la reine Esther debout dans la cour, elle trouva grâce à ses yeux ; et vienne avec Haman au festin que je leur préparerai, et demain je donne- rai réponse au roi selon son ordre. ^ Haman sortit ce jour-là, joyeux et le cœur content. Mais lorsqu'il vit, à la porte du roi, Mardochée qui ne se levait ni ne se remuait devant lui, il fut rempli de colère contre Mardo- chée. '"11 sut néanmoins se contenir, et il alla chez lui. Puis il envoya cher- cher ses amis et Zéresch, sa femme. "Haman leur parla de la magnificence de ses richesses, du nombre de ses fils, de tout ce qu'avait fait le roi pour l'élever en dignité, et du rang qu'il lui avait donné au-dessus des chefs et des serviteurs du roi. '^Et il ajouta : Je suis même le seul que la reine Es- ther ait admis avec le roi au festin qu'elle a fait, et je suis encore invité pour demain chez elle avec le roi. ''Mais tout cela n'est d'aucun prix pour moi aussi longtemps que je ver- rai Mardochée, le Juif, assis à la porte du roi. '^Zéresch, sa femme, et tous le roi tendit à Esther le sceptre d'or ses amis lui dirent: Qu'on prépare un qu'il tenait à la main. Esther s'appro cha, et toucha le bout du sceptre. 'Le roi lui dit : Qu'as-tu, reine Esther, et que demandes-tu ? Quand ce serait la moitié du royaume, elle te serait don- née. * Esther répondit : Si le roi le trouve bon, que le roi vienne aujour- d'hui avec Haman au festin que je lui ai préparé. ^Et le roi dit : Allez de bois haut de cintpiante coudées, et demain matin demande au roi qu'on v pende Mardochée; puis tu iras joyeux au festin avec le roi. Cet avis plut à Haman, et il fit préparer le bois. Honneurs accordes à Mardochée, et humiliation d Haman. Chap. VI. 'Cette nuit-là, le roi 565 Chap. G, i-J , 7. ESTHER. ne put pas dormir, et il se fit apporter ''Mardochéc retourna à la porte du le livre des annales, les Chroniques, roi, et Ilaman se rendit en hâte chez On les lut devant le roi, -et Ton trouva lui, désolé et la tète voilée. *^Haman écrit ce que Mardochée avait révélé raconta à Zéresch, sa femme, et à tous au sujet de Bigthan et de Théresch, ses amis, tout ce qui lui était arrivé, les deux eunuques du roi, gardes du Et ses sages, et Zéresch, sa femme, seuil, qui avaient voulu porter la main lui dirent: Si ^lardochée, devant le- sur le roi Assuérus. ''Le roi dit : Quelle quel tu as commencé de tomber, est marque de distinction et d'honneur de la race des Juifs, tu ne pourras rien Mardochée a-t-il reçue pour cela ? 11 contre lui, mais tu tomberas devant n'a rien reçu, ré])ondirent ceux qui servaient le roi. ''Alors le roi dit : Qui est dans la cour ? — Haman était venu dans la cour extérieure de la maison du roi, pour demander au roi de faire pendre Mardochée au bois qu'il avait préparé pour lui. — ''Les serviteurs du roi lui répondirent : C'est Ilaman qui se tient dans la cour. Et le roi dit: Ou'il entre. lui. "Gomme ils lui parlaient encore, les eunuques du roi arrivèrent et con- duisirent aussitôt Ilaman au festin (ju'Esther avait préparé. Hamnn dénoncé par Estlier et mis à mort. Cliap. VII. 'Le roi et Ilaman allè- rent au festin chez la reine Esther. -Ce second jour, le roi dit encore à Esther, pendant qu'on buvait le vin : ^Haman entra, et le roi lui dit : Que Quelle est ta demande, reine Esther? faut-il faire pour un homme que le roi Elle te sera accordée. Que désires-tu? veut honorer? Ilaman se dit en lui- Quand ce serait la moitié du royaume, même : Quel autre cjue moi le roi tu l'obtiendras. ^La reine Esther ré- voudrait-il honorer? "Et Haman ré- pondit : Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, pondit au roi : Pour un homme que le ù roi, et si le roi le trouve bon, ac- roi veut honorer, ''il faut prendre le corde-moi la vie, voilà ma demande, vêtement royal dont le roi se couvre et le cheval que le roi monte et sur la tèteduquel se pose unecouronne rova- le, ^remettre le vêtement et le cheval à l'un des principaux chefs du roi, puis revêtir l'homme que le roi veut hono- rer, le promener à cheval à travers la place de la ville, et crier devant lui : C'est ainsi c[ue l'on fait à l'homme que le roi veut honorer ! '"Le roi dit à Ha- ct sauve mon peuple, voilà mon désir ! ■'Car nous sommes vendus, moi et mon peuple, pour être détruits, égorgés, anéantis. Encore si nous étions ven- dus pour devenir esclaves et servan- tes, je me tairais, mais l'ennemi ne saurait compenser le dommage fait au roi. ^Le roi Assuérus prit la parole et dit à la reine Esther : Qui est-il et man : Prends de suite le vêtement et où est-il celui qui se propose d'agir le cheval, comme tu l'as dit, et fais ainsi? ^Esther répondit : L'oppres- ainsi pour Mardochée, le Juif, qui est seur, l'ennemi, c'est Haman, ce mé- assis à la porte du roi; ne néglige rien chant-là! Haman fut saisi de terreur de tout ce que tu as mentionné. "Et en présence du roi et de la reine. "Et Haman prit le vêtement et le cheval, le roi, dans sa colère, se leva et quitta il revêtit Mardochée, il le promena à le festin, pour aller dans le jardin du cheval à travers la place de la ville, et palais. Haman resta pour demander il cria devant lui : C'est ainsi que l'on grâce de la vie à la reine Esther, car il fait à l'homme que le roi veut hono- voyait bien que sa perte était arrêtée rer dans l'csj 566 ri t du roi. ESTIIER. Chap. / ,8-8, l'i ^Lorsque le roi revint du jardin du jialais dans la salle du festin, il vit llanian qui s'était précij)ité vers le lit sur lequel était Esthei', et il dit : Se- rait-ce encore pour l'aire violence à la reine, chez moi, dans le palais? Dès que cette parole tut sortie de la bouche du roi, on voila le visage dllanian. ^Et Ilarbona, l'un des eunu- ([ues, dit en présence du roi : Voici, le bois préparé par Haman pour Mar- dochée, qui a parlé pour le bien du roi, est dressé dans la maison d'Ila- man, à une hauteur de cinquante cou- dées. Le roi dit : Qu'on y pende Ha- man ! '"Et l'on pendit Ilaman au bois qu'il avait préparé pour Mardochée. Et la colère du roi s'apaisa. Edit en faveur des Juifs. C/ui/j. ] III. 'lui ce même jour, le roi Assuérus donna à la reine Es- tlier la maison d'IIaman, l'ennemi des Juifs; et Mardochée parut devant le roi, car Esther avait fait connaître la parenté qui l'unissait à elle. -Le roi ôta son anneau, qu'il avait repris à Haman, et le donna à IMardochée ; Es- ther, de son côté, établit Mardochée sur la maison d'Haman. ^Puis Esther parla de nouveau en présence du roi. Elle se jeta à ses pieds, elle pleura, elle le supplia d'em- pêcher les effets de la méchanceté d'Haman, l'Agaguite, et la réussite de ses projets contre les Juifs. •'Le roi tendit le sceptre d'or à Esther, qui se releva et resta debout ilevant le roi. ^EUe dit alors : Si Le roi le trouve bon et si j'ai trouvé grâce devant lui, si la chose paraît convenable au roi et si je suis agréable à ses yeux, qu'on écrive pour révoquer les lettres conçues par Haman, fils d'Hammedatha, l'Aga- guite, et écrites par lui dans le but de faire périr les Juifs f|ui sont dans tou- tes les provinces du roi. "Car comment pourrais-je voir le malheur (jui attein- drait mon ])euple, et comment pour- rais-je voir la destruction de ma race? ^Le roi Assuérus dit à la reine Esther et au Juif Mardochée : Voici, j'ai don- né à Esther la maison d'Haman, et il a été pendu au bois pour avoir étendu la main contre les Juifs. ^Ecrivez donc en faveur des Juifs comme il vous plaira, au nom du roi, et scellez avec l'anneau du roi ; car une lettre écrite au nom du roi et scellée avec l'an- neau du roi ne peut être révoquée. "Les secrétaires du roi furent appe- lés en ce temps, le \ ingt-troisième jour du troisième mois, qui est le mois de Sivan, et l'on écrivit, suivant tout ce qui fut ordonné par Mardo- chée, aux Juifs, aux satrapes, aux gouNcrneurs et aux chefs des cent vingt-sept provinces situées de l'Inde à l'Ethiopie, à chaque province selon son écriture, à chaque jieuple selon sa langue, et aux Juifs selon leur écriture et selon leur langue. '"On écrivit au nom du roi Assuérus, et l'on scella avec l'anneau du roi. On envoya les lettres par des courriers, ayant pour montures des chevaux et des mulets nés de juments. "Par ces lettres, le roi donnait aux Juifs, en quelque ville cju'ils fussent, la permission de se ras- sembler et de défendre leur vie, de détruire, de tuer et de faire périr, avec leurs petits enfants et leurs femmes, tous ceux de chaque peuple et de cha- que province qui prendraient les ar- mes pour les attaquer, et de livrer leurs biens au pillage, '-et cela en un seul jour, dans toutes les ])rovinces du roi Assuérus, le treizième du dou- zième mois, qui est le mois d'Adar. '^Ces lettres renfermaient une copie de ledit qui devait être publié dans chaque province, et informaient tous les peuples que les Juifs se tiendraient prêts pour ce jour-là à se venger de leurs ennemis. '■'Les courriers, mon- tés sur des chevaux et des mulets, 5g: Chap. 8:, 15-9, 18. ESTHER. partirent aussitôt et en toute hâte , d'après l'ordre du roi. L'édit fut aussi publié dans Suse, la capitale. '^Mardochée sortit de chez le roi, avec un vêtement royal bleu et blanc, une grande couronne d'or, et un man- teau de byssus et de pourpre. La ville de Suse poussait des cris et se réjouis- sait. ""Il n'y avait pour les Juifs que bonheur et joie, allégresse et gloire. '"Dans chaque province et dans cha- que ville, partout où arrivaient l'ordre du roi et son édit, il y eut parmi les Juifs de la joie et de l'allégresse, des festins et des fêtes. Et beaucoup de gens d'entre les peuples du pays se firent Juifs, car la crainte des Juifs les avait saisis. Vengeance des Juifs. — Fête des Piirim. Chap. IX. 'Au douzième mois, qui est le mois d'Adar, le treizième jour du mois, jour où devaient s'exécuter l'ordre et ledit du roi, et où les enne- mis des Juifs avaient espéré dominer sur eux, ce fut le contraire qui arriva, et les Juifs dominèrent sur leurs enne- mis. -Les Juifs se rassemblèrent dans leurs villes, dans toutes les provinces tiles. "Dans Suse, la capitale, les Juifs tuèrent et firent périr cinq cents hom- mes, 'et ils égorgèrent Parschandatha, Dalphon, Aspatha, ^Poratha, Adalia, Aridatha, 'Parmaschtha, Arizaï, Ari- daï et Vajezatha, '"les dix fils d'Ha- man, fils d'Hammedatha, l'ennemi des Juifs. Mais ils ne mirent pas la main au pillage. "Ce jour-là, le nombre de ceux qui avaient été tués dans Suse, la capitale, parvint à la connaissance du roi. '-Et le roi dit à la reine Esther : Les Juifs ont tué et fait périr dans Suse, la ca- pitale, cinq cents hommes et les dix fils d'IIaman; qu'auront-ils fait dans le reste des provinces du roi ?... Quelle est ta demande ? Elle te sera accordée. Que désires-tu encore ? Tu l'obtien- dras. '^Esther répondit: Si le roi le trouve bon, qu'il soit permis aux Juifs qui sont à Suse d'agir encore demain selon le décret d'aujourd'hui, et que l'on pende au bois les dix fils d'Haman. "Et le roi ordonna de faire ainsi. L'é- dit fut publié dans Suse. On pendit les dix fils d'Haman ; '^et les Juifs qui se trouvaient à Suse se rassemblèrent de nouveau le quatorzième jour du mois d'Adar et tuèrent dans Suse trois la main au pillage. du roi Assuérus, pour mettre la main cents hommes. Mais ils ne mirent pas sur ceux qui cherchaient leur perte ; et personne ne put leur résister, car la crainte qu'on avait d'eux s'était em- parée de tous les peuples. ^Ettous les chefs des provinces, les satrapes, les gouverneurs , les fonctionnaires du roi, soutinrent les Juifs, à cause de l'effroi que leur inspirait Mardochée. *Car Mardochée était puissant dans la maison du roi, et sa renommée se ré- pandait dans toutes les provinces, parce qu'il devenait de plus en plus puissant. '"Les autres Juifs qui étaient dans les provinces du roi se rassemblèrent et défendirent leur vie; ils se procu- rèrent du repos en se délivrant de leurs ennemis, et ils tuèrent soixante- quinze mille de ceux qui leur étaient hostiles. Mais ils ne mirent pas la main au pillage. '' Ces choses arrivèrent le treizième jour du mois d'Adar. Les Juifs se re- posèrent le quatorzième , et ils en firent un jour de festin et de joie. ^Les Juifs frappèrent à coups d'épée '^Ceux qui se trouvaient à Suse, s'é- tous leurs ennemis, ils les tuèrent et tant rassemblés le treizième jour et les firent périr; ils traitèrent comme le quatorzième jour, se reposèrent le il leur plut ceux qui leur étaient hos- quinzième, et ils en firent un jour de 568 ESTIIER. Cliap. 9, 10-10,3. festin et de joie. ''C'est pourquoi les Juifs de la campagne, qui habitent des villes sans murailles, font du quator- zième jour du mois d'Adar un jour de joie, de festin et de fête, où l'on s'en- voie des portions les uns aux autres. -"Mardochée écrivit ces choses, et il envoya des lettres à tous les Juifs qui étaient dans toutes les provinces du roi Assuérus , auprès et au loin. -' Il leur prescrivait de célébrer chaque année le quatorzième jour et le quin- zième jour du mois d'Adar "comme les jours où ils avaient obtenu du re- pos en se délivrant de leurs ennemis, de célébrer le mois où leur tristesse avait été changée en joie et leur déso- lation en jour de fête, et de faire de ces jours des jours de festin et de joie où l'on s'envoie des portions les uns aux autres et où l'on distribue tles dons aux indigents. "Les Juifs s'en- gagèrent à faire ce qu'ils avaient déjà commencé et ce que Mardochée leur écrivit. -*Car Haman, fils d'Ilamme- datha, l'Agaguite, ennemi de tous les Juifs, avait formé le projet de les faire périr, et il avait jeté le pur, c'est-à- dire le sort, afin de les tuer et de les détruire; -^mais Estlier s'étant pré- sentée devant le roi, le roi ordonna par écrit de faire retomber sur la tête d'Haman le méchant projet qu'il avait formé contre les Juifs, et de le pendre au bois, lui et ses fils. -^C'est pour- quoi on appela ces jours Puiim, du nom de j)ur. D'après tout le contenu de cette lettre, d'après ce qu'ils avaient eux- mêmes vu et ce qui leur était arrivé, -'les Juifs prirent pour eux, pour leur postérité, et pour tous ceux qui s'at- tacheraient à eux, la résolution et l'en- gagement irrévocables de célébrer chaque année ces deux jours, selon le mode jjrcscrit et au temps fixé. -''Ces jours devaient être rappelés et célébrés de génération en génération, dans chaque famille, dans chaque pro- vince et dans chaque ville ; et ces jours de Purim ne devaient jamais être abo- lis au milieu des Juifs, ni le souvenir s'en effacer parmi leurs descendants. ^^La reine Esther, fille d'Abichaïl, et le Juif Mardochée écrivirent d'une manière pressante une seconde fois pour confirmer la lettre sur les Purim. ■■"'On envoya des lettres à tous les Juifs, dans les cent vingt-sept pro- vinces du roi Assuérus. Elles conte- naientdes paroles de paix et de fidélité, "pour prescrire ces jours de Purim au temps fixé, comme le Juif Mardo- chée et la reine Esther les avaient éta- blis pour eux, et comme ils les avaient établis pour eux-mêmes et pour leur postérité, à l'occasion de leur jeûne et de leurs cris. ^-Ainsi l'ordre d'Es- ther confirma l'institution des Purim, et cela fut écrit dans le livre. Eloge de Mardocliéc. Cliap. X. 'Le roi Assuérus imposa un tribut au pays et aux îles de la mer. -Tous les faits concernant sa puis- sance et ses exploits, et les détails sur la grandeur à laquelle le roi éleva Mardochée, ne sont-ils pas écrits dans le livre des Chroniques des rois des Mèdesetdes Perses ? ^Car le Juif Mar- dochée était le premier après le roi Assuérus ; considéré parmi les Juifs et aimé de la multitude de ses frères, il rechercha le bien de son peuple et parla ])our le bonheur de toute sa race. LES LIVRES POETIQIES JOB, PSAUMES, PROVERBES, ECCi.ÉSIASTE, GANTIOUE DES CAA'TIOUES JOB Job clnris I nih'crsité. Visite de trois a/nis. Chap. I. 'Il y avait dans le pays '"Ne l'as-tu pas protégé, lui, sa mai- d'Uts" un homme qui s'appelait Job. son, et tout ce qui est à lui? Tu as Et cet homme était intègre et droit; béni l'œuvre de ses mains, et ses trou- il craignait Dieu, et se détournait du peaux couvrent le pays. "Mais étends mal. ta main, touche à tout ce qui lui ap- -II lui naquit sept fils et trois filles, partient, et je suis sur qu'il te maudit 'Il possédait sept mille brebis, trois en face. '-L'Éternel dit à Satan : Voici, mille chameaux, cinq cents paires de tout ce qui lui appartient, je te le bœufs, cinq cents ânesses, et un très livre; seulement, ne porte pas la main sur lui. Et Satan se retira de devant la face de l'Eternel. ''Un jour que les fils et les filles de .Job mangeaient et buvaient du vin dans la maison de leui arriva auprès de Job un messager grand nombre de serviteurs. Et cet homme était le jdus considérable de tous les fils de l'Orient*. *Ses fds allaient les uns chez les autres et donnaient tour à tour un festin, et ils invitaient leurs trois sœurs à manger et à boire avec eux. '^Et arriva auprès de Job un messager qui quand les jours de festin étaient pas- dit : Les bœufs labouraient et les ànes- sés. Job appelait et sanctifiait ses fils, ses paissaient à côté d'eux; '^des Sa- puis il se levait de bon matin et offrait béens se sont jetés dessus, les ont pour chacun d'eux un holocauste; car enlevés, et ont passé les serviteurs au Job disait : Peut-être mes fils ont-ils fil de l'épée. Et je me suis échappé péché et ont-ils offensé Dieu dans leur moi seul, pour t'en apporter la nou- cœur. C'est ainsi que Job avait coutu- velle. me d'agir. '^11 parlait encore, lorsqu'un autre *0r, les fils de Dieu'' vinrent un jour vint et dit : Le feu de 13ieu est tombé se présenter devant l'Eternel, et Sa- du ciel, a embrasé les brebis et les tan vint aussi au milieu d'eux. 'L'Eter- serviteurs, et les a consumés. Et je me nel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Sa- suis échappé moi seul, [)our t'en ap- tan répondit à l'Eternel : De parcourir porter la nouvelle. la terre et de m'y promener. "L'Eter- nel dit à Satan : As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n'y a personne com- me lui sur la terre; c'est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal. ^Et Satan réjion- dit à l'Eternel : Est-ce d'une manièie désintéressée que Job craint Dieu ? ''11 parlait encore, lorsqu un autre vint et dit : Des Chaldéens, formés en trois bandes, se sont jetés sur les cha- meaux, les ont enlevés, et ont passé les serviteurs au fil de l'épée. Et je me suis échappé moi seul, pour t'en apporter la nouvelle. 'Ml |)arlait encore, l()i'S(]u'un aulie a. Le luiys ilit^. iui nord do rAr:il)ie DésiTlc. /». Les fiUilc l'Oitcni, lialjiUmt; de la PjilestîrH*. c. f.es fils de Oicu. les esprits célestes. des li'iljus arabes à 1 urienl 571 Chap. 1, 10-3,5. JOB. vint et dit : Tes fils et tes filles man- geaient et buvaient du vin dans la maison de leur frère aîné; ''et voici, un grand vent est venu de l'autre côté du désert, et a frappé contre les qua- tre coins de la maison ; elle s'est écrou- lée sur les jeunes gens, et ils sont morts. Et je me suis écliapjié moi seul, pour t'en apporter la nouvelle. • -"Alors Job se leva, déchira son man- teau, et se rasa la tète ; puis, se jetant parterre, il se prosterna, ^'et dit: Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre. L'Eternel a donné, et l'Eternel a ôté; que le nom de l'Eternel soit béni ! --En tout cela, Job ne pécha point et n'attribua rien d'injuste à Dieu. Chap. IL ' Or, les fils de Dieu vin- rent un jour se présenter devant l'E- ternel, et Satan vint aussi au milieu d'eux se présenter devant l'Eternel. ^L'Eternel dit à Satan : D'où viens-tu ? Et Satan répondit à l'Eternel : De par- courir la terre et de m'y promener. ^L'Éternel dit à Satan : As-tu remar- qué mon serviteur Job ? Il n'y a per- sonne comme lui sur la terre; c'est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal. Il de- meure ferme dans son intégrité, et tu m'excites à le perdre sans motif. ""Et Satan répondit à l'Eternel : Peau pour peau ! tout ce que possède un homme, il le donne pour sa vie. '^Mais étends ta main, touche à ses os et à sa chair, et je suis sûr qu'il te maudit en face. ^L'Éternel dit à Satan : Voici, je te le livre : seulement, épargne sa vie. ^Et Satan se retira de devant la face de l'Eternel. Puis il frappa Job d'un ulcère malin, depuis la plante du pied jusqu'au som- met de la tête. ^Et Job jjrit un tesson pour se gratter et s'assit sur la cendre. 'Sa femme lui dit : Tu demeures ferme dans ton intégrité ! Maudis Dieu, et meurs! '"Mais Job lui répondit: Tu ])arles comme une femme insensée. Quoi ! nous recevons de Dieu le bien, et nous ne recevrions pas aussi le mal ! En tout cela, Job ne pécha point par ses lèvres. "Trois amis de Job, Eliphaz de Théman, Bildad de Schuach, et Tso- phar de Naama , apprirent tous les malheurs qui lui étaient arrivés. Ils se concertèrent et partirent de chez eux, pour aller le jilaindre et le con- soler. '-Ayant de loin porté les regards sur lui, ils ne le reconnurent pas, et ils élevèrent la voix et pleurèrent. Ils déchirèrent leurs manteaux, et ils je- tèrent de la poussière en l'air au-des- sus de leur tête. '''Et ils se tinrent assis à terre auprès de lui sept jours et sept nuits, sans lui dire une parole, car ils voyaient combien sa douleur était grande. Plaintes de Job. X bouche et maudit le jour de sa nais- Chap, ni. 'Après cela. Job ouvrit 1 sance. ^11 prit la parole et dit : 'Périsse le jour où je suis né. Et la nuit qui dit : Un enfant mâle est conçu ! ■'Ce jour ! qu'il se change en ténèbres, Que Dieu n'en ait point souci dans le ciel. Et que la lumière ne rayonne plus sur lui ! ^Que l'obscurité et l'ombre de la mort s'en emparent. Que des nuées établissent leur demeure au-dessus de lui, l']t que de noirs phénomènes l'épouvantent ! JOB. Chap. S,6-v;. ^ Cette nuit ! que les ténèbres en fassent leur proie, Qu'elle disparaisse de l'année, Ou'elle ne soit plus comptée parmi les mois ! "Oue cette nuit devienne stérile, Que l'allégresse en soit bannie ! ^Qu'elle soit maudite ]iar ceux qui maudissent les jours". Par ceux qui savent exciter le léviathan* ! "Que les étoiles de son crépuscule s'obscurcissent. Qu'elle attende en vain la lumière, Et qu'elle ne voie point les paupières de l'aurore ! '"Car elle n'a pas fermé le sein qui me conçut. Ni dérobé la souffrance à mes regards. "Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de ma mère } Pourquoi n'ai-je pas expiré au sortir de ses entrailles ? '-Pourquoi ai-je trouvé des genoux pour me recevoir. Et des mamelles pour m'allaiter ? ''"Je serais couché mainteiumt, je serais tranquille. Je dormirais, je reposerais, '*Avec les rois et les grands de la terre, Qui se bâtirent des mausolées, '^Avec les princes c[ui avaient de l'or, Et qui remplirent d'argent leurs demeures. "^Ou je n'existerais pas, je serais comme un avorton caché. Comme des enfants fjui n'ont pas vu la lumière. ''Là'' ne s'agitent joins les méchants. Et là se reposent ceux qui sont fatigués et sans force; "*Les captifs sont tous en paix. Ils n'entendent pas la voix de l'oppresseur; '"Le petit et le grand sont là. Et l'esclave n'est ])lus soumis à son maître. ^"Pourquoi donnc-t-il"' la lumière à celui cjui souffre. Et la vie à ceux c[ui ont l'amertume dans l'àme, -'Qui espèrent en vain la mort. Et cjui la convoitent plus qu'un trésor, --Qui seraient transportés de joie Et saisis d'allégresse, s'ils trouvaient le tombeau!* -^A l'homme qui ne sait où aller. Et que Dieu cerne de toutes parts .' -*Mes soupirs sont nui nourriture. Et mes cris se répandent comme l'eau. -^Ge cjue je crains, c'est ce qui m'arrive; Ce fjue je redoute, c'est ce qui m'atteint. '-^Je n'ai ni tranquillité, ni paix, ni repos. Et le trouble s'est emparé de moi. a. Magiciens ou enchanteurs, qui attiraient, sur certains jours des calamités et des dêsaslres. b. Le Ici'ia- tliaii. ninnstre marin, spécialement le crocodile, 'lO, jo. elc. Au liguri-, ce mnl désijj^ne une puiss; voy. Esaïe 27, i. c. Dans le séjour des morts. tl . Dieu. 57:{ I^IIIHMIII Chap.i.i-n. JOB. Discours cl' Eliphaz à Job. Chap. IV. ' Eliphaz de Théman prit la parole et dit : ^Si nous osons ouvrir la bouche, en seras-tu peiné ? Mais qui pourrait garder le silence ? 'Voici, tu as souvent enseigné les autres, Tu as fortifié les mains languissantes, ■*Tes paroles ont relevé ceux qui chancelaient, Tu as affermi les genoux qui pliaient. ^Et maintenant cju'il s'agit de toi, tu faiblis ! Maintenant que tu es atteint, tu te troubles ! ^Ta crainte de Dieu n'est-elle pas ton soutien ? Ton espérance, n'est-ce pas ton intégrité ? 'Cherche dans ton souvenir : quel est l'innocent qui a péri ? Quels sont les justes qui ont été exterminés ? **Pour moi, je l'ai vu, ceux qui labourent l'inicjuité Et c[ui sèment l'injustice en moissonnent les fruits; ^Ils périssent par le souffle de Dieu, Ils sont consumés par le vent de sa colère. '"Le rugissement des lions prend fin, Les dents des lionceaux sont brisées; "Le lion périt faute de proie. Et les petits de la lionne se dispersent. '^Une parole est arrivée furtivement jusqu'à moi. Et mon oreille en a recueilli les sons légers. '^Au moment où les visions de la nuit agitent la pensée, Quand les hommes sont livrés à un profond sommeil, '■•Je fus saisi de fraveur et d'épouvante. Et tous mes os tremblèrent. 'HJn esprit passa près de moi Tous mes cheveux se hérissèrent '^Une figure d'un aspect inconnu était devant mes yeux. Et j'entendis une voix qui murmurait doucement : '"L'homme serait-il juste devant Dieu ? Serait-il pur devant celui qui l'a fait ? '*Si Dieu n'a pas confiance en ses serviteurs", S'il trouve de la folie chez ses anges, '^^ Combien plus chez ceux qui habitent des maisons d'argile, Qui tirent leur origine de la poussière, Et qui peuvent être écrasés comme un vermisseau ! ^°Du matin au soir ils sont brisés. Ils périssent pour toujours, et nul n'y prend garde; ^' Le fil de leur vie est coupé. Ils meurent, et ils n'ont pas acquis la sagesse. a. Ses serifiUiirs, les esprits célestes. 574 JOB. Chap.5,i-Qi. Chap. V. 'Crie maintenant ! Qui te répondra ? Auquel des saints" t'adresseras-tu ? -L'insensé périt dans sa colère, Le fou meurt dans ses emportements. ^J'ai vu l'insensé jirendre l'aeine ; Puis soudain j'ai maudit sa demeure. ■'Plus de prospérité pour ses fils, Ils sont foulés à la porte*, et personne qui les délivre. ^Sa moisson est dévorée par des affamés, Qui viennent l'enlever jusque dans les épines, Et ses biens sont engloutis par des hommes altérés. *Le malheur ne sort pas de la poussière, Et la souffrance ne germe pas du sol; ^L'homme naît pour souflVir, Comme l'étincelle'" pour voler. "^Pour moi, j'aurais recours à Dieu, Et c'est à Dieu que j'exposerais ma cause. 'Il fait des choses grandes et insondables, Des merveilles sans nombre; '"Il répand la pluie sur la terre. Et envoie l'eau sur les campagnes; "Il relève les humbles, Et délivre les affligés; '-Il anéantit les projets des hommes rusés. Et leurs mains ne peuvent les accomplir : "Il prend les sages dans leur propre ruse. Et les desseins des hommes artificieux sont renversés : '■'Ils rencontrent les ténèbres au milieu du joui-. Ils tâtonnent en plein midi comme dans la nuit. '^Ainsi Dieu protège le faible contre leurs menaces. Et le sauve de la main des puissants ; '^Et l'espérance soutient le malheureux, Mais l'iniquité ferme la bouche. '"Heureux l'homme que Dieu châtie ! Ne méprise pas la correction du Tout-Puissant. '"Il fait la plaie, et il la bande; Il blesse, et sa main guérit. "Six fois il te délivrera de l'angoisse, Et sept fois le mal ne t'atteindra pas. ■"Il te sauvera de la mort pendant la famine. Et des coups du glaive pendant la guerre. ^'Tu seras à l'abri du fléau de la langue. Tu seras sans crainte quand viendra la dévastation. a. Des saints, îles anges. b. C'était ù la porte des villes que se rendait la justice. c L'etinceile, hébr. les fils de la flamme. 575 ■Chap. 5,oj2-6,i5. JOB. °^Tu te riras de la dévastation comme de la famine, Et tu n'auras pas à redouter les bêtes de la terre ; -^Gar tu feras alliance avec les pierres des champs, Et les bêtes de la terre seront en paix avec toi. -^Tu jouiras du bonheur sous ta tente, Tu retrouveras tes troupeaux au complet, '^'^Tu verras ta postérité s'accroître, Et tes rejetons se multiplier comme l'herbe des champs. -"Tu entreras au sépulcre dans la vieillesse, Comme on emporte une gerbe en son temps. ^^ Voilà ce que nous avons reconnu, voilà ce qui est; A toi d'entendre et de mettre à profit. Réponse de Job à Eliphaz. Chap. VI. 'Job prit la parole et dit : -Oh ! s'il était possible de peser ma douleur. Et si toutes mes calamités étaient sur la balance, ''Elles seraient plus pesantes que le sable de la mer : Voilà pourquoi mes paroles A-ont jusqu'à la folie ! *Car les flèches du Tout-Puissant m'ont percé. Et mon àme en suce le venin ; Les terreurs de Dieu se i-angent en bataille contre moi. ^L'àne sauvage crie-t-il auprès de l'herbe tendre ? Le bœuf mugit-il auprès de son fourrage ? "Peut-on manger ce qui est fade et sans sel ? Y a-t-il de la saveur dans le blanc d'un œuf ? 'Ce que je voudrais ne pas toucher. C'est là ma nourriture, si dégoûtante soit-elle ! o ^Puisse mon vœu s'accomplir. Et Dieu veuille réaliser mon espérance ! ^Qu'il plaise à Dieu de m'écraser. Qu'il étende sa main et qu'il m'achève ! '"11 me restera du moins une consolation. Une joie dans les maux dont il m'accable : Jamais je n'ai transgressé les ordres du Saint. "Pourquoi espérer quand je n'ai plus de force ? Pourquoi attendre quand ma fin est certaine ? '-Ma force est-elle une force de pierre ? Mon corps est-il d'airain ? '•'Ne suis-je pas sans ressource, Et le salut n'est-il pas loin de moi ? '''Celui qui souffre a droit à la compassion de son ami. Même quand il abandonnerait la crainte du Tout-Puissant. '^Mes frères sont perfides comme un torrent, 576 JOB. Cluip. 6,16-7,1. Comme le lit des torrents qui disparaissent. "^Les olaeons en troublent le eours, La neige s'y précipite ; ''\'iennent les chaleurs, et ils tarissent, Les l'eux du soleil, et leur lit demeure à sec. "*Les caravanes se détournent de leur chemin, S'enfoncent dans le désert, et ])érissent. "Les caravanes de Théma fixent le regard, Les voyageurs de Séba sont |)leins d'espoir; ^"Ils sont honteux d'avoir eu confiance. Ils restent confondus quand ils arrivent. '-'Ainsi, ^■<)us êtes comme si ^^)us n'existiez ])as ; Vous voyez mon angoisse, et vous en avez horreur ! "^-Vous ai-je dit : Donnez-moi cpiehpie chose, Faites en ma faveur des présents avec vos biens. -^Délivrez-moi de la main de l'ennemi. Rachetez-moi de la main des méchants? -'Instruisi'z-moi, et je me taiiai; Faites-moi conqjrendre en (pioi j'ai péclié- ^^Que les paroles vraies s(uil persuasixes ! Mais que prouvent vos remontrances ? ^^Voulez-vous donc blâmer ce (pie j'ai dit. Et ne voir que du vent dans les discours d un désespère ! ^"Vous accablez un or|ihelin, Vous persécutez Aotre ami. -'^Regardez-moi, je vous prie ! Vous mentirais-je en face ? '-"Revenez, ne soyez pas injustes; Revenez, et reconnaissez mon innocence. ^"Y a-t-il de l'iniquité sur ma langue, Et ma bouche ne discerne-t-elle pas le mal ? Cliap. y II. 'Le sort de l'homme sur la tei're est celui d'un soldat, Et ses jours sont ceux d'un mercenaire. '-Comme l'esclave sou])ire ajirès l'ombre, Comme l'ouvi-ier attend son salaire, ^Ainsi j'ai |)our ])artage des mois de doideur. J'ai |)our mon lot des nuits de souffrance. *Je me couche, et je dis : Quand me lèverai-je ? quand finira la Et je suis rassasié d'agitations jusqu'au point du jour. [nuit ? ^Mon corps se couvre de vers et d'une croûte terreuse, Ma ])eau se crevasse et se dissout. *Mes jours sont plus rapides (juc la navette du tisserand, Ils s'évanouissent : plus tres|)érance ! "Souviens-toi" que ma vie est un souiïlc ! a. Sous-ciil. (' ù Dieu ! » 577 Chap. 7,8-8,0. JOB. Mes yeux ne reverront pas le bonheur. '^L'œil ([ui me regarde ne me regardera plus; Ton œil nie cherchera, et je ne serai plus. ■ ^ Comme la nuée se dissipe et s'en va, Celui qui descend au séjour des morts ne remontera pas; '"Il ne reviendra plus dans sa maison. Et le lieu qu'il habitait ne le connaîtra plus. " C'est pourquoi je ne retiendrai point ma bouche, Je jiarlerai dans l'angoisse de mon cœur, Je me j^laindrai dans l'amertume de mon âme. '-Suis-je une mer, ou un monstre marin. Pour que tu établisses des gardes autour de moi } ''Quand je dis : Mon lit me soulagera, Ma couche calmera mes douleurs, — • '''C'est alors que tu m'effraies |)ar des songes. Que tu m'épouvantes par des visions. '^Ah ! je voudrais être étranglé ! Je voudrais la mort plutôt que ces os ! '"Je les méprise !... je ne vivrai jjas toujours... Laisse-moi, car ma vie n'est qu'un souffle. '"Qu'est-ce que l'homme, pour que tu en fasses tant de cas. Pour que tu daignes ])rendre garde à lui, "'Pour que tu le visites tous les matins, Pour que tu l'éprouves à tous les instants ? '"Quand cesseras-tu d'avoir le regard sur moi ? Quand me laisseras-tu le temps d'a\ aler ma salive ? -"Si j'ai péché, qu'ai-je pu te faire, gardien des hommes ? Pourquoi me mettre en butte à tes traits ? Pourquoi me rendre à charge à moi-même ? '-'Que ne pardonnes-tu mon ])éché, Et (pie n'oublies-tu mon iniquité ? Car je vais me coucher dans la poussière ; Tu me chercheras, et je ne serai plus. Discours de Bildncl à Job. (Inij). y m. 'Bildad de Scliuach prit la ])arole et dit : -Jusques à quand veux-tu discourir de la sorte, Et les ])aroles de ta bouche seront-elles un vent im|)étueux ? 'Dieu renverserait-il le droit ? Le Tout-Puissant renverserait-il la justice ? ''Si tes fils ont péché contre lui, Il les a livrés à leur péché. "'Mais toi, si tu as recours à Dieu, Si tu implores le Tout-Puissant; "Si tu es juste et droit, Cerlainemenl alors il veillera sur toi, 578 JOB. Chap. 8,1-9,5. Et rendra le bonheur à ton innocente demeure; "Ton ancienne prospérité semblera peu de chose, Celle qui t'est réservée sera bien plus grande. ^Interroge ceux des générations passées, Sois attentif à l'expérience de leurs jaères. — '^Car nous sommes d'hier, et nous ne savons rien, Nos jours sur la terre ne sont qu'une ombre. — '"Ils t'instruiront, ils te parleront, , Ils tireront de leur cœur ces sentences : "Le jonc croît-il sans marais ? Le roseau croit-il sans humidité ? '-Encore vert et sans (pi'on le coupe, 11 sèche plus vite cjue toutes les herbes. '^Ainsi arrive-t-il à tous ceux qui oublient Dieu, Et l'espérance de l'impie périra. '■'Son assurance est brisée. Son soutien est une toile d'araignée. '^11 s'appuie sur sa maison, et elle n'est pas ferme; Il s'y cramponne, et elle ne résiste jias. '^Dans toute sa vigueur en plein soleil. Il étend ses rameaux sur son jardin, '"Il entrelace ses racines ])armi les pierres. Il pénètre jusque dans les murailles; "*L'arrache-t-on du lieu qu'il occupe. Ce lieu le renie : Je ne t'ai point connu ! '^'elies sont les délices que ses voies lui ]5rocurent. Puis sur le même sol d'autres s'élèvent après lui. — -"Non, Dieu ne rejette point l'homme intègre. Et il ne protège point les méchants. ^'11 remplira ta bouche de cris de joie. Et tes lèvres de chants d'allégresse. "Tes ennemis seront couverts de honte; La tente des méchants disjiaraîtra. Réponse de Job à Bildad. Chap. IX. 'Job prit la parole et dit : -Je sais bien qu'il en est ainsi ! Comment l'homme serait-il juste devant Dieu ? 'S'il voulait contester avec lui. Sur mille choses il ne pourrait répondre à une seule. *X lui la sagesse et la toute-puissance : Qui lui résisterait impunément ? ^11 transporte soudain les montagnes. Il les renverse dans sa colère. 579 Chap. 'J,6-ii. JOB. *I1 secoue la terre sur sa base, Et ses coloiiues sont ébranlées. 'Il commande au soleil, et le soleil ne parait pas; Il met un sceau sur les étoiles. ^'Seul, il étend les cieux. Il marche sur les hauteurs de la mer. '■"11 a créé la Grande Ourse, TOrion et les Pléiades, Et les étoiles des régions australes '^. '"11 fait des choses grandes et insondables. Des merveilles sans nombre. "Voici, il passe près de moi, et je ne le vois j)as. Il s'en va, et je ne l'aperçois jjas. '-S'il enlève, qui s'y opposera ? Qui lui dira : Que fais-tu ? '^Dieu ne retire point sa colère; Sous lui s'inclinent les appuis de rorgueil. '^Et moi, comment lui ré])ondre ^ Quelles paroles choisir ? "'Quand je serais juste, je ne répondrais pas; Je ne puis qu'implorer mon juge. '*Et quand il m'exaucerait, si je l'invoque, Je ne croirais j^as qu'il eût écouté ma voix, '"Lui qui m'assaille comme par une tenq)éte. Qui multiplie sans raison mes blessures, '*Qui ne me laisse pas respirer, Qui me rassasie d'amertume. '^Recourir à la force ! Il est tout-puissant. A la justice ! Qui me fera comparaître ? -"Suis-je juste, ma bouche me condamnera; Suis-je innocent, il me déclarera coupable. ^'Innocent ! Je le suis ; mais je ne tiens pas à la vie. Je méprise mon existence. ^^Qu'im])orte après tout ? Car, j'ose le dire, Il détruit l'innocent comme le coupable. -'Si du moins le fléau donnait soudain la moit !... Mais il se rit des épreuves de l'innocent. ^*La terre est livrée aux mains de l'impie; Il voile la face des juges. Si ce n'est pas lui, qui est-ce donc ? -''Mes jours sont plus rajiides qu'un courrier ; Ils fuient sans avoir vu le bonheur; *^Ils passent comme les navires de jonc. Comme l'aigle qui fond sur sa proie. "Si je dis : Je veux oublier mes souffrances, a. Hébreu : et les chambres du midi. 580 JOB. Chap. U, 26-10,1:}. Laisser ma tristessf.\ re|)reiulre coiirage, -*Je suis ollrayé de toutes mes douleurs, Je sais que tu ue uie tiendras pas poui' iunocent. '-'■'Je serai juyé coupable; Pourquoi me latit^uer en \ ain ? ""Quand je me laverais dans la nei^e, Quand je j^uiifierais mes mains avec tlu savon, ""Tu me jilongerais dans la lange. Et mes vêtements m'auraient en horreur. •'-Il n'est pas un homme comme moi, pour ([ue je lui réi)onde. Pour que nous allions ensemble en justice. ■"Il n'y a pas entre nous d'arbilic, Qui pose sa main sur nous deux. ^■'Qu'il retire sa verge de dessus moi, Que ses terreurs ne me troublent plus ; ^^ Alors je parlerai, et je ne le craindrai pas. Aulreineul, je ne suis point à moi-nu'me. Chap. A. ' Mon àme est dégoûtée de la vie ! Je donnerai cours à ma |)lainte, Je parlerai dans l'amertume tle mon àme. -Je dis à Dieu : Ne me condamne |ias ! Fais-moi savoir pourtjuoi tu \\\v prends à partie ! ^Te parait-il bien de maltraiter, De repousser l'ouvrage de tes mains, Et de faire briller ta faveur sur le conseil des méchants ? •'As-tu des yeux de chair, Vois-tu comme voit un homme .' ^Tes jours sont-ils comme les jours de l'homme, Et tes années comme ses années, ^Pour que tu recherches mon ini(piité, Pour que tu t'enquières de mon péché, "Sachant bien que je ne suis pas coupable. Et que nul ne peut me délivrer de ta main ? *Tes mains m'ont formé, elles m'ont créé. Elles m'ont fait tout entier — VA tu me détruirais ! "SouN iens-loi (|ue tu m'as façonné comme de l'argile; Voudrais-tu tie nouveau me réduire en poussière ? '"Ne m'as-lu pas coulé comme tlu hiit ^ Ne m'as-tu pas caillé comme du frouuige .' "Tu m'as revêtu de peau et de chair, Tu m'as tissé d'os et de nerfs ; '^Tu m'as accordé ta grâce avec la vie. Tu m'as conservé par tes soins et sous ta garde. ""Voici néanmoins ce que tu cachais dans ton cœur. Voici, je le sais, ce que tu as résolu en toi-mcme. 581 Chap. I0,ik-ll,u. JOB. "Si je pèche, tu m'observes, Tu ne pardonnes ])as mon iniquité. '^Suis-je coupable, malheur à moi ! Suis-je innocent, je n'ose lever la tête. Rassasié de honte et absorbé dans ma misère. *'Et si j'ose la lever, tu me poursuis comme un lion, Tu me frappes encore par des prodiges, '"Tu m'opposes de nouveaux témoins. Tu multiplies tes fureurs contre moi. Tu m'assailles d'une succession de calamités. '^Pourquoi m'as-tu fait soi'tir du sein de ma mère ? Je serais mort, et aucun œil ne m'aurait vu; "Je serais comme si je n'eusse pas existé. Et j'aurais passé du ventre de ma mère au sé])ulcre. -"Mes jours ne sont-ils pas en petit nombre ? Qu'il me laisse. Qu'il se retire de moi, et que je respire un peu, '^'Avant que je m'en aille, pour ne plus revenir, Dans le pays des ténèbres et de l'ombre de la mort, --Pays d'une obscurité profonde, Où régnent l'ombre de la mort et la confusion, l']t où la lumière est semblable aux ténèbres. Discours de Tsop/iar à Job. Chap. XI. 'Tsophar de Naama prit la parole et dit : -Cette multitude de paroles ne trouvera-t-elle point de réponse Et suffira-t-il d'être un discoureur pour avoir raison ? ^Tes vains propos feront-ils taire les gens ? Te moqueras-tu, sans que personne te confonde ? *Tu dis : Ma manière de voir est juste, Et je suis pur à tes yeux. — ^Oh ! si Dieu voulait ])arler. S'il ouvrait les lèvres pour te répondre, '^Et s'il te révélait les secrets de sa sagesse. De son immense sagesse. Tu verrais alors qu'il ne te traite pas selon ton iniquité. 'Prétends-tu sonder les pensées de Dieu, Parvenir à la connaissance parfaite du Tout-Puissant ? ^Elle est aussi haute que les cieux : que feras-tu ? Plus profonde que le séjour des morts : (|ue sauras-tu ? 'La mesure en est plus longue que la terre. Elle est plus large que la mer. '"S'il passe, s'il saisit. S'il traîne à son tribunal, qui s'y opposera ? " Car il connaît les vicieux. Il voit facilement les coupables. 582 JOB. Chap. 11,12-12,11. '-L'homme, au contraire, a rintelligence d un lou. Il est né comme le petit d'un âne sauvage. '^Pour toi, dirige ton cœur vers Dieu, Etends vers lui tes mains, '•'Eloigne-toi de l'iniquité. Et ne laisse pas habiter l'injustice sous ta tente, '^Alors tu lèveras ton front sans tache. Tu seras ferme et sans crainte; '^Tu oublieras tes souffrances, Tu t'en souviendras comme des eaux écoulées. ''Tes jours auront plus d'éclat que le soleil à son midi, Tes ténèbres seront comme la lumière du matin, "*Tu seras plein de confiance, et ton attente ne sera pas vaine; Tu regarderas autour de toi, et tu reposeras en sûreté. '"Tu te coucheras sans que personne te trouble, Et plusieurs caresseront ton visage. -"Mais les yeux des méchants seront consumés; Pour eux point de refuge ; La mort, voilà leur espérance ! Réponse de Job à Tsop/iar. C/iûjj. XII. 'Job prit la parole et dit : "On dirait, en vérité, que le genre humain c'est vous. Et qu'avec vous doit mourir la sagesse. ^J'ai tout aussi bien que vous de 1 intelligence, moi. Je ne vous suis point inférieur; Et qui ne sait les choses que vous dites ? *Je suis pour mes amis un objet de raillerie. Quand j'implore le secours de Dieu ; Le juste, l'innocent, un objet de raillerie ! ^Au malheur le mépris ! c'est la devise des heureux; A celui dont le pied chancelle est réservé le mépris. ^11 y a ])aix sous la tente des ])illards. Sécurité pour ceux qui oflénsent Dieu, Pour quiconcj[ue se fait un dieu de sa force. 'Interroge les bêtes, elles t'instruiront, Les oiseaux du ciel, ils te l'apprendront ; "Parle à la terre, elle t'instruira; Et les poissons de la mer te le raconteront. ^Qui ne reconnaît chez eux la preuve Que la main de l'Eternel a fait toutes choses ? '"Il tient dans sa main l'ànie de tout ce cpii a it, Le souille de toute chair d'homme. "L'oreille ne discerne-t-elle pas les paroles. Comme le palais savoure les aliments ? 583 Chap. l'2,ii-lS,s. JOB. '-Dans les vieillards se trouve la sagesse, Et dans une longue vie rintelligence. '^En Dieu résident la sagesse et la jniissance; Le conseil et l'intelligence lui aj)|)artiennent. '*Ce qu'il renverse ne sera point rebâti, Celui qu'il enferme ne sera point délivré. '^11 retient les eaux et tout se dessèche; Il les lâche, et la terre en est dévastée. "^11 possède la force et la jirudence; Il maîtrise celui qui s'égare ou fait égarer les autres. ''Il emmène t'aptifs les conseillers; Il trouble la raison des juges. '^11 délie la ceinture des rois, Il met une corde autour de leurs reins. ''-'Il emmène captifs les prêtres; Il fait tomber les puissants. -"Il ôte la parole à ceux qui ont de l'assurance. Il prive de jugement les vieillards. -'Il verse le mépris sur les grands; Il relâche la ceinture des forts. "Il met à découvert ce qui est caché dans les ténèbres, Il produit à la lumière l'ombre de la mort. -^11 donne de l'accroissement aux nations, et il les anéantit, Il les étend au loin, et il les ramène dans leurs limites. "-■'Il enlève l'intelligence aux chefs des peu])les, •Il les fait errer dans des déserts sans chemin ; ^HIs tâtonnent dans les ténèbres, et ne voient pas clair; Il les fait errer comme des gens ivres. Chap. XIII. 'Voici, mon œil a vu tout cela, Mon oreille l'a entendu et y a pris garde. '^Ge que vous savez, je le sais aussi, Je ne vous suis point inférieur. ^Mais je veux parler au Tout-Puissant, Je veux plaider ma cause devant Dieu; ■•Car vous, vous n'imaginez que des faussetés. Vous êtes tous des médecins de néant. ^Oue n'avez-vous e-ardé le silence ? Vous auriez passé pour avoir de la sagesse. ^Ecoutez, je vous prie, ma défense. Et soyez attentifs à la réplique de mes lèvres. ^Direz-vous en faveur de Dieu ce cpii est injuste. Et pour le soutenir alléguerez-\ ous des faussetés ? * Voulez-vous avoir égard à sa ])ersonne ? Voulez-vous plaider pour Dieu ? '^S'il vous sonde, vous approuvera-t-il 7 584 JOB. Chnp. lS,io-U,i. Ou le troniperez-vous comme on trompe un homme ? '"Certainement il vous condamnera, Si vous n'agissez en secret que par égard pour sa personne. "Sa majesté ne vous épouvantera-t-elle pas ? Sa terreur ne tombera-t-elle pas sur vous ? '""Vos sentences sont des sentences de cendre, Vos retranchements sont des retranchements de boue. '^Taisez-vous, laissez-moi, je veux parler ! Il m'en arrivera ce qu'il pourra. '^Pourquoi saisirais-je ma chair entre les dents" ? J'exposerai plutôt ma vie. '^Voici, il me tuera; je n'ai rien à espérer*; Mais devant lui je défendrai ma conduite. '^Cela même peut servir à mon salut. Car un impie n'ose paraître en sa présence. ''Ecoutez, écoutez mes paroles. Prêtez l'oreille à ce que je vais dire. '''Me voici prêt à plaider ma cause; Je sais que j'ai raison. '^Quelqu'un disputera-t-il contre moi ^ Alors je me tais, et je veux mourir. -"Seulement, accorde-moi deux choses. Et je ne me cacherai pas loin de ta face : -'Retire ta main de dessus moi. Et que tes terreurs ne me troublent plus. "Puis appelle, et je répondrai. Ou si je parle, réponds-moi ! -•'Quel est le nombre de mes iniquités et de mes péchés ? Fais-moi connaître mes transgressions et mes péchés. -^Pourquoi caches-tu ton visage. Et me prends-tu pour ton ennemi ? "Veux-tu fra]iper une feuille agitée ? Veux-tu poursuivre une paille desséchée ? -^Pourquoi m'inlliger d'amères souffrances. Me punir pour des fautes de jeunesse ? "Pourquoi mettre mes pieds dans les ceps, Surveiller tous mes mouvements. Tracer une limite à mes pas, ^■^ Quand mon corps tombe en pourriture. Comme un vêtement que dévore la teigne .' Chap. XIV. ' L'homme né de la femme ! fall un animal sanvag-p. En d'autres termes : Pourquoi aiirais-J9 suuoi do mon existence ? J'aime niiiMix parler librement, quoi qu'il arrive, au riscjue d'exposer ma vie. b. D'accord avec ce qui précède, et confirmé par ce qui suit jusqu'à la fin du chap. l'i. 58.> Chap. l4,--n JOB. Sa vie est courte, sans cesse agitée. -Il naît, il est coupé, comme une fleur; Il luit et disparait comme une ombre. ■'Et c'est sur lui que tu as l'œil ouvert ! Et tu me fais aller en justice avec toi ! ^Comment d'un être souillé sortira-t-il un homme pur ? II n'en peut sortir aucun. ^Si ses jours sont fixés, si tu as compté ses mois. Si tu en as marqué le terme qu'il ne saurait franchir, * Détourne de lui les regards, et donne-lui du relâche, Pour qu'il ait au moins la joie du mercenaire à la fin de sa journée. 'Un arbre a de l'espérance : Quand on le coupe, il repousse, Il produit encore des rejetons; ''Quand sa racine a vieilli dans la terre. Quand son tronc meurt dans la poussière, '■•11 reverdit à l'approche de l'eau, Il pousse des branches comme une jeune plante. '"Mais l'homme meurt, et il perd sa force; L'homme expire, et où est-il ? "Les eaux des lacs s'évanouissent, Les fleuves tarissent et se dessèchent ; '-Ainsi l'homme se couche et ne se relèvera plus. Il ne se réveillera pas tant que les cieux subsisteront, 11 ne sortira pas de son sommeil. '■'Oh ! si tu voulais me cacher dans le séjour des morts. M'y tenir à couvert jusqu'à ce que ta colère fût jiassée. Et me fixer un terme auquel tu te souviendrais de moi ! '■•Si l'homme une lois mort pouvait revivre. J'aurais de l'espoir tout le temps de mes souffrances, Jusqu'à ce que mon état vînt à changer. "^Tu appellerais alors, et je te répondrais, Tu languirais après l'ouvrage de tes mains. "'Mais aujourd'hui tu comptes mes pas, Tu as l'œil sur mes péchés ; "Mes transgressions sont scellées en un faisceau, Et tu imagines des iniquités à ma charge. '*La montagne s'écroule et périt; Le rocher disparaît de sa place. '^La pierre est broyée par les eaux. Et la terre emportée par leur courant; Ainsi tu détruis l'espérance de l'homme. -"Tu es sans cesse à l'assaillir, et il s'en va; Tu le défigures, puis tu le renvoies. *'Que ses fils soient honorés, il n'en sait rien; 586 JOB. Chap. 14,^-15,10. Qu'ils soient thins rabaisseniont, il rinluMir, Et ils descendent en un instant au séjour des morts. '*Ils disaient pourtant à Dieu : Retire-toi de nous ; Nous ne voulons pas connaître tes voies. '^Ouest-ce que le Tout-Puissant, pour (jue nous le servions ? Que gagnerons-nous à lui adresser nos prières ? '^Quoi donc ! ne sont-ils pas en possession du honheur ? — Loin de moi le conseil des méchants ! — ''Mais ari-ive-t-il souvent (pie leui' lampe s'éteigne, Oue la misère tonde sur eux. Que Dieu leur distribue leur part dans sa colère, '* Qu'ils soient comme la paille emportée par le vent. Comme la balle enlevée par le tourbillon .' '^Est-ce pour les lils ijue Dieu réserve le cliàtiment du père ? Mais c'est lui que Dieu ilevrait punir, pour (pi'il le sente; -"C'est lui fpii devrait contempler sa propre ruine. C'est lui f[ui devrait boire la colère du Tout-Puissant. -'Car, que lui importe sa maison après lui. Quand le nombre de ses mois est achevé ? ^*Est-ce à Dieu (pion donnera O.e la science, A lui qui gouverne les esprits célestes ? "I^'un meurt au sein du bien-être. De la paix et du bonheur, -•*Les flancs chargés de graisse Et la moelle des os remplie de sève; '-^L'autre meurt, l'amertume dans l'âme, Sans avoir joui d'aucun bien. *''Et tous deux se couchent dans la poussière. Tous deux deviennent la pâture des vers. "Je sais bien quelles sont vos pensées, Quels jugements iniques vous portez sur moi. ■-''^'ous dites : Où est la mais(jn de riiomme puissant ? Où est la tente qu'habitaient les impies ? -"Mais quoi ! n'avez-vous point interrogé les voyageurs, Et voulez-vous méconnaître ce (jn'ils prouvent ? ^"Au jour du malheur, le méchant est épargné ; An jour de la colère, il échappe. ■"Qui lui reproche vn face sa conduite ? Qui lui rentl ce qu'il a tait ? ^*I1 est porté dans un sépulcre, Et il veille encore sur sa tombe. •"Les mottes de la vallée lui sont légères; I']t tous après lui suivront la même voie. Comme une multitude l'a déjà suivie. 59.5 Chap. 2l.3k-22,'ii. JOB. ^* Pourquoi donc m'oflVir de vaines consolations ? Ce qui reste de vos réponses n'est que perfidie. Troisième discours d' hllipliaz à Job. Chap. XXII. 'Éliphaz de Thénian prit la parole et dit : -Un homme peut-il être utile à Dieu ? Non; le sage n'est utile qu'à lui-même. ^Si tu es juste, est-ce à l'avantage du Tout-Puissant ? Si tu es intègre dans tes voies, qu'y gagne-t-il ? *Est-ce par crainte de toi qu'il te châtie. Qu'il entre en jugement avec toi ? ^Ta méchanceté n'est-elle pas grande ? Tes iniquités ne sont-elles pas infinies ? ^Tu enlevais sans motif des gages à tes frères, Tu privais de leurs vêtements ceux qui étaient nus; 'Tu ne donnais point d'eau à l'homme altéré, Tu refusais du pain à l'homme affamé. ^Le pays était au plus fort, Va le puissant s'y établissait. "Tu renvoyais les veuves à vide ; Les bras des orphelins étaient brisés. '"C'est pour cela que tu es entouré de pièges, Et que la terreur t'a saisi tout à coup. "Ne vois-tu donc pas ces ténèbres, Ces eaux débordées qui t'envahissent ? '^Dieu n'est-il pas en haut dans les cieux ? Regarde le sommet des étoiles, comme il est élevé ! '■'Et tu dis : Qu'est-ce que Dieu sait ? Peut-il juger à travers l'obscurité ? '■'Les nuées l'enveloppent, et il ne voit rien ; Il ne parcourt que la voûte des cieux. '^Eh quoi ! tu voudrais prendre l'ancienne route Qu'ont suivie les hommes d'iniquité ? '^Ils ont été emportés avant le temps. Ils ont eu la durée d'un torrent qui s'écoule. "Ils disaient à Dieu : Retire-toi de nous ; Que peut faire pour nous le Tout-Puissant ? '*Dieu cependant avait rempli de biens leurs maisons. Loin de moi le conseil des méchants ! — '^Les justes, témoins de leur chute, se réjouiront, Et l'innocent se moquera d'eux : -"Voilà nos adversaires anéantis ! Voilà leurs richesses dévorées par le feu ! ^'Attache-toi donc à Dieu, et tu auras la paix ; 596 JOB. Chap.'2'2,r2-'2S, Tu jouiras ainsi du honlieur. --Reçois de sa bouche instruction, Et mets dans ton cœur ses paroles. -■''Tu seras rétabli, si tu reviens au Tout-Puissant, Si tu éloignes l'iniquité de ta tente. -■'Jette l'or dans la poussière, L'or d'Ophir parmi les cailloux des torrents; "Et le Tout-Puissant sera ton or, Ton argent, ta richesse. ^^\lors tu feras du Tout-Puissant tes délices. Tu élèveras vers Dieu ta face : -'Tu le prieras, et il t'exaucera, Et tu accompliras tes vœux. "A tes résolutions répondra le succès; Sur tes sentiers brillera la lumière. -'■'Vienne l'humiliation, tu prieras pour ton relèvement; Dieu secourt celui dont le regard est abattu. '"Il délivrera même le coupable. Qui devra son salut à la pureté de tes mains. Réponse de Job a Eliphaz. Chap. XXIII. 'Job prit la parole et dit : -.Maintenant encore ma plainte est une révolte. Mais la souffrance étouffe mes soupirs. ■^Oh ! si je savais où le trouver. Si je pouvais arriver jusqu'à son trône, 'Je plaiderais ma cause devant lui. Je remplirais ma bouche d'arguments, ^e connaîtrais ce cju'il peut avoir à répondre, Je verrais ce qu'il peut avoir à me dii'e. •^Emploierait-il toute sa force à me combattre ? Ne daignerait-il pas au moins m'écouter ? 'Ce serait un homme droit (pii plaiderait avec lui, Et je serais pour toujours absous par mon juge. "Mais, si je vais à l'orient, il n'y est pas ; Si je vais à l'occident, je ne le trouve pas ; "Est-il occupé au nord, je ne puis le voir; Se cache-t-il au midi, je ne puis le découvrir. '"Il sait néanmoins quelle voie j'ai suivie ; Et, s'il m'éprouvait, je sortirais \)nv comme l'or. "Mon [)ied s'est attaché à ses pas ; J'ai gardé sa voie, et je ne m'en suis point détourné. '-Je n'ai pas al)andonné les commandements de ses lè\res ; J'ai fait |)lier ma volonté aux paroles de sa bouche. "Mais sa résolution est arrêtée : qui s'y opposera ? Ce que son àme désire, il l'exécute. 597 13. Chap.2S,i^-2i.io. JOB. 'Ml accomplira donc ses desseins à mon égard, Et il en concevra bien d'autres encore. '^Voilà pourquoi sa présence m'épouvante ; Quand j'y pense, j'ai peur de lui. '^Dieu a brisé mon courage, Le Tout-Puissant m'a rempli d'effroi. "Car ce ne sont pas les ténèbres qui m'anéantissent, Ce n'est pas l'obscurité dont je suis couvert. Chap. XXIV. ' Pourquoi le Tout-Puissant ne met-il pas des temps en réserve, Et pourquoi ceux qui le connaissent ne voient-ils pas ses jours" .'* -On déplace les bornes, On vole des troupeaux, et on les fait paitre ; ■'On enlève l'àne de l'orphelin. On prend pour gage le bœuf de la veuve; ^On repousse du chemin les indigents. On force tous les malheureux du pays à se cacher. ^Et voici, comme les ânes sauvages du désert. Ils sortent le matin pour chercher de la nourriture, Ils n'ont que le désert ])our trouver le pain de leurs enfants ; Mis coupent le fourrage qui reste dans les champs. Ils grappillent dans la vigne de l'impie ; "Ils passent la nuit dans la nudité, sans vêlement. Sans couverture contre le froid ; *Ils sont percés par la pluie tles montagnes. Et ils embrassent les rochers comme unique refuge. 'On arrache l'orphelin à la mamelle. On prend des gages sur le pauvre. '"Ils vont tout nus, sans vêtement. Ils sont affamés, et ils portent les gerbes, "Dans les enclos de l'impie ils font de l'huile, Ils foulent le pressoir, et ils ont soif; '-Dans les villes s'exhalent les soupirs des mourants, L'àme des blessés jette des cris... Et Dieu ne prend pas garde à ces infamies ! "D'autres sont ennemis de la lumière, Ils n'en connaissent pas les voies. Ils n'en pratiquent pas les sentiers. '^L'assassin se lève au point du jour. Tue le pauvre et l'indigent. Et il dérobe pendant la nuit. '^L'oeil de l'adultère é|)ie le crépuscule; Personne ne me verra, dit-il. Et il met un voile sur sa figui'e. '*La nuit ils forcent les maisons. Le jour ils se tiennent enfermés ; fl. Sfn jours, les jours où il exécute ses ju^eiiiciits. JOB. Chap. n,n-26,3. Ils ne connaissent pas la lumière. ''Pour eux, le matin c'est l'ombre de la mort, Ils en éprouvent toutes les terreurs. '*Eh quoi ! l'impie est d'un poids léger sur la face des eaux, Il n'a sur la terre qu'une part maudite, Il ne prend jamais le chemin des vignes ! [neige, '^Commc la sécheresse et la chaleur absorbent les eaux de la Ainsi le séjour des morts engloutit ceux qui pèchent ! ^"Quoi ! le sein maternel l'oublie, Les vers en font leurs délices, On ne se souvient plus de lui ! L'impie est brisé comme un arbre, -'Lui fjui dépouille la femme stérile et sans enfants. Lui qui ne répand aucun bienfait sur la veuve !... ^*Non ! Dieu par sa force prolonge les jours des violents, Et les voilà debout quand ils désespéraient de la vie; -'Il leur donne de la sécurité et de la confiance, Il a les regards sur leurs voies. -^Ils se sont élevés; et en un instant ils ne sont plus, Ils tombent, ils meurent comme tous les hommes, Ils sont coupés comme la tète des épis. -^S'il n'en est pas ainsi, qui me démentira, Qui réduira mes paroles à néant ? Troisiciue tlisconrs i/c Hi/ilatl à Job. Ch(ij). AA 1'. 'l^ildad de Schuach prit la parole et dit : -La puissance et la terreur appai'tiennent à Dieu, • Il fait régner la paix dans ses hautes régions. 'Ses armées ne sont-ellos pas innombrables ? Sur qui sa lumière ne se lève-t-elle pas ? ■* Gomment l'homme serait-il juste devant Dieu ? Comment celui qui est né de la femme serait-ii pui- !' ^Voici, la lune même n'est ])as brillante, Et les étoiles ne sont jias jiures à ses yeux ; "Combien moins l'homme qui n'est (ju'un ver. Le fils de l'homme qui n'est (ju'un vermisseau I Réponse de Job n Bildnd. Chap. XXVI. 'Job prit la parole et dit : -Comme tu sais bien venir en aide à la faiblesse ! Comme tu prêtes secours au bias sans force ! 'Quels bons C(Misei!s tu donnes à celui qui mancpie d'intelligence! .^9<.) Chap.26,-,-'27,s. JOB. Quelle abondance de sagesse tu fais paraître ! •*A qui s'adressent tes paroles ? Et qui est-ce qui t'inspire ? ^Devant Dieu les ombres tremblent Au-dessous des eaux et de leurs habitants ; * Devant lui le séjour des morts est nu, L'abîme n'a point de voile. ^11 étend le septentrion sur le vide, 11 suspend la terre sur le néant. '*11 renferme les eaux dans ses nuages. Et les nuages n'éclatent pas sous leur poids. ^11 couvre la face de son trône, 11 répand sur lui sa nuée. '"11 a tracé un cercle à la surface des eaux. Comme limite entre la lumière et les ténèbres. "Les colonnes du ciel s'ébranlent. Et s'étonnent à sa menace. '-Par sa force il soulève la mer, Par son intelligence il en brise l'ormieil. '^Son souffle donne au ciel la sérénité. Sa main transperce le serpent fuyard". '''Ce sont là les bords de ses voies. C'est le bruit léger qui nous en parvient ; Mais qui entendra le tonnerre de sa puissance* ? Dernière réponse de Job à ses trois amis. Chap. XXVII. 'Job prit de nouveau la parole sous forme sentencieuse et dit : ^Dieu qui me refuse justice est vivant ! Le Tout-Puissant qui remplit mon âme d'amertume est vivant ! "Aussi longtemps que j'aurai ma respiration. Et que le souffle de Dieu sera dans mes narines, *Mes lèAres ne prononceront rien d'injuste, Ma langue ne dira rien de faux. ^Loin de moi la pensée de vous donner raison ! Jusqu'à mon dernier soupir je défendrai mon innocence; ^Je tiens à me justifier, et je ne fail)lirai [)as ; Mon cœur ne me fait de reproche sur aucun de mes jours. "Que mon ennemi soit comme le méchant, Et mon adversaire comme l'impie ! '^ Quelle espérance reste-t-il à l'impie. Quand Dieu coupe le fil de sa vie. Quand il lui retire son âme ? a. Coiislellution du di-infon, ù liiijiu'lle un utlribuait le pouvoir d'obscurcir le ciel. b. Qui aura l'intelli- gence de ses voies prol'ondes et mystérieuses .■' 600 JOB. Chnp. 27.^-38. G. ^Est-ce fjue Dieu écoute ses eris, Quand ranyoisse vient rassaillir ? '"Fait-il du Tout-Puissant ses délices ? Adresse-t-il en tout temps ses ])rières à Dieu ? "Je vous enseignerai les voies de Dieu, Je ne vous cacherai pas les desseins du Tout-Puissant. '-Mais vous les connaissez, et vous êtes d'accord ; Pourquoi donc vous laisser aller à de vaines pensées ? ''Voici la part que Dieu réserve au méchant. L'héritage que le Tout-Puissant destine à l'impie. '■•S'il a des fds en grand nombre, c'est pour le glaive, Et ses rejetons manquent de pain ; '^Geux qui échappent sont enterrés par la peste. Et leurs veuves ne les ])leurent pas. '^S'il amasse l'argent comme la poussière. S'il entasse les vêtements comme la boue, '"C'est lui qui entasse, mais c'est le juste qui se revêt, C'est l'homme intègre qui a l'argent en partage. '*Sa maison est comme celle que bâtit la teigne. Comme la cabane que fait un gardien. '■'11 se couche riche, et il meurt dépouillé; Il ouvre les yeux, et tout a disparu. -"Les terreurs le surprennent comme des eaux; Un tourbillon l'enlève au milieu de la nuit. -'Le vent d'orient l'emporte, et il s'en va ; Il l'arrache violemment de sa demeure. -^Dieu lance sans pitié des traits contre lui. Et le méchant voudrait fuir ])our les éviter. -'On bat des mains à sa chute. Et on le siffle à son départ. Chap. XXVIII. 'Il y a pour l'argent une mine d'où on le fait sortir, Et pour l'or un lieu d'où on l'extrait pour l'affiner ; *Le fer se tire de la |)oussière. Et la pierre se fond pour produire l'airain. 'L'homme fait cesser les ténèbres" ; Il explore, jusque dans les endroits les plus profonds, Les pierres cachées dans l'obscurité et dans l'ombre de la mort. ■'Il creuse un puits loin des lieux habités ; Ses pieds ne lui sont plus en aide, Et il est suspendu, balancé, loin des humains*. ^La terre, d'où sort le pain, Est bouleversée dans ses entrailles comme par le feu. *Ses pierres contiennent du saphir. Et l'on y trouve de la poudi'e d'or. a. Au moyen do la lain[)e, dont se servent les mineurs. b. Description de la jjositiuii des travailleurs, suspendus par des cordes. GOl Chap. 28,---is. JOB. 'L'oiseau de proie n'en connaît pas le sentier, L'œil du vautour ne l'a point aperçu ; ^Les plus fiers animaux ne l'ont point foulé, Le lion n'y a jamais passé. 'L'homme porte sa main sur le roc. Il renverse les montagnes depuis la racine ; "Il ouvre des tranchées dans les rochers. Et son œil contemple tout ce qu'il y a de précieux ; "Il arrête l'écoulement des eaux, Et il produit à la lumière ce qui est caché. '-Mais la sagesse, où se trouve-t-elle ? Où est la demeure de l'intelligence ? ''L'homme n'en connaît point le prix ; Elle ne se trouve ])as dans la terre des vivants. '''L'abime dit : Elle n'est point en moi ; Et la mer dit : Elle n'est point avec moi. '^Elle ne se donne pas contre de l'or pur, Elle ne s'achète pas au poids de l'argent ; "^EUe ne se pèse pas contre l'or d'Ophir, Ni contre le précieux onyx, ni contre le saphir ; "Elle ne peut se comparer à l'or ni au verre. Elle ne peut s'échanger pour un vase d'or (in. "*Le corail et le cristal ne sont rien auprès d'elle La sagesse vaut plus que les perles. ""La topaze d'Ethioj^ie n'est point son égale, Et l'or pur n'entre pas en balance avec elle. -°D'où vient donc la sagesse ? o Où est la demeure de l'intellig-ence ? ^'EUe est cachée aux yeux de tout vivant, Elle est cachée aux oiseaux du ciel. -^ Le gouffre et la mort disent : Nous en avons entendu parler. -'C'est Dieu qui en sait le chemin. C'est lui qui en connaît la demeure ; -*Car il voit jusqu'aux extrémités de la terre. Il aperçoit tout sous les cieux. ^^Quand il régla le poids du vent, Et qu'il fixa la mesure des eaux, -'^ Quand il donna des lois à la pluie. Et qu'il traça la route de l'éclair et du tonnerre, -"Alors il vit la sagesse et la manifesta, II en posa les fondements et la mit à l'épreuve. -*Puis il dit à l'homme : Voici, la crainte du Seigneur, c'est la sagesse; S'éloigner du mal, c'est l'intelligence. G02 JOB. Chnp.'29,i--ï2. Monologue de Job : son niicicnnc prospérité, ses soiijj'ritnccs acIueUcs. son innocence. Chap. AAYA'. 'Job ))rit de nouveau la ])arole sous forme sentencieuse et ilit : -Oh ! que ne puis-je être. comme aux mois du passé, Comme aux jours où Dieu me gardait, 'Quand sa lampe brillait sur ma tête, Et que sa lumière me «suidait dans les ténèbres ! ■•Oue ne suis-je comme aux jours de ma vigueur, Où Dieu veillait en ami sur ma tente, ^ Quand le l'out-Puissant était encore avec moi. Et que mes enfants m entouraient ; ^ Quand mes pieds se baignaient dans la crème. Et que le rocher répandait jirès de moi des ruisseaux d'huile ! "Si je sortais pour aller à la porte de la ville. Et si je me faisais préparer un siège dans la place, ^Les jeunes gens se retiraient à mon a|)proche. Les vieillards se levaient et se tenaient debout. '■'Les princes arrêtaient leurs discours, Et mettaient la main sur leur bouche ; '"La voix des chefs se taisait. Et leur langue s'attachait à leur palais. " L'oreille qui m'entendait me disait heureux. L'œil qui me vovait me rendait témoignage ; '-Car je sauvais le pauvre qui im|)lorait du secours, Et l'orphelin qui manquait d'appui. ''La bénédiction du malheureux venait sur moi ; Je remplissais de joie le cœur de la veuve. '••Je me revêtais de la justice et je lui servais de vêtement, J'avais ma droiture pour manteau et pour turban. 'U'étais l'œil de l'aveugle. Et le pied du boiteux. "J'étais le père des misérables. J'examinais la cause de l'inconnu ; ''Je brisais la mâchoire de l'injuste. Et j'arrachais de ses 'dents la proie. '*Alors je disais : Je mourrai dans mon nid. Mes jours seront abondants comme le sable ; "L'eau pénétrera dans mes racines, La rosée passera la nuit sur mes branches; 30 Ma gloire reverdira sans cesse, Et mon arc rajeunira dans ma main. -'On m'écoulait et l'on restait dans l'attente. On gardait le silence devant mes conseils. "Après mes discours, nul ne répliquait, Et ma parole était pour tous une bienfaisante rosée ; 603 Chap.29,-i3-30,ii. JOB. -^Ils comptaient sur moi comme sur la pluie, Ils ouvraient la bouche comme pour une pluie du printemps". "Je leur souriais quand ils perdaient courage, Et Ton ne ]>ouvait chasser la sérénité de mon front. -^J'aimais à aller vers eux, et je m'asseyais à leur tête ; J étais comme un roi au milieu d'une troupe. Comme un consolateur auprès des affligés. Chap. A'A'.V. ' Et maintenant !... je suis la risée de plus jeunes que moi, De ceux dont je dédaignais de mettre les pères Parmi les chiens de mon troupeau. -Mais à quoi me servirait la force de leurs mains .'' Ils sont incapables d'atteindre la vieillesse. ■^Desséchés par la misère et la faim, Ils fuient dans les lieux arides. Depuis longtemps abandonnés et déserts ; ■*Ils arrachent près des arbrisseaux les herbes sauvages. Et ils n'ont pour pain que la racine des genêts. ^On les chasse du milieu des hommes. On crie après eux comme après des voleurs. ''Ils habitent dans d'affreuses vallées. Dans les cavernes de la terre et dans les rochers ; "Ils hurlent parmi les buissons. Ils se rassemblent sous les ronces. * Etres vils et mé])risés. On les repousse du pays. ^Et maintenant, je suis l'objet de leurs chansons. Je suis en butte à leurs propos. '"Ils ont horreur de moi, ils se détournent. Ils me crachent au visage. "Ils n'ont plus de retenue et ils m'humilient, Ils rejettent tout frein devant moi. **Ges misérables se lèvent à ma droite et me poussent les pieds, Ils se fraient contre moi des sentiers pour ma ruine ; *^Ils détruisent mon propre sentier et travaillent à ma perte, Eux à qui personne ne viendrait en aide ; "Ils arrivent comme par une large brèche, Ils se précipitent sous les craquements. '^Les terreurs m'assiègent ; Ma gloire est emportée comme par le vent. Mon bonheur a passé comme un nuage. "Et maintenant, mon àme s'épanche en mon sein. Les jours de la souffrance m'ont saisi. ''La nuit me perce et m'arrache les os, La douleur qui me ronge ne se donne aucun repos. fl. On de l'arrièro-saison, en mars et avril. 604 JOB. Chap. 30.is-3l,i. "Par la violence du mal mon vêtement jjerd sa forme". Il se colle à mon corps comme ma tunitjue. ''Dieu m'a jeté clans la boue, Et je ressemble à la poussière et à la cendre. -"Je crie vers toi, et tu ne me réponds pas ; Je me tiens debout, et tu me lances ton regard. -'Tu deviens cruel contre moi, Tu me combats avec la force de ta main. '-'Tu me soulèves, tu me fais voler au-dessus du vent. Et tu m'anéantis au hi iiit de la tempête. '-'Car, je le sais, tu me mènes à la mort, Au rendez-vous de tous les vivants. ^*Mais celui qui va périr n'étend-il pas les mains ? Celui cjui est dans le malheur n'implore-t-il pas du secours ? -^N'avais-je pas des larmes pour Tinfortuné ? Mon cœur n'avait-il pas pitié de l'indigent ? '^^J'attendais le bonheur, et le malheur est arrivé; J'espérais la lumière, et les ténèbres sont venues. -'Mes entrailles bouillonnent sans relâche. Les jours de la calamité m'ont surpris. -"Je marche noirci, mais non par le soleil; Je me lève en pleine assemblée, et je crie. '-"Je suis devenu le frère des chacals, Le compagnon des autruches*. ^"Ma peau noircit et tombe, Mes os brûlent et se dessèchent. ^'Ma harpe n'est plus qu'un instrument de deuil. Et mon chalumeau ne peut rendre que des sons plaintifs. Chop. XXXI. 'J'avais fait im pacte aA^ec mes yeux, Et je n'aurais pas arrêté mes regards sur une vierge. -Quelle part Dieu m'eût-il réservée d'en haut ? Quel héritage le Tout-Puissant m'eût-il envoyé des cieux ? •'La ruine n'est-elle pas pour le méchant. Et le malheur pour ceux qui commettent l'iniquité ? *Dieu n'a-t-il pas connu mes voies ? N'a-t-il pas compté tous mes pas ? ^Si j'ai marché dans le mensonge. Si mon pied a couru vers la fraude, *(^ue Dieu me jièse dans des balances justes. Et il reconnaîtra mon intégrité ! "Si mon pas s'est détourné tlu droit chemin. Si mon cœur a suivi mes yeux, u. \x vùtiMiienl de dessus, ou manteau, loriiiiiit par sou «uiplrur dos replis ondoyants sur di's ineiubros Siiins ft vigoureux; la tunique, ou vêtement de dessous, était serrée autour du eorps par une ceinture. h. Les chm-als. les autruches, animaux qui poussent des cris plaintifs. 60:j 3:) Chap. 81,8-28. JOB. Si quelque souillure s'est attachée à mes mains, '^Que je sème et qu'un autre moissonne, Et que mes rejetons soient déracinés ! ^Si mon cœur a été séduit par une femme, Si j'ai fait le guet à la porte de mon prochain, '"Que ma femme tourne la meule pour un autre", Et que d'autres la déshonorent ! " Car c'est un crime, Un forfait que punissent les juges ; '-C'est un feu qui dévore jusqu'à la ruine. Et qui aurait détruit toute ma richesse. "Si j'ai méprisé le droit de mon serviteur ou de ma servante, Lorsqu'ils étaient en contestation avec moi, '■•Qu'ai-je à faire, quand Dieu se lève ? Qu'ai-je à répondre, quand il châtie ? [créé ? '^ Celui qui m'a créé dans le ventre de ma mère ne l'a-t-il pas Le même Dieu ne nous a-t-il pas formés dans le sein maternel ? '^Si j'ai refusé aux pauvres ce qu'ils demandaient. Si j'ai fait languir les yeux de la veuve, '^Si j'ai mangé seul mon pain. Sans que l'orphelin en ait eu sa part, '*Moi qui l'ai dès ma jeunesse élevé comme un père. Moi qui dès ma naissance ai soutenu la veuve ; '"Si j'ai vu le malheureux manquer de vêtements. L'indigent n'avoir point de couverture, -"Sans que ses reins m'aient béni, Sans qu'il ait été réchauffé par la toison de mes agneaux, *'Si j'ai levé la main contre l'orphelin, Parce que je me sentais un appui dans les juges ; *^Que mon épaule se détache de sa jointure, Que mon bras tombe et qu'il se brise ! ^'Car les châtiments de Dieu m'épouvantent. Et je ne puis rien devant sa majesté. ^*Si j'ai mis dans l'or ma confiance. Si j'ai dit à l'or : Tu es mon espoir ; -^Si je me suis réjoui de la grandeur de mes biens, De la quantité des richesses que j'avais acquises, *^Si j'ai regardé le soleil quand il brillait, La lune quand elle s'avançait majestueuse, *'Et si mon cœur s'est laissé séduire en secret. Si ma main s'est portée sur ma bouche*; **C'est encore un crime que doivent punir les juges. Et j'aurais renié le Dieu d'en haut ! fl. C'est-à-dire, devienne la servante d'nn autre. b. Pour jeter un baiser en signe d'amour ou d'adoration. 606 JOB. Chap. 31,29-32,6. *^Si j'ai été joyeux du malheur de mon ennemi, Si j'ai sauté d'allégresse quand les revers l'ont atteint, '"Moi qui n'ai pas permis à ma langue de pécher, De demander sa mort avec imprécation ; ''Si les gens de ma tente ne disaient pas : Où est celui qui n'a pas été rassasié de sa viande ? '-Si l'étranger passait la nuit dehors. Si je n'ouvrais jias ma jiorte au voyageur; "Si, comme les hommes, j'ai caché mes transgressions, Et renfermé mes iniquités dans mon sein, '••Parce que j'avais peur de la multitude. Parce que je craignais le mépris des familles. Me tenant à l'écart et n'osant franchir ma porte... — - '^Oh ! qui me fera trouver quelqu'un qui m'écoute ? Voilà ma défense toute signée : Que le Tout-Puissant me réponde ! Qui me donnera la plainte écrite par mon adversaire ? '*Je porterai son écrit sur mon épaule, Je l'attacherai sur mon front comme une couronne ; '"Je lui rendrai compte de tous mes pas. Je m'approcherai de lui comme un prince. — "*Si ma terre crie contre moi, Et que ses sillons versent des larmes ; "Si j'en ai mangé le produit sans l'avoir payée, Et que j'aie attristé l'àme de ses anciens maîtres ; *''Qu'il y croisse des épines au lieu de froment. Et de l'ivraie au lieu d'orge ! Fin des paroles de Joh. Discours d Eliliu. Chap. XXXII. *Ces trois hommes moins ils condamnaient Joh. ^Comme cessèrent de répondre à Job, parce ils étaient plus âgés que lui, Elihu qu'il se regardait comme juste. avait attendu jusqu'à ce moment pour *Alors s'enflamma de colère Elihu, parler à Job. ^Mais, voyant qu'il n'y fils de Barakeel de Buz", de la famille avait plus de réponse dans la bouche de Ram. Sa colère s'enflamma contre de ces trois hommes, Elihu s'en- Job, [larce qu'il se disait juste tlevant flamma de colère. Dieu. 'Et sa colère s'enflamma contre ses trois amis, parce qu'ils ne trou- ^¥X Elihu, fds de Barakeel de Buz, valent rien à répondre et que néan- prit la ])arolc et dit : Je suis jeune, et vous êtes des vieillards ; C'est pourquoi j'ai craint, j'ai redouté De vous faire connaître mon sentiment. a. Buz. contrée de l'Arabie Déserte, voisine de celle d'Uts. 607 Chap. 32,i-S3,e. JOB. 'Je disais en moi-même : Les jours parleront, Le grand nombre des années enseignera la sagesse. ^Mais en réalité, dans l'homme, c'est l'esprit, Le soiitOe du Tout-Puissant, qui donne l'intelligence; 'Ce n'est pas l'âge qui procure la sagesse, Ce n'est pas la vieillesse qui rend capable de juger. '"Voilà pourquoi je dis : Ecoute ! Moi aussi, j'exposerai ma pensée. "J'ai attendu la fin de vos discours. J'ai suivi vos raisonnements. Votre examen des paroles de Job. '-Je vous ai donné toute mon attention; Et voici, aucun de vous ne l'a convaincu. Aucun n'a réfuté ses paroles. '■'Ne dites pas cependant : En lui nous avons trouvé la sagesse; C'est Dieu qui peut le confondre, ce n'est pas un homme ! '^11 ne s'est pas adressé directement à moi : Aussi lui répondrai-je tout autrement que vous. '^Ils ont peur, ils ne répondent plus ! Ils ont la parole coupée ! '^J'ai attendu qu'ils eussent fini leurs discours, Qu'ils s'arrêtassent et ne sussent que répliquer. '"A mon tour, je veux répondre aussi. Je veux dire aussi ce que je pense. '*Car je suis plein de paroles. L'esprit me presse au dedans de moi ; "Mon intérieur est comme un vin qui n'a ])as d'issue. Comme des outres neuves qui vont éclater. ^"Je parlerai pour respirer à l'aise, J'ouvrirai mes lèvres et je répondrai. -'Je n'aurai point égard à l'apparence. Et je ne flatterai personne ; "Car je ne sais pas flatter : Mon créateur m'enlèverait bien vite. Chap. XXXIII. 'Maintenant donc. Job, écoute mes discours, Prête l'oreille à toutes mes paroles ! -Voici, j'ouvre la bouche. Ma langue se remue dans mon palais. 'C'est avec droiture de cœur que je vais parler, C'est la vérité pure qu'exprimeront mes lèvres : ^ L'esprit de Dieu m'a créé. Et le souffle du Tout-Puissant m'anime. , ^Si tu le peux, réponds-moi, \'^v Défends ta cause, tiens-toi prêt ! ^Devant Dieu je suis ton semblable, 608 JOB. Chap.SS,i-T,. J'ai été comme toi formé de la l)Oue ; "Ainsi mes terreurs ne te troubleront pas, Et mon poids ne saurait t'accabler. *Mais tu as dit à mes oreilles, Et j'ai entendu le son de tes paroles : *Jesuis pur, je suis sans péché, Je suis net, il n'y a point en moi d'iniquité. '"Et Dieu trouve contre moi des motifs de haine, Il me traite comme son ennemi ; "Il met mes pieds dans les ceps, Il surveille tous mes mouvements. — '*Je te répondrai qu'en cela tu n'as pas raison, Car Dieu est plus grand que l'homme. '■''Veux-tu donc disputer avec lui. Parce qu'il ne rend aucun compte de ses actes ? '^Dieu i^arle cependant, tantcH d'une manière. Tantôt d'une autre, et l'on n'y prend point garde. '^11 parle par des songes, par des visions nocturnes. Quand les hommes sont livrés à un profond sommeil. Quand ils sont endormis sur leur couche. '"Alors il leur donne des avertissements Et met le sceau à ses instructions, '"Afin de détourner l'homme du mal Et de le préserver de l'orgueil, '*Afin de garantir son àme de la fosse Et sa vie des coups du glaive. "Par la douleur aussi l'homme est repris sur sa couche. Quand une lutte continue vient agiter ses os. *" Alors il prend en dégoût le pain, Même les aliments les plus exquis; -' Sa chair se consume et dis])araît. Ses os qu'on ne voyait pas sont mis à nu; "Son àme s'approche de la fosse. Et sa vie des messagers de la mort. -'iMais s'il se trouve pour lui un ange intercesseur, Un d'entre les mille Qui annoncent à l'homme la voie qu'il doit suivre, -^Dieu a compassion de lui et dit à l'ange : Délivre-le, afin cju'il ne descende ])as dans la fosse ; J'ai trouvé une rançon ! -Mît sa chair a plus de fraîcheur cpiau premier âge, Il revient aux jours de sa jeunesse. -"Il adresse à Dieu sa prière; et Dieu lui est propice. Lui laisse voir sa face avec joie. Et lui rend son innocence. -"Il chante devant les hommes el dit : tSUU Chap. 33,^8-84,15. JOB. J'ai péché, j'ai violé la justice, Et je n'ai pas été puni comme je le méritais; -•^Dieu a délivré mon àme pour qu'elle n'entrât pas dans la fosse, Et ma vie s'épanouit à la lumière ! — - -^Voilà tout ce que Dieu fait. Deux fois, trois fois, avec l'homme, ^"Pour ramener son âme de la fosse. Pour l'éclairer de la lumière des vivants. ^'Sois attentif. Job, écoute-moi ! Tais-toi, et je parlerai ! ^'Si tu as quelque chose à dire, réponds-moi ! Parle, car je voudrais te donner raison. ^''Si tu n'as rien à dire, écoute-moi ! Tais-toi, et je t'enseignerai la sagesse. Chap. AX\7T: 'Élihu reprit et dit : ^Sages, écoutez mes discours ! Vous qui êtes intelligents, prêtez-moi l'oreille ! ^Gar l'oreille discerne les paroles. Comme le palais savoure les aliments. ^Choisissons ce qui est juste. Voyons entre nous ce qui est bon. ^Job dit : Je suis innocent. Et Dieu me refuse justice ; ^J'ai raison, et je passe pour menteur; Ma plaie est douloureuse, et je suis sans péché. — ^Y a-t-il un homme semblable à Job, Buvant la raillerie comme l'eau, •* Marchant en société de ceux qui font le mal. Cheminant de pair avec les impies ? 'Car il a dit : Il est inutile à l'homme De mettre son plaisir en Dieu. '"Ecoutez-moi donc, hommes de sens ! Loin de Dieu l'injustice, Loin du Tout-Puissant l'iniquité ! "Il rend à l'homme selon ses œuvres. Il rétribue chacun selon ses voies. '*Non certes, Dieu ne commet pas l'iniquité ; Le Tout-Puissant ne viole pas la justice. '^Qui l'a chargé de gouverner la terre ? Qui a confié l'univers à ses soins ? "S'il ne pensait qu'à lui-même. S'il retirait à lui son esprit et son souffle, '^Toute chair périrait soudain. Et l'homme rentrerait dans la poussière. 610 JOB. Chajj. 34,16-37. '"Si tu as de rintelligencc, écoute ceci, Prête l'oreille au son de mes paroles ! ''Un ennemi de la justice régnerait-il ? Et condamneras-tu le juste, le puissant, '^Qui proclame la méchanceté des rois Et l'iniquité des princes, 'H^ui n'a point égard à l'apparence des grands Et ne distingue pas le riche du pauvre. Parce que tous sont l'ouvrage de ses mains ? -"En un instant, ils perdent la vie ; Au milieu de la nuit, un jieuple chancelle et jiérit; Le puissant disparaît, sans la main d'aucun homme. *'Car Dieu voit la conduite de tous, Il a les regards sur les pas de chacun. ^^11 n'y a ni ténèbres ni ombre de la mort. Où puissent se cacher ceux qui commettent l'iniquité. **Dieu n'a pas besoin d'observer longtemps. Pour qu'un homme entre en jugement avec lui; -■•Il brise les grands sans information. Et il en met d'autres à leur place ; -^Car il connaît leurs œuvres. Il les renverse de nuit, et ils sont écrasés ; **11 les frappe comme des impies, A la face de tous les regards. -'En se détournant de lui. En abandonnant toutes ses voies, -'Ils ont fait monter à Dieu le cri du pauvre. Ils l'ont rendu attentif au cri des malheureux. ^^S'il donne le repos, qui répandra le trouble ? S'il cache sa face, qui pourra le voir ? Il traite à l'égal soit une nation, soit un homme, ^"Afin que l'impie ne domine plus. Et qu'il ne soit plus un piège pour le peuple. ^'Car a-t-il jamais dit à Dieu : J'ai été châtié, je ne pécherai plus ; '-Montre-moi ce que je ne vois pas ; Si j'ai commis des injustices, je n'en commettrai plus ? ^'Est-ce d'après toi que Dieu rendra la justice ? C'est toi qui rejettes, qui choisis, mais non pas moi. Ce que tu sais, dis-le donc ! '■•Les hommes de sens seront de mon avis. Le sage qui m'écoute pensera comme moi. '^Job parle sans intelligence, Et ses discours manquent de raison. 'M^u'il continue donc à être éprouvé, Puisqu'il répond comme font les méchants ! '■'Car il ajoute à ses fautes de nouveaux péchés ; 611 Chap.S5,i-S0,k. JOB. Il bat des mains au milieu de nous, Il multiplie ses paroles contre Dieu. Chop. .YA'A'T'. 'Élihu reprit et dit : ^Imagines-tu avoir raison, Penses-tu te justifier devant Dieu, ^ Quand tu dis : Que me sert-il. Que me revient-il de ne pas pécher ? ''C'est à toi que je vais répondre, Et à tes amis en même temps. ^Considère les cieux, et regarde ! Vois les nuées, comme elles sont au-dessus de toi ! *Si tu pèches, quel tort lui causes-tu ? Et quand tes péchés se multiplient, que lui fais-tu ? 'Si tu es juste, que lui donnes-tu ? Que reçoit-il de ta main ? ''Ta méchanceté ne ])eut nuire qu'à ton semblable. Ta justice n'est utile qu'au fils de l'homme. *0n crie contre la multitude des oppresseurs. On se plaint de la violence d'un grand nombre ; '"Mais nul ne dit : Où est Dieu, mon créateur. Qui inspire des chants d'allégresse pendant la nuit", "Qui nous instruit plus que les bétes de la terre. Et nous donne l'intelligence plus qu'aux oiseaux du ciel ? '^On a beau crier alors, Dieu ne répond ])as, A cause de l'orgueil des méchants. '^ C'est en vain que l'on crie, Dieu n'écoute pas. Le Tout-Puissant n'y a point égard. '■•Bien que tu dises que tu ne le vois pas. Ta cause est devant lui : attends-le ! '^Mais, parce que sa colère ne sévit point encore, Ce n'est pas à dire qu'il ait peu souci du crime. '^ Ainsi Job ouvre vainement la bouche, Il multiplie les paroles sans intelligence. Chap. A'AA'TY. 'Elihu continua et dit : ^Attends un peu, et je vais poursuivre. Car j'ai des paroles encore pour la cause de Dieu. ^Je prendrai mes raisons de haut, Et je prouverai la justice de mon créateur. ■'Sois-en sur, mes discours ne sont pas des mensonges, Mes sentiments devant toi sont sincères. rt. Vt'nJani la nuit, c'est-à-dire : au milieu de l'adversité. G12 JOB. CluiJ). '30,:>-25. ^Dieu est puissant, niais il ne rejette personne; Il est puissant par la forée de son intelligence. ^11 ne laisse pas vivre le méchant, Et il fait droit aux malheureux. 'Il ne détourne pas les yeux de dessus les justes. Il les place sur le trône avec les rois, 1! les y fait asseoir pour toujours, afin qu'ils soient élevés. ""Viennent-ils à tomher dans les chaînes". Sont-ils pris dans les liens de l'adversité, ^11 leur dénonce leurs œuvres. Leurs transg'ressions, leur orgueil ; *"I1 les avertit pour leur instruction, Il les exhorte à se détourner de l'iniquité. "S'ils écoutent et se soumettent. Us achèvent leurs jours dans le honheur, Leurs années dans la joie. '"-S'ils n'écoutent pas, ils périssent par le glaive, Ils expirent dans leur aveuglement. '^Les impies se livrent à la colère. Ils ne crient pas à Dieu quand il les enchaîne ; '''Ils perdent la vie dans leur jeunesse. Ils meurent comme les débauchés. '^Mais Dieu sauve le malheureux dans sa misère, Et c'est par la souffrance qu'il l'avertit. '*I1 te retirera aussi de la détresse. Pour te mettre au large, en pleine liberté. Et ta table sera chargée de mets succulents. '"Mais si tu défends ta cause comme un impie. Le châtiment est inséparable de ta cause. '*Que l'irritation ne t'entraîne pas à la moquerie, , Et que la grandeur de la rançon ne te fasse pas dévier. "Tes cris suffiraient-ils pour te sortir d'angoisse. Et même toutes les forces que tu pourrais déployer ? -"Ne soupire pas après la nuit. Qui enlève les peuples de leur place. -'Garde-toi de te livrer au mal. Car la souffrance t'y dispose. --Dieu est grand par sa puissance ; Qui saurait enseigner comme lui? "Qui lui prescrit ses voies ? Qui ose dire : Tu fais mal? -■'Souviens-toi d'exalter ses œuvres. Que célèbrent tous les hommes. -^Tout homme les conteni|)le, Chacun les \()il de loin. a. Dam tes chaînes, dans le malheur. 613 Chap. S6, '26-37, 15. JOB. -^Dieu est grand, mais sa grandeur nous échappe, Le nombre de ses années est impénétrable. -'Il attire à lui les gouttes d'eau. Il les réduit en vapeur et forme la pluie ; '-''Les nuages la laissent couler. Ils la répandent sur la ioule des hommes. -^Et qui comprendra le déchirement de la nuée, Le fracas de sa tente ? ^"Voici, il étend autour de lui sa lumière, Et il se cache jusque dans les profondeurs de la mer. •■^'Par ces moyens il juge les peuples. Et il donne la nourriture avec abondance. ^-11 prend la lumière dans sa main, 11 la dirige sur ses adversaires. ■"Il s'annonce par un grondement; Les troupeaux pressentent son approche. Chap. XXXVII. 'Mon cœur est tout tremblant, Il bondit hors de sa place. -Écoutez, écoutez le frémissement de sa voix, Le grondement qui sort de sa bouche ! ''Il le fait rouler dans toute l'étendue des cieux. Et son éclair brille jiiscju'aux extrémités de la terre. 'Puis éclate un rugissement : il tonne de sa voix majestueuse; Il ne retient plus l'éclair, dès que sa voix retentit. ^Dieu tonne avec sa voix d'une manière merveilleuse; Il fait de grandes choses que nous ne comprenons pas. ^ 11 dit à la neige : Tombe sur la terre ! Il le dit à la pluie, même aux plus fortes pluies. 'Il met un sceau sur la main de tous les hommes. Afin que tous se reconnaissent comme ses créatures. ^L'animal sauvage se retire dans une caverne. Et se couche dans sa tanière. 'L'ouragan vient du midi. Et le froid, des vents du nord. '"Par son souffle Dieu produit la glace. Il réduit l'espace où se répandaient les eaux. " Il charge de vapeurs les nuages. Il les disperse étincclants ; '-Leurs évolutions varient selon ses desseins, Pour l'accomplissement de tout ce qu'il leur ordonne. Sur la face de la terre habitée ; '^G'est comme une verge dont il frap])e sa terre. Ou comme un signe de son amour, qu'il les fait apparaître. 'Mob, sois attentif à ces choses ! Considère encore les merveilles de Dieu ! '^Sais-tu comment Dieu les dirige, Et fait briller son nuage étincelant? 614 JOB. Chnp. 87,16-88.12. '* Comprends-tu le balancement des nuées, Les merveilles de celui dont la science est parfaite? '"Sais-tu pourquoi tes vêtements sont chauds, Quand la terre se repose par le vent du midi? '* Peux-tu comme lui étendre les cieux. Aussi solides qu'un miroir de fonte? "Fais-nous connaître ce que nous devons lui dire ; Nousijommes trop ignorants pour nous adresser à lui. -"Lui annoncera-t-on que je parlerai? Mais quel est l'homme qui désire sa perte? '-'On ne peut fixer le soleil qui resplendit dans les cieux, Lorsqu'un vent passe et en ramène la pureté ; "Le septentrion le rend éclatant comme l'or. Oh ! que la majesté de Dieu est redoutable ! -'Nous ne saurions parvenir jusqu'au Tout-Puissant, Grand par la force, Par la justice, par le droit souverain : Il ne répond pas ! -*C'est pourquoi les hommes doivent le craindre; Il ne porte les regards sur aucun sage. Réponse de lElerncl à Job. Chap. XXXVIII. ' L'Éternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit : -Qui est celui qui obscurcit mes desseins Par des discours sans intelligence? ■^Ceins tes reins comme un vaillant homme; Je t'interrogerai, et tu m'instruiras. *0ù étais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le, si tu as de l'intelligence. ^Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu? Ou qui a étendu sur elle le cordeau ? ''Sur quoi ses bases sont-elles appuyées? Ou qui en a posé la pierre angulaire, ; "Alors que les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse, Et que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie ? '*Qui a fermé la mer avec des portes. Quand elle s'élança du sein maternel ; "Quand je fis de la nuée son vêtement. Et de l'obscurité ses langes ; '"Quand je lui imposai ma loi, Et que je lui mis des barrières et des portes ; "Quand je dis : Tu viendras jusqu'ici, tu n'iras pas au delà; Ici s'arrêtera l'orjïueil de tes flots? O" '-Depuis que tu existes, as-tu commandé au matin? As-tu montré sa place à l'aurore, 615 Chap. 38, 13-3-2. JOB. '^Pour qu'elle saisisse les extrémités de la terre, Et que les méchants en soient secoués" ; '^Pourque la terre se transforme comme l'argile qui reçoit une Et qu'elle soit parée comme d'un vêtement* ; [empreinte, '^Pour que les méchants soient privés de leur lumière^, Et que le bras qui se lève soit brisé ? *"As-tu pénétré jusqu'aux sources de la mer ? T'es-tu promené dans les profondeurs de l'abîme? ''Les portes de la mort t'ont-elles été ouvertes? As-tu vu les portes de l'ombre de la mort ? '*As-tu embrassé du regard l'étendue de la terre ? Parle, si tu sais toutes ces choses. "Où est le chemin qui conduit au séjour de la lumière? Et les ténèbres, où ont-elles leur demeure? -"Peux-tu les saisir à leur limite. Et connaître les sentiers de leur habitation? -'Tu le sais, car alors'' tu étais né, Et le nombre de tes jours est grand ! *- Es-tu parvenu jusqu'aux amas de neige ? As-tu vu les dépôts de grêle, -■\)ue je tiens en réserve pour les temps de détresse. Pour les jours de guerre et de bataille ? ^*Par quel chemin la lumière se divise-t-elle. Et le vent d'orient se répand-il sur la terre ? -^Qui a ouA^ert un passage à la pluie. Et tracé la route de l'éclair et du tonnerre, '-^Pour que la pluie tombe sur une terre sans habitants. Sur un désert où il n'y a point d'hommes ; -'Pour qu'elle abreuve les lieux solitaires et arides. Et qu'elle fasse germer et sortir l'herbe ? -*La pluie a-t-elle un père? Qui fait naître les gouttes de la rosée? '-^Du sein de qui sort la glace. Et qui enfante le frimas du ciel, ^"Pour que les eaux se cachent comme une pierre, Et que la surface de l'abîme soit enchaînée ? ^'Noues-tu les liens des Pléiades, Ou détaches-tu les cordages de l'Orion"? ^-Fais-tu paraître en leur temps les signes du zodiaque. Et conduis-tu la Grande Ourse avec ses petits/? n. La terre est représentée eomme un tapis, que secoue l'aurore pour mettre en fuite les méchants. b. Pen- dant l'obscurité de la nuit, la terre est sans l'orme; mais la lumière du jour rend visibles les objets, qui en deviennent comme le vêtement. c. La lumicre îles méchants, les ténèbres, qui favorisent leur audace. d. .■ilois. quand une demeure fut assignée à la lumière et aux ténèbres. c. Est-ce loi qui maintiens à leur distance res- pective les étoiles qui forment la constellation des Pléiades et celle de l'Orion ? f. Ses petits, les étoiles qui forment la queue de la Grande Ourse. 616 JOB. Cliap. 3(S,33-S9,i5. '^Connais-tu les lois du ciel? Hègles-tu son pouvoir sur la terre ? '*Elèves-tu la voix jusqu'aux nuées, Pour appeler à toi des torrents d'eaux? ^^ Lances-tu les éclairs? partent-ils? Te disent-ils : Nous voici? ''Qui a mis la sagesse dans le cœur, Ou qui a donné l'intelligence à l'esprit? ''(^ui peut avec sagesse compter les nuages. Et verser les outres des cieux, '^Pour fpie la poussière se mette à ruisseler, Et que les mottes de terre se collent ensemble ? Chop. XXXIX. 'Chasses-tu la proie pour la lionne, Et ajjaises-tu la faim des lionceaux, -Ouand ils sont couchés dans leur tanière. Quand ils sont en embuscade dans leur repaire? "Qui prépare au corbeau sa pâture, 'Quand ses petits crient vers Dieu, Quand ils sont errants et affamés ? *Sais-tu quand les chèvres sauvages font leurs petits? Observes-tu les biches cjuand elles mettent bas? ^Comptes-tu les mois pendant lesquels elles portent. Et connais-tu l'époque où elles enfantent? 'Elles se courbent, laissent écliapper leur progéniture. Et sont délivrées de leurs douleurs. 'Leurs petits prennent de la vigueur et grandissent en plein air. Ils s'éloignent et ne reviennent plus auprès d'elles. *Qui met en liberté l'àne sauvage. Et l'affranchit de tout lien ? 'J'ai fait du désert son habitation, De la terre salée sa demeure. '"Il se rit du tumulte des villes. Il n'entend pas les cris d'un maître. "II parcourt les montagnes pour trouver sa pâture. Il est à la recherche de tout ce qui est vert. '-Le buffle veut-il être à ton service? Passe-t-il la nuit vers ta crèche ? "L'attaches-tu par une corde pour qu'il trace un sillon? Va-t-il après toi briser les mottes des vallées? '*Te reposes-tu sur lui, parce que sa force est grande? Lui abandonnes-tu le soin de tes travaux? '^Te lies-tu à lui pour la rentrée de ta récolte? Est-ce lui qui doit l'amasser dans ton aire ? 617 Chap. 89,16-35. JOB. "'L'aile de raulruche se déploie joyeuse ; On dirait l'aile, le plumage de la cigogne ". "Mais l'autruche abandonne ses œufs à la terre, Et les fait chauffer sur la poussière ; '*ElIe oublie que le pied peut les écraser. Qu'une bête des champs peut les fouler. [elle; *'Elle est dure envers ses petits comme s'ils n'étaient point à Elle ne s'inquiète pas de l'inutilité de son enfantement. -"Car Dieu lui a refusé la sagesse. Il ne lui a pas donné l'intelligence en partage. -'Quand elle se lève et prend sa course, Elle se rit du cheval et de son cavalier. --Est-ce toi qui donnes la vigueur au cheval, Et qui revêts son cou d'une crinière flottante ? -^Le fais-tu bondir comme la sauterelle? Son fier hennissement répand la terreur. ^^11 creuse le sol et se réjouit de sa force, Il s'élance au-devant des armes ; ^^11 se rit de la crainte, il n'a pas peur. Il ne recule pas en face de l'épée. -"Sur lui retentit le carquois. Brillent la lance et le javelot. -'Bouillonnant d'ardeur, il dévore la terre. Il ne peut se contenir au bruit de la trompette. -•* Quand la trompette sonne, il dit : En avant ! Et de loin il flaire la bataille, La voix tonnante des chefs et les cris de guerre. O' -"Est-ce par ton intelligence que l'épervier prend son vol. Et qu'il étend ses ailes vers le midi ? '"Est-ce par ton ordre que l'aigle s'élève, Et qu'il place son nid sur les hauteurs ? ''C'est dans les rochers qu'il habite, qu'il a sa demeure, Sur la cime des rochers, sur le sommet des monts. '-De là il épie sa proie. Il plonge au loin les regards. "Ses petits boivent le sang; Et là où sont des cadavres, l'aigle se trouve. '*L'Eternel, s'adressant à Job, dit : '^ Celui qui dis]iute contre le Tout-Puissant est-il convaincu ? Celui qui conteste avec Dieu a-t-il une réplique à faire ? a. La cigojfue, semblable à l'autruche pur le plumage, en diffèi-e spécialement sous le rapport de la ten- dresse pour ses petits. 618 JOB. Chap. S9,jo-i0,io. '^Job répondit à l'Éternel et dit : ^"Voici, je suis trop peu de chose ; que te répli(pierais-je :' Je mets la main sur ma bouche. '''J'ai parlé une fois, je ne répondrai plus; Deux fois, je n'ajouterai rien. Chap. XL. 'L'Eternel répondit à Job du milieu de la tempête et dit : ^Ceins tes reins comme un vaillant homme; Je t'interrogerai, et tu m'instruiras. ^Anéantiras-tu jusqu'à ma justice ? Me condamneras-tu pour te donner droit? ■*As-tu un bras comme celui de Dieu, Une voix tonnante comme la sienne ? ^Orne-toi de magnificence et de grandeur. Revêts-toi de splendeur et de gloire ! Tlépands les flots de ta colère. Et d'un regard abaisse les hautains ! ^D'un regard humilie les hautains, Ecrase sur place les méchants, * Cache-les tous ensemble dans la poussière, Enferme leur front dans les ténèbres ! 'Alors je rends hommage A la puissance de ta droite. '"Voici l'hippopotame, à qui j'ai donné la vie comme à toi ! 11 mange de l'herbe comme le bœuf. "Le voici ! Sa force est dans ses reins, Et sa vigueur dans les muscles de son ventre ; '-11 plie sa queue aussi ferme qu'un cèdre ; Les nerfs de ses cuisses sont entrelacés ; '^Ses os sont des tubes d'airain. Ses membres sont comme des barres de fer. '"•Il est la première des œuvres de Dieu ; Celui qui l'a fait l'a pourvu d'un glai\'e ". '^11 trouve sa pâture dans les montagnes, Où se jouent toutes les bêtes des champs. 'Ml se couche sous les lotus. Au milieu des roseaux et des marécages ; *'Les lotus le couvrent de leur ombre. Les saules du torrent l'environnent. '*Que le fleuve vienne à débor^-ler, il ne s'enfuit pas : Que le Jourdain * se précipite dans sa gueule, il reste calme. '^Est-ce à force ouverte (ju'on pourra le saisir? Est-ce au moyen de filets qu'on lui percera le nez? a. D un i^laive, soit d't'normes dents ou défenses. b. Le Ji'urdain, expression qui doit s entendre d'une rivière (luekonquc ; car il n'y a pas d hippopotame dans le Joiirdiun. 619 Chap. 40,^-41,11,. JOB. -"Prendras-tu le crocodile à riiameçon ? Saisiras-tu sa langue avec une corde ? ^'Mettras-tu un jonc dans ses narines ? Lui perceras-tu la mâchoire avec un crochet ? "Te pressera-t-il de supplications ? Te parlera-t-il d'une voix douce ? *^Fera-t-il une alliance avec toi, Pour devenir à toujours ton esclave ? -■' Joueras-tu avec lui comme avec un oiseau ? L'attacheras-tu pour amuser tes jeunes fdles ? ^^Les pêcheurs" en trafiquent-ils ? Le partagent-ils entre les marchands ? *^ Couvriras-tu sa peau de dards, Et sa tète de harpons ? -'Dresse ta main contre lui. Et tu ne t'aviseras plus de l'attaquer. "-"Voici, on est trompé dans son attente ; A son seul aspect n'est-on |)as terrassé ? Cliap. XLT. 'Nul n'est assez hardi pour l'exciter; Qui donc me résisterait en face ? ^De qui suis-je le débiteur? Je le paierai. Sous le ciel tout m'a])partient. *Je veux encore parler de ses membres. Et de sa force, et de la beauté de sa structure. "•Qui soulèvera son vêtement? Qui pénétrera entre ses mâchoires ? M^)ui ouvrira les portes de sa gueule? Autour de ses dents habite la terreur. *Ses magnifiques et puissants boucliers* Sont unis ensemble comme par un sceau ; 'Ils se serrent l'un contre l'autre, Et l'air ne passerait pas entre eux ; *Ce sont des frères qui s'embrassent, Se saisissent, demeurent inséparables. ''Ses éternucments font briller la lumière; Ses yeux sont comme les paupières de l'aurore. '"Des flammes jaillissent de sa bouche, Des étincelles de feu s'en échappent. "Une fumée sort de ses narines. Comme d'un vase qui bout, d'une chaudière ardente. '-Son souffle allume les charbons, Sa gueule lance la flamme. '•^La force a son cou pour demeure, Et l'effroi bondit au-devant de lui. "Ses parties charnues tiennent ensemble. Fondues sur lui, inébranlables. a. Les pêcheurti, hôb. /es associés, b. Bouclier>-j écailles. 620 JOB. Chap. 41,15-42, s. '^Son cœur est dur comme la pierre, Dur comme la meule inférieure. '^ Quand il se lève, les plus vaillants ont peur. Et l'épouvante les fait enfuir. "C'est en vain qu'on l'attaque avec l'épée ; La lance, le javelot, la cuirasse, ne servent à rien. "*I1 regarde le fer comme de la paille, L'airain comme du bois pourri. ''La flèche" ne le met pas en fuite. Les pierres de la fronde sont pour lui du chaume. -"11 ne voit dans la massue qu'un brin de paille. Il rit au sifflement des dards. -' Sous son ventre sont des pointes aiguës : On dirait une herse qu'il étend sur le limon. ^*11 fait bouillir le fond de la mer comme une chaudière. Il l'agite comme un vase rempli de parfums. -^11 laisse après lui un sentier lumineux; L'abîme prend la chevelure d'un vieillard. -••Sur la terre nul n'est son maître ; 11 a été créé pour ne rien craindre. *^I1 regarde avec dédain tout ce qui est élevé. Il est le roi des plus fiers animaux. Hiiniilialion et rejtciitir de Job. Chap. XLII. 'Job répondit à l'Eternel et dit : ^Je reconnais que tu peux tout. Et que rien ne s'oppose à tes pensées. — ^Quel est celui qui a la folie d'obscurcir mes desseins * ? — Oui, j'ai parlé, sans les comprendre. De merveilles qui me dépassent et que je ne conçois pas. — *Ecoute-moi, et je parlerai ; Je t'interrogerai, et tu m'instruiras''. — ^Mon oreille avait entendu parler de toi ; Mais maintenant mon œil t'a vu. ^C'est pourquoi je me condamne et je me repens. Sur la poussière et sur la cendre. Retour de Job à la prospérité. 'Après que l'Eternel eut adressé ces Job. ** Prenez maintenant sept taureaux paroles à Job, il dit à Eliphaz de Thé- et sept béliers, allez auprès de mon nian : Ma colère est enflammée contre serviteur Job, et offrez pour vous un loi et contre tes deux amis, parce que holocauste. Job, mon serviteur, priera vous n'avez pas parlé de moi avec pour vous, et c'est jjar égard pour lui droiture, comme l'a fait mon serviteur seul que je ne vous traiterai pas selon tt. La fîi'che, héb. le /ils de l'arc. b. Paroles de rKteniel, répétées par Job, qui s'en fait l'appliealinn ; voy. iliap. :Î8. c. Autres paroles de rÉtcrnel. 6-21 'lO Chap. 4S,9-n. JOB. votre folie ; car vous n'avez pas parlé de moi avec droiture, comme l'a tait mon serviteur Job. ''Eliphaz de Théman, Bildad de Schuach, et Tsophar de Naama, allè- rent et firent comme l'Eternel leur avait dit ; et l'Éternel eut égard à la prière de Job. '"L'Eternel rétablit Job dans son premier état, quand Job eut prié pour ses amis; et l'Eternel lui accorda le double de tout ce qu'il avait possédé. "Les frères, les sœurs, et les an- ciens amis de Job, vinrent tous le visi- ter, et ils mangèrent avec lui dans sa maison. Ils le jjlaignirent et le conso- lèrent de tous les malheurs que l'Eter- nel avait fait venir sur lui, et chacun lui donna un kesita" et un anneau d'or. '-Pendant ses dernières années, Job reçut de FEteruel plus de bénédictions qu'il n'en avait reçu dans les pre- mières. Il posséda quatorze mille bre- bis, six mille chameaux, mille paires de bœufs, et mille ànesses. '*I1 eut sept fils et trois filles : '*il donna à la première le nom de Jemima, à la se- conde celui de Ketsia, et à la troisième celui de Kéren-Happuc. '^11 n'y avait pas dans tout le pays d'aussi belles femmes que les filles de Job. Leur père leur accorda une part d'héritage parmi leurs frères. "^Job vécut après cela cent quarante ans, et il vit ses fils et les fils de ses fils jusqu'à la quatrième génération. Et Job mourut âgé et rassasié de jours. Kesila, morceau d'or ou d'argent, servant de monnaie. LES PSAUMES LIVRE PREMIER Psaume 1. 'Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants. Oui ne s'arrête pas sur la voie des pécheurs, Et qui ne s'assied pas en compagnie des moqueurs, -Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l'Eternel, Et qui la médite jour et nuit ! ^11 est comme un arbre planté près d'un courant d'eau. Oui donne son fruit en sa saison, Et dont le feuillage ne se flétrit point : Tout ce qu'il fait lui réussit. ""Il n'en est pas ainsi des méchants : Ils sont comme la ])aille cpie le vent dissipe. ^ C'est pourquoi les méchants ne résistent pas au jour du jugement, Ni les pécheurs dans l'assemblée des justes ; *Car l'Eternel connaît la voie des justes, Et la voie des pécheurs mène à la ruine. Psaume 2. 'Pourquoi ce tumulte parmi les nations, Ces vaines pensées parmi les peuples ? -Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils Et les princes se liguent-ils avec eux Contre l'Eternel et contre son oint? — 'Brisons leurs liens, Délivrons-nous de leurs chaînes ! — ^Celui qui siège dans les cicux rit. Le Seigneur se moque d'eux. ^Puis il leur parle dans sa colère, 11 les épouvante dans sa fureur : ^C'est moi qui ai oint mon roi Sur Sion, ma montagne sainte ! 'Je publierai le décret; L'Eternel m'a dit : Tu es mon fds ! Je t'ai engendré aujourd'hui. 623 Ps. 2,8-4,3. PSAUMES. *Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, Les extrémités de la terre pour possession ; ^Tu les briseras avec une verge de fer, Tu les briseras comme le vase d'un potier. '"Et maintenant, rois, conduisez-vous avec sagesse ! Juges de la terre, recevez instruction ! "Servez l'Eternel avec crainte. Et réjouissez-vous avec tremblement. '-Baisez le fils, de peur qu'il ne s'irrite. Et que vous ne périssiez dans votre voie, Car sa colère est prompte à s'enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui ! Psaume 3. 'Psaume de David. A l'occasion de sa fuite devant Absalom, son fils. "0 Eternel, que mes ennemis sont nombreux ! Quelle multitude se lève contre moi ! . 'Combien qui disent à mon sujet : Plus de salut pour lui auprès de Dieu ! — Pause. ■•Mais toi, ô Eternel ! tu es mon bouclier, Tu es ma gloire, et tu relèves ma tète. '^De ma voix je crie à l'Eternel, Et il me répond de sa montagne sainte. — Pause. 'Je me couche, et je m'endors ; Je me réveille, car l'Eternel est mon soutien. 'Je ne crains pas les myriades de peuples. Qui m'assiègent de toutes parts. *Lève-toi Eternel ! sauve-moi, mon Dieu ! Car tu frappes à la joue tous mes ennemis. Tu brises les dents des méchants. 'Le salut est auprès de l'Eternel : Que ta bénédiction soit sur Ion peuple ! — Pause. Psaume 4. 'Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Psaume de David. -Quand je crie, réponds-moi. Dieu de ma justice ! Quand je suis dans la détresse, sauve-moi ! Aie pitié de moi, écoute ma prière ! 'Fils des hommes, jusques à quand ma gloire sera-t-elle outragée Jusques à quand aimerez-vous la vanité, Chercherez-vous le mensonge ? — Pause. 624 PSAUMES. Ps.4,i-5,i2. ^Sachez que l'Éternel s'est choisi un homme pieux; L'Éternel entend, quand je crie à lui. ^Tremblez, et ne péchez point; Parlez en vos cœurs sur votre couche, jjuis taisez-vous. — Pause. ^Offrez des sacrifices de justice ", Et confiez-vous à l'Eternel. "Plusieurs disent : Qui nous fera voir le bonheur? Fais lever sur nous la lumière de ta face, ô Eternel ! •^Tu mets dans mon cœur plus de joie qu'ils n'en ont Quand abondent leur froment et leur moût. '*Je me couche et je m'endors en paix, Car toi seul, ô Éternel ! tu me donnes la sécurité dans ma demeure. Psaume 5. 'Au chef des chantres. Avec les flûtes. Psaume de David. * Prête l'oreille à mes paroles, ô Eternel ! Ecoute mes gémissements ! ^Sois attentif à mes cris, mon roi et mon Dieu ! C'est à toi que j'adresse ma prière. • ••Éternel ! le matin tu entends ma voix ; Le matin je me tourne vers toi, et je regarde. ^Gar tu n'es point un Dieu qui prenne plaisir au mal ; Le méchant n'a pas sa demeure auprès de toi. "Les insensés ne subsistent pas devant tes yeux; Tu hais tous ceux qui commettent l'iniquité. "Tu fais périr les menteurs ; L'Éternel abhorre les hommes de sang et de fraude. ''Mais moi, par ta grande miséricorde, je vais à ta maison, Je me prosterne dans ton saint temple avec crainte. "Éternel ! conduis-moi dans ta justice, à cause de mes ennemis, Aplanis ta voie sous mes pas. '"Car il n'y a point de sincérité dans leur bouche ; Leur cœur est rempli de malice. Leur gosier est un sépulcre ouvert, Et ils ont sur la langue des paroles flatteuses. "Frappe-les comme des coupables, ô Dieu ! Que leurs desseins amènent leur chute ! Précipite-les au milieu de leurs péchés sans nombre ! Car ils se révoltent contre toi. '-Alors tous ceux qui se confient en toi se réjouiront. Ils auront de l'allégresse à toujours, et tu les protégeras ; Tu seras un sujet de joie Pour ceux qui aiment ton nom. a. Seluii Icb ui'dunnuiiccs de lu lui. 625 Ps. 5,13-7,1. PSAUMES. '''Car tu bénis le juste, ô Éternel ! ce comme d Psaume 6. Tu lentourcs de ta grâce comme d'un bouclier. 'Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Sur la harpe à huit cordes Psaume de David. -Eternel ! ne me punis pas dans ta colère, Et ne me châtie pas dans ta fureur. •''Aie pitié de moi, Eternel ! car je suis sans force ; Guéris-moi, Eternel ! car mes os sont tremblants. *Mon âme est toute troublée ; Et toi, Eternel ! juscpies à quand ?... ^Reviens, Eternel ! délivre mon âme; Sauve-moi, à cause de ta miséricorde. ^Car celui qui meurt n'a plus ton souvenir; Qui te louera dans le séjour des morts ? "Je m'épuise à force de gémir; Chaque nuit ma couche est baignée de mes larmes. Mon lit est arrosé de mes pleurs. *J'ai,le visage usé par le chagrin ; Tous ceux (pii me persécutent le font vieillir. ''Eloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal ! Car l'Eternel entend la voix de mes larmes ; '"L'Eternel exauce mes supplications, L'Eternel accueille ma prière. "Tous mes ennemis sont confondus, saisis d'épouvante; Ils reculent, soudain couverts de honte. Psau/iir 7. 'Complainte de David-. Chantée à l'Eternel, au sujet de Cusch, Benjamite. "Eternel, mou Dieu ! je cherche en toi mon refuge; Sauve-moi de tous mes persécuteurs, et délivre-moi, •'Afin qu'il ne me déchire pas, comme un lion Qui dévore sans que personne vienne au secours. ■*Eterncl, mon Dieu ! si j'ai fait cela. S'il y a de rini(:[uité dans mes mains, ^Si j'ai rendu le mal à celui qui était paisible envers moi. Si j'ai dépouillé celui qui m'opprimait sans cause, ^Que l'ennemi me poursuive et m'atteigne. Qu'il foule à terre ma vie. Et (pi'il couche ma gloire dans la poussière ! — Pause. ^Lève-toi, ô Eternel ! dans ta colère. Lève-toi contre la fureur de mes adversaires, , , 626 PSAUMES. Ps. 7,s-8,8. Réveille-toi |)our me secourir, ordonne un jugement ! 'Que l'assemblée des peuples t'environne ! Monte au-dessus d'elle vers les lieux élevés ! "L'Eternel juge les peuples : Rends-moi justice, ô Eternel ! Selon mon droit et selon mon innocence ! Il) Mets un terme à la malice des méchants. Et affermis le juste, Toi qui sondes les cœurs et les reins. Dieu juste ! "Mon houclier est en Dieu, Qui sauve ceux dont le cœur est droit. '^Dieu est un juste juge, Dieu s'irrite en tout temps. ''Si le méchant ne se conA'ertit pas, il aiguise son glaive, 11 bande son arc, et il vise ; '^11 dirige sur lui des traits meurtriers, Il rend ses flèches brûlantes. '^ Voici, le méchant j)répare le mal. Il conçoit l'iniquité, et il enfante le néant. '*11 ouvre une fosse, il la creuse. Et il tombe dans la fosse qu'il a faite. "Son iniquité retombe sur sa tête. Et sa violence redescend sur son front. '^Je louerai l'Éternel à cause de sa justice. Je chanterai le nom de lEternel, du Très-Haut. Psaume 8. 'Au chef des chantres. Sur la guitthith. Psaume de David. -Eternel, notre Seigneur! Q)ue ton nom est magnifique sur toute la terre ! Ta majesté s'élève au-dessus des cieux. ^Par la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle Tu as fondé ta gloire, ]>oiir confondre tes adversaires, Pour im.poser silence à l'ennemi et au vindicatif. ■•Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, La lune et les étoiles que tu as créées : ^Qu'est-ce que l'homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l'homme, pour que tu prennes garde à lui ? ''Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l'as couronné de gloire et de magnificence. 'Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains, Tu as tout mis sous ses pieds, *Les brebis comme les bœufs, 627 Ps. 8,9-9.c. PSAUMES. Et les animaux des champs, ^Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, Tout ce qui parcourt les sentiers des mers. '"Eternel, notre Seigneur ! Que ton nom est magnifique sur toute la terre ! Psaume 9. 'Au chef des chantres. Sur « Meurs pour le fds. » Psaume de David. *Je louerai l'Eternel de tout mon cœur. Je raconterai toutes tes merveilles. ^Je ferai de toi le sujet de ma joie et de mon allégresse, Je chanterai ton nom. Dieu Très-Haut ! *Mes ennemis reculent, Ils chancellent, ils périssent devant ta face. ^Car tu soutiens mon droit et ma cause, Tu sièges sur ton trône en juste juge. *Tu châties les nations, tu détruis le méchant. Tu effaces leur nom pour toujours et à perpétuité. "Plus d'ennemis ! des ruines éternelles ! Des villes que tu as renversées ! Leur souvenir est anéanti. ^L'Eternel règne à jamais, Il a dressé son trône pour le jugement; 'Il juge le monde avec justice, Il juge les peuples avec droiture. '"L'Eternel est un refuge pour l'opprimé, Un refuge au temps de la détresse. "Ceux qui connaissent ton nom se confient en toi. Car tu n'abandonnes pas ceux qui te cherchent, ô Éternel ! '* Chantez à l'Eternel, qui réside en Sion, Publiez parmi les peuples ses hauts faits ! "Car il venge le sang et se souvient des malheureux, Il n'oublie pas leurs cris. '^Aie pitié de moi. Eternel ! Vois la misère où me réduisent mes ennemis. Enlève-moi des portes de la mort, '^Afin que je publie toutes tes louanges, Dans les portes de la fille de Sion, Et que je me réjouisse de ton salut. '*Les nations tombent dans la fosse qu'elles ont faite. Leur pied se prend au filet qu'elles ont caché. ''L'Éternel se montre, il fait justice, 628 PSAUMES. Ps.9,is-t0,ik. Il enlace le méchant dans l'œuvre de ses mains. — Jeu d'instruments Pause. '*Les méchants se tournent vers le séjour des morts, Toutes les nations qui oublient Dieu. '^Gar le malheureux n'est point oublié à jamais, L'espérance des misérables ne périt pas à toujours. ^'Lève-toi, ô Eternel ! Que l'homme ne triomphe pas ! Que les nations soient jugées devant ta face ! *' Frappe-les d'épouvante, ô Eternel ! Que les peuples sachent qu'ils sont des hommes ! — Pause. Psaume 10. 'Pourquoi, ô Eternel ! te tiens-tu éloigné ? Pourquoi te caches-tu au temps de la détresse ? -Le méchant dans son orgueil poursuit les malheureux, Ils sont victimes des trames qu'il a conçues. •''Car le méchant se glorifie de sa convoitise. Et le ravisseur outrage, méprise l'Eternel. ■•Le méchant dit avec arrogance : Il ne punit pas ! Il n'y a point de Dieu ! — • Voilà toutes ses pensées. ''Ses voies réussissent en tout temps ; Tes jugements sont trop élevés ])our l'atteindre. Il souffle contre tous ses adversaires. *11 dit en son cœur : Je ne chancelle pas. Je suis pour toujours à l'abri du uialheur ! "Sa bouche est pleine de malédictions, de tromperies et de fraudes; Il y a sous sa langue de la malice et de l'iniquité. ''Il se tient en embuscade |)rès des villages, Il assassine l'innocent dans des lieux écartés ; Ses yeux épient le malheureux. 'Il est aux aguets dans sa retraite, comme le lion dans sa tanière, Il est aux aguets pour surprendre le malheureux ; Il le surprend et l'attire dans son filet. '"Il se courbe, il se baisse. Et les misérables tombent dans ses griffes. "Il dit en son cœur : Dieu oublie ! Il cache sa face, il ne regarde jamais ! *' Lève-toi, Éternel ! ô Dieu, lève ta main ! N'oublie pas les malheureux ! "Pourquoi le méchant méprise-t-il Dieu ? Pourquoi dit-il en son cœur: Tu ne punis pas ? '■•Tu regardes cependant, car tu vois la peine et la souffrance, Pour prendre en main leur cause ; C'est à toi que s'abandonne le malheureux, C'est toi qui viens en aide à l'orphelin. 629 Ps. 10, 15-12, fu PSAUMES. '^ Brise le bras du méchant, Punis ses iniquités, et qu'il disparaisse à tes yeux ! '* L'Eternel est roi à toujours et à perpétuité ; Les nations sont exterminées de son pays. ''Tu entends les vœux de ceux qui soullrent, ô Eternel ! Tu affermis leur cœur ; tu prêtes l'oreille **Pour rendre justice à l'orphelin et à l'opprimé, Afin que l'homme tiré de la terre cesse d'inspirer l'efiVoi. Psaume 11. 'Au chef des chantres. De David. • C'est en l'Eternel que je cherche un refuge. Comment pouvez-vous me dire : Fuis dans vos montagnes, comme un oiseau ? 'Car voici, les méchants bandent l'arc, Ils ajustent leur flèche sur la corde, Pour tirer dans l'ondjre sur ceux dont le cœur est droit. ^Quand les fondements sont renversés, Le juste, que ferait-il ? — ''L'Éternel est dans son saint temple, L'Eternel a son trône dans les cieux ; Ses yeux regardent. Ses paupières sondent les fils de l'homme. ^L'Eternel sonde le juste ; Il hait le méchant et celui qui se plaît à la violence. ^11 fait pleuvoir sur les méchants Des charbons, du feu et du soufre ; Un vent brûlant, c'est le calice qu'ils ont en partage. " Car l'Eternel est juste, il aime la justice ; Les hommes droits contemplent sa face. Psaume 12. 'Au chef des chantres. Sur la harpe à huit cordes. Psaume de David. '^Sauve, Eternel ! car les hommes pieux s'en vont. Les fidèles disparaissent parmi les fils de l'homme. ■''On se dit des faussetés les uns aux autres. On a sur les lèvres des choses flatteuses, On parle avec un cœur double. ''Que l'Éternel extermine toutes les lèvres flatteuses, La langue qui discourt avec arrogance, ^Ceux qui disent : Nous sommes puissants par notre langue, Nous avons nos lèvres avec nous ; Qui serait notre maître ? — 630 PSAUMES. Ps. IS.a-li,:. •"Parce que les malheureux sont opprimés et que les pauvres gémissent, Maintenant, dit l'Eternel, je me lève, J'apporte le salut à ceux contre qui l'on soutOe. — 'Les paroles Je l'Eternel sont des paroles pures. Un argent é])rou\é sur terre au creuset. Et sej)t fois épuré. *Toi, Eternel ! tu les garderas, Tu les préserveras de cette race à jamais. ^Les méchants se jiromènent de toutes parts. Quand la bassesse règne parmi les lils de l'homme. Psaume J3. 'Au chef des chantres. Psaume de David. ^Jusques à quand. Eternel ! m'oublieras-tu sans cesse ? Jusques à quand me cacheras-tu ta face ? "Jusques à quand aurai-je des soucis dans mon àme. Et chaque jour des chagrins dans mon cœur ? Jusques à quand mon ennemi s'élèvera-t-il contre moi ? * Regarde, réponds-moi. Eternel, mon Dieu ! Donne à mes yeux la clarté. Afin que je ne m'endorme pas du sommeil de la mort, ^Afln que mon ennemi ne dise pas : Je l'ai vaincu ! Et que mes adversaires ne se réjouissent pas, si je chancelle. *Moi, j'ai confiance en ta bonté, J'ai de l'allégresse dans le cœur, à cause de ton salut; Je chante à l'Eternel, car il m'a fait du bien. Psaume J4. 'Au chef des chantres. De David. L'insensé dit en son cœur : Il n'y a point de Dieu ! Ils se sont corrompus, ils ont commis des actions abominables ; II n'en est aucun (pii fasse le bien. -L'Eternel, du haut des cieux, regarde les fîls de l'homme. Pour voir s'il y a quelqu'un qui soit intelligent. Qui cherche Dieu. ^Tous sont égarés, tous sont per\ertis ; Il n'en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul. ••Tous ceux (|ui commettent l'inicpiité ont-ils perdu le sens ? Ils dévorent mon peuple, ils le prennent |)our nourriture; Ils n'in\0(pient point l'I^lenu'I. ^C'est alors cpiils treuiljlciont d'e|)ou\ ante. Quand Dieu paraîtra au milieu de la race juste. 631 Ps. U, 6-/6,0. PSAUMES. * Jetez l'opprobre sur l'espérance du malheureux... L'Éternel est son refuge. "Oh ! qui fera partir de Sion la délivrance d'Israël ? Quand l'Eternel ramènera les captifs de son peuple. Jacob sera dans l'allégresse, Israël se réjouira. Psaume 15. 'Psaume de David. O Éternel ! qui séjournera dans ta tente ? Qui demeurera sur ta montagne sainte ? — *Celui qui marche dans l'intégrité, qui pratique la justice Et qui dit la vérité selon son cœur. ^11 ne calomnie point avec sa langue, Il ne fait point de mal à son semblable. Et il ne jette point l'opprobre sur son prochain. *I1 regarde avec dédain celui qui est méprisable, Mais il honore ceux qui craignent l'Eternel ; Il ne se rétracte point, s'il fait un serment à son préjudice. ^11 n'exige point d'intérêt de son argent. Et il n'accepte point de don contre l'innocent. Celui qui se conduit ainsi ne chancelle jamais. Psaume 16. ' Hymne de David. Garde-moi, ô Dieu ! car je cherche en toi mon refuge. -Je dis à l'Éternel : Tu es mon Seigneur, Tu es mon souverain bien ! 'Les saints qui sont dans le pays. Les hommes pieux sont l'objet de toute mon affection. ••On multiplie les idoles, on court après les dieux étrangers : Je ne répands pas leurs libations de sang, Je ne mets pas leurs noms sur mes lèvres. ^L'Éternel est mon partage et mon calice; C'est toi qui m'assures mon lot ; *Un héritage délicieux m'est échu, Une belle possession m'est accordée. "Je bénis l'Éternel, mon conseiller; La nuit même mon cœur m'exhorte. *J'ai constamment l'Éternel sous mes yeux ; Quand il est à ma droite, je ne chancelle pas. "Aussi mon cœur est dans la joie, mon esprit dans l'allégresse, Et mon corps repose en sécurité. 632 PSAUMES. Ps. 10,10-18.1. '"Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, Tu ne permettras pas que celui qui t'aime voie la fosse. "Tu me feras connaître le sentier de la vie ; Il y a d'abondantes joies devant ta face, Des délices éternelles à ta droite. Psaume 17. 'Prière de David. Eternel ! écoute la droiture, sois attentif à mes cris. Prête l'oreille à ma prière faite avec des lèvres sans tromperie ! -Que ma justice paraisse devant ta face, Que tes yeux contemplent mon intégrité ! 'Si tu sondes mon cœur, si tu le visites la nuit. Si tu m'éprouves, tu ne trouveras rien : Ma pensée n'est pas autre que ce qui sort de ma bouche. ^A la vue des actions des hommes, fidèle à la parole de tes lèvres, Je me tiens en garde contre la voie des violents; '^Mes pas sont fermes dans tes sentiers. Mes pieds ne chancellent point. *Je t'invoque, car tu m'exauces, o Dieu ! Incline vers moi ton oreille, écoute ma parole ! 'Signale ta bonté, toi qui sauves ceux qui cherchent un refuge. Et qui par ta droite les délivres de leurs adversaires ! ^'Garde-moi comme la prunelle de l'œil; Protège-moi, à l'ombre de tes ailes, '•'Contre les méchants qui me persécutent, Contre mes ennemis acharnés qui m'enveloppent. '"Ils ferment leurs entrailles. Ils ont à la bouche des paroles hautaines. "Ils sont sur nos pas, déjà ils nous entourent, Ils nous épient pour nous terrasser. ''On dirait un lion avide de déchirer. Un lionceau aux aguets dans son repaire. '^ Lève-toi, Eternel, marche à sa rencontre, renverse-le ! Délivre-moi du méchant par ton glaive ! '''Délivre-moi des hommes par ta main. Eternel, des hommes de ce Leur part est dans la vie, [monde ! Et tu remplis leur ventre de tes biens ; Leurs enfants sont rassasiés. Et ils laissent leur superflu à leurs petits-enfants. '^Pour moi, dans mon innocence, je verrai ta face; Dès le réveil, je me rassasierai de Ion image. PsKiinw JS. 'Au chef des chantres. Du serviteur de l'Eternel, de David, qui adressa à (533 Ps. 18,2-n. PSAUMES. rÉterncl les paroles de ce cantique, lors(|ue l'Eternel l'eut délivré de la main de tous ses ennemis et de la main de Saul. -Il dit : Je t'aime, ô Eternel, ma force ! ^Eternel, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur! Mon Dieu, mon rocher, où je trouve un abri ! Mon bouclier, la force qui me sauve, ma haute retraite ! *Je m'écrie : Loué soit l'Eternel! Et je suis délivré de mes ennemis. ^Lcs liens de la mort m'avaient environné. Et les torrents de la destruction m'avaient épouvanté ; *Les liens du sépulcre m'avaient entouré. Les fdets de la mort m'avaient surpris. 'Dans ma détresse, j'ai invoqué l'Eternel, J'ai crié à mon Dieu; De son palais, il a entendu ma voix. Et mon cri est parvenu devant lui à ses oreilles. ^La terre fut ébranlée et trembla. Les fondements des montagnes frémirent, Et ils furent ébranlés, parce qu'il était irrité. 'Il s'élevait de la fumée dans ses narines. Et un feu dévorant sortait de sa bouche : Il en jaillissait des charbons embrasés. '"Il abaissa les cieux, et il descendit : II y avait une épaisse nuée sous ses pieds. " II était monté sur un chérubin, et il volait, Il planait sur les ailes du vent. '^11 faisait des ténèbres sa retraite, sa tente autour de lui, II était enveloppé des eaux obscures et de sombres nuages. "De la splendeur qui le précédait s'échappaient les nuées. Lançant de la ffrèle et des charbons de feu. &' "L'Éternel tonna dans les cieux, Le Très-Haut fit retentir sa voix. Avec la grêle et les charbons de feu. '^11 lança ses flèches et dispersa mes ennemis". Il multiplia les coups de la foudre et les mit en déroute. "*Le lit des eaux apparut. Les fondements du monde furent découverts, Par ta menace, ô Éternel ! Par le bruit du souflle de tes narines. ''Il étendit sa main d'en haut, il me saisit, II me retira des grandes eaux; a. Disperan mes fimemis. héb. les dispersa^ comp. v. 4. 634 PSAUMES. Ps. 18,18-37. '*I1 me délivra de mon adversaire puissant, De mes ennemis qui étaient plus forts que moi. "Ils m'avaient surpris au jour de ma détresse; Mais l'Eternel fut mon ajipui. -"Il m'a mis au larye. Il m'a sauvé, parce qu'il m'aime. -'L'Eternel m'a traité selon ma droiture, Il m'a rendu selon la pureté de mes mains ; **Car j'ai observé les voies de l'Eternel, Et je n'ai point été coiq)able envers mon Dieu. '"Toutes ses ordonnances ont été devant moi. Et je ne me suis point écarté de ses lois. -■•J'ai été sans reproche envers lui. Et je me suis tenu en garde contre mon ini([uité, -^Aussi l'Eternel m'a rendu selon ma droiture. Selon la pureté de mes mains devant ses yeux. *'Avec celui qui est bon tu te montres bon. Avec l'homme droit tu agis selon la droiture, "Avec celui qui est pur tu te montres pur, Et avec le pervers tu agis selon sa perversité. *^Tu sauves le peuple qui s'humilie, Et tu abaisses les regards hautains. ^^Oui, tu fais briller ma lumière; L'Eternel, mon Dieu, éclaire mes ténèbres. ^"Avec toi je me précipite sur une troupe en armes. Avec mon Dieu je franchis une muraille. ^'Les voies de Dieu sont parfaites, La parole de l'Eternel est éprouvée ; Il est un bouclier pour tous ceux qui se confient en lui. '*Car qui est Dieu, si ce n'est l'Eternel? Et qui est un rocher, si ce n'est notre Dieu? ''C'est Dieu qui me ceint de force, Et qui me conduit dans la voie droite. '*I1 rend mes pieds semblables à ceux des biches, Et il me place sur mes lieux élevés. "^11 exerce mes mains au combat. Et mes bras tendent l'arc d'airain. 'H'u me donnes le bouclier de ton salut, Ta droite me soutient, Et je deviens grand par ta bonté. ''Tu élargis le chemin sous mes pas, Et mes pieds ne chancellent point. g;?.-) Ps. i8,38-i9,6. PSAUMES. ^*Je poursuis mes ennemis, je les atteins, Et je ne reviens pas avant de les avoir anéantis. ''Je les brise, et ils ne peuvent se relever; Ils tombent sous mes pieds. ^"Tu me ceins de force pour le combat. Tu fais plier sous moi mes adversaires. ■"Tu fais tourner le dos à mes ennemis devant moi. Et j'extermine ceux qui me haïssent. '-Ils crient, et personne pour les sauver ! Ils crient à l'Eternel, et il ne leur répond pas ! *'Je les broie comme la poussière qu'emporte le vent, Je les foule comme la boue des rues. **Tu me délivres des dissensions du peuple ; Tu me mets à la tête des nations ; Un peuple c{ue je ne connaissais pas m'est asservi. ••^lls m'obéissent au premier ordre, Les fils de l'étranger me flattent ; ■•^Les fils de l'étranger sont en défaillance. Ils tremblent hors de leurs forleresses. *'Vive l'Eternel, et béni soit mon rocher! Que le Dieu de mon salut soit exalté, ■•^Le Dieu qui est mon vengeur. Qui m'assujettit les peuples, *'Qui me délivre de mes ennemis ! Tu m'élèves au-dessus de mes adversaires. Tu me sauves de l'homme violent. ^"G'est pourquoi je te louerai parmi les nations, ô Eternel! Et je chanterai à la gloire de ton nom. ^'11 accorde de grandes délivrances à son roi, Et il fait miséricorde à son oint, A David, et à sa postérité, pour toujours. Psaume 19. 'Au chef des chantres. Psaume de David. ^Les cieux racontent la gloire de Dieu, Et l'étendue manifeste l'œuvre de ses mains. 'Le jour en instruit un autre jour, La nuit en donne connaissance à une autre nuit. ''Ce n'est pas un langage, ce ne sont pas des paroles Dont le son ne soit point entendu : ^Leur retentissement parcourt toute la terre, Leurs accents vont aux extrémités du monde. Où il a dressé une tente pour le soleil. *Et le soleil, semblable à un époux qui sort de sa chambre, 636 PSAUMES. Ps. iO.i-W, 10. S'élance dans la carrière avec la joie d'un héros ; "Il se lève à une extrémité des cieux, Et achève sa course à l'autre extrémité : Rien ne se dérobe à sa chaleur. La loi de l'Éternel est parfaite, elle restaure l'âme ; Le témoignage de l'Éternel est véritable, il rend sage l'ignorant. 'Les ordonnances de l'Eternel sont droites, elles réjouissent le cœur; Les commandements de l'Eternel sont purs, ils éclairent les yeux. '"La crainte de l'Éternel est pure, elle subsiste à toujours ; Les jugements de l'Eternel sont vrais, ils sont tous justes. "Ils sont plus précieux cpie l'or, que beaucoup d'or fin ; Ils sont plus doux que le miel, que celui c[ui coule des rayons. '*Ton serviteur aussi en reçoit instruction ; Pour qui les observe la récompense est grande. ''Qui connaît ses égarements? Pardonne-moi ceux c[ue j'ignore. "Préserve aussi ton serviteur des orgueilleux ; Qu'ils ne dominent point sur moi ! Alors je serai intègre, innocent de grands péchés. "* Reçois favorablement les paroles de ma bouche Et les sentiments de mon cœur, 0 Éternel, mon rocher et mon libérateur! Psaume 20. 'Au chef des chantres. Psaume de David. -Que l'Éternel t'exauce au jour de la détresse, Que le nom du Dieu de Jacob te protège ! 'Que du sanctuaire il t'envoie du secours. Que de Sion il te soutienne ! ^Qu'il se souvienne de toutes tes offrandes. Et qu'il agrée tes holocaustes ! — Pause. ^ Qu'il te donne ce que ton cœur désire. Et c{u'il accomplisse tous tes desseins ! ^Nous nous réjouirons de ton salut, Nous lèverons l'étendard au nom de notre Dieu ; L'Éternel exaucera tous tes vœux. "Je sais déjà que l'Éternel sauve son oint; Il l'exaucera des cieux, de sa sainte demeure. Par le secours puissant de sa droite. * Ceux-ci s'appuient sur leurs chars, ceux-là sur leurs chevaux ; Nous, nous invoquons le nom de l'Éternel, notre Dieu. 'Eux, ils plient, et ils tombent; Nous, nous tenons ferme, et restons debout. '"Éternel, sauve le roi ! Qu'il nous exauce, quand nous l'invoquons ! 637 41 « Ps. 21.1-22,6. PSAUMES. Psaume 21. 'Au chef des chantres. Psaume de David. -Eternel ! le roi se réjouit de ta protection puissante. Oh ! comme ton secours le remplit d'allégresse ! 'Tu lui as donné ce que désirait son cœur. Et tu n'as pas refusé ce que demandaient ses lèvres. — Pause. ■'Car tu l'as prévenu par les bénédictions de ta grâce, Tu as mis sur sa tète une couronne d'or pur. ^11 te demandait la vie, tu la lui as donnée, Une vie longue pour toujours et à perpétuité. *Sa gloire est grande à cause de ton secours ; Tu places sur lui l'éclat et la magnificence. 'Tu le rends à jamais un objet de bénédictions, Tu le combles de joie devant ta face. ''Le roi se confie en l'Eternel ; Et, par la bonté du Très-Haut, il ne chancelle pas. 'Ta main trouvera tous tes ennemis, Ta droite trouvera ceux qui te haïssent. '"Tu les rendras tels qu'une fournaise ardente, Le jour où tu te montreras ; L'Eternel les anéantira dans sa colère, Et le feu les dévorera. "Tu feras disparaître leur postérité de la terre. Et leur race du milieu des fils de l'homme. '-Ils ont projeté du mal contre toi, Ils ont conçu de mauvais desseins, mais ils seront impuissants. '^Car tu leur feras tourner le dos, Et avec ton arc tu tireras sur eux. '*Lève-toi, Eternel, avec ta force ! Nous voulons chanter, célébrer ta puissance. Psaume 22. 'Au chef des chantres. Sur « Biche de l'aurore ». Psaume de David. *Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m'as-tu abandonné, Et t'éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes? 'Mon Dieu ! je crie le jour, et tu ne réponds pas ; La nuit, et je n'ai point de repos. * Pourtant tu es le Saint, Tu sièges au milieu des louanges d'Israël. ^En toi se confiaient nos pères ; Ils se confiaient, et tu les délivrais. *Ils criaient à toi, et ils étaient sauvés ; Ils se confiaient en toi, et ils n'étaient point confus. 638 I PSAUMES. Ps. 22,'-^. 26. 'Et moi, je suis un ver et non un homme, L'opprobre des hommes et le méprisé tlu peuple. *Tous ceux qui me voient se moquent de moi, Ils ouvrent la bouche, secouent la tète : "Recommande-toi à l'Eternel! L'Eternel le sauvera, 11 le délivrera, puisqu'il l'aime ! — '"Oui, tu m'as fait sortir du sein maternel, Tu m'as mis en sûreté sur les mamelles de ma mère; "Dès le sein maternel j'ai été sous ta garde. Dès le ventre de ma mère tu as été mon Dieu. '-Ne t'éloigne pas de moi quand la détresse est proche, Quand personne ne vient à mon secours ! '^De nombreux taureaux sont autour de moi, Des taureaux de Basan m'environnent. '^Ils ouvrent contre moi leur gueule. Semblables au lion t[ui déchire et rugit. '^Je suis comme de l'eau qui s'écoule", Et tous mes os se séparent ; Mon cœur est comme de la cire. Il se fond dans mes entrailles. "^Ma force se dessèche comme l'argile. Et ma langue s'attache à mon palais ; Tu me réduis à la poussière de la mort. "Car des chiens m'environnent, Une bande de scélérats rôdent autour de moi. Comme un lion, pour saisir mes mains et mes pieds. '*Je pourrais compter tous mes os. Eux, ils observent, ils me regardent; "'Ils se partagent mes vêlements. Ils tirent au sort ma tunique. -"Et toi. Eternel, ne t'éloigne pas ! Toi qui es ma force, viens en hâte à mon secours ! -'Protège mon âme contre le glaive. Ma vie contre le pouvoir des chiens ! ^-Sauve-moi de la gueule du lion. Délivre-moi des cornes du bufile ! -^Je publierai ton nom parmi mes frères, Je te célébrerai au milieu de l'assemblée. **Vous qui craignez l'Eternel, louez-le ! Vous tous, postérité de .Jacob, glorifiez-le ! Tremblez devant lui, vous tous, postérité d'Israël ! -^Car il n'a ni mépris ni dédain pour les peines du misérable. Et il ne lui cache point sa face ; Mais il l'écoute quand il crie à lui. -'^Tu seras dans la grande assemblée l'objet de mes louanges; a. Mes forces m'ubuiidonnent. 639 Ps. 22, 27-94, 3. PSAUMES. J'accomplirai mes vœux en présence de ceux qui te craignent. -'Les malheureux mangeront et se rassasieront, Ceux qui cherchent rÉternel le célébreront. Que votre cœur vive à toujours ! [vers lui ; -^Toutes les extrémités de la terre penseront à TEternel et se tourneront Toutes les familles des nations se prosterneront devant ta face. -^Car à rÉternel appartient le règne : Il domine sur les nations. ^"Tous les puissants de la terre mangeront et se prosterneront aussi ; Devant lui s'inclineront tous ceux qui descendent dans la poussière, Ceux qui ne peuvent conserver leur vie. ■■"La postérité le servira; On parlera du Seigneur à la génération future. ^- Quand elle viendra, elle annoncera sa justice, Elle annoncera son œuvre au peuple nouveau-né. Psaume 23. 'Cantique de David. L'Eternel est mon berger : je ne manquerai de rien. -Il me fait reposer dans de verts pâturages. Il me dirige près des eaux paisibles. ^11 restaure mon àme. Il me conduit dans les sentiers de la justice, A cause de son nom. ■* Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : Ta houlette et ton bâton me rassurent. ^Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires ; Tu oins d'huile ma tète. Et ma coupe déborde. 'Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront Tous les jours de ma vie, Et j'habiterai dans la maison de l'Eternel Jusqu'à la fin de mes jours. Psaume 2i. 'Psaume de David. A l'Éternel la terre et ce qu'elle renferme. Le monde et ceux cjui l'habitent ! ^Car il l'a fondée sur les mers, Et affermie sur les fleuves. 'Qui pourra monter à la montagne de l'Eternel ? Qui s'élèvera jusqu'à son lieu saint ? — 640 PSAUMES. Ps.24,',-25.9. a 'Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur; Celui qui ne livre pas son ànie au mensonge, Et qui ne jure pas pour tromper. '^Il obtiendra la bénédiction de l'Eternel, La miséricorde du Dieu de son salut. "Voilà le partage de la génération qui l'invocjue, De ceux qui cherchent ta face, de Jacob ! — Pause. 'Portes, élevez vos linteaux; Elevez-vous, portes éternelles ! Que le roi de gloire fasse son entrée ! — *Oui est ce roi de gloire ? — L'Eternel fort et puissant,. L'Eternel puissant dans les combals. ^Portes, élevez vos linteaux; Élevez-les, portes éternelles ! Que le roi de gloire fasse son entrée ! — '"Oui donc est ce roi de gloire ? — L'Éternel des armées - Pau SI Psaume 25. Voilà le roi de gloire ! — Pause 'De David. Éternel ! j'élève à toi mon àme. -Mon Dieu ! en toi je me confie : que je ne sois pas couvert de honte ! Que mes ennemis ne se réjouissent pas à mon sujet ! ^Tous ceux qui espèrent en toi ne seront point confondus; Ceux-là seront confondus qui sont infidèles sans cause. ■•Éternel ! fais-moi connaître tes voies. Enseigne-moi tes sentiers. ''Conduis-moi dans ta vérité, et instruis-moi; Car tu es le Dieu de mon salut, Tu es toujours mon espérance. '* Éternel ! souviens-toi de ta miséricorde et de ta bonté ; Car elles sont éternelles. 'Ne te souviens pas des fautes de ma jeunesse ni de mes transgressions ; Souviens-toi de moi selon ta miséricorde, A cause de ta bonté, ô Éternel ! ^L'Eternel est bon et droit : C'est pourquoi il montre aux pécheurs la voie. '■•Il conduit les humbles dans la justice, Il enseigne aux humbles sa voie. 04 1 Ps. 25,10-26,0. PSAUMES. '"Tous les sentiers de rÉtcrnel sont miséricorde et fidélité, Pour ceux qui gardent son alliance et ses commandements. "C'est à cause de ton nom, o Eternel ! Que tu pardonneras mon iniquité, car elle est grande. '-Quel est l'homme qui craint l'Eternel ? L Eternel lui montre la voie qu'il doit choisir. "Son àme reposera dans le bonheur, Et sa postérité possédera le pays. '*L'amitié de l'Eternel est pour ceux qui le craignent. Et son alliance leur donne instruction. '^.Je tourne constamment les yeux vers l'Eternel, Car il fera sortir mes pieds du filet. "^Regarde-moi et aie ]>itié de moi, Car je suis abandonné et malheureux. '"Les angoisses de mon cœur augmentent; Tire-moi de ma détresse. '^Vois ma misère et ma peine. Et pardonne tous mes péchés. "Vois combien mes ennemis sont nombreux. Et de quelle haine violente ils me poursuivent. ^"Garde mon àme et sauve-moi ! Que je ne sois pas confus. Quand je cherche auprès de toi mon refuge ! '-'Que l'innocence et la droiture me protègent. Quand je mets en toi mon espérance ! "O Dieu ! délivre Israël De toutes ses détresses ! Psaume 26. 'De David. Rends-moi justice. Eternel ! car je marche dans l'intégrité, Je me confie en l'Eternel, je ne chancelle pas. -Sonde-moi, Eternel ! éprouve-moi. Fais passer au creuset mes reins et mon cœur; 'Car ta grâce est devant mes yeux. Et je marche dans ta vérité. ^Je ne m'assieds pas avec les hommes faux, ii ne vais pas avec les gens dissimulés ; ^Jehais l'assemblée de ceux qui font le mal, Je ne m'assieds pas avec les méchants. 'Je lave mes mains dans l'innocence. Et je vais autour de ton autel, ù Eternel ! 642 PSAUMES. Ps. 20,1-27,0. 'Pour éclater en actions de grâces. Et raconter toutes tes merveilles. *'I']terneI ! j'aime le séjour tie ta maison, Le lieu où ta gloire habite. "N'enlève pas mon âme avec les pécheurs, Ma vie avec les hommes de sang, '"Dont les mains sont criminelles Et la droite pleine de présents ! "Moi, je marche dans l'intégrité ; Délivre-moi et aie pitié de m mon pied chancelle ! '"Car je suis près de tomber, 655 m. Ps. 38,19-39,1^. PSAUMES. Et ma douleur est toujours devant moi. ''Car je reconnais mon iniquité, Je suis dans la crainte à cause de mon péché. ^'Et mes ennemis sont pleins de vie, pleins de force ; Ceux qui me haïssent sans cause sont nombreux. -'Ils me rendent le mal pour le bien ; Ils sont mes adversaires, parce que je recherche le bien. *'^Ne m'abandonne pas. Eternel ! Mon Dieu, ne t'éloigne pas de moi ! -'Viens en hâte à mon secours. Seigneur, mon salut ! Psaume 39. 'Au chef des chantres. A Jeduthun. Psaume de David. -Je disais : Je veillerai sur mes voies. De peur de pécher par ma langue ; Je mettrai un frein à ma bouche, Tant que le méchant sera devant moi. 'Je suis resté muet, dans le silence ; Je me suis tu, quoique malheureux ; Et ma douleur n'était pas moins vive. "•Mon cœur brûlait au dedans de moi. Un feu intérieur me consumait, Et la parole est venue sur ma langue. ^Eternel ! dis-moi quel est le terme de ma vie. Quelle est la mesure de mes jours ; Que je sache combien je suis fragile. ^ Voici, tu as donné à mes jours la largeur de la main, Et ma vie est comme un rien devant toi. Oui, tout homme debout n'est qu'un souffle. — Pause. ^Oui, l'homme se promène comme une ombre, Il s'agite vainement ; Il amasse, et il ne sait qui recueillera. ^Maintenant, Seigneur, que puis-je espérer? En toi est mon espérance. 'Délivre-moi de toutes mes transgressions ! Ne me rends pas l'opprobre de l'insensé ! '"Je reste muet, je n'ouvre pas la bouche. Car c'est toi qui agis. "Détourne de moi tes coups ! Je succombe sous les attaques de ta main. '-Tu châties l'homme en le punissant de son iniquité, Tu détruis comme la teigne ce*qu'il a de plus cher. Oui, tout homme est un souffle. — Pause. 656 PSAUMES. Ps.S9. 13-40, '^Écoute ma prière, Eternel, et prête Toreille à mes cris ! Ne sois pas insensible à mes larmes ! Car je suis un étranger chez toi. Un habitant, comme tous mes pères. '^Détourne de moi le regard, et laisse-moi respirer, Avant que je m'en aille et que je ne sois plus ! Psaume W. *Au chef des chantres. De David. Psaume. ^J'avais mis en l'Eternel mon espérance ; Et il s'est incliné vers moi, il a écouté mes cris. ^11 m'a retiré de la fosse de destruction. Du fond de la boue ; Et il a dressé mes pieds sur le roc. Il a affermi mes pas. *I1 a mis dans ma bouche un cantique nouveau, Une louange à notre Dieu ; Beaucoup l'ont vu, et ont eu de la crainte. Et ils se sont confiés en l'Eternel. ^Heureux l'homme qui place en l'Eternel sa confiance. Et qui ne se tourne pas vers les hautains et les menteurs ! *Tu as multiplié, Eternel, mon Dieu ! Tes merveilles et tes desseins en notre faveur : Nul n'est comparable à toi ; Je voudrais les publier et les proclamer. Mais leur nombre est trop grand pour que je les raconte. "Tu ne désires ni sacrifice ni oifrande. Tu m'as ouvert les oreilles ; Tu ne demandes ni holocauste ni victime expiatoire. *Alors je dis : Voici, je viens Avec le rouleau du livre écrit pour moi. ^Je veux faire ta volonté, mon Dieu ! Et ta loi est au fond de mon cœur. '"J'annonce la justice dans la grande assemblée ! Voici, je ne ferme ])as mes lèvres. Éternel, tu le sais ! "Je ne retiens pas dans mon cœur ta justice, Je publie ta vérité et ton salut; Je ne cache pas ta bonté et ta fidélité Dans la grande assemblée. '-Toi, Eternel ! tu ne me refuseras pas tes compassions ; Ta bonté et ta fidélité me garderont toujours. '^Car des maux sans nombre m'environnent; Les châtiments de mes iniquités m'atteignent, Et je ne puis en supporter la vue ; 657 13. Ps.AO,i^-iLii. PSAUMES. Ils sont plus nombreux que les cheveux de ma tête, Et mon courage m'abandonne. '"'Veuille me délivrer, ô Eternel ! Eternel, viens en hâte à mon secours ! '^Que tous ensemble ils soient honteux et confus Ceux qui en veulent à ma vie pour l'enlever ! Qu'ils reculent et rougissent Ceux qui désirent ma perte ! '* Qu'ils soient dans la stupeur par l'effet de leur honte Ceux qui me disent : Ah ! ah ! ''Que tous ceux qui te cherchent Soient dans l'allégresse et se réjouissent en toi ! Que ceux qui aiment ton salut Disent sans cesse : Exalté soit l'Éternel ! '^Moi, je suis pauvre et indigent; Mais le Seigneur pense à moi. Tu es mon aide et mon libérateur : Mon Dieu, ne tarde pas ! Psaume kl- 'Au chef des chantres. Psaume de David. -Heureux celui qui s'intéresse au pauvre ! Au jour du malheur rÉternel le délivre ; ^L'Eternel le garde et lui conserve la vie. Il est heureux sur la terre, Et tu ne le livres pas au bon plaisir de ses ennemis, ^L'Eternel le soutient sur son lit de douleur; Tu le soulages dans toutes ses maladies. ^Je dis : Eternel, aie pitié de moi ! Guéris mon âme ! car j'ai péché contre toi. ^Mes ennemis disent méchamment de moi : Quand mourra-t-il ? quand périra son nom ? "Si quelqu'un vient me voir, il prend un langage faux, Il recueille des sujets de médire ; 11 s'en va, et il parle au dehors. *Tous mes ennemis chuchotent entre eux contre moi ; Ils pensent que mon malheur causera ma ruine : 'Il est dangereusement atteint, Le voilà couché, il ne se relèvera pas ! '"Celui-là même avec qui j'étais en paix, Qui avait ma confiance et qui mangeait mon pain. Lève le talon contre moi. "Toi, Eternel, aie pitié de moi et rétablis-moi ! Et je leur rendrai ce (pii leur est dû. G58 PSAUMES. Ps. 41, 12-42, a- '-Je connaîtrai que tu m'aimes, Si mon ennemi ne triomphe pas de moi. "Tu m'as soutenu à cause de mon intégrité, Et tu m'as jilacé pour toujours en ta présence. '■•béni soit l'éternel, le dieu d'iSRAJîL, d'éternité en éternité ! AMEN AMEN c I livre DEUXIEME Psaume 42. 'Au chef des chantres. Cantique des fds de Koré. "Comme une biche soupire après des courants d'eau. Ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu ! ^]\Ion àme a soif de Dieu, du Dieu vivant : Quand irai-je et paraîtrai-je devant la face de Dieu ? ■•Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit, Pendant qu'on me dit sans cesse : Où est ton Dieu ? ^Je me rappelle avec effusion de cœur Quand je marchais entouré de la foule, Et que je m'avançais à sa tête vers la maison de Dieu, Au milieu des cris de joie et des actions de grâces D'une multitude en fête. * Pourquoi t'abats-tu, mon àme, et gémis-tu au dedans de moi ? Espère en Dieu, car je le louerai encore; Il est mon salut et mon Dieu. 'Mon Dieu ! mon àme est abattue au dedans de moi : Aussi c'est à toi que je pense, depuis le pays du .Jourdain, Depuis l'Hermon, depuis la montagne de Mitsear. *Un flot appelle un autre flot au bruit de tes ondées"^; Toutes tes vagues et tous tes Ilots passent sur moi. 'Le jour, l'Eternel m'accordait sa grâce; La nuit, je chantais ses louanges. J'adressais une prière au Dieu de ma vie. '"Je dis à Dieu, mon rocher : Pourquoi m'oublies-tu? Pourquoi dois-je marcher dans la tristesse, Sous l'oppression de l'ennemi ? "Mes os se brisent quand mes persécuteurs m'outragent. En me disant sans cesse : Où est ton Dieu ? '-Pourquoi t'abats-tu, mon àme, et gémis-tu au dedans de moi? Espère en Dieu, car je le louerai encore; Il est mon salut et mon Dieu. a. Iinaçe du malheur, auquel succède bientôt un autre malheur. 659 Ps. 43,1-44,1',. PSAUMES. Psaume 43. 'Rends-moi justice, ô Dieu, défends ma cause contre une nation infidèle ! Délivre-moi des hommes de fraude et d'iniquité ! "Toi, mon Dieu protecteur, pourquoi me repousses-tu ? Pourquoi dois-je marcher dans la tristesse. Sous l'oppression de l'ennemi ? 'Envoie ta lumière et ta fidélité ! Qu'elles me guident, Qu'elles me conduisent à ta montagne sainte et à tes demeureS^! ^J'irai vers l'autel de Dieu, de Dieu, ma joie et mon allégresse. Et je te célébrerai sur la harpe, ô Dieu, mon Dieu ! ''Pourquoi t'abats-tu, mon àme, et gémis-tu au dedans de moi ? Espère en Dieu, car je le louerai encore; Il est mon salut et mon Dieu. Psaume 44. 'Au chef des chantres. Des fils de Koré. Cantique. ^O Dieu ! nous avons entendu de nos oreilles. Nos pères nous ont raconté Les œuvres que tu as accomplies de leur temps, Aux jours d'autrefois. "'De ta main tu as chassé des nations pour les établir. Tu as frappé des peuples pour les étendre. ■•Car ce n'est point par leur épée qu'ils se sont emparés du pays, Ce n'est point leur bras qui les a sauvés ; Mais c'est ta droite, c'est ton bras, c'est la lumière de ta face, Parce que tu les aimais. ^O Dieu ! tu es mon roi : Ordonne la délivrance de Jacob ! *Avec toi nous renversons nos ennemis. Avec ton nom nous écrasons nos adversaires. 'Car ce n'est pas en mon arc que je me confie, Ce n'est pas mon épée qui me sauvera ; *Mais c'est toi qui nous délivres de nos ennemis, Et qui confonds ceux qui nous haïssent. "Nous nous glorifions en Dieu chaque jour. Et nous célébrerons à jamais ton nom. — Pause. '"Cependant tu nous repousses, tu nous couvres de honte, Tu ne sors plus avec nos armées ; "Tu nous fais reculer devant l'ennemi. Et ceux qui nous haïssent enlèvent nos dépouilles. '-Tu nous livres comme des brebis à dévorer, Tu nous disperses parmi les nations. ''Tu vends ton peuple pour rien. Tu ne l'estimes pas à une grande valeur. '*Tu fais de nous un objet d'opprobre pour nos voisins, 660 PSAUMES. Ps. 44, IÔ-45, c. De moquerie et de risée pour ceux qui nous entourent ; '^Tu fais de nous un objet de sartasme parmi les nations, Et de hochements de tête parmi les ])euples. '*Ma honte est toujours deA'ant moi, Et hi confusion couvre mon visage, '"A la voix de celui qui m'insulte et m'outrage, A la vue de l'ennemi et du vindicatif. "*Tout cela nous arrive, sans que nous t'ayons oublié. Sans que nous ayons ^ iolé Ion alliance : "'Notre cœur ne s'est j)oint détourné. Nos pas ne se sont point éloignés de ton sentier, -"Pour que tu nous écrases dans la demeure des chacals, Et que tu nous couvres de l'ombre de la mort. -'Si nous avions oublié le nom de notre Dieu, Et étendu nos mains vers un dieu étranger, --Dieu ne le saurait-il pas, Lui qui connaît les secrets du cœur? -■'Mais c'est à cause de toi qu'on nous égorge tous les jours, Qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. **Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu. Seigneur? Réveille-toi ! ne nous repousse pas à jamais ! -^Pourquoi caches-tu ta face ? Pourquoi oublies-tu notre misère et notre oppression ? "-^Car notre àme est abattue dans la poussière, Notre corps est attaché à* la terre. -'Lève-toi, pour nous secourir ! Délivre-nous à cause de ta bonté ! Psaume 45. 'Au chef des chantres. Sur les lis. Des fils de Koré. Cantique. Chant d'amour. ^Des paroles pleines de charme bouillonnent dans mon cœur. Je dis : Mon œuvre est pour le roi ! Que ma langue soit comme la plume d'un habile écrivain ! ^Tu es le plus beau des fils de l'homme, La grâce est répandue sur tes lèvres : C'est pourquoi Dieu t'a béni pour toujours. ''Vaillant guerrier, ceins ton épée, — Ma parure et ta gloire, ^Oui, ta gloire ! — Sois vainqueur, monte sur ton char. Défends la vérité, la douceur et la justice, Et que ta droite se signale |)ar de merveilleux exploits ! HY^s ilèches sont aiguës ; Des peuples tomberont sous toi ; Elles perceront le cœur des ennemis du roi. 661 Ps. 45,1-^^6,8. PSAUMES. " . "Dieu a établi ton trône pour toujours ; Le sceptre de ton règne est un sceptre d'équité. *Tu aimes la justice, et tu hais la méchanceté : C'est pourquoi Dieu, ton Dieu t'a oint D'une huile de joie, par privilège sur tes collègues ". ^La myrrhe, l'aloès et la casse parfument tous tes vêtements ; Dans les palais d'ivoire les instruments à cordes te réjouissent. '"Des fdles de roi sont parmi tes bien-aimées ; La reine est à ta droite, parée d'or d'Ojihir. "Ecoute, ma fdle, vois, et prête l'oreille; Oublie ton peuple et la maison de ton père. '"-Le roi porte ses désirs sur ta beauté : Puisqu'il est ton Seigneur, rends-lui tes hommages. *^Et, avec des présents, la fdle de Tyr, Les plus riches du peuple rechercheront ta faveur. '^Toute resplendissante est la fdle du roi dans l'intérieur du palais ; Elle porte un vêtement tissu d'or. '^Elle est présentée au roi, vêtue de ses habits brodés, Et suivie des jeunes filles ses compagnes, qui sont amenées auprès de toi ; '*0n les introduit au milieu des réjouissances et de l'allégresse, Elles entrent dans le palais du roi. '^Tes enfants prendront la place de tes pères; Tu les établiras princes dans tout le pays. 'Me rappellerai ton nom dans tous les âges : Aussi les peuples te loueront éternellement et à jamais. Psaume -'t6. 'Au chef des chantres. Des fds de Koré. Sur alamoth. Cantique. ^Dieu est pour nous un refuge et un appui. Un secours qui ne manque jamais dans la détresse. 'C'est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre est boule- Et que les montagnes chancellent au cœur des mers, [versée, ■•Quand les flots de la mer mugissent, écument. Se soulèvent jusqu'à faire trembler les montagnes. — Pause. ^11 est un fleuve dont les courants réjouissent la cité de Dieu, Le sanctuaire des demeures du Très-Haut. "Dieu est au milieu d'elle : elle n'est point ébranlée; Dieu la secourt dès l'aube du matin, "Des nations s'agitent, des royaumes s'ébranlent; Il fait entendre sa voix : la terre se fond d'épouvante. ^L'Eternel des armées est avec nous. Le Dieu de Jacob est pour nous une haute retraite. — Pause. a. Tes collègues, les autres rois. 662 PSAUMES. Ps. 46,9-48.6. ^Venez, contemplez les œuvres de rÉternelj Les ravages qu'il a opérés sur la terre ! '"C'est lui qui a fait cesser les combats jusqu'au bout de la terre ; Il a brisé l'arc, et il a rompu la lance, Il a consumé par le feu les chars de guerre. — "Arrêtez, et sachez que je suis Dieu : Je domine sur les nations, je domine sur la terre. — '-L'Eternel des armées est avec nous, Le Dieu de Jacob est pour nous une haute retraite. — Pause. Psaume 47. 'Au chef des chantres. Des fils de Koré. Psaume. -Vous tous, peuples, battez des mains ! Poussez vers Dieu des cris de joie ! ^Car l'Eternel, le Très-Haut, est redoutable, Il est un grand roi sur toute la terre. *I1 nous assujettit des peuples, 11 met des nations sous nos pieds ; ^11 nous choisit notre héritage, La gloire de Jacob qu'il aime. — Pause. *Dieu monte au milieu des cris de triomphe, L'Eternel s'avance au son de la trompette. "Chantez à Dieu, chantez ! Chantez à notre roi, chantez ! *Car Dieu est roi de toute la terre ; Chantez un cantique ! 'Dieu règne sur les nations. Dieu a pour siège son saint trône. '"Les princes des peuples se réunissent Au peuple du Dieu d'Abraham ; Car à Dieu sont les boucliers ° de la terre : Il est souverainement élevé. Psaume 4S. 'Cantique. Psaume des fds de Koré. -L'Eternel est grand, il est l'objet de toutes les louanges. Dans la ville de notre Dieu, sur sa montagne sainte. •'Belle est la colline, joie de toute la terre, la montagne de Sion ; Le côté septentrional, c'est la ville du grand roi. ""Dieu, dans ses palais, est connu pour une haute retraite. '^Car voici, les rois s'étaient concertés : Ils n'ont fait que passer ensemble, '^lls ont regardé, tout stupéfaits, a. Les bouciiers, les puissauts, les princes. 663 Ps. 48,1-49,10. PSAUMES. Ils ont eu peur, et ont pris la fuite. 'Là un tremblement les a saisis, Comme la douleur d'une femme qui accouche. *Ils ont été chassés comme par le vent d'orient, Qui brise les navires de Tarsis. ^Ce que nous avions entendu dire, nous l'avons vu Dans la ville de l'Eternel des armées. Dans la ville de notre Dieu : Dieu la fera subsister à toujours. — Pause. "O Dieu, nous pensons à ta bonté ! Au milieu de ton temple. "Comme ton nom, ô Dieu ! Ta louange retentit jusqu'aux extrémités de la terre ; Ta droite est pleine de justice : '^La montagne de Sion se réjouit. Les filles de Juda sont dans l'allégresse, A cause de tes jugements. '^Parcourez Sion, parcourez-en l'enceinte, Com|)tez ses tours, '^Observez son rempart. Examinez ses palais, Pour le raconter à la génération future. '^ Voilà le Dieu qui est notre Dieu éternellement et à jamais; Il sera notre guide jusqu'à la mort. Psaume 49. 'Au chef des chantres. Des fils de Koré. Psaume. "Ecoutez ceci, vous tous peuples. Prêtez l'oreille, vous tous habitants du monde, ^Petits et grands, Riches et pauvres ! ''Ma bouche va faire entendre des paroles sages. Et mon cœur a des pensées pleines de sens. ^Je prête l'oreille aux sentences qui me sont inspirées. J'ouvre mon chant au son de la harpe. ^Pourquoi craindrais-je aux jours du malheur. Lorsque l'iniquité de mes adversaires m'enveloppe ? 'Ils ont confiance en leurs biens. Et se glorifient de leur grande richesse. *Ils ne peuvent se racheter l'un l'autre, Ni donner à Dieu le prix du rachat. ^Le rachat de leur àme est cher, Et n'aura jamais lieu ; '"Ils ne vivront pas toujours, 664 PSAUMES. Ps. 49, 11-50, 7. Ils n'éviteront pas la vue de la fosse. "Car ils la verront : les sages meurent, L'insensé et le stupide périssent également, Et ils laissent à d'autres leurs biens. '-Ils s'imaginent que leurs maisons seront éternelles, Oue leurs demeures subsisteront d'âge en âge, Eux dont les noms sont honorés sur la terre. '^Mais l'homme qui est en honneur n'a point de durée. Il est semblable aux bêtes que l'on égorge. '*Telle est leur voie, leur folie, Et ceux qui les suivent se plaisent à leurs discours. — Pause. ''Comme un troupeau, ils sont mis dans le séjour des morts, La mort en fait sa pâture, Et bientôt les hommes droits les foulent aux pieds. Leur beauté s'évanouit, le séjour des morts est leur demeure. '^Mais Dieu sauvera mon àme du séjour des morts, Car il me prendra sous sa protection. — Pause. '^Ne sois pas dans la crainte parce qu'un homme s'enrichit. Parce cjue les trésors de sa maison se multiplient ; "'Car il n'emporte rien en mourant. Ses trésors ne descendent point après lui, '^11 aura beau s'estimer heureux pendant sa vie. On aura beau te louer des jouissances que tu te donnes, '-"Tu iras néanmoins au séjour de tes pères. Qui jamais ne reverront la lumière. -'L'homme qui est en honneur, et qui n'a pas d'intelligence. Est semblable aux bêtes que l'on égorge. Psaume 50. Psaume d'Asaph. Dieu, Dieu, l'Eternel, parle, et convoque la terre, Depuis le soleil levant jusqu'au soleil couchant. -De Sion, beauté parfaite. Dieu resplendit. 'Il vient, notre Dieu, il ne reste pas en silence ; Devant lui est un feu dévorant. Autour de lui une violente tempête. *II crie vers les cieux en haut. Et vers la terre, pour juger son peuple : 'Rassemblez-moi mes fidèles. Qui ont fait alliance avec moi par le sacrifice ! — ^Et les cieux ])ublieront sa justice, Car c'est Dieu qui est juge. — Pause. "Écoute, mon peuple ! et je parlerai; 665 Ps.50,s-5Li. PSAUMES. Israël ! et je t'avertirai. Je suis Dieu, ton Dieu. '^Ce n'est pas pour tes sacrifices que je te fais des reproches : Tes holocaustes sont constamment devant moi. 'Je ne prendrai pas un taureau dans ta maison, Ni des boucs dans tes bergeries. '"Car tous les animaux des forêts sont à moi, Toutes les bêtes des montagnes par milliers ; ''Je connais tous les oiseaux des montagnes, Et tout ce qui se meut dans les champs m'appartient. '^Si j'avais faim, je ne te le dirais pas. Car le monde est à moi et tout ce qu'il renferme. '■''Est-ce que je mange la chair des taureaux ? Est-ce que je bois le sang des boucs ? '■* Offre pour sacrifice à Dieu des actions de grâces, Et accomplis tes vœux envers le Très-Haut. '^Et invoque-moi au jour de la détresse ; Je te délivrerai, et tu me glorifieras. '^Et Dieu dit au méchant : Quoi donc ! tu énumères mes lois. Et tu as mon alliance à la bouche, '"Toi qui hais les avis, Et qui jettes mes paroles derrière toi ! "^Si tu vois un voleur, tu te plais avec lui, Et ta part est avec les adultères. ''Tu livres ta bouche au mal. Et ta langue est un tissu de tromperies. ^"Tu t'assieds, et tu parles contre ton frère. Tu diffames le fils de ta mère. -'Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu. Tu t'es imaginé que je te ressemblais ; Mais je vais te reprendre, et tout mettre sous tes yeux. "Prenez-y donc garde, vous qui oubliez Dieu, De peur que je ne déchire, sans que personne délivre. ^•' Celui qui offre pour sacrifice des actions de grâces me glorifie, Et â celui qui veille sur sa voie Je ferai voir le salut de Dieu. Psaume 5i. 'Au chef des chantres. Psaume de David. -Lorsque Nathan le prophète vint à lui, après que David fut allé vers Bath-Schéba. '0 Dieu ! aie pitié de moi dans ta bonté ; Selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions; * Lave-moi complètement de mon iniquité, Et purifie-moi de mon péché. 666 PSAUMES. Ps. 51.5-52,0. ^Car je reconnais mes transgressions, Et mon péché est constamment devant moi. ^J'ai péché contre toi seul. Et j'ai fait ce qui est mal à tes yeux. En sorte que tu seras juste clans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement. 'Voici, je suis né dans l'iniquité. Et ma mère m'a conçu dans le péché. *Mais tu veux que la vérité soit au lond du cœur : Fais donc pénétrer la sagesse au dedans de moi ! ^Purifie-moi avec Thysope", et je serai pur; Lave-moi, et je serai plus blanc que la neige. '"Annonce-moi l'allégresse et la joie, Et les os que tu as brisés se réjouiront. "Détourne ton regard de mes péchés. Efface toutes mes iniquités. '-0 Dieu ! crée en moi un cœur pur. Renouvelle en moi un esprit bien disposé. ''Ne me rejette pas loin de ta face, Ne me retire pas ton esprit saint. '■'Rends-moi la joie de ton salut. Et qu'un esprit de bonne volonté me soutienne ! '^J'enseignerai tes voies à ceux qui les transgressent. Et les pécheurs reviendront à toi. "'O Dieu, Dieu de mon salut ! délivre-moi du sang versé, Et ma langue célébrera ta miséricorde. ''Seigneur! ouvre mes lèvres. Et ma bouche publiera ta louange. "*Si tu eusses voulu des sacrifices, je t'en aurais offert ; Mais tu ne prends point plaisir aux holocaustes. "Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c'est un esprit brisé. 0 Dieu ! tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit. -"Répands par ta grâce tes bienfaits sur Sion, Bâtis les murs de Jérusalem ! ^' Alors tu agréeras des sacrifices de justice*. Des holocaustes et des victimes tout entières ; Alors on offrira des taureaux sur ton autel. Psaume 52. 'Au chef des chantres. Cantique de David. ^A l'occasion du rapport que Doëg, l'Edomite, vint faire à Saiil, en lui disant : David s'est rendu dans la maison d'Achiniclcc. a. Allusion :ui mude do purifiratiori employé à l'égard des lépreux : on faisait sur eux des aspersions avec une branche d'hysope, trempée dans le sang d'un passereau. b. Selon les ordonnances de la loi. 6G7 Ps. 52, 3-5S, 1. PSAUMES. ^Pourquoi te glorifîes-tu de ta méchanceté, tyran ? La bonté de Dieu subsiste toujours. *Ta langue n'invente que malice, Comme un rasoir affilé, fourbe que tu es ! ^Tu aimes le mal plutôt que le bien. Le mensonge plutôt que la droiture ; — Pause. *Tu aimes toutes les paroles de destruction, Langue trompeuse ! 'Aussi Dieu t'abattra pour toujours, 11 te saisira et t'enlèvera de ta tente ; 11 te déracinera de la terre des vivants. — Pause. *Les justes le verront, et auront de la crainte, Et ils feront de lui le sujet de leurs moqueries : '* Voilà l'homme qui ne prenait point Dieu ])our protecteur, Mais qui se confiait en ses grandes richesses. Et qui triomphait dans sa malice ! '"Et moi, je suis dans la maison de Dieu comme un olivier verdoyant. Je me confie dans la bonté de Dieu, éternellement et à jamais. "Je te louerai toujours, parce que tu as agi ; Et je veux espérer en ton nom, parce qu'il est favorable, En présence de tes fidèles. Psaume 53. 'Au chef des chantres. Sur la flûte. Cantique de David. * L'insensé dit en son cœur : Il n'y a point de Dieu ! Ils se sont corrompus, ils ont commis des iniquités abominables ; 11 n'en est aucun qui fasse le bien. ^Dieu, du haut des cieux, regarde les fils de l'homme, Pour voir s'il y a quelqu'un qui soit intelligent, Qui cherche Dieu. ■•Tous sont égarés, tous sont pervertis ; 11 n'en est aucun qui fasse le bien. Pas même un seul. ^Ceux qui commettent l'iniquité ont-ils perdu le sens ? Ils dévorent mon peuple, ils le prennent pour nourriture ; Ils n'invoquent point Dieu. ^Alors ils trembleront d'épouvante, Sans qu'il y ait sujet d'épouvante ; Dieu dispersera les os de ceux qui campent contre toi ; Tu les confondras, car Dieu les a rejetés. 'Oh ! qui fera partir de Sion la délivrance d'Israël '^ Quand Dieu ramènera les captifs de son peuple, Jacob sera dans l'allégresse, Israël se réjouira. 6G8 PSAUMES. Ps. 54,1-55,11. Psaume 54. 'Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Cantique de David. -Lorsque les Ziphiens vinrent dire à Saul : David n'est-il pas caché parmi 'O Dieu ! sauve-moi par ton nom, Et rends-moi justice par ta puissance ! ■•O Dieu ! écoute ma prière, Prête l'oreille aux paroles de ma bouche ! ^Car des étrangers se sont levés contre moi, Des hommes violents en veulent à ma vie ; Ils ne portent pas leurs pensées sur Dieu. — Pause. * Voici, Dieu est mon secours. Le Seigneur est le soutien de mon âme. 'Le mal retombera sur mes adversaires; Anéantis-les, dans ta fidélité ! '.Je t'offrirai de bon cœur des sacrifices ; Je louerai ton nom, ô Eternel ! car il est favorable, 'Car il me délivre de toute détresse, Et mes yeux se réjouissent à la vue de mes ennemis. Psaume 55. 'Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Cantique de David. -0 Dieu ! prête l'oreille à ma prière. Et ne te dérobe pas à mes supplications ! ^Ecoute-moi, et réponds-moi ! J'erre çà et là dans mon chagrin et je m'agite, *A cause de la voix de l'ennemi et de l'oppression du méchant ; Car ils font tomber sur moi le malheur, Et me poursuivent avec colère. ^Mon cœur tremble au dedans de moi. Et les terreurs de la mort me surprennent; ^La crainte et l'épouvante m'assaillent. Et le frisson m'enveloppe. 'Je dis : Oh ! si j'avais les ailes de la colombe, Je m'envolerais, et je trouverais le repos ; ^'Voici, je fuirais bien loin, J'irais séjourner au désert; — Pause. "Je m'échapperais en toute hâte, Plus rapide que le vent impétueux, que la tempête. '"Réduis à néant, Seigneur, divise leurs langues ! Car je vois dans la ville la violence et les querelles; " Elles en font jour et nuit le tour sur les murs ; L'iniquité et la malice sont dans son sein ; 6G9 43 • Ps. 55, 12-56, 5. PSAUMES. '"La méchanceté est au milieu d'elle, Et la fraude et la tromperie ne quittent point ses places. '^Ce n'est pas un ennemi qui m'outrage, je le supporterais; Ce n'est pas mon adversaire qui s'élève contre moi, Je me cacherais devant lui. '■* C'est toi, que j'estimais mon égal. Toi, mon confident et mon ami ! '^Ensemble nous vivions dans une douce intimité, Nous allions avec la foule à la maison de Dieu ! '*Que la mort les surprenne. Qu'ils descendent vivants au séjour des morts ! Car la méchanceté est dans leur demeure, au milieu d'eux. ''Et moi, je crie à Dieu, Et l'Eternel me sauvera. '■ Le soir, le matin, et à midi, je soupire et je gémis, Et il entendra ma voix. '^11 me délivrera de leur approche et me rendra la paix, Car ils sont nombreux contre moi. -"Dieu entendra, et il les humiliera. Lui qui de toute éternité est assis sur son trône ; — Pause. Car il n'y a point en eux de changement, Et ils ne craignent point Dieu. -'Il" porte la main sur ceux qui étaient en paix avec lui, Il viole son alliance ; --Sa bouche est plus douce que la crème, Mais la guerre est dans son cœur ; Ses paroles sont plus onctueuses que l'huile, Mais ce sont des épées nues. ^^ Remets ton sort à l'Eternel, et il te soutiendra. Il ne laissera jamais chanceler le juste. -■'Et toi, ô Dieu ! tu les feras descendre au fond de la fosse; Les hommes de sang et de fraude N'atteindront pas la moitié de leurs jours. C'est en toi que je me confie. Psaume 56. 'Au chef des chantres. Sur « Colombe des térébinthes lointains ». Hymne de David. Lorsque les Philistins le saisirent à Gath. -Aie pitié de moi, ô Dieu ! car des hommes me harcèlent, Tout le jour ils me font la guerre, ils me tourmentent. ^Tout le jour mes adversaires me harcèlent ; Ils sont nombreux, ils me font la guerre comme des hautains. ^Quand je suis dans la crainte. En toi je me confie. ^Jc me glorifierai en Dieu, en sa parole; tt. IL relui dont il est parlé au verset 14. 670 PSAUMES. Ps. 56,0-57,1. Je me confie en Dieu, je ne crains rien : Que peuvent me faire des hommes? *Sans cesse ils portent atteinte à mes droits, Ils n'ont à mon égard que de mauvaises pensées. 'Ils complotent, ils épient, ils observent mes traces, Parce qu'ils en veulent à ma vie. *C'est par l'iniquité qu'ils espèrent échapper : Dans ta colère, ô Dieu, précipite les peuples! "Tu comptes les pas de ma vie errante; Recueille mes larmes dans ton outre : Ne sont-elles pas inscrites dans ton livre? '"Mes ennemis reculent, au jour où je crie ; Je sais que Dieu est pour moi. "Je me glorifierai en Dieu, en sa parole ; Je me glorifierai en l'Eternel, en sa parole ; '-Je me confie en Dieu, je ne crains rien : Que peuvent me faire des hommes ? '^0 Dieu ! je dois accomplir les vœux que je t'ai faits ; Je t'offrirai des actions de grâces. '^Car tu as délivré mon âme de la mort, Tu as garanti mes pieds de la chute. Afin que je marche devant Dieu, à la lumière des vivants. Psaume 57. 'Au chef des chantres. « Ne détruis pas. » Hymne de David. Lorsqu'il se réfugia dans la caverne, poursuivi par Saiil. *Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de moi ! Car en toi mon àme cherche un refuge ; Je cherche un refuge à l'ombre de tes ailes, Jusqu'à ce que les calamités soient passées. ^Je crie au Dieu Très-Haut, Au Dieu qui agit en ma faveur. ■'Il m'enverra du ciel le salut, Tandis que mon persécuteur se répand en outrages ; — Pause. Dieu euA^erra sa bonté et sa fidélité. ^Mon àme est parmi des lions ; Je suis couché au milieu de gens qui vomissent la flamme, Au milieu d'hommes qui ont pour dents la lance et les flèches. Et dont la langue est un glaive tranchant. * Elève-toi sur les cieux, ô Dieu ! Que ta gloire soit sur toute la terre ! 'Ils avaient tendu un filet sous mes pas : Mon àme se courbait ; 071 Ps. 57,8-59,3. PSAUMES. Ils avaient creusé une fosse devant moi : Ils y sont tombés. — Pause. ^Mon cœur est affermi, ô Dieu ! mon cœur est affermi ; Je chanterai, je ferai retentir mes instruments. 'Réveille-toi, mon âme ! réveillez-vous, mon luth et ma harpe! Je réveillerai l'aurore. '"Je te louerai parmi les peuples, Seigneur ! Je te chanterai parmi les nations. "Car ta bonté atteint jusqu'aux cieux. Et ta fidélité jusqu'aux nues. '-Elève-toi sur les cieux, ô Dieu ! Que ta gloire soit sur toute la terre ! Psaume 5S. *Au chef des chantres. « Ne détruis pas. » Hymne de David. -Est-ce donc en vous taisant que vous rendez la justice ! Est-ce ainsi que vous jugez avec droiture, fds de l'homme ? •■'Loin de là ! dans le cœur, vous consommez des iniquités ; Dans le pays, c'est la violence de vos mains que vous placez sur la balance. ''Les méchants sont pervertis dès le sein maternel. Les menteurs s'égarent au sortir du ventre de leur mère. ^Ils ont un venin pareil au venin d'un serpent. D'un aspic sourd qui ferme son oreille, ^Qui n'entend pas la voix des enchanteurs. Du magicien le plus habile. 'O Dieu, brise-leur les dents dans la bouche ! Éternel, arrache les mâchoires des lionceaux ! ^Qu'ils se dissipent comme des eaux qui s'écoulent! Qu'ils ne lancent que des traits émoussés ! 'Qu'ils périssent en se fondant, comme un limaçon ; Sans voir le soleil, comme l'avorton d'une femme ! '"Avant que vos chaudières sentent l'épine. Verte ou enflammée, le tourbillon l'emportera. "Le juste sera dans la joie, à la vue de la vengeance ; Il baignera ses pieds dans le sang des méchants. '"-Et les hommes diront : Oui, il est une récompense pour le juste ; Oui, il est un Dieu qui juge sur la terre. Psaiinie 59. 'Au chef des chantres. « Ne détruis pas. » Hymne de David. Lorsque Saûl envoya cerner la maison, pour le faire mourir. -Mon Dieu ! délivre-moi de mes ennemis, Protège-moi contre mes adversaires ! ^Délivre-moi des malfaiteurs, 672 PSAUMES. Ps. 59,^.-00,3. Et sauve-moi des hommes de sang ! *Car voici, ils sont aux aguets pour m'ùter la vie; Des hommes violents complotent contre moi, Sans que je sois coupable, sans que j'aie péché, ô Eternel ! '^Malgré mon innocence, ils courent, ils se préparent : Réveille-toi, viens à ma rencontre, et regarde ! ^Toi, Éternel, Dieu des armées, Dieu d'Israël, Lève-toi, pour châtier toutes les nations ! N'aie pitié d'aucun de ces méchants infidèles ! — Pause. "Ils reviennent chaque soir, ils hurlent comme des chiens, Ils font le tour de la ville. n'oici, de leur bouche ils font jaillir le mal, Des glaives sont sur leurs lèvres ; Car, qui est-ce qui entend"? *Et toi. Eternel, tu te ris d'eux. Tu te moques de toutes les nations. '"Quelle que soit leur force, c'est en toi que j'espère, Car Dieu est ma haute retraite. "Mon Dieu vient au-devant de moi dans sa bonté, Dieu me fait contempler avec joie ceux qui me persécutent. '-Ne les tue pas, de peur que mon peuple ne l'oublie; Fais-les errer par ta puissance, et précipite-les. Seigneur, notre bouclier ! '^Leur bouche pèche à chaque parole de leurs lèvres : Qu'ils soient pris dans leur propre orgueil ! Ils ne profèrent que malédictions et mensonges. '*Détruis-les, dans ta fureur, détruis-les, et qu'ils ne soient plus ! Qu'ils sachent que Dieu règne sur Jacob, Jusqu'aux extrémités de la terre ! — Pause. '^Ils reviennent chaque soir, ils hurlent comme des chiens, Ils font le tour de la ville. '"Ils errent çà et là, cherchant leur nourriture, Et ils passent la nuit sans être rassasiés. "Et moi, je chanterai ta force ; Dès le matin, je célébrerai ta bonté. Car tu es pour moi une haute retraite. Un refuge au jour de ma détresse. '*0 ma force ! c'est toi que je célébrerai, Car Dieu, mon Dieu tout bon, est ma haute retraite. Psaume f'iO. 'Au chef des chantres. Sur le lis lyrique. Ihmne de David, pour enseigner. ^Lorsqu'il fit la guerre aux Syriens de Mésopotamie et aux Syriens de Tsoba, et que Joab revint et battit dans la vallée du sel douze mille Edomites. a. Qui est-ce r^ui enieiul ? disent les méchants. 673 Ps. 60,3-61,0. PSAUMES. •^O Dieu ! tu nous as repoussés, dispersés, Tu t'es irrité : relève-nous ! *Tu as ébranlé la terre, tu l'as déchirée : Répare ses brèches, car elle chancelle ! ^Tu as fait voir à ton peuple des choses dures. Tu nous as abreuvés d'un vin d'étourdissement. *Tu as donné à ceux qui te craignent une bannière. Pour qu'elle s'élève à cause de la vérité. — Pause. ^Afin que tes bien-aimés soient délivrés, Sauve par ta droite, et exauce-nous ! *Dieu a dit dans sa sainteté : Je triompherai, Je partagerai Sichem, je mesurerai la vallée de Succotli ; 'A moi Galaad, à moi Manassé ; Ejihraïm est le rempart de ma tête, Et Juda, mon sceptre ; '"Moab est le bassin où je me lave ; Je jette mon soulier sur Edoni ; Pays des Philistins, pousse à mon sujet des cris de joie ! "Qui me mènera dans la ville forte ? Qui me conduit à Edom ? '-N'est-ce pas toi, ô Dieu, qui nous as repoussés, Et qui ne sortais plus, ô Dieu, avec nos armées ? '•'Donne-nous du secours contre la détresse ! Le secours de l'homme n'est que vanité. '*Avec Dieu, nous ferons des exploits ; 11 écrasera nos ennemis. Psaume 01. 'Au chef des chantres. Sur instruments à cordes. De David. -O Dieu ! écoute mes cris. Sois attentif à ma jirière ! ^Du bout de la terre je crie à toi, le cœur abattu ; Conduis-moi sur le rocher que je ne puis atteindre ! ■'Car tu es pour moi un refuge. Une tour forte, en face de l'ennemi. ^Je voudrais séjourner éternellement dans ta tente. Me réfugier à l'abri de tes ailes. — Pause. "Car toi, ô Dieu ! tu exauces mes vœux. Tu me donnes l'héritage de ceux qui craignent ton nom. "Ajoute des jours aux jours du roi ; Que ses années se prolongent à jamais ! *Ou'il reste sur le trône éternellement devant Dieu ! Fais que ta bonté et ta fidélité veillent sur lui ! 'Alors je chanterai sans cesse ton nom. En accomplissant chaque jour mes vœux. 674 PSAUMES. Ps.62,i-63,i Psaume 62. 'Au chef des chantres. D'après Jeduthun. Psaume de David. "Oui, c'est en Dieu que mon âme se confie; De lui vient mon salut. ^Oui, c'est lui qui est mon rocher et mon salut; Ma haute retraite : je ne chancellerai guère. ■•Jusques à quand vous jetterez-vous sur un homme, Chercherez-vous tous à l'abattre, Comme une muraille qui penche. Comme une clôture qu'on renverse ? ^Ils conspirent j)our le précipiter de son poste élevé ; Ils prennent plaisir au mensonge ; Ils bénissent de leur bouche, Et ils maudissent dans leur cœur. — Pause. *Oui, mon àme, confie-toi en Dieu ! Car de lui vient mon espérance. "Oui, c'est lui qui est mon rocher et mon salut; Ma haute retraite : je ne chancellerai pas. *Sur Dieu reposent mon salut et ma gloire ; Le rocher de ma force, mon refuge, est en Dieu. ^En tout temps, peuples, confiez-vous en lui. Répandez vos cœurs en sa présence ! Dieu est notre refuge. — Pause. "*Oui, vanité les fils de l'homme. Mensonge les fils de l'homme ! Dans une balance ils monteraient Tous ensemble, plus légers qu'un souffle. "Ne vous confiez pas dans la violence, Et ne mettez pas un vain espoir dans la rapine ; Quand les richesses s'accroissent. N'y attachez pas votre cœur. '-Dieu a parlé une fois ; Deux fois j'ai entendu ceci : C'est que la force est à Dieu. '*A toi aussi, Seigneur ! la bonté ; Car tu rends à chacun selon ses œuvnïs Psaume 63. 'Psaume de David. Lorsqu'il était dans le désert de Juda. -O Dieu ! tu es mon Dieu, je te cherche; Mon àme a soif de toi, mon corps soupire après toi. Dans une terre aride, desséchée, sans eau. 'Ainsi je te contemple dans le sanctuaire, G7.5 Ps.63,'.-6A,ii. PSAUMES. Pour voir ta puissance et ta gloire. ''Car ta bonté vaut mieux que la vie : Mes lèvres célèbrent tes louanges. *Je te bénirai donc toute ma vie, J'élèverai mes mains en ton nom. *Mon âme sera rassasiée comme de mets gras et succulents, Et, avec des cris de joie sur les lèvres, ma bouche te célébrera. 'Lorsque je pense à toi sur ma couche. Je médite sur toi pendant les veilles de la nuit. *Car tu es mon secours. Et je suis clans l'allégresse à l'ombre de tes ailes. " Mon âme est attachée à toi ; Ta droite me soutient. '"Mais ceux qui cherchent à m'ôter la vie Iront dans les profondeurs de la terre ; "Ils seront livrés au glaive. Ils seront la proie des chacals. '^Et le roi se réjouira en Dieu ; Quiconque jure par lui s'en glorifiera. Car la bouche des menteurs sera fermée. Psnitntc 6k. 'Au chef des chantres. Psaume de David. *0 Dieu, écoute ma voix, cjuand je gémis ! Protège ma vie contre l'ennemi que je crains ! ^Garantis-moi des complots des méchants. De la troupe bruyante des hommes iniques ! *Ils aiguisent leur langue comme un glaive. Ils lancent comme des traits leurs paroles amères, ^Pour tirer en cachette sur l'innocent ; Ils tirent sur lui à l'improviste, et n'ont aucune crainte. *Ils se fortifient dans leur méchanceté : Ils se concertent pour tendre des pièges. Ils disent : Qui les verra ? Mis méditent des crimes : Nous voici prêts, le plan est conçu La pensée intime, le cœur de chacun est un abîme. *Dieu lance contre eux ses traits : Soudain les voilà frappés. ^Leur langue a causé leur chute ; Tous ceux cjui les voient secouent la tête. '"Tous les hommes sont saisis de crainte, Ils publient ce que Dieu fait. Et prennent garde à son œuvre. "Le juste se réjouit en l'Éternel et cherche en lui son refuge, Tous ceux qui ont le cœur droit se glorifient. 676 PSAUMES. Ps. 60, 1-66, 4. Psaume 65. 'Au chef des chantres. Psaume de David. Cantique. -Avec confiance, ô Dieu ! on te louera dans Sion, Et Ton accomplira les vœux qu'on t'a faits. ^O toi, qui écoutes la prière ! Tous les hommes viendront à tui. ■•Les iniquités m'accablent : Tu pardonneras nos transgressions. ^Heureux celui que tu choisis et que tu admets en ta présence, Pour qu'il habite dans tes parvis ! Nous nous rassasierons du bonheur de ta maison, De la sainteté de ton temple. ^Dans ta bonté, tu nous exauces par des jirodiges. Dieu de notre salut, Espoir de toutes les extrémités lointaines de la terre et de la mer ! "Il affermit les montagnes par sa force, 11 est ceint de puissance ; "11 apaise le mugissement des mers, le mugissement de leurs flots. Et le tumulte des peuples. ^Ceux qui habitent aux extrémités du monde s'effraient de tes prodiges ; Tu remplis d'allégresse l'orient et l'occident. '"Tu visites la terre et tu lui donnes l'abondance. Tu la combles de richesses ; Le ruisseau de Dieu est plein d'eau ; Tu prépares le blé, quand tu la fertilises ainsi. "En arrosant ses sillons, en aplanissant ses mottes. Tu la détrempes par des pluies, tu bénis son germe. '-Tu couronnes l'année de tes biens. Et tes pas versent l'abondance ; '^Les plaines du désert sont abreuvées. Et les collines sont ceintes d'allégresse ; '^Les pâturages se couvrent de brebis, Et les vallées se revêtent de froment. Les cris de joie et les chants retentissent. Psaume 66- 'Au chef des chantres. Cantique. Psaume. Poussez vers Dieu des cris de joie. Vous tous, habitants de la terre ! -Chantez la gloire de son nom. Célébrez sa gloire par vos louanges ! ^Dites à Dieu : Que tes oeuvres sont redoutables ! A cause de la grandeur de ta force, tes ennemis te flattent. *Toute la terre se prosterne devant toi et chante en ton honneur; Ps. 66, 5-67, -2. PSAUMES. Elle chante ton nom. — Pause. • ^Venez et contemplez les œuvres de Dieu ! Il est redoutable quand il agit sur les fils de l'homme. *I1 changea la mer en une terre sèche, On traversa le fleuve à pied : Alors nous nous réjouîmes en lui. 'Il domine éternellement par sa puissance, Ses yeux observent les nations : Que les rebelles ne s'élèvent pas ! — Pause. ^^ Peuples, bénissez notre Dieu, Faites retentir sa louange ! 'Il a conservé la vie à notre âme, Et il n'a pas permis que notre pied chancelât. '"Car tu nous as éprouvés, ô Dieu ! Tu nous as fait passer au creuset comme l'argent. "Tu nous as amenés dans le filet. Tu as mis sur nos reins un pesant fardeau, '-Tu as fait monter des hommes sur nos têtes ; Nous avons passé par le feu et par l'eau. Mais tu nous en as tirés pour nous donner l'abondance. "J'irai dans ta maison avec des holocaustes, J'accomplirai mes vœux envers toi : '^Pour eux mes lèvres se sont ouvertes. Et ma bouche les a prononcés dans ma détresse. '^Je t'oflVirai des brebis grasses en holocauste, Avec la graisse des béliers ; Je sacrifierai des brebis avec des boucs. — Pause. "'Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu, et je raconterai Ce qu'il a fait à mon âme. '^J'ai crié à lui de ma bouche. Et la louange a été sur ma langue. '"Si j'avais conçu l'iniquité dans mon cœur, Le Seigneur ne m'aurait pas exaucé. ''■'Mais Dieu m'a exaucé. Il a été attentif à la voix de ma prière. -"Béni soit Dieu, Qui n'a pas rejeté ma prière, Et qui ne m'a pas retiré sa bonté ! Psaume 67. 'Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Psaume. Cantique. *Que Dieu ait pitié de nous et qu'il nous bénisse, Qu'il fasse luire sur nous sa face, — Pause. 678 PSAUMES. Ps. 67,3-68, ^Afin que l'on connaisse sur la terre ta voie, Et parmi toutes les nations ton salut ! *Les peui)les te louent, ô Dieu ! Tous les peuples te louent. ^Les nations se réjouissent et sont dans l'allégresse; Car tu juges les peuples avec droiture, Et tu conduis les nations sur la terre. — Pause. *Les peuples te louent, ô Dieu ! Tous les peuples te louent. 'La terre donne ses jiroduits ; Dieu, notre Dieu, nous bénit. "Dieu nous bénit. Et toutes les extrémités de la terre le craignent. Psaume 68. 'Au chef des chantres. De David. Psaume. Cantique. -Dieu se lève, ses ennemis se dispersent. Et ses adversaires fuient devant sa face. ^Comme la fumée se dissipe, tu les dissipes; Comme la cire se fond au feu. Les méchants disparaissent devant Dieu. ■•Mais les justes se réjouissent, ils triomphent devant Dieu, Ils ont des transports d'allégresse. ^Chantez à Dieu, célébrez son nom ! Frayez le chemin à celui qui s'avance à travers les plaines ! L'Eternel est son nom : réjouissez-vous devant lui ! *Le père des orphelins, le défenseur des veuves, C'est Dieu dans sa demeure sainte. 'Dieu donne une famille à ceux qui étaient abandonnés, Il délivre les captifs et les rend heureux ; Les rebelles seuls habitent des lieux arides. 'O Dieu ! quand tu sortis à la tête de ton peuple, Quand tu marchais dans le désert, — Pause. "La terre trembla, les cieux se fondirent devant Dieu, Le Sinaï s'ébranla devant Dieu, le Dieu d'Israël. '"Tu fis tomber une ])luie bienfaisante, ô Dieu ! Tu fortifias ton héritage épuisé. "Ton peuple établit sa demeure dans le pays, Que par ta bonté, ù Dieu ! tu avais préparé pour les malheureux. '-Le Seigneur dit une parole, Et des femmes proclament en foule la victoire : — '^Les rois des armées fuient, fuient, (i79 13. Ps. 68,1^-31. PSAUMES. Et celle qui reste à la maison partage le butin. '•'Tandis que vous reposez au milieu des étables, Les ailes de la colombe sont couvertes d'argent, ■ Et son plumage est d'un jaune d'or. ■ — '^Lorsque le Tout-Puissant dispersa les rois dans le pays, La terre devint blanche comme la neige du Tsalmon. '^Montagnes de Dieu, montagnes de Basan, Montagnes aux cimes nombreuses, montagnes de Basan, ''Pourquoi, montagnes aux cimes nombreuses, avez-vous de l'envie Contre la montagne que Dieu a voulue pour résidence ? L'Eternel n'en fera pas moins sa demeure à perpétuité. "^Les chars de l'Éternel se comptent par vingt mille. Par milliers et par milliers ; Le Seigneur est au milieu d'eux, le Sinaï est dans le sanctuaire. '*Tu es monté sur la hauteur, tu as emmené des captifs. Tu as pris en don des hommes ; Les rebelles habiteront aussi près de l'Eternel Dieu. -"Béni soit le Seigneur chaque jour! Quand on nous accable. Dieu nous délivre. — Pause. -'Dieu est pour nous le Dieu des délivrances, Et ri<]ternel, le Seigneur, peut nous garantir de la mort. -■-Oui, Dieu brisera la tête de ses ennemis, Le sommet de la tète de ceux qui vivent dans le péché. -*Le Seigneur dit : Je les ramènerai de Basan, Je les ramènerai du fond de la mer, -^Afin que tu plonges ton pied dans le sang. Et que la langue de tes chiens ait sa part des ennemis. -^Ils voient ta marche, ô Dieu ! La marche de mon Dieu, de mon roi, dans le sanctuaire. -^En tète vont les chanteurs, puis ceux qui jouent des instruments, Au milieu de jeunes fdles battant du tambourin. -'Bénissez Dieu dans les assemblées. Bénissez le Seigneur, descendants d'Israël ! -*Là, sont Benjamin, le plus jeune, qui domine sur eux. Les chefs de Juda et leur troupe. Les chefs de Zabulon, les chefs de Nephthali. °^Ton Dieu ordonne que tu sois puissant ; Affermis, ô Dieu, ce que tu as fait pour nous ! ''"De ton temple tu règnes sur Jérusalem ; Les rois t'apporteront des présents. 3' Epouvante l'animal des roseaux", La troupe des taureaux* avec les veaux'' des peuples. Qui se prosternent avec des pièces d'argenf^ ! a. Le crocodile, symbole de l'Egypte. b. Des grands, des puissants. c. La multitude, qui suit les chefs. ci. Pour payer des tributs. 680 I PSAUM ES. Ps. 68, 32-69, a. Disperse les peuples qui prennent plaisir à combattre ! ^*Des grands viennent de l'Egypte ; L'Ethiopie accourt, les mains tendues vers Dieu. ^^ Royaumes de la terre, chantez à Dieu, Célébrez le Seigneur ! — Pause. '^Chantez à celui qui s'avance dans les cieux, les cieux éternels! Voici, il fait entendre sa voix, sa voix puissante. '^Rendez gloire à Dieu ! Sa majesté est sur Israël, et sa force dans les cieux. ^•^De ton sanctuaire, ô Dieu ! tu es redoutable. Le Dieu d'Israël donne à son peuple la force et la puissance. Béni soit Dieu ! Psau/ne 69. 'Au chef des chantres. Sur les lis. De David. * Sauve-moi, ô Dieu ! Car les eaux menacent ma Aie. ^J'enfonce dans la boue, sans pouvoir me tenir; Je suis tombé dans un gouffre, et les eaux m'inondent. ■•Je m'épuise à crier, mon gosier se dessèche. Mes yeux se consument, tandis que je regarde vers mon Dieu. ^Ils sont plus nombreux que les cheveux do ma tète Ceux qui me haïssent sans cause ; Ils sont puissants ceux qui veulent me perdre, Qui sont à tort mes ennemis. Ce que je n'ai pas dérobé, il faut que je le restitue. *0 Dieu ! tu connais ma folie. Et mes fautes ne te sont point cachées. 'Que ceux qui espèrent en toi ne soient pas confus à cause de moi. Seigneur, Eternel des armées! Que ceux qui te cherchent ne soient pas dans la honte à cause de moi. Dieu d'Israël ! *Car c'est pour toi que je porte l'opprobre. Que la honte couvre mon visage ; 'Je suis devenu un étranger pour mes frères, Un inconnu pour les fils de ma mère. '"Car le zèle de ta maison me dévore, Et les outrages de ceux qui t insultent tombent sur moi. "Je verse des larmes et je jeûne. Et c'est ce qui m'attire l'opprobre ; '^Je prends un sac pour vêtement. Et je suis l'objet de leurs sarcasmes. '^Ceux qui sont assis à la porte parlent de moi. Et les buveurs de liqueurs fojtes me mettent en chansons. 681 Ps.69,ik-3',. PSAUMES. '*Mais je t'adresse ma prière, ô Eternel ! Que ce soit le temps favorable, ô Dieu, par ta grande bonté ! Réponds-moi, en m'assurant ton secours ! '^Retire-moi de la boue, et que je n'enfonce plus ! Que je sois délivré de mes ennemis et du gouffre ! '^Que les flots ne m'inondent plus, Que Tabime ne m'engloutisse pas. Et que la fosse ne se ferme pas sur moi ! '"Exauce-moi, Eternel ! car ta bonté est immense. Dans tes grandes compassions, tourne vers moi les regards, "*Et ne cache pas ta face à ton serviteur ! Puisque je suis dans la détresse, hàte-toi de m'exaucer ! "Approche-toi de mon âme, délivre-la! Sauve-moi, à cause de mes ennemis ! -"Tu connais mon opprobre, ma honte, mon ignominie; Tous mes adversaires sont devant toi. -'L'opprobre me brise le cœur, et je suis malade; J'attends de la pitié, mais en vain, Des consolateurs, et je n'en trouve aucun. *^Ils mettent du fiel dans ma nourriture, Et, pour apaiser ma soif, ils m'abreuvent de vinaigre. -'Que leur table soit pour eux un piège, Et un filet au sein de leur sécurité ! -"•Que leurs yeux s'obscurcissent et ne voient plus. Et fais continuellement chanceler leurs reins ! -^Répands sur eux ta colère. Et que ton ardente fureur les atteigne ! -*Que leur demeure soit dévastée. Qu'il n'y ait plus d'habitants dans leurs tentes ! "Car ils persécutent celui que tu frappes. Ils racontent les souffrances de ceux que tu blesses. ^^Ajoute des iniquités à leurs iniquités. Et qu'ils n'aient point part à ta miséricorde ! -"Qu'ils soient effacés du livre de vie, Et qu'ils ne soient point inscrits avec les justes ! '"Moi, je suis malheureux et souffrant : O Dieu, que ton secours me relève ! ^'Je célébrerai le nom de Dieu par des cantiques, Je l'exalterai par des louanges. ^-Cela est agréable à l'Eternel, plus qu'un taureau Avec des cornes et des sabots. ''Les malheureux le voient et se réjouissent; Vous qui cherchez Dieu, que votre cœur vive ! '*Car l'Eternel écoute les pauvres, Et il ne méprise point ses captifs. 682 PSAUMES. Ps. 69,35-71,9. ^^Que les eieux et la terre le célèbrent, Les mers et tout ce qui s'y meut ! ^*Car Dieu sauvera Sion, et bâtira les villes de Juda ; On s'y établira, et l'on en prendra possession ; ^'La postérité de ses serviteurs en fera son héritage, Et ceux qui aiment son nom y auront leur demeure. Psaume 70- 'Au chef des chantres. De David. Pour souvenir. -0 Dieu, hàte-toi de me délivrer! Éternel, hàte-toi de me secourir! ^Qu'ils soient honteux et confus ceux qui en veulent à ma vie ! Qu'ils reculent et rougissent ceux qui désirent ma perte ! ■'Qu'ils retournent en arrière par l'effet de leur honte Ceux qui disent : Ah ! ah ! ^Que tous ceux qui te cherchent Soient dans l'allégresse et se réjouissent en toi ! Que ceux qui aiment ton salut Disent sans cesse : Exalté soit Dieu ! 'Moi, je suis pauvre et indigent : O Dieu, hàte-toi en ma faveur! Tu es mon aide et mon libérateur : Eternel, ne tarde pas ! Psaume 11. 'Éternel ! je cherche en toi mon refuge : Que jamais je ne sois confondu ! 'Dans ta justice, sauve-moi et délivre-moi ! Incline vers moi ton oreille, et secours-moi ! ^Sois pour moi un rocher qui me serve d'asile. Où je puisse toujours me retirer ! Tu as résolu de me sauver. Car tu es mon rocher et ma forteresse. ^Mon Dieu, délivre-moi de la main du méchant, De la main de l'homme inique et violent ! ^Car tu es mon espérance. Seigneur Eternel! En toi je me confie dès ma jeunesse. 'Dès le ventre de ma mère je m'appuie sur toi ; C'est toi qui m'as fait sortir du sein maternel ; Tu es sans cesse l'objet de mes louanges. ■'Je suis pour plusieurs comme un prodige, Et toi, tu es mon puissant refuge. *Que ma bouche soit remplie de tes louang-es. Que chaque jour elle te glorifie ! °Ne me rejette pas au temps de la vieillesse ; Quand mes forces s'en vont, ne m'abandonne pas! 683 Ps. 71,10-72,5. PSAUMES. '"Car mes ennemis parlent de moi, Et ceux qui guettent ma vie se consultent entre eux, "Disant : Dieu l'abandonne ; Poursuivez, saisissez-le; il n'y a personne pour le déliA'rer. '-0 Dieu, ne t'éloigne pas de moi ! Mon Dieu, viens en hâte à mon secours ! '^Qu'ils soient confus, anéantis, ceux qui en veulent à ma vie ! Qu'ils soient couverts déboute et d'opprobre ceux qui cherchent ma perte I '•'Et moi, j'espérerai toujours, Je te louerai de plus en plus. '^Ma bouche publiera ta justice, ton salut, chaque jour, Car j'ignore quelles en sont les bornes. '^Je dirai tes œuvres puissantes, Seigneur Eternel ! Je rappellerai ta justice, la tienne seule. "O Dieu ! tu m'as instruit dès ma jeunesse, Et jusqu'à présent j'annonce tes merveilles. '^Ne m'abandonne pas, ô Dieu ! même dans la blanche vieillesse, Afin que j'annonce ta force à la génération présente, Ta puissance à la génération future ! '"Ta justice, ô Dieu ! atteint jusqu'au ciel; Tu as accompli de grandes choses : ô Dieu ! qui est semblable à toi ? ^"Tu nous as fait éprouver bien des détresses et des malheurs ; Mais tu nous redonneras la \\e. Tu nous feras remonter des abîmes de la terre. "-' Relève ma grandeur. Console-moi de nouveau ! -"^Et je te louerai au son du luth, je chanterai ta fidélité, mon Dieu, Je te célébrerai avec la harpe. Saint d'Israël ! *'En te célébrant, j'aurai la joie sur les lèvres, La joie dans mon âme que tu as délivrée ; -'*Ma langue chaque jour publiera ta justice. Car ceux qui cherchent ma perte sont honteux et confus. Psaume 72. 'De Salomon. O Dieu, donne tes jugements au roi. Et ta justice au fils du roi ! -Il jugera ton peuple avec justice, Et tes malheureux avec équité. 'Les montagnes porteront la paix pour le peuple, Et les collines aussi, par l'elïet de ta justice. *I1 fera droit aux malheureux du peuple, Il sauvera les enfants du pauvre, Et il écrasera l'oppresseur. ''On te craindra, tant qiie subsistera le soleil. Tant que ])araîtra la lune, de génération en génération. PSAUM ES. Ps. 72. 6-73. i. *II sera comme une pluie qui tombe sur un terrain fauché, Comme des ondées qui arrosent la campagne. "En ses jours le juste fleurira. Et la paix sera grande jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de lune. •*11 dominera d'une mer à l'autre, Et du fleuve aux extrémités de la terre. "Devant lui, les habitants du désert fléchiront le genou, Et ses ennemis lécheront la poussière. '"Les rois de Tarsis et des îles paieront des tributs, Les rois de Séba et de Saba offriront des présents. "Tous les rois se prosterneront devant lui, Toutes les nations le serviront. '"-Car il délivrera le pauvre qui crie. Et le malheureux qui n'a point d'aide. '^11 aura pitié du misérable et de l'indigent, Et il sauvera la vie des pauvres ; '*11 les affranchira de l'oppression et de la violence, Et leur sang aura du prix à ses yeux. '^Ils vivront, et lui donneront de l'or de Séba ; Ils prieront pour lui sans cesse, ils le béniront chaque jour. '"Les blés abonderont dans le pays, au sommet des montagnes. Et leurs épis s'agiteront comme les arbres du Liban ; Les hommes fleuriront dans les villes comme l'herbe de la terre. '"Son nom subsistera toujours. Aussi longtemps que le soleil son nom se perpétuera ; Par lui on se bénira mutuellement. Et toutes les nations le diront heureux. 'BÉNI SOIT L ETERNEL DIEU, LE DIEU D ISRAËL, SEUL FAIT DES PRODIGES ! *BÉNI SOIT A JAMAIS SON NOM GLORIEUX ! DIT REMP AMEN ! AMEN ! 'Fin des prières de David, fils d'Isaï. QUE TOUTE LA TERRE SOIT REMPLIE DE SA GLOIRE ! LIVRE TROISIEME. Psaume 73- •Psaume d'Asaph. Oui, Dieu est bon pour Isiaél, Pour ceux ([ui ont le cœur pur. 685 Ps. 7S,i-v-.. PSAUMES. -Toutefois, mon pied allait fléchir, Mes pas étaient sur le point de glisser ; ^Car je portais envie aux insensés, En voyant le bonheur des méchants. ■*Rien ne les tourmente jusqu'à leur mort. Et leur corps est chargé d'embonpoint ; ^Ils n'ont aucune part aux soulfrances humaines, Ils ne sont point frappés comme le reste des hommes. ^Aussi l'orgueil leur sert de collier, La violence est le vêtement qui les enveloppe ; "L'iniquité sort de leurs entrailles. Les pensées de leur cœur se font jour. "^Ils raillent, et parlent méchamment d'opprimer; Ils profèrent des discours hautains, 'Ils élèvent leur bouche jusqu'aux cieux, Et leur langue se promène sur la terre. "*Voilà pourquoi son peuple se tourne de leur côté, Il avale l'eau abondamment, "Et il dit : Comment Dieu saurait-il. Comment le Très-Haut connaîtrait-il ? — '-Ainsi sont les méchants : Toujours heureux, ils accroissent leurs richesses. '^C'est donc en vain que j'ai purifié mon cœur, Et que j'ai lavé mes mains dans l'innocence : '"•Chaque jour je suis frappé. Tous les matins mon chiàtiment est là. '^Si je disais : Je veux parler comme eux, Voici, je trahirais la race de tes enfants. '^Quand j'ai réfléchi là-dessus pour m'éclairer, La difficulté fut grande à mes yeux, '"Jusqu'à ce que j'eusse pénétré dans les sanctuaires de Dieu, Et que j'eusse pris garde au sort final des méchants. '*Oui, tu les places sur des voies glissantes, Tu les fais tomber et les mets en ruines. '^Eh quoi ! en un instant les voilà détruits! Ils sont enlevés, anéantis par une fin soudaine ! -"Comme un songe au réveil. Seigneur, à ton réveil, tu repousses leur image. -' Lorsque mon cœur s'aigrissait. Et que je me sentais percé dans les entrailles, ^-J'étais stupide et sans intelligence. J'étais à ton égard comme les bêtes. '^^ Cependant je suis toujours avec toi. Tu m'as saisi la main droite ; -*Tu me conduiras par ton conseil, 686 PSAUMES. Ps. 73,25-74,16. Puis tu me recevras clans la gloire. *^Quel autre ai-je au ciel que toi ? Et sur la terre je ne prends plaisii' qu'en toi. -*Ma chair et mon cœur peuvent se consumer : Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et mon partage. -'Car voici, ceux qui s'éloignent de toi périssent; Tu anéantis tous ceux qui te sont infidèles. -*Pour moi, m'approcher de Dieu, c'est mon bien: Je place mon refuge dans le Seigneur, l'Eternel, Afin de raconter toutes tes œuvres. Psaume 74. 'Cantique d'Asaph. Pourquoi, ô Dieu ! rejettes-tu pour toujours? Pourquoi t'irrites-tu contre le troupeau de ton pâturage ? * Souviens-toi de ton peuple que tu as acquis autrefois, Que tu as racheté comme la tribu de ton héritage ! Souviens-toi de la montagne de Sion, où tu faisais ta résidence; ^ Porte tes pas vers ces lieux constamment dévastés ! L'ennemi a tout ravagé dans le sanctuaire. *Tes adversaires ont rugi au milieu de ton temple; Ils ont établi pour signes leurs signes. ^On les a vus, pareils à celui qui lève La cognée dans une épaisse forêt ; ^Et bientôt ils ont brisé toutes les sculptures, A coups de haches et de marteaux. 'Ils ont mis le feu à ton sanctuaire ; Ils ont abattu, profané la demoire de ton nom. 41s disaient en leur cœur : Traitons-les tous avec violence ! Ils ont brûlé dans le pays tous les lieux saints. ^Nous ne voyons plus nos signes ; Il n'y a plus de prophète. Et personne parmi nous qui sache jusques à quand... "Jusques à quand, ô Dieu ! l'oppresseur outragera-t-il, L'ennemi méprisera-t-il sans cesse ton nom ? "Pourquoi retires-tu ta main et ta droite ? Sors-la de ton sein ! détruis ! '-Dieu est mon roi dès les temps anciens. Lui qui opère des délivrances au milieu de la terre. '^Tu as fendu la mer par ta puissance, Tu as brisé les têtes des monstres sur les eaux ; '■•Tu as écrasé la tète du crocodile, Tu l'as donné pour nourriture au peuple du désert. '^Tu as fait jaillir des sources et des torrents. Tu as mis à sec des fleuves qui ne tarissent point. '*A toi est le jour, à toi est la nuit ; 687 Ps. 74,11-75,11. PSAUMES. Tu as créé la lumière et le soleil. "Tu as fixé toutes les limites de la terre, Tu as établi l'été et l'hiver. '* Souviens-toi que l'ennemi outrage l'Eternel, Et qu'un peuple insensé méprise ton nom ! ''Ne livre pas aux bêtes l'àme de ta tourterelle, ÎV oublie pas à toujours la vie de tes malheureux ! -"Aie égard à l'alliance ! Car les lieux sombres du pays sont pleins de repaires de brigands. -'Que l'opprimé ne retourne pas confus! Que le malheureux et le pauvre célèbrent ton nom ! "Lève-toi, ô Dieu ! défends ta cause ! Souviens-toi des outrages que te fait chaque jour l'insensé ! -^N'oublie pas les clameurs de tes adversaires. Le tumulte sans cesse croissant de ceux qui s'élèvent contre toi ! Psaume 75. 'Au chef des chantres. « Ne détruis pas. » Psaume d'Asaj)h. Cantique. -Nous te louons, ô Dieu ! nous te louons; Ton nom est dans nos bouches ; Nous publions tes merveilles. — *Au temps que j'aurai fixé, Je jugerai avec droiture. ^La terre tremble avec tous ceux qui l'habitent : Moi, j'affermis ses colonnes. — Pause. ^Je dis à ceux qui se glorifient : Ne vous glorifiez pas ! Et aux méchants : N'élevez pas la tête" ! ^N'élevez pas si haut votre tête. Ne parlez pas avec tant d'arrogance ! 'Car ce n'est ni de l'orient, ni de l'occident. Ni du désert, que vient l'élévation. '*Mais Dieu est celui qui juge : Il abaisse l'un, et il élève l'autre. ''Il y a dans la main de l'Eternel une coupe. Où fermente un vin pleiji de mélange. Et il en verse : Tous les méchants de la terre sucent, boivent jusqu'à la lie. '".Te publierai ces choses à jamais ; Je chanterai en l'honneur du Dieu de Jacob. — "Et j'abattrai toutes les forces* des méchants; Les forces du juste seront élevées. a. La tète. Iié4>. la corne. b. Les forces, héb. tes cornes. 688 PSAUMES. Ps. 70,1-77,6. Psaume 70. 'Auchefcleschantrcïs. Avec inslruinents à cordes. Psaume d'Asaph. Cantique. -Dieu est connu en Juda, Son nom est grand en Israël. ^Sa tente est à Salem", Et sa demeure à Sion. ■*C'est là qu'il a brisé les flèches*, Le bouclier, l'épée, et les armes de guerre. — Pause. ^Tu es plus majestueux, plus puissant Que les montagnes des ravisseurs. "Ils ont été dépouillés ces héros pleins de courage, Ils se sont endormis de leur dernier sommeil ; Ils n'ont pas su se défendre tous ces vaillants hommes. "A ta menace. Dieu de Jacob ! Ils se sont endormis, cavaliers et chevaux. '*Tu es redoutable, ô toi ! Qui peut te résister, quand ta colère éclate ? "Du haut des cieux tu as proclamé la sentence; La terre effrayée s'est tenue tranepiille, '"Lorscfue Dieu s'est levé pour faire justice. Pour sauver tous les malheureux de la terre. — Pause. "L'homme te célèbre même dans sa fureur. Quand tu te revêts de tout ton courroux. '-Faites des vœux à l'Eternel, votre Dieu, et accomplissez-les ! Que tous ceux qui l'environnent apportent des dons au Dieu terrible ! '*I1 abat l'orgueil des princes. Il est redoutable aux rois de la terre. Psaume 77. 'Au chef des chantres. D'après Jedulhun. Psaume d'Asaph. ^Ma voix s'élève à Dieu, et je crie ; Ma voix s'élève à Dieu, et il m'écoutcra. ^Au jour de ma détresse, je cherche le Seigneur; La nuit, mes mains sont étendues sans se lasser; Mon àme refuse toute consolation. ■'Je me souviens de Dieu, et je géiuis ; Je médite, et mon esprit est abattu. — Pause. ^Tu tiens mes paupières en éveil ; Et, dans mon trouble, je ne puis parler. "Je pense aux jours anciens, a. Salem. Jérusalem. b. Les flèches, héb. les flammes de l'are. G8y Ps.77,i-78,i. PSAUMES. Aux années d'autrefois. "Je pense à mes cantiques pendant la nuit, Je fais des réflexions au dedans de mon cœur, Et mon esprit médite. ^Le Seigneur rejettera-t-il pour toujours? Ne sera-t-il plus favorable ? 'Sa bonté est-elle à jamais épuisée? Sa parole est-elle anéantie pour l'éternité ? "Dieu a-t-il oublié d'avoir compassion ? A-t-il, dans sa colère, retiré sa miséricorde ? — Pause. "Je dis : Ce qui fait ma souffrance. C'est que la droite du Très-Haut n'est plus la même... *-Je rappellerai les œuvres de l'Eternel, Car je me souviens de tes merveilles d'autrefois; ''Je parlerai de toutes tes œuvres, Je raconterai tes hauts faits. '*0 Dieu ! tes voies sont saintes ; Quel dieu est grand comme Dieu ? '^Tu es le Dieu qui fait des prodiges ; Tu as manifesté parmi les peuples ta puissance. '^Par ton bras tu as délivré ton peuple, Les fils de Jacob et de Josepli. — Pause. '^Les eaux t'ont vu, ô Dieu ! Les eaux t'ont vu, elles ont tremblé ; Les abîmes se sont émus. "*Les nuages versèrent de l'eau par torrents, Le tonnerre retentit dans les nues, Et tes flèches volèrent de toutes ]>arts. '"Ton tonnerre éclata dans le tourbillon, Les éclairs illuminèrent le monde ; La terre s'émut et trembla. -"Tu te frayas un chemin par la mer, Un sentier par les grandes eaux, Et tes traces ne furent plus reconnues. -'Tu as conduit ton peuple comme un troupeau, Par la main de Moïse et d'Aaron. Psaume 78. 'Cantique d'Asapli. Mon peuple, écoute mes instructions ! Prêtez l'oreille aux paroles de ma bouche ! -J'ouvre la bouche par des sentences, Je publie la sagesse des temps anciens. 690 PSAUMES. Ps. 78, 3-20. "Ce que nous avons entendu, ce que nous savons, Ce que nos pères nous ont raconté, *Nous ne le cacherons point à leurs enfants ; Nous dirons à la génération future les louanges de FEternel, Et sa puissance, et les prodiges qu'il a opérés. Ml a établi un témoignage en Jacob, Il a mis une loi en Israël, Et il a ordonné à nos pères de renseigner à leurs enfants, '^Pour qu'elle fût connue de la génération future, Des enfants qui naîtraient. Et que, de\enus grands, ils en parlassent à leurs enfants, 'Afin qu'ils missent en Dieu leur confiance. Qu'ils n'oubliassent pas les œuvres de Dieu, Et qu'ils observassent ses commandements, '*Afin qu'ils ne fussent pas, comme leurs pères, Une race indocile et rebelle. Une race dont le cœur n'était pas ferme. Et dont l'esprit n'était pas fidèle à Dieu. °Les fils d'E]ihraïm, armés et tirant de l'arc. Tournèrent le dos le jour du combat. '"Ils ne gardèrent point l'alliance de Dieu, Et ils refusèrent de marcher selon sa loi. "Ils mirent en oubli ses œuvres. Ses merveilles qu'il leur aA'ait fait voir. '-Devant leurs pères il avait fait des prodiges. Au pays d'Egypte, dans les campagnes de Tsoan. '^11 fendit la mer et leur ouvrit un passage. Il fit dresser les eaux comme une muraille. '■•Il les conduisit le jour par la nuée. Et toute la nuit par un feu éclatant. 'Ml fendit des rochers dans le désert. Et il donna à boire comme des flots abondants ; '^Du rocher il fit jaillir des sources, Et couler des eaux comme des fleuves. ''Mais ils continuèrent à pécher contre lui, A se révoker contre le Très-Haut dans le désert. 'Mis tentèrent Dieu dans leur cœur. En demandant de la nourriture selon leur désir. 'Mis parlèrent contre Dieu, Ils dirent : Dieu pourrait-il Dresser une table dans le désert ? -"Voici, il a frappé le rocher, et des eaux ont coulé, Et des torrents se sont répandus ; Pourra-t-il aussi donner du pain, 691 Ps.78,-n-w. PSAUMES. Ou fournir de la viande à son peuple ? -'L'Éternel entendit, et il fut irrité ; J Un feu s'alluma contre Jacob, ' Et la colère s'éleva contre Israël, "Parce qu'ils ne crurent pas en Dieu, Parce qu'ils n'eurent pas confiance dans son secours. -^11 commanda aux nuages d'en haut. Et il ouvrit les portes des cieux ; -■*11 fit pleuvoir sur eux la manne pour nourriture, 11 leur donna le blé du ciel. "Ils mangèrent tous le pain des grands, 11 leur envoya de la nourriture à satiété. -"11 fit souffler dans les cieux le vent d'orient, Et il amena par sa puissance le vent du midi ; -"Il fit pleuvoir sur eux la viande comme de la poussière, Et comme le sable des mers les oiseaux ailés ; -"Il les fit tomber au milieu de leur camp. Tout autour de leurs demeures. -'^lls mangèrent et se rassasièrent abondamment : Dieu leur donna ce qu'ils avaient désiré. ^"Ils n'avaient pas satisfait leur désir. Ils avaient encore leur nourriture dans la bouche, ■"Lorsque la colère de Dieu s'éleva contre eux; Il frappa de mort les plus vigoureux. Il abattit les jeunes hommes d'Israël. '-Malgré tout cela, ils continuèrent à pécher, Et ne crurent point à ses prodiges. •'■41 consuma leurs jours par la vanité, Et leurs années par une fin soudaine. '■'Quand il les frappait de mort, ils le cherchaient. Ils revenaient et se tournaient vers Dieu ; •'41s se souvenaient que Dieu était leur rocher, Que le Dieu Très-Haut était leur libérateur. '"Mais ils le trompaient de la bouche. Et ils lui mentaient de la langue ; '^Leur cœur n'était pas ferme envers lui. Et ils n'étaient pas fidèles à son alliance. •"'Toutefois, dans sa miséricorde, il pardonne l'iniquité et ne détruit pas; Il retient souvent sa colère et ne se livre pas à toute sa fureur. •''•'Il se souvint qu'ils n'étaient que chair. Un souffle qui s'en va et ne revient pas. ^"Que de fois ils se révoltèrent contre lui dans le désert ! Que de fois ils l'irritèrent dans la solitude ! 692 PSAUMES. Ps. 78,'d-i ■60. "Ils ne cessèrent de tenter Dieu, Et de provoquer le Saint d'Israël. *-IIs ne se souvinrent pas de sa [)uissance, Du jour où il les délivra de l'ennemi, ■'^Des miracles (|u'il accomplit en Egyi^te, Et de ses prodiges dans les campagnes de Tsoan. "Il chanoea leurs fleuves" en sangf. Et ils ne purent en boire les eaux. *^I1 envoya contre eux des mouches venimeuses c|ui les dévorèrent. Et des grenouilles qui les détruisirent. ^"11 livra leurs récoltes aux sauterelles, Le produit de leur travail aux sauterelles. ■''H fit périr leurs vignes jiar la grêle, Et leurs svcomores par la gelée. ^''Il abandonna leur bétail à la grêle, Et leurs troupeaux au feu du ciel. *'I1 lança contre eux son ardente colère, La fureur, la rage et la détresse. Une troupe de messagers de malheurs. ^"11 donna libre cours à sa colère. Il ne sauva pas leur àme de la mort. Il livra leur vie à la mortalité ; *'I1 frappa tous les premiers-nés en Egypte, Les prémices de la force sous les tentes de Chani *. ^-11 fit partit' son peuple comme des brebis. Il les conduisit comme un troupeau dans le désert. *'I1 les dirigea sûrement, pour qu'ils fussent sans crainte. Et la mer couvrit leurs ennemis. ^^11 les amena vers sa frontière sainte. Vers cette montagne que sa droite a acquise. "Il chassa devant eux les nations. Leur distribua le pays en héritage. Et fit habiter dans leurs tentes les tribus d'Israël. ^^Mais ils tentèrent le Dieu Très-Haut et se révoltèrent contre lui. Et ils n'observèrent point ses ordonnances. "Ils s'éloignèrent et furent infidèles, comme leurs pères, Ils tournèrent, comme un arc trompeur. ^*Ils l'irritèrent par leurs hauts lieux. Et ils excitèrent sa jalousie par leurs idoles. ^"Dieu entendit, et il fut irrité ; Il repoussa fortement Israël. *"I1 abandonna la demeure de Silo, La tente où il habitait parmi les hommes ; «. Leurs fleiwes, les fleuves des E|jyptieus, b. t'ham, imiii donné à 1 l'^^j'vpti'. 693 Ps. 78,61-70,6. PSAUMES. 01 'Il livra S3 gloire" à la ca])tivité, Et sa majesté" entre les mains de rennemi. *^I1 mit son peuple à la merci du glaive, Et il s'india'na contre son héritage. ''■'Le feu dévora ses jeunes hommes, Et ses vierges ne furent pas célébrées ; ^■'Ses prêtres tombèrent par l'épée. Et ses veuves ne pleurèrent pas. ^^Le Seigneur s'éveilla comme celui qui a dormi, Comme un héros qu'a subjugué le vin. ''Ml frappa ses adversaires en fuite. Il les couvrit d'un opprobre éternel. ""Cependant il rejeta la tente de Joseph, Et il ne choisit point la tribu d'Ephraïm ; "Ml préféra la tribu de Juda, La montagne de Sion qu'il aimait. "^Et il bâtit son sanctuaire comme les lieux élevés, Comme la terre qu'il a fondée pour toujours. ""Il choisit David, son serviteur. Et il le tira des bergeries ; "'Il le prit derrière les brebis qui allaitent. Pour lui faire paître .lacob, son peuple. Et Israël, son héritage. "-Et David les dirigea avec un cœur intègre. Et les conduisit avec des mains intelligentes. Psaume 79- 'Psaume d'Asaph. O Dieu ! les nations ont envahi ton héritage. Elles ont profané ton saint temple. Elles ont fait de Jérusalem un monceau de pierres. -Elles ont livré les cadavres de tes serviteuis En pâture aux oiseaux du ciel, La chair de tes fidèles aux bêtes de la terre ; ^Elles ont versé leur sang comme de l'eau Tout autour de Jérusalem, Et il n'y a eu personne pour les enterrer. 'Nous sommes devenus un objet d'opprobre pour nos voisins, De moquerie et de risée pour ceux qui nous entourent. ^Jusques à quand. Eternel ! t'irriteras-tu sans cesse. Et ta colère s'embrasera-t-elle comme le feu ? "Répands ta fureur sur les nations qui ne te connaissent pas. Et sur les royaumes qui n'invoquent pas ton nom ! a. Sa gioire, sa majestc. l'arche qui fut prise par les Philistins. 694 PSAUMES. Ps. 79,1-80,11. 'Car on a dévoré Jacob, Et ravagé sa demeure. *Ne te souviens plus de nos iniquités passées ! Que tes compassions viennent en hâte au-devant de nous! Car nous sommes bien malheureux. 'Secours-nous, Dieu de notre salut, pour la gloire de ton nom ! Délivre-nous, et pardonne nos péchés, à cause de ton nom ! '"Pourquoi les nations diraient-elles : Où est leur Dieu? Qu'on sache, en notre présence, parmi les nations. Que tu venges le sang de tes serviteurs, le sang répandu ! "Que les gémissements des captifs parviennent jusqu'à toi ! Par ton bras puissant sauve ceux qui vont périr" ! '-Rends à nos voisins sept fois dans leur sein Les outrages qu'ils t'ont faits. Seigneur ! "Et nous, ton peuple, le troupeau de ton pâturage. Nous te célébrerons éternellement; De génération en génération nous publierons tes louanges. Psaume SO. 'Au chef des chantres. Sur les lis lyriques. D'Asaph. Psaume. "Prête l'oreille, berger d'Israël, Toi qui conduis Joseph comme un troupeau ! Parais dans ta splendeur. Toi qui es assis sur les chérubins ! ^Devant Éphraïm, Benjamin et Manassé, réveille ta force, Et viens à notre secours ! ■'O Dieu, relève-nous ! Fais briller ta face, et nous serons sauvés ! ^Eternel, Dieu des armées ! Juscjues à quand t'irriteras-tu contre la prière de ton peuple ? ^Tu les nourris d'un pain de larmes, Tu les abreuves de larmes à pleine mesure. 'Tu fais de nous un objet de discorde pour nos voisins. Et nos ennemis se raillent de nous. '^Dieu des armées, relève-nous! Fais briller ta face, et nous serons sauvés ! 'Tu avais arraché de l'Iîgyi^te une vigne ; Tu as chassé des nations, et tu l'as plantée. '"Tu as fait place devant elle : Elle a jeté des racines et rempli la terre ; "Les montagnes étaient couvertes de son oml)re. Et ses rameaux étaient comme des cèdres de Dieu ; a. Ceux qui font jwrir, héb. {es fils tle la mort. 6U5 Ps. 80, 12-8 Lu. PSAUMES. '-Elle étendait ses branches jusqu'à la mer, Et ses rejetons jusqu'au fleuve. '"Pourquoi as-tu rompu ses clôtures, En sorte que tous les passants la dépouillent ? '■'Le sanglier de la forêt la ronge. Et les bêtes des champs en font leur pâture. "^Dieu des armées, reviens donc ! Regarde du haut des cieux, et vois ! considère cette vigne ! '^Protège ce que ta droite a planté. Et le fils que tu t'es choisi !... "Elle est brûlée par le feu, elle est coupée! Ils périssent devant ta face menaçante. '"Que ta main soit sur l'homme de ta droite, Sur le fils de l'homme que tu t'es choisi ! "Et nous ne nous éloignerons plus de toi. Fais-nous revivre, et nous invoquerons ton nom. -"Eternel, Dieu des armées, relève-nous ! Fais briller ta face, et nous serons sauvés ! Psaume 81. 'Au chef des chantres. Sur la guitthith. D'Asaph. ^Chantez avec allégresse à Dieu, notre force ! Poussez des cris de joie vers le Dieu de Jacob ! ^Entonnez des cantiques, faites résonner le tambourin, La harpe mélodieuse et le luth ! ^Sonnez de la trompette à la nouvelle lune, A la pleine lune, au jour de notre fête ! ^Car c'est une loi pour Israël, Une ordonnance du Dieu de Jacob. ^11 en fit un statut pour Joseph, Quand il marcha contre le pays d'Egypte... J'entends une voix qui m'est inconnue : — "J'ai déchargé son épaule du fardeau, Et ses mains ont lâché la corbeille. "Tu as crié dans la détresse, et je t'ai délivré ; Je t'ai répondu dans la retraite du tonnerre ; Je t'ai éprouvé près des eaux de Meriba. — Pause. "Ecoute, mon peuple ! et je t'avertirai ; Israël, puisses-tu m'écouter! '"Qu'il n'y ait au milieu de toi point de dieu étranger! Ne te prosterne pas devant des dieux étrangers ! "Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait monter du pays d'Egypte; Ouvre ta bouche, et je la remplirai. '^Mais mon peuple n'a point écouté ma voix, Israël ne m'a point obéi. 696 PSAUMES. Ps. 81,^3-83,1 "Alors je les ai livrés aux penchants de leur cœur, Et ils ont suivi leurs propres conseils. "Oh ! si mon peuple m'écoutait. Si Israël marchait dans mes voies ! '^En un instant je confondrais leurs ennemis, Je tournerais ma main contre leurs adversaires; "Ceux qui haïssent l'Eternel le flatteraient. Et le bonheur d'Israël durerait toujours ; '"Je le nourrirais du meilleur froment. Et je le rassasierais du miel du rocher. Psaume 82. ' Psaume d'Asaph. Dieu se tient dans l'assemblée de Dieu ; Il juge au milieu des dieux. — ^Jusques à quand jugerez-vous avec iniquité. Et aurez-vous égard à la personne des méchants ? — Pause. ^Rendez justice au faible et à l'orphelin, Faites droit au malheureux et au pauvre, ''Sauvez le misérable et l'indigent. Délivrez-les de la main des méchants. ^Ils n'ont ni savoir ni intelligence, Ils marchent dans les ténèbres ; Tous les fondements de la terre sont ébranlés. 'J'avais dit: Vous êtes des dieux. Vous êtes tous des fds du Très-Haut. ^Cependant vous mourrez comme des hommes. Vous tomberez comme un prince quelconque. — ■ ^Lève-toi, ô Dieu, juge la terre ! Car toutes les nations t'appartiennent. Psduiiit' S3. 'Cantique. Psaume d'Asaph. -O Dieu, ne reste pas dans le silence ! Ne te tais pas, et ne te repose pas, ù Dieu ! 'Car voici, tes ennemis s'agitent. Ceux qui te haïssent lèvent la tête. *Ils forment contre ton peuple des projets pleins de ruse, Et ils délibèrent contre ceux que tu protèges. ^Venez, disent-ils, exterminons-les du milieu des nations. Et qu'on ne se souvienne plus du nom d'Israël! ''Ils se concertent tous d'un même cœur, G97 Ps.83,i-8i,i. PSAUMES. Ils font une alliance contre toi ; ''Les tentes d'Edom et les Ismaélites, Moab et les Hagaréniens, ^Guebal, Ammon, Anialek, Les Philistins avec les habitants de Tyr ; ''L'Assyrie aussi se joint à eux, Elle prête son bras aux enfants de Lot. — Pause. '"Traite-les comme Madian, Comme Sisera, comme Jabin au torrent de Kison ! "Ils ont été détruits à En-Dor, Ils sont devenus du fumier pour la terre. '-Traite leurs chefs comme Orcb et Zeeb, Et tous leurs princes comme Zébacli et Tsalmunna! "Car ils disent : Emparons-nous Des demeures de Dieu ! '*Mon Dieu ! rends-les semblables au tourbillon. Au chaume qu'emporte le vent, '^Au feu qui brûle la forêt, A la flamme qui embrase les montagnes ! '^Poursuis-les ainsi de ta tempête. Et fais-les trembler par ton ouragan !' "Couvre leur face d'ignominie, Afin qu'ils cherchent ton nom, ô Eternel ! 'M^u'ils soient confus et épouvantés pour toujours. Qu'ils soient honteux et qu'ils périssent ! '"Qu'ils sachent que toi seul, dont le nom est l'Eternel, Tu es le Très-Haut sur toute la terre ! Psaume Sa. *Au chef des chantres. Sur la guitthith. Des fds de Koré. Psaume. ^Que tes demeures sont aimables, Eternel des armées ! •'Mon àme soupire et languit après les parvis de l'Eternel, Mon cœur et ma chair poussent des cris vers le Dieu vivant. *Le passereau même trouve une maison. Et l'hirondelle un nid où elle dépose ses petits... Tes autels", Éternel des armées! Mon roi et mon Dieu ! ^Heureux ceux qui habitent ta maison ! Ils peuvent te célébrer encore. — Pause. ^Heureux ceux qui placent en toi leur appui ! Ils trouvent dans leur cœur des chemins tout tracés. 'Lorsqu'ils traversent la vallée de Baca*^ a. Fais-moi trouver tes autels. 6. Ou l'aîlfe des pleurs. 698 PSAUMES. Ps. 84,8-85,13. Ils la transforment en un lieu plein de sources, Et la pluie la couvre aussi de bénédictions. ''Leur force augmente pendant la marche, Et ils se présentent devant Dieu à Sion. "Eternel, Dieu des armées, écoute ma prière ! Prête Toreille, Dieu de Jacob ! — Pause. '"Toi qui es notre bouclier, vois, ô Dieu ! Et regarde la face de ton oint ! "Mieux vaut un jour dans tes parvis que mille ailleurs ; Je préfère me tenir sur le seuil de la maison de mon Dieu, Plutôt que d'habiter sous les tentes de la méchanceté. '"-Car l'Eternel Dieu est un soleil et un bouclier, L'Eternel donne la grâce et la gloire, Il ne refuse aucun bien à ceux qui marchent dans l'intégrité. '^Eternel des armées ! Heureux l'homme qui se confie en toi ! Psaume 85. 'Au chef des chantres. Des fils de Koré. Psaume. ^Tu as été favorable à ton pays, ô Eternel ! Tu as ramené les captifs de Jacob ; ^Tu as pardonné l'iniquité de ton peuple. Tu as couvert tous ses péchés ; — Pause. ■•Tu as retiré toute ta fureur. Tu es revenu de l'ardeur de ta colère. ^Rétablis-nous, Dieu de notre salut! Cesse ton indignation contre nous ! 'T'irriteras-tu contre nous à jamais? Prolongeras-tu ta colère éternellement? 'Ne nous rendras-tu pas à la vie, Afin que ton peuple se réjouisse en toi ? "Eternel ! fais-nous voir ta bonté, Et accorde-nous ton salut ! 'J'écouterai ce que dit Dieu, l'Eternel ; Car il parle de paix à son peuple et à ses fidèles. Pourvu qu'ils ne retombent pas dans la folie. '"Oui, son sahit est près de ceux qui le craignent, Afin (|ue la gloii'c habite dans notre pavs. "La bonté et la fidélité se rencontrent, La justice et la paix s'embrassent ; '-La fidélité germe de la terre. Et la justice regarde du haut des cicux. '^L'Eternel aussi accordera le bonheur. Et notre terre donnera ses fruits. 699 Ps.85,n-80,ii. PSAUMES. "La justice marchera devant lui, Va imprimera ses pas sur le chemin. Psaume 86- 'Prière de David. j Eternel, prête l'oreille, exauce-moi! Car je suis malheureux et indigent. -Garde mon àme, car je suis pieux! Mon Dieu, sauve ton serviteur qui se confie en toi! ^Aie pitié de moi. Seigneur! Car je crie à toi tout le jour. ''Réjouis l'ànie de ton serviteur. Car à toi. Seigneur, j'élève mon àme. ^Gar tu es bon, Seigneur, tu pardonnes. Tu es plein d'amour pour tous ceux qui t'invoquent. ^Eternel, prête l'oreille à ma prière, Sois attentif à la voix de mes supplications ! Me t'invoque au jour de ma détresse, (^ar tu m'exauces. "Nul n'est comme toi parmi les dieux. Seigneur, Et rien ne ressemble à tes œuvres. '•'Toutes les nations que tu as faites viendront Se prosterner devant ta face. Seigneur, Va rendre gloire à ton nom. '"Car tu es grand, et tu opères des prodiges ; Toi seul, tu es Dieu. *' Enseigne-moi tes voies, ô Eternel ! Je marcherai dans ta fidélité. Dispose mon cœur à la crainte de ton nom. '-.le te louerai de tout mon cœur, Seigneur, mon Dieu ! Et je glorifierai ton nom à perpétuité. ''Car ta bonté est grande envers moi. Et tu délivres mon àme du séjour prol'ond des morts. '■•O Dieu ! des orgueilleux se sont levés contre moi, Une troupe d'hommes violents en veulent à ma vie ; Ils ne portent pas leurs pensées sur toi. '^Mais toi. Seigneur, tu es un Dieu miséricordieux et compatissant, Lent à la colère, riche en bonté et en fidélité; ""'Tourne vers moi les regards et aie pitié de moi. Donne la force à ton serviteur, Va sauve le fils de ta servante ! '"Opère un signe en ma faveur ! ()ue mes ennemis le voient et soient confus ! Car tu me secours et tu me consoles, ô Éternel ! 700 PSAUMES. Ps. 87.1-88,10. Psaume 87. 'Des fils de Koré. Psaume. Cantique. Elle est fondée sur les montagnes saintes. ^L'Éternel aime les portes de Sion Plus que toutes les demeures de Jacob. ^Des choses glorieuses ont été dites sur toi, Ville de Dieu ! — Pause. ■•Je proclame l'Egypte et Bahylone parmi ceux qui me connaissent ; Voici, le pays des Philistins, Tyr, avec l'Ethiopie : C'est dans Sion qu'ils sont nés. — ^Et de Sion il est dit : Tous y sont nés. Et c'est le Très-Haut qui l'affermit. 'L'Eternel compte en inscrivant les peuples : C'est là qu'ils sont nés. — Pause. 'Et ceux qui chantent et ceux qui dansent s'écrient : Toutes mes sources sont en toi. Psaume 88. 'Cantique. Psaume des fils de Koré. Au chef des chantres. Pour chanter sur la flûte. Cantique d'Héman, l'Ezrachite. -Eternel, Dieu de mon salut ! Je crie jour et nuit devant toi. ^Que ma prière parvienne en ta présence ! Prête l'oreille à mes supplications ! "•Car mon âme est rassasiée de maux. Et ma vie s'approche du séjour des morts. ^Je suis mis au rang de ceux qui descendent dans la fosse. Je suis comme un homme qui n'a plus de force. *Je suis étendu parmi les morts. Semblable à ceux qui sont tués et couchés dans le sépulcre. A ceux dont tu n'as plus le souvenir. Et qui sont séparés de ta main. 'Tu m'as jeté dans une fosse profonde. Dans les ténèbres, dans les abîmes. "Ta fureur s'appesantit sur moi. Et tu m'accables de tous tes flots. — Pause. ^Tu as éloigné de moi mes amis. Tu m'as rendu pour eux un objet d'horreur ; Je suis enfermé et je ne pviis sortir. '"Mes yeux se consument dans la souffrance; Je t'invoque tous les jours, ô Eternel ! J'étends vers toi les mains. , 701 Ps. 88,11-80,12. PSAUMES. "Est-ce pour les morts que tu fais des miracles? Les morts se lèvent-ils pour te louer? — Pause. '^Parle-t-on de ta bonté dans le sépulcre, De ta fidélité dans l'abime ? '^Tes prodiges sont-ils connus dans les ténèbres, Et ta justice dans la terre de l'oubli ? '■'0 Éternel ! j'implore ton secours, Et le matin ma prière s'élève à toi. '^Pourquoi, Eternel, repousses-tu mon àme ? Pourquoi me caches-tu ta face? '^Je suis malheureux et moribond dès ma jeunesse, Je suis chargé de tes terreurs, je suis troublé. '"Tes fureurs passent sur moi. Tes terreurs m'anéantissent ; '^Elles m'environnent tout le jour comme des eaux, Elles m'enveloppent toutes à la fois. '"Tu as éloigné de moi amis et compagnons ; Mes intimes ont disparu. Psaume S9. 'Cantique d'Ethan, l'Ezrachite. *Je chanterai toujours les bontés de l'Eternel ; Ma bouche fera connaître à jamais ta fidélité. ^Car je dis : La bonté a des fondements éternels ; Tu établis ta fidélité dans les cieux. — ■•J'ai fait alliance avec mon élu ; Voici ce que j'ai juré à David, mon serviteur : ^J'affermirai ta postérité pour toujours, Et j'établirai ton trône à perpétuité. — Pause. ^Les cieux célèbrent tes merveilles, ô Eternel ! Et ta fidélité dans l'assemblée des saints". "Car qui, dans le ciel, peut se comparer à l'Eternel? Qui est semblable à toi parmi les fils de Dieu" ? ^Dieu est terrible dans la grande assemblée des saints, Il est redoutable pour tous ceux qui l'entourent. "Eternel, Dieu des armées! qui est comme toi puissant, ô Eternel? Ta fidélité t'environne. '"Tu domptes l'orgueil de la mer ; Quand ses flots se soulèvent, tu les apaises. "Tu écrasas l'Egypte comme un cadavre. Tu dispersas tes ennemis par la puissance de ton bras, '^ C'est à toi qu'appartiennent les cieux et la terre, (L, Saints, fils de Dieu, les esprits célestes. 702 PSAUMES. Ps. 89, 13-33. C'est toi qui as fondé le monde et ce qu'il renferme. '^Tu as créé le nord et le midi ; Le Thabor et l'Hermon se réjouissent à ton nom. '■•Ton bras est puissant, Ta main forte, ta droite élevée. '^La justice et l'équité sont la base de ton trône, La bonté et la fidélité sont devant ta face. ** Heureux le peuple qui connaît le son de la trompette; Il marche à la clarté de ta face, o Eternel ! '"11 se réjouit sans cesse de ton nom. Et il se glorifie de ta justice. '**Car tu es la gloire de sa puissance ; C'est ta faveur qui relève notre force". '^Car l'Eternel est notre bouclier, Le Saint d'Israël est notre roi. ^"Alors tu parlas dans une vision à ton bien-aimé, Et tu dis : J'ai prêté mon secours à un héros. J'ai élevé du milieu du peuple un jeune homme; ^'J'ai trouvé David, mon serviteur, Je l'ai oint de mon huile sainte. "Ma main le soutiendra. Et mon bras le fortifiera. -'L'ennemi ne le surprendra pas. Et le méchant ne l'opprimera point; -*J'écraserai devant lui ses adversaires. Et je frapperai ceux (jui le haïssent. "Ma fidélité et ma bonté seront avec lui. Et sa force s'élèvera par mon nom. *^Je mettrai sa main sur la mer. Et sa droite sur les fleuves. -'Lui, il m'invocjuera : Tu es mon père, Mon Dieu et le rocher de mon salut ! -*'Et moi, je ferai de lui le premier-né. Le plus élevé des rois de la terre. *"Je lui conserverai toujours ma bonté, Et mon alliance lui sera fidèle ; '"Je rendrai sa postérité éternelle. Et son trône comme les jours des cieux. '*Si ses fils abandonnent ma loi Et ne marchent pas selon ses ordonnances, '^ S'ils violent mes préceptes Et n'observent pas mes commandements, "•'Je punirai de la verge leurs transgressions, a. jVûtrc force, héb. autre corne. 703 Ps. 89.3>.-53. PSAUMES. Et par des coups leurs iniquités ; **Mais je ne lui retirerai point ma bonté Et je ne trahirai pas ma fidélité, "^.le ne violerai point mon alliance Et je ne changerai pas ce qui est sorti de mes lèvres. ■'^J'ai juré une fois par ma sainteté : Mentirai-je à David ? '"Sa postérité subsistera toujours ; Son trône sera devant moi comme le soleil, ^^Comme la lune il aura une éternelle durée. Le témoin qui est dans le ciel est fidèle. — Pause. ^'Et pourtant, tu as rejeté, tu as repoussé ! Tu t'es irrité contre ton oint ! ■"•Tu as dédaigné l'alliance avec ton serviteur ; Tu as abattu, profané sa couronne. ^'Tu as détruit toutes ses murailles. Tu as mis en ruines ses forteresses. *-Tous les passants le dépouillent ; Il est un objet d'opprobre pour ses voisins. ''Tu as élevé la droite de ses adversaires. Tu as réjoui tous ses ennemis ; "Tu as fait reculer le tranchant de son glaive. Et tu ne l'as pas soutenu dans le combat. "Tu as mis un terme à sa splendeur. Et tu as jeté son trône à terre ; "•^Tu as abrégé les jours de sa jeunesse. Tu l'as couvert de honte. — Pause. "Jusques à cjuand, Eternel ! te cacheras-tu sans cesse, Et ta fureur s'embrasera-t-elle comme le feu ? ■** Rappelle-toi ce qu'est la durée de ma vie. Et pour quel néant tu as créé tous les fils de l'homme. ^'■•Y a-t-il un homme cjui puisse vivre et ne pas voir la mort. Oui puisse sauver son âme du séjour des morts ? — Pause. ''"Où sont, Seigneur! tes bontés premières. Que tu juras à David dans ta fidélité ? ^'Souviens-toi, Seigneur ! de l'opprobre de tes serviteurs. Souviens-toi que je porte en mon sein tous les peuples nombreux ^* Souviens-toi des outrages de tes ennemis, ô Eternel ! De leurs outrages contre les pas de ton oint. ^^BÉKl SOIT A JAMAIS l'ÉTERN'EL ! ^'1 704 PSAUMES. Ps. 90,1-11. LIVRE QUATRIEME Psaume 90. 'Prière de Moïse, homme de Dieu. Seigneur ! tu as été pour nous un refuge, De génération en génération. -Avant que les montagnes fussent nées, Et que tu eusses créé la terre et le inonde, D'éternité en éternité tu es Dieu. 'Tu fais rentrer les hommes chuis la poussière. Et tu dis : Fils de l'homme, retournez ! *Car mille ans sont, à tes yeux, Comme le jour d'hier, quand il n'est plus. Et comme une veille de la nuit. ^Tu les emportes, semblables à un songe, Qui, le matin, passe comme l'herbe : ^Elle fleurit le matin, et elle passe. On la coupe le soir, et elle sèche. 'Nous sommes consumés par ta colère. Et ta fureur nous épouvante. ''Tu mets devant toi nos iniquités, Et à la lumière de ta face nos fautes cachées. ^Tous nos jours disparaissent par ton courroux ; Nous voyons nos années s'évanouir comme un son. '"Les jours de nos années s'élèvent à soixante et dix ans. Et, pour les plus robustes, à quatre-vingts ans ; Et l'orgueil qu'ils en tirent n'est que peine et misère. Car il passe vite, et nous nous envolons. "Qui prend garde à la force de ta colère. Et à ton courroux, selon la crainte qui t'est due ? '-Enseigne-nous à bien compter nos jours. Afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse. "Reviens, Eternel! Jusques à ([uand...? Aie pitié de tes serviteurs ! '''Rassasie-nous chaque matin de ta bonté. Et nous serons toute notre vie dans la joie et l'allégresse. '^Réjouis-nous autant de jours que tu nous as humiliés, Autant d'années que nous avons vu le malheur. "Que ton œuvre se manifeste à tes serviteurs. Et ta gloire sur leurs enfants ! "Que la grâce de l'Eternel, notre Dieu, soiL sur nous! 705 Ps. 91.1-92.3. PSAUMES. Affermis l'ouvrage de nos mains, Oui, affermis l'ouvrage de nos mains ! Psaume 91. * Celui qui demeure sous l'abri du Très-Haut Repose à l'ombre dvi Tout-Puissant. ^Je dis à l'Eternel : Mon refuge et ma forteresse, Mon Dieu en qui je me confie ! ^Car c'est lui qui te délivre du filet de l'oiseleur, De la peste et de ses ravages. *11 te couvrira de ses plumes, Et tu trouveras un refuge sous ses ailes ; Sa fidélité est un bouclier et une cuirasse. ^Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit. Ni la flèche qui vole de jour, ^Ni la peste qui marche dans les ténèbres, Ni la contagion cjui frappe en plein midi. "Que mille tombent à ton côté. Et dix mille à ta droite. Tu ne seras pas atteint ; '^De tes yeux seulement tu regarderas, Et tu verras la rétribution des méchants. 'Car tu es mon refuge, ô Eternel ! Tu fais du Très-Haut ta retraite. '"Aucun malheur ne t'arrivera. Aucun fléau n'approchera de ta tente. "Car il ordonnera à ses anges De te garder dans toutes tes voies ; '-Ils te porteront sur les mains. De peur que ton pied ne heurte contre une pierre. '^Tu marcheras sur le lion et sur l'aspic. Tu fouleras le lionceau et le dragon. — '* Puisqu'il m'aime, je le délivrerai ; Je le protégerai, puisqu'il connaît mon nom 'Ml m'invoquera, et je lui répondrai; Je serai avec lui dans la détresse. Je le délivrerai et je le glorifierai. '^Je le rassasierai de longs jours. Et je lui ferai voir mon salut. Psaume 92. 'Psaume. Cantique pour le jour du sabbat. -Il est beau de louer l'Eternel, Et de célébrer ton nom, ô Très-Haut! ^D'annoncer le matin ta bonté. Et ta fidélité pendant les nuits, 706 PSAUMES. Ps.92,u-9S,5. *Sur rinstrument à dix cordes et sur le luth. Aux sons de la harpe. ^Tu me réjouis par tes œuvres, ô Eternel ! Et je chante avec allégresse l'ouvrage de tes mains. *Que tes œuvres sont grandes, ô Eternel ! Que tes pensées sont profondes ! ^L'homme stupide n'y connaît rien, Et l'insensé n'y prend point garde. ^Si les méchants croissent comme l'herbe, Si tous ceux qui font le mal fleurissent, C'est pour être anéantis à jamais. «Mais toi, tu es le Très-Haut, A perpétuité, ô Eternel ! '"Car voici, tes ennemis, ô Eternel ! Car voici, tes ennemis périssent; Tous ceux qui font le mal sont dispersés. "Et tu me donnes la force du buffle"; Je suis arrosé avec une huile fraîche. '-Mon œil se plaît à contempler mes ennemis. Et mon oreille à entendre mes méchants adversaires. "Les justes croissent comme le palmier. Ils s'élèvent comme le cèdre du Liban. '*Plantés dans la maison de l'Eternel, Ils prospèrent dans les parvis de notre Dieu ; '^Ils portent encore des fruits dans la vieillesse, Ils sont pleins de sève et verdoyants, '*Pour faire connaître que l'Eternel est juste. Il est mon rocher, et il n'y a point en lui d'iniquité. Psaume 93. 'L'Eternel règne, il est revêtu de majesté, L'Eternel est revêtu, il est ceint de force. Aussi le monde est ferme, il ne chancelle pas. "Ton trône est établi dès les temps anciens ; Tu existes de toute éternité. 'Les fleuves élèvent, ô Eternel ! Les fleuves élèvent leur voix, Les fleuves élèvent leurs ondes retentissantes. "'Plus que la voix des grandes, des puissantes eaux, Des flots impétueux de la mer, L'Eternel est puissant dans les lieux célestes. ^Tes témoignages sont entièi'ement véritables ; La sainteté convient à ta maison, 0 Eternel ! pour toute la durée des temps. a. Héb. tu éièi'es ma corne comme celle as mes voies. "Aussi je jurai dans ma colère : Ils n'entreront pas dans mon re])os ! Psaume 96. 'Chantez à l'Eternel un cantique nouveau ! Chantez à l'Eternel, vous tous habitants de la terre ! -Chantez à l'Eternel, bénissez son nom, Annoncez de jour en jour son salut ! ^Racontez parmi les nations sa gloire, Parmi tous les peuples ses merveilles ! "•Car l'Eternel est grand et très digne de louange. Il est redoutable par-dessus tous les dieux ; '^Car tous les dieux des peuples sont des idoles. Et l'Eternel a fait les cieux. ''La splendeur et la magnificence sont devant sa face, La gloire et la majesté sont dans son sanctuaire. 709 Ps. 96,1-97,11. PSAUMES. ^Familles des peuples, rendez à l'Eternel, Rendez à l'Eternel gloire et honneur ! ^Rendez à l'Eternel gloire pour son nom ! Apportez des offrandes, et entrez dans ses parvis ! ''Prosternez-vous devant l'Eternel avec des ornements sacrés. Tremblez devant lui, vous tous habitants de la terre ! '"Dites parmi les nations : L'Eternel règne; Aussi le monde est ferme, il ne chancelle pas ; L'Eternel juge les peuples avec droiture. "Que les cieux se réjouissent, et que la terre soit dans l'allégresse. Que la mer retentisse avec tout ce qu'elle contient, '-Que la campagne s'égaie avec tout ce cju'elle renferme, Que tous les arbres des forêts poussent des cris de joie, '^Devant l'Éternel ! Car il vient, Car il vient pour juger la terre ; Il jugera le monde avec justice. Et les peuples selon sa fidélité. P sa unie 97. 'L'Eternel règne : que la terre soit dans l'allégresse. Que les îles nombreuses se réjouissent ! -Les nuages et l'obscurité l'environnent, La justice et l'équité sont la base de son trône. ^Le feu marche devant lui. Et embrase à l'entour ses adversaires. *Ses éclairs illuminent le monde, La terre le voit et tremble ; ^Les montagnes se fondent comme la cire devant l'Eternel, Devant le Seigneur de toute la terre. *Les cieux publient sa justice, Et tous les peuples voient sa gloire. 'Ils sont confus tous ceux qui servent les images, Qui se font gloire des idoles. Tous les dieux se prosternent devant lui. *Sion l'entend et se réjouit. Les filles de Juda sont dans l'allégresse, A cause de tes jugements, ô Eternel ! ^Car toi. Éternel ! tu es le Très-Haut sur toute la terre. Tu es souverainement élevé au-dessus de tous les dieux. '"Vous qui aimez l'Eternel, haïssez le mal ! Il garde les âmes de ses fidèles, Il les délivre de la main des méchants. "La lumière est semée pour le juste, Et la joie pour ceux dont le cœur est droit. 710 PSAUMES. Ps.97,n-99,i. '-Justes, réjouissez-vous en l'Eternel, Et célébrez par vos louanges sa sainteté ! Psaume 98. Psaume. 'Chantez à l'Eternel un cantique nouveau ! Car il a fait des prodiges. Sa droite et son bras saint lui sont venus en aide. -L'Eternel a manifesté son salut. Il a révélé sa justice aux yeux des nations. ^11 s'est souvenu de sa bonté et de sa fidélité envers la maison d'Israël ; Toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu. ^Poussez vers l'Eternel des cris de joie, Vous tous, habitants de la terre ! Faites éclater votre allégresse, et chantez ! ^Chantez à l'Eternel avec la harpe ; Avec la harpe chantez des cantiques ! ^Avec les trompettes et au son du cor. Poussez des cris de joie devant le roi, l'Eternel ! "Que la mer retentisse avec tout ce qu'elle contient. Que le monde et ceux qui l'habitent éclatent d'allégresse, ^Que les fleuves battent des mains. Que toutes les montagnes poussent des cris de joie, 'Devant l'Eternel ! Car il vient pour juger la terre ; Il jugera le monde avec justice. Et les peuples avec équité. Psaume 99. 'L'Eternel règne : les peuples tremblent; 11 est assis sur les chérubins : la terre chancelle. -L'Eternel est grand dans Sion, Il est élevé au-dessus de tous les peuples. 'Qu'on célèbre ton nom grand et redoutable ! Il est saint ! ^ Qu'on célèbre la force du roi qui aime la justice! Tu affermis la droiture. Tu exerces en Jacob la justice et l'équité. ^Exaltez l'Éternel, notre Dieu, Et prosternez-vous devant son marchepied ! Il est saint ! * Moïse et Aaron parmi ses prêtres. Et Samuel parmi ceux qui invoquaient son nom. Invoquèrent l'Eternel, et il les exauça. 'Il leur parla dans la colonne de nuée; 711 Ps. 99,8-101,8. PSAUMES. Ils observèrent ses commandements Et la loi qu'il leur donna. ^Eternel, notre Dieu, tu les exauças, Tu fus pour eux un Dieu qui pardonne. Mais tu les as punis de leurs fautes. ^Exaltez l'Eternel, notre Dieu, Et prosternez-vous sur sa montagne sainte ! Car il est saint, l'Éternel, notre Dieu ! Psaume 100. * Psaume de louange. Poussez vers l'Éternel des cris de joie, Vous tous, habitants de la terre ! -Servez l'Eternel avec joie. Venez avec allégresse en sa présence ! 'Sachez que l'Eternel est Dieu ! C'est lui qui nous a faits, et nous lui appartenons ; Nous sommes son peuple, et le troiqieau de son pâturage. ■ ■•Entrez dans ses portes avec des louanges. Dans ses parvis avec des cantiques ! Célébrez-le, bénissez son nom ! ^Car l'Éternel est bon; sa bonté dure toujours, Et sa fidélité de génération en génération. Psaume 101. 'De David. Psaume. .Je chanterai la bonté et la justice ; C'est à toi. Eternel ! que je chanterai. ^Je prendrai garde à la voie droite. — Quand viendras-tu à moi ? — .Je marcherai dans l'intégrité de mon cœur. Au milieu de ma maison. 'Je ne mettrai rien de mauvais devant mes yeux ; ■Je hais la conduite des pécheurs ; Elle ne s'attachera point à moi. •*Le cœur pervers s'éloignera de moi ; .Je ne veux pas connaître le méchant. ^Celui qui calomnie en secret son prochain, je l'anéantirai ; Celui qui a des regards hautains et un cœur enflé, je ne le supporterai pas. M'aurai les yeux sur les fidèles du pays. Pour qu'ils demeurent aujjrès de moi ; Celui qui marche dans une voie intègre sera mon serviteur. 'Celui qui se livre à la fraude n'habitera pas dans ma maison ; Celui qui dit des mensonges ne subsistera pas en ma présence. '^Chaque matin j'anéantirai tous les méchants du pays. Afin d'exterminer de la ville de l'Éternel Tous ceux qui commettent l'iniquité. 712 PSAUMES. Ps. 102,1-71. Psaume 102. 'Prière d'un malheureux, lorsqu'il est abattu et qu'il répand sa plainte de- vant l'Eternel. * Eternel, écoute ma prière. Et que mon cri parvienne jusqu'à toi ! 'Ne me cache pas ta face au jour de ma détresse ! Incline vers moi ton oreille quand je crie ! Hàte-toi de m'exaucer ! ■•Car mes jours s'évanouissent en fumée, Et mes os sont enflammés comme un tison. '^Mon cœur est frappé et se dessèche comme l'herbe ; J'oublie même de manger mon pain. 'Mes gémissements sont tels Que mes os s'attachent à ma chair. "Je ressemble au pélican du désert, Je suis comme le chat-huant des ruines ; *Je n'ai plus de sommeil, et je suis Comme l'oiseau solitaire sur un toit. 'Chaque jour mes ennemis m'outragent. Et c'est par moi que jurent mes adversaires en fureur. '"Je mange la poussière au lieu de pain. Et je mêle des larmes à ma boisson, "A cause de ta colère et de ta fureur ; Car tu m'as soulevé et jeté au loin. '-Mes jours sont comme l'ombre à son déclin. Et je me dessèche comme l'herbe. '•'Mais toi. Eternel ! tu règnes à perpétuité. Et ta mémoire dure de génération en génération. '■'Tu te lèveras, tu auras pitié de Sion ; Car le temps d'avoir pitié d'elle. Le temps fixé est à son terme ; '^Car tes serviteurs en aiment les pierres, Ils en chérissent la poussière. '^Alors les nations craindront le nom de l'Eternel, Et tous les rois de la terre ta gloire. ''Oui, l'Eternel rebâtira Sion, Il se montrera dans sa gloire. '^11 est attentif à la prière du misérable. Il ne dédaigne |)as sa prière. '^Que cela soit écrit pour la génération future. Et que le peuple qui sera créé célèbre l'jîltcrnel ! -"Car il regarde du lieu élevé de sa sainteté ; Du haut des cieux l'Eternel regarde sur la terre, '^'Pour écouter les gémissements des captifs, 713 Ps. 102,^^-103,11. PSAUMES. Pour délivrer ceux qui vont périr", --Afin qu'ils publient dans Sion le nom de l'Eternel, Et ses louanges dans Jérusalem, ^•■'Quand tous les peuples s'assembleront, Et tous les royaumes, pour servir l'Eternel. -*11 a brisé ma force dans la route. Il a abrégé mes jours. -^Je dis : Mon Dieu, ne m'enlève pas au milieu de mes jours, Toi, dont les années durent éternellement! -"^Tu as anciennement fondé la terre. Et les cieux sont l'ouvrage de tes mains. o -'Ils périront, mais tu subsisteras; Ils s'useront tous comme un vêtement; Tu les changeras comme un habit, et ils seront changés. -*Mais toi, tu restes le même, Et tes années ne finiront point. -'Les fils de tes serviteurs habiteront leur pays. Et leur postérité s'affermira devant toi. Psaume 103. 'De David. Mon âme, bénis l'Eternel! Que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom! -Mon âme, bénis l'Eternel, Et n'oublie aucun de ses bienfaits ! 'C'est lui qui pardonne toutes tes iniquités. Qui guérit toutes tes maladies ; •'C'est lui qui délivre ta vie de la fosse, Qui te couronne de bonté et de miséricorde ; ^C'est lui qui rassasie de biens ta vieillesse, Qui te fait rajeunir comme l'aigle. ^L'Eternel fait justice. Il fait droit à tous les opprimés. 'Il a manifesté ses voies à Moïse, Ses œuvres aux enfants d'Israël. *L'Eternel est miséricordieux et compatissant, Lent à la colère et riche en bonté ; 'Il ne conteste pas sans cesse. Il ne garde pas sa colère à toujours ; *°I1 ne nous traite pas selon nos péchés, Il ne nous punit pas selon nos iniquités. "Mais autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant sa bonté est grande pour ceux qui le craignent ; a. Ceux qui vont périr, héb. les fils de ta mort. 714 PSAUMES. Ps. 103.12-104,0. '-Autant l'orient est éloigné de l'occitlent, Autant il éloigne de nous nos transgressions. '^ Comme un père a compassion de ses enfants, L'Eternel a compassion de ceux qui le craignent. '■•Car il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière. 'Mj'homme ! ses jours sont comme l'herbe. Il ileurit comme la ileur des champs. '"Lorsqu'un vent passe sur elle, elle n'est plus. Et le lieu qu'elle occupait ne la reconnaît plus. ''Mais la bonté de l'Eternel dure à jamais pour ceux qui le craignent, Et sa miséricorde pour les enfants de leurs enfants, '^Pour ceux qui gardent son alliance. Et se souviennent de ses commandements, afin de les accomplir. '^ L'Éternel a établi son trône dans les cieux, Et son règne domine sur toutes choses. -"Bénissez l'Eternel, vous ses anges. Qui êtes puissants en force, et qui exécutez ses ordres. En obéissant à la voix de sa parole ! -'Bénissez l'Eternel, vous toutes ses armées. Qui êtes ses serviteurs, et qui faites sa volonté ! "Bénissez l'Eternel, vous toutes ses œuvres. Dans tous les lieux de sa domination 1 Mon àme, bénis l'Eternel ! Psaume 10 -i- 'Mon àme, bénis l'Eternel ! Eternel, mon Dieu, tu es infiniment grand ! Tu es revêtu d'éclat et de magnificence ! ^11 s'enveloppe de lumière comme d'un manteau; Il étend les cieux comme un pavillon. 'Il forme avec les eaux le faîte de sa demeure, Il prend les nuées pour son char, Il s'avance sur les ailes du vent. "•Il fait des vents ses messagers. Des flammes de feu ses serviteurs. ^U a établi la terre sur ses fondements. Elle ne sera jamais ébranlée. "Tu l'avais couverte de l'abîme comme d'un vêtement. Les eaux s'arrêtaient sur les montagnes ; "Elles ont fui devant ta menace. Elles se sont précipitées à la voix de ton tonnerre. M^es montagnes se sont élevées, des vallées se sont abaissées, Au Heu que tu leur avais fixé. "Tu as posé une limite (juc les eaux ne tloivent point franchir, 715 Ps.JOl 10-29. PSAUMES. Afin qu'elles ne reviennent plus couvrir la terre. '"11 conduit les sources dans des torrents, (hii coulent entre les montagnes. "Elles abreuvent tous les animaux des champs; Les ânes sauvages y étanchent leur soif. '-Les oiseaux du ciel habitent sur leurs bords, Et font résonner leur voix parmi les rameaux. '^De sa haute demeure, il arrose les montagnes; La terre est rassasiée du fruit de tes œuvres. '"•Il fait germer l'herbe pour le bétail. Et les plantes pour les besoins de l'homme, Afin que la terre produise de la nourriture, '^Le vin qui réjouit le cœur de l'homme. Et fait plus que l'huile resplendir son visage. Et le pain qui soutient le cœur de l'homme. '^Les arbres de l'Eternel se rassasient. Les cèdres du Liban, qu'il a plantés. '"C'est là que les oiseaux font leurs nids ; La cigogne a sa demeure dans les cyprès, '*Les montagnes élevées sont pour les boucs sauvages. Les rochers servent de retraite aux lapins. '^11 a fait la lune pour marquer les temps; Le soleil sait quand il doit se coucher. -"Tu amènes les ténèbres, et il est nuit : Alors tous les animaux des forêts sont en mouvement ; '-'Les lionceaux rugissent après la proie, Et demandent à Dieu leur nourriture. "Le soleil se lève : ils se retirent. Et se couchent dans leurs tanières. -^L'homme sort pour se rendre à son ouvrage. Et à son travail, jusqu'au soir. -*Que tes œuvres sont en grand nombre, ô Eternel ! Tu les as toutes faites avec sagesse. La terre est remplie de tes biens. -^Voici la grande et vaste mer. Là se meuvent sans nombre Des animaux petits et grands ; -^Là se promènent les navires. Va ce léviathan" que tu as formé pour se jouer dans les flots. -'Tous ces animaux espèrent en toi, Pour que tu leur donnes la nourriture en son temps. -*'Tu la leur donnes, et ils la recueillent ; Tu ouvres ta main, et ils se rassasient de biens. -"Tu caches ta face : ils sont tremblants ; a. Lét'iatlinii. nionslrc inai'in eu giinéral. 716 PSAUMES. Ps. 1(M.M-I0r),iu. Tu leur retires le souffle : ils expirent, Et retournent dans leur poussière. ■■"'Tu envoies ton souffle : ils sont créés, Et tu renouvelles la face de la terre. ■"Que la gloire de l'Eternel subsiste à Jamais ! Que l'Eternel se réjouisse de ses œuvres ! 3-^11 regarde la terre, et elle tremble, Il touche les montagnes, et elles sont fumantes. ^'Je chanterai l'Eternel tant que je vivrai. Je célébrerai mon Dieu tant que j'existerai. ^*Que mes jiaroles lui soient agréables ! Je veux me réjouir en l'Elcrnel. '^Que les pécheurs disparaissent de la terre, Et que les méchants ne soient ]ilus ! Mon àme, bénis l'Eternel ! Louez l'Eternel ! Psaume 105. 'Louez l'Eternel, invoquez son nom ! Faites connaître parmi les j^euples ses hauts faits ! ^Chantez, chantez en son honneur! Parlez de toutes ses merveilles ! ^Glorifiez-vous de son saint nom ! Que le cœur de ceux qui cherchent l'Eternel se réjouisse ! *Ayez recours à l'Eternel et à son appui. Cherchez continuellement sa face ! ^Souvenez-vous des prodiges qu'il a faits. De ses miracles et des jugements de sa bouche, * Postérité d'Abraham, son serviteur. Enfants de Jacob, ses élus ! ^L'Eternel est notre Dieu ; Ses jugements s'exercent sur toute la terre. *I1 se rappelle à toujours son alliance. Ses promesses pour mille générations, 'L'alliance qu'il a traitée avec Abraham, Et le serment qu'il a fait à Isaac ; '"11 l'a érigée pour Jacob en loi. Pour Israël en alliance éternelle, "Disant : Je te donnerai le pavs de Canaan Comme héritage (jui vous est échu. '-Ils étaient alors peu nombreux. Très peu nombreux, et étrangers dans le pays, "'Et ils allaient d'une nation à l'autre Et d'un royaume vers un autre peuple ; '*Mais il ne permit à personne de les opprimer, 717 4f, • Ps.i05, 15-36. PSAUMES. Et il châtia des rois à cause d'eux : '^Ne touchez pas à mes oints, Et ne faites pas de mal à mes prophètes ! '"Il appela sur le pays la famine, Il coupa tout moyen de subsistance". "Il envoya devant eux un homme : Joseph fut vendu comme esclave. '*0n serra ses pieds dans des liens, On le mit aux fers, ' "Jusqu'au temps où arriva ce qu'il avait annoncé, Et où la parole de l'Eternel l'éprouva. -"Le roi fit ôter ses liens, Le dominateur des peuples le délivra. ^'11 l'établit seigneur sur sa maison. Et gouverneur de tous ses biens, --Afin qu'il pût à son gré enchaîner ses princes. Et qu'il enseignât la sagesse à ses anciens. -^Alors Israël vint en Egypte, Et Jacob séjourna dans le pays de Cham*. -■'Il rendit son peuple très fécond. Et plus puissant que ses adversaires. ^^11 changea leur cœur, au point qu'ils haïrent son peuple Et qu'ils traitèrent ses serviteurs avec perfidie. -*I1 envoya Moïse, son serviteur, Et Aaron, qu'il avait choisi. "Ils accomplirent par son pouvoir des prodiges au milieu d'eux, Ils firent des miracles dans le pays de Cham. ^*I1 envoya des ténèbres et amena l'obscurité, Et ils ne furent pas rebelles à sa parole. *^I1 changea leurs eaux en sang. Et fit périr leurs poissons. ^"Le pays fourmilla de grenouilles. Jusque dans les chambres de leurs rois. "Il dit, et parurent les mouches venimeuses, Les poux sur tout leur territoire. '*II leur donna pour pluie de la grêle. Des flammes de feu dans leur pays. ^^11 frappa leurs vignes et leurs figuiers, Et brisa les arbres de leur contrée. ^^11 dit, et parurent les sauterelles. Des sauterelles sans nombre, ^^Qui dévorèrent toute l'herbe du pays. Qui dévorèrent les fruits de leurs champs. ^°I1 frappa tous les premiers-nés dans leur pays. Toutes les prémices de leur force. a. Hoh. (/ brisa tout bâton de pain. b. Cham, nom donnù à l'EgYptc. • 718 PSAUMES. Ps. J Où, :ji-J 00,10. "'"Il fît sortir son peuple" avec de l'argent et de 1 Or, Et nul ne chancela parmi ses tribus. ■"'Les Egy|3ticns se réjouirent de leur départ, Car la terreur ([u'ils avaient d eux les saisissait. ^''Il étendit la nuée pour les comrir. Et le feu pour éclairer la nuit. ■'"A leur demande, il lit venir des cailles, Et il les rassasia du pain du ciel. "Il ouvrit le rocher, et des eaux coulèrent ; Elles se répandirent comme un fleuve dans les lieux arides. ■'-Car il se souvint de sa parole sainte. Et d'Abraham, son serviteur. ■•^Il (it sortir son |)euple dans l'allégresse, Ses élus au milieu des cris de joie. ■'■'Il leur donna les terres des nations. Et ils possédèrent le fruit du travail des peuples, ■'^Afm qu'ils gardassent ses ordonnances. Et qu'ils observassent ses lois. Louez l'Eternel ! Psaume 106. 'Louez l'Eternel ! Louez l'Eternel, car il est bon. Car sa miséricorde dure à toujours ! -Qui dira les hauts faits de l'Eternel ? Qui publiera toute sa louange ? ^Heureux ceux qui observent la loi, (Jui praticjuent la justice en tout temps ! ■•Eternel, souviens-toi de moi dans ta bienveillance pour ton peuple! Souviens-toi de moi en lui accordant ton secours, ^Afin que je voie le bonheur de tes élus, Que je me réjouisse de la joie de ton peuple, Et que je me glorifie avec ton héritage ! *Nous avons péché comme nos pères, Nous avons commis l'iniquité, nous avons fait le mal. 'Nos pères en Egypte ne furent pas attentifs à tes miracles. Ils ne se rappelèrent pas la multitude de tes grâces, Ils furent rebelles près de la mer, près de la mer Rouge. *Mais il les sauva à cause de son nom. Pour manifester sa puissance. "Il menaça la mer Rouge et elle se dessécha; Et il les fit marcher à travers les abîmes comme dans un désert. '"Il les sauva de la main de celui qui les haïssait. Il les délivra de la main de l'ennemi. il. 6vn jit'uj/ii\ héb. les 719 Ps. 106, 11-31. PSAUMES. "Les eaux couvrirent leurs adversaires : II n'en resta pas un seul. '-Et ils crurent à ses paroles, Ils chantèrent ses louanges, '■■'Mais ils oublièrent bientôt ses oeuvres. Ils n'attendirent pas l'exécution de ses desseins. "Ils furent saisis de convoitise dans le désert, Et ils tentèrent Dieu dans la solitude. '^11 leur accorda ce qu'ils demandaient; Puis il envoya le dépérissement dans leur corps. '"Ils se montrèrent, dans le camp, jaloux contre Moïse, Contre Aaron, le saint de l'Eternel. ''La terre s'ouvrit et engloutit Dathan, Et elle se referma sur la troupe d'Abiram ; '^Le feu embrasa leur troupe, La flamme consuma les méchants. '"Ils firent un veau en Horeb, Ils se prosternèrent devant une image de fonte, -''Ils échangèrent leur gloire Contre la figure d'un bœuf qui mange l'herbe. '-'Ils oublièrent Dieu, leur sauveur. Qui avait fait de grandes choses en Egypte, -^Des miracles dans le pays de Cham, Des prodiges sur la mer Rouge. -^Et il parla de les exterminer ; Mais Moïse, son élu, se tint à la brèche devant lui. Pour détourner sa fureur et l'empêcher de les détruire. ^*IIs méprisèrent le pays des délices ; Ils ne crurent pas à la parole de l'Eternel, -=Ils murmurèrent dans leurs tentes. Ils n'obéirent point à sa voix, -"Et il leva la main pour jurer De les faire tomber dans le désert, ^'De faire tomber leur postérité parmi les nations, Et de les disperser au milieu des pays. -'*Ils s'attachèrent à Baal-Peor, Et mangèrent des victimes sacrifiées aux morts. -''Ils irritèrent l'Éternel par leurs actions. Et une plaie fit irruption parmi eux. ^"Phinées se leva pour intervenir. Et la plaie s'arrêta ; ^'Cela lui fut imputé à justice. De génération en génération pour toujours. 720 PSAUMES. Ps. 106,^'-'^. ^-Ils irritèrent. rÉterncl près des eaux de Meriha ; Et Moïse fut puni à cause d'eux, ^^Car ils aigriront son esprit, Et il s'exprima légèrement des lèvres. ^*Ils ne détruisirent point les peuples Que l'Eternel leur avait ordonné de détruire. ^Mls se mêlèrent avec les nations. Et ils apprirent leurs œuvres. '^Ils servirent leurs idoles, Qui furent pour eux un piège ; 'Mis sacrifièrent leurs fils Et leurs filles aux idoles, ^*Ils répandirent le sang innocent, Le sang de leurs fils et de leurs fdles, Qu'ils sacrifièrent aux idoles de Canaan, Et le pays fut profané par des meurtres. ^^Ils se souillèrent par leurs œuvres, Ils se prostituèrent par leurs actions. ^"La colère de l'Eternel s'enflamma contre son peuple, Et il prit en horreur son héritage. *'I1 les livra entre les mains des nations; Ceux qui les haïssaient dominèrent sur eux, ''"Leurs ennemis les opprimèrent. Et ils furent humiliés sous leur puissance. ■•^ Plusieurs fois il les délivra; Mais ils se montrèrent rebelles dans leurs desseins, Et ils devinrent malheureux par leur iniquité. ^^11 vit leur détresse. Lorsqu'il entendit leurs supplications. *^I1 se souvint en leur faveur de son alliance ; Il eut pitié selon sa grande bonté, ^'^Et il excita pour eux la compassion De tous ceux qui les retenaient captifs. *' Sauve-nous, Eternel, notre Dieu! Et rassemble-nous du milieu des nations, Afin que nous célébrions ton saint nom. Et que nous mettions notre gloire à te louer ! ■''^BÉNI SOIT l'éternel, LE DIEU d'iSHAËL, d'éternité EN ÉTERNITÉ ! ET QUE TOUT LE PEUPLE DISE : AMEN ! LOUEZ l'éternel ! 721 Ps. 107,1-20. PSAUMES. L I V U E CINQUIEME. Psaume 107. 'Louez l'Eternel, car il est bon, Car sa miséricorde dure à toujours ! -Qu'ainsi disent les rachetés de l'Eternel, Ceux qu'il a délivrés de la main de l'ennemi, *Et qu'il a rassemblés de tous les pays. De l'orient et de l'occident, du nord et de la mer ! •'Ils erraient dans le désert, ils marchaient dans la solitude, Sans trouver une ville où ils pussent habiter. ^Ils souffraient de la faim et de la soif; Leur âme était languissante. '^Dans leur détresse, ils crièrent à l'Eternel, Et il les délivra de leurs angoisses ; "Il les conduisit par le droit chemin, Pour qu'ils arrivassent dans une ville habitable. '^Qu'ils louent l'Eternel pour sa bonté. Et pour ses merveilles en faveur des fils de l'homme ! "Car il a satisfait l'àme altérée, II a comblé de biens l'àme affamée. "Ceux qui avaient pour demeure les ténèbres et l'ombre de la mort Vivaient captifs dans la misère et dans les chaînes, "Parce qu'ils s'étaient révoltés contre les paroles de Dieu, Parce qu'ils avaient méprisé le conseil du Très-Haut. '^11 humilia leur cœur par la souffrance ; Ils succombèrent, et personne ne les secourut. '^Dans leur détresse, ils crièrent à l'Eternel, Et il les délivra de leurs angoisses ; '^11 les fit sortir des ténèbres et de l'ombre de la mort, Et il rompit leurs liens. '^Qu'ils louent l'Eternel pour sa bonté. Et ]30ur ses merveilles en faveur des fils de l'homme ! '^Car il a brisé les portes d'airain. Il a rompu les verrous de fer. '"Les insensés, par leur conduite coupable Et par leurs inicjuités, s'étaient rendus malheureux. "*Leur âme avait en horreur toute nourriture, Et ils touchaient aux portes de la mort. "Dans leur détresse, ils crièrent à l'Eternel, Et il les délivra de leurs angoisses; -''Il envoya sa parole et les guérit. Il les fit échapper de la fosse. 722 PSAUMES. Ps. I07,2i-'a. *' Qu'ils louent l'Eternel pour sa honte, Et pour ses merveilles en faveur des fils de riionime ! ^^Qu'ils offrent des sacrifices d'actions de grâces, Et qu'ils publient ses œuvres avec des cris de joie ! -^Ceux qui étaient descendus sur la nier dans des navires, Et qui travaillaient sur les grandes eaux, -''Ceux-là virent les œuvres de l'Eternel Et ses merveilles au milieu de l'abîme. -^11 dit, et il fit souffler la tempête, Qui souleva les flots de la mer. -^lls montaient vers les cieux, ils descendaient dans l'abîme; Leur âme était éperdue en face du danger ; -'Saisis de vertige, ils chancelaient comme un homme ivre, Et toute leur habileté était anéantie. '-^Dans leur détresse, ils crièrent à l'Eternel, Et il les délivra de leurs angoisses ; "-"11 arrêta la tempête, ramena le calme. Et les ondes se turent. ^"Ils se réjouirent de ce qu'elles s'étaient apaisées, Et rEtcrncl les conduisit au port désiré. ^'Qu'ils louent l'Eternel pour sa bonté. Et pour ses merveilles en faveur des fils de l'homme ! ^-Qu'ils l'exaltent dans l'assemblée du peuple. Et qu'ils le célèbrent dans la réunion des anciens ! ''^11 change les fleuves en désert. Et les sources d'eaux en terre desséchée, ^*Le pays fertile en pays salé, A cause de la méchanceté de ses habitants. •''^ll change le désert en étang, Et la terre aride en sources d'eaux, ^''Et il y établit ceux qui sont affamés. Ils fondent une ville pour l'habiter ; ^"lls ensemencent des champs, plantent des vignes, Et ils en recueillent les produits. ^*I1 les bénit, et ils deviennent très nombreux, Et il ne diminue point leur bétail. •'"Sont-ils amoindris et humiliés Par l'oppression, le malheur et la souffrance ; ^°Verse-t-il le mépris sur les grands, Les fait-il errer dans des déserts sans chemin, "11 relève l'indigent et le délivre de la misère, 11 multiplie les familles comme des troupeaux. •'-Les hommes droits le voient et se réjouissent. Mais toute iniquité ferme la bouche. ^•^Que celui qui est sage prenne garde à ces choses. Et qu'il soit attentif aux bontés de l'Eternel. 72.-5 Ps. 108, 1-109, ,5. PSAUMES. Psaume 108. 'Cantique. Psaume de David. -Mon cœur est affermi, ô Dieu ! Je chanterai, je ferai retentir mes instruments : c'est ma gloire I "Réveillez-vous, mon luth et ma harpe ! Je réveillerai l'aurore. *Je te louerai parmi les peuples. Eternel ! Je te chanterai parmi les nations. ^Car ta bonté s'élève au-dessus des cieux. Et ta fidélité jusqu'aux nues. *Elève-toi sur les cieux, ô Dieu ! Et que ta gloire soit sur toute la terre ! ^Afin que tes bien-aimés soient délivrés. Sauve par ta droite, et exauce-nous ! ^Dieu a dit dans sa sainteté : Je triompherai. Je partagerai Sichem, je mesurerai la vallée de Succoth; ^A moi Galaad, à moi Manassé ; Ephraïm est le rempart de ma tête, Et Juda, mon sceptre ; '"Moab est le bassin où je me lave ; Je jette mon soulier sur Edom ; Je pousse des cris de joie sur le pays des Philistins ! — ''Qui me mènera dans la ville forte ? Qui me conduit à Edom ? ''N'est-ce pas toi, ô Dieu, qui nous as repoussés, Et qui ne sortais plus, ô Dieu, avec nos armées ? '* Donne-nous du secours contre la détresse ! Le secours de l'homme n'est que vanité. *^Avec Dieu, nous ferons des exploits; 11 écrasera nos ennemis. Psaume 109. 'Au chef des chantres. De David. Psaume. Dieu de ma louange, ne te tais point ! -Car ils ouvrent contre moi une bouche méchante et trompeuse. Ils me parlent avec une langue mensongère, 'Ils m'environnent de discours haineux. Et ils me font la guerre sans cause. ^Tandis que je les aime, ils sont mes adversaires; Mais moi je recours à la prière. '^Ils me rendent le mal pour le bien, Et de la haine pour mon amour. 724 PSAUMES. " Ps. I00,6-2s. 'Place-le sous l'autorité d'un méchant, Et qu'un accusateur se tienne à sa droite ! "(Juand on le jugera, qu'il soit déclaré coupable, Et que sa prière passe pour un péché ! *Oue ses jours soient peu nombreux, Qu'un autre prenne sa charge ! ^Que ses enfants deviennent orphelins, Et sa femme veuve ! '"Que ses enfants soient vagabonds et qu'ils mendient, Qu'ils cherchent du pain loin de leur demeure en ruines ! "Que le créancier s'empare de tout ce qui est à lui. Et que les étrangers pillent le fruit de son travail ! '-Que nul ne conserve pour lui de l'alfection ! Et que personne n'ait pitié de ses orphelins ! '^Que ses descendants soient exterminés, Et que leur nom s'éteigne dans la génération suivante ! '^Que l'iniquité de ses pères reste en souvenir devant l'Eternel, Et que le péché de sa mère ne soit point effacé ! '^Qu'ils soient toujours présents devant l'Eternel, Et qu'il retranche de la terre leur mémoire, '* Parce cpi'il ne s'est pas souvenu d'exercer la miséricorde, Parce qu'il a persécuté le malheureux et l'indigent. Jusqu'à faire mourir l'homme au cœur brisé ! "11 aimait la malédiction : qu'elle tombe sur lui ! Il ne se plaisait pas à la bénédiction : qu'elle s'éloigne de lui ! '* Qu'il revête la malédiction comme son vêtement. Qu'elle pénètre comme de l'eau dans son intérieur. Comme de l'huile dans ses os ! ''••Qu'elle lui serve de vêtement pour se couvrir. De ceinture dont il soit toujours ceint ! -"Tel soit, de la part de l'Eternel, le salaire de mes ennemis, Et de ceux qui parlent méchamment de moi ! -'Et toi. Eternel, Seigneur ! agis en ma faveur à cause de ton nor Car ta bonté est grande ; délivre-moi ! --Je suis malheureux et indigent. Et mon cœur est blessé au dedans de moi. -'Je m'en vais comme l'ombre à son déclin. Je suis chassé comme la sauterelle. -■•Mes genoux sont affaiblis par le jeûne. Et mon corps est épuisé de maigreur. -'Je suis pour eux un objet d'opprobre ; Ils me regardent, et secouent la tête. -^Secours-moi, Eternel, mon Uieu ! Sauve-moi par ta bonté ! -'Et qu'ils sachent {|ue c'est ta main. Que c'est toi Eternel, .-w5. PSAUMES. Je n'oublie point tes statuts. ^''Quel est le nombre des jours de ton serviteur ? •Quand feras-tu justice de ceux qui me persécutent ? *^Des orgueilleux creusent des fosses devant moi ; Ils n'agissent point selon ta loi. ''•'Tous tes commandements ne sont que fidélité ; Ils me persécutent sans cause : secours-moi ! ^'Ils ont failli me terrasser et m'anéantir ; Et moi, je n'abandonne point tes ordonnances. *** Rends-moi la vie selon ta bonté, Afin que j'observe les préceptes de ta bouche ! ^^X toujours, ô Eternel ! Ta parole subsiste dans les cieux. '■"•De génération en génération ta fidélité subsiste; Tu as fondé la terre, et elle demeure ferme. ^' C'est d'après tes lois que tout subsiste aujourd'hui, Car toutes choses te sont assujetties. ^-Si ta loi n'eût fait mes délices, J'eusse alors péri dans ma misère. '^'Je n'oublierai jamais tes ordonnances, Car c'est par elles que tu me rends la vie. ®*Je suis à toi : sauve-moi ! Car je recherche tes ordonnances. "^Des méchants m'attendent pour me faire périr; Je suis attentif à tes préceptes. "^Je vois des bornes à tout ce qui est partait : ' Tes commandements n'ont point de limite. '^Combien j'aime ta loi ! Elle est tout le jour l'objet de ma méditation. "*Tes commandements me rendent plus sage que mes ennemis, Car je les ai toujours avec moi. ^'^Je suis plus instruit que tous mes maîtres. Car tes préceptes sont l'objet de ma méditation. '""J'ai plus d'intelligence que les vieillards. Car j'observe tes ordonnances. "'Je retiens mon pied loin de tout mauvais chemin, Afin de garder ta parole. '"-Je ne m'écarte pas de tes lois, Car c'est toi qui m'enseignes. '"^Que tes paroles sont douces à mon palais. Plus que le miel à ma bouche ! '"''Par tes ordonnances je deviens intelligent. Aussi je hais toute voie de mensonge. "^Ta parole est une lampe à mes pieds. Et une lumière sur mon sentier. 73,6 PSAUMES. Ps. 119, m-m. '"^Je jure, et je le tiendrai, D'observer les lois île ta justice. '"'Je suis bien humilié : Eternel, rends-moi la vie selon ta parole ! '"^^grée, ô Eternel ! les sentiments que ma bouche exprime, Et enseigne-moi tes lois ! '"'Ma vie est continuellement exposée. Et je n'oublie point ta loi. ""Des méchants me tendent des pièges. Et je ne m'égare pas loin de tes ordonnances. '"Tes préceptes sont ])t)ur toujours mon héritage. Car ils sont la joie de mon cœur. "* J'incline mon cœur à pratiquer tes statuts. Toujours, jusqu'à la fin. "'Me hais les hommes indécis. Et j'aime ta loi. "■•Tu es mon asile et mon bouclier; J'espère en ta promesse. "^Eloignez-vous de moi, méchants. Afin que j'observe les commandements de mon Dieu ! "^Soutiens-moi selon ta promesse, afin que je vive, Et ne me rends point confus dans mon espérance ! "'Sois mon appui, pour que je sois sauvé. Et que je m'occupe sans cesse de tes statuts ! '"'Tu méprises tous ceux qui s'écartent de tes statuts. Car leur tromperie est sans effet. ""Tu enlèves comme de l'écume tous les méchants de la terre; C'est pourquoi j'aime tes préceptes. '-"Ma chair frissonne de l'effroi que tu m'inspires. Et je crains tes jugements. '-'J'observe la loi et la justice : Ne m'abandonne pas à mes oppresseurs ! '--Prends sous ta garantie le bien de ton serviteur. Ne me laisse pas opprimer par des orgueilleux! '-^Mes yeux languissent après ton salut, lît après la promesse de ta justice. '-*Agis envers ton serviteur selon ta bonté. Et enseigne-moi tes statuts ! '"Je suis ton serviteur : donne-moi l'intelligence, Pour que je connaisse tes préceptes ! ''-'*I1 est temps que l'Eternel agisse : Ils transgressent ta loi. '"C'est pourquoi j'aime tes commandements, Plus que l'or et que l'oi- fin ; '-*C'ost pourquoi je trouve justes toutes tes ordonnances, Je hais toute voie de mensonge. o 737 Ps.H9,m-m. PSAUMES. '^'Tes préceptes sont admirables : Aussi mon àme les observe. '■'"La révélation de tes paroles éclaire, Elle donne de l'intelligence aux simples. '"J'ouvre la bouche et je soupire, Car je suis avide de tes commandements. '^-Tourne vers moi ta face, et aie pitié de moi. Selon ta coutume à l'égard de ceux qui aiment ton nom ! '^^Affermis mes pas dans ta ])arole, Et ne laisse aucune iniquité dominer sur moi ! '^^Délivre-moi de l'oppression des hommes. Afin que je garde tes ordonnances ! "'^Fais luire ta face sur ton serviteur, Et enseigne-moi tes statuts ! ""Mes yeux répandent des torrents d'eaux, Parce qu'on n'observe point ta loi. '■''Tu es juste, ô Eternel ! Et tes jugements sont équitables; '^''Tu fondes tes préceptes sur la justice Et sur la plus grande fidélité. '^"Mon zèle me consume. Parce que mes adversaires oublient tes paroles. ""Ta parole est entièrement éprouvée, Et ton serviteur l'aime. '■"Je suis petit et méprisé; Je n'oublie point tes ordonnances. "-Ta justice est une justice éternelle, Et ta loi est la vérité. '"La détresse et l'angoisse m'atteignent; Tes commandements font mes délices. '''^Tes préceptes sont éternellement justes . Donne-moi l'intelligence, pour que je vive I "^Je t'invoque de tout mon cœur : exauce-moi, Eternel, Afin que je garde tes statuts ! '*"Je t'invoque : sauve-moi, Afin que j'observe tes jjréceptes ! '"Je devance l'aurore et je crie ; J'espère en tes promesses. '■**'Je devance les veilles et j'ouvre les yeux. Pour méditer ta parole. '■''■'Ecoute ma voix selon ta bonté ! Rends-moi la vie selon ton jugement ! '^"Ils s'approchent ceux qui poursuivent le crime, Ils s'éloignent de ta loi. '^'Tu es proche, ô Eternel ! Et tous tes commandements sont la vérité. 738 PSAUMES. Ps. IW.mi-m. '^^Dès longtemps je sais par tes préceptes Que tu les as établis pour toujours. '^•*Vois ma misère, et délivre-moi ! Car je n'oublie point ta loi. '^^ Défends ma cause, et rachète-moi ; Rends-moi la vie selon ta promesse ! ""^Le salut est loin des méchants. Car ils ne recherchent pas tes statuts. '^^Tes compassions sont grandes, ô Eternel ! Rends-moi la vie selon tes jugements ! '^"Mes persécuteurs et mes adversaires sont nombreux ; Je ne m'écarte point de tes préceptes. '^*Je vois avec dégoût des traîtres. Oui n'observent pas ta parole. '^^Considère que j'aime tes ordonnances : Eternel, rends-moi la vie selon ta bonté ! '^"Le iondement de ta parole est la vérité, Et toutes les lois de ta justice sont éternelles. '"Des princes me persécutent sans cause ; Mais mon cœur ne tremble qu'à tes paroles. '*-Je me réjouis de ta parole. Comme celui qui trouve un grand butin. '^^Je hais, je déteste le mensonge; J'aime ta loi. '"■'Sept fois le jour je te célèbre, A cause des lois de ta justice. '*'^I1 y a beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi. Et il ne leur arrive aucun malheur. '^'J'espère en ton salut, ô Eternel ! Et je jiratique tes commandements. '"Mon àme observe tes préceptes, Et je les aime beaucoup. i6sjc garde tes ordonnances et tes préceptes. Car toutes mes voies sont devant toi. '*'Que mon cri parvienne jusqu'à toi, ô Eternel ! Donne-moi l'intelligence, selon ta promesse ! '""Oue ma supplication arrive jusqu'à toi ! Délivre-moi, selon ta promesse ! '"'Que mes lèvres publient ta louange ! Car tu m'enseignes tes statuts. '"Que ma langue chante ta parole ! Car tous tes commandements sont justes. '"■'Que ta main me soit en aide ! Car j'ai choisi tes ordonnances. '"•'Je soupire après ton salut, ù Eternel ! 7:39 Ps. Iiy,nG-l'2l,8. PSAUMES. Et ta loi fait mes délices. '"^Oue mon àme vive et qu'elle te loue ! Et que tes jugements me soutiennent ! "^Je suis errant comme une brebis perdue : chercbe ton serviteur, Car je n'oublie point tes commandements. Psaume 120. 'Cantique des degrés. Dans ma détresse, c'est à l'Eternel Que je crie, et il m'exauce. -Éternel, délivre mon àme de la lèvre mensongère, De la langue trompeuse ! 8Que te donne, que te rapporte Une langue trompeuse ? ■'Les traits aigus du guerrier, Avec les charbons ardents du genêt. '^Malheureux que je suis de séjourner à Méschec, D'habiter parmi les tentes de Kédar ! ''Assez longtemps mon àme a demeuré Auprès de ceux qui haïssent la paix. Me suis pour la paix ; mais dès que je parle, Ils sont pour la guerre, Psaume 121. * Cantique des degrés. Je lève mes yeux vers les montagnes. D'où me viendra le secours ? *Le secours me vient de l'Eternel, Oui a fait les cieux et la terre. *I1 ne permettra point que ton pied chancelle; Celui qui te garde ne sommeillera point. ''Voici, il ne sommeille ni ne dort. Celui qui garde Israël. ^L'Éternel est celui qui te garde, L'Eternel est ton ombre à ta main droite. "Pendant le jour le soleil ne te frappera point, Ni la lune pendant la nuit. "L'Éternel te gardera de tout mal, 11 gardera ton àme ; '* L'Éternel gardera ton départ et ton arrivée, Dès maintenant et à jamais. 740 PSAUMES. Ps. J2S.i-J24,3. Psaume 122. 'Cantique des degrés. De David. .Je suis dans la joie quand on me dit : Allons à la maison de l'Eternel ! ^Nos pieds s'arrêtent Dans tes portes, Jérusalem ! 'Jérusalem, tu es btàtie Comme une ville dont les parties sont liées ensemble. ^C'est là que montent les tribus, les tribus de l'Eternel, Selon la loi d'Israël, Pour louer le nom de l'Eternel. ^Car là sont les trônes pour la justice, Les trônes de la maison de David. ^Demandez la paix de Jérusalem. Que ceux ([ui t'aiment jouissent du repos ! 'Que la paix soit dans tes murs, Et la trancpiillité dans tes palais ! *A cause de mes frères et de mes amis. Je désire la paix dans ton sein ; °A cause de la maison de l'Eternel, notre Dieu, Je fais des vœux pour ton bonheur. Psaume 123. 'Canlicpie des degrés. Je lève mes yeux vers toi, Qui sièges dans les cieux. -Voici, comme les yeux des serviteurs sont fixés sur la main de leuis Et les yeux de la servante sur la main de sa maîtresse, [maîtres. Ainsi nos yeux se tournent vers l'Eternel, notre Dieu, Jusqu'à ce qu'il ait pitié de nous. 'Aie pitié de nous, Eternel, aie pitié de nous ! Car nous sommes assez rassasiés de mépris ; * Notre àme est assez rassasiée Des moqueries des orgueilleux, du mépris des hautains. Psaume 12 i. 'Cantique des degrés. De David. Sans l'Eternel c[ui nous protégea, — Qu'Israël le dise ! — -Sans l'Eternel qui nous protégea, Quanil les hommes s'élevèrent contre nous, ■'Ils nous auraient engloutis tout vivants, 741 Ps. I2i, ',-120, G. PSAUMES. Quand leur colère s'enflamma contre nous ; '' Alors les eaux nous auraient submergés, Les torrents auraient passé sur notre àme ; ^\lors auraient passé sur notre àme Les flots impétueux. ^Béni soit l'Eternel, Qui ne nous a pas livrés en proie à leurs dents ! 'Notre àme s'est échappée comme l'oiseau du fdet des oiseleurs; Le filet s'est rompu, et nous nous sommes échappés. *Notre secours est dans le nom de l'Éternel, Qui a fait les cieux et la terre. Psaume 125. 'Cantique des degrés. Ceux qui se confient en l'Eternel Sont comme la montagne de Sion : elle ne chancelle point, Elle est affermie pour toujours. -Des montagnes entourent Jérusalem ; Ainsi l'Eternel entoure son peuple. Dès maintenant et à jamais. ^Car le sceptre de la méchanceté ne restera pas sur le lot des justes, Afin que les justes ne tendent pas les mains vers l'iniquité. ''Eternel, répands tes bienfaits sur les bons Et sur ceux dont le cœur est droit ! ''Mais ceux qui s'engagent dans des voies détournées, Que l'Eternel les détruise avec ceux qui font le mal ! Que la paix soit sur Israël ! Psaume 126. 'Cantique des degrés. Quand l'Eternel ramena les captifs de Sion, Nous étions comme ceux qui font un rêve. -Alors notre bouche était remplie de cris de joie. Et notre langue de chants d'allégresse ; Alors on disait parmi les nations : L'Éternel a fait pour eux de grandes choses ! ^L'Éternel a fait pour nous de grandes choses; Nous sommes dans la joie. ^Eternel, ramène nos cajitifs, Comme des ruisseaux dans le midi ! ^Ceux qui sèment avec larmes Moissonneront avec chants d'allégresse. * Celui qui marche en pleurant, quand il porte la semence. Revient avec allégresse, quand il porte ses gerbes. 742 PSAUMES. Ps. 127, 1-129. i. Psaume 121 . 'Cantique des degrés. De Salomon. Si l'Eternel ne bâtit la maison, Ceux qui la bâtissent travaillent en vain ; Si l'Eternel ne garde la ville, Celui qui la garde veille en vain. -En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, Et mangez-vous le pain de douleur; Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. ^ Voici, des fds sont un héritage de l'Eternel, Le fruit des entrailles est une récompense. ■'Comme les flèches dans la main d'un guerrier. Ainsi sont les lils de la jeunesse. ^Heureux l'homme qui en a rempli son carquois ! Ils ne seront pas confus. Quand ils parleront avec des ennemis à la porte". Psaume 128. 'Cantique des degrés. Heureux tout homme qui craint l'Eternel, Qui marche dans ses voies ! -Tu jouis alors du travail de tes mains. Tu es heureux, tu prospères. ^Ta femme est comme une vigne féconde Dans l'intérieur de ta maison ; Tes fds sont comme des plants d'olivier, Autour de ta table. ■•C'est ainsi qu'est béni L'homme qui craint l'Eternel. ^L'Eternel te bénira de Sion, Et tu verras le bonheur de Jérusalem Tous les jours de ta vie ; ^Tu verras les fds de tes fds. Que la paix soit sur Israël ! Psaume 129. 'Cantique des degrés. Ils m'ont assez opprimé dès ma jeunesse, — Qu'Israël le dise ! — -Ils m'ont assez opprimé dès ma jeunesse, Mais ils ne m'ont pas vaincu. a. A la parle; la justice se rendait à la poite des villes. 743 Ps. 129,3-131,2. PSAUMES. ^Des laboureurs ont labouré mon dos, Ils y ont tracé de longs sillons. * L'Éternel est juste : Il a coupé les cordes des méchants. ^Qu'ils soient confondus et qu'ils reculent Tous ceux qui haïssent Sion ! "Qu'ils soient comme l'herbe des toits, Oui sèche avant qu'on l'arrache ! "Le moissonneur n'en i-emplit point sa main. Celui qui lie les gerbes n'en charge point son bras, **Et les passants ne disent point : (^ue la bénédiction de l'Eternel soit sur vous ! Nous vous bénissons au nom de l'Eternel ! Psaume 130. 'Cantique des degrés. Du fond de l'abîme je t'invoque, ô Éternel 1 -Seigneur, écoute ma voix ! Que tes oreilles soient attentives A la voix de mes supplications ! ^Si tu gardais le souvenir des iniquités. Éternel, Seigneur, qui jîourrait subsister? *\Iais le pardon se trouve auprès de toi, Aiin qu'on te craigne. ^J'espère en l'Eternel, mon àme espère. Et j'attends sa promesse. *Mon àme compte sur le Seigneur, Plus que les gardes ne comptent sur le matin, (hie les gardes ne comptent sur le matin. "Israël, mets ton espoir en l'Eternel ! Car la miséricorde est auprès de l'Eternel, Et il multiplie les délivrances. '^ C'est lui qui rachètera Israël De toutes ses iniquités. Psaume 131. 'Cantique des degrés. De David. Éternel ! je n'ai ni un cœur qui s'enfle, ni des regards hautains; Je ne m'occupe pas de choses trop grandes et trop relevées pour moi. ^Loin de là, j'ai l'àme calme et tranquille, Comme un enfant sevré c[ui est auprès de sa mère ; J'ai l'àme comme un enfant sevré, 744 PSAUMES. Ps. 13 J, 3-132, n. ^Israël, mets ton espoir en rÉternel, Dès maintenant et à jamais ! Psaume 132. 'Cantique des degrés. Eternel, souviens-toi de David, De toutes ses peines ! -Il jura à l'Eternel, 11 fit ce vœu au puissant de Jacob : ■'Je n'entrerai pas dans la tente où j'habite, Je ne monterai pas sur le lit où je repose, ^Je ne donnerai ni sommeil à mes yeux. Ni assoupissement à mes paupières, ^Jusqu'à ce que j'aie trouvé un lieu pour l'Eternel, Une demeure pour le puissant de Jacob. — * Voici, nous en entendîmes parler à Ephrata, Nous la" trouvâmes dans les champs de Jaar... 'Allons à sa demeure. Prosternons-nous devant son marchepied !... ''Lève-toi, Eternel, viens à ton lieu de repos, Toi et l'arche de ta majesté ! ^Que tes prêtres soient revêtus de justice. Et que tes fidèles poussent des cris de joie ! "*A cause de David, ton serviteur. Ne repousse pas ton oint ! — "L'Eternel a juré la vérité à David, Il n'en reviendra pas : Je mettrai sur ton trône un fruit de tes entrailles; '-Si tes fils observent mon alliance Et mes préceptes que je leur enseigne, Leurs fils aussi pour toujours Seront assis sur ton trône. — '•'Oui, l'Eternel a choisi Sion, Il l'a désirée pour sa demeure : '■•C'est mon lieu de repos à toujours ; J'y habiterai, car je l'ai désirée. '^Je bénirai sa nourriture. Je rassasierai de pain ses indigents ; '"Je revêtirai de salut ses prêtres. Et ses fidèles pousseront des cris de joie. "Là j'élèverai la puissance de David*, Je préparerai une lampe à mon oint, a. La. l'art-he qui fut ti-aiisportée par David, de Kirjalh-Joariin à Jérusalem. b. Héh. je ferai pousser une conte à David. 745 Ps. lS^.is-lS5,s. .PSAUMES. '*Je revêtirai de honte ses ennemis, Et sur lui brillera sa couronne. . Psaume 133. 'Cantique des degrés. De David. Voici, oh ! qu'il est agréable, qu'il est doux Pour des frères de demeurer ensemble ! ^C'est comme l'huile précieuse qui, répandue sur la tète, Descend sur la barbe, sur la barbe d'Aaron, Qui descend sur le bord de ses vêtements. 'C'est comme la rosée de l'Ilermon, Qui descend sur les montagnes de Sion ; Car c'est là que l'Eternel envoie la bénédiction, La vie, pour l'éternité. Psaume 13^i. 'Cantique des degrés. Voici, bénissez l'Éternel, vous tous serviteurs de l'Eternel, Qui vous tenez dans la maison de l'Eternel pendant les nuits ! "Elevez vos mains vers le sanctuaire. Et bénissez l'Eternel ! ^Que l'Eternel te bénisse de Sion, Lui qui a fait les cieux et la terre ! Psaume 135- ^ Louez l'Eternel ! Louez le nom de l'Eternel, Louez-le, serviteurs de l'Eternel, -Qui vous tenez dans la maison de l'Eternel, Dans les parvis de la maison de notre Dieu ! 'Louez l'Eternel! car l'Eternel est bon. Chantez à son nom ! car il est favorable. ■'Car l'Eternel s'est choisi Jacob, Israël, pourtju'il lui a|)partînt. ^Je sais que l'Eternel est grand. Et que notre Seigneur est au-dessus de tous les dieux. *Tout ce que l'Eternel veut, il le fait. Dans les cieux et sur la terre. Dans les mers et dans tous les abîmes. '11 fait monter les nuages des extrémités de la terre. Il produit les éclairs et la pluie, II tire le vent de ses trésors, *I1 frappa les premiers-nés de l'Egypte, Depuis les hommes Jusqu'aux animaux. ,746 PSAUMES. /',s. l-lj,,-lSO,i. 'Il envoya des signes et des miracles au milieu de toi, Egypte ! Contre Pharaon et contre tous ses serviteurs. '"Il frappa des nations nombreuses, Et tua des rois jouissants, "Sihon, roi des Amoréens, Oii', roi de Basan, Et tous les rois de Canaan ; '■'Et il donna leur pays en héritage, En héritage à Israël, son peuple. '^Eternel ! ton nom subsiste à toujours. Eternel ! ta mémoire dure de génération en génération. "Car l'Eternel jugera son peuple. Et il aura pitié de ses serviteurs. '^Les idoles des nations sont de l'argent et de For, Elles sont l'ouvrage de la main des hommes. '^Elles ont une bouche et ne jiarlent point. Elles ont des yeux et ne voient point, "Elles ont des oreilles et n'entendent point. Elles n'ont point de souffle dans leur bouche. '*Ils leur ressemblent ceux qui les fabriquent, Tous ceux qui se confient en elles. '^Maison d'Israël, bénissez l'Eternel ! Maison d'Aaron, bénissez l'Eternel ! ^"Maison de Lévi, bénissez l'Eternel ! Vous qui craignez l'Eternel, bénissez l'Eternel ! -MJue de Sion l'on bénisse rÉternel, Qui habite à Jérusalem ! Louez l'Eternel ! Psaume 136- 'Louez l'Eternel, car il est bon. Car sa miséricorde dure à toujours ! ^Louez le Dieu des dieux, Car sa miséricorde dure à toujours ! 'Louez lé Seigneur des seigneurs. Car sa miséricorde dure à toujours ! ■'Celui qui seul fait de grands prodiges, Car sa miséricorde dure à toujours ! ^Celui qui a fait les cieux avec intelligence, Car sa miséricorde dure à toujours ! *Celui qui a étendu la terre sur les eaux, Car sa miséricorde dure à toujours ! "Celui qui a fait les grands luminaires, Car sa miséricortic dure à toujours ! 747 Ps. 186,8-137,3. PSAUMES. *Le soleil pour présider au jour, Car sa miséricorde dure à toujours ! 'La lune et les étoiles pour présider à la nuit, Car sa miséricorde dure à toujours ! '"Celui qui frappa les Egyptiens dans leurs premiers-nés, Car sa miséricorde dure à toujours ! "Et fit sortir Israël du milieu d'eux, Car sa miséricorde dure à toujours ! '-A main forte et à bras étendu, Car sa miséricorde dure à toujours ! '^ Celui qui coupa en deux la mer Rouge, Car sa miséricorde dure à toujours ! '*Qui fit passer Israël au milieu d'elle, Car sa miséricorde dure à toujours ! '^Et précipita Pharaon et son armée dans la mer Rouge, Car sa miséricorde dure à toujours ! '^Celui qui conduisit son peuple dans le désert. Car sa miséricorde dure à toujours ! '"Celui qui frappa de grands rois, Car sa miséricorde dure à toujours ! '*Qui tua des rois jjuissants. Car sa miséricorde dure à toujours ! '^Sihon, roi des Amoréens, Car sa miséricorde dure à toujours ! -"EtOg, roi de Basan, Car sa miséricorde dure à toujours ! -'Et donna leur pays en héritage. Car sa miséricorde dure à toujours ! ^*En héritage à Israël, son serviteur. Car sa miséricorde dure à toujours ! ^^Celui qui se souvint de nous quand nous étions humiliés, Car sa miséricorde dure à toujours ! ^*Et nous délivra de nos oppresseurs, Car sa miséricorde dure à toujours ! '-''Celui qui donne la nourriture à toute chair, Car sa miséricorde dure à toujours ! -^ Louez le Dieu des cieux, Car sa miséricorde dure à toujours ! Psaume 137. ' Sur les bords des fleuves de Babylone, Nous étions assis et nous pleurions, En nous souvenant de Sion. -Aux saules de la contrée. Nous avions susj^endu nos harpes. ■^Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants. Et nos oppresseurs de la joie : 748 PSAUMES. Ps. 137, '<-I'39, / Chantez-nous quelques-uns des cantiques de Sion ! — ''Comment chanterions-nous les cantiques de l'Eternel Sur une terre étrangère ? ^Si je t'oublie, Jérusalem, Que ma droite m'oublie ! *Que ma langue s'attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi, Si je ne fais de Jérusalem Le principal sujet de ma joie ! 'Éternel, souviens-toi des enfants d'Edom, Qui, dans la journée de Jérusalem, Disaient : Rasez, rasez Jusqu'à ses fondements ! *Fille de Babylone, la dévastée, Heureux qui te rend la pareille. Le mal que tu nous as fait ! "Heureux qui saisit tes enfants, Et les écrase sur le roc ! Psaume J38. 'De David. Je te célèbre de tout mon cœur, Je chante tes louanges en la présence de Dieu. 'Je me prosterne dans ton saint temple, Et je célèbre ton nom, à cause de ta bonté et de ta fidélité. Car ta renommée s'est accrue par l'accomplissement de tes promesse;^ ^Le jour où je t'ai invoqué, tu m'as exaucé. Tu m'as rassuré, tu as fortifié mon àme. "•Tous les rois de la terre te loueront, ô Eternel ! En entendant les paroles de ta bouche ; ^Ils célébreront les voies de l'Eternel, Car la gloire de l'Eternel est grande. ° L'Eternel est élevé : il voit les humbles, Et il reconnaît de loin les orgueilleux. "(Juand je marche au milieu de la détresse, tu me rends la vie. Tu étends ta main sur la colère de mes ennemis, Et ta droite me sauve. *L'Eternel agira en ma faveur. Eternel, ta bonté dure toujours, N'aband(uine pas les œuvres de tes mains ! Psaume 139. 'Au chef des chantres. De David. Psaume. 749 '»" * Ps. 139, 2-n. PSAUMES. Eternel ! tu me sondes et tu me connais, *Tu sais quand je m'assieds et quand je me lève, Tu pénètres de loin ma pensée ; ^Tu sais quand je marche et quand je me couche, Et tu pénètres toutes mes voies. ■'Car la parole n'est pas sur ma langue, Que déjà, ô Eternel ! tu la connais entièrement. ^Tu m'entoures par derrière et par devant. Et tu mets ta main sur moi. ^Une science aussi merveilleuse est au-dessus de ma portée, Elle est trop élevée pour que je puisse la saisir. 'Où irais-je loin de ton esprit, Et où fuirais-je loin de ta face ? *Si je monte aux cieux, tu y es ; Si je me couche au séjour des morts, t'y voilà. ^Si je prends les ailes de l'aurore, Et que j'aille habiter à l'extrémité de la mer, '"Là aussi ta main me conduira, Et ta droite me saisira. "Si je dis : Au moins les ténèbres me couvriront, — La nuit devient lumière autour de moi ; '-Même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi, La nuit brille comme le jour. Et les ténèbres comme la lumière. ''C'est toi qui as formé mes reins, Qui m'as tissé dans le sein de ma mère. "Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables. Et mon àme le reconnaît bien. '^Mon corps n'était point caché devant toi. Lorsque j'ai été fait dans un lieu secret, Tissé dans les profondeurs de la terre. '^Quand je n'étais qu'une masse informe, tes yeux me voyaient ; Et sur ton livre étaient tous inscrits Les jours cjui m'étaient destinés, Avant cju'aucun d'eux existât. "Que tes pensées, ô Dieu, me semblent impénétrables ! Que le nombre en est grand ! '*Si je les compte, elles sont plus nombreuses que les grains de sable. Je m'éveille, et je suis encore avec toi. '^O Dieu, puisses-tu faire mourir le méchant ! Hommes de sang, éloignez-vous de moi ! -"Ils parlent de toi d'une manière criminelle. Ils prennent ton nom pour mentir, eux tes ennemis ! ^'Eternel, n'aurais-je pas de la haine pour ceux qui te haïssent, 750 PSAUMES. Ps. 139,^-141,1. Du dégoût pour ceux qui s'élèvent contre toi ? "Je les hais d'une parfaite haine ; Ils sont pour moi des ennemis. '^Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur! R]irouve-moi, et connais mes pensées ! "-* Regarde si je suis sur une mauvaise voie, Et conduis-moi sur la voie de l'éternité ! Psaume IW. 'Au chef des chantres. Psaume de David. ^Éternel, délivre-moi des hommes méchants! Préserve-moi des hommes violents, 'Qui méditent de mauvais desseins dans leur cœur, Et sont toujours prêts à faire la guerre ! ■•Ils aiguisent leur langue comme un serpent. Ils ont sous leurs lèvres un venin d'aspic. — Pause. ^Éternel, garantis-moi des mains du méchant! Préserve-moi des hommes violents, (^ui méditent de me faire tomber ! V ^Des orgueilleux me tendent un piège et des filets. Ils placent des rets le long du chemin. Ils me dressent des embûches. — Pause. ^Je dis à l'Eternel : Tu es mon Dieu ! Eternel, prête l'oreille à la voix de mes supplications ! * Eternel, Seigneur, force de mon salut ! Tu couvres ma tête au jour du combat. ^Eternel, n'accomplis pas les désirs du méchant. Ne laisse pas réussir ses projets, de peur qu'il ne s'en glorifie ! — Pause. '"Que sur la tête de ceux qui m'environnent Retombe l'iniquité de leurs lèvres ! " Que des charbons ardents soient jetés sur eux ! Qu'il les précipite dans le feu, Dans des abîmes, d'où ils ne se relèvent plus ! '^L'homme dont la langue est fausse ne s'affermit jias sur la terre; Et l'homme violent, le malheur l'entraîne à sa perte. '■'Je sais que l'Eternel fait droit au misérable, Justice aux indigents. '■•Oui, les justes célébreront ton nom. Les hommes droits habiteront devant ta face. Psaume lil. 'Psaume de David. Eternel, je t'invoque : viens en hâte auprès de moi ! 75i Ps. JU,--/i2,7. PSAUMES. Prête l'oreille à ma voix, quand je t'invoque ! -Que ma prière soit devant ta face comme l'encens, Et l'élévation de mes mains comme l'offrande du soir ! ■'Eternel, mets une garde à ma Louche, Veille sur la porte de mes lèvres ! ■*N'entraîne ])as mon cœur à des choses mauvaises, A des actions coupables avec les hommes cjui font le mal, Et cpie je ne prenne aucune part à leurs festins ! ^Que le juste me frappe, c'est une faveur; Qu'il me châtie, c'est de l'huile sur ma tète : Ma tête ne se détournera pas ; Mais de nouveau ma prière s'élèvera contre leur méchanceté. ^Que leurs juges soient précipités le long des rochers, Et l'on écoutera mes paroles, car elles sont agréables. 'Comme quand on laboure et qu'on fend la terre. Ainsi nos os sont dispersés à l'entrée du séjour des morts. *C'est vers toi. Eternel, Seigneur ! que se tournent mes yeux, C'est auprès de toi que je cherche un refuge : N'abandonne pas mon âme ! ** Garantis-moi du piège qu'ils me tendent. Et des embûches de ceux (pii font le mal ! '"Que les méchants tombent dans leurs filets. Et que j'échappe en même temps ! Psaume Ji2. 'Cantique de David. Lorsr[u'il était dans la caverne. Prière. -De ma voix je crie à l'Eternel, De ma voix j'implore l'Eternel. 'Je répands ma plainte devant lui. Je lui raconte ma détresse. * Quand mon esprit est abattu au dedans de moi, Toi, tu connais mon sentier. Sur la route où je marche Ils m'ont tendu un piège. 'Jette les yeux à droite, et regarde! Personne ne me reconnaît. Tout refuge est perdu pour moi. Nul ne prend souci de mon âme. * Eternel ! c'est à toi que je crie. Je dis : Tu es mon refuge. Mon partage sur la terre des vivants. ' Sois attentif à mes cris ! Car je suis bien malheureux. Délivre-moi de ceux qui me poursuivent! 752 PSAUMES. .Ps. 142,8-1 Vt,i. Car ils sont plus forts que moi. *Tire mon àme de sa prison, Afin que je célèbre ton nom ! Les justes viendront ni'entourer, Quand tu m'auras fait du bien. Psaume ^43. * Psaume de David. Eternel, écoute ma ])rière, prête Toreille à mes supplications! E.\auce-moi dans ta fidélité, dans ta justice! -N'entre pas en jugement avec ton serviteur! Car aucun vivant n'est juste devant toi. ^L'ennemi poursuit mon àme. Il foule à terre ma vie ; Il me fait habiter dans les ténèbres. Comme ceux qui sont morts depuis lonotemps. ''Mon esprit est abattu au dedans de moi. Mon cœur est troublé dans mon sein. ^.le me souviens des jours d'autrefois. Je médite sur toutes tes œuvres. Je réfléchis sur l'ouvrage de tes mains. *J'étends mes mains vers toi ; Mon âme soupire après toi, comme une terre desséchée. — Pause. "Hàte-toi de m'exaucer, ô Eternel ! Mon esprit se consume. Ne me cache jjas ta face ! Je serais semblable à ceux qui descendent dans la fosse. ^Fais-moi dès le matin entendre ta bonté! Car je me confie en toi. Fais-moi connaître le chemin où je dois marcher! Car j'élève à toi mon àme. '^Délivre-moi de mes ennemis, ô Eternel! Auprès de toi je cherche un refuge. '° Enseigne-moi à faire ta volonté ! Car tu es mon Dieu. Que ton bon esprit me conduise sur la voie droite ! "A cause de ton nom. Éternel, rends-moi la vie ! Dans ta justice, retire mon àme de la détresse ! '-Dans ta bonté, anéantis mes ennemis. Et fais périr tous les oppresseurs de mon àme! Car je suis ton serviteur. Psaume J4i. 'De David. Béni soit l'Eternel, mon rocher, 753 Ps. iU, 2-145, 1. PSAUMES. Qui exerce mes mains au combat, Mes doigts à la bataille, -Mon bienfaiteur et ma forteresse, Ma haute retraite et mon libérateur, Mon bouclier, celui qui est mon refuge, Qui m'assujettit mon peuple ! ^Eternel, qu'est-ce que l'homme, pour que tu le connaisses? Le fils de l'homme, pour que tu prennes garde à lui? ^L'homme est semblable à un souffle. Ses jours sont comme l'ombre qui passe. ^Eternel, abaisse tes cieux, et descends ! Touche les montagnes, et qu'elles soient fumantes! 'Fais briller les éclairs, et disperse mes ennemis! Lance tes flèches, et mets-les en déroute ! 'Etends tes mains d'en haut ; Délivre-moi et sauve-moi des grandes eaux. De la main des fils de l'étranger, *Dont la bouche profère la fausseté, Et dont la droite est une droite mensongère. ^O Dieu ! je te chanterai un cantique nouveau, Je te célébrerai sur le luth à dix corties. '"Toi, qui donnes le salut aux rois. Qui sauvas du glaive meurtrier David, ton serviteur, "Délivre-moi et sauve-moi de la main des fils de l'étranger, Dont la bouche profère la fausseté, Et dont la droite est une droite mensongère !... '-Nos fils sont comme des plantes. Qui croissent dans leur jeunesse ; Nos filles comme les colonnes sculptées, Qui font l'ornement des palais. "Nos greniers sont pleins. Regorgeant de toute espèce de provisions ; Nos troupeaux se multiplient par milliers, par dix milliers. Dans nos campagnes ; '^Nos génisses sont fécondes ; Point de désastre, point de captivité, Point de cris dans nos rues ! '^Heureux le peuple pour qui il en est ainsi ! Heureux le peuple dont l'Eternel est le Dieu ! Psaume là5. 'Louange. De David. Je t'exalterai, ô mon Dieu, mon roi ! Et je bénirai ton nom à toujours et à perpétuité. 754 PSAUMES. Ps. 145, 2-146, : * Chaque jour je te bénirai, Et je célébrerai ton nom à toujours et à perpétuité. 'L'Eternel est grand et très cligne de louange, Et sa grandeur est insondable. 'Que chaque génération célèbre tes œuvres, Et publie tes liants faits! ^Je dirai la splendeur glorieuse de ta majesté ; Je chanterai tes merveilles. ^On parlera de ta puissance redoutable. Et je raconterai ta grandeur. 'Qu'on proclame le souvenir de ton immense bonté. Et qu'on célèbre ta justice ! ^L'Eternel est miséricordieux et compatissant, Lent à la colère et plein de bonté. 'L'Eternel est bon envers tous. Et ses compassions s'étendent sur toutes ses œuvres. '"Toutes tes œuvres te loueront, ô Eternel ! Et tes fidèles te béniront. "Ils diront la gloire de ton règne. Et ils proclameront ta puissance, '-Pour faire connaître aux fils de l'homme ta puissance Et la sj^lendeur glorieuse de ton règne. '^Ton règne est un règne de tous les siècles, Et ta domination subsiste dans tous les âges. '*L'Eternel soutient tous ceux qui tombent. Et il redresse tous ceux qui sont courbés. '^Les yeux de tous espèrent en toi. Et tu leur donnes la nourriture en son temps. '^Tu ouvres ta main, Et tu rassasies à souhait tout ce qui a vie. "L'Eternel est juste dans toutes ses voies. Et miséricordieux dans toutes ses œuvres. '^L'Eternel est près de tous ceux qui l'invoquent , De tous ceux qui l'invoquent avec sincérité ; ''-'Il accomplit les désirs de ceux qui le craignent. Il entend leur cri et il les sauve. ^''L'Eternel garde tous ceux qui l'aiment. Et il détruit tous les méchants. -'Que ma bouche publie la louange de l'Eternel, Et que toute chair bénisse son saint nom, A toujours et à perpétuité ! Psaume l'iO. 'Louez l'Eternel ! 755 Ps. lie, 2-147,8. PSAUMES. Mon âme, loue l'Eternel! -Je louerai l'Eternel tant que je vivrai, Je célébrerai mon Dieu tant que j'existerai. ^Ne vous confiez pas aux grands. Aux fils de l'homme qui ne peuvent sauver. *Leur souffle s'en va, ils rentrent dans la terre, Et ce même jour leurs desseins périssent. ^Heureux celui qui a pour secours le Dieu de Jacob, Qui met son espoir en l'Eternel, son Dieu ! *I1 a fait les cieux et la terre, La mer et tout ce qui s'y trouve. Il garde la fidélité à toujours. "Il fait tlroit aux op|)rimés ; Il donne du pain aux affamés; L'Eternel délivre les captifs ; ''L'Eternel ouvre les yeux des aveugles ; L'Eternel redresse ceux qui sont courbés ; L'Eternel aime les justes. 'L'Éternel protège les étrangers. Il soutient l'orphelin et la veuve. Mais il renverse la voie des méchants. '"L'Eternel règne éternellement; Ton Dieu, ô Sion ! subsiste d'âge en âge 1 Louez l'Éternel ! Psaume ià7. 'Louez l'Éternel! Car il est beau de célébrer notre Dieu, Car il est doux, il est bienséant de le louer. ^L'Éternel rebâtit Jérusalem, Il rassemble les exilés d'Israël ; *I1 guérit ceux qui ont le cœur brisé, Et il panse leurs blessures. *I1 compte le nombre des étoiles, Il leur donne à toutes des noms. ^ Notre Seigneur est grand, puissant par sa force, Son intelligence n'a point de limite. ^L'Éternel soutient les malheureux. Il abaisse les méchants jusqu'à terre. 'Chantez à l'Éternel avec actions de grâces, Célébrez notre Dieu avec la harpe ! * Il couvre les cieux de nuages. Il prépare la pluie pour la terre ; 756 PSAUMES. Ps. 147,9-148,1. Il fait germer l'herbe sur les montagnes. 'Il dunne la nourriture au bétail, Aux petits du corbeau quand ils crient. '°Ce n'est pas dans la vigueur du cheval qu'il se complaît. Ce n'est pas dans les jambes" de l'homme qu'il met son plaisir; "L'Eternel aime ceux qui le craignent, Ceux qui espèrent en sa bonté. '^Jérusalem, célèbre l'Eternel ! Sion, loue ton Dieu ! '^Car il affermit les barres de tes portes, Il bénit tes iils au milieu de toi ; '^11 rend la paix à ton territoire. Il te rassasie du meilleur froment. '^11 envoie ses ordres sur la terre : Sa parole court avec vitesse. "'11 donne la neige comme de la laine, Il répand la gelée blanche comme de la cendre; ''11 lance sa glace par morceaux; Qui peut résister devant son froid ? '*11 envoie sa parole, et il les fond ; Il fait souffler son vent, et les eaux coulent. ''Il révèle sa parole à Jacob, Ses lois et ses ordonnances à Israël ; -"11 n'a ])as agi de même pour toutes les nations, Et elles ne connaissent point ses ordonnances. Louez l'Elternel ! Psaume liS. 'Louez rÉternel 1 Louez l'Eternel du haut des cieux Louez-le dans les lieux élevés ! -Louez-le, vous tous ses anges 1 Louez-le, vous toutes ses armées ! ^Louez-le, soleil et lune ! Louez-le, vous toutes, étoiles lumineuses ! ^Louez-le, cieux des cieux. Et vous eaux, qui êtes au-dessus des cieux ! ''Qu'ils louent le nom de l'Eternel ! Car il a commandé, et ils ont été créés. ^11 les a affermis pour toujours et à perpétuité ; Il a donné des lois, et il ne les violera point. ^ Louez l'Eternel du bas de la terre. Monstres marins, et vous tous abîmes, a. Les /a:fihes, coiisidéi-i'es comino sirj^e de la force cl de hi rapidité à la cour.se. 757 Ps. 14-8,8-150,1. PSAUMES. *Feu et grêle, neige et brouillards, Vents impétueux, qui exécutez ses ordres, ^Montagnes et toutes les collines. Arbres fruitiers et tous les cèdres, '"Animaux et tout le bétail, Reptiles et oiseaux ailés, " Rois de la terre et tous les peuples. Princes et tous les juges de la terre, '-Jeunes hommes et jeunes filles, Vieillards et enfants ! '•'Qu'ils louent le nom de rÉterucl ! Car son nom seul est élevé ; Sa majesté est au-dessus de la terre et des cieux. '■•Il a relevé la force " de son peuple : Sujet de louange pour tous ses fidèles, Pour les enfants d'Israël, du peuple cpii est près de lui. Louez l'Eternel ! Psaiiiuc l'id. ']>ouez l'Eternel ! Chantez à l'Eternel un cantique nouveau ! Chantez ses louanges dans l'assemblée des fidèles ! -Qu'Israël se réjouisse en celui qui l'a créé ! Que les fils de Sion soient dans l'allégresse à cause de leur roi ! •'Qu'ils louent son nom avec des danses, (^)u'ils le célèbrent avec le tambourin et la harpe ! 'Car l'Eternel prend plaisir à son peuple. Il o-lorifie les malheureux en les sauvant. ^Que les fidèles triomphent dans la gloire, (Qu'ils poussent des cris de joie sur leur couche ! "Que les louanges de Dieu soient dans leur bouche, Et le glaive à deux tranchants dans leur main, 'Pour exercer la vengeance sur les nations, Pour châtier les peuples, ''Pour lier leurs rois avec des chaînes Et leurs grands avec des ceps de fer, ''Pour exécuter contre eux le jugement qui est écrit ! C'est une gloire pour tous ses fidèles. Louez l'Eternel ! Psaume 150. 'Louez l'Éternel ! Louez Dieu dans son sanctuaire ! u, Iai force, héb. la corne. 758 PSAUMES. Ps. 150.i-6. Louez-le dans rétendue où éclate sa puissance ! -Louez-le pour ses hauts faits ! Louez-le selon l'immensité de sa grandeur ! ^Louez-le au son de la tromjiette! Louez-le avec le luth et la harpe ! *Louez-le avec le tambourin et avec des danses ! Louez-le avec les instruments à cordes et le chalumeau ! ^Louez-le avec les cymbales sonores ! Louez-le avec les cymbales retentissantes ! ^Que tout ce qui respire loue l'Eternel ! Louez l'Eternel ! LES PROVERBES Chap. I. 'Proverbes de Salomon, fils de David, Roi d'Israël, -Pour connaître la sagesse et l'instruction, Pour comprendre les paroles de l'intelligence ; ^Pour recevoir des leçons de bon sens, De justice, d'équité et de droiture ; ''Pour donner aux simples du discernement. Au jeune homme de la connaissance et de la rétlexion. ^Que le sage écoute, et il augmentera son savoir, Et celui qui est intelligent acquerra de l'habileté, *Pour saisir le sens d'un proverbe ou d'une énigme. Des paroles des sages et de leurs sentences. 'La crainte de l'Eternel est le commencement de la science; Les insensés méprisent la sagesse et l'instruction. ^Ecoute, mon fils, l'instiuction de ton ])ère, Et ne rejette pas l'enseignement de ta mère ; ^Car c'est une couronne de grâce pour ta tête. Et une parure pour ton cou. '"Mon fils, si des pécheurs vevdent te séduire. Ne te laisse pas gagner. "S'ils disent : Viens avec nousldressonsdes embûches, versons dusang. Tendons des pièges à celui qui se repose en vain sur son innocence, '"-Engloutissons-les tout vifs, comme le séjour tles morts. Et tout entiers, comme ceux qui descendent dans la fosse ; '^Nous trouverons toute sorte de biens précieux, Nous remplirons de butin nos maisons ; '''Tu auras ta part avec nous, Il n'y aura qu'une bourse ])our nous tous ! — '^Mon fils, ne te mets pas en chemin avec eux. Détourne ton pied de leur sentier ; "'Car leurs pieds courent au mal, Et ils ont hâte de répandre le sang. '"Mais en vain jettc-t-on le filet Devant les yeux de tout ce qui a des ailes ; '*Et eux, c'est contre leur propre sang qu'ils dressent des embûches. C'est à leur âme qu'ils tendent des pièges. '^Ainsi arrive-t-il à tout homme avide de gain ; 760 PROVERBES. Chap. l.^.o-2,s. La cupidité cause la perte de ceux qui s'y livrent. -"La sagesse crie dans les rues, Elle élève sa voix dans les places ; -'Elle crie à l'entrée des lieux hruyants; Aux portes, dans la ville, elle fait entendre ses paroles : "Jusques à quand, stupides, aimerez-vous la stupidité,' .Jusques à quand les moqueurs se ]>lairont-ils à la moquerie. Et les insensés haïront-ils la science? -^Tournez-vous pour écouter mes réprimandes ! A'oici, je répandrai sur vous mon esprit. Je vous ferai connaîti'c mes ])aroles — -* Puisque j'ap|)elle et que vous résistez. Puisque j'étends ma main et que personne n'y prend garde, -^Puisque vous rejetez tous mes conseils, Et que vous n'aimez pas mes réprimandes, -*Moi aussi, je rirai quand vous serez dans le malluMir, Je me moc[uerai cjuand la terreur vous saisira, "Quand la terreur vous saisira comme une tempête. Et que le malheur vous enveloppera comme un tourbillon. Quand la détresse et l'angoisse fondront sur vous. -"Alors ils ni'ap|iolleront, et je ne répondrai pas; Ils me chercheront, et ils ne me trouveront pas. -s Parce qu'ils ont haï la science, Et qu'ils n'ont pas choisi la crainte de l'Eternel, ■'"Parce qu'ils n'ont point aimé mes conseils. Et qu'ils ont dédaigné toutes mes réprimandes, ^' Ils se nourriront du fruit de leur voie. Et ils se rassasieront de leurs projires conseils. ^^Car la résistance des stupiiles les tue, Et la sécurité des insensés les perd ; ''Mais celui (\\n m'écoute rejîosera avec assurance, Il vivra tranquille et sans craindre aucun mal. Chap. II. 'Mon fils, si tu reçois mes paroles, Et si tu gardes avec toi mes préceptes, *Si tu rends ton oreille attentive à la sagesse. Et si tu inclines ton cœur à l'intelligence ; 'Oui, si tu appelles la sagesse. Et si tu élèves ta voix vers l'intelligence, *Si tu la cherches comme l'argent. Si tu la poursuis comme un trésor, ^Alors tu comprendras la crainte de l'Eternel, Et tu trouveras la connaissance de Dieu. *Car l'Eternel donne la sagesse ; De sa bouche sortent la connaissance et l'intelligence ; 'Il tient en réserve le salut pour les hommes droits, Un bouclier pour ceux qui marchent dans l'intégrité, *En protégeant les sentiers de la justice 761 Chap. 2,0-3,0. PROVERBES. Et en gardant la voie de ses fidèles. ^Alors tu comprendras la justice, réquitc, La droiture, toutes les routes qui mènent au bien. '"Car la sagesse viendra dans ton cœur. Et la connaissance fera les délices de ton âme ; "La réflexion veillera sur toi, L'intelligence te gardera, '-Pour te délivrer de la voie du mal. De riiomme qui tient des discours pervers, ''De ceux qui abandonnent les sentiers de la droiture Afin de marcher dans des chemins ténébreux, '*Qui trouvent de la jouissance à faire le mal, Qui mettent leur plaisir dans la perversité, '^Qui suivent des sentiers détournés, Et qui prennent des routes tortueuses ; '"'Pour te délivrer de la femme étrangère, De l'étrangère qui emploie des paroles doucereuses, "Qui abandonne l'ami de sa jeunesse. Et qui oublie l'alliance de son Dieu ; "*Gar sa maison penche vers la mort. Et sa route mène chez les morts : '"Aucun de ceux qui vont à elle ne revient, Et ne retrouve les sentiers de la vie. ^"Tu marcheras ainsi dans la voie des gens de bien, Tu garderas les sentiers des justes. -'Car les hommes droits habiteront le pays, Les hommes intègres y resteront ; "Mais les méchants seront retranchés du pays, Les infidèles en seront aiTachés. Chap. III. 'Mon fils, n'oublie pas mes enseignements. Et que ton cœur garde mes préceptes ; -Car ils prolongeront les jours et les années de ta vie. Et ils augmenteront ta paix. •*Que la bonté et la fidélité ne t'abandonnent pas ; Lie-les à ton cou, écris-les sur la table de ton cœur. ''Tu acquerras ainsi de la grâce et une raison saine, Aux yeux de Dieu et des hommes. ^Confie-toi en l'Eternel de tout ton cœur. Et ne t'appuie pas sur ta sagesse ; ^Reconnais-le dans toutes tes voies. Et il aplanira tes sentiers. "Ne sois point sage à tes propres yeux. Crains l'Eternel, et détourne-toi du mal : *Ge sera la santé pour tes muscles. Et un rafraîchissement pour tes os. 'Honore l'Eternel avec tes biens. Et avec les prémices de tout ton revenu : 762 PROVERBES. Chap. 3, 10-30. "Alors tes greniers seront remplis d'abondance. Et tes cuves regorgeront de moût. -o^ "Mon fds, ne méprise pas la correction de rÉternel, Et ne t'effraie point de ses châtiments ; '*Car l'Eternel châtie celui qu'il aime, Comme un père l'enfant qu'il chérit. '^ Heureux l'homme qui a trouve la sagesse. Et l'homme qui possède l'intelligence ! '■'Car le gain qu'elle procure est préférable à celui de l'argent, Et le iirofit qu'on en tire vaut mieux que l'or ; '^EUe est plus précieuse que les perles, Elle a plus de valeur que tous les objets de prix. '^Dans sa droite est une longue vie ; Dans sa gauche, la richesse et la gloire. "Ses voies sont des voies agréables, Et tous ses sentiers sont paisibles. "*Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent, Et ceux qui la possèdent sont heureux. '^C'est par la sagesse que l'Éternel a fondé la terre, C'est par l'intelligence qu'il a affermi les cieux ; *" C'est par sa science f[ue les abîmes se sont ouverts, Et que les nuages distillent la rosée. -'Mon fds, que ces enseignements ne s'éloignent pas de tes yeux. Garde la sagesse et la réflexion : "Elles seront la vie de ton âme. Et l'ornement de ton cou. -^Alors tu marcheras avec assurance dans ton chemin, Et ton pied ne heurtera pas. -*Si tu te couches, tu seras sans crainte ; Et quand tu seras couché, ton sommeil sera doux. -''Ne redoute ni une terreur soudaine. Ni une attaque de la part des méchants ; -^Car l'Eternel sera ton assurance, Et il préservera ton pied de toute embûche. "Ne refuse pas un bienfait à celui cpii y a droit, Quand tu as le pouvoir de l'accorder. **Ne dis pas à ton prochain : Va et reviens, Demain je donnerai ! quand tu as de quoi donner. *'Ne médite pas le mal contre ton prochain. Lorsqu'il demeure tranquillement près de toi. '"Ne conteste pas sans motif avec quelqu'un, Lorsqu'il ne t'a point fait de mal. 763 Chap. S, 31-4, is. PROVERBES. ^'Nc porte pas envie à Thomme violent, Et ne choisis aucune de ses voies. ""-Car l'Éternel a en horreur les hommes pervers, Mais il est un ami pour les hommes droits ; *^La malédiction de l'Eternel est dans la maison du méchant, Mais il bénit la demeure des justes ; ^*l\ se moque des moqueurs, Mais il fait grâce aux humbles; '^Les sages hériteront la gloire. Mais les insensés ont la honte en partage. Chap. IV. 'Ecoutez, mes fils, l'instruction d'un père. Et soyez attentifs, pour connaître la sagesse; -Car je vous donne de bons conseils : Ne rejetez pas mon enseignement. ^J'étais un fils pour mon père. Un fils tendre et unicpie auprès de lua mère. ^11 m'instruisait alors, et il me disait : Que ton cœur retienne mes paroles ; Observe mes préceptes, et tu vivras. ^Acquiers la sagesse, acquiers l'intelligence; N'oublie pas les paroles de ma bouche, et ne t'en détourne pas. '^Ne l'abandonne pas, et elle te gardera; Aime-la, et elle te protégera. "Voici le commencement de la sagesse : Acquiers la sagesse, Et avec tout ce que tu possèdes acquiers l'intelligence. ** Exalte-la, et elle t'élèvera ; Elle fera ta gloire, si tu l'embrasses ; 'Elle mettra sur ta tête une couronne de grâce, Elle t'ornera d'un magnifique diadème. '"Ecoute, mon fils, et reçois mes paroles ; Et les années de ta vie se multiplieront. "Je te montre la voie de la sas-esse, o Je te conduis dans les sentiers de la droiture. '-Si tu marches, ton pas ne sera point gêné ; Et si tu cours, tu ne chancelleras point. '^ Retiens l'instruction, ne t'en dessaisis pas ; Garde-la, car elle est ta vie. '*N'entre pas dans le sentier des méchants, Et ne marche pas dans la voie des hommes mauvais. '^Evite-la, n'y passe point; Détourne-t'en, et passe outre. '^Car ils ne dormiraient pas s'ils n'avaient fait le mal. Le sommeil leur serait ravi s'ils n'avaient fait tomber personne ; '"Car c'est le pain de la méchanceté qu'ils mangent. C'est le vin de la violence qu'ils boivent. '^Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante, 764 PROVERBES. Chap. 4,i9-5,i3. Dont Téclat va croissant jusqu'au milieu du jour. '^La voie des méchants est comme les ténèbres ; Ils n'aperçoivent pas ce qui les fera tomber. -"Mon fils, sois attentif à mes paroles, Prête l'oreille à mes discours. -'Qu'ils ne s'éloignent pas de tes yeux; Garde-les dans le fond de ton cœur ; -*Car c'est la vie pour ceux qui les trouvent, C'est la santé pour tout leur corps. "^ Garde ton cœur plus que toute autre chose. Car de lui viennent les sources de la vie. -^Ecarte de ta bouche la fausseté. Éloigne de tes lèvres les détours. -^Que tes yeux regardent en face. Et que tes paupières se dirigent devant toi. ^'Considère le chemin par où tu passes. Et que toutes tes voies soient bien réglées ; ^'N'incline ni à droite ni à gauche, Et détourne ton pied du mal. 'Mon fils, sois attentif à ma sagesse, Prête l'oreille à mon intelligence, "Afin que tu conserves la réflexion, Et que tes lèvres gardent la connaissance. ^Car les lèvres de l'étrangère distillent le miel. Et son palais est plus doux que l'huile ; ■•Mais à la fin elle est amère comme l'absinthe, Aiguë comme un glaive à deux tranchants. ^Ses pieds descendent vers la mort. Ses pas atteignent le séjour des morts. ^Afin de ne pas considérer le chemin de la vie. Elle est errante dans ses voies, elle ne sait où elle va. "Et maintenant, mes fils, écoutez-moi. Et ne vous écartez pas des paroles de ma bouche. *Eloigne-toi du chemin qui conduit chez elle. Et ne t'approche pas de la porte de sa maison, 'De peur que tu ne livres ta vigueur à d'autres. Et tes années à un homme cruel ; '"De peur que des étrangei's ne se rassasient de ton bien, Et du produit de ton travail dans la maison d'autrui ; "De peur que tu ne gémisses, près de ta fin. Quand ta chair et ton corps se consumeront, '■-l']t que tu ne dises : Comment donc ai-je pu haïr la corrcclion, Et comment mon cœur a-t-il dédaigné la réprimande ? '^Comment ai-je pu ne j>as écouter la voix de mes maîtres. Ne pas prêter l'oreille à ceux ((ui m'iiisliuisaient ? 765 ''« * Chap. 5,iu-6,ii. PROVERBES. '^Peu s'en est fallu que je n'aie éjirouvé tous les malheurs Au milieu du peuple et de l'assemblée. '^Bois les eaux de ta citerne, Les eaux qui sortent de ton puits. "Tes sources doivent-elles se répandre au dehors ? Tes ruisseaux doivent-ils couler sur les places ]>ubliques ? '"Qu'ils soient pour toi seul, Et non pour des étrangers avec toi. "*Que ta source soit bénie. Et fais ta joie de la femme de ta jeunesse, '* Biche des amours, gazelle pleine de grâce : Sois en tout temps enivré de ses charmes. Sans cesse épris de son amour. -"Et pourquoi, mon fds, serais-tu épris d'une étrangère, Et embrasserais-tu le sein d'une inconnue ? -'Car les voies de l'homme sont devant les yeux de l'Eternel, Qui observe tous ses sentiers. "Le méchant est pris dans ses propres iniquités. Il est saisi par les liens de son péché. -'Il mourra faute d'instruction. Il chancellera par l'excès de sa folie. Chop. VI. 'Mon fds, si tu as cautionné ton prochain. Si tu t'es engagé pour autrui, -Si tu es enlacé par les paroles de ta bouche, Si tu es pris par les paroles de ta bouche, 'Fais donc ceci, mon fds, dégage-toi. Puisque tu es tombé au pouvoir de ton prochain ; Va, prosterne-toi, et fais des instances auprès de lui ; ■'Ne donne ni sommeil à tes yeux, Ni assoupissement à tes paupières ; ^Dégage-toi comme la gazelle de la main du chasseur, Comme l'oiseau de la main de l'oiseleur. * Va vers la fourmi, paresseux ; Considère ses voies, et deviens sage. 'Elle n'a ni chef. Ni inspecteur, ni maître ; *Elle prépare en été sa nourriture. Elle amasse pendant la moisson de quoi manger. ^Paresseux, jusques à quand seras-tu couché ? Quand te lèveras-tu de ton sommeil ? '"Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, Un peu croiser les mains pour dormir !... "Et la pauvreté te surprendra, comme un rôdeur. Et la disette, comme un homme en armes. 766 I PROVERBES. Chap. 0,vi-33. '-L'homme pervers, l'homme inique, Marche hi fausseté dans la bouche ; ''Il cligne les yeux, parle du pied, Fait des signes avec les doigts ; '■'La perversité est dans son cœur, 11 médite le mal en tout temps, 11 excite des c|uerelles. '^Aussi sa ruine arrivera-t-elle subitement; Il sera brisé tout d'un coup, et sans remède. '*I1 y a six choses que hait l'Eternel, Et même sept qu'il a en horreur : '^Les yeux hautains, la langue menteuse. Les mains qui répandent le sang innocent, '*Le cœur qui médite des projets iniques, Les pieds qui se hâtent de courir au mal, "Le faux témoin qui dit des mensonges. Et celui qui excite des querelles entre frères. -"Mon fils, garde les préceptes de ton père. Et ne rejette pas l'enseignement de ta mère. '^'Lie-les constamment sur ton cœur. Attache-les à ton cou. "Ils te dirigeront dans ta marche, Ils te garderont sur ta couche. Ils te parleront à ton réveil. -'Car le précepte est une lampe, et l'enseignement une lumière. Et les avertissements de la correction sont le chemin de la vie : -*Ils te préserveront de la femme corrompue. De la langue doucereuse de l'étrangère. -^Ne la convoite pas dans ton cœur jiour sa beauté. Et ne te laisse pas séduire par ses ])aupières. **Car pour la femme prostituée on se réduit à un morceau de pain. Et la femme mariée tend un ])iège à la vie précieuse. ^"Quelqu'un mettra-t-il du feu dans son sein, Sans que ses vêtements s'enilamment ? ^^Quelqu'un marchera-t-il sur des charbons ardents. Sans que ses pieds soient brûlés? -'Ml en est de même pour celui qui va vers la femme de son prochain : Quiconque la touche ne restera pas impuni. •'"On ne tient pas pour innocent le voleur qui dérobe Pour satisfaire son appétit, quand il a faim ; "Si on le trouve, il fera une restitution au septuple, Il donnera tout ce qu'il a dans sa maison. •'- Mais celui qui commet adultère avec une femme est dépourvu de sens. Celui qui veut se perdre agit de la sorte ; '•'Il n'aura que plaie et ignominie, Et son opprobre ne s'effacera point. 7G7 Chap. 6,3'.-7,n. PROVERBES. '■'Car la jalousie met un homme en fureur, Et il est sans pitié au jour de la vengeance ; '^11 n'a égard à aucune rançon, Et il est inflexible, quand même tu multiplierais les dons. Chap. VII. 'Mon fds, retiens mes paroles, Et garde avec toi mes préceptes. -Observe mes préceptes, et tu vivras ; Garde mes enseignements comme la prunelle de tes yeux. ■'Lie-les sur tes doigts. Ecris-les sur la table de ton cœur. ''Dis à la sagesse : Tu es ma sœur ! Et appelle l'intelligence ton amie, ^Pour qu'elles te préservent de la femme étrangère. De l'étrangère qui emploie des paroles doucereuses. "J'étais à la fenêtre de ma maison. Et je regardais à travers mon treillis. 'J'aperçus parmi les stupides. Je remarquai parmi les jeunes gens un garçon dépourvu de sens. ^11 passait dans la rue, près de l'angle où se tenait une de ces étran- Et il se dirigeait lentement du côté de sa demeure : [gères, "C'était au crépuscule, pendant la soirée. Au milieu de la nuit et de l'obscurité. '"Et voici, il fut abordé par une femme Ayant la mise d'une prostituée et la ruse dans le cœur. " Elle était bruyante et rétive ; Ses pieds ne restaient point dans sa maison ; '"-Tantôt dans la rue, tantôt sur les places, Et près de tous les angles, elle était aux aguets. "Elle le saisit et l'embrassa, Et d'un air effronté lui dit : '■'Je devais un sacrifice d'actions de grâces, Aujourd'hui j'ai accompli mes vœux. '^C'est pourquoi je suis sortie au-devant de toi Pour te chercher, et je t'ai trouvé. '"J'ai orné mon lit de couvertures, De tapis de fd d'Egypte ; '"J'ai parfumé ma couche De myrrhe, d'aloès et de cinnamome. '^Viens, enivrons-nous d'amour jusqu'au matin, Livrons-nous joyeusement à la volupté. '"Car mon mari n'est pas à la maison. Il est parti pour un voyage lointain ; -"Il a pris avec lui le sac de l'argent. 11 ne reviendra à la maison qu'à la nou>clle lune. -'Elle le séduisit à force de paroles. Elle l'entraîna par ses lèvres doucereuses. 7G8 i PROVERBES. Chap. 7,'n-8,i5. "Il se mit tout à coup à la suivre, Comme le bœuf qui va à la boucherie, Comme un fou qu'on lie pour le châtier, "Jusqu'à ce qu'une flèche lui perce le foie. Comme l'oiseau qui se précipite dans le filet, Sans savoir que c'est au prix de sa vie. -''Et maintenant, mes fils, écoutez-moi. Et soyez attentifs aux paroles de ma bouche. -^Que ton cœur ne se détourne pas vers les voies d'une telle femme, Ne t'égare pas dans ses sentiers. -^Car elle a fait tomber beaucoup de victimes. Et ils sont nombreux tous ceux qu'elle a lues. -'Sa maison, c'est le chemin tlu séjour des morts ; Il descend vers les demeures de la mort. Chap. VIII. 'La sagesse ne crie-t-elle pas ? L'intelligence n'élève-t-elle pas sa voix ? -C'est au sommet des hauteurs près de la route, C'est à la croisée des chemins qu'elle se place ; 'A côté des portes, à l'entrée de la ville, A l'intérieur des portes, elle fait entendre ses cris : ^Hommes, c'est à vous que je crie. Et ma voix s'adresse aux fils de l'homme. ^Stupides, apprenez le discernement; Insensés, apprenez l'intelligence. ^Ecoutez, car j'ai de grandes choses à dire. Et mes lèvres s'ouvrent pour enseigner ce fjui est droit. "Car ma bouche proclame la vérité. Et mes lèvres ont en horreur le mensonge ; "^Toutes les paroles de ma bouche sont justes. Elles n'ont rien de faux ni de détourné ; 'Toutes sont claires pour celui qui est intelligent. Et droites pour ceux qui ont trouvé la science. '"Préférez mes instructions à l'argent, Et la science à l'or le plus précieux ; "Car la sagesse vaut mieux ijue les perles. Elle a plus de valeur que tous les objets de prix. '-Moi, la sagesse, j'ai pour demeure le discernement, Et je possède la science de la réflexion. '■''La crainte de l'Eternel, c'est la haine du mal ; L'arrogance et l'orgueil, la voie du mal. Et la bouche perverse, voilà ce que je hais. '■•Le conseil et le succès m'ajipartiennent ; Je suis l'intelligence, la force est à moi. '^Par moi les rois régnent. Et les princes ordonnent ce qui est juste ; 769 Chap. 8,iù-3B. PROVERBES. '^Par moi "■ouvorncnt les chefs, Les grands, tous les juges de la terre. ''J'aime ceux qui m'aiment, Et ceux qui me cherchent me trouvent. ''^Avec moi sont la richesse et la gloire, Les biens durables et la justice. ''■•Mon fruit est meilleur que l'or, que l'or pur. Et mon produit est préférable à l'argent. -"Je marche dans le chemin de la justice, Au milieu des sentiers de la droiture, '-'Pour donner des biens à ceux qui m'aiment, Et pour remplir leurs trésors. "L'Eternel m'a créée la première de ses œuvres, Avant ses œuvres les plus anciennes. -•''J'ai été établie depuis l'éternité, Dès le commencement, avant l'origine de la terre. -•'Je fus enfantée quand il n'y avait point d'abîmes, Point de sources chargées d'eaux ; "-^Avant cjue les montagnes fussent affermies. Avant que les collines, existassent, je fus enfantée ; -"Il n'avait encore fait ni la terre, ni les campagnes. Ni le premier atome de la poussière du monde. -'Lorsqu'il disposa les cieux, j'étais là ; Lorsqu'il traça un cercle à la surface de l'abîme, -^Lorsqu'il fixa les nuages en haut. Et que les sources de l'abîme jaillirent avec force, -^Lorsqu'il donna une limite à la mer, Pour que les eaux n'en franchissent pas les bords. Lorsqu'il posa les fondements de la terre, ™ J'étais à l'œuvre auprès de lui, Et je faisais tous les jours ses délices, Jouant sans cesse en sa présence, '' Jouant sur le globe de sa terre. Et trouvant mon bonheur parmi les fils de l'homme. '-Et maintenant, mes fils, écoutez-moi, Et heureux ceux qui observent mes voies ! '^ Ecoutez l'instruction, pour devenir sages, Ne la rejetez pas. ■^'Heureux l'homme qui m'écoute, Qui veille chaque jour à mes portes. Et c[ui en garde les poteaux ! '^Car celui qui me trouve a trouvé la vie. Et il obtient la faveur de l'Eternel. ■'"Mais celui qui pèche contre moi nuit à son âme ; Tous ceux qui me haïssent aiment la mort. 770 PROVERBES. Cliap. 9, ,-lO, . Chap. IX. 'La sagesse a bâti sa maison. Elle a taillé ses sept colonnes. ^Elle a égorgé ses victimes, mêlé son vin, Et dressé sa table. ^Elle a envoyé ses servantes, elle crie Sur le sommet des hauteurs de la ville : ^Que celui qui est stupide entre ici ! Elle dit à ceux qui sont dépourvus de sens : '\'enez, mangez de mon pain. Et buvez du vin (|ue jai mêlé ; 'Quittez la stupidité, et vous vivrez, Et marchez dans la voie de rintellioence ! 'O^ "Celui qui reprend le moqueur s'attire le dédain. Et celui qui corrige le méchant reçoit un outrage. "Ne rej)rends pas le moqueur, de crainte qu'il ne te haïsse; Reprends le sage, et il t'aimera. ''Donne au sage, et il deviendra plus sage ; Instruis le juste, et il augmentera son savoir. "Le commencement de la sagesse, c'est la crainte de l'P^ternei Et la science des saints, c'est l'intelligence. "C'est par moi que tes jours se multiplieront. Et que les années de ta vie s'augmenteront. '-Si tu es sage, tu es sage pour toi ; Si tu es moqueur, tu en porteras seul la peine. '^La folie est une femme bruyante, Stupide et ne sachant rien. '^Elle s'assied à l'entrée de sa maison, Sur un siège, dans les hauteurs de la ville, '^Pour crier aux passants. Qui vont droit leur chemin : "^Que celui qui est stupide entre ici ! Elle dit à celui qui est dépourvu de sens : ''Les eaux dérobées sont douces. Et le pain du mystère est agréable ! '"Et il ne sait pas que là sont les morts. Et que ses invités sont dans les vallées du séjour des morts. Proverbes de Snlomon". C/inp. X. 'Un fds sage fait la joie d'un père. Et un fils insensé le chagrin de sa mère. *Les trésors de la méchanceté ne profitent pas. Mais la justice délivre de la mort. 'L'Eternel ne laisse pas le juste souffrir de la faim, a. Ce titre, impi-iiné en plus gros cai-actèrus, est dans le texte hébreu. 771 Chap. 10,M-B. PROVERBES. Mais il repousse l'avidité des méchants. * Celui qui agit d'une main lâche s'appauvrit, Mais la main des diligents enrichit. ''Celui qui amasse pendant l'été est un iils prudent, Celui qui dort pendant la moisson est un fils qui fait honte. *I1 y a des bénédictions sur la tète du juste. Mais la violence couvre la bouche des méchants. "La mémoire du juste est en bénédiction. Mais le nom des méchants tombe en pourriture. ^Celui qui est sage de cœur reçoit les préceptes, Mais celui qui est insensé des lèvres court à sa perte. ^ Celui qui marche dans l'intégrité marche avec assurance, Mais celui qui prend des voies tortueuses sera découvert. '"Celui qui cligne les yeux est une cause de chagrin, Et celui qui est insensé des lèvres court à sa perte. "La bouche du juste est une source de vie. Mais la violence couvre la bouche des méchants. '^La haine excite des querelles, Mais l'amour couvre toutes les fautes. '^Sur les lèvres de l'homme intelligent se trouve la sagesse, Mais la verge est pour le dos de celui qui est dépourvu de sens. '*Les sages tiennent la science en réserve. Mais la bouche de l'insensé est une ruine prochaine. '^La fortune est pour le riche une ville forte ; La ruine des misérables, c'est leur pauvreté. '"L'œuvre du juste est pour la vie. Le gain du méchant est pour le péché. "Celui qui se souvient de la correction prend le chemin de la vie, Mais celui qui oublie la réprimande s'égare. '^Celui qui dissimule la haine a des lèvres menteuses, Et celui qui répand la calomnie est un insensé. "'Celui qui parle beaucoup ne manque pas de pécher. Mais celui qui retient ses lèvres est un homme prudent. 772 PROVERBES. Chap. lO.Jo-U, ^"La langue du juste est un argent de choix ; Le cœur des méchants est peu de chose. *'Les lèvres du juste dirigent beaucoup d'hommes, Et les insensés meurent par défaut de raison. '^C'est la bénédiction de l'Eternel qui enrichit, Et il ne la fait suivre d'aucun chagrin. *^ Commettre le crime paraît un jeu à l'insensé, Mais la sagesse appartient à l'homme intelligent. -*Ce que redoute le méchant, c'est ce qui lui arrive; Et ce que désirent les justes leur est accordé. ^^ Comme passe le tourbillon, ainsi disparaît le méchant; Mais le juste a des fondements éternels. -^Ce que le vinaigre est aux dents et la fumée aux yeux, Tel est le paresseux pour celui qui l'envoie. ^^La crainte de l'Eternel augmente les jours. Mais les années des méchants sont abrégées. -*L'attente des justes n'est que joie. Mais l'espérance des méchants périra. -"La voie de l'Éternel est un rempart pour l'intégrité. Mais elle est une ruine pour ceux qui font le mal. ^"Le juste ne chancellera jamais, Mais les méchants n'habiteront pas le pays. ^'La bouche du juste produit la sagesse. Mais la langue perverse sera retranchée. "*Les lèvres du juste connaissent la grâce. Et la bouche des méchants la perversité. Chap, XI. 'La balance fausse est en horreur à l'Eternel, Mais le poids juste lui est agréable. -Quand vient l'orgueil, vient aussi l'ignominie; Mais la sagesse est avec les humbles. ^L'intégrité des hommes droits les dirige. Mais les détours des perfides causent leur ruine. *Au jour de la colère, la richesse ne sert de rien ; 773 Ckap. 11,5-03. PROVERBES. Mais la justice délivre de la mort. ^La justice de riiomiiie intègre aplanit sa voie, Mais le méchant tombe par sa méchanceté. *La justice des hommes droits les délivre, Mais les méchants sont pris par leur malice. ^A la mort du méchant, son espoir périt, Et l'attente des hommes iniques est anéantie. •^Le juste est délivré de la détresse. Et le méchant prend sa place. 'Par sa bouche l'impie perd son prochain, Mais les justes sont délivrés par la science. '"Quand les justes sont heureux, la ville est dans la joie ; Et quand les méchants périssent, on pousse des cris d'allégresse. "La ville s'élève par la bénédiction des hommes droits. Mais elle est renversée par la bouche des méchants. '* Celui qui méprise son prochain est dépourvu de sens. Mais l'homme qui a de l'intelligence se tait. ''Celui qui répand la calomnie dévoile les secrets. Mais celui qui a l'esprit fidèle les garde. '* Quand la prudence fait défaut, le peuple tombe ; Et le salut est dans le grand nombre des conseillers. '^ Celui qui cautionne autrui s'en trouve mal. Mais celui qui craint de s'engager est en sécurité. '^Une femme qui a de la grâce obtient la gloire. Et ceux qui ont de la force obtiennent la richesse. '"L'homme bon fait du bien à son âme. Mais l'homme cruel trouble sa propre chair. '*Le méchant fait un gain trompeur. Mais celui qui sème la justice a un salaire véritable. "Ainsi la justice conduit à la vie. Mais celui qui poursuit le mal trouve la mort. -"Ceux qui ont le cœur pervers sont en abomination à l'Eternel, Mais ceux dont la voie est intègre lui sont agréables. -'Certes", le méchant ne restera pas impuni. Mais la postérité des justes sera sauvée. "Un anneau d'or au nez d'un pourceau, C'est une femme belle et dépourvue de sens. -'Le désir des justes, c'est seulement le bien ; a. Certes, hcb. main sur main. 774 PIU)VKRBES. Cliap. il,r.-13,8. L'attente des méchants, c'est la fureur. "Tel, (|ui donne libéralement, devient ])Ius riche; Et tel, qui épargne à l'excès, ne fait que s'appauvrir. -^L'àme bienfaisante sera rassasiée, El celui qui arrose sera lui-même arrosé. -''Celui (pii retient le blé est maudit du ])euple. Mais la bénédiction est sur la tête de celui qui le vend. -'Celui ([ui recherche le bien s'attire de la faveur. Mais celui qui poursuit le mal en est atteint. -*Celui qui se confie dans ses richesses tombera, Mais les justes verdiront comme le feuillage. '-"Celui qui trouble sa maison héritera du vent, Va l'insensé sera l'esclave de l'homme sage. '"Le fruit du juste est un arbre de vie, Et le sage s'empare des âmes. ''Voici, le juste reçoit sur la terre une rétribution; Combien plus le méchant et le pécheur ! Chap. XII. 'Celui qui aime la correction aime la science; Celui qui hait la réprimande est stupide. -L'homme de bien obtient la faveur de l'Eternel, Mais l'Eternel condamne celui qui est plein de malice. 'L'homme ne s'affermit pas par la méchanceté, Mais la racine des justes ne sera point ébranlée. *Une femme vertueuse est la couronne de son mari, Mais celle qui fait honte est comme la carie dans ses os. ^Les pensées des justes ne sont qu'équité ; Les desseins des méchants ne sont que fraude. "Les paroles des méchants sont des embûches pour verser le sang, Mais la bouche des hommes droits est une délivrance. 'Renversés, les méchants ne sont plus ; Et la maison des justes reste debout. "*Un homme est estimé en raison de son intelligence, Et celui (jui a le cœur pervers est l'objet du mépris. 775 ' Chap. 12,9-2^. PROVERBES. ^ Mieux vaut être d'une condition humble et avoir un serviteur Que de faire le glorieux et de manquer de pain. '"Le juste prend soin de son bétail, Mais les entrailles des méchants sont cruelles. "Celui qui cultive son champ est rassasié de pain, Mais celui qui poursuit des choses vaines est dépourvu de sens. '^Le méchant convoite ce que prennent les méchants, Mais la racine des justes donne du fruit. '■'11 y a dans le péché des lèvres un piège pernicieux. Mais le juste se tire de la détresse. '*Par le fruit de la bouche on est rassasié de biens, Et chacun reçoit selon l'œuvre de ses mains. '^La voie de l'insensé est droite à ses yeux. Mais celui qui écoute les conseils est sage. '^L'insensé laisse voir à l'instant sa colère, Mais celui qui cache un outrage est un homme prudent. ''Celui qui dit la vérité proclame la justice, Et le faux témoin la tromperie. "*Tel, qui parle légèrement, blesse comme un glaive ; Mais la langue des sages apporte la guérison. '"La lèvre véridique est affermie pour toujours, Mais la langue fausse ne subsiste qu'un instant. -"La tromperie est dans le cœur de ceux qui méditent le mal. Mais la joie est pour ceux qui conseillent la paix. -'Aucun malheur n'arrive au juste. Mais les méchants sont accablés de maux. "Les lèvres fausses sont en horreur à l'Eternel, Mais ceux qui agissent avec vérité lui sont agréables. -^L'homme prudent cache sa science, Mais le cœur des insensés proclame la folie. -■•La main des diligents dominera. Mais la main lâche sera tributaire. '^^L'inquiétude dans le cœur de l'homme l'abat, 776 PROVERBES. Chap. 12,x-13,i3. Mais une bonne parole le réjouit. ^*Le juste montre à son ami la bonne voie, Mais la voie des méchants les égare. *"Le paresseux ne rôtit pas son gibier ; Mais le précieux trésor d'un homme, c'est l'activité. **La vie est dans le sentier de la justice, La moi-t n'est pas dans le chemin (pielle trace. Chap. XIII. 'Un fils sage écoute l'instruction de son père, Mais le moqueur n'écoute pas la réprimande. -Par le fruit de la bouche on jouit du bien ; Mais ce que désirent les perfides, c'est la violence. 'Celui qui veille sur sa bouche garde son àme ; Celui qui ouvre de grandes lèvres court à sa perte. ^L'àme du paresseux a des désirs, qu'il ne peut satisfaire ; Mais l'àme des hommes diligents sera rassasiée. ^Le juste hait les paroles mensongères ; Le méchant se rend odieux et se couvre de honte. *La justice garde celui dont la voie est intègre, Mais la méchanceté cause la ruine du pécheur. "Tel fait le riche et n'a rien du tout. Tel fait le pauvre et a de grands biens. *La richesse d'un homme sert de rançon pour sa vie, Mais le pauvre n'écoute pas la réprimande. 'La lumière des justes est joyeuse, Mais la lampe des méchants s'éteint. '"C'est seulement par orgueil qu'on excite des querelles, Mais la sagesse est avec ceux qui écoutent les conseils. "La richesse mal acquise diminue. Mais celui qui amasse peu à peu l'augmente. '-Un espoir différé rend le cœur malade. Mais un désir accompli est un arbre tic vie. '^Celui qui méprise la parole se perd, 777 Chap. IS, 1,-14,'.. PROVERBES. Mais celui qui craint le précepte est récompensé. '■'L'enseignement du sage est une source de vie, Pour détourner des pièges de la mort. '^Une raison saine a pour fruit la grâce, Mais la voie des perfides est rude. '*Tout homme prudent agit avec connaissance, Mais l'insensé fait étalage de folie. ''Un envoyé méchant tombe dans le malheur, Mais un messager fidèle apporte la guérison. "'La pauvreté et la honte sont le partage de celui qui rejette la correction, Mais celui qui a égard à la ré])rimande est honoré. '^Un désir accompli est doux à l'âme. Mais s'éloigner du mal fait horreur aux insensés. -"Celui qui fréquente les sages devient sage. Mais celui qui se plaît avec les insensés s'en trouve mal. -' Le malheur poursuit ceux qui pèchent. Mais le bonheur récompense les justes. "L'homme de bien a pour héritiers les enfants de ses enfants, Mais les richesses du pécheur sont réservées pour le juste. -'Le champ que défriche le pauvre donne une nourriture abondante. Mais tel périt par défaut de justice. ^■•Celui qui ménage sa verge hait son fils. Mais celui qui l'aime cherche à le corriger. -^Le juste mange et satisfait son appétit, Mais le ventre des méchants éprouve la disette. Chap. XIV. 'La femme sage bâtit sa maison. Et la femme insensée la renverse de ses propres mains. -Celui qui marche dans la droiture craint l'Eternel, Mais celui qui prend des voies tortueuses le méprise. ■''Dans la bouche de l'insensé est une verge pour son orgueil. Mais les lèvres des sages les e-ardent. ■•S'il n'y a pas de bœufs, la crèche est vide ; 778 PROVERBES. Chap. Il 5-20. C'est à la vigueur des bœufs qu'on tloit l'abonclance des revenus. '"V.n témoin fidèle ne ment pas, Mais un faux témoin dit des mensonges. ^Le moqueur cherche la sagesse et ne la trouve pas, Mais pour l'homme intelligent la science est chose facile. "Eloigne-toi de l'insensé ; Ce n'est pas sur ses lèvres que tu aperçois la science. *La sagesse de l'homme prudent, c'est l'intelligence de sa voie ; La folie des insensés, c'est la tromperie. 'Les insensés se font un jeu du péché. Mais parmi les hommes droits se trouve la bienveillance. '"Le cœur connaît ses propres chagrins, Et un étranger ne saurait partager sa joie. "La maison des méchants sera détruite, Mais la tente des hommes droits fleurira. '^Telle voie paraît droite à un homme. Mais son issue c'est la voie de la mort. '^Au milieu même du rire le cœur peut être affligé, Et la joie peut finir par la détresse. '■•Celui dont le cœur s'égare se rassasie de ses voies. Et l'homme de bien se rassasie de ce qui est en lui. '^L'homme simple croit tout ce qu'on dit, Mais l'homme prudent est attentif à ses pas. '^Le sage a de la retenue et se détourne du mal, Mais l'insensé est arrogant et plein de sécurité. ''Celui qui est prompt à la colère fait des sottises, Et l'homme plein de malice s'attire la haine. "*Les simples ont en partage la folie. Et les hommes prudents se font de la science une couronne. '"Les mauvais s'inclinent devant les bons, Et les méchants aux portes du juste. ^'Le pauvre est odieux même à son ami, 779 Chap. li, n-l5. 1. PROVERBES. Mais les amis du riche sont nombreux. ^' Celui qui méprise son prochain commet un péché, Mais heureux celui qui a pitié des misérables ! ^^Ceux qui méditent le mal ne s'égarent-ils pas ? Mais ceux qui méditent le bien agissent avec bonté et fidélité. *^Tout travail procure l'abondance, Mais les paroles en l'air ne mènent qu'à la disette. -■•La richesse est une couronne pour les sages; La folie des insensés est toujours de la folie. -^Le témoin véridique délivre des âmes, Mais le trompeur dit des mensonges. ^^ Celui qui craint l'Eternel possède un appui ferme, Et ses enfants ont un refuge auprès de lui. ^"La crainte de l'Éternel est une source de vie, Pour détourner des pièges de la mort. '-^Ouand le peujdc est nombreux, c'est la gloire d'un roi ; Quand le peuple manque, c'est la ruine du prince. -''Celui qui est lent à la colère a une grande intelligence, Mais celui qui est prompt à s'emporter proclame sa folie. •'"Un cœur calme est la vie du corps. Mais l'envie est la carie des os. '' Opprimer le pauvre, c'est outrager celui qui l'a fait. Mais avoir pitié de l'indigent, c'est l'honorer. '-Le méchant est renversé par sa méchanceté, Mais le juste trouve un refuge même en sa mort. ^^Dans un cœur intelligent repose la sagesse. Mais au milieu des insensés elle se montre à découvert. '■'La justice élève une nation. Mais le péché est la honte des peuples. '^La faveur du roi est pour le serviteur prudent. Et sa colère pour celui qui fait honte. Cliap. XV. 'Une réponse douce calme la fureur, 780 PROVERBES. Chap. l5,-2-n. Mais une parole dure excite la colère. -La langue des sages rend la science aimable, Et la bouche des insensés répand la folie. *Les yeux de l'Eternel sont en tout lieu, Observant les méchants et les bons. *La langue douce est un arbre de vie. Mais la langue perverse brise Tàme. ^L'insensé dédaigne l'instruction de son père, Mais celui qui a égard à la réprimande agit avec prudence. *11 V a grande abondance dans la maison du juste. Mais il y a du trouble dans les profits du méchant. "Les lèvres des sages répandent la science, Mais le cœur des insensés n'est pas droit. *Le sacrifice des méchants est en horreur à l'Eternel. Mais la prière des hommes droits lui est agréable. 'La voie du méchant est en horreur à l'Eternel, Mais il aime celui qui poursuit la justice. '"Une correction sévère menace celui qui abandonne le sentier" : Celui qui hait la réprimande mourra. "Le séjour des morts et l'abîme sont devant l'Eternel ; Combien plus les cœurs des fils de l'homme ! '-Le moqueur n'aime pas qu'on le reprenne. Il ne va point vers les sages. '^Un cœur joyeux rend le visage serein ; Mais quand le cœur est triste, l'esprit est abattu. '*Un cœur intelligent cherche la science, Mais la bouche des insensés se plaît à la folie. '^Tous les jours du malheureux sont mauvais. Mais le cœur content est un festin perpétuel. "^Mieux vaut peu, avec la crainte de l'Eternel, Ouun grand trésor, avec le trouble. '"Mieux vaut de l'herbe pour nourriture, là où règne l'amour. Qu'un bœuf engraissé, si la haine est là. ff. I.f sentier, sous-entendu : de la droiture. 781 50 • Chap. 15,18-33. PROVERBES. "Un homme violent excite des querelles, Mais celui qui est lent à la colère apaise les disputes. ''Le chemin du paresseux est comme une haie d'épines, Mais le sentier des hommes droits est aplani. -"Un fds sage fait la joie de son père, Et un homme insensé méprise sa mère. -'La folie est une joie pour celui qui est dépourvu de sens. Mais un homme intelligent va le droit chemin. ^•^Les projets échouent, faute d'une assemblée qui délibère; Mais ils réussissent quand il y a de nombreux conseillers. *^0n éprouve de la joie à donner une réponse de sa bouche; Et combien est agréable une parole dite à propos ! **Pour le sage, le sentier de la vie mène en haut, Afin qu'il se détourne du séjour des morts qui est en bas. ^^L'Eternel renverse la maison des orgueilleux, Mais il affermit les bornes de la veuve. -'Les pensées mauvaises sont en horreur à l'Eternel, Mais les paroles agréables sont pures à ses yeux. *' Celui qui est avide de gain trouble sa maison. Mais celui qui hait les présents vivra. ^*Le cœur du juste médite pour répondre, Mais la bouche des méchants répand des méchancetés. -'L'Eternel s'éloigne des méchants, Mais il écoute la prière des justes. '"Ce qui plaît aux yeux réjouit le cœur; Une bonne nouvelle fortifie les membres. ^'L'oreille attentive aux réprimandes qui mènent à la vie Fait son séjour au milieu des sages. ^- Celui qui rejette la correction méprise son àme. Mais celui qui écoute la réprimande acquiert l'intelligence. ^'La crainte de l'Eternel enseigne la sagesse. Et l'humilité précède la gloire. 782 PROVERBES. Chap. 16,1- Chnp. XVI. 'Les projets que forme le cœur dépendent de l'homme, Mais la réponse que donne la bouche vient de 1 Eternel. ^Toutes les voies de l'homme sont pures à ses yeux; Mais celui qui pèse les esprits, c'est l'Eternel. 'Recommande à l'Eternel tes œuvres, Et tes projets réussiront. *L'Eternel a tout fait pour un but, Même le méchant pour le jour du malheur. ^Tout cœur hautain est en abomination à l'Eternel ; Certes", il ne restera pas impuni. 'Par la bonté et la fidélité on expie l'iniquité. Et par la crainte de l'Eternel on se détourne du mal. 'Quand l'Eternel approuve les voies d'un homme. Il dispose favorablement à son égard même ses ennemis. *Mieux vaut peu, avec la justice, Que de grands revenus, avec l'injustice. 'Le cœur de l'homme médite sa voie. Mais c'est l'Eternel qui dirige ses pas. "Des oracles sont sur les lèvres du roi : Sa bouche ne doit pas être infidèle quand il juge. "Le poids et la balance justes sont à l'Eternel ; Tous les poids du sac sont son ouvrage. '*Les rois ont horreur de faire le mal, Car c'est par la justice que le trône s'affermit. ''Les lèvres justes gagnent la faveur des rois. Et ils aiment celui qui parle avec droiture. '*La fureur du roi est un messager de mort, Et un homme sage doit l'apaiser. '^La sérénité du visage du roi donne la vie, Et sa faveur est comme une pluie du printemps*. '^Combien acquérir la sagesse vaut mieux que l'or ! Combien acquérir l'intelligence est préférable à l'argent ! o. Certes, héli. main sur main. b. Ou de rarricre-saisoii, cii iiiuis et uviil. 783 Chap. I6,n-:f>. PROVERBES. ''Le chemin des hommes droits, c'est d'éviter le mal , Celui qui garde son ànie veille sur sa voie. "L'arrogance précède la ruine, Et l'orgueil précède la chute. ''Mieux vaut être humble avec les humbles Que de partager le butin avec les orgueilleux. -"Celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur, Et celui qui se confie en l'Eternel est heureux. -'Celui qui est sage de cœur est appelé intelligent, Et la douceur des lèvres augmente le savoir. *- La sagesse est une source de vie pour celui qui la possède ; Et le châtiment des insensés, c'est leur folie. *'Celui qui est sage de cœur manifeste la sagesse par sa bouche. Et l'accroissement de son savoir paraît sur ses lèvres. -■'Les paroles agréables sont un rayon de miel, Douces pour l'àme et salutaires pour le corps. -^Telle voie paraît droite à un homme. Mais son issue c'est la voie de la mort. -''Celui qui travaille travaille pour lui. Car sa bouche l'y excite. *' L'homme pervers prépare le malheur. Et il y a sur ses lèvres comme un feu ardent. -'* L'homme pervers excite des querelles. Et le rapporteur divise les amis. -"L'homme violent séduit son prochain. Et le fait marcher dans une voie qui n'est pas bonne. ™Celui qui ferme les yeux pour se livrer à des pensées perverses. Celui qui se mord les lèvres, a déjà consommé le mal. " Les cheveux blancs sont une couronne d'honneur; C'est dans le chemin de la justice qu'on la trouve. ^- Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros. Et celui qui est maître de lui-même que celui qui prend des villes. 784 PROVERBES. Chap. 10, 33-17, tô. '•■'On jette le sort dans le pan de la robe, Mais toute décision vient de l'Eternel. Chop. XVII. 'Mieux vaut un morceau de pain sec, avec la paix, (Hiune maison pleine de viandes, avec des querelles. -Un serviteur prudent domine sur le fils qui fait honte. Et il aura part à riiéritage au milieu des frères. 'Le creuset est pour Targent, et le fourneau pour Tor ; Mais celui qui éprouve les cœurs, c'est l'Eternel. ■'Le méchant est attentif à la lèvre inique. Le menteur ijrète l'oreille à la langue pernicieuse. ^Gelui qui se moque du pauvre outrage celui qui l'a fait ; Celui qui se réjouit d'un malheur ne restera pas impuni. ^Les enfants des enfants sont la couronne des vieillards, Et les pères sont la gloire de leurs enfants. "Les paroles distinguées ne conviennent pas à un insensé ; Combien moins à un noble les paroles mensongères ! *Les présents sont une pierre précieuse aux yeux de qui en reçoit; De quelque côté qu'ils se tournent, ils ont du succès. ^Celui qui couvre une faute cherche l'amour, Et celui qui la rappelle dans ses discours divise les amis. '"Une réprimande fait plus d'impression sur l'homme intelligent Que cent coups sur l'insensé. "Le méchant ne cherche que révolte. Mais un messager cruel sera envoyé conti'e lui. '-Rencontre une ourse privée de ses petits. Plutôt qu'un insensé pendant sa folie. '•'De celui c]ui rend le mal pour le bien Le mal ne quittera point la maison. '^Commencer une querelle, c'est ouviir une digue; Avant (jue la dispute s'anime, retire-toi. '^Celui qui absout le coupable et celui ([ui condamne le juste Sont tous deux en abomination à l'Eternel. 785 Chap. 17,16-18.3. PROVERBES. '*A quoi sert l'argent dans la main de l'insensé? A acheter la sagesse ?... Mais il n'a point de sens. '"L'ami aime en tout temps, Et dans le malheur il se montre un frère. '^L'homme dépourvu de sens prend des engagements, Il cautionne son prochain. '"Celui qui aime les querelles aime le péché ; Celui qui élève sa porte cherche la ruine. ^"Un cœur faux ne trouve pas le bonheur. Et celui dont la langue est perverse tombe dans le malheur. -'Celui qui donne naissance à un insensé aura du chagrin ; Le père d'un fou ne peut pas se réjouir. "Un cœur joyeux est un bon remède, Mais un esprit abattu dessèche les os. ^^Le méchant accepte en secret des présents. Pour pervertir les voies de la justice. -''La sagesse est en face de l'homme intelligent. Mais les yeux de l'insensé sont à l'extrémité de la terre. -^Un fds insensé fait le chagrin de son père, Et l'amertume de celle qui l'a enfanté. -*I1 n'est pas bon de condamner le juste à une amende. Ni de frapper les nobles à cause de leur droiture. ^'Celui qui retient ses paroles connaît la science, Et celui qui a l'esprit calme est un homme intelligent. **L'insensé même, quand il se tait, passe pour sage; Celui qui ferme ses lèvres est un homme intelligent. Chap. XVIII. 'Celui qui se tient à l'écart cherche ce qui lui plaît, Il s'irrite contre tout ce qui est sage. "Ce n'est pas à l'intelligence que l'insensé prend plaisir, C'est à la manifestation de ses pensées. ^Quand vient le méchant, vient aussi le mépris ; Et avec la honte, vient l'opprobre. 786 PROVERBES. Chap. l8,k-io. *Les paroles de la bouche d'un homme sont des eaux profondes ; La source de hi sagesse est un torrent qui jaillit. *I1 n'est pas bon d'avoir égard à la personne du méchant. Pour faire tort au juste dans le jugement. *Les lèvres de l'insensé se mêlent aux querelles, Et sa bouche provoque les coups. 'La bouche de l'insensé cause sa ruine, Et ses lèvres sont un piège pour son àme. 'Les paroles du rapporteur s(.)nt comme des friandises, Elles descendent jusqu'au fond des entrailles. 'Celui qui se relâche dans son tra\ail Est frère de celui qui détruit. '"Le nom de l'Eternel est une tour forte; Le juste s'y réfugie, et se trouve en sûreté. "La fortune est ])our le riche une ville forte ; Dans son imagination, c'est une haute muraille. ''Avant la ruine, le cœur de l'homme s'élève ; Mais l'humilité jirécède la gloire. "Celui qui répond avant d'avoir écouté Fait un acte de folie et s'attire la confusion. '*L'esprit de l'homme le soutient dans la maladie ; espr Mais l'esprit abattu, aui le relèvera ? '^Un cœur intelligent acquiert la science. Et l'oreille des saffes cherche la science. ■»" '^Les présents d'un homme lui élargissent la voie, Et lui donnent accès auprès des grands. ''Le jjremier (jui [)aile dans sa cause paraît juste ; Vient sa partie adverse, et on lexamine. '^Le sort fait cesser les contestations. Et décide entre les puissants. "Des frères sont plus intraitables qu'une ville forte, Et leurs querelles sont comme les verrous d'un palais. 787 CJiap. l8,-M-'I0,n. PROVERBES. ^"G'est du fruit de sa bouche que l'homme rassasie son corps, C'est du produit de ses lèvres qu'il se rassasie. -' La mort et la vie sont au pouvoir de la langue ; Quiconque l'aime en mangera les fruits. ^^Celui qui trouve une femme trouve le bonheur; C'est une grâce qu'il obtient de l'Eternel. -^Le pauvre parle en sup]:)liant, Et le riche répond avec dureté. -■•Celui qui a beaucoup d'amis les a pour son malheur, Mais il est tel ami plus attaché qu'un frère. Cluip. XIX. *Mieux vaut le pauvre cpii marche dans son intégrité, Que l'homme qui a des lèvres perverses et qui est un insensé. -Le manque de science n'est bon pour personne, Et celui qui précipite ses pas tombe dans le péché. ^La folie de l'homme pervertit sa voie. Et c'est contre l'Eternel que son cœur s'irrite. *La richesse procure un grand nombre d'amis, Mais le pauvre est séparé de son ami. ^Le faux témoin ne restera pas impuni. Et celui qui dit des mensonges n'échappera pas. ^Beaucoup de gens flattent l'homme généreux. Et tous sont les amis de celui qui fait des présents. "Tous les frères du pauvre le haïssent; Combien plus ses amis s'éloignent-ils de lui ! Il leur adresse des paroles suppliantes, mais ils disparaissent. * Celui qui acquiert du sens aime son àme ; Celui qui garde l'intelligence trouve le bonheur. 'Le faux témoin ne restera pas impuni, Et celui (jui dit des mensonges périra. '"11 ne sied pas à un insensé de vivre dans les délices ; Combien moins à un esclave de dominer sur des j)rinces ! "L'homme qui a de la sagesse est lent à la colère, r les 788 Et il met sa gloire à oublier les offenses PROVERBES. Chnp. I9.n-r,. '^La colère du roi est comme le rugissement d'un lion, Et sa faveur est comme la rosée sur l'herbe. '^Un fils insensé est une calamité pour son père, Et les querelles d'une femme sont une gouttière sans fin. **0n peut hériter de ses pères une maison et des richesses, Mais une femme intelligente est un don de l'Eternel. '^La paresse fait tomber dans l'assoupissement, Et l'âme nonchalante éprouve la faim. '^ Celui qui garde ce qui est commandé garde son à me ; Celui qui ne veille pas sur sa voie mourra. '"Celui qui a pitié du pauvre prête à l'Eternel, Qui lui rendra selon son œuvre. '^Châtie ton fds, car il y a encore de l'espérance; Mais né désire point de le faire mourir. '"Celui que la colère emporte doit en subir la peine ; Car si tu le libères, tu devras y revenir. ^''Ecoute les conseils, et reçois l'instruction. Afin que tu sois sage dans la suite de ta vie. -'11 y a dans le cœur de l'homme beaucoup de projets. Mais c'est le dessein de l'Eternel qui s'accomplit. ^■^Ce qui fait le charme d'un homme, c'est sa bonté ; Et mieux vaut un pauvre qu'un menteur. ^^La crainte de l'Eternel mène à la vie. Et l'on passe la nuit rassasié, sans être visité par le malheur. -*Le paresseux plonge sa main dans le plat. Et il ne la ramène pas à sa bouche. -^Frappe le moqueur, et le sot deviendra sage; Reprends l'homme intelligent, et il comprendra la science. *'^Celui qui ruine son père et qui met en fuite sa mère Est un fils qui fait honte et qui fait rougir. "Cesse, mon fils, d'écouter l'instruction. Si c'est pour t'éloigner des paroles de la science. 789 Chap. 10,^8-20,1'.. PROVERBES. -^Un témoin pervers se moque de la justice, Et la bouche des méchants dévore l'iniquité. -''Les châtiments sont ])rêts pour les moqueurs, Et les coups pour le dos des insensés. Chap. XX. 'Le vin est moqueur, les boissons fortes sont tumultueuses; Quiconque en fait excès n'est pas sage. ^La terreur qu'inspire le roi est comme le rugissement d'un lion ; Celui qui l'irrite pèche contre lui-même. •^G'est une gloire pour l'homme de s'abstenir des querelles, Mais tout insensé se livre à l'emportement. *A cause du froid, le paresseux ne laboure pas ; A la moisson, il voudrait récolter, mais il n'y a rien. ^Les desseins dans le cœur de l'homme sont des eaux profondes. Mais l'homme intelligent sait y puiser. "Beaucoup de gens proclament leur bonté ; Mais un homme fidèle, qui le trouvera ? 'Le juste marche dans son intégrité ; Heureux ses enfants après lui ! *Le roi assis sur le trône de la justice Dissipe tout mal par son regard. ^Qui dira : J'ai purifié mon cœur. Je suis net de mon péché ? '"Deux sortes de poids, deux sortes d'épha, Sont l'un et l'autre en abomination à l'Eternel. "L'enfant laisse déjà voir par ses actions Si sa conduite sera pure et droite. '^L'oreille qui entend, et l'œil qui voit. C'est l'Éternel qui les a faits l'un et l'autre. '^N'aime pas le sommeil, de peur que tu ne deviennes jîauvre ; Ouvre les yeux, tu seras rassasié de pain. '■•Mauvais ! mauvais ! dit l'acheteur; Et en s'en allant, il se félicite. 790 PROVERBES. Chap. 20.i5-3o. ''Il y a de l'or et beaucoup de perles ; Mais les lèvres savantes sont un objet précieux. '^Prends son vêtement, car il a cautionné autrui ; Exige de lui des gages, à cause des étrangers. "he pain du mensonge est doux à Ibomme, Et plus tard sa bouche est remplie de gravier. '*Les projets s'affermissent par le conseil ; Fais la guerre avec prudence. ''Celui qui répand la calomnie dévoile les secrets ; Ne te mêle pas avec celui qui ouvre ses lèvi-es. -"Si quelqu'un maudit son père et sa mère, Sa lampe s'éteindra au milieu des ténèbres. -'Un héritage promptement acquis dès l'origine Ne sera pas béni quand viendra la fin. --Ne dis pas : .Je rendrai le mal. Espère en l'Eternel, et il te délivrera. ^^ L'Eternel a en horreur deux sortes de poids. Et la balance fausse n'est pas une chose bonne. -^C'est l'Eternel qui dirige les pas de l'homme, Mais l'homme peut-il comprendre sa voie ? -^ C'est un piège pour l'homme que de prendre à la légère un engage- Et de ne réfléchir qu'après avoir fait un vœu. [ment sacré, -^Un roi sage dissipe les méchants. Et fait passer sur eux la roue. -'Le souffle de l'homme est une lampe de rÉternel ; Il pénètre jusqu'au fond des entrailles. '"La bonté et la fidélité gardent le roi. Et il soutient son trône par la bonté. -''La force est la gloire des jeunes gens. Et les cheveux blancs sont l'ornement des vieillards. ^"Les ])laies d'une blessui'e sont un remède pour le méchant; De même les coups qui pénètrent jusqu'au fond des entrailles. 791 Chnp. 21,1-16. PROVERBES. CJiap. XXI. ' Le cœur du roi est un courant d'eau dans la main de l'Eternel ; Il l'incline partout où il veut. ^Toutes les voies de l'homme sont droites à ses yeux; Mais celui qui pèse les cœurs, c'est l'Eternel. *La pratique de la justice et de l'équité, Voilà ce que l'Eternel préfère aux sacrifices. *Des regards hautains et un cœur qui s'enfle, Cette lampe des méchants, ce n'est que péché. ''Les projets de l'homme diligent ne mènent qu'à l'abondance, Mais celui qui agit avec précipitation n'arrive qu'à la disette. ^Des trésors acquis par une langue mensongère Sont une vanité fugitive et l'avant-coureur de la mort. 'La violence des méchants les emporte, Parce qu'ils refusent de faire ce qui est juste. *Le coupable suit des voies détournées, Mais l'innocent agit avec droiture. "Mieux vaut habiter à l'angle d'un toit, Que de partager la demeure d'une femme querelleuse. '"L'âme du méchant désire le mal ; Son ami ne trouve pas grâce à ses yeux. ''Quand on châtie le moqueur, le sot devient sage; El (piand on instruit le sage, il accueille la science. '"-Le juste considère la maison du méchant; L'Eternel précipite les méchants dans le malheur. '^Celui qui ferme son oreille au cri du pauvre Criera lui-même et n'aura point de réponse. '■•Un don fait en secret apaise la colère. Et un présent fait en cachette calme une fureur violente. '^C'cst une joie pour le juste de praticpier la justice, Mais la ruine est pour ceux qui font le mal. "'L'homme qui s'écarte du chemin de la sagesse Reposera dans l'assemblée des morts. 792 PROVERBES. Chap. 21. n- 99, .,. '"Celui qui aime la joie reste dans l'iniligence ; Celui qui aime le vin et l'huile ne s'enrichit pas. '*Le méchant sert de rançon pour le juste, Et le perfide |)()ur les hommes thoits. '"Mieux vaut habiter dans une terre déserte, Qu'avec une femme (pierellcusc cl iriitable. -"De précieux trésors et de l'huile sont dans la demeure du sage ; Mais riiomnie insensé les engloutit. '-'Celui ([ui j)oursuit la justice et la bonté Trouve la vie, la justice et la gloire. **Le sage monte dans la ville des héros. Et il abat la force qui lui donnait de l'assurance. ^'Celui qui veille sur sa bouche et sur sa langue Préserve son àme des angoisses. -* L'orgueilleux, le hautain s'a|ipel!e un moqueur; 11 ag'it avec la fureur de l'arroeance. -'Les désirs du paresseux le tuent. Parce que ses mains refusent de travailler; -'^Tout le jour il éprouve des désirs ; Mais le juste donne sans parcimonie. -'Le sacrifice des méchants est quelque chose d'abominable; Combien plus quand ils l'ofïrent avec des pensées criminelles ! -''Le témoin menteur périra. Mais l'homme qui écoute parlera toujours. ^'^Le méchant prend un air effronté. Mais l'homme droit affermit sa voie. •'"11 n'y a ni sagesse, ni intelligence. Ni conseil, en face de l'Eternel. ^'Le cheval est équipé pour le jour de la bataille. Mais la délivrance appartient à l'Eternel. Chap. XXIf. 'La réputation est préférable à de grandes richesses. Et hi grâce vaut mieux que l'argent et que l'or. -Le riche et le pauvre se rencontrent; 793 Chap. 22,3-11. PROVERBES. C'est l'Eternel qui les a faits l'un et l'autre. •^L'homme prudent voit le mal et se cache, Mais les simples avancent et sont punis. *Le fruit de l'humilité, de la crainte de l'Eternel, C'est la richesse, la gloire et la vie. ^Des épines, des pièges sont sur la voie de l'homme pervers ; Celui qui garde son àme s'en éloigne. * Instruis l'enfant selon la voie qu'il doit suivre ; Et quand il sera vieux, il ne s'en détournera pas. "Le riche domine sur les pauvres. Et celui qui emprunte est l'esclave de celui qui prête. *Celui qui sème l'iniquité moissonne l'iniquité, Et la verge de sa fureur disparaît. 'L'homme dont le regard est bienveillant sera béni. Parce qu'il donne de son pain au pauvre. '"Chasse le moqueur, et la querelle prendra fin ; Les disputes et les outrages cesseront. "Celui qui aime la pureté du cœur. Et qui a la grâce sur les lèvres, a le roi pour ami. *^Les yeux de l'Eternel gardent la science, Mais il confond les paroles du perfide. "Le paresseux dit : Il y a un lion dehors ! Je serai tué dans les rues ! '■'La bouche des étrangères est une fosse profonde; Celui contre qui l'Eternel est irrité y tombera. '^La folie est attachée au cœur de l'enfant; La verge de la correction l'éloisynera de lui. '^Opprimer le pauvre pour augmenter son bien, C'est donner au riche pour n'arriver qu'à la disette. "Prête l'oreille, et écoute les paroles des sages ; Applique ton ca^ur à ma science. 794 PROVERRES. Chap. 22,i8-2S,i. '*Car il est bon que tu les gardes au dedans de toi, Et qu'elles soient toutes présentes sur tes lèvres. '^Afin que ta coniianee re|)ose sur l'Eternel, Je veux t'instruire aujourd'luii, oui toi. -"N'ai-je pas déjà jiour loi mis par écrit Des conseils et des réflexions, ^'Pour t'enseigner des choses sûres, des paroles vraies. Afin que tu répondes jKir des paroles vraies à celui qui t'envoie ? **Ne dépouille jjas le pauvre, parce qu'il est pauvre, Et n'opprime pas le malheureux à la porte; **Car l'Eternel défendra leur cause. Et il ùtera la vie à ceux cpii les auront dépouillés. ^■'Ne fréquente pas l'homme colère, Ne va pas avec l'homme violent, -'^De peur que tu ne t'habitues à ses sentiers. Et qu'ils ne deviennent un piège pour ton àme. **Ne sois pas parmi ceux qui prennent des engagements. Parmi ceux qui cautionnent pour des dettes ; -'Si tu n'as pas de quoi payer, Pourc|uoi voudrais-tu qu'on enlevât ton lit de dessous toi.'' -^Ne déplace pas la borne ancienne. Que tes pères ont posée. '^Si tu vois un homme habile dans son ouvrage. Il se tient auprès des rois ; 11 ne se tient pas auprès des gens obscurs. Chap. XXIII. *Si tu es à table avec un grand, Fais attention à ce qui est devant toi ; -Mets un couteau à ta s'orge, Si tu as trop d'avidité. 'Ne convoite pas ses friandises : C'est un aliment trompeur. *Ne te tourmente pas pour t'enrichir. N'y applique pas ton intelligence. ^Veux-tu poursuivre du regard ce qui va disparaître? Car la richesse se fait des ailes. Et comme l'aigle, elle prend le vol vers les cieux. *Ne mange pas le pain de celui dont le regard est malveillant, Et ne convoite pas ses friandises ; "Car il est tel que sont les pensées dans son àme. Mange et bois, te dira-t-il ; Chap. 23,8-2c. PROVERBES. Mais son cœur n'est point avec toi. ^Tu vomiras le morceau que tu as mangé, Et tu auras perdu tes propos agréables. "Ne parle pas aux oreilles de l'insensé, Car il méprise la sagesse de tes discours. '"Ne déplace pas la borne ancienne. Et n'entre pas dans le champ des orphelins ; "Car leur vengeur est puissant : 11 défendra leur cause contre toi. ''Ouvre ton cœur à l'instruction, Et tes oreilles aux paroles de la science. '^N'épargne pas la correction à l'enfant; Si tu le frappes de la verge, il ne mourra point. '^En le frappant de la verge. Tu délivres son àme du séjour des morts. '^Mon fils, si ton cœur est sage. Mon cœur à moi sera dans la joie ; '*Mes entrailles seront émues d'allégresse. Quand tes lèvres diront ce qui est droit. '"Que ton cœur n'envie point les pécheurs. Mais qu'il ait toujours la crainte de l'Eternel ; '*Car il est un avenir, Et ton espérance ne sera pas anéantie. ''•* Ecoute, mon fds, et sois sage ; Dirige ton cœur dans la voie droite.. ^"Ne sois pas parmi les buveurs de vin. Parmi ceux qui font excès des viandes : -'Car l'ivrogne et celui qui se livre à des excès s'appauvrissent. Et l'assoupissement fait porter des haillons. -^Ecoute ton père, lui qui t'a engendré. Et ne méprise pas ta mère, quand elle est devenue vieille. "Acquiers la vérité, et ne la vends jias, La sagesse, l'instruction et l'intelligence. -**Le père du juste est dans l'allégresse. Celui qui donne naissance à un sage en aura de la joie. -^Que ton père et ta mère se réjouissent. Que celle qui t'a enfanté soit dans l'allégresse ! ^"Mon fils, donne-moi ton cœur, 796 PROVERBES. Chap. 'JH.t,-^,'. Et que tes yeux se plaisent dans mes voies, -"Car la prostituée est une fosse profonde, Et l'étrangère un puits étroit. -^Elle dresse des embûches comme un brigand. Et elle augmente parmi les hommes le nombre des ])erfides. ^"Pour (jui les ah.' ])()ur (|tii les Iiélas ? Pour qui les disputes? pour cpii les plaintes? Pour qui les blessures sans raison ? pour qui les yeux rouges? ^"Pour ceux qui s'attardent auprès du vin, Pour ceux qui vont déguster du vin mêlé. ^' Ne regarde pas le vin qui parait d'un beau rouge, (^)ui fait des perles dans la coupe. Et qui coule aisément. ''-Il finit par mordre comme un serpent, Et par piquer comme un basilic. ^'Tes yeux se porteront sur des étrangères. Et ton cœur parlera d'une manière perverse. ^^Tu seras comme un homme couché au milieu de la mer, Comme un homme couché sur le sommet d'un màt : ^^On m'a frappé,... je n'ai point de mal!... On m'a battu,... je ne sens rien !... Quand me réveillerai-je ?... J'en veux encore ! CJiap. XXIV. 'Ne porte pas envie aux hommes méchants. Et ne désire pas d'être avec eux ; -Car leur cœur médite la ruine, Et leurs lèvres parlent d'initpiité. ^C'est par la sagesse qu'une maison s'élève. Et par l'intelligence qu'elle s'affermit; ■•C'est par la science que les chambres se remplissent J)e tous les biens précieux et agréables. ^Un homme sage est plein de force. Et celui qui a de la science affermit sa vigueur; *Car tu feras la guerre avec prudence. Et le salut est dans le grand nombre des conseillers. "La sagesse est trop élevée pour l'insensé ; Il n'ouvrira pas la bouche à la porte. *Celui qui médite de faire le mal S'appelle un homme plein de malice. "La pensée de la folie n'est que péché, l'it le moqueur est en abomination parmi les hommes. 797 51 • Chap.M,iû-Q6. PROVERBES. '"Si tu faiblis au jour de la détresse, Ta force n'est que détresse. "Délivre ceux qu'on traîne à la mort, Ceux qu'on va égorger, sauve-les ! '-Si tu dis : Ah ! nous ne savions pas !... Celui qui pèse les cœurs ne le voit-il pas ? Celui qui veille sur ton àme ne le connaît-il pas? Et ne rendra-t-il pas à chacun selon ses oeuvres ? '^Mon fds, mange du miel, car il est bon ; Un rayon de miel sera doux à ton palais. '■"De même, connais la sagesse pour ton àme; Si tu la trouves, il est un avenir, Et ton espérance ne sera pas anéantie. '^Ne tends pas méchamment des embûches à la demeure du juste, Et ne dévaste pas le lieu où il repose ; '^Car sept fois le juste tombe, et il se relève. Mais les méchants sont précipités dans le malheur. '^Ne te réjouis pas de la chute de ton ennemi, Et que ton cœur ne soit pas dans l'allégresse quand il chancelle, '^De peur que l'Eternel ne le voie, que cela ne lui déplaise. Et qu'il ne détourne de lui sa colère. '^Ne t'irrite pas à cause de ceux qui font le mal. Ne porte pas envie aux méchants ; ^"Car il n'y a point d'avenir pour celui qui fait le mal, La lampe des méchants s'éteint. ^'Mon fils, crains l'Éternel et le roi ; Ne te mêle pas avec les hommes remuants ; "*Car soudain leur ruine surgira. Et qui connaît les châtiments des uns et des autres ? -^ Voici encore ce qui vient des sages. Il n'est pas bon, dans les jugements, d'avoir égard aux personnes. ^*Celui qui dit au méchant : Tu es juste ! Les peuples le maudissent, les nations le maudissent. -^Mais ceux qui le châtient s'en trouvent bien. Et le bonheur vient sur eux comme une bénédiction. -^11 baise les lèvres Celui qui répond des paroles justes. '| 798 PRO^'ERnES. Chap. U,T,-25, 10. "Soigne tes afiaii-es au dehors, Mets ton champ en état. Puis tu bâtiras ta maison. *"'Ne témoigne pas à la légère contre ton prochain; Voudrais-tu tromper par tes lèvres? -^Ne dis pas : Je lui ferai comme il m'a fait, Je rendrai à chacun selon ses œuvres. '"J'ai passé près du champ d'un paresseux. Et près de la vigne d'un homme dépourvu de sens, ''Et voici, les épines y croissaient partout. Les ronces en couvraient la face. Et le mur de pierres était écroulé. '-J'ai regardé attentivement. Et j'ai tiré instruction de ce que j'ai vu. "Un peu de sommeil, un peu d'assoupissement, Un peu croiser les mains pour dormir !... '*Et la pauvreté te surprendra, comme un rôdeur, Et la disette, comme un homme en armes. Chap. XXV. ' Voici encore des Proverbes de Salomon, recueillis par les gens d'Ezéchias, roi de Jiida. ^La gloire de Dieu, c'est de cacher les choses ; La gloire des rois, c'est de sonder les choses. 'Les cieux dans leur hauteur, la terre dans sa profondeur, Et le cœur des rois, sont impénétrables. *Ote de l'argent les scories. Et il en sortira un vase pour le fondeur. *Ote le méchant de devant le roi, Et son trône s'affermira par la justice. *Ne t'élève pas devant le roi. Et ne prends pas la place des grands ; "Car il vaut mieux qu'on te dise : Monte ici ! Que si l'on t'abaisse devant le prince que tes yeux voient. *Ne te hâte pas d'entrer en contestation. De peur qu'à la fin tu ne saches que faire, Lorsque ton prochain t'aura outragé. 'Défends ta cause contre ton prochain, Mais ne révèle pas le secret d'un autre, 'De peur (ju'en l'apprenant il ne te couvre de honte, 799 fOI Chap.25,n-%. PROVERBES. Et que ta mauvaise renommée ne s'efface pas. "Comme des pommes d'or sur des ciselures d'argent. Ainsi est une parole dite à propos. '-Comme un anneau d'or et une parure d'or fin, Ainsi pour une oreille docile est le sage qui réprimande. '^ Comme la fraîcheur de la neige au temps de la moisson, Ainsi est un messager fidèle pour celui qui l'envoie ; Il restaure l'âme de son maître. "Comme des nuages et du vent sans ]>Iuie, Ainsi est un homme se glorifiant à tort de ses libéralités. *^Par la lenteur à la colère on fléchit un prince, Et une langue douce peut briser des os. '^Si tu trouves du miel, n'en mange que ce qui te suffit, De peur que tu n'en sois rassasié et que tu ne le vomisses. '^Mets rarement le pied dans la maison de ton prochain, De peur qu'il ne soit rassasié de toi et qu'il ne te haïsse. '*Comme une massue, une épée et une flèche aiguë, Ainsi est un homme qui porte un faux témoignage contre son prochain. '^ Comme une dent cassée et un pied qui chancelle, Ainsi est la confiance en un perfide au jour de la détresse. -"Oter son vêtement dans un jour froid. Répandre du vinaigre sur du nitre. C'est dire des chansons à un cœur attristé. '-'Si ton ennemi a faim, donne-lui du jtain à manger; S'il a soif, donne-lui de l'eau à boire. ^"Car ce sont des charbons ardents que tu amasses sur sa tête. Et riîlternel te récompensera. '•^he vent du nord enfante la pluie. Et la langue mystérieuse un visage irrité. -''Mieux vaut habiter à l'angle d'un toit, Que de partager la demeui'e d'une femme querelleuse. -^ Comme de l'eau fraîche pour une personne fatiguée. Ainsi est une bonne nouvelle venant d'une terre lointaine. ^^Comme une fontaine troublée et une source corrompue, 800 . PROVERBES. Chai). 25, 21-26. r,. Ainsi est le juste qui chancelle devant le méchant. -'Il n'est pas bon de manger beaucoup de miel, Mais rechercher la gloire des autres est un honneur. ^*Comme une ville forcée et sans murailles, Ainsi est l'homme qui n'est pas maître de lui-même. Chop. A'A'17. 'Comme la neige en été, et la pluie ])endant la moisson. Ainsi la gloire ne convient pas à un insensé. -Comme l'oiseau s'échappe, comme l'hirondelle s'envole. Ainsi la malédiction sans cause n'a point d'effet. ''Le fouet est pour le cheval, le mors pour l'àne, Et la verge pour le dos des insensés. ■'Ne réponds pas à l'insensé selon sa folie. De peur que tu ne lui ressembles toi-même. = Réponds à l'insensé selon sa folie. Afin qu'il ne se regarde pas comme sage. ''11 se coupe les pieds, il boit l'injustice, Celui qui donne des messages à un insensé. "Comme les jambes du boiteux sont faibles, Ainsi est une sentence dans la bouche des insensés. *C'est attacher une pierre à la fronde, Que d'accorder des honneurs à un insensé. 'Comme une épine qui se dresse dans la main d'un homme ivre, Ainsi est une sentence dans la bouche des insensés. '"Comme un archer qui blesse tout le monde. Ainsi est celui qui prend à gage les insensés et les premiers venus. "Comme un chien qui retourne à ce qu'il a vomi. Ainsi est un insensé qui revient à sa folie. '-Si tu vois un homme (pii se croit sage. Il y a plus à espérer d'un insensé que de lui. '^Le paresseux dit : Il y a un lion sur le chemin, 11 y a un lion dans les rues ! '*La porte tourne sur ses gonds, El le paresseux sur son lit. 801 Chap.26,iô-27,ô. PROVERBES. '^Le ])aresseux plonge sa main dans le plat, Et il trouve pénible de la ramener à sa bouche. '*Le paresseux se croit plus sage Que sept hommes cpii répondent avec bon sens. '^ Comme celui qui saisit un chien par les oreilles, Ainsi est un passant cpii s'irrite pour une querelle où il n'a que faire. '^Comme un furieux qui lance des llammes. Des flèches et la mort, '^Ainsi est un homme qui trompe son prochain, Et qui dit : N'était-ce pas pour plaisanter ? -"Faute de bois, le feu s'éteint; Et c{uand il n'y a point de rapporteur, la querelle s'apaise. -'Le charbon jM-oduit un brasier, et le bois du feu ; Ainsi un homme querelleur échauffe une dispute. -^Les paroles du rapporteur sont comme des friandises. Elles descendent jusqu'au fond des entrailles. ^' Comme des scories d'argent appliquées sur un vase de terre, Ainsi sont des lèvres brûlantes et un cœur mauvais. -^Par ses lèvres celui qui hait se déguise. Et il met au dedans de lui la tromperie. -^Lorsqu'il prend une voix douce, ne le crois pas, Car il y a sept abominations dans son cœur. ^^S'il cache sa haine sous la dissimulation, Sa méchanceté se révélera dans l'assemblée. -"Celui qui creuse une fosse y tombe. Et la pierre revient sur celui qui la roule. ^^La langue fausse hait ceux qu'elle écrase, Et la bouche flatteuse prépare la ruine. Chap. A'A'T //. 'Ne te vante pas du lendemain. Car tu ne sais pas ce qu'un jour peut enfanter. ^Qu'un autre te loue, et non ta bouche, Un étranger, et non tes lèvres. ^La pierre est pesante et le sable est lourd. Mais l'humeur de l'insensé pèse plus que l'un et l'autre. ■'La fureur est cruelle et la colère impétueuse. Mais qui résistera devant la jalousie ? ^Mieux vaut une réprimande ouverte Qu'une amitié cachée. 802 PROVERBES. Chap.27,6-n. *Lcs blessures d'un ami prouvent sa fidélité, Mais les baisers d'un ennemi sont trompeurs. 'Celui qui est rassasié foule aux pieds le rayon de miel, Mais celui qui a faim trouve doux tout ce qui est amer. * Gomme l'oiseau qui erre loin de son nid. Ainsi est l'homme qui erre loin de son lieu. ^L huile et les parfums réjouissent le cœur, Et les conseils affectueux d'un ami sont doux. '"N'abandonne pas ton ami et l'ami de ton père, Et n'entre pas dans la maison de ton frère au jour de ta détresse ; Mieux vaut un voisin proche qu'un frère éloigné. "Mon fils, sois sage, et réjouis mon cœur, Et je pourrai répondre à celui qui m'outrage. '* L'homme prudent voit le mal et se cache ; Les simples avancent et sont punis. '^Prends son vêtement, car il a cautionné autrui ; Exige de lui des gages, à cause des étrangers. '*Si l'on bénit son prochain à haute voix et de grand matin, Cela est envisagé comme une malédiction. '^Une gouttière continue dans un jour de pluie Et une femme querelleuse sont choses semblables. '^Gelui qui la retient retient le vent, Et sa main saisit de l'huile. "Comme le fer aiguise le fer. Ainsi un homme excite la colère d'un homme. '* Celui qui soigne un figuier en mangera le fruit. Et celui qui garde son maître sera honoré. "Comme dans l'eau le visage répond au visage, Ainsi le cœur de l'homme répond au cœur de l'homme. -"Le séjour des morts et l'abîme sont insatiables ; De même les yeux de l'homme sont insatiables. -'Le creuset est pour l'argent, et le fourneau pour l'or; Mais un homme est jugé d'après sa renommée. 803 Chap. 27, 22-^28,11. PROVERBES. "Quand tu pilerais l'insensé clans un mortier, Au milieu des grains avec le pilon, Sa folie ne se séparerait pas de lui. -•''Connais bien chacune de tes brebis. Donne tes soins à tes troupeaux ; -^Car la richesse ne dure pas toujours, Ni une couronne éternellement. "Le foin s'enlève, la verdure paraît. Et les herbes des montagnes sont recueillies. -"Les agneaux sont pour te vêtir. Et les boucs pour payer le champ ; -'Le lait des chèvres suffit à ta nourriture, à celle de ta maison. Et à l'entretien de tes servantes. Cliap. XXVIII. 'Le méchant prend la fuite sans qu'on le poursuive. Le juste a de l'assurance comme un jeune lion. ^Quand un pays est en révolte, les chefs sont nombreux; Mais avec un homme qui a de l'intelligence et de la science. Le règne se prolonge. ^Un homme pauvre c[ui oppi'ime les misérables Est une pluie violente (|ui fait manquer le pain. ■•Ceux qui abandonnent la loi louent le méchant. Mais ceux qui observent la loi s'irritent contre lui. ^Les hommes livrés au mal ne comprennent pas ce qui est juste. Mais ceux qui cherchent l'Eternel compreniient tout. ''.Mieux vaut le pauvre qui marche dans son intégrité. Que celui qui a des voies tortueuses et qui est riche. 'Celui qui observe la loi est un fils intelligent. Mais celui qui fréquente les débauchés fait honte à son père. *Celui qui augmente ses biens par l'intérêt et l'usure Les amasse pour celui qui a pitié des pauvres. 'Si quelqu'un détourne l'oreille pour ne pas écouter la loi. Sa prière même est une abomination. '"Celui qui égare les hommes droits dans la mauvaise voie Tombe dans la fosse qu'il a creusée ; Mais les hommes intègres héritent le bonheur. " L'homme riche se croit sage ; 804 PROVERBES. C7u,p. 28, 12-26. Mais le pauvre qui est intelligent le sonde. '^Quand les justes triomphent, c'est une grande gloire; Quand les méchants s'élèvent, chacun se cache. '^Celui (jui cache ses transgressions ne prospère point. Mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricortle. '■Tleureux rhomnie qui est continuellement dans la crainte ! Mais celui ([ui endurcit sou cœur toinhe dans le malheur. '^Comme un lion rugissant et un (nirs allamé, Ainsi est le méchant qui domine sur un peuple pauvre. '^Un prince sans intelligence mulliplie les actes d'oppression. Mais celui qui est ennemi de la cupidité prolonge ses jours. '"Un homme chargé du sang d'un autre Fuit jusqu'à la fosse : qu'on ne l'arrête pas ! '^Celui qui marche dans l'intégrité trouve le salut, Mais celui qui suit deux voies tortueuses tombe dans l'une d'elles. '^ Celui qui cultive son champ est rassasié de pain, Mais celui qui poursuit des choses vaines est rassasié de pauvreté. ^"Un homme fidèle est comblé de bénédictions. Mais celui qui a hâte de s'enrichir ne reste pas impuni. ^'11 n'est pas bon d'avoir égard aux ])ersonnes. Et pour un morceau de pain un homme se livre au péché. *-Un homme envieux a hâte de s'enrichir. Et il ne sait pas que la disette viendra sur lui. -'Celui (pii reprcnil les autres trouve ensuite plus de Faveur Oue celui dont la langue est flatteuse. ^*Celui qui vole son père et sa mère, I']t ([ui dit : Ce n'est pas un péché ! Est le comjiagnon du destructeur. -^L'orgueilleux excite les querelles. Mais celui qui se confie en l'Eternel est rassasié. ■-'Celui qui a confiance dans son |)ropre cœur est un insensé, Mais celui qui marche dans la sagesse sera sauvé. 80; Chap. S8, 21-29, ». PROVERBES. -'Celui qui donne au pauvre n'éprouve pas la disette, Mais celui qui ferme les yeux est chargé de malédictions. -* Quand les méchants s'élèvent, chacun se cache ; Et quand ils périssent, les justes se multiplient. Chap. XXIX. 'Un homme qui mérite d'être repris, et qui raidit le cou, Sera brisé subitement et sans remède. -Quand les justes se multiplient, le peuple est dans la joie; Quand le méchant domine, le peuple gémit. 'Un homme qui aime la sagesse réjouit son père. Mais celui qui fréquente des prostituées dissipe son bien. ■•Un roi affermit le pays par la justice, Mais celui qui reçoit des présents le ruine. '^Un homme qui flatte son prochain Tend un fdet sous ses pas. **I1 y a un piège dans le péché de l'homme méchant. Mais le juste triomphe et se réjouit. "Le juste connaît la cause des pauvres, Mais le méchant ne comprend pas la science. *Les moqueurs soufflent le feu dans la ville, Mais les sages calment la colère. °Si un homme sage conteste avec un insensé. Il aura beau se fâcher ou rire, la paix n'aura pas lieu. '"Les hommes de sang haïssent l'homme intègre, Mais les hommes droits protègent sa vie. "L'insensé met en dehors toute sa passion, Mais le sage la contient. *^ Quand celui qui domine a égard aux paroles mensongères. Tous ses serviteurs sont des méchants. "Le pauvre et l'oppresseur se rencontrent; C'est l'Éternel qui éclaire les yeux de l'un et de l'autre. '''Un roi qui juge fidèlement les pauvres Aura son trône affermi pour toujours. 806 PROVERBES. Chap. 29, ts-SO, 4. '^La verge et la correction donnent la sagesse, Mais l'enfant livré à lui-même fait honte à sa mère. '^Quand les méchants se multi]ilient, le péché s'accroît; Mais les justes contempleront leur chute. "Châtie ton fds, et il te donnera du repos, Et il procurera des délices à ton âme. "* Quand il n'y a pas de révélation, le peuple est sans frein ; Heureux s'il observe la loi ! "Ce n'est pas par des paroles qu'on châtie un esclave ; Quand même il comprend, il n'obéit pas. ^''Si tu vois un homme irréfléchi dans ses paroles. Il y a plus à espérer d'un insensé que de lui. -'Le serviteur qu'on traite mollement dès l'enfance Finit par se croire un fils. "Un homme colère excite des querelles. Et un furieux commet beaucoup de péchés. ^^L'orgucil d'un homme l'abaisse. Mais celui qui est humjjle d'esprit obtient la gloire. -*Celui qui partage avec un voleur est ennemi de son âme ; Il entend la malédiction, et il ne déclare rien. -^La crainte des hommes tend un piège. Mais celui qui se confie en l'Eternel est protégé. -^Beaucoup de gens recherchent la faveur de celui qui domine. Mais c'est l'Eternel qui fait droit à chacun. -"L'homme inique est en abomination aux justes. Et celui dont la voie est droite est en abomination aux méchants. Paroles d'Agur, fils de Jaké. Chap. XXX. 'Sentences prononcées par cet homme pour Ithicl, pour Ithiel et pour Ucal. "Certes, je suis plus stupide que personne. Et je n'ai pas l'intelligence d'un homme ; ^Je n'ai pas appris la sagesse. Et je ne connais pas la science des saints. *Qui est monté aux cieux, et qui en est descendu? 807 Chap. SO,.>n. PROVERBES. ()ui a recueilli le vent clans ses mains? Qui a serré les eaux dans son vêtement ? Qui a fait paraître les extrémités de la terre ? Quel est son nom, et quel est le nom de son fils? Le sais-tu ? ''Toute parole de Dieu est éprouvée. Il est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui un refug-e. .''N'ajoute rien à ses paroles, De peur qu'il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur. "Je te demande deux choses : Ne me les refuse pas, avant que je meure ! ^Eloigne de moi la fausseté et la parole mensongère; Ne me donne ni pauvreté, ni richesse. Accorde-moi le pain qui m'est nécessaire, 'De peur que, dans l'abondance, je ne te renie Et ne dise : Qui est l'Eternel ? Ou que, dans la ]:)auvreté, je ne dérobe Et ne m'attaque au nom de mon Dieu. '"Ne calomnie pas un serviteur auprès de son maître, De peur qu'il ne te maudisse et que tu ne te rendes coupable. "Il est une race qui maudit son père. Et qui ne bénit point sa mère. '-Il est une race qui se croit pure. Et qui n'est jias lavée de sa souillure. '^11 est une race dont les yeux sont hautains. Et les paupières élevées. "Il est une race dont les dents sont des glaives Et les mâchoires des couteaux. Pour dévorer les malheureux sur la terre Et les indigents parmi les hommes. '^La sangsue" a deux filles : Donne ! donne ! Trois choses sont insatiables, Quatre ne disent jamais : Assez ! '^Le séjour des morts, la femme stérile, La terre qui n'est pas rassasiée d'eau. Et le feu, qui ne dit jamais : Assez ! "L'œil qui se moque d'un père Et qui dédaigne l'obéissance envers une mère. Les corbeaux du torrent le perceront. Et les petits de l'aigle le mangeront. a. La sangsue, héb. aluka. 808 PROVERBES. Chap. 30, ii-31, s. '*II V a trois choses qui sont au-dessus de ma ])ortée, Même quatre que je ne puis comprendre : '^La trace de l'aigle dans les cieux, La trace du serpent sur le rocher, La trace du navire au milieu de la mer, Et la trace de l'homme chez la jeune femme. ^"Telle est la voie de la femme adultère : Elle mange, et s'essuie la bouche. Puis elle dit : Je n'ai point fait de mal. -'Trois choses font trembler la terre. Et il en est quatre qu'elle ne peut supporter : ^*Un esclave qui vient à régner, Un insensé qui est rassasié de pain, -'Une femme dédaignée qui se marie, Et une servante qui hérite de sa maîtresse. ^■'Il y a sur la terre quatre animaux petits, Et cependant des plus sages : *^Les fourmis, peuple sans force. Préparent en été leur nourriture ; -''Les lapins, peuple sans puissance. Placent leur demeure dans les rochers ; "Les sauterelles n'ont point de roi, Et elles sortent toutes par divisions ; ^''Le lézard saisit avec les mains, Et se trouve dans les palais des rois. -^11 y en a trois qui ont une belle allure. Et quatre qui ont une belle démarche : '"Le lion, le héros des animaux. Ne reculant devant qui que ce soit; "Le cheval tout équipé ; ou le bouc ; Et le roi à qui ])crsonne ne résiste. '*Si l'orgueil te pousse à des actes de folie. Et si tu as de mauvaises pensées, mets la main sur la bouche : ''Car la pression du lait produit de la crème, La pression du nez produit du sang. Et la pression de la colère produit des querelles. Chap. XXXI. ^Paroles du roi Lemitel. Sentences par lesquelles sa mère l'instruisit. -Ouc te dirai-je, mon fds ? (jue te dirai-je, lils de mes eiilraillcs ? Que te dirai-je, mon fils, objet de mes vœux ? 'Ne livre pas ta ligueur aux femmes, Et tes voies à celles qui perdent les rois. 809 Chap. 31, '.-25. PROVERBES. ■•Ce n'est point aux rois, Lemuel, Ce n'est point aux rois de boire du vin, Ni aux princes de rechercher des liqueurs fortes, ^De peur qu'en buvant ils n'oublient la loi, Et ne méconnaissent les droits de tous les malheureux. ^Donnez des liqueurs fortes à celui qui périt, Et du vin à celui qui a l'amertume dans l'àme ; "Qu'il boive et oublie sa pauvreté. Et qu'il ne se souvienne plus de ses peines. * Ouvre ta bouche pour le muet. Pour la cause de tous les délaissés. ^Ouvre ta bouche, juge avec justice, Et défends le malheureux et l'indigent. '"Qui peut trouver une femme vertueuse? Elle a bien plus de valeur que les perles. "Le cœur de son mari a confiance en elle, Et les produits ne lui feront pas défaut. '-Elle lui fait du bien, et non du mal, Tous les jours de sa vie. '^Elle se procure de la laine et du lin. Et travaille d'une main joyeuse. '■"Elle est comme un navire marchand, Elle amène son pain de loin. 'n']llc se lève lorsqu'il est encore nuit. Et elle donne la nourriture à sa maison Et la tâche à ses servantes. "'Elle pense à un champ, et elle l'acquiert; Du fruit de son travail elle plante une vigne. '"Elle ceint de force ses reins. Et elle affermit ses bras. '*EIle sent que ce qu'elle gagne est bon ; Sa lampe ne s'éteint jjoint pentlant la nuit. ''•'Elle met la main à la quenouille. Et ses doigts tiennent le fuseau. -"Elle tend la main au malheureux. Elle tend la main à l'indigent. -' Elle ne craint pas la neige pour sa maison, Car toute sa maison est vêtue de cramoisi. ^-Elle se fait des couvertures, Elle a des vêtements de fin lin et de pourpre. ^'Son mari est considéré aux j^ortes. Lorsqu'il siège avec les anciens du pays. -■'Elle fait des chemises, et les vend. Et elle livre des ceintures au marchand. -Mîlle est revêtue de force et de gloire, 810 PROVERBES. Chap. 31,26-31. Et elle se rit de Favenir. -^EUe ouvre la bouche avec sagesse, Et des instructions aimables sont sur sa langue. -'Elle veille sur ce qui se passe dans sa maison, Et elle ne mange pas le pain de paresse. ^^Ses fils se lèvent, et la disent heureuse; Son mari se lève, et lui donne des louanges : ^^Plusieurs filles ont une conduite vertueuse; Mais toi, tu les surpasses toutes. '"La grâce est trompeuse, et la beauté est vaine ; La femme qui craint l'Eternel est celle qui sera louée. ^'Récompensez-la du fruit de son travail, Et qu'aux portes ses œuvres la louent. L'ECCLESIASTE CJiap. I. ^Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem. ^Vanité des vanités, dit rEcclé- manque ne peut être compté. '"J'ai dit siaste, vanité des vanités, tout est en mon cœur : Voici, j"ai grandi et vanité. surpassé en sagesse tous ceux qui ont ^Quel avantage revient-il à l'homme dominé avant moi sur Jérusalem, et de toute la peine qu'il se donne sous mon cœur a vu beaucou|> de sagesse le soleil? *Une génération s'en va, et de science. ''J'ai appliqué mon cœur une autre vient, et la terre subsiste à connaître la sagesse, et à connaître toujours. ^Le soleil se lève, le soleil la sottise et la folie; j'ai compris que se couche'; il soupire après le lieu cela aussi c'est la poursuite du vent, d'où il se lève de nouveau. "Le vent '^Car avec beaucoup de sagesse on a se dirige vers le midi, tourne vers le beaucoup de chagrin, et celui qui aug- nord ; puis il tourne encore, et reprend mente sa science augmente sa douleur, les mêmes circuits. 'Tous les ileuves vont à la mer, et la mer n'est point Chap. II. 'J'ai dit en mon cœur : remplie; ils continuent à aller vers le Allons! je t'éprouverai jiar la joie, et lieu où ils se dirigent. "^Toutes choses tu goûteras le bonheur. Et voici, c'est sont en travail au delà de ce qu'on encore là une vanité. -J'ai dit du rire : peut dire; VœW ne se rassasie pas de Insensé! et de la joie : A quoi sert- Aoir, et l'oreille ne se lasse pas d'en- elle? ''Je résolus en mon cœur de li- tendre. 'Ce cjui a été, c'est ce qui sera, vrer ma chair au vin, tandis que mon et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera; cœur me conduirait avec sagesse, et il n'y a rien de nouveau sous le soleil, de m'attacher à la folie jusqu'à ce que '"S'il est une chose dont on dise : je visse ce qu'il est bon pour les fds Vois ceci, c'est nouveau ! cette chose de l'homme de faire sous les cieux existait déjà dans les siècles qui nous pendant le nombre des jours de leur ont ]3récédés. "On ne se souvient pas vie. 'J'exécutai de grands ouvrages : de ce qui est ancien; et ce c|ui arrivera je me bâtis des maisons ; je me plan- dans la suite ne laissera pas desouve- tai des vignes; ^je me fis des jardins nir chez ceux qui vivront plus tard. et des vergers, et j'y plantai des ar- '-Moi, l'Ecclésiaste, j'ai été roi d'Is- bres à fruit de toute espèce; "je me raël à Jérusalem. '''J'ai appli(pié mon créai des étangs, pour arroser la forêt cœur à rechercher et à sonder par la où croissaient les arbres. "J'achetai sagesse tout ce qui se fait sous les des serviteurs et des servantes, et j'eus cieux : c'est là une occupation péni- leurs enfants nés dans la maison; je ble, à laquelle Dieu soumet les fils de possédai des troupeaux de bœufs et de l'homme. '■'J'ai vu tout ce qui se fait brebis, plus que tous ceux qui étaient sous le soleil; et voici, tout est va- avant moi dans Jérusalem. *Je m'a- nité et ])oursuite du vent. '^Ce qui est massai de l'argent et de l'or, et les courbé ne peut se redresser, et ce qui richesses des rois et des provinces. 812 ECCLESIASTE. Chap. 3.0-8,1. Je me procurai des chanteurs et des chanteuses, et les délices des fds de l'homme, des femmes en grand nom- bre. ^Jc devins grand, plus grand que tous ceux qui étaient avant moi dans Jérusalem. Et même ma sagesse de- meura avec moi. '"Tout ce que mes yeux avaient désiré, je ne les en ai point privés ; je n'ai refusé à mon cœur aucune joie ; car mon cœur prenait plaisir à tout mon travail , et c'est la part qui m'en est revenue. "Puis," j'ai considéré tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et la peine que j'a- vais prise à les exécuter; et voici, tout est vanité et poursuite du vent, et il n'y a aucun avantage à tirer de ce qu'on fait sous le soleil. '-Alors j'ai tourné mes regards vers la sagesse, et vers la sottise et la folie. — Car que fera l'homme qui succédera au roi? Ce qu'on a déjà fait. — '^Etj'ai vu que la sagesse a de l'avantage sur la folie, comme la lumière a de l'avan- tage sur les ténèbres; '^le sage a ses yeux à la tète, et l'insensé marche dans les ténèbres. Mais j'ai reconnu aussi qu'ils ont l'un et l'autre un même sort. '^Et j'ai dit en mon canir : J'aurai le même sort que l'insensé ; pourquoi donc ai-je été plus sage ? Et j'ai dit en mon cœur que c'est encore là une va- nité. '*Car la mémoire du sage n'est désespoir, à cause de tout le travail que j'ai fait sous le soleil. -'Car tel homme a travaillé avec sagesse et science et avec succès, et il laisse le produit de son travail à un homme qui ne s'en est point occupé. C'est en- core là une vanité et un grand mal. --Que revient-il, en effet, à l'homme de tout son travail et de la préoccupa- tion de son cœur, objet de ses fatigues sous le soleil ?-^Tous ses jours ne sont que douleur, et son partage n'est que chagrin ; même la nuit son cœur ne repose pas. C'est encore là une vanité. -•'Il n'y a de bonheur pour l'homme qu'à iliangeret à boire, et à faire jouir son âme du bien-être, au milieu de son travail ; mais j'ai vu que cela aussi vient de la main de Dieu. -M^ui, en effet, peut manger et jouir, si ce n'est moi? '-''Car il donne à l'homme qui lui est agréable la sagesse, la science et la joie ; mais il donne au pécheur le soin de recueillir et d'amasser, afin de donner à celui qui est agréable à Dieu. C'est encore là une vanité et la pour- suite du vent. Cliap. III. 'Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : -un temps poiir naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce pas plus éternelle que celle de lin- qui a été planté ; ^un temps pour tuer, sensé, puisque déjà les jours qui sui- vent, tout est oublié. Eh quoi ! le sage meurt aussi bien que l'insensé! "Et j'ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m'a déplu, car tout est vanité et poursuite du vent. '*J'ai haï tout le travail que j'ai fait sous le soleil, et dont je dois laisser la jouissance à l'homme qui me succédera. '^Et qui sait s'il sera sage ou insensé ? Cepen- dant il sera maître de tout mon travail, de tout le fruit de ma sagesse sous le soleil. C'est encore là une vanité. ^"Et j'en suis venu à livier mon cœur au et un temps pour guérir; un temps pour abattre, et un temj)s pour bâtir; ■•un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser; ^un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres ; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements ; "'un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter; 'un temps pour déchirer, et un temps pour cou- dre ; un temps pour se taire, et un 813 Chap. S,s-A,i'i. EGCLESIASTE. se réjouir de ses œuvres : c'est là sa part. Car qui le fera jouir de ce qui sera après lui ? Chap. ÏV. 'J'ai considéré ensuite toutes les oppressions qui se commet- tent sous le soleil ; et voici, les oppri- més sont dans les larmes, et personne qui les console ! ils sont en butte à la violence de leurs oppresseurs, et per- sonne qui les console! -Et j'ai trouvé les morts qui sont déjà morts plus heureux que les vivants qui sont en- core vivants, ^ct plus heureux que les uns et les autres celui qui n'a point encore existé et qui n'a pas vu les mauvaises actions qui se commettent sous le soleil. ''J'ai vu que tout travail et toute ha- bileté dans le travail n'est que jalousie temps pour parler; ^un temps pour aimer, et un temps pour haïr ; un temps pour laguerre, et un temps pour la paix. 'Quel avantage celui qui travaille re- tire-t-il de sa peine? "*J'ai vu à quelle occupation Dieu soumet les fils de l'homme. " Il fait toute chose belle en son temps ; même il a mis dans leur cœur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'œuvre que Dieu fait, du commencement jus- qu'à la fin. '-J'ai reconnu qu'il n'y a de bonheur pour eux qu'à se réjouir et à se donner du bien-être pendant leur vie; "mais que, si un homme mange et boit et jouit du bien-être au milieu de tout son travail, c'est là un don de Dieu. '''J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, qu'il n'y a rien à y ajouter et rien à en re- trancher, et que Dieu agit ainsi afin de l'homme à l'égard de son prochain, qu'on le craigne. '^Ce qui est a déjà été, et ce qui sera a déjà été, et Dieu ramène ce qui est passé. '*J'ai encore vu sous le soleil qu'au lieu établi pour juger il y a de la méchanceté, et qu'au lieu établi pour la justice il y a de la méchanceté. "J'ai dit en mon cœur : Dieu jugera le juste et le méchant; car il y a là un temps pour toute chose et pour toute œuvre. '*J'ai dit en mon cœur, au sujet des fils de l'homme, que Dieu les éprouverait, et qu'eux-mêmes ver- raient qu'ils ne sont que des bêtes. "Car le sort des fils de l'homme et celui de la bête est pour eux un même sort; comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre, ils ont tous un même souftle, et la supériorité de l'homme sur la bête est nulle; car tout est vanité. -"Tout va dans un même lieu ; tout a été C'est encoi'e là une vanité et la pour- suite du vent. ^L'insensé se croise les mains, et mange sa propre chair. ^ Mieux vaut une main pleine avec repos, que les deux mains pleines avec travail et poursuite du vent. 'J'ai considéré une autre vanité sous le soleil, n'el homme est seul et sans personne qui lui tienne de près, il n'a ni fils ni frère, et pourtant son travail n'a point de fin et ses yeux ne sont ja- mais rassasiés de richesses. Pour qui donc est-ce que je travaille, et que je prive mon âme de jouissances? C'est encore là une vanité et une chose mauvaise. "Deux valent mieux qu'un, parce qu'ils retirent un bon salaire de leur travail. '"Car, s'ils tombent, l'un re- lève son compagnon ; mais malheur à fait de la poussière, et tout retourne celui qui est seul et qui tombe, sans à la poussière. *'Qui sait si le souffle avoir un second pour le relever! "De des fds de l'homme monte en haut, même, si deux couchent ensemble, ils et si le souffle de la bête descend en auront chaud ; mais celui qui est seul, bas dans la terre ? -- Et j'ai vu qu'il n'y comment aura-t-il chaud ? '"- Et si quel- a rien de mieux pour l'homme que de qu'un est plus fort qu'un seul, les deux 814 ECCLESIASTE. Chap. i, 13-5, 18. peuvent lui résister ; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement. '^Mieux vaut un enfant pauvre et sage qu'un roi vieux et insensé qui ne sait plus écouter les avis ; '*car il peut sortir de prison pour régner, et même être né pauvre dans son royaume. '^J'ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil entourer l'enfant qui de- vait succéder au roi et régner à sa place. "11 n'y avait point de fin à tout ve peuj^le, à tous ceux à la tête des- (juels il était. Et toutefois, ceux qui viendront après ne se réjouiront pas à son sujet. Car c'est encore là une va- nité et la poursuite du vent. "Prends garde à ton j)ied, lorsque lu entres dans la maison de Dieu, et approche-toi pour écouter, plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés ; car ils ne savent pas qu'ils font mal. Chap. y. ' Ne te presse pas d'ou- vrir la bouche, et (pie ton cœur ne se hâte jias d'exjirimer une parole devant Dieu; car Dieu est au ciel, et toi sur la terre : que tes paroles soient donc ])eu nombreuses. -Car, si les songes naissent de la multitude des occupa- tions, la voix de l'insensé se fait en- tendre dans la multitude des paroles. ^Lorsfpie tu as fait un vœu à Dieu, ne tarde pas à l'accomplir, car il n'aime pas les insensés : accomplis le vœu que tu as fait. •'Mieux vaut pour toi ne point faire de vœu, que d'en faire un et de ne pas l'accomplir. ^Ne per- mets ])as à ta bouche de faire pécher ta chair, et ne dis pas en présence de l'envoyé" que c'est une inadvertance. Pourquoi Dieu s'irriterait-il de tes pa- roles, et détruirait-il l'ouvrage de tes mains? '^Car, s'il y a des vanités dans la multitude des songes, il y en a aussi dans beaucou])de paroles ; c'est pour- as écoutées. "Les paroles des sages tranquillement écoutées valent mieux que les cris de celui qui domine parmi les insensés. "'La sagesse vaut mieux que les instruments de guerre ; mais un seul pécheur détruit beaucoup de bien. Chap. X. 'Les mouches moites infectent et font fermenter riiuile du parfumeur; un peu de folie Femporte sur la sagesse et sur la gloire. -Le cœur du sage est à sa droite, et le cœur de l'insensé à sa gauche, -^(^uand l'in- sensé marche dans un chemin, le sens lui manque, et il dit de chacun : Voilà un fou ! ■'Si l'esprit de celui qui do- mine s'élève contre toi, ne quitte point ta place ; car le calme prévient de grands jiéchés. = 11 est un mal que j'ai vu sous le so- leil, comme une erreur provenant de celui qui gouverne : *la folie occupe des postes très élevés, et des riches sont assis dans l'abaissement. '.J'ai vu des esclaves sur des chevaux, et des princes mai'chant sur terre comme des esclaves. ''Celui qui creuse une fosse y tom- bera, et celui qui renverse une muraille sera mordu par un serpent. 'Celui qui remue des pierres en sera blessé, et celui qui fend du bois en éprouvera du danger. '"S'il a émoussé le fer, et s'il n'en a pas aiguisé le tranchant, il devra redoubler de force ; mais la sa- gesse a l'avantage du succès. "Si le serpent mord faute d'enchan- tement, il n'j' a point d'avantage pour l'enchanteur". '-Les paroles de la bouche du sage sont pleines de grâce ; mais les lèvres de l'insensé causent sa perte. '^Le commencement des pai-olesdesa bou- che est folie, et la fin de son discours est une méchante folie. '^L'insensé multiplie les paroles. L'homme ne sait point ce qui arrivera, et qui lui dira ce qui sera après lui ? '^Le travail de l'in- sensé le fatigue, parce qu'il ne sait pas aller à la ville. '* Malheur à toi, pays, dont le roi est un enfant, et dont les princes man- gent dès le matin ! ''Heureux toi, pays, dont le roi est de race illustre, et dont les princes mangent au temps conve- nable, pour soutenir leurs forces, et non pour se livrera la boisson ! '"Quand les mains sont paresseuses, la char- pente s'affaisse ; et quand les mains sont lâches, la maison a des gouttières. "On fait des repas pour se divertir, le vin rend la vie joyeuse, et l'argent ré- pond à tout. -"Ne maudis pas le roi, même dans ta pensée, et ne maudis pas le riche dans la chambre où tu couches ; car l'oiseau du ciel emporterait ta voix, l'animal ailé publierait tes paroles. Chap. XI. 'Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouA'eras ; -donnes-en une part à sept et même à huit, car tu ne sais pas quel malheur peut arriver sur la terre. ^Quand les nuages sont piciiisdc |)luie, ils la répandent sur la terre; et si un arbre tombe, au midi ou au nord, il reste à la place où il est tombé. ''Celui qui observe le vent ne sèmera point, et celui qui regarde les nuages ne moissonnera point. 'Comme tu ne sais ])as quel est le chemin du vent, ni com- ment se forment les os dans le ventre de la femme enceinte, tu ne connais pas non plus l'œuvre de Dieu qui fait tout. *Dès le matin sème ta semence et le soir ne laisse pas reposer ta main ; car tu ne sais pointée qui réus- sira, ceci ou cela, ou si l'un et l'autre sont également bons. "La lumière est douce, et il est agréable aux yeux de voir le soleil. a. J.' enchanteur, hêb. celui qui [inssètle une langue. 819 Chap. n,s-l2, 16. ECCLESIASTE. *Si donc un homme vit beaucoup d'an- nées, qu'il se réjouisse pendant toutes ces années, et qu'il pense aux jours de ténèbres qui seront nombreux ; tout ce qui arrivera est vanité. Chap. XII. 'Jeune homme, ré- jouis-toi dans ta jeunesse, livre ton cœur à la joie pendant les jours de ta jeunesse , marche dans les voies de ton cœur et selon les regards de tes yeux; mais sache f[ue pour tout cela Dieu t'appellera en jugement. -Bannis de ton cœur le chagrin, et éloigne le mal de ton corps; car la jeunesse et l'aurore sont vanité. ^Mais souviens- toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse, avant que les jours mauvais arrivent et que les années s'approchent où lu diras : Je n'y ]:)rends point de plaisir; *avant que s'obscur- cissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages revien- nent après la pluie, Hemps où les gar- diens de la maison tremblent, où les hommes forts se coUrbcnt, où celles qui moulent s'arrêtent parce qu'elles sont diminuées, où ceux qui regar- dent par les fenêtres sont obscurcis, ''où les deux battants de la porte se ferment sur la rue quand s'abaisse le bruit de la meule, où l'on se lève au chant de l'oiseau, où s'affaiblissent toutes les filles du chant, 'où l'on re- doute ce qui est élevé, où l'on a des terreurs en chemin, où l'amandier fleurit, où la sauterelle devient pe- sante, et où la câpre n'a plus d'effet, car l'homme s'en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues; ''avant que le cordon d'ar- gent se détache , que le vase d'or se brise, que le seau se rompe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne; '■'avant que la poussière re- tourne à la terre, comme elle y était, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné. '"Vanité des vanités, dit l'Ecclé- siaste, tout est vanité. "Outre que l'Ecclésiastefutun sage, il a encore enseigné la science au peu- ple, et il a examiné, sondé, mis en ordre un grand nombre de sentences. '"-LEcclésiasle s'est efforcé de trouver des paroles agréables; et ce qui a été écrit avec droiture, ce sont des paroles de vérité. '''Les paroles des sages sont comme des aiguillons ; et rassemblées en un recueil elles sont comme des clous plantés, données par un seul maître. '''Du reste, mon fds, tire ins- truction de ces choses; on ne finirait pas, si l'on voulait faire un grand nom- bre de livres, et beaucoup d'étude est une fatigue pour le corps. '^Écoutons la fin du discours : crains Dieu et observe ses commandements. C'est là ce que doit tout homme. '^Car Dieu amènera toute œuvre en juge- ment, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal. LE CANTIQUE DES CANTIQUES Chap.I. ^Cantique des cantiques, de Salomon. -Qu'il me baise des baisers de sa bouche ! Car ton amour vaut mieux que le vin, 'Tes parfums ont une odeur suave ; Ton nom est un parfum qui se répand ; C'est pourquoi les jeunes filles t'aiment. ■•Entraîne-moi après toi ! nous courrons ! Le roi m'introduit dans ses appartements. Nous nous égaierons, nous nous réjouirons à cause de toi ; Nous célébrerons ton amour plus que le vin. C'est avec raison que l'on t'aiuic. ''Je suis noire, mais je suis belle, fdles de Jérusalem, Comme les tentes de Kédar, comme les pavillons de Salomon. "Ne prenez pas garde à mon teint noir : C'est le soleil qui m'a brûlée. Les fds de ma mère se sont irrités contre moi, Ils m'ont faite gardienne des vignes. ^Ja vigne, à moi, je ne l'ai pas gardée. "Dis-moi, ô toi que mon cœur aime. Où tu fais paître tes brebis, Où tu les fais reposer à midi ; Car pourquoi serais-je comme une égarée Près des troupeaux de tes compagnons ? — *Si tu ne le sais pas, ô la plus belle des femmes. Sors sur les traces des brebis. Et fais paître tes chevreaux Près des demeures des bergers. — "A ma jument qu'on attelle aux chars de Pharaon Je te compare, ô mon amie. '"Tes joues sont belles au milieu des colliers, Ton cou est beau au milieu des rangées de perles. "Nous te ferons des colliers d'or, Avec des points d'argent. — '-Tandis que le roi est dans son entourage. Mon nard exhale son parfum. '"'Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe. Qui repose entre mes seins. '■•Mon bien-aimé est pour moi une grappe de troène Des vignes d'En-Guédi. 821 Chap. 1,1^-2,1'.. CANTIQUE DES CANTIQUES. '^Que tu es belle, mon amie, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes. — ''Que tu es beau, mon bien-aimé, que tu es aimable ! Notre lit, c'est la verdure. — ''Les solives de nos maisons sont des cèdres. Nos lambris sont des cyprès. — - Chap. II. '.Je suis un narcisse de Saron, Un lis des vallées. — ^ Comme un lis au milieu des épines, Telle est mon amie parmi les jeunes fdles. — ^Comme un pommier au milieu des arbres de la forêt. Tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. J'ai désiré m'asseoir à son ombre. Et son fruit est doux à mon palais. ''Il m'a fait entrer dans la maison du vin ; Et la bannière qu'il déploie sur moi, c'est l'amour. ^Soutenez-moi avec des gâteaux de raisins. Fortifiez-moi avec des pommes ; .Car je suis malade d'amour. '*Que sa main gauche soit sous ma tête. Et que sa droite m'embrasse ! — "Je vous en conjure, filles de Jérusalem, Par les gazelles et les biches des champs. Ne réveillez pas, ne réveillez pas l'amour, Avant qu'elle le veuille. — * C'est la voix de mon bien-aimé ! Le voici, il vient. Sautant sur les montagnes. Bondissant sur les collines. 'Mon bien-aimé est semblable à la gazelle Ou au faon des biches. Le voici, il est derrière notre mur, Il regarde par la fenêtre, Il regarde par le treillis. '"Mon bien-aimé parle et me dit : Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens ! "Car voici, l'hiver est passé ; La pluie a cessé, elle s'en est allée. '-Les fleurs paraissent sur la terre. Le temps de chanter est arrivé, Et la voix de la tourterelle se fait entendre dans nos campagnes. '"Le figuier embaume ses fruits. Et les vignes en fleur exhalent leur parfum. Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens ! '■'Ma colombe, qui te tiens dans les fentes du rocher, Qui te caches dans les parois escarpées. Fais-moi voir ta figure. 822 CANTIQUE DES CANTIQUES. Chap. 2,ir>-3, Fais-moi entendre ta voix ; Car ta voix est douée, et ta figure est agréable. '^Prenez-nous les renards, Les petits renards qui ravagent les vignes ; Car nos vignes sont en fleur. '^Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui ; Il fait paître son troupeau parmi les lis. '"Avant (pie le jour se rafraîchisse, Et que les ombres fuient, Reviens !... sois semblable, mon bien-ainié, A la gazelle ou au faon des biches. Sur les montagnes rpii nous séparent. Chap. III. 'Sur ma couche, pendant les nuits. J'ai cherché celui que mon cœur aime ; Je l'ai cherché, et je ne l'ai point trouvé... -Je me lèverai, et je ferai le tour de la ville. Dans les rues et sur les places ; Je chercherai celui que mon coMir aime... Je l'ai cherché, et je ne l'ai point trouvé. ^Les gardes f[ui font la ronde dans la ville m'ont rencontrée : Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? *A peine les avais-je passés. Que j'ai trouvé celui que mon cœur aime ; Je l'ai saisi, et je ne l'ai point lâché Jusc[u'à ce que je l'aie amené dans la maison de ma mère. Dans la chambre de celle cpii m'a conçue. — ^Je vous en conjure, filles de Jérusalem, Par les gazelles et les biches des champs. Ne réveillez pas, ne réveillez pas l'amour. Avant qu'elle le veuille. — "Qui est celle qui monte du désert. Comme des colonnes de fumée, Au milieu des vapeurs de myrrhe et d'encens Et de tous les aromates des marchanils ? — ■ 'Voici la litière de Salomon, Et autour d'elle soixante vaillants hommes. Des plus vaillants d'Israël. ''Tous sont armés de l'épée. Sont exercés au combat ; Chacun porte l'épée sur sa hanche. En vue des alarmes nocturnes. 'Le roi Salomon s'est fait une litière De bois du Liban. '"11 en a fait les colonnes d'argent. Le dossier d or. Le siège de pourpre ; Au milieu est une broderie, œuvre d'amour 823 10. Chap.S,n-i,n. CANTIQUE DES CANTIQUES. Des filles de Jérusalem. "Sortez, filles de Sion, regardez Le roi Salomon, Avec la couronne dont sa mère l'a couronné Le jour de ses fiançailles, Le jour de la joie de son cœur. — Chap. I\ . 'Que tu es belle, mon amie, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes, Derrière ton voile. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres. Suspendues aux lianes de la montagne de Galaad. -Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues, Qui remontent de l'abreuvoir ; Toutes portent des jumeaux, Aucune d'elles n'est stérile. ^Tes lèvres sont comme un fil cramoisi, Et ta bouche est charmante ; Ta joue est comme une moitié de grenade. Derrière ton voile. ''Ton cou est comme la tour de David, Bâtie pour être un arsenal; MiUe boucliers y sont suspendus. Tous les boucliers des héros. ^Tes deux seins sont comme deux faons, Comme les jumeaux d'une gazelle. Qui paissent au milieu des lis. '* Avant que le jour se rafraîchisse, Et que les ombres fuient. J'irai ta la montagne de la myrrhe Et à la colline de l'encens. "Tu es toute belle, mon amie. Et il n'y a point en toi de défaut. * Viens avec moi du Liban, ma fiancée, Viens avec moi du Liban ! Regarde du sommet de l'Amana, Du sommet du Senir et de l'Ilermon, Des tanières des lions. Des montagnes des léopards. '■"Tu me ravis le cœur, ma sœur, ma fiancée. Tu me ravis le cœur par l'un de tes regards, Par l'un des colliers de ton cou. '"Que de charmes dans ton amour, ma sœur, ma fiancée ! Comme ton amour vaut mieux que le vin. Et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates "Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée; 11 y a sous ta langue du miel et du lait. Et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban. '^Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée, 824 CANTIQUE DES CANTIQUES. Chap. 4,u-5.i Une source fermée, une fontaine scellée. ''Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers, Avec les fruits les plus excellents. Les troènes avec le narJ ; '■•Le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamomc, Avec tous les arbres (|ui donnent l'encens; La myrrhe et Taloès, Avec tous les principaux aromates ; '^Une fontaine des jardins. Une source d'eaux vives. Des ruisseaux du Liban. '^Lève-toi, aquilon ! viens, autan ! Soufflez sur mon jardin, et que les parfums s'en exhalent ! — Que mon bien-aimé entre dans son jardin. Et qu'il mange de ses fruits excellents ! — Chap. V. 'J'entre dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée; Je cueille ma mvrrhe avec mes aromates. Je mange mon rayon de miel avec mon miel. Je bois mon vin avec mon lait... — Mangez, amis, buvez, enivrez-vous d'amour ! — ^J'étais endormie, mais mon cœur veillait... C'est la voix de mon bien-aimé, qui frappe : — Ouvre-moi, ma sœur, mon amie. Ma colombe, ma parfaite ! Car ma tête est couverte de rosée. Mes boucles sont pleines des gouttes de la nuit. — 'J'ai ôté ma tunique ; comment la rcmettrais-je ? J'ai lavé mes pieds ; comment les salirais-je? ^Mon bien-aimé a passé la main pai' la fenêtre, Et mes entrailles se sont émues pour lui. ^Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé ; Et de mes mains a dégoutté la myrrhe, De mes doigts, la myrrhe répandue Sur la poignée du verrou. ^J'ai ouvert à mon bien-aimé; Mais mon bien-aimé s'en était allé, il avait disparu. J'étais hors de moi, quand il me ])arlait. Je l'ai cherché, et je ne l'ai point trouvé ; Je l'ai appelé, et il ne m'a point répondu. 'Les gardes qui font la ronde dans la ville m'ont rencontrée ; Ils m'ont frappée, ils m'ont blessée ; Ils m'ont enlevé mon voile, les gardes des murs. *Je vous en conjure, filles de Jérusalem, Si vous trouvez mon bien-aimé. Que lui direz-vous ?... Que je suis malade d'amour. — '■'Qu'a ton bien-aimé de plus qu'un autre, 825 Chap. 5,iij-0.6. CANTIQUE DES CANTIQUES. O la plus belle des femmes? Qu'a ton bien-aimé de plus qu'un autre, Pour que tu nous conjures ainsi ? — '"Mon bien-aimé est blanc et vermeil ; Il se distingue entre dix mille. " Sa tête est de l'or pur ; Ses boucles sont flottantes, Noires comme le corbeau. '^Ses yeux sont comme des colombes au bord des ruisseaux, Se baignant dans le lait, Reposant au sein de l'abondance. '^Ses joues sont comme un parterre d'aromates. Une couche de plantes odorantes ; Ses lèvres sont des lis. D'où découle la myrrhe. '■'Ses mains sont des anneaux d'or. Garnis de chrysolithes ; Son corps est de l'ivoire poli, Couvert de saphirs ; '^Ses jambes sont des colonnes de marbre blanc, Posées sur des bases d'or ])ur. Son aspect est comme le Liban, Distingué comme les cèdres. ''Son palais n'est que douceur, Et toute sa pei'sonne est pleine de charme. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami. Filles de Jérusalem ! — CItap. 17. 'Où est allé ton bien-aimé, O la plus belle des femmes? De quel côté ton bien-aimé s'est-il dirigé? Nous le chercherons avec toi. — ^Mon bien-aimé est descendu à son jardin, Au parterre d'aromates. Pour faire paître son troupeau dans les jardins, l'^t pour cueillir des lis. 'Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi ; Il fait paître son troupeau parmi les lis. — *Tu es belle, mon amie, comme Thirtsa^^ Agréable comme Jérusalem, . Mais terrible comme des troupes sous leurs bannières. ^Détourne de moi tes yeux, car ils me troublent. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, Suspendues aux flancs de Galaad. n"es dents sont comme un troupeau de brebis, Qui remontent de l'abreuvoir; Toutes portent des jumeaux, G. Thirtsa. capitale du royaume d'Israël, avant que ce iùt Sauiiirie. 826 CANTIQUE DES CANTIQUES. Chap. 6,--7,o. Aucune d'elles n'est stérile, "Ta joue est comme une moitié de grenade, Derrière ton voile... *I1 y a soixante reines, f|uatre-vingts concubines, Et des jeunes filles sans nombre. ^ Une seule est ma colombe, ma parfaite; Elle est l'unique de sa mère, La préférée de celle qui lui donna le jour. Les jeunes filles la voient, et la disent heureuse ; Les reines et les concubines aussi, et elles la louent. — '"Qui est celle cjui apparaît comme l'aurore. Belle comme la lune, pure comme le soleil, Mais terrible comme des troujies sous leurs bannières? — "Je suis descendu au jardin des noyers, Pour voir la verdure de la vallée. Pour voir si la vigne pousse, Si les grenadiers fleurissent. '-Je ne sais, mais mon désir m'a rendu semblable Aux chars de mon noble ])euple. Chap. VII. 'Reviens, reviens, Sulamithe ! Reviens, reviens, afin que nous te regardions. — Qu'avez-vous à regarder la Sulamithe Comme une danse de deux chœurs ? — -Que tes pieds sont beaux dans ta chaussure, fille de prince ! Les contours de ta hanche sont comme des colliers, Œuvre des mains d'un artiste. ^Ton sein est une coupe arrondie, Où le vin parfumé ne mancpie pas; Ton corps est un tas de froment. Entouré de lis. *Tes deux seins sont comme deux faons. Gomme les jumeaux d'une gazelle. ^Ton cou est comme une tour d'ivoire ; Tes yeux sont comme les étangs de llesbon. Près de la porte de Bath-Rabbim ; Ton nez est comme la tour du Liban, Qui regarde du côté de Damas. n^a tête est élevée comme le Carmel, Et les cheveux de ta tète sont comme la pourpre ; Un roi est enchaîné par des boucles ! 'Que tu es belle, que tu es agréable, O mon amour, au milieu des délices ! *Ta taille ressemble au palmier. Et tes seins à des grappes. 'Je me dis : Je monterai sur le palmier. J'en saisirai les rameaux! Que tes seins soient comme les grappes de la vigne, Le jiarfum de ton souffle comme celui des pommes, 827 Chap.7,io-8.s. CANTIQUE DES CANTIQUES. '"Et ta bouche comme un vin excellent,... — ■ Qui coule aisément pour mon bien-aimé, Et glisse sur les lèvres de ceux qui s'endorment ! ''Je suis à mon bien-aimé, Et ses désirs se portent vers moi. '^Viens, mon bien-aimé, sortons dans les champs, Demeurons dans les villages ! '^Dès le matin nous irons aux vignes. Nous verrons si la vigne pousse, si la fleur s'ouvre. Si les grenadiers fleurissent. Là je te donnerai mon amour. '*Les mandragores répandent leur parfum, Et nous avons à nos portes tous les meilleurs fruits, Nouveaux et anciens : Mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi. Cliap. YIII. 'Oh ! que n'es-tu mon frère, Allaité des mamelles de ma mère ! Je te rencontrerais dehors, je t'embrasserais, l']t l'on ne me mépriserait pas. ^Je veux te conduire, t'amener à la maison de ma mère ; Tu me donneras tes instructions, Et je te ferai boire du vin parfumé, Du moût de mes grenades. ^Oue sa main ffauche soit sous ma tète, Et que sa droite m'embrasse ! — ■ Me vous en conjure, fdles de Jérusalem, Ne réveillez pas, ne réveillez pas l'amour. Avant qu'elle le veuille. — ^Qui est celle qui monte du désert, Appuyée sur son bien-aimé? — Je t'ai réveillée sous le pommier ; Là ta mère t'a enfantée. C'est là qu'elle t'a enfantée, qu'elle t'a donné le jour, — ^Mets-moi comme un sceau sur ton cœur. Comme un sceau sur ton bras ; Car l'amour est fort comme la mort, La jalousie est inflexible comme le séjour des morts; Ses ardeurs sont des ardeurs de feu, Une flamme de l'Eternel. 'Les grandes eaux ne peuvent éteindre l'amour, Et les fleuves ne le submergeraient pas ; Quand un homme offrirait tous les biens de sa maison contre l'amour Il ne s'attirerait que le mépris. — ^Nous avons une ])ctite sœur. Qui n'a point encore de mamelles ; Que ferons-nous de notre sa-ur, 828 CANTIQUE DES CANTIQUES Chap. 8. o-n Le jour où on la recherchera ? ^Sï elle est un mur, Nous bâtirons sur elle des créneaux d'argent ; Si elle est une porte, Nous la fermerons avec une jilanche de cèdre. — '"Je suis un mur, Et mes seins sont comme des tours ; J'ai été à ses yeux comme celle qui trouve la paix. "Salomon avait une vigne à Baal-Ilamon ; Il remit la vigne à des gardiens ; Chacun apportait pour son fruit mille sicles d'argent. '-Ma vigne, qui est à moi, je la garde. A toi, Salomon, les mille sicles. Et deux cents à ceux qui gardent le fruit ! — '^Habitante des jardins ! Des amis prêtent l'oreille à ta voix. Daigne me la faire entendre ! — '■•Fuis, mon bien-aimé ! Sois semblable à la gazelle ou au faon des biches, Sur les montagnes des aromates ! ii LES PROPHETES ESAÏE, JEREMIE, LAMENTATIONS, EZEGIIIEL, DANIEL, OSÉE, JOËL, AMOS, ABDIAS, JONAS, MICHÉE, NAHUM, HABAKUK, SOPHONIE, AGGÉE, ZAGHARIE, MALACHIE. ESAÏE Chap. I. ^Prophétie d'Ësaïe, fils d'Amots, sur Juda et Jérusnlem, au temps d'Ozias, de Jotham, d'Achaz, d'Ezéchias, rois de Juda. -Cieiix, écoutez! terre, prête l'oreille! Car l'Eternel parle. J'ai nourri et élevé des enfants, Mais ils se sont révoltés contre moi. ^Le bœut connaît son possesseur, Et l'àne la crèche de son maître : Israël ne connaît rien, Mon peuple n'a point d'intelligence. ''Malheur à la nation pécheresse, au peuple chargé d'iniquités, A la race des méchants, aux enfants corrompus ! Ils ont abandonné l'Éternel, ils ont méprisé le Saint d'Israël, Ils se sont retirés en arrière... ^Quels châtiments nouveaux vous infliger. Quand vous multipliez vos révoltes ? La tète entière est malade, Et tout le cœur est souffrant. *De la plante du pied jusqu'à la tète, rien n'est en bon état : Ce ne sont que blessures, contusions et plaies vives. Qui n'ont été ni pansées, ni bandées. Ni adoucies par l'huile. 'Votre pays est dévasté. Vos villes sont consumées par le feu ; Des étrangers dévorent vos campagnes sous vos yeux. Ils ravagent et détruisent, comme des barbares. ^Et la fille de Sion est restée Comme une cabane dans une vigne. Comme une hutte dans un champ de concombres, Comme une ville épargnée. "Si l'Éternel des armées Ne nous eût conservé un faible reste, Nous serions comme Sodome, Nous ressemblerions à Gomorrhe. '"Ecoutez la parole de l'Eternel, chefs de Sodome ! Prête l'oreille à la loi de notre Dieu, peuple de Gomorrhe ! "Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices ? dit l'Éternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux ; 831 Chap. /,ff-26. ÉSAIE. Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs. '-Quand vous venez vous présenter devant moi, Qui vous demande de souiller mes parvis ? '^Cessez d'apporter de vaines offrandes : J'ai en horreur l'encens. Les nouvelles lunes", les sabbats et les assemblées, Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. '*Mon àme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes ; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter. '^ Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux ; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas : Vos mains sont pleines de sang. "^Lavez-vous, purifiez-vous, Otez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions ; Cessez de faire le mal. '"Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l'opprimé ; Faites droit à l'orphelin. Défendez la veuve. '^Venez et plaidons ! dit l'Eternel. [neige ; Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la S'ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine. ''-•Si vous avez de la bonne volonté et si vous êtes dociles, Vous mangerez les meilleures productions du pays ; -"Mais si vous résistez et si vous êtes rebelles. Vous serez dévorés par le glaive. Car la bouche de l'Eternel a parlé. ^'Quoi donc ! la cité fidèle est devenue une prostituée ! Elle était remplie d'équité, la justice y habitait, Et maintenant il y a des assassins ! --Ton argent s'est changé en scories. Ton vin a été coupé d'eau. -^Tes chefs sont rebelles et complices des voleurs. Tous aiment les présents et courent après les récompenses ; Ils ne font pas droit à l'orphelin. Et la cause de la veuve ne vient pas jusqu'à eux. -^ C'est pourquoi voici ce que dit le Seigneur, l'Eternel des armées. Le Fort d'Israël : Ah ! je tirerai satisfaction de mes adversaires. Et je me vengerai de mes ennemis. -^Je porterai ma main sur toi. Je fondrai tes scories, comme avec de la potasse. Et j'enlèverai toutes tes parcelles de plomb. -*Je rétablirai tes juges tels qu'ils étaient autrefois, Et tes conseillers tels qu'ils étaient au commencement. rt. On solctinisait par des sacrifices l'apparition des nouvelles lunes. 8â2 ÉSAIE. Chap. 1,21-2,1. Après cela, on t'appellera ville de la justice, Cité fidèle. "Sion sera sauvée par la droiture, Et ceux qui s'y convertiront seront sauvés par la justice. -^Mais la ruine atteindra tous les rebelles et les pécheurs. Et ceux qui abandonnent l'Eternel périront. -^On aura honte à cause des térébinthes" auxquels vous prenez plaisir, Et vous rougirez à cause des jardins dont vous faites vos délices; ^"Car vous serez comme un térébinthe au feuillage flétri. Comme un jardin qui n'a pas d'eau. '' L'homme fort sera comme de l'étoupe. Et son œuvre comme une étincelle ; Ils brûleront l'un et l'autre ensemble, Et il n'y aura personne pour éteindre. Chap. IL ' Prophétie d'Èsaïe, fils d'Arnots, sur Juda et Jérusalem. ^11 arrivera, dans la suite des temps. Que la montagne de la maison de l'Eternel Sera fondée sur le sommet des montagnes. Qu'elle s'élèvera par-dessus les collines, Et que toutes les nations y afflueront. ^Des peuples s'y rendront en foule, et diront : Venez, et montons à la montagne de l'Eternel, A la maison du Dieu de Jacob, Afin qu'il nous enseigne ses voies. Et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, Et de Jérusalem la parole de l'Eternel. *I1 sera le juge des nations. L'arbitre d'un grand nombre de peuples. De leurs glaives ils forgeront des hoyaux. Et de leurs lances des serpes : Une nation ne tirera plus l'épée contre une autre. Et l'on n'apprendra plus la guerre. ^Maison de Jacob, Venez, et marchons à la lumière de l'Eternel ! ^Car tu as abandonné ton peuple, la maison de Jacob, Parce qu'ils sont pleins de l'Orient*, Et adonnés à la magie comme les Philistins, Et parce qu'ils s'allient aux fils des étrangers. "Le pays est rempli d'argent et d'or. Et il y a des trésors sans fin ; Le pays est rempli de chevaux, fl. C'était dans des bocages de lérébinthes ou do chênes qu'on avait coutume de placer les idoles pour leur rendre un culte. b. De l Orient, des superstitions idolâtres de l'Orient. 833 Chap. 2,s-S,i. ÉSAIE. Et il y a des chars sans nombre. ^Le pays est rempli d'idoles ; Ils se prosternent devant TouAa-age de leurs mains, Devant ce que leurs doigts ont fabriqué. ^Les petits seront abattus, et les grands seront abaissés: Tu ne leur pardonneras point. '"Entre dans les rochers. Et cache-toi dans la poussière. Pour éviter la terreur de rÉternel Et l'éclat de sa majesté. '' ''L'homme au regard hautain sera abaissé, Et l'orgueilleux sera humilié : L'Eternel seul sera élevé ce jour-là. '-Car il y a un jour pour l'Eternel des armées Contre tout homme orgueilleux et hautain. Contre quiconque s'élève, afin qu'il soit abaissé ; '■ Contre tous les cèdres du Liban, hauts et élevés, Et contre tous les chênes de Basan ; ' Contre toutes les hautes montagnes, Et contre toutes les collines élevées ; '^Contre toutes les hautes tours. Et contre toutes les murailles fortifiées, "Contre tous les navires de Tarsis, Et contre tout ce cjui plaît à la vue. ''L'homme orgueilleux sera humilié. Et le hautain sera abaissé : L'Eternel seul sera élevé ce jour-là. '* Toutes les idoles disparaîtront. '"On entrera dans les cavernes des rochers Et dans les profondeurs de la poussière. Pour éviter la terreur de l'Eternel et l'éclat de sa majesté, Quand il se lèvera pour effrayer la terre. -"En ce jour, les hommes jetteront Leurs idoles d'argent et leurs idoles d'or. Qu'ils s'étaient faites pour les adorer, ' Aux rats et aux chauves-souris ; -' Et ils entreront dans les fentes des rochers . . »^ Et dans les creux des pierres, Pour éviter la terreur de TEtei-nel et l'éclat de sa majesté, Quand il se lèvera pour effrayer la terre. '■'-Cessez de vous confier en l'homme, Dans les narines duquel il n'y a qu'un souffle : Car de quelle valeur est-il .'' Chap. III. 'Le Seigneur, l'Éternel des armées, Va ùter de Jérusalem et de Juda Tout appui et toute ressource, 834 ÉSAIE. Chap. 3,2-16. Toute ressource de pain Et toute ressource d'eau, -Le héros et l'homme de guerre, Le juge et le prophète, le devin et l'ancien, ^Le chef de cinquante et le magistrat, Le conseiller, l'artisan distingué et l'habile enchanteur. ^Je leur donnerai des jeunes gens pour chefs, Et des enfants domineront sur eux. ^11 y aura réciprocité d'oppression parmi le peuple; L'un opj)rimera l'autre, chacun son prochain; Le jeune homme attaquera le vieillard. Et l'homme de rien celui qui est honoré. ''On ira jusqu'à saisir son frère dans la maison paternelle : Tu as un habit, sois notre chef! Prends ces ruines sous ta main ! — 'Ce jour-là même il répondra : Je ne saurais être un médecin. Et dans ma maison il n'y a ni pain ni vêtement; Ne m'établissez pas chef du peuple ! - — ^Jérusalem chancelle. Et Juda s'écroule. Parce que leurs paroles et leurs œuvres sont contre l'Éternel, Bravant les regards de sa majesté. ^L'aspect de leur visage témoigne contre eux. Et, comme Sodome, ils publient leur crime, sans dissimuler. Malheur à leur âme ! Car ils se préparent des maux. '"Dites que le juste prospérera. Car il jouira du fruit de ses œuvres. "Malheur au méchant ! il sera dans l'infortune. Car il recueillera le produit de ses mains. '-Mon peuple a pour o])|iresseurs des entants, Et des femmes dominent sur lui ; Mon peuple, ceux qui te conduisent t'égarent. Et ils corrompent la voie dans laquelle tu marches. '^L'Eternel se présente pour plaider, Il est debout pour juger les peuples. '*L'Eternel entre en jugement Avec les anciens de son |ieuple et avec ses chefs : Vous avez brouté la vigne ! La dépouille du pauvre est dans vos maisons ! '^De quel droit foulez-vous mon peuple. Et écrasez-vous la face des pauvres ? Dit le Seigneur, l'Eternel des armées. "L'Éternel dit: Parce que les filles de Sion sont orgueilleuses, Et qu'elles marchent le cou tendu Et les regards effrontés, 835 Chap. 3,n-â,6. ÉSAIE. Parce qu'elles vont à petits pas, Et qu'elles font résonner les boucles de leurs pieds, "Le Seigneur rendra chauve le sommet de la tête des filles de Sion, L'Eternel découvrira leur nudité. '*En ce jour, le Seigneur ôtera les boucles qui servent d'ornement à Et les fdets" et les croissants* ; [leurs pieds, '^Les pendants d'oreilles, les bracelets et les voiles ; -"Les diadèmes, les chaînettes des pieds et les ceintures, Les boîtes de senteur et les amulettes ; -'Les bagues et les anneaux du nez ; -■-Les vêtements précieux et les larges tuniques, Les manteaux et les gibecières ; -'Les miroirs et les chemises fines, Les turbans et les surtouts légers. °*Au lieu de parfum, il y aura de l'infection ; Au lieu de ceinture, une corde; Au lieu de cheveux bouclés, une tête chauve ; Au lieu de large manteau, un sac étroit ; Une marque flétrissante, au lieu de beauté. -^Tes hommes tomberont sous le glaive. Et tes héros dans le combat. -"Les portes de Sion gémiront et seront dans le deuil ; Dé])Ouillée, elle s'assiéra par terre. Chap. lY. ' Et sept femmes saisiront en ce jour un seul homme, et diront: Nous mangerons notre pain, Et nous nous vêtirons de nos habits ; Fais-nous seulement porter ton nom ! Enlève notre opprobre ! ^En ce temps-là, le germe de l'Eternel Aura de la magnificence et de la gloire, Et le fruit du pays aura de l'éclat et de la beauté Pour les réchappes d'Israël. 'Et les restes de Sion, les restes de Jérusalem, Seront appelés saints. Quiconque à Jérusalem sera inscrit parmi les vivants, *Après que le Seigneur aura lavé les ordures des filles de Sion, Et purifié Jérusalem du sang qui est au milieu d'elle, Par le souffle de la justice et par le souffle de la destruction. ^L'Éternel établira, sur toute l'étendue de la montagne de Sion Et sur ses lieux d'assemblées, Une nuée fumante pendant le jour. Et un feu de flammes éclatantes pendant la nuit ; Car tout ce qui est glorieux sera mis à couvert. *I1 y aura un abri pour donner de l'ombre contre la chaleur du jour. Pour servir de refuge et d'asile contre l'orage et la pluie. a. Les filets, ornements de tête, destinés à retenir les iheveiix. b. Les croissants, ou petites lunes, bijoux que l'on portait autour du cou. 836 ÉSAIE. Chap.5,i-n. La vigne de l Kternel . Chap. y. 'Je chanterai à mon bien-aimé Le cantique de mon bien-aimé sur sa viyiie. Mon bien-aimé avait une vigne, Sur un coteau fertile. -Il en remua le sol, ôta les pierres, et y mit un plant délicieux; Il bâtit une tour au milieu d'elle. Et il y creusa aussi une cuve. Puis il espéra qu'elle produirait de bons raisins, Mais elle en a produit de mauvais. ^Maintenant donc, habitants de Jérusalem et hommes de Juda, Soyez juges entre moi et ma vigne ! *Qu'y avait-il encore à faire à ma vigne, Que je n'aie pas fait pour elle ? Pourquoi, quand j'ai espéré qu'elle produirait de bons raisins, En a-t-elle produit de mauvais ? ^ Je vous dirai maintenant Ce que je vais faire à ma vigne. J'en arracherai la haie, pour qu'elle soit broutée; J'en abattrai la clôture, pour qu'elle soit foulée aux pieds. *Je la réduirai en ruine ; elle ne sera plus taillée, ni cultivée ; Les ronces et les épines y croîtront ; Et je donnerai mes ordres aux nuées, Afin qu'elles ne laissent plus tomber la pluie sur elle. 'La vigne de l'Eternel des armées, c'est la maison d'Israël, Et les hommes de Juda, c'est le plant qu'il chérissait. Il avait espéré de la droiture, et voici du sang versé ! De la justice, et voici des cris de détresse ! ^Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison. Et qui joignent champ à chamj). Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'espace. Et qu'ils habitent " seuls au milieu du pays ! ^Voici ce que m'a révélé l'Éternel des armées : Certainement, ces maisons nombreuses seront dévastées. Ces grandes et belles maisons n'auront plus d'habitants. '"Même dix arpents de vigne iie |)r()duiront ([u'un bath *, Et un homer de semence ne proiluira ([u un éplia'. "Malheur à ceux qui de bon matin Courent après les boissons enivrantes. Et qui bien avant dans la nuit Sont échauffés par le vin ! [tins ; '-La harpe et le luth, le tambourin, la flûte et le vin, animent leurs fes- o. Qu'ils Itahitciit. hcb. /jue vous habitiez. b. In hat/i. mesure pour les liquides. c. Un éplia, mesure cinr les solides; dix éphas luisaioiit un lionicr. — Ainsi on ne devait moissonner que la di\i;Mne partie de ce 837 I qu un aurait semé Chap. 5,13-21. ÉSAIE. Mais ils ne prennent point garde à l'œuvre de lEternel, Et ils ne voient point le travail de ses mains. '^G'est pourquoi mon peuple sera soudain emmené captif; Sa noblesse mourra de faim, Et sa multitude sera desséchée par la soif. '* C'est pourquoi le séjour des morts ouvre sa bouche, Elargit sa gueule outre mesure ; Alors descendent la magnificence et la richesse de Sion, Et sa foule bruyante et joyeuse. '^Les petits seront abattus, les grands seront humiliés, Et les regards des hautains seront abaissés. "L'Eternel des armées sera élevé par le jugement, Et le Dieu saint sera sanctifié par la justice. *'Des brebis paîtront comme sur leur pâturage. Et des étrangers dévoreront les possessions ruinées des riches. "'Malheur à ceux qui tirent l'iniquité avec les cordes du vice, Et le péché comme avec les traits d'un char, '''Et c[ui disent : Qu'il hâte, qu'il accélère son œuvre. Afin que nous la voyions ! Que le décret du Saint d'Israël arrive et s'exécute. Afin cjue nous le connaissions ! -"Malheur à ceux cjui appellent le mal bien, et le bien mal. Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, Qui changent l'amertume en douceur, et la douceur en amertume ! -'Malheur à ceux qui sont sages à leurs yeux. Et qui se croient intelligents ! ^"-Malheur à ceux qui ont de la bravoure pour boire du vin. Et de la vaillance pour mêler des liqueurs fortes ; ''^Qui justifient le coupable pour un présent. Et enlèvent aux innocents leurs droits ! -''C'est pourquoi, comme une langue de feu dévore le chaume, Et comme la flamme consume l'herbe sèche, Ainsi leur racine sera comme de la pourriture. Et leur fleur se dissipera comme de la ])oussière ; Car ils ont dédaigné la loi de ri']ternel des armées. Et ils ont méprisé la parole du Saint d'Israël. ^^C'est pourquoi la colère de l'Éternel s'enflamme contre son peuple. Il étend sa main sur lui, et il le frapj^e; Les montagnes s'ébranlent; Et les cadavres sont comme des balayures au milieu des rues. Malgré tout cela, sa colère ne s'apaise point. Et sa main est encore étendue. *'I1 élève une bannière pour les peuples lointains. Et il en siffle un des extrémités de la terre : Et voici, il arrive avec promptitude et légèreté. ^'Nul n'est fatigué, nul ne chancelle de lassitude, 838 ÉSAIE. Chap. 5,^8-6,11. Personne ne sommeille, ni ne dort; Aucun n'a la ceinture de ses reins détachée, Ni la courroie de ses souliers rompue. -"^Ses flèches sont aiguës, Et tous ses arcs tendus ; Les sabots de ses chevaux ressemblent à des cailloux, Et les roues de ses chars à un tourbillon. -'Son rugissement est comme celui d'une lionne ; Il rugit comme des lionceaux, il gronde, et saisit la proie. Il l'emporte, et personne ne vient au secours. ^"En ce jour, il y aura près de lui un mugissement. Comme celui d'une tempête sur mer; En regardant la terre, on ne verra que ténèbres. Avec des alternatives d'angoisse et d'espérance; Au ciel, l'obscurité régnera. Consécration d Jîsaïc au iiiinistcrc de prophétie. Chap. VI. 'L'année de la mort du sait, et la maison se remplit de f"u- roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur mée. un trône très élevé, et les pans de sa ^Alors jedis: Malheur à moi ! je suis robe remplissaient le temple. -Des se- perdu, car je suis un homme dont les raphins se tenaient au-dessus de lui ; lèvres sont impures, j habite au milieu ils avaient chacun six ailes : deux dont d'un peuple dont les lèvi-es sont im- ils se couvraient la face, deux dont ils pures, et mes yeux ont vu le Roi, l'E- sc couvraient les pieds, et deux dont ternel des armées. "Mais l'un des séra- ils se servaient pour voler. ^Ils criaient phins vola vers moi, tenant à la main l'un à l'autre, et disaient : Saint, saint, une pierre ardente, qu'il avait prise saint est rÉtcrnel des armées! toute sur l'autel avec des pincettes. "Il en la terre est pleine de sa gloire ! ^Les toucha ma bouche, et dit : Ceci a tou- portcs furent ébranlées dans leurs ché tes lèvres ; ton iniquité est enle- fondements par la voix qui retentis- vée, et ton péché est expié. 'J'entendis la voix du Seigneur, disant : Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous ? Je répondis : Me voici, envoie-moi. 'Il dit alors : Va, et dis à ce peuple : Vous entendrez, et vous ne comjirendrez point ; Vous verrez, et vous ne saisirez point. '"Rends insensible le cœur de ce peuple, Endurcis ses oreilles, et bouche-lui les yeux, Pour qu'il ne voie point de ses yeux, n'entende point de ses oreilles. Ne comprenne point de son cœur. Ne se convertisse point et ne soit point guéri. "Je dis : Jusques à quand, Seigneur? Et il répondit : Jusqu'à ce que les villes soient dévastées Et privées d'habitants ; Jusqu'à ce qu'il n'y ait personne dans les maisons. Et que le pays soit ravagé |)ar la solitude ; 839 Chap. 6,1-2-7,1',. ÉSAIE. '-Jusqu'à ce que rÉteniel ait éloigné les hommes, Et que le pays devienne un immense désert, "Et s'il y reste encore un dixième des habitants, Ils seront à leur tour anéantis. Mais, comme le térébinthe et le chêne Conservent leur tronc quand ils sont abattus. Une sainte postérité renaîtra de ce peuple. Prophétie contre Israël et la Syrie. Menaces contre Juda. Chap. VII. 'Il arriva, du temps Et le cœur d'Achaz et le cœur de son d'Achaz, fds de Jotham , fils d'Ozias, peuple furent agités, comme les ar- roi de Juda, que Retsin, roi de Syrie, bres de la forêt sont agités par lèvent, monta avec Pékach, fds de Remalia, ^Alors TEternel dit à Esaïe : Va à la roi d'Israël, contre Jérusalem, pour rencontre d'Achaz, toi et Schear-Jas- l'assiéger ; mais il ne put l'assiéger. chub ", ton fils , vers l'extrémité de -On vint dire à la maison de David : l'aqueduc de l'étang supérieur, sur la Les Syriens sont campés en Ephraïm. route du champ du foulon. "'Et dis-lui : Sois tranquille, ne crains rien, Et que ton cœur ne s'alarme pas. Devant ces deux bouts de tisons fumants. Devant la colère de Retsin et de la Syrie, et du fils de Remalia, ^De ce que la Syrie médite du mal contre toi. De ce qu'Ephraïm et le fils de Remalia disent : ^Montons contre Juda, assiégeons la ville. Et battons-la en brèche. Et proclamons-y pour roi le fils de Tabeel. 'Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Gela n'arrivera pas, cela n'aura pas lieu. *Car Damas est la tête de la Syrie, Et Retsin est la tête de Damas (Encore soixante-cinq ans, Ephraïm ne sera plus un peuple). ^La Samarie est la tête d'E]ihraïm, Et le fils de Remalia est la tête de la Samarie. Si vous ne croyez pas, Vous ne subsisterez pas. '"L'Éternel parla de nouveau à Achaz, et lui dit : "Demande en ta faveur un signe à l'Éternel, ton Dieu; demande-le, soit dans les lieux bas, soit dans les lieux élevés. '^Achaz répondit: Je ne demanderai rien, je ne tenterai pas l'Eter- nel. '^Esaïe dit alors : Écoutez donc, maison de David ! Est-ce trop peu pour vous de lasser la patience des hommes, Que vous lassiez encore celle de mon Dieu ? ''' C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, a. Schear-Jaschub signifie te reste se eoiicertira. 840 ÉSAIE. Chap. 7,15-8,3. Voici, la jeune femme deviendra enceinte, elle enfantera un fds, Et elle lui donnera le nom d'Emmanuel ". '^11 mangera de la crème et du miel. Jusqu'à ce qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien. "^Mais avant que l'enfant sache rejeter le mal et choisir le Lieu, Le pays, dont tu crains les deux rois, sera abandonné. "L'Eternel fera venir sur toi, Sur ton peuple et sur la maison de ton père, Des jours tels qu'il n'y en a point eu Depuis le jour où Ephraïm s'est séparé de Juda : Le roi d'Assyrie. '*En ce jour-là, l'Eternel sifflera les mouches Qui sont à l'extrémité des canaux de l'Egypte, Et les abeilles qui sont au pays d'Assyrie ; '"Elles viendront, et se poseront toutes dans les vallons désolés, Et dans les fentes des rochers. Sur tous les buissons. Et sur tous les pâturages. -"En ce jour-là, le Seigneur rasera, avec un rasoir pris à louage Au delà du fleuve, Avec le roi d'Assyrie, La tête et le poil des pieds ; Il enlèvera aussi la barbe. '-' En ce jour-là. Chacun entretiendra une jeune vache et deux brebis, -^Et il y aura une telle abondance de lait Qu'on mangera de la crème, Car c'est de crème et de miel que se nourriront Tous ceux qui seront restés dans le pays. '-'En ce jour-là. Tout lieu qui contiendra mille ceps de vigne. Valant mille sicles d'argent. Sera livré aux ronces et aux épines ; ^■'On y entrera avec les flèches et avec l'arc, Car tout le pays ne sera que ronces et épines. -^Et toutes les montagnes que l'on cultivait avec la bêche Ne seront plus fréquentées, par crainte des ronces et des épines : On y lâchera le bœuf, et la brebis en foulera le sol. Ruine des royaumes de Syrie et d'Israël. Temps messianique. Chap. VIII. 'L'Éternel me dit: -Je pris avec moi des témoins di- Prends une grande table*, et écris gnes de foi, le prêtre Urie, et Zacha- dessus, d'une manière intelligible: rie, fils de Bérékia. 'Je m'étais appro- Qu'on se hâte de piller, qu'on se pré- ché de la prophétesse ; elle conçut, et cipite sur le butin. elle enfanta un fds. L'Eternel me dit : a. Emmanuel sif^nifie Dieii arec nnun. h. Table, ou talilette de bois, de pierre ou de métal, sur hmuelle on écrivait avec un burin. e. Hôb. avee un burin ti homme. Chap. 8,'>-i8. ÉSAIE. Donne-lui pour nom Maher-Schalal- richesses de Damas et le butin de Sa- Chasch-Baz". ''Car, avant que Tentant marie. sache dire : Mon père! ma mère! on ^L'Éternel me parla encore, et me emportera devant le roi d'Assyrie les dit : * Parce que ce peuple a méprisé les eaux de Siloé qui coulent doucement Et qu'il s'est réjoui au sujet de Retsin et du fds de Remalia, 'Voici, le Seigneur va faire monter contre eux Les puissantes et grandes eaux du fleuve* . (Le roi d'Assyrie et toute sa gloire) ; Il s'élèvera partout au-dessus de son lit, Et il se répandra sur toutes ses rives ; *I1 pénétrera dans Juda, il débordera et inondera, Il atteindra jusqu'au cou. Le déploiement de ses ailes Remplira l'étendue de ton pays, ô Emmanuel ! 'Poussez des cris de guerre, peuples ! et vous serez brisés ; Prêtez l'oreille, vous tous qui habitez au loin! Préparez-vous au combat, et vous serez brisés ; Préparez-vous au combat, et vous serez brisés. '"Formez des projets, et ils seront anéantis ; Donnez des ordres, et ils seront sans effet : Car Dieu est avec nous. "Ainsi m'a parlé l'Eternel, quand sa main me saisit. Et qu'il m'avertit de ne pas marcher dans la voie de ce peuple : '^N'appelez pas conjuration tout ce que ce peuple appelle conjuration; Ne craignez pas ce qu'il craint, et ne soyez pas effrayés. '^Car l'Eternel des armées que vous devez sanctifier. C'est lui que vous devez craindre et redouter. '^Et il sera un sanctuaire. Mais aussi une pierre d'achoppement, Un rocher de scandale pour les deux maisons d'Israël, Un filet et un piège Pour les habitants de Jérusalem. '''Plusieurs trébucheront; Ils tomberont et se briseront, Ils seront enlacés et pris. "'Enveloppe cet oracle, Scelle cette révélation, avec l'aide de mes disciples. — '"J'espère en rÉternel, Qui cache sa face à la maison de Jacob ; Je place en lui ma confiance. "*Voici, moi et les enfants que l'Eternel m'a donnés, Nous sommes des signes et des présages en Israël, De la part de l'Eternel des armées, n. Nom qui signifie qu'on se hâte de piller, qu'on se précipite sur le butin; voy. v. 1. h. L'Etiphrate. 842 ÉSAIE. Chap. 8,10-9,0. Qui habite sur la montagne de Sion. "Si l'on vous dit : Consultez ceux qui év<)(|uent les morts et ceux qui ])rédisent l'avenir. Qui poussent des sifilements et des soupirs, Répondez : Un peuple ne consultera-t-il pas son Dieu ? S'adressera-t-il aux morts en faveur des vivants ? ^"A la loi et au témoignage ! Si l'on ne ])arle pas ainsi, Il n'y aura point traurore pour le ]:)euple. -'11 sera errant dans le pays, accablé et afiamé; Et, quand il aura taim, il s'irritera, Maudira son roi et son Dieu, Et tournera les yeux en haut ; '--Puis il regardera vers la terre. Et voici, il n'y aura que détresse, obscurité et de sombres angoisses : Il sera repoussé dans d'épaisses ténèbres. -''Mais les ténèbres ne régneront ])as toujours Sur la terre où il y a maintenant des angoisses : Si les temps passés ont couvert d'opprobre Le pays de Zabulon et le pays de Nephthali, Les temps à venir couvriront de gloire La contrée voisine de la mer", au delà du Jourdain, Le territoire des Gentils. Chap. IX. 'Le peuple qui marchait dans les ténèbres ^'oit une grande lumière ; Sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre de la mort Une lumière resplendit. ^Tu rends le peuple nombreux. Tu lui accordes de grandes joies ; Il se réjouit devant toi, comme on se réjouit à la moisson. Comme on pousse des cris d'allégresse au partage du butin. •''Car le joug qui pesait sur lui, Le bâton qui frappait son dos, La verge de celui qui l'opprimait, Tu les brises, comme à la journée de Madian. •"Car toute chaussure qu'on porte dans la mêlée, Et tout vêtement guerrier roulé dans le sang. Seront livrés aux flammes. Pour être dévorés par le feu. ^Car un enfant nous est né, un fds nous est donné. Et la domination reposera sur son épaule ; On l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la ])aix. * Donner à l'empire de l'accroissement. Et une paix sans fin au trône de David et à son royaume, L'affermir et le soutenir par le droit et par la justice, a. La mer de Galilée. C ha p. 9,1-20. ÉSAIE. Dès maintenant et à toujours : Voilà ce que fera le zèle de l'Eternel des armées. Menaces contre le royaume d' Israël. 'Le Seigneur envoie une parole à Jacob : Elle tombe sur Israël. *Tout le peuple en aura connaissance, Ephraïm et les habitants de Samarie, Qui disent avec orgueil et fierté : ^ Des briques sont tombées, Nous bâtirons en pierres de taille ; Des sycomores ont été coupés, Nous les remplacerons par des cèdres. '"L'Eternel élèvera contre eux les ennemis de Retsin" Et il armera leurs ennemis, "Les Syriens à l'orient, les Philistins à l'occident; Et ils dévoreront Israël à pleine bouche. Malgré tout cela, sa colère ne s'apaise point. Et sa main est encore étendue. '^Le peuple ne revient pas à celui qui le frappe. Et il ne cherche pas rÉternel des armées. *^Aussi l'Eternel arrachera d'Israël la tête et la queue, La branche de palmier et le roseau. En un seul jour. '■*(L'ancien et le magistrat, c'est la tête. Et le prophète qui enseigne le mensonge, c'est la queue.) '^Ceux qui conduisent ce peuple l'égarent. Et ceux qui se laissent conduire se perdent. '^C'est pourquoi le Seigneur ne saurait se réjouir de leurs jeunes hommes, Ni avoir pitié de leurs orphelins et de leurs veuves ; Car tous sont des impies et des méchants. Et toutes les bouches profèrent des infamies. Malgré tout cela, sa colère ne s'apaise point. Et sa main est encore étendue. "Car la méchanceté consume comme un feu. Qui dévore ronces et épines ; Il embrase l'épaisseur de la forêt. D'où s'élèvent des colonnes de fumée. "'Par la colère de l'Eternel des armées le pays est embrasé. Et le peuple est comme la proie du feu ; Nul n'épargne son frère. '^On pille à droite, et l'on a faim ; ^ On dévore à gauche, et l'on n'est pas rassasié ; Chacun dévore la chair de son bras. ^''Manassé dévore Ephraïm, Ephraïm Manassé, a. Los Assyriens. 844 ÉSAIE. Chap. 10.1-13. Et ensemble ils fondent sur Jmla. Malgré tout cela, sa colère ne s'apaise point, Et sa main est encore étendue. Chap. X. 'Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques, Et à ceux qui transcrivent des arrêts injustes, -Pour refuser justice aux pauvres, Et ravir leur droit aux malheureux de mon peuple, Pour faire des veuves leur proie. Et des orphelins leur butin ! ^Que ferez-vous au jour du châtiment, Et de la ruine qui du lointain fondra sur vous ? Vers qui fuirez-vous, pour avoir du secours, Et où laisserez-vous votre gloire ? *Les uns seront courbés parmi les captifs. Les autres tomberont parmi les morts. Malgré tout cela, sa colère ne s'apaise point, Et sa main est encore étendue. L' Assyrien liumilié. Temps messianique. ^Malheur à l'Assyrien, verge de ma colère ! La verge dans sa main, c'est l'instrument de ma fureur. "^Je l'ai lâché contre une nation impie". Je l'ai fait marcher contre le peuple de mon courroux Pour qu'il se livre au pillage et fasse du butin, Pour qu'il le foule aux pieds comme la boue des rues. "Mais il n'en juge pas ainsi. Et ce n'est pas là la pensée de son cœur ; II ne songe qu'à détruire. Qu'à exterminer les nations en foule. «Car il dit : Mes princes ne sont-ils pas autant de rois ? ^N'en a-t-il pas été de Calno comme de Carkemisch? N'en a-t-il pas été de Hamath comme d'Arpad ? N'en a-t-il pas été de Samarie comme de Damas? '"De même que ma main a atteint les royaumes des idoles. Où il y avait plus d'images qu'à Jérusalem et à Samarie, "Ce que j'ai fait à Samarie et à ses idoles. Ne le ferai-je pas à Jérusalem et à ses images ? '-Mais, quand le Seigneur aura accompli toute son œuvre Sur la montagne de Sion et à Jérusalem, Je punirai le roi d'Assyrie pour le fruit de son cœur orgueilleux. Et pour l'arrogance de ses regards hautains. '^Car il dit : C'est par la force de ma main que j'ai agi. C'est par ma sagesse, car je suis intelligent; J'ai reculé les limites des peuples, et pillé leurs trésors, a. Le royaume d Israël, dont la capitale Samarie- avait clé déjà détruite. 845 Chap. I0,ik-i6. ÉSAIE. Et, comme un héros, j'ai renversé ceux qui siégeaient sur des trônes; '*J'ai mis la main sur les richesses des peuples, comme sur un nid, Et, comme on ramasse des œufs abandonnés, J'ai ramassé toute la terre : Nul n'a remué l'aile, Ni ouvert le bec, ni poussé un cri. — '^La hache se glorifie-t-elle envers celui qui s'en sert? Ou la scie est-elle arrogante envers celui qui la manie? Comme si la verge faisait mouvoir celui qui la lève, Comme si le bâton soulevait celui qui n'est pas du bois ! "^C'est pourquoi le Seigneur, le Seigneur des armées, enverra Le dépérissement parmi ses robustes guerriers ; Et, sous sa magnificence, éclatera un embrasement, Comme l'embrasement d'un feu. '"La lumière d'Israël deviendra un feu. Et son Saint une flamme. Qui consumera et dévorera ses épines et ses ronces. En un seul jour; '*Qui consumera, corps et âme, La magnificence de sa forêt et de ses campagnes. Il en sera comme d'un malade, qui tombe en défaillance. "Le reste des arbres de sa forêt pourra être compté. Et un enfant en écrirait le nombre. -"En ce jour-là, Le reste d'Israël et les réchappes de la maison de Jacob, Cesseront de s'a]>puyer sur celui qui les frappait ; Ils s'appuieront avec confiance sur l'Eternel, le Saint d'Israël. '-'Le reste reviendra, le reste de Jacob, Au Dieu puissant. '--Quand ton peuple, ô Israël, serait comme le sable de la mer. Un reste seulement reviendra ; La destruction est résolue, elle fera déborder la justice. -■^Et cette destruction qui a été résolue. Le Seigneur, l'Eternel des armées, l'accomplira dans tout le pays. '-^Cependant, ainsi parle le Seigneur, l'Eternel des armées : O mon peuple, qui habites en Sion, ne crains pas l'Assyrien! Il te frappe de la verge. Et il lève son bâton sur toi, comme faisaient les Egyptiens. -^Mais, encore un peu de temps, Et le châtiment cessera. Puis ma colère se tournera contre lui pour l'anéantir. -"L'Eternel des armées agitera le fouet contre lui. Comme il frappa Madian au rocher d'Oreb ; Et, de même qu'il leva son bâton sur la mer. Il le lèvera encore, comme en Egypte. 846 I ÉSAIE. Chap. 10,^,1-11,1. -"En ce jour, son fardeau sera ôté de dessus ton épaule, Et son joug de dessus ton cou ; Et la graisse fera éclater le joug. -^11 marche sur Ajjath, traverse Migron, Laisse ses bagages à Micmasch. *'Ils passent le défilé, Ils couchent à Guéba ; Rama tremble, Guibea de Saiil prend la fuite. '"Fais éclater ta voix, fille de Gallim ! Prends garde, Laïs ! malheur à toi, Anathoth ! ''Madména se disperse. Les habitants de Guébim sont en fuite. ^-Encore un jour de halte à Nob, Et il menace de sa main la montagne de la fille de Sion, La colline de Jérusalem. ^'Voici, le Seigneur, l'Eternel des armées, Brise les rameaux avec violence : Les plus grands sont coupés, Les plus élevés sont abattus. ^''11 renverse avec le fer les taillis de la forêt, Et le Liban tombe sous le Puissant. Chap. XI. 'Puis un rameau sortira du tronc dlsaï". Et un rejeton naîtra de ses racines. -L'Esprit de l'Eternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force. Esprit de connaissance et de crainte de l'Eternel. '11 respirera la crainte de l'Eternel ; 11 ne jugera point sur l'apparence, 11 ne prononcera point sur un ouï-dire. *Mais il jugera les pauvres avec équité. Et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre ; Il frappera la terre* de sa parole comme d'une verge. Et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. 'La justice sera la ceinture de ses flancs, Et la fidélité la ceinture de ses reins. *Le loup habitera avec l'agneau. Et la panthère se couchera avec le chevreau ; Le veau, le lionceau, et le bétail qu'on engraisse, seront ensemble, Et un petit enfant les conduira. "La vache et l'ourse auront un même pâturage, Leurs petits un même gîte ; a. Uai, père de David. b. La terre, c'est-à-dire : les méchanls de la Ici'rc. 847 Chap. i 1,8-12,2. ÉSAIE. Et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. *Le nourrisson s'ébattra sur l'antre de la vipère, Et l'enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. ^11 ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte ; Car la terre sera remplie de la connaissance de l'Eternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. '"En ce jour, le rejeton d'Isaï Sera là comme une bannière pour les peuples ; Les nations se tourneront vers lui, Et la gloire sera sa demeure. "Dans ce même temps, le Seigneur étendra une seconde fois sa main, Pour racheter le reste de son peuple, Dispersé en Assyrie et en Egypte, A Pathros et en Ethiopie, A Elam, à Schinear et à Ilamath, Et dans les îles de la mer. '^11 élèvera une bannière pour les nations, Il rassemblera les exilés d'Israël, Et il recueillera les dispersés de Juda, Des quatre extrémités de la terre. '^La jalousie d'Ephraïm disparaîtra. Et ses ennemis en Juda seront anéantis ; Éphraïm ne sera plus jaloux de Juda, Et Juda ne sera plus hostile à Ephraïm. "Ils voleront sur l'épaule des Philistins à l'occident. Ils pillei'ont ensemble les fds de l'Orient ; Edom et Moab seront la proie de leurs mains. Et les fils d'Ammon leur seront assujettis. '^L'Eternel desséchera la langue de la mer d'Egypte, Et il lèvera sa main sur le fleuve", en soufflant avec violence : Il le partagera en sept canaux, Et on le traversera avec des souliers. '^Et il y aura une route pour le reste de son peuple. Qui sera échappé de l'Assyrie, Comme il y en eut une pour Israël, Le jour où il sortit du paj's d'Egypte. Chap. XII. 'Tu diras en ce jour-là : Je te loue, ô Eternel ! Car tu as été irrité contre moi. Ta colère s'est apaisée, et tu m'as consolé. , ^Voici, Dieu est ma délivrance. Je serai plein de confiance, et je ne craindrai rien ; Car l'Eternel, l'Éternel est ma force et le sujet de mes louanges ; C'est lui qui m'a sauvé. fl. L'Euphrate, 848 ÉSAIE. Chap. l2,3-i3,it. ^Vous puiserez de Feau avec joie Aux sources du salut, ''Et vous direz en ce jour-là : Louez rÉterncl, invoquez son nom, Publiez ses œuvres jiarmi les peuples. Rappelez la grandeur de son nom ! ^Célébrez l'Eternel, car il a fait des choses magnifiques : Qu'elles soient connues par toute la terre ! ^Pousse des cris de joie et d'allégresse, habitant de Sion ! Car il est grand au milieu de toi le Saint d'Israël. Chap. XIII. ' Oracle sur Dabylonc, révélé à Esaïc, fils d'Aniols. *Sur une montagne nue dressez une bannière, Elevez la voix vers eux**, Faites des signes avec la main, Et qu'ils franchissent les portes des tyrans ! ^J'ai donné des ordres à ma sainte milice. J'ai appelé les héros de ma colère. Ceux qui se réjouissent de ma grandeur. ''On entend une rumeur sur les montagnes, Comme celle d'un peuple noml)reux ; On entend un tumulte de royaumes, de nations rassemblées : L'Eternel des armées passe en revue l'armée qui va combattre. ^Ils viennent d'un pays lointain. De l'extrémité des cieux : L'Éternel et les instruments de sa colère Vont détruire toute la contrée. ^Gémissez, car le joug de l'Éternel est proche : Il vient comme un ravage du Tout-Puissant. 'C'est pourquoi toutes les mains s'alfaiblissent, • Et tout cœur d'homme est abattu. *Ils* sont frappés d'épouvante ; Les spasmes et les douleurs les saisissent ; Ils se tordent comme une femme en travail ; Ils se regardent les uns les autres avec stupeur ; Leurs visages sont enflammés. ^ Voici, le jour de l'Éternel arrive. Jour cruel, jour de colère et d'ardente fureur. Qui réduira la terre en solitude. Et en exterminera les pécheurs. '"Car les étoiles des cieux et leurs astres Ne feront plus briller leur lumière. Le soleil s'obscurcira dès son lever, , Et la lune ne fera plus luire sa clarté. "Je punirai le monde pour sa malice, a. Eux, les Mèdes, nommés au v. n. b. Ih, les Babyloniens, 849 Chap. l3,i2-U,-2. ÉSAIE. Et les méchants jjour leurs iniquités ; Je ferai cesser l'orgueil des hautains, Et j'abattrai l'arrogance des tyrans. '-Je rendrai les hommes plus rares c[ue l'or fin, Je les rendrai plus rares que l'or d'Ophir. '•'C'est pourquoi j'ébranlerai les cieux, Et la terre sera secouée sur sa base. Par la colère de l'Eternel des armées. Au jour de son ardente fureur. '*Alors, comme une gazelle effarouchée. Comme un troupeau sans berger. Chacun se tournera vers son peuple. Chacun fuira vers son pays ; '^Tous ceux qu'on trouvera seront percés, Et tous ceux qu'on saisira tomberont par l'épée. '^Leurs enfants seront écrasés sous leurs yeux. Leurs maisons seront pillées, et leurs femmes violées. '"Voici, j'excite contre eux les Mèdes, Qui ne font point cas de l'argent. Et qui ne convoitent point l'or. '^De leurs arcs ils abattront les jeunes gens, Et ils seront sans pitié pour le fruit des entrailles : Leur œil n'épargnera point les enfants. '^Et Babylone, l'ornement des royaumes, La fière parure des Chaldéens, Sera comme Sodome et Gomorrhe, que Dieu détruisit. -"Elle ne sera plus jamais habitée. Elle ne sera plus jamais peuplée ; L'Arabe n'y dressera point sa tente. Et les bergers n'y parqueront point leurs troupeaux. -'Les animaux du désert y prendront leur gîte, Les hiboux rempliront ses maisons. Les autruches en feront leur demeure. Et les boucs y sauteront. ^^Les chacals hurleront dans ses palais. Et les chiens sauvages dans ses maisons de plaisance. Son temps est près d'arriver. Et ses jours ne se prolongeront pas. Chap. XIV. 'Car l'Eternel aura pitié de Jacob, Il choisira encore Israël, Et il les l'établira dans leur pays ; Les étrangers se joindront à eux. Et ils s'uniront à la maison de Jacob. -Les peuples les prendront, et les ramèneront à leur demeure, Et la maison d'Israël les possédera dans le pays de l'Eternel, Comme serviteurs et comme servantes ; 850 ÉSAIE. Chap. 11,3-16. Ils retiendront captifs ceux qui les avaient faits captifs, Et ils domineront sur leurs oppresseurs. 'Et quand l'Eternel t'aura donné du repos, Après tes fatigues et tes agitations. Et après la dure servitude qui te fut imposée, ^Alors tu prononceras ce chant sur le roi de Babylone, Et tu diras : Eh cjuoi ! le tyran n'est plus ! L'oppression a cessé ! ^L'Eternel a brisé le bâton des méchants, La A^erge des dominateurs. ^Celui qui dans sa fureur frappait les peuples, Par des coups sans relâche, Celui qui dans sa colère subjuguait les nations. Est poursuivi sans ménagement. "Toute la terre jouit du repos et de la paix ; On éclate en chants d'allégresse. *Les cyprès même, les cèdres du Liban, se réjouissent de ta chute : Depuis que tu es tombé personne ne monte pour nous abattre. 'Le séjour des morts s'émeut jusque dans ses profondeurs. Pour t'accueillir à ton arrivée ; Il réveille devant toi les ombres, tous les grands de la terre, Il fait lever de leurs trônes tous les rois des nations. '"Tous prennent la parole poui' te diie : Toi aussi, tu es sans force comme nous. Tu es devenu semblable à nous ! "Ta magnificence est descendue dans le séjour des morts, Avec le son de tes luths ; Sous toi est une couche de vers, Et les vers sont ta couverture. '-Te voilà tombé du ciel. Astre brillant, fils de l'aurore ! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations ! '*Tu disais en ton cœur : Je monterai au ciel, J'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; Je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée, A l'extrémité du septentrion ; '■'Je monterai sur le sommet des nues, Je serai semblable au Très-Haut. "'Mais tu as été précipité dans le séjour des morts. Dans les profondeurs de la fosse. '^Ceux qui te voient fixent sur toi leurs regards. Ils te considèrent attentivement : Est-ce là cet homme ({ui faisait trembler la terre, 851 Chap. 'U, 11-30. ÉSAIE. Qui ébranlait les royaumes, ''Qui réduisait le monde en désert, Qui ravageait les villes. Et ne relâchait point ses prisonniers? **Tous les rois des nations, oui tous, Reposent avec honneur, chacun dans son tombeau. '^Mais toi, tu as été jeté loin de ton sépulcre, Comme un rameau qu'on dédaigne. Comme une dépouille de gens tués à coups d'épée. Et précipités sur les pierres d'une fosse. Comme un cadavre foulé aux pieds. -"Tu n'es pas réuni à eux dans le sépulcre. Car tu as détruit ton pays, tu as fait périr ton peuple : On ne parlera plus jamais de la race des méchants. ^'Préparez le massacre des fils, A cause de l'iniquité de leurs pères ! Qu'ils ne se relèvent pas pour conquérir la terre, Et remplir le monde d'ennemis ! — - -^Je me lèverai contre eux, Dit l'Eternel des armées ; J'anéantirai le nom et la trace de Babylone, Ses descendants et sa postérité, dit rÉternel. -'J'en ferai le gîte du hérisson et un marécage, Et je la balaierai avec le balai de la destruction, Dit l'Eternel des armées. -■'L'Eternel des armées l'a juré, en disant : Oui, ce que j'ai décidé arrivera. Ce que j'ai résolu s'accomplira. -^Je briserai l'Assyrien dans mon pays, Je le foulerai aux pieds sur mes montagnes ; Et son joug leur sera ôté, Et son fardeau sera ôté de leurs épaules. -"Voilà la résolution prise contre toute la terre. Voilà la main étendue sur toutes les nations. ^''L'Éternel des armées a jiris cette résolution : qui s'y opposera? Sa main est étendue : qui la détournera : 0 Oracle contre les P/iilislins. ^'^ L'année de la mort du roi Achaz, cet oracle fut prononcé : "Ne te réjouis pas, pays des Philistins, De ce que la verge qui te frappait est brisée ! Car de la racine du serpent sortira un basilic. Et son fruit sera un dragon volant. '"Alors les plus pauvres pourront paître. Et les malheureux reposer en sécurité ; Mais je ferai mourir ta racine par la faim, 852 Es AIE. Chnp. 44.31-16.2. Et ce qui restera de toi sera tué. ^' Porte, gémis ! ville, lamente-toi ! Tremble, pays tout entier des Philistins ! Car du nord vient une fumée, Et les rangs de l'ennemi sont serrés. — ^-Et que répondra-t-on aux envoyés du peuple ? — Que l'Éternel a fondé Sion, Et que les malheureux de son peuple y trouvent un refuge. Chap. XV. ' Oracle sur Moab. La nuit même où elle est ravagée, Ar-Moab est détruite ! La nuit même où elle est ravagée, Kir-Moab est détruite !... ^On monte au temple et à Dibon, Sur les hauts lieux, pour pleurer; Moab est en lamentations, sur Nebo et sur Médeba : Toutes les têtes sont rasées. Toutes les barbes sont coupées. *Dans les rues, ils sont couverts de sacs, Sur les toits et dans les places, Tout gémit et fond en larmes. ■*Hesbon et Elealé poussent des cris. On entend leur voix jusqu'à Jahats ; Même les guerriers de Moab se lamentent. Ils ont l'effroi dans l'àme. ^Mon cœur gémit sur Moab, Dont les fugitifs se sauvent jusqu'à Tsoar, Jusqu'à Églatli-Schelischija ; Car ils font, en pleurant, la montée de Luchith, Et ils jettent des cris de détresse sur le chemin de Choronaïm ; ^Car les eaux de Nimrim sont ravagées, L'herbe est desséchée, le gazon est détruit, La verdure a disparu. 'C'est pourquoi ils ramassent ce qui leur reste, Et ils transportent leurs biens au delà du torrent des saules. ^Car les cris environnent les frontières de Moab ; Ses lamentations retentissent jusqu'à Eglaïm, Ses lamentations retentissent jusqu'à Beer-Elim. 'Les eaux de Dimon sont pleines de sang, Et j'enverrai sur Dimon de nouveaux malheurs, Un lion contre les réchappes de Moab, Contre le reste du ])ays. Chap. XVI. 'Envoyez les agneaux au souverain du pays. Envoyez-les de Séla, par le désert, A la montagne de la fille de Sion. *Tel un oiseau fugitif, telle une nichée effarouchée, Telles seront les fdles de Moab, au passage de l'Arnon. — 853 Chap. 16,3-17,% ÉSAIE. 'Donne conseil, fais justice, Couvre-nous en plein midi de ton ombre comme de la nuit, Cache ceux cjue l'on poursuit. Ne trahis pas le fugitif! ^Laisse séjourner chez toi les exilés de Moab, Sois pour eux un refuge contre le dévastateur ! Car l'oppression cessera, la dévastation finira. Celui qui foule le pays disparaîtra. ^Et le trône s'affermira par la clémence ; Et l'on y verra siéger fidèlement, dans la maison de David, Un juge ami du droit et zélé pour la justice. — ^Nous entendons l'orgueil du superbe Moab, Sa fierté et sa hauteur, son arrogance et ses vains discours. 'C'est pourquoi Moab gémit sur Moab, tout gémit ; Vous soupirez sur les ruines de Kir-Haréseth, Profondément abattus. ^Caries campagnes de Hesbon languissent*; Les maîtres des nations ont brisé les ceps de la vigne de Sibnia Qui s'étendaient jusqu'à Jaezer, c{ui erraient dans le désert : Les rameaux se prolongeaient, et allaient au delà de la mer. 'Aussi je pleure sur la vigne de Sibma, comme sur Jaezer ; Je vous arrose de mes larmes, Hesbon, Élealé ! Car sur votre récolte et sur votre moisson Est venu fondre un cri de guerre. '"La joie et l'allégresse ont disparu des campagnes ; Dans les vignes, plus de chants, plus de réjouissances ! Le vendangeur ne foule plus le vin dans les cuves ; J'ai fait cesser les cris de joie. "Aussi mes entrailles frémissent sur Moab, comme une harpe, Et mon cœur sur Kir-jlarès. '^On voit Moab, qui se fatigue sur les hauts lieux ; Il entre dans son sanctuaire pour prier, et il ne peut rien obtenir. ''Telle est la parole que l'Eternel a prononcée dès longtemps sur Moab. '■'Et maintenant l'Eternel parle, et dit : Dans trois ans, comme les années d'un mercenaire, La gloire de Moab sera l'objet du mépris, Avec toute cette grande multitude ; Et ce qui restera sera peu de chose, presque rien. Chap. XVIl. ^Oracle sur Damas. Voici, Damas ne sera plus une ville, Elle ne sera qu'un monceau de ruines. ^Les villes d'Aroër sont abandonnées, Elles sont livrées aux troupeaux ; Ils s'y couchent, et personne ne les effraie. 854 ÉSAIE. Chap. 17,3-1 •^C'en est fait de la forteresse d'Ephraïm, l']t du royaume de Damas, et du reste de la Syrie : II en sera comme de la gloire des enfants d'Israël, Dit l'Éternel des armées. ^En ce jour, la gloire de Jacob sera affaiblie. Et la graisse de sa chair s'évanouira. ^11 en sera comme quand le moissonneur récolte les blés. Et que son bras coupe les épis ; Comme quand on ramasse les épis, Dans la vallée de Rephaïm. "Il en restera un giaj)pillage, comme quand on secoue Tolivier, Deux, trois olives, au haut de la cime, Quatre, cinq, dans ses branches à fruits. Dit l'Éternel, le Dieu d'Israël. 'En ce jour, l'homme regardera vers son créateur. Et ses yeux se tourfieront vers le Saint d'Israël ; ''Il ne regardera plus vers les autels, Ouvrage de ses mains. Et il ne contemplera plus ce que ses doigts ont fabriqué, Les idoles d'Astarté et les statues du soleil. "En ce jour, ses villes fortes seront Comme des débris dans la forêt et sur la cime des montagnes, Abandonnés devant les enfants d'Israël : Et ce sera un désert. '"Car tu as oublié le Dieu de ton salut. Tu ne t'es pas souvenu du rocher de ton refuge. Aussi tu as fait des plantations d'agrément. Tu as planté des ceps étrangers ; "Lorque tu les plantas, tu les entouras d'une haie, Et bientôt tu les fis venir en fleurs. Mais la récolte a fui, au moment de la jouissance : Et la douleur est sans remède. *-0h ! quelle rumeur de peuples nombreux ! Ils mugissent comme mugit la mer. Quel tumulte de nations ! Elles grondent comme grondent les eaux puissantes. "Les nations grondent comme grondent les grandes eaux.... II les menace, et elles fuient au loin, Chassées comme la balle des montagnes au souille du vent. Comme la poussière par un tourbillon. '^Quand vient le soir, voici, c'est une ruine soudaine ; Avant le matin, ils ne sont j^lus ! Voilà le ]>artage de ceux cpii nous dépouillent, Le sort île ceux qui nous pillent. roù Chap. lS.i-19,'.. ÉSAIE. Chap. XVIII. 'Terre, où retentit le cliquetis des armes, Au delà des fleuves de TEthiopie ! *Toi qui envoies sur mer des messagers, Dans des navires de jonc voguant à la surface des eaux ! Allez, messagers rapides, vers la nation forte et vigoureuse. Vers ce peuple redoutable depuis qu'il existe, Nation puissante et qui écrase tout. Et dont le pays est coupé par des fleuves. "Vous tous, habitants du monde, habitants de la terre, Voyez la bannière qui se dresse sur les montagnes. Ecoutez la trompette qui sonne ! ■'Car ainsi m'a parlé l'Eternel : Je regarde tranquillement de ma demeure, Par la chaleur brillante de la lumière. Et par la vapeur de la rosée, au temps de la chaude moisson. ^Mais avant la moisson, quand la pousse est achevée, Quand la fleur devient un raisin qui mûrit. Il coupe les sarments avec des serpes. Il enlève, il tranche les ceps — '^Ils'' seront tous abandonnés aux oiseaux de proie des montagnes Et aux bêtes de la terre ; Les oiseaux de proie passeront l'été sur leurs cadavres. Et les bêtes de la terre y passeront l'hiver. 'En ce temps-là, des offrandes seront apportées à l'Eternel des armées. Par le peuple fort et vigoureux, Par le peuple redoutable depuis qu'il existe. Nation puissante et qui écrase tout. Et dont le pays est coupé par des fleuves ; Elles seront apportées là où réside le nom de l'Eternel des armées, Sur la montagne de Sion. Chap. XIX. ^Oracle sur V Egypte. Voici, l'Eternel est monté sur une nuée rapide, il vient en Egypte ; Et les idoles de l'Egypte tremblent devant lui. Et le cœur des Egyptiens tombe en défaillance. -J'armerai l'Égyptien contre l'Egyptien, Et l'on se battra frère contre frère, ami contre ami. Ville contre ville, royaume contre royaume. ■'L'esprit de l'Egypte disparaîtra du milieu d'elle, Et j'anéantirai son conseil ; On consultera les idoles et les enchanteurs. Ceux qui évoquent les morts et ceux qui prédisent l'avenir. ■•Et je livrerai l'Egypte entre les mains d'un maître sévère ; Un roi cruel dominera sur eux, Dit le Seigneur, l'Eternel des armées. a. Les Assyriens. 856 ÉSAIE. Chap. 19,5-19. 'Les eaux de la mer'' tariront, Le fleuve deviendra sec et aride, 'Les rivières seront infectes, Les canaux de l'Egypte seront bas et desséchés, Les joncs et les roseaux se flétriront. 'Ce ne sera que nudité le long du fleuve, à l'embouchure du fleuve; Tout ce qui aura été semé près du fleuve se desséchera, Se réduira en poussière et périra. *Lcs pêcheurs gémiront, Tous ceux qui jettent l'hameçon dans le fleuve se lamenteront, Et ceux qui étendent des fdets sur les eaux seront désolés. ^Ceux qui travaillent le lin peigné Et qui tissent des étofTes blanches seront confus. '"Les soutiens du pays seront dans l'abattement, Tous les mercenaires auront l'àme attristée. "Les princes de Tsoan ne sont que des insensés. Les sages conseillers de Pharaon forment un conseil stupide. Comment osez-vous dire à Pharaon : Je suis fds des sages, fils des anciens rois ? '-Où sont-ils donc tes sages ? Qu'ils te fassent des révélations. Et qu'on apprenne ce que l'Eternel des armées a résolu contre l'Egypte. '•''Les princes de Tsoan sont fous, Les princes de Noph sont dans l'illusion. Les chefs des tribus égarent l'Egypte ; '*L'Éternel a répandu au milieu d'elle un esprit de vertige, Pour qu'ils fassent chanceler les Egyptiens dans tous leurs actes, Comme un homme ivre chancelle en vomissant. ''Et l'Egypte sera hors d'état de faire Ce que font la tète et la queue, La branche de palmier et le roseau *. '^En ce jour, l'Egypte sera comme des femmes : Elle tremblera et aura peur. En voyant s'agiter la main de l'Eternel des armées. Quand il la lèvera contre elle. "Et le pays de Juda sera pour l'Egypte un objet d'effroi : Dès qu'on lui en parlera, elle sera dans l'épouvante, A cause de la résolution prise contre elle par l'Éternel des armées. '^En ce temps-là, il y aura cinq villes au pays d'Egypte, Qui parleront la hingue de Canaan, Et qui jureront par l'Eternel des armées : L'une d'elles sera appelée ville de la délivrance. '^En ce même temps, il y aura un autel à l'Eternel Au milieu du pays d'Egypte, a. Le Nil, comme tous les grands fleuves, est (Hiel([uefois appelé ilu nom de mer. b. Image di'jù employée 9,13, et qui exprime. iei l'état d'impuissance ou l'Egypte sera réduite. 857 Chap. 19, 70-21, Q. ÉSAIE. Et sur la frontière un monument à l'Eternel. -"Ce sera pour l'Eternel des armées un signe et un témoignage Dans le pays d'Egypte; Ils crieront à l'Eternel à cause des oppresseurs, Et il leur enverra un sauveur et un défenseur pour les délivrer. -'Et l'Eternel sera connu des Égyptiens, Et les Egyptiens connaîtront l'Eternel en ce jour-là; Ils feront des sacrifices et des offrandes. Ils feront des vœux à l'Eternel et les accompliront. --Ainsi l'Elternel frappera les Egyptiens, Il les frappera, mais il les guérira; Et ils se convertiront à l'Eternel, Qui les exaucera et les guérira. -^En ce même tcm])s, il y aura une route d'Egypte en Assyrie : Les Assyriens iront en Egypte, et les Egyptiens en Assyrie, Et les Egyptiens avec les Assyriens serviront l'Eternel. -"'En ce même temps, Israël sera, lui troisième. Uni à l'Egypte et à l'Assyrie, Et ces pays seront l'objet d'une bénédiction. -^L'Eternel des armées les bénira, en disant : Bénis soient l'Egyjjte, mon peuple. Et l'Assyrie, œuvre de mes mains. Et Israël, mon héritage ! Les Egyptiens et les litliiopiens captifs du roi d'Assyrie. Chap. XX. 'L'année OÙ Thartlian, thiopie captifs et exilés les jeunes envoyé par Sargon, roi d'Assyrie, vint hommes et les vieillards, nus et dé- assiéger Asdod et s'en empara, -en ce chaussés, et le dos découvert, à la temps-là l'Eternel adressa la parole à honte de l'Egvpte. Esaïe, fils d'Amots, et lui dit : Va, dé- ^Alors on " sera dans l'effroi et dans tache le sac de tes reins et ôte tes sou- la confusion, à cause de l'Ethiopie en liers de tes pieds. Il fit ainsi,' marcha cpii l'on avait mis sa confiance, et de nu et déchaussé. l'Egypte dont on se glorifiait. '^Et les •'Et l'Eternel dit : De même que habitants de cette côte diront en ce mon serviteur Esaïe marche nu et dé- jour : Voilà ce qu'est devenu l'objet chaussé, ce qui sera dans trois ans un de notre attente, sur lequel nous avions signe et un présage pour l'Egypte et compté pour être secourus, pour être pour l'Ethiopie, ''de même le roi d'As- délivrés du roi d'Assyrie ! Comment Syrie emmènera de l'Egypte et de l'É- échapperons-nous ? Chap. XXI. * Oracle sur le désert de la mer *. Comme s'avance l'ouragan du midi, II'' vient du désert, du pays redoutable. -Une vision terrible m'a été révélée. a. On. les Israélites, qui oomptiiient sur l'nppui de l'Egypte cl de 1 Ethiopie. b. Manitre de désigner Ba- bvlone, située dans une vaste plaine et entourée des eaux de 1 Eupluale. v. Il, l'ennemi. 858 ÉSAIE. Chap. 21,3-1!.. L'oppresseur opprime, le dévastateur dévaste. — ■ Monte, Elam " ! Assiège, Médie ! Je fais cesser tous les soupirs. — ^C'est pourquoi mes reins sont remplis d'angoisses ; Des douleurs me saisissent, Comme les douleurs d'une femme en travail ; Les spasmes m'empêchent d'entendre. Le tremblement m'empêche de voir. ■•Mon cœur est troublé, La terreur s'empare de moi ; La nuit de mes plaisirs devient une nuit d'épouvante. ^On dresse la table, la garde veille, on mange, on boit... Debout, princes ! oignez le bouclier ! *Car ainsi m'a parlé le Seigneur : Va, place la sentinelle ; Qu'elle annonce ce qu'elle verra. — 'Elle vit de la cavalerie, des cavaliers deux à deux, Des cavaliers sur des ânes, des cavaliers sur des chameaux ; Et elle était attentive, très attentive. ^Puis elle s'écria, comme un lion : Seigneur, je me tiens sur la tour toute la journée. Et je suis à mon poste toutes les nuits ; '■'Et voici, il vient de la cavalerie, des cavaliers deux à deux ! Elle prit encore la parole, et dit : Elle est tombée, elle est tombée, Babylone, Et toutes les images de ses dieux sont brisées par terre ! — '"0 mon peuple, qui as été battu comme du grain dans mon aire ! Ce que j'ai appris de l'Eternel des armées. Dieu d'Israël, Je vous l'ai annoncé. " Oracle sur Dama. On me crie de Séir : Sentinelle, que dis-tu de la nuit? Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? '-La sentinelle répond : Le matin vient, et la nuit aussi. Si vous voulez interroger, interros-ez ; Convertissez-vous, et revenez. ^^ Oracle sur l'Arabie. Vous passerez la nuit dans les broussailles de l'Arabie, Caravanes de Dedan ! '^Portez de l'eau à ceux qui ont soif; Les habitants du pays de Théma Portent du pain aux fugitifs. a. ElatH, la Perse. 859 55 • Chap. 2 1,15-23, i3. ES AIE. '^Car ils fuient devant les épées, Devant l'épée nue, devant Tare tendu, Devant un combat acharné. "^Car ainsi m'a parlé le Seigneur : Encore une année, comme les années d'un mercenaire, Et c'en est fait de toute la gloire de Kédar. '^11 ne restera qu'un petit nombre des vaillants archers, fils de Kédar, Car l'Eternel, le Dieu d'Israël, l'a déclaré. Chap. XXII. ' Oi^acle su?^ la vallée des visions ". Qu'as-tu donc, que tout ton peu])Ie monte sur les toits ? ^Ville bruyante, pleine de tumulte. Cité joyeuse ! Tes morts ne périront pas par l'épée. Ils ne mourront pas en combattant. ^Tous tes chefs fuient ensemble. Ils sont faits prisonniers par les archers ; Tous tes habitants deviennent à la fois captifs. Tandis qu'ils prennent au loin la fuite. •'C'est pourquoi je dis : Détournez de moi les regards. Laissez-moi pleurer amèrement; N'insistez pas pour me consoler Du désastre de la fille de mon peuple. ^Car c'est un jour de trouble, d'écrasement et de confusion, Envoyé par le Seigneur, l'Éternel des armées. Dans la vallée des visions. On démolit les murailles, Et les cris de détresse retentissent vers la montagne. 'Elam porte le carquois; Des chars de combattants, des cavaliers, s'avancent; Kir met à nu le bouclier. 'Tes plus belles vallées sont remplies de chars, Et les cavaliers se rangent en bataille à tes portes. ^Les derniers retranchements de Juda sont forcés*, Et en ce jour tu visites les armures de la maison de la forêt. ^Vous regardez les brèches nombreuses faites à la ville de David, Et vous retenez les eaux de l'étang inférieur. '"Vous comptez les maisons de Jérusalem, Et vous les abattez, pour fortifier la muraille. "Vous faites un réservoir entre les deux murs. Pour les eaux de l'ancien étang, Mais vous ne regardez pas vers celui qui a voulu ces choses. Vous ne voyez pas celui qui les a préparées de loin. '-Le Seigneur, l'Eternel des armées, vous appelle en ce jour A pleurer et à vous frapper la poitrine, A vous raser la tête et à ceindre le sac. '^Et voici de la gaîté et de la joie ! ays ! '^Celui qui fuit devant les cris de terreur tombe dans la fosse. Et celui qui remonte de la fosse se prend au lilet, Car les écluses d'en haut s'ouvrent, ■! vui i Et les fondements de la terre sont ébranlés. "'La terre est déchirée, La terre se brise, La terre chancelle. -"La terre chancelle comme un homme ivre. Elle vacille comme une cabane ; Sou péché pèse sur elle. Elle tombe, et ne se relève plus. -'En ce temps-là, l'Eternel châtiera dans le ciel l'armée d'eu haut, Et sur la terre les rois de la terre. ^-Ils seront assemblés captifs dans une prison. Ils seront enfermés dans des cachots. Et, après un grand nombre de jours, ils seront châtiés. -■^La lune sera couverte de honte, Et le soleil de confusion ; Car l'Eternel des armées régnera Sur la montagne de Sion et à Jérusalem, Resplendissant de gloire en présence de ses anciens. Chaj). A'.YT^ 'O Eternel! tu es mon Dieu; Je t'exalterai, je célébrerai ton nom. Car tu as fait des choses merveilleuses; Tes desseins conçus à l'avance se sont fidèlement accomplis. -Car tu as réduit la ville* en un monceau de pierres, La cité forte en un tas de ruines ; La forteresse des barbares est détruite, Jamais elle ne sera rebâtie. ^ C'est pourquoi les peuples puissants te glorifient. Les villes des nations puissantes te craignent. ■•Tu as été un refuge pour le faible, a. Ih^ les i-estes dispersés d'Israël. b. Babylone. ÉSAIE. Chnp.^5,i-26,'.. Un refuge pour le malheureux dans la détresse, Un abri contre la tempête, Un ombrage contre la chaleur; Car le souffle des tyrans Est comme l'ouragan ([ui frappe une muraille. ^ Comme tu domptes la chaleur dans une terre brûlante. Tu as dompte le tumulte des barbares ; Comme la chaleur est étouffée par roml)re d'un nuage, Ainsi ont été étouffés les chants de triomphe des tyrans. ^L'Eternel des armées prépare à tous les peuples, sur cette montagne, Un festin de mets succulents, Un festin de vins vieux, De mets succulents, pleins de moelle, De vins vieux, clarifiés. 'Et, sur cette montagne, il anéantit le voile qui voile tous les peuples, La couverture qui couvre toutes les nations ; '^ll anéantit la mort jiour toujours; Le Seigneur, l'Eternel, essuie les larmes de tous les visages. Il fait disparaître de toute la terre l'opprobre de son peuple ; Car l'Eternel a parlé. '-'f]n ce jour l'on dira : A'oici, c'est notre Dieu, en qui nous avons confiance. Et c'est lui qui nous sauve ; C'est l'Eternel, en qui nous avons confiance ; Soyons dans l'allégresse, et réjouissons-nous de son salut ! "Car la main de l'Eternel repose sur cette montagne ; Et Moab est foulé sur place. Comme la paille est foulée dans une mare à fumier. "Au milieu de cette mare, il étend ses mains, Comme le nageur les étend pour nager; Mais l'Eternel abat son orgueil. Et déjoue l'artifice de ses mains. '-Il renverse, il précipite les fortifications élevées de tes murs. Il les fait crouler à terre, jusque dans la poussière. Chap. XXVI. 'En ce jour, on chantera ce cantique dans le pays de Juda : Nous avons une ville forte" ; Il nous donne le salut pour murailles et pour rempart. -Ouvrez les portes, Laissez entrer la nation juste et fidèle. ■'A celui qui est ferme dans ses sentiments Tu assures la paix, la paix. Parce qu'il se confie en toi. •'Confiez-vous en l'Eternel à perpétuité. Car l'Eternel, l'Eternel est le rocher des siècles. a. Jérusalem. 865 Chap. 20,5-10. ÉSAIE. ^11 a renversé ceux qui habitaient les hauteurs, Il a abaissé la ville superbe" ; Il l'a abaissée jusqu'à terre, Il lui a fait toucher la poussière. *Elle est foulée aux pieds, Aux pieds des pauvres, sous les pas des misérables. "Le chemin du juste est la droiture; Toi qui es juste, tu aplanis le sentier du juste. *Aussi nous t'attendons, ô Éternel ! sur la voie de tes jugements ; Notre àme soupire après ton nom et après ton souvenir. '-'Mon àme te désire pendant la nuit. Et mon esprit te cherche au dedans de moi ; Car, lorsque tes jugements s'exercent sur la terre. Les habitants du monde apprennent la justice. '"Si l'on fait grâce au méchant, il n'apprend pas la justice, Il se livre au mal dans le pays de la droiture. Et il n'a point égard à la majesté de Dieu. "Eternel, ta main est puissante: Ils ne ra]3ercoivent pas. Ils verront ton zèle pour le peuple, et ils en seront confus; Le feu consumera tes ennemis. '-Eternel, tu nous donnes la paix; Car tout ce que nous faisons. C'est toi qui l'accomplis pour nous. '^Eternel, notre Dieu, d'autres maîtres que toi ont dominé sur nous; Mais c'est grâce à toi seul que nous invoquons ton nom. '■'Ceux qui sont morts ne revivront pas, Des ombres ne se relèveront pas ; Car tu les as châtiés, tu les as anéantis. Et tu en as détruit tout souvenir. '^Multiplie le peuple, ô Eternel ! Multiplie le peuple, manifeste ta gloire ; Recule toutes les limites du pays. "Eternel, ils t'ont cherché, quand ils étaient dans la détresse ; Ils se sont répandus en prières, quand tu les as châtiés. ''Comme une femme enceinte, sur le point d'accoucher. Se tord et crie au milieu de ses douleurs. Ainsi avons-nous été, loin de ta face, ô Eternel ! "*Nous avons conçu, nous avons éprouvé des douleurs, Et, quand nous enfantons, ce n'est que du vent : Le pays n'est pas sauvé. Et ses habitants ne sont pas nés. '^Que tes morts revivent ! Que mes cadavres se relèA^ent ! a. Babylone. 866 ÉSAIE. Chap.20.vj-27,n. Réveillez-vous et tressaillez de joie, habitants de la poussière ! Car ta rosée est une rosée vivifiante, Et la terre redonnera le jour aux ombres. -"Va, mon peuple, entre dans ta chambre, Et ferme la porte derrière toi ; Cache-toi pour quelques instants, Jusqu'à ce que la colère soit passée. -'Car voici, l'Eternel sort de sa demeure, Pour punir les crimes des habitants de la terre ; Et la terre mettra le sang à nu. Elle ne couvrira plus les meurtres. Chap. XXVII. ' En ce jour, l'Eternel frappera de sa dure, grande et forte épée, Le léviathan", serpent fuvard. Le léviathan, serpent tortueux; Et il tuera le monstre qui est dans la mer. -En ce jour-là. Chantez un cantique sur la vigne. ^Moi, l'Eternel, j'en suis le gardien, Je l'arrose à chaque instant ; De peur qu'on ne l'attaque. Nuit et jour je la garde. ''Il n'y a point en moi de colère ; Mais si je trouve à combattre des ronces et des épines. Je marcherai contre elles, je les consumerai toutes ensemble, '^A moins qu'on ne me prenne pour refuge, Qu'on ne fasse la paix avec moi. Qu'on ne fasse la paix avec moi. ^Dans les temps à venir, Jacob prendra racine, Israël poussera des fleurs et des rejetons. Et il remplira le monde de ses fruits. "L'Eternel l'a-t-il frappé comme il a frappé ceux qui le frappaient? L'a-t-il tué comme il a tué ceux qui le tuaient ? *C'est avec mesure que tu l'as châtié par l'exil. En l'emportant par le souffle impétueux du vent d'orient. ^Ainsi le crime de Jacob a été expié. Et voici le fruit du pardon de son péché : L'Eternel a rendu toutes les pierres des autels Pareilles à des pierres de chaux réduites en poussière ; Les idoles d'Astarté et les statues du soleil ne se relèveront plus. '"Car la ville forte est solitaire, C'est une demeure délaissée et abandonnée comme le désert ; Là pâture le veau, il s'y couche, et broute les branches. "Quand les rameaux sèchent, on les brise ; a. Le léviathan, luoiislre muiin ; au ligurt', une puissance ennemie, ici Babylone. 867 , Chap. 37, 12-38, s. ÉSAIE. Des femmes viennent, pour les brûler. C'était un jieuple sans intelligence : Aussi celui qui l'a fait n'a point eu pitié de lui, Celui qui l'a formé ne lui a point fait grâce. '-En ce temps-là, L'Eternel secouera des fruits. Depuis le cours du fleuve" jusqu'au torrent d'Egvjite ; Et vous serez ramassés un à un, enfants d'Israël ! '^En ce jour, on sonnera de la grande trompette, Et alors reviendront ceux qui étaient exilés au pays d'Assyrie Ou fugitifs au pays d'Egypte ; Et ils se prosterneront devant l'Eternel, Sur la montagne sainte, à Jérusalem. Les ennemis du dedans et ceux du dehors. Chap. XXVIII. 'Malheur à la couronne superbe* des ivrognes d'Ephraïm, A la ileur fanée, qui fait l'éclat de sa parure. Sur la cime de la fertile vallée de ceux ([ui s'enivrent ! -Voici venir, de par le Seigneur, un homme fort et puissanf. Gomme un orage de grêle, un ouragan destructeur. Comme une tempête qui précijiite des torrents d'eaux : Il la fait tomber en terre avec violence. ^Elle sera foulée aux pieds, La couronne superbe des ivrognes d'E]:)hraïm ; ■'Et la fleur fanée, qui fait l'éclat de sa parure, Sur la cime de la fertile vallée. Sera comme une figue hâtive qu'on aperçoit avant la récolte, Et qui, à peine dans la main, est aussitôt avalée. ''En ce jour, l'Eternel des armées sera Une couronne éclatante et une parure magnifique Pour le reste de son peuple'', ■.'■ '<]{■.. '*Un esprit de justice pour celui cjui est assis au siège de la justice, Et une force pour ceux qui l'epoussent l'ennemi jusqu'à ses portes. "Mais eux'' aussi, ils chancellent dans le vin, Et les boissons fortes leur donnent des vertiges ; Prêtres et prophètes chancellent dans les boissons fortes, Ils sont absorbés par le vin. Ils ont des vertiges à cause des boissons fortes ; Ils chancellent en prophétisant. Ils vacillent en rendant la justice. ^Toutes les tables sont pleines de vomissements, d'ordures ; Il n'y a plus de places. — ; • ; , a. L'Euphrate. h. Samarie, située sur une émînénce et entourée de collines. c. Le roi d'Assyrie, Salma- iiasar. d. Jérusalem et le royaume de Juda. e. Les habitants de Juda. 868 ÉSAIE. Chnp.28,9-n. 'A qui veut-on enseigner la sagesse ? A qui veut-on donner des leçons ? Est-ce à des enfants qui viennent d'être sevrés, Qui viennent de quitter la mamelle ? '"Car c'est préce])tc sur précepte, précejite sur précepte, Règle sur règle, règle sur règle. Un peu ici, un peu là. — "Hé bien ! c'est ])ar des hommes aux lèvres balbutiantes Et au langage barbare " Que l'Eternel j)arlera à ce peu|)le. '-Il lui disait : Voici le repos. Laissez reposer celui qui est fatigué ; Voici le lieu du repos ! Mais ils n'ont point voulu écouter. ''Et ]>our eux la ])arole de rj']ternel sera Précepte sur ])récepte, précepte sur précepte. Règle sur règle, règle sur règle. Un peu ici, un peu là, Afin qu'en marchant ils tombent à la renverse et se brisent. Afin qu'ils soient enlacés et pris. '■'Ecoutez donc la parole de l'Eternel, mocpieurs, ^'ous qui dominez sur ce peu])îe de Jérusalem ! '^Vous dites : Nous avons fait une alliance avec la mort. Nous avons fait un ]Kicte avec le séjour des morts ; Quand le fléau débordé passera, il ne nous atteindra pas. Car nous avons la fausseté pour refuge et le mensonge pour abri. '^C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, j'ai mis pour fondement en Sion une ])ierre. Une ])ierre éprouvée, une pierre angulaire de prix, solidement posée ; Celui (pii la jn-endra pour appui n'aura point hâte de fuir. '"Je ferai de la tiroiture une règle. Et de la justice un niveau ; Et la grêle emportera le refuge de la fausseté, Et les eaux inonderont l'abri du mensonge. ''^Votre alliance avec la mort sera détruite. Votre pacte avec le séjour des morts ne subsistera pas ; Quand le fléau débordé passera. Vous serez ]>ar lui foulés aux pieds. '"Chaque fois qu'il passera, il vous saisira ; Car il passera tous les matins, le jour et la nuit, Et son bruit seul donnera l'épouvante. -"Le lit sera trop court pour s'y étendre. Et la couverture trop étroite pour s'en envelopper. -'Car l'Eternel se lèvera comme à la montagne de Peratsim, Il s'irritera comme dans la vallée de Gabaon, Pour laire son a'u\ re, son œuvre étrange, a. Les .assyriens. 869 Chap. 28,72-29,5. ÉSAIE. Pour exécuter son travail, son travail inouï. '--Maintenant, ne vous livrez point à la moquerie. De peur que aos liens ne soient resserrés ; Car la destruction de tout le pays est résolue. Je l'ai appris du Seigneur, de l'Eternel des armées. -"Prêtez l'oreille, et écoutez ma voix ! Soyez attentifs, et écoutez ma parole ! "Celui qui laboure pour semer laboure-t-il toujours? Ouvre-t-il et brise-t-il toujours son terrain ? -^N'est-ce pas après en avoir aplani la surface Qu'il répand de la nielle" et sème du cumin ; Qu'il met le froment par rangées, L'orge à une place marquée. Et l'épeautre sur les bords ? -^Son Dieu lui a enseigné la marche à suivre. Il lui a donné ses instructions. -'On ne foule pas la nielle avec le traîneau. Et la roue du chariot ne passe pas sur le cumin ; Mais on bat la nielle avec le bâton, Et le cumin avec la verge. '-'*0n bat le blé. Mais on ne le bat pas toujours ; On y pousse la roue du chariot et les chevaux. Mais on ne l'écrase pas. -"Cela aussi vient de l'Eternel des armées ; Admirable est son conseil, et grande est sa sagesse. Chap. XXIX. ' Malheur à Ariel, à Ariel * ! Cité dont David fit sa demeure ! Ajoutez année à année. Laissez les fêtes accomplir leur cycle. ^Puis j'assiégerai Ariel ; Il y aura des plaintes et des gémissements ; Et la ville sera pour moi comme un Ariel. 'Je t'investirai de toutes parts. Je te cernerai par des postes armés, J'élèverai contre toi des retranchements. •'Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, Et les sons en seront étouffés par la poussière ; Ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, Et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours. ^La multitude de tes ennemis sera comme une fine poussière, Cette multitude de guerriers sera comme la balle qui vole, a. Ne pas conlondre la nielle ou nigelle, plante, avec la nielle, maladie des grains. b. Ariel, Jérusalem, de deux mots il. Bel et Nebo, divinités des Babyloniens. 900 ÉSAIE. Chap. 46,6-47,5. •^IIs versent l'or de leur bourse, Et pèsent l'argent à la balance ; Ils paient un orfèvre, pour qu'il en fasse un dieu, Et ils adorent et se prosternent. ^Ils le portent, ils le chargent sur l'épaule, Ils le mettent en place, et il y reste ; Il ne bouge pas de sa place ; Puis on crie vers lui, mais il ne répond pas, Il ne sauve pas de la détresse. *Souvenez-vous de ces choses, et soyez des hommes ! Pécheurs, rentrez en vous-mêmes ! "Souvenez-vous de ce qui s'est passé dès les temps anciens; Car je suis Dieu, et il n'y en a point d'autre, Je suis Dieu, et nul n'est semblable à moi. '"J'annonce dès le commencement ce c|ui doit arriver. Et longtemps d'avance ce cjui n'est pas encore accompli ; Je dis : Mes arrêts subsisteront, Et j'exécuterai toute ma volonté. "C'est moi qui appelle de l'orient un oiseau de proie. D'une terre lointaine un homme pour accomplir mes desseins, Je l'ai dit, et je le réaliserai ; Je l'ai conçu, et je l'exécuterai. '-Ecoutez-moi, gens endurcis de cœur. Ennemis de la droiture ! '^Je fais approcher ma justice : elle n'est pas loin ; Et mon salut : il ne tardera pas. Je mettrai le salut en Sion, Et ma gloire sur Israël. Babylone abaissée. Chap. XLVII. 'Descends, et assieds-toi dans la poussière. Vierge, fille de Babylone ! Assieds-toi à terre, sans trône. Fille des Chaldéens ! On ne t'appellera plus délicate et voluptueuse. -Prends les meules, et mouds de la farine ; Ote ton voile, relève les pans de ta robe, Découvre tes jambes, traverse les fleuves ! 'Ta nudité sera découverte. Et ta honte sera vue. J'exercerai ma vengeance. Je n'épargnerai personne. ■ — ■ *Notre rédempteur, c'est celui qui s'appelle l'Éternel des armées, C'est le Saint d'Israël. — ^Assieds-toi en silence, et va dans les ténèbres, Fille des Chaldéens ! On ne t'appellera plus la souveraine des royaumes. 901 Chap. 47,6-15. ÉSAIE. ^J'étais irrité contre mon peuple, J'avais profané mon héritage, Et je les avais livrés entre tes mains : Tu n'as pas eu pour eux de la compassion, Tu as durement appesanti ton joug sur le vieillard. 'Tu disais : A toujours je serai souveraine! Tu n'as point mis dans ton esprit, Tu n'as point songé que cela prendrait fin. 'Ecoute maintenant ceci, voluptueuse, Qui t'assieds avec assurance. Et qui dis en ton cœur : Moi, et rien que moi ! Je ne serai jamais veuve. Et je ne serai jamais privée d'enfants ! 'Ces deux choses t'arriveront subitement, au mémo jour, La privation d'enfants et le veuvage ; Elles fondront en plein sur toi. Malgré la multitude de tes sortilèges. Malgré le grand nombre de tes enchantements. "*Tu avais confiance dans ta méchanceté, Tu disais : Personne ne me voit ! Ta sagesse et ta science t'ont séduite. Et tu disais en ton cœur : Moi, et rien que moi ! "Le malheur viendra sur toi. Sans que tu en voies l'aurore ; La calamité tombera sur toi, Sans que tu puisses la conjurer; Et la ruine fondra sur toi tout à coup, A l'improviste. ** Reste donc au milieu de tes enchantements Et de la multitude de tes sortilèges, Auxquels tu as consacré ton travail dès ta jeunesse; Peut-être pourras-tu en tirer profit, Peut-être deviendras-tu redoutable. "Tu t'es fatiguée à force de consulter : Qu'ils se lèvent donc et qu'ils te sauvent. Ceux qui connaissent le ciel, Qui observent les astres. Qui annoncent, d'après les nouvelles lunes. Ce cjui doit t'arriver ! '*Voici, ils sont comme de la paille, le feu les consume. Ils ne sauveront pas leur vie des flammes : Ce ne sera pas du charbon dont on se chauffe. Ni un feu auprès duquel on s'assied. '^Tel sera le sort de ceux que tu te fatiguais à consulter. Et ceux avec qui tu as trafiqué dès ta jeunesse 902 , ^ ÉSAIE. C hop. 48.1-13. Se disperseront chacun de son côté : Il n'y aura personne qui vienne à ton secours. Les anciennes et les noin'cUes prédictions. Chap. XLVIII. 'Ecoutez ceci, maison de Jacob, Vous qui portez le nom d'Israël, Et qui êtes sortis des eaux de Juda ; Vous qui jurez par le nom de l'Eternel, Et qui invoquez le Dieu d'Israël, Mais sans vérité ni droiture ! -Car ils prennent leur nom île la ville sainte, Et ils s'appuient sur le Dieu d'Israël, Dont le nom est l'Eternel des armées. ^Dès longtemps j'ai fait les premières prédictions. Elles sont sorties de ma bouche, et je les ai publiées : Soudain j'ai agi, et elles se sont accomplies. *Sachant que tu es endurci, Que ton cou est une barre de fer, Et que tu as un front d'airain, ^Je t'ai annoncé dès longtemps ces choses, Je te les ai déclarées avant qu'elles arrivassent. Afin que tu ne disses pas : C'est mon idole qui les a faites, C'est mon image taillée ou mon image en fonte qui les a ordonnées. *Tu entends ! Considère tout cela ! Et vous, ne l'avouerez-vous pas?... Maintenant, je t'annonce des choses nouvelles, Cachées, inconnues de toi. "Elles se produisent à présent, et n'appartiennent point au passé ; Jusqu'à leur avènement tu n'en avais aucune connaissance. Afin que tu ne disses pas : Voici, je le savais. *Tu n'en as rien appris, tu n'en as rien su. Et jadis ton oreille n'en a point été frappée : Car je savais que tu serais infidèle, Et que dès ta naissance tu fus appelé rebelle. "A cause de mon nom, je suspends ma colère ; A cause de ma gloire, je me contiens envers toi, Pour ne pas t'exterminer. '"Je t'ai mis au creuset, mais non pour retirer de l'argent; Je t'ai éprouvé dans la fournaise de l'adversité. "C'est pour l'amour de moi, pour l'amour de moi, que je veux agir; Car comment mon nom serait-il profané ? Je ne donnerai pas ma gloire à un autre. *- Ecoute-moi, Jacob ! Et toi, Israël, que j'ai appelé ! C'est moi, moi qui suis le premier, C'est aussi moi qui suis le dernier. "Ma main a fondé la terre, 903 Chap.48,i',-49,i. ÉSAIE. Et ma droite a étendu les cieux : Je les appelle, et aussitôt ils se présentent. '''Vous tous, assemblez-vous, et écoutez ! Qui d'entre eux a annoncé ces choses ? Celui que l'Eternel aime exécutera sa volonté contre Babylone, Et son bras s'appesantira sur les Chaldéens. "*Moi, moi, j'ai parlé, et je l'ai appelé; Je l'ai fait venir, et son œuvre réussira. '"Approchez-vous de moi, et écoutez ! Dès le commencement, je n'ai point parlé en cachette, Dès l'origine de ces choses, j'ai été là. Et maintenant, le Seigneur, l'Eternel m'a envoyé avec son esprit. ''Ainsi parle l'Éternel, ton rédempteur. Le Saint d'Israël : Moi, l'Eternel, ton Dieu, je t'instruis pour ton bien. Je te conduis dans la voie que tu dois suivre. "'Oh ! si tu étais attentif à mes commandements ! Ton bien-être serait comme un fleuve. Et ton bonheur comme les flots de la mer ; "Ta postérité serait comme le sable. Et les fruits de tes entrailles comme les grains de sable; Ton nom ne serait point effacé, anéanti devant moi. -"Sortez de Babylone, fuyez du milieu des Chaldéens ! Avec une voix d'allégresse annoncez-le, publiez-le, Faites-le savoir jusqu'à l'extrémité de la terre. Dites : L'Eternel a racheté son serviteur Jacob ! '-'Et ils n'auront jnis soif dans les déserts où il les conduira : Il fera jaillir pour eux l'eau du rocher, Il fendra le rocher. Et l'eau coulera. -*I1 n'y a point de paix pour les méchants, dit l'Éternel. Le serviteur de l Eternel, lumière des nations. Cliap. XLIX. 'Iles, écoutez-moi! Peuples lointains, soyez attentifs ! L'Eternel m'a appelé dès ma naissance, 11 m'a nommé dès ma sortie des entrailles maternelles. ^11 a rendu ma bouche semblable à un glaive tranchant, Il m'a couvert de l'ombre de sa main ; Il a fait de moi une flèche aiguë, Il m'a caché dans son carquois. ■''Et il m'a dit : Tu es mon serviteur, Israël en qui je me glorifierai. •'Et moi j'ai dit : C'est en vain que j'ai travaillé. C'est pour le vide et le néant que j'ai consumé ma force ; Mais mon droit est auprès de l'Éternel, 904 ÉSAIE. Chap. 49.5-ti. Et ma récompense auprès de mon Dieu. ^Maintenant, rÉternel parle, Lui qui m'a formé dès ma naissance pour être son serviteur. Pour ramener à lui Jacob, Et Israël encore dispersé; Car je suis honoré aux yeux de l'Eternel, Et mon Dieu est ma force. ^11 dit : C'est peu que tu sois mon serviteur, Pour relever les tribus de Jacob, Et pour ramener les restes d'Israël : Je t'établis pour être la lumière des nations. Pour porter mon salut jusqu'aux extrémités de la terre. "Ainsi parle l'Eternel, le rédempteur, le Saint d'Israël, A celui qu'on méprise, qui est en horreur au peuple, A l'esclave des puissants : Des rois le verront, et ils se lèveront, Des princes, et ils se prosterneront, A cause de l'Eternel, qui est fidèle, Du Saint d'Israël, qui t'a choisi. Le rétablissement d'Israël. ^Vinsi parle l'Eternel : Au temps de la grâce, je t'exaucerai, Et au jour du salut je te secourrai ; Je te garderai, et je t'établirai pour traiter alliance avec le peuple, Pour relever le pays, Et pour distribuer les héritages désolés ; 'Pour dire aux captifs : Sortez ! Et à ceux qui sont dans les ténèbres : Paraissez ! Ils paîtront sur les chemins, Et ils trouveront des pâturages sur tous les coteaux. '"Ils n'auront pas faim et ils n'auront pas soif; Le mirage et le soleil ne les feront point souffrir ; Car celui qui a pitié d'eux sera leur guide. Et il les conduira vers des sources d'eaux. "Je changerai toutes mes montagnes en chemins. Et mes routes seront frayées. '■Les voici, ils viennent de loin, Les uns du septentrion et de l'occident. Les autres du pays de Sinim. ''Cieux, réjouissez-vous! Terre, sois dans l'allégresse ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car l'Eternel console son peuple, Il a pitié de ses malheureux. '*Sion disait : L'Éternel m'abandonne, 905 Le Seigneur m'oublie ! Chap. 49,15-26. ÉSAIE. '^Unc femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite? N'a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l'oublierait, Moi je ne t'oublierais point. '^Voici, je t'ai gravée sur mes mains ; Tes murs sont toujours devant mes yeux. '^Tes fils accourent ; Ceux qui t'avaient détruite et ravagée Sortiront du milieu de toi. *** Porte tes yeux alentour, et regarde : Tous ils s'assemblent, ils viennent vers toi. Je suis vivant! dit l'Eternel, Tu les revêtiras tous comme une parure, Tu t'en ceindras comme une fiancée. '^Dans tes places ravagées et désertes. Dans ton pays ruiné, Tes habitants seront désormais à l'étroit ; Et ceux qui te dévoraient s'éloigneront. -"Ils répéteront à tes oreilles. Ces fils dont tu fus privée : L'espace est trop étroit pour moi ; Fais-moi de la place, pour cjue je puisse m'ctablir. ^*Et tu diras en ton cœur : Qui me les a engendrés ? Car j'étais sans enfants, j'étais stérile. J'étais exilée, répudiée : qui les a élevés? J'étais restée seule : ceux-ci, où étaient-ils? --Ainsi a parlé le Seigneur, l'Eternel : Voici : Je lèverai ma main vers les nations. Je dresserai ma bannière vers les peuples ; Et ils ramèneront tes fils entre leurs bras. Ils porteront tes filles sur les épaules. *'Des rois seront tes nourriciers, et leurs princesses tes nourrices; Ils se prosterneront devant toi la face contre terre. Et ils lécheront la poussière de tes pieds. Et tu sauras que je suis l'Eternel, Et que ceux qui espèrent en moi ne seront point confus. ^'Le butin du puissant lui sera-t-il enlevé ? Et la capture faite sur le juste échappera-t-elle? — -^Oui, dit l'Éternel, la capture du puissant lui sera enlevée, Et le butin du tyran lui échappera ; Je combattrai tes ennemis, Et je sauverai tes fils. **Je ferai manger à tes oppresseurs leur propre chair ; Ils s'enivreront de leur sang comme du moût ; Et toute chair saura que je suis l'Eternel, ton sauveur. Ton rédempteur, le puissant de Jacob. 906 ÉSAIE. Cliap. 50,1-u. Le seri'ileiir de /'Eternel outragé et secouru. L. 'Ainsi parle l'Eternel : Où est la lettre de divorce, par laquelle j'ai répudié votre mère? Ou bien, auquel de mes créanciers vous ai-je vendus ? Voici, c'est à cause de vos iniquités que vous avez été vendus. Et c'est à cause de vos péchés que votre mère a été répudiée. *Je suis venu : pourquoi n'y avait-il personne ? J'ai appelé : pourquoi personne n'a-t-il répondu ? Ma main est-elle trop courte ])our racheter? N'ai-je pas assez de force pour délivrer ? Par ma menace, je dessèche la mer, Je réduis les fleuves en désert ; Leurs poissons se corrompent, faute d'eau. Et ils périssent de soif. *Je revêts les cieux d'obscurité. Et je fais d'un sac leur couverture. ■"Le Seigneur, l'Eternel m'a donné une langue exercée, Pour que je sache soutenir par la parole celui qui est abattu ; Il éveille, chaque matin, il éveille mon oreille, Pour que j'écoute comme écoutent des disciples. ^Le Seigneur, l'Éternel m'a ouvert l'oreille. Et je n'ai point résisté. Je ne me suis point retiré en arrière. *J'ai livré mon dos à ceux qui me frappaient, Et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe ; Je n'ai pas dérobé mon visage Aux ignominies et aux crachats. 'Mais le Seigneur, l'Eternel m'a secouru ; C'est pourquoi je n'ai point été déshonoré, C'est pourquoi j'ai rendu mon visage semblable à un caillou, Sachant que je ne serais point confondu. * Celui qui me justifie est proche : Qui disputera contre moi ? Comparaissons ensemble ! Qui est mon adversaire ? Qu'il s'avance vers moi ! ^Voici, le Seigneur, l'Eternel me secourra : Qui me condamnera ? Voici, ils tomberont tous en lambeaux comme un vêtement, La teigne les dévorera. '"Quiconque parmi vous craint l'Eternel, Qu'il écoute la voix de son serviteur ! Quiconque marche dans l'obscurité et manque de lumière. Qu'il se confie dans le nom de l'Eternel, Et qu'il s'appuie sur son Dieu ! "Voici, vous tous qui allumez un feu, 907 58 * Chap. 51,1-9. ÉSAIE. Et qui êtes armés de torches, Allez au milieu de votre feu et de vos torches enflammées ! C'est par ma main que ces choses vous arriveront ; Vous vous coucherez dans la douleur. La délivrance et le retour. Chap. LI. 'Ecoutez-moi, vous qui poursuivez la justice. Qui cherchez l'Éternel ! Portez les regaixls sur le rocher d'où vous avez été taillés, Sur le creux de la fosse d'où vous avez été tirés. ^Portez les regards sur Abraham votre père, Et sur Sara qui vous a enfantés ; Car lui seul je l'ai appelé, Je l'ai béni et multiplié. ^Ainsi l'Éternel a pitié de Sion, Il a pitié de toutes ses ruines ; Il rendra son désert semblable à un Éden, Et sa terre aride à un jardin de l'Eternel. La joie et l'allégresse se trouveront au milieu d'elle, Les actions de grâces et le chant des cantiques. ■•Mon peuple, sois attentif! Ma nation, prête-moi l'oreille ! Car la loi sortira de moi. Et j'établirai ma loi pour être la lumière des peuples. ^Ma justice est proche, mon salut va paraître. Et mes bras jugeront les peuples ; Les îles espéreront en moi, Elles se confieront en mon bras. * Levez les yeux vers le ciel, et regardez en bas sur la terre ! Car les cieux s'évanouiront comme une fumée, La terre tombera en lambeaux comme un vêtement, Et ses habitants périront comme des mouches ; Mais mon salut durera éternellement. Et ma justice n'aura point de fin. 'Écoutez-moi, vous qui connaissez la justice, Peuple, qui as ma loi dans ton cœur ! Ne craignez pas l'opprobre des hommes, Et ne tremblez pas devant leurs outrages, *Car la teigne les dévorera comme un vêtement. Et la gerce les rongera comme de la laine ; Mais ma justice durera éternellement. Et mon salut s'étendra d'âge en âge. ^Réveille-toi, réveille-toi ! revêts-toi de force, bras de l'Éternel Réveille-toi, comme aux jours d'autrefois, Dans les anciens âges ! 908 ÉSAIE. Chap. 51,10-71. N'est-ce pas toi qui abattis l'Egypte, Qui transperças le monstre i* '"N'est-ce pas toi qui mis à sec la mer, Les eaux du grand abîme, Qui frayas dans les profondeurs de la mer Un chemin pour le passage des rachetés ? "Ainsi les rachetés de l'Eternel retourneront. Ils iront à Sion avec chants de trionqihe. Et une joie éternelle couronnera leur tète ; L'allégresse et la joie s'approcheront, La douleur et les gémissements s'enfuiront. '-C'est moi, c'est moi qui vous console. Qui es-tu, pour avoir peur de l'homme mortel, Et du fils de l'homme, pareil à l'herbe ? '•'Et tu oublierais l'Eternel, qui t'a fait, Qui a étendu les cieux et fondé la terre ! Et tu tremblerais incessamment tout le jour Devant la colère de l'oppresseur. Parce qu'il cherche à détruire ! Où donc est la colère de l'oppresseur ? '^Bientôt celui qui est courbé sous les fers sera délivré ; Il ne mourra pas dans la fosse. Et son pain ne lui manquera pas. '^Je suis l'Eternel, ton Dieu, Qui soulève la mer et fais mugir ses (lots. L'Eternel des armées est son nom. '*Je mets mes paroles dans ta bouche. Et je te couvre de l'ombre de ma main, Pour étendre de nouveaux cieux et fonder une nouvelle terre. Et pour dire à Sion : Tu es mon peuple ! '^Réveille-toi, réveille-toi ! lève-toi, Jérusalem, Qui as bu de la main de l'Eternel la coupe de sa colère. Qui as bu, sucé jusqu'à la lie la coupe d'étourdissement ! '*I1 n'y en a aucun pour la conduire De tous les fils qu'elle a enfantés, 11 n'y en a aucun pour la prendre par la main De tous les fils qu'elle a élevés. '^Ces deux choses te sont arrivées : — Qui te plaindra ? — Le ravage et la ruine, la famine et l'épée. — Qui suis-je pour te consoler ? — • -"Tes fils en défaillance gisaient à tous les coins de rues. Comme le cerf dans un filet. Chargés de la colère de l'Éternel, Des menaces de ton Dieu. '-'C'est pourquoi, écoute ceci, malheureuse, Ivre, mais non de vin ! 909 Chap. 51,22-52,9. ÉSAIE. -'Ainsi parle ton Seigneur, rÉternel, Ton Dieu, qui défend son peuple : Voici, je prends de ta main la coupe d'étourdissenient, La coupe de ma colère ; Tu ne la boiras plus ! -^Je la mettrai dans la main de tes oppresseurs, Qui te disaient : Courbe-toi, et nous passerons ! Tu faisais alors de ton dos comme une terre, Comme une rue pour les passants. Chap. LII. 'Rcveille-toi ! réveille-toi ! revêts ta parure, Sion ! Revêts tes habits de fête, Jérusalem, ville sainte ! Car il n'entrera plus chez toi ni incirconcis ni impur. -Secoue ta poussière, lève-toi. Mets-toi sur ton séant, Jérusalem ! Détache les liens de ton cou, Captive, fdle de Sion ! 'Car ainsi parle l'Eternel : C'est gratuitement que vous avez été vendus, Et ce n'est pas à prix d'argent que vous serez rachetés. *Car ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Jadis mon peuple descendit en Egypte, pour y séjourner; Puis l'Assyrien l'opprima sans cause. ^Et maintenant, qu'ai-je à faire, dit l'Eternel, Quand mon peuple a été gratuitement enlevé ? Ses tyrans poussent des cris, dit l'Eternel, Et toute la durée du jour mon nom est outragé. * C'est pourquoi mon peuple connaîtra mon nom ; C'est pourquoi il saura, en ce jour. Que c'est moi qui parle : me voici ! 'Qu'ils sont beaux sur les montagnes Les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie la paix ! De celui c|ui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie le salut ! De celui qui dit à Sion : Ton Dieu règne ! '^La voix de tes sentinelles retentit; Elles élèvent la voix, Elles poussent ensemble des cris d'allégresse, Car de leurs propres yeux elles voient Que l'Eternel ramène Sion" ! ^Eclatez ensemble en cris de joie, Ruines de Jérusalem ! Car l'Eternel console son peuple, Il rachète Jérusalem. a. C est-ù-dire, les captifs. 910 u ÉSAIE. Chap. 52,M-5S,r,. '"L'Eternel découvre le bras de sa sainteté, Aux yeux de toutes les nations ; Et toutes les extrémités de la terre verront Le salut de notre Dieu. "Partez, partez, sortez de là ! Ne touchez rien d'impur ! Sortez du milieu d'elle" ! Purifiez-vous, vous qui portez les vases de l'Eternel ! '*Ne sortez pas avec précipitation. Ne partez pas en fuyant* ; Car l'Eternel ira devant vous, Et le Dieu d'Israël fermera votre marche. La personne et l'œuvre du serviteur de V Eternel. '^ Voici, mon serviteur prospérera; 11 montera, il s'élèvera, il s'élèvera bien haut. '*De même qu'il a été" pour plusieurs un sujet d'effroi, — Tant son visage était défiguré. Tant son aspect différait de celui des fils de l'homme, — '^De même il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joio ; Devant lui des rois fermeront la bouche ; Car ils verront ce qui ne leur avait point été raconté, Ils apprendront ce qu'ils n'avaient point entendu. Chap. LUI. ' Qui a cru à ce que nous avons annoncé .■' Oui a reconnu le bras de l'Eternel ? *I1 s'est élevé devant lui comme une faible plante. Comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée ; Il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n'avait rien pour nous plaire. 'Méprisé et abandonné des hommes. Homme de douleur et habitué à la souffrance. Semblable à celui dont on détourne le visage. Nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas. ■•Cependant, il a porté nos souffrances, Il s'est chargé de nos douleurs ; Et nous l'avons considéré comme puni. Frappé de Dieu, et humilié. ^Mais il était blessé pour nos péchés. Brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui. Et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. 'Nous étions tous errants comme des brebis. Chacun suivait sa propre voie ; Et l'Eternel l'a frap])é pour l'iniquité de nous tous. a. Welle, de Babylone. b. Comme cela eut lieu à la sortie d'Egypte, Exode 12, il. c. Il a clè, héb. tu as été, OU Chap. 53,i-5i,B. ÉSAIE. ^11 a été maltraité et opprimé, Et il n'a point ouvert la bouche, Semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, A une brebis muette devant ceux qui la tondent ; 11 n'a point ouvert la bouche. '^ll a été enlevé par l'angoisse et le châtiment; Et parmi ceux de sa génération, qui a cru Qu'il était retranché de la terre des vivants Et frappé pour les péchés de mon peuple ? 'On a mis son sépulcre parmi les méchants. Son tombeau parmi les orgueilleux, Quoiqu'il n'eût point commis de violence Et qu'il n'y eût point eu de fraude dans sa bouche. '"11 a plu à l'Éternel de le briser par la souffrance Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours ; Et l'œuvre de l'Eternel prospérera entre ses mains. "Délivré des tourments de son âme, il rassasiera ses regards ; Par sa sagesse mon serviteur juste justifiera beaucoup d'hommes, Et il se chargera de leurs iniquités. '-C'est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands; Il partagera le butin avec les puissants, Parce qu'il s'est livré lui-même à la mort. Et qu'il a été mis au nombre des malfaiteurs. Parce qu'il a porté les péchés de beaucoup d'hommes, Et qu'il a intercédé pour les coupables. Le bonlieiir qui attend Israël. Chap. LIV. 'Réjouis-toi, stérile, toi qui n'enfantes plus ! Fais éclater ton allégresse et ta joie, toi qui n'as plus de douleurs ! Car les fils de la délaissée seront plus nombreux Que les fils de celle qui est mariée, dit l'Eternel. ^Elargis l'espace de ta tente ; Qu'on déploie les couvertures de ta demeure : Ne retiens pas ! Allonge tes cordages, Et affermis tes pieux ! ^Car tu te répandras à droite et à gauche ; Ta postérité envahira des nations, Et peuplera des villes désertes. *Ne crains pas, car tu ne seras point confondue. Ne rougis pas, car tu ne seras pas déshonorée ; Mais tu oublieras la honte de ta jeunesse, Et tu ne te souviendras plus de l'opprobre de ton veuvage. ^Car ton créateur est ton époux : L'Eternel des armées est son nom ; Et ton rédempteur est le Saint d'Israël : Il se nomme Dieu de toute la terre ; 912 ÉSAIE. Chap. 5 4, 6-5 5, i. "Car rÉternel te rappelle comme une femme délaissée et au cœur attristé, Comme une épouse de la jeunesse, qui a été répudiée, dit ton Dieu. 'Quelques instants je t'avais abandonnée, Mais avec une grande affection je t'accueillerai ; ^Dans un instant de colère, je t'avais un moment dérobé ma face. Mais avec un amour éternel j'aurai compassion de toi, Dit ton rédempteur, l'Eternel. 'Il en sera pour moi comme des eaux de Noé : J'avais juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre ; Je jure de même de ne plus m'irriter contre toi Et de ne plus te menacer. '"Quand les montagnes s'éloigneraient, Quand les collines chancelleraient, Mon amour ne s'éloignera point de toi. Et mon alliance de paix ne chancellera point. Dit 1 Eternel, qui a compassion de toi. "Malheureuse, battue de la tempête, et que nul ne console ! \'oici, je garnirai tes pierres d'antimoine. Et je te donnerai des fondements de saphir ; '-Je ferai tes créneaux de rubis. Tes portes d'escarboucles. Et toute ton enceinte de pierres précieuses. '■'Tous tes fils seront disciples de l'Eternel, Et grande sera la postérité de tes fils. '^Tu seras affermie par la justice ; Bannis l'inquiétude, car tu n'as rien à craindre. Et la frayeur, car elle n'approchera pas de toi. '^Si l'on forme des complots, cela ne viendra pas de moi; Quiconque se liguera contre toi tombera sous ton pouvoir. '^ Voici, j'ai créé l'ouvrier qui souffle le charbon au feu. Et qui fabrique une arme par son travail ; Mais j'ai créé aussi le destructeur pour la briser. '^Toute arme forgée contre toi sera sans effet ; Et toute langue qui s'élèvera en justice contre toi. Tu la condamneras. Tel est l'héritage des serviteurs de l'Éternel, Tel est le sàlut qui leur viendra de moi. Dit l'Éternel. Tous les peuples appelés. Chap. LV. 'Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, Même celui qui n'a pas d'argent ! Venez, achetez et mangez. Venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer ! * Pourquoi pesez-vous de l'argent pour ce qui ne nourrit pas ? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas ? Ecoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, 913 Chap. 55,3-56,^. ÉSAIE. Et votre àme se délectera de mets succulents. ^Prêtez Toreille, et venez à moi, Ecoutez, et votre âme vivra : Je traiterai avec vous une alliance éternelle. Pour rendre durables mes faveurs envers David. ^Voici, je l'ai établi comme témoin auprès des peuples, Comme chef et dominateur des peuples. ^Voici, tu appelleras des nations que tu ne connais pas. Et les nations qui ne te connaissent pas accourront vers toi, A cause de l'Eternel, ton Dieu, Du Saint d'Israël, qui te glorifie. ^Cherchez l'Eternel, pendant qu'il se trouve; Invoquez-le, tandis qu'il est près. 'Que le méchant abandonne sa voie. Et l'homme d'iniquité ses pensées ; Qu'il retourne à l'Éternel, qui aura pitié de lui, A notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner. *Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies, Dit l'Éternel. ''Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre. Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, Et mes pensées au-dessus de vos pensées. '"Comme la pluie et la neige descendent des cieux. Et n'y retournent pas Sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes, Sans avoir donné de la semence au semeur Et du pain à celui qui mange, "Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : Elle ne retourne point à moi sans effet. Sans avoir exécuté ma A'olonté Et accompli mes desseins. '-Oui, vous sortirez avec joie. Et vous serez conduits en paix ; Les montagnes et les collines éclateront d'allégresse devant vous, Et tous les arbres de la campagne battront des mains. ''Au lieu de l'épine s'élèvera le cyprès, Au lieu de la ronce croîtra le myrte ; Et ce sera pour l'Éternel une gloire, Un monument perpétuel, impérissable. Chap. LVI. 'Ainsi parle l'Éternel : Observez ce qui est droit, et pratiquez ce qui est juste; Car mon salut ne tardera pas à venir, Et ma justice à se manifester. ^Heureux l'homme qui fait cela, 914 ÉSAIE. Chap. 56,3-57.7. Et le fils de l'homme qui v demeure ferme, Gardant le sabbat, pour ne point le profaner, Et veillant sur sa main, pour ne commettre aucun mal ! 'Que l'étranger qui s'attache à l'Éternel ne dise pas : L'Eternel me séparera de son peuple ! Et que l'eunuque ne dise pas : Voici, je suis un arbre sec ! *Car ainsi parle l'Eternel : Aux eunuques qui garderont mes sabbats, Qui choisiront ce qui m'est agréable, Et qui persévéreront dans mon alliance, ^Je donnerai dans ma maison et dans mes murs une place et un nom, Préférables à des fils et à des filles ; Je leur donnerai un nom éternel. Qui ne périra pas. ^Et les étrangers qui s'attacheront à l'Eternel pour le servir. Pour aimer le nom de l'Eternel, Pour être ses serviteurs. Tous ceux qui garderont le sabbat, pour ne point le profaner. Et qui persévéreront dans mon alliance, 'Je les amènerai sur ma montagne sainte, Et je les réjouirai dans ma maison de prière ; Leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel ; Car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples. *Le Seigneur, l'Eternel parle. Lui qui rassemble les exilés d'Israël : Je réunirai d'autres peuples à lui, aux siens déjà rassemblés. Reproches et consolations. ^Vous toutes, bêtes des champs. Venez pour manger, vous toutes, bêtes de la forêt! "Ses gardiens" sont tous aveugles, sans intelligence ; Ils sont tous des chiens muets, incapables d'aboyer ; Ils ont des rêveries, se tiennent couchés. Aiment à sommeiller. "Et ce sont des chiens voraces, insatiables ; Ce sont des bergers qui ne savent rien comprendre ; Tous suivent leur propre voie, Chacun selon son intérêt, jusqu'au dernier: — '■-Venez, je vais chercher du vin, Et nous boirons des liqueurs fortes ! Nous en ferons autant demain. Et beaucoup plus encore ! — Chap. LVII. 'Le juste périt, et nul n'y prend garde ; Les gens de bien sont enlevés, et nul ne fait attention Que c'est par suite de la malice que le juste est enlevé. ^11 entrera dans la paix, «. Sfs gardiens, les jjardieiis d'ibl-aul, les principaux de la nation. 915 Chap. 57,3-15. ÉSAIE. Il reposera sur sa couche, Celui qui aura suivi le droit chemin. ^Mais vous, approchez ici, fils de l'enchanteresse, Race de Tadultère et de la prostituée ! ^De qui vous moquez-vous? Contre qui ouvrez-vous une large bouche Et tirez-vous la langue ? N'êtes-vous pas des enfants de péché, Une race de mensonge, ^S'échauffant près des térébinthes. Sous tout arbre vert, Égorgeant les enfants dans les vallées, Sous des fentes de rochers ? ^ C'est dans les pierres polies des torrents qu'est ton partage. Voilà, voilà ton lot ; C'est à elles que tu verses des libations. Que tu fais des offrandes : Puis-je être insensible à cela? 'C'est sur une montagne haute et élevée que tu dresses ta couche ; C'est aussi là que tu montes pour offrir des sacrifices. *Tu mets ton souvenir derrière la porte et les poteaux ; Car, loin de moi, tu lèves la couverture et tu montes. Tu élargis ta couche, et tu traites alliance avec eux. Tu aimes leur commerce, tu choisis une place. ^Tu vas auprès du roi avec de l'huile. Tu multiplies tes aromates. Tu envoies au loin tes messagers. Tu t'abaisses jusqu'au séjour des morts. '"A force de marcher tu te fatigues. Et tu ne dis pas : J'y renonce ! Tu trouves encore de la vigueur dans ta main : Aussi n'es-tu pas dans l'abattement. "Et qui redoutais-tu, qui craignais-tu, pour être infidèle, Pour ne pas te souvenir, te soucier de moi ? Est-ce que je ne garde pas le silence, et depuis longtemps? C'est pourquoi tu ne me crains pas. **Je vais publier ta droiture. Et tes œuvres ne te profiteront pas. '^ Quand tu crieras, la foule de tes idoles te délivrera-t-elle ? Le vent les emportera toutes, un souffle les enlèvera. Mais celui qui se confie en moi héritera le pays. Et jjossédera ma montagne sainte. '*0n dira : Frayez, frayez, préparez le chemin. Enlevez tout obstacle du chemin de mon peuple ! '^Car ainsi parle le Très-Haut, ! Dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint : 916 ÉSAIE. Chap. 57,16-58.5. J'habite dans les lieux élevés et clans la sainteté; Mais je suis avec l'homme contrit et humilié, Afin de ranimer les esprits humiliés, Afin de ranimer les cœurs contrits. "Je ne veux pas contester à toujours. Ni garder une éternelle colère, Quand devant moi tombent en défaillance les esprits. Les âmes que j'ai faites. "A cause de son avidité coupable, je me suis irrité et je l'ai frappé. Je me suis caché dans mon indignation ; Et le rebelle a suivi le chemin de son cœur. '''J'ai vu ses voies. Et je le guérirai ; Je lui servirai de guide. Et je le consolerai, lui et ceux qui pleurent avec lui. "*Jc mettrai la louange sur les lèvres. Paix, paix à celui qui est loin et à celui qui est près ! dit l'Eternel. Je les guérirai. -"Mais les méchants sont comme la mer agitée, Qui ne peut se calmer, Et dont les eaux soulèvent la vase et le limon. -'11 n'y a point de paix pour les méchants, dit mon Dieu. Le vrai jeûne. Chap. LVIII. 'Crie à plein gosier, ne te retiens pas. Elève ta voix comme une trompette. Et annonce à mon peuple ses iniquités, A la maison de Jacob ses péchés ! -Tous les jours ils me cherchent. Ils veulent connaître mes voies ; Comme une nation qui aurait pratiqué la justice Et n'aurait pas abandonné la loi de son Dieu, Ils me demandent des arrêts de justice. Ils désirent l'approche de Dieu. — 'Que nous sert de jeûner, si tu ne le vois pas ? De mortifier notre âme, si tu n'y as point égard ? — Voici, le jour de votre jeûne, vous vous livrez à vos penchants, Et vous traitez durement tous vos mercenaires. ■•Voici, vous jeûnez pour disputer et vous quereller. Pour frapper méchamment du poing ; Vous ne jeûnez pas comme le veut ce jour. Pour que votre voix soit entendue en haut. ^Est-ce là le jeûne auquel je prends plaisir, Un jour où l'homme humilie son âme ? Courber la tète comme un jonc. Et se coucher sur le sac et la cendre. Est-ce là ce que tu appelleras un jeûne, Un jour agréable à l'Eternel ? \ 917 Chap. 58,c-59,^. ÉSAIE. ^Voici le jeune auquel je prends plaisir : Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que Ton rompe toute espèce de joug ; 'Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; Si tu vois un homme nu, couvrc-lc. Et ne te détourne pas de ton semblable. *Alors ta lumière poindra comme l'aurore, Et ta guérison germera promptement ; Ta justice marchera devant toi, Et la gloire de l'Eternel t'accompagnera. ''Alors tu appelleras, et l'Eternel répondra; Tu crieras, et il dira : Me voici ! Si tu éloignes du milieu de toi le joug. Les gestes menaçants et les discours injurieux, '"Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, Si tu rassasies l'àme indigente. Ta lumière se lèvera sur l'obscurité, Et tes ténèbres seront comme le midi. "L'Eternel sera toujours ton guide, Il rassasiera ton àme dans les lieux arides. Et il redonnera de la vigueur à tes membres ; Tu seras comme un jardin arrosé. Comme une source dont les eaux ne tarissent pas. '-Les tiens rebâtiront sur d'anciennes ruines. Tu relèveras des fondements antiques ; On t'appellera réparateur des brèches. Celui qui restaure les chemins, qui rend le pays habitable. '^Si tu retiens ton pied pendant le sabbat. Pour ne pas faire ta volonté en mon saint jour, Si tu fais du sabbat tes délices. Pour sanctifier l'Eternel en le glorifiant. Et si tu l'honores en ne suivant point tes voies. En ne te livrant pas à tes penchants et à de vains discours, '''Alors tu mettras ton plaisir en l'Eternel, Et je te ferai monter sur les hauteurs du pays. Je te ferai jouir de l'héritage de Jacob, ton père ; Car la bouche de l'Eternel a parlé. Les crimes du peuple. Chap. LIX. 'Non, la main de l'Eternel n'est pas trop courte pour sauver, Ni son oreille trop dure pour entendre. "Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation Entre vous et votre Dieu ; Ce sont vos péchés qui vous cachent sa face 918 ÉSAIE. Chap. 59,3-ii Et rempêchent de vous écouter. 'Car vos mains sont souillées de sang, Et vos doigts de crimes ; Vos lèvres profèrent le mensonge, Votre langue fait entendre l'iniquité. *Nul ne se plaint avec justice, Nul ne ]ilaide avec droiture ; Ils s'appuient sur des choses vaines et disent des faussetés, Ils conçoivent le mal et enfantent le crime. ^Ils couvent des œufs de basilic, Et ils tissent des toiles d'araignée. Celui qui mange de leurs œufs meurt; Et, si l'on en brise un, il sort une vipère. ^Leurs toiles ne servent point à faire un vêtement. Et ils ne peuvent se couvrir de leur ouvrage ; Leurs œuvres sont des œuvres d'iniquité. Et les actes de violence sont dans leurs mains. "Leurs pieds courent au mal. Et ils ont hâte de répandre le sang innocent; Leurs pensées sont des pensées d'iniquité, Le ravage et la ruine sont sur leur route. *lls ne connaissent pas le chemin de la paix, Et il n'y a point de justice dans leurs voies ; Ils prennent des sentiers détournés : Quiconque y marche ne connaît point la paix. — ^ C'est pourquoi l'arrêt de délivrance est loin de nous. Et le salut ne nous atteint pas ; Nous attendons la lumière, et voici les ténèbres, La clarté, et nous marchons dans l'obscurité. '"Nous tâtonnons comme des aveugles le long d'un mur. Nous tâtonnons comme ceux qui n'ont point d'yeux ; Nous chancelons à midi comme de nuit. Au milieu de l'abondance nous ressemblons à des morts. "Nous grondons tous comme des ours. Nous gémissons comme des colombes ; Nous attendons la délivrance, et elle n'est pas là, Le salut, et il est loin de nous. '-Car nos transgressions sont nombreuses devant toi. Et nos péchés témoignent contre nous ; Nos transgressions sont avec nous. Et nous connaissons nos crimes. ''Nous avons été coupables et infidèles envers l'Eternel, Nous avons abandonné notre Dieu ; Nous avons proféré la violence et la révolte. Conçu et médité dans le cœur des jjaroles de mensonge; '■•Et la délivrance s'est retirée, Et le salut se tient éloigné ; 919 Chap. 50. 15-60, k. ÉSAIE. Car la vérité trébuche sur la place publique, Et la droiture ne peut approcher. '^La vérité a disparu, Et celui qui s'éloigne du mal est dépouillé. — L'Éternel voit, d'un regard indigné, Qu'il n'y a plus de droiture. '^11 voit qu'il n'y a pas un homme. Il s'étonne de ce que personne n'intercède ; Alors son bras lui vient en aide, Et sa justice lui sert d'appui. "Il se revêt de la justice comme d'une cuirasse. Et il met sur sa tête le casque du salut ; Il prend la vengeance pour vêtement, Et il se couvre de la jalousie comme d'un manteau. '^11 rendra à chacun selon ses œuvres, La fureur à ses adversaires, La pareille à ses ennemis ; II rendra la pareille aux îles. '^On craindra le nom de l'Éternel depuis l'occident. Et sa gloire depuis le soleil levant ; Quand l'ennemi viendra comme un fleuve. L'esprit de l'Éternel le mettra en fuite. ^"Un rédempteur viendra pour Sion, Pour ceux de Jacob qui se convertiront de leurs péchés. Dit l'Éternel. -'Voici mon alliance avec eux, dit l'Eternel : Mon esprit, qui repose sur toi. Et mes paroles, que j'ai mises dans ta bouche. Ne se retireront point de ta bouche, ni de la bouche de tes enfants, Ni de la bouche des enfants de tes enfants. Dit l'Éternel, dès maintenant et à jamais. Jérusalem restaurée. Chap. LX. 'Lève-toi, sois éclairée, car ta lumière arrive. Et la gloire de l'Éternel se lève sur toi. -Voici, les ténèbres couvrent la terre. Et l'obscurité les peuples ; Mais sur toi l'Éternel se lève. Sur toi sa gloire apparaît. ^Des nations marchent à ta lumière. Et des rois à la clarté de tes rayons. * Porte tes yeux alentour, et regarde : Tous ils s'assemblent, ils viennent vers toi ; Tes fds arrivent de loin. Et tes fdles sont portées sur les bras. 920 ÉSAIE. Chap. 60, 5-16. ^Tu tressailliras alors et tu te réjouiras, Et ton cœur bondira et se dilatera, Quand les richesses de la mer se tourneront vers toi. Quand les trésors des nations viendront à toi. 'Tu seras couverte d'une foule de chameaux, De dromadaires de Madian et d'Epha ; Ils viendront tous de Séba ; Ils porteront de l'or et de l'encens. Et j^ublieront les louanges de l'Eternel. 'Les troupeaux de Kédar se réuniront tous chez toi ; Les béliers de Nebajoth seront à*ton service ; Ils monteront sur mon autel et me seront agréables, Et je glorifierai la maison de ma gloire. ''Qui sont ceux-là qui volent comme des nuées. Comme des colombes vers leur colombier ? *Car les îles espèrent en moi, Et les navires de Tarsis sont en tête. Pour ramener de loin tes enfants. Avec leur argent et leur or, A cause du nom de l'Eternel, ton Dieu, Du Saint d'Israël qui te glorifie. '"Les fils de l'étranger rebâtiront tes murs. Et leurs rois seront tes serviteurs ; Car je t'ai frappée dans ma colère. Mais dans ma miséricorde j'ai pitié de toi. "Tes portes seront toujours ouvertes. Elles ne seront fermées ni jour ni nuit, Afin de laisser entrer chez toi les trésors des nations, Et leurs rois avec leur suite. '-Car la nation et le royaume qui ne te serviront pas périront, Ces nations-là seront exterminées. '^La gloire du Liban viendra chez toi, Le cyprès, l'orme et le buis, tous ensemble. Pour orner le lieu de mon sanctuaire. Et je glorifierai la place où reposent mes pieds. '■•Les fils de tes oppresseurs viendront s'humilier devant toi. Et tous ceux qui te méprisaient se prosterneront à tes pieds ; Ils t'appelleront ville de l'Eternel, Sion du Saint d'Israël. '^Au lieu que tu étais délaissée et haïe, Et que personne ne te parcourait. Je ferai de toi un ornement pour toujours, Un sujet de joie de génération en génération. '*Tu suceras le lait des nations. Tu suceras la mamelle des rois ; Et tu sauras que je suis l'Eternel, ton sauveur. Ton rédempteur, le puissant de Jacob. 921 Chap. 60,11-61,5. ÉSAIE. '"Au lieu de l'airain je ferai venir de l'or, Au lieu du fer je ferai venir de l'argent, Au lieu du bois, de l'airain. Et au lieu des pierres, du fer ; Je ferai régner sur toi la paix. Et dominer la justice. '^On n'entendra plus parler de violence dans ton pays. Ni de ravage et de ruine dans ton territoire, Tu donneras à tes murs le nom de salut. Et à tes portes celui de gloire. "Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le jour. Ni la lune qui t'éclairera de sa lueur ; Mais rÉterncl sera ta lumière à toujours, Ton Dieu sera ta gloire. -"Ton soleil ne se couchera plus, Et ta lune ne s'obscurcira plus ; Car l'Eternel sera ta lumière à toujours. Et les jours de ton deuil seront passes. ^'11 n'y aura plus que des justes parmi ton peuple, Ils posséderont à toujours le pays ; C'est le rejeton que j'ai planté, l'œuvre de mes mains Pour servir à ma gloire. "Le plus petit deviendra un millier. Et le moindre une nation puissante. Moi, l'Eternel, je hâterai ces choses en leur temps. Le salut proclamé. Chap. LXI. * L'esprit du Seigneur, l'Eternel, est sur moi ; Car l'Eternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux. Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé. Pour proclamer aux captifs la liberté. Et aux prisonniers la délivrance ; -Pour publier une année de grâce de l'Eternel, Et un jour de vengeance de notre Dieu ; Pour consoler tous les affligés ; ^Pour accorder aux affligés de Sion, Pour leur donner un diadème au lieu de la cendre, Une huile de joie au lieu du deuil, Un vêtement de louange au lieu d'un esprit abattu. Afin qu'on les appelle des térébinthes de la justice. Une plantation de l'Éternel, pour servir à sa gloire. *Ils rebâtiront sur d'anciennes ruines, Ils relèveront d'antiques décombres, Ils renouvelleront des villes ravagées, Dévastées depuis longtemps. ^Des étrangers seront là et feront paître vos troupeaux, 922 ÉSAIE. Chap. 61,6-62. i Des fils de l'étranger seront vos lal)ourenrs et vos vignerons. ^Mais vous, on vous appellera prêtres de l'Eternel, On vous nommera serviteurs de notre Dieu ; Vous mangerez les richesses des nations, Et vous vous glorifierez de leur gloire. ^Au lieu de votre opprobre, vous aurez une j)ortion double ; Au lieu de l'ignominie, ils seront joyeux de leur part ; Ils posséderont ainsi le doid)le dans leur pays. Et leur joie sera éternelle. •"Car moi, l'Eternel, jainie la justice. Je hais la rapine avec l'iniquité ; Je leur donnerai fidèlement leur récompense, Et je traiterai avec eux une alliance éternelle. 'Leur race sera connue parmi les nations. Et leur postérité parmi les peuples ; Tous ceux qui les vei'ront reconnaîtront Qu'ils sont une race bénie de l'Eternel. '"Je me réjouirai en l'Eternel, Mon àme sera ravie d'allégresse en mon Dieu : Car il m'a revêtu des vêtements du salut, Il m'a couvert du manteau de la délivrance. Gomme le fiancé s'orne d'un diadème, Comme la fiancée se pare de ses joyaux. "Car, comme la terre fait éclore son germe. Et comme un jardin t'ait pousser ses semences. Ainsi le Seigneur, l'Eternel, fera germer le salut et la gloire, En présence de toutes les nations. Instances pour la i'cniic du salut. Chap. LXII. 'Pour l'amour de Sion je ne me tairai point. Pour l'amour de Jérusalem je ne prendrai point de repos, Jusqu à ce que son salut [paraisse, comme l'aurore, Et sa délivrance, comme un flambeau qui s'allume. -Alors les nations verront ton salut. Et tous les rois ta gloire ; Et l'on t'appellera d'un nom nouveau. Que la bouche de l'Eternel déterminera. ^Tu seras une couronne éclatante dans la main de l'Eternel, Un turban royal dans la main de ton Dieu. ■"On ne te nommera plus délaissée. On ne nommera plus ta terre désolation ; Mais on t'appellera mon plaisir en elle, Et l'on appellera ta terre épouse ; Car l'Eternel met son plaisir en toi. Et la terre aura un époux. ^Comme un jeune homme s'unit à une vierge, Ainsi tes fils s'uniront à toi ; 923 59 ' Chap. 62,6-68,^. ÉSAIE. Et comme la fiancée fait la joie de son fiancé, Ainsi tu feras la joie de ton Dieu. ^Sur tes murs, Jérusalem, j'ai placé des gardes ; Ils ne se tairont ni jour ni nuit. Vous qui rappelez le souvenir de l'Eternel, Point de repos pour vous ! 'Et ne lui laissez aucun relâche. Jusqu'à ce qu'il rétablisse Jérusalem Et la rende glorieuse sur la terre. *L'Eternel l'a juré par sa droite et par son bras puissant : Je ne donnerai plus ton blé pour nourriture à tes ennemis, Et les fils de l'étranger ne boiront plus ton vin, Produit de tes labeurs ; ^Mais ceux qvù auront amassé le blé le mangeront Et loueront l'Eternel, Et ceux qui auront récolté le vin le boiront. Dans les parvis de mon sanctuaire. '"Franchissez, franchissez les portes! Préparez un chemin pour le peuple ! Frayez, frayez la route, ôtez les pierres ! Elevez une bannière vers les peuples ! "Voici ce que l'Eternel proclame aux extrémités de la terre : Dites à la fille de Sion : Voici, ton sauveur arrive ; Voici, le salaire est avec lui, Et les rétributions le précèdent. '-On les appellera peuple saint, rachetés de l'Eternel; Et toi, on t'appellera recherchée, ville non délaissée. Un jour de veni^cnnce. Chap. LXIII. 'Quel est ce guerrier qui vient d'Edom, De Botsra, en vêtements rouges, En habits éclatants. Et se redressant avec fierté dans la plénitude de sa force ? — C'est moi, qui ai promis le salut. Qui ai le pouvoir de délivrer. — -Pourquoi tes habits sont-ils rouges. Et tes vêtements comme les vêtements de celui qui foule dans la cuve ?- 'J'ai été seul à fouler au pressoir. Et nul homme d'entre les peuples n'était avec moi ; Je les ai foulés dans ma colère. Je les ai écrasés dans ma fureur; Leur sang a jailli sur mes vêtements, Et j'ai souillé tous mes habits. *Carunjourde vengeance était dans mon cœur, Et l'année de mes rachetés est venue. 924 1 ÉSAIR. Chap. 63,^-16. '^ic regardais, et jHTSonne pour m'aider; J'étais étonné, et personne pour nie soutenir; Alors mon bras m'a été en aide, Et ma fureur m'a servi d'appui. ''J'ai foulé des peuples dans ma eolère, Je les ai rendus ivres dans ma fureur, Et j'ai répandu leur sang sur la terre. Prière du peuple. 'Je publierai les grâces de l'Eternel, les louanges de l'Eternel, D'a]irès tout ce que l'Eternel a fait pour nous ; Je dirai sa grande bonté envers la maison d'Israël, Qu'il a traitée selon ses compassions et la richesse de son amour. "Il avait dit : Certainement ils sont mon peuple, Des enfants qui ne seront pas infidèles ! Et il a été pour eux un sauveur. ^Dans toutes leurs détresses ils n'ont pas été sans secours, Et l'ange qui est devant sa face les a sauvés ; Il les a lui-même rachetés, dans son amour et sa miséricorde, Et constamment il les a soutenus et ])ortés, aux anciens jours. '"Mais ils ont été rebelles, ils ont attristé son esj)rit saint ; Et il est devenu leur ennemi, il a condjattu contre eux. "Alors son peuple se souvint des anciens jours de Moïse. Où est celui qui les fit monter de la mer. Avec le berger de son troupeau ? Où est celui qui mettait au milieu d'eux son esprit saint ; '-Qui dirigea la droite de Moïse, Par son bras glorieux ; Qui fendit les eaux devant eux, Pour se faire un nom éternel ; ' . '^Qui les dirigea au travers des flots. Comme un coursier dans le désert, Sans qu'ils bronchassent? '■'Comme la bète qui descend dans la vallée. L'esprit de l'Eternel les a menés au repos. C'est ainsi que tu as conduit ton peuple. Pour te faire un nom glorieux. e> 'Mlegarde du ciel, et vois. De ta demeure sainte et glorieuse : Où sont ton zèle et ta puissance? Le frémissement de tes entrailles et tes compassions Ne se font plus sentir envers moi. 'n"'u es cependant notre père, Car Abraham ne nous connaît pas, Et Israël ignore qui nous sommes ; C'est toi, Eternel, (|ui es notre [)ère, 925 Chap. 6S,n-04,n. ÉSAIE. Qui, dès réternité, t'appelles notre sauveur. ''Pounjuoi, ô Eternel, nous fais-tu errer loin de tes voies, Et endurcis-tu notre cœur contre ta crainte? \ Reviens, pour l'amour de tes serviteurs, Des tribus de ton héritage ! "*Ton peuple saint n'a possédé le pays que peu de temps ; Nos ennemis ont foulé ton sanctuaire. '^Nous sommes depuis longtemps comme un peuple (jue tu ne gouver- Et qui n'est point appelé de ton nom... [nés \>àii. Oh ! si tu déchirais les cieux, et si tu descendais, Les montagnes s'ébranleraient devant toi, Cliap. LXIV. 'Comme s'allume un feu de bois sec. Comme s'évapore l'eau cjui bouillonne ; Tes ennemis connaîtraient ton nom. Et les nations trembleraient devant toi. -Lorsque tu fis des prodiges que nous n'attendions pas. Tu descendis, et les montagnes s'ébranlèrent devant toi. ■Maniais on n'a appris ni entendu dire. Et jamais l'œil n'a vu c[u'un autre dieu que toi Fît de telles choses pour ceux qui se confient en lui. 'Tu vas au-devant de celui c|ui pratique avec joie la justice. De ceux qui marchent dans tes voies et se souviennent de toi. Mais tu as été irrité, parce que nous avons péché ; Et nous en souffrons longtemps jusqu'à ce que nous soyons sauvés. ^Nous sommes tous comme des im])urs, Et toute notre justice est comme un vêtement souillé ; Nous sommes tous flétris comme une feuille, Et nos crimes nous emportent comme le vent. ^11 n'y a personne qui invoque ton nom, Qui se réveille pour s'attacher à toi : Aussi nous as-tu caché ta face, Et nous laisses-tu périr par l'effet de nos crimes. "Cependant, ô Eternel, tu es notre père ; Nous sommes l'argile, et c'est toi cjui nous as formés Nous sommes tous l'ouvrage de tes mains. ^Ne t'irrite ])as à l'extrême, ô Eternel, Et ne te souviens pas à toujours du crime ; Regarde donc, nous sommes tous ton peuple. '••Tes villes saintes sont un désert; Sion est un désert, Jérusalem une solitude. '"Notre maison sainte et glorieuse. Où nos pères célébraient tes louanges. Est devenue la proie des flammes ; Tout ce que nous avions de précieux a été dévasté. "Après cela, ô Éternel, te contiendras-tu? 926 ÉSAIE. Chap. 6-1, /-/?. Est-ce que tu te tairas, et nous affligeras à l'excès? Les rétribiilions de i Eternel. Chap. IjXV. 'J'ai exaucé ceux qui ne demandai entrien, Je me suis laissé trou\er par ceux qui ne me cherchaient pas ; J'ai dit : Me voici, me voici! A une nation qui ne s'appelait pas de mon nom. -J'ai tendu mes mains tous les jours vers un peuple rebelle, (^ui marche dans une voie mauvaise, Au gré de ses pensées ; ^Vers un peuple qui ne cesse de m'irriter en face, Sacrifiant dans les jardins. Et l)rùlant de l'encens sur les l)ri([ues : ■•Qui fait des sépulcres sa demeure, Et passe la nuit dans les cavernes. Mangeant de la chair de porc. Et ayant dans ses vases des mets impurs; ^Oui dit : Retire-toi, Ne m'approche pas, car je suis saint!... De pareilles choses, c'est une fumée dans mes narines", C'est un feu qui brûle toujours. "Voici ce que j'ai résolu par devers moi : Loin de me taire, je leur ferai porter la peine. Oui, je leur ferai porter la peine 'De vos crimes, dit l'Eternel, et des crimes de vos pères. Qui ont bridé de l'encens sur les montagnes, Et qui m'ont outragé sur les collines ; Je leur mesurerai le salaire de leurs actions passées. *Ainsi parle l'Eternel : Quand il se trouve du jus dans une grappe. On dit : Ne la détruis pas, Car il y a là une bénédiction ! J'agirai de même, pour l'amour de mes serviteurs. Afin de ne pas tout détruire. 'Je ferai sortir de Jacob une postérité, Et de Juda un héritier de mes montagnes ; Mes élus posséderont le pays. Et mes serviteurs y habiteront. '"Le Saron servira île pâturage au menu bétail, Et la A'allée d'Acor servira de gîte au gros bétail. Pour mon peuple qui m'aura cherché. "Mais vous, qui abandonnez l'Eternel, Qui oubliez ma montagne sainte. Qui dressez une table pour Gad, Et remplissez une coupe pour Mcni '', '-Je vous destine au glaive, a. Kigure servant à exprimer la colère divine. b. Cad et .l/cHf. idoles dont les noms ne se trouvent «jii ieî. 927 Chap. 65,13-oj,. ÉSAIÈ. Et vous fléchirez tous le genou, pour être égorgés ; Car j'ai appelé, et vous n'avez point répondu, J'ai parlé, et vous n'avez point écouté : Mais vous avez fait ce qui est mal à mes yeux, Et vous avez choisi ce qui me déplaît. '^C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, mes serviteurs mangeront, et vous aurez faim ; Voici, mes serviteurs boiront, et vous aurez soif; Voici, mes serviteurs se réjouiront, et vous serez confondus; '■* Voici, mes serviteurs chanteront dans la joie de leur cœur; Mais vous, vous crierez dans la douleur de votre àme. Et vous vous lamenterez dans l'abattement de votre esprit. '^Vous laisserez votre nom en iuiprécation à mes élus ; Le Seigneur, l'Éternel vous fera mourir. Et il donnera à ses serviteurs un autre nom. '^ Celui qui voudra être béni dans le pays Voudra l'être par le Dieu de vérité. Et celui qui jurera dans le pays Jurera par le Dieu de vérité ; Car les anciennes souffrances seront oubliées, Elles seront cachées à mes yeux. '^Car je vais créer de nouveaux cieux Et une nouvelle terre ; On ne se rappellera plus les choses passées, Elles ne reviendront plus à l'esprit. "'Réjouissez-vous plutôt et soyez à toujours dans l'allégresse, A cause de ce que je vais créer ; Car je vais créer Jérusalem pour l'allégresse. Et son peuple pour la joie. '■•Je ferai de Jérusalem mon allégresse. Et de mon peuple ma joie ; On n'y entendra plus Le bruit des pleurs et le bruit des cris. -"Il n'y aura plus ni enfants ni vieillards. Qui n'accomplissent leurs jours ; Car celui qui mourra à cent ans sera jeune, Et le pécheur âgé de cent ans sera maudit. *'Ils bâtiront des maisons, et les habiteront; Ils planteront des vignes, et en mangeront le fruit. "Ils ne bâtiront ])as des maisons pour qu'un autre les habite. Ils ne planteront pas des vignes pour qu'un autre en mange le fruit; Car les jours de mon peuple seront comme les jours des arbres. Et mes élus jouiront de l'œuvre de leurs mains. -"'Ils ne travailleront pas en vain, Et ils n'auront pas des enfants pour les voir jiérir ; Car ils formeront une race bénie de l'Eternel, Et leurs enfants seront avec eux. ^*' Avant qu'ils m'invoquent, je répondrai ; 928 ÉSAIE. Chap. 65,r.-66,- Avant qu'ils aient cessé de parler, j'exaucerai. -^Le loup et l'agneau paîtront ensemble, Le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Et le serpent aura la poussière pour nourriture. Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte, Dit l'Éternel. Chap. LXVI. 'Ainsi parle l'Éternel : Le ciel est mon trône. Et la terre mon marchepied. Quelle maison pourriez-vous me bâtir. Et quel lieu me donneriez-vous pour demeure ? -Toutes ces choses, ma main les a faites, Et toutes ont reçu l'existence, dit l'Eternel. Voici sur qui je porterai mes regards : Sur celui qui souffre et qui a l'esprit abattu, Sur celui qui craint ma parole. 'Celui qui immole un bœuf, ou tuerait un homme. Celui qui sacrifie un agneau, ou romprait la nuque à un chien. Celui qui présente une offrande, ou répandrait du sang de porc, Celui qui brûle de l'encens, ou adorerait des idoles. Tous ceux-là se complaisent dans leurs voies. Et leur àme trouve du plaisir dans leurs abominations. ■•Moi aussi, je me complairai dans leur infortune, Et je ferai venir sur eux ce qui cause leur effroi, Parce que j'ai appelé, et qu'ils n'ont point répondu. Parce que j'ai parlé, et qu'ils n'ont point écouté ; Mais ils ont fait ce qui est mal à mes yeux, Et ils ont choisi ce qui me déplaît. ^Écoutez la parole de l'Éternel, Vous qui craignez sa parole. Voici ce que disent vos frères Qui vous haïssent et vous repoussent, A cause de mon nom : Que l'Éternel montre sa gloire, Et que nous voyions votre joie ! — Mais ils seront confondus. *Une voix éclatante sort de la ville, Une voix sort du temple. C'est la voix de l'Éternel, Qui paie à ses ennemis leur salaire. 'Avant d'éprouver les douleurs. Elle a enfanté ; Avant que les souffrances lui vinssent, 929 Qkap. 66,8-18. ÉSAIE. Elle a donné la naissance à un fils. ^Qui a jamais entendu pareille chose ? Qui a jamais vu rien de semblable ? Un pays peut-il naître en un jour ? Une nation est-elle enfantée d'un seul coup ? A peine en travail, Sion a enfanté ses fils ! ^Ouvrirais-je le sein maternel, Pour ne pas laisser enfanter ? dit l'Eternel ; Moi, qui fais naître, Empècherais-je d'enfanter? dit ton Dieu. '"Réjouissez-vous avec Jérusalem, Faites d'elle le sujet de votre allégresse, Vous tous qui l'aimez ; Tressaillez avec elle de joie, Vous tous qui menez deuil sur elle ; "Afin que vous soyez nourris et rassasiés Du lait de ses consolations, Afin que vous savouriez avec bonheur La plénitude de sa gloire. '^Car ainsi parle l'Eternel : Voici, je dirigerai vers elle la paix comme un fleuve. Et la gloire des nations comme un torrent débordé, Et vous serez allaités ; Vous serez portés sur les bras, Et caressés sur les genoux. ''Comme un homme que sa mère console, Ainsi je vous consolerai ; Vous serez consolés dans Jérusalem. '•'Vous le verrez, et votre cœur sera dans la joie, Et vos os reprendront de la vigueur, comme l'herbe ; L'Éternel manifestera sa puissance envers ses serviteurs, Mais il fera sentir sa colère à ses ennemis. '^Car voici, l'Eternel arrive dans un feu, Et ses chars sont comme un tourbillon ; Il convertit sa colère en un brasier, Et ses menaces en flammes de feu. '^C'est par le feu cjue l'Fjteinel exerce ses jugements, C'est par son glaive qu'il châtie toute chair; Et ceux que tuera l'Eternel seront en grand nombre. "Ceux qui se sanctifient et se purifient dans les jardins, Au milieu desquels ils vont un à un, Qui mangent de la chair de porc. Des choses abominables et des souris. Tous ceux-là périront, dit l'Eternel. 'Me connais leurs œuvres et leurs pensées. Le temps est venu de rassembler toutes les nations 930 ÉSAIK. Clwp. 00,!9-v.. Et toutes les langues ; Elles viendront et verront ma g-loire. '"■le mettrai un signe parmi elles, Et j'enverrai leurs réehap|îés vers les nations, A Tarsis, à Pul et à Lnd, ([iii tirent de l'arc, A Tubal et à Javan, Aux îles lointaines, Qui jamais n'ont entendu parler de moi. Et fpii n'ont pas vu ma gloire ; Et ils pul)lieront ma gloire j^armi les nations. -"Ils amèneront tous vos frères du milieu de toutes les nations, En olf'rande à l'Eternel, Sur des chevaux, des chars et des litières, Sur des mulets et des dromadaires, A ma montayne sainte, A Jérusalem, dit l'Eternel, Comme les enfants d'Israël apportent leur offrande. Dans un vase pur, A la maison de l'Eternel. '-'Et je prendrai aussi j^armi eux Des prêtres, des Lévites, dit rt]ternel. ■--Car comme les nouveaux cieux Et la nouvelle terre que je vais créer Subsisteront devant moi, dit l'Eternel, Ainsi subsisteront votre postérité et votre nom. -'A chaque nouvelle lune et à chaque sabbat. Toute chair viendra se prosterner devant moi, dit l'Eternel. -■•Et quand on sortira, on verra Les cadavres des hommes qui se sont rebellés contre moi ; Car leur ver ne mourra jioint, et leur feu ne s'éteindra point; Et ils seront pour toute chair un objet d'horreur. JEREMIE Chap. I. ^Paroles de Jérémie, fils de Hilkija, fiin des prêtres d'Anathoth, dans le pays de Benjamin. -La parole de rÉternel lui fut adres- branche d'amandier". ''Et l'Éternel sée au temps de Josias, fils d'Amon, me dit : Tu as bien vu; car je veille roi de Juda, la treizième année de son sur ma parole, pour l'exécuter, règne, ^et au temps de Jojakim, fils de '^La parole de l'Eternel me fut .Josias, roi de .Juda, jusqu'à la fin de la adressée une seconde fois, en ces onzième année de Sédécias, fils de Jo- mots : Que vois-tu ? Je répondis : Je sias, roi de Juda, jusqu'à l'époque où vois une chaudière bouillante, du côté Jérusalem fut emmenée en captivité, du septentrion. '■*Et l'Eternel me dit : au cinc^uième mois. C'est du septentrion que la calamité *La parole de l'Éternel me fut adres- se répandra sur tous les habitants du sée, en ces mots : '^Avant que je t'eusse pays. "^Car voici, je vais appeler tous formé dans le ventre de ta mère, je te les peuples des royaumes du scpten- connaissais, et avant que tu fusses trion, dit l'Éternel; ils viendront, et sorti de son sein, je t'avais consacré, placeront chacun leur siège à l'en- je t'avais établi prophète des nations, trée des portes de Jérusalem, contre ^Je répondis : Ah ! Seigneur Éternel ! ses murailles tout alentour, et contre voici, je ne sais point parler, car je toutes les villes de Juda. '"Je pronon- suis un enfant. "Et l'Éternel me dit : cerai mes jugements contre eux*, à Ne dis pas : Je suis un enfant. Car tu cause de toute leur méchanceté, parce iras vers tous ceux auprès de qui je qu'ils m'ont abandonné et ont offert t'enverrai, et tu diras tout ce que je de l'encens à d'autres dieux, et parce t'ordonnerai. ^Ne les crains point: car qu'ils se sont prosternés devant l'ou- je suis avec toi pour te délivrer, dit vrage de leurs mains. '"Et toi, ceins l'Éternel. "Puis l'Éternel étendit sa tes reins, lève-toi, et dis-leur tout ce main, et toucha ma bouche ; et l'Éter- que je t'ordonnerai. Ne tremble pas nel me dit : Voici, je mets mes paroles en leur présence, de peur que je ne te dans ta bouche. '"Regarde, je t'établis fasse trembler devant eux. 'Woici, je aujourd'hui sur les nations et sur les t'établis en ce jour sur tout le pays royaumes, pour que tu arraches et que comme une ville forte, une colonne tu abattes, pour que tu ruines et que de fer et un mur d'airain, contre les tu détruises, pour que tu bâtisses et rois de Juda, contre ses chefs, contre que tu plantes. ses prêtres, et contre le peuple du "La parole de l'Éternel me fut pays. '"Ils te feront la guerre, mais ils adressée, en ces mots : Que vois-tu, ne te vaincront pas; car je suis avec Jérémie ? Je répondis : Je vois une toi pour te délivrer, dit l'Eternel. a. Symbole de la vigilance et de l'activité. C est au milieu du sommeil de Ihiver que l'amandier pousse eti se couvre de fleurs. b. Eux, les habitants du pays, les Israélites. 932 JÉRÉMIE. Chap. 2.1-17. Reproches au peuple d'Israël. C/ia/). II. ' La parole de rÉternel me fut adressée, en ces mots : "Va, et crie aux oreilles de Jérusalem : Ainsi parle l'Eternel : Je me souviens de ton amour lorsque tu étais jeune, De ton aflection lorsque tu étais fiancée. Quand tu me suivais au désert. Dans une terre inculte. ^Israël était consacré à rÉternel, Il était les prémices de son revenu ; Tous ceux qui en mangeaient se rendaient coupables Et le malheur fondait sur eux, dit l'Eternel. ''Ecoutez la parole de l'Eternel, maison de Jacob, Et vous toutes, familles de la maison d'Israël ! ^Ainsi parle l'Eternel : Quelle iniquité vos pères ont-ils trouvée en moi, Pour s'éloigner de moi. Et pour aller après des choses de néant et n'être eux-mêmes que néant? *Ils n'ont pas dit : Où est l'Eternel, Qui nous a fait monter du jjays d'Egypte, Qui nous a conduits dans le désert, I^ans une terre aride et pleine de fosses. Dans une terre où régnent la sécheresse et l'ombre de la' mort. Dans une terre par où personne ne passe. Et où n'habite aucun homme ? 'Je vous ai fait venir dans un pavs semblable à un verger. Pour que vous en mangiez les fruits et les meilleures productions ; Mais vous êtes venus, et vous avez souillé mon pavs. Et vous avez fait de mon héritage une abomination. "^Les prêtres n'ont pas dit : Où est l'Eternel ? Les dépositaires de la loi ne m'ont pas connu. Les pasteurs m'ont été infidèles, Les pro]>hètes ont prophétisé par Baal, Et sont allés après ceux qui ne sont d'aucun secours. ^C'est pourquoi je veux encore contester avec vous, dit l'Eternc!, Je veux contester avec les enfants de vos enfants. '"Passez aux îles de Kittim, et regardez ! Envoyez à Kédar, observez bien, Et regardez s'il y a rien de semblable ! "Y a-t-il une nation qui change ses dieux. Quoiqu'ils ne soient pas des Dieux? Et mon peuple a changé sa gloire contre ce qui n'est d'aucun secours! '-Cieux, soyez étonnés de cela ; Frémissez d'épouvante et d'horreur! dit l'I^ternel. 933 Chnp.S,i3-v.. JEREMIE. '•'Car mon peuple a commis un double péché. Ils m'ont abandonné, moi qui suis une source d'eau vive, Pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, Qui ne retiennent pas l'eau. '^Israël est-il un esclave acheté, ou né dans la maison? Pourquoi donc devient-il une proie ? '^Contre lui les lionceaux rugissent, poussent leurs cris. Et ils ravagent son pays ; Ses villes sont brûlées, il n'y a plus d'habitants. ''Même les entants de Noph et de Tachpanès Te briseront le sommet de la tête. '"Cela ne t'arrive-t-il pas. Parce que tu as abandonné l'Eternel, ton Dieu, Lorsqu'il te dirigeait dans la bonne voie ? '^Et maintenant, qu'as-tu à faire d'aller en Egypte, Pour boire l'eau du Nil? Qu'as-tu à faire d'aller en Assyrie, Pour boire l'eau cUi fleuve " ? '"Ta méchanceté te châtiera, et ton infidélité te punira. Tu sauras et tu verras que c'est une chose mauvaise et amère D'abandonner l'Éternel, ton Dieu, Et de n'avoir de moi aucune crainte. Dit le Seigneur, l'Eternel des armées. ^"Tu as dès longtemps brisé ton joug, Rompu tes liens. Et tu as dit : Je ne veux plus être dans la servitude ! Mais sur toute colline élevée Et sous tout arbre vert Tu t'es courbée comme une prostituée. ■-'.le t'avais plantée comme une vigne excellente Et du meilleur plant ; Comment as-tu changé. Dégénéré en une vigne étrangère ? "Quand tu te laverais avec du nitre, Qiuind tu emploierais beaucoup de potasse, Ton ini([uité resterait marc[uée devant moi, Dit le Seigneur, l'Eternel. -'Comment dii'ais-tu : .le ne me suis point souillée, .)e ne suis point allée après les Baals ? Regarde tes pas dans la vallée. Reconnais ce que tu as fait. Dromadaire à la course légère et vagabonde ! -■'Anesse sauvage, habituée au désert. Haletante dans l'ardeur de sa passion, a. De l'Euphrate. 934 JÉRÉMIE. C lui]). 3,^5-36. Qui l'empêchera de satisfaire son désir? Tous ceux qui la cherchent n'ont pas à se fatiguer; Ils la trouvent pendant son mois. ^^Ne t'expose pas à avoir les pieds nus, Ne dessèche pas ton gosier ! Mais tu dis : C'est en vain, non ! Car j'aime les dieux cti'angers, je veux aller a])rcs eux. -^Comme un voleur est confus lorsqu'il est surpris. Ainsi seront confus ceux de la maison d'Israël, Eux, leurs rois, leurs chefs, Leurs ]irctres et leurs prophètes. -"Ils disent au bois : Tu es mon père ! Et à la pierre : Tu m'as donné la vie ! Car ils me tournent le dos, ils ne me regardent jias. Et quand ils sont dans le malheur, ils disent : Lève-toi, sauve-nous ! -*0ù donc sont tes dieux que tu t'es faits? Qu'ils se lèvent, s'ils peuvent te sauver au temps du malheur ! Car tu as autant de dieux que de villes, o Juda ! -^Pourquoi contesteriez-vous avec moi? Vous m'avez tous été infidèles, dit l'Eternel. '"En vain ai-je frappé vos enfants ; Ils n'ont point eu égard à la correction ; Votre glaive a dévoré vos prophètes, Comme un lion destructeur. '' Hommes de cette génération, considérez la parole de l'Eternel ! Ai-je été ])our Israël un désert. Ou un pays d'épaisses ténèbres? Pourquoi mon peuj^le dit-il : Nous sommes libres. Nous ne voulons jias retourner à toi ? '-La jeune fdle oublie-t-clle ses ornements, La fiancée sa ceinture ? Et mon peuple m'a oublié De]:)uis des jours sans nombre. ''Comme tu es habile dans tes voies pour chercher ce que lu aimes ! C'est même au crime que tu les exerces. ''Jusque sur les pans de ton habit se trouve Le sang de ])auvres innocents. Que tu n'as pas surpris faisant effraction. '■"Malgré cela, tu dis : Oui, je suis innocente! Certainement sa colère s'est détournée de moi ! Voici, je vais contester avec toi. Parce que tu dis : Je n'ai jioint péché. '^Pourtpioi tant d'empressement à changer ton chemiu !' C'est de l'Egypte que viendra ta honte, 935 Chap. 2,31-3,13. JÉRÉMIE. Comme elle est venue de l'Assyrie. ^"De là aussi tu sortiras, les mains sur la tète ; Car l'Eternel rejette ceux en qui tu te confies, Et tu ne réussiras pas auprès d'eux. Chap. III. 'Il dit : Lorsqu'un homme répudie sa femme, Qu'elle le quitte et devient la femme d'un autre, Cet homme retourne-t-il encore vers elle? Le pays même ne serait-il pas souillé ? Et toi, tu t'es prostituée à de nombreux amants, Et tu reviendrais à moi ! dit l'Eternel. -Lève tes yeux vers les hauteurs, et regarde ! Où ne t'es-tu pas prostituée ! Tu te tenais sur les chemins, comme l'Arabe dans le désert, Et tu as souillé le pays par tes prostitutions et par ta méchanceté. ^Aussi les pluies ont-elles été retenues. Et la pluie du printemps a-t-elle manqué ; Mais tu as eu le front d'une femme prostituée, Tu n'as pas voulu avoir honte. ^Maintenant, n'est-ce pas? tu cries vers moi : Mon père! Tu as été l'ami de ma jeunesse ! ^Gardera-t-il à toujours sa colère? La conservera-t-il à jamais ? Et voici, tu as dit, tu as fait des choses criminelles, tu les as consommées. Exhortations à In repentance. ^L'Eternel me dit, au temps du roi sa lettre de divorce, j'ai vu que la per- Josias : As-tu vu ce qu'a fait l'infidèle fide Juda, sa sœur, n'a point eu de Israël? Elle est allée sur toute monta- crainte, et qu'elle est allée se prosti- gne élevée et sous tout arbre vert, et tuer pareillement. 'Par sa criante im- là elle s'est prostituée. 'Je disais : pudicité Israël a souillé le pays, elle Après avoir fait toutes ces choses, elle a commis adultère avec la pierre et reviendra à moi. Mais elle n'est pas le bois. '"Malgré tout cela, la perfide revenue. Et sa sœur, la perfide Juda, Juda, sa sœur, n'est pas revenue à moi en a été témoin. ^Quoique j'eusse ré- de tout son cœur; c'est avec fausseté pudié l'infidèle Israël à cause de tous qu'elle l'a fait, dit l'Eternel, ses adultères, et que je lui eusse donné "L'Eternel me dit : L'infidèle Israël paraît innocente En comparaison de la perfide Juda. '■-Va, crie ces paroles vers le septentrion, et dis : Reviens, infidèle Israël ! dit l'Eternel. Je ne jetterai jias sur vous un regard sévère ; Car je suis miséricordieux, dit l'Eternel, Je ne garde pas ma colère à toujours. '•* Reconnais seulement ton iniquité. Reconnais que tu as été infidèle à l'Eternel, ton Dieu, Que tu as dirigé çà et là tes pas vers les dieux étrangers, 936 JÉRÉMIE. Chap. 3, /i-: 25. Sous tout arbre vert, Et que tu n'as pas écouté ma voix, dit l'Eternel. "Revenez, enfants rebelles, dit l'Eternel ; Car je suis votre maître. Je vous prendrai, un d'une ville, deux d'une famille. Et je vous ramènerai dans Sion. '^Je vous donnerai des bergers selon mon cœur. Et ils vous paîtront avec intelligence et avec sagesse. '^Lorsque vous aurez multiplié et fructifié dans le pays. En ces jours-là, dit l'Eternel, On ne parlera plus de l'arche de l'alliance de l'Eternel ; Elle ne viendra plus à. la pensée ; On ne se la ra[)pellera plus, on ne s'apercevra plus de son absence. Et l'on n'en fera point une autre. ''En ce temps-là, on appellera .Jérusalem le trône de l'Eternel ; Toutes les nations s'assembleront à .Jérusalem, au nom de l'Eternel, Et elles ne suivront plus les penchants de leur mauvais cœur. '*En ces jours, La maison de Juda marchera avec la maison d'Israël ; Elles viendront ensemble du pays du septentrion Au pays dont j'ai donné la possession à vos pères. '"Je disais : Comment te mettrai-je parmi mes enfants, Et te donnerai-je un pays de délices. Un héritage, le plus bel ornement des nations .'' Je disais : Tu m'appelleras : Mon père ! Et tu ne te détourneras pas de moi. -"Mais, comme une femme est infidèle à son amant. Ainsi vous m'avez été infidèles, maison d'Israël, Dit l'Eternel. -' Une voix se fait entendre sur les lieux élevés. Ce sont les pleurs, les supplications des enfants d'Israël, Car ils ont perverti leur voie. Ils ont oublié l'Eternel, leur Dieu. ^'-Revenez, enfants rebelles. Je pardonnerai vos infidélités. — Nous voici, nous allons à toi. Car tu es l'Eternel, notre Dieu. -'Oui, le bruit qui vient des collines et des montagnes n'est que men- Oui, c'est en l'Eternel, notre Dieu, (pi'ost le salut d'Israël. [songe ; -■•Les idoles ont dévoré le produit du travail de nos pères, Dès notre jeunesse. Leurs brebis et leurs bœufs, leurs fils et leurs filles. "-^Nous avons notre honte pour couche. Et notre ignominie pour couverture ; Car nous avons péché contre l'Eternel, notre Dieu, 937 Chap.i,i-n. JÉRÉMIE. Nous et nos pères, dès notre jeunesse jusqu'à ce jour, Et nous n'avons pas écouté la voix de l'Eternel, notre Dieu. — Chap. IV. 'Israël, si tu reviens, si tu reviens à moi, dit l'Eternel, Si tu ôtes tes abominations de devant moi. Tu ne seras plus errant. ^Si tu jures : L'Eternel est vivant ! Avec vérité, avec droiture et avec justice, Alors les nations seront bénies en lui. Et se glorifieront en lui. 'Car ainsi parle l'Eternel aux hommes de Juda et de Jérusalem Défrichez-vous un champ nouveau. Et ne semez pas parmi les épines. *Circoncisez-vous pour l'Eternel, circoncisez vos cœurs. Hommes de Juda et habitants de Jérusalem, De peur que ma colère n'éclate comme un feu, Et ne s'enflamme, sans qu'on puisse l'éteindre, A cause de la méchanceté de vos actions. Une invasion étrangère. ^Annoncez en Juda, publiez à Jérusalem, Et dites : Sonnez de la trompette dans le pays ! Criez à pleine voix, et dites : Rassemblez-vous, et allons dans les villes fortes ! '^Elevez une bannière vers Sion, Fuyez, ne vous arrêtez pas ! Car je fais venir du septentrion le malheur Et un grand désastre. 'Le lion s'élance de son taillis. Le destructeur des nations est en marche, il a quitté son lieu, Pour ravager ton pays ; Tes villes seront ruinées, il n'y aura plus d'habitants. "C'est pourquoi couvrez-vous de sacs, pleurez et gémissez; Car la colère ardente de l'Éternel ne se détourne pas de nous. "En ce jour-là, dit l'Eternel, Le roi et les chefs perdront courage. Les prêtres seront étonnés. Et les prophètes stupéfaits. '"Je dis : Ah ! Seigneur Eternel ! Tu as donc trompé ce peuple et Jérusalem, en disant : \'^ous aurez la paix ! Et cependant l'épée menace leur vie. " En ce temps-là, il sera dit à ce peuple et à Jérusalem : Un vent brûlant soufile des lieux élevés du désert Sur le chemin de la fille de mon peuple, Non pour vanner ni pour nettoyer le grain. 938 JÉRÉMIE. Chap.A,n-2s. '-C'est un vent impétueux qui vient de là jusqu'à moi. Maintenant, je prononcerai leur sentence. '■''Voici, le destructeur s'avance comme les nuées ; Ses chars sont comme un tourbillon, Ses chevaux sont plus légers cjue les aigles. — Malheur à nous, car nous sommes détruits ! — '^Purifie ton cœur du mal, Jérusalem, Afin que tu sois sauvée ! Jusques à quand garderas-tu dans ton cœur tes pensées ini([ues ? '^Car une voix qui part de Dan annonce la calamité. Elle la publie depuis la montagne d'Ephraïm. '^Dites-le aux nations, faites-le connaître à Jérusalem : Des assiégeants viennent d'une terre lointaine ; Ils poussent des cris contre les villes de Juda. ''Comme ceux qui gardent un champ, ils entourent Jérusalem, Car elle s'est révoltée contre moi, dit l'Eternel. '^C'est là le produit de tes voies et de tes actions, C'est là le produit de ta méchanceté ; Certes, cela est amer, cela pénètre jusqu'à ton cœur. '^Mes entrailles ! mes entrailles ! je souffre au dedans de mon cœur. Le cœur me bat, je ne puis me taire; Car tu entends, mon àme, le son de la trompette. Le cri de guerre. -"On annonce ruine sur ruine. Car tout le pays est ravagé ; Mes tentes sont ravagées tout à coup, Mes pavillons en un instant. -'Jusques à quand verrai-je la bannière. Et entendrai-je le son de la trompette ? — - "Certainement mon peuple est fou, il ne me connaît pas; Ce sont des enfants insensés, dépourvus d'intelligence; Ils sont habiles pour faire le mal, Mais il» ne savent pas faire le bien. — *^Je regarde la terre, et voici, elle est informe et vide ; Les cieux, et leur lumière a disparu. -^Je regarde les montagnes, et voici, elles sont ébranlées ; Et toutes les collines chancellent. -^Je regarde, et voici, il n'y a point d'homme ; Et tous les oiseau.x des cieux ont pris la fuite. "Je regarde, et voici, le Carmel est un désert; Et toutes ses villes sont détruites, devant l'Eternel, Devant son ardente colère. *"Car ainsi parle l'Eternel : Tout le pays sera dévasté ; Mais je ne ferai pas une entière destruction. "A cause de cela, le pays est en deuil, 939 Gu • Chap. i, 29-5,1. JÉRÉMIE. Et les cieux en haut sont obscurcis ; Car je l'ai dit, je l'ai résolu, Et je ne m'en repens pas, je ne me rétracterai pas. -'Au bruit des cavaliers et des archers, toutes les villes sont en fuite; On entre dans les bois, on monte sur les rochers; Toutes les villes sont abandonnées, il n'y a plus d'habitants. ^"Et toi, dévastée, que vas-tu faire ? Tu te revêtiras de cramoisi, tu te pareras d'ornements d'or. Tu mettras du fard à tes yeux ; Mais c'est en vain que tu t'embelliras ; Tes amants te méprisent, Ils en veulent à ta vie. ^' Car j'entends des cris comme ceux d'une femme en travail, Des cris d'angoisse comme dans un premier enfantement. C'est la voix de la fdle de Sion ; elle soupire, elle étend les mains : Malheureuse que je suis ! je succombe sous les meurtriers ! Cliap. y. 'Parcourez les rues de .Jérusalem, Regardez, informez-vous, cherchez dans les places, S'il s'y trouve un homme, s'il y en a un Qui pratique la justice, qui s'attache à la vérité, Et je pardonne à Jérusalem. *Même quand ils disent : L'Eternel est vivant ! C'est faussement qu'ils jurent. 'Eternel, tes yeux n'aperçoivent-ils pas la vérité ? Tu les frappes, et ils ne sentent rien ; Tu les consumes, et ils ne veulent pas recevoir instruction ; Ils prennent un visage plus dur que le roc. Ils refusent de se convertir. *Je disais : Ce ne sont que les petits ; Ils agissent en insensés, parce qu'ils ne connaissent pas la voie de l'Eter- La loi de leur Dieu. [nel, ^J'irai vers les grands, et je leur parlerai ; Car eux, ils connaissent la voie de l'Eternel, , La loi de leur Dieu ; Mais ils ont tous aussi brisé le joug, Rompu les liens. '^C'est pourquoi le lion de la forêt les tue, Le loup du désert les détruit, i La panthère est aux aguets devant leurs villes ; j Tous ceux qui en sortiront seront déchirés ; Car leurs transgressions sont nombreuses, Leurs infidélités sont multipliées. "Pourquoi te pardonncrais-je ? Tes enfants m'ont abandonné. Et ils jurent par des dieux qui n'existent pas. J'ai reçu leurs serments, et ils se livrent à l'adultère, 940 JÉRÉMIE. Chap. 5,s-2t. Ils sont en foule dans la maison de la prostituée. * Semblables à des chevaux bien nourris, qui courent çà et là, Ils hennissent chacun après la femme de son prochain. ^Ne chàtierais-je pas ces choses-là, dit l'Éternel, Ne me vengerais-je pas d'une pareille nation ? '"Montez sur ses murailles, et abattez, Mais ne détruisez pas entièrement ! Enlevez ses ceps. Qui n'appartiennent point à l'Eternel ! "Car la maison d'Israël et la maison de Juda m'ont été infidèles, Dit l'Éternel. '-Ils renient l'Éternel, ils disent : Il n'existe pas! Et le malheur ne viendra pas sur nous, Nous ne verrons ni l'épée ni la famine. '^Les prophètes ne sont que du vent. Et personne ne parle en eux. Qu'il leur soit fait ainsi ! "C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel, le Dieu des armées : Parce que vous avez dit cela. Voici, je veux que ma parole dans ta bouche soit du feu. Et ce peuple du bois, et que ce feu les consume. '^Voici, je fais venir de loin une nation contre vous, maison d'Israël, Dit l'Éternel ; C'est une nation forte, c'est une nation ancienne. Une nation dont tu ne connais pas la langue. Et dont tu ne comprendras point les paroles. '*Son carquois est comme un sépulcre ouvert; Ils sont tous des héros. "Elle dévorera ta moisson et ton pain. Elle dévorera tes fils et tes filles. Elle dévorera tes brebis et tes bœufs. Elle dévorera ta vigne et ton figuier ; Elle détruira par l'épée tes villes fortes dans lescjuelles tu te confies. '^Mais en ces jours, dit l'Eternel, Je ne vous détruirai pas entièrement. '^Si vous dites alors : Pourquoi l'Eternel, notre Dieu, nous fait-il tout cela? Tu leur répondras : Comme vous m'avez abandonné, Et que vous avez servi des dieux étrangers dans votre pays, Ainsi vous servirez des étrangers dans un pays qui n'est pas le A'ôtre. -"Annoncez ceci à la maison de Jacob, Publiez-le en Juda, et dites : -'Ecoutez ceci, peuple insensé, et qui n'as point de cœur! Ils ont des yeux et ne voient point. Ils ont des oreilles et n'entendent point. 941 Chap.5,'n-6,k. JÉUÉMIE. "Ne me craindrez-vous pas, dit rÉternel, Ne tremblerez-vous pas devant moi ? C'est moi qui ai donné à la mer le sable pour limite, _ Limite éternelle qu'elle ne doit pas franchir; Ses flots s'agitent, mais ils sont impuissants ; Ils mugissent, mais ils ne la franchissent pas. ^"Ce peuple a un cœur indocile et rebelle ; Ils se révoltent, et s'en vont. -*Ils ne disent pas dans leur cœur : Craignons l'Eternel, notre Dieu, Qui donne la pluie en son temps, La pluie de la première et de l'arrière-saison, Et qui nous réserve les semaines destinées à la moisson. ^^G'est à cause de vos iniquités que ces dispensations n'ont pas lieu, Ce sont vos péchés qui vous privent de ces biens. -^Car il se trouve parmi mon peuple des méchants ; Ils épient comme l'oiseleur qui dresse des pièges. Ils tendent des filets, et prennent des hommes. ^^ Gomme une cage est remplie d'oiseaux, Leurs maisons sont remplies de fraude ; C'est ainsi qu'ils deviennent puissants et riches. -*lls s'engraissent, ils sont brillants d'embonpoint; Ils dépassent toute mesure dans le mal. Ils ne défendent pas la cause, la cause de l'orphelin, et ils prospèrent; Ils ne font pas droit aux indigents. '"Ne chàtierais-je pas ces choses-là, dit l'Eternel, Ne me vengerais-je pas d'une pareille nation ? ''"Des choses horribles, abominables, Se font dans le pays. ^'Les prophètes prophétisent avec fausseté, Les prêtres dominent sous leur conduite, Et mon ])euj)le prend plaisir à cela. Que ferez-vous à la fin ? Chap. VI. 'Fuyez, enfants de Benjamin, du milieu de Jérusalem, Sonnez de la trompette à Tekoa, Elevez un signal à Beth-IIakkérem ! Car on voit venir du septentrion le malheur Et un grand désastre. -La belle et la délicate, Je la détruis, la fille de Sion ! ^Vers elle marchent des bergers avec leurs troupeaux. Ils dressent des tentes autour d'elle, ■ ■ Ils broutent chacun sa part. — * Préparez-vous à l'attaquer ! Allons ! montons en plein midi !... Malheureusement pour nous, le jour baisse, 942 JÉRÉMIE. Chap. 6,r.-i5. Les ombres du soir s'allongent. WUons ! montons de nuit ! Détruisons ses palais ! — ^Car ainsi parle l'Eternel des armées : Abattez les arbres, Elevez des terrasses contre Jérusalem ! C'est la ville qui doit être châtiée ; Il n'y a qu'oppression au milieu d'elle. "Comme un ])uits fait jaillir ses eaux, Ainsi elle fait jaillir sa méilianceté ; Il n'est bruit en son sein cpie de violence et de ruine ; Sans cesse à mes regards s'oÛ'rent la douleur et les plaies. * Reçois instruction, Jérusalem, De peur que je ne m'éloigne de toi. Que je ne fasse de toi un désert, Un pays inhabité ! 'Ainsi parle l'Eternel des armées : On grappillera comme une vigne les restes d'Israël. Portes-y de nouveau la main, Comme le vendangeur sur les ceps. '"A qui m'adresser, et qui prendre à témoin pour qu'on écoute ? Voici, leur oreille est incirconcise, Et ils sont incapables d'être attentifs; Voici, la parole de l'Eternel est pour eux un opprobre. Ils n'y trouvent aucun plaisir. "Je suis plein de la fureur de l'Eternel, je ne puis la contenir. Répands-la sur l'enfant dans la rue. Et sur les assemblées des jeunes gens. Car l'homme et la femme seront ])ris. Le vieillard et celui qui est chargé de jours. '-Leurs maisons passeront à d'autres, Les champs et les femmes aussi. Quand j'étendrai ma main sur les habitants du pays, Dit l'Éternel. '^'Car depuis le plus petit jusqu'au plus grand, Tous sont avides de gain ; Depuis le prophète jusqu'au prêtre. Tous usent de tromperie. '*Ils pansent à la légère la plaie de la fdlc de mon peuple : Paix! paix! disent-ils. Et il n'y a point de paix. *^Ils seront confus, car ils commettent des abominations; Ils ne rougissent pas, ils ne connaissent pas la honte; C'est pourquoi ils tomberont avec ceux qui tombent. Ils seront renversés quand je les châtierai, Dit l'Éternel. 943 Cliap. (hm-T,. JÉRÉMIE. '"Ainsi parle rÉteriiel : Placez-Aous sur les chemins, regardez, ]"]t demandez quels sont les anciens sentiers, Quelle est la bonne voie ; marclicz-y, Et vous trouverez le repos de vos âmes ! Mais ils réjwndent : Nous n'y marcherons pas. '"J'ai mis près de vous des sentinelles : Soyez attentifs au son de la trompette ! Mais ils répondent : Nous n'y serons pas attentifs. '* C'est ]>ourquoi écoutez, nations ! Sachez ce qui leur arrivera, assemblée des peuples ! "Ecoute, terre! Voici, je fais venir sur ce peuple le malheur. Fruit de ses pensées ; Car ils n'ont point été attentifs à mes paroles, Ils ont méprisé ma loi. -"Qu'ai-je besoin de l'encens qui vient de Séba, Du roseau aromatique d'un pays lointain ? Vos holocaustes ne me plaisent point. Et vos sacrifices ne me sont ])oint agréables. -'C'est pourquoi ainsi ])arle l'Eternel : Voici, je mettrai devant ce peuple des pierres d'achoppement, Contre lesquelles se heurteront ensemble pères et fils. Voisins et amis, et ils périront. "Ainsi parle l'Eternel : Voici, un peuple vient du ])ays du septentrion, Une grande nation se lève des extrémités de la terre. -'Ils j)ortent l'arc et le javelot ; Ils sont cruels, sans miséricorde; Leur voix mugit comme la mer ; Ils sont montés sur des chevaux. Prêts à combattre comme un seul homme, Contre toi, fille de Sion ! ^*Au bruit de leur approche, Nos mains s'affaiblissent. L'angoisse nous saisit. Comme la douleur d'une femme qui accouche. -^Ne sortez pas dans les champs. N'allez pas sur les chemins ; Car là est le glaive de l'ennemi. Et l'épouvante règne à l'entour ! '-'*Fillc de mon peuple, couvre-toi d'un sac et roule-toi dans la cendre, Prends le deuil comme pour un fils unitjue. Verse des larmes, des larmes amères ! Car le dévastateur vient sur nous à l'improviste. ^'Je t'avais établi en observation parmi mon peuple, 944 JÉRÉMIE. Cluip. 6, -js-ï. 11. Comme une forteresse, Pour que tu connusses et sondasses leur voie. -*Ils sont tous des rebelles, des calomniateurs, De l'airain et du fer ; Ils sont tous corrompus. -"Le soufflet est brûlant, Le plomb est consumé par le feu ; C'est en vain qu'on épure, Les scories ne se détachent pas. ^"On les appelle de l'argent méprisable, Car l'Eternel les a rejetés. Censures et menaces, Chap. VII. 'La parole qui fut adressée à Jérémie de la part de l'Eternel, en ces mots : -Place-toi à la porte de la maison de l'Eternel, Et là publie cette parole, Et dis : Ecoutez la parole de l'Eternel, Vous tous, hommes de Juda, qui entrez par ces portes. Pour vous prosterner devant l'Eternel ! ^Ainsi parle l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël : Réformez vos voies et vos œuvres. Et je vous laisserai demeurer dans ce lieu. ■•Ne vous livrez pas à des espérances trompeuses, en disant : C'est ici le temple de l'Eternel, le temple de l'Eternel, Le temple de l'Eternel ! '^Si vous réformez vos voies et vos œuvres. Si vous pratiquez la justice envers les uns et les autres, *Si vous n'opprimez pas l'étranger, l'orphelin et la veuve, Si vous ne répandez pas en ce lieu le sang innocent. Et si vous n'allez pas après d'autres dieux, pour votre malheur, 'Alors je vous laisserai demeurer dans ce lieu. Dans le pays que jai donné à vos pères, D'éternité en éternité. *Mais voici, vous vous livrez à des espérances trompeuses, Qui ne servent à rien. ^Quoi! dérober, tuer, commettre des adultères. Jurer faussement, offrir de l'encens à Baal, Aller après d'autres dieux que vous ne connaissez pas !... '"Puis vous venez vous présenter devant moi. Dans cette maison sur laquelle mon nom est invoqué. Et vous dites : Nous sommes délivrés !... Et c'est afin de commettre toutes ces abominations ! "Est-elle à vos yeux une caverne de voleurs. Cette maison sur laquelle mon nom est invoqué? Je le vois moi-même, dit l'Eternel. 945 Chap. 7,12-23. JÉRÉMIE. '-Allez donc au lieu qui m'était consacré à Silo, Où j'avais fait autrefois résider mon nom. Et voyez comment je l'ai traité, A cause de la méchanceté démon peuple d'Israël. "Et maintenant, puisque vous avez commis toutes ces actions, Dit l'Eternel, Puisque je vous ai parlé dès le matin et que vous n'avez pas écouté, Puisque je vous ai appelés et que vous n'avez pas répondu, '^Je traiterai la maison sur lac[uelle mon nom est invoqué. Sur laquelle vous faites reposer votre confiance, Et le lieu que j'ai donné à vous et à vos pères. De la même manière que j'ai traité Silo; '^Et je vous rejetterai loin de ma face. Comme j'ai rejeté tous vos frères. Toute la postérité d'Ephraïm. '"Et toi, n'intercède pas en faveur de ce peuple. N'élève pour eux ni supplications ni prières. Ne fais pas des instances auprès de moi ; Car je ne t'écouterai pas. "Ne vois-tu pas ce qu'ils font dans les villes de Juda Et dans les rues de Jérusalem ? "*Les enfants ramassent du bois, Les pères allument le feu. Et les femmes pétrissent la pâte. Pour préparer des gâteaux à la reine du ciel. Et pour faire des libations à d'autres dieux. Afin de m'irriter. '''Est-ce moi qu'ils irritent ? dit l'Eternel ; N'est-ce pas eux-mêmes, A leur propre confusion ? ^"C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, ma colère et ma fureur se répandent sur ce lieu. Sur les hommes et sur les bêtes. Sur les arbres des champs et sur les fruits de la terre ; Elle brûlera, et ne s'éteindra point. *' Ainsi parle l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël : • Ajoutez vos holocaustes à vos sacrifices. Et mangez-en la chair ! ^-Car je n'ai point parlé avec vos pères et je ne leur ai donné aucun Le jour où je les ai fait sortir du pays d'Egypte, [ordre. Au sujet des holocaustes et des sacrifices. *^Mais voici l'ordre que je leur ai donné : Écoutez ma voix. Et je serai votre Dieu, Et vous serez mon peuple ; Marchez dans toutes les voies que je vous prescris, 94G JÉRÉMIE. Chnp.7,r,-8,'î. Afin que vous soyez heureux. -■'l']t ils n'ont point écouté, ils n'ont point jnèté l'oreille ; Ils ont suivi les conseils, les penchants de leur mauvais cœur, Ils ont été en arrière et non en avant. "Depuis le jour où vos j^cres sont sortis du ]iays d'I']gypte, Jusqu'à ce jour, Je vous ai envoyé tous mes serviteurs, les prophètes. Je les ai envoyés chaque jour, dès le matin. ^^Mais ils ne m'ont point écouté, ils n'ont point prêté l'oreille; Ils ont raidi leur cou. Ils ont fait le mal plus que leurs pères. -'Si tu leur dis toutes ces choses, ils ne t'écouteront pas; Si tu cries vers eux, ils ne te répondront pas. **Alors dis-leur : C'est ici la nation qui n'écoute pas la voix de l'Eternel, son Dieu, Et qui ne veut pas recevoir instruction ; La vérité a disparu, elle s'est retirée de leur bouche. -^Coupe ta chevelure, et jette-la au loin ; Monte sur les hauteurs, et prononce une complainte 1 Car l'Eternel rejette Et repousse la génération qui a provoqué sa fureur. ^"Car les enfants de Juda ont fait ce qui est mal à mes yeux, Dit l'Éternel ; Ils ont ]:)lacé leurs abominations" Dans la maison sur laquelle mon nom est invoqué, Afin de la souiller. '' Ils ont l)àti des hauts lieux à To]dicth* dans la vallée de Ben-Hinnom"^ Pour brûler au feu leurs fils et leurs filles : Ce que je n'avais point ordonné, Ce qui ne m'était point venu à la "pensée. ^^C'est pourquoi voici, les jours viennent, dit l'Eternel, Où l'on ne dira plus Topheth et la vallée de Ben-Hinnom, Mais où l'on dira la vallée du carnage ; Et l'on enterrera les morts à Topheth par défaut de place. ^^Les cadavres de ce peuple seront la pâture Des oiseaux du ciel et des bêtes de la terre ; Et il n'y aura personne pour les troubler. ^■•Je ferai cesser dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem Les cris de réjouissance et les cris d'allégresse. Les chants du fiancé et les chants de la fiancée ; Car le pays sera un désert. Cliap. VIII. ' En ce temps-là, dit chefs, les os des prêtres, les os des l'Eternel, on tirera de leurs sépulcres prophètes, et les os des habitants de les os des rois de Juda, les os de ses Jérusalem. -On les étendra devant le a. /.CUIS ahorninations. leurs idoles. b. Toplieili, lieu oii l'on reudail un culte à Moloc. c. De lien-IIin- imni. ou (ht fils tiv I/iiiiioni. 947 Chap.8.3-ir.. JÉRÉMIE. soleil, devant la lune, et devant toute point, et ils seront comme du fumier l'armée des cieux, qu'ils ont aimés, sur la terre. 'La mort sera préférable qu'ils ont servis, qu'ils ont suivis, à la vie pour tous ceux qui resteront qu'ils ont recherchés, et devant les- de cette race méchante, dans tous les quels ils se sont prosternés; on ne les lieux où je les aurai chassés, dit l'E- recueillera point, on ne les enterrera ternel des armées. *Dis-leur : Ainsi parle l'Eternel : Est-ce que l'on tombe, sans se relever? Ou se détourne-t-on, sans revenir? ^Pourquoi donc ce peuple de .Jérusalem s'abandonne-t-il A de perpétuels égarements ? Ils persistent dans la tromperie, Ils refusent de se convertir. ''Je suis attentif, et j'écoute : Ils ne parlent pas comme ils devraient; Aucun ne se i-epent de sa méchanceté. Et ne dit : Qu'ai-je fait ? Tous reprennent leur course. Comme un cheval qui s'élance au combat. "Même la cigogne connaît dans les cieux sa saison; La tourterelle, l'hirondelle et la grue, Observent le temps de leur arrivée; Mais mon peuple ne connaît pas la loi de l'Eternel. ''Comment pouvez-vous dire : Nous sommes sages, La loi de l'Eternel est avec nous ? C'est bien en vain que s'est mise à l'œuvre La plume mensongère des scribes. 'Les sages sont confondus, Ils sont consternés, ils sont pris ; \'oici, ils ont méprisé la parole de l'Eternel, Et quelle sagesse ont-ils ? '"C'est pourquoi je donnerai leurs femmes à d'autres. Et leurs champs à ceux qui les déposséderont. Car depuis le plus petit jusqu'au plus grand, Tous sont avides de gain ; Depuis le prophète jusqu'au prêtre. Tous usent de tromperie. "Ils pansent à la légère la plaie de la fdle de mon peuple : Paix ! paix ! disent-ils. Et il n'y a point de paix. '-Ils seront confus, car ils commettent des abominations ; Ils ne rougissent pas, ils ne connaissent pas la honte ; C'est pourquoi ils tomberont avec ceux qui tombent, Ils seront renversés quand je les châtierai. Dit l'Éternel. ''Je veux en finir avec eux, dit l'Eternel ; 948 JÉRÉMIE. Chop. 8,n-9,3. Il n'y aura plus de raisins à la vigne, Plus de ligues au figuier, Et les feuilles se flétriront ; Ce que je leur avais donné leur échappera. — "Pourquoi restons-nous assis ? Rassemblez-vous, et allons dans les villes fortes. Pour y périr ! Car l'Eternel, notre Dieu, nous destine à la mort, 11 nous fait boire des eaux empoisonnées. Parce que nous avons péché contre l'Eternel. '^Nous espérions la paix, et il n'arrive rien d'heureux; Un temps de guérison, et voici la terreur ! — '"Le hennissement de ses chevaux se fait entendre du côté de Dan, Et au bruit de leur hennissement toute la terre tremble ; Ils viennent, ils dévorent le pays et ce qu'il renferme, La ville et ceux qui l'habitent. '"Car j'envoie parmi vous des serpents, des basilics. Contre lesquels il n'y a point d'enchantement; Ils vous mordront, dit l'Eternel. '*Je voudrais scjulager ma douleur; Mon cœur souffre au dedans de moi. ""Voici, les cris de la fille de mon peuple Retentissent sur la terre lointaine : L'Eternel n'est-il plus à Sion ? N'a-t-elle plus son roi au milieu d'elle ? — Pourquoi m'ont-ils irrité par leurs images taillées. Par des idoles étrangères ? — ^''La moisson est passée, l'été est fini. Et nous ne sommes pas sauvés ! — -'Je suis brisé par la douleur de la fille de mon peuple, Je suis dans la tristesse, l'épouvante me saisit. "N'y a-t-il j)oint de baume en Galaad ? N'y a-t-il point de médecin ? Pourquoi donc la guérison de la fille de mon peuple ne s'opère-t-elle pas ? Cliap. IX. 'Oh ! si ma tête était remplie d'eau. Si mes yeux étaient une source de larmes, Je pleurerais jour et nuit Les morts de la fille de mon peuple ! -Oh ! si j'avais au désert une cabane de voyageurs. J'abandonnerais mon peuple, je m'en éloignerais ! Car ce sont tous des adultères. C'est une troupe de perfides. ■'Ils ont la langue tendue comme un arc et lancent le mensonge ; Ce n'est pas par la vérité qu'ils sont puissants dans le pays ; Car ils vont de méchanceté en luécliaiiceté, 949 Chap.9,k-w. JÉRÉMIE. Et ils ne me connaissent pas, dit rEterncl. ■'Que chacun se tienne en garde contre son ami, Et qu'on ne se fie à aucun de ses frères ; Car tout frère cherche à tromper, Et tout ami répand des calomnies. ^Ils se jouent les uns des autres. Et ne disent point la vérité ; Ils exercent leur langue à mentir, Ils s'étudient à faire le mal. ^Ta demeure est au sein de la fausseté ; C'est par fausseté qu'ils refusent de me connaître, Dit l'Eternel. "C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel des armées : Voici, je les sonderai, je les éprouverai. Car comment agir à l'égard de la fdle de mon peuple ? *Leur langue est un trait meurtrier, Ils ne disent que des mensonges ; De la bouche ils parlent de j^aix à leur prochain. Et au fond du cœur ils lui dressent des pièges. ^Ne les chàtierais-je pas pour ces choses-là, dit l'Eternel, Ne me vcngerais-je pas d'une pareille nation ? 10 I 'Sur les montagnes je veux pleurer et gémir. Sur les plaines du désert je prononce une complainte ; Car elles sont brûlées, personne n'y passe, On n'y entend plus la voix des troupeaux ; Les oiseaux du ciel et les bêtes ont pris la fuite, ont dis|>aru. — "Je ferai de Jérusalem un monceau de ruines, un repaire de chacals, Et je réduirai les villes de Juda en un désert sans habitants. — '-Où est l'homme sage, qui comprenne ces choses ? Qu'il le dise celui à qui la bouche de l'Eternel a parlé ! Pourquoi le pays est-il détruit, ... f, Brûlé comme un désert où personne ne passe ? '^L'Eternel dit : C'est parce qu'ils ont abandonné ma loi. Que j'avais mise devant eux ; Parce qu'ils n'ont point écouté ma voix. Et qu'ils ne l'ont point suivie ; "Parce qu'ils ont suivi les ])enchants de leur cœur. Et qu'ils sont allés après les Baals, Comme leurs pères le leur ont ap|)ris. '^C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël : Voici, je vais nourrir ce peuple d'absinthe. Et je lui ferai boire des eaux empoisonnées. "'Je les disperserai jiarmi des nations Que n'ont connues ni eux ni leurs pères. Et j'enverrai derrière eux l'épée. Jusqu'à ce que je les aie exterminés. 950 JEHÉMIE. Chap. 0,11-10,1. '^Ainsi parle l'Eternel des armées : Cherchez, appelez les pleureuses, et qu'elles viennent ! Envoyez vers les femmes habiles, et qu'elles viennent ! '^Qu'elles se hâtent de dire sur nous une complainte ! Et que les larmes tombent de nos yeux. Que l'eau coule de nos [)aupières ! '^Car des cris lamentables se font entendre de Sion: Eh quoi ! nous sommes détruits ! Nous sommes couverts de honte ! Il nous faut abandonner le pays ! On a renversé nos demeures ! — -"Femmes, écoutez la parole de l'Eternel, Et que votre oreille saisisse ce que dit sa bouche ! Apprenez à vos fdles des chants lugubres. Enseignez-vous des complaintes les unes aux autres ! -'Car la mort est montée par nos fenêtres. Elle a pénétré dans nos palais ; Elle extermine les enfants dans la rue. Les jeunes gens sur les places. ^^Dis : Ainsi parle l'Eternel : Les cadavres des hommes tomberont Comme du fumier sur les champs, Comme tombe derrière le moissonneur une gerbe Que personne ne ramasse. -^ Ainsi parle l'Eternel : Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse. Que le fort ne se glorifie pas de sa force. Que le riche ne se glorifie pas de sa richesse. -*Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie D'avoir de l'intelligence et de me connaître. De savoir que je suis l'Eternel, Qui exerce la bonté, le droit et la justice, sur la terre ; Car c'est à cela que je prends plaisir, dit l'Eternel. -^Voici, les jours viennent, dit l'Eternel, Où je châtierai tous les circoncis qui ne le sont pas de cœur, -^L'Egypte, Juda, Edom, les enfants d'Ammon, Moab, Tous ceux qui se rasent les coins de la barbe", Ceux qui habitent dans le désert ; Car toutes les nations sont incirconcises. Et toute la maison d'Israël a le cœur incirconcis. Les idoles et l'Eternel. Chap. X. 'Ecoutez la parole que l'Eternel vous adresse. Maison d'Israël ! «. Tous ceux qui se coupent en rond l'extrémité de la chevelure et de la barbe, pratique usitée chez les Arabes, et interdite aux Israélites, Lévitique 19, 27. 951 Chap. 10, 2-i5. JÉREMIE. -Ainsi parle rÉternel : N'imitez pas la voie des nations, Et ne craignez pas les signes du ciel, Parce que les nations les craignent. 'Car les coutumes des peuples ne sont que vanité. On coupe le bois dans la forêt ; La main de l'ouvrier le travaille avec la hache; ''On l'embellit avec de l'argent et de l'or. On le fixe avec des clous et des marteaux, Pour qu'il ne branle pas. ^Ges dieux sont comme une colonne massive, et ils ne parlent point; On les porte, parce c[u'ils ne peuvent marcher. Ne les craignez pas, car ils ne sauraient faire aucun mal, Et ils sont incapables de faire du bien. "Nul n'est semblable à toi, ô Eternel ! Tu es grand, et ton nom est grand par ta puissance. 'Qui ne te craindrait, roi des nations ? C'est à toi que la crainte est due ; Car, parmi tous les sages des nations et dans tous leurs royaumes. Nul n'est semblable à toi. '*Tous ensemble, ils sont stupides et insensés ; Leur science n'est que vanité, c'est du bois ! "On apporte de Tarsis des lames d'argent, et d'Uphaz de l'or. L'ouvrier et la main de l'orfèvre les mettent en œuvre ; Les vêtements de ces dieux sont d'étoffes teintes en bleu et en pourpre. Tous sont l'ouvraare d'habiles artisans. '"Mais l'Eternel est un Dieu de vérité, Il est un Dieu vivant et un roi éternel ; La terre tremble devant sa colère, Et les nations ne supportent pas sa fureur. "Vous leur parlerez ainsi : Les dieux qui n'ont point fait les cieux et la terre Disparaîtront de la terre et de dessous les cieux. '■-Il a créé la terre par sa puissance, Il a fondé le monde par sa sagesse. Il a étendu les cieux par son intelligence. '^A sa voix, les eaux mugissent dans les cieux ; Il fait monter les nuages des extrémités de la terre, Il produit les éclairs et la pluie, II tire le vent de ses trésors. '*Tout homme devient stupide par sa science. Tout orfèvre est honteux de son image taillée ; Car ses idoles ne sont que mensonge, II n'y a point en elles de souffle, '^ Elles sont une chose de néant, une œuvre de tromperie ; Elles périront, quand viendra le châtiment. 952 JÉRÉMIE. Chap. I0,iù-ll,:. '* Celui qui est la part de Jacob n'est pas comme elles ; Car c'est lui qui a tout formé, Et Israël est la tribu de son héritage. L'Eternel des armées est son nom. L approche du chnlimcnt. "Emporte du pays ce qui t'appartient, Toi qui es assise dans la détresse ! '*Gar ainsi parle l'Eternel : Voici, cette fois je vais lancer au loin les habitants du pays ; Je vais les serrer de près, afin qu'on les atteigne. — "Malheur à moi ! je suis brisée ! Ma plaie est douloureuse ! Mais je dis : C'est une calamité qui m'arrive, Je la supporterai ! -"Ma tente est détruite, Tous mes cordages sont rompus ; Mes fils m'ont quittée, ils ne sont plus; Je n'ai personne qui dresse de nouveau ma tente, Qui relève mes pavillons. — -'Les bergers ont été stupides, Ils n'ont pas cherché l'Eternel ; C'est pour cela qu'ils n'ont point prospéré, Et que tous leurs troupeaux se dispersent. "Voici, une rumeur se fait entendre ; C'est un grand tumulte qui vient du septentrion, Pour réduire les villes de Juda en un désert, En un repaire de chacals. — -'Je le sais, ô Eternel ! La voie de l'homme n'est pas en son pouvoir; Ce n'est pas à l'homme, quand il marche, A diriger ses pas. -■'Chàtie-moi, ô Éternel ! mais avec équité. Et non dans ta colère, de peur que tu ne m'anéantisses. -'^ Répands ta fureur sur les nations qui ne te connaissent pas. Et sur les peuples qui n'invoquent pas ton nom ! Car ils dévorent Jacob, ils le dévorent, ils le consument. Ils ravagent sa demeure. L'alliance violée. Chap. XI. 'La parole qui fut adressée à Jérémie de la part de ri-]ternel, en ces mois : -Écoutez les paroles de cette alliance, Et parlez aux hommes de Juda et aux habitants de Jérusalem ! ^Dis-leur : Ainsi parle l'Eternel, le Dieu d Israël : Maudit soit l'homme qui n'écoute point les paroles de celte alliance, ''Que j'ai prescrite à \()s pères, 953 Chap. 11,5-1',. JÉRÉMIE. Le jour où je les ai fait sortir du pays d'Egypte, De la fournaise de fer, en disant : Écoutez ma voix, et faites tout ce que je vous ordonnerai ; Alors vous serez mon peuple, Je serai votre Dieu, ^Et j'accomplirai le serment que j'ai fait à vos pères. De leur donner un pays où coulent le lait et le miel, Comme vous le voyez aujourd'hui. — Et je répondis : Amen, Eternel ! '^L'Éternel me dit : Publie toutes ces paroles dans les villes de Juda Et dans les rues de Jérusalem, en disant : Ecoutez les paroles de cette alliance. Et mettez-les en pratique ! 'Car j'ai averti vos pères. Depuis le jour où je les ai fait monter du pays d'Egypte Jusqu'à ce jour, Je les ai avertis tous les matins, en disant : Ecoutez ma voix ! *Mais ils n'ont pas écouté, ils n'ont pas prêté l'oreille, Ils ont suivi chacun les penchants de leur mauvais cœur; Alors j'ai accompli sur eux toutes les paroles de cette alliance, Que je leur avais ordonné d'observer et qu'ils n'ont point observée. ^L'Éternel me dit: Il y a une conjuration entre les hommes de Juda Et les habitants de Jérusalem. '"Ils sont retournés aux iniquités de leurs premiers pères, Qui ont refusé d'écouter mes paroles. Et ils sont allés après d'autres dieux, pour les servir. La maison d'Israël et la maison de Juda ont violé mon alliance, Que j'avais faite avec leurs pères. "C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel : Voici, je vais faire venir sur eux des malheurs Dont ils ne pourront se délivrer. Ils crieront vers moi. Et je ne les écouterai pas. '-Les villes de Juda et les habitants de Jérusalem Iront invoquer les dieux auxquels ils offrent de l'encens. Mais ils ne les sauveront pas au temps de leur malheur. '^Car tu as autant de dieux que de villes, ô Juda ! Et autant Jérusalem a de rues, Autant vous avez dressé d'autels aux idoles. D'autels pour offrir de l'encens à Baal... '■•Et toi, n'intercède pas en faveur de ce peuple, N'élève pour eux ni supplications ni prières ; Car je ne les écouterai pas, 954 JÉRÉMIE. Chap. H,i:,-i2.i. Quand ils m'invoqueront à cause de leur malheur. ''Que ferait mon bien-aimé dans ma maison ? Il s'y commet une foule de crimes. La chair sacrée disparaîtra devant toi. Quand tu fais le mal, c'est alors que tu triomphes ! '"Olivier verdoyant, remarquable par la beauté de son fruit, Tel est le nom que t'avait donné rp]ternel ; Au bruit d'un grand fracas, il l'embrase par le feu, Et ses rameaux sont brisés. ''L'Eternel des armées, qui t'a planté, Appelle sur toi le malheur, A cause de la méchanceté de la maison d'Israël et de la maison de Juda, Qui ont agi pour m'irriter, en offrant de l'encens à Baal. Complot contre Jérémie. '^L'Eternel m'en a informé, et je l'ai su ; Alors tu m'as fait voir leurs œuvres. '^J'étais comme un agneau familier qu'on mène à la boucherie, Et j'ignorais les mauvais desseins qu'ils méditaient contre moi : Détruisons l'arbre avec son fruit ! Retranchons-le de la terre des vivants. Et qu'on ne se souvienne plus de son nom ! — '"Mais l'Eternel des armées est un juste juge, Qui sonde les reins et les cœurs. Je verrai ta vengeance s'exercer contre eux. Car c'est à toi que je confie ma cause. ^' C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel contre les gens d'Anathoth, Qui en veulent à ta vie, et qui disent : Ne prophétise pas au nom de l'Eternel, Ou tu mourras de notre main ! --C'est ])ourquoi ainsi parle l'Eternel des armées : Voici, je vais les châtier; Les jeunes hommes mourront par l'épée. Leurs fils et leurs filles mourront par la famine. -^Aucun d'eux n'échappera ; Car je ferai venir le malheur sur les gens d'Anathoth, L'année où je les châtierai. Chap. XII. 'Tu es trop juste, Eternel, pour que je conteste avec toi; Je veux néanmoins l'adresser la parole sur tes jugements : Pourquoi la voie des méchants est-elle prospère ? Pourquoi tous les perfides vivent-ils en paix ? *Tu les as plantés, ils ont pris racine, Ils croissent, ils portent du fruit; Tu es près de leur bouche, Mais loin de leur cœur. 955 ei • Chap. 12.3-ii. JÉRÉMIE. ^Et toi, Eternel, tu me connais, Tu me vois, tu sondes mon cœur qui est avec toi. Enlève-les comme des brebis qu'on doit égorger, Et prépare-les pour le jour du carnage ! ^Jusques à quand le pays sera-t-il dans le deuil. Et l'herbe de tous les champs sera-t-elle desséchée ? A cause de la méchanceté des habitants. Les bêtes et les oiseaux périssent. Car ils disent : Il ne verra pas notre fin. — ^Si tu cours avec des piétons et qu'ils te fatiguent, Comment pourras-tu lutter avec des chevaux ? Et si tu ne te crois en sûreté que dans une contrée paisible, Que feras-tu sur les rives orgueilleuses du Jourdain ? ^Car tes frères eux-mêmes et la maison de ton père te trahissent, Ils crient eux-mêmes à pleine voix derrière toi. Ne les crois pas, quand ils te diront des paroles amicales. Le pays i-avagé ; prophétie sur ses dévastateurs. 'J'ai abandonné ma maison, J'ai délaissé mon héritage. J'ai livré l'objet de mon amour" aux mains de ses ennemis. ^Mon héritage a été pour moi comme uu lion dans la forêt, Il a poussé contre moi ses rugissements ; C'est pourquoi je l'ai pris en haine. ^Mon héritage a été pour moi un oiseau de proie, une hyène; Aussi les oiseaux de proie viendront de tous côtés contre lui. Allez, rassemblez tous les animaux des champs, Faites-les venir pour qu'ils le dévorent ! '"Des bergers nombreux ravagent ma vigne. Ils foulent mon champ ; Ils réduisent le champ de mes délices En un désert, en une solitude. "Ils le réduisent en un désert; Il est en deuil, il est désolé devant moi. Tout le pays est ravagé. Car nul n'y' prend garde. '-Sur tous les lieux élevés du désert arrivent les dévastateurs, Car le glaive de l'Éternel dévore le pays d'un bout à l'autre ; Il n'y a de paix pour aucun homme. '^Ils ont semé du froment, et ils moissonnent des épines. Ils se sont fatigués sans profit. Ayez honte de ce que vous récoltez. Par suite de la colère ardente de l'Eternel. '*Ainsi parle l'Eternel sur tous mes méchants voisins. Qui attaquent l'héritage que j'ai donné à mon peuple d'Israël : Voici, je les arracherai de leur pays, a. Mon peuple. 956 JÉRÉMIE. Chap. l2,iô-lS,i2. Et j'arracherai la maison de Juda du milieu d'eux. '^Mais après que je les aurai arrachés, J'aurai de nouveau compassion d'eux. Et je les ramènerai chacun dans son héritage, Chacun dans son pays. "Et s'ils apprennent les voies de mon peuple, S'ils jurent par mon nom, en disant : L'Eternel est vivant ! Comme ils ont enseigné à mon peuple à jurer par Baal, Alors ils jouiront du bonheur au milieu de mon peuple. "Mais s'ils n'écoutent rien. Je détruirai une telle nation. Je la détruirai, je la ferai périr, dit lEternel. La captivité prédite, sous l'emblème d une ceinture de lin. Chap. XIII. 'Ainsi m'a parlé l'E- cachai près de l'Euphrate, comme l'E- ternel : Va, achète-toi une ceinture ternel me l'avait ordonné. "Plusieurs de lin, et mets-la sur tes reins; mais jours après, l'Eternel me dit: Lève- ne la trempe pas dans l'eau. -J'ache- toi, va vers l'Euphrate, et là, prends tai la ceinture, selon la parole de l'E- la ceinture que je t'avais ordonné d'y ternel, et je la mis sur mes reins. cacher. "J'allai vers l'Euphrate, je 'La parole de l'Eternel me fut adres- fouillai, et je pris la ceinture dans le sée une seconde fois, en ces mots: lieu où je l'avais cachée; mais voici, '' Prends la ceinture que tu as achetée, la ceinture était gâtée, elle n'était plus et qui est sur tes reins; lève-toi, va bonne à rien. vers l'Euphrate, et là, cache-la dans "^La parole de l'Eternel me fut adres- la fente d'un rocher. ^J'allai, et je la sée, en ces mots : "Ainsi parle l'Eternel : C'est ainsi que je détruirai l'orgueil de Juda Et l'orgueil immense de Jérusalem. '°Ce méchant peuple, qui refuse d'écouter mes paroles, Qui suit les penchants de son cœur. Et qui va après d'autres dieux, Pour les servir et se prosterner dcA'ant eux. Qu'il devienne comme cette ceinture. Qui n'est plus bonne à rien ! "Car comme on attache la ceinture aux reins d'un homme, Ainsi je m'étais attaché toute la maison d'Israël Et toute la maison de Juda, dit l'Eternel, Afin qu'elles fussent mon peuple. Mon nom, ma louange, et ma gloire. Mais ils ne m'ont point écouté. '*Tu leur diras cette parole : Ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël: Tous les vases seront remplis de vin. Et ils te diront : Ne savons-nous pas Que tous les vases seront remplis' de vin ? 957 Chap. 13.i3-i3. JÉRÉMIE. '^Alors dis-leur : Ainsi parle l'Eternel : Voici, je remplirai tous les habitants de ce pays, Les rois qui sont assis sur le trône de David, Les prêtres, les prophètes, et tous les habitants de Jérusalem, Je les remplirai d'ivresse. '*Je les briserai les uns contre les autres, Les pères et les fils ensemble, dit l'Éternel ; Je n'épargnerai pas, je n'aurai point de pitié, point de miséricorde. Rien ne m'empêchera de les détruire. '^Ecoutez et prêtez l'oreille ! Ne soyez point orgueilleux ! Car l'Eternel parle. '^Rendez gloire à l'Eternel, votre Dieu, Avant qu'il fasse venir les ténèbres. Avant que vos pieds heurtent contre les montagnes de la nuit ; Vous attendrez la lumière, Et il la changera en ombre de la mort. Il la réduira en obscurité profonde. "Si vous n'écoutez pas. Je jileurerai en secret, à cause de votre orgueil ; Mes yeux fondront en larmes. Parce que le troupeau de l'Eternel sera emmené captif. '^Dis au roi et à la reine : Asseyez-vous à terre ! Car il est tombé de vos têtes, Le diadème qui vous servait d'ornement. '•'Les villes du midi sont fermées, Il n'y a personne pour ouvrir; Tout Juda est emmené captif. Il est emmené tout entier captif. -"Lève tes yeux et regarde Ceux qui viennent du septentrion. Où est le troupeau qui t'avait été donné. Le troupeau qui faisait ta gloire ? ^'Que diras-tu de ce qu'il te châtie ? C'est toi-même qui leur as appris à te traiter en maîtres. Les douleurs ne te saisiront-elles pas. Comme elles saisissent une femme en travail? "Si tu dis en ton cœur: Pourquoi cela m'arrive-t-il ? C'est à cause de la multitude de tes iniquités Que les pans de tes habits sont relevés, Et que tes talons sont violemment mis à nu. ^^Un Éthiopien peut-il changer sa peau. Et un léopard ses taches ? 958 JÉRÉMIE. Chap. l3,%-U,o. De même, pourriez-vous faire le l)ien. Vous qui êtes accoutumés à faire le mal ? -*Je les disperserai, comme la paille emportée Par le vent du désert. -H'^oilà ton sort, la part que je te mesure, Dit l'Éternel, Parce que tu m'as oublié, Et que tu as mis ta confiance dans le mensonge. -Me relèverai tes pans jusque sur ton visage, Afin qu'on voie ta honte. -'J'ai vu tes adultères et tes hennissements. Tes criminelles prostitutions sur les collines et dans les champs, J'ai vu tes abominations. Malheur à toi, Jérusalem ! Jusques à quand tarderas-tu à te purifier? Chap. XIV. ^La parole qui fut adressée à Je ré mie par l'Eternel, à l'occasion de la sécheresse. -Juda est dans le deuil. Ses villes sont désolées, tristes, abattues, Et les cris de Jérusalem s'élèvent. ■'Les grands envoient les petits chercher de l'eau. Et les petits vont aux citernes, ne trouvent point d'eau. Et retournent avec leurs vases vides ; Confus et honteux, ils se couvrent la tète. *La terre est saisie d'épouvante. Parce qu'il ne tombe point de pluie dans le pays. Et les laboureurs confus se couvrent la tète. ^Mème la biche dans la campagne Met bas et abandonne sa portée. Parce qu'il n'y a point de verdure. '*Les ânes sauvages se tiennent sur les lieux élevés. Aspirant l'air comme des serpents ; Leurs yeux languissent, parce qu'il n'y a point d'herbe. "Si nos iniquités témoignent contre nous, Agis à cause de ton nom, ô Eternel ! Car nos infidélités sont nombreuses, Nous avons péché contre toi. *Toi qui es l'espérance d'Israël, Son sauveur au temps de la détresse. Pourquoi serais-tu comme un étranger dans le pavs, Comme un voyageur (jui y entre pour passer la nuit ? 'Pourquoi serais-tu comme un homme stupéfait. Comme un héros incapable de nous secourir? Tu es pourtant au milieu de nous, ô Eternel, Et ton nom est invoqué sur nous : Ne nous abandonne pas ! Chap. lâ,io-i9. JÉRÉMIE. '"Voici ce que TÉternel dit de ce peuple : Ils aiment à courir çà et là, Ils ne savent retenir leurs pieds ; L'Eternel n'a point d'attachement pour eux, Il se souvient maintenant de leurs crimes, Et il châtie leurs péchés. "Et l'Éternel me dit : N'intercède pas en faveur de ce peuple. '-S'ils jeûnent, je n'écouterai pas leurs supplications; S'ils offrent des holocaustes et des offrandes, je ne les agréerai pas; Car je veux les détruire par l'épée, par la famine et par la peste. '^Je répondis : Ah ! Seigneur Eternel ! Voici, les prophètes leur disent : Vous ne verrez point d'épée, Vous n'aurez point de famine ; Mais je vous donnerai dans ce lieu une paix assurée. '^ Et l'Éternel me dit : C'est le mensonge que prophétisent en mon nom les prophètes; Je ne les ai point envoyés, je ne leur ai point donné d'ordre. Je ne leur ai point parlé ; Ce sont des visions mensongères, de vaines prédictions. Des tromperies de leur cœur, qu'ils vous prophétisent. '^ C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel Sur les prophètes qui prophétisent en mon nom. Sans que je les aie envoyés. Et qui disent : Il n'y aura dans ce pays ni épée ni famine : Ces prophètes périront par l'épée et par la famine. '"Et ceux à qui ils prophétisent Seront étendus dans les rues de Jérusalem, Par la famine et par l'épée ; Il n'y aura personne pour leur donner la sépulture. Ni à eux, ni à leurs femmes, ni à leurs fils, ni à leurs filles; Je répandrai sur eux leur méchanceté. "Dis-leur cette parole : Les larmes coulent de mes yeux nuit et jour. Et elles ne s'arrêtent pas ; Car la vierge, fille de mon peuple, a été frappée d'un grand coup. D'une plaie très douloureuse. "'Si je vais dans les champs, voici des hommes que le glaive a percés ; Si j'entre dans la ville, voici des êtres que consume la faim ; Le prophète même et le prêtre parcourent le pays. Sans savoir où ils vont. "As-tu donc rejeté Juda, Et ton âme a-t-elle pris Sion en horreur? Pourquoi nous frappes-tu. Sans qu'il y ait pour nous de guérison ? Nous espérions la paix, et il n'arrive rien d'heureux, 960 JÉRÉMIE. Chap. ii,Qo-i5,9. Un temps de guérison, et voici la terreur ! -"Eternel, nous reconnaissons notre méchanceté, l'iniquité de nos pères ; Car nous avons péché contre toi. -'A cause de ton nom, ne méprise pas. Ne déshonore pas le trône de ta gloire ! N'oublie pas, ne romps pas ton alliance avec nous ! *^ Parmi les idoles des nations, en est-il qui fassent pleuvoir? Ou est-ce le ciel qui donne la pluie ? N'est-ce pas toi. Eternel, notre Dieu ? Nous espérons en toi, Car c'est toi qui as fait toutes ces choses. Chap. XV. ' L'Éternel me dit : Quand Moïse et Samuel se présenteraient devant moi, Je ne serais pas favorable à ce peuple. Chasse-le loin de ma face, qu'il s'en aille ! -Et s'ils te disent : Où irons-nous ? Tu leur répondras : Ainsi parle l'Eternel : A la mort ceux qui sont pour la mort, A l'épée ceux cjui sont pour l'épée, A la faniine ceux qui sont pour la famine, A la captivité ceux qui sont pour la captivité ! ^J'enverrai contre eux quatre espèces de fléaux, dit l'Eternel, L'épée pour les tuer. Les chiens pour les traîner. Les oiseaux du ciel et les bêtes de la terre Pour les dévorer et les détruire. *Je les rendrai un objet d'effroi pour tous les royaumes de la terre, A cause de Manassé, fds d'Ezéchias, roi de Juda, Et de tout ce qu'il a fait dans Jérusalem. ^Qui aura pitié de toi, Jérusalem, Qui te plaindra ? Qui ira s'informer de ton état ? *Tu m'as abandonné, dit l'Eternel, tu es allée en arrière; Mais j'étends ma main sur toi, et je te détruis. Je suis las d'avoir compassion. "Je les vanne avec le vent aux portes du pays ; Je prive d'enfants, je fais périr mon peuple. Qui ne s'est pas détourné de ses voies. *Ses veuves sont plus nombreuses que les grains de sable de la mer; J'amène sur eux, sur la mère du jeune homme. Le dévastateur en plein midi ; Je fais soudain tomber sur elle l'angoisse et la terreur. ^ Celle qui avait enfanté sept fds est désolée. Elle rend l'àme ; Son soleil se couche quand il est encore jour; Elle est confuse, couverte de honte. 961 Chap. 15,10-ii. JÉRÉMIE. Ceux qui restent, je les livre à l'épée, devant leurs ennemis, Dit l'Éternel. '"Malheur à moi, ma mère, de ce que tu m'as fait naître Homme de dispute et de querelle pour tout le pays ! Je n'emprunte ni ne prête, Et cependant tous me maudissent. "L'Éternel dit : Certes, tu auras un avenir heureux ; Certes, je forcerai l'ennemi à t'adresser ses supplications. Au temps du malheur et au temps de la détresse. *^Le fer brisera-t-il le fer du septentrion et l'airain ? "Je livre gratuitement au pillage tes biens et tes trésors, A cause de tous tes péchés, sur tout ton territoire. '■'Je te fais passer avec ton ennemi dans un pays que tu ne connais pas, Car le feu de ma colère s'est allumé. Il brûle sur vous. '^Tu sais tout, ô Eternel, souviens-toi de moi, ne m'oublie pas, Venge-moi de mes persécuteurs ! Ne m'enlève pas, tandis que tu te montres lent à la colère ! Sache que je supporte l'opprobre à cause de toi. '*J'ai recueilli tes paroles, et je les ai dévorées ; Tes paroles ont fait la joie et l'allégresse de mon cœur ; Car ton nom est invoqué sur moi. Éternel, Dieu des armées ! '"Je ne me suis point assis dans l'assemblée des moqueurs, afin de m'y Mais à cause de ta puissance, je me suis assis solitaire, [réjouir; Car tu me remplissais de fureur. "* Pourquoi ma souffrance est-elle continuelle? Pourquoi ma plaie est-elle douloureuse, et ne veut-elle pas se guérir ? Serais-tu pour moi comme une source trompeuse. Comme une eau dont on n'est pas sûr ? ''C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel : Si tu te rattaches à moi, je te répondrai, et tu te tiendras devant moi ; Si tu sépares ce qui est précieux de ce qui est vil, tu seras comme ma bouche. C'est à eux de revenir à toi. Mais ce n'est pas à toi de retourner vers eux. ^"Je te rendrai pour ce peuple comme une forte muraille d'airain ; Ils te feront la guerre, mais ils ne te vaincront pas ; Car je serai avec toi pour te sauver et te délivrer, Dit l'Éternel. ^'Je te délivrerai de la main des méchants. Je te sauverai de la main des violents. 962 JÉRÉMIE. Chnp. 16,1-1-2. Fléaux et capti\ilé. Chap. XVI. 'La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : *Tu ne prendras point de femme. Et tu n'auras dans ee lieu ni fils ni lilles. 'Car ainsi parle l'Eternel sur les fds et les fdles Qui naîtront en ce lieu, Sur leurs mères qui les auront enfantés. Et sur leurs pères qui les auront engendrés dans ce pays : *Ils mourront consumés par la maladie; On ne leur donnera ni larmes ni sépulture; Ils seront comme du fumier sur la terre ; Ils périront par l'épée et par la famine ; Et leurs cadavres serviront de pâture Aux oiseaux du ciel et aux hètes de la terre. 'Car ainsi parle l'Eternel : N'entre pas dans une maison de deuil. N'y va pas pleurer, te lamenter avec eux ; Car j'ai retiré à ce peuple ma paix, dit l'Eternel, Ma bonté et ma miséricorde. ^Grands et petits mourront dans ce pavs ; On ne leur donnera point de sépulture ; On ne les pleurera point. On ne se fera point d'incisions. Et l'on ne se rasera pas pour eux. "On ne rompra pas le pain dans le deuil Pour consoler quelqu'un au sujet d'un mort. Et l'on n'offrira pas la coupe de consolation Pour un père ou pour une mère. "•N'entre pas non plus dans une maison de festin, Pour t'asseoir avec eux, Pour manger et pour boire. ^Car ainsi parle l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël : Voici, je ferai cesser dans ce lieu, sous vos yeux et de vos jours. Les cris de réjouissance et les cris d'allégresse. Les chants du fiancé et les chants de la fiancée. '"Lorsque tu annonceras à ce peuple toutes ces choses. Ils te diront : Pourquoi l'Eternel nous menace-t-il de tous ces grands malheurs? Quelle est notre iniquité? Quel péché avons-nous commis contre l'Eternel, notre Dieu ? "Alors tu leur répondras : Vos pères m'ont abandonné, dit l'Eternel, Ils sont allés après d'autres dieux. Ils les ont servis et se sont ])rosternés devant eux ; Ils m'ont abandonné, et n'ont point observé ma loi. '*Et vous, vous avez fait le mal plus encore que vos pères ; 963 Chap. 16.13-17,3. JÉRÉMIE, Et voici, vous suivez chacun les penchants de votre mauvais coeur, Pour ne point m'écouter. '^Je vous transporterai de ce pays Dans un pays que vous n'avez point connu, Ni vous, ni vos pères ; Et là, vous servirez les autres dieux jour et nuit. Car je ne vous accorderai point de grâce. '^G'est pourquoi voici, les jours viennent, dit l'Eternel, Où l'on ne dira plus : L'Eternel est vivant. Lui qui a fait monter du pays d'Egypte les enfants d'Israël ! '^Mais on dira : L'Eternel est vivant. Lui qui a fait monter les enfants d'Israël du pays du septentrion Et de tous les pays où il les avait chassés ! Je les ramènerai dans leur })ays, Que j'avais donné à leurs pères. [cheront ; '^Voici, j'envoie une multitude de pêcheurs, dit l'Eternel, et ils les pè- Et après cela j'enverrai une multitude de chasseurs, et ils les chasseront De toutes les montagnes et de toutes les collines. Et des fentes des rochers. "Car mes yeux sont attentifs à toutes leurs voies. Elles ne sont point cachées devant ma face. Et leur iniquité ne se dérobe point à mes regards. "*Je leur donnerai d'abord le double salaire de leur iniquité et de leur Parce qu'ils ont profané mon pays, [péché, Parce qu'ils ont rempli mon héritage Des cadavres de leurs idoles et de leurs abominations. '^Eternel, ma force et mon appui, mon refuge au jour de la détresse ! Les nations viendront à toi des extrémités de la terre. Et elles diront : Nos pères n'ont hérité que le mensonge, De vaines idoles, qui ne servent à rien. -"L'homme peut-il se faire des dieux, Qui ne sont pas des dieux ? — '-'C'est pourquoi voici, je leur fais connaître cette fois. Je leur fais connaître ma puissance et ma force; Et ils sauront que mon nom est l'Eternel. Chap. XVII. 'Le péché de Juda est écrit avec un burin de fer. Avec une pointe de diamant ; Il est gravé sur la table de leur cœur. Et sur les cornes de vos autels. "Comme ils pensent à leurs enfants, ainsi pensent-ils à leurs autels Et à leurs idoles d'Astarté près des arbres verts. Sur les collines élevées. ^Jc livre au pillage ma montagne et ses champs, tes biens, tous tes Et tes hauts lieux, à cause de tes péchés, sur tout ton territoire, [trésors, 964 JÉRÉMIE. Chap. i7.k-is. *Tu perdras par ta faute l'héritage que je t'avais donné ; Je t'asservirai à ton ennemi dans un pays que tu ne connais pas ; Car vous avez allumé le feu de ma colère, Et il brûlera toujours. ^Ainsi parle l'Éternel : Maudit soit l'homme qui se confie dans l'homme, Qui prend la chair pour son appui, Et qui détourne son cœur de l'Eternel ! ^11 est comme un misérable dans le désert. Et il ne voit point arriver le bonheur ; Il habite les lieux brûlés du désert, Une terre salée et sans habitants. 'Béni soit l'homme qui se confie dans l'Eternel, Et dont l'Eternel est l'espérance ! *I1 est comme un arbre planté près des eaux. Et qui étend ses racines vers le courant; Il n'aperçoit point la chaleur quand elle vient, Et son feuillage reste vert ; Dans l'année de la sécheresse, il n'a point de crainte. Et il ne cesse de porter du fruit. 'Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : Qui peut le connaître ? '"Moi, l'Éternel, j'éprouve le cœur, je sonde les reins. Pour rendre à chacun selon ses voies. Selon le fruit de ses œuvres. "Comme une perdrix qui couve des œufs qu'elle n'a point pondus. Tel est celui qui acquiert des richesses injustement ; Au milieu de ses jours il doit les quitter, Et à la fin il n'est qu'un insensé. '^11 est un trône de gloire, élevé dès le commencement. C'est le lieu de notre sanctuaire. '■'Toi qui es l'espérance d'Israël, ô Éternel ! Tous ceux qui t'abandonnent seront confondus. — Ceux qui se détournent de moi seront inscrits sur la terre. Car ils abandonnent la source d'eau vive, l'Eternel. '"•Guéris-moi, Éternel, et je serai guéri ; Sauve-moi, et je serai sauvé; Car tu es ma gloire. '^Voici, ils me disent : Où est la parole de l'Éternel .•' Qu'elle s'accomplisse donc ! "'Et moi, pour t'obéir, je n'ai pas refusé d'être pasteur; Je n'ai pas non plus désiré le jour du malheur, tu le sais ; Ce qui est sorti de mes lèvres a été découvert devant toi. 965 Chap. i7,ii-'ii. JÉRÉMIE. "Ne sois pas pour moi un sujet d'effroi. Toi, mon refuge au jour du malheur ! '*Oue mes persécuteurs soient confus, et que je ne sois pas confus ; Qu'ils tremblent, et que je ne tremble pas, moi ! Fais Acnir sur eux le jour du malheur, Frappe-les d'une double plaie ! La sanctification du sabbat. '"Ainsi m'a parlé l'Éternel : Va, et de Jérusalem. -"Tu leur diras : Écoutez tiens-toi à la porte des enfants du peu- la parole de l'Éternel, rois de Juda, et pie, par laquelle entrent et sortent tout .luda, et vous tous habitants de les rois de Juda, et à toutes les portes Jérusalem, qui entrez par ces portes ! ^' Ainsi parle l'Éternel : Prenez garde à vos âmes ; Ne portez point de fardeau le jour du sabbat, Et n'en introduisez point par les portes de Jérusalem. -*Ne sortez de vos maisons aucun fardeau le jour du sabbat, Et ne faites aucun ouvrage ; Mais sani'tifiez le jour du sabbat, Comme je l'ai ordonné à vos pères. -■'Ils n'ont pas écouté, ils n'ont pas prêté l'oreille; Ils ont raidi leur cou, Pour ne point écouter et ne point recevoir instruction. -^Si vous m'écoutez, dit l'Éternel, Si vous n'introduisez point de fardeau Par les portes de cette ville le jour du sabbat. Si vous sanctifiez le jour du sabbat. Et ne faites aucun ouvrage ce jour-là, -''Alors entreront par les portes de cette ville Les rois et les princes assis sur le trône de David, Montés sur des chars et sur des chevaux, Eux et leurs princes, les hommes de Juda et les habitants de Jérusalem, Et cette ville sera habitée à toujours. -^On viendra des villes de Juda et des environs de Jérusalem, Du pays de Benjamin, de la vallée. De la montagne et du midi, Pour amener des holocaustes et des victimes, Pour apporter des offrandes et de l'encens, Et pour offrir des sacrifices d'actions de grâces dans la maison de l'Eter- -' Mais si vous n'écoutez pas quand je vous ordonne [nel. De sanctifier le jour du sabbat. De ne porter aucun fardeau. De ne point en introduire par les portes de Jérusalem le jour du sabbat, Alors j'allumerai un feu aux portes de la ville. Et il dévorera les palais de Jérusalem et ne s'éteindra point. 966 JÉRÉMIE. Chap. 18,1-13. Le vase du potier et Vimpênitence du peuple. Chap. XVIII. 'La parole qui fut adressée à Jérémie de la part de l'Eter- nel, en ces mots : ^Lève-toi, et descends dans la maison du potier; Là, je te ferai entendre mes paroles. ^Je descendis dans la maison du potier, Et voici, il travaillait sur un tour. *Le vase qu'il faisait ne réussit pas. Comme il arrive à l'argile dans la main du potier; 11 en refit un autre vase, Tel cpi'il trouva bon de le faire. ^Et la parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : ^Ne ]niis-je pas agir envers vous comme ce potier, maison d'Israël ? Dit l'Éternel. Voici, comme l'argile est dans la main du potier, Ainsi vous êtes dans ma main, maison d'Israël ! "Soudain je parle, sur une nation, sur un royaume. D'arracher, d'abattre et de détruire ; *Mais si cette nation, sur laquelle j'ai parlé, revient de sa méchanceté, Je me repens du mal que j'avais pensé lui faire. ^Et soudain je parle, sur une nation, sur un royaume, De bâtir et de planter ; '"Mais si cette nation fait ce qui est mal à mes yeux. Et n'écoute pas ma voix. Je me repens du bien que j'avais eu l'intention de lui faire. "Parle maintenant aux hommes de Juda et aux habitants de Jérusalem, Ainsi parle l'Éternel : [et dis : Voici, je prépare contre vous un malheur, Je médite un projet contre vous. Revenez chacun de votre mauvaise voie, Réformez vos voies et vos œuvres ! '-Mais ils disent : C'est en vain ! Car nous suivions nos pensées, Nous agirons chacun selon les penchants de notre mauvais cœur. "C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel : Interrogez les nations ! Qui a jamais entendu pareilles choses ? La vierge d'Israël a commis d'horribles excès. '■'La neige du Liban abandonne-t-elle le rocher des champs ? Ou voit-on tarir les eaux qui viennent de loin, fraîches et courantes ? '^Cependant mon peuple m'a oublié, il offre de l'encens à des idoles ; Il a été conduit à chanceler dans ses voies, à quitter les anciens sentiers, 967 Chap. 18, 16-19, k. JÉRÉMIE. Pour suivre des sentiers, des chemins non frayés. '^Ils ont fait de leur pays un objet de désolation, d'éternelle moquerie ; Tous ceux qui y passent sont stupéfaits et secouent la tète. '"Pareil au vent d'orient, je les disperserai devant l'ennemi ; Je leur tournerai le dos, je ne les regarderai pas au jour de leur détresse. '*Et ils ont dit : Venez, complotons contre Jérémie ! Car la loi ne périra pas faute de prêtres, Ni le conseil faute de sages, ni la parole faute de prophètes. Venez, tuons-le avec la langue, Ne prenons pas garde à tous ses discours ! '^Écoute-moi, Eternel ! Et entends la voix de mes adversaires ! ^"Le mal sera-t-il rendu pour le bien ? Car ils ont creusé une fosse pour m'ôter la vie. Souviens-t'en, je me suis tenu devant toi. Afin de parler en leur faveur. Et de détourner d'eux ta colère. ^' C'est pourquoi livre leurs enfants à la famine, Précipite-les par le glaive ; Que leurs femmes soient privées d'enfants et deviennent veuves. Et que leurs maris soient enlevés par la peste ; Que leurs jeunes gens soient frappés par l'épée dans le combat ! -^ Qu'on entende des cris sortir de leurs maisons. Quand soudain tu feras fondre sur eux des bandes armées ! Car ils ont creusé une fosse pour me prendre, Ils ont tendu des filets sous mes pieds. -^Et toi. Éternel, tu connais tous leurs complots pour me faire mourir; Ne pardonne pas leur iniquité. N'efface pas leur péché de devant toi ! Qu'ils soient renversés en ta présence ! Agis contre eux au temps de ta colère ! I.e vase brisé et la ruine de Jérusalem. lîmprisonnement de Jérémie. Chap. XIX. 'Ainsi a parlé l'Éter- nom ", qui est à l'entrée de la porte de nel : Va, achète d'un potier un vase la poterie ; et là, fu publieras les pa- de terre, et prends avec toi des anciens rôles que je te dirai. ^ Tu diras : Ecou- du peuple et des anciens des prêtres, tez la parole de l'Éternel, roisde Juda, 'Rends-toi dans la vallée de Ben-Hin- et vous habitants de Jérusalem ! Ainsi parle l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël : Voici, je vais faire venir sur ce lieu un malheur Qui étourdira les oreilles de quiconque en entendra parler. *lls m'ont abandonné, ils ont profané ce lieu, Ils y ont offert de l'encens à d'autres dieux a. De Ben-Ulnnom. ou du fils de Ilinnom. 968 JÉRÉMIE. Chap. 10,5-20.7. Que ne connaissaient ni eux, ni leurs pères, ni les rois de Juda, Et ils ont rempli ce lieu de sang innocent; ^lls ont bâti des hauts lieux à Baal, Pour brûler leurs enfants au feu en holocaustes à Baal : Ce que je n'avais ni ordonné ni prescrit. Ce qui ne m'était point venu à la pensée. ^C'est pourquoi voici, les jours viennent, dit l'Eternel, Où ce lieu ne sera plus appelé Toj)heth et vallée de Ben-Hinnom, Mais où on l'appellera vallée du carnage. "J'anéantirai dans ce lieu le conseil de Juda et de Jérusalem ; . Je les ferai tomber par l'épée devant leurs ennemis Et par la main de ceux qui en veulent à leur vie ; Je donnerai leurs cadavres en pâture Aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre. *Je ferai de cette ville un objet de désolation et de moquerie; Tous ceux qui passeront près d'elle Seront dans l'étonnement et siffleront sur toutes ses plaies. '■'Je leur ferai manger la chair de leurs fils et la chair de leurs filles, Et les uns mangeront la chair des autres, Au milieu de l'angoisse et de la détresse Où les réduiront leurs ennemis Et ceux qui en veulent à leur vie. '"Tu briseras ensuite le vase, sous les yeux des hommes qui seront allés avec toi. "Et tu leur diras : Ainsi parle l'Eternel des armées : C'est ainsi que je briserai ce peuple et cette ville. Comme on brise un vase de potier. Sans qu'il puisse être rétabli. Et l'on enterrera les morts à Topheth par défaut de place pour enterrer. '"C'est ainsi que je ferai à ce lieu, dit l'Eternel, et à ses habitants. Et je rendrai cette ville semblable à Topheth. ''Les maisons de Jérusalem et les maisons des rois de Juda Seront impures comme le lieu de To[)helh, Toutes les maisons sur les toits desquelles on offrait de l'encens A toute l'armée des cieux, Et on faisait des libations à d'autres dieux. '■•Jérémie revint de Topheth, où l'E- qu'ils ont raidi leur cou, pour ne point ternel l'avait envoyé prophétiser. Puis écouter mes paroles, il se tint dans le parvis de la maison Chap. XX. 'Paschhur, fils d'Im- de l'Eternel, et il dit à tout le peuple : mer, prêtre et inspecteur en chef dans '^Ainsi parle l'Eternel des armées, le la maison de l'Éternel, entendit Jéré- Dieu d'Israël : Voici, je vais faire ve- mie qui prophétisait ces choses. -Et nir sur cette ville et sur toutes les Paschhur frappa Jéréniie, le prophète, villes qui dépendent d'elle tous les et le mit dans la prison (|ui était à la malheurs que je lui ai prédits, parce porte supérieure de Benjamin, dans 9G9 Chap. 20,3-13. JÉRÉMIE. la maison de l'Eternel. ''Mais le len- toutes les richesses de cette ville, demain, Paschhur fit sortir Jérémie tout le produit de son travail, tout ce de prison. Et Jérémie lui dit : Ce n'est qu'elle a de précieux, je livrerai tous pas le nom de Paschhur" que l'Eter- les trésors des rois de Juda entre les nel te donne, c'est celui de Magor- mains de leurs ennemis, qui les pil- Missabib*. ^Car ainsi parle l'Eternel : leront, les enlèveront et les transpor- Voici, je te livrerai à la terreur, toi et teront à Babylone. ^Et toi, Paschhur, tous tes amis; ils tomberont par lé- et tous ceux qui demeurent dans ta pée de leurs ennemis, et tes yeux le maison, vous irez en captivité; tu A^erront. ^.Je livrerai aussi tout Juda iras à Babylone, et là tu mourras, entre les mains du roi de Babylone, et là tu seras enterré, toi et tous tes qui les emmènera captifs à Babylone amis auxquels tu as prophétisé le men- ât les frappera de l'épée. Je livrerai songe. Plaintes du prophète. 'Tu m'as persuadé, Eternel, et je me suis laissé persuader; Tu m'as saisi, tu m'as vaincu. Et je suis chaque jour un objet de raillerie. Tout le monde se moque de moi. ^Car toutes les fois que je parle, il faut que je crie. Que je crie à la violence et à l'oppression ! Et la parole de l'Éternel est pour moi Un sujet d'opprobre et de risée chaque jour. ^Si je dis : Je ne ferai plus mention de lui. Je ne parlerai plus en son nom. Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant Qui est renfermé dans mes os. Je m'efforce de le contenir, et je ne le puis. '"Car j'apprends les mauvais propos de plusieurs, L'épouvante qui règne à l'entour : Accusez-le, et nous l'accuserons ! Tous ceux qui étaient en paix avec moi Observent si je chancelle : Peut-être se laissera-t-il surprendre, Et nous serons maîtres de lui, Nous tirerons vengeance de lui ! "Mais l'Éternel est avec moi comme un héros puissant; C'est pourquoi mes persécuteurs chancellent et n'auront pas le dessus : Ils seront remplis de confusion pour n'avoir pas réussi : Ce sera une honte éternelle qui ne s'oubliera pas. '-L'Éternel des armées éprouve le juste. Il pénètre les reins et les cœurs. Je verrai ta vengeance s'exercer contre eux. Car c'est à toi que je confie ma cause. "Chantez à l'Éternel, louez l'Éternel ! Car il délivre l'âme du malheureux de la main des méchants. a. Paschhur peut dériver de deux mots qui signifient sécurité tout autour. b. Magor-.Missabib signifie ter- reur tout autour. 970 JEREMIE. Chap..20,i'.-21,i2., '*Maudit soit le jour où je suis né ! Que le jour où ma mère m'a enfanté Ne soit pas béni ! '^Maudit soit l'homme qui porta cette nouvelle à mon père : Il test né un enfant mâle, Et qui le combla de joie ! "'Oue cet homme soit comme les villes Que l'Eternel a détruites sans miséricorde ! Qu'il entende des gémissements le matin, Et des cris de guerre à midi ! '"Que ne m'a-t-on fait mourir dans le sein de ma mère! Que ne m'a-t-elle servi de tombeau ! Que n'est-elle restée éternellement enceinte ! '^Pourquoi suis-jc sorti du sem maternel Pour voir la souffrance et la douleur. Et pour consumer mes jours dans la honte ? Propliétie sur la prise de Jérusalem par Nebucadnetsar. Chap. XXL 'La parole qui fut Juda, ses serviteurs, le peuple, et ceux adressée à Jérémie de la part de l'E- qui dans cette ville échapperont à la ternel, lorsque le roi Sédécias lui en- peste, à l'épée et à la famine, je les voya Paschlîur, fds de Malkija, et So- livrerai entre les mains de Nebucad- plîonie, fds de Maaséja, le prêtre, pour netsar, roi de Babylone , entre les lui dire : -Consulte pour nous l'Eter- mains de leurs ennemis, entre les nel ; car Nebucadnetsar, roi de Baby- mains de ceux qui en veulent à leur lone, nous fait la guerre; peut-être vie ; et Nebucadnetsar les fraj)pera du l'Eternel fera-t-il en notre faveur quel- tranchant de l'épée, il ne les épar- gnera pas, il n'aura point de pitié, point de compassion. "Tu diras à ce peuple : Ainsi parle l'Eternel : Voici, je mets devant vous le chemin de la vie et le chemin de la ({u'un de ses miracles, afin qu'il s'é- loigne de nous. 'Jérémie leur répondit : Vous direz à Sédécias : ^Ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël : Voici, je vais détourner les armes de guerre qui sont dans vos mort. ^Celui qui restera dans cette mains, et avec lesquelles vous com- ville mourra par l'épée, par la famine battez en dehors des murailles le roi ou par la peste; mais celui qui sor- de Habylone et les Chaldéens qui vous tira pour se rendre aux Chaldéens qui assiègent, et je les rassemblerai au vous assiègent aura la vie sauve, et milieu de cette ville. ^Puis je combat- sa vie sera son butin. '"Car je dirige trai contre vous, la main étendue et mes regards contre cette ville pour le bras fort, avec colère, avec fureur, faire du mal et non du bien, dit l'Eter- avec une grande irritation. *.Je frap- nel ; elle sera livrée entre les mains du perai les habitants de cette ville, les roi de Babylone, qui la brûlera par le hommes et les bêles; ils mourront feu. d'une peste affreuse. "Après cela, dit "Et tu diras à la maison du roi de l'Eternel, je livrerai Sédécias, roi de Juda : Ecoutez la parole de l'Eternel 1 '^Maison de David ! Ainsi parle l'Eternel : Rendez la justice dès le matin, 971 62» Chap. SI, 13-22, n. JÉRÉMIE. Et délivrez l'opprimé des mains de l'oppresseur, De peur que ma colère n'éclate comme un feu, Et ne s'enflamme, sans qu'on puisse l'éteindre, A cause de la méchanceté de vos actions. '^Voici, j'en veux à toi, Ville assise dans la vallée, sur le rocher de la plaine, Dit l'Éternel, A vous qui dites : Qui descendra contre nous ? Qui entrera dans nos demeures ? '"'Je vous châtierai selon le fruit de vos œuvres, dit l'Eternel ; Je mettrai le feu à votre forêt". Et il en dévorera tous les alentours. Contre ta maison royale de Juda. Chap. XXII. 'Ainsi parle l'Eter- veuve; n'usez pas de violence, et ne nel : Descends dans la maison du roi répandez point de sang innocent dans de Juda, et là prononce cette parole, ce lieu. ^Car si vous agissez selon cette *Tu diras : Ecoute la parole de l'Eter- parole, les rois assis sur le trône de nel, roi de Juda, qui es assis sur le David entreront par les portes de cette trône de David, toi, tes serviteurs, et maison, montés sur des chars et sur ton peuple, qui entrez par ces portes ! des chevaux, eux, leurs serviteurs et ^Ainsi parle l'Eternel : Pratitjuez la leur peuple. ^Mais si vous n'écoutez justice et l'équité ; délivrez l'opprimé pas ces paroles, je le jure par moi- des mains de l'oppresseur; ne mal- même, dit l'Eternel, cette maison de- traitez pas l'étranger, l'orphelin et la viendra une ruine. ^Car ainsi parle l'Eternel sur la maison du roi de Juda : Tu es pour moi comme Galaad, comme le sommet du Liban ; Mais certes, je ferai de toi un désert. Une ville sans habitants. "Je prépare contre toi des destructeurs. Chacun avec ses armes ; Ils abattront tes plus beaux cèdres. Et les jetteront au feu. TJes nations nombreuses passeront près de cette ville. Et elles se diront l'une à l'autre : Pourquoi l'Eternel a-t-il ainsi traité cette grande ville ? ''Et l'on répondra : Parce qu'ils ont abandonné L'alliance de l'Eternel, leur Dieu, Parce qu'ils se sont prosternés devant d'autres dieux et les ont servis. '"Ne pleurez point celui qui est mort*, Et ne vous lamentez pas sur lui ; Pleurez, pleurez celui qui s'en va", Car il ne reviendra plus. Il ne reverra plus le pays de sa naissance. "Car ainsi parle l'Eternel sur Schallum'', fds de Josias, roi de Juda, a. Votre forêt, héb. sa forêt. Jérusalem, dont les édifices sont comparés aux arbres d une forêt. b. Le roi Josias. c. Joachaz, fils de Josias, eniiueuc captif en Egypte. d. Hfhallum, ou Joachaz. 972 JÉRÉMIE. Chap.Sa, 12-^3. Qui régnait à la place de Josias, son père, Et qui est sorti de ce lieu : 11 n'y reviendra plus ; '-Mais il mourra dans le lieu où on Tcmmène captif, Et il ne verra plus ce pays. '^Malheur à celui qui bâtit sa maison par l'injustice. Et ses chambres par l'iniquité ; Qui fait travailler son prochain sans le payer. Sans lui donner son salaire ; '■•Qui dit : Je me bâtirai une maison vaste. Et des chamljres spacieuses ; Et qui s'y fait percer des fenêtres, La lambrisse de cèdre, Et la peint en couleur rouge ! '^Est-ce que tu règnes, parce que tu as de la passion pour le cèdre ? Ton père ne mangeait-il pas, ne buvait-il pas ? Mais il pratiquait la justice et l'équité, Et il fut heureux ; 'Ml jugeait la cause du pauvre et de l'indigent. Et il fut heureux. N'est-ce pas là me connaître ? dit ri'^ternel. '^Mais tu n'as des yeux et un cœur Que pour te livrer à la cu]>idité, Pour répandre le sang innocent, Et pour exercer l'oppression et la violence. '^C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel sur Jojakim, fds de Josias, roi de On ne le pleurera pas, en disant : [Juda ; Hélas, mon frère ! hélas, ma sœur ! On ne le pleurera pas, en disant : Hélas, seigneur ! hélas, sa majesté ! '^11 aura la sépulture d'un âne, Il sera traîné et jeté hors des portes de Jérusalem. -"Monte sur le Liban, et crie ! Elève ta voix sur le Basan ! Crie du haut d'Abarim ! Car tous ceux cpii t'aimaient sont brisés. -'Je t'ai parlé dans le temps de ta prospérité; Tu disais : Je n'écouterai pas. C'est ainsi que tu as agi dès ta jeunesse ; Tu n'as pas écouté ma voix. **Tous tes pasteurs seront la pâture du vent. Et ceux qui t'aiment iront en captivité ; C'est alors que tu seras dans la honte, dans la confusion, A cause de toute ta méchanceté. ^'Toi qui habites sur le Liban, 973 CImp. 32,2^-23,'.. JÉRÉMIE. Qui as ton nid dans les cèdres, Combien tu gémiras quand les douleurs t'atteindront, Douleurs semblables à celles d'une femme en travail ! *^Je suis vivant ! dit l'Eternel, Quand Jeconia", fils de Jojakim, roi de Juda, serait Un anneau à ma main droite. Je t'arracherais de là. *^Je te livrerai entre les mains de ceux qui en veulent à ta vie, Entre les mains de ceux devant qui tu trembles, Entre les mains de Nebucadnetsar, roi de Babylone, Entre les mains des Chaldéens. *^Je te jetterai, toi et ta mère qui t'a enfanté. Dans un autre pays oii vous n'êtes pas nés. Et là vous mourrez ; "Mais dans le pays où ils auront le désir de retourner Ils ne retournei'ont pas. **Est-il donc un vase méprisé, brisé, ce Jeconia ? Est-il un objet auquel on n'attache aucun prix ? Pourquoi sont-ils jetés, lui et sa postérité. Lancés dans un pays qu'ils ne connaissent pas ? — -"Terre, terre, terre, Ecoute la parole de l'Eternel ! ^^ Ainsi parle l'Eternel : Inscrivez cet homme comme privé d'enfants, Comme un homme dont les jours ne seront pas prospères ; Car nul de ses descendants ne réussira A s'asseoir sur le trône de David Et à régner sur Juda. Chap. XXIII. 'Malheur aux pasteurs qui détruisent et dispersent Le troupeau de mon pâturage! dit l'Eternel. *C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël, Sur les pasteurs qui paissent mon peuple : Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées. Vous n'en avez pas pris soin ; Voici, je vous châtierai à cause de la méchanceté de vos actions, Dit l'Éternel. *Et je rassemblerai le reste de mes brebis De tous les pays où je les ai chassées ; Je les ramènerai dans leur pâturage ; Elles seront fécondes et multiplieront. *J'établirai sur elles des pasteurs qui les paîtront ; Elles n'auront plus de crainte, plus de terreur, Et il n'en manquera aucune, dit l'Eternel. a. Jeconia, ou Jojakin. 974 I JÉRÉMIE. Clmp. 23,^-15. n'oici, les jours viennent, dit l'Eternel, Où je susciterai à David un germe juste ; Il régnera en roi et prospérera, Il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. ^En son temps, Juda sera sauvé, Israël aura la sécurité dans sa demeure ; Et voici le nom dont on l'appellera : L'Eternel notre justice. "C'est pourquoi voici, les jours viennent, dit l'Éternel, Où l'on ne dira plus : L'Eternel est vivant. Lui qui a fait monter du pays d'Egypte les enfants d'Israël ! ■^Mais on dira : L'Eternel est vivant, Lui qui a fait monter et qui a ramené La postérité de la maison d'Israël du pays du septentrion Et de tous les pays où je les avais chassés ! Et ils habiteront dans leur pays. ^Sitr les prophètes. Mon cœur est brisé au dedans de moi, Tous mes os tremblent ; Je suis comme un homme ivre. Comme un homme pris de vin, A cause de l'Eternel et à cause de ses paroles saintes. '"Car le pays est rempli d'adultères ; Le pays est en deuil à cause de la malédiction ; Les plaines du désert sont desséchées. Ils courent au mal. Ils n'ont de la force que pour l'iniquité. "Prophètes et prêtres sont corrompus ; Même dans ma maison j'ai trouvé leur méchanceté, Dit l'Éternel. '-C'est pourquoi leur chemin sera glissant et ténébreux. Ils seront poussés et ils tomberont ; Car je ferai venir sur eux le malheur, L'année où je les châtierai, dit l'Éternel. '^Dans les prophètes de Samarie j'ai vu de l'extravagance. Ils ont prophétisé par Baal, Us ont égaré mon peuple d'Israël. '"•Mais dans les prophètes de Jérusalem j'ai vu des choses horribles ; Ils sont adultères, ils marchent dans le mensonge; Ils fortifient les mains des méchants. Afin qu'aucun ne revienne de sa méchanceté ; Ils sont tous à mes yeux comme Sodome, Et les habitants de Jérusalem comme Gomorrhe. '^ C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel des armées sur les prophètes : Voici, je vais les nourrir d'absinthe. Et je leur ferai boire des eaux empoisonnées ; Chap. 28,16-30. JÉRÉMIE. Car c'est par les prophètes de Jérusalem Que rinipiété s'est répandue dans tout le pays. "^Ainsi parle l'Eternel des armées : N'écoutez pas les paroles des prophètes qui vous prophétisent ! Ils vous entraînent à des choses de néant ; Ils disent les visions de leur cœur, Et non ce qui vient de la bouche de l'Eternel. ''Ils disent à ceux qui me méprisent : L'Eternel a dit : Vous aurez la paix ; Et ils disent à tous ceux qui suivent les penchants de leur cœur : Il ne vous arrivera aucun mal. '*Qui donc a assisté au conseil de l'Eternel Pour voir, pour écouter sa parole ? Qui a prêté l'oreille à sa parole, qui l'a entendue? '^Voici, la tempête de l'Eternel, la fureur éclate, L'orage se précipite. Il fond sur la tête des méchants. -"La colère de l'Eternel ne se calmera pas. Jusqu'à ce qu'il ait accompli, exécuté les desseins de son cœur. Vous le comprendrez dans la suite des temps. -'Je n'ai point envoyé ces prophètes, et ils ont couru ; Je ne leur ai point parlé, et ils ont prophétisé. -^ S'ils avaient assisté à mon conseil. Ils auraient dû faire entendre mes paroles à mon peuple, Et les faire revenir de leur mauvaise voie, De la méchanceté de leurs actions. -^Ne suis-je un Dieu que de près, dit l'Eternel, Et ne suis-je pas aussi un Dieu de loin ? -''Quelqu'un se tiendra-t-il dans un lieu caché. Sans que je le voie? dit l'Eternel. Ne remplis-je pas, moi, les cieux et la terre? dit l'Eternel. -^J'ai entendu ce que disent les prophètes Qui prophétisent en mon nom le mensonge, disant : J'ai eu un songe! j'ai eu un songe ! -'Jusques à quand ces prophètes veulent-ils prophétiser le mensonge, Prophétiser la tromperie de leur cœur? -'Ils pensent faire oublier mon nom à mon peuple Par les songes que chacun d'eux raconte à son prochain. Comme leurs pères ont oublié mon nom pour Baal. ■-*Que le prophète qui a eu un songe raconte ce songe. Et que celui qui a entendu ma parole rapporte fidèlement ma parole. Pourquoi mêler la paille au froment? dit l'Eternel. -"Ma parole n'est-elle |)as comme un feu, dit l'Eternel, Et comme un marteau qui brise le roc ? ^"C'est pourquoi voici, dit l'Éternel, j'en veux aux prophètes Qui se dérobent mes paroles l'un à l'autre. 976 JÉRÉMIE. Chap. 2-3,31-24.3. "Voici, dit rÉterncl. j'en veux aux prophètes Qui prennent leur propre parole et la donnent pour ma parole. '-Voici, dit l'Éternel, j'en veux à ceux qui prophétisent des songes faux. Oui les racontent, et qui égarent mon peuple Par leurs mensonges et par leur témérité ; Je ne les ai point envoyés, je ne leur ai point donné d'ordre. Et ils ne sont d'aucune utilité à ce peuple, dit l'Eternel. ''Si ce peuple, ou un prophète, ou un prêtre te demande : Quelle est la menace de l'Eternel ? Tu leur diras quelle est cette menace : Je vous rejetterai, dit l'Eternel, '*Et le prophète, le prêtre, ou celui du peuple Qui dira : Menace de l'Eternel, Je le châtierai, lui et sa maison. '^Vous direz, chacun à son prochain, chacun à son frère : Qu'a répondu l'Éternel ? Qu'a dit l'Éternel? '"Mais vous ne direz plus : Menace de l'Éternel, Car la parole de chacun sera pour lui une menace ; Vous tordez les paroles du Dieu vivant. De l'Eternel des armées, notre Dieu. ''Tu diras au prophète : Que t'a répondu l'Éternel ? Qu'"a dit l'Éternel? '*Et si vous dites encore : Menace de l'Éternel, Alors ainsi parle l'Éternel : Parce que vous dites ce mot : Menace de l'Eternel, Quoique j aie envoyé vers vous povii' dire ; Vous ne direz pas : Menace de l'Éternel, "'A cause de cela voici, je vous oublierai, Et je vous rejetterai, vous et la ville Que j'avais donnée à vous et à vos pères, Je vous rejetterai loin de ma face ; "•"Je mettrai sur vous un opprobre éternel Et une honte éternelle. Qui ne s'oublieront pas. Les (leur paniers de figues et l'avenir du peuple. Chap. XXIV. 'L'Éternel me fit paniers contenait de très bonnes fi- voir deux paniers de figues posés de- gués, comme les figues de la première vaut. le temple de l'Eternel, après que récolte, et l'autre panier de très mau- Nebucadnetsar, roi de Babylone, eut vaises figues, qu'on ne pouvait man- emmené de Jérusalem et conduit à ger à cause de leur mauvaise qualité. Babvione Jeconia", fils de Jojakim, roi 'L'Éternel me dit : Que vois-tu, Jéré- de Juda, les chefs de Juda, les char- mie ? Je répondis : Des figues. I^es pentiers et les serruriers. 'L'un des bonnes figues sont très bonnes, et les a. Jeconia. ou Jojakin. 977 Chap. 24, '.-25, 13. JEREMIE. mauvaises sont très mauvaises et ne peuvent être mangées à cause de leur mauvaise qualité. :, , ji ■•La parole de l'Eternel me fut adres- sée, en ces mots : ^Ainsi parle l'Eter- nel, le Dieu d'Israël : Comme tu dis- tingues ces bonnes figues, ainsi je distinguerai, pour leur être favorable. sias, fils d'Amon, roi de Juda, il y a vingt-trois ans que la parole de l'Eter- nel m'a été adressée; je vous ai parlé, je vous ai parlé dès le matin, et vous n'avez pas écouté. •'L'Eternel vous a envoyé tous ses serviteurs, les pro- phètes, il les a envoyés dès le matin; et vous n'avez pas écouté, vous n'avez les captifs de Juda, que j'ai envoyés pas prêté l'oreille pour écouter. ^Ils de ce lieu dans le pays des Chaldéens *Je les regarderai d'un œil favorable, et je les ramènerai dans ce pays ; je les établirai et ne les détruirai plus, je les planterai et ne les arracherai plus. 'Je leur donnerai un cœur pour qu'ils connaissent que je suis l'Eter- nel ; ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu , s'ils reviennent à moi de tout leur cœur. *Et comme les mau- vaises figues qui ne peuvent être man- gées à cause de leur mauvaise qualité, dit l'Eternel, ainsi ferai -je devenir Sédécias, roi de Juda, ses chefs, et le reste de Jérusalem, ceux qui sont res- tés dans ce pays et ceux qui habitent ont dit : Revenez chacun de votre mauvaise voie et de la méchanceté de vos actions, et vous resterez dans le pays que j'ai donné à vous et à vos pères, d'éternité en éternité; ^n'allez pas après d'autres dieux, pour les ser- vir et pourvous prosterner devanteux, ne m'irritez pas par l'ouvrage de vos mains, et je ne vous ferai aucun mal. "Mais vous ne m'avez pas écouté, dit l'Eternel, afin de m'irriter par l'ou- vrage de vos mains, pour votre mal- heur. * C'est pourquoi ainsi parle l'É- ternel des armées : Parce que vous n'avez point écouté mes paroles, 'j'en- verrai chercher tous les peuples du dans le pays d'Egypte. ''Je les rendrai septentrion, dit l'Eternel, et j'enverrai un objet d'effroi, de malheur, pour tous les royaumes de la terre, un sujet d'opprobre, de sarcasme, de raillerie, et de malédiction, dans tous les lieux où je les chasserai. '"J'enverrai parmi eux l'épée, la famine et la peste, jus- auprès de Nebucadnetsar, roi de Ba- bylone, mon serviteur; je le ferai ve- nir contre ce pays et contre ses habi- tants, et contre toutes ces nations à l'entour, afin de les dévouer par in- terdit, et d'en faire un objet de déso- qu'à ce qu'ils aient disparu du pays lation et de moquerie, des ruines éter- quej avais donné à eux et à leurs pères, nelles. "Je ferai cesser parmi eux les cris de réjouissance et les cris d'allé- gresse, les chants du fiancé et les chants de la fiancée , le bruit de la meule et la lumière de la lampe. "Tout ce pays deviendra une ruine, un dé- sert, et ces nations seront asservies au roi de Babylone pendant soixante et dix ans. '-Mais lorsque ces soixante et dix Les soixante et di.v années de captivité. Babylone et toutes les nations châtiées. Chap. XXV. 'La parole qui fut adressée à Jérémie sur tout le peuple de Juda, la quatrième année de Joja- kim , fils de Josias, roi de Juda, — c'était la première année de Nebucad- netsar, roi de Babylone, — -parole ans seront accomplis, je châtierai le que Jérémie prononça devant tout le roi de Babylone et cette nation, dit jieuple de Juda et devant tous les ha- l'Eternel, à cause de leurs iniquités ; je bitants de Jérusalem, en disant : punirai le pays des Chaldéens, et j'en ^Depuis la treizième année de Jo- ferai des ruines éternelles. '^Je ferai 978 JÉRÉMIE. Chap.25.t'.-o8. venir sur ce pays toutes les choses que des nations puissantes et de grands j'ai annoncées sur lui, tout ce qui est rois les asserviront, eux aussi, et je écrit dans ce livre, ce que Jérémie a leur rendrai selon leurs œuvres et se- pr()]>hétisé sur toutes les nations. '■'Car Ion l'ouvrage de leurs mains. '^Car ainsi m'a parlé l'Eternel, le Dieu d'Israël : Prends de ma main cette coupe remplie du vin de ma colère, Et fais-la boire à toutes les nations Vers lesquelles je t'enverrai. 'Mis boiront, et ils chancelleront et seront comme fous, A la vue du glaive que j'enverrai au milieu d'eux. '"Et je pris la coupe de la main de l'Eternel, Et je la fis boire à toutes les nations Vers lesquelles l'Eternel m'envoyait : "'A Jérusalem et aux villes de Juda, A ses rois et à ses chefs. Pour en faire une ruine. Un objet de désolation, de moquerie et de malédiction. Comme cela se voit aujourd'hui ; ''A Pharaon, roi d'Egypte, A ses serviteurs, à ses chefs, et à tout son peuple; -"A toute l'Arabie, à tous les rois du pays d'Uts, A tous les rois du pays des Philistins, A Askalon, à Gaza, à Ekron, et à ce qui reste d'Asdod ; '-'A Edom, à Moab, et aux enfants d'Ammon ; **A tous les rois de Tyr, à tous les rois de Sidon, Et aux rois des îles qui sont au delà de la mer ; -^A Dedan, à Théma, à Buz, Et à tous ceux qui se rasent les coins de la barbe ; ^*A tous les rois d'Arabie, Et à tous les rois des Arabes qui habitent dans le désert; -^A tous les rois de Zimri, A tous les rois d'Elam, Et à tous les rois de Médie ; -"A tous les rois du septentrion. Proches ou éloignés. Aux uns et aux autres, Et à tous les royaumes du monde Qui sont sur la face de la terre. Et le roi de Schéschac ° boira après eux. *'Tu leur diras : Ainsi parle l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël : Buvez, enivrez-vous, et vomissez. Et tombez sans vous relever, A la vue du glaive que j'enverrai au milieu de vous ! -*Et s'ils refusent de prendre de ta main la coupe pour boire, a. Schéschac, Babylone ; comp. 51,41. 979 Chap.25,^-S6,i. JÉRÉMIE. Dis-leur : Ainsi parle l'Eternel des armées : Vous boirez ! ^^Car voici, dans la ville sur laquelle mon nom est invoqué Je commence à faire du mal ; Et vous, vous resteriez impunis ! Vous ne resterez pas impunis; Car j'appellerai le glaive sur tous les habitants de la terre. Dit l'Eternel des armées. •'"Et toi, tu leur prophétiseras toutes ces choses. Et tu leur diras : L'Eternel rugira d'en haut; De sa demeure sainte il fera retentir sa voix ; Il rugira contre le lieu de sa résidence ; Il poussera des cris, comme ceux qui foulent au pressoir, Contre tous les habitants de la terre. ^'Le bi'uit parvient jusqu'à l'extrémité de la terre ; Car l'Eternel est en dispute avec les nations. Il entre en jugement contre toute chair ; Il livre les méchants au glaive, dit l'Eternel. ^- Ainsi parle l'Éternel des armées : Voici, la calamité va de nation en nation. Et une grande tempête s'élève des extrémités de la terre. ■'•'Ceux que tuera l'Eternel en ce jour seront étendus D'un bout à l'autre de la terre ; Ils ne seront ni pleures, ni recueillis, ni enterrés. Ils seront comme du fumier sur la terre. ^■•Gémissez, pasteurs, et criez ! Roulez-vous dans la cendre, conducteurs de troupeaux ! Car les jours sont venus où vous allez être égorgés. Je vous briserai, et vous tomberez comme un vase de prix. ^^Plus de refuge pour les pasteurs ! Plus de salut pour les conducteurs de troupeaux ! '^On entend les cris des pasteurs. Les gémissements des conducteurs de troupeaux; Car l'Eternel ravage leur pâturage. •''Les habitations paisibles sont détruites Par la colère ardente de l'Eternel. ^^11 a abandonné sa demeure comme un lionceau sa tanière ; Car leur pays est réduit en désert Par la fureur du destructeur Et par son ardente colère. Prophétie sur la destruction de Jérusalem et du temple. Jérémie en danger de mort. Chap. XXVI. 'Au commencement -Ainsi parle l'Eternel : Tiens-toi du règne de Jojakim, fils de Josias, dans le parvis de la maison de l'Eter- roi de Juda, cette parole fut pronon- nel, et dis à ceux qui de toutes les cée de la part de l'Eternel, en ces villes de Juda viennent se prosterner mots : dans la maison de l'Eternel toutes les 980 JERKMIE. Clin p. 26,3-n. paroles que je t'ordonne de leur dire ; rent à l'entrée de la porte neuve de la n'en retranche pas un mot. 'Peut-être maison de l'Eternel. "Alors les prê- écouteront-ils, et reviendront-ils clia- très et les prophètes parlèrent ainsi cun de leur mauvaise voie ; alors je aux chefs et à tout le peuple : Cet me repentirai du mal que j'avais pensé homme mérite la mort; car il a pro- leur faire à cause de la méchanceté de phétisé contre cette ville, comme vous leurs actions. ''Tu leur diras : Ainsi l'avez entendu de vos oreilles. parle l'Eternel : Si vous ne m'écoutez pas quand je vous ordonne de suivre ma loi que j'ai mise devant vous, ''d'é- couter les paroles de mes serviteurs, les prophètes, que je vous envoie, que je vous ai envoyés dès le matin, et que vous n'avez pas écoutés, * alors je trai- '-Jérémie dit à tous les chefs et à tout le peuple : L'Eternel m'a envoyé ])our prophétiser contre cette maison et contre cette ville toutes les choses que vous avez entendues. "Mainte- nant réformez vos voies et vos œuvres, écoutez la voix de l'Eternel , votre terai cette maison comme Silo, et je Dieu, et l'Eternel se repentira du mal qu'il a prononcé contre vous. '■'Pour moi, me voici entre vos mains; trai- tez-moi comme il vous semblera bon et juste. '^Seulement sachez que, si vous me faites mourir, vous vous chargez du sanff innocent, vous, cette ville et ses ferai de cette ville un objet de malé- diction pour toutes les nations de la terre. 'Les prêtres, les prophètes, et tout le peuple, entendirent .Jérémie pro- noncer ces paroles dans la maison de l'Eternel. ''Et comme Jérémie achevait habitants; car l'Eternel m'a véritable- de dire tout ce que l'Eternel lui avait mentenvoyé vers vous pour prononcer ordonné de dire à tout le peuple, les à vos oreilles toutes ces paroles, prêtres, les prophètes, et tout le peu- '"Les chefs et tout le peuple dirent pie, se saisirent de lui, en disant : Tu aux prêtres et aux prophètes : Cet mourras! ^Pourquoi prophétises-tu au homme ne mérite point la mort; car nom de l'Eternel, en disant : Cette c'est au nom de l'Eternel, notre Dieu, maison sera comme Silo, et cette ville ([u'il nous a parlé. '"Et quelques-uns seradévastée, privée d'habitants? Tout des anciens du pays se levèrent, ctdi- le peuple s'attroupa autour de .Jérémie rent à toute l'assemblée du peuple : dans la maison de l'Eternel. '"Lorsque '^Michée, de Moréscheth, prophétisait les chefs de Juda eurent appris ces du temps d'Ezéchias, roi de Juda, et choses, ils montèrent de la maison du il disait à tcnit le peuple de Juda : roi à la maison de l'Eternel, et s'assi- Ainsi |)arle l'P^ternel des armées : Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de ])ierres, Et la montagne de la maison une haute forêt". "Ezéchias, roi de Juda, et tout Juda -"11 y eut* aussi un homme qui pro- l'ont-ils fait niourir ? Ezéchias ne crai- phétis.;\it au nom de l'Eternel, Urie, fils gnit-il pas l'Eternel? n'implora-t-il pas de Schemaeja, de Kirjath-Jearim. 11 l'Eternel ? Alors l'Eternel se repentit prophétisa contre cette ville et contre du mal qu'il avait prononcé contre ce pays entièrement les mêmes choses eux. Et nous, nous chargerions notre que Jérémie. -'Le roi Jojakim, tous ses ' ' vaillants hommes, et tous ses chefs. âme d'un si grand crime ! a. Voy. Micb. i, 13. b. Les v. io à 23 n'upiiuitierineiit pas une époque postéi'ieui'e. lu discours des anciens; ils rapportent à 981 Chap. 26, i2-27, 16. JEREMIE. entendirent ses paroles, et le roi cher- cha à le faire mourir. Urie, qui en fut informé, eut peur, prit la fuite, et alla en Egypte. '--Le roi Jojakim envoya des gens en Egypte, Elnathan, fds d'Acbor, et des gens avec lui en Egypte. -'Ils firent sortir d'P^gvpte Urie et l'amenèrent au roi Jojakim, qui le fit mourir par l'épée et jeta son cadaA're sur les sépulcres des enfants du peuple. -''Cependant la main d'Achikam, fils deSchaphan, fut avec .Jérémie, et em- pêcha qu'il ne fiit livré au peuple pour être mis à mort. La soumission au roi de Babylone conseillée par Jérémie. Chap. XXVII. 'Au commencement du règne de Jojakim", fils de Josias, roi de Juda, cette parole fut adressée à Jérémie de la part de l'Eternel, en ces mots : -Ainsi m'a parlé l'Eternel : Fais-toi des liens et des jougs, et mets-les sur ton cou. 'Envoie-les au roi d'Edom, au roi de Moab, au roi des enfants d'Ammon, au roi de Tyr et au roi de Sidon, par les envoyés qui sont venus à Jérusalem auprès de Sédécias, roi de Juda, *et à qui tu donneras mes ordres pour leurs maîtres, en disant : Ainsi parle l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël : Voici ce que vous direz à vos maîtres : ^C'est moi qui ai fait la terre, les hommes et les animaux qui sont sur la terre, par ma grande puis- sance et par mon bras étendu, et je donne la terre à qui cela me plaît. * Maintenant je livre tous ces pays en- tre les mains de Nebucadnetsar, roi de Babylone, mon serviteur; je lui donne aussi les animaux des champs, pour qu'ils lui soient assujettis. 'Tou- tes les nations lui seront soumises, à lui, à son fils, et au fils de son fils, a. Jojakltn; ce qui suit montre qu'il s'agît du règne eri'eur de copiste. jusqu'à ce c[ue le temps de son pays arrive, et que des nations puissantes et de grands rois l'asservissent. ^Si une nation, si un royaume ne se sou- met pas ta lui, à Nebucadnetsar, roi de Babylone, et ne livre pas son cou au joug du roi de Bab-vdone, je châtierai cette nation par l'épée, par la famine et par la peste, dit l'Eternel, jusqu'à ce que je l'aie anéantie par sa main. '-"Et vous, n'écoutez pas vos prophètes, vos devins, vos songeurs, vos astrologues, vos magiciens, qui vous disent : Vous ne serez point asservis au roi de Ba- bylone ! '"Car c'est le mensonge qu'ils vous prophétisent, afin que vous soyez éloignés de votre pays, afin que je vous chasse et que vous périssiez. "Mais la nation qui pliera son cou sous le joug du roi de Babylone, et qui lui sera soumise, je la laisserai dans son pays, dit l'Eternel, pour qu'elle le cultive et qu'elle y demeure. '-J'ai dit entièrement les mêmes choses à Sédécias, roi de Juda : Pliez votre cou sous le joug du roi de Baby- lone, soumettez-vous à lui et à son peuple, et vous vivrez. "Pourquoi mourriez-vous, toi et ton peuple, par l'épée, par la famine et par la peste, comme l'Eternel l'a prononcé sur la nation qui ne se soumettra pas au roi de Babylone ? '^N'écoutez pas les pa- roles des prophètes qui vous disent : Vous ne serez point asservis au roi de Babylone ! Car c'est le mensonge qu'ils vous prophétisent. '^Je ne les ai point envoyés, dit l'Eternel, et ils prophéti- sent le mensonge en mon nom, afin que je vous chasse et que vous péris- siez, vous et les prophètes qui vous prophétisent. '^J'ai dit aux j^rètres et à tout ce peuple : Ainsi parle l'Eternel : N'écou- tez pas les ])aroles de vos prophètes qui vous prophétisent, disant : Voici, de Sédécias. voy. v. 3, 1-2, -20; peut-être y a-t-il une 982 JEREMIE. Chap. 27.11-28,1',. les ustensiles de la maison de l'Eter- Babylone, a enlevésdece lieu, et qu'il nel seront bientôt rapportés de Baby- a emportés à Babylone. ^Et je ferai lone ! Garc'est le mensonge qu'ils vous revenir dans ce lieu, dit l'Eternel, Je- prophétisent. "Ne les écoutez pas, conia, fils de Jojakim, roi de Juda, et soumettez-vous au roi de Babylone, tous les captifs de Juda, qui sont allés et vous vivrez. Pourquoi cette ville à Babylone ; car je briserai le joug du deviendrait-elle une ruine ?'*S"ils sont roi de Babylone. prophètes et si la parole de l'Eternel Uérémie, le prophète, répondit à est avec eux, qu'ils intercèdent auprès Ilanania, le prophète, en présence des de l'Eternel des armées pour que les prêtres et de tout le peuple cjui se ustensiles qui restent dans la maison tenaient dans la maison de l'Eternel de l'Eternel, dans la maison du roi de ''Jérémie, le prophète, dit : Amen! Juda, et dans Jérusalem, ne s'en ail- que l'Eternel fasse ainsi ! que l'Ëter- lent point à Babylone. ''•'Car ainsi parle nel accomplisse les paroles que tu as l'Eternel des armées au sujet des co- prophétisées, et qu'il fasse revenir de lonnes, de la mer", des bases, et des Babylone en ce lieu les ustensiles de autres ustensiles qui sont restés dans la maison de l'Eternel et tous les cap- cette ville, -"qui n'ont pas été enlevés tifs ! 'Seulement écoute cette parole, par Nebucadnetsar, roi de Babylone, que je prononce à tes oreilles et aux lorsqu'il emmena captifs de Jérusalem oreilles de tout le peuple : *Les pro- à Babylone Jeconia*, fds de Jojakim, phètesqui ont paru avant moi et avant roi de Juda, et tous les grands de Juda toi, dès les temps anciens, ont pro- etde Jérusalem ; -'ainsi parle l'Éternel phétisé contre des pays puissants et des armées, le Dieu d'Israël, au sujet de grands royaumes la guerre, le mal- des ustensiles c|ui restent dans la mai- heur et la peste ; ^mais si un prophète son de l'Eternel, dans la maison du prophétise la paix, c'est par l'accom- roi de Juda, et dans Jérusalem: "Ils plissement de ce qu'il prophétise qu'il seront emportés à Babylone, et ils y sera reconnu comme véritablement resteront jusqu'au jour où je les cher- envoyé |)ar l'Eternel. cherai, dit l'Eternel, où je les ferai re- monter et revenir dans ce lieu. '"Alors Ilanania, le prophète, enleva le joug de dessus le cou de Jérémie, Lettre de Jérémie contre le faii.r propliète Hanania. Chap. XXVIII. année, au commencement du règne de le prophète, et il le brisa. "Et Ilana- nia dit en présence de tout le peuple : Ainsi parle l'Eternel : C'est ainsi que, T^ans la même dans deux années, je briserai de des- sus le cou de toutes les nations le joug Sédécias, roi de Juda, le cinquième de Nebucadnetsar, roi de Babylone. mois de la quatrième année, Ilanania, Et Jérémie, le prophète, s'en alla, fds d'Azzur, prophète, de Gabaon, me '-Après cjue Ilanania, le prophète, dit dans la maison de l'Eternel, en eut brisé le joug de dessus le cou présence des prêtres et de tout le peu- de Jérémie, le prophète, la parole de pie : -Ainsi parle l'Eternel des armées, l'Eternel fut adressée à Jérémie, en le Dieu d'Israël : Je brise le joug du ces mots: '^Va, et dis à Ilanania : roi de Babylone ! ^Encore deux an- Ainsi parle l'Eternel : Tu as brisé un nées, et je fais revenir dans ce lieu joug de bois, et tu auras à sa ]dace un tous les ustensiles de la maison de joug de fer. '■'Car ainsi parle l'Eternel l'Eternel, que Nebucadnetsar, roi de des armées, le Dieu d'Israël : Je mets a. La mer, la iner d'airain, vaste cuve servant aux ablutions, b. Jccunia, ou Jojakin. 983 C/mp. 28,15-39,18. JEREMIE. un joug de fer sur le cou de toutes ces nations, pour qu'elles soient asser- vies à Nebucadnetsar, roi de Baby- lone, et elles lui seront asservies ; je lui donne aussi les animaux des champs. *^Et Jérémie, le prophète, dit à Ha- nania, le prophète : Ecoute, Hanania ! L'Éternel ne t'a point envoyé, et tu inspires à ce peuple une fausse con- fiance. '^ C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel : Voici, je te chasse de la terre; tu mourras cette année : cartes paroles sont une révolte contre l'Eter- nel. '"Et Hanania, le prophète, mourut cette année-là, dans le septième mois. Lettre aux captifs. Chap. XXIX. 'Voici le contenu de la lettre que Jérémie, le prophète, en- voya de Jérusalem au reste des an- ciens en captivité, aux prêtres, aux prophètes, et à tout le peuple, que Nebucadnetsar avait emmenés captifs de Jérusalem à Babylone, ^après que le roi Jeconia, la reine, les eunuques, les chefs de Juda et de Jérusalem, les charpentiers et les serruriers, furent sortis de Jérusalem. 'Il la remit à Éleasa, fds de Schaphan, et à Guema- ria, fds de Hilkija, envoyés à Baby- lone par Sédécias, roi de Juda, auprès de Nebucadnetsar, roi de Babylone. Elle était ainsi conçue : ■'Ainsi parle l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël, à tous les captifs que j'ai emmenés de Jérusalem à Baby- lone : ^Bâtissez des maisons, et habi- tez-les ; plantez des jardins, et man- gez-en les fruits. '^Prenez des femmes, et engendrez des fils et des filles; prenez des femmes pour vos fils, et donnez des maris à vos filles, afin et priez l'Éternel en sa faveur, parce que votre bonheur dépend du sien. *Car ainsi parle l'Eternel des ar- mées, le Dieu d'Israël : Ne vous laissez pas tromper par vos prophètes qui sont au milieu de vous, et par vos de- vins, n'écoutez pas vos songeurs dont vous provoquez les songes ! "Car c'est le mensonge qu'ils vous prophétisent en mon nom. Je ne les ai point en- voyés, dit l'Éternel. '"Mais voici ce que dit l'Eternel : Dès que soixante et dix ans seront écoulés pour Babylone, je me souviendrai de vous, et j'accom- plirai à votre égard ma bonne parole, en vous ramenant dans ce lieu. "Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous don- ner un avenir et de l'espérance. 'Wous m'invoquerez, et vous partirez; vous me prierez, et je vous exaucerai. '^Vous me chercherez, et vous me trouverez, si vous me cherchez de tout votre cœur. '""Je me laisserai trouver par vous, dit l'Éternel, et je ramènerai vos captifs; je vous rassemblerai de toutes les nations et de tous les lieux où je vous ai chassés, dit l'Éternel, et je vous ramènerai dans le lieu d'où je vous ai fait aller en captivité. '^Cependant vous dites: Dieu nous a suscité des prophètes à Babylone ! '"Ainsi parle l'Éternel sur le roi qui occupe le trône de David, sur tout le peuple qui habite cette ville, sur vos frères qui ne sont point allés avec vous en captivité; '"ainsi parle l'Éter- nel des armées : Voici , j'enverrai parmi eux l'épée, la famine et la peste, et je les rendrai semblables à des figues affreuses qui ne peuvent être mangées à cause de leur mauvaise qualité. '*Je les poursuivrai par l'épée, qu'elles enfantent des fils et des filles; par la famine et par la peste, je les multipliez là où vous êtes, et ne dimi- rendrai un objet d'effroi pour tous les nuez pas. 'Recherchez le bien de la royaumes de la terre, un sujet de ma- ville où je vous ai menés en captivité, lédiction, de désolation, de moquerie 984 JEREMIE. Chap. 29,19-80,6. et d'opprobre, parmi toutes les nations en prison et dans les fers. -'Mainte- où je les chasserai, ''parce qu'ils n'ont nant, pourquoi ne réprimes-tu pas Jéré- pas écouté mes paroles, dit l'Eternel, mie d'Anathoth, qui prophétise parmi eux à qui j'ai envoyé mes serviteurs, vous, ^*qui nous a même envoyé dire les prophètes, à qui je les ai envoyés à Babylone : Elle sera longue, la cap- dès le matin; et ils n'ont pas écouté", tivité; bâtissez des maisons, et habi- dit l'Eternel. tez-les ; plantez des jardins, et man- -"Mais vous, écoutez la parole de gez-en les fruits! — '-"Soj)honie, le l'Eternel, vous tous captifs, que j'ai prêtre, lut cette lettre en présence de envoyés de Jérusalem à Babylone ! Jérémie, le prophète. — ^"Et la pa- ^'Ainsi parle l'Eternel des armées, rôle de l'Eternel fut adressée à Jéré- le Dieu d'Israël, sur Achab, fils de mie, en ces mots: ''Fais dire à tous Kolaja, et sur Sédécias, fds de Maa- les captifs: Ainsi parle l'Eternel sur séja, qui vous prophétisent le men- Schemaeja, Néchéhimite : Parce que songe en mon nom : 'Voici, je les livre Schemaeja vous prophétise, sans que entre les mains de Nebucadnetsar, roi je l'aie envoyé, et qu'il vous inspire de Babylone; et il les fera mourir sous une fausse confiance, '-voici ce que vos yeux. *^ On se servira d'eux comme dit l'Eternel : Je châtierai Schemaeja, d'un sujet de malédiction, parmi tous Néchélamite, et sa postérité; nul des les captifs de Juda qui sont à Baby- siens n'habitera au milieu de ce peu- lone; on dira : Que 1 Eternel te traite pie, et il ne verra pas le bien que je comme Sédécias et comme Achab, que ferai à mon peuple, dit l'Eternel; car le roi de Babylone a fait rôtir au feu ! ses paroles sont une révolte contre -'Et cela arrivera parce qu'ils ont com- mis une infamie en Israël, se livrant à l'adultère avec les femmes de leur prochain, et parce qu'ils ont dit des mensonges en mon nom, quand je ne 'Éternel. Le retour de In captivité et le rétablissement d'Isrnrl. Chap. A^A.Y. ' La parole qui fut leur avais point donné d'ordre. Je le adressée à Jérémie de la part de l'É- sais, et j'en suis témoin, dit l'Eternel, ternel, en ces mots : -*Tu diras à Schemaeja, Néchéla- -Ainsi parle l'Éternel, le Dieu d'Is- mite : -^Ainsi parle l'Eternel des ar- raël : Ecris dans un livre toutes les mées, le Dieu d'Israël: Tu as envoyé paroles que je t'ai dites. 'Voici, les en ton nom à tout le peuple de Jéru- jours viennent, dit l'Éternel, où je salem, à Sophonie, fils de Maaséja, le ramènerai les captifs de mon peuple prêtre, et à tous les prêtres, une lettre d'Israël et de Juda, dit l'Eternel; je ainsi conçue : -^L'Eternel t'a établi les ramènerai dans le pays que j'ai prêtre à la place de Jehojada, le pré- donné à leurs pères, et ils le possê- tre, afin qu'il y ait dans la maison de deront. l'Eternel des inspecteurs pour surveil- ''Ce sont ici les paroles (pie l'Eter- 1er tout homme qui est fou et se donne nel a prononcées sur Israël et sur pour prophète, et afin que tu le mettes Juda. ^Ainsi parle l'Éternel : Nous entendons des cris d'effroi ; C'est l'épouvante, ce n'est pas la paix. ^Informez-vous, et regardez si un mâle enfante ! a. Ils H ont pas ct-uutf. héb. cous iiai>€z pas ticouté. 985 Chap.30,i-n. JÉRÉMIE. Pourquoi vois-je tous les hommes les mains sur leurs reins, Comme une femme en travail ? Pourquoi tous les visages sont-ils devenus pâles ? "Malheur ! car ce jour est grand ; Il n'y en a point eu de semblable. C'est un temps d'angoisse pour Jacob ; Mais il en sera délivré. ^En ce jour-là, dit l'Eternel des armées, Je briserai son joug de dessus ton cou. Je romprai tes liens, Et des étrangers ne t'assujettiront plus. 'Ils serviront l'Eternel, leur Dieu, Et David, leur roi, que je leur susciterai. '°Et toi, mon serviteur Jacob, ne crains pas, dit l'Eternel ; Ne t'effraie pas, Israël ! Car je te délivrerai de la terre lointaine. Je délivrerai ta postérité du pays où elle est captive ; Jacob reviendra, il jouira du repos et de la tranquillité. Et il n'y aura personne pour le troubler. " Car je suis avec toi, dit l'Éternel, pour te délivrer ; J'anéantirai toutes les nations parmi lesquelles je t'ai dispersé. Mais toi, je ne t'anéantirai pas ; Je te châtierai avec équité. Je ne puis pas te laisser impuni. '^Ainsi parle rÉternel : Ta blessure est grave, Ta plaie est douloureuse. '^Nul ne défend ta cause, pour bander ta plaie; Tu n'as ni remède, ni moyen de guérison. '■'Tous ceux qui t'aimaient t'oublient. Aucun ne prend souci de toi ; Car je t'ai frappée comme frappe un ennemi, Je t'ai châtiée avec violence, A cause de la multitude de tes iniquités Du grand nombre de tes péchés. '^Pourquoi te plaindre de ta blessure. De la douleur que cause ton mal ? C'est à cause de la multitude de tes iniquités. Du grand nombre de tes péchés. Que je t'ai fait souffrir ces choses. '"Cependant, tous ceux qui te dévorent seront dévorés, Et tous tes ennemis, tous, iront en captivité ; Ceux qui te dépouillent seront dépouillés, Et j'abandonnerai au pillage tous ceux qui te pillent. '"Mais je te guérirai, je panserai tes plaies, Dit l'Eternel. Car ils t'appellent la repoussée, 986 1 J É RÉ M I E . Chap . 30, is-SI, a. Cette Sion dont nul ne prend souci. '^Ainsi parle l'Eternel : Voici, je ramène les captifs des tentes de Jacob, J'ai compassion de ses demeures ; La ville sera rebâtie sur ses ruines, Le palais sera rétabli comme il était. '"Du milieu d'eux s'élèveront des actions de grâces Et des cris de réjouissance ; Je les multiplierai, et ils ne diminueront pas; Je les honorerai, et ils ne seront pas méprisés. -"Ses fils seront comme autrefois. Son assemblée subsistera devant moi, Et je châtierai tous ses oppresseurs. '-' Son chef sera tiré de son sein, Son dominateur sortira du milieu de lui ; Je le ferai approcher, et il viendra vers moi ; Car qui oserait de lui-même s'approcher de moi ? Dit l'Éternel. "Vous serez mon peuple, Et je serai votre Dieu. -^ Voici, la tempête de l'Éternel, la fureur éclate. L'orage se précipite. Il fond sur la tête des méchants. -^La colère ardente de l'Éternel ne se calmera pas. Jusqu'à ce qu'il ait accompli, exécuté les desseins de son cœur. Vous le comprendrez dans la suite des temps. Chap. XXXI. 'En ce temps-là, dit l'Éternel, Je serai le Dieu de toutes les familles d'Israël, Et ils seront mon peuple. -Ainsi parle l'Eternel : Il a trouvé grâce dans le désert Le peuple de ceux qui ont échappé au glaive ; Israël marche vers son lieu de repos. 'De loin l'Éternel se montre à moi : Je t'aime d'un amour éternel ; C'est pourquoi je te conserve ma bonté. Me te rétablirai encore, et tu seras rétablie. Vierge d'Israël ! Tu auras encore tes tambourins pour parure. Et tu sortiras au milieu des danses joyeuses. ^Tu planteras encore des vignes sur les montagnes de Samarie ; Les planteurs planteront, et cueilleront les fruits. 'Car le jour vient où les gardes crieront sur la montagne d'Éphraim : Levez-vous, montons à Sion, vers l'Éternel, notre Dieu ! 987 fiit Chap.31,i-m. JÉRÉMIE. 'Car ainsi parle rEternel : Poussez des cris de joie sur Jacob, Eclatez d'allégresse à la tête des nations ! Elevez vos voix, chantez des louanges, et dites : Éternel, délivre ton peuple, le reste d'Israël ! ^Voici, je les ramène du pays du septentrion, Je les rassemble des extrémités de la terre ; Parmi eux sont l'aveugle et le boiteux, La femme enceinte et celle en travail ; C'est une grande multitude, qui revient ici. "Ils viennent en pleurant, et je les conduis au milieu de leurs supplica- Je les mène vers des torrents d'eau, [tions ; Par un chemin uni où ils ne chancellent pas ; Car je suis un père pour Israël, Et Ephraïm est mon premier-né. '"Nations, écoutez la parole de l'Eternel, Et publiez-la dans les îles lointaines ! Dites : Celui qui a dispersé Israël le rassemblera. Et il le gardera comme le berger garde son troupeau. "Car l'Éternel rachète Jacob, Il le délivre de la main d'un plus fort que lui. *'^Ils viendront, et pousseront des cris de joie sur les hauteurs de Sion ; Ils accourront vers les biens de l'Eternel, Le blé, le moût, l'huile. Les brebis et les bœufs ; Leur àme sera comme un jardin arrosé. Et ils ne seront plus dans la soulfrance. '^Alors les jeunes fdlcs se réjouiront à la danse, Les jeunes hommes et les vieillards se réjouiront aussi ; Je changerai leur deuil en allégresse, et je les consolerai ; Je leur donnerai de la joie après leurs chagrins. '^Je rassasierai de graisse" l'àme des prêtres, Et mon peuple se rassasiera de mes biens, dit l'Éternel. '^ Ainsi parle l'Éternel : On entend des cris à Rama*, Des lamentations, des larmes amères ; Rachel pleure ses enfants ; Elle refuse d'être consolée sur ses enfants, Car ils ne sont plus. "^Ainsi ])arle l'Éternel : Retiens tes pleurs. Retiens les larmes de tes yeux; Car il y aura un salaire pour tes œuvres, dit l'Éternel ; Ils reviendront du pays de l'ennemi. rt. De graisse, de la graisse des victimes qu'on offrira abondamment en sacrifice. b. C'est par le chemin de Rama que les Israélites furent emmenés captifs. Racket est une personnification du peuple. 988 JÉRÉMIE. Chap.3l,n-i9. '^11 y a de l'espérance pour ton avenir, dit l'Eternel ; Tes entants reviendront dans leur territoire. 'M'entends Ephraïm qui se lamente : Tu m'as châtié, et j'ai été châtié Comme un veau qui n'est pas dompté ; Fais-moi revenir, et je reviendrai, Car tu es l'Eternel, mon Dieu. '^Après m'ètre détourné, j'éprouve du repentir; Et après avoir reconnu mes fautes, je frappe sur ma cuisse; Je suis honteux et confus, Car je porte l'opprobre de ma jeunesse. — -"Ephraïm est-il donc pour moi un (ils chéri. Un enfant qui fait mes délices? Car plus je parle de lui, plus encore son souvenir est en moi ; Aussi mes entrailles sont émues en sa faveur : J'aurai pitié de lui, dit l'Eternel. — ^'Dresse des signes, place des poteaux, Prends garde à la route, au chemin que tu as suivi... Reviens, vierge d'Israël, Reviens dans ces villes cpii sont à toi ! "Jusques à quand seras-tu errante. Fille égarée? Car l'Eternel crée une chose nouvelle sur la terre : La femme recherchera l'homme. -^ Ainsi parle l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël : Voici encore ce que l'on dira dans le pays de Juda et dans ses villes. Quand j'aurai ramené leurs captifs: Que l'Eternel te bénisse, demeure de la justice, Montagne sainte ! ^*Là s'établiront Juda et toutes ses villes, Les laboureurs et ceux cjui conduisent les troupeaux. ^''Car je rafraîchirai l'âme altérée. Et je rassasierai toute âme languissante. -^Là-dessus je me suis réveillé, et j'ai regardé; Mon sommeil m'avait été agréable. -'Voici, les jours viennent, dit l'Eternel, Où j'ensemencerai la maison d'Israël et la maison de Juda D'une semence d'hommes et d'une semence de bêtes. -'^Et comme j'ai veillé sur eux Pour arracher, abattre, détruire, ruiner et faire du mal. Ainsi je veillerai sur eux pour bâtir et pour planter, Dit l'Eternel. -^En ces jours-là, on ne dira plus : Les pères ont mangé des raisins verts, 989 Chap. SI,3o-w. JÉRÉMIE. Et les dents des enfants en ont été agacées". ^"Mais chacun mourra pour sa propre iniquité ; Tout homme qui mangera des raisins verts, Ses dents en seront agacées. ^'Voici, les jours viennent, dit l'Eternel, ;■;, <.:;' Où je ferai avec la maison d'Israël et la maison de Juda Une alliance nouvelle, ^-Non comme l'alliance que je traitai avec leurs pères, Le jour où je les saisis par la main Pour les faire sortir du pays d'Egypte, Alliance qu'ils ont violée. Quoique je fusse leur maître, dit l'Eternel. '^Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, Après ces jours-là, dit l'Eternel : Je mettrai ma loi au dedans d'eux, Je l'écrirai dans leur cœur ; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peujile. ^'Celui-ci n'enseignera plus son prochain. Ni celui-là son frère, en disant : Connaissez l'Eternel ! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit l'Eternel ; Car je pardonnerai leur iniquité. Et je ne me souviendrai plus de leur péché. ■^^\insi parle l'Eternel, qui a fait le soleil pour éclairer le jour. Qui a destiné la lune et les étoiles à éclairer la nuit. Qui soulève la mer et fait mugir ses flots, Lui dont le nom est l'Eternel des armées : '"Si ces lois viennent à cesser devant moi, dit l'Eternel, La race d'Israël aussi cessera pour toujours d'être une nation devant moi. ''Ainsi parle l'Éternel : Si les cieux en haut peuvent être mesurés. Si les fondements de la terre en bas peuvent être sondés. Alors je rejetterai toute la race d'Israël, A cause de tout ce qu'ils ont fait, dit l'Eternel. ^^Voici, les jours viennent, dit l'Eternel, Où la ville sera rebâtie à l'honneur de l'Eternel, Depuis la tour de Ilananeel jusqu'à la porte de l'angle. ''■'Le cordeau s'étendra encore vis-à-vis, Jusqu'à la colline de Gareb, Et fera un circuit du côté de Goath. ■'"Toute la vallée des cadavres et de la cendre, Et tous les champs jusqu'au torrent de Cédron, Jusqu'à l'angle de la porte des chevaux à l'orient, Seront consacrés à l'Eternel, Et ne seront plus à jamais ni renversés ni détruits. a. Les enfants ont subi les conséquences des fautes de leurs pères. 990 JEREMIE. Chap. S ''2, 1-19. j La ruine procliainc de Jérusalem et le retour des captifs. Chap. XXXII. 'La parole qui fut est à Anathoth, dans le pays de Ben- adressée à Jcrémie de la part de l'E- janiin, car tu as le droit d'héritage et ternel, la dixième année de Sédécias, de rachat, achète-le! Je reconnus que roi de Juda. — C'était la dix-huitième c'était la parole de l'Eternel. ^J'ache- année de Nebucadnetsar. -L'armée du roi de Babylone assié- geait alors Jérusalem ; et .lérémie, le prophète, était enfermé dans la cour de la prison qui était dans la maison ilu roi de Juda. ^Sédécias, roi de Juda, lavait fait enfermer, et lui avait dit : Pourquoi prophétises-tu, en disant tai de Hanameel, fils de mon oncle, le champ qui est à Anathoth, et je lui j)esai l'argent, dix-sept sicles d'ar- gent. '"J'écrivis un contrat, que je ca- chetai, je pris des témoins, et je pesai l'argent dans une balani-e. "Je pris ensuite le contrat d'acquisition, celui qui était cacheté, conformément à Ainsi parle rp]ternel : Voici, je livre la loi et aux usages, et celui qui était cette ville entre les mains du roi de ouvert; '-et je remis le contrat d'ac- Babylone, et il la prendra ; ^Sédécias, quisition à Baruc, fils de Nérija, filsde iart. ""Tu fais miséricorde jusqu'à la millième génération, Et tu punis l'iniquité des pères dans le sein de leurs enfants après eux. Tu es le Dieu grand, le puissant, Dont le nom est l'Eternel des armées. '^Tu es grand en conseil et puissant en action ; Tu as les yeux ouverts sur toutes les voies des enfants des hommes, 99 1 Chap. 82,20-^. JÉRÉMIE. Pour rendre à chacun selon ses voies, Selon le fruit de ses œuvres. *"Tu as fait des miracles et des prodiges dans le pays d'Egypte jusqu'à Et en Israël et parmi les hommes, [ce jour. Et tu t'es fait un nom comme il l'est aujourd'hui. ^*Tu as fait sortir du pays d'Egypte ton peuple d'Israël, " Avec des miracles et des prodiges, à main forte et à bras étendu. Et avec une grande terreur. -^Tu leur as donné ce pays. Que tu avais juré à leurs pères de leur donner. Pays où coulent le lait et le miel. -'Ils sont venus, et ils en ont pris possession. Mais ils n'ont point obéi à ta voix. Ils n'ont point observé ta loi. Ils n'ont pas fait tout ce que tu leur avais ordonné de faire. Et c'est alors que tu as fait fondre sur eux tous ces malheurs ! ^■'Voici, les terrasses s'élèvent contre la ville et la menacent ; La ville sera livrée entre les mains des Chaldéens qui l'attaquent. Vaincue par l'épée, par la famine et par la peste. Ce que tu as dit est arrivé, et tu le vois. ^^Néanmoins, Seigneur Eternel, tu m'as dit : Achète un champ pour de l'argent, prends des témoins... Et la ville est livrée entre les mains des Chaldéens ! 26 La parole de l'Éternel fut adressée à Jérémie, en ces mots : "Voici, je suis l'Eternel, le Dieu de toute chair. Y a-t-il rien qui soit étonnant de ma part? ^^ C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel : Voici, je livre cette ville entre les mains des Chaldéens, Et entre les mains de Nebucadnetsar, roi de Babylone, Et il la prendra. -''Les Chaldéens qui attaquent cette ville vont entrer. Ils y mettront le feu, et ils la brûleront, Avec les maisons sur les toits desquelles on a offert de l'encens à Baal Et fait des libations à d'autres dieux. Afin de m'irriter. '"Car les enfants d'Israël et les enfants de Juda N'ont fait, dès leur jeunesse, que ce qui est mal à mes yeux ; Les enfants d'Israël n'ont fait que m'irriter Par l'œuvre de leurs mains, dit lEtcrnel. "Car cette ville excite ma colère et ma fureur. Depuis le jour où on l'a bâtie jusqu'à ce jour ; Aussi je veux l'ôter de devant ma face, '^A cause de tout le mal que les enfants d'Israël et les enfants de Juda Ont fait pour m'irriter. Eux, leurs rois, leurs chefs, leurs prêtres et leurs prophètes. Les hommes de Juda et les habitants de Jérusalem. 992 JÉRÉMIE. Chap. S2,33-'^. ''Ils m'ont tourné le dos, ils ne m'ont pas regardé ; On les a enseignés, on les a enseignés dès le matin ; Mais ils n'ont pas écouté pour recevoir instruction. '*Ils ont placé leurs abominations" Dans la maison sur laquelle mon nom est invoqué, Afin de la souiller. 35 Ils ont bâti des hauts lieux à Baal dans la vallée de Ben-Hinnom*, Pour faire passer à Moloc leurs fils et leurs filles : Ce que je ne leur avais point ordonné ; Et il ne m'était point venu à la pensée Qu'ils commettraient de telles horreurs Pour faire pécher Juda. '''Et maintenant, ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël, Sur cette ville dont vous dites : Elle sera livrée entre les mains du roi de Babylone, Vaincue par l'épée, par la famine et par la peste : '"^'oici, je les rassemblerai de tous les pays où je les ai chassés. Dans ma colère, dans ma fureur, et dans ma grande irritation ; Je les ramènerai dans ce lieu, Et je les y ferai habiter en sûreté. ""Ils seront mon peuple, Et je serai leur Dieu. "^Je leur donnerai un même cœur et une même voie. Afin qu'ils me craignent toujours. Pour leur bonheur et celui de leurs enfants après eux. ■""Je traiterai avec eux une alliance éternelle. Je ne me détournerai plus d'eux. Je leur ferai du bien, Et je mettrai ma crainte dans leur cœur. Afin qu'ils ne s'éloignent pas de moi. "Je prendrai plaisir à leur faire du bien. Et je les planterai véritablement dans ce pays. De tout mon cœur et de toute mon âme. ''-Car ainsi parle l'Eternel : De même que j'ai fait venir sur ce peuple tous ces grand malheurs, De même je ferai venir sur eux tout le bien que je leur promets. ^'On achètera des champs dans ce pays Dont vous dites : C'est un désert, sans hommes ni bêtes. Il est livré entre les mains des Chaldéens. *''0n achètera des champs pour de l'argent. On écrira des contrats, on les cachètera, on prendra des témoins, Dans le pays de Benjamin et aux environs de Jérusalem, Dans les villes de Juda, dans les villes de la montagne, Dans les villes de la plaine et dans les villes du midi ; Car je ramènerai leurs captifs, dit rÉterncl. a. Leurs abominations^ leurs idoles. b. De Bcn~Hinnom, ou du fils de IJÎrinom. 993 Chap. 33.1-12. JÉRÉMIE. Chap. XXXIII. 'La parole de rÉternel fut adressée àJérémie une seconde fois, en ces mots, pendant qu'il était encore enfermé dans la cour de la prison: ^Ainsi parle l'Eternel, qui fait ces choses, L'Eternel, qui les conçoit et les exécute, Lui, dont le nom est l'Eternel : •''Invoque-moi, et je te répondrai; Je t'annoncerai de grandes choses, des choses cachées. Que tu ne connais pas. ••Car ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Israël, Sur les maisons de cette ville Et sur les maisons des rois de Juda, Qui seront abattues par les terrasses et par l'épée, ^Quand on s'avancera pour combattre les Chaldéens, Et qu'elles seront remplies des cadavres des hommes Que je frapperai dans ma colère et dans ma fureur. Et à cause de la méchanceté desquels je cacherai ma face à cette ville : 'Voici, je lui donnerai la guérison et la santé, je les guérirai, Et je leur ouvrirai une source abondante de paix et de fidélité. "Je ramènerai les captifs de Juda et les captifs d'Israël, Et je les rétablirai comme autrefois. ^Je les purifierai de toutes les iniquités qu'ils ont commises contre moi. Je leur pardonnerai toutes les iniquités par lesquelles ils m'ont offensé. Par lesquelles ils se sont révoltés contre moi. '•*Gette ville sera pour moi un sujet de joie, de louange et de gloire. Parmi toutes les nations de la terre, Qui apprendront tout le bien que je leur ferai ; Elles seront étonnées et émues de tout le bonheur Et de toute la prospérité que je leur accorderai. '"Ainsi parle l'Eternel : On entendra encore dans ce lieu Dont vous dites : Il est désert, il n'y a plus d'hommes, plus de bêtes ; • On entendra dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem, Dévastées, privées d'hommes, d'habitants, de bêtes, "Les cris de réjouissance et les cris d'allégresse, Les chants du fiancé et les chants de la fiancée, La voix de ceux qui disent : Louez l'Eternel des armées, Car l'Eternel est bon, car sa miséricorde dure à toujours ! La voix de ceux qui offrent des sacrifices d'actions de grâces Dans la maison de l'Eternel. Car je ramènerai les captifs du pays, je les rétablirai comme autrefois, Dit l'Éternel. '-Ainsi parle l'Eternel des armées : 11 y aura encore dans ce lieu 994 JÉRÉMIE. Chap.SS,i3--i',. Qui est désert, sans hommes ni bêtes, Et dans toutes ses villes, Il y aura des demeures pour les bergers Faisant reposer leurs troupeaux. '■^Dans les villes de la montagne, dans les villes de la plaine. Dans les villes du midi. Dans le pays de Benjamin et aux environs de Jérusalem, Et dans les villes de Juda, Les brebis passeront encore sous la main de celui qui les compte. Dit rÉternel. '*Voici, les jours A^iennent, dit l'Eternel, Où j'accomplirai la bonne parole Que j'ai dite sur la maison d'Israël et sur la maison de Juda. '^En ces jours et en ce temps-là. Je ferai éclore à David un germe de justice ; Il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. '*En ces jours-là, Juda sera sauvé, Jérusalem aura la sécurité dans sa demeure; Et voici comment on l'appellera : L'Eternel notre justice. ''Car ainsi parle l'Eternel : David ne manquera jamais d'un successeur Assis sur le trône de la maison d'Israël ; , •'Les prêtres, les Lévites, ne manqueront jamais devant moi de succes- Pour offrir des holocaustes, brûler de l'encens avec les offrandes, [seurs Et faire des sacrifices tous les jours. ''La parole de l'Eternel fut adressée à Jérémie, en ces mots : -"Ainsi parle l'Eternel : Si vous pouvez rompie mon alliance avec le jour Et mon alliance avec la nuit. En sorte que le jour et la nuit ne soient plus en leur temps, ^' Alors aussi mon alliance sera rompue avec David, mon serviteur. En sorte qu'il n'aura point de fils régnant sur son trône. Et mon alliance avec les Lévites, les prêtres, qui font mon service. ^^De même qu'on ne peut compter l'armée des cieux, Ni mesurer le sable de la mer, De même je multiplierai la postérité de David, mon serviteur, Et les Lévites qui font mon service. -'La parole de l'Eternel fut adressée à Jérémie, en ces mots : ^*N'as-tu ])as remarqué ce que disent ces gens : Les deux familles que l'Eternel avait choisies, il les a rejetées? Ainsi ils méprisent mon peuple. Au point de ne plus le regarder comme une nation. 995 Chap . SS, 25-34, 15. J É RÉM I E . ^'^Ainsi parle l'Eternel : Si je n'ai pas fait mon alliance avec le jour et avec la nuit, Si je n'ai pas établi les lois des cieux et de la terre, -"Alors aussi je rejetterai la postérité de Jacob et de David, mon servi- Et je ne prendrai plus dans sa postérité ceux qui domineront [teur, Sur les descendants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Car je ramènerai leurs captifs, et j'aurai pitié d'eux. Prophétie sur le sort de Sédécias. — Menaces à l'occasion de l'asservissement des esclaves affranchis. i('!'.'.i,'i i Chap. A'A'AYF. 'La parole qui fut ^La parole qui fut adressée à Jéré- adressée à Jérémie de la part de l'E- mie de la part de l'Éternel, après que ternel, en ces mots, lorsque Nebucad- le roi Sédécias eut fait un pacte avec netsar, roi de Babylone, avec toute tout le peuple de Jérusalem, pour pu- son armée, et tous les royaumes des blier la liberté, 'afin que chacun ren- pays sous sa domination, et tous les voyàt libres son esclave et sa servante, peuples, faisaient la guerre à Jérusa- l'Hébreu et la femme de l'Hébreu, et lem et à toutes les villes qui en dépen- que personne ne tînt plus dans la ser- daient : vitude le Juif, son frère. "Tous les -Ainsi parle l'Eternel, le Dieu d'Is- chefs et tout le peuple, qui étaient en- raël : Va, et dis à Sédécias, roi de Juda, très dans le ])acte, s'engagèrent à ren- dis-lui : Ainsi parle l'Eternel : Voici, voyer libres chacun son esclave et sa je livre cette ville entre les mains du servante, afin de ne plus les tenir dans roi de Babylone, et il la brûlera par le la servitude ; ils obéirent, et les ren- feu. ■'Et toi, tu n'échapperas pas à ses voyèrent. "Mais ensuite ils changè- mains, mais tu seras pris et livré en- rent d'avis; ils reprirent les esclaves tre ses mains, tes yeux verront les et les servantes qu'ils avaient affran- yeux du roi de Babylone, et il te par- chis, et les forcèrent à redevenir es- lera bouche à bouche, et tu iras à Ba- claves et servantes. bylone. ''Seulement écoute la parole '-Alors la parole de l'Eternel fut de l'Eternel, Sédécias, roi de Juda! adressée à Jérémie de la part de l'Eter- Ainsi parle l'Eternel sur toi : Tu ne nel, en ces mots : '^Ainsi parle l'Eter- mourras point par réjaée. ^Tu mour- nel, le Dieu d'Israël : J'ai fait une al- ras en paix ; et comme on a brûlé des liance avec vos pères, le jour où je les parfums pour tes pères, les anciens ai fait sortir du pays d'Egypte, de la rois qui t'ont précédé, ainsi on en brû- maison de servitude ; et je leur ai dit : lera pour toi, et l'on te pleurera, en '■'Au bout de sept ans, chacun devons disant : Hélas, seigneur ! Car j'ai pro- renverra libre son frère hébreu qui se nonce cette parole, dit l'Eternel. vend à lui; il te servira six années, "Jérémie, le prophète, dit toutes ces puis tu le renverras libre de chez toi. paroles à Sédécias, roi de Juda, à Je- Mais vos pères ne m'ont point écouté, rusalem. "Et l'armée du roi de Baby- ils n'ont point prêté l'oreille. '^Vous, lone combattait contre Jérusalem et vous aviez fait aujourd'hui un retour contre toutes les autres villes de Juda, sur vous-mêmes, vous aviez fait ce qui contre Lakis et Azéka, car c'étaient est droit à mes yeux, en publiant la li- des villes fortes qui restaient parmi berté chacun pour son prochain, vous les villes de Juda. aviez fait un pacte devant moi, dans 996 JEREMIE. Chap. 3i, 16-33, 11. la maison sur laquelle mon nom est adressée à. Jérémie tle la part de l'Eter- invoqué. "'Mais vous êtes revenus en nel, au temps de Jojakim, fils de Jo- arrière, et vous avez profané mon nom ; sias, roi de Juda, en ces mots vous avez repris chacun les esclaves et les servantes que vous aviez affran- chis, rendus à eux-mêmes, et vous les avez forcés à redevenir vos esclaves et vos servantes. ''C'est pourquoi ainsi parle TEter- -Va à la maison des Récabites", et parle-leur; tu les conduiras à la mai- son de l'Eternel, dans une des cham- bres, et tu leur offriras du vin à boire. ^Je pris Jaazania, fils de Jérémie, fils de Habazinia, ses frères, tous ses fils, nel : Vous ne m'avez point obéi, en et toute la maison des Récabites, ^et publiant la liberté chacun pour son je les conduisis à la maison de l'Eter- frère, cliacunpour son prochain. Voici, nel, dans la chambre des fils de Ha- je publie contre vous, dit l'Eternel, la nan, fils de Jigdalia, homme de Dieu, liberté de l'épée, de la peste et de la près de la chambre des chefs, au-des- famine, et je vous rendrai un objet sus de la chambre de Maaséja, fils de d'effroi pour tous les royaumes de la Schallum, garde du seuil. ^Je mis de- terre. '''Je livrerai les hommes qui ont vaut les fils de la maison des Récabites A'iolé mon alliance, qui n'ont pas ob- des coupes pleines de vin, et des cali- servé les conditions du pacte qu'ils ces, et je leur dis : Buvez du vin ! avaient fait devant moi, en coupant un ^Mais ils répondirent : Nous ne buvons veau en deux et en passant entre ses pas de vin; carJonadab, fils de Récab, morceaux; '^je livrerai les chefs de notre père, nous a donné cet ordre : Juda et les chefs de Jérusalem, les eu- Vous ne boirez jamais de vin, ni vous, nuques, les prêtres, et tout le peuple ni vos fils; 'et vous ne bâtirez point de du pays, qui ont passé entre les mor- maisons, vous ne sèmerez aucune se- ceaux du veau ; ^"je les livrerai entre mence, vous ne planterez point de vi- les mains de leurs ennemis, entre les gnes et vous n'en posséderez point; mains de ceux qui en veulent à leur mais vous habiterez sous des tentes vie, et leurs cadavres serviront de pà- toute votre vie, afin que vous viviez ture aux oiseaux du ciel et aux bêtes longtemps dans le pays où vous êtes de la terre. -'Je livrerai Sédécias, roi étrangers. ^Nous obéissons à tout ce de Juda, et ses chefs, entre les mains que nous a prescrit Jonadab, fils de de leurs ennemis, entre les mains de Récab, notre père : nous ne buvons ceux qui en veulent à leur vie, entre pas de vin pendant toute notre vie, les mains de l'armée du roi de Baby- nous, nos femmes, nos fils et nos fil- lone, qui s'est éloignée de vous. ^*Voi- les; ''nous ne bâtissons point de mai- ci, je donnerai mes ordres, dit l'Etcr- sons pour nos demeures, et nous ne nel, et je les ramènerai contre cette possédons ni vignes, ni champs, ni ville; ils l'attaqueront, ils la pren- terres ensemencées; '"nous habitons dront, et la brûleront par le feu. Et je sous des tentes, et nous suivons et ferai des villes de Juda un désert sans habitants Les Récabites. pratiquons tout ce que nous a prescrit Jonadab, notre père. "Lorsque Nebu- cadnetsar, roi de Babylone, est monté contre ce pays, nous avons dit : Allons, retirons-nous à Jérusalem, loin de l'ar- Chap. XXXV. 'La parole qui fut niée des Chaldéens et de l'armée de a. DesceiKlants d'uni,' tribu luuilade du pays de Madiaii, voy. II Kuis 10, ir.. Us habitaiojil probablement clans les parties désertes du pays de Juda, et s étaient retirés à Jérusalem au momejit du danf,'er. 997 Chap. 35, n-S6, 9. JEREMIE. Syrie. C'est ainsi que nous habitons à quera jamais de descendants qui se Jérusalem. tiennent en ma présence. '-Alors la parole de l'Eternel fut adressée à .lérémie, en ces mots : '■'Ainsi parle l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël : Va, et dis aux hommes de Juda et aux habitants de Jérusa- Le livre des prophéties de Jérihnie brûlé par le roi Jojakiin. Chap. A'A'A'T /. 'La quatrième an- née de Jojakim, fds de Josias, roi de lem : Ne recevrez- vous pas instruction, Juda, cette parole fut adressée à Jéré- pour obéir à mes paroles? dit l'Éter- mie de la part de l'Eternel, en ces nel. '■'On a observé les paroles de Jo- mots : nadab, fils de Récab, qui a ordonné à -Prends un livre", et tu y écriras ses fils de ne pas boire du vin, et ils toutes les paroles que je t'ai dites sur n'enont |)oint bu jusqu'àce jour, parce Israël et sur Juda, et sur toutes les qu'ils ont obéi à l'ordre de leur père, nations, depuis le jour où je t'ai parlé, Et moi, je vous ai parlé, je vous ai au temps de Josias, jusqu'à ce jour. parlé dès le matin, et vous ne m avez pas écouté. '^Je vous ai envoyé tous mes serviteurs, les prophètes, je les ai envoyés dès le matin , pour vous 'Ouand la maison de Juda entendra tout le mal que je pense lui faire, peut- être reviendront- ils chacun de leur mauvaise voie ; alors je pardonnerai dire : Revenez chacun de votre mau- leur inicjuité et leur péché, vaise voie, amendez vos actions, n'ai- ■'Jérémie appela Baruc, fils de Né- lez pas après d'autres dieux pour les rija ; et Baruc écrivit dans un livre, servir, et vous resterez dans le pays sous la dictée de Jérémie, toutes les que j'ai donné à vous et à vos pères, paroles que l'Eternel avait dites à Jé- Mais vous n'avez pas prêté l'oreille, rémie. ^' Puis Jérémie donna cet ordre vous ne m'avez ])as écouté. '^Oui, les à Baruc : Je suis retenu, et je ne peux fils de Jonadab, fils de Récab, obser- pas aller à la maison de l'Eternel. *Tu vent l'ordre que leur a donné leur iras toi-même, et tu liras dans le livre père, et ce ]>euple ne m'écoute pas ! que tu as écrit sous ma dictée les pa- "C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel, rôles de l'Eternel, aux oreilles du peu- le Dieu des armées, le Dieu d'Israël : ])le, dans la maison de l'Eternel, le Voici, je vais faire venir sur Juda et jour du jeune; tu les liras aussi aux sur tous les habitants de Jérusalem oreilles de tous ceux de Juda ([ui se- tous les malheurs que j'ai annoncés ront venus de leurs villes. "Peut-être sur eux, parce que je leur ai parlé et l'Eternel écoutera-t-il leurs supjilica- c[u'ils n'ont pas écouté, parce que je tions, et reviendront -ils chacun de les ai appelés et qu'ils n'ont pas ré- leur mauvaise voie ; car grande est la pondu. colère, la fureur dont l'Eternel a me- "*Et Jérémie dit à la maison des Ré- nacé ce peuple. "^Baruc, fils de Nérija, cabites : Ainsi ])arle l'Éternel des ar- fit tout ce que lui avait ordonné Jéré- mées, le Dieu d'Israël : Parce cfue vous mie, le pro])hète, et lut dans le livre avez obéi aux ordres de Jonadab, votre les paroles de l'Eternel, dans la mai- père, parce que vous avez observé tous son de l'Eternel, ses commandements et fait tout ce qu'il "La cinquième année de Jojakim, vous a prescrit ; '"à cause de cela, ainsi jiarle l'Eternel des armées, le Dieu d'Is- raël : Jonadab, fils de Récab, ne man- a. Un lirrf, héb. urt rouleau de livre. fils de Josias, roi de Juda, le neuvième mois, on publia un jeune devant l'E- ternel pour tout le peuple de Jé- 998 JÉRÉMIE. Chap. 30, 10-30. rusalem et pour tout le peuple venu des villes de Juda à Jérusalem. '"Et Baruc lut dans le livre les paroles de Jéréniie, aux oreilles de tout le peu- ple, dans la maison de l'Eternel, dans la thambre de Guenuuia, (ils de Scha- ])han, le secrétaire, dans le parvis su- périeur, à l'entrée de la porte neuve de la maison de l'Eternel. "Michée, fils de Guemaria, fils de Schaphan, avant entendu toutes les paroles de l'Eternel contenues dans le livre, '-des- cendit à la maison du roi, dans la cham- bre du secrétaire, où étaient assis tous les chefs, Elischama, le secrétaire, De- laja, fils de Schemaeja, Elnathan, fds d'Acbor, Guemaria, fils de Schaphan, Sédécias, fds de Ilanania, et tous les autres chefs. '^Et Michée leur rapporta toutes les paroles qu'il avait enten- dues, lorsque Baruc lisait dans le li- vre, aux oreilles du peuple. '■'Alors tous les chefs envoyèrent vers Baruc Jehudi , fds de Nethania , fds de Schélémia, fils de Cuschi, pour lui dire : Prends en main le livre dans lequel tu as lu, aux oreilles du peuple, et viens ! Baruc, fils de Nérija, prit en main le livre , et se rendit auprès d'eux. '^Ils lui dirent : Assieds-toi, et lis -le à nos oreilles. Et Baruc lut à leurs oreilles. *^Lorsc[u'ils eurent en- tendu toutes les paroles, ils se regar- dèrent avec efïroi les uns les autres, et ils dirent à Baruc : Nous rapporte- rons au roi toutes ces paroles. "Ils firent encore à Baruc cette question : Dis-nous comment tu as écrit toutes ces paroles sous sa dictée. '''Baruc leur répondit : Il m'a dicté de sa bouche toutes ces paroles, et je les ai écrites dans ce livre avec de l'encre. ''Les chefs dirent à Baruc : Va, cache-toi, ainsi que Jérémie, et que personne ne sache oi'i vous êtes. ^''Ils allèrent ensuite vers le roi dans la cour, laissant le livre dans la cham- bre d'Elischama, le secrétaire, et ils en rapportèrent toutes les paroles aux oreilles du roi. -'Le roi envoya Jehudi pour jjrendre le livre. Jehudi le prit dans la chambre d'Elischama, le se- crétaire, et il le lut aux oreilles du roi et aux oreilles de tous les chefs qui étaient auprès du roi. "--Le roi était assis dans la maison d'hiver, — c'était au neuvième mois, — et un brasier était allumé devant lui. -'Lorsque Je- hudi eut lu trois ou quatre feuilles, le roi coupa le livre avec le canif du se- crétaire, et le jeta dans le feu du bra- sier, où il fut entièrement consumé. -^Le roi et tous ses serviteurs, qui entendirent toutes ces paroles, ne fu- rent point effrayés et ne déchirèrent point leurs vêtements. ^^ Elnathan, De- laja et Guemaria, avaient fait des ins- tances auprès du roi pour qu'il ne brû- lât pas le livre ; mais il ne les écouta pas. '^*Le roi ordonna à Jerachmeel, fils du roi", à Seraja, fils d'Azriel, et à Schélémia, fils d'Abdeel, de saisir Ba- ruc, le secrétaire, et Jérémie, le pro- phète. Mais l'Eternel les cacha. -'La parole de l'Éternel fut adressée à Jérémie, en ces mots, après que le roi eut brûlé le livre contenant les pa- roles que Baruc avait écrites sous la dictée de Jérémie : -^Prends de nouveau un autre li- vre , et tu y écriras toutes les paro- les* qui étaient dans le premier livre qu'a Ijrûlé Jojakim, roi de Juda. -'Et sur Jojakim, roi de Juda, tu diras : Ainsi parle l'Éternel : Tu as brûlé ce livre, en disant : Pourquoi y as- tu écrit ces paroles : Le roi de Ba- bylone viendra, il détruira ce ])ays, et il en fera disparaître les hommes et les bêtes ? ''"C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel sur Jojakim, roi de Juda : Aucun des siens ne sera assis sur le a. Fi/s du roi, c'est-à-dire, membre de la famille royale. A. Toutes les paroles, héb. toutes les premières paroles. 999 Chnp. S 6, 31-87,10. JEREMIE. trône de David, et son cadavre sera secourir, retourne dans son pays, en exposé à la chaleur pendant le jour et Egypte ; *etles Chaldéens reviendront, au froid pendant la nuit. ^'Je le châ- tierai, lui, sa postérité, et ses servi- teurs, à cause de leur iniquité; et je ferai venir sur eux, sur les habitants de Jérusalem et sur les hommes de ils attaqueront cette ville, ils la pren- dront, et la brûleront par le feu. ^Ainsi parle l'Eternel : Ne vous faites pas il- lusion, en disant : Les Chaldéens s'en iront loin de nous ! Car ils ne s'en Juda tous les malheurs dont je les ai iront pas. '"Et même quand vous bat- menacés, sans qu'ils aient voulu m'é- triez toute l'armée des Chaldéens qui coûter. vous font la guerre, quand il ne reste- ^-Jérémie prit un autre livre, et le rait d'eux que des hommes blessés, donna à Baruc, fdsde Nérija, le secré- ils se relèveraient chacun dans sa ten- taire. Baruc y écrivit, sous la dictée te, et brûleraient cette ville par le feu. de Jérémie, toutes les paroles du livre "Pendantquel'arméedes Chaldéens s'était éloignée de Jérusalem, à cause de l'armée de Pharaon, '-Jérémie vou- lut sortir de Jérusalem, pour aller dans le pays de Benjamin et s'échapper du milieu du peuple. "Lorsqu'il fut à la porte de Benjamin, le commandant de la garde, nommé Jireija, fds de Sché- qu'avait brûlé au feu Jojakim, roi de Juda. Beaucoup d'autres paroles sem- blables y furent encore ajoutées. Jérémie en prison. Chap. XXXYII. ' Sédécias , fds de Josias, régna à la place de Jeconia", fds de Jojakim, et fut établi roi dans lémia, fds de Hanania, se trouvait là, le pays de Juda par Nebucadnetsar , et il saisit Jérémie, le prophète, en roi de Babylone. ^Ni lui, ni ses servi- disant : Tu passes aux Chaldéens ! teurs, ni le peuple du pays, n'écouté- '''Jérémie répondit : C'est faux! je ne rent les paroles que l'Éternel prononça passe pas aux Chaldéens. Mais Jireija par Jérémie, le prophète. ne l'écouta point ; il arrêta Jérémie, et 'Le roi Sédécias envoya Jucal, fds le conduisit devant les chefs. '^Les de Schélémia, et Sophonie, fils de chefs, irrités contre Jérémie, le frap- Maaséja, le prêtre, vers Jérémie, le pèrent, et le mirent en prison dans la prophète, pour lui dire : Intercède en maison de Jonathan, le secrétaire; car notre faveur auprès de l'Eternel, no- ils en avaient fait une prison. '^Ce fut tre Dieu. ainsi que Jérémie entra dans la pri- ''Or Jérémie allait et venait parmi son et dans les cachots, où il resta le peuple ; on ne l'avait pas encore mis longtemps. en prison. ^L'armée de Pharaon était "Le roi Sédécias l'envoya chercher, sortie d'Egypte; et les Chaldéens, qui et l'interrogea secrètement dans sa assiégeaient Jérusalem, ayant appris maison. Il dit : Y a-t-il une parole de vcette nouvelle, s'étaient retirés de Je- la part de l'Eternel? Jérémie répon- rusalem. dit : Oui. Et il ajouta : Tu seras livré ^Alors la parole de l'Éternel fut entre les mains du roi de Babylone. adressée à Jérémie, le prophète, en '^Jérémie dit encore au roi Sédécias : ces mots : 'Ainsi parle l'Éternel, le En quoi ai-je péché contre toi, contre Dieu d'Israël : Vous direz au roi de tesserviteurs,etcontrecepeuple, pour Juda, qui vous a envoyés vers moi que vous m'ayez mis en prison? "'Et pour me consulter : Voici, l'armée de où sont vos prophètes qui vous pro- Pharaon,quiélaiten marche pourvous phétisaient, en disant : Le roi de Ba- a. Jeioiiia, ou Jojakiii. 1000 JEREMIE. Chap. 37,20-38,11. bylone ne viendra pas contre vous, ni "Ebcd-Mélec, l'Éthiopien, eunuque contre ce pays? '^"Maintenant, écoute, qui était dans la maison du roi, apprit je te prie, ô roi, mon seigneur, et que qu'on avait mis Jérémie dans la ci- mes supplications soient favorable- terne. Le roi était assis à la porte de ment reçues devant toi! Ne me ren- Benjamin. '^Ebed-Mélec sortit de la voie pas dans la maison de Jona- maison du roi, et parla ainsi au roi : than, le secrétaire, de peur que je ^O roi, mon seigneur, ces hommes ont n'y meure! -'Le roi Sédécias ordonna mal agi en traitant de la sorte Jérémie, qu'on gardât Jérémie dans la cour de le prophète, en le jetant dans la ci- la prison, et qu'on lui donnât chaque terne ; il mourra de faim là où il est, jour un pain de la rue des boulangers, car il n'y a plus de pain dans la ville, jusqu'à ce que tout le pain de la ville '"Le roi donna cet ordre à Ebed-Mé- fut consommé. Ainsi Jérémie demeura lec, l'Ethiopien : Prends ici trente hommes avec toi, et tu retireras de la citerne Jérémie, le prophète, avant qu'il meure. "Ebed-Mélec prit avec dans la cour de la prison Jérémie dans une citerne Chap. XXXVIII. 'Schephathia, fds de Matthan , Guedalia , fils de Paschhur, Jucal, fils de Schélémia, et lui les hommes, et se rendit à la mai- son du roi, dans un lieu au-dessous du trésor; il en sortit des lambeaux Paschhur, fils de Malkija, entendirent usés et de vieux haillons, et les des- les paroles que Jérémie adressait à cendit à Jérémie dans la citerne, avec tout le peuple, en disant : -Ainsi parle des cordes. '-Ebed-Mélec, l'Ethiopien, l'Éternel : Celui qui restera dans cette dit à Jérémie : Mets ces lambeaux usés ville mourra par lépée, par la famine et ces haillons sous tes aisselles, sous ou par la peste; mais celui qui sortira les cordes. Et Jérémie fit ainsi, '^lls pour se rendre aux Chaldéens aura la tirèrent Jérémie avec les cordes, et le vie sauve, sa vie sera son butin, et il firent monter hors de la citerne. Jé- vivra. ^Ainsi parle l'Éternel : Cette rémie resta dans la cour de la prison, ville sera livrée à l'armée du roi de '*Le roi Sédécias envoya chercher Babylone, qui la prendra. Jérémie, le prophète, et le fit venir ■•Et les chefs dirent au roi : Que cet auprès de lui dans la troisième entrée homme soit mis à mort! car il décou- de la maison de l'Eternel. VA le roi dit rage les hommes de guerre qui restent à Jérémie : J'ai une chose à te deman- dans cette ville, et tout le peuple, en der ; ne me cache rien. '^Jérémie ré- leur tenant de pareils discours ; cet pondit à Sédécias : Si je te la dis, ne homme ne cherche pas le bien de ce me feras-tu pas mourir? Et si je te peuple, il ne veut que son malheur, donne un conseil, tu ne m'écouteras ^Le roi Sédécias répondit : Voici, il pas. '"Le roi Sédécias jura secrètement est entre vos mains ; car le roi ne peut à Jérémie, en disant : L'Eternel est rien contre vous. ^Alors ils prirent Je- vivant, lui qui nous a donné la vie ! je rémie, et le jetèrent dans la citerne ne te ferai pas mourir, et je ne te li- de Malkija, fils du roi", laquelle se vrerai pas entre les mains de ces hom- trouvait dans la cour de la [)rison ; ils mes qui en veulent à ta vie. '"Jérémie descendirent Jérémie avec des cordes, dit alors à Sédécias : Ainsi parle l'E- II n'y avait point d'eau dans la citerne, tcrnel, le Dieu des armées, le Dieu mais il y avait de lu boue ; et Jérémie d'Israël : Si tu vas te rendre aux chefs enfonça dans la boue. du roi de Babylone, tu auras la vie a. FiU du roi, c'est-ù-dire, iucuil)ru Je la famille royale. 1001 Chap. S8, 18-89,10. JEREMIE. sauve, et cette ville ne sera pas biùlée par le feu ; tu vivras, toi et ta maison. "*Mais si tu ne té rends pas aux chefs du roi de Babylone, cette ville sera li- vrée entre les mains des Ghaldéens, qui la brûleront par le feu ; et toi, tu n'échapperas pas à leurs mains. '^Le roi Sédécias dit à Jérémie : Je crains les Juifs qui ont passé aux Ghaldéens ; je crains qu'on ne me livre entre leurs mains, et qu'ils ne m'outragent. -"Jé- rémie répondit : On ne te livrera pas. Ecoute la voix de l'Eternel dans ce que je te dis; tu t'en trouveras bien, et tu auras la vie sauve. -'Mais si tu refuses de sortir, voici ce que l'Eter- nel m'a révélé : "Toutes les femmes (jui restent dans la maison du roi de Juda seront menées aux chefs du roi de Babylone, et elles diront : Tu as été trompé, dominé, par ceux qui t'an- nonçaient la paix ; et c{uand tes pieds sont enfoncés dans la boue, ils se re- tirent. -^Toutes tes femmes et tes en- fants seront menés aux Ghaldéens ; et toi, tu n'échapperas pas à leurs mains, tu seras saisi par la main du roi de Ba- bylone, et cette ville sera brûlée par le feu. -■'Sédécias dit à Jérémie : Que personne ne sache rien de ces dis- cours, et tu ne mourras pas. -^Si les chefs a})prennent que je t'ai ])arlé, et s'ils viennent te dire : Rapporte-nous ce que tu as dit au roi, et ce que le roi t'a dit, ne nous cache rien, et nous ne te ferons pas mourir, — • **tu leur re- prise de Jérusalem. Chap. -Y.VA7A'. ' Lorsque Jérusa- lem fut prise, — la neuvième année de Sédécias, roi de Juda, le dixième mois, Nebucadnetsar, roi de Baby- lone , vint avec toute son armée de- vant Jéiusalem, et en fit le siège; *la onzième année de Sédécias, le neu- vième jour du quatrième mois, la brè- che fut faite à la ville, — ^tous les chefs du roi de Babylone s'avancèrent, et occupèrent la porte du milieu : Ner- gal-Scharetser, Samgar-Nebu, Sarse- kim, chef des eunuques, Nergal-Scha- retser, chef des mages, et tous les autres chefs du roi de Babylone. ^Dès que Sédécias, roi de Juda, et tous les gens de guerre les eurent vus, ils s'en- fuirent, et sortirent de la ville pendant la nuit par le chemin du jardin du roi, par la porte entre les deux murs, et ils prirent le chemin de la plaine. ^Mais l'armée des Ghaldéens les poursuivit, et atteignit Sédécias dans les plaines de Jéricho. Ils le prirent, et le firent monter vers Nebucadnetsar, roi de Ba- bylone, à Ribla, dans le pays de Ila- math ; et il prononça contre lui une sentence. *Le roi de Babylone fit égoi'- ger à Ribla les fds de Sédécias en sa présence ; le roi de Babylone fit aussi égorger tous les grands de Juda. 'Puis il fit crever les yeux à Sédécias, et le fit lier avec des chaînes d'airain, pour l'emmener à Babylone. "* Les Ghaldéens pondras : J'ai supplié le roi de ne pas brûlèrent par le feu la maison du roi et les maisons du peuple, et ils démo- lirent les murailles de Jérusalem. '*Ne- buzaradan, chef des gardes, emmena captifs à Babylone ceux du peuple qui étaient demeurés dans la ville, ceux qui s'étaient rendus à lui, et le reste du peuple. '"Mais Nebuzaradan, chef des gardes, laissa dans le pays de Juda quelques-uns des plus pauvres du |)eu- ]ile, ceux qui n'avaient rien ; et il leur donna alors des vignes et des champs. me renvoyer dans la maison de Jona- than, de peur que je n'y meure. -"Tous les chefs vinrent auprès de Jérémie et le questionnèrent. Il leur répondit entièrement comme le roi l'avait ordonné. Ils gardèrent alors le silence et se retirèrent, car la chose ne s'était pas répandue. -"* Jérémie resta dans la cour de la prison jusqu'au jour de la prise de Jé- rusalem. 1002 JEREMIE. Cluip. 39, îi-40,w. "Nebucadnctsar, roi de Babylone, avait donné cet ordre au sujet de Jé- réniie par Nebuzaradan, chef des gar- des : '-Prends-le, et veille sur lui ; ne lui fais aucun mal, mais agis à son égard comme il te dira. '^Nebuzara- dan, chef des gardes, Nebuschazban, chef des eunu(|uos, Nergal-Scharetser, chef des mages, et tous les chefs du roi de Babylone, '^envoyèrent cher- cher Jérémie dans la cour de la prison, et ils le remirent à Guedalia, fils d'A- chikam, fils de Schaphan, pour qu'il fût conduit dans sa maison. Et il resta au milieu du peuple. '^La parole de l'Eternel fut adressée à Jérémie en ces mots, pendant qu'il était enfermé dans la cour de la pi'i- son : '*Va, jiarle à Ebed-.Mélec, l'E- thiopien, et dis-lui : Ainsi parle l'Éter- nel des armées , le Dieu d'Israël : Voici, je vais faire venir sur cette ville les choses que j'ai annoncées pour le mal et non pour le bien ; elles arrive- ront en ce jour devant toi. '"Mais en ce jour je te délivrerai, dit l'Éternel, et tu ne seras pas livré entre les mains des hommes que tu crains. '''Je te sau- verai, et tu ne tomberas pas sous l'é- péché contre l'Éternel et que vous n'avez pas écouté sa voix. ''Maintenant voici, je te délivre aujourd'hui des chaînes que tu as aux mains; si tu veux venir avec moi à Babylone, viens, j'aurai soin de toi; si cela te déplaît de venir avec moi à Babylone, ne viens pas; regarde, tout le pays est devant toi, va où il te semblera bon et conve- nable d'aller. ^Et comme il tardait à répondre: Retourne, ajouta-t-il, vers Guedalia, fils d'Achikani, fils de Scha- phan, que le roi de Babylone a établi sur les villes de Juda, et reste avec lui parmi le peuple; ou bien, va par- tout où il te conviendra d'aller. Le chef des gardes lui donna des vivres et des présents, et le congédia. *Jéré- mie alla vers Guedalia, fils d'Achikani, à Mitspa, et il resta avec lui parmi le peuple qui était demeuré dans le pays. 'Lorsque tous les chefs des troupes qui étaient dans les campagnes eurent appris, eux et leurs hommes, que le roi de Baljylone avait établi gouver- neur du ])ays Guedalia, lils d'Achikani, et qu'il lui avait confié les hommes, les femmes, les enfants, et ceux des pauvres du pays qu'on n'avait pas em- pée; ta vie sera ton butin, parce que tu menés captifs à Babylone, *ils se ren- as eu confiance en moi, dit l'Éternel. Jérémie en liberté. Guedalia goin'eriieiir du pal/ s de Juda. Cliap. XL. 'La parole qui fut adressée à Jérémie de la part de l'É- dirent auprès de Guedalia à Mitspa, savoir Ismaël, fils de Nethania, Jocha- nan et Jonathan, fils de Raréach, Se- raja, fils de Thanhumeth, les fils d'É- phaï de Nethopha, et Jezania, fils du Maacatite, eux et leurs hommes. "Gue- ternel, après que Nebuzaradan, chef dalia, fils d'Achikani, fils de Schaphan, des gardes, l'eut renvoyé de Rama ; (pumd il le fit chercher, Jérémie était lié de chaînes parmi tous les captifs de Jérusalem et de Juila, qu'on emme- nait à Babylone. -Le chef des gardes envoya cher- cher Jérémie, et lui dit : L'Éternel, ton Dieu, a annoncé ces malheurs contre ce lieu; -U'Eternel a fait venir et a exé- cuté ce qu'il avait dit, et ces choses vous sont arrivées parce c[ue vous avez leur jura, à eux et à leurs hommes, en disant: Ne craignez pas de servir les Chaldéens; demeurez dans le pays, servez le roi de Babylone, et vous vous en trouverez bien. '"Voici, je reste à Mitspa, pour être présent de- vant les Chaldéens qui viendront vers nous ; et vous, faites la récolte du vin, des fruits d'été et de l'huile, mettez- les dans vos vases, et demeurez dans vos villes (|ue vous occupez. loua 64 * Chap. 40,ii-4J,ii. "Tous les Juifs qui étaient au pays de Moab, chez les Ammonites, au pays d'Edom, et dans tous les pays, appri- rent que le roi de Babylone avait laissé un reste dans Juda, et qu'il leur avait donné pour gouverneur Guedalia, fds d'Achikam, fds de Schaphan. '-Et tous les Juifs revinrent de tous les lieux où ils étaient dispersés, ils se rendirent JERÉMIE.. déens qui se trouvaient là, les gens de guerre. ^Le second jour après l'assassinat de Guedalia, tandis que personne n'en savait rien, ^il arriva de Sichem, de Silo et de Samarie, quatre-vingts hom- mes, qui avaient la barbe rasée et les vêtements déchirés, et qui s'étaient fait des incisions ; ils portaient des dans le pays de Juda vers Guedalia à offrandes et de l'encens, pour les pré- Mitspa, et ils firent une abondante ré- senter à la maison de l'Eternel. *Is- colte de vin et de fruits d'été. maël, fils de Nethania, sortit de Mitspa '^Jochanan, fils de Ivaréach, et tous au-devant d'eux; il marchait en pleu- les chefs des troupes qui étaient dans rant. Lorsqu'il les rencontra, il leur les campagnes, vinrent auprès de Gue- dit : Venez vers Guedalia, fils d'Achi- dalia à Mitspa, '•'et lui dirent : Sais-tu que Baalis, roi des Ammonites, a chargé Ismaël, fils de Nethania, de t'ôter la vie ? Mais Guedalia, fils d'A- chikam, ne les crut point. '^Et Jocha- nan, fils de Karéach, dit secrètement à Guedalia à Mitspa : Permets que j'aille tuer Ismaël, fils de Nethania. Personne ne le saura. Pourquoi t'ôte- rail-il la vie ? pourquoi tous ceux de Juda rassemblés auprès de toi se dis- ])erseraient-ils, et le reste de Juda périrait-il ? "^Guedalia, fils d'Achikam, kam. 'Et quand ils furent au milieu de la ville, Ismaël, fils de Nethania, les égorgea et les jeta dans la citerne, avec l'aide des gens qui l'accompa- gnaient. ^ Mais il se trouva parmi eux dix hommes, qui dirent à Ismaël: Ne nous fais pasmourir, carnousavonsdes provisions cachées dans les champs, du froment, de l'orge, de l'huile et du miel. Alors il les épargna, et ne les fit pas mourir avec leurs frères. 'La ci- terne dans laquelle Ismaël jeta tous les cadavres des hommes qu'il tua répondit à Jochanan, fils de Karéach : près de Guedalia est celle qu'avait Ne fais pas cela; car ce que tu dis sur construite le roi Asa, lorsqu'il crai- gnait Baescha, roi d'Israël; c'est cette citerne qu'Ismaël, fils de Nethania, remplit de cadavres. '"Ismaël fit pri- Ismaël est faux Assassinat de Guedalia Chap. XLI. 'Au septième mois, Ismaël, fils de Nethania, fils d'Eli- schama, de la race royale, vint avec des grands du roi et dix hommes auprès de Guedalia, fils d'Achikam, à Mitspa. Là, ils mangèrent ensemble à Mitsjja. "Alors Ismaël, fils de Nethania, se leva avec les dix hommes dont il était accompagné, et ils frappèrent avec l'épée Guedalia, fils d'Achikam, fils de Schaphan ; il fit ainsi mourir celui sonniers tous ceux qui restaient a Mitspa, les filles du roi et tous ceux du ])euple qui y demeuraient, et que Nebuzaradan, chef des gardes, avait confiés à Guedalia, fils d'Achikam ; Ismaël, fils de Nethania, les emmena captifs, et partit j)our passer chez les Ammonites. "Jochanan, fils de Ivaréach, et tous les chefs des troupes qui étaient avec lui, furent informés de tout le mal que le roi de Babylone avait établi qu'avait fait Ismaël, fils de Nethania. gouverneur du pays. ^Ismaël tua en- '-Ils prirent tous les hommes, et se core tous les Juifs qui étaient auprès mirent en marche pour attaquer Is- de Guedalia à Mitspa, et les Chai- maël, fils de Nethania. Ils le trouvè- 1004 JEREMIE. Chap. 41, 13-43, le. rent près des grandes eaux de Gabaon. "Quand tout le peuple qui était avec Isniaël vit .lochanan, fils de Karéach, et tous les chefs des troupes avec lui, il en eut de la joie; '■'et tout le peuple 1 votre Dieu, selon votre demande; et je vous ferai connaître, sans rien vous cacher, tout ce que rÉterncl vous ré- pondra. ^Et ils dirent à Jérémie : Que qu Ismaël avait emmené de Mitspa se retourna, et vint se joindre à Jocha- nan, fils de Karéach. '^Mais Ismaël, fils de Nethania, se sauva avec huit hommes devant Jochanan, et alla chez les Ammonites. '^Jochanan, fds de Karéach, et tous les chefs des troupes qui étaient avec lui, |)rirent tout le reste du j^euple, et le délivrèrent des mains d'Ismaël, fils deNethania, lors- (pi'il l'emmenait de Mitspa, après avoir tué Guedalia, fils d'Achikam. Hommes de guerre, femmes, enfants, eunu- ques, Jochanan les ramena depuis Ga- baon. "Ils se mirent en marche, et s'arrêtèrent à l'hôtellerie de Kimham près de Bethléhem, pour se retirer ensuite en Egypte, "^loin des Chal- déens dont ils avaient peur, parce qu'Ismaël, fds de Nethania, avait tué Guedalia, fds d'Achikam, que le roi de Babylone avait établi gouverneur du pays. Jérémie s'opposant aii.i- Juifs qui veulent se retirer en Egypte. Chap. XLII. 'Tous les chefs des troupes, Jochanan, fils de Karéach, Jezania, fds d'Hosée, et tout le peu- |)le, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, s'avancèrent, ^et dirent à Jéré- mie, le prophète : Que nos supplica- tions soient favorablement reçues de- vant toi ! Intercède en notre faveur auprès de l'Eternel, ton Dieu, en fa- veur de tous ceux qui restent, car nous étions beaucoup, et nous restons en petit nombre , comme tes yeux le voient; ^et que l'Eternel, ton Dieu, nous montre le chemin que nous de- vons suivre, et ce (|ue nous avons à faire ! ■'Jérémie, le projjhèle, leur dit : J'entends ; voici, je vais prier l'Eternel, Eternel soit contre nous un témoin véritable et fidèle, si nous ne faisons pas tout ce que l'Eternel, ton Dieu, te chargera de nous dire ! *Que ce soit du bien ou du mal, nous obéirons à la voix de l'Eternel, notre Dieu, vers qui nous t'envoyons, afin que nous soyons heureux, si nous obéissons à la voix de l'Eternel, notre Dieu. "Dix jours après, la parole de l'Eter- nel fut adressée à Jérémie. *Et Jéré- mie appela Jochanan, fils de Karéach, tous les chefs des troupes qui étaient avec lui, et tout le peuple, de])uis le ])lus petit jus(|u'au plus grand. ''Il leur dit : Ainsi parle l'Eternel , le Dieu d'Israël, vers qui vous m'avez envoyé, ])our que je lui présente vos supplica- tions : '"Si vous restez dans ce pavs, je vous y établirai et je ne vous détrui- rai pas, je vous planterai et je ne vous arracherai pas; car je me rejiens du mal que je vous ai fait. "Ne craignez pas le roi de Babylone, dont vous avez j)eur ; ne le craignez pas, dit l'E- ternel, car je suis avec vous pour vous sauver et vous délivrer de sa main; '^je lui inspirerai de la compassion pour vous, et il aura pitié de vous, et il vous laissera demeurer dans votre pays. '^Mais si vous n'obéissez pas à la voix de l'Eternel, votre Dieu, '^etsi vous dites : Nous ne resterons pas dans ce pays, non, nous irons au pays d'E- gypte, où nous ne verrons point de guerre, où nous n'entendrons pas le son de la trompette, où nous ne man- querons pas de pain, et c'est là que nous habiterons, — '^alors écoutez la parole tle lEterncl, restes de Jutla ! Ainsi parle l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël : Si vous tournez le vi- sage pour aller en Egypte, si vous y allez demeurer, '^l'épée que vous re- 1005 Chap. i2,ii-iS.n. JEREMIE. doutez vous atteindra là au pays d'p]- gypte, la famine que vous craignez s'attachera à vous là en Egypte, et vous y mourrez. '■'Tous ceux qui tour- neront le visage pour aller en Egypte, afin d'y demeurer, mourront par l'é- pée, par la famine ou par la peste, et nul n'échappera, ne fuira, devant les malheurs que je ferai venir sur eux. '*Car ainsi parle l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël : De même que ma colère et ma fureur se sont répandues sur les habitants de Jérusalem, de même ma fureur se répandra sur vous, si vous allez en Egypte; vous serez un sujet d'exécration, d'épouvante, de malédiction et d'opprobre, et vous ne verrez plus ce lieu. '^Restes de Juda, l'Eternel vous dit : N'allez pas en Egypte ! sachez que je vous le défends aujourd'hui. -"Vous vous trompez vous-mêmes, car vous m'avez envoyé vers l'Eternel, votre Dieu, en disant: Intercède en notre faveur auprès de l'Éternel, notre Dieu, fais-nous con- naître tout ce que l'Eternel , notre Dieu, dira, et nous le ferons. -'Je vous l'ai déclaré aujourd'hui; mais vous n'écoutez pas la voix de l'Eternel, vo- tre I^ieu, ni tout ce qu'il m'a chargé de vous dire. ^-Sachez maintenant que vous mourrez par l'épée, par la famine ou par la peste, dans le lieu où vous voulez aller pour y demeurer. Jérémie entraîné en Egypte. Chap. XLIII. 'Lorsque Jérémie eut achevé de dire à tout le peuple toutes les paroles de l'Éternel, leur Dieu, toutes ces paroles que l'Eternel, leur Dieu, l'avait chargé de leur dire, ^Azaria, fds d'Hosée, Jochanan, fdsde Karéach, et tous ces hommes orgueil- leux, dirent à Jérémie : Tu dis un men- songe; l'Eternel ne t'a point chargé de nous dire : N'allez pas en Egypte pour y demeurer. ^Mais c'est Baruc, fils de Nérija, qui t'excite contre nous, afin de nous livrer entre les mains des Chaldéens, pour qu'ils nous fassent mourir ou nous emmènent captifs à Babylone. '' Jochanan, fils de Karéach, tous les chefs des troupes, et tout le ])euple, n'obéirent point à la voix de l'Eternel, qui leur ordonnait de rester dans le pays de Juda. ^Et Jochanan, fils de Karéach, et tous les chefs des troupes, prirent tous les restes de Juda, qui, après avoir été dispersés parmi toutes les nations, étaient reve- nus ])our habiter le pays de Juda, Mes hommes, les femmes, les enfants, les filles du roi, et toutes les personnes que Nebuzaradan, chef des gardes, avait laissées avec Guedalia, fils d'A- chikam, fils de Schaphan, et aussi Jérémie, le prophète, et Baruc, fils de Nérija. "Ils allèrent au ])ays d'Egypte, car ils n'obéirent pas à la voix de l'E- ternel, et ils arrivèrent à Taclipanès. Prophétie sur la conquête de l Egypte par Nebucadnetsar. *La parole de l'Éternel fut adressée à Jérémie, à Tachpanès, en ces mots : "Prends dans ta main de grandes pierres, et cache-les, en présence des Juifs, dans l'argile du four à briques, qui est à l'entrée de la maison de Pha- raon à Tachpanès. '"Et tu diras aux Juifs : Ainsi parle l'Éternel des ar- mées, le Dieu d'Israël : Voici, j'enver- rai chercher Nebucadnetsar, roi de Babylone, mon serviteur, et je place- rai son ti'ùne sur ces pierres que j'ai cachées, et il étendra son tapis sur elles. " Il viendra, et il frappera le pays d'Egypte : à la mort ceux qui sont pour la mort, à la captivité ceux qui sont pour la captivité, à l'épée ceux qui sont pour l'épée ! '^Je mettrai le feu aux maisons des dieux de l'Egypte; Nebucadnetsar les brûlera, il emmè- nera captives les idoles, il s'envelop- pera du pays d'Egypte comme le ber- ger s'enveloppe de son vêtement, et lOOG i JEREMIE. Chap. iS,i3-i4,ii. il sortira de là en paix. "Il brisera les et d'opprobre parmi toutes les nations statues de Beth-Schémesch" au pays de la terre ? 'Avez-vous oublié les cri- d'l']gypte, et il brûlera par le feu les mes de vos pères, les crimes des rois maisons des dieux de l'Egypte. de Juda, les crimes de leurs femmes, vos crimes et les crimes de vos fem- Censurcs contre les Juifs retirés en J-.gypte. ^^^^^^ commis dans le pays de Juda Ct Chap. XLIV. 'La parole qui fut dans les rues de Jérusalem ? '"Ils ne se adressée à Jérémie sur tous les Juifs sont point humiliés jusqu'à ce jour, demeurant au pays d'Egypte, demeu- ils n'ont j^oint eu de crainte, ils n'ont rant à Migdol, à Tachpancs, à Noph point suivi ma loi et mes commande- et au pays de Pathros, en ces m'ots : ments, que j'ai mis devant vous et de- ^Ainsi parle l'Eternel des armées, vaut vos pères. "C'est pourquoi ainsi le Dieu d'Israël : Vous avez vu tous les parle l'Eternel des armées, le Dieu malheurs que j'ai fait venir sur Jéru- d'Israël : Voici, je tourne ma face con- salem et sur toutes les villes de Juda : tre vous pour faire du mal, et pour voici, elles ne sont plus aujourd'hui exterminer tout Juda. '-Je prendrai que des ruines, et il n'y a plus d'habi- les restes de Juda qui ont tourné le tants, 'à cause de la méchanceté avec visage pour aller au pays d'Egypte, laquelle ils ont agi pour m'irriter, afin d'y demeurer ; ils seront tous con- çu allant encenser et servir d'autres sûmes, ils tomberont dans le pays dieux, inconnus à eux, à vous et à vos d'Egypte ; ils seront consumés ])ar pères. ■'Je vous ai envoyé tous mes l'épée, par la famine, depuis le plus serviteurs, les prophètes, je les ai en- petit jusqu'au plus grand ; ils ])ériront voyés dès le matin, pour vous dire: par l'épée et par la famine; et ils se- Ne faites pas ces abominations, que je ront un sujet d'exécration, d'épou- hais. ^Mais ils n'ont pas écouté, ils vante, de malédiction et d'opprobre, n'ont pas prêté l'oreille, ils ne sont ''Je châtierai ceux qui demeurent au pas revenus de leur méchanceté, et pays d'Egypte, comme j'ai châtié Jé- ils n'ont pas cessé d'offrir de l'encens rusalem, par l'épée, par la famine et à d'autres dieux. ^Ma colère et ma fu- ])ar la peste. '*Nul n'échappera, ne reur se sont répandues, et ont embrasé fuira, parmi les restes de Juda qui les villes de Juda et les rues de Jéru- sont venus ]>our demeurer au ])ays salem, qui ne sont plus que des rui- d'Egypte, avec l'intention de retour- nes et un désert, comme on le voit ner dans le pays de Juda où ils ont le aujourd'hui. 'Maintenant ainsi parle désir de retourner s'établir ; car ils n'y l'Eternel, le Dieu des armées, le Dieu retourneront pas, sinon quelques ré- d'Israël : Pourcjuoi vous faites-vous à vous-mêmes un si grand mal, que de faire exterminer du milieu de Juda hommes, femmes, enfants et nourris- cliappes. '"Tous les hommes qui savaient que leurs femmes offraient de l'encens à d'autres dieux, toutes les femmes qui sons, en sorte qu'il n'y ait plus de vous se trouvaient là en grand nombre, et aucun reste ? ^Pourquoi m'irritez-vous tout le peuple qui demeurait au pays par les œuvres de vos mains, en offrant d'Egypte, â Palhros, répondirent ainsi de l'encens aux autres dieux du pays à Jérémie : '*Nous ne t'obéirons en d'Egypte, où vous êtes venus pour y rien de ce que tu nous as dit au nom demeurer, afin de vous faire extermi- de ri*]lernel. ''Mais nous voulons agir ner et d'être un objet de malédiction couuue l'a déclaré notre bouche, offrir a. Ou maison ilu solt-il. ville ;iiiti-ciiif:it Mppulce On ou Uclinpolis. 1007 Chap. 44,m-40ji. JEREMIE. de l'encens à la reine du ciel, et lui faire des libations, comme nous l'avons fait, nous et nos pères, nos rois et nos chefs, dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem. Alors nous avions du pain pour nous rassasier, nous étions heureux, et nous n'éprou- vions point de malheur. '*Et depuis cjue nous avons cessé d'offrir de l'en- cens à la reine du ciel et de lui faire des libations, nous avons manqué de tout, et nous avons été consumés par l'épée et par la famine... '^D'ailleurs", lors(pie nous offrons de l'encens à la reine du ciel et que nous lui faisons des libations, est-ce sans la volonté de nos maris que nous lui préparons des gâteaux pour l'honorer et que nous lui faisons des libations ? '-"Jérémie dit alors à tout le peuple, aux hommes, aux femmes, à tous ceux qui lui avaient fait cette réponse : -' L'Eternel ne s'est-il pas rappelé, n'a- t-il pas eu à la pensée l'encens que vous avez brûlé dans les villes de Juda et dans les rues de Jérusalem, vous et vos pères, vos rois et vos chefs, et le peuple du pays ? --L'Éternel n'a pas pu le supporter davantage , à cause de la méchanceté de vos actions, à cause des abominations que vous avez com- mises ; et votre pays est devenu une ruine, un désert, un objet de malédic- tion, comme on le voit aujourd'hui. ^'C'est parce que vous avez brûlé de l'encens et péché contre l'Éternel, ])arce que vous n'avez pas écouté la voix de l'Eternel, et que vous n'avez pas observé sa loi, ses ordonnances et ses préceptes, c'est pour cela que ces malheurs vous sont arrivés, comme on le voit aujourd'hui. ^^Jérémie dit encore à tout le peu- ple et à toutes les femmes : Écoutez la parole de l'Éternel, vous tous de Juda, qui êtes au pays d'Egypte ! *^ Ainsi parle l'Eternel des armées, le a. Ce soiil ici les femmes qui prennent lu parole. Dieu d'Israël : Vous et vos femmes, vous avez déclaré de vos bouches et exécuté de vos mains ce que vous di- tes : Nous voulons accomplir les vœux que nous avons faits, offrir de l'encens à la reine du ciel, et lui faire des liba- tions. Maintenant que vous avez ac- compli vos vœux, exécuté vos promes- ses, -^écoutez la parole de l'Éternel, vous tous de Juda, qui demeurez au pays d'Egypte ! Voici, je le jure par mon grand nom, dit l'Éternel, mon nom ne sera plus iuA-oqué par la bou- che d'aucun homme de Juda, et dans tout le pays d'Egypte aucun ne dira : Le Seigneur, l'Éternel est vivant ! -'Voici, je veillerai sur eux pour faire du mal et non du bien ; et tous les hommes de Juda qui sont dans le pays d'Egypte seront consumés par l'épée et par la famine, jusqu'à ce qu'ils soient anéantis. -*Ceux, en petit nom- bre, qui échapperont à l'épée retour- neront du pays il'Egypte au pays de Juda. Mais tout le reste de Juda, tous ceux qui sont venus au pays d'Egypte pour y demeurer sauront si ce sera ma parole ou la leur qui s'accomplira. ^"Et voici, dit l'Eternel, un signe au- quel vous connaîtrez que je vous châ- tierai dans ce lieu, afin que vous sa- chiez que mes paroles s'accompliront sur vous pour votre malheur. ^"Ainsi parle l'Eternel : Voici, je livrerai Pha- raon Hophra, roi d'Egypte, entre les mains de ses ennemis, entre les mains de ceux qui en veulent à sa vie, comme j'ai livré Sédécias, roi de Juda, entre les mains de Nebucadnetsar, roi de Babylone, son ennemi, cjui en voulait à sa vie. A Bariic. Chap. XL]. 'La parole que Jéré- mie, le prophète, adressa à Baruc, fds de Nérija, lorsqu'il écrivit dans un li- vre ces paroles, sous la dictée de Jé- 1008 JÉRÉMIE. C/iap. 45,2-46,10. rémie, la quatrième année de Jojakim, ce que j'ai bâti, je le détruirai ; ce que fils de .losias, roi de Juda. Il dit : j'ai planté, je l'arracherai, savoir tout -Ainsi parle l'Éternel, le Dieu d'Is- ce pays. 'Et toi, rechercherais-tu de raël, sur toi, Baruc : ^'u dis : Malheur grandes choses ? Ne les recherche pas ! à moi! car l'Éternel ajoute le chagrin Car voici, je vais faire venir le mal- à ma douleur; je m'épuise en soupi- heur sur toute chair, dit l'Eternel; et rant, et je ne trouve point de repos, je te donnerai ta vie pour butin, dans ••Dis-lui : Ainsi parle l'Eternel : Voici, tous les lieux ovi tu iras. Chop. XL VI. ' La parole de l'Éternel r/iii fui adressée à Jérèmic, le prophète, sur les Nations. ■Sur l'Egypte. Sur l'armée de Pharaon Neco, roi d'Egypte, qui était près du fleuve de l'Euphrate, à Carkemisch, et qui fut battue par Nebucadnetsar, roi de Babylone, la quatrième année de Jojakim, fils de Josias, roi de Juda ". 'Préparez le petit et le grand bouclier, Et marchez au combat ! *Attelez les chevaux, Montez, cavaliers ! Paraissez avec vos casques, Polissez vos lances. Revêtez la cuirasse !... H^ue vois-je ? Ils ont peur, ils reculent; Leurs vaillants hommes sont battus ; Ils fuient sans se retourner... L'épouvante est de toutes parts, dit l'Eternel. *Que le plus léger ne trtfuve aucun salut dans la fuite. Que le plus vaillant n'échappe pas ! Au septentrion, sur les rives de l'Euphrate, Ils chancellent, ils tombent. 'Qui est celui qui s'avance comme le Nil, Et dont les eaux sont agitées comme les torrents ? '^C'est l'Egypte. Elle s'avance comme le Nil, Et ses eaux sont agitées comme les torrents. Elle dit : Je monterai, je couvrirai la terre. Je détruirai les villes et leurs habitants. 'Montez, chevaux! précipitez-vous, chars! Qu'ils se montrent, les vaillants hommes. Ceux d'Ethiopie et de Puth qui portent le bouclier. Et ceux de Lud qui manient et tendent l'arc ! '"Ce jour est au Seigneur, à l'Eternel des armées ; C'est un jour de vengeance, où il se venge de ses ennemis. L'épée dévore, elle se rassasie, Elle s'enivre de leur sang. a. Voy note sur Esaïe 1, 1. 1009 Chap.i6,n--i3. JÉRÉMIE. Car il y a des victimes du Seigneur, de l'Eternel des armées, Au pays du septentrion, sur les rives de TEuphrate. "Monte en Galaad, prends du baume, Vierge, fille de l'Egypte ! En vain tu multiplies les remèdes, Il n'y a point de guérison pour toi. '^Les nations apprennent ta honte, Et tes cris remplissent la terre, Car les guerriers chancellent l'un sur l'autre. Ils tombent tous ensemble. ""^ La parole q ai fut adressée par l'Eternel à Jérémie, le prophète, sur l'arrh'ée de Nebucadnetsar, roi de Bahylone, qui voulait frapper le pays d'Egypte. '■'Annoncez-le en Egypte, Publiez-le à Migdol, Publiez-le à Noph et à Tachpanès ! Dites : Lève-toi, prépare-toi. Car l'épée dévore autour do toi ! ''Pourquoi tes vaillants hommes sont-ils emportés ? Ils ne tiennent pas ferme, car l'Eternel les renverse. "^ Il en fait chanceler un grand nombre ; Ils tombent l'un sur l'autre, et ils disent : Allons, retournons vers notre peuple. Dans notre pays natal. Loin du glaive destructeur ! "Là, on s'écrie : Pharaon, roi d'Egypte, Ce n'est qu'un bruit; il a laissé passer le moment. 'Me suis vivant ! dit le roi, • Dont l'Eternel des armées est le nom. Comme le Thabor parmi les montagnes. Comme le Carmel qui s'avance dans la mer, il viendra. '•'Fais ton bagage pour la captivité. Habitante, fille de l'Egypte ! Car Noph deviendra un désert. Elle sera ravagée, elle n'aura plus d'habitants. ^"L'Egypte est une très belle génisse Le destructeur vient du septentrion, il arrive -'Ses mercenaires aussi sont au milieu d'elle comme des veaux en- Et eux aussi, ils tournent le dos, ils fuient tous sans résister. [graissés. Car le jour de leur malheur fond sur eux, , ■ Le temps de leur châtiment. "Sa voix se fait entendre comme celle du serpent; Car ils s'avancent avec une armée, Ils marchent contre elle avec des haches, Pai"eils à des bûcherons. -41s abattent sa forêt, dit l'Eternel, Bien qu'elle soit impénétrable; 1010 JÉRÉMIE. Chap.46,-2i-47,5. Car ils sont plus nombreux que les sauterelles, On ne pourrait les compter. -■•La fille de l'Kgypte est confuse, Elle est livrée entre les mains du peuple du septentrion. -''LEtcrnel des armées, le Dieu d'Israël, dit : Voici, je vais châtier Amon de No", Pharaon, l'Egypte, ses dieux et ses rois, Pharaon et ceux qui se confient en lui. -Me les livrerai entre les mains de ceux qui en veulent à leur vie. Entre les mains de Nebucadnetsar, roi de Babylone, Et entre les mains de ses serviteurs ; Et après cela, l'Egypte sera habitée comme aux jours d'autrefois, Dit l'Eternel. -'Et toi, mon serviteur Jacob, ne crains pas ; Ne t'eflVaie pas, Israël ! Car je te délivrerai de la terre lointaine. Je délivrerai ta postérité du pays où elle est captiA^e ; Jacob reviendra, il jouira du repos et de la tranquillité. Et il n'y aura pci'sonne pour le troubler. -*Toi, mon serviteur Jacob, ne crains pas ! dit l'Eternel ; Car je suis avec toi. J'anéantirai toutes les nations parmi lesquelles je t'ai dispersé, Mais toi, je ne t'anéantirai pas ; Je te châtierai avec équité. Je ne puis pas te laisser impuni. Chap. XL 1 II. ' La parole de L Eternel qui fut adressée à Jérèmie, le prophète, sur les Philistins, avant que Pharaon frappât Gaza. *Ainsi parle l'Eternel : Voici, des eaux s'élèvent du septentrion. Elles sont comme un torrent qui déborde ; Elles inondent le pays et ce qu'il contient. Les villes et leurs habitants. Les hommes poussent des cris. Tous les habitants du jiavs se lamentent, ^A cause du retentissement des sabots de ses puissants chevaux. Du bruit de ses chars et du fracas des roues ; Les pères ne se tournent pas vers leurs enfants. Tant les mains sont afi'aiblies, ■'Parce que le jour arrive où seront détruits tous les Philistins, Exterminés tous ceux qui servaient encore d'auxiliaires à Tvr et â Sidon ; Car l'Eternel va détruire les Philistins, Les restes de l'ile de Cai)htor. ^Gaza est devenue chauve, Askalon est dans le silence, le reste de leur plaine aussi. Jusques à quand te feras-tu des incisions ? — a. Amon, divinité égyptienne: .Vo. Thèbes. 1011 Chap. 47,6-48,12. JÉRÉMIE. ^\h ! épée de l'Eternel, quand te reposeras-tu ? Rentre dans ton fourreau. Arrête, et sois tranquille ! — • "Comment te reposerais-tu ? L'Eternel lui donne ses ordres, C'est contre Askalon et la côte de la mer qu'il la dirige. Chap.XLVIII. 'SurMoab. Ainsi parle l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël : Malheur à Nebo, car elle est ravagée ! Kirjathaïm est confuse, elle est prise ; Misgab est confuse, elle est brisée. -Elle n'est plus, la gloire de Moab ; A llesbon, on médite sa perte : Allons, exterminons-le du milieu des nations ! Toi aussi, Madmen, tu seras détruite ; L'épée marche derrière toi. 'Des cris partent de Choronaïm ; C'est un ravage, c'est une grande détresse. *Moab est brisé! Les petits font entendre leurs cris. ^Car on répand des pleurs à la montée de Luchith, Et des cris de détresse retentissent à la descente de Choronaïm. * Fuyez, sauvez votre vie. Et soyez comme un misérable dans le désert ! :• :ii 'Car, parce que tu t'es confié dans tes œuvres et dans tes trésors. Toi aussi, tu seras pris. Et Kemosch" s'en ira en captivité. Avec ses prêtres et avec ses chefs. "Le dévastateur entrera dans chaque ville, Et aucune ville n'échappera ; La vallée périra et la plaine sera détruite. Comme l'Eternel l'a dit. Donnez des ailes à Moab, Et qu'il parte au vol ! Ses villes seront réduites en désert, Elles n'auront plus d'habitants. '"Maudit soit celui qui fait avec négligence l'œuvre de l'Eternel, Maudit soit celui qui éloigne son épée du carnage ! "Moab était trancjuille depuis sa jeunesse, Il reposait sur sa lie, Il n'était jias vidé d'un vase dans un autre, Et il n'allait pas en captivité. Aussi son goût lui est resté. Et son odeur ne s'est pas changée. '-C'est pourquoi voici, les jours viennent, dit l'Eternel, a. Kemosc/i, divinité des Moubites. 1012 ^ JÉRÉMIE. Chap.4S,i3-ui. Où je lui enverrai des gens qui le transvaseront ; Ils videront ses vases, Et feront sauter ses outres. ''Moab aura honte de Kemosch, Comme la maison d'Israël a eu honte De Béthel", qui la remplissait de confiance. '^Comment pouvez-vous dire : Nous sommes de vaillants hommes, Des soldats prêts à combattre ? '"^oab est ravagé, ses villes montent en fumée, L'élite de. sa jeunesse est égorgée. Dit le roi, dont l'Eternel des armées est le nom. '"La ruine de Moab est près d'arriver. Son malheur vient on "rande hâte. "Lamerrtez-vous sur lui, vous tous qui l'environnez. Vous tous qui connaissez son nom ! Dites : Comment ce sceptre puissant a-t-il été brisé, Ce bâton majestueux? '^Descends du séjour de la gloire, assieds-toi sur la terre desséchée, Habitante, lillc de Dibon ! Car le dévastateur de Moab monte contre toi, 11 détruit tes fortei"esses. "*Tiens-toi sur le chemin, et regarde, habitante d'Aroër* ! Interroge le fuyard, le réchappé. Demande : Qu'est-il arrivé? — -"Moab est confus, car il est brisé. Poussez des gémissements et des cris ! Publiez sur l'Arnon Que Moab est ravagé ! -'Le châtiment est venu sur le pays de la plaine, Sur Holon, sur Jahats, sur Méphaath, "Sur Dibon, sur Nebo, sur Beth-Diblathaïm, -■'Sur Kirjathaïm, sur Beth-Gamul, sur Beth-Meon, -*Sur Kerijoth, sur Botsra, Sur toutes les villes du pavs de Moab, Eloignées et proches. -^La force" de Moab est abattue, Et son bras est brisé. Dit l'Éternel. -"Enivrez-le, car il s'est élevé contre l'Eternel! Que Moab se roule dans son vomissement, Et qu'il devienne aussi un objet de raillerie ! -'Israël n'a-t-il pas été pour toi un objet de raillerie? Avait-il donc été surpris parmi les voleurs, a. Détlicl, où Jcrolxjaiii a\iiit iilacc un VL'ati d'nr. h, An)i-'r, ville des Ammonites sur la frontière de Moab. r. La forcer hcb. /« cnritc. iO!3 Chap.i8,is-w. JÉRÉMIE. Pour que tu ne parles de lui qu'en secouant la tête? -* Abandonnez les villes, et demeurez dans les rochers, Habitants de Moab ! Soyez comme les colombes, Qui font leur nid sur le flanc des cavernes ! -^Nous connaissons l'orgueil du superbe Moab, Sa hauteur, sa fierté, son arrogance, et son cœur altier. ^"Je connais, dit l'Eternel, sa présomption et ses A'ains discours, Et ses œuvres de néant. ^* C'est pourquoi je gémis sur Moab, Je gémis sur tout Moab ; On soupire pour les gens de Kir-Hérès. '-Vigne de Sibma, je pleure sur toi plus que sur Jaezer ; Tes rameaux allaient au delà de la mer. Ils s'étendaient jusqu'à la mer de Jaezer; Le dévastateur s'est jeté sur ta récolte et sur ta vendange. '*La joie et l'allégresse ont disparu des campagnes Et du pays de Moab ; J'ai fait tarir le vin dans les cuves ; On ne foule plus gaîment au pressoir; Il y a des cris de guerre, et non des cris de joie. '■•Les cris de llesbon retentissent jusqu'à Elealé, Et ils font entendre leur voix jusqu'à Jahats, Depuis Tsoar jusqu'à Choronaïm, Jusqu'à Eglath-Schelischija ; Car les eaux de Nimrim sont aussi ravagées. ^^Je veux en finir dans Moab, dit l'Elernel, Avec celui qui monte sur les hauts lieux. Et qui offre de l'encens à son dieu. ^'*Aussi mon cœur gémit comme une flûte sur Moab, Mon cœur gémit comme une flûte sur les gens de Kir-Hérès, Parce que tous les biens (ju'ils ont amassés sont perdus. ''Car toutes les tètes sont rasées, Toutes les barbes sont coupées ; Sur toutes les mains il y a des incisions. Et sur les reins des sacs. '^Sur tous les toits de Moab et dans ses places. Ce ne sont que lamentations, Parce que j'ai brisé Moab comme un vase qui n'a pas de prix, Dit l'Éternel. '^ Comme il est brisé ! Poussez des gémissements ! Comme Moab tourne honteusement le dos ! Moab devient un objet de raillerie et d'effroi Pour tous ceux qui l'environnent. ^''Car ainsi parle l'Eternel : 1014 JÉRÉMIE. Chap. 4S,',i-â0.i. Voici, il" vole comme l'aigle, Et il étend ses ailes sur Moah. •"Kerijoth est prise, Les forteresses sont emportées. Et le cœur des héros de Moab est en ce jour Comme le cœur d'une femme en travail. *-Moab sera exterminé, il cessera d'être un peuple, Car il s'est élevé contre l'Eternel. ••^La terreur, la fosse, et le (ilet, Sont sur toi, habitant de Moab ! Dit l'Éternel. ^*Celui qui fuit devant la terreur tombe dans la fosse, Et celui qui remonte de la fosse se prend au filet ; Car je fais venir sur lui, sur Moab, L'année de son châtiment, dit l'Eternel. ''^A l'ombre de Hesbon les fuyards s'arrêtent épuisés ; Mais il soit un feu de Hesbon, Une llamme du milieu de Sihon ; Elle dévore les lianes de Moab, Et le sommet de la tète des fils du tumulte. •»8Malheur à toi, Moab! Le peuple de Kemosch est perdu ! Car tes fds sont emmenés captifs, Et tes fdlcs captives. "Mais je ramènerai les captifs de Moab, dans la suite des temps. Dit l'Éternel. Tel est le jugement sur Moab. Chap. XLIX. ^ Sur les enfants d'Aninion. Ainsi parle l'Eternel : Israël n'a-t-il ]:)oint de fils? N'a-t-il point d'héritier? Pourquoi Malcom * possède-t-il Gad, Et son peuple habite-t-il ses villes ? -C'est pourquoi voici, les jours viennent, dit l'Eternel, Où je ferai retentir le cri de guerre contre Rabbath des enfants d'Animon ; Elle deviendra un monceau de ruines, Et les villes de son ressort seront consumées jiar le teu ; Alors Israël chassera ceux qui l'avaient chassé, dit l'Eternel. ^Pousse des gémissements, Hesbon, car Aï est ravagée! Poussez des cris, fdles de Rabba, revètez-vous de sacs. Lamentez-vous, et courez çà et là le long des murailles ! Car Malcom s'en va en captivité. Avec ses prêtres et avec ses chefs. 'Pourquoi te glorifies-tu de tes vallées? Ta vallée se fond, fille rebelle, a II. l ennemi. b. Malcuni, ou Mileuni, diviiiiti' dos Ammonites. Chap. 40,5-10. JÉRÉMIE. Qui te confiais clans tes trésors : Qui viendra contre moi? = Voici, je fais venir sur toi la terreur, Dit le Seigneur, l'Eternel des armées. Elle viendra de tous tes alentours ; Chacun de vous sera chassé devant soi. Et nul ne ralliera les fuyards. •^Mais après cela, je ramènerai les captifs des enfants d'Ammon, Dit rÉternel. ''Sur Edom. Ainsi parle l'Eternel des armées : N'y a-t-il plus de sagesse dans Théman? La prudence a-t-elle disparu chez les hommes intelligents ? Leur sagesse s'est-elle évanouie ? ^Fuyez, tournez le dos, retirez-vous dans les cavernes, Habitants de Dedan ! Car je fais venir le malheur sur Esaii", Le temps de son châtiment. 'Si des vendangeurs viennent chez toi. Ne laissent-ils rien à grappiller ? Si des voleurs viennent de nuit, Ils ne dévastent que ce qu'ils peuvent. '"Mais moi, je dépouillerai Esau, Je découvrirai ses retraites, Il ne pourra se cacher ; Ses enfants, ses frères, ses voisins, périront, Et il ne sera plus. "Laisse tes orphelins, je les ferai vivre. Et que tes veuves se co'hfient en moi ! ''^Car ainsi parle l'Eternel : Voici, ceux qui ne devaient pas boire la coupe la boiront ; Et toi, tu resterais impuni ! Tu ne resteras pas impuni. Tu la boiras. '^Car je le jure par moi-même, dit l'Eternel, Botsra sera un objet de désolation, d'opprobre. De dévastation et de malédiction, Et toutes ses villes deviendront des ruines éternelles. '*J'ai appris de l'Eternel une nouvelle. Et un messager a été envoyé parmi les nations : Assemblez-vous, et marchez contre elle ! Levez-vous pour la guerre ! '^Car voici, je te rendrai petit parmi les nations, Méprisé parmi les hommes. '^Ta présomption, l'orgueil de ton cœur t'a égaré, a. Esaii. ou Edom, père du& Edomites ou Iduinéons. lOIG JÉRÉMIE. Chai). 40,11-21. Toi qui habiles le creux des rochers, Et qui occupes le souimet des collines. Quand tu placerais ton nid aussi haut que celui de l'aigle, Je t'en précipiterai, dit l'Eternel. "Edom sera un objet de désolation ; Tous ceux qui passeront près de lui Seront dans l'étonnement et sitileront sur toutes ses plaies. "*Comme Sodonieet Gomorrhect les villesvoisines, qui furent détruites, Dit l'Éternel, Il ne sera plus habité, Il ne sera le séjour d'aucun homme... ''•'Voici, tel qu'un lion, il monte des rives orgueilleuses du Jourdain Contre la demeure forte ; Soudain j'en ferai fuir Édom, Et j'établirai sur elle celui que j'ai choisi. Car qui est semblable à moi? qui me donnera des ordres? Et quel est le chef qui me résistera ? ^''C'est pourquoi écoutez la résolution que l'Eternel a prise contre Edom, Et les desseins qu'il a conçus contre les habitants de Thénian ! Certainement on les traînera comme de faibles brebis. Certainement on ravagera leur demeure. -'Au bruit de leur chute, la terre tremble ; Leur cri se fait entendre jusqu'à la mer Rouge... -^Voici, comme l'aigle il s'avance, il vole, Il étend ses ailes sur Botsra, Et le cœur des héros d'Edom est en ce jour Comme le cœur d'une femme en travail. ^^Sur Damas. Hamath et Arpad sont confuses. Car elles ont appris une mauvaise nouvelle, elles tremblent; C'est une mer en tourmente. Qui ne peut se calmer. -■•Damas est défaillante, elle se tourne pour fuir, Et l'effroi s'empare d'elle ; L'angoisse et les douleurs la saisissent, Comme une femme en travail. — "Ah ! elle n'est pas abandonnée la ville glorieuse, La ville qui fait ma joie ! — -*^C'cst pourquoi ses jeunes gens tomberont dans les rues, Et tous ses hommes de guerre périront en ce jour, Dit l'Eternel des armées. "Je mettrai le feu aux murs de Damas, Et il dévorera les 2:)alais de 13en-Iladad". û. Beu-Uadath nom du roi de Syrie. 1017 Chap. 49,28-50,0. JÉRÉMIE. '*^Sur Kcdar et les royaumes de Hatsor", que battit Nebucadnetsar, roi de Babylone. Ainsi parle l'Eternel : Levez-vous, montez contre Kédar, Et détruisez les fils de l'Orient ! -'*0n pi'endra leurs tentes et leurs troupeaux, On enlèvera leurs pavillons, tous leurs bagages et leurs chameaux. Et l'on jettera de toutes parts contre eux des cris d'épouvante. ^"Fuyez, fuyez de toutes vos forces, cherchez à l'écart une demeure. Habitants de Hatsor ! dit l'Éternel ; Car Nebucadnetsar, roi de Babylone, a pris une résolution contre vous, Il a conçu un projet contre vous. ^'Levez-vous, montez contre une nation tranquille. En sécurité dans sa demeure, dit l'Éternel ; Elle n'a ni portes, ni barres, Elle habite solitaire. '"Leurs chameaux seront au pillage. Et la multitude de leurs troupeaux sera une proie; Je les disperserai à tous les vents, ceux qui se rasent les coins de la barbe'''. Et je ferai venir leur ruine de tous les côtés, dit l'Éternel. '^ Hatsor sera le repaire des chacals, un désert pour toujours ; Personne n'y habitera, aucun homme n'y séjournera. '^'^ La parole de V Eternel, qui fut adressée à Jércmie, le prophète, sur Elam'', au coniniencenient du règne de Sédécias, roi de Juda, en ces mots : '^ Ainsi parle l'Éternel des armées : Voici, je vais briser l'arc d'Élam, Sa principale force. •"^Je ferai venir sur Élam quatre vents des quatre extrémités du ciel, Je les disperserai par tous ces vents, Et il n'y aura pas une nation Où n'arrivent des fugitifs d'Elam. •"Je ferai trembler les habitants d'Elam devant leurs ennemis Et devant ceux qui en veident à leur vie, J'amènerai sur eux des malheurs, Mon ardente colère, dit l'Eternel, Et je les poursuivrai par l'épée. Jusqu'à ce que je les aie anéantis. '*Je placerai mon trône dans Elam, Et j'en détruirai le roi et les chefs. Dit l'Éternel. ''^Mais dans la suite des temps, je ramènerai les captifs d'Élam, Dit rÉternel. Chap. L. ^ La parole que l'Eternel prononça su/- Babylone, su/- le pays des Chaldèens, par Jéré//iie, le prophète. -Annoncez-le parmi les nations, publiez-le, élevez une bannière ! a. Kédar, Hatsor, cuutrces de l'.Vrabie. b. Voy. la note sur 9, 26. c. Elam, la Perse. 1018 JÉRÉMIE. Chap. 50,3~v,. Publiez-le, ne cachez rien ! Dites : Babylone est prise ! Bel est confondu, Merodac" est brisé ! Ses idoles sont confondues, ses idoles sont brisées ! 'Car une nation monte contre elle du septentrion, Elle réduira son pays en désert, Il n'y aura plus d'habitants ; Hommes et bêtes fuient, s'en vont. *En ces jours, en ce temps-là, dit l'Eternel, Les enfants d'Israël et les enfants de Juda reviendront ensemble ; Ils marcheront en pleurant, Et ils chercheront l'Eternel, leur Dieu. ^IIs s'informeront du chemin de Sion, Ils tourneront vers elle leurs regards : Venez, attachez-vous à l'Eternel, Par une alliance éternelle qui ne soit jamais oubliée ! *Mon peuple était un troupeau de brebis perdues ; Leurs bergers les égaraient, les faisaient errer par les montagnes ; Elles allaient des montagnes sur les collines. Oubliant leur bercail. "Tous ceux qui les trouvaient les dévoraient. Et leurs ennemis disaient : Nous ne sommes point coupables. Puisqu'ils ont péché contre l'Eternel, la demeure de la justice, Contre l'Eternel, l'espérance de leurs pèi'es. ^Fuyez de Babylone, sortez du pays des Chaldéens, Et soyez comme des boucs à la tète du troupeau ! ^Car voici, je vais susciter et faire monter contre Babylone Une multitude de grandes nations du pays du septentrion ; Elles se rangeront en bataille contre elle, et s'en empareront ; Leurs flèches sont comme un habile guerrier, Qui ne revient pas à vide. '"Et la Chaldée sera livrée au pillage ; Tous ceux ([ui la pilleront seront rassasiés, dit l'Eternel. "Oui, so3'ez dans la joie, dans l'allégresse, Vous qui avez pillé mon héritage ! Oui, bondissez comme une génisse dans l'herbe. Hennissez comme des chevaux fougueux ! '-Votre mère est couverte de confusion. Celle qui vous a enfantés rougit de honte ; Voici, elle est la dernière des nations. C'est un désert, une terre sèche et aride. '^A cause de la colère de l'Eternel, elle ne sera plus habitée. Elle ne sera plus qu'une solitude. Tous ceux qui passeront près de Babylone Seront dans l'étonnement et siffleront sur toutes ses plaies. '■•Rangez-vous en bataille autour de Babylone, vous tous archers ! Tirez contre elle, n'épargnez pas les flèches ! a. Bel et Merodai-, (li\iiiitt}s des Babj-loniens. 1019 65' Chap. 50,15-26. JÉRÉMIE. Car elle a péché contre rÉternel. '^Poussez de tous côtés contre elle un cri de guerre ! Elle tend les mains ; Ses fondements s'écroulent; Ses murs sont renversés. Car c'est la vengeance de rÉternel. Vengez-vous sur elle ! Faites-lui comme elle a fait ! '"Exterminez de Babylone celui qui sème. Et celui qui manie la faucille au temps de la moisson ! Devant le glaive destructeur, Que chacun se tourne vers son peuple, Que chacun fuie vers son pays. '"Israël est une brebis égarée, que les lions ont chassée; Le roi d'Assyrie l'a dévorée le premier ; Et ce dernier lui a brisé les os, Nebucadnetsar, roi de Babylone. "'C'est pourquoi ainsi parle l'Éternel des armées, le Dieu d'Israël Voici, je châtierai le roi de Babylone et son pays. Comme j'ai châtié le roi d'Assyrie. '^Je ramènerai Israël dans sa demeure; 11 aura ses pâturages du Carmel et du Basan, Et son âme se rassasiera sur la montagne d'Ephraïm et dans Galaad. -"En ces jours, en ce temps-là, dit l'Eternel, On cherchera l'iniquité d'Israël, et elle n'existera plus. Le péché de Juda, et il ne se trouvera plus ; Car je pardonnerai au reste que j'aurai laissé. -'Monte contre le pays doublement rebelle, Contre ses habitants, et chàtie-les ! Poursuis, massacre, extermine-les ! dit l'Eternel. Exécute entièrement mes ordres ! -*Des cris de guerre retentissent dans le pays. Et le désastre est grand. -^Eh quoi ! il est rompu, brisé, le marteau de toute la terre! Babylone est détruite au milieu des nations ! -^Je t'ai tendu un piège, et tu as été prise, Babylone, A l'improviste; Tu as été atteinte, saisie, Parce que tu as lutté contre l'Éternel. ^'^ L'Éternel a ouvert son arsenal, Et il en a tiré les armes de sa colère ; Car c'est là une œuvre du Seigneur, de l'Éternel des armées, Dans le pays des Chaldéens. -"Pénétrez de toutes parts dans Babylone, ouvrez ses greniers. Faites-y des monceaux comme des tas de gerbes. Et détruisez-la ! Qu'il ne reste plus rien d'elle ! 1020 JÉRÉMIE. Chnp. 50,t,-3o. -"Tuez tous ses taureaux, qu'on les égorge ! Malheur à eux ! car leur jour est arrivé, Le temps de leur châtiment. -''Ecoutez les cris des fuyardes, de ceux qui se sauvent du pays de Baby- Pour annoncer dans Sion la vengeance de l'Eternel, notre Dieu, [lone La vengeance de son temple ! -"Appelez contre Babylone les archers, vous tous qui maniez l'arc! Campez autour d'elle, que personne n'échappe, Rendez-lui selon ses œuvres. Faites-lui entièrement comme elle a fait! Car elle s'est élevée avec fierté contre l'Eternel, Contre le Saint d'Israël. ^"C'est ])ourquoi ses jeunes gens tomberont dans les rues. Et tous ses hommes de guerre périront en ce jour. Dit r Éternel. ^' Voici, j'en veux à toi, orgueilleuse ! Dit le Seigneur, l'Eternel des armées ; Car ton jour est arrivé, Le temps de ton châtiment. •'-L'orgueilleuse chancelleia et tombera. Et j^ersonne ne la relèvera ; Je mettrai le feu à ses villes, Et il en dévorera tous les alentours. •'•'Ainsi parle l'Eternel des armées : Les enfants disraèl et les enfants de Juda sont ensemble opprimés; Tous ceux c|ui les ont emmenés captifs les retiennent, Et refusent de les relâcher. ^■'Mais leur vengeur est puissant. Lui dont lEternel des armées est le nom; Il défendra leur cause. Afin de donner le repos au [)ays, Et de faire trembler les habitants de Babylone. ^^L'épée contre les Chaldéens ! dit l'Eternel, Contre les habitants de Babylone, ses chefs et ses sages ! [insensés ! '^L'épée contre les prophètes de mensonge ! qu'ils soient comme des L'épée contre ses vaillants hommes ! qu'ils soient consternés ! ^"L'épée contre ses chevaux et ses chars ! Contre les gens de toute es])èce ipii sont au milieu d'elle ! (Ju ils deviennent semblables à des femmes ! L'épée contre ses trésors ! (piils soient pillés ! ^''La sécheresse contre ses eaux ! (ju'elles tarissent ! Car c'est un pays d'idoles ; Ils sont fous de leurs idoles. ^"C'est pourquoi les animaux du désert s'y établiront avec les chacals, Et les autruches y feront leur demeure ; Elle ne sera plus jamais habitée, Elle ne sera plus jamais peuplée. 1021 Chap. 50, '.0-51, 5. JÉRÉMIE . ■"•Comme Sodome et Gomorrhe, et les villes voisines, que Dieu détruisit, Dit l'Éternel, Elle ne sera plus habitée, Elle ne sera le séjour d'aucun homme. ■"Voici, un peuple vient du septentrion, Une grande nation et des rois puissants Se lèvent des extrémités de la terre. ^-Ils portent l'arc et le javelot ; Ils sont cruels, sans miséricorde ; Leur voix mugit comme la mer ; Ils sont montés sur des chevaux. Prêts à combattre comme un seul homme. Contre toi, fdle de Babylone ! ■•'Le roi de Babvlone apprend la nouvelle. Et ses mains s'alîaiblissent. L'angoisse le saisit. Comme la douleur d'une femme qui accouche — ■'■'Voici, tel qu'un lion, il monte des rives orgueilleuses du .Jourdain Contre la demeure forte ; Soudain je les en chasserai. Et j'établirai sur elle celui que j'ai choisi. Car qui est semblable à moi ? qui me donnera des ordres ? Et quel est le chef qui me résistera ? ■'^C'est pourquoi écoutez la résolution que l'Eternel a prise contre Ba- Et les desseins qu'il a conçus contre le pays des Chaidécns ! [bylone, Certainement on les traînera comme de faibles brebis. Certainement on ravagera leur demeure. ■'**Au bruit de la prise de Babylone la terre tremble. Et un cri se fait entendre parmi les nations. C/ir/p. LI. 'Ainsi parle l'Eternel : Voici, je fais lever contre Babylone, Et contre les habitants de la Chaldée", Un vent destructeur. ^J'envoie contre Babylone des vanneurs qui la vanneront, Qui videront son pays ; Ils fondront de toutes parts sur elle, Au jour du malheur. •'Qu'on tende l'arc contre celui qui tend son arc. Contre celui qvd est fier dans sa cuirasse ! N'épargnez pas ses jeunes hommes ! Exterminez toute son armée ! * Qu'ils tombent blessés à mort dans le pays des Ghaldéens, Percés de coups dans les rues de Babylone ! ^Car Israël et Juda ne sont ])oint abandonnés de leur Dieu, De l'Eternel des armées, a. Héb. les habttaiils du cœur de mes adrersatres. 105-2 JÉRÉMIE. Chap. 5t,f,-m^ Et le |)ays des Chalcléens est rempli de crimes Contre le Saint d'Israël. "Fuyez de Babylone, et que chacun sauve sa vie, De peur que vous ne ])érissiez dans sa ruine ! Car c'est un temps de vengeance pour l'Eternel; Il va lui rendre selon ses œuvres. 'Babylone était dans la main de l'Eternel une coupe d'or, Qui enivrait toute la terre ; Les nations ont bu de son vin : C'est pourquoi les nations ont été comme en délire. ''Soudain Babylone tombe, elle est brisée ! Gémissez sur elle, jirenoz du baume pour sa plaie : Peut-être guérira-t-elle. — '^Nous avons voulu guérir Babylone, mais elle n'a pas guéri. Abandonnons-la, et allons chacun dans notre pays; Car son châtiment atteint jusqu'aux cieux, Et s'élève jusqu'aux nues. — '"L'Eternel manifeste la justice de notre cause ; Venez, et racontons dans Sion L'œuvre de l'Eternel, notre Dieu. — "Aiguisez les flèches, saisissez les boucliers ! L'Eternel a excité l'esprit des rois de Médie, Parce qu il veut détruire Babylone ; Car c'est la vengeance de l'Eternel, La vengeance de son temple. '^Elevez une bannière contre les murs de Babylone! Fortifiez les postes, placez des gardes, dressez des embuscades ! Car l'Eternel a pris une résolution. Et il exécute ce qu'il a prononcé contre les habitants de Babvlone. '^Toi qui habites près des grandes eaux, Et qui as d'immenses trésors. Ta fin est venue, ta cupitlité est à son terme ! '•'L'Eternel des armées l'a juré par lui-même : Oui, je te remplirai d'hommes comme de sauterelles, Et ils pousseront contre toi des cris de guerre. '^11 a créé la terre par sa puissance, Il a fondé le monde par sa sagesse. Il a étendu les cieux par son intelligence. ""A sa voix, les eaux mugissent dans les cieux ; Il fait monter les nuages des extrémités de la terre, Il produit les éclairs et la pluie. Il lire le vent de ses trésors. '"Tout homme devient stupide par sa science, Tout orfèvre est honteux de son image taillée ; Car ses idoles ne sont que mensonge. Il n'y a point en elles de souffle. "* Elles sont une chose de néant, une œuvre de tromperie; 1023 Chap. 51,10-31. JÉRÉMIE. Elles périront, quand viendra le châtiment. ''Celui qui est la part de Jacob n'est pas comme elles ; Car c'est lui qui a tout formé. Et Israël est la tribu de son héritage. L'Eternel des armées est son nom. -''Tu as été pour moi un marteau, im instrument de guerre, j'ai brisé par toi des nations. Par toi j'ai détruit des royaumes. -'Par toi j'ai brisé le cheval et son cavalier; Par toi j'ai brisé le char et celui qui était dessus. *-Par toi j'ai brisé l'homme et la femme ; Par toi j'ai brisé le vieillard et l'enfant ; Par toi j'ai brisé le jeune homme et la jeune fille. -^Par toi j'ai brisé le berger et son troupeau ; Par toi j'ai brisé le laboureur et ses bœufs ; Par toi j'ai brisé les gouverneurs et les chefs. -''.Je rendrai à Babylone et à tous les habitants de la Chaldée Tout le mal qu'ils ont fait à vSion sous vos yeux, Dit l'Éternel. -^Voici, j'en veux à toi, montagne de destruction, dit l'Eternel, A toi qui détruisais toute la terre ! J'étendrai ma main sur toi. Je te roulerai du haut des rochers, Et je ferai de toi une montagne embrasée. ^'"'On ne tirera de toi ni pierres angulaires, ni pierres pour fondements ; Car tu seras à jamais une ruine, dit l'Eternel -'Elevez une bannière dans le pays ! Sonnez de la trompette parmi les nations ! Préparez les nations contre elle. Appelez contre elle les royaumes d'Ararat, de Minni et d'Aschkenaz ! Etablissez contre elle des chefs ! Faites avancer des chevaux comme des sauterelles hérissées ! -* Préparez contre elle les nations, les rois de Médie, Ses gouverneurs et tous ses chefs. Et tout le pays sous leur domination ! ^''La terre s'ébranle, elle tremble ; Car le dessein de l'Eternel contre Babylone s'accom|)lit ; Il va faire du pays de Babylone un désert sans habitants. ^"Les guerriers de Babylone cessent de combattre. Ils se tiennent dans les forteresses ; Leur force est épuisée, ils sont comme des femmes. On met le feu aux habitations, On brise les barres. ^'Les courriers se rencontrent, Les messagers se croisent. Pour annoncer au roi de Babylone 1024 JÉRÉMIE. Chap. 5/. 32-45. Que sa ville est prise par tous les côtés, ^-Que les passages sont envahis, Les marais embrasés par le feu. Et les hommes de guerre consternés. ^'Car ainsi parle l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël : La fille de Babylone est comme une aire dans le temps où on la foule ; Encore un instant, et le moment de la moisson sera venu pour elle. ^^Xebucadnetsar, roi de Babylone, m'a dévorée, m'a détruite; 11 a fait de moi un vase vide ; Tel qu'un dragon, il m'a engloutie. Il a rempli son ventre de ce que j'avais de précieux; Il m'a chassée. ^^Que la violence envers moi et ma chair déchirée retombent sur Baby- Dit l'habitante de Sion. lone ! Que mon sang retombe sur les habitants de la Chaldée ! Dit Jérusalem. — ^^ C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel : Voici, je défendrai ta cause. Je te vengerai ! Je mettrai à sec la mer de Babylone, Et je ferai tarir sa source. ^"Babylone sera un monceau de ruines, un repaire de chacals. Un objet de désolation et de moquerie; Il n'y aura plus d'habitants. ^^Ils rugiront ensemble comme des lions. Ils pousseront des cris comme des lionceaux. ^^Quand ils seront échauffés, je les ferai boire. Et je les enivrerai, pour qu'ils se livrent à la gaîté, Puis s'endorment d'un sommeil éternel, et ne se réveillent plus. Dit l'Éternel. •■.'■ ''"Je les ferai descendre comme des agneaux à la tuerie. Comme des béliers et des boucs. "Eh quoi ! Schéschac'" est prise ! Celle dont la gloire remplissait toute la terre est conquise ! Eh quoi ! Babylone est détruite au milieu des nations ! *-La mer est montée sur Babvlone : Babylone a été couverte par la multitude de ses flots. "Ses villes sont ravagées, La terre est aride et déserte ; C'est un jiays où ])ersonne n'habite, Où ne passe aucun homme. ^*Je châtierai Bel à Babylone, J'arracherai de sa bouche ce qu'il a englouti. Et les nations n'afflueront plus vers lui. La muraille même de Babylone est tombée ! ^^ Sortez du milieu d'elle, mon jjeuple, a. Schésc/iac, Babylone; voy. 25, -26. 1025 Chap. 51.'.6-58. JÉRÉMIE. Et que chacun sauve sa vie, En échappant à la colère ardente de TEternel ! ■•^Que votre cœur ne se trouble point, et ne vous effrayez pas Des bruits qui se répandront dans le pays ; Car cette année surviendra un bruit, Et l'année suivante un autre bruit, La violence régnera dans le pays. Et un dominateur s'élèvera contre un autre dominateur. ''"C'est pourquoi voici, les jours viennent Où je châtierai les idoles de Babylone, Et tout son pays sera couvert de honte ; Tous ses morts tomberont au milieu d'elle. ^''Sur Babylone retentiront les cris de joie des cieux et de la terre, Et de tout ce qu'ils renferment ; Car du septentrion les dévastateurs fondront sur elle, Dit l'Éternel. '"Babylone aussi tombera, ô morts d'Israël, Comme elle a fait tomber les morts de tout le pays. ^"Vous qui avez échappé au glaive, partez, ne tardez pas ! De la terre lointaine, pensez à l'Eternel, Et (pie Jérusalem soit présente à vos cœurs ! — ^'Nous étions confus, quand nous entendions l'insulte; La honte couvrait nos visages. Quand des étrangers sont venus Dans le sanctuaire de la maison de l'Eternel. — ^'C'est pourquoi voici, les jours viennent, dit l'Eternel, Où je châtierai ses idoles; Et dans tout son pays les blessés gémiront. ^^Quand Babylone s'élèverait jusqu'aux cieux. Quand elle rendrait inaccessibles ses hautes forteresses. J'enverrai contre elle les dévastateurs, dit l'Eternel — ^^Des cris s'échappent de Babylone, Et le désastre est grand dans le pays des Chaldéens. ^'Car l'Eternel ravage Babylone, Il en fait cesser les cris retentissants ; Les flots des dévastateurs mugissent comme de grandes eaux. Dont le bruit tumultueux se fait entendre. ^*Oui, le dévastateur fond sur elle, sur Babylone; Les guerriers de Babylone sont pris. Leurs arcs sont brisés. Car l'Éternel est un Dieu qui rend à chacun selon ses œuvres. Qui paie à chacun son salaire. ^'J'enivrerai ses princes et ses sages. Ses gouverneurs, ses chefs et ses guerriers ; Ils s'endormiront d'un sommeil éternel, et ne se réveilleront plus. Dit le roi, dont l'Éternel des armées est le nom. ^^Ainsi parle l'Eternel des armées : 1026 JÉHÉMIE. Chap. 51, 59-52, v.. Les larges murailles de Bahylonc seront renversées, Ses hautes portes seront brûlées par le feu ; Ainsi les peuples auront travaillé en vain, Les nations se seront fatiguées |)our le feu. ^'Ordre donné par Jérémie, le pro- Sédécias, le dixième jour du dixième phète, à Seraja, fils de Nérija, fils de mois, Nebucadnetsar, roideBabylone, Machséja, lorsqu'il se rendit à Baby- vint avec toute son armée contre Jé- lone avec Sédécias, roi de Juda, la rusalem ; ils campèrent devant elle, et (juatrième année du règne de Sédé- élevèrent des retranchements tout au- cias. Or, Seraja était ])remier cliam- tour. '^La ville fut assiégée jusqu'à la bellan. '"Jérémie écrivit dans un livre onzième année du roi Sédécias. tous les malheurs qui devaient arriver *Le neuvième jour du quatrième à Babylone, toutes ces paroles qui sont mois, la famine était forte dans la écrites sur Babylone. *' Jérémie dit à ville, et il n'y avait pas de pain pour Seraja : Lorsque tu seras arrivé à Ba- le peuple du pays. 'Alors la brèche bylone , tu auras soin de lire toutes fut faite à la ville ; et tous les gens de ces paroles, ^-et tu diras : Eternel, guerre s'enfuirent, et sortirent de la c'est toi qui as déclaré que ce lieu se- ville pendant la nuit par le chemin de rait détruit, et qu'il ne serait plus ha- la porte entre les deux murs près du bité ni par les hommes ni par les jardin du roi, tandis que les Chaldéens bêtes, mais qu'il deviendrait un désert environnaient la ville. Les fuyards pri- pour toujours. ''Et quand tu auras rent le chemin de la plaine. ''Mais l'ar- achevé la lecture de ce livre, tu yatta- niée des Chaldéens poursuivit le roi, cheras une pierre, et tu le jetteras et ils atteignirent Sédécias dans les dans l'Euphrate, "et tu diras : Ainsi plaines de Jéricho ; et toute son armée Babylone sera submergée, elle ne se se dispersa loin de lui. ^Ils saisirent relèvera pas des malheurs que j'amè- le roi, et le firent monter vers le roi nerai sur elle ; ils tomberont épuisés, de Babylone à Bibla, dans le pays de Hamath ; et il prononça contre lui une Jusqu'ici sont les paroles de Je- sentence. '"Le roi de Babylone fit égor- rémie. ger les fils de Sédécias en sa présence ; il fit aussi égorger tous les chefs de Siège et prise de Jériisa lem . Juda à Ribla. "Puis il fit crever les yeux à Sédécias, et le fit lier avec des Chap. LU. 'Sédécias avait vingt chaînes d'airain; le roi de Babylone et un ans lorsqu'il devint roi, et il ré- l'emmena à Babylone, et il le tint en gna onze ans à Jérusalem. Sa mère prison jusqu'au jour de sa mort, s'appelait Hamuthal, fille de Jérémie, '-Le dixième jour du cinquième de Libna. mois, —c'était la dix-neuvième année -Il fit ce qui est mal aux yeux de du règne de Nebucadnetsar, roi de Ba- l'Eternel, entièrement comme avait bylone, — Nebuzaradan, chef des gar- fait Jojakim. -'Et cela arriva à cause des, au service du roi de Babylone, de la colère de l'Eternel contre Jéru- vint à Jérusalem. ''Il brûla la maison salem et contre Juda, qu'il voulait re- de l'Eternel, la maison du roi, et tou- jeter de devant sa face. Et Sédécias se tes les maisons île Jérusalem ; il livra révolta contre le roi de Babylone. au feu toutes les maisons de quel- *La neuvième année du règne de que importance. '■'Toute l'armée des 1027 Cliap. 52, 15-3',. JEREMIE. Chaldéens, qui était avec le chef des -'Le chef des gardes prit Seraja, le gardes, démolit toutes les murailles grand prêtre, Sophonie, le second prê- formant l'enceinte de Jérusalem. tre, et les trois gardiens du seuil. -^Et '^Nebuzaradan , chef des gardes, dans la ville il prit un eunuque qui emmena captifs une partie des plus avait sous son commandement les gens pauvres du peuple, ceux du peuple de guerre, sept hommes qui faisaient qui étaient demeurés dans la ville, partie des conseillers du roi et qui fu- ceux qui s'étaient rendus au roi de rent trouvés dans la ville, le secrétaire Babylone, et le reste de la multitude, du chef de l'armée qui était chargé '"Cependant Nebuzaradan , chef des d'enrôler le peupledu pays, etsoixante gardes, laissa comme vignerons et hommes du peuple du pays qui se comme laboureurs quelques-uns des trouvèrent dans la ville. ^"Nebuzara- ])lus pauvres du pays. dan, chef des gardes, les prit, et les '"Les Chaldéens brisèrent les colon- conduisit A'ers le roi de Babylone à nés d'airain qui étaient dans la maison Ribla. -^Le roi de Babylone les frappa de l'Eternel, les bases, la mer d'airain et les fit mourir à Ribla, dans le pays qui était dans la maison de l'Eternel, de llamath. et ils en emportèrent tout l'airain à ^'^ Ainsi Juda fut emmené captif loin Bab3'lone. '''Ils prirent les cendriers, de son pays. Voici le peuple que Ne- les pelles, les couteaux, les coupes, bucadnetsar emmena en ca])tivité : la les tasses, et tous les ustensiles d'ai- septième année, trois mille vingt-trois rain avec lesquels on faisait le service. Juifs; -^la dix-huitième année de Ne- *^Le chef des gardes prit encore les bucadnetsar, il emmena de Jérusalem bassins, les brasiers, les coupes, les huit cent trente-deux personnes; ^"la cendriers, les chandeliers, les tasses vingt -troisième année de Nebucad- et les calices, ce qui était d'or et ce netsar, Nebuzaradan, chef des gardes, qui était d'argent. '-"Les deux colon- emmena septcentquarante-cinq Juifs; nés, la mer, et les douze bœufs d'ai- en tout quatre mille six cents per- l'ain qui servaient de base, et que le sonnes, roi Salomon avait faits jiour la maison de l'Éternel, tous ces ustensiles d'ai- '"La trente -septième année de la rain avaient un poids inconnu. -'La captivité de Jojakin, roi de Juda, le hauteur de l'une des colonnes était vingt -cinquième jour du douzième de dix-huit coudées, et un cordon de douze coudées l'entourait ; elle était creuse, et son épaisseur avait quatre doigts; *^il y avait au-dessus un cha- piteau d'airain, et la hauteur d'un cha- mois, Evil-Merodac, roi de Babylone, dans la première année de son règne, •releva la tète "de Jojakin, roi de Juda, et le fit sortir de prison. ^"-11 lui parla avec bonté, et il mit son trône au-des- piteau était de cinq coudées ; autour sus du trône des rois qui étaient avec du chapiteau il y avait un treillis et lui à Babylone. -"Il lui fit changer ses des grenades, le tout d'airain; il en vêtements de prison, et Jojakin man- était de môme pour la seconde colonne gea toujours à sa table tout le temps avec des grenades. -^11 y avait quatre- de sa vie. '"Le roi de Babylone pour- vingt-seize grenades de chaque côté, vut constamment à son entretien jour— et toutes les grenades autour du treil- nalier juscpi'au jour de sa mort, tout lis étaient au nombre de cent. le lemijs de sa vie. Fit > son élai tlhuiniliation. 1028 LES LAMENTATIONS DE JEREMIE Les nialliciirs de Jériisitlc ■riisiiicnt. Chap. I . ' Eh quoi ! elle est assise solitaire cette ville si peuplée ! Elle est semblable à une veuve ! Grande entre les nations, souveraine parmi les états, Elle est réduite à la servitude ! -Elle ])leure durant la nuit, et ses joues sont couvertes de larmes ; De tous ceux qui l'aimaient nul ne la console ; Tous ses amis lui sont devenus infidèles. Ils sont devenus ses ennemis. Muda est en exil, victime de l'oppression et d'une grande servitude ; Il habite au milieu des nations. Et il n'y trouve point de repos ; Tous ses persécuteurs l'ont surpris dans l'angoisse. ■•Les chemins de Sion sont dans le deuil, car on ne va plus aux fêtes ; Toutes ses portes sont désertes. Ses prêtres gémissent. Ses vierges sont affligées, et elle est remplie d'amertume ^Ses o]ipresseurs triomphent, ses ennemis sont en paix; Car l'Eternel l'a humiliée, A cause de la multitude de ses péchés ; Ses enfants ont marché captifs devant l'oppresseur. *La fille de Sion a perdu toute sa gloire ; Ses chefs sont comme des cerfs Qui ne trouxent point de pâture, Et ci)js ci Israël. Chap. 17. 'La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : -Fils de l'homme, tourne ta face vers les montagnes d'Israël, Et prophétise contre elles ! • 'Tu diras : Montagnes d'Israël, Ecoutez la parole du Seigneur, de l'Eternel ! Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel, Aux montagnes et aux collines, aux ravins et aux vallées : ^'oici, je fais venir l'épée contre vous. Et je détruirai vos hauts lieux. ^Vos autels seront dévastés. Vos statues du soleil seront brisées. Et je ferai tomber vos morts devant vos idoles. ^Je mettrai les cadavres des enfants d'Israël devant leurs idoles, Et je disperserai vos ossements autour de vos autels. 1045 Chap. 6.G-7,Q. ÉZÉGHIEL. * Partout où vous habitez, vos villes seront ruinées, Et vos hauts lieux dévastés ; Vos autels seront délaissés et abandonnés, Vos idoles seront brisées et disparaîtront, Vos statues du soleil seront abattues. Et vos ouvrages anéantis. 'Les morts tomberont au milieu de vous. Et vous saurez que je suis l'Eternel. "Mais je laisserai quelques restes d'entre vous, Qui échapperont à l'épée parmi les nations, Lorsque vous serez dispersés en divers pays. 'Vos réchappes se souviendront de moi Parmi les nations où ils seront captifs, Parce que j'aurai brisé leur cœur adultère et infidèle. Et leurs yeux qui se sont prostitués après leurs idoles ; Ils se prendront eux-mêmes en dégoût, A cause des infamies qu'ils ont commises, A cause de toutes leurs abominations. ^''Et ils sauront que je suis l'Eternel, Et que ce n'est pas en vain que je les ai menacés De leur envoyer tous ces maux. "Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Frappe de la main, frappe du pied, et dis : Hélas ! Sur toutes les méchantes abominations de la maison d'Israël, Qui tombera par l'épée, par la famine et par la peste. ''^ Celui qui sera loin mourra de la peste. Celui qui sera près tombera par l'épée. Celui qui restera et sera assiégé périra par la famine. J'assouvirai ainsi ma fureur sur eux. '^ Et vous saurez que je suis l'Eternel, Quand leurs morts seront au milieu de leurs idoles. Autour de leurs autels. Sur toute colline élevée, sur tous les sommets des montagnes, Sous tout arbre vert, sous tout chêne touffu, Là où ils offraient des parfums d'une agréable odeur A toutes leurs itloles. '*J'étendrai ma main contre eux. Et je rendrai le pays plus solitaire et plus désolé Que le désert de Dibla, Partout où ils habitent. Et ils sauront que je suis l'Eternel. Chap. VIL 'La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : -Et toi, fds de l'homme, ainsi parle le Seigneur, l'Eternel, Sur le pays d'Israël : Voici la fin ! La fin vient sur les quatre extrémités du pays ! 1046 I ÉZÉCHIEL. Chap. 7.3-iô. ^Maintenant la fin vient sur toi ; J'enverrai ma colère contre toi, Je te jugerai selon tes voies, Je te chargerai de toutes tes abominations. ■•Mon œil sera pour toi sans pitié. Et je n'aurai point de miséricorde ; Mais je te chargerai de tes voies, Et tes abominations seront au milieu de toi. Et vous saurez que je suis l'Eternel. ^Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Un malheur, un malheur unique ! voici, il vient ! ^La fin vient, la fin vient, elle se réveille contre toi ! Voici, elle vient ! 'Ton tour arrive, habitant du pays ! Le temps vient, le jour approche, jour de trouble, Et plus de cris de joie dans les montagnes ! ''Maintenant je vais bientôt répandre ma fureur sur toi, Assouvir sur toi ma colère ; Je te jugerai selon tes voies. Je te chargerai de toutes tes abominations. ^Mon œil sera sans pitié. Et je n'aurai point de miséricorde ; Je te chargerai de tes voies. Et tes abominations seront au milieu de toi. Et vous saurez que je suis l'Eternel, celui qui frappe. '"Voici le jour ! voici, il vient ! Le tour arrive ! La verge fleurit ! L'orgueil s'épanouit ! *'La violence s'élève, pour servir de verge à la méchanceté : Plus rien d'eux, de leur foule bruyante, de leur multitude! On ne se lamente pas sur eux ! '^Le temps vient, le jour approche ! Que l'acheteur ne se réjouisse pas, Que le vendeur ne s'afflige pas ! Car la colère éclate contre toute leur multitude. "Non, le vendeur ne recouvrera pas ce qu'il a vendu, Fùl-il encore parmi les vivants ; Car la prophétie contre toute leur multitude ne sera pas révoquée, Et à cause de son iniquité nul ne conservera sa vie. "On sonne de la trompette, tout est prêt, Mais personne ne marche au combat ; Car ma fureur éclate contre toute leur multitude. '^L'épée au dehors, la peste et la famine au dedans! Celui qui est aux champs mourra par l'épée. Chap. 7,16-71. ÉZÉGHIEL. Celui qui est dans la ville sera dévoré par la famine et par la peste. '* Leurs fuyards s'échappent, Ils sont sur les montagnes, comme les colombes des vallées, Tous gémissant, Chacun sur son iniquité. ''Toutes les mains sont affaiblies. Tous les genoux se fondent en eau. "'Ils se ceignent de sacs. Et la terreur les enveloppe ; Tous les visages sont confus. Toutes les tètes sont rasées. '"Ils jetteront leur argent dans les rues. Et leur or sera pour eux un objet d'horreur ; Leur argent et leur or ne pourront les sauver, Au jour de la fureur de l'Eternel ; Ils ne pourront ni rassasier leur àme, Ni remplir leurs entrailles ; Car c'est ce qui les a fait tomber dans leur iniquité. -"Ils étaient fiers de leur magnifique parure, Et ils en ont fabri([ué les images de leurs abominations, de leurs idoles. C'est pourquoi je la rendrai pour eux un objet d'horreur ; *'Jc la donnerai en pillage aux mains des étrangers, Et comme butin aux impies de la terre, Afin qu'ils la profanent. --Je détournerai d'eux ma face. Et l'on souillera mon sanctuaire, Des furieux y pénétreront, et le profaneront. ^'Prépare les chaînes ! Car le pays est rempli de meurtres, La ville est pleine de violence. "Je ferai venir les plus méchants des peuples. Pour qu'ils s'emparent de leurs maisons ; Je mettrai fin à l'orgueil des puissants, Et leurs sanctuaires seront profanés. -^La ruine vient ! Ils cherchent le salut, et point de salut ! -*I1 arrive malheur sur malheur, Un bruit succède à un bruit; Ils demandent des visions aux prophètes ; Les prêtres ne connaissent plus la loi. Les anciens n'ont plus de conseils. -'Le roi se désole, le prince s'épouvante. Les mains du peuple du pays sont tremblantes. Je les traiterai selon leurs voies. Je les jugerai comme ils le méritent, Et ils sauront que je suis l'Eternel. 1048 EZECIIIEL. Chap. 8,1-0,1. Jpriis/ilcni coupable et mcnncéc. Chap. VIII. 'La sixième année, la maison d'Israël, peintes sur la mu- le cinquième jour du sixième mois, raille tout autour. "Soixante et dix comme jetais assis dans ma maison, hommes des anciens de la maison d'Is- et que les anciens de Juda étaient raël, au milieu desquels était Jaazania, assis devant moi, la main du Seigneur, fils de Schaphan, se tenaient devant de rÉternel, tomba sur moi. ces idoles, chacun l'encensoir à la 'Je regardai, et voici, c'était une main, et il s'élevait une épaisse nuée figure ayant l'aspect d'un homme ; de- d'encens. '*Et il me dit : Fils de l'hom- puis ses reins en bas, c'était du feu, me, vois-tu ce cjue font dans les ténè- et depuis ses reins en haut, c'était bres les anciens de la maison d'Israël, quelque chose d éclatant, comme de chacun dans sa chambre pleine de l'airain poli. ^11 étendit une forme de figures? Car ils disent: L'Eternel ne main, et me saisit par les cheveux de nous voit pas, l'Eternel a abandonné la tète. L'esprit m'enleva entre la terre le pays. '^Et il me dit: Tu verras en- et le ciel, et me transporta, dans des core d'autres grandes abominations, visions divines, à Jérusalem, à l'en- qu'ils commettent, trée de la porte intérieure, du côté du '^Et il me conduisit à l'entrée de la septentrion, où était l'idole de la ja- porte de la maison de l'Eternel, du lousie, qui excite la jalousie de l'Eter- côté du septentrion. Et voici, il y avait nel. ■'Et voici, la gloire du Dieu d'Is- là des femmes assises, qui pleuraient raël était là, telle que je l'avais vue Thammuz". 'Mit il me dit: Vois-tu, en vision dans la vallée. fils de l'homme ? Tu verras encore ^11 me dit : Fils de l'homme, lève d'autres abominations plus grandes les yeux du côté du septentrion ! Je que celles-là. levai les yeux du côté du septentrion; '*Et il me conduisit dans le parvis et voici, cette idole de la jalousie était intérieur de la maison de l'Eternel, au septentrion de la porte de l'au- Et voici, à l'entrée du temple de l'E- tel , à l'entrée. ^Et il me dit : Fils ternel, entre le portique et l'autel, il de l'homme, vois-tu ce qu'ils font, les y avait environ vingt-cinq hommes, grandes abominations que commet tournant le dos au tenij^le de l'Eternel a maison d'Israël, pour que je et ICI m'éloigne de mon sanctuaire ? Mais tu verras encore d'autres grandes abomi- nations. 'Alors il me conduisit à l'entrée du le visage vers l'orient; et ils se prosternaient à l'orient devant le so- leil. ''Et il me dit: Vois-tu, fils de l'homme ? Est-ce trop peu pour la maison de Juda de commettre les abo- parvis. Je regardai, et voici, il y avait minationsqu'ilscommettent ici? Faut- un trou dans le mur. *Et il me dit : il encore qu'ils remplissent le pays de Fils de l'homme, perce la muraille ! violence, et qu'ils ne cessent de m'ir- Je perçai la muraille, et voici, il y riter ? Voici, ils approchent le rameau avait une porte. ^Et il me dit : Entre, de leur nez*. '*Moi aussi, j'agirai avec et vois les méchantes abominations fureur; mon œil sera sans ])itié, et je qu'ils commettent ici ! '"J'entrai, et je n'aurai point de miséricorde; quand regardai; et voici, il y avait toutes ils crieront à voix haute à mes oreilles, sortes de figures de reptiles et de bêtes je ne les écouterai pas. abominables, et toutes les idoles de Chap. IX. 'Puis il cria tl'une voix a. T/tammuz, di\iiiitc des Phciiiciens et des Syriens. i. Allusion à un usajje idolâtre. 1049 Chap. 9,-2-iO, 10. EZECHIEL. forte à mes oreilles : Approchez , vous qui devez châtier la ville, chacun son instrument de destruction à la main ! -Et voici, six hommes arrivèrent par le chemin de la porte supérieure du côté du septentrion, chacun son instrument de destruction à la main. Il y avait au milieu d'eux un homme vêtu de lin, et portant une écritoire à la ceinture. Ils vinrent se placer près de l'autel d'airain. 'La gloire du Dieu d'Israël s'éleva du chérubin sur lequel elle était, et se dirigea vers le seuil de la maison; et il appela l'homme vêtu de lin, et portant une écritoire à la ceinture. ^L'Eternel lui dit: Passe au milieu de la ville, au milieu de Jéru- salem, et fais une marque sur le front des hommes qui soupirent et qui gé- missent à cause de toutes les abomi- nations qui s'y commettent. ^Et, à mes oreilles, il dit aux autres : Passez après lui dans la ville, et frappez ; que votre œil soit sans pitié, et n'ayez point de miséricorde ! n\iez, détrui- sez les vieillards, les jeunes hommes, les vierges, les enfants et les femmes; mais n'approchez pas de quiconque aura sur lui la marque; et commencez par mon sanctuaire ! Ils commencè- rent par les anciens qui étaient devant la maison. ^11 leur dit : Souillez la point de miséricorde ; je ferai retom- ber leurs œuvres sur leur tête. "Et voici, l'homme vêtu de lin, et portant une écritoire à la ceinture, rendit cette réponse : J'ai fait ce que tu m'as ordonné. Chap. X. 'Je regardai, et voici, sur le ciel qui était au-dessus de la tête des chérubins, il y avait comme . une pierre de saphir ; on voyait au- dessus d'eux quelcjue chose de sem- blable à une forme de trône. ^Et l'E- ternel dit à l'homme vêtu de lin : Va entre les roues sous les chérubins, remplis tes mains de charbons ardents que tu prendras entre les chérubins, et répands-les sur la ville ! Et il y alla devant mes yeux. 'Les chérubins étaient à la droite de la maison, quand l'homme alla, et la nuée remplit le parvis intérieur. *La gloire de l'Eternel s'éleva de des- sus les chérubins, et se dirigea vers le seuil de la maison ; la maison fut remplie de la nuée, et le parvis fut rempli de la splendeur de la gloire de l'Eternel. ^Le bruit des ailes des ché- rubins se fit entendre jusqu'au parvis extérieur, pareil à la voix du Dieu tout- puissant lorsqu'il parle. ^Ainsi l'Eternel donna cet ordre à l'homme vêtu de lin : Prends du feu entre les roues, entre les chérubins! maison, et remplissez de morts les Et cet homme alla se placer près des parvis Sortez!... Ils sortirent, et ils frappèrent dans la ville. ^Comme ils frappaient, et que je restais encore, je tombai sur ma face, et je m'écriai : Ah ! Seigneur Eternel, détruiras-tu tout ce qui reste d'Israël, en répandant ta fureur sur Jérusalem ? *I1 me répondit : L'inicjuité de la mai- son d'Israël et de Juda est o-rande. roues. 'Alors un chérubin étendit la main entre les chérubins vers le feu qui était entre les chérubins; il en prit, et le mit dans les mains de l'homme vêtu de lin. Et cet homme le prit, et sortit. *0n voyait aux chéru- bins une forme de main d'homme sous leurs ailes. Me regardai, et voici, il y avait excessive; le pays est rempli de meur- quatre roues près des chérubins, une très, la ville est pleine d'injustice, car roue près de chaque chérubin ; et ces ils disent : L'Eterael a abandonné le roues avaient l'aspect d'une pierre de pays, l'Eternel ne voit rien. '"Moi chrysolithe. '"A leur aspect, toutes les aussi, je serai sans pitié, et je n'aurai quatre avaient la même forme; chaque 1050 ÉZÉGHIEL. C/iap. W,ii-ll,9. roue paraissait être au milieu dune accompagnés des roues. Ils s'arrêtè- autre roue. "En cheminant, elles al- rent à l'entrée de la porte de la maison laient de leurs quatre côtés, et elles de l'Eternel Acrs l'orient; et la gloire ne se tournaient point dans leur mar- du Dieu d'Israël étaitsureux, en haut. che; mais elles allaient dans la direc- -"C'étaient les animaux que j'avais vus tion de la tète, sans se tourner dans sous le Dieu d'Israël près du fleuve leur marche. '*Tout le corps des ché- du Kebar, et je reconnus que c'étaient rubins, leur dos, leurs mains, et leurs des chérubins. -'Chacun avait quatre ailes, étaient remplis d'yeux, aussi faces, chacun avait quatre ailes, et une bien que les roues tout autour, les forme de main d'homme était sous quatre roues. '^J'entendis qu'on appe- leurs ailes. *-Leurs faces étaient sem- lait les roues tourbillon. '^Chacun blables à celles que j'avais vues près avait quatre faces; la face du premier du fleuve du Kebar; c'était le même était une face de chérubin, la face du aspect, c'était eux-mêmes. Chacun second une face d'homme, celle du marchait droit devant soi. troisième une face de lion, et celle du Chap. XI. 'L'esprit m'enleva, et quatrième une face d'aigle. '^Et les me transporta à la porte orientale de chérubins s'élevèrent. C'étaient les la maison de l'Eternel, à celle qui re- animaux que j'avais vus près du fleuve garde l'orient. Et voici, à l'entrée de du Kebar. '^Quand les chérubins mar- la porte, il y avait vingt-cinq hommes; chaient, les roues cheminaient à côté et je vis au milieu d'eux Jaazania, fils d'eux; et quand les chérubins dé- d'Azzur, et Pelathia, fils de Benaja, ployaient leurs ailes pour s'élever de chefs du peuple. *Et l'Eternel me dit : terre, les roues aussi ne se détour- Fils de l'homme, ce sont les hommes naient point deux. '"Quand ils s'arrè- qui méditent l'iniquité, et qui donnent taient, elles s'arrêtaient, et quand ils de mauvais conseils dans cette ville, s'élevaient, elles s'élevaient avec eux. *lls disent: Ce n'est pas le moment de car l'esprit des animaux était en elles, bâtir des maisons ; la ville est la chau- "*La gloire de l'Eternel se retira du dière, et nous sommes la viande. ^C'cst seuil de la maison, et se plaça sur les pourquoi prophétise contre eux, pro- chérubins. "Les chérubins déployé- phétise, fils de l'homme ! rent leurs ailes, et s'élevèrent de terre ^\lors l'esprit de l'Eternel tomba sous mes yeux quand ils partirent, sur moi. Et il me dit : Dis : Ainsi parle l'Eternel : Vous parlez de la sorte, maison d'Israël ! Et ce qui vous monte à la pensée, je le sais. 'Vous avez multiplié les meurtres dans cette ville. Vous avez rempli les rues de cadavres. 'C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Vos morts que vous avez étendus au milieu d'elle. C'est la viande, et elle c'est la chaudière; Mais vous, on vous en fera sortir. ''Vous avez peur de l'épée. Et je ferai venir sur vous l'épée, Dit le Seigneur, l'Eternel. 'Je vous ferai sortir du milieu d'elle. Je vous livrei'ai entre les mains des étrangers. lOJl c" Chap. 11,10-%. ÉZÉCHIEL. Et j'exercerai contre vous mes jugements. '"Vous tomberez par Tépée, Je vous jugerai sur la frontière d'Israël, Et vous saurez que je suis l'Éternel. " La ville ne sera pas pour vous une chaudière, Et vous ne serez pas la viande au milieu d'elle : C'est sur la frontière d'Israël que je vous jugerai. '-Et vous saurez que je suis l'Eternel, Dont vous n'avez pas suivi les ordonnances Et pratiqué les lois ; Mais vous avez agi selon les lois des nations qui vous entourent. ''Comme je prophétisais, Pelathia, fils de Benaja, mourut. Je tombai sur ma face, et je m'écriai à haute voix : Ah ! Seigneur Eternel, anéantiras-tu ce qui reste d'Israël ? '*Et la parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : "^Fils de l'homme, ce sont tes frères, tes frères. Ceux de ta parenté, et la maison d'Israël tout entière, A qui les habitants de Jérusalem disent : Restez loin de l'Eternel, Le pays nous a été donné en propriété. '^ C'est pourquoi tu diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Si je les tiens éloignés parmi les nations. Si je les ai dispersés en divers pays. Je serai pour eux quelque temps un asile Dans les pays où ils sont venus. '"C'est pourquoi tu diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Je vous rassemblerai du milieu des peuples, Je vous recueillerai des pays où vous êtes dispersés, Et je vous donnerai la terre d'Israël. "^C'est là qu'ils iront, Et ils en ôteront toutes les idoles et toutes les abominations. ; '^Je leur donnerai un même cœur, Et je mettrai en vous un esprit nouveau ; J'ôterai de leur corps le cœur de pierre, Et je leur donnerai un cœur de chair, -"Afin qu'ils suivent mes ordonnances. Et qu'ils observent et pratiquent mes lois ; Et ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu. -' Mais pour ceux dont le cœur se plaît à leurs idoles et à leurs abomi- Je ferai retomber leurs œuvres sur leur tête, [nations, Dit le Seigneur, l'Éternel. *-Les chérubins déployèrent leurs du milieu de la ville, et elle se plaça ailes, accom|)agnés des roues; et la sur la montagne qui est à l'orient de gloire du Dieu d'Israël était sur eux, la ville. -* L'esprit m'enleva, et me en haut. -'La gloire de l'Eternel s'éleva transporta en Chaldée auprès des cap- 1052 EZÉCIIIEL. Chnp. H.r.-l'2,m. tifs, en vision par l'esprit de Dieu ; et toi, pars le soir, en leur présence, '^ la vision que j'avais eue disparut au- comme ]iartcnt des exilés. ^Sous leurs dessus de moi. "Je dis aux captifs tou- yeux, tu perceras la muraille, et tu tes les paroles de l'Eternel, qu'il m'a- sortiras tes effets par là. "Sous leurs vait révélées. yeux, tu les mettras sur ton épaule, tu les sortiras pendant l'obscurité, tu La captivité de Sédécias, cl la dispersion t^ Couvriras le visage, et tu ne regar- du peuple. deras pas la terre ; car je veux que tu sois un signe pour la maison d'Israël. Chap.XIL 'La parole de l'Éternel "Je fis ce qui m'avait été ordonné : me fut adressée, en ces mots : je sortis de jour mes effets comme des -Fils de l'homme, tu habites au mi- effets de voyage, le soir je perçai la lieu d'une famille de rebelles, qui ont muraille avec la main, et je les sortis des yeux pour voir et qui ne voient pendant l'obscurité et les mis sur mon point, des oreilles pour entendre et épaule, en leur présence, qui n'entendent point; car c'est une *Le matin, la parole de l'Eternel me famille de rebelles. ^Et toi, fils de fut adressée, en ces mots : l'homme, prépare tes effets de voyage, ^Fils de l'homme, la maison d'Is- et pars de jour, sous leurs yeux! Pars, raél, cette famille de rebelles, ne t'a- en leur jirésence, du lieu où tu es pour t-elle pas dit : Que fais-tu ? '"Dis-leur : un autre lieu : peut-être verront-ils Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Cet cju'ils sont une famille de rebelles, oracle concerne le prince qui est à Jé- *Sors tes effets comme des effets de rusalem, et toute la maison d'Israël voyage, de jour sous leurs yeux; et qui s'y trouve. "Dis : Je suis ])our vous un signe. Ce que j'ai fait, c'est ce qui leur sera fait : Ils iront en exil, en captivité. '-Le prince qui est au milieu d'eux Mettra son bagage sur l'épaule pendant l'obscurité et partira ; On ])ercera la muraille pour le faire sortir ; Il se couvrira le visage, Pour que ses yeux ne regardent jias la terre. '^J'étendrai mon rets sur lui, Et il sera pris dans mon filet; Je l'emmènerai à Babylone, dans le pays des Ghaldéens ; Mais il ne le verra pas, et il v mourra. '*Tous ceux qui l'entourent et lui sont en aide. Et toutes ses troupes, je les disperserai à tous les vents. Et je tirerai l'épée derrière eux. '^Et ils sauront que je suis l'Eternel, (Juand je les répandrai parmi les nations, Quand je les disperserai en divers pays. "*Mais je laisserai d'eux quehpies hommes, Qui écha|)peronl à ré])ée, à la famine et à la peste, Afin qu'ils racontent toutes leurs abominations Parmi les nations où ils iront. Et ils sauront que je suis l'Éternel. 1033 Cliap. 12, 11-28. ÉZÉCHIEL. '"La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : '*Fils de l'homme, tu mangeras ton pain avec tremblement, Tu boiras ton eau avec inquiétude et angoisse. '^Dis au peuple du pays : Ainsi parle le Seigneur, rEternel, Sur les habitants de Jérusalem dans la terre d'Israël ! Ils mangeront leur pain avec angoisse. Et ils boiront leur eau avec épouvante ; Car leur pays sera dépouillé de tout ce qu'il contient, A cause de la violence de tous ceux qui l'habitent. -"Les villes peuplées seront détruites. Et le pays sera ravagé. Et vous saurez que je suis l'Eternel. -'La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : ^^Fils de l'homme, que signifient ces discours moqueurs, Que vous tenez dans le pays d'Israël : Les jours se prolongent, Et toutes les visions restent sans effet? -'C'est pourquoi dis-leur : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : je ferai cesser ces discours moqueurs ; On ne les tiendra plus en Israël. Dis-leur, au contraire : Les jours approchent. Et toutes les visions s'accompliront. -*Car il n'y aura plus de visions vaines. Ni d'oracles trompeurs. Au milieu de la maison d'Israël. -^Car moi, l'Eternel, je parlerai ; Ce que je dirai s'accomplira. Et ne sera plus différé ; Oui, de vos jours, famille de rebelles, Je prononcerai une parole, et je l'accomplirai, Dit le Seigneur, l'Eternel. -'La parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots : "Fils de l'homme, voici, la maison d'Israël dit : Les visions qu'il a ne sont pas près de s'accomplir; Il prophétise pour des temps éloignés. ^* C'est pourquoi dis-leur : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Il n'y aura plus de délai dans l'accomplissement de mes paroles; La parole que je prononcerai s'accomplira, Dit le Seigneur, l'Eternel. 1054 ÉZÉCIIIEL. Chap. lS,i-,3. Contre les faux prophètes. Chap. XIII. ' La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : -Fils de l'homme, prophétise contre les prophètes d'Israël qui prophé- Et dis à ceux qui prophétisent selon leur propre cœur : [tisent, Ecoutez la parole de l'Eternel ! ^ Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Malheur aux prophètes insensés, Qui suivent leur propre esprit et qui ne voient rien ! ■•Tels des renards au milieu des ruines, Tels sont tes prophètes, ô Israël ! ^Vous n'êtes pas montés devant les brèches, Vous n'avez pas entouré d'un mur la maison d'Israël, Pour demeurer fermes dans le comiiat, Au jour de l'Eternel. "Leurs visions sont vaines, et leurs oracles menteurs; Ils disent : L'Eternel a dit ! Et l'Eternel ne les a point envoyés ; Et ils font espérer que leur parole s'accomplira. ^Les visions que vous avez ne sont-elles pas vaines. Et les oracles que vous prononcez ne sont-ils pas menteurs ? Vous dites : L'Eternel a dit ! Et je n'ai point parlé. *C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Parce que a^ous dites des choses vaines. Et que vos visions sont des mensonges, Voici, j'en veux à vous, Dit le Seigneur, l'Eternel. °Ma main sera contre les prophètes, Dont les visions sont vaines et les oracles menteurs ; Ils ne feront point partie de l'assemblée de mon peuple, Ils ne seront pas inscrits clans le livre de la maison d'Israël, Et ils n'entreront pas dans le pays d'Israël. Et vous saurez que je suis le Seigneur, l'Eternel. '"Ces choses arriveront parce qu'ils égarent mon peuple, En disant : Paix! quand il n'y a point de paix. Et mon peuple bâtit une muraille. Et eux ils la couvrent île plâtre. "Dis à ceux qui la couvrent de plâtre qu'elle s'écroulera ; Une pluie violente surviendra ; Et vous, pierres de grêle, vous tomberez. Et la tempête éclatera. '-Et voici, la muraille s'écroule ! Ne vous dira-t-on pas : Où est le plâtre dont vous l'avez couverte ? '^C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : 1055 Chap. IS, n--3. ÉZÉCIIIEL. Je ferai, dans ma fureur, éclater la tempête ; Il surviendra, dans ma colère, une pluie violente ; Et des |)ierres de grêle tomberont avec fureur pour détruire. '■•J'abattrai la muraille que vous avez couverte de plâtre. Je lui ferai toucher la terre, et ses fondements seront mis à nu ; Elle s'écroulera, et vous périrez au milieu de ses ruines, Et vous saurez que je suis l'Eternel. '^'assouvirai ainsi ma fureur contre la muraille. Et contre ceux qui l'ont couverte de plâtre ; Et je vous dii'ai : Plus de muraille ! Et c'en est fait de ceux qui la replâtraient, '*Dcs prophètes d'Israël qui prophétisent sur Jérusalem, Et qui ont sur elle des visions de paix. Quand il n'y a point de paix ! Dit le Seigneur, l'Eternel. "Et toi, fds de l'homme, porte tes regards sur les filles de ton peuple Oui prophétisent selon leur j^ropre cœur. Et prophétise contre elles ! **Tu diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Malheur à celles qui fabriquent des coussinets pour toutes les aisselles, Et qui font des voiles pour la tête des gens de toute taille. Afin de surprendre les âmes ! Pensez-vous surprendre les âmes de mon peuple. Et conserver vos propres âmes? ''Vous me déshonorez auprès de mon peu])lc Pour des poignées d'orge et des morceaux de |)ain, En tuant des âmes qui ne doivent pas mourir, Et en faisant vivre des âmes c[ui ne doivent pas vivre. Trompant ainsi mon peuple qui écoute le mensonge. -"C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, j'en veux à vos coussinets Par lesquels vous surprenez les âmes, afin qu'elles s'envolent. Et je les arracherai de vos bras ; Et je délivrerai les âmes Que vous cherchez à surprendre, afin qu'elles s'envolent. -'J'arracherai aussi vos voiles. Et je délivrerai de vos mains mon peuple ; Ils ne serviront plus de piège entre vos mains. Et vous saurez que je suis l'Eternel. --Parce que vous affligez le cœur du juste par des mensonges, Quand moi-même je ne l'ai point attristé. Et parce que vous fortifiez les mains du méchant Pour l'empêcher de quitter sa mauvaise voie et pour le faire vivre, -^Vous n'aurez plus de vaines visions. Et vous ne prononcerez plus d'oracles ; Je délivrerai de vos mains mon peuple. Et vous saurez que je suis l'Eternel. , 1056 EZECHIEL. Chap. lA.i-w. Contre ceux qui s'attachent aux idoles et qui consultent l Eternel. Chap. XIV. 'Quelques-uns des la peine de leur iniquité; la peine du anciens d'Israël vinrent auprès de prophète sera comme la peine de ce- moi, et s'assirent devant moi. -Et la lui cpii consulte, "afin que la maison parole de l'Eternel me tut adressée, en ces mots : ^Fils de l'homme, ces gens-là por- tent leurs idoles dans leur cœur, et ils attachent les regards sur ce qui les a fait tomber dans l'iniquité. Me lais- serai-je consulter par eux?*C'est pour- quoi parle -leur, et dis -leur : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Tout homme de la maison d'Israël qui porte ses idoles dans son cœur, et qui attache d'Israël ne s'égare plus loin de moi, et qu'elle ne se souille plus par toutes ses transgressions. Alors ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu, dit le Seigneur, l'Eternel. Justice des châtiments de l'Eternel. '-La parole de l'Eternel me fut adres- sée, en ces mots : 'Fils de l'homme, lorsqu'un pays les regards sur ce qui l'a fait tomber pécherait contre moi en se livrant à dans son iniquité, — s'il vient s'adres- ser au prophète, — moi, l'Eternel, je lui répondrai, malgré la multitude de ses idoles, '^afin de saisir dans leur propre cœur ceux de la maison d'Is- raël qui se sont éloignés de moi avec l'infidélité, et que j'étendrais ma main sur lui, — si je brisais pour lui le bâ- ton du pain , si je lui envoyais la fa- mine, si j'en exterminais les hommes et les bêtes, '"'et qu'il y eût au milieu de lui ces trois hommes, Noé, Daniel toutes leurs idoles. ''C'est pourquoi dis et Job, ils sauveraient leur àme par à la maison d'Israël : Ainsi parle le leur justice, dit le Seigneur, l'Eternel. Seigneur, l'Eternel : Revenez, et dé- '^Sije faisais parcourir le pays par des tournez-vous de vos idoles, détournez bêtes féroces qui le dépeupleraient, les regards de toutes vos abomina- s'il devenait un désert où personne tions ! 'Car tout homme de la maison ne passerait à cause de ces bctes, "'et d'Israël, ou des étrangers séjournant qu'il y eût au milieu de lui ces trois en Israël, qui s'est éloigné de moi, hommes, je suis vivant! dit le Sei- qui porte ses idoles dans son cœur, et gneur, l'Eternel, ils ne sauveraient ni qui attache les regards sur ce qui l'a fils ni filles, eux seuls seraient sauvés, fait tomber dans son iniquité, — s'il et le pays deviendrait un désert. ''Ou vient s'adresser au prophète pour me si j'amenais l'épée contre ce pays, si consulter par lui, — moi, l'Eternel, je je disais : Que l'épée parcoure le pays ! lui répondrai par moi. *Je tournerai si j'en exterminais les hommes et les ma face contre cet homme, je ferai de bêtes, '*et qu'il y eût au milieu de lui lui un signe et u.n sujet de sarcasme, ces trois hommes, je suis vivant! dit et je l'exterminerai du milieu de mon le Seigneur, l'Eternel, ils ne sauve- peuple. Et vous saurez que je suis l'E- raient ni fils ni filles, mais eux seuls terncl. seraient sauvés. "^Ou si j'envoyais la "Si le prophète se laisse séduire, peste dans ce pays, si je répandais s'il prononce une parole, c'est moi, contre lui ma fureur par la mortalité, l'Eternel, qui aurai séduit ce pro- pour en exterminer les hommes et les phète ; j'étendrai ma main contre lui, bêtes, -"et qu'il y eût au milieu de lui et je le détruirai du milieu de mon Noé, Daniel et Job, je suis vivant! dit 2)euplc d'Israël. '"Ils porteront ainsi le Seigneur, l'Eternel, ils ne sauve- 1057 Chap. U,'n-16,5. ÉZÉGHIEL. raient ni fils ni filles, mais ils sauve- ront auprès de vous ; vous verrez leur raient leur àme par leur justice. conduite et leurs actions, et vous vous -'Oui, ainsi parle le Seigneur, TE- consolerez du malheur que je fais ve- ternel : Quoique j'envoie contre Jéru- nir sur Jérusalem, de tout ce que je salem mes quatre châtiments terribles, fais venir sur elle. -'Ils vous console- Tépée, la famine, les bètes féroces et ront, quand vous verrez leur conduite la peste, pour en exterminer les hom- et leurs actions ; et vous reconnaîtrez mes et les bêtes, ^^il vaura néanmoins que ce n'est pas sans raison que je fais un reste qui échappera, qui en sortira, tout ce que je lui fais, dit le Seigneur, des fils et des filles. Voici, ils arrive- rÉternel. Les habitants de Jérusalem comparés au bois do la vigne. Chap. XV. 'La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : ^Fils de l'homme, le bois de la vigne qu'a-t-il de plus que tout autre bois, Le sarment qui est parmi les arbres de la forêt ? 'Prend-on de ce bois pour fabriquer un ouvrage ? En tire-t-on une cheville pour y suspendre un objet quelconque ? ■'Voici, on le met au feu pour le consumer; Le feu en consume les deux bouts, et le milieu brûle : Sera-t-il bon à quelque chose ? ^Voici, lorsqu'il était entier, on n'en faisait aucun ouvrage; Combien moins, lorsque le feu l'a consumé et qu'il est brûlé. En ]30urra-t-on faire quelque ouvrage? '^ C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Comme le bois de la vigne parmi les arbres de la forêt. Ce bois que je livre au feu pour le consumer, Ainsi je livrerai les habitants de Jérusalem. ^Je tournerai ma face contre eux ; Ils sont sortis du feu, et le feu les consumera. Et vous saurez que je suis l'Eternel, Quand je tournerai ma face contre eux. *Je ferai du pays un désert. Parce qu'ils ont été infidèles, Dit le Seigneur, l'Eternel. .Jérusalem sous l'emblème d'une femme prostituée. Chap. XVI. 'La parole de l'Éter- sance, au jour où tu naquis, ton nom- nel me fut adressée, en ces mots : bril n'a pas été coupé, tu n'as pas été ^Fils de l'homme, fais connaître à lavée dans l'eau pour être purifiée, tu Jérusalem ses abominations ! n'as pas été frottée avec du sel, tu n'as 'Tu diras : Ainsi parle le Seigneur, pas été enveloppée dans des langes. l'Éternel, à Jérusalem : Par ton ori- *Nul n'a porté sur toi un regard de pi- gine et ta naissance tu es du pays de tié pour te faire une seule de ces cho- Canaan ; ton père était un Amoréen, ses, par compassion pour toi ; mais tu et ta mère une Iléthienne. ''A ta nais- as été jetée dans les champs, le jour 1058 EZECHIEL. Chap. 16, 6-09. (le ta naissance, parce qu'on avait hor- reur de toi. "Je passai près de toi, je t'aperçus baignée dans ton sang, et je te dis : ^'is dans ton sang ! je te dis : Vis dans ton sang ! 'Je t'ai multipliée par dix milliers, comme les herbes des champs. Et tu pris de l'accroissement, tu grandis, tu devins d'une beauté parfaite ; tes seins se formèrent, ta chevelure se développa. Mais tu étais nue, entièrement nue. *Je passai près de toi, je te regardai, et voici, ton temps était là, le temps des amours. J'étendis sur toi le pan de ma robe, je couvris ta nudité, je te jurai fidélité, je fis alliance avec toi, dit le Seigneur, FEterncI, et tu fus à moi. ^Je te lavai dans l'eau, je fis dispa- raître le sang qui était sur toi, et je t'oignis avec de l'huile. '"Je te donnai des vêtements brodés, et une chaus- sure de ]:)eaux teintes en bleu ; je te ceignis de fin lin, et je te couvris de soie. "Je te parai d'ornements : je mis des bracelets à tes mains, un collier à ton cou, '-je mis un anneau à ton nez, des pendants à tes oreilles , et une cou- ronne magnifique sur ta tête. "Ainsi tu fus parée dor et d'argent, et tu fus vêtue (.le fin lin, de soie et d'étoffes brodées. La ileur de farine, le miel et l'huile, furent ta nourriture. Tu étais as pris ta magnifique parure d'or et d'argent, que je t'avais donnée, et tu en as fait des simulacres d'hommes, auxquels tu t'es prostituée '*Tu as pris tes vêtements brodés, tu les en as couverts, et tu as ofl'ert à ces simula- cres mon huile et mon encens. ''Le pain que je t'avais donné, la Heur de farine, l'huile et le miel, dont je te nourrissais, tu leur as offert ces cho- ses comme des parfums d'une odeur agréable. Voilà ce qui est arrivé, dit le Seigneur, l'Eternel. ^''Tu as pris tes fils et tes filles, que tu m'avais enfantés, et tu les leur as sacrifiés pour qu'ils leur servissen, d'aliment : n'était-ce pas assez de tes prostitutions ?-'Tu as égorgé mes fils, et tu les as donnés, en les faisant passer par le feu en leur honneur. -* Au milieu de toutes tes abominations et de tes prostitutions, tu ne t'es pas souvenue du temps de ta jeunesse, lorsque tu étais nue, entièrement nue, et baignée dans ton sang. -^Après toutes tes méchantes ac- tions, — malheur, malheur à toi ! dit le Seigneur, l'Eternel, — ^''tu t'es bâti des maisons de prostitution, tu t'es fait des hauts lieux dans toutes les places ; "à l'entrée de chaque chemin tu as construit tes hauts lieux, tu as déshonoré ta beauté, tu t'es livrée à d'une beauté accomplie, digne de la tous les passants, tu as multiplié tes prostitutions. *^Tu t'es prostituée aux Egyptiens, tes voisins au corps vi- goureux, et tu as multiplié tes pros- titutions pour m'irriter. *' Et voici, j'ai étendu ma main contre toi, j'ai di- minué la part que je t'avais assignée, je t'ai livrée à la volonté de tes enne- mies, les filles des Philistins, qui ont rougi de ta conduite criminelle. -'Tu t'es prostituée aux Assyriens, parce que tu n'étais pas rassasiée ; tu t'es prostituée à eux, et tu n'as pas encore été rassasiée. -'Tu as multiplié les prostitutions avec le pays de Canaan royauté. '■'Et ta renommée se répan- dit parmi les nations, à cause de ta beauté ; car elle était parfaite, grâce à l'éclat dont je t'avais ornée, dit le Sei- gneur, l'Eternel. '^Mais tu t'es confiée dans ta beauté, et tu t'es prostituée, à la faveur de ton nom ; tu as prodigué tes prostitutions à tous les passants, tu t'es livrée à eux. '"Tu as pris de tes vêtements, tu t'es fait des hauts lieux que tu as garnis d'étoffes de toutes couleurs, et tu t'y es prostituée : rien de semblable n'é- tait arrivé et n'arrivera jamais. "Tu 1059 Chap. 16,30-51. EZECHIEL. et jusqu'en Chaldée, et avec cela tu toi, ils te lapideront et te perceront à n'as pas encore été rassasiée. ^"Quelle coups d'épée ; "ils brûleront tes mai- faiblesse de cœur tu as eue, dit le Sei- sons par le feu, et ils feront justice de gneur, l'Eternel, en faisant toutes ces toi, aux yeux d'une multitude de fem- choses, qui sont l'œuvre d'une maî- mes. Je ferai cesser ainsi ton impudi- tresse prostituée ! ^'Lorsque tu bâtis- cité, et tu ne donneras plus de salaire, sais tes maisons de prostitution à l'en- ''-J'assouvirai ma colère contre toi, et trée de chaque chemin, lorsque tu tu ne seras plus l'objet de ma jalousie ; faisais tes hauts lieux dans toutes les je m'apaiserai, je ne serai plus irrité, places, tu n'as pas même été comme ^^Parce que tu ne t'es pas souvenue du la prostituée qui réclame un salaire; temps de ta jeunesse, parce que tu ^-tu as été la femme adultère, qui re- m'as provoqué par toutes ces choses, çoit des étrangers au lieu de son mari, voici, je ferai retomber ta conduite sur ^^A toutes les prostituées on paie un salaire; mais toi, tu as fait des dons à tous tes amants, tu les as gagnés par des présents, afin de les attirer à toi de toutes parts dans tes prostitutions. ^■'Tu as été le contraire des autres prostituées, parce qu'on ne te recher- chait pas ; et en donnant un salaire au lieu d'en recevoir un, tu as été le con- traire des autres. ta tête, dit le Seigneur, l'Eternel, et tu ne commettras plus le crime avec tou- tes tes abominations. "Voici, tous ceux qui disent des proverbes t'appliqueront ce proverbe : Telle mère, telle fille ! «Tu es la fille de ta mère, qui a repoussé son mari et ses enfants ; tu es la sœur de tes sœurs, (|ui ont repoussé leurs maris et leurs enfants. Votre mère était une Hé- ^^G'est pourquoi, prostituée, écoute thienne, et votre père un Amoréen. la parole de l'Eternel ! '^Ainsi parle le ■'^Ta grande sœur, qui demeure à ta Seigneur, l'Eternel : Parce que tes gauche, c'est Samarie avec ses filles; trésors ont été dissipés, et que ta nu- et ta petite sœur, qui demeure à ta droite, c'est Sodome avec ses filles. "Tu n'as pas seulement marché dans leurs voies, commis les mêmes abo- minations, c'était trop peu; tu as été plus corrompue qu'elles dans toutes tes voies. ■**'Je suis vivant ! dit le Sei- gneur, l'Eternel, Sodome, ta sœur, et dite a été découverte dans tes prosti- tutions avec tes amants et avec toutes tes abominables idoles, et à cause du sang de tes enfants que tu leur as don- nés, ^' voici, je rassemblerai tous tes amants avec lesquels tu te plaisais, tous ceux que tu as aimés et tous ceux que tu as haïs, je les rassemblerai de ses filles n'ont pas fait ce que vous toutes parts contre toi, je leur décou- avez fait, toi et tes filles. '''Voici quel vrirai ta nudité, et ils verront toute ta a été le crime de Sodome, ta sœur, nudité. ^'^Je te jugerai comme on juge Elle avait de l'orgueil, elle vivait dans les femmes adultères et celles qui ré- l'abondance et dans une insouciante pandent le sang, et je ferai de toi une sécurité, elle et ses filles, et elle ne victime sanglante de la fureur et de la soutenait pas la main du malheureux et de l'indigent. ^"Elles sont devenues hautaines, et elles ont commis des jalousie. ^'Je te livrerai entre leurs mains ; ils abattront tes maisons de prostitution et détruiront tes hauts lieux ; ils te dépouilleront de tes vête- ments, prendront ta magnifique pa- abominations devant moi. Je les ai fait disparaître, quand j'ai vu cela. ^'Sa- marie n'a pas commis la moitié de tes rure, et te laisseront nue, entièrement péchés ; tes abominations ont été plus nue. ''"Ils amèneront la foule contre nombreuses que les siennes, et tu as 1060 EZECHIEL. Cliap. IG.-û-ll , n. justifié tes sœurs par toutes les abo- minations que tu as faites. ^-Toi qui condamnais tes sœurs, supjjorte ton opprobre, à cause de tes péchés par lesquels tu t'es rendue plus abomina- ble qu'elles, et qui les font jxuaître Piinitioj) de Sédécias rebelle ein'ers le roi de Bnbylone. Chap. XYII. ' La parole de l'Éter- nel me tut adressée, en ces mots : -Fils de l'homme, propose une énig- me, dis une parabole à lamaison d'Is- plus justes que toi; sois confuse, et raël ! ^Tudiras: Ainsi parle le Seigneur, supporte ton opprobre, puisque tu as l'Eternel : Un grand aigle, aux longues justifié tes sœurs. ^'Je ramènerai leurs captifs, les captifs de Sodome et de ses filles, les captifs de Samarie et de ses filles, et tes captifs au milieu des leurs, ^^afin que tu subisses ton oppro- bre, et que tu rougisses de tout ce que tu as fait, en étant pour elles un sujet de consolation. ^^Tes sœurs, Sodome et ses filles reviendront à leur premier état, Samarie et ses filles reviendront à leur premier état ; et toi et tes filles. ailes, aux ailes déployées, couvert de plumes de toutes couleurs, vint sur le Liban, et enleva la cime d'un cèdre. "•Il arracha le plus élevé de ses ra- meaux, l'emporta dans un pays de commerce, et le déposa dans une ville de marchands. ^Et il prit un rejeton du pays, et le plaça dans un sol fer- tile ; il le mit près d'une eau abon- dante, et le planta comme un saule. 'Ce rejeton poussa, et devint un cep vous reviendrez à votre premier état, de vigne étendu, mais de peu d'éléva '^^Ne discourais-tu pas sur ta sœur So- dome, dans le temps de ton orgueil, ^" avant que ta méchanceté fût mise à nu, lorsque tuas reçu les outrages des filles de la Syrie et de tous ses alen- tours, des filles des Philistins, qui te méprisaient de tous côtés ! ^*Tu por- tes tes crimes et tes abominations, dit l'Éternel. ^^Car ainsi parle le Seigneur, l'Eter- nel : J'agirai envers toi comme tu as agi, toi qui as méprisé le serment en rompant l'alliance. ^'Mais je me sou- viendrai de mon alliance avec toi au tem])sde ta jeunesse, et j'établirai avec toi une alliance éternelle. "'Tu te sou- viendras de ta conduite, et tu en auras honte, quand tu recevras tes sœurs, les grandes et les petites; je te les donnerai pour filles, mais non en vertu (le ton alliance. ""^J'établirai mon al- liance avec toi, et tu sauras que je suis l'Eternel, "^afin que tu te souviennes du passé et (pie tu rougisses, afin que tu n'ouvres plus la bouche et que tu sois confuse, quand je te pardonnerai tout ce que tu as fait, dit le Seigneur, l'Éternel. tion ; ses rameaux étaient tournés vers l'aigle, et ses racines étaient sous lui ; il devint un cep de vigne, donna des jets, et produisit des branches. '11 y avait un autre aigle, grand, aux longues ailes, au plumage épais. Et voici, du parterre où elle était plantée, cette vigne étendit avec avidité ses racines de son côté et dirigea ses ra- meaux vers lui, afin (|u'il l'arrosât.- ''Elle était plantée dans un bon terrain, près d'une eau abondante, de manière à produire des branches et à porter du fruit, à devenir une vigne magnifique. 'Dis : Ainsi parle le Seigneur, l'Eter- nel : Prospérera-t-elle ? Le premier aigle n'arrachera-t-il pas ses racines, n'enlèvera-t-il pas son fruit, afin qu'elle se dessèche, afin que toutes les feuilles qu'elle a poussées se dessèchent? Et il ne faudra ni beaucoup de force ni un peuple nombreux pour la séparer de ses racines. '"Voici, elle est plantée : prospérera-t-elle? Si le vent d'orient la touche, ne séchera-t-elle pas ? Elle séchera sur le parterre où elle a poussé. "La parole de l'Eternel me fut adres- sée, en ces mots : '^Dis à la maison 1061 Chap. 17, 13- 18, s. EZECHIEL. rebelle : Ne savez-vous pas ce que ce- J'enlèverai, moi, la cime d'un grand la signifie ? Dis : Voici, le roi de Baby- cèdre, et je la placerai; j'arracherai lone est allé à Jérusalem, il en a pris du sommet de ses branches un tendre le roi et les chefs, et les a emmenés rameau, et je le planterai sur une mon- avec lui à Babylone. '-^11 a choisi un tagne haute et élevée. -'Je le planterai membre de la race royale, a traité al- sur une haute montagne d'Israël; il liance avec lui, et lui a fait prêter ser- produira des branches et portera du ment, et il a emmené les grands du fruit, il deviendra un cèdre magnifique, pays, '''afin que le royaume fût tenu Les oiseaux de toute espèce repose- dans l'abaissement, sans pouvoir s'é- ront sous lui, tout ce qui a des ailes lever, et qu'il gardât son alliance en y reposera sous l'ombre de ses rameaux, demeurant fidèle. '^Mais il s'est ré- -■*Et tous les arbres des champs sau- volté contre lui, en envoyant ses mes- ront que moi, l'Eternel, j'ai abaissé sagers en Egypte, pour qu'elle lui l'arbre qui s'élevait et élevé l'arbre donnât des chevaux et un grand nom- qui était abaissé, que j'ai desséché bre d'hommes. Celui qui a fait de telles l'arbre vert et fait verdir l'arbre sec. choses réussira-t-il, échappera-t-il ? Il Moi, l'Eternel, j'ai parlé, et j'agirai, a rompu l'alliance, et il échapperait! Les rétributions dii'ines. Chap. XVIII. 'La parole de l'É- ternel me fut adressée, en ces mots : ^Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d'Israël : Les pères ont '*Je suis vivant ! dit le Seiffueur. lE- ternel, c'est dans le pays du roi qui l'a fait régner, envers qui il a violé son serment et dont il a rompu l'alliance, c'est près de lui, au milieu de Baby- lone, qu'il mourra. '"Pharaon n'ira pas mangé des raisins verts, et les dents avec une grande armée et un peu- des enfants en ont été agacées"? 'Je pie nombreux le secourir pendant la suis vivant ! dit le Seigneur, l'Eternel, guerre, lorsqu'on élèvera des terrasses vous n'aurez plus lieu de dire ce pro- et qu'on fera des retranchements pour exterminer une multitude d'âmes. "Il a méprisé le serment, il a rompu l'al- liance ; il avait donné sa main, et il a fait tout cela; il n'échappera pas! '^C'est ])ourquoi ainsi parle le Sei- gneur, l'Eternel : Je suis vivant ! c'est le serment fait en mon nom qu'il a méprisé, c'est mon alliance qu'il a verbe en Israël. ''Voici, toutes les âmes sont à moi ; l'âme du fils comme l'âme du père, l'une et l'autre sont à moi; l'âme qui pèche, c'est celle qui mourra. ^L'homme qui est juste, qui pratique la droiture et la justice, *qui ne mange pas sur les montagnes et ne lève pas les yeux vers les idoles de la maison rompue. Je ferai retomber cela sur sa d'Israël, qui ne déshonore pas la fem- tête. -"J'étendrai mon rets sur lui, et me de son prochain et ne s'approche il sera pris dans mon filet ; je l'emmè- pas d'une femme pendant son impu- nerai à Babvlone, et là je plaiderai reté, "qui n'opprime personne, qui avec lui sur sa j^erfidie à mon égard, rend au débiteur son gage, qui ne -'Tous les fuyards de toutes ses trou- commet point de rapines, qui donne pes tomberont par l'épée, et ceux qui son pain à celui ([ui a faim et couvre resteront seront dispersés à tous les d'un vêtement celui (pii est nu, *qui vents. Et vous saurez que moi, l'Eter- ne prête pas à intérêt et ne tire point nel, j'ai parlé. d'usure, qui détourne sa main de l'ini- "Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : quilé et juge selon la vérité entre un a. Les enfants ont subi les conséquences des fautes de leurs pères. 1062 EZECHIEL. Chap. 18,0-31. homme et un autre, 'qui suit mes lois et observe mes ordonnanees en agis- sant avec fidélité, — celui-là est juste, il vivra, dit le Seigneur, l'Eternel. '"S'il a un fils qui soit violent, qui répande le sang, ou qui commette quelque chose de semblable; "si ce lils n'imite en rien la conduite de son |)ère, s'il mange sur les montagnes, s'il déshonore la femme de son pro- chain, '-s'il ojiprime le malheureux et l'indigent, s'il commet des rapines, s'il ne rentl pas le gage, s'il lève les yeux vers les idoles et fait des abomi- nations, '^s'il prête à intérêt et tire une usure, — ce fils-là vivrait ! Il ne vivra pas; il a commis toutes ces abo- minations; qu'il meure ! que son sang retombe sur lui ! '•'Mais si un homme a un fils qui voie tous les péchés que commet son père, qui les voie et n'agisse pas de la même manière; '^si ce fils ne mange pas sur les montagnes et ne lève pas les yeux vers les idoles de la maison d'Israël, s'il ne déshonore pas la femme de son prochain, '*s'il n'opprime per- sonne, s'il ne prend point de gage, s'il ne commet point de rapines, s'il donne son ])ain à celui qui a faim et couvre d'un vêtement celui qui est nu, '''s'il détourne sa main de l'iniquité, s'il n'exige ni intérêt ni usure, s'il observe mes ordonnances et suit mes lois, — - celui-là ne mourra pas pour l'i- niquité de son père ; il vivra. '*C'est son |)ère, qui a été un oppresseur, qui a commis des rapines envers les autres, qui a fait au milieu de son peuple ce qui n'est pas bien, c'est lui qui mourra pour son iniquité. ''■'^'ous dites : Pourquoi le fils ne porte-t-il pas l'iniquité de son père ? C'est que le fils a agi selon la droiture et la justice, c'est qu'il a observé et mis en pratique toutes mes lois; il vivra. -"L'àme qui pèche, c'est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l'ini- quité de son père, et le père ne por- tera pas I iniquité de son lils. La justice du juste sera sur lui, et la mé- chanceté du méchant sera sur lui. -'Si le méchant revient de tous les péchés qu'il a commis, s il observe toutes mes lois et pratique la droiture et la justice, il vivra, il ne mourra pas. --Toutes les transgressions qu'il a commises se- ront oubliées; il vivra, à cause delà justice qu'il a pratiquée. -*Ce que je désire, est-ce que le méchant meure? dit le Seigneur, l'Eternel. N'est-ce pas (|u"il change de conduite et qu'il vive ? -^Si le juste se détourne de sa justice et commet l'iniquité, s'il imite toutes les abominations du méchant, vivra- t-il ? Toute sa justice sera oubliée, parce qu'il s'est livré à l'iniquité et au péché; à cause de cela, il mourra. -^Vous dites : La voie du Seigneur n'est pas droite. Ecoutez donc, maison d'Israël ! Est-ce ma voie qui n'est pas droite ? Ne sont-ce pas plutôt vos voies c[ui ne sont pas droites? -''Si le juste se détourne de sa justice et com- met l'iniquité, et meurt pour cela, il meurt à cause de l'iniquité qu'il a commise. -'Si le méchant revient de sa méchanceté et pratique la droiture et la justice, il fera vivre son àme. "S'il ouvre les yeux et se détourne de toutes les transgressions qu'il a com- mises, il vivra, il ne mourra pas. -'La maison d'Israël dit : La voie du Seigneur n'est pas droite. Est-ce ma voie qui n'est pas droite, maison d'Is- raël ? Ne sont-ce pas plutôt vos voies qui ne sont pas droites ? ^"G'est pour- quoi je vous jugerai chacun selon ses voies, maison dlsraël, dit le Seigneui", l'Eternel. Revenez et détournez-vous de toutes vos transgressions, afin que l'iniquité ne cause pas votre ruine. " Rejetez loin de vous toutes les trans- gressions par lesquelles vous avez pé- ché ; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez- 1063 Chap. 18. 31-19, n. ÉZÉCHIEL. vous, maison cF Israël ? '-Car je ne dé- dit le Seigneur, l'Eternel. Convertis- sire pas la mort de celui qui meurt, sez-vous donc, et vivez ! Complainte sur les princes d'Israël. Chap. XIX. 'Et toi, prononce une complainte sur les princes d'Israël, et dis : ^Ta mère, qu'était-ce ? Une lionne. Elle était couchée parmi les lions. C'est au milieu des lionceaux Qu'elle a élevé ses petits. 'Elle éleva l'un de ses petits, Qui devint un jeune lion. Et qui apprit à déchirer sa proie ; Il dévora des hommes. ■'Les nations entendirent parler de lui. Et il fut ])ris dans leur fosse ; Elles mirent une boucle à ses narines et l'emmenèrent Dans le pa3'S d'Egypte. ^ Quand la lionne vit qu'elle attendait en vain, Qu'elle était trompée dans son espérance. Elle prit un autre de ses petits. Et en fit un jeune lion. "Il marcha parmi les lions. Il devint un jeune lion. Et il apprit à déchirer sa proie ; Il dévora des hommes. "Il força leurs palais, Et détruisit leurs villes ; Le pays, tout ce qui s'y trouvait, fut ravagé, Au bruit de ses rugissements. ** Contre lui se rangèrent les nations D'alentour, des provinces ; Elles tendirent sur lui leur rets, Et il fut pris dans leur fosse. ''Elles mirent une boucle à ses narines, le placèrent dans une cage. Et l'emmenèrent auprès du roi de Babylone ; Puis elles le conduisirent dans une forteresse. Afin qu'on n'entendit plus sa voix sur les montagnes d'Israël. '"Ta mère était, comme toi, semblable à une vigne, Plantée près des eaux. Elle était féconde et chargée de branches, A cause de l'abondance des eaux. " Elle avait de vigoureux rameaux pour des sceptres de souverains ; Par son élévation elle dominait les branches touffues ; Elle attirait les regards par sa hauteur, Et par la multitude de ses rameaux. '^Mais elle a été arrachée avec fureur et jetée par terre ; 1064 ÉZÉCIIIEL. Chap. 10, is-W, ir,. Le vent d'orient a desséché son fruit; Ses rameaux vigoureux ont été rompus et desséchés ; Le feu les a dévorés. '■'Et maintenant elle est jdantée dans le désert, Dans une terre sèche et aride. '*Le teu est sorti de ses branches, Et a dévoré son fruit ; Elle n'a plus de rameau vigoureux Pour un sceptre de souverain. C est là une complainte, et cela servira de complainte. Censures et promesses. Chap. XX. 'La septième année, nèrent point les idoles de l'Egypte, le dixième jour du cinquième mois, J'eus la pensée de répandre ma fureur (pieUpies-uns des anciens d'Israël vin- sur eux, d éj)uiser contre eux ma co- rent pour consulter l'Eternel, et s'as- 1ère, au milieu du pays d'Egypte, sirent devant moi. -Et la parole de 'Néanmoins j'ai agi par égard jiour l'Eternel me fut adressée, en ces mots : mon nom, afin qu'il ne fût pas profané ^Fils de l'homme, parle aux anciens aux yeux des nations parmi lesquelles d'Israël, et dis-leur: Ainsi parle le ils se trouvaient, et aux yeux desquel- Seigneur, l'Eternel : Est-ce pour me les je m'étais fait connaître à eux, consulter que vous êtes venus ? Je suis pour les faire sortir du pays d'l']gypte. vivant ! je ne me laisserai pas consul- '"Et je les fis sortir du pays d'Egypte, ter par vous, dit le Seigneur, l'Eternel, et je les conduisis dans le désert. "Je ''\^eux-tu les juger, \eux-tu les juger, leur donnai mes lois et leur fis con- fils de l'homme? Fais-leur connaître naître mes ordonnances, que l'homme les abominations de leurs pères ! doit mettre en pratique, afin de vivre ^Tu leur diras : Ainsi parle le Sei- par elles. '-Je leur donnai aussi mes gneur, l'Eternel : Le jour où j'ai choisi sabbats comme un signe entre moi et Israël, j'ai levé ma main vers la posté- eux, pour qu'ils connussent que je suis rite de la maison de Jacob, et je me l'Eternel qui les sanctifie.' suis fait connaître à eux dans le pays '^Et la maison d'Israël se révolta d'Égyj)te; j'ai levé ina main vers eux, contre moi dans le désert. Ils ne sui- en disant: Je suis l'Eternel, votre virent ])oint mes lois, et ils rejetèrent Dieu. ^En ce jour-là, j'ai levé ma main mes ordonnances, que l'homme doit vers eux, pour les faire passer du pays mettre en pratique, afin de vivre par d'Egypte dans un pays que j'avais elles, et ils profanèrent à l'excès mes cherché pour eux, pays où coulent le sabbats. J'eus la pensée de répandre lait et le miel, le plus beau de tous les sur eux ma fureur dans le désert, pour pays. "Je leur dis : Rejetez chacun les les anéantir. '^Néanmoins j'ai agi par abominations qui attirent vos regards, égard |)()ur mon nom, afin qu'il ne fût et ne vous souillez pas par les idoles pas profané aux yeux des nations en le l'Egypte ! Je suis l'Eternel, votre présence desquelles je les avais fait Dieu. sortir d'Egypte. "^Dans le désert, je ''Et ils se révoltèrent contre moi, et levai ma main vers eux, pour ne ]nis ils ne voulurent pas m'écouter. Aucun les conduire dans le pays que je leur ne rejeta les abominations qui atti- avais destiné, pays où coulent le lait raient ses regards, et ils n'abandon- et le miel, le plus beau de tous les I0G5 a Cliap'. 20, 16-36. EZECHIEL. pays, '^et cela parce qu'ils rejetèrent -"C'est pourquoi parle à la maison mes ordonnances et ne suivirent point d'Israël, fils de l'homme, et dis-leur: mes lois, et parce qu'ils profanèrent Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : mes sabbats, car leur cœur ne s'éloi- Vos pères m'ont encore outragé, en gna pas de leurs idoles. ''Mais j'eus se montrant infidèles à mon égard. j)our eux un regard de pitié et je ne -^Je les ai conduits dans le pays que les détruisis pas, je ne les exterminai j'avais juré de leur donner, et ils ont pas dans le désert. '"Je dis à leurs fils jeté les yeux sur toute colline élevée dans le désert : Ne suivez pas les pré- et sur tout arbre touffu; là ils ont fait ce])tes de vos pères, n'observez pas leurs coutumes, et ne vous souillez pas par leurs idoles ! '^Je suis l'Eter- nel, votre Dieu. Suivez mes préceptes, observez mes ordonnances, et mettez- les en pratique. ^"Sanctifiez mes sab- leurs sacrifices, ils ont présenté leurs offrandes qui m'irritaient, ils ont brûlé leurs parfums d'une agréable odeur, et ils ont répandu leurs libations. ^^Je leur dis : Qu'est-ce que ces hauts lieux où vous vous rendez ? Et le nom de bats, et qu'ils soient entre moi et vous hauts lieux leur a été donné jusqu'à un signe auquel on connaisse que je ce jour. suis l'Eternel, votre Dieu. ^''G'est pourquoi dis à la maison "-'Et les fils se révoltèrent contre d'Israël : Ainsi parle le Seigneur, l'E- moi. Ils ne suivirent point mes pré- ternel : Ne vous souillez-vous pas à ceptes, ils n'observèrent point et n'exé- la manière de vos pères, et ne vous entèrent point mes ordonnances, que prostituez-vous pas après leurs abo- l'homme doit mettre en pratique, afin minations?^' En présentant vos offran- de vivre par elles, et ils profanèrent des, en faisant ])asser vos enfants par mes sabbats. J'eus la pensée de ré- le feu, vous vous souillez encore au- ])anclre sur eux ma fureur, d'épuiser jourd'hui par toutes vos idoles. Et contre eux ma colère dans le désert, moi, je me laisserais consulter par --Néanmoins j'ai retiré ma main, et vous, maison d'Israël ! Je suis vivant ! j'ai agi par égard j)our mon nom, afin dit le Seigneur, l'Eternel, je ne me qu'il ne fût pas profané aux yeux des laisserai pas consulter par vous. ^*0n nations en présence desquelles je les ne verra pas s'accomplir ce que vous avais fait sortir d'Egypte. -'Dans le imaginez, quand vous dites : Nous désert, je levai encore ma main vers voulons être comme les nations, com- eux, pour les disperser parmi les na- me les familles des autres pays, nous tions et les répandre en divers pays, voulons servir le bois et la pierre. ^''Je ^^parce qu'ils ne mirent pas en prati- suis vivant! dit le Seigneur, l'Eternel, que mes ordonnances, parce qu'ils je régnerai sur vous, à main forte et à rejetèrent mes préceptes, profanèrent bras étendu, et en répandant ma fu- mes sabbats, et tournèrent leurs yeux reur. '■'Je vous ferai sortir du milieu vers les idoles de leurs pères. -^Je des peuples, et je vous rassemblerai leur donnai aussi des préceptes qui des pays où vous êtes dispersés, à n'étaient pas bons, et des ordonnan- main forte et à bras étendu, et en ré- ces par lesquelles ils ne pouvaient pandant ma fureur. '^Je vous amène- A'ivre. -^Je les souillai parleurs offran- rai dans le désert des peuples, et là je des, quand ils faisaient passer par le vous jugerai face à face. '"Comme je feu tous leurs premiers-nés ; je voulus suis entré en jugement avec vos pères ainsi les punir, et leur faire connaître dans le désert du pays d'Egypte, ainsi que je suis l'Eternel. j'entrerai en jugement avec vous, dit 1066 EZEGHIEL. Chap. 20,^-21,1. le Seigneur, l'Éternel. ^' Je vous ferai cevrai comme un parfum d'une agréa- passer sous la verge, et je vous met- ble odeur, quand je vous aurai fait trai dans les liens de l'alliance. ^*Je sortir du milieu des peuples, et ras- séparerai de vous les rchelles et ceux semblés des pays où vous êtes dis- qui me sont infidèles ; je les tirerai du perses ; et je serai sanctifié par vous pays où ils sont étrangers, mais ils aux yeux des nations. ""-Et vous sau- n'iront pas au pays d'Israël. Et vous rez que je suis l'Eternel, quand je saurez que je suis l'Eternel. vous ramènerai dans le pays d'Israël, ^'Et vous, maison d'Israël, ainsi dans le pays que j'avais juré de parle le Seigneur, l'Eternel : Allez donner à vos pères. "Là vous vous servir chacun vos idoles ! Mais après souviendrez de votre conduite et de cela, vous m'écouterez, et vous ne toutes vos actions par lesquelles vous profanerez plus mon saint nom par vous êtes souillés; vous vous prendrez vos offrandes et par vos idoles. "Car vous-mêmes en dégoût, à cause de sur ma montagne sainte, sur la haute toutes les infamies que vous avez montagne d'Israël, dit le Seigneur, commises. '''Et vous saurez que je l'Eternel, là toute la maison d'Israël, suis l'Eternel, quand j'agirai avec tous ceux qui seront dans le pays me vous par égard pour mon nom, et serviront ; là je les recevrai favorable- nullement d'après votre conduite ment, je rechercherai vos offrandes, mauvaise et vos actions corrompues, les prémices de vos dons, et tout ce ô maison d'Israël! dit le Seigneur, que vous me consacrerez. ^' Je vous re- l'Éternel. Contre Jérusalem et contre les Ammonites. Chap. X\I. 'La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : -Fils de l'homme, tourne ta face vers le midi, Et parle contre le midi ! Prophétise contre la forêt des champs du midi ! ^Tu diras à la forêt du midi : Ecoute la parole de l'Eternel ! Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Je vais allumer un feu au dedans de toi. Et il dévorera tout arbre vert et tout arbre sec ; La flamme ardente ne s'éteindra point. Et tout visage en sera brûlé. Du midi au septentrion. *Et t(jute chair verra Que moi, l'Eternel, je l'ai allumé. Il ne s'éteindra point. ^Je dis : Ah ! Seigneur Eternel ! Ils disent de moi : N'est-ce pas un faiseur de paraboles ? 'Et la parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots : ^Fils de l'homme, tourne ta face vers Jérusalem, Et parle contre les lieux saints ! 1067 es Chap.21,8-is. ÉZÉCHIEL. Prophétise contre le pays d'Israël ! *Tu diras au pays d'Israël : Ainsi parle l'Eternel : Voici, j'en veux à toi, Je tirerai mon épée de son fourreau, Et j'exterminerai du milieu de toi le juste et le méchant. *Parce que je veux exterminer du milieu de toi le juste et le Mon épée sortira de son fourreau, [méchant, Pour frapper toute chair. Du midi au septentrion. '"Et toute chair saura Que moi, l'Eternel, j'ai tiré mon épée de son fourreau. Elle n'y rentrera plus. "Et toi, fds de l'homme, gémis ! Les reins brisés et l'amertume dans l'àme, Gémis sous leurs regards ! '-Et s'ils te disent : Pourquoi gémis-tu? Tu répondras : Parce qu'il arrive une nouvelle... Tous les cœurs s'alarmeront, Toutes les mains deviendront faibles, Tous les esprits seront abattus. Tous les genoux se fondront en eau... Voici, elle arrive, elle est là ! Dit le Seigneur, l'Eternel. '•^La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : '*Fils de l'homme, prophétise, et dis : Ainsi parle l'Eternel. Dis : L'épée ! l'épée ! Elle est aiguisée, elle est polie. '= C'est pour massacrer qu'elle est aiguisée, C'est pour étincelef qu'elle est polie... Nous réjouirons-nous? Le sceptre de mon fds méprise tout bois... "^On l'a donnée à polir, Pour que la main la saisisse; Elle est aiguisée, l'épée, elle est polie. Pour armer la main de celui c[ui massacre. ''Crie et gémis, fds de l'homme ! Car elle est tirée contre mon peuple, Contre tous les princes d'Israël ; Ils sont livrés à l'épée avec mon peuple. Frappe donc sur ta cuisse ! '^Oui, l'épreuve sera faite ; Et que sera-ce, si ce sceptre qui méprise tout est anéanti ? Dit le Seigneur, l'Eternel. 1068 EZECIIIEL. Chap. SI.10-: 30. "Et toi, fils de l'homme, prophétise, Et frappe des mains ! Et que les coups de l'épée soient doublés, soient triplés ! C'est l'épée du carnage, l'épée du grand carnage, L'épée qui doit les poursuivre. -"Pour jeter l'efiroi dans les cœurs. Pour multiplier les victimes, A toutes leurs portes je les menacerai de l'épée. Ah ! elle est faite pour étinceler, Elle est aiguisée pour massacrer. ■-'Rassemble tes forces, tourne-toi à droite! Place-toi, tourne-toi à gauche! Dirige de tous côtés ton tranchant! "Et moi aussi, je frapperai des mains, Et j'assouvirai ma fureur. C'est moi, l'Eternel, qui parle. -' La parole de l'Éternel me fut adres- sée, en ces mots : -■'Fils de l'homme, trace deux che- mins pour servir de passage à l'épée du roi de Babylone ; tous les deux doi- vent sortir du même pays ; marque un signe, marque-le à l'entrée du chemin manifestant vos péchés dans toutes vos actions ; parce que vous en rappe- lez le souvenir, vous serez saisis par sa main. ^"Et toi, profane, méchant, prince d'Israël, dont le jour arrive au temps où l'iniquité est à son terme! ""ainsi qui conduit à une ville. -^Tu traceras parle le Seigneur, l'Eternel : La tiare l'un des chemins, pour que l'épée ar- sera ôtée, le diadème sera enlevé, rive à Rabbath, ville des enfants d'Am- Les choses vont changer. Ce qui est mon, et l'autre, pour qu'elle arrive en abaissé sera élevé, et ce qui est élevé Juda, à Jérusalem, ville fortifiée. -*Car sera abaissé. ^^J'en ferai une ruine, le roi de Babylone se tient au carre- une ruine, une ruine. Mais cela n'aura four, à l'entrée des deux chemins, lieu qu'cà la venue de celui à qui ap- pour tirer des présages ; il secoue les partient le jugement et à qui je le re- flèches, il interroge les théraphim, il mettrai. examine le foie. -'Le sort, qui est dans ^^Ettoi, fils de l'homme, prophétise, sa droite, désigne Jérusalem, où l'on et dis : Ainsi parle le Seigneur, l'Eter- devra dresser des béliers, comman- nel, sur les enfants d'Ammon et sur der le carnage, et pousser des cris de leur opjirobre. Dis : L'épée, l'épée est guerre ; on dressera des béliers con- tirée, elle est polie, pour massacrer, tre les portes, on élèvera des terras- pour dévorer, pour étinceler! ^■'Au mi- ses, on formera des retranchements, lieu de tes visions vaines et de tes ^*Ils ne voient là que de vaines divina- oracles menteurs, elle te fera tomber tions, eux qui ont fait des serments. parmi les cadavres des méchants, dont Mais lui, il se souvient de leur iniquité, le jour arrive au temps où l'iniquité en sorte c[u'ils seront pris. est à son terme. ^^Remets ton épée ^'C'est pourquoi ainsi parle le Sei- dans le fourreau. Je te jugerai dans le gneur, l'Eternel : Parce que vous rap- lieu où tu as été créé, dans le pays de pelez le souvenir de votre iniquité, en ta naissance. ^'Je répandrai sur toi mettant à nu vos transgressions, en ma colère, je soufflerai contre toi avec 10G9 Chap.ii^l.3--23,T. EZECHIEL. le feu de ma fureur, et je te livrerai entre les mains d'hommes qui dévo- rent, qui ne travaillent qu'à détruire. ''Tu seras consumé par le feu; ton sang coulera au milieu du pays ; on ne se souviendra plus de toi. Car moi, l'Eternel, j'ai parlé. Les crimes de Jérusalem. Chap. XXII. 'La parole de l'Éter- nel me fut adressée, en ces mots : *Et toi, fils de l'homme, jugeras-tu, jugeras-tu la ville sanguinaire? Fais- lui connaître toutes ses abominations ! ''Tu diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Ville qui répands le sang au milieu de toi, pour que ton jour arrive, et qui te fais des idoles pour te souiller! ■'Tu es coupable à cause du sang que tu as répandu, et tu t'es souillée par les idoles que tu as faites. Tu as ainsi avancé tes jours, et tu es parvenue au terme de tes années. C'est .pourquoi je te rends un objet d'op- probre pour les nations et de moque- rie pour tous les pays. ^Geux qui sont près et ceux qui sont au loin se mo- queront de toi, qui es souillée de ré- putation et pleine de trouble. ^ Voici, au dedans de toi, tous les princes d'Israël usent de leur force pour répandre le sang; "au dedans de toi, l'on méprise père et mère, on maltraite l'étranger, on opprime l'or- phelin et la veuve. *Tu dédaignes mes sanctuaires, tu profanes mes sabbats. ^11 y a chez toi des calomniateurs pour répandre le sang; chez toi, l'on mange sur les montagnes ; on com- met le crime dans ton sein. '"Au mi- lieu de toi, on découvre la nudité du père; au milieu de toi, on fait vio- lence à la femme pendant son impu- reté. "Au milieu de toi, chacun se li- vre à des abominations avec la femme de son prochain, chacun se souille par l'inceste avec sa belle -fille, chacun déshonoi'e sa sœur, fille de son père. '-Chez toi, l'on reçoit des présents pour répandre le sang ; tu exiges un intérêt et une usure, tu dépouilles ton prochain par la violence, et moi, tu m'oublies, dit le Seigneur, l'Eternel. '■'Voici, je frappe des mains à cause de la cupidité que tu as eue, et du sang qui a été répandu au milieu de toi. '■'Ton cœur sera-t-il ferme, tes mains auront- elles de la force dans les jours où j'agirai contre toi? Moi, l'Eternel, j'ai parlé, et j'agirai. '^Je te disperserai parmi les nations, je te répandrai en divers pays, et je ferai disparaître ton impureté du milieu de toi. "^Tu seras souillée par toi-même aux yeux des nations, et tu sauras que je suis l'Eternel. "La parole de l'Eternel me fut adres- sée, en ces mots : '^Fils de l'homme, la maison d'Is- raël est devenue pour moi comme des scories; ils sont tous de l'airain, de l'étain, du fer, du plomb, dans le creuset; ce sont des scories d'argent. '^ C'est pourquoi ainsi parle le Sei- gneur, l'Eternel : Parce que vous êtes tous devenus comme des scories, voici, je vous rassemblerai au milieu de Jé- rusalem. -"Comme on rassemble l'ar- gent, l'airain, le fer, le plomb et l'é- tain, dans le creuset, et qu'on souffle le feu pour les fondre, ainsi je vous rassemblerai dans ma colère et dans ma fureur, et je vous mettrai au creu- set pour vous fondre. '^'Je vous ras- semblerai, et je soufflerai contre vous avec le feu de ma fureur; et vous se- rez fondus au milieu de Jérusalem. '^'- Comme l'argent fond dans le creu- set, ainsi vous serez fondus au milieu d'elle. Et vous saurez que moi, l'Eter- nel, j'ai répandu ma fureur sur voas. -'La parole de l'Eternel me fut adres- sée, en ces mots : -"Tils de l'homme, dis à Jérusalem : Tu es une terre qui n'est pas purifiée, qui n'est pas arrosée de pluie au jour 1070 ÉZÉCHIEL. Chap. 23. 2r,-2S, s. de la colore. "Ses prophètes conspi- ]>liètes ont pour eux des enduits de rent dans son sein ; comme un lion plâtre, de vaines visions, des oracles rugissant qui déchire sa proie, ils dé- menteurs; ils disent : Ainsi parle le vorent les âmes, ils s'emparent des Seigneur, rEternel ! Et l'Eternel ne richesses et des choses précieuses, leur a point parlé. -^Le peuple du ils multiplient les veuves au milieu pays se livre à la violence, commet d'elle. **Ses prêtres violent ma loi et des rapines, opprime le malheureux profanent mes sanctuaires, ils ne dis- et l'indigent, foule l'étranger contre tinguent pas ce qui est saint de ce qui toute justice. -^"Je cherche parmi eux est profane, ils ne font pas connaître un homme qui élève un mur, qui se la différence entre ce qui est im- tienne à la brèche devant moi en fa- pur et ce qui est pur, ils détournent veur du pays, afin que je ne le dé- les yeux de mes sabbats, et je suis truisepas; mais je n'en trouve point, profané au milieu d'eux. -'Ses chefs ''Je répandrai sur eux ma fureur, je sont dans son sein comme des loups les consumerai par le feu de ma co- qui déchirent leur proie; ils répan- 1ère, je ferai retomber leurs œuvres dent le sang, perdent les âmes, pour sur leur tête, dit le Seigneur, l'Eter- assouvir leur cupidité. -*Et ses pro- nel. Les cleii.r sœurs prostituées, Samarie et Jérusalem. Chap. XXIII. 'La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : *Fils de l'homme, il y avait deux femmes, Filles d'une même mère. ^Elles se sont prostituées en Egvpte, Elles se sont prostituées dans leur jeunesse ; Là leurs mamelles ont été pressées, Là leur sein virginal a été touché. ••L'aînée s'appelait Ohola, Et sa sœur Oholiba ; Elles étaient à moi. Et elles ont enfanté des fds et des fdles. Ohola, c'est Samarie; Oholiba, c'est Jérusalem. ^Ohola me fut infidèle; Elle s'enflamma pour ses amants, Les Assyriens ses voisins, *Vêtus d'étoffes teintes en bleu, Gouverneurs et chefs. Tous jeunes et charmants, Cavaliers montés sur des chevaux. "Elle s'est prostituée à eux, A toute l'élite des enfants de l'Assyrie ; Elle s'est souillée avec tous ceux ])our lesquels elle s'était cnflam- Elle s'est souillée avec toutes leurs idoles. [mée, *Elle n'a pas renoncé à ses prostitutions d'Egypte : Car ils avaient couché avec elle dans sa jeunesse, 1071 Chap.23,9-n. ÉZÉCHIEL. Ils avaient touché son sein virginal. Et ils avaient répandu sur elle leurs prostitutions. ^ C'est pourquoi je Tai livrée entre les mains de ses amants, Entre les mains des enfants de l'Assyrie, Pour lesquels elle s'était enflammée. '"Ils ont découvert sa nudité. Ils ont pris ses fds et ses fdles. Ils l'ont fait périr elle-même avec l'épée ; Elle a été en renom parmi les femmes, Après les jugements exercés sur elle. "Sa sœur Oholiba vit cela. Et fut plus déréglée qu'elle dans sa passion ; Ses prostitutions dépassèrent celles de sa sœur. '-Elle s'enflamma pour les enfants de l'Assyrie, Gouverneurs et chefs, ses voisins. Vêtus magnifiquement. Cavaliers montés sur des chevaux. Tous jeunes et charmants. '^Je vis qu'elle s'était souillée, Que l'une et l'autre avaient suivi la même voie. '^Elle alla même plus loin dans ses prostitutions. Elle aperçut contre les murailles des peintures d'hommes. Des images de Chaldéens peints en couleur rouge, '^Avec des ceintures autour des reins, Avec des turbans de couleurs variées flottants sur la tète. Tous ayant l'apparence de chefs, Et figurant des enfants de Babylone, De la Chaldée, leur patrie; '^EUe s'enflamma pour eux, au premier regard, Et leur envoya des messagers en Chaldée. ''Et les enfants de Babylone se rendirent auprès d'elle. Pour partager le lit des amours. Et ils la souillèrent par leurs prostitutions. Elle s'est souillée avec eux, Puis son cœur s'est détaché d'eux. '^Elle a mis à nu son impudicité. Elle a découvert sa nudité ; Et mon cœur s'est détaché d'elle. Comme mon cœur s'était détaché de sa sœur. '^Elle a multiplié ses prostitutions, En pensant aux jours de sa jeunesse, Lorsqu'elle se prostituait au pays d'Egypte. -"Elle s'est enflammée pour des impudiques. Dont la chair était comme celle des ânes. Et l'api^roche comme celle des chevaux. '' Tu t'es souvenue des crimes de ta jeunesse. Lorsque les Egyptiens pressaient tes mamelles, 1072 EZECHIEL. Chap.^S,n-Ji. A cause de ton sein viro-inal. o "C'est pourquoi, Oholiba, ainsi parle le Seigneur, rÉternel : Voici, j'excite contre toi tes amants, Ceux dont ton cœur s'est détaché. Et je les amène de toutes parts contre toi. -^Les enfants de Babylone et tous les Chaldéens, Nol)les, princes et seigneurs, Et tous les enfants de l'Assyrie avec eux, Jeunes et charmants. Tous gouverneurs et chefs. Chefs illustres. Tous montés sur des chevaux. -'Ils marchent contre toi avec des armes, des chars et des roues. Et une multitude de peuples ; Avec le grand et le petit bouclier, avec les casques, Ils s'avancent de toutes parts contre toi. Je leur remets le jugement. Et ils te jugeront selon leurs lois. -''Je répands ma colère sur toi, Et ils te traiteront avec fureur. Ils te couperont le nez et les oreilles, Et ce qui reste de toi tombera par l'épée ; Ils ]^rendront tes fds et tes fdles. Et ce qui reste de toi sera dévoré par le feu. ^^Ils te dépouilleront de tes vêtements. Et ils enlèveront les ornements dont tu te pares- -' Je mettrai fin à tes crimes Et à tes prostitutions du pays d'Egypte ; Tu ne porteras plus tes regards vers eux, Tu ne penseras plus à l'Egvpte. -'*Car ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, je te livre entre les mains de ceux que tu hais. Entre les mains de ceux dont ton cœur s'est détaché. -^Ils te traiteront avec haine ; Ils enlèveront toutes tes richesses. Et te laisseront nue, entièrement nue ; La honte de tes impudicités sera découverte, De tes crimes et de tes prostitutions. ^••Ces choses t'arriveront, Parce que tu t'es prostituée après les nations. Parce que tu t'es souillée par leurs idoles. ^'Tu as marché dans la voie de ta sœur, Et je mets sa coupe dans ta main. ^-Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Tu boiras la coupe de ta sœur. Tu la boiras large et profonde ; Elle te rendra un objet de risée et de moquerie»; 1073 Chap. 2S,33-v>. ÉZÉGHIEL. Elle contient beaucoup. ^'Tu seras remplie d'ivresse et de douleur ; C'est la coupe de désolation et de destruction, La coupe de ta sœur Samarie. ^*Tu la boiras, tu la videi'as, Tu la briseras en morceaux, Et tu te déchireras le sein. Car j'ai parlé, Dit le Seigneur, l'Eternel. ^^ C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Parce que tu m'as oublié. Parce que tu m'as rejeté derrière ton dos. Porte donc aussi la peine de tes crimes et de tes prostitutions. ^* L'Eternel me dit : Fils de l'homme, jugeras-tu Ohola et Oholiba ? Déclare-leur leurs abominations ! ^' Elles se sont livrées à l'adultère, et il y a du sang à leurs mains; Elles ont commis adultère avec leurs idoles ; Et les enfants qu'elles m'avaient enfantés. Elles les ont fait passer par le feu Pour qu'ils leur servissent d'aliment. ^^ Voici encore ce qu'elles m'ont fait : Elles ont souillé mon sanctuaire dans le même jour. Et elles ont profané mes sabbats. •''^ Elles ont immolé leurs enfants à leurs idoles. Et elles sont allées le même jour dans mon sanctuaire, Pour le profaner. C'est là ce qu'elles ont fait dans ma maison. ■"'Et même elles ont fait chercher des hommes venant de loin, Elles leur ont envoyé des messagers, et voici, ils sont venus. Pour eux tu t'es lavée, tu as mis du fard à tes yeux, ' Tu t'es parée de tes ornements ; ■"Tu t'es assise sur un lit magnifique. Devant lequel une table était dressée. Et tu as placé sur cette table mon encens et mon huile. ■•-On entendait les cris d'une multitude joyeuse ; Et parmi cette foule d'hommes On a fait venir du désert des Sabéens, Qui ont mis des bracelets aux mains des deux sœurs Et de superbes couronnes sur leurs têtes. *^Je dis alors au sujet de celle qui a vieilli dans l'adultère : Continuera-t-elle maintenant ses prostitutions, et viendra-t-on à elle? "Et l'on est venu vers elle comme l'on va chez une prostituée ; C'est ainsi qu'on est allé vers Ohola et Oholiba, Ces femmes criminelles. *^Mais des hoçimes justes les jugeront, 1074 EZECIIIEL. Chap.2S.i6-U.iG. Comme on juge les femmes adultères, Comme on juge celles qui répandent le sang ; Car elles sont adultères, et il v a du sano' à leurs mains. *^Car ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Je ferai monter contre elles une multitude, Et je les livrerai à la terreur et au pillage. "Cette multitude les lapidera, Et les abattra à coups d'cpée; On tuera leurs fds et leurs filles. On brûlera leurs maisons par le feu. ■""Je ferai cesser ainsi le crime dans le pays; Toutes les femmes recevront instruction. Et ne commettront pas de crime comme le vôtre. ■"•On fera retomber votre crime sur vous, Et vous porterez les péchés de vos idoles. Et vous saurez que je suis le Seigneur, l'Eternel. La ruine de Jérusalem. "C'est pourquoi ainsi parle le Sei- gneur, l'Eternel : Malheur à la ville sanguinaire ! Moi aussi je veux faire un grand bûcher. '"Entasse le bois. Clinp. XXIV. 'La neuvièmeannée, j'ai répandu son sang sur le roc nu, le dixième jour du dixième mois, la pour qu'il ne fût i)as couvert, parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : *Fils de l'homme, mets par écrit la date de ce jour, de ce jour-ci ! Le roi de Babylone s'approche de Jérusalem allume le feu, cuis bien la chair, assai- en ce jour même. ^Propose une para- sonne-la, et que les os soient brûlés, bole à la famille de rebelles, et dis- "Puis mets la chaudière vide sur les leur: Ainsi parle le Seigneur, l'Eter- charbons, afin qu'elle s'échauffe, que nel : Place , place la chaudière , et son airain devienne brûlant, que sa verses-y de l'eau. ''Mets-y les mor- souillure se fonde au dedans, et que ceaux, tous les bons morceaux, la sa rouille se consume. '-Les efforts cuisse, lépaule; remplis-la des meil- sont inutiles, la rouille dont elle est leurs os. ^Choisis dans le troupeau, jîleine ne se détache pas; la rouille ne et entasse du bois sous la chaudière ; fais bouillir à gros bouillons, et que les os qui sont dedans cuisent aussi. 'C'est pourquoi ainsi parle le Sei- gneur, l'Eternel : Malheur à la ville sanguinaire, chaudière pleine derouil- s'en ira que par le feu. '^Le crime est dans ta souillure; parce que j'ai voulu te purifier et que tu n'es pas devenue pure, tu ne seras plus purifiée de ta souillure jusqu'à ce que j'aie assouvi sur toi ma fureur. '^Moi, l'Eternel, le, et dont la rouille ne se détache j'ai parlé; cela arrivera, et je l'exécu- pas ! Tires-en les morceaux les uns teral ; je ne reculerai pas, et je n'aurai après les autres, sans recourir au sort, ni pitié ni repentir. On te jugera selon 'Car le sang qu'elle a versé est au mi- ta conduite et selon tes actions, dit le lieu d'elle; elle l'a mis sur le roc nu, Seigneur, l'Eternel. elle ne l'a pas répandu sur la terre '^La parole de l'Eternel me fut {)()ur le couvrir de poussière. '*Afin de adressée, en ces mots : montrer ma fureur, afin de me venger, ''Fils de l'homme, voici, je t'enlève 1075 Chap.2i.r,-^5,6. EZECHIEL. par une mort soudaine ce qui fait les délices de tes yeux. Tu ne te lamen- teras point, tu ne pleureras point, et tes larmes ne couleront pas. '"Soupire en silence, ne prends pas le deuil des morts, attache ton turban, mets ta chaussure à tes j^ieds, ne te couvre pas la barbe, et ne mange pas le pain des autres. '^J'avais parlé au peuple le matin, et ma femme mourut le soir. Le len- demain matin, je fis ce qui m'avait été ordonné. ''^Le peuple me dit : Ne nous expliqueras-tu pas ce que signifie pour nous ce que tu fais ? '-°Je leur répon- dis : La parole de l'Eternel m'a été adressée, en ces mots : '-'Dis à la mai- son d'Israël : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, je vais profaner mon sanctuaire, l'orgueil de votre force, les délices de vos yeux, l'objet de votre amour; et vos fils et vos filles que vous avez laissés tomberont par l'épée. ^-Vous ferez alors comme j'ai fait. Vous ne vous couvrirez pas la barbe, vous ne mangerez pas le pain des autres, -^vous aurez vos turbans sur la tête et aos chaussures aux pieds, vous ne vous lamenterez pas et vous ne pleurerez pas ; mais vous serez frappés de langueur pour vos iniqui- tés, et vous gémirez entre vous. ^"'Ezé- chiel sera pour vous un signe. Vous ferez entièrement comme il a fait. Et quand ces choses arriveront, vous saurez que je suis le Seigneur, l'Eter- nel. -'^Et toi, fils de l'homme, le jour où je leur enlèverai ce qui fait leur force, leur joie et leur gloire, les délices de leurs yeux et l'objet de leur amour, leurs fils et leurs filles, -^ce jour-là un fuyard viendra vers toi pour l'annon- cer à tes oreilles. -^En ce jour, ta bou- che s'ouvrira avec le fuyard, et tu par- leras, tu ne seras plus muet; tu seras pour eux un signe, et ils sauront que je suis l'Eternel. Propliétic contre les Ainiuonitcs, tes Moabitcs, les Edoinites, et les Philistins. Chap. A.Vl^. 'La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : -Fils de l'homme, tourne ta face vers les enfants d'Ammon, Et prophétise contre eux ! ■'Tu diras aux enfants d'Ammon : Ecoutez la parole du Seigneur, de l'Eternel ! Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Parce que tu as dit : Ah ! ah ! Sur mon sanctuaire qui était jirofané. Sur la terre d'Israël qui était dévastée. Et sur la maison de Juda qui allait en captivité, ■'Voici, je te donne en possession aux fils de l'Orient; Ils établiront au milieu de toi leurs enclos. Et ils y ])laceront leurs demeures ; Ils mangeront tes fruits. Ils boiront ton lait. '^Je ferai de Rabba un parc pour les chameaux. Et du pays des enfants d'Ammon un bercail pour les brebis. Et vous saurez que je suis l'Eternel. *Car ainsi parle le Seigneur, l'I'^ternel : 1076 ÉZÉCIIIEL. Chap.So.i-m. Parce que tu as l)attu des mains Et frappé du pied, Parce que tu t'es réjoui dédaigneusement et du fond de Fàme Au sujet de la terre d'Israël, "\'oici, j'étends ma main sur toi. Et je te livre en proie aux nations ; Je t'extermine du milieu des jieuples. Je te retranche du nombre des pays, Je te détruis. Et tu sauras que je suis l'Eternel. 'Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Parce que Moab et Séir ont dit : Voici, la maison de Juda est comme toutes les nations ! "A cause de cela, voici, j'ouvre le territoire" de Moab Du côté des villes, de ses villes frontières. L'ornement du jiays, Beth-Jeschimoth, Baal-Meon et Kirjathaïm, '"Je l'ouvre aux fils de l'Orient Qui marchent contre les enfants d'Ammon, Et je le leur donne en possession, Afin que les enfants d'Ammon ne soient plus comptés parmi les na- " J'exercerai mes jugements contre Moab. [tions. Et ils sauront que je suis l'Eternel. '^Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Parce qu'Edom s'est livré à la vengeance Envers la maison de Juda, Parce qu'il s'est rendu coupable Et s'est vengé d'elle, '■'Ainsi parle le Seigneur, l'h^ternel : J'étends ma main sur Edom, J'en extermine les hommes et les bêtes. J'en fais un désert, tle Théman à Dedan ; Ils tomberont par l'épée. '^J'exercerai ma vengeance sur Edom Par la main de mon peuple d'Israël ; Il traitera Edom selon ma colère et ma fureur; Et ils reconnaîtront ma vengeance, Dit le Seigneur, l'Eternel. '^\insi parle le Seigneur, l'Eternel : Parce que les Philistins se sont livrés à la vengeance. Parce (pi'ils se sont vengés dédaigneusement et ilu fond de l'àme. Voulant tout détruire, dans leur haine éternelle, '"Ainsi parle le Seigneur, l'I'^teruel : Voici, j'étends ma main sur les Philistins, a. Le terrilQÎrf. hcb. /c cûéc. 1077 Chap. 25. 11-26, t'.. ÉZÉCHIEL. J'extermine les Kéréthiens, Et je détruis ce qui reste sur la côte de la mer. "J'exercerai sur eux de grandes vengeances, En les châtiant avec fureur. Et ils sauront que je suis l'Eternel, Quand j'exercerai sur eux ma vengeance. Prophéties contre Tyr et Sidon. Chap. XXYI. 'La onzième année, le premier jour du mois, la parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : ^Fils de l'homme, parce que Tyr a dit sur Jérusalem : Ah ! ah ! Elle est brisée, la porte des peuples ! On se tourne vers moi, Je me remplirai, elle est déserte ! ^A cause de cela, ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, j'en veux à toi, Tj'r ! Je ferai monter contre toi des nations nombreuses. Comme la mer fait monter ses flots. '' Elles détruiront les murs de Tyr, Elles abattront ses tours. Et j'en raclerai la poussière ; Je ferai d'elle un rocher nu ; ^Elle sera dans la mer un lieu où l'on étendra les filets; Car j'ai parlé, dit le Seigneur, l'Eternel. Elle sera la proie des nations. *Ses filles" sur son territoire Seront tuées par l'épée. Et ils sauront que je suis l'Eternel. 'Car ainsi parle le Seigneur, l'Eter- on entre dans une A'ille conquise. "Il nel : Voici, j'amène du septentrion foulera toutes tes rues avec les sabots contre Tyr Nebucadnetsar, roi de Ba- de ses chevaux, il tuera ton peuple bylone, le roi des rois, avec des che- avec l'épée, et les monuments de ton vaux, des chars, des cavaliers, et une orgueil tomberont à terre. '-On enlè- grande multitude de peuples. '^Il tuera vera tes richesses, on pillera tes mar- par l'épée tes filles sur ton territoire ; chandises, on abattra tes murs, on il fera contre toi des retranchements, renversera tes maisons de plaisance, il élèvera contre toi des terrasses, et et l'on jettera au milieu des eaux tes il dressera contre toi le bouclier. 'Il pierres, ton bois, et ta poussière. '^Je dirigera les cou])s de son bélier con- ferai cesser le bruit de tes chants, et tre tes murs, et il renversera tes tours l'on n'entendra plus le son de tes har- avec ses machines. '"La multitude de pes. '*Je ferai de toi un rocher nu; tu ses chevaux te couvrira de poussière ; seras un lieu où l'on étendra les filets; tes murs trembleront au bruit des ca- tu ne seras plus rebâtie. Car moi, l'E- valiers, des roues et des chars, lors- ternel, j'ai parlé, dit le Seigneur, l'É- qu'il entrera dans tes portes comme ternel. a. .Se.s filles, les villes de son ressort. 1078 ÉZÉCHIEL. Chap. 26,15-27.5. '^Ainsi parle à Tyr le Seigneur, l'Eternel : Au bruit de ta chute, Quand les mourants gémissent. Quand le carnage est dans ton sein. Les îles tremblent. '*Tous les princes de la mer descendent de leurs trônes, Ils ôtent leurs manteaux. Et quittent leurs vêtements brodés ; Ils s'enveloppent de frayeur, et s'asseyent sur la terre; A chaque instant l'épouvante les saisit. Et ils sont consternés à cause de toi. "Ils prononcent sur toi une complainte, et te disent : Eh quoi! tu es détruite. Toi que peuplaient ceux cjui parcourent les mers, Ville célèbre, qui étais puissante sur la mer! Elle est détruite avec ses habitants, Qui inspiraient la terreur à tous ceux d'alentour ! '^Maintenant les îles tremblent au jour de ta chute, Les îles de la mer sont épouvantées de ta lin. ''Car ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Quand je ferai de toi une ville déserte. Comme les villes c|ui n'ont point d'habitants, Quand je ferai monter contre toi l'abîme, Et que les grandes eaux te couvriront, -"Je te précipiterai avec ceux qui sont descendus dans la fosse. Vers le peuple d'autrefois, Je te placerai dans les profondeurs de la terre, Dans les solitudes éternelles. Près de ceux qui sont descendus dans la fosse, Afin que tu ne sois plus habitée ; Et je réserverai la gloire pour le pays des vivants. *' Je te réduirai au néant, et tu ne seras plus ; On te cherchera, et l'on ne te trouvera plus jamais, Dit le Seigneur, l'Éternel. Chap. XXVII. 'La parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots "Et toi, fils de l'homme. Prononce sur Tyr une complainte ! ^Tu diras à Tyr : O toi qui es assise au bord de la mer. Et qui trafiques avec les peuples d'un grand nombre d'îles ! Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Tyr, tu disais : Je suis parfaite en beauté! *Ton territoire est au cœur des mers ; Ceux qui t'ont bâtie t'ont rendue parfaite en beauté. ^Avec des cyprès de Senir ils ont fait tous tes lambris; 1079 Chap. 27,6-18. ÉZÉCHIEL. Ils ont pris des cèdres du Liban pour t'élever un mât; ^Ils ont fabriqué tes rames avec des cbènes de Basan, Et tes bancs avec de l'ivoire travaillé dans du buis, Et apporté des îles de Rittim. J "Le fin lin d'Egypte avec des broderies " Te servait de voiles et de pavillon ; Des étoffes teintes en bleu et en pourpre des îles d'Elischa Formaient tes tentures. '^Les habitants de Sidon et d'Arvad étaient tes rameurs, Et les plus experts du milieu de toi, ô Tyr, étaient tes pilotes. 'Les anciens de Guebal et ses ouvriers habiles étaient chez toi, Pour réparer tes fissures ; Tous les navires de la mer et leurs mariniers étaient chez toi. Pour faire l'échange de tes marchandises. '"Ceux de Perse, de Lud et de Puth, servaient dans ton armée, C'étaient des hommes de guerre ; Ils suspendaient chez toi le bouclier et le casque. Ils te donnaient de la splendeur. "Les enfants d'Arvad et tes guerriers garnissaient tes murs, Et de vaillants hommes occupaient tes tours ; Ils suspendaient leurs boucliers à tous tes murs, , Ils rendaient ta beauté parfaite. f ''Ceux de Tarsis trafiquaient avec toi, A cause de tous les biens que tu avais en abondance ; D'argent, de fer, d'étain et de plomb, Ils pourvoyaient tes marchés. '■'Javan, Tubal et Méschec trafiquaient avec toi ; Ils donnaient des esclaves" et des ustensiles d'airain, En échange de tes marchandises. '"'Ceux de la maison de Togarma Pourvoyaient tes marchés de chevaux, de cavaliers et de mulets. '^Les enfants de Dedan trafiquaient avec toi ; Le commerce de beaucoup d'îles passait par tes mains ; On te payait avec des cornes d'ivoire et de l'ébène. '*La Syrie trafiquait avec toi, A cause du grand nombre de tes produits ; D'escarboucles, de pourpre, de broderie, De byssus, de corail et de rubis. Elle pourvoyait tes marchés. '^Juda et le pays d'Israël trafiquaient avec toi; Ils donnaient le froment de iMinnith, La pâtisserie, le miel, l'huile et le baume. En échange de tes marchandises. '^ Damas trafiquait avec toi, A cause du grand nombre de tes produits, a. Des esciaves, héb. des tintes t/7tonimes. 1080 ÉZÉCIIIEL. Chai>.27,m-ai. A cause de tous les biens que tu avais en abondance ; Elle te fournissait du vin de Helbon et de la laine blanche. "•Vedan et Javan, depuis Uzal, Pourvoyaient tes marchés ; Le fer travaillé, la casse et le roseau aromatique, Étaient échangés avec toi. ^"Dedan trafiquait avec toi En couvertures pour s'asseoir à cheval. -'L'Arabie et tous les princes de Kédar trafiquaient avec toi, Et faisaient le commerce en agneaux, en béliers et en boucs. *^Les marchands de Séba et de Raema trafiquaient avec toi ; De tous les meilleurs aromates. De toute espèce de pierres précieuses et d'or. Ils pourvoyaient tes marchés. -^Charan, Canné et Eden, Les marchands de Séba, d'Assyrie, de Kilmad, Trafiquaient avec toi ; -■'Ils trafiquaient avec toi en belles marchandises, En manteaux teints en bleu, en broderies, En riches étoffes contenues dans des coffres Attachés avec des cordes, faits en bois de cèdre. Et amenés sur tes marchés. -^Les navires de Tarsis naviguaient pour ton commerce; Tu étais au comble de la richesse et de la gloire, Au cœur des mers. -*Tes rameurs t'ont fait voguer sur les grandes eaux: Un vent d'orient t'a brisée au cœur des mers. -'Tes richesses, tes marchés et tes marchandises. Tes mariniers et tes pilotes. Ceux qui réparent tes fissures Et ceux qui s'occupent de ton commerce. Tous tes hommes de guerre qui sont chez toi. Et toute la multitude qui est au milieu de toi Tomberont dans le cœur des mers. Au jour de ta chute. '**Aux cris de tes pilotes. Les plages d'alentour trembleront ; '-^Et tous ceux qui manient la rame descendront de leurs navires. Les mariniers, tous les pilotes de la mer. Ils se tiendront sur la terre ; ■^"Ils feront entendre leurs voix sur toi. Et i^ousseront des cris amers ; Ils jetteront de la poussière sur leurs têtes, Et se rouleront dans la cendre ; ''Ils se raseront la tète à cause de toi. Ils se revêtiront de sacs, I-]l ils pleureront sur loi dans l'amertume de leur âme, 1081 Chap. 27, 32-28. 9. ÉZÉGIIIEL. Avec vine vive affliction. ^^Dans leur douleur, ils diront une complainte sur toi, Ils se lamenteront sur toi : Qui était comme Tyr, Comme cette ville détruite au milieu de la mer? '•'Quand tes produits sortaient des mers, Tu rassasiais un grand nombre de peuples ; Par l'abondance de tes biens et de tes marchandises, Tu enrichissais les rois de la terre. ■'^Et quand tu as été brisée par les mers. Quand tu as disparu dans les profondeurs des eaux, Tes marchandises et toute ta multitude Sont tombées avec toi. •'^Tous les habitants des îles sont dans la stupeur à cause de toi, Leurs rois sont saisis d'épouvante. Leur visage est bouleversé. ^*Les marchands parmi les peuples sifflent sur toi ; Tu es réduite au néant, tu ne seras plus à jamais ! Chap. XXVIII. 'La parole de lÉternel me fut adressée, en ces mots -Fils de l'homme, dis au prince de Tyr : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Ton cœur s'est élevé, et tu as dit : Je suis Dieu, Je suis assis sur le siège de Dieu, au sein des mers ! Toi, tu es homme et non Dieu, Et tu prends ta volonté pour la volonté de Dieu. ^Voici, tu es plus sage que Daniel, Rien de secret n'est caché pour toi ; ■*Par ta sagesse et par ton intelligence Tu t'es acquis des richesses. Tu as amassé de l'or et de l'argent Dans tes trésors ; ^Par ta grande sagesse et par ton commerce Tu as accru tes richesses. Et par tes richesses ton cœur s'est élevé. ^ C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Parce que tu prends ta volonté pour la volonté de Dieu, 'Voici, je ferai venir contre toi des étrangers, Les plus violents d'entre les peuples ; Ils tireront l'épée contre ton éclatante sagesse, Et ils souilleront ta beauté. *Ils te précipiteront dans la fosse, Et tu mourras comme ceux qui tombent percés de coups. Au milieu des mers. ''En face de ton meurtrier, diras-tu : Je suis Dieu ? Tu seras homme et non Dieu 1082 ÉZÉCHIEL. Chap.98.io-Qi. Sous la main de celui qui te tuera. '"Tu mourras de la mort des incirconcis, Par la main des étrangers. Car moi, j'ai parlé, Dit le Seigneur, l'Eternel. "La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : '"Fils de l'homme, Prononce une complainte sur le roi de Tyr ! Tu lui diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Tu mettais le sceau à la perfection, Tu étais plein de sagesse, parfait en beauté. '^Tu étais en Eden, le jardin de Dieu ; Tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses, De sardoine, de topaze, de diamant. De chrysolithe, d'onyx, de jaspe. De saphir, d'escarboucle, d'émeraude, et d'or; Tes tambourins et tes flûtes étaient à ton service, Préparés pour le jour où tu fus créé. '^Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées; Je t'avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; Tu marchais au milieu des ])ierres étincelantes. '^Tu as été intègre dans tes >'oies, Depuis le jour où tu fus créé Jusqu'à celui où l'iniquité a été trouvée chez toi. '"Par la grandeur de ton commerce Tu as été rempli de violence, et tu as péché ; Je te précipite de la montagne de Dieu, Et je te fais disparaître, chérubin protecteur. Du milieu des pierres étincelantes. '"Ton cœur s'est élevé à cause de ta beauté, Tu as corrompu ta sagesse par ton éclat; Je te jette par terre. Je te livre en spectacle aux rois. '*Par la multitude de tes iniquités. Par l'injustice de ton commerce. Tu as profané tes sanctuaires ; Je fais sortir du milieu de toi un feu qui te dévore. Je te réduis en cendre sur la terre, Aux yeux de tous ceux qui te regardent. '^Tous ceux qui te connaissent parmi les peuples Sont dans la stupeur à cause de toi ; Tu es réduit au néant, tu ne seras plus à jamais ! ^'La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : -'Fils de l'homme, tourne ta face vers Sidon, 1083 6'J Chap. 28, ^-29, 6. ÉZÉCHIEL. Et prophétise contre elle ! **Tu diras ; Ainsi parle le Seigneur, TEternel : Voici, j'en veux à toi, Sidon ! Je serai glorifié au milieu de toi ; Et ils sauront que je suis TEternel, Quand j'exercerai mes jugements contre elle. Quand je manifesterai ma sainteté au milieu d'elle. -•■'J'enverrai la peste dans son sein, Je ferai couler le sang dans ses rues ; Les morts tomberont au milieu d'elle Par l'épée qui de toutes parts viendra la frapper. Et ils sauront que je suis l'Eternel. -''Alors elle ne sera plus pour la maison d'Israël Une épine qui blesse, une ronce déchirante, Parmi tous ceux qui l'entourent et qui la méprisent. Et ils sauront que je suis le Seigneur, l'Eternel, ^^Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : ront en sécurité, et ils bâtiront des Lorsque je rassemblerai la maison maisons et planteront des vignes ; ils d'Israël du milieu des peuples où elle y habiteront en sécurité, quand j'exer- est dispersée, je manifesterai en elle cerai mes jugements contre tous ceux ma sainteté aux yeux des nations, et qui les entourent et qui les méprisent, ils habiteront leur pays que j'ai donné Et ils sauront que je suis l'Eternel, à mon serviteur Jacob. **Ils y habite- leur Dieu. Propliêties contre V Egypte. Chap. A'.Y/,Y. 'La dixième année, le douzième jour du dixième mois, la pa- role de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : ^Fils de l'homme, tourne ta face vers Pharaon, roi d'Egypte, Et prophétise contre lui et contre toute l'Egypte ! ^Parle, et tu diras : Ainsi parle le Seigneur, rÉternel : Voici, j'en veux à toi, Pharaon, roi d'Egypte, Grand crocodile, qui te couches au milieu de tes fleuves, Et qui dis : Mon fleuve est à moi, c'est moi qui l'ai fait ! *Je mettrai une boucle à tes mâchoires. J'attacherai à tes écailles les poissons de tes fleuves. Et je te tirerai du milieu de tes fleuves. Avec tous les poissons qui s'y trouvent Et qui seront attachés à tes écailles. ^Je te jetterai dans le désert. Toi et tous les poissons de tes fleuves. Tu tomberas sur la face des champs. Tu ne seras ni relevé ni ramassé ; Aux bêtes de la terre et aux oiseaux du ciel Je te donnerai pour pâture. ^Et tous les habitants de l'Egypte sauront que je suis l'Eternel, . Parce qu'ils ont été un soutien de roseau pour la maison d'Israël. 1084 ÉZÉCHIEL. Chap.29,i-io. 'Lorsqu'ils t'ont pris dans la main, tu t'es rompu, Et tu leur as déchiré toute l'épaule ; Lorsqu'ils se sont appuyés sur toi, tu t'es brisé, Et tu as rendu leurs reins immobiles. * C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, je ferai venir contre toi l'épée, Et j'exterminerai du milieu de toi les hommes et les bêtes. "Le pays d'Egypte deviendra une solitude et un désert. Et ils sauront que je suis l'Eternel, Parce qu'il a dit : Le fleuve est à moi, c'est moi qui l'ai fait ! '"C'est pourquoi voici, j'en veux à toi et à tes fleuves. Et je ferai du pays d'Egypte un désert et une solitude. Depuis Migdol jusqu'à Syène et aux frontières de l'Ethiopie. "Nul pied d'homme n'y passera. Nul pied d'animal n'y passera, Et il restera quarante ans sans être habité. '-Je ferai du pays d'Egypte une solitude entre les pays dévastés. Et ses villes seront désertes entre les villes désertes, Pendant quarante ans. Je répandrai les Egyptiens parmi les nations, Je les disperserai en divers pays. '^ Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Au bout de quarante ans je rassemblerai les Egyptiens Du milieu des peuples où ils auront été dispersés. '*Je ramènerai les captifs de l'Egypte, Je les ramènerai dans le pays de Pathros, Dans le pays de leur origine. Et là ils formeront un faible royaume. '^Ce sera le moindre des royaumes. Et il ne s'élèvera plus au-dessus des nations. Je les diminuerai, afin qu'ils ne dominent pas sur les nations. '*Ce royaume ne sera plus pour la maison d'Israël un sujet decon- II lui rappellera son iniquité, quand elle se tournait vers eux. [fiance; Et ils sauront que je suis le Seigneur, l'Eternel. "La vingt-septième année, le premier jour du premier mois, la parole de lEternel me fut adressée, en ces mots : '*Fils de l'homme, Nebucadnetsar, roi de Babylone, A fait faire à son armée un service pénible contre Tyr ; Toutes les têtes sont chauves, toutes les épaules sont écorchées ; Et il n'a retiré de Tyr aucun salaire, ni lui, ni son armée, Pour le service qu'il a fait contre elle. "C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : 1085 Chap. 29. w-30. w. ÉZÉCHIEL. Voici, je donne à Nebucadnetsar, roi de Babylone, Le pays d'Egypte ; Il en emportera les richesses, Il en prendra les dépouilles, Il en pillera le butin ; Ce sera un salaire pour son armée. ^"Pour prix du service qu'il a fait contre Tyr, Je lui donne le pays d'Egypte; Car ils ont travaillé pour moi. Dit le Seigneur, l'Eternel. ^' En ce jour-là, je donnerai de la force " à la maison d'Israël, Et je t'ouvrirai la bouche au milieu d'eux. Et ils sauront que je suis l'Eternel. Chap. XXX. 'La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : ^Fils de l'homme, prophétise, et dis : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Gémissez !... Malheureux jour ! ^Car le jour approche, le jour de l'Eternel approche. Jour ténébreux : ce sera le temps des nations. ■'L'épée fondra sur l'Egypte, Et l'épouvante sera dans l'Ethiopie, Quand les morts tomberont en Egvpte, Quand on enlèvera ses richesses. Et que ses fondements seront renversés. ^L'Ethiopie, Puth, Lud, toute l'Arabie, Cub, Et les lils du pays allié. Tomberont avec eux par l'épée. '^Ainsi parle l'Eternel : Ils tomberont les soutiens de l'Egypte, Et l'orgueil de sa force périra ; De Migdol à Syène ils tomberont ])ar l'épée, Dit le Seigneur, l'Eternel. 'Ils seront dévastés entre les pays dévastés. Et ses villes seront entre les villes désertes. ^Et ils sauront que je suis l'Eternel, Quand je mettrai le feu dans l'Egypte, Et que tous ses soutiens seront brisés. "En ce jour-là, des messagers iront de ma part sur des navires Troubler l'Ethiopie dans sa sécurité ; Et l'épouvante sera parmi eux au jour de l'Egypte, Car voici, ces choses arrivent! '"Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Je ferai disparaître la multitude de l'Egypte, a. lléb. je ferai pousser une corne. 1086 ÉZÉCIIIEL. Chnp. 30,11-^2. Par la main de Nebucadnetsar, roi de Babylone. "Lui et son peuple avec lui, Le plus violent d'entre les peuples, Seront envoyés pour détruire le pays ; Ils tireront l'épée contre l'Egypte, Et rempliront le pays de morts. '-Je mettrai les canaux à sec, Je livrerai le pays entre les mains des méchants ; Je ravagerai le pays et ce qu'il renferme, par la main des étrangers. Moi, l'Eternel, j'ai parlé. '■■'Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : J'anéantirai les idoles. Et j'oterai de Noph les vains simulacres; Il n'y aura plus de prince du pays d'Egypte, Et je répandrai la terreur dans le pavs d'Egypte. '*Je dévasterai Pathros, Je mettrai le feu à Tsoan, Et j'exercerai mes jugements sur No. '^Je répandrai ma fureur sur Sin, la forteresse de l'Egypte, Et j'exterminerai la multitude de No. 'Me mettrai le feu dans l'Egypte; Sin sera saisie d'angoisse. No sera ouverte par la brèche, Et Noph conquise en plein jour par les ennemis. ''Les jeunes hommes d'On et de Pi-Béseth tomberont par l'épée, Et ces villes iront en captivité. '*A Tachpanès le jour s'obscurcira, Quand j'y briserai le joug de l'Egypte, Et que l'orgueil de sa force y prendra fin ; Un nuage couvrira Tachpanès, Et ses fdles" iront en captivité. "J'exercerai mes jugements sur l'Egypte, Et ils sauront que je suis l'Eternel. -°La onzième année, le septième jour du premier mois, la parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots : -'Fils de l'homme, j'ai rompu le bras de Pharaon, roi d'Egypte ; Et voici, on ne l'a point pansé pour le guérir. On ne l'a point enveloppé d'un bandage Pour le lier et le rafi'ermir, Alin (pi'il puisse manier l'épée. "C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, j'en veux à Pharaon, roi d'Egypte, Et je lui romprai les bras, a. Ses fil/esj les villes de son ressort. 1087 Chap. SO, 23-31, io. ÉZÉCHIEL. Celui qui est en bon état et celui qui est cassé, Et je ferai tomber l'épée de sa main. '''Je répandrai les Egyptiens parmi les nations, Je les disperserai en divers pays. ^■•Je fortifierai les bras du roi de Babylone, Et je mettrai mon épée dans sa main ; Je romprai les bras de Pharaon, Et il gémira devant lui comme gémissent les mourants. ^^Je fortifierai, les bras du roi de Babylone, Et les bras de Pharaon tomberont. Et ils sauront que je suis l'Eternel, Quand je mettrai mon épée dans la main du roi de Babylone, Et qu'il la tournera contre le pays d'Egypte. -Me répandrai les Egyptiens parmi les nations, Je les disperserai en divers pays. Et ils sauront que je suis l'Eternel. Chap. -VA'AY. 'La onzième année, le premier jour du troisième mois, la parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : "Fils de l'homme, dis à Pharaon, roi d'Egypte, et à sa multitude : A qui ressembles-tu dans ta grandeur? 'Voici, l'Assyrie était un cèdre du Liban ; Ses branches étaient belles. Son feuillage était touffu, sa tige élevée. Et sa cime s'élançait au milieu d'épais rameaux. ^Les eaux l'avaient fait croître. L'abîme l'avait fait pousser en hauteur; Des fleuves coulaient autour du lieu où il était planté. Et envoyaient leurs canaux à tous les arbres des champs. ^C'est pourquoi sa tige s'élevait au-dessus de tous les arbres des champs, Ses branches avaient multiplié, ses rameaux s'étendaient, Par l'abondance des eaux qui l'avaient fait pousser. ■ ' - ^Tous les oiseaux du ciel nichaient dans ses branches. Toutes les bêtes des champs faisaient leurs petits sous ses rameaux. Et de nombreuses nations habitaient toutes à son ombre. "11 était beau par sa grandeur, par l'étendue de ses branches. Car ses racines plongeaient dans des eaux abondantes. ^Les cèdres du jardin de Dieu ne le surpassaient point. Les cyprès n'égalaient point ses branches. Et les platanes n'étaient point comme ses rameaux; Aucun arbre du jardin de Dieu ne lui était comparable en beauté. Me l'avais embelli par la multitude de ses branches. Et tous les arbres d'Eden, dans le jardin de Dieu, lui portaient envie. '"C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Parce qu'il avait une tige élevée, 1088 ÉZÉCniEL. Chap.Sl,n-82.-i. Parce qu'il lançait sa cime au milieu d'épais rameaux, Et que son cœur était fier de sa hauteur, "Je l'ai livré entre les mains du héros des nations, Qui le traitera selon sa méchanceté ; je l'ai chassé. '-Des étrangers, les plus violents des peuples, l'ont abattu et rejeté; Ses branches sont tombées dans les montagnes et dans toutes les vallées. Ses rameaux se sont brisés dans tous les ravins du pays ; Va tous les peuples de la terre se sont retirés de son ombre, I']t l'ont abandonné. '^Sur ses débris sont venus se poser tous les oiseaux du ciel, Et toutes les bêtes des champs ont fait leur gîte parmi ses rameaux, "Afin que tous les arbres près des eaux n'élèvent plus leur tige. Et qu'ils ne lancent plus leur cime au milieu d'épais rameaux, Afin que tous les chênes arrosés d'eau ne gardent plus leur hauteur ; Car tous sont livrés à la mort, aux profondeurs de la terre. Parmi les enfants des hommes. Avec ceux qui descendent dans la fosse. '^Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Le jour où il est descendu dans le séjour des morts. J'ai répandu le deuil, j'ai couvert l'abîme à cause de lui. Et j'en ai retenu les fleuves ; Les grandes eaux ont été arrêtées ; J'ai rendu le Liban triste à cause de lui. Et tous les arbres des champs ont été desséchés. "'Par le bruit de sa chute j'ai fait trembler les nations. Quand je l'ai précipité dans le séjour des morts, Avec ceux qui descendent dans la fosse ; Tous les arbres d'Eden ont été consolés dans les profondeurs de la terre, Les plus beaux et les meilleurs du Liban, Tous arrosés par les eaux. ''Eux aussi sont descendus avec lui dans le séjour des morts. Vers ceux qui ont péri par l'épée ; Ils étaient son bras et ils habitaient à son ombre ])armi les nations. '*A qui ressembles-tu ainsi en gloire et en grandeur Parmi les arbres d'Eden? Tu seras précipité avec les arbres d'Eden Dans les profondeurs de la terre, Tu seras couché au milieu des incirconcis. Avec ceux qui ont péri par l'épée. Voilà Pharaon et toute sa multitude ! Dit le Seigneur, l'Éternel. Clutp. XXXII. 'La douzième année, le premier jour du douzième mois, la parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots : ^Fils de l'homme- 1089 Çhap. 32,3-1^. ÉZÉGHIEL. Prononce une complainte sur Pharaon, roi d'Egypte ! Tu lui diras : Tu ressemblais à un lionceau parmi les nations ; Tu étais comme un crocodile dans les mers, Tu t'élançais dans tes fleuves, Tu troublais les eaux avec tes pieds, Tu agitais leurs flots. ^Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : J'étendrai sur toi mon rets. Dans une foule nombreuse de jjeuples, Et ils te tireront dans mon fdet. ''Je te laisserai à terre. Je te jetterai sur la face des champs ; Je ferai reposer sur toi tous les oiseaux du ciel, Et je rassasierai de toi les bêtes de toute la terre. ^Je mettrai ta chair sur les montagnes, Et je remplirai les vallées de tes débris ; ^J'arroserai de ton sang le pays où tu nages. Jusqu'aux montagnes, Et les ravins seront remplis de toi. "Quand je t'éteindrai, je voilerai les cieux Et j'obscurcirai leurs étoiles. Je couvrirai le soleil de nuages, Et la lune ne donnera plus sa lumière. *J'obscurcirai à cause de toi tous les luminaires des cieux, Et je répandrai les ténèbres sur ton pays. Dit le Seigneur, l'Eternel. ''J'affligerai le cœur de beaucoup de peuples. Quand j'annoncerai ta ruine parmi les nations A des pays que tu ne connaissais pas. '°Je frapperai de stupeur beaucoup de peuples à cause de toi, Et leurs rois seront saisis d'épouvante à cause de toi. Quand j'agiterai mon épée devant leur face ; Ils trembleront à tout instant chacun pour sa vie. Au jour de ta chute. "Car ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : L'épée du roi de Babylone fondra sur toi. '-Je ferai tomber ta multitude par l'épée de vaillants hommes. Tous les plus violents d'entre les peuples ; Ils anéantiront l'orgueil de l'Egypte, Et toute sa multitude sera détruite. '^Je ferai périr tout son bétail près des grandes eaux; Le pied de l'homme ne les troublera plus, Le sabot des animaux ne les troublera plus, '*Alors je calmerai ses eaux. Et je ferai couler ses fleuves comme l'huile, Dit le Seigneur, l'Éternel. 1090 ÉZÉCHIEL. Chap.S^,a-To '^Quand je ferai du pays d'Egypte une solitude, Et que le pays sera dépouillé de tout ce qu'il contient, Quand je frapperai tous ceux qui l'habitent, Ils sauront que je suis l'Eternel. 16/ 'C'est là une complainte, et on la dira ; Les filles des nations diront cette complainte ; Elles la prononceront sur l'Egypte et sur toute sa multitude, Dit le Seigneur, l'Eternel. '"La douzième année, le quinzième jour du mois, la parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots : "Fils de l'homme. Lamente-toi sur la multitude d'Egypte, et précipite-la. Elle et les filles des nations puissantes, Dans les profondeurs de la terre. Avec ceux qui descendent dans la fosse ! "Qui surpasses-tu en beauté ? Descends, et couche-toi avec les incirconcis ! -"Ils tomberont au milieu de ceux qui sont morts par l'épée. Le glaive est donné : Entraînez l'Egypte et toute sa multitude ! "Les puissants héros lui adresseront la parole Au sein du séjour des morts, Avec ceux qui étaient ses soutiens. Ils sont descendus, ils sont couchés les incirconcis. Tués par l'épée. "*Là est l'Assyrien, avec toute sa multitude, Et ses sépulcres sont autour de lui ; Tous sont morts, sont tombés par l'épée. -'Ses sé]:)uleres sont dans les profondeurs de la fosse, Et sa multitude est autour de son sépulcre; Tous sont morts, sont tombés par l'épée; Eux qui répandaient la terreur dans le pavs des vivants. "Là est Elam, avec toute sa multitude. Autour est son sépulcre ; Tovis sont morts, sont tombés par l'épée; Ils sont descendus incinoncis dans les profondeurs de la terre. Eux f|ui répandaient la terreur clans le ])ays des Aivants, Et ils ont jîorté leur ignominie vers ceux (pii descendenl dans la fosse. -^On a fait sa couche parmi les morts avec toute sa multitude. Et ses sé])idcres sont autour de lui ; Tous ces incirconcis sont morts par l'éjiée. Car ils répandaient la terreur dans le pays des vivants, 1091 Chap. 82,26-33,6. ÉZÉCHIEL. Et ils ont porté leur ignominie vers ceux qui descendent dans la fosse ; Ils ont été placés parmi les morts. -•'Là sont Méschec, Tubal, et toute leur multitude, Et leurs sépulcres sont autour d'eux ; Tous ces incirconcis sont morts par l'épée, Car ils répandaient la terreur dans le pays des vivants. -"Ils ne sont pas couchés avec les héros Ceux qui sont tombés d'entre les incirconcis ; Ils sont descendus au séjour des morts avec leurs armes de guerre, Ils ont mis leurs épées sous leurs têtes. Et leurs iniquités ont été sur leurs ossements; Car ils étaient la terreur des héros dans le pays des vivants. -^Toi aussi, tu seras brisé au milieu des incirconcis. Tu seras couché avec ceux qui sont morts par l'épée. ^^Là sont Edom, ses rois et tous ses princes. Qui, malgré leur vaillance, ont été placés Avec ceux qui sont morts par l'épée ; Ils sont couchés avec les incirconcis. Avec ceux qui descendent dans la fosse. ^"Là sont tous les princes du septentrion, et tous les Sidoniens, Qui sont descendus vers les morts. Confus, malgré la terreur qu'insjoirait leur vaillance; Ces incirconcis sont couchés avec ceux qui sont morts par l'épée, Et ils ont porté leur ignominie vers ceux qui descendent dans la fosse. ^'Pharaon les verra. Et il se consolera au sujet de toute sa multitude. Des siens qui sont morts par l'épée et de toute son armée. Dit le Seigneur, l'Eternel. ^-Car je répandrai ma terreur dans le pays des vivants; Et ils seront couchés au milieu des incirconcis, Avec ceux qui sont morts par l'épée. Pharaon et toute sa multitude, Dit le Seigneur, l'Eternel. Devoirs des propliètes. Chap. XXXIII. 'La parole de l'E- et avertit le peuple; *et si celui qui ternel me fut adressée, en ces mots : entend le son de la trompette ne se -Fils de l'homme, parle aux enfants laisse pas avertir, et que l'épée vienne de ton peuple, et dis-leur : Lorsque le surprendre, son sang sera sur sa je fais venir l'épée sur un pays, et que tête. H\ a entendu le son de la trom- le peuple du pays prend dans son sein pette, et il ne s'est pas laissé avertir, un homme et l'établit comme senti- son sang sera sur lui; s'il se laisse nelle, — 'si cet homme voit venir l'é- avertir, il sauvera son âme. ^Si la sen- pée sur le pays, sonne de la trompette, tinelle voit venir l'épée, et ne sonne 1092 EZECHIEL. Chap. 83,1-71. pas de là trompette ; si le peuple n'est tice, '^s'il rend le gage, s'il restitue ce ])as averti, et que Fépée vienne enle- ver à (jueltpi'un la vie, celui-ci périra à cause de son iniquité, mais je rede- manderai son san"' à la sentinelle. "Et toi, fils de riiomme, je t'ai éta- bli comme sentinelle sur la maison d'Israël. Tu dois écouter la parole qui qu'il a ravi, s il suit les préceptes qui donnent la vie, sans commettre l'ini- quité, il vivra, il ne mourra pas. *^Tous les péchés qu'il a commis seront ou- bliés; il pratique la droiture et la jus- tice, il vivra. '"Les enfants de ton peuple disent ; sort de ma bouche, et les avertir de La voie du Seigneur n'est pas droite, ma part. * Quand je dis au méchant: C'est leur voie qui n'est pas droite. Méchant, tu mourras ! si tu ne parles "Si le juste se détourne de sa justice pas pour détourner le méchant de et commet l'iniquité, il mourra à cause sa voie, ce méchant mourra dans son de cela. ''■'Si le méchant revient de sa iniquité, et je te redemanderai son méchanceté et pratique la droiture et sang. 'Mais si tu avertis le méchant la justice, il vivra à cause de cela, pour le détourner de sa voie, et qu'il -"Vous dites : La voie du Seigneur ne s'en détourne pas, il mourra dans n'est pas droite. Je vous jugerai cha- son iniquité, et toi tu sauveras ton cun selon ses voies, maison d'Israël ! âme. '«Et toi, fils de l'homme, dis à la A ioccasioa de la prise de Jérusalem. maison d'Israël : Vous dites : Nos ^'La douzième année, le cinquième transgressions et nos péchés sont sur jour du dixième mois de notre capti- nous, et c'est à cause d'eux que nous vite, un homme qui s'était échajipé sommes frappés de langueur; com- de .Jérusalem vint à moi et dit: La ment pourrions-nous vivre? "Dis-leur: ville a été prise ! --La main de l'Eter- Je suis vivant ! dit le Seigneur, l'Eter- nel avait été sur moi le soir avant nel, ce que je désire, ce n'est pas que l'arrivée du fugitif, et l'Eternel m'avait le méchant meure, c'est qu'il change ouvert la bouche lorsqu'il vint auprès de conduite et qu'il vive. Revenez, de moi le matin. Ma bouche était ou revenez de votre mauvaise voie; et verte, et je n'étais plus muet. -^Alors pourquoi mourriez-vous, maison d'Is- la parole de l'Eternel me fut adressée, raël ? en ces mots : '-Et toi, fils de l'homme, dis aux ^''Fils de l'homme, ceux qui habitent enfants de ton peuple: La justice du ces ruines dans le pavs d'Israël disent ■ juste ne le sauvera pas au jour de sa Abraham était seul, et il a hérité le transgression; et le méchant ne tom- pays; à nous, qui sommes nombreux, bera pas par sa méchanceté le jour où lepaysest donné en possession. -^G'est il s'en détournera, de même que le pourquoi dis-leur : Ainsi parle le Sei- juste ne pourra pas vivre par sa justice gneur, l'Eternel: Vous mangez vos au jour de sa transgression. '^Lorsque aliments avec du sang", vous levez les je dis au juste qu'il vivra, — s'il se yeux vers vos idoles, vous répandez confie dans sa justice et commet l'ini- le sang. Et vous posséderiez le pays ! -"Vous vous appuyez sur votre épéc, vous commettez des abominations. quité, toute sa justice sera oubliée, et il mourra à cause de l'iniquité qu'il a commise. '*Lorsque je dis au méchant : Tu mourras ! — s'il l'cvient de son pé- chacun de vous déshonore la femme de son procliain. Et vous posséderiez ché et pratique la droiture et la jus- le pays ! -M)is-leur : Ainsi p;irle le Sci- o. Contrairement à la loi, Lév. 19, iC : « Vous ne mangerez rien avec du sang. » 1093 Chap. 33, 28-34, 12. EZECIIIËL. gneur, rÉternel : Je suis vivant ! ceux qui sont parmi les ruines tomberont par l'épée; ceux qui sont dans les champs, j'en ferai la pâture des bêtes; et ceux qui sont dans les forts et dans les cavernes mourront par la peste. ^*Je réduirai le pays en solitude et en désert; l'orgueil de sa force prendra fin; les montagnes d'Israël seront dé- solées, personne n'y passera. -'Et ils sauront que je suis l'Éternel, quand je réduirai le pays en solitude et en désert, à cause de toutes les abomina- tions qu'ils ont commises. •■'"Et toi, fils de l'homme, les enfants de ton peuple s'entretiennent de toi près des murs et aux portes des mai- sons, et ils se disent l'un à l'autre, chacun à son frère: Venez donc, et écoutez quelle est la parole qui est procédée de l'Eternel ! ^'Et ils se ren- dent en foule auprès de toi, et mon peuple s'assied devant toi ; ils écou- tent tes paroles, mais ils ne les met- tent point en pratique, car leur bouche en fait un sujet de moquerie, et leur cœur se livre à la cupidité. ''-Voici, tu es pour eux comme un chanteur agréable, possédant une belle voix, et habile dans la musique. Ils écoutent tes paroles, mais ils ne les mettent point en pratique. *' Quand ces choses arriveront, — et voici, elles arrivent ! — ils sauront qu'il y avait un prophète au milieu d'eux. Contre les chefs d'Israël. Promesses au peuple. C/iajj. XXXIV. 'La parole de l'É- ternel me fut adressée, en ces mots : -Fils de l'homme, prophétise con- tre les pasteurs d'Israël"! Prophétise, et dis-leur, aux pasteurs : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Malheur aux pasteurs d'Israël , qui se paissaient eux-mêmes ! Les pasteurs ne devaient- ils pas paître le troupeau ? ^Vous avez a Les chefs d'Israël. mangé la graisse, vous vous êtes vêtus avec la laine, vous avez tué ce qui était gras, vous n'avez point fait paître les brebis. *Vous n'avez pas fortifié celles qui étaient faibles, guéri celle qui était malade, pansé celle qui était blessée; vous n'avez jias ramené celle qui s'égarait, cherché celle qui était perdue; mais vous les avez dominées avec violence et avec dureté. ^EUes se sont dispersées, parce qu'elles n'a- vaient point de pasteur; elles sont devenues la proie de toutes les bêtes des champs, elles se sont dispersées. '^Mon troupeau est errant sur toutes les montagnes et sur toutes les colli- nes élevées, mon troupeau est dis- persé sur toute la face du pays ; nul n'en prend souci, nul ne le cherche. "C'est pourquoi, pasteurs, écoutez la parole de l'Eternel ! * Je suis vivant ! dit le Seigneur, l'Éternel, parce que mes brebis sont au pillage et qu'elles sont devenues la proie de toutes les bêtes des champs, faute de pasteur, parce que mes pasteurs ne prenaient aucun souci de mes brebis, cpi'ils se paissaient eux-mêmes, et ne faisaient point paître mes brebis, — '*à cause de cela, pasteurs, écoutez la parole de l'Eternel ! '"Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, j'en veux aux pas- teurs ! Je reprendrai mes brebis d'en- tre leurs mains, je ne les laisserai plus jiaître mes brebis, et ils ne se paîtront plus eux-mêmes ; je délivrerai mes brebis de leur bouche, et elles ne seront plus pour eux une proie. "Car ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, j'aurai soin moi-même de mes brebis, et j'en ferai la revue. '^Comme un pasteur inspecte son troupeau quand il est au milieu de ses brebis éparses, ainsi je ferai la revue de mes brebis, et je les recueillerai de tous les lieux où elles ont été dispersées au jour des nuages et de l'obscurité. 1094 EZECHIEL. C/iap.3li3-3o,3. "Je les retirerai d'entre les peuples, qu'elles ne soient |)lus au pillage, et je les rassemblerai des diverses con- je jugerai entre brebis et brebis. --'J'é- trées, et je les ramènerai dans leur tablirai sur elles un seul pasteur, qui |xiys; je les ferai paitre sur les mun- les fera paître, mon serviteur David; tagnes d'Israël, le long des ruisseaux, il les fera j)aître, il sera leur pasteur, et dans tous les lieux habités du pays. -^Moi, l'Eternel, je serai leur Dieu, et '^Je les ferai paître dans un bon j)àtu- mon serviteur David sera prince au rage, et leur demeure sera sur les milieu d'elles. Moi, l'Éternel, j'ai montagnes élevées d'Israël; là elles parlé. -^Je traiterai avec elles une al- reposeront dans un agréable asile, et liance de paix, et je ferai disparaître elles auront de gras pâturages sur les du pays les animaux sauvages; elles montagnes d'Israël. '^ C'est moi qui habiteront en sécurité dans le désert, ferai paître mes brebis, c'est moi qui et dormiront au milieu des forêts. -Me les ferai reposer, dit le Seigneur, ferai d'elles et des environs de ma l'Eternel. 'Me chercherai celle qui colline un sujet de bénédiction ; j'en- était perdue, je ramènerai celle qui verrai la pluie en son temps, et ce était égarée, je panserai celle qui est sera une pluie de bénédiction. -"L'ar- blessée, et je fortifierai celle qui est bre des champs donnera son fruit, et malade. Mais je détruirai celles qui la tei-re donnera ses productions. Elles sont grasses et vigoureuses. Je veux seront en sécurité dans leur pays ; et les paître avec justice. elles sauront que je suis l'Eternel, ''Et vous, mes brebis, ainsi parle quand je briserai les liens de leur le Seigneur, l'Eternel : Voici, je juge- joug, et que je les délivrerai de la main rai entre brebis et brebis, entre bé- de ceux qui les asservissaient. -*Elles liers et boucs. '^Est-ce trop peu pour ne seront plus au pillage parmi les vous de paître dans le bon pâturage, nations, les bêtes de la terre ne les pour que vous fouliez de vos pieds le dévoreront ])lus, elles habiteront en reste de votre pâturage ? de boire une sécurité, et il n'y aura personne pour eau limpide, pour que vous troubliez les troubler. -M'établirai pour elles le reste avec vos pieds ? ''■^ Et mes bre- une jjlantation qui aura du renom; bis doivent paître ce que vos pieds elles ne seront plus consumées par la ont foulé, et boire ce que vos pieds faim dans le pays, et elles ne porte- ont troublé ! ront plus l'opprobre des nations. ^"Et -"C'est pourquoi ainsi leur parle le elles sauront que moi, l'Eternel, leur Seigneur, l'Eternel : Voici, je jugerai Dieu, je suis avec elles, et qu'elles entre la brebis grasse et la brebis sont mon peuple, elles, la maison maigre. -'Parce que vous avez heurté d'Israël, dit le Seigneur, l'Éternel, avec le côté et avec l'épaule, et frappé ^'Vous, mes brebis, brebis de mon de vos cornes toutes les brebis faibles, pâturage, vous êtes des hommes ; moi, jusqu'à ce que vous les ayez chassées, je suis votre Dieu, dit le Seigneur, --je porterai secours à mes brebis, afin l'Eternel. Propliétic contre les lùloiiiiles. Chfip. XXW. 'La ])arole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots: -Fils de l'homme, tourne ta face vers la montagne de Séir, Et jirophétise contre elle ! ^Tu lui diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : 1095 Chap. 85,^-15. ÉZÉCHIEL. Voici, j'en veux à toi, montagne de Séir ! J'étends ma main sur toi, Et je fais de toi une solitude et un désert. *Je mettrai tes villes en ruines. Tu deviendras une solitude, Et tu sauras que je suis l'Eternel. '^ Parce que tu avais une haine éternelle, Parce que tu as précipité par le glaive les enfants d'Israël, Au jour de leur détresse, Au temps où l'iniquité était à son terme, ^Je suis vivant ! dit le Seigneur, l'Eternel, Je te mettrai à sang, et le sang te poursuivra ; Puisque tu n'as pas haï le sang. Le sang te poursuivra. 'Je ferai de la montagne de Séir une solitude et un désert. Et j'en exterminerai les allants et les venants. 'Je remplirai de morts ses montagnes ; Sur tes collines, dans tes vallées, dans tous tes ravins. Tomberont ceux qui seront frappés par l'épée. 'Je ferai de toi des solitudes éternelles, Tes villes ne seront plus habitées, Et vous saurez que je suis l'Eternel. "Parce que tu as dit : Les deux nations, les deux pays" seront à moi. Et nous en prendrons possession. Quand même l'Éternel était là, "Je suis vivant ! dit le Seigneur, l'Eternel, J'agirai avec la colère et la fureur Que tu as montrées, dans ta haine contre eux; Et je me ferai connaître au milieu d'eux, Quand je te jugerai. '-Tu sauras que moi, l'Éternel, J'ai entendu tous les outrages Que tu as proférés contre les montagnes d'Israël, En disant : Elles sont dévastées, Elles nous sont livrées comme une proie. ''Vous vous êtes élevés contre moi par vos discours, Vous avez multiplié vos paroles contre moi : J'ai entendu. "Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Lorsque tout le pays sera dans la joie, Je ferai de toi une solitude. '^A cause de la joie que tu as éprouvée Parce que l'héritage de la maison d'Israël était dévasté. Je te traiterai de la même manière ; Tu deviendras une solitude, montagne de Séir, ■a. Israël et Juda. 1096 i ÉZÉCHIEL. Chap.S6,i-n. Toi, et Edom tout entier. Et ils sauront que je suis rEternel. Le rétablissement d'Israël. Chap. XXXVI. 'Et toi, fils de l'homme, prophétise sur les montagnes d'Is- Tu diras : Montagnes d'Israël, écoutez la parole de l'Eternel ! [raël ! -Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Parce que l'ennemi a dit sur vous : Ah ! ah ! Ces hauteurs éternelles sont devenues notre propriété ! ^Prophétise et dis : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Oui, parce qu'on a voulu de toutes parts vous dévaster et vous engloutir. Pour que vous tussiez la propriété des autres nations. Parce que vous avez été l'objet des discours et des propos des peuples, ^Montagnes d'Israël, écoutez la parole du Seigneur, de l'Eternel ! Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel, Aux montagnes et aux collines. Aux ruisseaux et aux vallées. Aux ruines désertes et aux villes abandonnées, Qui ont servi de proie et de risée Aux autres nations d alentour ; ^ Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Oui, dans le feu de ma jalousie. Je parle contre les autres nations et contre Edom tout entier. Qui se sont donné mon pays en propriété. Avec toute la joie de leur cœur et le mépris de leur âme. Afin d'en piller les jiroduits. ^ C'est pourquoi prophétise sur le pays d'Israël, Dis aux montagnes et aux collines, Aux ruisseaux et aux vallées : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, je parle dans ma jalousie et dans ma fureur. Parce que vous portez l'ignominie des nations. 'C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Je lève ma main ! Ce sont les nations qui vous entourent Qui porteront elles-mêmes leur ignominie. *Et vous, montagnes d'Israël, vous pousserez vos rameaux, Et vous porterez vos fruits pour mon peuple d'Israël ; Car ces choses sont près d'arriver. 'Voici, je vous serai favorable. Je me tournerai vers vous. Et vous serez cultivées et ensemencées. '"Je mettrai sur vous des hommes en grand nombre, La maison d'Israël tout entière ; Les villes seront habitées. Et l'on rebâtira sur les ruines. "Je multiplierai sur vous les hommes et les animaux; 1097 Chap.36,ii-3o. ÉZÉCHIEL. Ils multiplieront et seront féconds ; Je veux que vous soyez habitées comme auparavant, Et je vous ferai plus de bien qu'autrefois ; Et vous saurez que je suis l'Eternel. '-Je ferai marcher sur vous des hommes, mon peuple d'Israël, Et ils te posséderont; Tu seras leur héritage, Et tu ne les détruiras plus. "Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Parce qu'on vous dit : Tu as dévoré des hommes. Tu as détruit ta pro])ro nation, '*A cause de cela tu ne dévoreras plus d'hommes, Tu ne détruiras ])lus ta nation, Dit le Seigneur, l'Eternel. '^Je ne te ferai plus entendre les outrages des nations. Et tu ne porteras plus l'opprobre des peuples ; Tu ne détruiras plus ta nation, Dit le Seigneur, l'Eternel. "La parole de l'Eternel me fut vous avez profané parmi les nations adressée, en ces mots : où vous êtes allés. -^Je sanctifierai mon "Fils de l'homme, ceux de la mai- grand nom, qui a été profané parmi son d'Israël, quand ils habitaient leur les nations, que vous avez profané au ])ays, l'ont souillé par leur conduite milieu d'elles. Et les nations sauront et par leurs œuvres ; leur conduite a que je suis l'Eternel, dit le Seigneur, été devant moi comme la souillure l'Eternel, cjuand je serai sanctifié par d'une femme pendant son impureté, vous sous leurs yeux. -■'Je vous retire- '''Alors j'ai répandu ma fureur sur eux, rai d'entre les nations, je vous rassem- à cause du sang qu'ils avaient versé blerai de tous les pays, et je vous ra- dans le pays, et des idoles dont ils mènerai dans votre pays. ^^ Je répandrai l'avaient souillé. "Je les ai dispersés sur vous une eau pure, et vous serez ])armi les nations, et ils ont été répan- purifiés ; je vous purifierai de toutes dus en divers pays ; je les ai jugés se- vos souillures et de toutes vos idoles, lonleurconduiteetselon leursœuvres. -''Je vous donnerai un cœur nouveau, ^"Ils sont arrivés chez les nations où et je mettrai en vous un esprit nou- ils allaient, et ils ont profané mon veau; j'ôterai de votre corps le cœur saint nom, en sorte qu'on disait d'eux : de pierre, et je vous donnerai un cœur C'est le peuple de l'Eternel, c'est de de chair. -'Je mettrai mon esprit en son pays qu'ils sont sortis. -'Et j'ai vous, et je ferai que vous suiviez mes voulu sauver l'honneur de mon saint ordonnances, et que vous observiez et nom, que ])rofanait la maison d'Israël pratiquiez mes lois. -^Vous habiterez parmi les nations où elle est allée. le pays que j'ai donné à vos pères ; *" C'est pourquoi dis à la maison vous serez mon peuple, et je serai d'Israël : Ainsi parle le Seigneur, l'E- votre Dieu. '-'^Je vous délivrerai de ternel : Ce n'est pas à cause de vous toutes vos souillures. J'appellerai le que j'agis de la sorte, maison d'Israël ; blé, et je le multiplierai; je ne vous c'est à cause de mon saint nom que enverrai plus la famine. '"Je niulti- 1098 EZECIIIEL. Cliap. 36,31-37, plierai le fiait des arbres et le produit des champs, afin que vous n'ayez plus l'opprobre de la famine parmi les na- tions. ^'Alors vous vous souviendrez de votre conduite qui était mauvaise, et de vos actions qui n'étaient pas bonnes ; vous vous prendrez vous- mêmes en dégoût, à cause de vos ini- quités et de vos abominations. ^^Ce n'est ])as à cause de vous que j'agis de la sorte, dit le Seigneur, l'Eternel, sa- chez-le ! Ayez honte et rougissez de votre conduite, maison d'Israël ! ^^-Vinsi parle le Seigneur, l'Eternel : Le jour où je vous purifierai de toutes vos ini<]uités, je peuplerai les villes, et les ruines seront relcA^ées ; '*la terre dévastée sera cultivée, tandis qu'elle était déserte aux yeux de tous les pas- sants ; '^et l'on dira : Cette terre dévas- tée est devenue comme un jardin d'Édcn ; et ces villes ruinées, désertes et abattues, sont fortifiées et habitées. ^"Et les nations qui resteront autour de vous sauront que moi, l'Eternel, j'ai rebâti ce qui était abattu, et planté ce qui était dévasté. Moi, l'Eternel, j'ai parlé, et j'agirai. ^'Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici encore sur quoi je me laisserai fléchir par la maison d'Israël, voici ce que je ferai pour eux : je multiplierai les hommes comme un troupeau. '"^Les villes en ruines seront remplies de troupeaux d'hommes, pareils aux trou- peaux consacrés, aux troupeaux qu'on amène à Jérusalem pendant ses fêtes solennelles. Et ils sauront que je suis l'Eternel. fort nombreux, à la surface de la val- lée, et ils étaient comjjlètement secs. Le retour en Israël, et In réunion des deux royaumes. Chap. XXXVII. ' La main de l'É- ternel fut sur moi, et l'Eternel me transporta en es|)rit, et me déposa dans le milieu d'une vallée remplie d'ossements. -11 me fit passer auprès tl eux, tout autour ; et voici, ils étaient 'Il me dit : Fils de l'homme, ces os pourront-ils revivre ? Je répondis : Seigneur Eternel, tu le sais. ■•Il me dit : Prophétise sur ces os, et dis-leur : Ossements desséchés, écou- tez la parole de l'Eternel ! ^Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel, à ces os : Voici, je vais faire entrer en vous un esprit, et vous vivrez ; ^je vous donnerai des nerfs, je ferai croître sur vous de la chair, je vous couvrirai de peau, je mettrai en vous un esprit, et vous vi- vrez. Et vous saurez que je suis l'Eter- nel. "Je prophétisai, selon l'ordre que j'avais reçu. Et comme je prophétisais, il y eut un bruit, et voici, il se fit un mouvement, et les os s'approchèrent les uns des autres. *Je regardai, et voici, il leur vint des nerfs, la chair crût, et la peau les couvrit par-dessus ; mais il n'y avait point en eux d'esprit. ''11 me dit : Prophétise, et parle à l'esprit ! prophétise, fils de l'homme, et dis à l'esprit : Ainsi parle le Sei- gneur, l'Eternel : Esprit, viens des quatre vents, souffle sur ces morts, et qu'ils revivent ! '"Je prophétisai, selon l'ordre qu'il m'avait donné. Et l'esprit entra en eux, et ils reprirent vie, et ils se tinrent sur leurs pieds : c'était une armée nombreuse, très nom- breuse. "Il médit: Fils de l'homme, ces os, c'est toute la maison d'Israël. Voici, ils disent : Nos os sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus! '-Prophétise donc, et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur, l'E- ternel : Voici, j'ouvrirai vos sépulcres, je vous ferai sortir de vos sépulcres, ù mon peuple, et je vous ramènerai dans le pays d'Israël. '^Et vous saurez que je suis l'Eternel, lorsque j'ouvri- rai vos sépulcres, et que je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple ! '*Je mettrai mon esprit en vous, et 1099 70 • Chap. S7 , 15-38, i. EZECHIEL. vous vivrez ; je vous rétablirai dans blerai de toutes parts, et je les ramè- votre pays, et vous saurez que moi, nerai dans leur pays. ^^Je ferai d'eux l'Eternel, j'ai parlé et agi, dit l'Eter- une seule nation dans le pays, dans nel. les montagnes d'Israël ; ils auront tous un même roi, ils ne formeront plus *^La parole de l'Eternel me fut adres- deux nations, et ne seront plus divisés sée, en ces mots : en deux royaumes. -^Ils ne se souille- '^Et toi, fils de l'homme, prends ront plus par leurs idoles, par leurs une pièce de bois, et écris dessus : abominations, et par toutes leurs trans- Pour Juda, et pour les enfants d'is- gressions ; je les retirerai de tous les raël qui lui sont associés. Prends une lieux qu'ils ont habités et où ils ont autre pièce de bois, et écris dessus : péché, et je les purifierai ; ils seront Pour Joseph, bois d'Ephraïm, et de mon peuple, et je serai leur Dieu. *" Mon toute la maison d'Israël qui lui est serviteur David sera leur roi, et ils au- associée. *' Rapproche -les l'une de ront tous un seul pasteur. Ils suivront l'autre pour en former une seule mes ordonnances, ils observeront mes pièce, en sorte qu'elles soient unies lois et les mettront en pratique. -^Ils dans ta main. '*Et lorsque les enfants habiteront le pays que j'ai donné à de ton peuple te diront : Ne nous mon serviteur Jacob, et qu'ont habité expliqueras-tu pas ce que cela signi- vos pères ; ils y habiteront, eux, leurs fie? ''■'réponds-leur : Ainsi parle le Sei- enfants, et les enfants de leurs enfants, gneur, rÉternel : Voici, je prendrai à perpétuité; et mon serviteur David le bois de Joseph qui est dans la main sera leur prince pour toujours. -*Je d'Ephraïm, et les tribus d'Israël qui traiterai avec eux une alliance de paix, lui sont associées ; je les joindrai au et il y aura une alliance éternelle avec bois de Juda, et j'en formerai un seul eux; je les établirai, je les multiplie- bois, en sorte qu'ils ne soient qu'un rai, et je placerai mon sanctuaire au dans ma main. *°Les bois sur lesquels tu écriras seront dans ta main, sous leurs yeux. ^'Et tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, je pren- drai les enfants d'Israël du milieu des nations où ils sont allés, je les rassem- milieu d'eux pour toujours. -'Ma de- meure sera parmi eux; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. -*Et les nations sauront que je suis l'Eter- nel, qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera pour toujours au milieu d'eux. Propliétie contre Gog. Chap. XXXVIII. 'La parole de l'Eternel me fut adressée, en ces mots ^Fils de l'homme, tourne ta face vers Gog, au pays de Magog, Vers lé prince de Rosch, de Méschec et de Tubal, Et prophétise contre lui ! ^Tu diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, j'en veux à toi, Gog, Prince de Rosch, de Méschec et de Tubal ! *Je t'entraînerai, et je mettrai une boucle à tes mâchoires ; Je te ferai sortir, toi et toute ton armée, Chevaux et cavaliers, Tous vêtus magnifiquement, 1100 ÉZÉGIIIEL. Chap.S8,i-ii. Troupe nombreuse portant le grand et le petit bouclier, Tous maniant l'épée ; ^Et avec eux ceux de Perse, d'Ethiopie et de Puth, Tous portant le bouclier et le casque ; *Gomcr et toutes ses troupes, La maison de Togarma, A l'extrémité du septentrion. Et toutes ses troupes, Peuples nombreux qui sont avec toi. ^Prépare-toi, tiens-toi prêt. Toi, et toute ta multitude assemblée autour de toi ! Sois leur chef! *Après bien des jours, tu seras à leur tête ; Dans la suite des années, tu marcheras contre le pays Dont les habitants, échappés à l'épée, Auront été rassemblés d'entre plusieurs peuples Sur les montagnes d'Israël longtemps désertes; Retirés du milieu des peuples, Ils seront tous en sécurité dans leurs demeures. 'Tu monteras, tu t'avanceras comme une tempête. Tu seras comme une nuée qui va couvrir le pays. Toi et toutes tes troupes, et les nombreux peuples avec toi. •"Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : En ce jour-là, des pensées s'élèveront dans ton cœur, Et tu formeras de mauvais desseins. "Tu diras : Je monterai contre un pays ouvert. Je fondrai sur des hommes tranquilles. En sécurité dans leurs demeures. Tous dans des habitations sans murailles. Et n'ayant ni verrous ni portes ; '-J'irai faire du butin et me livrer au pillage. Porter la main sur des ruines maintenant habitées, Sur un peuple recueilli du milieu des nations. Ayant des troupeaux et des propriétés, Et occupant les lieux élevés du pays. ''Séba et Dedan, les marchands de Tarsis, Et tous leurs lionceaux, te diront : Viens-tu pour faire du butin ? Est-ce pour piller que tu as rassemblé ta multitude, Pour emporter de l'argent et de l'or. Pour prendre des trou])eaux et des biens, Pour faire un grand butin ? "C'est pourquoi prophétise, fils de l'homme, et dis à Gog : Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Oui, le jour où mon peuple d'Israël vivra en sécurité. Tu le sauras. 1101 Chap. 38,15-39,'.. ÉZÉCHIEL. '^Alors tu partiras de ton pays, des extrémités du septentrion, Toi et de nombreux peuples avec toi, Tous montés sur des chevaux. Une grande multitude, une armée puissante. '^Tu t'avanceras contre mon peuple d'Israël, Comme une nuée qui va couvrir le pays. Dans la suite des jours, je te ferai marcher contre mon pays, Afin que les nations me connaissent. Quand je serai sanctifié par toi sous leurs yeux, ô Gog ! ''Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Est-ce toi de qui j'ai parlé jadis Par mes serviteurs les prophètes d'Israël, . Qui ont prophétisé alors, pendant des années, Que je t'amènerais contre eux ? '**En ce jour-là, le jour où Gog marchera contre la terre d'Israël, Dit le Seigneur, l'Eternel, La fureur me montera dans les narines. '"Je le déclare, dans ma jalousie et dans le feu de ma colère, En ce jour-là, il y aura un grand tumulte Dans le pays d'Israël. -"Les poissons de la mer et les oiseaux du ciel trembleront devant moi, Et les bêtes des champs et tous les reptiles qui rampent sur la terre, Et tous les hommes qui sont à la surface de la terre ; Les montagnes seront renversées. Les parois des rochers s'écrouleront. Et toutes les murailles tomberont par terre. -'J'appellerai l'épée contre lui sur toutes mes montagnes. Dît le Seigneur, l'Eternel ; L'épée de chacun se tournera contre son frère. -^J'exercerai mes jugements contre lui par la peste et par le sang. Par une pluie violente et par des pierres de grêle ; Je ferai pleuvoir le feu et le soufre sur lui et sur ses troupes, Et sur les peuples nombreux qui seront avec lui. -^Je manifesterai ma grandeur et ma sainteté. Je me ferai connaître aux yeux de la multitude des nations. Et elles sauront que je suis l'Eternel. Cliap. XXXIX. 'Et toi, fils de l'homme, prophétise contre Gog! Tu diras : Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici, j'en veux à toi, Gog, Prince de Rosch, de Méschec et de Tubal ! -Je t'entraînerai, je te conduirai. Je te ferai monter des extrémités du septentrion. Et je t'amènerai sur les montagnes d'Israël. ^J'abattrai ton arc de ta main gauche, Et je ferai tomber tes flèches de ta main droite. ••Tu tomberas sur les montagnes d'Israël, 1102 ÉZÉCHIEL. Chap. S9, 5-ii. Toi et toutes tes troupes, Et les peuples qui seront avec toi.; Aux oiseaux de proie, à tout ce qui a des ailes, Et aux bêtes des champs je te donnerai pour pâture. ^Tu tomberas sur la face de la terre. Car jai parlé, dit le Seigneur, rÉternel. ^J'enverrai le feu dans Magog, Et parmi ceux qui habitent en sécurité les îles ; Et ils sauront que je suis l'Eternel. 'Je ferai connaître mon saint nom au milieu de mon peuple d'Israël, Et je ne laisserai plus profaner mon saint nom ; Et les nations sauront que je suis l'Eternel, Le Saint en Israël. ^Voici, ces choses viennent, elles arrivent. Dit le Seigneur, l'Eternel ; C'est le jour dont j'ai parlé. 'Alors les habitants des villes d'Israël sortiront, Ils brûleront et livreront aux flammes les armes. Les petits et les grands boucliers, Les arcs et les flèches, Les piques et les lances ; Ils en feront du feu pendant sept ans. '"Ils ne prendront point de bois dans les champs. Et ils n'en couperont point dans les forêts. Car c'est avec les armes qu'ils feront du feu. Ils dépouilleront ceux qui les ont dépouillés, Ils pilleront ceux qui les ont pillés. Dit le Seigneur, l'Eternel. "En ce jour-là. Je donnerai à Gog un lieu qui lui servira de sépulcre en Israël, La vallée des voyageurs, à l'orient de la mer ; Ce sépulcre fermera le passage aux voyageurs. C'est là qu'on enterrera Gog et toute sa multitude. Et on appellera cette vallée la vallée de la multitude de Gog. '-La maison d'Israël les enterrera. Afin de purifier le pays ; Et cela durera sept mois. "Tout le peuple du pays les enterrera, Et il en aura du renom, Le jour où je serai glorifié. Dit le Seigneur, l'Eternel. '*Ils choisiront des hommes qui seront sans cesse à parcourir le pays. Et qui enterreront, avec l'aide des voyageurs. Les corps restés à la surface de la terre ; Ils purifieront le pays. Et ils seront à la recherche pendant sept mois entiers. 1103 Chap.S9,i5-%. ÉZÉGHIEL. '^Ils parcourront le pays; Et quand l'un d'eux verra les ossements d'un homme, Il mettra près de là un signe, Jusqu'à ce que les fossoyeurs l'enterrent Dans la vallée de la multitude de Gog. '^11 y aura aussi une ville appelée Hamona". C'est ainsi qu'on purifiera le pays. "Et toi, fils de l'homme, ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Dis aux oiseaux, à tout ce qui a des ailes, Et à toutes les bêtes des champs : Réunissez-vous, venez, rassemblez-vous de toutes parts, Pour le sacrifice où j'immole pour vous des victimes. Grand sacrifice sur les montagnes d'Israël ! Vous mangerez de la chair, et vous boirez du sang. '*Vous mangerez la chair des héros, Et vous boirez le sang des princes de la terre, Béliers, agneaux, boucs, Taureaux engraissés sur le Basan. ''Vous mangerez de la graisse jusqu'à vous en rassasier, Et vous boirez du sang jusqu'à vous enivrer, A ce festin de victimes que j'immolerai pour vous. -"Vous vous rassasierez à ma table de la chair des chevaux et des cava- De la chair des héros et de tous les hommes de guerre, [liers, Dit le Seigneur, l'Eternel. -'Je manifesterai ma gloire parmi les nations ; Et toutes les nations verront les jugements que j'exercerai, Et les châtiments dont ma main les frappera. -*La maison d'Israël saura que je suis l'Eternel, son Dieu, Dès ce jour et à l'avenir. ^^Et les nations sauront que c'est à cause de ses iniquités Que la maison d'Israël a été conduite en captivité, A cause de ses infidélités envers moi ; Aussi je leur ai caché ma face. Et je les ai livrés entre les mains de leurs ennemis. Afin qu'ils périssent tous par l'épée. -^Je les ai traités selon leurs souillures et leurs transgressions. Et je leur ai caché ma face. -^ C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Maintenant je ramènerai les captifs de Jacob, J'aurai pitié de toute la maison d'Israël, Et je serai jaloux de mon saint nom. -^ Alors ils oublieront leur opprobre. Et toutes les infidélités qu'ils ont commises envers moi. Lorsqu'ils habitaient en sécurité leur pays, G. Uamona dérive d'un mot qui signifie multitude. 1104 ÉZÉCHIEL. Chap 39,21-40. is. Et qu'il n'y avait personne pour les troubler. -'Quand je les ramènerai d'entre les peuples, Quand je les rassemblerai du pays de leurs ennemis, Je serai sanctifié ])ar eux aux yeux de beaucoup de nations, -*Et ils sauront que je suis l'Eternel, leur Dieu, Qui les avait emmenés captifs parmi les nations. Et qui les rassemble dans leur pays ; Je ne laisserai chez elles aucun d'eux, •'Et je ne leur cacherai plus ma face. Car je répandrai mon esprit sur la maison d'Israël, Dit le Seigneur, l'Eternel. Lti nouvelle Jérusalem, vision. Chap. XL. 'La vingt-cinquième de la porte, qui avait une canne en lar- année de notre captivité, au commen- geur, et l'autre seuil, qui avait une cément de l'année, le dixième jour du canne en largeur. 'Chaque chambre mois, quatorze ans après la ruine de était longue d'une canne, et large d'une la ville, en ce même jour, la main de canne. 11 y avait entre les chambres l'Eternel fut sur moi, et il me trans- un espace de cinq coudées. Le seuil porta dans le pays d'Israël. -11 m'y de la porte, près du vestibule de la transporta, dans des visions divines, porte, à l'intérieur, avait une canne, et me déposa sur une montagne très *11 mesura le vestibule de la porte, à élevée, où se trouvait au midi comme l'intérieur; il avait une canne. 'Il me- une ville construite. 'Il me conduisit sura le vestibule de la porte; il avait là ; et voici, il y avait un homme dont huit coudées, et ses poteaux en avaient l'aspect était comme l'aspect de l'ai- deux; le vestibule de la porte était en rain ; il avait dans la main un cordeau dedans. '"Les chambres de la porte de lin et une canne pour mesurer, et orientale étaient au nombre de trois il se tenait à la porte. ''Cet homme me d'un côté et de trois de l'autre ; toutes dit : Fils de l'homme, regarde de tes les trois avaient la même mesure, et yeux, et écoute de tes oreilles ! Appli- les poteaux de chaque côté avaient que ton attention à toutes les choses aussi la même mesure. "Il mesura la queje te montrerai, car tu as été amené largeur de l'ouverture de la porte, qui ici, afin que je te les montre. Fais con- était de dix coudées, et la hauteur de naître à la maison d'Israël tout ce cpie la porte, qui était de treize coudées, tu verras. '-Il y avait devant les chambres un Woici, un mur extérieur entourait espace d'une coudée de côté et d'au- la maison de tous côtés. Dans la main tre ; chaque chambre avait six coudées de l'homme était une canne de six d'un côté, et six coudées de l'autre, coudées pour mesurer, chaque cou- "Il mesura la porte depuis le toit d'une dée ayant un palme de plus que la chambre jusqu'au toit de l'autre; il y coudée ordinaire. Il mesura la largeur avait une largeur de vingt-cinq cou- du mur, qui était d'une canne, et la dées entre les deux ouvertures oppo- hauteur, qui était d'une canne. sées. '■'Il compta soixantecoudées pour *I1 alla vers la porte orientale, et il les poteaux, près desquels était une en monta les degrés. Il mesura le seuil cour, autour de la porte. '^L'espace 1105 Chap. 40, 16-39. EZECHIEL. entre la porte d'entrée et le vestibule de la porte intérieure était de cin- quante coudées. '"Il y avait des fenê- tres grillées aux chambres et à leurs poteaux à l'intérieur de la porte tout autour; il y avait aussi des fenêtres dans les vestibules tout autour inté- rieurement; des palmes étaient sculp- tées sur les poteaux. "Il me conduisit dans le parvis ex- térieur, où se trouvaient des chambres et un pavé tout autour ; il y avait trente chambres sur ce pavé. '*Le pavé était au côté des portes, et répondait à la longueur des portes : c'était le pavé inférieur. '^11 mesura la largeur depuis la porte d'en bas jusqu'au parvis in- térieur en dehors ; il y avait cent cou- dées, à l'orient et au septentrion. -"Il mesura la longueur et la lareeur de la porte septentrionale du parvis extérieur. '-'Ses chambres, au nombre de trois d'un côté et de trois de l'au- tre, ses poteaux et ses vestibules, avaient la même mesure que la pre- mière porte , cinquante coudées en longueur et vingt-cinq coudées en lar- geur. "Ses fenêtres, son vestibule, ses palmes, avaient la même mesure que la porte orientale ; on y montait par sept degrés, devant lesquels était son vestibule. -^11 y avait une porte au parvis intérieur, vis-à-vis de la porte septentrionale et vis-à-vis de la porte orientale ; il mesura d'une porte à l'au- tre cent coudées. -*I1 me conduisit du côté du midi, où se trouvait la porte méridionale. Il en mesura les poteaux et les vesti- bules, qui avaient la même mesure. -^ Cette porte et ses vestibules avaient des fenêtres tout autour, comme les autres fenêtres, cinquante coutlées en longueur et vingt-cinq coudées en largeur. -"On y montait par sept de- grés, devant lesquels était son vesti intérieur avait une porte du côté du midi ; il mesura d'une porte à l'autre au midi cent coudées. -*II me conduisit dans le parvis in- térieur, par la porte du midi. Il me- sura la porte du midi, qui avait la même mesure. -''Ses chambres, ses po- teaux et ses vestibules , avaient la même mesure. Cette porte et ses ves- tibules avaient des fenêtres tout au- tour, cinquante coudées en longueur et vingt-cinq coudées en largeur. ''"Il y avait tout autour des A^estibules de vingt-cinq coudées de longueur et de cinq de largeur. ^'Les vestibules de la porte aboutissaient au parvis exté- rieur; il y avait des palmes sur ses poteaux, et huit degrés pour y monter. '-Il me conduisit dans le parvis in- térieur, par l'entrée orientale. Il me- sura la porte, qui a^ait la même me- sure. ''Ses chambres, ses poteaux et ses vestibules, avaient la même me- sure. Cette porte et ses vestibules avaient des fenêtres tout autour, cin- quante coudées en longueur et vingt- cinq coudées en largeur. '*Ses vesti- bules aboutissaientau parvis extérieur; il y avait de chaque côté des palmes sur ses poteaux, et huit degrés pour y monter. '^11 me conduisit vers la porte sep- tentrionale. Il la mesura, et trouva la même mesure, '"ainsi qu'à ses cham- bres, à ses ]X)teauxetà ses vestibules; elle avait des fenêtres tout autour; cinquante coudées en lon^rueur et vingt-cinq coudées en 1 argeur, 'Ses vestibules aboutissaient au parvis ex- térieur; il y avait de chaque côté des palmes sur ses poteaux, et huit degrés pour y monter. "^11 y avait une chambre qui s'ou- vrait vers les poteaux des portes, et où l'on devait laver les holocaustes. '^Dans le vestibule de la porte se trou- bule ; il y avait de chaque côté des vaient de chaque côté deux tables, palmes sur ses poteaux. '-'Le parvis sur lesquelles on devait égorger l'ho- 1106 EZECHIKL. Cil a p. 40, ■lû-i/.s. locauste pour le sarrifice crcxpiation de Tautre. ''•'Le vestibule avait une et pour le sacrifice de culpabilité. ''"A longueur de vingt coudées et une lar- l'un des côtés extérieurs par où Ton geur de onze coudées; on y montait par des degrés. Il v avait des colonnes près des poteaux, l'une d'un côté, et l'autre de l'autre. montait, à l'entrée de la porte septen- trionale, il y avait deux tables; et à l'autre côté, vers le vestibule de la porte, il y avait deux tables. '"Il se trouvait ainsi, aux côtés de la porte, quatre tables dune part et quatre ta- bles de l'autre, en tout luiit tables. sur lesquelles on devait égorger les victimes. ''-Il y avait encore pour les Clinp. XLI. ' Il me conduisit dans le temple. Il mesura les poteaux; il y avait six coudées de largeur d'un côté, et six coudées de largeur de l'autre, larareur de la tente. -La lartycur de la holocaustes quatre tables en pierres porte était de dix coudées ; il y avait de taille, longues d'une coudée et de- cinq coudées d'un côté de la porte, et mie, larges d'une coudée et demie, et cinq coudées de l'autre. Il mesura la hautes d'une coudée; on devait mettre longueur du temple, quarante cou- sur ces tables les instruments avec dées, et la largeur, vingt coudées, lesquels on égorgeait les victimes ^Puis il entra dans l'intérieur. Il me- pour les holocaustes et pour les au- sura les poteaux de la porte, deux cou- tres sacrifices. ■''Des rebords de quatre dées, la porte, six coudées, et la lar- doigts étaient adaptés à la maison tout geur de la porte, sept coudées. ''Il autour; et la chair des sacrifices de- mesura une long-ueur de vingt cou- vait être mise sur les tables. dées, et une largeur de vingt coudées, ■•^En dehors de la porte intérieure sur le devant du temple; et il me dit : il y avait des chambres pour les clian- C'est ici le lieu très saint, très, dans le parvis intérieur: l'une ^11 mesura le mur de la maison, six était à côté de la porte septentrionale coudées, et la largeur des chambres et avait la face au midi, l'autre était à latérales tout autour de la maison, côté de la porte orientale et avait la quatre coudées. "Les chambres laté- face au septentrion. ''=11 me dit : Cette raies étaient les unes à. côté des au- chambre, dont la face est au midi, est très, au nombre de trente, et il y avait pour les prêtres qui ont la garde de la trois étages; elles entraient dans un maison ; *"et la chambre, dont la face mur construit pour ces chambres tout est au septentrion, est pour les pré- autour de la maison, elles y étaient très qui ont la garde de l'autel. Ce appuyées, sans entrer dans le mur sont les fils de Tsadok, qui, parmi les même de la maison. 'Les chambres fils de Lévi, s'approchent de l'Eternel occupaient plus d'espace, à mesure qu'elles s'élevaient, et l'on allait en tournant; car on montait autour de la maison par un escalier tournant. Il y avait ainsi plus d'espace dans le haut de la maison, et l'on montait de l'é- pour le servir. ■•"Il mesura le parvis, qui avait cent coudées de longueur et cent coudées de largeur, en carré. L'autel était de- vant la maison. **I1 me conduisit dans le vestibule de la maison. Il mesura les poteaux du vestibule, et trouva cinq coudées d'un côté et cinq coudées de l'autre. La largeur de la porte était de trois tage inférieur à l'étage supérieur par celui du milieu. *Je considérai la hauteur autour de la maison. Les chambres latérales, à partir de leur fondement, avaient une coudées d'un côté et de trois coudées canne pleine, six grandes coudées. 1107 Chap. /iJ,a-i3,7. EZECHIEL. 'Le mur extérieur des chambres laté- rales avait une épaisseur de cinq cou- dées. L'espace libre entre les cham- bres latérales de la maison '"et les chambres autour de la maison, avait une largeur de vingt coudées, tout autour. "L'entrée des chambres laté- rales donnait sur l'espace libre, une entrée au septentrion, et une entrée au midi ; et la largeur de l'espace libre était de cinq coudées tout autour. '-Le bâtiment qui était devant la place vide, du côté de l'occident, avait une largeur de soixante et dix coudées, un mur de cinq coudées d'épaisseur tout autour, et une longueur de qua- tre-vingt-dix coudées. '-^11 mesura la maison, qui avait cent coudées de lon- gueur. La place vide, le bâtiment et ses murs , avaient une longueur de cent coudées. '''La largeur de la face de la maison et de la place vide, du côté de l'orient, était de cent coudées. '^11 mesura la longueur du bâtiment devant la place vide, sur le derrière, et ses galeries de chaque côté : il y avait cent coudées. "'Le temple intérieur, les vestibules extérieurs, les seuils, les fenêtres gril- lées, les galeries du pourtour aux trois étages, en face des seuils, étaient re- couverts de bois tout autour. Depuis le sol jusqu'aux fenêtres fermées, "jus- qu'au-dessus de la porte, le dedans de la maison, le dehors, toute la muraille du pourtour, â l'intérieur et à l'exté- rieur, tout était d'après la mesure, '*et orné de chérubins et de palmes. Il y avait une palme entre deux chérubins. '^Chaque chérubin avait deux visages, une face d'homme tournée d'un côté vers la palme, et une face de lion tour- née de l'autre côté vers l'autre palme; il en était ainsi tout autour de la mai- son. -"Depuis le sol jusqu'au-dessus de la porte, il y avait des chérubins et des palmes, et aussi sur la muraille du temple. -'Les poteaux du temple étaient 1 carrés, et la face du sanctuaire avait le même aspect. ^^ L'autel était de bois, haut de trois coudées, et long de deux coudées. Ses angles, ses pieds, et ses côtés étaient de bois. L'homme me dit : C'est ici la table qui est devant l'Eternel. *'Le temple et le sanctuaire avaient deux portes. -^11 y avait aux portes deux battants, qui tous deux tournaient sur les portes , deux battants pour une porte et deux pour l'autre. -^Des ché- rubins et des palmes étaient sculptés sur les portes du temple, comme sur les murs. Un entablement en bois était sur le front du vestibule en dehors. -"Il y avait des fenêtres fermées, et il y avait des palmes de part et d'autre, ainsi qu'aux côtés du vestibule, aux chambres latérales de la maison, et aux entablements. Chap. XLII. 'Il me fit sortir vers le parvis extérieur du côté du septen- trion, et il me conduisit aux chambres qui étaient vis-à-vis de la place vide et vis-à-vis du bâtiment, au septen- trion. ^Sur la face, où se trouvait la porte septentrionale, il y avait une longueur de cent coudées ; et la lar- geur était de cinquante coudées. * C'é- tait vis-à-vis des vingt coudées du par- vis intérieur, et vis-à-vis du pavé du parvis extérieur, là où se trouvaient les galeries des trois étages. ''Devant les chambres, il y avait une allée large de dix coudées, et une voie d'une coudée ; leurs portes donnaient au septentrion. ^Les chambres supérieures étaient plus étroites que les inférieures et que cel- les du milieu du bâtiment, parce que les galeries leur ôtaient de la place. "Il y avait trois étages, mais il n'y avait point de colonnes, comme les colon- nes des parvis ; c'est pourquoi, à par- tir du sol, les chambres du haut étaient plus étroites que celles du bas et du milieu. ^Le mur extérieur parallèle aux 108 EZECHIEL. Chap. 43.S-43.S. chamliics, du côté du parvis extérieur, devant les chambres, avait cinqiiante coudées de longueur ; *car la longueur des chambres du côté du parvis cxté- l'ieur était de cinquante coudées. Mais sur la face du temple il y avait cent coudées. 'Au bas de ces chambres était l'entrée de l'orient, quand on y venait du j^arvis extérieur. '"Il y avait encore des chambres sur la largeur du mur du parvis du côté de l'orient, vis-à-vis de la place vide etvis-à-vis du bâtiment. "Devantelles, il y avait une allée, comme devant les chambres qui étaient du côté du sep- tentrion. La longueur et la largeur étaient les mêmes; leurs issues, leur disposition et leurs portes étaient sem- blables. '-Il en était de même pour les portes des chambres du côté du midi. Il y avait une porte à la tête de l'allée, de l'allée qui se trouvait droit devant trion avec la canne qui servait de me- sure, et il y avait tout autour cinq cents cannes. "11 mesura le côté du midi avec la canne qui servait de me- sure, et il y avait cinq cents cannes. '^11 se tourna du côté de l'occident, et mesura cinq cents cannes avec la canne qui servait de mesure. '"Il mesura des quatre côtés le mur formant l'enceinte de la maison ; la longueur était de cincj cents cannes, et la largeur de cinq cents cannes ; ce mur marquait la sé- paration entre le saint et le profane. Chap. XLIII. 'Il me conduisit à la porte, à la porte qui était du côté de l'orient. -Et voici, la gloire du Dieu d'Israël s'avançait de l'orient. Sa voix était pareille au bruit des grandes eaux, et la terre resplendissait de sa gloire. ^ Cette vision était semblable à celle que j'avais eue lorsque j'étais le mur du côté de l'orient, par où l'on venu pour détruire la ville; et ces vi y entrait. '^11 me dit: Les chambres sions étaient semblables à celle que du septentrion et les chambres du j'avais eue près du fleuve du Kebar. midi, qui sont devant la place vide, Et je tombai sur ma face, ce sont les chambres saintes, où les *La gloire de l'Eternel entra dans la prêtres qui s'approchent de l'Eternel maison par la porte qui était du côté mangeront les choses très saintes; ils de l'orient. ^Alors l'esprit m'enleva et y déposeront les choses très saintes, me transporta dans le parvis intérieur. les offrandes, les victimes présentées dans les sacrifices d'expiation et de culpabilité; carie lieu estsaint. '*Quand les prêtres seront entrés, ils ne sorti- ront pas du sanctuaire pour aller dans le parvis extérieur, mais ils dépose- ront là les vêtements avec lesquels ils font le service, car ces vêtements sont saints; ils en mettront d'autres pour s'approcher du peuple. '^Lorsqu'il eut achevé de mesurer la maison intérieure, il me fit sortir par la porte qui était du côté de l'o- rient, et il mesura l'enceinte tout au- tour. "^11 mesura le côté de l'orient avec la canne qui servait de mesure, et il y avait tout autour cinq cents cannes. ''Il mesura le côté du septen- Et voici, la gloire de l'Éternel re m- plissait la maison. "J'entendis quel- qu'un qui me parlait depuis la maison, et un homme se tenait près de moi. "Il me dit : Fils de l'homme, c'est ici le lieu de mon trône, le lieu où je poserai la plante de mes pieds; j'y habiterai éternellement au milieu des enfants d'Israël. La maison d'Israël et ses rois ne souilleront plus- mon saint nom par leurs prostitutions et par les cadavres de leurs rois sur leurs hauts lieux. ''Ils mettaient leur seuil près de mon seuil, leurs poteaux près de mes poteaux, et il n'y avait qu'un mur en- tre moi et eux; ils ont ainsi souillé mon saint nom par les abominations qu'ils ont commises; c'est pourcpioi 1109 Chap. 43,0-44,2. EZECniEL. je les ai consumés dans ma colère. ^Maintenant ils éloigneront de moi leurs prostitutions et les cadavres de leurs rois, et j'habiterai éternellement au milieu d'eux. '"Toi, fds de l'homme, montre ce temple à la maison d'Israël; qu'ils en mesurent le plan, et qu'ils rougissent de leurs iniquités. "S'ils rougissent de toute leur conduite, fais-leur con- naître la forme de cette maison, sa disposition, ses issues et ses entrées, tous ses dessins et toutes ses ordon- nances, tous ses dessins et toutes ses lois ; mets-en la description sous leurs yeux, afin qu'ils gardent tous ses des- sins et toutes ses ordonnances, et qu'ils s'y conforment dans l'exécution. '"Telle est la loi de la maison. Sur le sommet de la montagne, tout l'espace qu'elle doit occuper est très saint. Voilà donc la loi de la maison. "Voici les mesures de l'autel, d'a- près les coudées dont chacune était d'un palme plus longue que la coudée ordinaire. La base avait une coudée de hauteur, et une coudée de largeur; et le rebord oui terminait son contour avait un empan de largeur; c'était le support de l'autel. '■'Depuis la base sur le sol jusqu'à l'encadrement infé- rieur il y avait deux coudées, et une coudée de largeur; et depuis le petit jusqu'au grand encadrement il y avait quatre coudées, et une coudée de largeur. '^L'autel avait quatre cou- dées ; et quatre cornes s'élevaient de l'autel. '^L'autel avait douze coudées de longueur, douze coudées de lar- geur, et formait un carré par ses qua- tre côtés. '"L'encadrement avait qua- torze coudées de longueur sur quatorze coudées de largeur à ses quatre côtés; le rebord qui terminait son contour avait une demi-coudée; la base avait une coudée tout autour, et les degrés étaient tournés vers l'orient. "*11 me dit : Fils de l'homme, ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici les lois au sujet de l'autel, pour le jour où on le construira, afin d'y offrir les holocaustes et d'y répandre le sang. '^Tu donneras aux prêtres, aux Lévi- tes, qui sont de la postérité de Tsadok et qui s'approchent de moi pour me servir, dit le Seigneur, l'Eternel, un jeune taureau pour le sacrifice d'ex- piation. -"Tu prendras de son sang, et tu en mettras sur les quatre cornes de l'autel, sur les quatre angles de l'en- cadrement, et sur le rebord qui l'en- toure ; tu jîurifieras ainsi l'autel et tu en feras l'expiation. '-'Tu prendras le taureau expiatoire, et on le brûlera dans un lieu réservé de la maison, en dehors du sanctuaire. --Le second jour, tu offriras en expiation un bouc sans défaut; on purifiera ainsi l'autel, comme on l'aura purifié avec le tau- reau. -'Quand tu auras achevé la puri- fication, tu offriras un jeune taureau sans défaut, et un bélier du troupeau sans défaut. -''Tu les offriras devant l'Eternel; les prêtres jetteront du sel sur eux, et les offriront en holocauste à l'Éternel. "Pendant sept jours, tu sacrifieras chaque jour un bouc comme victime expiatoire; on sacrifiera aussi un jeune taureau et un bélier du trou- peau, l'un et l'autre sans défaut. -^Pen- dant sept jours, on fera l'expiation et la purification de l'autel, on le consa- crera. -'Lorsque ces jours seront ac- complis, dès le huitième jour et à l'avenir les prêtres offriront sur l'autel vos holocaustes et vos sacrifices d'ac- tions de grâces. Et je vous serai favo- rable, dit le Seigneur, l'Éternel. Chop. XLIV. ' 11 me ramena vers la porte extérieure du sanctuaire, du côté de l'orient. Mais elle était fermée. -Et l'Eternel me dit : Cette porte sera fermée, elle ne s'ouvrira point, et per- sonne n'y passera; car l'Éternel, le Dieu d'Israël, est entré par là. Elle illO EZECHIEL. Chap. 4 i, 3-^1. restera fernire. ^Pour ce qui concerne le prince, le prince pourra s'y asseoir, pour manger le pain devant l'Eternel ; il entrera par le chemin du vestibule de la porte, et il sortira par le même chemin. ■•Il me conduisit vers la porte du septentrion, devant la maison. Je re- gardai, et voici, la irloire de l'Eternel remplissait la maison de l'Eternel. Et je tombai sur ma face. ^L'Eternel me dit : Fils de l'homme, sois attentif, et regarde de tes yeux ! Ecoute de tes oreilles tout ce cjue je te dirai au sujet de toutes les ordonnances de la mai- son de l'Eternel et de toutes ses lois ; considère attentivement l'entrée de la maison et toutes les issues du sanc- tuaire. "Tu diras aux rebelles, à la maison d'Israël : Ainsi parle le Sei- gneur, l'Eternel : Assez de toutes vos abominations, maison d'Israël ! "Vous avez introduit dans mon sanctuaire des étrangers incirconcis de cœur et incirconcis de chair, pour jH'ofaner ma maison ; vous avez olfert mon pain, la ffraisse et le sansr à toutes vos abomi- nations, vous avez rompu mon al- liance. ^Vous n'avez pas fait le service de mon sanctuaire, mais vous les avez mis à votre place pour faire le service dans mon sanctuaire. "Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Aucun étranger, incirconcis de cœur et incirconcis de chair, n'entrera dans mon sanctuaire, aucun des étrangers qui seront au milieu des enfants d'Is- raël. '"De plus, les Lévites qui se sont éloignés de moi, quand Israël s'éga- rait et se détournait de moi pour sui- vre ses idoles , porteront la peine de leur iniquité. "Ils seront dans mon sanctuaire comme serviteurs, ils au- ront la garde des portes de la maison et feront le service de la maison ; ils égorgeront pour le peuple les victimes destinées aux holocaustes et aux au- tres sacrifices, et ils se tiendront de- vant lui pour être à son service. '-Par- ce qu'ils l'ont servi devant ses idoles, et qu'ils ont fait tomber dans le péché la maison d'Israël, je lève ma main sur eux, dit le Seigneur, l'Eternel, pour qu'ils portent la peine de leur iniquité. "'Ils ne s'approcheront pas de moi pour être à mon service dans le sacerdoce, ils ne s'approcheront pas de mes sanctuaires, de mes lieux très saints; ils porteront la peine de leur ignominie et des abominations qu'ils ont commises. '''Je leur donne- rai la garde de la maison, et ils en fe- ront tout le service et tout ce qui doit s'y faire. '^Mais les prêtres, les Lévites, fils de Tsadok, qui ont fait le service de mon sanctuaire , quand les enfants d'Israël s'égaraient loin de moi, ceux- là s'approcheront de moi pour me ser- vir, et se tiendront devant moi pour m'offrir la graisse et le sang, dit le Seigneur, l'Eternel. '"Ils entreront dans mon sanctuaire, ils s'approche- ront de ma table pour me servir, ils seront à mon service. ''Lorsqu'ils franchiront les portes du jjarvis inté- rieur, ils revêtiront des habits de lin ; ils n'auront sur eux rien qui soit en laine, quand ils feront le service aux portes du parvis intérieur et dans la maison. '"Ils auront des tiares de lin sur la tête, et des caleçons de lin sur leurs reins ; ils ne se ceindront point de manière à exciter la sueur. "^Lors- qu'ils sortiront pour aller dans le par- vis extérieur, dans le parvis extérieur vers le peuple , ils ôteront les vête- ments avec lesquels ils font le service, et les déposeront dans les chambres du sanctuaire ; ils en mettront d'au- tres, afin de ne pas sanctifier le peuple par leurs vêtements. -"Ils ne se rase- ront pas la tête, et ne laisseront pas non plus croître leurs cheveux ; mais ils devront couper leur chevelure. ^' Aucun prêtre ne boira du vin, lors- IMl Chap. ai, 22-45,9. EZECHIEL. qu'il entrera clans le parvis intérieur. "-Ils ne prendront pour femme ni une veuve, ni une femme répudiée, mais ils prendront des vierges de la race de la maison d'Israël; ils pourront aussi prendre la veuve d'un prêtre. -^Ils en- seigneront à mon peuple à distinguer ce qui est saint de ce qui est profane, ils lui feront connaître la différence entre ce qui est impur et ce qui est pur. ^''Ils seront juges dans les contes- tations, et ils jugeront d'après mes lois. Ils observeront aussi mes lois et mes ordonnances dans toutes mes fê- tes, et ils sanctifieront mes sabbats. -'Un prêtre n'ira pas vers un mort, de peur de se rendre impur; il ne pourra se rendre impur que pour un père, pour une mère, pour un fils, pour une fille, pour un frère, et pour une sœur qui n'était pas mariée. ^^Après sa pu- rification, on lui comptera sept jours. *"Le jour où il entrera dans le sanc- tuaire, dans le parvis intérieur, pour faire le service dans le sanctuaire, il offrira son sacrifice d'expiation, dit le Seigneur, l'Eternel. ^''Voici l'héritage qu'ils auront : c'est moi qui serai leur héritage. Vous ne leur donnerez point de possession en Israël : je serai leur possession. ^'Ils se nourriront des offrandes, des sacrifices d'expiation et de culpabi- lité ; et tout ce qui sera dévoué par in- terdit en Israël sera pour eux. ^"Les pays, longue de vingt-cinq mille can- nes et large de dix mille ; elle sera sainte dans toute son étendue. *De cette portion vous prendrez pour le sanctuaire cinq cents cannes sur cinq cents en carré, et cinquante coudées pour un espace libre tout autour. 'Sur cette étendue de vingt-cinq mille en longueur et dix mille en largeur, tu mesureras un emplacement pour le sanctuaire, \)0\\v le lieu très saint. ''C'est la portion sainte du pays : elle appartiendra aux prêtres qui font le service du sanctuaire, qui s'appro- chent de l'Eternel pour le servir ; c'est là que seront leurs maisons, et ce sera un sanctuaire pour le sanctuaire. ''Vingt-cinq mille cannes en lon- gueur et dix mille en largeur for- meront la propriété des Lévites, ser- viteurs de Iri maison , avec vingt chambres. * Comme propriété de la ville vous destinerez cinq mille cannes en lar- geur et vingt-cinq mille en longueur, parallèlement à la portion sainte pré- levée ; ce sera pour toute la maison d'Israël. 'Pour le prince vous réserverez un espace aux deux côtés de la portion sainte et de la propriété de la ville, le long de la portion sainte et le long de la propriété de la ville, au côté de l'occident vers l'occident et au côté de l'orient vers l'orient, sur une Ion- prémices de tous les fruits, et toutes gueur parallèle à l'une des parts, de- î „.. , . . 1 !• ■■ 3_ 11- _-J_.i- 'A 1_ les offrandes que vous présenterez par élévation, appartiendront aux prêtres ; vous donnerez aux prêtres les prémi- ces de votre pâte, afin que la bénédic- tion repose sur votre maison. ^'Les prêtres ne mangeront d'aucun oiseau et d'aucun animal mort ou déchiré. Chap. XLV. 'Lorsque vous parta- puis la limite de l'occident jusqu'à la limite de l'orient. ^Ce sera sa terre, sa propriété en Israël ; et mes princes n'opprimeront plus mon peujjle, mais ils laisseront le pays à la maison d'Is- raël, selon ses tribus. "Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Assez, princes d'Israël ! cessez la vio- lence et les rapines, pratiquez ladroi- gerez le pays en héritage par le sort, ture et la justice, délivrez mon peuple vous prélèverez comme une sainte de vos exactions, dit le Seigneur, l'E- offrande pour l'Eternel une portion du ternel. 1112 EZECHIEL, Chap. A5, 10-46, ■ leur mesure sera réglée près le honier. '-Le sicle sera de vingt guéras. La mine aura chez vous vingt sicles, vingt-cinq sicles, quinze sicles. '"Ayez des balances justes, un épha ^'Le quatorzième jour du premier juste, et un bath juste. " L'épha et le mois, vous aurez la Pàque. La fête du- bath auront la même mesure : le bath rera sept jours ; on mangera des pains contiendra la dixième partie d'un ho- sans levain. "Le prince offrira ce jour- mer, et Fépha la dixième partie d'un là, pour lui et pour tout le peuple du homer; leur mesure sera réglée d'à- pays, un taureau en sacrifice d'expia- tion. -^Pendant les sept jours de la fête, il offrira en holocauste à l'Eter- nel sept taureaux et sept béliers sans défaut, chacun des sept jours, et un bouc en sacrifice d'expiation, chaque jour. -■'11 y joindra l'offrande d'un épha pour chaque taureau et d'un épha ])Our chaque bélier, avec un hin d'huile par épha. "Le quinzième jour du septième mois, à la fête, il offrira pendant sept jours les mêmes sacrifices d'expiation, les mêmes holocaustes, et la même offrande avec l'huile. Chap. XLVI. 'Ainsi parle le Sei- gneur, l'Eternel : La porte du parvis intérieur, du côté de l'orient, restera fermée les six jours ouvriers ; mais elle sera ouverte le jour du sabbat, elle sera aussi ouverte le jour de la nouvelle lune. ^Le prince entrera par le chemin du vestibule de la porte ex- térieure , et se tiendra près des po- teaux de la porte ; les prêtres offriront son holocauste et ses sacrifices d'ac- tions de grâces ; il se prosternera sur le seuil de la porte, puis il sortira, et la porte ne sera pas fermée avant le soir. ^Le peuple du pays se proster- nera devant l'Eternel à l'entrée de cette porte, aux jours de sabbat et aux nouvelles lunes. ■•L'holocauste que le prince offrira à l'Eternel, le jour du sabbat, sera de six agneaux sans défaut et d'un bélier '^Voici l'offrande que vous prélève- rez : la sixième partie d'un épha sur un homer de froment, et la sixième partie d'un épha sur un homer d'or- ge. '■'Ce que vous devrez pour l'huile, pour un bath d'huile, sera la dixième jnirtie d'un bath sur un cor, qui est égal à un homer de dix baths , car dix baths font un homer. '^Une bre- bis sur un troupeau de deux cents dans les gras pâturages d'Israël sera donnée pour l'offrande , l'holocauste et le sacrifice d'actions de grâces, afin de servir de victime expiatoire, dit le Seigneur, l'Eternel. '^Tout le peuple du pays devra prélever cette offrande pour le prince d'Israël. "Le prince sera chargé des holocaustes, des offrandes et des libations, aux fê- tes, aux nouvelles lunes, aux sabbats, à toutes les solennités de la maison d'Israël ; il offrira le sacrifice expia- toire, l'offrande, l'holocauste, et le sacrifice d'actions de grâces, en expia- tion pour la maison d'Israël. '^Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Le premier jour du premier mois, tu prendras un jeune taureau sans défaut, et tu feras l'expiation du sanctuaire. '^Le prêtre prendra du sang de la vic- time expiatoire, et il en mettra sur les poteaux de la maison, sur les quatre angles de l'encadrement de l'autel, et sur les poteaux de la porte du parvis intérieur. -"Tu feras de même le sep- tième jour du mois, pour ceux qui pè- chent involontairement ou par impru- dence ; vous purifierez ainsi la maison. sans défaut; ^et son offrande, d'un épha pour le bélier, et de ce qu'il vou- dra pour les agneaux, avec un hin d'huile par épha. *Le jour de la nou- velle lune, il offrira un jeune taureau sans défaut, six agneaux et un bélier qui seront sans défaut; 'et son offrande 1113 Chap. 46,8-47,1. EZECHIEL. sera d'un épha pour le taureau, d'un épha pour le bélier, et de ce qu'il vou- dra pour les agneaux, avec un hin d'huile par épha. ^Lorsque le ])rince entrera, il entre- ra par le chemin du vestibule de la porte, et il sortira par le même che- min. ''Mais lorsque le peuple du pays se présentera devant l'Éternel, aux solennités, celui qui entrera jDar la porte septentrionale pour se proster- ner sortira par la porte méridionale, et celui qui entrera par la ])orte méri- dionale sortira par la porte septentrio- nale ; on ne devra pas s'en retourner par la porte par laquelle on sera entré, mais on sortira par celle qui lui est opposée. '"Le prince entrera parmi eux quand ils entreront, et sortira quanti ils sortiront. "Aux fêtes et aux solennités, l'of- frande sera d'un épha pour le taureau, d'un épha pour le bélier, et de ce qu'il voudra pour les agneaux, avec un hin d'huile par épha. '-Si le prince offre à l'Eternel un holocauste volontaire ou un sacrifice volontaire d'actions de grâces, on lui ouvrira la porte qui est du côté de l'orient, et il offrira son ho- locauste et son sacrifice d'actions de grâces comme il doit le faire le jour du sabbat; puis il sortira, et l'on fer- mera la porte après qu'il sera sorti. '^Tu offriras chaque jour en holo- causte à l'Éternel un agneau d'un an, sans défaut ; tu l'offriras tous les ma- tins. '■'Tu y joindras pour offrande, tous les matins, un sixième d'épha, et le tiers d'un hin d'huile pour pétrir la farine. C'est l'offrande à l'Eternel, une loi perpétuelle, pour toujours. '^On offrira, tous les matins, l'agneau et l'offrande avec l'huile , comme holo- causte perpétuel. "'Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Si le prince fait à l'un de ses fds un a. Lannée de la liberté, ou du jubilé, voy. Lév. 25. don pris sur son héritage, ce don ap- partiendra à ses fils, ce sera leur pro- priété comme héritage. ''Mais s'il fait à l'un de ses serviteurs un don pris sur son héritage, ce don lui appartien- dra jusqu'à l'année de la liberté", puis il retournera au prince ; ses fils seuls posséderont ce qu'il leur donnera de son héritage. "^Le prince ne prendra rien de l'héritage du peuple, il ne le dépouillera pas de ses possessions ; ce qu'il donnera en héritage à ses fils, il le prendra sur ce qu'il possède, afin que nul parmi mon peuple ne soit éloigné de sa possession. 'Ml me conduisit, par l'entrée qui était à côté de la porte, dans les cham- bres saintes destinées aux prêtres, vers le septentrion. Et voici, il y avait un lieu dans le fond, du côté de l'occident. -°I1 me dit : C'est le lieu où les prêtres feront cuire la chair des sacrifices de culpabilité et d'expiation, et où ils feront cuire les offrandes, pour éviter de les porter dans le par- vis extérieur et de sanctifier le peuple. -'II me conduisit ensuite dans le par- vis extérieur, et me fit passer vers les quatre angles du parvis. Et voici, il y avait une cour à chacun des angles du parvis. ^^Aux quatre angles du parvis il y avait des cours voûtées, longues de cjuarante coudées et larges de tren- te ; toutes les quatre avaient la même mesure, dans les angles. -^Un mur les entourait toutes les quatre, et des foyers étaient pratiqués au bas du mur tout autour. ^''11 me dit : Ce sont les cuisines, où les serviteurs de la mai- son feront cuire la chair des sacrifices offerts par le peuple. Chap. XLVII. 'II me ramena vers la porte de la maison. Et voici, de l'eau sortait sous le seuil de la mai- son, à l'orient, car la face de la mai- 1114 EZECHIEL. Chap. 47,2-23. son était à l'orient; l'eau descendait sous le côté droit de la maison , au midi de l'autel. *I1 me conduisit par le chemin de la porte septentrionale, et il me fit faire le tour par dehors jus- qu'à l'extérieur de la porte orientale. Et voici, l'eau coulait du côté droit. ^Lorsque l'homme s'avança vers l'o- rient, il avait dans la main un ccK'deau, et il mesura mille coudées; il me fit traverser l'eau, et j'avais de l'eau jus- cfu'aux chevilles. ''11 mesura encore mille coudées, et me fit traverser l'eau, et j'avais de l'eau jusqu'aux genoux. Il mesura encore mille coudées, et me fit traverser, et j'avais de l'eau jus- qu'aux reins. ^11 mesura encore mille coudées ; c'était un torrent que je ne pouvais traverser, car l'eau était si profonde qu'il fallait y nager ; c'était un torrent qu'on ne pouvait traverser. *I1 me dit : As-tu vu, fils de l'hom- me ? Et il me ramena au bord du tor- rent. 'Quand il m'eut ramené, voici, il y avait sur le bord du torrent beau- coup d'arbres de chaque côté. ''Il me dit : Cette eau coulera vers le district oriental, descendra dans la plaine, et entrera dans la mer; lorsqu'elle se sera jetée dans la mer, les eaux de la mer deviendront saines. "Tout être vi- vant qui se meut vivra partout où le torrent coulera, et il y aura une grande quantité de poissons ; car là où cette eau arrivera, les eaux deviendront saines, et tout vivra partout où par- viendra le torrent. '"Des pêcheurs se tiendront sur ses bords ; depuis En- Guédi jusqu'à En-Eglaïm, on étendra les filets ; il y aura des poissons de di- verses espèces, comme les poissons de la grande mer, et ils seront très nombreux. "Ses marais et ses fosses ne seront point assainis, ils seront abandonnés au sel. '-Sur le torrent, sur ses bords de chaque côté, croîtront toutes sortes d'arbres fruitiers. Leur feuillage ne se flétrira point, et leurs 11 fruits n'auront point de fin, ils mûri- ront tous les mois, parce que les eaux sortiront du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture, et leurs feuil- les de remède '^ Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : Voici les limites du pays que vous distribuerez en héritage aux douze tribus d'Israël. Joseph aura deux parts. '^Vous en aurez ■ la possession l'un comme l'autre; car j'ai juré, la main levée, de le donner à vos pères. Ce pays vous tombera donc en partage. 'Woici les limites du pays. Du côté septentrional, depuis la grande mer, le chemin de Hethlon jusqu'à Tsedad, '^Ilamath, Bérotha, Sibraïm, entre la frontière de Damas et la frontière de Hamath, Ilatzer- Hatthicon , vers la frontière de Havran ; '"ainsi la limite sera, depuis la mer, Hatsar-Enon, la frontière de Damas, Tsaphon au nord, et la frontière de Hamath : ce sera le côté septentrional. "'Le côté oriental sera le Jourdain, entre Havran, Damas et Galaad, et le pays d'Israël; vous mesurerez dejiuis la limite septentrio- nale jusqu'à la mer orientale : ce sera le côté oriental. "Le côté méridional, au midi, ira depuis Thamar jusqu'aux eaux de Meriba à Kadès, jusqu'au torrent vers la grande mer : ce sera le côté méridional. ^"Le côté occidental sera la grande mer, depuis la limite jusque vis-à-vis de Hamath : ce sera le côté occidental. ^'Vous jiartagerez ce pays entre vous, selon les tribus d'Israël. ^-Vous le diviserez en héritage par le sort pour vous et pour les étrangers qtii séjourneront au milieu de vous, qui engendreront des enfants au milieu de vous; vous les regarderez comme indigènes ])armi les enfants d'Israël ; ils partageront au sort l'héritage avec vous parmi les tribus d'Israël. *'Vous donnerez à l'étranger son héritage 15 -1 • Chap. 4itants de la terre , et il n'y a per- sonne qui résiste à sa main et qui lui dise : Que fais-tu? '*En ce temps, la laison me revint ; la gloire de mon royaume, ma magnificence et ma splendeur me furent rendues ; mes conseillers et mes grands me rede- niantlèrcnt ; je fus rétabli dans mon royaume, et ma puissance ne fit que s'accroître. ^"Maintenant, moi Nebu- cadnetsar, je loue, j'exalte et je glori- fie le roi des cieux, dont toutes les œu- vres sont vraies et les voies justes, et qui peut abaisser ceux qui marchent avec orgueil. Festin de Betschatsar et prise de Babylone. Chap. V. 'Le roi Belschatsar don- na un grand festin à ses grands au nombre de mille, et il but du vin en leur présence. -Belschatsar, animé par le vin, fit apporter les vases d'or et d'argent que son père Nebucadnetsar avait enlevés du temple de Jérusalem, afin que le roi et ses grands, ses fem- mes et ses concubines, s'en servissent l'explication sera revêtu de pourpre, portera un collier d'or à son cou , et aura la troisième place dans le gou- vernement du royaume. *Tous les sa- ges du roi entrèrent ; mais ils ne pu- rent pas lire l'écriture et en donner au roi l'explication. ^Sur quoi le roi Bel- schatsar fut très effrayé, il changea de couleur, et ses grands furent cons- ternés. '"La reine, à cause des paroles du roi et de ses grands, entra dans la salle du festin, et prit ainsi la parole : O roi, vis éternellement ! Que tes pen- sées ne te troublent pas, et que ton visage ne change pas de couleur! "Il y a dans ton royaume un homme qui a en lui l'esprit des dieux saints ; et du temps de ton père, on trouva chez lui des lumières, de l'intelligence, et une sagesse semblable à la sagesse des dieux. Aussi le roi Nebucadnetsar, ton père, le roi, ton père, l'établit chef des magiciens, des astrologues, des Chaldéens, des devins, '-parce qu'on trouva chez lui, chez Daniel, nommé pour boire. 'Alors on apporta les vases par le roi Beltschatsar, un esprit su- d'or qui avaient été enlevés du temple, de la maison de Dieu à Jérusalem ; et le roi et ses grands, ses femmes et ses concubines, s'en servirent pourboire. *Ils burent du vin, et ils louèrent les dieux d'or, d'argent, d'airain, de fer, de bois et de pierre. ^En ce moment, apparurent les doigts d'une main d'homme, et ils écrivirent, en face du chandelier, sur la chaux de la muraille du palais royal. Le roi vit cette extrémité de main qui écrivait. ^Alors le roi changea de cou- leur, et ses pensées le troublèrent ; les jointures de ses reins se relâchèrent, et ses genoux se heurtèrent l'un contre l'autre. "Le roi cria avec force qu'on fît venir les astrologues, les Chaldéens et les devins ; et le roi prit la parole et dit aux sages de Babylone : Quiconque lira cette écriture et m'en donnera périeur, de la science et de l'intelli- gence, la faculté d'interpréter les son- ges, d'expliquer les énigmes, et de résoudre les questions difficiles. Que Daniel soit donc appelé, et il donnera l'explication. ''Alors Daniel fut introduit devant le roi. Le roi prit la parole et dit à Da- niel : Es-tu ce Daniel, l'un des captifs de Juda, que le roi, mon père, a ame- nés de Juda ? '■'J'ai appris sur ton compte que tu as en toi l'esprit des dieux, et qu'on trouve chez toi des lu- mières, de l'intelligence, et une sa- gesse extraordinaire. '^On vient d'a- mener devant moi les sages et les astrologues, afin qu'ils lussent cette écriture et m'en donnassent l'exjjjica- tion ; mais ils n'ont pas pu donner l'explication des mots, "^j'ai appris que tu j)eux donner îles explications U25 Chap. 5, 11-6, fi. DANIEL. et résoudre des questions difficiles; rien, et tu n'as pas glorifié le Dieu qui maintenant, si tu peux lire cette écri- a dans sa main ton souffle et toutes ture et m'en donner l'explication, tu tes voies. ^''C'est pourquoi il a envoyé seras revêtu de pourpre, tu porteras cette extrémité de main qui a tracé un collier d'or à ton cou, et tu auras la cette écriture. *= Voici l'écriture qui a troisième place dans le gouvernement été tracée : Compté, compté, pesé, et du royaume. divisé". -^Et voici l'explication de ces '"Daniel répondit en présence du mots. Compté : Dieu a compté ton rè- roi : Garde tes dons, et accorde à un gne, et y a mis fin. -'Pesé : Tu as été autre tes présents ; je lirai néanmoins pesé dans la balance, et tu as été trou- l'écriture au roi, et je lui en donnerai vé léger. -^Divisé : Ton royaume sera l'explication. '*0 roi, le Dieu suprême divisé, et donné aux Mèdes et aux avait donné à Nebucadnetsar, ton père, Perses. l'empire, la grandeur, la gloire et la -'Aussitôt Belschatsar donna des or- magnificence ; '"et à cause de la gran- dres, et l'on revêtit Daniel de pourpre, deur qu'il lui avait donnée, tous les on lui mit au cou un collier d'or, et on peuples, les nations, les hommes de publia qu'il aurait la troisième place toutes langues étaient dans la crainte dans le gouvernement du royaume, et tremblaient devant lui. Le roi fai- ^"Cette même nuit, Belschatsar, roi sait mourir ceux qu'il voulait, et il des Chaldéens, fut tué. "' Et Darius, le laissait la vie à ceux qu'il voulait; il Mède, s'empara du royaume, étant âgé élevait ceux qu'il voulait, et il abais- de soixante-deux ans. sait ceux qu'il voulait. -"Mais lorsque 1,1 . -.1 Daniel dans la fosse aux lions. son cœur s éleva et que son esprit s en- ' durcit jusqu'à l'arrogance, il fut préci- Chap. VI. 'Darius trouva bon d'é- pité de son trône royal et dépouillé tablir sur le royaume cent vingt satra- de sa gloire ;*' il fut chassé du milieu pes, qui devaient être dans tout le des enfants des hommes, son cœur royaume. -Il mit à leur tête trois chefs, devint semblable à celui des bêtes, et au nombre desquels était Daniel, afin sa demeure fut avec les ânes sauvages ; que ces satrapes leur rendissent comp- on lui donna comme aux bœufs de te, et que le roi ne souffrît aucun dom- l'herbe à manger, et son corps fut mage. 'Daniel surpassait les chefs et trempé de la rosée du ciel, jusqu'à ce les satrapes, parce qu'il y avait en lui qu'il reconnût que le Dieu suprême un esprit supérieur; et le roi pensait domine sur le règne des hommes et à l'établir sur tout le royaume, qu'il le donne à cjui il lui plaît. "Et -lAlors les chefs et les satrapes cher- toi, Belschatsar, son fils, tu n'as pas chèrent une occasion d'accuser Da- humilié ton cœur, quoique tu susses niel en ce qui concernait les affaires toutes ces choses. -^Tu t'es élevé con- du royaume. Mais ils ne purent trou- tre le Seigneur des cieux ; les vases de ver aucune occasion, ni aucune chose sa maison ont été apportés devant toi, à reprendre, parce qu'il était fidèle, et vous vous en êtes servis pour boire et qu'on n'apercevait chez lui ni faute, du vin, toi et tes grands, tes femmes ni rien de mauvais. ^Et ces hommes et tes concubines ; tuas loué les dieux dirent : Nous ne trouverons aucune d'argent, d'or, d'airain, de fer, de bois occasion contre ce Daniel, à moins que et de pierre, qui ne voient point, qui nous n'en trouvions une dans la loi de n'entendent point, et qui ne savent son Dieu. «Puis ces chefs et ces satra- a, Chald. vienv mené ihehel upliarsin. 1126 DANIEL. Cliap. 0,'-i5. pes se rendirent tumultueusement au- près du roi, et lui parlèrent ainsi : Roi Darius, vis éternellement ! "Tous les chefs du royaume, les intendants, les satrapes, les conseillers, et les gou- verneurs sont d'avis qu'il soit publié un édit royal, avec une défense sévère, portant que quiconque dans l'espace de trente jours adressera des prières à quelque dieu ou à quelque homme, excepté à toi, ô roi, sera jeté dans la fosse aux lions. ^Maintenant, ô roi, confirme la défense, et écris le décret, afin qu'il soit irrévocable, selon la loi des Mèdes et des Perses, qui est im- muable. "Là-dessus le roi Darius écrivit le décret et la défense. '"Lorsque Daniel sut que le décret était écrit, il se retira dans sa maison, où les fenêtres de la chambre supé- rieure étaient ouvertes dans la direc- tion de Jérusalem ; et trois fois le jour il se mettait à genoux, il priait, et il louait son Dieu , comme il le faisait auparavant. "Alors ces hommes en- trèrent tumultueusement, et ils trou- vèrent Daniel qui priait et invoquait son Dieu. '-Puis ils se présentèrent devant le roi, et lui dirent au sujet de la défense royale : N'as-tu pas écrit une défense portant que quiconque dans l'espace de trente jours adresse- rait des prières à quelque dieu ou à quelque homme, excepté à toi, ô roi, serait jeté dans la fosse aux lions ? Le roi répondit : La chose est certaine, selon la loi des Mèdes et des Perses, qui est immuable. "Ils prirent do nou- veau la parole et dirent au roi : Da- niel, l'un des captifs de Juda, n'a tenu aucun compte de toi, ô roi, ni de la défense que tu as écrite, et il fait sa prière trois fois le jour. '*Le roi fut très affligé, quand il en- tendit cela ; il prit à cœur de délivrer Daniel, et jusqu'au coucher du soleil il s'efforça de le sauver. '^Mais ces hommes insistèrent auprès du roi, et lui dirent : Sache, ô roi, que la loi des Mèdes et des Perses exige que toute défense ou tout décret confirmé par le roi soit irrévocable. '^Alors le roi don- na l'ordre qu'on amenât Daniel, et qu'on le jetât dans la fosse aux lions. Le roi prit la parole et dit à Daniel : Puisse ton Dieu, que tu sers avec per- sévérance, te délivrer ! '"On apporta une pierre, et on la mit sur l'ouverture de la fosse ; le roi la scella de son an- neau et de l'anneau de ses grands, afin que rien ne fût changé à l'égard de Daniel. '''Le roi se rendit ensuite dans son palais ; il passa la nuit à jeun, il ne fit point venir de concubine auprès de lui, et il ne put se livrer au sommeil. '"Le roi se leva au point du jour, avec l'aurore, et il alla précipitamment à la fosse aux lions. ^''En s'approchant de la fosse, il appela Daniel d'une voix triste. Le roi prit la parole et dit à Da- niel : Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu , que tu sers avec persévé- rance, a-t-il pu te délivrer des lions? -'Et Daniel dit au roi : Roi, vis éter- nellement ! '--Mon Dieu a envoyé son ange et fermé la gueule des lions, qui ne m'ont fait aucun mal, parce que j'ai été trouvé innocent devant lui ; et de- vant toi non plus, ô roi, je n'ai rien fait de mauvais. -'Alors le roi fut très joyeux, et il ordonna qu'on fit sortir Daniel de la fosse. Daniel fut retiré de la fosse, et on ne trouva sur lui aucune blessure, parce qu'il avaiteu confiance en son Dieu. -^Le roi ordonna que ces hommes qui avaient accusé Daniel fussent amenés et jetés dans la fosse aux lions, eux, leurs enfants et leurs femmes ; et avant qu'ils fussent par- venus au fond de la fosse, les lions les saisirent et brisèrent tous leurs os. -''Après cela, le roi Darius écrivit à tous les pcu])les, à toutes les nations, aux hommes de toutes langues, qui il; Chap. 6, 26-7, 15. DANIEL. habitaient sur toute la terre : Que la paix vous soit donnée avec abondance ! ^^J'ordonne que, dans toute l'étendue de mon royaume, on ait de la crainte et de la frayeur pour le Dieu de Da- niel. Car il est le Dieu vivant, et il subsiste éternellement; son royaume ne sera jamais détruit, et sa domina- tion durera jusqu'à la fin. ^'C'est lui qui délivre et qui sauve, qui opère des signes et des prodiges dans les cieux et sur la terre. C'est lui qui a délivré Daniel de la puissance des lions. -* Daniel prospéra sous le règne de Darius, et sous le règne de Gyrus, le Perse. Visions de Daniel. Chap. Vil. 'La première année de Belschatsar, roi de Babylone, Daniel eut un songe et des visions de son es- prit, pendant qu'il était sur sa couche. Ensuite il écrivit le songe, et raconta les principales choses. ^Daniel commença et dit : Je regar- dais pendant ma A'ision nocturne, et voici, les cjuatre vents des cieux firent irruption sur la grande mer. 'Et qua- tre grands animaux sortirent de la mer, différents l'un de l'autre. *Le premier était semblable à un lion, et avait des ailes d'aigle; je regardais, jusqu'au moment où ses ailes furent arrachées ; il fut enlevé de terre et mis debout sur ses pieds comme un homme, et un cœur d'homme lui fut donné. ^Et voici, un second animal était semblable à un ours, et se tenait sur un côté ; il avait trois côtes dans la gueule entre les dents, et on lui di- sait : Lève-toi, mange beaucoup de chair. ^Après cela je regardais, et voici, un autre était semblable à un léopard, et avait sur le dos quatre ai- les comme un oiseau ; cet animal avait quatre têtes, et la domination lui fut donnée. "Après cela je regardais pen- dant mes visions nocturnes, et voici, il y avait un quatrième animal, terri- ble, épouvantable et extraordinaire- ment fort; il avait de grandes dents de fer, il mangeait, brisait, et il fou- lait aux pieds ce qui restait; il était différent de tous les animaux précé- dents, et il avait dix cornes. ^Je con- sidérais les cornes, et voici, une autre petite corne sortit du milieu d'elles, et trois des premières cornes furent arrachées devant cette corne ; et voici, elle avait des yeux comme des yeux d'homme, et une bouche qui parlait avec arrogance. ^Je regardais, pendant que l'on pla- çait des trônes. Et l'ancien des jours s'assit. Son vêtement était blanc com- me la neige, et les cheveux de sa tète étaient comme de la laine pure ; son trône était comme des flammes de feu, et les roues comme un feu ardent. "Un fleuve de feu coulait et sortait de devant lui. Mille milliers le servaient, et dix mille millions se tenaient en sa présence. Les juges s'assirent, et les livres furent ouverts. "Je regardais alors, à cause des paroles arrogantes que prononçait la corne ; et tandis que je regardais, l'animal fut tué, et son corps fut anéanti, livré au feu pour être brûlé. '-Les autres animaux furent dépouillés de leur puissance, mais une prolongation de vie leur fut accordée jusqu'à un certain temps. ''Je regardais pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme; il s'avança vers l'ancien des jours, et on le fit appro- cher de lui. '*0n lui donna la domina- tion, la gloire et le règne ; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa do- mination est une domination éter- nelle qui ne passera point, et son rè- gne ne sera jamais détruit. '^Moi Daniel, j'eus l'esprit troublé 1128 DAiMEL. Chu p. 7 , 16-8,8. au dedans de moi , et les visions de ma tète m'eriiaycrent. '"Je m'appro- chai de l'un de ceux qui étaient là, et je lui demandai ce qu'il y avait de vrai dans toutes ces choses. 11 me le dit, et m'en donna l'explication : "Ces quatre grands animaux, ce sont quatre rois qui s'élèveront de la terre ; "*mais les saints du Très-Haut recevront le royaume, et ils posséderont le royau- me éternellement, d'éternité en éter- nité. "Ensuite je désirai savoir la vérité sur le quatrième animal, qui était différent de tous les autres, extrême- ment terrible, qui avait des dents de fer et des ongles d'airain, qui man- geait, brisait, et foulait aux pieds ce qui restait; -"et sur les dix cornes qu'il avait à la tête, et sur l'autre qui était sortie et devant laquelle trois étaient tombées, sur cette corne qui avait des yeux, une bouche parlant avec arrogance , et une plus grande apparence que les autres. -'Je vis cette corne faire la guerre aux saints, et l'emporter sur eux, ^* jusqu'au moment où l'ancien des jours vint donner droit aux saints du Très-Haut, et le temps arriva où les saints furent en posses- sion du royaume. ^^11 me parla ainsi : Le quatrième animal, c'est un quatrième royaume qui existera sur la terre, différent de tous les royaumes, et qui dévorera toute la terre, la foulera et la brisera. 'Les dix cornes, ce sont dix rois qui détruite et anéantie pour jamais. -"Le règne, la domination, et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son règne est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront. *'*Ici finirent les paroles. Moi Da- niel, je fus extrêmement troublé par mes pensées, je changeai de couleur, et je conservai ces paroles dans mon cœur. Chop. yJII. 'La troisième année du règne du roi Belschatsar, moi Da- niel, j eus une vision, outre celle que j'avais eue précédemment. -Lorsque j'eus cette vision, il me sembla que j'é- tais à Suse, la capitale, dans la pro- vince d'Elam ; et pendant ma vision, je me trouvais près du fleuve d'UIaï. 'Je levai les yeux, je regardai, et voici, un bélier se tenait devant le fleuve, et il avait des cornes; ces cor- nes étaient hautes, mais l'une était plus haute que l'autre, et elle s'éleva la dernière. ■'Je vis le bélier qui frap- pait de ses cornes à l'occident, au septentrion et au midi; aucun ani- mal ne pouvait lui résister, et il n'v avait personne pour délivrer ses vic- times; il faisait ce qu'il voulait, et il devint puissant. ^ Comme je regardais attentivement, voici, un bouc venait de l'occident, et parcourait toute la terre à sa surface, sans la toucher; ce bouc avait une s'élèveront de ce royaume. Un autre grande corne entre les yeux. '^11 ar- s'élèvera après eux, il sera différent riva jusqu'au bélier qui avait des cor- des premiers, et il abaissera trois rois. -^11 prononcera des paroles contre le Très-Haut, il opprimera les saints du Très-Haut, et il espérera changer les temps et la loi ; et les saints seront livrés entre ses mains pendant un temps, des temps, et la moitié d'un temps. "Puis viendra le jugement, et on lui ôtera sa domination, qui sera nés, et que j avais vu se tenant devant le fleuve, et il courut sur lui dans toute sa fureur. "Je le vis qui s'appro- chait du bélier et s'irritait contre lui; il frappa le bélier et lui brisa les deux cornes, sans que le bélier eût la force de lui résister; il le jeta par terre et le foula, et il n'y eut personne pour délivrer le bélier. ''Le bouc devint très 1129 Chap. 8,9-9,1». DANIEL. puissant; mais lorsqu'il fut puissant, sa grande corne se brisa. Quatre gran- des cornes s'élevèrent pour la rempla- cer, aux quatre vents des cieux. ^De l'une d'elles sortit une petite corne, qui s'agrandit beaucoup vers le midi, vers l'orient, et vers le plus beau des pays. '"Elle s'éleva jusqu'à l'armée des cieux, elle fit tomber à terre une partie de cette armée et des étoiles, et elle les foula. "Elle s'éleva jusqu'au chef de l'armée, lui enleva le sacrifice perpétuel , et renversa le lieu de son sanctuaire. '^L'armée fut livrée avec le sacrifice perpétuel , à cause du péché ; la corne jeta la vérité par terre, et réussit dans ses entre- prises. '^J'entendis parler un saint; et un autre saint dit à celui qui par- lait : Pendant combien de temps s'ac- complira la vision sur le sacrifice perpétuel et sur le péché dévastateur? Jusques à quand le sanctuaire et l'ar- mée seront-ils foulés? '^Et il me dit : Deux mille trois cents soirs et matins ; puis le sanctuaire sera purifié. '^Tandis que moi, Daniel, j'avais cette vision et que je cherchais à la comprendre, voici, quelqu'un qui avait l'apparence d'un homme se tenait de- vant moi. "'Et j'entendis la voix d'un homme au milieu de l'Ulaï ; il cria et dit : Gabriel, explique-lui la vision. '"Il vint alors près du lieu où j'étais; et à son approche, je fus effrayé, et je tombai sur ma face. Il me dit : Sois attentif, fils de l'homme, car la vision concerne un temps qui sera la fin. '•'Gomme il me parlait, je restai frappé détourdissement, la face contre terre. 11 me toucha, et me fit tenir debout à la jdace où je me trouvais. '"Puis il me dit : Je vais t'a])prendre ce qui ar- rivera au terme de la colère, car il y a un temjjs marqué pour la fin. ^"Le bé- lier que tu as vu, et qui avait des cor- nes, ce sont les rois des Mèdes et des Perses. -'Le bouc, c'est le roi de Ja- 1 van. La grande corne entre ses yeux, c'est le premier roi. --Les quatre cor- nes qui se sont élevées pour rempla- cer cette corne brisée, ce sont quatre royaumes qui s'élèveront de cette na- tion, mais qui n'auront pas autant de force. -^A la fin de leur domination, lorsque les pécheurs seront consumés, il s'élèvera un roi impudent et artifi- cieux. -^Sa puissance s'accroîtra, mais non par sa propre force ; il fera d'in- croyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puis- sants et le peuple des saints. ^^A cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l'arrogance dans le cœur, il fera périr beaucoup d'hom- mes qui vivaient paisiblement, et il s'élèvera contre le chef des chefs ; mais il sera brisé, sans l'effort d'au- cune main. -''Et la vision des soirs et des matins, dont il s'agit, est vérita- ble. Pour toi, tiens secrète cette vi- sion, car elle se rapporte à des temps éloignés. -'Moi Daniel, je fus plusieurs jours languissant et malade; puis je me le- vai, et je m'occupai des affaires du roi. J'étais étonné de la vision, et per- sonne n'en eut connaissance. Chap. IX. 'La première année de Darius, fils d'Assuérus, de la race des Mèdes, lequel était devenu roi du royaume des Chaldéens, 'la première année de son règne, moi Daniel, je vis par les livres qu'il devait s'écouler soixante et dix ans pour les ruines de Jérusalem, d'après le nombre des an- nées dont l'Eternel avait parlé à Jéré- mie, le prophète. ^Je tournai ma face vers le Seigneur Dieu, afin de recou- rir à la prière et aux supplications, en jeûnant et en prenant le sac et la cen- dre. ''Je priai l'Eternel, mon Dieu, et je lui fis cette confession : Seigneur, Dieu grand et redouta- 130 DANIEL. Chap. 9.z-7i. ble, toi qui j^aiiles ton alliance et qui fais miséricorde à ceux qui t'aiuieiil et qui observent tés commandements ! 'Nous avons péché, nous avons com- mis l'iniquité, nous avons été mé- chants et rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. "Nous n'avons pas écouté tes serviteurs, les prophè- tes, qui ont parlé en ton nom à nos rois, à nos chefs, à nos pères, et à tout le peuple du pays. "A toi. Sei- gneur, est la justice, et à nous la confusion de face, en ce jour, aux hommes de Juda, aux habitants de Jérusalem, et à tout Israël, à ceux qui sont près et à ceux qui sont loin, dans tous les pays où tu les as chassés à cause des infidélités dont ils se sont rendus coupables envers toi. * Sei- gneur, à nous la confusion de face, à nos rois, à nos chefs, et à nos pères, parce que nous avons péché contre toi. 'Auprès du Seigneur, notre Dieu, la miséricorde et le pardon, car nous avons été rebelles envers lui. '"Nous n'avons pas écouté la voix de l'Eter- nel, notre Dieu, pour suivre ses lois qu'il avait mises devant nous par ses serviteurs, les prophètes. "Tout Israël a transgressé ta loi, et s'est détourné pour ne pas écouter ta voix. Alors se sont répandues sur nous les malédic- tions et les imprécations qui sont écri- tes dans la loi de Moïse, serviteur de Dieu , parce que nous avons péché contre Dieu. '-Il a accompli les paro- les qu'il avait prononcées contre nous et contre nos chefs qui nous ont gou- vernés, il a fait venir sur nous une grande calamité, et il n'en est jamais arrivé sous le ciel entier une sembla- ble à celle qui est arrivée à Jérusalem. '^Comme cela est écrit dans la loi de Moïse, toute cette calamité est venue sur nous; et nous n'avons pas imploré l'Eternel, notre Dieu, nous ne nous sommes pas détournés de nos iniqui- tés, nous n'avons pas été attentifs à ta vérité. "L'Eternel a veillé sur cette calamité, et l'a fait venir sur nous ; car l'Eternel, notre Dieu, est juste dans toutes les choses qu'il a faites, mais nous n'avons pas écouté sa voix. ''Et maintenant. Seigneur, notre Dieu, toi (jui as fait sortir ton peuple du pays d'Egypte par ta main puissante, et qui t'es fait un nom comme il l'est aujour- d'hui, nous avons péché, nous avons commis l'iniquité. '^Seigneur, selon ta grande miséricorde, que ta colère et ta fureur se détournent de ta ville de Jérusalem, de ta montagne sainte; car, à cause de nos péchés et des ini- quités de nos pères, Jérusalem et ton |)euple sont en opprobre à tous ceux qui nous entourent. '"Maintenant donc, ô notre Dieu, écoute la prière et les sup- ])lications de ton serviteur, et, pour l'amour du Seigneur, fais briller ta face sur ton sanctuaire dévasté ! '*Mon Dieu, prête l'oreille et écoute! ouvre les yeux et regarde nos ruines, re- garde la ville sur laquelle ton nom est invoqué! Car ce n'est pas à cause de notre justice que nous te présentons nos supplications, c'est à cause de tes grandes compassions. '"Seigneur, écoute ! Seigneur, pardonne ! Sei- gneur, sois attentif! agis et ne tarde pas, par amour pour toi, ô mon Dieu ! Car ton nom est invoqué sur ta ville et sur ton peuple. ^''Je parlais encore, je priais, je con- fessais mon péché et le péché de mon peuple d'Israël, et je présentais mes supplications à l'Eternel, mon Dieu, en faveur de la sainte montagne de mon Dieu; *'je parlais encore dans ma jjrière, quand l'homme, Gabiiel, que j'avais vu précédemment dans une vision, s'approcha de moi d'un vol rapide, au moment de l'offVande du soir. "Il m'instruisit, et s'entretint avec moi. Il me dit : Daniel, je suis venu maintenant pour ouvrir ton in- 1131 72 * Chnp. 9,23-10, DANIEL. telligence. -'Lorsque tu as commencé à prier, la parole est sortie, et je viens pour te l'annoncer ; car tu es un bien- aimé. Sois attentif à la parole, et com- prends la vision ! -^Soixante et dix se- maines ont été fixées sur ton peuple et sur ta ville sainte, pour faire cesser les transgressions et mettre fin aux péchés, pour expier l'iniquité et ame- ner la justice éternelle, pour sceller la vision et le prophète, et pour oin- dre le Saint des saints. *^Sache-le donc, et comprends ! Depuis le mo- ment où la parole a annoncé que Jé- rusalem sera rebâtie jusqu'à celui où un chef sera oint, il y a sept semai- nes; dans soixante-deux semaines, les places et les fossés seront réta- blis , mais en des temps fâcheux. ^^Après les soixante-deux semaines, un oint sera retranché, et il n'aura pas de successeur. Le peuple d'un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et sa fin arrivera comme par une inondation ; il est arrêté que les dévastations dureront jusqu'au ter- me de la guerre. -'11 fera une solide alliance avec plusieurs pendant une semaine, et durant la moitié de la se- maine il fera cesser le sacrifice et l'of- frande ; le dévastateur commettra les choses les plus abominables, jusqu'à ce que la ruine et ce qui a été résolu fondent sur le dévastateur. Chap. X. ' La troisième année de Cyrus, roi de Perse, une parole fut ré- vélée à Daniel , qu'on nommait Belt- schatsar. Cette parole, qui est vérita- ble, annonce une grande calamité. Il fut attentif à cette parole, et il eut l'intelligence de la vision. *En ce temps-là, moi Daniel, je fus trois semaines dans le deuil. ^Je ne mangeai aucun mets délicat, il n'en- tra ni viande ni vin dans ma bouche, ■ a. lliddékel, le Tigre. et je ne m'oignis point jusqu'à ce que les trois semaines fussent accomplies. ■'Le vingt-quatrième jour du pre- mier mois, j'étais au bord du grand (leuve qui est Hiddékel". ^Je levai les yeux, je regardai, et voici, il y avait un homme vêtu de lin, et ayant sur les reins une ceinture d'or d'Uphaz. ^Son corps était comme de chrysoli- the, son visage brillait comme l'éclair, ses yeux étaient comme des flammes de feu, ses bras et ses pieds ressem- blaient à de l'airain poli, et le son de sa voix était comme le bruit d'une multitude. 'Moi Daniel, je vis seul la vision, et les hommes qui étaient avec moi ne la virent point ; mais ils furent saisis d'une grande frayeur, et ils pri- rent la fuite pour se cacher. '^Je restai seul, et je vis cette grande vision ; les forces me manquèrent, mon visage changea de couleur et fut décomposé, et je perdis toute vigueur. ^J'entendis le son de ses paroles ; et comme j'en- tendais le son de ses paroles, je tom- bai frappé d'étourdissement, la face contre terre. '"Et voici, une main me toucha, et secoua mes genoux et mes mains. " Puis il me dit : Daniel, homme bien-aimé, sois attentif aux paroles que je vais te dire, et tiens-toi debout à la place où tu es ; car je suis main- tenant envoyé vers toi. Lorsqu'il m'eut ainsi parlé, je me tins debout en trem- blant. '^11 me dit : Daniel, ne crains rien ; cardes le premier jour où tu as eu à cœur de comprendre, et de t'humilier devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues, et c'est à cause de tes pa- roles que je viens. ''Le chef du royau- me de Perse m'a résisté vingt et un jours; mais voici, Micaël, l'un des principaux chefs, est venu à mon se- cours, et je suis demeuré là auprès des rois de Perse. '*Je viens mainte- nant pour te faire connaître ce qui 1132 DANIRL. CJtnp. 10,i:j-l 1,13. doit arriver à ton peuple dans la suite des temps; car la vision concerne en- core ces temps là. '^Tandis qu'il m'adressait ces pa- roles, je dirigeai mes regards vers la terre, et je gardai le silence. '^Et voici, quelqu'un qui avait l'apparence des fils de l'homme toucha mes lèvres. J'ouvris la bouche, je parlai, et je dis à celui qui se tenait devant moi : Mon seigneur, la vision m'a rempli d'effroi, et j'ai perdu toute vigueur. ''Com- ment le serviteur de mon seigneur pourrait- il parler à mon seigneur? Maintenant les forces me manquent, et je n'ai plus de souffle. '^Alors celui qui avait l'apparence d'un homme me toucha de nouveau, et me fortifia. "Puis il me dit : Ne crains rien, hom- me Lien-aimé , que la paix soit avec toi! courage, courage! Et comme il me parlait, je repris des forces, et je dis : Que mon seigneur parle, car tu m'as fortifié. -"Il me dit : Sais -tu |)ourquoi je suis venu vers toi ? Maintenant je m'en retourne pour combattre le chef de la Perse; et quand je partirai, voici, le chef de Javan viendra. '-'Mais je veux te faire connaître ce qui est écrit dans le livre de la vérité. Personne ne m'aide contre ceux-là, excepté Mi- caél, votre chef. Chop. XI. 'Et moi, la première année de Darius, le Mède, j'étais au- près de lui pour l'aider et le soutenir. ^Maintenant, je vais te faire connaître la vérité. Voici, il y aura encore trois rois en Perse. Le quatrième amassera plus de richesses que tous les autres ; et quand il sera puissant par ses richesses, il soulèvera tout contre le royaume de Javan. 'Mais il s'élèvera un vaillant roi, qui dominera avec une grande puissance, et fera ce qu'il voudra. ■'Et lorsqu'il se sera élevé, son royaume se brisera et sera divisé vers les qua- 11 tre vents des cieux ; il n'appartiendra ])as à ses descendants , et il ne sera pas aussi puissant qu'il était; car il sera déchiré, et il passera à d'autres qu'à eux. ''Le roi du midi deviendra fort. Mais un de ses chefs sera plus fort que lui, et dominera; sa domination sera puis- sante. *Au bout de quelques années ils s'allieront, et la fille du roi du midi viendra vers le roi du septentrion pour rétablir la concorde. Mais elle ne con- servera pas la force de son bras, et il ne résistera pas, ni lui, ni son bras; elle sera livrée avec ceux qui l'auront amenée, avec son père et avec celui qui aura été son soutien dans ce tem])s-là. ^Un rejeton de ses racines s'élèvera à sa place ; il viendra à l'armée, il en- trera dans les forteresses du roi du septentrion, il en disposera à son gré, et il se rendra puissant. *I1 enlèvera même et transportera en Egypte leurs dieux et leurs images de fonte, et leurs objets précieux d'argent et d'or. Puis il restera quelques années éloigné du roi du septentrion. "Et celui-ci mar- chera contre le royaume du roi du midi, et reviendra dans son pays. '"Ses fils se mettront en campagne et rassembleront une multitude nom- breuse de troupes ; l'un d'eux s'avan- cera , se répandra comme un tor- rent, débordera, puis reviendra; et ils pousseront les hostilités jusqu'à la forteresse du roi du midi. "Le roi du midi s'irritera, il sortira et attaquera le roi du septentrion ; il soulèvera une grande multitude, et les troupes du roi du septentrion seront livrées en- tre ses mains. '* Cette multitude sera fière, et le cœur du roi s'enflera; il fera tomber des milliers, mais il ne triomphera pas. '^Gar le roi du sep- tentrion reviendra et rassemblera une multitude plus nombreuse que la pre- 33 Chap. ll,i't-33. DANIEL. mièrc ; au bout de quelque temps, de quelques années, il se mettra en mar- che avec une grande armée et de gran- des richesses. '''En ce temps-là, plu- sieurs s'élèveront contre le roi du midi, et des hommes violents parmi ton peuple se révolteront pour ac- complir la vision, et ils succombe- ront. "^Le roi du septentrion s'a- vancera , il élèvera des terrasses , et s'emparera des villes fortes. Les trou- pes du midi et l'élite du roi ne résis- teront pas, elles manqueront de force pour résister. '^Celui qui marchera contre lui fera ce qu'il voudra, et per- sonne ne lui résistera ; il s'arrêtera dans le plus beau des pays, extermi- nant ce qui tombera sous sa main. ''Il se proposera d'arriver avec toutes les forces de son royaume, et de conclure la paix avec le roi du midi ; il lui don- nera sa fille pour femme, dans l'in- tention d'amener sa ruine ; mais cela n'aura pas lieu, et ne lui réussira pas. '''Il tournera ses vues du côté des îles, et il en prendra plusieurs; mais un chef mettra fin à l'opprobre qu'il vou- lait lui attirer, et le fera retomber sur lui. '"Il se dirigera ensuite vers les forteresses de son pays ; et il chan- cellera, il tombera, et on ne le trou- vera plus. -"Celui qui le remplacera fera venir un exacteur dans la plus belle partie du royaume ; mais en quelques jours il sera brisé, et ce ne sera ni par la colère ni par la guerre. ^'Un homme méprisé prendra sa place, sans être revêtu de la dignité royale ; il paraîtra au milieu de la paix, et s'emparera du royaume par l'intri- gue. ^-Les troupes qui se répandront crifice perpétuel, et dresseront l'abo trera, au sein de la paix, dans les lieux les plus fertiles de la province; il fera ce que n'avaient pas fait ses pères, ni les pères de ses pères ; il distribuera le butin, les dépouilles et les riches- ses ; il formera des projets contre les forteresses, et cela pendant un certain temps. -^A la tête d'une grande armée, il emploiera sa force et son ardeur contre le roi du midi. Et le roi du mi- di s'engagera dans la guerre avec une armée nombreuse et très puissante; mais il ne résistera pas, car on médi- tera contre lui de mauvais desseins. -*Ceux qui mangeront des mets de sa table causeront sa perte ; ses troupes se répandront comme un torrent, et les morts tomberont en grand nom- bre. -'Les deux rois chercheront en leur cœur à faire le mal, et à la même table ils parleront avec fausseté. Mais cela ne réussira pas, car la fin n'arri- vera qu'au temps marqué. ^^11 retournera dans son pays avec de grandes richesses ; il sera dans son cœur hostile à l'alliance sainte, il agi- ra contre elle, puis retournera dans son pays. -"Aune époque fixée, il marchera de nouveau contre le midi ; mais cette dernière fois les choses ne se passe- ront pas comme précédemment. ^"Des navires de Rittim s'avanceront contre lui ; découragé , il rebroussera. Puis furieux contre l'alliance sainte, il ne restera pas inactif; à son retour, il portera ses regards sur ceux qui au- ront abandonné l'alliance sainte. "Des troupes se présenteront sur son or- dre ; elles profaneront le sanctuaire, la forteresse, elles feront cesser le sa- comme un torrent seront submergées devant lui, et anéanties, de même qu'un chef de l'alliance. -^Après qu'on se sera joint à lui, il usera de trompe- rie ; il se mettra en marche, et il aura le dessus avec peu de monde. *Ml eii- 1134 mination du dévastateur. ^-11 séduira par des flatteries les traîtres de l'al- liance. Mais ceux du peuple qui con- naîtront leur Dieu agiront avec fer- plus sages parmi eux meté, ^'et les donneront instruction à la multitude DANIEL. Chap. il,3.-iS,i: Il en est ([ui succomberont ])our un temps à l'épée et à la llamme, à la captivité et au pillage. '*Dans le temps où ils succomberont, ils seront un peu secourus, et plusieurs se joindront à eux j)ar hypocrisie. ''Quelques-uns des hommes sages succomberont, afin qu'ils soient épurés,. purifiés et blan- chis, jusqu'au temps de la fin, car elle n'arrivera qu'au temps marqué. '^Le roi fera ce qu'il voudra; il s'é- lèvera, il se glorifiera au-dessus de tous les dieux, et il dira des choses incroyables contre le Dieu des dieux ; il pros])érera jusqu'à ce que la colère soit consommée, car ce qui est arrêté s'accomplira. ^'11 dieux de ses pères, ni à la divinité qui fait les délices des femmes ; il n'aura égard à aucun dieu, car il se glorifiera au-dessus de tous. '^Toutefois il ho- norera le dieu des forteresses sur son piédestal ; à ce dieu que ne connais- saient pas ses pères il rendra des hom- mages avec de l'or et de l'argent, avec des pierres et des objets de prix. '^C'est avec le dieu étranger qu'il agira contre les lieux fortifiés ; et il comblera d'honneurs ceux qui le re- connaîtront, il les fera dominer sur plusieurs, il leur distribuera des ter- res pour récompense. ^'Au temps de la fin, le roi du midi se heurtera contre lui. Et le roi du septentrion fondra sur lui comme une tempête, avec des chars et des cava- liers, et avec de nombreux navires; il s'avancera dans les terres, se répan- dra comme un torrent et débordera. *'II entrera dans le plus beau des jiays, et plusieurs succomberont; mais Edom, Modj, et les principaux des enfants d'Ammon seront tlélivrés de sa main. ''-Il étendra sa main sur divers pays, et le pays d'Egypte n'échappera point. ^'Ml se rendra maître des trésors d'or et d'argent, et de toutes les cho- ses précieuses de l'Egypte ; les Li- byens et les Ethiopiens seront à sa suite. "Des nouvelles de l'orient et du septentrion viendront l'effrayer, et il partira avec une grande fuieur pour détruire et exterminer des multi- tudes. *'I1 dressera les tentes de son palais entre les mers et la glorieuse et sainte montagne. Puis il arrivera à la fin, sans que personne lui soit en aide. Chap. XII. 'En ce temps-là, se lè- vera Micaël, le grand chef, le défen- seur des enfants de ton peuple ; et ce sera une époque de détresse, telle qu'il n'y en a point eu depuis que les na- tions existent jusqu'à cette époqtie. ni aux En ce temps-là, ceux de ton peuple (|ui seront trouvés inscrits dans le li- vre seront sauvés. -Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'op- probre, pour la honte éternelle. 'Ceux <|ui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la niultitutle brilleront comme les étoi- les, à toujours et à perpétuité. *Toi, Daniel, tiens secrètes ces pa- roles, et scelle le livre jusqu'au temps de la fin. Plusieurs alors le liront, et la connaissance augmentera. '^Et moi Daniel, je regardai, et voi- ci, deux autres hommes se tenaii-nt debout, l'un en deçà du bord du fleuve, et l'autre au delà du bord du fleuve. ^L'un d'eux dit à l'homme vêtu de lin , qui se tenait au-dessus des eaux du fleuve : Quand sera la fin de ces prodiges ? 'Et j'entendis l'homme vêtu de lin , qui se tenait au-dessus des eaux du fleuve ; il leva vers les cieux sa main droite et sa main gau- che, et il jura par celui qui vit éter- nellement que ce sera dans un temps, des temps, et la moitié d'un temps, et que toutes ces choses finiront quand la force du peuple saint sera entière- 1135 Chop. 13,8-13. DANIEL. ment brisée. *.J'entendis, mais je ne dront. "Depuis le temps où cessera le compris pas; et je dis : Mon seigneur, sacrifice perpétuel, et où sera dressée quelle sera l'issue de ces choses? 'Il l'abomination du dévastateur, il y au- répondit : Va, Daniel, car ces paroles ra mille deux cent quatre-vingt-dix seront tenues secrètes et scellées jus- jours. '-Heureux celui qui attendra, qu'au temps de la fin. '"Plusieurs se- et qui arrivera jusqu'à mille trois cent ront purifiés, blanchis et épurés; les trente-cinq jours ! '^Et toi, marche méchants feront le mal, et aucun des vers ta fin ; tu tej-eposeras, et tu seras méchants ne comprendra, mais ceux debout pour ton héritage à la fin des qui auront de l'intelligence compren- jours (,..:, ! OSEE Idolâtrie et corruption ci Israël : c/ultintcnt et retour en grâce. Chap. I. ' La ]iarole de l'Éternel qui fut adressée à Osée, fils de Beéri, au temps dOzias, de Jotham, d'Achaz, d'Ezéchias, rois de Juda, et au temps de Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël. ^La première fois que l'Eternel adressa la parole à Osée, l'Eternel dit à Osée : Va, prends une femme pros- tituée et des enfants de prostitution ; car le pays se prostitue, il abandonne l'Éternel ! ^11 alla, et il prit Gomer, fille de Di- blaïm. Elle conçut, et lui enfanta un fils. ■'Et l'Éternel lui dit : Appelle-le du nom de Jizreel ; car encore un peu de temps, et je châtierai la maison de Jéhu pour le sang versé à Jizreel, je mettrai fin au royaume de la maison d'Israël. ^En ce jour-là, je briserai l'arc d'Israël dans la vallée de Jizreel. *Elle conçut de nouveau, et enfan- ta une fille. Et l'Eternel dit à Osée : Donne-lui le nom de Lo-Ruchama" ; car je n'aurai plus pitié de la maison d'Israël , je ne lui pardonnerai plus. 'Mais j'aurai pitié de la maison de Ju- da ; je les sauverai par l'Eternel, leur Dieu, et je ne les sauverai ni par l'arc, ni par l'épée, ni par les combats, ni par les chevaux, ni par les cavaliers. *Elle sevra Lo-Ruchama ; puis elle conçut, et enfanta un fils. 'Et l'Eter- nel dit : Donne-lui le nom de Lo-Am- mi *; car vous n'êtes pas mon peuple, et je ne suis pas votre Dieu. Chap. II. 'Cependant le nombre des enfants d'Israël sera comme le sa- ble de la mer, qui ne peut ni se mesu- rer ni se compter ; et au lieu qu'on leur disait : Vous n'êtes pas mon peuple ! on leur dira : Fils du Dieu vivant ! -Les enfants de Juda et les enfants d'Israël se rassembleront, se donneront un chef, et sortiront du pays ; car grande sera la journée de Jizreel. ''Dites à vos frères : Ammi'^ ! et à vos sœurs : Ru- chama'^ ! '' Plaidez, plaidez contre votre mère, car elle n'est point ma femme, et je ne suis point son mari ! Qu'elle ôte de sa face ses prostitutions, et de son sein ses adultères ! ^Sinon, je la dépouille à nu, je la mets comme au jour de sa naissance, je la rends semblable à un désert, à une terre aride, et je la fais mourir de soif; *et je n'aurai pas pitié de ses enfants, car ce sont des enfants de prostitution. "Leur mère s'est pros- tituée, celle qui les a conçus s'est dé- shonorée, car elle a dit : J'irai après mes amants, qui me donnent mon pain et mon eau, ma laine et mon lin, mon huile et ma boisson. * C'est pourquoi voici, je vais fermer son chemin avec des épines et y élever un mur, afin qu'elle ne trouve plus ses sentiers. ^Elle poursuivra ses amants, et ne les atteindra pas; elle les cherchera, et ne les trouvera pas. Puis elle dira : J'irai, et je retournerai vers mon pre- mier mari, car alors j'étais plus heu- reuse que maintenant. '"Elle n'a pas reconnu que c'était a. Lo-Uuchama signifie celle dont on n'a pas pitié. h. Lo-.inuni signifie non mon peuple. ^niûe mon peuple. d. Hucltama signifie celle qui a obtenu miséricorde. 1137 c. Arnmi si- Chap. 2, ii-ij 2. OSEE. moi qui lui donnais le blé, le moût et riiuile ; et l'on a consacré au service de Baal l'argent et l'or que je lui pro- diguais. " C'est pourquoi je reprendrai mon blé en son temps et mon moût dans sa saison, et j'enlèverai ma laine et mon lin qui devaient couvrir sa nu- dité. '-Et maintenant je découvrirai sa bonté aux yeux de ses amants, et nul ne la délivrera de ma main. '^Je ferai cesser toute sa joie, ses fêtes, ses nou- velles lunes, ses sabbats et toutes ses solennités. '*Je ravagerai ses vignes et ses figuiers, dont elle disait : C'est le salaire que m'ont donné mes amants ! Je les réduirai en une forêt, et les bê- tes des champs les dévoreront. '^Je la châtierai pour les jours où elle encen- sait les Baals, où elle se parait de ses anneaux et de ses colliers, allait après ses amants, et m'oubliait, dit l'Eternel. "C'est pourquoi voici, je veux l'at- tirer et la conduire au désert, et je parlerai à son cœur. '^Là, je lui don- nerai ses vignes et la vallée d'Acor, comme une porte d'espérance ; et là, elle chantera comme au temps de sa jeunesse, et comme au jour où elle re- monta du pays d'Egypte. '^En ce jour- là, dit l'Eternel, tu m'appelleras : Mon mari ! et tu ne m'appelleras plus : Mon maître ! '^J'ôterai de sa bouche les noms des Baals, afin qu'on ne les men- tionne plus par leurs noms. ^"En ce jour-là, je traiterai pour eux une al- liance avec les bêtes des champs, les oiseaux du ciel et les reptiles de la terre, je briserai dans le pays l'arc, l'épée et la guerre, et je les ferai re- poser avec sécurité. ^*Je serai ton fian- cé pour toujours ; je serai ton fiancé par la justice, la droiture, la grâce et la miséricorde ; -je serai ton fiancé par la fidélité, et tu reconnaîtras l'E- ternel. -*En ce jour-là, j'exaucerai, dit l'Eternel, j'exaucerai les cieux, et ils exauceront la terre ; -*la terre exaucera le blé, le moût et l'huile, et ils exau- ceront Jizreel. "Je planterai pour moi Lo-Ruchama dans le pays, et je lui fe- rai miséricorde ; je dirai à Lo-Ammi : Tu es mon peuple ! et il répondra : Mon Dieu ! Chap. III. 'L'Eternel me dit : Va encore, et aime une femme aimée d'un amant, et adultère ; aime -la comme l'Éternel aime les enfants d'Israël, qui se tournent vers d'autres dieux et qui aiment les gâteaux de raisins. ^Je l'achetai pour quinze siclesd'ar- aent, un homer d'orge et un léthec d'orge. •''Et je lui dis : Reste longtemps pour moi, ne te livre pas à la prostitu- tion, ne sois à aucun homme, et je se- rai de même envers toi. ""Car les en- fants d'Israël resteront longtemps sans roi, sans chef, sans sacrifice, sans sta- tue, sans éphod, et sans théraphim". ^Après cela, les enfants d'Israël re- viendront ; ils chercheront l'Eternel, leur Dieu , et David , leur roi ; et ils tressailliront à la vue de l'Eternel et de sa bonté, dans la suite des temps. Les crimes d Israël et de Jiida : censures et menaces; e.vhortations à la repentance, et promesses de l Eternel. Chap. IV. 'Ecoutez la parole de l'Eternel, enfants d'Israël ! Car l'Eternel a un procès avec les habitants du pays, Parce qu'il n'y a point de vérité, point de miséricorde. Point de connaissance de Dieu dans le [)ays. -II n'y a que parjures et mensonges. Assassinats, vols et adultères; On use de violence, on commet meurtre sur meurtre. a. Idoles domestiques. 1138 OSÉE. Ckap. 4.U-15. ^C'est pourquoi le pays sera dans le deuil, Tous ceux qui l'habitent seront languissants, Et avec eux les bêtes des champs et les oiseaux du ciel ; Même les poissons de la mer disparaîtront. *Mais que nul ne conteste, que nul ne se livre aux reproches; Car ton peuple est comme ceux qui disputent avec les prêtres. ^Tu tomberas de jour, Le prophète avec toi tombera de nuit. Et je détruirai ta mère. ^Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance. Puisque tu as rejeté la connaissance. Je te rejetterai, et tu seras dépouillé de mon sacerdoce; Puisque tu as oublié la loi de ton Dieu, J'oid)lierai aussi tes enfants. 'Plus ils se sont multipliés, plus ils ont péché contre moi : Je changerai leur gloire en ignominie. *Ils se repaissent des péchés de mon peuple, Ils sont avides de ses iniquités. ^11 en sera du prêtre comme du peuple; Je le châtierai selon ses voies. Je lui rendrai selon ses œuvres. '"Ils mangeront sans se rassasier. Ils se prostitueront sans multiplier. Parce qu'ils ont abandonné l'Eternel et ses commandements. "La prostitution, le vin et le moût, font perdre le sens. '-Mon peuple consulte son bois, Et c'est son bâton qui lui parle ; Car l'esprit de prostitution égare. Et ils se prostituent loin de leur Dieu. ''Ils sacrifient sur le sommet des montagnes, Ils brûlent de l'encens sur les collines. Sous les chênes, les peupliers, les térébinthes, Dont l'ombrage est agréable. C'est pourquoi vos filles se prostituent. Et vos belles-filles sont adultères. '*Je ne punirai pas vos filles parce qu'elles se prostituent. Ni vos belles-filles parce qu'elles sont adultères. Car eux-mêmes vont â l'écart avec des j)rostituées, Et sacrifient avec des femmes débauchées. Le peuple insensé court à sa perte. '^Si tu te livres à la prostitution, ô Israël, Que Juda ne se rende pas coupable ; N'allez pas à Guilgal", ne montez pas à Beth-Aven*, n. Guilgal, où l'uithe fut quelque temps, et qui di-vint plus tard un siège d idoh'itiie. h. Delh-Arrn. Bé- Ihel, où Jéroboam avait placé un veau d"or. 1139 Chap. i,io-5,n. OSÉE. Et ne jurez pas : L'Eternel est vivant ! '* Parce qu'Israël se révolte comme une génisse indomptable, Maintenant l'Eternel le fera paître Comme un agneau dans de vastes plaines. ''Ephraïm est attaché aux idoles : laisse-le ! '*A peine ont-ils cessé de boire Qu'ils se livrent à la prostitution ; Leurs chefs sont avides d'ignominie. ''Le vent les enveloppera de ses ailes, Et ils auront honte de leurs sacrifices. Chap. V. 'Écoutez ceci, prêtres ! Sois attentive, maison d'Israël ! Prête l'oreille, maison du roi ! ! •' ' ■ Car c'est à vous que le jugement s'adresse. Parce que vous avez été un piège à Mitspa, Et un fdet tendu sur le Thabor. "Par leurs sacrifices, les infidèles s'enfoncent dans le crime. Mais j'aurai des châtiments pour eux tous. ^Je connais Ephraïm, Et Israël ne m'est point caché ; Car maintenant, Ephraïm, tu t'es prostitué. Et Israël s'est souillé. ■•Leurs œuvres ne leur permettent pas de revenir à leur Dieu, Parce que l'esprit de prostitution est au milieu d'eux. Et parce qu'ils ne connaissent pas l'Eternel. ^L'orgueil d'Israël témoigne contre lui ; Israël et Ephraïm tombenjnt par leur iniquité ; Avec eux aussi tombera Juda. 'Ils iront avec leurs breljis et leurs bœufs chercher l'Eternel, Mais ils ne le trouveront point : Il s'est retiré du milieu d'eux, ^lls ont été infidèles à l'Eternel, Car ils ont engendré des enfants illégitimes ; Maintenant un mois suffira pour les dévorer avec leurs biens. *Sonnez de la trompette à Guibea, Sonnez de la trompette à Rama ! Poussez des cris à Beth-Aven ! Derrière toi. Benjamin ! 'Ephraïm sera dévasté au jour du châtiment; J'annonce aux tribus d'Israël une chose certaine. '"Les chefs de Juda sont comme ceux qui déplacent les bornes Je répandrai sur eux ma colère comme un torrent. "Ephraïm est opprimé, brisé par le jugement. Car il a suivi les préceptes qui lui plaisaient. '-Je serai comme une teigne pour Ephraïm 1140 OSÉE. Chnp. 5,i3-6',ii. \V)mnie une carie pour la maison de Juda. '^Éphraïm voit son mal, et Juda ses plaies ; Éphraïm se rend en Assyrie, et s'adresse au roi Jareb; Mais ce roi ne pourra ni vous guérir, Ni porter remède à vos plaies. '■•Je serai comme un lion pour Kphraïm, Comme un lionceau j)our la maison de Juda; Moi, moi, je déchirerai, puis je m'en irai, J'emporterai, et nul n'enlèvera ma proie. '^Je m'en irai, je reviendrai dans ma demeure. Jusqu'à ce qu'ils s'avouent coupables et cherchent ma face. Quand ils seront dans la détresse, ils auront recours à moi. — Chap. VI. 'Venez, retournons à l'Eternel ! Car il a déchiré, mais il nous guérira ; Il a frappé, mais il bandera nos plaies. *I1 nous rendra la vie dans deux jours ; Le troisième jour il nous relèvera, Et nous vivrons devant lui. ^Connaissons, cherchons à connaître l'Eternel; Sa venue est aussi certaine que celle de l'aurore. Il viendra pour nous comme la pluie. Comme la pluie du printemps" qui arrose la terre. — *Que te ferai-je, Ephraïm ? Que te ferai-je, Juda ? Votre piété est comme la nuée du matin, Comme la rosée qui bientôt se dissipe. ^G'est pourquoi je les frapperai par les prophètes. Je les tuerai par les paroles de ma bouche, Et mes jugements éclateront comme la lumière. °Car j'aime la piété et non les sacrifices. Et la connaissance de Dieu plus que les holocaustes. 'Ils ont, comme le vulgaire, transgressé l'alliance; C'est alors qu'ils m'ont été infidèles. ^Galaad est une ville de malfaiteurs, Elle porte des traces de sang. "La troupe des prêtres est comme une bande en embuscade. Commettant des assassinats sur le chemin de Sichem ; Car ils se livrent au crime. '"Dans la maison d'Israël j'ai vu des choses horribles : Là Ephraïm se prostitue, Israël se souille. "A toi aussi, Juda, une moisson est préparée. Quand je ramènerai les captifs de mon peuple. a. Ou de l'arrière-saison, eu mars et avril. 1141 Chap.7.i-v.. OSÉE. Chap. VII. ' Lorsque je voulais guérir Israël, L'iniquité d'Ephraïm et la méchanceté de Samarie se sont révélées, Car ils ont agi frauduleusement; Le voleur est arrivé, la bande s'est répandue au dehors. -Ils ne se disent pas dans leur cœur Que je me souviens de toute leur méchanceté; Maintenant leurs œuvres les entourent. Elles sont devant ma face. 'Ils réjouissent le roi par leur méchanceté, Et les chefs par leurs mensonges. *Ils sont tous adultères, Semblables à un four chauffé par le boulanger: Il cesse d'attiser le feu Depuis qu'il a pétri la pâte jusqu'à ce qu'elle soit levée. ^Au jour de notre roi. Les chefs se rendent malades par les excès du vin; Le roi tend la main aux moqueurs. ^Ils appliquent aux embviches leur cœur pareil à un four ; Toute la nuit dort leur boulanger, Et au matin le four brûle comme un feu embrasé. 'Ils sont tous ardents comme un four. Et ils dévorent leurs juges ; Tous leurs rois tombent : Aucun d'eux ne m'invoque. *Ephraïm se mêle avec les peuples, Ephraim est un gâteau qui n'a pas été retourné. '■•Des étrangers consument sa force. Et il ne s'en doute pas ; La vieillesse s'empare de lui. Et il ne s'en doute pas. '"L'orgueil d'Israël témoigne contre lui ; Ils ne reviennent pas à l'Eternel, leur Dieu, Et ils ne le cherchent pas, malgré tout cela. "Éphraïm est comme une colombe stupide, sans intelligence ; Ils implorent ll^gypte, ils vont en Assyrie. '-S'ils partent, j'étendrai sur eux mon lilet. Je les précipiterai comme les oiseaux du ciel ; Je les châtierai, comme ils en ont été avertis dans leur assemblée. '^Malheur à eux, parce qu'ils me fuient ! Ruine sur eux, parce qu'ils me sont infidèles ! Je voudrais les sauver, Mais ils disent contre moi des paroles mensongères. '■•Ils ne crient pas vers moi dans leur cœur. Mais ils se lamentent sur leur couche ; Ils se rassemblent pour avoir du blé et du moût. Et ils s'éloignent de moi. 1142 OSÉE. Cliap. 7,15-8,13. 'Mf les ai châtiés, j'ai fortifié leurs bras ; Et ils méditent le mal contre moi. "'Ce n'est pas au Très-Haut qu'ils retournent ; Ils sont comme un arc trompeur. Leurs chefs tomberont par l'épée, A cause de l'insolence de leur langue. C'est ce qui les rendra un objet de risée dans le pays d'Egypte. Chop. VIII. 'Embouche la trompette ! L'ennemi fond" comme un aigle sur la maison de l'Eternel, Parce cju'ils ont violé mon alliance, Et transgressé ma loi. *Ils crieront vers moi : Mon Dieu, nous te connaissons, nous Israël ! — 'Israël a rejeté le bien ; L'ennemi le poursuivra. 'Ils ont établi des rois sans mon ordre, Et des chefs à mon insu ; Ils ont fait des idoles avec leur argent et leur or; C'est pourquoi ils seront anéantis. ^L'Eternel a rejeté" ton veau, Samarie ! Ma colère s'est enflammée contre eux. Jusques à quand refuseront-ils de se purifier? 'Il vient d'Israël, un ouvrier l'a fabriqué. Et ce n'est pas un Dieu ; C'est pourcjuoi le veau de Samarie sera mis en pièces. 'Puisqu'ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête; Ils n'auront pas un épi de blé ; Ce qui poussera ne donnera point de farine. Et s'il y en avait, des étrangers la dévoreraient. * Israël est anéanti ! Ils sont maintenant parmi les nations. Comme un vase qui n'a ])as de prix. ^Car ils sont allés en Assyrie, Comme un âne sauvage (jui se tient à lécail ; Epliraïm a fait des présents pour avoir tles amis. '"Quand même ils font des présents painii les nations. Je vais maintenant les rassembler. Et bientôt ils soulfriront sous le fardeau du roi des princes. ■<'■) I i "Ephi'aïm a multiplié les autels pour pécher. Et ces autels l'ont fait tomber dans le péché. '"Que j'écrive pour lui toutes les ordonnances de ma loi. Elles sont regardées comme quelque clmse d'étranger. ''Ils immolent des victimes qu'ils molfrent, a. L'ennemi /onil u est pas dans le texte hébreu, b. L'Éternel a rejeté, héb. il a rejeti . 1143 Çhap.8,ik-9.m. OSÉE. Et ils en mangent la chair : L'Eternel n'y prend point de plaisir. Maintenant rÉternel se souvient de leur iniquité, Et il punira leurs péchés : Ils retourneront en Egypte. '■•Israël a oublié celui qui l'a fait, Et a bâti des palais. Et Juda a multiplié les villes fortes ; Mais j'enverrai le feu dans leurs villes, Et il en dévorera les palais. CJiap. IX. 'Israël, ne te livre pas à la joie, à l'allégresse, comme les peuples. De ce que tu t'es prostitué en abandonnant l'Eternel, De ce que tu as aimé un salaire impur dans toutes les aires à blé! -L'aire et le j^ressoir ne les nourriront pas, Et le moût leur fera défaut. ^IIs ne resteront pas dans le pays de l'Eternel ; Ephraïm retournera en Egypte, Et ils mangeront en Assyrie des aliments impurs. *Ils ne feront pas à l'Eternel des libations de vin : Elles ne lui seraient point agréables. Leurs sacrifices seront pour eux comme un pain de deuil ; Tous ceux qui en mangeront se rendront impurs ; Car leur pain ne sera que pour eux. Il n'entrera point dans la maison de l'Eternel, ""(^ue ferez-vous aux jours solennels, Aux jours des fêtes de l'Eternel ? ^Gar voici, ils partent à cause de la dévastation; L'Egypte les recueillera, Moph " leur donnera des sépulcres ; Ce qu'ils ont de précieux, leur argent, sera la proie des ronces, Et les épines croîtront dans leurs tentes. 'Ils arrivent les jours du châtiment, Ils arrivent les jours de la rétribution : Israël va l'éprouver ! Le prophète est fou, l'homme inspiré a le délire, A cause de la grandeur de tes iniquités et de tes rébellions. * Ephraïm est une sentinelle contre mon Dieu ; Le prophète est un fdet d'oiseleur sur toutes ses voies. Un ennemi dans la maison de son Dieu. ^Ils sont plongés dans la corruption, comme aux jours de Guibea; L'Eternel se souviendra de leur iniquité. Il punira leurs péchés. '"J'ai trouvé Israël comme des raisins dans le désert, .J'ai vu vos pères comme les premiers fruits d'un figuier; a. Mojj/if cl ailleurs Soj^/i^ Mcmphis. 1144 OSÉE. Chap.9,it-10,ô. Mais ils sont allés vers Baal-Peor, Ils se sont consacrés à l'infâme idole, Et ils sont devenus abominables comme l'objet de leur amour. "La gloire d'Ephraim s'envolera comme un oiseau : Plus de naissance, plus de grossesse, plus de conception. '-S'ils élèvent leurs enfants, Je les en priverai avant qu'ils soient des hommes ; Et malheur à eux, quand je les abandonnerai ! '^Ephraïm, aussi loin que portent mes regards du côté de Tyr, Est planté dans un lieu agréable ; Mais Epliraïm mènera ses enfants vers celui qui les tuera. — '* Donne-leur, ô Eternel !... Que leur donneras-tu ?... Donne-leur un sein qui avorte et des mamelles desséchées ! — '^Toute leur méchanceté se montre à Guilgal ; C'est là que je les ai pris en aversion. A cause de la malice de leurs œuvres. Je les chasserai de ma maison. Je ne les aimerai plus ; Tous leurs chefs sont des rebelles. '^Ephraïm est frappé, sa racine est devenue sèche; Ils ne porteront plus de fruit; Et s'ils ont des enfants. Je ferai périr les objets de leur tendresse. — "Mon Dieu les rejettera, parce qu'ils ne l'ont pas 'écouté, Et ils seront errants parmi les nations. — Chap. X. 'Israël était une vigne féconde, Qui rendait beaucoup de fruits. Plus ses fruits étaient abondants, Plus il a multiplié les autels ; Plus son pays était prospère, Plus il a embelli les statues. -Leur cœur est partagé : ils vont en porter la peine. L'Eternel renversera leurs autels, détruira leurs statues. 'Et bientôt ils diront : Nous n'avons point de roi. Car nous n'avons pas craint l'Eternel ; Et le roi, que pourrait-il faire pour nous? *lls prononcent des paroles vaines, des serments faux, Lorsqu'ils concluent une alliance : Aussi le châtiment germera, comme une plante vénéneuse Dans les sillons des champs. ^Les habitants de Samarie seront consternés au sujet des veaux de Le peuple mènera deuil sur l'idole, [Beth-Aven ; Et ses prêtres trembleront pour elle. Pour sa gloire, qui va disparaître du milieu d'eux. 1145 Chap. 10,6-11.'.. OSÉE. ^Elle sera transportée en Assyrie, Pour servir de présent au roi Jareb. La conlusion saisira Ephraïm, Et Israël aura honte de ses desseins. "C'en est fait de Samarie, de son roi, Comme de l'écume à la surface des eaux. ^Les hauts lieux de Beth-Aven", où Israël a péché, seront détruits; Lépine et la ronce croîtront sur leurs autels. Ils diront aux montagnes : Couvrez-nous ! Et aux collines : Tombez sur nous ! 'Depuis les jours de Guibea tu as péché, Israël ! Là ils restèrent debout ; La guerre contre les méchants ne les atteignit pas à Guibea. '"Je les châtierai à mon gré, Et des peuples s'assembleront contre eux, Quand on les enchaînera pour leur double iniquité. "Ephraïm est une génisse dressée, et qui aime à fouler le grain, Mais je m'approcherai de son beau cou ; J'attellerai Ephraïm, Juda labourera, Jacob hersera. '-Semez selon la justice, moissonnez selon la miséricorde, Défrichez-vous un champ nouveau ! Il est temps de chercher l'Eternel, Jusqu'à ce qu'il vienne, et répande pour vous la justice. "Vous avez cultivé le mal, moissonné l'iniquité, Mangé le fruit du mensonge ; Car tu as eu confiance dans ta voie. Dans le nombre de tes vaillants hommes. '*I1 s'élèvera un tumulte parmi ton peuple. Et toutes tes forteresses seront détruites, Comme fut détruite Schalman-Beth-Arbel, Au jour de la guerre. Où la mère fut écrasée avec les enfants. '^Voilà ce que vous attirera Béthel, A cause de votre extrême méchanceté. Vienne l'aurore, et c'en est fait du roi d'Israël. Chap. XI. 'Quand Israël était jeune, je l'aimais. Et j'appelai mon fils hors d'Egypte. -Mais ils se sont éloignés de ceux qui les appelaient; Ils ont sacrifié aux Baals, Et offert de l'encens aux idoles. ^C'est moi qui guidai les pas d'Ephraïm, Le soutenant par ses bras ; Et ils n'ont pas vu que je les guérissais. ■•Je les tirai avec des liens d'humanité, avec des cordages d'amour, a. Belh-Aien, héb. Afen. 1146 OSÉE. Chap. 11,5-12,5. Je fus pour eux comme celui qui aurait relâché le joug près de leur bouche, Et je leur présentai de la nourriture. ^Ils ne retourneront pas au pays d'Egypte; Mais r Assyrien sera leur roi, Parce qu'ils ont refusé de revenir à moi. ^L'épée fondra sur leurs villes. Anéantira, dévorera leurs soutiens, A cause des desseins qu'ils ont eus. 'Mon peuple est enclin à s'éloigner de moi ; On les rappelle vers le Très-Haut, Mais aucun d'eux ne l'exalte. '^Que ferai-je de toi, Ephraïm ? Dois-je te livrer, Israël ? Te traiterai-je comme Adma"? Te rendrai-je semblable à Tscboïm " ? Mon cœur s'agite au dedans de moi. Toutes mes compassions sont émues. ^Je n'agirai pas selon mon ardente colère, Je renonce à détruire Ephraïm ; Car je suis Dieu, et non pas un homme. Je suis le Saint au milieu de toi ; Je ne viendrai pas avec colèi'e. "'Ils suivront l'Eternel, qui rugira comme un lion. Car il rugira, et les enfants accourront de la mer. "Ils accourront de l'Egypte, comme un oiseau, Et du pays d'Assyrie, comme une colombe. Et je les ferai habiter dans leurs maisons, dit l'Eternel. Chap. XII. 'Ephraïm m'entoure de mensonge, Et la maison d Israël de tromperie; Juda est encore sans frein vis-à-vis de Dieu, Vis-à-vis du Saint fidèle. -Ephraïm se repaît de vent, et poursuit le vent d'orient; Chaque jour il multiplie le mensonge et la violence ; Il fait alliance avec l'Assyrie, Et on porte de l'huile en Egypte. ^L'Eternel est aussi en contestation avec Juda, Et il punira Jacob pour sa conduite, Il lui rendra selon ses œuvres. ■•Dans le sein maternel Jacob saisit son frère par le talon. Et dans sa vigueur, il lutta avec Dieu. ^11 lutta avec l'ange, et il fut vainqueur, Il pleura, et lui adressa des supplications. a. .\ihna, Tsebotrii, \ illes enveloppées dans la destruction de Sudonic et de Goniorrhe. 1147 73' Chap. 12,6-18,3. OSÉE. Jacob l'avait trouvé à Béthel, Et c'est là que Dieu nous a parlé. ^L'Eternel est le Dieu des armées; Son nom est l'Eternel. 'Et toi, reviens à ton Dieu, Garde la piété et la justice, Et espère toujours en ton Dieu. ^Ephraïm est un marchand qui a dans sa main des balances fausses, Il aime à tromper. 'Et Ephraïm dit : A la vérité, je me suis enrichi, J'ai acquis de la fortune ; Mais c'est entièrement le produit de mon travail ; On ne trouvera chez moi aucune iniquité, rien qui soit un crime. "Et moi, je suis l'Éternel, ton Dieu, dès le pays d'Egypte; Je te ferai encore habiter sous des tentes, comme aux jours de fêtes. "J'ai parlé aux prophètes, J'ai multiplié les visions. Et par les prophètes j'ai proposé des paraboles. '-Si Galaad n'est que néant, ils seront certainement anéantis. Ils sacrifient des bœufs dans Guilgal : Aussi leurs autels seront comme des monceaux de pierres Sur les sillons des champs. *^Jacob s'enfuit au pays d'Aram, Israël servit pour une femme, Et pour une femme il garda les troupeaux. '■'Par un prophète l'Éternel fit monter Israël hors d'Egypte, Et par un prophète Israël fut gardé. '^Éphraïm a irrité l'Éternel amèrement : Son Seigneur rejettera sur lui le sang qu'il a répandu. Il fera retomber sur lui la honte qui lui appartient. Chap. XIII. 'Lorsque Ephraïm parlait, c'était une terreur : Il s'élevait en Israël. Mais il s'est rendu coupable par Baal, et il est mort. -Maintenant ils continuent à pécher. Ils se font avec leur argent des images en fonte, Des idoles de leur invention ; Toutes sont l'œuvre des artisans. On dit à leur sujet : Que ceux qui sacrifient baisent les veaux ! ^C'est pourquoi ils seront comme la nuée du matin. Comme la rosée qui bientôt se dissipe. Comme la balle emportée par le vent hors de l'aire, 1148 OSÉE. Chap. IS,^-llt. Comme la fumée qui soit d'une fenêtre. ■•Et moi, je suis rÉternel, ton Dieu, dès le pays d'Egypte. Tu ne connais d'autre Dieu que moi, Et il n'y a de sauveur que moi. Me t'ai connu dans le désert, Dans une terre aride. *Ils se sont rassasiés dans leurs pâturages ; Ils se sont rassasiés, et leur cœur s'est enllé ; C'est pourquoi ils m'ont oublié. 'Je serai pour eu.x comme un lion ; Comme une panthère, je les épierai sur la route. *Je les attaquerai, comme une ourse à qui l'on a enlevé ses petits, Et je déchirerai l'enveloppe de leur cœur ; Je les dévorerai, comme une lionne; Les bêtes des champs les mettront en pièces. 'Ce qui cause ta ruine, Israël, C'est que tu as été contre moi, contre celui qui pouvait te secourir. '"Où donc est ton roi ? Qu'il te délivre dans toutes tes villes ! Où sont tes juges, au sujet desquels tu disais : Donne-moi un roi et des princes ? "Je t'ai donné un roi dans ma colère. Je te l'ôterai dans ma fureur. '-L'iniquité d'Éphraïm est gardée, Son péché est mis en réserve. '■'Les douleurs de celle qui enfante viendront pour lui : C'est un enfant peu sage. Qui, au terme voulu, ne sort pas du sein maternel. '■•Je les rachèterai de la puissance du séjour des morts. Je les délivrerai de la mort. O mort, où est ta peste? Séjour des morts, où est ta destruction? Que le repentir se dérobe à mes regards ! '^Ephraïm a beau être fertile au milieu de ses frères. Le vent d'orient viendra, le vent de l'Éternel s'élèvera du désert. Desséchera ses sources, tarira ses fontaines. On pillera le trésor de tous les objets précieux. '^Samarie sera punie, parce qu'elle s'est révoltée contre son Dieu. Ils tomberont par l'épée ; Leurs petits enfants seront écrasés, Et l'on fendra le ventre de leurs femmes enceintes. Chnp. XIV. 'Israël, reviens à l'Éternel, ton Dieu, 1149 Chap. ii,i-^. OSÉE. Car tu es tombé par ton iniquité. ^Apportez avec vous des paroles, Et revenez à l'Eternel. Dites-lui : Pardonne toutes les iniquités, Et reçois-nous favorablement ! Nous t'offrirons, au lieu de taureaux, l'hommage de nos lèvres. 'L'Assyrien ne nous sauvera pas, nous ne monterons pas sur des chevaux", Et nous ne dirons plus à l'ouvrage de nos mains : Notre Dieu ! Car c'est auprès de toi que l'orphelin trouve compassion. — ''Je réparerai leur infidélité. J'aurai pour eux un amour sincère ; Car ma colère s'est détournée d'eux. ^Je serai comme la rosée pour Israël, Il fleurira comme le lis. Et il poussera des racines comme le Liban. ''Ses rameaux s'étendront ; Il aura la magnificence de l'olivier, Et les parfums du Liban. 'Ils reviendront s'asseoir à son ombre. Ils redonneront la vie au froment, Et ils fleuriront comme la vigne ; Ils auront la renommée du vin du Liban. *Ephraïm, cju'ai-je à faire encore avec les idoles? Je l'exaucerai, je le regarderai. Je serai pour lui comme un cyprès verdoyant. C'est de moi que tu recevras ton fruit. — "Que celui qui est sage prenne garde à ces choses ! Que celui qui est intelligent les comprenne ! Car les voies de l'Eternel sont droites ; Les justes y marcheront, Mais les rebelles y tomberont. JOËL Une invasion de sauterelles. Ejlwrtation à ta repentnnce. Chap. I. 'La parole de l'Eternel qui fut adressée à Joël, fils de Pethuel. * Ecoutez ceci, vieillards ! Prêtez l'oreille, vous tous habitants du pays! Rien de pareil est-il arrivé de votre temps, a. t( Nous ne voulons plus compter sur Tappui de l'Egypte. » Conip. Ezéch. 17, 15. 1150 JOËL. Chap. 1,3-t Ou du temps de vos pères? 'Racontez-le à vos enfants. Et que vos enfants le racontent à leurs enfants, Et leurs enfants à la génération qui suivra ! ■•Ce qu'a laissé le gazam, la sauterelle" Ta dévoré; Ce qu'a laissé la sauterelle, le jélek l'a dévoré ; Ce qu'a laissé le jélek, le hasil l'a dévoré. 'RéA'^eillez-vous, ivrognes, et pleurez ! Vous tous, buveurs de vin, gémissez. Parce que le moût vous est enlevé de la bouche ! "Car un peuple est venu fondre sur mon pays, Puissant et innombrable. Il a les dents d'un lion, Les mâchoires d'une lionne. ^11 a dévasté ma vigne ; Il a brisé mon figuier. Il l'a dépouillé, abattu ; Les rameaux de la vigne ont blanchi. *Lamente-toi, comme la vierge qui se revêt d'un sac Pour pleurer l'ami de sa jeunesse ! 'Offrandes et libations disparaissent de la maison de l'Eternel. Les prêtres, serviteurs de l'Eternel, sont dans le deuil. '"Les champs sont ravagés, La terre est attristée ; Car les blés sont détruits, Le moût est tari, l'huile est desséchée. "Les laboureurs sont consternés, les vignerons gémissent, A cause du froment et de l'orge, Parce que la moisson des champs est perdue. '-La vigne est confuse, Le figuier languissant ; Le grenadier, le palmier, le pommier, Tous les arbres des champs sont flétris... La joie a cessé parmi les lils de Ihomme ! '^Prêtres, ceignez-vous et pleurez! Lamentez-vous, serviteurs de l'autel ! Venez, passez la nuit revêtus de sacs, Serviteurs de mon Dieu ! Car offrandes et libations ont disparu de la maison de votre Dieu. "Publiez un jeûne, une convocation solennelle! Assemblez les vieillards, tous les habitants du pays, Dans la maison île l'Eternel, votre Dieu, Et criez à l'Eternel ! a. Ilcb. l arbé. Les trois autres noms, f^azain. jelfk. hasil. indiquent des espèces différentes de sauterelles. 1151 Chap. 1,15-2,1. JOËL. '^Ah ! quel jour ! Car le jour de FEternel est proche : Il vient comme un ravage du Tout-Puissant. "^La nourriture n'est-elle pas enlevée sous nos yeux? La joie et l'allégresse n'ont-elles pas disparu de la maison de notre Dieu? *^La semence pourrit sous les mottes ; Les greniers sont vides, Les magasins sont en ruines, Car il n'y a point de blé. '^Comme les bêtes gémissent ! Les troupeaux de bœufs sont consternés, Parce qu'ils sont sans pâturage ; k i Et même les troupeaux de brebis sont en souffrance. '^ C'est vers toi que je crie, ô Eternel ! Car le feu a dévoré les plaines du désert, Et la flamme a brûlé tous les arbres des champs. -"Les bêtes des champs crient aussi vers toi ; Car les torrents sont à sec. Et le feu a dévoré les plaines du désert. Cliap. IL 'Sonnez de la trompette en Sion ! Faites-la retentir sur ma montagne sainte ! Que tous les habitants du pays tremblent ! Car le jour de l'Eternel vient, car il est proche, — -Jour de ténèbres et d'obscurité. Jour de nuées et de brouillards, — Il vient comme l'aurore se répand sur les montagnes. Voici un peuple nombreux et puissant. Tel qu'il n'y en a jamais eu. Et qu'il n'y en aura jamais dans la suite des âges. ^Devant lui est un feu dévorant, Et derrière lui une flamme brûlante ; Le pays était auparavant comme un jardin d'Eden, Et depuis, c'est un désert affreux : Rien ne lui échappe. ■•A les voir, on dirait des chevaux, Et ils courent comme des cavaliers. ^A les entendre, on dirait un bruit de chars Sur le sommet des montagnes où ils bondissent. On dirait un pétillement de la flamme du feu, Quand elle consume le chaume. C'est comme une armée puissante, Qui se prépare au combat. .i.f., •^Devant eux les peuples tremblent. Tous les visages pâlissent. 'Ils s'élancent comme des guerriers. Ils escaladent les murs comme des gens de guerre ; Chacun va son chemin, 1152 JOËL. Chap.2,s-n. Sans s'écarter tle sa route. Mis ne se pressent point les uns les autres, Chacun garde son rang; Ils se précipitent au travers des traits, Sans arrêter leur marche. "Ils se répandent dans la ville, Courent sur les murailles, Montent sur les maisons. Entrent par les fenêtres comme un voleur. '"Devant eux la terre tremble. Les cieux sont ébranlés, Le soleil et la lune s'obscurcissent. Et les étoiles retirent leur éclat. "L'Eternel fait entendre sa voix devant son armée ; Car son camp est immense. Et l'exécuteur de sa parole est puissant; Car le jour de l'Eternel est grand, il est terrible : Qui pourra le soutenir? '"Maintenant encore, dit l'Eternel, Revenez à moi de tout votre cœur. Avec des jeûnes, avec des pleurs et des lamentations ! '^ Déchirez \'30s cœurs et non vos vêtements. Et revenez à l'Eternel, votre Dieu; Car il est compatissant et miséricordieux. Lent à la colère et riche en bonté. Et il se repent des maux qu'il envoie. '■•Qui sait s'il ne reviendra pas et ne se repentira pas, Et s'il ne laissera pas après lui la bénédiction. Des offrandes et des libations pour l'Eternel, votre Dieu? '^Sonnez de la trompette en Sion ! Publiez un jeûne, une convocation solennelle ! '^Assemblez le peuple, formez une sainte réunion ! Assemblez les vieillards, Assemblez les enfants. Même les nourrissons à la mamelle ! Que l'époux sorte de sa demeure. Et l'épouse de sa chambre ! "Qu'entre le portique et l'autel Pleurent les prêtres. Serviteurs de l'Eternel, Et qu'ils disent : Eternel, épargne ton peuple ! Ne livre pas ton héritage à l'opprobre, Aux railleries des nations ! Pourquoi dirait-on parmi les ])euples : Où est leur Dieu? 1153 Chap.2,i8-w. JOËL. Promesses. '^L'Eternel est ému de jalousie pour son pays, Et il épargne son peuple. '^L'Eternel répond, il dit à son peuple : Voici, je A'Ous enverrai du blé, Du moût et de l'huile. Et vous en serez rassasiés ; Et je ne vous livrerai plus à l'opprobre parmi les nations. -"J'éloignerai de vous l'ennemi du nord. Je le chasserai vers une terre aride et déserte. Son avant-garde dans la mer orientale, Son arrière-garde dans la mer occidentale ; Et son infection se répandra. Sa puanteur s'élèvera dans les airs, Parce qu'il a fait de grandes choses. -'Terre, ne crains pas. Sois dans l'allégresse et réjouis-toi, Car l'Eternel fait de grandes choses ! --Bêtes des champs, ne craignez pas, Car les plaines du désert reverdiront, Car les arbres porteront leurs fruits, Le figuier et la vigne donneront leurs richesses. -^Etvous, enfants de Sion, soyez dans l'allégresse et réjouissez-vous En l'Eternel, votre Dieu, Car il vous donnera la pluie en son temps. Il vous enverra la pluie de la première et de l'arrière-saison. Comme autrefois. -^Les aires se rempliront de blé. Et les cuves regorgeront de moût et d'huile. -^Je vous remplacerai les années Qu'ont dévorées la sauterelle, Le jélek, le hasil et le gazam, Ma grande armée que j'avais envoyée contre vous. -^Vous mangerez et vous vous rassasierez. Et vous célébrerez le nom de l'Eternel, votre Dieu, Qui aura fait pour vous des prodiges ; Et mon peuple ne sera plus jamais dans la confusion. -'Et vous saurez que je suis au milieu d'Israël, Que je suis l'Éternel, votre Dieu, et qu'il n'y en a point d'autre; Et mon peuple ne sera plus jamais dans la confusion. ^* Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair ; Vos fds et vos filles prophétiseront, Vos vieillards auront des songes, Et vos jeunes gens des visions. ^^Même sur les serviteurs et sur les servantes, 1154 JOËL. Chap. 2, 30-3, to . Dans ces jours-là, je répandrai mon esprit. ™Je ferai paraître des prodiges dans les cieux et sur la terre, Du sang, du feu, et des colonnes de fumée; : "'Le soleil se changera en ténèbres, Et la lune en sang. Avant l'arrivée du jour de l'Eternel, De ce jour grand et terrible. ^-Alors quiconque invoquera le nom de l'Eternel sera sauvé, Le salut sera sur la montagne de Sion et à Jérusalem, Comme a dit l'Eternel, Et parmi les réchappes que l'Eternel appellera. Cliop. III. 'Car voici, en ces jours, en ce temps-là, Quand je ramènerai les captifs de Juda et de Jérusalem, ^Je rassemblerai toutes les nations. Et je les ferai descendre dans la vallée de Josaphat; Là, j'entrerai en jugement avec elles. Au sujet de mon peuple, d'Israël mon héritage, Qu'elles ont dispersé parmi les nations. Et au sujet de mon pays qu'elles se sont partagé. 'Ils ont tiré mon peuple au sort ; Ils ont donné le jeune garçon jiour une prostituée, Ils ont vendu la jeune fille pour du vin, et ils ont bu. *Que me vovdez-vous, Tvr et Sidon, Et vous tous, districts des Philistins ? Voulez-vous tirer vengeance de moi ? Si vous voulez vous venger. Je ferai bien vite retomber votre vengeance sur vos têtes. ^ Vous avez pris mon argent et mon or ; Et ce que j'avais de plus précieux et de plus beau. Vous l'avez emporté dans vos temples. *Vous avez vendu les enfants de Juda et de Jérusalem aux enfants de Afin de les éloigner de leur territoire. [Javan, 'Voici, je les ferai revenir du lieu où vous les avez vendus. Et je ferai retomber votre vengeance sur vos têtes. *Je vendrai vos fils et vos filles aux enfants de Juda, Et ils les vendront aux Sabéens, nation lointaine ; Car l'Eternel a parlé. "Publiez ces choses parmi les nations ! Préparez la guerre ! Réveillez les héros ! Qu'ils s'approchent, qu'ils montent. Tous les hommes de ouerre ! '"De vos boyaux forgez des épées. Et de vos serpes des lances ! Que le faible dise : Je suis fort ! 1155 Chap. S.ii-n. JOËL. " Hàtez-A'ous et venez, vous toutes, nations d'alentour. Et rassemblez-vous ! Là, ô Eternel, fais descendre tes héros ! '-Que les nations se réveillent, et qu'elles montent Vers la vallée de Josaphat ! Car là je siégerai pour juger toutes les nations d'alentour. '^Saisissez la faucille. Car la moisson est mûre ! Venez, foulez, Car le pressoir est plein, Les cuves regorQ'ent ! Car grande est leur méchanceté. '*C'est une multitude, une multitude, Dans la vallée du jugement; Car le jour de l'Eternel est proche. Dans la vallée du jugement. '^Le soleil et la lune s'obscurcissent. Et les étoiles retirent leur éclat. "'De Sion rÉternel rugit. De Jérusalem il fait entendre sa voix ; Les cieux et la terre sont ébranlés. Mais l'Eternel est un refuge pour son peuple, ~ Un abri pour les enfants d'Israël. "Et vous saurez que je suis l'Eternel, votre Dieu, Résidant à Sion, ma sainte montagne. Jérusalem sera sainte. Et les étrangers n'y passeront plus. '*En ce temps-là, le moût ruissellera des montagnes. Le lait coulera des collines. Et il y aura de l'eau dans tous les torrents de Juda ; Une source sortira aussi de la maison de l'Eternel, Et arrosera la vallée de Sittim. '^L'Egypte sera dévastée, Edom sera réduit en désert, A cause des violences contre les enfants de Juda, Dont ils ont ré])andu le sang innocent dans leur pays. '-"Mais Juda sera toujours habité. Et Jérusalem, de génération en génération. ^'Je vengerai leur sang que je n'ai point encore vengé. Et l'Éternel résidera dans Sion. 1156 AMOS Contre Damas, Gaza. Tyr, lùloiii. Amiiwn, Moab ; contre Jiida et Israël. Chnp. I. 'Paroles d'Amos, l'un des bergers de Tekoa, visions qu'il eut sur Israël, au temps d'Ozias, roi de Juda, et au temps de Jéroboam, fils de Joas, roi d'Israël, deux ans avant le tremblement de terre. -Il dit : De Sion l'Eternel rugit, De Jérusalem il foit entendre sa voix. Les pâturages des bergers sont dans le deuil, , Et le sommet du Garmel est desséché. ^Ainsi parle l'Eternel : A cause de trois crimes de Damas, Même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt. Parce qu'ils ont foulé Galaad sous des traîneaux de fer. ■•J'enverrai le feu dans la maison de Hazaël, Et il dévorera les palais de Ben-Iladad. ^Je briserai les verrous de Damas, J'exterminerai de Bikath-Aven les habitants, Et de Bcth-Eden celui qui tient le sccjître ; Et le peuple de Syrie sera mené captif à Kir, dit l'Eternel. ^Ainsi parle l'Eternel: A cause de trois crimes de Gaza, Même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt. Parce qu'ils ont fait une foule de captifs pour les livrer à Edom. "J'enverrai le feu dans les murs de Gaza, Et il en dévorera les palais. *'J'exterminerai d'Asdod les habitants. Et d'Askalon celui qui tient le scej)tre ; Je tournerai ma main contre Ekron, Et le reste des Philistins périra, dit le Seigneur, l'Eternel. 'Ainsi parle l'Éternel : A cause de trois crimes de Tyr, Même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt. Parce qu'ils ont livré à Edom une foule de captifs Sans se souvenir de l'alliance fraternelle. '"J'enverrai le feu dans les murs de Tyr, Et il en dévorera les palais. "Ainsi parle l'Eternel : H57 Chap. 1,17-2,1. AMOS. A cause de trois crimes d'Edom, Même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt, Parce qu'il a poursuivi ses frères avec l'cpée, En étouffant sa compassion, Parce que sa colère déchire toujours, Et qu'il garde éternellement sa fureur. '-J'enverrai le feu dans Théman, Et il dévorera les palais de Botsra. '^Ainsi parle l'Eternel : A cause de trois crimes des enfants d'Ammon, Même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt, Parce qu'ils ont fendu le ventre des femmes enceintes de Galaad, Afin d'agrandir leur territoire. '^J'allumerai le feu dans les murs de Rabba, Et il en dévorera les palais. Au milieu des cris de guerre au jour du combat, Au milieu de l'ouragan au jour de la tempête; '^Et leur roi s'en ira en captivité. Lui, et ses chefs avec lui, dit l'Eternel. Chap. II. 'Ainsi parle l'Eternel : A cause de trois crimes de Moab, Même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt, Parce qu'il a brûlé, calciné les os du roi d'Edom. "J'enverrai le feu dans Moab, Et il dévorera les palais de Kerijoth ; Et Moab périra au milieu du tumulte. Au milieu des cris de guerre et du bruit de la trompette. ■'J'exterminerai de son sein le juge. Et je tuerai tous ses chefs avec lui, dit l'Eternel. ■•Ainsi parle l'Eternel : A cause de trois crimes de Juda, Même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt. Parce qu'ils ont méprisé la loi de l'Eternel Et qu'ils n'ont pas gardé ses ordonnances, Parce qu'ils ont été égarés par les idoles mensongères Après lesquelles leurs pères ont marché. ^J'enverrai le feu dans Juda, Et il dévorera les palais de Jérusalem. ^Ainsi parle l'Éternel : A cause de trois crimes d'Israël, Même de quatre, je ne révoque pas mon arrêt, Parce qu'ils ont vendu le juste pour de l'argent. Et le pauvre pour une paire de souliers. "Ils aspirent à voir la poussière de la terre sur la tête des misérables, 1158 AMOS. Chap.3,8-S,5. Et ils violent le droit des malheureux. Le fils et le père vont vers la même fille, Afin de profaner mon saint nom. ^Ils s'étendent près de chaque autel sur des vêtements pris en gage, El ils boivent dans la maison de leurs dieux le vin de ceux qu'ils con- '■'El pourtant j'ai détruit devant eux les Amoréens, [damnent. Dont la hauteur égalait celle des cèdres. Et la force celle des chênes ; J'ai détruit leurs fruits en haut. Et leurs racines en bas. '"Et pourtant je vous ai fait monter du pays d'Egypte, Et je vous ai conduits quarante ans dans le désert, Pour vous mettre en possession du pays des Amoréens. *'J'ai suscité parmi vos fils des prophètes, Et parmi vos jeunes hommes des nazaréens. N'en est-il pas ainsi, enfants d'Israël ? dit l'Éternel... '-Et vous avez fait boire du vin aux nazaréens"? Et aux prophètes vous avez donné cet ordre : Ne prophétisez pas ! '■^ Voici, je vous écraserai. Comme écrase un chariot rempli de gerbes. '^ Celui qui est agile ne pourra fuir, Celui qui a de la force ne pourra s'en servir, Et l'homme vaillant ne sauvera pas sa vie ; '^ Celui qui manie l'arc ne résistera pas, Celui qui a les pieds légers n'échappera pas. Et le cavalier ne sauvera pas sa vie ; '*Le plus courageux des guerriers S'enfuira nu dans ce jour-là, dit l'Eternel. Reproches et menaces. [fantS d'Israël, Chap. III. 'Ecoutez cette parole que l'Eternel prononce contre vous, en- Contre toute la famille que j'ai fait monter du pays d'Egypte! -Je vous ai choisis vous seuls parmi toutes les familles de la terre ; C'est pourquoi je vous châtierai pour toutes vos iniquités. 'Deux hommes marchent-ils ensemble. Sans en être convenus ? ■•Le lion rugit-il dans la forêt. Sans avoir une proie ? Le lionceau pousse-t-il des cris du fond de sa tanière, Sans avoir fait une capture ? ^L'oiseau tombe-t-il dans le filet qui est à terre, Sans qu'il y ait un piège ? Le filet s'élève-t-il de terre. Sans qu'il y ait rien de pris ? a. Les nazaréens se consacraient à l'IUernel d'une manière particulière, faisant vœu pour un tenijis de lais- ser croître leurs cheveux, de ne boire aucune liqueur fcrmcntée, etc. Voy. Nouib. 6, 1 et suiv. 1 159 Chap.S,G-i,3. AMOS. ^Sonne-t-on de la trompette dans une ville, Sans que le peuple soit dans Tcpouvante ? Arrive-t-il un malheur dans une ville, Sans que l'Éternel en soit l'auteur ? "Car le Seigneur, l'Eternel, ne fait rien, Sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes. *Le lion rugit : qui ne serait effrayé ? Le Seigneur, l'Eternel, parle : qui ne prophétiserait? ^Faites retentir votre voix dans les palais d'Asdod Et dans les palais du pays d'Egypte, Et dites : Rassemblez-vous sur les montagnes de Samarie, Et voyez quelle immense confusion au milieu d'elle, Quelles violences dans son sein ! '"Ils ne savent pas agir avec droiture, dit l'Eternel, . Ils entassent dans leurs palais les produits de la violence et de la rapine. "C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : L'ennemi investira le pays. Il détruira ta force. Et tes palais seront pillés. '-Ainsi parle l'Éternel : Comme le berger arrache de la gueule du lion Deux jambes ou un bout d'oreille, Ainsi se sauveront les enfants d'Israël qui sont assis dans Samarie A l'angle d'un lit et sur des tapis de damas. '^Écoutez, et déclarez ceci à la maison de Jacob ! Dit le Seigneur, l'Éternel, le Dieu des armées. '••Le jour où je punirai Israël pour ses transgressions. Je frapperai sur les autels de Bcthel ; Les cornes de l'autel seront brisées. Et tomberont à terre. '^Je renverserai les maisons d'hiver et les maisons d'été; Les palais d'ivoire périront, Les maisons des grands disparaîtront, dit l'Eternel. [gne de Samarie, Chap. IV. 'Écoutez cette parole, génisses de Basan" qui êtes sur la monta- Vous qui opprimez les misérables, qui écrasez les indigents. Et qui dites à vos maris : Apportez, et buvons ! -Le Seigneur, l'Éternel, l'a juré par sa sainteté : Voici, les jours viendront pour vous Où l'on vous enlèvera avec des crochets, Et votre postérité avec des hameçons ; ^Vous sortirez par les brèches, chacune devant soi, Et vous serez jetées dans la forteresse, dit l'Éternel. a. Génisses de Basan, femmes des grands d'Israël. 1160 AMOS. Chap.4..i-5,i. *Allez à Béthel, et péchez ! Allez à Guilgai, et péchez davantage ! Offrez vos sacrifices chaque matin, Et vos dîmes tous les trois jours ° ! ^Faites vos sacrifices d'actions de grâces avec du levain* ! Proclamez, publiez vos offrandes volontaires ! Car c'est là ce que vous aimez, enfants d'Israël, Dit le Seigneur, l'Eternel. ^Et moi, je vous ai envoyé la famine' dans toutes vos villes, Le manque de pain dans toutes vos demeures. Malgré cela, vous n'êtes pas revenus à moi, dit l'Eternel. "Et moi, je vous ai refusé la pluie, Lorsqu'il y avait encore trois mois jusqu'à la moisson ; J'ai fait pleuvoir sur une ville. Et je n'ai pas fait pleuvoir sur une autre ville ; Un champ a reçu la pluie, Et un autre qui ne l'a pas reçue s'est desséché. *Deux, trois villes sont allées vers une autre pour boire de l'eau. Et elles n'ont point apaisé leur soif. Malgré cela, vous n'êtes pas revenus à moi, dit l'Eternel. '•Je vous ai frappés par la rouille et par la nielle ''; Vos nombreux jardins, vos vignes, vos figuiers et vos oliviers Ont été dévorés par les sauterelles. Malgré cela, vous n'êtes pas revenus à moi, dit l'Eternel. '"J'ai envoyé parmi vous la peste, comme en Egypte ; .)'ai tué vos jeunes gens par l'épée. Et laissé prendre vos chevaux ; J'ai fait monter à vos narines l'infection de votre camp. Malgré cela, vous n'êtes pas revenus à moi, dit l'Eternel. "Je vous ai bouleversés. Comme Sodome et Gomorrhe, que Dieu détruisit; Et vous avez été comme un tison arraché de l'incendie. Malgré cela, vous n'êtes pas revenus à moi, dit l'Eternel '-C'est pourquoi je te traiterai de la même manière, Israël ; Et puisque je te traiterai de la même manière. Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu, ô Israël ! "Car voici celui qui a formé les montagnes et créé le vent. Et qui fait connaître à l'homme ses pensées, Celui qui change l'aurore en ténèbres. Et qui marche sur les hauteurs de la terre : Son nom est l'Éternel, le Dieu des armées. Chap. V. 'Écoutez cette parole, a. Ironie. La loi prescrivait les dimes Uus les trois ans, Deut. 1'», -28. h. Avec du Icfaln. re qui était dé- fendu par la loi. Lév. 2, ii ; 7, 12. c. La famine, héb. la pureté des dents. d. La rumlle. la nielle, maladies des blés. llGi Chap. 5,2-13. AMOS. Cette complainte que je prononce sur vous, Maison d'Israël ! ^Elle est tombée, elle ne se relèvera plus, La vierge d'Israël ; Elle est covichée par terre, Nul ne la relève. 'Car ainsi parle le Seigneur, l'Eternel : La ville qui mettait en campagne mille hommes N'en conservera que cent. Et celle qui mettait en campagne cent hommes N'en conservera que dix, pour la maison d'Israël. ''Car ainsi parle l'Eternel à la maison d'Israël : Cherchez-moi, et vous vivrez ! '^Ne cherchez pas Béthel, N'allez pas à Guilgal, Ne passez pas à Beer-Schéba. Car Guilgal sera captif". Et Béthel anéanti. ^Cherchez l'Eternel, et vous vivrez ! Craignez qu'il ne saisisse comme un feu la maison de Joseph, Et que ce feu ne la dévore, sans personne à Béthel pour l'éteindre, 'O vous qui changez le droit en absinthe. Et qui foulez à terre la justice ! ni a créé les Pléiades et l'Orion, Il change les ténèbres en aurore, II obscurcit le jour pour en faire la nuit, II appelle les eaux de la mer. Et les répand à la surface de la terre : L'Eternel est son nom. m fait lever la ruine sur les puissants, Et la ruine vient sur les forteresses. '"Ils haïssent celui qui les reprend à la porte". Et ils ont en horreur celui qui parle sincèrement. "Aussi, parce que vous avez foulé le misérable. Et que vous avez pris de lui du blé en présent. Vous avez bâti des maisons en pierres de taille. Mais vous ne les habiterez pas ; Vous avez planté d'excellentes vignes, Mais vous n'en boirez pas le vin. '-Car, je le sais, vos crimes sont nombreux. Vos péchés sont multipliés ; Vous opprimez le juste, vous recevez des présents. Et vous violez à la porte le droit des pauvres. 'Woilà pourquoi, en des temps comme ceux-ci, le sage se tait; a. A la porte, à la poi'tc des villes, où siégeaient les juges. AMOS. Chap. 5, ii-27. Car ces temps sont mauvais. '* Recherchez le bien et non le mal, afin que vous viviez, Et qu'ainsi lEterncl, le Dieu des armées, soit avec vous, Comme vous le dites. '^Haïssez le mal et aimez le bien, Faites i-égner à la porte la justice ; Et peut-être l'Eternel, le Dieu des armées, aura pitié Des restes de Joseph. '^G'est pourquoi ainsi parle l'Eternel, le Dieu des armées, le Seigneur : Dans toutes les places on se lamentera, Dans toutes les rues on dira : Hélas ! hélas ! On appellera le laboureur au deuil. Et aux lamentations ceux qui disent des complaintes. '"Dans toutes les vignes on se lamentera. Lorsque je passerai au milieu de toi, dit l'Eternel. '^Malheur à ceux qui désirent le jour de l'Eternel ! Qu'attendez-vous du jour de l'Éternel ? Il sera ténèbres et non lumière. '^Vous serez comme un homme qui fuit devant un lion Et que rencontre un ours. Qui gagne sa demeure, appuie sa main sur la muraille, Et que mord un serpent. '-"Le jour de l'Eternel n'est-il pas ténèbres et non lumière ? N'est-il pas obscur et sans éclat ? -'Je hais, je méprise vos fêtes, Je ne puis sentir vos assemblées. --Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, Je n'y prends aucun plaisir; Et les veaux engraissés que vous sacrifiez en actions de grâces. Je ne les regarde pas. -^Eloigne de moi le bruit de tes cantiques; Je n'écoute pas le son de tes luths. -^Mais que la droiture soit comme un courant d'eau, Et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. -^M'avez-vous fait des sacrifices et des ofTrandes Pendant les quarante années du désert, maison d'Israël ?... -^Emportez donc la tente de votre roi, Le piédestal de vos idoles. L'étoile de votre dieu Que vous vous êtes fabriqué ! -"Et je vous emmènerai captifs au delà de Damas, Dit l'Eternel, dont le nom est le Dieu des armées. 11G3 74 * Chap. 6,i-ii. AMOS. Chap. VI. 'Malheur à ceux qui vivent tranquilles dans Sion, Et en sécurité sur la montagne de Samarie, A ces grands de la première des nations, Auprès desquels va la maison d'Israël !... -Passez à Calné et voyez, Allez de là jusqu'à Hamath la grande. Et descendez à Gath chez les Philistins : Ces villes sont-elles plus prospères que vos deux royaumes, Et leur territoire est-il plus étendu que le vôtre ?... ^Vous croyez éloigné le jour du malheur, Et vous faites approcher le règne de la violence. ^Ils reposent sur des lits d'ivoire, Ils sont mollement étendus sur leurs couches; Ils mangent les agneaux du troupeau, Les veaux mis à l'engrais. ^IIs extravaguent au son du luth. Ils se croient habiles comme David sur les instruments de musique. ^Ils boivent le vin dans de larges coupes. Ils s'oignent avec la meilleure huile, Et ils ne s'attristent pas sur la ruine de Joseph ! 'C'est pourquoi ils seront emmenés à la tête des captifs ; Et les cris de joie de ces voluptueux cesseront. ^Le Seigneur, l'Éternel, l'a juré par lui-même; L'Eternel, le Dieu des armées, a dit : J'ai en horreur l'orgueil de Jacob, Et je hais ses palais ; Je livrerai la ville et tout ce qu'elle renferme. ^Et s'il reste dix hommes dans une maison, ils mourront. '"Lorsqu'un parent prendra un mort pour le brûler Et qu'il enlèvera de la maison les ossements, Il dira à celui qui est au fond de la maison : Y a-t-il encore quelqu'un avec toi ? Et cet homme répondra : Personne Et l'autre dira : Silence ! Ce n'est pas le moment de prononcer le nom de l'Eternel. "Car voici, l'Éternel ordonne : Il fera tomber en ruines la grande maison. Et en débris la petite maison. '^Est-ce que les chevaux courent sur un rocher. Est-ce qu'on y laboure avec des bœufs, Pour que vous ayez changé la droiture en poison, Et le fruit de la justice en absinthe ? '•■'Vous vous réjouissez de ce qui n'est que néant, Vous dites : N'est-ce pas par notre force Que nous avons acquis de la puissance ? '■•C'est pourquoi voici, je ferai lever contre vous, maison d'Israël, 1164 AMOS. Chop 7,1-13. Dit l'Éternel, le Dieu des armées, une nation Qui vous opprimera depuis l'entrée de Hamath Jusqu'au torrent du désert. visions sur la ruine d'Israël. Promesses. Chap. VII. 'Le Seigneur, l'Eternel, m'envoya cette vision. Voici, il formait des sauterelles, Au moment où le regain commençait à croître ; C'était le regain après la coupe du roi. -Et comme elles dévoraient entièrement l'herbe de la terre, Je dis : Seigneur Eternel, pardonne donc ! Comment Jacob subsistera-t-il ? Car il est si faible ! ^L'Eternel se repentit de cela. Cela n'arrivera pas, dit l'Eternel. ^Le Seigneur, l'Eternel, m'envoya cette vision. Voici, le Seigneur, l'Eternel, proclamait le châtiment par le feu ; Et le feu dévorait le grand abîme Et dévorait le champ. ^Je dis : Seigneur Eternel, arrête donc! Comment Jacob subsistera-t-il? Car il est si faible ! ^L'Eternel se repentit de cela. Cela non plus n'arrivera pas, dit le Seigneur, l'Eternel. "Il m'envoya cette vision. Voici, le Seigneur se tenait sur un mur tiré au cordeau, Et il avait un niveau ° dans la main. ^L'Eternel me dit : Que vois-tu, Amos? Je répondis : Un niveau. Et le Seigneur dit : Je mettrai le niveau au milieu de mon peuple d'Israël, Je ne lui pardonnerai plus ; ^Les hauts lieux d'Isaac seront ravagés; Les sanctuaires d'Israël seront détruits, Et je me lèverai contre la maison de Jéroboam avec l'épée. '"Alors Amatsia, prêtre de Béthel, de son pays. ''Et Amatsia dit à Amos : fit dire à Jéroboam, roi d'Israël : Amos Homme à visions, va-t'en, fuis dans conspire contre toi au milieu de la mai- le pays de Juda ; manges-y ton pain, son d'Israël; le pays ne peut supporter et là tu prophétiseras. '^Mais ne con- toutes ses paroles. "Car voici ce que tinuepas à prophétiser à Béthel, car dit Amos : Jéroboam mourra par l'é- c'est un sanctuaire du roi, et c'est une pée, et Israël sera emmené captif loin maison royale. a. Un nifeau, ou fil ù plomb, symbole de la destruction d'une ville ou d'un peuple; voy. II Rois 21, 13; V.iiuc 34, 11. 1IG5 Chap.7,r.-8,ii. AMOS. '*Amos répondit à Amatsia : Je ne pas contre Israël, et ne parle pas con- suls ni prophète, ni fils de prophète; tre la maison d'Isaac! '"A cause de mais je suis berger, et je cultive des cela, voici ce que dit l'Eternel : Ta sycomores. *^L'Eternel m'a pris der- femme se prostituera dans la ville, tes rière le troupeau, et l'Eternel m'a fils et tes filles tomberont par l'épée, dit : Va, prophétise à mon peuple ton champ sera partagé au cordeau; d'Israël. et toi, tu mourras sur une terre im- '^Ecoute maintenant la parole de pure, et Israël sera emmené captif loin l'Eternel, toi qui dis : Ne prophétise de son pays. CJiap. VIII. 'Le Seigneur, l'Eternel, m'envoya cette vision. Voici, c'était une corbeille de fruits. -Il dit : Que vois-tu, Anios? Je répondis : Une corbeille de fruits. Et l'Eternel me dit : La fin est venue pour mon peuple d'Israël; Je ne lui jjardonnerai plus. ^En ce jour-là, les chants du palais seront des gémissements, Dit le Seigneur, l'Éternel ; On jettera partout en silence une multitude de cadavres. ^Ecoutez ceci, vous cjui dévorez l'indigent, Et qui ruinez les malheureux du pays ! '^A'ous dites : Quand la nouvelle lune sera-t-elle passée, Afin que nous vendions du blé ? Quand finira le sabbat, afin que nous ouvrions les greniers? Nous diminuerons l'épha, nous augmenterons le prix", Nous falsifierons les balances pour tromper; *Puis nous achèterons les misérables pour de l'argent, Et le pauvre pour une paire de souliers, Et nous vendrons la criblure du froment. — "L'Eternel l'a juré par la gloire de Jacob : Je n'oublierai jamais aucune de leurs œuvres. ^Le pays, à cause d'elles, ne sera-t-il pas ébranlé, Et tous ses habitants ne seront-ils ])as dans le deuil ? Le pays montera tout entier comme le fleuve, Il se soulèvera et s'affaissera comme le fleuve d'Egypte. "En ce jour-là, dit le Seigneur, l'Eternel, Je ferai coucher le soleil à midi, Et j'obscurcirai la terre en plein jour ; '"Je changerai vos fêtes en deuil, Et tous vos chants en lamentations, Je couvrirai de sacs tous les reins. Et je rendrai chauves toutes les têtes ; Je mettrai le pays dans le deuil comme pour un fils unique, Et sa fin sera comme un jour d'amertume. "^'oici, les jours AÏennent, dit le Seigneur, l'Eternel, a. Le pris, héb. le sicle, le poids de l'argent ù donner en pnjement. 1166 AMOS. C/uip. 8,i2-9,s. Où j'enverrai la famine dans le pays, Non pas la disette du pain et la soif de l'eau, Mais la faim et la soif d'entendre les paroles de l'Eternel. '-Ils seront alors errants d'une mer à l'autre, Du septentrion à l'orient, Ils iront çà et là pour chercher la parole de l'Eternel, Et ils ne la trouveront pas. "En ce jour, les belles jeunes fdles et les jeunes hommes mourront de '••Ils jurent par le péché de Samarie, [soif. Et ils disent : Vive ton Dieu, Dan! Vive la voie de Beer-Schéba ! Mais ils tomberont, et ne se relèveront plus. Chap. IX. 'Je vis le Seigneur qui se tenait sur l'autel. Et il dit : Frappe les chapiteaux et que les seuils s'ébranlent, Et brise-les sur leurs tètes à tous ! Je ferai périr le reste par l'épée. Aucun d'eux ne pourra se sauver en fuyant. Aucun d'eux n'échappera. -S'ils pénètrent dans le séjour des morts. Ma main les en arrachera ; S'ils montent aux cieux. Je les en ferai descendre. "S'ils se cachent au sommet du Carmel, Je les y chercherai et je les saisirai ; S'ils se dérobent à mes regards dans le fond de la mer, Là j'ordonnerai au serpent de les mordre. ■'S'ils vont en captivité devant leurs ennemis, Là j'ordonnerai à l'épée de les faire périr; Je dirigerai contre eux mes regards Pour faire du mal et non du bien. ^Le Seigneur, l'Eternel des armées, touche la terre, et elle tremble. Et tous ses habitants sont dans le deuil ; Elle monte tout entière comme le fleuve. Et elle s'affaisse comme le fleuve d'Egypte. ^11 a bâti sa demeure dans les cieux, Et fondé sa voûte sur la terre ; Il appelle les eaux de la mer, Et les répand à la surface de la terre : L'Eternel est son nom. ^N'ètes-vous jias pour moi comme les enfants des Ethiopiens, Enfants d'Israël? dit l'Eternel. N'ai-je pas fait sortir Israël du pays d'Egypte, Comme les Philistins de Caphtor et les Syriens de Kir? ''Voici, le Seigneur, l'Eternel, a les yeux sur le royaume coupable. Je le détruirai de dessus la face de la terre ; I1G7 Chnp. 0,0-15. AMOS. Toutefois je ne détruirai pas entièrement la maison de Jacob, Dit l'Éternel. ^Car voici, je donnerai mes ordres. Et je secouerai la maison d'Israël parmi toutes les nations, Gommé on secoue avec le crible. Sans qu'il tombe à terre un seul grain. '"Tous les pécheurs de mon peuple mourront par l'épée. Ceux qui disent : Le malheur n'approchera pas, ne nous atteindra pas. "En ce temps-là, je relèverai de sa chute la maison de David, J'en réparerai les brèches, j'en redresserai les ruines. Et je la rebâtirai comme elle était autrefois, '-Afin qu'ils possèdent le reste d'Édom et toutes les nations Sur lesquelles mon nom a été invoqué. Dit l'Eternel, qui accomplira ces choses. '•'Voici, les jours viennent, dit l'Eternel, Où le laboureur suivra de près le moissonneur. Et celui qui foule le raisin celui qui répand la semence, Où le moût ruissellera des montagnes Et coulera de toutes les collines. '■•Je ramènerai les captifs de mon peuple d'Israël ; Ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront, Ils planteront des vignes et en boiront le vin. Ils établiront des jardins et en mangeront les fruits. '^Je les planterai dans leur pays, ¥a ils ne seront plus arrachés du paj'S que je leur ai donné, Dit l'Eternel, ton Dieu. ABDIAS Chap. I. ^Prophétie d'Abdias. Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel, sur Edom : — Nous avons appris une nouvelle de la part de l'Eternel, Et un messager a été envoyé parmi les nations : Levez-vous, marchons contre Edom pour lui faire la guerre ! -Voici, je te rendrai petit parmi les nations, Tu seras l'objet du plus grand mépris. ^L'orgueil de ton cœur t'a égaré, Toi qui habites le creux des rochers, Qui t'assieds sur les hauteurs. Et qui dis en toi-même : Qui me précipitera jusqu'à terre ? 1168 ABDIAS. Chap. /,4-fô. ^Quanti tu placerais ton nid aussi haut que celui de l'aigle, Quand tu le placerais parmi les étoiles, Je t'en précipiterai, dit l'Eternel. ^Si des voleurs, des pillards, viennent de nuit chez toi. Comme te voilà dévasté ! Mais enlèvent-ils plus cju'ils ne peuvent? Si des vendangeurs viennent chez toi, Ne laissent-ils rien à grappiller?... ^\h ! comme Ésau est fouillé ! Comme ses trésors sont découverts ! "Tous tes alliés t'ont chassé jusqu'à la frontière. Tes amis t'ont joué, t'ont dominé. Ceux qui mangeaient ton pain t'ont dressé des pièges, Et tu n'as pas su t'en apercevoir ! *N'est-ce pas en ce jour, dit l'Eternel, Que je ferai disparaître d'Edom les sages. Et de la montagne d'Esaù l'intelligence ? '^Tes guerriers, ô Théman, seront dans l'épouvante, Car tous ceux de la montagne d'Esaû périront dans le carnage. '"A cause de ta violence contre ton frère Jacob, Tu seras couvert de honte. Et tu seras exterminé pour toujours. ''Le jour où tu te tenais en face de lui. Le jour où des étrangers emmenaient captive son armée. Où des étrangers entraient dans ses portes. Et jetaient le sort sur Jérusalem, Toi aussi tu étais comme l'un d'eux. '-Ne repais pas ta vue du jour de ton frère, du jour de son malheur, Ne te réjouis pas sur les enfants de Juda au jour de leur ruine. Et n'ouvre pas une grande bouche au jour de la détresse ! "N'entre pas dans les portes de mon peuple au jour de sa ruine. Ne repais jjas ta vue de son malheur au jour de sa ruine. Et ne porte pas la main sur ses richesses au jour de sa ruine ! '"•Ne te tiens pas au carrefour pour exterminer ses fuyards. Et ne livre pas ses réchappes au jour de la détresse ! '^Car le jour de l'Eternel est proche, pour toutes les nations ; Il te sera fait comme tu as fait. Tes œuvres retomberont sur ta tête. '^Car comme vous avez bu sur ma montagne sainte, Ainsi toutes les nations boiront sans cesse; Elles boiront, elles avaleront. Et elles seront comme si elles n'eussent jamais été. "Mais le salut sera sur la montagne de Sion, elle sera sainte, Et la maison de Jacob reprendra ses possessions. '*La maison de Jacob sera un feu, et la maison de Joseph une flamme ; Mais la maison d'Esaû sera du chaume, 1 IGO Chap. 1,19-Qi. ABDIAS. Qu'elles allumeront et consumeront ; Et il ne restera rien de la maison d'Esau, Car l'Eternel a parlé. '"Ceux du midi posséderont la montagne d'Esaû, Et ceux de la plaine le pays des Philistins ; Ils posséderont le territoire d'Ephraïm et celui de Samarie ; Et Benjamin possédera Galaad. ^"Les captifs de cette armée des enfants d'Israël Posséderont le pays occupé par les Cananéens jusqu'à Sarepta, Et les captifs de Jérusalem qui sont à Sepharad Posséderont les villes du midi. ^' Des libérateurs monteront sur la montagne de Sion, Pour juger la montagne d'Esaû ; Et à l'Eternel appartiendra le règne. JONAS Vocation de Jonas ; fuite et punition. Chap. I. 'La parole de l'Eternel dément. ^Le pilote s'approcha de lui, et lui dit : Pourquoi dors-tu ? Lève- toi, invoque ton Dieu ! peut-être vou- dra-t-il penser à nous, et nous ne pé- rirons pas. 'Et ils se dirent l'un à l'autre : Venez, et tirons au sort, pour 'Et Jonas se leva pour s'enfuir à savoir qui nous attire ce malheur. Ils fut adressée à Jonas, fds d'Amitthaï, en ces mots : -Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle ! car sa mé- chanceté est montée jusqu'à moi. Tarsis, loin de la face de l'Eternel. Il descendit à Japho, et il trouva un navire qui allait à Tarsis; il paya le prix du transport, et s'embarqua pour aller avec les passagers à Tarsis, loin de la face de l'Eternel. *Mais l'Éternel fit souffler sur la mer un vent impétueux, et il s'éleva tirèrent au sort, et le sort tomba sur Jonas. ^Alors ils lui dirent : Dis-nous qui nous attire ce malheur. Quelles sont tes affaires, et d'où viens-tu ? Quel est ton pays, et de quel peuple es-tu ? 'Il leur répondit : Je suis Hébreu, et je crains l'Eternel, le Dieu des cieux, qui sur la mer une grande tempête. Le a fait la mer et la terre. '"Ces hommes navire menaçait de faire naufrage, eurent une grande frayeur, et ils lui ^Les mariniers eurent peur, ilsimplo- dirent: Pourquoi as-tu fait cela? Car rèrent chacun leur dieu, et ils jetèrent ces hommes savaient qu'il fuyait loin dans la mer les objets qui étaient sur de la face de l'Eternel, parce qu'il le le navire, afin de se le rendre plus leur avait déclaré. "Ils lui dirent: léger. Jonas descendit au fond du na- Que te ferons-nous, pour que la mer vire, se coucha, et s'endormit profon- se calme envers nous.'' Car la mer 1170 JONAS. Chap. J,ij-3,2. était de plus en plus orageuse. '-Il prirent Jonas, et le jetèrent dans la leur répondit: Prenez-moi, et jetez- mer. Et la fureur de la mer s'apaisa, moi dans la mer, et la mer se calmera "Ces hommes turent saisis d'une envers vous; car je sais que c'est moi grande crainte de l'Eternel, et ils of- qui attire sur vous cette grande tem- frirent un sacrifice à l'Eternel, et firent pête. des vœux. 13 Ces hommes ramaient pour ga- gner la terre, mais ils ne le purent, Jonas dans le ^■entred- un poisson; prière 1 ' -i -1 i ■ et délivrance. parce que la mer s agitait toujours plus contre eux. '*Alors ils invoqué- Chap. II. 'L'Eternel fit venir un rent l'Eternel, et dirent : 0 Eternel, grand poisson pour engloutir Jonas, ne nous fais pas périr à cause de la et Jonas fut dans le ventre du poisson vie de cet homme, et ne nous charge trois jours et trois nuits. pas du sang innocent! Car toi, Eter- -Jonas, dans le ventre du poisson, nel, tu fais ce que tu veux. '^Puis ils pria l'Éternel, son Dieu. ^11 dit: Dans ma détresse, j'ai invoqué l'Eternel, Et il m'a exaucé; Du sein du séjour des morts j'ai crié, Et tu as entendu ma voix. "•Tu m'as jeté dans l'abîme, dans le cœur de la mer. Et les courants d'eau m'ont environné ; Toutes tes vagues et tous tes Ilots ont passé sur moi. *Je disais : Je suis chassé loin de ton regard ! Mais je verrai encore ton saint temple. ^Les eaux m'ont couvert jusqu'à m'ôter la vie, L'abîme m'a euA'eloppé, Les roseaux ont entouré ma tète. 'Je suis descendu jusqu'aux racines des montagnes, Les barres de la terre m'enfermaient pour toujours ; Mais tu m'as fait remonter vivant de la fosse. Éternel, mon Dieu ! * Quand mon àme était abattue au dedans de moi. Je me suis souvenu de l'Éternel, Et ma prière est parvenue jusqu'à toi, Dans ton saint temple. 'Ceux qui s'attachent à de vaines idoles 9f Eloignent d'eux la miséricorde. '"Pour moi, je t'offrirai des sacrifices avec un cri d'actions de grâces, J'accomplirai les vœux que j'ai faits : Le salut vient de l'Eternel. "L'Eternel parla au poisson, et le poisson vomit Jonas sur la terre. Prédication de Jonas à Sinive ; repentance des IViniiitcs. Chap. III. 'La parole de l'Éter- ^Lève-toi, va à Ninive, la grande nel fut adressée à Jonas une seconde ville, et proclames-y la publication fois, en ces mots : que je t'ordonne ! 1171 Chop. 3,3-4, il. JONAS. *Et Jonas se leva, et alla à Ninive, core dans mon pays? C'est ce que je selon la parole de rÉternel. Or Ninive voulais prévenir en fuyant à Tarsis. était une très grande ville, de trois Car je savais que tu es un Dieu com- jours de marche. ''Jonas fit d'abord pâtissant et miséricordieux, lent à la dans la ville une journée de marche ; colère et riche en bonté, et qui te re- il criait et disait: Encore quarante pens du mal. ^Maintenant, Eternel, jours, et Ninive est détruite ! prends-moi donc la vie, car la mort *Les gens de Ninive crurent à Dieu, m'est préférable à la vie. ils publièrent un jeûne, et se revêti- ^L'Eternel répondit : Fais-tu bien rent de sacs, depuis les plus grands det'irriter? jusqu'aux plus petits. ^La chose par- ^Et Jonas sortit de la ville, et s'assit vint au roi de Ninive; il se leva de son à l'orient de la ville. Là il se fit une trône, ôta son manteau, se couvrit cabane, et s'y tint à l'ombre, jusqu'à d'un sac, et s'assit sur la cendre. ^Et ce qu'il vît ce qui arriverait dans la il fit faire dans Ninive cette publica- ville. ^L'Eternel Dieu fit croître un tion, par ordre du roi et de ses grands : ricin, qui s'éleva au-dessus de Jonas, Que les hommes et les bêtes, les bœufs pour donner de l'ombre sur sa tête et les brebis, ne goûtent de rien, ne et pour lui ôter son irritation. Jonas paissent point, et ne boivent point éprouva une grande joie à cause de ce d'eau ! *Que les hommes et les bêtes ricin. soient couverts de sacs, qu'ils crient "Mais le lendemain, à l'aurore. Dieu à Dieu avec force, et qu'ils reviennent fit venir un ver qui piqua le ricin, et tous de leur mauvaise voie et des actes le ricin sécha. *Au lever du soleil, de violence dont leurs mains sont cou- Dieu fit souffler un vent chaud d'o- pables ! ^Qui sait si Dieu ne reviendra rient, et le soleil frappa sur la tète de pas et ne se repentira pas, et s'il ne Jonas, au point qu'il tomba en défail- renoncera pas à son ardente colère, lance. Il demanda la mort, et dit: La en sorte que nous ne périssions point ? mort m'est préférable à la vie. "Dieu vit qu'ils agissaient ainsi et '■'Dieu dit à Jonas: Fais-tu bien de qu'ils revenaient de leur mauvaise t'irriter à cause du ricin ? Il répondit : voie. Alors Dieu se repentit du mal Je fais bien de m'irriter jusqu'à la qu'il avait résolu de leur faire, et il ne mort. '"Et l'Eternel dit: Tu as pitié le fit pas. Mécontentement de Jonas, et reproclies de l'Eternel. Chap. IV. 'Cela déplut fort à Jo- nas, et il fut irrité. -Il implora l'Eter- nel, et il dit: Ah! Éternel, n'est-ce pas ce que je disais quand j'étais en- du ricin qui ne t'a coûté aucune peine et que tu n'as pas fait croître, qui est né dans une nuit et qui a péri dans une nuit. "Et moi, je n'aurais pas pi- tié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de cent vingt mille hommes qui ne savent pas dis- tinguer leur droite de leur gauche, et des animaux en grand nombre ! 1172 MICHEE Chap. I. ^ La parole de l'Éternel, qui fut adressée à Michée, de Moréscheth, au temps de Jothain, d'Achaz, d'Ezéchias, rois de Juda. — Prophétie sur Samarie et Jérusalem. -Ecoutez, vous tous peuples ! Sois attentive, terre, et ce qui est en toi ! Que le Seigneur, l'Eternel, soit témoin contre vous, Le Seigneur qui est dans le palais de sa sainteté ! 'Car voici, l'Eternel sort de sa demeure. Il descend, il marche sur les hauteurs de la terre. *Sous lui les montagnes se fondent. Les vallées s'entrouvrent. Comme la cire devant le feu. Comme l'eau qui coule sur une pente. '^Et tout cela à cause du crime de .Jacob, A cause des péchés de la maison d'Israël ! Quel est le crime de Jacob ? n'est-ce pas Samarie ? Quels sont les hauts lieux de Juda ? n'est-ce pas Jérusalem ?... *Je ferai de Samarie un monceau de pierres dans les champs, Un lieu pour planter de la vigne ; Je précipiterai ses pierres dans la vallée. Je mettrai à nu ses fondements. 'Toutes ses images taillées seront brisées, Tous ses salaires impurs seront bridés au feu. Et je ravagerai toutes ses idoles : Recueillies avec le salaire de la prostitution. Elles deviendront un salaire de prostitution... *C'est pourquoi je pleurerai, je me lamenterai. Je marcherai déchaussé et nu. Je pousserai des cris comme le chacal, Et des gémissements comme l'autruche. ''Car sa plaie est douloureuse ; Elle s'étend jusqu'à Juda, Elle pénètre jusqu'à la porte de mon peuple. Jusqu'à Jérusalem. '"Ne l'annoncez point dans Gath, Ne pleurez point dans Acco ! Je me roule dans la poussière à Bcth-Lcaphra. "Passe, habitante de Schaphir, dans la nudité et la honte ! L'habitante de Tsaanan n'ose sortir. Le deuil de Beth-Haëtsel vous prive de son abri. il73 Chap. 1,10-9, e. MICIIÉE. '-L'hahitante de Maroth tremble pour son salut. Car le malheur est descendu de la part de TEterncl Jusqu'à la porte de Jérusalem. '^\ttelle les coursiers à ton char, Habitante de Lakisch ! Tu as été" pour la fdle de Sion une première cause de péché, Car en toi se sont trouvés les crimes d'Israël. '*' C'est pourquoi tu renonceras à Moréschet-Gath ; Les maisons d'Aczib seront une source trompeuse Pour les rois d'Israël. '^Je t'amènerai un nouveau maître, habitante de Marésclia; La gloire d'Israël* s'en ira jusqu'à Adullam*^^. '^Rase-toi, coupe ta chevelure, A cause de tes enfants chéris ! Rends-toi chauve comme l'aigle, Car ils s'en vont en captivité loin de toi ! Chap. II. 'Malheur à ceux qui méditent l'iniquité et qui forgent le mal Sur leur couche ! Au point du jour ils l'exécutent, Quand ils ont le pouvoir en main. -Ils convoitent des champs, et ils s'en emparent, Des maisons, et ils les enlèvent; Ils portent leur violence sur l'homme et sur sa maison. Sur l'homme et sur son héritage. 'C'est pourquoi ainsi parle l'Eternel : Voici, je médite contre cette race un malheur; Vous n'en préserverez pas vos cous, Et vous ne marcherez pas la tête levée. Car ces temps seront mauvais. ^En ce jour-là, on fera de vous un sujet de sarcasme, On poussera des cris lamentables. On dira : Nous sommes entièrement dévastés ! Il donne à d'autres la part de mon peuple ! Eh quoi ! il me l'enlève ! II distribue nos champs à l'ennemi !... ^C'est pourquoi tu n'auras personne Qui étende le cordeau sur un lot. Dans l'assemblée de l'Eternel. — ^Ne prophétisez pas ! disent-ils. Qu'on ne prophétise pas de telles choses ! Les invectives n'ont point de fin ! — o. Tu as été. héb. elle a été. b. La gloire d'Israël, l'élite, la noblesse d'Israël. c. Les versets i0-i6 ren- crinent une série de jeux de mots, qu'il n'est pas possible de rendre dans une traduction, et qui résultent de frupports entre le sens étymologique des noms de lieux et les idées exprimées dans le texte. — Betlt-Leaphra nilie maison de poussière; Seha/ihir. belle; Tsaanan, sortie; Beth-Uaétsel. maison forte; Maroth. amertumes; kisch. invincible; Moréscheth. Marescha. possession; Aczib, qui trompe; .Idullam. noblesse du peuple. Toutes sig Lakisch, invincible; Moréscheth. Marescha. p^ ces localités appartenaient au pays de Juda 1174 MIGIIÉE. Chap. 2,1-8,6. "Oses-tu ])arler ainsi, maison de Jacob ? L'Eternel est-il prompt à s'irriter ? Est-ce là sa manière d'ayir? Mes paroles ne sont-elles pas favorables A celui qui marche avec droiture ? ^Depuis longtemps on traite mon peuple en ennemi, Vous enlevez le manteau de dessus les vêtements De ceux qui passent avec sécurité En revenant de la guerre. *Vous chassez de leurs maisons chéries les femmes de mon peuple, Vous ôtez pour toujours ma parure ta leurs enfants. '"Levez-vous, marchez ! car ce n'est point ici un lieu de repos ; A cause de la souillure, il y aura des douleurs, des douleurs violentes. "Si un homme court après le vent et débite des mensonges : Je vais te prophétiser sur le vin, sur les boissons fortes ! Ce sera pour ce peuple un prophète. '-Je te rassemblerai tout entier, ô Jacob ! Je rassemblerai les restes d'Israël, Je les réunirai comme les brebis d'une bergerie. Comme le troupeau dans son pâturage ; Il y aura un grand bruit d liommes. ''Celui qui fera la brèche montera devant eux ; Ils feront la brèche, franchiront la porte et en sortiront ; Leur roi marchera devant eux, Et l'Eternel sera à leur tète. Censures et promesses. Chap. III. 'Je dis : Ecoutez, chefs de Jacob, Et princes de la maison d'Israël ! N'est-ce pas à vous à connaître la justice ? -Vous haïssez le bien et aous aimez le mal ; Vous leur arrachez la peau et la chair de dessus les os. ^Ils dévorent la chair de mon peuple, Lui arrachent la peau, Et lui brisent les os; Ils le mettent en ])ièces comme ce qu'on cuit dans un pot. Comme de la viande dans une chaudière. *Alors ils crieront vers l'Eternel, Mais il ne leur répondra pas ; Il leur cachera sa face en ce temps-là. Parce qu'ils ont fait de mauvaises actions. ^\insi parle l'Eternel sur les prophètes qui égarent mon peuple, Oui annoncent la paix si leurs dents ont quelque chose à mordre, Et qui publient la guerre si on ne leur met rien dans la bou(-lie : '^A cause de cela, vous aurez la nuit..., et plus de visions ! A'ous aurez les ténèbres..., et plus d oracles ! 1175 Chap.S,--i,k. MIGHÉE. Le soleil se couchera sur ces prophètes, Le jour s'obscurcira sur eux. 'Les voyants seront confus, les devins rougiront, Tous se couvriront la barbe ; Car Dieu ne répondra pas. *Mais moi, je suis rempli de force, de l'esprit de l'Eternel, Je suis rempli de justice et de vigueur. Pour faire connaître à Jacob son crime, Et à Israël son péché. ^Ecoutez donc ceci, chefs de la maison de Jacob, Et princes de la maison d'Israël, Vous qui avez en horreur la justice, Et qui pervertissez tout ce qui est droit, '"Vous qui bâtissez Sion avec le sang. Et Jérusalem avec l'iniquité ! " Ses chefs jugent pour des présents. Ses prêtres enseignent pour un salaire. Et ses prophètes prédisent pour de l'argent; Et ils osent s'appuyer sur rÉtcrnel, ils disent ; L'Éternel n'est-il pas au milieu de nous ? Le malheur ne nous atteindra pas. '-C'est pourquoi, à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un monceau de pierres, Et la montagne du temple une sommité couverte de bois. Chap. IV. ' Il arrivera, dans la suite des temps. Que la montagne de la maison de l'Eternel Sera fondée sur le sommet des montagnes, Qu'elle s'élèvera par-dessus les collines. Et que les peuples y afflueront. ^Des nations s'y rendront en foule, et diront : Venez, et montons à la montagne de l'Eternel, A la maison du Dieu de Jacob, Afin qu'il nous enseigne ses voies. Et que nous marchions dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, Et de Jérusalem la parole de l'Eternel. ^11 sera le juge d'un grand nombre de peuples, L'arbitre de nations puissantes, lointaines. De leurs glaives ils forgeront des boyaux. Et de leurs lances des serpes; Une nation ne tirera plus l'épée contre une autre. Et l'on n'apprendra plus la guerre. Mis habiteront chacun sous sa vigne et sous son figuier, Et il n'y aura personne pour les troubler ; Car la bouche de l'Eternel des armées a parlé. 1176 MICIIÉE. Chap.i,5-5.Q. ^Tandis que tous les peu])les marchent, chacun au nom de son dieu, Nous marcherons, nous, au nom de FEternel, notre Dieu, A toujours et à perpétuité. *En ce jour-h'i, dit l'Eternel, je recueillerai les boiteux, Je rassemblerai ceux qui étaient chassés, Ceux que j'avais maltraités. 'Des boiteux je ferai un reste, De ceux qui étaient chassés une nation puissante ; Et l'Eternel régnera sur eux, à la montagne de Sion, Dès lors et pour toujours. *Et toi, tour du troupeau, colline de la fille de Sion, A toi viendra, à toi arrivera l'ancienne domination, Le royaume de la fille de Jérusalem. 'Pourquoi maintenant pousses-tu des cris ? N'as-tu point de roi, plus de conseiller. Pour que la douleur te saisisse comme une femme qui accouche ? '"Fille de Sion, souffre et gémis comme une femme qui accouche ! Car maintenant tu sortiras de la ville et tu habiteras dans les champs. Et tu iras jusqu'à Babylone ; Là tu seras délivrée. C'est là que l'Eternel te rachètera de la main de tes ennemis. "Maintenant plusieurs nations se sont rassemblées contre toi : Qu'elle soit profanée, disent-elles. Et que nos yeux se rassasient dans Sion ! '-Mais elles ne connaissent pas les pensées de l'Eternel, Elles ne comprennent pas ses desseins. Elles ignorent qu'il les a rassemblées comme des gerbes dans l'aire. '■''Fille de Sion, lève-toi et foule ! Je te ferai une corne de fer et des ongles d'airain. Et tu broieras des peuples nombreux; Tu consacreras leurs biens à l'Eternel, Leurs richesses au Seigneur de toute la terre. "Maintenant, fille de troupes, rassemble tes troupes ! On nous assiège ; Avec la verge on frappe sur la joue le juge d'Israël. Chap. V. 'Et toi, Bethléhem Éphrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l'origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l'éternité. -C'est pourquoi il les livrera Jusqu'au temps où enfantera celle qui doit enfanter. Et le reste de ses frères Reviendra auprès des enfants d'Israël. 1177 Chap. 5,3-0,2. MICHÉE. ^11 se présentera, et il gouvernera avec la force de rÉternel, Avec la majesté du nom de l'Eternel, son Dieu : Et ils auront une demeure assurée, Car il sera glorifié jusqu'aux extrémités de la terre. "'C'est lui qui ramènera la paix. Lorsque l'Assyrien viendra dans notre pays. Et qu'il pénétrera dans nos palais. Nous ferons lever contre lui sept pasteurs Et huit princes du peuple. ^Ils feront avec l'épée leur pâture du pays d'Assyrie, Et du pays de Nimrod au dedans de ses portes. Il nous délivrera ainsi de l'Assyrien, Lorsqu'il viendra dans notre pays. Et qu'il pénétrera sur notre teri'itoire. ^Le reste de Jacob sera au milieu tics peuples nombreux Comme une rosée qui vient de l'Eternel, Comme des gouttes d'eau sur l'herbe : Elles ne comptent pas sur l'homme. Elles ne dépendent pas des enfants des hommes. "Le reste de Jacob sera parmi les nations, Au milieu des peuples nombreux, Comme un lion parmi les bêtes de la forêt. Comme un lionceau parmi les troupeaux de brebis : Lorsqu'il passe, il foule et déchire, Et personne ne délivre. ^Que ta main se lève sur tes adversaires, Et que tous tes ennemis soient exterminés ! ^En ce jour-là, dit l'Eternel, J'exterminerai du milieu de toi tes chevaux. Et je détruirai tes chars ; '"J'exterminerai les villes de ton pays, Et je renverserai toutes tes forteresses ; "J'exterminerai de ta main les enchantements, Et tu n'auras plus de magiciens ; '^J'exterminerai du milieu de toi tes idoles et tes statues. Et tu ne te prosterneras plus devant l'ouvrage de tes mains ; '^J'exterminerai du milieu de toi tes idoles d'Astarté, Et je détruirai tes villes. '■'J'exercerai ma vengeance avec colère, avec fureur, sur les nations Qui n'ont pas écouté. Procès de l'Éternel avec son peuple. La miséricorde de l'Eternel. Chap. VI. 'Écoutez donc ce que dit l'Éternel : Lève-toi, plaide devant les montagnes, Et que les collines entendent ta voix !... -Écoutez, montagnes, le procès de l'Éternel, Et vous, solides fondements de la terre ! Ii78 MICllÉE. Chap. 0,3-tc. Car l'Eternel a un procès avec son peuple, Il veut plaider avec Israël. — *Mon peuple, que t'ai-je fait? Fin quoi t'ai-je fatigué ? Réponds-moi ! ^Car je t'ai fait monter du pays d'Egypte, Je t'ai délivré de la maison de servitude, Et j'ai envoyé devant toi Moïse, Aaron et Marie. ^Mon peuple, rappelle-toi ce que projetait Balak, roi de Moab, Et ce que lui répondit Balaam, fils de Beor, De Sittim à Guilgal, Afin que tu reconnaisses les bienfaits de rÉternel. — 'Avec quoi me présenterai-je devant l'Eternel, Pour m'humilier devant le Dieu Très-Haut? Me présenterai-je avec des holocaustes, Avec des veaux d'un an ? "L'Eternel agréera-t-il des milliers de béliers. Des myriades de torrents d'huile ? Donnerai-je pour mes trangressions mon premier-né. Pour le péché de mon àme le fruit de mes entrailles ? — *0n t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, Et ce que l'Eternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde. Et que tu marches humblement avec ton Dieu. ^La voix de l'Eternel crie à la ville. Et celui qui est sage craindra ton nom. Entendez la verge et celui qui l'envoie ! '"Y a-t-il encore dans la maison du méchant Des trésors iniques. Et un épha trop petit, objet de malédiction ? "Est-on pur avec des balances fausses, Et avec de faux poids dans le sac ? '-Ses riches sont pleins de violence, Ses habitants profèrent le mensonge. Et leur langue n'est que tromperie dans leur bouche. '^C'est pourquoi je te frapperai par la souffrance. Je te ravagerai à cause de tes péchés. '^Tu mangeras sans te rassasier. Et la faim sera au dedans de toi; Tu mettras en réserve et tu ne sauveras pas. Et ce que tu sauveras, je le livrerai à l'épée. '^Tu sèmeras, et tu ne moissonneras pas, Tu presseras l'olive, et tu ne feras pas d'onctions avec l'huile. Tu presseras le moût, et tu ne boiras pas le vin. ^*0n observe les coutumes d'Omri Et toute la manière d'agir de la maison d'Achab, II79 75» Chap. 7,1-10. MICHÉE. Et vous marchez d'après leurs conseils ; C'est pourquoi je te livrerai à la destruction, Je ferai de tes habitants un sujet de raillerie, Et vous porterez l'opprobre de mon peuple. Chap. VII. 'Malheur à moi ! car je suis comme à la récolte des fruits, Comme au grappillage après la vendange : Il n'y a point de grappes à manger, Point de ces primeurs que mon âme désire. -L'homme de bien a disparu du pays. Et il n'y a plus de juste parmi les hommes ; Ils sont tous en embuscade pour verser le sang. Chacun tend un piège à son frère. ^ Leurs mains sont habiles à faire le mal : Le prince a des exigences, Le juge réclame un salaire. Le grand manifeste son avidité. Et ils font ainsi cause commune. ■'Le meilleur d'entre eux est comme une ronce. Le plus droit pire qu'un buisson d'épines. Le jour annoncé par tes prophètes, ton châtiment approche. C'est alors qu'ils seront dans la confusion. ^Ne crois pas à un ami. Ne te fie pas à un intime ; Devant celle qui repose sur ton sein Garde les portes de ta bouche. *Car le fds outrage le père, La fdle se soulève contre sa mère, La belle-fdle contre sa belle-mère ; Chacun a pour ennemis les gens de sa maison. — 'Pour moi, je regarderai vers l'Eternel, Je mettrai mon espérance dans le Dieu de mon salut ; Mon Dieu m'exaucera. '.■,•: , u ; i *Ne te réjouis pas à mon sujet, mon ennemie ! Car si je suis tombée, je me relèverai ; Si je suis assise dans les ténèbres, L'Eternel sera ma lumière. ^Je supporterai la colère de l'Eternel, Puisque j'ai péché contre lui. Jusqu'à ce qu'il défende ma cause et me fasse droit ; Il me conduira à la lumière. Et je contemplerai sa justice. '"Mon ennemie le verra et sera couverte de honte, Elle qui me disait : Où est l'Eternel, ton Dieu? Mes yeux se réjouiront à sa vue ; Alors elle sera foulée aux pieds comme la boue des rues. — 1180 MICHÉE. Chap.7.n-20. " Le jour où Ton rebâtira tes murs, Ce jour-là tes limites seront reculées. '-En ce jour, on viendra vers toi De l'Assyrie et des villes d'Egypte, De l'Egypte jusqu'au fleuve, D'une mer à l'autre, et d'une montagne à l'autre. "Le pays sera dévasté à cause de ses habitants, A cause du fruit de leurs œuvres. '■•Pais ton peuple avec ta houlette, le troupeau de ton héritage. Qui habite solitaire dans la forêt au milieu du Carmel ! Qu'ils paissent sur le Basan et en Galaad, Comme au jour d'autrefois. — '^ Comme au jour où tu sortis du pays d'Egypte, Je te ferai voir des prodiges. — '"Les nations le verront, et seront confuses. Avec toute leur puissance ; Elles mettront la main sur la bouche, Leurs oreilles seront assourdies. "Elles lécheront la poussière, comme le serpent. Comme les reptiles de la terre ; Elles seront saisies de frayeur hors de leurs forteresses ; Elles trembleront devant l'Eternel, notre Dieu, Elles te craindront. '*Quel Dieu est semblable à toi. Qui pardonnes l'iniquité, qui oublies les péchés Du reste de ton héritage ? 11 ne garde pas sa colère à toujours. Car il prend plaisir à la miséricorde. '"Il aura encore compassion de nous. Il mettra sous ses pieds nos iniquités; Tu jetteras au fond de la mer tous leurs péchés. -"Tu témoigneras de la fidélité à Jacob, De la bonté à Abraham, Comme tu l'as juré à nos pères aux jours d'autrefois. NAHUM Ch/ip. I. ^Oracle sur Ninivc. Livre de la prophétie de Nahum, d'Elkosch. ^L'Eternel est un Dieu jaloux, il se venge ; L'Éternel se venge, il est plein de fureur; L'Eternel se venge de ses adversaires, Il garde rancune à ses ennemis. ILSl Chap. 1,3-2.1. NAHUM. ^L'Eternel est lent à la colère, il est grand par sa force ; Il ne laisse pas impuni. L'Eternel marche dans la tempête, dans le tourbillon ; Les nuées sont la poussière de ses pieds. ^11 menace la mer et la dessèche, Il fait tarir tous les fleuves ; Le Basan et le Garmel languissent, La fleur du Liban se flétrit. ^Les montagnes s'ébranlent devant lui, Et les collines se fondent ; La terre se soulève devant sa face, Le monde et tous ses habitants. ^Qui résistera devant sa fureur? Qui tiendra contre son ardente colère ? Sa fureur se répand comme le feu. Et les rochers se brisent devant lui. ^L'Eternel est bon, Il est un refuge au jour de la détresse ; Il connaît ceux qui se confient en lui. *Mais avec des flots qui débordei'ont Il détruira la ville", Et il poursuivra ses ennemis jusque dans les ténèbres. 'Que méditez-vous contre l'Eternel? C'est lui qui détruit. La détresse ne paraîtra jjas deux fois. '"Car entrelacés comme des épines, Et comme ivres de leur vin. Ils seront consumés Comme la paille sèche, entièrement. "De toi* est sorti Celui qui méditait le mal contre l'Eternel, Celui qui avait de méchants desseins. *^Ainsi parle l'Éternel : Quoique intacts et nombreux. Ils seront moissonnés et disparaîtront. Je A'eux t humilier. Pour ne plus avoir à t'humilier... '■'Je briserai maintenant son joug de dessus toi'', Et je romprai tes liens... '* Voici ce qu'a ordonné sur toi'' l'Eternel : Tu n'auras plus de descendants qui portent ton nom ; J'enlèverai de la maison de ton dieu les images taillées ou en fonte ; Je préparerai ton sépulcre, car tu es trop léger. Chap. II. 'Voici sur les montagnes Les pieds du messager qui annonce la paix! fl. La ville. Niiiive, héb. son lieu, b. De toi, de Ninive. c. De dessus toi. Juda. */. Sur toi. Assyrien. 1182 NAHUM. Chap. 2,2-ti. Célèbre tes fêtes, Juda, accomplis tes voeux! Car le méchant ne passera plus au milieu de toi, II est entièrement exterminé... -Le destructeur marche contre toi". Garde la forteresse ! Veille sur la route ! affermis tes reins ! Recueille toute ta force !... ^Car rÉternel rétablit la gloire de Jacob Et la gloire d'Israël, Parce que les pillards les ont pillés Et ont détruit leurs ceps... ■•Les boucliers de ses héros* sont rousres. Les guerriers sont vêtus de pourpre ; Avec le fer qui étincelle apparaissent les chars. Au jour qu'il a fixé pour la bataille, Et les lances sont agitées. ^Les chars s'élancent dans la campagne, Se précipitent sur les places ; A les voir, on dirait des flambeaux, Ils courent comme des éclairs... ^11'' se souvient de ses vaillants hommes. Mais ils chancellent dans leur marche ; On se hâte vers les murs, Et l'on se prépare à la défense... 'Les portes des fleuves sont ouvertes, Et le palais s'écroule!... ^C'en est fait : elle'' est mise à nu, elle est emmenée ; Ses servantes gémissent comme des colombes. Et se frappent la poitrine. 'Ninive était jadis comme un réservoir plein d'eau... Les voilà qui fuient... Arrêtez ! arrêtez !... .Mais nul ne se retourne... '"Pillez l'argent! pillez l'or! Il y a des trésors sans fin. Des richesses en objets précieux de toute espèce. "On pille, on dévaste, on ravage! Et les cœurs sont abattus. Les genoux chancellent, Tous les reins souffrent. Tous les visages pâlissent. '-Qu'est devenu ce repaire de lions. Ce pâturage des lionceaux. Où se retiraient le lion, la lionne, le petit du lion, a. Contre loi. Assyrien. b. De ses héros, des héros du destrurteur (vers. 2), de rennoiui lu.irohaiit contre Ninivc (les Mèdcs). c. Il, le roi de .\inive. il. Elle, Ninive personnifiée, ou bien la reine. 1183 Chap. 2,13-8,10. NAHUM. Sans qu'il y eût personne pour les troubler? ''Le lion déchirait pour ses petits, Etranglait pour ses lionnes ; Il remplissait de proie ses antres, De dépouilles ses repaires. '^Voici, j'en veux à toi, dit l'Eternel des armées ; Je réduirai tes chars en fumée, L'épée dévorera tes lionceaux. J'arracherai du pays ta proie, Et l'on n'entendra plus la voix de tes messagers. Chap. III. 'Malheur à la ville sanguinaire. Pleine de mensonge, pleine de violence. Et qui ne cesse de se livrer à la rapine !... -On entend le bruit du fouet. Le bruit des roues, Le galop des chevaux. Le roulement des chars. ^Les cavaliers s'élancent, l'épée étincelle, la lance brille... Une multitude de blessés!... une foule de cadavres!... Des morts à l'infini !... On tombe sur les morts !... *G'est à cause des nombreuses prostitutions de la prostituée, Pleine d'attraits, habile enchanteresse. Qui vendait les nations par ses prostitutions Et les peuples par ses enchantements. ^Voici, j'en veux à toi, dit l'Eternel des armées. Je relèverai tes pans jusque sur ton visage. Je montrerai ta nudité aux nations, Et ta honte aux royaumes. *Je jetterai sur toi des impuretés, je t'avilirai. Et je te donnerai en spectacle. 'Tous ceux qui te verront fuiront loin de toi, Et l'on dira : Ninive est détruite! Qui la plaindra? Où te chercherai-je des consolateurs ? *Es-tu meilleure que No-Amon ", Qui était assise au milieu des fleuves. Entourée par les eaux. Ayant la mer pour rempart, La mer pour murailles ? * L'Ethiopie et les Egyptiens innombrables faisaient sa force, Puth et les Libyens étaient ses auxiliaires*. '"Et cependant elle est partie pour l'exil, elle s'en est allée captive; Ses enfants ont été écrasés au coin de toutes les rues ; On a jeté le sort sur ses nobles. Et tous ses grands ont été chargés de chaînes. a. No-Amon, Thèbes en Égjpte. h. Ses auxiliaires, héb. tes auxiliaires. 1184 NAHUM. Chap.S.n- "Toi aussi, tu seras enivrée, tu te cacheras ; Toi aussi, tu chercheras un refuge contre l'ennemi. '^ Toutes tes forteresses Sont des figuiers avec les primeurs ; Quand on les secoue, Elles tombent dans la bouche de qui veut les manger. '^ Voici, ton peuple, ce sont des femmes au milieu de toi ; Les portes de ton pays s'ouvrent à tes ennemis ; Le feu consume tes verrous. '^ Puise de l'eau pour le siège ! Répare tes forteresses ! Entre dans la boue, foule l'argile ! Rétablis le four à briques ! '^Là, le feu te dévorera, L'épée t'exterminera. Te dévorera comme des sauterelles. Entasse-toi comme les sauterelles ! Entasse-toi comme les sauterelles ! '^Tes marchands, plus nombreux Que les étoiles du ciel. Sont comme la sauterelle qui ouvre les ailes et s'envole. '"Tes princes sont comme les sauterelles. Tes chefs comme une multitude de sauterelles, Qui se posent sur les haies au temps de la froidure : Le soleil paraît, elles s'envolent. Et l'on ne connaît plus le lieu où elles étaient. '*Tes pasteurs sommeillent, roi d'Assyrie, Tes vaillants hommes reposent ; Ton peuple est dispersé sur les montagnes, Et nul ne le rassemble. "Il n'y a point de remède à ta blessure. Ta plaie est mortelle. Tous ceux qui entendront parler de toi Battront des mains sur toi ; Car quel est celui que ta méchanceté n'a pas atteint ? 19. HABAKUK Chap. I. ^Oracle révélé à Habakuk, le prophète. *Jusques à quand, ô Eternel ?... J'ai crié, Et tu n'écoutes pas ! 1185 Chap. i,3-m. HABAKUK. J'ai crié vers toi à la violence, Et tu ne secours pas ! ^Pourquoi me fais-tu voir l'iniquité, Et contemples-tu l'injustice ? ■;■] H.')l;rf.;T Pourquoi 1 (oppression et la violence sont-elles devant moi ? Il y a des querelles, et la discorde s'élève., *Aussi la loi n'a point de vie, ,1 . . . h ;. La justice n"a point de force ; Car le méchant triomphe du juste, Et l'on rend des jugements iniques. — ^Jetez les yeux parmi les nations, regardez. Et soyez saisis d'étonnenient, d'épouvante ! Car je vais faire en vos jours une œuvre. Que vous ne croiriez pas si on la racontait. ^Voici, je vais susciter les Chaldéens, Peuple furibond et impétueux. Qui traverse de vastes étendues de pays. Pour s'emparer de demeures (pii ne sont pas à lui. "Il est terrible et formidable ; De lui seul viennent son droit et sa grandeur. *Ses chevaux sont plus rapides que les léopards. Plus agiles que les loups du soir. Et ses cavaliers s'avancent avec orgueil ; Ses cavaliers arrivent de loin, Us volent comme l'aigle qui fond sur sa proie. ^Tout ce peuple vient pour se livrer au pillage; Ses regards avides se portent en avant. Et il assemble des prisonniers comme du sable. '"Il se moque des rois. Et les princes font l'objet de ses railleries ; Il se rit de toutes les forteresses. Il amoncelle de la terre, et il les prend. "Alors son ardeur redouble, Il poursuit sa marche, et il se rend coupable. Sa force à lui, voilà son dieu ! — '* N'es-tu pas de toute éternité. Éternel, mon Dieu, mon Saint? Nous ne mourrons pas ! O Éternel, tu as établi ce peuple pour exercer tes jugements : O mon rocher, tu l'as suscité pour infliger tes châtiments. '^Tes yeux sont trop purs pour voir le mal. Et tu ne peux pas regarder l'iniquité. Pourquoi regarderais-tu les perfides, et te tairais-tu. Quand le méchant dévore celui qui est plus juste que lui ? "Traiterais-tu l'homme comme les poissons de la mer. Comme le reptile qui n'a point de maître ? 1186 HABAKUK. Chap. l,i^-2,o. '^11 les fait tous monter avec l'hameçon, Il les attire dans son filet, Il les assemble dans ses rets : Aussi est-il dans la joie et dans l'allégresse. "* C'est pourquoi il sacrifie à son filet, Il offre de l'encens à ses rets ; Car par eux sa portion est grasse, Et sa nourriture succulente. '" Videra-t-il pour cela son filet. Et toujours égorgera-t-il sans pitié les nations ? Chap. II. 'J'étais à mon poste. Et je me tenais sur la tour ; Je veillais, pour voir ce que l'Eternel me dirait. Et ce que je répliquerais après ma plainte. -L'Eternel m'adressa la parole, et il dit : Ecris la prophétie : Grave-la sur des tables. Afin qu'on la lise couramment. ^Car c'est une prophétie dont le temps est déjà fixé. Elle marche vers son terme, et elle ne mentira pas ; Si elle tarde, attends-la. Car elle s'accomplira, elle s'accomplira certainement. *Voici, son àme s'est enflée, elle n'est pas droite en lui ; Mais le juste vivra par sa fidélité. ^Pareil à celui qui est ivre et arrogant, L'orgueilleux ne demeure pas tranquille; Il élargit sa bouche comme le séjour des morts. Il est insatiable comme la mort ; Il attire à lui toutes les nations. Il assemble auprès de lui tous les peuples. *Ne sera-t-il pas pour tous un sujet de sarcasme, De railleries et d'énigmes .■* On dira : Malheur à celui qui accumule ce qui n'est pas à lui ! Jusques à quand ?... Malheur à celui qui augmente le fardeau de ses dettes ! 'Tes créanciers ne se lèveront-ils pas soudain ? Tes oppresseurs ne se réveilleront-ils pas ? Et tu deviendras leur proie. ''Parce que tu as pillé beaucoup de nations, Tout le reste des peuples te pillera; Car tu as répandu le sang des hommes. Tu as commis des violences dans le ])ays, Contre la ville et tous ses habitants. ^Malheur à celui qui amasse pour sa maison des gains iniques, 1187 Chap. 2,10-8,2. HABAKUK. Afin de placer son nid dans un lieu élevé, Pour se garantir de la main du malheur ! '"C'est l'opprobre de ta maison que tu as résolu, En détruisant des peuples nombreux. Et c'est contre toi-même que tu as péché. "Car la pierre crie du milieu de la muraille. Et le bois qui lie la charpente lui répond. '-Malheur à celui qui bâtit une ville avec le sang. Qui fonde une ville avec l'iniquité ! '^Voici, quand l'Eternel des armées l'a résolu, Les peuples travaillent pour le feu. Les nations se fatiguent en vain. '"•Car la terre sera remplie de la connaissance de la gloire de l'Éternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. '^Malheur à celui qui fait boire son prochain, A toi qui verses ton outre et qui l'enivres, Afin de voir sa nudité ! **Tu seras rassasié de honte plus que de gloire ; Bois aussi toi-même, et découvre-toi ! La coupe de la droite de l'Eternel se tournera vers toi. Et l'ignominie souillera ta gloire. '"Car les violences contre le Liban retomberont sur toi. Et les ravages des bêtes t'effraieront, Parce que tu as répandu le sang des hommes, Et commis des violences dans le pays. Contre la ville et tous ses habitants. ""A quoi sert une image taillée, pour qu'un ouvrier la taille ? A quoi sert une image en fonte et qui enseigne le mensonge. Pour que l'ouvrier qui l'a faite place en elle sa confiance. Tandis qu'il fabrique des idoles muettes ? '^Malheur à celui qui dit au bois : Lève-toi ! A une pierre muette : Réveille-toi ! Donncra-t-elle instruction ? Voici, elle est garnie d'or et d'argent. Mais il n'y a point en elle un esprit qui l'anime. -"L'Eternel est dans son saint temple. Que toute la terre fasse silence devant lui ! Chap. III. ^Prière de Habakuk, le prophète {Sur le mode des complaintes). -Éternel, j'ai entendu ce que tu as annoncé, je suis saisi de crainte. Accomplis ton œuvre dans le cours des années, ô Eternel ! Dans le cours des années manifeste-la ! Mais dans ta colère souviens-toi de tes compassions ! 1188 HABAKUK. Chap. 3.3-16. 'Dieu vient de Théman, Le Saint vient de la montagne de Paran — Pause. Sa majesté couvre les cieux, Et sa gloire remplit la terre. •■C'est comme l'éclat de la lumière ; Des rayons partent de sa main ; Là réside sa force. ^Devant lui marche la peste, Et la peste est sur ses traces. ^11 s'arrête, et de l'œil il mesure la terre; Il regarde, et il fait trembler les nations ; Les montagnes éternelles se brisent. Les collines antiques s'abaissent; Les sentiers d'autrefois s'ouvrent devant lui. 'Je vois dans la détresse les tentes de l'Ethiopie, Et les tentes du pays de Madian sont dans l'épouvante. 'L'Eternel est-il irrité contre les fleuves ? Est-ce contre les fleuves que senllamme ta colère, Contre la mer que se répand ta fureur, Pour que tu sois monté sur tes chevaux. Sur ton char de victoire ? ^Ton arc est mis à nu ; Les malédictions sont les traits de ta parole — ■ Pause. Tu fends la terre pour donner cours aux fleuves. '"A ton aspect, les montagnes tremblent; Des torrents d'eau se précipitent; L'abîme fait entendre sa voix, II lève ses mains en haut. " Le soleil et la lune s'arrêtent dans leur demeure, A la lumière de tes flèches qui partent, A la clarté de ta lance qui brille. '-Tu parcours la terre dans ta fureur. Tu écrases les nations dans ta colère. ''Tu sors pour délivrer ton peuple. Pour délivrer ton oint ; Tu brises le faîte de la maison du méchant. Tu la détruis de fond en comble. ^ Pause. '■■Tu perces de tes traits la tête de ses chefs. Qui se précipitent comme la tempête pour me disperser. Poussant des cris de joie. Comme s'ils dévoraient déjà le malheureux dans leur repaire. '*Avec tes chevaux tu foules la mer, La boue des grandes eaux. '"J'ai entendu — Et mes entrailles sont émues. A cette voix, mes lèvres frémissent. Mes os se consument, 1189 Chap. 3, 11-10. HABARUK. Et mes genoux chancellent : En silence je dois attendre le jour de la détresse, Le jour où l'oppresseur marchera contre le peuple. '^Car le figuier ne fleurira pas, La vigne ne produira rien. Le fruit de l'olivier manquera, Les champs ne donneront pas de nourriture ; Les brebis disparaîtront du pâturage. Et il n'y aura plus de bœufs dans les étables. '^Toutefois, je veux me réjouir en l'Eternel, Je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut. '^L'Eternel, le Seigneur, est ma force; Il rend mes pieds semblables à ceux des biches, Et il me fait marcher sur mes lieux élevés. Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. SOPHONIE Menaces contre Jutla et Jérusalem. Chap. I. 'La parole de l'Éternel, (pii fut adressée à Sophonie, fils de Cus- chi, fils de Guedalia, fils d'Amaria, fils d'Ézéchias, au temps de Josias, fils d'Amon, roi de Juda. -Je détruirai tout sur la face de la terre, Dit l'Éternel. 'Je détruirai les hommes et les bêtes, Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, Les objets de scandale et les méchants avec ; J'exterminerai les hommes de la face de la terre, Dit l'Éternel. ^J'étendrai ma main sur Juda, Et sur tous les habitants de Jérusalem ; J'exterminerai de ce lieu les restes de Baal, Le nom de ses ministres et les prêtres avec, ^Ceux qui se prosternent sur les toits devant l'armée des cieux, Ceux qui se prosternent en jurant par l'Eternel Et en jurant par leur roi, 'Ceux qui se sont détournés de l'Eternel, Et ceux qui ne cherchent pas l'Eternel, Qui ne le consultent pas. 1190 SOPHONIE. Chap. 1,1-. ■18. 'Silence devant le Seigneur, l'Eternel ! Car le jour de l'Eternel est proche, Car l'Eternel a préparé le sacrifice, Il a choisi ses conviés. *Au jour du sacrifice de l'Eternel, Je châtierai les princes et les fils du roi. Et tous ceux qui portent des vêtements étrangers. ^En ce jour-là, je châtierai tous ceux qui sautent par-dessus le seuil, Ceux qui renij)lissent de violence et de fraude la maison de leur maître. '"En ce jour-là, dit l'Eternel, Il y aura des cris à la porte des poissons. Des lamentations dans l'autre quartier de la ville, Et un grand désastre sur les collines. "Gémissez, habitants de Macthesch " ! Car tous ceux qui trafiquent* sont détruits. Tous les hommes chargés d'argent sont exterminés. '-En ce temps-là, je fouillerai Jérusalem avec des lampes. Et je châtierai les hommes qui reposent sur leurs lies, Et qui disent dans leur cci'ur : L'Eternel ne fait ni bien ni mal. '^Leurs biens seront au pillage, Et leurs maisons seront dévastées ; Ils auront bâti des maisons, qu'ils n'habiteront plus. Ils auront planté des Alignes, dont ils ne boiront plus le vin. '••Le grand jour de l'Éternel est proche, Il est proche, il arrive en toute hâte ; Le jour de l'Eternel fait entendre sa voix, Et le héros pousse des cris amers. '^Ce jour est un jour de fureur, Un jour de détresse et d'angoisse, Un jour de ravage et de destruction. Un jour de ténèbres et d'obscurité, Un jour de nuées et de brouillards, '^Un jour où retentiront la trompette et les cris de guerre Contre les villes fortes et les tours élevées. "Je mettrai les hommes dans la détresse. Et ils marcheront comme des aveugles. Parce qu'ils ont péché contre l'Eternel ; Je répandrai leur sang comme de la poussière, Et leur chair comme de l'ordure. '*Ni leur argent ni leur or ne pourront les délivrer. Au jour de la fureur de l'Éternel ; Par le feu de sa jalousie tout le pays sera consumé ; Car il détruira soudain tous les habitants du pays. a. Macl/ffsc/i. mut (jui sij^nifip mortier. On croit t\n\\ s'unit ici d'un quartier de Jérusalem, ou d'une iix^alité des enviruns. h. Ceux (/ni ira/i'/itenl. héb. /es Cananéens, ou /es marehantls. 1191 Chap. 2,1-13. SOPIIONIE. Menaces contre les peuples étrangers. Chap. II. 'Rentrez en vous-mêmes, examinez-vous, Nation sans pudeur, -Avant que le décret s'exécute Et que ce jour passe comme la balle. Avant que la colère ardente de l'Eternel fonde sur vous, Avant que le jour de la colère de l'Eternel fonde sur vous ! ^Cherchez l'Eternel, vous tous humbles du pays. Qui pratiquez ses ordonnances ! Recherchez la justice, recherchez l'humilité ! Peut-être serez-vous épargnés au jour de la colère de l'Eternel. *Car Gasa sera délaissée, Askalon sera réduite en désert, Asdod sera chassée en plein midi, Ekron sera déracinée. ^Malheur aux habitants des côtes de la mer, à la nation des Kéréthiens! L'Éternel a parlé contre toi, Canaan, pays des Philistins ! Je te détruirai, tu n'auras plus d'habitants. *Les côtes de la mer seront des pâturages, des demeures pour les Et des parcs pour les troupeaux. [bergers, "Ces côtes seront pour les restes de la maison de Juda ; C'est là qu'ils paîtront ; Ils reposeront le soir dans les maisons d'Askalon ; Car l'Eternel, leur Dieu, ne les oubliera pas. Et il ramènera leurs captifs. *J'ai entendu les injures de Moab Et les outrages des enfants d'Ammon, Quand ils insultaient mon peuple Et s'élevaient avec arrogance contre ses frontières. "C'est pourquoi, je suis vivant ! dit l'Eternel des armées, le Dieu d'Israël, Moab sera comme Sodome, et les enfants d'Ammon comme Gomorrhe, Un lieu couvert de ronces, une mine de sel, un désert pour toujours ; Le reste de mon peuple les pillera, Le reste de ma nation les possédera. '"Cela leur arrivera pour leur orgueil. Parce qu'ils ont insulté et traité avec arrogance Le peuple de l'Eternel des armées. "L'Eternel sera terrible contre eux. Car il anéantira tous les dieux de la terre ; Et chacun se prosternera devant lui dans son pays. Dans toutes les îles des nations. '-Vous aussi. Ethiopiens, Vous serez frappés par mon épée. '^11 étendra sa main sur le septentrion, 1192 SOPHONIE. Chap. 3, II.-3, 8. Il détruira l'Assyrie, Et il fera de Ninive une solitude, Une terre aride comme le désert. '■•Des troupeaux se coucheront au milieu d'elle, Des animaux de toute espèce ; Le pélican et le hérisson Habiteront parmi les chapiteaux de ses colonnes ; Des cris retentiront aux fenêtres; La dévastation sera sur le seuil, Car les lambris de cèdre seront arrachés. '=Voilà donc cette ville joyeuse, Qui s'assied avec assurance, Et qui dit en son cœur : Moi, et rien que moi ! Eh quoi ! elle est en ruines, C'est un repaire pour les bêles ! Tous ceux qui passeront près d'elle Siffleront et agiteront la main. Clidtinient de Jérusalem. Promesses. Chap. III. 'Malheur à la ville rebelle et souillée, A la ville pleine d'oppresseurs ! -Elle n'écoute aucune voix, Elle n'a point égard à la correction. Elle ne se confie pas en l'Eternel, Elle ne s'approche pas de son Dieu. 'Ses chefs au milieu d'elle sont des lions rugissants; Ses juges sont des loups du soir qui ne gardent rien pour le matin. *Ses prophètes sont téméraires, infidèles; Ses prêtres profanent les choses saintes, violent la loi. '^L'Eternel est juste au milieu d'elle, Il ne commet point d'iniquité ; Chaque matin il produit à la lumière ses jugements, Sans jamais y manquer; Mais celui qui est inique ne connaît pas la honte. *J'ai exterminé des nations ; leurs tours sont détruites ; J'ai dévasté leurs rues, plus de passants ! Leurs villes sont ravagées, plus d'hommes, plus d'habitants! 'Je disais : Si du moins tu voulais me craindre, Avoir égard à la correction, Ta demeure ne serait pas détruite. Tous les châtiments dont je t'ai menacée n'arriveraient pas ; Mais ils se sont hâtés de pervertir toutes leurs actions. ^Attendez-moi donc, dit l'Éternel, Au jour où je me lèverai pour le butin. Car j'ai résolu de rassembler les nations, De rassembler les royaumes, 1193 Chap.3,9-io. SOPIIONIE. Pour répandre sur eux ma fureur, Toute l'ardeur de ma colère ; Car par le feu de ma jalousie tout le pays sera consumé. ^Alors je donnerai aux peuples des lèvres pures, Afin qu'ils invoquent tous le nom de l'Eternel, Pour le servir d'un commun accord". '"D'au delà des fleuves de l'Ethiopie Mes adorateurs, mes dispersés, m'apporteront des offrandes. "En ce jour-là, tu n'auras plus à rougir de toutes tes actions Par lesquelles tu as péché contre moi ; Car alors j'ôterai du milieu de toi ceux qui triomphaient avec arrogance, Et tu ne t'enorgueilliras plus sur ma montagne sainte. '-Je laisserai au milieu de toi un peuple humble et petit. Qui trouvera son refuge dans le nom de l'Eternel. '^Les restes d'Israël ne commettront point d'iniquité, Ils ne diront point de mensonges, ■ ■ :. Et il ne se trouvera pas dans leur bouche une langue trompeuse; Mais ils paîtront, ils se reposeront, et personne ne les troublera. '^Pousse des cris de joie, fdle de Sion ! Pousse des cris d'allégresse, Israël ! Réjouis-toi et triomphe de tout ton cœur, fille de Jérusalem ! '^L'Eternel a détourné tes châtiments. Il a éloigné ton ennemi ; Le roi d'Israël, l'Eternel, est au milieu de toi ; Tu n'as plus de malheur à éprouver. "*En ce jour-là, on dira à Jérusalem : Ne crains rien ! Sion, que tes mains ne s'affaiblissent pas ! "L'Eternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve ; 11 fera de toi sa plus grande joie ; Il gardera le silence dans son amour ; Il aura pour toi des transports d'allégresse. '"Je rassemblerai ceux qui sont dans la tristesse, loin des fêtes solen- Ceux qui sont sortis de ton sein ; [nelles. L'opprobre pèse sur eux. "•Voici, en ce temps-là, j'agirai contre tous tes oppresseurs; Je délivrerai les boiteux et je recueillerai ceux qui ont été chassés, Je ferai d'eux un sujet de louange et de gloire Dans tous les pays où ils sont en opprobre. ^"En ce temps-là, je vous ramènerai ; En ce temps-là, je vous rassemblerai ; Car je ferai de vous un sujet de gloire et de louange Parmi tous les peuples de la terre. Quand je ramènerai vos captifs sous vos yeux, Dit l'Éternel. a. Héb. d'un même dos j ila purterunt tous le joug de l'Eternel. 1194 AGGEE lùr/iortalion à rebâtir le temple de Jérusalem. Chop. I. 'La seconde année du *Ainsi parle l'Eternel des armées : roi Darius, le premier jour du sixième Ce peuple dit : Le temps n'est pas mois, la parole de l'Eternel fut adres- venu, le temps de rebâtir la maison sée par Aggée, le prophète, à Zoroba- de l'Eternel. bel, fds de Schealthiel, gouverneur de ^C'est pourquoi la parole de l'Éter- Juda, et à Josué, fils de Jotsadak, le nel leur fut adressée par Aggée, le grand prêtre, en ces mots : prophète, en ces mots : * Est-ce le temps pour vous d'habiter vos demeures lambrissées, Quand cette maison est détruite ? ^Ainsi parle maintenant l'Eternel des armées : Considérez attentivement vos voies ! 'Vous semez beaucoup, et vous recueillez peu. Vous mangez, et vous n'êtes pas rassasiés, Vous buvez, et vous n'êtes pas désaltérés. Vous êtes vêtus, et vous n'avez pas chaud ; Le salaire de celui qui est à gages tombe dans un sac percé. 'Ainsi parle l'Eternel des armées : Considérez attentivement vos voies ! 'Montez sur la montagne, apportez du bois. Et bâtissez la maison : J'en aurai de la joie, et je serai glorifié. Dit l'Éternel. ^Vous comptiez sur beaucoup, et voici, vous avez eu peu; Vous l'avez rentré chez vous, mais j'ai soufflé dessus. Pourquoi? dit l'Eternel des armées. A cause de ma maison, qui est détruite, Tandis que vous vous empressez chacun pour sa maison. '"C'est pourquoi les cieux vous ont refusé la rosée. Et la terre a refusé ses produits. "J'ai appelé la sécheresse sur le pays, sur les montagnes. Sur le blé, sur le moût, sur l'huile, Sur ce que la terre peut rapporter. Sur les hommes et sur les bêtes, Et sur tout le travail tles mains. '-Zorobabel, fds de Scheallliiel, Jo- la voix de l'Eternel, leur Dieu, et les sué, fils de Jotsadak, le grand prêtre, paroles d'Aggée, le prophète, selon et tout le reste du peuple, entendirent la mission que lui avait donnée l'Eter- 1195 70» Chap. 1,13-2,11. AGGÉE. nel, leur Dieu. Et le peuple fut saisi jour du sixième mois, la seconde an- de crainte devant rÉternel. '^Aggée, née du roi Darius. envoyé de l'Eternel, dit au peuple, d'après l'ordre de l'Eternel : Je suis xa gloire du second temple. avec vous, dit l'Eternel. '••L'Eternel réveilla l'esprit de Zo- Chap. II. ' Le vingt et unième jour robabel, fils de Schealthiel, gouver- du septième mois, la parole de l'Eter- neur de Juda, et l'esprit de Josué, fils nel se révéla par Aggée, le prophète, de Jotsadak , le grand prêtre, et l'es- en ces mots : prit de tout le reste du peuple. Ils -Parle à Zorobabel, fils de Scheal- vinrent, et ils se mirent à l'œuvre thiel, gouverneur de Juda, à Josué, dans la maison de l'Eternel des ar- fils de Jotsadak, le grand prêtre, et au mées, leur Dieu, 'Me vingt-quatrième reste du peuple, et dis-leur : 'Quel est parmi vous le survivant Qui ait vu cette maison dans sa gloire première ? Et comment la voyez-vous maintenant ? Telle qu'elle est, ne parait-elle pas comme rien à vos yeux ? ^Maintenant fortifie-toi, Zorobabel ! dit l'Eternel. Fortifie-toi, Josué, fils de Jotsadak, grand prêtre ! Fortifie-toi, peuple entier du pays ! dit l'Eternel. Et travaillez ! Car je suis avec vous. Dit l'Eternel des armées. ^Je reste fidèle à l'alliance que j'ai faite avec vous Quand vous sortîtes de l'Egypte, Et mon esprit est au milieu de vous : Ne craignez pas ! ^Car ainsi parle l'Eternel des armées : Encore un peu de temps, Et j'ébranlerai les cieux et la terre, La mer et le sec ; "J'ébranlerai toutes les nations ; Les trésors de toutes les nations viendront. Et je remplirai de gloire cette maison. Dit l'Eternel des armées. ^L'argent est à moi, et l'or est à moi. Dit l'Eternel des armées. "La gloire de cette dernière maison sera plus grande Que celle de la première. Dit l'Eternel des armées ; Et c'est dans ce lieu que je donnerai la paix. Dit l'Éternel des armées. Bénédiction promise. '"Le vingt-quatrième jour du neu- vêla par Aggée, le prophète, en ces vième mois, la seconde année de Da- mots : rius, la parole de l'Éternel se ré- "Ainsi parle l'Eternel des armées : 1196 AGGÉE. Chap. S,i--i3. Propose aux piètres cette question Les prêtres répondirent: Non! ''Et sur la loi : '-Si quelqu'un porte dans Aggée dit: Si quelqu'un souillé par le le pan de son vêtement de la chair contact d'un cadavre touche toutes consacrée, et qu'il touche avec son ces choses, seront-elles souillées ? Les vêtement du pain, des mets, du vin, prêtres répondirent : Elles seront de l'huile, ou un aliment quelconque, souillées. '■'Alors Aggée, reprenant la ces choses seront-elles sanctifiées ? parole, dit : Tel est ce peuple, telle est cette nation devant moi, dit l'Eternel, Telles sont toutes les œuvres de leurs mains; Ce qu'ils m'olïrent là est souillé. '^Considérez donc attentivement Ce cjui s'est passé jusqu'à ce jour, Avant qu'on eût mis pierre sur pierre au temple de l'Eternel ! '^Alors, quand on venait à un tas de vingt mesures, Il n'y en avait que dix ; Quand on venait à la cuve pour puiser cinquante mesures. Il n'y en avait que vingt. '"Je vous ai frappés par la rouille et par la nielle, et par la grêle; J'ai frappé tout le travail de vos mains. Malgré cela, vous n'êtes pas revenus à moi, dit l'Eternel. '* Considérez attentivement Ce qui s'est passé jusqu'à ce jour, Jusqu'au vingt-quatrième jour du neuvième mois. Depuis le jour où le temple de l'Eternel a été fondé, Considérez-le attentivement ! ''Y avait-il encore de la semence dans les greniers ? Même la vigne, le figuier, le grenadier et l'olivier. N'ont rien rapporté. Mais dès ce jour je répandrai ma bénédiction. Destruction des ennemis, et élévation de Zorobabel. -"La parole de l'Eternel fut adressée pour la seconde fois à Aggée, le vingt- our la maison de Juda en jours mes les uns contre les autres. "Main- d'allégresse et de joie, en fêtes de ré- tenant je ne suis pas pour le reste de jouissance. Mais aimez la vérité et la ce peuple comme j'étais dans le temps paix. passé, dit l'Eternel des armées. '-Car -"Ainsi parle l'Eternel des armées : les semailles prospéreront, la vigne 11 viendra encore des peuples et des rendra son fruit, la terre donnera ses habitants d'un grand nombre de vil- produits, et les cieux enverront leur les. -'Les habitants d'une ville iront à rosée ; je ferai jouir de toutes ces cho l'autre, en disant : Allons implorer ses le reste de ce peuple. '^De même l'Éternel et chercher l'Eternel des ar- que vous avez été en malédiction par- niées ! Nous irons aussi ! -'Et beau- mi les nations, maison de Juda et coup de peuples et de nombreuses maison d'Israël, de même je vous sau- nations viendront chercher l'Eternel verai, et vous serez en bénédiction, des armées à Jérusalem et implorer Ne craignez pas, et que vos mains se l'Eternel, fortifient! -^Ainsi parle l'Eternel des armées : '*Car ainsi parle l'Eternel des ar- En ces jours-là, dix hommes de toutes mées : Comme j'ai eu la pensée de les langues des nations saisiront un vous faire du mal lorsque vos pères Juif par le pan de son vêtement, et di- mirritaient, dit l'Eternel des armées, ront : Nous irons avec vous, car nous et que je ne m'en suis jîoint repenti, avons appris que Dieu est avec vous. Les nations vaincues. Jérusalem sauvée. Le règne de l'Eternel. Chap. IX. 'Oracle, parole de l'Eternel sur le pays de Hadrac ; Elle s'arrête sur Damas, Car l'Eternel a l'œil sur les hommes Comme sur toutes les tribus d'Israël ; -Elle s'arrête aussi sur Hamath, à la frontière de Damas, Sur Tyr et Sidon, malgré toute leur sagesse. 1203 Chap. 0,3-1'.. ZAGHARIE. ^Tyr s'est bâti une forteresse; Elle a amassé l'argent comme la poussière, Et l'or comme la boue des rues. ^Voici, le Seigneur s'en emparera, Il précipitera sa puissance dans la mer. Et elle sera consumée par le feu. ^Askalon le verra, et elle sera dans la crainte; Gaza aussi, et un violent tremblement la saisira; Ekron aussi, car son espoir sera confondu. Le roi disparaîtra de Gaza, Et Askalon ne sera plus habitée. 'L'étranger s'établira dans Asdod, Et j'abattrai l'orgueil des Philistins. 'J'ôterai le sang de sa bouche. Et les abominations d'entre ses dents ; Lui aussi restera pour notre Dieu ; Il sera comme un chef en Juda, Et Ekron sera comme les Jébusiens. ^Je camperai autour de ma maison pour la défendre contre une armée, Contre les allants et les venants. Et l'oppresseur ne passera plus près d'eux ; Car maintenant mes yeux sont fixés sur elle. 'Sois transportée d'allégresse, fdle de Sion ! Pousse des cris de joie, fdle de Jérusalem ! Voici, ton roi vient à toi ; Il est juste et victorieux, 11 est humble et monté sur un àne. Sur un àne, le jictit d'une ànesse. '"Je détruirai les chars d'Ephraïm, Et les chevaux de Jérusalem ; Et les arcs de guerre seront anéantis. Il annoncera la paix aux nations. Et il dominera d'une mer à l'autre. Depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la terre. "Et pour toi, à cause de ton alliance scellée par le sang, Je retirerai tes captifs de la fosse où il n'y a pas d'eau. '-Retournez à la forteresse, captifs pleins d'espérance ! Aujourd'hui encore je le déclare. Je te rendrai le double. '^Car je bande Juda comme un arc. Je m'arme d'Ephraïm comme d'un arc. Et je soulèverai tes enfants, ô Sion, Contre tes enfants, ô Javan ! Je te rendrai pareille à l'épée d'un vaillant homme. "L'Eternel au-dessus d'eux apparaîtra, Et sa flèche partira comme l'éclair ; 1204 ZACHARIE. Chap. 0,1,-10.8. Le Seigneur, l'Eternel, sonnera de la trompette, Il s'avancera dans loiiragan du midi. "L'Eternel des armées les protégera ; Ils dévoreront, ils vaincront les pierres de la fronde" ; Ils boiront, ils seront bruyants comme pris de vin ; Ils seront pleins comme une coupe. Comme les coins de l'autel*. "^L'Eternel, leur Dieu, les sauvera en ce jour-là, Comme le troupeau de son peuj)le ; Car ils sont les pierres d'un diadème, Qui brilleront dans son pays. '"Oh ! quelle prospérité pour eux ! quelle beauté ! Le froment fera croître les jeunes hommes, Et le moût les jeunes filles. Chap. X. 'Demandez à l'Eternel la pluie, la pluie du printemps"^ ! L'Eternel produira des éclairs. Et il vous enverra une abondante pluie. Il donnera à chacun de l'herbe dans son champ. -Car les théraphim'' ont des paroles de néant, Les devins prophétisent des faussetés, Les songes mentent et consolent par la vanité. C'est pourquoi ils sont errants comme un troupeau, Ils sont malheureux parce qu'il n'y a point de pasteur. ^Ma colère s'est enflammée contre les pasteurs, Et je châtierai les boucs ; Car l'Eternel des armées visite son troupeau, la maison de Juda, Et il en fera comme son cheval de gloire dans la bataille, ""De lui sortira l'angle, de lui le cloy", de lui l'arc de guerre; De lui sortiront tous les chefs ensemble. ^lls seront comme des héros foulant dans la bataille la boue des rues; Ils combattront, parce que l'Eternel sera avec eux; Et ceux qui seront montés sur des chevaux seront couverts de honte. *Je fortifierai la maison de Juda, Et je délivrerai la maison de Joseph ; Je les ramènerai, car j'ai compassion d'eux. Et ils seront comme si je ne les avais pas rejetés ; Car je suis l'Eternel, leur Dieu, et je les exaucerai. "Ephraïm sera comme un héros; Leur cœur aura la joie que donne le vin ; Leurs fils le verront et seront dans l'allégresse, Leur cœur se réjouira en l'Éternel. ''Je les sifflerai et les rassemblerai, car je les rachète, a. Les pierres tle la fronde, les enneniis. b. Les coins de /'autel, où l'on répandait les libations. c. Ou de raiTière-suison, en mars et avril. d. Les therapliim, idoles domestiques, e. L'angle, le clou termes figurés désig^nani les t'hefs. 1205 Chap. 10,9-11, m. ZACHARIE. Et ils multiplieront comme ils multipliaient. ^Je les disperserai parmi les peuples, Et au loin ils se souviendront de moi ; Ils vivront avec leurs enfants, et ils reviendront '"Je les ramènerai du pays d'Egypte, Et je les rassemblerai de l'Assyrie ; Je les ferai venir au pays de Galaad et au Liban, Et l'espace ne leur suffira pas. "Il passera la mer de détresse, il frappera les Ilots de la mer. Et toutes les profondeurs du fleuve seront desséchées ; L'orgueil de l'Assyrie sera abattu. Et le sceptre de l'Egypte disparaîtra. '^Je les fortifierai par l'Eternel, Et ils marcheront en son nom, Dit l'Éternel. Chap. XI. 'Liban, ouvre tes portes, Et que le feu dévore tes cèdres ! -Gémis, cyprès, car le cèdre est tombé, Ceux qui s'élevaient sont détruits ! Gémissez, chênes de Basan, Car la forêt inaccessible est renversée ! ^Les bergers poussent des cris lamentables, Parce que leur magnificence est détruite; Les lionceaux rugissent. Parce que l'orgueil du Jourdain est abattu. *Ainsi parle l'Eternel, mon Dieu : Pais les brebis destinées à la boucherie ! ^Ceux qui les achètent les égorgent impunément; Celui qui les vend dit : Béni soit l'Éternel, car je m'enrichis! Et leurs pasteurs ne les épargnent pas. *Car je n'ai plus de pitié pour les habitants du pays. Dit l'Éternel ; Et voici, je livre les hommes Aux mains les uns des autres et aux mains de leur roi ; Ils ravageront le pays. Et je ne délivrerai pas de leurs mains. 'Alors je me mis à paître les brebis âme avait aussi pour moi du dégoût, destinées à la boucherie, assurément ^Et je dis : Je ne vous paîtrai plus! les plus misérables du troupeau. Je Que celle qui va mourir meure, que pris deux houlettes : j'appelai l'une celle qui va périr périsse, et que cel- grâce, et j'appelai l'autre union. Et je les qui restent se dévorent les unes fis paître les brebis. ^J'exterminai les les autres. '"Je pris ma houlette grâce, trois pasteurs en un mois; mon âme et je la brisai, pour rompre mon al- était impatiente à leur sujet, et leur liance que j'avais traitée avec tous les 1206 ZACIIARIE. Chap. Il,n-12,8. peuples. "Elle fut rompue ce jour-là ; je brisai ma seconde houlette union, et les malheureuses brebis, qui pri- pour rompre la fraternité entre Juda rent garde à moi, reconnurent ainsi et Israël. que c'était la parole de l'Eternel. '-Je '^L'Eternel me dit : Prends encore leur dis : Si vous le trouvez bon, l'équipage d'un pasteur insensé! '^Car donnez-moi mon salaire; sinon, ne voici, je susciterai dans le pays un le donnez pas. Et ils pesèrent pour ])asteur qui n'aura pas souci des bre- mon salaire trente sicles d'argent, bis qui périssent; il n'ira pas à la re- '^L'Eterncl me dit : Jette-le au potier, cherche des plus jeunes, il ne guérira ce prix magnifique auquel ils m'ont jias les blessées , il ne soignera pas estimé ! Et je pris les trente sicles les saines ; mais il dévorera la chair d'argent, et je les jetai dans la maison des plus grasses, et il déchirera jus- de l'Eternel, pour le potier. '^Puis qu'aux cornes de leurs pieds. "Malheur au pasteur de néant, qui abandonne ses brebis! Que l'épée fonde sur son bras et sur son oeil droit! Que son bras se dessèche, Et que son œil droit s'éteigne ! Chai). XII. ' Uracle, parole de l'Eternel sur Israël. Ainsi parle l'Eternel, qui a étendu les cieux et fondé la terre. Et qui a formé l'esprit de l'homme au dedans de lui : ^Voici, je ferai de Jérusalem une coupe d'étourdissement Pour tous les peuples d'alentour. Et aussi pour Juda dans le siège de Jérusalem. ^En ce jour-là, je ferai de Jérusalem une pierre pesante pour tous les Tous ceux qui la soulèveront seront meurtris; [peuples; Et toutes les nations de la terre s'assembleront contre elle. ^En ce jour-là, dit l'Éternel, Je frapperai d'étourdissement tous les chevaux. Et de délire ceux qui les monteront; Mais j'aurai les yeux ouverts sur la maison de Juda, Quand je frapperai d'aveuglement tous les chevaux des peuples. ^Les chefs de Juda diront en leur cœur : Les habitants de Jérusalem sont notre force. Par l'Éternel des armées, leur Dieu. ^En ce jour-là, je ferai des chefs de Juda Comme un foyer ardent parmi du bois, Comme une torche enflammée parmi des gerbes; Ils dévoreront à droite et à gauche tous les peuples d'alentour, Et Jérusalem restera à sa place, à Jérusalem. 'L'Eternel sauvera d'abord les tentes de Juda, Afin que la gloire de la maison de David, La gloire des habitants de Jérusalem ne s'élève pas au-dessus de Juda. 'En ce jour-là, l'Eternel protégera les habitants de Jérusalem, Et le faible parmi eux sera dans ce jour comme David ; La maison de David sera comme Dieu, 1207 Chnp. 13,0-18,8. ZACIIARIE. Comme l'ange de l'Eternel devant eux. "En ce jour-là, Je m'efforcerai de détruire toutes les nations Qui viendront contre Jérusalem. '"Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Un esprit de grâce et de supplication, [Jérusalem Et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, Ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né. "En ce jour-là, le deuil sera grand à Jérusalem, Comme le deuil d'Hadadrimmon dans la vallée de Meguiddon. '-Le pays sera dans le deuil, chaque famille séparément : La famille de la maison de David séparément, et les femmes à part; La famille de la maison de Nathan séparément, et les femmes à part; ''La famille de la maison de Lévi séparément, et les femmes à part; La famille de Schimeï séparément, et les femmes à part; '^Toutes les autres familles, chaque famille séparément, ¥a les femmes à part. CJiop. XIII. 'En ce jour-là, une source sera ouverte Pour la maison de David et les habitants de Jérusalem, Pour le péché et pour l'imjiureté. -En ce jour-là, dit l'Eternel des armées. J'exterminerai du pays les noms des idoles, Afin qu'on ne s'en souvienne plus ; J'ôterai aussi du pays les prophètes et l'esprit d'impureté. ''Si quelqu'un prophétise encore, Son père et sa mère, qui l'ont engendré, lui diront : Tu ne vivras pas, car tu dis des mensonges au nom de r!^]ternel ! Et son père et sa mère, qui l'ont engendré, le transperceront Quand il prophétisera. *En ce jour-là, les prophètes rougiront de leurs visions Quand ils pro|)hétiseront, Et ils ne revêtiront plus un manteau de poil pour mentir. ^Chacun d'eux dira : Je ne suis pas prophète. Je suis laboureur. Car on m'a acheté dès ma jeunesse. 'Et si on lui demande : D'oii viennent ces blessures que tu as aux mains ? Il répondra : C'est dans la maison de ceux qui m'aimaient que je les ai reçues. 'Epée, lève-toi sur mon pasteur Et sur l'homme qui est mon compagnon! Dit l'Eternel des armées. Frappe le pasteur, et que les brebis se dispersent ! Et je tournerai ma main vers les faibles. ''Dans tout le pays, dit Dîternel, 1208 ZACllAHIE. Chap. 13.rincipes sur l'infaillibilité absolue des Ecritures, se sont peu préoccupés du soin de découvrir des variantes, il s'est trouvé plus tard des personnes douées de ces qualités que réclament au plus haut degré des études patientes et de longue haleine. La carrière une fois ouverte, beaucoup s'y sont jetés avec ardeur, et les recherches ont été se multipliant jusqu'à nos jours. En 1707, l'Anglais Mill, après un immense labeur, constatait déjà l'existence de trente mille variantes pour le Nouveau Testament. Bien des noms célèbres méritei'aient d'être cités à côté du sien, jusqu'à ceux de Lachmann, de Tregelles, et de Tischendorf, qui, associant leurs travaux aux travaux de leurs devanciers, ont imprimé chacun des éditions critiques, dans le but de ramener le texte grec, sinon à son état primitif, du moins à une pureté relative. C'est ainsi que, prenant naissance il y a deux siècles, l'histoire et la critique du texte sont devenues une science, dont les résultats considérables ne sauraient être envisagés avec indif- férence par les traducteurs des Livres Saints. A la vérité, tout n'est pas à l'abri de contestations et de doutes, tous les maniiscrits ne sont pas encore coUationnés, ni même sans doute découverts : le plus important à certains égards, celui du Sinaï, ne l'est que depuis vingt ans. Mais, s'il reste des progrès à faire dans la science dont nous parlons, comme dans toute autre science, ce n'est point un motif pour ne pas apprécier et utiliser les progrès réalises. . ■ .,,. II Reportons-nous maintenant à l'époque oîi, pour la première fois, on vit paraître imprimé un texte grec du Nouveau: Testament. C'était en 1516, bien avant le moiivement scientifique dont nous avons rapidement décrit les phases et la portée, et néanmoins, chose à remarquer, quatre-vingts ans après l'invention de l'imprimerie par Gutenberg à Mayence, alors que l'art typographique avait déjà reproduit la Bible en hébreu, en latin, etc. Donc en 1516, Érasme, de, Rotterdam, fit imprimer à Bâle un Nouveau Testament grec. On se servit à cet eflet de deux manuscrits du treizième et du quinzième siècle, qiii se trouvaient à la bibliothèque de Bâle, et d'une vi AVANT-PROPOS. copie de l' Apocalypse également récente, qu'on parvint à se i^rociirer ailleiu's. Les éditions qui suivirent, sauf des corrections typographiques, ne fiu'ent guère modifiées ; dans la quatrième, Erasme introduisit quelques variantes, tirées de la Bible polyglotte du cardinal Ximènes, publiée en 1520. Paru- rent ensuite les éditions de Robert Etienne à Paris, de Théodore de Bèze, et des Elzévirs célèbres imprimeurs hollandais. Toutes ces éditions. i>our le fond, émanent de celles d'Érasme et en diflêrent peu. La première édition elzévirienne date de 1624, et n'a pas de préface ; mais, en tête d'une noii- velle édition de 1633, les éditeurs placent un avant-propos, oii il est dit au lecteur : ' Maintenant vous avez un tcrte reçu de tons, dans lequel nous ne donnons rien de changé ni de corrompu etc.' Cette hardiesse eut un plein succès; l'expression texte reçu est restée, et ce texte a fait force de loi pendant cent cinquante ans, même jusqu'aujourd'hui po\ir ceux qui ignorent les travaux critiques des temps modernes ou qui s'en défient sans examen. Il ne nous a pas été possible de fermer les yeux à la lumière, et, dans l'état actuel de la science, de partir de ce texte pour une nouvelle version du Nouveau Testament. Que faire ? Au lieu du texte reçu, nous aurions pu suivre le manuscrit du Vatican ou celui du Sinaï, qui partagent le privilège de la plus grande ancienneté (milieu du quatrième siècle). Et, comme il existe déjà une excellente tra- duction du Vatican, — auquel manquent malheiu-eusement les Epîtres à Timothée, à Tite, à Philémon, la fin de celle aux Hébreux, et l'Apocalypse, — nous aurions arrêté notre choix sur le manuscrit du Sinaï, non encore traduit, et qui se\il renferme le Nouveaii Testament dans son entier. De cette manière, laissant de côté tous les autres documents et faisant abstrac- tion de notre jugement personnel, nous aurions mis à couvert notre propre responsabilité. Mais nous n'avons pii nous résigner à perdre le bénéfice de tant de découvertes précieuses, de tant de travaux consciencieusement exécutés, et à ne tenir aucun compte des résultats positifs acquis par la science moderne. Plutôt que de nous fixer à un texte unique, notoirement défectueux, quelle qu'en soit la valeiu", nous avons préféré mettre à profit l'ensemble des ressources propres à nous faire obtenir l'expression la plus approximative du texte primitif. Il est vrai que cette marche entraîne avec elle quelque responsabilité. Mais une telle responsabilité ne saurait être légèrement taxée d'arbitraire dans le mauvais sens du mot, car il y a pour qui le veut des moyens de contrôle, et l'arbitraire proprement dit n'aurait ici rien à gagner. Au surplus, quand on prend la responsabilité d'inter- préter la pensée des auteiirs sacrés, comme le fait indispensablement tout traducteur, on a bien le droit d'adopter entre plusieurs variantes celles qui ont en leur faveur le plus d'autorités, et de repousser celles qui ne sont dues peut-être qu'à l'inadvertance d'un copiste. Du reste, comme on va le voir, la tâche n'est ni aussi difficile ni aussi périlleuse qu'on le supposerait tout d'abord. Il est généralement admis que les plus anciens manuscrits sont ceux qui offrent le plus de garanties, les altérations se multipliant dans les copies de siècle en siècle. Or, en ne dépassant pas le dixième siècle, on ne compte guèx'e que cinquante manuscrits, dont aiicun n'est complet, excepté celui du Sinaï, et dont plusieurs ne contiennent que quelques versets o\\ des fragments plus ou moins longs. Cela réduit singidièrcment le travail de comparaison. Ce n'est pas tout. Il n'est plus même besoin d'aller étiidier les plus étendus et les pi-incipaux de ces manuscrits à Rome, à Pétersbourg, à Londres, à Cambridge, ou à Paris : tous ont été reproduits AVANT-PROPOS.— REMARQUES. avec soin par la typographie, et celui qui s'y intéresse peut les consulter dans son propre cabinet. Enfin, les grandes éditions critiques de Lach- mann, de Tregelles, et de Tiscliendorf, tout en donnant un texte épuré selon les lumières de leurs auteurs, font accompagner ce texte des variantes ajDpartenant aux divers manuscrits, en sorte que le traducteur peut aisément y opérer des modifications toutes les fois qu'il n'accepte pas les choix pour lesquels son guide a cru devoir se décider. En conséquence, nous avons pris pour base de notre version la dernière édition de Tiscliendorf, dite octava critica major, terminée en 1872. Certes, elle ne saurait afiirmer la prétention d'une reconstitution exacte du texte primitif, sans aucune cliance d'incertitude, ce qui jamais n'ar- rivera ; mais tout homme compétent n'éprouvera pas la moindre hésitation à lui assigner une supériorité prononcée sur le texte reçu. Disons encore que nous n'avons point abdiqué notre droit de discuter les variantes admises par Tiscliendorf, et d'incliner en plus d'un cas du côté où les autorités nous semblaient mieux établies. Après tout, que nul de nos lecteurs ne s'épouvante à propos de la diversité des manuscrits et de la multiplicité des variantes qu'on y ren- contre. Nous déclarons hautement, avec tous les hommes versés dans ces matières, que les variantes du Nouveau Testament, si nombreuses soient- elles, ne sont aucunement de nature à altérer en rien la vérité et les faits évangéliques. La plupart, en eflfet, portent tantôt sur l'orthographe et sur des détails de grammaire ou de syntaxe qui n'ont pas d'influence sensible dans une traduction, tantôt sur la substitution d'un synonyme à un autre, sur l'addition ou la suppression d'une particule, d'un mot de peu de valeur, etc. ; les variantes qui ont plus d'importance sont en très faible quantité relative. S'il y a là de quoi rassurer les esprits inquiets, nous ne voudrions pas cependant qu'on en vînt jusqu'à l'indifférence ou au blâme en face de légitimes efforts pour se raiDprocher le plus possible de la pureté primitive du texte sacré. Tout chrétien, au contraire, doit les suivre avec intérêt, et s'en réjouir. Pour ce qui concerne l'œuvre elle-même de la traduction que nous soumettons au public religieux, nous n'avons pas autre chose à dire sinon que nous l'avons accomplie sous le regard de Dieu, avec les forces qu'il nous a données. A Lui, s'il le juge convenable, d'en faire un instrument de bénédiction pour les disciples de son Fils. A Dieu seul soient la gloire, la miséricorde et la grâce par Jésus-Christ notre Sauveur! Genève, 22 octobre 1879. LOUIS SEGOND REMAEQUES 1. Les passages entre crochets [ ] appartiennent au texte reçu; ils ont été conservés sous cette forme par égard pour l'opinion traditionnelle, mais ils sont omis par les meilleures autorités critiques. 2. Les notes, au nombre d'environ sept cents, roulent sur des points relatifs à la géographie, à l'histoire, à l'archéologie, à l'étyraologie, sans toucher aux questions dogmatiques ou théologiques. "Un index des principales se trouve à la fin du volume. 3. Les citations de l'Ancien Testament sont reproduites telles qu'on les lit dans notre version de l'A. T., toutes les fois que les termes du grec correspondent exactement à ceux de l'hébreu. Un index de ces citations se trouve à la fin du volume. NOUVEAU TESTAMENT EVANGILE SELON MATTHIEU Généalogie de Jésus-CIirist, 1 Généalog:ie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraliam. 2 Abraham engendra Isaac ; Isaac engendra Jacob ; Jacob engendra Jiida et ses frères ; 3 Juda engencb'a de Thamar Phares et Zara ; Phares en- gendra Esroni ; Esrom engendra 4 Arani ; Arani engendra Aniina- dab ; Aniinadab engendra Naas- son ; Naasson engendra Salmon ; 5 Salnion engendra Boaz de Ea- hab; Boaz engendra Obed de (5 Euth; Obed engendra Isaï; Isaï engendra le roi David. Le roi David engendra Salomon 7 de la femme d Urie ; Salomon engendra Eoboani; Eoboam en- gendra Abia ; Abia engendra Asa ; 8 Asa engendra Josaphat ; Josa- pliat engendra Joram ; Joram 9 engendra Ozias ; Ozias engendra Joatham ; Joatham engendra Achaz ; Achaz engendra Ézé- 10 chias ; Ézéchias engendra Ma- uassé; Manassé engendra Amon; 11 Amon engendra Josias ; Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone. 12 Après la déportation à Baby- lone, Jéchonias engendra Sala- thiel ; Salathiel engendra Zo- lorobabel; Zorobabel engendra Abiud; Abiud engendra Éliakim ; 14 Eliakim engendra Azor; Azor engendra Sadok ; Hadok engen- dra Achim ; Achim engendra 15 Éliud ; Éliud engendra Eléazar ; Éléazar engendra Matthan ; Mat- than engendra Jacob; Jacob 16 engendra Joseph, lépoux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ '. Il y a donc en tout quatorze 17 générations depuis Abraham jusqu'à David, quatorze généra- tions depuis David jusqu'à la déjîortation à Babylone, et qua- torze générations depuis la dé- portation à Babvlone jusqu'au Christ. Naissance de Jésus-Christ. Voici de quelle manière arriva 18 la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva en- ceinte par la vertu du Saint- Esprit, avant qu'ils eiissent habité ensemble. Joseph, son époux, 19 qui était un honnne de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se projîosa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, 20 voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Josejih, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l'enfant quelle a conçu vient du Saint-Esprit ; elle enfantera 21 un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ■ ; car il sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s'ac- 22 complît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : Voici, 23 la vierge sera enceinte, elle en- ' Christ signifie Oint, en héb. Messie, nom donné parmi les Juifs au libérateur promis. '" Jésus dérive d'un mot héb. r^ui signifie sauver, délivrer. B Chap. 1, V. 23. MATTHIEU. Chap. 2, v. 18. fantera lui fils, et on lui donnera le nom cVEmmanuel, — ce qui signifie Dieu avec nous. 24 Josei>li s'étant réveillé fit ce que l'ange du Seigneur lui avait ordonné, et il prit sa femme avec 25 lui. Mais il ne la connut point, jiisqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus. Enfance de Jésus-Christ.— Les mages à Beth- léhem. — Hérode. — Fuite de Joseph en Egypte. — Massacre des enfants de Bethlé- hem. — Mort d'Hérode. — Retour de Jo- seph, et son établissement à Nazareth. O Jésus étant né à Betliléhem en Judée, au temps du roi Hérode \ voici, des mages ^ d'Orient arri- 2 vèrent à Jérusalem, et dirent : Où est le roi des Juifs, qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer. 3 Le roi Hérode, ayant ajjpris cela, fut troublé, et tout Jéru- 4 salem avec lui. Il assembla tous les chefs des prêtres et les scribes^ du peuple, et il s'informa d'eux où devait naître le Christ. 5 Ils lui dirent : A Betliléhem en Judée ; car voici ce qui a été G écrit par le prophète : Et toi, Bethléhem, terre de Juda, tu n'es certes pas la moindre entre les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui 7 paîtra Israël, mon peuple. Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s'enquit soigneusement auprès d'eux du temps où l'étoile S était apparue. Puis il les en- voya à Bethléhem, en disant: ' Hérode, surnommé " le Grand," gouvernait la Palestine alors soumise aux Romains ; il avait reçu du sénat le titre de " roi des Juifs." - Des mages, prêtres chez les Mèdes, les Perses et les Chaldéens ; ils se livraient à l'observation des astres, et pratiquaient l'art de la divination. ' Les scribes, ou docteurs chargés spéciale- ment d'enseigner et d'expliquer la loi au peu- ple ; ils avaient encore d'autres fonctions. Allez, et prenez des informa- tions exactes sur le petit enfant ; quand vous l'aurez troiivé, faites- le-moi savoir, afin que j'aille aussi moi-même l'adorer. Après avoir entendu le roi, ils 9 partirent. Et voici, l'étoile qu'ils avaient vue en Orient marcha devant eux, et, arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s'arrêta. Quand ils aper- 10 curent l'étoile, ils furent saisis d'une très grande joie. Ils en- 1 1 trèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent ; ils ouvrirent ensuite leurs tré- sors, et lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Puis, divinement avertis 12 en songe de ne pas retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. Lorsqu'ils furent partis, voici, 13 un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit : Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Egypte, et restes-y jusqu'à ce que je te parle ; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit 14 de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Egypte. Il y resta 15 jusqu'à la mort d'Hérode, afin que s'acconqjlît ce que le Sei- gneur avait annoncé par le pro- phète : J'ai api)elé mon fils hors d'Egypte. Alors Hérode, voyant qu'il 16 avait été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous les enfants de deux ans et au-dessous, qui étaient à Bethléhem et dans tout son territoire, selon la date dont il s'était soigneusement enquis auprès des mages. Alors s'ac- 17 complit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète : On a 18 entendu des cris à Rama, des pleurs et de grandes lamenta- Chap. 2, V. 18. MATTHIEU. Chap. 3, v. 15. tions : Rachel pleure ses enfants, et n'a pas voiilii être consolée, parce qu'ils ne sont ])his. 19 Quand Hérode fut mort, voici, un ange du Seigneur apparut en 20 songe à Josej)!!, en Egypte, et dit : Lève-toi, prends le petit en- fant et sa mère, et va dans le pays d'Israël, car ceux qui en voxdaient à la vie du petit enfant 21 sont morts. Josei^h se leva, prit le petit enfant et sa mère, et 22 alla dans le pays d'Israël. Mais, ayant appris ([u'Arcliélaûs ^ ré- gnait sur la Judée à la place d'Hérode, son père, il craignit de s'y rendre ; et, divinement averti en songe, il se retira dans 23 le territoire de la Galilée ", et vint demeiirer dans une ville appelée Nazareth ^ afin que s'ac- complît ce qui avait été annoncé jmr les prophètes: Il sera appelé Nazaréen. Prédication de Jean-Baptiste. — Baptême de Jésus-Christ. Q En ce temps-là, parut Jean- Baptiste, prêchant dans le désert 2 de Judée *. Il disait : Repentez- vous, car le royaiune des cieux 3 est proche. Jean est celui qui avait été annoncé par Esaïe, le prophète, lorsqu'il dit : C'est ici la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. 4 Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une cein- ^ Arcliélaus avait eu la Judée, la Samarie et ridumée, comme part de succession dans les provinces gouvernées par son père ; cruel comme lui, il fut, dix ans plus tard, exilé à Vienne dans les Gaules par le sénat romain. ■ Galilée, échue en partage, avec le titre de tétrarque, à Hérode Antipas, l'un des autres fils d'Hérode le Grand. ^ Nazareth, au centre montagneux de la Galilée, ville qui n'est pas mentionnée dans l'Aucieu Testament. * Le désert de Judée, partie plus ou moins stérile du territoire de Juda, s'étendant à l'est jusqu'à la mer ilorte et aux environs du Jourdain. ture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Les habitants 5 de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui ; et, confessant leurs (i péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jour- dain. Mais, voyant venir à son bap- 7 tême beaucoup de pharisiens ^ et de sadducéens", il leur dit: Eaces de vipères, qui vous a ajipris à fuir la colère à venir? Pro- S duisez donc du fruit digne de la repentance, et ne prétendez pas i) dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces j^ierres Dieu peut susciter des enfants à Abra- ham. Déjà la cognée est mise à lu la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu. Moi, je vous ba^^tise d'eau, pour 11 vous amener à la repentance ; mais celui qui vient après moi est i^lus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. Il a 12 son van à la main ; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint point. Alors Jésiis vint de la Galilée 13 au Jourdain vers Jean, pour être baptisé i)ar lui. Mais Jean s'y 14 opposait, en disant : C'est moi qui ai besoin dêtre ba])tisé i)ar toi, et tu viens à moi \ Jésus lui 1.5 ' Pluirisiens, parti religieux et jwlitique d'une grande influence; très attachés aux cou- tumes et aux traditions juives, mais cachant leurs vices sous les dehors de la dévotion. ■^ Sadducéens, parti opposé à celui des pharisiens et moins nombreux ; rejetant les traditions, ne croyant ni aux anges ni à une vie future, mais professant des principes d'une moralité sévère. Ohap. 3, V. 15. MATTHIEU. ChAP. 4, V. 21. répondit : Laisse faire inainte- iiaiit, car il est convenable que novis accomplissions ainsi tont ce qui est juste. Et Jean ne hii 16 résista plus. Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de Veaw. Et voici, les cieux s'ouvrirent à lui, et il vit l'Esi^rit de Dieu descen- dre comme une colombe et venir 17 sur lui. Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, eu qui j'ai mis toute mon af- fection. Teutatiou de Jésus-Chi-ist. ^ Alors Jésus fut enmiené par l'Esprit dans le désert, pour être •I tenté par le diable. Après aAoir jeûné quarante jours et quarante o nuits, il eut faim. Le tentateur, s'étant approché, lui dit : Si tu es Fils de Dieii, ordomie que ces jjierres deviennent des pains. 4 Jésus répondit : Il est écrit : L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. o Le diable le transporta dans la ville sainte \ le plaça sur le (> haut du temple, et lui dit : Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; et ils te i^orteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte 7 contre une pierre. Jésus lui dit : Il est aussi écrit : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. 5 Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du i» monde et leur gloire, et lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores, 1 0 Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit: Tu adoreras le ' La ville sainte, Jérusalem, déjà ainsi nommée Esaie xltiii. 2 ; lu. 1 ; Dan. ix. 24; Néh. XI. 1. Seigneiu*, ton Dieu, et tu le ser- viras lui seul. Alors le diable le laissa. Et 11 voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servirent. Jésus à Capeniaum. — Conimencemeut de son ministère, et vocation de quatre disci]Dles. Jésus, ayant appris que Jean 12 avait été mis en prison \ se retira dans la Galilée. Il quitta Naza- 13 retli, et vint demeurer à Caper- namn^, située près de la mer^ dans le territoire de Zabulon et de Nephthali, afin que saccom- 14 plît ce qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète : Le peuple 15 de Zabulon et de Nephthali, de la contrée voisine de la mer, du pays au delà du Jourdain, et de la Galilée des Gentils*, ce peuple, 16 assis dans les ténèbres, a vu une grande lumière; et sur ceux qui étaient assis dans la région et l'ombre de la mort la lumière s'est levée. Dès ce moment Jésus com- 17 mença à prêcher, et à dire : Re- pentez-vous, car le royaume des cieux est proche. Comme il marchait le long de 18 la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pieri'e, et André, son frère, qui jetaient un filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs. Il leur dit : Suivez- 19 moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. Aussitôt, ils laissé- 20 rent les filets, et le suivirent. De 2 1 là étant allé plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de ' Par ordre d'Hérode Antipas ; voy. les motifs de cet emijrisonnemeut, xiv. 1, et suiv. ■ Capeniaum, ou Capharnaum, au nord- ouest du lac de Tibériade, ville très florissante au temps de J.-C; non mentioimée dans l'Ane. Test. ; aujourd'hui, les ruines de Tell Hum. ^ La mer de Galilée, appelée encore lac de Génésareth, ou mer de Tibériade. * La Galilée des Gentils, ou des païens, district au nord sur les confins de la Phénicie, ainsi nommée parce qu'elle était habitée en grande jiartie par des étrangers. ChAP. 4, V. 21. MATTHIEU. Zébédée, et Jean, son frère, qui étaient dans xnie barque avec Zébédée, leiir porc, et qui ré- l^araient leurs filets. Il les ap- 22 i)ela, et aussitôt, ils laissèrent la bar Une grande foule le suivit, de la Galilée, de la Décapole^ de Jé- rusalem, de la Judée, et d'au delà du Jourdain. Sermon sur la montagne. — Les béatitudes. 5 Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ^ ; et, ai)rès qu'il se fut assis, ses disciples . s'ap- 2 proclièrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit : :i Heureux les i)auvres en esprit, car le royainne des cieux est à ' eux ! 4 Heureux les affligés, car ils sei'ont consolés ! 5 Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre ! <■> Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasies Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ! ' Les si/nagogues, édifices religieux, où les Juifs se réunissaient les sabbats et les jours de fêtes, pour entendre la lecture et l'explica- tion des livres de l'Ancien Testament, et pour adresser en commun leurs prières à Dieu. " La Décapolf, district, de dix villes, au sud et à l'est de la mer de (îalilée, avec une population en grande partie païenne. ' La montayne, l'une des hauteurs ou col- lines à quelque distance des bords du lac. Chap. 5, V. 19. Hevneux ceux q\ii ont le cœur s pur, car ils verront Dieu ! Heureux les pacifiques, car ils !) seront api)elés fils de Dieu ! Heureux ceux qui sont per- lo sécutés pour la JTistice, car le royaume des cieux est à eux! Heiu-eux serez- vous, lorsqu'on ! 1 vous outragera, qu'on vous persé- cutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de inoi. Réjouissez-vous 12 et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous. Sermon sur la montagne (suite). — Les dis- ciples sel de la terre et lumière du monde. — L'accomplissement de la loi et des pro- phètes. A'ous êtes le sel de la terre, lo Mais si le sel perd sa saveur, avec qtioi la lui rendra-t-on ? Il ne sert i)his qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hom- mes. Vous êtes la lumière du 14 monde. Une ville située sm- une montagne ne peut être cacliée : et on n'allume pas une 1.5 lanq^e pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux ' Un iota, la plus petite lettre de l'alphabet grec, corresp. à un i. Chap. 5, V. 19. MATTHIEU. Chap. 5, v. 37. donc qui transgressera rnn de ces plus petits commandements, et qui de la sorte enseignera aux hommes à les transgresser, sera appelé le plus petit dans le rojaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui en- seignera à les observer, celui-là sera aj^pelé grand dans le roy- 20 aume des cieux. Car, je vous le dis, si votre justice ne sur- passe celle des scribes et des pliarisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux. 21 Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu no tueras point ; celui qui tuera mérite 22 d'être puni par les juges. Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges ; que celui qui dira à son frère : liaca ' ! mérite d'être puni par le sanhédi'in " ; et que celui qui lui dira : Insensé ! mérite d'être puni par le feu de la géhenne ^. 23 Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te soiivi- ennes que ton frère a quelque 24 chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton 25 offrande. Accorde-toi prompte- ment avec ton adversaire, pen- dant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice, et que tu ne 26 sois mis en prison. Je te le dis ' Raca, terme injurieux, qui signifie pro- bablement stupide. ^ Le sanhédrin, tribunal suprême des Juifs, composé de 71 membres pris parmi les chefs des prêtres, les anciens, et les scribes. ^ La géhenne, mot formé de l'héb. gê-Hin- nom, ou vallée de Hinnom, au sud de Jérusa- lem. C'est là que les Israélites infidèles avaient jadis sacrifié des enfants à Moloc, divinité des Moabites. Ce lieu fut plus tard en exécration parmi les Juifs, et il sert dans le Nouv. Test, à désigner l'enfer ou les tour- ments après la mort. en vérité, tu ne sortiras pas de là, que tu n'aies payé le dernier quadrant \ Vous avez appris qu'il a été 27 dit : Tu ne commettras point d'adultère. Mais moi, je ^ous 28 dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit est 29 pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qii'un seul de tes membres pé- risse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite est pour toi 30 une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il est avantageux poiir toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille pas dans la géhenne. Il a été dit : Que celui qui ré- 31 pudie sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je 32 vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d'in- fidélité, l'expose à devenir adul- tère, et que celui qui épouse ime femme répudiée commet adultère. Vous avez encore appris qu'il 33 a été dit aux anciens : Tu ne te parjureras point, mais tu t'ac- quitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment. Mais moi, je vous dis de ne jurer 34 aucunement, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu ; ni 35 par la terre, parce que c'est son marcheiîied ; ni par Jérusalem, l^arce qiie c'est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par 36 ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul clieveu. Que votre parole soit oui, oui, 37 non, non ; ce qu'on y ajoute vient du malin. ' Quadrant, ou quart du sou romain, qui valait à peu près six centimes. 6 Chap. 5, V. 38. 38 Vous avez appris qu'il a été dit : Œil pour œil, et dent pour 8!) dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre. 40 Si quelqu'un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse- 41 lui encore ton manteau. Si quelqu'un te force à faire un mille \ fais-en deux avec lui. 42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter do toi. 48 Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain, 44 et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos en- nemis, [bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent,] et priez pour ceux [qui vous maltraitent 45 et] qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il foit pleuvoir sur les justes et sin* 46 les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récom- pense méritez-vous ? Les publi- cains ^ aussi n'agissent-ils pas de 47 même ? Et si vous saluez seule- ment vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même ? 48 Soyez donc pai'faits, comme votre Père céleste est parfait. Sermon sur la montagne (suite). — Préceptes sur: — l'aumône, — la prière, — le pardon des offenses, — le jeûne, — les trésors sur la terre et dans le ciel, — l'impossibilité de servir deux maîtres, — les soucis et les inquiétudes. Q Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour ' Un mille, mesure itinéraire des Romains, mille pas soit environ 1500 mètres. ' Fuhlicains, ou péagers, chargés par le gouvernement romain de j)ercevoir les impôts et les droits de douane ; classe de gens mé- prisés parmi les Juifs. MATTHIEU. être Chap. G, v. 13. en être vus ; autrement, vous n'aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. Lors donc que tu fais l'au- 2 mône, ne sonne pas de la trom- pette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d'être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur ré- compense. Mais quand tu fais 3 l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fiiit ta droite, afin que ton aumône soit secrète ; 4 et ton Père, qui voit dans le secret, te récompensera. Lorsque vous 2)ricz, ne soyez 5 pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils re- çoivent leur récomi^ense. Mais H qi;and tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porto, et prie ton Père en secret ; et ton Père, qui vçit dans le secret, te récom- pensera. En priant, ne multipliez pas 7 de vaines paroles, connue les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas ; car 8 votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. Voici donc com- 9 ment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que 10 ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui 11 notre pain quotidien ; pardonne- 12 nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont ofiensés ' ; ne nous induis jîas en 13 tentation, mais délivre-nous du ' Plus littéralement : Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises à nos débiteurs. Chap. 6, V. 13. MATTHIEU. Chap. 7, v. 2. mal. [Car c'est à toi qu'appar- tiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen !] 14 Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste 15 vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas avix hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. 1 6 Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypo- crites, qui se défigurent le visage, 2>our montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Je vous le dis en vé- rité, ils reçoivent leur récom- 17 pense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, 18 afin de ne pas montrer aux hom- mes que tu jeûnes, mais à ton Père en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te récom- pensera. 19 Ne vous amassez pas des tré- sors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent; 20 mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni 21 ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. 22 L'oeil est la lampe du corps. Si ton ceil est en bon état, tout 23 ton corjis sera éclairé ; mais si ton œil est en maiivais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres ! 24 Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; ou il s'at- tachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon \ 25 C'est pourquoi je vous dis : ' Mamon, mot araméeii qui .signifie la richesse, ici personnifiée connue une divinité. Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement? Regardez les oiseaux du ciel : 2(i ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? Qui de 27 vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée ^ à sa taille ? Et pourquoi vous inquiéter au 28 siijet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que 29 Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu revêt ainsi 'àO l'herbe des champs, qui existe aiijourd'hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? Ne vous inquiétez 31 donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? que boirons- nous? de quoi serons-nous vêtus? Car toutes ces choses, ce sont les 32 païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez première- 33 ment le royaume de Dieu et sa justice ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne 34 vous inquiétez donc pas du lende- main ; car le lendemain ain-a soin de lui-même. A chaque jour suffit sa ijeine. Sermon sur la montagne (fin). — Préceptes divers: — les jugements téméraires, — la paille et la poutre, — les choses saintes données aux chiens, — la persévérance dans la prière, — la porte étroite, — les faux pro- phètes,— la maison bâtie sur le roc. Ne jugez point, afin que voiis # ne soyez point jugés. Car on 2 vous jugera comme vous aurez ^ Une coudée, environ 48 centimètres. 8 Chap. 7, V. 2. MATTHIEU. Chap. 7, v. 27. jug;é, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez 3 servis. Pounjuoi vois-tu la paille qiii est dans l'œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui 4 est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse- moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le 5 tien ? Hypocrite, ôte première- ment la poutre de ton œil. et alors tu veri-as comment ôter la paille de l'œil de ton frère. (5 Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peiir qu'ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent. 7 Demandez, et l'on vous don- nera ; cherchez, et vous trou- verez ; frappez, et l'on vous 8 ouvrira. Car quiconque de- mande reçoit, celui qui cherche trouve, et l'on ouvre à celui qui 9 frappe. Lequel de vous don- nera mie pierre à son fils, s'il hii 10 demande du pain? Ou, s'il de- mande un poisson, lui donnera- Il t-il im serpent? Si donc, mé- chants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent. Tout ce que vous voulez que les hommes fassent povir vous, faites-le de même pour eux ; car c'est la loi et les prophètes. Entrez par la porte étroite. Car la porte large et le chemin spacieux mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent 14 par là. Mais la porte étroite et le chemin étroit mènent à la \ie, et il y en a ])eu qui les trouvent. 15 Gardez-vous des faux })ro- phètes. Ils viennent à vous en 12 13 vêtements de brebis \ mais au dedans ce sont des loups ravis- sants. Vous les reconnaîtrez à 10 leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout 1 7 bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne 18 peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte 19 pas de bons finiits est coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs 20 fruits que vous les reconnaîtrez. Ce n'est pas quiconque me 21 dit : Seigneur, Seigneur ! qui entrera dans le royaume des cieux, mais c'est celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me 22 diront en ce jour-là : Seigneur, Seignem-, n'avons-nous pas pro- })hétisé en ton nom ? n'avons- nous pas chassé des démons en ton nom ? et n'avons-nous pas fait beaucoiq) de mii'acles en ton nom ? Alors je leur dirai ou- 23 vertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité. C'est pourquoi, quiconque en- 24 tend ces paroles que je dis, et les met en pratique, sera sem- blable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La 25 phiie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette mai- son : elle n'est point tombée, parce qu'elle était fondée sur le roc. Mais quiconque entend 26 ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratiqiio, sera sem- blable à un lionmie insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La 27 pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison : elle ' Sous une apparence de douceur. 9 B 3 Chap. 7, V. 27. MATTHIEU. Chap. 8, v. 22. est tombée, et sa ruine a été grande. 28 Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée 29 de sa doctrine ; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes. Guérison d'un lépreux, — du serviteur d'un centenier, — de la belle-mère de Pierre, — et de jilusieurs malades. Q Lorsque Jésus fut descendu de la montagne, une grande foule 2 le suivit. Et voici, un lépreux s'étant approché se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, si tu le veux, tu peux me rendre 3 pur. Jésus étendit la main, le toucha, et dit: Je le veux, sois pur. Aussitôt il fut purifié de sa lèpre. 4 Puis Jésus lui dit : Garde-toi d'en parler à personne ; mais va te montrer au prêtre, et présente l'offrande que Moïse a prescrite, afin que cela leur serve de té- moignage \ 5 Comme Jésus entrait dans Capernaum, un centenier- l'a- 6 borda d'un ton suppliant, et dit: Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, atteint de paralysie et souffrant beaucoup. 7 Jésus lui dit : J'irai, et je le 8 guérirai. Le centenier répondit : Seigneur, je ne suis pas digne que tu. entres sous mon toit ; mais dis seulement un mot, et 9 mon serviteur sera guéri. Car, moi qui suis soumis à des supé- rieui's, j'ai des soldats sous mes ordres ; et je dis à l'un : Va ! et il va ; à l'autre : Viens ! et il vient ; et à mon servitem* : Fais 10 cela ! et il le fait. Après l'avoir entendu, Jésus fut dans l'éton- nement, et il dit à ceux qui le suivaient : Je vous le dis en vé- ' Voy. la loi de Moïse sur la lèpre, Lév. XIV. 2, et suiv. ^ Centenier, ou centurion, officier romain qui avait cent hommes sous ses ordres. rite, même en Israël ^ je n'ai pas trouvé une aussi grande foi. Or, 11 je vous déclare que plusieurs viendront de l'orient et de l'oc- cident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaimie des cieux. Mais les 12 fils du royaimie seront jetés dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grince- ments de dents. Puis Jésus dit 13 au centenier : Va, qu'il te soit fait selon ta foi. Et à l'heure même le serviteiir fut guéri. Jésus se rendit ensuite à la 14 maison de Pierre, dont il vit la belle-mère couchée et ayant la fièvre. Il toucha sa main, et la 15 fièvre la quitta ; puis elle se leva, et le servit. Le soir, on amena auprès de 16 Jésus plusieurs démoniaques. Il chassa les esprits par sa parole, et il guérit tous les malades, afin que s'accomplît ce qui avait 17 été annoncé par Ésaïe, le pro- phète : Il a pris nos infirmités, et il s'est chargé de nos mala- dies. Comment suivre Jésus. — Tempête apaisée. — Jésus sur le territoire des Gadaréniens ; deux démoniaques guéris. Jésus, voyant mie grande foule 18 autour de lui, donna l'ordre de passer à l'autre bord. Un scribe 19 s'approcha, et lui dit : Maître, je te suivrai partout où tu iras. Jésus lui répondit : Les renards 20 ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas où re- poser sa tête. Un autre, d'entre 21 les disciples, lui dit : Seigneur, permets-moi d'aller d'abord en- sevelir mon père. Mais Jésus 22 lui répondit : Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts. ' -Ê'/i Israël, parmi les Israélites, le peuple de Dieu ; le centenier était païen. 10 Chap. 8, V. 23 MATTHIEU. Çhap. 9, V. 12. 23 II monta dans la barqvie, et 24 ses disciples le suivirent. Et voici, il s'éleva snr la nier luie .si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et 25 lui, il dormait. Les disciples sétant approchés le réveillèrent, et dirent : Seigneur, sauve, nous 26 périssons ! Il leur dit : Pourcpioi avez-vous pe\u', gens de peu de foi ? Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut im 27 grand calme. Ces honunes fu- rent saisis d'étoimement : Quel est celui-ci, disaient-ils, à qui obéissent même les vents et la mer? 28 Lorsqu'il fut à l'autre bord, dans le pays des Gadaréniens \ deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent au-devant de lui. Ils étaient si furieux que personne n'osait passer par là. 29 Et voici, ils s'écrièrent : Qu'y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous 30 tourmenter avant le temps ? Il y avait loin d'eux un grand trou- jjeau de pourceaux qui pais- 31 saient. Les démons dirent à Jé- sus d'un ton suppliant: Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce trou- 32 peau de pourceaux. Il leur dit : Allez ! Ils sortirent, et entrèrent dans les poiu'ceaux. Et voici, tout le troupeau se précii^ita des pentes escarpées dans la mer, et 33 ils périrent dans les eaux. Ceux qui les faisaient paître s'enfiii- rent, et allèrent dans la ville raconter tout ce qui s'était passé et ce qiii était arrivé aux dé- 34 moniaques. Alors toute la ville sortit à la rencontre de Jésus ; et, dès (]u"ils le virent, ils le supplièrent de (|uitter leur terri- toire. 9 ' Gadaréniens, ainsi nommés de la ville de Gadai-a, capitale de la Pérée, au sud-est de la mer de Galilée. Guérison d'un jjaralytique. — Vocation de Mattliieu. — Question des disciples de Jean- Baptiste sur le jeûne. — Eésurrection de la fille de Jaii'us, et guérison d'une femme malade depuis douze ans. — Diverses guéri- sons. Jésus, étant monté dans mie barque, traversa la mer, et alla dans sa ville '. Et voici, on lui 2 amena un paralytique couché sur un lit. Jésus, vovant leur foi. dit au paralyti(|ue : Prends cou- rage, mon enfant, tes péchés sont pardonnes. Sur quoi, quelqxies 3 scribes dirent au dedans d'eux : Cet homme blasphème. Et Jésus, 4 connaissant leurs pensées, dit: Pour(|uoi avez-vous de mauvaises pensées dans vos cœurs? Car, 5 lequel est le plus aisé, de dire: Tes péchés sont pardonnes, o\\ de dire : Lève-toi, et marche? Or, (i afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pou- voir de pardonner les péchés : Lève-toi, dit-il au paralytique, prends ton lit, et va dans ta maison. Et il se leva, et s'en 7 alla dans sa maison. Quand la S foule vit cela, elle fut saisie de crainte, et elle glorifia Dieu, qui a donné aux hommes un tel pouvoir. De là étant allé plus loin, iJ Jésus vit un homme assis au lieu des péages, et qui s'appelait Matthieu. Il lui dit : Suis-moi. Cet homme se leva, et le suivit. Comme Jésus était à table dans la maison, voici, beaucou}) de publicains et de gens de mau- vaise vie vinrent se mettre à table avec lui et avec ses disci- ples. Les lîharisiens virent cela, 1 1 et ils dirent à ses disciples : Pourqiioi votre maître mange-t- il avec les publicains et les gens de mauvaise vie ? Ce que Jésus 1 2 ayant entendu, il dit : Ce ne sont 10 I ' Dans sa ville, Capernaum, voy. iv. 13. 11 B 4 ChAP. 9, V. 12. ]>us ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les 13 malades. Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacri- fices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pé- cheurs. 14 Alors les disciples de Jean vinrent auprès de Jésus, et di- rent : Pourquoi nous et les pha- risiens jevinons-nous, tandis que tes disciples ne jevment point? 15 Jésus leur répondit : Les amis de l'époux peuvent-ils s aftliger pendant que l'époux est avec eux ? Les jours viendront ovi l'époux leur sera enlevé, et alors 10 ils jeimeront. Personne ne met une pièce de drap neuf îi un vieil habit ; car elle emporterait xme partie de l'habit, et la dé- 17 chirure serait pire. On ne met pas non })lus du vin nouveau dans de vieilles outres ; autre- ment, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues ; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se con- servent. 18 Tandis qu'il leur adressait ces paroles, voici, un chef ^ arriva, se prosterna devant lui, et dit : Ma fille est morte il y a un instant ; mais viens, impose-lui les mains, 19 et elle vivra. Jésus se leva, et le suivit avec ses disciples. 20 Et voici, une femme atteinte d'ime perte de sang depuis douze ans s'approcha par derrière, et toucha le bord de son vêtement. 21 Car elle disait en elle-même : Si je puis seulement toucher son 22 vêtement, je serai guérie. Jésus se retourna, et dit, en la voyant : Prends courage, ma fille, ta foi ' Un chef, un chef de synagogue, nommé .Tairus, d'après les récits parallèles de Marc et de Luc. MATTHIEU. t'a Chap. 9, V. 36. Et cette femme fut guérie à l'heure même. Lorsque Jésus fut arrivé à la 23 maison du chef, et qu'il vit les joueurs de flûte et la fovde bruy- ante, il leur dit : lie tirez-vous ; 24 car la jeune fille n'est pas morte, mais elle dort. Et ils se mo- quaient do lui. Quand la foule 25 eut été renvoyée, il entra, prit la main de la jeune fille, et la jeune fille se leva. Le bi'uit s'en répan- 26 dit dans toute la contrée. Étant parti de là, Jésus fut 27 sui\ i par deux aveugles, qui cri- aient : Aie pitié de nous. Fils de David ^ ! Lorsqu'il fut arrivé à 28 la maison, les aveugles s'appro- chèrent de lui, et Jésus leur dit : Croyez-vous que je puisse faire cela ^ ? Oui, Seigneur, lui répon- dirent-ils. Alors il leiir toucha 29 les yeux, en disant : Qu'il vous soit fait selon votre foi. Et leurs 30 yeux s'ouvrirent. Jésus leur fit cette recommandation sévère : Prenez garde que personne ne le sache. Mais, dès qu'ils furent 31 sortis, ils réi^andirent sa renom- mée dans tout le pays. Comme ils s'en allaient, voici, 32 on amena à Jésiis un démoni- aque niTiet. Le démon ayant été 33 chassé, le muet parla. Et la foule étonnée disait : Jamais pa- reille chose ne s'est vue en Is- raël. Mais les pliarisiens dirent : 34 C'est i)ar le prince des démons qu'il chasse les démons. Mission des douze apôtres. Jésus parcourait toutes les 35 villes et les villages, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toTite infirmité. Voyant la foide, il fut ému 36 ' Fils de David, expression désignant le Messie. ^ Cela, ce que vous désirez. - 12 Chai'. 9, V. 56. (le coiiipassioii pour elle, parce ({n'ello était languissante et abat- tue, comme des brebis (jni n'ont 37 point de berger. Alors il dit à ses disciples : La moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers. 38 Priez donc le maître de la mois- son d'envoyer des ouvriers dans sa moisson. "1 Q Puis, ayant appelé ses douze disciples, il leur donna le pou- voir de chasser les esprits im- purs, et de guérir toute maladie et toute infirmité. 2 Voici les noms des douze apôtres. Le premier, Simon ajjpelé Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et 3 Jean, son frère ; Philippe, et Barthélémy ' ; Thomas, et Mat- thieu, le publicain ; Jacques, fils 4 d' Alphée, et Lebbée " ; Simon le Cananite ', et Judas l'Iscariot^, celui qui livra Jésiis. 5 Tels sont les douze que Jésus envoya, après leur avoir donné les instructions suivantes : N'allez pas vers les païens, et n'entrez pas dans les villes des 6 Samaritains ^ ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison 7 d'Israël. Pendant votre route, prêchez, et dites : Le royaume 8 des cieux est proche. Guérissez les malades,ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les ' BartMlemy, probablement le même qui est appelé Nailianaël Jean i. 46 ; xxi. 2. ^ Lehbie, appelé aussi Tliaddée et Jiule. ^ Le Cananite, d'un mot araméeu qui signi- fie zélé, zélateur. Dans Luc vi. 15, et Act. I. 13, Simon est appelé le zélote, terme grec qui a le même sens. L'apôtre, ainsi désigné, paraît avoir été du nombre de ces Juifs ardents pour la conservation des traditions religieuses et nationales, et qui étaient connus sous le jiom de " zélateurs." ■' IJIscariot, ou homme de Karivth, ville de Judée. ■' Samaritains, en hostilité avec les Juifs du reste de la Palestine ; leur pays était situé entre la Galilée et la Judée. MATTHIEU. Chap, 10, V. 21. démons. Vous avez reçu gra- tuitement, donnez gratuitement. Ne prenez ni or, ni argent, ni !) nu)nnaie \ dans vos ceintiu-es ; ni 10 sac pour le voyage, ni deux tu- niipies, ni souliers, ni bâton ; car l'ouvrier mérite sa nourriture. Dans quekpie ville ou village 1 1 que vous entriez, informez-vous s'il s'y trouve quelque homme honorable, et demeurez chez lui jusfpi'à ce (pie vous partiez. En 12 entrant dans la maison, saluez- la ; et, si la maison en est digne, 13 que votre j)aix " vienne sur elle ; mais si elle n'en est pas digne, que votre paix retoxirne à vous. Lorstpi'on ne vous recevra pas 14 et qu'on n'écoutera pas vos pa- roles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la pous- sière de vos pieds. Je vous le 15 dis en vérité : au jour du juge- ment, le i)ays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins ri- goureusement que cette ville-là. Voici, je vous envoie connue 10 des brebis au milieu des loups. Soyez donc priulents connue les serpents, et simjdes comme les colombes. Mettez-vous en garde 17 contre les honnnes ; car ils vous livreront aux tribunaux, et ils vous battront de verges dans lem-s synagogues; vous serez 18 menés, à cause de moi, devant des goviverneurs et devant des rois, pour sei'vir de témoignage à eux et aux païens. Mais, quand lit on vous livrera, ne vous inquié- tez ni de la manière dont vous parlerez ni de ce que vous direz: ce que vous aurez à dire vous sera donné à l'heure même ; car 20 ce n'est pas vous (pii i)arlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en ^ous. Le frère livrera son frère à la 21 ' Si monnaie, grec ni ciiirre. - " Que la paix soit avec vous ! " Telle était la formule ordinaire de salutation. 13 CHxVP. 10, V. 21 MATTHIEU. Chap. 11, V. 2. mort, et le père son enfant ; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront moix- 22 rir. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom ; mais celui qui persévérera jusqiià la fin sera 23 sauvé. Quand on vous persécu- tera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le dis en vérité, vous n'aurez pas achevé de ]mrcourir les villes d'Israël, que le Fils de l'homme sera venu. 24 Le disciple n'est pas plus que le maître, ni le serviteur plus 25 que son seigneur. 11 suffit au disciple d'être traité comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. S'ils ont ajjpelé le maître de la maison Béelzé- bul \ à combien phis forte raison appelleront-ils ainsi les gens de 26 sa maison. Ne les craignez donc point ; car il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être con- 27 nu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour ; et ce qui vous est dit à l'oreille, 28 prêchez-le sur les toits. Ne crai- gnez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans 29 la géhenne. Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou ? Cependant, il n'en tombe pas un à terre sans la volonté de votre 30 Père. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. 31 Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de pas- sereaux. 32 C'est pourquoi, quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux ; 33 mais quiconque me reniera de- vant les hommes, je le renierai ' Béelzébuî, le prince des démons, Satan, voy. XII. 24, 26. aussi devant mon Père qui est dans les cieux. Ne croyez pas que je sois venii 34 apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée. Car je suis 35 ^enu mettre la division entre l'homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle- fille et sa belle-mère ; et l'homme 36 aura pour ennemis les gens de sa maison. Celui qui aime son père 37 ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi ; celui 38 qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n'est pas digue de moi. Cehii qui conservera sa 39 vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrou- vera. Celui qui vous reçoit me re- 40 çoit, et cehii qui me reçoit reçoit celui qui m'a envoyé. Celui qui 41 reçoit un prophète en qualité de prophète recevra une récom- pense de prophète, et celui qui reçoit un juste en qualité de juste recevra une récompense de juste. Et quiconque donnera 42 seulement un verre d'eau froide à l'im de ces petits parce qu'il . est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense. Lorsque Jésus eut achevé de 11 donner ses instructions à ses douze disciples, il pai'tit de là, pour enseigner et prêcher dans les villes du pays. Message de Jean-Baptiste auprès de Jésus. — Témoignage sur Jeau-Bajitiste. — Reproches aux villes impénitentes. — Les choses ré- vélées aux enfants. — Aller à Jésus et ac- cepter son joug. Jean, ayant entendu parler 2 dans sa prison ^ des œuvres du Christ, lui fit dire par ses dis- Dans sa lyrison, voy. iv. 12. 14 Chap. 11, V. 2. MATTHIEU. 3 eiples : Es-tu celui qui doit venir. ou devons-nous en attendre lui 4 autre ? Jésus leur répondit : Allez rapporter à Jean ce ([ue vous entendez et ce que vous 5 voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreiix sont pui'ifiés, les sourds enten- dent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée 6 aux pauvres. Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! 7 Comme ils s'en allaient, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean : Qu'êtes-vous allés voir au désert ? im roseau agité par S le vent ? Mais, qu'êtes-vous allés voir ? un homme vêtu d'habits précieux ^ ? Voici, ceux qui portent des habits précieux sont dans les maisons des rois. 9 Qu'êtes-vous donc allés voir? un prophète? Oui, vous dis-je, 10 et plus qu'un prophète. Car c'est celui dont il est écrit : Voici, j'envoie mon messager devant ta face, pour préparer 11 ton chemin devant toi. Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. 12 Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu'à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les 13 violents qui s'en emparent. Car tous les i^rophètes et la loi ont 14 prophétisé jusqu'à Jean ; et, si vous voulez le comprendre, c'est lui qui est l'Élie qui devait venir'. 15 Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. lt> A qui comparerai-je cette gé- ' Précieux, gi-ec doux, tendres, délicats : sur le vêtement de J.-Bapt. voy. m. 4. " Les Juifs, prenant à la lettre Mal. iv. 5, croyaient que le Messie aurait pour précur- seur le prophète P^lie, reveiui sur la terre. Chap. 11, v. 25. nération ? Elle ressemble à des enfents assis dans des places publiques, et qui, s'adressant à d'autres enfonts, disent: Nous 17 vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé : nous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés. Car Jean est venu, ne mangeant 18 ni ne buvant, et ils disent : 11 a un démon. Le Fils de l'homme 19 est venu, mangeant et biivant, et ils disent: C'est un mangeur et un buveur, un ami des publicains mauvaise vie. et des gens de Mais la sagesse a été justifiée par ses enfants. Alors il se mit à faire des 20 reproches aux \-illes dans les- quelles avaient eu lieu la pliqiart de ses miracles, parce qu'elles ne s'étaient pas repenties. Mal- 21 heur à toi, Chorazin ! malheur à toi, Bethsaïda ' ! car, si les mira- cles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon ^ il y a long- temps qu'elles se seraient re- penties, en iDrenant le sac et la cendre. C'est pourquoi je vous 22 le dis : au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous. Et toi, Capernaum, qui as été 23 élevée jusqu'au ciel, tu seras abaissée jusqu'au séjour des morts; car, si les miracles qui ont été faits au milieu de toi avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujour- d'hui. C'est pourquoi je vous 24 le dis : au jour du jugement, le l^ays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi. En ce temps-là, Jésus prit la 25 parole, et dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, ' Chorazin, Bethsaïda, villes sur les bords de la mer de Galilée. " Tyr, Sidon, principales villes de la Phc- nicie, où l'on adorait Baal et Astarté. 15 Chap. 11, V. 25. MATTHIEU. Chap. 12, v. 18. (le ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux 26 enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi. 27 Toutes choses m'ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n'est le Père ; personne non plus ne connaît le Père, si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. 28 Venez à moi, vous tous qui êtes fatigiiés et chargés, et je 29 vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et luunble de cœur ; et vous trouverez du repos poxu' 30 vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. Les épis de blé et le sabbat. — L'homme qui a la main sèche. — Le démoniaque aveugle et muet. — Attaque des pharisiens et réponse de Jésus. — Le péché contre le Saint-Esprit. — Un miracle refusé. — La mère et les frères de Jésus. 10 En ce temps-là, Jésus traversa des champs de blé un jour de sabbat. Ses discijîles, qui avaient faim, se mirent à arracher des 2 épis et à manger \ Les pha- risiens, voyant cela, lui dirent : Voici, tes disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire pendant 3 le sabbat^. Mais Jésus leur ré- pondit : N'avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ; 4 comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu'il ne lui était pas permis de manger, non plus qu'à ceux qui étaient avec lui, et ' Cela était permis par la loi de Moïse : " Si tu entres dans les blés de ton jirochain, tu pourras cueillir des épis avec la main." Deut. XXIII. 25. " Tout travail était interdit le jour du sab- bat. Les j)harisiens, exagérant la portée de cette défense, virent un acte blâmable dans ce qu'avaient fait les disciples. qui étaient réservés avix prêtres seuls ^ ? Ou, n'avez-vous pas lu 5 dans la loi que, les jours de sabbat, les prêtres violent le sabbat dans le temple ^ sans se rendre coupables ? Or, je vous 6 le dis, il y a ici quelque chose de i)lus grand que le temple. Si vous saviez ce que signifie : 7 Je prends plaisir à la miséri- corde, et non aux sacrifices, vous n'auriez pas condamné des inno- cents. Car le Fils de l'homme 8 est maître du sabbat. Etant parti de là, Jésus entra 9 dans la synagogue. Et voici, il 10 s'y trouvait im homme qui avait la main sèche. Ils demandèrent à Jésus : Est-il permis de faire vme guérison les jours de sabbat? C'était afin de pouvoir l'accuser. Il leur répondit : Lequel d'entre 11 vous, s'il n'a qu'une brebis et qu'elle tombe dans une fosse le jour du sabbat, ne la saisira pour l'en retirer? Combien un homme 12 ne vaut-il pas plus qu'une brebis! Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat. Alors 13 il dit à l'homme : Étends ta main. Il létendit, et elle devint saine comme l'autre. Les i)harisiens sortirent, et ils 14 se consultèrent sur les moyens de le faire périr. Mais Jésus, 15 l'ayant su, s'éloigna de ce lieu. Une grande foule le suivit. Il guérit tous les malades, et il leur 1(5 recommanda sévèrement de ne pas le faire connaître, afin que 17 s'accomplît ce qui avait été an- noncé par Esaïe, le prophète : Voici mon serviteur que j'ai 18 choisi, mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je ' Voy. le trait historique 1 Sam. xxi. 1-6, et la loi sur les jsains de proposition Lév. xxiv. 5-9. " En ce sens qu'ils offrent des sacrifices le jour du sabbat (Nomb. xxviii. 9-10), ce qui pourrait être aussi envisagé comme un travail. 16 Chap. 12, V. 18 MATTHIEU. Chap. 12, \. 42. mettrai mon Esprit sur lui, et il annoncera la justice aux na- 19 tiens. Il ne contestera point, il ne criera point, et ])ersonne n'entendra sa voix dans les rues. 20 II ne brisera point le roseau cassé, et il n'éteindra point le Imnignon qui fume encore, jus- qu'à ce qu'il ait fait trionqjher la 21 justice. Et les nations espére- ront en son nom. 22 Alors on lui amena un dé- moniaque aveugle et muet, et il le guérit, de sorte que le muet 23 parlait et voyait. Toute la foule étonnée disait : N'est-ce point là 24 le Fils de David ? Les phari- siens, ayant entendu cela, dirent: Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, i)rince des 25 démons. Comme Jésus connais- sait leurs pensées, il leur dit : Tout royaume divisé contre lui- même est dévasté, et toute ville ou maison divisée conti*e elle- 26 même ne peut sid:)sister. Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même; comment donc 27 son royaume subsistera-t-il? Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils par qui les chassent-ils ? C'est pour- quoi ils seront eux-mêmes vos 28 juges. Mais, si c'est par l'Esprit de Dieu que je chasse les dé- mons, le royaume de Dieu est 29 donc venu vers vous. Ou, com- ment quelqu'un peut-il entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort ? Alors seulement il pillei'a sa 30 maison. Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui ([ui n'assemble pas avec moi disperse. 31 C'est i)ourquoi je vous dis : Tout i)éché et tout blasi)hème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne 32 sera i^oint pardonné. Quicon- que parlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné ; mais quiconque parlera contre le Saint-Es])rit, il ne lui sera jjardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir. Dites 33 que l'arbre est bon et que son fruit est bon, ou dites que l'arbre est mauvais et que son fruit est mauvais ; car on coimaît l'arbre par le fruit. Ilaces de vipères, 34 comment pourriez-vous dù-e de ])onnes choses, méchants connue vous l'êtes ? Car c'est de l'abon- dance du cœur que la bouche parle. L'homme bon tire de 35 bonnes choses de son bon trésor, et l'homme méchant tire de mauvaises choses de son mau- vais trésor. Je vous le dis : au 36 jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine (pi'ils auront proférée. Car, par tes paroles tu seras 37 justifié, et par tes paroles tu seras condamné. Alors quelques-uns des scribes 38 et des pharisiens prirent la pa- role, et dirent : Maître, nous voudrions te voir faire un mi- racle. Il leur répondit : Une 39 génération méchante et adultère demande nn miracle; il ne lui sera domié d'autre miracle qvie celui du prophète Jonas. Car, 40 de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventile d'un grand poisson, de même le Fils de l'honnne sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. Les honnnes de Ninive 41 se lèveront, au jour du juge- ment, avec cette génération et la condanmeront, parce qu'ils se repentirent à la prédication de Jonas ; et voici, il y a ici ])his que Jonas. La reine du Midi 42 se lèvera, au jour du jugement, avec cette génération et la con- danuiera, parce qu'elle vint des extrémités de la terre pour entendre la de Salo- 17 Chap. 12, V. 42. MATTHIEU. Chap. 13, v. 17. mon ^ ; et voici, il y a ici plus que Salomon. 43 Lorsque Tesprit im])ur est sorti d'un lioninie, il va dans des lieux arides, chercliant du re- pos, et il n'en trouve point. 44 Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d'où je suis soi'ti ; et. quand il arrive, il la trouve 45 vide, balayée et ornée. Il s'en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; ils entrent dans la maison, s'y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. 11 en sera de même pour cette génération mé- chante. 4() Comme Jésus s'adressait en- core à la foule, voici, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, 47 cherchèrent à lui parler. Quel- qu'un lui dit : A^oici, ta mère et tes frères sont dehors, et ils 48 cherchent à te parler. Mais Jésus répondit à celui qui le lui disait : Qui est ma mère, et 49 qui sont mes frères ? Puis, étendant la main siir ses disci- ples, il dit: Voici ma mère et 50 mes frères. Car, quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère. Paraboles du semeur, — de l'ivraie, — du grain , de sénevé, — du levain,^-du trésor .caché, — de la perle, — du filet. 13 Ce même jour, Jésus sortit de la maison, et s'assit au bord 2 de la mer. Une grande foule s'étant assemblée auprès de lui, il monta dans une barque, et il s'assit. Toute la foule se tenait 3 sur le rivage. 11 leur parla en paraboles sur beaucoiqj de choses, et il dit : Un semeur sortit pour semer. 4 Comme il semait, une partie de ' Voy. 1 Rois X. 1-13. la semence tomba le long du chemin: les oiseaux vinrent, et la mangèrent. Une atitre partie 5 tomba dans les endroits pier- reux, où elle n'avait pas beau- coup de terre : elle leva aussitôt, parce qu'elle ne trouva pas un sol profond; mais, quand le 0 soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines. Une 7 aiitre partie tomba parmi les épines : les épines montèrent, et l'étoufïèrent. Une autre par- 8 tie tomba dans la bonne terre : elle donna du fruit, un grain cent, un autre soixante, un autre trente. Que celui qui a des 9 oreilles pour entendre entende. Les disciples s'ai^prochèrent, 10 et lui dirent : Pourquoi leur parles-tu en paraboles? Jésus 11 leur répondit : Parce qu'il vous a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux, • et que cela ne leur a pas été donné. Car on donnera à celui 12 qui a, et il sera dans l'abon- dance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. C'est 13 pourquoi je leur parle en para- boles, parce qu'en voyant ils ne voient point, et (juen entendant ils n'entendent ni ne compren- nent. Et pour eux s'accomplit 14 cette prophétie d'Ésaïe : Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point ; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le 15 coeiu' de ce peiqole est devenu insensible ; ils ont cndiu'ci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu'ils ne voient de leurs yeux, qu'ils n'entendent de leurs oreilles, qu'ils ne com- prennent de leur cœm-, qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. Mais heureux sont 16 vos yeux, parce qu'ils voient, et vos oreilles, parce qu'elles en- tendent! Je vous le dis en vérité, 17 18 Chap. 13, V. 17. MATTHIEU. Chap. 13, v. 37. beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. 18 Vous donc, écoutez ce que signifie la parabole dxi semeur. 19 Lorsqu'un homme écoute la parole du royaume et ne la com- prend pas, le malin vient et enlève ce qui a été semé dans son cœur : cet honnne est celui qui a reçu la semence le long 20 du chemin. Celui q\ii a reçu la semence dans les endi-oits pieiTCux, c'est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt 21 avec joie ; mais il n'a pas de racine en lui-même, il manque de persistance, et, dès que sm*- vient une tribxilatîon ou ime Ijersécution à cause de la parole, il j trouve une occasion de chute. 22 Celui qui a reçu la semence parmi les épines, c'est celui qui entend la parole, mais en qui les soucis du siècle et la séduc- tion des richesses étouffent cette parole, et la rendent infructu- 23 euse. Celui qui a reçu la se- mence dans la bonne terre, c'est celui qui entend la parole et la comprend ; il porte du fruit, et un grain en donne cent, un autre soixante, un autre trente. 24 11 leur proposa ime axTtre parabole, et il dit : Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne 25 semence dans son champ \ Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l'ivraie 2(5 parmi le blé, et s'en alla. Lors- que l'herbe eut poussé et donné du fruit, l'ivraie parut aussi. 27 Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire : Sei- gneur, n'as-tu pas semé une bonne ' C'est-à-dire : " Il en est du royaume des cieux comme d'un cliamp dans lequel un homme ;i seuié une bonne semence." senience dans ton champ? U'où vient donc qu'il y a de l'ivraie? 11 leur répondit : C'est un en- 28 nemi qiti a fait cela. Et les serviteurs lui dirent : Veux-tu que nous allions l'arracher? Non, dit-il, de peiu- qu'en ar- 2!» radiant l'ivraie, vous ne déraci- niez en même tenq)s le blé. Laissez croître ensemble l'un oO et l'autre jusqu'à la moisson, et, à l'époqiie de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d'abord l'ivraie, et liez-la en gerbes pour la briller, mais a- niassez le blé dans mon grenier. 11 \e\\r proposa une autre 31 parabole, et il dit : Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé ^ qu'un homme a pris et semé dans son champ. C'est la plus petite de toutes 32 les semences ; mais, quand il a poussé, il est plus grand que les légumes et devient un ar- bre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches. 11 leur dit cette autre para- 33 bole : Le royaume des cieux est semblable à du levain qu'une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, pour faire le^'er toute la pâte. Jésus dit à la foule toutes ces 34 choses en paraboles, et il ne lui parlait point sans parabole, afin 35 que s'accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète : J'ou- vrirai ma bouche en paraboles, je publierai des choses cachées depuis la création du monde. Alors il renvoya la foule, et 36 entra dans la maison. Ses dis- ciples s'iq)})rochèrent de lui, et dirent : Explique-noiis la jiara- bolo de l'ivraie du chanq). 11 37 répoiulit : Celui qui sème la bonne semence, c'est le Fils de De sénevé, ou de moutarde. 19 Chap. 13, V. 37. 38 riiomine ; le eliump, c'est le inonde ; la bonne semence, ce sont les fils du royanine; l'ivraie, 89 ce sont les fils du malin; l'en- nemi qui l'a semée, c'est le diable ; la moisson, c'est la fin du monde ; les inoissonneiu'S, 40 ce sont les anges. Or, comme on arrache l'ivraie et qu'on la jette au feu, il en sera de même 41 à la fin du monde. Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui com- 42 mettent l'iniquité ; et ils les jet- teront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des 43 grincements de dents. Alors les justes resplendiront connue le soleil dans le royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. 44 Le royaume des cieux est encore semblable à un trésor caché dans un champ. L'homme qui l'a trouvé le cache ; et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il a, et achète ce champ. 45 Le royaume des cieux est en- core semblable à un marchand qui cherche de belles perles. 46 II a trouvé une perle de grand prix; et il est allé vendre tout ce qu'il avait, et l'a achetée. 47 Le royaume des cieux est encore semblable à mi filet jeté dans la mer et ramassant des 48 poissons de toute espèce. Quand il est renqjli, les pêcheurs le tirent ; et, après s'être assis sur le rivage, ils mettent dans des vases ce qui est bon, et ils jet- 49 tent ce qui est mauvais. Il en sera de même à la fin du monde. Les anges viendront séparer les 50 méchants d'avec les justes, et ils les jetteront dans la fournaise ardente, oii il y aura des pleurs et des grincements de dents. 51 Avez-vous conqjris toutes ces choses ? — Oui, répondirent-ils. MATTHIEU. Chap. 14, v. 4. Et il leur dit : C'est pourquoi, 52 tout scribe instruit de ce qui regarde le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. Jésus à Nazaretli. — Incrédulité des habitants. Lorsque Jésus eut .achevé ces 53 paraboles, il partit de là. S'étant 54 rendu dans sa patrie \ il en- seignait dans la synagogue, de sorte que ceux q\ii l'entendirent étaient étonnés et disaient: D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? N'est-ce pas le fils du 55 charpentier? n'est-ce pas Marie qui est sa mère ? Jacques, Jo- seph, Simon et Jude, ne sont- ils pas ses frères? et ses sœurs 56 ne sont-elles pas toutes parmi nous? D'où lui viennent donc toutes ces choses? Et il était 57 pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit : Un pro- phète n'est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. Et il 58 ne fit pas beaucoiqD de miracles dans ce lieu, à cause de leur in- crédulité. llort de Jean-Baptiste. — Multiplication des pains. — Jésus marchant sur les eaux. — Guérisons à Génésareth. En ce temps-là, Hérode le ^^ tétrarque ", ayant entendu par- ler de Jésus, dit à ses serviteurs: 2 C'est Jean-Bai)tiste ! Il est res- suscité des morts, et c'est pour cela qu'il se fait par lui des mi- racles. Car Hérode, qui avait fait 3 arrêter Jean, l'avait lié et mis en prison", à cause d'Hérodias, femme de Philippe, son frère, parce que Jean lui disait : 11 4 ne t'est pas permis de l'avoir ' Bans sa patrie, à Nazareth. ^ Hérode le tétrarque, Hérode Antipas, l'un des fils d'Hérode le Grand, voy. ii. 22. ' Voy. IV. 12. 20 Chap. 14, y. 4. MATTHIEU. Chap. 14, v. 33. 5 J)Olll" femme. Il voulait le faire mourir, mais il craifiuait la foule, parce qu'elle regardait Jean 6 comme un prophète. Or, lors- qu'on célébra l'anniversaire de la naissance d'Hérode, la fille d'Hérodias dansa au milieu des 7 convives, et plut à Hérode, de sorte qu'il promit avec serment de lui donner ce qxi'elle de- 8 manderait. A l'instigation de sa mère, elle dit : Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean- 9 Baptiste. Le roi fut attristé ; mais, à cause de ses serments et des convives, il commanda 10 qu'on la hii donnât, et il envoya décapiter Jean dans la prison. 11 Sa tète fut apportée sur un plat, et donnée à la jeune fille, qui 12 la porta à sa mère. Les disci- ples do Jean vinrent prendre son corps, et l'ensevelirent. Et ils allèrent l'annoncer à Jésus. 13 A cette nouvelle, Jéstis partit de là dans une barque, pour se retirer à l'écart dans lui lieu désert ; et la foule, l'ayant su, le suivit à pied depuis les villes. 14 Quand il sortit, il vit \me grande foule, et fut ému de compassion pour elle, et il guérit les ma- lades. 15 Le soir étant venu, les dis- ciples s'approchèrent de l^^i, et dirent : Ce lieu est désort, et l'heure est déjà avancée ; ren- voie la foule, afin qu'elle aille dans les villages, pour s'acheter 16 des vivres. Jésus leiir répondit : Ils n'ont pas besoin de s'en aller ; donnez-leur voiTS-mômes 17 à manger. Mais ils lui dirent: Nous n'avons ici que cinq pains 18 et deux poissons. Et il dit : 19 Apportez-les-moi. Il fit asseoir la foule sur l'herbe, prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Puis, il rompit les pains, et les donna aux dis- ciples, qui les distribuèrent à la foule. Tous mangèrent et 20 furent rassasiés, et l'on emporta douze corbeilles pleines des morceaux qui restaient. Ceux 21 qui avaient mangé étaient en- viron cinq mille honnnes, sans les femmes et les enfants. Aussitôt après, il obligea les 22 disciples à monter dans la bar- que et à passer avant lui de l'autre côté, ])endant qu'il ren- verrait la foule. Quand il l'eut 23 renvoyée, il monta sur la mon- tagne, i)our prier à l'écart; et, comme le soir était venu, il était là seul. La barque, déjà au milieu de 24 la mer, était battue par les flots ; car le vent était contraire. A la 25 quatrième veille de la nuit'. Jésus alla vers eux, marchant sur la mer. Quand les disciples 26 le virent marcher sxir la mer, ils furent troublés, et dirent : C'est un fantôme! Et, dans leur frayeur, ils potissèrent des cris. Jésus leur dit aussitôt: Rassurez- 27 vous, c'est moi ; n'ayez pas peur ! Pierre lui répondit : Seigneur. 28 si c'est toi, ordomie que j'aille vers toi sur les eaux. Et il dit : 29 Viens ! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. Mais, voyant 30 que le vent était fort, il eut peiir ; et, comme il commençait à enfoncer, il s'écria : Seigneur, sauve-moi ! Aussitôt Jésus éten- 31 dit la main, le saisit, et lui dit : Honmie de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? Et ils montèrent 32 dans la barque, et le vent cessa. Ceux qui étaient dans la bar- 33 que vinrent se prosterner devant ' Vers trois heures du matiu, d'après l'usage des Romains qui divisaient la nuit en quatre veilles, chacune d'environ trois heures, à par- tir du coucher du soleil. Les anciens Israél- ites n'admettaient que trois veilles, chacune de quatre heures (Ex. xii. 24; Jug. vu. 19). 21 Chap. 14, V. 33. MATTHIEU Chap. 15, v. 24. Jésus, et dirent : Tu. es véritable- ment le Fils de Dieu. 34 Après avoir traversé la nier, ils vinrent dans le pays de Gé- 35 nésareth \ Les gens de ce lieu, ayant reconnu Jésus, envoyèrent des messagers dans tous les environs, et on lui amena tous 36 les malades. Ils le prièrent de leur permettre seulement de toucher le bord de son vêtement. Et tous ceux qui le touchèrent furent guéris. Les pharisiens et la tradition. 15 Alors des scribes et des pharisiens vinrent de Jérusa- lem auprès de Jésus, et dirent: 2 Pourquoi tes disciples transgres- sent-ils la tradition" des anciens ? Car ils ne se lavent pas les mains, quand ils prennent leurs repas. 3 II leur répondit : Et vous, pour- quoi transgressez-vous le com- mandement de Dieu par votre 4 tradition ? Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère ; et : Celui qui maudira son père ou 5 sa mère sera puni de mort. Mais vous, vous dites : Celui qui dira à son père ou à sa mère : Ce dont j'aurais pu t'assister est vme offrande à Dieu, n'est pas tenvi d'honorer son père ou sa 6 mère. Vous annulez ainsi la parole de Dieu par votre tra- 7 dition. Hypocrites, Ésaïe a bien prophétisé sur vous, quand il a 8 dit : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné 9 de moi. C'est en vain qu'ils m'honorent, en donnant des pré- ceptes qui sont des commande- ments d'hommes. 10 S'adressant ensuite à la foule, ' Gênêsareth, territoire aux alentours de la mer de Galilée, nommée aussi lac de Gênê- sareth. ^ La tradition, jiréceptes et observances, ajoutés à la loi de Moïse, et transmis d'âge en âge parmi les Israélites. il lui dit : Écoutez, et compre- nez. Ce n'est pas ce qui entre 11 dans la bouche qui souille l'homme ; mais ce qui sort de la bouche, c'est ce qui souille l'homme. Alors ses disciples s'approche- 12 rent, et lui dirent : Sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés des paroles qu'ils ont entendîtes? Il répondit : Toute plante que 13 n'a pas plantée mon Père céleste sera déracinée. Laissez-les : ce 14 sont des aveugles qui conduisent des aveugles ; si un aveugle con- duit un aveugle, ils tomberont tous deitx dans une fosse, Pierre, prenant la parole, lui 15 dit: Explique-nous cette para- bole. Et Jésus dit: Vous aussi, 16 êtes-vous encore sans intelli- gence ? Ne comprenez-vous pas 17 que tout ce qui entre dans la bouche A'a dans le ventre, puis est jeté dans les lieux secrets? Mais ce qui sort de la bouche 18 vient du cœur, et c'est ce qui souille l'homme. Car c'est du 19 cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adul- tères, les impudicités, les vols. ca- qui 20 mais manger les faux témoignages, les lomnies. Voilà les choses souillent l'homme sans s'être lavé les mains, cela ne souille point l'homme. Jésus sur le territoire de Tyr et de Sidon. — La femme cananéenne. Jésus, étant parti de là, se 21 retira dans le territoire de Tyr et de Sidon. Et voici, une femme 22 cananéenne, qui venait de ces contrées, lui cria: Aie pitié de moi. Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tour- mentée par le démon. Il ne lui 23 répondit pas un mot, et ses disciiiles s'approchèrent, et lui dirent avec instance: Renvoie-la, car elle crie derrière nous. Il 24 22 Chap. 15, V. 24. MATTHIEU. Chap. 16, v. 8. répondit : Je liai été envoyé qu'aux brebis i^erducs de la 25 maison d'Israël. Mais elle vint se prosterner devant lui, disant : 2fi Seigneur, seeours-nioi ! 11 ré- pondit : 11 n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits cliiens. 27 Oui, Seigneur, dit-elle, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs 28 maîtres. Alors Jésus lui dit : Femme, ta foi est grande ; qu'il te soit fait comme tu désires. Et, à l'heure même, sa fille fut guérie. Jésus de retour vers la mer de Galilée. — Nombreuses guérisons.— Seconde multipli- cation des jiains. — Un signe du ciel de- mandé par les pharisiens et les sadducéens. • — Le levain des jibarisiens. 29 Jésus quitta ces lieux, et^ vint près de la mer de Galilée. Etant monté sur la montagne, il s'y 30 assit. Alors s'approcha de lui ime grande foule, ayant avec elle des boiteux, des aveugles, des muets, des estropiés, et beaucoup d'autres malades. On les mit 31 à ses pieds, et il les guérit ; en sorte que la foule était dans l'admiration de voir que les muets parlaient, que les estropiés étaient guéris, que les boiteux marchaient, que les aveugles voyaient; et elle glorifiait le Dieu d'Israël. 32 Jésus, ayant appelé ses disci- ples, dit : Je suis ému de com- l^assion pour cette foule ; car voilà trois jours qu'ils sont près de moi, et ils n'ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur que les forces ne 33 leur manquent en chemin. Les disciples lui dirent : Comment nous procurer dans ce lieu désert assez de i)ains pour rassasier 34 ime si grande foule ? Jésus leur demanda : Combien avez-vous de pains? Sept, répondirent-ils. et quelques petits poissons. Alors il fit asseoir la foule par 35 terre, prit les sept pains et les 36 poissons, et, après avoir rendu grâces, il les rompit, et les donna à ses disciples, qui les distribuè- rent à la foule. Tous mangèrent 37 et furent rassasiés, et Ton em- porta sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient. Ceux 3S (jui avaient mangé étaient quatre mille hommes, sans les femmes et les enfants. Ensuite, il renvoya la foule, 39 monta dans la barque, et se rendit dans la contrée de Maga- dan '. Les pharisiens et les saddu- 1 A céens abordèrent Jésus, et, pour l'éprouver, lui demandèrent de leur faire voir un signe venant du ciel. Jésus leur répondit : 2 [Le soir, vous dites : Il fera beau, car le ciel est rouge ; et le matin : 3 Il y aura de l'orage aujourd'hui, car le ciel est d'mi rouge sombre. H^i^ocrites, vous savez discerner l'aspect du ciel, et vous ne ])ouvez discerner les signes des temps.] Une génération mé- 4 chante et adultère demande un miracle ; il ne lui sera donné d'autre miracle que celui de Jouas. Puis il les quitta, et s'en alla. Les disciples, en passant à 5 l'autre bord, avaient oublié de prendre des pains. Jésus leur us a permis de réj)udier vos ! femmes ; au commencement, il !» n'eu était pas ainsi. Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et (jui en épouse une autre, commet adultère, et que celui qui épouse ime femme répudiée commet adultère. 10 Ses disciples lui dirent: Si telle est la condition de l'homme à l'égard de la femme, il n'est 11 pas avantageux de se marier. Il leur répondit : Tous ne com- prennent pas cette parole, mais seulement ceux à qiii cela est 12 donné. Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère ; il y en a qui le sont de- venus par les honmies ; et il y en a q\ii se sont rendus tels eux- mêmes, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut com- prendi'e comprenne. 13 Alors on lui amena des petits enfants, afin qu'il leur imposât les mains et priât pour eux. Mais les disciples les repoussè- 1 4 rent. Et Jésus dit : Laissez les petits enfants, et ne les empê- chez pas de venir à moi ; car le royaume des cieux est pour ceux 15 qiii leur ressemblent. Il leur imposa les mains, et il partit de là. 1 fi Et voici, un homme s'approcha, et dit à Jésus : Maître, que dois- je faire de bon pour avoir la vie 17 éternelle? Il lui répondit: Pour- quoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? Un seul est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. 18 Lesquels? lui dit-il. Et Jésus répondit : Tu ne tueras point ; tu ]ie conunettras point d'adultère ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage ; li> lionore ton jDère et ta mère ; et : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Le jcime liomme lui 20 dit : J'ai observé toutes ces choses ; que me manque-t-il en- core? Jésus lui dit : Si tu veux 21 être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu aiiras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Après 22 avoir entendu ces paroles, le jeune homme s'en alla tout triste ; car il avait de grands biens. Jésus dit à ses disciples : Je vous 23 le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore, 24 il est plus facile à un chameau de passer i^ar le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. Les 25 disciples, ayant entendu cela, furent très étonnés, et dirent : Qui jieut donc être sauvé ? Jésus 2 fi les regarda, et leur dit : Cela est impossible aux hommes, mais tout est possible à Dieu. Pierre, prenant alors la parole, 27 lui dit : Voici, nous avons tout quitté, et noiis t'avons suivi ; qu'en sera-t-il j^our nous ? Jésus 28 leur répondit : Je vous le dis en vérité, quand le Fils de l'homme, au renouvellement de toutes choses, sera assis sur le trône de sa gloire, vous qxii m'avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes, et vous juge- rez les douze tribus d'Israël. Et 29 quiconque aura quitté, à cause de mon nom, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, re- cevra le centui:)le. et héritera la vie éternelle. Plusieurs des 30 derniers seront les premiers, et plusieurs des premiers seront les derniers. Car le i-oyaiune des cieux 20 est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour 28 Ohap. 20, V. I. MATTHIEl '1 sa vigne. 11 convint avec eux d'un denier par jour, et il les 3 envova à sa vitiiie. Il sortit vers la troisième heure ', et il en vit daiitres qui étaient sur la place 4 sans rien faire. Il leur dit : Allez axissi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera raisonnable. 5 Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers la sixième heure et vers la neuvième, et il fit de 6 même. Etant sorti vers la onzième heiire, il en trouva d'autres qui étaieiit sur la place, et il leur dit : Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée 7 sans rien faire? Ils lui répon- dirent : C'est que personne ne nous a loués. Allez aussi à ma 8 vigne, leur dit-il. Quand le soir fut venu, le maître de la vigne dit à son intendant : Api)elle les ouvriers, et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux pre- 9 miers. Ceux de la onzième heure vinrent, et recurent chacun 10 un denier. Les i^remiers vinrent ensuite, croyant recevoir davan- tage ; mais ils reçurent aussi 11 chacun un denier. En le rece- vant, ils murmurèrent contre le 12 maître de la nraison, et dirent: Ces derniers n'ont travaillé qu'une heure, et tu les traites à l'égal de nous, qui avons supporté la fatigue du jour et la chaleur. 1.3 11 répondit à l'un d'eiix: Mon ami, je ne te fais pas tort ; n'es- tu pas convenu avec moi d'un 14 denier? Prends ce qui te re- vient, et va-t'en. Je vetix donner à ce dernier autant (ju'à toi. 15 Ne m'est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veiix? Ou vois-tu de mauvais œil (pie 16 je sois bon? Ainsi les derniers seront les premiers, et les pre- miers seront les derniers. 17 Pendant qiie Jésiis montait à ' Vers neuf heures du matiu ; voy. note sur XIV. 25. Chap. 20, V. 30 Jérusalem, il ])rit à part les douze disciples, et il leur dit en chemin : Yoici, noiis montons à Jérusalem, et le Fils de Ihonnne sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes. Ils le condamne- ront à mort, et ils le livreront aux païens, pour qu'ils se mo- quent de lui. le battent de verges, et le crucifient ; et le troisième jour il ressuscitera. Alors la mère des fils de Zébédée s'approcha de Jésus, et se prosterna, pour lui faire une demande. Il lui dit : Que veux- tu? Ordoilne, lui dit-elle, que mes deux fils, que voici, soient assis, dans ton royaiune, l'iui à ta droite et l'autre à ta gauche. Jésiis répondit : A' ous ne savez ce que vous demandez. Pouvez- vous boire la coupe que je dois boire ? Nous le pouvons, dirent- ils. Et il leur répondit : Il est vrai que vous boirez ma coupe ; mais pour ce qui est d'êti'e assis à ma droite et à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu'à ceux à qui mon Père l'a réservé. Les dix, ayant entendu cela, furent indignés con- tre les deux frères. Jésus les ap- pela, et dit : Vous savez que les chefs des nations les.tyrannisent, et que les grands les dominent. Il n'en sera pas de même au mi- lieu de vous. Mais tpiiconqiie veut être grand parmi vous, qu'il soit votre ser^-iteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave. C'est ainsi que le Fils de Ihonnne est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie connue la rançon de jîlusieurs. Lorsqu'ils sortirent de Jéricho, une grande foule suivit Jésus. Et voici, deux aveugles, assis au bord dii chemin, entendirent que Jésus passait, et crièrent : Aie ])itié de nous. Seigneur, Fils de 29 18 19 20 21 22 23 24 25 26 28 29 30 Chap. 20, V. 30 MATTHIEU. Chap. 21, y. 19. 31 David ! La foule les reprenait, pour les faire taire ; mais ils crièi-ent plus fort: Aie pitié de nous, Seigneur, Fils de David ! 32 Jésus s'arrêta, les appela, et dit : Qvie voulez-vous que je vous 33 fasse ? Ils lui dirent : Seigneur, 34 que nos yeux s'ouvrent. Emu de compassion, Jésus toucha leurs yeux ; et aussitôt ils recou- vrèrent la vue, et le suivirent. Entrée de Jésus à Jérusalem. — Les vendeurs chassés du temple. — Irritation des prêtres, et louanges des enfants. Q1 Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem, et qu'ils furent arrivés à Bethphagé, vei\s la montagne des oliviers, Jésus 2 envoya deux disciples, en leur disant : Allez au village qui est devant vous ; vous trouverez aiissitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle ; détachez-les, 3 et amenez-les-moi. Si quelqu'un voTis dit quelque chose, vous répondrez : Le Seigneur en a besoin. Et à l'instant il les laissei'a aller. 4 Or, ceci arriva, afin que s'ac- complit ce qui avait été annoncé 5 par le jjrophète : Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur, et monté sur im âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse. 6 Les disciples allèrent, et firent ce que Jésus leur avait ordonné. 7 Ils amenèrent l'ânesse et l'ânon, mirent sur eux leurs vêtements, 8 et le firent asseoir dessus. La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin ; d'autres coupèrent des branches d'arbres, et en 9 jonchèrent la route. Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : Hosanna au Fils de David ' ! Béni soit celui qui ' " Sois j)ropice au Fils de David ! " Ho- sanna, mot qui dérive de l'héb. et signifie littéralement Saum, de grâce ! vient au nom du Seigneur ! Hosanna dans les lieux très hauts ! Lorsqu'il entra dans Jéru- 10 salem, toute la ville fut émue, et l'on disait : Qui est celui-ci ? La foide répondait: C'est Jésus, 11 le prophète, de Nazareth en Galilée. Jésus entra dans le temple de 12 Dieu. Il chassa tous ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple ; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons '. Et il leur 13 dit : Il est écrit : Ma maison sera appelée xme maison de j^rière. Mais vous, vous en faites une caverne de voleurs. Des aveugles et des boiteux 14 s'approchèrent de lui dans le temple. Et il les guérit. Mais les chefs des prêtres et 15 les scribes furent indignés, à la vue des miracles qu'il faisait, et des enfants qui criaient dans le temple : Hosanna au Fils de David ! Ils lui dirent : Entends- 16 tu ce qu'ils disent? Oui, leur répondit Jésus. N'avez-vovis ja- mais lu ces paroles: Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle ? Et, les ayant laissés, il sortit 17 de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit. Le figuier maudit. — La puissance de la foi. ■ — L'autorité de Jésus. — Parabole des deux fils. — Parabole des vignerons. — La pierre de l'angle. — Parabole des noces. Le matin, en retournant à la 18 ville, il eut faim. Voyant un 19 figuier sur le chemin, il s'en approcha ; mais il n'y trouva que des feuilles, et il lui dit: Que jamais fruit ne naisse de toi ! Et à l'instant le figuier sécha. ' Pigeons, employés pour les sacrifices dans certains cas déterminés par la loi de Moïse. 30 Chap. 21, V. 20. MATTHIEU. Chap. 21, v. 41 20 Les disciples, qui virent cela, furent étonnés, et dirent : Com- ment ce figuier est-il devenu sec 21 en un instant? Jésus leur ré- pondit : Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi et que vous no doiitiez point, non seule- ment vous feriez ce qui a été fait à ce figuier, mais qiiand vous diriez à cette montagne : Ote-toi de là et jette-toi dans la mer, 22 cela se ferait. Toiit ce que vous demanderez avec foi parla prière, vous le recevrez. 23 Jésus se rendit dans le temple, et, pendant qu'il enseignait, les chefs des prêtres et les anciens du peuple vinrent lui dire : Par quelle autorité fois-tu ces choses, et qui t'a donné cette autorité ? 24 Jésus leur répondit : Je vous adresserai aussi une question ; et, si vous m'y répondez, je vous dirai par quelle autorité je fais 25 ces choses. Le baptême de Jean, d'oîi venait-il? du ciel, ou des hommes ? Mais ils raison- nèrent ainsi entre eux : Si nous répondons : Du ciel, il nous dira : Pourquoi donc n'avez-vous 20 i^as cru en lui ? Et si nous ré- pondons : Des hommes, nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour \m 27 prophète. Alors ils répondirent à Jésus : Nous ne savons. Et il leur dit, à son tour : Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses. 28 Que vous en semble ? Un homme avait deux fils ; et, s'a- dressant au premier, il dit : Mon enfant, va travailler aujourd'hui 2i) dans ma vigne. Il répondit : Je ne veux i)as. Ensuite, il se 30 repentit, et il alla, ^adressant à l'autre, il dit la même chose. Et ce fils réjjondit : Je veux bien, seigneur. Et il n'alla pas. 31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? Ils répondirent : Le premier. Et Jésus leur dit : Je vous le dis en vérité, les publi- cains et les prostituées vous devanceront dans le royaume de Dieu. Car Jean est venu à vous 32 dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui. Mais les publicains et les prostituées ont cru en lui ; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite rei^entis poxw croire en lui.. Ecoutez une autre parabole. 33 Il y avait un homme, maître de maison, qui planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, y creusa un pressoir \ et bâtit une tour ~ ; puis il l'aff'erma à des vignerons, et quitta le pays. Lorsque le 34 temps de la récolte fut arrivé, il envoya ses serviteurs vers les vignerons, pour recevoir le pro- duit de sa vigne. Les vignerons, 35 s'étant saisis de ses serviteurs, battirent l'un, tuèrent l'autre, et lapidèrent le troisième. Il en- 36 voya encore d'autres serviteurs, en plus grand nombre que les premiers ; et les vignerons les traitèrent de la même manière. Enfin, il envoya vers eux son 37 fils, en disant : Ils auront du respect pour mon fils. Mais, 38 quand les vignerons virent le fils, ils dirent entre eux : Voici l'héritier ; venez, tuons-le, et emparons-nous de son héritage. Et ils se saisirent de lui, le 39 jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent. Maintenant, lorsque le 40 maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? Ils lui répondirent: Il fera 41 périr misérablement ces misé- rables, et il aftermera la vigne à d'autres vignerons, qui lui en ' Un pressoir, formé de deux cuves, l'une dans laquelle on foulait le raisin, l'autre des- tinée à recevoir le liquide. ^ Une tour, d'ov'i la surveillance s'exerçait sur la vigne par des gardiens. 31 Chap. 21, V. 41. MATTHIEU. Chap. 22, v. 21 donneront le produit au temps de la récolte. 42 Jésus leur dit : N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la princi- pale de langle; c'est du Seigneur que cela est venu, et c'est un 43 prodige à nos yeux ? C'est pour- (pioi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sei'a donné à une nation qui en rendra 44 les fruits. Celui qui tombera sur cette pierre s'y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé. 45 Après avoir entendu ses para- boles, les chefs des prêtres et les pharisiens comprirent que c'était d'eux que Jésus parlait, 46 et ils cherchaient à se saisir de lui ; mais ils craignaient la foule, parce qu'elle le tenait pour un prophète. 22 Jésus, prenant la parole, leur parla de nouveau en paraboles, et il dit : 2 Le royaume des cieux est semblable à un roi qui tit des 3 noces pour son fils. Il envoya ses sei'viteurs appeler ceux qui étaient invités aux noces ; mais 4 ils ne voulurent pas venir. Il envoya encore d'autres ser^^- teurs, en disant : Dites aux con- viés : Voici, j'ai préparé mon festin ; mes bœufs et mes bêtes grasses sont tués, tout est prêt, 5 venez aux noces. Mais, sans s'inquiéter de l'invitation, ils s'en allèrent, celui-ci à son champ, (î celui-là à son trafic ; et les autres se saisirent des serviteurs, les 7 outragèrent et les tuèrent. Le roi fut irrité; il envoya ses troupes, fit périr ces meurtriers, 8 et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : Les noces sont prêtes ; mais les conviés n'en ! 9 étaient pas dignes. Allez donc dans les carrefours, et appelez j aux noces tous ceux que vous trouverez. Ces serviteurs allé- 10 rent dans les chemins, rassemblè- rent tous ceux qu'ils trouvèrent, méchants et bons, et la salle des noces fut pleine de convives. Le roi entra pour voir ceux qui 11 étaient à table, et il aperçut là un homme qui n'avait pas revêtu un habit de noces. Il lui dit: 12 Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir un habit de noces ? Cet homme garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs: 13 Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucouj) d'appelés, 14 mais peu d'élus. Questions captieuses proposées à Jésus sur : — le tribut il César, — la résurrection, — le plus grand commandement. — De qui le Christ est-il fils ? Alors les pharisiens allèrent 15 se consulter siir les moyens de surprendre Jésus par ses propres paroles. Ils envoyèrent auprès de lui 10 leurs disciples avec les héro- diens \ qui dirent : Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu se- lon la vérité, sans t'inquiéter de personne, car tu ne regardes pas à l'aijparence des hommes. Dis- 17 nous donc ce qu'il t'en semble : est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ^? Jésus, connais- 18 saut leur méchanceté, répondit : Pourquoi me tentez-vous, hypo- crites ? Montrez-moi la monnaie lit avec laquelle on paie le tribut. Et ils lui présentèrent un denier. Il leur demanda : De qui sont 20 cette effigie et cette inscription ? De César, lui répondirent-ils. 21 ' Ilérodiens, partisans dévoués de la dy- nastie des Hérode. - Tribut imposé par les Eomains, sous la dépendance desquels se trouvaient les Juifs. 32 Chap. 22, V. 21. MATTHIEU. Chap. 23, v. 5. Alors il lexir dit : Eeiidez donc à César ce qui est à César, et à 22 Dicii ce qui est à Dieu. Éton- nés de ce (|u'ils entendaient, ils le quittèrent, et s'en allèrent. 2o Le même jour, les sadducéens, (|ui disent (jfu'il n'y a point do résurrection, vinrent auprès de Jésus, et lui tirent cette question: 24 Maître, Moïse a dit : 8i quel- qu'un meurt sans enfants, son frère épousera sa veuve, et sus- citera une postérité à son frère. 25 Or, il y avait parmi nous sept frères. Le premier se maria, et mourut ; et, conmie il n'avait pas d'enfants, il laissa sa femme à 2() son frère. Il en fut de même du second, puis du troisième, 27 jusqu'au septième. Après eux 28 tous, la fennne mouriit aussi. A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme? Car 29 tous l'ont eue. Jésus leur ré- pondit : VoTis êtes dans l'erreur, parce qiie vous ne comprenez ni les Ecritures, ni la ]uiissance de 30 Dieu. Car, à la résurrection, les hommes ne prendront point de fenunes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges 31 de Dieu dans le ciel. Pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu ce que 32 Dieu vous a dit : Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob ? Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des 33 vivants. La foule, qui écoutait, fut frai^pée de l'enseignement de Jésus. 34 Les pharisiens, ayant appris qu'il avait réduit au silence les 35 sadducéens, se rassemblèrent, et l'un d'eux, docteur de la loi, lui fit cette question, pour l'éprou- 36 ver : Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? 37 Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cccur, de toute ton âme, et de toute ta i^ensée. C'est le 38 premier et le plus grand com- mandement. Et voici le se- 39 cond, cpii hii est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi- même. De ces deux conunande- 40 ments dépendent toute la loi et les prophètes. Cîonnne les pharisiens étaient 41 assemblés, Jésus les interrogea, en disant : Que pensez-vous du 42 fîhrist? De qui est-il fils? Ils lui rép(»ndirent : De David. Et 43 Jésus leur dit: Comment donc David, animé par rEsi)rit, l'ap- pelle-t-il Seigneur, lorsqu'il dit : Le Seigneur a dit à mon Sei- 44 gncTU" : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fîisse de tes ennemis ton marchepied? Si 45 donc David ra})pelle Seigneur, comment est-il son fils? Nul ne 46 put lui réjjondre un mot. Et, depuis ce jour, personne n'osa l^lus lui proposer des questions. Les scribes et. les pharisiens censurés jjar Jésus. — Crimes et cliâtiment de Jérusalem. Alors Jésus, i)arlant à la 23 foule et à ses disciples, dit : 2 Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez 3 toitt ce qu'ils vous disent ; mais n'agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas. Ils lient des fardeaux i^esants et 4 difficiles à porter, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les re- muer du doigt. Ils font toutes 5 letirs actions pour être vus des honmies. Ainsi, ils portent de larges phylactères \ et ils ont de longues franges^ à leurs vête- ' Phylactères, bandes de parchemin, sur les- quelles étaient écrits des passades du Penta- teuque, et que l'on portait sur le front et au bi'as gauche. Voj'. Deut. vi. 8. " FraïKjes, prescrites aux Israélites par la loi de Jloïse, comme témoignage de fidélité aux commandements de rÉteruel. Voy.Nomb. XV. 37, et suiv. 33 Chap. 6 ments ; 23, V. 5. MATTHIEU. Chap. 23, v. 28. ; ils aiment la liremière place clans les festins, et les premiers sièges clans les syna- 7 gognes ; ils aiment à être salués clans les j^laces publiques, et à être appelés par les hommes 8 Rabbi, Rabbi \ Mais vous, ne vous faites iDas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et t) vous êtes tous frères. Et n'ap- pelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, 10 celui qui est clans les cieux. Ne vous faites pas appeler direc- teurs ; car un seul est votre 11 Directeur, le Christ. Le jjIus grand parmi vous sera votre ser- 12 viteur. Quiconque s'élèvera sera abaissé, et cpiiconque s abaissera sera élevé. 13 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce cpio vous fermez aux hommes le roy- aume des cieux ; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y lais- sez pas entrer ceux qui veulent entrer. 14 [Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! i^arce c^ue vous dévorez les maisons des veuves, et cpie vous faites pour l'apparence de longues prières ; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement.] 15 Malheur à vous, scribes et pharisiens hyiDocrites ! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte ; et, cpiand il l'est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous. 16 Malheur à vous, conducteurs aveugles! cpii dites: Siquek|u'un jure par le temple, ce n'est rien ; mais, si quelqu'un jure par l'or 17 du temi^le, il est engagé. In- sensés et aveugles ! lecpiel est le jilus grand, l'or, ou le temple qui 18 sanctifie l'or? Si cpiek|u'un, dites- ' Rabbi, mot araméeu (j^ui signifie maître, docteur. vous encore, jure par l'autel, ce n'est rien ; mais, si quelcpi'un jure par l'offrande qui est sur l'autel, il est engagé. Aveugles ! lequel est le plus grand, l'of- frande, ou l'autel cjTii sanctifie l'ofià-ande ? Celui qui jure par l'autel jure par l'autel et par tout ce qui est dessus ; celui cpii jure par le temple jure par le temple et j)ar cehii c|ui l'habite ; et celui cpii jure i)ar le ciel jure par le trône de Dieu et i:>ar celui qui y est assis. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin \ et cpie vous laissez ce cpii est plus im- poi-fant clans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c'est là ce qu'il fallait prati(][uer, sans négliger les autres choses. Con- ducteurs aveugles ! cpii coulez le moucheron ^ et cpii avalez le chameau. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et qu'au de- dans ils sont pleins de rapine et d'intempérance. Pharisien aveugle ! nettoie premièrement l'intérieur de la coupe et du plat, afin que l'extérieur aussi devienne net. Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce cpie vous ressemblez à des séjjulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et cjui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute espèce d'impuretés. Vous de même, au dehors, vous ' Herbes de peu de valeur. Tout Israélite devait jsrélever sur ses récoltes un dixième en faveur des Lévites, Lév. xxvii. 30. Les pharisiens, dans leur rigorisme exagéré, ap- pliquaient cette prescription aux jn'oduits les plus insignifiants. ^ Qui filtrez votre boisson, crainte d'avaler un moucheron. It) 20 21 22 23 24 25 2(5 28 34 Chap. 23, V. 28. MATTHIEU. Chap. 24, v. 14. paraissez justes aux lioinmes, mais, au dedans, vous êtes ])leins dliyjxïerisic et d"ini(juité. 29 IMalheur à vous, seril)es et pharisiens hypoerites ! parée que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres 30 des justes, et (|ue vous dites : Si nous avions vécu du tem2)s de nos pères, nous ne nous sciions pas joints à eux jiour répandre 31 le sang- des propliètes. Vous té- moignez ainsi contre vous-mêmes (pie vous êtes les tils de ceux 32 qui ont tué les j)ro2)hètes. Com- blez donc la mesure de vos pères. o.'î Serpents, race de vipères ! com- ment écha])pcrez-vous au châti- 34 ment de la géhemie ? C'est pour- quoi, voici, je vous envoie des proiîhètes, des sages et des scribes. Vous tuerez et cruci- fierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos syna- gogues, et vous les persécuterez 35 de ville en ville, afin que re- tombe STU' vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie\ fils de Barachie, (jue vous avez tiié entre le temple et 3(5 l'autel. Je vous le dis en vérité, tout cela retombera sur cette 37 génération. Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux (pii te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule ras- semble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu ! 38 Voici, votre maison vous sera 39 laissée déserte ; car, je vous le dis, vous ne me verrez plus dé- sormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Heiiiiieur ! ' ZacJiarie, tué p;ir voy. 2 Chr. xxiv. 20. l'ordre du roi Joas, La destruction de Jérusalem et l'avèiiemeut du Fils de l'homme. — Exhortation à la vi.uilance. Connue Jésus s'en allait, au 0.4 sortir du temple, ses disciples sappi'oclièrent ])()ur lui en faire remarcpier les constructions. Mais il leur dit : Voyez-vous 2 tout cela ? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici i)ierre sur pierre qiti ne soit renversée. Il s'assit sur la montagne des .'! oliviers. Et les disci})les vinrent en ])articulier lui faire cette (juestion : Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde "? Jésus leiir répondit : Prenez 4 garde (}ue personne ne vous sé- duise. Car plusieurs vieiulroiit ,5 soTis mon iu)m, disant : ( !'est moi qui suis le Christ. Et. ils sédui- ront l)eaucoup de gens. Vous (5 entendrez parler de guerres et de bruits de guerres : gardez- vous d'être troublés, car il faut ({ue ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une 7 nation s'élèvera contre une na- tion, et un royaume contre im royaume, et il y aura, en divers lieux, des fannnes et des trem- blements de terre. Tout cela S ne sei'a que le commencement des douleurs. Alors on vous !) livrera aux tourments, et l'on vous fera mourir ; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. Alors aussi ]() plusieurs succond)eront, et ils se trahiront, se haïroiit les uns les autres. Plusieurs faux prophè- 11 tes s'élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. Et, parce 12 (|ue l'iniqiiité se sera accrue, la charité du ])lus grand nond>ie se refroidira. Mais celui aguons, s'il mange et boit avec les ivro- .50 gnes, le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s'y attend pas et à l'heure qu'il ne 51 connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les hypocrites : c'est là qu'il y aui'a des i)leurs et des de dents. grincements l^arabole des dix vierges, talents. — Jugement des Fils de l'homme. — Parabole des nations pai" le 25 Aloi's le royaume des cieux sera semblable à dix vierges (jui, ayant pris leurs lampes. allèrent à la 2 l'époux. Cinq étaient folles, o Les folles, en rencontre de d'entre elles et cinq sages. prenant leurs lampes, ne prirent point d'huile 4 avec elles ; mais les sages pri- ' Veille, voy. note sur xiv. 25. rent, avec leurs lampes, de l'huile dans des vases. Comme l'époux tardait, toutes s'assoupirent et s'endormirent. Au milieu de la nuit, on cria : Voici l'époux, allez à sa rencontre ! Alors toutes ces vierges se réveillè- rent,eti)réparèrent leurs lampes. Les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. Les sages répondirent : Non ; il n'y en aurait })as assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez ceux qui en vendent, et achetez- en pour vous. Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux ar- riva ; celles qui étaient prêtes entrèrent a^ec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres vierges vinrent, et dirent: Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais il répondit : Je vous le dis en vérité, je ne vous connais pas. Veillez donc, puisque vous ne savez ni le jour, ni l'heure. Il en sera comme d'un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. Il donna cinq talents à l'un, deux à l'autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit aussitôt. Celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents. De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux Kl autres. Celui qui n en reçu qu'un alla faire un avait creux dans la terre, et cacha l'argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs re- vint, et leur fit rendre comj)te. ( 'elui qui avait reçu les cinq talents s'approcha, en appor- tant cinq autres talents, et il dit : Seigneur, tu mas remis ciiK| talents; voici, j'en ai gagné ciiuj autres. Son maître lui dit : 11 12 i:\ 14 15 k; 17 is 1!» 20 21 •à'-, ChxVP. 25, V. 21. MATTHIEU. Chap. 25, y. 45. C'est bien, bon et fidèle servi- tenr ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaiicoup ; entre dans la joie de ton maître. 22 Celui qui avait reçu les deux talents s'approcha aussi, et il cette perte? On aurait pu vendre ce parfum très cher, et en don- 1<» ner le prix aux pauvres. Jésus, s'en étant aperçu, leur dit : Pourquoi fiiites-vous de la peine à cette fennne ? Elle a foit une 1 1 bonne action à mon égard ; car vous avez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m'aurez 12 pas toujours. En répandant ce |)arfum sur mon corps, elle l'a i;^> fait pour ma sépidture. Je vous le dis en vérité, partout où cette ' La cour, espace intérieur entouré des apjuirtemeuts, l'une des parties les plus im- portantes et les plus soignées des maisons des grands en Orient. l)onne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racon- tera aussi en mémoire de cette femme ce qu'elle a fait. Alors l'im des douze, appelé 14 Judas Iscariot, alla vers les chefs des prêtres, et dit: Que voulez- 15 vous me donner, et je vous le livrerai? Et ils lui payèrent trente pièces d'argent \ Depuis IG ce moment, il cherchait une occasion favorable pour livrer Jé.sus. Le premier jour des pains sans 17 levain", les disciples s'adressè- rent à Jésus, pour lui dire : Où veux -tu que nous te préparions le relias de la Pâque ^? Il ré- 18 pondit : Allez à la ville chez un tel, et vous lui direz : Le maître dit : Mon temps est proche ; je ferai chez toi la Pâque avec mes discijjles. Les disciples 19 firent ce que Jésus leur avait ordonné, et ils préparèrent la Pâque. Le soir étant venu, il se mit à 20 tal)le avec les douze. Pendant 21 qu'ils mangeaient, il dit : Je vous le dis en vérité, l'un de vous me livrera. Ils furent profondément 22 attristés, et cliacmi se mit à lui dire : Est-ce moi, Seigneur ? Il 23 ré])ondit : Celui qui a mis avec moi la main dans le plat, c'est celui qui me livrera. Le Fils de 24 l'iiomme s'en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à riionnne par qui le Fils de Ihonnne est livré ! Mieux vau- drait pour cet homme qu'il ne fût pas né. Judas, qui le livrait, 25 prit la parole et dit : Est-ce moi, ' Probablement trente sicles de la monnaie juive, voy. notes sur xvil. 24, 27. ■ La Pâque était aussi appelée fête des pains sans lemin, à cause de la défense de inanner du pain levé pendant les sept jours de sa durée. Yoy. Ex. xil. ' La fête s'ouvrait par un repas, pour lequel un agneau d'un an et sans défaut devait être immolé dans chaque famille. Voy. Ex. xil. 39 Chap. 26, V. 25. Rabbi ^ ? Jésus Ivii répondit l'as dit. 26 Pendant qu'ils mangeaient, Jé- sus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le donna aux disciples, en disant : Prenez, mangez, ceci est mon 27 corps. Il prit ensuite une coupe ; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant : Buvez- 28 en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est ré- pandu pour plusieurs, poiir la 29 rémission des i^échés. Je vous le dis, je ne boirai plus désor- mais de ce fruit de la vigne, jusqii'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père, 30 Après avoir chanté les can- tiques ", ils se rendirent à la montagne des oliviers. 31 Alors Jésus leur dit : Je serai pour vous tous, cette nuit, une occasion de chute ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront 32 dispersées. Mais, après que je serai ressuscité, je vous précé- 33 derai en Galilée. Pierre, pre- nant la parole, lui dit : Quand tu serais pour tous une occasion de chiite, tu ne le seras jamais pour 34 moi. Jésus lui dit : Je te le dis en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renie- 35 ras trois fois, Pierre lui répon- dit : Quand il me faudrait mou- rir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous les disciples dirent la môme chose. 36 Là-dessus, Jésus alla avec eux dans un lieu appelé Gethsémané^, et il dit aux disciples : Asseyez- vous ici, pendant que je ni'éloi- 37 gnerai pour prier. Il prît avec ' Rabbi, voy. note sur xxill. 7. '' Au repas de la Pâque, on cliantait les Ps. CXIII-CXVIII. " Gethsémané dérive de deux mots héb. qui signifient pressoir à huile. MATTHIEU Tu Chap. 26, v. 50. lui Pierre et les deux fils de Zébé- dée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses. Il leur dit alors : Mon âme est 38 triste jusqu'à la mort; restez ici, et veillez avec moi. Puis, 39 ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi : Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi ! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. Et 40 il vint vers les disciples, qu'il trouva endormis, et il dit à Pierre : Vous n'avez donc pu veiller une heure avec moi ! Veil- 41 lez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l'esprit est bien disi)osé, mais la chair est faible. Il s'éloigna une 42 seconde fois, et pria ainsi : Mon Père, s'il n'est pas possible que cette coupe s'éloigne, sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! Il revint, et les trouva en- 43 core endormis ; car leurs yeux étaient appesantis. Il les quitta, 44 et, s'éloignant, il fit une troisième fois la même j^rièro. Puis il alla 45 vers ses disciples, et leur dit : Dormez maintenant, et reposez- vous ! Voici, l'heure est proche, et le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs. Levez- 4(5 vous, allons ; voici, celui (pii me livre s'approche. Comme il parlait encore, voici, 47 Judas arriva, et avec lui une foule nombreuse armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et par les an- ciens du peujDle, Celui qui le 48 livrait leur avait donné ce signe : Celui que je baiserai, c'est lui ; saisissez-le. Aussitôt, s'appro- 49 chant de Jésus, il dit : Salut, Rabbi ! Et il le baisa. Jésus lui 50 dit : Mon ami, poui-quoi es-tu ici ? Alors ces gens s'avancèrent, mirent les mains sur Jésus, et le saisirent. 40 Oh A p. 26, V. 51. MATTHIEU. Chap. 26, V. 75. 51 Et voici, vin de ceux qui étaient avec Jésus étendit la main, et tira son épée ; il frapi)a le servi- teur dii grand prêtre, et lui em- 52 portii l'oreille. Alors Jésus lui dit : Remets ton éi)ée à sa place ; car tous ceux qui ])rendront 1 epée 5:i périront par lépée. Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l'instant plus de douze légions 54 d'anges? Comment donc s'ac- compliraient les Écritures, d'a- près lesqiielles il doit en. . être ainsi? 'î n'.î 55 En ce moment, Jésus dit à la foule : Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi. Jetais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez pas 5(5 saisi. Mais tout cela est arrivé, afin que les écrits des prophètes fussent accomplis. Alors tous les discii)les l'aban- donnèrent, et prirent la fuite. Jésus devant le sanhédrin présidé par C'aiphe. — Condamnation. — Reniement de Pierre. — Repentir et suicide de Judas. 57 Ceux qui avaient saisi Jésus l'enmienèrent chez le gTand prêtre Caiphe, 011 les scribes et les anciens étaieiit assemblés. 58 Pierre le suivit de loin jusqu'à la cour du grand prêtre, y entra, et s'assit avec les serviteurs, pour voir connnent cela finirait. 59 Les chefs des prêtres et tout le sanhédrin^ cherchaient quel- que faux témoignage contre Jé- sxis, suffisant pour le faire moiirir. 00 Mais ils n'en trouvèrent point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. Enfin, il (51 en vint deux, (pii dirent ; Celui- ci a dit : Je puis détriiire le temple de Dieu, et le rebâtir en ' Le sanhédrin, voy. note sur v. 22. trois jours. Le grand prêtre se (52 leva, et lui dit: Ne réponds-tu rien à ce que ces hommes dé])o- sent contre toi ? Jésus garda 63 le silence. Et le grand prêtre, prenant la parole, lui dit : Je t'adjure, jiar le Dieu vivant, de noiis dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui ré- 64 pondit: Tu l'as dit. De jîlus, je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l'homme assis à la droite do la puissance de Dieu, et venant siir les nuées du ciel. Alors le grand prêtre 65 déchira ses vêtements, disant : Il a blasphémé ! Qu'avons-nous encore besoin de témoins? Voici, vous venez d'entendre son blasphème. Que vous en semble ? Ils répondirent : Il 6() mérite la mort. Là-dessus, ils 67 lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets, en disant : Christ, 68 devine qui ta frappé. Cependant, Pierre était assis 69 dehors dans la cour. Une ser- vante s'approcha de lui, et dit : Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. Mais il le nia devant 70 tous, disant : Je ne sais ce que tu veux dire. Comme il se di- 71 rigeait vers la porte, une autre servante le vit, et dit à ceux qui se troiivaient là: Celui-ci était atissi avec Jésus de Nazareth. Il le nia de nouveau, avec ser- 72 ment : Je ne connais pas cet homme. Peu après, ceux qui 7:5 étaient là, s'étant api)rochés, dirent à PieiTC : Certainement tu es aiissi do ces gens-là, car ton langage^ te fait reconnaître. Alors il se mit à faire des impré- 74 cations et à jurer : Je no connais pas cet honmie. Aussitôt le coq chanta. Et Pierre se souvint de 75 la parole que Jésus avait dite : ' Ton langage, ton accent galiléen. 41 0 3 Chap. 26, V. 75. MATTHIEU. Chap. 27, v. 24. Avant que le coq pliante, tu nie ! j.^^^ ^^^.^^^^ j^-^^^^^ gouverneur romain, renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement. OfT Dos que le matin fut venu, tous les chefs des prêtres et les anciens cki peuple tin- rent conseil contre Jésus, pour 2 le faire mourir. Après l'avoir lié, ils reinmenèrent, et le livré Sentence de mort confirmée. — Outrages des soldats. Jésus comparut devant le gou- 11 verneur. Le gouverneur l'inter- rogea, en ces termes : Es-tu le roi des Juifs ? Jésus lui répondit : Tu le dis. Mais il ne répondit 12 rien aux accusations des chefs reiit à Ponce Pilate, le gouver- 1 des prêtres et des anciens. Alors 1 :3 Pilate lui dit : N'entends-tu pas de combien de choses ils t'accu- voyant qu'il était condamné, se | sent? Et Jésus ne lui donna de 14 repentit, et rapporta les trente \ réponse sur aucune parole, ce qui neur . 3 Alors Judas, qui l'avait livré. pièces d'argent aux chefs des 4 prêtres et aux anciens, en disant: J'ai péché, en livrant le sang innocent. Ils répondirent : Que nous importe ? Cela te regarde. 5 Judas jeta les pièces d'argent dans le temple, se retira, et alla 6 se pendre. Les chefs des prêtres les ramassèrent, et dirent: Il n'est pas permis de les mettre dans le trésor sacrée puisque 7 c'est le prix du sang. Et, après en avoir délibéré, ils achetèrent avec cet argent le champ du potier, pour la sépulture des 8 étrangers. C'est pourquoi ce champ a été appelé champ du 9 sang, jusqu'à ce jour. Alors s'accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le jiro- phète: Ils ont pris les trente pièces d'argent, la valeur de celui qui a été estimé, qu'on a estimé de la part des enfants 10 d'Israël ; et ils les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l'avait ordonné. ' Ponce Pilate gouvernait alors la Judée de la part des Romains, avec le titre de pro- curateur. Le sanhédrin ne pouvait pas faire exécuter une sentence capitale sans son auto- risation. Pilate, dont la résidence ordinaire était à Césarée, se trouvait en ce moment k Jérusalem, probablement à cause de la fête de Pâque. ^ Le trésor sacré, renfermant les dons et contributions pour l'entretien du culte. étonna beaucoup le gouverneur. A chaque fête, le gouverneur 1.5 avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule. Ils avaient alors un Kî prisonnier fameux, nommé Bar- abbas. Comme ils étaient as- 17 semblés, Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu'on ap- pelle Christ? Car il savait que 18 c'était par envie qu'ils avaient livré Jésus. — Pendant qu'il était 1!> assis sur le tribunal, sa femme lui fit dire: Qu'il n'y ait rien entre toi et ce juste ; car au- jourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. — Les 20 chefs des prêtres et les anciens persuadèrent à la foule de de- mander Barabbas, et de faire périr Jésus. Le gouverneur, 21 prenant la parole, leur dit : Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche? Ils ré- pondirent : Barabbas. Pilate 22 leur dit: Que ferai-je donc de Jésus, qu'on appelle Christ? Tous répondirent : Qu'il soit crucifié ! Le gouverneur dit : 23 Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils crièrent encore plus fort: Qu'il soit crucifié ! Pilate, voyant 24 qu'il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, j)rit de l'eau, se lava les mains en pré- sence de la foule, et dit : Je suis 42 Oh A p. 27, V. 24. MATTHIEU. Chap. 27, V. 49. 25 26 27 28 29 innocent du sanji,' de ce juste, paitnj^èrent .ses vêtements, en Cela vous l'eyarde. Et tout le tirant au sort, [afin que s'acconi- l)euple répondit : Que son sang- plît ce qui avait été annoncé par 30 31 retombe sur nous et sur nos enfants ! Alors Pilate leur relâcha Bar- abl)as; et. ajjrès avoir fait battre de verges Jésus, il le livra pour être crucifié. Les soldats du gouverneur conduisirent Jésus dans le i)ré- toii'e \ et ils assemblèrent autour de lui toute la cohorte ~. Ils lui ôtèrent ses vêtements, et le couvrirent d'un manteau d'écar- late^. Ils tressèrent ime cou- ronne d'épines, quïls posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite; i)Tiis, sagenouillant deAant lui, ils le raillaient, en disant: Salut, roi des Juifs ! Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et frappaient siir sa tête. Après s'être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui re- mirent ses vêtements, et l'em- menèrent pour le criicifier. 32 33 34 35 Jésus crucifié. Lorsqiiils sortirent, ils ren- contrèrent un homme de rêne*, aj^ijelé Simon, et ils le forcèrent à porter la croix de Jésus. Arrivés au lieu nonnné Golgotha, ce qui signifie lieu du crâne, ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ^ ; mais, quand il l'eut goxité, il ne voulut pas boire. Après l'avoir crucifié, ils se ■" Le prétoire, nom par lequel ou désignait la l'ésidence officielle du gouverneur. " La coUm-tf, ou dixième jjartie d'une légion, soit environ 4 ou 500 hommes. ' Ifun manteau iTicarlate, tel que les chefs militaires avaient coutume d'en porter. ■* ('i/rène, capitale de la Libye supérieure, sur la côte d'Afrique. Là, comme en beau- coup d'autres contrées, se trouvait une colonie de Juifs, dont Simon a dû faire pai'tie. ■"' Boisson dift'érente de celle offerte une se- conde fois à Jésus, V. 48. le prophète : Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique.] Puis ils s'assi- 3(1 rent, et le gardèrent. Pour indiquer le sujet de sa 37 condamnation, on écrivit au- dessus de sa tête : Celui-ci est Jésiis, le roi des Juifs. Avec lui furent crucifiés deux 3S brigands, l'un à sa droite, et l'autre à sa gauche. Les passants l'injuriaient, et 3!» secouaient la tête, en disant : 4(» Toi (jui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve- toi toi-même ! Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! Les chefs des prêtres, avec les 41 scribes et les anciens, se mo- quaient aussi de lui, et disaient : Il a sauvé les autres, et il ne 42 peut se sauver lui-même ! S'il est roi d'Israël, qu'il descende de la croix, et }ious croirons en lui. Il s'est confié en Dieu ; 43 que Dieu le délivre maintenant, s'il l'aime. Car il a dit : Je suis Fils de Dieu. Les brigands, 44 crucifiés avec lui, l'iilsultaiejit de la même manière. Depuis la sixième heure jus- 45 qu'à la neuvième \ il y eut des ténèbres sur toute la terre. Et 4(> vers la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte : Eli, Eli, lama sabachthani ? c'est-à- dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Quehpies-uns de ceux qui étai- 47 eut là, l'ayant entendu, dirent : Il appelle Élie. Et aussitôt 48 l'un d'eux courut prendre une é})onge, qu'il rcmi)lit de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire. Mais les 4J) autres disaient : Laisse, voyons si Élie viendra le sauver. ' De midi à trois heures. 43 C 4 Chap. 27, V. 50. MATTHIEU. Chap. 28, V. 6. 50 ni 54 5(5 58 59 (iO Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'esprit. Et voici, le voile ^ dxi temple se déchira en deux, depuis le liaut jusqu'en bas, la terre treni- 1)la, les rochers se fendirent, les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent. Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes. Le centenier et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant ^'u le tremblement de terre et ce qui venait d'arriver, furent saisis d'une grande frayeur, et dirent : Assurément, cet homme était Fils de Dieu. Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin, et qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, pour le servir. Parmi elles étaient Marie de Magdala", Marie, mère de Jacques et de Joses, et la mère des iils de Zébédée. Le corps de Jésus mis dans un sépulcre. — ■ La garde aui^rès du sépulcre. Le soir étant venu, arriva lui homme riche d'Arimathée ^, nommé Joseph, lequel était aussi disciple de Jésus. Il se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Et Pilate ordonna de le remettre. Joseph prit le corps, l'enveloppa d'un linceul blanc, et le déposa dans un sépulcre neuf, qu'il s'était fait tailler dans le roc. Puis il roula une grande pierre a ^ Le voile, rideau qui séparait le lieu saint du lieu très saint. " Marie de Magdala ; cette Marie est ainsi nommée, probablement parce qu'elle était originaire de JNIagdala, bourg de la CTalilée, aux environs du lac. ■'■ Arimathée, ville qu'on croit être la même que Rama ou Eamathaïm, dans la montagne d'Ephraïm. l'entrée du sépulcre, et il s'en alla. Marie de Magdala et 61 l'autre Marie étaient là, assises vis-à-vis du sépulcre. Le lendemain, qui était le 62 jour après la préparation \ les chefs des prêtres et les phari- siens allèrent ensemble auprès de Pilate, et dirent : Seigneur, 63 nous noiTS souvenons que cet imposteur a dit, quand il vivait encore : Après trois jours je res- susciterai. Ordonne donc que 64 le sépiilcre soit gardé jusqxt'au troisième jour, afin que ses disciples ne viennent pas dé- rober le corps, et dire au peuple : Il est ressuscité des morts. Cette dernière imjjosture serait l^ire que la première. Pilate 65 leur dit : Vous avez une garde ; allez, gardez-le, comme vous l'entendrez. Ils s'en allèrent, 66 et s'assurèrent du sépulcre au moyen de la garde, après avoir scellé la pierre. Résurrection de Jésus-ClirLst. Après le sabbat, à l'aube du 28 premier jour de la semaine, Marie de Magdala et l'autre Marie allèrent voir le sépulcre. Et voici, il y eut im grand 2 tremblement de terre ; car un ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre, et s'assit dessus. Son asi^ect était 3 comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige. Les 4 gardes tremblèrent de peur, et devinrent comme morts. Mais 5 l'ange prit la parole, et dit aux femmes : Pour vous, ne craignez pas ; car je sais que vous cher- chez Jésus qui a été crucifié. Il n'est point ici; il est ressuscité, 6 comme il l'avait dit. Venez, ' La préparation, terme par lequel on désignait le jour qui jirécédait chaque sab- bat, soit le vendredi. Le lendemain était par conséquent le jour même du sabbat. 44 Chap. 28, V. 6. MATTHIEU voyez le lien oii il était, couché, MARC. Ohap. 1, V. 9- 7 et allez pronipteinent dire à ses disciples qu'il est ressuscité des morts. Et voici, il vous précède en Galilée : c'est lu que vous le verrez. Voici, je vous Fai dit. 8 Elles se hâtèrent de sortir du sé- pulcre, avec crainte et avec une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle aux discii)les. 9 Et voici, Jésus vint à leur rencontre, et dit : Salut ! Elles s'ai)procliôrent i)our saisir ses jjieds, et elles se prosternèrent 10 devant lui. Alors Jésus leur dit : Ne craignez jjas ; allez dire à mes frères de se rendre en Galilée : c'est là quïls me ver- ront. 11 Pendant qu'elles étaient en chemin, quelques honnnes de la garde entrèrent dans la ville, et annoncèrent aux chefs des prêtres tout ce qui était arrivé. 12 Ceux-ci, après s'être assemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme d'argent, en 1.3 disant : Dites : Ses discij)les sont venus de nuit le dérober, pen- dant (pie nous dormions. Et 14 si le gouverneur l'apprend, nous l'aijaiserons, et nous vous tire- rons de peine. Les soldats 15 prirent l'argent, et suivirent les instructions qui leur furent don- nées. Et ce bruit s'est répandu parmi les Juifs, jusqu'à ce joiu-. Les onze disciples allèrent en IC Galilée, sur la montagne que Jésus leur avait désignée. Quand 17 ils le virent, ils se prosternèrent devant lui. Mais quelques-uns eurent des doutes. Jésus, s'étant is approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, instruisez 1!) toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à 20 observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fil! du monde. EVANGILE SELON MARC Prédication de Jeaii-Baptisfo. — Baptême et tentation de Jésus-Christ. I ronnnencement de l'Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. 2 Selon ce qui est écrit dans Esaïe, le i)rophète : Voici, j'en- voie devant toi mon inessager, 3 ((ui préparera ton chemin ; c'est la voix de celui (pii crie dans le désert : Pré])arez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers, 4 - Jean i)arut, baptisant dans le désert, et i)rèc]iant le baptême de repentance. ]iour la rémission 5 des péchés. Tout le i)ays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui ; et, confessant leurs I péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jour- dain. Jean avait un vêtement de (! ])oils do chameau, et une cein- ture do cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il prêchait, 7 disant : Il vient après moi celui qui est plus puissant que moi, et je ne siiis jîas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses soidiers. Moi, je vous ai S baptisés d'eau ; lui, il vous bap- tisera du Saint-Esi)rit. En ce tem])s-là. Jésus vint de i) Nazareth en Galilée, et il fut bap- tisé par Jean dans le Jourdain. .5 Chap. 1, V. lO MARC. Chap. 1, v. 38. 10 Axi moment où il sortait de l'eau, il vit les cieux s'ouvrir, et l'Esprit descendre sur hii 11 comme une colombe. Et une voix fit entendre des cieux ces paroles : Tu es mon Fils bien- aimé, en qui j'ai mis toute mon afïection. 12 Aussitôt, l'Esprit poussa Jésus 13 dans le désert, oîi il passa qua- rante jours, tenté par Satan. Il était avec les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Coinmencemeut du ministère de Jésus-Christ. — Vocation de quatre disciples. — Jésus à Capernaum. — Enseignement dans la syna- gogue.— Gruérison d'un démoniaque, — de la belle-mère de Pierre, — et de plusieurs ma- lades.— Jésus en divers lieux de la Galilée. — Guérison d'un lépreux. 14 Après que Jean eut été mis en prison, Jésus alla dans la Galilée, prêchant la bonne nouvelle du 15 royaume de Dieu. Il disait : Le temps est accompli, et le royaiime de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne noiivelle. l(j Comme il passait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André, frère de Simon, qui jetaient un filet dans la mer; 17 car ils étaient pêcheurs. Jésus leur dit : Suivez-moi, et je vous 18 ferai pêcheurs d'hommes. Aussi- tôt, ils laissèrent leurs filets, et 19 le suivirent. Étant allé un peu plus loin, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui étaient dans une barque et répa- 20 raient les filets. Aussitôt, il les appela ; et, laissant leur père Zébédée dans la barque avec les ouvriers, ils le suivirent. 21 Ils se rendirent à Capernaum. Et, le jour du sabbat, Jésus entra d'abord dans la synagogue, 22 et il enseigna. Ils étaient frappés de sa doctrine ; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme les scribes. Il gogue se trouva dans leur syna- 23 lui homme qui avait un esprit impur, et qui s'écria : Qu'y 24 a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth? Tu es venu pour nous perdre. Je sais qui tu es : le Saint de Dieu. Jésus le 25 menaça, disant : Tais-toi, et sors de cet homme. Et l'esprit impur 2() sortit de cet homnae, en l'agitant avec violence, et en poussant un grand cri. Tous furent saisis 27 de stupeur, de sorte qu'ils se demandaient les uns aux autres : Qu'est-ce que ceci? Une nou- velle doctrine avec autorité ! Il commande même aux esprits inqjurs, et ils lui obéissent ! Et 28 sa renommée se répandit aussitôt dans tous les lieux environnants de la Galilée. En sortant de la synagogue, 29 ils se rendirent avec Jacques et Jean à la maison de Simon et d'André. La belle-mère de 30 Simon était couchée, ayant la fièvre : et on ne tarda pas à parler d'elle à Jésus. S'étant 31 approché, il la fit lever, en lui prenant la main, et à l'instant la fièvre la quitta. Puis elle les servit. Le soir, après le coucher soleil, on lui amena tous malades et les démoniaques, toute la ville était rassemblée devant sa porte. Il guérit beau- coiq) de gens qui avaient diverses maladies; il chassa aussi beau- coup de démons, et il ne per- mettait pas aux démons de parler, Ijarce qu'ils le connaissaient. Vers le matin, pendant qu'il 35 faisait encore très sombre, il se leva, et sortit pbin- aller dans lui lieu désert, où il pria. Simon 36 et ceux qui étaient avec lui se mirent à sa recherche ; et, quand 37 ils l'eurent trouvé, ils lui dirent : Tous te cherchent. Il leur ré- 38 pondit : Allons ailleurs, dans les du les Et 32 33 34 46 Chap. 1, V. 38. MARC. Chap. 2, v. 16. bourgades voisines, afin que j'y prêclie aussi ; car c'est pour cela Mi> que je siiis sorti. Et il alla prêcher dans les synagogues, par toute la Galilée, et il chassa les dénions. 4(1 Un léjDreux vint à lui ; et, se jetant à genoux, il lui dit d'un ton suppliant : Si tu le veux, tu 41 peux me rendre pur. Jésus, ému de compassion, étendit la main, le toucha, et dit : Je le 42 veux, sois piu'. Aussitôt la lèpre 4'3 le quitta, et il fut purifié. Jésus le renvoya sur-le-champ, avec de 44 sévères recommandations, et lui dit: Garde-toi de rien dire à persomie ; mais va te montrer au prêtre, et offre ijour ta purifi- cation ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de 45 témoignage. Mais cet homme, s'en étant allé, se mit à publier hautement la chose et à la divulguer, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer publique- ment dans une ville. Il se tenait dehors, dans des lieux déserts, et l'on venait à lui de toutes parts. Jésus de retour à Capernaum. — Guérison d'un jjaralytique. — Vocation de Lévi (Matthieu). — Question des disciples de .Jean-Baptiste sur le jeûne. 0 Quelques jours après, Jésus revint à Capernaum. On apprit 2 qu'il était à la maison, et il s'assembla un si grand nombre de personnes que l'espace devant la lîorte ne pouvait plus les contenir. Il leur annonçait* la parole. 3 Des gens vinrent à lui, ame- nant un i)aralytique jiorté par 4 (piatre hommes. Comme ils ne pouvaient l'aborder, à cause de la foule, ils découvi-ircnt le toit de la maison où il était, et ils descendirent par cette ouverture le lit sur lequel le i^aralytique était couché. Jésus, voyant leur 5 foi, dit au paralytique : Mon enfant, tes j^échés sont par- donnés. Il y avait là quelques 6 scribes, qui étaient assis, et qui se disaient au dedans d'eux : Conunent cet homme parle-t-il 7 ainsi ? Il blasphème. Qui i)eut pardonner les péchés, si ce n'est Dieu seul ? Jésus, ayant aussitôt 8 connu par son esprit ce qu'ils pensaient nw dedans d'eux, leur dit : Pourquoi avcz-vous de telles pensées dans vos cœurs? Le- 9 quel est le i)lus aisé, de dire au paralytique : Tes péchés sont pardonnes, ou de dire : Lève-toi, prends ton lit, et marche? Or, 10 afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Je te l'ordonne, dit-il au j^ara- 11 lytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. Et, à 12 l'instant, il se leva, juit son lit, et sortit en i^résence de tout le monde, de sorte qu'ils étaient tous dans l'étonnement et glo- rifiaient Dieu, disant: Nous n'avons jamais rien vu de pareil. Jésus sortit de nouveau du lo côté de la mer. Toute la foule venait à lui, et il l'enseignait. En passant, il vit Lévi\ fils 14 d'Ali)hée, assis au lieii des péages. Il lui dit : Suis-moi. Lé^i se leva, et le suivit. Comme Jésus était à table 15 dans la maison de Lévi, beau- coup de i)ublicains et de gens de mauvaise vie se mirent aussi à table avec lui et avec ses disci- ples ; car ils étaient nombreux, et l'avaient suivi. Les scribes 16 et les pharisiens, le Aoyant man- ger avec les publicains et les gens de mauvaise vie, dirent à ses disciples : Pourquoi mange- t-il et boit-il avec les publicains ^ Lévi, le même q^ue Matthieu, comp. Matth. IX. a Chap. 2, V. i6. MARC. Chap. 3, v. 8. 17 et les gens de mauvaise vie? Ce que Jésus ayant entendu, il leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. 18 Les disciples de Jean et les pharisiens jeûnaient. Ils vinrent dire à Jésus : Pourquoi les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnent-ils, tandis que tes disciples ne jeûnent lioint? 19 Jésus leur répondit : Les amis de l'époux peuvent-ils jeûner l^endant que l'époux est avec eux? Aussi longtemps qu'ils ont avec eux l'époux, ils ne 20 peuvent jeûner. Les jours vien- dront où l'époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront en ce jour- 21 là. Personne ne coud une pièce de drap neuf à im vieil habit; aTitrement, la pièce de draj) neuf emporterait luie partie du vieux, 22 et la déchirure serait pire. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autre- ment, le vin fait rompre les outres, et le vin et les outres sont perdus ; mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Les épis de blé et le sabbat. — L'homme qui a la main sèche. — Choix des douze apôtres. — Attaque des scribes et réponse de Jésus. — Le péché contre le Saint-Esprit. — La mère et les frères de Jésus. 23 II arriva, mi jour de sabbat, que Jésus traversa des champs de blé. Ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des 24 épis. Les pharisiens lui dirent : Voici, pourquoi font-ils ce qui n'est pas permis pendant le 25 sabbat ^ ? Jésus leur répondit : N'avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu'il fut dans la né- cessité et qu'il eut faim, lui et ■ Yoy. notes sur Matth. xii. 1 et 2. ceux qui étaient avec lui ; com- 2(5 ment il entra dans la maison de Dieu, du temps du grand prêtre Abiathar, et mangea les pains de proposition, quil n'est permis qu'aux prêtres de manger, et en donna même à ceux qui étaient avec lui ^ ! Puis il leur dit : Le 27 sabbat a été fait pour Fhonmie. et non Thoinme pour le sabbat, de sorte que le Fils de l'honnue 2 s est maître môme du sabbat. Jésus entra de nouveau dans Q la synagogue. Il s'y trouvait un homme qui avait la main sèche. Ils observaient Jésus, pour voir 2 s'il le guérirait le jour du sab- bat : c'était afin de pouvoir l'ac- ciiser. Et Jésus dit à l'homme 3 qui avait la main sèche : Lève- toi, là au milieu. Puis il leur 4 dit : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver mie per- sonne ovi de la tuer? Mais ils gardèrent le silence. Alors, 5 promenant ses regards sur eux avec indignation, et en même temps affligé de l'endurcisse- ment de leur cœur, il dit à l'homme : Etends ta main. Il retendit, et sa main fut guérie. Les pharisiens sortirent, et fi aussitôt ils se consultèrent avec les hérodiens^ sur les moyens de le faire périr. Jésus se retira vers la mer 7 avec ses disciples. Une grande multitude le suivit de la Galilée, de la Judée, de Jérusalem, de S l'Idumée ^ et d'au delà du Jour- dain ; ceux des environs de Tyr et de Sidon*, ayant appris tout ' Voy. note sur INIatth. xn. 4. - Voy. note sur ]\Iatth, xxii. 16. ' Idumée, ou pays d'Édom, au sud-onest de la mer Morte. Les habitants, soumis par les Macchabées, avaient été contraints d'em- brasser le judaïsme. Héi-ode le Grand était Iduméen. * Vov. note sur Matth. xi. 2L 48 Chap. 3, V. 8. MARC. Chap. 4, v. 2. f>'uén!ssait gens, tous ceux des maladies se ce qu'il faisait, vinrent aussi à 9 lui en grand nombre. Il chargea ses disciples de tenir toujours à sa disposition une petite barque, afin de ne pas être pressé par la 10 foule. Car, comme il beaucoup de jiens, tous t[ui avaient jetaient sur lui i)om- le toucher. 11 Les esprits impurs, (juand ils le Aboyaient, se prosternaient dcA ant lui, et s'écriaient : Tu es le Fils 12 de Dieu. Mais il leur recom- mandait très sévèrement de ne pas le faire connaître. 13 II monta ensuite svu" la mon- tagne ; il appela ceux qu'il voulut, et ils vinrent aui)rès de 14 lui. Il en établit douze, pour les avoir avec lui, et pour les 15 envojer prêcher avec le pou- voir de chasser les démons. 16 C'étaient: Simon, qu'il nomma Pierre ; 17 Jacques, fils de Zébédée, et Jean, frère de Jacques, aux- quels il donna le nom de Bo- anergès, qui signifie fils du 18 tonnerre ; André ; Philipi^e ; Barthélémy; Matthieu; Thomas; Jacques, fils dAli)hée ; Thad- 19 dée ; Simon le Cananite ; et Judas Iscariot, celui qui livra Jésus \ 20 Ils se rendirent à la maison, et la foule s'assembla de nou- veau, en sorte qu'ils ne pou- vaient pas même prendi'e leiir repas. 21 Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se jiassait, vinrent pour se saisir de lui ; car ils disaient : Il est hors de sens. 22 Et les scribes, qui étaient des- cendus de Jérusalem, dirent : Il est possédé de Béelzébul ; c'est par le prince des démons 23 qu'il chasse les démons. Jésus les appela, et leur dit sous forme Voy. les notes sur Matth. x. 2- de paraboles : Comment Satan peut-il chasser Satan? Si un 24 royaume est divisé contre lui- même, ce royaiune ne peut sub- sister ; et si une maison est 25 divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister. Si 2fi donc Satan se révolte contre lui-même, il est divisé, et il ne peut subsister, mais c'en est fait de lui. Personne ne peut en- 27 trer dans la maison d'un honnne fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet honmie fort ; alors il pillera sa maison. Je vous le dis en vérité, tous les 28 péchés seront pardonnes aux fils des hommes, et les blas- phèmes qu'ils auront proférés ; mais quiconque blasf»hémera 29 contre le Saint-Esprit n'obti- endra jamais de jjardon : il est coupable d'un péché éternel. Jésus parla ainsi, parce cpi'ils 30 disaient : Il est possédé d'un esjjrit impur. Survinrent sa mère et ses 31 frères, qui, se tenant dehors, l'envoyèrent appeler. La foule était assise autour de lui, et 32 on lui dit: Voici, ta mèi'e et tes frères sont dehors et te de- mandent. Et il répondit : Qui 33 est ma mère, et qui sont mes frères? Puis, jetant les regards 34 sur ceux (]ui étaient assis toiit au- tour de lui: Voici, dit-il, ma mère et mes frères. Car, quiconcpie 35 fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère. Paraboles du semeur, — Je la semence, — du srrain de sénevé. Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer. Une grande foule s'étant assem- blée auprès de lui, il monta et s'assit dans une barque, sur la mer. Toute la tcri'e sur le riva: foule était a e. 11 leur en- 49 Chap. 4, V. 2. MARC. Chap. 4, v. 29. seigna beaucoii}) do choses en paraboles, et il leur dit dans son enseignement : 3 Écoutez. Un senienr sortit 4 pour semer. Connne il semait, nne partie do la semence tomba le long du chemin : les oiseaux 5 vinrent, et la mangèrent. Une antre partie tomba dans un endroit pierreux, où elle n'avait pas beaucoup do terre : elle leva aussitôt, parce qu'elle ne trouva 6 pas un sol profond; mais, quand le soleil parut, elle fut briilée et 7 sécha, faute de racines. Une autre partie tomba parmi les épines : les épines montèrent, et l'étoufïcrent, et elle ne donna 8 point de fruit. Une autre partie tomba dans la bonne terre : elle donna du finiit qui montait et croissait, et elle rai)i)orta trente. 9 soixante, et cent pour un. Puis il dit : Que celui qui a des oreil- les pour entendre entende. 10 Lorsqu'il fut en particulier, ceux qui l'entouraient avec les douze l'interrogèrent sur les 11 paraboles. Il leur dit: C'est à vous qu'a été donné le mys- tère du royaume de Dieu ; mais pour ceux qui sont dehors tout 12 se passe en paraboles, afin qu'en voyant ils voient et n'aperçoivent point, et qu'en entendant ils en- tendent et ne comprennent point, de peur qu'ils ne se convertis- sent, et que les i)échés no leur 13 soient pardonnes. Il leur dit encore : Vous ne comprenez pas cette parabole ? Conmiont donc comprendrez - vous toutes les paraboles ? 14 Le semeur sème la parole. 15 Les uns sont le long du chemin, où la parole est semée ; quand ils l'ont entendue, aussitôt Satan vient et enlève la parole qui a été 10 semée en eux. Les autres, pareil- lement, reçoivent la semence dans les endroits pierreux ; quand ils entendent la parole, ils la reçoivent d'abord avec joie ; mais ils n'ont pas de 17 racine en eux-mêmes, ils man- quent de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause do la parole, ils y trouvent ime occasion de chute. D'autres reçoivent 18 la semence parmi les épines; ce sont ceux qui entendent la parole, mais en qui les soucis du 19 siècle, la séduction des richesses et l'invasion des autres con- voitises, étouffent la parole, et la rendent infructueuse. D'autres 20 reçoivent la semence dans la bonne terre ; ce sont ceux qui entendent la parole, la reçoi- vent, et portent dii fruit, trente, soixante, et cent pour im. Il leur dit encore : Apporte- 21 t-on la lampe i>otu- la mettre sous le boisseau, oii sous le lit ? N'est-ce pas pour la mettre sur le chandelier ? Car il n'est rien 22 de caché qui ne doive être dé- couvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour. Si quel- 23 qu'un a des oreilles pour en- tendre, qu'il entende. Il leur dit encore : Prenez 24 garde à ce que vous entendez. On vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis, et on y ajoutera jjour vous. Car on donnera à celui 25 qui a; mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a. Il dit encore : Il en est du 26 royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre ; qu'il dorme ou qu'il 27 veille, nuit et jour, la semence germe et croît, sans qii'il sache comment. La terre produit 28 d'elle-même, d'abord l'herbe, l^uis l'épi, i^uis le grain tout formé dans l'épi ; et, dès que 29 le fi'uit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là. 50 Chap. 4, V. 30. MARC. Chap. 5, v. 14. 30 Il dit encore : A quoi coni- ' Ils arrivèrent à l'antre bord g parerons-nous le royaume de [ de la mer, dans le pays des Ga- Dieu, ou par quelle parabole 31 le représenterons-nous? Il est semblable à im grain de sénevé, qui, lorsqu'on le sème en terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre ; 32 mais, lorsqu'il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse de grandes branches, en sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre. 33 C'est par beaucoup de para- boles de ce geui'e qu'il leur annonçait la parole, selon qu'ils étaient capables de l'entendre. 34 II ne leur parlait jîoint sans parabole ; mais, en jmrticulier, il expliquait tout à ses disci- ples. Tempête apaisée.— Jésus sur le temtoire des Gadaréniens ; un démoniaque guéri. 35 Ce même jour, sur le soiï", Jésiis leur dit : Passons à 36 l'autre bord. Après avoir ren- voyé la foide, ils l'emmenèrent dans la barque où il se trouvait ; il y avait aussi d'autres barques 37 avec lui. Il s'éleva un grand tourbillon, et les flots se jetaient dans la barque, au point qu'elle 38 se remplissait déjà. Et lui, il dormait à la poupe sur le cous- sin. Ils le réveillèrent, et lui dirent : Maître, ne t'inquiètes-tu pas de ce que nous périssons ? 39 S'étant réveillé, il menaça le vent, et dit à la mer : Silence ! tais-toi ! Et le vent cessa, et il 40 y eut un grand calme. Puis il leur dit : Pourquoi avez-vous ainsi peur ? Comment ii'avez- 41 vous point de foi ? Ils furent saisis d'mie grande frayeur, et ils se dirent les uns aux autres : Quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer ? daréniens \ Aussitôt que Jésus 2 fut hors de la barque, il vint au- devant de lui lui homme, sortant des sépulcres, et possédé d'un esprit impur. Cet homme avait 3 sa demeure dans les sé])ulcres", et personne ne pou\ait plus le lier, même avec une chaîne. Car 4 souvent il avait eu les fers aux pieds et avait été lié de chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers, et liersonne n'avait la force de le donij^ter. Il était sans cesse, nuit et jour, 5 dans les sépulcres et sur les montagnes, criant, et se meur- trissant avec des pierres. Ayant (5 vu Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui, et s'écria 7 d'une voix forte : Qu'y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils dii Dieu Très-Haut ? Je t'en con- jure au nom de Dieu, ne me tourmente pas. Car Jésus lui 8 disait : Sors de cet homme, esprit impur. Et il lui demanda: 9 Quel est ton nom ? Légion est mon nom, lui répondit-il, car nous sommes plusieurs. Et illO le priait instanunent de ne pas les envoyer hors du pays. Il y 11 avait là, vers la montagne, un grand troupeau de pourceaux qui lîaissaient. Et les démons 12 dirent à Jésus d'un ton sup- pliant : Envoie-nous dans ces pourceaucs^, afin que nous en- trions en eux. Il le leur permit. Et les esprits impurs sortirent, 13 entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se i)récii)ita des pentes escarpées dans la mer: il y en avait euA'iron deux mille, et ils se noyèrent dans la mer. Ceux qui les faisaient paître 14 ' Voy. note sur Matth. viii. 28. ^ Les sépulcres, cavernes fonuées naturelle- ment dans le roc, ou taillées artificiellement. 51 Çhap. 5, V. 14. MAKC. Chap. 5, V. 40. s'enfuii'eiit, et répandirent la nouvelle dans la ville et dans les eanipagnes. Les gens al- lèrent voir ee qui était arrivé, plutôt en empirant. Ayant en- 15 Ils vinrent auprès de Jésus, et ils ! tendu parler de Jésus, elle vint virent le démoniaque, celui qui dans la foule par derrière, et l)ensé tout ce qu'elle possédait, et elle n'avait éprouvé aucun soulagement, mais était allée avait eu la légion, assis, vêtu, et dans son bon sens ; et ils furent ](■) saisis de frayeur. f'eux qui avaient vu ce qui s'était passé leur racontèrent ce qui était arrivé au démoniaque et aux 17 pourceaux. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. 18 Comme il montait dans la barque, celui qui avait été dé- moniaque lui demanda la per- li) mission de rester avec lui. Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit : Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t'a fait, et comment 20 il a eu pitié de toi. Il s'en alla, et se mit à publier dans la Décapole' tout ce que Jésus avait fait pour hii. Et tous furent dans l'étonnement. Késurrectiou de la fille tle Jaïrus, et guérisoii d'une femme malade depuis douze ans. 21 Jésus dans la barque regagna l'autre rive, où une grande foule s'assembla près de lui. Il était 22 au bord de la mer. Alors vint im des chefs de la synagogue, nommé Jaïrus, qui, l'ayant aper- 23 çu, se jeta à ses pieds, et lui adressa cette instante 2^i"i^^''"<^ • Ma jjetite fille est à l'extrémité ; viens, impose-lui les mains, afin qu'elle soit sauvée et qu'elle 24 vive. Jésus s'en alla avec lui. Et une grande foule le suivait et le pressait. 25 Or, il y avait une fenmie at- teinte d'une perte de sang depuis 26 douze ans. Elle avait beaucoup souffert entre les mains de jjlu- sieurs médecins, elle avait dé- 27 28 29 30 Voy. note sur Mattb. iv. 25. 31 32 toucha son vêtement. Car elle disait : Si je puis seulement toucher ses vêtements, je serai guérie. Au même instant la perte de sang s'arrêta, et elle sentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal. Jésus connut aussitôt en lui-même qu'une force était sortie de lui ; et, se retournant au milieu de la foule, il dit: Qui a touché mes vêtements ? Ses disciples lui dirent : Tu vois la foule qui te presse, et tu dis : Qui m'a touché ? Et il regardait autour de lui, pour voir celle qui avait fait cela. La femme, effrayée 33 et tremblante, sachant ce qui s'était passé en elle, vint se jeter à ses pieds, et lui dit toute la vérité. Mais Jésus lui dit: Ma 34 fille, ta foi t'a sauvée ; \a. en paix, et sois guérie de ton mal. Comme il parlait encore, sur- 35 vinrent de chez le chef de la syna- gogue des gens qui dirent : Ta fille est morte ; pourquoi impor- tuner davantage le maître ? Mais 30 Jésus, sans tenir compte de ces paroles, dit au chef de la syna- gogue: Ne crains pas, crois seulement. Et il ne permit à personne de l'accompagner, si ce n'est à Pierre, à Jacques, et à Jean, frère de Jacques. Ils arrivèrent à la maison du chef de la synagogue, oii Jésus vit une foule bruyante et des gens qui pleuraient et poussaient de grands cris. Il entra, et leur dit : Pourquoi fiiites-vous du bruit, et pourquoi pleurez-vous ? L'enfant n'est ])as morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui. Alors, ayant fait sortir 37 38 39 40 52 Chap. 5, y. 40. MAHG Chap. G, v. 17. tout le monde, il prit avec lui | il ooinuiença à les envoyer deux le père et la mère de l'enfant, et à deux, en leur donnant pouvoir ceux qui l'aVaient accompagné, et il entra là où était Tentant. 41 II la saisit par la main, et lui dit: Talitha koimii, ce qui si- gnitie : Jeune fille, lève-toi, je te 42 le dis. Aussitôt la jeune fille se leva, et se mit à marcher; car elle avait douze ans. Et ils furent dans un grand étonne- 43 ment. Jésus leur adressa de fortes recommandations, pour que personne ne sût la chose ; et il dit qu'on donnât à manger à la jeune fille. Jésus à Nazareth. — Incrédulité des lialiitauts. Q Jésus partit de là. et se rendit dans sa patrie \ Ses disciples le suivirent. 2 Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la syna- gogue. Beaucoup de gens qui l'entendirent étaient étonnés et disaient: D'où lui viennent ces choses ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par 3 ses mains ? N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joseph, de Jude et de Simon ? et ses sœurs ne sont-elles pas ici parmi nous? Et il était pour eux une occasion de chute. 4 Mais Jésus leur dit : Un pro- phète n'est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et 5 dans sa maison. Il ne put faire là aucun miracle, si ce n'est qu'il imposa les mains à quelques 6 malades et les guérit. Et il s'étonnait de leur incrédulité. Mission des douze apôtres. Jésus parcourait les villages d'alentour, en enseignant. 7 Alors il appela les douze, et ' Bans sa patrie, à Nazareth. sur les esprits impurs. Il leur S prescrivit de ne rien prendre pour le voyage, si ce n'est un bâton ; de n'avoir ni sac, ni pain, ni monnaie dans la ceinture ; de i» chausser des sandales, et de ne pas revêtir deux tuni(pies. Puis il leixr dit : Dans quelque 10 maison que vous entiiez, restez-y jusqu'à ce que vous partiez de ce lieu. Et, s'il y a quelque 11 part des gens qui ne vous re- çoivent ni ne vous écoutent, retirez-vous de là, et secouez la poussière de vos pieds, afin que cela leur serve de témoi- gnage. [Je vous le dis en vérité : au jour du jugement, Sodome et Gomorrhe seront traitées moins rigotireiisement que cette ville-là.] Ils partirent, et ils prêchèrent 12 la repentance. Ils chassaient 13 beaucoup de démons, et ils oignaient d'huile beaucouj) de malades et les guérissaient. Mort de Jean-Bajotiste. — Multiplication des pains. — Jésus marchant sur les eaux. — ■ Guérisons à Génésareth. Le roi ^Hérode entendit par- 14 1er de Jésus, dont le nom était devenu célèbre, et il dit : Jean- Baptiste est ressitscité des morts, et c'est pour cela qu'il se fait par lui des miracles. D'autres 15 disaient: C'est Élie. Et d'autres disaient: C'est un prophète, comme l'un des prophètes". Mais Hérode, en apprenant cela, 10 disait: Ce Jean que j'ai fait décapiter, c'est lui qui est res- suscité. Car Hérode lui-même avait 17 fait arrêter Jean, et l'avait fait ' Le roi, dénomination populaire d'Hérode Antipas, tétrarqtie de la Galilée. Comp. Mattli. XIV. 1. " Semblable à l'vm des anciens prophètes. 53 Chap. 6, V. 17. MARC. Chap. 6, v. 41. lier en prison, à cause d'Héro- dias, femme de Pliilippe, son frère, j^arce qu'il l'avait épousée, 18 et que Jean lui disait : Il ne t'est pas permis d'avoir la femme 19 de ton frère. Hérodias était irritée contre Jean, et voulait le faire mourir. Mais elle ne 20 le pouvait ; car Hérode crai- gnait Jean, le connaissant pour un homme juste et saint ; il le protégeait, agissait souvent d'après ses avis, et lécoutait avec plaisir. 21 Cependant, im jour propice^ arriva, lorsqu'Hérode, à l'anni- versaire de sa naissance, donna \\n festin à ses grands, aux chefs militaires et aux principaiix de 22 la Galilée. La fille d'Hérodias entra dans la salle ; elle dansa, et plut à Hérode et à ses con- vives. Le roi dit à la jeune fille : Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. 23 II ajouta avec serment : Ce que tu voudras, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. 24 Étant sortie, elle dit à sa mère : Que demanderai-je ? Et sa mère répondit : La tête de Jean-Bap- 25 tiste. Elle s'empressa de rentrer aussitôt vers le roi, et lui fit cette demande : Je veux que tu me donnes à l'instant, sur un plat, la tête de Jean-Baptiste. 26 Le roi fut attristé; mais, à cai;se de ses serments et des convives, il ne voulut pas lui faire un 27 refus. Il envoya siu'-le-champ un garde, avec ordre d'apporter 28 la tête de Jean-Baptiste. Le garde alla décapiter Jean dans la prison, et apporta la tête sur un plat. Il la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à 29 sa mère. Les disciples de Jean, ayant appris cela, vinrent pren- ' Propice aux intentions coupables d'Hé- rodias. dre son corps, et le mirent dans un sépulcre. Les apôtres, s'étant rassem- oO blés auprès de Jésus, lui racon- tèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné. Jésus leur dit : Venez à l'écart 31 dans un lieu désert, et reposez- vous un peu. Car il y avait beaucoup d'allants et de venants, et ils n'avaient jîas même le temps de manger. Ils partirent 32 donc dans une barque, pour aller à l'écart dans un lieu dé- sert. Beaucoup de gens les 33 virent s'en aller et les reconnu- rent, et de toutes les villes on accoiirut à pied et on les de- vança au lieu où ils se rendaient. Quand il sortit de la barque, 34 Jésus vit une grande foule, et fut ému de compassion pour elle, parce qu'elle était comme des brebis qui n'ont point de berger ; et il se mit à leur en- seigner beaucoiq) de choses. Comme l'hein^e était déjà 3.5 avancée, ses disciples s'appro- chèrent de lui, et dirent : Ce lieu est désert, et l'heure est déjà avancée ; reuA oie-les, afin 36 qu'ils aillent dans les campagnes et dans les villages des environs, pom- s'acheter de quoi manger, Jésus levir réj^ondit : Donnez- 37 leur vous-mêmes à manger. Mais ils lui dirent: Irions-nous acheter des pains pour deux cents deniers, et leur donne- rions-nous à manger ? Et il 38 leur dit: Combien avez-vous de pains? Allez voir. Ils s'en assurèrent, et réj^ondirent: Cinq, et deux poissons. Alors il leur 39 commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l'herbe verte, et ils s'assirent par ran- 40 gées de cent et de cinquante. Il prit les cinq pains et les 41 deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il rendit 54 Chap. 6, V. 41, MARC. Chap. 7, v. 8. gTâces. Puis, il rompit les pains, et les donna anx dis- ciples, afin qu'ils les distribiias- sent à la fonle. Il partagea aussi les denx poissons entre 42 tons. Tons mangèrent et tnrent 43 rassasiés, et Ion emporta donze corbeilles pleines de morceaux de pain et de ce qni restait 44 des i)oissons. Cenx qni avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes. 45 Aussitôt après, il obligea ses disciples à monter dans la barqne et à passer avant Ini de l'antre côté, vers Bethsaïda\ pendant qne Ini-même renver- 46 rait la foule. Quand il l'eut renvoyée, il s'en alla sur la montagne, pour prier. 47 Le soir étant venu, la barque était au milieu de la mer, et 48 Jésus était seul à terre. Il vit qu'ils avaient beaucoup de peine à ramer ; car le vent leur était contraire. A la quatrième veille de la nuit^ environ, il alla vers eux, marchant sur la mer, et il 49 voulait les dépasser. Quand ils le virent marcher sur la mer, ils crurent qne c'était nn fan- tôme, et ils poussèrent des cris ; 50 car ils le voyaient tous, et ils étaient troublés. Aussitôt Jésus leur jjarla, et leiu* dit: Kas- surez-vous, c'est moi, n'ayez pas 51 peur! Puis il monta vers exix dans la barque, et le vent cessa. Ils furent en eux-mêmes tout stupéfaits et remplis d'étonne- 52 ment ; car ils n'avaient pas com- pris le miracle des pains, i)arce que leur cumv était endiu-ci. 53 Après avoir traversé la mer, ils vinrent dans le pays de Génésareth, et ils abordèrent. 54 Qiuind ils furent sortis de la barque, les gens, ayant aussitôt ' Bethsaida, sur la rive occidentale du lac, dans la contrée de Génésareth, voy. v. 53. '" Voy. note sur Matth. xiv. 25. reco]mu Jésus, parcom-nrent 55 tous les environs, et l'on se mit à apporter les malades sur des lits, partout où l'on apprenait qu'il était. En quelque lieu 56 qu'il arrivât, dans les villages, dans les villes ou dans les cam- pagnes, on mettait les malades sur les places publiques, et on le i)riait de leur permettre seule- ment de toucher le bord de son vêtement. Et tous ceux qui le touchaient étaient guéris. Les pharisiens et la tradition. Les pharisiens et quelques '7 scribes, venits de Jérusalem, s'assemblèrent auprès de Jésus. Ils virent quelques-uns de ses 2 discijjles prendre lem-s repas avec des mains impures, c'est- à-dire, non lavées. — Or, les pha- 3 risiens et tous les Juifs ne man- gent i)as sans s'être lavé plusieurs fois les mains, conformément à la tradition des anciens ; et, 4 quand ils reviennent de la place publique, ils ne man- gent qu'après s'être purifiés. Ils ont encore beaucoup d'autres observances traditionnelles, com- me le lavage des coupes, des cruches et des vases d'airain. — Et les pharisiens et les scribes 5 lui demandèrent : Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition^ des anciens, mais Ijrennont-ils leurs repas avec des mains impures? Jésus leur (î répondit : Hypocrites, Esaïe a bien prophétisé siu' vous, ainsi qu'il est écrit : Ce peuple m'ho- nore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C'est en 7 vain qu'ils m'honorent, en don- nant des préceptes qui sont des commandements d'honnnes. Vous abandonnez le commande- 8 ment de Dieu, et vous observez La tradition, voy. note sur Matth. xv. 2. 55 Chap. 7, V. 8. MARC. CIhap. 7, V. 33. 9 la tradition des hommes. Il leur dit encore : Vons anéantis- sez fort bien le commandement de Dien, pour garder votre tra- it» dition. Car Moïse a dit: Ho- nore ton père et ta mère ; et : Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. 1 1 Mais vous, vous dites : Si un homme dit à son père ou à sa mère : Ce dont j'aurais pu t'as- sister est corban, cest-à-dire, 12 une offrande à Dieu, vous ne le laissez plus rien faire jiour son père ou pour sa mère, 13 annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. Et vous faites beaucoup d'autres choses sem- blables. 14 Ensuite, s'adrcssant de nou- veau à la foule, il lui dit : Écoutez-moi tous, et comprenez. 15 II n'est hors de l'homme rien qui, entrant en lui, puisse le souiller ; mais ce qui sort de l'homme, c'est ce qui le souille. 16 [Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende.] 17 LorsqiT'il fut entré dans la maison, loin de la foule, ses disciples l'interrogèrent sur 18 cette parabole. Il leur dit: Vous aussi, êtes-vous donc sans intelligence ? Ne comprenez- vous pas que rien de ce qui du dehors entre dans l'homme ne 19 peut le souiller? Car cela n'entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, j^^iis s'en va dans les lieux secrets, qui puri- 20 fient tous les aliments. Il dit en- core : Ce qui sort de l'homme, c'est ce qui souille l'homme. 21 Car c'est du dedans, c'est du cœxir des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adul- tères, les impudicités, les meur- 22 très, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dé- règlement, le regard envieux. la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises 23 sortent du dedans, et souillent riionune. Jésus sur le territoire de Tyr et de Sidon. — La femme cananéenne. Jésus, étant parti de là, s'en 24 alla dans le territoire de Tyr et de Sidon. Il entra dans une maison, désirant que personne ne le sût; mais il ne put rester caché. Car ime femme, dont la 25 fille était possédée d'un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds. Cette femme était grecque, syro- 26 phénicienne d'origine. Elle le l^ria de chasser le démon hors de sa fille. Jésus lui dit: Laisse 27 d'abord les enfants se rassasier; car il n'est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens. Oui, 28 Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants. Alors il hii dit : A cause de 29 cette parole, va, le démon est sorti de ta fille. Et, quand elle 30 rentra dans sa maison, elle trouva l'enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti. Jésus de retour vers la nier de Galilée.—; Guérison d'un soui-d-muet. — Seconde mul- tiplication des pains. — Un signe du ciel demandé jsar les pharisiens. — Le levain des pharisiens. Jésiis quitta le territoire de 31 Tyr, et revint par Sidon vers la mer de Galilée, en traversant le pays de la Décapole \ On lui amena un sourd, qui 32 avait de la difficulté à parler, et on le pria de lui imposer les mains. Il le prit à part loin 33 de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et lui toucha la langue avec sa propre salive ; ' La Dkaiwle. voy. note sur Matth. iv. 25. )6 Chap. 7, V. 34 MARC. 34 puis, lovant lus yeux au ciel, il soupira, et dit: Ephpliatha, 35 c'est-à-dire, ouvre-toi. Aussi- tôt ses oreilles s'ouvrirent, sa langue se délia, et il parla très 36 bien. Jésus leur recommanda de n'en parler à personne ; mais plus il le leiu- recommanda, j^lus 37 ils le publièrent. Ils étaient dans le plus grand étonne- ment, et disaient: Il fait tout à merveille ; même il fait en- tendre les sourds, et parler les muets. Q En ces joiirs-là, une foule nombreuse s'étant de nouveau réiuiie et n'ayant pas de quoi manger, Jésus appela les dis- 2 ciples, et leur dit : Je suis ému de compassion pour cette foule ; car voilà trois jours qu'ils sont près de moi, et ils 3 n'ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, les forces leur manqueront en chemin; car quelques- uns d'entre eux sont venus de 4 loin. Ses discii^les lui répon- dirent : Comment pourrait-on les rassasier de pains, ici, dans 5 ini lieu désert ? Jésus leur demanda : Combien avez-vous de pains? Sept, répondirent- 6 ils. Alors il fit asseoir la foule par terre, prit les sept pains, et, ajîrès avoir rendu grâces, il les romi)it, et les donna à ses disciples, pour les dis- tribuer; et ils les distribuè- 7 rent à la foule. Ils avaient encore quelques petits pois- sons, et Jésus, ayant rendu grâces, les fit aussi distri- 8 buer. Ils mangèrent et fu- rent rassasiés, et l'on emporta sept corbeilles pleines des mor- 9 ceaux tpii restaient. Ils étaient environ quatre mille. Ensuite, Jésus les renvoya. 10 Aussitôt il monta dans la barque avec ses disciples, et se Chap. 8, v. 21. la contrée de Dal- rendit dans manutha '. Les lîharisiens survinrent, se 11 mirent à discuter avec Jésus, et, pour réi)rouver, lui deman- dèrent un signe venant du ciel. Jésus, soupirant au fond de son 12 cœur, dit : Pourquoi cette géné- ration demande-t-elle un signe? Je vous le dis en vérité, il ne sera point donné de signe à cette génération. Puis il les quitta, et remonta 13 dans la barque, jjour passer à l'autre bord. Les disciples avaient oublié 14 de i)rendre des pains ; ils n'en avaient quun seul avec eux dans la barque. Jésus leur fit 1.5 cette recommandation : Gardez- vous avec soin du levain des pharisiens, et du levain d'Hé- rode. Les disciples raisonnaient 16 entre eux, et disaient : C'est parce que nous n'avons pas dos pains. Jésus, l'ayant connu, 17 leur dit : Pourquoi raisonnez- vous sur ce que vous n'avez pas des pains ? Etes-vous encore sans intelligence, et ne com- prenez-vous pas? Avez-vous le cœur endurci? Ayant des yeux, 18 ne voyez-vous pas? Ayant des oreilles, n'entendez-vous pas ? Et navez-vous point do mé- moire? Quand j'ai rompu les 19 cinq pains pour les cinq mille hommes, combien de corbeilles pleines de morceaux avez-vous emportées ? Douze, lui ré- pondirent-ils. Et qiumd j'ai 20 romi)u les sept pains pour les quatre mille hommes, combien de corbeilles pleines de mor- ceaux avez-vous emportées ? Sept, réi)ondirent-ils. Et il 21 leur dit : Ne comi^renez-vous pas encore ? ' Dalmanutlui, loc;ilité parall. Mattli. xv. 39. lucounue ; corup. ChAP. 8, V. 22. MARC. Chap. 9, V. 5. Guérisou d'uu aveugle à Betlisaïda. — Jésus sur le territoire de Césarée de Philipj^e. — Opinions diverses sur le Christ. — Confession de Pierre. — Jésus annonce ses souffrances et sa mort. — Comment suivre Jésus. 22 Ils se rendirent à Betli- saïda; et on amena vers Jésns nu aveugle, qu'on le pria de 23 toucher. Il prit l'aveugle par la main, et le conduisit hors du village ; puis il lui mit de la salive sur les yeux, lui imposa les mains, et lui demanda s'il 24 voyait cpielque chose. Il re- garda, et dit : Je vois les hommes, car je les vois marcher, 25 semblables à des arbres. Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux ; et, quand l'aveu- gle regarda, il fut guéri, et vit 26 tout distinctement. Alors Jésus le renvoya dans sa maison, en disant : N'entre pas au village. 27 Jésus s'en alla, avec ses dis- ciples, dans les villages de Cé- sarée de Philippe \ et il leur fit en chemin cette question : Qui 28 dit-on ([ue je suis ? Ils ré- pondirent : Jean-Baptiste ; les autres, Élie ; les autres, l'im 29 des prophètes. Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis ? Pien'e lui répondit : 30 Tu es le Christ. Jésus leur recomuranda sévèrement de ne dire cela de lui à personne. 31 Alors il commença à leur apprendre qu'il fallait que le Fils de l'homme souffrît beau- coup, qu'il fût rejeté par les anciens, par les chefs des prêtres et par les scribes, qu'il fût mis à mort, et qu'il ressuscitât trois 32 jours après. Il leur dit ces choses ouvertement. Et Pierre, l'ayant pris à part, se mit à le 33 reprendre. Mais Jésus, se re- tournant et regardant ses dis- ' Césarée de Phihp;pe, voy. note sur Mattb. XVI. 13. ciples. réprimanda Pierre, et dit : Arrière de moi, Satan ! car tu ne conçois pas les choses de Dieu, tu n'as que des pensées hinnaines. Puis, ayant appelé la foule 34 avec ses disciples, il leur dit : Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui 35 voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qiii la perdra à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera. Et que sert-il à un 36 homme de gagner tout le monde, s'il perd son âme? que donne- 37 rait un homme en échange de son âme ? Cai' quiconque aura 38 honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adidtère et pécheresse, le Fils de l'honmie aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges. Il leur dit encore: Q Je A'ous .le dis en vérité, quel- ques-uns de ceux (pii sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient \\\ le royaume de Dieu venir avec puissance. Jésus sur une Jiaute montagne : la trans- figuration.— Elie déjà venu. — Guérisou d'un démoniaque. — Jésus annonce sa mort et sa résurrection. Six jours après, Jésus prit 2 avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il les conduisit seuls à l'écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux; ses vête- 3 ments devinrent resiilendissants, et d'ime telle blancheiu' qu'il n'est jîas de foulon sur la terre qui imisse blancliir ainsi. Élie 4 et Moïse leur ap]>arurent, s'en- tretenant avec Jésus. Pierre. 5 prenant la parole, dit à Jésus: Eabbi \ il est bon qiie nous ' Ruhhi, mot araméen qui signifie maître, docteur. 58 Chap. 9, V. 5. MARC. Chap. 9, v. 32. soyons ici ; dressons trois tentes, une i)onr toi, une 2><>wr Moïse, 6 et une pour Élie. Car il ne savait que dire, TefiTroi les ayant 7 saisis. Une nuée vint les couvrir, et de la nuée sortit une voix: Celui-ci est mon Fils bien-aimé : 8 écoutez-le ! Aussitôt les dis- ciples regardèrent tout autour, et ils ne virent que Jésus seul avec eux. 9 Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur recom- manda de ne dire à personne ce qu'ils avaient vu, jusqu'à ce que le Fils de l'homme fût res- 10 suscité des morts. Ils retinrent cette parole, se demandant entre eux ce que c'est que ressusciter des morts. 11 Les disciples lui firent cette question : PourqTioi les scribes disent-ils qu'il faut qu'Élie vienne 12 premièrement? Il leur répon- dit : Elie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. Et pourquoi est-il écrit du Fils de l'homme qu'il doit souffrir beau- 13 coup et être méprisé ? Mais je vous dis qu'Élie est venu, et qu'ils l'ont traité comme ils ont voulu, selon qu'il est écrit de lui. 14 Lorsqu'ils^ furent arrivés près des disciples, ils virent autour d'eux une grande foule, et des scribes qui discutaient avec eux. 15 Dès qTie la foule vit Jésus, elle fut surprise, et on accourut pour 1(5 le saluer. Il leur demanda : Sur quoi disciitez-vous avec eux? 17 Et un homme de la foule lui répondit: Maître, j'amène auprès de toi mon fils, qui est possédé 18 d'un esjjrit muet. En quelque lieu qu'il le saisisse, il le jette par terre; l'enfant écume, grince des dents, et devient tout raide. J'ai prié tes disciples de chasser l'esprit, et ils n'ont pas pu. Race incrédule, leur dit Jésus, jus(pies à (puind serai-je avec vous? jusques à quand vous supporterai-je ? Amenez-le-moi. On le lui amena. Et aussitôt que l'enfant vit Jésus, l'esprit l'agita avec violence; il tomba par terre, et se roulait en écinnant. Jésus demanda au père: Combien y a-t-il de temps qiie cela lui ai'rive ? Depuis son enfance, répondit-il. Et souvent l'esprit l'a jeté dans le feu et dans l'eau, pour le faire périr. Mais, si tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie com- passion de nous. Jésus lui dit : Si tu peux! . . . Tout est possible à celui qui croit. Aussitôt le père de l'enfant s'écria : Je crois ! viens au secours de mon incrédulité ! Jésus, voyant ac- courir la foule, menaça l'esprit impur, et lui dit : Esprit muet et sourd, je te l'ordonne, sors de cet enfant, et n'y rentre plus. Et il sortit, en poussant des cris, et en l'agitant avec une grande violence. L'enfant devint comme mort, de sorte que plusieiirs disaient qu'il était mort. Mais Jésus, l'ayant pris par la main, le fit lever. Et il se tint debout. Quand Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui de- mandèrent en particidier: Pour- quoi n'avons-nous pu chasser cet esprit ? Il leur dit : Cîette esi^èce- là ne peut sortir que par la prière. Ils partirent de là, et tra- versèrent la Galilée. Jésus ne voulait pas qu'on le sût. Car il enseignait ses disciples, et il leur dit : Le Fils de l'homme sera livré entre les mains des hommes; ils le feront motmr, et, trois jours ai)rès qii'il aura été mis à mort, il ressuscitera. Mais les disciples ne compre- naient pas cette parole, et ils 77s, Pierre, Jacques et Jean. 19 20 21 99 23 24 25 26 28 29 30 31 32 craignaient de l'interroger. 59 Chap. 9, V. 33. MARC. Chap. 10, v. 5. Jésus de retour à Caperuaum. — Qui est le pkis grand '? — Les scandales. 33 Ils arriA-èrent à Capernauni. Lorsqu'il fut dans la maison, Jésus leur demanda: Sur quoi 34 raisonniez-vous en chemin? Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus 35 grand. Alors il s'assit, appela les douze, et leur dit: Si quel- qu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le 36 serviteur de tous. Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, et, l'ayant embrassé, il 37 leur dit : Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits en- fants me reçoit moi-même ; et quiconque me reçoit reçoit non pas moi, mais celui qui m'a envoyé. 38 Jean lui dit : Maître, nous avons vu un homme qui chasse des démons en ton nom ; et nous l'en avons empêché, parce 39 qu'il ne nous suit pas. Ne l'en empêchez pas, répondit Jésus; car il n'est personne qui, faisant un miracle en mon nom, puisse aussitôt après parler mal de 40 moi. Qui n'est pas contre 41 nous est pour nous. Et qui- conque vous donnera à boire un verre d'eau en mon nom, parce que vous appartenez à Christ, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récom- pense. 42 Mais, si quelqu'un scandalisait im de ces petits qui croient, il vaiidrait mieux pour lui qu'on mît autour de son cou une meule de moulin, et qu'on le jetât dans la, mer. 43 Si ta main est pour toi ime occasion de chute, coupe-la ; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie, que d'avoir les deux mains et d'aller dans j la géhenne \ dans le feu qui ne I s'éteint point, [là où leur ver 44 ne mem't point, et où le feu ne I s'éteint point.] Si ton pied est 45 pom* toi une occasion de chute, coupe-le ; mieux vaut pour toi entrer boitevix dans la vie, que d'avoir les deirx pieds et d'être jeté dans la géhenne, dans le feu qui ne s'éteint point, [là où 46 leur ver ne meurt point, et où le feu ne s'éteint point.] Et si 47 ton œil est pour toi une occa- sion de chute, arrache-le; mieux vaut pour toi entrer dans le royaume de Dieu, n'ayant qu'un œil, que d'avoir deux yeux et d'être jeté dans la géhenne, où 48 leur ver ne mem-t point, et où le feu ne s'éteint point. Car 49 tout homme sera salé de feu. Le sel est une bonne chose ; 50 mais si le sel devient sans saveur, avec quoi l'assaisonne- rez-vous ? Ayez du sel en vous- 51 mêmes, et soyez en paix les uns avec les autres. Jésus sur le territoire de la Judée. — Le divorce. — Les j^etits enfants. — Le jeune homme riche. — L'héritage de la vie éter- nelle.— Jésus annonce sa mort et sa résur- rection.— Demande des fils de Zébédée. — L'aveugle Bartimée guéri à Jéricho. Jésus, étant parti de là, se 1 Q rendit dans le territoire de la Judée, au delà du Jourdain. La fovde s'assembla de nouveau près de lui, et, selon sa coutume, il se mit encore à l'enseigner. Les pharisiens l'abordèrent ; 2 et, pour l'éi^rouver, ils lui de- mandèrent s'il est permis à un homme de répudier sa femme. Il leur répondit : Que vous a 3 prescrit Moïse? Moïse, dirent- 4 ils, a permis d'écrire une lettre de divorce et de répudier. Et 5 Jésus leur dit : C'est à cause de la dureté de votre cœur que La géhenne, voy. note sur Mattb. v. 22. 60 CiiAP. 10, V. 5. MARC. Chap. 10, V. 32. Moïse vous a donné ce précepte. 6 Mais au commencement de la création, Dieu tit l'honnue et la 7 femme ; c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, 8 et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront mie seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seide y chair. Que l'homme donc ne sépare ims ce que Dieu a joint. 10 Lorsqu'ils furent dans la mai- son, les disciples l'interrogèrent 11 encore là-dessus. Il leur dit: Celui qui répudie sa femme, et qui en épouse une autre, commet 12 adultère à son égard ; et si une femme quitte son mari, et en épouse un autre, elle coiumet adidtère. 13 On lui amena des petits en- fants, afin qu'il les toTichât. Mais les disciples repoiissèrent ceiix 14 qui les amenaient. Jésus, voyant cela, fut indigné, et leur dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royamne de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. 15 Je vous le dis en vérité, quicon- que ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant 16 n'y entrera point. Puis il les embrassa, et les bénit, en leur imposant les mams. 17 Comme Jésus se mettait en chemin, un homme accom-ut, et, se jetant à genoux devant lui : Bon maître, lui demanda-t-il, que dois-je faire pour hériter la 18 vie éternelle ? Jésus lui dit : Pourquoi m'api^elles-tu bon ? Il 19 n'y a de bon que Dieu seul. Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d'adultère ; tu ne tueras jîoint ; tu ne déro- beras point ; tu ne diras point de faux témoignage ; tu ne feras tort à personne; honore ton père 20 et ta mère. Il lui répondit : Maître, j'ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. Jésus. 21 l'ayant regardé, l'aima, et lui dit: Il te manque mie chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis- moi. Mais,aifligé de cette parole, 22 cet homme s'en alla tout triste ; car il avait de grands biens. Jésus, regardant autour de lui, 23 dit à ses disciples : Qu'il sera difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans le roy- aume de Dieu ! Les disciples 24 furent étonnés de ce que Jésus parlait ainsi. Et, reprenant, il leur dit : Mes enfants, qu'il est difficile à ceux qui se confient dans les richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus 25 facile à un chameau de passer par le trou d'mie aiguille qu'à un riche d'entrerdans le royaume de Dieu. Les disciples fm^ent 26 encore plus étonnés, et ils se dirent les uns aux autres : Et qui peut être sauvé? Jésus les 27 regarda, et dit : Cela est im- possible aux hommes, mais non à Dieu ; car tout est possible à Dieu. Pierre se mit à lui dire: Yoici, 28 nous avons tout quitté, et nous t'avons suivi. Jésus répondit : 29 Je vous le dis en vérité, il n'est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses soeurs, ou son père, ou sa mère, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au 30 centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des en- fants, et des terres, avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la vie éternelle. Plusieurs 31 des derniers seront les premiers, et plusieurs des premiers seront les derniers. Ils étaient en chemin, pour 32 61 Chap. 10, V. 32. MARC. Chap. 11, v. 2. raonter à Jérusalem, et Jésus allait devant eux. Les disciples étaient troublés, et le suivaient avec crainte. Et Jésus prit de nouveau les douze auprès de lui, et commença à leur dire ce 33 qui devait lui arriver : Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de riiomme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et 34 ils le livreront aux i)aïens, qui se moqueront de lui, le battront de verges, cracheront sur lui, et le feront mourir ; et, trois jours après, il ressuscitera. 35 Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s'approchèrent de Jésus, et lui dirent : Maître, nous voudrions que tu tisses pour nous ce que nous te demanderons. 30 II leur cîit: Que voulez-vous que 37 je fasse pour vous ? Accorde- nous, lui dirent-ils, d'être assis l'iui à ta droite et l'autre à ta gauche, quand tu seras dans ta Jésus leur •réi)ondit : Vovis ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coiq^e que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont 39 je dois être baptisé ? Nous le pouvons, dirent-ils. Et Jésus leur réi^ondit: Il est vrai (pie vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être 40 baptisé ; mais pour ce qui est d'être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu'à ceux 41 à cj[ui cela est réservé. Les dix, ayant entendu cela, commencè- rent à s'indigner contre Jacques 42 et Jean. Jésus les appela, et leur dit: Vous savez que ceux (pi'on regarde comme les chefs des nations les tyraimisent, et que les grands les dominent. 43 II n'en est pas de même au milieu de vous. Mais quiconque 38 gloire. veut être grand parmi vous sera votre serviteur ; et quiconque 44 veut être le premier parmi vous sera l'esclave de tous. Car le 45 Fils de l'homme est venu, non poiu" être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. Ils arrivèrent à Jéricho. Et, 4(5 lorsque Jésus en sortit, avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartiniée, mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. Il entendit 47 que c'était Jésus de Nazareth, et il se mit à crier: Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! Plusieurs le reprenaient, pour 48 le faire taire ; mais il criait beaucouj) plus fort : Fils de David, aie pitié de moi ! Jésus 49 s'arrêta, et dit : Appelez-le. Ils appelèrent l'aveugle, en lui di- sant : Prends courage, lève-toi, il t'appelle. L'aveugle jeta son 50 manteau, et vint en sautant vers Jésus. Jésus, prenant la parole, 51 lui dit : Que veux-tu que je te fasse? Ilabboimi^, lui répondit l'aveugle, que je recouvre la vue. Et Jésus lui dit : Va, ta foi 52 t'a sauvé. Aussitôt il recouvra la vue, et suivit Jésus dans le chemin. Entrée de Jésus à Jérusalem. — Le figuier maudit, — Les vendeurs chassés du temple. — Irritation des prêtres. Lorsqu'ils approchèrent de ^J Jérusalem, et qu'ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disci- l)les, en leur disant : Allez au 2 village qui est devant vous ; dès que vous y serez entrés, vous tiouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s'est encore assis ; détachez-le, et ' Kahhouni, c'est-à-dire, nwn maître. 62 ChAP. 11, Y. 2. 3 amenez-le. Bi tjuclqu'vni vouh* dit: Pourquoi faites-vous cela? répondez: Le Seigneur en a besoin. Et à Tinstant il le lais- sera venir ici. 4 Les discii)les, étant allés, trouvèrent 1 anon attaché dehors près d'inie porte, au contour du chemin, et ils le détachèrent. 5 Quekiues-uns de ceux qui étaient là leur dirent : Que faites-vous ? pourcjuoi détachez-vous cet ânon? (i Ils répondirent comme Jésus lavait dit. Et on les laissa aller. 7 Ils amenèrent à Jésus l'ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et Jésus s'assit dessus. 8 Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d'autres des branches qu'ils y coupèrent dans les champs. Ceux qui précédaient et ceux qiii suivaient Jésus criaient : Ho- sannaM Béni soit celui (jui vient 10 au nom du Seigneiu- ! Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père! Hosanna dans les lieux très hauts ! 11 Jésus entra à Jérusalem, dims le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s'en alla à Béthanie avec les douze. 12 Le lendemain, après qu'ils furent soi'tis de Béthanie, Jésus 13 eiit faim. Apercevant de loin un tiguier (jui avait des feuilles, il alla voir s'il y trouverait quelque chose ; et, s'en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n'était pas la 14 saison des figues. Prenant alors la parole, il lui dit : Que jamais personne ne mange de ton fruit! Et ses disci))les l'entendirent. 15 Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux (pii vendaient et (jui achetaient dans le temple; MARC. Chap. II, v. 26. il renversa les tables des chan- geurs, et les sièges des vendeiu's 16 17 Hosanna, voy. note sur !Mattli. xxi. 9. de ingcons ' ; et il ne laissa per- sonne transporter aucun objet à travers le temple. Et il en- seignait et disait : N'est-il pas écrit : Ma maison sera appelée vme maison de prière poiu' toutes les nations ? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. Les chefs des prêtres et les 18 scribes, l'ayant entendu, cher- chèrent les moyens de le faire périr; car ils le craignaient, parce ({ue toute la foule était frappée de sa doctrine. Quand le soir fut venu, Jésus li) sortit de la ville. La 23iiissance de la foi. — L'autorité de Jésus. — Parabole des vignerous. — La pierre de ■ l'angle. Le matin, en passant, les dis- ciples virent le figuier séché jusqu'aux racines. Pierre, se rappelant ce qui s'était passé, dit à Jésus : Eabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché. Jésus prit la parole, et leur dit : Ayez foi en Dieu. Je vous le dis en vérité, si quelqu'iui dit à cette montagne : Ote-toi de là et jette-toi dans la nier, et s'il ne doute point en son cœur, mais croit que ce (pi'il dit arri- vera,il le verra s'accomplir. C'est pourquoi je vous dis : Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevrez, et voiis le verrez s'accomplir. Et, lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quclqu'mi, pardon- nez, afin que votre Père (jui est dans les cicux vous pardonne atissi vos offenses. [Mais si vous 26 ne pardomiez ])as. votre Père cieux ne vous non i)lus vos 20 21 22 23 24 9 .ri qui est dans les pardonnera j)as offenses.] Pigeons, voy. note sur Mattb. xxi. 12. (53 Chap. 11, V. 27. MARC. Chap. 12, v. 16. 27 Ils se rendirent de nouveau à Jérusalem, et, pendant que Jésus se promenait dans le temple, les chefs des prêtres, les scribes et les anciens, vinrent à 28 lui, et lui dirent : Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t'a donné l'autorité de les 29 faire ? Jésus leur répondit : Je vous adresserai aussi une ques- tion ; répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais 30 ces choses. Le baptême de Jean venait-il du ciel, ou des hommes? 31 Eépondez-moi. Mais ils rai- sonnèrent ainsi entre eux : Si nous répondons : Du ciel, il dira: Pourqiioi donc n'avez-vous 32 pas cru en lui ? Et si nous ré- pondons : Des hommes .... Ils craignaient le peuple, car tous tenaient réellement Jean pour 33 im prophète. Alors ils répon- dirent à Jésus : Nous ne savons. Et Jésus leur dit: Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses. 12 Jé'^ii'^ ^^ i"it ensuite à leur parler en paraboles. Un liomnie planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, creusa un pressoir \ et bâtit une tour ^ ; puis il l'atïei'ma à des vignerons, 2 et quitta le pays. Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d'eux une part du produit de la 3 vigne. S'étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à 4 vide. Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur ; ils le frappèrent à la tête, et l'outragè- 5 rent. Il en envoya rm troisième, qu'ils tuèrent ; puis plusieurs autres, qu'ils battirent ou tuè- 6 rent. Il avait encore un fils bien-aimé ; il l'envoya vers eux le dernier, en disant : Ils auront ^ Un pressoir, une tour, voy. notes sur Matth. XXI. 33. du respect pour uîon fils. Mais 7 ces vignerons dirent entre eux: Voici l'héritier; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous. Et ils 8 se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Maintenant, que fera le maître 9 de la vigne? Il viendra, fei-a périr les vignerons, et il donnera la vigne à d'autres. N'avez-vous pas lu cette parole 10 de l'Ecriture : La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle ; c'est du Seigneur que cela est 11 venu, et c'est un prodige à nos yeux ? Ils cherchaient à se saisir de 12 lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c'était pour eux qvie Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittè- rent, et s'en allèrent. Questions captieuses proposées à Jésus sur: — le tribut à César, — la résurrection, — le plus grand commandement. — De qui le Christ est-il fils ? — Les scribes censurés par Jésus. — La pauvre veuve. Ils envoyèrent auprès de Jésus 13 quelques-uns des pharisiens et des hérodiens \ afin de le sur- prendre par ses propres paroles. Et ils vinrent lui dire: Maîti"e, 14 nous savons que tu es vrai, et que tu ne t'inquiètes de per- sonne ; car tu ne regardes pas à l'apparence des hommes, et tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Est-il i^ermis, ou non, de payer le tribut à César ? De- vons-nous payer, ou ne pas payer? Jésus, connaissant leur hypocri- 15 sic, leur répondit : Pourquoi me tentez-vous ? Apportez-moi mi denier, afin que je le voie. Ils 16 en apportèrent un ; et Jésus leur demanda: De qui sont cette effigie et cette inscription? De 16. Hérodiens, voy. note sur Matth. xxii. 64 Chap. 12, V. i6. MARC. Chap. 12, v. 40. 17 César, lui répondirent-ils. Alors Jésus répondit: Voici le ])re- 29 il leur dit : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Et ils furent à son égard dans Tétonnenient. 18 Les sadducéens, qui disent qu'il n'y a point de résurrection, vinrent aiqjrès de Jésus, et lui lotirent cette question: Maître, voici ce que Moïse nous a pres- crit : 8i le frère de quelqu'un meurt, et laisse une fennno, sans avoir d'enfants, son frère épou- sera sa veuve, et suscitera une 20 postérité à son frère. Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mouriit, sans laisser 21 de postérité. Le second i^rit la veuve pour femme, et mourut, sans laisser de i^ostérité. Il en 22 fut de même du troisième, et aucun des sept ne laissa de pos- téi'ité. Après eux tous, la fenmie 23 mourut aussi. A la résurrection, duquel d'entre eux sera-t-elle la fennne ? Car les sept l'ont eue 24 pour femme. Jésus leur répon- dit : N'êtes-vous pas dans l'er- reur, parce que^ vous ne com- prenez ni les Ecritures, ni la 25 puissance de Die\i ? Car, à la résurrection des morts, les hommes ne prendront point de fenmies, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges 26 dans les cieux. Pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu, dans le livre de Moïse, ce que Dieu lui dit dans le buisson : Je suis le Dieii d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et 27 le Dieu de Jacob? Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants dans l'erreur. 28 Un des scribes, qui les avait entendus discuter, voyant que Jésus avait bien répondu aux sadducéens, s'approcha, et lui demanda : Quel est le premier de tous les commandements? Vous êtes grandement mier : Ecoute, Israël, le Sei- gneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur ; et : Tu aimeras le 30 Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton 31 prochain connue toi-même. Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là. Le scribe 32 lui dit : Bien, maître ; tu as dit avec vérité que Dieu est unique, et qu'il n'y en a point d'autre que lui, et que l'aimer de tout 33 son cœur, de toute sa pensée, de toute son âme, et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c'est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices. Jésus, voyant qu'il 34 avait répondu sagement, lui dit : Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. Et personne n'osa plus lui proposer des questions. Jésus, continuant à enseigner 35 dans le temple, dit : Comment les scribes disent-ils q\^e le Christ est fils de David ? David 3(i lui-même, animé par l'Esprit- Saint, a dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes einicniis ton marche- jjied. David lui-même l'appelle 37 Seigneur ; connnent donc est-il son fils? Et une grande foule l'écoutait avec plaisir. Il leur disait dans son en- 38 seignement : Gardez-vous des scribes, qui aiment à se pro- mener en robes longues, et à être salués dans les places l)ubli(pies ; qui recherchent les 39 premiers sièges dans les syna- gogues, et les premières places dans les festins ; qui dévorent 40 les maisons des veuves, et qui font ))our l'apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement. 65 T) Chap. 12, Y. 41. MARC. Chap. 13, v. 19. 41 Jésus, s'étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l'argent. Plusieurs 42 riches mettaient beaucoup. Il vint aussi une pauvre veuve, et elle y mit deux petites pièces \ 43 faisant un quart de sou^ Alors Jésus, s'adressant à ses discii>les, leur dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné jîlus qu'aucun de ceux qui ont mis 44 dans le tronc ; car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre. La destruction de Jérusalem et l'avènemeut du Fils de riiomme. — Exhortation à la vigilance. 1 Q Lorsque Jésus sortit du tem- ple, un de ses disciples lui dit: Maître, regarde, quelles pierres, 2 et quelles constructions ! Jésus lui répondit: Vois-tu ces grandes constructions ? Il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit ren- versée. ;{ Il s'assit s\ir la montagne des oliviers, en face du temple. Et Pierre, Jacques, Jean et André, lui firent eu particulier cette 4 question : Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que toutes ces choses vont s'accomplir? 5 Jésus se mit alors à leur dire: Prenez garde que personne ne 6 vous séduise. Car plusieurs vien- dront sous mon nom, disant : C'est moi. Et ils séduiront 7 beaucoup de gens. Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera 8 pas encore la fin. Une nation s'élèvera contre une nation, et ^ Grec deux lepton ; le lej)ton était la plus petite pièce de monnaie. " Ou qvAidrant, voy. note sur Matth. v. 26. un royaume contre un royaume; il y aura des tremblements de terre en divers lieux, il y aura des famines. Ce ne sera que le commencement des douleurs. Prenez garde à vous-mêmes. 9 On vous livrera aux tribunaux, et vous serez battus de verges dans les synagogues ; vous com- paraîtrez devant des gouverneurs et dcA'ant des rois, à cause de moi, pour leur servir de témoi- gnage. Il faut premièrement 10 que la bonne nouvelle soit prê- chée à toutes les nations. Quand 11 on vous enunènera pour vous livrer, ne vous inquiétez pas d'avance de ce que vous aurez à dire, mais dites ce qui vous sera donné à l'heure même ; car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit-Saint. Le frère 12 livrera son frère à la mort, et le père son enfant; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront moimr. Vous serez 13 haïs de tous, à cause de mon nom, mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. Lorsque vous verrez l'abomi- 14 nation de la désolation établie là où elle ne doit pas être, — que celui qui lit comprenne, — alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes ; que 15 celui qui sera sur le toif^ ne descende pas et n'entre pas pour prendre quelque chose dans sa maison ; et que celui qui sera 16 dans les champs ne retourne pas en arrière pour prendre ses vêtements. Malheur aux femmes 17 qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours- là ! Priez pour que ces choses 18 n'arrivent pas en hiver. Car 19 la détresse, en ces jours, sera telle qu'il n'y en a point eu de ' Le toit, construit en plate-forme, d'où l'on peut descendre sans pénétrer dans les ap- partements. 66 Chap. 13, V. 19. MARC. CiiAP. 14, V. 7. 20 21 ')>> 24 25 26 28 semblable depuis le coiiunciiee- ment du monde, (pie Dieu a créé, jusqu'à présent, et qu'il n'y en aiu'a jamais. Et, si le Sei- gneur n'avait abrégé ces jours, I^ersonne ne serait sauvé ; mais il les a abrégés, à cause des élus qu'il a choisis. Si quelqu'un vous dit alors : Le C'hrist est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas. Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes ; ils feront des prodiges et des miracles pour séduire les élus, s'il était possible. Soyez sur vos gardes : je vous ai tout annoncé d avance. Mais dans ces jours, après cette détresse, le soleil s'obscur- cira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances qui sont dans les cieiix seront ébran- lées. Alors on verra le Fils de riiomme venant sur les nuées avec ime grande puissance et avec gloire. Alors il enverra les anges, et il rassemblera les élus des quatre vents, de l'extrémité de la terre jusqu'à l'extrémité du ciel. Instruisez-vous par une comparaison tirée dir figuier. voyage, laisse sa maison, remet l'autorité à ses serviteurs, indi- (pie à chacim sa tâche, et ordonne au portier de veiller. Veillez 35 donc, car vous ne savez (piand viendra le maître de la maison, ou le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou le matin ; craignez qu'il ne vous 36 trouve endormis, à son arrivée sondaine. Ce (pie je vous dis, 37 je le dis à tous: Veillez. Histoire de la passiou. — Complot contre Jésus. — Parfum répandu sur sa tête à Béthanie. — Trahison de Judas. — Célébra- tion de la Pâque et institution de la sainte cène.- - Gethsémané. — Arrestation de Jésus. La fête de Pâque et des pains 1 ^ sans levain ^ devait avoir lien deiix jours après. Les chefs des prêtres et les scribes cherchaient les moyens d'arrêter Jésus p-dv ruse, et de le faire mourir. Car 2 ils disaient : Que ce ne soit i>as pendant la fête, afin qu'il n'y ait pas de tnnudte i)iuini le peuple. Comme Jésus était à Béthanie, 3 dans la maison de Simon le lépreux, luie femme entra, pen- dant (pi il se trouvait à table. 29 Dès (i[ue ses branches deviennent Elle tenait un vase d'albâtre, qui tendres, et que les fenilles pons- renfermait un parfum de nard sent, vous connaissez qne l'été j pur de grand prix ; et, ayant 31 32 33 34 est proche. De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils de l'homme est proche, à la porte. Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, (pie tont cela n'arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Pour ce rpii est du jour ou de l'heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. Prenez garde, veillez et priez ; car vous ne savez (piand ce temps viendra. Il en sera comme d'un homme (pii, partant pour un rompu le vase, elle répandit le ])arfum sur la tête de Jésus. Quel(ines-uns exprimèrent entre 4 eux leur indignation: A quoi bon perdre ce pai'lum? On aurait 5 pu le vendre jjIus de trois cents deniers, et les donner aux pau- vres. Et ils s'irritaient contre cette femme. Mais Jésus dit : 6 Laissez-la. Pour(pioi lui faites- vous de la peine? Elle a fait une bonne action à mon égard; car vous avez toujours des 7 pauvres avec vous, et vous pour- rez leur faire du bien (juand 67 Voy. note sur ilattli. xxvi. 17. D 2 Chap. 14, V. 7. MARC. Aous voudrez, mais vous ne 8 m'aurez pas toujours. Elle a fait ce qu'elle a pu ; elle a d'avance eiiibaunié mon corps 9 poiir la sépulture. Je vous le dis en vérité, partout oti la bonne nouvelle sera prêcliée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu'elle a fait. 10 Judas Iscariot, l'un des douze, alla vers les chefs des prêti'es, 11 afin de leur livrer Jésus. Après l'avoir entendu, ils fvirent dans la joie, et promirent de lui donner de l'argent. Et Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer. 12 Le premier jour des pains sans levain, où l'on immolait la Pâque\ les disciples de Jésus lui dirent : Où veux-tu que nous allions te préparer la Pâque ? 13 Et il envoya deux de ses disci- ples, et leur dit: Allez à la ville; vous rencontrerez im homme portant une cruche d'eau, suivez- 14 le. Quelque part qu'il entre, dites au maître de la maison : Le maître dit : Où est le lieu où je mangerai la Pâque avec mes 15 disciples? Et il vous montrera une grande chambre haute, meu- blée et toute prête : c'est là que vous nous préparerez la Pâtiue. 10 Les disciples partirent, arrivèrent à la ville, et trouvèrent les choses comme il le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque. 17 Le soir étant venu, il arriva 18 avec les douze. Pendant qu'ils étaient à table et qu'ils mange- aient, Jésus dit: Je vous le dis en vérité, l'un de vous, qui mange 19 avec moi, me livrera. Ils com- mencèrent à s'attrister, et à lui dire, l'un après l'autre : Est-ce 20 moi ? Il leur réj^ondit : C'est l'un des douze, qui met avec La Pâque, l'agneau pascal. Chap. 14, v. plat. 33 Le 21 moi la main dans le Fils de l'homme s'en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à l'honune par qui le Fils de l'homme est livré! Mieux vaudrait i)our cet homme qu'il ne fût pas né. Pendant qu'ils mangeaient, 22 Jésus ])rit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant : Prenez, ceci est mon corps. Il 23 l)rit ensuite une coupe ; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, et ils en burent tous. Et 24. il leur dit : Ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui est répandii pour i)lusieurs. Je vous 25 le dis en vérité, je ne boirai plus jamais du fruit de la vigne, jusqu'au jour oii j'en boirai du nouveau dans le royaume de Dieu. Après avoir chanté les can- 26 tiques \ ils se rendirent à la montagne des oliviers. Jésus leur dit: Vous succom- 27 berez tous ; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées. Mais, après 28 que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. Pierre 29 lui dit : Quand tous succom- beraient, je ne succomberai pas. Et JésTis lui dit : Je te le dis en 30 vérité, toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Mais Pierre reprit plus 31 fortement : Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous diront la même chose. Ils allèrent ensuite dans un 32 lieu appelé Gethsémané -, et Jé- sus dit à ses disciples : Asseyez- vous ici, pendant que je prierai. Il prit avec lui Pierre, Jacques 33 Voy. note sur Matth. xxyi. 30. Voj'. note sur Matth. xxvi. 36. 68 Chap. 14, V. 33. MARC. et Jean, et il conunciica ù éprouver de la fi-ayeur et tles 34 angoisses. Il leur dit : Mon âme est triste jusqu'à la mort; restez 35 ici, et veillez. Puis, ayant fait quelques jjas en avant, il se jeta contre terre, et pria (pie, s'il était jiossible, cette heure s'éloi- 36 gnât de lui. Il disait : Abba \ Père, toutes choses te sont i^ossi- bles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je 37 veux, mais ce que tu veux. Et il vint vers les disciples, qu'il trouva endormis, et il dit à Pierre: Simon, tu dors! Tu n'as 38 pu veiller mic heure ! Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation ; l'esprit est bien disposé, mais la chair 39 est faible. Il s'éloigna de nou- 40 veau, et fit la même prière. Il revint, et les trouva encore en- dormis; car leurs yeux étaient appesantis. Ils ne surent que 41 lui répondre. Il revint pour la troisième fois, et leur dit : Dor- mez maintenant, et reposez-vous! C'est assez ! L'heure est venue ; voici, le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs. 42 Levez-vous, allons ; voici, celui qui me livre s'approche. 43 Et aussitôt, connue il parlait encore, arriva Judas, l'un des douze, et avec lui ime foule armée d'épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prê- tres, par les scril)es et par les 44 anciens. Celui qui le livrait leur avait donné ce signe : Celui que je baiserai, c'est lui ; saisissez-le, 45 et emmenez-le sûrement. Dès (|u'il fut arrivé, il s'approcha de Jésus, disant : Rabbi ! Et il le 46 baisa. Alors ces gens mirent les mains sur Jésus, et le saisirent. 47 Un de ceux qui étaient là, tirant l'épée, frappa le serviteur Abba, mot araméeu qui signi&e jpirc. Chap. 14, v. 60. dvi grand prêtre, et lui emporta l'oreille. Jésus, prenant la parole, leur 48 dit : Vous êtes venus, connue après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer- de moi. J'étais tous les jours 4!» parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez pas saisi. Mais, c'est afin que les Ecritures soient accomplies. Alors tous ' l'abandonnèrent, 50 et prirent la fuite. Un jeune homme le suivait, 51 n'ayant sur le corps qu'un vête- ment de nuit. On se saisit de lui ; mais il lâcha son vêtement, 5'i et se sauva tout nu. Jésus devant le saiihédriu présidé par Caiplie. — Condamnation. — Reniement de Pierre. Us ennnenèrent Jésus chez le 53 grand prêtre, où s'assemblèrent tous les chefs des prêtres, les anciens et les scribes. Pierre le 54 suivit de loin, jusque dans 1 inté- rieur de la cour du grand prêtre; il s'assit avec les serviteurs, et il se chauffait près du feu. Les chefs des ijrêtres et tout 55 le sanhédrin " cherchaient un témoignage contre Jésus, pour le faire mourir, et ils n'en trouvaient i)oint ; car plusieurs 56 rendaient de faux témoignages contre lui, mais les témoignages ne s'accordaient pas. Quelques- 57 uns se levèrent, et portèrent ini faux témoignage contre lui, di- sant: Nous l'avons entendu dire: 58 Je détruirai ce temple fait de main d'honnne, et en trois jours j'en bâtirai im autre qxii ne sera pas fait de main d homme. Même sur ce point-là leiu- té- 59 moignage ne s'accordait pas. Alors le grand prêtre, se levant 60 au uïilieu de l'assemblée, inter- rogea Jésus, et dit : Ne réjjonds- ' Tous, sous-entendu : les disciples. '" Le sanhédrin, voy. note sur Mattli. v. 22. 69 Chap. 14, V. 60. MARC. Chap. 15, v. 15. tu lien à te que ces lioinmes (il déposent contre toi? Jésus garda le silence, et ne répondit rien. Le grand prêtre l'interrogea de nouveau, et lui dit : Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni? (^2 Jésus répondit : Je le suis. Et vous verrez le Fils de l'homme assis à la droite de la pixissance de Dieu, et venant sur les nuées ()3 du ciel. Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, et dit : Quavons-nous encore besoin de 64 témoins? Vous avez entendu le blasphème. Que vous en semble? Tous le condamnèrent conmie 65 méritant la mort. Et quelques- v..ns se mirent à cracher sur lui, à lui voiler le visage, et à le frapper à coups de poing', en lui disant : Devine ! Et les servi- teurs le reçurent en lui donnant des soufflets. (>0 Pendant que Pierre était en bas dans la cour, il vint une des (i7 servantes du grand i^rètre. Voy- ant Pierre qui se chauffait, elle le regarda, et lui dit : Toi aussi, tu étais avec Jésus de Nazareth. 68 II le nia, disant : Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire. Puis il sortit pour aller dans le vestibule. Et le coq fil) chanta. La servante, l'ayant vu, se mit de nouveau à dire à ceux qui étaient présents : Celui-ci 70 est de ces gens-là. Et il le nia de nouveau. Peu après, ceux qui étaient présents dirent encore à Pierre : Certainement tu es de ces gens-là, car tu es Galiléen. 71 Alors il commença à faire des imprécations et à jurer: Je ne connais pas cet lionnne dont 72 vous pai-lez. Aiissitôt, pour la seconde fois, le coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois. Et il se mit à pleurer. Jésus devant Pilate, gouverneur romain. — Sentence de mort confirmée. — Outrages des soldats. Dès le matin, les chefs des 1g prêtres tinrent conseil avec les anciens et les scribes, et tout le sanhédrin. Après avoir lié Jésus, ils l'emmenèrent, et le livrèrent à Pilate '. Pilate l'interrogea : Es-tu le 2 roi des Juifs? Jésus lui répon- dit : Tu le dis. Les chefs des 3 prêtres portèrent contre lui plu- sieurs accusations. Pilate Tinter- 4 rogea de nouveau : Ne réponds- tu rien ? Vois de combien de choses ils t'accusent. Et Jésus 5 ne fit plus aucune réponse, ce qui étonna Pilate. A chaque fête, il relâchait un 6 prisonnier, celui que demandait la foule. 11 y avait en prison un 7 nommé lîarabbas avec ses com- plices, pour un meurtre qu'ils avaient commis dans vme sé- dition. La foule, étant montée ^ 8 se mit à demander ce qu'il avait coutume do leur accorder. Pi- 9 late leur répondit: Voidez-vous que je vous relâche le roi des Juifs? Car il savait qxie c'était 10 par envie que les chefs des prêtres l'avaient livré. Mais les 11 chefs des prêtres excitèrent la foule, afin que Pilate leur relâ- chât plutôt Barabbas. Pilate, 12 reprenant la parole, leur dit: Que voulez-vous donc que je fasse de celui que vous appelez le roi des Juifs? Ils crièrent de 13 nouveau: Crucifie-le! Pilate leur 14 dit : Quel mal a-t-il fait ? Et ils crièrent encore plus fort: Cru- cifie-le ! Pilate, voulant satisfaire 15 la foule, leur relâcha Barabbas ; et, après avoir fait battre de ^ Filate, \oy. note sur ]\Iatth. xxvii. 2. ■ F.tant montée ; le palais de Pilate était dans la partie supérieure de la ville, sur la colline de Sion. 70 Chap. 15, V. 15. MARC il ie livra pour Chap. 15, v. 41. 16 17 verges Jésii.^, être crucitié. Les soldats conchxisirent Jésus daus l'intérieur de la cour, c'est- à-dire, dans le prétoire \ et ils assemblèrent toute la cohorte \ Ils le revêtirent de pourpre ', et posèrent sur sa tête une couronne d'épines, qu'ils avaient tressée. 18 Puis ils se mirent à le saluer: 19 Salut, roi des Juifs ! Et ils lui frap])aient la tête avec un roseau, crachaient siu' lui, et, fléchissant les genoux, ils se prosternaient 20 devant lui. Après s'être ainsi niocpiés de lui, ils lui ôtèrent la poiu'pre, lui remirent ses vête- ments, et l'emmenèrent povir le crucifier. Jésus crucifié. 21 Ils forcèrent à porter la croix de Jésus un passant qui revenait des champs, Simon de Cyrène ", père d'Alexandre et de Rufus ; 22 et ils conduisirent Jésus au lieu nommé Golgotha, ce qui signifie 23 lieu du crâne. Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de myrrhe, mais il ne le prit j^as. 24 Ils le crucifièrent, et se par- tagèrent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir ce que chacun 25 aurait. C'était latroisièmelleure^ quand ils le crucifièrent. L'inscription indiquant le sujet de sa condamnation jjortait ces mots : Le roi des Juifs. Ils crucifièrent avec lui deux brigands, l'un à sa droite, et 28 l'autre à sa gauche. [Ainsi fut accompli ce que dit l'Écritiire : Il a été mis au nombre des mal- faiteurs.] Les passants l'injuriaient, et secouaient la tête, en disant : Hé ! toi qui détruis le temjjle, et qui le rebâtis en trois jours, ' Voy. notes sur Matth. xxvii. 27, 28. ^ Voy. note sur Matth. xxvii. 32. ' Neuf heures du matin. 26 27 29 33 sauve-toi toi-même, en descen- 30 dant de la croix ! Les chefs des 31 prêtres aussi, avec les scribes, se moquaient entre eux, et di- saient: Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même ! Que le Christ, le roi d'Israël, 32 descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions ! Ceux qui étaient crucifiés avec lui l'insultaient aussi. La sixième heure ^ étant venue, il y eut des ténèbres sur toute hi teiTe, jusqu'à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus s'écria d'une voix forte : Éloï, Éloï, lama sabachthani ? ce qui signifie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu al)andonné ? Quelques-ims de ceux qui é- 35 talent là, l'ayant entendu, dirent : Voici, il appelle Élie. Et l'un 3G d'eux courut remplir une éponge de vinaigre, et, l'ayant fixée à un roseau, il lui donna à boire, en disant : Laissez, voyons si Élie viendra le descendi-e. Mais Jésus, ayant poussé im 37 grand cri, expira. Le voile' du temple se déchira 38 en deux, depuis le haut jusqu'en Le centenier, qui était en face 39 de Jésus, voyant qu'il avait expiré de la sorte, dit: Assurément, cet honnne était Fils de Dieu. Il y avait aussi des femmes 40 qui regardaient de loin. Parmi elles étaient Marie de Magdala^, Marie, mère de Jacques le mineur et de Joses, et Salomé *, qui le suivaient et le servaient 41 lorsqu'il était en Galilée, et plusieurs autres qui étaient montées avec lui à Jérusalem. ' Midi. ' Le voile, voy. note sur Matth. xxvii. 51. ' Marie de Maijdala, voy. note sur Matth. XXVII. 5fi. ■* tSalomê, mère de Jacques et de Jean, les fils de Zébédée. ■1 Chap. 15, y. 42. MARC. Chap. 16, v. 20. Le corps de Jésus mis dans im séi^ulcre. 42 Le soir étant venu, — comme c'était la préparation \ c'est-à- 43 dire, la veille du sabbat, — arriva Joseph d'Arimathée, conseiller de distinction, qui lui-même attendait aussi le royaiune de Dieu. 11 osa se rendre vers Pilate, pour demander le corps 44 de Jésus. Pilate s'étonna qu'il fût mort sitôt, fit venir le centenier, et lui demanda s'il 45 était déjà mort. S'en étant assuré par le centenier, il donna le corps 46 à Joseph. Et Joseph, ayant acheté un linceul, descendit Jé- sus de la croix, l'enveloppa du linceul, et le déposa dans lui sépulcre taillé dans le roc. Piiis il roula une pierre à l'entrée du 47 sépulcre. Marie de Magdala, et Marie, mère de Joses, regar- daient où on le mettait. Résurrection et ascension de Jésus-Christ. 1 A Lorsque le sabbat fut passé, Marie do Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, ache- tèrent des aromates, afin d'aller' 2 embaumer Jésus. Le i^remier jour de la semaine, elles se rendirent au sépulcre, de grand matin, conmic le soleil venait de 3 se lever. Elles disaient entre elles: Qui nous roulera la pierre 4 loin de l'entrée du sépulcre? Et, levant les yeux, elles aperçurent que la pierre, qui était ti'ès 5 grande, avait été roulée. Elles entrèrent dans le sépulcre, virent un jeune homme assis à droite, vêtu d'ime robe blanche, et elles 6 furent épouvantées. 11 leur dit: Ne vous épouvantez pas ; vous cherchez Jésiis de Nazareth, qui a été crucifié ; il est ressuscité, il n'est point ici; voici le lieu où 7 on l'avait mis. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu'il ' La 2>réparation, voy. note sur Matth. xxvn. 62. VOUS précède en Galilée : c'est là que VOUS le verrez, comme il VOUS l'a dit. Elles sortirent du 8 sépulcre et s'enfuirent. La pein- et le trouble les avaient saisies ; et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur etfroi. [Jésus, étant ressuscité le ma- 9 tin du premier jour de la semaine, apparut d'abord à Marie de Mag- dala, de laquelle il avait chassé sept démons. Elle alla en porter 10 la nouvelle à ceux qui avaient été avec lui, et qui s'affligeaient et pleuraient. Quand ils enten- 11 dirent qu'il vivait,et qvi'elle l'avait vu, ils ne le crurent point. Après cela, il apparut, sous 12 une autre forme, à deux d'entre eux qui étaient en chemin pour aller dans les champs. Ils re- 13 vinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crm'ent pas non plvis. Enfin, il apparut aux onze, 14 pendant cpi'ils étaient à table ; et il leur reprocha leur incré- dulité et la dureté de leur cœur, l^arce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité. Puis il leur dit: Allez par tout 15 le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute créature. Celui 1 3 rappelât. Zacharie demanda des tablettes, et il écrivit: Jean est son nom. Et tous furent dans (34 l'étonnement. Au mônïe instant, sa boiiche s'ouvrit, sa langue se délia, et il parlait, bénissant (iS Dieu. La crainte s'empara de to\is les habitants d'alentour, et, dans toutes les montagnes de la Judée, on s'entretenait de ces (3(3 choses. Tous ceux qui les ap- l)rirent les gardèrent dans leur cœur, en disant : Que sei-a donc cet enfant? Et la main du Sei- gneur était avec lui. (37 Zacharie, son père, fut rempli du Sai)it-Esprit, et il i)ro23hétisa, en ces mots : Béni soit le Seigneur, le Dieu (58 d'Israël, de ce qu'il a visité et racheté son jjeuple, et nous a (3!» suscité un puissant Sauveur ' dans la maison do David, son serviteiu-, connue il l'avait an- 70 nonce par la bouche de ses saints prophètes des temps an- ciens,— im Sauveur^ qui nous 71 délivrera de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent ! Béni soit le Seigneur 72 de ce qu'il daigne ainsi manifester sa miséricorde envers nos pères, et se souvenir de sa sainte alli- ance, selon le serment par lequel 7.3 il avait juré à Abraliam, notre père, de nous permettre, après 74 que nous serions délivrés de la main de nos ennemis, de le servir sans crainte, en marchant 75 devant lui dans la sainteté et dans la justice, tous les jours de notre vie! Et toi, petit enfant, 7(i tu seras appelé prophète du Très-Haut. C'ar tu marcheras devant la face du Seigneiu-, pour préparer ses voies, afin de donner 77 à son pexiple la connaissance du salut par le pardon de ses pécliés, grâce aux entrailles de la misé- 78 ricorde de notre Dieu, en vertu de laquelle le soleil levant nous a visités d'en haut, pour éclairer 7!) ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour diriger nos pas dans le chemin de la paix. Or, l'enfant croissait, et se for- 80 tihait en esprit. Et il demeura dans les déserts, jusqu'au jour où il se présenta devant Israël. Naissance de Jc-sus-Cln-ist. — Les bergers de Bethléhem. En ce temps-là, parut un édit O de César Auguste, ordonnant un ' Grec une corne de salut. ' Grec uii salut. I) 4 Chap. 2, V. I. LUC. Chap. 2, v. 27. recensement de toute la terre. 2 Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gou- 3 verneur de Syrie. Tous allaient se faii'e inscrire, chacun dans sa ville. 4 Joseph aussi monta de la Gali- lée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David apj^elée Bethléhem, parce quïl était de la maison et 5 de la famille de David, afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. (i Pendant qu'ils étaient là, le temps où Maiie devait accoucher 7 arriva, et elle enfanta son fils premier-né. Elle l'emmaillotta, et le coucha dans une crèche, parce qu'il n'y a^ait pas de place pour eux dans l'hôtellerie. 8 II y avait, dans cette même contrée, des bergers qui pas- saient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs 9 troupeaux. Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit sur eux. Ils furent saisis d'une 10 grande frayeur. Mais l'ange leur dit : Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nou- velle, qui sei-a pour tout le peuple 11 le sujet d'une grande joie : c'est qu'aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. 12 Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez : vous trouverez un enfant emmaillotté et couché dans une crèche. 13 Et soudain il se joignit à l'ange une midtitude de l'armée céleste, 14 louant Dieu et disant: Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre parmi les hommes qu'il agrée ! 15 Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dii-ent les uns aux autres : Allons- jusqu'à Beth- léhem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a tait connaître. Ils y allèrent 16 en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. Après 17 l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au siijet de ce petit .enfant. Tous ceux qui les 18 entendirent furent dans l'éton- nement de ce que leur disaient les bergers. Marie gardait toutes 19 ces choses, et les repassait dans ■ son cœur. Et les bergers s'en 20 retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, et qui était con- forme à ce qui leur avait été annoncé. Jésus présenté au Seigneur dans le temple de Jérusalem. — Cantique de Siméon. — Anne la iirophétesse. — Retour à Nazaretli. Le huitième jour, auquel l'en- 21 faut devait être circoncis, étant arrivé, on lui donna le nom de Jésiis, nom qu'avait indiqué l'ange avant qu'il fût conçu dans le sein de sa mère. Et, quand 22 les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, Joseph et Marie le portè- rent à Jérusalem, pour le pré- senter au Seigneur, — suivant ce 23 qui est écrit dans la loi du Seigneur : Tout mâle premier- né sera consaci'é au Seigneur, — et pour offrir en sacrifice deux 24 toui'terelles ou deux jeunes pi- geons, connue cela est prescrit dans la loi du Seigneur. Et voici, il y avait à Jérusalem 25 un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël, et l'Esprit-Saint était sur lui. Il avait été divinement averti 26 par le Saint-Esjjrit qu'il ne moiu'- rait point avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint au 27 temple, poussé par l'Esprit. Et, 76 Chap. 2, V. 27. LUC. Chap. 3, v. i. coimiic les parents apportiiieiit le petit entant Jésus, pour ac- complir à son égard ce (]n"ordon- 28 nait la loi, il le reçut dans ses bras, bénit Uieu, et 8 il se rendit à la maison de Si- mon. La belle-mère de Simon avait une violente fièvre, et ils le 80 Chap. 4, ^ . 38. LUC. Chap. 5, v. 17. 39 prièrent en «a faveur. S'étant penché sur elle, il menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. A l'instant elle se leva, et les servit. 40 Ajjrès le coucher du soleil, tous ceux qui avaient des ma- lades atteints de diverses mala- dies les lui amenèrent. Il imi^osa les mains à chacun d'eux, et il 41 les guérit. Des démons aussi sortirent de beaucoup de per- sonnes, en criant et en disant : Tvi es le Fils de Dieu. Mais il les menaçait et ne leur permettait pas de parler, parce qu'ils savaient qu'il était le Christ. 42 Dès que le jour parut, il sortit et alla dans un lieu désert. Une foule de gens se mirent à sa recherche, et arrivèrent jusqu'à lui ; ils voulaient le retenir, afin 43 qu'il ne les (juittât point. Mais il leur dit: Il faut aussi que j'annonce aux autres villes la bomie nouvelle du royaume de Dieu ; car c'est pour cela que 44 j'ai été envoyé. Et il prêchait dans les synagogues de la Ga- lilée. Pêche miraculeuse. — Vocation de trois dis- ciples.— Guérison d'un lépreux, — d'un para- lytique.— Vocation de Lévi (Matthieu). — Question sur le jeûne. Q Connue Jésus se trouvait au- près du lac de Génésareth, et que la fo\de se pressait autour de lui poiir entendre la parole 2 de Dieu, il vit au bord du lac deux barques, d'où les pêcheurs étaient descendus pour laver 3 leurs filets. Il monta dans l'une de ces barques, qui était à Simon, et il le i)ria de s'éloigner un peu de terre. Puis, s'étant assis, il enseigna la fotde de la barque. 4 Lorsqu'il eut cessé de parler, il dit à Simon: Avance en j^leine eau, et jetez vos filets pour 5 pêcher. Simon lui répondit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit, sans rien ])rendre ; mais, sur ta parole, je jetterai le filet. L'ayant jeté, ils prirent 6 une grande quantité de i^oissons, et leur filet se rompait. Us firent 7 signe à leurs comi^agnons qui étaient dans l'autre Ijarcpie de venir les aider. Ils vinrent, et ils remplirent les deux barques, au ])oint qu'elles enfonçaient. Quand il vit cela, Simon Pierre 8 tomba aux genoux de Jésus, et dit : Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur. Car l'épouvante l'avait 9 saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à caiise de la liêche (lu'ils avaient faite. Il en était 10 de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Alors Jésus dit à Simon : Ne crains point ; désormais tu seras pêcheur d'hommes. Et, 11 ayant ramené les barques à terre, ils laissèrent tout, et le suivi- reiit. Jésus était dans une des villes^; 12 et voici. Tin homme couvert de lèpre, l'ayant vu, tomba sur sa face* et lui fit cette prière : Sei- gnciir, si tu le veux, tu peux me rendre pur. Jésus étendit la 13 main, le toucha, et dit : Je le veux, sois pur. Aussitôt la lèpre le quitta. Puis il lui ordonna 14 de n'en parler à personne. Mais, dit-il, va te montrer au ])rêtre, et offre pour ta j)urification ce que Moïse a prescrit, afin que cela leur serve de témoignage. Sa renonmiée se répandait de 15 plus en plus, et les gens veuiiient eu foule pour l'entendre et pour être guéris de leiu's maladies. Et lui, il se retii'ait dans les 16 déserts, et jjriait. Un jour Jésus enseignait. Il 17 y avait là des pharisiens et des docteiu's de la loi, venus de tous Sous-entendu : de la Galilée. 81 Chap. 5, V. 17. LUC. Chap. 6, v. i. les villages de la Galilée, de la Judée et de Jérusalem ; et la puissance dw Seigneur se mani- 18 festait par des guérisons. Et voici, des gens, portant sur im lit un homme qui était para- lytique, cherchaient à le faire entrer et à le placer sous ses 19 regards. Comme ils ne savaient par où l'introduire, à cause de la foule, ils montèrent sur le toit, et ils le descendirent par une ouverture \ avec son lit, au milieu de l'assemblée, devant 20 Jésus. Voyant leur foi, Jésus dit : Homme, tes péchés te sont 21 i)ardonnés. Les scribes et les pliarisiens se mirent à raisonner et à dire : Qui est celui-ci, qui profère des blasi^hèmes? Qui peut pardonner les péchés, si ce 22 n'est Dieu seul? Jésus, con- naissant leurs pensées, prit la parole et leur dit : Quelles i3en- sées avez-vous dans vos cœurs? 23 Lequel est le plus aisé, de dire : Tes péchés te sont pardonnes, ou de dire : Lève-toi, et marche? 24 Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le poxivoir de imrdonner les pé- chés : Je te l'ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton 25 lit, et va dans ta maison. Et, à l'instant, il se leva en leur présence, prit le lit sur lequel il était couché, et s'en alla dans sa 26 maison, glorifiant Dieu. Tous é- taient dans rétonnement,et glori- fiaient Dieu ; remplis de crainte, ils disaient: Nous avons vu au- jourd'hui des choses étranges. 27 Après cela, Jésus sortit, et il vit un publicain, nommé Lévi ^, assis au lieu des péages.. Il lui dit : 28 Suis-moi. Et, laissant tout, il se leva, et le suivit. ' Par une ouverture, grec par les tuiles. Comj). Marc il. 4. ' Lévi, le même que Matthieu. Comj^. Matth. IX. 9. Lévi lui donna un grand festin 29 dans sa maison, et beaucouj:) de 2)ublicains et d'autres jjersonnes étaient à table avec eux. Ijcs 30 pharisiens et les scribes mur- murèrent, et dirent à ses dis- ciples : Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les gens de mauvaise ^'ie ? Jésus, prenant la parole, leur 31 dit : C^e ne sont pas ceux qvii se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis j^as venu appeler 32 à la repentance des justes, mais des pécheiu's. Ils lui dirent : Les disciples 33 de Jean, comme ceux des pha- risiens, jeûnent fréqi;emment et font des prières, tandis que les tiens mangent et boivent. Il 34 leur réj^ondit: Pouvez-vous faire jeiuier les amis de l'époux, pendant que l'époux est avec eux? Les jours viendront où 35 l'époux leur sera enlevé, alors ils jeûneront en ces jours-là. Il leur dit aussi une parabole : 36 Personne ne déchire d'un habit neuf un morceau pour le mettre à un vieil habit ; autrement, il déchire l'habit neuf, et le mor- ceau qu'il en a pris n'assortit pas au vieux. Et personne ne 37 met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fait rompre les outres, il se répand, et les outres sont perdues; mais il faut mettre 38 le vin nouveau dans des outres neuves. Et personne, après 39 avoir bu du vin vieux, ne veut du nouveau, car il dit : Le vieux est bon. Les épis de blé et le sabbat. — L'homme qui a la mp,in sèche. — Choix des douze apôtres. Il arriva, un jour de sabbat Q appelé second - premier \ que ' Second-premier, terme dont ou ignore le sens précis. 82 Chap. 6, V. I. LUC. Chap. G, v. 23. Jésiis travers!! des champs de blé. Ses disciples arrachèrent des épis, et les iiiaiigèrent, après les avoir froissés dans leurs 2 mains. Quelques pharisiens leur dirent : Pourquoi faites-vous ce qu'il n'est jms permis de faire 3 pendant le sabbat ^ ? Jésus leur répondit : N'avez-vous pas lu ce qiie fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui ; 4 comment il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de pro- liosition, en mangea, et en donna à ceux qui étaient avec lui, bien qu'il ne soit permis qu'aiix prê- 5 très de les manger " ? Et il leur dit : Le Fils de l'honnne est maître même dii sabbat. 6 II arriva, un autre jour de sabbat, que Jésus entra dans la synagogue, et qu'il enseignait. Il s'y trouvait un homme, dont 7 la main droite était sèche. Les scribes et les pharisiens obser- vaient Jésus, pour voir s'il ferait une guérison le jour du sabbat : c'était afin d'avoir sujet de l'ac- 8 cuser. Mais il connaissait leurs pensées, et il dit à l'homme qui avait la main sèche : Lève-toi, et tiens-toi là au milieu. Il se 9 leva, et se tint debout. Et Jésus leur dit : Je vous demande s'il est permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver ime personne 10 ou de la tuer. Alors, prome- nant ses regards^ sur eux tous, il dit à l'honnne: Etends ta main. Il le fit, et sa main fxit guérie. 11 Ils furent remplis de fureur, et ils se consultèrent sur ce qu'ils feraient à Jésus. 12 En ce tenq)s-là, Jésus se rendit sur la montagne pour ])rier, et il passa toute la nuit à prier ' Voyez note sur Matth. xii. 1 et 2. " Voyez le trait liistorique 1 Sam. xxi. 1-6, et la loi sur les pains tle proposition Lév. XXIV. 5-9. Dieu. Quand le joxir parut, il 1.3 ai)pela ses disciples, et il en choisit douze, auxquels il donna le nom d'apôtres: Bimon, qu'il nomma Pierre; 14 André, son frère; Jacques; Jean; Philil^pe; Barthélémy; Matthieu; 15 Thomas; Jacques, fils d'Alphée; Sin)on, appelé le zélote; Jude, 16 fils de Jacques ; et Judas Isca- riot, qui devint traître \ Il descendit avec eux, et s'ar- 17 rêta dans une plaine, où se trouvaient une foule de ses dis- cij^les, et une multitude de pexiple de totito la Judée, de Jérusalem, et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus pour l'enten- dre, et pour être guéris de leurs maladies. Ceux qui étaient toitr- 18 mentes par des esprits impurs étaient guéris. Et toxite la foule 19 cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous. Sermon sur la montagne. — Les béatitudes. — Préceptes divers; — l'amour des ennemis ; — les jugements téméi'aifes ; — la paille et la poutre ; — l'arbre et son fruit ; — la maison bâtie sur le roc. Alors Jésus, levant les yeux 20 sur ses disciples, dit : Heureux vous qui êtes pau- vres, car le royaume de Dieu est à vous ! Heureux vous qui avez faim 21 maintenant, car vous serez ras- sasiés ! Hem-eux vous qui jdeurez maintenant, car vous serez dans la joie! Heureux screz-vous, lorsque 22 les hommes vous haïront, lors- qu'on vous chassera, vous ou- tragera, et qu'on rejettei'a votre nom connue infâme, à cause du Fils de l'homme ! Eéjouis- 23 sez-vous en ce jour-là et tres- Vov. notes sur Matth. x. 2-4. 83 ChAP. ij, V. 23. LUC. Chap. 6, V. 45. saillez d'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans le ciel ; car c'est ainsi que leurs pères traitaient les pro- phètes. 24 Mais, malhevir à vous, riches, car vous avez votre consolation! 25 Malheur à vous qui êtes ras- sasiés, car vous aurez faim ! Malheur à vous qui l'iez main- tenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes ! 26 Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c'est ainsi qu'agissaient leurs pères à l'égard des faux pro- phètes ! 27 Mais je vous dis à vous qui îu'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous 28 haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui 29 vous maltraitent. Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente- lui aussi l'autre. Si quelqu'un prend ton manteau, ne l'em- pêche pas de prendre encore 30 ta tunique. Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas ton bien à celui qui s'en empare. 31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous,faites- 32 le de même pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux 33 qui les aiment. Si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saui'a-t-on? Les pécheurs aussi de même. Et si vous prêtez à ceux de qui vous es- pérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on? Les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin 35 de recevoir la pareille. Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sei'a grande, et vous serez fils dxi Très-Haut, car il est bon pour les ingrats 34 agissent et pour les méchants. Soyez 30 donc miséricordievix, comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez point, et vous no 37 serez point jugés; ne condamnez point, et vous ne serez j^oint condamnés ; absolvez, et vous serez absous. Donnez, et il 38 vous sera donné : on versera dans votre sein ^ luie bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde; car on vous mesurera avec la mesure dont vous vous serez servis. Il leur dit aussi cette para- 39 bole : Un aveugle peut-il con- duire un aveugle ? Ne tombe- ront-ils pas tous deux dans une fosse ? Le disciple n'est pas j^lns que 40 le maître ; mais tout disciple ac- compli sera connue son maître. Pourquoi vois-tu la paille qui 41 est dans l'œil de ton frère, et n'ai^erçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment 42 peux-tu dire à ton frère : Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite, ôte première- ment la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille qui est dans l'œil de ton frère. Ce n'est pas un bon arbre 43 qui porte du mauvais fruit, ni un mauvais arbre qui porte du bon fruit. Car chaque arbre se 44 connaît à son fruit. On ne cueille pas des figues sur des épines, et l'on ne vendange pas des raisins sur des ronces. L'homme bon tire de bonnes 45 choses du bon trésor de son cœur, et le méchant tire de mauvaises choses de son mauvais ' Dans votre sein, dans les plis formés par le vêtement au-dessus de la ceinture. Ici langage figuré. 84 Chap. g, V. 45. LUC. trésor: car c'est de laboiulance du cœur que la boiiche parle. 46 PoTuquoi m'appelez-vous Sei- gneur, Seigneur! et ne faites- 47 vous i^as ce que je dis? Je ^()us montrerai à qui est sem- blable tout homme qui vient à moi, entend mes paroles, et les 48 met en pratiqiTC. Il est sem- blable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé bien avant, et a j^osé le fonde- ment sur le roc. Une inonda- tion est venue, et le torrent s'est jeté contre cette maison, sans pouvoir l'ébranler, parce qu'elle 49 était bien bâtie. Mais celui qui entend, et ne met pas en pra- tique, est semblable à mi homme qui a bâti une maison sur la terre, sans fondement. Le tor- rent s'est jeté contre elle: aussi- tôt elle est tombée, et la ruine de cette maison a été grande. Guérison du serviteur d'uu centenier. — Eésurrection du fils de la veuve de Nain. — Message de Jean-Baptiste auprès de Jésus. — -Témoignage sur Jean-Baptiste. — La pécheresse pardonnée. ces ^7 Après avoir achevé tous discours devant le peuple qui l'écoutait, Jésus entra dans Ca- pernaum. 2 Un centenier^ avait un ser- viteur auquel il était très attaché, et qui se trouvait malade, sur 3 le point de mourir. Ayant en- tendu parler de Jésus, il lui envoya quelques anciens des Juifs, pour le prier de venir 4 guérir son serviteur. Ils arrivè- rent auprès de Jésus, et lui adressèrent d'instantes suppli- cations, disant : Il mérite que 5 tu lui accordes cela: car il aime notre nation, et c'est lui qui a 6 bâti notre synagogue. Jésus, étant allé avec eux, n'était guère de la maison, quand le éloigné Chap. 7, v. 17. envoya des amis jjour Seigneur, ne prends Centenier, voy. note sur Matth. viii. 5. centenier lui dire : pas tant de peine ; car je i\e suis pas digne que tu entres sous mon toit. C'est aussi pour cela 7 que je ne me suis pas cru digne d'aller en personne vers toi. Mais dis un mot, et mon ser- viteur sera guéri. Car, moi qui 8 suis soumis à des supérieurs, j'ai des soldats sous mes ordres; et je dis à l'un : Ya ! et il va ; à l'autre: Viens! et il vient: et à mon serviteur: Fais cela! et il le fait. Lorsque Jésus en- 0 tendit ces j^aroles, il admira le centenier. et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit : Je vous le dis, môme en Israël ' je n'ai pas trouvé une aussi grande foi. De retoiu- à la 10 maison, les gens envoyés })ar le centenier trouvèrent guéri le serviteiu" cpii avait été malade. Le jour suivant, Jésus alla 11 dans une ville appelée Nain ^ plusieiirs de ses discijDles et une grande foule faisaient route avec lui. Lorsqu'il fut près de 12 la porte de la ville, voici, on portait en terre un mort, fils - unique de sa mère qui était veuve ; et il y avait avec elle beaucoup de gens de la ville. Le Seigneur, l'ayant vue, fut 13 éniTi de compassion j^our elle, et lui dit: Ne pleure pas! Il 14 s'approcha, et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s'arrôtè- rent. Il dit : Jeune homme, je te le dis, lève-toi ! Et le mort 15 s'assit, et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère. Tous fu- IG rent saisis de crainte, et ils glorifièrent Dieu, disant : Un grand prophète a paru parmi nous, et Dieu a visité son peu- ple. Cette parole sur Jésus se 17 En Israël, voy. note sur Jlattli. vin. 10. Xaiii, non loin de Nazareth. 85 Chap. 7, V. 17. LUC. Chap. T, v. 39. répandit dans tonte la Judée et dans tout le pays d'alentour. 18 Jeaniifut informé de toutes ces 19 choses par ses disciples. Il en appela deux, et les envoya vers Jésus, pour lui dire: Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous 20 en attendre un autre ? Arrivés auprès de Jésus, ils dirent: Jean- Baptiste nous a envoyés vers toi, pour dire : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en atten- 21 dre un autre? A l'heure même, Jésus guérit plusieurs personnes de maladies, d'infirmités, et d'esprits malins, et il rendit la 22 vue à plusieurs aveu^gles. Puis il leur répondit: Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds enten- dent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux 23 pauvres. Heureux celui pour qui je ne serai pas lUie occasion de chute ! 24 Lorsque les envoyés de Jean furent partis, Jésus se mit à dire à la foule, au sujet de Jean : ^ Qu'êtes-vous allés voir au dé- sert? un roseau agité par le 25 vent ? Mais, qu'êtes-vous allés voir ? un homme vêtu d'habits l^récieux ^ ? Voici, ceux qui por- tent des habits magnifiques, et qui vivent dans les délices, sont 2() dans les maisons des rois. Quêtes- vous donc allés voir? im pro- phète? Oui, vous dis-je, et plus 27 qu'un prophète. C'est celui dont il est écrit : Voici, j'envoie mon messager devant ta face, i^our préparer ton chemin devant toi. 28 Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'est point de plus grand prophète que Jean. Cependant, le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand ' Frécietix, voy. note sur ilatth. xi. 8. que lui. Et tout le peu])le qui 29 l'a entendti et même les publi- cains ont justifié Dieu, en se faisant baptiser du baptême de Jean ; mais les pharisiens et les 30 docteurs de la loi, en ne se faisant pas baptiser par hii, ont rendu nul à leur égard le dessein de Dieu. A qui donc comj)arerai-je les 31 hommes de cette génération, et à qui ressemblent-ils? Ils res- 32 semblent aux enfants assis dans la place publique, et qui, se parlant les uns aux autres, disent: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ; nous vous avons chanté des com- plaintes, et vous n'avez pas pleuré. Car Jean-Baptiste est 33 venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites : Il a im démon. Le Fils 34 de l'homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : C'est un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des gens de mauvaise vie. Mais la sa- 35 gesse a été justifiée par tous ses enfants. Un pharisien pria Jésus de 36 manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien, et se mit à table. Et voici, une 37 femme pécheresse qui se trouvait dans la ville, ayant su qu'il était à table dans la maison du phari- sien, apporta un vase d'albâtre plein de parfum, et se tint 38 derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait; et bientôt elle les mouilla de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux \ les baisa, et les oignit de parfum. Le pharisien qui l'avait invité, 39 voyant cela, dit en lui-même.: Si cet honnne était prophète, il connaîtrait qui et de quelle espèce est la femme qui le Grec avec les cheveux de sa tête. 86 Chap. 7, V. 39. LUC. Chap. S, v. 13. touche, il connaîtrait que c'est 40 une iJécheresse. Jésus prit la parole, et lui dit : Simon, j'ai quelque chose à te dire. — Mai- 41 tre, parle, répondit-il. — Un cré- ancier avait deux débiteurs: l'un devait cmq cents deniers, et 42 l'autre cinquante. Comme ils n'avaient ]ias de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette. 43 Lequel l'aimera le plus ? Simon répondit: Celui, je pense, auquel il a le plus remis. Jésus lui dit: 44 Tu as bien jiigé. Puis, se tour- nant vers la femme, il dit à Simon : Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as j^oint donné d'eau pour laver mes pieds ; mais elle, elle les a moiiillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux. 45 Tu ne m'as point donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a point cessé de me 46 baiser les pieds. Tu n'as point versé d'huile sur ma tête ; mais elle, elle a versé d\i parfum sur 47 mes pieds. C'est poiirquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnes ; car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu. 48 Et il dit à la femme: Tes péchés 49 sont pardonnes. Ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : Qui est celui-ci, qiii pardonne même les péchés? 50 Mais Jésus dit à la femme : Ta foi t'a sauvée, va en paix. Parabole du semeui'. — La mèi'e et les frères de Jésus. 8 Ensuite, Jésus alla de ville en ville et de village en village, prêchant et annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu. 2 Les douze étaient avec lui, et quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits malins et de maladies: Marie, dite de Mag- dala \ de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de 3 Cliuza, intendant d'Hérode, Su- sanne, et plusieurs autres, qui l'assistaient de leurs biens. Une grande foule s'étant as- 4 semblée, et des gens étant venus de diverses villes auprès de lui, il dit cette j^arabole : Un semeur sortit pour semer 5 sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin : elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Une autre 0 partie tomba sur le roc : cpiand elle fut levée, elle sécha, ])arce qii'elle n'avait point d'humidité. Une autre partie tomba au milieii 7 des épines : les épines crûrent avec elle, et l'étouffèrent. Une s autre partie tomba dans la bonne terre : quand elle fut levée, elle donna du fruit au centuple. Après avoir ainsi parlé, Jésus dit à haute voix : Que celui qui a des oi'eilles jjour entendre en- tende. Ses disciples lui demandèrent 9 ce que signifiait cette parabole. Il répondit: Il vous a été donné 10 de connaître les mystères du royaume de Dieu ; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu'en voyant ils ne voient point, et qu'on enten- , dant ils ne comi^rennent point. Voici ce que signifie cette 11 parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. Ceux qui sont 12 le long du chemin, ce sont ceux qui entendent ; puis le diable vient, et enlève de leur ctmir la parole, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. Ceux qui sont 13 sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la parole, la reçoivent avec joie ; mais ils n'ont point de racine, ils croient pour Voy. note sur Matth. xxvii. 56. 87 Chap. 8, V. 13. LUC. Chap. 8, v. 33. un temps, et ils succombent an 14 moment de la tentation. Ce qui est tombé parmi les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, s'en vont, et la laissent étoufier par les soucis, les ri- chesses et les plaisii's de la vie, et ils ne portent point de fruit qui 15 vienne à maturité. Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance. 16 Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d'un vase, ou ne la met sous un lit ; mais il la met sur un chandelier, afin que ceux qui entrent voient 17 la lumière. Car il n'est rien de caché qui ne doive être décoiivert, rien de secret qui ne doive être 18 connu et mis au jour. Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il croit avoir. 19 La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver ; mais ils ne purent l'aborder, à cause de la 20 îbule. On lui dit : Ta mère et tes frères sont dehors, et ils 21 désirent te voir. Mais il répon- dit: Ma mère et mes frères, ce ,sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. Tempête apaisée. — Jésus sur le territoire des Gadaréniens; un démoniaque guéri. "22 Un jour, Jésus monta dans une barque avec ses disciples. Il leur dit : Passons de l'autre côté du lac. Et ils partirent. 23 Pendant qu'ils naviguaient, Jé- sus s'endormit. Un tourbillon fondit sur le lac, la barque se remplissait d'eau, et ils étaient 24 en péril. Ils s'approchèrent et le réveillèrent, en disant: Maître, | maître, nous iDérissons ! S'étant réveillé, il menaça le vent et les flots, qui s'apaisèrent, et le calme revint. Puis il leur dit : Où est 25 votre foi? Saisis de frayeur et d'étonnement, ils se dirent les vms aux autres: Quel est donc celui-ci, qui commande même au vent et à l'eau, et à qui ils obéissent ? Ils abordèrent dans le pays 26 des Gadaréniens \ qui est vis-à- vis de la Galilée. Lorsque Je- 27 sus fut descendu à terre, il vint au-devant de lui un homme de la ville, qui depuis longtemps était possédé de plusieurs dé- mons. Cet homme ne portait point de vêtement, et avait sa demeure non dans luie maison, mais dans les séjjulcres ". Ayant 28 vu Jésus, il poussa un cri, se jeta devant lui, et dit d'une voix forte : Qu'y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très- Haut? Je t'en suj^plie, ne me tourmente pas. Car Jésus com- 29 mandait à l'esprit impur de sortir de cet homme, dont il s'était emiDaré depuis longtemps; on le gardait lié de chaînes et les fers aux pieds, mais il rompait les liens, et il était entraîné jjar le démon dans les déserts. Jésus 30 lui demanda: Quel est ton nom? Légion, répondit-il. Car plu- sieurs démons étaient entrés en lui. Et ils priaient instamment 31 Jésiis de ne pas leur ordonner d'aller dans l'abîme. Il y avait 32 là, dans la montagne, un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Et les démons sup- plièrent Jésus de leur permettre d'entrer dans ces pourceaux. Il le leur permit. Les démons 33 sortirent de cet homme, entrè- rent dans les pourceaux, et le ' Yoy. note sur Matth. vin. 28. ' Voy. note sur Marc v. 3. 88 Chap. 8, V. 33. LUC. Chap. 9, v. i. troupeau .se préeipita des pe)ites escarpées dans le lae. et se noya. 34 Ceux qui les faisaient paître, voyant ce qui était arrivé, s'en- fuirent, et répandirent la nou- velle dans la ville et dans les 35 campagnes. Les geiis allèrent voir ce qui était arrivé. Ils vinrent auprès de Jésus, et ils trouvèrent Ihonnne do qui étaient sortis les dénions, assis à ses pieds, vêtu, et dans son bon sens ; et ils furent saisis de fray- 36 eur. Ceux qui avaient vti ce qui sétait passé leur racontèrent conuuent le démoniaque avait 37 été guéri. Tous les liabitants du pays des Gadaréniens priè- rent Jésus de s'éloigner d'eux, car ils étaient saisis d'une grande crainte. Jésus monta dans la barque, 38 et s'en retourna. L'honnne de qui étaient sortis les dénions lui demandait la permission de rester avec lui. Mais Jésus le 39 renvoya, en disant : Retourne dans ta maison, et raconte tout ce que Dieu t'a fait. Il s'en alla, et publia par toute la ville tout ce que Jésus avait fait pour lui. Késurrectiou de la fille de .Jairus, et guérison d'une femme malade depuis douze ans. 40 A son retour, Jésus fut reçvi par la foule, car tous l'atten- 41 daient. Et voici, il vint un homme, nommé Jaïrus, qui était chef de la synagogue. Il se jeta à ses pieds, et le sup2)lia d'entrer 42 dans sa maison, parce qu'il avait une fille unique d'environ douze ans, ([ui se mourait. Pendant que Jésus y allait, il était pressé par la foule. 43 Or, il y avait une femme at- teinte d'une perte de sang depuis douze ans, et qui avait dépensé tout son bien pour les médecins, sans qu'aucun eût pu la guérir. 44 Elle s'approcha par derrière, et toucha le bord du vêtement de Jésus. Au même instant la Inerte de sang s'arrêta. Et Jésus 4.5 dit: Qui m'a touché? Comme tous s'en défendaient, Pierre et ceux qui étaient avec lui dirent: Maître, la foule t'entoure et te presse, et tu dis : Qui m'a touché? Mais Jésus répondit: 4(5 Quelqu'un m'a touché, car j"ai connu qu'une force était sortie de moi. La femme, se voyant 47 découverte, vint toute trem- blante se jeter à ses pieds, et déclara devant tout le peuple pourquoi elle l'avait touché, et comment elle avait été guérie à l'instant. Jésus lui dit : Ma fille, 48 ta foi ta sauvée : va en paix. Comme il parlait encore, sur- 49 vint de chez le chef de la syna- gogue quelqu'un disant : Ta fille est morte ; n'importune pas le maître. Mais Jésus, ayant en- 50 tendu cela, dit au chef de la synagogue : Ne crains pas, crois seulement, et elle sera sauvée. Lorsqu'il fut arrivé à la maison, 51 il ne permit à personne d'entrer avec lui, si ce n'est à Pierre, à Jean et à Jacques, et au père et à la mère de l'enfant. Tous 52 pleuraient et se lamentaient sur elle. Alors Jésus dit: Ne pleu- rez pas ; elle n'est pas morte, mais elle dort. Et ils se nio- 53 quaient de lui, sachant qu'elle était morte. Mais il la saisit 54 par la main, et dit d'une voix forte: Enfant, lève-toi. L'e.sprit 55 revint en elle, et à linstant elle se leva ; et Jésus ordonna qu'on lui donnât à manger. Les ])a- 56 rents de la jeune fille furent dans rétonnement, et il leur recommanda de ne dire à per- sonne ce (jui était arrivé. Mission des douze apôtres. Jésus, ayant assemblé les douze, leur donna force et 9 89 Chap. 9, V, I. tous LUC. Chap. 9, v. 23 pouvoir sur tous les démons, avec la puissance de guérir les 2 maladies. Il les envoya prêcher le royaume de Dieu, et guérir 3 les malades. Ne prenez rien pour le voyage, leur dit-il, ni bâton, ni s.ac, ni pain, ni argent, et n'ayez pas deux tuniques. 4 Dans quelque maison que vous entriez, restez-y ; et c'est de là 5 que vous partirez. Et, si les gens ne vous reçoivent pas, sortez de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds, en 6 témoignage contre eux. Ils par- tirent, et ils allèrent de village en villao'e, annonçant la bonne nouvelle et opérant partout des guérisons. Hérode lie sachant que penser de Jésus. — Multiplication des pains. — Opinions di- verses sur le Christ. — Confession de Pierre. — Jésus annonce ses souffrances et sa mort.— Comment suivre Jésus. 7 Hérode le tëtrarque ^ entendit parler de tout ce qui se passait, et il ne savait que penser. Car les uns disaient que Jean était 8 ressuscité des morts ; d'autres, qu'Élie était apparu; et d'autres, qu'un des anciens prophètes 9 était ressuscité. Mais Hérode disait: J'ai fait décapiter Jean"; qui donc est celui-ci, dont j'en- tends dire de telles choses ? Et il cherchait à le voir. 10 Les apôtres, étant de retour, racontèrent à Jésus tout ce qu'ils avaient fait. Il les prit avec lui, et se retira à l'écart, du côté d'une ville appelée Bethsaïda. 11 Les foules, l'ayant su, le sui- virent. Jésus les accueillit, et leur parla du royaume de Dieu ; il guérit aussi ceux qui avaient 12 guérit besoin d'être guéris. XIV Comme le iour commençait Hérode le tétrarque, voy. notes sur Matth. V. 3-12, et Marc vi. 1, et II. 23. - Yo}'. Matth, 17-29. 13 14 à baisser, les douze s'api)ro- chèrent, et lui dirent : Renvoie la foule, afin qu'elle aille dans les villages et dans les cam- pagnes des environs, pour se loger et pour trouver des vivres ; car nous sommes ici dans un lieu désert. Jésus leur dit : Donnez - leur vous - mêmes à manger. Mais ils répondirent : Nous n'avons que cinq pains et deux poissons, à moins que nous n'allions nous-mêmes ache- ter des vivres pour tout ce peuple. Or, il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : Faites-les asseoir par rangées de cinquante. Ils 1,5 firent ainsi, ils les firent tous asseoir. Jésus prit les cinq IG pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il les bénit. Puis, il les rompit, et les donna aux disciples, afin qu'ils les distribuassent à la foule. Tous mangèrent et fu- rent rassasiés, et l'on emporta douze corbeilles pleines des morceaux qui restaient. Un jour que Jésus priait à l'écart, ayant avec lui ses dis- ciples, il leur fit cette question: Qui dit-on que je suis? Ils ré- liondirent : Jean-Bajjtiste ; les autres, Élic ; les autres, qu'un des anciens prophètes est res- suscité. Et vous, leur demanda- t-il, qui dites-vous que je suis? Pierre répondit: Le Christ de Dieu. Jésus leur recommanda 21 sévèrement de ne le dire à personne. Il ajouta qu'il fallait que le 22 Fils de rhomme souffrît beau- coup, qu'il fût rejeté par les anciens, par les chefs des prêtres et par les scribes, qu'il fût mis à mort, et qu'il ressuscitât le troisième jour. Puis il dit à tous : Si quel- 23 qu'un veut venir après moi. qu'il 17 18 It) 20 90 Chap. 0, V. 23. LUC. Chap. 9, V. 46. renonce à hii-niènie, qu'il se charge chaque jonr de sa croix, 24 et qxi'il me suive. Car celui qui Aoudra sauver sa vie la l^erdra, mais celui qui la perdra 25 à cause de moi la sauvera. Et que servii'ait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il se détruisait ou se perdait lui- 26 même ? Car quiconque am\a honte de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme aura honte de lui, quand il viendra dans sa gloire, et dans celle du Père 27 et des saints anges. Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le roy- aume de Diexi. Jésus sur une montagne : la transfigura- tion.— Guérison d'un démoniaque. — Jésus annonce sa mort et sa résurrection. — Qui est le plus grand '? 28 Environ huit jours après qu'il eut dit ces paroles, Jésus j^rit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne 29 pour prier. Pendant qu'il priait, l'aspect de son visage changea, et son vêtement devint d'une 30 éclatante blancheiir. Et voici, deux hommes s'entretenaient avec lui: c'étaient Moïse et Élie. 31 qui, apparaissant dans la gloire, parlaient de son départ^ qu'il allait accomplir à Jérusalem. 32 Pierre et ses compagnons étaient appesantis par le sommeil ; mais, s'étant réveillés, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui. 33 Au moment où ces honmies se séparaient de Jésus. Pierre lui dit : Maître, il est bon que nous soyons ici; dressons trois tentes, une pour toi. une pour Moïse, et une pour Elie. Il ne savait 34 ce qu'il disait. Connue il par- De son départ, de sa fin prochaine. lait ainsi, une nuéo vint les couvrir; et les disciples furent saisis de frayeiir, en les voyant entrer dans la nuée. Et de la 35 nuée sortit une voix, qui dit: Celui-ci est mon Fils élu : écou- tez-le! Quand la Aoix se fit en- 36 tendre, Jésus se trouva seul. Les disciples gardèrent le silence, et ils ne racontèrent à personne, en ce temps-là, rien de ce qu'ils avaient vu. Le lendemain, lorsqu'ils furent 37 descendus de la montagne, une grande foule vint au-devant de Jésus. Et voici, du milieu de 38 la foule un homme s'écria : Maître, je t'en prie, porte les regards sur mon fils, car c'est mon fils imique. Un esi^rit le 39 saisit, et aussitôt il pousse des cris ; et l'esprit l'agite avec violence, le fait écmuer, et a de la peine à se retirer de lui, après l'avoir tout brisé. J'ai prié tes 40 disciples de le chasser, et ils n'ont pas pii. Race incrédule 41 et perverse, répondit Jésus, jus- ques à quand serai-je avec vous, et vous supporterai-je ? Amène ici ton fils. Comme il appro- 42 chait, le démon le jeta par terre, et l'agita avec violence. Mais Jésus menaça l'esi^rit im- jîur, guérit l'enfant, et le rendit à son père. Et tous furent 43 frappés de la grandeur de Dieu. Tandis que chacun était dans l'adnjiration de tout ce que faisait Jésus, il dit à ses dis- cii)les : Pour vous, écoutez bien 44 ceci : Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes. Mais les disciples ne 45 conq)renaient pas cette jjarole ; elle était voilée pour eux, afin (ju'ils n'en eussent pas le sens ; et ils craignaient de l'interroger a ce sujet. Or, une pensée leur vint dans l'esprit, savoir lequel d'entre 46 91 Chap. 9, V. 46. LUC. 47 eux était le plus grand. Jésus, voyant la pensée de leur cœur, prit un petit enfant, le plaça 48 près de lui, et leur dit : Qui- conque reçoit eu mon nom ce petit entant me reçoit moi- même ; et quiconque me reçoit reçoit celui qui m'a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c'est celui-là qui est grand. 49 Jean prit la parole, et dit : Maître, nous avons vu un homme (pli chasse des démons en ton nom; et nous l'en avons em- pêché, parce qu'il ne nous suit 50 pas. Ne l'en enq^êchez pas, lui réf)ondit Jésus ; car, qui n'est pas contre vous est avec vous. Chap. 10, v. 8. Jésus se rendant à Jérusalem. — Un bourg des Samaritains. — Comment suivre Jésus. 51 Lorsque le temps où il devait être enlevé du monde approcha, Jésus prit la résolution de se 52 rendre à Jérusalem. Il envoya devant lui des messagers, qui se mirent en roxite et entrèrent dans un bourg des Samaritains, pour lui préparer un logement. 53 Mais on ne le reçut pas, parce qu'il se dirigeait sur Jérusalem \ 54 Les disciples Jacques et Jean, voyant cela, dirent : Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et 55 les consume ? Jésus se tourna vers eux, et les réprimanda, disant : Vous ne savez de quel 56 es]3rit vous êtes animés. [Car le Fils de l'homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais i)our les sauver.] Et ils allèrent dans un autre bourg. 57 Pendant qu'ils étaient en che- min, un homme lui dit: Sei- gneur, je te suivrai partout où ' Cette conduite iuliospitalière s'explique par l'inimitié réciproque des Samaritains et des Juifs. tu iras. Jésus lui répondit: 58 Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. Il 59 dit à un autre : Suis-moi. Et il répondit : Seignevu', permets- moi d'aller d'abord ensevelir mon père. Mais Jésus lui dit: 60 Laisse les morts ensevelir leurs morts ; et toi, va annoncer le royaume de Dieu. Un autre 61 dit: Je te suivrai. Seigneur, mais permets-moi d'aller d'abord prendre congé de ceux de ma maison. Jésus lui répondit : 62 Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n'est pas propre au royaume de Dieu. Mission de soixante-dix disciples. — Reproches aux villes impénitentes. — Retour des dis- ciples.— Les choses révélées aux enfants. Après cela, le Seigneur dé- 1 Q signa encore soixante-dix au- tres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller. Il leur dit : La moisson 2 est grande, mais il y a peu d'ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson. Par- 3 tez ; voici, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni 4 souliers, et ne saluez personne en chemin. Dans quelque mai- 5 soji que vous entriez, dites d'a- bord : Que la paix soit sur cette maison ! Et s'il se trouve là 6 un enfant de paix, votre paix reposera sur lui ; sinon, elle reviendra à vous. Demeurez 7 dans cette maison-là, mangeant et buvant ce qu'on aura; car l'ouvrier mérite son salaire. N'allez pas de maison en maison. Dans (pielque ville que vous 8 92 Chap. 10, V. 8. LUC. Chap. 10, v. 30. entriez, et où l'on vous recevra, mangez ce qui ^ous sera pré- 9 sente, guérissez les malades qui s'y trouveront, et dites-leur : Le royaume de Dieu s'est ai>proclié 10 de vous. Mais dans quelque ville que vous entriez, et oîi Ton ne vous recevra ]jas, allez 11 dans ses rues, et dites: Nous secouons contre vous la pous- sière môme de votre ville, qui s'est attachée à nos pieds ; sa- chez ceiiendant que le royaume 12 de Dieu s'est ai^i^roché. Je vous dis qu'en ce joiu-' Sodome sera traitée moins rigoureuse- ment que cette ville-là. 13 Malheur à toi, C'horazin ^ ! malheur à toi, Bethsaïda ! car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Hidon, il y a longtemps qu'elles se seraient repenties, en prenant 14 le sac et la cendre. C'est poiir- quoi, au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins 15 rigoureusement que vous. Et toi, Capornaum, qui as été élevée jusqu'au ciel, tu seras abaissée jusqu'au séjour des morts. 16 Celui qui vous écoute m'é- coute, et celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m'a envoyé. 17 Les soixante -dix revinrent avec joie, disant : Seigneur, les démons mêmes noiis sont soumis 18 en ton nom. Jésus leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel 10 comme iin éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi; et rien ne pourra vous 20 nuire. Cependant, no vous ré- ' JC'ii ce jour, au jour du jugement, d'après parall. Miiith. x. 15. - Chorazin, etc., voy. notes sur INIattb. XI. 21. jouissez pas do ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouis- sez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. En ce moment même, l'Esi^rit- 21 Saint le fit tressaillir de joie, et il dit : Je te loue. Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi. Toutes choses m'ont été données 22 par mon Père, et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n'est le Père, ni qui est le Père, si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. Et, se 23 tournant vers les disciples, il leur dit en particulier: HeurcTix les yeux qui voient ce que vous voyez ! C-ar je vous dis que 24 beaucoup de proiîhètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, en- tendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu. Parabole du Samaritain. — Marthe et Marie. Un docteur de la loi se leva, 25 et dit à Jésus, pour l'éprouver: Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? Jésus 26 lui dit: Qu'est-il écrit dans la loi ? Qu'y lis-tu ? Il répondit : 27 Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de toiit ton cœur, de toute ton âme, de toute ta foi'ce, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même. Tu 28 as bien répondu, lui dit Jésus; fais cela, et i\\ vivras. Mais lui, 29 voidarit se justifier, dit à Jésus : Et(iui est mon prochain? Jésus 30 rei)rit la jîarole, et dit : I^n homme descendait do Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillè- rent, le chargèrent do coups, et s'en allèrent, le laissant à 93 Chap. 10, V. 30. LUC. Chap. 11, v. 13. 31 demi mort. Un prêtre, qui par hasard descendait par le môme chemin, ayant vu cet honnne, 32 passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l'ayant 33 vu, jjassa outre. Mais un Sa- maritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion, 34 lorsqu'il le vit. Il s'api^rocha, et banda ses plaies, en y versant de l'huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et 35 prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à riiôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. 36 Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des 37 brigands? C'est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : Va, et toi fais de même. 38 Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme, nom- mée Marthe, le reçut dans sa 39 maison. Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait 40 sa parole. Marthe, occultée à divers soins domestiques, sur- vint et dit: Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui 41 donc de m'aider. Le Seigneu.r lui répondit: Marthe, Mai'the, tu t'inquiètes et tu t'agites jjour 42 beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. La prière : oniisou dominicale. — La persévé- rance dans la prière. ]_2^ Jésus priait un jour en un certain lieu. Lorsqu'il eut achevé, im de ses disciples lui dit : Seigneur, enseigne-nous à prier, connue Jean l'a enseigné à ses disciples. Il leur dit : 2 Quand vous priez, dites : Père! Que ton nom soit sanc- tifié ; que ton règne vienne. Donne-nous chaque jour notre 3 pain quotidien ; pardonne-nous 4 nos péchés, car nous aussi nous pardonnons à quiconque nous offense ; et ne nous induis pas en tentation \ Il leur dit encore : Si l'un 5 de vous a un ami, et qu'il aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire : Ami, prête-moi •trois pains, car un de mes amis 6 est arrivé de voyage chez moi, et je n'ai rien à lui offrir, et si, 7 de l'intérieur de sa maison, cet ami lui répond: Ne m'importune pas, la porte est déjà fermée, mes enfants et moi nous sommes au lit, je ne puis me lever pour te donner des pains, — je vous 8 le dis, quand même il ne se lèverait pas pour les lui donner parce que c'est son ami, il se lèverait à cause de son impor- tunité et lui donnerait tout ce dont il a besoin. Et moi, je 9 vous dis : Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira. Car quiconque demande 10 reçoit, celui qui cherche trouve, et l'on ouvre à celui qui frappe. Quel est parmi vous le père qui 11 donnera une pierre à son fils, s'il lui demande du pain? Oti, s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d'un ijoisson? Ou, s'il demande 12 un œuf, lui donnera-t-il un scor- pion? Si donc, méchants comme 13 vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le ' Comp. l'oraison dominicale plus complète dans Matth. v. 9-13. 94 Chap. 11, V. Père céleste Saint-Esprit demandent. 13, LUC. donnera-t-il le Chap. 11, v. 34. à ceux qni le lui Guérison d'un démoniaque muet. — Réponse de Jésus à ses advei'saires. — Un miracle refusé. — Les scribes et les pharisiens cen- surés. 14 Jésus cliassa un démon, qui était muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet parla, et la 15 foule fut dans l'admiration. Mais quelques-uns dirent : C'est par Béelzébul, le prince des démons, 16 qu'il cliasse les démons. Et d'autres, pour l'éprouver, lui demandèrent \m signe venant 17 du ciel. Comme Jésus connais- sait leurs pensées, il leur dit : Tout royaume divisé contre lui- même est dévasté, et une maison 18 s'écroule sur une autre. Si donc Satan est divisé contre lui- même, comment son royaume subsistera-t-il, puisque vous dites que je chasse les démons par 1!) Béelzébul? Et si moi, je chasse les démons par Béelzébul, vos fils par qui les chassent-ils ? C'est pourquoi ils seront eux- 20 mêmes vos juges. Mais, si c'est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu vers 21 vous. Lorsqu'un homme fort et bien armé garde sa maison, ce qu'il possède est en sûreté. 22 Mais, si un plus fort que lui survient et le domi)te, il lui enlève toutes les armes dans lesc[uelles il se confiait, et il 23 distribue ses dépouilles. Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, et celui qui n'assemble pas avec moi disperse. 24 Lorsque l'esprit impur est sorti d'un homme, il va dans des lieux arides, pour chercher du repos. N'en trouvant point, il dit : Je retournerai dans ma 25 maison d'où je suis sorti ; et, quand il arrive, il la trouve balayée et ornée. Alors il s'en 26 va, et il i^rend sept autres esprits plus méchants que lui ; ils en- trent dans la maison, s'y établis- sent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Tandis que Jésus pîirlait ainsi, 27 une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : Heureux le sein qui t'a porté ! heureuses les mamelles qui t'ont allaité! Et il réj)ondit: Heureux 28 plutôt ceux (]ui écoutent la pa- role de Dieu, et qui la gardent ! Comme la foule allait en 29 augmentant, il se mit à dire : Cette génération est une géné- ration méchante ; elle demande Tin miracle ; il ne lui sera donné d'autre miracle que celui de Jonas. Car, de même que Jonas 30 fut un signe ])our les Ninivites, de même le Fils de l'homme en sera un pour cette généra- tion. La reine du Midi se le- 31 vera, au jour du jugement, avec les hommes de cette génération et les condamnera, parce quelle vint des extrémités de la terre pour entoidre la sagesse de Salomon ^ ; et voici, il y a ici plus que Salomon. Les hommes 32 de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette géné- ration et la condamneront, parce qu'ils se re])entirent à la prédi- cation de Jonas ; et voici, il y a ici plus que Jonas. Personne n'allume nue lampe 33 pour la mettre dans mi lieu caché ou sous le boisseau, mais on la met s\ir le cluindelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière. Ton œil est la lampe 34 de ton corps. Lorsque ton œil est en bon état, tout ton corps est éclairé ; mais lorsque ton œil est en mauvais état, ton Voy. 1 Eoisx. 1-18. 95 Chap. 11, V. 34 garde LUC les ténèbres, que la hi- Chap. 12, V. I coriîs est dans 35 Prends donc mière qui est en toi ne soit 36 ténèbres. Si donc tout ton corps est éclairé, n'ayant au- cune partie dans les ténèbres, il sera entièrement éclairé, comme lorsque la lampe t'éclaire de sa lumière. 37 Pendant que Jésus parlait, im l^harisien le pria de dîner chez lui. Il entra, et se mit à table. 38 Le pharisien vit avec étonne- ment qu'il ne s'était pas lavé 39 avant le repas. Mais le Sei- gneur lui dit : Vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, et votre in- térieur est plein de rapine et 40 de méchanceté. Insensés ! celui qui a fait le dehors n'a-t-il pas 41 fait aussi le dedans? Donnez plutôt en aumônes ce qui est dedans \ et voici, toutes choses seront pures pour vous. 42 Mais malheur à vous, phari- siens ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de la rue, et de toutes les herbes ", et que vous laissez la justice et l'amour de Dieu: c'est là ce qu'il fallait pratiquer, sans négliger les au- tres choses. 43 Malheur à vous, pharisiens ! parce que vous aimez les pre- miers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques. 44 Malheur à vous! parce que vous êtes comme les sépidcres qui ne paraissent pas, et sur les- quels on marche sans le savoir. 45 Un des docteurs de la loi prit la parole, et lui dit : Maître, en parlant de la sorte, c'est aussi 46 nous que tu outrages. Et Jésus réjîondit : Malheur à vous aussi, docteurs de la loi! parce que Ce qui est dedans, dans la coupe et le plat. Voy. note sur Matth. xjaii. 23. vous chargez les fardeaux difficiles que vous ne touchez hommes de à porter, et pas vous- mêmes de l'un de vos doigts. Malheur à vous ! parce que 47 vous bâtissez les tombeaux des l^rophètes, que vos pères ont tués. Tous rendez donc témoi- 48 gnage aux œuvres de vos pères, et voiis les approiivez ; car eux, ils ont tué les prophètes, et vous, vous bâtissez leurs tom- beaux. Cî'est pourquoi la sa- 49 gesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres; ils tueront les uns et persécuteront les aiitres, afin 50 qu'il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été réjiandu depuis la création du monde, depuis le sang d'Abel jusqu'au 51 sang de Zacharie \ tué entre l'autel et le temi^le ; oui, je vous le dis. il en sera demandé compte à cette génération. Malheur à vous, docteurs de 52 la loi ! parce que vous avez enlevé la clef de la science ; vous n'êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché d'entrer ceux qui le voulaient. Quand il fut sorti de là, les 53 scribes et les pharisiens com- mencèrent à s'irriter vivement, et à le faire parler sur beaucouji de choses, lui tendant des pièges, 54 pour surprendre quelque parole sortie de sa boTiche. Instructions de Jésus sur : — l'hypocrisie, — la crainte des hommes, — le blasphème contre le Saint-Esjirit, — l'avarice, — la con- fiance dans les richesses (parabole de l'homme riche), — les inquiétudes, — l'au- mône,— la vigilance, — les signes des temps, — la réconciliation. Sur ces entrefaites, les gens ]_2 s'étant rassemblés par milliers", ' Zacharie, tué par l'ordre du roi Joas, voy. 2 Chr. XXIV. 20. ^ Milliers, grec myria'les. 96 Chap. 12, V. I. LUC. Chap. 12, v. 27. ail point de se fouler les uns les autres, Jésus se mit à dire à ses disciples: Avant tout, gardez- vous du levain des pharisiens, '2 qui est riiyijocrisie. Il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne 3 doive être connu. C'est ixaiixpioi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu dans la lumière, et ce que vous aurez dit à l'oreille dans les chambres 4 sera prêché sur les toits. Je vous dis à vous, qui êtes mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui, ai)rès cela, ne 5 peuvent rien faire de plus. Je vous montrerai (jui vous devez craindre. Craignez celui qui, après avoir tué, a le })oiivoir de jeter dans la géhenne ; oui, je vous le dis, c'est lui que vous 6 devez craindre. Ne vend-on jms cinq i^assereaiix pour deux sous? Cependant, pas un d'eux n'est 7 oublié devant Dieu. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc l^oint: vous valez j)lus que beau- coup de passereaux. S Je vous le dis, quiconque me confessera devant les hommes, le Fils de l'homme le confessera aussi devant les anges de Dieu ; 9 mais celui ({iii me reniera devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu. 10 Et quiconque jîarlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné ; mais à celui qui blas- phémera contre le Saint-Esijrit il ne sera point pardonné. 1 1 Quaiid on vous mènera devant les synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ni de ce que 12 vous direz ; car le Saint-Esprit vous enseignera à l'heure même ce qu'il faudra dire. i;5 Quehpi'un dit à Jésus, du milieu de la foule : Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. Jésus lui répon- dit : () Ivonune, qui m"a établi pour être votre juge, ou pour taire vos ])artages ? Puis il leur dit : Gardez- vous avec soin de toute avarice ; car la vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l'abondance. Et il leur dit cette jjarabole : Les terres d'un homme riche avaient beaucoup rapporté. Et il raisonnait en lui-même, disant: Que ferai-je ? car je n'ai pas de ]Jace ])our serrer ma récolte. Voici, dit-il, ce que je ferai : j'abattrai mes greniers, j'en bâtirai de plus grands, j'y amas- serai toute ma récolte et tous mes biens ; et je dirai à mon âme : Mou âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plu- sieurs années; repose-toi, mange, bois, et te réjouis. Mais Dieu lui dit: Insensé! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui sera-t-il ? Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu. Jésus dit ensuite à ses disci- ples : C'est ])ourqiioi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous man- gerez, ni pour votre corps de quoi v<^)us serez vêtus. La vie est plus que la nourriture, et le cor])s plus que le vêtement. Considérez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'ont ni cellier ni grenier ; et Dieu les nourrit. Combien ne valez-vous pas plus que les oiseaux ! Qui de vous, par ses in((uiétudes, peut ajouter une coudée à sa taille ? Si donc vous ne i)ouvez ])as môme la moindre chose, pouropioi vous inquié- tez-vous du reste? Considérez 14 15 16 17 18 19 20 21 99 23 24 26 Chap, 12, V. 27. LUC. Chap. 12, v. 52. comment croissent les lis : ils ne travaillent ni ne filent ; ce])endant je vous dis qne Salomon même, dans tonte sa gloire, n"a ]ias été 28 vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu revêt ainsi l'herbe qui est au- jourd'hui dans les champs et qui demain sera jetée au toiu-, à combien plus forte raison ne ; vous vêtira-t-il pas, gens de i)eu ; 29 de foi ? Et vous, ne chercliez pas ce que vous mangerez et ce que vous boirez, et ne soyez pas 30 inquiets. Car toutes ces choses, ce sont les païens du monde qui les recherchent. Votre Père sait 31 que vous en avez besoin, f 'her- chez plutôt le royaume de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. 32 Ne crains point, i)etit trou- peaii ; car votre Père a trouvé bon de vous donner le royaume. 33 Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumônes. Faites- vous des bourses qui ne s'usent l^oint, un trésor inépuisable dans les cieux, où le voleur n'ap])roche point, et 011 la teigne ne détruit 34 point. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. 35 Que vos reins soient ceints, et 36 vos lampes allumées. Et vous, soyez semblables à des hounnes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin de lui ouvrir dès qu'il arrivera et frap- 37 pera. Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant ! Je vous le dis en vérité, il se ceindra, les fera mettre à table, et s'approchera 38 pour les servir. Qu'il arrive à la deuxième oti à la troisième veille \ heureux ces serviteurs, 39 s'il les trouve veillant ! Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. Vous aussi, tenez -vous prêts, 40 car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas. Pierre lui dit : Seigneur, est-ce 41 à nous, ou à tous, que tu adresses cette parabole ? Et le Seigneur 42 dit : Quel est donc l'économe fidèle et prudent, que le maître établira sur ses gens, pour leur donner la nourriture ^ au temps convenable? Heureux ce ser- 43 viteur, que son niaîti'e, à son ari'ivée, trouvera faisant ainsi ! Je vous le dis en vérité, il 44 l'établira sur toTis ses biens. Mais, si ce serviteur dit en lui- 45 môme: Mon maître tarde à venir, s'il se met à battre les serviteuis et les servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, le maître de 46 ce serviteur viendra le jour où il ne s'y attend pas et à l'heure qu'il ne connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les infidèles. Le serviteur 47 qui, ayant connu la volonté de son maître, n'a rien préparé et n'a pas agi selon sa volonté, sera battu d'tm grand nombre de coups. Mais celui qui, ne l'ayant 48 pas connue, a fait des choses dignes de châtiment, sera battu de peu de coiqjs. On demandera beaucoup à qui l'on a beaucoup donné, et on exigera davantage de celui à qui l'on a beaucoup confié. Je suis venu jeter iin feu sur 49 la terre, et combien je voudrais qu'il fût déjà allumé ! Il est 50 un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde qu'il soit accompli ! Pensez-vous 51 que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, vous dis-je, mais la division. Car désormais, 52 cinq dans ime maison seront Veille, voy. note sur Matth. xiv. 25. La nourrilure, grec la mesure de blé. 98 Chap. 12, V. 52. LUC. Chap. 13, v. 16. 5 4 55 divisés trois contre deux, et deux 53 contre trois ; le père sera diA isé contre le fils et le fils contre le l)ère, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle- fille contre la belle-mère. 11 dit encore anx fonles: Qnand \ons voyez un nuage se lever à l'occident, vous dites aussitôt : La pluie vient. Et il arrive ainsi. Et quand vous voyez soufHer le vent du midi, vous dites : Il fera chaud. Et cela arrive. 5(i Hypocrites! vous savez discerner l'aspect de la terre et du ciel ; comment ne discernez- vous i)as ce temps-ci ? 57 Et i)ourquoi ne discernez-vous pas de vous-mêmes ce qui est 5S juste ? Lorsque tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, tâche en chemin de te dégager de lui, de peur ([u'il ne te traîne devant le juge, ({ue le juge ne te livre à l'officier de justice, et que celui-ci ne te mette en prison. 59 Je te le dis, tu ne sortiras pas de là, que tu n'aies payé jusqu'à la dernière pite'. GalOéens massacrés par Pilate. du figuier stérile. -Paiabole 2_3 ^'^ ^^ même temps, quelques personnes parlèrent à Jésus des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de 2 leurs sacrifices. Il leur répondit : Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands i)écheurs que tous les autres (lialiléens, parce (ju'ils ont souffert de la 3 sorte? Non,je vousledis. Mais si vous ne vous repentez, vous 4 périrez tous également. Ou bien, ces dix-huit personnes, sur qui est tombée la tour de 8iloé " et qu'elle a tuées, croj'ez-vous ' Pite, grec lepton, ]a plus petite iiièce de monnaie. ■ SUoé. source au sud de Jérusalem. qu'elles fussent plus coupables (jue tous les autres habitants de Jériisalem ? Non, je vous le dis. 5 jMîiis si vous ne vous rejjentez, A ous périrez tous également. Il tlit aussi cette parabole : Un (! honune avait un figuier, planté dans sa vigne. Il vint pour y chercher du fruit, et il n'en trouva i)oint. Alors il dit au 7 vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher du fruit à ce figuier, et je n'en trouve point. Coupe-le: pourquoi occiqjc-t-il la teri'e inutilement? Le vigneron s lui ré})(>ndit : Seigneur, laisse-le encoie cette aimée ; je creuserai tout autour, et j'y mettrai du fumier. Peut-être à l'avenir !) donnera-t-il du fruit; sinon, tu le couperas. Guérisou d'une femme le jour du sabbat. — Paraboles du grain de sénevé, — du levain. Jésus enseignait dans une des 1 0 synagogues, le joiu" du sabbat. Et voici, il y avait là une fenune ] 1 j)Ossédée d'un esprit qui la ren- dait infirme depuis dix-huit ans; elle était courbée, et ne pouvait avK'unement se redresser. Lors- 1 2 qu'il la vit, Jésus lui adressa la parole, et lui dit : Fenune, tu es délivrée de ton infirmité. Et il ] •"> lui imposa les mains. A l'instant, elle se redressa, et glorifia Dieu. Mais le chef de la synagogue. 14 indigné de ce que Jésus avait opéré cette guérison un jour dt; sabbat, dit à la foule : Il y a six jours pour travailler; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat. Hyi)ocrites ! lui répondit le Sei- J 5 gneur, est-ce que chacun de vous, le jour du Siibbat, ne détache pas de la crèche son bœuf ou son âne, pour le mener boire? Et cette fennne, qui est 1<; une fille d'Abraham, et que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, 99 K 2 Chap. 13, V. i6. LUC. Chap. 14, y. 3. ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne le jour du sabbat? 17 Taudis qu'il parlait ainsi, tous ses adversaires étaient confus, et la foule se réjouissait de toutes les choses merveilleuses qu'il faisait. 18 II dit encore: A quoi le roy- aume de Dieu est-il semblable, li» et à quoi le comparerai-je ? Il est semblable à un grain de sénevé ^ qu'un homme a pris et jeté dans son jardin ; il pousse, devient iiu arbre, et les oi- seaux du ciel habitent clans ses branches. 20 II dit encore: A quoi com- parerai-je le royaume de Dieu ? 21 II est semblable à du levain qu'une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, pour faire lever toute la pâte. La porte étroite. — Hostilité d'Hérode. — Crimes et châtiment de Jérus:ilem. 22 Jésus traversait les villes et les villages, enseignant, et faisant route vers Jérusalem. 2o Quelqu'un lui dit : Seigneur, n'y a-t-il que peu de gens qui 24 soient sauvés ? Il leur répondit : Eii'orcez-vous d'entrer par la porte étroite. Car, je vous le dis, beaucoup chercheront à entrer, et ne le poiirront pas. 25 Quand le maître de la maison se sera levé et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à frapper à la porte, en disant : Seigneur, Sei- gneur, ouvre-nous! il vous ré- pondra : Je ne sais d'où vous 26 êtes. Alors vous vous mettrez à dire : Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans 27 nos rues. Et il répondra: Je vous le dis, je ne sais d'où vous êtes ; retirez-vous de moi, vous 28 tous, ouvriers d'iniquité. C^'est De sénevé, ou de moutarde. là qu'il y aura des i)leurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes, dans le royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Il 29 en viendra de l'orient et de l'occident, du nord et du midi; et ils se mettront à table dans le royaiune de Dieu. Et voici, les 30 deniiers seront les premiers, et les premiers seront les deniiers. Ce môme jour, quelques plia- 31 risiens vinrent lui dire : Va-t'en, pars d'ici, car Hérode veut te tuer. Il leur répondit : Allez, 32 et dites à ce renard : A^oici, je chasse les dénions et je fais des guérisons aujourd'hui et demain, et le troisième jour j'aurai fini. Mais il faut que 33 je marche aujourd'hui, demain, et le jour suivant ; car il ne convient pas qu'un prophète périsse hors de Jérusalem. Jérusalem, Jérusalem, qui tues 34 les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, com- bien de fois ai-je voulu ras- sembler tes enfants, comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu! Voici, votre maison vous 35 sera laissée; mais, je vous le dis, vous ne me verrez plus, jusqu'à ce que a ous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Sei- Jésus à table dans la maison d'un pharisien. — Guérison d'un hydropique le jour du sabbat.- — Instructions sur l'humilité, — sur la bienfaisance. — Parabole des conviés. Jésus étant entré, un jour 1 ^ de sabbat, dans la maison de l'un des chefs des pharisiens, pour prendre un repas, les pha- risiens l'observaient. Et voici, 2 un homme hydropique était de- vant lui. Jésus prit la parole, 3 et dit aux docteurs de la loi et 100 Chap. 14, y. 3. LUC. Chap. 14. v. 26. aux p]uuisien«: Est-il i)ermis. ou non, de faire une guérison 4 le jour du sabbat ? Ils gardè- rent le silence. Alors Jésus avança la main sur cet honnne, 5 le guérit, et le renvoya. Puis il leur dit : Lequel de vous, si son fils ou son bœuf tombe dans un puits, ne l'en retirera pas () aussitôt, le jour dii sabbat ? Et ils ne purent rien répondre à cela. 7 II adressa ensuite une jiara- bole aux conviés, en voyant ([u'ils choisissaient les premières S places ; et il leiu- dit : Lorsque tu seras invité par quelqu'un à des noces, ne te mets pas à la première place, de peur (pi'il n'y ait parmi les invités une personne plus considérable que 9 toi. et que celui qui vous a invités l'un et l'autre ne vienne te dire : Cède la place à cette personne-là. T\\ aurais alors la honte d'aller occuper la dernière 10 place. Mais, lorsque tu seras invité, va te mettre à la dernière Ijlace, afin que, quand celui qui t'a invité viendra, il te dise : Mon ami, monte plus haiit. Alors cela te fera honneur devant tous ceux qui seront à table avec 11 toi. Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé. 12 II dit aussi à celui (pii l'avait invité : Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu'ils ne tinvitent à leur tour et qu'on ne te rende 13 la pareille. Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boi- 14 teux, des aveugles. Et tu seras heureux de ce qu'ils ne peuvent pas te rendre la j)areille ; car elle te sera rendue, à la résur- rection des justes. Un de ceux (jui étaient à table, 15 après avoir entendu ces paroles, dit à Jésus : Heurevix celui qui prendra son ie])as dans le roy- aume de Dieu! Et Jésus lui 16 répondit : LTn homme donna un grand souper, et il invita beaii- cou]) de gens. A l'heure du 17 souper, il envoya son serviteur dire aux conviés : Venez, car tout est déjà prêt. Mais tous IS unanimement se mirent à s'ex- cuser. Le premier lui dit: J'ai acheté un champ, et je suis obligé daller le voir ; excuse- moi, je te prie. LTn autre dit : 1 !• J'ai acheté cinq paires de bœufs, et je vais les essayer; excuse- moi, je te prie. Un autre dit : 20 Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis aller. Le 21 serviteur, de retour, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison irrité dit à son serviteur: Vapronqjte- ment dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les i^auvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. Le 22 servitem* ^ dit : Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place. Et le 23 maître dit au serviteur: Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras" co}itrains-les d'entrer, afin que ma maison soit remplie. Car, 24 je vous le dis, aucim de ces honnncs qui avaient été invités ne goûtera de mon souper. Conditions à remplir pour être disciple de Jésus. De grandes foules faisaient 25 route avec Jésus. Il se re- tourna, et leur dit : 8i quclquini vient à moi, et 2(5 s'il ne hait pas son père, sa ' ] 1 faut sous-entendre : étant revenu. - Ceux ijue tic trmnvras n'est pas dans le texte. 101 Chap. 14, V. 26. LUC. Chap. 15, v. 16 mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœnrs, et même sa propre vie, il ne peut être 27 mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. 28 Car, lequel de vous, s"il veut bâtir une tour, ne s'assied d'a- bord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer, 2}t de peur qu'après avoir posé les fondements, il ne puisse Tache- ver, et que tous ceux qui le Acrront ne se mettent à le rail- 30 1er, en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n'a pu achever ? 31 Ou quel roi, s'il va faire la guerre à un autre roi, ne s'assied d'abord poiu" examiner s'il ijcut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui vient 32 l'attaquer avec vingt mille ? S'il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. 33 Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple. 34 Le sel est une bonne chose ; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? 35 II n'est bon ni j)our la terre, ni pour le fumier; on le jette dehors. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. Paraboles de la brebis égarée, — de la dracbme perdue, — de l'enfant prodigue. 15 Ions les publicains et les gens de maiivaise vie s'appro- chaient de Jésus pour l'entendre. 2 Et les pharisiens et les scribes mui-muraient, disant: Cet homme accueille des g-ens de mauvaise vie, et mange avec eux. 3 Mais il leiu- dit cette para- 4 bole : Quel honnne d'entre vous. s'il a cent brebis, et qu'il en perde une, ne laisse les quatre- vingt-dix-neuf autres dans le désert, pour aller après celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la troiive? Lorsqu'il l'a trouvée, 5 il la met avec joie sur ses épaules, et, de retour à la maison, 6 il appelle ses amis et ses voisins, et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j'ai trouvé ma brebis qui était perdue. De même, je 7 vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que i^our quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance. Ou quelle femme, si elle a 8 dix drachmes \ et qu'elle en perde une, n'allume une lampe, ne balaie la maison, et ne cherche avec soin, jus(|u'à ce qu'elle la trouve ? Lorsqu'elle l'a trouvée, 9 elle appelle ses amies et ses voisines, et dit : Eéjouissez- vous avec moi, car j'ai trouvé la drachme que j'avais perdue. De même, je vous le dis, il y 10 a de la joie devant les anges de Dieii i)our un seul pécheur qui se repent. Il dit encore: Un honnne avait II deux fils. Le plus jeune dit à 12 son père : Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur par- tagea son bien. Peu de jours 13 après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien, en vivant dans la débauche. Lorsqu'il eut tout dépensé, une 14 grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla se mettre 15 au service d'un des habitants du pays, qui l'envoya dans ses champs garder les pourceaux. Il aurait bien voulu se rassasier 16 Drachmes, voy. note sur Mattli. xvii. 24. 102 Chap. 15, V. i6. des carouges ' que mangeaient les pourceaux, mais personne 17 ne lui en donnait. Étant rentré en lui-même, il dit : Combien de mercenaires chez mon père ont du pain en abondance, et 18 moi ici je meurs de faim! Je me lèverai, j'irai vers mon père, et je lui dirai: Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre 19 toi, je ne suis j^lus digne d'être appelé ton fils; traite-moi comme 20 l'un de tes mercenaires. Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de com- passion, il courut se jeter à son 21 cou et le baisa. Le fils lui dit: Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton 22 fils. Mais le père dit à ses serviteurs : Apportez la plus belle robe, et l'en revêtez; met- tez-lui un anneau au doigt, et 23 des souliei-s aux pieds. Amenez le veau gras, et tuez-le. Man- 24 geons, et i-éjouissons-nous ; car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir. 2.") Or, le fils aîné était dans les champs. Lorsqu'il revint et ap- procha de la maison, il entendit 2fi la musique et les danses. Il appela un des serviteurs, et lui 27 demanda ce que c'était. Ce serviteur lui dit : Ton frère est de retour, et ton père a tué le veau gras, parce qu'il l'a re- 2*^ trouvé en bonne santé. Il se mit en colère, et ne voulut pas entrer. Son père sortit, et le 29 pria d'entrer. Mais il répondit à son père : Voici, il y a tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes or- ' Carouges ou caroubes, fruit du caroubier ; gousse longue et plate, contenant une pulpe d'une saveur douceâtre. LUC. Chap. 16, v. 7. dres, et jamais tti ne m'as donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis. Et 30 (piand ton fils est arrivé, celui qui a mangé ton bien avec des prostituées, c'est pour lui que tu ils tué le veau gras! Mon 31 enfant, lui dit le père, tu es toiijours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi ; mais il fallait 32 bien s'égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, parce qu'il était perdu et qu'il est retrouvé. Parabole de l'écouonie infidèle. — Reproches aux yjharisiens. — Parabole du mauvais liclie et du pauvre Lazare. Jésus dit aussi à ses dis- "XjR ciples : Un honnne riche avait un économe, qui lui fut dénoncé comme dissipant ses biens. Il 2 l'appela, et lui dit : Qu'est-ce que j'entends dire de toi? Rends comiîte de ton administration, car tu ne pourras plus adminis- trer mes biens. L'économe dit 3 en lui-même : Que ferai-je, puis- que mon maître m'ôte l'adminis- tration de ses biens ? Travailler à la terre ? je ne le puis. Men- dier? j'en ai honte. Je sais ce 4 que je ferai, po\ir qu'il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons, quand je serai destitué de mon emploi. Et, 5 faisant venir chacini des débi- teurs de son maîti-e, il dit au premier : Combien dois-tu à mon maître ? Cent mesures ^ d'huile, (5 répondit-il. Et il lui dit: Prends ton billet, assieds-toi vite, et éci'is cinquante. Il dit ensiiite 7 à un autre : Et toi, combien dois-tu ? Cent mesiu-es^ de blé, ' Grec batlis; le batli, mesure pour les li- quides, était de la contenance d'environ 20 Êtres. ° Grec cors ; le cor, mesure pour les solides, était de la contenance d'environ 200 litres. lo; Chap. 16, V. 7. LUC. Chap, 16, v. 30. 9 10 11 répondit-il. Et il lui «Ut: l'ieiuls ton billet, et écris quatre-vingts. 8 Le maître loua l'économe infi- dèle de ce qu'il avait agi pru- demment. Car les enfants de ce siècle sont plus prudents à l'égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lu- mière. Et moi, je vous dis : Faites- vous des amis avec les richesses injustes, pour qu'ils vous re- çoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer. Celui qui est fidèle dans les moindres choses l'est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l'est aussi dans les grandes. Si donc vous n'avez pas été fidèles dans les richesses injustes, qui vous confiera les 12 véritables? Et si vous n'avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce 13 qui est à vous ? Nul serviteur ne peut servir deiTX maîtres. | qu'il Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un, et méi^risera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon'. 14 Les pharisiens, qui étaient aA'ares, écoutaient aussi tout cela, et ils se moquaient de lui. 15 Jésus leur dit : Vous, vous cher- chez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé parmi les hommes est luie abo- mination devant Dieu. 16 La loi et les proi:)hètes ont subsisté jusqu'à Jean ; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé, et c'est par la violence 17 que tout homme y entre. Il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu'il ne l'est qu'un seul trait de lettre de la loi vienne à tomber. richesses 21 v>9 ^ Mainon, les Matth. VI. 24. voy. note sur Quiconque répudie sa fenmie 18 et en éiJouse une autre commet adultère, et quiconque épouse une fennne répudiée par son mari commet adultère. Il y avait un homme riche, 19 qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. Un pauvre, nommé Lazare, était 20 couché à sa porte, couvert d'ul- cères, et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; au lieu de cela, les chiens venaient encore lécher ses ulcères. Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d'Abraham, Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour des 23 morts, il leva les yeux; et, tandis qu'il était en proie aux tour- ments, il vit de loin Abraham et Lazare dans son sein. Il 24 s'écria : Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour trempe le bout de son dans l'eau et me rafraî- chisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme. Abraham répondit : Mon enfant, 25 souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maitx pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D'ail- leurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. Le riche dit : Je te prie donc, père Abraham, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père; car j'ai cinq frères. 28 C'est pour qu'il leur atteste ces choses, afin qu'ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tour- ments. Abraham répondit : Us 29 ont Moïse et les proj^hètes ; qu'ils les écoutent. Et il dit : 3(> Non, père Abraham, mais si 104 doigt 26 z< Chap. 1G, V. 30. des morts LUC quelqu'un tles morts va Aers 31 eux, ils se reiJentiront. Et A- braliam lui dit : S'ils n'écoutent pas Moïse et les proj^liètes, ils ne se laisseront pas persuader, quand même quclqu'ini des morts ressusciterait. Paroles de Jésus sur : — les scandales, — le pardon des ofl'euses, — la puissance de la foi, — les serviteurs inutiles. "i^Y Jésus dit à ses disciples : Il est imi)ossible qu'il n'arrive pas des scandales; mais malheur 2 à celui par qui ils arrivent ! Il vaudrait mieux pour lui qu'on mît à son cou mie pierre de moulin, et qu'on le jetât dans la mer, que s'il scandalisait un 3 de ces petits. Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère a péché, reprends- le ; et, s'il se repent, pardonne- 4 lui. Et s'il a péché contre toi sept fois dans un jour, et que sept fois il revienne à toi, disant: Je me repens, — tu lui pardon- neras. Les apôtres dirent 6 Et le Augmente-nous Seigneur au Sel- la foi. Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à ce syco- more : Déracine-toi, et jilante- toi dans la mer ; et il vous obéirait. 7 Qui de vous, ayant un servi- teur qui laboure ou paît les troupeaux, lui dira, quand il revient des champs : Approche 8 vite, et mets-toi à table ? Ne lui dira-t-il pas au contraire : Prépare-moi à souper, ceins-toi, et me sers, jusqu'à ce que j'aie mangé et bu ; après cela, toi, 9 tu mangeras et boiras? Doit-il de la reconnaissance à ce ser- viteur, parce qu'il a fait ce 10 qui lui était ordonné ? Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné, dites: Chap. 17, v. 24. Nous sommes des serviteurs inu- tiles, nous avons fait ce que nous devions faire. Les dix lépreux. Jésus, se rendant à Jérusalem, 11 passa entre la Samarie et la Galilée. Conmie il entrait dans 12 un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Se tenant à distance, ils élevèrent la voix, et dirent: Jésus, maître, aie 13 Initié de nous! Dès qu'il les 14 eut vus il leur dit: Allez vous montrer aux prêtres. Et, pen- dant qu'ils y allaient, il arriva qu'ils furent guéris. L'un d'eux, 15 se voyant guéri, revint sur ses ]ias, glorifiant Dieu à haute voix. Il tomba sur sa face aux pieds 16 de Jésus, et lui rendit grâces. C'était un Samaritain. Jésus, 17 prenant la j^arole, dit : Les dix n'ont-ils pas été guéris ? Et les neuf autres, oii sont-ils? Ne 18 s'est-il trouvé cjue cet étranger pour revenir et donner gloire à Dieu? Puis il lui dit: Lève- 19 toi, va ; ta foi t'a sauvé. Le royaume de Dieu et l'avènement du Fils de l'homme. — Exhortation à. la vigilance. Les pharisiens demandèrent 20 à Jésus quand viendrait le roy- aume de Dieu. Il leur répondit : Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne dira jîoint : Il 21 est ici, ou : Il est là. Car voici, le royaiune de Dieu est au de- dans de vous. Et il dit aux disciples : Des 22 jours viendront où vous dési- rerez de voir un des jours du Fils de riiomme, et vous ne le verrez point. On vous dira: Il 23 est ici, il est là. N'allez pas, ne courez pas après. Car, comme 24 l'éclair resplendit et brille d'une extrémité du ciel à l'autre, ainsi sera le Fils de l'homme en son 5 E 3 Chap. 17, V. 24. LUC. Chap. 18, v. 14. 25 jour. Mais il faut auparavaiit qu'il souffre beaucoup, et qu'il soit rejeté par cette génération. 26 Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même aux 27 jours du Fils de l'homme. Les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; le dé- luge vint, et les fit tous périr. 28 Ce qui arriva du temps de Lot arrivera pareillement. Les hommes mangeaient, buvaient, achetaient, vendaient, plantaient, 29 bâtissaient; mais le jour où Lot sortit de Sodome, une pluie de feu et de soufre tomba du ciel, 30 et les fit tous périr. 11 en sera de même le jour où le Fils de l'homme paraîtra. 31 En ce jour-là, que celui qui sera sur le toit', et qui aura ses effets dans la maison, ne descende pas pour les prendre; et que celui qui sera dans les champs ne retourne pas non 32 i^lus en arrière. Souvenez-vous 33 de la femme de Lot. Celui q\ii cherchera à sauver sa vie la l>erdra, et celui qui la perdra 34 la retrouvera. Je vous le dis, en cette nuit-là, de deux per- sonnes qui seront dans u],i même lit, l'une sera prise et l'autre 35 laissée ; de deux femmes qui moudront ensemble, l'une sera 36 prise et l'autre laissée. [De deux hommes qui seront dans un champ, l'un sera pris et l'autre laissé.] 37 Les disciples lui dirent : Où sera-ce, Seigneur ? Et il répon- dit: Où sera le corps, là s'as- sembleront les aigles. Parabole du juge inique. — Parabole du pliarisien et du publicain. 18 Jésus leur adressa une para- bole, pour montrer qu'il faut ' Le toit, voy. note sur Matth. xxiv. 17. toujours prier, et ne point se relâcher. 11 dit : 11 y avait dans 2 une ville un jiige, qui ne crai- gnait point Dieu et qui n'avait d'égard pour personne. 11 y 3 avait aussi dans cette ville une veuve, qui venait lui dire: Fais- moi justice de ma partie adverse. Pendant longtemps il refusa. 4 Mais ensuite il dit en lui-même : Quoique je ne craigne point Dieu et que je n'aie d'égard l^our personne, néanmoins, parce 5 que cette veuve m'importune, je lui ferai justice, afin qu'elle ne vienne pas sans cesse me ronq^re la tête. Le Seigneur ajouta : 6 Entendez ce que dit le juge inique. Et Dieu ne fera-t-il jms 7 justice à ses élus, qui crient à lui joiir et nuit, et tardera-t-il à leur égard? Je vous le dis, S il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? 11 dit encore cette parabole, !> en vue de certaines personnes se persuadant qu'elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres: Deux hommes mon- 10 tèrent au temple pour prier; l'un était j^harisien, et l'autre publicain. Le pharisien, debout, 11 priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, 12 je donne la dîme de tous mes revenus. Le publicain, se tenant 13 à distance, n'osait pas môme lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois aj)aisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous 14 le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'au- tre. Car quiconque s'élève sera 106 Chap. 18, abaissé, et sera élevé. V. 14. celui qui s'abaisse Les petits enfants. — Le jeune homme ridie. — L'héritage de la vie éternelle. — Jésus an- nonce sa mort et sa résuri-ection. — Guérison dun aveugle à Jéricho. — Le publieain Zachée. — Parabole des mines. 15 On lui amena aussi les petits enfants, afin qu'il les touchât. Mais les discijjles, voyant cela, 1(3 les repoussèrent. Et Jésus les api^ela, et dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en euq)êcliez pas ; car le roy- aume de Dieu est pour ceux qui 17 leiir ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne re- cevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n'y en- trera point. IS Un chef interrogea Jésus, et dit : Bon maître, que dois-je faire jiour hériter la vie éternelle? 19 Jésus lui réi)ondit: Pourquoi m'appelles-tu bon ? Il n'y a de 20 bon que Dieu seul. Tu connais les conmiandements: Tu ne com- mettras point d'adultère ; tu ne tueras point ; tii ne déroberas l)oint ; tu ne diras point de faux témoignage ; honore ton père 21 et ta mère. J'ai, dit-il, observé toutes ces choses dès ma jeu- 22 nesse. Jésus, ayant entendu cela, lui dit: Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu aui-as lui trésor dans les cieux. Puis, viens, et suis-moi. 23 Lorsqii'il entendit ces paroles, il devint tout triste ; car il était 24 très riche. Jésus, voyant as voulu que je régnasse sur eux, et tuez-les en ma présence. 28 Après avoir ainsi parlé, Jésus marcha (levant la foule, pour monter à Jérusalem. Entrée de Jésus à Jérusalem. — Joie de la foule et larmes de Jésus. — Les vendeurs chassés du temple. — Irritation des prêtres. 29 Lorsqu'il approcha de Beth- l)hagé et de Béthanie, vers la iuontagne appelée montagne des oliviers, Jésus envoya deux 30 de ses discijjles, en disant : Al- lez au village qui est en face ; qiiand vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucitn homme ne s'est jamais assis ; détachez-le, et 31 amenez-le. Si quelqu'un vous demande : Pourquoi le détachez- vous ? vous lui ré^jondrez : Le Seigneur en a besoin. 32 Ceux qui étaient envoyés al- lèrent, et trouvèrent les choses comme Jésus leur avait dit. 33 Comme ils détachaient l'ânon. ses maîtres leur dirent : Pour- 34 quoi détachez-vous l'ânon? Ils répondirent: Le Seigneur en a 35 besoin. Et ils amenèrent à Jé- sus l'ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et firent monter 36 Jésus. Quand il fut en marche, les gens étendirent leurs vête- 37 ments sur le chemin. Et lors- que déjà il approchait de Jéru- salem, vers la descente de la montagne des oliviers, toute la multitude des discii>les, saisie de joie, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les inira- 38 des (pi'ils avaient vus. Ils di- saient : Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel, et gloire dans les lieux très hauts ! 39 Quelques pharisiens, du mi- lieu de la foule, dirent à Jésus : Maître, reprends tes disciples. Et il répondit : Je vous le dis, 40 s'ils se taisent, les pierres crie- ront. Comme il approchait de la 41 ville, Jésus, en la voyant, pleura sur elle, et dit : Si toi aussi, au 42 moins en ce jour qui t'est donné, tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix ! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux. Il viendra sur toi des 43 jours, oii tes ennemis t'environ- neront de tranchées, t'enferme- ront, et te serreront de toutes parts ; ils te détruiront, toi et 44 tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, jjarce que tu n'as pas connu le temps où tu as été visitée. Il entra dans le temple, et il 45 se mit à chasser ceux qui ven- daient, leur disant: Il est écrit: 40 Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez tait une caverne de voleurs. Il enseignait tous les jours 47 dans le temple. Et les chefs des prêtres, les scribes, et les princii)aux du peuple cher- chaient à le faire jiérir ; mais ils 48 ne savaient comment s'y i)ren- dre, car tout le peuple l'écoutait avec admiration. L'autorité de .Jésus. — Parabole des vignerons. -La pierre de l'angle. Un de ces jours-là, comme 20 Jésus enseignait le peuple dans le temple et qu'il annon- çait la bonne nouvelle, les chefs des prêtres et les scribes, avec les anciens, survinrent, et lui 2 dirent : Dis-nous, par quelle au- torité fais-tu ces choses, ou qui est celui (jui t'a donné cette autorité ? Il leur réjjondit : Je 3 vous adresserai aussi mie (jues- tion. Dites-moi, le baptême 4 de Jean venait-il du ciel, ou des ]09 Chap. 20, V. 4. LUC. Chap. 20, v. 29. 5 hommes? Mais ils raisonnèrent ainsi entre eux : Si nous répon- dons : Du ciel, il dira: Pourquoi 6 n avez-vous pas cru en lui ? Et si nous réi^ondons: Des honnnes, tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean était 7 un prophète. Alors ils répon- dirent qu'ils ne savaient d"où il 8 venait. Et Jésus leur dit : Moi non plus, je ne vous dirai pas l^ar quelle autorité je fais ces choses. 9 II se mit ensuite à dire au peu- ple cette parabole : Un homme 2)lanta une vigne, l'afierma à des vignerons, et quitta pour long- 10 tem])s le pays. Au temps de la l'écolte, il envoya un sernteur vers les vignerons, pour qu'ils lui donnassent une part du pro- diiit de la vigne. Les vignerons le battirent, et le renvo}'èrent à 11 vide. Il envoya de nouveau un autre serviteur ; ils le battirent, l'outragèrent, et le renvoyèrent 12 à vide. Il en envoya encore un troisième ; ils le blessèrent, et 13 le chassèrent. Le maître de la vigne dit: Que ferai-je? J 'en- verrai mon fils bien-ainié ; peut- être, en le voyant, auront-ils 14 pour lui du respect. Mais, quand les vignerons le virent, ils raisonnèrent entre eux, et dirent: Voici l'héritier; tuons- le, afin que l'héritage soit à 15 nous. Et ils le jetèrent hors de la vigne, et le tuèrent. Main- tenant, que leur fera le maître 16 de la vigne? Il viendra, fera périr ces vignerons, et il don- nera la vigne à d'autres. Lorsqu'ils eurent entendu cela, ils dirent: A Dieu ne plaise! 17 Mais, jetant les regards sur eux, Jésus dit: Que signifie donc ce qui est écrit: La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l'angle? 18 Quiconque tombera sur cette , pierre s'y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé. Les chefs des prêtres et les 19 scribes cherchèrent à mettre les mains sur lui à l'heure même, mais ils craignirent. Us avaient compris que c'était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Questions captieuses proposées à Jésus sur: — le tribut à César, — la résurrection. — De qui le Christ est-il fils V — Les scribes censurés par Jésus. — La pauvre veuve. Ils se mirent à observer Je- 20 sus ; et ils envoyèrent des gens qui feignaient d'être justes, pour lui tendre des pièges et saisir de lui quelque parole, afin de le livrer au magistrat et à l'au- torité du gouverneur. Ces gens 21 lui firent cette question : Maître, nous savons que tu parles et en- seignes droitement, et que tu ne regardes pas à l'apparence, mais que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Nous est-il per- 22 mis, ou non, de payer le tribut à César? Jésus, apercevaut leur 23 ruse, leur répondit : Montrez- 24 moi un denier. De qui porte- t-il l'effigie et l'inscription? De César, répondirent-ils. Alors il 25 leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Us ne purent 26 rien reprendre dans ses paroles devant le peuple ; mais, étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence. Quelques-uns des sadducéens, 27 qui disent qu'il n'y a point de résurrection, s'approchèrent, et firent à Jésus cette question: Maître, voici ce que Moïse nous 28 a prescrit: Si le frère de quel- qu'un meurt, ayant une femme, sans avoir d'enfants, son frère épousera la femme, et suscitera une postérité à son frère. Or, 29 il y avait sept frères. Le pre- mier se maria, et mourut sans 110 Chap. 20, V. 29. LUC. Chap. 21, v. 11, 30 enfants. Le second et le troi- sième épousèrent la veuve ; il en fut de même des sept, qui moururent, sans laisser d'en- 32 fants. Enfin, la femme mourut 3o aussi. A la résurrection, ducpiel d'entre eux sera-t-elle donc la femme? Car les sejît l'ont eue 34 pour femme. Jésus leur répon- dit : Les enfants de ce siècle 2>rennent des femmes et des 35 maris ; mais ceux qui seront trouvés dignes d'avoir part au siècle à venir et à la résurrec- tion des morts ne prendront ni 36 femmes ni maris. Car ils no pourront plus mourir, parce qu'ils seront semblables aux anges, et qu'ils seront fils de Dieu, étant fils de la résurrec- 37 tion. Que les morts ressusci- tent, c'est ce qiie Moïse a fait connaître quand, auprès du buis- son, il appelle le Seigneur le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et 38 le Dieu de Jacob. Or, Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants ; car jjour lui tous 39 sont vivants. Quelques-uns des scribes, iJrenant la parole, di- rent: Maître, tu as bien parlé. 40 Et ils n'osaient plus lui fiiire aucune question. 41 Jésus leur dit : Comment dit- on que le Christ est fils de Da- 42 vid? David lui-même dit dans le livre des Psaumes : Le Sei- gneur a dit à mon Seigneur: 43 Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis 44 ton marchepied. David donc l'appelle Seigneur; comment est- il son fils? 45 Tandis que tout le peuple l'é- coutait, il dit à ses disciples : 4G Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques ; qui re- cherchent les premiers sièges dans les synagogiies, et les pre- mières places dans les festins ; qui dévorent les maisons des 47 veuves, et qui font pour l'ap- l^arence de longues prières. Ils seront jugés jilus sévèrement. Jésus, ayant levé les yeux, 01 vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc. Il vit aussi une pauvre veuve, qui 2 y mettait deux petites pièces \ Et il dit : Je vous le dis en 3 vérité, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres ; car 4 c'est de leiu- superflu que tous ceux-là ont mis des offrandes dans le tronc, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu'elle avait pour vivre. La destruction de Jérusalem et l'avènement du Fils de l'homme. — Exhortation à la vigilance. Comme quelques-uns parlaient 5 des belles pierres et des offrandes qui faisaient l'ornement du tem- ple, Jésus dit : Les jours vien- 6 dront où, de ce que vous voyez, il ne restera pas i^ierre sur j^ierre qui ne soit renversée. Ils lui demandèrent: Maître, 7 quand donc cela arrivera-t-il, et à quel signe connaîtra-t-on que ces choses vont arriver ? Jésus répondit : Prenez garde 8 que vous ne soyez séduits. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant: C'est moi, et le temps approche. Ne les suivez pas. Quand vous entendrez par- 9 1er de guerres et de soulève- ments, ne soyez pas effrayés, car il faut que ces choses ar- rivent premièrement. Mais ce ne sera pas sitôt la fin. Alors 10 il leur dit : Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un rovaume ; il v aura de 1 1 grands tremblements de terre, Grec 42. deux lepton, voy. note sur Marc 111 Chap. 21, V. II. LUC. Chap. 21, y. 37. et, en divers lieux, des pestes et des famines ; il y aura des phénomènes terribles, et de 12 grands signes dans le ciel. Mais, avant tout cela, on mettra les mains sur vous, et Ion vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en i^rison, on vous mènera de- vant des rois et devant des gou- verneurs, à cause de mon nom. 13 Cela vous arrivera pour que vous 14 serviez de témoignage. Mettez- vous donc dans Tesprit de ne pas préméditer votre défense ; 15 car je vovis donnerai une bouche et une sagesse à laquelle tous vos advex'saires ne pourront ré- 16 sister ou contredire. Vous serez livrés même j^ar vos parents, par vos frères, par vos proches et ^ par vos amis, et ils feront mourir 17 plusieurs d'entre vous. Vous serez haïs de tous, à cause de 18 mon nom. Mais il ne se perdra pas un cheveu de votre tête; 1 9 par votre persévérance vous sau- verez vos âmes. 20 Lorsque vous verrez Jérusa- lem investie par des armées, sachez alors que sa désolation 21 est proche. Alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes, que ceux qui seront au milieu de Jérusalem en sortent, et que ceux qui se- ront dans les champs n'entrent 22 pas dans la ville. Car ce seront des jours de vengeance, pour l'accomplissement de tout ce qui 23 est écrit. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! Car il y aura une grande détresse dans le pays, et de la colère 24 conti'e ce peuple. Ils tombe- ront sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusa- lem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu'à ce que les 11 temps des nations soient ac- conq)lis. Il y aura des signes dans le 25 soleil, dans la lune et dans les étoiles. Et sur la terre, il y aura de l'angoisse chez les na- tions qui ne sauront que faire, au bruit de la mer et des flots, les hommes rendant l'âme de 26 terreur dans l'attente de ce qui survendra pour la terre ; car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors on verra le 27 Fils de l'homme venant sur une nuée avec puissanceetunegrande gloire. Quand ces choses com- 28 menceront à arriver, redressez- vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance ai^proche. Et il leur dit une comparaison: 29 Voyez le figuier, et tous les arbres. Dès qu'ils ont poussé, 30 vous connaissez de vous-mêmes, en regardant, que déjà l'été est proche. De même, quand vous 31 verrez ces choses arriver, sachez qiie le royaume de Dieu est IDroche. Je vous le dis en vé- 32 rite, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive. Le ciel et la terre passeront, 33 mais mes paroles ne passeront point. Prenez garde à vous-mêmes, 34 de crainte que vos cœurs ne s'appesantissent j^ar les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l'im- proviste ; car il viendra comme 35 un filet sur tous ceirx qui habi- tent sur la face de toute la terre. Veillez donc et priez en tout 36 temps, afin que vous ayez la force d'échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l'homme. Pendant le jour, Jésus ensei- 37 gnait dans le temple, et il allait jjasser la nuit à la montagne 2 Chap. 21, V. 37. LUC. Chap. 22, v. 26. appelée montagne des oliviers. 38 Et tout le peuple, dès le matin, se rendait vers li;i dans le tem- ple pour l'écouter. Histoire de la pa?sion. — Complot coutre Jé- sus.— Trahison de Judas. — Célébration de la Pâque et institution de la sainte cène. — Qui est le plus grand ? — Gethsémané. — Arrestation de Jésus. Q^ La fête des pains sans le- vain \ appelée la Pâque, ap- 2 procliait. Les chefs des i^rêtres et les scribes cherchaient les moyens de faire mourir Jésus; car ils craignaient le peuple. 3 Or, Satan entra dans Judas, surnommé Iscariot^, qui était du 4 nombre des douze. Et Jiidas alla s'entendre avec les chefs des prêtres et les chefs des gardes ^, sur la manière de le 5 leur livrer. Ils furent dans la joie, et ils convinrent de lui (3 donner de l'argent. Après s'être engagé, il cherchait une occasion favorable pour livrer Jésus à linsu de la foule. 7 Le jour des pains sans le- vain, où l'on devait immoler la 8 Pâque ^ arriva, et Jésus envoya Pierre et Jean, en disant : Allez nous préparer la Pâqtie, afin que 9 nous la mangions. Ils lui di- rent: Oii veux-tu que nous la 1 0 préparions ? Il leur répondit : Voici, quand vous serez entrés dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d'eau ; suivez-le dans la maison 11 où il entrera, et vous direz au maître de la maison: Le maître te dit : Où est le lieu où je mangerai la Pâque avec mes 12 discii^les? Et il vous montrera une grande chambre haute, meu- ' Voy. note sur Matth. xxvi. 17. " Voy. note sur- Matth. x. 4. ' Des gardes, chargés de la police du tem- ple, comp. V. 52. * La Pâque, l'agneau pascal, voy. note sur Matth. XXVI. 17. blée : c'est là que vous prépare- rez la PâqTie. Ils partirent, et 13 trouvèrent les choses comme il le leur avait dit ; et ils préparè- rent la Pâque. Llieure étant venue, il se mît 14 à table, et les apôtres avec lui. Il leur dit: J'ai désiré vivement 1.5 de manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir; car, je 1(5 vous le dis, je ne la mangerai plus, jiisqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. Et, ayant pris une coupe 17 et rendu grâces, il dit : Prenez cette coupe, et distribuez-la en- tre vous; car, je vous le dis, 18 je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit venu. Ensuite il prit du pain; et, 19 après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en di- sant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. Il prit de 20 même la coupe, a]jrès le souper, et la leur donna, en disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu poxtr vous. Cependant voici, la main de 21 celui qui me livre est avec moi à cette table. Le Fils de 22 l'homme s'en va, selon ce qui est déterminé. Mais mallieur à l'homme par qui il est livré ! Et 23 ils commencèrent à se demander les uns aux autres qui était celui d'entre eux qui ferait cela. Il s'éleva aussi parmi les apô- 24 très une contestation : lequel d'entre eux devait être estimé le plus grand? Jésus leur dit: 25 Les rois des nations les maîtri- sent, et ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs^ Qu'il 26 n'en soit i)as de même pour ' Bienfaiteurs, dénomination flatteuse ac- cordée à des monarques qui souvent en étaient peu dignes. 113 Chap. 22, V. 26. LUC ranci Chap. 22, v. 53. vous. Mais que le i^lus g, parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne 27 comme celui qui sert. Car quel est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert? N'est-ce l^as celui qui est à table? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qiii sert. 28 Vous, vous êtes demeurés avec 29 moi dans mes épreuves ; c'est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur, comme mon Père en a disposé en ma faveur, 30 afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume, et que vous soyez assis sur des trônes, pour juger les douze tri- bus d'Israël. 31 Le Seigneur dit: Simon, Si- mon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le fro- 32 nient. Mais j'ai j^rié jjour toi, afin que ta foi no défaille point ; et toi, quand tu seras revenu, 33 affermis tes frères. Seigneur, lui dit Pierre, je siiis prêt à aller avec toi, et en prison et à la 34 mort. Et Jésus dit : Pierre, je te le dis, le coq ne chantera pas aujourd'luti que tu n'aies nié trois fois de me connaître. 35 II leur dit encore : Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez- vous manqué de quelque chose ? 36 Ils répondirent : De rien. Et il leur dit : Maintenant, au con- traire, que celui qui a une bourse la prenne, que cehii qui a un sac le prenne également, et que celui qui n'a j^oint d'épéc vende son vêtement et achète une épée. 37 Car, je vovis le dis, il faut que cette parole qui est écrite s'ac- complisse en moi : Il a été mis au nombre des malfaiteurs. Et ce qui me concerne est sur le 38 point d'arriver. Ils dirent : Sei- gneiir, voici deux épées. Et il leur dit : Cela suffit. Après être sorti, il alla, selon 39 sa coutume, à la montagne des oliviers. Ses disciples le sui- virent. Lorsqu'il fut arrivé dans ce 40 lieu, il leiu- dit : Priez, afin que vous ne tombiez pas dans la ten- tation. Puis il s'éloigna d'eux 41 à la distance d'environ un jet de pierre, et, s'étant mis à genoux, il pria, disant : Père, si tu vou- 42 lais éloigner de moi cette coiqje! Toiitefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. Alors 43 un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. Etant en ago- 44 nie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme dos gru- meaux de sang, qui tombaient à teri-e. Après avoir prié, il 45 se leva, et vint vers les disci- ples, qu'il trouva endormis de tristesse, et il leur dit : Pour- 46 quoi dormez-voiis ? Levez-vous et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation. Comme il parlait encore, voici, 47 une foule arriva ; et celui qxii s'appelait Judas, l'un des douze, marchait devant elle. Il s'ap- procha de Jésxis, pour le baiser. Et Jésus lui dit : Judas, c'est 48 par un baiser que tu livres le Fils de l'homme ! Ceux qui étaient avec Jésus, 49 vojant ce qui allait arriver, di- rent : Seigneur, frapperons-nous de l'épée ? Et l'un d'eux frappa 50 le serviteur du grand prêtre, et lui emporta l'oreille droite. Mais Jésus, j^renant la parole, 51 dit : Laissez, arrêtez ! Et, ayant touché l'oreille de cet homme, il le guérit. Jésus dit ensuite aux chefs 52 des prêtres, aux chefs des gardes du temple, et aux anciens, qui étaient venus contre lui : Vous êtes venus, comme après un bri- gand, avec des épées et des îbâtons. J'étais tous les jours 53 114 CiiAP. 22, Y. 53. LUC. Chap. 23, V. 8. avec vous dans le temple, et vous navez pas mis la main sur moi. Mais c'est ici votre heure, et la puissance des ténè- bres. Eeuiement de Pierre. — Jésus devant le sanliédriii jjrésidé par Caïphe. — Condam- nation. 54 Après avoir saisi Jésus, ils l'emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du grand prêtre. Pierre suivait de loin. 55 Ils alhmièrent du feu un mi- lieii de la coin-, et ils s'assirent. 56 Pierre s'assit parmi eux. Une servante, qui le vit assis devant le feu, fixa sur lui les regards, et dit : Cet honune était aussi 57 avec lui. Mais il le nia, disant : Femme, je ne le connais pas. 58 Peu après, un autre, l'ayant vu, dit : Tu es aussi de ces gens-là. Et Pierre dit : Homme, je n'en 59 suis pas. Environ une lieiu'c plus tard, un autre insistait, di- sant: Certainement cet honnnc était aussi avec lui, car il est (îO Galiléen. Pierre répondit : Homme, je ne sais ce que tu dis. Au même instant, connue il parlait encore, le coq chanta. 61 Le Seigneur, s'étant retourné, regarda Pierre. Et PieiTC se souvint de la parole que le Sei- gneur lui avait dite : Avant que le coq chante aujourdhui, tu 62 me renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement. 63 Les hommes qui tenaient Jé- sus se moquaient de lui, et le 64 frappaient. Ils lui voilèrent le visage, et ils l'interrogeaient, en disant : Devine qui t'a frappé. 65 Et ils proféraient contre lui beaucoup d'autres injures. 6<; Qiiand le joiu* fut venu, le collège des anciens du pénible, les chefs des prêtres et les scribes, s'assemblèrent, et firent amener Jésus dans leur sanhé- drin \ Ils dirent : Si tu es le 67 Christ, dis-le nous. Jésus leur réj^ondit : Si je vous le dis, vous ne le croirez pas ; et, si je vous 68 interroge, vous ne répondrez pas. Désormais le Fils de l'homme 69 sera assis à la droite de la puis- sance de Dieu. Tous dirent: 70 Tu es donc le Fils de Dieu ? Et il leur répondit: Vous le dites, je le suis. Alors ils dirent: 71 Qu'avons-nous encore besoin de témoignage ? Nous l'avons en- tendu nous-mêmes de sa bouche. Jésus devant Pilate, gouverneur romain. — Jésus devant Hérode. — Jésus renvoyé par Hérode à Pilate. — Sentence de mort con- firmée. Ils se levèrent tous, et ils 23 conduisirent Jésus devant Pi- late -. Ils se mirent à l'accuser, di- 2 sant : Nous avons trouvé cet homme excitant notre nation à la révolte, empêchant de i)ayer le tribiit à César, et se disant lui-même Christ, roi. Pilate lin- 3 terrogea, en ces termes: Es-tu le roi des Juifs"? Jésus lui ré- pondit : Tu le dis. Pilate dit aux chefs des prê- 4 très et à la foule : Je ne trouve rien de coupable en cet honnne. Mais ils insistèrent, et dirent : 5 Il soulève le peuple, en ensei- gnant par toute la Judée, depuis la Galilée, oii il a commencé, jusqu'ici. Quand Pilate entcn- 6 dit parler de la Galilée, il de- manda si cet homme était Gali- léen ; et, ayant appris qu'il était 7 de la juridiction d'Hérode'*, il le renvoya à Hérode, qui se trouvait aussi à Jérusalem en ces jours-là. Lorsqu'Hérode vit Jésus, il en 8 ' Sanhédrin, voy. note sur ^^lattli. v. 22. - 2'ilate, voy. note sur Mattli. xxvii. 2. " Hérode Antipas, tétrarque de Galilée, voy. notes sur Matth. ii. 22, et xiv. 1. ii; Chap. 23, V. 8. LUC. Chap. 23, v. 35. eut une grande joie ; car depuis longtemps il désirait le voir, à cause de ce qu'il avait entendu dire de lui, et il espérait qu'il le verrait faire quelque miracle. 9 II lui adressa beaucoup de ques- tions ; mais Jésus ne lui répon- 10 dit rien. Les chefs des prêtres et les scribes étaient là, et l'ac- 11 cusaient avec violence. Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris; et, après s'être moqué de lui et l'avoir revêtu d'un habit éclatant, il le renvoya à 12 Pilate. Ce joiu' même, Pilate et Hérode devinrent amis, d'enne- mis qu'ils étaient auparavant. 1 3 Pilate, ayant assemblé les chefs des prêtres, les magistrats, et le 14 ijeuple, leur dit : Vous m'avez amené cet homme comme ex- citant le peuple à la révolte. Et voici, je l'ai interrogé devant vous, et je ne lai trouvé coupa- ble d'aucune des choses dont 15 vous l'accusez ; ni Hérode non plus, car il nous l'a renvoyé, et voici, cet homme n'a rien fait 16 qui soit digne de mort. Je le relâcherai donc, après l'avoir châtié. 17 [A chaque fête, il était obligé de leur relâcher un prisonnier.] 18 Ils s'éci'ièrent tous ensemble: Fais mourir celui-ci, et relâche- 19 nous Barabbas. Cet homme avait été mis en prison pour une sédition qui avait eu lieu dans la ville, et pour un meurtre. 20 Pilate leur parla de nouveau, dans l'intention de relâcher Jé- 21 sus. Et ils crièrent: Crucifie, 22 crucifie-le ! Pilate leur dit pour la troisième fois : Quel mal a-t-il fait? Je n'ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Je le re- lâcherai dolic,après l'avoir châtié. 23 Mais ils insistèrent à grands cris, demandant qu'il fût crucifié. Et 24 leurs cris l'emportèrent : Pilate prononça que ce qu'ils deman- | daient serait fait. Il relâcha celui 25 qui avait été mis en prison pour sédition et pour mem^tre, et (}u'ils réclamaient ; et il livra Jésus à leur volonté. Jésus crucifié. Comme ils l'emmenaient, ils 26 prirent un certain Simon de Cy- " rêne \ qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix, jiour qu'il la portât derrière Jésus. Il était suivi d'une grande mul- 27 titude de peuple, et de femmes qui se frappaient la j)oitrine et se lamentaient sur lui. Jésus se 28 tourna vers elles, et dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; mais pleurez sur vous, et sur vos enfants. Car voici, 29 des jours viendront où l'on dira: Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n'ont point en- fanté, et les mamelles qui n'ont l)oint allaité ! Alors ils se met- 30 tront à dire aux montagnes : Tombez sur nous ! et aux col- lines : Couvrez-nous ! Car, si 31 l'on fait ces choses au bois vert, qu'arrivera-t-il au bois sec? On conduisait en même temps 32 deux malfaiteurs, qx;i devaient être mis à mort avec Jésus. Lorsqu'ils furent arrivés au 33 lieu appelé Crâne", ils le cruci- fièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l'im à droite, l'autre à gauche. Jésus dit : Père, par- 34 donne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. Ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort. Le peuple se tenait là, et re- 35 gardait. Les magistrats se mo- quaient de Jésus, disant : Il a sauvé les autres ; qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ, l'élu ' Cyrhie, voy. note sur ilatth. xxvn. 32. ' Crâne, en héb. Golyotlia, voy. Matth. XXVII. 33, et Marc xv. 22. Vulg. le Cal- vaire. 116 Chap. 23, V. 35. LUC. Chap. 24, v. 6. 36 de Dieu ! Les soldats aussi se moquaient de lui ; s'apiiroehaut et lui présentant du vinaigre, 37 ils disaient : Bi tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! 38 II y avait au-dessus de lui cette insci'iption : Celui-ci est le roi des Juifs. 39 L'un des malfaiteurs crucifiés l'injuriait, disant : N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et 40 sauve-nous ! Mais l'autre le re- prenait, et disait : Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même 41 condanmation ? Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce qu'ont mérité nos crimes ; mais celui-ci n"a rien fait de mal. 42 Et il dit à Jésus : Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans 43 ton règne. Jésus lui réj^ondit : Je te le dis en vérité, aiijour- cVhui tu seras avec moi dans le l^aradis. 44 II était déjà environ la sixième heure \ et il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu'à la 45 neuvième heure. Le soleil s'ob- scurcit, et le voile " du temi^le se déchira par le milieu. 46 Jésus s'écria d'une voix forte : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira. 47 Le centenier, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, et dit: Certainement, cet homme était juste. 48 Et tous ceux qui assistaient en foule à ce spectacle, après avoir vu ce qui était arrivé, s'en retournèrent, frappant leur poi- 49 trine. Tous ceux de la connais- sance de Jésus, et les femmes qui l'avaient accompagné depuis la Galilée, se tenaient dans lé- loignement et regardaient ce qui se i^assait. Midi. Le voile, voy. note sur Matth. xxvii. 51. Le corps de Jésus mis dans un sépulcre. Il y avait un conseiller', nommé 50 Joseph, homme bon et juste, qui 51 n'avait point participé à la dé- cision et aux actes des autres ; il était d'Arimatliée, ville des Juifs, et il attendait le royaume de Dieu. Cet lionnne se rendit 52 vers Pilate, et demanda le corps de Jésus. Il le descendit de la 53 croix, l'enveloppa d'un linceul, et le déposa dans un sépidcre taillé dans le roc, oîi personne n'avait encore été mis. C'était 54 le jom* de la préparation ", et le sabbat allait connnencer. Les femmes qui étaient venues 55 de la Galilée avec Jésus accom- Ijagnèrent Joseph, virent le sé- pulcre et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé, et, 56 s'en étant retournées, elles i)ré- parèrent des aromates et des parfums. Puis elles se reposè- rent le jour du sabbat, selon la loi. Eésurrection et ascension de Jésus-Christ. Le premier jour de la se- 24 maine, elles se rendirent au sépulcre, de grand matin, por- tant les aromates qu'elles avaient préparés. Elles virent qiie la 2 pierre avait été roulée de devant le sépulcre; et, étant entrées, 3 elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Comme 4 elles ne savaient que penser de cela, voici, deux hommes leur apparurent, en habits resplen- dissants. Saisies de frayeiir, 5 elles baissèrent le visage contre terre ; mais ils leiir dirent : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n'est point ici, mais il est 6 ressuscité. Souvenez-vous de ' Un conseiller, un membre du .sanhédrin. ' La jrréjparation, voy. note sur Jlatth. XXVII. 62. 117 Chap. 24, V. 6. LUC. Chap. 24, y. 33. quelle manière il vous a parlé, lorsqu'il était encore en Galilée, 7 et qu'il disait : Il faut que le Fils de riioinme soit livré entre les mains des pécheurs, qu'il soit crucifié, et qu'il ressviscite 8 le troisième jour. Et elles se ressouvinrent des paroles de Jé- sus. 9 A leur retour du sépulcre, elles annoncèrent toutes ces choses aux onze, et à tous les 10 autres. Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres qui 11 étaient avec elles. Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes. 12 Mais Pierre se leva, et courut au sépulcre. S'étant baissé, il ne vit que les linges qui étaient à terre ; piiis il s'en alla chez lui, dans l'étonnement de ce qui était arrivé. 13 Et voici, ce même jour, deux disciples allaient à un village nommé Emmaiis, éloigné de Jé- 14 rusalem de soixante stades^; et ils s'entretenaient de tout ce qui 15 s'était passé. Pendant qu'ils par- laient et discutaient, Jésus s'ap- procha, et fit l'oute avec eux. 1 6 Mais levirs yeux n'étaient pas en 17 état de le reconnaître. Il leur dit : De quoi vous entretenez- vous en marchant, pour que 18 vous soyez tout tristes? L'un d'eux, nommé Cléopas, lui ré- pondit : Es-tu le seul qui, sé- journant à Jérusalem, ne sache pas ce qui y est arrivé ces jours- 19 ci?— Quoi? leur dit-il.— Et ils lui répondirent : Ce qui est ar- rivé au siijet de Jésus de Naza- reth, qiii était un prophète puis- sant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le 20 peuple, et comment les chefs magistrats Soixante stades, environ onze kilomètres. des prêtres et nos l'ont livré pour le faire con- damner à mort et l'ont crucifié. Nous espérions qiie ce serait lui qui délivrerait Israël : mais avec tout cela, voici le troisième joiu* que ces choses se sont passées. Il est vrai que quelques femmes d'entre nous nous ont fort éton- nés : s'étant rendues de grand matin au sépulcre et n'ayant jjas trouvé son corps, elles sont venues dire que des anges leur sont apparus et ont annoncé qu'il est vivant. Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au sépulcre, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont point vu. Alors Jé- sus leur dit : O hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les jîrophètes ! Ne fallait-il jîas que le Christ souffrit ces choses, et qu'il entrât dans sa gloire ? Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur ex- pliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. Lorsqu'ils fiu'ent près du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. Mais ils le pressè- rent, en disant : Reste avec nous, car le soir approche, le jour est sur son déclin. Et il entra, pour rester avec eux. Pendant qu'il était à table avec eux, il prit le pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna. Alors leurs yeux s'ou- vrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux. Et ils se dirent l'un à l'autre : Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu'il nous parlait en chemin et nous ex- pliquait les Écritures ? Se levant à l'heure même, ils retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze, et ceux qui étaient 21 22 23 24 25 2(3 27 28 29 30 31 32 33 118 Chap. 24, V. 33. LUC— JEAN. Chap, 1, v, 10. 34 avec eux, assemblés et disant : Le Seif>neur est léelleiuent res- suscité, et il est apj)ani à Simon. 35 Et ils racontèrent ce qui leur était ari'ivé en chemin, et com- ment ils l'avaient rcconnii au moment où il rompit le i)ain. 36 Tandis qu'ils parlaient de la sorte, lui-môme se présenta au milieu deux, et leur dit : La 37 paix soit avec vous ! Saisis de frayeur et d'épouvante, ils cru- 38 rent voir un esprit. Mais il leur dit: Pourquoi êtes-vous troublés. ' et pourquoi pareilles pensées s'élèvent-elles dans vos cœurs? 39 Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi ; toiicliez-moi et voyez : un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai, 40 Et en disant cela, il leur montra 41 ses mains et ses pieds. Comme, dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu'ils étaient dans l'étonnement, il leur dit: Avez-vous ici quelque chose à 42 manger ? Ils lui présentèrent du poisson rôti et un rayon de miel. 43 II en prit, et il mangea devant eux. 44 Puis il leur dit: C'est là ce que je vous disais, lorsque j'étais encore avec vous, qu'il fallait que s'accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit 45 l'esprit, afin qu'ils comprissent les Écritures. Et il leiu- dit: 46 Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu'il ressusciterait des morts le troisième jour, et 47 que la repentance et le pardon des péchés seraient prêches en son nom à toutes les nations, à commencer par Jéi'usalem. Vous 4S êtes témoins de ces choses. Et 49 voici, j'enverrai sur vous ce que mon Père a promis ; mais vous, restez dans la ville, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de la puissance d'en haut. Il les conduisit jusque vers 50 Béthanie,et, ayant levé les mains, il les bénit. Pendant qu'il les 51 bénissait, il se sépara d'eux, et fut enlevé au ciel. Pour eux, 52 après l'avoir adoré, ils retour- nèrent à Jérusalem, avec une grande joie ; et ils étaient con- 53 tinnellement dans le temple, louant et bénissant Dieu. EVANGILE SELOjST JEAN La Parole faite cliair. 1 Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. 2 Elle était au commencement 3 avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été tait n'a été fait sans 4 elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des honnncs. 5 La lumière hiit dans les ténè- bres, et les ténèbres ne l'ont point reçue. Il y eut un homme, envoyé de 6 Dieu: son nom était Jean'. Il 7 vint pour servir de témoin, pour rendre témoignage à la hunière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas la lumière, mais 8 il parut pour rendre témoignage à la lumière. Cette lumièi-e 9 était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le 10 monde, et le monde a été fait Jean, Jean-Baptiste. 119 Chap. 1, V. lO. JEAN. Chap. 1, v. 39. j)ar elle, et le monde no Ta point 11 connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point 12 reçue. Mais à tous ceux qui l'ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de 13 devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu. 14 Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du 15 Fils unique venu du Père. — Jean lui a rendu témoignage, et s'est écrié : C'est celui dont j'ai dit : Celui qui vient après moi m'a précédé, car il était avant moi. — 16 Et nous avons toiis reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce ; 17 car la loi a été donnée i^ar Moïse, la grâce et la vérité sont 18 venues par Jésus-Christ. Per- sonne n'a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a lait connaître. Témoignage de Jean-Baptiste. 19 Voici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des Lévites, pour lui demander: Toi. 20 qui es-tu ? Il déclara, et ne le nia point, il déclara qu'il n'était pas le Christ. 21 Et ils lui demandèrent : Quoi donc ? es-tu Élie ? Et il dit : Je ne le suis point. Es-tu le pro- 22 phète? Et il répondit: Non. Ils lui dirent alors : Qui es-tu ? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. 23 Que dis-tu de toi-même? Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme 24 a dit Ésaïe, le i^rophètc. Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens. Ils lui firent 25 encore cette question : Pourqiioi donc baptises-tu, si tu n'es pas le Christ, ni Élie, ni le prophète? Jean leur répondit : Moi, je bap- 26 tise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, qui vient 27 après moi ; je ne suis pas digne de délier la coiuToie de ses sou- liers. Ces choses se passèrent à 28 Bétlianie \ au delà du Jourdain, où Jean baptisait. Le lendemain, il vit Jésus ve- 29 nant à lui, et il dit : Voici l'a- gneau de Dieu, qiii ôte le péché du monde. C'est celui dont j'ai 30 dit : Après moi vient iin homme qui m'a précédé, car il était avant moi. Je no le connaissais 31 pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d'eau. — Jean ren- 32 dit ce témoignage : J'ai vu l'Es- prit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur lui. — Je ne le connaissais pas, 33 mais celui qui m'a envoyé bap- tiser d'eau, celui-là m'a dit : Ce- lui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint-Esprit. Et 34 j'ai vu, et j'ai rendu témoignage qu'il est le Fils de Dieu. Les premiers ditciples. Le lendemain, Jean était en- 35 core là, avec deux de ses dis- ciples ; et, ayant regardé Jésus 36 qui passait, ii dit: Voilà l'agneau de Dieu. Les deux disciples 37 l'entendirent prononcer ces pa- roles, et ils suivirent Jésus. Je- 38 sus se retom-na, et voyant qu'ils le suivaient, il leiu' dit : Que 39 cherchez-vous? Ils lui répon- dirent: Rabbi (ce qui signifie ' Béthanie, qu'il ne faut pas confondre avec Béthanie près de Jérusalem. Dans quelques manuscrits on lit Bétliabara. 120 Chap. 1, V. 39. JEAN. Chap. 2, v. 13. 40 Maître), où doineures-tu? Venez, leiii" dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure'. 41 André, frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et 42 qui avaient suivi Jés\is. Ce fut lui qui rencontra le i^remier son frère Simon, et il lui dit: Nous avons trouvé le Messie (ce qui 43 signifie Christ^). Et il le con- duisit vers Jésus. Jésus, l'ayant regardé, dit : Tu es Simon, fils de Jouas ; tu seras appelé Cé- phas (ce qui signifie Pierre). 44 Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philii^pe. Il lui dit: Suis-moi. 45 Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre. 46 Philippe rencontra Nathanaël ^ et lui dit: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de 47 Joseph. Nathanaël lui dit: Peut- il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe hd ré- 48 pondit : Viens, et vois. Jésus, A'oyant venir à lui Nathanaël, dit de lui : Voici vraiment un Is- raélite, dans lequel il n'y a point 49 de fraude. D'où me connais-tu? lui dit Nathanaël. Jésus lui ré- pondit: A^ant que Philippe t'ap- pelât, quand tu étais sous le 50 figuier, je t'ai vu. Nathanaël repartit et lui dit : Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi 51 d'Israël. Jésiis lui répondit : Parce que je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, tu crois ; tu verras de i)lus grandes choses 52 que celles-ci. Et il lui dit : En ' Quatre heui'es après midi. - Christ, ou Oint, voy. note sur Matth. I. 16. ' Nathanaël, nommé BartliMeniy dans les autres Evangiles, voy. Matth. x. 3. vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descen- dre sur le Fils de l'homme. l'remier miracle de .Jésus aux noces de Cana. Trois jovirs après, il y eut des g noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, et Jésus 2 fut aussi invité aux noces avec ses disciples. Le vin ayant man- 3 qiié, la mère de Jésus lui dit : Ils n'ont plus de vin. Jésus lui 4 ré2)ondit: Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n'est pas encore venue. Sa mère 5 dit aux serviteurs : Faites ce qu'il vous dira. Or, il y avait (3 là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures. Jésus leur dit: Eem- 7 plissez d'eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu'au bord. Piiisez maintenant, leur dit-il, 8 et i)ortez-en à l'ordonnateur du repas. Et ils en portèrent. Quand l'ordonnateur du repas 0 eut goûté l'eau changée en vin, — ne sachant d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient bien,^ — il appela l'époux, et lui 10 dit: Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moins bon après qu'on s'est enivré ; toi, tu as gardé le bo)i vin jusqu'à pré- sent. Tel fut, à Cana en Galilée, le 11 l)remier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. Après cela, il descendit à Ca- 12 pernavim, avec sa mère, ses frères et ses disciiîles, et ils n'y de- meurèrent que peu de jours. Jésus à Jérusalem. — Les vendeurs chassés du temple. — Le temple relevé en trois jours.— Ce que pense Jésus de ceux qui croient en son nom. La Pâque des Juifs était proche, 13 121 Chap. 2, V. 13. JEAX. Chap. 3, v. 16. et. Jésus monta à Jérusalem. 14 II trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs 15 assis. Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les bœufs; il dispersa la mon- naie des changeurs, et renversa 16 les tables; et il dit aux vendeurs de pigeons : Otez cela d'ici, ne faites pas de la maison de mon 17 Père mie maison de trafic. Ses disciples se souvinrent qu'il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore. 18 Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : Quel miracle nous montres-tu, pour agir de la sorte? 19 Jésus leur répondit: Détruisez ce temple, et en trois jours je le 20 relèverai. Les Juifs dirent: Il a fallu quarante-six ans poiu- bâtir ce temple, et toi, en trois 21 jours tu le relèveras! Mais il parlait du temple de son corps. 22 C'est pourquoi, lorsqu'il fut res- suscité des morts, ses discij)les se souvinrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Eci-iture et à la parole que Jésus avait dite. 23 Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, plusieurs crurent en sou nom. voyant les miracles qu'il faisait. 24 Mais Jésus ne se fiait jîoint à eux, parce qu'il les connaissait 25 tous, et parce qu'il n'avait pas besoin qu'on lui rendît témoi- gnage d'aucun homme; car il savait lui-même ce qui était dans l'homme. Entretien de Jésus avec Nicodème. Q II y avait parmi les pharisiens im homme appelé Nicodème, qui 2 était un chef des Juifs \ Il vint de nuit vers Jésus, et lui dit: ' Probablement un membre du sanhédrin, comp. VIL 50. Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car per- sonne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui. Jésus lui réi)ondit : En 3 vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit ; Com- 4 ment im homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il ren- trer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus répondit : En vé- 5 rite, en vérité, je te le dis, si un honnne ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le roy- aume de Dieu. Ce qui est né 6 de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne 7 tétonne pas que je t'aie dit : Il faut que vous naissiez de nou- veau. Le vent souffle où il veut, 8 et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va. Il eu est ainsi de tout i homme qui est né de l'Esprit. Nicodème lui dit: Comment cela 9 peut-il se faire? Jésus lui ré- 10 pondit: Tu es le doctevu" d'Is- raël, et tune sais pas ces choses! En vérité, en vérité, je te le dis, 11 nous disons ce que nous savons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu ; et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas quand je 12 vous ai parlé des choses ter- restres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des cho- ses célestes? Personne n'est 13 monté au ciel, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel. Et comme Moïse éleva le serpent' 14 dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit 15 en lui ait la vie éternelle. Car 16 ' Le serpent, le serpent d'airain, dont il est parlé Nomb. xxi. 8-9. 122 Chap. 3, V. 16. JEAN. Chap. 4, ^ . 5. Dieu a tant aimé le monde qu'il qui était avec toi an delà du a donné son Fils imique, afin Jourdain, et à qui tu as rendu que quiconque croit en lui ne j témoignage, voici, il baptise, et périsse point, mais qu'il ait la j tous vont à lui. Jean répondit : 17 vie éternelle. Dieu, en effet, n'a j Un homme ne peut recevoir que pas envoyé son Fils dans le ce qui hii a été donné du ciel, inonde pour qu'il juge le monde, ; Vous-mêmes m'êtes témoins que mais iDour que le monde soit j j'ai dit: Je ne suis pas le Christ. 18 sauvé par lui. Celui qui croit | mais j'ai été envoyé devant lui. Celui à qui appartient l'épouse, c'est l'époux ; mais l'ami de en lui n'est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au l'époux, qui se tient là et qui nom du Fils unique de Dieu, l'entend, éprouve une grande 19 Et ce jugement c'est que, la 1 joie à cause de la voix de l'é- lumière étant venue dans le poux : aussi cette joie, qin est monde, les hommes ont préféré la mienne, est parfaite. Il faut les ténèbres à la lumière, parce qu'il croisse, et que je diminue 28 29 que leurs ceu\Tes étaient mau- 20 vaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, do peur que ses œuvres ne soient dévoilées: 21 mais celui qui agit selon la vé- rité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu. ^1 Nouveau témoignage de Jean-Baptiste. Après cela, Jésus, accompagné de ses disciples, se rendit dans la terre de Judée ; et là il de- meurait avec eux, et il bap- 2:> tisait \ Jean aussi baptisait à Énon, près de Salim", parce qu'il y avait là beaucoup d'eau : et on y venait pour être baptisé. 24 Car Jean n'avait jîas encore été mis en prison ^. 2ô Or, il s'éleva de la part des disciples de Jean une dispute avec un Juif touchant la puri- Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous ; celui qui est de la terre est de la terre, et il parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au- dessus de tous, il rend témoi- gnage de ce qu'il a vu et en- tendu, et personne ne reçoit son témoignage. Celui qui a reçu son témoignage a certifié que DicTi est ^Tai ; car celui q\ie Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l'Esprit avec mesure. Le Père aime le Fils, et il a remis toutes choses entre ses mains. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; cehii qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. La Samaritaine. Le Seigneur sut que les phari- siens avaient appris qu'il faisait 30 ;u 32 33 34 35 36 26 fication *. Ils vinrent trouver et baptisait plus de discij)les Jean, et lui dirent : Eabbi. celui ' Il baptisait, non pas lui, mais ses disci- ples sous sa direction, voy. iv. 2. - Énon, Salim, localités dont la situation n'est pas connue. ' Sur l'emprisonnement de Jean vov. Matth. IT. 12, et xiv. 1, et suiv. * La purification, le baptême. que Jean. Toutefois Jésus ne baptisait pas lui-même, mais c'étaient ses disciples. Alors il quitta la Judée, et retovu'ua eu Galilée. Comme il fallait qu'il })assât par la Samarie, il arriva dans une ville de Samarie, nommée 1 23 Chap. 4, V. 5. JEAN. Chap. 4, y. 32. Sychar\ près du champ que Jacob avait donné à Joseph, son Jésiis lui dit : Tu as ou raison de dire : Je n'ai point de mari. (j fils. Là se trouvait le puits de Car tu as eu cinq maris, et celui 18 Jacob. Jésus, fatigué du voy âge, était assis au bord clu puits. C'était environ la sixième heure ^. 7 Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. Jésus lui dit : 8 Donne-moi à boire. Car ses disciples étaient allés à la ville !) pour acheter des vivres. La femme samaritaine lui dit: Com- ment toi, qui es Juif, me de- mandes-tu à boire, à moi qui suis une fennne samaritaine? — Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains^. — 1 0 Jésus lui répondit : Si tu con- naissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t'aurait 11 donné de l'eau vive. Seigneur, lui dit la femme, tu n'as rien pour puiser, et le puits est pro- fond ; d'où aurais-tu donc cette 1 2 eau vive ? Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, ainsi que ses fils et 13 ses troui^eaux? Jésus lui ré- pondit : Quiconque boit de cette 14 eau aura encore soif; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura jamais soif, et l'eau que je lui donnerai de- viendra en lui une source d'eau qui jaillira jusque dans la vie 15 éternelle. La femme lui dit: Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que 1(3 je ne vienne plus puiser ici. Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, 17 et viens ici. La femme ré- pondit: Je n'ai point de mari. ' Sychar, dans l'Ane. Test. Sichem, aujour- d'hui Naplouse, entre les monts Ebal et Ga- rizim. - Midi. " Voy. Matth. x. 5, et Luc ix. .53. que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. Seigneur, lui dit la femme, 19 je vois que tu es prophète. Nos 20 pères ont adoré sur cette mon- tagne ^ ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. Femme, lui dit Je- 21 sus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adore- rez le Père. Vous adorez ce 22 que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, 23 et elle est déjà venue, où les vrais adoratevirs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est esprit, 24 et il faut que ceux cj[ui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité. La fennne lui dit : Je sais que 25 le Messie doit venir (celui qu'on appelle Christ) ; quand il sera Aenvi, il nous annoncera toutes choses. Jésus lui dit : Je le 2(3 suis, moi qui te parle. Là-dessus, arrivèrent ses dis- 27 ciples, qui furent étonnés de ce qu'il parlait avec une femme. Toutefois aucun ne dit : Que de- mandes-tu ? ou : De quoi parles- tu avec elle ? Alors la femme, 28 ayant laissé sa cruche, s'en alla dans la ville, et dit aux gens: Venez voir un homme, qui m'a 29 dit tout ce que j'ai fait ; ne serait-ce point le Christ ? Ils 30 sortirent de la ville, et ils vin- rent vers lui. Pendant ce temps, les disciples 31 le pressaient de manger, disant : Eabbi, mange. Mais il leur dit : 32 ' Sur le mont Garizim, où les Samaritains avaient construit un temple à l'époque de Néhémie. 124 Chap. 4, V. 32. JEAN. Chap. 5, v. 2. J'ai à manger tiiio iiourritiiie 33 que vous ne connaissez pas. Les disciples se disaient donc les uns aux auti-es : Quelqu'un lui 34 aurait-il apporté à manger ? Jé- sus leur dit : Ma nourriture est de faire la volonté de celui (pii m'a envoyé, et d'accomi^lir son 35 œuvre. Ne dites-vous pas qu'il y a encore quatre mois juscjuà la moisson? A'^oici, je vous le dis, levez les yeux, et regardez les champs qui déjà blanchissent 36 pour la moisson. Celui qui moissonne reçoit un salaire, et amasse des fruits pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouis- 37 sent ensemble. Car en ceci ce qu'on dit est vrai : Autre est celui qui sème, et autre celui 38 qui moissonne. Je vous ai en- voyés moissonner ce que vous n'avez pas travaillé; d'autres ont travaillé, et vous êtes entrés dans leur travail. 39 Plusieurs Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de cette déclaration formelle de la femme : Il m'a dit tout ce que 40 j'ai fait. Aussi, quand les Sa- maritains vinrent le trouver, ils le prièrent de rester auprès d'eux. Et il resta là deux jours. 41 Un beaucoup plus grand nom- bre crurent, à cause de sa pa- 42 rôle ; et ils disaient à la fenmie : Ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons: car nous l'avons entendu nous- mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde. Retour de Jésus en Galilée. — Guérisou du fils d'un officier du roi. 43 Après ces deux jours, Jésus partit de là, pour se rendre en 44 Galilée : car il avait déclaré lui- même qu'un prophète n'est pas honoré dans sa propre patrie. 45 Lorsqxi'il arriva en Gnlilée, il 125 fut bien reçu des Galiléens, qui avaient vu tout ce qu'il avait fait à Jérusalem pendant la fête; car eux aussi étaient allés à la fête. Il retoiu'ua donc à Cana 4(5 en Galilée, où il avait changé l'eau en vin. Il y avait à Capernaum un officier du roi\ dont le fils était malade. Ayant appris que Jésus 47 était venu de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de des- cendre et de guérir son fils, qui était près de mourir. Jésus lui 48 dit : Si vous ne voyez des mira- cles et des prodiges, vous ne croyez jjoint. L'officier du roi 4!» lui dit : Seigneur, descends avant que mon enfant meure. Va, lui 50 dit Jésus, ton fils vit. Et cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite, et il s'en alla. Comme déjà il descendait. 51 ses serviteurs, venant à sa ren- contre, lui apportèrent cette nouvelle : Ton enfant vit. Il 52 lei;r demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux; et ils Ivii dirent : Hier, à la septième heure, la fièvre l'a quitté. Le 53 père reconnut que c'était à cette heure-là que Jésus lui avait dit : Ton fils vit. Et il crut, lui et toiite sa maison. Jésus fit encore ce second 54 miracle ", lorsqu'il fiit venu de Judée en Galilée. Jésus à Jérusalem. — Guérison d'un malade à la piscine de Béthesda. — Accusations des .Juifs, et réponses de Jésus. Après cela, il y eut ime fête ^ des Juifs, et Jésus monta à Jé- rusalem. Or, à Jérusalem, près de In 2 ' Du roi, Hérode Antipas, tétraïque do Galilée, considéré comme revêtu d'une dignité royale. " Ce second miracle, en Galilée, celui de Cana étant le premier ; Jésus eu avait fait d'autres à Jérusalem. Chap. 5, V. 2. JEAN. Chap. 5, v. 28. porte des brebis \ il y a une piscine qui s'api^elle en hé- ])reu Bétliesda^ et qui a cinq 3 ])ortiqucs. Hous ces portiques étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des j^araljtiques. [qui attendaient le mouvement de 4 reaxi ; car un ange descendait de temps en ternies dans la piscine, et agitait l'eau ; et celui qui y descendait le premier après que l'eau avait été agitée était guéri, quelle que fût sa maladie.] 5 Là se trouvait lui homme ma- 6 lade depuis trente-huit ans. Jé- sus, l'ayant vu couché, et sachant qu'il était déjà malade depuis loiigtemps, lui dit : Veux-tu être 7 guéi'i ? Le malade lui répondit : Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine quand l'eau est agitée, et, pendant que j y vais, un autre descend avant S moi. Lève-toi, lui dit Jésus, i) prends ton lit, et marche. Aus- sitôt cet homme fut guéri ; il prit sou lit, et marcha. 10 C'était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à celui qui avait été guéri : C'est le sabbat ; il ne t'est pas permis d'emporter 1 1 ton lit. Il leur répondit : Celui qui m'a guéri m'a dit : Prends 12 ton lit, et marche. Ils lui de- mandèrent : Qui est l'honune areillement. Car le Père 20 aime le Fils, et lui montre ce qu'il fait ; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles- ci, afin que voias soyez dans l'étonnement. Car, comme le 21 Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut. Le Père ne 22 juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que 23 tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui nhonore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé. En 24 vérité, en. vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient l)oint en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. En 25 vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, oii les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront entendue vivront. Car, connue le Père a la vie en 20 lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de 27 juger, parce qu'il est Fils de l'homme. Ne vous étonnez pas 28 126 Chap. 5, V. 28. 29 30 32 33 34 35 3(3 3'; 3 s 40 41 42 de cela ; car Theure vient où tous ceux qui sont dans les sé- })ulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie. mais ceux qui axiront fait le mal ressusciteront i)Our le juge- ment. Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j'entends, je juge ; et mon jugement est juste, i)arce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Si c'est moi qui rends témoi- gnage de moi-même, mon témoi- gn-age n'est pas vrai. Il y en a un autre qui rend témoignage de moi, et je sais que le témoi- gnage qu'il rend de n>oi est vrai. Vous avez envoyé vers Jean, et il a rendu témoignage à la vé- rité. Pour moi, ce n'est pas d'un homme que je reçois le témoignage ; mais je dis ceci, afin que vous soyez sauvés. Jean était la lani2:)e (pii brûle et qui luit, et vous avez voulu aous réjouir une heure à sa lumière. Moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean ; car les œuvres que le Père m'a donné d'accomiîlir, ces œuvres mêmes que je fais, témoignent de moi que c'est le Père qui m'a envoj'é. Et le Père qui m'a envoyé a rendu lui-môme témoi- givage de moi. Vous n'avez ja- mais entendu sa voix, vous n'avez point vu sa face, et sa parole ne demeure point en vous, parce que vous ne ci'oyez pas à celui qu'il a envoyé. Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éter- nelle : ce sont elles (jui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi, ])our avoir la vie ! Je ne tire pas ma gloire des honunes. Mais je sais que vous n'avez ])oint en vous l'amour de JEAK Chap. 6, v. 9. Dieu. Je suis venu au nom de 43 mon Père, et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez. Comment pouvez-vous croire, 44 vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qiii ne cher- chez i)oint la gloire qui vient de Dieu seul ? Ne jjensez pas que 45 moi je vous accuserai devant le Père ; celui qui vous accuse, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Car si 40 vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, i)arce qu'il a écrit de moi. Mais si vous ne croyez 47 pas à ses écrits, comment croi- rez-vous à mes paroles ? Jésus en Galilée. — Multiplication des jiains. — Jésus marchant sur les eaux. Après cela, Jésus s'en alla de Q l'autre côté de la mer de Gali- lée \ de Tibériade. Une grande 2 foule le suivait, parce qu'elle voyait les miracles qu'il opérait sur les malades. Jésus monta 3 sur la montagne, et là il s'assit avec ses disciples. Or, la Pâque était proche, la 4 fête des Juifs. Ayant levé les yeux, et voyant 5 qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philipj)e : Oii achète- rons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger? Il di- 0 sait cela pour l'éprouver, car il savait ce qu'il allait faire. Phi- 7 lippe lui répondit: Les pains qu'on aurait poiu- deux cents deniers" ne suffiraient pas po\n- que chacun en reçût xm peu. Un de ses disciples, André, frère S de Simon Pierre, hii dit : Il y !) a ici un jcinie garçon qui a ciiuf pains d'orge et deux i)oissons ; mais qu'est-ce que cela pour ■ La mer de Galilée, appelée aussi mer Je Tibériade, ou lac de Génésareth. - Deniers, voy. note sur Matth. xvin. 28. 127 Chap. 6, V. 9. 10 taiît de gens? Jésus dit: Faites- les asseoir. Il y avait dans ce lieu beaucoup d'herbe. Ils s'as- sirent donc, au nombre d'en- 11 viron cinq mille hommes. Jésus prit les i^ains, rendit grâces, et les distribua à ceux qui étaient assis ; il leur donna de même des i)oissons, autant qu'ils en 12 voulurent. Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disci- ples: Ramassez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde. 13 Ils les ramassèrent donc, et ils remplirent douze corbeilles avec les morceaux qui restèrent des cinq pains d'orge, après que tous eurent mangé. 14 Ces gens, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient : Celui-ci est vraiment le pro- phète qui doit venir dans le 15 monde. Et Jésus, sachant qu'ils allaient venir l'enlever pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, lui seul. 16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent au bord 17 de la mer. Étant montés dans une barque, ils traversaient la mer pour se rendre à Caper- naum. Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore 18 rejoints. Il soufflait un grand vent, et la mer était agitée. 19 Après avoir ramé environ vingt- cinq ou trente stades \ ils voient Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la barque. Et 20 ils eurent peur. Mais Jésus leur dit : C'est moi ; n'ayez pas 21 peur! Ils voulaient donc le pren- dre dans la barque, et aussitôt la barque aborda au lieu où ils allaient. Le pain de vie. — Abandon de quelques disci- ples.— Confession de Pierre. 22 La foule qui était restée de ' A peu près cinq ou six kilomètres. JEAN. Chap. 6, y. 33. l'autre côté de la mer avait re- marqué qu'il ne se trouvait là qu'une seule barque, et que Jésus n'était pas monté dans cette barque avec ses disciples, mais qu'ils étaient partis seuls. Le lendemain, comme d'autres 23 barques étaient arrivées de Ti- bériade près du lieu où ils avaient mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâces, les gens de la foule, ayant vu 24 que ni Jésus ni ses disciples n'étaient là, montèrent eux- mêmes dans ces barques et al- lèrent à Capernaum à la re- cherche de Jésus. Et l'ayant 25 trouvé au delà de la mer, ils lui dirent : Rabbi, qiiand es-tu venu ici ? Jésus leur répondit : Eu 26 vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez, 27 non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera ; car c'est lui que le Père, que Dieu a marqué de son sceau. Ils lui 28 dirent : Que devons-nous faire, pour faire les œuvres de Dieu? Jésus leur répondit: L'œuvre 29 de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. Quel 30 miracle fais-tu donc, lui dirent- ils, afin que nous le voyions, et que nous croyions en toi? Que fais-tu? Nos pères ont mangé 31 la manne dans le désert, selon ce qui est écrit: Il leur donna le pain du ciel à manger. Jésvis 32 leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis. Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel, mais mon Père vous donne le vi'ai jjain du ciel ; car le i^ain de Dieu, c'est 33 celui qui descend dia ciel et qui donne la vie au monde. 128 Chap. 6, V. 34. JEAN. Chap. 6, v. 63. 34 Ils lui dirent: Seigneur, donne- nous toujours ce pain. 35 Jésus iein- dit : Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aiira jamais soif. 3(i Mais, je vous lai dit, vous m'avez vu, et vous ne croyez j^oint. 37 Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à 38 moi ; car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qiii m'a 39 envoyé. Or, la volonté de celui qui ma envoyé, c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite 40 au dernier jour. La volonté de mon Père, c'est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la ■Nie éternelle ; et je le ressusci- terai au dernier jour. 41 Les Ji;ifs murmuraient à son sujet, parce qu'il avait dit : Je suis le pain qui est descendu du 42 ciel. Et ils disaient : N'est-ce pas là Jésus, le fils de Josej^h, celui dont nous connaissons le père et la mère? Comment donc dit-il : Je suis descendu du ciel? 43 Jésus leur répondit : Ne mur- 44 murez pas entre vous. Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire ; et je le 45 ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les proi:>liètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement 46 vient à moi. Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui- 47 là a vu le Père. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. 48 Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. 50 C'est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. Je suis le pain 51 vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'mi mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. Là-dessus, les Juifs dispu- 52 talent entre eux, disant: Com- ment peut-il nous donner sa chair à manger? Jésus leur dit : En vérité, en 53 vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne biivez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui 54 mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour. Car uv,\ chair est vraiment une 55 nourriture, et mon sang est vrai- ment un breuvage. Celui qui 56 mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je de- meure en lui. Comme le Père 57 qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi. C'est ici le pain qui est 58 descendu du ciel. Il n'en est pas comme de vos pères qui ont mangé la manne, et qui sont morts : celui qui mange ce pain vivra éternellement. Jésus dit ces choses dans la 59 synagogue, enseignant à Caj^er- naum. Plusieursdeses disciples, après 60 l'avoir entendu, dirent: Cette pa- role est dure; qui pevit l'écouter? Jésus, sachant en lui-môme que 61 ses discii)les murmuraient à ce sujet, leur dit: Cela vous scan- dalise-t-il ? Et si vous voyez le 62 Fils de Ihomine monter où il était auparavant^?. . . C'est l'es- 63 l)rit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je ' Plirase suspendue ; on peut sous-euteu- dre : " que sera-ce alors ? " 129 F Chap. 6, V. 63, JEAN. Chap. 7, v. 20. vous ai dites sont esprit et vie. G4 Mais il en est parmi vous quel- ques-uns qui ne croient point. Car Jésus savait dès le com- mencement qui étaient ceux qui ne croyaient point, et q\ù était 65 celui qui le livrerait. Et il ajouta: C'est poiu-quoi je vous ai dit que nul ne peut venir îi moi, si cela ne lui a été donné par le Père. 66 Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui. 67 Jésus donc dit aux douze : Et vous, ne voulez-vous pas aussi 68 vous en aller ? Simon Pierre lui répondit: Seigneur, à qui ii'ions- nous? Tu as les paroles de la 69 vie éternelle. Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu. 70 Jésus leur répondit : N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze? Et l'un de vous est 71 Tui démon! Il parlait de Judas Iscariot, fils de Simon; car c'était lui qui devait le livrer, lui, l'un des douze. Incrédulité des frères de Jésus. *7 Après cela, Jésus parcourait la Galilée, car il ne voulait pas séjourner en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire moui'ir. 2 Or, la fête des Juifs, la fête des Tabernacles \ était proche. 3 Et ses frères lui dirent : Pars d'ici, et va en Judée, afin que tes disciples voient aussi les 4 œuvres que tu fais. Personne n'agit en secret, lorsqu'il désire Ijaraître: si tu fais ces choses, montre-toi toi-même au monde. 5 Car ses frères non plus ne croy- ' La fête des Tabernacles, ainsi appelée des tabernacles ou tentes, sous lesquelles on vivait pendant une semaine, en souvenir du séjour au désert. C'était aussi la fête des récoltes. aient pas en lui. Jésus leur 6 dit : Mon temps n'est pas en- core venu, mais votre temps est toujours prêt. Le monde ne 7 peut vovis haïr ; moi, il me hait, parce que je rends de lui le témoignage que ses œuvres sont mauvaises. Montez, vous, à cette 8 fête ; pour moi, je n'y monte point, parce que mon temps n'est pas encore accompli. Après leur 9 avoir dit cela, il resta en Galilée. Jésus à Jérusalem. — Son enseignement dans le temple, à la fête des Tabernacles. — Opinions diverses chez les Juifs. — Projets d'arrestation. Lorsque ses frères furent 10 montés à la fête, il y monta aussi lui-même, non publique- ment, mais en secret. Les Juifs le cherchaient peu- 11 dant la fête, et disaient : Où est- il? Il y avait dans la foule grande 12 rumeur à son sujet. Les uns di- saient: C'est lui homme de bien. D'autres disaient : Non, il égare la multitude. Personne, toute- 13 fois, ne j^arlait librement de lui, par crainte des Juifs. Vers le milieu de la fête, 14 Jésus monta au temple. Et il enseignait. Les Juifs s'éton- 15 naient, disant : Comment con- naît-il les Écritures, lui qui n'a point étudié? Jésus leur répon- 16 dit: Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a en- voyé. Si quelqu'un veut faire 17 sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. Celui qui 18 parle de son chef cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, celui-là est vrai, et il n'y a point d'injustice en lui. Moïse ne vous a-t-il pas donné 19 la loi ? Et nul de vous n'observe la loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? La foule ré- 20 pondit : Tu as un démon. Qui 130 Chap. 7, V. 20. JEAN. Chap. 7, v. 43 est-ce qui cherche à te faire 21 mourir? Jésus leur répondit: J'ai fait une œuvre \ et vous eu 22 êtes tous étonnés. Moïse vous a donné la, circoncision, — non qu'elle vienne de Moïse, car elle vient des patriarches, — et vous circoncisez lui honnne le jour 23 du sal)bat. 8i ini homme reçoit la circoncision le jour du sabbat, atin que la loi " de Moïse ne soit pas violée, 2)ourquoi vous irritez- vous contre moi de ce que j'ai guéri un homme tout entier le 24 jour du sabbat? Ne jugez pas selon l'apparence, mais jugez selon la justice. 25 Quelques habitants de Jéru- salem disaient : N'est-ce pas là celui qu'ils cherchent à faire 26 mourir? Et voici, il pai'le libre- ment, et ils ne lui disent rien ! Est-ce que vraiment les chefs auraient reconnu qu'il est le 27 Christ? Cependant celui-ci, nous savons d'où il est; mais le Christ, quand il viendra, personne ne 28 saura d'où il est. Et Jésus, en- seignant dans le temple, s'écria : Vous me connaissez, et vous savez d'où je suis ! Je ne suis pas venu de moi-même ; mais celui qui m'a envoyé est vrai, et vous ne le connaissez pas. 29 Moi, je le connais ; car je viens de lui, et c'est lui qui m'a en- 30 voyé. Ils cherchaient donc à se saisir de lui, et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore veniie. 31 Plusieurs parmi la foule cru- rent en lui, et ils disaient: Le Christ, quand il viendra, fera-t-il plus do miracles que n'en a fait 32 celui-ci? Les pharisiens enten- dirent la foule murmurant de ' Une œuvre, la guérison d'un malade le jour du sabliat, v. 5 et. suiv. '" La loi, (jui prescrivait la circoncision le huitième jour après la naissance, sans excep- tion pour le sabbat. lui ces choses. Alors les chefs des prêtres et les pharisiens en- voyèrent des huissiers pour le saisir. Jésus dit: Je suis encore avec 33 vous pour un peu de temps, puis je m'en vais vers celui qui m'a envoyé. Vous me chercherez 34 et vous ne me trouverez jjas, et vous ne pouvez venir où je serai. Sur quoi les Juifs dirent entre 35 eux: Où ira-t-il, que nous ne le trouverons pas? Ira-t-il parmi ceiix qui sont dispersés chez les Grecs ', et enseigne ra-t-il les Grecs? Que signifie cette parole 3(3 qu'il a dite: Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et vous ne ijouvez venir où je serai ? Le dernier jour, le grand jour' 37 de la fête, Jésus, se tenant de- bout, s'écria: Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive. Celui qui croit en moi, 38 des fleuves d'eau vive couleront de son sein, connue dit l'Écri- ture. Il dit cela de l'Esprit que 39 devaient recevoir ceux qui croi- raient en lui ; car l'Esjjrit n'était pas encore ^ parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. Des gens de la foule, ayant 40 entendu ces paroles, disaient: Celui-ci est vraiment le pro- phète. D'autres disaient: C'est 41 le Christ. Et d'autres disaient : Est-ce bien de la Galilée que doit A enir le Christ ? L'Écriture 42 ne dit-elle pas que c'est de la postéiité de David, et du village de Bethléhem oii était David, que le Clnist doit venir? Il y 43 ' Parmi ceux des Juifs qui sont dispersés ail milieu des nations païennes. " Après les sept jours consacrés à la fête des Tabernacles, venait un huitième jour tout spécialement solennel, voy. Lév. xxiii. 36 et suiv. ' C'est-à-dire, n'était ])as encoi-e répandu, comme cela eut lieu après la glorification de Jésus. 131 Chap. 7, V. 43. JEAN. Chap. 8, v. 19. eut donc, à cause de lui, division 44 parmi la foule. Quelques-uns d'entre eux voulaient le saisir, mais personne ne mit la main sur lui. 45 Ainsi les huissiers retournè- rent vers les chefs des prêtres et les pharisiens. Et ceux-ci leur dirent : Poui'quoi ne Tavez- 4G vous pas amené ? Les huissiers réi^ondirent : Jamais homme n'a 47 parlé comme cet homme. Les pharisiens leur répliqiièrent : Est-ce que vous aussi, vous avez 48 été séduits? Y a-t-il quelqu'un des chefs ou des pharisiens qui 49 ait cru en lui ? Mais cette foule qui ne connaît pas la loi, ce sont 50 des maudits! Nicodème, qui était venii de nuit vers Jésus \ et qui était l'un d'entre eux, leur dit : 51 Notre loi condamne-t-elle un homme avant qu'on l'entende et qu'on sache ce qu'il a fait? 52 Ils lui répondirent : Es-tu aussi Galiléen ? Examine, et tu verras que de la Galilée il ne sort point de prophète. [La femme adultère.] 53 [Et. chacim s'en retourna dans sa maison. O Jésus se rendit à la montagne 2 des oliviers. Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le tem- ple, et tout le peuple vint à lui. S'étant assis, il les enseignait. 3 Alors les scribes et les jJiari- siens amènent une femme sur- prise en adultère ; et, la plaçant 4 au milieu du jjeuple, ils disent à Jésus : Maître, cette fenune a été surprise en flagrant délit 5 d'adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que 6 dis-tu? Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'ac- cuser. Mais Jésus, s'étant baissé, Voyez m. 1 et suiv. écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l'in- 7 terroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s'étant de non- 8 veau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent 9 cela, accusés par leur con- science, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers ; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s'étant relevé, et 10 ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit : Femme, où sont ceux qui t'accusaient ? Personne ne t'a-t-il condanmée? Elle ré- 11 pondit : Non, Seigneur. Et Jé- sus lui dit : Je ne te condamne pas non plus ; ^a, et ne pèche lilus.] Discours de Jésus sur sa mission divine. Jésus leur parla de nouveau, 12 et dit : Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne mar- chera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. Là-dessus, les pharisiens lui 13 dirent: Tu rends témoignage de toi-même ; ton témoignage n'est pas vrai. Jésus leur répondit: 14 Quoique je rende témoignage de moi-même, mon témoignage est vrai, car je sais d'où je suis venu et où je vais; mais vous, vous ne savez d'où je viens ni où je vais. Vous jugez selon la 15 chair ; moi, je ne juge personne. Et si je juge, mon jugement est 16 vrai, car je ne suis pas seul ; mais le Père qui m'a envoyé est avec moi. Il est écrit dans votre 17 loi que le témoignage de deux hommes est vrai ; je rends té- 18 moignage de moi-même, et le Père qui m'a envoyé rend té- moignage de moi. Ils lui dirent 19 donc: Où est ton Père? Jésus répondit : Vous ne connaissez 132 Oh A p. 8, V. 19. JEAN. Chap. 8, V. 44. 20 ni moi, m mon Père. Si vous me connaissiez;, vons connaîtriez anssi mon Père. Jésus (lit ces paroles, ensei- gnant dans le temple, au lien on était le trésor ' ; et personne ne le saisit, parce que son heure n'était pas encore venue. Jésus leur dit encore : Je m"en vais, et vous me cherche- rez, et vous mourrez dans votre péché ; vous ne pouvez venir où 22 je vais. Sur quoi les Juifs di- 21 parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la véiité, et la vérité vous af- franchira. Ils lui répondirent: Nous sonnnes la postérité d'A- braham, et nous ne fûmes ja- mais esclaves de personne ; comment dis-tu : Vous devien- drez libi-es ? En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péclié est esclave du péché. Or, iesclave ne demeure i)as tou- 32 .34 rcnt: Se tnera-t-il lui-même, qu'il • jours dans la maison; le fils y de- dit : Vous ne pouvez venu* ou 23 je vais? Et il leur dit: Vous êtes d'en bas ; moi, je suis d'en liant. Vous êtes de ce monde : moi, je ne suis pas de ce monde. 24 C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos jîéchés ; car si vous ne croyez j)as ce que je suis, vous mourrez dans vos 25 péchés. Qui es-tu? lui dirent- ils. Jésus leur répondit : Ce que je vous dis dès le com- 26 mencement. J'ai beaucoup de choses à dire de vous et à juger en vous; mais celui qui m'a envoyé est vrai, et ce que j'ai entendu de lui, je le dis au 27 monde. Ils ne comprirent point 28 qu'il leur parlait du Père. Jé- sus donc leur dit: Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous connaîtrez ce que je suis, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je parle selon ce que le Père m'a ensei- 29 gné. Celui qui m'a envoyé est avec moi; il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. 30 Comme Jésus parlait ainsi, 31 iJusicurs crurent en lui. Et il dit aux Juifs qui avaient cru en lui : Si vous demeurez dans ma ' Le trésor, où étaient recueillies les offran- des et rétributions, destinées à l'entretien du temple. meiTre toujours. Si donc le Fils vous aft'ranchit, vous serez réel- lement libres. Je sais que vous êtes la postérité d'Abraham ; mais vous cherchez à me faire I mourir, parce que ma parole ne pénètre jias en vous. Je dis ce que j'ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez vu chez votre père. Ils lui répondirent : Notre père, c'est Abraham. Jésus leur dit : Si vous étiez enfants d'Abraham, vons feriez les œuvres d'Abra- ham. Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi * qui voiis ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraliam ne l'a point fait. Vous faites les œuvres de votre père. Ils lui dirent : Nous ne sommes pas des enfiints illégitimes; nous avons un seul Père, Dieu. Jésus leur dit : Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui ma envoyé. Pourquoi ne compre- nez-vovis pas mon langage? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole. Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commence- 3 G 39 40 41 42 -13 44 Jloi, grec moi un homme. 133 Chap. 8, V. 44. JEAN. Chap. 9, v. ii. ment, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité eu lui. Lorsqu'il pro- fère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est men- teur et le père du mensonge, 45 Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas. 46 Qui de \o\\s me convaincra de péché ? Si je dis la vérité, pour- qxioi ne me croyez-vous pas? 47 Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu; vous n'é- coutez pas, parce que vous n'êtes pas de Dieu. 48 Les Juifs lui répondirent : N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain \ et 49 que tu as un démon? Jésus ré- pliqua : Je n'ai point de démon ; mais j'honore mon Père, et vous 50 m'outragez. Je ne cherche point ma gloire ; il en est un qui la 51 cherche et qui juge. En vérité, en vérité, je vous le dis, si quel- qu'un garde ma parole, il ne 52 verra jamais la mort. Main- tenant, lui dirent les Juifs, nous connaissons que tu as un démon. Abraham est mort, les prophè- tes aussi, et tu dis: Si quelqu'un garde ma pai'ole, il ne verra' 53 jamais la mort. Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être? 54 Jésus répondit: Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien. C'est mon Père qui me glorifie, lui que vous dites être votre 55 Dieu, et que vous ne connaissez pas. Pour moi, je le connais ; et, si je disais que je ne le con- nais pas, je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais, et je garde sa parole. 50 Abraham, votre i)ère, a tressailli ^ Un Samaritain; il y avait inimitié entre les Juifs et les Samaritains, vo}'. iv. 9, et Matth. X. 5 ; Luc ix. 53. ^ Il ne verra, grec il ne goûtera. 1 de joie de ce qu'il verrait mou jour : il l'a vu, et il s'est réjoui. Les Juifs lui dirent : Tu n'as 57 pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! Jésus leur dit : 58 En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis. Là-dessus, ils prirent des pier- 59 res, pour les jeter contre lui ; mais Jésus se cacha, et il sortit du temple. Guérisou d'un aveugle-né. Jésus vit, en i^assant, un Q homme aveugle de naissance. Ses disciples lui firent cette 2 question : Rabbi, qui a péché, cet honnne ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle? Jésus i-é- 3 pondit : Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché ; mais ^ c'est afin que les oeuvres de Dieu soient manifestées en lui. Il 4 faut que je fasse, tandis qu'il est jour, les œuvres de celui qui m'a envoyé ; la nuit vient, o\i personne ne peut travailler. Peu- 5 dant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. Après avoir dit cela, il cracha 6 à terre, et fit de la boue, avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l'aveugle, et 7 lui dit : Va, et lave-toi au réser- voir de Siloé " (nom qui signifie envoyé). Il y alla, se lava, et s'en retourna voyant clair. Ses 8 voisins et ceux qui auparavant l'avaient connu comme un men- diant disaient : N'est-ce pas là celui qui se tenait assis et qui mendiait? Les ims disaient: 9 C'est lui. D'autres disaient : Non, mais il lui ressemble. Et lui-même disait: C'est moi. Ils 10 lui dirent donc : Comment tes yeux ont-ils été ouverts? Il ré- 11 " Mais, sous-entendu " il est né aveugle." " Siloé, source au sud de Jérusalem. 34 Chap. 9, V. II. JEAN. Chap. 9, v. 39. pondit : Un homme appelé Jésus a fait de la boue, a oint mes yeux, et m'a dit : Va au réser- voir de Siloé, et lave-toi. J'y suis allé, je me suis lavé, et j'ai re- 12 couvre la vue. Ils lui dirent : Où est cet homme? Il répondit: Je ne sais. i;'> Ils menèrent vers les phari- siens celui qui avait été aveugle. 14 Or, c'était un joxir de sabbat que Jésus avait fait de la boue, et 15 lui avait ouvert les yeux. De nouveau, les pharisiens aussi lui demandèrent comment il avait recoiivré la vue. Et il leur dit : Il a api)liqué de la boue sur mes yeux, je me suis lavé, et je vois. IG Sur quoi quelques-uns des pha- risiens dirent : Cet homme ne vient pas de Dieu, car il n'ob- serve pas le sabbat. D'autres dirent : Comment un honune pé- cheur peut-il foire de tels mira- cles ? Et il y eut division parmi 17 eux. Ils dirent encore à l'aveu- gle : Toi, que dis-tu de lui, sur ce qu'il t'a ouvert les yeux? Il répondit : C'est un prophète. 18 Les Juifs ne crurent point qu'il eût été aveugle et qu'il eût recouvré la vue, jusqu'à ce qu'ils eussent fait venir ses pa- 19 rents. Et ils les interrogèrent, disant : Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle? Comment donc voit-il mainte- 20 nant ? Ses parents répondirent : Nous savons que c'est notre fils, 21 et qu'il est né aveugle; mais comment il voit maintenant, ou qui lui a ouvert les yeux, c'est ce que nous ne savons. Inter- rogez-le lui-même, il a de l'âge, il parlera de ce qui le concerne. 22 Ses parents dirent cela parce ((u'ils craignaient les Juifs ; car les Juifs étaient déjà convenus que, si quelqu'vm reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait 23 exclu de la synagogue. C'est pourquoi ses parents dirent : Il a de l'âge, interrogez-le lui- même. Les pharisiens appelèrent une 24 seconde fois l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent: Donne gloire à Dieu ; nous sa- vons que cet homme est un pécheur. Il répondit : S'il est 25 un pécheur, je ne sais ; je sais une chose, c'est que j'étais aveu- gle et que maintenant je vois. Ils lui dirent : Que t'a-t-il fliit ? 26 Comment t'a-t-il ouvert les yeux? Il leur répondit : Je vous l'ai 27 déjà dit, et vous n'avez pas écouté ; pourquoi voulez-vous l'entendre encore? Voulez- vous aussi devenir ses disciples? Ils 28 l'injurièrent et dirent: C'est toi qui es son disciple ; nous, nous sommes disciples de Moïse. Nous 29 savons que Dieu a jjarlé à Moïse; mais celui-ci, nous ne savons d'où il est. Cet homme leiir 30 répondit : Il est étonnant que vous ne sachiez d'où il est ; et cependant il m'a ouvert les yeux. Nous savons que Dieu 31 n'exauce point les pécheurs; mais, si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce. Jamais on n'a 32 entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle- né. Si cet homme ne venait 33 pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. Ils lui répondirent : Tu 34 es né tout entier dans le péché, et tu nous enseignes ! Et ils le chassèrent. Jésus apprit qu'ils l'avaient 35 chassé ; et, l'ayant rencontré, il lui dit : Crois-tu au Fils de Dieu? Il répondit: Et qui est-il, 36 Seigneur, afin que je croie en lui? Tu l'as vu, lui dit Jésus, 37 et celui qui te parle, c'est lui. Et il dit : Je crois. Seigneur. 38 Et il se prosterna devant lui. Puis Jésus dit : Je suis venu 39 135 Chap. 9, V. 39. JEAN. Chap. 10, v. 22. dans ce monde pour un juge- ment, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. 40 Quelques pharisiens qui étaient avec lui, ayant entendu ces pa- roles, lui dirent: Nous aussi, 41 sommes-nous aveugles? Jésus leur répondit : Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites : Nous voyons. C'est pour cela que votre péché subsiste. Le bon bei'ffer. 10 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. 2 Mais celui qui entre par la porte 3 est le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit 4 dehors. Lorsqu'il a fait sortir ses propres brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu'elles connais- 5 sent sa voix. Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. 6 Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas de quoi il leur parlait. 7 Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. 8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne 9 les ont point écoutés. Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et il sortira, et il trouvei-a des 10 pâturages. Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et dé- truire; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance. Je suis le bon berger. Le 11 bon berger donne sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire, 12 qui n'est pas le berger, et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite ; et le loup les ravit et les disperse. Le mercenaire s'enfuit, parce 13 qu'il est mercenaire, et qu'il ne se met point en peine des bre- bis. Je suis le bon berger. Je 14 connais mes brebis, et elles me connaissent, comme le Père me 15 connaît et comme je connais le Père ; et je donne ma vie poui* mes brebis. J'ai encore d'autres 16 brebis, qui ne sont pas de cette bergerie, et il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul trou- peau, un seul berger. Le Père 17 m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Per- 18 sonne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même ; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre : tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père. Il y eut de nouveau, à cause 19 de ces paroles, division parmi les Juifs. Plusieurs d'entre eux 20 disaient: Il a un démon, il est fou; poui'quoi l'écoutez-vous? D'autres disaient : Ce ne sont 21 pas les paroles d'un démonia- que; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles ? Jésus à Jérusalem, pendant la fête de la Dédicace. — Discours sur ses rapports avec Dieu. — Nouvelles hostilités de la part des Juifs. — Départ, et séjour dans la Pérée. On célébrait à Jérusalem la 22 fête de la Dédicace.' C'était ' La fHe de la Dédicace, instituée par Juda Macchabée et ses frères, en souvenir de la purification du temple, qui avait été profané par Antiochus Epiphane. 136 ChAP. 10, V. 22. JEAN. Chap. 11, V. 7. 26 gnage 23 l'hiver. Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique 24 de Salomon. Les Juifs l'en- tourèrent, et lui dirent : Jusques H quand tiendras-tu notre esprit en suspens? Si tu es le Christ, dis-le-nous franchement. 25 Jésus leur répondit : Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoi- de moi. Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes 27 pas de mes brebis. Mes brebis entendent ma voix ; je les con- 28 nais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et per- sonne ne les ravira de ma main. 29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et per- sonne ne peut les ravir de la 30 main de mon Père. Moi et le Père nous sommes un. 31 Alors les Juifs prirent de nouveau^ des pierres, pour le lapider. 32 Jésxis leur dit : Je vous ai fait voir plusieurs bonnes œuvres venant de mon Père : pour la- 33 quelle me lapidez-vous ? Les Juifs lui répondirent : Ce n'est point pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème, et parce que toi, qui es un homme, tu te fais 34 Dieu. Jésus leur répondit : N'est-il pas écrit dans votre loi : 35 J'ai dit : Voiis êtes des dieux ? Si elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée, et si l'Écriture ne peut 36 être anéantie, celui que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde, vous lui dites : Tu blas- phèmes ! Et cela parce que j'ai 37 dit : Je suis le Fils de Dieu. Si je ne fais pas les œuvres de mon 38 Père, ne me croyez pas. Mais De nouveau, voy. vrii. 59. si je les tais, quand même vous ne me croiriez point, croyez à ces œuvres, afin que vous sa- chiez et reconnaissiez que le Père est en moi et que je siiis dans le Père. Là-dessus, ils cherchèrent en- 39 core à le saisir ; mais il s'échap- pa de leurs mains. Jésus s'en alla de nouveau au 40 delà du Jourdain, dans le lieu où Jean avait d'abord baptisé. Et il y demeura. Beaucoup de 41 gens vinrent à lui, et ils disaient: Jean n'a fait aucim miracle ; mais tout ce que Jean a dit de cet homme était vrai. Et, dans 42 ce lieu-là, plusieurs criu'ent en lui. Jésus retournant en Judée. — Résurrection de Lazare à Béthanie. — Assemblée du sanhédrin et décision contre Jésus. — Séjour à Ephraïni. 11 y avait un homme malade, 11 Lazare, de Béthanie \ village de Marie et de Marthe, sa sœur. — C'était cette Marie qui oignit de 2 parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses che- veux ", et c'était son frère Lazare qui était malade. — Les sœurs en- 3 voyèrent dii'e à Jésus : Seigneur, voici, celui que tu aimes est ma- lade. Après avoir entendu cela, 4 Jésus dit : Cette maladie n'est point à la mort ; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de 1 homme soit glorifié par elle. Or, Jésus aimait Marthe, et sa 5 sœur, et Lazare. Lors donc qu'il (i eut appris que Lazare était ma- lade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était ^, et il dit 7 ' Bi'flianie, sur le versant oriental de la montagne des oliviers, à quinze stades (v. 18) de Jérusalem, soit environ trois kilomètres. - Circonstance rapportée plus loin, xii. 3. " Au delà du Jourdain, en Pérée, voy. x. 40; jusqu'à Béthanie, neuf ou dix heures de marche. 137 F 3 Chap. 11, V. 7. JEAN. Chap. 11, v. 38. ensuite aux disciples : Retour- 8 nous en Judée. Les disciples lui dirent : Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te la- pider, et tu retournes en Judée! 9 Jésus répondit : N'y a-t-il pas douze heures au jour ? Si quel- qu'un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu'il voit la lumière de ce monde ; 10 mais, si quelqu'un marche pen- dant la nuit, il bronche, parce que la lumière n'est pas en lui. 11 Après ces paroles, il leur dit: Lazare, notre ami, dort ; mais je 12 vais le réveiller. Les disciples lui dirent : Seigneur, s'il dort, il 13 sera guéri. Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu'il parlait de l'assoupissement du 14 sommeil. Alors Jésus leur dit ouvertement : Lazare est mort. 15 Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n'étais pas là. Mais 16 allons vers lui. Sur quoi Thomas, apiDclé Didyme, dit aux autres disciples : Allons aussi, afin de mourir avec lui \ 17 Jésus, étant arrivé, trouva que Lazare était déjà dei^uis quatre 18 jours dans le sépulcre. Et, comme Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades en- 19 viron, beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère. 20 Lorsque Marthe api)rit que Jésus arrivait, elle alla au-de- vant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison. 21 Marthe dit à Jésus : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère 22 ne serait pas mort. Mais, main- tenant môme, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, 23 Dieu te l'accordera. Jésus hii 24 dit : Ton frère ressuscitera. Je ' Lui, Jésus. sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. Jésus lui dit : 25 Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et 26 quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela? Elle lui dit : Oui, Seigneur, je 27 crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde. Ayant ainsi parlé, elle s'en 28 alla. Puis elle appela secrète- ment Marie, sa sœur, et lui dit : Le maître est ici, et il te de- mande. Dès que Marie eut en- 29 tendu, elle se leva promptement, et alla vers lui. Car Jésus 30 n'était pas encore entré dans le village, mais il était dans le lieu oii Marthe l'avait rencontré. Les 31 Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, l'ayant vue se lever promptement et sortir, la suivirent, disant: Elle va au sépulcre, pour y pleurer. Lorsque Marie fut arrivée là 32 où était Jésus, et qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. Jésus, la voyant pleurer, elle et 33 les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut toxit ému. Et il dit : Où l'avez- vous mis? Seigneur, kii répon- dirent-ils, viens et vois. Jésus lîleura. Sur quoi les Juifs dirent: Voyez comme il l'aimait. Et quelques-ims d'entre eux dirent: Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi qiie cet homme ne mourût point ? Jésus, frémissant de nouveau 38 en lui-même, se rendit au sé- pulcre. C'était une grotte, et une pierre était placée dessus. 138 34 36 37 Chap. 11, V. 39. 39 Jésii8 dit : Otez la pierre. Mar- tlie, la sœvir du iiioi't, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car il y 40 a quatre jours qu'il est là. Jésus lui dit : Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de 41 Dieu? Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit : Père, je te rends grâces 42 de ce (jue tu mas exaucé. Pour moi, je savais que tu m'exauces toujours; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que c'est toi qui 43 m'as envoyé. Ayant dit cela, il cria d'une voix forte : La/are, 44 sors ! Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit : Déliez-le, et lais- sez-le aller. 45 Phisieurs des Juifs qui étaient venus vers Marie, et qui virent ce que fit Jésus, crurent en lui. 46 Mais quelques-uns d'entre eux allèrent trouver les pharisiens, et leur dirent ce que Jésus avait fait. 47 Alors les chefs des prêtres et les pharisiens assemblèrent le sanhédrin', et dirent: Qiie fe- rons-nous? Car cet homme fait 48 beaucoup de miracles. Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire et notre Aille " et notre 49 nation. L'un d'eux, Ca'iphe, qui était grand prêtre cette année- là, leur dit: Vous n'y entendez 50 rien ; vous ne réfléchissez pas qu'il est de notre intérêt qu'un seul honnne meure pour le peu- ple, et <|ue la nation entière ne 51 périsse })as. Or, il ne dit pas cela de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il I^rophétisa que Jésus devait 52 mourir pour la nation. Et ce JEAN. Chap. 12, \. 5. n'était pas pour la nation seule- ment : c'était aussi afin de réunir en mi seul corps les enfants de Dieu disi)ersés. Dès ce jour, ils délibérèrent sur 53 les moyens de le faire mourir. C'est i)our(iuoi Jésus ne se mon- 54 tra plus ouvertement i^armi les Juifs; mais il se retira dans la contrée voisine du désert, dans une ville ai^pelée Éphraïm ; et là il demeurait avec ses disci- ples. Approche de la Pâque. — Jésus attendu à Jéiii- salem. — Son arrivée à Béthanie. — Parlum répandu sur ses pieds par ilarie. — Entrée de Jésus à Jérusalem. Le sanliêdrtn, voy. note sur ifatth. v. 22. J7otre ville, grec notre lieu. La Pâ(|ue des Juifs était 55 proche. Et beaucoup de gens du pays montèrent à Jérusalem avant la Pâque, pour se purifier. Ils cherchaient Jésus, et ils se 56 disaient les uns aux autres dans le temple : Que vous en semble? Ne viendra-t-il pas à la fête ? Or, 57 les chefs des prêtres et les pha- risiens avaient donné l'ordre que, si quelqu'un savait où il était, il le déclarât, afin qu'on se saisît de lui. Six jours avant la Pâqvie, 1 O Jésus arriva à Béthanie, où était Lazare, qu'il avait ressus- cité des morts. Là, on lui fit 'J un souper; Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui se trouvaient à table avec lui. Marie, ayant pris inie livre d'un 3 parfiim de nard pur de grand l)rix, oignit les pieds de Jésus, et les essuja aA ec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l'odeur du j^arfum. Un de ses 4 disciples. Judas Iscariot, fils de Simon, celui qui devait le livrer, dit : Poin-quoi n'a-t-on pas vendu 5 ce parfum trois cents deniers \ pour les donner aux i)auvres? 139 Deniers, voy. note sur Mattb. xviii. 2H. F 4 Chap. 12, V. 0. JEAN. 0 II disait cela, non quil se mît en peine des pauvres, mais parce qu'il était voleur, et que, tenant la bourse, il prenait ce qu'on y 7 mettait. Mais Jésus dit : Laisse- la. Elle a gardé ce parfum pour 8 le jour de ma sépulture. Vous avez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m'aurez pas toujours. 9 Une grande multitude de Juifs apprirent que Jésus était à Bé- thanie ; et ils y vinrent, non pas seulement à cause de lui, mais aussi pour voir Lazare, qu'il avait ressuscité des morts. 10 Les chefs des prêtres délibérè- rent de foire mourir aussi La- 11 zare, parce que beaucoup de Juifs se retiraient d'eux à cause de lui, et croyaient en Jésus. 12 Le lendemain, une foule nom- breuse de gens venus à la fête, ayant entendu dire que Jésus se lo rendait à Jérusalem, prirent des branches de palmiers, et allèrent audevant de lui, en criant : Ho- sannaM Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d"Is- 14raël! Jésus trouva un ânon, et s'assit dessus, selon ce qui est 15 écrit: Ne crains point, fille de Sion ; voici, ton roi vient, assis 16 sur le petit d'une ânesse. Ses disciples ne comprirent pas d'a- bord ces choses ; mais, lorsque Jésus eut été glorifié, ils se sou- vinrent qu'elles étaient écrites de lui, et qu'ils les avaient ac- complies à son égard. 17 Tous ceux qui étaient avec Jésus, quand il appela Lazare du sépulcre et le ressuscita des morts, lui rendaient témoignage; 18 et la foule vint au-devant de lui. parce qu'elle avait appris qu'il 19 avait fait ce miracle. Les phari- siens se dirent donc les uns aux autres : Vous a oyez que vous ne Hosanna signifie Sauve, de grâce ! gagnez rien ; allé après lui Chap. 12, v. 32. voici, le monde est Jésus jiarle de sa mort prochaine. — Incré- dulité des Juifs. Quelques Grecs, du nombre 20 de ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête, s'adres- 21 sèrent à Philippe, de Bethsaida en Galilée, et lui dirent avec instance : Seigneur, nous vou- drions voir Jésus. Philippe alla 22 le dire à André, puis André et Philippe le dirent ti Jésus. Jésus leur réjîondit : L'heure 23 est venue, où le Fils de l'homme doit être glorifié. En vérité, en 24 vérité, je vous le dis, si le grain de blé qiii est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la 25 perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Si quel- 26 qu'im me sert, qu'il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera. Maintenant mon âme est trou- 27 blée. Et que dirai-je ? . . . Père, délivre-moi de cette heure? . . . Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure. Père, 28 glorifie ton nom ! Et ime voix vint du ciel : Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore. La foule qui était là. et qui 29 avait entendu, disait que c'était un tonnerre. D'autres disaient : Un ange lui a parlé. Jésus dit : Ce n'est pas à 30 cause de moi que cette voix s'est fait entendre ; c'est à cause de vous. Maintenant a lieu le 31 jugement de ce monde ; main- tenant le prince de ce monde sera jeté dehors. Et moi, quand 32 j'aurai été élevé de la terre, j'at- tirerai tous les honnnes à moi. — 140 Chat. 12, v. 33. JEAN. Chap. 13, V. 6 33 En parlant ainsi, il indiqnait de quelle mort il devait mourir. — 34 La foule lui répondit : Nous avons appris par la loi que le Christ demeiire éternellement ; eonnnent doue dis-tu : Il faut (pie le Fils de l'homme soit élevé? Qui est ce Fils de 35 riionnne? Jésus leur dit: La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous. Marchez, pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne voTXS surprennent point: celui qui marche dans les ténèbres ne oG sait où il va. Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, alin que vous soyez des enfants de lumière. Jésus dit ces choses, puis il s'en alla, et se cacha loin d'eux. 37 Malgré tant de miracles ^ qu'il avait faits en leur présence, ils 38 ne croyaient pas en lui, afin que s'acconqjlît la parole qu'Ésaïe, le i)rophète, a prononcée : Sei- gneur, qui a cru à notre prédi- cation? et à qui le bras dii Hei- 39 gneur a-t-il été révélé ? Aussi ne pouvaient-ils croire, parce qu'É- 40 saïe a dit encore : Il a aveug-lé leurs yeux, et il a endurci leur cœur, de peur qu'ils ne voient des yeux, qu'ils ne comprennent du cœur, qu'ils ne se convertis- sent, et (pie je ne les guérisse. 41 Ésaïe dit ces choses, lorsqu'il vit sa gloire, et qii'il parla de lui. 42 Cependant, même parmi les chefs, plusieurs crurent en lui ; mais, à cause des pharisiens, ils n'en faisaient pas l'aveu, dans la crainte d'être exclus de la syna- 43 gogue. Car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dievi. 44 Or, Jésus s'était écrié : Celui qui croit en moi ci'oit non pas ' Jean n'en raconte que six dans son E- vangile ; mais il est évidtnt qu'il ne les a jjas tous mentionnés, comp. xx. 30. en moi, mais on celui (pii ma envoyé ; et celui qui me voit voit 45 celui qui m'a envoyé. Je suis 4() venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Si quelqu'un 47 entend mes paroles et ne les garde point, ce n'est pas moi qui le juge; car je suis venu non poTir juger le monde, mais poiu- sauver le monde. Celui 48 qui me rejette et qui ne reçoit pas mes j^aroles a son juge; la parole que j'ai annon- cée, c'est elle qui le jugera au dernier jour. Car je n'ai 4!) l^oint parlé de moi-même ; mais le Père, qui m'a envoyé, m'a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer. Et je sais que 50 son commandement est la vie éternelle. C'est pourquoi les choses que je dis, je les dis comme le Père me les a dites. Célébration de la Pàque. — Jésus lave les pieds de ses disciples. — La trahison de Judas dévoilée. Avant la fête de Pâque, Je- 1 Q sus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, manifesta jusqu'à la fin son amour pour eux. Pendant le souper, lorsque le 2 diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariot, fils de Simon, le dessein de le livrer, Jésus, qui 3 savait que le Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu'il était venu de Dieu, et qu'il s'en allait à Dieu, se leva de 4 table, ôta ses vêtements, et prit un linge, dont il se ceignit. En- 5 suite il versa de l'eau dans un bassin, et il se mit à laver les pieds des disciiJes, et à les essuyer avec le linge dont il était ceijit. Il vint donc à Si- (j 141 Chap. 13, V. 6. JEAN. Chap. 13, v. Si- mon Pierre ; et Pierre lui dit : Toi, Seigneur, tu me laves les 7 pieds ! Jésus lui répondit : Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le com- 8 prendras bientôt. Pierre lui dit: Non, jamais tu ne me laveras les pieds. Jésus lui répondit : Si je ne te lave, tu n'auras point de n part avec moi. Simon Pierre lui dit: Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains 10 et la tête. Jésus lui dit: Celui qui est lavé n'a besoin que de laver ses pieds, pour être en- tièrement pur ; et vous êtes 11 purs, mais non pas tous. Car il connaissait celui qui le livrait; c'est poui'quoi il dit: Vous n'êtes pas tous purs. 12 Après qu'il leur eut lavé les pieds, et qu'il eut pris ses vête- ments, il se remit à table, et leur dit : Comprenez-vous ce que je 13 vous ai fait? Vous m'appelez Maître et Seigneur; et vous 14 dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les 15 pieds les uns aux autres; car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous IG ai fait. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur i^est pas plus grand que son sei- gneur, ni l'apôti'e plus grand que 17 celui qui l'a envoyé. Si vous savez ces choses, vous êtes heu- reux, poiu'vn que vous les prati- quiez. 18 Ce n'est pas de vous tous que je parle ; je connais ceux que j'ai choisis. Mais il faut que l'Écriture s'accomplisse : Celui qui mange avec moi le pain a 19 levé son talon contre moi. Dès à présent je vous le dis, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle arrivera, vous croyiez à ce que je suis. 1 En vérité, en vérité, je vous le 20 dis, celui qui reçoit celui que j'aurai envoyé me reçoit, et celui qui me reçoit reçoit celui qui m'a envoyé. Ayant ainsi parlé, Jésus fut 21 troublé en son esprit, et il dit expressément : En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera. Les disciples 22 se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait. Un 23 des disciples, celui que Jésus aimait, était couché sur le sein de Jésus. Simon Pierre lui fit 24 signe de demander qui était celui dont parlait Jésus. Et ce 25 disciple, s'étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit : Sei- gneur, qui est-ce ? Jésus répon- dit: C'est celui à qui je don- 26 nerai le morceau trempé. Et, ayant trempé le morceau, il le donna à Judas Iscariot, fils de Simon. Dès que le morceau fut 27 donné, Satan entra dans Judas. Jésus lui dit : Ce que tu fais, fais-le promptement. Mais au- 28 cun de ceux qui étaient à table ne compi'it pourquoi il lui di- sait cela ; car quelques-uns peu- 29 salent que, comme Judas avait la bom-se, Jésus voulait lui dire : Achète ce dont nous avons besoin pour la fête, ou qu'il lui commandait de donner quel- que chose aux pauvres. Judas, 30 ayant pris le morceau, se hâta de sortir. Il était nuit. Derniers entretiens et discours de Jésus avec ses disciples. — Questions des apôtres PieiTe, Tliomas, Philiisiie, Jude. — Instructions, consolations et promesses : l'amour fra- ternel; l'envoi du Saint-Esprit; la paix de Jésus ; le cep et les sarments ; la haine du monde ; les persécutions ; la tristesse changée en joie ; le revoir. Les adieux du léjsart. — Foi des disciples. Lorsque Judas fut sorti. Je- 31 sus dit : Maintenant, le Fils de l'homme 42 Chap. 13, V. 31. JEAK Chap. 14, v. 19. a été glorifié, et Dieu a été glori- 32 fié en lui. Si Dieu a été glorifié en hii, Dieu aussi le glorifiera en hii-même, et il le glorifiera bientôt. 3o Mes petits enfants, je suis i^our j)eu de temps encore avec vous. Vous nie chercherez ; et, comme j'ai dit aux Juifs : Vous ne poii- vez venir où je vais, je vous le 34 dis atissi maintenant. Je vous donne un commandement nou- veau : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés : vous aussi, aimez-vous les uns 35 les autres. A ceci tous connaî- tront que vous êtes mes dis- ciples, si vous avez de l'amour les mis pour les autres. 36 Simon Pierre lui dit : Sei- gneur, où vas-tu? Jésus répon- dit : Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu 37 me suivras plus tard. Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne jinis- je pas te suivre maintenant? Je 38 donnerai ma vie pour toi. Jésus répondit : Tu donneras ta vie pour moi! En vérité, en vérité, 'je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne maies renié trois fois. 14 Q^^^ votre cœur ne se trou- ille point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. 2 II y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'au- l'ais dit. Je vais vous préparer 3 une place. Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là oii je suis vous y 4 soyez aussi. Vous savez oii je Aais, et vous en savez le chemin. T) Thomas lui dit: Seigneur, nous ne savons où tu vas ; com- ment pouvons-nous en savoir le (! chemin ? Jésus lui dit : Je suis le chemin, la véi'ité, et la vie. 143 Nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le con- naissez, et vous l'avez vu. Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il 9 y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père : comment dis- tu: Montre-nous le Père? Ne 10 crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi- même ; et le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les œuvres. Croyez-moi, je suis 11 dans le Père, et le Père est en moi ; croyez du moins à cause de ces œuvres. En vérité, en vérité, je vous le 12 dis, celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m'en vais au Père ; et 13 tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez 14 quelque chose en mon nom, je le ferai. Si vous m'aimez, gardez mes 15 commandements. Et moi, je 16 prierai le Père, et il vous don- nera un autre consolateur \ afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le 17 monde ne jieut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point : mais vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphe- 18 lins, je viendrai à vous. Encore 19 un peu de temps, et le monde ' Consolateur, grec 'paraclel, défenfeur, aide, soutien. Chap. 14, V. 19. JEAN. Chap. 15, v. 11. 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 ne me verra phis; mais vous, vous me verrez, car je vis, et vous vivrez atissi. En ce jour- là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous. Celui qui a mes commande- ments et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai con- naître à lui. Jude \ non j^as l'Iscariot, lui dit : Seigneur, d'où vient que tu te feras connaître à nous, et non au monde ? Jésus lui répondit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. Celui qui ne m'aime pas ne garde point mes paroles. Et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé. Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous. Mais le consolateur, l'Es- prit-Saint, que le Père euAerra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s'alarme point. Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père ; car le Père est plus grand que moi. Et main- tenant je vous ai dit ces choses, avant qu'elles arrivent, afin que, lorsqu'elles arriveront, vous croy- iez. Je ne parlerai plus guère ' Jude ou Jitdas, appelé aussi Lebbée et Thaddée, voy. Matth. x. 3, et ]Marc m. 18. avec vous ; car le prince du monde \ient. 11 ne peut rien sur moi ; mais il faut que le 31 monde sache que j'aime le Père, et que j'agis selon l'ordre que le Père m'a donné. Levez-vous, partons d'ici. Je suis le vrai cep, et mon lo Père est le vigneron. Tout 2 sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le re- tranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs, à cause de 3 la parole que je vous ai an- noncée. Demeurez en moi, et 4 je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne de- meurez en moi. Je suis le cep, 5 vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pou- vez rien faire. Si quelqu'un ne 6 demeure pas en moi," il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche ; puis on ramasse les sar- ments, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en 7 moi, et que mes paroles de- meurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. Si vous portez 8 beaucoup de fruit, c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. Comme le Père m'a aimé, je 9 vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. Si voiis gar- 10 dez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, de même que j'ai gardé les com- mandements de mon Père, et que je demeure dans son amour. Je vo\is ai dit ces choses, afin 11 que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. 144 ChAP. 15, V. 12. JEAN. Chap. 16, V. II. 12 C'est ici mon coimnandcinent: Aimez-vous les uns les autres, 13 comme je vous ai aimés. Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. 14 Vous êtes mes amis, si vous laites ce que je vous commande. 15 Je ne vous appelle plus servi- teurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai api^elés amis, parce que je vous ai fait con- naître tout ce que jai appris de 16 mon Père. Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais moi, je commencement raient pas commis de péché ; mais maintenant ils les ont vues, et ils ont haï et moi et mon Père. Mais cela est arrivé afin que 25 s'accomplît la jiarole qui est écrite dans leur loi : Ils m'ont haï sans cause. Quand sera venu le consola- 2'6 teur, que je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra té- moignage de moi; et vous aussi, 27 vous rendrez témoignage, i^arce que vous êtes avec moi dès le 18 vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les au- tres. Si le monde vous hait, sachez 19 qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aime- rait ce qui est à lui ; mais parce que vous n'êtes pas du monde, et ({ue je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de 20 cela le inonde vous hait. Sou- venez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n'est l)as plus grand que son maître. S'ils m'ont i^ersécuté, ils vous ] rempli votre cœur, persécuteront aussi ; s'ils ont j je vous dis la vérité gardé ma i^arole. ils garderont 21 aussi la vôtre. Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a 22 envoyé. Si je n'étais pas venu et que je ne leur eusse point ]»arlé, ils n'auraient pas commis de i)éché ; mais maintenant ils n'ont aucune excuse de leur 23 péché. Celui qui me hait hait la justice, parce que je vais au 10 24 aussi mon Père. Si je n'avais Père, et que vous ne me verrez l^as fait parmi eux des œuvres plus ; le jugement, parce que le 1 1 que nul autre n'a faites, ils n'au- i prince de ce monde est jugé. 145 Je vous ai dit ces choses, "{Q afin qu'elles ne soient pas pour vous une occasion de chute. Ils 2 vous excluront des synagogues ; et même l'heure vient où qui- conque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Et ils 3 agiront ainsi, parce qu'ils n'ont connu ni le Père ni moi. Je 4 vous ai dit ces choses, afin que, lorsque l'heure sera venue, vous vous souveniez que je vous les ai dites. Je ne vous en ai pas parlé dès le commencement, l)arce que j'étais avec vous. Maintenant je m'en vais vers 5 celui qui m'a envoyé, et aucun de vous ne me demande : Où vas-tu ? Mais, parce que je vous 6 ai dit ces choses, la tristesse a Cependant 7 il vous est que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. Et ([uand il S sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement : en ce i) ({ui concerne le péché, parce qu'ils ne croient pas en moi ; avantageux ChAP. 16, V. 12. 12 J'ai encore beaucoup de cho- ses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter mainte- 13 nant. Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduii'a dans tonte la vérité : car il ne parlera j)as de lui- même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous an- 14 noncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu'il pren- dra de ce qui est à moi, et vous 15 l'annoncera. Tout ce que le Père a est à moi ; c'est pourquoi j'ai dit qu'il prend de ce qui est à moi, et qu'il vous l'annon- cera. 16 Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et en- core un peu de temps, et vous me verrez, parce que je vais au Père. 17 Là-dessus, quelques-uns de ses disciples dirent entre eux : Que signifie ce qu'il nous dit : En- core un peu de temps, et vous ne me A'errez plus ; et encore un peu de temps, et vous me ver- rez? et: Parce que je vais au 18 Pore? Ils disaient donc: Que signifie ce qu'il dit : Encore un peu de temps? Nous ne savons de quoi il parle. 19 Jésus connut qu'ils voulaient l'interroger, et il leur dit : Vous vous questionnez les uns les autres sur ce que j'ai dit : En- core vm peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et encore un peu de temps, et vous me ver- 20 rez. En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez et vous voiis lamenterez, et le monde se réjouira ; vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie. 21 La femme, lorsqu'elle enfante, éprouve do la tristesse, parce que son heure est venue ; mais, lorsqu'elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient plus JEAN. Chap. 16, V. 33. de la souffrance, à cause de la joie qu'elle a de ce qu'un homme est né dans le monde. Vous 22 donc aussi, vous êtes maintenant dans la tristesse ; mais je vous reverrai, et votre cœur se ré- jouira, et nul ne vous ravira votre joie. En ce jour-là, vous 23 ne m'interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu'à présent vous 24 n'avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous re- cevrez, afin que votre joie soit parfaite. Je vous ai dit ces choses en 25 paraboles. L'heure vient où je ne vous parlerai plus eu j^ara- boles, mais oii je vous parlerai ouvertement du Père. En ce 26 jour, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous : car le Père hii-même vous aime, 27 parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du 28 Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père. Ses disciples lui dirent : Voici, 29 maintenant tu parles ouverte- ment, et tu n'emploies aucune parabole. Maintenant nous sa- 30 vous que tu sais toutes choses, et que tu n'as pas besoin que personne t'interroge ; c'est pour- quoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. Jésus leur ré- 31 pondit: Vous croyez mainte- nant. Voici, l'heure vient, et 32 elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. Je 33 vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le 146 Chap. 16, V. 33. JEAN. Chap. 1T, v. 26. monde ; mais ijrenez courage, jai vaincu le monde. La prière sacerdotale. "VT Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit : Père, rheure est venue ! Glo- rifie ton Fils, afin que ton Fils 2 te glorifie, selon que tu lui as donné pouvoir svir toute chair, afin qu'il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. ',\ Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, 4 Jésus-Christ. Je t'ai glorifié sur la terre, j'ai achevé l'œuvre que 5 tu m'as donné à faire. Et main- tenant toi. Père, glorifie-moi aujirès de toi-même de la gloire que j'avais aiq^rès de toi avant que le monde fût. (> J'ai fait connaître ton nom aux hommes que tii m'as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés ; et 7 ils ont gardé ta parole. Mainte- nant ils ont connu que tout ce que tu m'as donné vient de toi. 8 Car je leur ai donné les paroles que tu m'as données ; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m'as envoyé. î» C'est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, 1 0 parce qu'ils sont à toi ; — et tout ce qui est à moi est à toi, et ce (pii est à toi est à moi ; — et je 1 1 siiis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ^ ceux que tu m'as donnés, afin ([u'ils soient im comme nous. 12 Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom\ J'ai gardé ceux que tu ' JSn ton nom, dans la connaissance de ton nom, dans la fidélité à toi et à ta parole. mas donnés, et aucun d'eiix ne s'est perdu, sinon le fils de perdition ', afin que l'Ecriture fût accomplie. Et maintenant 13 je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient en eux ma joie parfaite. Je leur 11 ai donné ta parole ; et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, connue moi je ne suis pas du monde. Je ne te 15 prie pas de les ôter du monde, mais de les i^i'éserver du mal. Ils ne sont pas du monde, comme Kî moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les par ta vérité : ta 1 7 parole est la vérité. Comme tu lis m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi- 19 même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité. Ce n'est pas pour eux seule- 20 ment que je prie, mais encore pour ceux qui croii'out en moi par leur parole, afin que tous 21 soient xm, comme toi. Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient \m en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Je leur ai donné 22 la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes im, — moi en eux, et toi 23 en moi, — afin qu.'ils soient par- faitement un, et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. Père, je veux que 24 là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce (jue tu m'as aimé avant la fonda- tion du monde. Père juste, le 25 monde ne t'a point connu ; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m'as envoyé. Je 26 Judas Iscariot. 147 Chap. 17, V. 26. JEAN. Chap. 18, y. 21. leur ai foit connaître ton nom, et ' s'appelait Malchns. Jésus dit à 1 1 je le leur ferai connaître, afin Pierre : Remets ton épée clans que l'amour dont tu m'as aimé le fourreau. Ne boirai-je pas la soit en eux, et que je sois en eux. An-estation de Jésus. 18 Lorsqu'il eut dit ces choses, Jésus alla avec ses disciples de l'autre côté du torrent de Cé- dron \ où se trouAait un jardin", dans lequel il entra, lui et ses disciples. 2 Judas, qui le livrait, con- naissait ce lieu, parce que Jésus et ses disciples s'y étaient sou- 3 vent réunis. Judas donc, ayant pris la cohorte \ et des huissiers (qu'envoyèrent les chefs des prê- tres et les pharisiens, vint là avec des lanternes et des flam- beaux et des armes. 4 Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s'avança, et leur dit: Qui cherchez-vous? 5 Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C'est moi. Et Judas, qui le livrait, G était avec eux. Lorsque Jésus leur eut dit: C'est moi, ils re- culèrent et tombèrent par terre. 7 II leur demanda de nouveau : Qui cherchez-vous? Et ils dirent: 8 Jésus de Nazareth. Jésus ré- i:)ondit : Je vous ai dit que c'est moi. Si donc c'est moi que vous cherchez, laissez aller ceux-ci. 9 II dit cela, afin que s'accomplît la parole qu'il avait dite : Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés *. 10 Simon Pierre, qui avait inie épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre, et lui coupa l'oreille droite. Ce serviteur ' Cédron, entre Jérusalem et la montagne des oliviers. " Un jardin, Gethsémané, vo}-. Matth. XXVI. 36. ' La cohorte, voy. note sur !Matth. xxvii. 27. * Voy. XVII. 12. 1 coupe que le Père m'a donné à boire ? Jésus devant Anne et Caiplie. — Reniement de Pierre. La cohorte, le tribun \ et les 12 huissiers des Juifs, se saisirent alors de Jésus, et le lièrent. Ils 13 l'emmenèrent d'abord chez Anne ; car il était le beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. Et Caïphe était 14 celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : Il est avantageux qu'un seul homme meure i^our le peuple ^ Simon Pierre, avec un autre 15 disciple, suivait Jésus. Ce disci- ple était connu du grand prêtre, et il entra avec Jésus dans la cour^ du grand prêtre; mais 16 Pierre resta dehors près de la porte. L'autre disciple, qui était connu du grand prêtre, sortit, parla à la portière, et fit entrer Pierre. Alors la servante, la 17 portière, dit à Pierre : Toi aussi, n'es-tu pas des disciples de cet liomme? Il dit: Je n'eu suis point. Les serviteurs et les huissiers, 18 qui étaient là, avaient allumé un brasier, jjarce qu'il faisait froid, et ils se chauffaient. Pierre se tenait avec eux, et se chauffait. Le grand prêtre interrogea 19 Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. Jé.sus lui répondit: 20 J'ai parlé ouvertement au monde; j'ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s'assemblent, et je n'ai rien dit en secret. Pourquoi 21 m'interroges-tu ? Interroge sur ' Le tribun, chef militaire, commandant, de la cohorte. - Voy. XI. 50. '^ La cour, espace intérieur entouré des appartements. 48 Chap. 18, V. 21. JEAN. Chap. 19, v. 4. ce que je leur ai dit ceux qui m'ont entendu ; voici, ceux-là 22 savent ce que j'ai dit. A ces mots, un des luiissiers, qui se trouvait là, donna un soufflet à Jésus, en disant : Est-ce ainsi que tu réponds au grand prêtre? 23 Jésus lui dit : !?i jai mal parlé, fais voir ce que jai dit de mal ; et si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? 24 Anne l'envoya lié à Caïphe, le grand prêtre. 25 Simon Pierre était là, et se chauffait. On lui dit : Toi aussi, n'es-tu pas de ses disciples? Il le nia, et dit : Je n'en suis point. 2 G Un des serviteurs du gTand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, dit : Ne t'ai-je pas vu avec lui dans le 27 jardin? Pierre le nia de nouveau. Et aussitôt le coq chanta. Jésus devant Pilate, gouverneur romain. — Outrages des soldats. — Jésus livré aux Juifs par Pilate. 28 Ils conduisirent Jésus de chez Caïphe au prétoire ' : c'était le matin. Ils n'entrèrent point eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller, et de 29 pouvoir manger la Pâque. Pi- late^ sortit donc pour aller à etix, et il dit : Quelle accusation portez-vous contre cet homme? 30 Ils lui répondirent : 81 ce n'était pas un malfîiiteur, nous ne te 31 l'aurions pas livré. Sur quoi Pilate leur dit : Prenez-le vous- mêmes, et jugez-le selon votre loi. Les Juifs lui dirent : Il ne nous est pas permis de mettre 32 personne à mort. C'était afin que s'accom])lît la parole que Jésus avait dite, lorsqu'il indiqua de quelle mort il devait mourir^. 27. Alt prétoire, voy. note sur Mattli. xxvii. " Pilate, voy. note sur Matth. xxvii. 2. ' Du supplice de la croix, en usage chez les Romains ; voy. xii. 32-33. Pilate rentra dans le prétoire, 33 a])pela Jésus, et lui dit: Es-tu le roi des Juifs? Jésus ré^ïondit: Est-ce de toi-même que tu dis 34 cela, ou d'autres te Tont-ils dit de moi ? Pilate répondit : Moi, 35 suis-je Juif? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi: qu'as-tu fait? Mon royaume 36 n'est i^as de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs au- raient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas. Pilate lui dit: Tu es donc roi? 37 Jésus répondit: Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Qui- conque est de la vérité écotite ma voix. Pilate lui dit : Qu'est 38 ce que la vérité ? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit: Je ne trouve aucun crime en lui. Mais, comme c'est 39 parmi vous une coutume que je vous relâche quelqu'un à la fête de Pâque, voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? Alors de nouveau tous s'écrie- 40 rent : Non pas lui, mais Ba- rabbas. Or, Barabbas était un brigand. Alors Pilate prit Jésus, et le ]_Q fit battre de verges. Les soldats tressèrent une 2 coitronne d'épines, qu'ils posè- rent sm" sa tête, et ils le revêti- rent d'mi manteau de pourpre ^ ; puis, s'api)rochant de lui, ils 3 disaient : Salut, roi des Juifs ! Et ils lui donnaient des souf- flets. Pilate sortit de nouveau, et 4 dit aux Juifs : Yoici, je vous ' D'un manteau de iiourfre, voy. note sur Matth. XXVII. 28. 149 Chap. 19, V. 4. JEAN. Chap. 19, v. 25. l'amène dehors, afin que voiis sachiez que je ne trouve en kii 5 aucun crime. Jésus sortit, donc, portant la couronne d'épines et le manteau de povupre. Et Pi- late leur dit : Voici l'homme. G Lorsque les chefs des prêtres et les huissiers le virent, ils s'écriè- rent : Crucifie ! crucifie ! Pilate leur dit : Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; car moi, je ne trouve pomt de crime en lui. 7 Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi'; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu. 8 Quand Pilate entendit cette 9 parole, sa frayeur augmenta. Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus: D'oii es-tu? Mais Jésus ne lui donna point de réponse. 10 Pilate lui dit: Est-ce à moi que tii ne parles pas ? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te crucifier, et que j'ai le pouvoir de te 11 relâcher? Jésus répondit: Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. C'est pourquoi celui qui me livre à toi connnet un plus grand péché. 12 Dès ce moment, Pilate cher- chait à le relâcher. Mais les Juifs criaient : Si tu le relâches, tu n'es pas ami de César^. Quiconque se fait roi se déclare contre César. 1 3 Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors ; et il s'assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé^ et en hébreu Gabbatha*. 14 — C'était la préparation de la ' ï/jie loi, la loi sur les blasjjhémateiirs, Lév. XXIV. 16. ' César, titre que portaient les empereurs lomaius. C'était alors Tibère. ^ Le Pam, lieu situé hors du prétoire, et dont le nom est vi'aisemblablement dû à un genre particulier de pavé (peut-être en mo- saïque) dont il était revêtu. ■" (rabbatlia, mot qui signifie tertre, émi- ■iience, et qui indique la nature de remplace- ment ; ce n'est pas la traduction du terme grec rendu par le Favé. 1 Pâque, et environ la sixième heure \ — Pilate dit aux Juifs : Voici V tre roi. Mais ils s'écrie- 15 rent : Ôte, ôte ^, crucifie-le ! Pi- late leur dit : Crucifierai-je votre roi? Les chefs des prêtres ré- pondirent : Nous n'avons de roi que César. Alors il le leur livra 1(J pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l'emmenèrent. Jésus crucifié. Jésus, portant sa croix, arriva 17 au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha. C'est là 18 qu'il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate fit xme inscription, qu'il 1 9 plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue r" Jésus de Nazareth, roi des Juifs. Beaucoup de Juifs 20 lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville : elle était en hébreu, en grec et en latin. Les chefs des prêtres des Juifs 21 dirent à Pilate: N'écris pas: Roi des Juifs. Mais écris qu'il a dit: Je suis roi des Juifs. Pilate 22 réjiondit: Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. Les soldats, après avoir cru- 23 cifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une l)art pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas. Et ils dirent entre eux: Ne 24 la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera. Cela arriva afin que s'accomplît cette jjarole de l'Ecriture: lisse sont partagé mes vêtements, et ils ont tiré au sort ma tunique. Voilà ce que firent les soldats. Près de la croix de Jésus, se 25 tenaient sa mère et la sœur de sa ' Correspondant à midi, comp. Marc xv. 25. " Ote, ôte du monde, fais mourir. 50 Chap. 19, V. 25. JEAN. Chap. 20, v. 7. mère, Marie, feimiie de Clopas. 2tj et Marie de Magdala'. Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disci^ile qu'il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà tou fils. 27 Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce uioment, le disciple la prit chez lui. 28 Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consonuné, dit, afin que l'Ecriture fût ac- 2!» complio : J'ai soif. Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l'aj^ant fixée à une branche d'hysope, ils lapi^ro- 30 chèrent de sa bouche. Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit. La mort de Jésus constatée. — Son corps mis (liiiis un sépulcre. 31 Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, — car c'était la pré- ])aration, et ce joiu" de sabbat était un grand jour, — les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, 32 et qu'on les enlevât. Les soldats vinrent donc, et ils ronq^irent les jambes au premier, puis à l'autre qxii avait été crucifié avec lui. 33 S'étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui 34 rompirent pas les jambes ; mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il 35 sortit dxi sang et de l'eau. Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai ; et il sait qu'il dit vrai, afin que vous 36 croyiez aussi. Ces choses sont arrivées, afin que l'Écriture fût accomplie: Auciui de ses os ne 37 sera brisé. Et ailleurs l'Écritiu-e dit encore : Ils verront celui qu'ils ont percé. ' MarÏK de Magdala, voy. note sur 5[:dtli. XXVII. 55. Après cela, Joseph d'Arima- 38 thée, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate la per- mission de prendre le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Jésus. Nicodème, qui aupara- 39 vaut était allé de nuit Acrs Jé- sus ', vint aussi, apjjortant \w\ mélange d'environ cent livres de myrrhe et d'aloès. Ils prirent 40 donc le corjîs de Jésus, et l'en- veloppèrent do bandes, avec les aromates, comme c'est la cou- tume d'ensevelir chez les Juifs. Or, il y avait un jardin dans le 41 liexi où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n'avait été mis. Ce fut là qu'ils déposé- 42 rent Jésus, à cause de la pré- paration des Juifs, parce que le séiîulcre était proche. Résurrection de Jésus-Christ. Le premier jour de la se- 20 maine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur ; et elle vit que la pierre était ôtée d\i sépiûcre. Elle courut 2 vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit : Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis. Pierre et l'autre disciple sorti- 3 rent, et allèrent au sépulcre. Ils 4 couraient tous deux ensemble. Mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le pre- niier au sépidcre ; s'étant baissé, 5 il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n'entra pas. Simon Pierre, qui le suivait, 6 arriva et entra dans le sépidcre; il vit les bandes qui étaient à terre, et le linge qu'on avait mis 7 Voy. m. 1 et suiv. 1.51 Chap. 20, V. 7. JEAK Chap. 20, y. 30. sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans 8 im lieu à part. Alors l'autre disciple, qui était arrivé le pre- mier au sépulcre, entra aussi ; 9 et il vit, et il crut. Car ils ne comprenaient pas encore que, selon l'Écriture, Jésus devait 10 ressusciter des morts. Et les disciples s'en retournèrent chez eux. 11 Cependant Marie se tenait deliors près du sépulcre, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans 12 le sépulcre; et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la l^lace où avait été couché le corps de Jésus, Fun à la tête, 13 l'autre aux pieds. Ils lui dirent: Fenune, pourquoi pleiires-tu ? Elle leur répondit : Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je 14 ne sais où ils l'ont mis. En disant cela, elle se retourna, et elle vit Jésus debout ; mais elle ne savait pas que c'était Jésus. 15 Jésus lui dit: Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Elle, pensant que c'était le jar- dinier, lui dit : Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je le prendrai. 1 fi Jésus lui dit: Marie! Elle se retourna, et lui dit en hébreu : Rabbouni ! c'est-à-dire, Maître ! 17 Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et 18 votre Dieu. Marie de Mag- dala alla annoncer aux disciples qu'elle avait vu le Seigneur, et qu'il lui avait dit ces choses. 10 Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les dis- ciples étant fermées, à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d'eux, et leur dit : La paix soit avec vous ! Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Sei- gneur. Jésus leur dit de nou- veau : La paix soit a^ec vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez le Saint-Esprit. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront par- domiés ; et ceux à qui vous les retiendrez \ ils leur seront re- tenus. Thomas, appelé Did3^ne, l'un des douze, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point. Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas se trouvait avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, se présenta au milieu d'eux, et dit : La paix soit avec vous ! Puis il dit à Thomas: Avance ici ton doigt, et regarde nies mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas in- crédule, mais crois. Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont 20 21 22 23 24 25 20 28 29 cru Conclusiou. Jésus a fait encore, en pré- sence de ses disciples, beaucoup ' Vous les retiendrez, vous ne les pardon- nerez pas. 30 152 Chap. 20, \ . 30. JEAN. Chap. 21, v. 18. d'autres miracles, i{m ne sont 31 pas éerits dans ce livre. Mais ces choses ont été écrites, afin que vous croyiez que JésTis est le Cluist, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. Appendice : apparition de Jésus jirès de la mer de Tiberiade. 01 Après cela, Jésus se montra encore aux discijîles, sur les bords de la mer de Tiberiade \ Et voici de quelle manière il se monti'a. 2 Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël ", de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres des disciples de 3 Jésus, étaient ensemble. Simon Pierre leur dit: Je vais pêcher. Ils lui dirent : Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et mon- tèrent dans une barque, et cette 4 nuit-là ils ne prirent rien. Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage ; mais les disciples ne savaient pas que c'était Jésus. 5 Jésus leur dit : Enfants, n'avez- vous rien à manger? Ils lui 6 répondirent : Non. Il leur dit : Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pou- vaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons. 7 Alors le disciple qiie Jésus aimait dit à Pierre : C'est le Seigneur ! Et Simon Pierre, dès qu'il eut entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et que d'environ deux cents cou- dées \ Lorsqu'ils furent descendus à 9 terre, ils virent là des charbons iillumés, du poisson dessiis, et du pain. Jésus leur dit: Ap- 10 portez des poissons que vous venez de jDrendre. Simon Pierre 1 1 monta dans la barque, et tira à terre le filet plein de cent cinquante-trois grands poissons; et quoiqu'il y en eût tant, le filet ne se rompit point. Jésus 12 leur dit : Venez, mangez. Et aucun des disciples n'osait lui demander : Qui es-tu ? sachant que c'était le Seigneur. Jésus 13 s'approcha, prit le pain, et leur en donna; il fit de même du poisson. C'était déjà la troisième fois 14 que Jésus se montrait à ses dis- ciples, depuis qu'il était ressus- cité des morts. Après qu'ils eurent mangé, 15 Jésus dit à Simon Pierre : Si- mon, fils de Jonas, m'aimes- tu plus que ne m'aiment ceux-ci? Il lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes agneaux. Il lui 16 dit une seconde fois : Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu ? Pierre lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis. Il lui 17 dit poTir la troisième fois : Si- mon, fils de Jonas, m'aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu'il lui avait dit pour la troisième fois : M'aimes-tu ? Et il lui ré- pondit : Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis. sa ceinture, car il était nu, et se En vérité, en vérité, je te le dis, 18 8 jeta dans la mer. Les autres disciples vinrent avec la barque, tirant le filet ]Jein de poissons, car ils n'étaient éloignés de terre ' La mer de Tiberiade, voy. note sur vi. 1. ^ NatJtanaël, voy. note sur i. 46. quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et Deux cents coudées, environ 95 mètres. 153 Chap. 31, V. i8. JEAN— ACTES. Chap. 1, v. ii. un awtre te ceindra, et te mènera 19 où tu ne voudras pas. Il dit cela, pour indiquer par quelle mort Pierre glorifierait Dieu. Et ayant ainsi parlé, il lui dit: Suis-moi. 20 Pieri-e, s'étant retourné, vit venir après eux le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le souper, s'était penché sur la poitrine de Jésus, et avait dit : Seigneur, qui est celui qui te 21 livre? En le voyant, Pierre dit à Jésus: Et celui-ci. Seigneur, 22 que lui arrivera-t-il ? Jésus lui dit : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-moi. Là- 23 dessus, le bruit courut parmi les frères qtie ce disciple ne mour- rait point. Cependant Jésus n'avait pas dit à Pierre qu'il ne mourrait point ; mais : Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? C'est ce disciple qui rend té- 24 moignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai. Jésus a fait encore beaucoup 25 d'aiitres choses; si on les écri- vait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu'on écrirait. ACTES DES APOTRES Introduction. — Ascension de Jésus-Christ. — Retour des apôtres à Jérusalem. 1 Théophile \ j'ai parlé, dans mon premier livre", de tout ce que Jésus a fait et enseigné dès 2 le commencement jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir donné ses ordres, par le Saint-Esprit, axix apôtres qu'il avait choisis. 3 Après qu'il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et i^arlant des choses qvii con- cernent le royaume de Dieu. 4 Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre ce que le Père avait promis, ce que je vous ai an- 5 nonce, leur dit-il ; car Jean a baptisé d'eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés 6 du Saint-Esprit. Alors les apô- ' Théophile, voy. note sur Luc i. 3. ^ Dans l'Evangile selon Luc. très réunis lui demandèrent : Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d'Israël ? Il leur répondit : Ce 7 n'est pas à voiis de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre auto- rité. Mais vous recevrez la 8 puissance du Saint-Esprit qui viendra sur voiis, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. Ai3rès avoir dit cela, il fut 9 élevé en leur présence, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils avaient les regards 10 fixés vers le ciel, pendant qu'il s'en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, et dirent: Hommes Galiléens, 11 pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel. 154 Chap. 1, V. 12. ACTES. Chap. 2, v. 7. 12 Alors ils retournèrent à Jéru- salem, de la montagne appelée des oliviers, qui est près de Jérusalem, à la distance d'un 13 chemin de sabbat \ Quand ils furent arrivés, ils montèrent dans la chambre haute ^ où ils se tenaient d'ordinaire; c'étaient Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe, Thomas, Barthélémy, Matthieii, Jacques, fils d'Alphée, Simon le zélote ", et Jude, fils de 14 Jacques. Tous dun commun accord persévéraient dans la prière, avec les femmes, et Marie, mère de Jésus, et avec les frères de Jésus. Jlatthias élu apôtre eu remplacement de Judas. 15 En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères, le nombre des personnes réunies étant d'en- viron cent vingt. Et il dit : 16 Hommes frères, il fallait que s'accomplît ce cpie le Saint- Esprit, dans l'Ecriture, a annoncé d'avance au sujet de Judas, qui a été le guide de ceux qui ont 17 saisi Jésus. Il était compté ijarmi nous, et il avait part au même 18 ministère. — Cet homme, ayant acquis un champ avec le salaire du crime, est tombé, s'est romi^u par le milieu du corps, et toutes ses entrailles se sont répandues. 19 La chose a été si connue de tous les habitants de JérTisalem que ce champ a été appelé dans leur langue Hakeldama, c'est-à-dire, 20 champ du sang. — Or, il est écrit dans le livre des Psaimies : Que sa demeure devienne déserte, et que personne ne l'habite ! et : Qu'un autre prenne sa charge! ' Un cJie.mil> de sabbat, environ un kilomè- tre, distance qu'il était permis de parcourir un jour de sabbat, d'après les usages des Juifs. ■^ Chambre haute, chambre située dans la ' partie supérieure d'une maison. ' Simon le zélote, voy. note sur Matth. x. 3. Il Il faut donc que, parmi ceitx qui 21 nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu avec nous, depuis le 22 baptême de Jean jusqu'au jour où il a été enlevé du milieu de nous, il y en ait un qui nous soit associé connue témoin de sa ré- surrection. Ils en présentèrent deux : Jo- 23 seph appelé Barsabbas, sur- nommé Justus, et Matthias. Puis ils firent cette prière : Sei- 24 gneur, toi qui connais les cœurs de tous, désigne lequel de ces deux tu as choisi, afin qu'il ait 25 part à ce ministère et à cet apostolat, que Judas a aban- donné pour aller en son lieu. Ils tirèrent au sort, et le sort 26 tomba sur Matthias, q\ii fut as- socié aux onze aiiôtres. Effusion du Saint-Esprit, le jour de la Pente- côte.— Discours de Pierre, et conversion de trois mille personnes. — Les premiers chrétiens. Le jour de la Pentecôte, ils O étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à couj) il vint 2 du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il rem- plit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, sem- 3 blables à des langues de feu, leur apparurent séparées les unes des autres, et se j^osèrent sur chacun d'eux. Et ils furent 4 tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leiu* donnait de s'exprimer. Or, il y avait en séjour à Jéru- 5 saleni des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel. h\\ bi-uit qui eut G lieu, la multitude accourut, et elle fut confondue imrce que chacun les entendait parler dans sa propi'e langue. Ils étaient 7 tous dans l'étonnement et la Chap. 2, V. 7. ACTES. iJHAP. 2, V. 31. surprise, et ils se disaient, les uns aux antres : Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas toiis 8 Galiléens? Et comment les en- tendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre 9 langue maternelle ? Parthes, Mèdes, Élaniites, ceux qui ha- bitent la Mésopotamie, la Judée, 10 la Cappadoce, le Pont, l'Asie, la Phrygie, la Pamphylie, l'Egypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosé- 1 1 lytes \ Cretois et Arabes, com- ment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles 12 de Dieu? Ils étaient tous dans l'étonnement, et, ne sachant que penser, ils se disaient les mis aux autres : Que veut dii'e ceci ? 13 Mais d'autres se moquaient, et disaient : Ils sont pleins de vin doux. 14 Alors Pierre, se présentant avec les onze, éleva la voix, et leur parla en ces termes : Hommes Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez ceci, et i^rêtez l'oreille à mes 15 paroles! Ces gens ne sont pas ivres, comme vous le supposez, car c'est la troisième heure du 16 jour". Mais c'est ici ce qiii a été 17 dit par le prophète Joël: Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens aviront des visions, et vos vieil- 18 lards auront des songes. Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit ; et ils 19 prophétiseront. Je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel et des miracles en bas sur la ' Prosélytes, terme par lequel ou désignait les étrangers qui avaient adopté les croyances des Juifs et les formes de leur culte. ' Neuf heures du matin. terre, du sang, du feu, et une vapeur de fumée; le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant l'arrivée du jour du Seigneur, de ce jour grand et glorieux. Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Hommes Israélites, écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet lionmie à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les j)rodiges et les signes qu'il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ; cet honmie, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l'avez crucifié, vous l'avez fait mourir par la main des impies. Dieu l'a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu'il n'était pas possible qu'il fût retenu par elle. Car David dit de lui : Je voyais constanmient le Seigneur devant moi, parce qu'il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé. Aussi mon cœur est dans la joie, et ma langue dans l'allégresse ; et même ma chair reposera avec espérance, car tu n'abandonneras pas mon âme dans le séjour des morts, et tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption. Tu m'as fait connaître les sen- tiers de la vie, tu me rempliras de joie par ta présence. Hommes frères, qu'il me soiit permis de vous dire librement, au sujet du patriarche David, qu'il est mort, qu'il a été en- seveli, et que son sépulcre existe encore axijourd'hui parmi nous. Comme il était prophète, et qu'il savait que Dieu lui avait promis avec serment de faire asseoir un de ses descendants sur son trône, c'est la résurrection du Christ qu'il a prévue et annoncée, en disant qu'il ne serait pas aban- 20 21 22 23 24 2.5 26 27 28 29 30 31 156 Chap. 2, V. 31. ACTES. Chap. 3, v. 9. donné dans le séjour des morts ! de miracles par les apôtres, et qne sa chair ne verrait pas la Tous ceux qui croyaient étaient 44 32 corruption. C'est ce Jésus, que | dans le même lieu, et ils avaient Dieu a ressuscité ; nous en 33 sommes tous témoins. Elevé par la droite ^ de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l'a répandu, comme vous le voyez et l'en- 34 tendez. Car David n'est point monté au ciel, mais il dit lui- même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma 35 droite, jusqu'à ce que je lasse grâce auprès de tout le peuple de tes ennemis ton marchepied 36 Que toute la maison d'Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. 37 Après avoir entendu ce dis- cours,ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Honnnes frères, que ferons-nous? 38 Pierre leur dit : Kepentez- vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus- Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don 39 du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les ap- 40 pellera. Et, par phisieurs autres paroles, il les conjura et les exhorta, disant: Sauvez-vous de cette génération perverse. 41 Ceux qui accueillirent le dis- cours de Pierre furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s'augmenta d'environ trois mille âmes. 42 Ils persévéraient dans la doc- trine des apôtres, ils restaient unis, rompaient le pain et pri- 43 aient avec assidiiité. La crainte s'emparait de chacim, et il se faisait beaucoup de prodiges et tout en commun. Ils vendaient 45 leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour 46 tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leiir nour- riture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et trovivant 47 Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Église ceux qui étaient sauvés. (Tiiérison d'un boiteux. — Discours de Pierre au peuple. Pierre et Jean montaient en- Q semble au temple, à l'heure de la prière : c'était la neuvième heure\ Il y avait un homme boiteux 2 de naissance, qu'on portait et qxi'on plaçait tous les jours à la porte du temple ai)pelée la Belle, pour qu'il demandât l'aumône à ceux qui entrai- ent dans le temple. Cet hom- B me, voyant Pierre et Jean qui allaient y entrer, leur de- manda l'aumône. Pierre, de 4 même que Jean, fixa les yeux sur lui, et dit : Eegarde-nous. Et il les regarda, s'attendant à 5 recevoir d'eux quelque chose. Alors Pierre lui dit : Je n'ai ni 6 argent, ni or ; mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus- Christ de Nazareth, lève-toi et marche. Et le prenant par la 7 main droite, il le fit lever. Au môme instant, ses pieds et ses chevilles devinrent fermes ; d'un 8 saut il fut debout, et il se mit à marcher. Il entra avec eux dans le temple, marchant, savitant, et louant Dieu. Tout le monde le vit marchant i) Par la droite, par la puissance. Trois heures après midi. 15^ Chap. 3, V. 9. ACTES. Chap. 4, v. 7. 10 et louant Dieu. Ils reconnurent que c'était celui qui était assis à la Belle porte du temple i^our demander l'aumône, et ils furent remplis d'étonnement et de sur- prise au sujet de ce qui lui était 1 1 arrivé. Comme il ne quittait pas Pierre et Jean, tout le peuple étonné accourut vers eux, au portique dit de Salomon, 12 Pierre, voyant cela, dit au peuple : Hommes Israélites, pourquoi vous étonnez-vous de cela ? Pourquoi avez-vous les regards fixés sur nous, comme si c'était par notre^ j^ropre puissance ou par notre piété que nous eus- sions fait marcher cet homme ? 13 Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, que vous avez livré et renié devant Pilate, qui était d'avis qu'on le 14 relâchât. Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu'on vous accordât la 15 grâce d'un meurtrier. Vous avez fait mourir le Prince de la vie, que Dieu a ressuscité des morts ; 16 novis en sommes témoins. C'est par la foi en son nom que son nom a l'affermi celui que vous voyez et coimaissez ; c'est la foi en lui qui a donné à cet homme cette entière guérison, en pré- sence de vous tous. 17 Et maintenant, frères, je sais que vous avez agi par ignorance, 18 ainsi que vos chefs. Mais Dieu a accompli de la sorte ce qu'il avait annoncé d'avance par la bouche de tous ses prophètes, que son Christ devait souff'rir. 19 Repentez-vous donc et con- vertissez-vous, pour que vos l^échés soient eff"acés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, 20 et qu'il envoie celui qui vous a 21 été destiné, Jésus-Christ, que le ciel doit recevoir jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints j)rophètes. Moïse a 22 dit : Le Seigneur votre Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète comme moi; vous l'écouterez dans tout ce qu'il vous dira, et quiconque n'écou- 23 tera pas ce prophète sera exter- miné du milieu du peuple. Tous 24 les prophètes qui ont successive- ment parlé, depuis Samuel, ont aussi annoncé ces jours-là. Vous 25 êtes les fils des prophètes et de l'alliance que Dieu a ti'aitée avec nos pères, en disant à Abraham : Toutes les famUles de la terre seront bénies en ta postérité. C'est à vous premièrement que 26 Dieu, ayant suscité son serviteur, l'a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de ses iniquités. Pierre et Jean arrêtés, et traduits devant le sanhédrin. Tandis que Pierre et Jean <^ parlaient au peuple, survinrent les prêtres, le commandant du temple, et les sadducéens, mé- 2 contents de ce qu'ils enseignaient le peuple, et annonçaient en la personne de Jésus la résurrec- tion des morts. Ils mirent les 3 mains sur eux, et ils les je- tèrent en prison jusqu'au lende- main ; car c'était déjà le soir. Cependant, beaucoup de ceux 4 qui avaient entendu le discours crurent, et le nombre des hommes s'éleva à environ cinq mille. Le lendemain, les chefs du 5 peuple, les anciens et les scribes, s'assemblèrent à Jérusalem, avec 6 Anne, le grand j^rêtre, Caïphe, Jean, Alexandre, et tous ceux qui étaient de la l'ace des chefs des prêtres. Ils firent placer au 7 ■ milieu d'eux Pierre et Jean, et 158 Chap. 4, V. 7. ACTES. leur demandèrent : Par quel pouvoir, ou au nom de qui avez- vous fait cela ? 8 Alors Pierre, renipli du Saint- Esprit, leur dit : Chefs du peuple, et anciens 9 d'Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd'hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions 10 comment il a été guéri, sachez- le tous, et que tout le j^euple d'Israël le sache ! C'est par le nom de Jésus-Christ de Naza- reth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c'est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant 11 vous. Jésus est la pierre que vous avez rejetée en bâtissant, et qui est devenue la principale 12 de l'angle. Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. 13 Lorsqu'ils virent l'assurance endant la nuit les portes de la prison, 20 les fit sortir, et leur dit : Allez, tenez-vous dans le temple, et annoncez au peuple toutes ces 21 paroles de vie. Ayant entendu cela, ils entrèrent dès le matin dans le temple, et se mirent à enseigner. Le grand prêtre et ceux qui étaient avec lui étant survenus, ils convoquèrent le sanhédrin et tous les anciens des fils d'Is- raël, et ils envoyèrent chercher 22 les apôtres à la prison. Les huissiers, à leur arrivée, ne les trouvèrent point dans la prison. Ils s'en retournèrent, et firent 23 leur rapport, en disant : Noiis avons trouvé la prison soigneuse- ment fermée, et les gardes qui étaient devant les lîoi'tes ; mais, après avoir ouvert, nous n'avons trouvé jîersonne dedans. 24 Lorsqiiils eurent entendu ces paroles, le grand prêtre, le commandant du temple, et les chefs des prêtres, ne savaient que penser des apôtres et des 25 suites de cette afiaire. Quel- qu'xui vint leur dire : Voici, les hommes que vous avez mis en prison sont dans le temple, et ils enseignent le peuple. 26 Alors le commandant partit avec les huissiers, et les con- duisit sans violence, car ils avaient peur d'être lapidés par 27 le peuple. Après qu'ils les eurent amenés en présence du sanhédrin, le grand prêtre les 28 interrogea en ces termes : Ne vous avons-nous pas défendu expressément d'enseigner en ce nom-là? Et voici, vous avez rempli Jérusalem de votre en- seignement, et vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme ! Pierre et les apôtres répon- 29 dirent : Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Le Dieu 30 de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez tué, en le pendant au bois. Dieu l'a élevé par sa 31 droite^ comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repent- ance et le pardon des péchés. Nous sommes témoins de ces 32 choses, de même que le Saint- Esprit, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. Furieux de ces paroles, ils 33 voulaient les faire mourir. Mais 34 un 2)harisien, nommé Gamaliel, docteur de la loi, estimé de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin, et ordonna de faire sortir un instant les apôtres. Puis il leur dit : Hommes Is- 35 raélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces gens. Car, il n'y a pas longtemps 36 que parut Theudas, qui se don- nait pour quelque chose, et auquel se rallièrent en^àron quatre cents hommes: il fut tué, et tous ceux qui l'avaient suivi furent mis en déroute et réduits à rien. Après lui, parut 37 Judas le Galiléen, à l'époque du recensement, et il attira du monde à son parti : il périt aussi, et tous ceux qui l'avaient suivi furent dispersés. Et main- 38 tenant, je vous le dis, ne vous occupez plus de ces hommes, et laissez -les aller. Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous 39 ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d'avoir combattu contre Dieu. ' Par sa droite, par sa puissance, voy. II. 33. 161 G Chap. 5, V. 40. ACTES. Chap. 7, y. 2. 40 Ils se rangèrent à son avis. Et ayant appelé les apôtres, ils les firent battre de verges, ils leur défendirent de parler au nom de Jésus, et ils les re- lâchèrent. 41 Les apôtres se retirèrent de devant le sanliédrin, joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de 42 Jésus. Et chaque jour, dans le temple et dans les maisons, ils ne cessaient d'enseigner, et d'an- noncer Jésus-Christ. Institution des diacres. Q En ce temps-là, le nombre des disciples augmentant, les Hellénistes^ murmurèrent con- tre les Hébreux, parce que leurs veuves étaient négligées dans la distribution qui se faisait 2 chaque jour. Les douze con- voquèrent la multitude des disciples, et dirent : Il n'est pas convenable que nous lais- sions la parole" de Dieu pour 3 servir aux tables. C'est pour- quoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes, de qui l'on rende un bon témoignage, qui soient pleins d'Esprit-Saint et de sagesse, et que nous char- 4 gérons de cet emploi. Et nous, nous continuerons à nous ap- pliquer à la prière et au ministère de la parole. 5 Cette proposition plut à toute l'assemblée. Ils éhu-ent Etienne, homme plein de foi et d'Esprit- Saint, Philippe, Prochore, Ni- canor. Timon, Parménas, et Nicolas, prosélyte ^ d'Antioche. 6 Ils les présentèrent aux apôtres, ^ Les Hellénistes, Juifs ayant vécu hors de Palestine, dans les pays où était parlée la langue grecque. — Les Hébreux, Juifs de Pa- lestine parlant l'idiome national, qui était alors l'araméen, langue de la même famille que le pur hébreu. ^ La parole, la prédication de la iiarole. ' Prosélyte, voy. note sur ii. 10. qui, après avoir prié, leur im- posèrent les mains. Etienne accusé de blasphème, traduit devant le sanhédrin, et lapidé par les Juifs. La parole de Dieu se répan- 7 dait de i:)lus en plus, le nombre des discii^les augmentait beau- coup à Jérusalem, et une grande foule de prêtres obéissaient à la foi. Etienne, plein de grâce et de 8 puissance, taisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. Quelques membres de 9 la sjTiagogue dite des Affranchis \ de celle des Cîyrénéens et de celle des Alexandrins, avec des Juifs de Cilicie et d'Asie, se mirent à discuter avec lui ; mais 10 ils ne purent résister à sa sa- gesse et à l'Esprit jiar lequel il parlait. Alors ils subornèrent 11 des hommes, qui dirent: Nous l'avons entendu proférer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. Ils ému- 12 rent le peuple, les anciens et les scribes, et, se jetant sur lui, ils le saisirent, et l'emmenèrent au sanhédrin. Ils j^roduisirent 13 de faux témoins, qui dirent : Cet homme ne cesse de proférer des i^aroles contre le lieu saint et contre la loi ; car nous l'avons 14 entendu dire que Jésus, ce Nazaréen, détruira ce lieu, et changera les coutumes que Moïse nous a données. .^ suyA-uf Tous ceux qui siégeaient ah 15 sanhédrin ayant fixé les regards sur Etienne, son visage leur | parut comme celui d'un ange. Le grand prêtre dit : Les ^ choses sont-elles ainsi? Etienne répondit : 2 Hommes frères et pères, ' La synagogue des Affranchis, ainsi ap- pelée ])arce qu'elle avait été fondée par des .Tuifs faits prisonniers par les Romains, et rendus ensuite à la liberté. 162 Chap. 7, V. 2. ACTES. Chap. 7, v. 25. écoutez ! Le Dieu de gloire ap- parut à notre père Abraham, lorsqu'il était en Mésopotamie, avant qu'il s'établît à Cîliarran ; 3 et il lui dit : Qiiitte ton pays et ta famille, et va dans le 4 pays que je te montrerai. Il sortit alors du pays des Chal- déens, et s'établit à Charran, jusqu'après la mort de son père. De là, Dieu le fit passer dans ce pays que vous habitez main- 5 tenant : il ne lui donna aucune propriété en ce pays, pas même de quoi poser le pied, mais il promit de lui en donner la pos- session, et à sa postérité après lui, quoiqu'il n'eût point d'en- 6 faut. Dieu parla ainsi : Sa pos- térité séjournera dans un pays étranger; on la réduira en ser- vitude et on la maltraitera 7 pendant quatre cents ans. Mais la nation à laquelle ils auront été asservis, c'est moi qui la jugerai, dit Dieu. Après cela, ils sortiront, et ils me serviront 8 dans ce lieu-ci. Puis Dieu donna à Abraham l'alliance de la cir- concision ; et ainsi, Abraham, ayant engendré Isaac, le cir- concit le huitième jour, Isaac engendra et circoncit Jacob, et Jacob les douze patriarches \ 9 Les patriarches, jaloux de Joseph, le vendirent pour être 10 emmené en Egypte. Mais Dieu fut avec lui, et le délivra de toutes ses tribulations ; il lui donna de la sagesse et lui fit trouver grâce devant Pharaon, qui l'établit gouverneur d'E- gypte et de toute sa maison. 11 II survint une famine dans tout le pays d'Egjq^te, et dans celui de Canaan. La détresse était grande, et nos pères ne trouvaient pas de quoi se nour- 12 rir. Jacob apprit qu'il y avait Les douze fils de Jacob. du blé en Egypte, et il y en- voya nos pères une première fois. Et la seconde fois, Joseph 13 fut reconnu par ses frères, et Pharaon sut de quelle famille il était. Puis Joseph envoya 14 chercher son père Jacob, et toute sa famille, composée de soixante et quinze personnes. Jacob descendit en Egypte, où 15 il mourut, ainsi que nos pères ; et ils furent transportés à Sichem, 16 et déposés dans le sépulcre qu'Abraham avait acheté, à j^rix d'argent, des fils d'Hémor, père de Sichem. Le temps approchait, où de- 17 vait s'accomplir la promesse que Dieu avait faite à Abraham, et le peuple^ s'accrut et se multiplia en Egj^ite, jusqvi'à ce 18 que parut un autre roi, qui n'avait pas connu Joseph. Ce 19 roi, usant d'artifice contre notre race, maltraita nos pères, au Ijoint de leur faire exposer leurs enfants, jjour qu'ils ne vécussent pas. A cette époque, naquit Moïse, 20 qui était beau aux yexix de Dieu. Il fut nourri trois mois dans la maison de son père ; et, quand il eut été exposé, la 21 fille de Pharaon le recueillit, et l'éleva connue son fils. Moïse 22 fut instruit dans toute la sa- gesse des Égyptiens \ et il était puissant en paroles et en œuvres. Il avait quarante ans, lorsqu'il 23 lui vint dans le cœur de visiter ses frères, les fils d'Israël. Il 24 en vit un qu'on outrageait, et, prenant sa défense, il vengea celui qui était maltraité, et frappa l'Égyptien. Il pensait que ses 25 frères comprendraient que Dieu leur accordait la délivrance par ' La sagesse des Égyptiens, les connais- pances scientifiques que possédaient alors les Egyptiens. 163 G 2 Chap. 7, V. 25. ACTES. Chap. 7, v. 49. sa main ; mais ils ne comprirent 26 pas. Le jour suivant, il parut au milieu d'eux comme ils se battaient, et il les exhorta à la paix : Hommes, dit-il, vous êtes frères ; pourquoi vous maltraitez- 27 vous l'un l'autre? Mais celui qui maltraitait son j)rocliain le repoussa, en disant : Qui t'a établi clief et juge sur nous? 28 Veux-tu me^ tuer, comme tu as 29 tué hier l'Égyptien ? A cette parole, Moïse prit la fuite, et il alla séjourner dans le pays de Madian, où il engendra deux fils. 30 Quarante ans plus tard, un ange lui apparut, au désert de la montagne de Sinaï, dans la flamme d'un buisson en feu. 31 Moïse, voyant cela, fut étonné de cette apparition ; et, comme il s'approchait pour examiner, la voLx du Seigneur se fit en- 32 tendre : Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d'Abraham, d'I- saac et de Jacob. Et Moïse, tout tremblant, n'osait regarder. 33 Le Seigneur lui dit : Ote tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est 34 une terre sainte. J'ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Egypte, j'ai entendu ses gémissements, et je suis des- cendu pour le délivrer. Mainte- nant, va, je t'enverrai en Egypte. 35 Ce Moïse, qu'ils avaient renié, en disant: Qui t'a établi chef et juge? c'est lui que Dieu envoya connue chef et comme libérateur par la main de l'ange qui lui était apparu dans le 36 buisson. ^ C'est lui qui les fit sortir d'Egypte, en opérant des prodiges et des miracles au pays d'Egypte, au sein de la mer Eouge, et au désert, jtendant 37 quarante ans. C'est ce Moïse qui dit aux fils d'Israël: Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète comme moi. C'est 38 lui qui, lors de l'assemblée au désert, étant avec l'ange qui lui parlait sur la montagne de Sinaï et avec nos pères, reçut des oracles vivants, poiir nous les donner. Nos pères ne voulurent 39 pas lui obéir, ils le repoussèrent, et ils tournèrent leurs cœurs vers l'Egypte, en disant à Aaron: Fais-nous des dieux qui mar- 40 chent devant nous ; car ce Moïse qui nous a fait sortir du pays d'Egypte, nous ne savons ce qu'il est devenu. Et, en ces 41 jours-là, ils firent un veau, ils oti'rirent un sacrifice à l'idole, et se réjouirent de l'œuvre de levirs mains. Alors Dieu se 42 détourna, et les livra au culte de l'armée du ciel, selon qu'il est écrit dans le livre des pro- phètes : M'avez-vous offert des victimes et des sacrifices pendant quarante ans au désert, maison d'Israël? . . . Vous avez porté 43 la tente de Moloch et l'étoile de votre dieu Remphan, ces images que vous avez faites j)our les adorer ! Aussi vous trans- porterai-je au delà de Babylone. Nos pères avaient au désert 44 le tabernacle du témoignage, comme l'avait ordonné celui qui dit à Moïse de le faire d'après le modèle qu'il avait vu. Et 45 nos pères, l'ayant reçu, l'intro- duisirent, sous la conduite de Josué, dans le pays qui était possédé par les nations que Dieu chassa devant eux, et il y resta jusqu'aux jours de David. I David trouva grâce devant Dieu, 46 et demanda d'élever une de- meure pour le Dieu de Jacob ; et ce fut Salomon qui lui bâtit 47 une maison. Mais le Très-Haut 48 n'habite pas dans ce qui est fait de main d'homme, comme dit le prophète : Le ciel est mon 49 trône, et la terre mon marche- 164 Chap. T, V. 49. ACTES. Chap. 8, v. 12. pied. Quelle maison me bâti- rez-vous, dit le Seigneur, on quel sera le lieu de mon repos ? 50 N'est-ce pas ma main qui a fait toutes ces choses ? . . . 51 Honnnes au cou raide, incir- concis de cœur et d'oreilles ! vous vous opposez toujoui's au Saint-Esprit. Ce que vos pères 52 ont été, vous l'êtes aussi. Le- quel des prophètes -sos pères n'ont-ils pas persécuté ? Ils ont tué ceux qui annonçaient d'a- vance la venue du Juste, que vous avez livré maintenant, et dont vous avez été les meurtriers, 53 vous qui avez reçu la loi d'après des commandements d'anges, et qui ne l'avez j^oint gardée ! . . . 54 En entendant ces paroles, ils étaient furieux dans leurs cœurs, et ils grinçaient des dents contre 55 lui. Mais Etienne, rempli dxi Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite 56 de Dieu. Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la 57 droite de Dieu. Ils poussèi'ent alors de grands cris, eu se bouchant les oreilles, et ils se précii:)itèrent tous ensemble sur 58 lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Les té- moins^ déposèrent leurs vête- ments aux pieds d'un jeune 59 honnne nonimé Saul '. Et ils lapidaient Etienne, qui i)riait et disait : Seigneur Jésus, reçois 60 mon esi^rit ! Puis, s'étant mis à genoux, il s'écria d'une voix forte : Seigneur, ne leur impute l)as ce péché ! Et, après ces l)aroles, il mourut. Q Saul avait ai)i)rouvé le meurtre d'Etienne. ' Les témoins, eu qualité d'accusateurs, de- vaient jeter les premières pierres, voy. Deut. XVII. 7. ^ Saul, qui devint plus tard l'apôtre Paul. Persécution à Jérusalem. — Dispersion des disciples dans les contrées voisines. — Le diacre Philippe prêchant le Christ dans une ville de Samarie. — Simon le magicien, — Pierre et Jean en Samarie. Il y eut, ce jour-là, une grande persécution contre l'Eglise de Jérusalem ; et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie. Des hommes pieux 2 ensevelirent Etienne, et le pleu- rèrent à grand bruit. Saul, de 3 son côté, ravageait l'Eglise ; pé- nétrant dans les maisons, il en arrachait honnnes et femmes, et les faisait jeter en jjrison. Ceux qui avaient été dispersés 4 allaient de lieu en lieu, an- nonçant la bonne nouvelle de la parole. Philippe, étant descendu dans 5 une ville de la Samarie, y i^rêcha le Christ. Les foules tout entières 6 étaient attentives à ce que disait Philippe, lorsqu'elles apprirent et virent les miracles qu'il faisait. Car des esprits impurs sortirent 7 de plusieurs démoniaques, en poussant de grands cris, et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris. Et il y 8 eut une grande joie dans cette ville. Il y avait auparavant dans la 9 ville un homme nonnné Simon, qui, se donnant pour un per- sonnage important, exerçait la magie et jîrovoquait l'étonne- ment du peuple de la Samarie. Tous, deiîuis le plus petit jus- 10 qu'au plus grand, Fécoutaient attentivement, et disaient: Celui- ci est la puissance de Dieu, celle qui s'appelle la grande. Ils l'écoutaient attentivement, 11 parce qu'il les avait longtemps étonnés par ses actes de magie. Mais, quand ils eurent cru à 12 l'hilii^pe, qui leur annonçait les choses concernant le royaume 165 ChAP. 8, V. 12. ACTES. Chap. 8, V. 37. de Dieu et le iioiu de Jésus- Christ, hommes et femmes se 13 firent baptiser. Simon lui-même crut, et, après avoir été baptisé, il ne quittait plus Philippe, et il voyait avec étonnement les miracles et les grands prodiges qui s'oi^éraient. 14 Les apôtres, qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, y envoyèrent Pierre et 15 Jean. Ceux-ci, arrivés chez les Samaritains, prièrent pour eux, afin qu'ils reçussent le Saint- 16 Esprit. Car il n'était encore descend!! sur aucun d'eux ; ils avaient sevilement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. 17 Alors Pierre et Jean leur im- posèrent les mains, et ils reçu- rent le Saint-Esprit. 18 Lorsque Simon vit que le Saint-Esprit était donné par l'im- position des mains des apôtres, 19 il leur offi'it de l'argent, en disant : Accordez-moi aussi ce . pouvoir, afin que cehii à qui j'imposerai les mains reçoive le 20 Saint-Esprit. Mais Pierre lui dit : Q\ie ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s'acquérait à prix 21 d'argent ! Il n'y a poxw toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton cœur n'est pas droit devant 22 Dieu. Rei^ens-toi donc de ta méchanceté, et prie le Seigneur pour que la pensée de ton cœur te soit pardonnée, s'il est jJos- 23 sible ; car je vois que tu es dans un fiel amer et dans les liens de 24 l'iniquité. Simon réj^ondit: Priez vous-mêmes le Seigneur pour moi, afin qu'il ne m'arrive rien de ce que vous avez dit. 25 Après avoir rendu témoignage à la parole du Seigneur, et ajjrès l'avoir prêchée, Pierre et Jean retournèrent à Jérusalem, eu an- nonçant la bonne nouvelle dans plusieurs villages des Samari- tains. Le diacre Philippe et l'eunuque éthiopien. Un ange du Seigneur, s'adres- 26 sant à Philippe, lui dit : Lève- toi, et va du côté du midi, sur le chemin qvii descend de Jéru- salem à Gaza, celui qui est désert. Il se leva, et partit. Et voici, un Ethiopien, un emiuque, 27 ministre de Candace, reine d'Ethiopie, et surintendant de tous ses trésors, venu à Jéru- salem pour adorer, s'en retour- 28 nait, assis sur son char, et lisait le prophète Ésaïe. L'Esprit dit 29 à Philippe : Avance, et approche- toi de ce char. Philippe ac- 30 courut, et entendit l'Éthiopien qui lisait le prophète Esaïe. Il lui dit : Comprends-tu ce que tu lis ? Il répondit : Comment 31 le pourrais-je, si quelqu'un ne me guide ? Et il invita Philippe à monter et à s'asseoir avec lui. Le passage de l'Ecriture, qu'il 32 lisait, était celui-ci : Il a été mené comme une brebis à la boucherie ; et, comme un agneau muet devant celui qui le tond, il n'a point ouvert la bouche. Lorsqu'il s'est abaissé, son juge- 33 ment a été consommé. Et ceux de sa génération, qui les dé- peindra? Car sa vie a été re- tranchée de la tei-re. L'eunuque 34 dit à Philippe: Je te prie, de qui le prophète parle-t-il ainsi? Est-ce de lui-même, ou de quel- que autre? Alors Philipjie, 35 ouvrant la bouche et commen- çant par ce passage, lui annonça Jésus. Comme ils continuaient leur 36 chemin, ils rencontrèrent de l'eau. Et l'eunuque dit : Voici de l'eau ; qu'est-ce qui empêche que je ne sois baptisé ? [Phi- 37 lippe dit : Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. L'eu- 166 Chap. 8, V. 37. ACTES. Chap, 9, v. 17. nuque répondit : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu.] 38 II fit arrêter le char ; Philippe et l'euniique descendirent tous deux dans leau, et Philipjie bap- 39 tisa l'eunuque. Quand ils furent sortis de l'eau. l'Esprit du Sei- gneur enleA'a Philipi^e, et l'eu- nuque ne le vit plus. Tandis que joyeux il poursuivait sa rovite, 40 Philippe se trouva dans Azot \ d'où il alla jusqu'à Césarée ", en évangélisant toutes les villes par lesquelles il passait. Conversion de Saul. Q Cependant Saul, respirant en- core la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le grand prêtre, 2 et hii demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s'il trouvait des partisans de la nouvelle doctrine \ hom- mes ou femmes, il les amenât liés à Jérusalem. 3 Comme il était en chemin, et qu'il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du 4 ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes- 5 tu ? Il répondit : Qui es-tu. Seigneur? Et le Seigneur dit: Je suis Jésus que tu persécutes. [Il te serait dur de regimber 6 contre les aiguillons. Tremblant et saisi d'effroi, il dit : Seigneur, qu.e veux-tu que je fasse ? Et le Seigneur lui dit :] Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce 7 que tu dois faire. Les hommes qui l'accompagnaient demeu- rèrent stupéfaits ; ils entendaient ' Azot, en hcb. Asdod, anciennement l'une des cinq villes des Philistins. " Césarée, sur la Méditerranée, siège du gouvernement romain en Palestine. Ne pas confondre avec Césarée de Philippe ; voy. note sur Matth. xvi. 1 3. '' De la nouvelle doctrine, grec de la voie. K bien la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva de 8 terre, et, quoique ses yeux fus- sent ouvex'ts, il ne voyait rien ; on le prit par la main, et on le conduisit à Damas, Il resta 9 trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but. Or, il y avait à Damas un dis- 10 ciple nommé Ananias. Le Sei- gneur lui dit dans une vision : Ananias! Il répondit : Me voici, 11 Seigneur! Et le Seigneur lui dit : Lève-toi, va dans la rue qu'on appelle la droite, et cher- clie, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse '. Car 12 il prie, et il a vu en vision un homme du nom d'Ananias, qui entrait, et qui lui imposait les mains, afin qu'il recouvrât la vue. Ananias répondit : Seigneur, j'ai 13 appris de plusieurs personnes tous les maux que cet homme a faits à tes saints" dans Jérusa- lem ; et il a ici des pouvoirs, de 14 la part des chefs des j)rêtres, pour lier tous ceux qui invoquent ton nom. Mais le Seigneur lui 15 dit : Va, car cet homme est un instrument que j'ai choisi, pour porter mon nom devant les na- tions \ devant les rois, et devant les fils d'Israël; et je lui mon- 16 trerai tout ce qu'il doit souftrir pour mon nom. Ananias sortit; et, lorsqu'il 17 fut arrivé dans la maison, il im- posa les mains à Saul, en disant: Saul, mon frère, le Seigneur Jésus, qui t'est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m'a envoyé pour que tu recoiivres la vue et que tu sois renq)li du ' Tarse, capitale de la Cilicie, province de l'Asie mineure. " l'es saints; c'est ici le premier passage du Nouv. Test, où le terme de saints, c'est-à-dire, consacrés à Dieu, est employé pour désigner les disciples de Jésus, les chrétiens. ^ Les nations, les peuples païens. Chap. 9, V. 17. ACTES. Chap. 9, v. 39. 18 Saint-Esprit. Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Il 19 se leva, et fut baptisé; et, après qu'il eut pris de la nourritvu'e, les forces lui revinrent. Saul resta quelques jours avec les disciples qui étaient à Da- 20 mas. Et aussitôt il prêcha dans les synagogues que Jésus est le 21 Fils de Dieu. Tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'éton- nement, et disaient: N'est-ce pas celui qui persécutait à Jérusa- lem ceux qui invoquent ce nom, et n'est-il pas venu ici pour les emmener liés devant les chefs 22 des prêtres ? Cependant Saul se fortifiait de plus en plus, et il confondait les Juifs qui habi- taient Damas, démontrant qvie Jésus est le Clmst. 23 Au bout d'un certain temps, les Juifs se concertèrent pour 24 le tuer, et leur complot parvint à la connaissance de Saul. On gardait les portes jour et nuit, 25 afin de lui ôter la vie. Mais, pendant ime nuit, les disciples le prirent, et le descendirent par la muraille, dans une corbeille. 26 Lorsqu'il se rendit à Jérusa- lem, Saul tâcha de se mettre en rapport avec les discij)les ; mais tous le craignaient, ne croyant 27 pas qu'il fût un disciple. Alors Barnabas, l'ayant pris avec lui, le conduisit vers les apôtres, et leur raconta comment sur le chemin Saul avait vu le Sei- gneur, qui lui avait parlé, et comment à Damas il avait prêché franchement au nom de Jésus. 28 II allait et venait avec eux dans Jérusalem, et s'exprimait en toute assurance au nom du 29 Seigneur. Il parlait aussi et disputait avec les Hellénistes ^ ; mais ceux-ci cherchaient à lui ' Les Hellénistes, voy. note sur vi. 1. Ôter la vie. Les frères, l'ayant 30 su, l'emmenèrent à Césarée, et le firent partir pour Tarse. Pierre à Lydde et à Joppé : guérison du paralytique Énée, et résurrection de Tabitha. L'Église était en paix dans 31 toute la Judée, la Galilée et la Samarie, s'édifiant et marchant dans la ci'ainte du Seigneur, et elle s'accroissait par l'assistance du Saint-Esprit. Comme Pierre visitait tous les 32 saints, il descendit aussi vers ceux qui demeuraient à Lydde. Il y trouva un homme nommé 33 Énée, couché sur un lit depuis huit ans, et paralytique. Pierre 34 lui dit: Énée, Jésus-Christ te guérit; lève-toi, et arrange ton lit. Et aussitôt il se leva. Tous 35 les habitants de Lydde et du Saron ^ le virent, et ils se con- vertirent au Seigneur. Il y avait à Joppé ^ parmi les 36 disciples, une femme nommée Tabitha, ce qui signifie Dorcas ^ : elle faisait beaucoup de bonnes œu\Tes et d'amnônes. Elle tomba 37 malade en ce temps-là, et mou- rut. Après l'avoir lavée, on la déposa dans une chambre haute. Comme Lydde est près de Jojîpé, 38 les disciples, ayant appris qxte Pierre s'y trouvait, envoyèrent deux hommes vers lui, pour le prier de venir chez eux sans tarder. Pierre se leva, et partit 39 avec ces hommes. Lorsqu'il fut ai-rivé, on le conduisit dans la chambre haute. Toutes les veuves l'entourèrent, en pleii- rant, et lui montrèrent les tuni- ' Saron, plaine qui s'étend le long de la Méditerranée, de Joppé au sud du mont Carmel. '^ Joppé, aujourd'hui Jaffa, port sur la Méditerranée. ^ Dorcas, ou gazelle; c'est le mot grec cor- resp. à l'araméen Tabitha. 68 Chap. 9, V. 39. ACTES. Chap, 10, y. 20. ques et les vêtements que faisait Doi'cas pendant qu'elle était avec 40 elles. Pierre fit sortir tout le monde, se mit à genoux, et pria ; puis, se tournant vers le corps, il dit: Tabitha, lève-toi! Elle ouvrit les yeux, et ayant vu 41 Pierre, elle s'assit. Il lui donna la main, et la fit lever. Il appela ensuite les saints et les veuves, 42 et la leur j^résenta vivante. Cela fut connu de tout Joppé, et beaucoup crurent au Seigneur. 43 Pierre demeura quelque temps à Joppé, chez lui corroyeur nommé Simon. Le ceuteuiei- Corueille, premier païen converti j)ar le ministère de l'apôtre Pierre. — Le Saint-Esprit accordé k d'autres jaaiens. — Pierre expliquant sa conduite devant les chrétiens de Jérusalem. 1Q II y avait à Césarée un homme nonmié Corneille, cen- tenier^ dans la cohorte^ dite 2 italienne. Cet homme était pieux et craignait Dieu, avec toute sa maison ; il faisait beau- coup d'aumônes au peuple, et priait Dieu continuellement. 3 Vers la neuvième heure du .jour% il vit clairement dans une A ision un ange de Dieu qui entra chez lui, et qui lui dit: Cor- 4 neille ! Les regards fixés sur lui, et saisi d'eflroi, il répondit: Qu'est-ce, Seigneur? Et l'ange lui dit: Tes prières et tes au- mônes sont montées devant Dieu, et il s'en est souvenu. 5 Envoie maintenant des hommes à Joi)pé, et fais venir Simon, 6 surnommé Pierre ; il est logé chez un certain Simon, corro- yeur, dont la maison est près de la mer. 7 Dès que l'ange qui lui avait parlé fut parti, Corneille appela ' Gentenier, ou centurion, ayant cent hom- mes sous ses ordres. ■ Cohorte, composée de 400 ou 500 hommes. ^ Trois heures après midi. deux de ses serviteurs, et un soldat pieux d'entre ceux qui étaient attachés à sa personne ; et, ajîrès leur avoir tout raconté, 8 il les envoya à Joppé. Le lendemain, connue ils é- 9 taient en route, et qu'ils appro- chaient de la ville, Pierre monta sur le toit', vers la sixième heure", pour prier. Il avait faim, et il 10 voulut manger. Pendant qu'on lui préparait à manger, il tomba en extase. Il vit le ciel ouvert, 11 et un objet semblable à une grande nappe attachée par les quatre coins, qui descendait et s'abaissait vers la terre, et où se 12 trouvaient tous les quadrupèdes et les reptiles ^ de la terre et les oiseaux du ciel. Et une voix 13 lui dit: Lève-toi, Pierre, tue et mange. Mais Pierre dit: Non, 14 Seigneur, car je n'ai jamais rien mangé de souillé et d'imijur. Et poiu- la seconde fois la voix 15 se fit encore entendre à lui : Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. Cela 16 arriva jusqu'à trois fois ; et aus- sitôt après, l'objet fut retù'é dans le ciel. Tandis que Pierre ne savait 17 en lui-même que penser du, sens de la vision qu'il avait eue, voici, les hommes envoyés ]i-AY Corneille, s'étant informés de la maison de Simon, se pré- ' sentèrent à la porte, et de- 18 mandèrent à haute voix si c'était là que logeait Simon, sur- nommé Pierre. Et comme Pierre était à ré- 19 fléchir sur la vision, l'Esprit lui dit : Yoici, trois hommes te de- mandent ; lève-toi, descends, et 20 pars avec eux sans hésiter, car ' Le toit, construit en plate-forme. ' ^fidi. _ , ' Les reptiles, tei'me qui, dans l'Ecriture, désigne tous les petits animaux par opposi- tion aux grands. 169 G 3 Chap. 10, V. 20. ACTES. Chap, 10, v. 43. c'est moi qui les ai envoyés. 21 Pierre donc descendit, et il dit à ces hommes : Voici, je suis celui que vous cherchez ; quel est le motif qui vous amène? 22 Ils répondirent : Corneille, cen- tenier, homme juste et craignant Dieu, et de qui toute la nation des Juifs rend un bon témoi- gnage, a été divinement averti par un saint ange de te faire venir dans sa maison et d en- 23 tendre tes paroles. Pierre donc les fit entrer, et les logea. Le lendemain, il se leva, et partit avec eux. Quelques-uns des frères de Joppé laccompagnè- i-ent. 24 Ils arrivèrent à Césarée le jour suivant. Corneille les at- tendait, et avait invité ses pa- 25 rents et ses amis intimes. Lors- que Pierre entra, Corneille, qui était allé au-devant de lui, tomba à ses pieds et se prosterna. 26 Mais Pierre le releva, en disant : Lève-toi; moi aussi, je suis un 27 homme. Et conversant avec lui, il entra, et trouva beaucoup de 28 personnes réunies. Vous savez, leur dit-il, qu'il est défendu à un Juif de se lier avec un étran- ger ou d'entrer chez lui ^ ; mais Dieu m'a appris à ne regarder aucun homme comme souillé et 29 impur. C'est pourquoi je n'ai ■ pas eu d'objection à venir, puis- que vous m'avez appelé ; je vous demande donc pour quel motif vous m'avez envoyé chercher. 30 Corneille dit: Il y a quatre jours, à cette heure-ci, je jeû- nais, et je priais dans ma maison à la neuvième heure ; et voici, un homme vêtu d'un liabit écla- tant se présenta devant moi, et 31 dit : Corneille, ta prière a été ' Cette défense ne se trouve pas formelle- ment dans la loi de Moïse ; mais les Juifs l'envisageaient comme devant en être une conséquence. exaucée, et Dieu sest souvenu de tes aiunônes. Envoie donc 32 à Joppé, et fais venir Simon, surnommé Pierre; il est logé dans la maison de Simon, cor- royeur, près de la mer; quand il sera venu, il te parlera. Aus- 33 sitôt j'ai envoyé vers toi, et tu as bien fait de venir. Mainte- nant donc nous sommes tous devant Dieu, ijour entendre tout ce que Dieu t'a ordonné de nous dire. Alors Pierre, ouvrant la bouche, 34 dit : En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point accei^tion de personnes, mais qu'en toute na- 35 tion celui qiii le craint et qui l^ratique la justice lui est agré- able. Il a envoyé la parole aux 36 fils d'Israël, en leur annonçant la paix par Jésus-Christ, qui est le Seigneur de tous. Vous savez 37 ce qui est arrivé dans toute la Judée, après avoir commencé en Galilée, à la suite du bap- tême que Jean a prêché ; vous 38 savez comment Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et gué- rissant tous ceux qui étaient sous l'empire du diable, car Dieu était avec lui. Nous 39 sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l'ont tué, en le pendant au bois. Dieu l'a 40 ressuscité le troisième jour, et il a permis qu'il apparût, non 41 à tout le j^euple, mais aux té- moins choisis d'avance par Dieu, à nous qui avons mangé et bu avec lui, après qu'il fut ressus- cité des morts. Et Jésus nous 42 a ordonné de prêcher au peuple et d'attester que c'est lui qui a été établi par Dieu juge des vivants et des morts. Tous les 43 prophètes rendent do lui le té- moignage que quiconque croit 170 Chap. 10, V. 43. ACTES. Chap. 11, v. 19. en lui reçoit par son nom le [ bouche. Et pour la seconde 9 pardon des 2>échés. 44 Comme Pierre prononçait en- core ces mots, le Saint-Esi:)rit descendit sur tous ceux qui 45 écoutaient la parole. Tous les fidèles circoncis \ qui étaient venus avec Pierre, furent éton- nés de ce que le don du Saint- Esprit était aussi répandu sur 46 les païens. Car ils les enten- daient parler en langues et glo- rifier Dieu. 47 Alors Pierre dit: Peut-on re- fuser l'eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit aussi 48 bien que nous? Et il ordonna qu'ils fussent baptisés au nom du Seigneur, Sur quoi ils le prièrent de rester quelques joiU'S auprès d'eux. 11 Les apôtres et les frères qui étaient dans la Judée apprirent que les païens avaient aussi reçu 2 la parole de Dieu. Et lorsque Pierre fut monté à Jérusalem, les fidèles circoncis lui adres- sèrent des reproches, en disant : 3 Tu es entré chez des incircon- cis, et tu as mangé avec eux. 4 Pierre se mit à leur exposer d'une manière suivie ce qui s'é- 5 tait passé. Il dit : J'étais dans la ville de Joppé, et, pendant que je priais, je tombai en extase et j'eus une vision : un objet, semblable à une grande nappe attachée par les quatre coins, descendait du ciel et vint 6 jusqu'à moi. Les regards fixés sur cette nappe, j'examinai, et je vis les quadrujîèdes de la terre, les bêtes sauvages, les reptiles, et les oiseaux du ciel. 7 Et j'entendis une voix qui me disait : Lève-toi, Pierre, tue et 8 mange. Mais je dis : Non, Sei- gneur, car jamais rien de souillé et d'impur n'est entré dans ma ^ Les fidèles circoncis, les Juifs convertis au christianisme. fois la voix se fit entendre du ciel: Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. Cela arriva jusqu'à trois 10 fois; puis tout fut retiré dans le ciel. Et voici, aussitôt trois 11 hommes envoyés de Césarée vers moi se lU'ésentèrent devant la porte de la maison où j'étais. L'Esprit me dit de partir avec 12 eirx sans hésiter. Les six hommes que voici m'accompagnèrent, et nous entrâmes dans la maison de Corneille '. Cet homme nous 13 raconta comment il avait vu dans sa maison lange se j^ré- sentant à lui et disant: Envoie à Joppé, et fais venir Simon, surnommé Pierre, qui te dira 14 des choses par lesquelles tu seras sauvé, toi et toute ta mai- son. Lorsque je me fus mis à 15 parler, le Saint-Esprit descendit sur eux, comme siir nous au commencement. Et je me sou- 16 vins de cette parole du Sei- gneur : Jean a baptisé d'eau, mais vous, vous serez baptisés du Saint-Esprit. Or, puisque 17 Dieu leur a accordé le même don qu'à nous, qui avons cru au Seigneur Jésus-Christ, pou- vais-je, moi, m'opposer à Dieu ? Après avoir entendu cela, ils 18 se calmèrent, et ils glorifièrent Dieu, en disant: Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens, afin qu'ils aient la vie. Les chrétiens d'Antioche. — Barnahas et Saul à Antioche. — Une famine jirédite par Agabus. Ceux qui avaient été dis- 19 perses par la persécutiçn, sur- venue à l'occasion d'Etienne, allèrent jusqu'en Phénicie, dans l'île de Chypre, et à Antioche ^ ' De Corneille, grec de Vlwmme. " Antioche, alors la Tille la plus importante de lAsie roraaiiie ; ancienne capitale de la Syrie. 171 G 4 Chap. 11, V. 19. ACTES. Chap. 12, v. 10. annonçant la parole seulement 20 aux Juifs. Il y eut cependant pai'mi eux quelqvies honnnes de Chypre et de Cyrène, qui, étant venus à Antioche, s'adressèrent aux Grecs, et leur annoncèrent le 21 Seigneur Jésus. La main du Sei- gneur était aA'ec eux, et un grand nombre de jDersonnes crurent et se convertirent au Seigneur. 22 Le bruit en parvint aux oreilles des membres de l'Eg-lise de Jé- rusalem, et ils envoyèrent Bar- 23 nabas jusqu'à Antioche. Lors- qu'il fut arrivé, et qu'il eut vu la grâce de Dieu, il s'en réjouit, et il les exhorta tous à rester d'un cœur ferme attachés au Sei- 24 g-neur. Car c'était un homme de bien, plein dEsprit-Saint et de foi. Et une foule assez nom- breuse se joignit au Seigneur. 25 Baruabas se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Saul ; et, l'ayant trouvé, il l'amena à 26 Antioche. Pendant toute une année, ils se réunirent aux assemblées de l'Eglise, et ils enseignèrent beaucoup de per- sonnes. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disci- ples furent appelés chrétiens. 27 En ce temps-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à 28 Antioche. L'un d'eux, nommé Agabus, se leva, et annonça par l'Esprit qu'il y aurait une grande famine sur toute la terre. Elle arriva, en effet, sous Claude '. 29 Les disciples résolurent d'en- voyer, chacun selon ses moyens, un secours aux frères qui habi- 30 talent la Judée. Ils le fii-ent parvenir aitx anciens" par les mains de Baruabas et de Saul. ' Claude, l'un des empereurs romains. "^ Aux anciens ; c'est la première fois que ce terme est employé en parlant de l'EgGse chrétienne. Chez les Juifs, il désignait ceux qui remplissaient certaines fonctions dans les synagogues, et qui faisaient partie du sanhé- drin. Jacques mis à mort par Héi-ode. — Pierre emprisonné et délivré. — Mort d'Hérode. Vers le même temps, le roi 1 O Hérode ^ se mit à maltraiter quelques membres de l'Église, et il fit mourir par l'épée Jac- 2 ques -, frère de Jean. Voyant 3 que cela était agréable aux Juifs, il fit encore arrêter Pierre. — C'était pendant les jours des pains sans levain ^ — Après l'a- 4 voir saisi et jeté en prison, il le mit sous la garde de quatre escouades de quatre soldats cha- cune, avec l'intention de le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. Pierre donc 5 était gardé dans la prison ; et rÉglise ne cessait d'adresser pour lui des px'ières à Dieu. La nuit qui précéda le joiir 6 où Hérode allait le faire com- paraître, Pierre, lié de deux chaînes, dormait entre deux sol- dats ; et des sentinelles devant la porte gardaient la prison. Et 7 voici, un ange du Seigneur sur- vint, et une lumière brilla dans la prison. L'ange réveilla Pierre, en le frappant au côté, et en disant : Lève-toi promptement ! Les chaînes tombèrent de ses mains. Et l'ange lui dit : Mets 8 ta ceinture et tes sandales. Et il fit ainsi. L'ange lui dit encore : Envelopj)e-toi de ton manteau, et suis-moi. Pierre 9 sortit, et le suivit, ne sachant pas que ce qui se faisait par l'ange fût réel, et s'imaginant avoir une vision. Lorsqu'ils 10 eurent passé la première garde, puis la seconde, ils arrivèrent à la porte de fer qui mène à la ' Hérode, Hérode Agrippa I, petit-fils d'Hérode le Grand, et neveu d'Hérode Antipas. ' Jacques, fils de Zébédée, l'un des douze apôtres. ' Les jours des pains sans levain, la semaine de Pâque, voy. note sur Matth. xxvi. 17. 172 Chap. 12, V. lo. ACTES. Chap. 13, y. 3. ville, et (iiii s'ouvrit d'clle-inême devant exix ; ils sortirent, et s'a- vancèrent dans nne rue. Aussi- tôt l'ange quitta l'ierre. 11 Revenu à lui-même, Pierre dit : Je vois maintenant d'une manière certaine que le Sei- gneiu" a envoyé son ange, et qu'il m'a délivré de la main d'Hérode et de tout ce que le 12 peuple juif attendait. Après avoir réfléchi, il se dirigea vers la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, oii beau- coup de i^ersonnes étaient ré- 13 unies et priaient. Il frappa à la porte du vestibule, et une servante, nommée Rhode, s'ap- 14 procha pour écoiiter. Elle re- connut la voix de Pierre ; et, dans sa joie, au lieu d'ouvrir, elle courut annoncer que Pierre 15 était devant la jwrte. Ils lui dirent: Tu es folle. Mais elle affirma que la chose était ainsi. 16 Et ils dirent: C'est son ange. Ce- pendant Pierre continuait à frap- per. Ils ouvrirent, et furent éton- 17 nés de le voir. Pierre, leur ayant de la main fait signe de se tau'e, leur raconta connnent le Sei- gneur l'avait tiré de la prison, et il dit: Annoncez-le à Jacques' et aux frères. Puis il sortit, et s'en alla dans im autre lieu. 18 Quand il fit jour, les soldats furent dans inie grande agita- tion, pour savoir ce que Pierre 19 était devenu. Hérode, s'étant mis à sa recherche et ne l'ajant pas trouvé, interrogea les gardes, et donna l'ordre de les mener au supplice. Ensuite il descendit de la Judée à Césarée, poiu" y séjourner. 20 Hérode avait des dispositions hostiles à l'égard des Tyricns et des Sidoniens. Mais ils vinrent le trouA'er d'un commun accord ; ' Jacques, différent do Jacques, frèi-e de Jean, dout le martyre est mentionné v. 2. r gloire rongé et, après avoir gagné Blaste, son chambellan, ils sollicitèrent la paix, parce que leiu- pays tirait sa subsistance de celui du roi. A \\n jour fixé, Hérode, revêtu 21 de ses habits royaux, et assis sur son trône \ les harangua publiquement. Le peui^le s'é- 22 cria : Voix d'un dieu, et non d'un homme ! Au même instant, 23 un ange du Seigneur le frappa, parce qu'il n'avait pas donné à Dieu. Et il expira, des vers. Cependant la parole de Dieu 24? se répandait de plus en plus, et le nombre des disciples aug- mentait. Barnabas et Saul, après s'être 25 acquittés de leur message ^ s'en retournèrent de Jérusalem, em- menant avec eux Jean, surnom- mé IMarc. Barnabas et Saul envoyés en mission par l'Eglise d'Autioche. — L'ile de Cbj'pre : le magicien Elymas et le 2'roconsul Sergius Paulus. — Perge eu Pamphj'lie. — Antioche de Pisidie : prédication de Paul. — Icône : succès et persécutious. — Lystre : guérison d'un impotent. — Derbe, et autres lieux. — Retour à Antioche. Il y avait dans l'Église d'An- ^Q tioche des prophètes et des docteurs : Barnabas, Siméon ap- pelé Niger, Lucius de Cyrène, Manahen, qui avait été élevé avec Hérode le tétrarque ^, et Saul. Pendant qu'ils servaient 2 le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient, le Saint-Es- prit dit : Mettez-moi à ])art Bar- nabas et Saul pour l'œuvre à laquelle je les ai api)elés. Alors, 3 après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les lais- sèrent partir. ' Son trône, ti-ilvuiie élevée dans l'amphi- théâtre, où se célébraient des jeux en l'hon- neur de l'empereur. - Voy. XI. 29-30. ' Iférode le tétrarque, voy. note sur Matth. XIV. 1. Chap. 13, V. 4. ACTES. Chap. 13, v. 24 4 Barnabas et Saul, envoyés par le Saint-Esprit, descendirent à Sélevicie\ et de là ils s'embar- quèrent pour l'île de Chypre. 5 Arrivés à Salamine ^ ils an- noncèrent la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Ils avaient Jean " pour aide. 6 Ayant ensuite traversé toute l'île jusqu'à Paplios *, ils trouvè- rent un certain magicien, faux prophète jiiif, nommé Bar- Jésus, 7 qui était avec le proconsul Ser- gius Paulus, homme intelligent. Ce dernier fit appeler Barnabas et Saul, et manifesta le désir d'entendre la parole de Dieu. 8 Mais Élymas, le magicien, — car c'est ce que signifie son nom, — leur faisait opposition, cherchant à détourner de la foi le procon- 9 sul. Alors Saul, appelé aussi PauP, rempli du Saint-Esprit, 10 fixa les regards sur lui, et dit : Homme plein de toute espèce de ruse et de fraude, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu point de perver- tir les voies droites du Sei- 11 gneur? Maintenant voici, la main du Seigneur est sur toi, tu seras aveugle, et pour un temiDS tu ne verras pas le soleil. Aussitôt l'obscurité et les ténèbres tom- bèrent sur lui, et il cherchait, en tâtonnant, des personnes pour 12 le guider. Alors le proconsul, voyant ce qui était arrivé, crut, et demeura frappé de la doc- trine du Seigneur. 13 Paxil et ses compagnons, s'é- tant embarqués à Paphos, se rendirent à Perge en Pamphy- ' Sêleucie, qui servait de port à Antioche. ^ Salamine, l'une des principales villes de l'ile, sur la côte orientale. ^ Jean, surnommé Marc, xii. 12. ■* Paphos, à l'extrémité occidentale de l'ile. " Paul, nom qui désormais paraîtra seul dans le Nouv. Test., à l'exclusion de celui de Saul. lie '. Jean se sépara d'eux, et retourna à Jérusalem. De Perge ils poursuivirent 14 leur route, et arrivèrent à An- tioche de Pisidie -. Étant entrés dans la synagogue le jour du sabbat, ils s'assirent. Après la 15 lecture ^ de la loi et des pi'o- phètes, les chefs de la syna- gogue leur envoyèrent dire : Hommes frères, si vous avez quelque exhortation à adresser au peuple, parlez. Paul se leva, et, ayant fait 16 signe de la main, il dit : Hommes Israélites, et vous qui craignez Dieu, écoutez ! Le 17 Dieu de ce peuple d'Israël a choisi nos pères. Il mit ce peuple en honnevir pendant son séjour au pays d'Egypte, et il l'en fit sortir par son bras puissant. Il les nourrit près 18 de quarante ans dans le désert ; et, ayant détruit sept nations au 19 pays de Canaan, il leur en ac- corda le territoire comme pro- priété. Après cela, durant quatre 20 cent cinquante ans environ, il leur donna des juges, jusqu'au prophète Samuel. Ils deman- 21 dèrent alors un roi. Et Dieu leur donna, pendant quarante ans, Saiil, fils do Kis, de la tribu de Benjamin ; i)uis, l'ayant re- 22 jeté, il leur suscita pour roi David, auquel il a rendu ce témoignage : J'ai trouvé David, fils d'Isaï, homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés. C'est de la postérité de David 23 que Dieu, selon sa promesse, a suscité à Israël un Sauveur, qui est Jésus. Avant sa venue, Jean 24 avait prêché le baptême de re- ' Pamphylie, province sur le littoral de l'Asie mineure, vis-à-vis de l'ile de Chypre. ^ Pisidie, province voisine de la Pamphylie, au nord. ' La lecture, voy. note sur Luc iv. 16. 174 Chap. 13, V. 24. ACTES. Chap. 13, v. 48. pentance à tout le peuple d'Is- 25 raël. Et lorsque Jean achevait sa course, il disait : Je ne suis pas celui que vous pensez; mais voici, après moi vient celui des pieds duquel je ne suis pas digne de délier les souliers. 26 Hommes frères, fils de la race d'Abraliam, et vous qui craignez Dieu, c'est à vous que cette parole de salut a été envoyée. 27 Car les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont méconnu Jé- sus, et, en le condamnant, ils ont accompli les paroles des pro- phètes qui se lisent chaque sab- 28 bat. Quoiqu'ils ne trouvassent eu lui rien qui fût digne de mort, ils ont demandé à Pilate de le 29 faire mourir. Et, après qu'ils eurent accompli tout ce qui est écrit de lui, ils le descendirent de la croix et le déposèrent dans 30 un sépulcre. Mais Dieu l'a res- 31 suscité des morts. Il est apparu pendant plusieurs jours à ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, et qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple. 32 Et nous, nous vous annonçons que la promesse faite à nos pères, 33 Dieu l'a accomplie j)our nous leurs enfants, en ressuscitant Jé- sus, selon ce qui est écrit dans le Psaume deuxième : Tu es mon Fils, je t'ai engendré au- 34 jourd'hui. Qu'il l'ait ressuscité des morts, de telle sorte qu'il ne retournera pas à la corruption, c'est ce qu'il a déclaré, en disant : Je vous donnerai les grâces saintes promises à David, ces 35 grâces qui sont assurées. C'est pourquoi il dit encore ailleurs : Tii ne permettras pas que ton 36 Saint voie la corruption. Or Daydd, après avoir en son temps servi au dessein de Dieu, est mort, a été réuni à ses pères, et 37 a vu la corruption. Mais celui que Dieu a ressuscité n'a pas vu la corruption. Sachez donc, hommes frères, 38 que c'est par lui que le pardon des péchés vous est annoncé, et 39 que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse. Ainsi 40 prenez garde qu'il ne vous arrive ce qui est dit dans les prophètes: Voyez, hommes dédaigneux, 41 soyez étonnés et disparaissez ; car je vais faire en vos jours une œuvre, une œuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racon- tait. Lorsqu'ils sortirent, ou les 42 pria de i:)arler le sabbat suivant sur les mêmes choses ; et, à 43 l'issue de l'assemblée, beaucoup de Juifs et de prosélytes pieux suivirent Paul et Barnabas, qui s'entretinrent avec eux, et les exhortèrent à rester attachés à la grâce de Dieu. Le sabbat suivant, presque 44 toute la ville se rassembla pour entendre la parole de Dieu. Les 45 Juifs, voyant la foule, furent remplis de jalousie, et ils s'oj)- posaient à ce que disait Paul, en le contredisant et en l'injuriant. Paul et Barnabas leur dirent 46 avec assurance: C'est à vous premièrement que la parole de Dieu devait être annoncée; mais, puisque vous la repoussez, et que vous vous jugez vous-mêmes in- dignes de la vie éternelle, voici, nous nous tournons vers les païens. Car ainsi nous l'a or- 47 donné le Seigneur : Je t'ai établi pour être la lumière des nations, i:)Our porter le salut jvisqu'aux extrémités de la terre. Les païens se l'éjouirent, en 48 entendant cela, ils glorifièrent la parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éter- nelle crurent. 175 Chap. 13, V. 49. ACTES. Chap. 14, v. 19. 49 La parole du Seigneur se ré- 50 i^andait dans tout le pays. Mais les Juifs excitèrent les femmes dévotes de distinction, et les principaux de la ville; ils pro- voquèrent une persécution con- ti*e Paul et Barnabas, et ils les chassèrent de leur territoire. 51 Paul et Barnabas secouèrent contre eux la poussière de leurs 52 pieds, et allèrent à Icône ', tandis que les disciples étaient remplis de joie et du Saint-Esprit. 1 <^ A Icône, Paul et Barnabas entrèrent ensemble dans la synagogue des Juifs, et ils par- lèrent de telle manière qu'une grande multitude de Juifs et de 2 Grecs ' crurent. Mais ceux des Juifs qui ne crurent point ex- citèrent et aigrirent les esprits 3 des païens contre les frères. Ils restèrent cependant assez long- temps à Icône, parlant avec as- surance, appuyés sur le Seigneur, qui rendait témoignage à la parole de sa grâce et permettait qu'il se fit j^ar leurs mains des 4 prodiges et des miracles. La population de la ville se divisa : les ims étaient pour les Juifs, 5 les autres pour les apôtres. Et comme les païens et les Juifs, de concert avec levirs chefs, se met- taient en mouvement pour les 6 outrager et les lapider, Paul et Barnabas, en ayant eu connais- sance, se réfugièrent dans les villes de la Lycaonie, à Lystre et à Derbe, et dans la contrée 7 d'alentour. Et ils y annoncèrent la bonne nouvelle. 8 A Lystre, se tenait assis un homme impotent des pieds, boi- teux de naissance, et qui n'avait 9 jamais marché. Il écoutait par- ler Paul. Et Paul, fixant les re- ^ Icône, ville de la Lycaonie, à l'est de la Pisidie, de même que Lystre et Derhe, men- tionnées plus loin. ■^ De 6V(;cs,c'est-;i-dire, de païens ou gentils. gards sur lui et voyant qu'il avait la foi pour être guéri, dit 10 d'une voix forte : Lève-toi droit sur tes pieds. Et il sauta et marcha. A la vue de ce que Paul avait 11 fait, la foule éleva la voix, et dit en langue Ijcaonienne : Les dieux sous une forme humaine sont descendus vers nous. Ils ap- 12 pelaient Barnabas Jupiter, et Paul Mercure, parce que c'était lui qui portait la parole. Le 13 prêtre de Jupiter, qui était à l'entrée de la ville \ amena des taureaux avec des bandelettes vers les portes, et voulait, de même que la foule, offrir , im sacrifice. Les apôtres Bar- 14 nabas et Paul, ayant appris cela, déchirèrent leurs vête* ments, et se précipitèrent au milieu de la foule, en s'écriant: O hommes, poiu-quoi agissez- 15 vous de la sorte ? Nous aussi, nous sommes des hommes de la même nature que vous ; et nous vous exhortons à renoncer à ces choses vaines, poiir vous tourner vers le Dieu vivant, qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qui s'y trouve. Ce Dieu, dans 16 les âges passés, a laivssé toutes les nations suivre leurs propres voies, quoiqu'il n'ait cessé de 17 rendre témoignage de ce qu'il est, en faisant du bien, en vous dispensant du ciel les i^luies et les saisons fertiles, en vous don- nant la nourriture avec abon- dance et en remplissant vos cœurs de joie. A peine purent-ils, par 18 ces paroles, empêcher la foule de leur offrir un sacrifice. Alors survinrent d'Antioche 19 et d'Icône des Juifs qui gagnè- rent la foule, et qui, après avoir lapidé Paul, le traînèrent hors de la Aille, pensant qu'il était ^ Qui était à Ventrée de la ville, dont le temple était etc. 176 Chap. 14, V. 19. ACTES. Chap. 15, y. 12. 20 mort. Mais, les disciples rayant entouré, il se leva, et entra dans la ville. Le lendemain, il partit pour 21 Derbe avec Barnabas. Quand ils eurent évangélisé cette ville et fait un certain nombre de dis- ciples, ils retournèrent à Lystre, 22 à Icône et à Antioche \ fortifiant l'esprit des disciples, les exhor- tant à persévérer dans la foi, et disant que c'est par beaucovip de tribulations qu'il nous faut entrer 23 dans le royaume de Dieu. Ils firent nommer des anciens dans chaque Eglise, et, après avoir prié et jeûné, ils les recomman- dèrent au Seigneur, en qui ils 24 avaient cru. Traversant ensuite la Pisidie, ils vinrent en Pam- 25 phylie, annoncèrent la parole à Perge, et descendirent àAttalie'. 26 De là ils s'embarquèrent jjour Antioche ^, d'où ils avaient été recommandés à la grâce de Dieu pour l'œuvre qu'ils venaient .: d'accomplir. 27 Après leur arrivée, ils convo- quèrent l'Église, et ils racon- tèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de 28 la foi. Et ils demeurèrent assez longtemps avec les discijjles. Discussion dans l'Église d'Autioche relative- ment à l'observation des lois cérémonielles de Moïse par les païens qui embrassent le christianisme. — Cojiférence et décisions de l'Eglise de Jérusalem. 15 Quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : Si vous n'êtes circoncis, voiis ne pouvez être 2 sauvés. Paul et Barnabas eurent avec eiTX un débat et une vive discussion ; et les frères dé- ' Antioche de Visidie. . " Altalie, sur la côte de Pamphylie. ■ " Antioche de Syrie, voy. xiii. 1 et suiv. et note sur xi. 19. cidèreiit que Paul et Barnabas, et quelques-ims des leurs, mon- teraient à Jérusalem vers les apôtres et les anciens, pour traiter cette question. Après 3 avoir été accompagnés par l'É- glise, ils poursuivirent leur i-oute à travers la Phénicie et la Sa- marie, racontant la conversion des païens, et ils causèrent ime grande joie à tous les frères. Arrivés à Jérusalem, ils furent 4 reçus par l'Église, les apôtres et les anciens, et ils racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux. Alors qitelques-uns du parti 5 des pharisiens, qui avaient cru, se levèrent, en disant qu'il fallait circoncire les païens et exiger l'observation de la loi de Moïse. Les apôtres et les anciens se 6 réunirent, pour examiner cette affaire. Une grande discussion 7 s'étant engagée, Pierre se leva, et leur dit: Hommes frères, vous savez que dès longtemps Dieu a fait un choix parmi vous, afin qiie, par ma bouche, les pai^ens en- tendissent la parole de l'Évangile et qu'ils crussent. Et Dieu, (pu 8 connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, en leur donnant le Saint-Esprit comme à nous ; il 9 n'a fait aucune diftërence entre nous et eux, ayant purifié leurs cœurs par la foi. Maintenant 10 donc, pourqitoi tentez-vous Dieu, en mettant sur le cou des disci- ])les un joug, que ni nos pères ni nous n'avons pu porter? Mais 11 c'est par la grâce du Seigneur Jésits que nous croyons être sauvés, de la même manièrq qu'eux. '■: Toute l'assemblée garda le 12 silence, et l'on écouta Barnabas et Paid, qtii racontèrent tous les miracles et les prodiges que Dieu avait faits par eux au milieu des païens. Chap. 15, v. 13. ACTES. Chap. 15, v. 36. 13 Loi'sqii'ils eurent cessé 'de parler, Jacques prit la parole, et dit : 14 Hommes frères, écoutez-moi ! Simon a raconté comment Dieu a d'abord jeté les regards sur les nations pour choisir du milieu d'elles un peuple qui portât son 15 nom. Et avec cela s'accordent les paroles des prophètes, selon 16 qu'il est écrit : Après cela, je reviendrai, et je relèverai de sa chute la tente de David, j'en ré- parerai les ruines, et je la re- 17 dresserai, afin que le reste des hommes cherche le Seigneur, ainsi que toutes les nations sur lesquelles mon nom est invoqué, dit le Seigneur, qui fait ces 18 choses, et à qui elles sont con- 19 nues de toute éternité. C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas des difiicultés à ceux des païens qui se convertissent 20 à Dieu, mais qvi'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles S de l'impudicité, des ani- 21 maux étouftés et du sang-. Car, depuis bien des générations. Moïse a dans chaque ville des gens qui le prêchent, puisqu'on le lit tous les jours de sabbat dans les synagogues, ; c!)..' 22 Alors il parut bon aux apôtres et aux anciens, et à toute l'Eglise, de choisir parmi eux et d'en- voyer à Antioche, avec Paul et Barnabas, Jude apj)elé Barsabas et Silas, hommes considérés 23 entre les frères. Ils les chargè- rent d'une lettre ainsi conçue : Les apôtres, les anciens, et les frères, aux frères d'entre les païens, qui sont à Antioche, en Syrie, et en Cilicie, salut ! 24 Ayant appris que quelques hommes partis de chez nous, et auxquels nous n'avions donné ' Des souillures des idoles, des viandes sa- crifiées aux idoles, voy. v. 29. aucun ordre, vous ont troublés par leurs discours et ont ébranlé vos âmes, nous avons jugé à 25 propos, après nous être réunis tous ensemble, de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos bien-aimés Barnabas et Paul, ces hommes qui ont exposé 26 leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus -Christ. Nous 27 avons donc envoyé Jude et Silas, qui vous annonceront de bouche les mêmes choses. Car 28 il a paru bon au Saint-Esprit et à nous de ne vous imposer d'au- tre charge que ce qui est néces- saire, savoir, de vous abstenir 29 des AÏaudes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l'impudicité, choses contre lesquelles vous ferez bien de vous tenir en garde. Adieu. On les fit donc partir, et ils 30 allèrent à Antioche, où ils l'e- mirent la lettre à la multitude assemblée. Après l'avoir lue, les 31 frères furent réjouis et encou- ragés. Jude et Silas, qui étaient 32 eux-mêmes prophètes, les ex- hortèrent et les fortifièrent par plusieurs discours. Au bout de 33 quelque temps, les frères les laissèrent en paix retourner vers ceux qui les avaient envoyés. [Toutefois Silas trouva bon de 34 rester.] Paul et Barnabas demeurèrent 35 à Antioche, enseignant et annon- çant, avec plusieurs autres, la- bonne nouvelle de la parole du Seigneui". Nouveau voyage missiouuaire de Paul, accompagné de Silas. — Visite aux Eglises d'Asie. — Timothée. — Vision de Paul à Troas. Quelques jours s'écoulèrent, 36 après lesquels Paul dit à Barna- bas: Retournons visiter les frères dans toutes les villes où nous 178 Chap. 15, V. 36. ACTES. Chap. 16, v. 15. 16 avons annoncé la parole du Sei- gneur, pour voir en quel état ils 37 sont. Barnabas voulait emmener aussi Jean, surnommé Marc ; 38 mais Paul jugea plus convenable de ne pas prendre avec eux celui qui les avait quittés depuis la Pamphylie \ et qui ne les avait point accompagnés dans leur 39 œuvre. Ce dissentiment fut as- sez vif, pour être cause qu'ils se séparèrent l'un de l'autre. Et Barnabas, prenant Marc avec lui, s'embarqua pour l'île de Chypre. 40 Paul fit choix de Silas, et partit, recommandé par les frères à la grâce du Seigneur. 41 II parcourut la Syrie et la Cilicie, fortifiant les Églises. Il se rendit ensuite à Derbe, et à Lystre. Et voici, il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d'une femme juive fidèle et 2 d'un père grec. Les frères de Lystre et d'Icône rendaient de 3 lui un bon témoignage. Paul voulut l'emmener avec lui ; et, l'ayant pris, il le circoncit, à cause des Juifs qui étaient dans ces lieux-là, car tous savaient 4 que son père était grec. En passant par les villes, ils recom- mandaient aux frères d'observer les décisions des apôtres et des 5 anciens de Jérusalem. Les É- glises se fortifiaient dans la foi, et augmentaient en nombre de jour en jour. 6 Ayant été empêchés par le Saint-Esprit d'annoncer la parole dans l'Asie ^, ils traversèi-ent la Phrygie et le \iajs de Galatie ^. 7 Arrivés près de la Mysie *, ils se ' Voyez XIII. 13. ^ L'Asie doit s'entendre ici d'une province spéciale, dont Ephèse était la capitale. ' Phrygie, Galatie, provinces dans la direc- tion du nord. ■" Mysie, province à l'ouest, s'éteudant jus- qu'à la mer Egée disposaient à entrer enBithynie'; mais l'Esprit de Jésus ne le leur permit pas. Ils franchirent alors 8 la Mysie, et descendirent àTroas". Pendant la nuit, Paul eut une 9 vision : un Macédonien lui ap- parut, et lui fit cette prière : Passe en Macédoine, secours- nous! Après cette vision de 10 Paul, nous cherchâmes aussitôt à nous i-endre en Macédoine, concluant que le Seigneur nous appelait à y annoncer la bonne nouvelle. Départ pour la Macédoine. — Paul à Phi- lippes: Lydie, marchande de pourpre; une servante devineresse ; Paul et Silas em- prisonnés ; le geôlier de Pbilippes ; les prisonniers remis en liberté. Etant partis de Troas, nous 11 fîmes voile directement vers la Samothrace ^, et le lendemain nous débarquâmes à Néapolis *. De là nous allâmes à Philippes, 12 qui est la première ville d'un district de Macédohie, et une colonie \ Nous passâmes quel- ques jours dans cette ville. Le jour du sabbat, nous nous 13 rendîmes, hors de la porte, vers une rivière, où nous pensions que se trouvait un lieu de prière. Nous nous assîmes, et nous par- lâmes aux femmes qui étaient réunies. L'une d'elles, nommée 14 Lydie, marchande de pourpre, de la ville de Thyatire °, était une femme craignant Dieu, et elle écoutait. Le Seigneur lui ouvi'it le cœur, pour qu'elle fût atten- tive à ce que disait Paul. Lors- 15 qu'elle eut été baptisée, avec sa ' Bithynie, province au nord. ■ Troas, ville sur la côte de Mysie, non loin de l'emplacement de l'ancienne Troie. ^ Samothrace, ile de la mer Egée. ■* Néapolis, ville faisant probablement alors partie de la Thrace. "' Une colonie, une colonie romaine, établie par .Iules-César. '' Thyatire, ville de la Lydie, province de l'Asie mineure. 179 Çhap. 16, V. 15 ACTES. Chap, 16, Y. 37. famille, elle nous fit cette de- niande : Si vous me jugez fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison, et demeurez-y. Et elle nous pressa par ses instances. 16 Comme nous allions au lieu de prière, une servante qui avait un esprit de Python, et qui, en •■ devinant, procurait un grand profit à ses maîtres, vint au- 17 devant de nous, et se mit à nous suivre, Paul et nous. Elle criait : Ces hommes sont les serviteurs du Dieu Très-Haut, et ils nous annoncent la voie du salut. 18 Elle fit cela pendant plusieurs jours. Paiil fatigué se retourna, et dit à l'esprit: Je t'ordonne, au nom de Jésus-Christ, de sortir d'elle. Et il sortit à l'heure même. 19 Les maîtres de la servante, voyant disparaître l'espoir de leur gain, se saisirent de Paul et de Silas, et les traînèrent sur la place publique devant les 20 magistrats. Ils les présentèrent aux préteurs, en disant: Ces hommes troublent notre ^ille ; 21 ce sont des Juifs, qui annoncent des continues qu'il ne nous est permis ni de recevoir ni de suivre, à nous qui sommes Ro- 22 mains. La foule se souleva aussi contre eux, et les pi-éteurs, ayant fait arracher leurs vête- ments, ordonnèrent qu'on les 23 battît de verges. Après qu'on les eut chargés de coups, ils les jetèrent en prison, en recom- mandant ail geôlier de les garder 24 sûrement. Le geôlier, ayant reçu cet ordre, les jeta dans la prison intéi'ieure, et leur mit les ceps aux pieds. 25 Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chan- taient les louanges de Dieu, et les prisonniers les entendaient. 26 Tout à coup il se fit un grand tremblement de terre, en sorte que les fondements de la prison furent ébranlés ; au même ins- tant, toute s les portes s'ouvrirent, et les liens de tous les prison- niers furent rompus. Le geôlier 27 se réveilla, et, lorsqu il vit les portes de la prison ouvertes, il tira son épée et allait se tuer, pensant que les prisonniers s'étaient enfuis. Mais Paul cria 28 d'iuie voix forte : Ne te fais point de mal, nous sommes tous ici. Alors le geôlier, ayant de- 29 mandé de la. lumière, entra pré* cipitamment, et se jeta tout tremblant aux pieds de Paul et de Silas ; il les fit sortir, et dit : 30 Seigneurs, que fiuit-il que je fesse i:)our être sauvé ? Paul et 31 Silas répondirent : Crois au Sei- gneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille. Et ils lui an- 32 noncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu'à tous ceux qui étaient dans sa maison. Il les prit avec 33 lui, à cette heure même de la nuit, il lava leurs plaies, et aus- sitôt il fut baptisé, lui et tous les siens. Les ayant conduits dans 34 son logement, il leur servit à manger, et il se réjouit avec toute sa famille de ce qu'il avait cru en Dieu. Quand il fit jom-, les préteurs 35 envoyèrent les licteurs, pour dire au geôlier : Relâche ces hommes. Et le geôlier annonça la chose à 36 Paul : Les préteurs ont envoyé dire qu'on vous relâchât ; main- tenant donc sortez, et allez en paix. Mais Paul dit aux lie- 37 teurs : Après nous avoir battus de verges publiquement et sans jugement nous qui sommes Ro- mains', ils nous ont jetés en pinson, et maintenant ils nous font sortir secrètement ! Il n'en ' Les lois romaines défendaient de battre de verges un citoyen romain. Paul tenait ce droit de ses ancêtres, voy. xxii. 28 ; on ignore ce qui concerne Silas. 18G Chap. 16, V. 37. ACTES. Chap. 17, v. 18. sera pas ainsi. Qu'ils viennent eiix-niènics nous mettre en li- 38 berté. Les licteurs rapportèrent ces paroles aux préteurs, qui furent ett'rayés en apprenant 39 qu'ils étaient Romains. Ils vin- rent les ai)aiser, et ils les mirent en liberté, en les priant de quit- 40 ter la ville. Quand ils furent sortis de la prison, ils entrèrent chez Lydie, et, après avoir vu et exhorté les frères, ils partirent. Paul à Thessalonique et à Bérée. 17 Paul et Silas passèrent par Amphipolis et Aiiollonie, et ils arrivèrent à Thessalonique \ oii les Juifs avaient une synagogue. 2 Paul y entra, selon sa coutume. Pendant trois sabbats, il discuta avec eux, d'après les Écritures, 3 expliquant et établissant que le Christ devait souttrir et ressus- citer des morts. Et Jésus que je vous annonce, disait-il, c'est 4 lui qui est le Christ. Quelques- uns d'entre eux furent persiaadés, et se joignirent à Paul et à Silas, ainsi qu'inie grande multitude de Grecs craignant Dieu, et beaucoup de femmes de qualité. 5 Mais les Juifs " jaloiTX prirent avec eux quelques méchants hommes de la populace, provo- quèrent des attroupements, et répandirent l'agitation dans la ville. Ils se portèrent à la maison de Jason^, et ils cherchèrent Paul et Silas, pour les amener 6 vers le peuple. Ne les ayant pas trouvés, ils traînèrent Jason et quelques frères devant les magistrats de la ville, en criant : Ces gens qui out bouleversé le ' Thessalonique, port de mer, la ville la plus importante de la Macédoine ; aujourd'hui Saloniki. - Les Juifs, ceux qui n'avaient pas cru, formant la grande majorité. ^ Jason, Juif chez qui logeaient Paul et Silas. 1 monde sont aussi venus ici, et Jason les a reçus. Ils agissent 7 tous contre les édits de César, disant qu'il y a un autre roi, Jésus. Par ces paroles ils ému- 8 rent la foule et les magistrats, qui ne laissèrent aller Jason et 9 les aittres qu'après avoir obtenu d'eux une caution. Aussitôt les frères firent partir 10 de nuit Paul et Silas pour Eérée'. Lorsqu'ils furent arrivés, ils en- trèrent dans la synagogue des Juifs. Ces Juifs avaient des 11 sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique ; ils reçurent la parole avec beavicoup d'eni- pressement, et ils examinaient chaque jour les Ecritures, poiu- voir si ce qu'on leur disait était exact. Plusieurs d'entre eux 12 crurent, ainsi que beaucoui) de fenunes grecques de distinction, et beaucoup d'hommes. Mais, 13 quand les Juifs de Thessalonique surent que Paul annonçait aussi à Bérée la jDarole de Dieu, ils vinrent y agiter la foule. Alors 14 les frères tirent aitssitôt partir Paul du côté de la mer; Silas et Timothée restèrent à Bérée. Paul à Athènes : discours à l'Aréopage. Ceux qui accompagnaient Patil 15 le condtiisirent jusqu'à Athènes. Puis ils s'en retournèrent,chargés de transmettre à Silas et à Timo- thée l'ordre de le rejoindre au plus tôt. Comme Paul les attendait à 16 Athènes, il sentait au dedans de lui son esprit s'irriter, à la vue de cette ville pleine d'idoles. Il 17 s'entretenait donc dans la syna- gogue avec les Juifs et les hom- mes craignant Dieii, et sur la place publique chaque jour avec ceux qu'il rencontrait. Quel- 18 ques philosophes épicuriens et ' Bérée, eu Macédoine, non loin de Thessa- lonique. 81 Chap. 17, V. i8. ACTES. Chap. 18, v. 3. stoïciens se mirent à parler avec Itii. Et les uns disaient: Que veut dire ce discoureur ? D'au- tres, l'entendant annoncer Jésus et la résiu'rection, disaient : Il semble qu'il annonce des di- 19 vinités étrangères. Alors ils le prirent, et le menèrent à l'Aréo- page\ en disant: Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle 20 doctrine que tu enseignes ? Car tu nous fais entendre des choses étranges. Nous voudrions donc savoir ce que cela peut être. 21 Or, tous les Athéniens et les étrangers demeurant à Athènes ne passaient leur temps qu'à dire ou à écouter des nouvelles, 22 Paul, debout au milieu de l'Aréopage, dit: Hommes Athéniens, je vous trouve à tovis égards extrême- 23 ment religieux. Car, en parcou- rant votre ville et en considérant les objets de votre dévotion, j'ai même découvert un autel avec cette inscription : Au dievi in- comiu! Ce que vous révérez sans le connaître, c'est ce que je vous 24 annonce. Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point dans destem- 25 pies faits de mam d'homme; il n'est point servi par des mains hiunaines, comme s'il avait besoin de quel- que chose, lui qui donne à tous la vie, la respiration, et toutes 26 choses. Il a voulu qlie tous les hommes, sortis d'un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes 27 de leur demeure ; il a voulu qu'ils cherchassent le Seigneur, et qu'ils s'eiForçassent de le trouver en tâtonnant, bien qia'il ne soit pas loin de chacun de ' Aréopage, i^lace consacrée au dieu Mars ; il s'y trouvait un tribunal célèbre, qui portait le même nom. nous, car en lui nous avons la 28 vie, le mouvement, et l'être. C'est ce qu'ont dit aussi quel- ques-uns de vos poètes : De lui nous sommes la race \ . . . Ainsi 29 donc, étant la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l'or, à de l'argent, ou à de la pierre, sculptés par l'art et l'in- dustrie de l'homme. Dieu, sans 30 tenir compte des temps d'igno- rance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu'ils aient à se repentir, parce qu'il 31 a lixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l'honmie qu'il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts. . . . Lorsqu'ils entendirent parler 32 de résurrection des morts, les uns se moquèrent, et les autres dirent : Nous t'entendrons là- dessus une autre fois. Ainsi 33 Paul se retira du milieu d'eux. Quelques-ims néanmoins s'at- 34 tachèrent à lui et crurent, Denys l'aréopagite, tme femme nommée Damaris, et d'autres avec eux. Paul à Corinthe : rencontre d'Aquilas et de Priscille ; séjour d'un an et demi. Après cela, Paul partit d'A- ]_Q thènes, et se rendit à Corinthe. Il y trouva un Juif nommé A- 2 cpiilas, originaire du Pont, ré- cemment arrivé d'Italie avec sa fenmie Priscille, parce que Claude avait ordonné à tous les Juifs de sortir de Rome ". Il se lia avec eux ; et, comme il avait 3 le même métier, il demeura chez eux et y travailla : ils étaient faiseurs de tentes. ' Ce fragment de vers se lit dans le poète Aratus, de Cilicie, vivant trois siècles avant J.-C. " Cette expulsion des Juifs par l'empereur Claude arriva l'an 52 de l'ère chrétienne. 182 Chap. 18, V. 4. ACTES. Chap. 18, y. 24. 4 Paul discourait dans la syna- gogue chaque sabbat, et il per- suadait des Juifs et des Grecs. 5 Mais quand Silas et Timothée furent arrivés de la Macédoine \ il se donna tout entier à la parole, attestant aux Juifs que 6 Jésus était le Christ. Les Juifs faisant alors de l'opposition et se livrant à des injures, Paul secoua ses vêtements, et leur dit : Que votre sang retombe sur votre tête ! J'en suis pur. Dès maintenant, j'irai vers les 7 païens. Et sortant de là -, 11 entra chez un nommé Justus, homme craignant Dieu, et dont la maison était contiguë à la 8 synagogue. Cependant Crispus. le chef de la svTiagogue, crut au Seigneur avec toute sa famille. Et plusieurs Corinthiens, qui avaient entendu Paul, crurent aussi, et furent baptisés. 9 Le Seigneur dit à Paul en vision pendant la nuit: Ne crains point ; mais parle, et ne te tais 10 point, car je suis avec toi, et personne ne mettra la main sxir toi pour te faire du mal ; parle, car j'ai un peuple nombre iix dans cette ville. 11 II y demeura un an et six mois, enseignant pamii les Co- rinthiens la parole de Dieu. 12 Du temps que Gallion était proconsul de l'Achaïe, les Juifs se soulevèrent unanimement con- tre Paul, et le menèrent devant 13 le tribimal, en disant: Cet homme excite les gens à servir Dieu d'iuie manière contraire à la loi. 14 Paul allait ouvrir la bouche, lorsque Gallion dit aux Juifs: S'il s'agissait de quelque injus- tice ou de qiielque méchante action, je vous écouterais comme 15 de raison, ô Juifs ; mais, s'il ^ Comp. XVII. 15. ' Delà, de la synagogue. s'agit de discussions siir une parole, sm' des noms, et sur votre loi, cela vous regarde : je ne veux pas être juge de ces choses. Et il les renvoya du 16 tribunal. Alors tous\ se saisis- 17 sant de Sosthène, le chef de la synagogue, le battirent devant le tribunal, sans que Gallion s'en mît en peine. Voj'age de Paul à Jérusalem, par Ephèse. — Eetoiir à Antioche. Paul resta encore assez long- 18 temps à Corinthe. Ensuite il prit congé des frères, et s'em- barqua pour la Syrie, avec Pris- cille et Aquilas, après s'être fait raser la tête à Cenchrées -, car il avait fait un vœu. Ils arrivèrent à Éphèse, et 19 Paul y laissa ses compagnons. Étant entré dans la synagogue, il s'entretint avec les Juifs, qui 20 le prièrent de prolonger son séjour. Mais il n'y consentit point, et il prit congé d'eux, en 21 disant: [Il fai;t absolument que je célèbre la fête prochaine à Jérusalem.] Je reviendrai vers vous, si _ Dieu le veut. Et il partit dÉphèse. Etant débarqiié à Césarée, il 22 monta à Jérusalem ^, et, après avoir salué l'Église, il descendit à Antioche. Départ d'Autioche pour les provinces d'Asie. — Apollos à Éphèse et à Corinthe. Lorsqu'il eut passé quelque 23 temps à Antioche, Paul se mit en rovite, et parcourut succes- sivement la Galatie et la Phrygie, fortifiant tous les disciples. Un Jiiif nommé Apollos, ori- 24 ginaire d'Alexandrie, homme élo- (jucnt et versé dans les Écri- > ' Tous, les Grecs. ' Cenchrées, port de Corinthe. ' A Jérusalem ; ces mots ne sont pas dans le texte grec. 183 Chap. 18, Y. 24. ACTES. Chap. 19, v. 18. 25 tures, vint à Éplièse. Il était instruit dans la voie du Sei- gneur, et, fervent d'esprit, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Jé- sus, bien qu'il ne connût que le 26 baptême de Jean. Il se mit à parler librement dans la syna- gogue. Aquilas et Priscille, l'ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus ex- actement la voie de Dieu. 27 Comme il voulait passer en Achaïe, les frères l'y encouragè- rent, et écrivirent aux disciples de le bien recevoir. Quand il fut arrivé, il se rendit, par la grâce de Dieu, très utile à ceux 28 qui avaient cru ; car il réfutait vivement les Juifs en public, démontrant par les Ecritures que Jésus est le Christ. Paul à Ephèse : disciples de Jean-Baptiste : enseignemeut et succès ; exorcistes juifs ; émeute provoçiuée par l'orfèvre Démétrius. 1 Q Pendant qu'Apollos était à Corinthe, Paul, après avoir f)arcouru les hautes provinces de l'Asie, arriva à Éphèse. Ayant rencontré quelques disciples, 2 il leur dit : Avez-vous reçu le ' •; Saint-Esprit, quand vous avez cru ? Ils lui répondirent : Nous n'avons pas même entendu dii-e 3 qu'il y ait un Saint-Esprit. Il dit : De quel baptême avez-vous donc été baptisés? Et ils ré- pondirent: Du baptême de Jean. 4 Alors Paul dit : Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c'est- 5 à-dire, en Jésus. Sur ces pa- roles, ils furent baptisés au nom 6 du Seigneur Jésus. Loi"sque Paul leur eut imposé les mains, le Saint-Esprit vint sur eux, et ils liarlèrent en langues et pro- 7 jjhétisèrent. Ils étaient en tout environ douze hommes. Ensuite Paul entra dans la 8 synagogue, où il parla librement. Pendant trois mois, il discourut sur les choses qui concernent lé royaume de Dieu, s'efïbrçant de persuader ceux qui lécou- taient. Mais, comme quelques- 9 uns restaient endurcis et in- crédules, décriant devant la multitude la voie du Seigneur, il se retira d'eux, sépara les dis- ciples, et enseigna chaque jour dans l'école d'un nommé Tyran- nus. Cela dura deux ans, de 10 sorte que tous ceux qui habi- taient l'Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole du Sei- gneur. Et Dieu faisait des mira- 11 clés extraordinaires i^ar les mains de Paul, au jjoint qu'on appli- 12 quait sur les malades des linges ou des mouchoirs qui avaient touché son corps, et les maladies les quittaient, et les esprits ma- lins sortaient. Quelques exorcistes^ juifs am- 13 bulants essayèrent d'invoquer sur ceux qui avaient des esi^rits malins le nom du Seigneur Jésus, en disant : Je vous con- jure par Jésus que Paul prêche ! Ceux qui faisaient cela étaient 14 sept fils de Scéva, grand prêtre juif. L'esprit malin leur ré- 15 jiondit : Je connais Jésus, et je sais qui est Paul ; mais vous, qui êtes-vous? Et l'homme dans 16 lequel était l'esprit malin s'élança sur eux, s'en rendit maître, et les maltraita de telle sorte qu'ils s'enfuirent de cette maison nus et blessés. Cela fut connu de 17 tous les Juifs et de tous les Grecs qui demeuraient à Ephèse, et la crainte s'empara d'eux tous, et le nom du Seigneur Jésus était glorifié. Plusieurs 18 de ceux qui avaient cru vinrent ' Exorcistes, gens qui faisaient le métier de chasser les démons, au moyen de certaines pratiques et formules magiques. 18* Chap. 19, V. i8 ACTES. Chap. 19, v. 37. confesser et déclarer ce qu'ils 19 avaient fait. Et un certain nom- bre de ceux qui avaient exercé les arts magiques, ayant apporté leiirs livi'es, les brûlèrent devant tout le monde : on en estima la valeur à cinquante mille pièces d'argent '. 20 C'est ainsi que la j^arole du Seigneur croissait en puissance et en force. 21 Après que ces choses se furent passées, Paul forma le projet d'aller à Jérusalem, en traver- sant la Macédoine et l'Achaïe. Quand j'aurai été là, se disait-il, il faut aussi que je voie Rome. 22 11 envoya en Macédoine deux de ses aides, Timothée et Éraste, et il resta lui-même quelque temps encore en Asie. 23 II survint, à cette éjjoque, un grand trouble au sujet de la 24 voie du Seigneur. Un nommé Démétrius, orfèvre, fabriquait en argent des temples de Diane ^ et procurait à ses ouvriers un 25 gain considérable. 11 les ras- sembla, avec ceux du même mé- tier, et dit : O hommes, vous savez que noti-e bien-être dépend 26 de cette industrie ; et vous voyez et entendez que, non seulement à Éphèse, mais dans presque toute l'Asie, ce Paul a persuadé et détourné une foule de gens, en disant que les dieux iaits de main d'homme ne sont pas des 27 dieux. Le danger qui en résulte, ce n'est pas seulement que notre industrie ne tombe en discrédit ; c'est encore que le temple de la grande déesse Diane ne soit tenu pour rien, et même que ' Pièces d'argent, vraisemblablement des drachmes, ce qui laisse supposer une somme d'environ 40,000 francs. ' Des temples de Diane, petites figures ar- tistiques représentant le fameux temple d'É- phèse, consacré à la déesse Diane, et réputé l'une des sept merveilles du monde. la majesté de celle qui est ré- vérée dans toute l'Asie et dans le monde entier ne soit réduite au néant. Ces paroles les ayant remplis 28 de colère, ils se mirent à crier: Grande est la Diane des Éphé- siens ! Toute la ville fut dans la cou- 29 fusion. Ils se j^récipitèrent tous ensemble au théâtre, entraînant avec eux Gaïus et Aristarque, Macédoniens, compagnons de voyage de Paul. Paul voulait 30 se présenter devant le peuple, mais les discijDles l'en empêchè- rent ; quelques-uns même des 31 Asiarques \ qui étaient ses amis, envoyèrent vers lui, pour l'en- gager à ne pas se rendre au théâtre. Les uns criaient d'une 32 manière, les autres d'une autre, car le désordre régnait dans l'assemblée, et la j^lupart ne sa- vaient pas pourquoi ils s'étaient réunis. Alors on fit sortir de 33 la foule Alexandre, que les Juifs poussaient en avant; et Alexandre, faisant signe de la main, voulait parler^ au peuple. Mais quand ils reconnurent qu'il 34 était Juif, tous d'une seule voix crièrent pendant près de deux heures: Grande est la Diane des Éphésiens ! Cependant le secrétaire, ayant 35 apaisé la foule, dit: Hommes Éphésiens, quel est celui qui ignore que la ville d'Éphèse est la gardienne du temple de la grande Diane et de son simu- lacre tombé du ciel ? Cela étant 36 incontestable, vous devez vous calmer, et ne rien faire avec préciiHtation. Car vous avez 37 amené ces hommes, qui ne sont ' Asiarques, magistrats dont la surveillance s'exerçait sur les choses religieuses et sur les jeux pul)lics. - Parler, pour prendre la défense des Juifs. 185 Ghap. 19, V. 37. ACTES. Chap. 20, V. 16. coupables ni de s^acrilège, ni de blasphème envers notre déesse. 38 Si donc Démétriiis et ses ou- vriers ont à se plaindre de quel- qu'un, il y a des jours d'audience et des proconsuls ; qu'ils s'ap- pellent en justice les uns les 39 autres. Et si vous avez en vue d'autres objets, ils se régleront dans une assemblée légale. 40 Nous risquons, en eifet, d'être accusés de sédition pour ce qui s'est passé aujourd'hui, puisqu'il n'existe aucun motif qui nous permette de justifier cet at- troupement. Après ces paroles, il congédia l'assemblée. Paul en Macédoine et eu Grèce. — Départ pour Jérusalem, par la Macédoine. — A Troas: résurrection d'Eutj'chus.; — A Milet: discours d'adieu aux anciens d'Ephèse. — A Tyr : adieux aux disciples. — A Ptolémaïs. — A Césarée : prédiction dAgabus. — Ar- rivée à Jérusalem. 20 Lorsque le tumulte eut cessé, Paul réunit les dis- ciples, prit congé d'eux, et partit pour aller en Macédoine. 2 II parcourut cette contrée, en adressant aux disciples de nom- 3 breuses exhortations. Puis il se rendit en Grèce, où il séjourna trois mois. Il était sur le point de s'em- barquer jîour la Syrie, quand les Juifs lui dressèrent des em- bûches. Alors il se décida à reprendre la route de la Macé- 4 doine. Il avait pour l'accom- pagner jusqu'en Asie: Sopater de Bérée, fils de Pyrrhus, Aris- tarque et Second de Thessa- lonique, Gaïus de Derbe, Timo- thée, Tychique et Trophime. 5 Ceux-ci prirent les devants, et 6 nous attendirent à Troas. Pour nous, ajjrès les jours des pains sans levain', nous nous embar- quâmes à Philii^pes, et, au bout ' Après la fête de Pâque, V03'. note sur Matth. XXVI. 17. de cinq jours, nous les rejoi- gnîmes à Troas, où nous pas- sâmes sept jours. Le premier jour de la semaine, 7 nous étions réunis pour rompre le pain. Paul, qui devait partir le lendemain, s'entretenait avec les disciples, et il prolongea son discours jusqu'à minuit. Il y 8 avait beaucoup de lampes dans la chambre haute où nous étions assemblés. Or, un jeune homme 9 nommé Eutychus, qui était assis sur la fenêtre, s'endormit pro- fondément pendant le long dis- cours de Paul ; entraîné par le sommeil, il tomba du troisième étage en bas, et il fut relevé mort. Mais Paul, étant de- 10 scendu, se pencha sur lui et le prit dans ses bras, en disant : Ne vous troublez pas, car son âme est en lui. Quand il fut 11 l'emonté, il rompit le pain et mangea, et il parla longtemps encore jusqu'au jour. Après quoi il partit. Le jeune homme 12 fut ramené vivant, et ce fut le sujet d'une grande consolation. Pour nous, nous précédâmes 13 Paul sur le navire, et nous fîmes voile pour Assos \ oii nous étions convenus de le reprendre, parce qu'il devait faire la route à pied. Lorsqu'il nous eut rejoints à 14 Assos, nous le prîmes à bord, et nous allâmes à Mytilène ". De là, continuant par mer, nous 15 arrivâmes le lendemain vis-à-vis de Chios^ Le jour suivant, nous cinglâmes vers Samos^ et le jour d'après nous vînmes à Milet*. Paul avait résolu de 16 ' Assos, à une journée de marche de Troas, sur la côte asiatique. - Mytilène, capitale de l'ile de Lesbos, à peu de distance du continent. ^ Ghios, Samos, iles de la mer Egée, en face du continent. — Paul et ses compagnons naviguaient entre les îles et la côte asiatique. * Milet, capitale de l'Ionie, au sud d'Ejibèse. 186 Chap. 20, V. i6. ACTES. Chap. 20, v. 38. Éiîhèse les LorsqiiïLs lui, il leur passer devant Éi^hèse sans s'y arrêter, afin de ne pas perdre de ternies en Asie; car il se hâtait pour se trouver, si cela lui était 2>ossible, à Jérusalem le jour de la Pentecôte. 17 Cependant, de Milet Paul envoya chercher à 18 anciens de l'Église, furent arrivés vers dit: Vous savez de quelle manière, depuis le premier jour où je suis entré en Asie, je me suis sans cesse conduit avec vous, 19 servant le Seigneur en toute humilité, avec larmes, et au milieu des épreuves que me suscitaient les embûches des 20 Juifs. Vous savez que je n'ai l'ien caché de ce qui vous était utile, et que je n'ai pas craint de vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans 21 les maisons, annonçant aux Juifs et aux Grecs la repentance en- vers Dieu et la foi en notre Seigneur Jésus-Christ. 22 Et maintenant voici, lié par l'Esprit, je vais à Jérusalem, ne sachant pas ce qui m'y arrivera ; 23 seulement, de ville en ville, l'Esprit-Saint m'avertit que des liens et des tribulations m'at- 24 tendent. Mais je n'en tiens nul compte, et je ne fais pour moi- même aucun cas de ma vie, pourvu que j'accomplisse ma course avec joie, et le ministère que j'ai reçu du Seigneur Jésus, d'annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu. 25 Et maintenant voici, je sais que vous ne verrez plvis mon visage, vous tous parmi lesquels j'ai séjourné en prêchant le roy- 26 aume de Dieu. C'est poui'quoi je vous déclare aujourd'hui que je suis pur du sang de vous 27 tous ; car je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher. Prenez donc 28 garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint- Esprit vous a établis évêques\ pour paître l'Église du Seigneur, qu'il s'est acquise par son pro- l)re sang. Je sais qu'il s'intro- 29 duira i^armi vous, après mon départ, des loups cruels qui n'épargneront pas le troupeau, et qvi'il s'élèvera du milieu de 30 vous des hommes qui ensei- gneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. Veillez donc, vous 31 souvenant que, durant trois années, je n'ai cessé nuit et jour d'exhorter avec larmes chacun de vous. Et maintenant, je vous recom- mande à Dieu et à la j^arole de sa grâce, à celui qui peut édifier et donner l'héritage avec tous les sanctifiés. Je n'ai dé- siré ni l'argent, ni l'or, ni les vêtements de personne. Vous 34 savez vous-mêmes «que ces mains ont poiuvu à mes besoins et à ceux des personnes qui étaient avec moi. Je vous ai montré 35 de toutes manières que c'est en travaillant ainsi qu'il faut sou- tenir les faibles, et se rappeler les paroles du Seigneur, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu'à rece- voir. Après avoir ainsi parlé, il se 36 mit à genoux, et il pria avec eux tous. Et tous fondirent en 37 larmes, et, se jetant au cou de Paul, ils l'embrassèrent, affligés 38 surtout de ce qu'il avait dit qii'ils ne verraient plus son visage. Et ils l'accompagnèrent jusqu'au navire. 32 33 ' Jivêques, aucieus ou pasteurs, trois termes équivalents, pour désigner les chefs des communautés clirétieuues ; celui A'ivêques, qui signifie littéralement surveillants, ne se rencontre que cinq fois dans le Nouv. Test. 18^ Chap. 21, V. I. ACTES. Chap. 21, v. 19. 01 Nous nous embarquâmes, après nous être séparés d'eux, et nous allâmes directement à Cos\ le lendemain à Khodes^ 2 et de là à Patara^ Et ayant trouvé un navire qui faisait la traversée vers la Phénicie, nous 3 montâmes et partîmes. Quand nous fûmes en vue de l'île de Chypre, nous la laissâmes à gauche, poursuivant notre route du côté de la Syrie, et nous abordâmes à Tyr*, où le bâti- ment devait décharger sa car- 4 gaison. Nous trouvâmes les disciples, et nous restâmes là sept jours. Les disciples, pous- sés i^ar l'Esprit, disaient à Paul de ne pas monter à Jérusalem. 5 Mais, lorsque nous fûmes au terme des sept jours, nous nous acheminâmes pour partir, et tous nous accompagnèrent avec leurs femmes et leurs enfants jusque hors de la ville. Nous nous mîmes à genoux sur le 6 rivage, et no«s priâmes. Puis, ayant pris congé les uns des autres, nous montâmes sur le navire, et ils retournèrent chez eux. 7 Achevant notre navigation, nous allâmes de Tyr à Ptole- maïs^, où nous saluâmes les frères, et passâmes un jour avec eux. 8 Nous partîmes le lendemain, et nous arrivâmes à Césarée *'. Etant entrés dans la maison de Philippe l'évangéliste, qui était l'un des sept'', nous logeâmes ' Cos, petite ile, très rapprochée de la côte d'Asie. ^ Rhodes, ca^sitale de l'île de même nom, célèbre par son colosse, l'une des sept mer- veilles du monde. ^ Patara, port sur le littoral asiatique, dans la province de Lycie. * Tyr, voy. note sur Matth. xi. 21. ■* Ptolemdis, aujourd'hui Saiut-Jean- d'Acre, anciennement Acco. * Césarée, voy. note sur vin. 40. ' Des sept, des sept diacres, voy. vi. 5. chez lui. Il avait quatre filles 9 vierges, qui prophétisaient. Comme nous étions là depuis LO plusieurs jours, un prophète, nommé Agabus\ descendit de Judée, et vint nous trouver. Il 11 prit la ceinture de Paul, se lia les pieds et les mains, et dit: Voici ce que déclare le Saint- Esprit : L'homme à qui appar- tient cette ceinture, les Juifs le lieront de la même manière à Jérusalem, et le livreront entre les mains des païens. Quand 12 nous entendîmes cela, nous et ceux de l'endroit, nous priâmes Paul de ne pas monter à Jéru- salem. Alors il répondit : Que 13 faites-vous, en j^leurant et en me bx'isant le cœur? Je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jéru- salem pour le nom du Seigneur Jésus. Comme il ne se laissait 14 pas persuader, nous n'insistâmes pas, et nous dîmes : Que la volonté du Seigneur se fasse ! Après ces jours-là, nous fîmes 15 nos préparatifs, et nous mon- tâmes à Jérusalem. Quelques 16 disciples de Césarée vinrent aussi avec nous, et nous con- duisirent chez un nommé Mna- son, de l'île de Chypre, ancien disciple, chez qui nous devions loger. Paul à Jérusalem. — Entrée dans le temple avec quatre Juifs aj'ant fait un voeu. — Emeute provoquée par des Juifs d'Asie. — Paul saisi et maltraité par le peuple. — Intervention du tribun et des soldats ; arrestation de Paul. Lorsque nous arrivâmes à 17 Jérusalem, les frères nous reçu- rent avec joie. Le lendemain, 18 Paul se rendit avec nous chez Jacques, et tous les anciens s'y réunirent. Après les avoir 19 salués, il raconta en détail ce ' Agabus, déjà mentionné xi. 28. 188 Chap. 21, V. 19. ACTES. Chap, 21, v. 37. que Dieu avait fait au milieu des païeUvS par son ministère. 20 Quand ils l'eurent entendu, ils glorifièrent Dieu. Puis ils lui dirent : Tu vois, frère, combien de milliers ^ de Juifs ont cru, et tous sont zélés poiu' la loi. 21 Or, ils ont appris que tu en- seignes à tous les Juifs qui sont parmi les païens à renoncer à Moïse, leur disant de ne pas circoncire les enfants et de ne pas se conformer aux coutumes. 22 Que faire donc? Sans aucun doute la multitude se rassem- blera, car on saura que tu es 23 venu. C'est pourquoi fais ce que nous allons te dire. Il y a parmi nous quatre hommes 24 qui ont lait un vœu ; prends- les avec toi, purifie-toi avec eux, et pourvois à leur dépense ", afin qu'ils se rasent la tête^. Et ainsi tous sauront que ce qu'ils ont entendu dire sur ton compte est faux, mais que toi aussi tu te conduis en observateur de 25 la loi. A l'égard des païens qui ont cru, nous avons décidé et nous leur avons écrit qu'ils eus- sent à s'abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de 26 l'impudicité *. Alors Paul prit ces hommes, se purifia, et entra le lendemain dans le temple avec eux, pour annoncer à quel jour la 2^urification serait ac- complie et l'ofii-ande présentée pour chacun d'eux. 27 Sur la fin des sept jours, les Juifs d'Asie, ayant vu Paul dans le temple, soulevèrent toute la foule, et mirent les mains sur 28 lui, en criant : Hommes Israé- ' Milliers, grec myriades. ^ Dépense, nécessitée par des sacrifices et des offrandes. Voy. Nomb. vi. ' En signe de l'accomplissement des obliga- tions et cérémonies prescrites par la loi. * Comp. XV. 19-20, 28-29. 189 lites, au secours! Voici l'homme qui prêche jjartout et à tout le monde contre le peuple, contre la loi et contre ce lieu ; il a même introduit des Grecs dans le temple, et a j^rofané ce saint lieu. Car ils avaient vu aupara- 29 vant Trophime d'Éjjhèse avec lui dans la ville, et ils crojaient que Paul l'avait fait entrer dans le temple. Toute la ville fut émue, et le 30 peuple accourut de toutes parts. Ils se saisirent de Paul, et le traînèrent hors du temple, dont les portes furent aussitôt fermées. Comme ils cherchaient à le tuer, 31 le bruit vint au tribun ^ de la cohorte que tout Jérusalem était en confusion. A l'instant 32 il prit des soldats et des cen- teniers, et courut à eux. Voyant le tribun et les soldats, ils cessè- rent de frapper Paul. Alors le 33 tribun s'approcha, se saisit de lui, et le fit lier de deux chaînes. Puis il demanda qui il était, et ce qu'il avait fait. Mais dans la 34 foule les uns criaient d'une ma- nière, les autres d'une autre ; ne pouvant donc rien ajîprendre de certain, à cause du tumulte, il ordonna de le mener dans la forteresse ^ Lorsque Paid fut 35 sur les degrés, il dut être porté par les soldats, à cause de la violence de la foule ; car la mul- 36 titude du peuple suivait, en criant : Fais-le mourir ! Discours de Paul, debout sur les degrés de la forteresse. — Nouveau tumulte. — Sur le point d'être battu de verges, Paul se déclare citoyen romain. Au moment d'être introduit 37 ' Tribun, chef militaire, commandant de la cohorte. '^ La forteresse Antonia, à l'angle nord- ouest de l'enceinte du temple ; comme l'em- placement dominait la terrasse du temple, ou y arrivait par des marches ou degrés, comp. V. 35. C'est là que la garnison romaine était casemée. Chap. 21, V. 37. ACTES. Chap. 22, v. 20, dans la forteresse, Paul dit au tribun : M'est-il permis de te dire quelque chose ? Le tribun 38 répondit : Tu sais le grec ? Tu n'es donc pas cet Égyptien qui s'est révolté dernièi-emeut, et qui a enunené dans le désert 39 quatre mille brigands ? Je suis Juif, reprit Paul, de Tarse en Cilicie, citoyen d'une ville qui n'est pas sans importance. Per- mets-moi, je te prie, de parler au 40 peuple. Le tribun le lui ayant permis, Paul, debout sur les degrés, fit signe de la main au peuple. Un profond silence s'établit, et Paul, parlant en langue hébraïque, dit : 00 Hommes frères et pères, écoutez ce que j'ai maintenant à vous dire pour ma défense ! 2 Lorsqu'ils entendirent qu'il leur parlait en langue hébraïque, ils redoublèrent de silence. Et Paul dit : 3 Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie ; mais j'ai été élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamaliel ' dans la connais- sance exacte de la loi de nos pères, étant plein de zèle pour Dieu, comme vous l'êtes tous 4 aujourd'hui. J'ai persécuté à mort cette doctrine, liant et met- tant en prison hommesetfemmes. 5 Le grand prêtre et tout le collège des anciens m'en sont témoins. J'ai même reçu d'eux des lettres pour les frères de Damas, où je me rendis afin d'amener liés à Jérusalem ceujx qui se trouvaient là et de les faire punir ". 6 Comme j'étais en chemin, et que j'approchais de Damas, tout à coup, vers midi, une grande lumière venant du ciel resplen- 7 dit autour de moi. Je tombai par teiTc, et j'entendis une voix ' Gamaliel, l'un des plus célèbres docteurs juifs; comp. v. 34. ^ Comp. IX. 1 et suiv. 190 qui me disait : Saul, Saul, pour- quoi me persécutes-tu ? Je ré- 8 pondis : Qui es-tu. Seigneur ? Et il me dit: Je suis Jésus de Nazareth, que tu persécutes. Ceux qui étaient avec moi virent 9 bien la lumière, mais ils n'enten- dirent pas la voix de celui qui parlait. Alors je dis: Que ferai- 10 je, Seigneur ? Et le Seigneur me dit: Lève-toi, va à Damas, et là on te dira tout ce que tu dois faire. Comme je ne voyais rien, 11 à cause de l'éclat de cette lu- mière, ceux qui étaient avec moi me prirent par la main, et j'arrivai à Damas. Or, un nommé Ananias, homme 12 pieux selon la loi, et de qui tous les Juifs demeurant à Damas rendaient un bon témoignage, vint se présenter à moi, et me 13 dit: Saul, mon libère, recouvre la vue. Au même instant, je recouvrai la vue et je le regardai. Il dit : Le Dieu de nos pères t'a 14 destiné à connaître sa volonté, à voir le Juste, et à entendre les paroles de sa bouche ; car tu lui 15 serviras de témoin, auprès de tous les hommes, des choses que tu as vues et entendues. Et 16 maintenant, que tardes-tu? Lève- toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur \ De retour à Jérusalem, comme 17 je priais dans le temple, je fus ravi en extase, et je vis le Sei- 18 gneur " qui me disait : Hâte-toi, et sors promptement de Jéru- salem, parce qu'ils ne recevront pas ton témoignage sur moi. Et je dis : Seigneur, ils savent 19 eux-mêmes que je faisais mettre en ptrison et battre de verges dans les synagogues ceux qui croyaient en toi, et que, lorsqu'on 20 Le nom du Seigneur, grec son nom. Je vis le Seigneur, grec je le vis. Chap. 22, V. 20. ACTES. Chap. 23, v. 10. répandit le sang d'Etienne, ton témoin, j'étais moi-niêmeprésent, joignant mon approbation à celle des autres, et gardant les vête- ments de ceux qui le faisaient 21 mourir. Alors il me dit: Va, je t'enverrai au loin vers les nations \ . . . 22 Ils l'écoutèrent jusqu'à cette parole. Mais alors ils élevèrent la voix, disant : Ôte de la terre un pareil homme ! Il n'est pas 23 digne de vivre. Et ils poussaient des cris, jetaient leurs vêtements, lançaient de la poussière en l'air. 24 Le tribun commanda de faire entrer Paul dans la forteresse, et de lui donner la question par le fouet, afin de savoir pour quel motif ils criaient ainsi contre lui. 25 Lorsqu'on l'eut exposé au fouet, Paul dit au centenier qui était présent : Vous est-il j^ermis de battre de verges un citoyen ro- main ^ qui n'est pas même con- 26 damné ? A ces mots, le centenier alla vers le tribun pour l'avertir, disant : Qiie vas-tu faii'e ? Cet 27 homme est Romain. Et le tribun, étant venu, dit à Paul : Dis-moi, es-tu Romain ? Oui, répondit-il. 28 Le tribun rej^rit : C est avec beaucoup d'argent que j'ai acquis ce droit de citoyen. Et moi, dit Paul, je l'ai par ma naissance. 29 Aussitôt ceux qui devaient lui donner la question se retirèrent, et le tribun, voyant que Paul était Romain, fut dans la crainte jjarce qu'il l'avait fait lier. Paul comparaissant devant le sanhédrin. 30 Le lendemain, voulant savoir avec certitude de quoi les Juifs l'accusaient, le tribun lui fit ôter ses liens, et donna l'ordre aux chefs des prêtres et à tout le sanhédrin de se réunir ; puis, ' Les nations, les peuples païens. ^ Voy. note sur xvi. 37. faisant descendre^ Paul, il le plaça au milieu d'eux. Paul, les regards fixés sur 23 le sanhédrin, dit : Honmies frères, c'est en toute bonne con- science que j'ai vécu jusqu'à ce jour d'une manière conforme à la loi de Dieu. . . . Le grand prêtre Ananias or- 2 donna à ceux qui étaient i^rès de lui de le frapper sur la bouche. Alors Paul lui dit : Dieu te frap- 3 pera, muraille blanchie ! Tu es assis pour me juger selon la loi, et tu violes la loi en ordonnant qu'on me frappe ! Ceux qui 4 étaient près de lui dirent : Tu insultes le grand prêtre de Dieu! Et Paul dit : Je ne savais pas, 5 frères, que ce fût le grand prêtre ; car il est écrit : Tu ne par- leras pas mal du chef de ton peuple. Paul, sachant qu'une partie de 6 l'assemblée était composée de sadducéens et l'autre de phari- siens, s'écria dans le sanhédrin : Hommes frères,je suis pharisien, fils de pharisiens : c'est à cause de l'espérance et de la résurrec- tion des morts que je suis mis en jugement. Quand il eut dit 7 cela, il s'éleva une discussion entre les pharisiens et les saddu- céens, et l'assemblée se divisa. Car les sadducéens disent qu'il 8 n'y a point de résurrection, ni d'ange et d'esprit, tandis qvic les pharisiens affirment les deux choses. Il y eut une grande 9 clameur, et quelques scribes du I^arti des pharisiens, s'étant levés, engagèrent un vif débat, et di- rent : Nous ne trouvons aucun mal en cet homme ; peut-être un esprit ou un ange lui a-t-il parlé. Comme la discorde allait crois- 10 sant, le tribun, craignant que ' Faisant descendre de la forteresse, voy. note sur xxi. 34. 191 Chap. 23, V. lo. ACTES. Chap. 23, v. 30. Paul ne fût mis eu pièces par ces geus, fit desceudre les soldats pour l'enlever du milieu d'eux et le conduire à la forteresse. 11 La nuit suivante, le Seigneur apparut à Paul, et dit : Prends courage ; car, de même que tu as rendu témoignage de moi dans Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage dans Eome. Complot des Juifs contre Paul. — Ordre de le conduire à Césarée. 12 Quand le jour fut venu, les Juifs formèrent un complot, et firent des imprécations contre eux-mêmes, en disantqu'ils s'abs- tiendraient de manger et de boii'e jusqu'à ce qu'ils eussent tué Paul. 13 Ceux qui formèrent ce complot 14 étaient plus de quarante, et ils allèrent trouver les chefs des prêtres et les anciens, auxquels ils dirent : Nous nous sommes engagés, avec des imprécations contre nous-mêmes, à ne rien manger jusqu'à ce que nous 15 ayons tué Paul. Vous donc, maintenant, adressez-vous avec le sanhédrin au tribun, pour qu'il l'amène devant vous, comme si vous vouliez examiner sa cause plus exactement ; et nous, avant qu'il approche, nous sommes prêts à le tuer. 16 Lefilsdela sœur de Paul, ayant eu connaissance du guet-apens, alla dans la forteresse en informer 17 Paul. Paul appela l'un des cen- teniers, et dit : Mène ce jeune homme vers le tribun, car il a quelque chose à lui rapporter. 18 Le centenier prit le jeune homme avec lui, le conduisit vers le tribun, et dit : Le prisonnier Paul m'a appelé, et il m'a prié de t'amener ce jeune homme, qui 19 a quelque chose à te dire. Le tribun, prenant le jeune homme par la main, et se retirant à l'é- cart, lui demanda : Qu'as-tu à m'annoncer ? Il répondit : Les 20 Juifs sont convenus de te prier d'amener Paul demain devant le sanhédrin, comme s'ils voulaient s'enquérir de lui plus exacte- ment. Ne les écovite pas, car 21 plus de quarante d'entre eux lui dressent un guet-apens, et se sont engagés, avec des impréca- tions contre eux-mêmes, à ne rien manger ni boire jusqu'à ce qu'ils l'aient tué ; maintenant ils sont prêts, et n'attendent que ton consentement. Le tribun 22 renvoya le jeune homme, après lui avoir recommandé de ne parler à personne de ce rapport qu'il lui avait fait. Ensuite il appela deux des 23 centeniers, et dit : Tenez prêts, dès la troisième heure de la nuit S deux cents soldats, soix- ante-dix cavaliers et deux cents archers, pour aller jusqu'à Cé- sarée. Qu'il y ait aussi des mon- 24 tures pour Paul, afin qu'on le mène sain et sauf au gouverneur Félix ^ Il écrivit une lettre ainsi 25 conçue : Claude Lysias au très excel- 26 lent gouverneur Félix, salut ! Cet homme, dont les Juifs 27 s'étaient saisis, allait être tué par eux, lorsque je survins avec des soldats et le leur enlevai, ayant appris qu'il était Romain. Vou- 28 lant connaître le motif pour le- quel ils l'accusaient, je l'amenai devant leur sanhédrin. J'ai 29 trouvé qu'il était accusé au sujet de questions relatives à leur loi, mais qu'il n'avait commis aucun crime qui méritât la mort ou la prison. Informé que les Juifs 30 lui dressaient des embûches, je te l'ai aussitôt envoyé, en faisant savoir à ses accusateurs qu'ils ' Neuf heures du soir. ^ Félix, nommé procurateur de la Judée par l'empereur Claude, dont il avait été l'af- franchi. 192 Chap. 23, V. 30. ACTES i s'adresser eux-mêmes Chap. 24, v. 17. eussent à toi. Adievi. 31 Les soldats, selon l'ordre qu'ils avaient reçu, prirent Paul, et le conduisirent pendant la nuit à 32 Antipatris \ Le lendemain, lais- sant les cavaliers poursuivre la route avec lui, ils retournèrent 33 à la forteresse. Arrivés à Cé- sarée, les caA'aliers remirent la lettre au gouverneur, et lui pré- 34 sentèrent Paul. Le gouverneur, après avoir lu la lettre, demanda de quelle province était Pavd. Ayant appris qu'il était de la 35 Cilicie : Je t'entendrai, dit-il, quand tes accusateurs seront venus. Et il ordonna qvi'on le gardât dans le prétoire-d'Hérodc. PaulàCésarée. — Accusation et défense devant le gouverneur Félix. — Entretien de Paul avec Félix et sa femme Drusille. O^ Cinq jours après, arriva le grand prêtre Ananias,avec des anciens et un orateur nommé Tertulle. Ils portèrent plainte au gouverneur contre Paul. 2 Paul fut appelé, et Tertulle se mit à l'acciiser, en ces termes: 3 Très excellent Félix, tu nous fais jouir d'une paix profonde, et cette nation possède de salu- taires institutions dues à tes soins prévoyants: c'est ce que nous reconnaissons en tout et partout avec une entière grati- 4 tude. Mais, pour ne pas te retenir davantage, je te prie d'écouter, dans ta bonté, ce que nous avons à dire en peu de 5 mots. Nous avons trouvé cet homme qui est une peste, qui excite des divisions parmi tous ' Antipatris, sur la route de Jérusalem à Césarée, dix heures de marche environ. " Le prétoire, palais jadis construit et habité par Hérode le Grand, et servant dès lors de résidence au gouverneur ; voy. encore note sur Matth. xxvii. 27. les Juifs du monde, qui est chef do la secte des Nazaréens, et qui même a tenté de profaner le temple. Et nous l'avons arrêté. 6 [Nous avons voulu le juger selon notre loi ; mais le tribun Lysias, 7 étant survenu, l'a arraché de nos mains avec une grande violence, en ordonnant à ses accusateurs 8 de venir devant toi.] Tu pourras toi-même, en l'interrogeant, ap- pi-endre de lui tout ce dont nous l'accusons. Les Juifs se joignirent à l'ac- 9 cusation, soutenant que les choses étaient ainsi. Après que le gouverneur lui 10 eut fait signe de parler, Paul répondit : Sachant que, depuis j^lusieurs années, tu es juge ^ de cette nation, c'est avec confiance que je prends la parole jjour défendre ma cause. Il n'y a pas plus de 11 douze jours, tu peux t'en assurer, que je suis monté à Jérusalem pour adorer. On ne m'a trouvé 12 ni dans le temple, ni dans les synagogues, ni dans la ville, dis- putant avec quelqu'un, ou provo- quant un rassemblement séditieux de la foule. Et ils ne sauraient 13 prouver ce dont ils m'accusent maintenant. Je t'avoue bien que 14 je sers le Dieu de mes pères selon la voie qu'ils api)ellent une secte, croyant tout ce qui est écrit dans la loi et dans les prophètes, et ayant en Dieu cette 15 espérance, comme ils l'ont eux- mêmes, qu'il y aura i;ne résur- rection des justes et des injustes. C'est pourquoi je m'eflorce d'à- 16 voir constamment une conscience sans reproche devant Dieu et devant les honmies. Après une 17 absence de plusieurs années, je suis venu pour faire des aumônes ' Tu es juge ; l'administration de la justice était une des attributions les plus importantes des gouverneurs romains. 193 H Chap. 24, V. 17. ACTES. Chap. 25, v. 11, à ma nation, et pour présenter 18 des offrandes. Sur ces entre- faites, quelques Juifs d'Asie m'ont trouvé purifié dans le temple, sans attroupement ni 19 tumulte. C'était à eux de pa- raître en ta i^résence et de se porter accusateurs, s'ils avaient 20 quelque chose contre moi. Ou bien, que ceux-ci déclarent de quel crime ils m'ont trouvé coup- able, lorsque j'ai comparu devant 21 le sanhédrin, à moins que ce ne soit uniquement de ce cx-i que j'ai fait entendre au milieu d'eux: C'est à cause do la résurrection des morts que je suis aujourd'hui mis en jugement devant vous. 22 Félix, qui savait assez exacte- ment ce qui concernait cette doctrine, les ajourna, en disant : Quand le tribun Lysias sera venu, j'examinerai votre affaire. 23 Et il donna l'ordre au centenier de garder Paul, en lui laissant une certaine liberté, et en n'em- pêchant aucun des siens do lui rendre des services. 24 Quelques jours après, Félix vint avec Drusille\ sa femme, qui était Juive, et il fit apjDcler Paul. Il l'entendit sur la foi en 25 Christ. Mais, comme Paul dis- courait sur la justice, sur la tem- pérance, et sur le jugement à venir, Félix effrayé dit : Pour le moment retire-toi; quand j'en trouverai l'occasion, je te rap- 26 pellerai. Il espérait en même temps que Paul lui donnerait de l'argent ; aussi l'envoyait-il cher- cher assez fréquemment, pour s'entretenir avec lui. Paul détenu deux ans à Césarée. — Com- parution devant le gouverneur Festus, successeur de Félix. — Appel à l'empereur romain. 27 Deux ans s'écoulèrent ainsi, et ^ Drusille, fille du roi Hérode Agrippa I comp. note sur xii. 1. Félix eut pour successeur Por- cins Festus \ Dans le désir de plaire aux Juifs, Félix laissa Paul en prison. Festus, étant arrivé dans la OK province, monta trois jours après de Césarée à Jérusalem. Les chefs des prêtres et les 2 principaux d'entre les Juifs lui portèrent plainte contre Paul. Ils firent des instances auprès de lui, et, dans des vues hostiles, 3 lui demandèrent comme une fa- veur qu'il le fîtvenir à Jérusalem. Ils préj^araient un guet-apens, pour le tuer en chemin. Festus 4 répondit que Paul était gardé à Césarée, et que lui-même devait partir sous peu. Que les princi- 5 paux d'entre vous descendent avec moi, dit-il, et, s'il y a quel- que chose de coupable en cet honnne, qu'ils l'accusent. Festus ne passa que huit à dix 6 jours parmi eux, i^uis il descen- dit à Césarée. Le lendemain, s'étant assis sur son tribunal, il donna l'ordre qu'on amenât Paul. Quand il 7 fut arrivé, les Juifs qui étaient venus de Jérusalem l'entourè- rent, et portèrent contre lui de nombreuses et graves accusa- tions, qu'ils n'étaient pas en état de prouver. Paul entreprit sa 8 défense, en disant : Je n'ai rien fait de coupable, ni contre la loi des Juifs, ni contre le temple, ni contre César. Festus, désirant 9 plaire aux Juifs, répondit à Paul: Veux-tu monter à Jérusalem, et y être jugé sur ces choses en ma l^résence? Paul dit: C'est de- 10 vaut le tribunal de César que je comparais, c'est là que je dois être jugé. Je n'ai fait aucun tort aux Juifs, comme tu le sais fort bien. Si j'ai commis quel- 11 ' Festus, nommé procurateur de la Judée par l'empereur Néron. 194 Chap. 25, V. II. que -injuistice, ou (quelque crime liigne de mort, je ne refuse pas de mourir ; mais, si les choses dont ils m'accusent sont fausses, personne n'a le droit de me livrer à eux. J'en appelle à César. 12 Alors Festus, après avoir délibéré avec le conseil, répondit : Tu en as appelé à César; tu iras devant César. Le roi Agrippa eu visite à Césarée. — Discours de Paul devaut Agrippa.— Son innocence reconnue par Agrippa. 13 Quelques jours après, le roi Agrippa' et Bérénice" arrivèrent à Césarée, pour saluer Festus. 14 Comme ils passèrent là plusieurs jours, Festus exposa au roi l'af- faire de Paul, et dit : Félix a laissé prisonnier un honmie, 15 contre lequel, lorsque j'étais à Jérusalem, les chefs des prêtres et les anciens des Juifs ont porté plainte, en demandant sa con- 16 damnation. Je leur ai répondu que ce n'est pas la coutume des Romains de liArer un homme, avant que linculiaé ait été mis en présence de ses accusateurs, et qu'il ait eu la faculté de se dé- fendre sur les choses dont on 17 l'accuse. Ils sont donc venus ici, et, sans différer, je m'assis le lendemain sur mon tribunal, et je donnai l'ordre qu'on amenât 18 cet honune. Les accusateurs, s'étant présentés, ne lui imjDutè- rent rien de ce que je supposais; 19 ils avaient avec lui des discus- sions relatives à leur religion particulière, et à un certain Jésus qui est mort, et que Paul affir- 20 mait être vivant. Ne sachant quel parti prendre dans ce débat, ' il3rij9pa,IIérodeAgrippaII,filsd'Hérode Agrippa I, et arrière-petit-fils d'Hérode le Grand ; il régnait sur un petit territoire au nord-est de la Palestine. ^ Bérénice, sœur d'Agrippa (et de Drusille, XXIV. 24); à cette époque, veuve d'un prince syrien. ACTES. Chap. 26, v. 2. je lui demandai s'il voulait aller à Jérusalem, et y être jugé sur ces choses. Mais Paul en ayant 21 appelé, pour que sa cause fût réservée à la connaissance de l'empereur, j'ai ordonné qu'on le gardât jusqu'à ce que je l'en- voyasse à César. Agrippa dit à Festus : Je vou- 22 drais aussi entendre cet homme. Demain, répondit Festus, tu l'entendras. Le lendemain donc. Agrippa 23 et Bérénice vinrent en grande pompe, et entrèrent dans le lieu de l'audience avec les tribuns et les i^rincipaux de la ville. Sur l'ordre de Festiis, Paul fut amené. Alors Festus dît: Roi Agrippa, 24 et vous tous qui êtes présents avec nous, vous voyez cet homme au sujet duquel toute la multitude des Juifs s'est a- dressée à moi, soit à Jérusalem, soit ici, en s'écriant qu'il ne de- vait plus vivre. Pour moi, ayant 25 reconnu qu'il n'a rien fait qui mérite la mort, et lui-même en ayant appelé à l'empereur, j'ai résolu de le faire partir. Je n'ai 26 rien de certain à écrire à l'em- pereur ' sur son compte ; c'est pourquoi je l'ai fait paraître devant vous, et surtout devant toi, roi Agrippa, afin de savoir qu'écrire, après qu'il aura été examiné. Car il me semble ab- 27 surde d'envoyer un prisonnier, sans indiquer de quoi on l'ac- cuse. Agrippa dit à Paul : Il t'est 26 permis de parler pour ta dé- fense. Et Paul, ayant étendu la main, se justifia en ces termes : Je m'estime heiireux, roi A- 2 grippa, d'avoir aujourd'hui à me justifier devant toi de toutes les A l'empereur, grec aïo maître. 195 II 2 Chap. 26, choses par les V. 2. ACTES. Chap. 26, v. 24. dont je sviis accusé Juifs, car tu connais parfaitement leurs coutumes et leurs discussions. Je te prie donc de m'écouter avec patience. 4 Ma vie, dès les premiers temps de ma jeunesse, est connue de tous les Juifs, puisqu'elle s'est passée à Jérusalem, au milieu de 5 ma nation. Us savent dejDuis long- temps, s'ils veulent le déclarer, que j'ai vécu pharisien, selon la secte la plus rigide de notre 6 religion. Et maintenant, je suis mis en jugement parce que j'espère l'accomplissement de la promesse que Dieu a faite à nos 7 pères, et à laquelle aspirent nos douze tribus qui servent Dieu continuellement nuit et jour. C'est pour cette espérance, ô roi, que je suis accusé par des Juifs ! 8 Quoi ! vous semble-t-il incroy- able que Dieu ressuscite les morts ? 9 Pour moi, j'avais cru devoir agir vigoureusement contre le nom de Jésus de Nazareth. 10 C'est ce que j'ai fait à Jéru- salem. J'ai jeté en prison plu- sieurs des saints, ayant reçu ce pouvoir des chefs des prêtres, et, quand on les mettait à mort, je joignais mon suffrage à celui 11 des autres. Je les ai souvent châtiés dans toutes les syna- gogues, et je les forçais à blas- phémer. Dans mes excès de fureur contre eux, je les per- sécutais même jusque dans les 12 villes étrangères. C'est dans ce but que je me rendis à Damas, avec l'autorisa- tion et la iDermission des chefs 13 des prêtres. Vers le milieu du jour, ô roi, je vis en chemin resplendir autour de moi et de mes compagnons une lumière venant du ciel, et dont l'éclat 14 surpassait celui du soleil. Nous tombâmes tous par terre, et j'entendis une voix qui me disait en langue hébraïque : Savd, Saul, pourquoi me persécutes-tu? Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Je répondis : 15 Qui es-tu. Seigneur? Et le Sei- gneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Mais lève-toi, et 16 tiens-toi sur tes pieds ; car je te suis api^aru pour t'établir ministre et témoin des choses que tu as vues et de celles pour lesquelles je t'apparaîtrai. Je 17 t'ai choisi dii milieu de ce peuple et du milieu des païens, vers qui je t'envoie, afin que tu leur 18 ouvres les yeux, pour qu'ils passent des ténèbres à la lumièi'e et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu'ils reçoivent, par la foi en moi, le pardon des péchés et l'héritage avec les sanctifiés. En conséquence, roi Agrippa, 19 je n'ai point résisté à la vision céleste : à ceux de Damas d'à- 20 bord, i^uis à Jérusalem, dans toute la Judée, et chez les païens, j'ai prêché la rei^entance et la conversion à Dieu, avec la pratique d'œuvres dignes de la repentance. Voilà pourquoi les 21 Juifs se sont saisis de moi dans le temple, et ont tâché de me faire périr. Mais, grâce au se- 22 cours de Dieu, j'ai subsisté jusqu'à ce jour, rendant té- moignage devant les petits et les grands, sans m'écarter en rien de ce que les prophètes et Moïse ont déclaré devoir arriver, savoir que le Christ souffrirait, 23 et que, ressuscité le premier d'entre les morts, il annoncerait la lumière au peuple et aux nations \ Comme il parlait ainsi pour 24 ' Au peuple imïennes. d'Israël et aux nations 196 Chap. 26, V. 24. sa justification, Festus haute voix : Tu es fou, Ton ffi-and savoir te fait ACTES. Chap. 27, v. 12. dit à Paul ! j^ii^.ivi oi^.w.x ^v. ...X. dérai- sonner. 25 Je ne suis point fou, très excellent Festus, répliqua Paul ; ce sont, au contraire, des paroles de vérité et de bon sens que je 26 prononce. Le roi est instruit de ces choses, et je lui en parle librement ; car je suis persuadé (|u"il n'en ignore aucinie, puis- que ce n'est pas en cachette ' 27 qu'elles se sont passées. Crois- tu aux prophètes, roi Agrippa"? ... Je sais que t\\ j crois. 28 Et Agrippa dit à Paul : Tu vas bientôt me persuader de devenir 29 chrétien. Paul répondit : Que ce soit bientôt ou que ce soit tard, plaise à Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m'écoutent aujourd'hui, vous deveniez tels cjue je suis, à l'exception de ces liens ! 30 Le roi, le gouverneur, Béré- nice, et tous ceux qui étaient 31 assis avec- eux, se levèrent, et, en se retirant, ils se disaient les uns aux autres : Cet homme n'a rien fait qui mérite la mort ou 32 la prison. Et Agrippa dit à Festus : Cet homme pouvait être relâché, s'il n'en eût pas appelé à César. Départ de Paul pour Eome.- uaufrage. -Navigation et 27 Lorsqu'il fut décidé que nous nous embarquerions pour l'Italie, on remit Paul et quelques autres prisonniers à un centenier de la cohorte 2 Auguste, nonnné Julius. Nous montâmes sur lui navire d'Adra- mytte ", qui devait côtoyer l'Asie, et nous partîmes, ayant avec ' J^7i cachette, grec dans un coin. ' Adramytte, ville sur la cote de dans l'Asie mineure. Mvsi nous Aristarque, Macédonien de Thessalonique. Le jour suivant, nous abor- 3 dames à Sidon ; et Julius, qui traitait Paul avec bienveillance, lui ijermit d'aller chez ses amis et de recevoir leurs soins. Partis de là, nous longeâmes 4 l'île de Chypre, parce que les vents étaient contraires. Après 5 avoir traversé la mer qiù baigne la Cilicie et la Pamphylie, nous arrivâmes à Myra en Lycie. Et 'j là, le centenier, ayant troi;vé un navire d'Alexandrie qui allait en Italie, nous y fit monter. Pendant phisieurs jours nous 7 naviguâmes lentement, et ce ne fut pas sans difficidté que nous atteignîmes la haxiteur de C'nide\ où le venl ne nous permit pas d'aborder. Nous passâmes au- dessous de l'île de Crète ", du côté de Salmone ^ Nous la 8 côtoyâmes avec j)eine, et nous arrivâmes à un lieu nommé Beaux-Ports, près duquel était la ville de Lasée. Un temps assez long s'était 9 écoulé, et la navigation devenait dangereuse, car l'époque même du jeûne* était déjà passée. C'est poiu-quoi Paul avertit les 10 autres, en disant : O hommes, je vois que la navigation ne se fera pas sans péril et sans beau- coup de donmiage, non seule- ment lîour la cargaison et pour le navire, mais encore pour nos personnes. Le centenier écouta 11 le pilote et le patron du navire plutôt que les paroles de Paul. Et comme le port^ n'était pas 12 ' Cnide, ville de l'Asie mineure, sur un promontoire de même nom. ■ Crète, grande lie, aujourd'hui Candie. ' Salmone, promontoire à l'est de l'Ile de Crète. * Dii jeihie, ou jour des expiations, grande fête des .Tuifs. dont l'époque correspond à la fin de septembre, vers l'équinoxe d'automne. Le port, Beaux-Ports, v. 8. 19'; Chap. 2T, V. 12. ACTES. Chap. 27, v. 33. bon pour hiverner, la plupart furent d'avis de le quitter pour tâcher d'atteindre Phénix, port de Crète qui regarde le sud- ouest et le nord-ouest, afin d'y passer l'hiver. 13 Un léger vent du sud vint à souffler, et, se croyant maîtres de leur dessein, ils levèrent l'ancre et côtoyèrent de près 14 l'île de Crète. Mais bientôt un vent impétueux, qu'on apj)elle Euroclydon, se déchaîna sur 15 l'île. Le navire fut entraîné, sans pouvoir lutter contre le vent, et nous nous laissâmes 16 aller à la dérive. Nous pas- sâmes au-dessous d'une petite île nommée Clauda, et nous eûmes de la peine à manœuvrer 17 la chaloupe ; après l'avoir hissée, on se servit des moyens de secours pour ceindre le navire \ et, dans la crainte do tomber sur la Syrte^, on abaissa les voiles. C'est ainsi qu'on se laissa emi^orter par le vent. 18 Comme nous étions violemment battus de la tempête, le lende- main on jeta la cargaison à la 19 mer, et le troisième jour nous y lançâmes de nos propres mains 20 les agrès du navire. Le soleil et les étoiles ne parurent pas pendant plusieurs jours, et la tempête était si forte que nous perdîmes enfin toute espérance de nous sauver. 21 On n'avait pas mangé depuis longtemps. Alors Paul, se tenant au milieu d'eux, leu^r dit: O hommes, il fallait m'écouter et ne pas partir de Crète, afin d'éviter ce péril et ce dommage. 22 Maintenant je vous exhorte à pi'endre covirage ; car aucun de ' Au moj-en de câbles passés sous la quille et autour des parois latérales du navire. " La Syrte, ou les Syrtes, deux célèbres bancs de sable sur la côte septentrionale de rAfrique. vous ne périra, et il n'y aura de perte que celle du navire. Un ange du Dieu à qui j'ap- 23 partions et que je sers m'est apparu cette nuit, et m'a dit: Paul, ne crains point ; il faut 24 que tu comparaisses devant César, et voici. Dieu t'a donné tous ceux qui naviguent avec toi. C'est pourquoi, ô hommes, 25 rassurez-vous, car j'ai cette con- fiance en Dieu qu'il en sera comme il m'a été dit. Mais 26 nous devons échouer sur une île. La quatorzième nuit, tandis 27 que nous étions ballottés sur l'Adriatique', les matelots, vers le milieu de la nuit, eurent l'idée qu'on approchait de quel- que terre. Ayant jeté la sonde, 28 ils trouvèrent vingt brasses ; un peu plus loin, ils la jetèrent de nouveau, et trouvèrent quinze brasses. Dans la crainte de 29 heurter contre des écueils, ils jetèrent quatre ancres de la poupe, et attendirent le jour avec impatience. Mais, comme les matelots 30 cherchaient à s'échapper du navire, et mettaient la chaloupe à la mer sous prétexte de porter en avant des ancres de la proue, Paul dit au centenier et aux 31 soldats : Si ces hommes ne restent pas dans le navire, vous ne pouvez être sauvés. Alors 32 les soldats coupèrent les cordes de la chalouj^e, et la laissèrent tomber. Avant que le jour parût, Paul 33 exhorta tout le monde à prendre de la nourriture, disant : C'est aujourdhui le quatorzième jour ^ L'Adriatique; ce terme, dont la significa- tion est aujourd'hui restreinte à ce qu'on appelle le golfe Adriatique, s'appliquait anciennement à toute la portion de la Mé- diterranée comprise entre la Grèce et l'Italie. 198 Chap. 27, V. 33. ACTES. Chap. 28, v. 10. que vous êtes dans l'attente et que vous persistez à vous ab- 34 stenir de manger. Je vous invite donc à prendre de la nourriture, car cela est nécessaire pour votre salut, et il ne se perdra pas un cheveu de la tête d'aucun de 35 vous. Ayant ainsi i)arlé, il prit du pain, et, après avoir rendu grâces à Dieu devant tous, il le rompit, et se mit à manger. 36 Et tous, rejîrenant courage, man- 37 gèrent aussi. Nous étions, dans le navire, deux cent soixante- 38 seize personnes en tout. Quand ils eurent mangé suffisamment, ils allégèrent le navire en jetant le blé à la mer. 39 LorsqiTc le jour fut venu, ils ne reconnurent point la terre ; mais, ayant aperçu un golfe avec une plage, ils résolurent d'y pousser le navire, s'ils le pou- 40 valent. Ils délièrent les ancres pour les laisser aller dans la mer, et ils relâchèrent en même temps les attaches des gouver- nails ; puis ils mirent au vent la voile d'artimon, et se dirigè- 41 rent vers le rivage. Mais ils rencontrèrent une langue de terre, où ils firent échouer le navire ; et la proue, s'étant en- gagée, resta immobile, tandis que la poupe se brisa par la violence des vagues. 42 Les soldats furent d'avis de tuer les ijrisonniers, de peur que quelqu'un d'eux ne s'échappât 43 à la nage. Mais le centenier, qui voulait sauver Paul, les empêcha d'exécuter ce dessein. Il ordonna à ceux qui savaient nager de se jeter les premiers dans l'eau j^our gagner la terre, 44 et aux autres de se mettre sur des planches ou sur des dé- bris du navire. Et ainsi tous parvinrent à terre sains et saufs. Trois mois dans l'île de Malte.^Arrivée à Eome. — Ciaptivité et prédication de Paul à Rome pendant deux ans. Après nous être sauvés, OQ nous reconnûmes que l'île s'appelait Malte. Les barbares nous témoigné- 2 rent une bienveillance peu commune; ils allumèrent du feu, et nous accueillirent tous par une i^luie battante et par le froid. Paul ayant ramassé 3 un tas de broussailles et l'ayant mis au feu, une vipère en sortit par l'effet de la chaleur et s'at- tacha à sa main. Quand les 4 barbares virent l'animal siisj^endu à sa main, ils se dirent les uns aux autres : Assurément cet homme est un meurtrier, puis- que la Justice ^ n'a pas voulu le laisser vivre, après qu'il a été sauvé de la mer. Paul secoua 5 l'animal dans le feu, et ne ressentit aucun mal. Ces gens 6 s'attendaient à le voir enfler ou tomber mort subitement ; mais, après avoir longtemps attendu, voyant qu'il ne lui arrivait aucun mal, ils changèrent d'avis et dirent que c'était un dieu. Il y avait, dans les environs, 7 des terres appartenant au j^i'iu- cijjal personnage de l'île, nommé Publius, qui nous reçut et nous logea pendant trois jours de la manière la j^lus amicale. Le 8 père de Publius était alors au lit, malade de la fièvre et de la dysenterie ; Paul, s'étant rendu vers lui, pria, lui imposa les mains, et le guérit. Là-dessus, 9 vinrent les autres malades de l'île, et ils furent guéris. On 10 nous rendit de gTands honneurs, et, à notre départ, on nous fournit les choses dont nous avions besoin. ' La Justice, mot par lequel il faut entendre la personnification d'une divinité de la my- tliologie païenne. 199 Chap. 28, V. II. ACTES. Chap. 28, v. 28. 1 1 Après un séjour de trois mois, nous nous embarquâmes sur un navire d'Alexandrie, qui avait j)assé l'hiver dans l'île, et qui portait pour enseigne les Dios- 12 cures'. Ayant abordé à Syra- caise ", nous y restâmes trois 1 3 jours. De là, en suivant la côte ^ nous atteignîmes Reggio * ; et, le vent du midi s'étant levé le lendemain, nous fîmes en deux jours le trajet jusqu'à 14 Pouzzoles^ ofi nous trouvâmes des frères qui nous prièrent de passer sept jours avec eux. Et c'est ainsi que nous allâmes" à 15 Rome. De Rome vinrent à notre rencontre, jusqu'au Forum d'Ap- pius' et aux Trois-Tavernes *, les frères qui avaient entendu parler de nous. Paul, en les voyant, rendit grâces à Dieia. et i^rit courage. IG Lorsque nous fûmes arrivés à Rome, on permit à Paul de demeurer en son particulier, avec un soldat qui le gardait. 17 Au bout de trois jours, Paul convoqua les principavix des Juifs ; et, quand ils furent ré- unis, il leur adressa ces paroles : Hommes frères, sans avoir rien fait contre le peuple ni contre les coutumes de nos pères, j'ai été mis en prison à Jérusalem et livré de là entre les mains 18 des Romains ^ Ajjrès m'avoir interrogé, ils voulaient me re- lâcher, parce qu'il n'y avait en ' Les Dioscures, les fils jumeaux de Jupiter, Castor et Pollux. ' Syracuse, capitale de l'île de Sicile. ' La côte, la côte de Sicile. ■■ Reggio, à l'extrémité sud-ouest de l'Italie. ^ Pouzzoles, près de Naples. '' Nous allâmes, à pied depuis Pouzzoles. ^ Forum d'Appius, ville aujourd'hui dé- truite, à 64 kilom. de Rome. ' Trois-Tavernes, hôtellerie, à 49 kilom. de Rome. ° C'est-à-dire, conduit à Césarée pour comparaître devant le gouverneur romain, voy. XXIII. 23 et suiv. moi rien qui méritât la mort. Mais les Juifs s'y opposèrent, 19 et j'ai été forcé d'en appeler à César, n'ayant du reste aucun dessein d'accuser ma nation. Voilà pourqiioi j'ai demandé à 20 vous voir et à vous parler ; car c'est à cause de l'espérance d'Is- raël que je porte cette chaîne. Ils lui répondirent : Nous 21 n'avons reçu de Judée auciine lettre à ton sujet, et il n'est venu aucun frère qui ait rapporté ou dit du mal de toi. Mais nous 22 voudrions apprendre de toi ce que tu penses, car nous savons que cette secte rencontre par- tout de l'opposition. Ils lui fixèrent un jour, et 23 plusieurs vinrent le trouver dans son logis. Paid leur annonça le royaume de Dieu, en rendant témoignage, et en cherchant, par la loi de Moïse et par les prophètes, à les persuader de ce qui concerne Jésus. L'entretien dura depuis le matin jusqu'au soir. Les uns furent persuadés 24 par ce qu'il disait, et les autres ne crurent point. Comme ils 25 se retiraient en désaccord, Paul n'ajouta que ces mots : C'est avec raison que le Saint-Esprit, parlant à vos pères par le pro- phète Esaïe, a dit : Va vers ce 2(5 peuple, et dis : Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne com- prendrez point ; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple 27 est devenu insensible ; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu'ils ne voient de leurs yeux, qu'ils n'entendent de leurs oreilles, qu'ils ne comprennent de leur cœur, qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. Sachez 28 donc que ce salut de Dieu a été envoyé aux païens, et qu'ils l'écouteront. 200 Chap. 28, V. 29. ACTES.— ROMAINS. Chap. 1, v. 17. 29 [Lorsqu'il eut dit cela, les Juifs s'en allèrent, discutant vivement entre eux.] 30 Paul demeura deux ans entiers dans une maison quil avait louée. Il recevait tous ceux qui venaient le voir, prêchant le royaume de 31 Dieu et enseignant ce qui con- cerne le Seigneur Jésus-Christ, en toute liberté et sans obstacle. EPITRE DE PAUL AUX ROMAINS Adresse et salutation. I Paul, serviteur de Jésus-Christ, appelé à l'apostolat, mis à part pour annoncer l'Evangile de 2 Dieu, — qui avait été promis au- paravant de la part de Dieu par ses prophètes dans les saintes 3 Écritures, et qui concerne son Fils (né de la postérité de David, 4 selon la chair, et déclaré Fils de Dieu d'une manière puissante, selon l'Esi^rit de sainteté, par sa résurrection d'entre les morts), 5 Jésus-Cluist notre Seigneur, par qui nous avons reçu la grâce et l'apostolat, pour amener en son nom à l'obéissance de la foi tous (5 les païens, parmi lesquels vous êtes aussi, vous qui avez été 7 appelés par Jésus-Christ, — à tous ceux qui sont à Rome, bien- aimés de Dieu, apjîelés à être saints: que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Sei- gneur Jésus-Christ ! Amour de Paul pour les chrétiens de Rome. — Son désir d'aller les voir. 8 Je rends d'abord grâces à mon Dieu par Jésus-Christ, au sujet de vous tous, de ce qi;e votre foi est renommée dans le monde 9 entier. Dieu, qiic je sers en mon esprit dans l'Evangile de son Fils, m'est témoin que je fais sans cesse mention de vous, demandant continuellement dans 10 mes prières d'avoir enfin, p-Av sa volonté, le bonheur d'aller vers vous. Car je désire vous voir, 11 l)our vous communiquer quel- que don spirituel, afin que vous 12 soyez afl'ermis, ou i^lutôt, afin que nous soyons «encouragés ensemble au milieu de vous par la foi qui nous est commune, à vous et à moi. Je ne veux pas vous laisser 13 ignorer, frères, que j'ai souvent formé le projet d'aller vous voir, afin de recueillir quelque fruit parmi vous, comme parmi les autres nations ; mais j'en ai été empêché jusqu'ici. Je me dois 14 aux Grecs et aux barbares, aux savants et aux ignorants. Ainsi 15 je suis tout disposé à vous an- noncer aussi l'Évangile, à vous qui êtes à Rome. La justice jwr la foi, sujet de l'épitre. Car je n'ai point honte de IG l'Évangile : c'est une puissance de Dieu pour le salut de qui- conque croit, du Juif première- ment, puis du Grec, parce qu'en 1 7 lui est révélée la justice de Dieu ^ par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit: Le juste vivra par la foi. ' La justice de Dieu, la justice (le salut) qui vient de Dieu. 201 H 3 Chap. 1, V. i8. ROMAINS. Chap. 2, v. 6. État de péché et de condamnation de rhumanité. — Les païens. — Les Juifs. 18 La colère de Dieu se déclare du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes, qui retiennent injustement la vérité 19 captive ; car ce qu'on peut con- naître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant 20 fait connaître. En effet, les jierfections in^àsibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l'œil, depuis la création du inonde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inex- 21 ensables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l'ont jjoint glorifié et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans 22 les ténèbres. Se vantant d'être 23 sages, ils sont devenus fous ; et ils ont changé la gloire du Dieu incorruptible en images repré- sentant l'homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes, et des reptiles. 24 C'est pourqxioi Dieu les a livrés à l'impui-eté, selon les convoitises de leurs cœurs, en sorte qu'ils ont eux-mêmes dés- honoré leurs propres corps; 25 eux qui ont changé la vérité de Dieu en mensonge \ et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni éternellement. Amen ! 26 C'est pourquoi Dieu les a livrés à des jmssions infâmes : car leiirs femmes ont changé l'usage naturel en celui qui est 27 contre nature ; et de même les hommes, abandonnant l'usage naturel de la femme, se sont eniiammés dans leurs désirs les ' La vérité de Dieu en mensonge, le vrai Dieu en idoles. uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses inlames, et recevant en eux- mêmes le salaire que méritait leur égarement. Comme ils ne se sont pas 28 soiiciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, en sorte qu'ils ont une conduite indigne, étant remplis de toute 29 espèce d'injustice, de méchanceté, de cupidité, de malice ; pleins d'envie, de meurtre, de querelle, de rvise, de fourberie ; rapport- 30 eurs, médisants, impies, arrogants, hautains, fanfarons, ingénieux au mal, rebelles à leurs parents, déi^ourvus d'intelligence, de loy- 31 auté, de sensibilité, de mi.séri- corde. Et, bien qu'ils connais- 32 sent le jugement de Dieu, décla- rant dignes de mort ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils les font, mais ils approuvent ceux qui les font. O homme, qui que tu sois, O toi qui juges, tu es donc inex- cusable ; car, en jugeant les autres, trf te condamnes toi- même, puisque toi qiii juges, tu fais les mêmes choses. Nous 2 , savons, en effet, que le jugement | de Dieu contre ceux qui com- mettent de telles choses est selon la vérité. Et penses-tu, ô 3 honmie, qui juges ceiix qui com- mettent de telles choses, et qui les fais, que tu échapperas au jugement de Dieu? Ou mé- 4 prises-tu les richesses de sa bonté, de sa patienceetde sa long- animité, ne reconnaissant pas qTie la bonté de Dieu te pousse à la repentance? Mais, par ton en- 5 durcissement et par ton cœur impénitent, tu t'amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifesta- tion du juste jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses 6 202 Chap. 2, V. 6. 7 œuvi'es : réservant la vie étei- uelle à ceux qui, par la persé- vérance à bioi faire, cherchent l'honneur, la gloire et l'immor- 8 talité ; mais l'irritation et la colère à ceux (jui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l'injustice. !> Tribulation et angoisse sur toute âme d'iionune qui fait le mal, sur le Juif premièrement, puis 10 sur le Grec! Gloire, honneur et paix ])our quiconque fait le bien, pour le .Juif premièrement, puis 11 pom' le Grec! Car devant Dieu il n'y a point d'accei)tion de per- sonnes. 12 Tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi, et tous ceux qui ont péché avec la loi seront jugés j^ar la loi. 13 Ce ne sont i)as, en eft'et, ceux qxii écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique 14 qui seront justifiés. Quand les païens, qui n'ont point la loi, font naturellement ce que pres- crit la loi, ils sont, eux qui n'ont point la loi, une loi pour eux- 15 mêmes; ils montrent que l'œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs, leur conscience en ren- dant témoignage, et leurs pensées s'accusaiit ou se défendant toin- 1() à tour. C'est ce qui paraîtra au jour oii. selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes. 17 Toi qui portes le nom de Juif, (pii te reposes sur la loi, qui te 18 glorifies de Dieu, qui connais sa volonté, qui apprécies la difl'ércncc des choses, étant 19 instruit par la loi: toi qui te flattes d'être le conducteur des aveugles, la lumière de ceux 20 qui sont dans les ténèbres, le docteur des insensés, le maître des ignorants, parce ((ue tu as dans la loi la règle de la science ROMAINS. et de la Chap. 3, v. 3. vérité; toi donc, qui 21 les autres, tu ne t'en- pas toi-même ! Toi qui prêches de ne i^as dérober, tu dérobes ! Toi ({ui dis de ne i)as 22 connnettre adultère, tu com- mets adiiltère ! Toi (jui as en abomination les idoles, tu com- mets des sacrilèges ! Toi qui 23 te fais i;ne gloire de la loi, tu déshonores Dieu par la trans- gression de la loi ! Car le nom 24 de Dieu est à cause de vous blasi^liémé parmi les païens, connue cela est écrit. La circoncision est utile, si 25 tu mets en pratiqxie la loi; mais si tu transgresses la loi, ta circoncision devient incir- concision. Si donc l'incirconcis 2(; observe les ordoiniances de la loi, son incirconcision n'aura- t-elle pas la valeur de la circon- cision? L'incirconcis de nature, 27 qui accomplit la loi, ne te con- damnera-t-il pas, toi qui la transgresses, tout en ayant la, lettre de la loi et la circonci- sion? Le Juif\ ce n'est pas 2S celui qui en a les dehors ; et la circoncision-, ce n'est jjas celle qui paraît dans la chair. Mais le Juif \ c'est celui qui 2i) l'est intérieurement ; et la cir- concision ', c'est celle du cœur, selon l'esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient jjas des hommes, mais de Dieu. Quelles sont donc les préro- Q gatives des Juifs, ou cpielle est l'utilité de la circoncision? Elles 2 sont grandes de toute manière, et principalement en ce (]ue les oracles de Dieu leur ont été confiés. Eh (juoi ! si (pielques- 3 uns n'ont pas cru, leur incrédu- lité anéantira-t-elle la fidélité de 203 Le Juif, le vrai Juif. La circoncision, la vraie circoncisiou. H 4 Chap. 3, V. 3. ROMAINS. Chap. 3, v. 30. 4 Dieu? Loin de là! Que Dieu, au contraire, soit reconnu pour vrai, et tout homme pour men- teur, selon qu'il est écrit : Afin que tu sois trouvé juste clans tes paroles, et que tu triomphes lorsqu'on te juge. 5 Mais si notre injustice établit la justice de Dieu, que dirons- nous? Dieu n'est-il pas injuste en laissant agir sa colère? (Je parle à la manière des hommes.) 6 Loin de là ! Autrement, com- ment Dieu jugerait-il le monde ? 7 Et si, par mon mensonge, la vérité de Dieu éclate davantage pour sa gloire, pourquoi suis-je moi-même encore condamné 8 comme pécheur? Et pourquoi ne ferions-nous pas le mal afin qu'il en arrive du bien, comme quelques-uns, qui nous calom- nient, prétendent que nous le disons? La condamnation de ces gens est jiiste. 9 Quoi donc! sommes-nous plus excellents ^ ? Nullement. Car nous avons déjà prouvé que tous, Juifs et Grecs, sont sous 10 l'empire du péché, selon qu'il est écrit : Il n'y a point de 11 juste, pas même un seul; nid n'est intelligent, nul ne cherche Dieu ; tous sont égarés, tous 12 sont pervertis; il n'en est aucun qiii fasse le bien, pas même un 13 seul; leur gosier est un sépulcre ouvert ; ils se servent de leurs langues i^our tromper; ils ont sous leurs lèvres un venin 14 d'asjîic; leur bouche est pleine de malédiction et d'amertume ; 15 ils ont les pieds légers, i^our 16 répandre le sang; le ravage et le malheur sont sur leur route ; 17 ils ne connaissent pas le chemin 1 8 de la paix ; la crainte de Dieu n'est pas devant leurs yeux. 19 Or, nous savons que tout ce Sous-eiitendu : " que les païens." que dit la loi, elle le dit à ceux qui sont sous la loi, afin que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu. Car nul ^ 20 ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi, puisque c'est par la loi que vient la con- naissance du péché. La justification far la foi en Jésus-Christ. Mais maintenant, sans la loi 21 est manifestée la justice de Dieu, à laquelle rendent témoi- gnage la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en 22 Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n'y a point de dis- tinction. Car tous ont péché et 23 sont privés de la gloire de Dieu; et ils sont gratuitement justifiés 24 par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus- Christ. C'est lui que Dieu a 25 destiné à être une victime pro- pitiatoire, par la foi en son sang, afin de montrer sa justice, parce qu'il a laissé impunis les péchés antérieurs, à cause de sa pa- tience, afin, dis-je, de montrer 26 sa justice dans le temps pré- sent, de manière à être juste et à justifier celui qui a la foi en Jésus. Où donc est le sujet de se 27 glorifier? Il est exclu. Par quelle loi? Par la loi des oeuvres? Non, mais par la loi de la foi. Car nous pensons 28 que l'homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi. Dieu est-il seulement le Dieu 29 des Juifs? Ne Test-il pas aussi des païens? Oui, il l'est aussi des païens, puisqu'il y a un 30 seul Dieu, qui justifiera par la foi les circoncis, et par la foi les incirconcis. ' y^ul, grec nulle chair. 204 Chap. 3, V. ;i. ROMAINS. Chap. 4, v. 25. La justification par la foi d'accoi'd avec l'Écriture : exetnj)le d'Abrahaïu. 31 Ailéautissons-nous donc la loi jjar la foi ? Loin de là ! Au con- traire, nous raffermissons. ^ Que dirons-nous donc qu'A- braham, notre père, a obtenu 2 par la chair? Si Abraham a été justifié par les œuAres, il a sujet de se glorifier, mais non devant 3 Dieu. Car que dit l'Ecriture? Abraham crut à Dieu, et cela 4 lui fut imi^uté à justice. Or, à celui qui fait une œiivre, le salaire est imputé, non comme une grâce, mais comme une 5 chose due ; et à celui (jui ue fait point d'œuvre, mais qui croit en celui qui justifie l'impie, sa foi lui est imputée à justice. 6 De même David exprime ' le bonheur de riiomme à qui Dieu inqjute la justice sans les 7 œuvres : Heureux ceux dont les iniquités sont pardonnées, et dont les péchés sont cou- 8 verts ! Heureux l'homme à qui le Seigneur n'impute pas son péché ! 9 Ce bonheur n'est-il que pour les circoncis, ou est-il égale- ment pour les incirconcis? Car nous disons que la foi fut im- putée à justice à Abraham. 10 ( 'omment donc lui fut-elle im- putée? Était-ce après, ou avant sa circoncision? Il n'était pas encore circoncis, il était incir- 11 concis. Et il reçut le signe de la circoncision, comme sceau de la justice qxi'il avait obtenue par la foi quand il était incir- concis, afin d'être le père de tous les incirconcis qui croient, pour que la justice leur fût 12 aussi imputée, et le père des circoncis, qui ne sont pas seule- ment circoncis, mais encore qui marchent sur les traces de la foi de notre père Abraham quand il était incirconcis. En efict, ce n'est pas par la 13 loi que l'héritage du monde a été promis à Abraham ou à sa postérité, c'est par la justice de la foi. Car, si les héritiers le 14 sont par la loi, la foi est vaine, et la j)romesse est anéantie, ])arce que la loi produit la co- 1.5 1ère, et que là oxi il n'y a point de loi il n'y a point non plus de transgression. C'est pour- 16" quoi les héritiers le sont par la foi, pour que ce soit par grâce, afin que la promesse soit assurée à toute la postérité, non seulement à celle qui est sous la loi, mais aussi à celle qui a la foi d'Abrahani, notre père à tous, selon qu'il est écrit: Je te 17 rends père d'un grand nombre de nations. Il est notre père devant celui auquel il a cru. Dieu, qui donne la vie aux morts, et qui appelle les choses qui ne sont jjoint comme si elles étaient. Es^^érant contre 18 toute espérance, il crut, en sorte qu'il devint père d'un grand nombre de nations, selon ce qui lui aAait été dit : Telle sera ta ])ostérité. Et, sans faiblir dans 19 la foi, il ne considéra i^oint que son coi-j^s était déjà usé, puis- qu'il avait près de cent ans, et que Sara n'était plus en état d'avoir des enfants. Il ne 20 douta point, par incrédulité, au sujet de la promesse de Dieu ; mais il fut fortifié par la foi, donnant gloire à Dieu, et ayant 21 la pleine conviction que ce qu'il promet il pexit aussi l'accomplir. C'est pourquoi cela lui fut im- 22 jiuté à justice. Mais ce n'est 'pan à cause de 23 lui seid qu'il est écrit que cela lui fut imjjuté ; c'est encore à 24 cause de nous, à qui cela sera imputé, à nous qui croyons en celui qui a ressuscité des morts Jésus notre Seigneur, leipiel a 2.5 05 Chap. 4, V. 25. ROMAINS. Chap. 5, v. 19. été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour notre jxisti- fi cation. Fruits de la justification par la foi. g Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-C'hrist, 2 à qui nous devons d'avoir eu j)ar la foi accès à cette grâce dans laquelle nous demeurons fermes, et de nous glorifier dans l'esiiérance de la gloire de Dieu. 3 Bien plus, nous nous glorifions même dans les afflictions, sa- chant que l'affliction produit la 4 persévérance, la persévérance la victoire dans réjîreuve, et cette r^ A'ictoire l'espérance. Or, l'espé- rance ne trompe point, parce que l'amour de Dieu est ré- pandu dans nos cœurs par le Saiut-Esj>]it qui nous a été donné. (! Car, lorsque nous étions en- core sans force. Christ, au temps marqué, est mort pour des im- 7 pies. A peine mo\irrait-on pour un juste ; quelqu un peut-être mourrait i)our un homme de 5 bien. Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs. Christ est mort poiu- 9 nous. A plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons- nous sauvés par lui de la colère. 10 Car si, lorsqxie nous étions enne- mis, nous avons été réconciliés avec Dieu jjar la mort de son Fils, à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés 11 par sa vie. Et non seulement cela, mais encore nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation. Le péché et la grâce. 1 2 C'est pourquoi, conmie ])ar un seul honune le f)éché est entré dans le monde, et par le i)éché la mort, et qu'ainsi la mort s'est étendue sur tous les lionmies, parce que tous ont péclié \ . . . car jusqu'à la loi le i)éché était 13 dans le monde. Or, le péché n'est pas imputé, quand il n'y a point de loi. Cei^endant la mort 14 a régné depuis Adam jusqu'à Moïse, même sur ceux qui n'a- vaient pas péché par une trans- gression semblable à celle d'Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir. Mais il 15 n'en est pas du don gratuit comme de l'offense " ; car, si par l'offense d'un seul il en est beau- coui) qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d'un seul homme Jésus-C'hrist ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup. Et il n'en est pas du 16 don comme de ce qui est arrivé par un seul qui a péché ; car c'est après une seule offense qiie le jugement est devenu condam- nation, tandis que le don gratuit devient justification après plu- sieurs ofi'enses. Si par l'offense 17 d'un seul la mort a régné par lui seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils dans la ^ie par Jésus-Christ lui seul. Ainsi donc, comme i^ar une 18 setile offense la condamnation a atteint toiis les hommes, de même par im seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes. Car, 19 comme par la désobéissance d'un seul homme beaucoup ont été ' Phrase non achevée. Le second terme de la comparaison serait : " de même par un seul homme, Jésus-Christ, la grâce et la vie sont entrées dans le monde." Voy. le v. 18, oii le parallèle entre Jésus et Adam est repris et complété. '" De l'offense, du péché dAdam. 20G Chap. 5, V. 19. ROMAINS. Chap. 6, v. 19. rendus pécheurs, de même i)ur l'obéissance d'un seul beuucoui) 20 seront rendus justes. Or, la loi est intervenue pour que l'oflense abondât, mais là où le péché a- bondait, la grâce a surabondé, 21 afin que, comme le péché a régné par la mort\ ainsi la grâce régnât par la justice pour la vie éter- nelle " par Jésus-Christ notre Seigneur. La grâce, loin d'autoriser le péché, délivre de l'emjîire du péché. Q Que dirons-nous donc? De- meurerions-nous dans le péché. 2 afin que la grâce abonde ? Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? 0 Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus- Christ, c'est en sa mort qi;e nous 4 avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions 5 en nouveauté de vie. En eftet. si nous nous sommes entière- ment unis à lui " par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection () semblable, sachant que notre vieil liomme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché ; 7 car celui qui est mort * est libre 8 du péché. Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec hii, 1) sachant que Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la ' Far la mort, en produisant la mort. ^ Pour la vie éternelle, pour donner la vie éternelle. ' Si nous nous sommes entièrement unis à lui, grec si nous sommes devenus une mîme plante avec lui. * Mort, mort au péché, v. 2. 207 mort n'a plus de pouvoir sur lui. Car il est mort, et c'est pour le 10 péché qu'il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c'est pour Dieu qu'il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous 1 1 connue morts au péché, et comme vivants jiour Dieu en Jésus- Christ. Que le péché ne règne donc 12 point dans votre corps mortel, et n'obéissez pas à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres au 13 péché, comme des instruments d'iniquité; mais donnez -vous vous-mêmes à Dieu,commeétant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de jus- tice. Car le péché n'aïu'a point 14 de pouvoir sur vous, imisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce. Quoi donc ! Pécherions-nous, 15 parce que nous sonnnes, non sous la loi, mais sous la grâce ? Loin de là ! Ne savez-vous pas qu'en vous 16 livrant à quelqu'un comme es- claves pour lui obéir, vous êtes esclaves de ceUti à qui vous obéissez, soit du péché qui con- duit à la mort, soit de l'obéis- sance ^ qvâ conduit à la justice ? Mais grâces soient rendues à 17 Dieu de ce que, après avoir été esclaves du péché, votTS avez obéi de cœur à la règle de doctrine dans laquelle voiTS avez été in- struits. Ayant été affranchis du 18 péché, vous êtes devenus esclaves de la justice. — Je parle à la 19 manière des hommes, à cause de la faiblesse de votre chair. — De même donc que vous avez livré vos membres comme esclaves à rim])ureté et à l'iniquité, i)oiu' arriver à l'iniquité, ainsi main- tenant livrez vos membres comme De l'obéissance à Dieu. Chap. 6, V. 19. ROMAINS. Chap. 7, v. 18. esclaves à la justice, pour arriver 20 à la sainteté. Car, lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à Tégard de la jus- 21 tice. Quel fruit aviez-vous alors ? Vous en rougissez aujourd'hui. Car la fin de ces choses, c'est la 22 mort. Mais maintenant, affran- chis du péché et esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sainteté et pour fin la vie éter- 23 nelle. Car le salaire du péché, c'est la mort; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. Le chrétien, affranchi de la loi, doit servir Dieu dans un esprit nouveau. — La loi, quoique sainte, a provoqué les trans- gressions, en faisant connaître le péché. Lutte de la chair contre l'esprit. fT Ignorez-vous, frères, — car je parle à des gens qui connaissent la loi, — que la loi exerce son pouvoir sur l'homme aussi long- 2 temps qu'il vit? Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu'il est vivant ; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à 3 son mari. Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d'un autre homme, elle sera appelée adultère ; mais si le mari meurt, elle est affrancliie de la loi, de sorte qu'elle n'est point adultère en devenant la 4 femme d'un autre. De même, mes frères, vous aussi vous avez été, par le corps de Christ, mis •à mort en ce qui concerne la loi, pour que vous apparteniez à un autre, à celui qui est ressuscité des morts, afin que nous portions 5 des fruits pour Dieu. Car, lorsque nous étions dans la chair, les passions des péchés provo- quées par la loi agissaient dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort. 6 Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous ser- vons dans un esprit nouveau, et non selon les anciennes pre- scriptions de la lettre \ Que dirons-nous donc ? La 7 loi est-elle péché '^ ? Loin de là ! Mais je n'ai connu le péché que par la loi. Car je n'ain-ais pas connu la convoitise, si la loi n'eût dit : Tu ne convoiteras point. Et le péché, saisissant l'occasion, 8 produisit en moi par le com- mandement toutes sortes de con- voitises ; car sans loi le péché est mort. Pour moi, étant autre- 9 fois sans loi, je vivais; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je moiu'us. Ainsi, le commande- 10 ment qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. Car le péché, saisissant 11 l'occasion, me séduisit par le commandement, et me fit mourir par le commandement même. La loi donc est sainte, et le 12 commandement est saint, juste et bon. Ce qui est bon a-t-il 13 donc été pour moi une cause de mort ? Loin de là ! Mais c'est le péché, afin qu'il se manifestât comme péché en me donnant la mort par ce qui" est bon, et que, par le commandement, il devînt condamnable au plus haut point "\ Nous savons, en effet, que la 14 loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. Car je ne sais pas ce que je fais : 15 je ne fais point ce que je veux, et je fais ce qiie je hais. Or, si 16 je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne. Et maintenant ce n'est 17 plus moi qui le fais, mais c'est le j)éché qui habite en moi. Ce 18 ' Grec en vieillesse de lettre. ^ Péché, cause du péché. ■' Grec excessimment pécheur. 208 Chap. 7, V. i8. ROMAINS. Chap. 8, v. i6. qui est bon, je le sais, n'iiabitc pas en moi, c'est-à-dire, dans ma chair : j'ai la volonté, mais non 19 le pouvoir de faire le bien. Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne 20 veux pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui le fais, c'est le péché qui 21 habite en moi. Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché 22 à moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l'homme 23 intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon intelligence, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes 24 membres. Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera 25 de ce corps de mort ? . . . Grâces soient rendues à Dieu par Jésus- Christ notre Seigneur ! , . . Ainsi donc, moi-même, je suis par l'intelligence esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclaA'e de la loi du péché. Point de coudamuation pour ceux qui sont en Jésus-Clirist. Ils marchent selon l'esprit et non selon la chair, — étant soutenus au milieu des souffrances du temps présent, — vivant dans l'attente du salut, — et ayant l'assurance que rien ne peut les séparer de l'amour de Dieu par Jésus-Christ. Q II n'y a donc maintenant au- cune condamnation pour ceux q\ii sont en Jésus-Christ. 2 En effet, la loi de l'esprit de vie en Jésus-Christ m'a affranchi de la loi du péché et de la mort. 3 Car — chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force — Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle 4 du péché, et cela afin que la jus- tice de la loi ^ fût accomplie en ' La justice de la loi, ce que la loi est en droit d'exiger. nous, qui marchons, non selon la chaii', mais selon l'esprit. Ceux, en effet, qui vivent selon 5 la chair s'affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l'esprit s'affection- nent aux choses de l'esprit. Et 6 l'affection de la chair, c'est la mort, tandis que l'affection de l'esprit, c'est la vie et la paix ; car l'affection de la chair est 7 inimitié contre Dieu, parce qu'- elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu'elle ne le peut même pas. Or, ceux qui vivent 8 selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. Pour vous, vous ne vivez pas 9 selon la chair, mais selon l'espi'it, si du moins TEsiDrit de Dieu habite en vous. Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de C'hrist, il ne lui appartient pas. Et si Christ 10 est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l'esprit est vie à cause de la justice. Et si l'Esprit de 11 celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d'entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. Ainsi donc, frères, nous ne 12 sommes point redevables à la chair, pour vivre selon la chair. Si voiis ^ivez selon la chair, vous 13 mourrez ; mais si jjar l'Esijrit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, car tous 14 ceux qui sont conduits par l'Es- prit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n'avez point reçu un 15 esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d'adop- tion, par lequel nous crions : AbbaM Père! L'Esprit lui-môme 16 rend témoignage à notre esprit ' Ahha, mot araméen qui signifie père. 209 Chap. 8, V. i6. ROMAINS. Chap. 8, v. 39. que lioiis sommes enfants de 17 Dieu. Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d'être glorifiés avec lui. 18 J'estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour 19 nous. Aussi la création attend- elle avec ardeur et anxiété la 20 révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, — non de son gré mais à cause de celui qui l'y a sou- 21 mise, — avec l'espérance qu'elle aussi sera affranchie de la ser- vitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la 22 gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l'enfante- 23 ment. Et ce n'est pas elle seule- ment; mais nous aussi, qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi nous gémissons en nous-mêmes, en attendant l'a- dojîtion, la rédemption de notre 24 corps. Car c'est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l'espérance qu'on voit n'est plus espérance : ce qu'on voit, peut- 25 on l'espérer encore ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec persévérance. 2(3 De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières. Mais l'Esi^iit lui-même intercède par des soupirs inex- 27 primables ; et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l'Esprit, i)arce que c'est selon Dieu qu'il intercède en faveur des saints. Nous savons, du reste, que 28 toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qtii sont api^elés selon son dessein. Car ceux qu'il a 29 connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l'image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu'il 30 a prédestinés, il les a aussi ap- pelés : et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés. Que dirons-nous donc à l'égard 31 de ces choses ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Lui, qui n'a 32 point épargné son propre Fils, mais qui la livré pour nous tous, comment ne nous donnera- t-il pas aussi toutes choses avec lui? Qui accusera les élus de 33 Dieu ? C'est Dieu qui justifie ! Qui les condamnera? Christ est 34 mort; bien plus, il est ressus- cité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! Qui 35 nous séparera de l'amour de Clu'ist? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'éi^ée ? selon qu'il est 36 écrit ; C'est à caxise de toi qu'on nous met à mort tous les jours, qu'on nous regarde comme de^s brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses 37 nous sonmies vainqueurs, et au delà, par celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la 38 mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur 39 ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous sé- parer de l'amour de Dieu mani- festé en Jésus-Christ notre Sei- 210 Chap. 9, V. I. ROMAINS. Chap. 9, v. 27. grand sera assujetti an plus petit; selon qu'il est éciùt: J'ai 13 aimé Jacob et j'ai haï Ésaii. Que dirons-nous donc? Y a-t- 14 il en Dieu de l'injustice? Loin de là! Car il dit à Moïse: Je 15 ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j'aurai compas- sion de qui j'ai compassion. 2 Saint-Esprit : j'éprouve une Ainsi donc, cela ne dépend ni IG grande tristesse, et j'ai dans le de celui qui veut, ni do celui 9 Souveraineté de Dieu daus la dispensation de ses grâces. — Les Juifs rejetés à cause de leur incrédulité, et le salut annoncé aux païens par suite de l'endurcissement d'Israël. — Couvereion finale et salut des Juifs. Je dis la vérité en Christ, je ne mens point, ma conscience m'en rend témoignage par le 3 cœur un chagrin continuel. Car je vovidrais moi-même être ana- thème et séjîaré de Christ pour mes frères, mes parents selon la 4 chair, qui sont Israélites, à qui appartiennent l'adoption, et la gloire, et les alliances, et la loi, 5 et le culte, et les j^romesses, et les patriarches, et de qui est issu, selon la chair, le Christ, qui est Dieu sur toutes choses, béni éternellement. Amen ! (> Ce n'est point à dire que la parole de Dieu soit restée sans effet. Car tous ceux qui de- scendent d'Israël ne sont i)as 7 Israël, et ce n'est pas parce cpi'ils sont la postérité d'Abra- ham qu'ils sont tous ses enfants; mais il est dit : En Isaac sera nommée pour toi une postérité, 8 c'est-à-dire, que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais que ce sont les enfants de la promesse (pii sont regardés comme la t> postérité. Voici, en effet, la parole de la promesse : Je re- viendrai à cette même époque, 10 et Sara aura mi fils. Et, de plus, il en fut ainsi de Eébecca, qiii conçut du seul Isaac notre père; 11 car, quoicpie les enfants ne fus- sent pas encore nés et qu'ils n'eussent fait ni bien ni mal, — afin que le dessein d'élection de qui coiirt, mais de Dieu qui fait miséricorde. Car l'Ecriture dit 17 à Pharaon: Je t'ai suscité à des- sei)i pour montrer en toi ma puissance, et afin que mon nom soit publié par toute la terre. Ainsi, il fait miséricorde à qui il 18 veut, et il endiu-cit qui il veut. Tu me diras: Pourquoi blâme- 19 t-il encore? Car qui est-ce q\n résiste à sa volonté ? O Iiomme, 20 toi plutôt, qui es-tu pour con- tester avec Dieu? Le vase d'ar- gile dira-t-il à celui qui l'a formé: Pourquoi m'as-tii fait ainsi ? Le 21 potier n'est-il pas maître de l'argile, pour faire avec la môme masse mi vase d'honneur et un vase d'un usage vil? Et que dire, 22 si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puis- sance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition, et s'il a voulu faire connaître la 23 richesse de sa gloire envers des vases de miséricorde qu'il a d'avance préparés pour la gloire? Ainsi nous a-t-il appelés, non 24 seulement d'entre les Juifs, mais encore d'entre les païens, selon 25 qu'il le dit dans Osée : J'api)el- lerai mon peuple celui fini n'était pas mon peuple, et bicn-aimée celle qui n'était pas la bicn- aimée ; et là oii on leur disait : 26 Dieu subsistât, sans dépendre 1 Vous n'êtes pas mon peuple ! des œuvres, et par la seule ils seront^ appelés fils du Dieu volonté de celui qui appelle. — 12 il fut dit à liébecca: Le plus vivant. Esaïe, de son côté, 27 s'écrie au sujet d'Israël : Quand 211 Chap. 9, V. 27. ROMAINS. Chap. 10, v. 19. le nombre des fils d'Israël serait comme le sable de la mer, un 28 reste seulement sera sauvé. Car le Seigneur exécutera pleine- ment et promptement sur la 29 terre ce, qu'il a résolu. Et, comme Ésaïe Tavait dit aupa- ravant: Si le Seigneur des armées ne nous eût laissé une postérité, nous serions devenus comme Sodome, nous aurions été sem- blables à Gomorrlie. 30 Que dirons-nous donc? Les païens, qui ne cherchaient pas la justice, ont obtenu la justice, la 31 justice qui vient de la foi, tandis qu'Israël, qui cherchait iine loi de justice, n'est pas parvenu à 32 luie loi de justice. Pourquoi? Parce qu'Israël l'a cherchée, non par la foi, mais en quelque sorte par les œuvres. Ils se sont heurtés contre la i^ierre d'a- 33 choppenient, selon qu'il est écrit : Voici, je mets en Sion une pierre d'achoppement et un rocher de scandale, et celui qui en fait l'objet de sa confiance ne sera point confus. 1 Q Frères, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, 2 c'est qu'ils soient sauvés. Je leur rends le témoignage qu'ils ont du zèle pour Dieu, mais sans 3 intelligence : ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la jus- 4 tice de Dieu ; car Christ est la fin de la loi, pour la jvistification de tous ceux qui croient. 5 En effet, Moïse définit ainsi la justice qui vient de la loi: L'homme qui mettra ces choses 6 en pratique vivra par elles. Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi : Ne dis pas en ton cœ\ir: Qui montera au ciel? c'est en faire descendre .7 Christ; ou: Qui descendra dans l'abîme? c'est faire remonter Christ d'entre les morts. Qvie 8 dit-elle donc? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c'est la parole de la foi, que nous prê- chons. Si tu confesses de ta 9 bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c'est en ci'oyant du 10 cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut, selon ce que dit l'Ecriture: Qui- 11 conque croit en lui ne sera point confus. Il n'y a aucxme diffe- 12 renée, en effet, entre le Juif et le Grec, puisqu'ils ont tous un môme Seigneur, qui est riche 130ur tous ceux qui l'invoquent. Car quiconque invoquera le nom 13 du Seigneur sera sauvé. Conmient donc invoqueront- 14 ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler? Et comment en enten- dront-ils parler, s'il n'y a per- sonne qui prêclie? Et com- 15 ment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? selon qu'il est écrit: Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles ! Mais tous n'ont pas obéira la 16 bonne nouvelle. Aussi Esaïe dit-il: Seigneur, qui a crti à notre prédication ? Ainsi la foi vient de ce qti'on 17 entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Dieu. Mais je dis: N'ont-ils rien en- 18 tendu? Au contraire! Leur voix ' est allée par toiite la terre, et leurs paroles jusqu'aux extré- mités du monde. Mais je dis : Israël n'a-t-il 19 rien connu? Moïse le premier Leur voix, la voix des envoyés de Dieu. 212 Chap. 10, y. 19. ROMAINS. Chap. 11, v. 20. 20 geuce dit : J'exciterai votre jalousie contre ce qui n'est point i;ne na- tion, je provoquerai votre colère contre une nation sans intclli- Et Esaïe pousse la hardiesse jusqu'à dire : J'ai été trouvé par ceux qui ne me cher- chaient pas, je me suis mani- festé à ceux qui ne me de- 21 mandaient pas. Mais au stijet d'Israël il dit : J'ai tendu mes mains tout le jour vers un peuple rebelle et contredisant. 11 Je dis donc: Dieu a-t-il re- jeté son peuple ? Loin de là ! Car moi aussi je suis Israélite, de la postérité d'Abraham, de 2 la tribu de Benjamin. Dieu n'a point rejeté son jDeuple, qu'il a connu d'avance. Ne savez-vous pas ce que l'Écriture rapporte d'Élie, comment il adresse à Dieu cette plainte contre Is- 3 raël : Seigneur, ils ont tué tes prophètes, ils ont renversé tes autels ; je suis resté moi seul, et ils cherchent à m'ôter la vie ? 4 Mais quelle réponse Dieu lui fait-il ? Je me suis réservé sept mille hommes, qui n'ont point 5 fléchi le genou devant Baal. De même aussi dans le temps pré- sent il y a un reste, selon l'élec- 6 tion de la grâce. Or, si c'est par grâce, ce n'est plus par les œuvres; autrement la grâce n'est plus une grâce. [Et si c'est par les œuvres, ce n'est plus une grâce ; autrement l'œuvre n'est plus une œuvre.] 7 Quoi donc? Ce qu'Israël cher- che, il ne l'a pas obtenu, mais l'élection ^ l'a obtenu, tandis que 8 les autres ont été endiu'cis, selon qu'il est écrit: Dieu leur a donné un esprit d'assoiq^isse- ment, des yeiix pour ne jjoint voir, et des oreilles pour ne point entendre, jusqu'à ce jour. L'élection, les élus. Et David dit : Que leur table 9 soit pour eux un piège, un filet, une occasion de chute, et une rétribution ! que leui's yeux 10 soient obscurcis pour ne point voir, et tiens leur dos continu- ellement courbé ! Je dis donc: Est-ce pour 11 tomber qu'ils ont bronché? Loin de là ! Mais, par leur faute, le salut est devenu accessible aux païens, afin qu'ils fussent excités à la jalousie. Or, si leur faute 12 a été la richesse du monde, et leur amoindrissement la richesse des païens, combien plus en sera- t-il ainsi quand ils se converti- ront tous\ Je vous le dis à 13 vous, païens : en tant que je suis apôtre des i>aïens, je glorifie mon ministère, en m'efibrcant 14 d'exciter la jalousie de ceux de ma race, et d'en sauver quel- ques-uns. Car si leur rejet a 15 été la réconciliation du monde, que sera leur admission, sinon une vie d'entre les morts? Or, si les prémices" sont 16 saintes, la masse l'est aussi ; et si la racine est sainte, les branches le sont aussi. Mais si 17 quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, qui étais un olivier sauvage, tu as été enté à leiu* place, et rendu participant de la racine et de la graisse de l'olivier, ne te glorifie 18 pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte. Tu diras donc: Les 19 bx'anches ont été retranchées, afin que moi je fusse enté. Cela 20 est vrai : elles ont été retran- ' Grec combien plus leur 'plénitude. " Comparaison tirée des rites cérémoniels des Juifs : ou prélevait les j^rêmices de la pâte, pour faire uu gâteau qui était présenté comme offrande à l'Éternel, voy. Nomb. xv. 20-21. • 213 Chap. 11, V. 20. ROMAINS. Chap. 12, v. 6. cliées pour cause cV in crédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne t'abandonne pas à l'orgueil, 21 mais crains ; car si Dieu n'a pas épargné les branches naturelles, il ne t'épargnera jDas non plus. 22 Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu: sévérité en- vers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté; autrement, tu seras aussi 23 retranché. Eux de même, s'ils ne persistent pas dans l'incré- dulité, ils seront entés; car Dieu est puissant pour les enter de 24 nouveau. Si toi, tu as été coupé de l'olivier naturellement sau- vage, et enté contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus forte raison eux seront-ils entés selon leur nature sur leur pro- pre olivier. 25 Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c'est qu'une partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des i^aïens soit entrée'. 26 Et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit: Le libéra- teur viendra de Sion, et il dé- tournera de Jacob les impiétés ; 27 et ce sera mon alliance avec eux, 28 lorsque j'ôterai leurs péchés. En ce qui concerne l'Evangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l'élec- tion, ils sont aimés à cause de 29 leurs pères. Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de 30 son appel. De même que vous avez autrefois désobéi à Dieu et que par leur désobéissance vous avez maintenant obtenu miséri- 31 corde, de même ils ont mainte- nant désobéi à cause de la miséricorde qui vous a été faite, Soit entrée, sous-euteudu " dans l'Éfflise." afin qu'ils obtiennent aussi mi- séricorde. Car Dieu a renfermé 32 tous les hommes dans la dés- obéissance, pour faire miséri- corde à tous. O profondeur de la richesse, 33 de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies in- conq^réliensibles ! Car qui a 34 connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ? Qui 35 lui a donné le premier, pour qu'il ait à recevoir en retour? C'est de lui, par lui, et pour lui 36 que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles! Amen ! Exhortations. — Consécration à Dieu; humilité et fidélité dans l'exercice des dons et fonc- tions. Je vous exhorte donc, fi-ères, ]_2 par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous 2 conformez pas au siècle présent, mais soyez transfoniiés par le renouvellement de rintelligence, afin d'éprouver que la volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite. Par la grâce qui m'a été 3 donnée, je dis à chacmi de vous de n'avoir pas de lui-même une trojD haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun. Car, 4 comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n'ont pas la même fonction, ainsi, nous qui 5 sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ, et nous soumies tous membres les uns des autres. Nous avons toute- 6 fois des dons différents, selon la grâce qui nous a été accordée: 214 Chap. 12, V. 6. KOMAINS. Chap. 13, v. 8. soit la prophétie, suivant la 7 mesure de la foi ; soit le minis- tère, pour celui qui exerce le ministère ; soit l'enseignement, 8 pour celui qui enseigne ; soit l'exhortation, pour celui (pii exhorte. Que celui qui doime le fasse avec libéralité ; que celui qui préside le fasse avec zèle ; que celui qui pratique la miséricorde le fasse avec joie. Applications diverses de la charité. i» Que la charité soit sans hypo- crisie. Ayez le mal en horreur : attachez-vous fortement au bien. 10 Par amoiir fraternel, soyez pleins d'atfection les uns pour les autres; par honneur, usez de 11 i3révenances réciproques. Ayez du zèle, et non de la paresse. Soyez fervents d'esprit. Servez 12 le Seigneur. Kéjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l'affliction. Persévérez dans la 13 prière. Pourvoyez aux besoins des saints. Exercez l'hospitalité. Bénissez ceux qui vous per- sécutent, bénissez et ne maudis- sez jjas. Réjouissez-vous avec ceux (pii se réjouissent ; pleurez avec ceux qui lîleurent. Ayez les mêmes sentiments les uns en- vers les autres. N'aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez- vous attirer par ce qui est hum- ble. Ne vous regardez i)oint comme sages. Ne rendez à pei'sonne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hom- 18 mes. S'il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. Il) Ne vous vengez point vous- mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère ' ; car il est écrit : A moi la vengeance, à moi la 14 1( 17 La colère, sous-entendu " de Dieu." rétribution, dit le Seignciir. Mais si ton ennemi a faim, 20 donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire ; car en agis- sant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre 21 par le mal, mais surmonte le mal par le bien. Soumission aux autorités. Que toute personne soit sou- 1 Q mise aux autorités supérieures ; car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et les auto- rités qui existent ont été insti- tuées de Dieu. C'est ])ourqiuii 2 celui qui s'oppose à l'autoi'ité x'ésiste à l'ordre que Dieu a établi, et ceux qm résistent attireront une condamnation sin- eux-mêmes. Ce n'est pas poin- :i une bonne action, c'est pom- une mauvaise, que les magistrats sont à redouter. Veux-tu ne pas craindre l'autorité ? Fais le bien, et tu auras son approba- tion. Le magistrat est serviteur 4 de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains; car ce n'est pas en vain qu'il porte lépée, étant serviteur de Dieu ])our exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. Il .5 est donc nécessaire d'être sou- mis, non seulement par crainte de la punition, mais encore par motif de conscience. C'est aussi pour cela que vous (i payez les impôts. Car les ma- gistrats sont des ministres de Dieu, qui s'acquittent exacte- ment de leur emploi. Rendez 7 à tous ce qui leur est dû : l'im- pôt à qui vous devez l'impôt, le tribut à qui vous devez le tribut, la crainte à qui vous devez la crainte, l'honneur à qui vous devez l'honneur. Amour mutuel. — Vigilance et pureté. Ne contractez envers personne 8 21.^) Chap. 13, y. 8. ROMAINS. Chap. 14, v. 15. d'autre dette que celle d'un amour réciproque, car celui qui aime les autres a accompli la 9 loi. En effet, les commande- ments : Tu ne commettras point d'adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu'il peut encore y avoir, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. 10 L'amour ne fait point de mal au prochain ; l'amour est donc l'ac- complissement de la loi. 11 De plus, vous savez en quel temj)s nous sommes: c'est l'heure de vous réveiller enfin du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous que 12 lorsque nous avons cru. La nuit est avancée, le jour approche. DéiDouillons - nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons 13 les armes de la lumière. Mar- chons honnêtement, conune en plein jour, loin des excès et de l'ivrognerie, de la luxure et de l'impudicité, des querelles et 14 des jalousies. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésiis-Christ, et n'ayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises. Précejîtes de tolérance. 14 Faites accueil à celui qui est faible dans la foi, et ne dis- cutez pas sur les oiîinions. 2 Tel croit pouvoir manger de tout; tel autre, qui est faible, 3 ne mange que des légumes. Que celui qui mange "^ ne méprise point celui qui ne mange pas\ et que celui qui ne mange pas ' ne juge point celui qui mange \ 4 car Dieu l'a accueilli. Qui es- tu, toi qui juges un serviteur d'autrvii? S'il se tient debout, ou s'il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra de- Sous-entendu " de tout." bout, car le Seigneur a le pou- voir de l'affermir. Tel fait une distinction entre 5 les jours; tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit une pleine convic- tion. Celui qui distingue entre les 6 jours agit ainsi pour le Sei- gneur. Celui qui mange, c'est pour le Seigneur qu'il mange, car il rend grâces à Dieu ; celui qui ne mange pas, c'est pour le Seigneur qu'il ne mange pas, et il rend grâces à Dieu. En effet, 7 nul de nous ne vit j^our lui- même, et nul ne meurt pour lui-même. Car si nous vivons, 8 nous vivons pour le Seigneur; et si nous mourons, nous mou- rons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. Car Christ est mort 9 et il a vécu, afin de dominer sur les morts et sur les vivants. Mais toi, pourquoi juges-tu ton 10 frère? ou toi, pom-quoi mé- prises-tu ton frère? puisque nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu, Car il est 11 écrit : Je suis vivant, dit le Sei- gnetir, tout geno^^ fféchira de- vant moi, et toute langue don- nera gloire à Dieu. Ainsi chacun 12 de nous rendra compte à Dieu pour lui-même. Ne nous jugeons donc plus 13 les uns les autres ; mais pensez i:)lutôt à ne rien faire qui soit pour votre frère une pierre d'a- chopjiement ou une occasion de chute. Je sais et je suis per- 14 suadé par le Seigneur Jésus que rien n'est impur en soi, et qu'une chose n'est impure que pour celui qui la croit impure. Mais si, pour un aliment, ton 15 frère est attristé, tu ne marches plus selon l'amour : ne cause pas, par ton aliment, la perte 216 Chap. 14, V. 15. ROMAINS. Chap. 15, v. 15. de cehii pour lequel Clirist est 16 mort. Que votre i)rivilège^ ne soit i^as un siijet de calomnie. 17 Car le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la 18 joie, par le Saint-Esprit. Celui qui sert Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé 19 des honnnes. Ainsi donc, re- cherchons ce qui contribue à la paix et à l'édification mutuelle. 20 Pour un aliment, ne détruis pas l'œuvre de Dieu. A la vérité toutes choses sont pures ; mais il est mal à l'homme, quand il mange, de devenir une pierre 21 d'achoppement. Il est bien de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, et de s'abstenir de ce qui peut être pour ton frère une occasion de chute, de scandale ou de ftiiblesse. 22 Tu as ime conviction : garde-la pour toi devant Dieu. Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même dans ce qu'il apiDrouve! 23 Mais celui qui a des doutes au sujet de ce qu'il mange est con- damné, parce qu'il n'agit pas par conviction. Tout ce qui n'est pas le produit d'une conviction est péché. 15 Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses . de ceux qui ne le sont pas, et ne pas nous complaire en nous- 2 mêmes. Que chacun de nous complaise au prochain en ce qui 3 est bien pour l'édification. Car Christ ne s'est point complu en lui-même, mais, selon qu'il est écrit : Les outrages de ceux qui t'insultent sont tombés sur moi. 4 Or, tout ce qui a été écrit d'avance l'a été pour notre in- struction, afin que, par la persé- vérance, et i:)ar la consolation ' Votre privilège, celui d'être affranchi de la loi. que donnent les Écritures, nous possédions l'espérance. Que le Dieu de la j^ersé- 5 vérance et de la consolation vous donne d'avoir les mêmes sentiments les uns envers les autres selon Jésus-Christ, afin 6 que tous ensemble, d'une seule bouche, vous glorifiiez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus - Christ. Accueillez-vous 7 donc les uns les autres, comme Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. Je dis, en effet, que Christ 8 a été serviteur des circoncis, pour prouver la véracité de Dieu en confirmant les pro- messes faites aux pères, tandis 9 que les païens glorifient Dieu à cause de sa miséricorde, selon qu'il est écrit: C'est pourquoi je te louerai parmi les nations, et je chanterai à la gloire de ton nom. Il est dit encore : Na- 10 tions, réjouissez-vous avec son peuple! Et encore: Louez le 11 Seigneur, voiis toutes les nations, célébrez-le, vous tous les peu- ples! Ésaïe dit aussi: Il sortira 12 d'Isaï un rejeton, qui se lèvera pour régner sur les nations ; les nations espéreront en lui. Que le Dieu de l'espérance 13 vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint-Esi^rit ! Réflexions de Paul sur son ministère, et projets de voyage. Pour ce qui vous concerne, 14 mes frères, je suis moi-même persuadé que voiis êtes pleins de bonnes dispositions, remplis de toute connaissance, et ca- pables de vous exhorter les uns les autres. Cependant, à cer- 15 tains égards, je vous ai écrit avec une sorte de hardiesse, comme pour réveiller vos souvenirs. 217 Chap. 15, V. 15. ROMAINS. Chap. 16, v. 5. à cause de la grâce que Dieu 16 m'a faite d'être ministre de Jésus-Christ parmi les ^ païens, consacré au service de l'Évangile de Dieu, afin que l'offrande des païens ' soit agréée, étant sancti- fiée par l'Esprit-Saint. 17 C'est donc en Jésus-Christ que j'ai sujet de me glorifier, pour ce qui regarde les choses 18 de Dieu. Car je n'oserais men- tionner aucune chose que Christ n'ait pas faite par moi, pour amener les païens à l'obéis- sance, i^ar la parole et par les 19 actes, par la puissance des mi- racles et des prodiges, par la puissance de l'Esprit de Dieu, en sorte que, depuis Jérusalem et les pays voisins jusqu'en Ill.y- rie, j'ai abondamment répandu 20 l'Évangile de Christ. Et je me suis feit honneur d'annoncer l'Évangile là où Chi'ist n'avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d'autrui, 21 selon qu'il est écrit : Ceux à qui il n'avait point été annoncé ver- ront, et ceux qui n'en avaient point entendu parler compren- dront. 22 C'est ce qui m'a souvent em- 23 péché d'aller vers vous. Mais maintenant, n'ayant plus rien qui me retienne dans ces contrées, et ayant depuis plusieurs années 24 le désir d'aller vers vous, j'esiière vous voir en passant, quand je me rendrai en Espagne", et y être accompagné par vous, après que j'aurai satisfait en partie mon désir de me trouver chez vous. 25 Présentement je vais à Jéru- salem, pour le service des saints. 26 Car la Macédoine et l'Achaïe ont bien voulu s'imposer une con- ' Uoffrande des paiens, les païens (convertis) présentés en offrande. '' On ignore si Paul a pu réaliser ce voyage en Espagne. 218 tribution en faveur des pauvres parmi les saints de Jérusalem. Elles l'ont bien voulu, et elles 27 le leur devaient; car si les païens ont eu part à leurs avantages spii-ituels, ils doivent aussi les assister dans les choses tempo- relles. Dès que j'aurai terminé 28 cette affaire et que je leur aurai remis ces dons \ je partirai pour l'Espagne et j)asserai chez vous. Je sais qu'en allant vers vous, 29 c'est avec une pleine bénédiction de Christ que j'irai. Je vous exhorte, frères, par 30 notre Seigneur Jésus-Christ et par l'amour de l'Espi-it, à com- batti'e avec moi, en adressant à Dieu des prières en ma faveur, afin que je sois délivré des in- 31 crédules de la Judée, et que les dons que je porte à Jérusalem soient agréés des saints, en sorte 32 que j'arrive chez vous avec joie, si c'est la volonté de Dieu, et que je jouisse au milieu de vous de quelque repos. Que le Dieu de 33 paix soit avec vous tous! Amen! Recommandations, salutations et vœux. Je vous recommande Phœbé, "iQ notre sœur, qui est diaconesse de l'Église de Cenchrées ^ afin 2 que vous la receviez en notre Seigneur, d'une manière digne des saints, et que vous l'assistiez . dans les choses où elle aurait besoin de vous, car elle a donné aide à plusieurs et à moi-même. Saluez Prisca^ et Aquilas, mes 3 compagnons d'œuvre en Jésus- Christ, qui ont exposé leux tête 4 pour sauver ma vie; ce n'est pas moi seul qui leur rends grâces, ce sont encore toutes les Églises des païens. Saluez aussi l'Église 5 qui est dans leur maison. — Saluez ' Remis ces dons, grec scellé ce fruit. "^ Cenchrées, port de Corinthe. '' Prisca, ou Priscille, voy. Act. xviii. 2 et suiv. Chap. 16, V. 5. ROMAINS. Chap. 16, v. 27. Épaïnète, mon bicii-aîmé, qui a été pour Christ les prémices de 6 l'Asie. — Saluez Marie, qui a pris beaucouji do peine pour vous. — 7 Saluez Andronicus et Junias, mes parents et mes compagnons de captivité, qui jouissent d'une grande considération jjarmi les apôtres, et qui même avant moi 8 ont été en Christ. — Saluez Am- plias, mon bien -aimé dans le 9 Seigneur. — Saluez Urbain, notre compagnon d'œuvre en Christ, et Stachys, mon bien-aimé. — 10 Saluez Apellès, qui est éprouvé en Christ. Saluez ceux de la 11 maison d'Aristobule. — Saluez Héi'odion, mon parent. Saluez ceux de la maison de Narcisse, qui sont dans le Seigneur. — 12 Saluez Tryphcne et Tryphose, qui travaillent pour le Seigneur. Saluez Perside, la bien-aimée, qui a beaucoup travaillé pour le 13 Seigneur. — Saluez Eufus, lélu du Seigneur, et sa mère, qui est 14 aussi la mienne. — Saluez Asyn- crite, Phlégon, Hermès, Patrobas, Hermas, et les frères qui sont avec eux. — Saluez Philologue 15 et Julie, Nérée et sa sœur, et Olympe, et tous les saints qui 16 sont avec eux. — Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser. Toutes les Églises de Christ vous saluent. 17 Je vous exhorte, frèi'es, à pren- dre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l'enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d'eux. Car de tels honunes ne 18 servent point Christ notre Sei- gneur, mais leur propre centre ; et, jîar des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les cœurs des simples. Pour vous, votre 19 obéissance est connue de tous ; je me réjouis donc à votre sujet, et je désire que vous soyez sages en ce qui concerne le bien et purs en ce qui concerne le mal. Le Dieu de paix écrasera bientôt 20 Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus- Christ soit avec vous ! Timothée, mon compagnon 21 d'œuvre, vous salue, ainsi que Lucius, Jason et Sosipater, mes parents. — Je vous salue dans le 22 Seigneur, moi Tertius, qui ai écrit cette lettre. — Gaïus, mon 23 hôte et celui de toute l'Église, vous salue. Éraste, le trésorier de la ville, vous salue, ainsi que le frère Quartus. Que la grâce de notre Seigneur 24 Jésus-Christ soit avec vous tous ! Amen ! A celui qiii peut vous affermir 25 selon mon Évangile et la prédi- cation de Jésus-Christ, conformé- ment à la révélation du mystère caché pendant des siècles, mais 26 manifesté maintenant jîar les écrits des prophètes, d'après l'oi'dre du Dieu éternel, et porté à la connaissance de toutes les nations, afin qu'elles obéissent à la foi, — à Dieu, seul sage, soit la 27 gloire aux siècles des siècles, par Jésus-Christ ! Amen ! 219 PREMIERE EPITRE DE PAUL AUX CORINTHIENS 1 Adresse et salutation. Paul, appelé à être apôtre de Jésus-Christ par la volonté de 2 Dieu, et le frère Sosthène, à rÉglise de Dieu qui est à Co- rintlie, à ceux qui ont été sancti- fiés en Jésus-Christ, appelés à être saints, et à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le 3 nôtre : que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notice Père et du Seigneur Jésus-Christ ! Actions de grâces pour les dons accordés aux Corinthiens. — Appel à l'union. 4 Je rends à mon Dieu de con- tinuelles actions de grâces à votre sujet, pour la grâce de Dieu qui vous a été accordée en 5 Jésus-Christ. Car en lui vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la pa- 6 rôle et la connaissance, le té- moignage de Christ ayant été solidement établi parmi vous, 7 de sorte qu'il ne vous manque aucun don, dans l'attente où vous êtes de la manifestation de notre 8 Seigneur Jésus-Christ. Il vous affermira aussi jusqu'à la fin, pour que vous soyez irréiDro- chables au jour de notre Seigneur 9 Jésus-Christ. Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à la com- munion de son Fils Jésus-Christ notre Seigneur. 10 Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus- Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de 220 divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esjjrit et dans un même senti- ment. Car, mes frères, j'ai appris 1 1 à votre sujet, par les gens de Chloé, qu'il y a des disputes au milieu de vous. Je vevix dire 12 que chacun de vous parle ainsi : Moi, je suis de Paul ! — et moi, d'Apollos ^ ! — et moi, de Céphas^! et moi, de Christ ! — Christ est-il divisé? Paul a-t-il été crucifié 13 pour voixs, ou est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? Je rends grâces à Dieu de ce 14 que je n'ai baptisé aucun de vous, excepté Crispus et Gaïus, afin que personne ne dise que 15 vous avez été baptisés en mon nom. J'ai encore baptisé la fa- 1(5 mille de Stéjjhanas ; du reste, je ne sache pas que j'aie baptisé quelque autre personne. La sagesse du monde et la sagesse de Dieu. — Caractère et but de la prédication de Paul. Ce n'est pas pour baptiser que 1 7 Christ m'a envoyé, c'est pour annoncer l'Evangile, et cela sans la sagesse du langage, afin que la croix de Christ ne soit pas rendue vaine. Car la prédication IS de la croix est une folie pour ceux qui périssent; mais pour nous qui sommes sauvés elle est une puissance de Dieu. Aussi 11) est-il écrit : Je détruirai la sa- gesse des sages, et j'anéantirai l'intelligence des intelligents. Où 20 est le sage ? où est le scribe ? où est le disi3uteur de ce siècle? Apollos, voy. Act. xviii. 24 et suiv. C'éphas, l'apôtre Pierre, voy. Jean i. 43. Chap. 1, V. 20. I CORINTHIENS. Chap. 2, v. 14. Dieu n"a-t-il pas convaincu de 21 folie la sagesse du monde ? Car puisque le monde, avec sa sa- gesse, n'a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la iDrédication. 22 Les Juifs demandent des mi- racles et les Grecs cherchent la 23 sagesse : nous, nous prêchons Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens, 24 mais jouissance de Dieu et sa- gesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que 25 Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes. 26 Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n'y a ni beaticoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, 27 ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde, pour confondre les sages ; Dieu a choisi les choses faibles du monde, jjour con- 28 fondre les fortes ; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu'on méjorise, celles qui ne sont rien, pour réduire au 29 néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant 30 Dieu. Or, c'est par lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel est devenu jîour nous sagesse, par la volonté de Dieu, et justice et 31 sanctification et rédemption, afin, comme il est écrit, que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur. 2 Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n'est pas a^ec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de 2 Dieu. Car je n'ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et 3 Jésus-Christ crucifié. Moi-même j'étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement ; et ma 4 parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de imissance, afin que votre 5 foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la jîuis- sance de Dieu. Cependant, c'est une sagesse 6 que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n'est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle qui vont être anéantis ; nous prêchons la sagesse de 7 Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, sagesse qu'aucun des chefs de ce 8 siècle n'a connue, car, s'ils l'eus- sent connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Mais, comme il est écrit, ce sont 9 des choses que l'œil n'a point vues, que l'oreille n"a point en- tendues, et qui ne sont point montées au cœur de l'homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. Dieu 10 nous les a révélées par l'Esi^rit. Car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu, Lequel 11 des hommes, en efiet, connaît les choses de l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esi^rit de Dieu. Or nous, nous n'avons pas reçu 12 l'esprit du monde, mais l'Esprit qvii vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. 13 Et nous en parlons, non avec des discours qu'enseigne la sa- gesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit, employant un langage spirituel poiu- les choses si^irituelles. Mais 14 l'homme animal ne reçoit pas 21 Chap. 3, V. 14. I CORINTHIENS. Chap. 4, v. i. les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on 15 en juge. L'honmie spirituel, au contraire, juge de tout, et il n'est lui-même jugé par personne. 16 Car qui a connu la pensée du Seigneur, pour l'instruire? Or nous, nous avons la pensée de Christ. Divisions dans l'Eglise de Corinthe. Q Pour moi, frères, ce n'est pas comme à des hommes spirituels que j'ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. 2 Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter; et vous ne le pouvez pas même 3 à présent, parce que vous êtes encore charnels. En effet, puis- qu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas 4 selon l'homme ? Quand l'un dit : Moi, je suis de Paul ! et un autre : Moi, d'Apollos ! n'êtes- 5 vous pas des hommes ? Qu'est- ce donc qu'Apollos, et qu'est-ce que Paul? Des serviteurs, par le moyen desquels vous avez cru, selon que le Seigneur l'a 6 donné à chacun. J'ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a 7 fait croître, en sorte que ce n'est pas celui qui plante qiii est quel- que chose, ni celui qui arrose, 8 mais Dieu qui fait croître. Celui qui i^lante et celui qui arrose sont égaux, et chacun rece\Ta sa propre récompense selon son 9 propre travail. Car nous som- mes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l'édifice de Dieu. 10 Selon la grâce de Dieu qui m'a été donnée, j'ai posé le fondement comme un sage archi- tecte, et un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus. Car personne ne peut poser un 11 autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus- Christ. Or, si quelqu'un bâtit sur ce 12 fondement avec de l'or, de l'ar- gent, des pierres j)récieuses, du bois, du foin, du chaume, l'œuvre de chacun sera manifestée; car 13 le jour la fera connaître, parce qu'elle se révélera dans le feu, et le feu éj^rouvera ce qu'est l'œuvre de chacun. Si l'œuvre 14 bâtie par quelqu'un siu' le fonde- ment subsiste, il recevra une récompense. Si l'œuvre de quel- 15 qu'un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. Ne savez-vous pas que vous 16 êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu'un détruit le temple 17 de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c'est ce que vous êtes. Que nul ne s'abuse lui-même : 18 si quelqu'un parmi vous pense être sage selon ce siècle, qu'il devienne fou, afin de devenir sage. Car la sagesse de ce 19 monde est une folie devant Dieu. Aussi est-il écrit: Il prend les sages dans leur ruse. Et en- 20 core : Le Seigneur connaît les pensées des sages, il sait qu'elles sont vaines. Que personne donc ne mette 21 sa gloire dans des hommes ; car tout est à vous, soit Paul, soit 22 Apollos, soit Céphas, soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses à venir. Tout est à 23 vous; et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu. Ainsi, qu'on nous regarde ^ comme des serviteurs de Christ, 222 Chap. 4, V. I. I CORINTHIENS. Chap. 5, v. i. et des dispensateurs des mys- 2 tères de Dieu. Du reste, ce qu'on demande des dispensa- teurs, c'est que chacim soit 3 trouvé fidèle. Pour moi, il m'im- porte fort peu d'être jugé par vous, ou par un tribunal humain'. Je ne méjuge pas non plus moi- 4 même, car je ne me sens cou- pable de rien ; mais je ne suis pas pour cela justifié. Celui qui me 5 juge, c'est le Seigneur. C'est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu'à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lu- mière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des cœurs. Alors cha- cun recevra de Dieu la louange qui lui sera due. 6 C'est à cause de vous, frères, que j'ai fait de ces choses une application à ma personne et à celle d'Apollos, afin que vous appreniez, par notre exemple, à ne pas aller au delà de ce qui est écint, et que nul de vous ne conçoive de l'orgueil en faveur 7 de l'un contre l'autre. Car qui est-ce qui te distingue? Qu'as-tu que tu n'aies reçu? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifies- tu, comme si tu ne l'avais pas reçu ? 8 Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, sans nous vous régnez. Et puissiez-vous régner en effet, afin que nous aussi nous 9 régnions avec vous ! Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hom- mes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, 10 aux anges et aux hommes. Nous sommes fous à cause de Christ; mais vous, vous êtes sages en Christ; nous sommes fiiibles, mais vous êtes forts. Vous êtes Grec par wn jowr humain. honorés, et nous sommes mé- prisés! Jusqu'à cette heure, 11 nous souffrons la faim, la soif, la nudité ; nous sommes mal- traités, errants çà et là; nous 12 nous fatiguons à travailler de nos propres mains ; injuriés, nous bénissons ; persécutés, nous supi^ortons; calomniés, 13 nous prions ; nous sommes de- venus comme les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu'à maintenant. Ce n'est pas pour vous faire 14 honte que j'écris ces choses ; mais je vous avertis comme mes enfants bien-aimés. Car, quand 15 vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n'avez cei^endant pas lîlusieurs jjères, puisque c'est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l'Evangile. Je vous en conjure donc, soyez 16 mes imitateurs. Pour cela je 17 vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur; il vous rappellera quelles sont mes voies en Christ, quelle est la manière dont j'enseigne par- tout dans toutes les Églises. Quelques-uns se sont enflés 18 d'orgueil, comme si je ne devais pas aller chez vous. Mais j'irai 19 bientôt chez vous, si c'est la volonté du Seigneur, et je con- naîtrai, non les paroles, mais la puissance de ceux qui se sont enflés. Car le royaume de Dieu 20 ne consiste pas en paroles, mais en puissance. Que voulez-vous? 21 Que j'aille chez vous avec une verge, ou avec amour et dans un esprit de douceur ? Etat moral de l'Eglise de Corinthe. Censure des désordres qui y régnent. On entend dire généralement g qu'il y a parmi vous de l'im- pudicité, et une imi)udicité telle qu'elle ne se rencontre pas même 223 Chap. 5, V. I. I CORINTHIENS. Chap. 6, v. lo. chez les païens ; c'est au point que run de vous a la femme de 2 sou père. Et vous êtes enflés d'orgueil ! Et vous n'avez pas été pkitôt dans l'afiliction, afin que celui qui a commis cet acte 3 fût ôté du milieu de vous ! Pour moi, absent de corps, mais jirésent d'esprit, j'ai déjà jugé, comme si j'étais présent, celui 4 qui a commis un tel acte. Au nom du Seigneur Jésus, vous et mon esprit étant assemblés, avec la puissance de notre Seigneur 5 Jésus, qu'un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus. 6 C'est bien à tort que vous vous glorifiez. Ne savez- vous pas qu'un peu de levain fait lever 7 toute la pâte ? Faites disparaî- tre le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain ; car Christ, S notre Pâque, a été immolé. Célé- brons donc la fête, non avec du vieux levain, non avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains sans levain de la pureté et de la vérité. 9 Je vous ai écrit dans ma lettre^ de ne pas avoir des re- lations avec les impudiques, — 10 non pas d'une manière absolue avec les impudiques de ce monde, ou avec les cupides et les ra- visseurs, ou avec les idolâtres ; autrement, il vous faudrait sortir 11 du monde. Maintenant, ce que je vous ai écrit '\ c'est de ne pas avoir des relations avec quel- qu'im qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou ido- lâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. ' Allusion à une précédente lettre, qui n'est pas parvenue jusqu'à nous. " Voici comment vous devez comprendre ce que je voua ai écrit, c'est etc. Qu'ai-je, en eff'et, à juger ceux 12 du dehors? N'est-ce pas vous qui jugez ceux du dedans? Pour 13 ceux du dehors. Dieu les juge. Ôtez le méchant du milieu de vous. Quelqu'un de vous, lorsqu'il Q a un difiërend avec un autre, ose-t-il jilaider devant les in- justes \ et non devant les saints? Ne savez-vous pas que les saints 2 jugeront le monde? Et si c'est par vous que le monde est jugé, êtes-vous indignes de rendre les moindres jugements ? Ne savez- 3 vous pas que nous jugerons les anges ? Et nous ne jugerions pas, à plus forte raison, les choses de cette vie? Quand 4 donc vous avez des différends jjour les choses de cette vie, ce sont des gens méprisés dans l'Église que vous prenez pour juges ! Je le dis à votre honte : 5 ainsi il n'y a parmi vous pas un seul homme sage qui puisse pro- noncer entre ses frères. Mais 6 un frère plaide contre un frère, et cela devant des infidèles ! C'est déjà certes un défaut chez 7 vous que d'avoir des procès les uns avec les autres. Pourquoi ne souff'rez-vous pas plutôt quel- que injustice ? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt dépouil- ler ? Mais c'est vous qui commet- 8 tez l'injustice et qui dépouillez, et c'est envers des frères que vous agissez de la sorte ! Ne 9 savez-vous pas que les injustes n'hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni 10 les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravis- seurs, n'hériteront le royaume de Les injustes, les païens. 224 Chap, 6, V. lo. I CORINTHIENS. Chap. 7, v. 13. 11 Dieu. Et c'est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seig:neur Jésus-Christ, et par l'Esprit de notre Dieu. 12 Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile ; tout m'est per- mis, mais je ne me laisserai dominer par quoi que ce soit. 13 Les aliments sont jjour le ventre, et le ventre pour les aliments; mais Dieu détruira l'un comme les autres. Le corps, néan- moins, n'est pas pour l'impudi- cité ; il est pour le Seigneur, et 14 le Seigneiu* pour le corps. Et Dieu, qui a ressuscité le Sei- gneur,nous ressuscitera aussi par 15 sa puissance. Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ? Prendrai-je donc les membres de Christ, pour en feire les membres d'une prosti- 16 tuée? Loin de là! Ne savez- vous pas que celui qui s'attache à la prostituée est un seul corps avec elle? Car, est-il dit, les deux deviendront une seule 17 chair. Mais celui qui s'attache au Seigneur est avec lui un seiil es- 18 prit. Fuyez Timpudicité. Quel- que autre péché qu'un honmie commette, ce péché est hors du corps ; mais celui qui se livre à l'impudicité pèche contre son 19 propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à 20 vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glori- fiez donc Dieu dans votre corps [et dans votre esprit, qui ap- partiennent à Dieu]. Réponse aux questions des Corinthiens sur le mariage. •7 Pour ce qui concerne les choses dont vous m'avez écrit. je pense qu'il est bon pour l'homme de ne point avoir de contact avec inie fenmie. Toute- 2 fois, pom- éviter l'impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. Que 3 le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. La fennne n'a pas autorité sur 4 son i^ropre corps, mais c'est le mari; et pareillement, le mari n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est la femme. Ne 5 vous privez point l'im de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière ; j^uis retournez en- semble, de peur que Satan ne vous tente jmr votre incon- tinence. Je dis cela par con- 6 descendance, je n'en fais pas un ordre. Je voudrais qvie tous les 7 hommes fussent comme moi ; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l'un d'une ma- nière, l'autre d'ime autre. A ceitx qui ne sont pas mariés 8 et aux veuves, je dis qu'il leur est bon de rester comme moi. Mais s'ils manquent de con- 9 tinence, qu'ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler. A ceux qui sont mariés, j'or- 10 donne, non pas moi, mais le Seigneur \ que la femme ne se sépare point de son mari (si elle 11 est séparée, qu'elle demeure sans se marier ou qu'elle se réconcilie avec son mari), et que le mari ne répudie point sa femme. Aux autres, ce n'est pas le 12 Seigneur, c'est moi qui dis: Si un frère a une femme incrédule, et qu'elle consente à habiter avec lui, qu'il ne la répudie point; et si une femme a im mari 13 incrédule, et qu'il consente à ' Comp. Matth. v. 32 ; xix. 9. 225 Chap. 7, V. 13. I CORINTHIENS. Chap. 7, v. 36. habiter avec elle, qu elle ne ré- 14 puclie point son mari. Car le mari incrédule est sanctifié par la femme, et la femme incrédule est sanctifiée par le frère ; autre- ment, vos enfants seraient im- purs, tandis que maintenant ils 15 sont saints. Si l'incrédule se séjDare, qu'il se sépare; le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ces cas-là. Mais Dieu nous a 16 appelés à vivre en paix. Car que sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari? Ou que sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ? 1 7 Seulement, que chacun marche selon la part que le Seigneur lui a faite, selon l'appel qu'il a i-ecu de Dieu. C'est ainsi que je l'or- donne dans toutes les Églises. 18 Quelqu'un a-t-il été apjielé étant circoncis, qvi'il demeure circon- cis ; quelqu'un a-t-il été appelé étant incirconcis, qu'il ne se 19 fasse pas circoncire. La circon- cision n'est rien, et l'incircon- cision n'est rien, mais l'obser- vation des commandements de 20 Dieu est tout. Que chacun de- meure dans l'état où il était 21 lorsqu'il a été appelé. As-tu été appelé étant esclave, ne t'en inquiète pas, et, quand même tu peux devenir libre, mets plutôt 22 ton appel à profit. Car l'esclave qui a été appelé dans le Seigneur est un affi-anchi du Seigneur; de même, l'homme libre qui a été appelé est un esclave de Christ. 23 Vous avez été rachetés à im grand prix; ne devenez pas es- 24 claves des hommes. Que chacun, frères, demeiu'e devant Dieu dans l'état où il était lorsqu'il a été appelé. 25 Pour ce qui est des vierges, je n'ai point d'ordre du Seigneur; mais je donne un avis, comme ayant reçu du Seigneur la grâce d'être fidèle. 26 Voici donc ce que j'estime bon, à cause des temps difiiciles qui s'approchent: il est bon à un houmie d'être ainsi \ Es-tu lié 27 à une fennne, ne cherche pas à rompre ce lien ; n'es-tu pas lié à une femme, ne cherche pas une femme. Si tu t'es marié, tu n'as 28 point péché ; et si la vierge s'est mariée, elle n'a point péché ; mais ces personnes auront des tribulations dans la chair, et je voudrais vous les épargner. Le temps est court, frères, je 29 le dis, afin qu'à l'avenir ceux qui ont des femmes soient comme n'en ayant pas, ceux qui pleurent 30 comme ne pleurant pas, ceux qui se réjouissent comme ne se ré- jouissant pas, ceux qui achètent comme ne possédant pas, et ceux 31 qui usent du monde comme n'en usant pas, car la figure de ce monde passe. Or, je voudrais que 32 vous fussiez sans inquiétude". Celui qui n'est pas marié s'in- quiète des choses du Seigneur, des moyens de plaire au Sei- gneur ; et celui qui est marié 33 s'inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à sa femme. Il y a de même une difierence 34 entre la femme et la vierge : celle qui n'est pas mariée s'in- quiète des choses du Seigneur, afin d'être sainte de corps et d'esi^rit ; et celle qui est mariée s'inquiète des choses du monde, des moyens de plaire à son mari. Je dis cela dans votre intérêt ; 35 ce n'est i^as pour vous tendre un piège, c'est pour vous porter à ce qui est bienséant et propre à vous attacher au Seigneur sans distraction. Toutefois, si quelqu'un re- 36 garde comme déshonorant pour sa fille de dépasser l'âge nubile, et comme nécessaire de la ma- ' D'être ainsi, hors des liens du mariage. '^ Sans inquiétude, sur les choses terrestres. 226 Chap. 7, V. 36. I COKINTHIENS. rîer, qu'il fasse ce qu'il veut, il ne pèche point ; qu'on se marie. 37 Mais celui qui a pi'is une ferme résolution, sans contrainte et avec rcxercice de sa propre volonté, et qui a décidé en son cœur de garder sa fille vierge, 38 celui-là fait bien. Ainsi, celui qui marie sa fille fait bien, et celui qui ne la marie pas fait mieux. 39 Une femme est liée aussi long- temps que son mari est vivant; mais si le mari meurt, elle est libre de se marier à qui elle veut ; seulement, que ce soit 40 dans le Seigneur. Elle est plus heureuse, néanmoins, si elle de- meiu-e comme elle est, suivant mon avis. Et moi aussi, je crois avoir l'Esiirit de Dieu. Héponse aiix questions des Corinthiens sur les viandes sacrifiées aux idoles. Q Pour ce qui concerne les A-iandes sacrifiées aux idoles', nous savons que nous avons tous la connaissance ^ — La connais- sance enfle, mais la charité édifie. 2 Si quelqu'un croit savoir quelque chose, il n'a pas encore connu 3 comme il faut connaître. Mais si quelqu'un aime Dieu, celui-là 4 est connu de lui. — Pour ce qni est donc de manger des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu'il n'y a point d'idole dans le monde, et qu'il n'y a qu'un seul 5 Dieu. Car, s'il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, connue il existe réellement plusieurs ' Ces viandes provenaient des sacrifices dans les temples païens. Quand une victime était immolée, certaines portions étaient brûlées sur l'autel, d'autres étaient réservées pour les jjrètres, et le reste appartenait à celui qui avait offert le sacrifice. Ce qui n'était pas consommé se vendait sur les marchés. — Les chrétiens devaient-ils se per- mettre l'usage de ce viandes ? " La coiviiaissance, la connaissance du peu de valeur des sacrifices idolâtres, en raison du néant des divinités païennes. Chap. 9, v. 2. dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins ])our nous il n'y a 6 qu'un seul Dieu, le Père, de qui vieiuient toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et i)ar qui nous sommes. Mais cette connaissance n'est 7 pas chez tous. Quelques-mis, d'après la manière dont ils en- visagent encore l'idole, mangent de ces viandes comme étant sacrifiées aux idoles \ et leur conscience qui est faible en est souillée. Ce n'est pas un aliment S qui nous rapproche de Dieu : si nous en mangeons, nous n'avons rien de plus ; si nous n'en man- geons pas, nous n'avons rien de moins. Prenez garde, toutefois, 9 que votre liberté ne devienne une pierre d'achoppement pour les faibles. Car, si quelqu'un te 10 voit, toi qui as de la connais- sance, assis à table dans un temple d'idoles, sa conscience, à lui qui est faible, ne le portera- t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux idoles? Et ainsi 11 le faible périra par ta connais- sance, le frère pour lequel Christ est mort! En péchant de la 12 sorte contre les frères, et en blessant leur conscience faible, vous péchez contre Christ. C'est 13 pourquoi, si un aliment scanda- lise mon frère, je ne mangerai jamais de viande, afin de ne pas scandaliser mon frère. Ne suis -je pas libre ? Ne Q stiis-je pas apôtre? N'ai-je pas vu Jésus notre Seigneur? N'êtes- vous pas mon œuvre ^ dans le Seigneur? Si pour d'autres je 2 ne suis pas apôtre, je le suis ' Aux idoles, considérées comme des êtres réels. - Mon œuvre; Paul avait fondé l'Eglise de Corinthe, où il séjourna dix-huit mois, voy. Act. xviii. 11. 227 I 2 Chap. 9, V. 2. I CORINTHIENS. Chap. 9, v. 24. au moins pour \o\\h ; car vous êtes le sceau de mon apostolat 3 dans le Seigneur. C'est là ma défense contre ceux qui m'ac- 4 cusent. N'avons- nous pas le droit de manger et de boire ? 5 N'avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur qui soit notre femme, connue font les autres apôtres, et les frères 6 du Seigneur, et Céphas ? Ou bien, est-ce que moi seul et Barnabas nous n'avons pas le droit de ne point travailler? 7 Qui jamais fait le service mili- taire à ses propres frais? Qui est-ce qui plante une vigne, et n'en mange pas le fruit? Qui est-ce qui fait paître un troupeau, et ne se nourrit pas du lait du 8 troupeau? Ces choses que je dis, n'existent-elles que dans les usages des hommes? la loi ne 9 les dit-elle pas aussi? Car il est écrit dans la loi de Moïse : Tu n'emmuselleras point le bœuf quand il foide le grain. Dieu se met-il en peine des bœufs, 10 ou parle-t-il uniquement à cause de nous? Oui, c'est à cause de nous qu'il a été écrit que celui qui laboure doit labourer avec espérance, et celui qui foule le grain fouler avec l'espé- 11 rance d'y avoir part. Si nous avons semé parmi vous les biens spirituels, est-ce une grosse affaire si nous moissonnons vos 12 biens temporels? Si d'autres jouissent de ce droit sur vous, > n'est-ce pas plutôt à nous d'en " jouir ? Mais nous n'avons point usé de ce droit ; au contraire, nous soutirons tout, afin de ne pas créer d'obstacle à l'Évangile de Christ. 13 Ne savez-vous pas que ceux qui remplissent les fonctions sacrées sont nourris par le temple, que ceux qui servent 14 à l'autel ont part à l'autel? De même aussi, le Seigneur a or- donné à ceux qui annoncent l'Evangile de vivre de l'Evangile. Pour moi, je n'ai usé d'aucun 15 de ces droits, et ce n'est pas afin de les réclamer en ma faveur que j'écris ainsi ; car j'aimerais mieux mourir que de me laisser enlever ce sujet de gloire. Si j'amionce l'Évangile, 16 ce n'est jjas \nnir moi un sujet de gloire, car la nécessité m'en est imposée, et malheiu- à moi si je n'annonce pas l'Évangile ! Si je le faisais de mon propre 17 gré, je mériterais une récom- pense ; mais si je le fais malgré moi, c'est une charge qui m'est confiée. Quelle est donc ma 18 récompense ? C'est d'offrir gra- tuitement l'Évangile, que j'an- nonce, sans user de^ mon droit de prédicateur de l'Évangile. Car, bien que je sois libre à 19 l'égard de tous, je me suis rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre. Avec les Juifs, j'ai été connue 20 Juif, afin de gagner les Juifs ; avec ceux qui sont sous la loi, comme sous la loi (quoique je ne sois pas moi-même sous la loi), afin de gagner ceux qui sont sous la loi ; avec ceux qui 21 sont sans loi, comme sans loi (quoique je ne sois point sans la loi de Dieu, étant sous la loi de Christ), afin de gagner ceux qui sont sans loi. J'ai été 22 faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver de toute manière quelques-uns. Je fais tout à cause de l'Évangile, 23 afin d'y avoir part. Ne savez-vous pas que ceux 24 qui courent dans le stade ^ ■ Le stade, terme désignant chez les Grecs l'espace consacré aux exercices de la course ; la longueur du stade était d'environ 180 mètres. 228 Chap. 9, V. 24. I CORINTHIENS. Chap. 10, v. 20 courent tous, mais qu'un seul remporte le prix? Courez, de 25 manière à le remporter. Tous ceux qui combattent ' s'imposent toute espèce d'abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible; mais nous, faisons-le i)our xme coiu'onne 26 incorruptible. Moi donc, je cours, non pas comme à l'aven- ture ; je frappe ^ non pas comme 27 battant l'air. Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d'être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres. "1 Q Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu'ils ont tous passé au travers de la 2 mer, qu'ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans 3 la mer, qii'ils ont tous mangé 4 le même aliment spiiituel, et qu'ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils bu- vaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était 5 Christ. Mais la plupart d'entre eux ne furent i)oint agréables à Dieu, puisqu'ils périrent dans le désert. 6 Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d'exemples, afin que nous n'ayons pas de mauvais désirs, comme ils en 7 ont eu. Ne devenez point idolâ- tres, comme quelques-uns d'eux, selon qu'il est écrit: Le peuple s'assit pour manger et pour boire ; puis ils se levèrent pour 8 se divertir". Ne nous livrons point à l'impudicité, connue quelques-uns d'eux s'y livrèrent, de sorte qu'il en tomba vmgt- ' Qui combattent, dans les jeux publics (course, lutte, pugilat). " Grec_;e combats au jnigilat ; dans l'exer- cice du pugilat, on luttait à coups de poing. '^ A l'occaBion du veau d'or, voy. Ex. xxsii. 6. garde trois mille en un seul jour '. Ne 9 tentons point le Seigneur, comme le tentèrent quelques-uns d'eux, (|ui périrent par les serpents ". Ne murmurez point, comme m\ir- 1 0 mm-èrent quelques-uns d'eux, qiii périrent par l'extermina- teur". Ces choses leur sont 11 arrivées pour servir d'exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sonmies parvenus à la tin des siècles. Ainsi donc, que celui 12 qui croit être debout premie de tomber ! Aucune tentation ne vous est 13 survenue qui n'ait été humaine, et Dieu, qui est fidèle, ne per- mettra pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d'en sortir, afin que vous jouissiez la supporter. C'est pourquoi, mes bien- 1 4 aimés, fuyez l'idolâtrie. Je parle comme à des hommes 15 intelligents ; jugez vous-mêmes de ce que je dis. La coupe de 16 bénédiction, que nous bénissons, n'est-elle pas la communion au sang de Christ? Le pain, que nous rompons, n'est-il pas la communion au corps de Christ? Puisqu'il y a un seid pain, nous, 17 qui sommes plusieurs, nous formons vm seul corps ; car nous participons tous à un même pain. Voyez les Israélites selon 18 la chair : ceux qui mangent les victimes ne sont-ils pas en com- munion avec l'autel? Que dis- 19 je donc ? Que la viande sacrifiée aux idoles est quelque chose, ou qu'une idole est quelque chose ? Nullement. Je dis que 20 ce qu'on sacrifie, on le sacrifie à des démons, et non à Dieu ; or, je ne veux pas que vous ' Voy. Nomb. xxv. 1-9. '' Voy. Nomb. xxi. 4-9. ' Voy. Nomb. xiv, xvi, etc. 229 Chap. 10, V. 20. I CORINTHIENS. Chap. 11, v. 13. soyez en comniTinion a^ec les 21 démons. Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur, et la coupe des démons ; vous ne pouvez participer à la table du Seigneur, et à la table des 22 démons. Voidons-nous provo- qiier la jalousie du Seigneur ? Sommes -nous plus forts que lui? 23 Tout est joermis, mais tout n'est pas utile ; tout est permis, 24 mais tout n'édifie pas. Qitc personne ne chercbe son propre intérêt, mais que chacun cherche 25 celui d'autrui. Mangez de tout ce qui se vend au marché, sans vous enquérir de rien par motif 26 de conscience ; car la terre est au Seigneur, et tout ce qu'elle 27 renferme. Si l'un des incrédules vous invite et que vous vouliez aller, mangez de tout ce qu'on vous présentera, sans vous en- quérir de rien par motif de 28 conscience. Mais si quelqu'un vous dit : Ceci a été offert en sacrifice ! n'en mangez pas, à cause de celui qui a donné l'avertissement, et à cause de la 29 conscience. Je parle ici, non de votre conscience, mais de celle de l'autre. Pourquoi, en effet, ma liberté serait-elle jugée par une conscience étrangère ? 30 Si je mange avec actions de grâces, pourquoi serais-je ca- lomnié au sujet d'une chose dont je rends grâces ? 31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de 32 Dieu. Ne soyez en scandale ni aux Grecs, ni aux Juifs, ni 33 à l'Eglise de Dieu, de la même manière que moi aussi je m'ef- force en toutes choses de com- plaire à tous, cherchant, non mon avantage, mais celui du plus grand nombre, afin qu'ils soient sauvés. Soyez mes inii- 11 tateurs, comme je le suis moi- même de Christ. Sur la tenue de la femme dans les assemblées religieuses. Je vous loue de ce que vous 2 vous souvenez de moi à tous égards, et de ce que vous retenez mes instructions telles que je vous les ai données. Je veux cependant qu.e vous 3 sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ. Tout homme qui prie ou qui 4 prophétise, la tête couverte, déshonore son chef Toute 5 femme, au contraire, qui jjrie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef: c'est comme si elle était rasée. Car 6 si une femme n'est pas voilée, qu'elle se coupe aussi les che- veux. Or, s'il est honteux pour une femme d'avoir les cheveux cou^îés ou d'être rasée, qu'elle se voile. L'homme ne doit pas 7 se couvrir la tête, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu, tandis que là femme est la gloire de l'homme. En effet, 8 l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme ; et l'homme 9 n'a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l'homme. C'est 10 pourquoi la fennne, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l'autorité dont elle dépend. Toutefois, dans 11 le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme. Car, de même 12 que la femme a été tirée de l'honnne, de même l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu. Jugez-en vous- 13 230 Chap. 11, V. 13. I CORINTHIENS. Chap. 12, y. 3. mômes : est-il convenable quime fennne prie Dieu, sans être 14 voilée? La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte i>oiir l'homme de porter de longs cheveux. 15 mais que c'est une gloire pour la femme d'en porter, parce que la chevelure lui a été donnée 16 comme voile? Si quelqu'un se plaît à contester, nous n'avons pas cette habitude, non plus que les Églises de Dieu. Sur la manière de célébrer le repas du Seigneur. 17 En donnant cet avertissement, ce que je ne loue point, c'est que vous vous assemblez, non pour devenir meilleurs, mais 18 pour devenir pires. Et d'abord, j'apprends que, lorsque vous vous réunissez en assemblée, il j a parmi vous des divisions, — 19 et je le crois en partie, car il faut qu'il y ait aussi des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient reconnus comme tels au milieu de vous. — 20 Lors donc que vous vous ré- unissez, ce n'est pas manger le 21 repas du Seigneur ; car, quand on se met à table, chacun com- mence par pi^endre son propre re]>as, et l'un a faim, tandis que 22 l'autre est ivre. N'avez -vous pas des maisons pour y manger et^ boire ? Ou méprisez -vous l'Eglise de Dieu, et faites-vous honte à ceux qui n'ont rien? Que vous dirai-je ? Vous louerai- je? En cela je ne vous loue point. 23 Car j'ai appris du Seigneur ce que je vous ai enseigné ; c'est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, 24 et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. sang du Seigneur, donc '"' De même, après avoir soui:>é, il 25 prit la coupe, et dit : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang ; faites ceci en mémoire de moi, toutes les fois qxie vous en boirez. Car toutes les fois 2(j qiie vous mangez ce pain, et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Sei- gneur, jiisqu'à ce qu'il vienne. C'est pourquoi celui qui man- 27 géra le pain, ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le Que chacun 28 séprouve soi-même, et qu'ainsi il mange du pain et boive de la coupe ; car celui qui 29 mange et boit, sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation. C'est pour cela qu'il y a parmi 30 vous beaucoup d'infirmes et de malades, et qu'un grand nombre sont morts. Si nous nous exa- 31 minions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. Mais quand 32 nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde. Ainsi, mes 33 frères, lorsque vous vous ré- unissez poi:r le repas, attendez- vous les ims les autres. Si 34 qiielqu'vm a faim, qu'il mange chez lui, afin que vous ne vous réunissiez pas pour votre con- damnation. Je réglerai les autres choses, quand je serai arrivé. Sur les dons spirituels. Pour ce qui concerne les 1 0 dons spirituels, je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance. Vous savez que, 2 lorsque vous étiez païens, vous vous laissiez entraîner vers les idoles muettes, selon que vous étiez conduits. C'est pourquoi 3 je vous déclare que nul, s'il parle 231 Chap. 12, V. 3. I CORINTHIENS. Chap. 12, y. 30 par l'Esprit de Dieu, ne dit : Jésus est anatlième ! et que nul ne peut dire : Jésus est le Seigneur! si ce n'est par le Saint-Esprit. 4 II y a diversité de dons, mais 5 le même Esprit ; diversité de ministères, mais le môme Sei- 6 gneur ; diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. 7 Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour 8 l'utilité commune. En eftet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon 9 le môme Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par 10 le même Esprit; à un autre, le don d'opérer des miracles ; à im autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l'interprétation des 11 langues. Un seul et même Es- prit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en parti- culier comme il veut. 12 Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'Tin seul corj^s, — ainsi en est-il 13 de Christ. Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit. 14 Ainsi le corps n'est pas un seul membre, niais il est formé 15 de plusieurs membres. Si le pied disait : Parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps, — ne serait-il pas du corps 16 pour cela? Et si l'oreille disait : Parce que je ne suis pas un œil, je ne suis pas du corps, — ne serait-elle pas du corps pour cela? Si tout le corps était œil, 17 où serait l'ouïe ? S'il était tout ouïe, où serait l'odorat? Main- 18 tenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps, connue il a voulu. Si tous étaient un 19 seul membre, où serait le corps ? . Maintenant donc il y a plusieurs 20 membi-es, et un seul corps. L'œil ne peut pas dire à la 21 main : Je n'ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds: Je n'ai pas besoin de vous. Mais bien 22 plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires ; et ceux 23 que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d'im plus grand hon- neur. Ainsi nos membres les moins honnêtes reçoivent le plus d'honneur, tandis que ceux 24 qui sont honnêtes n'en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d'hon- neur à ce qui en manq\iait, afin 25 qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres. Et si un membre 26 souffre, tous les membres souf- frent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui. Vous êtes le corps de Christ, 27 et vous êtes ses membres chacun pour sa^ part. Et Dieu a établi 28 dans l'Église premièrement des apôtres, secondement des pro- phètes, troisièmement des doc- teurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de se- courir, de gouverner, de parler diverses langues. Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils pro- phètes ? Tous sont-ils docteurs ? Tous ont-ils le don des miracles? Tous ont-ils le don des gué- risons ? Tous parlent-ils en 29 30 232 I CORINTHIENS. interprètent Chap. 12, V. 30. langues ? Tous ils ? 31 Aspirez aux dons les meil- leurs '. Et je vais encore vous montrer une voie par excellence. La charité. I Q Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n ai pas la charité, je suis un airain qui résomie, ou une cym- 2 baie qui retentit. Et quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi jus- qu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne 3 suis rien. Et quand je distri- buerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même nîon coi'ps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien. 4 La charité est patiente, elle est pleine de bonté ; la charité n'est point envieuse ; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle 5 point d'orgueil, elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point 6 le mal, elle ne se réjouit point de l'injiistice, mais elle se réjouit 7 de la vérité ; elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. 8 La chaiité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la con- n naissance disparaîtra. Car nous connaissons en partie, et nous 10 prophétisons en partie"; mais quand ce qiii est parfait sera venu, ce qui est partiel dispa- II raîtra. Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je Chap. 14, v. 7: ' L'apôtre s'explique là-dessus au chap. xi v. ^ En partie, imparfaitement. raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Aujourd'hui nous 12 voyons au moyen d'un miroir, d'ime manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; au- joiu-d'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu. Maintenant donc ces trois 13 choses demeurent: la foi, l'espé- rance, la charité : mais la plus grande de ces choses, c'est la . charité. Comparaison entre le don des langues et le don de prophétie. Eecherchez la charité. As- 1 ^ piroz néanmoms aux dons spi- rituels, mais surtoTTt à celui de prophétie. En efi'et, celui qui parle en 2 langue ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c'est en esprit qu'il dit des mystères. Celui 3 qui prophétise, au contraire, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console. Celui qui 4 parle en langue s'édifielui-même; celui qui prophétise édifie l'É- glise. Je désire que vous parliez tous 5 en langues, mais encore plus que vous jîrophétisiez. Celui qui prophétise est phis grand que celui qiii parle en langues, à moins que ce dernier n'inter- prète, pour que l'Église en re- çoive de l'édification. Et main- (! tenant, frères, de quelle utilité vous serais-je, si je venais à vous parlant en langues, et si je ne vous parlais pas par révélation, ou par connaissance, ou par pro- phétie, ou par doctrine? Si les objets inanimés qui 7 rendent un son, comme une flûte ou une harj^e, ne rendent pas des sons distincts, comment 233 I 3 Chap. 14, V. 7. I CORINTHIENS. Chap. 14, v. 32. reconnaîtra-t-on ce qui est joué sur la flûte ou sur la harpe ? 8 Et si la trompette rend un son confus, qui se préparera au com- 9 bat? De même vous, si par la langue vous ne donnez pas une parole distincte, comment saura- t-on ce que vous dites? Car vous parlerez en l'air. 10 Quelque nombreusesque puis- sent être dans le monde les diverses langues, il n'en est aucune qui ne soit une langue ; 11 si donc je ne connais pas le sens de la langue, je serai un barbare pour celui qui pai'le, et celui qni parle sera un barbare pour moi. 12 De même vous, puisque vous aspirez avix dons spirituels, cher- chez, pour l'édification de l'É- glise, à en posséder abondam- ment. 13 C'est pourquoi, que celui qui parle en langue prie pour avoir 14 le don d'interpréter. Car si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence 15 demeure stérile. Que faire donc? Je prierai par l'esprit, mais je prierai aussi avec l'intelligence ; je chanterai par l'esprit, mais je chanterai aussi avec l'intelligence. 16 Autrement, si tu rends grâces par l'esprit, comment celui qui est dans les rangs de l'homme du peuple répondra-t-il Amen ! à ton action de grâces, puisqu'il 17 ne sait pas ce que tu dis? Tu rends, il est vrai, d'excellentes actions de grâces, mais l'autre 1 8 n'est pas édifié. Je rends grâces à Dieu de ce que je parle en 1 9 langue plus que vous tous ; mais, dans l'Église, j'aime mieux dire cinq paroles avec mon intelli- gence, afin d'instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue. .20 Frères, ne soyez pas des en- fants sous le rapport du juge- ment; mais montrez- vous enfants pour éviter la malice, et, à l'égard du jugement, soyez des hommes faits. Il est écrit dans la loi : 21 C'est par des hommes d'une autre langue et par des lèvres d'étrangers que je parlerai à ce peuple, et ils ne m'écouteront pas même ainsi, dit le Seigneur. Par conséquent, les langues 22 sont un signe, non pour les croy- ants, mais pour les incrédules ; la prophétie, au contraire, est un signe, non pour les incrédules, mais pour les croyants. Si donc, 23 dans une assemblée de l'Église entière, tous parlent en langues, et qu'il survienne des hommes du peuple ou des incrédules, ne diront-ils pas que vous êtes fous? Mais si tous prophétisent, et 24 qu'il surviennequelque incrédule ou un homme du peuple, il est convaincu par tous, il est jugé par tous, les secrets de son cœur 25 sont dévoilés, de telle sorte que, tombant sur sa face, il adorera Dieu, et i^ubliera que Dieu est réellement au milieu de vous. Que faire donc, frères ? Lors- 26 que vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi voiis ont-ils un cantique, une instruc- tion, une langue, une révélation, une interprétation, que tout se fasse i^our l'édification. En est- 27 il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quel- qu'un interprète ; s'il n'y a point 28 d'interprète, (ju'on se taise dans l'Église, et qu'on parle à soi- même et à Dieu. Pour ce qui 29 est des prophètes, que deux ou trois parlent, et que les autres jugent ; et si un autre qui est 30 assis a une révélation, que le pre- mier se taise. Car vous pouvez 31 tous prophétiser successivement, afin que tous soient instruits et que tous soient exhortés. Les esprits des prophètes sont 32 234 Chap. 14, V. 32. 1 CORINTHIENS. Chap. 15, v. 21. 33 soumis aux prophètes ; car Dieu n'est pas ini Dieu de désordre, mais de paix. Comme dans toutes les Églises 34 des saints, que les fenunes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler ; mais qu'elles soient soumises, selon que le dit aussi 35 la loi. Si elles veulent s'instruire sur quelque chose, qu'elles in- terrogent leurs maris à la maison ; car il est malséant à une femme de parler dans une assemblée. 36 Est-ce de chez vous que la parole de Dieu est sortie ? ou est-ce à voiis seuls qu'elle est parvenue ? 37 Si quelqu'un croit être pro- phète ou inspiré, qu'il recon- naisse que ce que je vous écris est un commandement du Sei- 38 gneur. Et si quelqu'un l'ignore, qu'il l'ignore. 39 Ainsi donc, frères, aspirez au don de prophétie, et n'empêchez 40 pas de parler en langues. Mais que tout se fasse avec bien- séance et avec ordre. La résurrection. 15 '^^ vous rappelle, frères, l'E- vangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel 2 vous avez persévéré, et par le- quel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l'ai annoncé ; autrement, vous auriez cru en vain. 3 Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort i)our nos j^échés, 4 sek)n les Écritures ; qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les 5 Écritures : et qu'il est apparu 6 à Céphas, puis aux douze. En- suite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants, et dont fis moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. Ainsi donc, que ce soit moi, que 1 1 ce soient eux, voilà ce que nous prêchons, et c'est ce que vous avez cru. Or, si l'on prêche que f'hrist 12 est ressuscité des morts, com- ment quelques-uns parmi vous disent-ils <|u'il n'y a point de résurrection des morts? S'il n'y 13 a point de résurrection des morts. Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si Christ n'est 14 pas ressuscité, notre pi'édication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine. Il se trouve même 1.5 qiie nous sommes de faux té- moins à l'égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu'il a ressuscité Christ, tandis qu'il ne l'aui-ait pas ressuscité, si les morts ne ressuscitent point. Car si les morts ne res- 16 suscitent i)oint, Christ non plus n'est pas ressuscité. Et si CJhrist 17 n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi 18 ceux qui sont morts en Christ sont perdus. Si c'est dans cette 19 vie seulement que nous espérons en Christ, nous sonmies les plus malheureux de tous les hommes. Mais maintenant. Christ est 20 ressuscité des morts, il est les prémices de ceux cpii sont morts. Car, puisque la mort est venue 21 par un honnne, c'est aussi par xin homme (qu'est venue la résur- 235 14 Chap. 15, V. 21. I CORINTHIENS. Chap. 15, v. 47. 22 rection des morts. Et comme tons meiirent en Adam, de uiême aussi tovis revivront en Christ, 23 mais cliacnn en son rang. Christ comme prémices, puis cenx qui sont de Christ, lors de son 24 avènement. Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domi- nation, toute autorité et toute 25 puissance. Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. 26 Le dernier ennemi qui sera 27 détruit, c'est la mort. Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu'il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes 28 choses est excei^té. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soximis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. 29 Autrement \ que feraient ceux qui se font baptiser pour les moi'ts? Si les morts ne res- suscitent absolument pas, pour- quoi se font-ils baptiser pour 30 eux? Et nous, pourquoi sommes- nous à toute heure en i^éril ? 31 Chaque jour je suis exposé à la mort, je l'atteste, frères, par la gloire dont vous êtes pour moi le sujet, en Jésus-C!hrist 32 notre Seigneiu', Si c'est dans des vues humaines que j'ai combattu contre les bêtes à Ephèse, quel avantage m'en revient-il? Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mour- 33 rons. Ne vous y trompez pas : les mauvaises compagnies cor- romi^ent les bonnes mœurs ^ 34 Revenez à voxis-mêmes, comme : ' Autrement, s'il n'y a pas de résurrection. ^ Sentence qui se trouve dans le poète grec Ménandre. Cornp. Prov. xiii. 20. il est convenable, et ne péchez point ; car quelques-inis ne con- naissent pas Dieu, je le dis à votre honte. Mais quelqu'un dira : Com- 35 ment les morts ressnscitent-ils, et avec quel corps viennent-ils? Insensé ! ce que tu sèmes ne 36 reprend point vie, s'il ne meurt. Et ce que tu sèmes, ce n'est 37 pas le cori^s qui naîtra; c'est un simple grain, de blé peut- être, ou de quelque auti'e semence ; puis Dieu lui donne 38 un corps comme il lui plaît, et à chaque semence il donne un corps qui lui est propre. Toute chair n'est pas la même 39 chair; mais autre est la chair des hommes, autre celle des quadrupèdes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons. 11 y a aussi des corps célestes 40 et des corps terrestres ; mais autre est l'éclat des coi-ps cé- lestes, autre celui des corps terrestres. Autre est l'éclat du 41 soleil, autre l'éclat de la lune, et autre l'éclat des étoiles; même une étoile diffère eu éclat d'une autre étoile. Ainsi en est-il de la résur- 42 rection des morts. Le corps est semé corruptible ; il ressuscite incorruptible ; il est semé mé- 43 prisable, il ressuscite glorieux; il est semé infirme, il ressuscite plein de force ; il est semé 44 corps animal, il ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel. C'est pourquoi il est 45 écrit: Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un esjDrit vivifiant. Mais ce qui est 46 spirituel n'est pas le premier, c'est ce qui est animal; ce qui est spirituel vient ensuite. Le 47 l^remicr honnne, tiré de la terre, est terrestre; le second homme 236 48 49 50 51 Chap. 15, V. 47. est du ciel. Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. Et de même que nous avons jîorté l'image du terrestre, nous porterons aussi limage du céleste. Ce que je dis, frères, c'est que la cliair et le sang ne ])euvent hériter le royaume de Dieu, et que la corrui)tion n'hérite pas lincorruptibilité. Voici, je voiis dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais 52 tous nous serons changés, en un instant, en un clin d'œil, à la dernière trompette. La trom- pette sonnera, et les morts res- susciteront incorruptibles, et 53 nous, nous serons changés. Car il faut que ce corps corruptible revête l'incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l'immor- talité. 54 Lorsque ce corps corruptible aura revêtu l'incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu limmortalité, alors s'accomplira la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire. 55 O mort, où est ta victoire ? O mort, où est ton aiguillon? 56 L'aiguillon de la mort, c'est le péché ; et la puissance du péché, 57 c'est la loi. Mais grâces soient i-endues à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ ! 58 Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, tra- vaillant de mieux en mieux à l'œuvre du Seigneur, sachant que votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur. Collecte pour les chrétiens de Jérusalem. — Projets de voyage. — Informations, exhorta- tions, salutations. I CORINTHIENS. Chap. 16, v. i; 16 Pour collecte ce qui concerne la ^ en faveur des saints. ' Voy. sur cette collecte Eom. xv. 26. .10 la agissez, vous aussi, comme l'ai ordonné aux Eglises de Galatie. Que chacun de vous, 2 le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu'il aura le bonheur de pouvoir amasser, afin qu'on n'attende pas à mon arrivée pour recueillir les dons. Et quand je serai 3 venu, j'enverrai avec des lettres, pour porter vos libéralités à Jérusalem, les i^ersonnes que vous aurez approuvées. S'il 4 convient que j'y aille aussi moi- même, elles feront le voyage avec moi. J'irai chez vous quand j'aurai 5 travei'sé la Macédoine, car je traverserai la Macédoine. Peut- 6 être séjournerai-je auprès de vous, ou même y passerai-je l'hiver, afin que vous m'accom- pagniez là où je me rendrai. Je 7 ne veux pas cette fois vous voir en passant, mais j'esi)ère de- meurer quelque temps auprès de vous, si le Seigneur le j)er- met. Je resterai néanmoins à 8 Ephèse jusqu'à la Pentecôte ; car une porte grande et dun y accès efficace m'est ouverte, et les adversaires sont nombreux. Si Timothée arrive \ faites en 10 sorte qu'il soit sans crainte parmi vous, car il travaille connue moi à l'œuvre du Seigneur. Que personne donc ne le mé- 11 prise. Accoinpagnez-le en paix, afin qu'il vienne vers moi, car je l'attends avec les frères. Pour ce qui est du frère 12 Apollos, je l'ai beaucoup ex- horté à se rendre chez vous, mais ce n'était décidément pas sa volonté de le faire mainte- nant; il partira quand il en aura l'occasion. Veillez, demeurez fermes dans 13 la foi, soyez des liommes, forti- Co: 111 p. 1 V. 17, et Aot. XIX. 22. 237 Chap. 16, V. 13. I & H CORINTHIENS. Chap. 1, v. 9. 14 fiez-vous. Que tout ce que vous faites se fasse avec charité ! 15 Encore une recommanda tion que je vous adresse, frères. Vous savez que la famille de Stéphanas est les prémices de TAchaïe, et qu'elle s'est dévouée 16 au service des saints. Ayez de la déférence pour de tels hommes, et pour tous ceux qui travail- lent à la même oeuvre. 17 Je me réjouis de la présence de Stéphanas, de Fortunatus et d'Achaïcus ; ils ont supjjléé à 18 votre absence, car ils ont tran- quillisé mon esprit et le vôtre. Sachez donc apprécier de tels hommes. Les Églises d'Asie vous sa- 19 luent. Aquilas et Priscille, avec l'Église qui est dans leur maison, vous saluent beaucoup dans le Seigneiir. Tous les frères vous 20 saluent. Saluez-vous les ims les autres par un saint baiser. Je vous salue, moi Paid, de 21 ma propre main. Si quelqu'un n'aime pas le 22 Seigneur, qu'il soit anathème ! Maranatha \ Que la grâce du 23 Seigneur Jésus soit avec vous ! Mon amour est avec vous tous 24 en Jésus-Christ. ' Maranatha, expression araméenne qui signifie Notre Seigneur vient. SECONDE EPITEE DE PAUL AFX CORINTHIENS. Adresse et salutation. I Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et le frère Timothée, à l'Église de Dieu qui est à Corinthe, et à tous les saints qui sont dans toute l'A- 2 chaïe: que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Sei- gneur Jésus-Christ ! Consolations de l'apôtre au milieu de ses souf- frances.— Motifs pour lesquels il a diiféré sa visite aux Corinthiens. 3 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu 4 de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflic- tions, afin que, par la consolation dont nous sommes l'objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent 5 dans quelque affliction ! Car, de même que les souffrances de Christ abondent en nous, de même notre consolation abonde par Christ. Si noiis sommes 6 affligés, c'est pour votre consola- tion et poiir votre salut ; si nous sommes consolés, c'est pour votre consolation, qui se réalise par la patience à supporter les mêmes souffrances que novis endurons. Et notre espérance à votre égard est ferme, i^arce 7 que nous savons que, si vous avez part aux souffrances, vous avez part aussi à la consolation. Nous ne voulons pas, en effet, 8 vous laisser ignorer, frères, au sujet de la tribulation qui nous est survenue en Asie, que nous avons été excessivement accablés, au delà de nos forces, de telle sorte que nous désespérions même de conserver la vie. Et 9 nous regardions comme certain notre arrêt de mort, afin de ne 238 Chap. 1, V. 9. pas placer notre confiance en noxis-mêmes, mais de la placer ; en Dieu qui ressuscite les morts. 10 C'est lui qui nous a délivrés et qui nous délivrera d'une telle mort, lui de qui nous espérons 11 qu'il nous délivrera encore, vons- mêmes aussi nous assistant de vos prières, afin que la grâce obtenue pour nous par plusieurs soit pour plusieurs une occa- sion de rendre grâces à notre sujet. 12 Car ce qui fait notre gloire, c'est ce témoignage de notre conscience, que nons nous sommes conduits dans le monde, et surtout à votre égard, avec sainteté et pureté devant Dieu, non point avec une sagesse char- nelle, mais selon la grâce de 13 Dieu. Nous ne vous écrivons pas autre chose que ce que vous lisez \ et ce que vous reconnais- sez. Et j'espère qiie vous le reconnaîtrez jusqu'à la fin, 14 comme vous avez déjà reconnu en partie que noiis sommes votre gloire, de même que vous serez aussi la nôtre au jour du Seignem- Jésus. 15 Dans cette persuasion, je vou- lais aller d'abord vers vous, afin que vous eussiez une double je voulais passer chez vous pour me rendre en Macé- doine, puis revenir de la Macé- doine chez vous, et vous m'auriez 17 fait accompagner en Judée. Est- ce que, en voulant cela, j'ai donc usé de légèreté ? Ou bien, mes résolutions sont-elles des résolu- tions selon la chair, de sorte (pi'il y ait en moi le oui et le non " ? 18 Aussi vrai que Dieu est fidèle, la parole que noiis votts avons adressée n'a pas été oui et non. 19 Car le Fils de Dieu, Jésus- II CORINTHIENS. Chap. 2, v. 6. 16 grâce Nous vous écrivons sans arrière-pensée. Le oui et le non, grec oui, oui, et nori, non. Christ, qui a été prêché par nous au milieu de vous, i^ar moi, et par Silvain, et par Timothée, n'a pas été oui et non, mais c'est oui qui a été en lui ; car, ijoiu* 20 ce qui concerne toutes les pro- messes de Dieu, c'est en lui qu'est le oui ^ ; c'est pourquoi encore l'Amen par lui est pro- noncé par nous à la gloire de Dieu. Et celui qui nous affer- 21 mit avec vous en C!hrist, et qui nous a oints, c'est Dieu, lequel 22 nous a aussi marqués d'un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit. Or, je prends Dieu à témoin 23 sur mon âme, que c'est pour vous épargner que je ne suis point encore allé à Corinthe; non 24 pas que nous dominions sur votre foi, mais nous contribuons à votre joie, car vous êtes fermes dans la foi. Je résolus donc en O moi-même de ne pas retourner chez vous dans la tristesse. Car 2 si je vous attriste, qui peut me réjouir, sinon celui qui est attristé par moi ? J'ai écrit comme je 3 l'ai fait ^, pour ne pas éprouver, à mon ari'ivée, de la tristesse de la part de ceux qui devaient me donner de la joie, ayant en vous tous cette confiance que ma joie est la vôtre à tous. Cî'était dans 4 mie grande affliction, le cœur angoissé, et avec beaucoup de larmes, que je vous écrivais, non pas afin que vous fussiez attristés, mais afin que vous connussiez l'amour extrême que j'ai pour vous. Si quelqu'un a été une cause 5 de tristesse, ce n'est pas moi qu'il a attristé, c'est vous tous, du moins en partie, pour ne rien exagérer. Il suffit pour cet (5 homme du châtiment qui lui a ' C'est en Jésus-Christ qu'elles se sont accomplies. - 1ère épît. aux Cor., surtout cli. v. 239 Chap. 2, V. 6. II CORINTHIENS. Chap. 3, v. ii. été infligé loar le plus grantl 7 nombre, en sorte que vous devez bien plutôt lui pardonner et le consoler, de peur qu'il ne soit accablé par une tristesse exces- 8 sive. Je vous exhorte donc à faire acte de charité envers lui ; 9 car je vous écrivais aussi dans le but de connaître, en vous met- tant à l'épreuve, si vous êtes 10 obéissants en toutes choses. Or, à qui vous pardonnez, je par- donne aussi ; et ce que j'ai par- donné, si j'ai pardonné quelque chose, c'est à cause de vous, en 11 présence de Christ, afin de ne pas laisser à Satan l'avantage sur nous, car nous n'ignorons pas ses desseins. 12 Au reste, lorsque je fus arrivé à Troas ^ pour l'Evangile de Christ, quoique le Seigneur m'y eût ouvert une porte, je n'eus point de repos d'esprit, parce que je ne trouvai pas Tite, mon 13 frère ; c'est pourquoi, ayant pris congé d'eux, je partis pour la Macédoine. Ministère de l'apôtre : succès, rapportés à Dieu ; sujîériorité de la nouvelle alliance sur Tancienue ; difficultés de la tâche ; motifs de confiance et d'encouragement. 14 Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l'odeur de sa 15 connaissance ! Nous sommes, en efi'et, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui péris- 16 sent : aux xins, une odeiu" de mort, donnant la mort ; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie. — Et qui est suflîsant pour 17 ces choses? — Car nous ne ialsi- fions point la parole de Dieu, comme font plusieurs; mais c'est avec sincérité, mais c'est de la Troas, voy. note sur Act. xvi. 8. part de Dieu, que nous parlons en Christ devant Dieu. Commençons - nous de nou- Q veau à nous recommander nous- mêmes ? Ou avons-nous besoin, comme quelques-uns, de lettres de recommandation auprès de vous, ou de votre part? C'est 2 vous qui êtes notre lettre, écrite dans nos cœurs, connue et lue de tous les honmies. Vous êtes 3 manifestement une lettre de Christ, écrite, par notre minis- tère, non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs. Cette assurance-là, nous l'a- 4 vous par Christ auprès de Dieu. Ce n'est pas à dire que nous 5 soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes. Notre capacité, au contraire, vient de Dieu. Il nous a aussi (j rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'esprit ; car la lettre tue, mais l'esprit vivifie. Or, si le ministère de la mort, 7 gravé avec des lettres sur des pierres, a été glorieux, au point que les fils d'Israël ne pouvaient fixer les regards sur le visage de Moïse, à cause de la gloire de son visage \ bien que cette gloire fût passagère, combien le minis- 8 tère de l'esprit ne sera-t-il pas plus glorieux! Si le ministère i) de la condamnation a été glori- eux, le ministère de la justice est de beaucoup supérieur en gloire. Et, sous ce rapport, lu ce qui a été glorieux ne l'a point été, à cause de cette gloire qui lui est supérieure. En effet, si ce, qui était pas- 11 a été glorieux, ce qui sager Voy. Exode xxxiv. 29 et suiv. 240 Chap. 3, V. II. II CORINTHIENS. Chap. 4, v. i6. est permanent est bien plus glorieux. 12 Ayant donc cette espérance, nous usons d'une grande liberté, 13 et nous ne faisons pas comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage, pour que les fils d'Israël ne fixassent jjas les re- gards sur la fin de ce qui était 14 passager. Mais ils ont été durs d'intelligence. Car jusqu'à ce jour le môme voile demeure, quand ils font la lecture de l'Ancien Testament, et il ne se lève pas de manière à leur faire comprendre que cette alliance 15 est abolie en Christ. Jusqu'à ce jour, quand on lit Moïse, un voUe est jeté sur leurs cœurs. 16 Et lorsque les cœurs se conver- tissent au Seigneur, le voile est 17 ôté. Or, le Seigneur c'est l'esprit; et là où est l'esprit du Seigneur, 18 là est la liberté. Nous tous qui, le visage découvert, contemplons dans im miroir la gloire du Sei- gneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par l'esprit du Seigneur. ^ C'est poiu-quoi, ayant ce minis- tère, selon la miséricorde qui nous a été faite, nous ne perdons 2 pas courage. Nous rejetons les choses honteuses qui se font en secret, nous n'avons point une conduite astucieuse, et nous n'altérons point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vérité, nous nous recommandons à toute conscience d'homme de- 3 vaut Dieu. Si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour 4 ceux qui périssent ; pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l'intelligence, afin qu'ils ne vissent pas briller la splendeur de l'Évangile de la gloire de Cîhrist, qui est l'ûnage 5 de Dieu. Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes; c'est Jésus- Christ le Seigneur que nous prêchons, et nous noi;s disons vos serviteurs à cause de Jésus. Car Dieu, qui a dit : La lumière 6 brillera du sein des ténèbres ! a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. Nous portons ce trésor dans 7 des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous. Nous 8 sommes pressés de toute ma- nière, mais non réduits à l'ex- trémité ; inquiets, mais non dés- espérés ; i)ersécutés, mais non 0 abandonnés ; abattus, mais non perdus ; portant toujours avec 10 nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. Car nous qui vivons, 11 nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie . de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mor- telle. Ainsi la mort agit en nous, et 12 la vie agit en vous. Et, comme 13 nous avons le même esprit de foi qui est exprimé dans cette parole de l'Écriture : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé ! nous aussi nous croyons, et c'est pour cela que nous parlons, sachant 14 que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera aussi avec Jésus, et nous fera paraître avec vous en sa présence. Car c'est à cause de vous que 15 toutes ces choses ont lieu, afin que la gTâce, en se multipliant, fasse abonder, à la gloire de Dieu, les actions de grâces d'un plus grand nombre. C'est pourquoi nous ne per- 16 dons pas courage. Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre honnne intérieur se renouvelle de joxir en jour. 41 Chap. 4, V. 17. II CORINTHIENS. Chap. 5, v. 21. 17 Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au delà de toute mesure, 18 un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les g invisibles sont éternelles. Nous savons, en effet, que, si cette tente oii nous habitons sur la terre est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l'ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n'a pas été ftiite de 2 main d'homme. Aussi nous gé- missons dans cette tente, désirant revêtir notre domicile céleste, 3 si du moins nous sommes trouvés 4 vêtus et non pas nus. Car tandis que nous sommes dans cette tente, nous gémissons accablés, parce que nous voulons, non pas nous dépouiller, mais nous re- vêtir, afin que ce qui est mortel 5 soit englouti par la vie. Et celui qui nous a formés pour cela, c'est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l'Esprit. 6 Nous sommes donc toujours pleins de confiance, et nous savons qu'en demeurant dans ce corps nous demeurons loin du 7 Seigneur, — car nous marchons par la foi et non par la vue, — 8 nous sommes pleins de confiance, et nous aimons mieux quitter ce corps et demeux-er auprès du 9 Seigneur. C'est pour cela aussi que nous nous efforçons de lui être agréables, soit que nous demeurions dans ce corps, soit 10 que nous le quittions. Car il nous faut tous comparaître de- vant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps. 1 1 Connaissant donc la crainte du Seigneur, nous cherchons à con- vaincre les hommes ; Dieu nous connaît, et j'espère que dans vos consciences vous nous connaissez aussi. Nous ne nous recomman- 12 dons pas de nouveau nous-mêmes auprès de vous ; mais nous vous donnons occasion de vous glori- fier à notre sujet, afin que vous puissiez répondre à ceux qui tirent gloire de ce qui est dans les apparences et non dans le cœur. En effet, si je suis hors 13 de sens, c'est pom- Dieu ; si je suis de bon sens, c'est pour vous. Car l'amour de Christ nous 14 presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort jiour tous, tous donc sont morts; et 15 qu'il est mort pom- tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. Ainsi, dès maintenant, IG nous ne connaissons personne selon la chair ; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connais- sons plus de cette manière. Si 17 quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont de- venues nouvelles. Et tout cela 18 vient de Dieu, qui nous a récon- ciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. Car Dieu récon- 19 cillait en Christ le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. Nous faisons 20 donc les fonctions d'ambassa- deurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous ; c'est pour Christ que nous disons avec prière : Soyez réconciliés avec Dieu ! Celui qui n'a point 21 connu le péché, il l'a fait pé- clié pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. 242 Chap. g, V. I. II CORINTHIENS. Dévouement et fidélité de Paul dans son ministèi-e. Exhortations pressantes aux Corinthiens, et joie de l'apôtre à la nouvelle, apportée par Tite, des heureux efifets pro- duits sur eux par sa première lettre. Q Puisque nous travaillons avec Dieu, nous vous exhortons à faire en sorte que vous n'ayez lias reçu la grâce de Dieu en 2 vain. Car il dit : Au temps fa- vorable je t'ai exaucé, au jour du salut je t'ai secouru. Voici main- tenant le temps favorable, voici 3 le jour du salut. Nous ne donnons aucun scandale en quoi que ce soit, afin que le ministère ne soit pas un objet de blâme. 4 Mais nous nous rendons à tous égards recommandables, comme serviteurs de Dieu, par beaucoup de patience dans les tribulations, dans les calamités, dans les dé- 5 tresses, sous les coups, dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux, dans les veilles, dans 6 les jeûnes ; par la pureté, par la connaissance, par la longanimité, par la bonté, par un esprit saint, 7 par une charité sincère, par la parole de vérité, par la puissance de Dieu, par les armes offensives 8 et défensives de la justice ; au milieu de la gloire et de l'igno- minie, au milieu de la mauvaise et de la bonne réputation ; étant regardés comme imposteurs, 9 quoique véridiques ; comme in- connus, quoique bien connus ; comme moxirants, et voici nous vivons ; comme châtiés, quoique 10 non mis à mort ; comme at- tristés, et nous sommes toujours joyeux ; comme pauvres, et nous enrichissons plusieurs ; comme n'ayant rien, et nous possédons toutes choses. 11 Notre bouche s'est ouverte pour vous, Corinthiens, notre 12 cœur s'est élargi. Vous n'êtes point à l'étroit au dedans de nous : mais vos entrailles se sont Chap. 7, v. 4. Rendez-nous la pa- 13 vous parle connue à vous élargissez rétrécies. reille,— je mes enfants, aussi ! Ne vous mettez pas avec les 14 infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l'iniquité ? ou qu'y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord y 15 a-t-il entre Christ et Bélial ' ? ou quelle part a le fidèle avec l'in- fidèle ? Quelle ressemblance y 16 a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temi^le du Dieu vivant, comme Dieu l'a dit : J'habiterai et je marchei'ai au milieu d'eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. C'est j^ourquoi, sor- 17 tez du milieu d'eux, et séparez- vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous 18 im père, et vous serez pom* moi des fils et des filles, dit le Sei- gneur tout-puissant. Ayant donc 'T de telles promesses, bien-aimés, purifions-nous de toute souillure de la chair et de l'esprit, en ache- vant notre sanctification dans la crainte de Dieu. Donnez-nous une place dans 2 vos cœurs " ! Nous n'avons fait tort à personne, nous n'avons causé de perte à personne, nous n'avons tiré du profit de per- sonne. Ce n'est pas pour vous 3 condamner que je parle de la sorte ; car j'ai déjà dit que vous êtes dans nos cœurs à la vie et à la mort*. J'ai une grande 4 confiance en vous, j'ai tout sujet de me glorifier de vous ; je suis rempli de consolation, je suis comblé de joie au milieu de ■ Bélial, Satan, d'un mot héb. atria. Dieu et Père de totis, qui est au-dessus de tous, et par tous, et en tous. Mais à chacun de nous la grâce 7 a été donnée selon la mesure du don de Christ. C'est pourquoi 8 il est dit : Etant monté en haut, il a emmené des captifs, et il a fait des dons aux hommes. Or, 9 que signifie : Il est monté, sinon qu'il est aussi descendu dans les régions inférieures de la terre ? Celui qui est descendu, c'est le 10 même qui est monté au-dessus de tous les cieux, afin de remplir toutes choses. Et il a établi les 11 uns apôtres, les autres prophètes, les autres évangélistes, les autres pasteurs et docteurs, pour le 12 perfectionnement des saints, pour l'oeuvre du ministère, pour l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous 13 parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons jjlus des 14 enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduc- tion, mais que, professant la 15 vérité dans la charité, nous croissions à tous égards en celui qui est le chef. Christ. C'est de 1(3 hii, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps', bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son ac- croissement selon la force qui convient à chacune de ses par- ties, et s'édifie lui-même dans la charité. La sainteté chrétienne, opposée aux mœurs corrompues des païens. Voici donc ce que je dis et ce 17 que je déclare dans le Seigneur, Tout le corps, l'Église. 260 Chap. 4, V. 17. EPHESIENS. Chap. 5, V. 13. c'est que vous ne devez pins marcher comme les païens, qui marchent selon la Amanite de leurs 18 pensées. Ils ont l'intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l'igno- rance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur cœiu-. 19 Ayant perdu tout sentiment, ils se sont livrés à la dissolution, pour commettre toute es})èce d'impureté jointe à la cupidité. 20 Mais vous, ce n'est pas ainsi que 21 vous avez appris Christ, si du moins vous l'avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c est en lui que vous 22 avez été instruits à vous déi^ouil- 1er, eu égard à votre vie passée, du vieil homme corrompu par 23 les convoitises trompeuses, à être renouvelés dans l'esprit de 24 votre intelligence, et à revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et ime sainteté véritables. 25 C'est pourqiioi, renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain ; car nous sommes 26 membres les uns des autres. Si vous vous mettez en colère, ne péchez point ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère, 27 et ne donnez pas accès au diable. 28 Que celui qui dérobait ne dérobe l^lus ; mais jdutôt qu'il travaille, en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le 29 besoin. Qu'il ne sorte de votre boiiche aucune jiarole mauvaise, mais, s'il y a lieu, quelque bonne parole, qui serve à l'éditication et soit un bienfait pour ceux qui 30 l'entendent. N'attristez i)as le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. 31 Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calonmie, et toute espèce de méchanceté, dis- paraissent du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les 32 autres, comiDatissants, vous par- donnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ. Devenez donc les imitateurs de Q Diexi, comme des enfants bien- aimés ; et marchez dans la 2 charité, à l'exemple de Christ, qui nous a aimés, et qui s'est livré lui-même à Dieii poiu- nous comme une ofl'rande et im sacri- fice de bonne odeur. Que l'impudicité, qu'aucmie 3 espèce d'impureté, et que la cupidité, ne soient point nom- mées parmi vous, ainsi qu'il convient à des saints. Qu'on 4 n'entende ni paroles déshonnêtes, ni proi^os insensés, ni plaisan- teries, choses qui sont contraires à la bienséance ; qu'on entende plutôt des actions de grâces. Car, sachez-le bien, tout impu- 5 dique, ou impur, ou cupide, c'est-à-dire, idolâtre, n'a point d'héritage dans le royaume de Christ et de Dieu. Que per- 6 sonne ne vous séduise par de vains discours ; car c'est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion. N'ayez donc aucune 7 part avec eux. Autrefois vous étiez ténèbres, 8 et maintenant vous êtes linnière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants do lumière ! Car les fruits de la lumière con- 9 sistent en toute sorte de bonté, de justice et de Aérité. Exami- 10 nez ce qui est agréable au Sei- gneur ; et ne prenez point part 1 1 aux œiivres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condam- nez-les. A la vérité, on a honte 12 de dire ce qu'ils font en secret ; mais tout ce qui est condamné 13 est manifesté par la lumière, car 261 Chap. 5, V. 13. tont ce qui est manifesté est 14 lumière. C'est pour cela qu'il est dit : Réveille-toi, toi q\û dors, relève-toi d'entre les morts, et Christ t'éc'lairera. 15 Prenez doue garde de vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais 16 comme des sages ; rachetez le temps, car les jours sont mauvais. 17 C'est pourquoi ne sojez pas inconsidérés, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. 18 Ne vous enivrez pas de vin : c'est de la débauche. Soyez, au contraire, remplis de l'Esprit ; 19 entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des can- tiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les 20 louanges du Seigneur ; rendez continuellement grâces pour toutes choses à Dieu le Père, au nom de notre Seigneur Jésus- 21 Christ, vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ. EPHESIENS. femmes Chap. 6, v. 9. 22 Les devoirs domestiques. Femmes, soyez soumises à vos 23 maris, comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l'Église, qui est son corps, et 24 dont il est le Sauveur. Or, de même que l'Eglise est sou- mise à Christ, les fenmies aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses. 25 Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l'Église, et s'est livré lui-môme pour elle, 26 afin de la sanctifier par la parole, après l'avoir purifiée par le 27 baptême d'eau, afin de la fiiire paraître devant lui glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et ir- 28 répréhensible. C'est ainsi que les maris doivent aimer leurs comme leurs propres corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-môme. Car jamais 29 personne n'a haï sa propre chair ; mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Église, i^arce que nous sommes 30 les membres de son corps. C'est 31 pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux devien- dront une seule chair. Ce mystère 32 est grand ; je dis cela par rap^jort à Christ et à l'Église. Du reste, 33 que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la fennne respecte son mari. Enfants, obéissez à vos parents, Q selon le Seigneur, car cela est juste. Honore ton père et ta 2 mère (c'est le premier com- mandement avec une promesse), afin que tu sois heureux et que 3 tu vives longtemps sur la terre. Et vous, pères, n'irritez pas 4 vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instrui- sant selon le Seigneur. Serviteurs, obéissez à vos 5 maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme à Christ, non pas seulement sous 6 leurs yeux, comme pour jîlaire aux honunes, mais comme des serviteurs de Christ, qui font de bon cœur la volonté de Dieu. Servez-les avec empressement, 7 comme servant le Seigneur et non des hommes, sachant que 8 chacim, soit esclave, soit libre, recevra du Seigneur selon ce qu'il aura fait de bien. Et vous, maîtres, agissez de 9 même à leur égard, et abstenez- vous de menaces, sachant que leur maître et le vôtre est dans les cieux, et que devant lui il n'y a point d'acception de per- sonnes. 262 Ch. 6, V. lo. ÉPHÉSIENS— PHILIPPIENS. Ch. 1, v. 5. Les armes spirituelles du chrétien. 10 Au reste, fortifiez-voiis dans le Seigneiu", et par sa force 11 toute-puissante. Revêtez- vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir contre les ruses du 12 diable. Car nous n'avons pas à lutter contre la cliair et le sang*, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans 13 les lieux célestes. C'est poui*- quoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et rester debout après avoir tout siu'- 14 monté. Tenez donc ferme: ayez à vos reins la vérité pour cein- ture ; revêtez la cuirasse de la 15 justice; mettez pour chaussure H vos pieds le zèle que donne 16 l'Évangile de paix ; prenez par- dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés 17 du malin ; prenez aussi le casque du salut, et l'épée de l'Esprit, 18 qui est la parole de Dieu. Faites en tout temps par l'Esprit toutes soi-tes de prières et de supplica- tions. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints. Priez j)our li) I moi, afin qu'il me soit donné de I fiiire connaître ouvertement et librement le mystère de l'Évan- gile, pour lequel je suis ambas- 20 sadeur dans les chaînes, et que j'en parle avec assurance comme je dois en parler. Envoi de lepitre par Tyclnque. Salutation. Afin que vous aussi, vous 21 sachiez ce qui me concerne, ce que je fais, Tychique, le bien- aimé frère et fidèle ministre dans le Seigneur, vous com- muniquera tout. Je l'envoie 22 exprès vers vous, pour que vous connaissiez notre situation, et poiu- qu'il console vos cœurs. Que la paix et la charité avec 23 la foi soient données aux frères de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ ! Que la 24 grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus- Christ d'un amour inaltérable ! ÉPITRE DE PAUL AUX PHILIPPIENS Adresse et salutation. I Pavtl et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints en Jésus-Chi'ist, qui sont à Phi- lippes \ aux évêques ^ et aux 2 diacres : que la grâce et la paix vous soient données de la part ' Philippes, colonie romaine en Macédoine, la jiremière ville d'Europe où Paul fonda une Eglise. Voy. Act. xvi. 12 et suiv. ^ EvêqiKs, \oy. note sur Act. xs. 28. 2G de Dieu notre Père et du Sei- gneur Jésus-Christ ! Sentiments affectueux de Paul pour les Philippiens, à cause de leur attachement à l'Evangile. Je rends grâces à mon Dieu 3 de tout le souvenir que je garde de vous, ne cessant, dans toutes 4 mes prières pour vous tous, de 5 manifester ma joie au sujet de la part que vous prenez à l'Évan- Chap. 1, V. 5. PHILIPPIENS. Chap. 1, v. 27. g'ile, depuis le premier jour 6 jusqu'à maintenant. Je suis persuadé que celui qui a com- mencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour 7 le jour de Jésus-Christ. Il est juste que je pense ainsi de vous tous, parce que je vous porte dans mon cœur, soit dans mes liens \ soit dans la défense et la confirmation de l'Évangile, vous qui tous participez à la S même grâce que moi. Car Dieu m'est témoin que je vous chéris tous avec la tendresse de Jésus- 9 Christ. Et ce que je demande dans mes prières, c'est que votre amour augmente de plus en plus en connaissance et en pleine 10 intelligence pour le discerne- ment des choses les meilleures, afin que vous soyez purs et irréprochables pour le jour de 11 Christ, remplis du fruit de jus- tice, qui est par Jésus-Christ, à la gloire et à la louange de Dieu. La captivité de l'apôtre utile aux progrès de l'Évangile. 12 Je veux que vous sachiez, frères, que ce qui m'est arrivé a plutôt contribué aux progrès 13 de l'Évangile. En effet, dans tout le prétoire^ et partout ailleurs, nul n'ignore que c'est pour Christ que je suis dans les 14 liens, et la j^lupart des frères dans le Seigneur, encouragés par mes liens, ont plus d'assur- ance pour annoncer sans crainte la parole. 15 Quelques-uns, il est vrai, prê- chent Christ par envie et par ' Dans mes liens; Paul était alors prison- nier à Rome. ^ Le prétoire, caserne où logeaient .\ Rome les soldats de la cohorte prétorienne, formant la garde de l'empereur. L'un d'eux était chargé de la surveillance de Paul, voy. Act. XXVIII. 16. esprit de dispute ; mais d'autres le prêchent avec des dispositions bienveillantes. Ceux-ci agissent 16 par amour, sachant que je^ suis établi pour la défense de l'Évan- gile, tandis que ceux-là, animés 17 d'un esprit de dispute, annoncent Christ par des motifs qui ne sont pas purs et avec la pensée de me susciter quelque tribula- tion dans mes liens. Qu'im- 18 porte? De toute manière, que ce soit pour l'apparence, que ce soit sincèrement, Christ n'est pas moins annoncé : je m'en réjouis, et je m'en réjouirai encore. Car 19 je sais que cela tournera à mon salut, grâce à vos prières et à l'assistance de l'Esprit de Jésus- Christ, selon ma ferme attente 20 et mon espérance que je n'aurai honte de rien, mais que, main- tenant comme toujours. Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance, soit par ma vie, soit par ma mort ; car Christ est ma vie, et la mort 21 m'est un gain. Mais s'il est utile pour mon 22 œuvre que je vive dans la chair, je ne saurais dire ce que je dois préférer. Je suis pressé des 23 deux côtés : j'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur; mais à cause de vous il est plus 24 nécessaire que je demeure dans la chair. Et je suis persuadé, 25 je sais que je demeurerai et que je resterai avec vous tous, pour votre avancement et pour votre joie dans la foi, afin que, 26 par mon retour auprès de vous, vous ayez en moi un abondant sujet de vous glorifier en Jésus- Christ. Exhortation à la persévérance, à l'union frater- nelle, à l'humilité, et à la sainteté. Seulement, conduisez -^vous 27 d'une manière digne de l'Évan- 264 Chap. 1, V. 27. PHILIPPIENS. Chap. 2, v. 22. g'ile de Christ, afin que, soit que je vienne vous voir, soit que je reste absent, j'entende dire de voiis que vous demeurez fermes dans un même esprit, combat- tant d'une même âme pour la 28 foi de l'Évangile, sans vous laisser aucunement effrayer par les adversaires, ce qui est pour eux une preuve de perdition, mais pour vous de salut ; et cela 29 de la part de Dieu, car il vous a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement de croire en lui, mais encore de 30 souffrir pour lui, en soutenant le même combat que vous m'avez vu soutenir, et que vous apprenez maintenant que je soutiens. O Si donc il y a quelque conso- lation en Christ, s'il y a quelque soulagement dans la charité, s'il y a quelque union d'esi^rit, s'il y a quelque compassion et quelque 2 miséricorde, rendez ma joie par- faite, ayant mi même sentiment, un même amour, une même âme, 3 une même pensée. Ne faites rien par esprit de dispute ou par vaine gloire, mais que l'hu- milité vous fasse regarder les autres comme étant au-dessus 4 de vous-mêmes. Que chacun de vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère 5 aussi ceux des autres. Ayez en vous les sentiments qui étaient 6 en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n'a point regardé connue luie proie à arracher d'être égal avec Dieu, 7 mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de ser- viteur, en devenant semblable 8 aux hommes, et en se montrant sous l'apparence d'un h(umne ; il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de 9 la croix. C'est i)our(|uoi aussi Dieu l'a souvei'ainement élevé. et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin 10 qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que 11 toute langue confesse que Jésus- Christ est Seigneiir, à la gloire de Dieu le Père. Ainsi, mes bien-aimés, comme 12 vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut a^ec crainte et tremblement, non seulement comme en ma présence, mais l)ien plus encore maintenant que je suis absent ; car c'est 13 Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. Faites toutes choses 14 sans murnmres ni hésitations, afin que vous soyez irréprocha- 15 blés et piirs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d'une génération perverse et corrompue, parmi laquelle voxas brillez comme des flambeaux dans le monde, portant la parole dévie; et je poiuTai me glorifier, 10 au jour de Christ, de n'avoir pas coin-u en vain ni travaillé en vain. Et même si je sers de 17 libation pour le sacrifice et pom* le service de votre foi, je m'en réjouis, et je me réjouis avec vous tous. Vous aussi, réjouissez- 18 vous de même, et réjouissez- vous avec moi. Eloge de Timothée et d'EiDaphrodite, que Paul se propose d'envoyer aux Philippieus. J'espère dans le Seigneur Je- 19 sus vous envoyer bientôt Timo- thée, afin d'être encouragé moi- même en apprenant ce qui vous concerne. Car je n'ai personne 20 ici qui partage mes sentiments, pour prendre sincèrement à cœur votre situation ; tous, en 21 effet, cherchent leurs propres intérêts, et non cexix de Jésus- Christ. Vous savez qu'il a été 22 mis à l'épreuve, en se consacrant 2G5 K 3 Chap. 2, V. 22. PHILIPPIENS. Chap. 3, v. 13. au service de l'Évangile avec moi, comme im enfant avec son 23 père. J'espère donc vous l'en- voyer dès que j'apercevrai 24 l'issue de l'état où je suis ; et j'ai cette confiance dans le Sei- gneur que moi-même aussi j'irai bientôt. 25 J'ai estimé nécessaire de vous envoyer mon frère Épaplirodite, mon compagnon d'œuvre et de combat, par qui vous m'avez fait parvenir de quoi pourvoir à mes 26 besoins. Car il désirait vous voir tous, et il était fort en peine de ce que vous aviez 27 appris sa maladie. Il a été malade, en effet, et tout près de la mort; mais Dieu a eu pitié de lui, et non seulement de lui, mais aussi de moi, afin que je n'eusse i)as tristesse sur 28 tristesse. Je l'ai donc envoyé avec d'autant plus d'empresse- ment, afin que vous vous ré- jouissiez de le revoir, et que je 29 sois moi-même moins triste. Re- cevez-le donc dans le Seigneur avec une joie entière, et honorez 30 de tels hommes. Car c'est i^our l'œuvre de Christ qu'il a été près de la mort, ayant exposé sa vie afin de suppléer à votre absence dans le service que vous me rendiez. Q Au reste, mes frères, ré- jouissez-vous dans le Seigneur. Se tenir en garde contre les faux docteurs, et tendre à la perfection en s'attachant à Jésus-Christ. Suivre l'exemple de Paul. Je ne me lasse point de vous écrire les mêmes choses, et pour vous cela est salutaire. 2 Prenez garde aux chiens ', pre- nez garde aux mauvais ouvriers, prenez garde aux faux circoncis. Car les circoncis \ c'est nous, 3 qui rendons à Dieu notre culte par l'Esprit de Dieu, qui nous glorifions en Jésus-Christ, et qui ne mettons i)oint notre con- fiance en la chair. Moi aussi, cependant, j'aurais i sujet de mettre ma confiance en la chair. Si quelque autre croit pouvoir se confier en la chair, je le puis bien davantage, moi, cir- 5 concis le liuitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu né d'Hé- breiix; pharisien, pour ce qui concerne la loi; persécuteur de 0 l'Eglise, sous le rapport du zèle ; irréprochable, à l'égard de la justice de la loi. Mais ces 7 choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses 8 comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et 9 d'être trouvé en lui non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu i^ar la foi, afin de 10 connaître Cln-ist, et la puissance de sa résurrection, et la com- munion de ses souiïrances, en deveiiant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, si je 11 puis, à la résurrection des morts. Ce n'est pas qiie j'aie déjà 12 remporté l^e prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection; mais je cours, poiir tâcher de le saisir, puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus-Chi'ist. Frères, je ne 13 pense pas l'avoir saisi ; mais je ' Âu:c chiens, terme de mépris à l'égard de ceux dont le caractère et la conduite ne sont pas purs. 266 ' Les cirhoncis, les vrais circoncis, de cœur, en opposition à ceux qui le sont seulement dans la chair. CiiAP. 3, V. 13 PHILIPPIENS 14 fais une cliose : oubliant co qui est en arrière et ine portant vers ce qui est en avant, je cours vers le hwi, pour remporter le prix (\g la vocation céleste de Dieii en Jésus-Christ. 15 Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons cette même pensée ; et si vous êtes en quel- que point d'un autre avis. Dieu vous éclairera aussi là-dessus. 16 Seulement, au point où nous sommes 23arvenus,marelions d'im même i^as. 17 Soyez tous mes imitateurs, frères, et portez les regards sur ceux qui marchent selon le modèle que vous avez en nous. 18 Car il en est plusieurs qui mar- chent en ennemis de la croix de Christ, je vous en ai souvent parlé, et j'en parle maintenant encore les larmes aiix yeux. 19 Leur lin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qiii fait leur honte, ils ne pensent 20 (ju'aiix choses de la terre. Mais notre cité à nous est dans les deux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur 21 Jésus-Christ, qui transformera notre corps vil, en le rendant semblable à son corps glorieux, par le pouvoir qu'il a de s'assu- ^ jettir toutes choses. C'est pour- quoi, mes bien-aimés et très chers frères, vous qui êtes ma joie et ma couronne, demeurez ainsi fermes dans le Seigneur, mes bien-aimés ! Recommandations, exhortations diverses. 2 J'exhorte Évodie et j'exhorte Syntyche à être d'un même sen- 3 timent dans le Seigneur. Et toi aussi, fidèle collègue, oui, je te prie de les aider, elles qui ont combattu pour l'Evangile avec moi, et avec Clément et mes autres compagnons d'ceuvre,dont Chap. 4, V. 15. noms sont dans le livre de les vie. Eéjouissez-vous toujours dans 4 le Seigneiu- ; je le répète, ré- jouissez-vous. Que votre douceur soit connue 5 de tous les hommes. Le Sei- gneur est proche. Ne vous (> inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des siqiplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, 7 qxii surinasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. Au reste, frères, que tout ce S qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l'olyet de vos pensées. Ce que vous 9 avez appris, reçu et entendu de moi, et ce que vous avez vu en moi, lîratiquez-le. Et le Dieu de paix sera avec vous. Renierciments de Paul aux Philippiens pour les dons qu'il a reçus d'eux. Salutations. J'ai éproxivé une grande joie 10 dans le Seigneur de ce que vous avez pu enfin renouveler l'ex- I)ression de vos sentiments pour moi ; vous y pensiez bien, mais l'occasion vous manquait. Ce 11 n'est pas en vue de mes besoins (pie je dis cela, car j'ai ajjpris à être content de l'état oii je me trouve. Je sais vivre dans Ihu- 12 miliation, et je sais vivre dans labondance. En tout et i^artout j'ai ai)pris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l'alxin- dance et à être dans la disette. Je puis tout par celui (pii me ];; fortifie. Cependant vous avez 14 bien fait de prendre part à ma détresse. Vous le savez vous-mêmes, l.'j 267 K 4 Ch. 4, V. 15. PHILIPPIENS— COLOSSIENS. Ch. 1, v. 7. Philippieiîs, an commencement de la prédication de l'Evangile, lorsque je partis^ de la Macé- doine, aucune Église n'entra en compte avec moi pour ce qu'elle donnait et recevait ^ ; vous fûtes les seuls à le faire, 16 car vous m'envoyâtes déjà à Thessaloniquc -, et à deux re- prises, de quoi pourvoir à mes 17 besoins. Ce n'est pas qiie je recherche les dons; mais je recherche le fruit '^ qui abonde ' Les Eglises recevaient des secours spiri- tuels, en retour desquels leur devoir était de doniter de quoi subvenir aux besoins des prédicateurs de l'Evangile (comp. 1 Cor. ix. 11, 14). - A Tliessalonique, où Paul s'était rendu, après avoir quitté Pbilippes, voy. Act. xvii. 1, et note. ' Le fruit etc., les avantages spirituels que les Pbilippiens auront de jîlus en i^ws à re- cueillir de leur libéralité. pour votre compte. J'ai tout 18 reçu, et je suis dans l'abondance; j'ai été comblé de biens, en recevant j)ar Épaphrodite ce qui vient de vous comme un parfum de bonne odeur, un sacrifice que Dieu accepte, et qui lui est agréable. Et mon 19 Dieu pourvoira à toiis vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. A notre Dieu et 20 Père soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen ! Saluez tous les saints en 21 Jésus-Christ. Les frères qui sont avec moi vous saluent. Tous les saints 22 vous saluent, et principalement ceux de la maison de César. Que la grâce du Seigneur 23 Jésus-Christ soit avec votre esprit ! EPÎTRE DE PAUL AFX COLOSSIEIN^S. Adresse et salutation. 1 Paul, apôti-e de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et le 2 frère Timothée, aux saints et fidèles frères en Christ, qui sont à Colosses ^ : que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père ! Foi et charité des Colossiens. Prière de l'apôtre pour leurs progi'ès spirituels. Jésus-Christ, auteur de notre rédemption, image du Dieu invisible, créateur de toutes choses, et chef de l'Eglise. 3 Nous rendons grâces à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésvts- Christ, et nous ne cessons de 4 prier pour vous, ayant été in- ' Colosses, petite ville, voisine de Laodicée, dans la Phrygie. Paul ne parait pas avoir été le fondateur de l'Eglise qui s'y trouvait, à en juger par certaius passages de sa lettre et par le silence du livre des Actes. formés de votre foi en Jésus- Christ et de votre charité pour tous les saints, à cause de l'es- 5 pérance qui vous est réservée dans les cieux, et que la parole de la vérité, la parole de l'Évan- gile vous a précédemment fait connaître. Il est au milieu de 6 vous, et dans le monde entier; il porte des fruits, et il va grandissant, comme c'est aussi le cas parmi vous, depuis le jour où vous avez entendu et connu la grâce de Dieu conformément à la vérité, d'après les instruc- 7 tiens que vous avez reçues d'Éijaphras\ notre bien-aimé ' Epaphras ; les termes dans lesquels il est ici parlé de lui semblent le désigner comme le chef, peut-être le fondateur, de la commu- nauté de Colosses ; il était alors auprès de Paul, prisonnier à Eome, et devait retourner en Asie. 268 Chap. 1, y. 7. C0L0SSIEN8. Chap. 1, v c-ompagnon de service, qui est ])oux' vous un fidèle ministre de S Christ, et qui nous a appris do quelle charité rEs})rit vous anime. 9 C'est poin- cela que nous aussi, depuis le jour oii nous en avons été informés, nous ne cessons de prier Dieu pour vous, et de demander que vous soyez rem- plis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et 10 intelligence sj^irituelle, pour marcher dluie manière digne du Seigneur et lui être entière- ment agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la coimaissance 11 de Dieu, fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez tovijours et avec joie persévérants et jia- tients. Eendez grâces au Père, qui nous a rendus capables d'avoir part à riiéritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour, 14 en qui nous avons la rédemp- tion, la rémission des péchés. 15 II est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature. 16 Car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cîeux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, aiitorités. Tout a été créé par lui et pour lui. 17 II est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. 18 II est la tète du corps de l'Église: il est les prémices, le premier-né d'entre les morts, afin d'être en 19 tout le i^remier. Car Dieu a voulu (|ue toute plénitude ha- 20 bitât en lui ; il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre (pie ce qui est dans les cieux, en 1-2 1 lui. sang de 29. par le autrefois par vos faisant la paix i)ar sa croix. Et vous, qui étiez étrangers ^ et ennemis pensées et par vos mauvaises œuvres, il vous a maintenant réconciliés par la mort de son Fils en son corps chai'uel, pour vous faire paraître devant lui saints, irrépréhensibles et sans reproche, si du moins vous de- meurez fondés et inébranlables dans la foi, sans vous détourner de l'espérance de l'Évangile que vous avez entendu, qui a été prêché à toute créature sous le ciel, et dont moi Paul, j'ai été fait ministre. Travaux et combats de Paul dans son minis- tère parmi les païens. Je me réjouis maintenant dans mes soufi'rances pour vous ; et ce qui manque aux souffrances de C!hrist, je l'achève en ma chair, pour son corps, qui est l'Église. C'est d'elle que j'ai été lait ministre, selon la charge que Dieu m'a doimée auprès de vous, afin que j'annonçasse pleinement la parole de Dieu, le mystère caché de tQut temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints, à qui Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir : Christ en vous, l'espé- rance de la gloire. C'est lui que nous annonçons, exhortant tout homme, et instruisant tout homme en toute sagesse, afin de faire paraître devant Dieu" tout homme, devcnii i^arfait en Christ. C'est à quoi je travaille, en combattant avec sa force, qui agit puissamment en moi. ' Etranyers, éloignés de Dieu. '" Devant Dieu n'est pas dans le texte, nuiis comp. I. 22. 21 22 2.3 24 25 20 27 29 2(59 Chap. 2, V. I. grand vous le 2 Je veux, en effet, sachiez combien est combat que je soutiens i)our vons, et ponr ceux qui sont à Laodicée ', et pour tous ceux qui n'ont pas vu mon ^•isage en 2 la chair, afin qu'ils aient le cœur rempli de consolation, qu'ils soient unis dans la charité, et eni'ichis d'une pleine intelligence pour connaître le mystère de 3 Dieu, Père de Christ, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science. COLOSSIENS. que Chap. 2, v. 22. (j Avertissements contre les fausses doctrines. Je dis cela, afin que personne ne vous trompe par des discours séduisants. Car, si je suis absent de corps, je suis avec vous en esprit, voyant a^ec joie le bon ordre parmi vous, et la fermeté de votre foi en Christ. Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, 7 marchez en lui, étant enracinés et fondés en lui, et affermis par la foi, d'après les instructions qui vous ont été données, et abondez en actions de grâces. 8 Prenez garde que personne ne fasse de vous une proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s'api^uyant sur la tra- dition des hommes, sur les rudi- ments du monde, et non sur y Christ. Car en lui habite cor- porellement toute la plénitude 10 de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de 11 toute autorité. Et c'est en lui que vovis avez été circoncis, cl'une circoncision que la main n'a pas faite, mais de la circoncision ' Laodicée, ville commerçante de la Phry- gie, sur les bords du Lycus. Son Église, fondée sans le concours de Paul, entretenait des l'apporta fraternels avec celle de Colosses, voy. iv. 15-16. de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair: ayant été ensevelis avec 12 lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscites en lui et avec lui, par la foi en la puissance de Dieu, qui l'a ressuscité des morts. Vous qui étiez morts 13 par vos offenses et par l'incir- concision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses; il a effacé l'acte^ dont 14 les ordonnances nous condam- naient et qui subsistait contre nous, et il l'a détruit en le clouant à la croix ; il a dépouillé 15 les dominations et les autorités, . et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix. Que personne donc ne vous 16 juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet cl'une fête, d'une nouvelle lune, ou des sabbats: c'était l'ombre des 17 choses à venir, mais le corps ' est en Christ. Qu'aucun honune, 18 sous une apparence dhinnilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu'il s'aban- donne à ses visions et qu'il est enflé d'im vain orgueil i^ar ses 19 pensées charnelles, sans s'atta- cher au chef, dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l'accroissement que Dieu donne. Si vous êtes morts avec Christ 20 aux rudiments du monde, pour- quoi, comme si vous viviez dans le monde, vous iinpose-t-on ces l^réceptes: Ne prends pas! ne 21 goûte pas ! ne touche pas ! pré- 22 ceptes qui tous deviennent per- nicieux par l'abus, et qui ne sont L'acte, la loi mosaïque. Le corps, c'est-à-dire, la réalité. 270 ChAP. 2, V. 22. C0L0S8IENS. Chap. 3, V. 23. fondés que sur les ordonnances et les doctrines des hommes? 23 Ils ont, à la vérité, une apparence de sagesse, en ce qu'ils indiquent un culte volontaire, de l'humilité, et le mépris du corps, mais ils sont sans aucun mérite et con- tribuent à la satisfaction de la chair. Q Si donc vous êtes ressuscites avec Christ, cherchez les choses d'en haut, oh Christ est assis à 2 la droite de Dieu. Afïectionnez- vous aux choses den haut, et non à celles qui sont sur la terre. 3 Car vous êtes morts, et -votre vie est cachée avec Christ en Dieu. 4 Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous i^araitrez aussi avec lui dans la gloire. Exhortation à la charité, à la la samteté, jjiété. 5 Faites donc mourir les mem- bres qui sont sur la terre, 1 impudicité, l'impureté, les pas- sions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie. 6 C'est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les 7 fils de la rébellion, parmi lesquels vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés. 8 Mais maintenant, renoncez à toutes ces choses, à la colère, à l'animosité, à la méchanceté, à la calomnie, aux paroles déshon- nêtes qui pourraient sortir de votre bouche. 9 Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant déj)ouillés du vieil homme et de ses œuvres, 10 et ayant revêtu l'homme nou- veau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l'image de 11 celui qui l'a créé. Il n'y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incir- concis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre ; mais Christ est tout et en tous. Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aîmés. 12 revêtez - vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humi- lité, de douceur, de patience. Supportez-vous lesunsles autres, 13 et, si l'un a sujet de se plaindre de l'autre, pardonnez-vous ré- ciproqiiement. De même que Christ vous a pardonné, pai-- donnez-voiis aussi. Mais par- 14 dessus toutes ces choses revêtez- vous de la charité, qxii est le lien de la perfection. Et que la paix 15 de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. Et soyez reconnaissants. Que la parole de Chi-ist ha- 16 bite parmi vous abondamment ; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l'inspiration de la grâce. Et quoi que ce soit que 17 vous fassiez, en pai'ole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père. Devoirs domestiques. Fenunes, soyez soumises à vos 18 maris, comme il convient dans le Seigneur. Maris, aimez vos femmes, et 19 ne vous aigrissez pas contre elles. Enfants, obéissez en toutes 20 choses à vos parents, car cela est agréable dans le Seigneur. Pères, n'irritez pas vos en- 21 fants, de peur qu'ils ne se dé- couragent. Serviteurs, obéissez en toutes 22 choses à vos maîtres selon la chair, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais avec simpli- cité de cœur, dans la crainte du Ce que vous faites, 23 Seigneur 271 Chap faites-le poui* le 3, V. de 23. bon COLOSSIENS. Chap. 4, v. 18. 24 des hommes recevrez du Seigneur cœur, comme et non pour sachant que vous eigneur Théritage pour récompense. Servez Christ, 25 le Seigneur. Car celui qui agit injustement recevra selon son injustice, et il n'y a point d'accep- tion de personnes. A Maîtres, accordez à vos sei'vi- teurs ce qui estjuste et équitable, sachant que vous aussi vous avez un maître dans le ciel. Exhortation à la prière et à la sagesse. 2 Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces. 3 Priez en même temps pour nous, afin que Dieu nous ouvre une porte pour la parole, en sorte que je puisse annoncer le mystère de Christ, poiir lequel je suis 4 dans les chaînes, et le faire connaître comme je dois en parler. 5 Condviisez-vous avec sagesse envers ceux du dehors, et rache- (j tez le temps. Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun. Envoi de Tychique et d'Onésime. Salutations. 7 Tychique, le bien-aimé frère et fidèle ministre, mon com- pagnon de service dans le Sei- gneur, vous communiquera tout 8 ce qui me concerne. Je l'envoie exprès vers vous, pour que vous connaissiez noti'e situation, et pour qu'il console vos cœurs. 9 Je l'envoie avec Onésime \ le ' Onésime, esclave converti par Paul pen- dant sa captivité ; voy. l'épitre à Pliilémon. fidèle et bien-aimé frère, qui est des vôtres. Ils vous informeront de tout ce qui se passe ici. Aristarque, mon compagnon 10 de captivité, vous salue, ainsi que Marc, le cousin de Barnabas, au sujet duquel vous avez reçu des ordres (s'il va chez vous, accueil- lez-le); Jésus, appelé Justus,vous 11 salue aussi. Ils sont du nombre des circoncis, et les seuls qui aient travaillé a^'ec moi pour le royaume de Dieu, et qui aient été pour moi une consolation. Épaphras, qui est des vôtres, 12 vous salue : serviteur de Jésus- Christ, il ne cesse de combattre pour vous dans ses prières, afin que, parfaits et pleinement per- suadés, vous persistiez dans une entière soumission à la volonté de Dieu. Car je lui rends le 13 témoignage qu'il a une grande sollicitude poiu* vous, pour ceux de Laodicée et pour ceux d'Hiérapolis \ Luc, le médecin 14 bien-aimé, vous salue, ainsi que Démas. Saluez les frères qui sont à 15 Laodicée, et Nymphas, et l'Église qui est dans sa maison. Lorsqvie cette lettre aura été 16 lue chez vous, faites en sorte qu'elle soit aussi lue dans l'Eglise des Laodicéens, et que vous lisiez à votre tour celle qui vous arrivera de Laodicée. Et dites 17 à Archippe : Prends garde au ministère que tu as reçu dans le Seigneur, afin de le bien remplir. Je vous salue, moi Paul, de 18 ma propre main. Souvenez-vous de mes liens. Que la grâce soit avec vous ! ' Hiérapolis, ville à Colosses. peu de distance de 272 PEEMIÈRE ÉPÎTRE DE PAUL AUX THES8AL0NICIEXS Adresse et salutation. I Paul, et Silvain \ et Timothée, à l'Eglise des Thessalonieieus ", qui est en Dieu le Père et en Jésus-Christ le Seigneur : que la grâce et la j)aix vous soient données ! Succès de l'Evangile à Thessalonique, et fidélité de son Eglise. 2 Nous rendons continuellement grâces à Dieu pour vous tous, faisant mention de vous dans 3 nos prières, nous rapi:)elant sans cesse l'œiivre de votre foi, le travail de votre charité, et la fermeté de votre espérance en notre Seigneur Jésus-Christ, de- 4 vaut Dieu notre Père. Nous savons, frères bien-aimés de Dieu, que vous avez été élus, 5 notre Évangile ne vous ayant pas été prêché en paroles seide- ment, mais avec puissance, avec TEsprit-Saint, et avec une pleine persuasion ; car vous n'ignorez pas que nous nous sommes montrés ainsi parmi vous, à cause 6 de vous. Et vous-mêmes, vous avez été mes imitateurs et ceux du Seigneur, en recevant la pa- rt)! c au milieu de beaucoup de tribulations, avec la joie du Saint- 7 Esprit, en sorte qiie vous êtes devenus lui modèle pour tous les croyants de la Macédoine et 8 de l'Acliaïe. ^on seulement, en effet, la parole du Seigneur a retenti de chez vous dans la Macédoine et dans l'Achaïe, mais votre foi en Dieu s'est fait con- naître en tout lieu, de telle manière <|ue nous n'avons pas besoin d'en parler. Car on ra- 9 conte, à notre sujet, quel accès noTis avons eu au^^rès de vous, et comment vous vous êtes con- vertis à Dieu, en abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai, et j^our attendre 10 des cieux son Fils, qu'il a ressus- cité des morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir. Comment Paul a exercé son ministère parmi les Thessaloniciens. Vous savez vous-mêmes, frères, O que notre arrivée chez vous n'a pas été sans résultat. Aj^rès 2 avoir souffert et reçu des ou- trages à Philipijes \ comme vous le savez, nous prîmes de l'assu- rance en notre Dieu, pour vous annoncer l'Evangile de Dieu, au milieu de bien des combats. Car notre prédication ne repose 3 ni sur l'erreur, ni sur des motifs impurs, ni sur la fraude ; mais, é selon que Dieu nous a jugés dignes de nous confierl'Évangile, ainsi nous parlons, non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à Dieu, qui sonde nos cœurs. Jamais, en effet, nous n'avons 5 usé de paroles flatteuses, comme vous le savez ; jamais nous n'avons eu la cupidité i^our mobile, Dieu ' Silvain, le même que Silas, plusieurs fois mentionné Act. xv-xviii. '" Sur l'Eglise de Thessalonique, fondée par Paul, voy. Act. xvii. 1-9. 273 ' A Pldlip'pes, où Paul et Silas furent battus de verges et mis en prison, voy. Act. XVI. 22 et suiv. Chap. 2, V. 5. I THESSALONICIENS. Chap. 6 en est témoin. Novis n'avons point cherché la gloire qui vient des hommes, ni de vous ni des autres; nous aurions pu nous produire avec autorité comme 7 apôtres de Christ, mais nous avons été pleins de doxtceur au milieu de vous. De même qu'une nourrice prend im tendre soin 8 de ses enfants, nous aiu'ions voulu, dans notre vive aifection pour vous, non seulement vous donner l'Evangile de Dieu, mais encore nos jjropres vies, tant vous nous étiez devenus cliers. 9 Vous vous rappelez, frères, notre travail et notre peine : nuit et jour à l'œuvre, pour n'être à charge à aucun de vous, nous vous avons prêché l'Evangile de 10 Dieu. Vous êtes témoins, et Dieii l'est aussi, que nous avons eu envers vous qui croyez une conduite sainte, juste et irré- 11 prochable. Vous savez aussi que nous avons été pour chacun de vous ce qu'un père est pour 12 ses enfants, vous exhortant, vous consolant, vous conjurant de marcher d'une manière digne de Dieu, qui vous appelle à son royaume et à sa gloire. 13 C'est pourquoi, nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce <|u'en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l'avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu'elle l'est véritable- ment, comme la i)arole de Dieu, 14 qui agit en vous qui croyez. Car vous, frères, vous êtes devenus les imitateurs des Églises de Dieu qui sont en Jésus-Christ dans la Judée, parce que vous aussi, voiis avez souffert de la part de vos propres compatriotes les mêmes maux qu'elles ont soufferts de la x^art des Juifs. 15 Ce sont ces Juifs qui ont fait mourir le Seiauiein* Jésus et les proi^hètes, qui nous ont persé- cutés, qui ne plaisent j^oint à Dieu, et qui sont ennemis de tous les hommes,nous empêchant 16 de i^arler aux païens pour qu'ils soient sauvés, en sorte ({u'ils ne cessent de mettre le comble à leurs péchés. Mais la colère ' a fini par les atteindre. Désir qu'éprouve l'apôtre de revoir les Thes- salouiciens. Sa joie et ses vœux à l'occasion des nouvelles apportées par Timothée. Pour nous, frères, après avoir 17 été quelque temjjs séjjarés de vous, de corjjs mais non de cœur, nous avons eu d'autant plus ar- demment le vif désir de vous voir. Aussi voulions-nous aller 18 vers vous, du moins moi Paul, une et même deux fois ; mais Satan nous en a empêchés. Qui 19 est, en effet, notre espérance, ou notre joie, ou notre couronne de gloire ? N'est-ce pas vous aussi, devant notre Seigneur Jésus, lors de son avènement ? Oui, vous 20 êtes notre gloire et notre joie. C'est pourquoi, impatients que Q nous étions, et nous décidant à rester seuls à Athènes, nous en- 2 voyâmes Timothée, notre frère, ministre de Dieu dans l'Evangile de Christ, pour vous affermir et vous exhorter au sujet de votre foi, afin que personne ne fût 3 ébranlé au milieu des tribula- tions présentes ; car vous savez vous-mêmes que nous sommes destinés à cela. Et lorsque nous 4 étions auprès de vous, nous vous annoncions d'avance que nous serions exposés à des tribula- tions, comme cela est arrivé, et connue vous le savez. Ainsi, 5 dans mon impatience, j'envoyai m'informer de votre foi, dans la crainte que le tentateur ne vous La colère, la colère de Dieu. 274 Chap. 3, V. 5. I THESSALONICIENS. Chap. 4, v. 13. 6 eût tentés, et que nous n'eussions travaillé en vain. Mais Tiniothée, récemment arrivé ici de chez vons, nous a donné de bonnes nouvelles de votre foi et de votre charité, et nous a dit qvie vous avez toujours de nous un bon souvenir,désiraut nous voir comme noiis désirons 7 aussi vous voir. En conséquence, frères, au milieu de toutes nos calamités et de nos tribulations, nous avons été consolés à votre 8 sujet, à cause de votre foi. Car maintenant nous vivons, puisque vous demeurez fermes dans le 9 Seigneur. Quelles actions de grâces, en effet, nous pouvons rendre à Dieu à votre sujet, pour toute la joie que nous éprouvons à cause de vous, devant notre 10 Dieu! Nuit et joiir, nous le prions avec une extrême ardeur de nous permettre de vous voir, et de compléter ce qiii manque à votre foi. 11 Que Dieu lui-même, notre Père, et notre Seigneur Jésus, aplanis- sent notre route pour que nous 12 allions à vous ! Que le Seigneur augmente de plus en plus parmi vous, et à l'égard de tous, cette charité que nous avons nous- 13 mêmes pour vous, afin d'affermir vos cœurs pour qu'ils soient d'une sainteté irré])rochable de- vant Dieu notre Père, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints ! Exliortatiou la sainteté, travail. la charité, au ^ Au reste, frères, puisque vous avez appris de nous comment vous devez vous conduire et plaire à Dieu, et que c'est là ce que vous faites, nous vous prions et nous vous conjxu-ons au nom du Seigneur Jésiis de marcher à cet égard de progrès en progrès. 2 Vous savez, en effet, qiiels pré- ceptes nous vous avons donnés de la part du Seigneur Jésus. Ce que Dieu veut, c'est votre 3 sanctification ; c'est que vous vous absteniez de l'impudicité ; c'est que chacun de vous sache 4 posséder son corps ^ dans la sainteté et l'iionnêteté, sans vous 5 livrer à une convoitise pas- sionnée, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu ; c'est que personne n'use envers 6 son frère de fraude et de cupidité dans les affaires, parc<; que le Seigneur tire vengeance de toutes ces choses, connue no\is vous l'avons déjà dit et attesté. Car 7 Dieu ne nous a pas appelés à l'impureté, mais à la sanctifica- tion. Cîelui donc qui rejette ces 8 préceptes^ ne rejette pas un homme, mais Dieu, qui vous a aussi donné son Saint-Esprit. Pour ce qui est de l'amour 9 fraternel, vous n'avez pas besoin qu'on vous en écrive ; car vous avez vous-mêmes appris de Dieu à vous aimer les uns les axttres, et c'est un devoir que vous pra- 10 tiquez envers tous les frèi-es dans la Macédoine entière. Mais nous vous exhortons, frères, à le rem- plir toujours mieux, et à mettre 11 votre honneur à vivre tranquilles, à vous occui:>er de vos propres affaires, et à travailler de vos mains, comme nous vous l'avons recommandé, en sorte que vous 12 vous conduisiez honnêtement envers ceux du dehors, et que vous n'ayez besoin de personne. Sur la résurrectiou des morts et ravèiieiueut du Seigneur. Nous ne voulons pas, frères, 13 que vous soyez dans l'ignorance au sujet de ceux qui sont morts, afin que ^ous ne vous affligiez ' >%n corps, grec son vase. " Ces préceptes n'est pas dans le texte. 275 Chap. 4, V. 13 pas, comme les autres qui n'ont 14 point d'espérance. Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts. 15 Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d'après la parole du Seigneur : nous les vivants, restés pour l'avènement du Sei- gneur, nous ne devancerons pas 16 ceux qui sont morts. Car le I THESSALONICIENS. Chap. 5, v. 23. Seigneur lui-même, à un signal à la voix d'un archange, son de la trompette de donné, et au Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront 17 premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble en- levés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons tou- 18. jours avec le Seigneur. Conso- lez-vous donc les uns les autres par ces paroles. g Pour ce qui est des temps et des moments, vous n'avez pas besoin, frères, qu'on vous en 2 écrive. Car vous savez bien vous-mêmes que le jour du Sei- gneur viendra comme un voleur 3 dans la niiit. Quand les hommes diront : Paix et sûreté ! alors une ruine soudaine les surpren- dra, comme les douleurs de l'enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n'échap- peront lîoint. 4 Mais vous, frères, vous n'êtes pas dans les ténèbres, pour que ce jour vous surprenne connue 5 un voleur ; vous êtes tous des enfants de la lumière et des enfants du jour. Nous ne sommes ni de la nuit ni des 6 ténèbres. Ne donnons donc point conmie les autres, mais 7 veillons et soyons sobres. Car ceux qui dorment dorment la niiit, et ceux qui s'enivrent s'en- ivrent la nuit. Mais nous qui 8 sommes du jour, soyons sobres, ayant revêtu la cuirasse de la foi et de la charité, et ayant pour' casque l'espérance du salut. Car 9 Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l'acquisition du salut par notre Seigneur Jésus- Christ, qui est mort pour nous, 10 afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui. C'est 11 pourquoi exhortez-vous réci- pi'oquement, et édifiez-vous les uns les autres, comme en réalité vous le faites. Préceptes divers. Vœux et salutations. Nous vous prions, frères, d'à- 12 voir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Sei- gneur, et qui vous exhortent. Ayez pour eux beaucoup d'affec- 13 tion, à cause de leur œuvre. Soyez en paix entre vous. Nous vous en prions aussi, 14 frères, avertissez ceux qui vivent dans le désordre, consolez ceux qui sont abattus, supportez les faibles, usez de patience envers tous. Prenez garde que personne 15 ne rende à autrui le mal pour le mal ; mais poursuivez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous. Soyez toujours joyeux. 16 Priez sans cesse. Eendez 17 grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. N'éteignez pas l'Esprit. Ne 19 méprisez pas les prophéties \ Mais examinez toutes choses ; 21 retenez ce qui est bon; abstenez- 22 vous de toute espèce de mal. Que le Dieu de paix vous 23 ' Les 2>rophéties, le don de prophétie, comp. 1 Cor. XIV. 276 Ch. 5, V. 23 I & II THESSALONICIENS. Ch. V. I. sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l'esprit, 1 ame et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de lavène- ment de notre Seigneur Jésus- 24 Christ ! Celui qui vous a appelés est fidèle, et c'est lui qui le fera. 25 Frères, priez pour nous. Saluez tous les frères par un 26 saint baiser. Je vous en conjure par le Sei- 27 gneur, que cette lettre soit lue à tous les frères. Que la grâce de notre Soi- 28 gneur Jésus-Christ soit avec vous ! SECONDE EPITEE DE PAUL AUX THESSALOIS^ICIEXS Adresse et salutation. I Paul, et Silvain, et Timothée, à l'Église des Thessaloniciens, qui est en Dieu notre Père et en 2 Jésus-Christ le Seigneur : que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus- Christ! Progrès des Thessaloniciens dans la foi et dans la charité, malgré les persécutions. 3 Nous devons à votre sujet, frères, rendi'e continuellement grâces à Dieu, comme cela est juste, parce que votre foi fait de grands progrès, et que la charité de chacun de vous tous à l'égard des autres augmente de plus en 4 plus. Aussi nous glorifions-nous de vous dans les Églises de Dieu, à cause de votre persé- vérance et de votre foi au milieu de toutes vos persécutions et des tribulations que vous avez 5 à supporter. C'est une preuve du juste jugement de Dieu, pour que vous soyez rendus dignes du royaume de Dieu, pour lequel 6 vous souffrez. Car il est de la justice de Dieu de rendre l'afliic- tion à ceux qui vous affligent, 7 et de vous donner, à vous qui êtes affligés, du repos avec nous. lorsque le Seigneur Jésus ap- paraîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d'une 8 flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu et ceux qui n'obéissent pas à l'É- vangile do notre Seigneur Jésus. Ils auront pour châtiment une 9 ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force, lorsqu'il viendra pour 10 être, en ce jour-là, glorifié dans ses saints et admiré dans tous ceux qui auront cru, — car notre témoignage auprès de vous a été cru. C'est pourquoi aussi, nous 11 prions continuellement pour vous, afin que notre Dieu vous rende dignes de la vocation, et qu'il accomplisse par sa puis- sance tous les desseins bienveil- lants de sa bonté, et l'œuvre de votre foi, pour que le nom de 12 notre Seigneur Jésus soit glori- fié en vous, et que vous soyez glorifiés en lui, selon la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus- Christ. Sur l'avèuement du Seigneur. Pour ce qui concerne l'avene- 2 ment de notre Seigneur Jésus- Christ et notre réunion avec lui. 277 Chap. 2, V. 2. II THESSALONICIENS. Chap. 3, y. 7. 2 nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser facilement ébran- ler dans votre bon sens, et de no pas vous laisser troubler, soit par quelque inspii-ation, soit par quelque parole, ou par quelque lettre qu'on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur 3 était déjà là. Que personne ne vous séduise d'aucune manière ; car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, 4 le fils de la perdition, l'adver- saire qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on appelle Dieu ou de ce qu'on adore, jusqu'à s'as- seoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. 5 Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque 6 j'étais encore chez vous ? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu'il ne paraisse 7 qu'en son temps. Car le mystère de l'iniquité agit déjà ; il faut seidement qvie celui (pii le re- 8 tient encore ait disparu. Et alors paraîtra l'impie, que le Seigneur Jésus détruir